Formations, apprentissage - Ile-de-France

iledefrance.fr

Formations, apprentissage - Ile-de-France

HUBERT (PAGE 2) FANNY (PAGE 2) IKRAM (PAGE 3) GUILLAUME (PAGE 3) MARIANNICK (PAGE 6) ÉRIC (PAGE 6) GERTY (PAGE 6) MANUEL (PAGE 17) KADY (PAGE 21)

LE JOURNAL DU CONSEIL RÉGIONAL

Formations,

apprentissage

Nouveaux plans

pour l’emploi

La jeune toque

d’Hanoi

CAP de restauration en poche,

Benjamin Rascalou séduit

les palais du Viêtnam. P. 2

Rendez-vous

loisirs

Expositions, festivals,

concerts... Notre sélection

de spectacles. P. 14-15

Inventer la

decine du futur

Chercheurs, entreprises

et laboratoires sur la voie

de nouvelles thérapies. P. 18

Décembre 2005 – N°2


2

SOMMAIRE

Décembre 2005 |

02 | EN VUE

Benjamin Rascalou,

la jeune toque d'Hanoi.

Alexia Fabre veut mettre

l'art contemporain à

la portée de tous. P. 3

04 | FAITS ET GESTES

Face-à-face : Jean-Paul

Huchon dialogue

avec deux Franciliens.

Baromètre : ce que

pensent les Franciliens.

Sondage LH2

(Louis Harris). P. 5

EN VUE

© SOPHIE CHIVET

LIBRES

PAROLES DE

FRANCILIENS

BALISES | À L’AFFICHE |

12012 000 km2 :

lettrine

002-text bref

l’Île-de-

France ne représente

que 2,2 % du territoire

national, mais elle

accueille 18,7 % de la

population française.

4,5 millions

d’emplois

sont recensés dans le

tertiaire, 640 000 dans

l’industrie, 248 000 dans

la construction et 20 000

dans l’agriculture.

Je suis à l’aise dans ma

“ résidence étudiante. Je me

sens Nanterrois et Francilien

plus que Parisien. Habiter ici,

c’est un peu magique !

HUBERT YAPI, NANTERRE (92) ’’

132 000

personnes travaillent

dans la recherche

publique et privée en

Île-de-France, soit

40 % du total national.

© SOPHIE CHIVET

Campagne, forêt, sports :

on “ vit ici comme en province,

mais il faut davantage

d’activités pour que les gens

se sentent moins isolés.

FANNY MENU, JOUARRE (77) ’’

002-text Avec 11 264 bref 000 01 habitants au dernier recensement,

l’Île-de-France a gagné 300000 habitants en cinq ans

et confirme la tendance : elle est jeune et féconde.

Les 70000 départs par an en province des familles

avec enfants et des seniors sont compensés

par l’arrivée des 20-29 ans et des cadres, par les

naissances et par les migrations internationales.

07 | À LA UNE

L'EMPLOI

Formations, apprentissage :

nouveaux plans pour l'emploi.

REPORTAGE

Les apprentis branchés

du CFA.com de Bagnolet. P. 9

TROIS QUESTIONS À

Daniel Brunel, vice-président

du conseil régional. P. 10

PORTRAIT Benjamin Rascalou, de l'ANPE aux fourneaux du Viêtnam

La jeune toque d’Hanoi

11 | BIEN VIVRE

Miel des villes,

miel des champs.

Au coin de la rue : la BD de

Gaudelette et Chauzy. P. 13

14 | RENDEZ-VOUS

Les bons plans loisirs

en Île-de-France.

16 | HISTOIRE

1906 : l'aviation décolle

à Bagatelle.

17 | TENDANCES

L'Île-de-France,

un plateau de tournage

grandeur nature.

Innovation : la médecine

du futur. P. 18

19 | PLANÈTE

Un plan vert pour embellir

Antananarivo. P. 20

Kady Diarra, comédienne

du Mali. P. 21

Tribune des groupes

politiques. P. 22-23

Au Green Tangerine, ce chef cuisinier créatif a séduit les Vietnamiens et les visiteurs d’un soir comme Jane Birkin.

© HOANG NAM

Île-de-France, journal bimestriel du

conseil régional, 35, bd des Invalides,

75007 Paris. Tél. : 01 53 85 53 85.

journal@iledefrance.fr

Directeur de la publication : Jean-Paul

Huchon. Directeur de la publication

délégué : Hervé Marchal. Comité éditorial

: Jean-Michel Thornary, Sophie

Mougard, Patricia Blanchard-Bouvelot,

Hervé Marchal, Xavier Panon. Directeur

de la rédaction : Xavier Panon. Secrétaire

générale de rédaction : Isabelle

Chouffet. Ont collaboré à ce numéro :

Jean-François Chougnet, Chauzy et

Gaudelette, Pascale Eliabel, Agnès

Lissillour, Claude-Marie Vadrot, Julie

Védie. Photo de couverture : David

Sauveur. Conception : Rampazzo et

Associés. Réalisation : Citizen Press/

Franck Widling. Impression : Île-de-

France est édité à 4700000 exemplaires

sur papier recyclé 57 g par

Lenglet Imprimeurs. ISSN en cours.

Dépôt légal à parution.

CAP restauration, créativité et soif de liberté,

les ingrédients d’une recette du succès : celle

de Benjamin Rascalou, hier cuisinier francilien

intérimaire, aujourd’hui chef à Hanoi.

FONTENAY-AUX-ROSES h À 25 ans, cela fait

déjà dix ans qu’il est en cuisine. Restaurants

branchés, établissements étoilés,

brasseries ou hôtels-restaurants de banlieue…

Benjamin Rascalou est passé par

tout ce que la cuisine peut offrir en Île-de-

France. Aujourd’hui, c’est à Hanoi, capitale

du Viêtnam, qu’il exerce son talent

de chef cuisinier, au Green Tangerine,

la « mandarine verte ». Rémoulade de

crabe au gingembre ou tartare de thon

aux fruits exotiques : ses créations pour

ce restaurant ont séduit les Vietnamiens

et les autres, les visiteurs d’un soir comme

Bernadette Chirac ou Jane Birkin.

Dispositif Mobil’Asie

Il y a trois ans, ce jeune cuisinier, originaire

de Fontenay-aux-Roses et titulaire

d’un CAP, entend parler du dispositif

Mobil'Asie, soutenu par la Région et

l’ANPE, qui offre à de jeunes demandeurs

d’emploi un stage en Asie pendant

six mois. Il démissionne pour se porter

candidat et débarque au Viêtnam. Au

Cyclo Bar de Hanoi, il est pris en main

par Stéphane, le patron français. « J’aime,

dit Benjamin, qu’on me laisse m’exprimer,

tout en éveillant ma curiosité : c’est ce qu’a

fait mon patron. » De retour à Paris, l’exstagiaire

ressent la nostalgie du Viêtnam.

Jusqu’au jour où Stéphane l’appelle pour

lui proposer une place de chef dans son

nouveau restaurant. Benjamin repart

aussitôt. « Nous voulions faire une cuisine

européenne, avec des herbes et des épices

vietnamiennes… raconte Benjamin. Bref,

une cuisine imaginative, mais qui conserve

ses racines. Le Viêtnam m’a ouvert

à d’autres saveurs, à d’autres traditions.

Aujourd’hui, j’ai ma vie ici, et j’espère un

jour monter mon restaurant. » JULIE VÉDIE

ÎLE-DE-FRANCE | DÉCEMBRE 2005 | Nº 2


© SOPHIE CHIVET

© SOPHIE CHIVET

© SOPHIE CHIVET

4

FACE-À-FACE

| JEAN-PAUL HUCHON | |

Nous ferons

“ un effort

ciblé sur les

tarifs des

transports


h Nathalie Gitras,

en recherche d’emploi

h Serge Nebout,

conducteur de bus

FAITS ET GESTES

Un emprunt

pour améliorer

les transports

Choisis par l’institut CSA, Nathalie Gitras, 28 ans, de

Bonneuil-sur-Marne (94), en recherche d’emploi en

ressources humaines, et Serge Nebout, 36 ans, de

Romainville (93), conducteur de bus RATP, ont rencontré

Jean-Paul Huchon, président du conseil régional.

Extrait de leur entretien.

NATHALIE GITRAS : Je cherche du travail depuis peu.

J’ai deux amies diplômées qui cherchent depuis

deux ans. Comment leur redonner courage ?

JEAN-PAUL HUCHON : Nous n’avons pas de responsabilité

directe pour l’emploi, mais nous agissons

pour la formation, l’apprentissage, les aides aux

entreprises. Nous avons aussi mis en place le dispositif

des emplois-tremplin, actuellement réservé

aux moins de 25 ans et aux plus de 45 ans. Vous, à

28 ans, vous vous retrouvez hors dispositif, mais

nous allons assouplir le système pour tenir compte

du succès rencontré auprès des associations qui

demandent aussi des emplois qualifiés comme

c’est votre cas et celui de vos amies.

SERGE NEBOUT : Comment accélérer le maillage

interbanlieue. À part le tramway de Paris qui

avance doucement…

JEAN-PAUL HUCHON : Plus vite que prévu, il sera prêt

dès octobre prochain. Nous allons devenir responsables

des transports. Dès février, nous commanderons

les « trains du futur ». Pour renouveler

le matériel, le Stif lancera, sur ses fonds et fort des

financements obtenus de l’État et de la SNCF, un

grand emprunt auprès des Franciliens.

SERGE NEBOUT : Cet emprunt, c’est une bonne

information !

JEAN-PAUL HUCHON : Nous voulons également améliorer

les RER, notamment B et D, et étudier les

lignes une par une. Quatre prolongations de

lignes de métro (12, 8, 4 et 13) sont en cours.

Il y a aussi 12 lignes de tramway qui seront en

circulation en 2008 environ…

SERGE NEBOUT : On m’a dit 2012 pour Noisy-le-

Sec…

JEAN-PAUL HUCHON : Plus tôt, vers 2010 pour celleci.

Il ne faut pas oublier non plus le service Mobilien

avec 152 lignes prévues. D’ici à deux ans,

ça va changer les choses. Nous ferons aussi un

effort ciblé de tarification. Notre programme

de travail au Stif obligera la Région à un effort

budgétaire énorme pour les transports.

NATHALIE GITRAS : Je voulais dire un mot du logement.

J’ai fait une demande depuis six ans…

JEAN-PAUL HUCHON : Nous n’avons pas cette compétence,

et pourtant, en plus des logements étudiants,

la Région finance beaucoup de logements

sociaux. Il faudrait en construire 50 000 par an.

Les terrains sont trop chers. C’est pour cela que

nous avons proposé de créer une agence foncière

pour que les HLM disposent de terrains moins

chers et puissent construire. l

FOCUS |

EN DIRECT

DU CONSEIL

RÉGIONAL

Si l’état de santé des Franciliens

est « globalement bon » et leur

espérance de vie supérieure à la

moyenne nationale, L’Atlas de la

santé en Île-de-France révèle

d’importantes disparités sanitaires

liées aux inégalités sociales. En

effet, les zones les plus touchées par

H

(78) SAINT-

CYR-L’ÉCOLE

Le plus gros

chantier du

département !

Le lycée

professionnel

Jean Perrin, qui

date des années

60, va être

progressivement

rénové.

(91) MASSY

Sympa l’Opéra :

il invite des

collégiens,

des lycéens et

des personnes

défavorisées

à chaque

spectacle

de la saison !

(93) SAINT-

OUEN

Konishiwa

(bienvenue) les

Puces ! Tokyo

accueillera

au printemps

quelque

20 000 objets

du marché

francilien.

(95) ROISSY-

CHARLES-

DE-GAULLE

fait une fleur à

l’environnement :

80 000 fleurs et

17 000 arbustes

vont être

plantés près des

aérogares.

ORDURES MÉNAGÈRES

Trois nouvelles usines d’incinération d’ordures

ménagères, à Rungis (94), Massy (91) et Carrières-sur-Seine

(78), vont être traitées pour que

leurs cheminées rejettent moins d’oxyde d’azote

dans l’atmosphère. La Région consacre 21 millions

d’euros à ce plan jusqu’en 2007. l

la pauvreté cumulent une moindre

espérance de vie, une mortalité

infantile, des cancers, des expositions

au saturnisme, des maladies

professionnelles supérieures aux

autres. Un million de personnes vivent

sous le seuil de pauvreté (718 euros

par mois). www.iaurif.org

SYNDICAT DES TRANSPORTS D’ÎLE-DE-FRANCE (STIF)

Métros et RER jusqu’à

2 h 15 le week-end !

Région et départements devraient prendre la tête du Syndicat des

transports d’Île-de-France, le Stif, une fois qu’ils auront approuvé les

compensations financières attribuées par l’État. Voici les premières

mesures prévues.

NOUVEAUTÉS h Des métros

et RER prolongés jusqu’à

2 h 15 le vendredi et le

samedi soir. Cette offre

de nuit est très attendue,

notamment par les jeunes

! Ce prolongement

de l’heure coûtera 41

millions d’euros. Autre

financement pour 2006 :

celui du Noctilien, lancé

en septembre, dont les

Bientôt des trains rénovés

remplaceront les « p’tits gris ».

35 lignes de bus de nuit desservent 175 villes. Mesure attendue

également : le demi- tarif pour les 150 000 titulaires de la couverture

maladie universelle (CMU). Il pourrait, à terme, concerner

700 000 personnes. L’État a, en effet, accepté de prendre à sa charge

cette disposition sociale. La nouvelle présidence du Stif veut aussi

débloquer plusieurs projets prévus au contrat de plan État-Région :

le bus en site propre sur le plateau de Saclay, les prolongements

de la ligne 8 jusqu’à Créteil Sud, de la ligne 12 jusqu’à Aubervilliers

et de la 4 jusqu’à Bagneux, la restructuration de la gare

Versailles-Chantier. Plus tard sont prévus les remplacements des

vieux « p’tits gris » par des rames à deux niveaux ou les « trains du

futur » prochainement choisis. Quant aux tarifs, l’engagement est

pris de ne pas les augmenter au-dede l’inflation tant que l’offre

et la qualité du service ne sont pas améliorées. Un programme

de travail de plusieurs années, élaboré en concertation avec les

partenaires départementaux, fixera les priorités de la nouvelle

politique régionale des transports. l

Comment se procurer le journal

Île-de-France en braille ?

Une version en braille ainsi que des cassettes audio

du magazine Île-de-France sont à l’étude. Les personnes

aveugles ou malvoyantes intéressées peuvent adresser

leur demande par courrier au secrétariat de la direction

de la Communication, conseil régional d’Île-de-France,

35, boulevard des Invalides, 75007 Paris.

© DAVID SAUVEUR

ÎLE-DE-FRANCE | DÉCEMBRE 2005 | Nº 2


VIOLENCES URBAINES

Aides aux communes

et aux particuliers

À situation exceptionnelle, dispositif

exceptionnel. Le conseil régional a

adopté, le 9 novembre, un dispositif

d’urgence pour marquer sa solidarité

aux communes et aux Franciliens touchés

par les récentes violences.

RECONSTRUCTIONS h Un fonds de solidarité,

doté de 20 millions d’euros

d’avances remboursables, a été créé

pour permettre aux collectivités

locales de reconstruire au plus vite

les équipements publics détruits sans

attendre les indemnisations. Placé

sous l’autorité de Marie-Pierre de La

Gontrie, première vice-présidente,

un comité représentatif de tous les

groupes politiques du conseil régional,

doit gérer ce fonds. Pour aider

les particuliers, victimes de dégradations

matérielles, une provision

de 2 millions d’euros a été votée. Les

organismes consulaires sont, par

ailleurs, invités à prendre en compte

la situation difficile des commerçants

et des artisans.

Au-dede cette urgence, les dispositifs

régionaux seront mobilisés sur

Jean-Paul Huchon et Claude Pernès

ont reçu les maires d’Île-de-France.

les quartiers qui concentrent les plus

grandes difficultés. Cela concerne la

formation, notamment les programmes

en faveur des jeunes sans qualification.

Les chefs d’entreprise sont

incités à embaucher les jeunes de ces

quartiers et 1 000 contrats d’objectifs

en apprentissage leur sont réservés.

Plusieurs centaines d’emplois-tremplin

permettront aux associations de

poursuivre leur travail de médiation

sur le terrain. En parallèle, la Région

développe ses actions pour renforcer

la sécurité. Elle entend aussi agir

davantage pour la lutte contre les discriminations

et pour la construction

de nouveaux logements. l

© DAVID SAUVEUR

FAITS ET GESTES 5

AGENDA

93

| |

AUBERVILLIERS

DU 13 AU 15 JANVIER

Salon de l’alternance

et de l’apprentissage,

Porte de Versailles.

DU 30 JANVIER

AU 3 FÉVRIER

L’assemblée du conseil régional

examine le budget 2006.

DU 30 JANVIER

AU 26 FÉVRIER

Village olympique d’hiver sur

la base de Vaires-sur-Marne.

La Région y invite en semaine

les centres sociaux relevant

de la Politique de la Ville.

Le week-end : ouvert au public,

entrée payante.

DU 8 AU 10 FÉVRIER

Jean-Paul Huchon et le

bureau exécutif de Cités et

gouvernements locaux unis

(CGLU) rencontrent

à Washington le président

de la Banque mondiale.

Projet : création d’une banque

mondiale des villes.

LES 11 ET 12 FÉVRIER

Tournoi international Paris-

Île-de-France de judo à Bercy.

DU 25 FÉVRIER AU 5 MARS

43 e Salon de l’agriculture,

Porte de Versailles.

VERSAILLES

78

Les emplois d’utilité sociale comme les emploistremplin

(photo) répondent à une forte demande.

ÉCONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE (ESS)

Un vivier d’emplois

91

94 CRÉTEIL

PLATEAU DE SACLAY

SERVICES h Le secteur de l’économie sociale et

solidaire (ESS), qui représente 608 000 postes

en Île-de-France, recèle un fort potentiel de

développement et un réel vivier d’emplois. Dans

la délibération présentée au conseil régional,

Francine Bavay, vice-présidente, propose de

nombreuses pistes pour le développement des

projets, leurs financements, la professionnalisation

des acteurs, la structuration du secteur

et le soutien à des filières prioritaires. Un centre

de ressources régional de l’ESS sera créé. l

© BERTRAND DESPREZ

BAROMÈTRE

CE QUE PENSENT LES FRANCILIENS

Le bonheur de vivre en Île-de-France

Actuellement, êtes-vous heureux

ou pas de vivre en Île-de-France ?

Le climat économique

Diriez-vous qu’en ce moment,

l’activité économique

en Île-de-France est…

Les relations entre les gens

Là où vous vivez en Île-de-France,

est-ce que les relations entre les

gens sont…

Inégalités sociales

Actuellement, là où vous vivez

en Ile-de-France, Île-de-France, diriez-vous

que les inégalités sociales sont…

L’emploi des jeunes

En Ile-de-France, Île-de-France, pensez-vous

qu’un jeune puisse trouver

un premier emploi…

Très heureux

Assez heureux

Pas vraiment heureux

Pas du tout heureux

(Ne se prononcent pas)

Très dynamique

Assez dynamique

Pas vraiment dynamique

Pas du tout dynamique

(Ne se prononcent pas)

Très bonnes

Plutôt bonnes

Plutôt mauvaises

Très mauvaises

(Ne se prononcent pas)

Très fortes

Assez fortes

Assez faibles

Très faibles

(Ne se prononcent pas)

Très facilement

Plutôt facilement

Plutôt difficilement

Très difficilement

(Ne se prononcent pas)

32 %

50 %

11 %

7 %

0 %

7 %

51 %

31 %

6 %

5 %

13 %

64 %

14 %

4 %

5 %

23 %

40 %

28 %

6 %

3 %

6 %

30 %

43 %

18 %

3 %

Des inégalités sociales trop fortes

Les Franciliens sont heureux

de vivre dans leur région. Cette

tonalité massivement positive

est confirmée par cette nouvelle

vague d’enquête : 82 % des

personnes interrogées se déclarent

« très heureuses » ou « assez

heureuses » de vivre en Île-de-

France, soit un score très proche

de celui qui avait été recueilli il y

a deux mois (84 %). Ce sentiment

positif repose en premier lieu sur

un satisfecit social : les relations

entre les gens sont jugées satisfaisantes

par 77 % des Franciliens.

À cet élément s’ajoute un

bon point économique : 58 %

des interviewés considèrent que

l’activité économique en Île-de-

France est « dynamique ».

Les 25-34 ans plus

sensibles aux inégalités

En revanche, c’est au registre des

inégalités qu’apparaissent les

plus criantes déceptions : 63 %

des Franciliens pensent que les

inégalités sociales sont « fortes »

là où ils vivent, et ce sentiment

est inégalement réparti. Les plus

sensibles à la question des inégalités

sont les 25-34 ans, alors

que les retraités sont les moins

critiques sur ce point.

Les plus de 65 ans sont

pessimistes sur l’emploi

De même, seulement 36 % des

Franciliens jugent que l’obtention

d’un premier emploi est

« facile » en Île-de-France et, là

encore, les opinions divergent

en fonction de l’identité des

interviewés. Curieusement, les

25-34 ans, qui sont les premiers

concernés, sont moins pessimistes

que les personnes âgées

de 65 ans et plus. l

FRANÇOIS MIQUET-MARTY,

DIRECTEUR DES ÉTUDES POLITIQUES,

INSTITUT LH2 (LOUIS-HARRIS) .

SONDAGE RÉALISÉ PAR TÉLÉPHONE POUR LE JOURNAL ÎLE-DE-FRANCE DU 30 SEPTEMBRE AU 22 OCTOBRE 2005 PAR L’INSTITUT LH2 SUR UN ÉCHANTILLON DE 767 PERSONNES, REPRÉSENTATIF DE LA POPULATION FRANÇAISE ÂGÉE DE 18 ANS ET PLUS, SELON LA MÉTHODE DES QUOTAS.

ÎLE-DE-FRANCE | DÉCEMBRE 2005 | Nº 2


6

FAITS ET GESTES

EN DIRECT

DU CONSEIL

RÉGIONAL

BALISES |

62,5 millions

d’euros

sont consacrés

par la Région

à la formation

des travailleurs

sociaux et des

professionnels du

Mieux naître en Île-de-France

Pour améliorer les conditions de soin des futures

mamans, des jeunes accouchées et des nouveaunés,

la Région soutiendra les structures périnatales.

L’Île-de-France a connu ces dernières années

une nette augmentation des naissances. l

secteur médical et

paramédical. Ils sont

36 000 étudiants

dans les centres de

formation, les écoles

paramédicales et

les écoles de sagesfemmes.

Un récent rapport du Conseil économique et

social régional (CESR) souligne le manque d’infrastructures

sportives en Île-de-France, et en

particulier de piscines. La Région soutient de

multiples projets et étudie un « plan piscines ».

PROJETS h La Seine-et-Marne, département

où s’entraîne la championne olympique

de natation Laure Manaudou, ne possède

aucun bassin couvert de 50 mètres ! Faire

du sport relève parfois du casse-tête pour

les 4,5 millions de sportifs franciliens, les

2,2 millions de licenciés dans un club et les

lycéens. Le rapport du Conseil économique

et social régional est sans appel : gymnases,

stades et surtout piscines ne sont pas

assez nombreux en Île-de-France. Avec 328

bassins pour l’ensemble de la population

francilienne, l’offre n’est que de trois piscines

pour 100 000 habitants.

Le conseil régional accorde une subvention

aux communes qui construisent une

installation sportive ouverte aux lycéens :

entre 1998 et 2004, il a soutenu 85 opérations

pour un total de 36 millions d’euros.

La Région vient ainsi d’investir 2 millions

d’euros dans la construction d’un gymnase

Porte d’Asnières et dans la réhabilitation du

complexe sportif de Gagny (93). Les grands

équipements d’intérêt général et les centres

de formation en judo, en natation, en

tennis ou en golf sont également pris en

charge par la Région. Pour répondre à la

demande, le CESR recommande notamment

l’édification, dans ou à proximité des

lycées, d’équipements sportifs ouverts à la

fois aux scolaires et à la population. Pour

la construction de piscines, après l’estimation

des besoins, commune par commune,

menée par l’Iaurif (Institut d’aménagement

et d’urbanisme de la région Île-de-France),

un plan régional est à l’étude. l J. V.

36 millions

d’euros,

c’est la subvention

versée par la Région

au Syndicat des

transports d’Île-de-

France (Stif) pour le

financement de la

carte Imagine R et

pour son dézonage

(circulation libre

entre les zones)

les samedis,

dimanches, jours

fériés et pendant les

vacances scolaires.

SPORT Rapport du Conseil économique et social

Pas assez d’équipements

sportifs en Île-de-France

© SOPHIE CHIVET

© SOPHIE CHIVET

h Mariannick Juhel, professeur d’EPS,

Paris 13 e : « Parfois nous arrivons au

gymnase et il est occupé. Pour aller

à la piscine, il y a vingt minutes de

marche, alors les séances sont courtes.

Impossible que tous les élèves sachent

nager à la fin de la 3 e ! »

Gerty Gentine,

Saint-Maurice

(94) : « Chez nous,

le centre municipal

est bien équipé.

Mais le club de

tennis de mon fils

a parfois du mal

à réserver des

courts pour tout

le monde ! Pour

l’EPS, le collège

paie le transport en

car jusqu’au stade

Pershing, à Paris. »

h

Éric Du

Tremolet, Paris

7 e : « On trouve

de la place pour

pratiquer dès

qu’on se déplace

un petit peu.

Pour le rugby,

pas de problème,

je joue à Pantin.

Quant au hockey,

on le pratique

en pleine rue,

aux Invalides ! »

h

© SOPHIE CHIVET

© DR

H

(78)

CHAMBOURCY

Il va y avoir

du sport dans

la plaine ! La

construction

d’un parc sportif

de 34 hectares

haute qualité

environnementale

(HQE) est

à l’étude.

(92)

BOULOGNE-

BILLANCOURT

Le musée

Albert-Kahn

et ses sept

jardins s’offrent

une nouvelle

jeunesse :

des travaux

de 6,6 millions

d’euros vont

être engagés.

(93)

VILLEPINTE

Vivement 2008

et l’ouverture de

la médiathèque !

Elle sera plus

grande que

l’actuelle

bibliothèque

et les horaires

d’ouverture

seront élargis.

(94) LE

KREMLIN-

BICÊTRE

Adieu les usines

Géo, vivement

les nouvelles

activités :

centre

commercial,

médiathèque

et bureaux

verront le jour

en 2009 après

les travaux.

(95) AUVERS-

SUR-OISE

Enfin un orgue

pour l’église

de Van Gogh :

la ville en rêve

depuis 1970 !

Inauguration

prévue

en mai 2006.

Plans de quartier pour non-voyants

Noms de sorties de métro en braille, plans de quartier

en relief : trois tables d’orientation sont expérimentées

aux stations Porte de Pantin, Porte de la Villette et

Saint-Denis-Basilique. Des atlas des transports en

commun en braille seront aussi édités en 2006. l

C’EST LANCÉ

| |

Pile à combustible dans Paris

Ce sera une première à Paris et même en France ! Une

pile à combustible sera installée d’ici à un an dans un

ensemble de 283 logements gérés par l’Opac, Porte

de Brancion (15 e ). Alimentée au gaz naturel, cette pile

convertit l’énergie chimique en électricité, en partie

revendue à EDF, et en chaleur pour le chauffage.

Cette expérience d’énergie renouvelable est soutenue

par la Région (2 millions d’euros), l’Agence de

l’environnement et de la maîtrise d’énergie (Ademe)

et le programme européen Life. L’Opac poursuit, par

ailleurs, avec la Région son programme pluriannuel de

développement de l’énergie solaire : 2 800 logements

seront dotés de panneaux solaires (photo) sur seize

sites. L’Opac répercutera ces économies d’énergie

sur les factures d’eau chaude de ses locataires. l

Soutien au spectacle vivant

Le conseil régional a adopté récemment vingt-deux

conventions pour soutenir des compagnies et des

lieux de spectacle vivant : arts de la rue, cirque,

danse et théâtre, très présents en Île-de-France.

Ces conventions, présentées par Francis Parny,

vice-président chargé de la culture, permettront

de créer 44 emplois et de financer 38 000 heures

de travail pour des comédiens et techniciens. l

Bientôt le tram-train !

Le chantier du tram-train entre Aulnay-sous-Bois

et Bondy (93) entame sa dernière ligne droite.

Les passages à niveau sont actuellement

transformés en carrefours routiers entre Bondy

et Livry-Gargan. Ce tram-train reliant les RER B

et E sera le premier en France. Les infrastructures

sont financées à hauteur de 47 % par la Région

(55 millions d’euros). Le matériel roulant est payé

par le Transilien SNCF (68 millions d’euros).

Fin des travaux prévue en décembre 2006. l

© OPAC DE PARIS

© SNCF

ÎLE-DE-FRANCE | DÉCEMBRE 2005 | Nº 2


À LA UNE

7

© DAVID SAUVEUR

Les journées

pour l'emploi

se multiplient,

comme ici le

Forum Paris

pour l'emploi.

Pourtant,

de nombreux

métiers ne

trouvent pas

preneurs.

Formations, apprentissage, aides aux entreprises…

Les nouveaux plans

pour l’emploi

L’emploi reste la préoccupation essentielle des Franciliens dans une

région en pleine mutation. Le lancement d'un plan des formations,

la signature du contrat d'objectifs sur l'apprentissage avec l'État et

d'autres dispositifs veulent y répondre. Enquête.

ANTICIPATION h Loïc, 21 ans, de Montreuil, s’avance

timidement vers le stand d’une entreprise de

BTP, au Forum emploi de Bagnolet, explique

qu’il n’a aucune qualification, mais qu’il aimerait

travailler. On lui conseille de suivre d’abord

une formation courte. Marouf, 45 ans, est amer

après deux ans et demi de chômage. « Déposer son

CV ne sert à rien, dit-il. Pourtant, j’y crois encore

! » Moustapha, 31 ans, est optimiste en quittant

le stand de la RATP. Très confiants eux aussi, à

la sortie du Forum Paris pour l’emploi, ces jeunes

diplômés d’une école d’agents de sûreté. En

revanche, une juriste, un agent hospitalier, un

technicien en maintenance informatique, une

assistante de direction, repartent bredouilles.

Espoirs, déceptions… Ils sont ainsi des milliers

à jongler de leur ANPE aux sociétés d’intérim,

aux journées professionnelles et à ces forums

emploi qui se multiplient. Le conseil régional

en a financé une trentaine en 2005. « Les CV ?

Mais si, on les garde, soutient le directeur des ressources

humaines d’une entreprise du bâtiment.

D’ailleurs, en 2006, nous embaucherons plusieurs

centaines de personnes. »

L’Île-de-France souffre du chômage, malgré

un taux en baisse pour la première fois depuis

2001, relève le Conseil économique et social

régional (CESR) 1 . Mais elle bouge et se bat dans

un contexte économique paradoxal. « Le niveau

d’activité n’est pas exceptionnel, note Jean-Paul

Montois, directeur régional de l’ANPE, mais

le marché de l’emploi est assez vigoureux. Nos

offres sont en forte progression et diversifiées.

Notre capacité de médiation et de placement

s’est renforcée. » Autre paradoxe de l’emploi en

Île-de-France : le fort décalage entre la masse

des chômeurs d’un côté et, de l’autre, cette

ÎLE-DE-FRANCE | DÉCEMBRE 2005 | Nº 2


8 À LA UNE EMPLOI

© SOPHIE CHIVET

dizaine de secteurs d’activité, cette vingtaine

de métiers qui ne trouvent pas preneurs (lire

l’encadré ci-dessous) ! Soit par manque de qualification,

pour un tiers de ces offres, soit parce

que, à tort ou à raison, les demandeurs d’emploi

en ont une mauvaise image.

Un phénomène nouveau s’impose aujourd’hui

en Île-de-France, notent aussi bien l’expert

Laurent Davezies, professeur à l’université

Paris XII (page 9), que le directeur régional de

l'ANPE. La région perd des gens qualifiés et à

bon pouvoir d’achat qui partent en province,

et elle accueille des personnes parfois sans

qualification. Difficile dans ces conditions

de trouver du travail, d’autant que l’industrie,

auparavant pourvoyeuse d’emplois, cède la

place à des activités tertiaires qui exigent un

bon niveau de formation. « Un vrai travail de

fond s’impose », souligne Jean-Paul Montois. En

particulier, pour les filières peu valorisées, des

efforts doivent être accomplis sur les salaires,

les conditions de travail et l’image des métiers.

Mais ce n’est pas tout s’il s’agit de sauver et de

développer l’emploi en Île-de-France.

Le conseil régional mène, pour sa part, une

bataille sur plusieurs fronts, et, en priorité, sur

celui de la formation, clé de l’accès aux emplois

Avec 220 000 salariés et 58 000 établissements,

le secteur de la construction continue de recruter.

Le secteur tertiaire recrute des personnes qualifiées.

Une nouvelle approche de

la politique pour l'emploi :

anticiper les licenciements

pour sécuriser

les parcours des salariés.

© DAVID SAUVEUR

sérer les milliers de jeunes « décrocheurs » qui

ont besoin d’une première qualification. Mais

l’action du conseil régional ne s’arrête pas là.

Outre le lancement des pôles de compétitivité

(lire l’article page 18), la création des emploistremplin,

le soutien à des pépinières d’entreprises

et à des PME, les aides à la recherche en

entreprise, la politique pour l’emploi a pris, plus

récemment, un tour nouveau.

En Seine-et-Marne, des emplois

sauvés chez SKF et Thomson

Au lieu de la fermeture programmée de Thomson

Videoglass à Bagneaux-sur-Loing (77), avec

450 licenciements à la clé, un accord entre l’État,

les collectivités, la direction et les salariés a été

conclu : poursuite des activités, maintien des

salaires et avantages jusqu’à la reconversion du

site, construction d’une nouvelle usine de parebrise

par la PME espagnole Rio Glass. Ce plan

de sauvegarde de l’emploi se traduira par zéro

licenciement sec grâce à des départs en retraite,

à des reconversions et à la reprise progressive de

300 salariés dans la nouvelle usine. Un plan de

formation est assuré par l’entreprise, l’État, l’Opcareg,

organisme collecteur, et la Région, qui se

félicite de contribuer ainsi à la « sécurisation »

des parcours professionnels pour les salariés.

Après les solutions trouvées pour SKF, la Région

veut apporter la preuve que la « casse humaine »

peut être évitée pour peu que l’on anticipe et

que chacun y mette du sien, à commencer par

les entreprises, comme Thomson. D’où le projet

de groupement d’intérêt public pour revitaliser

l’économie dans le sud de la Seine-et-Marne et

celui proposé pour le plateau de Vélizy. « Il n’y

a pas de fatalité au chômage », plaide Daniel

Brunel, vice-président du conseil régional d’Îlede-France

(lire page 10). En se fondant sur de

nombreuses études économiques, dont celles

de l’Iaurif 2 et du CESR, le futur schéma régional

de développement économique fixera, en juin,

une stratégie de développement offensive avec

des priorités en faveur de l’emploi. Le signal que

l’Île-de-France veut se donner les moyens de

gagner cette bataille.

XAVIER PANON ET JULIE VÉDIE

1. www.cesr-iledefrance.fr

2. Institut d’aménagement et d’urbanisme de la région Îlede-France.

ou de leur sauvegarde par une adaptation tout au

long de la vie. Le plan régional des formations,

élaboré avec les professionnels du secteur, en

précisera les orientations sur cinq ans.

La Région y consacre plusieurs centaines de millions

d’euros chaque année. Il s’agit, entre autres,

d’accentuer les efforts en faveur de l’apprentissage

(lire les reportages pages 9 et 10). Le contrat d’objectifs

et de moyens signé entre l’État et la Région,

qui y consacreront chacun 175 millions d’euros

pendant cinq ans, permettra de soutenir l’effort

de rénovation des CFA et d’atteindre le chiffre de

100 000 apprentis en 2010. Avec l’espoir de réin-

MÉTIERS | ANPE | Offres d'emploi |

Les métiers qui embauchent en Île-de-France

Les offres d’emploi

les plus nombreuses :

Agent distributeur,

aide agricole

saisonnier, animateur

de vente, artiste

dramatique, animateur

généraliste de loisirs,

dessinateur-projecteur

en construction

mécanique, professeur

d’enseignement

général, dessinateur

et chargé d’études

techniques du BTP…

Les autres métiers

qui recrutent :

expert informaticien,

agent de montageassemblage

dans

la construction

automobile,

agent d’enquêtes,

télévendeur, agent

d’accueil, conseiller

de clientèle bancaire,

conseiller en

assurances, serveur

en restauration,

cuisinier, employé

polyvalent de

restauration,

représentant à

domicile, attaché

commercial,

infirmier généraliste,

agent de sécurité

et de l’ordre public.

Source ANPE Île-de-France

ÎLE-DE-FRANCE | DÉCEMBRE 2005 | Nº 2


EMPLOI À LA UNE 9

REPÈRES

| |

REPORTAGE | Bagnolet |

FORMATION Au CFA.com de Bagnolet

Les apprentis branchés

du multimédia

Maquettiste, graphiste, infographiste, technicien

multimédia. Tous ces métiers sont aussi

accessibles par l’apprentissage ! C’est la mission

du centre de formation d’apprentis, le

CFA.com, à Bagnolet, qui forme chaque année

plus de 350 élèves de tous les niveaux.

ALTERNANCE h « Ce sont des métiers pointus »,

souligne David, 18 ans, timide mais enthousiaste.

Ce jeune brun aux grands yeux marron

raconte que certains de ses camarades

de classe viennent même de Chartres pour

suivre les cours du CFA.com ! Pendant deux

ans, les 350 apprentis alternent travail en

entreprise avec un salaire et cours au centre,

avec un diplôme à la clé : bac pro, CAP,

BTS, licence professionnelle ou diplôme

de technicien supérieur. David, lui, est en

apprentissage dans une entreprise locale

d’impression numérique, et prépare un

bac pro artisanat et métiers d’art, option

communication graphique. « Le milieu du

multimédia bouge, les entreprises ferment,

d’autres ouvrent. L’expérience de l’apprentissage

va me permettre de travailler tout de

suite : dès que j’ai mon bac pro, je souhaite

décrocher un contrat. » Son maître d’apprentissage,

Marie-Laure Varret, chef d’une

entreprise de cinq salariés, est venue voir,

ce jour-là, comment s’organisent les cours

de son apprenti au CFA. L’apprentissage,

elle n’y trouve que des avantages : « C’est

une solution aux problèmes d’emploi ! Sans

l’apprentissage, je ne pourrais pas me permettre

d’embaucher pour développer certaines

activités. » Depuis cinq ans, elle donne

chaque année leur chance à deux apprentis

: « Ils ont tous leur diplôme à la fin, mais je

ne peux pas les garder comme salariés dans

une petite entreprise comme la mienne. De

plus, ils veulent aller voir ailleurs. Ils savent

que, même si les temps sont durs, ils peuvent

trouver un travail avec leur formation. »

Objectif : 100 000 apprentis en 2010

Les élèves doivent trouver eux-mêmes

leur contrat d’apprentissage, avec l’aide

du centre. Ils avouent que c’est parfois « un

peu galère » de convaincre les entreprises

dans un secteur qui n’a pas la culture de

l’apprentissage. « Pourtant, nos métiers

changent, explique Marc Tanguy, le directeur

du CFA. Avant, seules les agences de

publicité ou les studios de signalétique

cherchaient des apprentis dans le multimédia.

Aujourd’hui, toute entreprise avec

un service de communication et des outils

Internet peut avoir besoin de professionnels

: ça ouvre de nouveaux horizons d’emplois.

» Les chiffres semblent lui donner

raison puisque 100 % des jeunes trouvent

un emploi dans les trois mois. Un optimisme

qui répond à la volonté de la Région

de développer l’apprentissage. JULIE VÉDIE

CFA.COM

www.cfacom.org

420 milliards

d’euros: c’est

le montant du produit

intérieur brut de l’Îlede-France,

premier PIB

régional avec près du

tiers du PIB national.

711 800

sociétés sont installées

en Île-de-France, dont

environ un quart pour

le commerce de gros

et de détail. On compte

58 000 entreprises

industrielles

qui emploient

600 000 personnes

et autant dans

la construction

pour 220 000 salariés.

cadre sur 2 en

1 France travaille

dans la région qui

compte 800000 emplois

dans les domaines

de la haute technologie

et de la recherchedéveloppement.

36 %

des emplois

salariés

se trouvent en petite

couronne, près de 33 %

à Paris et 31 % en

grande couronne.

1/4

des 34 000

entreprises

étrangères présentes

en France sont

implantées dans

la région capitale.

Elles emploient

456000 personnes.

608000

emplois concernent

l’économie sociale

et solidaire. Sur les

71000 établissements

de ce secteur, on compte

65000 associations,

2400 coopératives

et 800 mutuelles.

90 % des

manifestations

nationales ont lieu à

Paris : le Mondial de

l’automobile accueille

1,5 million de visiteurs,

la Foire de Paris

700000 et le Salon de

l’agriculture 606000.

© DR

EXPERTISE | Économie |

EMPLOI

Priorité

aux métiers

intermédiaires

NOM | LAURENT DAVEZIES |

PROFESSION | PROFESSEUR

À L’UNIVERSITÉ PARIS XII |

h La situation de l’emploi en

Île-de-France est marquée par cinq

phénomènes inquiétants :

- l’effondrement de l’emploi

au cœur de Paris ;

- la désorganisation du marché qui

quitte des endroits accessibles en

transports collectifs pour d’autres

qui le sont seulement en voiture !

- la fracture sociale entre riches

et pauvres est accentuée par la

spécialisation et la rareté des

emplois. Les actifs les moins

qualifiés et les cadres de plus

de 50 ans se retouvent exclus.

- l’évaporation hors de la région de

la richesse qui y est créée, à cause

du départ en province des retraités

et des ménages actifs riches

qui, tout au long de l'année, partent

consommer ailleurs ;

- enfin, paradoxe apparent : en même

temps que le chômage et l’exclusion

s’aggravent, de nombreuses offres

ne sont pas satisfaites, notamment

sur le créneau de tous les métiers

intermédiaires.

h Dans ce système où la

technologie de pointe et la

misère, ces deux extrêmes, sont

conjointement mises en exergue,

les métiers intermédiaires, infirmier,

cuisinier et autres, n’ont plus

leur place en Île-de-France :

ils trouvent en province des emplois

aux mêmes salaires, un logement

et un coût de la vie moins élevé.

© SOPHIE CHIVET

Au CFA de Bagnolet, huit jeunes sur dix trouvent un emploi dès l'obtention de leur diplôme.

h L’enjeu le plus important,

c’est cette classe moyenne : peuton

imaginer l’avenir d’une ville

et d’une région sans infirmières,

sans médecins généralistes, sans

caissières ? Il faut donc retenir cette

catégorie de population au centre

de l’agglomération par les salaires,

le logement, les transports, et

en rendant la région plus vivable.

ÎLE-DE-FRANCE | DÉCEMBRE 2005 | Nº 2


10

À LA UNE EMPLOI

SAVOIR +

| |

© PIERRE-OLIVIER DESCHAMPS

INTERVIEW

| |

TROIS QUESTIONS À DANIEL BRUNEL

« Viser la formation

tout au long de la vie »

NOM | DANIEL BRUNEL |

PROFESSION | VICE-PRÉSIDENT, CHARGÉ

DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE, DU

DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE ET DE L'EMPLOI

« L’enjeu essentiel pour

l’Île-de-France, c’est que

le plus grand nombre

de jeunes accède à une

formation pour l’emploi. »

IDF : La région s’est investie de longue date

en faveur de l’apprentissage. Comment

comptez-vous atteindre votre objectif de

100 000 apprentis d’ici à 2009 ?

D. BRUNEL : L’enjeu essentiel pour

l’Île-de-France, c’est que le plus

grand nombre de jeunes accèdent à

une formation pour l’emploi. L’État

nous accompagne au travers de la

conclusion du contrat d’objectifs et

de moyens, avec des engagements

financiers à parité. Nous entendons

renforcer les contrats de qualité

avec les centres de formation, nous

occuper davantage des jeunes en

échec scolaire, doubler le nombre

de préapprentis, notamment en

lien avec les missions locales. Il

s’agit d’améliorer qualification et

professionnalisation pour faciliter

le débouché à l’emploi. Nous allons

d’ailleurs accentuer l’effort sur les

métiers « en tension », ceux du BTP

et de la restauration-hôtellerie par

exemple, mais aussi identifier les

professions émergentes dans l’environnement

et l’économie sociale

et solidaire. Nous lancerons aussi

des campagnes pour valoriser les

métiers et pour que les employeurs

soient au rendez-vous. De fait, l’État

se trouve impliqué pour rehausser

ses efforts sur les lycées techniques

et professionnels.

IDF : Qu’apportera de nouveau le plan

régional des formations ?

D. BRUNEL : La formation constitue

un enjeu de civilisation. Il faut

désormais viser la formation tout

au long de la vie pour répondre aux

exigences de la mobilité de l’emploi,

des projets personnels et professionnels.

Le plan régional des formations

répondra aux questions

sur les métiers d’aujourd’hui et de

demain par secteurs et par filières

économiques : formation initiale,

apprentissage, sanitaire et social,

enseignement artistique, tourisme.

Il concerne tous les âges et prévoit

les complémentarités entre les voies

de formation. Nous entendons aussi

être expérimental sur la sécurisation

des parcours, par la formation,

avec garantie de ressources, pour

les publics, dans et hors du travail.

IDF : En quoi le futur schéma régional de

développement économique améliorera-t-il

le marché de l’emploi ?

D. BRUNEL : En juin 2006, il permettra

à l’État de reconnaître la Région

comme chef de file économique.

Grâce aux aides transférées, celleci

pourra davantage intervenir sur

le plan financier en faveur des PMI,

PME et TPE, selon des critères d’affectation

des aides, que nous voulons

réévaluer, au titre de l’efficacité

sociale et économique. Ce schéma

régional sera utile à l’emploi : il prendra

en compte « l’économie classique

», les pôles de compétitivité et

d’autres secteurs, (aéronautique,

automobile, etc.) ainsi que les nouveaux

viviers d’emplois. Il tiendra

compte aussi des bassins d’emplois

pour considérer ce qui fait l’attractivité

d’un territoire, en articulation

avec la révision du Sdrif.

S’INFORMER

SUR LES MÉTIERS

- www.lesmetiers.net :

le site recense

plus de 400 métiers

et 4 000 formations

en Île-de-France.

- www.onisep.fr :

8 000 formations,

20 000 adresses

d’établissements,

400 métiers…

Trois délégations

régionales (Créteil,

Paris, Versailles)

sont regroupées au

1, villa des Pyrénées,

75020 Paris.

Tél. : 01 53 27 22 50.

- Dans les CIO (centres

d'information

et d’orientation), des

conseillers informent

sur les études, les

filières, les formations.

Les adresses sont

sur le site de l’Onisep,

rubrique « Adresses

utiles ».

TROUVER UN EMPLOI

- Dans les agences ANPE

de votre département ou

sur le site : www.anpe.

fr/region/ile_france/

- À votre mission locale.

Toutes les adresses sont

sur le site de l’Onisep,

rubrique « Adresses

utiles ».

- Sur le site de l’Apec

si vous êtes cadre

ou jeune diplômé :

www.apec.fr

TROUVER

UNE FORMATION

- www.carif.asso.

fr : le GIP Carif

(Centre d’animation

de ressources et

d’informations sur

les formations),

recense les formations

en Île-de-France

et les coordonnées

des centres.

- www.cfarif.net, ou

au 0810 18 18 18 : pour

trouver des formations

en apprentissage ou

un centre de formation

d’apprentis dans la

région. On peut aussi

consulter le site du

CESR : www.cesr-ile-defrance.fr.

- L’Afpa (Association

nationale pour

la formation

professionnelle des

adultes) propose des

formations qualifiantes

ou préqualifiantes

dans les principaux

secteurs d’activité :

www.idf.afpa.fr

ou au 0800 02 80 00.

Du CAP au BTS, les élèves du pôle vente sont mis

en situation dans une boutique de 20 m 2 .

FACULTÉ DES MÉTIERS D’ÉVRY

Le campus aux

quatre-vingts métiers

La faculté des métiers d’Évry accueille quatre-vingts

formations en alternance sur son campus. Sa vocation

: préparer les 3 500 apprentis à des professions

d’avenir dans des secteurs qui embauchent.

Un pôle commerce et services, avec des formations

en vente, en tourisme, en gestion-comptabilité.

Un pôle industrie, avec les métiers de

l’électrotechnique ou encore des télécommunications.

Et un pôle artisanat, avec la mécanique,

la cuisine, la coiffure. Depuis novembre, les quatre-vingts

formations de la faculté des métiers

sont toutes installées sur le campus d’Évry. Les

3 500 apprentis y préparent un diplôme allant du

CAP au BTS. Cette fac d’un nouveau genre mise

sur l’accès direct à l’emploi, grâce à l’apprentissage

: en accord avec les entreprises locales, elle

oriente les jeunes vers des secteurs connaissant

des pénuries de main-d’œuvre. Ainsi, la restauration,

la boulangerie et la réparation automobile

manquent aujourd’hui de professionnels en Îlede-France

: 60 % des 1 000 apprentis du pôle artisanat

suivent des formations dans ces secteurs.

Un service de veille pédagogique

L’autre vocation de la faculté des métiers : valoriser

auprès des jeunes des collèges voisins les

formations d’avenir. Le mercredi tous les quinze

jours, le campus reçoit la visite des collégiens et

se transforme en vitrine des métiers.

Par ailleurs, la faculté des métiers d'Évry a mis

en place un service de veille pédagogique. Il

décèle les secteurs qui recrutent en région parisienne,

en particulier dans le Sud francilien.

En affichant un taux de réussite aux examens

de 88 % et un taux d’insertion professionnelle

de 85 %, la faculté des métiers d’Évry veut être

un outil efficace au service de l’emploi en Îlede-France.


FACULTÉ DES MÉTIERS

Informations : 01 60 79 74 00.

© BERTRAND DESPREZ

ÎLE-DE-FRANCE | DÉCEMBRE 2005 | Nº 2


BIEN VIVRE

11

© LABRE W. CÈDRE/COMITÉ RÉGIONAL DU TOURISME

TERROIR | Miel |

© SOPHIE CHIVET

APICULTURE Du Gâtinais à Saint-Denis, 25 000 ruches en Île-de-France

Miel des villes

et miel des champs

Olivier Darné, apiculteur amateur, a posé une dizaine de ruches sur le toit de la mairie de Saint-Denis, face à la Basilique.

Les régions au soleil n’ont pas l’exclusivité

de la production de miel ! Miel du Gâtinais,

de Saint-Denis et même de Paris... La

région offre une grande variété.

BOISSY-SAINT-LÉGER h « Ah, elles sont

agressives ce matin ! » Harnaché

d’une combinaison protectrice,

Claude Cohen, l’un des 1 700 apiculteurs

d’Île-de-France, enfume

ses abeilles, pour poser des cacheabeilles

dans une de ses ruches.

Dans quelques heures, grâce à ce

dispositif qui oblige les abeilles

à descendre au fond de la ruche,

il pourra récolter son miel. Dans

ce rucher collectif de la forêt de

Gros-Bois à Boissy-Saint-Léger

(Val-de-Marne), Claude Cohen,

président de l’Association de

développement de l’apiculture en

Île-de-France (Adaif), espère une

bonne récolte.

Un choix de butinage varié

Petite région productrice, avec environ

500 tonnes en 2004, loin derrière

le Midi-Pyrénées qui en produit 3 000

tonnes, l’Île-de-France n’a pourtant

pas à rougir de son miel ! En effet, il

offre aux amateurs de petites douceurs

une grande diversité, entre le

miel produit à l’est de la Seine-et-

Marne, terre des cultures céréalières,

et celui de la petite couronne,

varié en goût : paradoxalement, la

ville offre aux abeilles un choix de

butinage plus large que la campagne

où se pratique la monoculture.

EN CHIFFRES

L’Île-de-France

comptait près

de 25 000

ruches en 2004

sur un total

de 1 346 000

ruches en

France. À Paris,

il existe entre

200 et 300

ruches.

Une quinzaine

d’apiculteurs

franciliens

possèdent plus

de 150 ruches.

Une ruche

réunit jusqu’à

80 000 abeilles

et produit entre

15 et 20 kg de

miel par an.

Les abeilles raffolent des jardins

ouvriers, des bacs à fleurs et autres

pollens « voyageurs ». À Saint-Denis,

le Miel Béton issu des ruches du toit

de la mairie propose une saveur

inédite, révélatrice des diversités

de la ville. Sur les toits des Opéras

Garnier et Bastille, trois ruches insolites

donnent un miel au goût citronmenthe

particulier. Quant au miel

du Gâtinais, des démarches sont en

cours pour lui attribuer une indication

géographique protégée (IGP).

Au-dede la production du miel,

les apiculteurs franciliens militent

pour la survie des abeilles dont le rôle

dans le processus de pollinisation

est essentiel, en essayant de limiter

l’usage des pesticides agricoles qui

tuent ces précieux insectes. J. V.

78

RAMBOUILLET

SAINT-DENIS

93

94

BOISSY-SAINT-LÉGER

Pain bio et pain

traditionnel

Finis les conservateurs.

Le pain bio d’Île-de-

France, à base de farine

bise, moulue à la meule

de pierre, s’invite

à la table des cantines

franciliennes :

340 000 repas ont été

servis avec ce pain en

2005, soit 17 tonnes !

L’Île-de-France est

depuis toujours une

« terre de pain ».

La baguette est née

à Paris au début du

xx e siècle. Aujourd’hui,

les agriculteurs,

meuniers et boulangers

franciliens reviennent

au goût du blé, avec des

pains conçus à base de

farine, d’eau, de sel et

de levure, utilisée avec

ou sans levain. Ainsi, le

Pain d’Yvelines, résultat

d’une concertation entre

les meuniers et les

agriculteurs de la région

de Rambouillet, est

vendu dans une vingtaine

de boulangeries du

département. D’autres

professionnels

entretiennent la

tradition, comme les

Moulins Bourgeois (77),

qui fournissent

les artisans boulangers

de la région en farine

Label rouge.

RENSEIGNEMENTS :

www.bioiledefrance.fr

http://painyveline.free.fr/

www.moulinsbourgeois.com

Dans l’atelier d’un

artisan boulanger.

© SOPHIE CHIVET

ÎLE-DE-FRANCE | DÉCEMBRE 2005 | Nº 2


© GÉRARD BLONDEAU

12

BIEN VIVRE

BRAY-ET-LÛ

95

ACTION

| - |

LONGCHAMP

92

77

MONTLHÉRY

Carte

91

FONTAINEBLEAU

des pistes

cyclables

MONTEREAU

La Région Île-de-

ENVIRONNEMENT | Observation | France édite une carte

gratuite des pistes

cyclables ! Itinéraires,

conseils pratiques,

adresses de loueurs

et de réparateurs, plan

des gares disposant

de parcs à vélos…

Tout y est. Pour savoir

où se la procurer,

consultez le site

www.iledefrance.fr.

Par ailleurs,

678 479 euros ont été

votés pour aider à

la mise en place de

pistes cyclables ou

d'itinéraires verts,

notamment à l’Orée de

la Brie (77), à Versailles

(78), à Longpontsur-Orge,

à Saint-

Michel-sur-Orge

et à Montlhéry (91).

FAUNE Fontainebleau, Nogent-sur-Seine…

Le chat sauvage

prend ses quartiers

Il faut être patient pour apercevoir ce superbe animal au poil épais et tigré.

Attiré par la protection des espaces

naturels et la nourriture qu’offre parfois

le contact avec les banlieues, le

chat sauvage vient rejoindre la faune

des espaces périurbains.

SEINE-ET-MARNE h Il y a une vingtaine

d’années, le chat sauvage, qui n’a

longtemps fréquenté que les forêts

de l’Est, a pris ses quartiers dans

les lisières forestières de Seine-et-

Marne, en forêt de Fontainebleau

et entre Nogent-sur-Seine et Montereau.

Il fréquente aussi les lambeaux

forestiers de La Bassée qui enserrent

les bras de la Seine.

Il faut être patient et silencieux pour

entrevoir à la tombée de la nuit ou

à l’aube ce superbe animal au poil

épais et tigré et à la queue cerclée

d’anneaux noirs. Celui que les

naturalistes nomment chat forestier

(Felix sylvestris) se distingue

du chat haret, animal domestique

qui « a choisi la liberté » et dont la

fourrure s'est transformée. Discret

et solitaire, le chat sauvage chasse

les petits rongeurs qui constituent

entre 80 et 90 % de son alimentation.

Il s’installe volontiers dans

des endroits calmes, une faille

de rocher ou un arbre creux pour

élever sa famille. Il est le plus souvent

invisible et la seule chance de

l'apercevoir dans la journée, c'est de

lever la tête. Il adore se chauffer au

soleil, allongé sur une branche maîtresse

des arbres auxquels il monte

avec une extraordinaire agilité.

Espèce protégée

Plus robuste et massif que le chat

domestique, il pèse entre 5 et

6 kilos. Parfois, calculant mal son

élan, il est fauché par des voitures.

Comme ces accidents sont de plus

en plus fréquents, les naturalistes

en déduisent que le nombre de ces

animaux augmente. Quand ils ont

un doute sur l'origine du chat,

haret ou sauvage, ils mesurent le

volume du crâne : chez les chats

sauvages, il est plus grand que chez

les autres. Au printemps, il arrive

souvent que des chatons sauvages

abandonnés au moment de la sortie

de la tanière soient trouvés. Le

chat sauvage est protégé en France

depuis 1976.

CLAUDE-MARIE VADROT

© WWF

Une réserve

naturelle à

Longchamp

Quatre-vingt-quatre

espèces animales,

182 espèces végétales :

le domaine de

Longchamp abrite

une biodiversité

exceptionnelle en

Île-de-France ! Le

WWF France s’apprête

à en faire une vitrine

du développement

durable. Abandonné

depuis 1999, ce site

de 3,6 hectares

en plein cœur du bois

de Boulogne va être

réaménagé pour

y accueillir le public,

des expositions et des

ateliers pédagogiques.

Matériaux, transports,

gestion de l’énergie

et de l’eau : tout y

sera respectueux

de l’environnement.

Ouverture prévue

courant 2006.

Rens. sur le site www.

projetlongchamp.com.

Un sentier pédagogique

de Longchamp.

Le parc naturel régional du Vexin offre plus de 800 km

de chemins de randonnée balisés.

BALADE

À la découverte

du Vexin français

Ses paysages ont séduit les peintres impressionnistes :

le Vexin français est l’un des plus caractéristiques des

300 « pays » qui font la France. Le parc naturel régional

du Vexin vient de fêter ses dix ans.

POUR LES SPORTIFS h L’itinéraire « Coteaux et abords

de l’Epte » permet de découvrir la vallée de l’Epte,

côté Vexin français (Val-d’Oise) et côté Vexin normand

(Eure). Il part de l’ancienne gare de Brayet-Lû,

traverse les rivières de l’Epte et de l’Aubette

de Magny. Plus loin, la balade traverse les champs

jusqu’à Copierres. Aveny, son château et son pont

pittoresques du xviii e siècle ne sont pas loin. Le

retour se fait par Bus-Saint-Rémy, avec de superbes

vues sur la vallée de l’Epte. Pour les randonneurs,

les GR 1, GR 2 et GR 11 traversent le parc.

Durée 4 heures, 14 km.

AVEC DES ENFANTS h La balade part de la ferme biologique

de La Bergerie en prenant la route de gauche,

qui longe les champs entre les clôtures, et permet

d’admirer moutons et vaches salers. À la fourche,

le chemin de droite pénètre dans le bois de Morlû.

On suit l’orée de la forêt. Au bout, on coupe à droite

entre les clôtures, puis on suit le large sentier de

gauche vers le bois de la Moinerie. En tournant à

droite, on arrive au hameau de La Comté. La route

de gauche permet de redescendre vers le golf de

Villarceaux, puis un sentier remonte à la ferme.

Durée 1 h 50, 5,5 km.

À VÉLO h Peu de loueurs sur place, mais la possibilité

d’emporter gratuitement son vélo dans

le train. Au départ de la gare Saint-Lazare, on

accède en une heure aux gares de Montgeroult,

d'Us ou de Santeuil. Le RER C mène à Pontoise

et la gare d’Auvers-sur-Oise est accessible au

départ de la gare du Nord.

À CHEVAL, SUR L’EAU, EN L’AIR h Des prestataires installés

dans le parc proposent des activités comme la

randonnée à cheval, un vol en montgolfière, une

descente en canoë…

h Rens. sur www.parc-naturel-vexin.fr ou au 01 34 66 15 10.

© PARC NATUREL RÉGIONAL DU VEXIN FRANÇAIS

ÎLE-DE-FRANCE | DÉCEMBRE 2005 | Nº 2


CHRONIQUE

BIEN VIVRE 13

Renouveau de l’art

francilien

JEAN-FRANÇOIS CHOUGNET, DIRECTEUR DU PARC

ET DE LA GRANDE HALLE DE LA VILLETTE

Au hit-parade du

marché de l’art,

dans les foires

et salons, la

place de Paris

n’occupe sans

doute plus le

premier rang

mondial qu’elle

a pu tenir il y a

bien longtemps. Mais le marché, seul,

ne suffit pas à refléter la créativité. Or

l’Île-de-France ne manque justement

pas de cette vitalité artistique. Des

preuves ? La Fiac de Paris a marqué,

pour sa 32 e édition, un renouveau et un

regain d’intérêt du public français et

étranger. Le Lion d’or de la Biennale de

Venise, distinction suprême, n’a pas été

attribué par hasard à la plasticienne

Annette Messager. L’ouverture récente

du musée d’Art

contemporain de

© DR

Les créations

franciliennes

doivent s'ouvrir

au monde

pour qu'elles

rayonnent

à leur tour.

Vitry-sur-Seine

marque une

étape significative.

Le numéro

spécial de Connaissance

des

arts, édité avec

le comité régional

du tourisme,

illustre le foisonnement étonnant

des lieux de création dans une région

capitale où les événements – de la

Nuit blanche aux opérations portes

ouvertes, en passant par les multiples

expositions – témoignent de

l’originalité francilienne. Cependant,

pour un Daniel Buren, un Christian

Boltanski ou un Gérard Garouste, justement

reconnus, combien d’autres

manquent de repères, de reconnaissance

? La liste est longue pourtant

des artistes qui commencent à être

reconnus en dehors des frontières :

Pierre Huyghe, Dominique Gonzalez

Foerster, Xavier Veilhan, Claude Lévêque

pour n'en citer que quelques- uns.

Pour que l’Île-de-France soit visible du

monde, sans doute doit-elle s’ouvrir

à lui : accueillir encore davantage les

créations du monde pour que les siennes

rayonnent à leur tour.

ÎLE-DE-FRANCE | DÉCEMBRE 2005 | Nº 2


14

À VOIR ET

À FAIRE

EN PLUS

RENDEZ-VOUS

© DR

La campagne à Paris

L’Île-de-France est la première région agricole de

France ! Et pas seulement deux semaines par an

pour le 43 e Salon international de l'agriculture. Du

25 février au 5 mars 2006, nocturne le 3 mars jusqu’à

22 heures. Paris Expo, place de la Porte-de-Versailles,

75015 Paris. www.salon-agriculture.com

Jeux d'antan, c'est tentant !

Des échasses au billard, en passant par les quilles, les puces

géantes, le jeu de massacre ou l’awalé africain… L'exposition

« Jeux traditionnels » propose aux petits et aux grands de

pratiquer ces activités ! De quoi garder son âme d’enfant.

Jusqu’au 23 février, gratuit. Espace Michel-Simon, 36, av. de

la République, 93160 Noisy-le-Grand. Tél. : 01 49 31 02 02.

07 | MUSIQUE

Pierre et le Loup

Yvelines

05

06

17

18

Val d’Oise

08

14

13

PARIS21

20

19

10

Hautsde-Seine

07

11

12

Seine-

St-Denis

15

16

Val-de-

Marne

Seine-et-Marne 01

02

Vingt-cinq musiciens de

l’Orchestre de chambre

de Versailles pour la

partition mythique de

Sergueï Prokofiev.

h Le 24 janvier à 20 heures

Théâtre Montansier, 13 rue

des Réservoirs, 78000 Versailles.

Tél. : 01 39 20 16 00.

08 | CIRQUE

Chapiteaux

et pistes

de cristal

09

Essonne

04

03

L’art le plus populaire

et le plus partagé est

au rendez-vous pour

sa 14 e édition à Massy.

Les Chapiteaux de cristal

du dressage et les Pistes

de cristal récompenseront

les meilleurs numéros

visuels.

h Du 12 au 15 janvier 2006

Parc Georges-Brassens,

91300 Massy.

Tél. : 01 69 20 08 27. Rens. sur

www.cirque-massy.com

09 | JEUNE PUBLIC

© PHILIPPE CIBILLE

01 | SPECTACLE

Scènes rurales

Théâtre, chansons,

marionnettes,

humour... Les Scènes

rurales présentent

dix-huit spectacles

et cinquante-quatre

représentations. Après

chaque spectacle,

un buffet convivial

est organisé par les

partenaires locaux.

h Jusqu’au 11 juin 2006

Nombreuses communes :

Signy-Signets, Fontaine-

Fourches, Egreville, Cocherel…

Programme au 01 64 14 42 64

ou sur www.actart77.com

02 | PHOTO

Mac Orlan, des

mots, des photos

L’écrivain Pierre Mac Orlan

aimait la photo et fut

photographié par les plus

grands de son époque :

Man Ray, Brassaï, Robert

Doisneau, Willy Ronis.

h Jusqu’au 26 juin 2006

Musée des Pays de Seine-et-

Marne, 17, avenue de La Fertésous-Jouarre,

77750 Saint-Cyrsur-Morin.

Tél. : 01 60 24 46 00.

03 | DÉFILÉ

Fête de la Saint-Paul

Les vignerons fêtent

leur patron dans la ville

haute et la ville basse.

h 22 et 23 janvier 2006

Dans les rues de Provins.

Tél. : 01 64 00 59 00.

04 | EXPOSITION

Théâtre de cour

au XIII e siècle

L'exposition de

dessins, de costumes,

d'accessoires et de

portraits fait revivre la

magie et le foisonnement

artistique des spectacles

de théâtre interprétés

au château entre 1750

et 1786, dans un décor

exceptionnellement bien

préservé.

h Jusqu’au 23 janvier 2006

Château de Fontainebleau,

77300 Fontainebleau.

Tél. : 01 60 71 50 70.

Rens. sur www.museechateau-fontainebleau.fr

05 | TRADITION

Sur les traces

du Père Noël

Pour les fêtes de fin

d'année, le château

(photo) respecte

la tradition. Cette

exposition s'attache à

montrer les différentes

coutumes de Noël en

Europe et à retrouver les

ancêtres du Père Noël :

saint Nicolas, le Père

Fouettard…

h Jusqu'au 30 janvier 2006

Château de Breteuil, 78460

Choisel. Tél. : 01 30 52 05 11.

Rens. sur www.breteuil.fr

06 | CONCERT

Jazzenville

La 3 e édition du festival

propose des concerts

(Stéphane Nicault,

Angello Debarre…), mais

aussi une exposition de

photos, une projection

du film Shadows de

John Cassavetes, une

conférence sur l'histoire

du jazz avec Franck

Bergerot.

h Du 13 au 18 janvier 2006

Salle des fêtes, place

Romagné, 78700 Conflans-

Sainte-Honorine.

Tél. : 01 39 19 23 04.

© DR

Fabuloseries

Un festival à découvrir

en famille avec bouffons,

mimes, conteurs,

marionnettes et autres

objets insolites !

h Du 6 au 13 janvier 2006

Centre culturel Boris-Vian,

91940 Les Ulis.

Tél. : 01 69 29 34 91.

© PHILIPPE LACOMBE

ÎLE-DE-FRANCE | DÉCEMBRE 2005 | Nº 2


© MICHEL CHASSAT

Les plantes du Moyen Âge

Ce jardin médiéval a été réalisé d’après les travaux d’Hildegarde

de Bingen, abbesse et naturaliste du xii e siècle. Cette évocation

paysagère illustre la façon dont, au Moyen-Âge, le jardinier observait,

soignait, sélectionnait et multipliait les plantes. Ouvert toute l’année.

Abbaye de Royaumont, 95270 Asnières-sur-Oise.

Tél. : 01 30 35 59 70. Renseignements www.royaumont.com

RENDEZ-VOUS 15

JARDINS SECRETS

Rendez-vous, dans chaque numéro, avec trois

personnalités qui révèlent leur lieu de prédilection

en Île-de-France, et leur coup de cœur ou

l’événement récent qui les a le plus marqués.

10 | DANSE

Festival Suresnes

Cités Danse

Jeunes chorégraphes

et danseurs virtuoses

sont à l’honneur de

l'édition de cette année.

h Les 6, 7, 8 et 10 janvier 2006

Rencontres hip-hop : Pockemon

Crew / Storm

h Du 7 au 19 janvier 2006

Cités Danse Variations : Gang

Peng / Georges Momboye

h Du 13 au 15 janvier 2006

Compagnie Accrorap : Douar

h Du 20 au 22 janvier 2006

Compagnie Trafic de styles :

Spécimen…

h Du 27 au 31 janvier 2006

Compagnie Käfig : Terrain vague

h Les 28 et 29 janvier 2006

Génération Cités Danse

Théâtre Jean-Vilar, 16, place

Stalingrad, 92150 Suresnes.

Tél. : 01 46 97 98 10. Rens. sur

www.theatre-suresnes.fr

11 | CONCERT

Rock, punk, ska

Plus de vingt ans que

l’association isséenne,

Fahrenheit concerts,

célèbre les musiques

rock, punk, hardcore,

ska… avec la même

passion : promouvoir la

scène rock indépendante.

h 25 février 2006 à 20 h 30

Palais des arts et des congrès

(PACI), salle Menand, 25, avenue

Victor-Cresson, 92130 Issy-les-

Moulineaux. Tél. : 01 46 42 70 91.

Programme détaillé

sur www.paci.issy.com

12 | FAMILLE

Festival des

rêveurs éveillés

La 15 e édition s’éveille

aux rencontres, celles

qui réunissent petits et

grands dans la même

curiosité de l’autre.

h Du 14 janvier au 4 février 2006

Différents lieux de la ville de

Sevran (93). www.ville-sevran.fr

© GILLES RONDOT

13 | EXPOSITION

La caricature

en France

de 1789 à 2000

D’Honoré Daumier à

Plantu, en passant par

Lafosse pour le XIX e siècle,

Faisant, Wolinski, Tardi et

Willem pour le xx e siècle…

Une exposition pour

redécouvrir la caricature

à la française.

h Jusqu’au 27 février 2006

Musée d’art et d’histoire, 22 bis,

rue Gabriel-Péri, 93200 Saint-

Denis. Tél. : 01 42 43 37 57.

14 | ENFANTS

Music-hall

Pour la 2 e édition, le

spectacle propose trois

animations pour les

enfants, qui pourront aussi

rencontrer les artistes.

h Du 20 au 25 mars 2006

Espace Guinguette,

place Jean-Jaurès,

93380 Pierrefitte-sur-Seine.

15 | MUSIQUE

Sons d’hiver

Jazz, reggae, tango… Le

festival s’installe comme

chaque saison dans

13 communes du Val-de-

Marne. Avec par exemple :

h Le 29 janvier, Pavillon Baltard,

Nogent-sur-Marne

Lee Scratch Perry (reggae)

h Le 4 février, Théâtre Paul-

Éluard, Choisy-le-Roi

Marc Perrone, André Minvielle,

et Jacques Di Donato Trio (jazz)

h Le 19 février, Maison des arts

André-Malraux, Créteil

Seu Jorge

Du 28 janvier au 19 février 2006

Programme au 01 43 66 01 11

ou sur www.sonsdhiver.org

© DR

16 | JEUNE PUBLIC

Seizième festival

Ciné Junior 94

Ce festival veut faire

découvrir aux jeunes

des films français et

étrangers de qualité.

Courts métrages,

fictions, animation,

documentaires…

h Du 18 janvier au 1 er février 2006.

Nombreuses salles du Val-de-Marne

Programme au 01 42 26 02 06

et sur www.cinejunior94.org

17 | FESTIVAL

7 e festival A Donf’

Le festival A Donf’ réunit

des têtes d’affiche : K2R

Riddim, The Elements,

Happy Kolo et Peggy

Peck Apach, et accueille

professionnels et

amateurs.

h Le 14 janvier 2006

La Mezzanine, 46, rue Victor-

Hugo, 95480 Pierrelaye.

www.lacourdesmiracles.org

18 | PEINTURE

Voyage au

temps des

impressionnistes

Ce parcours vous

emmène sur les traces

des grands maîtres

de la peinture ayant

marqué l’histoire

d’Auvers-sur-Oise :

Daubigny, Pissarro,

Cézanne, Van Gogh,

Monet…

h Jusqu’au 22 décembre 2005,

puis réouverture le 21 janvier

2006. Château d’Auvers,

rue de Léry, 95430 Auverssur-Oise.

Tél. : 01 34 48 48 45.

www.château-auvers.fr

© DR

19 | CIRQUE

Les étoiles

de Pékin

Pour sa 127 e édition, le

Festival international

des étoiles du cirque fait

découvrir les fabuleux

contes de Chine, dans un

spectacle tout public de

2 h 30. Une quinzaine de

numéros virtuoses, de la

pyramide des chaises à

la corolle de vélos.

h Jusqu’au 8 janvier 2006

Cirque Phénix, pelouse de Reuilly,

75012 Paris. Tél. : 01 45 72 10 00.

20 | FLAMENCO

Deuxième Festival

international

de Paris

Un festival complet

qui présente tous les

aspects de la culture

flamenco : chant, danse,

guitare, art de vivre…

En parallèle se tient

le Salon des saveurs

d’Espagne où

l’on retrouve toute la

gastronomie espagnole.

h Du 28 février au 3 mars

2006. Cirque d’hiver Bouglione,

110, rue Amelot, 75011 Paris.

Programme détaillé sur

www.flamenco-prod.com

21 | CARNAVAL

Fête du bœuf…

Rue Le Vau !

Le rendez-vous pour

le cortège musical

et costumé de la

Promenade du bœuf

gras est donné à 13 h 30

en bas de la rue Le Vau

(XX e ), avec un défilé

dans les rues de Paris.

Un événement organisé

par la compagnie

carnavalesque Les

Fumantes de Pantruche.

h Le 26 février 2006

Dans les rues de Paris.

www.carnaval-pantruche.org

Plus d’informations

sur le site

www.pidf.com

© DR

© ULF ANDERSEN/GAMMA

© CATHERINE CABROL/H&K

LILIAN THURAM |

Footballeur, défenseur en équipe

de France et à la Juventus de

Turin. Il a publié 8 juillet 1998

(éditions Anne Carrière). Membre

du Haut Conseil à l’intégration.

LIEU PRÉFÉRÉ ? « Fontainebleau,

la cité des Fougères et la forêt

où j’ai joué pendant toute mon

adolescence. Je reviendrai vivre

dans cette région après mon

séjour à Turin. »

COUP DE CŒUR ? « J’encourage les efforts entrepris

par certains pour que les jeunes de toutes

origines soient mieux intégrés, notamment en

Île-de-France, mais le Haut Conseil à l’intégration

ne doit pas servir d’alibi. Il faut faire davantage. »

IRÈNE FRAIN |

Écrivaine. Dernier livre : Les

Couleurs de la mer, avec Philip

Plisson (éditions La Martinière).

LIEU PRÉFÉRÉ ? « Le jardin du

Palais-Royal, au cœur de Paris. Un

endroit magique. Il est chargé de

souvenirs littéraires, de Diderot

à Colette. C’est aussi un lieu de

passage, de galeries, qui attise

ma passion pour les communications

secrètes et mystérieuses. »

COUP DE CŒUR ? « La dernière Nuit blanche qui

permet à une foule respectueuse de vivre la

ville de façon onirique. J’aime ces événements

collectifs au cours desquels les gens cherchent

du rêve dans un espace public ordinaire. »

TONIE MARSHALL |

Cinéaste et productrice, réalisatrice

de Vénus beauté. Sa dernière

comédie en 25 épisodes, Vénus

et Apollon, a été diffusée sur Arte.

LIEU PRÉFÉRÉ ? « Inconditionnelle

de Paris, dont les décors

urbains me font rêver, je viens de

découvrir, dans le Val-d’Oise, les

étranges et poétiques paysages

de la région de Vétheuil et de La

Roche-Guyon, avec leurs falaises

érodées qui ressemblent à des

sphinx. »

COUP DE CŒUR ? « La nouvelle cinémathèque. Près

des pelouses de Bercy, j’ai trouvé très agréables

le bâtiment, la splendide exposition sur Renoir,

les quatre salles de projection. On circule

librement dans ce lieu sympathique et propice

aux échanges. Un lieu de vie du cinéma qui peut

séduire un public jeune. »

ÎLE-DE-FRANCE | DÉCEMBRE 2005 | Nº 2


16

HISTOIRE

LE QUART

D’HEURE

HISTORIQUE

1890

Clément Ader, l'inventeur du

mot avion (Appareil Volant

Imitant l’Oiseau Naturel),

fait pour la première fois voler

une machine plus lourde

que l’air, l’Éole, à Gretz-

Armainvilliers (77).

NOVEMBRE 1906

Santos-Dumont enregistre

le premier record d’aviation.

1910

La France invite dix-huit

États européens à Paris pour

la première conférence de

codification du droit aérien

international.

17 AOÛT 1917

La première liaison aéropostale

française est menée

entre Paris, Le Mans

et Saint-Nazaire.

8 FÉVRIER 1919

Les premières lignes

commerciales internationales

au départ du Bourget relient

la capitale à Londres, à

Bruxelles, puis desservent

Prague, Varsovie, Vienne,

Constantinople…

21 MAI 1927

L’Américain Charles Lindbergh,

parti de New York, réussit la

traversée de l’Atlantique Nord.

30 AOÛT 1933

La compagnie aérienne

Air France est créée.

© AEROCLUB DE FRANCE

AÉRONAUTIQUE | Invention |

CENTENAIRE Alberto Santos-Dumont, héros de l'aéronautique

1906 : l’aviation

décolle de Bagatelle

À bord de son aéroplane, le 14 Bis, Alberto Santos-Dumont (médaillon) réalise un vol de 220 mètres le 12 novembre 1906.

Quand le pilote Santos-Dumont réalise, en 1906, le

premier record d’aviation homologué à Bagatelle, c’est

toute l’histoire de l’aviation qui prend son envol.

PIONNIER h Au début du siècle, les démonstrations

de machines volantes suscitent un formidable

engouement populaire. Les Franciliens suivent

avec passion les premiers vols des dirigeables.

L’un des héros de l’aéronautique d’alors est un

Brésilien, Alberto Santos-Dumont, dandy et haute

figure de la vie parisienne. Mais il est avant tout un

pionnier et un scientifique qui, en octobre 1901,

vole autour de la tour Eiffel en dirigeable devant

des milliers de Parisiens. « J’ai navigué dans l’air »

dit-il ce jour-là. Mais il veut aller plus loin : le 12

novembre 1906, il convoque les journalistes et les

commissaires de l’Aéroclub de France au parc de

Bagatelle, et effectue à bord de son avion le 14 Bis,

un vol sur 220 mètres en 21 secondes pour une

vitesse de 41,292 km/h. C’est le premier vol officiellement

reconnu par la Fédération aéronautique

internationale et le premier record d’aviation enregistré

par l’Aéroclub de France. « Santos-Dumont

a fait plus qu’ouvrir une porte pour les amateurs

d’aviation : il a apporté des solutions pour les constructeurs

d’avions », raconte Vital Ferry, historien

de l’Aéroclub de France. Après l’exploit de Bagatelle,

la région devient un terrain de prédilection

pour l’aviation civile : le 1 er Salon de l’aéronautique

se tient au Grand Palais, à Paris, en 1908. C’est

en région parisienne que se concentrent alors

la recherche aéronautique et la fabrication des

appareils dans les usines de Boulogne-Billancourt

et de Levallois. Dès la naissance des « plus lourds

que l’air », la Région se forge une vocation de pionnière

dont elle ne se départira plus. Avec deux

aéroports internationaux, quatre plates-formes

d’aviation d’affaires, vingt aérodromes d’aviation

légère et l’héliport d’Issy-les-Moulineaux, elle est

la mieux dotée de France en terrains d’aviation.

Près de 300 000 emplois dépendent du secteur

aérien, qui génère environ 25 milliards d’euros

pour la région.

JULIE VÉDIE

© AEROCLUB DE FRANCE

H

À VOIR

L’aviation vous

passionne ?

Visitez le

musée de l’Air

et de l’Espace

du Bourget !

www.mae.org/

À FAIRE

Vous voulez

apprendre à

voler ? Il existe

75 aéroclubs

dans la région.

Fédération

nationale

d'aéronautique :

www.fna.

asso.fr

LA DÉFENSE

Le défi

architectural de

l’Ouest parisien

Des gratte-ciel ultramodernes qui

remplacent fermes, pavillons et

bidonvilles, c’est la spectaculaire

évolution qu’a connue la Défense

en trente ans ! En 1883, la statue

de Barrias, La Défense de Paris,

hommage aux combattants du siège

de 1871, donne son nom au carrefour

de Courbevoie. Dès 1930, la Ville de

Paris lance un appel à projet pour

aménager le quartier. L’architecte

Le Corbusier propose de séparer

les circulations des piétons et des

voitures sur deux niveaux : son idée

sera reprise trente ans plus tard…

Après-guerre, le ministère de la

Reconstruction veut y créer un

quartier d’affaires. En 1958, le Cnit

est inauguré et dix ans plus tard,

les premiers gratte-ciel, hauts de

100 mètres, sortent de terre : les tours

Aquitaine et Nobel. Les constructions

se poursuivent, toujours plus vastes

et plus élevées, jusqu’en 1973 :

le choc pétrolier freine l’expansion

de la Défense, pas 1 m 2 de bureau

ne se vend pendant quatre ans.

Les tours de 3 e génération dans les

années 1980 et surtout l'édification

de la Grande Arche, inaugurée en

1989, sonnent le renouveau du

quartier. Le centre commercial de

100 000 m 2 est à l’époque le plus

grand d’Europe. En 1992, la ligne

1 du métro relie enfin Paris à son

quartier d’affaires. Aujourd’hui,

1 500 entreprises sont installées à la

Défense, 150 000 salariés y travaillent,

20 000 personnes y vivent au milieu

de 11 hectares d’espaces verts, et les

projets se poursuivent.

Plan-projet du Cnit en 1955.

© DIRCOM EPAD

ÎLE-DE-FRANCE | DÉCEMBRE 2005 | Nº 2


TENDANCES

17

© SOPHIE CHIVET

TERRITOIRES | Culture | 7 e art

THEUVILLE

95

CINÉMA Plus de 50 % des films français sont tournés dans la région

Un plateau de tournage

grandeur nature

92

VERSAILLES

SÈVRES

78

94

SAINT-MAUR-DES-FOSSÉS

VAULX-LE-VICOMTE

77

Double record pour l’Île-de-France ! Non

seulement elle est la région qui accueille

le plus de tournages, mais en plus elle

a réalisé en 2004 sa meilleure année

depuis 1998, avec 52 % des films français

tournés sur son territoire.

CLAP h « Silence. Moteur… Ça tourne ! »

Monica Bellucci, cheveux courts et

talons hauts, traverse un grand vestibule

et appelle un ascenseur dans

lequel elle s’engouffre. « Coupez ! » Le

hall d’entrée du conseil régional d’Îlede-France

est devenu pour une journée

un décor de cinéma. L’équipe du

film Le Concile de pierre l’a transformé

en ambassade de Russie. Quelques

semaines plus tôt, c’est au musée de

la Mode, le musée Galliéra, à Paris,

que s’était installée une autre équipe

de tournage. Pendant trois jours, le

musée a accueilli les Brigades du

Tigre, l’adaptation du célèbre feuilleton

et l’un des films les plus attendus

de 2006, soutenu par la Région.

Principale difficulté pour le directeur

de production Gilles Loutfi : ne pas

abîmer le jardin du musée. « J’ai dit à

l’équipe : un pied sur la pelouse, c’est un

pied hors du tournage ! Il faut respecter

les lieux où l’on tourne. » Surtout

quand ces derniers s’appellent l’église

Saint-Sulpice, le pont des Arts ou le

parc Monceau !

Tom Hanks, Audiard et Coppola

Les monuments les plus prestigieux

d’Île-de-France ont récemment

ouvert leurs portes au cinéma.

Tom Hanks et l’équipe de Da Vinci

Code ont passé six semaines à Paris,

pour tourner notamment au Louvre.

L’équipe de Marie-Antoinette

de Sofia Coppola s’est installée pendant

douze semaines entre l’Opéra

Garnier et les châteaux de Versailles

H

FONDS DE

SOUTIEN

En 2005,

le fonds

de soutien

Audiovisuel et

Cinéma de la

Région s’élevait

à 14 millions

d’euros.

Depuis 2001,

128 œuvres

ont ainsi été

soutenues par

la Région.

COMMENT

BÉNÉFICIER DE

CETTE AIDE ?

www.

iledefrance.fr/

cinema

Quatre-vingt-seize films français ont

été tournés dans la région en 2004.

LYCÉENS ET

APPRENTIS

AU CINÉMA

Cette année,

23 599

élèves, et 270

établissements,

se sont inscrits

au dispositif

Lycéens et

apprentis au

cinéma. Ils

n’étaient que

17 300 l’année

précédente.

De Saint-Maur-des-Fossés à Theuville, les Brigades du Tigre ont investi la région.

et de Vaux-le-Vicomte. Dans la capitale,

il y a les lieux « incontournables

» comme la tour Eiffel ou les

quais de Seine, et des demandes

plus atypiques : l’Est parisien dans

De battre mon cœur s’est arrêté de

Jacques Audiard. En région, le Vald’Oise

est l’un des départements

les plus attractifs. « Toute la France

est ici, explique Patrick Glâtre, le

monsieur Cinéma du département.

Campagne, châteaux et villages,

proximité avec Paris, et des raretés

comme la route D 28 qui ne comporte

aucun poteau électrique. » L’Île-de-

France est un plateau de tournage

grandeur nature. En témoigne le

véritable tour de région de l’équipe

des Brigades du Tigre : de la manufacture

de Sèvres à Theuville et

alentours… Bref, le cinéma aime

l’Île-de-France au point d’y consacrer

de petites fortunes. À titre

d’exemple, Sofia Coppola et son

équipe ont dépensé 20 millions

d’euros dans la région. Une manne

difficile à évaluer dans sa totalité,

mais qui est conséquente : quatrevingt-seize

films français se sont

installés en Île-de-France pour 611

semaines de tournage en 2004. Un

amour que la Région lui rend bien :

elle est la 1 re collectivité de France

pour ses aides au 7 e art. JULIE VÉDIE

© BRUNO CALVO/FILMS MANUEL MUNZ

LIBRES PAROLES

Dans la région,

on est souvent

bien accueillis

Il y a beaucoup

d’avantages “ à tourner

en Île-de-France. Tout

d’abord par souci

de vérité : si l’action

se passe à Paris, ça

se voit si elle n’est

pas tournée à Paris !

Parfois, les Parisiens

ne sont pas contents

de nous voir tourner

dans leur quartier. Dans

le reste de la région,

où il y a des endroits

incroyables, on est

souvent bien accueillis.

De plus, c’est en Îlede-France

qu’on trouve

le personnel le plus

compétent. Enfin, c’est

plus pratique pour tout

le monde de pouvoir

rentrer chez soi le soir

après le tournage !

MANUEL MUNZ, PRODUCTEUR

DES BRIGADES DU TIGRE.


© BRUNO CALVO

ÎLE-DE-FRANCE | DÉCEMBRE 2005 | Nº 2


© JEAN-FRANÇOIS BERNARD-SUGY

© DAVID SAUVEUR

18

IDÉES

| |

TENDANCES

ALLOCATION DOCTORALE

Soutien à la recherche

La Région amplifie son effort pour la

recherche, l’enseignement supérieur

et l’innovation avec Marc Lipinski,

vice-président chargé de

l’enseignement supérieur et de la

recherche. Ces trois chercheuses

(photo) font partie des cinquante

jeunes qui viennent de se voir attribuer

par la Région une allocation doctorale

de trois ans afin de poursuivre leurs

travaux. Elles découvrent le bus

des sciences qui sillonne jusqu’en

janvier les routes d’Île-de-France.

Ce laboratoire ambulant permet

aux visiteurs de s’initier à la culture

scientifique à travers quelques

expériences simples et ludiques.

Cette initiative est menée par trois

associations, les P’tits Débrouillards,

Optics Valley et le Synchrotron Soleil.

Outre les allocations doctorales

et postdoctorales, des projets

européens d’universitaires et de

scientifiques franciliens sont soutenus

financièrement. Cinquante projets

de partenariats institutions-citoyens

(Picri), déposés par des associations,

ont également été sélectionnés.

PANNEAUX SOLAIRES

À Saint-Denis,

une halle écologique

La nouvelle halle du marché de

Saint-Denis est neuve, mais surtout

écolo ! 230 m 2 de panneaux solaires

posés sur le toit permettent la

production de 30 000 kW/h par an :

non seulement la halle produira

l’électricité nécessaire à son

fonctionnement, mais elle revendra

le surplus à EDF ! Par ailleurs, un

système de récupération des eaux de

pluie et une cuve souterraine ont été

installés : les 2 500 m 3 récupérés ainsi

annuellement serviront à nettoyer

la voirie après chaque marché et à

alimenter toutes les chasses d’eau

du lieu. Les subventions de la

Région ont permis de financer

ces installations écologiques :

33 000 euros pour les panneaux

photovoltaïques et 15 000 euros pour

la récupération des eaux de pluie.

H

LOGISTIQUE

ET VOLTAÏQUE

20 000 m 2

de panneaux

solaires sur

le toit d’une

entreprise

de logistique

à Moissy-

Cramayel (77)!

Il s’agit de la

plus grande

installation

photovoltaïque

de France.

Elle fournira

650 kW, soit

l’équivalent de

la consommation

de 650

logements.

ÉCOLE DE

L’ENVIRON-

NEMENT

Ile-de-France,

c’est le nom

du nouveau

bâtiment

pédagogique

de Tecomah,

l’école de

l’environnement

et du cadre de

vie de Jouyen-Josas

(78).

Ses 3 400 m 2

accueillent

un centre de

ressources,

une centaine

de postes

informatiques…

CRÉATION

D’UNIVERSUD

PARIS

Cinq

établissements

d’enseignement

supérieur et

de recherche

– école normale

supérieure

de Cachan,

universités

Paris XI,

Paris XII, Évry-

Val-d’Essonne

et Versailles

Saint-Quentinen-Yvelines


ont créé

l’association

UniverSud Paris

pour monter

des projets

autour de quatre

thématiques :

biomédical,

nanosciences,

physico-chimie

des matériaux

du futur et

développement

durable.

© DAVID SAUVEUR

VU ET

APPROUVÉ

PAR VOUS

INNOVATIONS | Recherche et développement | Santé

PÔLE DE COMPÉTITIVITÉ MédiTech Santé

Inventer la médecine du futur

Sous l’impulsion politique et financière du conseil régional,

organismes de recherche, entreprises, réseau hospitalier

et laboratoires se sont regroupés pour créer

MédiTech Santé. Le défi est double : inventer la médecine

du futur et atteindre le premier rang mondial.

GÉNÉTIQUE h Valérie rêvait de devenir prof de lettres.

Elle était étudiante en région parisienne

quand la maladie l’a terrassée pendant des mois :

le lupus, un virus qui détruit les défenses immunitaires

du corps. Valérie est en vie ; elle estime

s’en être « bien sortie », mais plus question de

travailler. Le virus est toujours là. Comme Valérie,

des millions de personnes attendent le traitement

ou le vaccin qui les sauvera.

En juillet 2005, la création du pôle MédiTech

Santé, regroupant les professionnels du secteur, a

relancé l’espoir de guérir un jour ces maladies. Le

projet ? Développer les activités liées aux biotechnologies

appliquées à la santé humaine. La thérapie

génique en fait partie. « Nous nous appuyons

sur un mécanisme naturel de maintenance du

programme génétique présent dans toutes les cellules

vivantes, explique David Sourdive, directeur

général de Cellectis, spécialiste de l’ingénierie

des génomes. Le principe : remplacer un brin

d’ADN altéré par un autre ayant un séquençage

similaire. » Une méthode pour lutter contre des

maladies rares – affections neuromusculaires,

mucoviscidose… – ou plus fréquentes, comme

© AFM/LAURENT AUDINET

Génopole a tracé la route de la médecine du

XXI “ e siècle. MédiTech Santé doit apporter des moyens

à cette recherche collective. Il est essentiel que les

universités et les hôpitaux soient dotés d’équipements

pour contribuer à cette recherche, et puissent accomplir

leur part du chemin. BERNARD BARATAUD, PRÉSIDENT DU GÉNÉTHON


les affections cardiovasculaires, le diabète, les

cancers, etc. « La cancérologie, les neurosciences

et les maladies infectieuses sont les thématiques

prioritaires pour ce qui concerne les pathologies »,

indique Aquilino Morelle, chargé de mission du

Genopole, le centre de recherche sur le génome

humain et les biotechnologies. Trois axes technologiques

sont ciblés : l’imagerie médicale, la

decine moléculaire et la pharmacologie.

Pharmaciens, chercheurs et industriels

Outre l’AP-HP, MédiTech Santé rassemble les

sociétés pharmaceutiques implantées dans la

Région parisienne – Sanofi-Aventis, Servier ou

GlaxoSmithKline – et des laboratoires de recherche

prestigieux comme ceux de l’Institut Pasteur,

du CEA ou le Genopole d’Évry. Au total, le

pôle rassemble treize collectivités, dix centres de

recherche, quinze établissements de formation,

trente-neuf industriels, soixante et une sociétés

de biotechnologies et dix autres organismes.

« Pour ce qui est des sciences de la vie et de la

santé, l’Île-de-France figure aujourd’hui parmi

les toutes premières régions d’Europe. Le pôle

favorisera l’expression de ce formidable potentiel

et pourrait permettre à la France de jouer un

rôle majeur dans l’invention de la médecine du

futur », conclut Pierre Tambourin, chef du projet

MédiTech Santé.

AGNÈS LISSILLOUR

h www.genopole.com/html/fr/connaitre/meditech-sante/

Cellectis, une entreprise de biotechnologies, intervient sur les génomes pour inventer de nouvelles thérapies.

ÎLE-DE-FRANCE | DÉCEMBRE 2005 | Nº 2


PLANÈTE

19

© IAN TEH

EUROPE | Mobilité des jeunes | Dispositifs régionaux |

© DAVID SAUVEUR - DR

EUROPE Des programmes pour partir travailler à l’étranger

Les voyages forment

les jeunes Franciliens

Comme Malika et Céline à Dublin ou Maud à Londres, de plus en plus de jeunes se déplacent en Europe pour un contrat ou une formation.

Trois dispositifs régionaux permettent

aux demandeurs d’emploi, aux apprentis

ou aux jeunes peu qualifiés d’acquérir

une expérience professionnelle dans un

pays européen. Témoignages.

DISPOSITIF POSTAPPRENTISSAGE

Georges voulait voyager. À 19 ans,

son CAP pâtisserie en poche, ce

jeune Boulonnais s’inscrit au dispositif

postapprentissage proposé par

son CFA. Après 240 heures de cours

d’anglais financés grâce au chéquier

langues, il part pour Londres, avec

une prime de 1 000 euros. « J’ai eu

l’embarras du choix pour trouver un

employeur, car le savoir-faire français

est très apprécié, raconte-t-il après six

mois de contrat. J’ai gagné en autonomie

grâce à cet emploi. En France,

c’est plus difficile de décrocher des

places intéressantes dans la pâtisserie.

Alors je continue à voyager. »

LEONARDO DA VINCI

Malika, elle, a bénéficié de ce programme

destiné aux jeunes demandeurs

d’emploi. À 23 ans, ingénieur

en chimie, la jeune fille originaire

de Sainte-Geneviève-des-Bois cherche

du travail pendant sept mois,

sans succès. « On me disait que je

n’avais pas assez d’expérience », se

souvient-elle. Quand elle découvre

Leonardo, elle s'inscrit et suit les

cours proposés grâce au chéquier

langues, puis part pour l'Irlande.

« Un stage de trois mois quand on

est au chômage, c’est une aubaine ! »

Cette expérience lui a ouvert des

portes : « Je décroche plus facilement

des entretiens. J’ai des pistes pour

retourner en Irlande ou en Angleterre,

mais en contrat cette fois ! »

EURODYSSÉE

Quant à Sihame, 21 ans, de Ris-

Orangis, elle ne trouvait que des

petits boulots avec son BTS d'assistante

trilingue. Comme l’Île-de-

France participe à un programme

avec d’autres régions d’Europe,

Eurodyssée, elle s’inscrit et part

faire un stage en Espagne, dans la

région Castille-Leon, à Valladolid.

« Dans l’agence de voyages, on m’a

laissé beaucoup de responsabilités :

un vrai travail d’employé ! J’ai progressé

en espagnol et j’ai commencé

une autre formation pour être agent

d’escale et travailler dans un aéroport

! » La mobilité séduit donc de

plus en plus de jeunes Franciliens :

l’organisme chargé d’Eurodyssée

reçoit un nombre croissant de

candidatures. Pour Leonardo, le

nombre de bénéficiaires a presque

doublé depuis 2002 ! Tous dispositifs

confondus, on estime à environ

70 % le taux de jeunes qui trouvent

un emploi peu après leur séjour à

l’étranger.

JULIE VÉDIE

HADRESSES

- www.

carif-idf.org

- Apreca : 01

43 44 50 10.

- www.

eurodyssee.

net

- www.

emploiinternational.

org. ou 01 53

02 25 70.

- Dispositif

postapprentissage.

Renseignements

auprès

du CFA

d’origine.

92

BOULOGNE-

BILLANCOURT

RIS-ORANGIS

SAINTE-GENEVIÈVE-DES-BOIS

91

CONTRATS

EUROPÉENS

Plus de

transports

à Hanoi

Hanoi, où la moitié

de la population a

moins de 25 ans, est

une ville qui bouge,

mais que l’asphyxie

menace : au rythme

actuel, le nombre de

voitures sera multiplié

par dix d’ici à 2020 ! La

capitale du Viêtnam

poursuit donc, avec la

Région, la Commission

européenne et

Hanovre, ses efforts

pour développer les

transports publics.

Une centaine de bus

réformés de la RATP,

après les 50 déjà

vendus, devraient

prochainement être

livrés. Grâce au

programme Hanoi Pro

Eco et avec l’Institut

des métiers de la ville,

créé en 2001, des sites

propres sont aménagés

pour les bus, un pôle

d’échanges trains-bus

est réalisé, des

cadres du service

des transports de la

Ville sont formés.

Une étude est lancée

pour l’ouverture en

2010 d’une ligne de

tramway-métro.

Hanoi fait rouler

les bus de la RATP.

© INSTITUT DES MÉTIERS DE LA VILLE

ÎLE-DE-FRANCE | DÉCEMBRE 2005 | Nº 2


© FRANÇOISE LENOBLE

20

AFRIQUE DU SUD

Johannesburg

PLANÈTE

Pretoria

TERRITOIRES | Madagascar |

La Région Île-de-France mène de longue

date un partenariat avec la ville d’Antananarivo

: expertises et formation d’élus et

d’agents municipaux, actions éducatives

et sanitaires. Elle a choisi de relever, avec

les élus de la capitale malgache, un nouveau

défi : celui du plan vert, vecteur de

protection du patrimoine et d’aménagement

urbain paysager du centre-ville.

ENVIRONNEMENT h Près du stade municipal

d’Antananarivo, une quarantaine

d’employés s’affairent. Ils

aménagent le grand parc public et

quelques terrains de sport, ce qui,

pour la capitale de Madagascar,

est beaucoup moins banal qu’il n’y

paraît. D’ailleurs, enfants et lycéens

observent ce manège de près, en

attendant le jour où ils pourront se

ruer sur les terrains. En apparence

mineure, cette action d’urgence,

financée par la Région, montre que

les choses peuvent bouger, qu’il est

possible d’embellir un espace, avec

quelques emplois à la clé. C’est, à

petite échelle, mais de façon visible,

une illustration de ce que pourrait

Des lycéens sud-africains sensibilisés au fléau du sida

Seize lycéens sud-africains, venus des townships de Johannesburg et de Pretoria,

dans la province du Gauteng, ont découvert le centre régional d’information et de

prévention du sida (Crips), à Paris. Ils ont ainsi répondu à l’invitation de l’Île-de-

France qui participe, entre autres, à la lutte contre le sida. Ce virus touche environ

11% de la population en Afrique du Sud. Plusieurs rencontres pédagogiques et

sportives avec de jeunes Franciliens ont été organisées à leur intention.

URBANISME Un partenariat entre la Région et la capitale malgache

Un plan vert pour embellir

et développer Antananarivo

devenir plus largement Antananarivo

une fois que son plan vert d’urbanisme

aura été réalisé.

De la verdure, des arbres, des fleurs,

la capitale n’en manque pourtant

pas sur ses collines, ni de plans

d’eau, de rivières et même de rizières.

Encore faut-il protéger ces espaces

et pas seulement de l’érosion qui

fait des ravages. Protéger du béton

aussi ! Celui des tours et des immeubles

qui, au nom d’un certain développement

économique, poussent

comme des champignons dans les

métropoles du monde. Engagée

dans le programme des Nations

unies de lutte contre la pauvreté,

la Banque mondiale a proposé aux

autorités locales un plan d’urbanisme

afin de densifier le centre

d’Antananarivo et de construire

des tours de bureaux.

Protéger le patrimoine naturel

La région Île-de-France a, pour sa

part, préconisé de réaliser le plan

vert souhaité par le maire, c’està-dire

de faire du centre-ville une

« zone de protection du patrimoine et

d’aménagement urbain paysager ».

Elle inscrit aussi son projet dans

une démarche de développement

durable : verdir la ville donc, mais

aussi œuvrer à son développement

en relançant des activités artisanales.

Ainsi, les arbres à parfum

ylang-ylang, qui seront plantés

pour freiner l’érosion des collines,

produiront des huiles essentielles

indispensables pour la filière

des parfums. L’artisanat de la

marqueterie et de la soie sauvage

« tapia » sera encouragé, ainsi que

le maraîchage, la floriculture et,

bien entendu, le tourisme. Parallèlement,

des actions sont conduites

contre la malnutrition infantile

et pour l’accès de la population à

l’eau. Après les premières études

menées par des consultants, la

phase initiale du diagnostic de la

ville sera présentée en février au

maire et au président de la République

malgache. Une fois lancé, le

plan vert peut, en deux ans, créer

une dynamique profitable au plus

grand nombre et respectueuse des

valeurs malgaches. XAVIER PANON

Avec 3 200 hectares de rivières et des espaces verts en plein centre, la ville offre un patrimoine naturel unique au monde.

H

MADAGASCAR

Superficie :

587000 km 2 .

- Population :

17 millions

d’habitants.

- Espérance

de vie :

54 ans pour

les hommes,

58,5 ans pour

les femmes.

- PNB :

3,8 milliards

de dollars.

ANTANANARIVO

- Capitale de

1,3 million

d’habitants.

- Altitude :

1 250 à 1 470 m.

- Un médecin

pour 2 700

habitants.

- Un instituteur

pour 45 élèves.

CONSEIL

RÉGIONAL

Il a consacré

1 383 907

million d’euros

de 2001

à 2004 à son

partenariat

avec la

communauté

urbaine

d’Antananarivo.

En 2005,

122 000

euros ont été

consacrés

à la mission

de conseil et

d’assistance

technique pour

la mise en place

du plan vert.

La création

d’une pépinière

municipale a

été décidée

(83 000 euros).

CHINE

Les PME

et les PMI

accueillies

à Pékin

Le Pékin olympique se

modernise à vue d’œil.

Les PME et PMI

franciliennes

disposeront

prochainement d’un

lieu d’accueil à Pékin.

Elles y partageront des

services administratifs

et logistiques,

et pourront alors

consacrer tout leur

temps et leur énergie à

l’essentiel, la conquête

de marchés. Un service

juridique leur sera

également proposé

pour assurer la sécurité

de leurs échanges.

L’ouverture de cet

espace est l’un des

résultats de l’accord de

coopération récemment

conclu dans la capitale

chinoise entre le

président du conseil

régional, Jean-Paul

Huchon, et le maire

de Pékin.

Tout en poursuivant

ses actions pour

la qualité de l’air,

la Région réfléchit

également au

développement des

transports publics

dans cette ville de

14 millions d’habitants,

où 1 000 voitures

supplémentaires

arrivent chaque jour !

Avec une présence

accrue à Pékin, l’Île-de-

France espère rayonner

dans le reste du pays et

convaincre les Chinois

de venir, en touristes,

découvrir ses charmes

et le « chic de Paris ».

© IAN TEH © SOPHIE CHIVET

ÎLE-DE-FRANCE | DÉCEMBRE 2005 | Nº 2


PLANÈTE 21

Village de femmes près de Dakar

À 15 km de Dakar, dans la communauté rurale de Sangalcam,

le village des femmes a été créé pour accueillir les Sénégalaises

isolées qui souhaiteraient venir de France avec ou sans enfants.

Ce projet associatif, accompagné par la Région, offre aussi

des services de restauration, de garderie et de bibliothèque,

et des activités de jardinage, de teinturerie et de couture.

BOBIGNY

92

BOULOGNE-

BILLANCOURT

93

MONTREUIL

EUROPE | Régions | Débat |

La bataille des fonds

européens

Grâce à une participation

européenne de 10 millions

d’euros venant s’ajouter aux

autres financements comme

celui de la Région, le campus

des métiers de Bobigny devrait

voir le jour. Un exemple de

l’aide apportée depuis 2000

en Île-de-France par les

fonds structurels européens.

Bon nombre de zones

urbaines en grande difficulté,

d’associations et d’entreprises

en ont ainsi bénéficié. Mais

une menace réelle pèse sur

cette manne. Si le budget

2007-2013 de l’Europe

n’augmente pas, cela signifiera

qu’après l’élargissement de

l’Union à 25 un plus grand

nombre de pays devra se

partager le même « gâteau » !

Avec un double risque : que la

politique régionale de l’Europe

soit en partie sacrifiée et

qu’en France même les fonds

européens soient utilisés à

d’autres fins. L’Île-de-France

se bat donc pour que ces fonds

européens soient maintenus

et qu’elle assure la maîtrise

de ces financements.

UN FRANCILIEN À L'ÉTRANGER

| |

BEYROUTH

« Le Liban, c’est le royaume

de la débrouille »

Diplômé d’une école supérieure

de commerce, Fabien Escallier

vit à Beyrouth. Marié à une Libanaise,

il y est coopérant au titre

de l’Association française des

volontaires du progrès (AFVP).

IDF : Qu’est-ce qui vous a surpris

au Liban ?

F. ESCALLIER : Un côté un peu

anarchique, et pas seulement

sur les routes ! C’est le royaume

de la débrouille, entre les coupures

quotidiennes d’eau et

d’électricité. Le choc aussi de

voir des gens très riches à côté

de camps où règne la misère.

Et puis on a du mal à imaginer

sur un si petit territoire, tant

de religions, de communautés,

de codes vestimentaires

différents.

© DR

Fabien Escallier, 29 ans, est

coopérant depuis trois ans.

IDF : Est-ce que l’Île-de-France est

connue en tant que telle ?

F. ESCALLIER : Pas vraiment,

même si de nombreux Libanais

ont un parent dans la

région. C’est Paris qui attire.

Moi, j’ignorais tout du Liban,

alors que les Libanais connaissent

bien notre pays. Ils se sentent

proches de nous. En tant

que Français, on est très bien

accueilli partout où l’on va.

IDF : Quels aspects de Paris et de

l’Île-de-France attirent ou étonnent

les Libanais ?

F. ESCALLIER : Ils nous voient parfois

comme des gens individualistes,

qui n’auraient pas

le même sens de la famille

qu’eux. Mais ce sont des a priori

qu’ils corrigent ensuite. En fait,

les Libanais sont surtout très

sensibles au chic parisien sous

toutes ses formes, ainsi qu’aux

monuments prestigieux.

H

FORUM

FRANCO-

QUÉBÉCOIS

Le récent

forum francoquébécois

qui

s’est tenu au

conseil régional

a témoigné

d’une volonté

commune

en faveur de

l’innovation et

de la recherche.

Des équipes

conjointes vont

également

réfléchir

aux moyens

d’assurer une

meilleure

valorisation de

cette recherche

en soutenant

les organismes

compétents, et

en examinant

les méthodes

et les outils

qui ont fait la

preuve de leur

efficacité.

SEMAINE

DE L’ENSEI-

GNEMENT

SUPÉRIEUR

AU BRÉSIL

Plusieurs

milliers

d’étudiants

de São Paulo

ont découvert

récemment

la richesse

de la formation

supérieure

francilienne

en visitant

les stands de

18 universités

regroupées sous

la bannière de

l’Île-de-France

dans le cadre de

la Semaine de

l’enseignement

supérieur au

Brésil. Les

contacts noués

au niveau

fédéral et avec

les États de

São Paulo et de

Rio de Janeiro

permettront

d’accroître la

coopération

scientifique et

les échanges.

© SOPHIE CHIVET

UNE ÉTRANGÈRE EN ÎLE-DE-FRANCE

|

MONTREUIL

« Ici, j’aime le brassage

des cultures »

En 2000, Kady Diarra est sortie première

de sa promotion de l’Institut national des

arts de Bamako, au Mali. Depuis, la jeune

comédienne, installée à Montreuil, veut

faire carrière en France.

IDF : Qu’est-ce qui vous a le plus étonnée

en arrivant en Île-de-France ?

K. DIARRA : Au début, j’étais surprise

que les gens ne se disent pas bonjour

dans la rue, même les Maliens qui

sont nombreux à Montreuil ! Maintenant,

c’est différent, je connais tout

le monde, alors on se salue. Ce qui

m’a étonnée, c’est que les hommes

ici fassent la vaisselle ! Au Mali, c’est

inimaginable ! En tant que femme, je

sais qu’ici je peux m’exprimer. Alors

je pense avoir davantage de chances

de m’en sortir.

IDF : Vivre ici, qu’est-ce que cela vous

apporte ?

K. DIARRA : Beaucoup de rencontres

professionnelles et de découvertes :

des metteurs en scène, mais aussi

des livres d’auteurs maliens dont

Kady Diarra, 28 ans, comédienne,

vit en France depuis cinq ans.

je n’avais jamais entendu parler !

Cela peut sembler surprenant, mais

j’ai l’impression d’avoir davantage

accès à ma propre culture à Montreuil

qu’au Mali : j’ai participé à la

semaine culturelle organisée par

la commune, et on a fêté l’indépendance

du Mali le 22 septembre

avec des associations de Maliens

de Montreuil... J’ai plusieurs projets

avec la ville qui offre beaucoup

d’opportunités aux Africains qui

veulent faire des choses !

IDF : Qu’est-ce qui vous manque le plus

du Mali ?

K. DIARRA : Mes enfants et ma famille !

Dès que je peux, je rentre les voir.

Sinon, c’est tout bête, mais la

lumière de la lune et des étoiles me

manque plus que celle du soleil ! Au

Mali, si on perd quelque chose une

nuit de pleine lune, on le retrouve

instantanément ! Par contre, au

niveau alimentaire, je trouve ici

très facilement de quoi me préparer

des menus 100 % maliens ! Cela

fait plaisir...

IDF : Comment ressentez-vous

les Franciliens ?

K. DIARRA : Vous êtes toujours tellement

pressés que vous ne prenez

pas le temps de voir vos amis. Ici,

on peut habiter à quelques stations

de métro d’écart et ne pas se voir

pendant des mois ! Ce que j’aime,

en tout cas, c’est le brassage des cultures

: le Francilien est de toutes les

couleurs, même si ça ne plaît pas à

tout le monde. Mais quand on vit

les uns à côté des autres, l’essentiel,

c’est le respect.

J’ai l’impression d’avoir

davantage accès à ma propre

culture ici qu’au Mali. »

ÎLE-DE-FRANCE | DÉCEMBRE 2005 | Nº 2


22 TRIBUNE

PS | JEAN-PAUL PLANCHOU

Plus que jamais,

priorité au social

VERTS | JEAN-VINCENT PLACÉ

Exigeons un vrai plan

antipollution

Un constat, d’abord :

c’est dans notre

région qu’ont

éclaté les violences

urbaines

avant de s’étendre

à la province.

Preuve que l’Ilede-France

est

PS | 65 MEMBRES une région où

s’accumulent

Jean-Paul Planchou

des inégalités

sociales criantes et des

disparités territoriales

aiguës.

C’était, hélas, le diagnostic

que nous avions

établi lors de la dernière

campagne des Régionales,

au cours de laquelle

la priorité de nos engagements

se focalisait

sur l’égalité dans les

transports, l’accès à

l’emploi, à la formation,

au logement, aux services

publics franciliens,

etc...

Car, cette révolte ne

révèle pas un problème

de banlieues considérées

en tant que telles ; elle témoigne

primordialement de la crise

sociale qui s’approfondit à travers

tout le pays, et dont ces territoires

attestent les stigmates les plus

graves.

Jean-Paul Huchon a d’ailleurs

manifesté l’intention d’une aide

d’urgence du conseil régional en

faveur des collectivités locales

et des particuliers victimes des

violences.

Mais notre rôle est essentiellement

de nous porter vers le long

terme : oui, il faut courageusement

intensifier toutes les politiques

régionales qui créent du lien

social : soutenir les jeunes avant

qu’ils ne décrochent de l’institution

scolaire (voire de la société) ;

promouvoir les aides à la police de

proximité à condition que l’Etat

ne les néglige pas impunément

comme il le fait depuis deux ans ;

élargir les possibilités offertes à

chacun de se former, d’accéder à

l’emploi, de se loger décemment,

bref donner toutes ses chances à la

© CONSEIL RÉGIONAL/DR

« Ce n’est pas

en maniant

uniquement

le bâton de la

répression ou

en menaçant

de supprimer

les allocations

familiales,

vieux dada éculé

de la droite,

que nos villes

retrouveront

la paix, et nos

jeunes leur

dignité. »

© CONSEIL RÉGIONAL/DR

mixité sociale. Tels sont les termes

exigeants d’une ambition à la hauteur

des attentes et des défis.

Nos quartiers populaires ont

besoin d’un investissement massif

de la puissance publique à tous les

niveaux, national, régional, départemental

et local.

Ce n’est pas en maniant uniquement

le bâton de la répression ou

en menaçant de supprimer les

allocations familiales, vieux dada

éculé de la droite, que

nos villes retrouveront

la paix, et nos jeunes

leur dignité.

Tout au contraire, la

cohésion républicaine

impose une volonté

particulière de lutte

contre la précarité.

Le budget régional

qui y est consacré a

d’ailleurs connu une

augmentation de

150 %. Poursuivons

l’effort.

MRC | RACHID ADDA

Osons la banlieue !

Le groupe MRC a proposé à l’assemblée un

vœu visant à transférer en banlieue le

siège de la Région Île-de-France. Un site

unique, aux mètres carrés plus abordables,

faciliterait le fonctionnement de

l’institution et offrirait de meilleures

conditions de travail aux agents et aux

élus actuellement à l’étroit. Un aménagement

plus

MRC | 7 MEMBRES solidaire de la

Région est au

Rachid Adda

cœur des politiques

de rééquilibrage territorial de

la gauche. Transférer le siège régional

hors des beaux quartiers réaffirmerait

cette volonté. L’implantation d’un

établissement aussi prestigieux dans

un territoire défavorisé permettrait

sa forte valorisation. Le MRC persévérera pour convaincre

ses partenaires de la majorité de la pertinence d’une implantation

au-delà du périphérique qui, en outre, enracinerait

l’idée que « l’agglomération, c’est la Région ».

© CONSEIL RÉGIONAL/DR

Le Plan de protection

pour l’atmosphère

(PPA), ou « comment

retrouver

un air sain en Îlede-France

», a été

élaboré par l’État

et soumis à une

enquête publique.

Le conseil

VERTS | 28 MEMBRES

régional, la Ville

Jean-Vincent Placé

de Paris et trois

autres départements ont donné des

avis défavorables à ce texte qui ne

répond en rien aux enjeux, notamment

en matière de santé publique. Sur la

circulation routière, première

responsable de la

pollution de l’air, l’effet du

PPA sera quasiment nul.

Des mesures sont réservées

à des circonstances si

exceptionnelles… qu’elles

ne se sont jamais produites en Île-de-

France ! Donc, aucun geste fort pour

les bébés frappés de bronchiolite ou

les décès prématurés des personnes

âgées. La mesure la plus sérieuse de

l’ancien plan, concernant les chaudières

bas-Nox, perd de sa substance :

« Sortir le

conseil régional

des beaux

quartiers

réaffirmerait

notre volonté

de rééquilibrage

territorial. »

© CONSEIL RÉGIONAL/DR

« PPA ? Pas de

Progrès pour

l’Atmosphère ! »

plus d’obligation d’installer des chaudières

performantes pour les petites

installations. Le PPA fait l’impasse

sur le trafic aérien et ne propose pas

d’articulation cohérente avec les

objectifs de réduction des gaz à effet

de serre. Aucune mesure non plus

contre la pollution par les particules,

dont les effets cancérigènes reconnus

font l’objet d’un durcissement incessant

des normes européennes. Dans

le même temps, le gouvernement

ajourne la mise en chantier de projets

d’infrastructures pour les transports

en commun pourtant prévus au

contrat de plan avec la Région, baisse

les budgets de l’Ademe

(Agence pour la défense

de l’environnement et la

maîtrise des énergies)…

et continue de donner la

priorité à la route ! Les

Verts réclament de véritables

mesures pour lutter contre la

pollution atmosphérique et améliorer

la qualité de vie des Franciliennes et

des Franciliens. L’actualité des Verts :

www.verts-regionidf.net, abonnement

gratuit à l’Écorégion, notre

journal, au 01 53 85 69 71.

PRG | ÉLISABETH BOYER

Transports humanisés

PRG | 6 MEMBRES aussi le confort

des usagers :

Élisabeth Boyer

les radicaux

proposent des abris aménagés,

chauffés, reliés à des radios d’information

et de musique. Les problèmes

de sécurité sont importants,

car ils menacent la liberté d’aller

et venir des individus. Ils ont aussi

Dans certains RER, trains ou gares, les

usagers ne se sentent pas assez en sécurité.

Pour que les Franciliens soient

encouragés à emprunter les transports

en commun, la Région doit investir dans

un programme de sécurité maximale :

vidéosurveillance embarquée et sur les

quais, avec une présence humaine renforcée.

Importe

« Les radicaux

veulent des

transports sûrs

pour un cadre

de vie plus

écologique et

plus humain. »

pour conséquence très négative d’aller contre les efforts de

la Région pour réduire la circulation et les pollutions qu’elle

provoque. Les radicaux veulent des transports sûrs pour

un cadre de vie plus écologique et plus humain.

ÎLE-DE-FRANCE | DÉCEMBRE 2005 | Nº 2


Le transfert de la gestion des transports

à la Région et aux départements

d’Île-de-France constitue

une véritable révolution.

Au début du xx e siècle, nos

arrière-grands-parents ont construit

un réseau de métro de 90 km

en quinze ans. Nous devons faire

aussi bien au début du xxi e siècle

: réaliser plus de 100 km de

CACR | 24 MEMBRES

réseau souterrain, une rocade de

Gabriel Massou

métro rapide en petite couronne,

des tangentielles ferrées en grande couronne, des

prolongements de lignes de métro pour relier ces

grandes rocades. Un chantier de plus de 15 milliards

d’euros. Au xxi e siècle, la mobilité est un droit.

Il faut des choix clairs :

• la gratuité pour tous les chômeurs et les personnes

© CONSEIL RÉGIONAL/DR

© CONSEIL RÉGIONAL/DR

© CONSEIL RÉGIONAL/DR

COMMUNISTE, ALTERNATIVE CITOYENNE ET RÉPUBLICAIN | GABRIEL MASSOU

Des transports pour tous !

UDF | BERNARD LEHIDEUX

20 000 places de crèche

UDF | 25 MEMBRES

Bernard Lehideux

Le groupe UDF, malgré l’opposition

du PS et du PC et grâce au soutien

des Verts, a fait adopter un plan

particulièrement

ambitieux visant à

créer 20 000 places

de crèche en Île-de-

France en cinq ans.

Celui-ci devrait permettre

de répondre

au problème de l’accueil

de l’enfant de

moins de trois ans en structures collectives

de garde, qui reste un problème crucial pour des

dizaines de milliers de familles franciliennes.

Ce plan s’appuie sur les points suivants :

• une accélération des formations aux métiers de la

petite enfance ;

• une aide massive à l’investissement, à hauteur de 40 %

maximum et un plafond de 5 000 euros par place créée

ayant des ressources inférieures au Smic, et une carte

orange à zone unique à 46 euros pour l’Île-de-France ;

• un réseau de transports moderne offrant une

véritable alternative à l’automobile : tout de suite

plus de bus, de trains, de

métros, de tramways, en

journée, en soirée et pendant

les week-ends sur les

lignes existantes, avec une

priorité aux territoires mal

desservis, un programme

de rénovation des lignes

de RER et de train et le

lancement d’un grand

FN | MARINE LE PEN

Halte à la guérilla urbaine !

FN | 15 MEMBRES

Marine Le Pen

« Malgré

l’opposition

du PS et du PC,

l’Île-de-France

va créer

20 000 places

de crèche

en cinq ans. »

programme d’investissements pour de nouvelles

lignes en banlieue. Voilà les priorités que les élus

de notre groupe défendent au conseil régional et au

Syndicat des transports d’Île-de-France.

(7 500 euros pour l’accueil des enfants handicapés, les

projets intercommunaux, en zones rurales, ou bien

encore ceux prévoyant des horaires atypiques) ;

• la réalisation immédiate d’une étude

d’opportunité et de faisabilité de « crèches

régionales » situées près des principaux

nœuds de transports franciliens ;

• la définition, dans le cadre de la mise

en œuvre de la PSU (prestation de service

unique), d’une aide au démarrage

en fonctionnement pour les nouveaux

projets.

Tournée en priorité vers la satisfaction des

besoins de garde des familles à revenus modestes et

moyens, cette nouvelle politique doit aussi être l’occasion

de revaloriser l’ensemble de la filière des métiers

de la petite enfance. À terme, des milliers d’emplois

nouveaux seront créés.

• udfidf@wanadoo.fr

• http://udf-iledefrance.hautetfort.com

Le FN dénonce depuis des années les millions d’euros payés par les contribuables franciliens

pour la gestion des zones de non-droit, pudiquement appelée « politique de

la ville ». Cette hérésie, dada de la gauche toujours soutenu par l’UMP et l’UDF, a

pourtant démontré sa totale inefficacité : hausse du chômage, de l’analphabétisme,

de la violence, etc.

Les récentes guérillas urbaines en Île-de-France démontrent

qu’on n’achète pas la paix civile à coups de millions et que

les habitants vont payer cher la folle politique d’immigration

menée par les gouvernements successifs.

Le FN tient à apporter son soutien total aux victimes des dégradations,

des violences et de la peur quotidienne, qu’on ne

résoudra jamais avec des annonces médiatiques.

« Des tarifs à la

portée de tous

et un réseau

de transports

moderne offrant

une véritable

alternative à

l’automobile. »

« Les habitants

vont payer cher

la folle politique

d’immigration

menée par les

gouvernements

successifs. »

© CONSEIL RÉGIONAL/DR

TRIBUNE 23

UMP | ROGER KAROUTCHI

La gauche gaspille

vos impôts

Après une augmentation de 24 %

des impôts régionaux en 2005,

la gauche s’apprête encore à

augmenter les impôts en 2006…

Il faut dire qu’en ayant triplé les

dépenses de communication

depuis sept ans (18 millions

d’euros en 2006), en ayant fait

exploser les dépenses de fonctionnement

(nouveaux locaux à

UMP | 39 MEMBRES

prix d’or, frais de réception…),

Roger Karoutchi

en ayant financé le festival off

des musiques nomades de Nouakchott et un musée

Salvador-Allende au Chili ; ce n’est pas le choix

de l’investissement productif créateur d’emplois

qui a été opéré. À la demande de l’UMP régionale,

le gouvernement agit positivement et prend en

charge 400 millions d’euros de renouvellement

des trains, métros et bus,

finance le service de nuit

et de sécurité dans les

transports, établit un

service garanti qui permit

d’éviter la paralysie

de notre Région lors de la

grève du 4 octobre.

En 2006, l’État met trois

fois plus de crédits qu’en

2005 pour les prolongations

de lignes de métro,

la rénovation de gares

« Le gouvernement

agit positivement

et prend

en charge

400 millions

d'euros de

renouvellement

des trains,

métros et bus. »

comme celle de Nanterre Université, l’amélioration

de la ligne B du RER.

À gauche, beaucoup de démagogie et d’effets d’annonce

à vos frais. À l’UMP, la volonté d’améliorer

la vie quotidienne du plus grand nombre. Ainsi,

nous proposons la création d’une carte orange

unique à 50 euros, l’extension de l’accessibilité

des handicapés et le renforcement de la police

régionale des transports. La Région doit se concentrer

sur ses missions essentielles comme les

transports publics, l’enseignement, et rattraper

le retard pris dans la rénovation des lycées, aider

les étudiants dans leur vie, leurs problèmes de

logement. L’UMP veut une gestion rigoureuse

de l’argent des contribuables et des actions concrètes,

comme notamment la création du Plan

régional de formation des lycéens aux gestes de

premiers secours. Les jeunes pourront ainsi être

en mesure de sauver des vies. Si seulement 20 %

des Français (au lieu des 5 % actuels) étaient formés,

10 000 vies seraient sauvées par an. Les élus

UMP n’ont pas hésité à reprendre cette bonne

idée du conseil régional des jeunes UMP (www.

jump-idf.org) animé par David Xavier Weiss et

Sébastien Ménard.

Une excellente façon de prouver aux jeunes générations

que l’engagement politique peut avoir

des conséquences concrètes. Entre la gauche

qui dépense vos impôts et nous, il y a une vraie

opposition !

Soutenez-nous : 01 53 85 68 05. www.ump-idf.org

57, rue de Babylone, 75007 Paris.

ÎLE-DE-FRANCE | DÉCEMBRE 2005 | Nº 2


DERRIÈRE VOTRE EMPLOI,

IL Y A TOUTE UNE RÉGION.

Entreprises, associations, organismes de formation et d’éducation,

lycées, instituts de recherche… Leur dynamisme crée activités et

emplois en Île-de-France. Ces acteurs de l’économie savent aussi

qu’ils peuvent compter sur la Région pour rassembler les énergies,

orchestrer l’action collective

et financer les initiatives. Le

conseil régional favorise la

formation professionnelle,

développe l’apprentissage,

lance les emplois-tremplin,

soutient la création des PME, aide l’innovation, participe à la

construction des pôles de compétitivité. Derrière cet élan et cette

volonté de construire ensemble l'avenir de l’Île-de-France, il y a

bien toute une région.

L'EMPLOI, LA RÉGION Y TRAVAILLE

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