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La Loi Léonetti

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<strong>La</strong> <strong>Loi</strong> <strong>Léonetti</strong><br />

<strong>Loi</strong> n° 2005-370 du 22 avril 2005<br />

relative aux droits des malades et à la fin de vie<br />

Hervé MIGNOT Christian MOULINARD<br />

Equipe d’Appui Départementale<br />

Maître de Conférence de Droit Public<br />

en Soins Palliatifs de l’Indre Faculté de Droit et de Sciences économiques<br />

36000 CHATEAUROUX 87000 LIMOGES<br />

Avec l’aimable soutien de Gérard TERRIER<br />

Chef du Service d’Accompagnement et de Soins Palliatifs du CHU de Limoges<br />

@FMC36 Châteauroux – Villedieu-sur-Indre – 22 mars 2012 1


Introduction<br />

l Création en septembre 2003 d’une mission<br />

parlementaire sur l’accompagnement de la fin<br />

de la vie<br />

l <strong>Loi</strong> votée à l’unanimité des 548 députés<br />

présents le 22 avril 2005 (J.O. du 23 avril)<br />

l Décrets d’application du 6 février 2006 (J.O. du<br />

7 février) et décret du 28 janvier 2010 (J.O. du<br />

29 janvier) modifiant le Code de Santé Publique<br />

2


PLAN<br />

l Ce que dit la loi<br />

l Les directives anticipées<br />

l <strong>La</strong> personne de confiance<br />

l <strong>La</strong> procédure collégiale<br />

l <strong>La</strong> question de la compétence<br />

3


Ce que dit la loi<br />

1 - Refus de l’acharnement thérapeutique<br />

l Les actes de prévention, d’investigation ou de soin ne<br />

doivent pas être poursuivis par une obstination<br />

déraisonnable (Art. 1) + (Art.37 du Code de<br />

déontologie)<br />

l Lorsqu’ils apparaissent inutiles, disproportionnés ou<br />

n’ayant d’autre effet que le seul maintien artificiel de la<br />

vie, ces actes peuvent être suspendus ou ne pas être<br />

entrepris (Art. 1 et 9)<br />

4


Ce que dit la loi<br />

2 - Renforcement des soins palliatifs<br />

l Le médecin doit informer le patient ; il doit s’efforcer<br />

de soulager sa souffrance… et l’assister moralement<br />

(Art. 2)<br />

l Les soins palliatifs doivent être instaurés (Art. 11, 12,<br />

13 et 14)<br />

l <strong>La</strong> loi ne prévoit pas qu’un malade puisse aussi<br />

refuser les soins palliatifs<br />

5


Ce que dit la loi<br />

3 - Le refus de soins<br />

3-1 Dès lors qu’un malade « compétent » est capable<br />

d’exprimer sa volonté, celle-ci doit être respectée (Art.<br />

6)<br />

l Le médecin doit respecter la volonté de la personne<br />

après l’avoir informée des conséquences de ses choix<br />

(Art. 3)<br />

l Si ses choix mettent la vie du malade en danger, le<br />

médecin doit tout mettre en oeuvre pour le convaincre<br />

d’accepter les soins indispensables (Art. 3)<br />

6


Ce que dit la loi<br />

l Le médecin peut faire appel à un autre membre du<br />

corps médical (Art. 4)<br />

l Le malade doit réitérer sa décision après un délai<br />

raisonnable (Art. 4)<br />

l Celle-ci est inscrite dans le dossier médical (Art. 4)<br />

l Le médecin sauvegarde la dignité du mourant et<br />

assure la qualité de sa fin de vie en dispensant des<br />

soins palliatifs (Art. 4)<br />

7


Ce que dit la loi<br />

3-2 Le patient ne peut pas exprimer sa volonté<br />

q Le malade n’est pas en fin de vie<br />

l Procédure collégiale pour limiter ou interrompre un<br />

traitement (Art. 5, décrets d’application de 2006 et<br />

de 2010 modifiant le Code de Santé Publique)<br />

l Consultation de la personne de confiance (loi du 4<br />

mars 2002) ou de la famille<br />

8


Ce que dit la loi<br />

q Le malade est en fin de vie<br />

l Procédure collégiale (Art. 5)<br />

l Recherche de directives anticipées qui, si elles<br />

existent sont prises en compte (Art. 7)<br />

l <strong>La</strong> personne de confiance est consultée en priorité<br />

(Art. 5), sinon les proches (famille voire entourage)<br />

l <strong>La</strong> traçabilité est assurée (Art. 6)<br />

9


Ce que dit la loi<br />

4 - Soulager la douleur à tout prix<br />

l <strong>La</strong> souffrance d’une personne en fin de vie doit être combattue<br />

par tous les moyens appropriés…pour assurer une vie digne<br />

jusqu’à la mort<br />

l <strong>La</strong> loi autorise le médecin à administrer des doses d’antalgiques<br />

afin de soulager la souffrance susceptibles d’avoir comme effet<br />

secondaire d’abréger la vie (Art. 2)<br />

⇒ Théorie du « double effet »<br />

l Le patient ou la personne de confiance ou la famille doivent être<br />

informés. <strong>La</strong> procédure doit être notée dans le dossier médical.<br />

Le soutien moral est assuré<br />

l Le médecin n’a pas le droit de provoquer délibérément la mort<br />

10


Commentaires<br />

l Le refus de l’acharnement thérapeutique ne signifie pas<br />

l’arrêt de tout soin<br />

l Le médecin doit préserver dignité et qualité de fin de vie<br />

l Soins palliatifs = soins actifs et continus<br />

l Collégialité, traçabilité et transparence sont indispensables<br />

l C’est le respect de ces conditions qui fait que « n’est pas<br />

pénalement responsable la personne qui accomplit un acte<br />

prescrit ou autorisé par des dispositions législatives ou<br />

réglementaires » (Art 122-4 du Code Pénal )<br />

11


Les directives anticipées<br />

l Rédaction par un majeur (Art. 7)<br />

l Document écrit, daté, signé où figurent le nom, le<br />

prénom, la date et le lieu de naissance<br />

l Si la personne concernée n’est pas en mesure de<br />

rédiger lui-même ces directives, deux personnes<br />

majeures dûment identifiées attestent que le patient ne<br />

peut rédiger le document mais qu’il est l’expression de<br />

sa volonté libre et éclairée<br />

12


Les directives anticipées<br />

l Elles sont modifiables et révocables à tout moment dans<br />

les mêmes conditions<br />

l Elles sont valides durant 3 ans, renouvelables par<br />

confirmation datée et signée (Art. 7)<br />

l Elles doivent être accessibles au médecin (dans le<br />

dossier médical, à domicile, sur soi, au SAMU ?)<br />

l Le médecin doit s’assurer de leur conformité<br />

13


<strong>La</strong> personne de confiance<br />

l <strong>La</strong> personne de confiance n’est pas « la personne à<br />

prévenir » ;<br />

l Ce peut être un membre de la famille, un ami, un médecin,<br />

quiconque, pour peu qu’il ait donné son accord<br />

l Elle peut assister aux entretiens médicaux<br />

l Elle doit être consultée lors de toute décision de limitation<br />

de soins si le malade n’est pas en mesure d’exprimer sa<br />

volonté<br />

l Sa désignation doit être recherchée par le médecin<br />

l Depuis le 1er janvier 2009 : Mandat de protection future<br />

sous seing privé 14


<strong>La</strong> procédure collégiale<br />

l Décision prise par le médecin en charge du patient<br />

l Après concertation de l’équipe de soins<br />

l D’un autre médecin sans lien hiérarchique avec le<br />

premier<br />

l Avis motivé d’un troisième médecin si nécessaire<br />

l Information de la personne de confiance, de la famille ou<br />

des proches<br />

l Décision tracée (modèles de déroulement d’une<br />

procédure collégiale) 15


Pour les patients « non compétents »<br />

l Patients mineurs<br />

Autorité parentale<br />

Notion d’assentiment<br />

l Patients dont le jugement est temporairement altéré<br />

l Patients sous protection<br />

Aux biens ?<br />

A la personne ?<br />

l Patients sous mandat de protection future<br />

16


Conclusion<br />

l <strong>La</strong> loi du 22 avril 2005 renforce les droits des patients et<br />

instaure des droits spécifiques aux malades en fin de vie<br />

l Le médecin doit accompagner le mourant et prodiguer<br />

des soins appropriés à la vie qui prend fin<br />

l Le médecin doit sauvegarder la dignité du malade et<br />

réconforter son entourage<br />

l Le médecin n’a pas le droit de provoquer délibérément<br />

la mort<br />

17


Conclusion<br />

l Le droit au refus de l’obstination déraisonnable est<br />

reconnu, les modalités définies (y compris pour les<br />

malades sous curatelle ou tutelle)<br />

l <strong>La</strong> procédure est collégiale, transparente et tracée<br />

l Les directives anticipées permettent de connaître les<br />

volontés du malade<br />

l <strong>La</strong> personne de confiance dont le rôle est renforcé, la<br />

famille ou les proches sont consultés<br />

l Les soins palliatifs doivent être instaurés<br />

18


Conclusion<br />

l Cette loi constitue un cadre transparent<br />

l Le médecin, dans les décisions qu’il doit<br />

prendre, n’est pas isolé face à la mort<br />

19


Qu’en est-il en 2012 ?<br />

l <strong>La</strong> loi est toujours aussi mal connue<br />

¡ 17% du personnel du CHU de Limoges en a entendu<br />

parler<br />

¡ 20% des médecins généralistes de la Haute-Vienne en<br />

ont une petite connaissance…<br />

l De nombreuses idées fausses circulent<br />

l Les structures de soins palliatifs sont encore mal<br />

connues et insuffisamment développées<br />

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