Qui doit porter des chaussures de protection? - Asstsas

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Qui doit porter des chaussures de protection? - Asstsas

É Q U I P E M E N T S

Qui doit porter des

chaussures de protection ?

A n g é l i q u e M é t r a

a s s t s a s

La question revient bien souvent

chez les travailleurs, les membres

du comité paritaire de santé et

de sécurité du travail, les représentants

syndicaux, les gestionnaires

et les préventionnistes.

De plus, la fusion des établissements

ramène plus que jamais le

sujet à l’ordre du jour, car les

habitudes peuvent différer d’un

site à l’autre, d’un service à

l’autre. Cet article donne quelques

éclaircissements.

L

a Loi sur la santé et la sécurité du travail

(LSST) a comme but premier l’élimination

à la source des dangers pour la santé, la

sécurité et l’intégrité physique des travailleurs.

Elle fixe également des lignes directrices

quand un recours à des équipements de

protection individuels est nécessaire. L’article

51.11 établit le devoir pour tout employeur

de fournir gratuitement les équipements de

protection individuels et collectifs.

Le Règlement sur la santé et la sécurité du

travail (RSST), aux articles 338 et 339, fixe les

obligations respectives de l’employeur et du

travailleur. Elles peuvent se résumer comme

suit :

> obligation pour l’employeur de fournir

gratuitement les moyens et équipements de

protection individuels ou collectifs

et s’assurer que les travailleurs

les utilisent ;

> obligation pour le travailleur

d’utiliser ces moyens et ces

équipements à l’occasion de

son travail.

Le RSST donne aussi des spécifications

pour les chaussures de sécurité et l’article

344 liste les conditions où le travailleur doit

obligatoirement en porter. Il mentionne aussi

que toute chaussure de sécurité envisagée

doit être conforme à la norme canadienne

CSA Z195-M92, Chaussures de protection.

UNE NORME QUI GAGNE

À ÊTRE CONNUE

Une autre norme, la Z195.1-02, Lignes directrices

relatives à la sélection, à l’entretien

et à l’utilisation des chaussures de protection,

vient compléter les informations. Elle s’adresse

aux acteurs en prévention et aux utilisateurs

de chaussures de protection. Plus spécifiquement,

son objectif est d’aider à la sélection

adéquate des chaussures de protection,

à cerner les risques et les dangers potentiels

en milieu de travail et à en promouvoir le

port. La norme conseille aussi sur d’autres aspects

tels l’entretien et la mise au rebut.

ANALYSE ET ÉVALUATION

DES DANGERS

Pour déterminer qui a besoin de chaussures

de protection et pour les sélectionner adéquatement,

l’analyse et l’évaluation des dangers

propres à l’environnement de travail et aux

tâches effectuées s’avèrent essentielles. Curieusement,

ces étapes sont souvent carrément

absentes ou traitées très rapidement

dans l’ensemble des questions reliées aux

chaussures de protection.

La norme Z195.1-02 donne une liste de

dangers éventuels : risque de glissade et de

chute occasionnées par des surfaces glissantes,

présence d’objets qui peuvent pénétrer les

pieds ou tomber dessus, etc. La norme fournit

aussi une fiche d’analyse des dangers. L’utilisateur

de la grille peut réduire ou augmenter

le nombre de catégories de dangers selon les

conditions propres à son milieu de travail. L’analyse

est alors davantage adaptée à la réalité.

Une bonne analyse permet de déterminer

qui exactement dans un secteur donné doit

porter l’équipement de protection.

Par exemple, un service alimentaire

présente certains dangers,

telle la manutention de

charges lourdes et de liquides

chauds. Un cuisinier qui brasse,

manipule ou transvide des liquides

chauds doit porter des chaussures de

protection. Par contre, cela ne signifie pas

forcément que l’ensemble des personnes du

secteur soient exposées à des dangers qui nécessitent

le port de chaussures de protection.

Seule une analyse rigoureuse peut déterminer

qui en a besoin.

Par ailleurs, l’analyse des dangers révèlera

peut-être la possibilité de réduire, voire d’éliminer

ces dangers à la source, ce qui aboutira

finalement à supprimer ou à diminuer les besoins

en équipements de protection individuels

! Il s’agit donc de fournir la protection

Une bonne analyse

permet de déterminer

qui exactement dans

un secteur donné doit

porter l’équipement

de protection.

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appropriée aux intervenants en regard des activités

de travail et des dangers présents. Sinon,

comment savoir si l’équipement est pertinent

et efficace ? Réaliser cette étape de façon

paritaire ajoute un plus à la démarche !

Il importe de bien documenter l’analyse

et de conserver l’information. D’une part, la

documentation permettra de justifier une

décision prise à un moment donné. D’autre

part, elle servira de base à une réévaluation

future des risques. En effet, les résultats d’une

analyse peuvent varier dans le temps. Une

tâche peut ne pas nécessiter de porter des

chaussures de protection à un certain moment

et le requérir un an plus tard, par exemple à la

suite d’un changement de méthode de travail,

d’équipement ou d’aménagement.

SÉLECTION ET ENTRETIEN

DES CHAUSSURES

La norme Z195.1-02 décrit des modèles de

chaussures recommandés en fonction de différentes

catégories de dangers, ce qui en facilite

la sélection. Ainsi, pour la catégorie « Objets

risquant de tomber », un embout protecteur

et un protecteur métatarsien sont fortement

recommandés. Un rappel des marquages

des chaussures de protection et des codages

des types de protection est aussi fait. On retrouve

également dans le texte quelques indications

sur la résistance au glissement. Par

contre, aucune recommandation précise n’est

formulée sur le matériau ou le modèle de

chaussures qui offre la meilleure protection.

En ce qui concerne l’entretien des chaussures

de protection, il est recommandé de les

Une chaussure jugée

non sécuritaire au

travail ne doit pas être

utilisée à la maison,

pour le bricolage

par exemple, car la

protection des pieds

ne sera pas au

rendez-vous.

examiner avant et après chaque utilisation.

Elles doivent être remplacées si elles ne remplissent

plus efficacement leur fonction. Par

exemple, si la semelle est fendue ou si l’embout

est découvert, nul doute que la protection

est grandement diminuée et qu’il est

temps de changer ! Par ailleurs, une chaussure

jugée non sécuritaire au travail ne doit pas

être utilisée à la maison, pour le bricolage par

exemple, car la protection des pieds ne sera

pas au rendez-vous. Pour ce qui est de l’entreposage,

du nettoyage et de l’entretien général,

les recommandations du manufacturier

doivent être suivies.

AMÉLIORATION

CONTINUE

Comme beaucoup d’éléments peuvent

changer au fil du temps (par exemple les besoins

des travailleurs, les dangers présents

dans l’environnement de travail, etc.), la norme

recommande aux employeurs et aux utilisateurs

de chaussures de protection de surveiller

l’efficacité de leurs mesures de prévention

des blessures aux pieds.

Elle suggère d’analyser les incidents et accidents

ayant provoqué des blessures aux

pieds. Une fiche d’enquête détaillée est d’ailleurs

proposée. Les informations recueillies et

les conclusions de telles enquêtes pourront

mettre en relief des informations utiles. Les

types de blessures et les lacunes en matière

de protection permettront de questionner la

pertinence des choix antérieurs de même

que l’exactitude de l’analyse des dangers.

AUTRES ÉQUIPEMENTS,

MÊME QUESTIONNEMENT

Maintenant, qui doit porter gants, appareils

de protection respiratoire ou encore lunettes

de sécurité ? Eh bien, même rengaine ! La

réponse doit reposer sur des éléments solides

et documentés et être validée au fil du temps.

La réflexion menée pour les chaussures est

valable pour les autres types de protection.

Ce constat vous invite à réfléchir à la possibilité

de remettre en question votre mode de

gestion actuel des équipements de protection

individuels offerts au sein de votre organisation.


Marquage extérieur

Critères

Marquage des chaussures de protection

Le triangle vert indique que la chaussure est munie d’une semelle

résistante aux perforations et d’un embout protecteur de classe 1

pouvant résister à des chocs allant jusqu’à 125 joules.

Le triangle jaune indique que la chaussure est munie d’une

semelle résistante aux perforations et d’un embout protecteur de

classe 2 pouvant résister à des chocs allant jusqu’à 90 joules.

Le rectangle blanc orné de la lettre grecque oméga (en orange)

indique que la chaussure est munie d’une semelle résistante aux

chocs électriques.

Le rectangle jaune orné des lettres AS (ou SD) et du symbole de

mise à la terre (en vert) indique que la chaussure est munie d’une

semelle antistatique.

Le rectangle rouge orné de la lettre C et du symbole de mise à la

terre (en noir) indique que la chaussure est munie d’une semelle

conductrice.

Utilisation prévue

Gros travaux ; tout milieu industriel, plus particulièrement

le secteur de la construction, où des objets pointus (tels

des clous) sont employés.

Travaux industriels légers pour lesquels une semelle résistante

aux perforations et un embout protecteur sont nécessaires.

Tout milieu industriel au sein duquel un travailleur peut

accidentellement entrer en contact avec un conducteur

électrique sous tension. Avertissement : la résistance aux

chocs électriques diminue rapidement en milieu humide et

avec l’usure.

Tout milieu industriel au sein duquel des charges électrostatiques

peuvent poser des risques pour les travailleurs

ou l’équipement.

Tout milieu industriel au sein duquel des charges électriques

peuvent poser des risques pour les travailleurs ou

l’équipement.

Note : le symbole ® indique l’emplacement recommandé pour le logo ou la marque déposé de l’organisme de certification.

Source : avec l’autorisation de Canadian Standards Association, ce tableau est reproduit à partir du document suivant : CSA Standard, Z195.1-F02, Lignes directrices relatives à

la sélection à l’entretien et à l’utilisation des chaussures de protection, CSA, 178 boul. Rexdale, Toronto, Ontario, M9W 1R3. Bien que l’utilisation du tableau soit autorisée, CSA

ne peut être .shopcsa.ca ; tél. : 1 800 463-6727.

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