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Il était une fois Michel Leiris... - Office de Tourisme de Montpellier

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Centre d’art et <strong>de</strong> recherche<br />

propose ses<br />

Singulières perspectives<br />

2010-2011<br />

Écrivains poètes voyageurs à l’honneur!<br />

Gustave Flaubert Fabrice Melquiot Raymond<br />

Roussel Jacques Bioulès <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong> Gustave<br />

Flaubert Louis-Ferdinand Céline Fabrice Melquiot<br />

Alexandre Morand Jacques Bioulès Gustave<br />

Flaubert Raymond Roussel <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong><br />

Louis-Ferdinand Céline Jacques Bioulès Fabrice<br />

Melquiot Louis-Ferdinand Céline Raymond<br />

Roussel Alexandre Morand <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong> Gustave<br />

Flaubert Jacques Bioulès Fabrice Melquiot <strong>Michel</strong><br />

<strong>Leiris</strong> Louis-Ferdinand Céline Gustave Flaubert<br />

Théâtre du Hangar - Compagnie Jacques Bioulès<br />

Centre d’art et <strong>de</strong> recherche<br />

3, rue Nozeran – 34090 <strong>Montpellier</strong><br />

contact@theatreduhangar.com / Tél. : 04 67 41 32 71


Singulières perspectives<br />

SOMMAIRE 2010-2011<br />

INTRODUCTION page 3<br />

IL ÉTAIT UNE FOIS... page 5<br />

IL ÉTAIT UNE FOIS GUSTAVE FLAUBERT... /JACQUES BIOULÈS page 8<br />

En écho page 14<br />

IL ÉTAIT UNE FOIS RAYMOND ROUSSEL... / JACQUES BIOULÈS page 15<br />

En écho page 23<br />

IL ÉTAIT UNE FOIS MICHEL LEIRIS... / JACQUES BIOULÈS page 24<br />

En écho page 31<br />

LE LAVEUR DE VISAGES/FABRICE MELQUIOT/THIBAULT FAYNER page 32<br />

ENFANCE / NATHALIE SARRAUTE / FANNY RUDELLE page 36<br />

MA PEAU SUR LA TABLE / LOUIS-FERDINAND CÉLINE / DAVID AYALA<br />

page 40<br />

STUDIO 34 / ALEXANDRE MORAND page 44<br />

LES INFINIS TURBULENTS entre DAVID AYALA et JACQUES BIOULES page 48<br />

HORS LES MURS<br />

AD VITAM /JOËL JOUANNEAU / JACQUES BIOULÈS page 49<br />

LES ARTISTES page 50<br />

CALENDRIER DÉTAILLÉ page 57<br />

INFOS PRATIQUES page 59<br />

2


Singulières perspectives<br />

Des écrivains, <strong>de</strong>s livres, <strong>de</strong>s auteurs, <strong>de</strong>s<br />

histoires, et <strong>une</strong> scène, un théâtre…<br />

2010-2011<br />

Si la saison <strong>de</strong>rnière a été placée sous le signe du<br />

costume, au travers <strong>de</strong> l’événement Quatre costumes en<br />

quête d’auteurs, cette année, ce sont les écrits, les<br />

auteurs qui seront à l’origine du fameux processus <strong>de</strong><br />

création!<br />

Qu’il s’agisse d’écrivains célèbres ou d’écrits les<br />

concernant, l’écriture, la littérature, les histoires sont<br />

au cœur <strong>de</strong> cette nouvelle saison!<br />

C’est l’histoire <strong>de</strong>. L’histoire <strong>de</strong> Louis-Ferdinand<br />

Céline, <strong>de</strong> Gustave Flaubert, <strong>de</strong> Raymond Roussel, <strong>de</strong><br />

Nathalie Sarraute, <strong>de</strong> Fabrice Melquiot, d’Yves<br />

Souchot, <strong>de</strong> <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong>. Racontée par David Ayala,<br />

Jacques Bioulès, Thibault Fayner, Fanny Ru<strong>de</strong>lle,<br />

Alexandre Morand. Qu’ils se racontent ou nous<br />

racontent, ils sont là. Vigilants, fous, pataphysiciens,<br />

laborantins, amoureux, poètes-voyageurs…<br />

Entre roman et théâtre, recherche et plateau,<br />

autobiographie et monologue, il n’y a qu’un pas. Et<br />

c’est celui que nous vous invitons à emprunter avec<br />

nous cette année.<br />

Représentation, création, recréation, récréation,<br />

projection, discussion, voici venu le temps d’<strong>une</strong><br />

vivifiante saison!<br />

3


Singulières perspectives<br />

En un coup d’oeil<br />

OCTOBRE création<br />

<strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> Gustave Flaubert <strong>de</strong> Jacques Bioulès<br />

du 19 au 31 octobre<br />

NOVEMBRE création<br />

Le laveur <strong>de</strong> visages <strong>de</strong> Fabrice Melquiot / Thibault Fayner<br />

du 23 au 28 novembre<br />

2010-2011<br />

DÉCEMBRE reprise<br />

Enfance <strong>de</strong> Nathalie Sarraute / Fanny Ru<strong>de</strong>lle<br />

du 1 au 5 décembre<br />

JANVIER (re)création<br />

<strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> Raymond Roussel <strong>de</strong> Jacques Bioulès<br />

du 25 au 30 janvier<br />

FÉVRIER (re)création<br />

<strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong> <strong>de</strong> Jacques Bioulès<br />

du 22 au 27 février<br />

MARS création<br />

Ma peau sur la table (féerie) <strong>de</strong> Louis-Ferdinand Céline / David<br />

Ayala<br />

du 10 au 20 mars<br />

MAI création<br />

Studio 34 d’ Alexandre Morand<br />

du 3 au 15<br />

MAI (sous réserve) Une Joyeuse Alchimie entre David Ayala et<br />

Jacques Bioulès<br />

du 23 au 31 mai<br />

JUIN hors les murs<br />

Ad vitam <strong>de</strong> Joël Jouanneau / Jacques Bioulès<br />

Théâtre <strong>de</strong> la Tempête Paris<br />

… Les échos du théâtre… Dans le cadre d’ <strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong>… nous vous<br />

proposons, conférences, journée d’étu<strong>de</strong>s et cinéma ! À découvrir dans<br />

ce dossier…<br />

4


IL ÉTAIT UNE FOIS…UN CYCLE 2010-2011<br />

IL ÉTAIT UNE FOIS…<br />

2010-2011<br />

Gustave Flaubert<br />

Raymond Roussel<br />

<strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong><br />

<strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong>…<br />

Des hommes, <strong>de</strong>s écrits<br />

Qui n’est pas soudain attentif lorsqu’il entend ces premiers mots : <strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong>…?<br />

Quatre sons et points <strong>de</strong> suspension nous promettent alors le récit fabuleux <strong>de</strong> vies et<br />

<strong>de</strong> voyages, et nous voilà en haleine, curieux d’anecdotes, impatients <strong>de</strong> syntaxes<br />

parfaites et <strong>de</strong> vocabulaire précis, avi<strong>de</strong>s <strong>de</strong> pensées hors normes.<br />

<strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong>… et <strong>une</strong> histoire commence.<br />

Celle <strong>de</strong>s monstres <strong>de</strong> la littérature et <strong>de</strong> la recherche, <strong>de</strong> la poésie et du répertoire, <strong>de</strong><br />

l’exploration et <strong>de</strong>s idées, du périple et <strong>de</strong> la découverte.<br />

Comment résonnent ces pensées écrites et construites sur un plateau <strong>de</strong> théâtre?<br />

Comment l’écrit se fait chair, la réflexion un jeu, la grammaire un mouvement?<br />

Voilà les composantes <strong>de</strong> cette histoire et les questions qu’elle pose.<br />

5


<strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong>…<br />

L’inventeur <strong>de</strong>s histoires : Jacques Bioulès<br />

« Par <strong>une</strong> succession <strong>de</strong> vols à l’arraché je m’empare <strong>de</strong> certaines phrases que je découvre<br />

dans l’amoncellement typographique d’écrivains qui me touchent, qui me gui<strong>de</strong>nt et qui me<br />

conduisent dans les secrets magiques <strong>de</strong> leurs émotions ; un peu comme le peintre lorsqu’il fait<br />

<strong>de</strong>s croquis d’un paysage en vue d’<strong>une</strong> future toile, un peu comme <strong>de</strong>s notes que l’on prend pour<br />

faire un roman à venir.<br />

J’aime entrevoir et pratiquer cette relation fertilisante entre le texte et moi-même.<br />

Cette relation personnelle, je l’ai établie dans Qui êtes-vous Raymond Roussel ? (créé en<br />

avril 2006) par <strong>de</strong>s vols à l’arraché dérobés amicalement dans les œuvres <strong>de</strong> Jean Ferry, <strong>de</strong><br />

<strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong>, d’Annie Le Brun, <strong>de</strong> François Cara<strong>de</strong>c, pour permettre à <strong>de</strong>ux journalistes <strong>de</strong><br />

poser <strong>de</strong>s questions à Raymond Roussel. Raymond Roussel, quant à lui, ne répondant que par<br />

son œuvre.<br />

Dans Qui êtes-vous <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong> ? (créé en avril 2009) <strong>une</strong> voix <strong>de</strong> la rumeur, <strong>une</strong><br />

voix bénévole et un personnage du nom <strong>de</strong> Perspective ont pris naissance, toujours par <strong>de</strong>s<br />

vols à l’arraché, dans les propres textes <strong>de</strong> <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong> pour établir un échange, un dialogue,<br />

avec celui-ci. Comme Raymond Roussel, <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong> ne répondait qu’avec ses propres<br />

œuvres…»<br />

Jacques Bioulès.<br />

6


<strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong>…<br />

À chaque création : son film, sa conférence<br />

Conscients <strong>de</strong> l’importante matière laissée par ces auteurs, notre curiosité nous à<br />

pousser à ouvrir d’autres portes. Celles d’un cinéma, d’<strong>une</strong> salle <strong>de</strong> conférence,<br />

d’<strong>une</strong> université, afin <strong>de</strong> partager et <strong>de</strong> nourrir notre réflexion.<br />

C’est pourquoi un partenariat avec le cinéma Diagonal va permettre à chacun <strong>de</strong><br />

voir ou <strong>de</strong> revoir un film ou un documentaire en lien avec l’auteur.<br />

3 séances spéciales sont alors proposées pour chaque création.<br />

De plus, <strong>une</strong> conférence, colloque ou journée d’étu<strong>de</strong> invitera à entendre <strong>de</strong><br />

merveilleux et célébres spécialistes!<br />

Yvan Leclerc pour Gustave Flaubert, Annie Le Brun pour Raymond Roussel, Annie<br />

Pibarot pour <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong>.<br />

Conférences soutenues par la Ville <strong>de</strong> <strong>Montpellier</strong>, l’Agora <strong>de</strong>s savoirs ainsi<br />

que l’incontournable librairie Sauramps.<br />

<strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong>…<br />

Calendrier<br />

<strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> Gustave Flaubert... Création du 19 au 31 octobre 2010<br />

Madame Bovary Projection Diagonal le 14 octobre 2010 à 19h30<br />

Conférence d’Yvan Leclerc Salle Rabelais le 21 octobre 2010 à 20h<br />

<strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> Raymond Roussel...(Re)création du 25 au 30 janvier 2011<br />

L’accor<strong>de</strong>ur <strong>de</strong> tremblements <strong>de</strong> terre Projection Diagonal 20 janvier 2011 à 19h30<br />

Conférence d’Annie Le Brun Salle Rabelais le 24 janvier 2010 à 20h<br />

<strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong>... (Re)création du 22 au 27 février 2011<br />

La course <strong>de</strong> taureaux Projection Diagonal le 17 février 2011 à 19h30<br />

Journée d’étu<strong>de</strong> par Annie Pibarot le 25 février 2011<br />

7


IL ÉTAIT UNE FOIS GUSTAVE FLAUBERT JACQUES BIOULÈS octobre 2010<br />

De : Jacques Bioulès<br />

Mise en scène et décor :<br />

Jacques Bioulès<br />

Avec : Jacques Bioulès, David Stanley,<br />

Jean-Clau<strong>de</strong> Bonnifait<br />

Costumes : Françoise Astruc<br />

Lumières : Jean-Yves Courcoux<br />

Le plus haut dans l’art, ce n’est ni <strong>de</strong> faire<br />

rire, ni <strong>de</strong> faire pleurer, ni <strong>de</strong> nous mettre<br />

en rut ou en fureur, mais d’agir à la façon<br />

<strong>de</strong> la nature, c’est à dire <strong>de</strong> faire rêver.<br />

Gustave Flaubert<br />

GUSTAVE FLAUBERT<br />

<strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> Gustave Flaubert...<br />

Par le Théâtre du Hangar - Cie Jacques Bioulès<br />

Création<br />

du 19 au 31<br />

octobre 2010<br />

8


GUSTAVE FLAUBERT<br />

<strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> Gustave Flaubert...<br />

Par le Théâtre du Hangar - Cie Jacques Bioulès<br />

L’ambiance, le décor<br />

C’est <strong>une</strong> sorte <strong>de</strong> grand livre haletant envahi <strong>de</strong> solitu<strong>de</strong>, dont<br />

les multiples pages donnent l’impression <strong>de</strong> flotter dans<br />

l’espace. Lorsqu’on les touche, du vent se fait entendre, <strong>de</strong>s<br />

sons se font découvrir ; en somme, <strong>une</strong> sorte <strong>de</strong> grand voilier<br />

qui s’apprête à larguer les amarres.<br />

Ces pages sont faites <strong>de</strong>s manuscrits <strong>de</strong> Gustave Flaubert.<br />

Dans ce labyrinthe <strong>de</strong> mots raturés et <strong>de</strong> phrases corrigées, le<br />

gueuloir et le cabinet <strong>de</strong> travail <strong>de</strong> Gustave Flaubert sont<br />

installés.<br />

À l’avant-scène : <strong>de</strong>ux pupitres pour <strong>de</strong>ux copistes…<br />

Argument<br />

C’est l’histoire d’<strong>une</strong> rencontre entre Gustave Flaubert et <strong>de</strong>ux bonhommes, <strong>de</strong>ux<br />

copistes inscrivant soigneusement sur papier Le dictionnaire <strong>de</strong>s idées reçues.<br />

Après avoir travaillé et mis en bouche ses textes dans son gueuloir, Gustave Flaubert<br />

interrompt les <strong>de</strong>ux copistes et dicte les chapitres définitifs <strong>de</strong> ses romans, contes et<br />

récits <strong>de</strong> voyages. Nos <strong>de</strong>ux cloportes copient et foncent tête baissées, éblouis. Nous<br />

assistons alors à la naissance <strong>de</strong> Bouvard et Pécuchet… En effet, c’est par les<br />

interrogations curieuses et réciproques <strong>de</strong> nos <strong>de</strong>ux copistes, que Flaubert inventera<br />

<strong>de</strong>ux personnages, qu’au départ il nommera Dubolard et Pécuchet, puis Bolard et<br />

Manichet, pour <strong>de</strong>venir définitivement, à la fin <strong>de</strong> cette aventure : Bouvard et<br />

Pécuchet.<br />

Les répliques <strong>de</strong>s <strong>de</strong>ux copistes sont extraites du Sottisier, du Dictionnaire <strong>de</strong>s idées reçues<br />

et du roman Bouvard et Pécuchet. Les répliques <strong>de</strong> Flaubert sont tirées <strong>de</strong> Madame<br />

Bovary, Salammbô, L’éducation sentimentale, Bouvard et Pécuchet, Les correspondances, La<br />

Tentation <strong>de</strong> Saint Antoine, sans oublier quelques répliques <strong>de</strong>s Carnets <strong>de</strong> travail, <strong>de</strong>s<br />

Voyages, du Dictionnaire <strong>de</strong>s idées reçues et d’Œuvres <strong>de</strong> je<strong>une</strong>sse.<br />

9


GUSTAVE FLAUBERT<br />

<strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> Gustave Flaubert...<br />

Par le Théâtre du Hangar - Cie Jacques Bioulès<br />

Inspirations, intentions<br />

C’est d’abord et avant tout, l’évolution d’<strong>une</strong> relation qui se crée. Par les copies et les<br />

dictées, nous assistons à la rencontre <strong>de</strong> Gustave Flaubert avec <strong>de</strong>ux copistes :<br />

Bolard et Manichet.<br />

La relation, au début, est anonyme. Puis attachante. Puis essentielle.<br />

À tel point essentielle, que Gustave Flaubert lui-même découvrira que c’est au<br />

travers <strong>de</strong> cet échange-là, qu’il puisera les inspirations <strong>de</strong> ce qui <strong>de</strong>viendra Bouvard et<br />

Pécuchet.<br />

Histoire <strong>de</strong> travail, <strong>de</strong> rencontres, et <strong>de</strong> découvertes…<br />

Manuscrit <strong>de</strong> Gustave Flaubert<br />

10


GUSTAVE FLAUBERT<br />

<strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> Gustave Flaubert...<br />

Par le Théâtre du Hangar - Cie Jacques Bioulès<br />

Extrait<br />

FLAUBERT (Errant dans les feuilles.) Ne soufflez pas trop fort ! Les gouttes <strong>de</strong> pluie nous écrasent, les<br />

sons faux nous aveuglent, les ténèbres nous déchirent. Composés <strong>de</strong> vent, <strong>de</strong> parfums et <strong>de</strong> rayons,<br />

nous sommes un peu plus que <strong>de</strong>s rêves, et pas <strong>de</strong>s êtres tout à fait.<br />

(Reprenant.) Ne souffle pas trop fort ! Les gouttes <strong>de</strong> pluie nous meurtrissent. Les sons faux nous<br />

écorchent, les ténèbres nous aveuglent. Composés <strong>de</strong> brises et <strong>de</strong> parfums, nous roulons, nous<br />

flottons – un peu plus que <strong>de</strong>s rêves, pas <strong>de</strong>s êtres tout à fait…<br />

Flaubert va s’asseoir à sa table <strong>de</strong> travail.<br />

BOLARD (Fouille dans ses papiers, dégage <strong>une</strong> page qu’il dicte à Manichet.) Machiavel – Ne pas l’avoir lu,<br />

mais le regar<strong>de</strong>r comme un scélérat.<br />

MANICHET (Dégage <strong>une</strong> feuille <strong>de</strong> ses papiers, l’observe et la dicte à Bolard.) Machiavélisme – Mot qu’on<br />

ne doit prononcer qu’en frémissant.<br />

BOLARD Cette science nous apprend à diriger nos actions. Elles ont <strong>de</strong>ux motifs, le plaisir, l’intérêt<br />

– et un troisième plus impérieux : le <strong>de</strong>voir.<br />

MANICHET Les <strong>de</strong>voirs se divisent en <strong>de</strong>ux classes. Primo, <strong>de</strong>voirs envers nous-mêmes, lesquels<br />

consistent à soigner notre corps, nous garantir <strong>de</strong> toute injure. Secundo, <strong>de</strong>voirs envers les autres,<br />

c’est-à-dire être toujours loyal, débonnaire, et même fraternel, le genre humain n’étant qu’<strong>une</strong><br />

seule famille. (Un temps.) Eh bien, comment va l’anatomie ?<br />

BOLARD (Cherchant dans ses feuilles et dictant à Manichet.) Corps — Si nous savions comment notre<br />

corps est fait nous n’oserions pas faire un mouvement.<br />

MANICHET Tous les poètes <strong>de</strong> l’antiquité ont foulé aux pieds les craintes <strong>de</strong> l’autre vie.<br />

BOLARD La vie est un passage, mais la mort est éternelle ! (Interrogeant Manichet) Comment les<br />

distinguer ? Quel amusement leur donner ? (Un temps.) On a leurs noms ?<br />

MANICHET Pas <strong>de</strong> cérémonie ! (Un temps.) Le but <strong>de</strong> l’expérimentation est d’isoler un fait <strong>de</strong>s<br />

circonstances accessoires qui l’entourent et qui gênent ou dénaturent sa libre manifestation ; mais<br />

par cela même que vous isolez un fait vous le dénaturez.<br />

BOLARD Veux-tu savoir mon opinion ?<br />

MANICHET Comme tu voudras.<br />

11


BOLARD Le luxe dérobe au pauvre qui est nu, au pauvre qui a faim, au pauvre qui n’a rien.<br />

MANICHET Mais il y a <strong>de</strong>s natures dénuées <strong>de</strong> sens moral – et l’éducation n’y peut rien.<br />

FLAUBERT (S’adressant à Bolard et Manichet.) La vie doit être <strong>une</strong> éducation incessante. <strong>Il</strong> faut tout<br />

apprendre, <strong>de</strong>puis Parler jusqu’à Mourir.<br />

Bolard et Manichet regar<strong>de</strong>nt Flaubert, étonnés.<br />

BOLARD (Dictant à Manichet.) Romans — Pervertissent les masses. Sont moins immoraux en<br />

feuilleton qu’en volume. Seuls les romans historiques peuvent être tolérés parce qu’ils enseignent<br />

l’Histoire. <strong>Il</strong> y a <strong>de</strong>s romans écrits avec la pointe d’un scalpel, d’autres qui roulent sur la pointe<br />

d’<strong>une</strong> aiguille.<br />

FLAUBERT Ceux qui lisent un livre pour savoir si la baronne épousera le vicomte seront dupés mais<br />

j’écris à l’intention <strong>de</strong> quelques raffinés.<br />

J’aime les phrases nettes et qui se tiennent droites, <strong>de</strong>bout tout en courant, ce qui est presque <strong>une</strong><br />

impossibilité.<br />

L’idéal <strong>de</strong> la prose est arrivé à un <strong>de</strong>gré inouï <strong>de</strong> difficulté ; il faut se dégager <strong>de</strong> l’archaïsme, du<br />

mot commun, avoir les idées contemporaines sans leurs mauvais termes, et que ce soit clair comme<br />

du Voltaire, touffu comme du Montaigne, nerveux comme du La Bruyère et ruisselant <strong>de</strong> couleurs,<br />

toujours.<br />

12


GUSTAVE FLAUBERT<br />

<strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> Gustave Flaubert...<br />

Par le Théâtre du Hangar - Cie Jacques Bioulès<br />

Chronologique abrégée<br />

par Matthieu Desportes<br />

12 décembre 1821 – Naissance à Rouen.<br />

15 mai 1832 – Entrée au Collège royal <strong>de</strong> Rouen<br />

Été 1836 – Rencontre d'Élisa Schlésinger à Trouville.<br />

Août 1840 – Renvoyé en décembre 1839, Flaubert passe seul le<br />

baccalauréat.<br />

Août-octobre 1840 – Voyage aux Pyrénées et en Corse.<br />

1841-1843 – Étu<strong>de</strong>s <strong>de</strong> Droit à Paris.<br />

Janvier 1844 – Premières crises nerveuses <strong>de</strong> Gustave, qui abandonne le<br />

droit et revient à Rouen.<br />

Juin 1844 – Installation <strong>de</strong>s Flaubert à Croisset.<br />

15 janvier 1846 – Mort d’Achille Cléophas Flaubert, son frère à Rouen.<br />

23 mars 1846 – Mort <strong>de</strong> la sœur <strong>de</strong> Flaubert, <strong>de</strong>ux mois après son accouchement.<br />

1846-1848 – Première liaison <strong>de</strong> Flaubert avec la poétesse Louise Colet.<br />

24 mai 1848-12 septembre 1849 – La Tentation <strong>de</strong> saint Antoine (1ère version).<br />

1849-1851 – Voyage en Orient avec Maxime Du Camp.<br />

1851-1855 – Deuxième liaison avec Louise Colet.<br />

Été 1851 – Début <strong>de</strong> la rédaction <strong>de</strong> Madame Bovary.<br />

1856-1857 – Publiée en revue à la fin <strong>de</strong> l’année 1856, Madame Bovary fait l’objet d’un procès retentissant en<br />

janvier 1857. L’œuvre paraît en volume en avril chez <strong>Michel</strong> Lévy.<br />

1er septembre 1857 – Début <strong>de</strong> la rédaction <strong>de</strong> Salammbô.<br />

Avril-juin 1858 – Voyage à Carthage pour Salammbô.<br />

24 novembre 1862 – Publication <strong>de</strong> Salammbô chez <strong>Michel</strong> Lévy.<br />

Juin 1862-décembre 1863 – Le Château <strong>de</strong>s cœurs, féerie en collaboration avec Louis Bouilhet et Charles<br />

d'Osmoy.<br />

1er septembre 1864 – Début <strong>de</strong> la rédaction <strong>de</strong> L'Éducation sentimentale.<br />

2 mai 1867 – Louis Bouilhet est nommé conservateur à la Bibliothèque Municipale <strong>de</strong> Rouen.<br />

18 juillet 1869 – Mort <strong>de</strong> Louis Bouilhet à Rouen.<br />

17 novembre 1869 – Publication <strong>de</strong> L'Éducation sentimentale chez <strong>Michel</strong> Lévy.<br />

Hiver 1870-1871 – Les Prussiens occupent Croisset.<br />

17 janvier 1872 – Lettre <strong>de</strong> Flaubert au Conseil Municipal <strong>de</strong> Rouen à propos du Monument à Louis<br />

Bouilhet.<br />

6 avril 1872 – Mort <strong>de</strong> la mère <strong>de</strong> Flaubert.<br />

1 er avril 1874 – Publication <strong>de</strong> La Tentation <strong>de</strong> saint Antoine chez Charpentier.<br />

24 Avril 1877 – Publication <strong>de</strong> Trois contes chez Charpentier.<br />

1877-1880 – Rédaction <strong>de</strong> Bouvard et Pécuchet (commencé en 1872-1874).<br />

8 mai 1880 – Mort <strong>de</strong> Gustave Flaubert à Croisset.<br />

Mars 1881 – Publication posthume <strong>de</strong> Bouvard et Pécuchet chez Lemerre.<br />

13


En écho à<br />

<strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> Gustave Flaubert...<br />

FILM<br />

Projection Diagonal <strong>Montpellier</strong><br />

14 octobre 2010 à 19h30<br />

MADAME BOVARY<br />

<strong>de</strong> CLAUDE CHABROL<br />

« Lorsque Chabrol a décidé d’adapter l’un <strong>de</strong>s chefs-d’œuvre <strong>de</strong> la littérature<br />

française en 1990, il lançait non seulement un défi au lecteur-spectateur qui<br />

retrouva avec fidélité les infidélités conjugales d’Emma, mais encore il réinterpréta<br />

Flaubert tout en lui vouant un regard naturaliste. L’étonnante mo<strong>de</strong>rnité, qui en<br />

1857 caractérisait Madame Bovary par rapport à la production romanesque<br />

antérieure, touche plus que jamais notre société. Chabrol fait <strong>de</strong> ce livre, très proche<br />

<strong>de</strong> La Physiologie du mariage <strong>de</strong> Balzac, <strong>une</strong> étu<strong>de</strong> analytique <strong>de</strong>s mœurs <strong>de</strong><br />

province, <strong>une</strong> scène filmique <strong>de</strong> la vie privée. <strong>Il</strong> reconstruit un bovarysme caustique et<br />

plus réaliste que jamais. » G.Visy.<br />

CONFÉRENCE<br />

Conférence Salle Rabelais<br />

21 octobre 2010 à 20h<br />

DE LA PAROLE À L’ORALITÉ<br />

par Yvan Leclerc<br />

Responsable du site Flaubert, <strong>de</strong> la Revue Flaubert en ligne sur le site (8 numéros<br />

parus) et du Bulletin Flaubert électronique (113 numéros) : http://www.univrouen.fr/flaubert,<br />

ouvert <strong>de</strong>puis le 8 mai 2001.<br />

Directeur aux PURH <strong>de</strong>s collections « Flaubert » (4 volumes parus) et «<br />

Maupassant » (3 volumes parus).<br />

Directeur <strong>de</strong> la collection « Manuscrits », Zulma/CNRS Editions (7 volumes<br />

parus, 1993-1995)<br />

Collaborateur <strong>de</strong> Claudine Gothot-Mersch pour la nouvelle édition Flaubert en<br />

Pléia<strong>de</strong> (t. II, III et IV, à paraître)<br />

Responsable du tome V <strong>de</strong> la Correspondance <strong>de</strong> Flaubert en Pléia<strong>de</strong>, 2007.<br />

14


IL ÉTAIT UNE FOIS RAYMOND ROUSSEL JACQUES BIOULÈS janvier 2011<br />

De : Jacques Bioulès<br />

Mise en scène et décors :<br />

Jacques Bioulès<br />

Avec : Jacques Bioulès, Stéphane<br />

Giletta, Patrick Hannais<br />

Costumes : Françoise Astruc<br />

Lumières : Jean-Yves Courcoux<br />

Rien ne peut le gêner, le perdre, le<br />

distraire,<br />

Quand il se livre à ses fictions ; au<br />

contraire.<br />

Raymond Roussel<br />

RAYMOND ROUSSEL<br />

<strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> Raymond Roussel...<br />

Par le Théâtre du Hangar - Cie Jacques Bioulès<br />

(Re)Création<br />

du 25 au 30<br />

janvier 2011<br />

15


RAYMOND ROUSSEL<br />

<strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> Raymond Roussel...<br />

Par le théâtre du Hangar - Cie Jacques Bioulès<br />

Raymond Roussel : l’imagination à l’œuvre<br />

S’il est le plus connu <strong>de</strong>s non-lus, Raymond Roussel, n’en <strong>de</strong>meure pas moins un<br />

écrivain extraordinairement singulier, percutant et drôle.<br />

Incroyablement éclectique, Raymond Roussel écrit, cherche, invente formules et<br />

récits, malgré ce que l’on pense <strong>de</strong> lui, malgré son insuccès, malgré les critiques<br />

acerbes <strong>de</strong> son époque.<br />

Aujourd’hui, un homme tout aussi éclectique, un homme à tout faire, un<br />

homme <strong>de</strong> théâtre s’empare <strong>de</strong> cet œuvre et nous la rend limpi<strong>de</strong>, accessible,<br />

évi<strong>de</strong>nte : Jacques Bioulès est le maître d’ouvrage. <strong>Il</strong> compose le texte, le décor, les<br />

accessoires, soutenu par le compagnon <strong>de</strong> lumière fidèle qu’est Jean-Yves<br />

Courcoux ; il est l’un <strong>de</strong>s acteurs aussi, incarnant à la <strong>fois</strong> le témoin et le scribe.<br />

Raymond Roussel soulève <strong>une</strong> foule <strong>de</strong> questions, d’interrogations, et c’est au<br />

travers <strong>de</strong> ces interrogations comme au travers <strong>de</strong> ses réponses que nous entrons<br />

dans son univers.<br />

Une immense table drapée <strong>de</strong> blanc où se projettent les hommes et les idées,<br />

<strong>de</strong>s objets sans reliefs à la Lewis Caroll, un angle à 45° qui façonne et conditionne<br />

la pensée, trois hommes impeccablement habillés, taillés, précis comme leur<br />

vocabulaire : la langue <strong>de</strong> Roussel résonne et avec elle c’est l’imagination qui<br />

triomphe.<br />

16


RAYMOND ROUSSEL<br />

<strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> Raymond Roussel...<br />

Par le Théâtre du Hangar - Cie Jacques Bioulès<br />

L’histoire, en quelques mots…<br />

Deux journalistes, <strong>Michel</strong> Lon<strong>de</strong>x et Jean Sarget,<br />

fascinés par <strong>une</strong> affirmation <strong>de</strong> Hegel selon laquelle<br />

le plaisir esthétique dépend exclusivement « <strong>de</strong> la<br />

manière dont l’imagination se met en scène et dont<br />

elle ne met en scène qu’elle-même » déci<strong>de</strong>nt <strong>de</strong><br />

rencontrer Raymond Roussel, le plus grand magnétiseur<br />

<strong>de</strong>s temps mo<strong>de</strong>rnes, comme le disait André Breton.<br />

Car ils ont appris, après avoir lu Nouvelles<br />

Impressions d’Afrique, Locus Solus, L’Étoile<br />

au front qu’<strong>une</strong> certaine folie <strong>de</strong> l’insolite, et <strong>de</strong> ce<br />

mon<strong>de</strong>-là, chez cet auteur-là, montrait le chemin<br />

d’un procédé <strong>de</strong> dislocation <strong>de</strong>s images et <strong>de</strong>s mots.<br />

crédit : marc ginot<br />

Instant <strong>de</strong> gloire, se disaient-ils, ces <strong>de</strong>ux journalistes du Gaulois, <strong>de</strong> pouvoir<br />

rencontrer celui qui n’était qu’imagination ! Cette rencontre, obtenue à <strong>une</strong> heure<br />

et un jour précis dans l’appartement du 20, rue Quentin-Bauchart, et espèrant en<br />

obtenir d’autres, nos <strong>de</strong>ux journalistes prirent la décision <strong>de</strong> fabriquer leur<br />

questionnaire en puisant dans les biographies consacrées à Raymond Roussel ;<br />

celles d’Annie Le Brun, <strong>de</strong> <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong>, <strong>de</strong> Jean Ferry, <strong>de</strong> François<br />

Cadarec, <strong>de</strong> Philippe G. Kerbellec, <strong>de</strong> <strong>Michel</strong> Foucault.<br />

Quant à Raymond Roussel, <strong>de</strong> son côté, il prit soin <strong>de</strong> dire aux journalistes qu’il<br />

ne répondrait à leurs questions qu’avec <strong>de</strong>s phrases et <strong>de</strong>s mots retirés <strong>de</strong> ses<br />

divers textes. Entre temps, il prit soin <strong>de</strong> leur écrire : Messieurs, j’ai bien pris<br />

connaissance <strong>de</strong> votre <strong>de</strong>man<strong>de</strong>, je vous téléphonerai un matin pour prendre ren<strong>de</strong>z-vous et voir<br />

ce qu’on pourrait faire. Je vous prie <strong>de</strong> croire, chers Messieurs, en mes sentiments les plus<br />

sympathiques.<br />

17


RAYMOND ROUSSEL<br />

<strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> Raymond Roussel...<br />

Par le Théâtre du Hangar - Cie Jacques Bioulès<br />

Extrait<br />

Jean Alors que vous vous êtes tenus à l’écart<br />

<strong>de</strong> tout mouvement artistique et littéraire,<br />

vous déclarez en riant : On dit que je suis<br />

dadaïste, je ne sais même pas ce que c’est que le<br />

dadaïsme.<br />

Raymond Roussel Vous savez combien je<br />

suis sauvage !<br />

Jean Qu’avez-vous donc <strong>de</strong> si extraordinaire<br />

pour plaire ainsi à la ban<strong>de</strong> <strong>de</strong>s je<strong>une</strong>s écrivains révolutionnaires, se targuant <strong>de</strong> communisme,<br />

d’antimilitarisme, <strong>de</strong> mépris <strong>de</strong> gloire et d’argent, pour être reconnu et admiré, vous leur aîné <strong>de</strong><br />

dix ans, fils <strong>de</strong> grands bourgeois richissimes, monarchiste, admirateur <strong>de</strong> Bourget, Loti ou Coppée,<br />

égocentrique, assoiffé <strong>de</strong> reconnaissance et vivant dans un luxe pharamineux. Votre génie<br />

fabuleusement imaginatif.<br />

Raymond Roussel À cette explosion voisine<br />

De mon génie universel,<br />

Je vois le mon<strong>de</strong> qui s’incline<br />

Devant ce nom Raymond Roussel.<br />

J’ai trop d’euphorie. J’ai trop d’euphorie. Ca ne peut pas durer !<br />

Jean Vous passez le plus clair <strong>de</strong> votre temps à écrire <strong>de</strong>s ouvrages réputés illisibles ; votre fort<strong>une</strong><br />

vous a permis <strong>de</strong> faire jouer, dans <strong>de</strong>s décors somptueux, <strong>de</strong>s pièces qui ont provoqué <strong>de</strong>s<br />

scandales, voire <strong>de</strong>s batailles rangées entre un public hostile et quelques je<strong>une</strong>s admirateurs.<br />

Aragon, Eluard, Desnos, <strong>Leiris</strong>.<br />

Raymond Roussel Cependant le nombre <strong>de</strong> mes partisans grossissait sans cesse.<br />

Un timi<strong>de</strong> portrait réduit mais ressemblant.<br />

crédit : marc ginot<br />

Jean J’ai dit, et je m’excuse <strong>de</strong> me citer, mais nous n’avons encore que peu <strong>de</strong> choses sur vous,<br />

génie à l’état pur, gagné et envahi par l’ombre <strong>de</strong> plus en plus profon<strong>de</strong> qui coule au pied <strong>de</strong>s<br />

colonna<strong>de</strong>s <strong>de</strong> Chirico, dans <strong>de</strong>s paysages que vous avez si parfaitement décrits, sans en<br />

18


soupçonner l’existence, j’ai dit que le texte <strong>de</strong>s Nouvelles Impressions d’Afrique était indémontable,<br />

indémontrable.<br />

Raymond Roussel Permettez-moi <strong>de</strong> vous répondre par <strong>une</strong> phrase qui appartient à l’histoire<br />

<strong>de</strong> Little Black Sambo : Comment voulez-vous que je tienne un parapluie, quand j’ai besoin <strong>de</strong><br />

toutes mes pattes pour marcher ? Vous pourriez faire un noeud à votre queue, et le porter <strong>de</strong> cette<br />

manière, dit Little Black Sambo.<br />

Parfaitement, dit le Tigre. Donnez-le-moi, et je ne vous mangerai pas pour cette <strong>fois</strong>. Donc il prit<br />

au pauvre Petit Black Sambo son beau Parapluie Vert, et s’en alla disant : Maintenant, c’est moi le<br />

plus grandiose Tigre <strong>de</strong> la Jungle.<br />

<strong>Michel</strong> Ridicule <strong>de</strong> se prêter au succès. Dans ce cas, pourquoi produire ? Mieux vaut donc<br />

l’insuccès, puisqu’il n’amène pas à toucher du doigt <strong>une</strong> pareille absurdité !<br />

crédit : marc ginot<br />

19


RAYMOND ROUSSEL<br />

<strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> Raymond Roussel...<br />

Par le Théâtre du Hangar - Cie Jacques Bioulès<br />

Repères biographiques<br />

Raymond Roussel est né à Paris, le 20 janvier 1877 et mort à Palerme en Italie, le 14 juillet<br />

1933. <strong>Il</strong> était écrivain, dramaturge et poète français.<br />

Ses premiers livres, La Doublure, La Vue, Impressions d'Afrique, n'obtinrent aucun succès.<br />

Tous ses autres livres, comme Locus Solus ou L'Étoile au front, furent perçus comme <strong>de</strong>s<br />

œuvres déroutantes. En 1932, il fit paraître ses Nouvelles Impressions d'Afrique, suivies <strong>de</strong> 59<br />

énigmatiques <strong>de</strong>ssins à la plume d'Henri-Achille Zo.<br />

Dans Comment j'ai écrit certains <strong>de</strong> mes livres (1935), Raymond Roussel explique les<br />

mécanismes <strong>de</strong> son écriture imaginaire, notamment basée sur L'homophonie, exercice relevant <strong>de</strong> la<br />

Langue <strong>de</strong>s oiseaux, et L’Enchâssement, mo<strong>de</strong> d'écriture consistant à placer <strong>de</strong>s incises dans <strong>de</strong>s incises,<br />

à l'image <strong>de</strong> la règle dite <strong>de</strong>s parenthèses en calcul algébrique.<br />

Son faible succès auprès <strong>de</strong> ses contemporains l'amena à publier à compte d'auteur, d'où le jeu <strong>de</strong><br />

mots dans le titre <strong>de</strong> son ouvrage Impressions d'Afrique, à comprendre « impressions à fric »,<br />

conformément aux mécanismes <strong>de</strong> construction/déconstruction du langage et du double sens<br />

employés dans ses ouvrages.<br />

Précurseur <strong>de</strong>s surréalistes, admiré par André Breton, Jean Cocteau, Louis Aragon, <strong>Michel</strong><br />

<strong>Leiris</strong>, Paul Éluard, Marcel Duchamp ou Georges Perec, cet écrivain fut malheureusement assez<br />

peu lu.<br />

Raymond Roussel était un inventeur dans bien <strong>de</strong>s domaines : dépôt d'un brevet sur<br />

l'utilisation du vi<strong>de</strong>, formulation aux échecs, découverte d'un théorème mathématique, etc…<br />

<strong>Il</strong> a aussi été médaille d'or <strong>de</strong> tir au pistolet!<br />

20


RAYMOND ROUSSEL<br />

<strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> Raymond Roussel...<br />

Par le Théâtre du Hangar - Cie Jacques Bioulès<br />

Ce qui a déjà été dit…<br />

L’Avis Culturel / Julie Loubère<br />

Une question posée par <strong>de</strong>ux journalistes à un homme. Les réponses se trouvent dans les textes, ses<br />

textes… Dans <strong>une</strong> salle faite toute <strong>de</strong> contrastes, trois comédiens se jouent <strong>de</strong>s points <strong>de</strong> vue. Un tour <strong>de</strong><br />

cette table infiniment longue et blanche et la discussion dérive, comme un prétexte pour abor<strong>de</strong>r les œuvres,<br />

les techniques, les intentions <strong>de</strong> cet homme… L'auteur joue avec les éléments <strong>de</strong> décor (sans volume) comme<br />

avec <strong>de</strong>s pions. Quoi <strong>de</strong> plus naturel finalement pour un homme qui joue avec la langue et les mots, qui<br />

s'amuse à brouiller les pistes en troublant l'ordre établi, en prenant les phrases pour <strong>de</strong>s équations, <strong>de</strong>s<br />

images <strong>de</strong> rébus…<br />

crédit : marc ginot<br />

L'univers mystérieux et imaginaire <strong>de</strong> l'auteur se <strong>de</strong>ssine, tels ses souvenirs, ses Impressions d'Afrique<br />

qu'il nous livre sans jamais y avoir mis les pieds. Une création en collage qui se propose d'interroger, <strong>de</strong><br />

découvrir et peut-être <strong>de</strong> mettre en lumière le mystère qui entoure l'auteur et l'oeuvre, un hommage à<br />

l'artiste par d'autres artistes, ses fils, ses frères…<br />

La Quinzaine Littéraire du 15 au 31 décembre 2006 / Annie Le Brun<br />

… Et <strong>de</strong> fait, ce n’est pas très compliqué, puisque ce théâtre-là, dont aucun critique ne s’est soucié <strong>de</strong><br />

rendre compte, ce théâtre-là existe « en ce pays loin <strong>de</strong> quelque part », c’est-à-dire à <strong>Montpellier</strong>. C’est le<br />

théâtre du Hangar qui, au printemps <strong>de</strong>rnier, a donné un spectacle bouleversant : Qui êtes-vous Raymond<br />

Roussel ? Sans doute n’est-ce nullement un hasard qu’ait ainsi été inaugurée <strong>une</strong> série <strong>de</strong><br />

questionnements, construits sous la forme d’actes théâtraux, que se pose et se posera le<br />

21


théâtre du Hangar », autour <strong>de</strong> <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong>, Gustave Moreau, André Breton, Maurice Maeterlinck,<br />

Alfred Jarry…<br />

… Sans doute, l’immense angle à quarante-cinq <strong>de</strong>grés qui file <strong>de</strong>vant le spectateur, loin dans le gris perle<br />

où apparaît Raymond Roussel perdu <strong>de</strong>rrière <strong>une</strong> non moins immense table qu’on dirait nappée <strong>de</strong> blanc à<br />

l’infini, incite à dériver qui accepte, comme lui, <strong>de</strong> se laisser emporter au fil <strong>de</strong>s mots. Et il n’en est que plus<br />

admirable que, pour avoir pratiqué <strong>de</strong>s années durant <strong>de</strong>s improvisations à la limite <strong>de</strong> l’automatisme,<br />

Jacques Bioulès se gar<strong>de</strong> bien ici d’avoir l’air <strong>de</strong> savoir <strong>de</strong> quoi il retourne, en imposant <strong>une</strong> organisation <strong>de</strong><br />

l’espace susceptible <strong>de</strong> présager <strong>de</strong>s lignes <strong>de</strong> fuite du langage. Au contraire, ce sont en fonction d’elles et<br />

d’elles seules que semble se <strong>de</strong>ssiner, comme entre le lieu et la formule, un espace où le <strong>de</strong>stin prend<br />

forme…<br />

… L’incroyable est qu’on a alors l’impression <strong>de</strong> comprendre ce texte complètement incompréhensible…<br />

… Car on n’en revient pas non plus <strong>de</strong> ce spectacle qui, longtemps après qu’on l’a vu, continue <strong>de</strong> nous<br />

entraîner en apnée dans les profon<strong>de</strong>urs mouvantes du langage pour nous révéler drames et prodiges qui n’en<br />

finissent pas <strong>de</strong> s’y jouer…<br />

… Jacques Bioulès serait-il en train d’esquisser un théâtre <strong>de</strong> l’éperdu où, à prendre les mots pour tout ce<br />

qu’on ne veut plus qu’ils soient, carrefours, constellations ou poussière <strong>de</strong> soleils, il nous donne peut-être<br />

encore la chance d’approcher, à la suite <strong>de</strong> Raymond Roussel, les influences mystérieuses qui<br />

régissent la vie <strong>de</strong>s hommes ? …<br />

… C’est alors qu’il faudra se souvenir <strong>de</strong> Jean Ferry, déclarant en 1964 : « Lisons Raymond Roussel. Ne<br />

le prêtons pas. On ne nous le rendrait pas en bon état »…<br />

Cette partie-là ne doit jamais être remise…<br />

crédit : marc ginot<br />

22


En écho à<br />

<strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> Raymond Roussel...<br />

FILM<br />

Projection Diagonal <strong>Montpellier</strong><br />

20 janvier 2011 à 19h30<br />

L’ACCORDEUR DE TREMBLEMENTS DE TERRE<br />

<strong>de</strong> Stefen et Thimoty Quay<br />

Pour donner <strong>une</strong> idée du dépaysement, <strong>de</strong> l'émerveillement, <strong>de</strong> la fascination provoqués<br />

par le cinéma <strong>de</strong>s frères Stephen et Timithy Quay, la meilleure solution est <strong>de</strong> brandir<br />

<strong>une</strong> brochette <strong>de</strong> références : Ghel<strong>de</strong>ro<strong>de</strong>, Kafka, Bruno Schulz, Robert Walser pour la<br />

littérature (ils les ont d'ailleurs adaptés dans leurs films), Epstein, Vigo, Buñuel,<br />

Cocteau, Borowczyk, Ruiz, Lynch pour le cinéma. Ajoutons que Tim Burton les<br />

admire, comme Terry Gilliam, qui a produit L'Accor<strong>de</strong>ur... et que Peter Greenaway s'est<br />

inspiré d'eux, <strong>de</strong> leur travail, pour Z.O.O. C'est du côté <strong>de</strong> L'Invention <strong>de</strong> Morel d'Adolfo<br />

Bioy Casares, du Château <strong>de</strong>s Carpates <strong>de</strong> Jules Verne, <strong>de</strong> Locus Solus <strong>de</strong> Raymond<br />

Roussel et <strong>de</strong>s Contes d'Hoffmann qu'il faut chercher les sources <strong>de</strong> L'Accor<strong>de</strong>ur <strong>de</strong><br />

tremblements <strong>de</strong> terre, avec clins d'œil à L'<strong>Il</strong>e <strong>de</strong>s morts d'Arnold Böcklin, à L'Empire <strong>de</strong>s<br />

lumières <strong>de</strong> Magritte et à Vampyr <strong>de</strong> Carl Dreyer sur le plan esthétique. Une partie <strong>de</strong> la<br />

musique, conçue pour entretenir <strong>une</strong> atmosphère <strong>de</strong> confusion psychique, est due à Trevor<br />

Duncan ; celle-là même qu'utilisa Chris Marker pour La Jetée.<br />

CONFÉRENCE<br />

Conférence Salle Rabelais<br />

24 janvier 2011 à 20h<br />

ENTRE L’ÉNIGME ET LA REPRÉSENTATION<br />

par Annie Le Brun<br />

Poétesse et essayiste, Annie Le Brun rencontre André Breton en 1963,<br />

prend part aux activités du mouvement surréaliste et n’aura <strong>de</strong> cesse <strong>de</strong><br />

défendre ce mouvement. Auteur d’<strong>une</strong> ribambelle d’ouvrages, elle est<br />

<strong>une</strong> gran<strong>de</strong> lectrice notamment <strong>de</strong> Sa<strong>de</strong>, <strong>de</strong> Jarry et <strong>de</strong> Roussel. C’est à<br />

<strong>une</strong> réflexion brillante et passionnée au sujet <strong>de</strong> ce <strong>de</strong>rnier que nous<br />

sommes conviés.<br />

23


IL ÉTAIT UNE FOIS MICHEL LEIRIS JACQUES BIOULÈS février 2011<br />

De : Jacques Bioulès<br />

Mise en scène et décor :<br />

Jacques Bioulès<br />

Avec : Jacques Bioulès, Sébastien<br />

Portier, Patrick Hannais<br />

Costumes : Françoise Astruc<br />

Lumières : Jean-Yves Courcoux<br />

Une monstrueuse aberration fait croire<br />

aux hommes que le langage est né pour<br />

faciliter leurs relations mutuelles.<br />

<strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong><br />

MICHEL LEIRIS<br />

<strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong>...<br />

Par le Théâtre du Hangar - Cie Jacques Bioulès<br />

(Re)Création<br />

du 22 au 27<br />

février 2011<br />

24


MICHEL LEIRIS<br />

<strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong>...<br />

Par le Théâtre du Hangar - Cie Jacques Bioulès<br />

Le défi du voyage<br />

C’est à un moment <strong>de</strong> rêve que <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong> et Jacques Bioulès nous convient, à <strong>de</strong>s<br />

moments <strong>de</strong> rêves. Ceux <strong>de</strong> <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong>, ceux <strong>de</strong> Perspective et <strong>de</strong> la voix Bénévole,<br />

comme ceux qui nous appartiennent, que l’on simule, que l’on masque ou bien que l’on<br />

désire.<br />

De blanches et belles faça<strong>de</strong>s d’immeubles façonnées par un grand architecte sont les espaces<br />

qui se prêtent à toutes ces sortes <strong>de</strong> projections, et les histoires <strong>de</strong> <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong> sont alors<br />

<strong>de</strong>s mains tendues offrant le voyage.<br />

Nous, qui avons tellement d’espace et si peu <strong>de</strong> temps, nous nous ferons noma<strong>de</strong>s, dit Annie Le Brun.<br />

Au travers <strong>de</strong>s voyages <strong>de</strong> <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong>, ceux du corps comme ceux <strong>de</strong> l’âme, nous<br />

empruntons la route chaotique <strong>de</strong> nos existences. Armés du langage, salutaire autant que<br />

redoutable.<br />

Au cœur <strong>de</strong>s villes comme au cœur <strong>de</strong>s forêts, nos humanités se débattent ; quelques-uns<br />

les observent.<br />

Et <strong>de</strong> là, ils vous rapportent le fruit <strong>de</strong> leurs observations, les clichés <strong>de</strong> leurs perspectives.<br />

Les langues se délient, les souvenirs surgissent, le vi<strong>de</strong> emplit les rues et les logis <strong>de</strong> la cité,<br />

et les âmes, condamnées au langage, marchent et tentent <strong>de</strong> s’expliquer.<br />

crédit : marc ginot<br />

25


MICHEL LEIRIS<br />

<strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong>...<br />

Par le Théâtre du Hangar - Cie Jacques Bioulès<br />

Quelques mots <strong>de</strong> l’architecte<br />

« Des textes empruntés dans les écrits <strong>de</strong> <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong>, par leur collages et leur découpages<br />

ont fabriqué <strong>de</strong>s dialogues. Ces dialogues sont distribués entre trois personnages : <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong>,<br />

Perspective et La voix Bénévole.<br />

Une voix enregistrée, La voix <strong>de</strong> la Rumeur, sert <strong>de</strong> fil conducteur.<br />

Ces éléments réunis dans la maquette immaculée d’<strong>une</strong> rue en perspective construisent un acte <strong>de</strong><br />

théâtre, <strong>une</strong> histoire, un rêve.<br />

Quelle est cette histoire, ce moment <strong>de</strong> théâtre?<br />

En paraphrasant <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong>, je pourrais dire : En faisant du théâtre, j’ai opté pour <strong>une</strong><br />

certaine représentation du mon<strong>de</strong> et, du même coup, pour <strong>une</strong> certaine morale. »<br />

Jacques Bioulès.<br />

crédit : marc ginot<br />

26


MICHEL LEIRIS<br />

<strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong>...<br />

Par le Théâtre du Hangar - Cie Jacques Bioulès<br />

Extrait<br />

<strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong> Parler pour parler, rien que<br />

pour le contact avec l’autre. Parler, s’il se<br />

trouve, <strong>de</strong> la pluie et du beau temps comme<br />

si n’importe quel échange <strong>de</strong> paroles,<br />

fussent-elles sans aucun poids, valait mieux<br />

que le vi<strong>de</strong> du silence. Entre <strong>de</strong>ux êtres,<br />

n’avoir plus rien à se dire peut être la fin <strong>de</strong><br />

tout…<br />

Perspective Une <strong>fois</strong> être Perspective, et<br />

par<strong>fois</strong> être le partenaire, il y a quelque<br />

chose <strong>de</strong> guingois. Une sorte d’obscurité<br />

entre <strong>de</strong>ux personnages, où l’amertume <strong>de</strong>s<br />

o m b r e s t e n t e d ’ a p p a r a î t r e p l u s<br />

crédit : marc ginot<br />

convaincante qu’un drame finissant, cette<br />

impossibilité <strong>de</strong> dire en <strong>de</strong>hors d’un rêve. Se savoir <strong>de</strong>dans, l’accepter presque à tâtons et<br />

continuer sans ordre particulier à écouter le fond <strong>de</strong>s nuits, <strong>une</strong> autre vie.<br />

<strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong> Qu’est donc le rêve ? Si quelques-uns, sans être dupes, puisent dans leurs rêves<br />

<strong>une</strong> mythologie et, sans être <strong>de</strong>s savants, prennent soin <strong>de</strong> scrupuleusement les noter, c’est que le<br />

rêve — mirage qui scintille sur un fond <strong>de</strong> ténèbres — est essentiellement poésie.<br />

Tel est (s’il en faut) le mot clé <strong>de</strong> cette suite <strong>de</strong> récits, tantôt d’événements rêvés, tantôt<br />

d’événements réels, qui semblent au narrateur avoir projeté par instants sur sa terne silhouette un<br />

même éclairage <strong>de</strong> secon<strong>de</strong> vie.<br />

La voix <strong>de</strong> la Rumeur Comme c’est étrange, Perspective découvre sur <strong>une</strong> <strong>de</strong>s faça<strong>de</strong>s <strong>une</strong><br />

plaque <strong>de</strong> rue, elle porte le nom <strong>de</strong> Fibrilles. Étrange ce terme <strong>de</strong> botanique fixé sur <strong>de</strong> la pierre<br />

blanche ; il y a là un arrangement que je ne comprends pas, <strong>une</strong> rumeur que j’ignore.<br />

<strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong> (Lisant <strong>une</strong> plaque <strong>de</strong> rue qu’il vient <strong>de</strong> découvrir) Firmament : firme venteuse <strong>de</strong> l’infini<br />

qui ment.<br />

La voix <strong>de</strong> la Rumeur Une rumeur que j’ignore, un mensonge, un message <strong>de</strong> singe, ou ce que<br />

les mots disent à <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong>.<br />

<strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong> (Interrompant La voix <strong>de</strong> la Rumeur) Plaisir qu’en écrivant j’éprouve à manipuler le<br />

langage pour le manipuler (sans prétendre émettre à chaque instant <strong>une</strong> sentence décisive ) mais,<br />

au-<strong>de</strong>là <strong>de</strong> cette satisfaction directe, espoir <strong>de</strong> faire venir au jour quelque vérités et <strong>de</strong> les donner<br />

en partage, ambition conjointe au vœu plus égoïste mais en revanche mo<strong>de</strong>ste <strong>de</strong> faire partager —<br />

27


en sourdine, comme dans l’échange <strong>de</strong> propos arachnéens au cours duquel presque rien n’est dit<br />

et presque tout discrètement suggéré — mes façons bonnes ou mauvaises <strong>de</strong> parler (vocabulaire,<br />

tournures, rythme, ton), bref mon style dont je tiens moins à ce qu’il soit beau style que style exact<br />

doublement et sensible : véridique quant à ce qui est dit, ressemblant quant à moi qui dis et tel<br />

que je sente mes propres fibres ébranlées toutes les premières par ses on<strong>de</strong>s, sortilège que je<br />

souhaite voir s’opérer même quand rien n’est en cause qui dépasse ma personne ou l’engage<br />

intérieurement assez loin pour que soit atteint le point où cette personne, privée <strong>de</strong>s détails<br />

caricaturaux qui font sa singularité et n’étant autant dire plus personne, <strong>de</strong>vient n’importe qui ou<br />

tout le mon<strong>de</strong>.<br />

La voix <strong>de</strong> la Rumeur <strong>Il</strong> y a dans cette rue <strong>de</strong>s perspectives qui bougent, <strong>de</strong>s hésitations qui<br />

s’estompent et qui réapparaissent, <strong>de</strong>s instantanés <strong>de</strong> femmes en gran<strong>de</strong> tenue ; elles sont si<br />

naturelles, qu’elles n’ont auc<strong>une</strong> autre signification que celle <strong>de</strong> rester belles. Aussitôt les faça<strong>de</strong>s<br />

dans <strong>de</strong> frêles bruits se déplacent, lentement et avec hésitation tentent <strong>de</strong> se reconstruire, <strong>de</strong><br />

reconstruire autre chose, pour retrouver autre chose, pour se souvenir, ou pour revivre <strong>une</strong> autre<br />

situation. Dans cette nouvelle fragilité souveraine elles se donnent un aspect d’<strong>une</strong> neuve crudité.<br />

À moins qu’il ne s’agisse <strong>de</strong> fantômes dont la règle du jeu consisterait dans <strong>de</strong>s vi<strong>de</strong>s à retrouver<br />

un ou plusieurs équipages favorables à <strong>une</strong> série <strong>de</strong> confessions. (<strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong> s’approche d’un pan <strong>de</strong><br />

mur, observe, et à Perspective dit :)<br />

<strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong> Les <strong>de</strong>ux femmes sont en gran<strong>de</strong> tenue : diadème <strong>de</strong> chasseur en crinière <strong>de</strong> lion ;<br />

ban<strong>de</strong>au <strong>de</strong> front <strong>de</strong> chasseur d’éléphant (en étoffe, à longs bouts flottants) ; pour Malkam<br />

Ayyahou, sorte d’étole noire brodée ; les reins ceints, toutes <strong>de</strong>ux, <strong>de</strong> pagnes quadrillés noués par<strong>de</strong>ssus<br />

la chama. Elles sont munies chac<strong>une</strong> du fouet à clochette qui sert à dompter les zar<br />

récalcitrants.<br />

Perspective (S’approchant d’un pan <strong>de</strong> mur) Comme répondant à notre notion <strong>de</strong> théâtre au sens<br />

strict, doivent être prises, assurément, certaines pratiques dont le but essentiel paraît bien être <strong>de</strong><br />

divertir <strong>une</strong> assemblée : les saynètes parodiques, notamment, que <strong>de</strong>s possédés <strong>de</strong> l’un ou l’autre<br />

sexe improvisent par<strong>fois</strong> au cours <strong>de</strong>s réjouissances qui accompagnent maintes cérémonies.<br />

crédit : marc ginot<br />

28


MICHEL LEIRIS<br />

<strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong>...<br />

Par le théâtre du Hangar - la Cie Jacques Bioulès<br />

Quelques lignes sur sa vie…<br />

<strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong> (1901-1990), est un homme qui se disait <strong>de</strong>s plus<br />

quelconques, mais qui simplement sait se regar<strong>de</strong>r et se raconter. <strong>Il</strong> est en<br />

vérité un personnage majeur <strong>de</strong> notre époque, très grand écrivain et sans<br />

doute beaucoup plus que cela.<br />

Surréaliste <strong>de</strong> la première heure, pionnier <strong>de</strong> l’ethnologie mo<strong>de</strong>rne,<br />

fondateur du collège <strong>de</strong> sociologie et, avec Jean-Paul Sartre <strong>de</strong>s Temps<br />

mo<strong>de</strong>rnes, résistant, militant actif <strong>de</strong> tous les combats anticolonialistes<br />

et antiracistes <strong>de</strong> l’après-guerre.<br />

Heureux comme un poisson dans l’eau dans la France en grève <strong>de</strong> 1968,<br />

il fut sympathisant à leurs débuts <strong>de</strong>s expériences révolutionnaires<br />

chinoise et cubaine, complice, ami, et commentateur d’André Masson,<br />

Mirò, Picasso, Giacometti, Bacon, eux-mêmes illustrateurs <strong>de</strong> son<br />

œuvre et témoins <strong>de</strong> leur ami. <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong> a aussi écrit sur le jazz, le cinéma, la tauromachie,<br />

l’opéra, mais plaçait son activité d’écrivain et <strong>de</strong> poète au-<strong>de</strong>ssus <strong>de</strong> toutes les autres.<br />

Dans L’Âge d’Homme, La Règle du jeu, Le Ruban au cou d’Olympia, Langage Tangage ou<br />

ce que les mots me disent, <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong> cherche dans le jeu <strong>de</strong>s mots la règle et le sens du jeu <strong>de</strong><br />

sa vie, sans se dissimuler que le jeu lui-même perd beaucoup <strong>de</strong> son attrait dès lors que l’on part<br />

(sans grand espoir <strong>de</strong> la trouver) à la recherche <strong>de</strong> sa règle.<br />

29


MICHEL LEIRIS<br />

<strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong>...<br />

Par le théâtre du Hangar - la Cie Jacques Bioulès<br />

Ce qui a déjà été dit…<br />

Les Trois Coups / Camille Gaubert<br />

Un moment <strong>de</strong> poésie tout en délicatesse<br />

Jacques Bioulès propose actuellement un moment<br />

<strong>de</strong> théâtre dans la lignée d’<strong>une</strong> série <strong>de</strong><br />

questionnements débutés en 2006 sur ses hommes<br />

<strong>de</strong> lettres favoris. <strong>Il</strong> s’agit cette <strong>fois</strong>-ci d’un spectacle<br />

autour <strong>de</strong> la personne <strong>de</strong> <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong>.<br />

Qui êtes-vous <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong> ? apparaît comme<br />

<strong>une</strong> interrogation sur l’i<strong>de</strong>ntité <strong>de</strong> cet écrivain et<br />

ethnologue français qui marqua le xxe siècle.<br />

Qui êtes-vous <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong> ? se présente<br />

comme un rêve dans lequel déambulent un <strong>Michel</strong><br />

<strong>Leiris</strong> âgé et un je<strong>une</strong> personnage nommé<br />

crédit : marc ginot<br />

Perspective. Des maquettes mobiles représentant <strong>de</strong>s faça<strong>de</strong>s d’immeubles les entourent. Elles permettent <strong>de</strong><br />

suggérer un lieu qui serait celui d’<strong>une</strong> rue en perspective et sans cesse en évolution. Une voix règle les<br />

déplacements <strong>de</strong>s personnages. C’est la voix <strong>de</strong> la Rumeur. Quant aux paroles échangées, elles sont issues dans<br />

leur intégralité <strong>de</strong>s ouvrages <strong>de</strong> <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong>. Le texte du spectacle est ainsi un collage réalisé par Jacques<br />

Bioulès à partir d’extraits <strong>de</strong> cet auteur. Sur scène, le metteur en scène attribue à <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong> <strong>de</strong>s répliques<br />

qui sont simplement les siennes ; c’est-à-dire les questions qu’il se pose, les questions qu’il se<br />

propose.<br />

… <strong>Il</strong> faut saluer tout d’abord le travail <strong>de</strong> scénographie. Celle-ci est <strong>une</strong> vraie réussite…<br />

… Le public peut ainsi contempler un espace qui change avec finesse et poésie. Ces faça<strong>de</strong>s semblent alors<br />

éprouver <strong>de</strong>s émotions et <strong>de</strong>s états d’âme, au même titre que <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong> ou Perspective…<br />

… Jacques Bioulès réussit à créer un espace onirique surprenant et tout à fait enchanteur…<br />

30


En écho à<br />

<strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong>...<br />

DOCUMENTAIRE<br />

Projection Diagonal <strong>Montpellier</strong><br />

17 février 2011 à 19h30<br />

LA COURSE DE TAUREAUX<br />

<strong>de</strong> Pierre Braunberger et commenté<br />

par <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong><br />

Pierre Braunberger<br />

Grand producteur <strong>de</strong> cinéma français (Renoir, Godard…), Pierre Braunberger fut un<br />

personnage majeur dans le cinéma français. <strong>Il</strong> fréquentait beaucoup les intellectuels et artistes<br />

<strong>de</strong> son temps (Picasso, Cocteau…).<br />

Pris <strong>de</strong> passion pour la corrida, il décida <strong>de</strong> consacrer un film à la tauromachie.<br />

Constitué d’images mettant en scène les plus grands toréros <strong>de</strong> la première moitié du XXe<br />

siècle (Dominguin, Manolette…), le film permet <strong>de</strong> mieux saisir ce que Braunberger appelle<br />

l’art tauromachie : il nous en dévoile les rites, les secrets, les traditions, et nous fait également<br />

découvrir les coulisses : écoles <strong>de</strong> matadors, lieux d’élevages <strong>de</strong>s taureaux… <strong>Il</strong> présente enfin<br />

plusieurs corridas en intégralité, 40 mises à mort, mais aussi plusieurs acci<strong>de</strong>nts mortels. <strong>Il</strong><br />

explique ce qu’est la corrida mo<strong>de</strong>rne, ses règles, ses rites, ses secrets. Quelques documents<br />

rarissimes permettent <strong>de</strong> retrouver certains maîtres <strong>de</strong> l’ancienne école.<br />

COLLOQUE<br />

Lieu à préciser<br />

25 février 2011<br />

RÉCEPTIONS DE L’ŒUVRE DE MICHEL LEIRIS<br />

Journée d’étu<strong>de</strong> organisée par Annie Pibarot<br />

Annie Pibarot est maître <strong>de</strong> conférences en littérature française à l’université <strong>Montpellier</strong> II.<br />

Elle enseigne la littérature, la didactique et anime <strong>de</strong>s ateliers d’écriture. Membre <strong>de</strong> l’équipe <strong>de</strong><br />

recherche RIRRA 21 <strong>de</strong> l’université <strong>Montpellier</strong> III, elle a publié <strong>de</strong>ux livres et plusieurs<br />

articles consacrés à l’œuvre <strong>de</strong> <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong>. Elle a également travaillé et participé à <strong>de</strong>s<br />

publications collectives sur Marguerite Duras, Pascal Quignard, Henry Bauchau, Serge<br />

Doubrovsky, ainsi que sur les différentes formes d’écriture <strong>de</strong> soi.<br />

L’œuvre <strong>de</strong> <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong> a fait l’objet d’<strong>une</strong> réception tardive, notamment dans les étu<strong>de</strong>s<br />

littéraires.<br />

Une explication quelque<strong>fois</strong> avancée est le fait que par bien <strong>de</strong>s aspects elle anticipe sur la conception du sujet<br />

qui caractérise la postmo<strong>de</strong>rnité : celle d’un sujet complexe, divisé.<br />

<strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong> (1901-1990) a pourtant participé aux principales expériences intellectuelles et artistiques du<br />

XXe siècle : surréalisme, relations entre la littérature et la psychanalyse, début <strong>de</strong> l’ethnographie française,<br />

existentialisme. L’importance qu’il a accordée à l’écriture <strong>de</strong> soi anticipe sur le retour au sujet et la<br />

diversification <strong>de</strong>s formes d’écriture autobiographiques qui ont marqué les <strong>de</strong>rnières années du XXe siècle. <strong>Il</strong> a<br />

également renouvelé fondamentalement l’écriture ethnographique, la rapprochant d’<strong>une</strong> quête poétique et<br />

l’articulant avec <strong>une</strong> réflexion sur la subjectivité <strong>de</strong> l’observateur.<br />

Contact et informations : anniepibarot@orange.fr<br />

31


LE LAVEUR DE VISAGES FABRICE MELQUIOT novembre 2010<br />

Nous avons envie <strong>de</strong> jouer à plein la<br />

carte <strong>de</strong> la fantaisie proposée par le<br />

texte. Puisque ce texte est un<br />

hymne à la « re poétisation » du<br />

mon<strong>de</strong>, alors nous allons en<br />

proposer sur scène un possible<br />

prolongement.<br />

Thibault Fayner.<br />

Buffalo Bill, il fumait sur son cheval.<br />

S’en fout, c’est pas lui qui court.<br />

Le mon<strong>de</strong> sous notre mon<strong>de</strong> il<br />

affleure, et on doit faire avec ce qui<br />

est révélé, sans craindre <strong>de</strong> ne pas<br />

comprendre. Comprendre, <strong>de</strong>s <strong>fois</strong>,<br />

c’est <strong>une</strong> révélation.<br />

Extrait <strong>de</strong> Laveur <strong>de</strong> visages, 2004.<br />

FABRICE MELQUIOT<br />

Le laveur <strong>de</strong> visages / Thibault Fayner<br />

Par la Compagnie <strong>de</strong>s fils<br />

Création<br />

du 23 au 28<br />

novembre 2010<br />

32


De : Fabrice Melquiot<br />

Avec : Thierry Blanc<br />

Mise en scène : Thibault Fayner<br />

Costumes : Armindo Portas<br />

Scénographie : Myriam Rose<br />

Lumières : David Debrinay<br />

Son : Pierre-Alain Vernette<br />

FABRICE MELQUIOT<br />

Le laveur <strong>de</strong> visages / Thibault Fayner<br />

Par la Compagnie <strong>de</strong>s fils<br />

La pièce<br />

Lorsque la pièce s’ouvre, Samuel Simorgh est en train <strong>de</strong> laver <strong>une</strong> voiture. Pas n’importe<br />

laquelle. C’est la voiture d’Emeline, <strong>une</strong> <strong>de</strong> ses anciennes petites amies qu’il n’a pas revue<br />

<strong>de</strong>puis dix ans.<br />

Tout en passant la peau <strong>de</strong> chamois sur la carlingue, Samuel raconte les six <strong>de</strong>rniers mois <strong>de</strong><br />

sa vie. <strong>Il</strong> raconte d’abord comment tout a basculé pour lui : il y a six mois, il était encore tra<strong>de</strong>r<br />

dans <strong>une</strong> gran<strong>de</strong> banque d’affaires mais un mauvais calcul <strong>de</strong> sa part lui a fait perdre son<br />

poste. Du jour au len<strong>de</strong>main, il s’est retrouvé sans ressources, sans amis, black boulé.<br />

Samuel consulte alors un magnétiseur qui, rencontre salutaire, interprète sa faillite d’<strong>une</strong><br />

manière toute nouvelle : c’est un signe du <strong>de</strong>stin ! Samuel a vu, juste avant <strong>de</strong> passer son ordre<br />

en bourse, un oiseau <strong>de</strong> malheur, un engoulevent, et c’est ainsi que la catastrophe s’explique.<br />

Prémonition ? Coup <strong>de</strong> pouce du <strong>de</strong>stin ?<br />

Samuel Simorgh n’est pas au bout <strong>de</strong> ses surprises. Dans la foulée, son magnétiseur lui révèle<br />

que le nom qu’il porte, Simorgh, c’est un nom d’oiseau. Pas n’importe quel oiseau. Un oiseau<br />

<strong>de</strong> légen<strong>de</strong>, un oiseau sage, grandiose, l’oiseau <strong>de</strong> la connaissance.<br />

Et voilà qu’ainsi plumé, Samuel s’envole pour le village <strong>de</strong> Joyeuse, en Ardèche. Au cours<br />

d’<strong>une</strong> promena<strong>de</strong>, il s’introduit dans <strong>une</strong> grotte et ne tar<strong>de</strong> pas à tomber nez à nez avec <strong>de</strong>s<br />

peintures rupestres d’aurochs, vieilles <strong>de</strong> dix mille ans.<br />

Nouvel électrochoc dans la vie <strong>de</strong> celui qui ne pensait être bon qu’à tirer les courbes <strong>de</strong>s<br />

graphiques vers le haut…<br />

33


FABRICE MELQUIOT<br />

Le laveur <strong>de</strong> visages / Thibault Fayner<br />

Par la Compagnie <strong>de</strong>s fils<br />

À la frontière <strong>de</strong>s mon<strong>de</strong>s<br />

Nos premières répétitions nous ont révélé<br />

qu’il était fructueux <strong>de</strong> prendre pour<br />

argent comptant la proposition ludique et<br />

poétique que contient le texte, à savoir :<br />

passer d’un mon<strong>de</strong> à l’autre.<br />

Nous voudrions travailler à la frontière<br />

entre le mon<strong>de</strong> <strong>de</strong>s réalités entendues (et<br />

vues) et le mon<strong>de</strong> plus abstrait, moins<br />

palpable mais pas moins présent dans<br />

lequel se réfugient aujourd’hui nos<br />

humanités contrariées.<br />

robert parkeharrison<br />

À la frontière <strong>de</strong>s mon<strong>de</strong>s, on le sait <strong>de</strong>puis Platon, existent les ombres. Ou pour le dire<br />

autrement : pour sortir du mon<strong>de</strong> <strong>de</strong>s illusions et vivre <strong>une</strong> existence plus juste, il faut<br />

dépasser le mon<strong>de</strong> <strong>de</strong>s ombres. Dans Platon il est aussi dit que les hommes sont trompés par<br />

ceux qui projettent les ombres sur les murs <strong>de</strong> la caverne.<br />

Travailler à la frontière <strong>de</strong>s mon<strong>de</strong>s, ce peut être travailler à la manipulation <strong>de</strong>s ombres. Ce<br />

peut être, poursuivre dans les ombres mais en <strong>de</strong>venir le manipulateur. Le grand manitou. Et<br />

Samuel Simorgh, c’est bien ça qu’il est : le grand manitou <strong>de</strong>s ombres passées qu’il liqui<strong>de</strong> à<br />

grand renfort <strong>de</strong> mots. Comme pour mieux vivre dans le silence.<br />

Nous souhaiterions mettre en place un dispositif scénique qui permette à l’acteur <strong>de</strong> <strong>de</strong>venir<br />

manipulateur d’objets. Objets avec lesquels il pourra naturellement jouer.<br />

Notre parti pris n’est pas non plus sans rapport avec la didascalie liminaire <strong>de</strong> la pièce :<br />

Un garage. Par la porte <strong>de</strong> tôle, lumière filtrée. Dehors, c’est un jour <strong>de</strong> plein soleil.<br />

Tout autour <strong>de</strong> la voiture, trois ampoules électriques diffusent <strong>une</strong> lumière trouble,<br />

percée <strong>de</strong>s flèches <strong>de</strong> lumière du jour filtré. Un homme s’affaire, en jean et blouson.<br />

Un seau d’eau. Une éponge. Une peau <strong>de</strong> chamois.<br />

Thibault Fayner<br />

34


FABRICE MELQUIOT<br />

Le laveur <strong>de</strong> visages / Thibault Fayner<br />

Par la Compagnie <strong>de</strong>s fils<br />

Qui est Fabrice Melquiot?<br />

Fabrice Melquiot est né à Modane en 1972. <strong>Il</strong> a publié <strong>une</strong> trentaine <strong>de</strong> pièces chez L'Arche<br />

Éditeur. Ses premiers textes Les petits mélancoliques et Le jardin <strong>de</strong> Beamon sont<br />

publiés à l'École <strong>de</strong>s loisirs et diffusés sur France Culture. <strong>Il</strong> reçoit le Grand Prix Paul<br />

Gilson <strong>de</strong> la Communauté <strong>de</strong>s radios publiques <strong>de</strong> langue française, le prix SACD <strong>de</strong> la meilleure<br />

pièce radiophonique, le prix Jean-Jacques Gauthier du Figaro et <strong>de</strong>ux prix du Syndicat<br />

National <strong>de</strong> la Critique. ( Révélation théâtrale, et meilleure création d'<strong>une</strong> pièce en langue<br />

française pour Le diable en partage.)<br />

Associé pendant six ans au metteur en scène Emmanuel Demarcy-Mota au Centre Dramatique<br />

National <strong>de</strong> Reims, Fabrice Melquiot voit ses pièces montées au Théâtre <strong>de</strong> la Bastille et au<br />

Théâtre <strong>de</strong>s Abbesses à Paris. Cette collaboration se poursuit désormais au Théâtre <strong>de</strong> la<br />

Ville, à Paris, où Fabrice Melquiot est auteur associé et responsable du développement en je<strong>une</strong><br />

public. En 2008, il a reçu le Prix Théâtre <strong>de</strong> l'Académie Française pour l'ensemble <strong>de</strong> son<br />

œuvre. Ses textes sont traduits et représentés dans <strong>une</strong> douzaine <strong>de</strong> langues.<br />

35


ENFANCE NATHALIE SARRAUTE décembre 2010<br />

Aujourd’hui, trois ans après la création<br />

d’Enfance, je souhaite reprendre ce<br />

spectacle dans <strong>une</strong> autre mise en<br />

scène, un autre rapport au texte et au<br />

plateau.<br />

J’ai <strong>de</strong>mandé à Jacques Bioulès, le<br />

scénographe, d’être partenaire <strong>de</strong> ce<br />

souhait en créant pour nous un autre<br />

espace scénique nous permettant<br />

d’accé<strong>de</strong>r à nos<br />

rêveries poétiques.<br />

Fanny Ru<strong>de</strong>lle.<br />

L’écriture c’est d’abord un texte que<br />

j’écoute.<br />

Extrait <strong>de</strong> Enfance, 2.<br />

NATHALIE SARRAUTE<br />

Enfance / Fanny Ru<strong>de</strong>lle<br />

Par la Compagnie Intime Camara<strong>de</strong><br />

Reprise<br />

du 1 au 5<br />

décembre 2010<br />

36


De : Nathalie Sarraute<br />

Mise en scène : Stéphane Laudier et<br />

Fanny Ru<strong>de</strong>lle<br />

Avec : Fanny Ru<strong>de</strong>lle<br />

Décors : Jacques Bioulès<br />

Images et son : Serge Monségu<br />

NATHALIE SARRAUTE<br />

Enfance / Fanny Ru<strong>de</strong>lle<br />

Par la Compagnie Intime Camara<strong>de</strong><br />

La pièce<br />

Enfance nous parle <strong>de</strong> la vie d’<strong>une</strong> petite fille partagée entre un père attentif et <strong>une</strong> mère qui<br />

la délaisse rapi<strong>de</strong>ment. Enfance, roman autobiographique, a la particularité <strong>de</strong> se présenter<br />

sous la forme d’un dialogue entre <strong>une</strong> femme et un écrivain (son double), Nathalie Sarraute et<br />

sa conscience artistique, aux prises avec la petite fille bouleversante qu’elle fut et qui <strong>de</strong>man<strong>de</strong><br />

à être entendue.<br />

L'auteur part à la recherche <strong>de</strong> ses souvenirs vrais, sélectionne les instants dont elle peut<br />

retrouver la sensation encore intacte, retrace leurs mouvements à force <strong>de</strong> mots,<br />

d’interrogations. Le double est là comme vaillant camara<strong>de</strong> d’<strong>une</strong> vérité. Ces souvenirs sont<br />

ici livrés sous forme fragmentaire et nous nous trouvons <strong>de</strong>vant un tableau, <strong>une</strong> mosaïque<br />

composant un poème.<br />

Nathalie Sarraute, avec ce texte, nous dévoile <strong>une</strong> partie essentielle d’elle-même. Par la fable,<br />

celle d’<strong>une</strong> adulte cherchant dans sa mémoire les sensations d’alors, et surtout, par son<br />

obsession toute particulière, son amour fort du mot précis, du mot juste. Celui qui ne trahit<br />

pas le ressenti.<br />

Ce ne sont pas simplement <strong>de</strong>s souvenirs d’enfants qu’elle nous livre, mais bien plus encore le<br />

chemin qu’elle effectue pour les atteindre.<br />

La sensation d’alors celle <strong>de</strong> la petite fille, enfin retrouvée, ressentie à nouveau, parvient<br />

presque charnellement au lecteur.<br />

C’est ce chemin, qu’elle effectue pour les atteindre, qu’elle nous livre. La sensation d’alors,<br />

celle <strong>de</strong> la fillette, enfin retrouvée, ressentie au présent, parvient presque charnellement au<br />

lecteur.<br />

37


NATHALIE SARRAUTE<br />

Enfance / Fanny Ru<strong>de</strong>lle<br />

Par la Compagnie Intime Camara<strong>de</strong><br />

Un mot sur la mise en scène<br />

Quelque chose se doit d’advenir, là, ici, face à nous, entre nous. Une matière s’échappe du<br />

livre. L’acteur est celui dont le travail consiste à reproduire <strong>de</strong>s mouvements intérieurs<br />

pour les transmettre charnellement au public. Littéralement, il donne corps aux mots.<br />

Choisir la poésie comme échange, c'est aussi un engagement qui nous semble être un terrain<br />

à défendre aussi fermement que l'on défendrait un pays, <strong>une</strong> idéologie ou encore la liberté.<br />

Ce mon<strong>de</strong> méconnu, oublié, <strong>de</strong> l'enfance est exploré ici, montrant l'enfant se constituer à<br />

travers <strong>de</strong>s figures d'i<strong>de</strong>ntification, <strong>de</strong>s refus, <strong>de</strong>s transgressions, <strong>de</strong>s grands bonheurs pour<br />

<strong>de</strong>venir enfin, par l'appropriation du langage, un sujet autonome et libre.<br />

Nathalie Sarraute pose son microscope sur cette part agile <strong>de</strong> nos êtres pour que nous<br />

prenions le temps <strong>de</strong> nous reconnaître. Ne nous ressemblons-nous pas comme <strong>de</strong>ux gouttes<br />

d'eau, en fin<br />

<strong>de</strong> compte?<br />

Restant au plus proche <strong>de</strong> l'écriture, nous nous <strong>de</strong>mandons <strong>de</strong>vant chaque poème quels<br />

moyens utiliser pour que la sensation advienne .<br />

Nous travaillons sur la trace, l'écho, la force d'images enfouies dialoguons tout au long du<br />

texte, avec la lumière, tel un film mouvant et prégnant.<br />

Pour chaque représentation, tentant <strong>de</strong> faire l'expérience <strong>de</strong> la sensation avec et “hors <strong>de</strong>s<br />

mots”, nous nous souviendrons <strong>de</strong> l'admiration <strong>de</strong> Nathalie Sarraute pour Picasso capable <strong>de</strong><br />

montrer un visage à la <strong>fois</strong> <strong>de</strong> face et <strong>de</strong> profil en même temps, sans que cela nuise à la<br />

perception globale que l'on a <strong>de</strong> ce visage…<br />

38


NATHALIE SARRAUTE<br />

Enfance / Fanny Ru<strong>de</strong>lle<br />

Par la Compagnie Intime Camara<strong>de</strong><br />

La vie <strong>de</strong> Nathalie Sarraute<br />

Nathalie Sarraute, née Tcherniak, voit le jour le 18 juillet<br />

1900 à Ivanovo, près <strong>de</strong> Moscou, dans <strong>une</strong> famille <strong>de</strong> la<br />

bourgeoisie aisée et cultivée. La je<strong>une</strong> Nathalie quitte la<br />

Russie et vient à Paris avec sa mère... Le français est sa<br />

première langue. Chaque année, elle passe un mois avec son<br />

père, soit en Russie, soit en Suisse. Nathalie Tcherniak<br />

retourne en Russie, à Saint-Pétersbourg, avec sa mère et son<br />

nouveau mari Nicolas Boretzki. <strong>Il</strong>yanova Tcherniak, le père<br />

<strong>de</strong> Nathalie, qui connaît <strong>de</strong>s difficultés en Russie, du fait <strong>de</strong><br />

ses opinions politiques, est contraint d'émigrer à Paris. <strong>Il</strong> va<br />

créer <strong>une</strong> usine <strong>de</strong> matières colorantes à Vanves.<br />

Après le divorce <strong>de</strong> ses parents, son enfance est partagée entre Paris et Ivanovo. La je<strong>une</strong> Nathalie grandit<br />

avec Véra, la secon<strong>de</strong> femme <strong>de</strong> son père, et a <strong>une</strong> éducation cosmopolite. Elle poursuit en effet <strong>de</strong>s étu<strong>de</strong>s<br />

d'anglais et d'histoire à Oxford, <strong>de</strong> sociologie à Berlin, e et <strong>de</strong> droit à Paris. Elle <strong>de</strong>vient ensuite avocate,<br />

inscrite au barreau <strong>de</strong> Paris. Elle entame également <strong>une</strong> carrière <strong>de</strong> juriste internationale. En 1925, elle<br />

épouse Raymond Sarraute, avocat comme elle, et <strong>de</strong> cette union naissent trois enfants : Clau<strong>de</strong>, née en<br />

1927, Anne et Dominique.<br />

Parallèlement, Nathalie Sarraute découvre la littérature du XXe siècle, spécialement Marcel Proust,<br />

James Joyce et Virginia Woolf, qui bouleversent sa conception du roman. En 1932, elle écrit les<br />

premiers textes <strong>de</strong> ce qui <strong>de</strong>viendra Tropismes, publié en 1939 et salué par Jean-Paul Sartre et Max<br />

Jacob.<br />

En 1941, Sarraute est radiée du barreau suite aux lois anti-juives et se consacre alors totalement à la<br />

littérature.<br />

Elle meurt à Paris le 19 octobre 1999, à l'âge <strong>de</strong> 99 ans.<br />

Elle est inhumée à Chérence, dans le Val-d'Oise.<br />

39


MA PEAU SUR LA TABLE LOUIS-FERDINAND CÉLINE mars 2011<br />

Le véritable problème <strong>de</strong>s gens qui le jugent<br />

irrécupérable, odieux et criminel, est<br />

précisément qu’ils le jugent le plus souvent<br />

sans l’avoir jamais lu. <strong>Il</strong> est grand temps <strong>de</strong><br />

proposer <strong>de</strong> « réparer » cette omission.<br />

David Ayala.<br />

« Je pourrais moi dire toute ma haine.<br />

Je sais. Je le ferai plus tard s'ils ne<br />

reviennent pas. J'aime mieux raconter<br />

<strong>de</strong>s histoires. J'en raconterai <strong>de</strong> telles<br />

qu'ils reviendront, exprès, pour me<br />

tuer, <strong>de</strong>s quatre coins du mon<strong>de</strong>. Alors<br />

ce sera fini et je serai bien content. »<br />

© Silvia Mammano<br />

Extrait <strong>de</strong> Mort à Crédit, 1936.<br />

LOUIS-FERDINAND CÉLINE<br />

Ma peau sur la table (féerie) / David Ayala/<br />

Stanislas <strong>de</strong> la Tousche/ Géraud Bénech<br />

Par la Compagnie La nuit remue<br />

Création<br />

du 07 au 18<br />

mars 2011<br />

40


Adaptation et conception :<br />

Stanislas <strong>de</strong> la Tousche, David Ayala, Géraud Bénech<br />

Mise en scène : David Ayala, Géraud Bénech<br />

Dramaturgie et collaboration<br />

Avec : Stanislas <strong>de</strong> la Tousche, Sophie Affhol<strong>de</strong>r,<br />

Nicolas Rappo, Hervé Jacobi<br />

Création sonore : Laurent Sassi<br />

Création vidéo : Julie Simmoney<br />

LOUIS-FERDINAND CÉLINE<br />

Ma peau sur la table (féerie) / David Ayala/<br />

Stanislas <strong>de</strong> la Tousche/ Géraud Bénech<br />

Par la Compagnie La nuit remue<br />

J'ai mis ma peau sur la table, déclare Louis Ferdinand Céline dans ses <strong>de</strong>rnières interviews,<br />

éclairant dans cette formule ramassée, les relations étroites et complexes qui existent entre<br />

l'homme et son œuvre, la vie et l’écriture. Ce regard acéré, chirurgical qu’il porte sur lui-même<br />

comme sur le mon<strong>de</strong> se teinte d’<strong>une</strong> violence et d’<strong>une</strong> noirceur que seul explique son voisinage<br />

proclamé avec la mort (la seule vérité en ce mon<strong>de</strong>.)<br />

Au nom d’<strong>une</strong> balle imaginaire dans la tête qu’il prétend porter <strong>de</strong>puis 1914, Céline se crée<br />

comme un homme à part, déjà mort en somme. Une balle fictive qui opère comme noyau dur<br />

symbolique d’<strong>une</strong> écriture fictionnelle à valeur prophétique. Dégagé <strong>de</strong>s contraintes auxquelles<br />

obéissent ceux qui sont encore dans la vie, dans le mon<strong>de</strong>, Céline se sent ainsi libre <strong>de</strong> tout<br />

dire, au risque assumé (et peut-être intimement désiré) <strong>de</strong> <strong>de</strong>venir <strong>une</strong> victime expiatoire.<br />

Cette métaphore <strong>de</strong> la peau sur la table est au coeur du mystère Céline. Elle est le reste<br />

décharné d'un homme dont la vie, en tant qu’expérience et substance, a nourri cet immense<br />

travail d’écriture. Elle est le parchemin métaphorique posée sur <strong>une</strong> table d'opération où<br />

l’écrivain-mé<strong>de</strong>cin effectue <strong>une</strong> auto-dissection <strong>de</strong> ce qui est encore vivant en lui ; ces liasses <strong>de</strong><br />

feuillets classés, retenus par <strong>de</strong>s pinces à linge, comme autant <strong>de</strong> tissus, <strong>de</strong> membranes<br />

superposées fendues au scalpel, se chevauchant, mais laissant apercevoir l’indicible secret d’<strong>une</strong><br />

vie illusoire car déjà toute entière condamnée. Vision qui dépasse le simple constat<br />

autobiographique pour <strong>de</strong>venir eschatologique.<br />

Géraud Bénech.<br />

Production : Compagnie La Nuit Remue (<strong>Montpellier</strong>) / Administration <strong>de</strong> production : Silvia Mammano<br />

Coproduction : Théâtre 95 scène conventionnée centre <strong>de</strong>s écritures contemporaines. Coréalisation : Théâtre du Hangar (Cie Jacques Bioulès)<br />

Centre d’art et <strong>de</strong> recherche (<strong>Montpellier</strong>). Avec le soutien <strong>de</strong> la DRAC Languedoc Roussillon et du Conseil Régional du Languedoc<br />

Roussillon. Avec l’ai<strong>de</strong> du Théâtre Firmin Gémier / La Piscine, scène conventionnée d'Antony et Châtenay-Malabry ; <strong>de</strong> l’Avant Seine –<br />

théâtre <strong>de</strong> Colombes. Avec l’aimable autorisation <strong>de</strong>s éditions Gallimard.<br />

Remerciements à François Gibault<br />

41


LOUIS-FERDINAND CÉLINE<br />

Ma peau sur la table (féerie) / David Ayala/<br />

Stanislas <strong>de</strong> la Tousche/ Géraud Bénech<br />

Par la Compagnie La nuit remue<br />

Matériau<br />

D’un Château l’autre / Féerie pour <strong>une</strong> autre <strong>fois</strong> / Rigodon / Interviews<br />

josé corréa<br />

Du son. Des sons. De la musique.<br />

Un univers sonore. Ça c’est sûr.<br />

L’important pour nous reste la langue, le style, la<br />

fulgurance et l’unicité <strong>de</strong> Louis Ferdinand Céline —<br />

comme un immense écrivain.<br />

Avec toujours la même Émotion et la même<br />

exigence que Louis-Ferdinand Céline mettait à<br />

transposer la force vivante du langage parlé dans le<br />

langage écrit.<br />

L’émotion. L’émotion d’abord ! Comme il se plaisait<br />

à le répéter ! Sans complaisance. N’est-ce pas ? S’il<br />

vous plaît !<br />

David Ayala.<br />

Louis Ferdinand Céline cristallise différents traits qui font reconnaître l’artiste total : imaginaire<br />

puissant, anarchisme, goût <strong>de</strong> plaire, spontanéité, haine, rage paranoïa, noirceur, drôlerie,<br />

exhibitionnisme, intimisme débridé, obsession <strong>de</strong> la physiologie, scatologie, regard au scalpel, intérêt à la<br />

souffrance d’autrui…<br />

Dans ses <strong>de</strong>rniers romans, écrits à bout <strong>de</strong> vie, il se met en scène, misanthrope raffiné et décati… entre<br />

rire et aboiement.<br />

La chronique <strong>de</strong> son quotidien <strong>de</strong> mé<strong>de</strong>cin sans mala<strong>de</strong>s et d'écrivain boudé, l’évocation tendre ou<br />

hallucinée <strong>de</strong>s souvenirs – l’enfance, l’Afrique, la fuite et l’errance à travers l’Allemagne bombardée, les<br />

prisons danoises – tout s'y retrouve, mis à vif, taillé, cousu.<br />

C'est ce personnage <strong>de</strong> Meudon, ce « narr-acteur » que nous venons consulter.<br />

42<br />

Stanislas <strong>de</strong> la Tousche.


LOUIS-FERDINAND CÉLINE<br />

Ma peau sur la table (féerie) / David Ayala/<br />

Stanislas <strong>de</strong> la Tousche/ Géraud Bénech<br />

Par la Compagnie La nuit remue<br />

Trajectoire<br />

Par Géraud Bénech<br />

Juin 1944 - l’Histoire bascule.<br />

Menacé <strong>de</strong> mort, Céline, l’auteur du « Voyage » <strong>de</strong> « Mort à Crédit », le<br />

mé<strong>de</strong>cin, le collabo, l’antisémite, quitte Paris en catastrophe…<br />

<strong>de</strong>stination l’Allemagne.<br />

Errance <strong>de</strong> palaces décatis en villes bombardées.<br />

Un but… le Danemark, la liberté, <strong>une</strong> réserve d’or.<br />

Céline est arrêté en décembre 1945, à Copenhague…la vie sauve<br />

contre la prison…puis l’exil, le grand Belt, au Nord…au froid, 5 ans !<br />

<strong>Il</strong> écrit.<br />

1951 – Retour en France – procès – installation à Bellevue, en ermite,<br />

sur les hauteurs <strong>de</strong> Meudon…<br />

Brisé, cassé en <strong>de</strong>ux, mais toujours accroché à sa plume, Céline poursuit, s’éreinte…publie<br />

« Féerie » et « D’un château l’autre » et <strong>de</strong>ux autres romans encore…<br />

Comme toujours, c’est dans la vie, la sienne qu’il puise la matière brute…présent, passé,<br />

souvenirs.<br />

Quelques visiteurs…<strong>de</strong>s proches – et bientôt les journalistes…micros, caméras ; il faut<br />

vendre…se vendre. Céline fait son numéro.<br />

Céline est mort il y a bientôt 50 ans. Autour <strong>de</strong> l’homme et <strong>de</strong> l’œuvre, la polémique reste vive.<br />

Céline continue <strong>de</strong> diviser, <strong>de</strong> mettre « à feu et à sang »…Célinophiles – Célinophobes, on<br />

s’étripe, on s’injurie par<strong>fois</strong>.<br />

La liberté totale qu’il prend avec lui-même, avec la langue, avec les autres continue <strong>de</strong> faire<br />

violence. Elle est le miroir d’un mon<strong>de</strong> violent…le sien...<br />

Sans doute aussi le nôtre.<br />

43


STUDIO 34 ALEXANDRE MORAND mai 2011<br />

« Ses thèmes <strong>de</strong> prédilection sont l’art,<br />

les gens, et la culture sous toutes ses<br />

formes. Les arts nobles bien sûr, comme<br />

la littérature, la danse, le théâtre, la<br />

peinture, mais tout aussi bien les sports,<br />

les voyages, le cricket, le modélisme et<br />

les vi<strong>de</strong> greniers, les cartes routières,<br />

l’aquagym et le tricot. «<br />

Yves Souchot.<br />

Studio 34 n'est pas un numéro d'acteur,<br />

interprétant au sein d'<strong>une</strong> soli<strong>de</strong><br />

histoire, toute <strong>une</strong> galerie <strong>de</strong><br />

personnages, mais la fresque à tiroirs et<br />

le récit morcelé d'<strong>une</strong> conscience visitée<br />

par <strong>de</strong>s voix.<br />

Alexandre Morand<br />

ALEXANDRE MORAND<br />

Studio 34<br />

Par la Compagnie Alégria Kryptonite<br />

Création<br />

du 3 au 15<br />

mai 2011<br />

44


Mise en scène et jeu :<br />

Alexandre Morand<br />

Sous l’oeil eberlué :<br />

Patrick Mollo<br />

ALEXANDRE MORAND<br />

Studio 34<br />

Par la Compagnie HRKN - Institut<br />

Synopsis<br />

Yves Souchot, conférencier illuminé et froutraque, biographe érudit et écrivain raté,<br />

s’extasie pour la région Languedoc, dans laquelle il est fraîchement arrivé <strong>de</strong> Paris ; il découvre<br />

les trésors culturels <strong>de</strong> tous ordres, ceux qui font sa splen<strong>de</strong>ur et son éclat singulier.<br />

À l’occasion <strong>de</strong> Studio 34, son émission littéraire, il retrace la vie <strong>de</strong>s artistes illustres qui ont su<br />

puiser dans la culture occitane <strong>de</strong> quoi nourrir leur inspiration…<br />

Mais à mesure que progresse cette fantasque conférence, (à propos <strong>de</strong> livres imaginaires, écrits<br />

par <strong>de</strong>s auteurs imaginaires), l’esprit d’Yves Souchot s’embrouille, se contredit, et un secret plus<br />

lointain finit par refaire surface…<br />

45


ALEXANDRE MORAND<br />

Studio 34<br />

Par la Compagnie HRKN - Institut<br />

Improvisation interactive<br />

Encadré par un canevas rigoureux et <strong>de</strong>s ren<strong>de</strong>z-vous narratifs,<br />

Studio 34 progresse grâce à l’improvisation. D’un soir sur<br />

l’autre, le noms <strong>de</strong>s auteurs comme <strong>de</strong>s livres changent, d’autres<br />

reviennent, quand le récit d’<strong>une</strong> vie lui revient et se précise,<br />

s’augmente <strong>de</strong> nouveaux événements et dialogue avec les<br />

nouveaux personnages.<br />

Mais c’est dans l’interaction que le processus d’improvisation<br />

trouve avant tout sa meilleure nourriture. À tous moments, Yves<br />

Souchot s’adresse directement au public, le questionne sur son<br />

désir, sa vie propre, <strong>de</strong> sorte qu’<strong>une</strong> espèce <strong>de</strong> convivialité<br />

dialogué permanente, emporte d’un bout à l’autre la conduite du<br />

spectacle, lequel est, et raconte donc en même temps, l’histoire<br />

d’<strong>une</strong> rencontre, celle d’Yves Souchot et <strong>de</strong> son public, invités,<br />

d’emblée, à faire connaissance.<br />

Le spectacle en effet démarre à l’arrivée <strong>de</strong>s spectateurs. Précédée d’un générique, l’émission<br />

n’a pas encore commencé. Nous sommes donc encore dans le « Off », d’<strong>une</strong> émission radio<br />

enregistré en public, comme il s’en rencontre par exemple au festival Radio France. Souchot<br />

accueille en personne le public, lui serre la main, puis <strong>une</strong> <strong>fois</strong> qu’il est installé, l’interroge très<br />

directement sur sa vie à <strong>Montpellier</strong> comme en terre occitane, sur ses affinités culinaires,<br />

sportives ou estivales, lui communique avec force enthousiasme, la joie immense dans laquelle<br />

le plonge la découverte <strong>de</strong> sa région.<br />

Dans <strong>une</strong> gran<strong>de</strong> liberté <strong>de</strong> ton, gourman<strong>de</strong> et triviale, un frais dialogue interactif nourrit et<br />

ponctue donc <strong>de</strong> ses échanges complices le déroulé du spectacle, le goût duquel est relevé<br />

encore par un système <strong>de</strong> contraintes, honoré impérativement par l’interprète.<br />

Alexandre Morand.<br />

46


ALEXANDRE MORAND<br />

Studio 34<br />

Par la Compagnie HRKN - Institut<br />

Qui est Yves Souchot?<br />

Yves Souchot est un conférencier fantasque, un bonimenteur<br />

drolatique et décalé, <strong>une</strong> sorte <strong>de</strong> Monsieur Loyal atypique, <strong>de</strong><br />

toutes les circonstances, débonnaire et enjoué. Tour à tour<br />

biographe, commentateur, critique d’art piqué <strong>de</strong> belles lettres, (il<br />

écrit à ses heures), éminent spécialiste en spécialistes, passionné <strong>de</strong><br />

gastronomie, d’histoire médiévale, d’amour courtois comme du<br />

vert <strong>de</strong>s moquettes, il peut parler <strong>de</strong> tout pendant <strong>de</strong>s heures, c’est<br />

<strong>une</strong> espèce rare d’orateur cocasse, <strong>de</strong> désuet locuteur illuminé.<br />

Son apparence physique, poussiéreuse et maniérée, est celle d’un<br />

vieux professeur d’histoire, d’un politique ringard ou d’un écrivain<br />

raté. (« Ronds <strong>de</strong> cuir » et velours côtelés ja<strong>une</strong> « moutar<strong>de</strong> », sont son modèle <strong>de</strong> fabrique<br />

déposée). Son style précieux ne craint pas le ridicule <strong>de</strong> l’emphase, <strong>de</strong>s formules pompeuses et<br />

compassées. Sa démarche et ses mimiques celui <strong>de</strong>s contorsions invraisemblables que lui font<br />

faire, intactes en lui, et passionnés, son désir et son ar<strong>de</strong>ur, toujours à l’étroit dans son<br />

grotesque petit « complet ».<br />

Ses thèmes <strong>de</strong> prédilection sont l’art, les gens, et la culture sous toutes ses formes. Les arts<br />

nobles bien sûr, comme la littérature, la danse, le théâtre, la peinture, mais tout aussi bien les<br />

sports, les voyages, le cricket, le modélisme et les vi<strong>de</strong> greniers, les cartes routières, l’aquagym et<br />

le tricot.<br />

Les plaisirs <strong>de</strong> la table, les châteaux forts, le nom <strong>de</strong>s fleuves, le chant <strong>de</strong>s lavandières, les gestes<br />

simples <strong>de</strong> l’artisan, charcutiers ou tanneurs, le travail bien fait, le genièvre et les saveurs<br />

d’antan, les terres <strong>de</strong> légen<strong>de</strong>s et les traditions, les récits d’aventures, les anecdotes croustillantes,<br />

grivoises ou poivrées, les rituels archaïques et mystérieux <strong>de</strong>s anciennes civilisations, cet insecte<br />

répugnant le mille- patte, les bossus et les princesses, et toutes les icônes vivantes du<br />

romantisme responsable, celui <strong>de</strong> la douceur <strong>de</strong> vivre « à la française », comme par exemple les<br />

vœux du Prési<strong>de</strong>nt, Alain Delon qui « marche à l’instinct », la finale <strong>de</strong> Roland Garros, Johnny<br />

Hallyday, son boulanger qui se lève tôt, le bridge, et par <strong>de</strong>ssus tout les crêpes au beurre<br />

irrésistibles <strong>de</strong> son assistante, Marie-Chantal Goëllec.<br />

Grand nostalgique <strong>de</strong>s temps plus anciens, il n’est pas avare <strong>de</strong> commentaires caustiques et<br />

réactionnaires sur les contradictions et les difficultés <strong>de</strong> la vie mo<strong>de</strong>rne. La crise « <strong>de</strong>s vraies<br />

valeurs », le mépris <strong>de</strong> la société pour le « travail », le relâchement <strong>de</strong> la « je<strong>une</strong>sse<br />

d’aujourd’hui », préoccupent sa morale, blessée et mise à mal constamment par l’actualité.<br />

47


(Sous réserve)<br />

Les Infinis Turbulents<br />

Par la Cie La Nuit Remue/ Théâtre du Hangar -<br />

Cie Jacques Bioulès<br />

Du 23 au 31 mai 2011 au Théâtre du Hangar entre David<br />

Ayala et Jacques Bioulès<br />

David Ayala et Jacques Bioulès<br />

S’associent pour inviter .... ??? !!!<br />

Nous n’en dévoilerons pas davantage aujourd’hui.<br />

Programme à venir. À suivre ...<br />

48


Hors les murs<br />

Ad vitam <strong>de</strong> Joël Jouanneau<br />

Par la Compagnie Jacques Bioulès<br />

Du 11 au 19 juin 2011 au Théâtre <strong>de</strong> la Tempête à Paris<br />

Mise en scène et décor : Jacques Bioulès<br />

Jeu : David Stanley<br />

Lumières : Jean-Yves Courcoux<br />

Costumes : Françoise Astruc<br />

Production : Théâtre du Hangar–Compagnie Jacques<br />

Bioulès. Avec le soutien <strong>de</strong> la Drac Languedoc-Roussillon,<br />

<strong>de</strong> la Région Languedoc-Roussillon, du Département <strong>de</strong><br />

l’Hérault, <strong>de</strong> l’Agglomération <strong>de</strong> <strong>Montpellier</strong>, et <strong>de</strong> la Ville<br />

<strong>de</strong> <strong>Montpellier</strong>.<br />

Un auteur à succès déci<strong>de</strong> un beau jour <strong>de</strong> revenir à l’essentiel et d’en finir avec cette<br />

acné juvénile qui lui avait fait confondre la littérature et l’élevage industriel <strong>de</strong> veaux <strong>de</strong> ferme.<br />

André Petitjean se lance donc dans <strong>une</strong> (en)quête qui l’entraîne au cœur <strong>de</strong> la<br />

Maison Mère, lorsque, enfant <strong>de</strong> presque sept ans, il fut pris d’<strong>une</strong> crise <strong>de</strong> larmes à<br />

la vue <strong>de</strong> <strong>de</strong>ux voyelles entrelacées - e dans a -, <strong>de</strong>ux voyelles quasi incestueuses,<br />

gravées dans <strong>une</strong> grotte rupestre non loin <strong>de</strong> Lascaux, et qui semblaient sceller son<br />

<strong>de</strong>stin.<br />

Cinquante ans plus tard il cherche à comprendre le pourquoi <strong>de</strong> ses pleurs, ne<br />

sachant pas qu’il s’aventure dans le labyrinthe <strong>de</strong> sa propre préhistoire.<br />

Joël Jouanneau construit un véritable polar : il joue <strong>de</strong> l’incessant aller-retour entre<br />

hier et aujourd’hui, du dialogue tendu entre le narrateur enfant et l’adulte qu’il est<br />

<strong>de</strong>venu. Mais trouve-t-on jamais la raison <strong>de</strong> ses larmes ?<br />

Théâtre <strong>de</strong> la Tempête<br />

La Cartoucherie<br />

Route du Champ <strong>de</strong> manoeuvre<br />

75012 Paris<br />

réservations : 01 43 28 36 36 ou www.la-tempete.fr<br />

David Stanley<br />

49


Les artistes <strong>de</strong> ces<br />

Singulières perspectives<br />

sont…<br />

50


Jacques Bioulès, comédien, auteur, décorateur, metteur en scène<br />

Pour <strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> Gustave Flaubert, <strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> Raymond Roussel<br />

et <strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong>.<br />

Né en 1941, Jacques Bioulès a enseigné le théâtre à l’université Paul Valéry (à <strong>Montpellier</strong>) <strong>de</strong><br />

1969 à 2006. <strong>Il</strong> s’est formé à l’École <strong>de</strong>s Métiers d’Art et à l’École Jacques Lecoq.<br />

Depuis 1965, il a mis en scène <strong>une</strong> soixantaine <strong>de</strong> textes, en a presque toujours réalisé les décors, et<br />

a joué dans <strong>une</strong> bonne partie d’entre eux.<br />

Avec lui, on a rencontré, entre autres : Samuel Beckett, Robert Pinget, Molière, Jean Genet, <strong>Michel</strong><br />

<strong>de</strong> Ghel<strong>de</strong>ro<strong>de</strong>, Sylvain Maréchal, Marivaux, Racine, Maurice Maeterlinck et Antonin Artaud.<br />

Plus récemment, il réalise : Les Imaginaires du Pierrot Lunaire d’Albert Giraud (2003),<br />

Schéma <strong>de</strong> Clau<strong>de</strong> Viallat (2005), Pouvoir dire ou Aiaxaia <strong>de</strong> Radovan Ivsic (2007), Le<br />

Don J. <strong>de</strong> Jean Reinert (2008), Ad Vitam <strong>de</strong> Joël Jouanneau (2009), ainsi qu’<strong>une</strong> trentaine <strong>de</strong><br />

ses propres textes : Ionisation (1967), en passant par Cœur Vaillant (1971), Dix vitesses<br />

<strong>de</strong>vinettes (1975), Bonjour Monsieur Gould (1987) et plus récemment : Ri<strong>de</strong>au (1999), La<br />

Ve<strong>de</strong>tte (2000), Opéras d’Ailleurs (2001), Musette et Guinguette et Récréation (2002),<br />

Par ci Par là (2003) , Elle et Elle , Les confessionnaux et L’inextricable (2004), Les<br />

Leçons <strong>de</strong> Marie Curie, Qui êtes vous Raymond Roussel ? (2006), L’Autre Nuit<br />

(2007), Qui êtes-vous <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong> ? (2009). <strong>Il</strong> a été <strong>de</strong> plus, un <strong>de</strong>s auteurs et l’inventeur fou<br />

<strong>de</strong> Quatre costumes en quête d’auteurs (12 créations en 2010, 18 participants).<br />

Son travail s’est toujours accompagné d’improvisations et <strong>de</strong> Paroles Automatiques.<br />

Jean-Clau<strong>de</strong> Bonnifait, comédien<br />

Pour <strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> Gustave Flaubert<br />

Jean-Clau<strong>de</strong> Bonnifait a suivi ses premiers cours à l’école Florent puis les ateliers <strong>de</strong> Robert Cordier.<br />

Comédien <strong>de</strong>puis 1984, il commence à travailler avec Maurice Béjart et Robert Hossein, puis son<br />

parcours artistique se diversifie dans plusieurs compagnies : Patrice Bigel, Joël Dragutin et Geneviève<br />

Rosset au théâtre 95, Xavier Durringer dans Une petite envie <strong>de</strong> tuer sur le bout <strong>de</strong> la<br />

langue et le film La nage indienne, Robert Cantarella et A<strong>de</strong>l Hakim dans <strong>de</strong>s mises en scènes<br />

<strong>de</strong> pièces <strong>de</strong> Roland Fichet, Renaud Cojo, dans Phaedra’slove <strong>de</strong> Sarah Kane.<br />

Plus récemment il crée Comment j’ai mangé du chien <strong>de</strong> Evguéni Grichkovets à Paris, qu’il<br />

tourne en France. <strong>Il</strong> travaille aussi pour la télévision avec Joyce Bunuel, Edwin Baily, Jean-Clau<strong>de</strong><br />

Flamand-Barny, et la radio avec Marguerite Gateau.<br />

Dernièrement, il a joué dans Scanner, d’après Guy Debord, mis en scène par David Ayala (2008)<br />

et dans Le roi Lear et Richard III <strong>de</strong> Shakespeare, mis en scène par Jean-Clau<strong>de</strong> Fall (2008).<br />

David Stanley, comédien et metteur en scène<br />

Pour <strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> Gustave Flaubert et Ad vitam<br />

Comédien, compositeur et metteur en scène, né en 1958.<br />

En 1993, il joue Kes <strong>de</strong> Hines au Théâtre <strong>de</strong> La Main d’Or à Paris, sous la direction <strong>de</strong> Sanda<br />

Herzic. Puis dans Cornélie, <strong>de</strong> Garnier, sous la direction <strong>de</strong> Pascal Omhovère.<br />

En 1995, il joue à nouveau sous la direction <strong>de</strong> Sanda Herzic dans un spectacle d’après les œuvres<br />

<strong>de</strong> La Fontaine : L’enterrement <strong>de</strong> la fourmi. En 1996, il joue dans Avatar <strong>de</strong> Théophile<br />

Gautier, un spectacle mis en scène par Thierry Atlan. En 1997, il joue dans The picture of<br />

Dorian Gray <strong>de</strong> Wil<strong>de</strong>, spectacle présenté à Menilmontant et mis en scène par Andrew Wilson.<br />

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La même année, il joue Tania, mis en scène par Julia Zimina, au Festival d’Avignon. En 1998, il<br />

joue Arcadia <strong>de</strong> Stoppard, sous la direction <strong>de</strong> Philippe Adrien au théâtre du Vieux-Colombier.<br />

En 1999, Le mala<strong>de</strong> imaginaire <strong>de</strong> Molière, mis en scène par Andrew Wilson est présenté à<br />

Londres. Cette même année, il joue à nouveau le spectacle Arcadia à la Comédie-Française, ainsi<br />

que Mère Courage <strong>de</strong> Bertold Brecht sous la direction <strong>de</strong> Jorge Lavelli.<br />

En 2000, il interprète Ruy Blas <strong>de</strong> V. Hugo au Festival <strong>de</strong> La Luzège, mis en scène par Maria<br />

Zachenska. <strong>Il</strong> joue aussi Va donc chez Törpe <strong>de</strong> Billetdoux dans <strong>une</strong> mise en scène <strong>de</strong> Georges<br />

Werler, au théâtre du Vieux-Colombier à Paris. En 2001, il travaille à nouveau avec Philippe<br />

Adrien : Le Roi Lear <strong>de</strong> Shakespeare, au théâtre <strong>de</strong> la Tempête et en tournée l’année suivante.<br />

En 2002, il joue dans Musette et Guinguette <strong>de</strong> Jacques Bioulès, au Théâtre du Hangar.<br />

<strong>Il</strong> imagine, met en scène et joue Le Miroir, d’après les petits poèmes en prose <strong>de</strong> Charles Bau<strong>de</strong>laire,<br />

au Festival <strong>de</strong> la Luzège, puis au Théâtre du Hangar en 2003.<br />

En 2004, il joue dans Les Confessionnaux <strong>de</strong> Jacques Bioulès, au Théâtre du Hangar.<br />

En 2006, il est en rési<strong>de</strong>nce au Théâtre du Hangar pour la création <strong>de</strong> son spectacle Poèmes <strong>de</strong><br />

Radovan Ivsic.<br />

En 2007, il travaille avec Jacques Bioulès, dans <strong>de</strong>ux mises en scène <strong>de</strong> celui-ci : Pouvoir dire ou<br />

Aiaxaia, <strong>de</strong> Radovan Ivsic, et L’Autre Nuit <strong>de</strong> Jacques Bioulès.<br />

En 2008, il revient au Théâtre du Hangar avec Le Miroir <strong>de</strong> Charles Bau<strong>de</strong>laire et Le puits<br />

dans la tour <strong>de</strong> Radovan Ivsic. <strong>Il</strong> a été l’un <strong>de</strong>s metteurs en scène <strong>de</strong> Quatre costumes en quête<br />

d’auteurs la saison <strong>de</strong>rnière.<br />

Sébastien Portier, comédien et metteur en scène<br />

Pour <strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong><br />

Né en 1975. De 2005 à 2007 il suit <strong>une</strong> formation à l’école internationale <strong>de</strong> théâtre<br />

LASSAAD, pédagogie Jacques Lecoq (Bruxelles). <strong>Il</strong> est comédien entre autres, dans La douzième<br />

nuit <strong>de</strong> William shakespeare et Douze hommes en colère <strong>de</strong> Réginald Rose, mis en scène par<br />

Frédéric Tournaire. Dans Là-haut la l<strong>une</strong> d’Emmanuel Darley, mis en scène par <strong>Michel</strong>le<br />

Heydorff, Music hall <strong>de</strong> Jean-Luc Lagarce mise en scène par Bela Czuppon, I<strong>de</strong>ntité d’après Les<br />

Cahiers Rouges <strong>de</strong> Pier Paolo Pasolini, Sang et eau <strong>de</strong> Enzo Corman, mis en scène par<br />

Augustin Bécard, ainsi que dans <strong>de</strong>s créations <strong>de</strong> Jacques Bioulès : Musette et Guinguette,<br />

Récréation et Les Confessionnaux, tous trois écrits par Jacques Bioulès, et dans Le Don J. <strong>de</strong><br />

Jean Reinert.<br />

Parallèlement à son travail <strong>de</strong> comédien, il continue sa formation au travers <strong>de</strong> nombreux stages. <strong>Il</strong><br />

se lance dans la mise en scène avec Brocanteur <strong>de</strong> mémoire, spectacle fabriqué à partir <strong>de</strong><br />

témoignages sur le quartier <strong>de</strong> Celleneuve à <strong>Montpellier</strong> (Cie Belazimut). Voisin, spectacle conçu<br />

autour du masque larvaire et <strong>de</strong> la manipulation d’objets à Bruxelles (Cie Nourah). <strong>Il</strong> suit en<br />

février 2009 un stage au théâtre du Soleil avec Ariane Mouchkine et joue dans Le Nez dans le<br />

Ruisseau. La saison <strong>de</strong>rnière, il a été l’un <strong>de</strong>s acteurs <strong>de</strong> Quatre costumes en quête<br />

d’auteurs.<br />

Depuis 2008, il poursuit un travail pédagogique avec les je<strong>une</strong>s du quartier <strong>de</strong> la Pailla<strong>de</strong> <strong>de</strong><br />

<strong>Montpellier</strong>.<br />

Patrick Hannais, comédien<br />

Pour <strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> Raymond Roussel et <strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong><br />

Né en 1948. <strong>Il</strong> a suivi <strong>une</strong> formation classique au Conservatoire National Supérieur d’Art<br />

Dramatique <strong>de</strong> Paris avec Maurice Jacquemont et Jean Meier.<br />

<strong>Il</strong> a joué Brecht au TEP avec Guy Rétoré, Shakespeare au Théâtre Antique <strong>de</strong> Fourvière, Hugo et<br />

52


Molière au Théâtre <strong>de</strong>s Célestins <strong>de</strong> Lyon, Maeterlinck au festival d’Alès et Gauguin à Tahiti.<br />

Depuis 1982, il vit et travaille en Languedoc-Roussillon.<br />

Depuis 1999, date à laquelle Jacques Bioulès a ouvert le Théâtre du Hangar, il a joué dans<br />

Ri<strong>de</strong>au, Qui êtes-vous Raymond Roussel ? et Qui êtes-vous <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong> ?<strong>de</strong> Jacques<br />

Bioulès, Pouvoir dire ou Aiaxaia <strong>de</strong> Radovan Ivsic, et Le Don J. <strong>de</strong> Jean Reinert.<br />

En <strong>de</strong>hors du Théâtre du Hangar-Cie Jacques Bioulès il tourne plusieurs spectacles récemment créés :<br />

L’Avare <strong>de</strong> Molière, avec la compagnie l’Écharpe Blanche dans <strong>une</strong> mise en scène <strong>de</strong> Jean-Louis<br />

Sol, Le Buveur <strong>de</strong> Temps <strong>de</strong> Philippe Delerm avec la cie Théâtr’Elles et Jocelyne Carmichael, La<br />

Nuit <strong>de</strong> Grena<strong>de</strong> <strong>de</strong> F.H.Soulié avec le TPO/Cie.<strong>de</strong> la Mando<strong>une</strong> à Montauban, Na Loba, La<br />

Louve <strong>de</strong> Gérard Zuchetto avec le Troubadour Art Ensemble, Dialogue avec mon Jardinier <strong>de</strong><br />

Henri Cueco avec Tom Torel et la cie du Clapas. Toujours avec Gérard Zuchetto il participe à la<br />

tournée en Région Languedoc-Roussillon Les Troubadours chantent l’Art Roman, avec un<br />

choix <strong>de</strong> textes qu’il adapte en français mo<strong>de</strong>rne sous le titre Trouveur <strong>de</strong> Mots avec les musiciens<br />

Patrice et Denise Dowling Mac Namara.<br />

Patrick Hannais est également l’auteur <strong>de</strong> Alice Dardé… je ne peux plus me taire…,<br />

monologue évoquant la vie du sculpteur Paul Dardé, joué pour les fêtes du Patrimoine Lodévois-<br />

Larzac en octobre 2008 avec la comédienne Roseline Villaumé, mise en scène par le chorégraphe<br />

Yann Lheureux et accompagnée en direct par <strong>Michel</strong> Bismut et sa contrebasse.<br />

Amateur <strong>de</strong> poésie et <strong>de</strong> chanson, il est un fidèle <strong>de</strong> L’Acte Chanson /compagnie Jacques Palliès,<br />

avec lequel il prépare un cabaret autour du poète et dramaturge Jean Tardieu.<br />

Thibault Fayner, auteur et metteur en scène<br />

Pour Le laveur <strong>de</strong> visages<br />

<strong>Il</strong> suit l’enseignement du Conservatoire d’art dramatique du 15ème arrondissement et le<br />

Conservatoire régional <strong>de</strong> Versailles en qualité <strong>de</strong> comédien. En parallèle <strong>de</strong> son activité <strong>de</strong> comédien,<br />

il écrit <strong>de</strong>s pièces <strong>de</strong> théâtre. <strong>Il</strong> entre à l’ENSATT dans le département d’écriture dramatique créé et<br />

coordonné par Enzo Cormann. <strong>Il</strong> y fait la rencontre d’auteurs comme Pauline Sales, Fabrice<br />

Melquiot, Enzo Cormann, Vincent Bady, Jean-Pierre Simeon, Jean-Marie Piemme, Eugène Durif,<br />

Philippe Minyana, Armand Gatti, Samuel Gallet, Marie Dilasser, Sabine Tamisier et <strong>de</strong>s metteurs<br />

en scène comme Philippe Delaigue, <strong>Michel</strong> Raskine, Christian Schiaretti, Guillaume Delaveau,<br />

Simon Deletang.<br />

<strong>Il</strong> écrit pour la Comédie <strong>de</strong> Valence et le Nouveau Théâtre du Huitième, Le Croiseur. Ses textes<br />

sont lus à la Mousson d’été et au Théâtre du Rond Point <strong>de</strong>s Champs Elysées. Après son cycle<br />

d’étu<strong>de</strong>s il travaille un an au Théâtre National <strong>de</strong> la Colline en qualité d’assistant du conseiller<br />

littéraire. Parallèlement il commence à enseigner dans les universités Lyon 2 et Grenoble 3 où il<br />

anime <strong>de</strong>s ateliers d’écriture et <strong>de</strong> mise en scène. <strong>Il</strong> intervient désormais dans le département d’écriture<br />

dramatique <strong>de</strong> l’ENSATT où il anime un comité <strong>de</strong> lecture <strong>de</strong> théâtre contemporain en partenariat<br />

avec le collectif grenoblois Troisième Bureau. <strong>Il</strong> a participé en tant qu’auteur à Quatre<br />

costumes en quête d’auteur, comman<strong>de</strong> d’écriture faite par le Théâtre du Hangar la saison<br />

<strong>de</strong>rnière. Ses textes sont publiés chez Espaces 34.<br />

Thierry Blanc, comédien<br />

Pour Le laveur <strong>de</strong> visages<br />

53


Après avoir suivi <strong>une</strong> formation au conservatoire <strong>de</strong> Grenoble puis à l’école du CDN <strong>de</strong> Saint-<br />

Étienne, il travaille sur plusieurs spectacles <strong>de</strong> la Compagnie Yvon Chaix, puis entretient un<br />

compagnonnage <strong>de</strong> plusieurs spectacles avec la Compagnie Naravas (Natacha <strong>de</strong> Pontcharra et Lotfi<br />

Achour). Rencontre importante qui lui donnera le désir <strong>de</strong> servir en priorité <strong>de</strong>s textes contemporains.<br />

<strong>Il</strong> travaille notamment sous les directions <strong>de</strong> : Enzo Cormann au Théâtre National <strong>de</strong> la Colline,<br />

Lotfi Achour à la Chartreuse <strong>de</strong> Villeneuve Les Avignon puis au Tarmac <strong>de</strong> la Villette, Laurent<br />

Fréchuret au CDN <strong>de</strong> Sartrouville, Jean-Christophe Barbaud à la Maison <strong>de</strong>s Métallos, Jean<br />

Lacornerie et le quatuor Debussy au théâtre <strong>de</strong> la Renaissance à Oullins, Jean Louis Thamin au<br />

CDN <strong>de</strong> Bor<strong>de</strong>aux, Daniel Zerki au CDN <strong>de</strong> Saint Etienne…sur <strong>de</strong>s textes <strong>de</strong> Natacha <strong>de</strong><br />

Pontcharra, Enzo Cormann, Antonin Artaud, Clau<strong>de</strong> Bourgeyx, Paul Fournel, Stéphane Dussel,<br />

Antonio Tabucchi, Marguerite Duras, Klabund et Lioubomir Simovich.<br />

Dernièrement il tenait les rôles d’Edgar dans Le Roi Lear aux cotés <strong>de</strong> Dominique Pinon et celui<br />

<strong>de</strong> l’homme blanc dans La Comédie Indigène (Tarmac <strong>de</strong> la Villette et Théâtre <strong>de</strong>s Quartiers<br />

d’Ivry).<br />

Depuis plusieurs années, il collabore également avec le comité <strong>de</strong> lecture <strong>de</strong> Théâtre Contemporain à<br />

Grenoble Troisième Bureau et vient <strong>de</strong> rejoindre cette année le comité <strong>de</strong> lecture du théâtre Le<br />

Tarmac <strong>de</strong> la Villette (Paris) dont le travail est axé sur toute la création théâtrale francophone.<br />

Au cinéma il a travaillé sous la direction <strong>de</strong> Marco Bellocchio, Yann Clair Terrien et Bruno<br />

Nuytten, avec Tatiana Viale et Christine Dori pour Emergence 2009.<br />

Fanny Ru<strong>de</strong>lle, metteur en scène et comédienne<br />

Pour Enfance<br />

Formée au Conservatoire National <strong>de</strong> Région <strong>de</strong> <strong>Montpellier</strong> Agglomération, initiation, ainsi qu’à<br />

l’Ecole Régionale d'Acteurs <strong>de</strong> Cannes.<br />

Licence d’art du spectacle, <strong>de</strong>ug <strong>de</strong> psychologie DE <strong>de</strong> théâtre (2010)<br />

Comédienne :<br />

Elle travaille avec Eli Commins, Julien Bouffier , Jacques Bioulés Renaud- Marie Leblanc, Nicole<br />

Yanni, Béatrice Houplain, Luc Sabot, René Loyon, Thierry Roisin, Patrick Massé, Alain<br />

Milianti, Michèle Leca.<br />

Comédienne permanente au Théâtre <strong>de</strong>s Treize Vents, CDN <strong>de</strong> <strong>Montpellier</strong> Languedoc-Roussillon.<br />

(2001-2010). Et y travaille sous la direction <strong>de</strong> Jean-Clau<strong>de</strong> Fall.<br />

Collabore à la création collective Ma Solange, comment t’écrire mon désastre, Alex Roux <strong>de</strong><br />

Noëlle Renau<strong>de</strong>.<br />

Met en scène Histoire d’Amour <strong>de</strong> Jean-Luc Lagarce et Enfance <strong>de</strong> Nathalie Sarraute qui sera<br />

joué au théâtre <strong>de</strong>s treize vents ainsi qu’en tournée dans les lycées <strong>de</strong> la région Languedoc Roussillon<br />

dans le cadre <strong>de</strong> Lycéen tour en 2007 et en 2009.<br />

Stéphane Laudier, metteur en scène<br />

Pour Enfance<br />

Formé à l’Ecole régionale d’acteurs <strong>de</strong> Cannes, obtention du DE d ‘enseignement du théâtre. <strong>Il</strong><br />

travaille notamment au théâtre avec : Henri Ronse, Simone Amouyal, Christian Bene<strong>de</strong>tti, René<br />

Loyon, Christophe Galland.<br />

<strong>Il</strong> participe à la création chorégraphique d’Emmanuelle Vo-Dinh, Croisées, sur un livret <strong>de</strong><br />

Frédéric- Yves Jeannet. De ce <strong>de</strong>rnier, il met en espace Brouillons d’Océan, sous la forme d’<strong>une</strong><br />

lecture spectacle.<br />

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Pour le Théâtre <strong>de</strong>s Treize Vents, il coréalise avec Fanny Ru<strong>de</strong>lle le spectacle Enfance, adapté du<br />

roman <strong>de</strong> Nathalie Sarraute ("Oktobre <strong>de</strong>s écritures contemporaines" 2007), lycéen tour 2008 et<br />

2009.<br />

<strong>Il</strong> participe en tant qu’assistant :<br />

Aux <strong>de</strong>ux créations <strong>de</strong> Jean-Clau<strong>de</strong> Fall Le Roi Lear et Richard III <strong>de</strong> William Shakespeare.<br />

À la création <strong>de</strong> Julien Bouffier du diptyque Les Vivants et les Morts <strong>de</strong> Gérard Mordillat.<br />

<strong>Il</strong> est par ailleurs missionné par le C.D.N. pour être intervenant en milieu scolaire.<br />

David Ayala, comédien et metteur en scène<br />

Pour Ma peau sur la table (féérie)<br />

<strong>Il</strong> a été formé au Conservatoire National <strong>de</strong> Région <strong>de</strong> <strong>Montpellier</strong>, à l’atelier Jacques Bioulès, et au<br />

Théâtre-École du Passage.<br />

Comédien <strong>de</strong>puis 1990, il travaille sous la direction <strong>de</strong> plusieurs metteurs en scène : Pierre Pradinas<br />

(L’Enfer, Fantômas revient, Maldoror), Jean-Clau<strong>de</strong> Fall (Richard III, Le Roi Lear, Jean<br />

la chance), Richard Br<strong>une</strong>l (Hedda Gabler), Lionel Parlier et Jacques Bioulès (Toto le<br />

Mômo), Jean Boillot (Coriolan), Dan Jemmett (Dog face, Ubu), Joël Dragutin, Paul Golub<br />

(Celle qui courait après la peur, La Puce à l’oreille), et Geneviève Rosset.<br />

Avec sa compagnie La nuit remue, basée à <strong>Montpellier</strong>, David Ayala met en scène plusieurs<br />

spectacles dont Scanner d’après Guy Debord, Plume d’après Henri Michaux, Paradoxe sur le<br />

comédien <strong>de</strong> Denis Di<strong>de</strong>rot, et Armatimon-Furie <strong>de</strong>s Nantis d’après Shakespeare et Edward<br />

Bond.<br />

Géraud Bénech, historien, auteur et dramaturge<br />

Pour Ma peau sur la table (féérie)<br />

Spécialisé dans la diffusion <strong>de</strong> la mémoire et du patrimoine, il a collaboré avec France 5 Éducation.<br />

<strong>Il</strong> a publié <strong>de</strong>s ouvrages consacré à la 1ère Guerre Mondiale (Carnet <strong>de</strong> Verdun chez Librio en<br />

2006 et plus récemment, Champs <strong>de</strong> Bataille <strong>de</strong> la Gran<strong>de</strong> Guerre (Flammarion) en<br />

septembre 2008.<br />

Au théâtre, il collabore en tant que dramaturge avec Marie Montegani (K.Lear, adapté du Roi<br />

Lear <strong>de</strong> W. Shakespeare, 2007-2009) et avec Joël Dragutin (auteur et directeur du Théâtre 95)<br />

sur l’écriture <strong>de</strong> ses prochaines créations.<br />

Stanislas <strong>de</strong> la Tousche, comédien<br />

Pour Ma peau sur la table (féérie)<br />

<strong>Il</strong> prend part en 1987, aux côtés <strong>de</strong> Christophe Thiry, à la création <strong>de</strong> la troupe <strong>de</strong> l’Attrape-<br />

Théâtre qui abor<strong>de</strong> le répertoire classique ancien ou contemporain par l’acrobatie et la musique. <strong>Il</strong> y<br />

joue notamment Mystero Buffo <strong>de</strong> Dario Fo, les Farces <strong>de</strong> Molière, L’<strong>Il</strong>lusion comique <strong>de</strong><br />

Corneille, La Mort et L’Écuyer du Roi <strong>de</strong> Wole Soyinka.<br />

<strong>Il</strong> abor<strong>de</strong> ensuite <strong>de</strong>s auteurs aussi divers que Shakespeare, Racine, Kis, Plevnès, Kovac, Salvayre,<br />

Hrabal, Schwab, J.K Toole et Fey<strong>de</strong>au.<br />

<strong>Il</strong> participe à la collection Philosophie <strong>de</strong> Chair <strong>de</strong> Didier Mahieu sur les Entretiens entre<br />

Di<strong>de</strong>rot et d’Alembert et sur Les Méditations <strong>de</strong> Descartes.<br />

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<strong>Il</strong> est narrateur – chanteur dans Le Roman <strong>de</strong> Fauvel pour la Camerata <strong>de</strong> Boston à la Cité <strong>de</strong><br />

la musique <strong>de</strong> Paris.<br />

Alexandre Morand, comédien et metteur en scène<br />

Pour Le laveur <strong>de</strong> visages<br />

Après <strong>une</strong> maîtrise <strong>de</strong> philosophie, consacrée à l’œuvre <strong>de</strong> Gilles Deleuze, Alexandre Morand suit<br />

<strong>une</strong> formation d’acteur au Conservatoire National d’Art Dramatique <strong>de</strong> <strong>Montpellier</strong>, dirigé par<br />

Ariel Garcia Valdès, et à l’issue <strong>de</strong> laquelle il cofon<strong>de</strong> la compagnie Machine Théâtre. C’est au<br />

sein <strong>de</strong> ce collectif qu’il joue dans <strong>de</strong> nombreux spectacles, et réalise ses premières mises en scène (Les<br />

Enfants du Soleil <strong>de</strong> Maxime Gorki, La Compagnie <strong>de</strong>s Hommes d’Edward Bond).<br />

Durant cette pério<strong>de</strong>, il chante et compose au sein du groupe <strong>de</strong> rock montpelliérain Absinthe<br />

Provisoire, et réalise avec celui-ci <strong>de</strong>ux albums <strong>de</strong> veine expérimental. Son approche artistique, dans<br />

les <strong>de</strong>ux cas, s’efforce alors d’articuler parole politique, et onirisme étrange.<br />

<strong>Il</strong> s’investit aussi comme acteur à Paris dans <strong>de</strong>s projets audiovisuels, mais poursuit également en<br />

région son travail auprès <strong>de</strong> je<strong>une</strong>s metteurs en scène (Scanner, textes <strong>de</strong> Guy Debord, mis en scène<br />

par David Ayala). Son goût se précise alors pour les récits décalés, drôles et fantasques, libérés <strong>de</strong><br />

toutes formes <strong>de</strong> didactisme, et pour un art du jeu propice à l’écriture spontanée, l’improvisation.<br />

Cet appétit, auquel s’ajoute celui d’être l’auteur <strong>de</strong>s textes qu’il interprète, s’assouvie idéalement sous<br />

le masque <strong>de</strong> son personnage favori, son personnage <strong>de</strong> confort, le formidable et sympathique Yves<br />

Souchot. Ce personnage s’est déjà produit dans <strong>de</strong>ux spectacles, Yves Souchot l’Émission et Je<br />

suis très intelligent, crée en 2006 au Baloard à <strong>Montpellier</strong>.<br />

Jean-Yves Courcoux, éclairagiste<br />

Pour <strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> Gustave Flaubert, <strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> Raymond Roussel<br />

et <strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong>.<br />

Éclairagiste <strong>de</strong>puis <strong>une</strong> vingtaine d’années. <strong>Il</strong> a réalisé la conception <strong>de</strong>s lumières <strong>de</strong> plusieurs<br />

spectacles <strong>de</strong> Jacques Bioulès, au Théâtre du Hangar, dont Schéma, Qui êtes-vous Raymond<br />

Roussel ?, Qui êtes-vous <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong> ? et Ad Vitam.<br />

<strong>Il</strong> travaille également avec Pierre Guillois, au Théâtre du Peuple à Bussang pour Un Cœur<br />

mangé, et Sacrifices ; avec Jean Pierre Larroche <strong>de</strong>rnièrement, pour Le Concile d’Amour, avec<br />

Etienne Pommeret, (textes <strong>de</strong> Jon Fosse), avec Cécile Backès pour King Kong Théorie, ainsi que<br />

sur <strong>de</strong>s spectacles <strong>de</strong> Laurence Février, dont Suzanne. et avec David Ayala, pour Scanner.<br />

<strong>Il</strong> a été l’éclairagiste <strong>de</strong> Quatre costumes en quête d’auteur la saison <strong>de</strong>rnière. Cette année, il est le<br />

compagnon <strong>de</strong> lumière du cycle <strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong>.<br />

Françoise Astruc, costumière<br />

Pour <strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> Gustave Flaubert, <strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> Raymond Roussel<br />

et <strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong>.<br />

Fidèle parmi les fidèles, Françoise Astruc a réalisé d’innombrables costumes pour la compagnie<br />

Jacques Bioulès et le Théâtre du Hangar.<br />

Elle fut l’<strong>une</strong> <strong>de</strong>s costumières <strong>de</strong> Quatre costumes en quête d’auteurs la saison <strong>de</strong>rnière.<br />

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Singulières perspectives 2010-2011<br />

CALENDRIER<br />

<strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> Gustave Flaubert...<br />

du 19 au 31 octobre 2010<br />

En écho aux représentations<br />

Le laveur <strong>de</strong> visages<br />

du 23 au 28 novembre 2010<br />

Mardi 19 Octobre - 20h45<br />

Mercredi 20 Octobre - 19h<br />

Vendredi 22 Octobre - 20h45<br />

Samedi 23 Octobre - 20h45<br />

Dimanche 24 Octobre - 17h<br />

Lundi 25 Octobre - 19h<br />

Mardi 26 Octobre - 20h45<br />

Mercredi 27 Octobre - 19h<br />

Jeudi 28 Octobre - 19h<br />

Vendredi 29 Octobre - 20h45<br />

Samedi 30 Octobre - 20h45<br />

Dimanche 31 Octobre - 17h<br />

Jeudi 14 Octobre<br />

Projection cinéma Diagonal à 19h30<br />

Jeudi 21 Octobre<br />

Conférence Salle Rabelais à 20h<br />

Mardi 23 Novembre - 20h45<br />

Mercredi 24 Novembre - 19h<br />

Jeudi 25 Novembre - 19h<br />

Vendredi 26 Novembre - 20h45<br />

Samedi 27 Novembre - 20h45<br />

Dimanche 28 Novembre - 17h<br />

Enfance<br />

du 1 au 5 décembre 2010<br />

Mercredi 01 Décembre - 19h<br />

Jeudi 02 Décembre - 19h<br />

Vendredi 03 Décembre - 20h45<br />

Samedi 04 Décembre - 20h45<br />

Dimanche 05 Décembre - 17h<br />

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<strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> Raymond Roussel...<br />

du 25 au 30 janvier 2011<br />

Mardi 25 Janvier - 20h45<br />

Mercredi 26 Janvier - 19h<br />

Jeudi 27 Janvier - 19h<br />

Vendredi 28 Janvier - 20h45<br />

Samedi 29 Janvier - 20h45<br />

Dimanche 30 Janvier - 17h<br />

En écho aux représentations<br />

Jeudi 20 Janvier<br />

Projection cinéma Diagonal à 19h30<br />

Lundi 24 Octobre<br />

Conférence Salle Rabelais à 20h<br />

CALENDRIER<br />

<strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> <strong>Michel</strong> <strong>Leiris</strong>...<br />

du 22 au 27 février 2011<br />

En écho aux représentations<br />

Ma peau sur la table (féerie)...<br />

du 7 au 18 mars 2011<br />

Mardi 22 Février - 20h45<br />

Mercredi 23 Février - 19h<br />

Jeudi 24 Février - 19h<br />

Vendredi 25 Février - 20h45<br />

Samedi 26 Février - 20h45<br />

Dimanche 27 Février - 17h<br />

Jeudi 17 février<br />

Projection cinéma Diagonal à 19h30<br />

Vendredi 25 février<br />

Journée dʼétu<strong>de</strong>s à lʼuniversité Paul<br />

Valéry<br />

Lundi 7 mars<br />

Mardi 8 mars<br />

Mercredi 9 mars relâche<br />

Jeudi 10 mars<br />

Vendredi 11 mars<br />

Samedi 12 mars<br />

Dimanche 13 mars<br />

Lundi 14 mars relâche<br />

Mardi 15 mars<br />

Mercredi 16 mars<br />

Jeudi 17 mars<br />

Vendredi 18 mars<br />

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Studio 34<br />

du 03 au 15 mai 2011<br />

Mardi 03 Mai - 20h45<br />

Mercredi 04 Mai - 19h<br />

Jeudi 05 Mai - 19h<br />

Vendredi 06 Mai - 20h45<br />

Samedi 07 Mai - 20h45<br />

Dimanche 08 Mai - 17h<br />

Lundi 09 Mai - Relâche<br />

Mardi 10 Mai - 20h45<br />

Mercredi 11 Mai - 19h<br />

Jeudi 12 Mai - 19h<br />

Vendredi 13 Mai - 20h45<br />

Samedi 14 Mai - 20h45<br />

Dimanche 15 Mai - 17h<br />

CALENDRIER<br />

Les Infinis Turbulents<br />

du 23 au 31 mai 2011<br />

Lundi 23 Mai<br />

Mardi 24 Mai<br />

Mercredi 25 Mai<br />

Jeudi 26 Mai<br />

Vendredi 27 Mai<br />

Samedi 28 Mai<br />

Dimanche 29 Mai<br />

Lundi 30 Mai<br />

Mardi 31 Mai


Singulières perspectives 2010-2011<br />

Coordonnées<br />

THÉÂTRE DU HANGAR-CIE JACQUES BIOULÈS<br />

CENTRE D’ART ET DE RECHERCHE<br />

3, rue Nozeran<br />

34090 <strong>Montpellier</strong><br />

Téléphone : 04 67 41 32 71<br />

Fax : 04 67 03 07 12<br />

Mail : contact@theatreduhangar.com<br />

Équipe<br />

INFOS PRATIQUES<br />

Jacques Bioulès, directeur artistique, metteur en scène<br />

Françoise Astruc, costumière, graphiste<br />

ierry Ganivenq, régisseur général<br />

Claire Allory, chargée <strong>de</strong> communication et <strong>de</strong>s relations aux publics<br />

Astrid Cathala, porte-parole et rédactionnel<br />

Les horaires *<br />

Mardi, vendredi, samedi : 20h45<br />

Mercredi, jeudi : 19h<br />

Dimanche : 17h<br />

Relâche le lundi<br />

* Attention horaires différentes sur les représentations <strong>de</strong> <strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong> Gustave Flaubert... et Ma peau sur la<br />

table ( féérie)<br />

Les Tarifs<br />

Plein : 14 €<br />

Réduit : 10 €<br />

étudiants, - 26 ans, + 65 ans, <strong>de</strong>man<strong>de</strong>urs d’emploi, intermittants du spectacle<br />

Avec le Pass’Culture : 5 €<br />

renseignements et cartes disponibles auprès du Crous<br />

Pour tous les spectacles<br />

La carte <strong>de</strong> curiosité : 3 €<br />

permet <strong>de</strong> revoir un spectacle autant <strong>de</strong> <strong>fois</strong> que vous le désirez.<br />

permet d’inviter la personne qui vous accompagne à un tarif réduit.<br />

donne accès à <strong>de</strong>s ren<strong>de</strong>z-vous exceptionnels.<br />

S’y rendre<br />

Tram ligne 1 - station Albert 1er ou Philippidès<br />

En partenariat avec le Cinéma Diagonal <strong>de</strong> <strong>Montpellier</strong>, l’<strong>Office</strong> du <strong>Tourisme</strong> <strong>de</strong> <strong>Montpellier</strong> et la Librairie Sauramps <strong>de</strong><br />

<strong>Montpellier</strong>.<br />

Un grand merci pour le soutient <strong>de</strong> l’Agora <strong>de</strong>s Savoirs et <strong>de</strong> la Mairie <strong>de</strong> <strong>Montpellier</strong> pour <strong>Il</strong> était <strong>une</strong> <strong>fois</strong>...<br />

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