Monty Alexander Monty Alexander piano, vocals Hassan Shakur ...

philharmonie.lu

Monty Alexander Monty Alexander piano, vocals Hassan Shakur ...

Jazz & beyond

Jeudi / Donnerstag / Thursday

14.03.2013 20:00

Grand Auditorium

Monty Alexander

Monty Alexander piano, vocals

Hassan Shakur double bass

Frits Landesbergen drums

~90’ sans entracte / ohne Pause


Crédit Agricole Luxembourg soutient depuis

toujours la création artistique et le confirme

de nouveau en 2013 à travers son partenariat

avec la Philharmonie Luxembourg.

Nous sommes heureux d’accueillir ce soir le

trio de Monty Alexander, l’un des plus grands

pianistes de jazz qui a côtoyé Frank Sinatra,

Ray Brown, Milt Jackson ou encore Quincy

Jones.

Nous vous souhaitons une excellente soirée.

Jean-François Abadie

Administrateur Délégué

Crédit Agricole Luxembourg


Jamaïcan jazz

Monty Alexander

Philippe Gonin

Cinquante ans de carrière et presque autant d’albums publiés

sous son nom… musicien prolifique et curieux, Monty Alexander

a, au fil des années, exploré des mondes musicaux divers, depuis

les standards du Real Book of Jazz jusqu’aux hommages rendus à

sa Jamaïque natale, en passant par la chanson, la pop et la soul

music.

Né le 6 juin 1944, il sort son premier disque, «Spunky», à 20 ans.

Enregistré en trio (avec Paul Humphrey à la batterie et Victor

Gaskin à la basse), on y trouve déjà, avec «Jamaïcan Shake», un

thème à la gloire de son île qu’il venait à peine de quitter pour

chercher fortune (une fortune musicale) aux États-Unis. Dès le

départ donc, le trio apparaît comme sa formation de prédilection.

Même s’il s’en écarte parfois, c’est vers elle qu’il revient régulièrement.

Le répertoire de Monty Alexander ne regarde pas uniquement

du côté des standards du jazz. On y rencontre toutefois quelques

incontournables tels If I Were a Bell ou Autumn Leaves («Alexander

The Great», 1965), Now is The Time de Parker («Love and Sunshine»,

1975), Girl Talk (le «Dansez Sur Moi» de Nougaro dans

«Zing», album de 1967) ou encore So What de Miles – dans le

solo duquel, malicieux, il insère une brève citation de «Tico Tico».

Au début des années 1970, il s’intéresse au répertoire des Beatles,

reprenant «Something» ou «Let it Be» («Taste of Freedom», 1970)

et publiant en 1972 «Here Comes The Sun» dans un album au titre

éponyme. Il donne à entendre également deux belles versions de

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«You are The Sunshine of My Life» (sur «Here Comes The Sun») et

de «Isn’t She Lovely» («Estade», 1977) de Stevie Wonder, montrant

notamment son attrait pour un groove funky soul dont nous

reparlerons plus avant dans ce texte (il reprend aussi le fameux

«Theme From Shaft» d’Isaac Hayes ainsi que «Ben» du tout jeune

Michael Jackson dans «Perception!» paru en 1974.).

Quelques thèmes classiques ont également droit à un traitement

de faveur: c’est d’abord le Nocturne en mi bémol de Chopin sur

«Zing» et c’est aussi le Concerto d’Aranjuez dont il donne sa propre

lecture dans «Perception!» encore. La liste serait trop longue

pour être intégralement passée en revue ici, signalons juste quelques

thèmes de film, de Michel Legrand d’abord («Theme from

Summer of ’42») ou celui de «Love Story», tous deux dans «We’ve

Only Just Begun» (1971), ainsi que le thème composé par Elmer

Bernstein pour les «Sept Mercenaires» («The Magnificent Seven»)

(«Zing»)

À la Jamaïque…

S’il est une constante dans l’œuvre de Monty Alexander, outre

une formule en trio, c’est cette référence récurrente à son île

natale, la Jamaïque. C’est là qu’il reçut sans doute son premier

choc musical lors de la venue de Louis Armstrong. Dans l’hommage

qu’il lui rend dans «Caribbean Circle» (1992), il souligne,

dans les notes de pochette: «Je me souviens quand Louis Armstrong

est venu en Jamaïque […]. J’avais vu un film intitulé High

Society [il y avait] énormément de bonnes chansons et de musique

dedans.» Si un appareil dentaire semble avoir empêché le

jeune Monty de devenir trompettiste, c’est vers le piano qu’il se

dirige alors…

Dès son premier disque, nous l’avons souligné, la Jamaïque et,

plus largement les Caraïbes, avec leurs rythmes et leurs sons si

particuliers – celui des Steel Drums que l’on retrouve dans les

albums du pianiste comme «Cobilimbo» de 1978 ou dans le

«Jamento» paru la même année) – vont imprégner l’œuvre du

pianiste.

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Mais dans l’imaginaire collectif, la Jamaïque, c’est d’abord le

reggae. Et le reggae a son roi: Bob Marley. S’attaquer à la musique

de celui qui est – à tort ou à raison – le représentant de

cette musique au rythme lancinant est une véritable gageure: en

dégager la lettre n’est pas en avoir l’esprit. Pourtant Alexander,

timidement d’abord, en glissant un thème du Maître du reggae

ici ou là, en reprenant (dans «Cobilimbo») un titre d’un autre

maître du genre, Jimmy Cliff (belle version de «Many Rivers To

Cross») se décide finalement à consacrer un album entier à la

musique du compositeur de «Redemption Song»: ce fut en 1999,

«Stir It Up». Et force est de reconnaître qu’une fois encore, le

pianiste se sort avec brio de cet exercice difficile. Il y a dans «Stir

It Up» non seulement la lettre mais aussi l’esprit de Marley flottant

au-dessus de musiciens inspirés. Ce premier essai est suivi

en 2006 d’un second, «Concrete Jungle», tout aussi réussi.

Sa face jamaïcaine est aussi celle de rencontres. Avec le guitariste

Ernest Ranglin tout d’abord – qui joue entre autres sur «Cobilimbo».

Méconnu du grand public, Ranglin est un musicien de

studio de renom qui a publié quelques albums sous son nom

comme le très beau «Below The Bassline» dans lequel se trouve,

en guest, un certain… Monty Alexander. Les deux hommes publient

en 2004 «Rocksteady». Mais le pianiste va aussi travailler

avec la quintessence de la rythmique reggae, les maîtres du genre

que sont Sly et Robbie. Pourtant, contre toute attente mais fort

intelligemment, ce n’est pas sur le terrain où on les attend que

les comparses vont s’aventurer mais ailleurs. Alexander le dit très

justement: «Nous pensions au départ monter quelques pièces

aux saveurs jamaïcaines, mais nous sommes restés loin de cette

idée parce que nous ne voulions pas nous étendre sur ce thème.

Nous avons alors décidé de programmer quelques pièces populaires

de la fin des années 1950 et des années 1960 […] chacune

est une part de la culture des gens qui aiment la soul, la funk

et le jazz.» (notes de pochettes de l’album). C’est ainsi que ce

«tribute» à une époque de la musique noire américaine voit le

jour et que l’on peut entendre Sly, Robbie et Alexander – plus

quelques acolytes – donner leur version du «Chameleon» de Herbie

Hancock ou du «Moanin’» d’Art Blakey, le tout côtoyant quelques

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thèmes originaux: l’album «Monty meets Sly and Robbie» sort

à l’aube du nouveau millénaire.

Tribute

Si la Jamaïque et son héros musical sont donc l’objet, tout

comme la soul music et un certain jazz, d’une attention particulière,

Monty Alexander aime aussi rendre hommage aux musiciens

qui l’ont marqué. Outre les thèmes repris et disséminés

dans les albums, outre les deux hommages «monographiques»

rendus à Marley, c’est à Ellington qu’il consacre un album entier

avec son «Duke Ellington Song Book» de 1983. Nat King

Cole, qui fut déjà le centre de «To Nat With Love» en 1986,

est à nouveau l’objet de son attention dans «Calypso Blues» de

2009. Il fut précédé de «The Good Life» (2008) album réunissant

quelques-unes des chansons interprétées par Tony Bennett dont

«La Belle Vie» («The Good Life») de Sacha Distel. Bennett l’invite

d’ailleurs la même année à participer à son album de Noël,

«A Swinging Christmas.»

The Art of Trio

Au-delà de ces «tribute», de ces participations aux projets d’autres

artistes (on le trouve souvent aux côtés de Milt Jackson ou Ray

Brown), on constate que Monty Alexander, sans cesse, revient à

cette formule magique du trio. C’est une formation qui semble

lui convenir à merveille, laissant l’espace libre aux trois musiciens

pour pouvoir s’exprimer tout en restant réunis par une cohésion

sonore indispensable. C’est Dave Brubeck d’ailleurs qui

en 1974 écrivait dans les notes de pochette de «Perception!»:

«Monty Alexander, «Senator» Eugene Wright et Bobby Dorham

abordent le classique triumvirat piano, basse, batterie avec juste ce qu’il

faut de personnalité tempérée par la conscience de groupe pour parvenir

au triomphe. De nombreux pianistes de jazz ont à un moment ou un

autre de leur carrière choisi ce medium. Le Monty Alexander Trio a cet

indéfinissable supplément d’âme, de vitalité, qui rend l’auditeur immédiatement

conscient qu’il est confronté à une force avec laquelle il faut

compter, et non un «lounge group» de plus.»

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Quel meilleur adoubement que celui-ci? Et ces mots, écrits alors

que Monty Alexander avait une dizaine d’années d’expérience

en qualité de leader, pourraient s’appliquer à chacune des formations

en trio qu’il a dirigées. Si nous empruntons le titre de

ce paragraphe à Brad Mehldau, c’est aussi qu’il s’applique sans

doute aucun au travail d’un Monty Alexander maîtrisant à merveille,

quels que soient les hommes qui l’entourent, cet art difficile

du trio jazz.

S’il sut certes explorer ce que Brubeck nomme le «classique triumvirat»

du jazz, travaillant à de nombreuses reprises avec la célèbre

paire Clayton/Hamilton (écoutez l’admirable «Live in Holland»

de 1978 ou «Li’l Darlin» de 1986), avec Ray Brown et Herb

Ellis (les trois volumes intitulés «Triple Treat» – parus respectivement

en 1982 pour le premier et 1987 pour les deux suivants),

avec John Patitucci et Troy Davis («Echoes of Jilly’s», 1992) ou

bien encore, en 1986, avec N.H Ørsted Pedersen (basse) et Grady

Tate (drums et chant), il se restreint parfois au duo – c’est ainsi

qu’il enregistre avec le seul John Clayton son «Duke Ellington

Song Book» en 1984 – voire au solo («Solo», 1998), le trio est

aujourd’hui encore au cœur de ses projets.

«The main thing is that I have these terrific guys

playing with me!» (Monty Alexander)

Depuis 2011 et la parution de deux albums, Monty Alexander se

partage pour l’essentiel entre deux projets: le Harlem-Kingston

Express d’une part, sorte de savant mélange entre un trio jazz

et un orchestre reggae dont le «Live!» est la dernière production

discographique et une nouvelle formule en trio réunissant Hassan

Shakur à la basse et Frits Landesbergen à la batterie. «Uplift»,

paru en 2011, donne un aperçu de cette formation (notons que

sur l’album, Landesbugen n’apparaît que sur un titre, les baguettes

étant tenues sur le reste de l’album par Herlin Riley.

Hassan Shakur n’est pas un inconnu. Né J.J. Wiggins en 1956, il

apprend la basse dès l’âge de quatre ans! À douze, il devient le

bassiste du Craig Hundley Trio et rejoint à dix-huit le prestigieux

Duke Ellington Orchestra. On le trouve aux côtés d’Ella Fitzge-

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ald, Dizzy Gillespie, Milt Jackson ou Herb Ellis et il joue depuis

quelques années avec le quartet de Bill Easley. On a déjà pu l’entendre

sur disque aux côtés de Monty Alexander dans «Concrete

Jungle» et dans le «Paris Concert» (live au New Morning) de

2008. On connaît moins peut-être Frits Landesbergen. Batteur

et vibraphoniste, né en 1961, ce musicien néerlandais dirige

dès 1987 sa propre formation avec laquelle il publie quelques

albums. Il croise d’ailleurs la route de Jeff Hamilton en 1996 sur

«Dynavibes».

2012 est l’année «d’Uplift 2», suite tout aussi réussie du précédent

où se côtoie thèmes ellingtoniens (Love You Madly), traditionnels

(When The Saints) ou blues («Got My Mojo Workin’»)

Laissons le dernier mot à Monty Alexander, en espérant que son

souhait, ce soir, se réalise pleinement… «Mon espoir est qu’à la

fin d’un concert […] chacun soit pris par un sentiment d’ascension.

C’est toujours ce que j’ai voulu faire.» (Monty Alexander)

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Der Klavierspieler

mit der karibischen Note

Monty Alexander

Franz X.A. Zipperer

Seine aufregenden Triobesetzungen haben Ihn berühmt gemacht.

Eine solche Besetzung hat Pianist, Melodica-Spieler und

Sänger Monty Alexander auch für das Konzert in der Philharmonie

gewählt. Kontrabassist Hassan Shakur und Schlagzeuger

Frits Landesbergen begleiten ihn. Sein Spiel ist einerseits geprägt

durch die elegante und rasant swingende melodische Tradition

eines Oscar Peterson und andererseits durch die Anmutung der

Leichtigkeit der karibischen Calypso-Rhytmen seiner jamaikanischen

Heimat. Darüber hinaus hat er mit Gott, der Welt und

allen Größen der Unterhaltung gespielt und aufgenommen:

Frank Sinatra, Tony Bennett, Ray Brown, Dizzy Gillespie, Sonny

Rollins, Clark Terry, Quincy Jones, Ernest Ranglin, Barbara Hendricks,

Bill Cosby, Bobby McFerrin, Sly Dunbar und Robbie

Shakespeare. Über eine Zeitspanne von fünf Dekaden sind dabei

62 Platten herausgekommen. Zuletzt seine von der Kritik hoch

gelobte «Uplift» aus dem Jahre 2011. Bei dieser Aufnahme spielt

Monty Alexander zusammen mit den Schlagzeugern Herlin

Riley und Frits Landesbergen sowie dem Bassisten Hassan Shakur.

Letztere teilen sich auch in Luxemburg die Bühne mit Monty

Alexander.

Jugend unter karibischer Sonne

Monty Alexander, der mit vollem Namen Montgomery Bernard

Alexander heißt, kommt am 6. Juni 1944 in Kingston, Jamaika

unter karibischer Sonne zur Welt. Im kindlichen Alter von vier

Jahren sitzt er zum ersten Mal am Klavier, das in der Wohnung

der Alexanders steht. «Ich setzte mich einfach auf den Klavierhocker,

und es gelang mir, einfach so kleine Melodien zu spielen», erinnert er

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sich. «Schließlich schickten mich meine Eltern zu einem klassischen Klavierlehrer.

Ich versuchte ganz diszipliniert, diese Musik nach ihren Gesetzmäßigkeiten

zu spielen. Doch ich scheiterte. Auch weil ich dagegen

rebellierte. Ich wollte die Jazzstücke und andere populäre Musik spielen,

die ich dem Radio und aus Filmen kannte.» Als er dann im Carib

Theater von Kingston Louis Armstrong und Nat «King» Cole in

Konzerten erlebt, öffnet sich für den Teenager Monty Alexander

die Türe zum Jazz. «Ich kannte Louis Armstrong aus Filmen», fährt

Monty Alexander fort, «und ich war sofort ergriffen, als ein Konzert

in Jamaika angekündigt wurde. Es war der bis dato größte Kick in

meinem Leben. Ich schüttelte ihm nach dem Konzert voller Inbrunst die

Hände. Und bis heute ist es mein Ziel geblieben, das zu tun, was er immer

getan hat. Er sorgte mit seinen Klängen dafür, dass es den Leuten

gut geht.»

In den späten 1950er Jahren formiert er seine erste Band, die

Calypso-Truppe Monty and the Cyclones, und ist in den lokalen

Clubs ziemlich populär. Er schafft es sogar in das legendäre

Studio One und arbeitet nicht nur mit dem legendären Produzenten

Clement «Coxsone» Dodd, der in den 1950er und 1960er

Jahren den Genres Ska und Reggae den weltweiten Weg ebnet,

sondern nimmt beispielsweise mit Toots Hibbert auf, der sich

später mit The Maytals einen großen Namen macht. Bei Sessions

ist Monty Alexander auch mit Musikern zu hören, die später

in der Formation The Skatelites wieder auftauchen und auch

Bob Marley anfangs begleiten. Hier kreuzt er erstmals den Weg

des Gitarristen Ernest Ranglin. Und diese Begegnung sollte prägend

sein. All das geschieht zu einer Zeit, als die Grenzen zwischen

Ska, Jazz und populärer Musik noch nicht so scharf und

unerbittlich gezogen werden wie heute. Eine Grenzziehung, die

Monty Alexander bis heute nicht akzeptiert. «Meine Herkunft aus

Jamaika hat in mir ebensolche kulturelle Wurzeln gelegt, wie mein Leben

in den USA auch», erklärt er. «Für mich ist es daher immer wichtig

gewesen, beide musikalischen Welten zur gleichen Zeit zusammen zu

bringen. Vor allem geht es auch immer darum, zu zeigen, dass so etwas

geht. Es gibt da dieses Lied von Bob Marley, ‹One Love›. Besser als dieser

Stücktitel kann ich es auch nicht erklären. Jazz und Jamaika – es ist

letztlich die eine Liebe.»

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Wildes Besetzungs-Ping-Pong

Monty Alexander verlässt mit seiner Familie die Karibikinsel

1961 und zieht nach Miami im US-amerikanischen Florida.

Doch bereits ein Jahr später, 1962 macht er sich nach New York

auf. Dort wird Jilly’s Saloon, der mitten in Manhattan gelegene

Jazzclub des schillernden Italo-Amerikaners Jilly Rizzo, sein

zweites Wohnzimmer. Stars und Sternchen (nicht nur musikalische)

gehen dort ein und aus, darunter Frank Sinatra. So bleibt

es natürlich nicht aus, dass Monty Alexander auch mit ihm

spielt. Auch andere wichtige, musikalische Freundschaften entstehen

dort, unter anderem die mit Bassist Ray Brown oder Vibraphonist

Milt Jackson. Um die Chance zu haben, mit möglichst

vielen hochkarätigen amerikanischen Jazzmusikern spielen

zu können, verbannte Monty Alexander seine Calypso-Wurzeln

ganz in den Hintergrund seines musikalischen Klangkosmos.

«Wenn du von ganz woanders her kommst und dich in den großen Jazzclubs

New Yorks tummeln willst, dann willst du erst einmal unbedingt

dazugehören», sagt er, «du ordnest dich ein, du ordnest dich unter. Und

vergisst dabei sogar deine Wurzeln, die dich kreativ geprägt haben.»

Auch das erste Album lässt nicht lange auf sich warten, 1964

nimmt er «Alexander The Great» auf. Mit von der Partie sind

dabei Bassist Victor Gaskin und Schlagzeuger Paul Humphrey.

Schon damals blitzt das auf, was Monty Alexanders bis heute

so aufregend gestaltet: die Kraft eine großen Vokalisten, seine

perkussive linke Hand und seine Improvisation, die zwischen

Melodienoten und dissonante Akkorde hin- und herwirbelt.

Von da an geht es Schlag auf Schlag. Er nimmt CDs auf und

konzertiert unter anderem mit den Sängerinnen Ernestine Anderson

und Mary Stallings. Großartige Bandleader berufen

Monty Alexander in Formationen, etwa Dizzy Gillespie, Benny

Golson, Jimmy Griffin oder Frank Morgan. In seine ersten erfolgreichen

Trios finden sich Musiker wie Gitarrist Herb Ellis,

den Bassisten Ray Brown, Mads Vinding, Niels-Henning Ørsted

Pedersen oder Schlagzeuger Ed Thigpen. Mitte der 1970er Jahre

kommt er mit einer Triobesetzung um die Ecke, die die Szene so

richtig aufmischt: John Clayton am Bass und Jeff Hamilton am

Schlagzeug. Ihr meisterhafter Pianoswing kulminiert in der Platte

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Montreux Alexander», die im Juli 1976 beim Montreux Jazz Festival

mitgeschnitten wird. Nicht ungenannt dürfen die berauschenden

Alben bleiben, die Monty Alexander zwischen 1971 und

1977 für MPS – dem ersten deutschen Label, das ausschließlich

Jazzproduktionen vorlegt – einspielt

Durchklingen der Karibik

Pianoswing hin, Pianoswing her – nach vielen Reisen in sein

Heimatland Jamaika beginnt Monty Alexander mehr und mehr

die Klangwelt der Insel für sich neu zu entdecken. «Ich habe zwar

den Calypso und die heimische Insel hinter mir gelassen, aber nie aus

meinem Kopf verbannt», reflektiert er, «doch mit den Jahren bin ich

häufiger auf die Karibikinsel zurück gekehrt. Dabei habe ich erkannt,

was an diesem kulturellen Erbe habe, das ich nun mal mit mir rumtrage

und habe angefangen, meine Musik neu auszurichten. Ich war

schon besessen von Rhythmus. Der karibische Rhythmus ist dabei wie

die Sonnen, die morgens aufgeht. So grundlegend wie der Schlag deines

Herzens.» In der Folgezeit nimmt Monty Alexander Kontakt

zu einem Uralt-Freund und Jamaika-Auswanderer, dem Gitarristen

Ernest Ranglin, auf und spielt wieder mit oder er lädt

sich den Steelpan-Spieler Othello Molineaux ins Studio. 1990

formiert Monty Alexander eine Reggae-Band, eine Art Jamaika

Allstar-Truppe, auch wieder mit Ernest Ranglin. Mit den Alben

«Yard Movement» oder «Stir It Up», einer Kollektion von Bob-

Marley-Liedern entwickelt er Jazz-Reggae. Wer den Höhepunkt

dieser Koalition aus Jazz und Reggae erleben will, dem seien die

Aufnahmen auf «Harlem-Kingston Express Live» ans Herz gelegt.

Dort erkundet er so gekonnt nicht nur die klassischen Verbindungen

zwischen traditionellem Reggae und purem Jazz. Er

schafft damit auch neue.

Rückblickend auf die letzten 50 Jahre seines künstlerischen

Schaffens und den wilden Besetzungs-Ping-Pong seiner Formationen

sagt Monty Alexander: «Ich bin eben einer dieser Musiker, die

es lieben, sich in so vielen unterschiedlichen kreativen Momenten wieder

zu finden. Das hat über die Jahre auch sehr tiefe künstlerische Freundschaften

mit sich gebracht. Auch mit Musikern, die man sonst eher nicht

miteinander in Verbindung bringt. Ich war und bin der klassische Ver-

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bindungsmann. Das dies schon 50 Jahre währt, war mir so gar nicht bewusst.

Ich werde auch in Zukunft nicht aufhören, meine sehr verschiedenen

musikalischen Welten mit möglichst vielen Künstlern und Zuhörern

zu teilen.» Es ist genau diese ausgeprägt vielfältige Herangehensweise

von Monty Alexander, die ein Konzert für die Zuhörer

so überaus spannend macht. Selbst großen Standards des Jazz

verpasst er leuchtend neue Klangkleider, welche die interpretierten

Stücke strahlen lassen, wie selten zuvor. Genauso wie er

es bei Duke Ellington, Louis Armstrong, und Nat Cole bewunderte,

weiß man bei ihm auch nie, wo der Musiker aufhört und

der Entertainer anfängt. Er kriegt beides mit größter Sensibilität

und Lockerheit unter einen Hut. Eine gestandene künstlerische

Persönlichkeit eben, deren Musik voller Leben und deren Leben

voller Musik ist.


Interprète

Biographie

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Monty Alexander

En cinq décennies de carrière, le pianiste Monty Alexander a

acquis la réputation d’explorer et de transcender les univers

du jazz américain, de la chanson populaire et de la musique de

sa Jamaïque natale, abordant chacun de ces styles avec une

expression musicale sincère. Il a ainsi joué et enregistré avec

des artistes venus d’horizons musicaux divers et du monde du

spectacle: Frank Sinatra, Tony Bennett, Ray Brown, Dizzy Gillespie,

Sonny Rollins, Clark Terry, Quincy Jones, Ernest Ranglin,

Barbara Hendricks, Bill Cosby, Bobby McFerrin, Sly Dunbar,

Robbie Shakespeare et bien d’autres. Né le D-Day (6 juin 1944)

et élevé à Kingston, en Jamaïque, il a pris ses premiers cours

de piano à l’âge de six ans, bien qu’il se soit en grande partie

formé en autodidacte. Adolescent, il a assisté aux concerts

de Louis Armstrong et de Nat «King» Cole au Carib Theater

de Kingston. Ces artistes ont eu une grande influence sur son

avenir. Il a formé le groupe Monty and the Cyclones dans les

années 1950 et a également enregistré avec des musiciens

ayant contribué à la renommée internationale de la musique jamaïcaine,

tels que The Skatalites (premier backing band de Bob

Marley). Alexander et sa famille sont arrivés aux États-Unis fin

1961. Moins de deux ans plus tard, tout en jouant à Las Vegas

avec l’Art Mooney Orchestra, il a tapé dans l’œil du patron du

club de New York City, Jilly Rizzo et de son ami Frank Sinatra.

Rizzo a engagé le jeune pianiste dans son club, Jilly’s, où il a

accompagné Sinatra et bien d’autres. Il y a rencontré le vibraphoniste

du Modern Jazz Quartet ,Milt Jackson qui l’a engagé

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photo: Crush Boone

Monty Alexander

et finalement présenté à l’ancien collaborateur de Charlie Parker

et au bassiste légendaire Ray Brown. Alexander a enregistré et

joué avec ces deux géants du jazz à de nombreuses occasions.

Ces grandes pointures du jazz ont accueilli Alexander au sein

de leur «fraternité musicale» au milieu des années 1960. Parmi

les premiers convaincus par son jeu figurent, entre autres,

Duke Ellington, Count Basie, et Miles Davis. Les collaborations

de Monty Alexander transcendent les genres, styles et générations.

Ses projets sont aussi variés qu’assister Natalie Cole

dans son album en hommage à son père, «Nat King Cole» en

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1991 (album inoubliable récompensé de sept Grammys), jouer

la Rhapsody in Blue de George Gershwin sous la direction de

Bobby McFerrin au Verbier Festival en Suisse ou enregistrer la

partie de piano du film Bird de Clint Eastwood. En août 2000, le

gouvernement jamaïcain a accordé à Monty Alexander le titre

de Commandeur de l’Ordre de distinction pour son extraordinaire

contribution à la Jamaïque. Dans le livre The Fifty Greatest

Jazz Piano Players of All Time (2005) de Hal Leonard, Alexander

figure parmi les cinq plus grands pianistes de jazz de tous les

temps. L’agenda d’Alexander est chargé de tournées à travers

le monde; il joue dans les clubs de jazz, salles de concerts et

festivals de jazz internationaux, aux États-Unis ainsi que sur différents

continents, de l’Europe à l’Asie; à Montreux, Johannesburg

et Cape Town; au Japon, en Russie, en Nouvelle-Zélande,

en Australie, etc. À ce jour, Monty Alexander a enregistré plus

de 70 albums en tant que leader. Sa collaboration avec le label

Telarc comprend des sessions en trio («Impressions in Blue»)

et des enregistrements de concert en live («Goin’ Yard»). À la

fin de l’été 2005, Alexander s’est rendu au Tuff Gong Studio de

Bob Marley à Kingston, en Jamaïque, et s’est associé à d’excellents

musiciens jamaïcains pour enregistrer «Concrete Jungle»,

un album de douze titres de Bob Marley, réinterprétés dans les

arrangements pour piano jazz d’Alexander. Reflétant son éclectisme,

«The Good Life» (Chesky Records) est un ensemble de

chansons écrites et popularisées par l’un de ses artistes favoris

et un proche ami, Tony Bennett. Sa seconde parution chez

Chesky, «Calypso Blues», est un hommage à un autre de ses

héros, Nat King Cole. En 2008, à l’invitation de Wynton Marsalis,

Alexander a imaginé et dirigé avec grand succès le programme

Lords of the West Indies dans le cadre de Jazz at Lincoln

Center, retransmis nationalement sur BETJ. Alexander est

retourné à Jazz at Lincoln Center en 2009 avec un nouveau

programme, Harlem Kingston Express, dans lequel il mêle le

jazz classique aux rythmes et vibrations de sa Jamaïque natale.

Au cours de l’hiver 2008, le chanteur iconique américain Tony

Bennett a personnellement invité Monty à enregistrer les parties

de piano de son album de Noël «A Swinging Christmas»

avec le Count Basie Orchestra. Monty apparaît sur la pochette


de l’album, tenant de la dinde, aux côtés de Tony Bennett.

Deux albums parus en 2011 reflètent son plaisir à jouer en live

dans le monde entier: l’album en trio «Uplift» (JLP) et «Harlem-

Kingston Express» (Motema Music). «Harlem Kinston Express

Live!», aussi apprécié par l’industrie discographique que par

les fans, a été nominé aux Grammys en 2012. Entre «Uplift» et

«Harlem-Kingston Express Live!» Monty Alexander a officiellement

dominé les palmarès des radios aux États-Unis avec trois

spots number 1 en 2011, non seulement «Uplift» resté numéro

1 pendant plusieurs semaines mais aussi «Harlem-Kingston

Express Live» numéro 1 en concurrence aux palmarès jazz et

world music. L’été 2012, Monty Alexander a été récompensé du

prestigieux German Jazz Trophy, A Life for Jazz et en novembre

2012, il a reçu le Caribbean American Heritage Luminary Award

de l’Institute of Caribbean Studies à Washington.

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Monty Alexander

In a career spanning five decades, pianist Monty Alexander has

built a reputation exploring and bridging the worlds of American

jazz, popular song, and the music of his native Jamaica, finding

in each a sincere spirit of musical expression. In the process,

he has performed and recorded with artists from every corner

of the musical universe and entertainment world: Frank Sinatra,

Tony Bennett, Ray Brown, Dizzy Gillespie, Sonny Rollins,

Clark Terry, Quincy Jones, Ernest Ranglin, Barbara Hendricks,

Bill Cosby, Bobby McFerrin, Sly Dunbar, and Robbie Shakespeare,

among others. Born on D-Day (June 6, 1944) and raised

in Kingston, Jamaica, he took his first piano lessons at age six,

although he is largely self-taught. As a teenager, he witnessed

concerts by Louis Armstrong and Nat King Cole at Kingston’s

Carib Theater. These artists had a profound effect on Alexander’s

aspirations. He formed Monty and the Cyclones in the late

1950s and also recorded on sessions with the musicians who

would catapult Jamaican music to international recognition

as The Skatalites (Bob Marley’s first backing band). Alexander

and his family came to the United States at the end of 1961.

Less than two years later, while playing in Las Vegas with Art

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Mooney’s orchestra, he caught the eye of New York City club

owner Jilly Rizzo and his friend, Frank Sinatra. Rizzo hired the

young pianist to work in his club, Jilly’s, where he accompanied

Sinatra and others. There he met Modern Jazz Quartet

vibraphonist Milt Jackson, who hired him and eventually introduced

him to former Charlie Parker collaborator and legendary

bassist Ray Brown. Alexander recorded and performed with

the two jazz giants on many occasions. Jazz’s greatest luminaries

welcomed Alexander to their musical fraternity in the mid-

1960s. Among these earliest enthusiasts for his playing were

none other than Duke Ellington, Count Basie, and Miles Davis.

Monty Alexander’s collaborations span multiple genres, styles,

and generations. His projects have been as varied as assisting

Natalie Cole in her tribute album to her father, «Nat King

Cole» in 1991 (the resulting album, Unforgettable, won seven

Grammy awards), performing George Gershwin’s Rhapsody in

Blue under the direction of Bobby McFerrin at the Verbier Festival

in Switzerland, and recording the piano track for the film

score of Clint Eastwood’s Bird. In August 2000, the Jamaican

government awarded Monty Alexander the title of Commander

in the Order of Distinction for outstanding services to Jamaica

as a worldwide music ambassador. In Hal Leonard’s 2005 book

The Fifty Greatest Jazz Piano Players of All Time, Alexander

was listed among the top five Jazz pianists of all time. Alexander

maintains a rigorous touring schedule worldwide, playing in

jazz clubs, concert halls and playing at international Jazz Festivals

in the USA and across continents; from Europe to Asia; in

Montreux; Johannesburg and Cape Town; and Japan, Russia,

New Zealand, Australia, etc. To date Monty Alexander has recorded

over 70 albums as a leader. His collaboration with Telarc

label yielded trio sessions («Impressions in Blue») and live concert

recordings («Goin’Yard»). In the late summer of 2005,

Alexander traveled to Bob Marley’s Tuff Gong Studio in Kingston,

Jamaica, and teamed up with Jamaican top session players to

record «Concrete Jungle», a set of twelve compositions penned

by Bob Marley and reinterpreted via Alexander’s jazz pianooriented

arrangements. As a testament to his versatility, «The

Good Life», on Chesky Records is a collection of songs written


and popularized by one of his all-time favorite artists and good

friends, Tony Bennett. His second release on Chesky, «Calypso

Blues», is tribute to another one of his heroes, Nat King Cole.

In 2008, with the invitation of Wynton Marsalis, Alexander conceived

and directed the acclaimed program Lords of the West

Indies at Jazz at Lincoln Center, broadcast nationally on BETJ.

Alexander returned to Jazz at Lincoln Center in 2009 with a

new program, Harlem Kingston Express in which he merged

classic Jazz with rhythms and vibrations of his native Jamaica.

In the winter of 2008 American singer and icon, Tony Bennett

personally invited Monty to record as the featured pianist on

his Christmas album, «A Swinging Christmas», with the Count

Basie Orchestra. Monty can be spotted on the album cover,

holding a turkey next to Tony Bennett. Two collections were released

in 2011 that capture the excitement of Monty Alexander’s

live performances around the world: «Uplift», a trio album

on JLP Records, and «Harlem-Kingston Express» on Motema

Music. «Harlem Kinston Express Live!» was singled out by

both the recording industry and fans and received a Grammy

award nomination in 2012. Between «Uplift» and «Harlem-

Kingston Express Live!» Monty Alexander has officially dominated

the US radio charts with three number 1 spots in 2011,

as not only Uplift remained at number 1 for several weeks but

«Harlem-Kingston Express Live!» rose to number 1 on Jazz

charts and on World Music charts concurrently. In the summer

of 2012 Monty Alexander was awarded the prestigious German

Jazz Trophy, A Life for Jazz and in November 2012 he received

the Caribbean American Heritage Luminary Award from the Institute

of Caribbean Studies in Washington, D.C.

27


IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII JAZZ & BEYOND

Prochain concert du cycle «Jazz & beyond»

Nächstes Konzert in der Reihe «Jazz & beyond»

Next concert in the series «Jazz & beyond»

Samedi / Samstag / Saturday 20.04.2013 20:00

Grand Auditorium

Ibrahim Maalouf Wind Quintet

Ibrahim Maalouf trumpet

Frank Woeste piano

Mark Turner saxophone

Ira Coleman bass

Clarence Penn drums

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Matthias Naske, Directeur Général

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