AFVAC 2012 AVEC LES JOURNÉES DU SNVEL A ...

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AFVAC 2012 AVEC LES JOURNÉES DU SNVEL A ...

Revue de formation continue des vétérinaires pour animaux de compagnie

Mars 2013 - n° 102 - Supplément électronique

SUPPLÉMENT

DU CONGRÈS

NATIONAL

AFVAC

PARIS 2012

Toute l’équipe rédactionnelle de PratiqueVet a participé

à la réalisation de ce supplément du congrès de Paris

2012. Vous pourrez vivre ou revivre quelques-uns de ces

moments.

Un grand merci à Valérie Freiche, Présidente du Comité

Scientifique, les conférenciers et les partenaires, sans

qui, ce congrès ne serait pas ce moment fort de l’année.

Nous souhaitons que ces extraits permettent aux absents

de bénéficier de toute la qualité de ce programme et

leur donnent envie de nous rejoindre à NANTES en cette

fin d’année.

GRANDS PARTENAIRES DU CONGRÈS NATIONAL AFVAC 2012


Congrès national

AFVAC 2013

CONGRÈS NATIONAL AFVAC 2012 AVEC LES JOURNÉES DU SNVEL

CONGRÈS SCIENTIFIQUE ET D’INFORMATIONS

AVEC LES JOURNÉES DU SNVEL

Le Généraliste :

curieux, compétent,

convaincant

29

NOVEMBRE

1 er

DÉCEMBRE

Rendez-vous annuel incontournable des vétérinaires

pour animaux de compagnie

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NANTES

Cité Nantes

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A s s o c i a t i o n r e c o n n u e d ’ u t i l i t é v é t é r i n a i r e


CONGRÈS NATIONAL AFVAC 2012 AVEC LES JOURNÉES DU SNVEL

30 NOVEMBRE AU 2 DÉCEMBRE 2012 - CNIT LA DÉFENSE

NAC - REPRODUCTION

Courtes communications

Ovario-salpingectomie sur rétention d’œufs

chez un Caméléon casqué du Yémen

(chameleo calypstratus)

Les dystocies sont une dominante pathologique majeure

des reptiles en captivité.

Déclaration publique d’intérêts :

néant.

© Service NAC ENVA

Induction réalisée par une injection de propofol (4 mg/kg) en intraveineux dans la veine coccygienne ventrale.

L

es dystocies toucheraient près

de 10 % de la population captive.

Parmi celles-ci, on compterait 42 % des

rétentions d’œufs chez les Ophidiens,

39 % chez les Chéloniens, et 18 % chez

les Sauriens (Lloyd, 1990).

Nous distinguerons les rétentions préovulatoires

où les follicules ovariens ne

régressent pas, des rétentions d’œuf postovulatoires

où les œufs à proprement

parler ne peuvent être pondus. Un grand

nombre d’agents étiologiques peuvent

en être responsable, nous séparons des

causes obstructives des causes nonobstructives.

La prise en charge rapide de tels phénomènes

est indispensable au vu des

risques de ruptures des voies génitales,

et donc de cœlomite.

■ Historique

Un Caméléon casqué du Yémen (chameleo

calypstratus) femelle de 1,5 an est présenté

en consultation pour “anorexie et

arrêt de ponte”. Cette femelle vit avec un

mâle, a déjà subi une première ponte de

60 œufs 8 mois auparavant, et vit dans de

bonnes conditions environnementales.

L’ovoposition a débuté 5 jours auparavant,

puis l’écroulement du tunnel de

ponte sur la femelle l’a stoppée, depuis

elle ne l’a pas reprise et est anorexique et

abattue.

© Service NAC ENVA

Extériorisation des œufs de la cavité cœlomique du

caméléon.

■ Examen clinique

L’examen clinique révèle un animal abattu,

anorexique depuis 5 jours, très déshydraté

(pli de peau persistant associé à une

très faible mobilisation des yeux). Une

distension cœlomique majeure est visible,

avec un ensemble de masses ovales,

en chapelet, très facilement mobilisables

à la palpation.

■ Démarche diagnostique

Une très forte suspicion clinique de

dystocie est formulée, au vu de l’anamnèse

et de la palpation cœlomique, une

rétention pré-ovulatoire est écartée. Une

radiographie du corps entier montre une

compression majeure des viscères par de

très nombreux œufs calcifiés et aucune

cause mécanique d’obstruction. Les

rétentions d’œufs non obstructives sont

multifactorielles, Une part importante

dans ce cas est à imputer à l’écroulement

du tunnel de ponte.

■ Traitement

Un traitement médical est mis en place.

En premier lieu hygiénique, associé à une

réalimentation par gavage et une fluidothérapie

(30 mL/kg/j).

Du gluconate de calcium est injecté en

intramusculaire à la dose de 100 mg/

kg, puis de l’ocytocine 2 UI/kg, répétée

3 fois par jours. Au vu de l’échec de cette

option, un traitement chirurgical est envisagé.

L’animal est prémédiqué à l’aide

de butorphanol 0,4 mg/kg IM, puis induit

grâce à l’utilisation d’alfaxolone à 8 mg/

kg IM. Un cathéter intra-osseux est mis

en place dans la crête tibiale.

Du propofol en perfusion à débit

constant (6 mg/kg/h) est utilisé pour réaliser

la maintenance de l’anesthésie. Une

ovario-salpingectomie est réalisée. Le

salpinx est isolé, extériorisé puis ligaturé

PratiqueVet - Supplément électronique du n° 102 - Mars 2013

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« CLINICIENS AVANT TOUT »

CONGRÈS NATIONAL AFVAC 2012 AVEC LES JOURNÉES DU SNVEL

30 NOVEMBRE AU 2 DÉCEMBRE 2012 - CNIT LA DÉFENSE

Courtes communications

© Service NAC ENVA

Phase de réveil du caméléon. Notez le cathéter intra-osseux placé dans

le fémur droit qui a permis une anesthésie par perfusion continue de

propofol (6 mg/kg/h).

et sectionné. Des hémoclips sont placés

à la base des grappes ovariennes qui sont

ainsi extériorisées.

Des points musculaires simples sont réalisés

puis des points cutanés en U éversants.

La fluidothérapie intra-osseuse est

maintenue en suivi post-opératoire. Une

antibiothérapie à base d’enrofloxacine

10 mg/kg/j est mise en place. L’animal

reprend alors une alimentation spontanée

en 24 heures et sa récupération est

excellente.

■ Discussion et conclusion

Le traitement de la rétention d’œufs

comprend d’abord des mesures hygiéniques

(substrat, calme,

température, réalimentation

et réhydratation). Des

manœuvres obstétricales

ont été décrites (DeNardo,

2006) mais le risque de rupture

est très important.

Afin de stimuler les contractions

utérines lors de causes

non-obstructives, il est possible

d’utiliser de l’ocytocine

à la dose de 5 à 30 UI/

kg, elle est moins efficace

chez les Lézards que chez

les autres Reptiles (Lloyd,

1990, DeNardo, 2006). Du

gluconate de calcium peut favoriser l’action

de l’ocytcine.

L’utilisation d’arginine vasotocine, analogue

de l’ocytocine chez les Reptiles,

est étudiée (Lapointe 1977), elle serait

efficace à 73 % (Lloyd, 1990) mais reste

difficile en pratique.

Lors de rétention postovulatoire, une

ovario-salpingectomie peut être réalisée,

elle est à préférer à la salpingotomie

(risque de récidive important) et à la salpingectomie

seule (risque de rétention

pré-ovulatoire).

En terme d’anesthésie, la prémédication

est indispensable pour baisser les doses

d’inducteurs et éviter les phénomènes de

shunt à l’anesthésie gazeuse. L’induction

peut être réalisée à l’alfaxolone, au propofol,

ou au gaz.

Une perfusion à débit constant de propofol

en intra-osseux permet de limiter les

traumatismes de la langue par l’intubation.

L. Gouardo, F. Stambouli, C. Pignon, -

Centre Hospitalier Universitaire,

Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort -

94700 MAISONS-ALFORT

>>À LIRE...

■ DeNardo D. Dystocias, In : Mader DR, ed,

Reptile Medicine and Surgery. 2nd ed. St Louis :

Saunders Elsevier ; 2006 : 787-92.

■ Deresienski D. Cesarian section in a veiled

chameleon. Exotic DVM. 1999 ; 12 : 15-6.

■ Heard DJ. Advances in reptile anesthesia. Proc

North Am Vet Conf. 1999 ; 770.

■ LaPointe J. Comparative physiology of

neurohypophyseal hormone action on the

vertebrate oviductuterus. Am Zool. 1977 ; 17 :

763-73.

■ Lloyd ML. Causes, prevention, management

and comments on the synthetic hormone

Vasotocin. Proceedings of the American

Association of ZooVeterinarians. 1990.

■ Schumacher J, Yelen T. Anesthesia and

analgesia. In : Mader DR, ed, ReptileMedicine

and Surgery. 2nd ed. St Louis : Saunders

Elsevier ; 2006 : 442-52.

ONCOLOGIE

Un cas d’infiltration du canal vertébral

par un phéochromocytome chez un chien

U

n chien de race Boxer, mâle non

castré de 8 ans est présenté à la

consultation pour l’exploration d’une

ataxie des membres pelviens évoluant

depuis quelques semaines.

Aucun traumatisme n’est rapporté, ni

aucun antécédent pathologique remarquable.

Des radiographies sans préparation

ont été réalisées sur animal vigile,

qui ont mis en évidence des lésions de

spondylose vertébrale modérée en région

thoraco-lombaire.

Un examen tomodensitométrique de

la colonne thoraco-lombaire est alors

demandé afin d’investiguer les signes

cliniques.

■ Clinique

A la consultation, une ataxie des

membres pelviens est notée, associée à

des déficits proprioceptifs bilatéraux sur

les membres pelviens, de manière bilatérale.

Une hyperréflexie patellaire bilatérale est

également observée (syndrome de type

motoneurone central), suggérant une

atteinte médullaire en regard du segment

T3-L3.

A la palpation abdominale, une masse

anormale est identifiable en région

abdominale moyenne. Le reste de l’examen

clinique est conforme aux valeurs

usuelles.

■ Examen complémentaire

Un examen scanner de l’abdomen et de

la colonne thoraco-lombaire est réalisé

pour explorer la masse abdominale et

l’ataxie précédemment décrite. A l’examen

scanner précontraste, une masse

tissulaire volumineuse, mesurant 70 x

60 x 110 mm est visible dans l’abdomen

moyen (PHOTOS 1A ET 1B). Elle présente

4 PratiqueVet - Supplément électronique du n° 102 - Mars 2013


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30 NOVEMBRE AU 2 DÉCEMBRE 2012 - CNIT LA DÉFENSE

une densité tissulaire, un aspect hétérogène

associé à des foyers de minéralisation.

Cette masse est au contact de la veine

cave caudale qu’elle comprime et déplace

ventralement, le rein droit apparaît

également déplacé ventralement

ainsi que la masse digestive. À la vue de

la localisation anatomique, cette masse

correspond à la glande surrénale droite.

La glande surrénale gauche est visible et

de taille normale.

On ne note pas d’adénomégalie. Sur les

images réalisées postcontraste par voie

intraveineuse, un rehaussement hétérogène

de la masse est noté. Une prise de

contraste anormale est également visible

dans le canal vertébral en regard de L1-

L2, latéralisé à droite ainsi qu’en regard

des muscles psoas droits, en continuité

avec la masse surrénalienne précédemment

décrite (PHOTO 2).

Un myéloscanner est réalisé par injection

sous durale de produit de contraste iodé

par voie lombaire qui met en évidence

une compression médullaire extra-durale

en L1-L2. Aucune métastase pulmonaire

n’est visible.

■ Diagnostic

Les résultats de l’examen scanner sont

compatibles avec une masse surrénalienne

droite, très probablement d’origine

tumorale. Une invasion de la veine

cave caudale ; et du canal vertébral est

notée par la masse, entraînant une compression

médullaire extra-durale, très

probablement responsable des symptômes

neurologiques observés.

■ Évolution

Devant le tableau clinique et le pronostic

sombre, l’euthanasie de l’animal est

demandée par les propriétaires. Une autopsie

est réalisée que met en évidence

une masse surrénalienne associée à une

infiltration du canal vertébral. L’examen

anatomo-pathologique conclut à un

phéo chromocytome de la glande surrénale

droite.

■ Discussion

Les phéochromocytomes sont des tumeurs

qui se développent à partir des

cellules chromaffines de la médullosurrénale.

Elles peuvent être bénignes ou

malignes, sécrétrices ou non de catécholamines.

Le tableau clinique des

A

Photos 1A et 1B : Examen scanner de l’abdomen : masse tissulaire volumineuse, mesurant 70 x 60 x 110 mm

est visible dans l’abdomen moyen. Notez le déplacement ventral du rein droit.

Photo 2 : Prise de contraste anormale est également

visible dans le canal vertébral en regard de L1- L2,

latéralisé à droite.

phéochromocytomes canins est souvent

fruste et polymorphe, principalement

dû à l’hypersécrétion de catécholamines

(adrénaline, noradrénaline).

Des épisodes d’hypertensions sont le

plus souvent rapportés, mais le caractère

intermittent de ces derniers peut retarder

leur reconnaissance. Ces tumeurs

présentent souvent un degré d’invasion

locale, notamment de la veine cave caudale,

des reins ou du foie. Des métastases

sont occasionnellement rencontrées.

L’imagerie médicale, et notamment

l’imagerie en coupe, reste nécessaire au

diagnostic de cette pathologie ainsi que

pour la réalisation d’un bilan d’extension

préopératoire complet et précis qui permet

la décision chirurgicale.

Une invasion des structures adjacentes et

notamment de la veine cave caudale ou

© T. CHUZEL

© T. CHUZEL

B

la reconnaissance de métastases lymphatiques

ou pulmonaires péjore le pronostic

et peut contre-indiquer la réalisation

d’une exérèse chirurgicale.

La technique scanner qui allie la superposition

des structures et une bonne

résolution en contraste est un outil précieux

dans la réalisation du bilan d’extension

des phéochromocytomes.

L’originalité de ce cas repose sur une invasion

du canal vertébral par la tumeur

entraînant une compression médullaire

extra-durale, responsable des symptômes

observés.

A la connaissance de l’auteur, seul

trois cas d’invasion rachidienne par un

phéochromocytome chez le Chien ont

été décrits dans la littérature.

T. Chuzel -

1. Service d’imagerie scanner du Dr

Chuzel – F-69300 CALUIRE

2. VOXCAN, Bâtiment ICLB, 1 avenue

Bourgelat, F-69280 MARCY-L’ETOILE

>>À LIRE...

Courtes communications

■ Rosenstein. Diagnostic imaging in canine

pheochromocytoma. Vet Radiol Ultrasound.

2000 ; 41 (6) : 499-506.

■ Platt et coll. Pheochromocytoma in the

vertebral canal of two dogs. J Am Anim Hosp

Assoc. 1998 ; 34 : 365–71.

© T. CHUZEL

■ Schultz et coll. Contrast-enhanced computed

tomography as a preoperative indicator of

vascular invasion from adrenal masses in dogs.

Vet Radiol Ultrasound. 2009 ; 50 (6) : 625–9.

Déclaration publique d’intérêts :

néant.

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« CLINICIENS AVANT TOUT »

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Savoir Faire

REPRODUCTION

Réaliser un frottis vaginal

Réaliser un frottis vaginal est un acte indispensable pour

évaluer le stade du cycle, repérer une imprégnation

œstrogénique pathologique et confirmer une inflammation

génitale.

Chez la chienne

Déclaration publique d’intérêts :

néant.

Les différentes

colorations

■ Colorations unicolores : May

Gründwald Giemsa, Diff-Quik : RAL

555 ® ;

■ Colorations dites différentielles :

coloration dite de « Harris-Schorr »

(Diagnoestrus RAL®), qui teinte la

kératine des cellules en rouge (cellules

dites acidophiles ou éosinophiles)

; les cellules rondes, non

kératinisées sont bleues (basophiles).

On peut ainsi définir l’Index

Eosinophile (IE), qui se calcule

comme le nombre de cellules éosinophiles

divisé par le nombre de

cellules totales. En phase d’œstrus,

l’index éosinophile doit être au

moins de 70 ou 80 %.

© Christian DUMON

Frottis vaginal de chienne : Milieu de pro-oestrus (HR X 400).

C

ette technique, développée dans

les années quatre-vingt, se fonde

sur le fait que la paroi interne du vagin

(l’épithélium), se modifie au cours des

chaleurs, au fur et à mesure que le taux

d’hormones femelles augmente.

■ en anoestrus : l’épithélium vaginal

est constitué seulement de quelques

couches de petites cellules rondes (cellules

parabasales) avec un gros noyau

bien visible ;

■ en tout début de chaleurs (début

du pro-œstrus), l’épithélium s’épaissit

rapidement. On note de plus un changement

de l’aspect des cellules qui le

constituent.

Elles deviennent plus grandes (cellules

intermédiaires), plus anguleuses et se

chargent progressivement avec une

substance cornée, la kératine, qui les

rigidifie et les conduit à desquamer : on

parle de cellules superficielles kératinisées

(squames). De plus, leur noyau se

condense au centre de la cellule et devient

tout petit, voire disparaît ;

■ en œstrus, le pourcentage de cellules

superficielles kératinisées est maximal

(>60 à 80 %). Les cellules ont tendance à

se regrouper en amas.

■ en fin de chaleurs (fin d’œstrus- début

de diœstrus), en 48 heures le frottis

vaginal redevient constitué majoritairement

par des cellules intermédiaires

puis parabasales. Des polynucléaires

neutrophiles sont également visibles,

qui servent à éliminer toutes les cellules

mortes. A ce stade, la chienne n’est plus

fécondable.

Ces changements peuvent être observés

en introduisant assez profondément

dans le vagin un écouvillon stérile, préalablement

humidifié à l’aide d’une ou

deux gouttes de sérum physiologique. On

peut s’aider d’un spéculum, mais ce n’est

pas obligatoire.

© CRECS

Réalisation d’une frottis vaginal chez une chienne.

Toutefois, le vestibule du vagin est plus

rapidement kératinisé que le vagin antérieur

et l’interprétation de sa cytologie est

moins fiable.

C’est pourquoi certains auteurs recommandent

l’utilisation du speculum, bien

que moins confortable pour la chienne.

La fosse clitoridienne doit absolument

être évitée (cellules kératinisées non caractéristiques

du cycle) en évitant d’introduire

l’écouvillon horizontalement.

Les cellules prélevées sur l’épithélium

sont étalées sur une lame de verre. Elles

sont fixées sur la lame à l’aide d’un cytofixateur,

afin d’éviter qu’elles ne se

détachent du support au cours de la coloration,

puis elles sont teintées en trempant

la lame dans plusieurs bains successifs de

colorants. L’observation des cellules au

microscope est ensuite réalisée.

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CAS PARTICULIER : FROTTIS PRÉPUTIAUX CHEZ LE CHIEN MÂLE

Cellule superficielle

Savoir Faire

Cellule intermédiaire

© Xavier LEVY

Cellule parabasale

© Xavier LEVY

Amas de

cellules

superficielles

Frottis préputial d’un chien sain. Coloration différentielle

(Diagnœstrus®). Noter le faible nombre de cellules représentées

essentiellement par des cellules parabasales (x 400).

>>Indication : recherche d’imprégnation

œstrogénique lors de suspicion de sertolinome ou

d’infertilité.

>>Réalisation :

• Humidifier l’écouvillon pour récupérer un maximum

de cellules ;

• Introduire l’écouvillon dans le fourreau, le plaquer

contre la muqueuse préputiale et frotter ;

• S’étale et se colore comme un frottis vaginal.

Frottis préputial d’un chien atteint d’un syndrome de féminisation consécutif

à un sertolinome malin. Noter la forte proportion de cellules superficielles

acidophiles (80 %). Coloration différentielle Harris-Schorr (x 100).

>>Interprétation : idem frottis vaginal.

•Frottis préputial normal : présence quasi-exclusive

de cellules parabasales et intermédiaires basophiles,

IE < 10 % ; la présence de polynucléaires en quantité

importante n’est pas significative.

•Imprégnation œstrogénique : présence de cellules

intermédiaires ou superficielles kératinisées en

quantité importante, IE > 70 %, présence possible

d’amas.

Chez la chatte

Réalisation

Le vagin postérieur étant très court chez

la chatte, on recommande l’utilisation

d’écouvillons urétraux humains, plus

fins que les écouvillons utilisés chez la

chienne.

Ceux-ci sont introduits horizontalement

dans le vagin sur moins d’un centimètre.

Ils sont tournés quelques secondes puis

retirés (une bonne contention de la

chatte est nécessaire).

Attention : ne pas trop stimuler le vagin

si la chatte est en chaleurs, pour éviter de

déclencher l’ovulation.

Interprétation

Les catégories cellulaires rencontrées

dans l’épithélium vaginal sont les mêmes

que chez la chienne.

Toutefois, leurs variations au cours des

différentes phases du cycle sont différentes.

■ Chaleurs : Le pourcentage de cellules

superficielles kératinisées est d’emblée

très important, dès le début des chaleurs.

Ceci est lié au fait que la maturation des

follicules ovariens, et donc la sécrétion

d’œstrogènes, est d’emblée très importante

dès que les chaleurs se manifestent

chez la chatte. (Attention : il doit toujours

y avoir très peu de cellules dans un frottis

vaginal de chattes (peu ou pas d’amas

cellulaires observés), sinon cela signifie

qu’on a trop stimulé la chatte et une induction

de l’ovulation est alors possible).

■ Intervalle entre deux chaleurs

anovulatoires successives (interœstrus)

: cas le plus fréquent : les cellules

intermédiaires prédominent mais une

petite quantité résiduelle de cellules

superficielles kératinisées (10 %) est souvent

observée : il ne faut pas croire pour

autant que la chatte est en chaleurs ni ne

sécrète une quantité anormale d’œstrogènes.

■ Diœstrus (sécrétion de progestérone

lors de gestation ou de pseudo-gestation :

idem inter-œstrus.

■ Anoestrus hivernal = repos sexuel :

aspect proche de l’anoestrus de la

chienne : frottis pauvre en cellules ; les

cellules parabasales basophiles prédominent.

Quasi-absence de cellules superficielles

kératinisées.

A. Fontbonne - DV, Dr 3 e cycle, Dip. ECAR

ENVA – Reproduction des Carnivores

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Savoir Faire

CHIRURGIE DES TISSUS MOUS

Biopsies hépatiques

Déclaration publique d’intérêts :

néant.

Les biopsies hépatiques peuvent être réalisées soit en transcutané sous contrôle

échographique avec des Tru-cut, soit par voie chirurgicale (laparoscopie ou laparotomie).

Seules les techniques de biopsies après laparotomie seront décrites.

■ Indications des biopsies : lésion

hépatique diffuse ou focale, shunt portosystémique.

■ Avantages des biopsies chirurgicales

: examen complet du foie, palpation

de l’ensemble des lobes, hémorragie

contrôlable plus facilement, prélèvement

de plus grande taille, fiabilité de la zone

de biopsie.

Techniques de biopsies

■ Technique de la guillotine : c’est la

technique de choix lors de masse hépatique

diffuse sur laquelle le bord du foie

présente les caractéristiques lésionnelles

de l’ensemble de l’organe. Cette technique

est utilisée également lors de shunt

porto-systémique.

Le morceau de foie, le plus facilement

mobilisable, est saisit et une ligature est

placée autour ; cette ligature va écraser

le parenchyme hépatique ; au fur et

à mesure que la ligature est serrée, les

vaisseaux et les canaux biliaires sont

progressivement ligaturés. Le parenchyme

hépatique est ensuite sectionné

au moyen d’une lame de bistouri à 5 mm

distalement par rapport à la ligature.

Il est conseillé de saisir avec les doigts le

prélèvement à envoyer et non pas avec

des instruments afin de limiter les lésions

secondaires du tissu biopsié.

L’absence de saignement important

est ensuite vérifiée ; ces saignements

peuvent être jugulés par mise en place de

compresses hémostatiques sur la zone de

foie biopsié ou une nouvelle ligature peut

être positionnée en cas de saignement

plus important.

■ Lors de masse hépatique focale,

un biopsy punch est utilisé ou la mise

en place de sutures est multipliée selon

la technique de la guillotine. Classiquement,

un biopsy punch de 5 mm de

diamètre est utilisé. Le biopsy punch

est positionné sur la lésion focale puis

© David JACQUES

© David JACQUES

Technique de la guillotine.

enfoncé doucement dans le parenchyme

hépatique avec un mouvement léger

rotatoire de va-et-vient ; il est préférable

de ne pas prélever plus de la moitié de

l’épaisseur du foie pour chaque biopsie.

Le biopsy punch est ensuite retiré.

Le fragment biopsié peut nécessiter

d’être coupé à sa base avec une paire de

ciseaux avant d’être retiré, ce fragment

devant être manipulé le plus précautionneusement

possible.

Une légère pression est ensuite réalisée

sur le site de biopsie afin de juguler

l’hémorragie (environ 1 à 2 minutes) ; si

le saignement persiste, une compresse

hémostatique est mise en place.

■ La technique utilisant plusieurs

sutures selon la technique de la guillotine

est réalisée lorsque l’on souhaite retirer

une zone focale du foie qui n’est pas

à une extrémité. Les ligatures sont mises

en place de manière à retirer facilement

la zone de parenchyme que l’on veut

biopsier tout en laissant suffisamment

de marges saines autour de la lésion.

D. Jacques - DV, Spécialiste en chirurgie,

Dip. ECVS, DESV chirurgie,

CEAV chirurgie

Clinique vétérinaire Occitanie,

185 avenue des Etats-Unis,

F-31200 TOULOUSE

8 PratiqueVet - Supplément électronique du n° 102 - Mars 2013


CONGRÈS NATIONAL AFVAC 2012 AVEC LES JOURNÉES DU SNVEL

30 NOVEMBRE AU 2 DÉCEMBRE 2012 - CNIT LA DÉFENSE

CHIRURGIE DES TISSUS MOUS

Urohydropulsion rétrograde

La technique d’urohydropulsion rétrograde est une

technique permettant de refouler les calculs présents en

région urétrale dans la vessie afin de lever l’obstruction

complète ou partielle provoquée par le ou les calculs. Cette

technique peut être utilisée chez le mâle ou la femelle.

Savoir Faire

Déclaration publique d’intérêts :

néant.

L’opérateur tient d’une main la seringue

et place l’index de son autre main au

niveau du col vésical de manière à l’obstruer.

L’injection de sérum physiologique provoque

alors une distension de l’urètre

sur toute sa longueur (favorisant la libération

des calculs). L’opérateur retire brutalement

son index du col vésical tout en

continuant à injecter du sérum physiologique.

© David JACQUES

Deux techniques sont envisageables

La première peut être réalisée pour désobstruer

un animal afin de permettre sa

réanimation médicale et sera réalisée de

manière “externe” ; la seconde est réalisée

au cours d’une cystotomie afin d’éviter

les urétrotomies ou urétrostomies.

■ Technique externe

Si l’animal est en obstruction urinaire,

une cystocentèse doit impérativement

être réalisée au préalable ; sans cette

précaution, on risque de provoquer une

rupture vésicale par hyperpression. Une

fois la vessie vidée, une sonde urinaire

est mise en place dans l’urètre pénien ;

la sonde est avancée uniquement de

quelques centimètres.

Une seringue de 20 mL remplie de sérum

physiologique est placée à son extrémité.

Un aide maintient le bout du pénis fermement

serré autour de la sonde pour

éviter toute fuite lors de l’injection.

L’opérateur tient d’une main la seringue

et place l’index de son autre main de manière

à obstruer l’urètre situé en amont

du calcul par voie rectale (chez le mâle)

ou par voie vaginale (chez la femelle).

L’injection de sérum physiologique provoque

alors une distension de l’urètre sur

toute sa longueur (favorisant la libération

des calculs).

L’opérateur retire brutalement la pression

qu’il exerce sur l’urètre tout en continuant

à injecter du sérum physiologique.

© David JACQUES

Le sérum injecté ainsi que les calculs urétraux

sont alors éliminés dans la vessie.

L’opération est répétée 2 à 3 fois jusqu’à

ce que le sondage soit possible. Après

réanimation, une cystotomie devra être

envisagée.

■ Urohydropulsion rétrograde

au cours d’une cystotomie

Chez un chien mâle, il y a fréquemment,

en plus des calculs vésicaux, des calculs

présents en position urétrale ou près du

col difficilement accessibles par la seule

cystotomie. Une urohydropulsion rétrograde

doit systématiquement être réalisée.

Cette technique permettra non seulement

de faire remonter les calculs urétraux

dans la vessie mais également de

vérifier la perméabilité des voies urinaires.

Une cystotomie est réalisée dans

un premier temps suivie du retrait de

tous les calculs vésicaux.

Pour réaliser l’urohydropulsion rétrograde,

une sonde urinaire est mise en

place dans l’urètre pénien ; la sonde est

avancée uniquement de quelques centimètres.

Une seringue de 20 mL remplie de sérum

physiologique est placée à son extrémité.

L’aide opératoire maintient le bout du pénis

fermement serré autour de la sonde

pour éviter toute fuite lors de l’injection

et la vessie tirée vers l’avant par les sutures

de traction.

Le sérum injecté ainsi que les calculs urétraux

sont alors éliminés par l’incision

vésicale.

L’opération est répétée 2 à 3 fois. La sonde

urinaire est ensuite placée de la vessie

vers le pénis pour vérifier la perméabilité

des voies urinaires.

Chez la femelle, la sonde urinaire est placée

par les voies naturelles au début de

l’urètre, une forte pression est exercée sur

le plancher du vagin en amont du méat

urinaire pour éviter toute fuite vulvaire ;

par voie vésicale, un doigt est positionné

dans le col vésical.

L’injection de sérum physiologique provoque

alors une distension de l’urètre sur

toute sa longueur (favorisant la libération

des calculs).

L’opérateur retire brutalement son index

du col vésical tout en continuant à injecter

du sérum physiologique ce qui permet

de refouler les calculs urétraux par

l’incision vésicale. La perméabilité des

voies urinaires est vérifiée avant la fermeture

de la vessie.

Conclusion

Une urohydropulsion rétrograde doit

systématiquement être réalisée au cours

d’une cystotomie chez un chien mâle ;

cette technique permet de refouler les

calculs urétraux dans la vessie et donc

d’éviter les urétrotomies ou urétrostomies.

D. Jacques - DV, Spécialiste en chirurgie,

Dip. ECVS, DESV chirurgie,

CEAV chirurgie

Clinique vétérinaire Occitanie,

185 avenue des Etats-Unis,

F-31200 TOULOUSE

PratiqueVet - Supplément électronique du n° 102 - Mars 2013

9


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CONGRÈS NATIONAL AFVAC 2012 AVEC LES JOURNÉES DU SNVEL

30 NOVEMBRE AU 2 DÉCEMBRE 2012 - CNIT LA DÉFENSE

Tribune des Résidents et des Internes

NEUROLOGIE / ONCOLOGIE

Cas d’un lymphome du nerf

sciatique chez un chat

Les lymphomes du système nerveux périphérique sont très

rares et peu décrits chez le Chat. Ce cas est original car

met en évidence l’apport de l’échographie associée à la

tomodensitométrie et l’intérêt des ponctions échoguidées

dans l’établissement du diagnostic.

Historique

Une chatte Persanne stérilisée, 7 ans, 2 kg

est présentée pour des difficultés à se

déplacer et à sauter depuis 10 jours sans

nette amélioration malgré l’instauration

d’un traitement anti-inflammatoire non

stéroïdien.

Examen clinique et démarche

diagnostique

L’examen général est normal, l’analyse

sanguine ne révèle pas d’anomalie significative.

Une radiographie de la région

lombo-sacrée met en évidence une spondylose

vertébrale modérée.

L’examen neurologique révèle une démarche

anormale avec parésie postérieure

droite marquée, les doigts posés

sur la face dorsale et une plantigradie

partielle. Le placer proprioceptif est absent

sur le membre pelvien droit et normal

sur les autres.

Le sautillement est très diminué sur le

membre pelvien droit et normal sur les

autres. Le réflexe de retrait est nettement

diminué sur le membre pelvien droit.

Le tonus musculaire est diminué sur le

postérieur droit. Le réflexe périnéal est

normal et aucune douleur n’est constatée.

Une amyotrophie postérieure droite

marquée est notée dans le territoire

d’innervation sciatique (tibial crânial,

muscles caudaux de la cuisse).

Le reste de l’examen neurologique est

normal (nerfs crâniens notamment).

Une lésion sur le trajet du nerf sciatique

droit est alors suspectée et un examen tomodensitométrique

est décidé. Les structures

osseuses sont lisses et régulières. En

précontraste, le trajet du nerf sciatique

droit est visualisé comme une structure

hypodense, homogène et fusiforme, bien

© Laboratoire VEBIOTEL

LCR en lecture avec une cellule de Malassez. X 40.

délimitée et de taille anormalement augmentée.

Une prise de contraste anormale

du trajet du nerf sciatique est alors notée

soulignant son élargissement depuis la

région canalaire L7-S1 droite, le foramen

droit, puis ventrolatéralement au sacrum,

ensuite en région dorsolatérale droite de

l’articulation coxo-fémorale droite et enfin

jusqu’en regard des 2/3 distaux de la

diaphyse fémorale.

Cette prise de contraste fusiforme à linéaire

mesure 7,7 cm cranio-caudalement

et 5,7 mm de large au maximum dorsalement

à l’articulation coxo-fémorale droite.

Elle s’accompagne d’une amyotrophie.

A ce stade des investigations, l’hypothèse

la plus probable est un processus tumoral.

L’analyse du LCR par ponction lombaire

révèle 3 cellules/microL (norme :

inférieure à 5).

Un examen échographique abdominal et

de la région du trajet du nerf sciatique est

ensuite réalisé. Aucune anomalie abdominale

n’est observée.

Le nerf sciatique est identifié en région

pelvienne, dorsalement à l’articulation

coxo-fémorale droite. Il est hypoéchogène,

discrètement hétérogène et bordé

par deux lignes hyperéchogènes. Son diamètre

est nettement augmenté.

Déclaration publique d’intérêts :

néant.

Une cytoponction échoguidée est réalisée

et le résultat est prioritairement en

faveur d’un lymphome à petites cellules

indolent.

Traitement

Les propriétaires refusant la chimiothérapie,

une corticothérapie seule est mise

en place. Après dégradation de l’état

général, l’animal est euthanasié 2 mois

après l’établissement du diagnostic. La

recherche d’une infection par le virus de

la Leucose feline n’a pas été souhaitée par

les propriétaires.

Discussion

Les lésions tumorales du système nerveux

périphérique décrites dans la littérature

féline sont peu fréquentes, plus

courantes en région du plexus brachial.

Notre cas clinique apporte une description

tomodensitométrique et échographique

d’un lymphome du nerf sciatique

chez un Chat et met en évidence l’intérêt

des ponctions échoguidées. Le traitement

et le pronostic ne sont pas bien

documentés.

>>À LIRE...

■ Haro Pet coll. Ultrasonographic study of the

feline sciatic nerve. J Feline Med Surg. 2011 ; 13 :

259-65.

■ Higgins MA et coll. B-cell lymphoma in the

peripheral nerves of a cat. Vet Pathol. 2008 ;

45 : 54-7.

■ Linzmann H et coll. A neurotropic lymphoma

inthe brachial plexus of a cat. J Feline Med Surg.

2009 ; 11 : 522-4.

■ Mellanby RJ et coll. Magnetic resonance

imaging in the diagnosis of lymphoma

involving the brachial plexus in a cat. Vet Radiol

Ultrasound. 2003 ; 44 : 522–5.

■ Vail DM et MacEwen EG. Feline lymphoma

and leukemias. In : Withrow SJ, MacEwen EG,

eds. Small Animal Clinical Oncology. 3rd ed.

Philadelphia : WB Saunders, 2001: 590–611.

G. Gory 1 , J. Couturier 1 , L. Couturier 1 ,

C. Fournel-Fleury 2 , D. Rault 1

1. Centre Azurvet

F-06800 CAGNES-SUR-MER

2. Vetagro Sup, Campus Vétérinaire de

Lyon - F-69280 MARCY-L’ÉTOILE

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CONGRÈS NATIONAL AFVAC 2012 AVEC LES JOURNÉES DU SNVEL

30 NOVEMBRE AU 2 DÉCEMBRE 2012 - CNIT LA DÉFENSE

ONCOLOGIE

Tribune des Résidents et des Internes

Ostéosarcome appendiculaire chez un Dogue

allemand : bilan d’extension exhaustif et traitement palliatif

L’ostéosarcome appendiculaire est le type tumoral

osseux primaire le plus fréquent chez le Chien, affectant

préférentiellement les grandes races et races géantes.

Déclaration publique d’intérêts :

néant.

L

a tumeur, principalement localisée

à la métaphyse des os longs et

souvent associée à l’apparition de boiterie,

est agressive localement et présente

une dissémination métastatique rapide

classiquement aux poumons. L’amputation

associée à la chimiothérapie est le

traitement de choix en cas d’absence de

métastase détectée.

Le cas présent illustre l’importance d’un

bilan d’extension exhaustif dans la décision

thérapeutique, présente des outils

diagnostiques pour le réaliser et propose

une alternative thérapeutique en cas de

bilan d’extension défavorable.

Une chienne Dogue allemand stérilisée

de 8 ans est présentée pour une boiterie

du membre postérieur droit, intermittente

avec appui, d’apparition progressive,

évoluant depuis 3 mois.

Photo 1 : Examen radiographique du genou droit.

Lésion mono-ostéotique agressive, mixte, à

dominante lytique, centrée sur la métaphyse distale

du fémur. Image très évocatrice de tumeur primitive

du squelette appendiculaire (forte suspicion

d’ostéosarcome).

© Centre de Cancérologie Vétérinaire - F-94700 MAISONS-ALFORT

© Centre de Cancérologie Vétérinaire - F-94700 MAISONS-ALFORT

Photo 2 : Examen scintigraphique du corps entier (image de gauche) montrant une captation anormale en

région radio-ulnaire distale droite, compatible dans le contexte présent avec une métastase osseuse. L’examen

tomodensitométrique de cette région (reformatage dans le plan longitudinal de l’ulna et reconstruction 3D,

images au centre et de droite) révèle une lésion ostéolytique de la diaphyse distale de l’ulna droit confortant la

suspicion de métastase.

■ L’examen clinique et orthopédique

met en évidence une douleur à la palpation

du genou droit sans autre anomalie.

Une tumeur osseuse primitive est suspectée.

■ La visualisation à la radiographie

d’une lésion mono-ostéotique agressive,

mixte, à dominante lytique, centrée

sur la métaphyse distale du fémur droit

conforte l’hypothèse (PHOTO 1).

■ Un examen tomodensitométrique

du thorax ne montre pas de métastase

pulmonaire.

■ Un examen scintigraphique osseux

du corps entier révèle, outre une importante

captation fémorale distale droite,

un site de captation anormale en région

radio-ulnaire distale droite.

La lésion à l’origine de cette image anormale

est caractérisée par un examen

tomodensitométrique identifiant une

lésion ostéolytique de la diaphyse ulnaire

(PHOTO 2).

■ Un examen cytologique réalisé sur

ponctions scanoguidées de ce site montre

une population atypique de cellules fusiformes

d’allure mésenchymateuse permettant

de conclure à l’évolution d’un

sarcome.

En raison de la métastase osseuse, le

plan thérapeutique exclut l’amputation

et associe un protocole de chimiothérapie

à base de carboplatine (300 mg/m 2

IV toutes les 4 semaines), et des séances

de radiothérapie ciblée sur les deux sites

tumoraux (hypofractionnement à raison

de 4 séances de 10 grays sur 4 semaines).

Une rémission clinique est observée rapidement.

Cinq mois après le début du traitement,

une réapparition de la boiterie du

membre postérieur droit est rapportée

associée à l’apparition d’une douleur

dorsale intense et aiguë.

L’examen scintigraphique met en évidence

une captation moindre des deux

sites traités par radiothérapie, mais deux

nouveaux sites de captation anormale

sur les vertèbres T9 et T10.

Un examen tomodensitométrique

montre une stabilisation de la lésion

ulnaire, une majoration de l’ostéolyse fémorale

et la présence d’une lésion mixte

lytique et proliférative des processus épineux

de T9 et T10 compatible avec un

nouveau site de métastase (PHOTO 3).

PratiqueVet - Supplément électronique du n° 102 - Mars 2013

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CONGRÈS NATIONAL AFVAC 2012 AVEC LES JOURNÉES DU SNVEL

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Tribune des Résidents et des Internes

© Centre de Cancérologie Vétérinaire - F-94700 MAISONS-ALFORT

Photo 3 : Examen scintigraphique de contrôle du corps entier (images de gauche) montrant une captation très

marquée des vertèbres T9 et T10, en faveur dans le contexte présent d’une infiltration osseuse métastatique.

L’examen tomodensitométrique de cette région (coupes natives, reformatage dans le plan sagittal et reconstruction

3D, images au centre et de droite) révèle une lésion mixte, lytique et proliférative, évocatrice de métastase.

Aucune lésion pulmonaire n’est identifiée.

Une unique séance de radiothérapie

est réalisée ciblée sur les sites tumoraux

fémoral et vertébraux. Le protocole de

chimiothérapie est poursuivi pendant

3 mois. La dégradation clinique de la

chienne a alors conduit à son euthanasie.

Le cas présent illustre l’importance de

la réalisation d’un bilan d’extension exhaustif

face à une forte suspicion d’ostéosarcome

appendiculaire.

En l’absence de scintigraphie, une amputation

du membre postérieur droit aurait

été proposée, a posteriori par excès, sur

la foi d’un bilan d’extension pulmonaire

satisfaisant et en l’absence de suspicion

d’une autre lésion osseuse. Le tissu

osseux est le second site de métastases

(entre 5 et 25 % des cas).

Dans certaines publications, la fréquence

des métastases osseuses est supérieure à

celle des métastases pulmonaires et peut

survenir en l’absence de celles-ci décelables,

comme ici.

La scintigraphie est l’examen de choix

pour la recherche de métastases osseuses

occultes en raison de sa forte sensibilité

et de la possibilité d’effectuer des examens

du corps entier. La caractérisation

de la captation osseuse anormale par un

autre examen d’imagerie est en revanche

indispensable.

Ici, la mise en évidence d’une lésion ostéolytique

par examen tomodensitométrique

confrontée aux conclusions de la

cytologie (examen simple, informatif au

diagnostic, avec une sensibilité évaluée à

65 % sur la tumeur primitive) nous permet

d’être confiants sur le diagnostic de

métastase osseuse.

Ce bilan d’extension a justifié le traitement

palliatif instauré. La radiothérapie

semblait pertinente du fait de ses effets

algique, cytotoxique et de consolidation

osseuse.

En association au carboplatine, molécule

la plus largement utilisée lors d’ostéosarcome,

elle a autorisé une rémission clinique

de plusieurs mois.

>>À LIRE...

■ Cruz R et coll. Radiography, 99mTc–HDP,

and 111 In Labeled Vitamin B12 SPECT of Canine

Osteosarcoma : A Comparative Study. J Am

Anim Hosp Assoc. 2011 ; 47 : 229-35.

■ Davis GJ et coll. Comparison of radiography,

computed tomography, and magnetic

resonance imaging for evaluation of

appendicular osteosarcoma in dogs. J Am Vet

Med Assoc. 2002 ; 220 : 1171-6.

■ SAAM D et coll. Predictors of outcome in

dogs treated with adjuvant carboplatin for

appendicular osteosarcoma : 65 cases (1996-

2006). J Am Vet Med Assoc. 2011 ; 328 : 195-

206.

M. Vagney 2 , F. Delisle 1 , P. Devauchelle 1 , V. Prenat 3 , P. De Fornel Thibaud 1

1. Centre de Cancérologie Vétérinaire - F-94700 MAISONS-ALFORT

2. Centre Hospitalier Universitaire, Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort -

F-94700 MAISONS-ALFORT

3. Clinique vétérinaire du Lion - F-83210 SOLLIES PONT

PRATIQUEvet

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ISSN 2265-4534 AIP 0000829

Dépôt légal 1 er trimestre 2013

12 PratiqueVet - Supplément électronique du n° 102 - Mars 2013


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