Education des femmes et des filles (PDF, 451.8 Kb)

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Education des femmes et des filles (PDF, 451.8 Kb)

Des mesures destinées spécifiquement aux filles sont parfois envisagées, comme

l’imposition de quotas soit pour le recrutement d’élèves, soit pour le recrutement

d’enseignantes. La gratuité des études primaires pour les filles peut aussi être une décision qui

entraîne une hausse rapide du nombre d’inscription (Lange, 1994, 1996). Des incitations

financières ou matérielles sont parfois aussi mises en places, comme la distribution de vivres

aux familles scolarisant leurs filles ou aux femmes acceptant de participer à des programmes

d’alphabétisation. Quant à l’enseignement secondaire, la solution la mieux adaptée est

l’attribution de bourses pour les filles (qui peuvent être modulables en fonction du choix des

filières, des régions, des difficultés financières de la famille ou de la réussite scolaire). Mais

l’amélioration des taux de scolarisation et du rendement interne n’a de sens que si le

rendement externe connaît lui aussi des améliorations. Pour que les jeunes filles puissent

trouver un emploi à leur sortie de l’école, la mise en place d’une politique favorisant le

recrutement des femmes dans certains secteurs de l’administration peut s’avérer utile à

l’imposition de l’image du travail salarié féminin.

3.2.2. Des mesures générales en faveur des filles et des femmes

Reste que rien ne permet d’affirmer aujourd’hui, même si les progrès scolaires des

filles sont incontestables, que les écarts entre les filles et les garçons vont continuer de

s’amenuiser, ni que les progrès enregistrés pourront apporter une réelle amélioration des

rapports sociaux de sexe. En effet, rappelons que les freins à la scolarisation des filles peuvent

être d’origines interne ou externe au système scolaire. Intervenir sur le seul secteur scolaire ne

permettra pas de franchir les différents obstacles qui s’opposent à la scolarisation des filles ou

à la formation des femmes. L’intervention en faveur de la scolarisation des filles doit donc

nécessairement comporter des actions situées en dehors du système scolaire, car si les filles

sont victimes de discriminations au sein de l’École, elles le sont aussi à l’extérieur de l’École,

en raison de l’organisation sexuelle du travail. S’il est difficile de remettre en cause

rapidement cette répartition inégalitaire des tâches réalisées dans la sphère domestique, il

paraît plus aisé d’assurer ou d’améliorer les services de distribution — comme la distribution

de l’eau — qui affectent en premier lieu les femmes et les fillettes. De même, la création de

structures d’accueil des enfants d’âge préscolaire permet de libérer un grand nombre de

fillettes volontiers astreintes à la garde des jeunes enfants, même si la bonne gestion des

services de distribution ne constitue que rarement une priorité du fait que les « décideurs » ou

les gestionnaires sont le plus souvent des hommes peu préoccupés de domaines qui

concernent particulièrement les femmes et les fillettes et que les femmes elles-mêmes ont

recours à la main-d’œuvre enfantine féminine pour pallier les carences de ces services de

distribution. Cependant, l’amélioration des conditions de vie des filles et des femmes est de

plus en plus souvent considérée comme un facteur essentiel de la lutte contre les inégalités

d’accès à l’instruction, tant par les ONG que par certains États.

Le développement de l’éducation des filles et des femmes renvoie aussi de façon

directe à la question du statut des femmes. La question reste posée de savoir quels seront les

effets culturels, sociaux, économiques et politiques du développement de la scolarisation des

filles sur le statut des femmes. En effet, parallèlement à cette progression du niveau de

scolarisation des filles, le statut des femmes a peu changé dans nombre de pays et les

avancées au plan de l’idéologie sont sans cesse remises en cause (Lange, 1998). Mais même

lorsque la progression de l’accès à l’éducation des filles s’est accompagnée dans certains pays

par une révision des lois sexistes, on peut considérer que ces lois ont peu d’effets, si

l’idéologie dominante se maintient. Agir sur les mentalités, et surtout sur les représentations

liées à la hiérarchie des sexes en vigueur chez les jeunes paraît d’autant plus indispensable

que ce sont souvent les jeunes hommes qui apparaissent les plus opposés aux réussites

Conférence « De Pékin aux Objectifs du Millénaire… les femmes et les filles en marche vers l’éducation »

23 mai 2006

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