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Les stalles du choeur de Brou - Centre des monuments nationaux

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<strong>Les</strong> <strong>stalles</strong> <strong>du</strong> chœur <strong>de</strong> <strong>Brou</strong> :<br />

expression d’un amour religieux ou profane ?<br />

Ingrid van Wou<strong>de</strong>nberg<br />

doctorante en histoire <strong>de</strong> l’art médiéval à l’université <strong>de</strong> Nimègue (Pays-Bas)<br />

Résumé<br />

La question centrale <strong>de</strong> notre communication porte sur l’implication éventuelle <strong>de</strong> Marguerite<br />

d’Autriche dans le choix <strong>de</strong> l’iconographie <strong>de</strong>s <strong>stalles</strong> en bois <strong>du</strong> chœur <strong>de</strong> l’église <strong>de</strong> <strong>Brou</strong>.<br />

Ces images revêtaient-elles un sens particulier pour elle ? Et si oui, quels sont les liens entre<br />

ces représentations et elle-même ?<br />

Il y a, d’une manière générale, <strong>de</strong>ux types <strong>de</strong> figurations sur les <strong>stalles</strong> : religieuses et profanes.<br />

<strong>Les</strong> images religieuses se répartissent entre scènes <strong>de</strong> l’Ancien Testament et scènes<br />

<strong>du</strong> Nouveau Testament, sur les dorsaux et les jouées, <strong>de</strong>s <strong>de</strong>ux côtés <strong>de</strong>s <strong>stalles</strong>, certaines<br />

<strong>de</strong>s scènes <strong>de</strong> l’Ancien Testament sur les <strong>de</strong>rnières jouées étant à interpréter comme <strong>de</strong>s<br />

préfigurations <strong>de</strong> scènes <strong>du</strong> Nouveau Testament. <strong>Les</strong> miséricor<strong>de</strong>s montrent essentiellement<br />

une iconographie profane. Plusieurs thèmes ici, notamment celui <strong>de</strong> la ferveur mariale, sont<br />

d’une gran<strong>de</strong> importance dans les collections <strong>de</strong> Marguerite d’Autriche. Par ailleurs, frappante<br />

est l’absence d’images <strong>de</strong> la Passion et <strong>de</strong> la Résurrection, autre gran<strong>de</strong> dévotion <strong>de</strong><br />

Marguerite d’Autriche. Si on tient compte <strong>du</strong> projet originel <strong>de</strong> placer dans le chœur <strong>de</strong> l’église<br />

un triptyque peint représentant un calvaire, il s’agirait peut-être <strong>de</strong> sa représentation : on peut<br />

alors imaginer que l’ensemble <strong>du</strong> chœur serait à lire comme un programme iconographique<br />

cohérent, <strong>de</strong>puis la Création <strong>de</strong> l’homme et l’Entrée à Jérusalem, représentées sur les <strong>stalles</strong>,<br />

la passion et la mort <strong>du</strong> Christ sur le maître-autel, et la Résurrection dans les vitraux. Bien<br />

plus qu’une addition <strong>de</strong> différentes parties, le chœur est la Gestalt (forme) <strong>de</strong>s dévotions<br />

religieuses <strong>de</strong> Marguerite.<br />

Le Jugement <strong>de</strong>rnier joue également un rôle <strong>de</strong> premier plan dans l’iconographie <strong>de</strong>s <strong>stalles</strong>,<br />

où les moines priaient pour le salut <strong>de</strong> la princesse et <strong>de</strong> sa famille après leur mort. Marguerite<br />

semble s’être fait représenter comme quelqu’un qui faisait <strong>de</strong> son mieux ; elle espérait en<br />

retour un jugement clément et le paradis éternel. Toutes les images profanes et religieuses<br />

ten<strong>de</strong>nt vers ce but et sont donc étroitement liées entre elles : représentant la fondatrice,<br />

les scènes religieuses sont, <strong>de</strong> ce point <strong>de</strong> vue, en partie profanes, tandis que les allusions<br />

profanes à la fondatrice mettent en valeur sa religiosité.


The Choir Stalls of <strong>Brou</strong>:<br />

the expression of sacred or profane love?<br />

by Ingrid van Wou<strong>de</strong>nberg<br />

PhD stu<strong>de</strong>nt in Mediaeval Art History at the University of Nimègue (Netherlands)<br />

Abstract<br />

The central question of this lecture bears on the eventual implication of Margaret of Austria<br />

in the choice of the church of <strong>Brou</strong>’s choir stalls’ iconography and whether these images had<br />

a special meaning for her. And if such was the case, which are the connections between her<br />

as a person and the images?<br />

Generally speaking there are two types of images on the choir stalls: religious and profane.<br />

The religious images are divi<strong>de</strong>d into scenes from the Old Testament and scenes from the<br />

New Testament at either si<strong>de</strong> of the stalls on the dorsals and bench-ends. The scenes on the<br />

misericords are essentially of a profane nature. Several themes can be distinguished. The first<br />

one is religious. The second one, linked to the first is that of marial <strong>de</strong>votion, the importance<br />

of which is visible in the collections of Margaret of Austria. It is striking to note the absence of<br />

images of the Passion and the Resurrection in the stalls, her two other main <strong>de</strong>votions. If one<br />

takes into account that Margaret originally planned an altarpiece with a Calvary for her church,<br />

in that case the Passion and the Resurrection would be represented. The suggestion arises<br />

that all the parts of the choir would read as one entity from the Creation of man to the Entry<br />

into Jerusalem <strong>de</strong>picted on the choir stalls, to the Passion and <strong>de</strong>ath on the altarpiece<br />

and the resurrection and Appearance to Saint Mary and Saint Magdalen in the stained glass<br />

windows of the choir. The different parts of the choir come together, the choir being the<br />

Gestalt of the religious <strong>de</strong>votion of Margaret, and much more than the sum of its parts.<br />

The Last Judgment also plays a central role in the iconography of the choir stalls, where the<br />

friars came to pray for the well-being and favourable judgement of Margaret and her family<br />

after their <strong>de</strong>ath. Margaret of Austria seems to have represented herself as someone trying<br />

to do her best; hoping in return to obtain a merciful judgment and eternal paradise. All the<br />

profane and religious images point to this goal and are closely related. The religious scenes<br />

have a representative function for the foun<strong>de</strong>r and are, in this way, partly profane, whereas the<br />

profane allusions to the foun<strong>de</strong>r also accentuate her piety.


<strong>Les</strong> <strong>stalles</strong> <strong>du</strong> chœur <strong>de</strong> <strong>Brou</strong> :<br />

expression d’un amour religieux ou profane ?<br />

Ingrid van Wou<strong>de</strong>nberg<br />

doctorante en histoire <strong>de</strong> l’art médiéval à l’université <strong>de</strong> Nimègue (Pays-Bas)<br />

La richesse <strong>de</strong>s <strong>stalles</strong> <strong>de</strong> l’église <strong>de</strong> <strong>Brou</strong> est telle qu’il n’est pas possible ici<br />

d’en développer tous les aspects. Notre réflexion se concentrera donc sur<br />

certains thèmes iconographiques et formels qui ont retenu notre attention ; nous<br />

tenterons notamment <strong>de</strong> les mettre en relation avec les intentions éventuelles <strong>de</strong><br />

Marguerite d’Autriche, la commanditaire.<br />

Iconographie, organisation<br />

<strong>de</strong>s scènes représentées<br />

<strong>Les</strong> étu<strong>de</strong>s anciennes <strong>de</strong>s thèmes religieux sculptés sur les dorsaux et les jouées <strong>de</strong>s <strong>stalles</strong><br />

<strong>de</strong> <strong>Brou</strong> ont toujours mis en évi<strong>de</strong>nce une stricte distinction entre les scènes <strong>de</strong> l’Ancien<br />

Testament et celles <strong>du</strong> Nouveau Testament, respectivement placées <strong>du</strong> côté épître et <strong>du</strong><br />

côté évangile. En outre, les auteurs ne sont pas tous d’accord sur l’i<strong>de</strong>ntification <strong>de</strong>s scènes<br />

représentées sur les jouées 1 . On remarquera que l’histoire sacrée débute avec le récit <strong>de</strong> la<br />

Création et <strong>de</strong> la Chute <strong>de</strong> l’homme, et se clôt avec l’Entrée à Jérusalem. <strong>Les</strong> thèmes <strong>de</strong> la<br />

Passion et <strong>de</strong> la Résurrection sont absents <strong>de</strong>s <strong>stalles</strong>, fait surprenant étant donné la fervente<br />

dévotion <strong>de</strong> Marguerite à la Passion et à la Vierge.<br />

Le front <strong>de</strong> chaque jouée haute porte une statue sculptée en ron<strong>de</strong> bosse : traditionnellement,<br />

on i<strong>de</strong>ntifie Moïse, côté sud-est (ill. 1), Aaron, côté sud-ouest (ill. 2), saint Jérôme, côté nord-est<br />

(ill. 3), et enfin saint Grégoire, côté nord-ouest (ill. 4). Or rien ne nous permet <strong>de</strong> reconnaître<br />

Moïse et Aaron car ils sont dépourvus d’attribut ; Jérôme et Grégoire, eux, sont clairement<br />

reconnaissables, respectivement grâce au lion et au chapeau <strong>de</strong> cardinal ainsi qu’à la tiare<br />

pour le second. Le choix <strong>de</strong> ces <strong>de</strong>ux docteurs <strong>de</strong> l’Église est d’autant plus curieux que saint<br />

Augustin, patron <strong>de</strong> l’ordre institué par Marguerite à <strong>Brou</strong>, ne figure pas sur les <strong>stalles</strong> ; or l’iconographie<br />

<strong>de</strong>s sièges liturgiques accor<strong>de</strong> généralement la plus gran<strong>de</strong> importance au clergé<br />

et au saint patron <strong>de</strong> l’église 2 . Notons également l’absence <strong>de</strong> représentation <strong>de</strong> saint Nicolas<br />

<strong>de</strong> Tolentino, phénomène auquel nous n’avons pas encore trouvé d’explication.<br />

1. Père Raphaël 1692, p. 109-110. Sébastien 1708, p. 61-65. Rousselet, p. 27-31. Perretant 1920, p. 40-41.<br />

2. Perretant 1920, p. 130. Steppe 1973, p. 45.


<strong>Les</strong> <strong>stalles</strong> <strong>du</strong> chœur <strong>de</strong> <strong>Brou</strong> :<br />

expression d’un amour religieux ou profane ?<br />

Ingrid van Wou<strong>de</strong>nberg<br />

1<br />

1. Moïse.<br />

3. Saint Jérôme.<br />

2<br />

2. Aaron.<br />

4. Saint Grégoire.<br />

3 4<br />

Toutes les photographies <strong>de</strong> cet article sont <strong>de</strong> Theo van Iersel.


<strong>Les</strong> <strong>stalles</strong> <strong>du</strong> chœur <strong>de</strong> <strong>Brou</strong> :<br />

expression d’un amour religieux ou profane ?<br />

Ingrid van Wou<strong>de</strong>nberg<br />

5 6<br />

5. Suzanne. 6. Le Christ et la femme a<strong>du</strong>ltère.<br />

La séparation stricte et symétrique <strong>de</strong>s scènes <strong>de</strong> l’Ancien et <strong>du</strong> Nouveau Testament <strong>de</strong> part<br />

et d’autre <strong>du</strong> chœur ne signifie pas qu’il y ait une correspondance systématique entre elles.<br />

On retrouve néanmoins cette correspondance sur les jouées hautes <strong>du</strong> côté est : ainsi, Suzanne<br />

est une préfiguration <strong>de</strong> la femme a<strong>du</strong>ltère 3 (ill. 5, 6) ; la Multiplication <strong>de</strong>s pains par Élisée annonce<br />

celle <strong>de</strong> Jésus 4 , enfin l’Entrée <strong>de</strong> Salomon préfigure l’Entrée <strong>du</strong> Christ à Jérusalem 5 (ill. 7, 8).<br />

Sur les jouées <strong>du</strong> côté ouest, cette typologie ne fonctionne pas <strong>de</strong> manière aussi évi<strong>de</strong>nte ;<br />

pourtant, certaines scènes <strong>de</strong> l’Ancien Testament – comme Gédéon et le bélier, ou Moïse et<br />

le buisson ar<strong>de</strong>nt – préfigurent les thèmes <strong>de</strong> l’Immaculée Conception, <strong>de</strong> l’Annonciation et<br />

<strong>de</strong> l’Annonce aux bergers 6 (ill. 9, 10). La Chute et l’Expulsion <strong>du</strong> paradis sont placées face à<br />

la Nativité et à l’Annonce aux bergers : or, on retrouve cette correspondance dans la Biblia<br />

Pauperum, où il est souligné que l’Enfant divin vient racheter le péché originel 7 . Il est également<br />

possible d’établir <strong>de</strong>s correspondances typologiques plus larges : la dévotion à la Vierge,<br />

représentée sur les <strong>stalles</strong>, se retrouve au vitrail <strong>de</strong> la chapelle privée princière, ainsi que sur<br />

les <strong>de</strong>ux retables consacrés aux Sept Joies pour l’un et aux Sept Douleurs pour l’autre, dont<br />

il ne subsiste que le premier.<br />

3. Kirschbaum 2004 (t. IV), p. 231.<br />

4. Kirschbaum 2004 (t. I), p. 617. Cardon 1985, p. 119-125.<br />

5. Duchet-Suchaut 2003, p. 303. Kirschbaum 2004 (t. I), p. 596.<br />

6. Kirschbaum 2004 (t. I), p. 295 et 510-511. Henry 1987, p. 48-51.<br />

7. Dekeyzer 2003, p. 124. Henry 1987, p. 50.


<strong>Les</strong> <strong>stalles</strong> <strong>du</strong> chœur <strong>de</strong> <strong>Brou</strong> :<br />

expression d’un amour religieux ou profane ?<br />

Ingrid van Wou<strong>de</strong>nberg<br />

8<br />

7<br />

7. La Multiplication <strong>de</strong>s pains par Élisée,<br />

Ancien Testament.<br />

8. La Multiplication <strong>de</strong>s pains par le Christ,<br />

Nouveau Testament.<br />

9. Gédéon et le bélier.<br />

10. Moïse et le buisson ar<strong>de</strong>nt.<br />

10<br />

9


<strong>Les</strong> <strong>stalles</strong> <strong>du</strong> chœur <strong>de</strong> <strong>Brou</strong> :<br />

expression d’un amour religieux ou profane ?<br />

Ingrid van Wou<strong>de</strong>nberg<br />

Le contexte historique et artistique<br />

À la fin <strong>du</strong> xv e siècle et au début <strong>du</strong> xvi e siècle, on assiste au développement d’un type <strong>de</strong><br />

décor architectural gothique à la fois original et raffiné : l’arcature en forme <strong>de</strong> cloche. On le<br />

trouve sur <strong>de</strong>s édifices importants tels que l’hôtel <strong>de</strong> ville <strong>de</strong> Gand, l’église <strong>de</strong> Notre-Dame<br />

d’Anvers et le tombeau <strong>de</strong> Marguerite d’Autriche à <strong>Brou</strong> ; parfois, l’écu ou un autre élément<br />

relatif à l’i<strong>de</strong>ntité <strong>du</strong> commanditaire y sont incorporés et nous informent sur la manière dont ce<br />

<strong>de</strong>rnier considère l’objet qu’il vient décorer 8 (ill. 11).<br />

11<br />

11. Deux motifs : l’arc gothique en forme <strong>de</strong> cloche, inventé par les artistes flamands Kle<strong>de</strong>rmans,<br />

et le motif en forme <strong>de</strong> M majuscule.<br />

<strong>Les</strong> Kel<strong>de</strong>rmans, célèbres architectes bruxellois, suivis <strong>de</strong> quelques autres artistes, ont contribué<br />

à la diffusion <strong>de</strong> cette arcature, au point qu’on peut la considérer comme leur véritable<br />

signature. À <strong>Brou</strong>, le motif figure en <strong>de</strong> nombreux endroits : sur les portails, les tombeaux,<br />

le jubé et sur les <strong>stalles</strong> ; on remarquera qu’il revêt une forme <strong>de</strong> M majuscule, sans doute<br />

en référence à la commanditaire. De plus, d’autres références à la princesse, encore plus<br />

explicites, sont visibles non seulement dans l’arcature mais sur l’ensemble <strong>de</strong>s <strong>stalles</strong> :<br />

le monogramme PM, <strong>de</strong>s marguerites, le briquet <strong>de</strong> Bourgogne et enfin <strong>de</strong>s tiges en forme<br />

<strong>de</strong> croix <strong>de</strong> Saint-André (ill. 12). La parenté <strong>de</strong> ces motifs<br />

décoratifs avec <strong>de</strong>s thèmes i<strong>de</strong>ntifiés sur <strong>de</strong>s édifices et<br />

<strong>de</strong>s faça<strong>de</strong>s en Espagne est remarquable 9 ; toutefois,<br />

l’influence <strong>de</strong>s exemples espagnols sur les choix <strong>de</strong><br />

Marguerite reste encore énigmatique.<br />

12. Tiges formant le motif d’une croix <strong>de</strong> Saint-André.<br />

12<br />

8. Kavaler 2000, passim.<br />

9. Kavaler 2000, p. 133-137.


<strong>Les</strong> <strong>stalles</strong> <strong>du</strong> chœur <strong>de</strong> <strong>Brou</strong> :<br />

expression d’un amour religieux ou profane ?<br />

Ingrid van Wou<strong>de</strong>nberg<br />

Relations entre l’iconographie <strong>de</strong>s <strong>stalles</strong><br />

et la commanditaire : quelques hypothèses<br />

La dévotion à la Vierge<br />

<strong>Les</strong> renvois à Marguerite et à sa parenté sont sans ambiguïté quant à l’i<strong>de</strong>ntité <strong>de</strong> ceux pour le<br />

salut <strong>de</strong>squels les augustins doivent prier ; on trouve d’ailleurs <strong>de</strong>s directives précises concernant<br />

ces prières dans le testament <strong>de</strong> Marguerite <strong>de</strong> 1509 10 . Il faut noter la place éminente<br />

accordée à la Vierge dans les différentes parties <strong>de</strong> l’église comme sur les <strong>stalles</strong>. Il est courant<br />

que l’on attribue une place <strong>de</strong> premier plan à Marie, mais cela s’explique d’autant mieux<br />

quand l’église est dédiée à la Vierge, or ce n’est pas le cas à <strong>Brou</strong>. La plupart <strong>du</strong> temps, les<br />

saints patrons sont bien représentés dans les églises qui leur sont dédiées : à <strong>Brou</strong>, c’est le<br />

cas pour Nicolas <strong>de</strong> Tolentino, patron <strong>de</strong> l’église, et Augustin, patron <strong>de</strong> l’ordre, qui figurent à<br />

<strong>de</strong> nombreuses reprises dans l’église, mais <strong>de</strong> manière fort insolite et, comme nous l’avons<br />

déjà remarqué, pas dans les <strong>stalles</strong>. On peut imaginer que la dévotion particulière à la Vierge<br />

est peut-être en relation à Marie en tant qu’intercesseur, et, dans le cas <strong>de</strong> <strong>Brou</strong>, intercesseur<br />

privilégié pour Marguerite, sa parenté et ses ancêtres.<br />

La charité<br />

Cette vertu <strong>de</strong> charité était manifestement chère à Marguerite, comme cela apparaît dans<br />

l’oraison funèbre d’Agrippa <strong>de</strong> Nettesheim, qui loue l’équité et la générosité <strong>de</strong> la princesse,<br />

<strong>de</strong>ux qualités caractérisant sa personnalité 11 . Le thème <strong>de</strong> la charité est entre autres représenté<br />

dans les <strong>stalles</strong> <strong>du</strong> côté nord-est, à travers le miracle <strong>de</strong> la multiplication <strong>de</strong>s pains par<br />

le Christ, et sa préfiguration <strong>du</strong> côté sud-est à travers la multiplication <strong>de</strong>s pains par Élisée 12 .<br />

La nécessité <strong>de</strong> pourvoir à la nourriture <strong>du</strong> peuple, notamment <strong>de</strong>s pauvres, est en effet explicitement<br />

décrite dans le testament <strong>de</strong> Marguerite : la princesse y mentionne sa volonté <strong>de</strong><br />

répartir entre eux 1 200 livres sous forme d’aumônes 13 , soulignant ainsi combien la charité et<br />

la miséricor<strong>de</strong> sont <strong>de</strong>s vertus essentielles à ses yeux. Un autre exemple <strong>de</strong> charité, évoquée<br />

sous la forme d’une association suggérée avec la vertu <strong>de</strong> clémence, ou justice bienveillante,<br />

apparaît dans la représentation <strong>du</strong> Christ et <strong>de</strong> la femme a<strong>du</strong>ltère.<br />

Marguerite, régente juste,<br />

lien entre la justice <strong>de</strong>s hommes et la justice divine<br />

Plusieurs scènes représentent la justice et l’injustice, la première finissant par triompher.<br />

L’histoire <strong>de</strong> la chaste Suzanne, menée <strong>de</strong>vant les juges après la fausse accusation dont<br />

elle est la victime, retiendra ici particulièrement notre attention.<br />

Ce thème, cher à l’art paléochrétien, apparaît rarement au Moyen Âge. Il en existe quelques<br />

exemples, mais on se bornera ici à évoquer le Brugse Vrije, où la scène <strong>de</strong> Suzanne <strong>de</strong>vant les<br />

juges est représentée sur la frise <strong>du</strong> manteau <strong>de</strong> cheminée <strong>de</strong> Charles Quint, dans la chambre<br />

<strong>de</strong>s Échevins <strong>de</strong> Bruges. L’histoire <strong>de</strong> Suzanne est considérée comme un modèle <strong>du</strong> bon<br />

exercice <strong>de</strong> la justice : la frise historiée se trouve en effet sous une gran<strong>de</strong> statue <strong>de</strong> Charles<br />

Quint, représenté en souverain profane, et face à une peinture <strong>du</strong> Jugement <strong>de</strong>rnier, évocation<br />

<strong>du</strong> souverain divin. Ainsi les magistrats étaient-ils incités à assumer leurs responsabilités en<br />

rendant <strong>de</strong> justes verdicts 14 .<br />

10. Baux 1854, p. 345-367.<br />

11. Bruchet 1927, p. 182-183. Eichberger 2002, p. 49-50, note 85, et p. 189-190.<br />

12. La Sainte Bible, II e livre <strong>de</strong>s Rois 4, 42-44. Kirschbaum (t. I), p. 615.<br />

13. Baux 1854, p. 348-349.<br />

14. Devliegher 1987, p. 80-81.


<strong>Les</strong> <strong>stalles</strong> <strong>du</strong> chœur <strong>de</strong> <strong>Brou</strong> :<br />

expression d’un amour religieux ou profane ?<br />

Ingrid van Wou<strong>de</strong>nberg<br />

Au début <strong>du</strong> xvi e siècle, les cas <strong>de</strong> souveraine cherchant à combiner vertus et pouvoir <strong>de</strong> comman<strong>de</strong>ment<br />

sont rares ; une femme dont l’image doit servir d’exemple utilise principalement<br />

le registre <strong>de</strong>s quatre vertus cardinales. Marguerite, en revanche, a manié diverses personnifications<br />

féminines pour définir sa position <strong>de</strong> régente <strong>de</strong>s Pays-Bas, illustrant également<br />

l’expression <strong>de</strong>s principes sur lesquels elle réglait son existence 15 .<br />

Ainsi a-t-elle commandé un baldaquin tissé représentant la Trinité, thème traditionnellement<br />

apprécié <strong>de</strong>s Bourguignons. Dans les occasions officielles, Marguerite siégeait sous ce baldaquin,<br />

bénéficiant <strong>de</strong> ce fait d’une dignité sacrée qui rejaillissait sur elle : elle se trouvait en<br />

effet placée à côté <strong>de</strong> saint Jean et <strong>de</strong> la Vierge, représentés sur le baldaquin à droite au pied<br />

<strong>du</strong> Crucifié, et <strong>de</strong> la Miséricor<strong>de</strong> et <strong>de</strong> la Justice, représentées à gauche, en symétrie. Ainsi la<br />

princesse délivrait-elle l’idée que sa fonction <strong>de</strong> régente était guidée par les principes chrétiens<br />

<strong>de</strong> justice et <strong>de</strong> charité. En siégeant sous le regard <strong>de</strong> la Trinité, elle se présentait comme<br />

une émanation <strong>du</strong> pouvoir terrestre, celui <strong>de</strong> Charles Quint qui, en tant qu’empereur, tenait<br />

son autorité <strong>de</strong> Dieu lui-même. On sait par ailleurs que <strong>de</strong>ux autres comman<strong>de</strong>s i<strong>de</strong>ntiques<br />

furent réalisées par Marguerite : cela montre combien le thème lui tenait à cœur 16 .<br />

Le concept <strong>de</strong> vie juste occupe une place particulière dans les <strong>stalles</strong>, car les moines y prient<br />

précisément pour le salut <strong>de</strong> l’âme <strong>de</strong>s défunts – ici Marguerite et les siens –, afin que Dieu<br />

soit « convaincu » <strong>de</strong> leur piété, <strong>de</strong> leur foi, <strong>de</strong> la charité et <strong>de</strong> la justice qui marquent leur<br />

existence terrestre, vertus indispensables pour entrer au paradis. Le pouvoir temporel <strong>de</strong> la<br />

régente, si abondamment représenté dans les <strong>stalles</strong> et dans le reste <strong>de</strong> l’église, se définit en<br />

regard <strong>du</strong> pouvoir céleste <strong>de</strong> Dieu, au jour <strong>du</strong> Jugement <strong>de</strong>rnier.<br />

Enfin dans les <strong>stalles</strong>, une place centrale est accordée au Jugement <strong>de</strong>rnier où se rencontrent<br />

la justice céleste et la justice terrestre 17 . Marguerite, juge terrestre féminin, pourvue <strong>de</strong> dons<br />

venus <strong>de</strong> Dieu lui-même et en relation avec Charles Quint, y est associée au thème <strong>du</strong> Jugement<br />

<strong>de</strong>rnier divin : on retrouve donc le même thème que dans la chambre <strong>de</strong>s Échevins<br />

<strong>de</strong> Bruges 18 . Dans l’iconographie <strong>de</strong>s <strong>stalles</strong>, le vœu que formulait Marguerite – pouvoir se<br />

présenter <strong>de</strong>vant Dieu comme ayant accompli le mieux possible les tâches qui lui avaient été<br />

confiées par lui – apparaît très clairement illustré : il en découle l’espoir d’un jugement divin<br />

clément et d’une entrée paisible dans la vie éternelle.<br />

Je tiens ici à remercier, pour son aimable tra<strong>du</strong>ction <strong>de</strong> la conférence<br />

<strong>de</strong> l’anglais vers le français, M me Laurence Ciavaldini Rivière<br />

et, pour leur ai<strong>de</strong> à ma recherche, M me Andrée Renon, historienne spécialiste <strong>de</strong>s <strong>stalles</strong>,<br />

M. Pierre Anagnostopoulos, doctorant à l’université <strong>de</strong> Bruxelles, M me Sophie Guillot <strong>de</strong> Su<strong>du</strong>iraut,<br />

conservatrice en chef au musée <strong>du</strong> Louvre, M me Michèle Duflot, documentaliste au musée <strong>de</strong> <strong>Brou</strong>,<br />

et M me Magali Briat-Philippe, conservatrice au musée et coordinatrice <strong>du</strong> colloque.<br />

15. Eichberger 2002, p. 45-47.<br />

16. Delmarcel 1999, p. 161<br />

17. Appuhn 1991, p. 45-48.<br />

18. Devliegher 1987, p. 79-80.


<strong>Les</strong> <strong>stalles</strong> <strong>du</strong> chœur <strong>de</strong> <strong>Brou</strong> :<br />

expression d’un amour religieux ou profane ?<br />

Ingrid van Wou<strong>de</strong>nberg<br />

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Perretant, M gr , Gui<strong>de</strong> express <strong>de</strong> l’église <strong>de</strong> <strong>Brou</strong>, Bourg-en-Bresse, 1920.<br />

Raphaël <strong>de</strong> la Vierge Marie, père, Description historique <strong>de</strong> la belle église et <strong>du</strong> couvent royal<br />

<strong>de</strong> <strong>Brou</strong>, manuscrit entre 1692 et 1696 et entre 1711 et 1715, Bibliothèque d’émulation <strong>de</strong><br />

l’Ain, Bourg-en-Bresse.<br />

Rousselet, père, Gui<strong>de</strong> <strong>de</strong>scriptif et historique <strong>du</strong> voyageur à l’église <strong>de</strong> <strong>Brou</strong> d’après le<br />

P. Rousselet, augustin réformé, Bourg-en-Bresse, 1868.<br />

Sainte-Claire, père Sébastien <strong>de</strong>, Histoire <strong>du</strong> royal monastère <strong>de</strong> <strong>Brou</strong> près Bourg-en-Bresse,<br />

Bourg, 1888 [1708].<br />

Steppe, Jan Karel, Wereld van vroomheid en satire. Laatgotische koorbanken in Vlaan<strong>de</strong>ren,<br />

Kasterlee, 1973.


Sommaire<br />

Marie-Anne Sarda<br />

conservatrice en chef <strong>du</strong> patrimoine<br />

Entre monument national et musée municipal,<br />

problématiques <strong>de</strong> la restauration <strong>du</strong> monastère royal<br />

Résumé Abstract<br />

Anne Adrian<br />

conservatrice <strong>de</strong>s musées<br />

<strong>de</strong> Metz Métropole – La Cour d’Or<br />

(Moselle, France)<br />

Anne <strong>de</strong> Beaujeu et le mécénat féminin en France<br />

à l’aube <strong>de</strong> la Renaissance<br />

Résumé Abstract<br />

Chantal Delomier<br />

archéologue <strong>de</strong> l’INRAP (Institut national<br />

<strong>de</strong> recherches archéologiques préventives),<br />

et Alain Kersuzan<br />

docteur en histoire, rattaché à l’université<br />

Lyon-II (Rhône, France)<br />

Le château <strong>de</strong> Pont-d’Ain, place militaire et rési<strong>de</strong>nce comtale :<br />

nouvelles données livrées par les textes et l’archéologie <strong>du</strong> bâti<br />

Résumé Abstract<br />

Dagmar Eichberger<br />

professeur à l’université<br />

<strong>de</strong> Hei<strong>de</strong>lberg (Allemagne)<br />

Distance physique – proximité spirituelle :<br />

la double présence <strong>de</strong> Marguerite d’Autriche à <strong>Brou</strong> et à Malines<br />

Résumé Abstract<br />

Sophie Guillot <strong>de</strong> Su<strong>du</strong>iraut<br />

conservatrice en chef au département<br />

<strong>de</strong>s Sculptures, responsable <strong>de</strong>s collections<br />

médiévales <strong>de</strong> l’Europe <strong>du</strong> Nord,<br />

musée <strong>du</strong> Louvre, Paris<br />

Le retable <strong>de</strong>s Sept Joies <strong>de</strong> la Vierge<br />

dans la chapelle <strong>de</strong> Marguerite d’Autriche à <strong>Brou</strong> :<br />

les sculptures gothiques <strong>de</strong> style bruxellois réalisées vers 1513/1515-1522<br />

Résumé Abstract<br />

Lars Hendrikman<br />

conservateur au Bonnefanten Museum<br />

<strong>de</strong> Maastricht (Pays-Bas)<br />

Le triptyque <strong>de</strong> la Passion <strong>de</strong> Bernard van Orley<br />

pour le maître-autel <strong>de</strong> l’église <strong>de</strong> <strong>Brou</strong>. Comman<strong>de</strong> et copies<br />

Résumé Abstract<br />

Ingrid van Wou<strong>de</strong>nberg<br />

doctorante en histoire <strong>de</strong> l’art médiéval<br />

à l’université <strong>de</strong> Nimègue (Pays-Bas)<br />

<strong>Les</strong> <strong>stalles</strong> <strong>du</strong> chœur <strong>de</strong> <strong>Brou</strong> :<br />

expression d’un amour religieux ou profane ?<br />

Résumé Abstract<br />

Pierre Anagnostopoulos<br />

doctorant en histoire <strong>de</strong> l’art et archéologie,<br />

aspirant FNRS à l’université libre<br />

<strong>de</strong> Bruxelles (Belgique)<br />

Le jubé <strong>de</strong> l’église <strong>de</strong> <strong>Brou</strong><br />

et ses rapports avec l’architecture brabançonne <strong>du</strong> xv e siècle<br />

Résumé Abstract<br />

Ethan Matt Kavaler<br />

professeur à l’université<br />

<strong>de</strong> Toronto (Canada)<br />

Des géomètres à <strong>Brou</strong> : architecture et ornementation en Espagne,<br />

dans le Brabant et en Europe occi<strong>de</strong>ntale autour <strong>de</strong> 1500<br />

Résumé Abstract


Sommaire<br />

Jens Ludwig Burk<br />

conservateur adjoint au Bayerisches<br />

Nationalmuseum, Munich (Allemagne)<br />

Conrat Meit : sculpteur <strong>de</strong> cour <strong>de</strong> Marguerite d’Autriche<br />

à Malines et à <strong>Brou</strong><br />

Résumé Abstract<br />

Frédéric Elsig<br />

maître <strong>de</strong> conférences<br />

à l’université <strong>de</strong> Genève (Suisse)<br />

Le présumé Grégoire Guérard et la peinture en Bresse<br />

au temps <strong>de</strong> Marguerite d’Autriche<br />

Résumé Abstract<br />

Laurence Ciavaldini Rivière<br />

maître <strong>de</strong> conférences en art médiéval<br />

à l’université <strong>de</strong> Grenoble (Isère, France)<br />

Un nouveau jalon pour l’étu<strong>de</strong> <strong>du</strong> livre d’Heures <strong>de</strong> Loys van Boghem,<br />

maître d’œuvre <strong>de</strong> l’église <strong>de</strong> <strong>Brou</strong>. Remarques sur le calendrier<br />

Résumé Abstract<br />

Yvette Van<strong>de</strong>n Bem<strong>de</strong>n<br />

professeur au département d’histoire <strong>de</strong> l’art<br />

et d’archéologie et doyenne <strong>de</strong> la faculté<br />

<strong>de</strong> philosophie et lettres<br />

à l’université <strong>de</strong> Namur (Belgique)<br />

<strong>Les</strong> vitraux <strong>de</strong> <strong>Brou</strong> et le mécénat <strong>de</strong> Marguerite d’Autriche<br />

dans le domaine <strong>du</strong> vitrail<br />

Résumé Abstract<br />

Dominique Tritenne<br />

géologue, prési<strong>de</strong>nt <strong>de</strong> l’association<br />

<strong>de</strong>s Amis <strong>du</strong> pays <strong>de</strong> la pierre<br />

à Montalieu-Vercieu (Isère, France),<br />

responsable <strong>du</strong> Conservatoire national<br />

<strong>de</strong>s pierres et marbres,<br />

Montpellier (Hérault, France)<br />

Le marbre <strong>de</strong> Carrare utilisé à <strong>Brou</strong><br />

Résumé Abstract<br />

Magali Briat-Philippe<br />

conservatrice <strong>du</strong> patrimoine,<br />

coordinatrice <strong>du</strong> colloque <strong>de</strong> 2006,<br />

musée <strong>de</strong> <strong>Brou</strong> (Ain, France)<br />

L’évolution <strong>de</strong> la statuaire <strong>de</strong> <strong>Brou</strong> au fil <strong>de</strong>s siècles<br />

Résumé Abstract

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