Le territoire et l'habitat

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Le territoire et l'habitat

Le territoire et l’habitat

manière générale s'adapter au relief et aussi à un climat et à

des matériaux de construction différents. Contrairement aux

villes côtières, ces bourgs n'étaient pas remparés. Les

seigneurs des lieux résidaient dans des citadelles-palais aux

dimensions surproportionnées et organisées autour de

cours. Les villages de moindre importance ne comprenaient

pas ce genre de dispositifs et l'occupation était

généralement plus aérée. Souvent nichés dans des forêts de

pins parasols ou entourés par des terrasses de culture, ces

bourgs et ces villages aux maisons de pierre se fondaient

dans leur milieu vivant au rythme de la nature et de

l’époque. Dans ces ensembles ruraux, un riche patrimoine

architectural et culturel survit jusqu’à nos jours.

Dans la Békaa, à la même époque, on ne note pas de

villes de taille ou de rayonnement régional importants.

Hormis quelques bourgs d'un intérêt secondaire et des oasis

(Qaa, Baalbeck, Ras Baalbeck, Zahleh), la plaine était

essentiellement affectée aux parcours de pâturage de

nomades.

Le renouveau urbanistique

Plan de Beyrouth vers 1912 et photo aérienne actuelle

Durant le dernier quart du XIXe siècle, les villes du littoral

commencent à se transformer, par suite d'une accélération

des flux marchands et des échanges culturels avec l'Europe,

de l'arrivée de nouvelles et très diverses populations, et de

l'adoption d'un mode de vie différent. À ces contacts directs

avec l’Europe, s’ajoute une politique d’occidentalisation

induite par la capitale de l’Empire, Istanbul. Dans le même

temps, un programme de réformes politiques est édicté par

la Sublime Porte. Un des résultats est la promulgation de

règlements urbanistiques et d'une loi sur le bâti, et

l'adoption de schémas d'aménagement.

La planification naît à ce moment et prend la relève des

modes anciens et spontanés de peuplement. Et les villes

changent de rythme et de mode d’extension. À l’origine

serrées ou fermées, elles mutent rapidement en des

agglomérations ouvertes sur la campagne environnante. Dès

lors, deux morphologies différentes se présentent : au tissu

imbriqué des cœurs des cités traditionnelles s'opposent les

extensions récentes aérées, au tracé régulier et à

l'architecture innovante.

Transformées en centre ville des nouvelles agglomérations,

les noyaux urbains anciens se sont densifiés par un mouvement

de construction des surfaces libres (cours et jardins), d’élévation

en hauteur ou de simples rénovations. Le résultat fut une

imbrication à l’extrême des bâtiments et la transformation

graduelle des édifices résidentiels en lieux de travail.

Les zones extérieures furent, elles, sujettes à une dynamique

de peuplement différente, donnant naissance à des faubourgsjardins

et à un mitage progressif de la campagne agricole. À

côté des constructions rurales anciennes et des maisons à cour

construites dans cette zone, une architecture domestique d'un

genre différent prit corps, qui intégra des configurations

préexistantes à des traits de création récente.

Le syncrétisme méditerranéen

Vue aérienne de Saïda vers la fin du XIXe siècle

et projet d’aménagement de la ligne côtière

L’archétype de cet habitat récent est une structure à hall

central, portant une baie frontale en arcs et un toit de

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