un mal, des mots - Ile-de-France

iledefrance.fr

un mal, des mots - Ile-de-France

DELPHINE (PAGE 2) RÉMI (PAGE 2) MARIE-SOPHIE (PAGE 3) PRINCE (PAGE 3) DOMINIQUE (PAGE 3) AURÉLIE (PAGE 3) ANN (PAGE 3) ALBERTO (PAGE 6) NICOLAS (PAGE 6)

LE JOURNAL DU CONSEIL RÉGIONAL

SOLIDAYS

Portrait de Lena Frey,

bénévole depuis 18 ans

à Solidarité Sida. P. 2

NATURELLEMENT

ROUSSEAUISTE

Rêveries à Montmorency,

qui rend hommage

au philosophe

né il y a 300 ans. P. 16

www.iledefrance.fr

Juin 2012 – N° 41

DISCRIMINATIONS :

UN MAL, DES MOTS

De A à Z, notre abécédaire des initiatives

pour construire l’égalité réelle


2

JUIN 2012

L’ACTUALITÉ

L’ACTUALITÉ

02 Portrait de Lena Frey,

de Solidarité Sida.

03 Petite entreprise

deviendra grande

avec PM’up.

04 Face-à-face :

Jean-Paul Huchon

dialogue avec

deux Franciliens.

05 L’eau, un enjeu

même en Île-de-France.

05 Baromètre

des Franciliens.

DANS LE MONDE

06 Le savoir-faire

touristique de Provins

au service de

la citadelle d’Hanoï.

06 Chassé-croisé :

Alberto Bossi exerce

ses talents à Villejuif,

Nicolas Deneux,

à Hong Kong.

LE DOSSIER

07 DISCRIMINATIONS :

UN MAL, DES MOTS

Abécédaire des

initiatives pour l’égalité

réelle en Île-de-France.

09 Trois questions à :

Abdelhak Kachouri,

vice-président

de la Région.

LES INITIATIVES

10 Chasse au gaspi dans

une cantine de lycée

à Épinay-sur-Seine.

11 La recyclerie Rejoué

offre une deuxième vie

aux jouets.

L’HISTOIRE

12 Elle chante, elle chante,

l’Île-de-France

12 C’était le 20 juin 1912…

Paul Poiret organise

sa fête de Bacchus.

LES SORTIES

13 Nos rendez-vous

culture et loisirs.

13 De nouveaux talents

trouvent leur voix…

grâce au Grand Zebrock.

LES TRIBUNES

14 EXPRESSION DES

GROUPES POLITIQUES.

ALENTOURS

16 Commémoration

naturellement

rousseauiste…

à Montmorency.

À VOUS

LA PAROLE !

© JULIE BOURGES/PICTURETANK

PORTRAIT Alors que Solidarité Sida fête ses 20 ans, Lena Frey célèbre,

elle, ses 18 ans d’engagement pour l’association.

LE MAILLON D’UNE GRANDE CHAÎNE

Un soutien indéfectible.

C’est ainsi que Lena Frey

vit, depuis 18 ans, son

engagement au sein de Solidarité

Sida. Une histoire qui dure

autant, cela fait toujours un

peu rêver. Même si, dans le cas

présent, elle raconte aussi une

lutte inachevée. Lena, elle, n’a

pas vu les années passer. La

personnalité du créateur de

l’association, Luc Barruet, en

est sans doute la cause essentielle

: « Il avait un objectif cohérent

et concret, et cette capacité

à mobiliser beaucoup de monde

en toute simplicité. »

Contactée en 1994 tandis

qu’elle est chargée de communication

pour Arte, elle appuie

la demande de partenariat de

Solidarité Sida pour l’organisation

d’un grand concert au

Bataclan le 1 er décembre. Et

devient immédiatement bénévole.

« Le sida, c’est vraiment

le mal de l’époque… Quand

j’étais ado, on avait peur de

tomber enceinte, pas du sida !

Pour moi, qui ai connu la

révolution sexuelle, l’arrivée

de la maladie a été un choc

terrible, la fin de l’insouciance…

Comment aimer quand on

peut en mourir ? »

J’ai quitté Paris à l’arrivée

de mon bébé. J’ai moins de

vie sociale, mais plus de

lien de proximité. Et le bois

de Vincennes tout près.

DELPHINE QUIVAUX, MAISONS-ALFORT (94)

’’

Pour la 14 e édition de Solidays,

Lena Frey se prépare

à accueillir la presse.

Une seconde famille

Ce concert fondateur de

1994 reste parmi les plus

beaux moments de Lena à

So lidarité Sida. Comme, plus

récemment, l’exposition « Sex

in the city », qui a attiré plus de

25 000 visiteurs fin 2011 à Paris.

Et évidemment Solidays, au -

quel elle participe depuis le

début… « Ce festival est vraiment

l’occasion de rassembler

les gens, notamment les jeunes,

autour de la musique, et de faire

passer un message, sans être

censurant… Et comment mieux

capter qu’avec la mu sique la

génération actuelle, cette génération

du “tout tout de suite” et

du zapping ? » Elle évoque les

premières éditions aux allures

modestes, alors qu’aujourd’hui

Solidays est devenu le premier

festival de France en termes de

couverture médiatique… Ses

meilleurs souvenirs restent

attachés à des personnalités

à la fidélité sans faille comme

Marco Prince, du groupe FFF,

MC Solaar, parrain historique,

ou Antoine de Caunes, président

d’honneur… Mais surtout

© JULIE BOURGES/PICTURETANK

aux quelque 1 000 bénévoles,

comme elle, qui « font » Solidays,

de la sortie du métro,

pour guider les festivaliers,

aux loges des artistes pour

mettre des serviettes propres…

« Quand j’y suis, j’ai l’impression

d’être transportée sur un grand

vaisseau, je ressens physiquement

cette énergie incroyable,

ce moment tellement rare où

tout le monde va dans la même

direction. » Pour la 14 e édition,

du 22 au 24 juin, Lena sait déjà

Confortable, silencieux,

beau… Le Francilien rend

le trajet vers Paris très

agréable. On en veut plus,

des trains comme ça !

RÉMI MOREL, BEAUCHAMP (95)

’’

© STEPHAN ZAUBITZER/PICTURETANK

qu’elle aidera à l’accueil de la

presse. « On a une programmation

très rock cette année !

J’ai aussi très envie de voir

Orelsan… Mais il y en aura

pour tout le monde : têtes d’affiche

ou petits groupes jouant

sur les mêmes scènes, c’est ça

aussi la solidarité ! » Elle a

également hâte de décou vrir

une autre nou veauté de l’édition

2012 : l’espace bien-être

de 600 m² créé par les élèves

des Ponts et Chaussées. Une

initiative pleine de sens pour

cette professeure de yoga !

Dans les locaux de l’association

à Paris, Lena Frey est

comme chez elle. Quand Luc

Barruet passe une tête par la

Entre la

dégradation de l’accès

aux traitements et les

discriminations, ce n’est

vraiment pas le moment

de s’arrêter !

porte pour la saluer, elle le

taquine sur son bronzage.

« C’est comme ma seconde

famille, je m’y suis toujours sentie

à ma place… » Résolument

optimiste, elle mesure avec

fierté le chemin parcouru par

Solidarité Sida en 20 ans d’actions,

mais reste concentrée

sur l’avenir : l’accès aux soins,

notamment en Afrique, la prévention

dans les écoles, les

foyers de jeunes travailleurs,

les lieux festifs… « Ce n’est vraiment

pas le moment de s’arrêter

! Entre la dégradation de

l’accès aux traitements, ici ou

ailleurs, les discriminations…,

chaque maillon de la grande

chaîne de Solidarité Sida doit

rester mobilisé ! »

JULIE VÉDIE

h www.solidarite-sida.org

ÎLE-DE-FRANCE JUIN 2012 Nº 41


L’ACTUALITÉ

3

© JULIE BOURGES/PICTURETANK

Les améliorations prévues

dans le métro arrivent très

tard : le réseau est saturé !

Avant, on pouvait compter

une minute par station.

MARIE-SOPHIE PAMART-SUTY, PARIS (17

’’

E )

© JULIE BOURGES/PICTURETANK

La cité médiévale, le

calme, Paris proche par

le train… Provins me plaît !

Mais je partirai sans doute

après mon BTS.

PRINCE SALABONZI, PROVINS (77)’’

95

BEAUCHAMP

ASNIÈRES-SUR-SEINE

92

91

94 MAISONS-ALFORT

COMBS-LA-VILLE

77

JANVILLE-SUR-JUINE

TEMPS

FORTS

© CERVIA ÎLE-DE-FRANCE

UNE MARQUE

PREND RACINE

Après Saveurs Paris Île-de-France,

marque des produits agroalimentaires

franciliens, voici maintenant

Plantes d’Île-de-France, créée elle

aussi par le Centre régional de valorisation

et d’innovation agricole et

alimentaire (Cervia). Réclamée par

le public et les communes de la

région souhaitant se fournir dans

des pépinières locales, elle permettra

de mieux connaître et reconnaître

les plantes, fleurs coupées, arbustes

ou arbres de l’horticulture ornementale

francilienne. Un secteur qui

regroupe 214 entreprises.

h www.saveursparisidf.com

© CYRUS CORNUT/DOLCE VITA/PICTURETANK

L’ORCHESTRE

JOUE SA SURVIE

Le bras de fer engagé par l’Orchestre

national d’Île-de-France

avec l’État, en octobre, pour conserver

ses subventions se poursuit. Ses

95 musiciens, dirigés par Laurent

Petitgirard, ont ainsi organisé un

concert-manifeste en avril, au Centquatre,

à Paris, avec le soutien des

syndicats de salariés et d’employeurs

du spectacle vivant. Cette

formation symphonique, qui donne

une centaine de concerts par an sur

tout le territoire francilien, a mis en

ligne une pétition qui a déjà recueilli

près de 19 000 signatures.

h www.orchestre-ile.com/petition

© MARIE GENEL/PICTURETANK

ÉCONOMIE Pour soutenir les projets de développement des PME,

la Région propose toute une gamme d’aides baptisée PM’up.

PETITE ENTREPRISE DEVIENDRA GRANDE

DOMINIQUE

MOCQUARD,

P-DG d’ADM Concept

(aménagement de

véhicules électriques

pour l’autopartage),

Guyancourt (78).

« Nous avons mis en place

une stratégie qui s’étale

jusqu’en 2013 et qui

représente un programme

de dépenses de 1 million

d’euros. Je dirais

que PM’up m’a sans doute

donné l’audace

d’entreprendre des choses

qu’autrement j’aurais mis

plus de temps à faire. »

© MARIE GENEL/PICTURETANK

AURÉLIE

BUISSON,

responsable

marketing de Balyo

(automatisation de

chariots élévateurs),

Paris (14 e ).

« Le financement PM’up

nous a aidés à recruter

un responsable du

développement commercial

pour l’Europe du sud,

à participer au Salon de

la logistique à Barcelone,

et, enfin, à mettre en place

des outils de production

sur notre site de Moissy-

Cramayel (77). »

Depuis 2008, toutes les aides au développement

accordées aux petites entreprises par la

Région sont regroupées sous une bannière

unique : PM’up ! Le tout pour mieux répondre aux

besoins des sociétés de 20 à 250 salariés ayant un

réel potentiel. L’idée fondatrice du dispositif est de

soutenir les PME franciliennes sur trois ans, grâce

à une subvention étalée dans le temps, qui peut

aller jusqu’à 250 000 euros. Elle permet de financer

des investissements, des actions de conseil, des

projets de recrutement… En prime, les entreprises

bénéficient d’un accompagnement personnalisé

et peuvent participer au réseau PM’up, pour nouer

des contacts avec le tissu économique francilien.

En 2011, le dispositif a évolué, en conditionnant

l’aide à des engagements en matière de développement

durable. Et il s’est ouvert aux structures

de l’économie sociale et solidaire (plus de 10 % des

lauréats l’an dernier). Quelque 540 entreprises en

ont déjà bénéficié, et on en compte 180 nouvelles

chaque année, au terme de deux appels à projets.

La sélection est faite par un jury où sont représentées

24 institutions, dont la Caisse des dépôts et

consignations et Oséo, ainsi que des pôles de

compétitivité. Chaque session se focalise sur cinq

secteurs d’activité. L’appel à projets qui se clôt fin

juillet ciblera ainsi les éco-activités, la création

numérique, les hautes technologies (robotique,

optique…), le secteur mécanique et performance

industrielle, et le social innovant (commerce équitable,

finances solidaires…).

EMMANUEL SCHAFROTH

h www.iledefrance.fr/pmup

© MARIE GENEL/PICTURETANK

ANN

LEROUX,

directrice générale

d’Ethos (commerce

équitable de textiles

biologiques),

Paris (19 e ).

« Les investissements réalisés

grâce à PM’up se sont hélas

heurtés à la crise, qui

a touché nos fournisseurs

et nos distributeurs. Mais

le dispositif nous a permis de

participer à des salons aux

États-Unis ou en Allemagne,

pays qui est aujourd’hui

notre premier marché

à l’exportation. »

© ALAIN LE BACQUER/PICTURETANK

PRÈS DE

CHEZ VOUS

(78)

SAINT-CYR-L’ÉCOLE

Place nette ! Les abords

du marché couvert

ont gagné en confort :

un nouveau mobilier urbain

a été installé, des arbres

ont été plantés, des places

de parking créées…

(92)

ASNIÈRES-SUR-SEINE

Nickel… Les habitants du

quartier Grésillons-Bords

de Seine l’avaient réclamé :

aire de jeux et plantations

du square de la Parfumerie

ont été rafraîchies.

(93)

LE PRÉ-SAINT-GERVAIS

Par ici ! Dédié aux arts

de la rue, l’espace culturel

La P’tite Criée offrira,

en septembre, un meilleur

cadre aux artistes et

au public. Et un confort

acoustique renforcé.

(95)

GARGES-LÈS-GONESSE

Ascenseur pour…

Robespierre. Cet

aménagement, qui verra le

jour avant l’été, rendra plus

accessible le groupe scolaire

datant des années 1970.

(75)

PARIS 18 E

À l’aise. Les locaux où

le Groupe amical sportif

de Clignancourt accueille

200 jeunes chaque année

seront rénovés dès cet été.

(77)

MEAUX

Chapeau ! La gare a embelli

mais pas seulement : elle

est aussi dotée de nouveaux

écrans d’information et plus

accessible aux personnes en

fauteuil.

(94)

CHEVILLY-LARUE

Baptisé ! Le nouveau

lycée porte le nom de

Pauline Roland, féministe du

XIX e siècle qui a œuvré pour

l’égalité des sexes dans les

programmes d’éducation.

(77)

COMBS-LA-VILLE

En route ! Les 44 adultes

autistes résidant à la maison

d’accueil spécialisée d’Aria

disposent de deux véhicules

neufs pour leurs sorties.

(91)

JANVILLE-SUR-JUINE

Ho ! Hisse ! Deux cabanes

ont été bâties dans les

arbres d’une forêt privée

de 8 hectares… et deux

autres suivront. De quoi

combler les touristes.

© ÉMILE LOREAUX/PICTURETANK

ÎLE-DE-FRANCE JUIN 2012 Nº 41


4

L’ACTUALITÉ

FACE-À-FACE

JEAN-PAUL HUCHON

EN DIRECT

DU CONSEIL

RÉGIONAL

EMPRUNT RESPONSABLE

C’est une première pour une collectivité locale : la

Région a réalisé en mars une émission d’obligations

environnementales et socialement responsables. Cet

emprunt de 350 millions d’euros ne financera que des

projets exemplaires en matière de développement

durable, tels ceux qui misent sur les énergies renouvelables

ou la réhabilitation thermique des lycées.

C’EST LANCÉ

CÉLINE

FESTAZ

Montmorency (95).

« LA DÉCENTRALISATION, UN LEVIER »

Sélectionnés par l’institut CSA, Céline Festaz, secrétaire réceptionniste

habitant Montmorency (95), et Jacques Silvera, ingénieur informatique vivant

à Paris (19 e ) et travaillant dans les Yvelines, ont rencontré le président du

conseil régional, Jean-Paul Huchon. Extraits de cet entretien.

CÉLINE FESTAZ : Entre la Région et le

Département, il n’est pas toujours

facile de savoir qui fait quoi, par

exemple pour la formation. Pourriezvous

m’apporter des précisions ?

JEAN-PAUL HUCHON : Pour la formation

professionnelle, c’est simple : la

Région est en première ligne. Elle

apporte son soutien aux missions

locales, aux écoles de la Deuxième

chance, elle construit et équipe les

centres de formation des

apprentis, elle finance

aussi la validation des

acquis de l’expérience et

les bilans de compétences.

Et, bien sûr, la

Région est propriétaire

des lycées. Les départements,

eux, ont en charge

les collèges. Et une

grande partie de l’action

sociale. Mais nous travaillons

ensemble pour aménager des

routes, développer les transports en

commun, construire des équipements

collectifs, mener à bien des

aménagements urbains…

JACQUES SILVERA : Ne serait-il pas plus

efficace de centraliser les décisions ?

Cela permettrait sans doute d’accélérer

les projets et les décisions…

JEAN-PAUL HUCHON : Nous avons

besoin d’un État fort, pour assurer par

exemple la sécurité. Mais, pour régler

les problèmes de la vie quotidienne,

il faut être au contact des réalités du

terrain. Regardez comment la décentralisation

a été un formidable levier

Être près

du terrain pour

mieux régler les

problèmes de la

vie quotidienne.

JACQUES

SILVERA

Paris (19 e ).

pour le développement des transports

en commun ou la rénovation des

lycées en Île-de-France !

JACQUES SILVERA : Mais l’État reste

responsable de l’enseignement…

JEAN-PAUL HUCHON : Oui. La Région

construit, équipe et entretient les

lycées. Elle est aussi l’employeur des

agents techniques qui assurent le bon

fonctionnement des établissements.

Mais nous luttons également contre

le décrochage scolaire,

nous favorisons les initiatives

pour l’égalité entre

filles et garçons…

CÉLINE FESTAZ : En

matière d’aides aux entreprises

et d’accès à la formation,

je suis un peu

perdue. Vers qui dois-je

Jean-Paul Huchon me tourner ?

JEAN-PAUL HUCHON :

Pour mener à bien un

projet de reconversion professionnelle,

il faut vous faire épauler par

Pôle Emploi. Mais ce service public

peine à assumer un accompagnement

sur mesure, du fait de suppressions

massives de postes. Pour ce qui

est de la création d’entreprises, la

Région peut vous apporter une aide,

notamment dans la phase de démarrage.

Notre site www.creersaboite.fr

vous permettra de trouver des

conseils précieux. Il existe aussi

des associations de chefs d’entreprise

qui peuvent vous accompagner

pour bien penser votre projet et

vous aider à bien le formuler.

© XAVIER SCHWEBEL/PICTURETANK

© JEAN-MARC ARMANI/PICTURETANK

PLUS DE PONCTUALITÉ

À LA RATP

Des métros et RER plus ponctuels, telle

est la priorité numéro un du nouveau

contrat de quatre ans qui lie le Stif à la

RATP. Les primes et les pénalités prévues

à cet effet sont d’ailleurs relevées

de 50 %. Autres enjeux : améliorer l’accueil,

le confort et surtout l’information

aux voyageurs, faire participer ceux-ci

à l’évaluation de la qualité de service,

mais aussi moderniser et étendre les

réseaux (6,5 milliards d’euros y sont

consacrés). www.stif.info

UN CINQUIÈME PARC

NATUREL RÉGIONAL

Avec ses 132 communes dont Crécy-la-

Chapelle (photo), ses 152 000 habitants,

ses 135 000 hectares et ses 74 monuments

historiques, le parc naturel régional

de la Brie et des deux Morin (77) sera le

cinquième en Île-de-France. On y conciliera

préservation de l’environnement

et développement de l’économie locale

EN

CHIFFRES

7,7

trajets par semaine

sont effectués par chacun

des 600 000 bénéficiaires

de la tarification solidarité

transport de la Région.

16 490

appels ont été reçus

en 2010-2011 par Jeunes

Violences Écoute, contre

13 340 en 2009-2010.

Tél. : 0808 807 700.

6 000

chèques Lire de 12 euros

ont été distribués par

la Région aux lycéens

lors du Salon du livre.

© JEAN-MARC ARMANI/PICTURETANK

et de l’emploi. Comme, à ce jour, en

Haute vallée de Chevreuse (78), dans

le Vexin français (95), le Gâtinais

français (91-77) et l’Oise-Pays de

France (95-60). www.iledefrance.fr

LES CULTURES BIO

FAVORISÉES

La Région va plus loin pour développer

l’agriculture biologique. En 2005, elle

lançait l’aide régionale au maintien de

l’agriculture biologique (Armab), qui a

permis à des exploitants d’investir dans

du matériel et de maintenir des emplois.

Aujourd’hui, elle crée l’aide à la transition

vers une agriculture biologique locale

(Atable), pour compenser les pertes de

revenus des exploitants qui passent à des

cultures bio.

www.bioiledefrance.fr

AIDER LES TPE À MIEUX

GÉRER LEUR PERSONNEL

Les neuf plateformes de conseil, d’accompagnement

et de mise en réseau que

la Région a créées en 2007 pour améliorer

la gestion des ressources humaines

dans les entreprises de moins de 20 salariés

sont maintenues. Avec des nouveautés

dans la foulée : priorité à la prévention

des ruptures de contrats d’apprentissage,

possibilité pour les associations de moins

de 50 salariés d’être bénéficiaires, préférence

accordée aux entreprises issues

de territoires et de secteurs d’activité

jugés prioritaires…

MOT POUR MOT

LIBRAIRIE

Livre et territoire

s’épousent

« Ouvrir cette librairie, voilà

un acte politique au sens

étymologique du terme »,

explique sur un blog Doris

Séjourné, qui tient

La Traverse depuis 2010

à La Courneuve (93). « Ce n’est pas forcément

volontaire, mais quand on oublie des territoires,

on oublie les gens qui sont dessus. » Selon

le recensement cartographique de l’Observatoire

régional du livre et de l’écrit (MOTif), il y a

963 librairies en Île-de-France et 25 villes de

plus de 20 000 habitants qui en sont dépourvues.

www.lemotif.fr ; www.librairie-la-traverse.fr ;

http://lacourneuve.blog.lemonde.fr

ÎLE-DE-FRANCE JUIN 2012 Nº 41


L’ACTUALITÉ

5

AGENDA

DU 14 AU 24 JUIN

Le festival Futur en Seine

invite professionnels

et grand public à découvrir

les dernières innovations

du numérique. Cela

à travers expositions,

performances, conférences,

ateliers… Et la présentation

de prototypes autour

des thématiques de la ville,

de la maison, de la santé,

des enfants, des arts

et des cultures,

de l’innovation sociale…

Village des innovations,

Centquatre, 5, rue Curial,

Paris 19 e . Tout le programme

et les lieux en Île-de-France

sur : www.futur-en-seine.fr

LES 28 ET 29 JUIN

Session publique

du conseil régional.

57, rue de Babylone, Paris 7 e .

Retransmission des débats :

www.iledefrance.fr

LE 30 JUIN

La Marche des fi ertés

lesbiennes, gaies, bi et trans

est de retour. Les personnes

souhaitant participer

bénévolement à son

organisation peuvent

s’inscrire sur son site :

http://marche.inter-lgbt.org

FLINS-SUR-SEINE

78

VILLEPINTE

93

LA COURNEUVE

CRÉCY-LA-CHAPELLE

77

© LAURENT VILLERET/DOLCE VITA/PICTURETANK

ÉCOLOGIE Préservation de la ressource

et gouvernance, priorités régionales.

L’EAU, UN ENJEU DE SOCIÉTÉ

Quelques semaines après le forum

mondial qui lui était consacré à

Marseille, la question de l’accès

à l’eau se retrouvera au cœur des

négociations de la conférence internationale

Rio + 20, programmée en

juin. L’Île-de-France a beau être un

territoire qui ne manque pas de

ressources naturelles en eau potable,

le sujet y est également crucial. Entre

autres parce que certaines zones à

forte concentration de populations

et d’activités sont régulièrement

confrontées à des restrictions de

l’usage de l’eau. Ou encore parce que

le prix du mètre cube peut passer

d’une commune francilienne à l’autre

de 2,89 euros à 5,54 euros.

Pour une gestion transparente

Ce qui explique de tels écarts ? En

grande partie les investissements

qui doivent parfois être réalisés pour

traiter l’eau dans des secteurs où

les pollutions liées à l’usage intensif

L’IMAGE

BAROMETRE

de produits phytosanitaires sont

importantes.

De son côté, la Région intervient afin

d’éviter que des zones stratégiques

de captage soient menacées par des

projets divers. Un souci de préserver

la ressource qui l’a conduite par

exemple à acquérir, avec l’Agence des

espaces verts, des terrains de Flinssur-Seine

et des Mureaux (78), un

temps voués à accueillir un circuit de

Formule 1, pour y favoriser l’implantation

d’agriculteurs biologiques.

Au-delà, la Région a fait de la gouvernance

et des modes de gestion de

l’eau une priorité de son action. Avec

une philosophie : défendre le droit à

l’eau, en encourageant une gestion

publique, écologique, démocratique

et transparente de ce bien commun

de l’humanité. Pour cela, elle a décidé

d’accompagner financièrement les

communes qui veulent réaliser des

audits de leurs services de l’eau et

d’assainissement.

LÉO VANPOULLE

LES APPRENTIS SOUS LE CHAPITEAU Au centre de formation

des apprentis de Villepinte (93), les élèves de CAP cuisine et restauration

première année développent, grâce à un atelier cirque, de précieux talents : le sens

du travail en équipe, la maîtrise du geste, la gestion du stress… h www.cefaa.net

BAROMÈTRE

La qualité des transports

en commun

Êtes-vous satisfait des transports

en commun en Île-de-France ?

La qualité de l’environnement

Êtes-vous satisfait ou non

de la qualité de l’environnement

en Île-de-France ?

Le climat économique

Diriez-vous que, en ce moment,

l’activité économique

en Île-de-France est…

L’évolution du sentiment

de discrimination

Ces dernières années,

diriez-vous que les discriminations

en Île-de-France ont…

Les principaux acteurs

de la lutte contre

les discriminations

Pour mieux combattre

les discriminations en Île-de-France,

vous faites plutôt confiance à…

(plusieurs réponses étant possibles,

le total est supérieur à 100 %)

La diversité de la région ne fait

pas d’elle un territoire exempt

de discriminations.

Une majorité de Franciliens (57 %)

– et surtout d’habitants de la

Seine-Saint-Denis (78 %) – ont le

sentiment que les pratiques discriminantes

ont augmenté ces

dernières années. Pour les combattre,

ils font d’abord confiance

aux associations (75 %), aux

en seignants (72 %), aux communes

(59 %) ou encore à la

Région (58 %). La

méfiance à l’égard

de l’action des

entreprises est

représentative du

C’EST VOTRE AVIS

Très satisfait 8 %

Assez satisfait 50 %

Pas vraiment satisfait 24 %

Pas du tout satisfait 10 %

Ne se prononce pas 8 %

Très satisfait 8 %

Assez satisfait 55 %

Pas vraiment satisfait 27 %

Pas du tout satisfait 9 %

Ne se prononce pas 1 %

Très dynamique 5 %

Assez dynamique 45 %

Pas vraiment dynamique 33 %

Pas du tout dynamique 12 %

Ne se prononce pas 5 %

Plutôt tendance à augmenter 57 %

Plutôt tendance à reculer 25 %

Ne se prononce pas 18 %

Le mouvement associatif 75 %

Les enseignants 72 %

Les communes 59 %

La Région 58 %

Les organisations syndicales 50 %

Les conseils généraux 47 %

L’Europe 45 %

L’État 44 %

Les médias 37 %

Les entreprises 35 %

Autres 21 %

LES DISCRIMINATIONS S’AGGRAVENT,

DISENT LES FRANCILIENS

BONUS WEB

Tous les résultats

de notre enquête.

www.iledefrance.fr/

discriminations

problème croissant posé par les

discriminations à l’embauche ou

les évolutions de carrières.

Cette nouvelle vague du baromètre

confirme une fois encore

la satisfaction globale des Franciliens

quant à leur qualité de vie.

Et, si le climat économique reste

particulièrement tendu, une moitié

d’entre eux jugent l’activité de

la région dynamique (50 %, +1).

De même, la qualité des transports

et la qualité perçue de l’environnement

sont en hausse, pour

le deuxième mois

consécutif.

MAÏDER CHANGO-BEFFA,

DIRECTRICE ASSOCIÉE DE

L’INSTITUT VIAVOICE

SONDAGE RÉALISÉ PAR TÉLÉPHONE POUR « ÎLE-DE-FRANCE » ENTRE LE 23 MARS ET LE 4 AVRIL 2012 SUR UN ÉCHANTILLON

DE 1 006 PERSONNES, REPRÉSENTATIF DE LA POPULATION FRANCILIENNE ÂGÉE DE 18 ANS ET PLUS, SELON LA MÉTHODE DES QUOTAS.

ÎLE-DE-FRANCE JUIN 2012 Nº 41


6

DANS LE MONDE

© SÉBASTIEN LÖFFLER/NOI PICTURES POUR PICTURETANK

TOURISME Provins sert de guide à Hanoï.

DES PASSERELLES

ENTRE LES CITADELLES

La citadelle millénaire de Thang Long

peut espérer, grâce au savoir-faire francilien,

attirer bien plus de touristes qu’aujourd’hui.

Pour son millième anniversaire

il y a deux ans, la citadelle de

Thang Long, à Hanoï (Vietnam),

s’est vu offrir un beau cadeau : son

inscription sur la liste du patrimoine

mondial de l’Unesco. Une consécration

à laquelle le Comité régional du

tourisme d’Île-de-France (CRT) est

associé puisqu’il a aidé le Comité

populaire d’Hanoï à constituer son

dossier de candidature. « L’idée de ce

classement, résume El Yamine Soum,

responsable de la coopération internationale

au CRT, est de protéger

l’héritage du passé, mais aussi d’en

assurer la transmission pour le futur... »

Dans ce sens, l’inscription de la

citadelle est une première victoire

puisqu’elle soustrait ce site, au centre

de la capitale vietnamienne, à une

pression immobilière de plus en plus

menaçante.

Désormais, l’heure est à la « mise en

tourisme ». Comment accueillir

le public, quelle organisation

mettre en place, quelles

infrastructures réaliser ?

« La première question est

avant tout : quel message

délivre-t-on ? » complète

Jean-François Robin, directeur

de l’Office du tourisme

Vietnam

Hanoï

de Provins (77), appelé en renfort par

le CRT. « Avant de songer aux aspects

techniques, il faut imaginer l’expérience

qu’on va faire vivre au visiteur, pour

l’émouvoir, le surprendre… » Le savoirfaire

francilien est notamment sollicité

pour la mise en place d’une

billetterie. « Cela ne peut pas seulement

être un guichet ou un tourniquet,

explique Jean-François Robin, c’est

un espace vaste où l’on explique, on

sensibilise. La visite commence là. »

Un patrimoine animé

Après sa propre inscription au patrimoine

mondial de l’Unesco en 2001,

Provins a vu sa fréquentation touristique

multipliée par 10. Désormais,

près d’un million de personnes découvrent

chaque année un « patrimoine

animé » (par des foires médiévales,

des spectacles de fauconniers, de

chevaliers…). Conséquence de ce

succès, le budget de fonctionnement

du site est équilibré

par sa billetterie seule, sans

financements publics. Un

exemple qui pourrait faire

école.

JEAN-FRANÇOIS HENNION

h www.provins.net

h www.nouveau-paris-ile-de-france.fr

© ORIANE ZERAH

LOIN DE

CHEZ VOUS

(Syrie)

AU SECOURS

DES RÉFUGIÉS

Face à l’urgence de

la situation en Syrie,

la Région a apporté

son aide à Médecins

du monde. Objectif :

permettre à l’ONG

d’accueillir au mieux,

à Ramtha, en Jordanie,

les populations qui ont fui

la répression des armées

de Bachar el-Assad.

(Afghanistan)

VIVE LA SCIENCE…

Des salles de sciences

vont être créées, et les

professeurs formés à

une pédagogie adaptée,

dans huit écoles publiques

des villes de Kaboul,

Tcharikar et Djelalabad.

À l’origine de cette action

aidée par la Région :

l’association Afrane,

basée à Paris 11 e .

(Burkina Faso)

UN ENGAGEMENT

POUR LA VIE

Réduire la mortalité

infantile dans le district

de Nouma ! Engagée dans

cette lutte, l’association

Soba la Grande Maison, à

Boissy-Saint-Léger (94),

se mobilise : achat de

motos-ambulances, de

matériels d’accouchement

pour la maternité, et mise

en place d’une cellule

de gestion des urgences

obstétricales et néonatales

dans tous les villages.

(R20)

EN PREMIÈRE LIGNE

POUR LE CLIMAT

Depuis le 8 mars dernier,

la vice-présidente de

la Région, Michèle Sabban,

assure la présidence

du R20. Cette instance

regroupe 24 régions

engagées dans la lutte

contre le changement

climatique, dont le Gujarat

(Inde), la métropole

de Dakar (Sénégal),

la Californie (États-Unis),

la province de Gyeonggi

(Corée du Sud)… ou

encore l’Île-de-France.

h http://regions20.org

© DUSTIN SHUM © JEAN-LIONEL DIAS/LE CARTON/PICTURETANK

LE CHASSÉ-CROISÉ

PARCOURS DE SANTÉ

Originaire de Milan, Alberto Bossi a quitté son

pays il y a plus de 10 ans. Après avoir obtenu en

1992 son diplôme dedecin spécialiste en radiologie

à l’université de Pavia, en Italie, il pose tout

d’abord ses valises à Leuven, en Belgique, où l’attend

un poste au département de radiothérapie de

l’hôpital universitaire de la ville. Cinq ans après,

nouvelle étape et autre destination : Alberto Bossi

devient responsable du service urologie du département

de radiothérapie au sein de l’institut

Gustave-Roussy, à Villejuif. Une consécration pour

lui qui a dédié ses travaux de recherche aux cancers

de la vessie et de la prostate : « J’étais très fier car

l’institut Gustave-Roussy est une référence internationale

dans le domaine de la radiothérapie. »

Sa femme et lui ont emménagé à Paris, dans le

6 e arrondissement. Le couple a récemment adopté

un enfant. « J’adore ma vie ici. Je m’y sens comme

chez moi. »

h www.igr.fr

DE L’APPRENTISSAGE

À LA MATURITÉ

DE MILAN

(ITALIE) À

VILLEJUIF (94)

ALBERTO BOSSI

47 ans

DE FONTENAY-

SOUS-BOIS (94)

À HONG KONG

(CHINE)

NICOLAS DENEUX

27 ans

Nicolas Deneux est un jeune homme comblé,

comme bonifié par son départ. Une fois son

diplôme de sommelier décroché au centre de formation

des apprentis Médéric à Paris (17 e ) – l’établissement

inaugurait alors cette spécialité –, il a

saisi l’opportunité d’aller travailler dans le restaurant

du célèbre chef français Alain Ducasse à Hong

Kong. Le jeune homme, qui avait alors 20 ans, garde

un très bon souvenir du CFA : « La considération et

la possibilité d’apprendre très vite m’ont séduit.

L’échange avec les professeurs était exceptionnel. »

Après sept années passées à travailler pour le

célèbre cordon-bleu dans une « capitale gastronomique

par excellence », celui qui a grandi entre Paris

et le Val-de-Marne est certain d’avoir fait le bon

choix en s’exilant. « La vie à Hong Kong est très enrichissante,

la différence vient beaucoup des gens. »

Et si « la magie de Paris » et sa famille lui manquent,

il ne se voit pas pour autant retourner en France

pour le moment. « La vie ici me plaît trop ! »

h www.cfamederic.com

ÎLE-DE-FRANCE JUIN 2012 Nº 41


LE DOSSIER

7

Dans son atelier d’Alfortville (94),

Cédric Taling (illustrateur de ce dossier)

puise son inspiration

dans les mythologies universelles.

© CÉDRIC TALING

DISCRIMINATIONS

UN MAL, DES MOTS

De A comme « adresse » à Z comme « zone urbaine sensible », notre

abécédaire des actions franciliennes pour construire l’égalité réelle.

Au travail ou dans les espaces publics, dans la rue ou pour trouver un logement, la discrimination

a des visages multiples. Elle peut pénaliser des personnes en fonction de leur sexe, de

leur appartenance politique ou syndicale, de leur état de santé ou d’un handicap, de leur

origine, et même de leur lieu de résidence. Les réponses, elles aussi, se diversifient, témoignant

de la vitalité des acteurs associatifs et de l’ingéniosité des citoyens pour faire vivre une République

une et indivisible. Petit tour d’horizon, avec quelques extraits de notre abécédaire francilien de

la lutte contre les discriminations.

A comme adresse

Discrimination non encore reconnue par la loi,

l’adresse est devenue un obstacle pour trouver un

emploi ou obtenir un crédit bancaire. En attendant

une évolution législative, la Région module ses

aides financières aux investissements entrepris

par les communes, pour donner plus à celles qui

cumulent difficultés sociales et discriminations.

A comme asile

Les demandeurs d’asile ne sont pas tous logés à la

même enseigne. En bas de l’échelle, ceux qui vivent

en squats, et que le dispositif national d’accueil ne

prend pas en charge. C’est pour les aider que l’association

Habitat-Cité (Paris 13 e ) met en œuvre,

dès cette année, un suivi individuel adapté, avec

l’aide de la Région. Objectif : assurer l’accès de ces

personnes précaires aux droits sociaux, faciliter

leur entrée dans un hébergement pérenne et améliorer

leurs conditions de vie. h www.habitat-cite.org

C comme cultures

Fiers de leur double culture, de jeunes Franciliens

d’origine chinoise partent en guerre contre les

barrières linguistiques. L’Association des jeunes

Chinois de France (AJCF) propose

des permanences d’aide administrative

et du soutien scolaire à

domicile. Elle entend aussi mobiliser

le réseau associatif asiatique

BONUS WEB

L’intégralité de l’abécédaire

et de notre sondage.

www.iledefrance.fr/

discriminations

en Île-de-France et les réseaux sociaux pour réaliser

une enquête auprès de la population cible et

définir une méthodologie appropriée de l’apprentissage

du français. h www.lajcf.fr

C comme curriculum vitae

Sésame pour trouver un emploi, le curriculum vitae

(CV) devient de plus en plus le symbole des discriminations.

Âge, sexe, origine, lieu de résidence…

tout est bon pour justifier le classement vertical de

ces documents. D’où l’idée, pour faire tomber les

préjugés, des CV vidéos. Dans ce domaine, Mozaïk

RH fait référence : ses vidéos « 60 secondes pour

convaincre » contribuent à changer le regard des

chefs d’entreprise et des recruteurs sur les jeunes

des quartiers populaires. h www.mozaikrh.tv

D comme décrochage scolaire

Permettre la réussite de tous, y compris des plus

modestes, telle est l’ambition du lycée Alfred-Nobel

de Clichy-sous-Bois (93) avec son projet « Talan ».

Le principe : apporter une aide gratuite aux

devoirs par des étudiants dans un espace dédié du

lycée, accessible de 17 h 30 à 19 h 30.

D comme Défenseur des

droits

Le Défenseur des droits remplace

désormais la Haute Autorité de lutte

contre les discriminations et pour

ÎLE-DE-FRANCE JUIN 2012 Nº 41


8

LE DOSSIER

© CÉDRIC TALING

l’égalité (Halde). Celle-ci avait recueilli, en 2010,

2 467 réclamations, dont 30 % en provenance

d’Île-de-France. h www.defenseurdesdroits.fr

E comme Essonne

En novembre 2011, le conseil général de l’Essonne

a adopté 40 actions concrètes au travers de deux

plans départementaux, l’un consacré à la prévention

et à la lutte contre les discriminations, l’autre

à l’égalité femmes-hommes. Après avoir redéfini

ses priorités face aux discriminations en février

dernier, la Région Île-de-France approuvera à son

tour ses deux plans triennaux d’actions d’ici à la

fin 2012. h www.essonne.fr

I comme indigènes

La lutte contre les discriminations s’exporte ! L’association

France Amérique latine (Paris 14 e ) mène

ce combat à Tarija, en Bolivie. Grâce à elle, une

radio donnera la parole aux populations marginalisées

en raison de leur origine ethnique et aux

femmes paysannes et indigènes. Le projet aura

aussi des répercussions en Île-de-France, avec des

rencontres-débats et une exposition de photos

qui circulera dans plusieurs établissements scolaires

de Paris et d’Argenteuil (95).

h www.franceameriquelatine.org

I comme Institut d’aménagement et

d’urbanisme d’Île-de-France

Régulièrement, l’Institut d’aménagement et d’urbanisme

se penche sur les discriminations et les

inégalités en Île-de-France. En février 2011, il publie

l’étude Les Femmes en Île-de-France. Parue en

mai 2011, sa Note rapide n° 545 rappelle que trois

Franciliens sur 10 âgés de 18 à 50 ans ont fait

l’expérience du racisme… h www.iau-idf.fr

J comme jouets

Les ludothèques franciliennes combattent la transmission

culturelle des préjugés sexuels, en permettant

de jouer selon ses goûts. Par exemple, à la

poupée, pour les garçons. h www.lalif.org/Jeux2Genre

K comme kit pédagogique

Le cabinet parisien Marwett a créé en 2009 un kit

pédagogique multimédia à destination des

employeurs en quête de clés pour résorber l’écart

salarial entre hommes et femmes, et développer

la mixité des emplois.

L comme luttes

« Nos luttes changent la vie entière ! » C’est le message

porté haut et fort par le centre audiovisuel Simonede-Beauvoir

(Paris 9 e ), qui va créer un fonds d’archives

multimédia sur les femmes. Son objectif :

rappeler les combats historiques menés, de 1965

à nos jours, par le mouvement féministe.

h www.centre-simone-de-beauvoir.com

L comme lycées

En 2011, 18 lycées franciliens ont participé à un

programme sur l’égalité filles-garçons impulsé par

la Région. D’autres actions voient le jour, notamment

grâce aux dispositifs régionaux « Les jeunes

pour l’égalité » et « Projet lycée, innovation éducative

». À Montrouge (92), le combat contre les discriminations

se traduit dans une bande dessinée,

réalisée par les élèves du lycée Jean-Monnet.

h www.iledefrance.fr (Lycées)

M comme Marche des fiertés

Prévue cette année le 30 juin à Paris, la Marche

des fiertés lesbiennes, gaies, bi et trans est l’occasion

de condamner en place publique les discriminations

fondées sur les mœurs, l’orientation

sexuelle ou l’identité de genre. Environ 80 organismes,

dont la Région, participent à cette fête.

h http://marche.inter-lgbt.org

O comme observatoire des violences

Un observatoire régional des violences faites aux

femmes va être créé en Île-de-France. Objectifs :

mieux mesurer la réalité de cette violence, développer

des actions d’information à l’échelle de la

région, soutenir davantage les dispositifs d’aide

aux femmes concernées. Une initiative qui a déjà

vu le jour en Seine-Saint-Denis (tél. : 01 43 93 41 93).

O comme orientation

Trop de filles se dirigeant (ou étant dirigées) vers

des métiers spécifiquement féminins, une formation

a été mise en place pour les personnels des

missions locales et points d’information jeunesse

de Seine-et-Marne il y a deux ans. h www.cdiff77.info

P comme plan pour l’égalité au travail

Signé en 2011 par la Région, le Plan francilien pour

l’égalité d’accès à l’emploi et dans le travail vise à

lutter contre toutes les formes de discrimination

dans l’emploi. Dans la foulée, près de 100 actions

partenariales ont été mises en œuvre, dont 50 cofinancées

par la Région et l’État, sur le thème de

l’égalité professionnelle femmes-hommes.

P comme psychiatrie

Dès 2006, l’association Droits d’urgence s’est préoccupée

des difficultés rencontrées par les personnes

exclues souffrant de troubles psychiques

et psychiatriques. Pour les aider à se protéger et à

faire valoir leurs droits, elle va installer un pôle

juridique au sein des structures de soins psychiatriques

parisiennes. h www.droitsdurgence.org

R comme recherche

La recherche aussi se mobilise contre les inégalités,

en faisant progresser la connaissance sur le sujet.

En Île-de-France, l’institut Émilie-du-Châtelet

accorde ainsi des bourses aux doctorants travaillant

sur le genre, les inégalités et les discriminations,

et ce dans le cadre du domaine d’intérêt

majeur (DIM) Discridim. Créé à la fin 2011, il

implique 18 établissements et 11 laboratoires coor-

ÎLE-DE-FRANCE JUIN 2012 Nº 41


LE DOSSIER

9

© CÉDRIC TALING

donnés par le Pôle de recherche et d’enseignement

supérieur Paris-Est. h www.institutemilieduchatelet.org

R comme Roms

Quelque 8 000 Roms vivraient dans des conditions

précaires en Île-de-France. Basée à Villeneuve-le-

Roi (94), l’association Tukki recense tous les lieux

de vie franciliens de cette population particulièrement

exposée aux discriminations, afin d’améliorer

ses conditions de vie. h www.tukki.net

S comme seniors

À Pantin, aux Lilas et au Pré-Saint-Gervais (93),

les discriminations liées à l’âge sont dans le collimateur

du plan local pour l’insertion et l’emploi.

Face aux clichés, un « markethon », baptisé « Les

seniors en marche vers l’emploi » et des actions de

formation « Si, seniors ! » ont vu le jour.

S comme stages

L’association Baisser les barrières (Paris 15 e ) s’est

donné pour mission d’accompagner les étudiants

déficients visuels dans leur parcours universitaire

et leur insertion professionnelle. Elle les aide

à trouver des stages, et, pour cela, sensibilise les

entreprises et les encadrants prisonniers des

préjugés. h www.baisserlesbarrieres.org

T comme théâtre

La littérature éclaire les consciences. À Sarcelles

(95), la Maison des jeunes et de la culture s’est

appuyée sur Le Mariage de Figaro de Beaumarchais,

l’an dernier, pour poser la question de l’émancipation

de la femme, en revenant sur le droit de cuissage,

le droit de vote ou encore le droit à l’éducation.

T comme travail

Selon notre enquête, 70 % des Franciliens considèrent

que les discriminations au travail se manifestent

dès l’embauche. Elles prospèrent aussi dans

le déroulement des carrières (34 %), lors de la

recherche d’un stage en entreprise (27 %) et au stade

de l’éducation et de l’orientation (19 %). Les sondés

pouvaient choisir plusieurs réponses, d’où un résultat

supérieur à 100 %. h www.iledefrance.fr/discriminations

T comme tourisme

En 10 ans, la Région Île-de-France a financé

126 projets de mise en accessibilité de sites et de

produits touristiques aux personnes handicapées.

V comme Venise

Pour placer la parité femmes-hommes au cœur de

la croissance économique, sept régions européennes

ont signé la Déclaration de Venise en 2009

et coopèrent via le programme INTERREG IVc.

Parmi elles, Budapest (Hongrie), la commune de

Lidköping (Suède), Venise (Italie) et l’Île-de-France,

chef de file de ce combat.

W comme Wieviorka (Annette)

L’historienne présidait en 2011 le jury du prix du

centre Hubertine-Auclert, qui promeut la culture

de l’égalité en Île-de-France. Parmi les initiatives

saluées, un manuel scolaire publié par Nathan,

contribuant de façon originale à la transmission

d’une histoire mixte. h www.centre-hubertine-auclert.fr

Y comme Yvelines

Au titre du droit à compensation qui constitue un

moyen de promouvoir l’égalité de traitement entre

tous les citoyens, la Région apporte une aide financière

aux maisons départementales des personnes

handicapées. Depuis 2008, elle a ainsi contribué

à l’adaptation de 172 logements au handicap dans

le seul département des Yvelines.

Z comme zone urbaine sensible

L’Île-de-France compte 157 zones urbaines

sensibles. Des territoires où 11 % des diplômés sont

au chômage, contre 5,8 % dans les autres quartiers.

DOSSIER PRÉPARÉ PAR PIERRE CHAPDELAINE

EN

SAVOIR +

• Sur www.iledefrance.fr,

notre abécédaire

pour l’égalité et la lutte

contre les discriminations,

en version longue

et évolutive.

• Sur l’égalité entre les

femmes et les hommes,

les sites de deux

organismes franciliens

incontournables : www.

centre-hubertine-auclert.

fr (espace d’information et

d’expertise dont l’objectif

est de promouvoir

une culture de l’égalité

entre femmes et hommes)

et www.

institutemilieduchatelet.

org (développement et

diffusion des recherches

sur les femmes, le sexe

et le genre).

• Sur www.iaurif.org,

retrouvez en ligne

les études de l’Institut

d’aménagement

et d’urbanisme d’Îlede-France

(rubriques

« Nos études » et

« Nos publications »).

TROIS QUESTIONS À...

ABDELHAK KACHOURI

vice-président en charge de la politique de la ville, de la citoyenneté

et de la sécurité

« EN MARCHE

VERS L’ÉGALITÉ RÉELLE »

Comment la Région prend-elle en compte les

discriminations territoriales ?

ABDELHAK KACHOURI : Nous avons accompli un

grand pas en avant en adoptant le rapport sur la

critérisation, qui permet de moduler les aides

régionales en fonction des difficultés des territoires.

Cette dynamique doit prendre maintenant

de l’ampleur. Toutefois, depuis la fusion de la

Halde avec le Défenseur des droits, rien n’avance

sur ce sujet au niveau national. Par exemple,

faute de critères légaux, il est impossible de faire

condamner une entreprise qui pratique la

discrimination à l’adresse. La loi devra vite

reconnaître ces nouvelles formes de discriminations,

notamment celles liées aux territoires,

qu’ils soient urbains ou ruraux.

Dans notre sondage, 58 % des Franciliens font

confiance à la Région pour faire reculer les

discriminations en Île-de-France. Face à cette

attente, quelles sont vos priorités ?

ABDELHAK KACHOURI : Ces résultats montrent

que la Région est identifiée comme un acteur

public qui agit aux côtés des Franciliens, afin de

mieux les accompagner et les protéger. Mais nous

sommes encore loin de l’égalité réelle et il nous

faut intensifier nos efforts pour faire cesser les

discriminations, qu’elles soient liées à l’origine,

au handicap, à l’âge, à l’orientation sexuelle ou

au genre. Pour cela, nous préparons deux plans

d’actions, l’un sur la lutte contre les discriminations,

et l’autre spécifiquement sur l’égalité entre

les femmes et les hommes. Enfin, nous avons

besoin de mobiliser tous les acteurs et les experts.

Cette démarche de partenariat sera au cœur de

la nouvelle Agence régionale pour la promotion

de l’égalité que nous venons de créer.

Où serez-vous le 30 juin, jour de la Marche des

fiertés dans les rues de Paris ?

ABDELHAK KACHOURI : Comme depuis trois ans,

la Région aura son char Île-de-France à l’occasion

de la Marche des fiertés, et, comme l’année dernière,

j’y serai, aux côtés des agents de la Région

qui participent au quotidien à la lutte contre les

discriminations.

© ALAIN LE BACQUER/PICTURETANK

ÎLE-DE-FRANCE JUIN 2012 Nº 41


10

LES INITIATIVES

ACTIONS

RÉUSSITE SCOLAIRE

DE L’ESTIME DE SOI

POUR NE PAS DÉCROCHER

Alors que l’Île-de-France fait du décrochage scolaire

sa grande cause régionale, le lycée Jean-

Mermoz de Montsoult (95) en a fait sa priorité. Les

cinq classes de première de ses filières tertiaires

et électrotechnique participent au projet « Estime

de soi », mené par l’équipe médico-sociale de l’établissement.

Ateliers de nutrition, d’expression artistique,

de mise en scène… : tous les moyens sont

bons pour stimuler la participation des élèves et

valoriser leurs capacités.

www.lyc-mermoz-montsoult.ac-versailles.fr ;

www.iledefrance.fr (Lycées)

© ALAIN LEBACQUER/PICTURETANK

ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR

UN PORTAIL DOCUMENTAIRE

POUR L’UNIVERSITÉ PARIS-EST

Grande première pour un pôle de recherche et

d’enseignement supérieur (PRES) : les 3 000 doctorants

et chercheurs de Paris-Est bénéficieront,

d’ici un an, d’un portail documentaire unique leur

permettant d’accéder, via Internet, à toutes les ressources

numériques du PRES (catalogues des

bibliothèques et des centres de documentation…),

mais aussi à des espaces numériques de travail

facilitant les collaborations et le stockage de

données.

h www.univ-paris-est.fr

DÉVELOPPEMENT DURABLE

RECONNAISSANCE

DE L’AGENDA 21 ÎLE-DE-FRANCE

Le plan d’actions de la Région

en faveur du développement

durable, son Agenda 21, a été

reconnu pour trois ans Agenda

21 local France par le ministère

de l’Écologie, du Développement

durable, des Transports

et du Logement. Adopté en

2009, il comprend huit chantiers,

les uns concernant les

sites naturels du conseil régional,

les autres ses bâtiments dont les lycées (objectifs

: les rendre plus respectueux de l’environnement

et accessibles en transports en commun…).

h www.iledefrance.fr (Environnement, puis Agenda 21) ;

www.developpement-durable.gouv.fr

ÉCO-MOBILITÉ

DES BUS SCOLAIRES… PÉDESTRES

Aller à l’école à pied, c’est écologique, pratique, et

c’est sain ! La commune de Saint-Rémy-lès-

Chevreuse (78), qui l’a bien compris, a mis en

place, depuis septembre 2009, des lignes de bus

destres pour ses écoliers. Le principe est

simple : encadrés par du personnel communal et

des parents, les enfants, vêtus de gilets fluorescents,

vont à l’école ensemble, à pied. Bilan : moins

de circulation et d’embouteillages, et donc de pollution,

et, pour les enfants, une petite marche sympathique

entre copains pour bien commencer la

journée. Une cinquantaine d’écoliers empruntent

chaque jour six lignes menant aux écoles Jean-

Jaurès et Jean-Moulin. Une septième sera testée

dès juin vers l’école Jacques-Liauzun pour une mise

en service à la rentrée.

© JÉROMINE DERIGNY/ARGOS/PICTURETANK

Plus du quart des carottes cuites servies à midi

qui finit dans les poubelles de la cantine : ce

constat accablant, une classe de seconde du

lycée Jacques-Feyder d’Épinay-sur-Seine (93) l’a

établi en mars… avant de tout faire pour rectifier

le tir. À l’origine, un projet baptisé Poubelle la vie,

mis en œuvre avec l’aide de l’association De mon

assiette à notre planète, laquelle estime que, « sur

un repas pour 500 personnes dans une cantine,

100 kilos de nourriture finissent à la poubelle ».

Changer les habitudes

Sous la tutelle de Romain Potel, leur professeur de

mathématiques, les lycéens se réunissent une heure

par semaine pour faire le plein de conseils et

d’instructions permettant de réduire le gaspillage

alimentaire. Le premier travail consiste à sensibiliser

les élèves sur ce que représente la nour riture :

« Il ne s’agit pas seulement de manger, mais aussi

de vanter l’aspect nutritionnel du produit », précise

l’enseignant. C’est aussi un moment où les jeunes

peuvent échanger et partager leurs idées et leurs

opinions. « Je ne mangeais que peu de carottes auparavant,

mais maintenant que je sais que c’est très

bon pour moi, j’en prends souvent », explique Sabah,

une élève antigaspi de 15 ans. Ici, les jeunes ne sont

pas seulement spectateurs, ils sont les acteurs principaux

de cette initiative. Avec le concours des

cuisiniers, qui font eux aussi partie intégrante du

projet, ils ont ainsi analysé les poubelles, afin

Un mois après le lancement

du projet Poubelle la vie,

la quantité de nourriture finissant à la poubelle

a baissé de 21 %.

ALIMENTATION RESPONSABLE À Épinay-sur-Seine,

des lycéens apprennent à leurs camarades

à ne plus avoir les yeux plus gros que le ventre.

HALTE AU GASPI À LA CANTINE !

EN SAVOIR

PLUS

• Tout sur

l’opération

Poubelle la vie

au lycée

Jacques-Feyder

d’Épinay-sur-

Seine : http://

feyder.fr/

• L’association

De mon assiette

à notre

planète conçoit

et anime

des actions

d’éducation

à l’alimentation

dans les

établissements

scolaires :

www.assietteplanete.fr

de mesurer le gaspillage à la cantine. « Les élèves

prennent parfois des aliments uniquement parce

qu’ils en ont la possibilité, sachant très bien qu’ils ne

vont pas les manger. Ce sont ces habitudes-là qu’on

doit changer », explique Romain Potel.

Après avoir analysé les résultats, les lycéens ont

conçu, à partir de photos et des chiffres de leur

étude, des affiches de sensibilisation comportant

des conseils de modération. Exposées dans le réfectoire,

elles font aussi découvrir à

leurs camarades les bienfaits

méconnus de certains aliments, et

les poussent parfois à prendre de la

hauteur : « Avant, on prenait tout ce

qu’on pouvait. Aujourd’hui, on fait

attention et on y réfléchit à deux fois

avant de se servir, on sait que la

nourriture est précieuse », admet

Khaled. Un mois après le début de

l’opé ration, de nouvelles mesures de

gaspillage ont été faites, sur le même

repas test. Résultat : 13 % des carottes

cuites jetées, mais aussi beaucoup

moins de lait, de fruits et de poulet

qui finissent à la poubelle, soit 21 %

de gaspillage en moins en général…

L’initiative, qui se déploie aussi dans

d’autres établissements scolaires

d’Île-de-France, semble donc porter

ses fruits.

LÉO VANPOULLE

ÎLE-DE-FRANCE JUIN 2012 Nº 41


LES INITIATIVES

11

VU SUR

LE WEB

LE BON PLAN DU

« STREET ART »

Le site Urbacolors.com

propose aux passionnés de

graff une carte interactive

pouvant les guider vers

5 200 œuvres à ce jour.

Également disponible en

application pour les mobiles.

h www.urbacolors.com

LES TRANSPORTS

ALIMENTENT LE DÉBAT

Comment rendre les

déplacements plus faciles,

plus agréables et plus

performants avec les

infrastructures existantes ?

Dans le cadre des États

généraux de la conversion

écologique et sociale,

la Région lance le débat.

C’EST BIENTÔT

Donnez votre avis !

h www.ecociliens.fr

FONCIÈREMENT

NOUVEAU

L’Observatoire régional

du foncier a fait de son site

un centre de ressources

permanent sur les enjeux

fonciers des projets

d’aménagement en

Île-de-France.

h www.orf.asso.fr

UN CLIC, UNE SORTIE

Soirée gastronomique,

expédition shopping,

virée nocturne, périple

culturel… : le Comité

régional du tourisme

suggère de nombreuses

façons de découvrir

la richesse du patrimoine

et de l’art de vivre made

in Île-de-France.

h www.nouveau-paris-ilede-france.fr

OCCASION La première recyclerie dédiée aux jouets

a ouvert ses portes en Île-de-France. Un projet

très social mis sur pied par Claire Tournefier.

POUPÉES ET ROBOTS

S’OFFRENT UNE NOUVELLE VIE

Quoi de plus triste pour les jouets que de finir au grenier

ou à la poubelle ? Pour leur éviter ce sort, Claire Tournefier,

une ex-professionnelle de la communication, a

imaginé une recyclerie d’un genre nouveau. Ouverte

depuis mars dans le 14 e arrondissement de Paris, Rejoué

– c’est son nom – s’est donné comme mission

d’offrir une deuxième vie aux joujoux délaissés.

Le concept, cette maman d’un petit garçon de

5 ans l’a nourri au fil de ses années de bénévolat

à la Croix-Rouge.

« Chaque année à Noël, je

voyais le fruit des collectes de jouets s’empiler sans

qu’il y ait suffisamment de mains pour tout trier »,

explique-t-elle. D’où l’idée de créer un endroit

qui serve à la fois de dépôt mais aussi de clinique,

pour que robots, poupées et autres jouets puissent

retrouver un maximum d’éclat avant d’être revendus

à petit prix.

© SALON DES SOLIDARITÉS 2012




CARREFOUR

DES SOLIDARITÉS

INTERNATIONALES

SDS2012_AP_Region_IDF_66x48mm.indd 1 19/04/12 21:22:21

Organisations humanitaires, acteurs de la coopération

internationale et grand public se

retrouvent pendant trois jours à Paris pour le

Salon des solidarités. L’occasion pour les grandes

ONG et les petites associations franciliennes de

présenter leur travail, pour les professionnels

d’échanger, et pour tous les autres visiteurs de

découvrir les emplois et formations du secteur.

La Région Île-de-France, présente sur quatre continents

à travers ses actions de solidarité, d’aide à la

reconstruction ou de coopération internationale,

participe à chaque édition du Salon. Cette année,

son stand mettra en avant les actions de formation

en direction des jeunes Franciliens. Il accueillera

aussi un débat sur les diasporas et les collectivités.

Et il permettra de mieux connaître le programme

Aramis (aide régionale aux microprojets internationaux

de solidarité). Sa particularité : il aide chaque

année environ 50 associations franciliennes à monter

des projets de solidarité internationale dans tous

les secteurs (développement local, éducation, santé,

environnement…).

h Du 1 er au 3 juin. Paris Expo Porte de Versailles, hall 2.2.

1, place de la Porte-de-Versailles, Paris 15 e .

Infos : www.salondessolidarites.org ; www.iledefrance.fr

(Europe-International) ; aramis@iledefrance.fr

Chaque

année à Noël,

je voyais le fruit

des collectes de

jouets s’empiler

sans qu’il y ait

assez de mains

pour tout trier.

Des salariés en insertion

« L’an dernier, nous avons effectué une étude de faisabilité,

financée par la Région, qui nous a notamment

permis de voir quels étaient les freins à l’achat de

jouets d’occasion, indique Antoinette Gulh,

l’autre tête pensante de l’association. L’hygiène

est l’une des principales préoccupations des

parents, au même titre que la sécurité. C’est

pourquoi nous avons mis en

œuvre différents process de

remise en état afin que

Rejoué puisse être synonyme

de qualité. »

Une fois les jouets triés par

grandes catégories (premier

âge, jeux de société, Lego…),

ils sont traités en fonction de

leur nature. Ceux qui sont

en plastique ont droit par

exemple à un passage dans un

lave-vaisselle du type utilisé

dans la restauration. Tous ces

soins sont prodigués par 12 salariés

en insertion, ce qui est une autre

facette de Rejoué : « Le but est d’offrir à

des personnes en difficulté la possibilité de

se construire un projet professionnel »,

résume Claire Tournefier.

Côté ventes, les premières ont eu lieu en

avril. « Nous avons choisi de cibler dans un

premier temps les épiceries sociales, détaille

la créatrice de la recyclerie. L’objectif est

aussi de s’adresser aux assistantes maternelles

en leur organisant des ventes privées.

Nous envisageons par ailleurs d’ouvrir une

boutique éphémère au moment des fêtes

de Noël afin de toucher le plus large public

possible. » En attendant, tous les dons de

jouets sont les bienvenus. RENAUD CHARLES

h www.rejoue.asso.fr

© JULIE BOURGES/PICTURETANK

ÎLE-DE-FRANCE JUIN 2012 Nº 41


12

L’HISTOIRE

Légende

C’ÉTAIT

LE 20 JUIN 1912…

Le couturier Paul Poiret, connu pour

ses soirées légendaires, rassemble

300 invités pour sa fête de Bacchus,

au pavillon du Butard de La Celle-

Saint-Cloud.

© BIBLIOTHÈQUE HISTORIQUE DE LA VILLE DE PARIS

Une partition

comme en vendaient

les colporteurs

vers 1900.

D

e Mistinguett à la Mano Negra, la capitale a

été chantée sur tous les tons. L’Île-de-France,

elle aussi, a apporté une contribution décisive

à cet art populaire. Toutefois, elle a peiné, au

début du XX e siècle, à se construire une véritable

identité musicale. « Il faut attendre ces 20 dernières

années, avec l’arrivée du rap, puis du slam, pour

qu’une chanson francilienne commune émerge »,

explique Emmanuelle Toulet, commissaire de la

captivante exposition Paris en chansons (voir

encadré).

En écoutant ce que Paris et alentours inspirent,

on distingue différentes périodes et différentes

images de la banlieue : celle où l’on rentre le soir

pour dormir, où l’on va pour s’amuser, où la nature

est encore présente… Ouvrière, laborieuse,

louche, mais attachante et authentique, elle est

souvent chantée par opposition à Paris. « Ma

banlieue a des charmes que rien ne remplace »,

entonne Réda Caire en 1937, quand les ouvriers

découvrent les loisirs du dimanche. C’est le temps

heureux des guinguettes des bords de Marne,

© DR

Kool Shen et Joey Starr,

précurseurs du rap français,

en 1991, à la sortie de leur album

Authentik.

LA LA LA De la chanson au rap, Paris et sa région

ont largement contribué à la création musicale française.

ELLE CHANTE, ELLE CHANTE,

L’ÎLE-DE-FRANCE…

riche source d’inspiration pour les paroliers. On

danse, on chante, on flirte… et on oublie le travail

de la semaine : « Ah ! Le petit vin blanc, Qu’on boit

sous les tonnelles, Quand les filles sont belles, Du

côté de Nogent… », écrit Jean Dréjac en 1943.

Des guinguettes aux caves des cités

Après cet âge d’or, un vent contestataire se met à

souffler sur la banlieue, renouant avec la tradition

« sociale » initiée par les chansons d’Aristide

Bruant. Dès 1980, le titi parisien Renaud chante

son HLM, et les caves de banlieue résonnent de

rock alternatif, puis de rap qui raconte la vie des

cités : Joey Starr et Kool Shen forment NTM à

Saint-Denis (93) en 1988, tandis que, à Sarcelles

(95), Stomy Bugsy et Passi créent le Ministère

AMER. Toute l’Île-de-France s’engouffrera dans

la brèche, du collectif valdemarnais de Kery

James, Mafia K’1 Fry, au slameur dionysien Grand

Corps malade, cultivant un genre musical typiquement

francilien, écrivant une nouvelle page

de l’histoire de la chanson française. JULIE VÉDIE

EN SAVOIR

PLUS

• Exposition

Paris en

chansons

jusqu’au

29 juillet.

22, rue Malher,

Paris 4 e . www.

chansons.paris.

fr (des dizaines

de chansons

pour chaque

arrondissement

à écouter)

• Culture

Guinguette

organise des

pique-niques en

chansons sur

les bords de

Marne. Tél. :

01 45 16 37 51.

www.cultureguinguette.com

Paul Poiret est à cette époque en

pleine gloire. Depuis qu’il a supprimé

le corset de ses créations

en 1906, il est considéré comme le

libérateur de la silhouette féminine.

Audacieux et talentueux, ce précurseur

de l’Art déco habille les comédiennes

les plus en vue, le Tout-Paris

et les riches Américaines s’arrachent

ses robes… Mais le couturier parisien

est également connu pour l’extravagance

de ses fêtes.

Danse sur les tables

En 1911, il loue le pavillon du Butard

à La Celle-Saint-Cloud (78), un relais

de chasse construit en 1750 par Ange-

Jacques Gabriel pour Louis XV, à l’orée

de la forêt domaniale de Fausses-

Reposes, un cadre idéal pour ses

somptueuses fêtes. L’une des plus

folles s’y tient le 20 juin 1912 en

l’honneur de Bacchus. Paul Poiret,

déguisé en Jupiter, et sa femme

Denise, en Junon (photo), accueillent

300 invi tés, parmi lesquels André

Dunoyer de Segonzac et Raoul

Dufy, auteurs de superbes décors,

et le poète Max Jacob. Pour célébrer

Bacchus, le dieu romain du vin,

900 bouteilles de champagne sont

débouchées, tandis que le souper est

servi et porté sur la tête par 20 maîtres

d’hôtel. Le clou de la fête : la danseuse

avant-gardiste américaine Isadora

Duncan, qui, aux premières heures

du jour, virevolte sur les tables.

JULIE VÉDIE

DATES CLÉS

1936

Damia chante Aux quatre coins

de la banlieue.

1952

« À Joinville-le-Pont, Pon ! Pon !

Tous deux, nous irons, Ron ! Ron !

Regarder guincher (…)

Chez Gégène », entonne Bourvil.

1960

La Môme de Jean Ferrat

travaille à Créteil et passe

ses vacances à Saint-Ouen.

1984

Karim Kacel chante Banlieue.

24 JANVIER 1992

Pour la première fois,

un groupe de rap français, NTM,

remplit le Zénith.

2001

« La Seine-Saint-Denis, c’est de

la bombe, baby », scande NTM.

MARS 2006

Grand Corps malade popularise

le slam en France avec Midi 20.

Paul Poiret

et sa femme,

déguisés en Jupiter

et en Junon.

© BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCE

ÎLE-DE-FRANCE JUIN 2012 Nº 41


LES SORTIES

13

PRÈS DE

CHEZ VOUS

(Musique)

SOLIDAYS

© SOLIDARITÉ SIDA

L’été démarre en fanfare

avec le festival solidaire.

Outre 100 associations de

lutte contre le sida et d’aide

aux malades, 200 artistes

sont au rendez-vous. Parmi

eux, Birdy Nam Nam, Zebda,

Metronomy, The Kills,

Charlie Winston, General

Elektriks et Selah Sue.

h Du 22 au 24 juin.

Hippodrome de Longchamp,

bois de Boulogne, Paris 16 e .

www.solidays.org

FÊTE DE LA MUSIQUE

La Région installe, comme

en 2011, sa propre scène

pour fêter la musique !

Au programme : Victor O,

un artiste martiniquais qui

mêle musiques caribéennes,

zouk et reggae (20 h 15 -

21 h 15), puis la chanteuse

Imany et ses ballades

d’inspiration soul, funk et

blues (21 h 30 - 22 h 30).

h Le 21 juin, dès 20 h 15.

Place des Vins-de-France,

Bercy Village, Paris 12 e .

FESTIVAL

DE SAINT-DENIS

© FESTIVAL DE SAINT-DENIS

Le centre historique de la

ville royale accueille une

nouvelle série de grands

concerts classiques,

symphoniques, baroques

et chorals. À l’affiche, entre

autres, le violoniste Renaud

Capuçon et l’orchestre

de chambre de Stuttgart,

le jeune violoncelliste Yan

Levionnois, et Louis Langrée

dirigeant la Symphonie

n° 40 et le Davidde

Penitente de Mozart.

h Du 31 mai au 30 juin.

À la basilique et à la légion

d’honneur, rue de

la Légion-d’Honneur,

93200 Saint-Denis.

Tél. : 01 48 13 06 07.

www.festival-saint-denis.com

FESTIVAL MÉTIS

Le festival le plus bigarré

d’Île-de-France poursuit son

exploration des musiques

de la Méditerranée avec

le Liban et la Grèce. Après

avoir sillonné Plaine

Commune, il s’achève en

beauté avec deux concerts

à la basilique de Saint-Denis

(Ibrahim Maalouf et Ciel

d’Athènes à New York,

création de Kristjan Järvi),

et deux autres, gratuits,

sur le parvis (Femi Kuti

et Arthur H).

h Les 5 et 15 juin

à la basilique, et les 21

et 22 juin sur le parvis,

1, rue de la Légion-d’Honneur,

93200 Saint-Denis.

Tél. : 01 48 13 06 07. www.

metis-plainecommune.com

(Expositions)

RÉTROSPECTIVE RAZZIA

Barbizon invite à redécouvrir

le style lumineux et épuré

du peintre affichiste.

À travers une sélection

de toiles, et des affiches,

publicitaires en particulier

(Louis Vuitton, café

de Flore…), qui ont

fait son succès dans

le monde entier.

h Jusqu’au 17 juin. Espace

culturel Marc-Jacquet,

rue Théodore-Rousseau,

77630 Barbizon.

Tél. : 01 60 66 41 87.

www.barbizon-tourisme.fr

DENIS MONFLEUR À

COUBERTIN, SCULPTURES

Sept œuvres géantes en

granit et en basalte, des

sculptures plus modestes,

des dessins, des gravures :

la Fondation de Coubertin

a réuni de quoi se faire

une belle idée du travail

du sculpteur en taille directe

Denis Monfleur.

h Jusqu’au 22 juillet.

Musée de la Fondation

de Coubertin, domaine de

Coubertin, 78470 Saint-

Rémy-lès-Chevreuse.

Tél. : 01 30 85 69 89.

www.coubertin.fr

HISTOIRES D’ARBRES

© L’ISLE-ADAM, MUSÉE LOUIS-SENLECQ/JEAN-YVES LACÔTE

Conçue comme une

promenade dans les massifs

forestiers de Carnelle,

Montmorency et L’Isle-

Adam, une exposition qui

permet de se glisser dans

les pas des forestiers et des

artistes qui façonnèrent

le visage des forêts

du Val-d’Oise…

h Jusqu’au 16 septembre.

Musée d’art et d’histoire

Louis-Senlecq, 31, Grande

Rue, 95290 L’Isle-Adam.

Tél. : 01 34 69 45 44. http://

musee.ville-isle-adam.fr

PIEDS NOIRS ICI,

LA TÊTE AILLEURS

© DR

La célébration des 50 ans de

l’indépendance de l’Algérie

est l’occasion de rendre

également un hommage

au million de personnes

qui ont dû quitter leur

terre natale à la même

époque. À découvrir :

des documents d’archives

(photos, courriers,

tracts…) illustrant

trois grandes périodes

(colonisation, guerre, retour

en métropole).

h Jusqu’au 20 janvier 2013.

Écomusée du Val-de-Bièvre,

ferme de Cottinville,

41, rue Maurice-Ténine,

94260 Fresnes.

Tél. : 01 41 24 32 34.

www.ecomusee-valdebievre.fr

(Cultures urbaines)

PARIS HIP HOP

Rap, djing, graff, danse,

cinéma… Tout ce qui

constitue la culture hip-hop

est à voir et à entendre

durant près de 15 jours,

lors de 40 manifestations

unissant 400 artistes.

Un événement parrainé

par le rappeur Youssoupha.

h Du 22 juin au 4 juillet.

Dans différents lieux

d’Île-de-France.

www.paris-hiphop.com

(Cyclotourisme)

CONVERGENCE

FRANCILIENNE

Le vélo est roi à Paris

le 3 juin ! Les grandes

avenues et les grandes

places du centre de

la capitale sont fermées

en fin de matinée à la

circulation automobile,

afin de permettre aux

cyclistes venus de toute

l’Île-de-France de rallier les

pelouses du Champ-de-Mars

pour un pique-nique géant.

h Le 3 juin. Rendez-vous

dès 13 h 30 au pied de la tour

Eiffel, à Paris 7 e . www.

mdb-idf.org/convergence

© JORDI ESPEL

MUSIQUE Le Grand Zebrock offre un tremplin

à 10 jeunes groupes de la région.

DE NOUVEAUX TALENTS

TROUVENT LEUR VOIX

Dix groupes, un an d’accompagnement

artistique, deux jours

d’audition, seuls trois lauréats

présélectionnés pour la finale. C’est

la dure loi du Grand Zebrock, le tremplin

musical organisé par Zebrock,

association d’action culturelle de

Seine-Saint-Denis. Repérés parmi

près de 200 candidats issus de toute

l’Île-de-France, les participants de

l’édition 2012 s’illustrent en chanson,

rock, hip-hop, slam, groove ou encore

world music. Après avoir été coachés

par des professionnels, mois après

mois, pour s’améliorer sur tous les

plans (écriture, prestation scénique,

jeu musical…), ils se sont affrontés,

début avril, sur la scène de Canal 93 à

Bobigny (93). « Pour nous, les auditions

permettent surtout de mesurer les progrès

des musiciens », explique Marie

Letertre, responsable du Grand

Zebrock. Avant de délibérer avec les

neuf autres membres du jury, Jean-

Philippe Dary, musicien, précise ses

critères de sélection : « Le style et la

personnalité, bien sûr ! Mais surtout

leur marge de progression, après des

mois de conseils et de travail avec

des pros. » Et les finalistes sont : WET,

Yas & The Lightmotiv, et 3 Minutes

sur mer. Pour Léo Rouabhi, chanteur

de WET, c’est une belle surprise : « Pour

la finale, on va cultiver notre point fort :

l’énergie positive sur scène. » Cela serat-il

payant ? Réponse le 1 er juin à La

Maroquinerie, à Paris (20 e ). JULIE VÉDIE

h www.zebrock.net ; myspace.com/

weeattortoises ; myspace.com/lightmotivyas ;

myspace.com/3minutessurmer

À L’AFFICHE

WET, Yas & The Lightmotiv

et 3 Minutes sur mer

prêts à s’affronter en finale.

CHRONIQUES DU MÉTRO

Le métro, ses retards, ses quais bondés...

mais pas seulement. Bertrand Guillot raconte

les moments insolites qu’il y a partagés avec

d’éphémères compagnons de route : des

vieilles dames ronchonnantes, des petits

caïds, des jolies femmes ou des sans-abri

un peu éméchés… La simplicité et l’humour

de ses chroniques retranscrivent à merveille

l’ambiance du métropolitain parisien,

de Porte-de-Clignancourt à Charonne, en

passant par Commerce, les Halles ou Garedu-Nord,

à toute heure du jour et de la nuit.

h Le Métro est un sport collectif, Bertrand Guillot,

éditions Rue Fromentin. www.ruefromentin.com

© ÉRIC GARAULT/PICTURETANK

ÎLE-DE-FRANCE JUIN 2012 Nº 41


14

LES TRIBUNES POLITIQUES

(textes rédigés fin avril 2012)

GROUPE SOCIALISTE ET APPARENTÉS

LES JEUNES, DES CITOYENS DE SECONDE ZONE ?

PS ET APP /

60 membres

TRIBUNE

COLLECTIVE

© NATHALIE MOHADJER/LE BAR FLORÉAL

FRONT DE GAUCHE – PARTI COMMUNISTE, GAUCHE UNITAIRE ET ALTERNATIVE CITOYENNE

UN OBSERVATOIRE RÉGIONAL CONTRE

LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES

FdG / 14 membres

GABRIEL

MASSOU

La jeunesse est l’âge de la

formation, de la construction

d’un parcours de vie, l’âge des

possibles. Mais c’est aussi

l’âge où les besoins d’égalité et

de solidarité sont les plus forts.

Qu’elles soient d’origines

sociales ou culturelles, les inégalités

sont particulièrement

inacceptables lorsqu’elles

menacent les perspectives

d’avenir, lorsqu’aux inégalités

sociales s’ajoutent des inégalités

fondées sur les origines.

Depuis 2007, rarement la jeunesse aura été aussi

maltraitée. Les dernières statistiques sont accablantes

: 24 % de chômage chez

les 15-24 ans, un jeune sur cinq

vit sous le seuil de pauvreté, seuls

30 % des jeunes diplômés ont

accès à un CDI… C’est toute une

génération qui a été déclassée

sous l’effet conjugué des politiques

libérales et de la crise mondiale

engendrée par les dérives

du capitalisme financier. Mais le

« Le chemin vers

l’égalité réelle, c’est

celui qui accompagne

les jeunes dans

la réussite de

leur parcours

de formation. »

gouvernement précédent ne s’est pas contenté de

prendre acte d’une situation : il a aussi contribué

à la créer. Comment expliquer que les jeunes restent

exclus des dispositifs sociaux sous prétexte

qu’ils ont moins de 25 ans ? Comment expliquer

que la situation sociale des étudiants se soit

aggravée au point que 68 % d’entre eux sont

aujourd’hui contraints de travailler ?

Pour la première fois dans l’histoire de la

République, une génération vit avec la quasicertitude

qu’elle vivra moins bien que la précédente.

Ce constat n’est pas une fatalité. Et nous,

Lors des élections régionales, le Front de gauche proposait la création d’un

Observatoire régional contre les violences faites aux femmes. C’est chose

faite : le conseil régional l’a décidé en février et nous nous en réjouissons.

Les violences faites aux femmes sont un véritable fléau dans notre société.

Loin d’actions individuelles isolées, elles sont le symptôme de rapports de

domination masculine.

Les régions doivent agir pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles

et pour une éducation non sexiste. Nous voulons que l’Île-de-France soit un

point d’appui pour les actions des associations, des professionnel-le-s et des

femmes.

Cet observatoire mènera des campagnes de prévention

et mettra en place des mesures de protection

nouvelles, comme la mise à disposition de téléphones

portables d’urgence pour les femmes en très grand danger

dans tous les départements d’Île-de-France.

h www.frontdegauche-pcfguac-idf.org

groupe socialiste, pensons que le rôle de la

puissance publique est bien de retrouver la

marche du progrès.

Pour cela, nous nous sommes fixé un principe

d’action : promouvoir l’égalité réelle. Et il ne s’agit

pas de défendre une égalité des chances incantatoire

et sans effets concrets, il s’agit de réinterroger

la capacité de la société à assurer des conditions

de vie décentes à sa jeunesse et à lui redonner

un espoir, une perspective de vie. Le débat

est simple finalement : les jeunes sont-ils des

citoyens de seconde zone ? La jeunesse est-elle

une maladie honteuse, dont on ne guérit qu’en

vieillissant ?

Aussi, pour pallier les carences de l’État, les collectivités,

et la Région au premier chef, ont dû

renforcer leurs politiques sociales en

faveur des jeunes dans tous les

domaines : logement, transport,

emploi, santé, lutte contre les discriminations…

Le chemin vers l’égalité réelle, c’est

donc celui qui accompagne les jeunes

dans la réussite de leur parcours de

formation et combat toutes les formes

d’échec, et notamment la sortie sans

diplôme du système scolaire. C’est d’ailleurs tout

le sens du dispositif de lutte contre le décrochage

scolaire élaboré par notre groupe.

Si l’objectif que se fixe la République, c’est bien

l’exercice réel de la démocratie, alors la jeunesse

doit être la priorité de l’action publique. Dans un

contexte de crise et de désengagement de l’État,

la collectivité francilienne a pris ses responsabilités.

C’est tout le sens du « bouclier social »

défendu par le groupe socialiste et déployé en

priorité pour la jeunesse.

h Contact : presse@psidf.com ; www.psidf.com

« Le degré de civilisation

d’une société se mesure

d’abord à la place qu’y

occupent les femmes. »

EUROPE ÉCOLOGIE – LES VERTS

POUR UNE RÉGION

QUI RESPIRE

EELV / 50 membres

TRIBUNE

COLLECTIVE

La qualité de l’air n’a peut-être

jamais été aussi mauvaise que

depuis le début de cette année.

Les pics de pollution, dépassant

largement les normes autorisées,

se sont succédé dans une

indifférence étourdissante.

Les conséquences sur la santé

sont considérables, avec la multiplication

des cancers et de

plusieurs maladies respiratoires

et cardiovasculaires. En France,

l’Organisation mondiale de la

santé (OMS) estime à 42 000 le nombre de « décès

prématurés » dus à la pollution de l’air. Selon une

étude récente, les personnes de plus de 30 ans vivant

dans les grandes villes européennes pourraient

gagner jusqu’à 22 mois d’espérance de vie si les

niveaux moyens de particules fines étaient ramenés

au seuil préconisé par l’OMS.

Cet impact sanitaire est ainsi largement reconnu

et presque banalisé. Nous allons jusqu’à confiner

nos enfants dans leurs salles de classe et à les interdire

d’activités sportives pour ne pas les exposer !

Face à ce constat, la seule mesure proposée par les

autorités est de sensibiliser les automobilistes à la

vitesse. Cette réponse

n’est pas à la hauteur des

enjeux : d’une part, l’efficacité

de cette mesure

n’est pas prouvée avec

les moteurs modernes ;

de l’autre, elle ne s’attaque

en rien aux racines

du problème. La France

« Depuis le début

de l’année, les pics

de pollution se

succèdent dans

une indifférence

étourdissante. »

risque ainsi une lourde condamnation par la Cour

de justice européenne pour non-respect des directives

concernant la qualité de l’air. Ce n’est pourtant

pas le seul chemin possible. Des solutions existent

pour mettre progressivement fin à ce scandale

sanitaire.

Dans un premier temps, il faut réduire la part du

diesel, principal émetteur de particules fines, dans

le parc automobile français, en arrêtant le coup de

pouce fiscal dont il bénéficie. Il faut également

réorganiser radicalement la circulation lors de pics

de pollution, en imposant par exemple le contournement

des agglomérations pour les poids lourds.

À moyen et long terme, nous devons reconvertir

l’industrie automobile, construire des véhicules

plus sobres et moins polluants, et surtout sortir du

tout-automobile en privilégiant les transports en

commun, les modes de déplacement doux et les

solutions innovantes (covoiturage, autopartage…).

Enfin, que cela soit pour nos poumons ou pour la

planète, nous devons créer dans nos agglomérations

des zones où aucun véhicule polluant, des diesels

au 4 X 4, ne pourra circuler. C’est à travers cette

mutation que nous rendrons nos villes plus saines

et plus agréables à vivre.

h Contact : eelv@iledefrance.fr ; http://elus-idf.eelv.fr

ÎLE-DE-FRANCE JUIN 2012 Nº 41


LES TRIBUNES POLITIQUES

15

© JEAN-CHRISTOPHE BARDOT/LE BAR FLORÉAL.

MOUVEMENT RÉPUBLICAIN ET CITOYEN

POUR L’ÉGALITÉ RÉELLE !

MRC / 5 membres

BÉATRICE

DESMARTIN

En période de pénurie – pour l’emploi,

le logement –, les mécanismes de

discriminations sont favorisés. L’égalité

ne doit pas être un vain mot, mais

une réalité perçue au quotidien.

Lutter contre les inégalités sociales et

territoriales est le plus court chemin

pour combattre les discriminations.

C’est pourquoi il nous semble qu’une

politique efficace doit être déclinée

dans tous les secteurs

afin que cette

politique soit la

plus englobante possible, et ne subisse

aucune hiérarchie !

h www.mrc-idf.fr

PARTI RADICAL DE GAUCHE

ET MOUVEMENT UNITAIRE PROGRESSISTE

SAUVONS L’ONDIF !

PRG-MUP /

6 membres

TRIBUNE

COLLECTIVE

« L’égalité ne doit

pas être un vain

mot, mais une

réalité perçue

au quotidien. »

Créé en 1974, fort de ses 95 musiciens

permanents, l’Orchestre national d’Îlede-France

a pour mission la diffusion

du répertoire symphonique auprès des

Franciliens. Ses actions de sensibilisation

du jeune public sont mondialement

saluées. Accessible à toutes les scènes,

il rayonne ainsi sur l’ensemble du

territoire régional. Cofinancé par

la Région, l’Ondif

se voit pourtant

privé par l’État de

700 000 euros de

subvention sur quatre ans sous couvert

de rigueur budgétaire. Mobilisonsnous

contre cette décision qui le place

en danger ! h Tél. : 01 53 85 69 46 ; www.prg-mup-idf.fr

« Signez la

pétition en ligne :

www.orchestreile.com/petition

»

MAJORITÉ PRÉSIDENTIELLE

LUTTE CONTRE LES DISCRIMINATIONS :

PARLER MOINS, AGIR PLUS !

MP /

53 membres

TRIBUNE

COLLECTIVE

Hormis des discours,

qu’a fait la gauche pour

lutter concrètement

contre les discriminations

? Baisse des crédits

pour les personnes en

situation précaire, 80 %

des gares franciliennes

toujours inaccessibles

aux personnes à mobi -

lité réduite, 3 % de travailleurs

handicapés à la

Région au lieu des 6 %

imposés par la loi et un budget handicap

en recul…

Lutter efficacement contre les discriminations,

ce n’est pas faire des discours

et financer des opérations

médiatiques ; c’est assurer à

chaque Francilien que son origine,

son sexe, sa religion,

son âge, son lieu d’habitation,

son revenu ne seront jamais

un obstacle pour apprendre, se

former, habiter, travailler,

se déplacer et laisser s’épanouir

ses talents.

Envisagé sous cet angle, le constat est

sévère : recul de la formation professionnelle

et de l’apprentissage dans le budget régional

; baisse du budget logement des jeunes ;

échec de la complémentaire santé ; une gratuité

des transports qui ne touche que un

jeune en insertion sur 10 ; des travaux dans

les lycées en retard… Seule vraie mesure

pour renforcer la solidarité régionale : la

hausse des bourses des filières sanitaires et

sociales, mesure obtenue de haute lutte par

notre groupe. Le constat devient accablant

quand on confronte les proclamations de

« Le constat devient

accablant quand

on confronte

les proclamations

de la Région

aux réalisations

de l’État. »

la Région aux réalisations de l’État. Depuis

2003, le programme de rénovation urbaine

a mobilisé 12 milliards d’euros. À la rentrée

2011, les internats d’excellence ont offert à

776 Franciliens modestes la chance de réaliser

un parcours scolaire conforme à leurs

talents. Douze millions d’euros supplémentaires

ont été débloqués en 2012 pour donner

un coup de fouet à l’apprentissage, porte

ouverte sur l’emploi. Désormais, le taux de

30 % de boursiers dans les classes préparatoires

et l’octroi d’un dixième mois de bourse

pour faciliter l’accès des plus modestes

aux études supérieures sont devenus réalité.

Le sort des élèves en situation de handicap

s’est lui aussi amélioré puisqu’ils sont

60 % de plus à poursuivre leur

scolarité en milieu ordinaire,

auprès de leurs camarades.

Avec le Grand Paris, c’est

enfin le désenclavement de

territoires comme Clichy-

Mont fermeil, hier coupés de

la métropole, qui est en route.

La lutte contre les discriminations,

ce n’est pas un slogan, ce

sont des actes. Il ne suffit pas

de créer une « agence de promotion de l’égalité

réelle » pour que, comme par miracle,

les discriminations s’évanouissent. Derrière

les postures, il y a des choix politiques qui

ne trompent pas. La gauche avait le choix

entre augmenter les aides aux apprentis ou

loger ses vice-présidents dans des locaux

hors de prix. Elle a fait le choix d’acheter un

hôtel particulier dans le quartier le plus cher

de Paris et de louer 12 000 m 2 de locaux au

numéro un mondial du luxe ! Il est temps

de parler moins, et d’agir plus !

h Tél. : 01 53 85 68 05 ; www.ump-iledefrance.fr

FRONT DE GAUCHE ET ALTERNATIFS

POUR UNE RÉGION EXEMPLAIRE

FdG ET A /

5 membres

TRIBUNE

COLLECTIVE

« Contre les

discriminations,

la Région employeur

doit agir. »

Notre groupe a contribué, en février, à l’adoption

d’un amendement renforçant l’engagement

de la Région en tant qu’employeur en matière

d’égalité salariale entre femmes et hommes,

d’égal accès aux postes d’encadrement, ou

d’insertion professionnelle des personnes handicapées

(les 6 % réglementaires

sont loin d’être

atteints). En matière de

lutte contre les discriminations,

la Région doit

être exemplaire partout

où elle peut agir directement

: auprès de son personnel, de ses organismes associés. Un

objectif à mettre en œuvre sans tarder ! h www.frontdegauche-alters.fr

ALLIANCE RÉPUBLICAINE, ÉCOLOGISTE ET SOCIALE

L’ÉGALITÉ PROFESSIONNELLE :

UNE PRIORITÉ POUR NOTRE RÉGION

ARES /

13 membres

TRIBUNE

COLLECTIVE

Convaincu que notre Région se doit d’être exemplaire en termes

de pratiques, le groupe ARES a fait adopter à l’unanimité une

démarche de labellisation sur les questions d’égalité professionnelle

au sein du conseil régional. Ce label s’articulera autour des actions

menées en faveur de l’égalité professionnelle dans les relations

sociales, l’information et la culture de l’institution, la gestion des

ressources humaines, ainsi que l’accompagnement de la parentalité.

Notre groupe se réjouit que l’ensemble des élus

se soient ralliés à sa proposition, et veillera à

la mise en œuvre effective de cette labellisation.

Nous démontrons ainsi notre volonté politique

forte pour que l’Île-de-France soit une région

pleinement et effectivement engagée pour

l’égalité professionnelle. h www.ares-idf.com

« Notre proposition

de créer un label

régional a été

approuvée

à l’unanimité. »

ÎLE-DE-FRANCE JUIN 2012 Nº 41


16

ALENTOURS

95 MONTMORENCY

COMMÉMORATION Montmorency célèbre le philosophe qui vécut,

à l’ombre de ses arbres, les « journées les plus charmantes ».

NATURELLEMENT ROUSSEAUISTE

La châtaigneraie, où l’auteur

des Rêveries du promeneur solitaire

aimait marcher,

domine toujours la ville.

CARNET

DE ROUTE

Y ALLER

EN TRANSPORTS

EN COMMUN

• via Enghien-les-

Bains : Transilien ligne

H (vers Pontoise ou

Valmondois), puis bus

lignes 15 M ou 13

• via Ermont-Eaubonne :

RER C ou Transilien

ligne H, puis bus

ligne 12

www.vianavigo.com

© VILLE DE MONTMORECY

Des banderoles de citations de ses

œuvres ornent les rues. Son ancienne

maison devenue musée rouvre tout

juste ses portes après des mois de travaux.

Comédiens et conférenciers se préparent…

À Montmorency (95), Jean-Jacques

Rousseau est partout : le tricentenaire de

sa naissance est l’occasion pour une ville

entière de rendre hommage à son plus

illustre habitant. Car Montmorency peut

se vanter d’avoir été une source d’inspiration

majeure pour Rousseau. Son séjour,

d’avril 1756 au 9 juin 1762, fut particulièrement

fécond : il y écrivit Julie ou la Nouvelle

Héloïse, Lettre à d’Alembert, Du contrat

social et Émile ou De l’éducation.

Quand Jean-Jacques Rousseau quitte

Paris, « ville de bruit, de boue et de fumée »,

c’est en quête d’une vie simple, de tranquillité

et de nature. Un an après son arrivée,

il s’installe au petit Mont-Louis, une

maisonnette du centre-bourg. Depuis

1952, le refuge du grand homme accueille

le musée, qui vient de bénéficier d’une

rénovation complète et de transformations

bienvenues : la chambre de Rousseau

© MUSÉE JEAN-JACQUES ROUSSEAU/MONTMORENCY

a été repeinte dans la teinte « aurore » qu’il

avait décrite ; une fenêtre y a été percée

pour offrir un regard sur la salle d’exposition

entièrement réaménagée, située

dans la maison attenante…

Banquet citoyen

« Le musée gagne en qualité et en espaces »,

explique Chantal Mustel, la directrice, qui

s’apprête à inaugurer l’exposition « Rousseau

passionnément » (à voir du 9 juin au

9 décembre). « Le thème des passions s’est

imposé de lui-même : Rousseau a vécu de

passions et déclenché des passions ! C’est

un bon moyen d’aborder les contradictions

de l’œuvre de cet homme complexe et polémique.

» Passions politiques, haineuses,

douces et amoureuses forment donc le fil

conducteur de l’exposition, qui présente

les joyaux du musée. Par exemple le pastel

de Quentin de La Tour (photo ci-contre),

mais aussi des prêts exceptionnels comme

la copie autographe de La Nouvelle Héloïse.

Même si Montmorency a bien changé en

250 ans, quelques lieux évoquent encore

Rousseau : la châtaigneraie et ses arbres

Dans le jardin de la maison de l’écrivain,

le « donjon » où il écrivait

« sans abri contre le vent et la neige,

et sans autre feu que celui de mon cœur ».

pluricentenaires, devenue un lieu de pèlerinage

au XI X e siècle ; les sentes que le

« promeneur solitaire » a forcément arpentées

(ces petits chemins qui sillonnaient

champs et vergers) ; et puis la forêt de

Montmorency bien sûr (« Je comptais bien

que la forêt de Montmorency, qui était

presque à ma porte, serait désormais mon

cabinet de travail »), où se déroulera

un spectacle surprenant en septembre.

D’autres événements se

préparent : un banquet citoyen, des

colloques, des lectures, des pièces

de théâtre, des films… Jusqu’à la

fin 2012, un vent historique et philosophique

souffle sur la ville, où

règne encore la tranquillité à

laquelle Rousseau aspirait tant. Il

ne put toutefois la savourer jusqu’au

bout : condamné pour la publication

de l’Émile, le romancier doit

fuir le bourg. Quelques mois avant,

il écrivait à Malesherbes avoir vécu

là « les journées les plus charmantes

que jamais créature humaine ait

passées »…

JULIE VÉDIE

Y ALLER

PAR LA ROUTE

• autoroute A1,

sortie Beauvais (depuis

Porte-de-la-Chapelle)

ou Villetaneuse

(depuis Roissy-

Charles-de-Gaulle)

• autoroute A15,

sortie Soisy-sous-

Montmorency, puis

Montmorency

INFOS

• Programme

des événements

et inscriptions :

Tél. : 01 39 34 95 28.

http://rousseau2012.

montmorency.fr

• Musée Jean-Jacques

Rousseau, 5, rue Jean-

Jacques-Rousseau,

95160 Montmorency.

Tél. : 01 39 64 80 13.

http://museejjrousseau.

montmorency.fr

Jean-Jacques Rousseau,

à 41 ans en 1753,

peint par

Quentin de La Tour.

© HENRI DELAGE/MUSÉE JEAN-JACQUES ROUSSEAU

Île-de-France, journal bimestriel du conseil régional, 35, bd des Invalides, 75007 Paris. Tél. : 01 53 85 53 85 journal@iledefrance.fr

Directeur de la publication : Jean-Paul Huchon. Directeur de la publication délégué : Xavier Crouan. Comité éditorial : Jean-Michel Thornary, Xavier Crouan, Maxime des Gayets, Pierre Chapdelaine.

Rédacteur en chef : Pierre Chapdelaine. Secrétaire de rédaction : Didier Fil. Rédactrice-reporter : Julie Védie. Ont collaboré à ce numéro : Caroline Boudet, Renaud Charles, Léo Vanpoulle ;

Agence Galilée : Emmanuel Schafroth, Jean-François Hennion ; La Machine à mots. Couverture : Cédric Taling (www.taling.fr ; contact : taling@bytaling.com). Conception : Rampazzo et Associés.

Réalisation : Scoop Communication. Impression : Île-de-France est édité à 4 448 840 exemplaires sur papier recyclé 57 g par Lenglet Imprimeurs. ISSN : 1779-4331. Dépôt légal à parution.

ÎLE-DE-FRANCE JUIN 2012 Nº 41

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