Education des femmes et des filles (PDF, 451.8 Kb)

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sociales ou sexuelles, si ces États renoncent à leur rôle de régulation et de redistribution des

richesses.

La question qui se pose alors est la suivante : la réduction des inégalités éducatives

est-elle possible sans intervention des États ? L’élaboration de politiques publiques

d’éducation devient une nécessité, mais en l’absence d’une description et d’une analyse des

ressorts et des conséquences de la dépendance financière des États dépendants de l’aide

internationale, il paraît difficile de proposer de nouveaux modes de médiation entre les

donateurs étrangers, les États et les populations. Renégocier ces rapports de pouvoir peut

permettre de redéfinir le rôle des États dans la lutte contre les inégalités sexuelles.

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Conclusion

1. Des progrès insuffisants

Comme nous l’avons noté, en dépit de certains progrès, les inégalités éducatives entre

filles et garçons demeurent très importantes. Les progrès en vue de la parité tant dans

l’enseignement primaire que secondaire ou supérieur sont très insuffisants.

2. Des systèmes statistiques peu performants et une insuffisance de politiques spécifiques

On peut retenir trois entraves à une meilleure connaissance des inégalités éducatives

selon le sexe et à la lutte contre celles-ci :

Des systèmes statistiques de qualité insuffisante ne permettant pas ni d’élaborer de

réelles politiques d’éducation, ni d’assurer le suivi des réformes et des politiques en

cours ;

Un refus de présenter de façon systématique les statistiques scolaires et éducatives

selon le sexe, quel que soit le niveau de production ou de diffusion de ces

statistiques, y compris, lorsque ces données sont disponibles (voir les rapports

nationaux de différents pays, mais aussi le rapport mondial de 2005 de l’Unesco) ;

Des politiques spécifiques en faveur des filles et des femmes encore trop souvent

absentes. Or, comme nous l’avons montré, seules ces politiques ont un effet rapide

sur la réduction des inégalités sexuelles éducatives.

3. Des moyens insuffisants (responsabilité des donneurs internationaux)

Comme le constate le rapport de l’Unesco de 2005, l’aide totale au développement a

donné quelques signes de reprise en 2002. Mais les engagements pris lors des différentes

Conférences internationales (Conférence de Jomtien, Forum de Dakar, Conférence de Pékin,

Conférence de Monterrey) n’ont guère pour l’instant été suivis d’effets. En autre, si les

engagements pris en 2002 à Monterrey étaient respectés, l’aide internationale devrait

augmenter d’au moins de 30 % (en valeur constante) d’ici 2006 (Unesco, 2005). On sait

d’ores et déjà que les retards se sont accumulés. Les financements permettant d’atteindre tous

les objectifs de développement du millénaire (ODM) sont très insuffisants.

Dans ce contexte général de faible augmentation des aides internationales, les

engagements en faveur de l’éducation ont également faiblement augmenté. Cette faible hausse

ne compense pas le retard accumulé pendant les années de baisse. Par exemple, le niveau de

l’aide bilatérale en faveur de l’éducation est inférieur en valeur courante en 2002 à celui de

1990.

Conférence « De Pékin aux Objectifs du Millénaire… les femmes et les filles en marche vers l’éducation »

23 mai 2006

Document 2 – Page 18

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