La Maybach - Magazine Sports et Loisirs

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AUTOMOBILE

RENAISSANCE DE LA MAYBACH

Laurent Missbauer

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La nouvelle Maybach de 2003, cachée derrière une vitrine fumée au dernier Salon de Genève,

pose à côté d’une Maybach similaire à celle présentée au Salon de Genève de 1931.


MAYBACH

UN LUXE QUI

NE LAISSE PAS

LES SUISSES

INSENSIBLES

Le millésime 2002 du Salon

international de l’automobile

de Genève restera très probablement

dans les annales pour

avoir été le théâtre de la renaissance

de la marque Maybach,

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marque qui a construit de 1921 à 1941

quelques-unes des plus belles et des

plus prestigieuses voitures de l’histoire

de l’automobile. C’est en effet

dans le cadre du dernier Salon international

de l’automobile de Genève

que le groupe Daimler Chrysler a présenté

la nouvelle Maybach V12, une

limousine dont le moteur douze

cylindres suralimenté par deux turbocompresseurs

développe la bagatelle

de 550 chevaux. Une limousine qui,

dans l’esprit de Mercedes-Benz, est

le digne successeur de la célèbre

Mercedes 600, produite de 1963 à 1981.

En faisant renaître Maybach de ses

cendres, le groupe Daimler Chrysler

– propriétaire de la marque – entend

se positionner sur le très haut de

gamme et concurrencer ainsi directement

Rolls-Royce et Bentley, deux

marques qui, ironie du sort, sont elles

aussi sous contrôle allemand puisque

la première appartient à BMW et la

seconde à Volkswagen.

La Suisse, qui comporte différents collectionneurs

de Maybach – que ce soit

à l’échelle 1:1 comme c’est le cas d’un

magnifique musée privé dans le canton

de Neuchâtel, à l’échelle réduite

ou, plus prosaïquement, en timbresposte

(ci-contre) –, dispose de liens

très étroits avec Maybach. Ce n’est

ainsi pas par hasard que Mercedes-

Benz a choisi Genève pour la présentation

du futur vaisseau amiral du

groupe Daimler Chrysler destiné aux

clients richissimes qu'une Mercedes

S600 ne peut combler.

Sur ce segment, marquer sa différence

est primordial tant pour la clientèle

que pour la crédibilité du produit. A

tel point que l'étoile Mercedes-Benz

n’a pas été jugée suffisamment digne

pour se mesurer au prestige du Spirit

of Ecstasy de Rolls-Royce ou du "B"

ailé de Bentley. La Maybach sera

même entretenue hors réseau

Mercedes, dans des ateliers expressément

conçus à cet effet.

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Publicité de la Maybach en Valais devant le Cervin.

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Salon de Genève 1931


Un centre exclusif en Suisse

Comme cela avait déjà été le

cas avant la guerre où la

Suisse disposait de trois

concessionnaires Maybach

à Berne, à Bâle et à Zurich

– les trois autres seuls concessionnaires

à l’étranger se

trouvaient à Paris, à Vienne

et à New York – notre pays

disposera lui aussi d’un

centre exclusif Maybach.

Parallèlement à la création

d’un centre "d’excellence" à

Stuttgart-Sindelfingen, en

Allemagne, un réseau mondial

destiné au conseil et à

la vente verra le jour afin

de permettre aux clients

Maybach de rencontrer leur

conseiller attitré. Un centre

Maybach "ultramoderne"

est actuellement en cours de

construction à Berlin. Il en

va de même à Munich.

A l’extérieur de l’Allemagne,

il est d’ores et

déjà prévu de créer dix

autres centres Maybach

"exclusifs" en Europe, soit

en Belgique, en France, en

Italie, en Espagne, en

Grande-Bretagne, aux Pays-

Bas et en Suisse, un pays

qui a toujours été très sensible

au luxe véhiculé par

Maybach.

Ce dernier le lui rendait

d’ailleurs bien. Non seulement

en présentant ses prestigieux

modèles au Salon de

l’automobile de Genève,

comme cela a été le cas en

1931 et cette année, mais

également en utilisant les

montagnes suisses et notamment

le Cervin comme toile

de fond à ses publicités de

l’époque.

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Karl Maybach a étudié à Lausanne

La proximité géographique n’est pas non plus à négliger. A une certaine époque, les moteurs des

Maybach ont été assemblés à Friedrichshafen sur les rives allemandes du lac de Constance, un

lac que se partagent la Suisse, l’Allemagne et l’Autriche. Ensuite, on ne manquera pas de relever

que Karl Maybach, le fils du fondateur de la marque et celui qui a donné aux voitures Maybach

leurs lettres de noblesse, a étudié à l’Université de Lausanne en 1902. L’actuelle

résurrection de Maybach vise à assurer la place de Daimler Chrysler

sur le segment du très haut luxe. Après la crise du début des

années 90, les constructeurs parient en effet sur une

explosion du marché, à la fois des limousines de

prestige et des voitures de grand tourisme

exclusives. On en veut pour preuve la

Porsche Carrera GT, la Bugatti

Veyron, la Mercedes SLR et la

Ferrari FX, qui a été récemment

présentée à Tokyo

et dont l'appellation

définitive

devrait être F60

afin de perpétuer

dignement

la lignée de la

F40 et de la F50.

L’intérieur de la nouvelle Maybach, un luxe

comparable à celui de la première classe dans les

avions de la nouvelle compagnie aérienne Swiss.

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Un moteur de 550 chevaux !

Tous les détails de la

Maybach n'ont pas encore été

dévoilés, mais elle devrait

faire le plein des technologies

de pointe développées

par Mercedes. Rien ne sera de

trop pour affronter la future

Rolls Royce de prestige que

BMW est actuellement en

train de développer. Deux

longueurs de châssis seront

disponibles. Ils seront tout

deux équipés d'un nouveau

moteur de douze cylindres en

"V" suralimenté par deux turbocompresseurs

et développant

plus de 550 chevaux à

5250 tours minute.

L'aménagement intérieur sera

dicté par les choix du client.

Tous les matériaux, coloris et

accessoires seront disponibles,

faisant de chaque Maybach

un exemplaire unique. Un

luxe ultime auquel l’actuelle

Classe S ne peut guère prétendre.

Toutes deux, la DS 8 Zeppelin de 1930 et la Maybach de 2003, étaient présentes cette année à Genève.

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Le sigle "MM", qui trône

fièrement sur la

calandre des Maybach,

signifiait autrefois

"Maybach Motorenbau"

(fabrique de moteurs

Maybach). Désormais,

ce sera "Maybach

Manufaktur", signe du

renouveau sous l'aile de

Mercedes-Benz, plus

exactement sous celle

du groupe Daimler

Chrysler.

Force est de relever que

les deux noms de

Daimler et de Maybach

sont étroitement liés

depuis le début du

20 e siècle. En 1900,

Wilhelm Maybach était

à la fois directeur technique

chez la Daimler

Motoren Gesellschaft et

grand ami de Gottlieb

Daimler. C’est d’ailleurs

Wilhelm Maybach qui

créa la première

Mercedes, équipée

d'un

moteur en

aluminium

monté à

l'avant,

avec

deux

arbres à

cames et

un radiateur

à nid

d'abeilles.

Wilhelm Maybach

quitta Daimler en 1907

pour fonder sa propre

fabrique de moteurs aéronautiques

à

Friedrichshafen, sur les

rives du lac germano-suisse

de Constance, afin d’équiper

les dirigeables Zeppelin.

Wilhelm Maybach.

"MM", un sigle

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prestigieux

La construction automobile

débuta en 1921 sous

l'impulsion de son fils

Karl Maybach qui étudia

notamment en Suisse, à

l’Université de Lausanne.

Le but de Maybach, poursuivi

ailleurs en Europe

par Bugatti, Hispano-

Suiza, Mercedes-Benz et

autres Rolls-Royce, était

de construire une voiture

de prestige techniquement

parfaite.

Les Maybach V12 ont

ainsi été les voitures allemandes

les plus chères

de l'entre-deux

guerres.

Seulement

2300

Maybach

ont été

assemblées

de

1921 à

1945. La

nouvelle

Maybach

V12, dont la

version définitive

sera présentée

lors du prochain

Mondial

de l’automobile

de Paris, devrait

rapidement être

produite à plus de

2300 exemplaires.

Malgré son prix de

300 000 euros ou

450 000 francs suisses,

sa production journalière

pourra atteindre

jusqu’à sept exemplaires,

tous conçus

conformément aux

souhaits des clients.

Karl Maybach, qui a étudié à l’Université

de Lausanne.

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marque qui a construit de 1921 à 1941

quelques-unes des plus belles et des

plus prestigieuses voitures de l’histoire

de l’automobile. C’est en effet

dans le cadre du dernier Salon international

de l’automobile de Genève

que le groupe Daimler Chrysler a présenté

la nouvelle Maybach V12, une

limousine dont le moteur douze

cylindres suralimenté par deux turbocompresseurs

développe la bagatelle

de 550 chevaux. Une limousine qui,

dans l’esprit de Mercedes-Benz, est

le digne successeur de la célèbre

Mercedes 600, produite de 1963 à 1981.

En faisant renaître Maybach de ses

cendres, le groupe Daimler Chrysler

– propriétaire de la marque – entend

se positionner sur le très haut de

gamme et concurrencer ainsi directement

Rolls-Royce et Bentley, deux

marques qui, ironie du sort, sont elles

aussi sous contrôle allemand puisque

la première appartient à BMW et la

seconde à Volkswagen.

La Suisse, qui comporte différents collectionneurs

de Maybach – que ce soit

à l’échelle 1:1 comme c’est le cas d’un

magnifique musée privé dans le canton

de Neuchâtel, à l’échelle réduite

ou, plus prosaïquement, en timbresposte

(ci-contre) –, dispose de liens

très étroits avec Maybach. Ce n’est

ainsi pas par hasard que Mercedes-

Benz a choisi Genève pour la présentation

du futur vaisseau amiral du

groupe Daimler Chrysler destiné aux

clients richissimes qu'une Mercedes

S600 ne peut combler.

Sur ce segment, marquer sa différence

est primordial tant pour la clientèle

que pour la crédibilité du produit. A

tel point que l'étoile Mercedes-Benz

n’a pas été jugée suffisamment digne

pour se mesurer au prestige du Spirit

of Ecstasy de Rolls-Royce ou du "B"

ailé de Bentley. La Maybach sera

même entretenue hors réseau

Mercedes, dans des ateliers expressément

conçus à cet effet.

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