Le Tennis au Vietnam - Magazine Sports et Loisirs

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de tennis prouvèrent que leur

engouement pour ce jeu était

toujours intact.

Mais au-delà du côté marketing,

pour que cet élan ne se refroidisse

pas, il faudrait, à moyen

terme, un joueur de niveau international

à l’image de ce qu’a

fait Srichaphan pour la Thaïlande

(3) . Or, la politique de la

Fédération est loin de faire

l’unanimité au pays. Le classement

actuel des Vietnamiens

semble d’ailleurs confirmer ces

doutes. A ce jour, aucun joueur

vietnamien n’est classé parmi

les 1500 meilleurs mondiaux.

Le tableau est à peine moins

sombre dans le tennis féminin

puisque la mieux classée du

pays se trouve au-delà de la

800 ème place. Les joueurs, euxmêmes,

remettent en cause

énergiquement leurs dirigeants.

Une prise de position pourtant

loin d’être monnaie courante

dans un régime communiste.

Quelques mois avant, Nguyen

Thuy Dung, triple championne

nationale, avait ainsi quitté

l’équipe de tennis de sa ville.

Elle ne supportait plus la gestion

des joueurs(es) par les organismes

du gouvernement vietnamien.

Tout(e) joueur(se) de

tennis voulant prendre part à

des compétitions nationales ou

internationales doit être, en effet,

sélectionné(e) et recommandé(e)

par les organismes

gouvernementaux qui le(a)

gèrent. Sans cette procédure,

toute participation à une manifestation

est impossible. Dung a

donc décidé de s’affranchir pour

choisir ses compétitions, se

confronter plus régulièrement

aux meilleures et ainsi progresser

au classement. Un choix

courageux car cette indépendance

l’a obligé à prendre en

charge financièrement toutes les

dépenses liées à sa carrière. Ce

fait ne s’apparente cependant

pas à un cas isolé. Dernièrement,

les meilleurs du pays,

bien que sélectionnés par leurs

dirigeants, ont ainsi refusé de

prendre part à un tournoi au

Cambodge qu’ils jugeaient complètement

inappropriés à leur

niveau.

De son côté, la Fédération Vietnamienne

refuse de s’épancher

publiquement sur ces problèmes.

Son discours reste le

même: créer les meilleures

conditions pour ses joueurs et

les envoyer dans les compétitions

internationales. Elle admet

toutefois avoir des difficultés

financières. Les faibles subventions

versées par l’Etat limitent

automatiquement ses coûts

de formation et obligent parfois

les familles de joueurs à dépenser

leur propre argent. Etonnant

paradoxe pour un gouvernement

qui fait pourtant construire

ses terrains à un rythme ef-

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