Lutte Phytosanitaire Intégrée - DTIE

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Lutte Phytosanitaire Intégrée - DTIE

FLORICULTURE ET ENVIRONNEMENT

Culture des fleurs sans bromure de méthyle

PNUE

Remerciements

Cette publication a été réalisée par le Programme des Nations Unies pour

l’Environnement Division Technologie, Industrie et Economie (PNUE DTIE)

dans le cadre du Programme ActionOzone sous l’égide du Fonds Multilatéral.

Cette publication a été réalisée par les membres du PNUE suivants:

Jacqueline Aloisi de Larderel, Sous-Directeur Exécutif, Directeur du PNUE DTIE

Rajendra Shende, Chef de la Division Energie et ActionOzone, PNUE DTIE

Cecilia Mercado, Chargée d’information, PNUE DTIE

Corinna Gilfillan, Administrateur de programme adjoint, PNUE DTIE

Susan Ruth Kikwe, Assistante de Programme, PNUE DTIE

Auteur: Marta Pizano

Réviseurs techniques: Fabio Chaverri, Volkmar Hasse, Anne Turner, Guillermo Castellá

Traducteurs:

Catherine et Emmanuel Paumier

Conception et Mise en page: Angela Luque Pardo

Ce document est disponible sur le site internet du Programme ActionOzone du PNUE:

www.uneptie.org/ozonaction

© 2001 UNEP

Cette publication peut être reproduite intégralement ou en partie sous quelque forme que ce soit

à des fins pédagogiques ou dans un but non lucratif, sans autorisation particulière du détenteur des

droits d’auteur, pourvu que la source y soit mentionnée. Le PNUE apprécierait de recevoir un

exemplaire de toute publication faisant usage de la présente publication comme source.

La présente publication ne peut être ni vendue ni utilisée à des fins commerciales sans

l’autorisation écrite préalable du PNUE.

Les termes et la présentation du matériel employés dans la présente publication n’impliquent

nullement l’expression d’une opinion quelconque de la part du Programme des Nations

Unies pour l’Environnement concernant le statut légal d’un pays, d’un territoire, d’une ville

ou d’une région ou de ses autorités, ou concernant la délimitation de ses frontières ou limites.

En outre, les opinions exprimées ne représentent pas nécessairement les décisions résultant de

la politique du Programme des Nations Unies pour l’Environnement; d’autre part, les noms

ou processus commerciaux cités n’impliquent en aucun cas le soutien du PNUE.

PUBLICATION DES NATIONS UNIES

ISBN 92-807-2108-9

1


Avertissement

Le PNUE, ses consultants, les personnes qui ont révisé ce document et

leurs employés ne garantissent nullement les résultats, la sécurité du

travail et l’acceptabilité écologique des choix techniques décrits dans ce

document.

Bien que les informations contenues dans ce document soient estimées

exactes, elles n’ont pu être présentées que de façon sommaire et générale.

Toute décision consistant à mettre en pratique l’une des alternatives

présentées dans ce document implique d’examiner attentivement

nombre de paramètres spécifiques à une situation dont certains ne seront

peut-être pas abordés dans ce document. L’entière responsabilité de

cette décision et de ses conséquences incombe aux personnes ou entités

ayant choisi d’appliquer cette alternative.

Le PNUE, ses consultants et les personnes qui ont révisé ce document

et leurs employés ne garantissent pas et ne représentent pas de façon

expresse ou tacite son exactitude, son exhaustivité ou son utilité ; ils ne

sont pas non plus responsables d’événements résultant de l’utilisation

ou de la confiance accordée aux informations, matériels et procédures

décrits dans ce document concernant entre autres des réclamations en

matière de santé, de sécurité, des effets sur l’environnement, d’efficacité,

de performance ou des coûts résultant de la source d’information.

Toute mention d’entreprise, association ou produit n’est donnée qu’à

titre indicatif et ne saurait être interprétée comme une recommandation

tacite ou expresse des sociétés, associations ou produits cités par le

PNUE, ses consultants, les personnes qui ont révisé ce document et

leurs employés.

Les personnes citées qui ont revu ce document n’ont révisé que des

avant-projets ou ébauches intermédiaires de celui-ci mais elles n’ont

pas révisé cette version finale. Elles ne peuvent donc être tenues

responsables des éventuelles erreurs qui auraient pu se glisser dans le

document ou des effets qui pourraient résulter de ces erreurs.

2


FLORICULTURE

ET ENVIRONNEMENT

Culture des fleurs sans

Bromure de méthyle

PNUE

Programme des Nations Unies pour l’Environnement

3


Table des matières

Comment utiliser ce manuel 9

Introduction

13

Chapitre 1 17

Alternatives au bromur

omure de méthyle en floriculture 17

Pourquoi utiliser le bromure de méthyle en floriculture? 17

Quelles autres solutions sont disponibles ? 19

Avantages de la LPI 22

Chapitre 2 23

Lutte phytosanitaire intégrée (LPI)

Approche respectueuse de l’environnement

23

Qu’est-ce que la LPI ? 24

Quelle est son efficacité ? 24

1. Dépistage ou surveillance 25

Formation 27

Cartographie 27

Seuil d’action 28

Evaluation de l’information et prise de décisions 28

2. Contrôle par exclusion 29

Quarantaines et inspections des plantes 29

Matière végétale saine 29

3. Lutte culturale 30

Elimination des mauvaises herbes 30

Rotation des cultures 31

Ventilation 31

Entretien des serres 31

Règles sanitaires 32

Fertilisation et arrosage 32

Limitation de l’accès aux serres et aux zones de culture 33

4. Contrôle physique 33

Pièges englués 33

Moustiquaires 34

Aspirateurs ou pompes aspirantes 34

5


Traitement du foyer de la maladie 35

Stérilisation du sol ou des substrats à la vapeur 36

Substrats hors-sol 36

Autres protections 36

Paillis plastiques 37

Solarisation 37

5. Lutte biologique 38

Biopesticides 38

Plantes- pièges 38

Agents de lutte biologique 38

Biofumigation 39

6. Lutte génétique 40

7. Lutte chimique 40

Métam-sodium 42

Dazomet 42

Dichloropropène 43

Exemples concrets 43

A. Programme de LPI pour éliminer la fusariose

de l’œillet 44

B. Programme de LPI pour éliminer la tumeur

bacteriénne du collet de la rose 47

Approche multidimensionnelle 50

Chapitre 3 55

Stérilisation par la vapeur (pasteurisation) 55

1. Durée du traitement 56

2. Chaudières et diffuseurs 57

Capacité de la chaudière 58

Haute ou basse pression 59

Type de diffuseur et diamètre 59

Bâches 60

Source énergétique 60

Mobile ou fixe 60

3. Sol ou substrat à traiter 60

Humidité du sol 60

Texture du sol 61

Nature du sol 61

4. Problèmes courants associés à la vapeur 61

Accumulation de sels solubles 61

Toxicité du manganèse 61

6


Toxicité de l’ammonium 62

Ré-infestation 63

Exemples d’application 63

A. Pasteurisation du sol pour traiter la fusariose

de l’œillet 63

Chapitre e 4 67

Compostage 67

1. Procédé du compostage 68

Hachage 68

Constructuion du tas 69

Bâchage 69

Brassage du compost 69

Récolte 70

2. Facteurs majeurs à considérer 71

Collecte de matière végétale 71

Lieu de hachage 71

Lieu de compostage 72

Période d’application 72

Taille et consistance des fibres végétales 72

Gaz ou liquides dangereux 73

Teneur adéquate en micro-organismes 73

Facteurs environnementaux adéquats 73

Maturité 74

3. Lombrics 74

Résultats 76

Chapitre 5 79

Substrats hors-sol 79

1. Rôle d’un substrat 80

2. Types de substrats 81

Coir 81

Enveloppes de riz 82

Ecorce et sciure de bois 83

Compost 83

Roche volcanique (scories, pierre ponce),

vermiculite et autres 84

Sable 84

3. Lutte antiparasitaire et traitement des maladies 84

7


Exemples d’applications 85

1. Culture des œillets dans du substrat d’enveloppes

de riz en Colombie 85

Facteurs à considérer 86

pH élevé 86

Systèmes d’irrigation 87

Fertilisation 87

Tuteurs et espacement des plantations 88

Rendement 89

2. Culture de fleurs coupées dans du substrat

de coco en Côte d’Ivoire 89

Chapitre 6 91

Projets de démonstration et d’investissements 91

Argentine 94

Description du projet 94

Résultats 94

Evaluation des alternatives 95

Kenya 96

Description du projet 96

Résultats 96

Evaluation des alternatives 98

Guatemala 99

Description du projet 99

Costa Rica 99

Description du projet 99

République Dominicaine 100

Description du projet 100

Annexe I 103

Autres documents et sources d’information

103

Publications sur le bromure de méthyle du Programme

Action Ozone du PNUE DTIE 103

Autres publications intéressantes 105

Sites internet 107

Annexe II 109

Programme ActionOzone du PNUE DTIE 109

PNUE, Division Technologie, Industrie et Economie 112

Glossaire 115

8


Comment utiliser ce Manuel

Ce Manuel est conçu comme un guide général pour la mise en œuvre

d’alternatives au bromure de méthyle dans la production commerciale des

fleurs coupées. Son objectif est de fournir une information pratique et

claire, utilisable par les producteurs, formateurs, assistants techniques et,

d’une manière générale, par toute personne impliquée dans l’élimination

du bromure de méthyle. Sa présentation est claire, explicative et expose des

exemples concrets. Les informations contenues pourront être utilisées lors

de programmes de formation et ateliers ou pour d’autres activités. Toutefois,

ce manuel ne doit être considéré que comme un guide car certaines alternatives

doivent encore être évaluées et adaptées aux conditions locales.

Les informations présentées se basent sur des expériences concrètes

menées dans des exploitations de production, des conclusions

scientifiques et des publications (livres et rapports). En aucun cas, les

auteurs de ce manuel ou le Programme des Nations Unies pour

l’Environnement ne pourront être tenus responsables d’échecs ou de

conséquences imprévues résultant de son utilisation.

Les alternatives exposées dans ce manuel ont été organisées en sept chapitres:

¨ !Chapitr

Chapitre 1 – description générale des alternatives qui se sont

avérées opportunes pour remplacer le bromure de méthyle,

notamment dans la culture des fleurs coupées.

¨ ! Chapitre e 2 – analyse détaillée de la Lutte Phytosanitaire

Intégrée (LPI) avec exemples et propositions d’application en

floriculture. De nombreux experts considèrent la LPI comme

l’unique solution réellement efficace, non seulement pour

l’élimination du bromure de méthyle, mais également pour une

production durable utilisant des quantités moindres de pesticides.

¨ !Chapitr

Chapitre e 3 – présentation de la stérilisation par vapeur, l’une

des meilleures alternatives au bromure de méthyle. Il convient

cependant d’utiliser correctement la vapeur et l’on obtient les

meilleurs résultats lorsque cette méthode fait partie d’un programme

de LPI. Problèmes éventuellement rencontrés lors de son utilisation.

Exemples d’utilisation de la vapeur en floriculture.

9


♦ Chapitre e 4 – compostage étape par étape de résidus végétaux,

source de matière organique et de micro-organismes utiles qui

s’est avérée efficace en rendant moins nécessaire la désinfestation

du sol. En outre, le compost constitue une excellente source nutritive

et son application sur les plantes peut jusqu’à un certain

point remplacer les engrais chimiques.

♦ Chapitre 5 – culture dans des substrats hors-sol, autre alternative

très efficace. Ce chapitre insiste particulièrement sur les

substrats qui se sont avérés opportuns dans les pays en voie de

développement qui ne peuvent accéder à certains matériaux

comme la laine de roche utilisés dans le monde industrialisé. Les

enveloppes de riz, les coques de café et le coir (fibre de coco)

offrent d’excellentes possibilités dans les régions tropicales et

subtropicales.

♦ Chapitre 6 – projets de démonstration, de formation et

d’investissements menés actuellement en floriculture par les

agences d’exécution du Fonds Multilatéral du Protocole de

Montréal. Figurent également les alternatives sélectionnées, les

contacts nécessaires et les résultats disponibles.

♦ Annexe I - compilation des principaux manuels et documents

publiés par le PNUE sur l’élimination du bromure de méthyle.

Figurent également les adresses internet et les autres publications

susceptibles de fournir des informations supplémentaires sur les

alternatives décrites.

♦ Annexe II- PNUE et Programme ActionOzone.

♦ A Glossaire situé en fin de publication; il définit les termes

techniques généralement utilisés pour décrire les alternatives

abordées.

Les informations contenues dans ce manuel peuvent être librement

utilisées et traduites dans d’autres langues à des fins pédagogiques

ou pour diffusion pourvu que la source y soit clairement citée.

Pour mieux comprendre la façon dont se présente ce manuel,

suivre le graphique ci-dessous:

10


Graphique 1: Comment utiliser ce manuel

CHAPITRE 2

Lutte Phytosanitaire

Intégrée (LPI)

* Définition

* Composantes

* Mise en oeuvre

* Exemples concrets

CHAPITRE 1

Information générale

* Pourquoi utiliser le BM

en floriculture

* Quelles autres solutions

sont disponibles

CHAPITRE 6

Projets de démonstration

et d’investissement

* Description générale de

projets élaborés par des

agences d’exécution

* Premiers résultats et

résultats finaux disponibles

CHAPITRE 3

Stérilisation à la vapeur

* Définition

* Variables influençant son

efficacité

* Problèmes liés à la vapeur

*Exemples concrets

CHAPITRE 4

Compostage

* Procédé du compostage

* Variables et facteurs

influençant son

efficacité

* Lombrics

* Résultats – exemples

concrets

GLOSSAIRE

CHAPITRE 5

Substrats hors-sol

* Rôles d’un substrat

* Types de substrats

* Exemples concrets

ANNEXE I

Autres es ouvrages et sources

ces

d’information

ANNEXE II

Le PNUE DTIE et le Programme

ActionOzone

11


Introduction

Le bromure de méthyle est un fumigant à large spectre utilisé depuis plus

de 40 ans pour éliminer des parasites et maladies affectant de nombreuses

cultures. Il permet également d’éliminer la plupart des graines de mauvaises

herbes et autres organismes gênants comme les rongeurs. Bien que son

application requière des procédures particulières, il se disperse rapidement

et est idéal pour fumiger les sols pour les cultures agricoles intensives et

continues. On l’utilise principalement comme fumigant du sol mais il

sert également à éliminer les parasites présents dans les silos, à décontaminer

les navires, les infrastructures et même les avions. On l’utilise également

dans des applications de quarantaine pour éviter l’entrée et/ou la propagation

de parasites indésirables dans un pays.

En raison de son potentiel élevé d’appauvrissement de l’ozone, les Parties au

Protocole de Montréal ont porté le bromure de méthyle sur la liste des substances

appauvrissant la couche d’ozone (SAO). Il convient donc de cesser sa

production et sa consommation dans les délais fixés par le Protocole de Montréal.

L’appauvrissement de la couche d’ozone augmente la radiation ultraviolette,

ce qui accroît le risque de cancer cutané chez les êtres humains et représente

de sérieux risques pour l’environnement. D’autres inquiétudes pèsent sur le

bromure de méthyle: il menacerait l’environnement en tant que polluant

potentiel pour les sols et sources d’eau, la biodiversité du sol et représenterait

de sérieux risques pour la santé des humains en raison de sa haute toxicité,

notamment pour la fonction de reproduction.

Illustration 1. Image satellite du trou d’ozone – 1 er octobre 2000.

Source: CSIRO, Canberra, Australie

13


Pour soutenir cette décision, le PNUE, par l’intermédiaire de son

Programme ActionOzone, est chargé d’aider les pays à parvenir à

l’élimination. Actuellement, plus de 167 pays ont signé le Protocole de

Montréal. Le Comité des Choix Techniques pour le Bromure de Méthyle

(CCTBM) du PNUE a été spécialement créé pour aider à identifier les

alternatives pour toutes les utilisations du bromure de méthyle. Par

ailleurs, le Fonds Multilatéral, qui fournit une aide technique et financière

aux pays en voie de développement pour éliminer leurs SAO, mène des

projets de démonstration et d’élimination, des ateliers et des formations,

notamment pour éliminer le bromure de méthyle (voir Annexe I

pour de plus amples informations).

L’utilisation la plus répandue de bromure de méthyle est, de loin, la

fumigation, qui représente environ 76% de la consommation mondiale

totale. Il est principalement utilisé comme traitement de pré-plantation

dans la production de cultures d’exportation à forte valeur économique

comme le tabac, les fleurs coupées, les fraises, les bananes, les melons,

les tomates et certains légumes. Cependant, des alternatives au bromure

de méthyle ont été identifiées ces dernières années pour toutes ces cultures

et permettent d’obtenir des produits de première qualité.

Le tableau 1 présente les échéances fixées par le Protocole de Montréal

pour éliminer le bromure de méthyle dans les pays industrialisés et les

pays en voie de développement.

Chaque pays peut, s’il le désire, procéder à des réductions ou une

élimination anticipées; c’est ce qu’ont fait certains hors de l’UE comme

la Suisse, la Colombie et plus récemment l’Argentine et la Jordanie

(Août 2000). Parfois, les raisons étaient autres que le Protocole de

Montréal (production plus propre et pratiques moins risquées, etc.,

comme l’aborde le chapitre 1).

Pour les utilisations agricoles pour lesquelles aucune alternative n’aura

été trouvée avant 2005, la Commission et les Etats Membres

examineront les utilisations critiques et il sera peut-être permis d’importer

et d’utiliser du bromure de méthyle. Le nouveau plan de l’UE appelle à

un gel des utilisations de quarantaine et de pré-expédition du bromure

de méthyle, basé sur la moyenne des importations et de la production

entre 1996-1998. Ce gel est effectif depuis le 1 er janvier 2001.

14


Tableau 1. Plan d’élimination du bromure de méthyle

Pays non-soumis à l’Article * Gel sur la production et la

5 (pays industrialisés) consommation basé sur les niveaux

de 1991, appliqué depuis 1995

* 1999: réduction de 25% de la

production et de la consommation

basée sur les niveaux de 1991

* 2001: réduction de 50%

* 2003: réduction de 70%

* 2005: élimination totale

Pays soumis à l’Article 5 * 2002: gel de la production et de la

(pays en voie de

consommation basé sur la moyenne

développement) 1995-1998

* 2005: réduction de 20%

* 2015: élimination totale

Tous pays confondus

Actuellement, les utilisations de

quarantaine et de pré-expédition

ne sont pas soumises à l’élimination.

Cela implique par exemple

des traitements requis par des

pays importateurs pour

empêcher l’introduction de parasites

ou maladies justiciables de

quarantaine potentiellement

présents dans des céréales.

Quelques rares exemptions

peuvent être accordées pour des

cas « critiques » ou « d’urgence ».

La Communauté Européenne a volontairement accéléré son plan

d’élimination comme suit:

♦ Réduction de 25% de la production par rapport au niveau

de 1991, d’ici 1999

♦ Réduction de 60% d’ici 2001

♦ Réduction de 75% d’ici 2003

♦ Elimination totale d’ici au 31 décembre 2004.

Cependant, l’utilisation de bromure de méthyle est autorisée en UE

pour l’agriculture jusqu’au 31 décembre 2005.

15


Chapitre 1

Alternatives au Bromure de Méthyle

en floriculture

Pourquoi utiliser le bromure de méthyle en

floriculture ?

La production floricole commerciale mondiale se caractérise par

d’importants investissements et des exigences de première qualité qui

impliquent souvent une utilisation intense de pesticides. Le

consommateur souhaite des fleurs parfaites, non abîmées par des parasites

ou maladies. Par ailleurs, on cultive de plus en plus de fleurs dans

des pays tropicaux où le climat favorable permet une bonne production

annuelle à des coûts raisonnables. Les fleurs sont alors exportées vers

des pays tempérés. Le commerce grandissant des fleurs a conduit à

l’instauration de mesures phytosanitaires strictes aux ports d’entrée, les

autorités concernées devant éviter toute introduction et propagation

de parasites dans leur pays: les exportateurs doivent en général envoyer

des fleurs non-porteuses de maladies et de parasites.

Plus important encore, dans chaque pays où l’on cultive des fleurs à but

commercial, la production est particulièrement touchée par des maladies

graves qui règnent et se développent dans le sol, provoquant

d’importantes pertes en qualité et en rendement. Il peut être difficile

d’éliminer ces organismes nocifs du sol qui rendent parfois inaptes à la

production de fleurs sensibles des régions entières et exigent une

désinfestation complète du sol. Le traitement de choix a

traditionnellement été la fumigation au bromure de méthyle, étant donné

son large spectre d’action, son efficacité et son coût généralement

inférieur à celui d’autres fumigants.

17


Tableau 2. Exemples de maladies et parasites du sol des fleurs coupées

Fleur Nom Usuel Cause

Œillets Flétrissure vasculaire Fusarium oxysporum f.sp. dianthi

Anguillule à kyste,

anguillule-épingle, Heterodera sp, Paratylenchus sp

anguillule des racines Pratylenchus spp

Scutigerelle,

Collembolas Classe des Symphyllidae, Collembola

Limaces et escargots Classe des Gastéropodes

Roses

Tumeur bactérienne

du collet

Nématodes,

anguillule des

racines, anguillule

Scutigerelle,

Collembolas

Agrobacterium tumefaciens

Meloidogyne sp, Pratylenchus sp

Classe des Symphyllidae, Collembola

Chrysanthèmes Pourridié Phoma chrysanthemicola

Fusariose Fusarium oxysporum f.sp.

chrysanthemi

Nématodes – Aphelenchoides sp,

anguillules, Pratylenchus sp, Meloidogyne

anguillule Pythium sp, Sclerotinia sclerotiorum,

des prairies, Rhizoctonia sp, Sclerotium rolfsii,

anguillule des Verticillium sp

racines et de la tige

Tumeur bactérienne

du collet

Agrobacterium tumefaciens

Scutigerelle,

Collembolas Classe des Symphyllidae, Collembola

Limaces et escargots Classe des Gastéropodes

Callas Pourriture molle Erwinia carotovora

Héliconias Pourriture sèche Pseudomonas solanacearum race 1

Bulbes Nématodes Ditylenchus sp et autres

Toutes Mauvaises herbes Oxalis sp, Cyperus sp

Nématodes Plusieurs genres

18


Fig. 1. Couches traitées au bromure de méthyle

dans une exploitation de fleurs tropicales au Costa

Rica.

Quelles autres solutions sont disponibles?

Sensibilisés à l’élimination du bromure de méthyle, de nombreux producteurs

de fleurs du monde entier ont exprimé leur inquiétude, invoquant qu’aucune

alternative n’était aussi efficace que ce fumigant et qu’étant donnée l’exigence

de qualité imposée sur leurs produits, ils risquaient de faire faillite.

Il est toutefois possible de produire des fleurs d’excellente qualité sans

bromure de méthyle. La Colombie en est le meilleur exemple: après

l’échec des premiers essais avec du bromure de méthyle il y a 30 ans, les

producteurs ont été forcés de trouver des solutions alternatives. Depuis

longtemps, la Colombie est le deuxième pays exportateur après les Pays

Bas; sa production dépassait les US$600 millions en 1999. Les

producteurs expérimentés ont utilisé le bromure de méthyle au début

de leurs activités mais ont abandonné son utilisation car a) son applica

Photo: Marta Pizano.

Fig. 2. Floriculture colombienne pratiquée sans bromure

de méthyle. Certaines conditions comme une teneur

élevée en matière organique dans les sols peuvent rendre

ce fumigant toxique pour les plantes.

Photo: Marta Pizano.

19


tion était trop compliquée et dangereuse et b) à l’époque, il était

considéré comme trop onéreux. (Aujourd’hui, de nombreux

producteurs du monde entier contestent cette théorie et estiment que

le bromure de méthyle est moins onéreux que d’autres alternatives).

Par ailleurs, la raison la plus valable justifiant de ne pas utiliser le bromure

de méthyle en Colombie réside dans le taux très élevé de matière organique

contenue dans le sol colombien (18% en moyenne). Le brome issu du

bromure de méthyle se fixe dans le sol, provoquant des problèmes de

phytotoxicité difficiles à résoudre. Bien que très récemment, certains

producteurs de fleurs colombiens ont essayé le bromure de méthyle (avec

de bons résultats semble-t-il) mais la plupart (95%) refusent de l’utiliser

pour désinfester le sol.

Pour remplacer le bromure de méthyle, le producteur doit procéder à

une nouvelle approche de production. Aucune substance unique ne

peut le remplacer; il convient alors de combiner plusieurs mesures pour

parvenir à réduire une maladie. Cette stratégie, appelée Lutte

Phytosanitaire Intégrée (LPI), est détaillée dans le prochain chapitre.

Dans certains pays, on utilise déjà plusieurs alternatives au bromure de

méthyle en floriculture, souvent avec d’excellents résultats. Le Tableau

3 cite quelques exemples.

Ce manuel s’intéressera particulièrement aux alternatives les mieux

adaptées à la floriculture. Selon les conditions environnementales, l’offre,

les infrastructures disponibles, certaines alternatives seront plus adaptées

que d’autres pour un producteur donné. Le meilleur choix consiste

cependant à combiner ces méthodes en un programme unique de façon

à ce qu’elles donnent les meilleurs résultats. Ceci nous conduit à la

notion de LPI.

La LPI n’est en rien un nouveau concept en agriculture ni en floriculture.

Les chercheurs l’abordaient déjà dans les années 50 et 60 et certains

producteurs s’intéressaient à son application. Au cours des 15 dernières

années, cette solution s’est avérée particulièrement intéressante d’un

point de vue commercial pour les raisons évoquées ci-dessus et des études

de cas détaillées sont disponibles. Enfin, d’excellentes publications existent

sur ce sujet et méritent d’être consultées (voir également l’Annexe

I pour les documentations sur les alternatives au bromure de méthyle).

20


Tableau 3. Exemples d’alternatives au bromure de méthyle utilisées

en floriculture dans le monde entier.

Type de Production

Alternative

Pays

Cultures

Vapeur Brésil, Colombie, Europe, USA

protégées

Solarisation Pays industrialisés, Jordanie,

Liban, Maroc

Lutte biologique

Pays industrialisés

Substrats

Brésil, Canada, Europe, Maroc,

Tanzanie, USA, Colombie

Amendements organiques Tous

Rotation des cultures Tous

Variétés résistantes Tous

Biofumigation

Pays industrialisés (Espagne)

Métam-sodium

Pays industrialisés, Jordanie,

Liban, Maroc, Colombie

Champs à Dazomet, Métam-sodium Pays industrialisés, Brésil, Costa

ciel ouvert

Rica, Egypte, Jordanie, Liban,

Maroc, Tunisie

1,3 Dichloropropène Pays industrialisés

Chloropicrine

Pays industrialisés, Zimbabwe

Amendements organiques Tous

Rotation des cultures Tous

Variétés résistantes Tous

Solarisation

Pays industrialisés

Adapté du Rapport du Comité des Choix Techniques pour le Bromure de Méthyle. 1998 Assessment of

Alternatives to Methyl Bromide. PNUE, 1999.

Après en avoir pris connaissance, de nombreux producteurs réaliseront

qu’ils utilisent déjà de nombreuses composantes de la LPI:

· Systèmes d’irrigation évitant d’asperger de l’eau et donc de

disséminer certains parasites et maladies

· Achat de boutures, graines ou plantes auprès de sélectionneurs

de semences ou de spécialistes en multiplication végétative

renommés garantissant des produits sains

· Utilisation de systèmes de ventilation dans des serres

Ces exemples de pratiques peuvent figurer dans une approche intégrée

visant à éradiquer parasites et maladies. L’étape suivante consiste à

organiser l’information tirée de ces pratiques pour établir un programme

structuré qui mènera à une gestion intégrée des pathogènes menaçant

une culture spécifique.

21


Avantages de la LPI

La LPI permet d’obtenir des résultats inestimables sur lesquels il faudrait

toujours insister auprès des producteurs quand la LPI leur est expliquée:

par exemple, il est tout à fait possible de réduire l’utilisation globale de

pesticides et continuer à utiliser ces substances chimiques avec prudence.

Les producteurs appliquant des LPI ont réduit de plus de 40% la quantité

totale de pesticides, ce qui est considérable, comparé à l’ancienne

approche qui consistait à vaporiser plusieurs fois par semaine par simple

prévention, sans même savoir si des parasites étaient encore présents.

Non seulement cette production est acceptable pour l’environnement

mais à long terme, elle représente d’importantes économies. Il en est de

même pour d’autres aspects de la production comme la gestion des

déchets, l’utilisation de l’eau, etc. Les avantages d’une LPI sont à la fois

d’ordre environnemental et économique.

22


Chapitre 2

Lutte Phytosanitaire Intégrée

Approche respectueuse de

l’environnement

La LPI est la meilleure approche pour contrôler et éliminer tous les

problèmes phytosanitaires. Cette technologie efficace a fait ses preuves en

floriculture dans le monde entier et constitue une excellente alternative au

bromure de méthyle et autres fumigants du sol, toxiques et dont l’utilisation

risque d’être réduite au minimum voire interdite dans un avenir proche.

Il est important de réduire l’utilisation de pesticides puisque depuis plusieurs

années, les consommateurs de fleurs du monde entier incitent fermement les

producteurs à appliquer des pratiques plus acceptables pour l’environnement.

En fait, des programmes de labels écologiques comme le Milieu Project

Sierteelt (MPS) néerlandais, le programme colombien Florverde, les

Programmes allemand et kenyan d’Etiquetage des Fleurs (PEF) se

développent de plus en plus. Bien que différents, ces labels s’engagent

fermement à éviter toute contamination par des substances chimiques,

préserver l’écologie du sol (menacé par le bromure de méthyle) et réduire les

risques pour la santé des hommes lors de l’application de substances chimiques.

Certains labels (MPS) interdisent notamment l’utilisation de bromure de

méthyle. Selon de nombreux experts de l’industrie, seuls les producteurs qui

respectent l’un ou plusieurs de ces programmes conserveront une part

satisfaisante du marché dans un avenir proche.

MPS

MILIEU PROJECT SIERTEELT

Floriculture Environment Project

Flower Label Program

Trois des programmes écologiques ou de labels écologiques actuellement utilisés

en floriculture: Florverde (Colombie), MPS (Pays Bas) et le Programme d’Etiquetage

des Fleurs (Allemagne).

23


Les producteurs du monde entier recherchent activement des pratiques

leur garantissant une production plus durable. Le terme « durable »

s’applique aux méthodes de production qui peuvent être appliquées sur

une période de temps illimitée sur un même site, sans appauvrir les ressources

naturelles. En d’autres termes, on souhaite protéger davantage les sols,

l’eau, l’air, les populations animales et végétales naturelles (micro-organismes

y compris) et utiliser en quantités bien moindres les pesticides et fumigants,

substances potentiellement polluantes et susceptibles de les intoxiquer.

Dans la production de fleurs coupées et de plantes d’ornement, la LPI répond

à une utilisation rationnelle des pesticides en général et à une meilleure

préservation des ressources naturelles et permet d’éliminer le bromure de

méthyle. L’essentiel de la LPI est résumé dans le (Tableau 4).

Qu’est-ce que la LPI?

La LPI est une autre approche pour éliminer les parasites et maladies.

Au préalable, le producteur doit impérativement collecter des informations

et apprendre à les exploiter. Il doit bien se documenter sur les

parasites et maladies qui attaquent une culture:

· Mode de reproduction et de propagation ?

· Cycle de vie ?

· Conditions environnementales favorisant leur développement ?

· Variétés les plus fragiles et les variétés résistantes ?

Une fois ces informations collectées, il est possible d’élaborer un programme

pour réduire, avec plusieurs outils, les populations de parasites ou les maladies.

Par nature, la LPI inclut l’utilisation de tous les moyens possibles (et

pas uniquement un contrôle chimique) pour réduire et prévenir la fréquence

et les effets d’une maladie ou d’un parasite. Cette méthode contribue d’une

certaine façon à réduire les parasites et à utiliser bien moins de pesticides

chimiques, même si, à elle seule, elle parvient rarement à traiter totalement

le sol. Pour de nombreux chercheurs et producteurs, la LPI constitue

aujourd’hui la seule solution durable pour éliminer les maladies et parasites

dangereux qui attaquent de nombreuses cultures.

Quelle est son efficacité?

Dans la pratique, la LPI apporte d’excellents résultats non seulement en

améliorant l’efficacité de l’entreprise productrice mais aussi parce que, à

24


terme, elle permet d’économiser des ressources naturelles et de l’argent.

Au cours des dernières années, producteurs et chercheurs ont obtenu des

résultats si encourageants avec cette stratégie que la LPI se développe et on

commence à introduire le concept de Lutte des Cultures Intégrées (LCI).

La LCI s’explique ainsi: puisque toute action d’un producteur (arrosage,

amendement, pratiques culturales, etc.) peut influer sur la reproduction et

la propagation de parasites et maladies, il convient de considérer ces pratiques

lors de l’élaboration de programmes ou contrôles phytosanitaires.

Par exemple, irriguer au goutte à goutte peut permettre de réduire la propagation

de certains pathogènes causée par l’aspersion d’eau; certains champignons

se développent davantage lorsque les plantes sont amendées avec de

l’azote sous forme d’ammonium plutôt qu’avec des nitrates, etc.

Les principales composantes de la LPI sont décrites ci-dessous. Chacune

de ces composantes sera ensuite détaillée. Il est essentiel de garder à

l’esprit que chaque méthode appliquée isolément permettra rarement

de maîtriser un problème. Au contraire, c’est en combinant plusieurs

techniques que l’on obtiendra des résultats satisfaisants.

De nombreux pays recourent à la LPI en floriculture pour éliminer avec

succès parasites et maladies. Par exemple, dans le cas de la fusariose de

l’œillet, les producteurs colombiens utilisant cette méthode ne

rapportent que de 1-2% de pertes par an dues à cette maladie par rapport

aux 20-40%, voire plus, lorsqu’ils ne recourent qu’à la désinfestation

des sols. Cela signifie également une baisse globale de l’utilisation de

pesticides et non uniquement des fumigants du sol. La LPI contribue

nettement à protéger l’environnement, améliorer la sécurité des

travailleurs et réduire les coûts de production à long terme.

1. Dépistage ou surveillance

En clair, le dépistage constitue la base de la LPI. En termes simples,

dépister ou surveiller implique de se rendre sur le terrain pour chercher

si la culture présente des symptômes ou indique la présence concrète

d’une maladie ou d’un parasite connu pour endommager les fleurs

cultivées. En dépistant sa culture, un producteur ou un technicien ne

découvre pas uniquement les parasites ou maladies qui attaquent ses

plantes (heureusement, jamais plus de trois ou quatre, bien qu’ils puissent

se révéler sérieux), il peut également les détecter rapidement et même

découvrir leur source. Il est essentiel de détecter les parasites et mala-

25


Tableau 4. Principales composantes de la Lutte Phytosanitaire Intégrée.

1. Surveillance (dépistage)

♦ Ressources humaines – Personnel formé pouvant détecter et identifier des

problèmes sur le terrain

♦ Cartographie – Identification des zones infestées (foyers) et des parasites/

maladies présents

♦ Collecte des informations – déterminer un seuil d’action

♦ Evaluation et décisions – convient-il d’appliquer des mesures, allant de

l’« action zéro » à l’utilisation de pesticides, où et quand ?

2. Contrôle par exclusion

♦ Mise en quarantaine de plantes et révisions

♦ Matière végétale saine

3. Lutte culturale

♦ Eviter que des mauvaises herbes ou autres plantes agissent comme hôtes

intermédiaires

♦ Rotation des cultures

♦ Bonne ventilation pour réduire la maladie (provoquée par un champignon

par exemple)

♦ Maintenir en bon état les couvertures des serres et garder les zones de culture propres

♦ Choisir des pratiques d’amendement et d’arrosage empêchant la propagation

des parasites

♦ Limiter le passage des travailleurs et véhicules entre les zones touchées et les zones saines

4. Lutte physique

♦ Pièges à insectes (jaunes, bleus) pour réduire et surveiller les populations

♦ Moustiquaires et autres écrans limitant l’entrée des insectes

♦ Aspirateurs ou pompes aspirantes pour attraper les insectes

♦ Arrachage des plantes malades et traitement des infestations localisées

♦ Stérilisation du sol par vapeur avant plantation

♦ Décontamination des chaussures, outils, etc.

♦ Substrats hors-sol

♦ Solarisation

5. Lutte biologique

♦ Biopesticides (certains sont aujourd’hui disponibles dans le commerce)

♦ Agents de lutte biologique utilisés à but expérimental à plusieurs reprises

mais très prometteurs

♦ Incorporer du compost et/ou des organismes utiles dans le sol

6. Contrôle génétique

♦ Variétés résistantes, disponibles pour certains parasites et maladies

7. Contrôle chimique

♦ Fumigants du sol et autres pesticides

♦ Désinfectants

26


dies dès le début, de traiter les foyers dès leur apparition et d’utiliser

si possible des solutions autres que chimiques. Un producteur doit

bien comprendre l’importance de cette phase: il doit absolument

prévoir dans son budget des fonds pour mettre en œuvre ce dépistage.

Un bon programme de dépistage

implique les procédures suivantes:

Formation

Les employés doivent être

spécialement affectés et formés à cette

tâche. Ils doivent savoir se concentrer

sur des détails et être des observateurs

attentifs. Les prospecteurs doivent

apprendre à distinguer les symptômes

d’une maladie ou d’un parasite

spécifique dès que possible. Des

supports visuels (diapositives, images

ou illustrations) ainsi que des

démonstrations in situ peuvent leur

être très utiles.

Fig. 3. Dépistage de parasites et de maladies

dans une exploitation colombienne de

chrysanthèmes.

Certaines personnes possèdent des

aptitudes particulières pour dépister. Il est logique de les nommer pour

cette tâche. Il est également très utile de former chaque employé de

l’exploitation car emballeurs, cueilleurs, arroseurs et autres peuvent

grandement contribuer à signaler les premiers symptômes d’un parasite

ou maladie s’ils savent comment les repérer. Rappelez-vous: plus

un problème est détecté tôt, plus il sera facile à éliminer.

Cartographie

raphie

Toutes les zones de culture

doivent faire l’objet d’une

cartographie. Les prospecteurs

doivent effectuer leur travail sur

une carte ou un plan de la zone

qu’ils examinent. En effet, il

est très utile de savoir où et

quand une maladie ou un

parasite apparaît et cela peut

Fig. 4. La cartographie et l’enregistrement des

données sont essentiels dans le cadre d’une LPI.

Photo: Asocolflores.

Photo: Asocolflores.

27


permettre de ne traiter que le foyer sans avoir à traiter toute la zone.

L’utilisation de pesticides s’en trouvera ainsi réduite. Une information

archivée peut se révéler importante pour l’avenir: si le producteur

sait par exemple qu’une variété d’œillet a été naguère ravagée par le

flétrissement sur une zone donnée, il évitera de replanter la même

espèce ou une autre espèce sensible dans la même couche. Cela indique

quelles variétés sont plus sensibles à un fléau et quand ce fléau survient

habituellement (par temps sec ou humide; les jours/nuits froids ou

chauds). Enfin, la cartographie détermine si un fléau particulier peut

provenir d’une exploitation voisine ou de la décharge.

Les prospecteurs doivent être formés pour évaluer ou classifier l’ampleur

des dommages observés. On peut attribuer un chiffre en fonction de la

gravité du fléau (par exemple 1 s’il est très grave, 2 s’il est moyennement

grave et 3 s’il est faible). Utiliser des codes de couleur peut également se

révéler utile (rouge pour une récolte très touchée, jaune si elle l’est

moyennement et vert si elle est peu touchée). Ainsi, chiffres ou couleurs

reportés sur la carte permettront d’évaluer avec précision un fléau

particulier, comment il se propage, quelles variétés sont touchées, etc.

Seuil d’action

Pour les principaux parasites ou maladies nécessitant une action

immédiate, il est important d’établir un seuil d’action. Même si

l’exigence de qualité des fleurs coupées est très élevée (chacun veut des

fleurs parfaites), les producteurs peuvent souvent attendre que le

problème prenne de l’ampleur pour appliquer un traitement particulier.

Par exemple, il est possible de tolérer des populations de thrips avant

d’appliquer des pesticides. En surveillant ces populations, les producteurs

peuvent déterminer leur seuil de tolérance au-delà duquel ils

entreprendront des actions d’élimination. Un seuil d’action est plus

pratique qu’un « seuil d’endommagement », car il dépend de la propre

expérience de l’exploitant et de son évaluation des risques. De nombreux

calculs sont nécessaires pour établir un seuil d’endommagement. Des

informations archivées collectées comme décrit précédemment s’avèrent

essentielles pour établir un tel seuil et très utiles dans le temps. Elles

peuvent également aider un producteur à décider d’appliquer des

traitements préventifs avant qu’un problème ne prenne trop d’ampleur.

Evaluation de l’information et prise de décisions

Les informations de dépistages sont à la base de toute décision importante

de la part des chefs de culture ou des coordinateurs concernant:

28


l’opportunité et le moment d’appliquer un pesticide ou un fumigant ; les

types (et même variétés de fleurs) à utiliser pour les nouvelles plantations ;

les problèmes auxquels on peut s’attendre en fonction des conditions

climatiques. Par exemple, un sol humide favorise le développement de

champignons du sol comme le Rhizoctonia et le Pythium alors que certains

parasites comme les tétranyques préfèrent des conditions chaudes et sèches.

2. Contrôle par exclusion

Trois conditions doivent être réunies pour qu’un parasite ou une maladie

apparaisse à un moment donné:

Un hôte sensible,

Un parasite virulent ou un agent pathogène,

Des conditions climatiques adéquates.

On peut éviter de façon substantielle voire optimale leur apparition

si un parasite n’entre en aucun cas en contact avec son hôte sensible

(pendant une période sensible). L’environnement pouvant être

modifié (voir paragraphe 3 sur la lutte culturale ci-dessous), deux

alternatives fructueuses s’offrent alors:

Quarantaines et inspections des plantes

L’introduction d’une nouvelle variété ou substance végétale

étrangère dans un pays ou une zone de culture devrait être soumise

à une surveillance attentive. Les gouvernements disposent souvent

de programmes et législations spécifiques à cet effet exigeant que

l’importateur de plantes ou de graines ainsi que l’exportateur ou le

fournisseur respectent des réglementations pour garantir la santé

de cette plante étrangère.

Toutefois, un producteur peut également mener son propre programme

de quarantaine et isoler des nouveaux produits jusqu’à ce qu’il soit assuré

de leur bon état. Il est possible aujourd’hui de tester avant plantation la

présence de certains champignons et virus dans des boutures, portegreffes,

racines et même des graines. Une substance végétale contaminée

peut par conséquent être éliminée avant de provoquer des dégâts.

Matière végétale saine

On n’insiste jamais assez sur l’importance d’utiliser des matières

végétales saines. Le risque le plus manifeste de propagation de parasites

ou de maladies passe par la matière végétale, notamment lors

de la multiplication végétative (bouturage). Trop souvent cependant,

29


30

Photo: Asocolflores.

des graines, boutures ou portegreffes

en apparence sains sont

porteurs de faibles populations

d’un organisme dangereux qui

se développe et provoque une

épidémie quand la plante

grandit et/ou lorsque les conditions

environnementales sont

réunies. De nombreuses maladies

graves ont ainsi été

introduites dans des zones de

culture ou des pays sains au préalable. La matière végétale peut être

testée en laboratoire spécialisé et les producteurs peuvent demander

des substances soumises à des contrôles d’hygiène réglementaires

auprès de leurs fournisseurs. Cette certification peut être obtenue

auprès d’agences gouvernementales chargées de l’agriculture.

Fig. 5. La culture de tissus végétaux est la méthode

la plus efficace pour obtenir une matière végétale saine.

3. Lutte culturale

De nombreuses pratiques culturales peuvent entraver ou retarder la

dissémination d’un problème. La plupart de ces pratiques consistent à

maintenir les zones de culture saines mais également essayer d’influer sur le

milieu ambiant pour éviter qu’il ne soit vecteur de la maladie (sans toutefois

nuire à la plante). La stratégie choisie dépendra entre autres du parasite ou

de la maladie spécifique à éliminer, des conditions de culture, des espèces

de fleurs et de variétés cultivées. Les exemples qui suivent illustrent ce propos:

Elimination des mauvaises aises herbes

De nombreuses mauvaises herbes communes (et également des plantes

non considérées comme des mauvaises herbes) peuvent servir d’hôte

intermédiaire pour de nombreux parasites ou maladies. Ainsi, lors du

traitement de plantes cultivées, les parasites peuvent survivre sur des

mauvaises herbes anodines, puis se propager à nouveau sur les plantes

cultivées une fois l’effet de la substance chimique (ou d’un autre

traitement) dissipé. C’est pourquoi les mauvaises herbes sont très

souvent des parasites à éliminer absolument. C’est le cas des espèces

Oxalis sp et Cyperus, actuellement éliminées par le bromure de

méthyle dans des exploitations floricoles de certains pays. Si le coût

de l’arrachage manuel des mauvaises herbes est acceptable, cette solution

devra être envisagée. Dans tous les cas, n’attendez pas que la

plante fleurisse ou graine pour éliminer les mauvaises herbes.


Rotation des cultures

es

Certains parasites ou maladies sont spécifiques à leur hôte et mourront

en leur absence. Ainsi, il serait judicieux d’alterner la culture infestée avec

une autre pendant un certain temps. Cette période dépend principalement

de la capacité de survie du pathogène en l’absence de son hôte. Pourtant,

cette solution n’est pas souvent envisageable en floriculture car des fleurs

comme les roses, par exemple, ont des cycles productifs trop longs (5 à

10 ans) pour procéder à une rotation. Dans d’autres cas, l’agent pathogène

survit très longtemps, même en l’absence d’un hôte sensible puis redevient

infectieux dès que ce dernier est replanté au même endroit. Tel est le cas

de la fusariose, de la tumeur bactérienne du collet (Agrobacterium) entre

autres. Dans d’autres cas (comme les nématodes), le spectre d’hôtes

du pathogène est si étendu que la rotation ne permet pas de réduire

significativement les populations.

Ventilation

Lorsque les plantes poussent de façon trop rapprochée, l’air circule mal

et une humidité s’installe, favorisant le développement de nombreux

champignons comme le Botrytis et le mildiou. Au lieu d’appliquer des

pesticides, on peut améliorer la circulation de l’air pour réduire la maladie,

avec une densité de plantation adéquate. Ceci est particulièrement important

pour les cultures sous serre. Les serres trop vastes ou trop basses

par exemple sont plus difficiles à ventiler et leur température peut s’élever,

ce qui peut favoriser l’apparition de parasites.

Entretien des serres

es

Les serres devront toujours être propres et en bon état. On utilise

des serres pour améliorer l’environnement des plantes cultivées mais

Fig. 6. Une hygiène parfaite et des couvertures de serre en

bon état aident à maintenir des végétaux sains

Photo: Marta Pizano.

31


également pour éviter le développement d’un parasite ou d’une

maladie. De nombreuses rouilles et autres champignons comme la

pourriture grise (Botrytis) n’apparaîtront sur les plantes qu’en présence

d’eau sur les feuilles, quelle que soit l’humidité ambiante. Une serre

bien ventilée pourvue de couvertures en bon état empêchera une

trop grande quantité d’eau libre. Une serre pourvue de moustiquaires

aux mailles serrées peut empêcher la plupart des insectes d’entrer.

Règles sanitaires

Il faut éliminer tout débris de plante dans une serre ou autre lieu de

culture car nombre de parasites peuvent y survivre et s’y multiplier.

Arracher ou ôter toute plante ou partie de plante malade peut réduire

ou empêcher la dissémination d’un fléau.

Fertilisation et arrosag

osage

Pour commencer, des plantes saines et bien nourries résistent davantage

aux parasites et aux maladies que des plantes chétives. Cependant,

fertiliser et arroser peuvent directement influer sur le développement

et la propagation de nombreux parasites du sol (nématodes, champignons

comme le Fusarium entre autres). Voici quelques exemples:

- L’arrosage par gravité peut être le meilleur moyen de propager

un champignon du sol et même certains nématodes et graines

de mauvaises herbes dans une zone cultivée.

- Une bonne texture du sol associée à un arrosage selon les besoins

de la plante (en mesurant par exemple l’humidité du sol avec

des tensiomètres) permet un drainage adéquat et contribue à

éviter l’excès d’humidité du sol (facteur de développement de

maladies).

- Un pH acide empêche la croissance de bactéries et un pH basique

empêche celle des champignons. Moduler le pH dès que possible

(ne pas oublier de tenir compte de la préférence de la plante

quant au pH) ou choisir un site de culture avec le pH souhaité,

ce qui limitera le risque de maladies.

- L’irrigation au goutte à goutte (si cette pratique s’adapte à

l’espèce de fleur cultivée) peut réduire au minimum la propagation

de certains insectes, nématodes et spores fongiques qui

survient par aspersion d’eau.

- Des chercheurs ont découvert que certains champignons comme

le Fusarium, responsable de la flétrissure et du pourridié de

nombreuses plantes et fleurs comme l’œillet et le chrysanthème, se

développent plus rapidement lorsque les plantes sont amendées avec

de l’azote sous forme d’ammonium plutôt qu’avec des nitrates.

32


Limitation de l’accès aux serres es et aux zones de culture

La plupart des organismes du sol se propagent par le sol. Pour cette

raison, les travailleurs qui se rendent d’une zone infestée vers une zone

saine peuvent contribuer à la dissémination du fléau en transportant ce

dernier sous leurs pieds. Il en est de même pour les visiteurs ou les

véhicules qui se rendent à l’exploitation. Même des enfants ou animaux

familiers peuvent agir comme « vecteurs ». Cette situation peut être

évitée en limitant les mouvements à l’intérieur des zones de culture et

en attribuant une zone spécifique à chaque employé. En cas de

mouvements, on peut utiliser une solution désinfectante entre chaque

zone pour y tremper les chaussures; certains exploitants utilisent de la

chaux dont le pH très élevé élimine les champignons.

4. Contrôle physique

Parmi les contrôles physiques, on compte toute protection ou traitement

non-chimique qui réduit, prévient ou tue maladies ou parasites. Les

exemples suivants illustrent ce propos et même si certains ne constituent

pas par nature des alternatives au bromure de méthyle, il convient

de les prendre en compte lors d’un programme de LPI:

Pièges englués

Les insectes volants comme les thrips ou les mineuses sont attirés

par certaines couleurs comme le jaune vif. Le bleu et le blanc attirent

également les thrips. Les pièges, faits de carrés de carton ou de

plastique rigide recouverts d’une substance collante, sont dispersés

Photo: Natalia Martínez et Rodrigo Rodríguez.

Fig. 7. Les pièges jaunes attirent un large spectre

d’insectes. Des grands pièges comme ceux-ci

permettent de réduire les populations d’insectes.

Fig. 8. Les pièges bleus englués

attirent les thrips et permettent

d’évaluer les populations de cet

insecte.

Photo: Marta Pizano

33


dans la serre parmi les plantes. Plusieurs préparations collantes sont

disponibles sur le marché et l’on peut même utiliser de l’huile végétale

à cette fin. Les spécimens adultes voleront jusqu’aux pièges et s’y

colleront, permettant aux prospecteurs de les compter et d’établir, avec

les informations sur les dégâts provoqués, un seuil d’endommagement

précédemment décrit (ex: 1 à 5 adultes par semaine et par ½ hectare, il

est inutile d’appliquer des pesticides; 6 à 10 adultes, il convient de

procéder à une application et au-delà, un programme préventif est de

rigueur). Certains producteurs utilisent également de longues bandes

jaunes et/ou bleues de plastique collant à l’intérieur et autour des zones

de culture afin de réduire les populations d’insectes et les entrées en

provenance de sources extérieures. En règle générale, il faut utiliser 1-

2 pièges englués pour 100m 2 de zone cultivée.

Bien que les pièges englués constituent le moyen le plus efficace pour

éliminer les parasites volants, le cycle de vie de certains d’entre eux

comprend une ou plusieurs phases dans le sol (les thrips, par exemple, se

métamorphosent en pupes dans le sol). Ce type de piège contribue donc

indirectement à réduire les dégâts provoqués par des parasites du sol.

Moustiquaires

Lors de culture sous serre

(notamment le type de serre

pourvu de larges ouvertures

comme celles en polyéthylène),

il est possible d’installer

des écrans à fines mailles qui

empêchent les insectes les plus

minuscules d’entrer. Certains

d’entre eux comme les thrips

Fig. 9. Des moustiquaires à fines mailles empêchent

ou les pucerons étant vecteurs

les insectes de pénétrer dans une serre.

de certains virus, leur exclusion

est doublement bénéfique. Toutefois, le problème de ces écrans est leur

coût relativement élevé; ils sont plutôt destinés aux zones nécessitant un

soin plus particulier comme les couches de multiplication. Un autre

problème majeur est lié à la circulation de l’air considérablement restreinte,

ce qui accroît l’hygrométrie dans la serre et peut provoquer d’autres

maladies.

Aspirateurs ou pompes aspirantes

Des aspirateurs ressemblant aux aspirateurs domestiques sont utilisés

Photo: Natalia Martínez Rodrigo Rodríguez.

34


en Colombie et en Equateur pour

« faire le ménage » plusieurs fois

par semaine. Passés au-dessus et

au-dessous du feuillage des plantes,

les tuyaux de ces appareils aspirent

les insectes adultes et immatures

dans des sacs placés ensuite dans

de l’eau chaude pour les tuer. Cette

technique non-chimique s’est

avérée une option efficace par rapport

à la lutte chimique mais elle

implique l’accès à l’électricité dans

les rangées de fleurs.

Traitement du foyer de la maladie

Quand le dépistage révèle une

plante ou un groupe de plantes

touchées par un fléau particulier,

il faut appliquer un programme

d’éradication selon les

caractéristiques spécifiques des

parasites. Dans le cas de la

fusariose de l’œillet, par exemple,

la plante malade et toutes les

plantes présentes dans un rayon

de 1 mètre doivent être soigneusement

arrachées, enfermées dans

des sacs et sorties de la serre pour

être incinérées.

La zone qui a été arrachée est alors

traitée au formaldéhyde, à la

vapeur, à la chaux ou avec un

fongicide systémique pour

empêcher ou du moins retarder

la dissémination du champignon

sur d’autres plantes. Les foyers

traités devront être signalés sur les

cartes utilisées pour le dépistage

représentant les rangées de fleurs.

Fig. 10. Les aspirateurs sont très efficaces

pour réduire les populations d’insectes

volants. Le travailleur présente les résultats

de son aspiration en Equateur.

Fig. 11. Traitement local de fusariose

de l’œillet.

Photo: Floraculture International

Photo: Germán Arbeláez

35


Stérilisation du sol ou des substrats à la vapeur

Si elle est correctement appliquée, la stérilisation à la vapeur est

probablement la seule alternative dont les effets sont véritablement

comparables à ceux du bromure de méthyle. Toutefois, pour une efficacité

durable, cette technique doit être associée à un programme approfondi

de LPI. La stérilisation à la vapeur est développée dans le chapitre 3.

Substrats hors-sol

Bien que, dans de nombreuses régions, on cultive les fleurs en couches

de terre, les producteurs se tournent de plus en plus vers des couches

surélevées constituées de différents substrats normalement dépourvus

de parasites et maladies, facilement réutilisables après traitement. Des

pays comme les Pays-Bas utilisent cette technique depuis longtemps

car leur sol n’est pas propice à la culture en terre. De nouveaux substrats

disponibles dans ce pays sont actuellement adaptés à l’étranger. Des

exemples de telles expériences sont exposés au chapitre 5.

Autres protections

D’autres systèmes de protection peuvent être utilisés à l’entrée des

serres ou des exploitations floricoles selon la nature du parasite ou de

la maladie à éliminer. Par exemple, nombre de producteurs creusent

des rigoles peu profondes remplies d’une solution désinfectante que

traversent véhicules ou personnes avant d’entrer dans les zones

Photo: Marta Pizano.

Fig. 12. On utilise de la chaux pour

créer une barrière entre zones

contaminées et zones saines. Son pH

élevé élimine les spores fongiques.

Fig. 13. Travailleurs traversant une

solution désinfectante pour

éliminer de leurs chaussures

d’éventuels pathogènes.

Photo Natalia Martínez et Rodrigo Rodríguez.

36


cultivées. On utilise également de la chaux en poudre, y compris sur

le passage entre des zones saines vers les zones contaminées.

Paillis plastiques

On peut éliminer les mauvaises herbes, certains insectes et champignons

en couvrant le sol d’une bâche plastique percée en certains points pour

ne laisser pousser que les plantes souhaitées. Ce film est généralement

noir pour éviter que ne filtre la lumière nécessaire à la germination de

certaines graines et autres organismes. A l’inverse, on utilise également

ce type de paillis pour

accroître la quantité de

lumière pour les plantes.

Un film plastique en

double épaisseur, noir

sur le dessous et blanc

sur le dessus maximisera

l’intensité de la lumière

tout en évitant aux

mauvaises herbes et

organismes nocifs de se

développer. On utilise

avec succès ce système

pour cultiver des plantes

comme le Limonium,

Fig. 14. Des paillis plastiques comme celui-ci, posés sur

des couches de limonium, ont leur face inférieure noire

pour empêcher les mauvaises herbes de germer; leur face

supérieure est blanche pour accroître la luminosité.

(notamment du type perezzi) qui nécessitent une grande quantité de

lumière pour produire des tiges de la hauteur souhaitée.

Solarisation

En couvrant le sol humide d’un film polyéthylène transparent les

jours chauds et ensoleillés, la température de la couche supérieure du

sol peut dépasser 50°C. Lorsque ces conditions climatiques durent

plusieurs jours ou semaines, ces températures élevées peuvent pénétrer

jusqu’à 30 cm dans le sol et tuer de nombreux champignons,

nématodes et bactéries et réduire ainsi leur potentiel destructeur.

La solarisation est une technologie qui a fait ses preuves sur de

nombreuses pathologies. Toutefois, dans le cas de production intensive

sur toute l’année comme la floriculture, un traitement de

plusieurs semaines n’est pas rentable. Cette solution de substitution

dépend surtout des conditions climatiques et les pathogènes

ne seront éliminés qu’en partie si ces conditions ne sont pas réunies.

Photo: Marta Pizano.

37


5. Lutte biologique

Ces dernières années, de nombreuses recherches à l’échelle mondiale se sont

centrées sur la lutte biologique. Bien que les résultats actuellement obtenus en

laboratoire soient souvent meilleurs que ceux obtenus dans les exploitations

commerciales, l’utilisation de certains agents et systèmes de lutte biologique

est très encourageante et peut être intégrée aux programmes de LPI avec

d’excellents résultats. En outre, les producteurs ont de plus en plus accès à des

formulations commerciales de ces agents de lutte biologique faciles à utiliser.

Biopesticides

Actuellement, des essais sont en cours et il est possible de se procurer

sur le marché des formulations commerciales de pesticides à

base d’organismes vivants. Il s’agit par exemple des extraits de neem

(issu du margousier, Azadirachta indica), de nicotine, d’ail, de

piment, de Bacillus thuringiensis, entre autres, utilisés principalement

comme insecticides. Bien qu’ils n’éliminent pas totalement les parasites,

leur faculté d’éliminer des organismes nocifs est appréciable.

Plantes-pièges

Les expériences menées avec des plantes-pièges ou repoussantes sont

également intéressantes. Il s’agit de plantes qui attirent ou repoussent

des pathogènes et les éloignent donc de la culture. D’excellents

résultats ont été obtenus au Maroc et au Kenya avec des œillets

d’Inde (Tagetes) pour piéger les nématodes; les plantes alliacées,

elles, repoussent les nématodes.

Agents de lutte biologique

On a rapporté l’utilisation de nombreux agents de lutte biologique,

avec des efficacités variables. On peut citer les champignons et bactéries

parasites pour des champignons pathogènes (ex: Streptomyces,

Pseudomonas fluorescens, formes non-pathogènes du Fusarium

oxysporum qui agissent contre le pathogène responsable de la flétrissure

de l’œillet, l’Agrobacterium radiobacter utilisé contre la tumeur

bactérienne du collet), les nématodes prédateurs qui attaquent les

nématodes parasites, les champignons qui attaquent les larves et œufs

d’insectes (ex: le Verticillium lecanii) etc. Les résultats obtenus avec ces

agents peuvent varier selon, par exemple, les conditions climatiques,

les caractéristiques chimiques et structurelles du sol (pH, température,

humidité, etc.). Dans certains pays, les producteurs utilisent également

38


des solutions d’organismes

utiles, contenant principalement

des levures, bactéries

comme le Streptomyces et

autres genres de champignons

naturels du sol. Ces prépa-rations

peuvent être préparées

directement dans l’exploitation

avec de simples « unités

de fermentation » composées

de grands réservoirs où l’on

améliore la culture de ces micro-organismes

en ajoutant

des sucres ou de l’azote

(comme de la mélasse ou du

lait). Cette procédure est simple

mais nécessite un certain

contrôle des températures et

surtout une extrême propreté.

Fig. 15. Un producteur peut cultiver directement

des organismes utiles (on obtient des souches

d’origine dans des laboratoires spécialisés).

Le Trichoderma sp n’est pas

Fig. 16. Bouillon de culture riche en organismes

un agent de lutte biologique utiles prêt à être appliqué sur un compost ou un sol.

nouveau mais suscite

actuellement l’intérêt des floriculteurs en raison de son large spectre

d’action. Une recherche approfondie sur le potentiel de ce champignon

pour contrôler des maladies a été menée sur de nombreuses cultures,

y compris les plantes d’ornement. Des souches et des variétés de

Trichoderma peuvent favoriser la formation des racines et prévenir leur

infection due à plusieurs pathogènes fongiques comme les Rhizoctonia,

Pythium et Fusarium. Le Trichoderma peut s’adapter facilement à

différents types de sol et agit sur de nombreuses cultures de fleurs. Il

est actuellement disponible sous plusieurs formulations commerciales,

appliquées par exemple après stérilisation du sol à la vapeur ou avec un

compost contenant d’autres micro-organismes utiles.

Biofumigation

Certaines plantes, comme celles appartenant à la famille des crucifères

(regroupant chou, chou-fleur, brocoli et chou de Bruxelles), libèrent

des substances qui agissent comme pesticides naturels, lorsqu’on

les utilise comme couvert végétal, paillis ou lorsqu’on les incorpore

Photo: Natalia Martínez et Rodrigo

Rodríguez.

Photo: Marta Pizano.

39


dans le sol. En fait, certaines de ces substances sont identiques à

celles contenues dans des fumigants comme le métam-sodium. Bien

qu’au stade expérimental, les résultats obtenus avec cette alternative

dans certains pays comme l’Espagne sont encourageants.

6. Lutte génétique

Dans le monde entier, et notamment aux Pays-bas, en France et en

Israël, les chercheurs consacrent beaucoup de temps et d’argent pour

élever des variétés de plusieurs espèces de fleurs présentant différents

degrés de résistance aux parasites et maladies les plus dangereux.

Pour les pathogènes du sol qui s’attaquent aux fleurs, les meilleurs

résultats ont été obtenus sur les œillets résistant à la fusariose. On dispose

aujourd’hui d’une gamme importante d’espèces commercialement

acceptables et très productives présentant divers degrés de résistance au

Fusarium oxysporum F.sp. dianthi (facteur pathogène de la maladie).

Dans ce cas, les variétés résistantes constituent des outils très utiles car

on peut les cultiver dans des zones précédemment infestées (selon des

programmes de surveillance); les espèces plus sensibles sont alors cultivées

dans des zones plus saines, pour des raisons commerciales.

Les porte-greffes utilisés pour greffer les plants de rosiers ont une

sensibilité variable à l’Agrobacterium tumefasciens, facteur pathogène

de la tumeur bactérienne du collet. Ce facteur doit être pris en compte.

En fait, les cultivars d’une espèce donnée, pas uniquement de fleurs mais

également de plantes en général, réagissent différemment en présence

d’une maladie ou d’un parasite particulier. Chaque producteur peut tirer

des informations essentielles de son expérience et de ses observations.

7. Lutte chimique

Les essais et les expériences sur les fumigants du sol ont démontré que

leur efficacité varie selon des facteurs tels que les pathogènes à éliminer,

les propriétés du sol et les espèces cultivées. Dans tous les cas, il faut

considérer que ces fumigants peuvent (ou devraient) être utilisés dans le

cadre d’une stratégie de LPI de façon que l’élimination des pathogènes

ne repose pas uniquement sur ces fumigants. En fait, les combinaisons

substances chimiques/autres méthodes de stérilisation du sol (vapeur par

40


exemple) donnent des résultats variables. Par ailleurs, il faut utiliser ces

fumigants avec la plus grande prudence car il s’agit de biocides (ils tuent

les organismes utiles et nocifs du sol, rompant son équilibre naturel)

dangereux pour la santé des humains et toxiques pour l’environnement.

Ainsi, des restrictions internationales imposées en floriculture pourraient

entraîner des réductions voire l’interdiction de l’utilisation de ces produits.

Bien que le bromure de méthyle soit le fumigant chimique de

prédilection pour éliminer les pathogènes du sol dans la plupart des

pays producteurs de fleurs, de nombreux autres produits peuvent s’avérer

très utiles. Certains sont utilisés depuis longtemps et des pays envisagent

de les utiliser comme alternatives au bromure de méthyle (voir chapitre

6). Parmi ces produits, on obtient les résultats les plus prometteurs

avec du Métam-sodium, du Dazomet et du 1,3 Dichloropropène (description

ci-dessous)

Tableau 5. Fumigants du sol utilisables pour désinfester le sol en floriculture

Appellation commune

Noms commerciaux

ciaux Parasites éliminés

Métam-sodium Vapam, Buma, Trimaton, Large spectre, Champignons

Busan

du sol, nématodes,

mauvaises herbes et insectes.

Dazomet Basamid, Allante, Dazoberg Mauvaises herbes

germinatives, nématodes

(sauf sporocystes), champignons

du sol et insectes.

1,3 Dichloropropène Télone-II, Télone C-17, Principalement nématodes

Télone C-35, Nematrap, et insectes, certains champi-

Nematox

gnons du sol et mauvaises

herbes, notamment si associé

à la chloropicrine

Il faut toujours respecter les précautions et les normes de protection

sanitaire quand ces produits sont utilisés ainsi que les délais avant de

pénétrer à nouveau dans la zone et de replanter. Pour appliquer ces

produits (comme pour tout autre pesticide), il conviendra de porter des

masques de protection, gants, uniformes et autres équipements de protection.

Lisez toujours attentivement l’étiquette du produit chimique;

vous y trouverez les recommandations nécessaires, quantités conseillées,

procédures en cas d’urgence et autres informations importantes.

41


Métam-sodium (Dihydrate de sodium N-méthyldithiocarbamate)

Les appellations commerciales les plus connues pour ce produit sont

Vapam® et Buma® mais Trimaton®, Busan® et Unifume® sont

également utilisés dans certains pays. Le métam-sodium est un fumigant

à large spectre utilisé pour éliminer de nombreux genres de champignons

(Verticillium, Fusarium, Pythium, Rhizoctonia, Phytophthora,

Sclerotinia), nématodes (majorité des espèces), mauvaises herbes

(majorité des espèces) et parasites arthropodes, (scutigerelle, collembola,

etc.). Différentes méthodes d’application existent mais il est préférable

de l’injecter dans le sol lors du traitement des couches. Il faut l’utiliser

lors de la pré-plantation mais en aucun cas à proximité de cultures

existantes car il dégage des vapeurs phytotoxiques, ni près de canaux

d’irrigation ou lorsque la température dépasse 32°C. Le sol à traiter

devra être bien préparé et légèrement humide pour rendre sensibles les

graines de mauvaises herbes (l’humidité favorise la germination). Il

faut attendre environ deux semaines avant de replanter mais cette période

peut être plus longue dans le cas de sols lourds ou à forte teneur en

matière organique ou lorsque la température du sol est inférieure à

15°C. Le métam-sodium est très toxique et présente des risques

importants pour la santé des hommes et des animaux. Aux USA, il est

catalogué comme substance cancérigène et toxine développementale.

Dazomet. (Tétrahydro-3,5, diméthyl-2H-1,3,5-thiadiazine-2-thione).

Connu sous l’appellation commerciale Basamid® mais également sous

Allante® et Dazoberg®, il s’agit d’un fumigant du sol de pré-plantation

contre les mauvaises herbes germinatives (nombreuses espèces),

nématodes (pourridié et nombreux autres genres sauf le nématode

sporocyste Meloidogyne), les champignons du sol (Pythium, Fusarium,

Rhizoctonia, Verticillium, Phytophthora entre autres) et arthropodes

(notamment au cours des phases souterraines de leur cycle). Il doit être

incorporé dans un sol humide (capacité de rétention d’eau de 50%

recommandée) à une profondeur de 20 à 25 cm. Après application, le

sol doit être écrasé et « scellé » avec un peu d’eau ou recouvert d’une

toile ou d’un film polyéthylène. Le Dazomet est toxique pour les plantes

sur pied mais ne s’accumule pas dans le sol ; il ne doit pas être utilisé à des

températures dépassant 32°C. Avant de replanter, il convient d’attendre

10 à 40 jours selon le type de sol et la température car il est essentiel que

toutes les vapeurs toxiques aient disparu lors de la plantation. Le Dazomet

contient une grande quantité d’azote et peut donc agir comme engrais.

Là encore, les normes de sécurité d’application devront être observées

afin de réduire les risques pour la santé et l’environnement.

42


Dichloropr

opropène.

opène. (1,3-dichloropropène)

Connu sous les appellations commerciales Télone II®, Télone C-17®,

Télone C-35®, Nematrap® et Nematox®, entre autres, il s’agit d’un fumigant

du sol principalement efficace contre les nématodes et les

arthropodes du sol, en particulier contre les nématodes sporocystes comme

le Meloidogyne sp., surtout dans le terreau et les sols sablonneux. Il élimine

également certains champignons et mauvaises herbes du sol, surtout lorsque

la formulation inclut des composés comme la chloropicrine; de bons résultats

ont ainsi été obtenus pour éliminer la fusariose de l’œillet. Le Télone est

injecté à une profondeur de 20-25 cm lors de la pré-plantation (dans certains

cas, les résultats seront améliorés à une profondeur supérieure). Le sol est

compacté immédiatement après application et souvent recouvert

hermétiquement avec des toiles ou un film polyéthylène. Après traitement,

le sol doit être labouré pour l’aérer et éliminer les émanations toxiques. Les

périodes d’attente avant la pré-plantation sont très variables et dépendent,

entre autres, de la profondeur de l’enracinement, du type de sol, de

l’humidité. Ce traitement ne devra pas être appliqué sur des sols lourds.

Les contraintes liées aux sols humides et aux basses températures influent

moins sur l’efficacité de ce produit que sur le métam-sodium et le dazomet.

Le Télone peut polluer l’eau et présente des risques graves pour la santé

des humains et des animaux. Aux USA, il figure sur la liste des substances

cancérigènes.

Exemples concrets

Après avoir pris en compte les éléments susmentionnés, il est possible

d’élaborer des programmes de LPI pour éliminer une maladie ou un

parasite particulier en fonction de son cycle de vie et de son

épidémiologie, sur une zone précise et pour une plante donnée.

La liste de vérification ou questionnaire ci-dessous pourra contribuer à

élaborer ce programme:

♦ Le fléau est-il identifié? Si un producteur n’est pas sûr du

problème, il doit chercher de l’aide. Il conviendra de prélever

des échantillons de la plante touchée (et du sol environnant), de

les apporter dans un laboratoire spécialisé en phytopathologie et

en entomologie pour identification et recherche de solution.

♦ Que sait-on du cycle de vie du pathogène? Où se produisent

les différentes phases? Comment se propage-t-il? (par l’air, dans

le sol, dans l’eau?) Quelles conditions favorisent son

43


développement (température, degré d’hygrométrie, lumière,

pH, etc.?) Comment survit-il (dans le sol, sur les mauvaises

herbes ou les débris de végétaux?) Quel est son spectre d’hôtes?

¨ Comment reconnaîtr

econnaître e le fléau? Quels sont les premiers

symptômes de l’infection ou de la contamination? Où doiton

les rechercher (sous les feuilles, sur toute la plante ou sur

la base de la tige)?

¨ Quelles informations obtenir par dépistage? (conditions

climatiques, variété, situation, autres)

¨ Que faire si le problème est identifié? Les instructions sontelles

suffisamment claires pour les personnes concernées?

¨ Quelle est la source du matériel végétal utilisé? Existe-t-il

une attestation de l’état sanitaire? Faut-t-il le vérifier?

¨ Des variétés résistantes ont-elles été mises au point? Quelles

variétés sont les plus sensibles?

Des recherches et des études, ainsi que des entretiens avec des experts

et d’autres producteurs seront peut-être nécessaires pour répondre à

ces questions. L’information collectée permettra au producteur de passer

à l’étape suivante : concevoir un programme de formation pour aider

les personnes chargées du dépistage à reconnaître le problème dès les

premières phases. Ceci permettra également de fournir les outils

nécessaires pour sélectionner et appliquer des mesures de prévention,

d’éradication et les traitements. Bien que cela puisse paraître difficile et

nécessiter ce que l’on pourrait appeler un « investissement en savoir »,

avec le temps, la plupart des pratiques de LPI deviennent une habitude

et permettent d’économiser au moins 40% des coûts des pesticides.

Pour illustrer ce propos, voici deux exemples de traitement de maladies

universelles des œillets et des roses que de nombreux pays contrent

avec du bromure de méthyle.

A. Programme de LPI pour

éliminer la fusariose de l’œillet

La fusariose ou flétrissure vasculaire de

l’œillet est la maladie la plus grave qui

touche cette fleur. Elle peut contraindre

un producteur à la faillite ou l’obliger à

chercher de nouvelles terres pour y faire

Fig. 17. Plants d’œillets ravagés par la

fusariose.

Photo: Germán Arbeláez.

44


pousser des œillets. Il est trop difficile et coûteux d’éliminer cette maladie

quand elle est bien installée. Aussi, la meilleure solution (sans doute

l’unique) est de procéder à une approche préventive.

Ci-dessous, figurent les réponses à la liste de contrôle susmentionnée

qui permettront d’élaborer un programme de LPI pour éliminer la

maladie:

1. Facteur Fusarium oxysporum f. sp. dianthi

pathogène:

2. Spectre e d’hôtes: Bien que Fusarium oxysporum soit une espèce

importante, il est composé de plusieurs formes ou

forma specialis, chacune étant spécifique à son hôte.

Par exemple, F.o. f.sp dianthi n’attaque que les

plantes du genre Dianthus.

3. Cycle de vie: Le champignon vit dans le sol. Sa reproduction asexuée

s’effectue par des spores. Trois types de spores sont connus:

microconidies, macroconidies, chlamydospores, cette

dernière étant la forme restante (résistante). Il peut rester

latent en l’absence de ses hôtes pendant plusieurs décennies.

Ce champignon pénètre par les racines et obstrue les

vaisseaux conducteurs des racines et de la tige (xylème),

privant la plante d’eau et d’éléments nutritifs. Il pousse à

des températures comprises entre 15 et 30°C, avec un

optimum à 27°C. Son pH optimum est de 5 et il prospère

lorsque des quantités d’azote sont élevées.

4. Propagation:

Par l’air, notamment dans la production en champs

ou lorsque l’on ne traite pas les plantes malades; par

l’eau contaminée utilisée pour irriguer; par les matières

végétales (boutures) qui peuvent sembler saines; par

les particules du sol qui adhèrent aux outils, chaussures,

véhicules, parties de végétaux ou appareils; par contact

(greffe) entre racines de plantes.

5. Symptômes: Les symptômes se manifestent différemment selon la

température et l’humidité. Les prémices de l’infection

peuvent être observées par un flétrissement d’un côté des

feuilles qui apparaît lors des heures les plus chaudes de la

journée et par une décoloration jaunâtre d’un ou plusieurs

scions sur un seul côté de la plante. Au fil de l’évolution, la

plante se flétrit puis se dessèche. Lorsque l’on coupe les

tiges, une décoloration brunâtre des vaisseaux apparaît.

45


6. Autres

es

informations:

Il est possible de se procurer sur le marché de

nombreuses variétés résistantes. Il convient de

marquer la zone infestée et de la traiter rapidement.

Les variétés malades et leur ancien emplacement

doivent être répertoriés sur une carte pour servir de

référence future. Veiller également à noter l’ampleur

des dégâts (ou la sensibilité) de chaque variété. L’âge

de la plante malade est également à prendre en

considération: les jeunes plants qui développent une

maladie peuvent être infectés depuis leur bouturage.

Ces dernières informations et le Tableau ci-dessous présentent un

exemple de stratégie:

Tableau 6. LPI pour la fusariose de l’œillet (Fusarium oxysporum

f.sp.dianthi)

A. Quarantaine et inspection

B. Surveillance

C. Lutte culturale

* Substance végétale saine

* Inspection des boutures

(indicateur/

symptôme d’une maladie) avant plantation

* Ne pas planter dans des zones connues pour

avoir été touchées auparavant par la maladie

* Prospecteurs de maladie formés pour

détecter les premiers symptômes

* Cartographie avec toutes les données

pertinentes:

variété, degré d’infection, zone

* Information archivée avant prise de

décision: quelles variétés cultiver à l’avenir,

source des végétaux, etc.

* Désinfestation de la culture:

e: traiter

rapidement le foyer de la maladie. Arracher les

plantes malades et les plantes voisines dans un

rayon de 1 m (même si elles ne présentent pas

de symptômes) puis les incinérer. Traiter le sol

avec de la chaux, de la vapeur ou du

formaldéhyde.

* Apport t d’engrais (notamment à base

d’azote); contrôler le pH (un milieu acide

détruit les champignons)

* Limiter l’accès aux serres.

es. Si possible,

affecter différents employés aux zones

malades et éviter qu’ils ne pénètrent les zones

saines, ce qui est particulièrement important

si l’on bouture sur place.

46


Table 6. (continuation)

D. Lutte physique et mécanique

E. Lutte biologique et génétique

* Stériliser le sol à la vapeur est très utile et

économiquement réalisable si la maladie est

peu répandue. Traiter plus longtemps les

zones auparavant infestées

* Substrats: n’utiliser que les substrats sains

ou stérilisés, dans des couches élevées ou

isolées. Les enveloppes de riz donnent de

bons résultats avec les œillets.

* Variétés résistantes, disponibles sur le

marché. A utiliser de préférence sur des sites

préalablement infestés.

* Antagonistes au champignon responsable de

la flétrissure (ex: Trichoderma) à incorporer de

préférence dans le sol directement après l’avoir

traité à la vapeur. Répéter 2 ou 3 fois l’opération

dans la saison pour maintenir des populations

élevées. Apporter des amendements organiques

riches en organismes utiles (compost) est

également une bonne solution.

F. . Lutte chimique * Solutions désinfectantes, placées dans des

tranchées superficielles à l’entrée de l’exploitation,

des serres ou entre zones saines et infestées.

L’utilisation de la chaux est également efficace.

* Fumigants du sol: Vapam (métam-sodium),

Basamid (dazomet) et 1,3 Dichloropropène

(Télone) sont très efficaces contre ce champignon.

B. Programme de LPI pour

éliminer la tumeur bactérienne

du collet de la rose

La tumeur bactérienne du collet

affecte nombre de plantes du

monde entier. Son effet sur les

roses varie selon les conditions

climatiques du site de culture et

d’autres facteurs comme les

Fig. 18. Tumeur bactérienne du collet des rosiers

provoquée par l’Agrobacterium.

souches de bactéries présentes mais peut être dévastateur et provoquer

d’importantes pertes de productivité en diminuant la vigueur de la plante et

en altérant grandement sa qualité. Les informations pathologiques ci-dessous

sont très importantes et peuvent servir à élaborer un programme de LPI:

Photo: Marta Pizano.

47


1. Facteur

pathogène:

2. Spectre

d’hôtes:

3. Cycle de vie:

4. Propag

opagation:

ation:

5. Symptômes:

6. Autres

informations:

Agrobacterium tumefaciens

On a rapporté plus de 60 familles de plantes-hôtes

sensibles à la bactérie de la tumeur bactérienne du collet.

Outre les roses, il s’agit des chrysanthèmes, asters, tomates,

tournesols, nombre d’arbres fruitiers et arbres d’ombrage.

La bactérie investit la plante par des plaies ou ouvertures

naturelles ou provoquées par taille, greffe ou autre pratique

culturale ou réalisées par des parasites du sol

(comme les collambolas, scutigerelles, certains

nématodes). Un plasmide associé est transféré dans le

génome des cellules hôtes et les transforment en cellules

tumorales de croissance anarchique. Selon les conditions

climatiques (température principalement) les

tumeurs se développent en quelques semaines voire

quelques mois. Les galles se développent et, notamment

lorsqu’elles se situent à la base de la tige ou au point de

greffe, peuvent limiter la croissance de la plante en la

privant d’éléments nutritifs du sol. La bactérie est plus

active lorsqu’il fait chaud mais peut rester latente pendant

des périodes plus froides. En l’absence d’un hôte,

les populations bactériennes diminuent mais peuvent

survivre dans le sol deux ans ou plus.

Par les outils (serpette, etc.). Lorsque les galles se

décomposent dans le sol, des bactéries sont libérées et

peuvent se propager dans le sol ou l’eau. Dans les

porte-greffes ou les jeunes plants sains en apparence

mais qui peuvent porter un petit nombre de bactéries.

On observe souvent les galles juste au-dessous de la

surface du sol dans la zone du collet de la plante, ou

parfois sur les racines mais rarement sur les parties visibles

de la plante. Au départ, elles sont petites, arrondies,

vert clair ou blanches et leur surface est lisse. Ensuite,

elles revêtent des formes irrégulières, foncent et

deviennent ligneuses. Sur la partie visible, les symptômes

peuvent être confondus avec d’autres problèmes dus

aux nématodes ou aux carences nutritionnelles.

l’Agrobacterium sp. est composé de nombreuses

souches très variables rendant parfois les mesures de

contrôle inefficaces. Les porte-greffes utilisés pour

48


greffer varient selon leur sensibilité à l’A. tumefaciens.

Les rosa multiflora et rosa manetti seraient les plus

sensibles. Les producteurs recourent à une autre solution

dans les zones affectées par cette maladie : la culture

de tissus végétaux (plantes ne nécessitant pas d’être

greffées). La lutte biologique de certaines variétés d’A.

radiobacter a donné de bons résultats; des formules à

base de cuivre et certains antibiotiques sont également

efficaces mais leur phytotoxicité peut s’avérer

problématique sur certaines variétés dans certaines

conditions climatiques.

Comme dans l’exemple précédent, il est possible d’établir un programme

de LPI basé sur ces informations:

Tableau 7. LPI pour la tumeur bactérienne du collet des roses

(Agrobacterium tumefaciens)

A. Quarantaine et

inspection (exclusion)

* Porte-gr

te-gref

effes fes sains ou culture de tissus

végétaux (non greffés)

* Inspection minutieuse des plantes à leur arrivée

B. Surveillance

* Prospecteurs de maladie formés pour

détecter les premiers symptômes

* Cartographie

avec toutes les données

pertinentes: variété, degré d’infection, zone

* Information archivée avant prise de

décision: quelles variétés cultiver à l’avenir,

source de matière végétale, etc.

C. Lutte culturale * Désinfestation de la culture:

e: traiter rapidement

le foyer de la maladie. Arracher les plantes malades

puis s’en débarrasser, ôter le sol autour des racines

de façon à éliminer le maximum de galles.

* Désinfecter les outils: nettoyer les outils de

coupe et de taille et les désinfecter fréquemment

(en les trempant par exemple dans une solution

alcoolisée ou d’hypochlorite de sodium à 0.5%

ou en les passant sous une flamme)

* Eviter au maximum les tissus abîmés. Ceci

inclut les contrôles des parasites du sol comme

les nématodes.

* Limiter l’accès aux serres.

es. Si possible,

affecter différents employés aux zones malades

et éviter qu’ils ne pénètrent les zones saines.

49


Table 7. (Continuation)

* Alterner

au moins 3 ans avec des cultures

de monocotylédones (comme le maïs) si cela

est commercialement possible.

D. Lutte physique et * Traiter le sol à la vapeur est très utile et

méchanique

doit être associé à un compost ou amendement

similaire.

* Culture sur substrats: n’utiliser que les

substrats sains et/ou stérilisés. Le coir de coco,

l’écorce compostée, la laine de roche et d’autres

substrats ont été utilisés avec succès.

E. Lutte biologique et * Porte-gr

te-gref

effes fes résistants. Rosa multiflora et

génetique

R. manetti sont des variétés très sensibles.

Aucun porte-greffe connu n’est immunisé.

* Des antagonistes à la tumeur bactérienne

du collet ont été trouvés, notamment la souche

N°84 de l’Agrobacterium radiobacter. On peut

tremper les porte-greffes ou les semis dans cette

suspension bactérienne. Malheureusement,

certaines souches d’A. tumefaciens sont

devenues résistantes à la souche 84 et l’on en

utilise une nouvelle (K-1026) qui ne transfère

pas sa résistance aux souches d’Agrobacterium

pathogènes. Il est également efficace d’ajouter

des amendements organiques riches en

organismes utiles (comme le compost)

F. . Lutte chimique * Des pesticides à base de cuivre et certains

antibiotiques comme la streptomycine et

l’oxytétracycline sont efficaces mais doivent être

utilisés avec précaution en raison de leur

éventuelle phytotoxicité. Des réglementations de

certains pays limitent l’utilisation de ces composés.

* Fumigants du sol: Vapam (métamsodium),

Basamid (dazomet) et 1,3

Dichloropropène (Télone) sont des biocides à

large spectre utilisables contre ce champignon.

Approche multidimensionnelle

Comme nous l’avons vu précédemment, nombreuses et variées sont les

alternatives à la lutte chimique (ou plutôt au bromure de méthyle).

50


Néanmoins, un producteur pourra penser qu’il est compliqué d’élaborer

un programme de LPI pour éliminer chaque parasite qui attaque ses

cultures, surtout s’il cultive plusieurs espèces de fleurs.

Cependant, si l’on analyse les exemples cités, on s’aperçoit que la plupart

des procédures menées pour détecter puis éliminer un parasite ou maladie

peuvent en fait en éliminer bien d’autres. Par exemple, lors du dépistage,

il est aisé de localiser plus d’un fléau à la fois, ce qui introduit le concept

d’appr

approche multidimensionnelle, ou solution globale visant en fait à

éliminer simultanément tous les agents nocifs tout en conservant la

qualité du produit et la santé de la plante.

Pour mener une approche multidimensionnelle, il convient de suivre

les étapes suivantes:

1. Inventorier les parasites et maladies qui affectent fectent une cul-

ture donnée. Décider des problèmes à traiter en priorité et qui

impliquent le plus grand risque. A ce sujet, l’expérience est très

utile et, heureusement, l’information est généralement

abondante. Il convient également de se documenter sur chacun

des parasites, comme précédemment décrit (ex: spectre d’hôtes,

symptômes, épidémiologie, etc.).

2. Créer une matrice simple. Sur un axe, énumérer les stratégies

de LPI que l’on peut mener dans l’exploitation. Sur l’autre,

reporter les principaux parasites identifiés lors de la 1 ère étape.

On obtiendra alors un tableau qui pourra donner des informations

utiles comme le montrent les exemples ci-dessous, fournis

par un producteur qui mène un programme approfondi de LPI.

Le tableau 1 est un exemple de matrice pour les roses; le tab-

leau 2 pour les chrysanthèmes. Ce dernier est plus complexe,

en raison du nombre de parasites et de maladies qui affectent

cette fleur. Les exemples ci-dessous sont applicables à toutes

les espèces de fleur. Noter que la matrice prend en considération

non seulement les parasites et maladies du sol mais également

tous les pathogènes connexes qui affectent cette culture. La

liste des organismes de ces matrices n’est ni exclusive ni exhaustive

car un problème pourra varier en fonction de sa situation.

Chaque producteur doit donc décider de la stratégie à

adopter à partir de sa propre expérience.

51


Illustration 2. L’approche multidimensionnelle

A. Inventorier les parasites et maladies

qui affectent la culture

B. Etablir une matrice des stratégies

pour chaque parasite

C. Etablir un programme

de LPI personnalisé

52


Culture: Roses

Action Méthode

Régulatoire

Exclusion Culturale

Plantes saines

Méthode OID

OID TNOI

Tableau 8. Lutte phytosanitaire intégrée pour Rosa

TNOI BOT

MALADIES PARASITES

CHAMPIGNONS Bactérie Vir

irus

BOT MILD

MILD ROU

ROU CHA

CHA VER

VER AGR

AGR VMR

us INSECTES Aca AUTRES

VMR THR

THR LAR INST TET NEM LIM

Eradication Culturale

ou Biologique

Reduction Subst. chim. trad.

Comp. org.

Physique

Plante hôte

te Varietés rés.

Culturale

Protection

Directe

otection Biologique

ecte Subst. chim. trad.

Dépistage

Comp. org.

Source: Jaramillo, F. 1997. Lutte phytosanitaire et pathologique intégrée. Tiré de: Floricultura y Medio Ambiente, Ediciones Hortitecnia, Bogotá, Colombia.

Conventions

OID = Oidium VMR = Virus de la mosaïque de la rose Subs. Chim. Trad. = Substances chimiques traditionnelles

TNOI = Taches noires THR = Thrips Comp. Org. = Composés organiques

BOT = Botrytis LAR = Larves

MILD = Mildiou INST = Insectes ténébrants

ROU = Rouille TET = Tétranyques

CHA = Chancre NEM = Nématodes

VER = Verticilliose LIM = Limaces

AGR = Agrobacterium

53


Tableau 9. Lutte phytosanitaire pour Dendranthema

54

Culture: chrysanthème pompon

MALADIES PARASITES

CHAMPIGNONS BACTERIE VIRUS INSECTES ACA AUTRES

Action Méthode Rb bot ste ant riz pyt Scl rouc ph fus ver mel mil agr ew pse vir pan vmbt min thr pu moub inst tet ne scu lim

Exclusion Regulatoire X

Culturale

Mat. vég. S. X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X

Eradication Culturale X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X

ou Biologique X X X X

reduction Subs. Ch. T. X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X

Comp. Org. X X X X X X X X X X X X X X X X

Physique X X X X X X X X

Plante hôte Variét Résist. X X

Culturale X X X X X X X X X X X X X X X X

Protection Biologique X* X* X* X* X X X X*

directe Subs. Ch. T. X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X

Comp. Org. X X X X X X X X X X X X X

Dépistage X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X

Source: Jaramillo, F. 1997. Lutte phytosanitaire et pathologique intégrée. Tiré de: Floricultura y Medio Ambiente, Ediciones Hortitecnia, Bogotá, Colombia.

Conventions

RB = Rouille blanche FUS= Fusarium VBMT =Virus de la maladie bronzée de la tomate X* = Amendment de compost

BOT = Botrytis VER = Verticillium MIN = Mineuses Subs. Ch. T. = Substances chimiques traditionnelles

STE = Stemphyllium MEL = Mélanose THR = Thrips Comp. Org. = Composés organiques

ANT = Anthractnose MIL = Mildiou PU = Pucerons Variét. Résist. = Varietés résistantes

RIZ = Rhizoctone AGR = Agrobacterium MOUB = Mouche blanche Mat. vég. S. = Matière végétale saine

PYT = Pythium EW = Erwinia INST = Insectes ténébrants

SCL = Sclérotiniose PSE = Pseudomonas TET = Tétranyques

RC = Rouille commune VIR = Viroïde nanifiant NE = Nématodes

PH = Phoma PAN = Panachure SCU = Scutigerelle

LIM = Limaces


Chapitre 3

Stérilisation par la vapeur

(pasteurisation)

La pasteurisation, ou stérilisation par la vapeur du sol, est un procédé qui permet

d’éliminer par la chaleur des parasites, maladies et mauvaises herbes présents

dans le sol à un moment donné. Bien que l’on puisse théoriquement appliquer

de la chaleur sèche avec des résultats similaires, on préfère la vapeur car elle se

diffuse plus efficacement dans le sol pour un coût généralement inférieur.

En termes simples, la stérilisation par la vapeur consiste à injecter ou

répandre de la vapeur d’eau dans le sol à l’aide d’une chaudière et de

tuyaux métalliques ou flexibles pour tuer les organismes nocifs du sol.

Le sol doit être recouvert d’une toile ou d’un film plastique résistant

pour rester en contact avec la vapeur.

Si elle est correctement appliquée, la vapeur est probablement la meilleure

alternative au bromure de méthyle car elle est tout aussi efficace. Une fois

encore, son utilisation n’est pas nouvelle dans l’industrie; on l’utilise dans les

serres depuis des dizaines d’années et la plupart des ouvrages traitant de

l’entretien des serres l’abordent de façon détaillée. En fait, certains producteurs

ont abandonné cette technique lors de l’apparition des fumigants du sol en

raison de leurs coûts réduits (voir ci-après) et de leur facilité d’utilisation.

De nombreuses variables (voir plus loin) influencent les bons résultats et

la rentabilité de la vapeur (chaudière et diffuseurs utilisés, nature et structure

du sol, préparation du sol, etc.). Il convient également de noter que

la vapeur est toujours plus efficace sur une quantité limitée de substrat

traité par rapport à la terre du sol. Tout dépend de la profondeur à laquelle

se trouvent les organismes nocifs dans le sol qui, très souvent, ne peut

être atteinte par la vapeur ou bien à un coût très élevé. Chauffer le sol audelà

de 30 cm de profondeur implique une utilisation plus longue de la

chaudière, davantage de main d’œuvre et de consommation énergétique,

ce qui rend cette alternative économiquement peu intéressante.

55


Photo: Marta Pizano.

On peut cependant utiliser la vapeur comme alternative au bromure de

méthyle en floriculture commerciale sur des couches de terre si l’on considère

certains facteurs. Le facteur le plus important est d’utiliser la vapeur comme

élément d’un système de LPI visant à limiter l’incidence des parasites ou

maladies. Ceci permet de traiter les 30 premiers centimètres du sol, ce qui

est suffisant pour réduire de manière significative la population pathogène.

La vapeur (comme tout fumigant du sol à large spectre), étant un biocide

général, tue tous les organismes vivants, utiles comme nuisibles, quand elle

est correctement utilisée. Ceci permet aux pathogènes réintroduits ou laissés

dans le sol de se reproduire et de se propager librement, et ils ne sont plus

en concurrence avec des micro-organismes naturellement présents. Ainsi,

la vapeur a un effet optimal lorsque l’on amende le sol d’organismes et/ou

de matière organique (comme le compost) immédiatement après le

traitement. Toutefois, un producteur souhaitant élaborer son compost dans

son exploitation devra être attentif à sa préparation afin d’éviter une réinfestation

du sol par des pathogènes entre autres.

1. Durée du traitement

L’efficacité de la vapeur repose sur le fait que les organismes vivants ont

un seuil de résistance à la chaleur relativement peu élevé. En d’autres

termes, ils n’ont pas besoin d’être exposés à des températures très élevées

pour mourir (cf. Illustration 3).

Il peut être difficile d’atteindre la température nécessaire dans le sol car la

diffusion de la vapeur peut être entravée par plusieurs facteurs (voir ci-dessous).

Aussi, il convient d’être prudent et de prévoir une marge importante de

temps et de température pour

s’assurer de l’élimination complète

des pathogènes et graines de

mauvaises herbes. En règle

générale, les experts conseillent

d’appliquer le traitement jusqu’à ce

que le point le plus froid du sol ou

substrat atteigne 90°C pendant 30

minutes.

Fig. 19. La température atteinte par le sol devra

être mesurée à l’aide d’un long thermomètre à

vapeur comme celui-ci.

Le point le plus froid se situe

généralement juste derrière le point

56


d’injection de la vapeur mais il n’est pas nécessaire de vérifier la température

en différents endroits. Pour ce faire, on utilise de longs thermomètres et l’on

fait pénétrer la vapeur aussi profond que nécessaire. Un producteur ingénieux

a découvert qu’il pouvait obtenir de bons résultats lorsqu’une pomme de

terre crue préalablement placée au point le plus froid était totalement cuite.

Cette astuce permet d’éviter les difficultés parfois rencontrées pour apprendre

aux employés à lire correctement un thermomètre.

Illustration 3. Seuil de résistance à la chaleur de plusieurs parasites des plantes

Températur

empérature

100 ºC

90 ºC

80 ºC

70 ºC

60 ºC

50 ºC

40 ºC

After: Mastalerz,1977.

}

}

}

Parasites tués

Quelques graines de mauvaises herbes

résistantes. Virus des plantes résistants à la

chaleur

La plupart des graines de mauvaises herbes

Toutes les bactéries pathogènes des plantes

La plupart des virus des plantes

Insectes du sol

- La plupart des bactéries pathogènes des plantes

- Lombrics, limaces, mille-pattes

- Jaunisses, Fusarium

- Botrytis

- Rhizoctonia

- Sclerotium, Sclerotinia

- Nématodes

- Moisissures de l’eau

2. Chaudières et diffuseurs

fuseurs

De nombreux types de chaudières avec différentes options existent sur le marché.

Les meilleurs conseils quant au choix du modèle adéquat seront souvent

prodigués par un bon fournisseur. Il existe de nombreux ouvrages sur les

procédés de pasteurisation. Dans les pays où il est difficile de trouver des sociétés

de fabrication de qualité, l’expérience concrète de sociétés ou d’exploitations

agricoles opérant dans des conditions identiques est très utile; il convient donc

d’encourager la communication. Le prix des chaudières peut atteindre plusieurs

milliers, voire dizaines de milliers de US$; le choix d’un appareil adapté aux

besoins du producteur est donc fondamental. Les paramètres à prendre en

compte lors de l’investissement dans une chaudière sont:

57


Photo: Marta Pizano.

Fig. 20. Chaudière à injection en Argentine. La vapeur pénètre

de force dans le sol avec une plate-forme perforée.

Capacité de la chaudière

La quantité de terre ou substrat à

traiter déterminera la capacité de la

chaudière recherchée. Le temps de

traitement imparti ou la nécessité de

déplacer la chaudière (voir cidessous)

seront d’autres facteurs à

considérer. Toutefois, les grands

producteurs préfèrent souvent

acheter plusieurs petites chaudières

pour pouvoir travailler simultanément

plutôt qu’une plus

imposante, difficile à déplacer.

L’efficacité de la pasteurisation par

la vapeur est généralement limitée

(50% environ) car d’importantes

quantités de chaleur sont perdues, au niveau de la chaudière

elle-même, des diffuseurs, et des bâches. En règle générale,

chaque Cheval Vapeur (HP) d’une chaudière traite 2m 3 de

substrat et il faut 2 heures ½ pour atteindre 90°C. Si l’on

extrapole cette donnée au volume approximatif du sol à traiter

(par exemple, par hectare), on peut connaître approximativement

la capacité de la ou des chaudière(s) à utiliser (noter: 1 HP=33

475 Btu/hr).

Fig. 21. Chaudière à charbon en Colombie.

Photo: Guillermo Castellá.

58


Haute ou basse pression

On peut trouver des chaudières à haute (75-100 psi) ou basse (10-15

psi) pression. La pression est nécessaire pour fournir la quantité adéquate

de vapeur de la chaudière jusqu’au substrat. Toutefois, la vapeur s’échappe

dans l’air et ne se diffuse pas correctement dans le substrat avec une

haute pression; une pression de 15 à 18 psi est recommandée dans la

plupart des cas. On peut également recourir à la pasteurisation par pression

négative, méthode de prédilection aux Pays-Bas où la main-d’œuvre est

réduite, car elle est efficace dans les sols lourds et sablonneux.

Type de diffuseur et diamètre

Il existe différents types de diffuseurs (conducteurs) qui répartissent la

vapeur sous la surface du sol (habituellement des tuyaux enterrés ou râteaux

enfoncés dans le sol) ou par le dessus (grandes plaques métalliques munies

de trous ou de manches en toile perméable placés au-dessus du sol). Dans

la mesure du possible, leur

diamètre doit toujours être en

corrélation avec la pression de

la chaudière. En général, les

chaudières à haute-pression

requièrent des tuyaux plus fins

(diamètre inférieur à 5 cm) et

des tuyaux plus gros (5 cm de

diamètre au moins) sont

nécessaires pour la basse

pression. Les ouvertures ou

trous situés sur les tuyaux

doivent être espacés de 15 cm

Fig. 22. La vapeur injectée sous pression par des

tuyaux enfouis dans le sol ne peut se dissiper, grâce

aux bâches de toile qui recouvrent le sol.

pour que la vapeur soit uni-

formément répartie dans le sol. La vapeur se diffuse selon une trajectoire

ovoïde. Si ces ovales se chevauchent (ce qui se produit lorsque les trous

sont espacés de 15 cm), la couverture est optimale.

En général, il est préférable d’utiliser des tuyaux enfouis plutôt que des

diffuseurs superficiels pour vaporiser les couches de terre. Le sol sera traité

plus en profondeur si les tuyaux sont enfouis, la vapeur émanant d’une

source superficielle ne pouvant atteindre qu’une profondeur de 20-30

cm. Cette dernière technique sera plus appropriée pour traiter les couches

surélevées, de faibles quantités de substrat ou de mélanges d’empotage.

Les tuyaux devront être enfouis aux 2/3 de la profondeur de traitement

requise. Dans les autres cas, il faudra recouvrir rigoureusement les couches

pendant le traitement pour éviter que la vapeur ne s’échappe.

Photo: Marta Pizano.

59


60

Photo: David Cheever.

Bâches

On utilise en général de la toile

ou du vinyle pour recouvrir le

sol ou le substrat pendant le

traitement. Le polyéthylène est

souvent trop fragile car il se

déchire facilement. La bâche

devra être bien ajustée sur le sol

ou substrat; dans le cas de

couches surélevées, elle devra

largement dépasser les bords.

Chaînes, tuyaux et autres objets

lourds sont souvent placés le long des bords pour éviter que les

bâches ne se gonflent et laissent échapper la vapeur.

Fig. 23. Il faut bien couvrir les couches surélevées

avec de la toile ou un plastique avant d’injecter la

vapeur dans le substrat.

Source énergétique

Il existe des chaudières qui fonctionnent à l’électricité, au gaz, au

diesel, au pétrole et même au charbon. La source énergétique la plus

adaptée au producteur dépendra des opportunités du marché (et de

leur coût). Aujourd’hui cependant, les réglementations de certains

pays limitent l’utilisation de chaudières à charbon en raison du risque

potentiel de contamination de l’air. A ce sujet, la hauteur de la

cheminée est importante: elle devra être suffisamment élevée pour

que les gaz s’évacuent rapidement de la serre et n’endommagent pas

les plantes.

Mobile ou fixe

Pour les couches de terre, ainsi que pour les couches surélevées ou

isolées importantes, il convient de disposer d’une chaudière mobile

que l’on peut porter et déplacer à l’intérieur et entre les serres. Les

chaudières mobiles peuvent être tirées par un tracteur ou montées sur

un camion pour les déplacements entre les zones à traiter. Les chaudières

fixes sont plus utiles pour traiter les substrats ou mélanges qui sont

ensuite utilisés pour remplir les pots, plateaux ou autres récipients. Les

matériaux pasteurisés devront être manipulés le moins possible pour

éviter toute ré-infestation, comme expliqué précédemment.

3. Sol ou substrat à traiter

Humidité du sol

Un sol trop humide est lent à pasteuriser car il est trop long de chauffer


l’eau excédentaire. En revanche, un sol trop sec contiendra des poches

d’air qui entraveront le mouvement de la vapeur et empêcheront de traiter

convenablement certaines zones, ce qui est grave car les parasites ou graines

de mauvaises herbes présents dans ces zones ne seront pas éliminés et se

reproduiront rapidement en l’absence d’organismes concurrents

naturellement présents mais fortement réduits par la pasteurisation. La

meilleure teneur en humidité est définie comme « capacité au champ » ;

on dit d’un sol ou substrat qu’il est au stade de capacité au champ lorsqu’il

n’est ni humide, ni sec. Les jeunes plants sont généralement mis en place

lorsque le milieu de culture présente ces propriétés.

Textur

exture e du sol

Afin d’assurer une bonne diffusion de la vapeur, le sol devra être

meuble, non compacté et dépourvu de mottes et d’agglomérats.

Une fois encore, ces mottes gênent le passage de la vapeur et

empêchent de chauffer uniformément le sol. Un sol à pasteuriser

doit être bien préparé et autant que possible dépourvu de débris de

plantes et autres résidus de culture.

Nature du sol

Tout comme l’eau, la vapeur traverse plus difficilement certains types

de sol que d’autres. Les sols argileux sont les plus difficiles à traiter

et leur traitement peut nécessiter davantage de temps que le terreau

ou les sols sablonneux. Pour certains producteurs, les sols très lourds

sont un véritable obstacle à la pasteurisation.

4. Problèmes courants associés à la vapeur

Accumulation ulation de sels solubles

Les températures élevées augmentent la solubilité de nombreux

composés, notamment des phosphates et d’éléments comme le

manganèse, le zinc, le fer, le cuivre et le bore. Leur quantité dans le

sol s’en trouvera souvent augmentée après pasteurisation. Bien qu’il

soit possible de filtrer la plupart des sels, évitez au maximum de le

faire car cela augmente le risque de contamination du sol et de

l’eau. Bien entendu, les programmes de fertilisation tiendront

compte des analyses du sol pratiquées avant la plantation.

Toxicité du manganèse

anèse

De nombreux sols contiennent naturellement des quantités élevées

61


de manganèse mais seule une faible quantité est disponible pour les

plantes : l’ion manganeux Mn + + . Toutefois, les températures élevées

pour pasteuriser favorisent la conversion du manganèse nondisponible

en disponible. Une forte teneur en manganèse est toxique

en soi et provoque une brûlure des extrémités des feuilles, notamment

les plus vieilles; elle entrave également l’assimilation du fer (les

symptômes de carence en fer sont fréquents quand le manganèse est

important). Il est donc important de ne pas trop pasteuriser le sol

pour éviter l’accumulation de manganèse (plus le sol est exposé à des

températures élevées, plus la quantité de manganèse converti sera

importante). Par ailleurs, les pH élevés (basicité) favorisant la conversion

inverse, des formes disponibles du manganèse en formes nondisponibles,

on peut ajouter de la chaux avant la pasteurisation.

Toxicité de l’ammonium

Les sols ou substrats riches en matière organique peuvent libérer

d’importantes quantités d’ammonium après pasteurisation. C’est le

cas des sols amendés avec du fumier ou du compost et de la tourbe

décomposée. L’azote existe naturellement dans le sol sous deux formes

de base: ammoniaque et nitrates. Dans des conditions normales,

l’azote sous forme d’ammoniaque se transforme constamment en

azote sous forme de nitrate par certaines bactéries du sol, comme

expliqué précédemment. C’est un mélange de ces deux formes qui

est le plus profitable à la croissance des plantes. Les plantes supportent

souvent mieux des quantités importantes d’azote sous forme de nitrate

qu’un surplus d’ammonium, qui leur est souvent toxique.

Au cours de la pasteurisation, ces bactéries sont pratiquement toutes

éliminées. Cependant, leur vitesse de re-colonisation est différente: même

si les bactéries ammonifiantes peuvent former une population importante

en quelques semaines seulement, en libérant des quantités importantes

d’azote ammoniacal, les bactéries nitrifiantes n’atteindront des niveaux

capables de stabiliser l’ammonium qu’au bout de six semaines environ.

Bactéries

ammonifiantes

Bactéries

nitrifiantes

Matière organique Ammonium Nitrate

NH 3

+ NO 4

(Source: Nelson, 1998)

62


Les plantes affectées par un excès d’ammoniaque auront une apparence

jaunie et brûlée. Ce problème s’estompe dès que les nitrates atteignent

des quantités normales; on peut prévenir ce problème voire le corriger

avec un filtrage. On doit ajouter un amendement organique après

pasteurisation, et non avant. Ces symptômes ne surviennent pas dans

des substrats comme la tourbe horticole, naturellement pauvre en azote.

Ré-infestation

Une zone traitée à la vapeur ne restera pas stérile très longtemps.

En fait, tout micro-organisme pénétrant dans un milieu stérile

pourra librement se reproduire sans concurrence. Il convient donc

d’éviter toute ré-infestation d’un sol traité. Quelques conseils utiles

à ce sujet:

* N’utiliser que des matières végétales saines

* Replanter les zones traitées dès que possible, de préférence

quand le sol refroidit.

* Eviter au maximum toute perturbation ou manipulation du sol.

* Respecter les mesures d’hygiène relatives à la LPI décrites au

chapitre 2. S’assurer que travailleurs, outils et autres ne

proviennent pas d’une zone infestée. Désinfecter outils et

chaussures dès que possible.

* Ajouter soigneusement du compost convenablement traité et/

ou des organismes utiles lorsque le sol est encore tiède.

Exemples d’application

L’une des principales préoccupations liées à la pasteurisation du sol est

son coût. Ce dernier pouvant être élevé, cette inquiétude est justifiée.

Toutefois, intégré à un programme de LPI, il peut être réduit et est

comparable à celui des techniques de fumigation par substances

chimiques, comme l’illustrent les exemples suivants:

Pasteurisation du sol pour traiter la fusariose de l’oeillet

Dans cette étude de cas, on a comparé les coûts du traitement du sol

par pasteurisation et plusieurs autres fumigants du sol dans le traitement

de la fusariose de l’œillet provoquée par le Fusarium oxysporum f. sp.

dianthi. Le producteur concerné mène un programme de LPI

approfondi pour réduire autant que possible la fréquence des infestations

et pasteurise une profondeur de 30 cm. Autrement, un traitement

63


à la vapeur coûterait trois fois plus cher. Il sera nécessaire de traiter une

profondeur d’au moins 80 cm, ce qui demande beaucoup de temps,

comme le montre l’étude de cas en fin de chapitre. Cette approche de

contrôle de la maladie devrait toujours être préventive puisque la

rentabilité de la production de cette fleur est menacée à partir de 8% de

pertes.

Tableau 10. Comparaison des coûts généraux entre plusieurs

fumigants et pasteurisation pour stériliser le sol

FUMIGANT

COUT PAR HECTARE*

Dazomet (Basamid®) $5,680

Métam-sodium (Vapam®, Buma®) $5,120

Dichloropropène (Télone®) $8,000

Bromure de Méthyle $5,030

Vapeur** $6,970

Chiffres en US dollars. Données fournies par Jardines de los Andes, Flexport de Colombia, Bogotá, et Cultivos

Miramonte, Medellín, Colombie (Rodríguez-Kabana and Martínez, 1997)

* Coûts de main d’oeuvre inclus

** Faible incidence de maladie

Pour des coûts comparables à ceux d’autres fumigants, la pasteurisation

offre des avantages supplémentaires: les fumigants du sol nécessitent

souvent une période d’attente (parfois supérieure à 30 jours) avant de

pouvoir replanter alors qu’il est possible de le faire immédiatement dans

des sols traités à la vapeur. Par ce seul fait, les zones traitées à la vapeur

permettent un mois de production supplémentaire de fleurs représentant

par hectare environ 200 000 fleurs exportables, soit US$15 000.

Selon les producteurs utilisant la vapeur, les fleurs sont plus vigoureuses

et plus productives. Mieux encore, ils cultivent des œillets sur la même

exploitation depuis plus de 20 ans avec des pertes de 3% maximum,

preuve d’une production réellement durable. Peu de producteurs

peuvent se targuer de cette réussite, vu l’agressivité et la virulence de ce

pathogène dans les sols colombiens qui a obligé des producteurs à opter

pour une autre culture.

Si elle n’est pas correctement appliquée, la pasteurisation peut s’avérer

une expérience extrêmement coûteuse et frustrante. Le tableau 11 cidessous

présente les coûts du traitement d’une parcelle d’un hectare

par pasteurisation pour éliminer la fusariose de l’œillet lorsque:

64


a) L’incidence de la maladie est faible (vapeur injectée à 30 cm)

b) L’incidence de la maladie est moyennement grave (vapeur injectée à

30 cm pour la moitié du traitement et à 80 cm pour l’autre moitié) et

c) L’incidence de la maladie est élevée (vapeur injectée à 80 cm

pendant tout le traitement)

La principale différence entre les trois traitements réside dans la

profondeur à laquelle la vapeur est injectée, ce qui se répercute

fortement sur les coûts énergétiques. Lorsque la maladie est

sévèrement installée, les quantités de population du champignon

dans le sol sont importantes, et il faut plus longtemps pour atteindre

les niveaux de température permettant d’éliminer les spores.

Tableau 11. Coûts de la pasteurisation par hectare pour éliminer la fusariose

de l’œillet, en fonction de l’incidence de la maladie.

Faible incidence

1. Coûts directs

Main d’œuvre

2,003

Source d’énergie

3,379

Maintenance

109

Amortissement du matériel

318

Autres matériels*

262

2. Coûts indirects

Transpor

ransport t de la Chaudière

165

Energie

742

Incidence moyenne

3,258

5,491

177

517

429

165

1,208

Incidence éleveé

TOTAL

$ 6,980 $ 11,245 $ 27, 415

Chiffres en US dollars, données fournies par Flexport de Colombia, Bogotá, Colombie

* tentes, râteaux, tuyaux, tubes flexibles etc.

8,010

13,515

435

1,270

1,051

165

2,968

Le tableau 11 illustre combien il est important d’empêcher que la

maladie ne se propage et ne s’aggrave, ce qui ne s’accomplit

efficacement qu’avec un programme de LPI. Dans le cas présenté, les

poussées de fusariose sont soigneusement enregistrées au cours du cycle

de production. Ensuite, après déracinement des cultures et pasteurisation

du sol avant plantation, ces zones sont traitées à des profondeurs

supérieures (60-80 cm). Ce traitement localisé est économiquement

envisageable jusqu’à un certain point. Il est applicable dans cette

exploitation floricole car les pertes dues à la fusariose n’excèdent pas 2-

3% de la production. Lors de la re-plantation de nouvelles cultures, on

plante des variétés résistantes là où la maladie a frappé auparavant, ce

qui réserve les zones plus saines aux variétés sensibles.

65


Chapitre 4

Compostage

Au départ, le compostage répondait au problème posé par les grandes

quantités de résidus de fleurs dans des exploitations floricoles. On recourt

aujourd’hui de plus en plus au compostage car il permet d’obtenir un

excellent amendement et, de surcroît, il contient également

d’importantes quantités d’organismes utiles qui empêchent l’apparition

de maladies du sol et contribuent à les éliminer.

Les déchets végétaux (provenant de la taille, de fleurs cassées ou arrachées

ou quantités supérieures lors de nouvelles plantations) posaient jadis

un problème pour les producteurs qui ne savaient que faire de ces tonnes

de matières végétales inutilisées. Des monticules entiers de ces déchets

se forment à certaines périodes quand il faut arracher, après la période

de production, les roses, œillets, chrysanthèmes, etc. (tous les 4 mois

ou même tous les 10 ans) (voir tableau 12). Selon des calculs réalisés

par des experts, chaque hectare cultivé produit quotidiennement

quelques 2,25 m 3 de déchets végétaux.

Tableau 12. Volume de déchets végétaux obtenu lors de l’arrachage d’un

hectare de fleurs

Type de fleur

Tonnes par Ha Fréquence

Œillets 25/Ha Tous les 2 ans

Chrysanthèmes 9/Ha Toutes les 14 semaines

Roses 30/Ha Tous les 8-10 ans

Gypsophile 5/Ha Toutes les 22 semaines

Source: Dimensión Ambiental de los cultivos de flores (Asocolflores, 1991)

On s’aperçoit aujourd’hui que les anciennes solutions consistant à

brûler, jeter ou simplement enfouir endommageaient

l’environnement, occupaient de l’espace, nécessitaient de la main

d’œuvre et étaient onéreuses. Des producteurs du monde entier ont

alors commencé à fabriquer du compost avec l’aide de lombrics.

67


Cette méthode s’est révélée une excellente solution au problème. On

s’est rapidement aperçu que l’humus riche obtenu était un engrais efficace

qui contribuait également à restaurer la flore du sol en éliminant parasites

et pathogènes du sol et en augmentant la capacité de rétention d’eau.

1. Procédé du compostage

En général, le compostage (normalement pratiqué à ciel ouvert) consiste

à empiler sur une certaine épaisseur des matières végétales et laisser passer

un laps de temps pendant lequel s’opère le processus de décomposition.

Pour accélérer le processus, les matières végétales sont coupées ou hachées.

Les conditions environnementales sont très importantes (voir page 73).

Selon les végétaux utilisés, le compostage durera 4 à 5 mois.

Dès le début du compostage, la température à l’intérieur du tas de matières

végétales augmentera et atteindra 60°C environ. Cette température peut

être considérée comme un processus naturel de pasteurisation; elle

éliminera la plupart des champignons ou bactéries nocives pouvant se

trouver dans les végétaux. Les pics de température se produiront toutes

les quatre semaines environ, mais ce pic ira de façon décroissante au fil du

cycle de formation du compost. Cette courbe « en cloche » indique quand

il faut aérer la matière compostée (voir graphique 2).

Il est important d’apprendre à reconnaître quand le compost est mature

car un compost immature appliqué dans le sol peut se révéler phytotoxique

pour les plantes cultivées en raison des quantités importantes

d’ammoniaque qu’il renferme. Une approche empirique sera la meilleure.

Voici les étapes à suivre pour composter des matières végétales:

Photo: Marta Pizano.

Fig. 24. Un petit hachoir de ce type peut traiter

une grande quantité de déchets de rosiers.

Hachage (coupe) des matières

es

végétales

Des morceaux de petite taille,

réguliers, se décomposeront plus

rapidement et uniformément.

Toutefois, la taille appropriée dépend

de la quantité d’eau des plantes (des

tiges très aqueuses comme celles de

l’Alstroemeria sont difficiles à

couper) et de l’outillage disponible.

68


Photo: Marta Pizano.

Construction du tas

Constituer des couches en

commençant par du sable ou autre

matériau favorisant le drainage,

alterner ensuite les couches avec des

matières végétales, des enveloppes

de riz ou autre matériau poreux

permettant une bonne aération et

une source d’azote (ex: fumier de

vache ou de porc ou formulation

liquide d’azote le cas échéant).

Bâchage

Fig. 26. Comme ici, il est possible de couvrir

les tas de compost pour empêcher une humidité

excessive. Le film devra être percé pour

permettre un échange gazeux.

Fig. 25. Tas préparés pour le

compostage.

Recouvrir le tas directement d’un film

polyéthylène ou placer le tas sous un

abri plastique. Certains producteurs

placent les tas de compost directement

dans les champs. Cette étape vise à

garantir un taux d’humidité satisfaisant

à l’intérieur du tas. Dans des régions

pluvieuses, un toit s’avère utile. Dans

le cas du film plastique, des trous

devront être percés pour permettre les

échanges gazeux.

Brassage du compost

Selon l’évolution de température (voir graphique 2

2), il conviendra de

retourner le tas toutes les quatre semaines environ, étape essentielle

pour permettre une aération adéquate.

Photo: Marta Pizano.

Fig. 27. La vapeur émanant de tas de compost montre les

températures élevées atteintes au cours de ce processus, ce qui garantit

une pasteurisation naturelle.

Photo: Marta Pizano.

69


Récolte

Le compost sera utilisable

après avoir été retourné trois

ou quatre fois (soit 3-4 mois),

selon le type de fleur et les

conditions du milieu.

Toutes les quatre semaines

environ, la température intérieure

du tas atteint un pic (au départ,

ce pic est assez élevé, 60°C, puis

diminue) lorsque la respiration et

l’activité métabolique des microorganismes

sont maximales. Il est

alors important d’aérer la matière

en décomposition en la

retournant pour assurer une

teneur suffisante en oxygène. Il

est possible de retourner le tas à

la main avec une pelle mais un

tracteur et une bineuse seront

nécessaires pour des tas

importants. La vapeur qui s’en

dégage indique la chaleur de l’intérieur du tas.

Fig. 28. Tas de compost à différentes phases en

Colombie. Le substrat noir et humide au premier

plan est prêt à l’emploi.

Fig. 29. Compost prêt à l’emploi au Zimbabwe.

Graphique 2. Evolution de la température à l’intérieur de tas de compost

(représentation schématique)

Photo: Marta Pizano.

Photo: Marta Pizano.

70

60

50

40

30

Température

Témperature

20

10

0

Semaine 1

Semaine 2

Semaine 3

Semaine 4

Semaine 5

Semaine 6

Semaine 7

Semaine 8

Semaine 9

Source: Moreno, M. Jardines de los Andes, Bogotá, Colombia, 1999.

70


2. Facteurs majeurs à considérer

er

Pour procéder au compostage, il faut étudier les infrastructures au sein

de l’exploitation:

Collecte de matière e végétale

Il est essentiel d’élaborer un programme adéquat de classification et de

regroupement de déchets végétaux. Des matériaux d’origine diverse

(plastiques, fils de fer, élastiques,

etc.) ne se décomposeront

évidemment pas et

pourraient compliquer la suite

du processus. Une fois encore,

une formation adéquate

s’impose. Placer les substances

végétales dans des poubelles,

sacs ou autres. S’assurer

qu’elles sont régulièrement

emmenées sur le site du

compostage (quotidiennement,

hebdomadairement ou

selon l’ampleur de l’opération).

Toutes les matières

végétales peuvent être

utilisées, c’est à dire coupes de

gazon, mauvaises herbes et

autres plantes ou parties de

plantes (à l’exception, bien

entendu, des plantes malades

écartées dans le cadre des

programmes de contrôle des

maladies).

Fig. 30. Espace adéquat pour les déchets végétaux,

à l’extérieur d’un lieu de triage.

Fig. 31. Il est difficile de procéder au compostage si l’on

se contente d’accumuler le matériel végétal comme

présenté ici, ou si l’on ne trie pas suffisamment les déchets.

Lieu de hachage

Bien choisir son site de hachage des végétaux est important. Il

conviendra également d’évaluer la quantité de substance végétale à

hacher; si les substances végétales s’accumulent, elles seront difficiles

à traiter. Le hachage doit donc s’opérer quotidiennement ou

hebdomadairement selon les volumes produits. Une fois encore, ne

pas laisser de grandes quantités de substances à l’abandon car elles

risqueraient de pourrir, ce qui fausserait les résultats escomptés.

Photo Natalia Martínez et Rodrigo Rodríguez.

Photo: Marta Pizano.

71


Photo: Marta Pizano.

Fig. 32. Importante opération de compostage

au Kenya.

Lieu de compostage

Il faudra opter pour des endroits

spacieux, bien ventilés. Le lieu de

compostage n’est pas une

décharge: il doit être propre et bien

aéré, facile d’accès et constituer un

cadre de travail agréable. Les

employés doivent comprendre

l’objet du compostage et ses

avantages.

Période d’application

La période idéale pour

appliquer le compost est la

phase de pré-plantation, juste

après la pasteurisation, avec un

apport simultané d’organismes

utiles comme le Trichoderma

ou des complexes bactériens,

levures, etc. qui permettront au

sol de restaurer sa microflore.

Le cycle court de fleurs comme

le chrysanthème permettent

facilement de recourir à cette

pratique. Toutefois, dans le

monde entier, des producteurs

appliquent ces substances

directement sur des couches

plantées de roses, d’œillets et

même de fleurs tropicales

comme les héliconias. Le compost

est délicatement incorporé

dans le sol, en prenant soin de

ne pas abîmer ou déranger les

racines des plantes.

Fig. 33. Application de compost sur un sol

récemment pasteurisé. On aperçoit au fond une

chaudière mobile au diesel.

Fig. 34. Compost en sacs prêt à être appliqué aux

plants de rosiers.

D’autres facteurs ne sont pas directement liés à l’infrastructure ou à

l’organisation de l’exploitation mais au procédé de compostage lui-même:

Photo: Marta Pizano.

Photo: Natalia Martínez et Rodrigo Rodríguez.

72

Taille et consistance des fibres végétales

Les matières végétales dures et de grande taille sont difficiles à trans-


former en compost et prendront un temps certain pour ce faire.

Elles sont également encombrantes. Il convient alors de les hacher,

broyer ou écraser à l’aide de machines adaptées réduisant leur volume

de 70% environ. Il est également conseillé de traiter séparément

les différents types de fleurs, ou au moins de les regrouper en fonction

de leur compatibilité. Ainsi, le compostage sera différent pour les

alstroemérias et pour les roses, la première variété étant plus aqueuse.

Gaz ou liquides danger

ereux

eux

Les gaz ou liquides produits par décomposition de matière végétale peuvent

avoir une odeur désagréable et être dangereux pour l’environnement. Ceci

s’explique du fait que les substances végétales ont presque toujours été

exposées aux pesticides et engrais chimiques. Il faudra aérer convenablement

et récolter les liquides pour résoudre ce problème. Une odeur nauséabonde

et/ou la présence de mouches autour des tas de compost indiquent

clairement que le compostage ne s’opère pas correctement et que le procédé

devra être réétudié. Toutefois, il est normal que le compost ou l’humus

produise des effluents liquides qui, en fait, contiennent des éléments nutritifs

et des micro-organismes utiles et peuvent être ré-appliqués sur la culture.

Il est plus aisé de récolter ces effluents si le terrain sur lequel est placé le tas

de compost est légèrement en pente.

Teneur adéquate en micro-or

o-organismes

Les micro-organismes appropriés permettront un compostage plus efficace

et plus rapide. Bien que les bactéries et champignons normalement associés

aux végétaux suffisent généralement, il peut être utile d’ajouter des mélanges

de levures, bactéries utiles comme les Streptomyces et certains champignons

pour améliorer le processus et l’accélérer. Il est possible de cultiver

directement sur place ces organismes utiles dans de grands récipients, en

utilisant des milieux simples comme le lait ou le yaourt, une source de

sucre comme la mélasse et une source d’azote. Les laboratoires qui

fournissent ces organismes apportent souvent l’aide technique nécessaire.

Facteurs environnementaux adéquats

Pour que le compost se développe correctement, il faut réunir les conditions

adéquates de pH, de température, d’humidité et de teneur en

oxygène. Les bactéries et les champignons mourront si l’humidité n’est

pas appropriée; un taux d’humidité de 30-40% est nécessaire et il faudra

souvent arroser avec un peu d’eau les tas de compost. Certains producteurs

recouvrent les tas de compost avec du film polyéthylène pour conserver

l’humidité. Il faut alors perforer ce film pour que l’air circule.

73


On obtient une meilleure aération en retournant la matière végétale toutes

les 3-4 semaines. Certains producteurs placent des tuyaux dans les tas

pour faire office de « trous de respiration » avec des résultats satisfaisants.

La hauteur du tas est également importante et ne doit pas excéder 1,60m;

sinon, la teneur en oxygène ne sera plus optimale au centre et à la base du

tas, induisant des conditions anaérobiques indésirables.

Maturité

L’expérience est le meilleur allié pour reconnaître le stade de maturité

adéquat auquel on peut récolter le compost. Le compost utilisable

est noir foncé (voire rouge, selon l’emplacement), spongieux, humide

et a une odeur de terre. On sait que l’application d’un compost immature

sera dangereuse pour les plantes, probablement en raison de

sa teneur élevée en ammonium. Il pourrait également renfermer encore

des graines de mauvaises herbes, parasites et maladies dans des

proportions trop élevées susceptibles d’infester à nouveau la terre.

3. Lombrics

Bien que l’on puisse utiliser directement le compost comme engrais ou

amendement du sol avec d’excellents résultats, certains producteurs

préfèrent procéder à une première étape de compostage et nourrir des

lombrics avec cette matière végétale partiellement décomposée. L’espèce

la plus fréquemment utilisée, Eisenia foetidia, appelée communément

ver rouge ou ver de Californie, transforme le compost en un composé

noir, humide et riche en s’en nourrissant que certains producteurs

appellent «humus», «vermicompost» ou encore «compost de lombric».

Photo: Marta Pizano.

Fig. 35. Lombric rouge commun, Eisenia foetidia.

74


Le tableau ci-dessous résume les avantages et inconvénients de

l’utilisation directe du compost et de celle de l’humus:

Tableau 13. Avantages et inconvénients de l’utilisation

du compost ou de l’humus

Humus Compost

Textur

exture Fine Grossière

Eléments nutritifs

Facilement apportés aux plantes Moins facilement apportés

Consistance Lisse, uniforme Rugueuse, inégale

Capacité de rétention d’eau Excellente

Bonne

Effet fet sur la structur

ucture du sol Insignifiant Nette amélioration

Coût

Plus élevé, nécessite davan- Inférieur à celui de

tage d’espace et de temps l’humus

Types de plantes traitées Certaines sont difficiles à La majorité des plantes se

dendranthema) et ajout transforment facilement en

d’amendement nécessaire compost

Lorsque l’on utilise des lombrics, on les conserve dans des « lits » spéciaux

généralement assez peu profonds (60-80 cm) leur fournissant un

environnement approprié. Pour conserver un pH neutre, il convient

d’aérer convenablement et de maintenir une température adéquate.

Certains producteurs conservent des « nurseries » de lombrics où se

multiplient les vers nourris et soignés entre chaque activité. Les nurseries

sont habituellement des récipients plus petits constamment chauffés, où

les vers reçoivent un complément alimentaire composé de fumier, de

préparations de micro-organismes et de fibres végétales pouvant provenir

de vieux papiers ou cartons. D’autres producteurs ne voient pas la nécessité

de cette étape mais quoi qu’il en soit, les lombrics peuvent contribuer à

recycler les déchets de papier de bureaux.

Le contrôle de l’environnement est particulièrement important dans le

cas de l’utilisation de lombrics. Ils sont très sensibles au manque

d’humidité; le pH doit être neutre et bien que celui du compost et de

l’humus soit de 8 environ, les substrats acides seront nocifs aux lombrics;

ils devront être corrigés avec des amendements comme du carbonate de

calcium. Les lombrics se nourrissant principalement de champignons, les

conditions doivent favoriser leur développement. Il est possible d’observer

facilement des lombrics intoxiqués (ils deviendront blancs) tandis que

sains, ils sont rouge vif.

75


Résultats

Jusqu’à quel point le compost est-il efficace et bénéfique ? Est-il coûteux? En

vaut-il la peine? Telles sont les questions les plus fréquemment posées par les

producteurs qui n’ont jamais essayé cette alternative. Les fervents adeptes

avancent les nombreux avantages offerts comme une réduction de 50% des

engrais chimiques, une nécessité inférieure (voire nulle) de pasteuriser le sol,

une meilleure productivité entre autres. En voici quelques expériences:

Tableau 14. Remplacement de la fertilisation inorganique (chimique)

par de l’humus dans une pépinière de roses, en Colombie.

Méthode traditionnelle

Humus

% Substitution 0% 50%

Coût ha/mois* $350 $320

* Traitement, main d’oeuvre, transport, application sur les plantes, engrais et autres matériaux inclus. N’inclut

pas le coût du hachage ni de la terre destinée à la production de l’humus. Coûts en US dollars.

Source: Valderrama, H., 1996 Las Flores S. A., Bogotá, Colombie

Dans ce cas, 50% des engrais traditionnels ont été remplacés par de l’humus

qui, à lui seul, représente 10% d’économie. D’autres producteurs rapportent

des économies de 20%. D’autres avantages ont cependant été observés:

* La haute concentration en sels solubles, qui touchent habituellement

les roses, ont été moins problématiques car l’humus a fourni un meilleur

équilibre en éléments nutritifs dans le sol.

* Les besoins en eau étaient inférieurs de 15-20%, (les besoins en

arrosage sont minutieusement contrôlés avec des tensiomètres dans

cette exploitation) grâce à l’amélioration de la capacité de rétention

d’eau apportée par l’humus.

* La structure et le drainage du sol ont été améliorés.

* Des plantes vigoureuses, saines et plus productives ont été observées,

sans doute grâce aux facteurs précédemment soulignés, mais aussi

aux micro-organismes provenant de l’humus, qui restaurent

l’équilibre naturel et concurrencent les pathogènes et parasites.

Tableau 15. Compost utilisé comme fertiliseur et amendement du sol

dans une pépinière de Dendranthema

Quantité de compost appliqué:

30 Tonnes/Ha

% de substitution d’un engrias chimique: 50%

Capacité de rétention d’eau: Augmentée de 30 - 40%

Réduction des coûts: 15 - 20%

Stérilisation du sol:

None

Source: Jaramillo, F. and Valcárcel, F. 1998. Jardines de los Andes, Bogotá, Colombie

76


Selon le producteur, le principal avantage du compost est de retrouver une

terre saine. En effet, après avoir cultivé des chrysanthèmes pendant de

nombreuses années dans la même terre, il commençait à rencontrer des

problèmes avec des champignons du sol comme le Phoma et le Pythium,

liés à la monoculture, à une structure du sol et une aération médiocres et à

un problème de rétention d’eau. L’ajout de compost a quasiment éliminé

tous ces problèmes et il n’est nul besoin de stériliser à la vapeur ou fumiger

le sol, ce qui représente non seulement des économies substantielles mais

également une approche plus respectueuse de l’environnement. L’une des

raisons de cette amélioration réside dans un meilleur drainage et une

meilleure aération du sol, empêchant le développement de ces champignons.

En outre, un meilleur équilibre du sol est apporté par les microorganismes

utiles contenus dans le compost qui rivalisent avec les pathogènes

et les empêchent de se reproduire aussi rapidement.

Comme pour les exemples précédents, les sels solubles posent moins de

problèmes et permettent d’améliorer la vigueur et la productivité de la

plante. Dans les pépinières de Dendranthema, on peut facilement

incorporer le compost dans le sol car les cycles de culture sont courts (4

mois environ) et les plantes doivent être totalement ôtées pour en replanter

d’autres. Des producteurs du Costa Rica appliquent de l’humus aux

chrysanthèmes au cours du cycle de culture avec d’excellents résultats.

Une autre étude de cas intéressante a été réalisée au Mexique, où certains

producteurs de chrysanthèmes ont commencé à utiliser du compost

amendé de Trichoderma sp, des extraits de plantes obtenus à partir de

Tagetes (œillets d’Inde) et d’un mélange composé d’algues marines.

Ce système est utilisé comme alternative au bromure de méthyle pour

éliminer les champignons comme le Phytophthora sp, le Rhizoctonia

solani et le Pythium sp, et les vers blancs (Phyllophaga sp).

Bien que ce système oblige les producteurs à acquérir de nouvelles techniques

de production, ils permettent d’économiser près de 40% des

coûts supportés dans la fumigation traditionnelle au bromure de méthyle.

Par ailleurs, la quantité de tiges de première qualité serait plus importante.

Pour les producteurs qui utilisent avec succès le compostage, cette alternative

résout plusieurs difficultés. Certains problèmes subsistent toutefois: par

exemple, les producteurs d’œillets hésitent toujours à appliquer du compost

d’œillet aux cultures de la même espèce, car ils n’ont aucune garantie de

77


l’absence de Fusarium oxysporum f.sp. dianthi. D’autres affirment que la

réduction de la population de ce champignon est assez significative pour

qu’un programme de LPI adapté permette un meilleur résultat encore.

Tableau 16. Comparaison du coût entre le bromure de méthyle et le

compost pour éliminer les maladies du sol au Mexique (US$/m²)

Apports

ts

Compost amendé

Bromur

omure e de Méthyle

Bromure de Méthyle 0 0.33

Bâches plastiques pour la fumigation 0 0.16

Engrais chimique 0 0.01

Pesticides 0 2.49

Compost 0.18 0

Trichoderma 0.02 0

Insecticides botaniques, autres

substances biologiques* 0.21 0

Autres coûts fixes** 1.53 1.53

Main d’œuvre*** 1.82 1.82

Coût total sans la main d’œuvre 1.94 4.52

Coût total avec la main d’œuvre 3.75 6.34

Source: Trueba, S. 2000. Dans: Case studies of Alternatives to Methyl Bromide. PNUE

* Eléments nutritifs des feuilles, insecticides des plantes et élimination des virus

** Electricité, eau, terre, couvertures plastiques des serres

*** La plupart de la main d’œuvre est fournie par la famille du producteur. Coûts calculés dans des

petites exploitations.

78


Chapitre 5

Substrats hors-sol

Quelques pays comme les Pays-Bas et Israël recourent depuis de nombreu

ses années à la culture de fleurs coupées sur couches surélevées et dans

des substrats artificiels (inertes) ou hors-sol (parfois appelée production

hydroponique). La raison de l’utilisation de ces techniques est

souvent liée à la présence de sols pauvres peu propices à la production floricole

ou légumière.

Les couches surélevées ou isolées autrement présentent plusieurs avantages,

notamment la possibilité de stériliser correctement une quantité limitée de

substrat. Elles permettent également de mieux contrôler la nutrition des plantes.

Les producteurs du monde en voie de développement estimaient naguère que

cette technique était trop coûteuse et relevait de la « haute-technologie ». Des

matériaux comme la laine de roche ou même la tourbe horticole étaient souvent

indisponibles et devaient être importés. Les sols et les couches surélevées

bétonnés sont souvent onéreux. Tous ces facteurs, auxquels s’ajoute l’abondance

de sols riches et fertiles disponibles, expliquent pourquoi la culture hors-sol ne

s’est pas répandue dans les pays tropicaux et subtropicaux, grands producteurs

de fleurs. Pendant longtemps, lorsque les maladies du sol, difficiles à éradiquer,

provoquaient d’importantes pertes économiques, un producteur plantait sa

culture suivante sur un sol « nouveau », laissant les zones infestées pour produire

d’autres espèces, non-sensibles.

Pourtant, la situation évolue depuis plusieurs années. Les industries floricoles

se sont très souvent développées autour des grandes villes, où des aéroports

internationaux sont facilement accessibles pour expédier leurs produits.

Toutefois, avec le développement urbain, la terre devient plus chère et

l’expansion des exploitations limitée, d’où la difficulté de se procurer du

sol nouveau. Par ailleurs, la consommation de certains fumigants à large

spectre sera interdite (comme le bromure de méthyle) ou limitée pour des

raisons sanitaires ou environnementales (car responsables de cancers ou de

malformations de naissance, risques de contamination de l’eau, etc.). La

79


vapeur est trop onéreuse pour traiter les sols renfermant d’importantes

populations de pathogènes. Toutes ces raisons ont poussé les floriculteurs

à rechercher des matériaux et systèmes disponibles localement, adaptables

à la production hors-sol et économiquement rentables.

L’expérience montre que les substrats hors-sol sont une bonne alternative au

bromure de méthyle surtout quand ils font partie d’un programme de LPI.

1. Rôle d’un substrat

Un bon substrat doit remplir quatre fonctions:





Favoriser l’enracinement des plantes,

Contenir des éléments nutritifs,

Apporter l’eau, et

Permettre un bon échange gazeux (aération)

Un substrat seul ne remplira pas toujours ces quatre fonctions et l’on

doit alors procéder à des mélanges. Par exemple, le sable permet une

bonne aération mais n’apporte ni eau ni éléments nutritifs qui filtrent

facilement. Par ailleurs, l’argile retient l’eau à tel point que la teneur en

oxygène est parfois réduite à des niveaux dangereux pour les plantes.

Aussi, les producteurs élaborent-ils un mélange pour favoriser

l’enracinement (empotage) en combinant plusieurs éléments afin d’obtenir

un substrat capable de remplir toutes ces fonctions.

Parmi ces propriétés, seule la première (enracinement) est inhérente à un

substrat. En d’autres termes, d’autres facteurs comme la manipulation et la

procédure de récolte n’influent pas sur le substrat. Les autres fonctions

(aération, capacité de rétention d’eau et d’éléments nutritifs) sont influencés

par des facteurs comme le pouvoir de compactage, l’arrosage et le pH que le

producteur doit gérer. Dans certains cas cependant, le poids ou « densité de

plantation » du substrat est également important pour éviter que les plantes

ne tombent, on peut alors utiliser des fils de fer ou des filets pour soutenir les

plantes qui croissent dans des substrats légers (voir exemples page 85).

Les producteurs savent depuis longtemps que la terre naturelle n’est pas

indispensable pour le développement des cultures. On peut retrouver les

propriétés physiques et chimiques de la terre dans d’autres matériaux et l’on

apporte autrement les éléments nutritifs aux plantes. En fait, on peut cultiver

80


des plantes directement dans de l’eau amendée d’engrais. Il s’agit du procédé

hydroponique. Pourtant, la terre est un bon régulateur et peut compenser

des erreurs de fertilisation car elle contient au moins quelques éléments nutritifs

nécessaires aux plantes. Les systèmes hors-sol nécessitent un contrôle plus

strict des quantités d’éléments nutritifs, que l’on peut mener avec la

conductivité électrique (CE), un pH-mètre et des analyses foliaires et du sol.

2. Types de Substrats

On utilise de nombreux types de substrats dans l’industrie de la culture

sous serre. La tourbe horticole, le sable, les écorces et matières inertes

comme la vermiculite et la laine de roche sont les plus utilisés. On les

utilise souvent en mélanges et proportions différents.

Ces dernières années, d’importantes recherches et expériences ont été

menées pour trouver des substrats de substitution pour répondre à divers

problèmes. La tourbe, par exemple, est un matériau naturel obtenu à partir

des marécages de pays septentrionaux. Une récole continue de cette substance

pourrait être préoccupante car elle se forme très lentement et n’est

pas facilement remplacée. De surcroît, importer de la tourbe dans des pays

où elle n’est pas produite s’avère trop onéreux. La laine de roche, elle, ne

pose pas de problème écologique et est très durable; elle n’est cependant

pas disponible dans tous les pays et devrait alors être importée à des prix

souvent trop élevés pour être rentable dans une production à grande échelle.

Chacun doit apprendre à adapter la technologie aux conditions locales.

On étudie l’utilisation de nouvelles substances comme les enveloppes

de riz, les fibres de coco (coir), le compost, différents types d’écorce et

la sciure de bois. On utilise depuis longtemps les scories volcaniques et

la pierre ponce. Voici les caractéristiques de ces matériaux:

Coir

Le matériau fibreux situé entre la surface extérieure et l’intérieur

de la coque dure de la noix de coco, appelé en botanique mesocarp,

renferme de longues fibres résistantes utilisées pour fabriquer

différents types de matériaux comme le rembourrage, la ficelle, les

filtres et les brosses. Les fibres plus courtes, déchiquetées, la poussière

et la médule inutilisées servent en horticulture de substrat

d’enracinement appelé « coir ». Le coir peut, lorsqu’il est humide,

être comprimé puis séché pour faciliter le transport sur long parcours

81


Photo: Marta Pizano.

Fig. 36. Orchidées cultivées sur des coques de coco au Costa Rica.

en raison de sa légèreté ; réhydraté, il est immédiatement utilisable.

Sa performance est comparable à celle de la tourbe, à quelques

exceptions près: sa texture plus fine ne permet pas une aération

aussi bonne mais son pouvoir de réhydratation est bien meilleur.

Les propriétés physiques et chimiques du coir varient selon sa source

d’origine et de nombreux producteurs l’utilisent combiné avec

d’autres matériaux. D’excellents résultats ont cependant été obtenus

lorsqu’il était utilisé seul: gerberas aux Pays-Bas, plantes d’ornement

et fleurs coupées en Côte d’Ivoire (voir tableau 19, p. 89).

L’utilisation de ce matériau se développera probablement au cours

des prochaines années.

L’intégralité de l’ « écorce » de la noix de coco (le mésoderme,

ainsi que la couche supérieure appelée ectoderme) est souvent

utilisée pour cultiver les orchidées au Costa Rica et dans d’autres

pays. Ces plantes ne nécessitent pas de substrat particulier car

elles sont épiphytes (elles croissent sur d’autres plantes ou arbres).

L’écorce de coco permet un enracinement idéal et la nutrition

s’effectue presque totalement par la voie d’applications foliaires.

Enveloppes de riz

Il s’agit de dérivés de rizeries disponibles à des prix raisonnables

dans les régions productrices de riz. Les enveloppes de riz ne

sont pas véritablement inertes (ou non réactives) mais possèdent

un bonne capacité d’aération et de rétention d’eau. Elles constituent

un substrat efficace pour la culture d’œillets en

Colombie (voir plus bas), d’anthuriums au Costa Rica entre

autres. On ajoute à la terre du sol des enveloppes de riz depuis

longtemps afin d’en améliorer l’aération et le drainage.

82


Photo: Marta Pizano.

Photo: Floraculture International.

Fig. 37. Anthuriums cultivés dans

des enveloppes de riz au Costa Rica.

Fig. 39. Culture hydroponique

des roses au Kenya.

Fig. 38. Œillets cultivés dans des couches de sable

en Hollande.

Ecorce ce et sciure de bois

L’écorce, la sciure et les copeaux de bois

de toutes sortes peuvent être utilisés

comme substrats et remplacent dans de

nombreux pays la tourbe. Ils doivent être

partiellement compostés (il faudra dans

certains cas hacher ou couper en petits

morceaux l’écorce) car utilisés frais, leur

vitesse de décomposition est élevée et ils

peuvent renfermer des substances toxiques

dérivées du bois comme les résines ou les

tanins, notamment dans le cas de la sciure.

Le compostage de ces matériaux est

identique à celui décrit au chapitre 4. Il

vaut mieux utiliser des matériaux locaux

car, à lui seul, le coût du transport de

l’écorce et de la sciure est considérable par

rapport au prix des matériaux eux-mêmes.

Photo: Marta Pizano.

Compost

Il est possible d’utiliser du compost seul comme substrat avec

d’excellents résultats, tant que les paramètres tels que le pH, la

teneur en ammonium et d’autres sont contrôlés. En raison des

nombreux avantages qu’il procure, nombre de producteurs

préfèrent combiner le compost avec d’autres matériaux ou l’ajoutent

aux couches du sol, comme décrit au chapitre 4. Le compost possède

une excellente capacité de rétention d’eau, une capacité d’échange

cationique et constitue une source importante d’éléments nutritifs.

83


Photo: Marta Pizano.

Photo: Marta Pizano.

Roche volcanique (scorie, pierre

ponce), vermiculite et autres

es

De nombreux autres matériaux

sont utilisés comme substrats

d’enracinement, seuls ou

mélangés. Habituellement légers,

ils permettent une bonne

aération et certains (ex: vermiculite)

possèdent une excellente

capacité de rétention d’eau. Ils

fournissent des quantités

importantes de certains éléments,

principalement le potassium et le

magnésium. Certains sont inertes

(non-réactifs) et favoriseront

l’enracinement. Le procédé de

culture sera alors identique à celui

d’un système hydroponique. Des

résultats intéressants ont été

obtenus au Kenya, où l’on cultive

des œillets dans des sacs remplis

de pierre ponce. Le pH

naturellement élevé de ce matériau limite le développement du

champignon responsable de la fusariose.

Fig. 40. Culture d’œillets dans des sacs remplis de

pierre ponce au Kenya.

Fig. 41. Culture de roses sur un substrat de laine de

roche aux Pays Bas.

Sable

On utilise le plus souvent le sable en mélange dans des substrats

d’enracinement pour sa capacité à améliorer le drainage et

l’aération. Utilisé seul, d’excellents résultats ont été obtenus en

Israël.

3. Lutte antiparasitaire et traitement des maladies

A lui seul, l’isolement des plantes du sol n’empêche pas l’apparition de

maladies et parasites du sol. Ils peuvent toujours réapparaître, parfois

même plus sévèrement si la solution nutritive est réintégrée. Il faudra

donc suivre les recommandations faites précédemment pour éviter toute

ré-infestation d’un substrat pasteurisé (voir chapitre 3). Les substrats

hors-sol doivent être utilisés dans le cadre d’un programme de LPI.

84


Il est possible de réutiliser un substrat à l’issue d’un cycle cultural si

l’on élimine les mauvaises herbes, parasites et maladies fortement

présents dans la précédente culture. Pasteuriser s’avère souvent efficace

dans ce cas car cette technique est moins onéreuse qu’un traitement de

la terre naturelle (voir la pasteurisation au chapitre 3).

Exemples d’applications

1. Culture des œillets dans du substrat d’enveloppes de riz en

Colombie

Des producteurs d’œillets colombiens à la recherche d’alternatives pour

éliminer la fusariose ont expérimenté avec succès, ces dernières années,

un système offrant les avantages de substrats artificiels placés en hauteur

sans subir les coûts élevés liés à

la construction de couches

surélevées et des infrastructures

nécessaires. Les « couches » sont

constituées au-dessus d’un film

polyéthylène épais placé à même

le sol, qui les isole du sol. Les

couches sont remplies d’enveloppes

de riz partiellement brûlées

à une profondeur de 15-20 cm.

Le substrat est brûlé pour

éliminer d’éventuels parasites ou

Fig. 42. Couche de polyéthylène remplie

d’enveloppes de riz partiellement brûlées pour la culture

des œillets en Colombie.

pathogènes et améliorer la texture. Cette opération est facile: il suffit de

mettre le feu à des tas d’enveloppes de riz sèches puis de les asperger

d’eau pour éteindre les flammes. Certains pays interdisent cependant cette

pratique car elle contamine l’air et nécessite l’utilisation de fourneaux

adéquats (souvent disponibles auprès des rizeries fournissant ce matériau).

Les œillets sont alors cultivés dans ces couches suivant les pratiques

culturales habituelles.

Jusqu’à présent, les producteurs rapportent une importante réduction

des pertes provoquées par F. oxysporum, notamment sur les variétés très

sensibles (de 45% à 3% de pertes sur un cycle de production seulement).

Comme pour les autres méthodes hydroponiques, cette pratique soulève

d’autres problèmes, principalement liés à la fertilisation et l’arrosage, et

un contrôle minutieux de ces deux paramètres est nécessaire.

Photo: Marta Pizano.

85


Pour passer des couches traditionnelles à ce système, un producteur

devra suivre les étapes suivantes. Ce système pourra servir de modèle

pour d’autres substrats tout aussi adaptés.

Tableau 17. Elaboration étape par étape de couches de polyéthylène

remplies d’enveloppes de riz pour la culture des œillets.

* Niveler le sol avec une pente entre 0.5% et 1%.

* Marquer les limites des couches et installer des piquets en bois ou autre outil

semblable avec un espacement d’1 m environ. Aligner les piquets et maintenir

la pente.

* Compacter la terre du sol, qui doit être humide.

* Fixer un fil métallique de calibre 10-12 ou une grosse corde en nylon (comme

celle utilisée pour les rideaux) pour maintenir en place le polyéthylène.

* Déployer le polyéthylène pour former la couche; procéder comme pour construire

une couverture de serre, en fixant les bords avec des agrafes. Laisser une ouverture

à l’extrémité inférieure de façon à ce que les effluents ou lixiviats puissent s’écouler.

* Nettoyer les couches de polyéthylène vides avec une solution désinfectante

pour éliminer toute saleté et débris. Ceci permet également de vérifier si la

pente est bonne. Aucune flaque ne doit se former.

* Remplir les couches d’enveloppes de riz brûlées en prenant soin de ne pas les

contaminer avec des saletés ou de la terre. Maintenir la terre du sol humide

permet d’éviter ce problème.

* Filtrer les enveloppes de riz avec de l’eau propre abondante pour ôter les

cendres et réduire le pH.

* Installer les tuteurs de filets à leur place. Pour les œillets, on utilise 4 à 5 filets

superposés, selon la variété.

* Arroser abondamment. Les couches sont prêtes pour la plantation.

* Des rampes d’irrigation au goutte à goutte doivent être installées une semaine après

la plantation.

Arreaza,P. 2000.Pizano, M. 2000 (Ed.) Dans: Clavel. Ediciones Hortitecnia Ltda.

Facteurs à considérer

pH élevé

L’un des problèmes des enveloppes de riz est leur pH

naturellement élevé (entre 7,5 et 9) dû aux oxydes formés par la

combustion; un pH élevé peut poser quelques problèmes

mineurs. On peut corriger cette situation en ajoutant

directement dans les couches ou avant remplissage 12 à 15 kg

de sulfate de calcium par m 3 d’enveloppes.

86


Systèmes d’irrigation

Le premier arrosage pourra se faire avec un tuyau pour maintenir

le feuillage turgide après transplantation des boutures racinées

et favoriser le développement des racines, comme dans la culture

d’œillets en couches de sol. La deuxième semaine après la

transplantation, il faudra installer des rampes traditionnelles

d’irrigation au goutte à goutte. D’excellents résultats peuvent

également être obtenus avec des tuyaux plats percés tous les 10

cm, à raison d’un tuyau tous les deux rangs. Dans un substrat

d’enveloppes de riz, la circulation de l’eau est plus rapide de

façon verticale et ce système d’irrigation garantit une humidité

meilleure et plus uniforme. Dans les deux cas, il faut irriguer

plus fréquemment que pour la culture directe dans le sol. Il

faudra également prendre en compte le milieu ambiant et la

quantité d’effluents qui s’écoule de la couche pour déterminer

la quantité d’eau nécessaire. Tensiomètres et évaporomètres

fourniront des informations plus précises.

Fertilisation

Comme précédemment décrit, il faut prêter une attention

particulière à la fertilisation dans le cas des substrats hors-sol. Des

analyses foliaires et du substrat sont indiquées. Un matériel spécialisé

permet de déterminer les besoins en éléments nutritifs; il n’est

cependant pas disponible partout. En tout cas, il faut absolument

pouvoir mesurer au moins les paramètres de base comme le pH et

la CE et si possible le nitrate (NO 3

) et le potassium (K) de l’apport

nutritif et des lixiviats qui s’écoulent des couches.

Ces deux derniers points sont fondamentaux pour établir des

programmes adéquats d’arrosage et de fertilisation. Par exemple,

selon les conditions environnementales, une quantité trop peu

importante voire nulle d’effluents indique un apport d’eau

insuffisant et une quantité excessive indique le contraire. Une

humidité excessive favorise le développement de champignons

du sol et réduit la teneur en oxygène du substrat. Les effluents

doivent représenter 5 à 20% du volume total appliqué. Il en est

de même pour la teneur en nitrate et en potassium.

Le tableau suivant indique des recommandations pour la culture

d’œillets dans du substrat d’enveloppes de riz.

87


Tableau 18. Teneur recommandée en éléments nutritifs (ppm) pour

la culture d’œillets dans du substrat d’enveloppes de riz

ELEMENT CROISSANCE CROISSANCE

HAUTE SAISON-

VEGETATIVE

TIVE REPRODUCTIVE BASSE SAISON

Azote Total

Nitrate Total

Ammoniaque Total

P

K

Ca

Mg

S

Cu

Zn

Mn

Fe

Bo

Mo

210

180

30

40

100

180

50

>70

0.3

0.3

0.05

6

0.6

0.06

100

100

0

50

240

200

60

>90

0.3

0.3

0.05

5

0.8

0.06

50

50

0

15

50

100

30

>30

0.3

0.3

0.05

5

0.6

0.06

Source: Arreaza, P. 2000. Pizano, M. 2000 (Ed.) Dans: Clavel. Ediciones Hortitecnia Ltda.

La conductivité de la solution fertilisante se situe entre 1,5 et

4,0 mmhos/cm selon sa composition exacte; son pH se situe

entre 4,0 et 5,5.

Tuteurs et espacement des plantations

Le substrat d’enveloppes de riz est très léger et, sur des épaisseurs

de 15 cm seulement, les plants d’œillets nécessitent un support

plus important pour pousser droit et ne pas tomber. On peut

utiliser un filet traditionnel, fabriqué sur place qui s’ajuste à la

densité de plantation choisie. Cependant, de nombreux

producteurs préfèrent les filets industriels trouvés sur le marché.

Ils forment habituellement des carrés de 7, 10 ou 15 cm de

côté dans chacun desquels poussera un plant. Certaines rangées

seront laissées vides selon la densité de plantation choisie.

Plusieurs possibilités existent: deux rangées pleines suivies d’une

vide; ou alternance d’une pleine avec une vide. La densité de

plantation sous serre varie normalement entre 23 et 30 plants

au m 2 , soit légèrement moins que la densité traditionnelle utilisée

en production dans des couches de sol.

88


Rendement

On estime à 5,5 fleurs par plant le rendement moyen de la

première récolte. Selon la densité et la répartition des plants,

cela permettra de produire entre 1 260 000 fleurs/hectare

(densité: 23 plants/m 2 ) et 1 650 000 fleurs/hectare (densité:

30 plants/m 2 ).

2. Culture de fleurs coupées dans du substrat de coco en Côte d’Ivoire.

Le substrat de coco ou coir a initialement été testé en Côte d’Ivoire par

une grande exploitation floricole sensible aux coûts élevés du bromure

de méthyle dans la région et aux risques pour l’environnement et la santé

des travailleurs. Les résultats sont très encourageants. Ce substrat permet

non seulement d’éliminer les nématodes mais donne également

d’excellents rendements de première qualité. On se procure facilement

des déchets de coco en Côte d’Ivoire car il s’agit de dérivés de l’industrie

de l’huile de coco et les producteurs ont découvert que des morceaux de

tronc et des vieilles feuilles pouvaient être broyés avec de l’écorce et former

un substrat adéquat (la proportion de tronc ne devant pas excéder 10%).

Dans ce cas précis, les plantes sont cultivées dans des pots placés sur des

bancs à 10 cm du sol pour éviter toute infestation par des nématodes et

autres parasites du sol; des producteurs d’autres pays remplissent des

couches de ce substrat et cultivent les fleurs coupées de façon pratiquement

identique à celle décrite pour le substrat d’enveloppes de riz.

Tableau 19. Estimation du coût du substrat de coco comparé à celui

de la fumigation au bromure de méthyle en Côte d’Ivoire.

Coût du substrat Coût du BM

US$/Ha US$/Ha

Total 900 – 1,200 1,800 – 2,000

Source: Pacaud, J.M. 2000. Dans: Case Studies on Alternatives to Methyl Bromide. PNUE 2000.

Outre les coûts, ce producteur avance d’autres avantages de l’utilisation

du substrat de coco:

* Aucune période d’attente avant la plantation (nécessaire

après fumigation au bromure de méthyle)

89


90

* Croissance des plantes plus uniforme et fleurs de meilleure

qualité.

* Aucun risque pour la santé des travailleurs et même création

de nouveaux emplois liés à la production et la vente de ce

substrat.


Chapitre 6

Projets de démonstration et

d’investissement

Le Fonds Multilatéral du Protocole de Montréal apporte une aide technique

et financière aux pays en voie de développement pour éliminer le

bromure de méthyle. Grâce à ce Fonds, quelques 58 projets de

démonstration et d’investissement sont actuellement menés dans ces

pays pour évaluer et appliquer des alternatives au bromure de méthyle,

utilisé dans les cultures et infrastructures. En 2001, 38 projets destinés

à évaluer la performance de toute une gamme d’alternatives sous

différentes conditions climatiques seront menés à bien. Parmi ces projets

de démonstration, certains portent sur les alternatives utilisables en floriculture.

Ces projets prévoient des séminaires, ateliers et/ou sessions de formation

visant à communiquer les résultats aux agents de vulgarisation,

producteurs et autres personnes concernées par le bromure de méthyle.

Des projets de non-investissement sont également prévus; ils portent

sur la dissémination de l’information, l’élaboration de politiques et l’aide

technique. Quatre agences d’exécution sont chargées de ces projets en

collaboration avec les gouvernements de chaque pays en voie de

développement: le PNUD, le PNUE, l’ONUDI et la Banque Mondiale.

Les rapports de ces projets sont des précieuses sources d’information.

Les références des rapports disponibles figurent à la fin de ce manuel. De

plus amples informations sur les résultats des projets de démonstration

sont disponibles sur le site commun du PNUE/ONUDI consacré aux

alternatives au bromure de méthyle, sur le site internet du PNUE.

Au moment de l’impression de ce manuel, certains résultats de projets de

démonstration étaient disponibles (Argentine, Guatemala et Kenya); ils sont

présentés ci-dessous. Les résultats préliminaires des projets menés au Costa Rica

et en République Dominicaine sont également exposés. Le Tableau 20 précise

comment contacter les agences d’exécution et les responsables nationaux de

chaque projet pour obtenir les mises à jour.

91


Les projets de démonstration visent à évaluer diverses alternatives au bromure de

méthyle que les producteurs peuvent utiliser si les résultats sont satisfaisants et

leur mise en œuvre abordable. Le tableau ci-après décrit brièvement ces projets:

Tableau 20. Projets de démonstration menés par les agences d’exécution du Protocole de Montréal

pour évaluer les alternatives au bromure de méthyle en floriculture.

Pays Raisons de Agence

Responsable

Alternatives Résul-

Contacts

l’utilisation du BM d’exécution

National choisies tats

Argentine

Fusariose de ONUDI

l’œillet (Fusarium

oxysporum f. sp.

dianthi),

pourriture de la

racine et du collet

du lisianthus (F.

solani), mauvaises

herbes,

nématodes

Costa

Rica

République

Domini-

caine

Equateur Banque

Mondiale

Guatemala

92

Mauvaises herbes

(Cyperus sp), Nématodes,

Pourriture

sèche (Pseudomonas

solanacearum)

des héliconias

et autres fleurs

tropicales.

Mauvaises

herbes,

nématodes

Mauvaises

herbes,

nématodes

PNUD

ONUDI

ONUDI

INTA – Instituto

Nacional de

Tecnología

Agrícola de

Argentina

Instituto

Regional de

Sustancias

Tóxicas (IRET),

de la Universidad

Nacional de

Costa Rica

Junta

Agroempresarial

Dominicana (JAD)

Fumigants du sol:

métam-sodium,

dazomet

Pasteurisation

Solarisation

Voir cidessous

Fumigants du sol

à faible dose,

(métam-sodium,

dazomet)

Vapeur

Rotation des

cultures, substrats

volcaniques,

biofumigation

compostage

Fumigants du sol à Préliminaires,

faible dose (métamsodium,

dazomet, voir cidessous

1,3 dichloropropène)

Pasteurisation

Amendements

organiques du sol

(humus).

Préliminaires,

voir cidessous

Voir cidessous

* Antonio Sabater de Sabates,

ONUDI asabater@unido.org

* Juan Carlos Zembo

Horticultura, INTA

Facultad de Ciencias Agrarias

y Forestales

Universidad Nacional de la Plata

Calle 60 s/N y 119

1900, La Plata

ARGENTINA

E-mail: zembo@inta.gov.ar

* Suely Carvalho, PNUD

suely.carvalho@undp.org

* Fabio Chaverri

IRET – Universidad

nacional de Costa Rica

Tel (504) 277-3584

fchaverr@una.ac.cr

* Guillermo Castellá, ONUDI

gcastella-lorenzo@unido.org

* Mr. Abraham Abud, JAD.

Euclides Morillo No. 51

Arroyo Hondo, Santo

Domingo. RÉPUBLIQUE

DOMINICAINE

Tel. (809) 563 6178

Fax (809) 563 6181

jad@codetel.net.do

* Steve Gorman, Banque Mondiale.

sgorman@worldbank.org

* Antonio Sabater de

Sabates, ONUDI

asabater@unido,org

* Antonio Bello

Centro de Ciencias

Medioambientales. CSIC

Serrano 115 dpdo.

28006 Madrid, SPAIN

Tel: 34 91 554-0007

Fax: 34 91 564-0800

ebvb305@ccma.csic.es


Pays Raisons de Agence

Responsable

Alternatives Résul-

Contacts

l’utilisation du BM

d’exécution

National choisies tats

Kenya

Fusariose de

l’œillet (Fusarium

oxysporum f.sp.

dianthi), Tumeur

bactérienne du

collet des roses

(Agrobacterium

tumefaciens),

nématodes,

mauvaises herbes

ONUDI

Mexique Fusariose de ONUDI

l’œillet (Fusarium

oxysporum f.sp.

dianthi),

nématodes, weeds

Horticultural

Crops Research

Authority

(HCDA)

Unidad de

Protección del

Ozono, National

Instituto de Ecología

(Secretariado del

Medio Ambiente y

Recursos y Pesca -

SEMARNA).

Facultad de

Agronomía de la

Universidad de

Sinaloa

Fumigants du sol

à faible dose,

(métam-sodium,

dazomet)

Vapeur

Solarisation seule

et en association

avec de la matière

organique et du

fumier. Fumigants

à faible dose

(métam-sodium,

chloropicrine,

dazomet,1,3

dichloropropène)

seul et combiné

avec la solarisation

Voir cidessous

Non

disponibles

* Paolo Beltrami, ONUDI

pbeltrami@unido.org

* Mark Okado, HCDA

okado@swiftkenya.com

* Marcela Nolazco,

Oficina Mexicana del

Ozono

mnolazco@un.org.mx

* Guillermo Castellá,

ONUDI

gcastella-lorenzo@unido.org

Syria

ONUDI

* Guillermo Castellá, ONUDI

gcastella-lorenzo@unido.org

Les projets d’investissement visent à éliminer totalement l’utilisation de

bromure de méthyle dans un secteur spécifique (ex: floriculture) et à

introduire des alternatives. A l’heure actuelle, un projet d’investissement

a commencé au Zimbabwe, comme décrit ci-après.

Tableau 21. Projets d’investissement menés par les agences d’exécution du Protocole de Montréal

pour évaluer les alternatives au bromure de méthyle en floriculture.

Pays Raisons de Agence

Responsable

Alternatives Résul-

Contacts

l’utilisation du BM

d’exécution

National choisies tats

Zimbabwe

Tumeur

bactérienne du

collet des roses

(Agrobacterium

tumefaciens),

nématodes,

mauvaises herbes

ONUDI

Association des

exportateurs de

fleurs du

Zimbabwe –

EFGAZ, et

Blackfordby

Agricultural

Institute of

Zimbabwe

Vapeur,

amendements

organiques

Non

disponibles

* Guillermo Castellá, UNIDO

gcastella-lorenzo@unido.org

* Helen Wolton, Ruwa,

Zimbabwe

lfe@pci.co..zw

93


Argentine

Description du projet

Avec l’expansion de la production de fleurs pour l’important marché local

de Buenos Aires, capitale de l’Argentine, l’utilisation de bromure de

méthyle s’est également accrue. Un nouveau produit apprécié du public,

le lisianthus (Eustoma grandiflorum), peut être sévèrement attaqué par

une maladie, la pourriture basale, provoquée par le champignon Fusarium

solani. On utilisait autrefois le bromure de méthyle pour éliminer

efficacement cette maladie. Des essais ont été menés à l’Université de La

Plata, Argentine, en coordination avec l’ONUDI, pour déterminer les

meilleures alternatives au bromure de méthyle pour éliminer cette maladie.

On a comparé les traitements ci-après sur trois échantillons:

1. Carbendazim (émulsion concentrée à 50%)

2. Prochloraz (émulsion concentrée à 45%).

3. Vapeur (profondeur: 15 cm)

4. Métam-sodium (formule liquide, 32%)

5. Dazomet (98%, granulé)

6. Bromure de méthyle (fumigant liquide, 98%)

7. Témoin (aucun traitement)

Résultats

Les résultats ont été évalués d’après deux paramètres: le pourcentage

de plantes malades et la densité de F. solani dans le sol. On a également

estimé le rendement ou la productivité, en tenant compte du nombre

de tiges récoltées et de leur qualité.

Des taux d’élimination identiques ont été obtenus avec du bromure de

méthyle, de la vapeur, du dazomet et du métam-sodium lorsque l’on a

évalué la densité de population du pathogène dans le sol. Ces quatre

traitements se sont avérés plus efficaces que les autres sur deux échantillons.

Le tableau 22 et le graphique 3 ci-dessous indiquent le pourcentage

de plantes malades pour chaque traitement et le taux de fleurs de

première qualité sur les tiges récoltées. (Les fleurs de qualité supérieure

ou de catégorie A ont des tiges supérieures à 50 cm et 4 mm de

diamètre).

94


Tableau 22. Pourcentage de plants de lisianthus affectés par le Fusarium

solani avec différentes alternatives.

Traitement

% de plants affectés

Carbendazim 100.00

Proclhoraz 94.43

Témoin 89.76

Vapeur 36.97

Métam-sodium 12.00

Dazomet 3.66

Bromure de méthyle 0.00

Source: Fernandez et al., 2000. Tiré de: Alternativas al uso del bromuro de metilo en frutilla, tomate y flores de

corte. Buenos Aires, Argentine, 4 y 5 mai 2000 (Rapports)

Graphique. 3. Pourcentage de la proportion totale entre les tiges en fleurs et les

tiges de qualité supérieure récoltées avec plusieurs alternatives.

80

70

60

50

40

30

20

10

0

Bromure de

méthyle

Dazomet

Métam

sodium

Pasteurisation Témoin Prochloraz Carbendazim

Total tiges

Catégorie A

Evaluation des Alternatives

D’après les résultats, la production de lisianthus dans des sols fortement

infestés de F. solani n’est commercialement envisageable que si les sols

sont traités avant plantation. Lors des essais, les fongicides n’ont pas donné

des résultats satisfaisants par rapport aux fumigants, sans doute en raison

du large spectre de parasites que couvrent ces derniers. Parmi les fumigants

utilisés, aucune différence significative n’a été observée concernant

le niveau d’élimination, la qualité ou les rendements de la récolte.

Bien qu’efficace pour réduire la densité de population, la pasteurisation

n’a pas apporté les résultats escomptés. Ceci est probablement dû à

l’insuffisance ou à la longueur du traitement appliqué (ou des deux), ce

qui a permis une re-colonisation rapide du substrat. La pasteurisation

reste toutefois une alternative envisageable.

95


Kenya

Description du projet

Le Kenya est un important fournisseur de fleurs coupées pour le marché

européen (œillets et roses principalement). Le projet a été mené par

l’Horticulture Development Authority of Kenya (HDC) en collaboration

avec l’ONUDI, au sein de Sulmac, l’une des plus importantes exploitations

floricoles du pays. La première étape du projet visait à évaluer

des alternatives au bromure de méthyle pour éliminer la fusariose de

l’œillet, principale cause de l’utilisation de ce fumigant au Kenya.

De nombreuses alternatives ont été choisies et le projet a été mené dans des

conditions les plus proches possibles de la réalité commerciale. Les membres

impliqués dans ce projet ont noté scrupuleusement et sans interruption les

pourcentages enregistrés de plantes malades, de tiges commercialisables,

etc. Des pratiques de LPI ont parfaitement été appliquées dans ce projet.

On a comparé l’efficacité des traitements ci-dessous pour éliminer la

fusariose de l’œillet:

Photo: Marta Pizano.

Fig. 43. Dans le cadre du projet mené

par l’ONUDI au Kenya (exposé ici),

on évalue la culture sur pierre ponce.

Résultats

1. Aucun traitement (témoin)

2. Bromure de méthyle 67,7 gr/m 2

3. Bromure de méthyle 30,0 gr/m 2

4. Dazomet (83.3 gr/m²)

5. Métam-sodium (1200 lt/Ha)

6. Vapeur + compost + Trichoderma

7. Solarisation + dazomet (3 semaines +

demi-dose de fumigant)

8. Substrat hors-sol (sacs de jute remplis

de matière organique)

9. Substrat hors-sol (sacs de jute remplis

de matière inerte)

10. Trichoderma + dazomet (demi-dose)

11. Trichoderma seul

12. Trichoderma + métam-sodium (demi-dose)

13. Accélérateur de croissance végétale

Les résultats ont été évalués d’après deux paramètres: rendement et

qualité des plantes (quantité de tiges commercialisables classées selon

96


deux qualités) et nombre de plantes malades (arrachées après apparition

de la maladie). Les résultats obtenus jusqu’à la 45 ème semaine

figurent dans les graphiques 4 et 5 ci-après.

Les meilleurs résultats ont été obtenus par le métam-sodium au cours

de la première phase du projet (bien meilleurs que ceux du bromure de

méthyle), sans doute grâce au sol sablonneux de la région dans lequel

ce fumigant est très efficace. Il convient également de noter que, lorsque

l’on a ajouté l’agent de lutte biologique Trichoderma sp. après traitement

avec du métam-sodium ou du dazomet à faibles doses, l’élimination

semble s’être améliorée. Cela s’explique probablement parce que ce

champignon colonise rapidement le sol et peut s’installer avant que des

organismes nocifs ne se développent suffisamment pour causer des

maladies. Le Trichoderma seul n’a pas fonctionné aussi bien,

probablement parce qu’il ne peut se développer aussi rapidement quand

des organismes concurrents sont également présents dans le milieu.

La pasteurisation donne de bons résultats mais la ré-infestation rapide pose

problème. Cette dernière peut également survenir après utilisation de

bromure de méthyle. La chaudière elle-même a posé quelques problèmes.

De même, l’utilisation de substrats semble avoir été affectée par des facteurs comme

un milieu organique pauvre (comme un compost immature produisant de

l’ammonium) qui a provoqué des problèmes de phytotoxicité sur les plants d’œillets.

Les résultats obtenus avec l’accélérateur de croissance végétale dans le

traitement N°13 semblent avoir également subi certaines variables

(probablement le pH du sol, entre autres) mais la documentation est

insuffisante pour corroborer cette observation.

Graphique 4. Moyenne cumulée des rendements obtenus jusqu’en semaine 45. La

culture d’œillets a subi 13 traitements, comme décrit ci-dessus.

60+50 cm

40 cm

Produit de rebut

2500

2000

Poduction 1500

(tiges) 1000

500

0

1 3 5 7 9 11 13

Traitements

60+50 cm

60 + 50 cm meilleure e qualité commercialisable

cialisable

*40 cm tiges de deuxième qualité

*Produit de rebut: lorsque la qualité ne satisfait pas les normes qualitatives d’exportation

Source: Jack Juma and Ruth Othino, Naivasha, Kenya, 2000.

97


Graphique 5. Cumul des tiges arrachées jusqu’à la semaine 45

200

150

100

50

0

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13

Les TRP sont des tiges malades affectées par des maladies autres que la

fusariose, le plus fréquemment rhizoctonia et pourridié

Source: Jack Juma and Ruth Othino, Naivasha, Kenya 2000

Evaluation des Alternatives

· Certains résultats semblent avoir été influencés par l’application

même du traitement, même si quatre autres échantillons

permettent de tirer de conclusions plus poussées.

· La solarisation a échoué, ce qui peut s’expliquer par les conditions

climatiques variables de la région de Naivasha (difficulté de bénéficier

de plusieurs semaines consécutives de grand ensoleillement et de temps

sec). Ces conditions sont nécessaires pour que la température du sol

soit suffisamment élevée à une profondeur suffisante pour éliminer

efficacement les organismes nuisibles. Par ailleurs, les producteurs

n’optent pas facilement pour la solarisation car il s’agit d’une pratique

commerciale intensive caractérisée par une production sur toute l’année.

· Même si les résultats obtenus avec le métam-sodium et le

dazomet sont prometteurs, les producteurs doivent savoir qu’il

s’agit de substances chimiques dangereuses présentant des

risques pour l’environnement et la santé des hommes et qu’elles

doivent être utilisées avec le plus grand soin.

· La LPI s’inscrit bien dans le projet (dépistage, enregistrement

des données, seuils d’action, etc.). Cette démarche est essentielle

pour de bons résultats.

· L’effet de la pasteurisation sera mieux évalué lors de nouveaux

essais avec un compost de meilleure qualité et plus mature utilisé

avec adjonction d’organismes utiles comme le Trichoderma. Des

mesures évitant toute ré-infestation seront observées.

· Le choix de substrats inorganiques (pierre ponce) semble être

intéressant et ils peuvent être réutilisés après pasteurisation.

TRP

TRP

Fusariose

98


La seconde phase du projet se concentrera plus particulièrement sur les alternatives

les plus prometteuses (substrats artificiels, fumigants faiblement dosés

amendés de Trichoderma et éventuellement la pasteurisation). Des expériences

visant à éliminer des problèmes subis par d’autres fleurs seront également menées.

Guatemala

Description du projet

L’ONUDI a mené un projet de démonstration au Guatemala en 1998-

1999, où l’on utilisait principalement le bromure de méthyle pour éliminer

les nématodes des roses, du tabac et des cultures horticoles comme les

melons, brocolis et tomates. Deux alternatives possibles au bromure de

méthyle ont alors été choisies: la biofumigation et le compostage.

L’aide et les connaissances techniques étant limitées, les consultants de

l’ONUDI ont d’abord dû identifier les espèces de nématodes les plus

dévastateurs puis former leurs homologues guatémaltèques sur les

méthodes simples d’analyse des nématodes du sol. Il en est ressorti

que, pour les roses, le genre le plus persistant était le Meloidogyne sp.

Rotylenchulus reniformis; de grandes populations de « nématodes

réniformes » s’attaquaient aux melons.

Des alternatives efficaces au bromure de méthyle ont été appliquées :

association de rotation des cultures, substrats volcaniques, nématocides,

et adjonction d’ « engrais vert », issu principalement de plantes émettant

des gaz (mucuna et carnavalia notamment) qui contribuent à réduire

des maladies en enrichissant le sol d’organismes bénéfiques.

Costa Rica

Description du projet

Les résultats préliminaires du

projet du Costa Rica, mené par le

PNUD sont disponibles. Le

secteur floricole de ce pays utilise

principalement le bromure de

méthyle pour éliminer les

mauvaises herbes (Cyperus sp.,

Fig. 44. Expériences avec de la vapeur, des

amendements de matière organique et des fumigants

au Costa Rica.

Photo: Marta Pizano.

99


Portulacca oleracea), les nématodes (Meloydogyne sp, Pratylenchus sp), les

champignons pathogènes (Fusarium sp, Phytophthora sp) et les bactéries

(Erwinia sp, Pseudomonas solanacearum). La consommation globale de

bromure de méthyle a augmenté au Costa Rica ces dernières années et, d’après

des estimations, la floriculture à elle seule en utilise 125 tonnes/an, soit 15%

de la consommation totale du pays.

Ce projet a été élaboré pour démontrer la possibilité d’utiliser cinq alternatives

au bromure de méthyle en floriculture à ciel ouvert, sous serre et

sur couches. Appliquées dans le cadre d’une stratégie de LPI, il s’agit de:

1. Solarisation (3 mois avant plantation)

2. Pasteurisation

3. Amendements organiques (compost ou dérivés organiques

appliqués immédiatement avant plantation)

4. Fumigants du sol faiblement dosés (métam-sodium, dazomet,

1,3 Dichloropropène)

5. Choix de pesticides non-fumigants. Nématocides (terbufos,

cardusafos, carbofuran); herbicides (glyphosate); fongicides

(carboxine, captane, etridiazol).

Des démonstrations sont organisées dans des exploitations floricoles

commerciales de la Vallée Centrale du Costa Rica, région représentative

de production de fleurs coupées où l’on cultive des Dendranthema

(chrysanthèmes) et plantes d’ornement. L’Université du Costa Rica,

avec l’aide du PNUD, coordonne ce projet. Une évaluation économique

de chaque alternative comparée au bromure de méthyle sera réalisée.

République Dominicaine

Description du projet

Le projet de démonstration en République Dominicaine est actuellement

mené dans une exploitation floricole commerciale qui cultive du Liatris

dans la vallée de Constanza, où se situe la majeure partie de la production

floricole. Lors de la phase initiale, trois alternatives sont comparées

au bromure de méthyle (70g/m 2 ):

1. Dazomet – 40 g/m²

2. Métam-sodium – 100 ml/ m²

3. Pasteurisation (98°C à une profondeur de 20 cm)

100


Les résultats seront évalués sur la base de populations fongiques

d’Alternaria, Penicillium, Aspergillus, Rhizopus, Fusarium et Trichoderma,

avant et après traitement, comparés à un sol témoin non-traité.

Jusqu’à présent, le métam-sodium et la pasteurisation offrent des

résultats encourageants. D’autres échantillons seront prélevés lors de la

récolte. Les mauvaises herbes ont été comptées et identifiées avant

l’application des traitements; il en sera de même lors de la récolte. La

longueur des tiges et la qualité des fleurs seront également pris en

compte.

Ce projet est mené par la Junta Agroempresarial Dominicana (JAD) en

collaboration avec l’ONUDI.

De nouveaux projets d’investissement ont récemment été proposés pour

éliminer le bromure de méthyle dans le secteur de la floriculture de pays

comme l’Ouganda et l’Uruguay.

101


102


Annexe I

Autres documents et sources

d’information

Il existe d’excellentes publications qui abordent en détail le bromure de

méthyle, les alternatives au bromure de méthyle, la LPI en floriculture

et autres sujets connexes. Vous trouverez ci-dessous quelques titres

pouvant apporter des informations complémentaires. Cette liste n’est

nullement exhaustive. Ces publications sont également disponibles sur

le site internet du PNUE DTIE. Figurent également des sites internet

où l’on peut trouver de plus amples informations.

Publications sur le bromure de méthyle du

Programme ActionOzone du PNUE DTIE

* Methyl Bromide Information Kit, créé pour sensibiliser les

responsables politiques nationaux et autres parties prenantes au sujet

de l’utilisation du bromure de méthyle, de ses alternatives et des

échéances d’élimination et encourager les alternatives et le

développement de politiques soutenant une rapide transition vers

l’abandon du bromure de méthyle. Ce kit comprend (1) une brochure

explicative sur le bromure de méthyle et sur l’importance et

les avantages de ratifier l’Amendement de Copenhague (Bromure

de méthyle: préparation à l’élimination, disponible en anglais, français

et espagnol); (2) une annonce télévisée du service public pouvant

être diffusée sur une chaîne de télévision nationale et projetée dans

les cinémas et (3) une affiche décrivant les différents problèmes posés

par le bromure de méthyle.

* Une récolte saine: remplacer le bromure de méthyle, vidéo de 15

minutes fournissant une vue d’ensemble de la question du bromure

de méthyle et les mesures à prendre pour l’éliminer, conformément

au Protocole de Montréal. Elle expose de nombreuses alternatives

rentables et respectant l’environnement existant pour les principales

applications du bromure de méthyle, notamment les utilisations de

103


fumigation des sols et post-récolte. Cette vidéo peut être utilisée

pour sensibiliser le grand public et les utilisateurs de bromure de

méthyle à l’intérêt d’éliminer le bromure de méthyle pour protéger

la couche d’ozone. Disponible en anglais, français et espagnol.

* Protéger la couche d’ozone, Volume 6: bromure de méthyle, résume

les utilisations courantes du bromure de méthyle, la disponibilité des

solutions de substitution et les implications technologiques et

économiques que requière une transition vers l’abandon du bromure

de méthyle. Cette brochure se base sur les rapports originaux du Comité

des Choix Techniques du PNUE sur le Bromure de Méthyle et constitue

le 6 ème volume de la série « Protéger la couche d’ozone » du PNUE.

Aide technique utilisable par les Bureaux Nationaux Ozone, autres

agences gouvernementales et utilisateurs de bromure de méthyle pour

remplacer cette substance. Disponible en anglais, français et espagnol.

* Methyl Bromide Phase-out Strategies: A Global Compilation of

Laws and Regulations: aperçu des diverses stratégies politiques

envisageables pour remplacer le bromure de méthyle et des politiques

sur le bromure de méthyle existant dans plus de 90 pays. Cette

Compilation peut être utilisée par les Bureaux Nationaux Ozone,

les ministères de l’agriculture et les autorités chargées du contrôle

des pesticides pour contribuer à l’élaboration de plans nationaux

d’action pour éliminer le bromure de méthyle.

* Vers l’élimination du bromure de méthyle: manuel pour les BNO:

manuel facile à utiliser présentant des options et idées pour faciliter

la transition vers des alternatives au bromure de méthyle et aider les

pays à élaborer puis mettre en œuvre des programmes pour éliminer

le bromure de méthyle et promouvoir les alternatives. Disponible

en anglais, français et espagnol.

* Inventory of Technical and Institutional Resources for Promoting

Methyl Bromide Alternatives: liste des instituts, ONG et programmes

existant dans le secteur de l’agriculture qui favorisent le

développement de pratiques agricoles efficaces et durables pour

l’environnement. Cette publication peut être utilisée par des

gouvernements, agences d’exécution, organismes bilatéraux et autres

parties prenantes souhaitant identifier des partenaires pour les projets

d’activités d’élimination du bromure de méthyle.

104


* Case Studies of Alternatives to Methyl Bromide: Technologies with

Low Environmental Impact: compilation d’études de cas adressée

aux utilisateurs de bromure de méthyle à la recherche d’informations

sur le choix d’alternatives respectueuses de l’environnement sur le

marché. Elle inclut performance, rendements et satisfaction des

producteurs. Ce document étudie les récoltes/utilisations pour

lesquelles les alternatives ont donné de bons résultats. Chaque étude

de cas fournit des informations sur la rentabilité de chaque technique,

les coûts de la conversion et les informations du fournisseur

sur la distribution des alternatives identifiées.

D’autres publications du PNUE apportant des informations sur les alternatives

au bromure de méthyle en floriculture:

2000. PNUE, GTZ, Commission Européenne. Methyl Bromide Alternatives

for North African and Southern European Countries. Débats

lors de l’atelier du même nom organisé à Rome, Italie, 26 – 29 mai

1998. Publication des Nations Unies, 244 pp.

1998. PNUE. 1998 Assessment of Alternatives to Methyl Bromide.

Comité des Choix techniques sur le Bromure de Méthyle (CCTBM).

354 pp.

Autres publications intéressantes

Il existe de nombreux ouvrages, manuels, articles scientifiques, etc. sur

l’entretien des serres, les substrats, les parasites et les maladies, la LPI et

d’autres domaines importants. Il faut également considérer de nombreux

ateliers de travail, congrès et symposiums sur les alternatives au bromure

de méthyle, les substrats, la stérilisation du sol, la lutte biologique, la

LPI, etc. Les titres ci-dessous ont été utiles pour préparer le présent

manuel et pour certains producteurs qui ont suivi les stratégies décrites:

Agrios, G.N. 1998. Plant Pathology 5Ed. Academic Press, New York,

NY, USA

Ballis, C. (Ed) 2001. International Symposium on Composting of Organic

Matter. Acta Horticulturae 549. International Society for Horticultural

Science.

105


Bar-Tal, A. and Z. Plaut (Eds) 2001. World Congress on Soilless Culture:

Agriculture in the Coming Millenium. Acta Horticulturae 554.

International Society for Horticultural Science.

Bello, A., J. A. González, M. Arias and R. Rodríguez-Kabana 1998. Alternatives

to Methyl Bromide for the Southern European Countries. Proceedings

of a Workshop by the same name held in Tenerife (Canary Islands,

Spain, 9-12 April, 1997). Gráficas Papillona, Valencia, Spain 404 pp.

Enhgelhard, A.W. (Ed). 1989. Management of Diseases with Macro

and Microelements. APS Press, St. Paul, MN 217 pp.

Gill, S., D.L. Clement and E. Dutky, 2001. Plagas y Enfermedades de

los Cultivos de Flores – Estrategias Biológicas. Ball Publishing –

Hortitecnia, Bogotá, Colombia 304 pp.

Gullino, M.L., Katan, J. y A. Matta (Eds) 2000. International Symposium

on Chemical and Non-Chemical Soil and Substrate Disinfectation.

Acta Hort 532. International Society for Horticultural Science.

Hall, R. 1996. Principles and Practices of Managing Soilborne Plant

Pathogens. APS Press, St. Paul MN, USA, 330 pp.

Jarvis, W.R. 1992. Managing Diseases in Greenhouse Crops. APS Press,

St. Paul, MN 288 pp.

Kennedy, G. G.. and T.B. Sutton 2000. Emerging Technologies for

Integrated Pest Management. APS Press, St. Paul. MN, USA, 526 pp.

Maloupa, E. y D. Gerasopoulos (Eds) 2001. International Symposium

on Growing Media and Hydroponics. Acta Horticulturae 548. International

Society for Horticultural Science.

Mastalerz, J.W. 1977. The Greenhouse Environment. The effect of

environmental factors on the growth and development of flower crops.

John Wiley and Sons, New York, USA, 629 pp.

Nelson, P.V. 1998. 5 Ed. Greenhouse Operation and Management.

Prentice Hall, New Jersey, USA, 637 pp.

106


Pizano, M. 1997 (Ed.). Floricultura y Medio Ambiente: la Experiencia

Colombiana. Ediciones Hortitecnia Ltda., Bogotá, Colombia, 352 pp.

Pizano, M. 2000 (Ed.). Clavel. Ediciones Hortitecnia Ltda. Bogotá,

Colombia. 181 pp.

Reed, D.W. 1998. Water, Media and Nutrition for containerized greenhouse

crops. Ball Publishing, Batavia, IL, USA.315 pp. (Spanish edition

also available).

Szmidt, R.A.K. (Ed)1998. International Symposium on Composting

and Use of Composted Material in Horticulture. Acta Horticulturae

469. International Society for Horticultural Science.

Thomson, W.T., 1999. Agricultural Chemicals. Book III – Miscellaneous

Chemicals. Thomson Publications, Fresno, CA, USA. 189 pp.

Sites internet

Site du programme ActionOzone: www.uneptie.org/ozonaction.html.

Les informations importantes et détaillées sur les alternatives au bromure

de méthyle, les activités connexes et les sources de documentation sont

régulièrement mises à jour.

Le bulletin et le forum RUMBA (Regular Update on Methyl Bromide

Alternatives) peuvent être consultés sur le site http://www.uneptie.org/

ozat/pub/rumba/main.html ou par courrier adressé à rumbarequest@lists.unep.fr

Le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, Division

Technologie, Industrie et Economie (PNUE DTIE) a créé RUMBA

pour inciter la communauté du Protocole de Montréal à promouvoir

l’échange d’information et favoriser les discussions sur l’élimination du

bromure de méthyle.

Un site internet spécialement conçu pour présenter les résultats de projets

de démonstration du Fonds Multilatéral a récemment été créé.

L’avancement, les résultats des projets et les contacts utiles sont

disponibles sur www.uneptie.org/unido-harvest

107


108


Annexe II

Programme ActionOzone du PNUE

DTIE

Des pays du monde entier entreprennent des actions concrètes pour

réduire et éliminer la production et la consommation de CFC, halons,

tétrachlorure de carbone, méthylchloroforme, bromure de méthyle et

HCFC. Relâchées dans l’atmosphère, ces substances endommagent la

couche d’ozone stratosphérique, écran qui protège la vie terrestre des

dangereux effets de la radiation ultraviolette du soleil. Presque tous les

pays (172 actuellement) se sont engagés conformément au Protocole de

Montréal à éliminer toute production et utilisation de SAO. Reconnaissant

la nécessité des pays en voie de développement de bénéficier d’une aide

technique et financière afin d’honorer leurs engagements pris aux termes

du Protocole de Montréal, les Parties ont instauré le Fonds Multilatéral

et ont demandé au PNUE, au PNUD, à l’ONUDI et à la Banque

Mondiale d’apporter cette aide. En outre, le PNUE soutient les activités

de protection de l’ozone dans les pays à économie en transition en tant

qu’agence d’exécution du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM).

Depuis 1991, le Programme ActionOzone du PNUE DTIE a renforcé la

capacité des gouvernements (en particulier des Bureaux Nationaux Ozone

– BNO) et de l’industrie de pays en voie de développement à prendre des

décisions éclairées sur les choix technologiques et élaborer des politiques

nécessaires pour appliquer le Protocole de Montréal. Le Programme

ActionOzone a contribué à promouvoir des activités d’élimination

rentables à l’échelle nationale et régionale en apportant aux pays en voie

de développement les services suivants, adaptés à leurs besoins individuels:

Echange d’information

Fournit des services et des outils d’information pour inciter et permettre

aux décideurs de prendre des décisions éclairées en matière de politiques

et investissements requis pour parvenir à éliminer les SAO. Depuis 1991,

le Programme a élaboré puis distribué aux BNO plus de 100 publications

originales, vidéos et bases de données comprenant des outils de

109


sensibilisation, un bulletin trimestriel, un site internet, des publications

techniques spécifiques à chaque secteur pour identifier et choisir les

technologies alternatives et schémas directeurs qui aideront les

gouvernements à mettre en place des politiques et réglementations.

Formation

Renforce la capacité des décideurs, des douaniers et de l’industrie locale pour

mener des activités nationales d’élimination des SAO. Le Programme encourage

l’implication d’experts locaux de l’industrie et du milieu universitaire

dans des ateliers de formation et réunit les décideurs locaux avec des experts

internationaux chargés de la protection de l’ozone. Le PNUE organise des

formations à l’échelle régionale et soutient des activités de formation à l’échelle

nationale (en fournissant des manuels de formation entre autres).

Constitution de réseau

Sert de forum d’échange régulier pour que les membres des BNO échangent

leurs expériences, développent des compétences et partagent connaissances

et idées avec leurs homologues de pays industrialisés ou en voie de

développement. La constitution de réseaux permet aux BNO de posséder les

informations, compétences et contacts nécessaires pour mener à bien des

activités d’élimination des SAO. Actuellement, le PNUE compte 8 réseaux

régionaux/sous-régionaux qui regroupent 109 pays en voie de

développement et 8 pays industrialisés, ce qui a permis à certains états-membres

de prendre rapidement des mesures pour appliquer le Protocole de Montréal.

Plans de gestion des frigorigènes (PGF)

Fournissent aux pays une stratégie d’élimination intégrée et rentable

des SAO dans les secteurs de la réfrigération et de la climatisation. Les

PGF aident les pays en voie de développement (notamment les faibles

consommateurs de SAO) à surmonter les nombreux obstacles liés à

l’élimination des SAO dans le secteur critique de la réfrigération. Le

PNUE DTIE fournit actuellement les connaissances, l’information et

les conseils spécifiques nécessaires à l’élaboration de PGF dans 60 pays.

Programmes de pays et renfor

enforcement institutionnel

Aident notamment les pays faibles consommateurs de SAO à élaborer

et appliquer des stratégies nationales d’élimination des SAO. Le

110


Programme aide actuellement 90 pays à élaborer leur Programme de

Pays et 76 pays à appliquer leurs projets de renforcement institutionnel.

Pour de plus amples informations sur ces services, contacter:

Mr. Rajendra Shende, Chef de

l’Unité Energie et ActionOzone,

PNUE Division Technologie,

Industrie et Economie

Programme ActionOzone

39-43, Quai André Citroën

75739 Paris Cedex 15 France

Email: ozonaction@unep.fr

Tel: +33 1 44 37 14 50

Fax: +33 1 44 37 14 74

Site internet:

www.uneptie.org/ozonaction

PNUE

111


PNUE, Division Technologie,

Industrie et Economie

Le PNUE, Division Technologie, Industrie et Economie a pour mission

d’aider les décideurs au sein des gouvernements, des autorités locales et

de l’industrie à élaborer puis adopter des politiques et des pratiques qui:

· sont plus propres et plus sûres;

· utilisent plus efficacement les ressources naturelles;

· permettent une gestion adéquate des substances chimiques;

· intègrent les coûts environnementaux;

· réduisent la pollution et les risques pour les humains et

l’environnement.

Le PNUE, Division Technologie, Industrie et Economie (PNUE DTIE),

dont le siège est à Paris, se compose d’un centre et de quatre unités:

· Le Centre International de Technologie Environnementale (Osaka),

encourage l’adoption et l’utilisation de technologies sans danger

pour l’environnement avec une attention particulière sur la gestion

environnementale des villes et des réservoirs d’eau potable, dans les

pays en voie de développement et les pays à économie en transition.

· Production et Consommation (Paris), encourage des modèles de

production et de consommation plus propres et plus sûrs permettant

d’utiliser plus efficacement les ressources naturelles et de réduire la

pollution.

· Substances chimiques (Genève), encourage le développement durable

en catalysant des actions mondiales et en créant des capacités

nationales pour gérer sans danger les substances chimiques et

améliorer la sécurité liée à leur utilisation dans le monde. Une priorité

particulière est accordée aux Polluants Organiques Persistants (POP)

et à la Procédure de consentement informé (conjointement avec la

FAO).

· Energie et ActionOzone (Paris), soutient l’élimination de substances

appauvrissant la couche d’ozone dans les pays en voie de

112


développement et les pays à économie en transition et encourage

les bonnes pratiques de gestion et d’utilisation de l’énergie, avec

une attention particulière portée aux impacts sur l’atmosphère. Le

Centre de collaboration sur l’énergie et l’environnement du PNUE/

RISØ soutient les actions de l’unité.

· Economie et Commerce (Genève), favorise l’utilisation et

l’application d’outils d’évaluation et d’encouragement pour les

politiques environnementales et contribue à mieux faire comprendre

les relations unissant le commerce et l’environnement ainsi que le

rôle des institutions financières dans la promotion d’un

développement durable.

Sensibiliser, améliorer la transmission de l’information, construire des

capacités, encourager la coopération, le partenariat et l’échange de technologies,

mieux faire comprendre l’impact sur l’environnement de

certaines pratiques commerciales, favoriser l’intégration de

préoccupations environnementales dans le cadre de politiques

économiques et catalyser la sécurité liée aux substances chimiques dans

le monde: tels sont les principaux objectifs du PNUE DTIE.

113


114


Glossaire

Aération du sol: quantité d’air ou d’oxygène dans un sol ou substrat.

Elle est définie par le volume d’air ou le taux de porosité de l’air dans ce

substrat (définie par le pourcentage du volume de substrat rempli d’air).

Agent de lutte biologique: micro-organisme capable de détruire

partiellement ou totalement un autre organisme.

Analyse du sol: analyse de laboratoire visant à déterminer la teneur en

éléments minéraux et certaines caractéristiques chimiques comme le pH

et la CE.

Analyse foliaire: analyse de laboratoire destinée à déterminer la teneur

nutritive du tissu foliaire.

Antagoniste: micro-organisme capable de produire un produit

métabolique toxique pouvant tuer, mettre en danger ou encore inhiber

un autre micro-organisme situé à proximité. Des populations

d’antagonistes peuvent ainsi dissuader des populations d’autres microorganismes

sensibles.

APHIS (

(Animal and Plant Health Inspection Service

– Service

d’inspection de la santé animale et végétale): autorité américaine

chargée des questions relatives à la faune et à la flore et de leur importation

sur le territoire américain. L’APHIS a des antennes sur tout le

territoire américain et dans de nombreux pays.

Arrachage

rachage: retrait de plantes en raison de maladies ou d’autres

problèmes.

Bactérie nitrifiante: dans le cycle naturel de l’azote, bactérie de l’espèce

Nitrosomonas qui transforme l’ammoniaque présente dans le sol en

nitrites et un second groupe, l’espèce Nitrobacter, qui transforme les

nitrites en nitrates. Avec les micro-organismes ammonifiants, ces bactéries

conservent l’azote sous toutes ses formes.

115


Biocide: tout agent ou composé susceptible de tuer un organisme vivant

présent dans un sol ou un substrat par simple contact. La vapeur et le bromure

de méthyle sont appelés biocides car ils tuent un large spectre d’organismes.

Biofumigation: processus au cours duquel les résidus végétaux sont

incorporés dans le sol après récolte et laissés pour décomposition. Au cours

de ce processus, la matière végétale produit certains gaz, principalement

des isothiocyanates, qui agissent comme pesticides naturels et éliminent un

nombre substantiel d’organismes nocifs présents dans le sol.

Biopesticide: pesticide obtenu à partir de sources naturelles comme

l’extrait de Neem ou de nicotine.

Bromur

omure de méthyle: fumigant gazeux à large spectre, utilisé depuis

de nombreuses années pour débarrasser le sol ou le substrat de maladies,

graines de mauvaises herbes ou parasites nocifs. On l’utilise

également pour fumiger des infrastructures et des marchandises. En

1992, le bromure de méthyle a été classé par le Protocole de Montréal

parmi les substances appauvrissant la couche d’ozone.

Carbendazime: 2(methoxylocarbonylamino)-benzimidazole. Composé

de benzimidazole, utilisé comme fongicide systémique. Ce produit est

souvent cité sous des appellations commerciales comme Bavistin®,

Derosal®, Kemdazin®.

Cartographie

tographie: collecte de données, essentiellement liées à l’incidence

de parasites ou de maladies sur une récolte, sur une carte ou un plan de

zone de culture (serre).

CCTBM – Comité des Choix Techniques pour le Bromur

omure e de Méthyle:

Comité créé par le Protocole de Montréal « pour identifier les alternatives

existantes et potentielles au bromure de méthyle ». Il regroupe 35 à 40

membres, issus de pays industrialisés et de pays en voie de développement.

Champs surélevés: couches ou conteneurs destinés à la culture de

plantes, isolés du sol. Des couches surélevées ou des planches étagées

peuvent être utilisées comme champs surélevés.

Coir: amendement du sol ou substrat composé de fibre de coco et

obtenu à partir de coque de coco. Il possède une bonne capacité de

rétention d’eau et est utilisé en culture « hydroponique ».

116


Compost: matériau organique obtenu à partir d’une matière organique

partiellement décomposée comme des résidus végétaux. Le processus

de décomposition est appelé compostage.

Conductivité électrique (CE): propriété d’une solution à conduire

l’électricité grâce à ses solutés ioniques. Elle est utilisée pour mesurer la

teneur en sels solubles dans l’eau. Chaque sel possède une valeur CE

unique. Elle peut être exprimée selon différentes unités, comme le dS/

m (déciSiemens par mètre) ou micromhos/cm.

Contrôle chimique: contrôle d’un parasite ou d’une maladie par

l’application d’un pesticide ou d’un composé d’origine chimique.

Contrôle génétique: contrôle d’une maladie ou d’un parasite en rendant

l’hôte résistant à cette maladie ou parasite avec des méthodes

d’amélioration génétique, d’hybridation ou d’autres formes de

recombinaison génétique.

Contrôle par exclusion: stratégie de contrôle d’un parasite ou d’une

maladie prévenant le contact du pathogène avec son hôte prédisposé

(ex: moustiquaires empêchant les insectes volants de pénétrer dans les

serres, procédés spéciaux de déparasitage, etc.).

Contrôle physique: moyen de contrôle utilisant des méthodes physiques,

comme la vapeur, la chaleur, l’aspiration, les moustiquaires, les protections

ou autres, afin de limiter une maladie ou une population de parasites.

Couches de terre: couches faites directement à partir du sol naturel

(terre) dans lesquelles on fait pousser des fleurs.

Culture e hors sol: méthode de culture au cours de laquelle les plantes

sont cultivées dans un substrat leur permettant de se fixer et d’absorber

de l’eau et des éléments nutritifs.

Culture e hydroponique

oponique: littéralement, il s’agit de la culture de végétaux

dans de l’eau ou en milieu liquide. La culture dans des substrats sans

terre est souvent dénommée ainsi.

Dazomet: Tétrahydro-3,5, diméthyle-2H-1,3,5-thiadiazine-2-thione.

Fumigant du sol utilisé avant la plantation, efficace contre de nombreuses

117


espèces de mauvaises herbes, de nématodes (sauf le sporocyste), de

champignons du sol et de parasites arthropodes. Mieux connu sous

l’appellation commerciale Basamid®, on peut également le rencontrer

sous les noms de Allante® et Dazoberg®. Il est souvent utilisé comme

alternative au bromure de méthyle.

Densité de plantation: quantité de plantes cultivées sur une unité de

surface, comme le m 2 .

Dépistage: pratique au cours de laquelle un personnel formé inspecte

les plantes et zones de culture afin de détecter la présence de parasites

ou de maladies dès leur apparition.

Désinfestation: élimination ou autre pratique pour éviter l’infestation

de zones de culture par un parasite ou une maladie, par exemple en

détruisant les résidus végétaux.

Dichloropr

opropène

opène: 1,3-dichloropropène, connu sous les appellations

commerciales Télone-II®, Télone C-17®, Télone C-35®, Nematrap®,

Nematox® entre autres. Ce fumigant du sol est assez efficace contre les

nématodes et les insectes du sol et l’est grandement contre les nématodes

sporocystes, notamment dans du terreau et des sols sablonneux. Il agit

également contre certains champignons du sol et certaines mauvaises herbes,

surtout lorsqu’il est associé à des substances comme la chloropicrine.

Diffuseur

fuseur: dispositif tel qu’un tuyau rigide ou flexible utilisé pour

conduire la vapeur de sa source (chaudière) jusqu’au substrat à traiter

(comme le sol).

Effluents

fluents: substances, habituellement liquides, qui émanent de compost

ou de tas d’humus. Généralement riches en éléments nutritifs et

en organismes utiles, elles peuvent être apportées au sol comme

amendement.

Fumigation: processus selon lequel une substance chimique (fumigant)

est injectée ou incorporée dans le sol ou le substrat afin d’éliminer les

maladies ou les parasites présents.

Fusariose: maladie de nombreuses plantes provoquée par le champignon

Fusarium oxysporum. Ce dernier revêt plusieurs formes ou formae

118


specialis qui diffèrent selon leur pathogénicité envers certains hôtes.

Ainsi, le f.sp. dianthi ne s’attaque qu’aux plantes appartenant à la famille

des œillets. La fusariose peut être très dévastatrice, anéantir des plantes

et occasionner d’importantes pertes. Ce champignon vit dans le sol et

peut perdurer longtemps, même en l’absence de son hôte.

Galle du collet: maladie de nombreuses plantes provoquée par la bactérie

Agrobacterium tumefaciens qui provoque la formation de galles irrégulières

et épaisses pouvant gainer la tige des plantes et en altérer l’esthétique. Cette

maladie réduit également leur vitalité et leur productivité. Ces bactéries

vivent dans le sol et peuvent subsister pendant de longues périodes.

Glyphosate: N-(phosphonométhyle) glycocolle. Composé d’acide

phosphorique utilisé comme herbicide de pré-plantation pour un large

spectre de mauvaises herbes. Mieux connu sous l’appellation commerciale

Roundup®, on le trouve également sous d’autres appellations.

Gref

effe

fe: Habituellement insertion sur un porte-greffe d’une plante, en

mettant en contact des surfaces incisées pour former ensuite des parties

vivantes. Champignons, racines de plantes et autres peuvent se greffer

naturellement.

Humus: amendement organique ou substrat obtenu en nourrissant des

lombrics avec de la matière végétale partiellement compostée.

Infection: processus selon lequel un pathogène s’immisce dans le tissu

de la plante et s’y installe, provoquant des symptômes et développant

ou terminant son cycle de vie avec elle. La relation entre les deux

organismes vivants s’achève lorsque l’un d’entre eux meurt.

Infestation: survie d’un pathogène associé à une entité inerte comme

le sol, les outils ou l’outillage.

Irrigation rigation au goutte à goutte: système d’irrigation grâce auquel l’eau

est amenée directement au pied de la plante, dans le sol ou substrat,

souvent à l’aide de petits goutteurs ou microtubes.

Lombrics: vers appartenant habituellement à l’espèce Eisenia foetida

utilisés pour accélérer le processus de compostage végétal afin de

produire du « vermicompost » ou « humus », substance organique riche

119


pouvant être apportée aux plantes pour amender le sol ou être utilisée

comme engrais organique.

Lutte biologique: destruction partielle ou totale d’une population de

micro-organismes par une autre.

Lutte culturale: mesures de contrôle basées sur l’adaptation de mesures

de culture afin de réduire l’inoculum du parasite ou de la maladie. Par

exemple, si l’on espace davantage les plantations, la circulation de la

densité de l’air entre les plantes augmente et l’humidité diminue,

réduisant ainsi l’incidence de certaines maladies.

Lutte phytosanitaire intégrée (LPI): plan de lutte antiparasitaire impliquant

une série de mesures alternatives de contrôle et pas uniquement des substances

chimiques. Il s’agit entre autres de méthodes régulatrices agricoles,

physiques et biologiques, chacune contribuant d’une certaine façon à réduire

des populations parasites et les dommages provoqués par ces derniers.

Masse volumique humide: rapport entre le poids ou la masse d’un substrat

ou sol sec par rapport à sa masse volumique humide. Exprimée en gr/cm 3 .

Métam-sodium: Dihydrate de sodium N-méthyldithiocarbamate. Mieux

connu sous les appellations commerciales Vapam® et Buma®, on le

trouve également dans certains pays sous les noms de Trimaton®,

Busan® et Unifume®. Fumigant du sol à large spectre, il est utilisé

pour contrôler de nombreux genres de champignons, nématodes (la

plupart des espèces), mauvaises herbes (la plupart des espèces) et des

parasites arthropodes (scutigerelle et collembola entre autres)

Micro-or

o-organisme du sol: micro-organisme qui passe la majorité de

son cycle de vie dans le sol ou substrat, souvent en contact avec les

parties souterraines des végétaux.

Monoculture: culture continue d’une même plante ou récolte sur une

longue période.

Moustiquaire: toile, filet ou autre type de protection placé au-dessus

des ouvertures des serres afin d’empêcher les insectes volants parasites

de pénétrer dans les aires de culture.

120


Nématode: minuscules « vers », souvent microscopiques, vivant pour

la plupart dans le sol comme saprophytes mais pouvant être parasites

sur certaines plantes.

Normes de protection des travailleurs: ensemble de mesures à observer

afin de minimiser les risques pour la santé des travailleurs. Les

normes de protection des travailleurs et la médecine du travail font partie

de la législation sur la protection sociale de nombreux pays.

Organique

ganique: substance ou composé à base de carbone. Par exemple, le

compost est de nature organique.

Organismes ammonifiants: groupe d’organismes, principalement des

bactéries, champignons et Actinomycètes, qui transforment l’azote

présent dans le sol en ammoniaque, selon le cycle naturel de l’azote.

Parasite: organisme, habituellement un insecte, une mite ou une limace,

qui se nourrit sur une plante-hôte prédisposée.

Pasteurisation: processus selon lequel, souvent au moyen de chaleur, les

organismes vivants par exemple présents dans le sol ou substrat, sont éliminés

de façon sélective. En général, les organismes dangereux sont éliminés dans

des proportions bien plus importantes que les organismes utiles.

Pathogène: organisme, habituellement microscopique, capable de

provoquer une maladie sur une plante-hôte. Bactéries, virus, champignons

et nématodes sont généralement considérés comme pathogènes.

Perméabilité du sol: propriété d’un sol ou substrat à laisser passer l’eau.

pH: le pH est défini comme « le logarithme négatif d’une concentration

en ions H+». Ce coefficient caractérise l’acidité ou la basicité d’une

solution; un pH 7 est considéré comme neutre; en-dessous, il est acide

et au-dessus, il est basique ou alcalin.

Phloème: tissu conducteur à l’intérieur de la tige de la plante, permettant

le transport des sucs (assimilats) végétaux qui ont été transformés dans

les feuilles par photosynthèse.

Phytosanitaire: se réfère à la santé des végétaux.

121


Phytotoxicité: qui provoque des dégâts ou est toxique pour les plantes.

Piège englué: morceau de carton, plastique ou autre matériau, généralement

jaune, bleu ou blanc utilisé pour attirer les insectes volants. Ces pièges sont

couverts d’une substance collante comme de l’huile pour que les insectes

viennent s’y coller, ce qui donne au cultivateur une idée précise de la population

d’insectes présente de façon à mettre en place un seuil d’action.

Plante-piège: plante qui attire un certain pathogène ou parasite, pouvant

être utilisée pour réduire des populations de cet organisme. Par exemple,

les œillets d’Inde (Tagetes) peuvent être utilisés pour attirer les nématodes.

Certaines plantes, au contraire, repoussent certains pathogènes et peuvent

être plantées comme barrière protectrice autour de cultures sensibles.

Porte gref

effe

fe: plante possédant habituellement certaines qualités comme

la vigueur ou la résistance, sur laquelle on greffe la même espèce qui

possède d’autres qualités.

Prochloraz

ochloraz: N-propyl-N-(2-(2,4,6-tricholophenoxy)éthyle)-imidazole-

1-carboxamide. Composé de carboxamide utilisé comme fongicide pour

protéger les plantes et éradiquer les parasites. On trouve ce fongicide

sous les appellations commerciales Octave® et Sportak®.

Production durable: plan de culture permettant une production continue

et prospère sur un même site pendant une longue période, avec

un minimum de dommages pour les ressources naturelles renouvelables

(comme l’air, l’eau, le sol).

Quarantaine de plantes: lorsque des végétaux proviennent d’une source

extérieure et représentent une source potentielle de parasite ou de

maladie, on isole ces végétaux un certain temps pour éviter de contaminer

toute culture dans la zone.

Quarantaine et Pré-Expédition: traitement ou fumigation appliqué

« directement avant une exportation pour respecter les exigences

phytosanitaires et sanitaires du pays importateur ou celles du pays

exportateur » (Rapport 1998 du CCTBM).

Ré-infestation: processus selon lequel parasites ou pathogènes

réintègrent le sol ou substrat après stérilisation ou désinfestation.

122


Roche volcanique: également dénommée scorie ou pierre ponce,

utilisée comme substrat minéral dans la culture hors-sol.

Rotation des cultures

es: stratégie de contrôle au cours de laquelle une

récolte sensible à une maladie ou un parasite du sol spécifique s’effectue

selon des cycles qui alternent avec des cultures résistantes ou nonsensibles

à ce pathogène. Pour les pathogènes ne pouvant survivre qu’à

proximité de leur hôte, la période d’absence de l’hôte en question peut

considérablement réduire leur population dans le sol.

Sels solubles: sels solubles dans l’eau. Ils regroupent la plupart des

fertilisants non-organiques (ammonium, nitrate, phosphates, sulfates)

et des sels minéraux (comme le bicarbonate de soude) dissous dans

l’eau d’irrigation.

Seuil d’action: taux ou degré d’endommagement d’une récolte qui justifie

l’application d’une mesure de protection telle qu’un pesticide. Les seuils

d’action sont principalement déterminés par la surveillance (dépistage, pièges

englués, échantillonnage, etc.) et peuvent varier selon la culture. Pour les

fleurs, ce seuil est souvent très bas en raison de leur valeur esthétique.

Seuil d’endommagement: taux d’endommagement qui justifie

d’entreprendre des mesures car il représente d’importantes pertes

économiques. Un seuil d’endommagement nécessite des calculs

économiques parfois laborieux pour un producteur ; travailler avec un

seuil d’action peut donc constituer une meilleure approche.

Seuil de résistance à la chaleur: température à laquelle un microorganisme

meurt.

Solarisation: processus selon lequel un sol humide est recouvert de

polyéthylène transparent et exposé à la chaleur de journées ensoleillées

pendant plusieurs jours voire semaines. Selon les conditions, la couche

supérieure du sol (30 cm) peut atteindre des températures supérieures

à 50°C, éliminant de nombreux parasites et agents pathogènes.

Stérilisation à la vapeur: processus visant à injecter de la vapeur d’eau

ou autre type de vapeur dans le sol ou à sa surface afin de tuer les parasites

et pathogènes du sol.

123


Substance minérale: substance ou composé n’étant pas à base de

carbone. Pour les engrais, ce terme se réfère principalement aux sels

minéraux. Se réfère également aux substrats, aux amendements et aux

matières synthétiques comme la vermiculite.

Substrat: matériau dans lequel se développe la plante, pouvant être

constitué de terre naturelle ou bien d’une substance totalement horssol

(intermédiaires possibles).

Substrat d’enveloppe de riz: milieu de culture ou substrat fabriqué à

partir d’enveloppes de riz, ou dérivés de rizeries.

Surveillance

veillance: suivi de la présence d’une maladie ou d’un parasite au

moyen de dépistage, de pièges englués entre autres.

Thrips: minuscules insectes volants de l’ordre Thysanoptera qui percent

et aspirent les tissus végétaux. Les thrips ne sont pas uniquement

dangereux pour les plantes; ils peuvent véhiculer certains virus comme

celui de la maladie bronzée de la tomate, particulièrement destructeur.

Tourbe horticole

ticole: substrat organique composé de mousses, joncs et

roseaux partiellement décomposés, formé dans des milieux marécageux.

La tourbe horticole la plus couramment utilisée est issue de la sphaigne

(Sphangum), provenant des tourbières septentrionales d’Europe ou

du Canada. La tourbe est très utilisée comme substrat de plantation ou

de rempotage ou pour amender le sol.

Toxicité

oxicité: lorsque la concentration d’un élément nutritif ou d’une substance

chimique est suffisamment élevée pour endommager un plante.

Vaisseaux de la tige: tissus conducteurs dans la tige des plantes

transportant l’eau et les éléments nutritifs vers les autres parties de la

plante.

Variétés résistantes: variétés de plantes capables de résister aux attaques

de parasites ou pathogènes. Elles peuvent être naturellement résistantes

ou rendues telles par amélioration génétique ou d’autres recombinaisons

génétiques. La résistance varie de 0 (totalement sensible) à 100%

(immunisé), avec des niveaux intermédiaires.

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Vecteur

ecteur: organisme capable de transmettre une maladie d’un hôte sensible

à un autre.

Ver

ermiculite

miculite: composant minéral de milieux de culture obtenu à partir

de minerai de type mica de silicate d’aluminium-fer-magnésium chauffé

à haute température, dilatant ainsi les couches du minerai en une structure

en accordéon. Elle possède une grande capacité de rétention d’eau.

Vir

irulence

ulence: degré de pathogénécité, c’est à dire le pouvoir d’un

pathogène à provoquer une maladie.

Xylème: vaisseau conducteur à l’intérieur de la tige d’une plante

transportant l’eau et les éléments minéraux absorbés par les racines vers

les feuilles, où ils seront transformés par photosynthèse.

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