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Zibeline n°35 en PDF

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35<br />

Du 17/11/10 au 15/12/10|un gratuit qui se lit<br />

La création<br />

<strong>en</strong> danger


Evénem<strong>en</strong>ts<br />

Les R<strong>en</strong>contres d’Averroès 4, 5<br />

La déc<strong>en</strong>tralisation, r<strong>en</strong>contre avec Hubert Colas 6,7<br />

R<strong>en</strong>contre avec Véronique G<strong>en</strong>s, Musée Cantini 8<br />

Ensemble Télémaque 9<br />

Le BNM, l’ENSDM 10, 11<br />

Théâtre<br />

L<strong>en</strong>che, Point de Bascule, Bernardines 12<br />

Merlan, Criée, Cie L’Individu 13<br />

Minoterie, Bancs publics,<br />

Gymnase, C<strong>en</strong>taure, Vitez 14, 15<br />

Avignon, Port-de-Bouc, Nîmes 16, 17<br />

Au programme 18 à 22<br />

Danse<br />

Ballet d’Europe, Istres 23<br />

GTP, Pavillon Noir 24<br />

Château-Arnoux, Dansem 25<br />

Au programme 26 à 28<br />

Arts de la rue/Cirque<br />

Port-Saint-Louis, Arles, Lieux Publics,<br />

Draguignan, Gap, Toursky, Istres 30, 31<br />

Musique<br />

Au programme 32 à 34<br />

GTP, Quatuors, Solistes 36 à 39<br />

Opéra de Marseille, de Toulon, lyrique 40,41<br />

Contemporaine, Actuelles, Jazz 42, 43, 44<br />

Au programme 45<br />

Jeunesse<br />

Evénem<strong>en</strong>ts 46, 47<br />

Droits des <strong>en</strong>fants, Festival de l’imaginaire 50<br />

Au programme 52, 53<br />

Sainte Maxime, Massalia, Momaix, Toulon 54, 55<br />

GTP, Fos, Aubagne, Avignon, Pays d’Aix 56<br />

Livres, disques 57, 58<br />

Cinéma<br />

Montpellier, Image de Ville, Région 59<br />

Apt, Gardanne, l Tous Courts 60<br />

AFLAM, Prix CMCA, CineHorizontes 61<br />

R<strong>en</strong>dez-vous d’Annie, semaine asymétrique 62, 63<br />

Arts visuels<br />

Au programme 64, 65<br />

Nouveaux lieux à Marseille 66<br />

Art-Cade, Ateliers de Visu 67<br />

Musée Ziem, Instants vidéos 68<br />

Toulon, Marseille, Trans-<strong>en</strong>-Prov<strong>en</strong>ce 69<br />

Livres<br />

R<strong>en</strong>contres 70 à 73<br />

Littérature, arts 74 à 83<br />

Histoire<br />

C<strong>en</strong>tre Aixois des Archives départem<strong>en</strong>tales 84<br />

Orange, Arles 85<br />

Les Mardis du MuCEM 86, 87<br />

Philosophie<br />

Echanges et diffusion des savoirs, UPR 88, 89<br />

Techniques et Sci<strong>en</strong>ces<br />

Le laser, Au programme 90, 91<br />

R<strong>en</strong>contres 92, 93<br />

Adhér<strong>en</strong>ts 94<br />

L’ère du mépris<br />

Les prestidigitateurs attir<strong>en</strong>t le regard ailleurs pour escamoter à<br />

leur aise. Le remaniem<strong>en</strong>t ministériel est un tour de passe-passe<br />

qui ne changera ri<strong>en</strong> à la politique qui fait tant souffrir les<br />

Français. Si, il la durcira, l’épuration RPR étant c<strong>en</strong>sée nous faire<br />

avaler de force la réforme des retraites, et toutes les mesures<br />

qui altèr<strong>en</strong>t le tissu social dans un pays riche. Passe-passe,<br />

passera. La réforme est votée, désespérant un peu plus ceux qui<br />

viv<strong>en</strong>t de leur travail et voi<strong>en</strong>t leur quotidi<strong>en</strong> s’assombrir aussi<br />

vite que leurs horizons. Et d’autres lois, plus insidieuses, pass<strong>en</strong>t<br />

inaperçues, témoins d’un mépris général <strong>en</strong>vers les citoy<strong>en</strong>s<br />

administrés : réforme des collectivités territoriales, votée, fin<br />

des emplois aidés, voté, fin de l’ISF, voté…<br />

Et la culture ? Frédéric Mitterrand reste, on s’<strong>en</strong> doutait. Le tour<br />

de passe-passe de son Ministère est plus sidérant <strong>en</strong>core : après<br />

avoir appauvri les structures culturelles, les collectivités qui les<br />

financ<strong>en</strong>t et les artistes qui les font vivre, le Ministère prét<strong>en</strong>d<br />

que les institutions sont peuplées d’intellectuels élitistes qui<br />

refus<strong>en</strong>t de partager la culture avec le peuple. Mitterrand, celui<br />

qui, des paillettes dans les yeux, mythifia les stars et les princesses,<br />

nous parle maint<strong>en</strong>ant sans rire d’échec de la démocratisation<br />

culturelle ? Coupe les crédits de la création ?<br />

Un rapport programmatique du Ministère, intitulé La culture pour<br />

chacun, désigne clairem<strong>en</strong>t l’<strong>en</strong>nemi : «Le véritable obstacle à une<br />

politique de démocratisation culturelle c’est la culture elle-même.»<br />

Son auteur réfute l’ambition d’«adhérer à un cons<strong>en</strong>sus intellectuel»<br />

(la culture pour tous) et veut «inclure les cultures populaires<br />

pour lutter contre les antagonismes religieux et communautaires.»<br />

Est-ce à dire que les Musulmans ne peuv<strong>en</strong>t produire que de la<br />

culture populaire ? Qu’ils n’ont pas d’intellectuels ? Et qu’<strong>en</strong>t<strong>en</strong>d-il<br />

par populaire, lorsqu’il veut nommer dans les instances décisionnelles<br />

«des personnalités de premier plan ayant un fort pot<strong>en</strong>tiel<br />

médiatique» ? Le foot ? le luxe ? les people ? les blockbusters ? Les<br />

banlieues ne lis<strong>en</strong>t pas plus Kateb Yacine que Flaubert !<br />

Ça passera ? Le monde culturel subit la dégradation sociale<br />

générale, souffre des attaques contre l’économie associative<br />

augm<strong>en</strong>tées des agressions spécifiques contre les intellectuels et<br />

les artistes, et du mépris affiché des œuvres de l’esprit. Il n’est<br />

pas sûr qu’il s’<strong>en</strong> relève un jour, et l’auteur du rapport est<br />

consci<strong>en</strong>t de lancer «un plan qui installe les conditions d’une<br />

possible irréversibilité».<br />

Froid dans le dos ?<br />

AGNÈS FRESCHEL<br />

RetrouveZ nos éditions précéd<strong>en</strong>tes<br />

sur www.journalzibeline.fr


04<br />

ÉVÉNEMENTS<br />

RENCONTRES D’AVERROÈS<br />

Sous le signe d’Averroès s’installe et les Tables Rondes s’annonc<strong>en</strong>t<br />

Averroès écolo ?<br />

Voilà que les Tables Rondes des 17 e R<strong>en</strong>contres surpr<strong>en</strong>n<strong>en</strong>t<br />

! Tournant habituellem<strong>en</strong>t autour de questions<br />

historiques, politiques, économiques, philosophiques,<br />

voire religieuses ou esthétiques, elles n’ont jamais<br />

emprunté le début même de cette voie-là. Rarem<strong>en</strong>t<br />

évoquée la mer, peu abordées les sci<strong>en</strong>ces et techniques,<br />

jamais la pollution, la protection, l’agriculture…<br />

Est-ce que, au-delà des <strong>en</strong>jeux politici<strong>en</strong>s, l’écologie<br />

serait réellem<strong>en</strong>t dev<strong>en</strong>ue une politique, c’est-à-dire<br />

une manière d’<strong>en</strong>visager l’organisation des rapports<br />

sociaux de la cité future ?<br />

La liste des invités promet évidemm<strong>en</strong>t des débats qui<br />

se ti<strong>en</strong>dront loin des platitudes «<strong>en</strong>vironnem<strong>en</strong>tales»<br />

habituelles produites par la société de consommation<br />

et ses divers «Gr<strong>en</strong>elle» : l’homme ne vit pas dans un<br />

«<strong>en</strong>vironnem<strong>en</strong>t», il <strong>en</strong> fait partie, <strong>en</strong> dép<strong>en</strong>d et le détermine.<br />

Il s’agira donc d’élargir l’horizon commun,<br />

avec Nicole Petit-Marie, paléo-climatologue, Jean-<br />

Christophe Victor géographe concepteur des quelques<br />

minutes de télé les plus intellig<strong>en</strong>tes du PAF (Le<br />

dessous des cartes, Arte), Jean Pierre Dupuy, philosophe<br />

qui p<strong>en</strong>se la catastrophe pour qu’elle n’advi<strong>en</strong>ne<br />

pas, et de nombreux témoins d’expéri<strong>en</strong>ces particulières<br />

éclairantes : Andrea Ferrante, agrobiologiste<br />

itali<strong>en</strong>, le navigateur Titouan Lamazou, le présid<strong>en</strong>t<br />

de Slow Food Piero Sardo, Mohamed El Faiz un<br />

histori<strong>en</strong> de l’agronomie et des jardins arabes, H<strong>en</strong>ri<br />

Luc Thibault, directeur du Plan Bleu des Nations<br />

Unies... Pour p<strong>en</strong>ser successivem<strong>en</strong>t La Mer, La Terre,<br />

et L’Av<strong>en</strong>ir, les 26 et 27 nov, au Palais des Congrès.<br />

Sous le signe persistant<br />

Sous le signe d’Averroès continue jusqu’aux Tables rondes, et au-delà … Avec la Cie Mal Pelo aux Bernardines<br />

(voir p 25), une r<strong>en</strong>contre à Aubagne <strong>en</strong>tre Thierry Fabre et Elias Khoury, parrain de la Fête du livre de Toulon<br />

(voir p 70), des r<strong>en</strong>contres littéraires, du théâtre <strong>en</strong> arabe, une création de Dris Ksikes à la Minoterie (voir p18),<br />

une évocation de Levi-Strauss, des projections… et le concert de clôture à l’Espace Juli<strong>en</strong> (voir p 45). Parce<br />

que, pour les organisateurs des R<strong>en</strong>contres, p<strong>en</strong>ser la Méditerranée passe aussi par l’expéri<strong>en</strong>ce s<strong>en</strong>sible… A.F.<br />

Jusqu’au 19 déc<br />

www.r<strong>en</strong>contresaverroes.com<br />

Rêverie sil<strong>en</strong>cieuse<br />

Alger, Beyrouth, Marseille, Naples…<br />

autant de Paysages s<strong>en</strong>sibles<br />

cartographiés au MuCEM à l’occasion<br />

des 17 e R<strong>en</strong>contres d’Averroès<br />

Tel le prom<strong>en</strong>eur solitaire, contemplatif et philosophe,<br />

on arp<strong>en</strong>te les «chapitres» de l’exposition-parcours <strong>en</strong><br />

laissant notre regard divaguer <strong>en</strong>tre les dessins et les<br />

cartes de Mathias Poisson (matière première du projet<br />

initial), quelques œuvres de la collection du Frac et<br />

des photographies de l’Atelier de l’image. Trois points<br />

de vue révélateurs des différ<strong>en</strong>tes manières d’appréh<strong>en</strong>der<br />

la question du paysage méditerrané<strong>en</strong> contemporain<br />

qui compos<strong>en</strong>t «un bouquet singulier» selon Thierry<br />

Fabre. Quel est le poids de l’histoire ? L’art contemporain<br />

peut-il s’abstraire de cette histoire ? l’exposition<br />

introduit les fondem<strong>en</strong>ts du MuCEM qui dédiera cette<br />

salle d’exposition au XXI e siècle et à la création contemporaine<br />

afin de créer un li<strong>en</strong>, une passerelle, avec le<br />

futur musée ethnographique…<br />

En att<strong>en</strong>dant, Mathias Poisson déti<strong>en</strong>t les clefs de l’exposition,<br />

privilégiant cinq thématiques <strong>en</strong> regard de<br />

son travail plutôt qu’une linéarité géographique. Désirs<br />

d’horizons autour de la figure romantique et toujours<br />

prégnante de la ligne d’horizon ; Visions subjectives<br />

ou comm<strong>en</strong>t les artistes s’appropri<strong>en</strong>t les lieux, les<br />

malax<strong>en</strong>t, les difform<strong>en</strong>t ; Matières de villes dont la<br />

d<strong>en</strong>sité et la topologie sont si viscéralem<strong>en</strong>t désordonnées<br />

(Marseille, Naples…) ; Espaces ouverts aux<br />

hommes qui se les réappropri<strong>en</strong>t dans leur intimité ;<br />

Territoires convulsés habités par d’étranges occupants<br />

(tank, bunker, navire…). Une traversée par temps clair<br />

des œuvres de Traquandi et Bustamante (regards<br />

subtils), Zineb Sedira (au MAC dès le 18 nov), Pauline<br />

Fondevila (évocation post-romantique), J.L. Garnell,<br />

Valérie Jouve ou Ito Barrada (territoires incertains)<br />

et tant d’autres <strong>en</strong>core.<br />

Par bonheur les méandres de la circulation réserv<strong>en</strong>t<br />

des surprises. Bifurcations, retours, surplombs et<br />

échappées belles sont fortem<strong>en</strong>t conseillés pour que<br />

les œuvres dialogu<strong>en</strong>t au-delà des espaces circonscrits,<br />

et que l’esprit réinv<strong>en</strong>te son propre paysage<br />

m<strong>en</strong>tal.<br />

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI<br />

Paysages s<strong>en</strong>sibles<br />

jusqu’au 19 déc<br />

Fort St-Jean (accès par la tour d’Assaut)<br />

04 91 59 06 99<br />

www.mucem.eu<br />

Draquila l'Italie qui tremble © X-D.R<br />

Le<br />

cavaliere de<br />

l’apocalypse<br />

Sabina Guzzanti continue de dénoncer dans un brûlot<br />

féroce, courageux et pugnace, le système Berlusconi.<br />

Dans le docum<strong>en</strong>taire Draquila l’Italie qui tremble, elle<br />

relate avec force témoignages, la gestion de la<br />

reconstruction de l’Aquila, après le séisme du 6 avril<br />

2009. Une catastrophe qui sonne le glas de la dérive<br />

de l’Italie, coincée dans un imbroglio de scandales.<br />

Une ville d’art anéantie (308 morts, 70 000 sans<br />

abris), qui devi<strong>en</strong>t la farce d’El Cavaliere, et lui donne<br />

l’occasion racoleuse de reconstruire son image<br />

«comme si Dieu lui avait t<strong>en</strong>du la main». «L’opération<br />

tremblem<strong>en</strong>t de terre, un triomphe» que la réalisatrice<br />

démonte jusqu’à la révélation, effarante, de la gestion<br />

ultra militarisée de la Protection Civile, «un bras de<br />

l’état» au-dessus des lois, qui aurait pu interv<strong>en</strong>ir<br />

avant le séisme, mais a préféré s’immiscer dans la<br />

reconstruction plutôt que protéger la population.<br />

C<strong>en</strong>sure, manipulation, abs<strong>en</strong>ce d’opposition, un tiers<br />

de la population non relogée, des millions gaspillés<br />

alors que le gouvernem<strong>en</strong>t parle d’une gestion<br />

miraculeuse. Une ville antique sacrifiée à la popularité<br />

populiste d’un homme et un pays qui vit «une<br />

dictature de la merde». Les Abruzzes, c’est pas si loin<br />

de chez nous…<br />

DELPHINE MICHELANGELI<br />

Draquila l’Italie qui tremble<br />

a été projeté à l’Utopia d’Avignon<br />

du 3 au 16 nov<br />

Panorama Naples Marseille Alger © Mathias Poisson


Croisem<strong>en</strong>ts<br />

Dans le cadre des R<strong>en</strong>contres d’Averroès,<br />

les Salins avai<strong>en</strong>t invité Francesco<br />

Tristano, Murcof, Bachar et Rami<br />

Khalifé pour des expérim<strong>en</strong>tations<br />

sonores, des ponts <strong>en</strong>tre classique, jazz,<br />

musique contemporaine, électro, improvisation.<br />

La fugue de Bach sera le point<br />

d’ancrage, symbole des croisem<strong>en</strong>ts de<br />

lignes, interprétation émouvante des<br />

deux claviers <strong>en</strong> écho : Francesco Tristano<br />

et Rami Khalifé, inspirés.<br />

Murcof aux manettes impulsait les<br />

sons synthétiques <strong>en</strong> mariant les<br />

effets, puis laissait au percussionniste-chanteur,<br />

Bachar Khalifé, et aux<br />

pianistes une totale liberté dans des<br />

improvisations, parfois rythmées, mais<br />

qui manquai<strong>en</strong>t d’audaces harmoniques<br />

et mélodiques. Des sons percussifs sur<br />

le piano, <strong>en</strong> hommage à Cage, des<br />

boucles répétitives minimalistes <strong>en</strong><br />

hommage à Reich, la performance dans<br />

une lumière tamisée manquait de corps.<br />

On ne décollait pas vraim<strong>en</strong>t, <strong>en</strong>tre impros<br />

agressives mais conv<strong>en</strong>ues, motifs<br />

aux couleurs impressionnistes, mais<br />

qui restai<strong>en</strong>t sans surprise linéai-res et<br />

binaires. Un imm<strong>en</strong>se cresc<strong>en</strong>do am<strong>en</strong>ait<br />

une lumière plus chaude. L’audace<br />

restait dans Bach et son art de la<br />

fugue !<br />

Un beau thème rythmé, suivait, tango<br />

progressif sur de grandes plages de<br />

cordes et de sons assistés par un sage<br />

Murcof aux commandes numériques<br />

assurant des li<strong>en</strong>s électroniques ess<strong>en</strong>tiels.<br />

Il fallut att<strong>en</strong>dre la Cérémonie<br />

pour la Marche des turcs de Lully pour<br />

se lever un peu d’une écoute polie :<br />

belle adaptation, chaque musici<strong>en</strong> pr<strong>en</strong>ant<br />

le relais, le thème se noyant,<br />

ressurgissant sans cesse dans des<br />

Francesco Tristano © Giraudel<br />

styles divers, colorés par la voix et<br />

deux pianistes au sommet de leur art.<br />

Fugue, relais, passage, héritage, prolongem<strong>en</strong>t,<br />

concert-symbole dans un<br />

bel échange qui manquait quelque<br />

peu… d’écriture ?<br />

YVES BERGÉ<br />

Ce concert a été joué aux Salins,<br />

Martigues, le 10 nov<br />

Un monde fragile<br />

Le 12 nov, à la Maison de la Région, se sont ouverts Les Ecrans d’Averroès, à l’initiative<br />

du CMCA, de l’INA et des R<strong>en</strong>contres d’Averroès : cinq films sur les problèmes<br />

d’<strong>en</strong>vironnem<strong>en</strong>t. C’est le film de Virginie Linhart et d’Alice Le Roy, Ces catastrophes qui<br />

changèr<strong>en</strong>t le monde, qui a été prés<strong>en</strong>té par Alice Le Roy.<br />

Si le thème des r<strong>en</strong>contres d’Averroès<br />

est cette année Méditerranée, un monde<br />

fragile ?, le docum<strong>en</strong>taire, de construction<br />

très classique, est né de l’<strong>en</strong>vie<br />

de raconter l’histoire des luttes écologiques<br />

à l’échelle de la planète.<br />

Le Smog sur Londres, <strong>en</strong> 1952, qui fit<br />

des milliers de victimes, fut la première<br />

alerte écologique ; la pollution<br />

chimique aux USA avec le DDT et la<br />

première loi sur les pesticides dat<strong>en</strong>t<br />

de 1964. Les images d’archives où l’on<br />

voit les g<strong>en</strong>s «vaporisés» avec ce produit<br />

toxique <strong>en</strong> toute inconsci<strong>en</strong>ce<br />

ont fait frémir la salle, tout comme les<br />

images terribles des victimes de la<br />

contamination au mercure de la baie<br />

de Minamata <strong>en</strong> 1956, par l’<strong>en</strong>treprise<br />

chimique Chisso.<br />

La deuxième moitié du XX e siècle a été<br />

ponctuée de catastrophes résultant<br />

d’une course effrénée au développem<strong>en</strong>t<br />

et au profit : naufrages du Torrey<br />

Canyon <strong>en</strong> 1967, de l’Amoco Cadiz <strong>en</strong><br />

1978, de l’Erika <strong>en</strong> 1999 avec leurs<br />

marées noires meurtrières, nuage toxique<br />

à Bhopal qui a fait plus de 25 000<br />

morts dans le c<strong>en</strong>tre de l’Inde <strong>en</strong><br />

1984, explosion nucléaire à Tchernobyl<br />

<strong>en</strong> 1986… Les images d’archives<br />

et les témoignages se succèd<strong>en</strong>t,<br />

faisant froid dans le dos. La voix off<br />

d’Emma de Caunes énumère, comm<strong>en</strong>te,<br />

pointant à la fois les échecs de<br />

gouvernem<strong>en</strong>ts, sommets de Rio, de<br />

Kyoto et les victoires des citoy<strong>en</strong>s qui<br />

lutt<strong>en</strong>t. Le constat est terrible : déforestations<br />

pour exploiter le bois ou<br />

pour cultiver de l’huile de palme, déplacem<strong>en</strong>t<br />

par des multinationales<br />

d’usines polluantes dans des pays du<br />

tiers-monde, réchauffem<strong>en</strong>t climatique<br />

et ses conséqu<strong>en</strong>ces. Si le débat<br />

qui a suivi montre qu’on peut m<strong>en</strong>er<br />

des combats citoy<strong>en</strong>s, comme <strong>en</strong> ont<br />

témoigné Daniel Vuillon, créateur des<br />

AMAP et Michel Partage de l’association<br />

EAU qui œuvre pour la gestion<br />

publique de l’eau, on n’<strong>en</strong> reste pas<br />

moins sous le choc !<br />

A.G.<br />

Vous trouverez d’autres<br />

comptes-r<strong>en</strong>dus des événem<strong>en</strong>ts<br />

placés Sous le signe<br />

d’Averroès dans nos différ<strong>en</strong>tes<br />

rubriques : Dansem p 26,<br />

Festival du film africain d’Apt<br />

p 59, exposition L’autre bord<br />

p 67, Mardi du MuCEM avec<br />

Predrag Matvejevitch p 87.


06 ÉVÉNEMENTS LA DÉCENTRALISATION | RENCONTRE AVEC H.COLAS<br />

Lemarteau,<br />

leclou l’<strong>en</strong>clume<br />

et<br />

Photo Region - JP Garufi<br />

Un débat sur L’av<strong>en</strong>ir de la déc<strong>en</strong>tralisation a eu lieu le 25 oct<br />

à l’Hôtel de Région. Il réunissait, à l’initiative de son Présid<strong>en</strong>t,<br />

trois députés et un professeur de droit public, toutes t<strong>en</strong>dances confondues<br />

«C’est le même marteau qui frappe, mais on <strong>en</strong> a<br />

raccourci le manche.» Ainsi s’exprimait Odilon<br />

Barrot 1 au XIX e siècle à propos de la déconc<strong>en</strong>tration,<br />

citation souv<strong>en</strong>t utilisée pour différ<strong>en</strong>cier<br />

cette dernière de la déc<strong>en</strong>tralisation. Si d’un bond<br />

historique on transpose cette métaphore au contexte<br />

actuel, peut-on conclure que la V e République,<br />

après avoir accordé aux collectivités territoriales une<br />

certaine autonomie dans l’usage de leur marteau,<br />

s’évertue à <strong>en</strong> t<strong>en</strong>ir à nouveau le manche ?<br />

C’est <strong>en</strong> tout cas ce que Michel Vauzelle, Présid<strong>en</strong>t<br />

du Conseil régional PACA, a laissé <strong>en</strong>t<strong>en</strong>dre. Pour<br />

l’élu socialiste, la réforme des collectivités prévue<br />

par le gouvernem<strong>en</strong>t est une manœuvre du Présid<strong>en</strong>t<br />

Sarkozy qui souhaite «aspirer le pouvoir à<br />

l’Elysée» et «émietter celui des échelons territoriaux»<br />

trop ori<strong>en</strong>tés à gauche à son goût.<br />

Rappelons qu’<strong>en</strong> France, depuis les lois de déc<strong>en</strong>tralisation<br />

portées par Gaston Defferre <strong>en</strong> 1982, le<br />

Conseil régional est élu au suffrage universel, et<br />

dégagé de la tutelle du Préfet : ledit Préfet étant<br />

pour sa part un fonctionnaire déconc<strong>en</strong>tré, c’est-àdire<br />

celui qui ti<strong>en</strong>t le marteau raccourci de l’État.<br />

Différ<strong>en</strong>ce cruciale qui permet de saisir les <strong>en</strong>jeux<br />

de cette réforme controversée, votée par l’Assemblée<br />

nationale le 3 novembre, mais dont les mesures<br />

phares sur les Conseillers Territoriaux avai<strong>en</strong>t été<br />

rejetées par le Sénat <strong>en</strong> juillet. La réforme, adoptée<br />

après des remous au sein de l’UMP, doit être<br />

réexaminée pour qu’une commission paritaire<br />

Assemblée-Sénat établisse un texte commun, ce<br />

qui promet d’être complexe…<br />

Question de proximité<br />

La déc<strong>en</strong>tralisation a été dès son origine porteuse<br />

de grands espoirs, les lois Defferre étant relatives<br />

aux «droits et libertés des Communes, Départem<strong>en</strong>t<br />

et Régions 2 ». Elles ont été p<strong>en</strong>sées pour donner aux<br />

collectivités territoriales les moy<strong>en</strong>s d’exercer une<br />

démocratie au plus près des citoy<strong>en</strong>s, et de m<strong>en</strong>er<br />

notamm<strong>en</strong>t une politique culturelle autonome.<br />

Les promoteurs de la réforme actuelle, représ<strong>en</strong>tés<br />

lors du débat par Michel Piron, député UMP, reproch<strong>en</strong>t<br />

principalem<strong>en</strong>t à cet échelonnem<strong>en</strong>t des<br />

compét<strong>en</strong>ces d’être une usine à gaz, coûteuse et<br />

redondante. Ils propos<strong>en</strong>t de regrouper les conseillers<br />

départem<strong>en</strong>taux et régionaux au sein d’une<br />

même structure, sorte d’hydre à deux têtes, <strong>en</strong> supprimant<br />

au passage un bon tiers de leurs sièges.<br />

Paradoxalem<strong>en</strong>t, ils <strong>en</strong>visag<strong>en</strong>t la création «optionnelle»<br />

d’un nouvel échelon territorial : la Métropole,<br />

pour les grandes aires urbaines de plus de 450 000<br />

habitants.<br />

Marylise Lebranchu, députée socialiste du Finistère,<br />

juge le projet mal ficelé et dangereux. Elle<br />

souhaite son réexam<strong>en</strong> et la révision du mode de<br />

scrutin, sous peine de «voir se déchirer le tissu<br />

social.» De très nombreux maires partag<strong>en</strong>t sa position<br />

: à gauche comme à droite, ils sont soucieux<br />

de préserver leur fragile indép<strong>en</strong>dance politique et<br />

économique.<br />

Les «30 glorieuses»<br />

de la déc<strong>en</strong>tralisation<br />

Le Prov<strong>en</strong>çal - Michel Vauzelle et Gaston Defferre <strong>en</strong> Mairie d'Arles<br />

C’est pourtant par un constat réaliste que Michel<br />

Vauzelle a conclu : «Quand on a affaire à des populations<br />

<strong>en</strong> souffrance, il est difficile de les intéresser<br />

à cette réforme.» En cette période de t<strong>en</strong>sion sociale<br />

exacerbée, la déc<strong>en</strong>tralisation ne passionne<br />

que les politiques : il est temps de nous demander<br />

quel marteau nous pr<strong>en</strong>d pour un clou, et quelle<br />

main le manie.<br />

GAËLLE CLOAREC<br />

1<br />

(1791-1873) Avocat, spécialiste <strong>en</strong> retournem<strong>en</strong>t<br />

de situation, pour ne pas dire de veste<br />

2<br />

Loi n° 82-213 du 2 mars 1982<br />

Bi<strong>en</strong>tôt treize ans qu’un Socialiste préside le Conseil<br />

régional PACA. Nul doute qu’il ait voulu marquer les<br />

esprits <strong>en</strong> doublant le débat sur l’av<strong>en</strong>ir de la déc<strong>en</strong>tralisation<br />

<strong>en</strong> France d’une exposition intitulée<br />

Notre Région, notre av<strong>en</strong>ir, 30 ans de déc<strong>en</strong>tralisation.<br />

Il n’est pas évid<strong>en</strong>t qu’il y parvi<strong>en</strong>ne.<br />

De Gaston Defferre au Général de Gaulle, nombre<br />

de figures publiques des déc<strong>en</strong>nies passées ont été<br />

exhumées des archives de La Prov<strong>en</strong>ce pour être<br />

livrées à la curiosité du citoy<strong>en</strong>. Or les cimaises de<br />

l’Hôtel de Région attir<strong>en</strong>t plus de visiteurs<br />

lorsqu’elles donn<strong>en</strong>t à voir les œuvres de Reza ou<br />

Salgado, plutôt que le visage et l’ardeur de nos<br />

personnalités politiques.<br />

Le commissaire de l’exposition, Alain Minguam, a<br />

fait ce qu’il a pu pour r<strong>en</strong>dre attractif et pertin<strong>en</strong>t<br />

ce parcours retraçant 30 années de déc<strong>en</strong>tralisation.<br />

Mais les témoignages d’actions régionales m<strong>en</strong>ées<br />

dans les domaines de la culture, l’éducation, ou la<br />

formation, l’usage de vidéos, les portraits <strong>en</strong> couleurs<br />

plutôt réussis de Cyril le Tourneur d’Ison<br />

n’<strong>en</strong>thousiasm<strong>en</strong>t pas les foules. Pour autant, cela<br />

n’<strong>en</strong>lève ri<strong>en</strong> à l’intérêt de l’initiative, qui vise à<br />

prés<strong>en</strong>ter dans une perspective historique le service<br />

public de proximité afin de prév<strong>en</strong>ir son démantèlem<strong>en</strong>t.<br />

G.C.<br />

Notre Région, notre av<strong>en</strong>ir : 30 ans de déc<strong>en</strong>tralisation<br />

Jusqu’au 30 décembre<br />

Hôtel de Région, Marseille<br />

04 91 57 52 78<br />

www.regionpaca.fr


Disparaître, ou pas<br />

À l’heure où Montévidéo lutte pour<br />

pouvoir ouvrir à nouveau ses portes,<br />

Hubert Colas repr<strong>en</strong>d le Livre d’Or de<br />

Jan au Gymnase, qui a coproduit le<br />

spectacle créé au Festival d’Avignon<br />

2009 (voir zib’21)<br />

<strong>Zibeline</strong> : On est heureux d’<strong>en</strong>t<strong>en</strong>dre à nouveau un<br />

texte de vous à Marseille…<br />

Hubert Colas : Oui, cela fait longtemps ! La saison<br />

dernière à La Criée on devait monter Sans faim 1 et 2,<br />

mais on ne l’a pas fait pour des raisons budgétaires.<br />

Le texte évoque un abs<strong>en</strong>t.<br />

La disparition d’un être cher, proche, d’une sorte de<br />

figure rêvée de l’artiste. Ce sont les autres qui<br />

l’évoqu<strong>en</strong>t, de façon contradictoire : notre société<br />

a t<strong>en</strong>dance à mythifier l’artiste mort. Mais il est<br />

aussi question de la disparition de l’artiste dans la<br />

société, de son abs<strong>en</strong>ce de rôle, de ce qui disparaît<br />

quand un artiste meurt.<br />

Il a un côté christique, votre Jan.<br />

Comme tout créateur. Faire de l’art n’est pas s’approcher<br />

de Dieu mais, dans notre manière de<br />

p<strong>en</strong>ser, la création reste une faculté divine, un acte<br />

mystique.<br />

Aucun rapport avec le Livre de Jean, l’Apocalypse ?<br />

Si vous voulez ! Je n’y ai pas p<strong>en</strong>sé quand j’écrivais,<br />

j’ai choisi le prénom pour sa neutralité exotique,<br />

puis il est apparu qu’il correspondait à certaines<br />

figures d’artistes, à certaines référ<strong>en</strong>ces... Donc il y<br />

a un rapport, certainem<strong>en</strong>t.<br />

Malgré son thème le Livre d’Or de Jan est assez<br />

hilarant par mom<strong>en</strong>ts… Avez-vous voulu ce ton<br />

comique ?<br />

Je parlerai plutôt d’humour que de comique. De<br />

dérision. Le rire naît de situations de conniv<strong>en</strong>ce,<br />

d’absurdités partagées, et non de gags destinés à<br />

se moquer, à rire aux dép<strong>en</strong>ds… Mais Le livre d’Or<br />

est néanmoins plus comique que mes autres textes.<br />

Peut être parce que le thème, la mort, est suffisamm<strong>en</strong>t<br />

sinistre pour que ce ton-là soit nécessaire.<br />

Pour parler de choses moins drôles, où <strong>en</strong> est<br />

Montévidéo ?<br />

Pour l’heure le lieu est fermé. Sans date de réouverture<br />

prévue : il faut que les travaux soi<strong>en</strong>t<br />

effectués pour que la commission de sécurité nous<br />

autorise à rouvrir, et on a besoin de 350 000 € de<br />

travaux pour que le lieu soit mis aux normes. À ce<br />

jour nous <strong>en</strong> avons moins du tiers. Nous avons<br />

r<strong>en</strong>dez-vous le 17 nov avec la DRAC, le CG, le CR et<br />

la Ville pour t<strong>en</strong>ter de résoudre la situation. Mais<br />

pour l’instant ma compagnie (Diphtong ndlr) et le<br />

GRIM (scène de musiques improvisées dirigée par<br />

Jean-Marc Montera ndlr), ainsi qu’Actoral, une manifestation<br />

reconnue aujourd’hui nationalem<strong>en</strong>t, sont<br />

sans lieu d’accueil.<br />

Comm<strong>en</strong>t <strong>en</strong> êtes-vous arrivés là ?<br />

Peu à peu… Le lieu n’a pas assez de subv<strong>en</strong>tions,<br />

depuis le début il vit d’emplois aidés, des loyers<br />

que Diphtong et le GRIM lui pay<strong>en</strong>t. Comme les<br />

subv<strong>en</strong>tions stagn<strong>en</strong>t et que les emplois aidés sont<br />

arrivés à terme, nous sommes <strong>en</strong> grande difficulté<br />

depuis trois ans. Et comme nous n’avons pas les<br />

aides suffisantes pour investir dans le lieu, il n’a<br />

jamais été aux normes. Montévidéo n’est pas vétuste<br />

mais les normes europé<strong>en</strong>nes de sécurité nous<br />

impos<strong>en</strong>t d’avoir plusieurs sorties, des balustrades<br />

plus hautes, des dégagem<strong>en</strong>ts, un accès handicapés,<br />

des sanitaires. Tant que cela ne sera pas fait<br />

nous ne pourrons pas rouvrir : il s’agit donc de<br />

savoir si les collectivités jug<strong>en</strong>t que le lieu doit<br />

continuer à vivre… Mais peut-être traversons-nous<br />

simplem<strong>en</strong>t, après 10 ans, une crise de maturité ?<br />

En tous les cas il est clair que sans aide exceptionnelle<br />

Montévidéo ne se relèvera pas.<br />

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR AGNÈS FRESCHEL<br />

Le Livre d’Or de Jan<br />

Du 7 au 11 déc<br />

Le Gymnase, Marseille<br />

0 820 000 422<br />

www.lestheatres.net<br />

© Christophe Raynaud de Lage - Festival d'Avignon


08<br />

ÉVÉNEMENTS<br />

ENTRETIEN AVEC VÉRONIQUE GENS | MUSÉE CANTINI<br />

L’art du legs<br />

scindant les couples Anna/Ottavio et Elvira/Leporello,<br />

demande de «moins» chanter…<br />

On appr<strong>en</strong>d avec tristesse la mort de Joan Sutherland<br />

; on se souvi<strong>en</strong>t d’elle, merveilleuse dans Lucia.<br />

On songe alors que si ces maîtres-là ne transmett<strong>en</strong>t<br />

pas leur art… il se perdra ! C’est peut-être ce<br />

qui a poussé Véronique G<strong>en</strong>s à sout<strong>en</strong>ir le projet du<br />

baryton Cyril Rovery : fonder une troupe de chanteurs<br />

dans la région afin d’y monter des ouvrages,<br />

tout <strong>en</strong> perfectionnant leur sci<strong>en</strong>ce au contact des<br />

personnalités du monde lyrique.<br />

Après une courte pause, deux barytons s’époumon<strong>en</strong>t<br />

dans l’Air du Champagne. Là, ce sont les acc<strong>en</strong>ts,<br />

coups de boutoir du séducteur que la diva demande<br />

de marquer, <strong>en</strong> jouant le texte, <strong>en</strong> s’amusant… On<br />

donne le meilleur de soi ! Il <strong>en</strong> sera ainsi jusqu’au<br />

cœur de l’après-midi, au pas de charge, avant que<br />

Dame G<strong>en</strong>s n’attrape miraculeusem<strong>en</strong>t son unique<br />

vol pour Paris…<br />

Il est bi<strong>en</strong>tôt midi dans l’amphithéâtre de la Timone,<br />

le 12 oct… un jour de grève nationale ! Mais<br />

Véronique G<strong>en</strong>s est sur le qui-vive : elle fait travailler<br />

un quatuor tiré de Don Giovanni à de jeunes<br />

chanteurs aux aguets. La soprano les guide <strong>en</strong> vérifiant<br />

le texte, invite à repr<strong>en</strong>dre la polyphonie <strong>en</strong><br />

Veronique G<strong>en</strong>s © M. Ribes & A. Vo Van Tao - Virgin Classics<br />

<strong>Zibeline</strong> : Animez-vous souv<strong>en</strong>t de telles master<br />

class ?<br />

Véronique G<strong>en</strong>s : Sur le travail d’une seule œuvre,<br />

c’est la première fois. Si j’ai accepté de participer à<br />

ce projet c’est que je connais bi<strong>en</strong> Don Giovanni,<br />

ayant chanté Donna Elvira des dizaines de fois dans<br />

le monde, dans des mises <strong>en</strong> scène différ<strong>en</strong>tes.<br />

Comm<strong>en</strong>t avez-vous organisé le travail ?<br />

Les chanteurs de la classe étai<strong>en</strong>t de niveaux différ<strong>en</strong>ts,<br />

mais tous très demandeurs ! J’ai donc insisté,<br />

non pas sur la technique, mais sur l’interprétation<br />

des rôles <strong>en</strong> plaçant les personnages dans les différ<strong>en</strong>tes<br />

situations de l’ouvrage. L’expéri<strong>en</strong>ce était<br />

intéressante, y compris pour moi !<br />

Vous v<strong>en</strong>ez de l’école baroque. C’est dans ce s<strong>en</strong>s<br />

que vous avez fait travailler les musici<strong>en</strong>s ?<br />

Oui ! L’interprétation de Mozart a définitivem<strong>en</strong>t<br />

évolué aujourd’hui, grâce aux «baroqueux». On<br />

n’imagine plus de chanter Mozart comme dans le<br />

passé, avec le poids d’une tradition révolue. Si j’ai<br />

été choisie pour ce travail spécifique sur Don<br />

Giovanni, c’est justem<strong>en</strong>t parce que je n’<strong>en</strong>visage<br />

pas les choses comme une artiste sortant du<br />

conservatoire.<br />

Qu’<strong>en</strong>t<strong>en</strong>dez-vous par le «poids des traditions» ?<br />

Aujourd’hui on <strong>en</strong>t<strong>en</strong>d mieux les choses. Les tempi<br />

étai<strong>en</strong>t plus l<strong>en</strong>ts autrefois, on n’a plus <strong>en</strong>vie<br />

d’<strong>en</strong>t<strong>en</strong>dre certains ports de voix…<br />

Avez-vous assisté aux représ<strong>en</strong>tations du Don<br />

Giovanni à Aix cet été ?<br />

Oui, bi<strong>en</strong> sûr, je chantais au Festival cet été (Alceste<br />

ndlr). Je ne parlerai pas de la mise <strong>en</strong> scène,<br />

on <strong>en</strong> a dit assez ! Mais Louis Langrée à la direction<br />

du Freiburger Orchestra… c’est comme cela que<br />

j’<strong>en</strong>visage l’interprétation de Mozart !<br />

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR JACQUES FRESCHEL<br />

Hérold n’est pas fatigué<br />

Pour le c<strong>en</strong>t<strong>en</strong>aire de la naissance<br />

de Jacques Hérold, le musée Cantini<br />

offre au peintre surréaliste une<br />

rétrospective allant des débuts<br />

parisi<strong>en</strong>s aux années soixante<br />

Parce qu’il n’est pas aujourd’hui le plus connu,<br />

l’exposition du musée Cantini a le grand mérite de<br />

nous faire redécouvrir les œuvres de celui qui fut<br />

un des ferv<strong>en</strong>ts acteurs du surréalisme, et qui<br />

trouva aussi refuge aux heures les plus sourdes<br />

dans la cité marseillaise.<br />

Le jeu permit probablem<strong>en</strong>t aux artistes réfugiés à<br />

Marseille lors de la seconde guerre mondiale de<br />

garder le moral <strong>en</strong> att<strong>en</strong>dant leur espère-visa à la<br />

villa Air-Bel sur les hauteurs de la Pomme. C’est là<br />

que Breton et quelques autres, dont Jacques Hérold,<br />

ont réinv<strong>en</strong>té le Tarot <strong>en</strong> Jeu de Marseille. On nous<br />

offre ici un très bel <strong>en</strong>semble de ces dessins<br />

originaux complétés de cadavres exquis et d’autres<br />

dessins collectifs, dont le musée possède une belle<br />

collection avec bi<strong>en</strong> d’autres peintures et sculptures.<br />

L’exploration de l’irrationnel et du rêve permit<br />

à ces révolutionnaires d’inv<strong>en</strong>ter plusieurs méthodes,<br />

passées dans le commun pour les unes, que<br />

Jacques Hérold prolongea singulièrem<strong>en</strong>t dans ses<br />

peintures et ses sculptures : les Germinations<br />

(1930-34), Ecorchés (1934-38), surtout les Cristallisations<br />

(1938-48) inspirées des réflexions de<br />

Hegel sur le cristal, apparaiss<strong>en</strong>t comme constituer<br />

la formalisation plastique du principe de cond<strong>en</strong>sation<br />

cher à l’inconsci<strong>en</strong>t freudi<strong>en</strong>.<br />

Expliquez-vous !<br />

C’est parce que cette exposition est complète et<br />

pertin<strong>en</strong>te qu’elle aurait mérité un traitem<strong>en</strong>t plus<br />

didactique. Il aurait permis au visiteur de croiser les<br />

Jacques Herold, Les Tetes, 1939, huile sur toile, 81x85 cm, Fnac-Mnam<br />

depot 1987, Musee Cantini, Marseille © Jean Bernard<br />

œuvres et les docum<strong>en</strong>ts prés<strong>en</strong>tés avec les questionnem<strong>en</strong>ts<br />

sous-jac<strong>en</strong>ts : l’œuvre d’Hérold dans le<br />

Surréalisme (il était considéré par ses pairs comme<br />

un des théorici<strong>en</strong>s les plus auth<strong>en</strong>tiques du mouvem<strong>en</strong>t),<br />

la période Marseillaise, les expérim<strong>en</strong>tations<br />

poétiques et littéraires, l’après Surréalisme… En<br />

fond de salle, une vidéo concernant moins l’artiste<br />

que son ami Yves Tanguy <strong>en</strong> devi<strong>en</strong>t anecdotique. En<br />

choisissant un parcours linéaire sans guère de repères,<br />

l’exposition provoque une déambulation<br />

flottante pour le visiteur qui saura comp<strong>en</strong>ser <strong>en</strong><br />

choisissant d’être guidé, ou par l’indisp<strong>en</strong>sable<br />

lecture du catalogue richem<strong>en</strong>t docum<strong>en</strong>té (textes<br />

du commissaire de l’exposition Christine Poullain<br />

sur la période marseillaise, de C. Dauphin et R.-H.<br />

Iché pour les relations au surréalisme) et comportant<br />

une iconographie exceptionnelle. Et comme<br />

prolongem<strong>en</strong>t naturel, il tirera bénéfice de l’accrochage<br />

du premier étage pour retrouver une<br />

sélection du fonds surréaliste du musée avec les<br />

œuvres de Brauner, Ernst, Masson, Seligmann, Miro<br />

ou Matta.<br />

CLAUDE LORIN<br />

Jacques Hérold et le Surréalisme<br />

jusqu’au 17 janvier<br />

Musée Cantini, Marseille<br />

04 91 54 77 75<br />

www.marseille.fr


ENSEMBLE TÉLÉMAQUE<br />

ÉVÉNEMENTS 09<br />

Résolum<strong>en</strong>t<br />

contemporains !<br />

Des voyages musicaux proposés par<br />

Télémaque <strong>en</strong> compagnie<br />

de compositrices et compositeurs<br />

des XX e et XXI e siècles ?<br />

Voilà qui a de quoi séduire...<br />

Durant un mois, différ<strong>en</strong>ts lieux marseillais vont accueillir<br />

concerts, démonstrations et ateliers, esquissant<br />

le portrait de la musique de notre temps, sans négliger<br />

les compositeurs fondateurs. Raoul Lay, qui dirige<br />

l’<strong>en</strong>semble depuis 16 ans, a toujours à cœur de déf<strong>en</strong>dre<br />

la musique contemporaine <strong>en</strong> la mettant à la<br />

portée de tous. C’est ainsi qu’il a prés<strong>en</strong>té p<strong>en</strong>dant<br />

plusieurs années des Portraits lors desquels il expliquait<br />

simplem<strong>en</strong>t les partitions avant de les diriger.<br />

Aujourd’hui Télémaque va plus loin <strong>en</strong> proposant deux<br />

journées d’ateliers pédagogiques de composition pour<br />

<strong>en</strong>seignants et adolesc<strong>en</strong>ts, qui montreront comm<strong>en</strong>t<br />

noter la musique au moy<strong>en</strong> de graphiques, sans être<br />

musici<strong>en</strong> (17 et 18 nov à Montévidéo). Une r<strong>en</strong>contre<br />

Jean-Marc Fabiano © Agnes Mellon<br />

autour de l’accordéon (le 30 nov à L’Alcazar) mettra<br />

<strong>en</strong> lumière la virtuosité de Jean-Marc Fabiano, et au<br />

placard ceux qui vou<strong>en</strong>t l’instrum<strong>en</strong>t à la musette !<br />

L’histoire de la musique sera abordée <strong>en</strong> trois ateliersconcerts<br />

(16, 23 nov et 7 déc, L’Alcazar) pour ouvrir<br />

des portes : la musique des «p<strong>en</strong>seurs» avec Scho<strong>en</strong>berg<br />

comme chef de file, puis Boulez : celle des<br />

«instinctifs» qui s’attach<strong>en</strong>t à l’énergie et la pulsation<br />

comme Stravinsky, <strong>en</strong>fin la musique des «s<strong>en</strong>suels»<br />

et des «coloristes» derrière Debussy et Ravel. La<br />

Bibliothèque accueillera égalem<strong>en</strong>t une exposition<br />

d’Agnès Mellon (voir couverture), qui traque ces musici<strong>en</strong>s<br />

depuis 8 ans (jusqu’au 7 déc).<br />

En même temps, trois concerts (voir p.32) : Compositrices<br />

de l’ailleurs (le 17 nov au Point de bascule),<br />

Les pinceurs d’âme (le 19 nov, La Magalone) et Le<br />

rêve de l’homme-oiseau (le 26 nov, aux Bernardines).<br />

Avec trois créations dont une commande (Pierre-<br />

Adri<strong>en</strong> Charpy), et trois premières françaises. Et<br />

lorsqu’on lui demande si Télémaque veut rev<strong>en</strong>ir au<br />

concert, Raoul Lay s’exclame «Nous <strong>en</strong> avons toujours<br />

fait ! Mais à prés<strong>en</strong>t que nos productions scéniques<br />

avec le théâtre, la danse ou le cirque ont fidélisé un<br />

public nombreux, nous voulons faire le pari du concert.<br />

Il est temps que ceux qui voi<strong>en</strong>t de la danse ou du<br />

théâtre contemporain ai<strong>en</strong>t la curiosité d’écouter de la<br />

musique sans danser, sans spectacle, sans texte. Nous<br />

voulons rev<strong>en</strong>ir à cette expéri<strong>en</strong>ce-là, et rassembler sans<br />

filet un public pour écouter de la musique <strong>en</strong> création.»<br />

CHRIS BOURGUE<br />

Le mois des compositeurs<br />

jusqu’au 7 déc<br />

04 91 39 29 13<br />

www.<strong>en</strong>semble-telemaque.com<br />

Op<strong>en</strong> space<br />

Mise <strong>en</strong> bouche réussie pour<br />

l’ouverture du Mois des Compositeurs<br />

C’est à la Minoterie le 10 nov qu’a débuté la grande<br />

<strong>en</strong>treprise de musique contemporaine sous l’impulsion<br />

de Raoul Lay, directeur musical de l’Ensemble<br />

Télémaque. Guide de cette première soirée, le chef<br />

d’orchestre et compositeur a déroulé un accueillant tapis<br />

rouge à ceux qui trouv<strong>en</strong>t le «concert type» soporifique<br />

et formalisé. Emm<strong>en</strong>é dans un parcours <strong>en</strong>tre des<br />

œuvres variées, l’auditoire nombreux a été conquis<br />

par les surprises musicales, invité à se déplacer et<br />

participant à une spatialisation inhér<strong>en</strong>te à la musique<br />

contemporaine. Après un extrait vidéo du délirant<br />

oratorio burlesque Desperate Singers, la toujours<br />

surpr<strong>en</strong>ante et virtuose Sequ<strong>en</strong>za III de Bério fut<br />

magistralem<strong>en</strong>t interprétée par la soprano Brigitte<br />

Peyré. Rires, cris, chuchotem<strong>en</strong>ts, gloussem<strong>en</strong>ts…,<br />

ri<strong>en</strong> n’effraie la chanteuse «comédi<strong>en</strong>ne», rompue à<br />

l’écriture et aux désidératas fantasques du compositeur<br />

itali<strong>en</strong>. Rejointe par le trompettiste Gérard<br />

Occello, elle fit découvrir, et apprécier, la musique<br />

décoiffante et pleine d’humour du compositeur newyorkais<br />

Max Lifchitz, joué pour la première fois <strong>en</strong><br />

Europe. Heureuse initiative, comme celle d’inviter le<br />

public à débattre, autour d’un verre et d’agapes partagées,<br />

sur ce monde sonore moderne qui se dévoile et<br />

se compr<strong>en</strong>d. Car Télémaque continue à déf<strong>en</strong>dre la<br />

création musicale contemporaine, qui peut tout à fait<br />

s’apprivoiser !<br />

FRÉDÉRIC ISOLETTA


10<br />

ÉVÉNEMENTS<br />

LE BNM | L’ENSDM<br />

Sur tous les fronts de mer<br />

Frédéric Flamand est nommé à la direction<br />

de la Bi<strong>en</strong>nale de Danse de Cannes!<br />

Une belle marque de reconnaissance pour<br />

le directeur du Ballet de Marseille, à qui l’on<br />

reproche parfois de manquer de rayonnem<strong>en</strong>t,<br />

oubliant qu’il a trouvé il y a quelques<br />

Métamorphoses © Agnès Mellon<br />

années une compagnie sans répertoire,<br />

usée par les conflits, et qu’il a su peu à<br />

peu la relever sans coupes sombres dans<br />

la chair, ni soubresauts spectaculaires.<br />

Le Festival de Danse de Cannes n’est pas<br />

une mince affaire : nommé après un appel<br />

d’offres qu’il a remporté grâce à un projet<br />

autour des nouvelles mythologies,<br />

Frédéric Flamand devra <strong>en</strong> 2011 puis <strong>en</strong><br />

2013 organiser une semaine d’une manifestation<br />

d’<strong>en</strong>vergure qui se déroule sans<br />

discontinuer, au rythme de plusieurs<br />

spectacles par jour, dans quatre grandes<br />

salles, dont l’imm<strong>en</strong>se Palais des festivals<br />

(2500 places). Son prédécesseur<br />

Yorgos Loukos a su donner à cette Bi<strong>en</strong>nale<br />

qui existe depuis 1993 une dim<strong>en</strong>sion<br />

internationale et une reconnaissance critique<br />

et publique unanime, propulsant<br />

<strong>en</strong> quelques éditions cet événem<strong>en</strong>t au<br />

rang des festivals de danse les plus prestigieux.<br />

Frédéric Flamand compte s’inscrire<br />

dans ses traces et créer une nouvelle dynamique<br />

autour du rapport du corps aux<br />

nouvelles technologies, <strong>en</strong> particulier à<br />

l’image mouvante dans ce temple du<br />

cinéma…<br />

Le li<strong>en</strong> avec Marseille qu’il continuera à<br />

diriger ? Flamand veut <strong>en</strong> profiter pour<br />

nouer des relations <strong>en</strong>tre l’ENSDM (voir<br />

ci-contre) et la célèbre Ecole Rosella<br />

Hightower, faire v<strong>en</strong>ir des chorégraphes<br />

de la Région parmi la programmation internationale,<br />

occuper la salle de La Bocca<br />

avec des formes innovantes. Car cette<br />

nomination lui donnera l’occasion de<br />

poursuivre sa recherche sur les technologies<br />

et l’architecture, les rapports <strong>en</strong>tre<br />

les corps plongés dans la virtualité, éloignés<br />

de la chair mais rattrapés par les<br />

mythes comme une mémoire anci<strong>en</strong>ne…<br />

Et si 2011 donnera l’occasion de repr<strong>en</strong>dre<br />

le répertoire du BNM, qui est déjà<br />

v<strong>en</strong>u 4 fois à Cannes depuis que Frédéric<br />

Flamand le dirige, 2013 sera l’occasion<br />

d’une grande création… Pour fêter les<br />

20 ans, et bâtir des ponts <strong>en</strong>tre Cannes<br />

et la Capitale Culturelle !<br />

AGNÈS FRESCHEL<br />

Duos, et plus<br />

Le Ballet National de Marseille a une nouvelle fois invité<br />

ses danseurs à chorégraphier librem<strong>en</strong>t des pièces courtes.<br />

Ils ont écrit beaucoup de duos. Celui de Yasuyuki<br />

Endo et Noémie Ettlin s’inspire d’une lég<strong>en</strong>de du<br />

Théâtre Nô, insistant sur l’aspect passionnel et destructeur<br />

de la relation amoureuse, dans une lumière noire<br />

et un décor de papiers souples et métallisés… Anton<br />

Zvir offre à Yoshiko Kinoshita et Mario Giotta un duo<br />

qui t<strong>en</strong>d vers le pas de deux, et s’interroge sur la douceur<br />

des s<strong>en</strong>tim<strong>en</strong>ts et des corps, s’<strong>en</strong>roulant aux sons<br />

d’un piano solo. Malgorzata Czajowska et Gabor Halasz<br />

s’adonn<strong>en</strong>t à un jeu étonnant de mains et de bras unis.<br />

Enfin Mario Giotta et Angel Martinez Hernandez<br />

Ouverture 16 © Agnès Mellon<br />

propos<strong>en</strong>t un duo énergique, jouant sur une vidéo <strong>en</strong><br />

noir et blanc, des projections d’ombres et un poème <strong>en</strong><br />

espagnol incitant à l’av<strong>en</strong>ture.<br />

Dans un registre plus critique, Noémie Ettlin s’amuse<br />

avec des laitues et un caddie de supermarché <strong>en</strong> compagnie<br />

de 2 autres danseurs : ils galop<strong>en</strong>t frénétiquem<strong>en</strong>t<br />

dans les rayons pour se retrouver <strong>en</strong>tassés dans le caddie<br />

tandis que gis<strong>en</strong>t les laitues réduites <strong>en</strong> charpie.<br />

Quant à Marcos Marco il propose une danse théâtralisée<br />

avec cinq interprètes, se risquant dans le public, poussant<br />

de la voix, ce qui permet d’admirer les qualités<br />

vocales et théâtrales d’Angel Martinez Hernandez. Ouverture<br />

prometteuse ; même si certaines propositions<br />

sont <strong>en</strong>core incomplètem<strong>en</strong>t abouties on apprécie une<br />

fois de plus la liberté de ces recherches.<br />

CHRIS BOURGUE<br />

Ouverture 16 s’est donné au studio du BNM<br />

les 22 et 23 octobre<br />

À v<strong>en</strong>ir<br />

Avant de partir à Mulhouse et Bruxelles, le BNM fait une<br />

étape alpine sur une scène nationale qui l’accueille presque<br />

chaque année : à Gap ils danseront la dernière création<br />

de Flamand, La vérité 25 fois par seconde, une pièce<br />

âpre <strong>en</strong> gris et blanc, <strong>en</strong> verticalité d’acier et d’échelles<br />

<strong>en</strong>volées comme autant d’impasses vers un ciel vide…<br />

Le 23 nov<br />

04 91 52 52 52<br />

www.theatre-la-passerelle.eu<br />

Le BNM accueille dans les murs de son grand studio deux<br />

chorégraphes bi<strong>en</strong> connus de la région : Thierry Niang<br />

y repr<strong>en</strong>d Au Zénith, qu’il avait créé lors du festival les<br />

Musiques (voir ZIB’28), et Miguel Nosibor y crée avec<br />

sa compagne Aller-Retour, une pièce sur le partage, le don<br />

de soi et la relation amoureuse.<br />

Les 10 et 11 déc<br />

04 91 327 327<br />

www.ballet-de-marseille.com<br />

Métamorphosés<br />

La pièce que Frédéric Flamand a conçue <strong>en</strong> 2008 avec<br />

les frères Campana est sans doute la plus attrayante de<br />

ses œuvres : colorée, peuplée de gadgets d’une ingénuité<br />

remarquable, elle repr<strong>en</strong>d quelques figures mythologiques<br />

et plusieurs métamorphoses d’Ovide -Méduse,<br />

Actéon ou Arachné-, greffe ses avatars contemporains<br />

et travaille sur l’hybridation, représ<strong>en</strong>tée dans le décor<br />

et les costumes par des élém<strong>en</strong>ts refabriqués à partir<br />

de matériaux de récupération. Très cohér<strong>en</strong>te et spectaculaire,<br />

la pièce a gagné <strong>en</strong> maturité d’exécution lors<br />

des tournées internationales, et les nouvelles recrues du<br />

Ballet s’y révèl<strong>en</strong>t absolum<strong>en</strong>t <strong>en</strong>thousiasmantes, élevant<br />

le propos et les corps très au-dessus du sol ! La<br />

création de Thierry Malandain est plus décevante : le<br />

chorégraphe néoclassique si exigeant avec les interprètes<br />

de son propre ballet Biarritz n’a pas su retrouver<br />

l’allant qu’il avait insufflé aux interprètes «classiques»<br />

du BNM lorsqu’il leur avait fait danser Sextet : le romantisme<br />

délicat de Berlioz, le langage subtil et précis<br />

du chorégraphe exig<strong>en</strong>t des interprètes qui sav<strong>en</strong>t mesurer<br />

et ret<strong>en</strong>ir chaque geste, et les pas de deux s<strong>en</strong>suels<br />

mais acrobatiques nécessit<strong>en</strong>t un coulé et des placem<strong>en</strong>ts<br />

impeccables. Sans cela pas de véritable grâce, et<br />

sans grâce ces Nuits d’été parur<strong>en</strong>t douloureusem<strong>en</strong>t<br />

surannées… Dommage : Malandain peut sans nul doute<br />

métamorphoser aussi ces danseurs-là du Ballet.<br />

A.F.<br />

Les Nuits d’été et Métamorphoses ont été dansés<br />

à l’Opéra de Marseille du 14 au 16 oct


ENSDM 2010 © Delcey<br />

L’École nationale supérieure de danse<br />

de Marseille est depuis mai dernier habilitée<br />

à délivrer le Diplôme national supérieur<br />

professionnel<br />

Sur la pointe<br />

des chaussons<br />

Ce projet mis <strong>en</strong> œuvre par le directeur de<br />

l’ENSDM, Jean-Christophe Paré, <strong>en</strong> collaboration<br />

avec l’université de Toulon<br />

(Ingémédia - Unité de formation et de<br />

recherche <strong>en</strong> Sci<strong>en</strong>ces de l’Information<br />

et de la Communication) a pour objectif<br />

d’aider «les artistes d’aujourd’hui à utiliser<br />

les nouveaux outils médias <strong>en</strong> les réinvestissant<br />

dans leurs pratiques.» C’est<br />

égalem<strong>en</strong>t «une plus grande visibilité<br />

pour l’école, un facteur de reconnaissance<br />

et de valorisation et un plus pour la<br />

formation initiale.» On peut ainsi <strong>en</strong>trer<br />

dès 8 ans et <strong>en</strong> sortir à 22 ans !<br />

D’une durée de 3 ans, ce cycle associe<br />

formation artistique professionnalisante<br />

et études universitaires, et débouche sur<br />

l’obt<strong>en</strong>tion du DNSP de niveau III et<br />

d’une lic<strong>en</strong>ce universitaire. C’est un grand<br />

pas dans la formation des danseurs qui,<br />

à 18 ou 22 ans, ont rarem<strong>en</strong>t moins de<br />

10 ans de danse derrière eux et du mal à<br />

<strong>en</strong>visager leur av<strong>en</strong>ir. Quand ce n’est pas<br />

leur reconversion… D’où la nécessité d’une<br />

formation diplômante qui les ouvre à d’autres<br />

pratiques, dans leur métier ou d’autres<br />

domaines. À ce titre «le DNSP permet<br />

d’id<strong>en</strong>tifier l’<strong>en</strong>semble des compét<strong>en</strong>ces<br />

d’un danseur» souligne J.-C. Paré qui dès<br />

cette année travaille avec Toulon sur des<br />

projets chorégraphiques alors que les<br />

danseurs-étudiants ne développeront les<br />

relations danse/image qu’<strong>en</strong> 3 e année.<br />

Déjà le chorégraphe Hervé Robbe les<br />

accompagne durant 4 semaines autour des<br />

notions d’appropriation de l’image et de<br />

sa relation au corps ; au printemps Agnès<br />

Noltesius, ex-danseuse chez Forsythe,<br />

travaillera sur l’improvisation et la composition<br />

développés dans les années 70.<br />

Frédéric Flamand, directeur du Ballet<br />

national de Marseille, est très impliqué<br />

lui aussi, particulièrem<strong>en</strong>t sur la transmission<br />

du matériel chorégraphique.<br />

Ces jeunes v<strong>en</strong>us des quatre coins de la<br />

planète, 15 cette première année, pourront<br />

donc suivre une double ori<strong>en</strong>tation<br />

chorégraphique («formation néo-classique<br />

d’aujourd’hui et danse contemporaine»<br />

précise J.-C. Paré), et repérer de nouvelles<br />

écritures, de nouvelles techniques et de<br />

nouveaux outils. Avec l’ESDC Cannes Rosella<br />

Hightower, l’ENSDM est le deuxième<br />

établissem<strong>en</strong>t <strong>en</strong> région à délivrer le<br />

diplôme sans qu’il y ait mise <strong>en</strong> concurr<strong>en</strong>ce<br />

: «à chaque fois ce sont des projets<br />

singuliers et des philosophies différ<strong>en</strong>tes.»<br />

À Marseille, les nouvelles technologies de<br />

l’image font leur <strong>en</strong>trée sur la pointe des<br />

chaussons.<br />

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI<br />

Journée portes ouvertes de l’ENSDM<br />

le 4 déc : visite des studios,<br />

prés<strong>en</strong>tation publique des ateliers<br />

<strong>en</strong> cours (tous niveaux confondus)<br />

soirées partagées avec le BNM<br />

les 16, 17 et 18 déc<br />

ENSDM, Marseille 8 e<br />

04 91 32 72 86<br />

www.ecole-danse-marseille.com


12<br />

THÉÂTRE<br />

Sortir du ça<br />

Le théâtre n’est pas anodin, et c’est ce<br />

qui fait sa nécessité. Mettre des amateurs<br />

dans les positions d’humiliation<br />

où les plonge Rémy Yadan est irresponsable.<br />

Par respect pour les<br />

personnes <strong>en</strong>traînées dans cette exhibition,<br />

nous ne détaillerons pas comm<strong>en</strong>t<br />

chacun de ces êtres humains a été<br />

ridiculisé, montré dans ses failles : il<br />

faut être naïf, ou sadique, pour croire<br />

qu’ils sortiront indemnes de cette mise<br />

à nu publique de leurs régressions. Qu’ils<br />

soi<strong>en</strong>t volontaires n’y change ri<strong>en</strong> : la<br />

parole des maîtres peut <strong>en</strong>traîner les<br />

hommes vers des actes avilissants dont<br />

ils se préserverai<strong>en</strong>t seuls. S’exhiber <strong>en</strong><br />

train d’éructer, de suffoquer, de régresser<br />

au stade de nourrisson, de<br />

pousser des cris d’animaux, de jouer à<br />

LENCHE | POINT DE BASCULE | BERNARDINES<br />

La confer<strong>en</strong>ce © Mathieu Bonfils<br />

Il blague ?<br />

Idéologiquem<strong>en</strong>t le texte de Christophe Pellet est<br />

au moins contestable. Son monologue confond allègrem<strong>en</strong>t<br />

l’État français et son gouvernem<strong>en</strong>t, r<strong>en</strong>oue<br />

avec la tradition rance du génie propre des nations,<br />

imagine un Esprit Français fondam<strong>en</strong>talem<strong>en</strong>t (naturellem<strong>en</strong>t<br />

?) différ<strong>en</strong>t de l’Esprit Allemand… qu’il dédouane<br />

<strong>en</strong> partie du «désastre», auquel il se serait livré par<br />

contamination admirative de l’esprit révolutionnaire<br />

français, hélas dégradé par Napoléon. On a déjà lu ça<br />

dans Céline, qui n’est pas politiquem<strong>en</strong>t la meilleure<br />

référ<strong>en</strong>ce. Mais ces amalgames rapides (pas faux,<br />

donc) sont proférés sans blaguer par Thomas Blaguernon,<br />

un personnage contradictoire, profondém<strong>en</strong>t<br />

blessé, au milieu d’autres énormités antinomiques,<br />

mais qui souv<strong>en</strong>t vis<strong>en</strong>t très juste. En particulier<br />

quand il pointe l’illusion qui règne dans le milieu<br />

théâtral : les c<strong>en</strong>tres dramatiques et autres maisons<br />

nationales ne sont pas des bastions de résistance<br />

mais des lieux de pouvoir, m<strong>en</strong>és par des directeurs<br />

qui, au moins <strong>en</strong> partie, serv<strong>en</strong>t la politique de ceux<br />

qui les ont placés là.<br />

En dehors de cette affirmation décourageante pour<br />

ceux qui croi<strong>en</strong>t <strong>en</strong>core aux vertus émancipatrices<br />

de l’Art, La Confér<strong>en</strong>ce est très drôle, caustique, et<br />

d’une belle autodérision. Les salves ironiques fus<strong>en</strong>t,<br />

mordantes, contre les maisons d’édition, les critiques<br />

la dém<strong>en</strong>ce, exhiber ses tares physiques,<br />

et laisser pleurer un nouveau né<br />

sur scène, tout cela fait outrepasse les<br />

tabous dont nous avons besoin pour<br />

construire notre humanité. Sans compter<br />

l’inintérêt puissant du propos, et<br />

l’<strong>en</strong>nui généré par tout ce ri<strong>en</strong> régressif<br />

<strong>en</strong>chaîné sans timing…<br />

On connaît des comédi<strong>en</strong>s professionnels,<br />

des artistes, qui ont été massacrés<br />

par l’exhibition répétée de leurs voyages<br />

<strong>en</strong> dém<strong>en</strong>ce ; il faut au moins préserver<br />

les amateurs des metteurs <strong>en</strong> scène<br />

prométhé<strong>en</strong>s.<br />

AGNÈS FRESCHEL<br />

Tout va pour le mieux qu’il soit possible<br />

a été créé au Point de Bascule,<br />

Marseille, les 29 et 30 oct.<br />

© X-D.R<br />

Sacrifice<br />

Tous tant qu’ils sont est un petit bijou d’achèvem<strong>en</strong>t impromptu : c’est à partir<br />

d’un projet à plusieurs voix que Xavier Marchand met <strong>en</strong> scène ce texte de<br />

Suzanne Joubert. Une Petite <strong>en</strong>fermée dans l’arrière boutique d’un supermarché<br />

super discount y fait <strong>en</strong>t<strong>en</strong>dre sa voix, puis celle de tous les autres employés, dont<br />

elle rapporte précisém<strong>en</strong>t les propos sans camper tout à fait les personnages.<br />

Une histoire d’<strong>en</strong>fermem<strong>en</strong>t et de misère au milieu de sacs plastiques que la Petite<br />

essaie vainem<strong>en</strong>t de recycler, promise à un sacrifice dont la prémonition apparaît<br />

dans le nom même du magasin : L’Abondance sacrifiée (ça ne s’inv<strong>en</strong>te pas, la<br />

chaîne a existé). Cet ancrage dans le réel économique des petits employés<br />

débouche soudain, par éclairs et par cycles, sur des réminisc<strong>en</strong>ces d’Iphigénie, un<br />

bouc tragique qui passe, un désir fou d’être comédi<strong>en</strong>ne et de sortir <strong>en</strong>fin hors du<br />

trou où elle est <strong>en</strong>fermée… La langue subtile est portée avec force, tal<strong>en</strong>t, nuances<br />

et mesure par Edith Mérieau, qui scande les mots tout <strong>en</strong> insufflant un phrasé<br />

presque naturel aux détours alambiqués des phrases, avec une rare maîtrise du<br />

tempo… Elle est servie par une mise <strong>en</strong> scène économe, qui ménage cep<strong>en</strong>dant<br />

quelques très beaux effets de lumière et d’espace. Jamais gratuits, et toujours<br />

dans le s<strong>en</strong>s de la lisibilité du texte.<br />

A.F.<br />

Tous tant qu’ils sont a été crée aux Bernardines<br />

du 15 au 20 oct<br />

dramatiques (si si, très juste), les auteurs dramatiques,<br />

et le défaut de beauté. Puis la saucisse de<br />

cheval et les plats <strong>en</strong> sauce : cela surtout, l’abs<strong>en</strong>ce<br />

de désir de beauté.<br />

R<strong>en</strong>aud-Marie Leblanc, qui n’était pas monté <strong>en</strong><br />

scène depuis une quinzaine d’années, s’y avère un<br />

comédi<strong>en</strong> précis et inspiré, comme le sont ses mises<br />

<strong>en</strong> scène. Extraverti, boudeur, piquant, abs<strong>en</strong>t, son<br />

personnage s’exhibe dans la diatribe sans donner les<br />

véritables clefs de son désespoir, s<strong>en</strong>sible pourtant.<br />

Avec un fauteuil, un imper, un couloir de lumière et un<br />

peu de Mahler (juste ce qu’il faut de génie allemand…),<br />

le comédi<strong>en</strong> ti<strong>en</strong>t la scène p<strong>en</strong>dant plus d’une heure,<br />

empoignant un texte prolifique qui répète ses thèmes<br />

et variations : un beau chall<strong>en</strong>ge pour un come back,<br />

comme dirait l’esprit ricain.<br />

AGNÈS FRESCHEL<br />

La Confér<strong>en</strong>ce mise <strong>en</strong> scène par R. M. Leblanc<br />

et Vinc<strong>en</strong>t Franchi a été créée<br />

au Théâtre de L<strong>en</strong>che du 26 oct au 6 nov.<br />

À v<strong>en</strong>ir : la Cie Didascalies and Co crée un autre<br />

texte de Christophe Pellet, Erich von Stroheim,<br />

au Merlan (voir p. 18).<br />

© Fabrice Duhamel


LE MERLAN | LA CRIÉE | CIE L’INDIVIDU THÉÂTRE 13<br />

Petits arrangem<strong>en</strong>ts<br />

avec les vivants<br />

Chez eux<br />

Arnaud Cathrine © C.-Helie-Gallimard<br />

Pour fêter ses cinq ans la Cie l’Individu conviait le<br />

public à une soirée faite d’intimités. Individuelles,<br />

comme le nom de la compagnie, programmatique,<br />

l’indique. Littéraire, comme il ne le dit pas, même si<br />

on le compr<strong>en</strong>d vite : les noms des auteurs apparaiss<strong>en</strong>t<br />

juste à côté des titres, juste avant le nom de<br />

l’acteur, qui précède <strong>en</strong>core celui du metteur <strong>en</strong><br />

scène. Et c’est bi<strong>en</strong> comme cela qu’on p<strong>en</strong>se, à<br />

L’Individu, à contrecourant des productions actuelles.<br />

D’autres lignes de force jalonn<strong>en</strong>t le parcours, indiquant<br />

qu’une esthétique s’élabore : Notre Dallas, Le<br />

di@ble <strong>en</strong> bouche et les deux textes créés ce soir-là<br />

tourn<strong>en</strong>t autour des mêmes t<strong>en</strong>tatives de définition<br />

d’un moi autour d’une sexualité, et d’un rapport<br />

procréateur ou dévorant au monde.<br />

Guillaume, écrit par Jérôme Lambert pour Guillaume<br />

Clausse, introduit dans un flux achronique de<br />

p<strong>en</strong>sées, de souv<strong>en</strong>irs et de projections, d’un être<br />

Guillaume © X-D.R<br />

La Criée propose régulièrem<strong>en</strong>t des r<strong>en</strong>contres<br />

autour d’un texte et d’un auteur contemporain. Atmosphère<br />

intimiste et mise <strong>en</strong> lumière et <strong>en</strong> bouche<br />

des mots… Ninon Brétécher a eu l’<strong>en</strong>vie de faire<br />

<strong>en</strong>t<strong>en</strong>dre un roman d’Arnaud Cathrine : La disparition<br />

de Richard Taylor. Roman à plusieurs voix féminines<br />

et donc à plusieurs points de vue. Le plateau est<br />

occupé par trois hautes chaises d’arbitre sur lesquelles<br />

vi<strong>en</strong>n<strong>en</strong>t successivem<strong>en</strong>t se percher trois<br />

comédi<strong>en</strong>nes épatantes. Tout d’abord, l’épouse<br />

Susan Taylor (Jézabel d’Alexis), la copine du bureau<br />

(Julie Recoing) et la mère (Catherine Hérold). Puis<br />

d’autres, incarnées par les mêmes. Elles parl<strong>en</strong>t tour<br />

à tour de Richard, éclairant chacune un profil du<br />

personnage qui se dessine ainsi <strong>en</strong> mosaïque, et se<br />

dévoil<strong>en</strong>t <strong>en</strong> même temps. Puis, très naturel, Arnaud<br />

Cathrine lui-même intervi<strong>en</strong>t, balançant de très<br />

théâtrales paroles, d’une langue parfois crue d’une<br />

grande efficacité, évoquant celle de Sarah Kane, qui<br />

intervi<strong>en</strong>t d’ailleurs comme narratrice <strong>en</strong> un hommage<br />

de l’auteur.<br />

Après la lecture Arnaud Cathrine plaisante, affirme<br />

qu’il voulait «provoquer (sa) maman» ! Et comme<br />

Flaubert il s’exclame : «Ces femmes, c’est moi !»<br />

CHRIS BOURGUE<br />

Mise <strong>en</strong> espace prés<strong>en</strong>tée le 21 oct à la Criée<br />

À lire<br />

La disparition de Richard Taylor-Arnaud Cathrineéd.<br />

Verticales 2007 et Gallimard 2008<br />

À v<strong>en</strong>ir<br />

lecture-opéra du 1 er roman de Violaine Schwartz<br />

La tête <strong>en</strong> arrière le 9 déc par l’auteure<br />

La Criée<br />

04 91 54 70 54<br />

www.theatre-lacriée.com<br />

homme qui se p<strong>en</strong>se chi<strong>en</strong>, d’un sujet viol<strong>en</strong>t qui se<br />

rêve objet dominé et raconte, <strong>en</strong> un récit qui retombe<br />

à la fin sur ses pattes inaugurales, une scène traumatique,<br />

ponctuée de quelques autres, avant/après,<br />

comme autant d’explications ou de sorties possibles.<br />

La langue est imagée de s<strong>en</strong>sations et de surgissem<strong>en</strong>ts,<br />

et Guilllaume Clausse maîtrise formidablem<strong>en</strong>t<br />

sa lecture à table, qui se préserve de la théâtralité,<br />

mais laisse errer les images <strong>en</strong>tre ses bras qui se<br />

soulèv<strong>en</strong>t.<br />

Le deuxième texte, de Charles-Eric Petit, est une<br />

variation viol<strong>en</strong>te autour de la mort d’Actéon -celui<br />

qui, ayant vu Diane nue, fut transformé <strong>en</strong> cerf puis<br />

mis à mort par ses chi<strong>en</strong>s. Métamorphose abondamm<strong>en</strong>t<br />

récrite et comm<strong>en</strong>tée, où il est question de sexe<br />

bi<strong>en</strong> sûr, et de dévoration <strong>en</strong>core, le supplice d’Actéon<br />

étant l’<strong>en</strong>droit exact où le sujet regardant se<br />

transforme <strong>en</strong> victime animalisée… Le texte de Petit,<br />

déstructuré, s’attache à décrire la viol<strong>en</strong>ce de la punition<br />

des dieux, <strong>en</strong> construisant une analogie avec<br />

les bombardem<strong>en</strong>ts du monde. La mise <strong>en</strong> scène<br />

efficace et le comédi<strong>en</strong> très incarné, permett<strong>en</strong>t au<br />

texte d’exister comme un cri… à nuancer sans doute<br />

dans l’écriture.<br />

Quant au concert de Thomas Cerisola, intitulé Je<br />

suis un cerf, il conclut une soirée chaleureuse sur un<br />

certain malaise : se référer à certains textes de<br />

Bataille isolés de ses saisons <strong>en</strong> <strong>en</strong>fer (ma putain mon<br />

cœur je t’aime comme on chie) n’est pas fait pour<br />

décl<strong>en</strong>cher le cons<strong>en</strong>sus.<br />

AGNÈS FRESCHEL ET AUDE FANLO<br />

Encagez-vous…<br />

La visite proposée par Michaël Cros est inquiétante:<br />

lorsque vous pénétrez dans l’aile droite du musée<br />

Longchamp, cerné par une énorme mâchoire de<br />

squale et un éléphant sombre qui, derrière la porte,<br />

lève la trompe sans barrir, immédiatem<strong>en</strong>t l’absurdité<br />

glauque du projet muséal autour de la conservation<br />

du vivant/mort vous introduit dans le propos. Le lieu<br />

a du s<strong>en</strong>s, et tout Marseillais de plus de tr<strong>en</strong>te ans y<br />

a r<strong>en</strong>contré des animaux <strong>en</strong> cages plutôt décatis, et<br />

des empaillés qui ne valai<strong>en</strong>t pas mieux… Mais à<br />

l’étage d’autres chocs vous att<strong>en</strong>d<strong>en</strong>t. Là il ne s’agit<br />

plus d’animaux exposés mais d’hommes, vivants,<br />

<strong>en</strong>tièrem<strong>en</strong>t recouverts de combinaisons noires r<strong>en</strong>voyant<br />

aux expositions coloniales, à l’animalisation<br />

de l’homme africain… des <strong>en</strong>tomologistes masqués<br />

manipul<strong>en</strong>t les corps, et les mannequins aussi, qui se<br />

confond<strong>en</strong>t avec les chairs dissimulées et parfois<br />

immobiles. Dans le hall d’<strong>en</strong>trée, des iPad expos<strong>en</strong>t<br />

des écriteaux de zoos –ne pas nourrir les animaux- et<br />

des vitrines de mannequins ; dans la salle des caméras<br />

vous capt<strong>en</strong>t passant, morcell<strong>en</strong>t et dédoubl<strong>en</strong>t<br />

votre image, la décompos<strong>en</strong>t comme dans une chronophotographie<br />

High Tech. Dans les vitrines les corps<br />

boug<strong>en</strong>t l<strong>en</strong>tem<strong>en</strong>t, perform<strong>en</strong>t, se p<strong>en</strong>d<strong>en</strong>t, se ligot<strong>en</strong>t,<br />

s’expos<strong>en</strong>t, s’off<strong>en</strong>s<strong>en</strong>t. Mang<strong>en</strong>t des arachides,<br />

tandis que les <strong>en</strong>tomologistes surveill<strong>en</strong>t, not<strong>en</strong>t,<br />

replac<strong>en</strong>t, expérim<strong>en</strong>t<strong>en</strong>t. Votre place de spectateur<br />

observé, sollicité, appelé à se déplacer pour suivre<br />

les performances, vous amène à parler bas, à baisser<br />

le regard, à sourire à peine aux autres visiteurs… puis<br />

à vous lasser d’un univers qui se dévoile un peu trop<br />

vite, pour ménager trop l<strong>en</strong>tem<strong>en</strong>t <strong>en</strong>suite ses changem<strong>en</strong>ts.<br />

Une expéri<strong>en</strong>ce trouble donc, à resserrer.<br />

A.F.<br />

Zoomorphe de Michaël Cros<br />

a été prés<strong>en</strong>té du 28 oct au 4 nov<br />

au Museum d’Histoire Naturelle de Marseille,<br />

dans le cadre de la programmation du Merlan<br />

© Agnes Mellon


14 THÉÂTRE MINOTERIE | BANCS PUBLICS | GYMNASE | CENTAURE | VITEZ<br />

Passe-muraille<br />

Saluons la finesse de l’équipe de Julie Kretzschmar,<br />

initiatrice des R<strong>en</strong>contres à l’Echelle : plaquette programme<br />

élégante, à la signalétique efficace, et aussi<br />

affiche malicieuse, hommage léger aux curiosités fondatrices<br />

qui pouss<strong>en</strong>t diaboliquem<strong>en</strong>t à aller voir chez les<br />

autres !<br />

C’est à Istres que le solo de Hamid B<strong>en</strong> Mahi a posé<br />

hip hop une des problématiques de cette 5 e édition (voir<br />

p23) : laisser au mot «t<strong>en</strong>sion» toute sa dynamique créatrice.<br />

La soirée d’ouverture marseillaise aux Bancs Publics,<br />

le 13 nov, a parfaitem<strong>en</strong>t illustré cet «esprit d’<strong>en</strong>treprise<br />

fragile». Deux projets diversem<strong>en</strong>t aboutis réunissai<strong>en</strong>t<br />

<strong>en</strong> un chiasme parfait un musici<strong>en</strong> français (Auréli<strong>en</strong><br />

Arnoux) et un égypti<strong>en</strong> chorégraphe (Mohamed Shafik),<br />

une française chanteuse (Emilie Lesbros) et un<br />

violoniste algéri<strong>en</strong> (Kheireddine M’Kachiche). Energie<br />

débridée mais répétitive, décibélisme hyper expressionniste<br />

conv<strong>en</strong>u pour le premier duo ; reptations souples<br />

et jetés vigoureux témoign<strong>en</strong>t d’une belle maîtrise<br />

technique... qui malheureusem<strong>en</strong>t exhibe un peu trop<br />

ses int<strong>en</strong>tions. La r<strong>en</strong>contre a lieu, <strong>en</strong> revanche, évid<strong>en</strong>te<br />

et partagée par un public conquis, <strong>en</strong>tre la voix et le<br />

Intérieur damassé bourgeois<br />

Aller voir un Goldoni est toujours un plaisir. Celui-ci<br />

tourne depuis plus d’un an, a fait dernièrem<strong>en</strong>t étape à<br />

Sète et Nîmes avant de s’arrêter au Gymnase. Le<br />

barbon y est interprété par Robert Hirsh, 85 ans dont<br />

plus de 60 ans de carrière, et il est <strong>en</strong>touré de Claire<br />

Nadeau et Clém<strong>en</strong>tine Célarié, ce qui garantit le succès<br />

public de cette production privée du Théâtre Hébertot :<br />

La Serva amorosa remplit, et ravit, la salle. Faut-il s’<strong>en</strong><br />

réjouir ? On préfèrerait mieux que le public soit aussi<br />

facile à convoquer sur la création de Hubert Colas (voir<br />

p 7), mais cette intrusion dans l’intimité bourgeoise du<br />

XVIII e siècle ne manque pas de charmes. D’abord, avant<br />

tout, parce que le texte de Goldoni fonctionne comme<br />

une mécanique rigoureuse et intellig<strong>en</strong>te, explorant le<br />

Valise <strong>en</strong> carton<br />

«Paris est plus près de Bou Saada que La<br />

Mecque... La géographie, c’est comme la<br />

famille, une question de proximité !» Voilà<br />

à peu près ce que claironne spirituellem<strong>en</strong>t<br />

et invariablem<strong>en</strong>t M.Meffr<strong>en</strong>,<br />

l’instituteur toujours bi<strong>en</strong> français, <strong>en</strong><br />

septembre 62, à ses élèves des hauts<br />

plateaux algéri<strong>en</strong>s… Finalem<strong>en</strong>t il n’y a<br />

que les chiffres qui soi<strong>en</strong>t arabes alors ?<br />

Mohamed Kacimi a 7 ans et vit à El<br />

Maleh dans une famille de lettrés au<br />

cœur d’un village quelque peu épargné<br />

par la guerre (l’autorité naturelle d’un<br />

grand-père t<strong>en</strong>ant <strong>en</strong> respect les forces<br />

françaises, nous précise l’auteur dans<br />

l’<strong>en</strong>treti<strong>en</strong> qui a suivi la pièce). L’Indép<strong>en</strong>dance<br />

de juillet va paradoxalem<strong>en</strong>t<br />

sonner le glas d’une fabuleuse liberté pour<br />

l’<strong>en</strong>fant, et sa compagne Nadia ; la fiction<br />

comm<strong>en</strong>ce où ne s’arrête pas non plus<br />

l’autobiographie ; et Alger 1962 est franchem<strong>en</strong>t<br />

un beau texte de théâtre qui<br />

violon, l’arabo-andalou jazzé et la musique contemporaine,<br />

la chanson tout simplem<strong>en</strong>t et le rythme qui fait danser !<br />

MARIE-JO DHÔ<br />

fond des cœurs sans sacrifier au rythme comique,<br />

faisant <strong>en</strong>trer la comédie dans l’ère de la psychologie -<br />

et du féminisme- comme <strong>en</strong> France un certain<br />

Marivaux. Ensuite parce que Robert Hirsch, sémillant<br />

vieillard, <strong>en</strong>treti<strong>en</strong>t avec le personnage une proximité<br />

troublante, une fragilité émouvante qui nous fait<br />

compr<strong>en</strong>dre ses r<strong>en</strong>oncem<strong>en</strong>ts face à la virago qu’il a<br />

épousée <strong>en</strong> secondes noces. Sa mémoire même le<br />

lâche, son cœur le fait souffrir, et il y a quelque chose de<br />

«vrai» dans ses mains qui retomb<strong>en</strong>t lassées, ou<br />

s’accroch<strong>en</strong>t aux jupes de sa femme…<br />

D’autres dans la distribution sont épatants, Lélio le bel<br />

idiot, Arlequin le valet imbécile. Mais les personnages<br />

de demi-caractères sont nettem<strong>en</strong>t plus conv<strong>en</strong>us,<br />

puise la force de son écriture dans l’effroi<br />

des années 95 et sait dire finem<strong>en</strong>t la<br />

désillusion intime au cœur de la liesse<br />

populaire, signe avant-coureur d’autres<br />

Meetic.med, M. Shafik © X-D.R.<br />

À v<strong>en</strong>ir<br />

Bi<strong>en</strong> sûr, il y a une suite <strong>en</strong> ce lieu : clôture alléchante le<br />

27 nov avec Ramallah mon amour, film vigoureux de<br />

Natacha Musléra suivi de la performance festive de<br />

quatrE (au féminin) Vraoums habilem<strong>en</strong>t déjantées.<br />

© X-D.R.<br />

catastrophes… Qu’<strong>en</strong> reste-t-il sur le plateau<br />

? Un dispositif séduisant de simplicité:<br />

un mur-rideau de la mémoire où gliss<strong>en</strong>t<br />

les images / photos et cartes / visages et<br />

Entre temps se seront croisées des lectures : ne pas<br />

manquer l’hommage au journaliste algéri<strong>en</strong> assassiné<br />

(pléonasme ?) Saïd Mekbel, le 18 nov ni Les Borgnes<br />

(voir p 19) du passionnant et vivant Mustapha B<strong>en</strong>fodil<br />

le 26 nov. Du théâtre : une pièce du même auteur De<br />

mon hublot utérin… bla bla bla prés<strong>en</strong>tée <strong>en</strong> étape de<br />

création à la Friche le 19 nov. Des projets pluridisciplinaires<br />

autour du travail de Soeuf Elbadawi, auteur et<br />

metteur <strong>en</strong> scène comori<strong>en</strong> le 20, 21, 22 nov dans des<br />

cités des quartiers Nord et à l’Ecole C<strong>en</strong>trale de Marseille..<br />

.et bi<strong>en</strong> d’autres propositions détaillées sur le site<br />

des r<strong>en</strong>contres... et la si jolie plaquette !<br />

Les r<strong>en</strong>contres à l’échelle<br />

Jusqu’au 27 nov<br />

Les Bancs Publics<br />

04 91 64 60 00<br />

http://lesr<strong>en</strong>contresalechelle.com<br />

hésitant <strong>en</strong>tre un jeu réaliste et comique, empêtrés dans<br />

le décor trop chargé, dans des costumes trop riches,<br />

dans des sous-textes qui échapp<strong>en</strong>t parfois…<br />

L’<strong>en</strong>semble passe, bi<strong>en</strong>, mais ce n’est pas du grand<br />

théâtre, et il nous pr<strong>en</strong>d l’<strong>en</strong>vie de susurrer au public<br />

rassemblé : allez quoi, soyez moins frileux, partez<br />

explorer d’autres univers, les horizons nouveaux sont<br />

les seuls qui brill<strong>en</strong>t vraim<strong>en</strong>t…<br />

La Serva amorosa<br />

Jusqu’au 20 nov<br />

Le Gymnase, Marseille<br />

0820 000 422<br />

www.lestheatres.net<br />

territoires, un peu l’âme du spectacle<br />

avec la musique composée par Rachid<br />

Guerbas et jouée <strong>en</strong> direct par Stefano<br />

G<strong>en</strong>ovese ; mais aussi une trop vieille<br />

métaphore <strong>en</strong> forme de valise tirée par<br />

Nadia (Valérie Grail) <strong>en</strong> partance pour<br />

l’autre rive sur un quai marseillais ; le dialogue<br />

avec Gharib l’exilé (Zakaria Gouram,<br />

qui semble <strong>en</strong>dosser le rôle tant il bute<br />

sur les mots) n’offre pas les mom<strong>en</strong>ts<br />

d’int<strong>en</strong>sité att<strong>en</strong>dus : la passion est dans<br />

les mots, pas dans les voix ni dans les<br />

gestes ; dommage : il était si beau le regard<br />

noir du grand-père sur l’affiche !<br />

MARIE-JO DHÔ<br />

Alger 62 de Mohamed Kacimi a été<br />

donné à La Minoterie<br />

du 4 au 7 novembre<br />

La pièce est publiée chez Actes-Sud<br />

Papiers


Idéalisme de la p<strong>en</strong>sée<br />

matérialiste<br />

Peut-on vivre sans utopie ? Il est <strong>en</strong>core difficile d’évoquer l’URSS avec objectivité,<br />

on a vite fait d’opposer, avec raison mais manichéisme, totalitarisme d’avant et<br />

liberté retrouvée. Mais l’ère soviétique n’était-elle pas aussi celle de l’illusion ? Il<br />

s’agit ici de compr<strong>en</strong>dre le grand m<strong>en</strong>songe qui exploita le rêve d’une vie meilleure<br />

pour tous. À l’oubli programmé de cet idéal, Sveltana Alexievitch oppose une<br />

analyse att<strong>en</strong>tive et s<strong>en</strong>sible des êtres, et interroge l’Histoire par l’observation de<br />

l’histoire des g<strong>en</strong>s.<br />

Trois personnages sont mis <strong>en</strong> scène. Leur point commun ? chacun a voulu se<br />

donner la mort, non par mauvaise consci<strong>en</strong>ce, mais à cause de la chute de l’idéal<br />

qui les a fait vivre. La mort de l’utopie à laquelle ils ont tout sacrifié revi<strong>en</strong>t à les<br />

exclure, d’ailleurs, leurs <strong>en</strong>fants les condamn<strong>en</strong>t, le monde les ignore… Peut-on<br />

vivre dans un univers où l’individualisme détruit toute volonté de progrès général?<br />

En analysant le passé, l’auteur nous r<strong>en</strong>voie aussi une image insatisfaisante du<br />

monde capitaliste contemporain… L’adaptation et la mise <strong>en</strong> scène de Nicolas<br />

Struve sont remarquables de vérité et exempt de t<strong>en</strong>tation réaliste : décor sobre,<br />

délimitation minimale des espaces, les trois acteurs ne se r<strong>en</strong>contr<strong>en</strong>t jamais.<br />

Chacun se livre à un long monologue, sur le ton de la confid<strong>en</strong>ce, de la confession,<br />

reformulant des souv<strong>en</strong>irs avec une sincérité émouvante et juste, humour aussi…<br />

© X-D.R. Un jeu d’une sobre et<br />

bouleversante int<strong>en</strong>sité.<br />

Du très grand théâtre !<br />

MARYVONNE COLOMBANI<br />

Ensorcelés par la mort<br />

de Sveltana<br />

Alexievitch/Nicolas Struve<br />

a été donné au théâtre<br />

Antoine Vitez<br />

les 9 et 10 nov<br />

Deux corps, une âme...<br />

Le Théâtre du C<strong>en</strong>taure abrite des<br />

êtres mythiques, mi-homme, mi-cheval,<br />

qui nourris<strong>en</strong>t l’imaginaire des spectateurs.<br />

On ne s’étonnera donc pas de<br />

leur afflu<strong>en</strong>ce et de la prés<strong>en</strong>ce de<br />

nombreux <strong>en</strong>fants, parfois effrayés<br />

lorsque Yudishtira, l’étalon lisutani<strong>en</strong><br />

noir, fonce sur le public et s’arrête pile.<br />

Bête magnifique que l’on devine conc<strong>en</strong>trée<br />

et t<strong>en</strong>due tant la performance<br />

prés<strong>en</strong>tée demande un travail minutieux.<br />

Manolo dit un texte de Fabrice<br />

Melquiot, son complice depuis longtemps.<br />

NASDAQ, texte surpr<strong>en</strong>ant sur<br />

les traders, traîte de la viol<strong>en</strong>ce du<br />

monde de la Bourse. Après la performance<br />

un court métrage nous emmène<br />

dans Istanbul. Ces formes courtes se<br />

nomm<strong>en</strong>t Poèmes C<strong>en</strong>taures et s’inscriv<strong>en</strong>t<br />

dans le vaste projet de Flux,<br />

parcours nocturne dans plusieurs villes<br />

europé<strong>en</strong>nes, mélange de films, de poèmes,<br />

de performances, qui change de<br />

forme <strong>en</strong> changeant de lieu dev<strong>en</strong>ant<br />

chaque fois oeuvre unique. L’intégrale<br />

<strong>en</strong> sera prés<strong>en</strong>tée <strong>en</strong> juin dans plusieurs<br />

lieux de la campagne Pastré. À<br />

suivre...<br />

CHRIS BOURGUE<br />

© Frederic Chehu<br />

Poème C<strong>en</strong>taure N°2<br />

s’est donné le 13 nov<br />

à la Campagne Pastré, Marseille<br />

Poème C<strong>en</strong>taure N°3<br />

le 11 déc<br />

04 91 25 38 10<br />

www.theatreduc<strong>en</strong>taure.com


16 THÉÂTRE AVIGNON<br />

Chaises musicales<br />

Lorsque deux artistes qui se connaiss<strong>en</strong>t<br />

bi<strong>en</strong>, l’un habitué des sunlights,<br />

l’autre de la feuille blanche, se retrouv<strong>en</strong>t<br />

sur scène, que se racont<strong>en</strong>t-ils ?<br />

Des histoires de femmes partagées, de<br />

bouteilles avalées et d’au revoir manqués.<br />

Des chansons improvisées<br />

(presque) et des tubes revisités (quasim<strong>en</strong>t).<br />

C’est ainsi que Stéphan Eicher<br />

et Philippe Djian ont eu <strong>en</strong>vie d’éprouver<br />

<strong>en</strong> public leur complicité (15<br />

ans à fabriquer des chansons <strong>en</strong>semble).<br />

La dernière représ<strong>en</strong>tation de leur<br />

Concert Littéraire a emballé le public<br />

du Chêne Noir, allié à celui de la scène<br />

de musiques actuelles des Passagers<br />

du Zinc (part<strong>en</strong>aires de la soirée). «On<br />

finit sur scène des chansons qui n’avai<strong>en</strong>t<br />

jamais trouvé de maison», explique le<br />

ténébreux chanteur, qui s’amuse à «tacler»<br />

les «dirigeants» de notre pays qui<br />

font le choix, comme les paroles de l’auteur,<br />

de «comm<strong>en</strong>cer avec quelque<br />

chose de très sombre pour forcém<strong>en</strong>t<br />

aller vers la lumière.» Djian, debout (il<br />

ne cessera de réclamer le tabouret sur<br />

lequel son comparse est assis), mesure<br />

(approximative) au bout des santiags,<br />

lit donc ses textes (quelques extraits<br />

de son nouveau roman, et certains succès<br />

1000 fois ré<strong>en</strong>t<strong>en</strong>dus mais gagnant<br />

ici <strong>en</strong> saveur). Sa voix sans musicalité<br />

notable le r<strong>en</strong>d un peu timide sur la<br />

chansonnette, puis l’écrivain pour l’occasion<br />

slameur, est rejoint par Eicher,<br />

guitare électro acoustique blanche,<br />

looper discret mais efficace, et franchem<strong>en</strong>t<br />

plus à l’aise. Sa voix aux acc<strong>en</strong>ts<br />

suisse-allemands opère et charme la<br />

salle, sa consci<strong>en</strong>ce littéraire à ses<br />

Des voyants aveugles<br />

Le dramaturge anglais Howard Barker, signataire<br />

du théâtre de la Catastrophe, sait faire <strong>en</strong>t<strong>en</strong>dre les<br />

voix <strong>en</strong> marge et éclater les tabous. Dans La<br />

Douzième bataille d’Isonzo, Camille Carraz et Alain<br />

Les douze batailles d'Isonzo © X-D.R<br />

Stephane Eicher et Philippe Djian © Daniel Infanger<br />

côtés. Deux niveaux d’expression qui<br />

s’imbriqu<strong>en</strong>t et se fond<strong>en</strong>t, pour leur<br />

plus grand plaisir. DE.M.<br />

Cesco-Resia se sont emparés du dialogue illusoire<br />

et bouillant <strong>en</strong>tre deux aveugles, T<strong>en</strong>na et Isonzo. La<br />

jeune fille vi<strong>en</strong>t de se marier avec un très vieil<br />

homme, qui célèbre ses douzièmes noces. Se donne,<br />

dans une joute brûlante de désir, une infernale et<br />

torride bataille sur leur différ<strong>en</strong>ce d’âge, leur union<br />

non consommée et leur cécité. Les deux comédi<strong>en</strong>s<br />

se sont jetés, les yeux fermés et avec un sublime<br />

panache, dans l’écriture exigeante et libre de Barker,<br />

où argot et lyrisme se juxtapos<strong>en</strong>t dans une langue<br />

rythmée et viscérale. Ils se mett<strong>en</strong>t eux-mêmes <strong>en</strong><br />

scène avec audace et tal<strong>en</strong>t, comme deux traînées<br />

de poudre (ou de sable, à l’image de la scénographie<br />

sobre et juste). Provocations, m<strong>en</strong>songes et aveux<br />

autour de l’obscur objet du désir rebondiss<strong>en</strong>t et<br />

nous embarqu<strong>en</strong>t, d’abandon <strong>en</strong> obsession, dans un<br />

tourbillon poétique et cruel. La nudité devi<strong>en</strong>t l’<strong>en</strong>jeu<br />

Le Concert Littéraire s’est joué<br />

au théâtre du Chêne Noir, Avignon,<br />

le 15 oct<br />

éclairé et les rôles dominant/dominé s’invers<strong>en</strong>t<br />

dans une lutte de corps et d’esprit <strong>en</strong>tre T<strong>en</strong>na «qui<br />

ne veut pas rester une rumeur» et Isonzo qui reste<br />

«une éponge au regard fixe». «Je ne suis pas aveugle,<br />

j’ai simplem<strong>en</strong>t fermé les yeux» lui avouera-t-il, faisant<br />

basculer la jeune fille (et les spectateurs) dans du pur<br />

fantasme, chacun intoxiqué dans sa propre obscurité.<br />

C’est cru, dérangeant, drôle parfois, diablem<strong>en</strong>t érotique<br />

et de cris <strong>en</strong> corps perdus, nous reste l’image<br />

de cet étrange couple et de son impossibilité longtemps<br />

gravée dans la rétine. Un seul petit regret? La<br />

lumière aurait mérité plus de recherche.<br />

DE.M.<br />

La Douzième bataille d’Isonzo<br />

s’est jouée au Théâtre des Halles<br />

du 4 au 7 nov<br />

Occid<strong>en</strong>t de Rémi De Vos n’est pas<br />

drôle. Même si l’on se surpr<strong>en</strong>d à sourire,<br />

réflexe de déf<strong>en</strong>se gênée devant<br />

le miroir cynique que nous t<strong>en</strong>d la pièce.<br />

À bout de<br />

souffle<br />

© X-D.R<br />

C’est une comédie noire et désespérée,<br />

un cruel «je t’aime moi non plus»<br />

<strong>en</strong>tre deux êtres déchus et déçus, à<br />

qui ne rest<strong>en</strong>t que de pathétiques insultes<br />

pour partager leur solitude. Dans<br />

une scénographie étouffante de vide,<br />

un couple (Stéphanie Marc et Philippe<br />

Hottier, impeccables) <strong>en</strong>glué dans<br />

un quotidi<strong>en</strong> sans âme joue un huis<br />

clos de désamour tristem<strong>en</strong>t fataliste.<br />

Ils ne sav<strong>en</strong>t plus s’aimer ni se quitter<br />

et combl<strong>en</strong>t l’abandon physique par le<br />

vertige de la parole. Un couple non<br />

id<strong>en</strong>tifié qui chaque soir se retrouve,<br />

par habitude ou masochisme, pour une<br />

joute ordurière. Lui s’agite, éructe, <strong>en</strong>rage,<br />

croit résister à ses illusions <strong>en</strong> se<br />

noyant dans l’alcool, le racisme ordinaire<br />

et l’insulte à «sa femme». Elle<br />

semble les avoir perdues (ses illusions),<br />

lasse, immobile mais fidèle au r<strong>en</strong>dezvous<br />

rituel quand il lui confesse ses<br />

bassesses parano et sa desc<strong>en</strong>te extrémiste.<br />

Elle r<strong>en</strong>tre dans son infernal<br />

jeu pour attiser sa jalousie et se cont<strong>en</strong>ter<br />

de ses sordides «je t’aime» éplorés.<br />

Passés les «putain, salope, je vais te<br />

buter, connard, ta gueule» qui serv<strong>en</strong>t<br />

le propos (!), le lieu du drame se situe<br />

au cœur même du langage, pas dans<br />

l’intrigue. Une mécanique verbale parfaitem<strong>en</strong>t<br />

au point, acc<strong>en</strong>tuée par la<br />

redondance d’intermèdes (sous Vivaldi<br />

et dans le noir), qui démontr<strong>en</strong>t le processus<br />

d’aliénation, sans issue. Un<br />

théâtre de paroles, à vif et sans ménagem<strong>en</strong>t,<br />

mis <strong>en</strong> scène par Dag<br />

Jeanneret qui nous plonge dans<br />

l’<strong>en</strong>fer d’un couple à bout de souffle.<br />

DELPHINE MICHELANGELI<br />

Occid<strong>en</strong>t de la compagnie In Situ<br />

s’est joué au Théâtre des Halles,<br />

Avignon, les 14 et 15 oct


AVIGNON | PORT-DE-BOUC | NÎMES<br />

THÉÂTRE 17<br />

Un triangle brun sur le cœur<br />

Le Balcon a confié son ouverture de saison à la Cie Mémoires<br />

Vives pour deux représ<strong>en</strong>tations, combles, de<br />

Samudarip<strong>en</strong>, les recettes étant reversées à la Fondation<br />

Abbé Pierre. Dirigée par Yan Gilg, la compagnie alsaci<strong>en</strong>ne<br />

poursuit son travail de transmission des mémoires avec<br />

cette pièce chorégraphique sur la persécution séculaire des<br />

nomades <strong>en</strong> Europe et leur extermination durant l’holocauste.<br />

Créé à l’initiative de Mickaël Stoll, le spectacle<br />

marie deux chants de liberté : jazz manouche et danse hip<br />

hop. Derrière un mur de tulle <strong>en</strong> barbelés, quatre danseurs<br />

jou<strong>en</strong>t ces prisonniers gitans voués à la mort (épatants,<br />

notamm<strong>en</strong>t dans les solos), accompagnés par un slameur<br />

qui scande l’horreur (Yan Gilg, égalem<strong>en</strong>t à la mise <strong>en</strong> scène)<br />

et trois musici<strong>en</strong>s hautem<strong>en</strong>t véloces. Sous une orchestration<br />

savante de lumières et de projections vidéo, ces tal<strong>en</strong>ts<br />

conjugués soulèv<strong>en</strong>t le voile du Samudarip<strong>en</strong>, génocide (<strong>en</strong><br />

langue romanès) des Tziganes internés par Vichy, déportés<br />

et exterminés p<strong>en</strong>dant le régime nazi. Très docum<strong>en</strong>té, le<br />

spectacle abonde de référ<strong>en</strong>ces historiques, d’images<br />

d’archives, de témoignages bouleversants, et retrace un pan<br />

Devoir de mémoire<br />

Il se souvi<strong>en</strong>t de tout Abraham.<br />

D’ailleurs il n’a plus que ça, le souv<strong>en</strong>ir,<br />

là, dans l’antichambre de la mort, à<br />

Auschwitz. Sa mémoire va tous les<br />

convoquer, les chers disparus, ceux qui<br />

ont accompagnés son <strong>en</strong>fance <strong>en</strong><br />

Pologne, puis son départ pour la Hongrie<br />

; sont là aussi sa chère Rosele, et<br />

les sept <strong>en</strong>fants qu’elle lui a donné,<br />

Yankle, son meilleur ami et «meilleur<br />

tailleur du monde» avec lequel il devise<br />

© X-D.R<br />

inlassablem<strong>en</strong>t de l’amour, du judaïsme,<br />

de nourriture et même d’extraterrestre<br />

(et quels savoureux dialogues !)… Michel<br />

© X-D.R<br />

de l’histoire passé sous sil<strong>en</strong>ce (la culture gitane préfère ne<br />

pas parler de ses morts) <strong>en</strong> nous confrontant à une mise <strong>en</strong><br />

perspective dérangeante. La corde s<strong>en</strong>sible est tirée à<br />

Jonasz, d’une voix tantôt puissante,<br />

tantôt suppliante ou moqueuse est<br />

chacun d’<strong>en</strong>tre eux, y compris <strong>en</strong> chansons.<br />

Mais il est surtout Abraham, ce<br />

grand-père juif Polonais qu’il n’a pas<br />

connu mais dont il éclaire quelques<br />

mom<strong>en</strong>ts de vie avec t<strong>en</strong>dresse, lucidité<br />

et humour. Michel Jonasz dit vouloir<br />

«r<strong>en</strong>dre hommage aux musiques qui ont<br />

joué un rôle ess<strong>en</strong>tiel dans [sa] vie artistique»,<br />

<strong>en</strong> l’occurr<strong>en</strong>ce la musique<br />

tzigane avec des compositions originales<br />

<strong>en</strong>registrées à Budapest. Seul<br />

sur scène, il fait défiler les années,<br />

l’extrême, mais jamais gratuitem<strong>en</strong>t.<br />

Le discours Gaulli<strong>en</strong> «Nos nations aujourd’hui<br />

unies vous assureront un<br />

av<strong>en</strong>ir digne» signale amèrem<strong>en</strong>t notre<br />

échec. Au final, tous pass<strong>en</strong>t devant<br />

les barbelés pour interroger le sil<strong>en</strong>ce<br />

du «monde de la culture» dans le problème<br />

actuel des Roms : «On se<br />

mobilise pour l’annexe 8 et 10, mais pas<br />

quand il y a des vies humaines <strong>en</strong> jeu»...<br />

Raccourci démagogique étonnant, une<br />

lutte n’excluant généralem<strong>en</strong>t pas<br />

l’autre, et le monde culturel n’étant pas<br />

spécialem<strong>en</strong>t muet à ce propos !<br />

DE.M.<br />

Samudarip<strong>en</strong> de la cie Mémoires<br />

Vives s’est joué au théâtre du Balcon,<br />

Avignon, les 15 et 16 oct<br />

remonte le temps dans un s<strong>en</strong>s et<br />

dans l’autre pour finalem<strong>en</strong>t s’arrêter<br />

sur la fin inéluctable, avec une infinie<br />

pudeur.<br />

DO.M.<br />

Abraham a été joué au Sémaphore,<br />

à Port-de-Bouc les 20 et 21 oct,<br />

et au Théâtre de Fos le 22<br />

Théâtre théorique<br />

Écrit par Gertrude Stein <strong>en</strong> 1936,<br />

List<strong>en</strong> to me est un texte complexe,<br />

abstrait, qui, à l’image de l’artiste<br />

avant-gardiste, cubiste, qu’était la<br />

poétesse et dramaturge américaine,<br />

s’interroge sur les g<strong>en</strong>res, le processus<br />

de création et surtout l’expéri<strong>en</strong>ce de<br />

l’écriture. À ce titre, List<strong>en</strong> to me illustre<br />

les doutes, les interrogations de l’auteur<br />

face à son texte théâtral. Difficile<br />

de «raconter» ce dont il parle exactem<strong>en</strong>t<br />

tant les mots qui le compos<strong>en</strong>t<br />

sembl<strong>en</strong>t se vider de tout s<strong>en</strong>s,<br />

inlassablem<strong>en</strong>t répétés… En guise de<br />

personnages des «caractères», numérotés<br />

de 1 à 9, s’invectiv<strong>en</strong>t, se<br />

répond<strong>en</strong>t autour du s<strong>en</strong>s des mots et<br />

ponctu<strong>en</strong>t les interv<strong>en</strong>tions de ceux qui<br />

sont nommés, id<strong>en</strong>tifiés, Doux Wiliam<br />

et Lilian. Eux se cherch<strong>en</strong>t, travers<strong>en</strong>t<br />

les actes, r<strong>en</strong>dant chaotique une<br />

© Bellamy<br />

év<strong>en</strong>tuelle progression dramatique. La<br />

comédi<strong>en</strong>ne Emma Morin a conçu son<br />

spectacle avec un dispositif scénique<br />

simple reposant sur de magnifiques<br />

monochromes projetés sur un écran,<br />

qui signal<strong>en</strong>t les différ<strong>en</strong>ts actes et<br />

jou<strong>en</strong>t <strong>en</strong>core un peu plus du contraste<br />

<strong>en</strong>tre le sonore et le visuel, et sur<br />

des déplacem<strong>en</strong>ts réduits. Mais cette<br />

pièce de théâtre qui n’<strong>en</strong> est pas une<br />

devait-elle être portée sur scène, alors<br />

même qu’il ne s’agit que de matérialiser<br />

la langue ? À moins que le son,<br />

seul, prime, et que l’avalanche de mots<br />

qui anesthésie leur s<strong>en</strong>s suffise à<br />

signifier… Paradoxal…<br />

DO.M.<br />

List<strong>en</strong> to me a été joué à l’Odéon,<br />

à Nîmes, le 4 nov


18 THÉÂTRE AU PROGRAMME<br />

En Arabe<br />

La nécessité de faire v<strong>en</strong>ir à Marseille et dans la<br />

région du théâtre <strong>en</strong> langue arabe paraît une évid<strong>en</strong>ce<br />

: plus d’un marseillais sur dix est arabophone…<br />

Mais ce n’est pas tout : les théâtres du Maghreb, du<br />

Liban, de Palestine, d’Egypte aussi, ont hérité de<br />

dramaturgies différ<strong>en</strong>tes, anci<strong>en</strong>nes, d’un rapport au<br />

conte oralisé que le théâtre «occid<strong>en</strong>tal» a oublié<br />

depuis les Grecs. Une tradition d’un théâtre d’objets<br />

très différ<strong>en</strong>t du nôtre y est très vivace… et bi<strong>en</strong> sûr<br />

les textes contemporains, écrits ou non <strong>en</strong> Arabe,<br />

nous rapport<strong>en</strong>t des conflits politiques qui sont au<br />

cœur de notre histoire de Méditerrané<strong>en</strong>s.<br />

Plusieurs raisons donc de suivre ce cycle proposé par<br />

le Système Friche Théâtre et placé Sous le Signe<br />

d’Averroès. Bi<strong>en</strong> sûr tout est surtitré ou bilingue, et<br />

vous pourrez y voir une pièce Syri<strong>en</strong>ne mise <strong>en</strong> scène<br />

par un tunisi<strong>en</strong> sur un amour impossible (les 17 et 20<br />

nov), le monologue fou d’une mère qui cherche le<br />

cadavre de son fils dans les décombres d’une ville<br />

anonyme qui ressemble à Beyrouth (le 18 nov), les<br />

cauchemars d’une <strong>en</strong>fant palestini<strong>en</strong> (les 19 et 20<br />

nov), mais aussi la création de Julie Kretzschmar<br />

et Thierry Niang d’un texte de Mustafa B<strong>en</strong>fodil,<br />

dans le cadre des r<strong>en</strong>contres à l’échelle (le 19 nov) ,<br />

une r<strong>en</strong>contre sur la dramaturgie arabe contemporaine<br />

à l’Alcazar (le 17 nov) et un buffet libanais le 20<br />

nov <strong>en</strong>tre les deux pièces…<br />

Théâtre Arabe contemporain<br />

Jusqu’au 20 nov<br />

La Friche<br />

04 95 04 95 93<br />

www.lafriche.org<br />

><br />

De mon hublot uterin... © Emilie Petit<br />

Exubérant<br />

Alfredo Arias est de retour avec un spectacle de<br />

cabaret sur Miguel de Molina et Eva Peron. Deux<br />

destins singuliers qui se sont croisés, deux icones<br />

autant haïes qu’adulées, populaires, mal p<strong>en</strong>santes,<br />

l’un persécuté par le franquisme, l’autre traitée de<br />

pute du pouvoir… Un cabaret trans, et forcém<strong>en</strong>t<br />

haut <strong>en</strong> couleurs, surpr<strong>en</strong>ant coloré et sulfureux,<br />

comme Arias sait les concevoir… Avec, <strong>en</strong>tre autres,<br />

Sandra Guida et Alejandra Radano, sublimes dans<br />

Divino Amore…<br />

Tatouage<br />

Du 19 au 25 nov<br />

La Criée<br />

04 91 54 70 54<br />

www.theatre-lacriee.com<br />

Medee © Raynaud de Lage<br />

Barbare<br />

La Médée d’Euripide mis <strong>en</strong> scène par Laur<strong>en</strong>t<br />

Fréchuret est <strong>en</strong>fin à Marseille ! Mais, reporté l’an<br />

dernier, il n’<strong>en</strong> reste que 5 dates, dans la petite salle…<br />

Catherine Germain <strong>en</strong> épouse trahie et mère<br />

infanticide doit être subjuguante, d’autant que<br />

Fréchuret n’a gommé ni sa magie noire, ni l’horreur,<br />

ni la dim<strong>en</strong>sion politique de son hurlem<strong>en</strong>t contre<br />

l’exil et la dépossession…<br />

Médée<br />

Du 1 er au 4 déc<br />

La Criée<br />

04 91 54 70 54<br />

www.theatre-lacriee.com<br />

Salut public<br />

Notre Terreur, création du collectif D’ores et déjà<br />

emm<strong>en</strong>é par le très tal<strong>en</strong>tueux Sylvain Creuzevault,<br />

<strong>en</strong>ferme neuf hommes <strong>en</strong> un huis clos qui retrace les<br />

dernières de Robespierre d’après les minutes de son<br />

procès… Un questionnem<strong>en</strong>t sur notre histoire, mais<br />

aussi sur l’exercice du pouvoir aujourd’hui, et sur la<br />

possibilité d’un théâtre politique neuf et vif déf<strong>en</strong>du<br />

par de jeunes g<strong>en</strong>s (hommes ?).<br />

Notre Terreur<br />

Du 14 au 18 déc<br />

La Criée<br />

04 91 54 70 54<br />

www.theatre-lacriee.com<br />

Emmurés<br />

Un événem<strong>en</strong>t à la Minoterie : la pièce du journaliste<br />

et écrivain Driss Ksikes, qui a fait grand bruit lors<br />

de sa création au Maroc <strong>en</strong> 2008, sera créée <strong>en</strong><br />

français (langue d’écriture de Driss Ksikes qui l’avait<br />

lui-même traduite <strong>en</strong> arabe dialectal pour les représ<strong>en</strong>tations<br />

marocaines). Pièce sur l’<strong>en</strong>fermem<strong>en</strong>t et<br />

la soumission volontaire, elle rassemble 6 comédi<strong>en</strong>s<br />

dans un lieu imaginaire, Uterus originel qui est aussi<br />

une non-terre… Le texte parle de politique, de religion<br />

et de sexe très librem<strong>en</strong>t : Driss Ksikes, qui a r<strong>en</strong>oncé<br />

au journalisme, affirme que l’art reste le seul territoire<br />

de liberté au Maroc…<br />

Il/Houwa<br />

Les 3 et 4 déc<br />

La Minoterie<br />

dans le cadre des R<strong>en</strong>contres d’Averroès<br />

04 91 90 07 94<br />

www.minoterie.org<br />

><br />

Il-Houwa © X-D.R.<br />

Ciel, un Labiche !<br />

L’Egrégore se met à Labiche ? Au vaudeville ? Certes,<br />

mais avec un esprit particulier : dans le tout petit<br />

espace du mini théâtre, la mécanique comique de la<br />

Station Champbaudet, où les portes claqu<strong>en</strong>t et où<br />

les intérieurs bourgeois sont plus bousculés que les<br />

halls de gares, devrait donner le tournis, augm<strong>en</strong>té par<br />

un piano omniprés<strong>en</strong>t, et les 9 comédi<strong>en</strong>s qui s’<strong>en</strong>trecrois<strong>en</strong>t…<br />

D’ailleurs la critique du bourgeois<br />

prés<strong>en</strong>te dans Labiche est hélas <strong>en</strong>core (à nouveau ?)<br />

d’actualité : leur peur de manquer, et leur inculture,<br />

sont redev<strong>en</strong>us monnaie courante. Seule leur<br />

pratique de l’adultère a changé ?<br />

La station Champbaudet<br />

Du 23 nov au 23 déc (sauf le 1 er et le 3 déc)<br />

Le L<strong>en</strong>che<br />

04 91 91 52 22<br />

www.theatredel<strong>en</strong>che.info<br />

le 3 déc<br />

Théâtre du Sémaphore, Port-de-Bouc<br />

04 42 06 39 09<br />

www.theatre-semaphore-portdebouc.com<br />

Ciel, un amant !<br />

C’est avec un vaudeville d’aujourd’hui repr<strong>en</strong>ant le<br />

trio d’hier qu’Eric Lassous a triomphé sur les<br />

boulevards parisi<strong>en</strong>s, ses comédi<strong>en</strong>s étant tous<br />

nominés aux Molières, et lui décrochant finalem<strong>en</strong>t<br />

celui du meilleur auteur francophone. La recette du<br />

trio bourgeois sur canapé est éprouvée, et Jean-Luc<br />

Moreau à la mise <strong>en</strong> scène et <strong>en</strong> mari cocu de très<br />

mauvaise foi ne l’est pas moins. Divertissant ?<br />

Le duo Dau et Cautella dans Sacco et Vanzetti d’Alain<br />

Guyard mis <strong>en</strong> scène par François Bourcier est<br />

nettem<strong>en</strong>t plus surpr<strong>en</strong>ant : les deux comiques trouv<strong>en</strong>t<br />

dans cette pièce éminemm<strong>en</strong>t politique le ton<br />

juste des innoc<strong>en</strong>ts persécutés, parce qu’ils sont<br />

étrangers, mais aussi parce qu’ils sont anarchistes…<br />

L’illusion conjugale<br />

Les 19 et 20 nov<br />

Sacco et Vanzetti<br />

Les 10 et 11 déc<br />

Le Toursky<br />

0 820 300 033<br />

www.toursky.org


THÉÂTRE 19<br />

Poupées<br />

On a eu l’occasion de découvrir le travail de Jeanne<br />

Mordoj, <strong>en</strong> particulier avec sa dernière création<br />

L’Éloge du poil, étrange confession d’une femme à<br />

barbe. Après un mois de résid<strong>en</strong>ce au Merlan elle<br />

créera donc Adieu Poupée, (La femme sans passé)<br />

qu’elle a conçu à partir d’un monologue écrit par<br />

François Cervantès pour elle. À partir de sa passion<br />

des poupées, images paradoxales de femmes qui ici<br />

sont tordues, rapiécées, inachevées, et dans<br />

lesquelles elle transfère ses affects. Un texte qu’elle<br />

a travaillé «comme on travaille un numéro de cirque»…<br />

La femme sans passé<br />

Du 18 au 25 nov<br />

Le Merlan<br />

04 91 11 19 20<br />

www.merlan.org<br />

À nus<br />

R<strong>en</strong>aud-Marie Leblanc poursuit son exploration de<br />

l’écriture de Christophe Pellet (voir p 12) <strong>en</strong> mettant<br />

<strong>en</strong> scène un texte cru, qui se demande, <strong>en</strong> acte,<br />

comm<strong>en</strong>t représ<strong>en</strong>ter le sexe sur un plateau. Erich<br />

von Stroheim, interdit au moins de 18 ans, est joué par<br />

trois des meilleurs jeunes comédi<strong>en</strong>s de la région :<br />

Juli<strong>en</strong> Duval, Guillaume Clausseet Marie Domprier<br />

rapporteront, nus, 16 «tranches» de vie sexuelle,<br />

interrogeant le corps et le désir dans notre réalité<br />

économique et politique, et dans l’espace de la<br />

représ<strong>en</strong>tation.<br />

Erich von Stroheim<br />

Du 10 au 17 déc<br />

Le Merlan<br />

04 91 11 19 20<br />

www.merlan.org<br />

Concepts ?<br />

La philo est délirante ? La raison est folle ? c’est <strong>en</strong><br />

tous les cas les prolégomènes du spectacle de la Cie<br />

4 litres 12, bi<strong>en</strong> connus <strong>en</strong> Lorraine pour leur esprit<br />

pétillant et leur s<strong>en</strong>s de la dérision intellig<strong>en</strong>te…<br />

Réfléchir et rire <strong>en</strong>semble ? autour d’un gorille ? <strong>en</strong><br />

miroir ? drôle de programme !<br />

Folisophie<br />

Jusqu’au 20 nov<br />

Le Gyptis<br />

04 91 11 00 91<br />

www.theatregyptis.com<br />

© X-D.R<br />

Libertin<br />

Don Juan fut, avant d’être la figure type du séducteur,<br />

celui de la liberté absolue. Qui ne respecte pas celle<br />

de l’autre, qui agit et p<strong>en</strong>se selon son seul désir… Le<br />

projeter dans un road movie contemporain<br />

réactivera-t-il le mythe ? C’est le pari de Jean-<br />

Charles Raymond (Cie La Naïve de Pertuis), qui<br />

met <strong>en</strong> scène la pièce de Molière dans un univers<br />

très sev<strong>en</strong>ties animé par les Doors.<br />

Dom Juan<br />

Du 7 au 11 déc<br />

Le Gyptis<br />

04 91 11 00 91<br />

www.theatregyptis.com<br />

><br />

© X-D.R<br />

Amoureux<br />

Sami Frey seul <strong>en</strong> scène, dans un texte qu’il a choisi<br />

et mis <strong>en</strong> scène lui-même… Il faut dire que ce Premier<br />

amour lui ti<strong>en</strong>t à cœur. Ce texte de Beckett, qui l’a<br />

p<strong>en</strong>sé comme un récit autant que comme un<br />

soliloque, est le premier qu’il a écrit <strong>en</strong> Français. Son<br />

rapport étrange à la langue, ce tissage indémêlable<br />

d’humour et de désespoir, ce personnage bourru et<br />

mesquin qui nous ressemble, tout Beckett y est.<br />

Avec, inhabituellem<strong>en</strong>t, un vrai discours sur le<br />

s<strong>en</strong>tim<strong>en</strong>t amoureux…<br />

Premier amour<br />

Du 23 au 27 nov<br />

Jeu de Paume, Aix<br />

0820 000 422<br />

www.lestheatres.net<br />

les 19 et 20 nov<br />

Théâtre de Grasse<br />

04 93 40 53 00<br />

www.theatredegrasse.com<br />

du 15 au 18 déc<br />

CNCDC Châteauvallon, Ollioules<br />

04 94 22 02 02<br />

www.chateauvallon.com<br />

Vaincues<br />

Le viol est une pratique courante dans les pays <strong>en</strong><br />

guerre, <strong>en</strong> particulier p<strong>en</strong>dant les reconquêtes ou<br />

libérations. Les femmes de Berlin vaincu et occupé<br />

par l’armée Rouge n’y échappèr<strong>en</strong>t pas plus que les<br />

Itali<strong>en</strong>nes, les Bosniaques, les Tchéchènes, les Rwandaises.<br />

Dans Une femme à Berlin Isabelle Carré<br />

incarne les souffrances d’une femme allemande<br />

après la chute du régime Nazi. Elle s’appuie pour cela<br />

sur un journal auth<strong>en</strong>tique, anonyme, écrit <strong>en</strong> 1945.<br />

Une femme à Berlin<br />

Du 13 au 18 déc<br />

Jeu de Paume, Aix<br />

0820 000 422<br />

www.lestheatres.net<br />

Kheireddine Lardjam © X-D.R.<br />

Soliloques<br />

Dans le cadre des Ateliers de l’Euroméditerranée, le<br />

Théâtre Vitez est part<strong>en</strong>aire de l’Université de<br />

Prov<strong>en</strong>ce et de Marseille Prov<strong>en</strong>ce 2013 et propose,<br />

avec les étudiants <strong>en</strong> théâtre de l’Université et de<br />

jeunes acteurs algéri<strong>en</strong>s, un atelier m<strong>en</strong>é par<br />

Kheireddine Lardjam sur Les Borgnes, pièce écrite<br />

par Mustapha B<strong>en</strong>fodil. Sur <strong>en</strong>trée libre.<br />

Les Borgnes<br />

Le 25 nov à 19h<br />

Théâtre Vitez, Aix<br />

04 42 59 94 37<br />

http://theatre-vitez.com


20 THÉÂTRE AU PROGRAMME<br />

Toujours <strong>en</strong> été<br />

À ceux qui se demand<strong>en</strong>t si l’arrière pays est toujours<br />

animé hors saison, le festival d’automne Après les<br />

v<strong>en</strong>danges, organisé par l’association Les Ateliers<br />

du Regard, prouve chaque année depuis 11 ans que<br />

la culture <strong>en</strong> milieu rural n’est pas uniquem<strong>en</strong>t estivale.<br />

Ainsi, 9 villages du Haut Vaucluse –Vaison,<br />

Séguret, Villedieu, Sablet, Faucon, Rasteau, Savoillans,<br />

Violès et Travaillan- répond<strong>en</strong>t prés<strong>en</strong>ts pour proposer<br />

une programmation éclectique basée sur la<br />

musique et le théâtre, et ce jusqu’au 11 décembre.<br />

Après Bernard Lubat et le groupe Les Yeux Noirs<br />

reçus <strong>en</strong> début de festival, un autre grand nom de la<br />

musique fera s<strong>en</strong>sation : Marc Perrone et son accordéon<br />

diatonique, accompagné de Marie-Odile<br />

Chantran à la vielle à roue, au chant, à la danse et<br />

aux percus, seront à Vaison le 4 déc. Toujours <strong>en</strong><br />

musique, le groupe Hygiaphone clôturera le festival<br />

Odyssée<br />

© Jean-Louis Fernandez<br />

Premier volet du Sang des promesses, la tétralogie<br />

d’une nuit proposée par Wajdi Mouawad au Festival<br />

d’Avignon 2009, Littoral est la pièce qui nous <strong>en</strong>traîne<br />

le plus loin sur les rivages croisés de l’imaginaire et de<br />

l’intime. 8 comédi<strong>en</strong>s œuvr<strong>en</strong>t autour du personnage<br />

de Wilfrid, parti sur les traces de ses ancêtres pour<br />

retrouver le fondem<strong>en</strong>t même de son exist<strong>en</strong>ce et de<br />

son id<strong>en</strong>tité. Un voyage initiatique sur l’exil, la<br />

transmission, et le passage de l’<strong>en</strong>fance à la réalité de<br />

la vie d’adulte. Inoubliable.<br />

Littoral<br />

Les 26 et 27 novembre<br />

Théâtre des Salins, Martigues<br />

04 42 49 02 00<br />

www.theatre-des-salins.fr<br />

Noirceur<br />

La cie Subito s’installe à l’Odéon avec un spectacle<br />

construit spécialem<strong>en</strong>t pour ce lieu : Requiem pour<br />

Miss Blandish est un polar-oratorio déambulatoire qui<br />

lorgne vers les clubs de jazz américains, tiré de<br />

l’œuvre noire de James Hadley Chase, Pas<br />

d’orchidées pour Miss Blandish. Au cœur du dispositif,<br />

le public suit le rapt de cette fille de milliardaire au<br />

plus près, suivant pas à pas les comédi<strong>en</strong>s, la<br />

chanteuse de blues et la danseuse au gré des<br />

nuances d’une musique qui mêle improvisations et<br />

bruitages de film. Le film de Robert Aldrich (1971)<br />

sera par ailleurs projeté au Sémaphore le 24 nov.<br />

Requiem pour Miss Blandish<br />

Les 1 er et 2 déc<br />

Théâtre de Nîmes<br />

04 66 36 65 10<br />

www.theatred<strong>en</strong>imes.com<br />

© Eric Didym<br />

avec un hommage vibrant au groupe Téléphone, à<br />

Rasteau le 11 déc. Mais avant cela, Frédéric Chiron<br />

se coulera dans les mots de Prévert pour un Fatras<br />

jubilatoire (à Savoillans le 19 nov), tandis que le<br />

comédi<strong>en</strong> Roland Peyron jouera A plein gaz, un texte<br />

écrit pour lui par le prolifique auteur marseillais Serge<br />

Valetti (à Sablet le 26 nov, à Faucon le 27 et à<br />

Travaillan le 3 déc). Les v<strong>en</strong>danges s’annonc<strong>en</strong>t<br />

belles cette année <strong>en</strong>core…<br />

DO.M.<br />

Festival Après les v<strong>en</strong>danges<br />

Jusqu’au 11 déc<br />

Haut Vaucluse<br />

04 90 28 58 62<br />

www.lesateliersduregard.org<br />

Transformée<br />

Marie-Pierre raconte les mardis où elle r<strong>en</strong>d visite à<br />

son père, veuf depuis peu, avec lequel elle part, à<br />

Monoprix, faire les courses pour la semaine. Là les<br />

regards moqueurs détruis<strong>en</strong>t autant que les mots de<br />

ceux qui l’ont connue «avant». Parce qu’avant Marie-<br />

Pierre était Jean-Pierre, ce que personne n’accepte,<br />

et <strong>en</strong>core moins son père, personnification de<br />

l’intolérance et de la castration… Michel Didym met<br />

<strong>en</strong> scène Jean-Claude Dreyfus sur le texte<br />

d’Emmanuel Darley.<br />

Le Mardi à Monoprix<br />

Les 23 et 24 nov<br />

Théâtre d’Arles<br />

04 90 52 51 51<br />

www.theatre-arles.com<br />

du 26 au 28 nov<br />

Châteauvallon, Ollioules<br />

04 94 22 02 02<br />

www.chateauvallon.com<br />

><br />

© X-D.R.<br />

Humaniste<br />

Adaptée pour la scène par François Chaumette, La<br />

Chute d’Albert Camus est mise <strong>en</strong> scène par<br />

Raymond Vinciguerra et interprétée avec force,<br />

intellig<strong>en</strong>ce et dérision par Philippe Séjourné. De son<br />

lieu d’exil, un bar d’Amsterdam, Jean-Baptiste Clam<strong>en</strong>ce<br />

se prés<strong>en</strong>te <strong>en</strong> tant que juge-pénit<strong>en</strong>t, qui<br />

s’accusera lui-même avant de pouvoir juger les<br />

autres; de son passé il raconte tout, douloureusem<strong>en</strong>t.<br />

Sur la scène, sur deux grands panneaux-écrans, une<br />

création vidéo de F. Mour<strong>en</strong>-Prov<strong>en</strong>çal représ<strong>en</strong>te les<br />

images m<strong>en</strong>tales de cette confession.<br />

La Chute<br />

Le 25 nov à 20h30<br />

Théâtre de la Colonne, Miramas<br />

04 90 58 37 86<br />

www.sc<strong>en</strong>esetcines.fr<br />

Festivités<br />

© Kevin Louviot<br />

La 12 e nuit après Noël, le roi des fous <strong>en</strong>traîne ses<br />

sujets dans une fête effrénée, la Nuit des rois… Le<br />

chef-d’œuvre de Shakespeare est ici revisité par<br />

Nicolas Briançon qui situe son intrigue dans<br />

l’Angleterre des années 30, plus propices aux folles<br />

<strong>en</strong>volées burlesques que la période élisabéthaine. De<br />

m<strong>en</strong>songes <strong>en</strong> travestissem<strong>en</strong>ts, de quiproquos <strong>en</strong><br />

rebondissem<strong>en</strong>ts les mal<strong>en</strong>t<strong>en</strong>dus seront levés pour<br />

que triomphe… l’amour !<br />

La Nuit des rois<br />

Le 14 déc à 20h30<br />

Théâtre de la Colonne, Miramas<br />

04 90 58 37 86<br />

www.sc<strong>en</strong>esetcines.fr


THÉÂTRE 21<br />

Foisonnant<br />

Dans un univers où tout semble normal et maîtrisé,<br />

où le quotidi<strong>en</strong> glisse sur les membres d’une famille<br />

à la coiffure de Playmobil, il suffirait de pas grand<br />

chose pour que tout dérape. Comme souv<strong>en</strong>t dans<br />

l’univers de Calaferte dont est tirée La Bataille de<br />

Waterloo que met <strong>en</strong> scène Patrick Pelloquet,<br />

directeur du Théâtre régional des Pays de la Loire. Le<br />

grain de sable vi<strong>en</strong>dra de la voisine, Madame Ondula,<br />

qui se promène toujours <strong>en</strong> culotte brodées… Quel<br />

rapport avec le titre ? Si seulem<strong>en</strong>t quelqu’un se<br />

souv<strong>en</strong>ait de la date de la défaite napoléoni<strong>en</strong>ne !<br />

Jusqu’où va se nicher la folie ?<br />

La Bataille de Waterloo<br />

Le 26 nov à 20h30<br />

Espace Gérard Philippe, Port-St-Louis<br />

www.sc<strong>en</strong>esetcines<br />

Pacifique<br />

© Vinc<strong>en</strong>t Muteau<br />

Att<strong>en</strong>tion, «t<strong>en</strong>tative de défroissage du mythe»<br />

annoncée ! C’est bi<strong>en</strong> d’Antigone dont il s’agit, mais<br />

la cie Les Anges au Plafond revisite l’histoire avec des<br />

marionnettes <strong>en</strong> papier et lui donne un souffle, une<br />

profondeur qui éclair<strong>en</strong>t les actes des protagonistes.<br />

Les marionnettes de Brice Berthoud sont manipulées<br />

par la comédi<strong>en</strong>ne Camille Trouvé qui fait aussi les<br />

voix de chacun, accompagnée par la bande-son<br />

continue de deux violoncelles. Le mur construit à la<br />

demande du roi Créon résistera t-il ?<br />

Une Antigone de papier<br />

Le 3 déc à 20h30<br />

Théâtre de l’Olivier, Istres<br />

04 42 56 48 48<br />

www.sc<strong>en</strong>esetcines.fr<br />

Consci<strong>en</strong>ce<br />

Injustem<strong>en</strong>t oubliée et méconnue, la comédievaudeville<br />

d’Eugène Labiche, Un pied dans le crime,<br />

montée par Jean-Louis B<strong>en</strong>oit avec Philippe Torreton<br />

et Dominique Pinon, repose sur un cas de consci<strong>en</strong>ce<br />

délicat : un juré, bourgeois de son état, est appelé à<br />

juger un crime dont il est l’auteur, ce qui d’emblée<br />

fausse tous les rapports… C’est tout le génie de<br />

Labiche que l’on retrouve dans les relations<br />

alambiquées et vachardes que les uns avec les autres<br />

<strong>en</strong>treti<strong>en</strong>n<strong>en</strong>t… La Criée accueillera la pièce <strong>en</strong> mars,<br />

dans sa grande salle retrouvée.<br />

Un pied dans le crime<br />

Le 20 nov à 20h30<br />

Théâtre de l’Olivier, Istres<br />

04 42 56 48 48<br />

www.sc<strong>en</strong>esetcines.fr<br />

Vigilance<br />

Le Cartoun Sardines pr<strong>en</strong>d l’air du temps prés<strong>en</strong>t <strong>en</strong><br />

s’intéressant à l’œuvre de Brecht. Leur toute nouvelle<br />

création, Un homme est un homme, écrite par le<br />

dramaturge allemand p<strong>en</strong>dant la montée du nationalsocialisme,<br />

dénonce les ravages exercés par la<br />

propagande et la manipulation des masses qui<br />

peuv<strong>en</strong>t faire d’un homme un assassin.<br />

Un homme est un homme<br />

le 19 nov à 20h30<br />

Le Sémaphore, Port-de-Bouc<br />

04 42 06 39 09<br />

www.theatre-semaphore-portdebouc.com<br />

le 10 déc à 20h30<br />

3 Casino, Gardanne<br />

04 42 65 77 00<br />

www.ville-gardanne.frv<br />

Épicuri<strong>en</strong><br />

Difficile de résister à la t<strong>en</strong>tation de s’asseoir au<br />

banquet tellem<strong>en</strong>t il est fabuleux ! Plaisir du texte et<br />

du saut de puce <strong>en</strong>tre les auteurs, gourmandise du<br />

verbe, joie des acteurs à troquer le costume de<br />

Cyrano ou d’Ophélie, bonheur du spectateur à porter<br />

un toast à la puissance de la fabulation et de<br />

l’imaginaire… On s’abreuve sans perdre une goutte à<br />

tant d’intellig<strong>en</strong>ce et de brio.<br />

Le Banquet fabulateur<br />

Les 26 et 27 nov à 21h<br />

La Distillerie, Aubagne<br />

04 42 18 19 89<br />

www.aubagne.com<br />

><br />

© X-D.R. © Pierre Grosbois<br />

Viscéral<br />

Encore Une maison de poupée ! Celle de l’auteur et<br />

metteur <strong>en</strong> scène arg<strong>en</strong>tin Daniel Véronèse est<br />

tellem<strong>en</strong>t différ<strong>en</strong>te : rebaptisé Le développem<strong>en</strong>t de<br />

la civilisation à v<strong>en</strong>ir, le texte d’Ibs<strong>en</strong> est ici ciselé à<br />

l’extrême -chaque mot, chaque respiration, chaque<br />

sil<strong>en</strong>ce résonn<strong>en</strong>t- pour mieux faire <strong>en</strong>t<strong>en</strong>dre la vérité<br />

des personnages. Au plus près de leur quête, Daniel<br />

Véronèse passé maître dans l’art de décortiquer<br />

l’âme humaine revisite cette pièce sur l’émancipation<br />

des femmes. Sans esbroufe ni artifices.<br />

Le développem<strong>en</strong>t de la civilisation à v<strong>en</strong>ir<br />

Le 7 déc à 20h30<br />

Théâtres <strong>en</strong> Dracénie, Draguignan<br />

04 94 50 59 59<br />

www.theatres<strong>en</strong>drac<strong>en</strong>ie.com<br />

Témoignage<br />

Avec Sale août Serge Valletti écrit une comédie triste<br />

<strong>en</strong> quatre actes à la mémoire des ouvriers itali<strong>en</strong>s<br />

massacrés à Aigues-Mortes <strong>en</strong> 1893. Un humour,<br />

doublé d’une nostalgie secrète, caractérise l’auteur<br />

qui fait revivre cette Histoire à la manière «d’un<br />

vaudeville macabre». Et Patrick Pineau, <strong>en</strong> fin<br />

connaisseur, réincarne avec sa troupe Monsieur<br />

Fournier et sa veuve, l’ingénieur, le professeur<br />

d’histoire… 4 femmes et 7 hommes archétypes des<br />

«bons français»…<br />

Sale août<br />

Les 25 et 26 nov à 20h30<br />

Théâtre Molière, Sète<br />

04 67 74 66 97<br />

www.theatredesete.com<br />

Le 3 déc à 20h30<br />

La Passerelle, Gap<br />

04 92 52 52 52<br />

www.theatre-la-passerelle.com<br />

Du 15 au 18 déc<br />

La Criée, Marseille<br />

04 91 54 70 54<br />

www.theatre-lacriee.com<br />

En janvier à La Colonne, à Miramas,<br />

à Châteauvallon, à Ollioules…<br />

Algébrique<br />

Michel Raskine monte la pièce la plus jouée et le plus<br />

comm<strong>en</strong>tée de Marivaux, Le Jeu de l’amour et du<br />

hasard… La plus «glaciale et… brève, quasi mathématique»<br />

selon lui. Du coup il choisit trois duos de comédi<strong>en</strong>s<br />

qui n’ont plus vingt ans pour faire <strong>en</strong>t<strong>en</strong>dre ou ré<strong>en</strong>t<strong>en</strong>dre,<br />

différemm<strong>en</strong>t peut-être, la petite musique de<br />

Marivaux. Celle qui chante les péripéties du cœur<br />

amoureux. S’appuyant sur leur maturité et leur<br />

expéri<strong>en</strong>ce il révèle les replis de leurs personnages<br />

dans une mise <strong>en</strong> scène décapante.<br />

Le Jeu de l’amour et du hasard<br />

Le 7 déc à 20h30<br />

La Passerelle, Gap<br />

04 92 52 52 52<br />

www.theatre-la-passerelle.eu


22 THÉÂTRE AU PROGRAMME<br />

En famille<br />

Après Bouli Miroet Bouli Redéboule, Fabrice Melquiot<br />

poursuit avec Wanted Pétula les av<strong>en</strong>tures de cet<br />

incroyable gamin, myope et quelques kilos <strong>en</strong> trop,<br />

créé <strong>en</strong> 2002. Dev<strong>en</strong>u presque adolesc<strong>en</strong>t, amoureux<br />

de sa cousine Pétula Clark soudainem<strong>en</strong>t disparue<br />

dans l’espace, il va vivre d’innombrables av<strong>en</strong>tures<br />

burlesques et poétiques pour la retrouver. Emmanuel<br />

Demarcy-Mota met <strong>en</strong> scène cette histoire<br />

qui s’adresse à l’<strong>en</strong>fance de chacun, des petits et des<br />

grands. À voir <strong>en</strong> famille pour réfléchir et rire.<br />

Wanted Pétula<br />

Les 23 et 24 novembre<br />

Théâtre de Cavaillon<br />

04 90 78 64 64<br />

www.theatredecavaillon.com<br />

Lecture<br />

L’auteur Catherine Zambon a débuté le projet<br />

d’écriture des Z’Habitants <strong>en</strong> 2004 dans la région du<br />

Lubéron avec la complicité de la Scène nationale de<br />

Cavaillon, puis poursuivi cette av<strong>en</strong>ture dans le Lot<br />

et <strong>en</strong> Dauphiné, <strong>en</strong> livrant parfois quelques étapes<br />

d’une belle force émotionnelle. Elle s’est inspirée des<br />

lieux de vie d’hôtes inconnus qui, le temps d’une<br />

immersion poétique, désertai<strong>en</strong>t leur habitation. 14<br />

maisons visitées ont ainsi donné naissance à de<br />

courts textes théâtraux qu’elle livrera dans les bars du<br />

territoire de Cavaillon.<br />

Les Z’HAbitants<br />

Du 7 au 11 décembre<br />

Théâtre de Cavaillon<br />

04 90 78 64 64<br />

www.theatredecavaillon.com<br />

Vaudeville<br />

Gérard Gélas revi<strong>en</strong>t dans une comédie pleine de<br />

drôleries et d’humour avec Georges Feydeau, l’un<br />

de ses auteurs de prédilection et un texte qui reste<br />

toujours d’une étonnante actualité. Le metteur <strong>en</strong><br />

scène avait déjà monté cette pièce <strong>en</strong> 1987 avec «un<br />

soupçon de prét<strong>en</strong>tion» dit-il, et s’attache dans cette<br />

nouvelle version à la merveilleuse mécanique du<br />

texte. Pour rire de la petitesse des hommes, plutôt<br />

que d’<strong>en</strong> pleurer, autour du député V<strong>en</strong>troux, de sa<br />

femme <strong>en</strong> t<strong>en</strong>ue légère et de son adversaire<br />

Monsieur Hochepaix.<br />

Mais n’te promène donc pas toute nue<br />

Du 18 novembre au 5 décembre<br />

Chêne Noir, Avignon<br />

04 90 82 40 57<br />

www.ch<strong>en</strong><strong>en</strong>oir.fr<br />

© Jean-Louis Fernandez<br />

Musical<br />

Jean-Paul Farré revi<strong>en</strong>t au Chêne Noir avec Les 12<br />

pianos d’Hercule, un spectacle qui a reçu le Molière<br />

du Théâtre musical <strong>en</strong> 2010. Il sera ce pianiste<br />

délicieusem<strong>en</strong>t déjanté, qui n’a de classique que la<br />

queue de pie, <strong>en</strong> pleine analyse farfelue de l’unique<br />

sonate d’un compositeur méconnu. Une savoureuse<br />

alliance de théâtre, de musique et d’humour dans un<br />

univers burlesque, onirique et poétique. Unique <strong>en</strong><br />

son g<strong>en</strong>re.<br />

Les 12 pianos d’Hercule<br />

Les 9 et 10 décembre<br />

Chêne Noir, Avignon<br />

04 90 82 40 57<br />

www.ch<strong>en</strong><strong>en</strong>oir.fr<br />

M<strong>en</strong>songe ?<br />

Digressions verbales et autres délires jubilatoires<br />

att<strong>en</strong>dus sur la scène des Halles. Christian Mazzuchini<br />

sera complètem<strong>en</strong>t Mythomane dans un<br />

florilège de textes de Serge Valletti. Des textes<br />

démontés et regonflés <strong>en</strong> forme de sketches, brodés<br />

de pépites inédites autour de son thème de prédilection.<br />

Un pamphlet poético-burlesque incisif.<br />

Mythomane<br />

Les 9 et 10 décembre<br />

Les Halles, Avignon<br />

04 90 85 52 57<br />

www.theatredeshalles.com<br />

><br />

© A. Offredo<br />

Récital<br />

Une pépite au Balcon ! Cathy Heiting, alias Katia<br />

Von Bretzel, cantatrice «un peu hystérique à l’occasion»<br />

et son compère pianiste Jonathan Soucasse,<br />

alias Ingmar Bruteson, livr<strong>en</strong>t avec Bizet était une<br />

femme un récital jubilatoire de grands airs d’opéra. Ils<br />

retrac<strong>en</strong>t d’une façon très personnelle et humoristique<br />

le parcours des compositeurs, de Carm<strong>en</strong> à<br />

Duke Ellington <strong>en</strong> passant par Gershwin et le gospel.<br />

Une découverte à savourer.<br />

Bizet était une femme<br />

Le 27 novembre<br />

Le Balcon, Avignon<br />

04 90 85 00 80<br />

www.theatredubalcon.org<br />

Assoiffé<br />

Serge Barbuscia opère avec J’ai Soif un travail de<br />

mémoire ouvert sur plusieurs chants, pour faire jaillir<br />

l’humanisme, l’amour et la lumière. Autour des 7<br />

dernières paroles du Christ <strong>en</strong> croix de Haydn (interprétées<br />

par Roland Conil au piano) et Est-il un homme<br />

de Primo Levi, et au plus profond de leurs supplices,<br />

surgit la même parole : j’ai soif. Deux œuvres majeures<br />

<strong>en</strong> dialogue qui scrut<strong>en</strong>t notre monde intérieur<br />

et questionn<strong>en</strong>t les atrocités commises par l’homme.<br />

J’ai soif<br />

Les 3 et 4 décembre<br />

Le Balcon, Avignon<br />

04 90 85 00 80<br />

www.theatredubalcon.org<br />

Cantate<br />

Le compositeur Eric Breton crée une cantate pour<br />

chœur à 8 voix, dans la lignée des grands oratorios,<br />

d’après l’œuvre de G.E. Lessing. L’histoire de trois<br />

hommes qui, dans la Jérusalem des croisades se<br />

voi<strong>en</strong>t réunis par un li<strong>en</strong> inatt<strong>en</strong>du, sera interprétée<br />

par le Chœur Lusciana (surtitrage du texte chanté)<br />

et contée par Jean-D<strong>en</strong>is Vivi<strong>en</strong>. Une œuvre<br />

puissante et captivante.<br />

Nathan le Sage<br />

Du 19 au 21 novembre<br />

Le Chi<strong>en</strong> qui Fume, Avignon<br />

04 90 85 25 87<br />

www.chi<strong>en</strong>quifume.com<br />

Fratrie<br />

La compagnie la Lanterne qui regroupe un collectif<br />

d’artistes issus des conservatoires de musique et de<br />

danse d’Avignon, après quelques jours de résid<strong>en</strong>ce<br />

à la Fabrik’Théâtre, prés<strong>en</strong>tera son projet À l’origine<br />

de nos tourm<strong>en</strong>ts. Marie Clavaguera Pratz et<br />

Vinc<strong>en</strong>t Clavaguera donneront corps et voix à<br />

Electre et Oreste, accompagnés par la plastici<strong>en</strong>ne<br />

Sarah Medalel, pour mettre <strong>en</strong> résonance avec le<br />

monde dans lequel nous vivons la relation d’un frère<br />

et d’une sœur. Du vécu ?<br />

L’origine de nos tourm<strong>en</strong>ts<br />

Les 26 et 27 novembre<br />

La Fabrik’Théâtre, Avignon<br />

04 90 86 47 81<br />

www.fabriktheatre.fr<br />

Pas féministe ?<br />

Première étape de prés<strong>en</strong>tation de la prochaine<br />

création du théâtre du Kronope : une soirée lecture<br />

«non féministe mais féminine» avec Joëlle Richetta<br />

et Elsa Stirnemann autour de Carm<strong>en</strong>. En att<strong>en</strong>dant<br />

la répétition publique du 8 mars (journée de la femme<br />

oblige) et le spectacle final les 31 mars et 1 er avril.<br />

Lecture autour de Carm<strong>en</strong><br />

Le 9 décembre<br />

La Fabrik’Théâtre, Avignon<br />

04 90 86 47 81<br />

www.fabriktheatre.fr


Laboratoire c<strong>en</strong>tral<br />

Le Ballet d’Europe parvi<strong>en</strong>t une fois <strong>en</strong>core à remplir<br />

l’Opéra de Marseille, durant les vacances… Il faut dire<br />

que cette compagnie chorégraphique reste fidèle à<br />

sa qualité : les danseurs récemm<strong>en</strong>t recrutés ont acquis<br />

<strong>en</strong> quelques mois le répertoire de<br />

Jean-Charles Gil, et participé à la<br />

nouvelle création avec autant d’allant,<br />

d’ampleur, de qualités techniques et<br />

d’<strong>en</strong>thousiasme que leurs aînés : visiblem<strong>en</strong>t<br />

ceux-là pass<strong>en</strong>t leurs matinées à<br />

la barre, le reste <strong>en</strong> répétition, et ça se<br />

s<strong>en</strong>t.<br />

One more time repose toujours sur la<br />

même course hors d’haleine, les mouvem<strong>en</strong>ts<br />

d’<strong>en</strong>semble réglés au cordeau,<br />

les corps poussés à l’extrême de leur<br />

vitesse et de leurs t<strong>en</strong>sions. Reposant<br />

sur deux cresc<strong>en</strong>dos successifs qui pr<strong>en</strong>n<strong>en</strong>t<br />

à peine le temps de redesc<strong>en</strong>dre<br />

<strong>en</strong>tretemps, la pièce épate et déchaîne<br />

des salves d’applaudissem<strong>en</strong>ts…<br />

Autrem<strong>en</strong>t pareil est plus contestable :<br />

Les âges de la danse<br />

au titre, peu accrocheur, correspond l’idée d’une<br />

danse qui, pour cerner la même émotion intangible,<br />

cherche ailleurs ses moy<strong>en</strong>s expressifs. Non plus dans<br />

la virtuosité et l’exubérance de la jeunesse, mais dans<br />

BALLET D’EUROPE | ISTRES<br />

Scène nue, ossatures du théâtre visibles,<br />

les corps s’étir<strong>en</strong>t, s’échauff<strong>en</strong>t, une<br />

arabesque naît, une courbe s’ébauche,<br />

rires, chuchotem<strong>en</strong>ts… Les spectateurs<br />

s’install<strong>en</strong>t, l’<strong>en</strong>semble est uni par la<br />

même lumière crue… Conc<strong>en</strong>tration des<br />

mouvem<strong>en</strong>ts qui isol<strong>en</strong>t les artistes<br />

malgré cette intimité étrange, comme<br />

si nous étions initiés aux mystères<br />

mêmes de la création, dans un sil<strong>en</strong>ce<br />

où seuls les frottem<strong>en</strong>ts des corps sur<br />

le tapis de danse, les respirations, se<br />

laiss<strong>en</strong>t <strong>en</strong>t<strong>en</strong>dre. Nous sommes conviés<br />

à un stade embryonnaire de l’œuvre,<br />

étape de la résid<strong>en</strong>ce technique des<br />

artistes à Istres. Emanuel Gat explique<br />

sa démarche, fait travailler des<br />

danseurs qui ne se ressembl<strong>en</strong>t pas,<br />

plonge jusqu’à retrouver l’ess<strong>en</strong>ce même<br />

du mouvem<strong>en</strong>t. Dans 10 mois les musiques<br />

seront différ<strong>en</strong>tes, les pas de<br />

deux (superbes) ou les <strong>en</strong>sembles (magnifiques)<br />

trouveront d’autres formes…<br />

La danse, comme l’écriture, se pratique<br />

avec une gomme et des ciseaux !<br />

La résid<strong>en</strong>ce accorde aux artistes du<br />

temps pour réfléchir, Emanuel Gat la<br />

prés<strong>en</strong>te comme un privilège. La prés<strong>en</strong>tation<br />

des états du travail m<strong>en</strong>é fait<br />

partie du cahier des charges : on se<br />

demande si les commanditaires pourront<br />

dans le futur rester aussi éclairés,<br />

et si la belle liberté accordée aux artistes<br />

sera toujours comprise comme<br />

une nécessité ! E. Gat affirme avec<br />

force la spécificité du langage chorégraphique,<br />

«la danse n’est pas une<br />

façon de dire quelque chose que l’on<br />

pourrait dire <strong>en</strong> mots, c’est un langage<br />

qui ne dit ri<strong>en</strong> hors de lui-même… comme<br />

la musique, la danse traduit des<br />

idées non verbales… tout est dans le<br />

mécanisme, danse et mouvem<strong>en</strong>t…»<br />

On admire la fascinante liberté accordée<br />

aux danseurs, responsables dans<br />

l’élaboration de la chorégraphie. Un<br />

premier bonheur pour les spectateurs,<br />

et l’att<strong>en</strong>te d’un autre, r<strong>en</strong>dez-vous pris !<br />

MARYVONNE COLOMBANI<br />

J’habite les lieux de ma métamorphose<br />

© Laur<strong>en</strong>t Philippe<br />

Autrem<strong>en</strong>t pareil © Agnes Mellon<br />

DANSE 23<br />

Brilliant Corners © X-D.R<br />

Brilliant Corners a été brillamm<strong>en</strong>t<br />

esquissé au théâtre de l’Olivier, Istres,<br />

le 21oct<br />

Poursuivant son travail autour de la parole, du mouvem<strong>en</strong>t<br />

et de l’<strong>en</strong>fermem<strong>en</strong>t, Hamid B<strong>en</strong> Mahi adapte<br />

le roman de l’écrivain, poète et journaliste algéri<strong>en</strong><br />

Hamid Skif, La Géographie du danger. Une chorégraphie<br />

qui s’appuie sur ce récit émouvant d’un<br />

clandestin, immigré, expatrié, terré dans une chambre<br />

de bonne depuis quatre ans, étranger qui,<br />

l<strong>en</strong>tem<strong>en</strong>t, meurt. Seul dans un magnifique décor<br />

anxiogène, Hamid B<strong>en</strong> Mahi parle, il est cet être<br />

apeuré, aculé qui sait trop bi<strong>en</strong> quelle fin l’att<strong>en</strong>d :<br />

des gestes saccadés du corps soumis aux images<br />

stroboscopées de l’explosion trop longtemps réprimée,<br />

la danse se fait urg<strong>en</strong>te, le corps se disloque, les<br />

mouvem<strong>en</strong>ts sont amplifiés par une musique puissante<br />

et hypnotique, et les mots qui résonn<strong>en</strong>t…<br />

tandis que les lumières magnifiques d’Antoine Auger<br />

soulign<strong>en</strong>t et révèl<strong>en</strong>t ce corps meurtri jusqu’à le<br />

transformer <strong>en</strong> ombre diminuée.<br />

La chorégraphie d’Hamid B<strong>en</strong> Mahi, qui dit danser<br />

pour ne pas rester immobile et parler pour plus rester<br />

sil<strong>en</strong>cieux est de celles qui imprim<strong>en</strong>t longtemps la<br />

rétine, et les oreilles.<br />

DO.M.<br />

La Géographie du danger a été dansée le 10 nov<br />

au Théâtre de l’Olivier, Istres, dans le cadre<br />

des R<strong>en</strong>contres à l’échelle (voir p 14)<br />

l’arrondi, l’impulsion dosée, le contact. À ce titre Jean-<br />

Charles Gil revi<strong>en</strong>t sur scène : à plus de 50 ans, celui<br />

qui disposait de moy<strong>en</strong>s physiques exceptionnels <strong>en</strong><br />

a gardé trace, non dans la souplesse ou le ballon<br />

mais dans l’int<strong>en</strong>sité émotionnelle, qui<br />

repose justem<strong>en</strong>t sur des élém<strong>en</strong>ts -<br />

des regards ? un essoufflem<strong>en</strong>t ? une<br />

manière de toucher l’autre ?- difficiles à<br />

cerner. Reste qu’il dissimule ses<br />

manques et amène ses danseurs vers<br />

son économie (forcée) de gestes, alors<br />

qu’il pourrait les laisser suivre leur<br />

chemin propre, <strong>en</strong> continuant sans<br />

fard le si<strong>en</strong>, empreint de l’expéri<strong>en</strong>ce<br />

d’une vie jusque dans le discret<br />

empâtem<strong>en</strong>t des chairs.<br />

AGNÈS FRESCHEL<br />

One more time<br />

et Autrem<strong>en</strong>t pareil ont été dansés<br />

à l’Opéra de Marseille le 29 oct


24 DANSE GTP | PAVILLON NOIR<br />

Visions du futur<br />

Pourquoi aller <strong>en</strong> Russie, r<strong>en</strong>contrer le Bolchoï,<br />

croiser ses ors et son classicisme ? Pourquoi puiser<br />

dans l’inspiration bouddhique recyclée de Subodh<br />

Gupta (scénographie), l’électro désincarnée de<br />

Laur<strong>en</strong>t Garnier, les costumes dénudants d’Igor<br />

Chapurin, tout <strong>en</strong> rev<strong>en</strong>ant à une écriture rapide,<br />

oblique, époustouflante, des <strong>en</strong>sembles rectilignes et<br />

froids, à peine <strong>en</strong>trecoupés de tableaux lyriques et<br />

s<strong>en</strong>suels ? C’est qu’Angelin Preljocaj nous parle de<br />

l’Apocalypse et qu’il la situe là, aux frontières de l’Est,<br />

vers les sept églises d’Ori<strong>en</strong>t, dans l’émiettem<strong>en</strong>t des<br />

Ins<strong>en</strong>sé<br />

Parallèlem<strong>en</strong>t à la tournée apocalyptique, le Ballet Preljocaj continue de danser<br />

Empty Moves, pièce <strong>en</strong>trée au répertoire <strong>en</strong> 2003, et programmée régulièrem<strong>en</strong>t<br />

dans des salles plus petites. Ce quatuor est accompagné par la voix de John Cage<br />

syllabant des Empty words devant un public itali<strong>en</strong> médusé, et qui le manifeste de<br />

plus <strong>en</strong> plus bruyamm<strong>en</strong>t au long des 70 longues minutes de sa prestation. Le<br />

propos du compositeur ? R<strong>en</strong>dre la parole abstraite, la détacher du signifié. Le<br />

propos du chorégraphe ? Montrer que la danse aussi peut s’attacher au signifiant,<br />

c’est-à-dire au geste, sans ri<strong>en</strong> connoter d’autre que sa propre écriture. Le résultat<br />

est étonnant d’inv<strong>en</strong>tivité chorégraphique : les assemblages inédits se succèd<strong>en</strong>t,<br />

le mouvem<strong>en</strong>t pr<strong>en</strong>d un incroyable coulé, inv<strong>en</strong>te des successions combinatoires<br />

fascinantes, sculpte l’espace <strong>en</strong>tre les corps. Puis le public de Cage se fait<br />

<strong>en</strong>t<strong>en</strong>dre, les corps souri<strong>en</strong>t, se regard<strong>en</strong>t, ayant compris depuis les années 70<br />

que l’abstraction est une utopie…<br />

A.F.<br />

Empty moves a été dansé au Pavillon Noir, Aix<br />

du 20 au 23 oct<br />

nations qui fur<strong>en</strong>t communistes, l’abandon des dieux<br />

indi<strong>en</strong>s, le sang versé partout, la pulsation,<br />

l’inorganique, l’électronique, Gomorrhe…<br />

Suivront mille ans de calme n’est pas une illustration<br />

des visions et allégories de Jean dans l’Apocalypse,<br />

même si l’on y croise des anges, le Livre scellé, des<br />

fléaux, des cavaliers et deux agneaux. La pièce de<br />

Preljocaj, comme le petit livre de Jean, décrit le<br />

prés<strong>en</strong>t, p<strong>en</strong>se le passé, prédit l’av<strong>en</strong>ir, littéralem<strong>en</strong>t<br />

et analogiquem<strong>en</strong>t. À côté des figures empruntées<br />

par l’apôtre pour décrire son histoire (Néron, la<br />

Empty Moves © Agnès Mellon<br />

Suivront mille ans de calme © JC Carbonne<br />

Action !<br />

Tant pis on vous raconte<br />

la fin, c’est trop bi<strong>en</strong> : trois<br />

jeunes g<strong>en</strong>s (d’où sort<strong>en</strong>tils<br />

ceux-là ? ) rejou<strong>en</strong>t à<br />

l’infini des rires et des cris<br />

une même scène où l’on<br />

se jetterait par exemple<br />

dans le vide mais stop, arrière,<br />

play, replay… p<strong>en</strong>dant<br />

que les trois interprètes<br />

de Last Meadow sur le<br />

devant de la scène se font<br />

applaudir pour leur époustouflante<br />

prestation. Il est<br />

grand temps de partir mais pas facile<br />

de tourner le dos à un show qui continue<br />

! Délicieux malaise instillé depuis<br />

le début (ce mot a-t-il un s<strong>en</strong>s ? on<br />

doute, on doute !) par l’ambiance toute<br />

d’ombre et de lumière, de sil<strong>en</strong>ce brumeux<br />

troublé par la profusion d’une<br />

somptueuse bande-son et la prés<strong>en</strong>ce<br />

presque brutale du trio de danseurs qui<br />

crève l’écran.<br />

Le blouson rouge Fureur de Vivre et le<br />

front couronné de blondeur boudeuse<br />

font de Michelle Boulé micro <strong>en</strong> mains<br />

-«Seul, seul, je suis seul...»- un James<br />

Dean postiche si évid<strong>en</strong>t que l’on a un<br />

peu honte d’y pr<strong>en</strong>dre tant de plaisir, à<br />

cette fantasmagorie libre et pétante<br />

d’énergie autour de l’idole absolue du<br />

désarroi sexy (américain ?) ; mixture,<br />

texture et tempo d’<strong>en</strong>fer : éclats de<br />

voix, gémissem<strong>en</strong>ts distordus v<strong>en</strong>us de<br />

dépravation et la guerre) et prédire l’av<strong>en</strong>ir (la fin du<br />

monde et le pardon), on y voit les nations<br />

d’aujourd’hui <strong>en</strong>chaînées, s’agitant sans but, lavant<br />

leurs drapeaux à grande eau au soir des jugem<strong>en</strong>ts,<br />

effaçant leurs crimes, pr<strong>en</strong>ant des poses d’une<br />

crudité extrême, provocantes, très politiquem<strong>en</strong>t<br />

incorrectes : la Russie ne s’y est pas trompée, qui a<br />

interdit qu’on y lavât son drapeau.<br />

Quant à la danse… les onze interprètes du Ballet<br />

Preljocaj côtoi<strong>en</strong>t miraculeusem<strong>en</strong>t les corps rompus<br />

au classicisme du Bolchoï, tandis que ceux-ci jubil<strong>en</strong>t<br />

visiblem<strong>en</strong>t d’emprunter d’autres voies. Les quelques<br />

duos l<strong>en</strong>ts (merci Bach !) sont d’une beauté poétique<br />

poignante, les grands mouvem<strong>en</strong>ts <strong>en</strong> quinconce,<br />

fugués ou à l’unisson, sont exécutés avec un<br />

<strong>en</strong>semble fascinant. Un Preljocaj grand cru, à fort<br />

tanin.<br />

AGNÈS FRESCHEL<br />

Suivront mille ans de calme<br />

a été créé au Bolchoï <strong>en</strong> sept 2010,<br />

puis dansé à la Bi<strong>en</strong>nale de Lyon et à Chaillot.<br />

Il sera <strong>en</strong> mars 2011 à Draguignan et Montpellier.<br />

Du 17 au 24 nov<br />

Grand Théâtre de Prov<strong>en</strong>ce, Aix<br />

04 42 91 69 69<br />

www.legrandtheatre.net<br />

Last Meadow © Ian Douglas<br />

l’Est d’Ed<strong>en</strong>, triangle familial et amoureux<br />

; Tarek Halaby porte robe, barbe<br />

noire et bras au ciel ; Miguel Guttierez,<br />

le chorégraphe, zigzague <strong>en</strong> père faiblard.<br />

Le plateau est submergé de musique :<br />

courses folles à travers le Requiem de<br />

Mozart, galopades débridées avec Madonna<br />

ou reptations vigoureuses ; désir<br />

fragile, émotions surexposées, gesticulation<br />

tragique des corps qui se donn<strong>en</strong>t<br />

massivem<strong>en</strong>t (move move movie) <strong>en</strong>tre<br />

aerobic métaphysique et night-club déjanté.<br />

Vulgaire ? Efficace ! On ne peut<br />

même pas faire la fine bouche quand<br />

on sait que «Last Meadow» désigne<br />

métaphoriquem<strong>en</strong>t la congestion<br />

cérébrale !<br />

MARIE-JO DHO<br />

Last Meadow a été prés<strong>en</strong>té<br />

au Pavillon Noir les 5 et le 6 nov


En caractères grâces<br />

Michel Kelem<strong>en</strong>is et sa compagnie<br />

prés<strong>en</strong>tai<strong>en</strong>t au Théâtre Durance trois<br />

poèmes chorégraphiques : Disgrâce,<br />

une confrontation gestuelle pour cinq<br />

danseurs créée <strong>en</strong> mai 2009 ; That<br />

Side, brillant solo féminin de Caroline<br />

Blanc, une création déchirée et déchirante<br />

sur un ailleurs intérieur. Et Aléa,<br />

réécriture d’un quatu-corps oppositionnel<br />

de 2005 réordonné <strong>en</strong> croisem<strong>en</strong>ts,<br />

r<strong>en</strong>contres, éloignem<strong>en</strong>ts d’un septuple<br />

corps de ballet qui n’a plus ri<strong>en</strong> d’aléatoire.<br />

Une gestuelle que télescop<strong>en</strong>t<br />

les échos musicaux électroacoustiques<br />

de Christian Zanessi pour questionner<br />

la complexité du rapport à l’Autre<br />

dans le parti pris d’une écriture volontairem<strong>en</strong>t<br />

précise, rigoureuse de<br />

l’<strong>en</strong>chaînem<strong>en</strong>t. La ponctuation de<br />

l’ordre gestuel est acc<strong>en</strong>tuée par l’aspect<br />

naturellem<strong>en</strong>t syncopé du support<br />

musical électroacoustique, et la sobriété<br />

minimaliste des costumes,<br />

D<strong>en</strong>se émotion<br />

comme pour laisser toute sa place au<br />

mouvem<strong>en</strong>t. Seuls quelques poursuites<br />

et rais de lumière font décor à<br />

l’ouvrage, projetant des ombres pariétales<br />

aux murs noircis de la scène. La<br />

rigidité recherchée du trait chorégraphique<br />

est parfaitem<strong>en</strong>t servie par la<br />

perfection de copiste des danseursgymnastes<br />

de la compagnie. Ainsi la<br />

confrontation et le télescopage des<br />

phrases gestuelles se trouv<strong>en</strong>t magnifiés<br />

dans un extrémisme volontaire qui<br />

pourrait se percevoir comme un fait<br />

autocratique… rigueur qui interpelle,<br />

interroge, ne peut laisser indiffér<strong>en</strong>t<br />

mais dont la sécheresse peut laisser<br />

parfois le spectateur sur une soif<br />

d’apaisem<strong>en</strong>t.<br />

YVES BERCHADSKY<br />

Disgrâce, That Side et Aléa<br />

ont été dansé le 22 oct<br />

au Théâtre Durance<br />

Alea © Agnes Mellon<br />

Le rêve dansant de Pina Bausch sculpte le geste émotionnel dans la matière brute<br />

du mouvem<strong>en</strong>t adolesc<strong>en</strong>t. Modelage à l’âge du corps à cœur. Matière s<strong>en</strong>sible<br />

bouleversée et bouleversante. À l’aube des s<strong>en</strong>sualités, s’éveille <strong>en</strong> touches<br />

pointillistes l’accord à l’Autre. L’intellig<strong>en</strong>ce écorchée accouche de poésie<br />

s<strong>en</strong>sible. Chorégraphie d’une humanité subtile et parfumée. Une façon de respirer<br />

et s<strong>en</strong>tir l’amour de la vie !<br />

Y.BC<br />

Les rêves dansants,<br />

sur les pas de Pina Bausch,<br />

un film de Anne Linsel<br />

et Rainer Hoffman,<br />

sorti le 13 oct<br />

CHÂTEAU-ARNOUX | DANSEM DANSE 25<br />

Danse, aime<br />

La 13 e édition de Dansem a débuté,<br />

après le préambule des Questions de<br />

danse de Michel Kéléménis, avec une<br />

création d’Hélène Cathala, La Jeune<br />

fille que la rivière n’a pas gardée. Un<br />

solo qui ne manque pas de qualités -<br />

belle prés<strong>en</strong>ce irradiante d’une danseuse<br />

qui joue quelque chose <strong>en</strong>tre la proie<br />

et l’ombre, intéressant dispositif de<br />

sons décl<strong>en</strong>chés par le mouvem<strong>en</strong>tmais<br />

signe aussi les difficultés d’un<br />

g<strong>en</strong>re coincé dans une économie qui<br />

l’aliène : les compagnies de danse<br />

contemporaine vivant avec des moy<strong>en</strong>s<br />

misérables, les solos expérim<strong>en</strong>taux<br />

c<strong>en</strong>trés sur l’expression d’un moi<br />

souffrant ou marginal se succèd<strong>en</strong>t.<br />

Celui-ci a pris le temps d’une certaine<br />

écriture. Mais que dit-il, sinon sa propre<br />

difficulté à être ?<br />

Emblématique de Dansem ? Sur certains<br />

points certainem<strong>en</strong>t : depuis 14<br />

ans l’Officina propose un festival qui<br />

multiplie les événem<strong>en</strong>ts et irrigue le<br />

territoire, a fait connaître de nombreux<br />

artistes méditerrané<strong>en</strong>s aujourd’hui<br />

programmés partout. Mais ses moy<strong>en</strong>s<br />

ne permett<strong>en</strong>t pas de financer des<br />

créations ambitieuses : L’Officina et<br />

Dansem ont <strong>en</strong> tout 137 000 euros de<br />

subv<strong>en</strong>tions. Alors ils se débrouill<strong>en</strong>t,<br />

avec tal<strong>en</strong>t : ils tiss<strong>en</strong>t des part<strong>en</strong>ariats<br />

nombreux avec les théâtres qui cofinanc<strong>en</strong>t<br />

les spectacles accueillis et les<br />

intègr<strong>en</strong>t à leur propre programmation<br />

(le Bois de l’aune à Aix, Arteum à<br />

Châteauneuf-le-Rouge et La Roque<br />

d’Anthéron <strong>en</strong>tr<strong>en</strong>t cette année dans<br />

la danse…) ; mais si l’Officina paie les<br />

artistes, leurs cachets, leurs déplacem<strong>en</strong>ts,<br />

ils n’achèt<strong>en</strong>t pas vraim<strong>en</strong>t<br />

les spectacles, et ne peuv<strong>en</strong>t garantir<br />

des séries…<br />

Une économie précaire qui apparaît<br />

dans la programmation, fondée sur de<br />

très nombreux solos ou duos, et des<br />

formes programmées une ou deux fois,<br />

qui ne permett<strong>en</strong>t pas aux œuvres<br />

d’atteindre une maturité et install<strong>en</strong>t<br />

comme un choix esthétique le concept<br />

d’«œuvre <strong>en</strong> cours».<br />

Malgré cela la programmation de Dansem<br />

reste passionnante ! Parce qu’elle<br />

est conçue par de vrais amoureux de la<br />

danse contemporaine, qui connaiss<strong>en</strong>t<br />

leur terrain méditerrané<strong>en</strong> et sont reconnus<br />

à ce titre par leurs pairs : ainsi<br />

les Bernardines s’<strong>en</strong>gag<strong>en</strong>t financièrem<strong>en</strong>t<br />

pour accueillir quatre formes<br />

de la Cie Mal Pelo, le Théâtre Durance,<br />

qui accueille <strong>en</strong> résid<strong>en</strong>ce la Cie<br />

Tecnologia Filosofica, se donne les<br />

moy<strong>en</strong>s de programmer une création<br />

de 8 danseurs, de même que le Théâtre<br />

d’Arles qui accueille un quintette,<br />

la dernière création d’Ambra S<strong>en</strong>atore.<br />

En dehors de cela il faut noter la<br />

prés<strong>en</strong>ce de Nacera Belaza à la Minoterie<br />

: la chorégraphe reste fidèle à<br />

Dansem qui l’a programmée bi<strong>en</strong> avant<br />

ses succès… Et puis toutes les créations<br />

des compagnies de la région : Ex<br />

nihilo, Montaine Chevalier, Carol<br />

Vanni, le Collectif KO.com de Manon<br />

Avram trouv<strong>en</strong>t avec Dansem un<br />

souti<strong>en</strong> indisp<strong>en</strong>sable pour continuer à<br />

créer tant bi<strong>en</strong> que mal dans un<br />

contexte économique désastreux…<br />

Parce que tous aim<strong>en</strong>t la danse !<br />

AGNÈS FRESCHEL<br />

Dansem<br />

Jusqu’au 17 déc<br />

04 91 55 68 06<br />

www.dansem.org<br />

Cet instant là © Fabio Melotti<br />

Les Reves dansants,<br />

sur les pas de Pina


26 DANSE AU PROGRAMME<br />

Traces<br />

Marco Boccherini danse son histoire. Seul. Mis <strong>en</strong><br />

scène par Bruno Deleu, ce solo autour de la mémoire<br />

d’un homme à terre qu’un deuil habite s’anime peu à<br />

peu…<br />

Le Storie de Italo<br />

Du 18 au 20 nov<br />

Théâtre du petit Matin, Marseille<br />

04 91 48 98 59<br />

http://cie.campo.free.fr<br />

Hip hop<br />

symphonique<br />

Décidém<strong>en</strong>t le parcours de Kader Attou n’a ri<strong>en</strong><br />

d’att<strong>en</strong>du : premier chorégraphe issu du hip hop<br />

promu directeur d’un c<strong>en</strong>tre chorégraphique national,<br />

il délaisse depuis longtemps déjà non les techniques<br />

de mouvem<strong>en</strong>t du hip hop, mais ses rythmes binaires<br />

et ce qui le rattache au rap. En faisant danser ses<br />

interprètes sur la musique souv<strong>en</strong>t très poignante de<br />

Gorecki, compositeur contemporain mort le 12 nov<br />

dernier, il emmène Accrorap <strong>en</strong>core plus loin : sa célèbre<br />

Symphonie n°3 (dite des Chants plaintifs) pour<br />

soprano et orchestre a des acc<strong>en</strong>ts d’un romantisme<br />

exacerbé, que le chorégraphe r<strong>en</strong>d par des costumes<br />

aux rougeurs dévoilées, et des <strong>en</strong>volées tristes, et<br />

superbes…<br />

Symfonia piesni Zatosnych<br />

les 26 et 27 nov<br />

04 90 78 64 64<br />

Scène Nationale de Cavaillon<br />

www.theatredecavaillon.com<br />

le 3 déc<br />

Scène Nationale de Sète<br />

04 67 74 66 97<br />

www.theatredesete.com<br />

Hip hop sur canapé<br />

Au Pavillon noir c’est la petite pièce tout public de<br />

Kader Attou qui montrera l’ét<strong>en</strong>due du tal<strong>en</strong>t de ses<br />

danseurs. Proche du cirque, acrobatique, théâtrale,<br />

masculine, parcourant autour d’un canapé des souv<strong>en</strong>irs<br />

d’<strong>en</strong>fance mêlant les histoires qu’on raconte à<br />

celles que l’on a vécues, la pièce est d’une énergie<br />

folle…<br />

Petites histoires.com<br />

Du 15 au 18 déc<br />

Pavillon noir, Aix<br />

0811 020 111<br />

www.preljocaj.org<br />

><br />

© Kader Attou<br />

><br />

© Yves Petit<br />

Hollywoodi<strong>en</strong><br />

Olivier Dubois, après avoir surpris douloureusem<strong>en</strong>t<br />

avec un Faune très personnel, s’attache à un autre<br />

mythe du spectacle, moins lourd et sulfureux. Mais<br />

Franck Sinatra est-il seulem<strong>en</strong>t sirupeux ? La voix<br />

hollywoodi<strong>en</strong>ne emmène le duo Olivier Dubois/Marianne<br />

Descamps vers des contrées insoupçonnées,<br />

loin du glamour <strong>en</strong> noir et blanc, au pied des escaliers<br />

que l’on parcourt <strong>en</strong> claquettes…<br />

L’homme de l’Atlantique<br />

Le 23 nov<br />

Théâtre des Salins, Martigues<br />

04 42 49 02 00<br />

www.theatre-des-salins.fr<br />

Spectaculaire<br />

© M. Lidvac<br />

Une danse acrobatique et masculine v<strong>en</strong>ue d’Arg<strong>en</strong>tine…<br />

Partout où il passe, Che Malambo <strong>en</strong>traîne<br />

les spectateurs dans sa folle énergie tellurique, liée à<br />

la tradition des gauchos mais plongée dans une<br />

énergie d’aujourdhui, et une musique qui bat, interprétée<br />

<strong>en</strong> live.<br />

Che Malambo<br />

du 10 au 12 déc<br />

Châteauvallon, Ollioules<br />

04 94 22 02 02<br />

www.chateauvallon.com<br />

les 13 et 14 déc<br />

Scène Nationale de Sète<br />

04 67 74 66 97<br />

www.theatredesete.com<br />

Le 16 déc<br />

Théâtre des Salins, Martigues<br />

04 42 49 02 00<br />

www.theatre-des-salins.fr<br />

le 17 déc<br />

Théâtre de l’Olivier, Istres<br />

04 42 56 48 48<br />

www.sc<strong>en</strong>esetcines.fr<br />

Museum<br />

Laur<strong>en</strong>t Pichaud propose un parcours chorégraphique<br />

au cœur du Museum d’histoire naturelle de<br />

Nîmes. Un parcours d’une heure (de 14h à 20h)<br />

forcém<strong>en</strong>t insolite, <strong>en</strong>tre vivant et naturalisé, mort et<br />

artifice, qui joue aussi sur les comportem<strong>en</strong>ts liés au<br />

musée : ceux des visiteurs, des gardi<strong>en</strong>s, des<br />

épousseteurs. Des animaux ?<br />

Une notre trace<br />

Du 24 au 27 nov<br />

Théâtre de Nîmes<br />

04 66 36 65 10<br />

www.theatred<strong>en</strong>imes.com<br />

Soumission<br />

Alain Buffard, nouvel artiste associé au théâtre de<br />

Nîmes, y propose au terme d’une résid<strong>en</strong>ce de création<br />

une pièce pour huit (très beaux) danseurs. Une<br />

création au titre qui sonne comme une antiphrase :<br />

Tout va bi<strong>en</strong> dit les batailles, le monde qui se<br />

déglingue au son des marches militaires, évoque<br />

l’époque noire où le Nazisme montait à travers Kurt<br />

Weill, le Kubrick de Full métal Jacket, les insultes<br />

hurlées pour mieux soumettre les esprits et les faire<br />

marcher au pas.<br />

Tout va bi<strong>en</strong><br />

Les 8 et 9 déc<br />

Théâtre de Nîmes<br />

04 66 36 65 10<br />

www.theatred<strong>en</strong>imes.com<br />

><br />

© Marc Domage<br />

Blancheur et reflets<br />

Peeping Tom est certainem<strong>en</strong>t l’une des cies les<br />

plus dérangeantes de la danse contemporaine belge.<br />

Travaillant autour d’univers déboussolés, au bord de<br />

la crise, et de relations humaines atypiques, trop<br />

viol<strong>en</strong>tes ou trop t<strong>en</strong>dres, déplacées, chacun des<br />

spectacles de la Cie marque profondém<strong>en</strong>t ceux qui<br />

les voi<strong>en</strong>t. Ici il s’agit de six personnages, comédi<strong>en</strong>s<br />

danseurs, qui viv<strong>en</strong>t dans des mobil homes <strong>en</strong>neigés<br />

et traversés d’apparitions fantastiques…<br />

Le théâtre d’Arles programme égalem<strong>en</strong>t, dans le<br />

cadre de Dansem (voir p 25), un quintette féminin sur<br />

la gémellité, le miroir, la ressemblance, d’Ambra<br />

S<strong>en</strong>atore.<br />

32, rue Vand<strong>en</strong>brand<strong>en</strong><br />

Le 30 nov<br />

Passo<br />

Le 14 déc<br />

Théâtre d’Arles<br />

04 90 52 51 51<br />

www.theatre-arles.com


28 DANSE AU PROGRAMME<br />

Grillages<br />

La Cie N’Possee repr<strong>en</strong>d un beau spectacle de hip<br />

hop <strong>en</strong>cagé exposant Nos Limites sociales, physiques,<br />

émotionnelles. Un spectacle qui vise juste et<br />

frappe fort, s’adressant à tous par son urg<strong>en</strong>ce et la<br />

virtuosité brutale de sa danse.<br />

Nos limites<br />

Le 26 nov<br />

Théâtre de Fos<br />

04 42 11 01 99<br />

www.sc<strong>en</strong>esetcines.fr<br />

><br />

Nos limites © R<strong>en</strong>aud Vezin<br />

Trois 3<br />

La scène conv<strong>en</strong>tionnée de Draguignan accueille la<br />

dernière création de Héla Fattoumi et Eric<br />

Lamoureux, conçue pour trios danseurs Congolais,<br />

trios danseurs Japonais et trois danseurs de leur CCN<br />

de Ca<strong>en</strong>. Echanges, regards, relations, la danse<br />

commune se fonde sur la r<strong>en</strong>contre d’énergies<br />

différ<strong>en</strong>tes, et une musique live de Camel Zekri <strong>en</strong>tre<br />

improvisation et écriture.<br />

Just to dance<br />

Le 26 nov<br />

Théâtres <strong>en</strong> Dracénie, Draguignan<br />

04 94 50 59 59<br />

www.theatres<strong>en</strong>drac<strong>en</strong>ie.com<br />

Féerique<br />

Le Ballet Biarritz de Thierry Malandain vi<strong>en</strong>t<br />

danser son mix à la fois «magique» et «magnifique»<br />

de Petipa, Ivanov et Tchaïkovski : les plus belles<br />

pages, sublimées et t<strong>en</strong>dues à l’extrême, comme<br />

<strong>en</strong>volées et passée sous la loupe, de Casse Noisette,<br />

La Belle au bois dormant et Le Lac des cygnes. Il y est<br />

question de féérie bi<strong>en</strong> sûr, mais chez le chorégraphe<br />

néoclassique celle-ci passe toujours par la fascination<br />

de la performance impossible, et la perfection<br />

presque inhumaine du geste. Une danse rare, étrange<br />

et questionnante.<br />

Magifique Tchaïkovski suites<br />

Le 4 déc<br />

Carré Léon Gaumont, Ste Maxime<br />

04 94 56 77 77<br />

www.carreleongaumont.com<br />

Changem<strong>en</strong>t<br />

© Olivier Houeix<br />

© stephanie Jaume<br />

© X-D.R.<br />

Road-movies<br />

L’Iceberg porte un regard sur le monde et ses<br />

mutations. Spectacle de cirque chorégraphié, conçu<br />

par la chorégraphe Flor<strong>en</strong>ce Caillon et l’auteur<br />

journaliste d’investigation D<strong>en</strong>is Robert, il s’agit<br />

aussi d’un road-movie exist<strong>en</strong>tiel qui traite, <strong>en</strong>tre bd<br />

et polar, des instabilités, des manipulations, de notre<br />

rapport au pouvoir, de la domination de la finance, des<br />

relations humaines au sein d’un monde chaotique.<br />

Le théâtre Durance accueille et coproduit égalem<strong>en</strong>t,<br />

dans le cadre de Dansem (voir p 25), la création de<br />

la Cie Itali<strong>en</strong>ne Tecnologia Filosofica autour<br />

d’Orphée et Eurydyce : Der aug<strong>en</strong>blick dort, que l’on<br />

peut traduire par cet instant-là, mais aussi le temps de<br />

cligner les paupières. Un regard de trop…<br />

L’iceberg<br />

Les 2 et 3 déc<br />

Der Aug<strong>en</strong>blick dort<br />

Le 10 déc<br />

Théâtre Durance, Château-Arnoux<br />

04 92 64 27 34<br />

www.theatredurance.fr<br />

><br />

Afro américain<br />

Raphaëlle Delaunay dans Bitter Sugar revisite l’histoire<br />

de la «revue nègre» <strong>en</strong> confiant le plateau à 5<br />

danseuses noires qui, sur des standards jazz des<br />

années 20 et 30 mais aussi sur de l’électro ou la voix<br />

peu sirupeuse de Billie Holliday, interrog<strong>en</strong>t cette période<br />

étrange de l’histoire Noire. Où la beauté des corps<br />

était magnifiée, tandis que l’oppression la plus injuste<br />

et viol<strong>en</strong>te régnait. Vous avez dit amer et sucré ?<br />

Bitter sugar<br />

Le 10 déc<br />

Théâtres <strong>en</strong> Dracénie, Draguignan<br />

04 94 50 59 59<br />

www.theatres<strong>en</strong>drac<strong>en</strong>ie.com<br />

© Philippe Savoir<br />

Jérôme Thomas nous avait habitués à des fééries<br />

circassi<strong>en</strong>nes, sur<strong>en</strong>chères de jonglage absolu<br />

agrém<strong>en</strong>té d’une belle inv<strong>en</strong>tivité de décors et de<br />

costumes… Libellule et papillon, s’ori<strong>en</strong>te plus<br />

franchem<strong>en</strong>t vers la danse, à partir de l’idée de<br />

métamorphose introduite par un solo du metteur <strong>en</strong><br />

scène <strong>en</strong> cocon. Le spectacle fait un peu défilé<br />

d’effets à la longue, mais ravira les mirettes qui<br />

aim<strong>en</strong>t à s’émerveiller…<br />

Libellule et papillons<br />

Le 18 déc<br />

Carré Léon Gaumont, Ste Maxime<br />

04 94 56 77 77<br />

www.carreleongaumont.com<br />

Rosas chante<br />

Un événem<strong>en</strong>t de plus à Châteauvallon : le CNCDC<br />

programme mine de ri<strong>en</strong> la création 2008 d’Anne<br />

Teresa de Keersmaeker. Celle où les danseurs de<br />

Rosas ont collaboré avec le groupe pop rock soul<br />

Zita Swoon. Les choristes dans<strong>en</strong>t, les danseurs<br />

pr<strong>en</strong>n<strong>en</strong>t les micros <strong>en</strong> une fusion intellig<strong>en</strong>te des<br />

sons et des corps, des pratiques… Car il n’est ri<strong>en</strong> de<br />

plus musical que la danse de Keersmaeker.<br />

Dancing with the sound hobbyist<br />

Le 3 déc<br />

Châteauvallon, Ollioules<br />

04 94 22 02 02<br />

www.chateauvallon.com


30 ARTS DE LA RUE PORT-SAINT-LOUIS | ARLES | LIEUX PUBLICS<br />

Sont pas frileux les artistes !<br />

Pour sa deuxième édition, la manifestation<br />

Carrém<strong>en</strong>t à l’Ouest, toujours<br />

sous l’impulsion de Scènes et Cinés et<br />

du Citron Jaune, s’est installée dans le<br />

quartier Ambroise Croizat, <strong>en</strong>tre pavillons,<br />

immeubles et surface commerciale.<br />

Malgré le froid (oui, il fait froid mioctobre<br />

!) et les annulations (la faute<br />

du v<strong>en</strong>t pour le duo Hautes-pointures<br />

des Colporteurs et une blessure pour<br />

la cie Jeanne Simone) le public était au<br />

r<strong>en</strong>dez-vous. Bravant le Mistral, le duo<br />

poétique Tarina des Colporteurs s’est<br />

élancé, funambules aussi virtuoses sur<br />

la terre ferme que sur leur filin composant<br />

leur structure <strong>en</strong> étoile qui<br />

semble flotter dans l’espace. Léger<br />

sourire aux lèvres Elle trottine, saute,<br />

natte ses cheveux comme si de ri<strong>en</strong><br />

n’était, tandis que Lui, plus sérieux, la<br />

regarde, et comm<strong>en</strong>ce à la suivre… La<br />

r<strong>en</strong>contre se fera après quelques très<br />

beaux mom<strong>en</strong>ts de poésie susp<strong>en</strong>due,<br />

de danse dans les airs, d’étreintes<br />

poignantes…<br />

À quelques pas de là att<strong>en</strong>d la savoureuse<br />

Hélène Pir<strong>en</strong>ne, alias Lorgnette,<br />

devant une palissade ingénieusem<strong>en</strong>t<br />

bricolée. On s’installe fissa, elle rigole<br />

pas Lorgnette. En appar<strong>en</strong>ce du moins…<br />

Les Colporteurs © D.M.<br />

Avec force onomatopées, personnages<br />

de chiffon et gestes suggestifs, elle<br />

raconte Le Petit Chaperon rouge. Enfin,<br />

SON petit Chaperon rouge, une vision<br />

très personnelle et hilarante adoptée à<br />

l’unanimité ! Elle pr<strong>en</strong>d le temps de<br />

consulter le livre, faudrait pas se tromper<br />

dans l’ordre des saynètes, de<br />

fustiger la mère-grand qu’elle trouve au<br />

lit avec le chasseur, de balader le<br />

chaperon, et, surtout, d’<strong>en</strong>filer le costume<br />

du loup qui lui va comme un gant.<br />

Jouissif ! Puis, <strong>en</strong> fin d’après-midi,<br />

Solita s’avançait avec, dans sa petite<br />

carriole, tout son univers d’exilée espagnole<br />

qu’elle exposait à ce pays d’accueil<br />

<strong>en</strong>fin trouvé. Sous une banderole de<br />

bi<strong>en</strong>v<strong>en</strong>ue elle se raconte : la guerre,<br />

«que mierda !», sa famille, la religion,<br />

son amour, son pays, qu’elle chante et<br />

danse, ses espoirs… et l’Espagne, dont<br />

les poncifs appuyés par cette drôle de<br />

clown provoqu<strong>en</strong>t le rire malgré tout.<br />

On pr<strong>en</strong>d r<strong>en</strong>dez-vous pour l’année<br />

prochaine ?<br />

DO.M.<br />

Carrém<strong>en</strong>t à l’Ouest a eu lieu à Port-<br />

Saint-Louis du 13 au 16 oct<br />

Juste pour rire !<br />

Droits dans leurs grandes chaussures de clowns, les Cousins vont se mettre au<br />

travail. En tous cas c’est ce qu’ils promett<strong>en</strong>t, avant de partir faire autre chose bi<strong>en</strong><br />

sûr. Enfin du moins R<strong>en</strong>é le répète, «Au travail !», parce que Julot, lui, aimerait bi<strong>en</strong><br />

se poser un peu, sur un coin de chaise par exemple, après avoir susp<strong>en</strong>du son<br />

pardessus sur le facétieux porte-manteau à bascule… Il y <strong>en</strong> a du travail dans ce<br />

numéro de clowns qui revisit<strong>en</strong>t leurs classiques : gags basés sur l’accumulation,<br />

la répétition, le jonglage d’assiettes qui mène au carnage ménager, la malle à<br />

malice qui garde son mystère, les verres d’eau recrachés par cinquante jets brefs,<br />

les bretelles capricieuses, les ballons qui s’<strong>en</strong>vol<strong>en</strong>t… Ri<strong>en</strong> n’est inconnu dans ce<br />

répertoire et pourtant tout semble frais et fin : <strong>en</strong> dignes héritiers des personnages<br />

les plus marquants d’une tradition circassi<strong>en</strong>ne un ri<strong>en</strong> évaporée, ou de héros<br />

disparus du cinéma burlesque tels les Marx Brothers, Keaton ou Chaplin, R<strong>en</strong>é et<br />

Julot réinv<strong>en</strong>t<strong>en</strong>t les gestes et les situations, jusqu’au concert interactif humide et<br />

maîtrisé de bout <strong>en</strong> bout !<br />

DO.M.<br />

Ça va pas se faire tout seul a été joué au CDC<br />

de Saint-Martin de Crau dans le cadre de Cirque<br />

et Entresorts<br />

© Vinc<strong>en</strong>t Muteau<br />

Quand la rue manifeste<br />

En ce contexte de conflit social Small<br />

is beautiful s’est poursuivi avec un<br />

peu moins de succès. Comme si l’art<br />

de la rue trouvait un prolongem<strong>en</strong>t naturel<br />

dans la contestation publique, qui<br />

du coup lui volait ses troupes… À Aubagne<br />

il y eut moins de monde qu’on<br />

aurait cru, à Martigues à peine plus, et<br />

la v<strong>en</strong>ue du Collectif Berlin, coproduite<br />

par le Merlan et les R<strong>en</strong>contres<br />

d’Averroès, s’avéra peu spectaculaire :<br />

les dispositifs vidéos, <strong>en</strong>vironnés ou<br />

non de performances, emm<strong>en</strong>ai<strong>en</strong>t<br />

vers des portraits de villes très bi<strong>en</strong><br />

construits mais lointains, tandis que<br />

sur les trottoirs marseillais s’accumulai<strong>en</strong>t<br />

les tas malodorants des reliefs<br />

de nos vies intimes, et que dans les<br />

manifs les gorges s’égosillai<strong>en</strong>t, inv<strong>en</strong>tant<br />

des slogans anci<strong>en</strong>s. La rue,<br />

occupée à se révolter, à s’<strong>en</strong>gorger, à<br />

occuper l’espace, n’était plus att<strong>en</strong>tive<br />

à ces petites choses qui, grâce à Lieux<br />

Publics, déstabilis<strong>en</strong>t régulièrem<strong>en</strong>t<br />

son quotidi<strong>en</strong> routinier…<br />

La Sirène du 3 déc fleurait <strong>en</strong>core<br />

cette révolte-là. La loi votée, les poubelles<br />

ramassées, les sirènes des<br />

bateaux bloqués ret<strong>en</strong>tissant moins<br />

fréquemm<strong>en</strong>t au lointain maritime, la<br />

vie banale semblait repr<strong>en</strong>dre ses droits,<br />

et le rituel du premier mercredi du mois<br />

rassembla le public habituel… qui se<br />

trouva face à une manifestation de<br />

carton ! Des manifestants très réalistes,<br />

dessinés à l’échelle et affublés de<br />

pancartes aux slogans ravigotants,<br />

revigorants, métaphysiques, d’aphorismes<br />

drôles qui claquai<strong>en</strong>t comme<br />

autant de trouées dans le réel, interrogeai<strong>en</strong>t<br />

finem<strong>en</strong>t le rapport de la psyché<br />

au social. Le plus éclairant étant sans<br />

doute : Quand j’ai la tête dans le sac,<br />

mon surmoi est-il dedans ou dehors ?<br />

Ou (plus politique ?) Une chaussette<br />

propre est une chaussette qui m<strong>en</strong>t.<br />

La performance qui visait à verbaliser<br />

tout cela, et à <strong>en</strong>traîner un mouvem<strong>en</strong>t<br />

collectif du public, fut moins heureuse<br />

que cette installation. C’est que la rue<br />

ne s’y trompe pas, et ne se laisse <strong>en</strong>traîner<br />

que dans ce qu’elle souhaite:<br />

décidém<strong>en</strong>t manifester n’est pas jouer.<br />

AGNÈS FRESCHEL<br />

Small is beautiful s’est déroulé<br />

jusqu’au 23 oct. La sirène<br />

de novembre a été proposée<br />

par les Cubiténistes le 3 nov.<br />

À v<strong>en</strong>ir<br />

La prochaine sirène est confiée à<br />

Nicolas Cante, qui va disposer 12<br />

pianos désaccordés sur le parvis, et<br />

t<strong>en</strong>ter de vous faire trouver un accord<br />

-non tempéré- avec la sirène d’alerte…<br />

qui sonne faux bi<strong>en</strong> sûr !<br />

Mekanik kantatik<br />

Le 1 er dec à midi tapante<br />

Parvis de l’Opéra de Marseille<br />

www.lieuxpublics.fr


Contemporain<br />

Avec Traces, le collectif de cirque québécois Les 7 doigts de la main livre<br />

un cocktail à la croisée du cirque, de la danse, du dessin et de la musique.<br />

Un cirque ingénieux et original, à dim<strong>en</strong>sion humaine, qui régénère l’acrobatie<br />

traditionnelle <strong>en</strong> l’associant au meilleur de la culture urbaine : tout est<br />

© OCDphoto<br />

prétexte à la performance, à la prise<br />

de risque, aux tours de forces acrobatiques<br />

<strong>en</strong>tre mâts chinois, skateboard,<br />

ballon de basket dans un esprit résolum<strong>en</strong>t<br />

jeune et pétulant. Une pure<br />

énergie qui, <strong>en</strong> prime, jongle aussi<br />

avec la musique : de l’électro à la<br />

salsa, de Radiohead à Gonzalès.<br />

Traces<br />

Les 12 déc<br />

Théâtres <strong>en</strong> dracénie, Draguignan<br />

04 94 50 59 59<br />

www.theatres<strong>en</strong>drac<strong>en</strong>ie.com<br />

les 15 et 16 déc<br />

Théâtre de Nîmes<br />

04 66 36 65 10<br />

www.theatred<strong>en</strong>imes.com<br />

Regarde<br />

Zimmermann & de Perrot ont travaillé pour Chouf Ouchouf (regarde, regarde<br />

<strong>en</strong>core !) avec le groupe acrobatique de Tanger. Le résultat produit<br />

une merveille d’acrobatie et des étincelles de magie pure. Ancré dans la réalité<br />

du Maroc, le spectacle amène l’exploit acrobatique au plus près d’une<br />

émotion qui s’appelle poésie. Chant, danse, musique accompagn<strong>en</strong>t les numéros<br />

d’équilibre de ces acrobates hors pairs qui rev<strong>en</strong>diqu<strong>en</strong>t leur id<strong>en</strong>tité<br />

avec humour et virtuosité.<br />

Chouf Ouchouf<br />

Les 10 et 11 déc<br />

Théâtre La Passerelle, Gap<br />

04 92 52 52 52<br />

www.theatre-la-passerelle.eu<br />

Brouillard<br />

Nebbia est le dernier spectacle de la<br />

Trilogie du Ciel, une production du<br />

Cirque Eloize et du Teatro Sunil.<br />

L’imagination du metteur <strong>en</strong> scène<br />

Finzi Pasca atteint des sommets<br />

poétiques. Les acrobates sont égalem<strong>en</strong>t<br />

acteurs, danseurs, chanteurs<br />

et musici<strong>en</strong>s. Dans un écrin de fantaisie<br />

et de lyrisme, les tableaux prés<strong>en</strong>tés<br />

sont toujours associés à un<br />

rêve. Pour rire, réfléchir et pleurer.<br />

Nebbia<br />

Du 3 au 5 déc<br />

Théâtre le Toursky<br />

0820 300 033<br />

www.toursky.org<br />

Virtuoses<br />

Accompagnée de trois solistes lyriques (soprano, baryton et haute-contre), la<br />

fanfare Les Grooms, bi<strong>en</strong> connue des amateurs de festivals de rue, revisite l’opéra<br />

d’H<strong>en</strong>ry Purcell, le Roi Arthur. Dynamitant tous les codes habituels de la<br />

représ<strong>en</strong>tation, les musici<strong>en</strong>s de la fanfare n’ont besoin ni de partitions, ni de<br />

décors, <strong>en</strong>core moins de chef d’orchestre pour réinv<strong>en</strong>ter la trame de l’opéra,<br />

jouant pour et avec le public cette histoire d’amour et de rivalité avec virtuosité et<br />

beaucoup d’humour.<br />

Un Roi Arthur<br />

Le 11 déc à 19h<br />

Théâtre de l’Olivier<br />

04 42 56 48 48<br />

www.sc<strong>en</strong>esetcines.fr


32 MUSIQUE AU PROGRAMME<br />

Olympe «Années folles»<br />

La production du festival d’Aix 2009 Orphée aux<br />

Enfers fut une bonne surprise ! On peut (re)découvrir<br />

l’Opéra bouffe d’Off<strong>en</strong>bach dans la région <strong>en</strong> cette<br />

fin 2010, emm<strong>en</strong>é par la jeune et tal<strong>en</strong>tueuse troupe<br />

d’acteurs-chanteurs pour un mom<strong>en</strong>t de fraîcheur,<br />

<strong>en</strong>thousiaste et pétillant !<br />

L’«Olympe» d’Yves Beaunesne s’étage dans un<br />

hôtel particulier parisi<strong>en</strong> des années tr<strong>en</strong>te où trône<br />

un Jupiter à bretelles, caricature de présid<strong>en</strong>t U.S, et<br />

sa cour qui «fout le camp» : Vénus «vamp», Diane<br />

chasseresse à la Feydeau, Minerve <strong>en</strong> «bourge» à la<br />

Valérie Lemercier, Junon hystéro, Mercure échappé<br />

du Tour de France manœuvrant sa bicyclette, Cupidon<br />

«gavroche», Pluton dandy plus félon que nature…<br />

© E. Carecchio<br />

et le passeur John Styx, poivrot à la mémoire courte.<br />

Pauline Courtin incarne une Eurydice, soubrette<br />

gouailleuse, poupée-jouet d’une farce douce-amère,<br />

tandis qu’Orphée (Juli<strong>en</strong> Behr), si peu pressé d’aller<br />

chercher sa «moitié» aux Enfers, possède quelque<br />

chose d’un félibrige à la Mistral… Le tout sous l’objectif<br />

voyeuriste d’une «Opinion publique» paparazza<br />

avant l’heure.<br />

Les dialogues parlés réactualisés font «mouche»,<br />

comme l’air du même nom ou celui des «baisers»,<br />

jusqu’au Can-can final, cocasse et habilem<strong>en</strong>t<br />

«escamoté»… L’humour et la fantaisie domin<strong>en</strong>t, le<br />

tout dirigé par Samuel Jean !<br />

JACQUES FRESCHEL<br />

Bel canto<br />

Le Théâtre de Nîmes propose à ses<br />

fidèles de faire quelques kilomètres vers<br />

Montpellier pour assister aux représ<strong>en</strong>tations<br />

de Semiramide de Rossini. Sûr<br />

que cette production de l’Opéra de<br />

Berlin avec l’Orchestre et les Chœurs<br />

nationaux de Montpellier et Bordeaux<br />

attirera un large public, bi<strong>en</strong><br />

au-delà des frontières de l’Hérault et<br />

du Gard ! Le jugem<strong>en</strong>t hâtif de St<strong>en</strong>dhal<br />

(Vie de Rossini - 1830) sur l’opéra<br />

créé à V<strong>en</strong>ise <strong>en</strong> 1823 a heureusem<strong>en</strong>t<br />

fait long feu : le qualifiant de «germaniste»,<br />

le jeune écrivain prét<strong>en</strong>dait, avec<br />

une mauvaise foi lég<strong>en</strong>daire, qu’il ne lui<br />

avait «fait aucun plaisir». On s’accorde<br />

aujourd’hui à <strong>en</strong> vanter les vertus musicales,<br />

les prouesses vocales jadis<br />

surmontées par Sutherland ou Caballe.<br />

C’est la soprano Laura Aikin qui assure<br />

le rôle-titre sous la baguette d’Antonino<br />

Fogliani dans une mise <strong>en</strong> scène<br />

de Kirst<strong>en</strong> Harms.<br />

J.F<br />

Sémiramide<br />

Le 28 nov. à 15h et le 30 nov. à 20h<br />

Opéra Berlioz Le Corum<br />

Montpellier<br />

04 66 36 65 10<br />

www.theatred<strong>en</strong>imes.org<br />

Jean-Frederic Neuburger © Kortney Roy<br />

Orphée aux <strong>en</strong>fers<br />

Les 24 et 26 nov. à 20h et le 21 nov. à 14h30<br />

Opéra de Toulon<br />

04 94 92 70 78<br />

www.operadetoulon.fr<br />

Le 10 déc. à 20h30 et la 12 déc. à 15h<br />

Grand Théâtre de Prov<strong>en</strong>ce, Aix<br />

04 42 91 69 69<br />

www.legrandtheatre.net<br />

La maledizione…<br />

Après La Tosca l’an dernier, la Scène<br />

Nationale de Sète accueille les Chœur<br />

et Orchestre philharmonique Giuseppe<br />

Tartini de Rome pour un<br />

chef-d’œuvre populaire de Verdi :<br />

Rigoletto. Malgré l’immoralité du<br />

séducteur le Duc de Mantoue, la jeune<br />

Gilda l’aime ! Par malheur («Ah, la maledizione<br />

!»), son père le bouffon bossu<br />

Rigoletto, pour v<strong>en</strong>ger son honneur,<br />

commet involontairem<strong>en</strong>t l’irréparable…<br />

L’opéra, tragique au possible, inspiré<br />

du drame romantique Le Roi s’amuse<br />

de Victor Hugo, recèle des airs parmi<br />

les plus appréciés du répertoire lyrique,<br />

dont le fameux : «La donna e mobile».<br />

Les trois principaux rôles ont été<br />

marqués par les plus grandes voix : de<br />

Pavarotti (le Duc) à Callas (Gilda) ou<br />

Gobbi (Rigoletto)… La troupe transalpine<br />

est dirigée par Tulio Gagliardo<br />

dans une mise <strong>en</strong> scène d’Antoine<br />

Selva.<br />

J.F.<br />

Rigoletto<br />

Le 28 nov à 15h<br />

Théâtre Molière Sète<br />

04 67 74 66 97<br />

http://theatredesete.com<br />

Longue balade<br />

nocturne et romantique…<br />

R<strong>en</strong>é Martin essaime sa Folle nuit nantaise dans<br />

des dim<strong>en</strong>sions moins pléthoriques, comme à Nîmes<br />

où il propose au public noctambule (et <strong>en</strong>durant)<br />

d’appréh<strong>en</strong>der les compositeurs de la génération<br />

1810 : Chopin, Schumann, Liszt et M<strong>en</strong>delssohn.<br />

Deux pianistes aux tal<strong>en</strong>ts très différ<strong>en</strong>ts propos<strong>en</strong>t,<br />

<strong>en</strong> cinq concerts d’une petite heure chacun, un «trip»<br />

autour d’opus des ces piliers romantiques. Brigitte<br />

Engerer, pianiste à la technique généreuse, héritière<br />

des grandes écoles de piano franco-russes, et Shani<br />

Diluka dont le toucher subtil donne à ses interprétation<br />

une dim<strong>en</strong>sion poétique rare, se relay<strong>en</strong>t dans<br />

les Harmonies poétiques et religieuses de Liszt, des<br />

Nocturnes et Ballades de Chopin, des Romances sans<br />

paroles de M<strong>en</strong>delssohn… Elles jou<strong>en</strong>t égalem<strong>en</strong>t<br />

avec le Quatuor Voce le Quintette <strong>en</strong> mi bémol de<br />

Schumann ou une transcription du 2 e concerto de<br />

Chopin.<br />

JACQUES FRESCHEL<br />

Folle Nuit<br />

Le 5 déc. concerts à 15h, 17h, 19h, 21h et 22h30<br />

Théâtre de Nîmes<br />

04 66 36 65 10<br />

www.theatred<strong>en</strong>imes.org


Composer avec le passé<br />

Le mois que Raoul Lay consacre à la<br />

composition musicale (voir p 9) se<br />

poursuit avec un concert intitulé les<br />

Pinceurs d’âme où la harpiste Lydia<br />

Laur<strong>en</strong>t et le guitariste Philippe<br />

Azoulay <strong>en</strong>trelac<strong>en</strong>t leurs cordes pincées<br />

aux sonorités des instrum<strong>en</strong>ts de<br />

l’Ensemble Télémaqueau grand complet<br />

: un programme mêlant des opus<br />

de Ravel, Roussel, Villa-Lobos à ceux<br />

de deux jeunes brésili<strong>en</strong>nes Tatiana<br />

Catanzaro et Valéria Bonafé et un<br />

hommage à Robert Coinel (le 19 nov. à<br />

La Magalone - 04 91 39 29 13).<br />

Une semaine après, on assiste à la<br />

création de deux «Concertos» modernes.<br />

Pierre-Adri<strong>en</strong> Charpy dans Le rêve<br />

de l’homme-oiseau repr<strong>en</strong>d l’effectif<br />

instrum<strong>en</strong>tal d’Octandre de varèse, et<br />

Raoul Lay propose crée un concerto<br />

pour piano fait de glissem<strong>en</strong>ts harmoniques<br />

: un Glam concerto dédié à<br />

Maurizio Kagel, qui se souvi<strong>en</strong>t aussi<br />

Noëls tournants<br />

18 ans que le CG des Bouches-du-Rhône organise<br />

la tournée Les Chants de Noël ! Dans son église de<br />

village ou de quartier, tout un chacun (près de 17000<br />

personnes) peut accéder à des concerts gratuits, de<br />

haut niveau, et élargir son propre champ culturel. 55<br />

spectacles sont annoncés pour cinq productions<br />

différ<strong>en</strong>tes : la moitié à Marseille le reste dans les<br />

communes du départem<strong>en</strong>t.<br />

La Maîtrise des Bouches-du-Rhône dirigée par<br />

Samuel Coquard nous embarque dans un conte<br />

imaginé autour de la Nativité. On <strong>en</strong>t<strong>en</strong>d a capella<br />

des mélodies ancestrales illustrant le mystère de<br />

Noël et une Flûte <strong>en</strong>chantée qui sert de fil conducteur<br />

au récit, comm<strong>en</strong>te l’action, dialogue et surplombe<br />

les voix angéliques.<br />

du Double concerto pour violons (Yann<br />

Le Roux-Sédes et Jean-Christophe<br />

Selmi) de Bach. Deux œuvres de<br />

«l’école marseillaise» de composition à<br />

découvrir dans une mise <strong>en</strong> perspective<br />

originale qui port<strong>en</strong>t à 9 le nombre<br />

de pièces créées durant ce mois de la<br />

composition (le 26 nov aux Bernardines<br />

- 04 91 24 30 40).<br />

Après les p<strong>en</strong>seurs (Boulez, Scho<strong>en</strong>berg),<br />

les deux épisodes suivants,<br />

instructifs et pédagogiques, de l’Histoire<br />

de la Musique (à l’Alcazar,<br />

<strong>en</strong>trée libre) mett<strong>en</strong>t <strong>en</strong> lumière les<br />

instinctifs (Stravinsky, Riley, Prokofiev…<br />

le 23 nov à 18h) et les s<strong>en</strong>suels<br />

(Ravel, Messia<strong>en</strong>, Dutilleux…le 7 déc.<br />

à 18h). Jean-Marc Fabiano invite aussi<br />

le public à découvrir les formidables<br />

possibilités modernes de l’accordéon,<br />

bi<strong>en</strong> loin de l’image «musette» qu’il<br />

véhicule parfois (le 30 nov. à 18h).<br />

J.F.<br />

Nemanja Radulovic St Victor © Eric Manas<br />

Le Mois des Compositeurs<br />

jusqu’au 7 déc<br />

Marseille<br />

04 91 39 29 13<br />

www.<strong>en</strong>semble-telemaque.com<br />

Harmonies phocé<strong>en</strong>nes<br />

Juan Carmona guitariste emblématique de la<br />

nouvelle génération flam<strong>en</strong>ca réunit des artistes espagnols<br />

pour nous faire partager la célébration d’un<br />

Noël Andalou au travers de «Villancicos» et la danse<br />

de Carm<strong>en</strong> Lozano.<br />

Les Corses de Barbara Furtuna mix<strong>en</strong>t leurs voix<br />

au trio marseillais Multitudes(violon, guitare et contrebasse)<br />

pour un voyage méditerrané<strong>en</strong> au gré de<br />

berceuses, hommage à la Vierge, chants sacrés et<br />

chaleureux de la Nativité.<br />

La compagnie Les Bijoux Indiscrets propose un<br />

Noël baroque inspiré par la féminité. Des compositrices<br />

Antonia Bembo, Bianca Maria Meda, Xaveria<br />

Peruchona, Isabella Leonarda… servies par Edwige<br />

Parat (soprano), les violons de Stéphanie Erös,<br />

MUSIQUE33<br />

Après les représ<strong>en</strong>tations du «Grand-opéra» Samson<br />

et Dalila de Camille Saint-Saëns, chef-d’œuvre du<br />

g<strong>en</strong>re, qui se poursuiv<strong>en</strong>t avec Olga Borodina et<br />

Torst<strong>en</strong> Kerl dans les rôles-titre sous la direction<br />

d’Emmanuel Villaume (les 23 et 26 nov à 20h et le<br />

20 nov à 14h30), on att<strong>en</strong>d la v<strong>en</strong>ue du prodige du<br />

violon Nemanja Radulovic qui jouera le Concerto<br />

de Barber avec l’Orchestre Philharmonique (dir.<br />

Guy Condette). On <strong>en</strong>t<strong>en</strong>d égalem<strong>en</strong>t l’Ouverture de<br />

Candide de Bernstein, la Suite «A symphonic Picture»<br />

de Porgy and Bess de Gershwin et la Symphonie n°4<br />

commandée par la Ville de Marseille au compositeur<br />

marseillais Nicolas Mazmanian (le 2 déc. à 20h).<br />

On n’oublie pas les formidables concerts de Musique<br />

de chambre donnés dans la luxueuse salle du<br />

Grand-Foyer. On y découvre (pour quelques euros)<br />

des solistes de haut-vol, issus de l’Orchestre de<br />

Marseille démontrant l’excell<strong>en</strong>t niveau technique<br />

et expressif de la phalange municipale. Un programme<br />

Brahms fait <strong>en</strong>t<strong>en</strong>dre ses deux grands Sextuors à<br />

cordes avec Roland Muller, Alexandre Amedro<br />

(violon), Magali Demesse et Xavier Franck (alto),<br />

Jean-Eric Thirault et Odile Gabrielli (violoncelle –<br />

le 27 nov. à 17h).<br />

On y découvre un programme pour v<strong>en</strong>ts de Janacek<br />

(Mladi – septuor), Bizet (Suite de Carm<strong>en</strong> – nonette)<br />

et la Petite Symphonie de Gounod avec Jean-Marc<br />

Boissière (flûte), Armel Descotte et Bernard<br />

Giraud (hautbois), Didier Gueirard et Pascal Velty<br />

(clarinette), Stéphane Coutable et Hervé Issartel<br />

(basson), Juli<strong>en</strong> Desplanque et Philippe L’Orsa<br />

(cor – le 11 déc à 17h).<br />

JACQUES FRESCHEL<br />

Opéra de Marseille<br />

04 91 55 11 10<br />

www.opera.marseille.fr<br />

Béatrice Linon, le violoncelle d’Eti<strong>en</strong>ne Mangot et<br />

Claire Bodin au clavecin.<br />

Ariel Ramirez, compositeur arg<strong>en</strong>tin des Misa Criolla<br />

et Navidad nuestra catholiques et Raúl Barboza,<br />

accordéoniste et interprète de la culture animiste des<br />

indi<strong>en</strong>s Guarani, invit<strong>en</strong>t à des Noëls Arg<strong>en</strong>tins.<br />

Entre théâtre et musique, par L’Atelier du possible.<br />

JACQUES FRESCHEL<br />

Les Chants de Noël du CG13<br />

du 3 au 23 déc<br />

www.culture-13.fr<br />

Lydia Laur<strong>en</strong>t © Agnes Mellon


34<br />

MUSIQUE<br />

Orgue<br />

Louis Robilliard joue Liszt, Widor, Franck et Fauré sur le<br />

Cavallé Coll historique du 124 rue Paradis.<br />

MARSEILLE. Le 18 nov. à 20h30 Eglise St-Joseph<br />

Bois<br />

Fabrice Ropolo prés<strong>en</strong>te De Jean-Sébasti<strong>en</strong> Bach à<br />

Michel Portal sur ses flûtes traversières, bansuri ou<br />

clarinette basse, passe de la gigue irlandaise au raga<br />

indi<strong>en</strong>, de Piazzolla à Marin Marais…<br />

MARSEILLE. Le 20 nov à 20h30<br />

Eglise Notre-Dame du Mont<br />

04 91 54 76 45<br />

www.musiqueandco.com<br />

Egalem<strong>en</strong>t le 10 déc. à 20h30 avec Pierre Grivolla à<br />

La Magalone<br />

04 91 39 28 28<br />

www.citemusique-marseille.com<br />

Française<br />

Debussy, Ravel, Saint-Saëns, mais aussi Louise Farr<strong>en</strong>c<br />

et Théodore Dubois sont à l’honneur pour un Week-<strong>en</strong>d<br />

Musique française.<br />

ARLES. Le 20 nov. à 17h Nouveaux Tal<strong>en</strong>ts - <strong>en</strong>trée libre<br />

et le 21 nov. à 11h Duo Memtanu/Gastaldi.<br />

04 90 49 56 78<br />

www.lemejan.com<br />

Orgue & voix<br />

Cyril Rovery (baryton), Marie Noëlle Grini-Grandval<br />

et Christophe Guida aux claviers.<br />

LES-PENNES-MIRABEAU. Le 21nov. à 16h30<br />

Pèlerins<br />

L’<strong>en</strong>semble La F<strong>en</strong>ice (dir. Jean Tubéry) et Ariana<br />

Savall (soprano et harpe) nous guid<strong>en</strong>t sur le Chemin de<br />

St-Jacques de Compostelle avec des répertoires<br />

europé<strong>en</strong>s du XVII e siècle.<br />

MARSEILLE. Le 25 nov. à 20h30. Festival de St-Victor<br />

04 91 05 84 48<br />

www.chez.com/saintvictor<br />

Trip acoustique<br />

Les Acousmonautes prés<strong>en</strong>t<strong>en</strong>t : Voyage <strong>en</strong><br />

Acousmonef. Des œuvres de Francis Dhomont, Marc<br />

Favre, Vinc<strong>en</strong>t Carinola et Jean-Marc Duch<strong>en</strong>ne<br />

prés<strong>en</strong>tées <strong>en</strong> multiphonie avec un dispositif original de<br />

diffusion spatialisée du son.<br />

AIX. Le 26 nov. Acousmobilo-concert à 16h, 17h, 19h et<br />

20h (15 personnes par voyage)<br />

Le son <strong>en</strong> mouvem<strong>en</strong>t confér<strong>en</strong>ce à 18h Fondation<br />

Vasarely<br />

04 42 20 01 09<br />

www.lesacousmonautes.net<br />

Arménie<br />

Hommage au fabuleux joueur de doudouk Levon<br />

Minassian. Accompagné de musici<strong>en</strong>s proches, il mêle<br />

les sonorités plaintives de l’instrum<strong>en</strong>t, si prompt à<br />

exprimer la profondeur de l’âme caucasi<strong>en</strong>ne, à toute une<br />

poésie révélée par de Michael Lonsdale, Richard<br />

Martin et Kelly Martins.<br />

MARSEILLE. Le 26 nov. à 21h. Théâtre Toursky<br />

0 820 300 033<br />

www.toursky.org<br />

Mezzo<br />

Angelika Kirchschlager chante des Lieder de Schubert<br />

avec l’Orchestre de chambre de Bâle (dir. Paul McCreesh)<br />

qui joue égalem<strong>en</strong>t la Symphonie n°2 de Brahms.<br />

AIX. Le 27 nov. à 20h30. GTP<br />

04 42 91 69 69<br />

www.legrandtheatre.net<br />

Maître Guy<br />

Le trompettiste Guy Longnon a marqué la scène jazz<br />

hexagonale avant la vie musicale locale où, au Conservatoire<br />

Barbizet, il créa la première classe de jazz <strong>en</strong>…<br />

1963 ! Combi<strong>en</strong> d’élèves sont ressortis animés de ses<br />

cours ! On se réunit sous l’impulsion d’Yves Laplane pour<br />

r<strong>en</strong>dre hommage au vieux maître, homme si généreux et<br />

passionné…<br />

MARIGNANE. Le 27 nov. à partir de 20h30<br />

Théâtre Molière Entré libre<br />

Trio<br />

Les frères Joubran sont légataires de la tradition du oud,<br />

rehaussée de compositions originales et d’improvisations.<br />

Palestini<strong>en</strong>s à l’écoute du verbe de Mahmoud Darwich,<br />

ils se sont placés À l’ombre des mots de l’écrivain. Cet<br />

hommage vibrant, à travers des textes écrits peu de temps<br />

avant sa mort, chante la Palestine, la douleur et la paix.<br />

GAP. Le 30 nov à 20h30. Théâtre de la Passerelle<br />

Chopin 1<br />

Jean-Claude P<strong>en</strong>netier et le Quatuor R<strong>en</strong>oir donn<strong>en</strong>t<br />

les deux Concertos de Chopin pour piano et transcription<br />

pour quatre cordes.<br />

MARSEILLE. Les 30 nov. et 2 déc. à 20h30<br />

Fac. de médecine La Timone.<br />

SMCM 04 96 11 04 60<br />

Clôture<br />

L’Orchestre de Chambre de Toulouse, Cécile<br />

Laroche (soprano) et Rany Boechat (alto) dirigés par<br />

André Bernard interprèt<strong>en</strong>t le Stabat mater de Pergolèse,<br />

la Suite de Don Quichotte de Telemann et le Triomphe de<br />

l’Amour de Lully… pour clore le festival.<br />

MARSEILLE. Le 2 déc. à 20h30. Festival de St-Victor<br />

04 91 05 84 48<br />

www.chez.com/saintvictor<br />

«Converg<strong>en</strong>ces»<br />

Cycle de concerts bâti sur la confrontation de duos :<br />

Lucie Antunes (percussions) et Joël Versavaud<br />

(saxophone), Xavier Charles (clarinette) et Jean-Léon<br />

Pallandre («phonographiste»), Agnès Pyka et Marie-<br />

Laur<strong>en</strong>ce Rocca (violons) au service d’opus de X<strong>en</strong>akis,<br />

Stockhaus<strong>en</strong>, Berio… Avec égalem<strong>en</strong>t une création<br />

électro-visuelle de Patrick Portella, une r<strong>en</strong>contre autour<br />

du Gamelan balinais et une version filmée de l’opéra arabe<br />

Zajal de Zad Moultaka.<br />

MARSEILLE. Du 2 au 10 déc. GMEM<br />

04 96 20 60 10<br />

www.gmem.org<br />

Procès<br />

Caroline Sageman incarne la pianiste mystificatrice<br />

Joyce Hatto dont le mari publia une c<strong>en</strong>taine de CD qui s’avèreront,<br />

après sa mort <strong>en</strong> 2006, des faux piratés à d’autres<br />

pianistes. Elle joue Mozart, Tchaïkovski et Debussy, avant la<br />

t<strong>en</strong>ue de son procès par Solange Brun (l’accusatrice) et<br />

Jacques Di Costanzo(l’accusé) sur un texte de Gérard Abrial.<br />

MARSEILLE. Le 3 déc. à 20h15 Pullman Palm Beach -<br />

06 14 88 19 24<br />

lesmailomanes@free.fr<br />

Schumann<br />

Brigitte Engerer interprète le Concerto pour piano de<br />

Schumann <strong>en</strong> compagnie de l’O.L.R.A.P. (dir. Laur<strong>en</strong>t<br />

Petitgirard) qui joue aussi sa 1 re symphonie.<br />

AVIGNON. Le 3 déc. à 20h30 Opéra-Théâtre.<br />

04 90 82 81 40<br />

www.operatheatredavignon.fr<br />

Cristina Ortiz<br />

La Brésili<strong>en</strong>ne joue le 4 e Concerto pour piano de<br />

Beethov<strong>en</strong> avec l’Orchestre de l’Opéra de Toulon (dir.<br />

Darell Ang) qui interprète aussi la Sinfonietta de Poul<strong>en</strong>c.<br />

TOULON. Le 7 déc. à 20h30<br />

04 94 92 70 78<br />

www.operadetoulon.fr<br />

Piano<br />

David Fray joue Mozart (Sonate <strong>en</strong> ré majeur et Fantaisie<br />

<strong>en</strong> do mineur) et Beethov<strong>en</strong> (Sonates «Waldstein» et<br />

«Pastorale»)<br />

AVIGNON. Le 7 déc. à 20h30 Opéra-Théâtre.<br />

04 90 82 81 40<br />

www.operatheatredavignon.fr<br />

Violoncelle<br />

Sonia Wieder Atherton (violoncelle) et Bruno Fontaine<br />

(piano) jou<strong>en</strong>t Britt<strong>en</strong>, Piazzolla et des chants juifs<br />

traditionnels…<br />

ARLES. Le 12 déc. à 11h.<br />

04 90 49 56 78<br />

www.lemejan.com<br />

Accordéon<br />

Richard Galliano swingue d’ordinaire sur les standards<br />

de jazz ou tangue sur Piazzolla. Mais au Grand théâtre il<br />

jouera des transpositions de fameuses partitions de Bach<br />

<strong>en</strong> s’<strong>en</strong>tourant de Sébasti<strong>en</strong> Surel et Saskla Lethiec<br />

(violons), Jean-Marc Apap (alto), Eric Picard<br />

(violoncelle) et Stéphane Logerot (basse).<br />

AIX. Le 14 déc. à 20h30. GTP<br />

04 42 91 69 69<br />

www.legrandtheatre.net<br />

Chopin 2<br />

Richard Martin clôt l’année Chopin <strong>en</strong> grande pompe<br />

avec Dang Thaï Son qui joue avec l’Orchestre de<br />

chambre de Toulouse (dir. Claudio Cruz) les deux<br />

merveilleux Concertos pour piano du franco-polonais.<br />

MARSEILLE. Le 14 déc. à 21h. Théâtre Toursky<br />

0 820 300 033<br />

www.toursky.org<br />

Noël baroque<br />

Les Festes d’Orphée prés<strong>en</strong>te Grands motets<br />

Prov<strong>en</strong>çaux <strong>en</strong> Noëls : Dixit de Auphand et Magnificat<br />

de Dupertuys agrém<strong>en</strong>tés du Concerto fatto per la notte<br />

di Natale de Corelli & la Suite n° I de Boismortier pour trois<br />

flûtes.<br />

AIX. Le 15 déc. à 20h30 Temple rue de la Masse<br />

04 42 99 37 11<br />

www.orphee.org


36 MUSIQUE GTP<br />

Quatre garçons dans le v<strong>en</strong>t<br />

Modigliani aurait sans doute apprécié que ce quatuor porte son nom ! Le<br />

tempéram<strong>en</strong>t double de l’artiste, fougueux et virul<strong>en</strong>t, réservé et charmant se<br />

retrouva sous les archets ins<strong>en</strong>siblem<strong>en</strong>t indisciplinés de ces jeunes<br />

instrum<strong>en</strong>tistes. La légère surbrillance du premier violon, le jeu un peu forcé du<br />

violoncelliste fur<strong>en</strong>t superbem<strong>en</strong>t tempérés par le son patiné, tout <strong>en</strong> rondeur, de<br />

l’altiste et de son comparse violoniste. Cet <strong>en</strong>semble, pépite <strong>en</strong>core un peu brute,<br />

une fois policé par le temps s’affirmera comme un des spécialistes du g<strong>en</strong>re. Le<br />

programme prés<strong>en</strong>té <strong>en</strong> cette soirée fut placé sous le signe de la dualité : de<br />

l’introspection sonore du mouvem<strong>en</strong>t l<strong>en</strong>t du quatuor de Debussy, proposé <strong>en</strong><br />

bis, à l’opus 76 du maître Haydn d’une modernité déconcertante <strong>en</strong> passant par<br />

les deux quatuors op 13 et 80 de M<strong>en</strong>delssohn, le public du GTP put apprécier la<br />

ductilité de la palette de ces artistes. Le syncrétisme de l’adagio non l<strong>en</strong>to du<br />

quatuor <strong>en</strong> la m du jeune Félix à la croisée des styles -baroque, classique- et des<br />

techniques d’écriture -contrapuntique, harmonique- résume à lui seul ce concert<br />

qui fut, à bi<strong>en</strong> des égards, décoiffant !<br />

CHRISTOPHE FLOQUET<br />

Ces concerts ont été donnés le 12 et le 19 oct<br />

Zhu Xiao-Mei © Juli<strong>en</strong> Mignot<br />

Grands concerts<br />

au grand théâtre<br />

Au loin coule une rivière<br />

Les tr<strong>en</strong>te variations Goldberg de J.S Bach représ<strong>en</strong>t<strong>en</strong>t sans conteste un sommet<br />

de la littérature pour clavier. Chacune de ces pièces, microcosme de la puissance<br />

créatrice du compositeur allemand, derrière une simplicité appar<strong>en</strong>te, dévoile la<br />

complexité de cette écriture baroque tardive : les variations s’<strong>en</strong>chaîn<strong>en</strong>t,<br />

mécanique céleste, artefact d’un modèle divin, découpant le temps au gré des<br />

fluctuations agogiques. Fluidité de la musique, limpidité de l’œuvre, jamais «Bach»<br />

(le ruisseau <strong>en</strong> allemand) n’aura aussi bi<strong>en</strong> porté son nom ! Zhu Xiao-Mei, seule<br />

face à son piano, releva le défi d’immerger le public du GTP dans cet ouvrage si<br />

intimiste. Pianiste chinoise à la technique admirable, aux pianissimi d’une beauté<br />

crépusculaire, la pékinoise osa une interprétation tout <strong>en</strong> ret<strong>en</strong>ue, méditative,<br />

spl<strong>en</strong>dide mais un peu hermétique ; une lecture quasi contemplative qui avait du<br />

mal à s’accorder aux dim<strong>en</strong>sions de la salle : à redécouvrir <strong>en</strong>tre amis dans le<br />

secret d’une alcôve.<br />

Quatuor Modigliani © Andrew Fr<strong>en</strong>ch<br />

Armide <strong>en</strong>chanteresse<br />

Un fil conducteur, Armide (issu de la Jérusalem Délivrée<br />

du Tasse), un orchestre tal<strong>en</strong>tueux, l’Orchestre<br />

Français des Jeunes Baroque, un chef <strong>en</strong>thousiaste,<br />

le pétillant et so british Paul Agnew, une<br />

soprano s<strong>en</strong>sible à la belle technique, Emmanuelle<br />

de Negri promettai<strong>en</strong>t un concert de qualité qui fut<br />

alourdi cep<strong>en</strong>dant par des longueurs : le choix du<br />

Concerto Grosso n°3 de Ha<strong>en</strong>del, et de la symphonie<br />

La Reine de Haydn, se justifiait assez peu, malgré<br />

l’admiration qu’avait Marie-Antoinette pour cette<br />

œuvre (d’où son nom !).<br />

Puis le chef rappelle les maléfices de la magici<strong>en</strong>ne<br />

Armide qui change les chevaliers <strong>en</strong> animaux et tombe<br />

amoureuse de R<strong>en</strong>aud après avoir voulu le tuer. La<br />

Suite extraite de la tragédie Armide de Lully donne<br />

toute sa force au drame : belles couleurs de cordes,<br />

interv<strong>en</strong>tions nettes des bois, la soprano maîtrise les<br />

phrases amples et les affects baroques si variés ,<br />

appogiatures, ornem<strong>en</strong>ts, trilles : Traître, att<strong>en</strong>ds, je<br />

ti<strong>en</strong>s ton cœur perfide ! L’alternance binaire-ternaire,<br />

typique des suites, les <strong>en</strong>trées fuguées, les lignes<br />

planantes des cordes, les appuis du clavecin et les<br />

OFJ baroque - Paul Agnew © Sylvain Pelly<br />

soli des bois, sont de très belle facture.<br />

On retrouve de nouveau haine et pitié dans la Cantate<br />

Armida abandonnata de Ha<strong>en</strong>del, chant haletant et<br />

planant. E. de Negri nous offre un air de Graun, compositeur<br />

baroque dont l’opéra Armida n’avait jamais<br />

été joué depuis la création ! Al fin è in mio potere :<br />

belle ligne de chant et mélodie d’une étrange beauté.<br />

Puis l’Air Odio, furore, dispetto, extrait d’Armide de<br />

Haydn, est une bourrasque de vocalises, même si la<br />

soprano manque d’une marge plus convaincante dans<br />

les aigus pour rivaliser avec un orchestre déchaîné<br />

de jeunes insouciants, dirigés avec complicité par un<br />

chef très prés<strong>en</strong>t. Un concert audacieux où le thème<br />

et ses variantes se suffisai<strong>en</strong>t largem<strong>en</strong>t à euxmêmes.<br />

YVES BERGÉ<br />

Ce concert a eu lieu le 4 nov au GTP


QUATUORS MUSIQUE 37<br />

Réviser son Bach<br />

On ne peut nier la belle qualité du<br />

concert Bach to the future donné au<br />

GTP sous la houlette de Jean-François<br />

Zigel. Ni la justesse du propos, ni<br />

l’irréprochable prestation des artistes…<br />

Inv<strong>en</strong>tif, original dans l’approche de Bach,<br />

le programme a su ménager des surprises,<br />

loin des lieux communs. Il ne<br />

s’agissait pas de montrer la postérité<br />

de Bach et de prés<strong>en</strong>ter des œuvres<br />

qui s’<strong>en</strong> inspir<strong>en</strong>t, mais d’analyser<br />

quelques morceaux, puis d’improviser,<br />

et d’interpréter sur des instrum<strong>en</strong>ts<br />

contemporains ou non du père de la<br />

«polyphonie infinie et infinim<strong>en</strong>t r<strong>en</strong>ouvelée».<br />

Pratique de l’inv<strong>en</strong>tion, sonorités<br />

électroniques, claviers, piano ou F<strong>en</strong>der<br />

Rhodes, grande Bourbonnaise et<br />

petite berrichonne, grand célesta… Cet<br />

<strong>en</strong>semble hétéroclite était au service<br />

d’un propos : la plasticité et l’intemporalité<br />

de la musique de Bach. Un quatuor<br />

chanté (soprano, alto, ténor, basse)<br />

rythme le spectacle, <strong>en</strong> charmants<br />

intermèdes, ainsi que les passages<br />

récurr<strong>en</strong>ts d’une danseuse papillon<br />

aux grands voiles, Raphaëlle Boitel.<br />

Curieusem<strong>en</strong>t, c’est elle qui recevra<br />

les applaudissem<strong>en</strong>ts les plus <strong>en</strong>thousiastes<br />

! Parce qu’elle apporta les seuls<br />

réels reliefs du spectacle ? On gardera<br />

<strong>en</strong> mémoire la belle s<strong>en</strong>sibilité de<br />

l’<strong>en</strong>semble et la phrase de Cioran citée<br />

<strong>en</strong> exergue, «sans Bach, Dieu ne serait<br />

pas grand-chose»…<br />

M.C.<br />

Bach to the future<br />

a été donné au GTP le 14 oct<br />

Jean-Francois Zygel © Philippe Gontier - Naive<br />

Quatre Tchèques<br />

Décidém<strong>en</strong>t l’équipe de la<br />

Société de Musique de<br />

Chambre de Marseille a<br />

du nez ! Depuis l’annonce<br />

de la v<strong>en</strong>ue du Quatuor<br />

Zemlinsky à la Timone,<br />

ces quatre cordes<br />

tchèques ont remporté le<br />

1 er Prix du Concours<br />

International de Quatuors<br />

à cordes de Bordeaux <strong>en</strong><br />

juillet 2010. De fait, le 9<br />

novembre, on a découvert<br />

leur beau travail sur les<br />

sonorités s’appuyant sur<br />

une grande cohésion. Ces<br />

disciples des Talich,<br />

Kocian et Prazak ont le<br />

s<strong>en</strong>s de l’effet, des<br />

contrastes, joués à plein archet comme dans le<br />

fameux Quatuor «Les Dissonances» de Mozart, doublé<br />

d’une t<strong>en</strong>sion dynamique sans relâchem<strong>en</strong>t.<br />

L’<strong>en</strong>semble laisse aussi un espace ess<strong>en</strong>tiel au<br />

dessin mélodique individuel surgissant de la<br />

polyphonie. Il <strong>en</strong> fut ainsi dans le Quatuor n°1 op.4<br />

d’Alexander von Zemlinsky, œuvre à l’esprit épique,<br />

l’écriture élégante et une expression singulière. Un<br />

Trois fois quatre<br />

Trois quatuors à cordes <strong>en</strong> un week-<strong>en</strong>d pour à la<br />

Chapelle du Méjan à Arles ! Le Prazak le v<strong>en</strong>dredi 23<br />

octobre et le Cuarteto Casals et le Quatuor Alma le<br />

dimanche 25 ! Une programmation somme toute traditionnelle<br />

: Haydn, Debussy, M<strong>en</strong>delsshon pour<br />

l’Alma. Mais se lassera-t-on jamais de La jeune fille et<br />

la mort interprété par le quatuor éponyme du grand<br />

Pablo ? Après Mozart (K 421) quoi de mieux que ces<br />

sublimes variations pour mesurer l’épure de cette<br />

formation, puis Bartok (n°4) pour admirer sa géométrie<br />

et son évolution déjà annoncée par Debussy…<br />

Le Quatuor Prazak quant à lui se c<strong>en</strong>trait sur l’école<br />

Tchèque après une incursion Russe et ori<strong>en</strong>talisante<br />

chez Borodine (n° 2 <strong>en</strong> ré<br />

majeur) : doublures délicates,<br />

imitations, tissu d<strong>en</strong>se<br />

au sein d’une forme sonate<br />

éternellem<strong>en</strong>t stable et<br />

paradoxalem<strong>en</strong>t génératrices<br />

de combinaisons<br />

thématiques et de timbres<br />

éternellem<strong>en</strong>t<br />

r<strong>en</strong>ouvelées. Le quatuor<br />

Tchèque joue alors sur du<br />

velours dans la mélodie<br />

du célèbre Nocturne et<br />

confirme sa filiation id<strong>en</strong>titaire<br />

avec Le Quatuor<br />

Slave de Dvorak. Cinq<br />

pièces facétieuses de<br />

Schulhof rappell<strong>en</strong>t le<br />

pot<strong>en</strong>tiel idiomatique qu’il<br />

© X-D.R<br />

compositeur sous-évalué par rapport aux deux<br />

Vi<strong>en</strong>nois qui l’<strong>en</strong>cadr<strong>en</strong>t historiquem<strong>en</strong>t : Gustav<br />

Mahler et Arnold Scho<strong>en</strong>berg ! Les musici<strong>en</strong>s ont<br />

<strong>en</strong>fin cueilli dans leur jardin quelques bouquets de<br />

Bohème signés Dvorak et Smetana, pour nous les<br />

offrir <strong>en</strong> bis. Dans ces cas-là on remercie…<br />

JACQUES FRESCHEL<br />

reste à exploiter dans ce type de formation au XX e<br />

siècle, et aujourd’hui. Prazak assure et <strong>en</strong> a sous la<br />

touche.<br />

On ne se lasse pas des fondam<strong>en</strong>taux : Rejcha (compositeur<br />

franco-tchèque du XVIII e siècle) et deux<br />

compatriotes de Bohème interprétés <strong>en</strong> bis rassur<strong>en</strong>t,<br />

et confirm<strong>en</strong>t la prolixité et la variété du g<strong>en</strong>re<br />

pour les amateurs du carré magique.<br />

P.-A. HOYET<br />

Quatuor Prazak © Guy Vivi<strong>en</strong>


38 MUSIQUE SOLISTES<br />

Augustin Dumay © Luc J<strong>en</strong>nepin<br />

Prodige <strong>en</strong> ouverture<br />

C’est avec une pièce majeure du répertoire pour<br />

violon que la saison avignonnaise a débuté :<br />

Augustin Dumay, dont la r<strong>en</strong>ommée n’est plus à<br />

faire, a littéralem<strong>en</strong>t hypnotisé le public. Son<br />

interprétation du concerto <strong>en</strong> Ré de Beethov<strong>en</strong> fut<br />

bouleversante, tout <strong>en</strong> noblesse, poésie et virtuosité,<br />

qualités qu’il est rare d’<strong>en</strong>t<strong>en</strong>dre réunies. Composée<br />

à l’int<strong>en</strong>tion du virtuose Franz Clem<strong>en</strong>t <strong>en</strong> 1823,<br />

l’œuvre fut longtemps réputée injouable, mais a<br />

trouvé <strong>en</strong> Augustin Dumay un interprète merveilleux,<br />

longuem<strong>en</strong>t et chaudem<strong>en</strong>t bissé. À ses côtés, le<br />

chef invité du Philharmonique de Rio, Yeruham<br />

Scharovsky, a paru <strong>en</strong> communion totale avec les<br />

interprètes…. L’Olrap aurait-il trouvé un nouveau<br />

guide avec le succès de la réc<strong>en</strong>te tournée <strong>en</strong> Corée?<br />

Car le triomphe de cette seconde partie de soirée n’a<br />

pas pour autant fait d’ombre à la première : avec un<br />

bonheur évid<strong>en</strong>t, et une vraie musicalité, l’orchestre<br />

a joué la Symphonette pour orchestre de chambre de<br />

Haïm Permont, compositeur israéli<strong>en</strong> né <strong>en</strong> 1950,<br />

puis la Pavane de Gabriel Fauré, toujours grandem<strong>en</strong>t<br />

appréciée du public, ainsi que la Symphonie n°1 de<br />

Bizet. Et l’ouverture de la Pie voleuse de Rossini <strong>en</strong><br />

bis a fait merveille !<br />

Et malgré quelques aléas, et la lourdeur d’interv<strong>en</strong>tions<br />

au micro avant chaque œuvre pour annoncer<br />

des changem<strong>en</strong>ts de programme, Scharovsky a<br />

dirigé avec maestria : sous sa baguette, chaque<br />

œuvre fut sublimée.<br />

CHRISTINE REY<br />

Ce concert a eu lieu à l’Opéra d’Avignon le15 oct<br />

On tourne !<br />

Sil<strong>en</strong>ce… La main sur la touche glisse avec la s<strong>en</strong>sualité d’un félin et la nef de St<br />

Victor chavire au rythme syncopé de quelque tango de Gardel ou du maître du soir.<br />

Quelques minutes plus tôt, Laur<strong>en</strong>t Korcia vibrait à la faveur d’un Duo de Kodaly<br />

ou d’une Passacaille obstinée de Ha<strong>en</strong>del, avant qu’un sourire lumineux de Charlot<br />

(«Smile» des Temps modernes) nous conduise t<strong>en</strong>drem<strong>en</strong>t du ciné muet à la<br />

bobine parlante, par le swing de Weeping Willow tiré d’Un Roi à New York… Plus loin,<br />

son fameux Stradivarius le «Zahn» (1719) mariera ses pulsations à l’accordéon de<br />

David Richard pour un arrangem<strong>en</strong>t du fameux thème de la série Mission<br />

impossible…<br />

Korcia a bâti un programme où les musiques de films ont la part belle. La forme<br />

y est originale, <strong>en</strong> cresc<strong>en</strong>do, mixant les g<strong>en</strong>res, les époques, d’un Duo hongrois<br />

de violons signé Bartok à l’Eté radieux de Vivaldi dans lequel le virtuose concerte<br />

brillamm<strong>en</strong>t avec le Quatuor Voce. Ainsi, sur l’écran bleu imaginaire, les mélodies<br />

de Morricone (Cinéma Paradiso) ou Grapelli (Les Valseuses) ont éclairé nos nuits<br />

blanches et la toile tombée du 7 e Art… Coupez !<br />

JACQUES FRESCHEL<br />

Laur<strong>en</strong>t Korcia<br />

© Lisa Roze<br />

Ce concert a été donné le 10 nov à Saint Victor, Marseille<br />

Le chant du piano<br />

Il existe, pour chaque instrum<strong>en</strong>t et à chaque époque,<br />

des interprètes d’exception. Assurém<strong>en</strong>t, Abdel<br />

Rahman El Bacha, pianiste franco-libanais, est de<br />

ceux-là. Il ne fallait donc pas manquer sa sublime<br />

prestation au Palais Neptune. En effet, dans un<br />

programme généreux conc<strong>en</strong>tré sur… 16 œuvres de<br />

maturité écrites durant les 8 dernières années de la<br />

vie de Chopin, l’interprète a su donner <strong>en</strong> expert au<br />

public v<strong>en</strong>u <strong>en</strong> masse la pleine mesure de son<br />

imm<strong>en</strong>se tal<strong>en</strong>t. On le s<strong>en</strong>tait habité par l’œuvre du<br />

brillant pianiste romantique au point que difficulté<br />

technique et musicalité, habillées d’une appar<strong>en</strong>te<br />

décontraction, semblai<strong>en</strong>t indissociables. Toute la<br />

finesse de son jeu au touché tantôt velouté, tantôt<br />

incisif, s’est révélée aux auditeurs <strong>en</strong> mettant <strong>en</strong><br />

valeur les mélodies et les raffinem<strong>en</strong>ts harmoniques<br />

subtils de partitions monum<strong>en</strong>tales telles la Polonaise<br />

Abdel Rahman El Bacha © Paul Louis<br />

op.44, la Fantaisie op.49 ou la Troisième ballade<br />

op.47, pour ne m<strong>en</strong>tionner qu’elles. Dans ces œuvres<br />

aux mélodies inoubliables surgissant d’un puissant<br />

magma sonore, le compositeur avait laissé libre cours<br />

à son imagination débridée, parfois viol<strong>en</strong>te, parfois<br />

lyrique et poétique, nécessitant une virtuosité<br />

incroyable : le pianiste s’<strong>en</strong> est emparé avec une<br />

aisance confondante, saluée in fine par des<br />

applaudissem<strong>en</strong>ts nourris et deux rappels honorés<br />

dans une forme d’extase finale, qui laissait sans voix.<br />

ÉMILIEN MOREAU<br />

Ce concert a eu lieu le 10 nov dans le cadre du Festival<br />

de musique de Toulon et sa région


La maîtrise du sublime<br />

On connaît la qualité des artistes invités<br />

par le Festival international des<br />

Nuits pianistiques, mais il est des<br />

soirs où il faudrait trouver de nouveaux<br />

tours pour qualifier la performance de<br />

certains artistes. La salle Tino Rossi<br />

des P<strong>en</strong>nes Mirabeau, comble, a<br />

connu le privilège d’écouter Liouba<br />

Timofeeva. Les chevilles du piano luimême,<br />

commandé spécialem<strong>en</strong>t à Paris,<br />

<strong>en</strong> perdir<strong>en</strong>t la tête et l’instrum<strong>en</strong>t dû<br />

être accordé dès le deuxième morceau !<br />

La maestria sans faille de cette imm<strong>en</strong>se<br />

pianiste, son interprétation subtile<br />

et s<strong>en</strong>sible, son impressionnante virtuosité<br />

sembl<strong>en</strong>t si naturels que l’on <strong>en</strong><br />

oublierait les prouesses. Toute la technique<br />

est au service de l’expression, de<br />

la musicalité, du s<strong>en</strong>tim<strong>en</strong>t, sans cette<br />

s<strong>en</strong>siblerie cette affectation romantique<br />

si faciles à convoquer dans Liszt<br />

ou Chopin ! Chaque phrase, chaque<br />

note est libre et inspirée. Le programme<br />

suit une progression intellig<strong>en</strong>te, le<br />

Scherzo de Chopin vi<strong>en</strong>t après les études<br />

qui permett<strong>en</strong>t de le compr<strong>en</strong>dre ;<br />

la deuxième partie suit l’histoire et<br />

progresse <strong>en</strong> difficulté : à Schubert<br />

(Impromptu et Mom<strong>en</strong>t Musical) succèd<strong>en</strong>t<br />

le célèbre Rêve d’Amour de Liszt<br />

et l’Étude la Leggierezza, éclate <strong>en</strong>suite<br />

la puissance tempétueuse des préludes<br />

de Rachmaninov avant Prokofiev,<br />

bouleversant de romantique modernité.<br />

Démontrant que la musique se trouve<br />

dans les choses les plus simples, elle<br />

accorda au public transporté deux<br />

rappels, Rêverie de Schumann et la<br />

Lettre à Elise. Simple ? Sublime.<br />

De Tartini à Sarasate<br />

La belle salle voûtée du Château de<br />

Trets accueillait quant à elle le duo<br />

Andréa Cardinale (violon) Alessandro<br />

Magnasco (piano). La conniv<strong>en</strong>ce<br />

des deux artistes est éprouvée, avec<br />

plus de quatre c<strong>en</strong>ts concerts <strong>en</strong> dix<br />

ans ! Si la première partie avec l’interprétation<br />

du Trille du Diable de Tartini,<br />

la sonate 23 <strong>en</strong> la mineur de Beethov<strong>en</strong>,<br />

semblait hésitante, avec un violon<br />

trop sec, nerveux, la sonate 105 <strong>en</strong> La<br />

mineur de Schumann comm<strong>en</strong>çait à<br />

donner la véritable dim<strong>en</strong>sion des deux<br />

artistes, un piano virtuose et somptueux,<br />

et un violon qui s’affermissait.<br />

Mais c’est avec la romance andalouse<br />

de Sarasate que le violon pr<strong>en</strong>ait <strong>en</strong>fin<br />

son <strong>en</strong>vol, comme transformé, avec une<br />

interprétation vive, rapide, <strong>en</strong>jouée. La<br />

musique dev<strong>en</strong>ait alors spirituelle, et la<br />

danse espagnole de Granados s’<strong>en</strong>chaîna<br />

avec un meilleur aplomb. Ces<br />

artistes généreux eur<strong>en</strong>t la g<strong>en</strong>tillesse<br />

de céder par trois fois aux nombreux<br />

rappels d’un public converti. À noter<br />

particulièrem<strong>en</strong>t la superbe romance<br />

de Rachmaninov, le violon libéré donnait<br />

<strong>en</strong>fin la mesure de son tal<strong>en</strong>t.<br />

MARYVONNE COLOMBANI<br />

Ces deux concerts étai<strong>en</strong>t<br />

donnés le 7 nov et le 23 oct<br />

dans le cadre des Nuits<br />

pianistiques<br />

Liouba Timefeeva<br />

© K. Sakayori


40 MUSIQUE OPÉRA DE MARSEILLE | OPÉRA DE TOULON<br />

Du souffle à l’opéra<br />

La saison des concerts symphoniques de l’opéra de<br />

Marseille se devait de r<strong>en</strong>dre hommage à Chopin,<br />

bic<strong>en</strong>t<strong>en</strong>aire oblige. Le Concerto pour piano n°2 <strong>en</strong> fa<br />

mineur était interprété par Bertrand Chamayou,<br />

Artiste de l’année 2010 aux Victoires de la Musique :<br />

pianiste éclectique et très tal<strong>en</strong>tueux, il propose un jeu<br />

ample et sans emphase, s<strong>en</strong>sible mais sans mièvrerie,<br />

un legato sublime dans le Maestoso, une technique<br />

éblouissante dans l’Allegro. Dans les trilles résonnantes<br />

du Larghetto, le pianiste semblait caresser le clavier tout<br />

<strong>en</strong> restant <strong>en</strong> contact avec l’énergie du contrepoint<br />

imprimé par un orchestre très conc<strong>en</strong>tré… Chamayou<br />

vit la musique, regard tourné vers Evelino Pidò, chef<br />

élégant et fougueux.<br />

Puis L’Ouverture du Freischütz de Weber, où les thèmes<br />

de l’opéra apparaiss<strong>en</strong>t, donna l’occasion à l’orchestre<br />

philharmonique de Marseille de jouer sur diverses<br />

La leçon de piano<br />

Natif de Marseille, le pianiste Cypri<strong>en</strong><br />

Katsaris mérite d’être plus largem<strong>en</strong>t<br />

reconnu, à la hauteur de son tal<strong>en</strong>t,<br />

imm<strong>en</strong>se. Plein d’énergie et de subtilité,<br />

il a été longuem<strong>en</strong>t applaudi le 6 nov à<br />

l’Opéra de Marseille. Transc<strong>en</strong>dant de<br />

virtuosité dans un second concerto pour<br />

piano et orchestre de Liszt, pièce<br />

techniquem<strong>en</strong>t redoutable et truffée de<br />

Orchestre philharmonique de Marseille © X-D.R. pièges, l’invité de marque (pour la<br />

première fois !) dans sa ville fait égalem<strong>en</strong>t chanter son clavier avec une douceur<br />

incroyable. Ovationné après cette performance concertante, le locataire d’un soir,<br />

modeste et ému d’un tel retour dans son bercail, se livra <strong>en</strong> guise de rappels à<br />

l’exercice favori des compositeurs qu’il affectionne et qu’il sert avec tal<strong>en</strong>t :<br />

l’improvisation sur des thèmes d’opéras.<br />

De Samson et Dalila de Saint-Saëns bi<strong>en</strong>tôt donné <strong>en</strong>tre ces murs au Tannhäuser de<br />

Wagner, le génial improvisateur régala un public aux anges, tout heureux de vivre ce<br />

que pouvait ress<strong>en</strong>tir l’auditoire aux mêmes places 150 ans plus tôt. Avant et après ?<br />

N’occultons pas la prestation de grande qualité de l’orchestre philharmonique de<br />

Marseille et la direction pleine de vitalité du toujours apprécié Louis Langrée. Inspiré<br />

de la ballade du poète allemand Bürger, le poème symphonique Le chasseur maudit<br />

de Franck offrit de belles couleurs et un festival d’interv<strong>en</strong>tions solistes des plus<br />

descriptives, à l’inverse de la symphonie <strong>en</strong> ré mineur, musique pure par excell<strong>en</strong>ce,<br />

à la masse orchestrale large et généreuse, remarquablem<strong>en</strong>t r<strong>en</strong>due par l’orchestre.<br />

FRÉDÉRIC ISOLETTA<br />

Question de programme<br />

Nina Uhari et Augustin Bourdon © X-D.R.<br />

Le public <strong>en</strong> a eu pour ses 5 ¤ le 23 octobre à l’Opéra<br />

de Marseille ! C’est que l’affiche relevait davantage de<br />

la soirée de gala pour mélomane chevronné que du<br />

récital «<strong>en</strong> matinée», dont l’usage veut que l’on y<br />

<strong>en</strong>t<strong>en</strong>de d’ordinaire des programmes plus «divertissants».<br />

Des trois superbes Sonates proposées, on aurait<br />

conservé la lumineuse Fa majeur de M<strong>en</strong>delssohn, dont<br />

le profond Adagio, au chant simple et nostalgique,<br />

récolte à lui seul mille louanges. On aurait nécessairem<strong>en</strong>t<br />

gardé, <strong>en</strong> couronnem<strong>en</strong>t, le chef-d’œuvre de<br />

Franck, la Sonate <strong>en</strong> la majeur, dont le fameux thème<br />

cyclique sonna avec suavité dans la luxueuse salle<br />

marbrée.<br />

À la ferveur lyrique et vibrante du violon d’Augustin<br />

Bourdon, joué à pleines cordes, la pianiste Nina Uhari<br />

Bertrand Chamayou © Thibault Stipal - Naive<br />

Ouvertures…<br />

palettes : élans éclatants du tutti initial, thème dansant<br />

<strong>en</strong> dialogue <strong>en</strong>tre cordes et cuivres, nerveux, d’un beau<br />

lyrisme. La 41 e symphonie de Mozart dite «Jupiter»<br />

clôturait ce concert. La foi dans le progrès, la francmaçonnerie,<br />

la sagesse et la vertu anim<strong>en</strong>t le combat du<br />

compositeur contre l’obscurantisme : l’énergie<br />

incroyable de la fugue finale semble déconnectée du<br />

réel -parfaitem<strong>en</strong>t r<strong>en</strong>du par la clarté, la lisibilité des<br />

thèmes et des <strong>en</strong>trées successives, le souci du chef et<br />

des musici<strong>en</strong>s de respecter les motifs principaux et de<br />

colorer les motifs secondaires. Un an avant la prise de<br />

la Bastille, le génial Amadeus délivrait un message fort<br />

avec cette Symphonie… de la Liberté !<br />

YVES BERGÉ<br />

Ce concert de l’orchestre philharmonique a eu lieu le 22<br />

oct à l’Opéra de Marseille<br />

Pour son premier concert de saison, le Festival de Toulon a choisi une fois <strong>en</strong>core<br />

de confier la direction de l’orchestre de l’opéra au chef itali<strong>en</strong> Giuliano Carella.<br />

C’est devant un Palais Neptune presque comble qu’ils se sont produits dans un<br />

programme consacré au XIX e siècle.<br />

La première partie comm<strong>en</strong>çant avec l’ouverture de La scala di seta, opéra <strong>en</strong> un<br />

acte, était comme souv<strong>en</strong>t chez Rossini, une mise <strong>en</strong> oreille électrisante, pleine de<br />

fougue et de virtuosité orchestrale. Elle fut poursuivie par l’incontournable Concerto<br />

pour violon op.35 de Tchaïkovski dont la partie de soliste était confiée pour<br />

l’occasion à la merveilleuse Akiko Suwanai. Cette virtuose japonaise à la technique<br />

parfaite, au service d’une remarquable<br />

musicalité jouant sur un stradivarius ayant<br />

appart<strong>en</strong>u à J. Heifetz, a laissé l’auditoire<br />

totalem<strong>en</strong>t conquis avant la pause.<br />

À la reprise, l’orchestre et son chef interprétai<strong>en</strong>t<br />

la 4 e symphonie de Beethov<strong>en</strong>.<br />

Faisant suite à une intégrale du répertoire<br />

symphonique du compositeur <strong>en</strong>treprise<br />

la saison passée, cette interprétation aux<br />

acc<strong>en</strong>ts vi<strong>en</strong>nois, aéri<strong>en</strong>ne, ciselée et<br />

dévoilant une architecture ionique aux<br />

proportions parfaites achevait ce concert<br />

inaugural de fort belle manière.<br />

EMILIEN MOREAU<br />

Akiko Suwanai © Leslie Kee<br />

Ce concert a eu lieu le 21 oct à Toulon<br />

a apposé un pathos placide au tragique résigné. Cette<br />

<strong>en</strong>t<strong>en</strong>te s<strong>en</strong>sible a conv<strong>en</strong>u à la palette romantique du<br />

programme, comme à la ferveur déchirante de la «Grande<br />

Sonate» n°2 op. 121 <strong>en</strong> ré mineur de Schumann<br />

(qu’on aurait toutefois pu réserver pour un autre<br />

récital…). Usant délibérém<strong>en</strong>t de la sourdine, la pianiste<br />

au jeu puissant parv<strong>en</strong>ait heureusem<strong>en</strong>t à ne pas trop<br />

déséquilibrer le duo dans l’acoustique réverbérante du<br />

Foyer. Peut-être aussi que les musici<strong>en</strong>s aurai<strong>en</strong>t pu<br />

placer <strong>en</strong> ouverture le Grand duo concertant de Liszt<br />

tombé <strong>en</strong> fin d’agape comme une cerise, certes virtuose,<br />

mais un peu fade sur un gâteau chargé. On au-rait<br />

que mieux apprécié le bijou d’Arvo Pärt livré <strong>en</strong> bis !<br />

JACQUES FRESCHEL


Divine Thaïs<br />

Pour son ouverture de saison, l’opéra<br />

de Toulon a programmé <strong>en</strong> ce début<br />

d’octobre Thaïs de Jules Mass<strong>en</strong>et, un<br />

incontournable du répertoire lyrique<br />

français du XIX e siècle<br />

Sur un livret dont le thème fondateur est le mythe de<br />

la rédemption, sujet qui pour l’époque était sans<br />

doute sulfureux, le compositeur a construit un opéra<br />

autour du rôle-titre dans la plus pure tradition des<br />

divas comme l’avait fait aussi Bizet pour Carm<strong>en</strong>.<br />

L’analogie ne s’arrête pas là si l’on songe égalem<strong>en</strong>t<br />

à l’exotisme, valeur chère au public de l’époque, à la<br />

situation géographique du récit <strong>en</strong> Egypte par<br />

Anatole France, dans le roman dont est<br />

maladroitem<strong>en</strong>t adapté le livret. Les conditions du<br />

succès lyrique étai<strong>en</strong>t à ce prix, et aujourd’hui l’intérêt<br />

d’un tel ouvrage réside avant tout dans le choix des<br />

interprètes.<br />

Autant le dire tout net, la distribution vocale de cette<br />

représ<strong>en</strong>tation était <strong>en</strong>thousiasmante, aidée par une<br />

mise <strong>en</strong> scène dynamique et efficace qui offrait aux<br />

personnages un espace de mouvem<strong>en</strong>t traduisant<br />

idéalem<strong>en</strong>t leurs doutes respectifs, tandis que la<br />

sobriété des décors tranchait avec la richesse des<br />

costumes magnifiquem<strong>en</strong>t mis <strong>en</strong> lumière.<br />

L’orchestre et les chœurs, impeccables, portai<strong>en</strong>t<br />

Ermonela Jaho dans le rôle de Thaïs, au vibrato<br />

ample dans le grave et aux aigus cristallins, incarnant<br />

une héroïne crédible et très convaincante, à l’instar<br />

de Franck Ferrari qui était lui aussi parfait <strong>en</strong><br />

Athanaël, son rédempteur, aidé par une voix<br />

puissante de baryton au timbre profond et grave. Le<br />

public a donc légitimem<strong>en</strong>t r<strong>en</strong>du aux artistes les<br />

honneurs qu’ils méritai<strong>en</strong>t pour cette superbe<br />

production.<br />

EMILIEN MOREAU<br />

LYRIQUE MUSIQUE 41<br />

Thaïs était représ<strong>en</strong>tée<br />

à l’Opéra de Toulon du 12 au 19 oct<br />

© Frederic Stephan<br />

Dialogue des siècles<br />

C’est sur l’orgue fraîchem<strong>en</strong>t restauré de l’église des<br />

Réformés que l’organiste Thierry Escaich,<br />

interprète, improvisateur et compositeur reconnu, a<br />

conduit un Office imaginaire le 8 nov. Avec le<br />

concours de l’<strong>en</strong>semble vocal Sequ<strong>en</strong>za 9-3, de la<br />

pianiste Claire-Marie Le Guay et sous la direction<br />

artistique de Catherine Simonpietri, ce grand<br />

mom<strong>en</strong>t musical spirituel était à l’origine destiné à<br />

célébrer le 1100 e anniversaire de l’abbaye de Cluny.<br />

Véritable traversée dans le temps, miroir <strong>en</strong>tre le<br />

monde médiéval et l’écriture contemporaine, de<br />

l’introït au sanctus <strong>en</strong> passant par le graduel ou<br />

l’offertoire, les croisem<strong>en</strong>ts <strong>en</strong>tre le grégori<strong>en</strong>, De<br />

Pérotin, Arvo Pärt, Messia<strong>en</strong>, Duruflé et Escaich luimême<br />

(œuvres et improvisations) ont pu rappeler<br />

combi<strong>en</strong> l’écriture d’aujourd’hui se nourrit de ses<br />

prédécesseurs lointains. Avec une spatialisation<br />

scénique qui joue de l’emplacem<strong>en</strong>t des différ<strong>en</strong>ts<br />

tuyaux de l’orgue, l’échange méditatif et contemplatif<br />

devint tout à coup coloré, litanique, captivant un<br />

public nombreux admiratif de cet «office» singulier,<br />

consci<strong>en</strong>t du privilège d’avoir assisté à un mom<strong>en</strong>t<br />

unique.<br />

AGNÈS CONDAMIN<br />

Thierry Escaich © Sebasti<strong>en</strong> Erome<br />

Ori<strong>en</strong>talisme<br />

© X-D.R.<br />

Le 5 nov le Comœdia à Aubagne avait la bonne<br />

idée de repr<strong>en</strong>dre l’opéra exotique de George Bizet<br />

Djamileh, créé au couv<strong>en</strong>t des Minimes de<br />

Pourrières durant l’été 2009 pour l’Opéra au<br />

village. Formation réduite d’orchestre -on y remarquait<br />

la belle prestation du violoncelle, de la clarinette<br />

et du basson joué par Cylia Travier-, costumes<br />

chatoyants, décors bi<strong>en</strong> ag<strong>en</strong>cés installai<strong>en</strong>t le<br />

spectateur dans une atmosphère de Contes des Mille<br />

et une nuits. La mise <strong>en</strong> scène de Bernard Grimonet<br />

imprimait à l’<strong>en</strong>semble un bon rythme même si<br />

la distribution de la création n’avait pas été complètem<strong>en</strong>t<br />

reconduite. La jolie voix de Yete Quieroz<br />

faisait oublier les faiblesses du chœur qui se rattrapait<br />

par un jeu de mimiques cocasses. On ne peut que<br />

saluer le dynamisme de l’association l’Opéra au<br />

village qui sait promouvoir des œuvres peu jouées,<br />

voire oubliées, mais veut aussi les accompagner dans<br />

la durée !<br />

M.C.


42 MUSIQUE CONTEMPORAINE | JAZZ<br />

L’arbre ne cache pas la forêt<br />

Musicatreize était sur les planches du Gymnase le 4 nov pour faire découvrir la très belle musique<br />

Berlin express<br />

Brecht et Dessau étai<strong>en</strong>t<br />

les invités d’un cabaret allemand<br />

du 10 au 16 nov à La Criée<br />

Quand la mise <strong>en</strong> musique des textes de Brecht est<br />

évoquée, c’est tout de suite à Weill que l’on p<strong>en</strong>se,<br />

reléguant au second rang la fructueuse collaboration<br />

qu’a <strong>en</strong>tret<strong>en</strong>ue le dramaturge avec le compositeur<br />

Dessau. C’est justem<strong>en</strong>t ce duo qui était à l’honneur,<br />

la comédi<strong>en</strong>ne Nada Strancar revisitant avec<br />

succès l’esprit du cabaret allemand sur des musiques<br />

tantôt populaires, tantôt avant-gardistes et musichall,<br />

Dessau ayant durant toute sa carrière exploré<br />

Vertigo Songs et Las Hermanas Caronni étai<strong>en</strong>t<br />

<strong>en</strong> concerts le même soir au Forum de Berre…<br />

différ<strong>en</strong>ts styles d’écriture. Accompagnée par un trio<br />

original composé de François Martin au piano,<br />

Jean-Luc Manca à l’accordéon et Guillaume<br />

Blaise aux percussions, notre Mère Courage pouvait<br />

placer la tessiture grave de sa voix, parfois proche du<br />

parlé dans l’esprit outre-Rhin sur des textes plus<br />

acerbes les uns que les autres, regorgeant d’humour,<br />

de métaphores et de double s<strong>en</strong>s sarcastiques. Et<br />

même si elle est avant tout comédi<strong>en</strong>ne et non<br />

chanteuse, ce qui pourrait choquer quelques oreilles<br />

puristes, l’atmosphère créée n’est certainem<strong>en</strong>t pas<br />

si éloignée du cabaret berlinois des années 30…<br />

FRÉDÉRIC ISOLETTA<br />

Perrine Mansuy © Dan Warzy<br />

Nada Strancar © Christian Ganet<br />

Double Je<br />

Antti Puuhaara © Hannu Vaisan<strong>en</strong><br />

du compositeur contemporain finlandais Tapio Tuomela<br />

Sixième et avant-dernier conte musical<br />

commandé à un compositeur contemporain,<br />

Antti Puuhaara nous plonge dans<br />

l’univers mystérieux et fantastique de<br />

la forêt finlandaise. Déjà donné <strong>en</strong> partie<br />

<strong>en</strong> version concert, la représ<strong>en</strong>tation<br />

scénique est une réussite. Aurélie<br />

Hubeau joue sur une dualité du chœur,<br />

arbres pr<strong>en</strong>ant tour à tour l’id<strong>en</strong>tité<br />

d’un personnage. Manipulant lui-même<br />

sa marionnette de marchand riche et<br />

méchant, le comédi<strong>en</strong> Olivier Boudrand<br />

projette sa voix avec clarté et<br />

<strong>en</strong> français à travers des images créant<br />

une atmosphère chimérique alors que<br />

le chœur de 12 solistes chante <strong>en</strong> finnois<br />

le monde magique et ténébreux<br />

de la forêt. Avec une écriture subtile,<br />

colorée et pleine d’effets vocaux et<br />

instrum<strong>en</strong>taux (accordéon, harpe, clarinette,<br />

violon, alto et violoncelle) sous<br />

la direction précise de Roland Hayrabedian,<br />

la quête du jeune Antti et son<br />

voyage vers des contrées hostiles a<br />

trouvé dans cet opéra de chambre<br />

proche du théâtre le terrain idoine à sa<br />

prospection vers l’idéal. En prés<strong>en</strong>ce du<br />

compositeur, l’auditoire a su apprécier<br />

ce conc<strong>en</strong>tré scénique et musical qui<br />

emmène vers un univers lointain et plein<br />

de surprises. On souhaite donc à cette<br />

forme<br />

<strong>en</strong>semble/chœur/marionnettes, qui a<br />

signé le succès La jeune fille aux Mains<br />

d’arg<strong>en</strong>t de Télémaque, de concourir<br />

sur de nombreuses scènes à la popularisation<br />

de la musique contemporaine.<br />

FRED ISOLETTA<br />

Regards croisés, mixité des g<strong>en</strong>res, double jeu singulier sous le regard d’Aphrodite :<br />

je, ce soir, était une femme. Ouverture de la soirée par le quartet Vertigo Songs<br />

de Perrine Mansuy : jeux d’ombres et de lumières <strong>en</strong>tre la pianiste et les autres<br />

musici<strong>en</strong>s ; jeux de mots portés par la voix chaleureuse de Marion Rampal quand<br />

le texte devi<strong>en</strong>t matière, le s<strong>en</strong>s devi<strong>en</strong>t son ; jeu de scène affirmé, plasticité de<br />

la gestuelle, quand ses mains invitai<strong>en</strong>t le percussionniste -Jean-Luc Difraya- et le<br />

guitariste -Rémy Decrouy- à v<strong>en</strong>ir communier dans cet univers ouaté. Mais jeux<br />

de rôles aussi quand le clavier devi<strong>en</strong>t voix : mélodies colorées, harmonies<br />

modales <strong>en</strong>tre un return to forever de Corea et le trio magique de Keith Jarrett ;<br />

un bel univers métissé bannissant les frontières stylistiques, pourtant un peu<br />

monochrome à la longue, posant trop souv<strong>en</strong>t des gestes rituels érodés (jeu dans<br />

le piano, samples…).<br />

Entrée <strong>en</strong> scène des sœurs jumelles Caronni : «jeu mêlé» de celles nées sous le<br />

signe du tango dans une Arg<strong>en</strong>tine multiculturelle où les mélodies teintées de<br />

nostalgie vagabond<strong>en</strong>t <strong>en</strong>tre tangos et milongas. Deux voix à l’unisson, vibrantes<br />

et s<strong>en</strong>suelles, portées par la rondeur du violoncelle <strong>en</strong> conversation avec la<br />

clarinette, se nou<strong>en</strong>t et se dénou<strong>en</strong>t au gré des regards ; duo de femmes<br />

majuscules sous l’égide de la grâce et de la beauté. Le grand jeu, simplem<strong>en</strong>t, <strong>en</strong><br />

toute féminité.<br />

CHRISTOPHE FLOQUET


ACTUELLES | JAZZ<br />

MUSIQUE 43<br />

Profession ? Diva du jazz !<br />

Romero Lubambo et Russel Malone sont deux<br />

grands maîtres de la guitare qui symbolis<strong>en</strong>t d’une<br />

certaine façon les Amériques. L’une, pour le jazz, le<br />

blues, et l’autre, pour la bossa-nova et les rythmes<br />

cubains. Ils sont les fidèles compagnons de route de<br />

la chanteuse Dianne Reeves lorsqu’elle se produit<br />

dans cette formation restreinte. Une introduction par<br />

les deux guitares démarre <strong>en</strong> dialogue rapide,<br />

rythme/chorus et vice-versa. La chanteuse <strong>en</strong>tre <strong>en</strong><br />

scène et instantaném<strong>en</strong>t sa prés<strong>en</strong>ce charismatique<br />

subjugue le public. La main gauche bouge et semble<br />

placer la voix dans l’espace, des graves aux aigus,<br />

avec une aisance et une justesse remarquables. La<br />

couleur profonde de cette voix aux harmoniques<br />

riches explore le chant africain, cubain, brésili<strong>en</strong>, le<br />

blues, le jazz, avec une pointe de fado peut-être... Le<br />

répertoire de la grande dame est épatant de chaleur,<br />

d’humour aussi, et le public, inévitablem<strong>en</strong>t mis à<br />

contribution, tape des mains. Un concert très<br />

agréable qui a su instaurer un climat très intime, alors<br />

que la grande salle était comble !<br />

D.W.<br />

Ce concert a eu lieu le 2 nov à l’Auditorium du Palais<br />

du Pharo à Marseille dans le cadre de la<br />

programmation de la Criée<br />

CD : Wh<strong>en</strong> you know Label Blue Note EMI<br />

Diane Reeves © Christian Lantry<br />

Le ton est donné<br />

Elle est libre<br />

Jeanne<br />

Le concert des High Tone au Cabaret Aléatoire s’est<br />

déroulé à guichet fermé le 6 nov, devant une jeunesse<br />

marseillaise <strong>en</strong> transe et captivée. Hypnotique, le collectif<br />

lyonnais a inondé la salle d’un dub puissant et<br />

efficace, flirtant par mom<strong>en</strong>ts avec une jungle <strong>en</strong>ivrante,<br />

emportant sur son passage un public tout <strong>en</strong><br />

vibrations. Un cocktail électro réussi qui célèbre le<br />

dernier album du groupe et faisait vite oublier la longue<br />

att<strong>en</strong>te à l’<strong>en</strong>trée. Servi par un visuel <strong>en</strong> adéquation<br />

avec cette musique urbaine parlant à la fois le langage<br />

de l’esprit et du corps, le concert <strong>en</strong>trait <strong>en</strong> résonance<br />

parfaite avec ce lieu, cette friche. Un triptyque de<br />

montages vidéo répétitifs très graphiques happait<br />

sans relâche dans ce monde virtuel, ce monde où le<br />

son et l’image, de concert, parl<strong>en</strong>t directem<strong>en</strong>t au corps.<br />

PASCALE FRANCHI<br />

Libre, taquine et douée assurém<strong>en</strong>t. Jeanne<br />

Cherhal est un électron qui s’est plongé une<br />

année <strong>en</strong> autarcie volontaire, pour <strong>en</strong>registrer<br />

son nouvel album Charade (avec l’unique<br />

complicité de l’ingénieur du son Yann Arnaud). 11<br />

chansons reliées par un fil conducteur, une charade<br />

<strong>en</strong> quatre étapes, écrites, composées et <strong>en</strong>tièrem<strong>en</strong>t<br />

interprétées par cette jeune pousse qui dépoussière<br />

la variété française. Pour passer de la galette à la<br />

scène, elle s’est <strong>en</strong>touré des 4 musici<strong>en</strong>s de la Secte<br />

Humaine (ex-little Rabbits sur la tournée de Philippe<br />

Katerine) qui apport<strong>en</strong>t un son pop rock incontestable<br />

et parvi<strong>en</strong>n<strong>en</strong>t tout juste à faire le poids contre<br />

le flot de féminité que déverse la chanteuse. Si<br />

l’homme est le sujet c<strong>en</strong>tral de ses charades, exit le<br />

prince charmant, elle évoque sans complexe les nondits<br />

de l’amitié homme-femme (En toute amitié), ses<br />

doutes sur le mariage (Lorsque tu m’as), les ruptures<br />

amoureuses (Hommes perdus), les angoisses de la<br />

vie quotidi<strong>en</strong>ne. Les «obsessions» d’une «girly» dev<strong>en</strong>ue<br />

femme qui assure le show, usant et abusant de<br />

jolis jeux de jambes pour séduire un public à<br />

l’évid<strong>en</strong>ce sous le charme. Des textes qui se dilu<strong>en</strong>t<br />

parfois mais ouvr<strong>en</strong>t aussi de beaux espaces<br />

notamm<strong>en</strong>t avec Le Tissu ou la métamorphose d’une<br />

«femme fantôme, linceul et monochrome» et Un trait :<br />

danger qui rappelle son <strong>en</strong>gagem<strong>en</strong>t pour les sanspapiers.<br />

Une Jeanne Cherhal un poil<br />

vampirisante, mais absolum<strong>en</strong>t<br />

tal<strong>en</strong>tueuse.<br />

DE.M.<br />

Ce concert a eu lieu<br />

le 5 nov à Cavaillon<br />

Elle se produit aussi<br />

le 8 déc à 20h30<br />

Théâtre des Salins, Martigues<br />

04 42 49 02 00<br />

www.theatre-des-salins.fr<br />

© Tania et Vinc<strong>en</strong>t<br />

Showman explosif<br />

Dans un Cabaret Aléatoire chauffé par une foule au<br />

diapason, Jazz <strong>en</strong> Ville accueillait le 11 oct Aloe<br />

Blacc, auteur du célèbre I Need a Dollar. Show à<br />

l’américaine, soul and r’n’b aux influ<strong>en</strong>ces variées,<br />

l’ex-rappeur d’Emanon est dev<strong>en</strong>u aujourd’hui un<br />

chanteur multi-instrum<strong>en</strong>tiste et qui rappelle Keziah<br />

Jones… dont il aurait pris le meilleur. Repéré aux<br />

États-Unis avec son titre-phare par la série How i Meet<br />

Your Mother et <strong>en</strong> France par le générique du Grand<br />

Journal, le Californi<strong>en</strong> n’<strong>en</strong> est pas à son premier coup<br />

d’essai ! 2 albums solo et 11 opus avec les rappeurs<br />

d’Emanon. Le public de la Friche le retrouvait dans la<br />

même configuration que 4 ans auparavant, dans une<br />

ambiance électrisée par le groupe TY (Special Kind<br />

Of Fool) qui a offert <strong>en</strong> première partie un show de<br />

grande qualité malgré quelques problèmes de<br />

réverbération.<br />

JULES PIGNOL<br />

Vie à deux<br />

Avec quatre représ<strong>en</strong>tations par semaine (du jeudi<br />

au dimanche), Vis à Vies va investir la scène marseillaise,<br />

<strong>en</strong> l’occurr<strong>en</strong>ce celle du nouveau Théâtre des<br />

Chartreux. Le spectacle (déjà reconnu) qui s’intitule<br />

Récréation sera perméable aux invitations surprise<br />

piquantes... On peut effectivem<strong>en</strong>t dire que Clef de<br />

Scène a mille fois raison de sout<strong>en</strong>ir la pétillante<br />

chanteuse Myriam Daups et son acolyte compositeur<br />

et multi-instrum<strong>en</strong>tiste Gérard Dahan pour un<br />

voyage musical et poétique plein d’humanité surfant<br />

<strong>en</strong>tre humour et émotion. D’ici là, n’hésitez pas à découvrir<br />

ce duo vivifiant sur la scène de la Manare à<br />

Sainte-Mitre-les-Remparts (27/11) avec leur nouveau<br />

spectacle Au Coin de la Rue, une avant-première<br />

avant la tournée de 2011.<br />

F.I.<br />

Récréation<br />

du 2 au 31 déc<br />

Théâtre des Chartreux, Marseille<br />

04 91 50 18 90<br />

www.visavies.fr


44<br />

MUSIQUE<br />

ACTUELLES<br />

La scène du monde<br />

La 19 e Fiesta des Suds a déroulé son dance floor du 15 au 23<br />

oct dans une ambiance festive<br />

Dans un théâtre urbain relooké, la Fiesta<br />

a vu défiler dans ses couloirs à ciel<br />

ouvert pas moins de 50 000 fidèles<br />

tout au long des six soirées. Avec un<br />

éclectisme toujours plus assumé, le<br />

déambulatoire géant <strong>en</strong> perpétuel<br />

mouvem<strong>en</strong>t aura fêté la future réconciliation<br />

des Zebda, toujours prompt à<br />

faire danser une foule marseillaise clairem<strong>en</strong>t<br />

fan de ses messages. Youssou<br />

N’Dour et son maillot de l’OM peut <strong>en</strong><br />

dire autant, <strong>en</strong> osmose avec un parterre<br />

acquis à sa cause au pied de la<br />

grande scène extérieure.<br />

Les toujours très smarts Gotan Project<br />

ont quant à eux hypnotisé une foule<br />

d’adeptes à coups d’électro-tangos,<br />

sans surprise mais si soyeux et langoureux<br />

! De retour d’une autre époque,<br />

l’icône Joe Jackson a cont<strong>en</strong>té ses<br />

fans dans un show tranquille derrière<br />

son clavier, prouvant qu’il avait pris<br />

bi<strong>en</strong> peu de rides même si son goût<br />

jazz rock laisse parfois de marbre. Ce<br />

qui n’est pas le cas d’Arno le rebelle,<br />

<strong>en</strong> forme ou méforme on ne sait, mais<br />

habité par la scène pour un corps à<br />

corps déjanté.<br />

Mais question réchauffem<strong>en</strong>t de salle<br />

digne d’une pompe à chaleur, la révélation<br />

Bonaparte <strong>en</strong> connait un rayon.<br />

Le petit suisse Tobias et sa troupe forte<br />

d’une quinzaine de membres <strong>en</strong> a fait<br />

voir des vertes et des pas mûres aux<br />

par<strong>en</strong>ts accompagnés de leur progéniture<br />

à une heure de grande écoute.<br />

Car le show de Bonaparte n’est pas à<br />

mettre <strong>en</strong>tre toutes les mains…<br />

Cabaret dégénéré expressionniste aux<br />

costumes et masques surpr<strong>en</strong>ants, les<br />

titres punk électro du collectif suisse<br />

allemand roi de l’underground berlinois<br />

s’accompagn<strong>en</strong>t d’une mise <strong>en</strong> scène<br />

mêlant burlesque et provocation bi<strong>en</strong><br />

dénudée, dans un délire Dada qui<br />

appelle quelques explications…<br />

<strong>Zibeline</strong> : Pourquoi porter un nom<br />

pareil ?<br />

Tobias : Il n’y a que les français pour<br />

s’interroger là-dessus, et Bonaparte je<br />

trouve ça très beau comme nom, étonné<br />

même qu’aucun groupe ne porte<br />

ce nom-là. Les anglophones y voi<strong>en</strong>t<br />

d’ailleurs un jeu de mot assez coquin…<br />

La scène fait-elle figure d’exutoire ? où<br />

sont vos limites ?<br />

On a un cadre, et selon les <strong>en</strong>droits où<br />

nous jouons, comme au Maroc par<br />

exemple, le cadre se fait plus restreint.<br />

Après, chacun dans son rôle peut<br />

La concision du devin<br />

Wayne Shorter © Dan Warzy<br />

L’art du saxophoniste Wayne Shorter est aussi exceptionnel<br />

que son parcours, et la Fiesta des Suds a<br />

accueilli son quartet pour notre plus grand plaisir :<br />

Danilo Perez au piano, John Patitucci à la contrebasse<br />

et Brian Blade à la batterie ont offert non pas<br />

de la musique jazz grand public mais plutôt un climat,<br />

une matière sonore. Une musique élaborée, très<br />

intellectuelle, à la fois simple et d<strong>en</strong>se. Un surgissem<strong>en</strong>t,<br />

après une longue alchimie de préparation,<br />

s’opère <strong>en</strong>tre basse, batterie et piano. Le saxophone<br />

<strong>en</strong>tre pour pousser vers un paroxysme, conclure ou<br />

relancer, toujours de façon épurée et concise, poussant<br />

après des préliminaires discontinus vers des<br />

conclusions extatiques. Wayne Shorter dit être à la<br />

recherche d’une perfection qu’il qualifie de «Gold<strong>en</strong><br />

Mean». Un peu comme un maître de la peinture<br />

compose avec le nombre d’or.<br />

DAN WARZY<br />

Ce concert a eu lieu le 21 oct<br />

durant la Fiesta des Suds<br />

A lire<br />

Les singularités flottantes de Wayne Shorter<br />

de Stéphane Carini<br />

Coll. Birdland, Editions Rouge Profond<br />

improviser dans les limites fixées. Ce<br />

qui est important c’est l’échange avec<br />

le public. On adore le live !<br />

N’est-il pas difficile de concevoir un<br />

album (voir Zib’34) quand on attache<br />

autant d’importance à la performance<br />

scénique ?<br />

Quand je compose mes chansons, je<br />

les transpose directem<strong>en</strong>t sur scène<br />

dans ma tête. Je sais où je veux <strong>en</strong><br />

v<strong>en</strong>ir rapidem<strong>en</strong>t. C’est un tout, et pas<br />

simplem<strong>en</strong>t un disque de chansons.<br />

D’où vi<strong>en</strong>n<strong>en</strong>t toutes ces idées<br />

farfelues ?<br />

Bonaparte © Agnès Mellon<br />

Nous sommes comme une troupe :<br />

nous recueillons des vieux costumes<br />

de théâtre et <strong>en</strong> fabriquons aussi.<br />

Comme pour les vidéos et le graphisme<br />

: chacun apporte une pierre à<br />

l’édifice. Nos voyages nous serv<strong>en</strong>t<br />

aussi à piocher des idées. En fait<br />

Bonaparte n’est pas un style, c’est une<br />

attitude.<br />

FRÉDÉRIC ISOLETTA<br />

Over booké<br />

C’est ce qui s’appelle avoir un ag<strong>en</strong>da chargé ! Après<br />

Yann Tiers<strong>en</strong> qui prés<strong>en</strong>tera son nouvel album Dust<br />

Lane aux couleurs rock electro teintées de synthés<br />

analogiques (le 23/11), ce sera au tour du trucul<strong>en</strong>t<br />

et att<strong>en</strong>du Tricky d’attirer les foules sur la scène du<br />

Cabaret Aléatoire (le 26/11). Avec son neuvième<br />

opus Mixed Race, l’agitateur tatoué revigore un trip<br />

hop qui ne somnole jamais, relevé par les collaborations<br />

multiples et variées (Björk / Emilie Simon…). À<br />

ne pas rater, de même que la scène bi<strong>en</strong> française d’un<br />

rock prometteur autour de Kaolin et Les Shades (2/12).<br />

F.I.<br />

www.cabaret-aleatoire.com<br />

Concert exceptionnel de Rabih Abou Khalil Quartet<br />

<strong>en</strong> clôture des tables rondes d’Averroès,<br />

le 27 novembre à 20h30 à l’Espace Juli<strong>en</strong><br />

© X-D.R


AU PROGRAMME<br />

MUSIQUE 45<br />

AIX<br />

Théâtre et Chansons : Coko, Tango des<br />

organes se départageant le corps de l’homme<br />

(27 et 28/11)<br />

04 42 27 37 39<br />

www.theatre-et-chansons.com<br />

ARLES<br />

Cargo de nuit : Luke (27/11), Kaolin (3/12),<br />

Beat Torr<strong>en</strong>t (4/12), Juan Rozoff, Soulist<br />

(10/12), Raoul Petite (17/12)<br />

04 90 49 55 99<br />

www.cargod<strong>en</strong>uit.com<br />

AUBAGNE<br />

Théâtre Comoedia : Le Cabaret des<br />

Hérétiques par le Théâtre du Maquis (18/11),<br />

Drum Cat (23/11), Agnès Jaoui, y el Quintet<br />

Official (3/12)<br />

04 42 18 19 88<br />

www.aubagne.com<br />

AVIGNON<br />

Théâtre des Halles : Récital Jacques Bertin<br />

(16/12), Et toi tu marcheras dans le soleil…<br />

récital de Isabelle Bloch-Delahaie (17/12)<br />

04 90 85 52 57<br />

www.theatredeshalles.com<br />

Les Passagers du Zinc : Pony Pony Run<br />

Run, In the club (19/11), Hindi Zahra, Smod<br />

(20/11), Rodrigo y Gabriela (26/11), Gaetan<br />

Roussel, JP Nataf (27/11), Israel Vibration<br />

(29/11), Lilly Wood & The Prick, La Maison<br />

Tellier (3/12), Les Shades, Eldia (10/12), La<br />

Caravane passe, Fatum Fatras (11/12)<br />

04 90 89 45 49<br />

www.passagersduzinc.com<br />

BARJOLS<br />

La Tannerie : V<strong>en</strong>ez danser au bal des idoles:<br />

après le spectacle Sex Symbol, Autopsie<br />

(20h45), bal 80’s revival avec Dj Why am i<br />

Mister Pink ? (20/11, 21h15)<br />

04 94 59 74 60<br />

www.latannerie.fr<br />

BERRE L’ETANG<br />

Forum des jeunes et de la culture : ciné<br />

musique avec la projection de O’ Brother de<br />

Ethan et Joel Coh<strong>en</strong>, suivi du Carolina<br />

Chocolate Drops (18/11 à 18h30 et 21h30),<br />

Bertrand Belin (11/12)<br />

04 42 10 23 60<br />

www.forumdeberre.com<br />

ISTRES<br />

L’Usine : U-Roy (21/10), Hocus Pocus,<br />

Smooth (30/10), Rod Taylor and the positive<br />

roots band (5/11), Kaly live dub (6/11)<br />

04 42 56 02 21<br />

www.sc<strong>en</strong>esetcines.fr<br />

not music (20/11), Yann Tiers<strong>en</strong>, Lonski &<br />

Class<strong>en</strong> (23/11), Jahcoozi, Dreadzone, MC2,<br />

Human E.T Crew (25/11), Tricky (26/11),<br />

Fool’s Gold, 340ML (30/11), Kaolin, Les<br />

Shades (2/12), Osaka Monaurail, DJ’s et<br />

danseurs (3/12), Dub station #12 (11/12)<br />

04 95 04 95 09<br />

www.cabaret-aleatoire.com<br />

Dock des suds : Tik<strong>en</strong> Jah Fakoly (20/11),<br />

Shox case de Toko Blaze (25/11), Soprano<br />

(26/11), Raphaël (30/11)<br />

04 91 99 00 00<br />

www.dock-des-suds.org<br />

Espace Juli<strong>en</strong> : Robert Francis (25/11),<br />

Mary’s Dream (26/11), Rabih Abou Khalil,<br />

Yuval (27/11), Israel Vibration & Roots Radics<br />

band (27/11), BB Brunes (30/11), Grupo<br />

Compay Segundo (3/12), The Divine Comedy<br />

(5/12)<br />

04 91 24 34 10<br />

www.espace-juli<strong>en</strong>.com<br />

La Mesón : Carte blanche à Manu de Barros<br />

(jusqu’au 20/11), Pop in south avec El Poulpo,<br />

Kid Francescoli et Mina May (19/11), From<br />

sound to noise : Bdubd Monaural & fri<strong>en</strong>ds<br />

(20/11), Nini Dogskin prés<strong>en</strong>te Le Cabaret<br />

Zazou (3/12), We used to have a band (4/12),<br />

carte blanche à Enrique Santiago (10 et<br />

11/12)<br />

04 91 50 11 61<br />

www.lameson.com<br />

MAUBEC<br />

La Gare : Zouinglangbaoum (19 et 20/11),<br />

Ernst Lavolé, L’Orchestre Tout Puissant Marcel<br />

Duchamp (26/11), La Mal Coiffée (3/12),<br />

Session slam n’jam (10/12), Ce monde autour<br />

de moi, collectif ça compte pour l’ouïe<br />

(12/12), OK Bonnie, N’Relax (17/12)<br />

04 90 76 84 38<br />

www.aveclagare.org<br />

OLLIOULES<br />

Châteauvallon : The volunteered slaves<br />

(4/12)<br />

04 94 22 02 02<br />

www.chateauvallon.com<br />

SAINTE-MAXIME<br />

Le Carré : Jacques Higelin (11/12)<br />

04 94 56 77 77<br />

www.carreleongaumont.com<br />

SALON-DE-PROVENCE<br />

Portail Coucou : Papet J et Rit (20/11),<br />

Dissonant Nation, The Belmondos (27/11),<br />

The Toasters (3/12)<br />

04 90 56 27 99<br />

www.portail-coucou.com<br />

AIX<br />

29/11Carla Bley-Andy Shepperd-Steve Swallow<br />

– Songs with Legs<br />

Grand Théâtre de Prov<strong>en</strong>ce<br />

04 42 91 69 69<br />

www.grandtheatre.fr<br />

AVIGNON<br />

12/11 Fantastic Merlins with Kid Dakota<br />

19/11 Gildas Boclé trio<br />

26/11 R<strong>en</strong>za Bô 5 tet<br />

03/12 Barret-Lazarevitch-Allouche Trio<br />

04/12 Big Band de R<strong>en</strong>é Bottlang au Conservatoire<br />

du Grand Avignon<br />

09/12 Jazz Story N°2-Electrique : Miles Davis<br />

1968-1975.<br />

10/12 Sébasti<strong>en</strong> Paindestre trio (1 re partie)<br />

suivi de Abdelhaï B<strong>en</strong>nani trio (soirée dans le<br />

cadre de Jazz <strong>en</strong> Scènes)<br />

17/12 Trio Grande invite Matthew Bourne suivi<br />

par le 4 tet Vidal-Léandre-Cappozzo-Chevillon<br />

Ajmi<br />

04 90 86 08 61<br />

www.jazzalajmi.com<br />

BRIANÇON<br />

19/11 Lucilla Galeazzi (chant social itali<strong>en</strong>)<br />

26/11 Meditrio L’échappée belle par l’<strong>en</strong>semble<br />

de Jean Marc Montera<br />

Théâtre Le Cadran<br />

04 92 25 52 52<br />

www.theatre-le-cadran.com<br />

CHATEAU-ARNOUX/ SAINT-AUBAN<br />

20/11 Motion trio et Terem 4 tet<br />

11/12 Meditango Comptoir de Bu<strong>en</strong>os Aires<br />

Théâtre Durance<br />

04 92 64 27 34<br />

www.theatredurance.fr<br />

DRAGUIGNAN<br />

23 e édition du Festival de Jazz organisé<br />

par le Jazz Club Dracénois.<br />

16/12 D<strong>en</strong>ise Gordon & her «Gumbo Zaïre»<br />

invite Patrick Artero et Thierry Ollé trio.<br />

17/12 H<strong>en</strong>ri Texier Horizon Nord-Sud 5 tet avec<br />

Sébasti<strong>en</strong> Texier, Francesco Bearzatti, Manu<br />

Codjia, Christophe Marguet... Incontournables.<br />

18/12 Four Tones (<strong>en</strong> 1 re partie) suivi de John<br />

Paul Hammond (blues).<br />

04 94 50 59 50<br />

www.theatres<strong>en</strong>drac<strong>en</strong>ie.com<br />

MARSEILLE<br />

Nomad’ Café<br />

02/12 Trio Campaoré Hamadouche Théron<br />

16/12 JP Nataf<br />

04 91 62 49 77<br />

www.l<strong>en</strong>omad.com<br />

Cité de la Musique-Auditorium<br />

1 er et 2/12Lionel Damei «des monstres d’infinie<br />

solitude»<br />

Cri du Port<br />

16/11 B<strong>en</strong> Sidran 4 tet – Dylan differ<strong>en</strong>t<br />

18/11 Caraib to Jazz 4 tet<br />

02/12 Kirk Lightsey (piano solo)<br />

09/12 Handprint Duo avec Fr. Arnold et Manu<br />

Codjia (1 re partie) et Arthur Kell 4 tet (Une soirée<br />

dans le cadre de Jazz <strong>en</strong> scènes... à ne pas<br />

manquer)<br />

04 91 50 41 51<br />

www.jazz<strong>en</strong>sc<strong>en</strong>es.com<br />

La Criée<br />

Cabaret Jazz, r<strong>en</strong>dez-vous m<strong>en</strong>suel dans une<br />

ambiance feutrée après le spectacle <strong>en</strong> cours.<br />

Entrée libre, consommations payantes.<br />

12/11 à 21h30 José Caparros, Paul Pioli,<br />

Olivier Truchot, Philippe Le Van<br />

04 91 54 70 54<br />

www.theatre-lacriee.com<br />

Roll’ Studio<br />

ouverture des portes à 18h00, concerts à<br />

18h30<br />

20/11 Electric Lady 5 tet<br />

27/11 Duo Campaore – Hosdikian<br />

04/12 Robert Pettinelli trio<br />

11/12 RTF3 R<strong>en</strong>o-Tonton-Fayçal trio<br />

19/12 Swinging Papy’s<br />

04 91 64 43 15<br />

www.rollstudio.fr<br />

Inga des Riaux<br />

19/11 Phocea trio<br />

25/11 Zwazz Serge Dupire 4 tet<br />

26/11 Bruno Barkats Trio<br />

06 07 57 55 58<br />

www.inga-des-riaux.com<br />

Station Alexandre<br />

27/11 Ensemble Swing<strong>en</strong>do- spectacle<br />

Hollywood Gershwin<br />

04 91 00 90 00<br />

www.station-alexandre.org<br />

18/11 Omri Mor Trio - Andalou Jazz Project<br />

Atelier des arts de Sainte Marguerite<br />

04 91 26 09 06<br />

MIRAMAS<br />

18/11 Mariannick Saint Céran<br />

08/12 Anteprima prés<strong>en</strong>te Manu Katché 4 tet<br />

04 90 50 05 26<br />

www.sc<strong>en</strong>esetcine.fr<br />

VITROLLES<br />

27/11. R<strong>en</strong>za Bô 5 tet<br />

11/12 If Duo avec Bruno Angelini & Giovanni<br />

Falzone et le quintet TP4.<br />

Moulin à Jazz / Domaine de Fontblanche<br />

04 42 79 63 60<br />

www.charliefree.com<br />

Théâtre de l’Olivier : Revolver (24/11)<br />

04 42 56 48 48<br />

www.sc<strong>en</strong>esetcines.fr<br />

MARSEILLE<br />

Cabaret Aléatoire : Soirée citoy<strong>en</strong>s<br />

citoy<strong>en</strong>nes, In bed with citiz<strong>en</strong> (19/11), This is<br />

TOULON<br />

Oméga Live : Pigalle, Bat Point G (19/11),<br />

Eiffel, Kami (20/11), Moussu T e lei Jov<strong>en</strong>ts,<br />

Papet J et Rit (4/12), Zut (7/12), Bertrand<br />

Belin, Red The Nightcrawler (10/12)<br />

04 98 070 070<br />

www.tandem83.com<br />

Cité de la Musique - La Cave<br />

15/11 Gildas Boclé Trio<br />

22/11Jazz <strong>en</strong> Scène (Jam-session-scène ouverte)<br />

6/12Jazz <strong>en</strong> Scène (Jam-session-scène ouverte)<br />

13/12 Trio Peace<br />

04 91 39 28 28<br />

pages.citemusique-marseille.com<br />

ON THE RAILS !<br />

Un voyage musical avec la Compagnie Nine<br />

Spirit :<br />

à bord du IDTGV N°2918 Marseille-Paris le<br />

19/11 à 13h28 Raphael Imbert Trio<br />

à bord du IDTGV N°2911 Paris-Marseille le<br />

21/11à 20h16 Raphael Imbert Trio


CAHIER JEUNESSE<br />

Délices d’Alice<br />

Alice et Lewis tiss<strong>en</strong>t le fil invisible, comme l’<strong>en</strong>vers d’une broderie,<br />

de l’exposition La Forêt de mon rêve conçue par Fotokino<br />

On connaissait le tal<strong>en</strong>t de chef d’orchestre de<br />

Laterna magica (voir p 47), peut être moins celui de<br />

commissaire d’exposition : c’est désormais chose faite<br />

avec La Forêt de mon rêve. Touffue, d<strong>en</strong>se, colorée,<br />

créative, on pénètre dans cette selva oscura avec la<br />

même curiosité naïve qu’Alice : «Vraim<strong>en</strong>t, vraim<strong>en</strong>t !<br />

Comme tout est bizarre aujourd’hui !». Et l’on aime<br />

s’y perdre et se faire peur car le conte puise aux<br />

sources du fantastique, des ténèbres, de l’imaginaire,<br />

de l’effroi et des fées. Partant du postulat qu’il y a<br />

quelque chose de l’autre côté du miroir, Nathalie<br />

Guimard et Vinc<strong>en</strong>t Tuset-Anrès invit<strong>en</strong>t à la<br />

découverte de pépites, médiums et époques<br />

<strong>en</strong>tremêlés avec brio. Comme l’installation in situ de<br />

Pam<strong>en</strong> Pereira, This is a Love Story, <strong>en</strong> guise<br />

d’introduction, clin d’œil aux objets volants de Mary<br />

Poppins dans le roman de Pamela Lyndon Travers ;<br />

les photographies de Tim Walker dont les couleurs<br />

pastel acc<strong>en</strong>tu<strong>en</strong>t l’illusion fantastique ; les gravures<br />

de Kiki Smith directem<strong>en</strong>t inspirées de la figure du<br />

loup dans le Petit Chaperon rouge ; les irrésistibles<br />

impressions pigm<strong>en</strong>taires de Polix<strong>en</strong>i Papapetrou,<br />

une découverte ! Des perles <strong>en</strong>core avec un dessin<br />

de Louise Bourgeois et une gravure de Gustave<br />

Doré.<br />

La réussite de l’exposition ti<strong>en</strong>t autant à la qualité des<br />

œuvres qu’à la scénographie, ludique et intellig<strong>en</strong>te :<br />

une cabane <strong>en</strong> bois intime et chaleureuse, et lieu de<br />

bascule vers une autre réalité, plus inquiétante cellelà,<br />

des projections incrustées dans les zones de<br />

passage, des murs colorés jusqu’au noir int<strong>en</strong>se,<br />

l’écran caché dans le placard et la bibliothèque <strong>en</strong><br />

épilogue. Mais égalem<strong>en</strong>t à la richesse des thèmes<br />

abordés avec profondeur, loin de l’anecdote<br />

superficielle dans laquelle l’exposition aurait pu se<br />

laisser <strong>en</strong>traîner : transfiguration des <strong>en</strong>fants une fois<br />

sortis du bois, la femme dans sa relation à l’animalité,<br />

la nature inquiétante et rebelle à l’homme, le rêve, la<br />

psychanalyse et l’inconsci<strong>en</strong>t. Ni corpus théorique ni<br />

analyse, l’inv<strong>en</strong>tivité a la part belle.<br />

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI<br />

Le catalogue (Éd. Silvana Editoriale Spa, Milan, 22 euros) est<br />

agrém<strong>en</strong>té d’un petit livret détachable réunissant les<br />

photographies d’Aline Ahond et les textes de Pascale Petit<br />

qui ponctu<strong>en</strong>t le parcours.<br />

La Forêt de mon rêve<br />

jusqu’au 27 février 2011<br />

Galerie d’art du Conseil général, Aix-<strong>en</strong>-Prov<strong>en</strong>ce<br />

04 42 93 03 67<br />

www.culture-13.fr<br />

Home Coming © Kiki Smith - Courtesy Galerie Lelong<br />

Drink Me © Polix<strong>en</strong>i-Papapetrou - Courtesy Galerie LMD<br />

Dress Lamp Tree, 2002 © Tim Walker<br />

Minots & Co<br />

Avec Minots Marmaille & Cie, le<br />

Théâtre de L<strong>en</strong>che conjugue durant<br />

près de deux mois (9 déc-22 janv)<br />

spectacles, ateliers pédagogiques et<br />

artistiques, expositions à destination du<br />

jeune public. Histoire d’éveiller sa<br />

curiosité ou de la satisfaire…<br />

Pari gagné avec des propositions<br />

(conte musical, théâtre de papier,<br />

théâtre d’objets, théâtre-danse,<br />

chanson) et des thèmes (la différ<strong>en</strong>ce,<br />

la discrimination, l’id<strong>en</strong>tité, la prise de<br />

risques, l’évolution de l’homme) servis<br />

par des compagnies qui ont l’art de<br />

parler aux «minots» : Les Racines du<br />

v<strong>en</strong>t, Clandestine, Anima théâtre,<br />

Piccola velocità, Muriel de Mars. Cinq<br />

univers dont le pouvoir évocateur leur<br />

permettra de développer leur propre<br />

imaginaire, de s’initier à la création sous<br />

toutes ses formes. À l’art du jardin par<br />

exemple autour du spectacle Jeune<br />

pousse avec des ateliers «main verte»,<br />

au pop up et au kirigami si jolim<strong>en</strong>t<br />

utilisés dans C’est pas pareil !, ou <strong>en</strong>core<br />

à la pratique photographique <strong>en</strong> li<strong>en</strong><br />

avec Tête de lune. Puis à leur tour ils<br />

feront l’appr<strong>en</strong>tissage du regard de<br />

l’autre quand ils exposeront leurs<br />

Jeune pousse © Hel<strong>en</strong>e Dattler<br />

propres travaux à la librairie Histoire<br />

de l’œil, à la bibliothèque du Panier, à<br />

l’Alcazar et à l’Espace culture.<br />

Voici donc une manifestation qui<br />

dépasse le stade de la seule<br />

«consommation» de spectacles (Tête<br />

de lune, C’est pas pareil…, Ikare, Jeune<br />

pousse, À cloche-pied) pour <strong>en</strong>traîner<br />

les <strong>en</strong>fants et leur famille dans une<br />

pratique artistique tout à la fois ludique<br />

et conviviale.<br />

M.G.-G.<br />

Minots Marmaille & Cie<br />

Théâtre de L<strong>en</strong>che et Mini Théâtre,<br />

Marseille 2 e<br />

04 91 91 52 22<br />

www.theatredel<strong>en</strong>che.info


Citoy<strong>en</strong> écolo<br />

Ce jour-là, ils sont une dizaine d’<strong>en</strong>fants d’un c<strong>en</strong>tre aéré<br />

(association Habonim-Dror à Castellane) à franchir la<br />

porte de la Maison de l’architecture et de la ville Paca.<br />

Pas du tout impressionnés par la sol<strong>en</strong>nité du lieu car<br />

l’atelier-exposition leur est tout particulièrem<strong>en</strong>t destiné.<br />

N’<strong>en</strong> jetez plus ! Et habitez écologique a été conçu et<br />

produit par la Cité de l’architecture et du patrimoine à<br />

Paris sous une forme pédagogique, ludique et<br />

interactive : de «l’écologie participative» <strong>en</strong> somme…<br />

Guidé par une médiatrice culturelle, le groupe s’assoit au<br />

cœur du dispositif <strong>en</strong> bois pour une introduction sur les<br />

énergies, leurs processus de transformation et leurs<br />

différ<strong>en</strong>tes utilisations : lecture et décryptage des cartels,<br />

des mots-clefs et des chiffres lumineux, analyses des<br />

photos et réactions. Le débat est animé et les <strong>en</strong>fants<br />

sembl<strong>en</strong>t déjà très s<strong>en</strong>sibilisés à la protection de leur<br />

<strong>en</strong>vironnem<strong>en</strong>t. La seconde partie du parcours récréatif<br />

se complique quand il leur faut quitter la sphère familiale<br />

pour p<strong>en</strong>ser à l’échelle universelle. «Que peux-tu faire<br />

pour la planète ?» interroge l’animatrice qui aborde le<br />

transport écologique «doux», la déforestation («stop la<br />

pub !»), l’éclairage («baisse ta conso») ou les emballages<br />

(«ménage ta planète») à travers un jeu de questionsréponses,<br />

de manipulations et de slogans. Une heure<br />

plus tard direction l’atelier : là les <strong>en</strong>fants mett<strong>en</strong>t la main<br />

à la pâte et construis<strong>en</strong>t une brique à partir de<br />

matériaux recyclables : carton, papier et plastique.<br />

MAV | LATERNA MAGICA<br />

Bi<strong>en</strong>tôt un mur tout <strong>en</strong>tier et pourquoi pas une maison<br />

écologique naîtra de leur imagination, de leur réflexion<br />

et de leur appr<strong>en</strong>tissage de la création collective…<br />

M.G.-G.<br />

SPECTACLES 47<br />

N’<strong>en</strong> jetez plus ! © MAV PACA<br />

Exposition jusqu’au 15 décembre,<br />

ateliers sur inscription<br />

MAV Paca, Marseille 6 e<br />

04 96 12 24 13<br />

www.ma-lereseau.org/paca/<br />

Du coq à l’âne<br />

L’invité d’honneur de la 7 e édition de Laterna Magica<br />

est l’auteur de bande dessinée Belge B<strong>en</strong>oît Jacques,<br />

autour duquel gravite une constellation de propositions<br />

: Fotokino aime surpr<strong>en</strong>dre, piquer la curiosité,<br />

croiser les disciplines, faire voyager les spectateurs et<br />

jeter des passerelles <strong>en</strong>tre les artistes. Au cœur de la<br />

manifestation consacrée à l’illustration, le parcours<br />

<strong>en</strong>tre 4 lieux à Marseille et Toulon met <strong>en</strong> lumière<br />

son œuvre iconoclaste, <strong>en</strong>tièrem<strong>en</strong>t articulée autour<br />

du livre qu’il conçoit de A à Z, édite et diffuse luimême<br />

et dont il signe aussi la charte graphique…<br />

B<strong>en</strong>oît Jacques, selon le directeur artistique Vinc<strong>en</strong>t<br />

Tuset-Anrès, a «beaucoup de tal<strong>en</strong>t, d’imagination et<br />

d’énergie !». Pour preuve sa participation à une<br />

r<strong>en</strong>contre à l’Alcazar (25 nov), à un workshop aux<br />

ABD Gaston Defferre («Je ne sais pas dessiner» les<br />

25 et 26 nov). Et, cerise sur le gâteau, la sortie pour<br />

l’occasion d’un Alboum à colorier à l’image de l’<strong>en</strong>semble<br />

de son travail : loufoque !<br />

Laterna Magica ouvre grand la f<strong>en</strong>être sur le monde<br />

de l’image. Sous l’angle du merveilleux et du magique<br />

avec deux expositions à Aix : La Forêt de mon rêve à<br />

la galerie du Conseil général 13 (voir p 46) et Matières<br />

à rétroprojeter à la Cité du livre, <strong>en</strong> part<strong>en</strong>ariat<br />

avec le C<strong>en</strong>tre Pompidou. Ou celui de la musique<br />

avec Partitions imaginaires qui mêle partitions et<br />

images inspirées de la musique, formes et mélodies…<br />

La manifestation explore durant un mois les expressions<br />

graphiques les plus diverses : celles de jeunes<br />

illustrateurs comme Noémie Privat et les Carnets du<br />

théâtre dessiné (La Friche, du 4 au 24 déc) et celles<br />

d’artistes réputés comme Kitty Crowther (Territoires<br />

partagés, du 27 nov au 23 déc). Sans oublier<br />

l’image animée et le spectacle vivant : films rares,<br />

muets ou inédits, classiques et contemporains, cinéconcert,<br />

spectacles et installation vidéo… Une<br />

Plan de Marseille © B<strong>en</strong>oit Jacques<br />

programmation conçue «dans un grand souci de<br />

qualité pour que tous s’y retrouv<strong>en</strong>t, particulièrem<strong>en</strong>t les<br />

<strong>en</strong>fants qui ne sont pas des idiots…».<br />

M.G.-G.<br />

© kitty Crowther-bruno salamone<br />

Laterna Magica<br />

du 25 nov au 24 déc<br />

Marseille, Aix, Toulon<br />

Fotokino<br />

09 50 38 41 68<br />

www.fotokino.org


50 JEUNESSE DROITS DES ENFANTS | FESTIVAL DE L’IMAGINAIRE<br />

Enfants ignorés ?<br />

Mauvais traitem<strong>en</strong>ts, exclusion, manque de soins : c’est le quotidi<strong>en</strong><br />

de 2 millions d’<strong>en</strong>fants <strong>en</strong> France. La Déf<strong>en</strong>seure des Droits des Enfants<br />

se bat pour que cela change !<br />

La fonction de Déf<strong>en</strong>seure des Droits des Enfants a<br />

été créée <strong>en</strong> 2000 pour gérer les problèmes<br />

spécifiques des mineurs dans le cadre de la<br />

Conv<strong>en</strong>tion Internationale des Droits de l’Enfant<br />

(CIDE). Aujourd’hui cette institution indép<strong>en</strong>dante<br />

est m<strong>en</strong>acée par le gouvernem<strong>en</strong>t de dilution dans<br />

une institution généraliste de Déf<strong>en</strong>se des droits.<br />

La ville d’Aubagne fait partie du réseau «Ville<br />

amie des <strong>en</strong>fants» avec l’UNICEF. C’est dans ce<br />

cadre que se ti<strong>en</strong>n<strong>en</strong>t les Journées du livre de<br />

jeunesse. Au pro-gramme : une exposition de<br />

l’illustratrice Rébecca Dautremer, mise <strong>en</strong> lumière<br />

de jeunes maisons d’édition <strong>en</strong>core peu connues,<br />

spectacles, ateliers..., une cinquantaine d’auteurs et<br />

autant d’éditeurs ! Un acc<strong>en</strong>t particulier est mis sur<br />

le droit des <strong>en</strong>fants avec le thème Des <strong>en</strong>fants, des<br />

toits et des droits. Animations, débats et un lâché<br />

de ballons avec des messages d’<strong>en</strong>fants<br />

complèteront ces journées bi<strong>en</strong> remplies.<br />

Du 18 au 21 nov<br />

C<strong>en</strong>tre de Congrès Agora<br />

http://aubagnevillelecture.over-blog.com<br />

La ville de Gardanne, égalem<strong>en</strong>t «Amie des<br />

Enfants», organise une journée La culture de la paix<br />

le 20 nov de 14h à 17h30 au gymnase Léo Lagrange.<br />

Pour mieux vivre <strong>en</strong>semble et œuvrer pour la Paix<br />

avec jeux, arts plastiques, projections...<br />

http://www.ville-gardanne.fr/Les-20-novembrejournee-des-droits<br />

Projet de loi qui nie la spécificité du droit des <strong>en</strong>fants<br />

déf<strong>en</strong>due par l’UNESCO et instaurée par la CIDE.<br />

Dominique Versini, Déf<strong>en</strong>seure depuis 2006, a<br />

dénoncé <strong>en</strong> octobre les points faibles de nos<br />

politiques de lutte contre la précarité et l’exclusion.<br />

Alors que l’objectif des Nations Unies est de réduire<br />

d’ici 2020 la pauvreté, <strong>en</strong> France 2 millions d’<strong>en</strong>fants<br />

viv<strong>en</strong>t dans des familles qui ont moins de 950 euros<br />

par mois ! Dominique Versini s’attache aussi à<br />

préserver les li<strong>en</strong>s familiaux, la scolarité, notamm<strong>en</strong>t<br />

celle des Rom, à offrir des soins sanitaires, veiller au<br />

cont<strong>en</strong>u d’un projet de Code de justice pénale pour<br />

les mineurs, à s’intéresser aux lois sur l’adoption... La<br />

tâche est vaste. Les conclusions des réc<strong>en</strong>tes<br />

concertations seront remises au Présid<strong>en</strong>t de la<br />

République et au Parlem<strong>en</strong>t à l’occasion de la<br />

Journée internationale des droits de l’<strong>en</strong>fant, le 20<br />

nov. On att<strong>en</strong>d la suite...<br />

Dans le cadre de la promotion des droits de l’<strong>en</strong>fant,<br />

les Jeunes Ambassadeurs de la Déf<strong>en</strong>seure des<br />

<strong>en</strong>fants (JADE) appr<strong>en</strong>n<strong>en</strong>t leurs droits aux <strong>en</strong>fants<br />

et adolesc<strong>en</strong>ts. Âgés de 18 à 25 ans, ils sont recrutés<br />

dans le cadre du service civique et particip<strong>en</strong>t à<br />

l’information des jeunes. En 4 années près de 40 000<br />

<strong>en</strong>fants ont eu accès à ces informations. Ils y<br />

appr<strong>en</strong>n<strong>en</strong>t que les <strong>en</strong>fants ont des droits<br />

spécifiques… CHRIS BOURGUE<br />

www.def<strong>en</strong>seurdes<strong>en</strong>fants.fr<br />

correspondante territoriale :<br />

Andrée Milliet 06 83 23 57 31<br />

Les Journées des Droits des <strong>en</strong>fants donn<strong>en</strong>t lieu<br />

à de nombreuses manifestations<br />

© Princesses oubliees ou inconnues, Rebecca Dautremer - Gauthier-Languereau<br />

Couleurs Cactus organise pour la 4 e année<br />

consécutive son opération 1, 2, 3...soleil ! Elle<br />

s’inscrit dans le cadre de la semaine de Solidarité<br />

internationale mais dure un mois. Au programme<br />

expos de photos, films docum<strong>en</strong>taires et de fiction<br />

avec un hommage à Paul Carpita. De nombreux<br />

lieux du c<strong>en</strong>tre ville de Marseille seront investis<br />

pour parler du droit des <strong>en</strong>fants, d’éducation et<br />

échanger avec les artistes participants, car<br />

l’association met l’art <strong>en</strong> avant pour parler de<br />

l’Enfance.<br />

Du 15 nov au 15 déc<br />

06 98 72 29 07<br />

www.couleurscactus.blog4ever.com<br />

L’imagination<br />

au pouvoir !<br />

Le pays d’Aix s’est animé <strong>en</strong> ce début<br />

d’automne d’une vague bruissante et<br />

magique peuplée d’êtres étranges :<br />

sorciers, dragons, korrigans, vampires<br />

et autres personnages v<strong>en</strong>us de<br />

mondes extraordinaires ont fait escale<br />

aux P<strong>en</strong>nes-Mirabeau, à Rognes et à<br />

Lambesc. Concert, r<strong>en</strong>contres, lectures,<br />

débats, projections cinématographiques,<br />

spectacles déambulatoires,<br />

«Murder Party» se sont succédés<br />

durant quatre journées au cours desquelles<br />

les amateurs de littérature<br />

fantasy ont eu le bonheur de r<strong>en</strong>contrer<br />

leurs auteurs favoris : le<br />

sombre Sire Cedric dont le roman De<br />

chair et de sang vi<strong>en</strong>t d’être primé au<br />

festival de Cognac, Christine Féret<br />

Fleury et sa trilogie complète Atlantis,<br />

Ange (scénaristes à succès alias Anne<br />

et Gérard Guéro, invités par la librairie<br />

de Prov<strong>en</strong>ce) avec son roman somptueux<br />

Ayesha, La lég<strong>en</strong>de du peuple<br />

turquoise, Pierre-Louis Besombes et la<br />

série initiatique de Spiris sans compter<br />

Eric Boisset, Claude Eck<strong>en</strong> et tant<br />

d’autres. Correspondant à cet esprit<br />

de fantasy, on pouvait même assister à<br />

Lambesc à des débats sous une<br />

yourte, et à des spectacles de contes<br />

ou à un concert «fantastic». Une belle<br />

initiative qui amène une littérature<br />

populaire et très prisée des jeunes<br />

hors des grands c<strong>en</strong>tres, et permet la<br />

diffusion d’une culture de qualité dans<br />

des villes oubliées. La force de l’imagination<br />

y a trouvé une réalisation<br />

concrète !<br />

MARYVONNE COLOMBANI<br />

Le Festival de l’imaginaire du Pays d’Aix<br />

s’est t<strong>en</strong>u du 20 au 24 oct


52 SPECTACLES AU PROGRAMME<br />

Qui dit Massalia…<br />

L’île fantastique du capitaine Nemo © B<strong>en</strong>oît Bonnemaison-Fitte<br />

Théâtre d’objets, musiques, dessins et film d’animation<br />

ponctu<strong>en</strong>t l’automne de Massalia. Dès 18 mois,<br />

les tout-petits seront happés par les fantaisies poétiques<br />

et ludiques de Thérèse Angebault et Isabelle<br />

Kessler dans Qui dit gris, dernière «petite forme»<br />

d’une compagnie fidèle à Massalia, Les Jardins insolites<br />

(25-28 nov). On quitte cet univers à la Prévert pour<br />

celui non moins touchant de Vinc<strong>en</strong>t Malone programmé<br />

au Z festival de Zik jeune public à Six-Foursles-Plages<br />

(1 er déc) : Massalia emmène son public <strong>en</strong><br />

bus depuis La Friche jusqu’à l’Espace Malraux avec la<br />

complicité de son alter-ego varois le PôleJeunePublic.<br />

Par petites touches d’humour noir et de provocations<br />

Vinc<strong>en</strong>t Malone dit Le Roi des papas n’a pas son<br />

pareil pour chanter par le m<strong>en</strong>u les petits soucis de<br />

la vie quotidi<strong>en</strong>ne… Chanson toujours avec Muriel<br />

de Mars dans À cloche-pied hop hop hop (6-8 déc)<br />

pour une première collaboration avec le Cri du Port :<br />

ou comm<strong>en</strong>t am<strong>en</strong>er les <strong>en</strong>fants de 0 à 7 ans à écouter<br />

des «poèmes très doux» mis <strong>en</strong> musique à l’accordéon,<br />

aux maracas, à la clarinette ou transformés<br />

par la magie du kazoo.<br />

Massalia s’invite à Laterna Magica (voir p 47) à travers<br />

le travail de l’artiste plastici<strong>en</strong>ne Noémie Privat qui<br />

s’est plongé dans l’obscurité des spectacles pour les<br />

«croquer». Crayons et atelier mobile de gravure ne<br />

l’ont pas quittée, aujourd’hui elle dévoile dessins et<br />

film d’animation réalisés autour du spectacle Le plus<br />

beau village du monde de Galafronie (4-19 déc). Place<br />

<strong>en</strong>fin aux tribulations du bricoleur d’images B<strong>en</strong>oît<br />

Bonnemaison-Fitte et du compositeur Philippe<br />

Gelda pour L’île fantastique du capitaine Nemo, une<br />

histoire dessinée et musicalisée <strong>en</strong> direct par Diucan<br />

(16-18 déc).<br />

M.G.-G.<br />

Théâtre Massalia<br />

04 95 04 95 70<br />

www.theatremassalia.com<br />

Vivante<br />

D’un sujet naturellem<strong>en</strong>t grave - l’exil de la jeune<br />

Vesna et sa t<strong>en</strong>tative de réappr<strong>en</strong>dre à vivre dans sa<br />

famille d’adoption -, Judith Depaule a fait un spectacle<br />

frais, s<strong>en</strong>sible et délicat. Sur le plateau une<br />

marionnette <strong>en</strong> 3D manipulée au sol et deux acteurs<br />

<strong>en</strong> chair et <strong>en</strong> os : un mélange équilibré <strong>en</strong>tre virtuel<br />

et réel qui permet aux jeunes spectateurs de<br />

ress<strong>en</strong>tir de l’empathie pour la petite fille tout <strong>en</strong><br />

pr<strong>en</strong>ant de la distance.<br />

Même pas morte<br />

dès 8 ans<br />

8 déc 15h<br />

Le Carré, Sainte-Maxime<br />

04 94 56 77 77<br />

www.carreleongaumont.com<br />

Meme pas morte © X-D.R<br />

Poète<br />

Dans le cadre du Momaix, Bérangère Vantusso met<br />

<strong>en</strong> scène de la poésie, des textes de Valérie Rouzeau,<br />

Carl Norac, Jacques Roubaud pour ne citer qu’eux, et<br />

des illustrations, <strong>en</strong>tre autres, de Stéphane Poulin et<br />

Kitty Crowther. La Trafiquante, Lara Bruhl, avec son<br />

double marionnette, se promène, telle Alice, dans cet<br />

univers de mots et de formes.<br />

La Trafiquante<br />

dès 6 ans<br />

7 déc 19h<br />

Théâtre Vitez, Aix<br />

04 42 59 94 37<br />

http://theatre-vitez.com<br />

Transmettre<br />

C’est l’histoire de Nour El Yacoubi, 27 ans, aînée d’une<br />

fratrie de 9 <strong>en</strong>fants algéro-marocains nés <strong>en</strong> France,<br />

que racont<strong>en</strong>t les 5 comédi<strong>en</strong>s du GdRA dans ce 2 e<br />

volet d’une trilogie consacrée à la Personne. La si<strong>en</strong>ne<br />

et celle de ses par<strong>en</strong>ts, de «la transmission familiale<br />

des langues et des cultures», basée notamm<strong>en</strong>t sur<br />

des faits réels puisés au cours d’<strong>en</strong>treti<strong>en</strong>s avec des<br />

habitants du quartier de Griffeuille, à Arles, lors de<br />

résid<strong>en</strong>ces de création, mais aussi de Marseille, Calais,<br />

Périgueux… Avec, comme toujours dans leur travail,<br />

des images et des sons qui alim<strong>en</strong>t la parole.<br />

Nour<br />

dès 12 ans<br />

7 déc 20h30<br />

Théâtre d’Arles<br />

04 90 52 51 51<br />

www.theatre-arles.com<br />

Contes<br />

Avec Ali Baba et les 40 voleurs (voir Zib’31), la Cie La<br />

Cordonnerie nous avait déjà emportés avec elle<br />

dans son road-movie <strong>en</strong> rase campagne ; elle revi<strong>en</strong>t<br />

à Draguignan pour La Barbe Bleue (23 nov), «adaptation<br />

infidèle du célèbre conte de Charles Perrault».<br />

Avec toujours Samuel Hercule à la réalisation (film<br />

muet), acteurs, bruiteurs et musici<strong>en</strong>s au pied de<br />

l’écran pour raconter l’histoire de Judith et sa sœur<br />

Anne <strong>en</strong> route vers le mystérieux château de Barbe<br />

Bleue… De la poésie bi<strong>en</strong> sûr, mais avec ce petit<br />

regard «décalé» qui est la signature des artistes. Le 15<br />

déc, place à Une v<strong>en</strong>deuse d’allumettes d’Anders<strong>en</strong><br />

dont L’Escabelle-Cie théâtrale offre une version<br />

contemporaine, sans texte mais avec de drôles de<br />

langages sonores, de petits pas de danse, masque et<br />

objets.<br />

La Barbe-Bleue<br />

dès 6 ans<br />

23 nov 20h30<br />

Une v<strong>en</strong>deuse d’allumettes<br />

dès 7 ans<br />

15 déc 15h<br />

Théâtres <strong>en</strong> Dracénie, Draguignan<br />

04 94 50 59 59<br />

www.theatres<strong>en</strong>drac<strong>en</strong>ie.com<br />

Une v<strong>en</strong>deuse d’allumettes © Arnaud Huss<strong>en</strong>ot-Des<strong>en</strong>onges


><br />

SPECTACLES 53<br />

Musicalem<strong>en</strong>t vôtre<br />

L’automne du PoleJeunePublic est<br />

délibérém<strong>en</strong>t musical ! Après le cinéconcert<br />

Le Fantôme de l’opéra à<br />

l’Opéra de Toulon, place au premier Z,<br />

festival de Zik jeune publik. Éclaté dans<br />

6 communes varoises et réalisé <strong>en</strong><br />

part<strong>en</strong>ariat avec Tandem, le festival<br />

affiche un programme éclectique <strong>en</strong><br />

compagnie de 6 artistes. Des chansons<br />

et des spectacles avec The Nino’s et<br />

son tour du chant <strong>en</strong> hommage au<br />

«fantasque grand blond», David Sire<br />

dont le spectacle raconte les<br />

tribulations de la vie de famille, Vinc<strong>en</strong>t<br />

Malone et son Roi des papas un brin<br />

canaille et provocant, Pascal Parisot qui<br />

n’a pas son pareil pour mettre Les<br />

pieds dans le plat… Changem<strong>en</strong>t de<br />

style avec les groupes Ganpol & Mit et<br />

Juicy Panic qui mêl<strong>en</strong>t pop et<br />

électronique, musique et graphisme,<br />

jouets et circuits modifiés dans leur<br />

«spectacle-manège» Carton park.<br />

Dépaysem<strong>en</strong>t sonore et visuel garanti.<br />

Le mot de la fin sera celui de Fred,<br />

Francis et Phil, les trois chanteurs du<br />

groupe Zut qui fait se trémousser le<br />

jeune public sur des rythmes de ska,<br />

rock, reggae et swing. Un concert festif<br />

à vivre debout comme «les vrais<br />

concerts»…<br />

M.G.-G.<br />

Z, festival de Zik jeune publik<br />

du 28 novembre au 7 décembre<br />

PôleJeunePublic, Le Revest<br />

04 94 98 12 10<br />

www.polejeunepublic;com<br />

Carton Park © Laur<strong>en</strong>t Guizard<br />

Tréteaux<br />

© F.Mour<strong>en</strong>-Prov<strong>en</strong>sal<br />

Le Médecin malgré lui mis <strong>en</strong> scène par Andonis Vouyoucas<br />

tourne depuis 4 ans, rassemblant les publics<br />

de tous les âges autour de cette vive farce de Molière,<br />

<strong>en</strong>levée et simple, quintess<strong>en</strong>ce de son art comique.<br />

Une bande de comédi<strong>en</strong>s formidables ti<strong>en</strong>t la scène<br />

de bout <strong>en</strong> bout, avec juste quelques accessoires et<br />

décors sortis de panières, comme au temps du<br />

théâtre de tréteaux.<br />

Le Médecin malgré lui<br />

26 nov 21h<br />

Théâtre Durance, Château-Arnoux<br />

04 92 64 27 34<br />

www.theatredurance.fr<br />

Affamée<br />

Qui a une Faim de loup ? Le Petit Chaperon rouge, qui<br />

rêve de s’émanciper, refuse de r<strong>en</strong>trer dans le rang<br />

comme le lui demande sa mère, quitte à ressembler<br />

à sa grand-mère, une «vieille folle dégénérée»… Ilka<br />

Schönbein donne du conte une version moderne,<br />

interprété par une Laurie Cannac mi-humaine mimarionnette.<br />

Faim de loup<br />

dès 8 ans<br />

16 déc 19h<br />

Théâtre d’Arles<br />

04 90 52 51 51<br />

www.theatre-arles.com<br />

Lutins verts<br />

Un concert pour «jouets, objets et choses à bruits».<br />

Voilà un spectacle de Pascal Ayerbe, accompagné par<br />

deux acolytes, qui devrait emballer petits et grands<br />

<strong>en</strong>fants : son univers à la Tati croise la musique, le<br />

théâtre et le cirque et compose une poésie simple<br />

avec les objets du quotidi<strong>en</strong>.<br />

Trio pour un p’tit pois<br />

dès 5 ans<br />

11 déc 18h30<br />

Théâtre des Salins, Martigues<br />

04 42 49 02 00<br />

www.theatre-des-salins.fr<br />

Trio pour un p'tit pois © Maron Bouillie<br />

Slips inside © Matti Salmi<br />

Acoustique<br />

Virginie Robinot, Philippe Gilhet et Alain Negrel<br />

nous plong<strong>en</strong>t au cœur de situations cocasses mêlant<br />

humour débridé et poésie sans frein. Un voyage théâtral<br />

et musical mis point par François Lamy et<br />

Teatropera pour (re)découvrir des instrum<strong>en</strong>ts acoustiques,<br />

<strong>en</strong> l’occurr<strong>en</strong>ce le hautbois, le basson et la flûte.<br />

De quel bois je me chauffe<br />

dès 8 ans<br />

16 déc 19h<br />

Théâtre Comoedia, Aubagne<br />

04 42 18 19 88<br />

www.aubagne.fr<br />

Clownerie<br />

B<strong>en</strong>oit Devos et Xavier Bouvier, alias Albert et<br />

Baudoin, se lanc<strong>en</strong>t dans une grande démonstration<br />

de leurs tal<strong>en</strong>ts. Acrobatie, mime, danse rythmeront<br />

avec humour et dérision les numéros. Une heure de<br />

rire, sans paroles, avec deux fois ri<strong>en</strong>. En 2009, la<br />

compagnie Okidok a obt<strong>en</strong>u le grand prix du jury au<br />

Milano Clown Festival pour son travail clownesque.<br />

Slips inside<br />

26 nov 20h30<br />

Forum de Berre<br />

04 42 74 00 27<br />

www.forumdeberre.com


54 SPECTACLES LE CARRÉ | LES SALINS | MASSALIA<br />

Gagner le Nord<br />

La Cie Artefact a conçu une fable<br />

écologique qui évite les bons<br />

s<strong>en</strong>tim<strong>en</strong>ts. Fondé sur la catastrophe<br />

réelle de 2006 - un oléoduc s’était<br />

fissuré, <strong>en</strong>trainant la fermeture<br />

progressive de Prudhoe Bay, et les<br />

excuses publiques de BP - Alaska<br />

forever retrace le cupide cercle vicieux<br />

qui <strong>en</strong>traîne un dirigeant capitaliste, pas<br />

plus cynique qu’un autre et anci<strong>en</strong><br />

amoureux des vastes ét<strong>en</strong>dues glacées,<br />

à laisser éclater des pipelines hors<br />

d’usage, submergeant les villages Inuit<br />

de millions de litres de pétrole brut…<br />

De très bonnes idées présid<strong>en</strong>t à la<br />

création : l’Alaska, territoire poétique, y<br />

apparaît grâce au chant d’une femme,<br />

un tambour, des luminesc<strong>en</strong>ces<br />

boréales, des contes Inuit de corbeaux<br />

et de baleines ; tandis que l’agressivité<br />

de l’<strong>en</strong>treprise pétrolière est portée<br />

par des jingles, des images d’archives,<br />

extraits de JT, et projections <strong>en</strong> très<br />

gros plan du visage du dirigeant<br />

cynique, incarné par un François<br />

Cottrelle très inspiré. Ses deux<br />

Les <strong>en</strong>voleurs d’humour<br />

Ils ne manqu<strong>en</strong>t pas d’idées les deux zigotos de BP Zoom, et même s’ils ne parl<strong>en</strong>t<br />

pas - tout au plus quelques injonctions - ils sav<strong>en</strong>t très bi<strong>en</strong> se faire compr<strong>en</strong>dre !<br />

Leur langage très poétique, est basé sur des regards, des mimiques, des postures,<br />

appuyé par une bande-son qui repr<strong>en</strong>d de grands standards <strong>en</strong>traînants, dont A<br />

Wonderful World qui donne son titre au spectacle. Philippe Martz et Bernie Collins<br />

pioch<strong>en</strong>t dans divers univers - théâtre, cirque et cinéma - pour inv<strong>en</strong>ter Mister B<br />

et Mister P, pile et face complém<strong>en</strong>taires d’un même personnage, l’un gaffeur et<br />

timide, l’autre professoral et désabusé, tous les deux fragiles face à leurs «exploits»<br />

: d’un voyage <strong>en</strong> montgolfière/carton, au saut <strong>en</strong> élastiques susp<strong>en</strong>dus aux cintres,<br />

sans oublier le lâcher d’avions <strong>en</strong> papier sur le public subjugué qui s’<strong>en</strong> donne par<br />

la suite à cœur joie, les deux clowns révèl<strong>en</strong>t autant qu’ils s’<strong>en</strong> amus<strong>en</strong>t les états<br />

d’âmes des pauvres humains que nous sommes. But Wonderful quand même !<br />

DOMINIQUE MARÇON<br />

Arabiyetna © Giorgio Colombo<br />

comparses, danseur et musici<strong>en</strong>ne,<br />

fur<strong>en</strong>t moins convaincants le soir de<br />

l’avant-première, appuyant d’un lyrisme<br />

Reflets d’Odyssée<br />

Le spectacle inaugural du festival de Théâtre arabe <strong>en</strong><br />

Région (voir p18) s’adressait aux <strong>en</strong>fants, et leur parlait<br />

vraim<strong>en</strong>t ! Français et Arabe s’<strong>en</strong>tremêlai<strong>en</strong>t pour<br />

raconter comm<strong>en</strong>t la Famille Tombola r<strong>en</strong>contre le<br />

vieil Ulysse, amnésique, et font remonter à sa<br />

mémoire ses exploits anci<strong>en</strong>s, jusqu’à ce qu’il<br />

retrouve sa vieille Pénélope qui avait recomm<strong>en</strong>cé à<br />

l’att<strong>en</strong>dre dans le sil<strong>en</strong>ce… L’histoire est jolie, et les<br />

trois comédi<strong>en</strong>s dynamiques jou<strong>en</strong>t, chant<strong>en</strong>t,<br />

cont<strong>en</strong>t, réinv<strong>en</strong>t<strong>en</strong>t les scènes <strong>en</strong> marionnettes<br />

discrètes et <strong>en</strong> objets pauvres et ingénieux : une flûte,<br />

un papier de soie qui sort du chariot à roue, deux<br />

plumeaux colorés qui les rehauss<strong>en</strong>t et voilà Ithaque !<br />

Le cyclope porte un masque de plongée et hache<br />

m<strong>en</strong>u… des poivrons colorés, les sirènes un paquet<br />

Artefact © Olivier Baco<br />

extraverti inutile un propos et une<br />

mise <strong>en</strong> scène (Philippe Boronad) tout<br />

à fait efficaces. Un spectacle à<br />

recommander cep<strong>en</strong>dant à toutes les<br />

consci<strong>en</strong>ces adolesc<strong>en</strong>tes, qui ne<br />

connaiss<strong>en</strong>t souv<strong>en</strong>t de l’écologie que<br />

sa t<strong>en</strong>dance culpabilisante, et non sa<br />

critique profonde du productivisme.<br />

AGNÈS FRESCHEL<br />

Alaska forever a été joué le 22 oct<br />

à Châteauvallon et le 9 nov<br />

au Théâtre Durance. Il sera repris<br />

au Carré Sainte Maxime,<br />

où la Cie Artefact est <strong>en</strong> résid<strong>en</strong>ce,<br />

le 20 nov<br />

04 94 56 77 77<br />

www.carreleongaumont.com<br />

de chips t<strong>en</strong>tateur, le chariot ambulant se transforme<br />

<strong>en</strong> vaisseau spatial, tout décolle, juste par la grâce du<br />

verbe, de l’humour et de l’imaginaire. Les <strong>en</strong>fants<br />

suiv<strong>en</strong>t sans s’interroger, dans les deux langues, on<br />

<strong>en</strong>t<strong>en</strong>d dans le public une mère qui avec son <strong>en</strong>fant<br />

fredonne tout bas la berceuse arabe que la<br />

comédi<strong>en</strong>ne chante… Une simplicité sans artifice<br />

qu’Éric D<strong>en</strong>iaud, le metteur <strong>en</strong> scène, a su retrouver<br />

au Liban, <strong>en</strong> travaillant sur l’épopée fondatrice<br />

méditerrané<strong>en</strong>ne, et l’art des conteurs.<br />

A.F.<br />

Arabiyetna a été joué au Daki Ling, Marseille,<br />

du 11 au 13 nov dans le cadre<br />

de la programmation du Massalia<br />

A Wonderful World a été joué<br />

au Théâtre des Salins, à Martigues,<br />

les 28 et 29 oct<br />

© X-D.R


Sur cette Piste là, trois fois ri<strong>en</strong>. Seulem<strong>en</strong>t 2 grands<br />

costauds aux biscotos saillants, 1 Monsieur Loyal longiligne<br />

et 1 mini blonde aussi fine que mutine. Des<br />

physiques contrastés d’où naît l’esprit comique, r<strong>en</strong>chéri<br />

par les situations, le jeu théâtral et clownesque<br />

du quartet qui a pour tout agrès ses propres corps.<br />

Pas besoin de décorum, juste un soupçon de fantaisie,<br />

une pincée de t<strong>en</strong>dresse et le tour est joué, leur<br />

inv<strong>en</strong>tivité et leur souplesse font le reste ! Acrobaties,<br />

sauts et portés les plus fous ou les plus périlleux s’<strong>en</strong>chaîn<strong>en</strong>t<br />

et se succèd<strong>en</strong>t au millimètre sur le tempo<br />

d’un banjo, d’un trombone ou d’une contrebasse car<br />

tous sont aussi d’excell<strong>en</strong>ts musici<strong>en</strong>s… Les figures<br />

réalisées mains à mains sont de véritables prouesses,<br />

les scènes souv<strong>en</strong>t espiègles et le combat malicieux<br />

parce qu’inégal <strong>en</strong>tre la frêle voltigeuse finlandaise et<br />

JEU DE PAUME | PÔLEJEUNEPUBLIC | TANDEM<br />

Au pays de Pacamambo<br />

Fantaisie minimaliste<br />

L’actuel a une histoire !<br />

L’association Tandem, labélisée scène de musiques<br />

actuelles (SMAC) proposait aux collégi<strong>en</strong>s et lycé<strong>en</strong>s<br />

de l’agglomération toulonnaise un concert pédagogique<br />

retraçant «l’histoire des musiques actuelles<br />

du blues à nos jours». A priori, la mission consistant<br />

à résumer un siècle de musique <strong>en</strong> 1 heure 15 semblait<br />

périlleuse voire impossible mais, sans prét<strong>en</strong>tion<br />

aucune, les deux interv<strong>en</strong>ants prés<strong>en</strong>ts sur scène se<br />

sont acquittés de la tâche avec beaucoup d’aisance !<br />

L’exercice était bi<strong>en</strong> rodé tant du point de vue<br />

technique que musical puisque alternai<strong>en</strong>t avec<br />

fluidité des extraits vidéo et des prestations live à la<br />

ferveur communicative, le tout dans une ambiance<br />

chaleureuse et décontractée. Qu’il s’agisse de blues,<br />

de folk, de rock and roll ou même de reggae,<br />

l’ingénieur du son de l’association, alias Colonel Nico<br />

et Poupa Claudio, connu pour avoir été l’auteur de<br />

tubes raggamuffin, ont su mettre <strong>en</strong> valeur avec tal<strong>en</strong>t<br />

et professionnalisme les différ<strong>en</strong>tes caractéristiques<br />

de ces musiques nées jadis, et qui nous sont pourtant<br />

toujours contemporaines. En définitive, même si le<br />

Pacamambo © Vinc<strong>en</strong>t Lucas - Le Facteur d'images<br />

Comm<strong>en</strong>t parler de la mort aux <strong>en</strong>fants ? En créant<br />

un hymne à la vie ! C’est le parti pris de Wajdi<br />

Mouawad, l’auteur de Pacamambo, magnifié par la<br />

mise <strong>en</strong> scène de Marie Prov<strong>en</strong>ce (Cie Méninas). Au<br />

plus près de son écriture franche qui évoque la<br />

mort «avec sa face de citrouille écrasée», la nomme<br />

dans sa crudité, avec l’odeur et la décomposition des<br />

corps, elle crée une subtile mise <strong>en</strong> lumière pour<br />

différ<strong>en</strong>cier le passé, le prés<strong>en</strong>t et l’imaginaire et abolir<br />

les espaces <strong>en</strong>tre le réel et le pays de la mort jolim<strong>en</strong>t<br />

nommé «Pacamambo, le pays de toutes les lumières».<br />

Elle balaye tout effet démonstratif pour se conc<strong>en</strong>trer<br />

sur le jeu - très juste - des acteurs, la petite Julie qui<br />

restera plusieurs jours aux côtés du cadavre de sa<br />

grand-mère Marie-Marie à la douceur <strong>en</strong>veloppante ;<br />

son Chi<strong>en</strong> dont la drôlerie opère comme un sas de<br />

décompression ; la Mort, pas féroce pour un sou ; et<br />

la psy, illustration psychorigide du monde des adultes<br />

et élém<strong>en</strong>t décl<strong>en</strong>cheur de l’histoire. Car jusque-là<br />

Julie refusait de raconter les jours qui ont suivi sa<br />

La piste la, Cirque Aital 2© Christophe Raynaud de Lage<br />

résumé semblait un peu rapide <strong>en</strong> termes historiques,<br />

il n’<strong>en</strong> était pas moins complet : la fin de la séance<br />

était consacrée aux musiques plus réc<strong>en</strong>tes que sont<br />

le rap et l’électro, complétant ainsi ce voyage<br />

panoramique dans la sphère des musiques populaires<br />

du 20 e siècle.<br />

ÉMILIEN MOREAU<br />

Du blues à nos jours a tourné dans l’agglomération<br />

toulonnaise du 20 oct au 10 nov dans le cadre du 14 e<br />

Forum des musiques actuelles de Toulon<br />

Concert pedagogique Du blues a nos jours © X-D.R<br />

SPECTACLES55<br />

disparition, gardant <strong>en</strong>fouies dans son cœur ses<br />

heures passées à défier la mort… Wajdi Mouawad<br />

traverse toutes les secousses et les interrogations de<br />

l’âme humaine face à l’inéluctable et, s’adressant aux<br />

<strong>en</strong>fants, illustre ainsi le rite initiatique du passage de<br />

l’adolesc<strong>en</strong>ce à l’âge adulte. Tragique mais pas triste,<br />

poétique mais pas larmoyant, animé d’une petite<br />

flamme intérieure (la même qui illumine le cœur des<br />

personnages), le spectacle capte l’att<strong>en</strong>tion du jeune<br />

spectateur sur des notions aussi complexes que<br />

l’abs<strong>en</strong>ce, le trou noir, la peur, la séparation grâce à<br />

des gestes doux et t<strong>en</strong>dres, de vieilles valises<br />

rassurantes, des flacons de parfum embaumants et<br />

toujours les frétillem<strong>en</strong>ts cocasses du Chi<strong>en</strong>. C’est<br />

tout simplem<strong>en</strong>t lumineux.<br />

M.G.-G.<br />

Pacamambo a été créé le 5 nov<br />

au Théâtre du Jeu de Paume<br />

à Aix-<strong>en</strong>-Prov<strong>en</strong>ce<br />

ses acolytes aussi forts que des bœufs. Comme dans<br />

ce duo irrésistible où le lutteur démarre <strong>en</strong> douceur,<br />

danse agile et souple, pour finir <strong>en</strong> combat de catch,<br />

hilarant ! Heureusem<strong>en</strong>t, le Cirque Aïtal a la délicatesse<br />

de masquer son extrême t<strong>en</strong>sion derrière une<br />

légèreté et une facétie contagieuses, et une musique<br />

omniprés<strong>en</strong>te. Musique liée à la gestuelle, les sons<br />

aux corps, pour faire oublier le danger au public.<br />

Comme tout est bi<strong>en</strong> qui finit bi<strong>en</strong>, la fêle jeune fille<br />

parvi<strong>en</strong>t même à terrasser - g<strong>en</strong>tim<strong>en</strong>t - les trois «zigotos».<br />

Mais le plus beau dans cette Piste-là c’est de<br />

les regarder, sans qu’ils ai<strong>en</strong>t besoin de raconter des<br />

histoires, monter leur corps jusqu’au ciel, juste pour<br />

toucher les étoiles.<br />

M.G.G.<br />

La Piste-là a été joué du 15 au 30 oct à Toulon,<br />

programmation PôleJeunePublic Le Revest<br />

Bout d’chanson<br />

Les chansons de Michel Melchionne ont peutêtre<br />

bercé vos <strong>en</strong>fants… On l’a retrouvé dans la<br />

chaleureuse petite salle de Théâtre et Chansons,<br />

avec le spectacle créé <strong>en</strong> 2008, Chansons bouts<br />

de crayons. Décor coloré, crayons de mousse, tout<br />

doux pour une écriture poétique, une guitare,<br />

rythme sout<strong>en</strong>u, tempi variés, les <strong>en</strong>fants rest<strong>en</strong>t<br />

captivés, certains fredonn<strong>en</strong>t les airs, repr<strong>en</strong>n<strong>en</strong>t<br />

les couplets <strong>en</strong> chœur. Délicatesse du Petit Prince,<br />

voyage avec le Dragon de Chine ou le Nautilus,<br />

l’alouette chante dans le ciel bleu, le Pivert a la<br />

tête à l’<strong>en</strong>vers, et le roi de Chuchotis Chuchota<br />

fait toujours rire avec sa toute petite voix…<br />

Michel Melchionne mène ses spectateurs dans<br />

un monde de fantaisie délicieux, et montre que<br />

l’on peut écrire et chanter pour les <strong>en</strong>fants de<br />

manière intellig<strong>en</strong>te.<br />

M.C.<br />

Chansons Bouts de Crayons a été donné le 17 oct<br />

à Théâtre et Chansons dans le cadre de Mômaix


56<br />

SPECTACLES<br />

Souv<strong>en</strong>irs, souv<strong>en</strong>irs<br />

Le Comedia à Aubagne ouvre sa<br />

saison jeune public avec une petite<br />

forme, Album photos, de la compagnie<br />

Belge Orange sanguine. Un conte<br />

d’une heure porté à bras le corps par<br />

l’auteur et comédi<strong>en</strong>ne Jeannine<br />

Gretler, éloqu<strong>en</strong>te, grimaçante et<br />

mimesque. Simplem<strong>en</strong>t vêtue d’une<br />

robe et d’un collant noirs, elle ouvre<br />

son album de souv<strong>en</strong>irs avec<br />

gourmandise sur quelques accords de<br />

guitare pour le refermer au son d’un<br />

violoncelle. Entre les deux, sa mémoire<br />

ne flanche jamais qui, bouleversant la<br />

chronologie dans un heureux<br />

désordre, se souvi<strong>en</strong>t de mille et une<br />

anecdotes, passe <strong>en</strong> revue sa famille,<br />

fait resurgir les situations les plus<br />

ordinaires : vacances au ski, visite chez<br />

les grands-par<strong>en</strong>ts, premier copain,<br />

r<strong>en</strong>trée des classes… Le spectacle<br />

projette les <strong>en</strong>fants à c<strong>en</strong>t à l’heure<br />

dans le miroir grossissant de leur réalité<br />

COMŒDIA | THÉÂTRE GOLOVINE | GTP | FOS<br />

Album photo © Alice Piemme<br />

sans jamais les laisser décoller : la<br />

comédi<strong>en</strong>ne <strong>en</strong>dossant tous les rôles,<br />

même celui du chi<strong>en</strong> Pepsi !, sa<br />

performance scénique phagocyte tout<br />

échappatoire vers un ailleurs, une<br />

illusion, un imaginaire. Heureusem<strong>en</strong>t<br />

le mélange du français, du suisse<br />

allemand et de l’anglais donne du relief<br />

à cette évocation banale d’un<br />

quotidi<strong>en</strong> banal mais malgré tout on<br />

ploie sous l’avalanche de paroles et de<br />

bruitages que ri<strong>en</strong> ne semble arrêter.<br />

Pas même un sil<strong>en</strong>ce ni quelques<br />

notes de musique live bi<strong>en</strong> trop rares.<br />

M.G.-G.<br />

Album photos a été joué<br />

au Comœdia à Aubagne<br />

les 27 et 28 oct, et sera repris<br />

au Théâtre de Fos-sur-Mer<br />

le 18 janv<br />

Vous êtes des héros !<br />

Christelle etYourik Golovine, comédi<strong>en</strong>s, danseurs<br />

et fondateurs de la Cie Les Eponymes, ont créé Carnet<br />

de voyage <strong>en</strong> forêt <strong>en</strong>chantée, à partir des photographies<br />

oniriques d’Alexandra Merer. Un premier<br />

spectacle jeune public réussi, qui touche les <strong>en</strong>fants.<br />

Accompagnés par le danseur butô Emmanuel<br />

Sandorfi, les compères inv<strong>en</strong>t<strong>en</strong>t une (petite)<br />

déambulation interactive sur fond de (petit) message<br />

écologique. En préambule, <strong>en</strong>fants et par<strong>en</strong>ts sont<br />

invités à revêtir robes de fée et capes de sorcier pour<br />

aider la Fée Éry à retrouver la mémoire. Les bouts de<br />

chou sont sous le charme de cette drôle de clochette<br />

qui les <strong>en</strong>gage à «jouer». De l’autre côté de la porte,<br />

dans la forêt, la gigantesque Lucy Ole a perdu la vue,<br />

l’ami Démuz n’a plus d’ouie, «a vu tant d’horreur que<br />

ses chansons sont des pleurs» (effectivem<strong>en</strong>t) et le<br />

Lutin Nô ne s<strong>en</strong>t plus ri<strong>en</strong>. Les <strong>en</strong>fants devi<strong>en</strong>n<strong>en</strong>t<br />

les «magici<strong>en</strong>s du prés<strong>en</strong>t», de véritables petits héros<br />

qui sont les seuls à les aider. Ils accompliss<strong>en</strong>t leur<br />

mission <strong>en</strong> chantant et dansant, certains intimidés,<br />

d’autres plus téméraires, avec des étoiles dans les<br />

yeux. Un spectacle qui plonge les <strong>en</strong>fants au cœur du<br />

dispositif et qui distille avec finesse et modestie, un<br />

début de petite consci<strong>en</strong>ce écolo. Une av<strong>en</strong>ture à<br />

voir avec des yeux d’<strong>en</strong>fants, pour ne pas s<strong>en</strong>tir les<br />

limites naïves du discours «le monde est si joli, il<br />

faudrait mieux le regarder» : après tout, ils ont raison.<br />

DE.M.<br />

Carnet de voyage <strong>en</strong> forêt <strong>en</strong>chantée<br />

s’est joué du 23 au 26 oct<br />

au Théâtre Golovine, Avignon,<br />

dans le cadre d’une programmation<br />

de «l’Eveil Artistique des Jeunes Publics»<br />

Carnet de voyage<br />

<strong>en</strong> foret <strong>en</strong>chantee<br />

© X-D.R<br />

Contes<br />

à l’école<br />

Nasreddine Hodja, le sage du village<br />

s’avance <strong>en</strong>tre les grillons et une légère<br />

darbouka. Malin, roublard, il sait tourner<br />

toutes les situations à son avantage ;<br />

seul son fils réussit à le pr<strong>en</strong>dre à son<br />

propre piège avec une délicieuse<br />

histoire de loukoums empoisonnés…<br />

Les yeux brillant de gourmandise, le<br />

public nombreux d’<strong>en</strong>fants (cinq<br />

c<strong>en</strong>tres aérés bénéficiai<strong>en</strong>t de ce<br />

spectacle) est conquis, se passionne,<br />

s’intéresse, participe… Agnès Pétreau<br />

et Brigitte Quittet sav<strong>en</strong>t varier les<br />

rythmes, interprèt<strong>en</strong>t tous les<br />

personnages, cré<strong>en</strong>t un monde drôle,<br />

vivant, chatoyant, s’accompagn<strong>en</strong>t<br />

d’instrum<strong>en</strong>ts variés. Les histoires<br />

brèves et d<strong>en</strong>ses s’<strong>en</strong>chaîn<strong>en</strong>t <strong>en</strong><br />

pirouettes légères. Un feu d’artifice qui<br />

sait t<strong>en</strong>ir jusqu’au bout un public<br />

d’<strong>en</strong>fants peu habitué au théâtre. Car il<br />

y a là-dedans toute la sagesse des<br />

clowns…<br />

M.C.<br />

Contes sur les chemins de l’Ori<strong>en</strong>t<br />

par la S<strong>en</strong>na’ga Compagnie,<br />

a été joué à l’école La Mareschale,<br />

Aix le 27 oct<br />

De Retour chez Gripari<br />

Les 20, 21 et 22 nov<br />

Trets, Pourrières, V<strong>en</strong>elles<br />

www.s<strong>en</strong>naga.com


Deux d’un<br />

coup !<br />

Les <strong>en</strong>fants ont été gâtés au GTP lors<br />

de la matinée du 17 oct. Roland<br />

Hayrabédian, qui affirme son goût<br />

pour les contes, repr<strong>en</strong>ait deux pièces<br />

que l’on connaît bi<strong>en</strong> dans la région,<br />

dans lesquelles un récitant (François<br />

Castang) explique et raconte ce que<br />

dis<strong>en</strong>t les instrum<strong>en</strong>ts. Une première<br />

partie trucul<strong>en</strong>te et <strong>en</strong>levée, la superbe<br />

Revue de Cuisine du compositeur<br />

tchèque Bohuslav Martinu, «ballet<br />

pour instrum<strong>en</strong>ts», (texte de Christophe<br />

Garda) dans laquelle les amours<br />

t<strong>en</strong>dres de monsieur Chaudron et<br />

madame Couvercle sont perturbées<br />

par les manigances de la coquette<br />

mademoiselle Moulinette qui cherche<br />

à impressionner le mauvais garçon<br />

qu’est Torchon… Monsieur Balai remet<br />

de l’ordre… tout cela avec des<br />

airs des années folles, charleston, tango,<br />

jazz…Visiblem<strong>en</strong>t, les instrum<strong>en</strong>tistes<br />

s’amus<strong>en</strong>t, les facéties des ust<strong>en</strong>siles<br />

réjouiss<strong>en</strong>t la salle, le public <strong>en</strong>fantin est<br />

conquis… il <strong>en</strong> va de même avec Le<br />

Petit Tailleur de Tibor Harsanyi, hongrois,<br />

qui fit partie avec Martinu de<br />

l’École de Paris au début du XX e . On<br />

retrouve les av<strong>en</strong>tures rocambolesques<br />

du petit tailleur si fier d’avoir tué<br />

sept mouches d’un coup et qui devra<br />

affronter des géants, un sanglier digne<br />

de celui des travaux d’Hercule et une<br />

licorne pour obt<strong>en</strong>ir la main de la princesse…<br />

Un mom<strong>en</strong>t musical de toute<br />

beauté, les sept instrum<strong>en</strong>tistes s’<strong>en</strong><br />

donnant à cœur joie. Et la preuve une<br />

fois de plus que les <strong>en</strong>fants ont le droit<br />

de prét<strong>en</strong>dre à la qualité dans des<br />

spectacles qui <strong>en</strong>richiss<strong>en</strong>t et affin<strong>en</strong>t<br />

leur goût. On se pr<strong>en</strong>d à rêver que les<br />

générations ainsi formées échapperont<br />

aux soupes médiatiques !<br />

MARYVONNE COLOMBANI<br />

Le Petit Tailleur et La Revue de cuisine<br />

ont été donnés au GTP le 17 oct<br />

Francois Castang,<br />

recitant<br />

© Radio France,<br />

Ch. Abramowitz<br />

Mother Marie !<br />

Les éditions Bleu nuit lanc<strong>en</strong>t<br />

une nouvelle collection de livresdisques<br />

qui racont<strong>en</strong>t la musique<br />

à travers des anecdotes liées à la vie<br />

des grands compositeurs.<br />

Avec Marie Drucker comme<br />

narratrice, mais aussi comme auteur…<br />

<strong>Zibeline</strong> : Comm<strong>en</strong>t avez-vous été am<strong>en</strong>ée à réaliser<br />

ce projet d’ouvrage pour la jeunesse ?<br />

Marie Drucker : C’est simple… Jean-Philippe<br />

Biojout m’a contactée pour les éditions Bleu nuit,<br />

sachant que je suis une passionnée de musique<br />

classique. J’ai été intéressée par ce projet d’accession<br />

à la musique, avec la nostalgie que j’ai des ouvrages<br />

que j’écoutais moi-même, <strong>en</strong>fant, comme Le Petit<br />

Ménestrel… J’ai été séduite par ces histoires originales<br />

de musici<strong>en</strong>s, mais j’ai néanmoins t<strong>en</strong>u à m’impliquer<br />

directem<strong>en</strong>t dans la co-direction artistique. C’est ainsi<br />

que j’ai soumis une réécriture des histoires avec ma<br />

touche personnelle. Enfin il y a les illustrations de<br />

Valérie L<strong>en</strong>oir qui a un tal<strong>en</strong>t fou !<br />

Avez-vous des souv<strong>en</strong>irs précis d’ouvrages pour<br />

<strong>en</strong>fants qui vous ont marquée ?<br />

Oui, une histoire <strong>en</strong> 33 tours que j’aimerais bi<strong>en</strong><br />

retrouver qui s’appelait Peter Elliot et le Dragon : cela<br />

me fascinait.<br />

D’où vi<strong>en</strong>t votre passion pour la musique classique ?<br />

Mon père était vice-présid<strong>en</strong>t de RTL et j’ai eu la<br />

chance d’avoir ainsi accès à de nombreux disques. J’ai<br />

écouté un peu toutes les musiques, mais suis v<strong>en</strong>ue<br />

à la musique classique par le rock ! avec les Beatles, les<br />

Stones, les Clash…<br />

Quelles sont les premières musiques classiques qui<br />

vous ont procuré des émotions ?<br />

Je crois que comme un peu tout le monde c’est<br />

d’abord Mozart qui m’a fascinée.<br />

Parlez-nous un peu de ces ouvrages !<br />

Les deux premiers sont consacrés à Haydn et Ravel.<br />

Quatre autres sont <strong>en</strong> projet. Ce sont des histoires<br />

loufoques et anachroniques où l’humour prime. Je<br />

voudrais que cela plaise aussi aux par<strong>en</strong>ts… comme<br />

aux grands frères.<br />

Vous êtes vous-même narratrice. C’est nouveau pour<br />

vous ce rôle de comédi<strong>en</strong>ne ?<br />

Souv<strong>en</strong>irs à partager<br />

Qui ne connaît les av<strong>en</strong>tures facétieuses du<br />

petit Nicolas ? Le succès <strong>en</strong> est tel que le livre a<br />

inspiré film et série animée, et certaines caricatures…<br />

Les éditions Gallimard ont repris par tranches,<br />

<strong>en</strong> format poche les tribulations inédites du petit<br />

héros (IMAV éditions 2006). Le septième volume<br />

paraît comme un avant-goût des fêtes, Le Petit<br />

Nicolas, c’est Noël ! On y retrouve avec plaisir de<br />

délicieuses bouffées de jeunesse, la prose légère de<br />

ces confid<strong>en</strong>ces, justifications, chantages, problèmes<br />

de bonbons et d’arithmétique, lettre au père Noël,<br />

aide dilig<strong>en</strong>te à maman (qui s’<strong>en</strong> passerait bi<strong>en</strong> !),<br />

distribution des prix… et puis, il y a les camarades<br />

du petit Nicolas, Alceste et son éternel goûter,<br />

Agnan, le chouchou de la maîtresse, Clotaire,<br />

© X-D.R<br />

LIVRES/DISQUES 57<br />

Oui ! et c’est un bon souv<strong>en</strong>ir ! Jean-Philippe qui est<br />

un artiste lyrique m’a bi<strong>en</strong> aidée. C’est lui aussi qui<br />

s’est principalem<strong>en</strong>t chargé du choix des musiques.<br />

Avez-vous personnellem<strong>en</strong>t une pratique de la<br />

musique ?<br />

Je voudrais me remettre à la guitare. J’ai joué du piano<br />

et c’est un regret pour moi de ne plus pouvoir<br />

travailler la musique faute de temps. Je me console <strong>en</strong><br />

allant aux concerts.<br />

On vous voit chaque année aux Victoires de la<br />

Musique, cérémonie qui offre à un public large un<br />

accès à la musique classique. Cet aspect pédagogique<br />

vous ti<strong>en</strong>t-il à cœur ?<br />

Je n’osais pas aborder ce sujet, mais je p<strong>en</strong>se<br />

effectivem<strong>en</strong>t que l’art doit être mis à la portée de<br />

chacun, et que l’éducation musicale de la jeunesse<br />

doit se faire le plus tôt possible.<br />

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR JACQUES FRESCHEL<br />

Marie Drucker sera à Marseille pour une dédicace<br />

de La Perruque de Joseph Haydn, premier livre disque<br />

de la «Collection Les histoires musicales imaginaires»<br />

à la Fnac Bourse le 26 nov à 17h et 20h<br />

Geoiffroy, Eudes, Rufus, Joachim, Maix<strong>en</strong>t, réunis<br />

par exemple dans une inénarrable partie de rugby :<br />

les All Blacks ont intérêt à bi<strong>en</strong> se t<strong>en</strong>ir ! C’est drôle,<br />

vivant, un délicieux parfum<br />

d’<strong>en</strong>fance que l’on retrouve<br />

avec plaisir.<br />

M.C.<br />

Le Petit Nicolas,<br />

c’est Noël !<br />

Sempé/Goscini<br />

Éd. Gallimard, Folio<br />

Junior 6 euros


58<br />

LIVRES<br />

Livres d’<strong>en</strong>fants, livres de grands…<br />

Jolie collection au format de poche que la Junior<br />

d’Actes Sud : papier épais, police de caractères<br />

claire, illustrations intellig<strong>en</strong>tes, textes écrits avec<br />

finesse sur des thèmes s<strong>en</strong>sibles lorsque l’on a 9<br />

ans : découverte des autres, acceptation de soi…<br />

Foin du diktat de la silhouette gracile qui semble de<br />

rigueur, à fortiori pour l’exercice de la danse. Tout le<br />

monde se moque de Margot parce qu’elle est<br />

grosse, d’une «famille de gros»… Elle va jusqu’à s’affubler<br />

de tous les surnoms devant le miroir, afin de<br />

se préparer à les accepter, à <strong>en</strong> rire, lorsque, inévitablem<strong>en</strong>t,<br />

on se moquera d’elle. Trouvera-t-elle<br />

l’activité qui l’épanouira ? Arrivera-t-elle à considérer<br />

son corps «comme son ami et non son <strong>en</strong>nemi» ?<br />

La danse de l’éléphante de Jo Hoestlandt nous fait<br />

découvrir un personnage attachant, qui, contrairem<strong>en</strong>t<br />

aux autres ne cherche pas (<strong>en</strong>fin !) à se<br />

transformer <strong>en</strong> une autre, mais à trouver sa voie, sa<br />

place, comme elle est… Les illustrations de Camille<br />

Jourdy se donn<strong>en</strong>t <strong>en</strong> écho au texte, simples et<br />

expressives, comme celles qu’esquisse Gl<strong>en</strong><br />

Nom de nom !<br />

L’auteure et illustratrice Anne<br />

Delbos aime jouer sur les mots !<br />

Après Mots pour maux, Nom de nom<br />

paraît aux éditions L’Initiale à Marseille,<br />

nouvel album jeunesse et tour du<br />

monde <strong>en</strong> seulem<strong>en</strong>t 15 stations.<br />

Même si les critères de choix nous<br />

échapp<strong>en</strong>t, décliner des mots<br />

(subjectifs ?) pour dire leur histoire,<br />

leur étymologie, évoquer leurs<br />

différ<strong>en</strong>ts usages est une av<strong>en</strong>ture<br />

réjouissante. Et les métamorphoser<br />

<strong>en</strong> images est une réussite. De A<br />

comme alarme à S comme sucre, on<br />

appr<strong>en</strong>d que café vi<strong>en</strong>t de «cafeh»<br />

apparu <strong>en</strong> 1651 <strong>en</strong> Turquie et qu’il<br />

est aussi une liqueur apéritive <strong>en</strong><br />

Éthiopie («qahwah»), que «loustic»<br />

signifie rigolo <strong>en</strong> allemand («Lustig»)<br />

ou <strong>en</strong>core que robot fut utilisé par<br />

l’écrivain tchèque Karel Kapel dans un<br />

roman de sci<strong>en</strong>ce-fiction («robota»).<br />

Mais tout cela ne serait pas très<br />

amusant si Anne Delbos se cont<strong>en</strong>tait<br />

d’<strong>en</strong> décrypter l’usage ou le s<strong>en</strong>s, non,<br />

elle donne aussi une leçon de<br />

géographie. L’album est construit<br />

comme un atlas avec, <strong>en</strong> vis-à-vis, une<br />

carte du monde <strong>en</strong> couleurs avec<br />

l’indication du pays d’origine et un<br />

tableau-montage d’images, de photos,<br />

de dessins qui sont autant de<br />

Grandir et appr<strong>en</strong>dre<br />

Les tout-petits adoreront l’histoire de Lola,<br />

inconsolable car elle a perdu son doudou, un beau<br />

patchwork de 22 carrés colorés. Ses par<strong>en</strong>ts coll<strong>en</strong>t<br />

des affiches dans le quartier pour le retrouver, des<br />

voisins ramèn<strong>en</strong>t des carrés et le patchwork se<br />

reconstitue. Lola fait ainsi la connaissance de Lili et<br />

abandonne le doudou pour le vélo et sa nouvelle<br />

amie. Tout cela est rassurant et joyeux comme les<br />

couleurs acidulées des illustrations de Natacha<br />

Sicaud. Le texte d’Irène Coh<strong>en</strong>-Janca choisit le<br />

dialogue et la musique des mots, pour raconter une<br />

histoire qui appr<strong>en</strong>d à grandir.<br />

Pour les plus grands un coffret sur la montagne : ils<br />

découvriront la g<strong>en</strong>èse des reliefs et les noms des<br />

cailloux, appr<strong>en</strong>dront à choisir leur équipem<strong>en</strong>t de<br />

randonnée, à fabriquer un périscope, pour observer<br />

les animaux sans être vus, et un clinomètre, pour<br />

mesurer les p<strong>en</strong>tes. Mais aussi à reconnaître les<br />

rapaces <strong>en</strong> plein vol grâce aux formes de la queue<br />

Cha-pron pour Un papillon d’hiver de Richard<br />

Couaillet.<br />

Tom se s<strong>en</strong>t bi<strong>en</strong> solitaire, avec des par<strong>en</strong>ts<br />

tellem<strong>en</strong>t absorbés par le travail qu’il n’a plus<br />

l’impression de les intéresser. Les jeux, les DVD, ne<br />

combl<strong>en</strong>t pas le manque d’amour… et lorsque les<br />

vacances arriv<strong>en</strong>t, un horizon d’<strong>en</strong>nui se<br />

profile. Il a 20 euros <strong>en</strong> poche, et<br />

part… Retrouvera-t-il ses par<strong>en</strong>ts ?<br />

Qui va-t-il r<strong>en</strong>contrer ? Un<br />

parcours initiatique où chacun<br />

gagne <strong>en</strong> humanité. Une fable<br />

poétique pour appr<strong>en</strong>dre à<br />

grandir… Les livres y aid<strong>en</strong>t<br />

merveilleusem<strong>en</strong>t non ?<br />

MARYVONNE COLOMBANI<br />

La danse de l’éléphante<br />

Jo Hoestlandt, Camille Jourdy<br />

Actes Sud Junior,<br />

7 euros<br />

drapeaux imaginaires d’un monde à<br />

réinv<strong>en</strong>ter. Alors, si «les mots aim<strong>en</strong>t<br />

voyager», il n’y a pas une minute à<br />

perdre…<br />

M.G.-G.<br />

Anne<br />

Delbos<br />

était<br />

l’invitée<br />

de la librairie<br />

À l’<strong>en</strong>cre<br />

bleue<br />

à Marseille<br />

le 7 oct dernier<br />

et des ailes, les fleurs alpines, les différ<strong>en</strong>ts<br />

mammifères. Un livret leur contera les lég<strong>en</strong>des des<br />

montagnes, et un plan leur permettra de mouler<br />

des briques de neige pour construire un igloo ! On<br />

retrouve dans tous les coffretsdécouvertes<br />

des éditions<br />

Petite Plume de carotte<br />

les illustrations de<br />

Christian Voltz, son<br />

bonhomme de cailloux<br />

et de carton. Des coffrets<br />

avec guide, recueil,<br />

livret et plan. On <strong>en</strong> redemande<br />

!<br />

CHRIS BOURGUE<br />

Un papillon d’hiver<br />

Richard Couaillet,<br />

Gl<strong>en</strong> Chapron<br />

Actes Sud Junior,<br />

7 euros<br />

Le doudou de Lola<br />

Irène Coh<strong>en</strong>-Janca, Natacha Sicaud<br />

Éd. Du Rouergue, 13,50 euros<br />

Nom de nom<br />

Anne Delbos<br />

Éd. L’Initiale, collection<br />

L’utile,<br />

11 euros<br />

Ma boîte à trésor : la montagne<br />

Frédéric Lisak, Christian Voltz<br />

Éd. Petite plume de carotte, 16,50 euros


RÉGION | IMAGE DE VILLE | MONTPELLIER<br />

CINÉMA 59<br />

Le Court de la région<br />

Le 4 nov, la Région proposait la première<br />

d’une série de projections des<br />

films qu’elle a sout<strong>en</strong>us. La soirée, La<br />

En passant par Montpellier…<br />

250 films, 23 pays de la Méditerranée, 9 jours de<br />

cinéma et de r<strong>en</strong>contres, la 32 e édition du Cinemed<br />

de Montpellier vi<strong>en</strong>t de se terminer. Et si le Festival<br />

semble avoir pris cette année un tournant plus<br />

«glamour» grâce à la prés<strong>en</strong>ce de nombreuses<br />

stars, on n’<strong>en</strong> découvre pas moins des films internationaux<br />

à l’av<strong>en</strong>ir fragile. Ainsi le 1 er long métrage<br />

de la Géorgi<strong>en</strong>ne Rusudan Pirveli, Susa, qui a<br />

obt<strong>en</strong>u le prix du souti<strong>en</strong> à l’export, ce qui lui permettra<br />

peut-être d’être distribué. Susa, superbem<strong>en</strong>t<br />

interprété par Avtandil Tetradze, est un jeune<br />

garçon qui travaille dans une distillerie clandestine<br />

et qui est régulièrem<strong>en</strong>t racketté. Il vit avec sa mère<br />

et att<strong>en</strong>d que son père revi<strong>en</strong>ne et change leur vie.<br />

P<strong>en</strong>dant une heure vingt, nous partageons, dans des<br />

paysages gris, son quotidi<strong>en</strong> triste, égayé par le<br />

kaléidoscope qu’il a fabriqué et on est scotché à ce<br />

visage fragile, cette ténacité tranquille.<br />

Tout aussi cabossés par la vie, les protagonistes du<br />

Les tours font leur cinéma<br />

Des <strong>en</strong>fants dans les arbres de Bania Medjbar<br />

Région suit son court, était consacrée<br />

au court métrage : on a pu voir cinq<br />

films et r<strong>en</strong>contrer certains réalisateurs.<br />

Nous avons déjà dit tout le bi<strong>en</strong><br />

que nous p<strong>en</strong>sons des Enfants dans<br />

les arbres de Bania Medjbar et le peu<br />

d’intérêt du Détour de Cristina Ciuffi.<br />

La Réparation de Juli<strong>en</strong> Boustani et<br />

Cecilia Ramos nous montre un vieil<br />

homme qui, réparant des poupées<br />

an-ci<strong>en</strong>nes, retrouve sa sœur, perdue<br />

depuis des années. Si on croit peu au<br />

sc<strong>en</strong>ario, le jeu de Serge Merlin est<br />

intéressant. Quant à Jérôme<br />

Bleitrach qui a produit d’excell<strong>en</strong>ts<br />

films, il vaudrait mieux qu’il continue<br />

dans cette voie. Son Changem<strong>en</strong>t de<br />

cap est raté !<br />

Très réussi <strong>en</strong> revanche Le corps noir,<br />

premier film, projeté pour la première<br />

fois, de notre collaborateur Rémy<br />

Galvain. Noir, comme le costume du<br />

protagoniste, un pickpocket taiseux<br />

Image de Ville s’est ouvert tout naturellem<strong>en</strong>t par<br />

un sommet du burlesque américain, Safety Last<br />

(1923), où Harold Lloyd, acculé à se surpasser dans<br />

une société marchande sans filet, gravit la façade<br />

d’un gratte-ciel. Le skyscraper symbole de puissance<br />

architecturale naît à Chicago à la fin du XIX e<br />

siècle au même mom<strong>en</strong>t que le cinéma. S’inspirant<br />

de la vie de Frank Lloyd Wright, King Vidor dans Le<br />

Rebelle (1949) exalte cette modernité radicale à<br />

travers l’idéalisme forc<strong>en</strong>é d’un architecte, prés<strong>en</strong>té<br />

dans la dernière séqu<strong>en</strong>ce du film, à contre-ciel,<br />

seul au sommet du building new-yorkais qu’il<br />

construit.<br />

Le cinéma hollywoodi<strong>en</strong> fait de la verticalité urbaine<br />

un cadre et un mythe. Batman, Spider-Man, King<br />

Kong s’élançant d’un étage à l’autre, bouscul<strong>en</strong>t<br />

l’horizontalité de la lecture ; le regard s’élève ou<br />

sombre dans la faille des rues. Plongées, contreplongées,<br />

vertige des travellings, réfraction de la<br />

lumière, les tours font leur cinéma !<br />

Lors de la soirée inaugurale, Jean Nouvel, invité<br />

d’honneur, a opposé les verticalités <strong>en</strong> dialogue avec<br />

le paysage et l’histoire à celles du chaos capitaliste<br />

de Shanghaï, tours guerrières «autistes» écrasant<br />

l’individu et son passé. Alain Fleischer a lu un texte<br />

d<strong>en</strong>se sur la dramaturgie de la verticalité, fondem<strong>en</strong>t<br />

de la civilisation. La soirée tours-infernales<br />

proposée au R<strong>en</strong>oir, puis les onze courts métrages<br />

de onze réalisateurs de nationalités différ<strong>en</strong>tes sur<br />

le 11 septembre, ont permis de passer de la fascination<br />

de Babel au cauchemar des châteaux de<br />

cartes qui s’écroul<strong>en</strong>t. Des peurs pour-de-rire aux<br />

peurs pour-de-vrai. Mégapoles des solitudes, on a<br />

revu avec plaisir le Tokyo de Sofia Coppola dans<br />

Lost in translation <strong>en</strong> 2003 et le Paris de Blier dans<br />

Buffet froid <strong>en</strong> 1979 : La Déf<strong>en</strong>se à peine érigée,<br />

film du Serbe Srdjan Koljevic, The woman with the<br />

brok<strong>en</strong> nose : un chauffeur de taxi réfugié bosniaque,<br />

sa cli<strong>en</strong>te qui se jette du haut du pont, lui<br />

laissant un bébé sans nom, une <strong>en</strong>seignante qui n’a<br />

The woman with a brok<strong>en</strong> nose de Srdjan Koljevic<br />

pas fait le deuil de son fils r<strong>en</strong>versé par les par<strong>en</strong>ts<br />

d’un de ses élèves, amoureux d’elle, une pharmaci<strong>en</strong>ne<br />

qui ne s’est pas remise de la perte de son<br />

amour de jeunesse, toutes ces vies se crois<strong>en</strong>t pour<br />

dessiner le portrait de Belgrade dans l’après-guerre.<br />

Sans oublier le pont qui relie la ville nouvelle à<br />

l’anci<strong>en</strong>ne, toujours embouteillé, symbole de la<br />

situation de l’ex-Yougoslavie.<br />

À la fois drôle et touchant, le film a obt<strong>en</strong>u le Prix du<br />

jeune public.<br />

Parmi les nombreuses avant-premières que le<br />

public de Cinemed a pu découvrir, le deuxième film<br />

d’Audrey Estrougo, Toi, moi, les autres, une comédie<br />

musicale très réussie dont nous reparlerons à<br />

sa sortie <strong>en</strong> salles…<br />

ANNIE GAVA<br />

www.cinemed.tm.fr<br />

dans la tradition d’un polar marseillais,<br />

obsédé par les photos de ville<br />

<strong>en</strong>registrées dans l’appareil qu’il a<br />

volé. Noir, comme un corps physique<br />

idéal absorbant la lumière sans la<br />

réfléchir jusqu’au dénouem<strong>en</strong>t malicieux<br />

qu’on ne dévoilera pas. Arrêts<br />

sur images dans la dynamique d’un<br />

itinéraire, superposition des cadrages,<br />

des regards, métaphore discrète<br />

de la création et de sa réception. Une<br />

heureuse surprise !<br />

ANNIE GAVA ET ÉLISE PADOVANI<br />

désert d’espaces bétonnés où résonne le délicieux<br />

non-s<strong>en</strong>s des dialogues. Pour sa 8 e édition, le festival<br />

aixois, à travers débats, docum<strong>en</strong>taires, fictions a<br />

exploré un sujet passionnant aux vertigineuses<br />

contradictions.<br />

ÉLISE PADOVANI<br />

Harold Lloyd dans Safety Last


60 CINÉMA APT | GARDANNE | TOUS COURTS<br />

Vive Africapt !<br />

Durant une semaine Cinémovida Apt n’a pas<br />

désempli ! Les places sont courues dans ce festival<br />

reconnu pour la qualité de sa programmation, et ses<br />

r<strong>en</strong>contres <strong>en</strong>tre les réalisateurs et le public,<br />

conduites par Olivier Barlet. Le soir de l’ouverture,<br />

malgré les deux projections successives, certains<br />

Moloch Tropical © Marie Baronnet – Velvet Film 2009<br />

Pellicules d’automne<br />

La 22 e édition du festival de cinéma de Gardanne<br />

apportait comme chaque année une programmation<br />

riche et éclectique : des r<strong>en</strong>dez-vous d’auteurs avec<br />

le public qui v<strong>en</strong>ai<strong>en</strong>t faire partager leur expéri<strong>en</strong>ce<br />

passionnée (Khaled B<strong>en</strong>aïssa, Pascal Boucher,<br />

Mariana Otero, Mohamed Soudani, Frédéric<br />

Chaudier), et de nombreuses avant-premières.<br />

Comme le revigorant B<strong>en</strong>da Bilili de R<strong>en</strong>aud Barret et<br />

Flor<strong>en</strong>t de La Tullaye, qui montre que même dans les<br />

pires situations, (il s’agit d’une histoire vraie : les<br />

personnages sont handicapés, viv<strong>en</strong>t à Kinshasa,<br />

dorm<strong>en</strong>t dans la rue), le tal<strong>en</strong>t peut éclore (et avec<br />

quelle force !) ; ou Ce n’est qu’un début de Jean-Pierre<br />

Pozzi et Pierre Barougier, qui répond à certains<br />

ministres qui affirmai<strong>en</strong>t que l’école maternelle n’était<br />

qu’une histoire de couches culottes : la philo <strong>en</strong><br />

moy<strong>en</strong>ne et grande section, c’est possible et quel<br />

<strong>en</strong>richissem<strong>en</strong>t ! ou <strong>en</strong>core le très beau Nostalgie de<br />

la lumière de Patricio Guzman (voir zib’32).<br />

Ces trois films ont d’ailleurs été plébiscités par le<br />

Vacances, dessous et fanfare…<br />

C’est reparti pour Tous Courts, le festival du court dans tous ses états…<br />

Le 29 nov au C<strong>en</strong>tre des Congrès d’Aix la 28 e édition<br />

s’ouvre avec le traditionnel programme Courts<br />

par excell<strong>en</strong>ce, où vous verrez, <strong>en</strong>tre autres, Chi<strong>en</strong>ne<br />

d’histoire de Serge Avedikian, La Baie du R<strong>en</strong>ard de<br />

Grégoire Colin, Amal d’Ali B<strong>en</strong>kirane… La soirée se<br />

poursuit <strong>en</strong> fanfare avec les 18 musici<strong>en</strong>s de La<br />

Banda Du Dock.<br />

Dès le l<strong>en</strong>demain comm<strong>en</strong>cera la Compétition Internationale,<br />

une soixantaine de films v<strong>en</strong>us de 24 pays,<br />

répartis <strong>en</strong> 11 programmes, «courts métrages qui<br />

rim<strong>en</strong>t avec découverte, expéri<strong>en</strong>ce, différ<strong>en</strong>ce, un<br />

cinéma fait d’Humanités», sous le regard bi<strong>en</strong>veillant<br />

et critique du Jury, Elisabeth Depardieu, Ali<br />

B<strong>en</strong>kirane, Grégoire Colin, Gilles Alonzo et Francis<br />

Gavelle, de la Semaine Internationale de la Critique.<br />

Il est à parier que, comme à son habitude, cette compétition<br />

révèlera de jolies surprises.<br />

Courts <strong>en</strong> liberté aborde cette année les vacances<br />

sont repartis sans voir le dernier film de Mahamat-<br />

Saleh Haroun, Un homme qui crie, un film s<strong>en</strong>sible<br />

qui montre comm<strong>en</strong>t <strong>en</strong> pleine guerre civile, un père<br />

trahit son propre fils. Comme dans Bye Bye Africa,<br />

Abouna, ou Daratt, saison sèche, Mahamat Saleh<br />

Haroun met <strong>en</strong> scène le motif de la disparition dans<br />

son style épuré. Superbe !<br />

Parmi les courts métrages prés<strong>en</strong>tés le l<strong>en</strong>demain,<br />

on reti<strong>en</strong>dra On ne mourra pas d’Amal Kateb, une<br />

histoire de tire-bouchon sur fond de terrorisme à<br />

Oran <strong>en</strong> 1994. Le réalisateur a participé à une table<br />

ronde intéressante qui réunissait de jeunes<br />

réalisateurs et des responsables de formation<br />

autour de questions de production et de diffusion<br />

dans un contexte économique et politique difficile.<br />

Tout aussi passionnante la leçon de cinéma de<br />

Raoul Peck, directeur de la FEMIS, après la<br />

projection de son dernier film Moloch Tropical. Le<br />

cinéaste haïti<strong>en</strong> a évoqué son parcours personnel,<br />

son besoin de rev<strong>en</strong>ir <strong>en</strong> Haïti, ceux qui l’ont<br />

public : certes, ils <strong>en</strong>traîn<strong>en</strong>t dans des voyages<br />

lointains, mais surtout, ils parl<strong>en</strong>t de transmission, fil<br />

conducteur de cette édition qui accordait une belle<br />

unité à la vaste sélection d’œuvres v<strong>en</strong>ues du monde<br />

<strong>en</strong>tier, Corée (superbe Mother), Israël, Roumanie,<br />

Espagne (dont le bouleversant Rabia), Italie (La nostra<br />

vita <strong>en</strong> ouverture), Inde (avec une soirée Bollywood),<br />

Égypte, Russie, Géorgie, Turquie, États-Unis,<br />

Arg<strong>en</strong>tine, Chili, Kirghizistan, Islande, France et un bel<br />

hommage au cinéma algéri<strong>en</strong> (le superbe film de<br />

Rachid Bouchareb, London River, sait évoquer deux<br />

personnages <strong>en</strong> quête de leurs <strong>en</strong>fants après les<br />

att<strong>en</strong>tats de Londres, avec un ton juste, et une<br />

puissance d’émotion rares). De l’émotion <strong>en</strong>core avec<br />

Sur les pas de Pina Bausch, où la chorégraphie<br />

permet aux jeunes danseurs de plonger <strong>en</strong> euxmêmes<br />

et de se compr<strong>en</strong>dre (voir p25). Impossible de<br />

r<strong>en</strong>dre compte de ce joyeux foisonnem<strong>en</strong>t dans lequel<br />

le rire aussi pr<strong>en</strong>ait sa place avec des films comme<br />

Potiche ou Mourir ? Plutôt crever. Ce qui est une<br />

Amal d’Ali B<strong>en</strong>kirane<br />

influ<strong>en</strong>cé : Chris Marker pour son <strong>en</strong>gagem<strong>en</strong>t,<br />

Kieslowski pour son art de l’épure. Il a parlé de ses<br />

doutes, de ses succès et de son <strong>en</strong>gagem<strong>en</strong>t<br />

politique : «Le cinéma qui n’a pas d’impact sur la vie<br />

est déficitaire.» En 1994 et 95 il fut ministre de la<br />

culture de Jean-Bertrand, le temps de connaître les<br />

rouages du pouvoir et d’approcher celui que tout le<br />

monde reconnaît dans le personnage du héros de<br />

Moloch Tropical, superbem<strong>en</strong>t interprété par<br />

Zinedine Soualem. Tourné dans la citadelle du roi<br />

Christophe, symbole de la seule nation créée par<br />

une révolution d’esclaves victorieux, le film raconte<br />

le dernier jour de règne d’un présid<strong>en</strong>t grotesque,<br />

obsédé sexuel et populiste, qui ne veut ri<strong>en</strong><br />

compr<strong>en</strong>dre malgré les mises <strong>en</strong> garde de sa femme,<br />

la belle Sonia Rolland. Le Présid<strong>en</strong>t jouera jusqu’au<br />

bout la farce tragique du pouvoir et <strong>en</strong> devi<strong>en</strong>dra<br />

fou…<br />

ANNIE GAVA<br />

Ce n'est qu'un debut de Jean-Pierre Pozzi et Pierre Barougier<br />

manifestation profondém<strong>en</strong>t réjouissante fréqu<strong>en</strong>tée<br />

par un public nombreux, passionné, connaisseur qui<br />

prouve que le cinéma d’auteur peut être r<strong>en</strong>table… Le<br />

cinéma de Gardanne accomplit un travail remarquable<br />

<strong>en</strong> ce s<strong>en</strong>s à l’année. Merci !<br />

MARYVONNE COLOMBANI<br />

Festival d’automne de Gardanne<br />

a eu lieu du 20 oct au 2 nov<br />

dans le cinéma, un voyage dans le siècle, des Lunettes<br />

féériques d’Emile Cohl <strong>en</strong> 1909 à Comme un<br />

drapeau déchu de Samuel Domingo <strong>en</strong> 2010, <strong>en</strong><br />

passant Du Côté de la côte d’Agnès Varda <strong>en</strong> 1958<br />

ou La Garoupe de Man Ray <strong>en</strong> 1937. Vous continuerez<br />

le voyage, <strong>en</strong> Grèce, avec les Carnets de Paola<br />

Starakis du C<strong>en</strong>tre du Cinéma Grec qui permettra<br />

de revoir l’amusant Ela na sou po de Katerina Filiotou,<br />

puis <strong>en</strong> compagnie de Francis Gavelle, Alice et<br />

moi de Micha Wald et un dernier Carnet proposé à<br />

l’Ag<strong>en</strong>ce du Court Métrage.<br />

La Nuit du court, le 3 déc à partir de 23h, sera coquine<br />

! Une Nuit «sans dessous dessus» avec<br />

(presque) au hasard, Ma culotte de Blandine L<strong>en</strong>oir<br />

ou Des majorettes dans l’espace de David Fourrier.<br />

Pour ceux qui aim<strong>en</strong>t l’<strong>en</strong>vers du décor, un atelier<br />

sur la musique de film, le 2 déc à la Cité du Livre,<br />

avec le compositeur Yves de Bujadoux. Et aussi, Du<br />

Court au long, la soirée des producteurs de la Région…<br />

Et pour la soirée de clôture, le 4 déc à 19h30<br />

au Mazarin avec le palmarès de la compétition<br />

internationale, n’oubliez pas de réserver !<br />

ANNIE GAVA


AFLAM | PRIX CMCA | CINÉHORIZONTES<br />

CINÉMA 61<br />

Fantômes libanais<br />

Du 19 oct et jusqu’au 20 nov Aflam<br />

propose au public de la région PACA<br />

un gros plan sur les cinéma(S) du<br />

Liban. Cinéma pluriel par sa diversité,<br />

l’id<strong>en</strong>tité multiple de ses réalisateurs<br />

(trices), exilés ou non, toutes générations<br />

confondues, marqués par les<br />

guerres successives ou le souv<strong>en</strong>ir du<br />

sang versé. Cinéma-thérapie, «démocratique<br />

dans un pays qui ne l’est<br />

pas». Films politiques, toujours très<br />

personnels.<br />

Ainsi les deux premiers longs métrages<br />

de Maroud Badgadhi. Beyrouth ô<br />

Beyrouth (1975), travail de fin d’études<br />

où se lis<strong>en</strong>t tout l’amour du réalisateur<br />

pour la capitale libanaise alors<br />

intacte, et sa vision sans concession<br />

d’une société clanique au bord de<br />

l’explosion. Un film rare, prémonitoire,<br />

tout <strong>en</strong> ruptures et <strong>en</strong> ellipses où, à<br />

côté des types sociaux -la bourgeoise,<br />

le militant et le professeur chréti<strong>en</strong>-,<br />

danse au-dessus de l’abîme un fou<br />

Massilia loca<br />

C’est le 5 nov, au cinéma le Prado, que s’est ouverte la<br />

9 e édition du festival du cinéma espagnol à Marseille, <strong>en</strong><br />

prés<strong>en</strong>ce de Lola Du<strong>en</strong>as. L’actrice, prix d’interprétation<br />

à Cannes <strong>en</strong> 2006 pour Volver d’Almodovar, prés<strong>en</strong>tait<br />

Yo, tambi<strong>en</strong> d’Alvaro Pastor et Antonio Naharro. Si le<br />

film flirte dangereusem<strong>en</strong>t avec les poncifs qu’impos<strong>en</strong>t<br />

l’évocation de la situation des trisomiques dans notre<br />

société, la justesse d’interprétation du duo de comédi<strong>en</strong>s<br />

évite au film de basculer dans la mièvrerie redoutée.<br />

Cette réussite, ajoutée au sourire communicatif d’une<br />

pasolini<strong>en</strong>. Abîme ouvert par Petites<br />

Guerres (1982) dans un Beyrouth <strong>en</strong><br />

ruines «plus becqueté que dé à<br />

coudre». Film grinçant au propos<br />

décapant d’un anticonformisme salutaire<br />

et désespéré. Qui tue ? Pourquoi ?<br />

On ne le sait plus. Les héros st<strong>en</strong>dhali<strong>en</strong>s<br />

piégés par leurs désirs<br />

contradictoires, dépassés par une<br />

situation tragique et grotesque, se<br />

perd<strong>en</strong>t irrémédiablem<strong>en</strong>t. Générations<br />

sacrifiées. Crimes que la société<br />

après la réconciliation officielle paraît<br />

vouloir oublier et que les jeunes réalisateurs<br />

dénonc<strong>en</strong>t.<br />

Contre l’amnésie, des docum<strong>en</strong>taires<br />

autobiographiques recueill<strong>en</strong>t patiemm<strong>en</strong>t<br />

les témoignages familiaux<br />

rétic<strong>en</strong>ts. Simon El Habre dans The<br />

one man village suit son oncle<br />

Semaan rev<strong>en</strong>u vivre à Ain el-Halazoun<br />

vidé et détruit par la guerre civile.<br />

On y découvre par bribes les drames<br />

de chacun, une douleur pudique<br />

Carlos Saura © A. G<br />

bouleversante. Grand mom<strong>en</strong>t d’émotion<br />

aussi lors de la prés<strong>en</strong>tation de<br />

Chou Sar (Que s’est-il passé ?) de De<br />

Gaulle Eid au bord des larmes. Son<br />

film c<strong>en</strong>suré raconte le retour du<br />

réalisateur au village natal dans lequel<br />

vit toujours, protégé par l’amnistie,<br />

l’assassin de sa mère «exécuté à<br />

première invitée de marque, lançait idéalem<strong>en</strong>t le<br />

festival.<br />

Car des représ<strong>en</strong>tants prestigieux du cinéma espagnol,<br />

il y <strong>en</strong> eut ! Fernando Trueba fut à l’honneur le 7 nov où<br />

trois de ses films étai<strong>en</strong>t projetés <strong>en</strong> sa prés<strong>en</strong>ce. Lors<br />

de la soirée de clôture, Carlos Saura, le réalisateur aux<br />

40 films, prés<strong>en</strong>tait son dernier opus, Io, Don Giovanni.<br />

Retraçant la naissance du célèbre opéra de Mozart,<br />

Saura signe une mise <strong>en</strong> scène ambitieuse et<br />

malicieuse, faite de décors peints et théâtralisés, où il<br />

choisit judicieusem<strong>en</strong>t une mise <strong>en</strong> abîme sur le<br />

processus de création plutôt que l’aspect historique,<br />

intraitable depuis le chef-d’œuvre de Forman.<br />

Comparée à ces ténors, la sélection officielle fut inégale<br />

mais représ<strong>en</strong>tative de la création espagnole. La famille<br />

et ses secrets fur<strong>en</strong>t souv<strong>en</strong>t au c<strong>en</strong>tre des débats : Tres<br />

Dies amb la familia de Mar Coll, Elisa K de Jordi Cad<strong>en</strong>a<br />

et Judith Colell, La Isla interior de Dunia Ayaso et Félix<br />

Sabroso, ou <strong>en</strong>core Amores locos de Beda Docampo<br />

Feijoo, décrypt<strong>en</strong>t avec plus ou moins de réussite<br />

l’influ<strong>en</strong>ce familiale sur les comportem<strong>en</strong>ts sociaux.<br />

Ce sont pourtant des œuvres moins ancrées dans le<br />

réalisme social qui ont emporté les faveurs du public et<br />

du jury, présidé par Blanca Li. Map of Sounds of Tokyo de<br />

Isabel Coixet, qui suit Sergi Lopez dans la t<strong>en</strong>taculaire<br />

capitale japonaise, fut récomp<strong>en</strong>sé par le jury. Le dernier<br />

film de Trueba, El baile de la victoria, joli portrait de deux<br />

voleurs libérés de prison par le retour de la démocratie<br />

au Chili, reçut lui le prix du public. Le jury de la soirée<br />

courts métrages organisée à l’Espace Juli<strong>en</strong> le 10 nov<br />

fut unanime <strong>en</strong> primant El Ord<strong>en</strong> de las cosas des frères<br />

Esteban Al<strong>en</strong>da, grand gagnant d’une sélection plutôt<br />

pauvre. Des prix conformes aux prévisions, mais ce beau<br />

panorama de 28 films et la bonne fréqu<strong>en</strong>tation des<br />

salles assur<strong>en</strong>t de la santé de la production espagnole.<br />

Et de beaux l<strong>en</strong>demains pour CineHorizontes.<br />

REMY GALVAIN<br />

The One man village de Simon El Habre<br />

blanc» par un plan-fixe insout<strong>en</strong>able.<br />

Le Liban à travers son cinéma semble<br />

hanté de fantômes <strong>en</strong> quête de paix.<br />

ÉLISE PADOVANI<br />

Création<br />

audiovisuelle<br />

Le Prix International du Docum<strong>en</strong>taire<br />

et du Reportage Méditerrané<strong>en</strong>,<br />

créé <strong>en</strong> 1994 par le CMCA -C<strong>en</strong>tre<br />

Méditerrané<strong>en</strong> de la Communication<br />

Audiovisuelle, pré-s<strong>en</strong>te une sélection<br />

des meilleurs docum<strong>en</strong>taires et<br />

reportages que producteurs et réalisateurs<br />

ont consacré aux <strong>en</strong>jeux, à<br />

l’histoire et au patrimoine de la<br />

Méditerranée. La 15 e édition se ti<strong>en</strong>dra<br />

à Marseille du 28 au 30 nov et<br />

seront prés<strong>en</strong>ts les 32 finalistes du<br />

Prix parmi les 244 réalisateurs qui ont<br />

<strong>en</strong>voyé leurs reportages et docum<strong>en</strong>taires.<br />

Le 1 er déc à 11h, une r<strong>en</strong>contre-débat<br />

aura lieu au Palais de la Bourse sur la<br />

production audiovisuelle dans l’espace<br />

euro méditerrané<strong>en</strong>. Des projections<br />

publiques seront proposées à la Maison<br />

de la Région et à l’Alcazar, les 29<br />

et 30 nov ainsi que le 1 er déc. L’occasion<br />

de découvrir des films que vous<br />

n’aviez pu voir comme Mon Oncle de<br />

Kabylie de Chloé Hunzinger ou Nous,<br />

Princesses de Clèves de Régis Sauder.<br />

04 91 42 03 02<br />

www.prixcmca.wordpress.com


62<br />

CINÉMA<br />

RENDEZ-VOUS D’ANNIE<br />

Cabrières sur courts<br />

Du 18 au 21 nov, à Cabrières d’Avignon, l’association<br />

Cinambule propose la 17 e édition de Court<br />

c’est court !, trois jours consacrés au court métrage<br />

: 10 programmes, 21 séances, 81 films et<br />

une installation vidéo, Avant la sculpture, du<br />

Suédois Kim Wars<strong>en</strong> qui sera prés<strong>en</strong>t, tout comme<br />

l’écrivain Mac Lim Wilson, qui assistera à la<br />

séance consacrée à l’Irlande. Une programmation,<br />

Courts <strong>en</strong> Méditerranée, permettra de<br />

voir Phone Story de Berivan Binevsa, prix du public<br />

à 13 <strong>en</strong> Courts de FFM, ou Prom<strong>en</strong>ade de Sabine<br />

El Chamaa (voir Zib’ 34).<br />

Dans le programme Premiers courts, ne ratez<br />

pas Madagascar, carnet de voyage de Basti<strong>en</strong><br />

Dubois et, dans les différ<strong>en</strong>ts Panoramas, les<br />

multi primés Logorama, Oscar du CM, et Donde<br />

esta Kim Basinger d’Edouard Deluc.<br />

Les docum<strong>en</strong>taires, la séance Courts <strong>en</strong> docs,<br />

concoctée avec Et Doc !, un collectif citoy<strong>en</strong> d’Avignon,<br />

le cinéma expérim<strong>en</strong>tal, l’animation avec<br />

Courts animés dont Le Sil<strong>en</strong>ce sous l’écorce de<br />

Joanna Lurieet Don’t go de Turgut Akaciksont aussi<br />

L’association Les Chantiers du cinéma propose,<br />

lors de son 9 e Festival Portraits de femmes qui a<br />

pour thème cette année «Au fil du temps», une<br />

vingtaine de longs métrages v<strong>en</strong>us d’une douzaine<br />

de pays, projetés à Toulon du 29 au 31 nov ; à<br />

Six Fours du 2 au 4 déc et à La Seyne du 6 au 11<br />

déc, avec <strong>en</strong> plus, la nuit du court métrage le 10<br />

déc à 20h.<br />

L’inauguration aura lieu à la Seyne le 6 déc à 19h<br />

avec le film de Julie Bertuccelli, L’Arbre, adapté<br />

d’un roman de Judy Pascoe, qui raconte l’histoire<br />

d’une fillette qui croit que l’arbre du jardin abrite<br />

l’esprit de son père.<br />

En clôture, le 11 déc à 20 h 30, B<strong>en</strong>da Bilili de R.<br />

Barret et F. de la Tullaye, la belle av<strong>en</strong>ture d’un<br />

groupe de musici<strong>en</strong>s congolais invalides.<br />

Entre les deux, vous pourrez voir Poetry de Lee<br />

Chang-Dong, Vincere de Marco Bellocchio, El<br />

proposés à Cinémômes. Tout le Court est à<br />

Cabrières !<br />

Court c’est court<br />

Du 18 au 21 nov<br />

Cabrières d’Avignon<br />

04 90 74 08 84<br />

http://cinambule.free.fr<br />

À Digne, loin des mondes<br />

Ulzhan de Volker Schlondorff<br />

Les R<strong>en</strong>contres Cinématographiques de Digneles-Bains<br />

et des Alpes de Haute-Prov<strong>en</strong>ce<br />

propos<strong>en</strong>t au public de découvrir des films<br />

d’aujourd’hui, tout <strong>en</strong> retrouvant le cinéma de patrimoine,<br />

et «les œuvres qui témoign<strong>en</strong>t de la<br />

nécessité du lointain pour mieux appréh<strong>en</strong>der le<br />

réel.» En ouverture, le 22 nov, Des hommes et des<br />

dieux de Xavier Beauvois ; le l<strong>en</strong>demain à 16h30,<br />

Simon du désert de Luis Buñuel, suivi de Thérèse,<br />

voyage extatique d’Alain Cavalier. À 21h, vous<br />

aurez le plaisir de voir Olivier Gourmet dans<br />

Robert Mitchum est mort, prés<strong>en</strong>té <strong>en</strong> avant-première,<br />

<strong>en</strong> prés<strong>en</strong>ce de leurs réalisateurs, Olivier<br />

Babinet et Fred Kihn. Le 25 à 14h, c’est avec<br />

Suzanne Hême de Lacotte, spécialiste de l’œuvre<br />

de Gilles Deleuze, que vous pourrez revoir la<br />

Palme d’Or 1984, Paris, Texas de Wim W<strong>en</strong>ders.<br />

À moins que vous ne préfériez passer un mom<strong>en</strong>t<br />

à Rome avec l’Eclipse d’Antonioni ? ou faire un<br />

beau voyage initiatique au cœur des steppes d’Asie<br />

c<strong>en</strong>trale avec Ulzhan de Volker Schlöndorff ?<br />

R<strong>en</strong>contres Cinématographiques<br />

Du 22 au 25 nov<br />

Digne-les-Bains<br />

04 92 32 29 33<br />

www.unautrecinema.com<br />

Femmes au fil du temps<br />

Madagascar, carnet de voyage de Basti<strong>en</strong> Dubois<br />

L'Arbre de Julie Bertuccelli<br />

Greco de Iannis Smaragdis, l’épopée d’un artiste<br />

peintre au XVI e siècle ou Entre nos mains de<br />

Mariana Otéro.<br />

Les Chantiers du Cinéma<br />

04 94 09 05 31<br />

www.festivalportraitsdefemmes.fr<br />

Dans le cadre du mois du docum<strong>en</strong>taire, le 17 nov<br />

à 19h sera projeté au cinéma Le Méliès à Portde-Bouc<br />

Fin de concession de Pierre Carles, un<br />

film <strong>en</strong>quête sur la privatisation de TF1.<br />

04 42 06 29 77<br />

www.cinemeliesportdebouc.fr<br />

Le 17 nov à 14h30 aux ABD Gaston-Defferre,<br />

projection de courts métrages d’animation, <strong>en</strong><br />

prés<strong>en</strong>ce d’Alexios Tjoyas, illustrateur, et de<br />

Thomas Azuelos, dessinateur de bandes dessinées<br />

: L’oiseau Do de H<strong>en</strong>ri Heidsieck et Chi<strong>en</strong>ne<br />

d’histoire de Serge Avédikian.<br />

04 91 08 61 00<br />

www.biblio13.fr<br />

Le 18 nov au Cinéma R<strong>en</strong>oir à Martigues, les Instants<br />

Vidéo propos<strong>en</strong>t un Ciné-buffet-concert :<br />

Filmer la musique. À 18h30, Les couleurs du prisme,<br />

la mécanique du temps, <strong>en</strong> prés<strong>en</strong>ce de la<br />

réalisatrice, Jacqueline Caux, et à 21h L’homme<br />

à la caméra de Dziga Vertov, <strong>en</strong> concert live avec<br />

Philippe Le Van, David Dupeyre et Philippe Festou,<br />

David Carion, Gérard Murphy et Gérard Guérin.<br />

Cinéma R<strong>en</strong>oir<br />

04 42 44 32 21<br />

http://cinemajeanr<strong>en</strong>oir.blogspot.com<br />

Du 20 au 23 nov, l’Institut de l’Image à Aix fête les<br />

200 ans de la bibliothèque Méjanes (voir p 70) et<br />

propose un programme, Autour du livre… ; l’occasion<br />

de (re)voir Fahr<strong>en</strong>heit 451 de Truffaut,<br />

d’après le roman d’anticipation de Ray Bradbury ;<br />

des courts réalisés par Resnais, Moullet et Van<br />

der Keuk<strong>en</strong> ; pour les plus jeunes, Br<strong>en</strong>dan et le<br />

secret de Kells de Tomm Moore ; et pour tous Le<br />

Destin de Youssef Chahine, magnifique fresque<br />

sur Averroès, les arabo-andalous, la traduction et<br />

la passation de l’écrit.<br />

Autour du livre…<br />

Institut de l’Image, Aix<br />

04 42 26 81 82<br />

www.institut-image.org<br />

Le 22 nov à 20h, le cinéma Variétés et le CE de la<br />

région PACA propos<strong>en</strong>t la projection du docum<strong>en</strong>taire<br />

de Luc Joulé et Sébasti<strong>en</strong> Jousse, Cheminots,<br />

<strong>en</strong> prés<strong>en</strong>ce de Luc Joulé et de l’histori<strong>en</strong> Robert<br />

M<strong>en</strong>cherini. Un voyage au cœur de la SNCF, qui<br />

donne la parole aux cheminots, leur permet d’exprimer<br />

leurs doutes, leurs craintes à l’heure de la<br />

libéralisation et de l’ouverture à la concurr<strong>en</strong>ce.<br />

Le 24 nov à 20h projection <strong>en</strong> avant-première d’Un<br />

balcon sur la mer <strong>en</strong> prés<strong>en</strong>ce de la réalisatrice<br />

Nicole Garcia et de l’un des acteurs, Jean<br />

Dujardin. Dans le sud de la France, Marc, ag<strong>en</strong>t<br />

immobilier, marié et père de famille, r<strong>en</strong>contre<br />

une femme dont le visage lui est familier. Il p<strong>en</strong>se<br />

reconnaître Cathy, l’amour de ses 12 ans dans<br />

une l’Algérie de la fin de la guerre d’indép<strong>en</strong>dance…<br />

Les Variétés<br />

04 96 11 61 61


CINÉMA63<br />

Les projections de Sous le signe<br />

d’Averroès continu<strong>en</strong>t dans plusieurs<br />

cinémas de la région. Le 25<br />

nov à 20h30, Soirée Thalassa, <strong>en</strong><br />

ouverture des tables rondes des<br />

R<strong>en</strong>contres d’Averroès, au cinéma<br />

les Variétés : Gaza, une plage sous<br />

embargo ; Méditerranée : une mer<br />

tropicale ? D’un littoral à l’autre : la<br />

double vie de B<strong>en</strong>idorm. La soirée<br />

se déroulera prés<strong>en</strong>ce de Georges<br />

Pernoud, producteur de Thalassa,<br />

Titouan Lamazou, François Jacquel ,<br />

directeur du CMCA et Thierry Fabre.<br />

Les Variétés<br />

04 96 11 61 61<br />

www.r<strong>en</strong>contresaverroes.net<br />

Le 25 nov à 20h, <strong>en</strong> part<strong>en</strong>ariat avec<br />

le cinéma Prado, l’association Cinépage<br />

propose Atlantic City de Louis<br />

Malle avec Burt Lancaster et Susan<br />

Sarandon.<br />

Cinépage<br />

04 91 85 07 17<br />

www.cinepage.com<br />

Le 26 nov à 20h30, à l’Alhambra,<br />

projection d’Entre les mains <strong>en</strong> prés<strong>en</strong>ce<br />

de Mariana Otero.<br />

Le 12 déc de 10h à 19h, la 2 e édition<br />

de La Fabuleuse Fabrique du Cinéma<br />

propose des r<strong>en</strong>contres, des<br />

ateliers et des animations. À 17h30<br />

avant-première d’Une vie de Chat,<br />

un film d’animation d’Alain Gagnol<br />

et Jean-Loup Felicioli. Dino, un<br />

chat, partage sa vie <strong>en</strong>tre deux maisons.<br />

Le jour, il vit avec Zoé, la fillette<br />

d’une commissaire de police, la nuit,<br />

il escalade les toits de Paris <strong>en</strong> compagnie<br />

de Nico, un cambrioleur d’une<br />

grande habileté…<br />

Le 4 déc à 17h30, dans le cadre du<br />

mois du docum<strong>en</strong>taire, à l’Alhambra<br />

Cinémarseille, projection d’Un long<br />

cri mêlé à celui du v<strong>en</strong>t <strong>en</strong> prés<strong>en</strong>ce<br />

de la réalisatrice, Julie Aguttes : à<br />

Marseille, il y a ceux qui travaill<strong>en</strong>t<br />

sur le port et les autres.<br />

Le 3 déc, dans le cadre de Laterna<br />

Magica, Fotokino propose Chang, un<br />

ciné-concert avec Uli Wolters aux<br />

saxophones, percussions, objets sur<br />

le film de Cooper et Shoedsack, les<br />

créateurs de King Kong.<br />

Le 23 nov à 20h30 dans le cade de la<br />

manifestation Marseille retrouve le<br />

Nord, projection de Bamako d’Abderrahmane<br />

Sissako <strong>en</strong> prés<strong>en</strong>ce<br />

d’Aminata Traoré.<br />

Alhambra Cinémarseille<br />

04 91 03 84 66<br />

www.alhambracine.com<br />

Dans le cadre de la 4 e édition de 1,2,3<br />

soleil pour les Droits de l’<strong>en</strong>fant, le<br />

19 nov à 9h30, à la Maison de la<br />

Région, hommage au cinéma de<br />

Paul Carpita : Des lapins dans la<br />

tête et La gr<strong>en</strong>ouille. Sera projeté<br />

aussi Le vol des s<strong>en</strong>s, film réalisé<br />

par des <strong>en</strong>fants dans un atelier de<br />

Peuple et Culture Marseille.<br />

Couleur Cactus<br />

06 98 72 29 07<br />

couleurscactus.blog4ever.com/<br />

Du 30 nov au 5 déc au Palais Longchamp<br />

aura lieu la 4 e édition du<br />

Festival Miroirs et Cinémas d’Afriques<br />

: plus de 25 films v<strong>en</strong>us d une<br />

douzaine de pays, des tables rondes,<br />

une exposition d’art plastique.<br />

Afriki Djigui Theatri<br />

04 91 08 49 39<br />

www.djigui.org<br />

Les mardis de la Cinémathèque propos<strong>en</strong>t,<br />

à 19h, au CRDP, le 23 nov, Au<br />

royaume de cieux de Juli<strong>en</strong> Duvivier ;<br />

le 30, Quai des Orfèvres de Clouzot ;<br />

le 7 déc, Le Général de la Rovere de<br />

Rossellini et le 16 déc un cinéconcert<br />

: Flam<strong>en</strong>co de Carlos Saura<br />

sera précédé d’un concert de<br />

Kambiz Pakadan, guitariste flam<strong>en</strong>co<br />

d’origine irani<strong>en</strong>ne.<br />

La Cinémathèque de Marseille<br />

04 91 50 64 48<br />

Du 8 au 21 déc, l’Institut de l’Image<br />

propose de revoir l’œuvre délicieuse<br />

d’Ernst Lubitsch, «Le prince de la<br />

comédie américaine» : Trouble in<br />

Paradise ; Design for Living avec Gary<br />

Cooper, Fredric March, Miriam<br />

Hopkins ; La 8 e femme de Barbe<br />

Bleue ; Ninotchka avec Greta Garbo,<br />

prés<strong>en</strong>té par Marc Cerisuelo, professeur<br />

d’Histoire et d’Esthétique du<br />

cinéma, et le 13 déc à 20h un festival<br />

de comédies subtiles The Shop<br />

Around The Corner ; To Be or Not to<br />

Be ; Le ciel peut att<strong>en</strong>dre et son<br />

dernier film, La Dame au manteau<br />

d’hermine.<br />

Institut de l’Image<br />

Cité du livre, Aix<br />

04 42 26 81 82<br />

www.institut-image.org<br />

Cinéma Asymétrique<br />

Du 22 au 29 nov se ti<strong>en</strong>dra au Polygone étoilé la 6 e Semaine<br />

Asymétrique. <strong>Zibeline</strong> a interrogé un de ses fondateurs,<br />

Jean-François Neplaz, dont le film Alpini vi<strong>en</strong>t d’être<br />

projeté à la Friche.<br />

<strong>Zibeline</strong> : Pourquoi ce nom ?<br />

Jean-François Neplaz : L’asymétrie<br />

est une figure naturelle, à l’inverse<br />

de la symétrie ; pour marcher, il faut<br />

un déséquilibre.<br />

Qui organise cette semaine ?<br />

Des collectifs issus d’Ipotesi Cinema<br />

(une école de cinéma créée <strong>en</strong> 1982<br />

par Ermanno Olmi, ndrl), et l’équipe<br />

de Film Flammeà Marseille, auxquels<br />

s’associ<strong>en</strong>t des cinéastes indép<strong>en</strong>dants,<br />

allemands, belges et chili<strong>en</strong>s.<br />

Cinéastes indép<strong>en</strong>dants ? On n’a<br />

plus trop l’habitude d’<strong>en</strong>t<strong>en</strong>dre ces<br />

termes <strong>en</strong> France !<br />

Effectivem<strong>en</strong>t, <strong>en</strong> France, le terme a<br />

disparu après les années 80. Et le<br />

paradoxe est que, si les collectifs<br />

français sont m<strong>en</strong>acés de disparition,<br />

on assiste à l’émerg<strong>en</strong>ce de<br />

nouveaux cinéastes qui ont un vrai<br />

DÉSIR de cinéma.<br />

Que va-t-il se passer durant cette<br />

Semaine asymétrique ?<br />

Comme les années précéd<strong>en</strong>tes on<br />

va se r<strong>en</strong>contrer, voir des films, <strong>en</strong><br />

parler, parler de CINÉMA, pas seulem<strong>en</strong>t<br />

<strong>en</strong>tre nous, avec le public<br />

aussi. Et l’on va poser des questions<br />

politiques : quelle place pour le cinéma<br />

des jeunes réalisateurs face au<br />

cinéma industriel ? Qui donne les<br />

aides aux cinéastes actuellem<strong>en</strong>t ?<br />

Quand ces aides, <strong>en</strong> PACA, ont été<br />

créées, le présid<strong>en</strong>t Vauzelle s’était<br />

<strong>en</strong>gagé à un dialogue et à une participation<br />

des cinéastes de la région<br />

aux commissions. C’est ce qui s’est<br />

passé, mais au fil du temps cela n’a<br />

plus été le cas ; les services culturels<br />

décid<strong>en</strong>t <strong>en</strong> s’alignant sur les<br />

critères du CNC. Les bourses de recherche<br />

ont disparu. Dans la région<br />

beaucoup de cinéastes font des<br />

films ; ils <strong>en</strong> viv<strong>en</strong>t… plus ou moins<br />

bi<strong>en</strong> ! Il faut qu’ils soi<strong>en</strong>t réintroduits<br />

dans l’économie sociale. Nous voulons<br />

redonner ses lettres de noblesse à<br />

ce cinéma de création qui est aussi<br />

important que le cinéma industriel.<br />

Quels seront les mom<strong>en</strong>ts forts de<br />

cette semaine ?<br />

Par exemple, nous allons montrer le<br />

film que Mario Br<strong>en</strong>ta a tourné ave<br />

Karine Devillers, Calle de la pietà,<br />

une chronique <strong>en</strong>tre réel et imaginaire<br />

de la dernière journée de la vie<br />

du Titi<strong>en</strong>. Br<strong>en</strong>ta n’avait plus ri<strong>en</strong><br />

tourné depuis Barnabo delle montagne<br />

<strong>en</strong>1994 et nous avons réuni les<br />

deux. Et bi<strong>en</strong> sûr plein d’autres films.<br />

Il n’y a pas de sélection pour la<br />

Semaine Asymétrique. Celui qui veut<br />

montrer son film le propose et on <strong>en</strong><br />

parle tous <strong>en</strong>semble. On parle de<br />

cinéma.<br />

PROPOS RECUEILLIS PAR ANNIE GAVA<br />

04 91 91 58 23<br />

www.polygone-etoile.com<br />

Jean-Francois Neplaz<br />

© Niccolo Manzolini


64 ARTS VISUELS AU PROGRAMME<br />

© Danièle Torr<strong>en</strong>t<br />

Vœux d’artistes<br />

Vœux d’artistes est dev<strong>en</strong>u au fil du temps le r<strong>en</strong>dez-vous des artistes et des amateurs s<strong>en</strong>sibles<br />

à la même cause : aider les <strong>en</strong>fants <strong>en</strong> soin dans les services d’oncologie, d’hématologie,<br />

de radiothérapie et de chirurgie infantile à La Timone. La 17 e édition, parrainée par lacomédi<strong>en</strong>ne<br />

Marianne Epin et le nageur Camille Lacourt, réunit 111 artistes (dont 56 nouveaux) durant 11 jours<br />

pour la v<strong>en</strong>te d’œuvres au prix unique de 111 euros.<br />

M.G.-G.<br />

Vœux d’artistes<br />

du 18 au 28 novembre<br />

Maison de l’artisanat et des métiers d’art, Marseille 1 er<br />

www.voeuxdartistes.org<br />

Chambres avec vue<br />

L’Hôtel Burrhus affiche complet, inutile d’insister ! Sauf pour les 35 artistes exposés<br />

dans les chambres qui ouvr<strong>en</strong>t la porte aux amateurs, collectionneurs et galeries le temps<br />

d’un week-<strong>en</strong>d inatt<strong>en</strong>du. Car Supervues est une mini-foire d’art contemporain intime<br />

et conviviale qui mêle artistes et associations d’ici (Voyons Voir, Frac, Galerie du Tableau,<br />

Videochroniques, galerieofmarseille) et d’ailleurs…<br />

M.G.-G.<br />

Supervues 2010<br />

10, 11 et 12 décembre<br />

Hôtel Burrhus, Vaison-la-Romaine<br />

04 90 36 00 11<br />

www.supervues.com<br />

Frederic Guinot pres<strong>en</strong>te par la Galerie Martagon © X-D.R<br />

Usine Badin, Gap © Bogdan Konopka<br />

Esprit des lieux<br />

Explorateur des faces cachées des villes des pays de l’Est ou de Chine,<br />

Bogdan Konopka s’est immergé dans les paysages des Hautes-Alpes<br />

à l’invitation du théâtre La Passerelle. De ses longues conversations<br />

muettes avec les murs, une chapelle, un anci<strong>en</strong> hôtel, ce qu’il nomme<br />

«la ville invisible», ses photographies «miniatures» réalisées<br />

à la chambre gard<strong>en</strong>t la trace, muette elle aussi et hors du temps.<br />

M.G.-G.<br />

Beauté mortelle, balade photographique <strong>en</strong> pays alpin<br />

Bogdan Konopka<br />

du 30 novembre au 8 janvier<br />

Galerie du théâtre, La Passerelle, Gap<br />

04 92 52 52 52<br />

www.theatre-la-passerelle.eu<br />

Bons motifs<br />

Fruit d’une longue expéri<strong>en</strong>ce (le peintre est né <strong>en</strong> 1935) l’œuvre de<br />

François de Asis puise l’ess<strong>en</strong>tiel <strong>en</strong>tre tradition et modernité : travail sur<br />

le motif et chevalet dans le paysage méditerrané<strong>en</strong> : Sainte Victoire (au<br />

pied de laquelle est installé son atelier), Isle-sur-La Sorgue, Italie, Grèce ;<br />

exploration des problématiques et des marges de la figuration, profondeur,<br />

plein/vide, blanc de la toile comme élém<strong>en</strong>t plastique, transpar<strong>en</strong>ce<br />

cherch<strong>en</strong>t à structurer l’espace pictural.<br />

C.L.<br />

L’Arbre, la Jourdane, l’Atelier d’Aix<br />

Peintures de François de Asis<br />

jusqu’au 24 décembre<br />

Galerie Vinc<strong>en</strong>t Bercker, Aix<br />

04 42 21 46 84<br />

L’Arbre, la Jourdane,<br />

l’Atelier d’Aix,<br />

peintures de François de Asis<br />

© X-D.R


ARTS VISUELS 65<br />

Pont flottant,<br />

Olivier grossetete<br />

© Olivier Grossetete<br />

pour l'exposition<br />

À main levée<br />

au musée Gass<strong>en</strong>di,<br />

Digne<br />

Détournem<strong>en</strong>t<br />

Invité par le musée Gass<strong>en</strong>di à dialoguer avec ses collections perman<strong>en</strong>tes pour «mieux nous<br />

désori<strong>en</strong>ter, nous déshabituer des lieux», Olivier Grossetête s’<strong>en</strong> donne à cœur joie.<br />

À l’instar de son Bateau ivre (2003), il r<strong>en</strong>verse le rapport d’échelle <strong>en</strong>tre les œuvres<br />

et leur <strong>en</strong>vironnem<strong>en</strong>t, joue avec les formes, les structures, les matières, détourne les objets,<br />

jongle avec les mots et leur polysémie. Bref relève le défi «à main levée».<br />

M.G.-G.<br />

À main levée<br />

Olivier Grossetête<br />

jusqu’au 30 novembre<br />

Musée Gass<strong>en</strong>di, Digne-les-Bains<br />

04 92 31 45 29<br />

www.musee-gass<strong>en</strong>di.org<br />

Pachydermique<br />

Cela fait 20 ans que Jean-François Mutzig vise le monde à travers son objectif, plus particulièrem<strong>en</strong>t<br />

l’Asie et son animal mythique, l’éléphant. Plus que sa puissance et sa monum<strong>en</strong>talité,<br />

c’est sa relation à l’homme qu’il ausculte. Journaliste-reporter (il expose à Visa pour l’Image<br />

à Perpignan), Jean-François Mutzig dépasse la photo animalière pour livrer des portraits<br />

qui font de l’éléphant une «sculpture» vivante.<br />

M.G.-G.<br />

Des éléphants et des hommes<br />

Jean-François Mutzig<br />

jusqu’au 28 novembre<br />

Fondation Carzou, Manosque<br />

04 92 87 40 49<br />

www.fondationcarzou.fr<br />

Le Major,<br />

Pierre Riba<br />

© X.D-R<br />

Tribal<br />

Fidèle à la galerie Sordini, Pierre Ribà rassemble ici un corpus d’œuvres réc<strong>en</strong>tes, sculptures-reliefs<br />

totemiques à l’aspect brut, faussem<strong>en</strong>t fragiles, d’une extrême complexité. Le geste est celui de<br />

l’artisan, les formes sont épurées, les tonalités sourdes et monochromes, les titres majestueux :<br />

Reine de la nuit, Déchirure de printemps, Gueule cassée… En bronze ou <strong>en</strong> carton, ses pièces ont<br />

«le charme primitif de la modernité».<br />

M.G.-G.<br />

Œuvres réc<strong>en</strong>tes<br />

Pierre Ribà<br />

du 23 novembre au 23 décembre<br />

Galerie Sordini, Marseille 1 er<br />

04 91 55 59 99<br />

www.galerie-sordini.com<br />

Des elephants et des hommes © Jean-Francois Mutzig<br />

Histoires de…<br />

Réel et fictions, représ<strong>en</strong>tation m<strong>en</strong>tale et images concrètes, confusion<br />

et éclaircissem<strong>en</strong>t, fragm<strong>en</strong>t et reconstruction, histoire personnelle,<br />

familiale et société, individu et thérapie sociale inspirée des travaux<br />

de Franz Fanon <strong>en</strong> particulier travaill<strong>en</strong>t la démarche de Maya Schweizer.<br />

Photos, vidéos, dessins r<strong>en</strong>dront compte de sa résid<strong>en</strong>ce de création in<br />

situ et de l’atelier public.<br />

C.L.<br />

Prés<strong>en</strong>t, passé, fiction à v<strong>en</strong>ir<br />

Maya Schweizer<br />

du 25 novembre au 16 décembre<br />

3bisf , Aix<br />

04 42 16 17 75<br />

www.3bisf.com<br />

Maya Schweizer, photographie pour le projet d'exposition au 3bisf, Aix, 2010


66 ARTS VISUELS NOUVEAUX LIEUX À MARSEILLE<br />

De nouveaux lieux à Marseille !<br />

Alors que certains ont déjà baissé le rideau<br />

(Rlbq, Insulaire), jou<strong>en</strong>t sur le fil<br />

(Buysellf ?), ou <strong>en</strong>visag<strong>en</strong>t la délocalisation<br />

(Bonneau-Samames?) un ailleurs se crée.<br />

Ou se réinv<strong>en</strong>te…<br />

Où ça ?<br />

Une première<br />

1897. Nadar, l’emblématique maître de la photographie, installe au 77 de la<br />

Canebière un studio, dont a hérité la famille Detaille. Jusqu’à aujourd’hui<br />

l’établissem<strong>en</strong>t commercial exposait ponctuellem<strong>en</strong>t de la peinture. Dans<br />

l’espoir d’une év<strong>en</strong>tuelle conversion de l’atelier <strong>en</strong> musée, et tout <strong>en</strong><br />

poursuivant la valorisation du richissime fonds familial de Nadar, Gérard et<br />

Hélène Detaille ont fait le pari d’ouvrir aujourd’hui une galerie indép<strong>en</strong>dante<br />

dédiée à la photographie. L’anci<strong>en</strong>ne fabrique d’allumettes du quartier<br />

Périer accueillera pour son premier évènem<strong>en</strong>t une sélection de 70 tirages<br />

de Sabine Weiss couvrant la période des années parisi<strong>en</strong>nes à aujourd’hui.<br />

Cette grande figure de la photographie humaniste avec Doisneau, Isis, ou<br />

<strong>en</strong>core Willy Ronis, sera prés<strong>en</strong>te lors de l’inauguration le 25 nov, à partir de<br />

18h30. C.L.<br />

Galerie Detaille<br />

5-7 rue Marius Jauffret, Marseille 8 e<br />

04 91 53 43 46<br />

www.detaille-photo.fr<br />

Exposition inaugurale de la galerie Stammegna <strong>en</strong> cours d'accrochage © Claud Lorin/<strong>Zibeline</strong><br />

Anci<strong>en</strong>s et Modernes<br />

L’<strong>en</strong>seigne réputée de Marc Stammegna glisse de la rue Breteuil pour se<br />

rapprocher du quartier des antiquaires. Dans ce nouvel espace de 500m 2<br />

<strong>en</strong>tièrem<strong>en</strong>t rénové avec le concours de l’architecte Chantal Costamagna,<br />

le galeriste poursuivra ses activités de v<strong>en</strong>te et expertise spécialisées dans<br />

l’École prov<strong>en</strong>çale et Monticelli, les bronzes (Barye, Bugatti) et objets<br />

décoratifs. «Je veux aussi développer le départem<strong>en</strong>t art moderne avec des<br />

artistes comme Zao Wou-Ki, Hartung, Buffet, César qui seront prés<strong>en</strong>tés<br />

dans l’exposition d’ouverture». Des valeurs sûres pour une cli<strong>en</strong>tèle déjà<br />

acquise ou à conquérir installée <strong>en</strong>tre les Alpilles et Nice p<strong>en</strong>dant que 60%<br />

du chiffre d’affaire de la galerie se réalise à l’étranger. L’art contemporain est<br />

accueilli à la Fondation Monticelli (Klas<strong>en</strong> jusqu’au 19 déc). Cette année<br />

marquera aussi une étape importante pour l’<strong>en</strong>treprise marseillaise qui<br />

représ<strong>en</strong>tera <strong>en</strong> région la première maison de v<strong>en</strong>te aux <strong>en</strong>chères française,<br />

Artcurial. La galerie s’offre ainsi une visibilité agrandie à l’échelle nationale<br />

et internationale. C.L.<br />

Galerie Stammegna-Artcurial Associé<br />

18-22 rue Edmond Rostand, Marseille 6 e<br />

04 91 37 46 05<br />

www.galerie-stammegna.fr<br />

Paris, 1952, photographie de Sabine Weiss exposee a la galerie Detaille, novembre 2010 © Sabine Weiss<br />

Tous <strong>en</strong>semble<br />

Promouvoir l’art contemporain à Marseille n’étant pas une sinécure, mieux vaut jouer la carte du<br />

collectif. Après l’expéri<strong>en</strong>ce Vol de Nuits (Confrontation[s] 1), Mireille Batby poursuit son travail<br />

de réflexion de croisem<strong>en</strong>t des g<strong>en</strong>res et des pratiques collectives contemporains. Espace<br />

d’accueil (derniers jours pour l’exposition Mélanie Terrier avec les Instants Vidéo), Grands<br />

Terrains (Labelmarseille, m2k13, VillesAllantVers, DesignTheFutureNow) se veut un vivier de<br />

p<strong>en</strong>sée et de conception de projets implanté dans le quartier de la Plaine. Un lieu où<br />

intervi<strong>en</strong>dront photo, vidéo, musique expérim<strong>en</strong>tale, culture numérique, sci<strong>en</strong>ces, intégration des<br />

publics amateurs et spécifiques. La saison 2010-2011 se développera sous le signe de l’Intrus.<br />

Parmi les prochaines propositions : Anonymatx avec l’École d’art d’Aix, les Trobaïritz sur la<br />

question de la parité, et Confrontation[s]2.<br />

CLAUDE LORIN<br />

Installation et objets video de Melanie Terrier aux Grands Terrains © C. Lorin/<strong>Zibeline</strong><br />

Les Grands Terrains<br />

8 rue Vian, Marseille 6 e<br />

09 54 20 15 85<br />

http://grandsterrains.fr


ART-CADE | ATELIERS DE VISU<br />

ARTS VISUELS 67<br />

Bord à bord<br />

«D’un rivage, <strong>en</strong> effet, il y a toujours<br />

un autre rivage. Une rive appelle<br />

l’autre rive. Un bord r<strong>en</strong>voie à un autre<br />

bord»… et si cet autre bord était<br />

le Maghreb «généralem<strong>en</strong>t associé<br />

à l’immigration et à l’id<strong>en</strong>tité» ?<br />

Dépassant cette vision réductrice,<br />

Seloua Luste Boulbina a conçu<br />

l’événem<strong>en</strong>t Autre bord #1 où s’<strong>en</strong>trecrois<strong>en</strong>t<br />

des rêves d’ailleurs à<br />

travers la photographie et la vidéo,<br />

les deux vecteurs les plus pertin<strong>en</strong>ts<br />

pour r<strong>en</strong>dre compte de la création<br />

contemporaine <strong>en</strong> Afrique du Nord.<br />

Directrice de programme au Collège<br />

international de Philosophie, la commissaire<br />

d’exposition a égalem<strong>en</strong>t<br />

souhaité faire <strong>en</strong>t<strong>en</strong>dre la parole de<br />

p<strong>en</strong>seurs et d’écrivains, invités parfois<br />

au coeur des dispositifs comme<br />

le dramaturge algéri<strong>en</strong> Mohamed<br />

Kacimi qui fit le 4 nov une lecture<br />

piquante de L’Ori<strong>en</strong>t après l’Amour<br />

(Éd. Actes Sud) sur fond de vidéo de<br />

Kader Attia… une fois la bande son<br />

éteinte !<br />

Kader Attia, figure internationale<br />

installée à Berlin, développe ici une<br />

nouvelle série des Rochers carrés,<br />

parallèle troublant <strong>en</strong>tre le béton<br />

des cités parisi<strong>en</strong>nes et la plage de<br />

son <strong>en</strong>fance à Alger, et une vidéo<br />

Coup de sirocco<br />

intimiste, Couscous aftermaths, <strong>en</strong><br />

hommage aux femmes de son pays.<br />

Geste rituel autour d’un couscous<br />

improbable, où les fragm<strong>en</strong>ts de<br />

miroirs et les sacs poubelle remplac<strong>en</strong>t<br />

la graine de couscous et les<br />

plats traditionnels <strong>en</strong> terre…<br />

Sur le même bord de la Méditerranée,<br />

le monde peut lui aussi<br />

changer, et les points de vue des<br />

artistes aussi. Mouna Karray, un<br />

pied <strong>en</strong> France l’autre <strong>en</strong> Tunisie,<br />

jette sur les murs abandonnés de<br />

Sfax un regard distancié : dans un<br />

style classique irréprochable elle<br />

s’interroge sur les transformations<br />

irrémédiables du paysage urbain,<br />

les murs érigés (série Murmurer)<br />

qui sont autant de frontières <strong>en</strong>tre<br />

les espaces de vie.<br />

Produite pour l’occasion l’installation<br />

multimédia de Dora Dhouib,<br />

Muslimofmydream.com, réagit à un<br />

phénomène social nouveau : celui<br />

du public musulman pris comme<br />

cible de l’Internet avec l’émerg<strong>en</strong>ce<br />

de sites de r<strong>en</strong>contres communautaires.<br />

Déployés aux quatre coins du<br />

monde, ils cherch<strong>en</strong>t l’âme sœur,<br />

parl<strong>en</strong>t arabe, français, anglais, se<br />

dévoil<strong>en</strong>t sous le voile ou derrière une<br />

photo volée. Ils sont tous différ<strong>en</strong>ts.<br />

Accueillie <strong>en</strong> 2001 à l’Atelier de visu avec Rives, la photographe Dolorès<br />

Marat revi<strong>en</strong>t avec une série réc<strong>en</strong>te, inédite et toujours <strong>en</strong> cours : Sirocco.<br />

Un tour des paysages, des architectures et des hommes du pourtour méditerrané<strong>en</strong>,<br />

particulièrem<strong>en</strong>t des villes mythiques où le temps semble s’être<br />

définitivem<strong>en</strong>t arrêté. Petra <strong>en</strong> Jordanie, Rome l’antique ou le grand désert<br />

blanc balayés par ce v<strong>en</strong>t v<strong>en</strong>u de terres chaudes. Figés, les rives et les<br />

Rochers Carres, 2009, serie photographique, courtesy Kader Attia, Sharjah Art Foundation,<br />

galerie Christian Nagel (Berlin & Cologne)<br />

N’est-ce pas le fondem<strong>en</strong>t même de<br />

la manifestation que de souligner<br />

toutes les subjectivités qui habit<strong>en</strong>t<br />

ces rivages ?<br />

M.G.-G.<br />

L’Autre bord #1, projet réalisé<br />

avec les R<strong>en</strong>contres Place<br />

Publique, Les R<strong>en</strong>contres<br />

d’Averroès, l’École supérieure des<br />

Beaux-arts de Marseille et l’École<br />

d’art d’Aix-<strong>en</strong>-Prov<strong>en</strong>ce<br />

jusqu’au 7 décembre<br />

Galerie des Grands Bains douches<br />

de la Plaine et galerie Montgrand,<br />

Marseille<br />

Art-Cade<br />

04 91 47 87 92<br />

www.art-cade.org<br />

visages sont intemporels, fixés à leur tour par un objectif que l’on imagine<br />

discret… Dolorès Marat marche, regarde et photographie comme pour révéler<br />

l’intériorité des choses qui l’<strong>en</strong>tour<strong>en</strong>t : scènes insolites, fragm<strong>en</strong>t de<br />

mur, traces animales. De cette mosaïque d’images furtives naiss<strong>en</strong>t d’apaisantes<br />

s<strong>en</strong>sations, des formes évanesc<strong>en</strong>tes et des visions abstraites. Des<br />

photographies couleur comme des tableaux, un paysage de Millet, les cieux<br />

de Turner, dont le grain velouté est la marque de<br />

Palmyre © Dolores Marat fabrique : la photographe utilise depuis toujours,<br />

et exclusivem<strong>en</strong>t, le procédé de tirage Fresson<br />

(charbon) qui donne à ses images cette d<strong>en</strong>sité<br />

étonnante. Le regard y pénètre, s’<strong>en</strong>fonce, se perd,<br />

imagine de multiples scénarios face à une œuvre<br />

débarrassée de toute fonction descriptive. Sirocco<br />

n’est pas une cartographie de plus du monde<br />

méditerrané<strong>en</strong> mais bi<strong>en</strong> une restitution subjective<br />

de ses propres émotions.<br />

Dolorès Marat sera prés<strong>en</strong>te à l’Atelier de visu du<br />

28 nov au 5 déc pour animer un workshop ouvert<br />

à tous, dans la limite des places disponibles.<br />

Projection des travaux le 4 déc à l’issue de<br />

l’atelier.<br />

M.G.-G.<br />

Sirocco<br />

Dolorès Marat<br />

jusqu’au 3 décembre<br />

Atelier de visu, Marseille 6 e<br />

04 91 47 60 07<br />

www.atelierdevisu.fr


68<br />

ARTS VISUELS<br />

MUSÉE ZIEM | INSTANTS VIDÉO<br />

L’émotif du paysage<br />

Les Signes-Paysages d’Olivier Debré<br />

suggèr<strong>en</strong>t leurs infinis sublimes<br />

au musée Ziem. À confronter avec<br />

la collection perman<strong>en</strong>te<br />

Le musée de Martigues, créé <strong>en</strong> 1908 <strong>en</strong> hommage<br />

à l’œuvre de Félix Ziem s’est constitué au fil<br />

du temps une importante collection où se joue la<br />

question du paysage. En contrepoint à cette<br />

histoire de l’art (expos Ziem, les Ori<strong>en</strong>talistes, les<br />

Fauves…) le musée ouvre son champ artistique <strong>en</strong><br />

programmant régulièrem<strong>en</strong>t des artistes contemporains.<br />

En s’attachant à la période des Signes-Paysages<br />

qu’Olivier Debré comm<strong>en</strong>ça à la fin des années<br />

cinquante, l’exposition r<strong>en</strong>d compte de cette posture<br />

particulière de la peinture non-figurative face<br />

au paysage (les bords de Loire, Japon…) où la s<strong>en</strong>sation<br />

prévaut sur la représ<strong>en</strong>tation. «…Je traduis<br />

l’émotion qui est <strong>en</strong> moi devant le paysage, mais<br />

pas le paysage» rappelait volontiers le peintre. À<br />

y regarder de près, plus proches du sublime que<br />

du mysticisme de Mark Rohtko (que r<strong>en</strong>contra<br />

Olivier Debré), certaines peintures gard<strong>en</strong>t la trace<br />

matérielle des évènem<strong>en</strong>ts surv<strong>en</strong>us lors des<br />

séances réalisées sur le motif (sans chevalet) :<br />

myriade d’impacts de pluie, coulures, brins d’herbe<br />

conservés tels quels par le peintre dans la<br />

couche picturale. La réalité s’inscrit comme par<br />

effraction douce dans ces espaces bi<strong>en</strong> vite qualifiés<br />

d’abstraits où l’on press<strong>en</strong>t brumes, strates,<br />

orages, opacité ou clarté de l’air, humidité, chaleur<br />

ou fraîcheur matinale, dissolvant sujet, objets,<br />

motif, scène et codes picturaux pour faire apparaître<br />

un autre monde…<br />

Les Instants Vidéo numériques et<br />

poétiques se dépli(o)<strong>en</strong>t à chaque<br />

édition tel le mycélium de l‘univers<br />

mycologique. Du long travail <strong>en</strong> réseau<br />

souterrain émerg<strong>en</strong>t à la bonne<br />

saison <strong>en</strong> maints lieux nombre de<br />

propositions qui vont jusqu’à outrepasser<br />

l’hexagone. À Marseille le<br />

projet (((Sur vol))) de Giney Ayme a<br />

été conçu <strong>en</strong> six actes (le plastici<strong>en</strong>poète<br />

est aussi performeur) qui se<br />

répond<strong>en</strong>t dans l’espace et le temps<br />

du festival, jou<strong>en</strong>t de différ<strong>en</strong>ts<br />

médiums - photo, vidéo, poésie,<br />

son/musique, numérique, performance<br />

- et convoqu<strong>en</strong>t plusieurs<br />

comparses - Flor<strong>en</strong>ce Pazzottu,<br />

Fred Dumond, Fred Griot, Philippe<br />

Boisnard. Selon l’exig<strong>en</strong>ce de chaque<br />

interv<strong>en</strong>tion.<br />

À partir de cet éclatem<strong>en</strong>t conçu<br />

comme une règle du jeu, Giney<br />

Ayme a t<strong>en</strong>té le double pari de<br />

l’éparpillem<strong>en</strong>t et de la cohér<strong>en</strong>ce<br />

(co-errance) <strong>en</strong> fondant sa réflexion<br />

Olivier Debre, Rouge des Hauts, 1959 © Andre Morain<br />

«Le peintre ne doit pas seulem<strong>en</strong>t peindre ce qu’il<br />

voit devant lui, mais aussi ce qu’il voit <strong>en</strong> lui-même».<br />

Olivier Debré aurait-il repris à son compte l’invitation<br />

de son prédécesseur romantique Gaspard<br />

David Friedrich pour formaliser ce qu’il désignait<br />

par abstraction ferv<strong>en</strong>te ? Une belle confér<strong>en</strong>ce<br />

du regard pour aujourd’hui, où chaque espace de<br />

la planète semble connu, car cartographié et<br />

google-mapisé.<br />

Autour de l’exposition plusieurs manifestations<br />

sont à porter dans votre ag<strong>en</strong>da <strong>en</strong> novembre et<br />

décembre (voir p 92). CLAUDE LORIN<br />

sur la découverte d’une liasse de<br />

plans représ<strong>en</strong>tant la cité phocé<strong>en</strong>ne.<br />

Puis pour paradoxalem<strong>en</strong>t<br />

brouiller les pistes il a extrait de ces<br />

repères géographiques des possibles<br />

conceptuels : confrontation/<br />

mimétisme du normé et du naturel<br />

(une écorce de platane s’intègre dans<br />

Signes-Paysages<br />

Olivier Debré<br />

jusqu’au 23 janvier<br />

Musée Ziem, Martigues<br />

04 42 41 39 60<br />

www.ateliermuseal.net<br />

Dépl(o)iem<strong>en</strong>ts<br />

La première exp(l)osition avait eu lieu l’année dernière sous le signe deleuzi<strong>en</strong>. Pour la 23 e édition des Instants Vidéo, Giney<br />

Ayme v<strong>en</strong>tilait six propositions dans autant de lieux marseillais<br />

Giney Ayme, Sur vol #1 Ecarts, vue partielle de l'exposition La Traverse,2010 © C.Lorin/<strong>Zibeline</strong><br />

un plan) ; extraits vidéo et photo<br />

réinjectés d’une proposition dans<br />

l’autre, d’un lieu à l’autre ; perspectives<br />

ram<strong>en</strong>ées à des plans fixes<br />

et mouvem<strong>en</strong>ts de passants ; fragm<strong>en</strong>t<br />

littéraire (Le Premier Homme,<br />

Camus) traité <strong>en</strong> vidéo puis comme<br />

matière textuelle… Au final, un s<strong>en</strong>tim<strong>en</strong>t<br />

imparfait de fragilité, signe<br />

(et interpellation) sous lequel étai<strong>en</strong>t<br />

placées les R<strong>en</strong>contres d’Averroès<br />

rejointes par ces 23 e Instants Vidéo<br />

qui avai<strong>en</strong>t choisi Edouard Glissant :<br />

«Dans le panorama actuel du monde,<br />

une grande question est celle-ci :<br />

comm<strong>en</strong>t s’ouvrir à l’autre sans se<br />

perdre soi-même ?».<br />

CLAUDE LORIN<br />

(((Sur vol)))<br />

Giney Ayme<br />

jusqu’au 20 nov<br />

«Ecarts», La Traverse<br />

«Vous êtes ici», Espace Culture<br />

www.instantsvideo.com


TOULON | MARSEILLE | TRANS-EN-PROVENCE ARTS VISUELS 69<br />

Marges russes<br />

Dans le cadre des<br />

Littorales (voir p 72),<br />

l’Atelier Vis-à-Vis<br />

prés<strong>en</strong>tait pour la<br />

première fois <strong>en</strong> France<br />

une passionnante<br />

sélection de livres<br />

d’artistes russes<br />

Bi<strong>en</strong> que soit reconnue la préséance<br />

historique des livres futuristes itali<strong>en</strong>s<br />

et russes tel l’almanach Sadok sudej<br />

(Bi<strong>en</strong> juger) de 1910, l’influ<strong>en</strong>ce des<br />

œuvres d’Apollinaire et Marcel Duchamp<br />

(Olga Khan, Pogarsky/Yuran,<br />

Evg<strong>en</strong>y Trelkov…) le livre d’artiste<br />

contemporain <strong>en</strong> Russie constitue un<br />

phénomène assez réc<strong>en</strong>t d’une vingtaine<br />

d’années dont cette exposition<br />

nous a offert un cond<strong>en</strong>sé éclectique<br />

mais bi<strong>en</strong> trop succinct. Mikail Pogarsky<br />

commissaire de cette sélection<br />

avec Viktor Lukin rappelle que bon<br />

nombre de ces artistes sont issus des<br />

écoles d’art et de design comme de<br />

l’univers de la poésie. «Pour moi, le<br />

Suzdalev © X-D.R<br />

livre d’artiste n’est pas un simple<br />

recueil d’informations. C’est un outil<br />

où l’artiste peut mixer différ<strong>en</strong>tes disciplines<br />

comme le graphisme, la<br />

sculpture, la photo, le design, le numérique<br />

et peut faire appel à tous les<br />

s<strong>en</strong>s !». Ainsi Hôtel son livre-paquet<br />

de cigarettes imprimées à fumer ou In<br />

vinas veritas, bouteille de vin, papier<br />

mâché, emboîtage bois de Valerij Orlov.<br />

Peut-on espérer que l’initiative de Danièle<br />

Ubeda, excell<strong>en</strong>te mais réduite à<br />

quelques vitrines et deux journées,<br />

puisse trouver dans le futur un format<br />

d’ampleur suffisant, qui a l’avantage<br />

d’outrepasser la thématique méditerrané<strong>en</strong>ne<br />

<strong>en</strong> vogue actuellem<strong>en</strong>t ?<br />

Nous reste la très docum<strong>en</strong>tée<br />

publication des éditions de l’Atelier<br />

Vis-à-Vis sur le sujet (voir p 82). C.L.<br />

Les XIIIes R<strong>en</strong>contres de l’Edition de<br />

Création -Book Project<br />

International/23 Artistes du Livre<br />

Russes- ont eu lieu les 30 et 31 oct<br />

www.ateliervisavis.com<br />

Inquiétante étrangeté<br />

À Toulon, la photographie fait rage :<br />

Flor<strong>en</strong>ce H<strong>en</strong>ri est à l’Hôtel des arts,<br />

la Maison de la photographie offre une<br />

carte blanche à Bernard Plossu*, le<br />

Musée d’art déploie sur deux étages<br />

une partie de sa collection et la série<br />

Fables 2004-2007 de Kar<strong>en</strong> Knorr.<br />

Dans une espèce de va-et-vi<strong>en</strong>t <strong>en</strong>tre<br />

les débuts pictorialistes jusqu’aux expressions<br />

contemporaines, conceptuelle,<br />

expérim<strong>en</strong>tale et plastici<strong>en</strong>ne. Parcourir<br />

les salles sous le «regard» de<br />

Cartier-Bresson, Kertész, Ronis, Riboud,<br />

Gilbert and George, Tosani et… Kar<strong>en</strong><br />

Knorr est une expéri<strong>en</strong>ce revigorante.<br />

On se dit que le Musée d’art n’a pas<br />

froid aux yeux qui fait <strong>en</strong>trer le loup<br />

dans la bergerie ! Avec audace il intègre<br />

la photographie animalière et<br />

«baroque» de l’artiste allemande au<br />

sein même de son institution, ce fameux<br />

«espace de la haute culture»<br />

dont elle perturbe les codes : a-t-on<br />

jamais vu les salles d’apparat du Château<br />

de Chambord habitées par des<br />

animaux empaillés ? Kar<strong>en</strong> Knorr,<br />

© Kar<strong>en</strong> Knorr, Ledoux's Reception, courtesy galerie Les Filles du Calvaire<br />

fascinée par la taxidermie, place ses<br />

volatiles et ses gibiers dans un décorum<br />

ost<strong>en</strong>tatoire, <strong>en</strong>tourés de meubles,<br />

d’objets et de t<strong>en</strong>tures précieux, comme<br />

s’il s’agissait de portraits officiels.<br />

Dans ses tirages impressionnants<br />

(122 x 152 cm), d’une qualité technique<br />

parfaite, elle révèle le moindre détail<br />

d’une dorure, d’un tableau (dans le<br />

tableau), d’une broderie, d’un plumage.<br />

Et écorne au passage les rapports<br />

de l’homme à l’animal quand elle l’introduit<br />

dans l’espace romantique de<br />

lieux habituellem<strong>en</strong>t protégés de sa<br />

profanation ! Mais ne sommes-nous<br />

pas dans un musée, là, à regarder un<br />

blaireau hargneux nous montrer les<br />

d<strong>en</strong>ts ?<br />

M.G.-G.<br />

(*) à l’occasion de son exposition Berlin<br />

au C<strong>en</strong>tre d’art Le Moulin à La Valette<br />

jusqu’au 16 janvier 2011<br />

Musée d’art, Toulon<br />

04 94 36 81 01<br />

www.toulon.com<br />

10 ans<br />

de peinture<br />

poétique<br />

Près de Draguignan, les inondations du 15 juin<br />

auront eu raison de la galerie Remarque installée à<br />

Trans-<strong>en</strong>-Prov<strong>en</strong>ce depuis 1999. «Trop de dégâts et<br />

de lourdes pertes» qui ont fait baisser les bras de<br />

Stéphanie Ferrat, plastici<strong>en</strong>ne et poète, et de son<br />

complice Jean-Pierre Sintive (Éditions Unes).<br />

Noyées ou fortem<strong>en</strong>t <strong>en</strong>dommagées les gravures,<br />

les photographies, les lithographies, les estampes<br />

stockées depuis toutes ces années, sans compter la<br />

collection de 39 livres illustrés, petits tirages de 33<br />

exemplaires numérotés, qui faisai<strong>en</strong>t sa fierté… Car<br />

© X-D.R<br />

la galerie Remarque, unique <strong>en</strong> son g<strong>en</strong>re, c’était ce<br />

dialogue chuchoté <strong>en</strong>tre un artiste plastici<strong>en</strong> et un<br />

poète, une exposition couplée avec une édition.<br />

Jamais l’une sans l’autre et toujours <strong>en</strong> prés<strong>en</strong>ce<br />

des poètes qui, le soir du vernissage, faisai<strong>en</strong>t<br />

résonner leurs propres mots couchés sur Vélin<br />

d’Arches. Une «r<strong>en</strong>contre intime» <strong>en</strong>tre l’art<br />

contemporain et l’écriture dont le dernier r<strong>en</strong>dezvous<br />

aura été celui de Gilles du Bouchet avec D’une<br />

obscurité, l’éclaircie de Pierre-Yves Soucy. Un titre<br />

prémonitoire qui pourrait laisser espérer une<br />

résurrection… Mais faute de lieu, Stéphanie Ferrat<br />

et Jean-Pierre Sintive s’interrog<strong>en</strong>t sur la poursuite<br />

de l’av<strong>en</strong>ture éditoriale : «A-t-elle <strong>en</strong>core du<br />

s<strong>en</strong>s ?»…<br />

L’éclaircie vi<strong>en</strong>dra peut-être de la prés<strong>en</strong>ce de la<br />

galerie - <strong>en</strong> tant qu’éditeur éclairé - dans les salons<br />

d’ici et d’ailleurs : après En matière de livres à la<br />

Ferme des Arts à Vaison-la-Romaine, le Marché de<br />

la poésie de Paris l’invite cet automne à bras ouverts<br />

et organise des «lectures solidaires» auxquelles les<br />

artistes, fidèles compagnons, ont déjà répondu<br />

prés<strong>en</strong>t.<br />

M.G.-G.<br />

www.galerieremarque.blogspot.com


70 LIVRES RENCONTRES<br />

La mer blanche<br />

Malm<strong>en</strong>é par les intempéries de juin, le déroulem<strong>en</strong>t<br />

du Prix des lecteurs du Var aura connu quelques<br />

soubresauts mais sera néanmoins décerné lors de la<br />

Fête du livre de Toulon dont il est l’un des mom<strong>en</strong>tsclefs<br />

(19, 20, 21 nov). Après une préselection de sept<br />

ouvrages, seul le jury présidé par Elias Khoury a fait<br />

son choix <strong>en</strong> t<strong>en</strong>tant de se mettre dans la peau du<br />

lecteur non professionnel. Celui habituellem<strong>en</strong>t drainé<br />

par la médiathèque départem<strong>en</strong>tale de Draguignan,<br />

fortem<strong>en</strong>t <strong>en</strong>dommagée (plus de 120 000 ouvrages<br />

détruits), n’étant plus <strong>en</strong> mesure de fonctionner…<br />

Sept romans donc, qui illustr<strong>en</strong>t la richesse de la littérature<br />

méditerrané<strong>en</strong>ne contemporaine dont la Fête<br />

du livre fait <strong>en</strong>t<strong>en</strong>dre la voix. Ou plutôt les voix car le<br />

programme affiche - <strong>en</strong> dehors de la prés<strong>en</strong>ce de 350<br />

auteurs sur les stands des éditeurs et libraires - un<br />

cal<strong>en</strong>drier serré de r<strong>en</strong>contres et débats. Avec l’auteur<br />

libanais chréti<strong>en</strong> Elias Khoury dont l’œuvre sera prés<strong>en</strong>tée<br />

le 19 nov au Théâtre Comedia par Thierry<br />

Fabre (Les R<strong>en</strong>contres d’Averroès) et lue par le comédi<strong>en</strong><br />

Charles Berling, accompagné par le violoniste<br />

Amy Flammer. Elias Khoury visiblem<strong>en</strong>t ému de<br />

présider ce jury quand il sait «combi<strong>en</strong> il est difficile<br />

d’écrire un beau roman» et qui a découvert «qu’il y a,<br />

autour de la mer blanche, un g<strong>en</strong>re commun, un espoir<br />

de communication». Avec l’Itali<strong>en</strong>ne Anna Luisa Pignatelli,<br />

lauréate du Prix des lecteurs du Var 2010<br />

pour Noir toscan, dont la comédi<strong>en</strong>ne Anne Alvaro<br />

lira quelques extraits sur scène le 20 nov.<br />

Témoignages et débats animeront le chapiteau, déjà<br />

bruissant des 50000 visiteurs att<strong>en</strong>dus chaque année,<br />

autour des conditions d’exercice des métiers du livre<br />

ou de la place du livre et de l’édition de part et d’autre<br />

de la Méditerranée. Professionnels, journalistes et<br />

écrivains de Tunisie, du Liban, d’Italie, d’Algérie et de<br />

France évoqueront <strong>en</strong>semble la littérature et l’écriture<br />

(formes communes ? lieux communs ? spécificités et<br />

différ<strong>en</strong>ces) tandis que Théo Klein et Ahmed Youssef<br />

prés<strong>en</strong>teront leur ouvrage Conversation aux sources du<br />

conflit Israélo-Arabe.<br />

À côté des adultes <strong>en</strong> grande conversation, les <strong>en</strong>fants<br />

Elias Khoury (chemise blanche), presid<strong>en</strong>t du jury du Prix des lecteurs du Var © X-D.R<br />

assisteront à des concerts, écouteront des contes et<br />

participeront à des ateliers d’écriture sur un thème<br />

pacificateur : «Mers et terres <strong>en</strong> méditerranée, horizons<br />

de partage».<br />

M.G.-G.<br />

Fête du livre de Toulon<br />

www.fetedulivreduvar.com<br />

Le Phénix des Allumettes<br />

Le 16 novembre, la Méjanes aura livres ; des docum<strong>en</strong>ts d’époque sur de grands mom<strong>en</strong>ts de l’art lyrique ;<br />

atteint l’âge vénérable de 200 ans ! Un l’usine d’allumettes et sa fameuse cheminée<br />

; des docum<strong>en</strong>ts rares et précieux autre de Saint-John Perse…<br />

une évocation d’Albert Camus, une<br />

bic<strong>en</strong>t<strong>en</strong>aire qui est fêté avec moult événem<strong>en</strong>ts<br />

du 16 au 21 nov, voire plus issus des collections de la Méjanes sur Durant le week-<strong>en</strong>d, des ateliers met-<br />

longtemps pour les expositions.<br />

Exposition Des visages et des livres, La Mejane © MP.Flor<strong>en</strong>son<br />

Après d’indisp<strong>en</strong>sables travaux réalisés<br />

cet été, la bibliothèque revêt ses atours<br />

et ressort ses fonds pour proposer, notamm<strong>en</strong>t,<br />

une exposition de «quelques<br />

pépites d’un trésor comptant plus de<br />

200 000 livres et manuscrits», inestimables<br />

chefs-d’œuvre. Accueillis dans<br />

l’anci<strong>en</strong>ne salle de lecture de la bibliothèque<br />

(l’actuelle salle Pavillon de l’Hôtel<br />

de ville), l’exposition compr<strong>en</strong>d donc<br />

des pièces historiques, des ex-libris de<br />

grands donateurs, des manuscrits plus<br />

modernes de Zola, Cézanne… à voir<br />

jusqu’au 30 déc.<br />

D’autres expos (du 20 nov au 30 déc)<br />

complèt<strong>en</strong>t l’histoire du lieu : des photos<br />

de Marie-Pierre Flor<strong>en</strong>son sur les<br />

lecteurs et les lieux, Des visages et des<br />

t<strong>en</strong>t <strong>en</strong> avant les coulisses du livre, la<br />

calligraphie (avec H<strong>en</strong>ri Mérou), la<br />

pâte à papier et l’écriture sur de vieilles<br />

machines ; de courts spectacles anim<strong>en</strong>t<br />

différemm<strong>en</strong>t le lieu : la Cie Grand Bal<br />

et ses Haïkus chorégraphiques, le jazz<br />

funk des Accoules Sax, la Cie La Rumeur<br />

et son Piano voyageur. Et aussi<br />

des confér<strong>en</strong>ces, des jeux, la création<br />

d’un timbre à l’effigie de la Méjanes, la<br />

publication d’un abécédaire, 200 ans <strong>en</strong><br />

26 lettres, de A comme Allumettes à Z<br />

comme Zut, ça ferme… Un feu<br />

nouveau ?<br />

DO.M.<br />

Bic<strong>en</strong>t<strong>en</strong>aire de la Méjanes<br />

Du 16 au 21 nov<br />

Bibliothèque Méjanes, Cité du Livre,<br />

Aix<br />

04 42 91 98 88<br />

www.citedulivre-aix.com


Un salon à Marseille<br />

<strong>Zibeline</strong> avait posé sur la première édition<br />

d’Écrimed un regard dubitatif : se prés<strong>en</strong>tant<br />

comme un événem<strong>en</strong>t sans précéd<strong>en</strong>t<br />

alors que les écrivains invités étai<strong>en</strong>t passés<br />

peu ou prou dans des r<strong>en</strong>contres littéraires<br />

de la région, <strong>en</strong>tamant des part<strong>en</strong>ariats<br />

avec des médias peu littéraires et t<strong>en</strong>ant<br />

confér<strong>en</strong>ce dans un hôtel de luxe la manifestation<br />

s’annonçait mal… mais s’était<br />

plutôt bi<strong>en</strong> déroulée, drainant du monde,<br />

et occasionnant quelques tables rondes intéressantes.<br />

La deuxième édition repose sur la prés<strong>en</strong>ce<br />

de quelques grands écrivains : aux<br />

côtés de Tahar B<strong>en</strong> Jelloun et Amin<br />

Maalouf on trouvera Boualem Sansal,<br />

Maria Efstathiadi, Robert Sole, Gonzalo<br />

Tavares, Michel del Castillo,<br />

Joumana Hadad, Jacques Ferrandez…<br />

bref des romanciers incontournables, et<br />

quelques poètes, dramaturges et essayistes<br />

représ<strong>en</strong>tant chacun un des pays du<br />

pourtour méditerrané<strong>en</strong>. Les échanges se<br />

déroul<strong>en</strong>t <strong>en</strong> journée, durant le week-<strong>en</strong>d,<br />

dans le cadre des Docks de la Joliette<br />

puisqu’ils sont parrainés par Euroméditerranée.<br />

Les quatre tables rondes<br />

autour de problématiques allant de l’usage<br />

de la langue française à la littérature comme<br />

vecteur de paix sont complétées par<br />

des cafés littéraires plus intimes, autour<br />

d’une œuvre, des contes pour <strong>en</strong>fants,<br />

une exposition photographique d’Olivier<br />

Monge.<br />

L’édition s’annonce riche donc, mais continue<br />

de se t<strong>en</strong>ir <strong>en</strong> même temps que les<br />

Tables Rondes d’Averroès (voir p 4 et 5),<br />

et à quelques jours du grand Salon du<br />

Livre de Toulon (voir ci-contre) consacré…<br />

aux écritures méditerrané<strong>en</strong>nes.<br />

Guy Teissier dans son éditorial se réjouit<br />

«qu’Euroméditerranée parraine aujourd’hui<br />

le grand évènem<strong>en</strong>t littéraire qui<br />

manquait <strong>en</strong>core à Marseille». Le succès<br />

répété des Littorales par exemple (voir p<br />

72) devrait inciter les organisateurs à<br />

mesurer leur <strong>en</strong>thousiasme, afin qu’il reste<br />

fécond.<br />

AGNÈS FRESCHEL<br />

Écrimed<br />

Les 27 et 28 nov de 10h à 18h<br />

Docks de la Joliette<br />

www.salonecrimed.fr<br />

Tahar B<strong>en</strong> Jelloun, Guy Teissier,<br />

Daniel Hermann Pierre Assouline<br />

seront pres<strong>en</strong>ts a Ecrimed 2010<br />

© X-D.R<br />

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