LE KYSTE POPLITÉ

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LE KYSTE POPLITÉ

Urgences

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LE KYSTE POPLITÉ

On l’appelle aussi «syndrome de la boule

dans le creux du genou».

Vous souffrez de douleurs

derrière le genou après une

position assise prolongée ? Une

boule derrière le genou vous

gêne pour vous accroupir ? Ces

symptômes évoquent un kyste

poplité (ou kyste de Baker),

une pathologie bénigne mais

handicapante car douloureuse.

Une bourse séreuse emplie de liquide synovial se développe

derrière le genou. Ce liquide provient de l’articulation du

genou toute proche. Rappelons que les bourses séreuses

sont des petites poches destinées à faciliter le glissement des

différents éléments situés autour de l’articulation ou de l’os sousjacent

: muscles, peau et tendons. Quant au liquide synovial, il

s’agit d’un liquide intra-articulaire qui lubrifie l’articulation et

nourrit les cartilages. D’une façon générale, le kyste poplité

touche surtout les hommes âgés de 30 à 50 ans. Mais les femmes

n’en sont pas indemnes.

UNE HERNIE DE LIQUIDE

ARTICULAIRE

Cette bourse séreuse située dans le creux poplité et l’articulation

communiquent naturellement par un petit canal. Effets «vases

communiquants» obligent, la bourse séreuse va se remplir de

liquide d’autant plus que la sécrétion de liquide dans l’articulation

est excessive et qu’un clapet «anti-retour» empêche le liquide

contenu dans le kyste de retourner dans l’articulation. Ce liquide

en excès correspond au fameux «épanchement de synovie», un

terme remplacé désormais par celui d’épanchement articulaire.

Tout ce qui concourt à faire gonfler le genou contribue à enrichir

la bourse sous l’effet de la pression, à la façon d’une hernie en

somme.

DES CAUSES MULTIPLES

Le kyste poplité connaît plusieurs origines : chute sur le genou,

lésion méniscale (le ménisque se coince dans l’articulation),

arthrose, entorse de genou, inflammation au niveau du

genou (polyarthrite rhumatoïde, rhumatisme psoriasique…),

insuffisance musculaire du quadriceps, traumatisme articulaire

accompagné d’une lésion ligamentaire ou cartilagineuse, mauvais

fonctionnement des membranes synoviales. En d’autres termes,

tout ce qui modifie le fonctionnement normal de l’articulation

peut entraîner l’apparition de ce kyste.

UNE BOULE

C’est d’abord la constatation d’une boule dans le creux poplité

qui donne l’alerte. Elle peut atteindre la taille d’une balle de tennis

dans les cas extrêmes ! Cette boule est plus ou moins tendue et

élastique à la palpation. Le fait qu’elle soit non battante indique

qu’il ne s’agit pas d’un anévrisme de l’artère poplitée (qui passe

elle aussi dans le creux poplité). La taille de la boule est variable

selon la position du genou et paraît plus grosse lorsque le genou

est tendu. Le kyste se manifeste par une sensation de plénitude,

de pesanteur ou une tension sourde dans le creux du genou.

…GÊNANTE

Lorsqu’il est très volumineux, le kyste peut gêner la flexion

du genou et rendre difficile la marche, l’accroupissement

et les activités sportives. Il peut également comprimer les

insertions musculaires voisines (triceps sural), et déclencher des

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Par le Dr Daniel Gloaguen

douleurs importantes, mais aussi l’artère poplitée ou les nerfs

du creux poplité, et se manifester alors par des brûlures ou des

fourmillements au niveau du mollet.

ET QUI PEUT SE ROMPRE !

Dans certains cas (efforts d’extension forcée, sauts, flexions

forcées, accroupissements violents), le kyste peut se rompre ou,

plus exactement, se fissurer. Cette rupture provoque une brusque

douleur aiguë dans le creux du genou suivi d’un gonflement

rapide du mollet. Cet œdème soudain et inattendu s’explique par

l’écoulement du liquide synovial dans le muscle du mollet (par

un simple phénomène de déclivité).

L’IRM EN CAS DE DOUTE

A lui seul, l’examen clinique suffit souvent, surtout lorsque

le kyste, non battant, est suffisamment volumineux pour être

aisément palpé. Lorsqu’il est plus discret, ou en cas de surcharge

pondérale rendant l’examen difficile, l’échographie en première

intention, puis l’IRM si besoin, permettent de faire le diagnostic.

L’examen d’imagerie permet de vérifier qu’il ne s’agit pas d’une

tumeur, d’une thrombose veineuse profonde, d’une varice ou

d’un anévrisme artériel. L’IRM montre parfois la communication

entre l’articulation et le kyste poplité.

DES INFILTRATIONS

Supprimer la cause permet le plus souvent de résorber le kyste.

Mais lorsqu’il s’avère très douloureux ou handicapant, on peut

avoir recours aux ponctions du genou (s’il existe un épanchement)

ou carrément du kyste. Des infiltrations de cortisone peuvent

l’assécher. En cas d’échec ou lorsque le kyste comprime l’artère

ou les nerfs voisins, il faut se résoudre à une intervention

chirurgicale (l’arthroscopie est possible) qui consiste à agrandir

la communication entre la bourse et l’articulation afin de limiter

l’effet clapet et donc de surpression dans le kyste. Pour autant, la

récidive est fréquente après une intervention.

Daniel Gloaguen

TRAITEMENTS ALTERNATIFS

Sans prétendre guérir le kyste, plusieurs solutions permettent

de diminuer les symptômes :

ÿ Pansements à l’alcool ou glaçages répétés afin de diminuer

la sensation de tension.

ÿ Arnica par voie orale (Arnica montana 9 CH) ou en

application locale sur le genou (Arnican, Arnigel) en cas de

kyste poplité d’origine traumatique (genou).

ÿ Argile verte en cataplasme pendant la nuit pour diminuer

les douleurs. Enduisez le creux poplité avec de l’argile verte et

entourez le tout d’un film alimentaire étirable.

ÿ

Manipulation ostéopathique en cas de blocage méniscal.

B.S. N° 114 - Avril 2009

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