Patate, un programme Folimage de cinq films d ... - Atmosphères 53

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Patate, un programme Folimage de cinq films d ... - Atmosphères 53

Patate, un programme Folimage de cinq films

d’animation, France, 58 minutes, 2000 à 2006.

1. La tête dans les étoiles, de Sylvain Vincendeau, 8min30, 2005

Histoire détaillée :

On voit un ciel étoilé puis un lampadaire qui s’allume et empêche de voir les étoiles. Un garçon

lève la tête vers le ciel, mais il ne voit rien. Il part en voiture vers une colline isolée, sur laquelle il

monte. Il danse, vole dans le ciel. Il se pose ensuite sur le sol. Il monte une tente et observe des

fourmis qui transportent des feuilles découpées, puis des criquets, des abeilles, des oiseaux. La nuit

tombe, il flotte de nouveau dans les étoiles. Des gros nuages arrivent et les animaux sentent l’orage

qui se prépare. Le garçon fait pipi en sifflant, puis l’orage se déchaîne. Après l’orage, le garçon

coupe du bois et construit une maison (en accéléré). La nuit, on voit des vers luisants. Puis arrive,

en voiture, un couple d’amoureux. Ils se construisent une maison puis d’autres arrivent et, à la fin,

la colline est couverte de maisons.

Pistes d’exploitation :




Expliquer le titre

Résumer l’histoire, qualifier l’histoire : conte, aventure, fiction…, inventer une suite.

Les personnages du film

- Le garçon : le décrire ainsi que son mode d’expression : pas de paroles, il fait des gestes ou

mouvements, il prononce « yaouh », « ouais »… Que décide-t-il lorsqu’il constate que le

lampadaire l’empêche de voir les étoiles ? Que lui arrive-t-il quand il est sur la colline ? Comment

voit-on qu’un orage se prépare ? Et à la fin ?

Les enfants peuvent décrire une nuit passée dans leur jardin ou dans un camping et comparer avec

ce qu’a vécu le garçon.

- Les animaux découverts dans

le champ : fourmis, criquets,

abeilles, oiseaux, vers

luisants…

Les décrire.

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- Les autres personnages qui viennent s’installer sur la colline : l’arrivée du couple d’amoureux puis

l’envahissement par la foule.


L’observation des étoiles : on peut observer une carte du ciel avec les étoiles et en repérer

certaines.

Autour du film

- Le point de vue du réalisateur :

L’idée du film lui est venue un soir où lui-même voulait observer les étoiles et où il n’a pas pu. Il a

pensé, ensuite, à une nuit à la belle étoile, une tente, une maison… Il dit de son film : « Je sais où

j’ai l’intention d’aller et personne ne peut le faire à ma place. Un film, c’est une intention de

mouvement. »

« Pour moi le sujet du film, c’est vraiment la pollution lumineuse. De nombreuses espèces animales

disparaissent, des oiseaux sont perturbés par ces murs de lumière… »

- La bande son : la musique est de Cyrille Aufort. On entend des flûtes et des instruments à cordes.

L’importance des sons ou des bruits : Sylvain Vincendeau dit : « Il fallait une ambiance nature,

montrer que cette colline était déjà habitée par d’autres. »

- La technique d’animation : Animation traditionnelle sur papier, mise en couleurs par ordinateur.

Décors à la craie grasse et aux encres de couleur.

Au départ, il y a une base d’encre, puis des dessins à la craie sur cellulos. Le travail à l’ordinateur a

permis de faire découvrir l’espace, la profondeur de champ, le volume (3D)…

2. Le génie de la boîte de Raviolis de Claude Barras, 7 min35, 2006, inspiré d’un

album « Le génie de la boîte de raviolis » d’Albertine Gros et Germano Zullo.

Histoire détaillée :

Pendant le générique du début, on voit des nuages et de la fumée.

On entend des bruits forts et on découvre des bâtiments avec des affiches (buvez Drink, mangez

Miam) et des enseignes (Galerie du meuble, Raviolis). La circulation

automobile est dense. C’est une usine de fabrication de boîtes de raviolis :

on voit un récipient où se fait le mélange (viande hachée, épices,

exhausteur de goût R22), deux hommes faisant des gestes répétitifs pour

remplir les boîtes qui avancent sur un tapis roulant, puis un autre homme

les compte (1033 lorsque la pendule indique 18h30, fin du travail).

L’homme attend le métro (affiche : mangez des raviolis). Il arrive à son

appartement dans un immeuble (il a affiché l’étage 243 dans l’ascenseur)

et arrose une plante placée dans un pot sur le rebord de sa fenêtre. Il a faim

(bruit de son ventre) et ouvre une boîte de raviolis. Un génie en sort qui

chante : « Armand, mon bienheureux Armand, dès aujourd’hui, tout te semblera beau et grand. Car

voilà devant toi, le merveilleux, le superbe génie… de la boîte de raviolis. » « Demande ce que tu

voudras et je t’exaucerais, mais attention tu n’as droit qu’à deux vœux. » « Ce n’est pas trois

normalement ? » demande Armand. « Non, avec moi, c’est deux ou rien du tout » répond le génie.

« Qu’est-ce que vous me conseillez ? » Et le génie énumère des propositions : skier sur une

montagne d’argent, avoir un château fort en Espagne, avoir un coupé sport, plonger en sous-marin,

partir en fusée galactique. Armand hésite : prendre un petit jardin avec des fleurs, un grand jardin,

toute une prairie avec des fleurs à l’infini. Le génie prononce une formule magique : « fouchtri de

fouchtra » et un paysage merveilleux apparaît. Armand est comblé. Comme deuxième vœu, il

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commande un repas (menu voir plus loin), puis précise qu’il le veut comme au temps des rois : ils

sont alors installés de part et d’autre d’une longue table et il faut attendre les nombreux plats.

Le génie dit qu’il faut qu’il rentre et Armand le remercie pour tout. Le génie essaie de retourner

dans sa boîte et il n’y arrive pas, même en commençant par la tête, les pieds, le nez, les bras…

Armand lui demande ce qu’il fait toute la journée, enfermé dans la

boîte et le génie répond qu’il compte les raviolis. Armand ne trouve

pas cela amusant et il propose d’être le génie et il précise qu’avec

lui, il n’y a qu’un seul vœu ou rien du tout. Le génie dit qu’il

aimerait le plus au monde avoir un ruisseau pour rester les pieds

dans l’eau. Le vœu se réalise et Armand et le génie chantent : « On

est si bien les pieds dans l’eau, l’un contre l’autre au bord du

ruisseau. Y’a rien à faire à part chanter en laissant tremper nos

doigts de pieds (bis) puis La la la …. » On voit le ciel et on entend :

« oui, mais après, est-ce qu’on pourra jouer à saute-moutons ?

Pistes d’exploitation :

Résumer l’histoire. Inventer une suite

L’histoire est celle d’une amitié et d’une rencontre entre deux personnages très différents. Le

problème de la solitude d’Armand. Le génie aussi est seul.


Décrire le travail à la chaîne, comparer avec Chaplin

« Les temps modernes ». Décrire les conditions de

travail.

Comparer avec le conte extrait des Mille et Une Nuits

« Aladin et la lampe merveilleuse » : les vœux, le

génie… Quels vœux propose le génie ? Quels sont les

vœux d’Armand ? du génie ? Quelle est la formule magique ? La comparer à d’autres

(abracadabra)

Quels vœux feraient les enfants ?

La cuisine :

Les raviolis : chercher des recettes

Dans son deuxième vœu, il commande d’abord un

menu composé de spaghettis, d’une salade verte et de

profiteroles au chocolat, en fait il commande un

banquet comme du temps des rois : série de cuisiniers

apportant des plats (énumérer : asperges en gelée,

sauce Nantua ; petit rôti à la mode Mireille ; loup de

mer, beurre à l’armoricaine parsemé de noisettes ;

tourte aux quatre fruits exotiques et son coulis de

menthe fraîche.

Autour du film :

Le point de vue du réalisateur :

Il connaissait les deux auteurs du livre et il a décidé, avec eux, le projet du film, en respectant le

graphisme.

Il dit : « Pour moi, le vrai sujet du film c’est l’amitié, la rencontre, la découverte de la différence et

du partage. Il parle aussi un peu de l’opposition entre la ville et la campagne. »

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La technique d’animation : animation en volume avec des marionnettes en silicone et des décors en

polystyrène, carton et bois. Claude Barras dit : « Pour Armand, j’ai utilisé du latex et de la silicone

après l’avoir façonné en pâte à modeler. Le Génie est en silicone teinté à partir d’un prototype en

fibre de verre. Tous les éléments du décor sont en polystyrène sculpté, en carton ou en bois, avec

beaucoup de mastic et de la peinture par-dessus ». Pour lui, l’animation en volume facilite la mise

en œuvre.

L’importance de la bande son : Claude Barras a travaillé avec un vrai musicien car il voulait un

univers proche de Bobby Lapointe ou de Gainsbourg. Le Génie a la voix d’un acteur basque. Pour

les bruitages, le réalisateur voulait des chants d’oiseaux calmes et des bruits un peu sourds et

stressants.

3. Circuit marine, d’Isabelle Favez, dessin animé assisté par ordinateur, 7 minutes, 2004

Histoire détaillée : générique de début,

musique tsigane, poissons rose et bleus, filet de

pêche qui remonte, les cinq pirates, le capitaine, le

chat attrape le poisson rose et le capitaine le

poursuit (nombreux escaliers), le capitaine place le

poisson dans le bocal et le perroquet et le chat

essaient de le capturer

Les mouettes attrapent des poissons qu’elles mangent. Les

pirates et le capitaine mangent les poissons bleus (arêtes)

puis ils boivent. Le chat récupère un squelette de poisson, le

jette, les mouches arrivent. Le chat les attrape et les donne à

manger au poisson, puis il dort. Pendant ce temps, le

perroquet, en essayant d’attraper le poisson, a la tête coincée

dans le bocal. Le capitaine arrive et emporte le perroquet.

cuisinier le plume et les matelots mangent (ils jettent 5 os !).

capitaine commence à manger une cuisse, mais le jette, le

chat la prend et la mange, puis il jette l’os et récupère les mouches qui vont dessus pour les donner

au poisson. Il refait la même chose avec un squelette de poisson : le poisson rose, devenu très gros

remplit le bocal. Le chat casse le bocal, apporte le poisson au cuisinier qui le fait frire, puis il le

mage et s’endort, les mouches l’entourent. Pour s’en débarrasser, il se jette à l’eau. Pendant ce

temps le capitaine découvre la mort du poisson rose et il est furieux. Il remonte sur le pont et voit

que les matelots ont tué et mangé le chat (il ne reste que les 2 oreilles et la queue). Il pleure. Il

rajoute la photo du chat, après celles du poisson, du perroquet, d’une fleur. Générique de fin.

Pistes d’exploitation :

Le

Le



Le titre de l’histoire, justifier : le bateau tourne en rond, le début et la fin de l’histoire sont

identiques.

Raconter l’histoire ou la résumer.

Les personnages : les décrire, les dessiner, leur mode d’expression (bruits…)

- Le capitaine : décrire son vêtement (bicorne, chemise rouge), ses accessoires (bandeau noir sur un

œil, sabre). Comment apparaît-il ? (méchant puis sensible)

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- Les cinq marins ; ils ont des vêtements de différentes couleur, les repérer (jaune, bleu foncé, bleu

clair, marron, vert). Ils ont un bandeau sur la tête et portent un sabre.

- Le cuisinier : tablier et chapeau de cuisinier blancs, couteau à dents

- Le chat marron

- Le poisson rose dans le bocal, les poissons bleus

- Le perroquet multicolore, les mouettes, les mouches…

Les relations entre les personnages et qui mange qui ?

:

Les marins attrapent les poissons dans le filet, puis les

mangent après que le cuisinier les ait fait cuire

Le cuisinier voudrait attraper le poisson qui passe devant son

hublot

Le chat finit par attraper le poisson rose qu’il apporte au

cuisinier

Le capitaine court après le chat et le poisson. Il va dans son carré et met le poisson dans le bocal.

Les mouettes mangent les poissons qu’elles attrapent.

Le perroquet et le chat essaient d’attraper le poisson du bocal en utilisant le tangage du bateau. Le

chat y arrivera en faisant tomber le bocal qui se casse.

Pourquoi le chat donne-t-il à manger au poisson rose ?

Que devient le perroquet ? Et le chat ?

Que retrouve-t-on d’eux ? : beaucoup de cuisses pour le perroquet, beaucoup d’os pour le chat, les

deux oreilles et la queue du chat (clin d’œil à la

tauromachie)

Que fait le capitaine à la fin ? : au cours du film, il paraît

méchant, mais à la fin, il pleure et on comprend qu’il est

sensible. Il accroche toutes les photos des disparus : une

fleur, le poisson rose, le perroquet, le chat.

Le bateau : on se rend compte qu’il est grand car il y a des escaliers à monter et à descendre.

On voit différents lieux : le pont, la cuisine, le carré du capitaine (salon et salle à manger)…

Autour du film :

- Le point de vue du réalisateur :

« J’aime raconter des histoires qui forment une boucle… Ce qui concerne la nourriture m’intéresse

aussi beaucoup : qui mange qui ?… J’aime bien raconter des choses un peu horribles pour dire

qu’après, la vie continue ! »

« Finalement, le sujet de mon film tourne d’abord autour de la nourriture…

- La technique : utilisation de papier à carreaux

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Les personnages sont en papier découpé ou déchiré. Les bras et les jambes sont dessinées sous

forme de traits.

- La bande son :

Pour les bruitages, ce sont de vrais sons enregistrés, mélangés à une musique un peu gitane, coupée

régulièrement par le bruit de portes qui claquent.

4. Le château des autres, de Pierre-Luc Granjon, 6 minutes, 2004, animation de

marionnettes

Histoire détaillée :

Un autobus, transportant des enfants et leur maîtresse, roule sur une route

sinueuse.

Ils arrivent à un château. Les enfants descendent, la maîtresse achète des

tickets, qu’elle distribue aux enfants et ils rentrent dans le château. Il fait

noir. Ils arrivent dans une pièce avec des niches et des statues, un enfant

traîne et il se trouve séparé du groupe. Il croit voir des choses qui lui font

peur, alors qu’on entend le rire des autres enfants. Il tombe, mais la

maîtresse est là. Il ne la suit pas et se retrouve le premier dehors. Dans le car, le chauffeur dort.

L’enfant s’assoit à côté du car et joue avec un caillou. Le monsieur qui était à la caisse lui fait signe

de le suivre. Il le fait rentrer dans le château.

Pistes d’exploitation :


Le titre du film : le justifier, l’expliquer

Les personnages : les décrire, les caractériser

- La maîtresse : lunettes, chignon, sac. Elle est attentive

au groupe et à tous les enfants. Elle va rechercher celui

qui est seul.

- Les enfants dans le bus qui chahutent

- L’enfant solitaire qui regarde à l’extérieur du bus puis

qui sera isolé du groupe. Il va se sentir perdu et va

paniquer, puis renoncer à rattraper les autres. Il fera

travailler son imagination.

- Le monsieur qui vend les tickets et qui est sans doute

le gardien, accompagnera l’enfant à la fin pour visiter le

château.

Décrire une sortie scolaire avec la maîtresse ou le maître : lieu, ambiance…

ou une situation où on s’est senti perdu, comme l’enfant du film.

Autour du film :

- Le point de vue du réalisateur : Pierre-Luc Granjon

« Cette histoire m’est venue en dessinant. Il y a d’abord eu l’image d’un bus au milieu de rien avec

cette envie de parler du sentiment d’être à côté des choses, de ne pas vivre de que vivent les autres.

puis l’idée du château au milieu du désert est arrivée… »

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« Si j’ai mis des rires à la fin, c’est pour rester sur une image positive. Mais durant toute cette

histoire, dans les différentes salles, chaque spectateur voit un peu ce qu’il veut. Je ne me suis donné

aucune limite dans tout cet univers intérieur. Je gardais l’idée d’un enfant qui se retrouve perdu

dans un univers étranger…un peu comme s’il perdait ses parents dans un supermarché… »

- Décrire les plans et les mouvements de caméra lors de la visite du château

La visite à l’intérieur du château : qu’est ce que cela évoque pour les enfants ? :grotte préhistorique,

train fantôme, une église, une pyramide

- La bande son : selon les sentiments éprouvés par l’enfant seul, elle est sombre ou joyeuse. Des

enfants d’une école sont venus dans un studio d’enregistrement pour des cris, des soupirs, des rires.

- La technique d’animation : marionnettes en papier mâché sur des armatures en fil d’aluminium.

Décor en carton sur des armatures en grillage, recouvertes de papier mâché

Le réalisateur explique : « Pour la technique, j’ai fabriqué mes personnages avec une tête en papier

mâché, des yeux mobiles tenus par de la patafix avec un petit trou pour que je puisse les bouger

avec une épingle. Sur une armature en fil d’aluminium, ils font une vingtaine de centimètres. J’ai

voulu une animation la plus simple possible. Il y a énormément de décors…

Essayer de construire des objets en papier mâché : château, personnages…

5. Patate et le jardin potager, de Benoît Chieux et Damien Louche-Pélissier, 28

minutes, 2000.

Histoire détaillée : Générique de début : On entend « Mais qu’est-ce qu’il fabrique

aujourd’hui. Oh, Jardinier, jardinier, jardinier… Un bruit de pas,

une ombre tête en bas et on découvre un jardin potager

(aubergines, poireaux, carottes, courgettes, tomates) une grosse

paire de bottes vertes, un gant qui cueille et met dans un panier : 3

poireaux, 3 asperges, 1 tomate, 4 carottes, 1 aubergine. On

découvre le visage du jardinier et il part en disant ; « cette fois-ci,

c’est bon, tout est là. » La porte du jardin se referme. Titre du film.

Trois légumes sont tombés du panier : un brocolis, une carotte, un

poireau. Ils se désolent en pensant que le jardinier ne reviendra plus,

qu’il les a oubliés. Ils vont chercher patate et lui expliquent qu’il faut aller de l’autre côté de la

palissade. Ils le lancent et il passe par-dessus. Patate va suivre les traces de pas laissées sur le sol

par le jardinier. Pendant ce temps là, dans son laboratoire, le jardinier a aligné les légumes et il en

choisit : 2 poireaux, 1 aubergine, 1 carotte et 1 radis. Quand il s’éloigne, les légumes parlent de

ceux qui sont restés dans le potager. Patate chante pour se donner du courage, en suivant les traces.

Il découvre des animaux : une coccinelle, des papillons, des fleurs. Dans le potager, les trois

légumes oubliés unissent leurs efforts et se retrouvent dehors, décidés à suivre aussi les traces. Une

sauterelle indique le chemin à Patate. Dans le laboratoire, le jardinier tape sur le clavier de son

ordinateur, puis enfile des gants verts et sort des instruments de chirurgie. Les trois légumes sont

perdus dans le jardin, ils font plusieurs fois le tour du puits et se font peur eux-mêmes. Patate, lui,

chemine dans un jardin étrange (comme un forêt et il a peur). Il rencontre un caillou qui parle, le

rassure et lui dit qu’il va l’emmener voir le jardinier. (fondu au noir). Les trois légumes sont arrivés

devant les bottes du jardinier et ils croient qu’on lui a coupé les jambes. Patate les rejoint. Le

jardinier est en train de faire une intervention chirurgicale. Les 4 légumes entrent dans le

laboratoire, ils passent devant l’ordinateur, voient les instruments.

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devant une cloche en verre, ils jouent comme avec des miroirs déformants de la fête foraine et ils

rient. Subitement, ils découvrent un « monstre », (cf créature Frankenstein) légume fait de différents

légumes, qui leur dit de ne pas rester là. Le jardinier arrive avec une valise dans laquelle il place le

légume qu’il a fabriqué en disant : « je vais devenir le roi de la soupe, à moi les millions. » Patate

court pour empêcher le jardinier de sortir et le fait tomber. Quand il reprend conscience, il cherche

son légume partout , il trouve la carotte et le brocolis et veut les met dans le frigo, le « monstre »

l’ouvre : tout le potager est là. Brocolis est entré dans la manche de la veste du jardinier et le

chatouille, ce qui permet à tous les légumes de sortir du frigo et de sauter par la fenêtre ouverte.

Patate va chercher « soupe » pour le faire sortir avec eux. Le jardinier aperçoit « soupe » qui saute,

il veut le récupérer mais le laboratoire est fermé à clef. Les légumes décident de s’en aller.

Générique de fin

Pistes

d’exploitation :

Le titre : l’expliquer

L’histoire :

Raconter ou résumer

l’histoire. Inventer une suite…

C’est un conte où des

légumes et des objets deviennent des

personnages à part entière, avec un cerveau, une âme, des sentiments. En fait, les réalisateurs ont

voulu raconter une histoire d’enfants, ici représentés par des légumes : ils sont d’abord dans un lieu

clos, le potager, puis ils partent à la découverte du monde et s’affirment peu à peu…

Les personnages :

Les personnages principaux sont :

- Le jardinier : Le décrire, le caractériser

On ne voit de lui, au début que son ombre, ses bottes vertes, ses gants

marrons.

Que veut-il faire avec les légumes ? On peut décrire l’intervention

chirurgicale, puis le résultat. Il veut créer « Soupe, un légume du futur,

reproductible à l’infini, facile à écraser, simple à cuisiner et à mettre en

boîte »

- Le légume « hybride » qu’il fabrique est un mélange

d’aubergine, poireau, carotte, radis et brocolis : le dessiner ou le

décrire. Il fait penser à la créature crée par Frankenstein et qui fait peur.

Une discussion a lieu autour du thème « qui est le monstre ? »

Mais, les autres légumes l’accueilleront et le garderont avec eux. Ils acceptent la différence : ils lui

tendent la main.

Observer des reproductions de tableaux de Giuseppe Arcimboldo, peintre

milanais (1527-1593) qui a peint des portraits composés d’éléments empruntés

aux divers règnes de la nature, en particulier des légumes (maniérisme).

On peut évoquer les légumes transgéniques : tomates qui se conservent mieux…

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- Les 4 légumes qui se trouvent isolés dans le potager : Carotte, Poireau, Brocoli et Patate.

On peur décrire leur caractère, qui apparaît dès le début quand ils sont isolés dans le potager. Il leur

arrive des aventures lorsqu’ils partent à la recherche du jardinier.

Les décrire, les dessiner, créer des personnages avec des vrais légumes ou en découpant des

catalogues de jardinage.

Au début, lorsqu’ils sortent du potager, ils ne savent pas dans quel univers ils arrivent. Patate dit :

« je peux respirer et je vais essayer de faire un pas » ce qui évoque la sortie des cosmonautes hors

de leur fusée, en arrivant sur la lune.

Patate est le héros de l’histoire : c’est grâce à lui que les autres légumes seront sauvés. D’ailleurs,

lorsqu’il aura sauvé tout le monde, Carotte embrasse Patate qui rougit et semble troublé.

Lorsqu’il sort du potager, il découvre tout un monde qu’il ne connaît pas : coccinelle, papillons,

fleurs, criquet. A un moment, il traverse une sorte de forêt qui lui fait peur, mais un caillou qui parle

lui redonnera confiance en lui et il saura réagir à plusieurs reprises : « pas de panique ». Cette

rencontre avec Caillou est comme un film dans le film, c’est une rencontre liée au hasard (Patate est

perdu) mais qui fera changer Patate et lui donnera de l’assurance.

Il change de forme : forme réelle de pomme-de-terre ou forme plus fantaisie. En dessiner.

Les autres personnages : les animaux et les plantes de la propriété. Les énumérer ou en dessiner.

Les lieux :

Le potager, bien clôturé part une palissade

Le jardin, avec des animaux et des plantes, un rocher qui parle…

Le laboratoire avec l’ordinateur, des plantes, des instruments de chirurgie (stéthoscope, scalpel,

pince, paire de ciseaux).

Autour du film :

- Points de vue du réalisateur et du scénariste

Benoît Chieux (réalisateur de « l’enfant au grelot ») dit : « Dès le départ, nous étions deux pour

inventer cette histoire… Je me suis plus chargé du décor et Damien des personnages. C’est lui qui

est d’abord arrivé avec ce personnage de Patate… Nous avons dessiné chaque légume de manière

presque symbolique… Cami Di Francesco (scénariste) nous a apporté l’idée du personnage de

Soupe. On voulait que les caractères des quatre personnages principaux soient très vite posés. Il y a

Patate qui est un peu timide et qui va évoluer, poussé par ses copains ; Carotte, la fille ; Poireau un

peu grande gueule et Brocoli qui parle toujours plus vite que les autres. Il fallait dessiner ces

caractères en une seule scène. Caillou vient de l’envie d’un personnage minéral face aux légumes

qui sont périssables. »

« Aujourd’hui, je pense que ce film parle d’abord de l’amitié… Toute la réalisation de ce court

métrage a été faite de vrais échanges, c’est véritablement une histoire de copains. »

Cami Di Franscesco, le scénariste, dit : « Ce petit potager, finalement, ces sont les enfants. L’idée

principale est de dire aux enfants : ne prenez pas pour argent comptant la parole de l’adulte ».

Il est parti de l’idée d’un légume transgénique qui existait déjà.

Il aime faire des dessins à l’encre ou au crayon, avec un minimum de traits, pour créer des

personnages qui vont prendre vie. Les premiers dessins datent de 1974. Il a été influencé par les

personnages des Shaddocks.

La couleur est très importante dans le film : au début, les légumes sont colorés, on entend des

cigales, cela suggère l’été. Ensuite, la pluie arrive. A la fin, une éclaircie modifie les couleurs.

Lorsque Patate traverse la forêt, les couleurs changent pour créer une atmosphère oppressante

Les ambiances sont ainsi créées par des séquences colorées.

La bande son : Loïc Burkhard explique qu’il choisit d’enregistrer les voix définitives avant de

dessiner les personnages car c’est plus facile ensuite de synchroniser l’image et le son au niveau des

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mouvements de lèvres et des paroles. Ensuite, il mixe les voix avec les bruitages et la musique. La

bande son a une grande importance pour créer une ambiance, ponctuer une action, attirer l’attention

du spectateur…

Serge Besset, compositeur a créé la musique : Patate est identifié par un thème musical identifiable,

avec le xylophone comme principal instrument. On peut comparer avec les thèmes musicaux de

« Pierre et le loup » ou de « Piccolo et Saxo ».

Dans le générique de fin, on voit les noms des instruments de musique utilisés : xylophone,

clarinette, violon, euphonium (proche du tuba), mandoline. On peut travailler sur ces instruments.

On entend Patate chanter ou siffler « Savez-vous planter les choux… »

On peut faire un travail sur la bande son.

L’animation : C’est Antoine Lanciaux qui l’a faite. Il donne l’illusion de la vie à un personnage qui

n’existe pas, en faisant la restitution du mouvement. Patate est comme un enfant, un peu maladroit

dans ses mouvements : il saute, roule…

Les dessins du story-board sont filmés pour créer un « animatique », puis animés dans un test

d’animation pour donner le film fini.

6. Comparaison des techniques d’animation de tous les films

1- Réaliser un dessin animé :

Pour réaliser un film d’animation, 24 images par seconde d’action sont nécessaires pour reproduire

correctement le mouvement, au minimum 12 images car un nombre inférieur donne un mouvement

saccadé (cas de certains dessins animés japonais).

Quand une histoire a été choisie, il faut l’adapter pour le dessin animé et écrire le scénario :

succession de séquences avec une description précise

des décors, des personnages, des évènements.

Il est ensuite traduit en dessins par le réalisateur

sous forme d’un story-board, sorte de longue bande

dessinée, constituée d’une centaine de croquis. C’est un

découpage détaillé, plan par plan de l’ensemble du film.

Il indique le cadrage, la position des décors, des

personnages, l’emplacement de la caméra et l’action. Il

contient tous les dialogues et les bruitages. Chaque plan

est représenté par une feuille numérotée, comprenant un

dessin et des indications écrites (ici, story-board de « Patate et le jardin potager »)

Pour faciliter le travail des animateurs et ne pas changer l’aspect d’un personnage, des dessins sont

réalisés le représentant de face, de profil, de trois-quart, de dos, en entier ce qui détaille ses

proportions et son volume : ce sont des feuilles de model-sheet (ici, le jardinier de »Patate et le

jardin potager »)

Les maquettistes dessinent alors au crayon le décor de

chaque plan du film en fonction de l’animation des personnages.

Ces dessins serviront de base aux décorateurs pour la création des

décors. Le décor est peint sur une feuille à l’aquarelle, aux encres

ou à la gouache.

L’animation est réalisée par différentes équipes :

l’animateur esquisse au crayon les positions extrêmes du

mouvement, des intervallistes comblent les espaces entre chaque dessin en suivant les indications de

l’animateur. Plusieurs animateurs interviennent dans un même dessin animé. Les dessins sont

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ensuite tracés à la plume ou photocopiés sur des feuilles de rhodoïd transparentes ou cellulos (ou

cellos). Les couleurs sont ensuite appliquées à la main au verso de chaque cellulo en utilisant de la

gouache acrylique. Aujourd’hui, peu de studios utilisent cette technique. Les dessins sont scannés

dans l’ordinateur, puis mis en couleurs dans un logiciel spécifique.

La prise de vues : elle se fait sous caméra verticale qui filme les cellulos posés sur le décor,

image par image, avec parfois, en plus, des effets spéciaux. Il est possible de superposer plusieurs

cellulos. Les dialogues, les bruitages et la musique sont ensuite mixés à l’image au moment du

montage final.

Le film est vérifié sur une table de montage.

2- Autres ressources de l’animation :

Il y a plusieurs techniques d’animation :

- L’animation à plat ou en 2 dimensions (2 D) utilise une caméra perpendiculaire au sujet.

On peut animer ainsi des peintures ou dessins, des découpages, des matériaux ou objets, des

poudres sur verres (pastel, sable…) …

- L’animation en 3 dimensions (3D) utilise une caméra placée en face

du plateau de tournage et les objets sont déplacés devant la caméra.

On peut animer des objets rigides, des objets flexibles (fil de fer…), des

marionnettes… (ici la main déplace un peu le bras du personnage du film « Le

château des autres »).

- L’animation par ordinateur : les personnages, objets et décors créés

par ordinateur en images de synthèse forment ce qu’on appelle la réalité

virtuelle. L’ordinateur peut être utilisé comme un assistant à la réalisation

(pour le montage ou la réalisation d’effets spéciaux) ou comme un outil de création d’images.

Dans l’animation directe, l’artiste peut créer directement l’image devant la caméra à l’aide de pâte à

modeler, de sable animé, de papiers découpés, d’épingles ou d’autres supports.

Documents utilisés : Kit pédagogique de Folimage, 6 rue Jean Bertin, 26000 Valence (1 DVD du

programme, 1 DVD de reportages sur les tournages, 5 dossiers papier, 2 folioscopes sur Patate)

site www.folimage.com

Dossier sur le cinéma d’animation, Atmosphères 53, novembre 2004 (idées d’exercices pratiques

d’animation à faire avec les enfants) site www.atmospheres.org

Dossier réalisé par Nicole Montaron, Atmosphères 53. Septembre 2007.

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