Regards sur la Wallonie 2013 - Conseil économique et social de la ...

cesw.be

Regards sur la Wallonie 2013 - Conseil économique et social de la ...

xxx

Regards

sur la Wallonie

Edition 2013


CESW

Conseil économique

et social de Wallonie

Le CESW

Organe régional de consultation et de

concertation, le Conseil économique et

social de Wallonie est souvent qualifié

de «Parlement social» de la Wallonie.

Composé de manière paritaire, le CESW

réunit les interlocuteurs sociaux

wallons, à savoir les représentants :

> des organisations patronales (Union

wallonne des Entreprises, Entente

wallonne des Classes moyennes,

Union francophone des Entreprises

non-marchandes, Fédération

wallonne de l’Agriculture);

> des organisations syndicales (Comité

régional wallon de la CSC, Interrégionale

wallonne de la FGTB, Centrale

générale des syndicats libéraux de

Belgique).

xxx

Regards

sur la Wallonie

Edition 2013

REGARDS SUR LA WALLONIE

EDITION 2013

EST TÉLÉCHARGEABLE

SUR LE SITE

WWW.CESW.BE

Le CESW exerce les missions qui lui ont

été confiées par le décret de 1983 à

savoir:

> une mission d’études, d’avis et de

recommandations sur toutes les

matières de compétence régionale

ainsi que celles ayant une incidence

sur la vie économique et sociale de la

Région wallonne ;

> une mission d’organisation de la

concertation entre le Gouvernement

et les interlocuteurs sociaux wallons ;

> le secrétariat des commissions et

conseils consultatifs.

En savoir plus sur le CESW :

www.cesw.be

CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013 2


Le Comité

d’accompagnement

Le Comité d’accompagnement de ce

rapport, constitué par le Bureau du

CESW, comprend un représentant de

chaque organisation constitutive du

CESW, ainsi que les membres du

Collège de direction.

Ont ainsi fait partie du Comité d’accompagnement

pour cette édition :

M. Yvan HAYEZ – FWA

M. Charles ISTASSE – EWCM

M. Michel MATHY – FGTB

M. Didier PAQUOT – UWE

M. Muriel RUOL – CSC

M. Jean-Pierre DAWANCE, Secrétaire

général

MM. Pierre GILISSEN et Luc SIMAR,

Secrétaires généraux adjoints

Remerciements

Les auteurs remercient toutes les

personnes ayant contribué, par leurs

conseils et leur aide, à la réalisation de

Regards sur la Wallonie 2013 et

notamment :

• Les membres du Comité

d’accompagnement pour leur guidance

et contributions à la définition des

orientations de cette publication ;

• M. Francis CARNOY, Directeur général

de la Confédération de la Construction

wallonne ;

• M. Frédéric DEGBOMONT, DGO3 -

SPW, Département de l’Environnement

et de l’Eau, Direction des Outils

financiers ;

• M. Jean-Paul DUPREZ, IWEPS ;

• M. André GUNS, Agence wallonne de

l’Air et du Climat ;

• Mme Isabelle HIGUET, Agence

wallonne de l’Air et du Climat ;

• M. Jean-Pierre MARCELLE, Directeur

général du service Investissements

étrangers, AWEX

• M. Pierre NINANE, Attaché à la DGO6-

Recherche (SPW) ;

• M. Hugues NOLLEVAUX, DG04 - SPW,

Département de l’Energie et du

Bâtiment durable, Direction de la

Promotion de l’Energie durable ;

• Mme Isabelle PIERRE, Directrice à la

DGO6-Recherche (SPW) ;

• Mme Sophie ROLAND, Attachée à la

DGO6-Recherche ;

• Mme Anne-Marie HAMERS

• Mmes Yasmine HIJAZI, Mireille

BEGON, Coralie RIGO et Patricia VELLA,

Secrétaires administratives au CESW

• Mme Nathalie BLANCHART,

Responsable Communication du CESW

Sans oublier toutes les personnes qui ne

sont pas citées ici, mais sans lesquelles

ce rapport n’aurait pas pu paraître.

Ce rapport

a été élaboré par

Philippe Boveroux

Rudi Claudot

Jean Pierre Dawance

Anne Debras

Frédérique Debrule

Nathalie Delbrassinne

Fabienne Dideberg

Claude Gontier

Dominique Graitson

Bernard Jockin

Véronique Kaiser

Luc Simar

Séverine Uhoda

3 CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013


Regards

sur la Wallonie - Edition 2013

Avant-propos

Depuis de nombreuses années, le Conseil

économique et social de Wallonie, publie

un rapport sur la situation économique

et sociale de la Wallonie. Au fil du temps, cette

publication s’est transformée : d’un volumineux

rapport qui visait – sans pouvoir l’atteindre –

l’exhaustivité, elle s’est voulue plus synthétique,

plus ciblée, de manière à mettre en exergue les éléments

d’analyse qui apparaissent essentiels aux

yeux des interlocuteurs sociaux wallons.

Pour la quatrième année consécutive, «Regards

sur la Wallonie» comporte deux parties.

La première partie, qui s’inscrit dans la tradition

de notre publication, est un parcours macroéconomique

qui vise à présenter les grands indicateurs

et qui permet, année après année, de suivre

les évolutions économiques, sociales et environnementales,

en Wallonie et par comparaison avec

le reste du monde.

CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013 4


La seconde partie se veut davantage ancrée sur

l’actualité. De la sorte, les éditions 2011 et 2012

étaient consacrées aux réformes institutionnelles

(2011) et aux transferts de compétence (2012).

Cette édition 2013 renoue avec la démarche de

2010, qui s’était penchée sur des éléments d’analyse

de la crise économique subséquente à la crise

financière de 2008-2009. Il y a trois ans, la

Wallonie apparaissait comme une région qui s’en

sortait plutôt bien comparativement à d’autres

régions. En outre, le sentiment général était que

le pire était derrière nous.

Qu’en est-il trois ans plus tard ? Ce constat est-il

toujours de mise alors que l’on remarque un

certain sentiment d’enlisement dans une grande

crise européenne ? Sans vouloir, ni pouvoir – car

il est bien trop tôt – répondre à de pareilles questions,

l’objectif de ce travail est de fournir des éléments

d’analyse et de réflexion qui permettent

au lecteur de se forger une opinion et d’aider au

mieux – c’est bien le rôle du Conseil – à la prise de

bonnes décisions.

Enfin, qu’il me soit permis, dans cet avant-propos,

de remercier toute l’équipe du Conseil qui s’est

attelée à la collecte d’informations, leur analyse,

leur structuration et à la rédaction de ce texte de

même que les membres du Comité d’accompagnement

pour leurs remarques judicieuses.

Jean Pierre Dawance

Secrétaire général

5 CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013


CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013 6


Première

partie

Introduction

socio-économique

7 CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013


Introduction

La première partie de l’édition 2013 de

«Regards sur la Wallonie» a pour ambition

de présenter de manière condensée

mais précise les dernières statistiques officielles

concernant la Wallonie dans les domaines de l’économie,

de l’emploi et de la formation, de l’environnement,

de la démographie et des finances

publiques.

Dans le volet économique, sont présentés les indicateurs

relatifs à la croissance économique, aux

créations d’entreprises, aux exportations, aux

investissements régionaux et en provenance de

l’étranger, à l’innovation et à la simplification

administrative.

CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013 8


Le volet emploi et formation se concentre d’une

part, sur le marché de l’emploi (population active,

emploi, chômage et demande d’emploi) et son évolution

et, d’autre part, sur le rôle fondamental

que revêtent l’éducation et la formation notamment

sur la compétitivité, l’innovation, l’attractivité

et la croissance d’une région.

La partie consacrée à l’environnement détaille les

derniers chiffres relatifs aux émissions de gaz à

effet de serre, aux particules, aux substances acidifiantes

et à l’eau puis présente une comparaison

des prix de l’électricité et du gaz de la Belgique par

rapport à l’Allemagne, la France, les Pays-Bas et

le Royaume-Uni.

Le volet démographique aborde successivement

les derniers chiffres de mouvements de population,

d’espérance de vie, d’indicateurs relatifs au vieillissement

ainsi que les dernières perspectives de

population établies par le Bureau du Plan.

Enfin, le lecteur trouvera dans le dernier volet de

cette première partie les derniers éléments relatifs

aux finances publiques de la Belgique et de la

Wallonie.

9 CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013


1

Economie

ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE

Un des indicateurs couramment utilisé pour comparer

les performances économiques de deux pays

ou de deux régions est le PIB par habitant(PIB/hab).

Calculé en standards de pouvoir d’achat (SPA) pour

tenir compte des différences de prix d’un territoire

à l’autre, cet indicateur renseigne sur le niveau

d’activité économique (de richesse) généré par

chaque habitant sur un territoire déterminé.

En 2011, le PIB/hab. wallon s’élevait à un peu plus

de 22.000 e (SPA) (environ 88% de la moyenne

européenne des 27). Cet indicateur, qui n’a cessé de

se dégrader par rapport à la moyenne européenne

des 27 jusqu’en 2007, progresse légèrement depuis

lors. Cette amélioration résulte essentiellement du

fait que la Wallonie a, en moyenne, mieux résisté

que les autres pays européens à la crise économique

de 2009 et à la période de ralentissement

économique qui s’en est suivi.

CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013 10


PIB/HAB (SPA) (UE27=100)

140

120

100

80

60

40

20

0

2006 2007 2008 2009 2010 2011

Source : Eurostat, calculs CESW

Wallonie

Belgique

CROISSANCE DU PIB (EN VOLUME)

140

4,0%

120

3,0%

100

2,0%

80

60

40

20

Variation annelle (en %)

1,0%

0,0%

-1,0%

-2,0%

2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012p 2013p

-3,0%

0

-4,0% 2006 2007 2008 2009 2010 2011

-5,0%

Wallonie

Belgique

UE27 Wallonie Belgique

Source : ICN, IWEPS

11 CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013


Après avoir enregistré un repli de 2,9% en 2009,

l’activité économique wallonne a rapidement repris

le chemin de la croissance (+3%) en 2010. Selon

l’Institut des Comptes Nationaux, la croissance économique

de 2010, plus vigoureuse en Wallonie que

dans les autres régions du pays, a été principalement

soutenue par deux secteurs industriels (la pharmacie,

et dans une moindre mesure, la métallurgie)

et par quatre branches du secteur des services

(les activités financières et d’assurance, les activités

immobilières, les télécommunications et les

activités de services administratifs).

En 2011, l’économie wallonne a plus faiblement progressé

(+2,3%) qu’en 2010. Le secteur industriel,

bien que largement soutenu par la branche métallurgique,

a beaucoup moins contribué à la croissance

économique de la Wallonie qu’en 2010 en

raison, entre autres, du recul de plus de 10% des activités

de l’industrie pharmaceutique wallonne. Les

branches d’activités du secteur des services qui

auront le plus contribué à la croissance économique

de la Wallonie en 2011 sont, à l’exception de la

branche des activités financières et d’assurance,

les mêmes que celles de 2010. 2011 est une excellente

année pour le secteur de la construction dont

les activités progressent d’environ 8% par rapport

à l’année précédente.

Malheureusement, l’embellie conjoncturelle n’aura

été que temporaire puisque l’on s’attend en Wallonie,

pour 2012, à une année de récession économique

(-0,2%). Le retour à une croissance économique

très légèrement positive est attendu pour

2013. Le seul constat positif pouvant être retenu

dans ce climat morose est que la Wallonie résiste

mieux que la moyenne de la zone euro au ralentissement

économique généralisé en Europe.

ELÉMENTS ÉCONOMIQUES DU

DYNAMISME WALLON

Plus positivement, la Wallonie attire toujours autant

les sociétés des autres régions du pays puisqu’elles

ont été pratiquement 1.100 à s’implanter en Wallonie

en 2012 (chiffre stable depuis 8 ans).

Toutefois, 2011 et 2012 auront été deux années très

difficiles pour la Wallonie puisqu’avec respectivement

1.759 et 1.697 dossiers de faillite, le record

observé de 1.678 dossiers de faillite en 2009 a été

dépassé.

LES EXPORTATIONS

Tendances générales

Le montant des exportations wallonnes s’élève au

premier semestre 2012 à 22,9 milliards €. Comparées

aux six premiers mois de 2011, elles enregistrent

un recul de 4,7% (hors transit de gaz naturel

sur le sol wallon). Ceci constitue le plus important

repli semestriel du commerce extérieur wallon

depuis le recul historique observé au second

semestre de 2009 (-8,2%). Ces performances sont

largement influencées par la détérioration généralisée

de la conjoncture européenne. Environ 78% des

exportations de la Wallonie s’effectuent en effet vers

les pays de l’Europe des 27.

Contrairement à l’habitude, la croissance des livraisons

extérieures des entreprises wallonnes se situe

bien en deçà (-4,7%) de celles qui ont prévalu durant

les six premiers mois de 2012 pour les principaux

partenaires commerciaux de la Wallonie (Allemagne,

Pays-Bas, France). La Wallonie se positionne en effet

en dessous des résultats des Pays-Bas (+5,5%), de

l’Allemagne (+4,8%), de l’UE15 (+3,7%), de la France

(+3,0%) et de la Flandre (+1,1%). Sur une plus longue

période toutefois, de 1996 à 2012, les performances

extérieures de la Wallonie (+6,6%) reprennent de la

couleur puisque la Wallonie n’est plus devancée

que par l’Allemagne (+7,1%) et les Pays-Bas (+7,0%).

LA CRÉATION D’ENTREPRISES

Entre 2000 et 2012, le nombre de sociétés commerciales

exerçant une activité sur le territoire wallon

est passé d’un peu plus de 70.000 unités à 97.000

unités. Cette progression importante du nombre

de sociétés commerciales est cependant légèrement

moins rapide en Wallonie (de l’ordre de 2,7%

en moyenne chaque année sur la période 2000-

2012) qu’en Flandre (3,1%).

Au niveau des créations de sociétés commerciales,

l’année 2012 a été fort peu dynamique en Wallonie.

En effet, environ 3.900 créations de sociétés exnihilo

ont été constatées en 2012, contre plus de

5.000 unités en moyenne les années antérieures.

CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013 12


EXPORTATIONS DE MARCHANDISES DE LA WALLONIE ET DE SES PRINCIPAUX PARTENAIRES

COMMERCIAUX

25,0%

20,0%

Variation annuelle en %

15,0%

10,0%

5,0%

0,0%

-5,0%

-10,0%

2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 (6 mois)

-15,0%

-20,0%

-25,0%

Wallonie Flandre UE15 Allemagne Pays-Bas France

Source : Banque Nationale de Belgique, Eurostat, Direction Générale des Douanes de France, Statistisches Bundesamt Deutschland et Centraal Bureau voor de Statistiek

Tendances géographiques

Les exportations wallonnes vers les marchés « hors

UE27 », qui représentent un peu plus de 21% du

total des exportations, ont régressé plus vite (-9,0%)

que celles à destination de l’UE27 (-3,4%) au cours

des six premiers mois de 2012. Cette diminution

d’activités vers les destinations de la grande exportation

masque des résultats divergents selon les

destinations géographiques.

Ainsi, les six premiers mois de 2012 ont été très

profitables pour les exportations wallonnes vers

l’Afrique subsaharienne (+21,1%) et l’Afrique du

Nord (+29,2%). A l’opposé, les ventes wallonnes se

sont repliées en Amérique du Nord (-3,8%), en Amérique

latine (-5,6%), en Extrême-Orient (-13,0%), en

Europe centrale et orientale (-27,9%) et en Océanie

(-35,3%). Les effets positifs attendus de la dépréciation

de l’euro face au dollar depuis la mi-2011

semblent donc ne pas s’être matérialisés dans la

dynamique wallonne à la grande exportation.

Concernant les ventes à destination des principaux

partenaires commerciaux de la Wallonie, elles n’augmentent

que vers l’Allemagne durant les six premiers

mois de 2012 (+7,3%). Les reculs des ventes

vers la France et les Pays-Bas s’élèvent respectivement

à -9,2% et -1,9%. Les exportations wallonnes

vers le Luxembourg ont pour leur part fortement

diminué durant la même période (-24,8%). Point

positif : les ventes wallonnes à destination de l’Italie

et de la Grande-Bretagne (qui comptent ensemble

pour un peu plus de 11% du total du commerce

extérieur wallon) ont augmenté respectivement de

6,8% et 9,2%.

Enfin, les exportations de marchandises des entreprises

wallonnes vers les BRICS (Brésil, Russie,

Inde, Chine et Afrique du sud) ont enregistré un

recul sévère durant les six premiers mois de 2012

(-13,4%). Cette perte de part de marché constitue

une réelle contre-performance pour la Wallonie

dans la mesure où les entreprises de l’UE15 ont vu

en moyenne leurs ventes augmenter d’environ 10%

vers les BRICS durant la même période.

Tendances sectorielles

A quelques rares exceptions près, la plupart des

secteurs d’activité ont été affectés par le ralentissement

du commerce mondial. Parmi les secteurs

d’exportation les plus importants en Wallonie, les

plus durement touchés au premier semestre de

2012 par l’affaiblissement de l’activité industrielle

sont les métaux et ouvrages en ces métaux (-15,1%),

les matières plastiques et caoutchouc (-10,2%), les

produits minéraux (-10,0%) et le matériel de transport

(-7,6%), suivis dans une moindre mesure par les

machines et équipements mécaniques et électroniques

(-4,6%) et les produits des industries chimiques

(-4,5%). Les moindres performances à l’exportation

de l’industrie chimique, qui compte pour

près de 28% du total des exportations de marchandises

wallonnes au premier semestre de 2012,

sont principalement imputables à la décroissance

sensible des ventes de produits chimiques de base

(-11,5%) puisque les exportations wallonnes de produits

pharmaceutiques ne diminuent que très légèrement

(-0,7%).

13 CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013


LES INVESTISSEMENTS

Investissements wallons

Selon les statistiques issues des déclarations à la

TVA, après avoir fortement chuté en 2009, les investissements

des entreprises en Wallonie ont connu

un redressement progressif durant l’année 2010 et

les premiers mois de 2011 avant de marquer un

coup d’arrêt brutal. Sur base annuelle, ils ne

devraient que très légèrement augmenter en 2012,

de l’ordre de 0,3%. L’amplitude du recul des investissements

réalisés par les entreprises en Wallonie

serait beaucoup plus sérieux en 2013 (-1,6%).

L’IWEPS estime à ce sujet que les conditions de

financement restrictives et l’absence de tension sur

l’appareil productif, que traduisent de faibles taux

d’utilisation des capacités de production, offriraient

peu d’incitants à la création de nouvelles capacités

de production. Toujours selon l’IWEPS, les résultats

des enquêtes semestrielles laissent à penser

que les projets d’investissements que les industriels

persistent à envisager devraient être reportés

à la fin de l’année 2013, voire en 2014.

Investissements étrangers

Sur le front de l’investissement étranger, 2011 a été

une année exceptionnelle en termes d’attractivité

en Wallonie. En dépit du ralentissement économique

généralisé au niveau mondial qui a handicapé

fortement la croissance des activités dans le secteur

industriel sur son territoire, la Wallonie a su tirer

son épingle du jeu et a attiré sur son territoire en 2012

pas moins de 756 millions € de projets d’investissements

étrangers (soit 92 dossiers aboutis pour

1.719 emplois directs attendus). Un peu plus de 56%

des montants investis concernent de nouveaux projets

d’investissements, le solde étant dévolu à des

investissements dits d’extension de capacités.

Sur le plan de la provenance géographique de ces

investissements, l’Italie arrive en première position

(181 millions € et 608 emplois attendus), suivie des

USA (109 millions € et 175 emplois attendus) et de

la France (80 millions € et 122 emplois attendus). La

Flandre a également développé divers projets de

taille en Wallonie puisqu’elle y a investi un peu plus

de 110 millions € pour un emploi attendu d’environ

240 personnes.

CROISSANCE DES INVESTISSEMENTS DES ENTREPRISES EN WALLONIE

(VARIATIONS À UN AN D'ÉCART)

25

20

15

10

(%)

5

0

-5

-10

-15

2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012

Source : ICN, DGSIE - Calculs IWEPS (estimations TVA)

CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013 14


INVESTISSEMENTS ÉTRANGERS EN WALLONIE

3.000

1,8

1,6

2.500

25

1,4

Emplois attendus

2.000

1.500

1.000

500

0

(%)

20

15

10

5

0

-5

-10

-15

2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012

2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012

1,2

1

0,8

0,6

0,4

0,2

0

Montants (en milliards €)

Source : AWEX

Montants

Emplois

Au niveau des secteurs d’activités, ceux qui ont

attiré le plus d’investissements étrangers en Wallonie

en 2012 sont :

la construction (26%)

• l’agroalimentaire (23%)

• les sciences du vivant (8%)

• le secteur des “Mecatech” (7%)

la chimie (7%)

• les technologies de l’information

et de la communication (7%)

Si le montant investi par dossier reste significatif en

2012 (environ 8 millions € par dossier), le nombre

d’emplois attendus par dossier (19 en 2012) est en

nette diminution par rapport à l’année antérieure (26

emplois attendus par dossier). Selon l’AWEX, ce

chiffre en diminution témoigne une fois de plus de

l’impact de la crise internationale sur les capacités

à investir au niveau international.

L’INNOVATION

L’innovation est le facteur-clé qui doit permettre à

une région comme la Wallonie de réussir son redéploiement

économique et de créer des emplois

durables et de qualité. C’est grâce à la création de

nouveaux produits et services, à l’amélioration de

ceux qui existent déjà, à la mise au point de nouveaux

procédés ou de nouveaux modes d’organisation,

plus efficients, que notre économie parviendra

à se différencier de ses concurrents et à

occuper des positions fortes dans des domaines

d’avenir.

Le taux d’innovation

En Wallonie, 57,6% des entreprises développent des

activités innovantes en 2010, ce qui est supérieur à

la moyenne européenne (qui s’élève à 52,9%) mais

inférieur à la moyenne belge (qui est de 60,9%). Un

effet de taille important est observé : le taux d’innovation

en Wallonie atteint 86,8% dans les entreprises

de plus de 250 travailleurs, 71,1% dans les

entreprises de 50 à 249 travailleurs et 50,9 % dans

les entreprises plus petites. Les entreprises manufacturières

sont plus innovantes que les entreprises

du secteur des services, surtout dans la catégorie

des grandes entreprises.

15 CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013


ENTREPRISES AYANT DES ACTIVITÉS D’INNOVATION, PAR CLASSE DE TAILLE, EN WALLONIE,

EN BELGIQUE ET DANS L’UE-27 (% DU NOMBRE TOTAL D’ENTREPRISES)

100

90

80

70

60

50

40

30

20

10

0

2008 2010 2008 2010 2008 2010

Wallonie Belgique UE-27

10-49 travailleurs 50-249 travailleurs 250 travailleurs et plus Toutes entreprises

Source : Service public de Wallonie – DGO6 – Département de la Gestion financière

Le pourcentage d’entreprises wallonnes réalisant

des innovations technologiques est de 45,8% en

2010 contre 51,6% pour l’ensemble du pays. Cet

écart est observé tant dans l’industrie que dans les

services. Le taux d’innovation technologique est

particulièrement élevé dans les moyennes entreprises

et les grandes entreprises de l’industrie manufacturière,

où il atteint respectivement 59,2% et

82,2% en Wallonie. Il est plus faible dans les petites

entreprises du secteur manufacturier et dans les

services.

Environ 46% des entreprises wallonnes ont réalisé

des innovations organisationnelles et/ou de marketing

en 2010, ce qui est supérieur au score affiché

par l’ensemble du pays (43%) et par l’UE-27 (40,8%).

Les entreprises moyennes et surtout les grandes

entreprises développent relativement plus ce type

d’innovation que les entreprises de petite taille.

Aucune différence notoire n’est observée entre le

secteur manufacturier et le secteur des services,

sauf pour ce qui concerne les grandes entreprises

qui sont plus innovantes dans la manufacture. Les

innovations organisationnelles sont plus répandues

(39,1% des entreprises wallonnes) que les

innovations de marketing (26,3% des entreprises

wallonnes).

Les objectifs les plus fréquemment poursuivis en

matière d’innovation organisationnelle sont l’amélioration

de la qualité des biens ou services (62,7%

des entreprises concernées) et la réduction des

coûts (56% des entreprises concernées).

L’impact de l’innovation sur l’activité économique

En Wallonie, la part des industries manufacturières

High Tech (HT) et Medium High Tech (MHT) (1) dans

la valeur ajoutée totale oscille entre 6,2% et 6,6%

entre 2003 et 2008 et connaît une diminution en

2009 et 2010, années au cours desquelles elle s’élève

seulement à 6,0%. Ce taux est supérieur au score

affiché par les autres régions belges et légèrement

inférieur à la moyenne européenne. En termes d’emploi,

la situation wallonne est moins favorable. En

effet, 4,3% des travailleurs wallons étaient occupés

dans des branches manufacturières HT et MHT en

2011, contre 5,2% dans l’ensemble du pays et 5,6%

dans l’Europe des 27.

La part des services High Tech à haute intensité de

connaissance dans la valeur ajoutée est plus ou

moins constante entre 2003 et 2009 en Wallonie.

L’importance relative de ces activités dans la création

de richesse est toutefois plus faible en Wallonie

que dans le reste du pays – ce qui est principalement

lié aux bonnes performances de la région

de Bruxelles-capitale – et que dans l’UE-27. La part

des services HT dans l’emploi en Wallonie augmente

légèrement au cours des dernières années.

Elle s’élève à 3,0% en 2011 ce qui est inférieur à la

moyenne belge (3,3%) et supérieur à celle de

l’UE-27 (2,7%).

Cependant, l’impact de l’innovation sur l’activité

économique ne peut pas être évalué uniquement à

l’aune des performances des secteurs High Tech et

Medium High Tech. En effet, des démarches

CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013 16


innovantes sont également développées dans des

secteurs plus traditionnels et peuvent donner lieu

à une création de richesse importante. Malheureusement,

peu de données permettent de mesurer ce

phénomène. On notera néanmoins que les ventes

de produits nouveaux pour l’entreprise et nouveaux

pour le marché représentent respectivement 5,5%

et 4,7% du chiffre d’affaires des entreprises wallonnes

en 2010. Pour l’ensemble du pays, ces taux

atteignent 6,4% et 6,0% et pour l’UE-27, ils s’élèvent

à 8,3% et 4,9% (données de 2008). Même si ces

chiffres ne permettent pas de porter une appréciation

sur le degré d’originalité des activités concernées,

ils donnent à penser que la Wallonie accuse

un léger retard en matière de valorisation des activités

d’innovation.

LA SIMPLIFICATION ADMINISTRATIVE

La simplification administrative constitue aussi un

facteur clef pour plus de croissance, d’emploi et de

compétitivité. C’est en outre un élément essentiel

destiné à renforcer l’attractivité de la Wallonie pour

les investisseurs. Ces dernières années, la prise de

conscience de ce fait s’est intensifiée et généralisée

à tous les niveaux politiques. A travers le Small

Business Act (SBA), par exemple, la Commission

européenne a mis en œuvre une série d’initiatives

législatives et non législatives dans le but de soutenir

le développement des PME ; la simplification

administrative y trouve évidemment une place privilégiée.

Début 2012, la Wallonie s’est employée à

formaliser une déclinaison wallonne du SBA dans

laquelle la dimension de la simplification administrative

passe, entre autres, par différentes priorités

du plan «Ensemble Simplifions 2010-2014» initié

par les Gouvernements wallon et de la Fédération

Wallonie-Bruxelles. On retiendra de la dernière évaluation

du plan «Ensemble Simplifions 2010-2014»

les éléments positifs suivants :

Principe de confiance et réduction des charges

administratives

Les modalités pratiques et les conditions de mise

en œuvre du principe de confiance ont été définies

dans une circulaire (pour rappel, ce principe consiste

à exonérer l’usager de la transmission d’informations

au moment de l’introduction d’une demande,

sans préjudice d’un contrôle ultérieur). Une vingtaine

de dispositifs pilotes ont été sélectionnés afin

de s’assurer de la mise en œuvre du principe de

confiance sous l’angle de l’opportunité, de la faisabilité

et de la maîtrise du risque.

En 2009, le Gouvernement wallon s’est inscrit dans

les objectifs fixés au niveau européen de réduction

des charges administratives de 25% pour 2012. Afin

de répondre à cet objectif, il a décidé d’appliquer la

méthode Standard Cost Model (SCM) à toute une

série de dispositifs, méthode qui a pour objet de

mesurer les charges administratives générées par

les réglementations et les procédures ainsi que de

dresser la liste des pistes envisageables de simplification

administrative. Au total, ces différentes

études SCM ont identifié des chantiers de simplification

pouvant entraîner une réduction des charges

administratives d’environ 5 millions €. Fin 2012, le

Gouvernement wallon a décidé d’internaliser les

compétences nécessaires à la mise en œuvre de

l’analyse SCM afin de l’appliquer de manière plus

étendue.

Amélioration des délais de paiement en Wallonie

L’amélioration des délais de paiement constatée en

2010 et 2011 se confirme même si l’objectif d’un

lai de paiement de 30 jours fixé dans la Directive

européenne 2000/35/CE n’est pas encore atteint.

Cette amélioration est due notamment à la mise en

œuvre du facturier au sein du Service public de

Wallonie. Pour les paiements par comptable extraordinaire

(concernant des montants peu élevés et

représentant plus de 50 % du volume des factures

annuelles), durant les premiers mois de 2012, le

lai de paiement moyen a été de 34 jours à dater

de l’émission de la facture. Pour rappel, en 2010, ce

lai était de 55,5 jours et, en 2011, de 42,3 jours.

Quant aux paiements par ordonnancement, leurs

lais d’exécution ont été en moyenne de 61 jours

à dater de l’émission de la facture alors qu’ils étaient

respectivement de 113 et de 79 jours en 2010 et 2011.

Retenons aussi que le Gouvernement wallon œuvre

actuellement à l’instauration d’une Banque Carrefour

Wallonie-Bruxelles et de sources authentiques

de données avec, comme objectif, de supprimer

l’obligation pour l’usager de fournir à l’Administration

des données dont elle dispose déjà.

(1) Selon Eurostat, les secteurs manufacturiers suivants sont considérés

comme High Tech ou Medium High Tech (Nace Rév.2) : industrie chimique

(Nace 20), industrie pharmaceutique (Nace 21), fabrication d’armes et de

munitions (Nace 25.4), fabrication de produits informatiques,

électroniques et optiques (Nace 26), fabrication d’équipements

électriques (Nace 27), fabrication de machines et équipements nca (Nace

28), industrie automobile (Nace 29), fabrication d’autres matériels de

transport (Nace 30 sauf Nace 30.1 – construction navale), fabrication

d’instruments et de fournitures à usage médical et dentaire (Nace 32.5).

17 CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013


2

Emploi et formation

MARCHÉ DE L’EMPLOI

LA POPULATION ACTIVE

Selon l’enquête 2011 sur les forces de travail, la

population wallonne (3.534.772 individus en

moyenne sur l’année) compte 2.325.909 personnes

de 15 à 64 ans considérées «en âge de travailler».

Parmi eux, certains ne sont cependant pas

disponibles pour travailler, par exemple les étudiants.

Ce sont finalement 1.464.693 personnes, formant

la «population active», qui se présentent sur

le marché du travail, soit 63,0% des 15 à 64 ans.

Parmi cette population active, 139.589 personnes,

soit 9,5%, sont au chômage, alors que 1.325.109

occupent un emploi. Cette population active occupée

représente 57,0% de la population «en âge de

travailler». Ces trois pourcentages forment respectivement

le «taux d’activité», le «taux de chômage

BIT» et le «taux d’emploi» (2).

Populaon en âge de travailler : 2.325.909

Taux d'acvité : 63,0%

Taux d'emploi : 57,0%

Populaon acve : 1.464.693

Taux de chômage BIT : 9,5%

Populaon acve occupée : 1.325.109 (ou

1.336.401 y compris + 65 ans)

Chômage BIT : 139.589

Source : SPF Economie - DGSIE - Enquête sur les forces du travail - moyenne annuelle 2011 - Calculs et schéma : IWEPS

CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013 18


LA STRATÉGIE EUROPÉENNE À L’HORIZON 2020

f

Déclinaison belge

de l’objectif

UE 2020

UE-27 Belgique Wallonie

2011 2011 2011

Taux d’emploi (20-64 ans) 73,2% 68,6% 67,3% 62,2%

Taux d’emploi des femmes (20-64 ans) 69,1% 62,2% 61,5% 55,8%

Taux d’emploi des travailleurs âgés

(55-64 ans) 50,0% 47,4% 38,7% 36,9%

Différence entre le taux d’emploi des Belges

et le taux d’emploi des citoyens non-UE (20-64 ans) < 16,5% 10,6% 27,7% 28,4%

Source : Eurostat – DGSIE – Enquête sur les forces de travail

Dans le cadre de la Stratégie UE 2020, il a été décidé

que 75% de la population européenne âgée de 20

à 64 ans devrait avoir un emploi. Cet objectif général

est décliné par Etat membre. Ainsi, le programme

national de réforme de la Belgique vise un taux

d’emploi global de 73,2% pour cette tranche d’âge.

Des sous-objectifs ont également été fixés concernant

le taux d’emploi des femmes de 20 à 64 ans,

celui des travailleurs âgés de 55 à 64 ans ou encore

la différence entre le taux d’emploi des Belges et

celui des citoyens non européens.

En 2011, les taux d’emploi wallons (par genre et

catégories d’âge) restent encore éloignés de la déclinaison

belge des objectifs européens.

L’EMPLOI

L’emploi intérieur comprend tous les emplois exercés

sur le territoire de la Wallonie, qu’ils soient occupés

par des personnes résidant en Wallonie ou non.

D’après les données provisoires publiées par l’Institut

des Comptes Nationaux, l’emploi intérieur en

Wallonie compte 1.225.374 personnes en 2011, dont

17,5% de travailleurs indépendants. Entre 2010 et

2011, il a progressé de 18.649 unités, soit + 1,5%. Le

secteur des activités de services administratifs et de

soutien présente le taux de croissance le plus élevé,

soit +6,2%.

L’emploi salarié résident comprend tous les emplois

exercés par des travailleurs salariés déclarés à

l’ONSS et résidant en Région wallonne, qu’ils travaillent

en Wallonie ou dans une autre région du

pays. Selon les estimations de l’ONSS, au 30 septembre

2012, 963.900 Wallons disposent d’un emploi

salarié, ce qui constitue un léger recul à un an d’écart

(-0,4%).

Par ailleurs, selon les données de l’INASTI, au 31

décembre 2011, la Wallonie compte 252.136 travailleurs

indépendants (hors aidants), à titre

principal pour une majorité (66,6%), à titre complémentaire

(24,8%) ou actifs après l’âge de la pension

(8,6%). On compte également 17.848 travailleurs

aidants affiliés à l’INASTI. Entre 2010 et 2011, le

nombre d’indépendants a augmenté de 4.555 unités

(soit + 1,8%), dont près de la moitié sont des

indépendants à titre complémentaire.

LE CHÔMAGE ET LA DEMANDE D’EMPLOI

L’évaluation de la situation du chômage passe nécessairement

par l’examen de plusieurs indicateurs

issus de différentes sources. Ainsi, à côté des données

relatives au chômage au sens du BIT issues de

l’enquête sur les forces de travail, on dispose de

données administratives relatives aux paiements de

l’ONEM, notamment les chômeurs complets indemnisés

inscrits comme demandeur d’emploi (CCI-

DE), et aux demandeurs d’emploi inoccupés inscrits

au FOREM (DEI).

En moyenne, en 2012, la Wallonie compte 189.622

chômeurs complets indemnisés demandeurs d’emploi

(CCI-DE), bénéficiant d’allocations versées par

l’ONEM, admis après un emploi à temps plein ou

sur base des études (ayants droit à des allocations

d’insertion, anciennement allocations d’attente).

Ces chômeurs ne sont pas le seul public à percevoir

des allocations de l’ONEM (voir le tableau page suivante)

; de nombreuses autres catégories de chômeurs

ou de travailleurs bénéficient aussi d’un soutien

de l’Office. Ainsi, en moyenne, en 2012, ce sont

471.773 Wallons qui ont eu droit à des allocations

payées par l’ONEM. Plus de la moitié d’entre eux

(55,2%, soit 260.424 personnes) sont des chômeurs

indemnisés qui bénéficient d’allocations après un

emploi ou des études. Parmi ceux-ci, certains sont

dispensés de l’inscription comme demandeur d’emploi,

par exemple les chômeurs âgés (27.329 individus)

(3) ou, dans certains cas, les chômeurs avec

complément d’entreprise (29.271) (4).

19 CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013


Nombre de Wallons bénéficiaires d’un soutien de l’ONEM en 2012 (moyenne)

Unités physiques

Part

Groupe I – Les chômeurs indemnisés, dont : 260.424 55,2%

Chômeurs indemnisés après un emploi à temps plein 127.422 27,0%

Ayants droit à des allocations d’insertion 62.200 13,2%

Chômeurs âgés (dispensés de l’inscription comme DE) 27.329 5,8%

Chômeurs dispensés avec complément d’entreprise 29.271 6,2%

Groupe II – Les travailleurs soutenus par l’ONEM, dont : 141.421 30,0%

Chômeurs temporaires 53.360 11,3%

Travailleurs à temps partiel avec maintien des droits 21.629 4,6%

Mesures d’activation - chômeurs de longue durée (ex. Activa, PTP, etc.) 38.879 8,2%

Mesures d’activation – reprise des études ou d’une formation 18.988 4,0%

Groupe III – Travailleurs qui aménagent leur temps de travail, dont : 67.823 14,4%

Réduction des prestations par le biais de l’interruption de carrière 19.705 4,2%

Congés thématiques 14.207 3,0%

Réduction des prestations par le biais du crédit-temps 30.542 6,5%

Groupe IV – Autres (prime de crise, bonus de stage, etc.) 2.105 0,4%

Total 471.773 100%

Source : ONEM.

On compte également 141.421 «travailleurs soutenus

par l’ONEM» (30%), principalement des

chômeurs temporaires (53.360 personnes), des chômeurs

de longue durée bénéficiant d’une mesure

d’activation (38.879 personnes), des travailleurs à

temps partiel avec maintien des droits et allocation

de garantie de revenus (21.629 personnes) et des

chômeurs dispensés pour suivre des études ou une

formation (18.988 personnes). Enfin, 14,4% des

ayants droit à des allocations de l’ONEM (67.823

personnes) sont des travailleurs qui bénéficient

d’un soutien de l’Office dans le cadre d’un aménagement

de leur temps de travail, consistant le plus

souvent en une réduction de prestations par le biais

de l’interruption de carrière (19.705 personnes) ou

du crédit-temps (30.542 personnes).

En 2012, en moyenne, la Région wallonne de langue

française compte 245.330 demandeurs d’emploi

inoccupés (DEI) inscrits au Forem (248.077 avec la

Communauté germanophone).

deuxième degré et 44,4% sont inoccupés depuis

au moins 2 ans.

Les 21.593 jeunes en stage d’attente ont pour la

grande majorité moins de 25 ans et une durée d’inoccupation

inférieure à un an. Leur niveau d’études

est globalement supérieur au niveau général de

l’ensemble des demandeurs d’emploi. Cependant,

près de trois jeunes en stage d’insertion sur dix

n’ont pas atteint le niveau de l’enseignement secondaire

de troisième degré.

Au-dedes deux catégories principales formées

par les DEDA et les jeunes en stage d’insertion,

20.224 demandeurs d’emploi sont inscrits obligatoirement

(ex. personnes exclues temporairement

des allocations de chômage ou demandeurs d’emploi

à charge du CPAS) et 10.441 inscrits librement.

Parmi ces demandeurs d’emploi inoccupés inscrits

au Forem, on dénombre 193.072 DEI demandeurs

d’allocations (DEDA), qui perçoivent des allocations

de chômage (sur base d’un travail à temps plein ou

à temps partiel) ou des allocations d’insertion, et

21.593 jeunes en stage d’insertion à la sortie des

études (demandeurs d’emploi non indemnisés). Le

faible niveau de qualification de la demande d’emploi

et l’enlisement dans le chômage de longue

durée demeurent problématiques. Plus de la moitié

des demandeurs d’emploi inoccupés demandeurs

d’allocations n’ont atteint au maximum que

le niveau de l’enseignement secondaire de

CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013 20


L’ÉVOLUTION DU MARCHÉ DE L’EMPLOI

DEI Wallonie

CCI-DE Wallonie*

Nombre d’inscrits Taux de croissance à un an Nombre de paiements Taux de croissance à un an

2007 258. 391 -5,8% 205. 607 -4,4%

2008 243.861 -5,6% 195.460 -4,9%

2009 252.344 3,5% 200.649 2,7%

2010 252.560 0,1% 199.096 -0,8%

2011 244.959 -3,0% 192.891 -3,1%

2012 248.077 1,3% 189.622 -1,7%

* Chômeurs indemnisés après un emploi à temps plein et ayants droit à des allocations d’insertion

Source : FOREM, ONEM.

A partir de 2009, la crise économique et financière

a considérablement marqué le marché du travail

wallon : diminution de l’emploi intérieur et de l’emploi

salarié résident, hausse du nombre de demandeurs

d’emploi et de chômeurs, repli du travail intérimaire,

explosion du chômage temporaire,

augmentation des pertes d’emplois liées aux faillites

et aux licenciements collectifs,...(5). Seul l’emploi

indépendant s’est maintenu.

L’amélioration d’une série d’indicateurs économiques

en 2010 et début 2011 a eu un impact positif

sur la situation du marché du travail. Sous l’effet

de cette conjoncture favorable, l’emploi intérieur

est reparti à la hausse (+1,3 % entre 2009 et 2010),

de même que l’emploi salarié résident (+0,9% entre

mi-2009 et mi-2010, +1,4 % entre mi-2010 et

mi-2011). Le nombre de demandeurs d’emploi

inoccupés et de chômeurs complets indemnisés

après un emploi ou après les études a régressé

(resp. -3,0% et -3,1 % entre 2010 et 2011) pour revenir

en 2011 à un niveau proche de celui de 2008.

L’année 2011 a en effet bénéficié mensuellement de

taux de croissance du nombre de DEI et de CCI

négatifs à un an d’écart.

Durant l’année 2012, le recul de l’activité économique

entamé depuis le 2 ème trimestre 2011 se répercute

sur le marché de l’emploi wallon : léger recul

de l’emploi salarié résident (-0,4% entre le 3 ème trimestre

2011 et 2012), augmentation de la demande

d’emploi (+1,3% entre 2011 et 2012), recul de l’activité

intérimaire (taux mensuel de croissance à un

an d’écart de -10,9% en moyenne en 2012), diminution

du nombre d’offres d’emploi gérées par le

Forem (-8,9% entre 2011 et 2012) ou encore augmentation

du chômage temporaire (+12,1% entre

2011 et 2012).

EDUCATION ET FORMATION

Depuis une vingtaine d’années, les autorités

publiques et les interlocuteurs sociaux se sont progressivement

accordés aux différents niveaux de

pouvoir (européen, fédéral, régional) pour reconnaître

à l’éducation et à la formation un rôle fondamental

tant sur la compétitivité, l’innovation,

l’attractivité et la croissance d’une région que sur

l’insertion, le positionnement et la mobilité des individus

sur le marché du travail. En conséquence, les

autorités publiques et les interlocuteurs sociaux,

principalement aux niveaux européen et fédéral,

se sont fixés des objectifs dans ces domaines.

En Wallonie, l’élévation du niveau d’instruction au

fil des générations est manifeste : si en 1996, près

d’un jeune adulte (25-29 ans) sur trois n’avait pas

terminé l’enseignement secondaire, en 2011, cette

proportion n’est plus que d’une personne sur cinq

pour la même catégorie d’âge. Ces progrès évidents

sont néanmoins insuffisants au regard notamment

des objectifs européens en la matière.

Dans le cadre de la Stratégie de Lisbonne, l’Union

européenne avait établi pour objectif qu’à l’horizon

2010, la proportion de jeunes de moins de 22 ans

diplômés de l’enseignement secondaire supérieur

atteigne au moins 85%. En Wallonie, ce pourcentage

n’était que de 80,7% en 2011 pour, à titre comparatif,

86% en Flandre.

Plus récemment, dans le cadre de la Stratégie UE

2020, l’Union européenne a fixé un objectif visant

à limiter à 10% (9,5% pour la Belgique) le taux

d’abandon scolaire précoce. En dépit d’une amélioration

sensible depuis le début des années 2000

(2002 : 16%), la Wallonie peine à atteindre cet objectif,

affichant un taux de «décrochage scolaire» de

14,7% en 2011. L’impact de ces faibles performances

21 CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013


sur l’insertion socio-professionnelle est évident :

en 2011, parmi les personnes en emploi en Wallonie,

21,6% avaient au maximum un diplôme de l’enseignement

secondaire inférieur, 37,2% un diplôme

du secondaire supérieur et 41% un diplôme de l’enseignement

supérieur ou universitaire. En 2011 toujours,

48% des personnes sans emploi et 53,7% des

inactifs ne détenaient au maximum qu’un diplôme

de l’enseignement secondaire inférieur.

L’élévation globale du niveau d’instruction s’est

aussi traduite par une augmentation importante de

la part des diplômés de l’enseignement supérieur

en Wallonie, part qui, pour la catégorie des 30-34 ans,

est passée de 28% en 1996 à 40,5% en 2011. La Wallonie

avoisine donc l’objectif européen de 40% à

l’horizon 2020 fixé dans ce domaine (objectif de

47% pour la déclinaison belge). Cette évolution positive

masque cependant un déficit assez marqué de

nouveaux diplômés dans les domaines des sciences

appliquées. On relèvera que dans cette tranche

d’âge, les femmes sont aujourd’hui davantage diplômées

de l’enseignement supérieur (46,7%) que les

hommes (34,4%).

Au niveau belge, dans le domaine de la formation,

les interlocuteurs sociaux fédéraux se sont progressivement

accordés, dans le cadre des Accords

interprofessionnels successifs et du Pacte de solidarité

entre les générations, sur trois objectifs principaux

:

• augmenter l’investissement financier des entreprises

dans la formation pour l’amener au niveau

des pays voisins, soit un objectif de 1,9% de la

masse salariale globale;

• accroître le taux de participation des travailleurs

à la formation pour le porter à 50%;

• réserver une part des ressources allouées à la formation

à certains groupes à risque, plus vulnérables

sur le marché du travail (0,10%).

La réalisation de ces objectifs est évaluée annuellement

par le Conseil central de l’Economie (CCE)

sur base des bilans sociaux.

L’impact de la crise sur les investissements des

entreprises dans la formation continue formelle

s’est fait sentir dès 2009, l’indicateur financier passant

de 1,15% de la masse salariale en 2008 à 1,06%

en 2009, puis 1,02% en 2010, soit un des niveaux les

plus bas jamais atteint. Pour 2011, sur base des données

provisoires de la BNB, les investissements

financiers des entreprises semblent s’être stabilisés

à ce niveau (1,04%).

L’indicateur global reprenant les efforts financiers

des entreprises, tant pour la formation formelle que

moins formelle et informelle, se situe quant à lui

entre 1,5% et 1,7% en 2011.

Un indicateur financier ne donne cependant qu’un

aperçu très partiel du développement des efforts

de formation. En une dizaine d’années, le taux de

participation est ainsi passé de 30,4% en 1999 à 34%

en 2011, un score en progression sensible mais

encore assez éloigné de l’objectif de 50% fixé par

les interlocuteurs sociaux. Simultanément, on a

assisté à une diminution importante de la durée

annuelle moyenne de formation par travailleur, passée

de 35 heures en 1999 à 26 heures en 2011.

Au-dede ces moyennes, on observe de grandes

variations dans les taux de participation à la formation

et les investissements financiers des entreprises

selon la taille et le secteur d’activités des

entreprises. Au niveau individuel, ce sont principalement

les variables «âge» et «niveau de qualification»

qui continuent à influencer l’accès à la formation,

les personnes plus jeunes et plus diplômées

participant davantage à la formation continue. Au

cours des dernières années, on observe en outre la

réapparition de différences en termes de genre, qui

s’étaient estompées au début des années 2000.

Au niveau européen, dans le cadre de la Stratégie

de Lisbonne, puis de la Stratégie UE 2020, l’Union

européenne a également fixé des objectifs visant à

accroître la participation à l’éducation et la formation

tout au long de la vie : initialement fixé à 12,5%,

cet objectif a été porté à 15% à l’horizon 2020. En

Wallonie, en 2011, seulement 5,2% des adultes de

25 à 64 ans (travailleurs, demandeurs d’emploi,

inactifs) ont participé à une action de formation

continue au cours des quatre semaines précédant

l’enquête sur les forces de travail.

(2) Il convient de préciser que les comparaisons de ces taux avec les

années antérieures seraient biaisées par une rupture de série, l’enquête

sur les forces de travail ayant modifié sa manière d’interroger les

individus quant à leur recherche d’un emploi. En effet, avant 2011, la

question relative à la recherche d’un emploi ne se référait pas à une

période explicitement déterminée. A partir de 2011, elle porte sur le mois

de référence. Les résultats de 2011 relatifs aux chômeurs BIT et aux

inactifs ne sont donc pas comparables avec ceux des années précédentes.

(3) Il s’agit, d’une part, de chômeurs âgés de 58 ans et plus, et d’autre part,

de chômeurs âgés de 50 à 57 ans bénéficiant d’allocations de chômage

depuis au moins un an et justifiant d’un passé professionnel d’au moins

38 ans.

(4) Il s’agit de travailleurs âgés (du secteur privé) bénéficiant d’une

« prépension conventionnelle» sur base d’une reconnaissance de

l’employeur comme étant en restructuration ou en difficultés et suite à

un licenciement collectif. Il ne s’agit pas d’une pension anticipée, mais

bien d’une allocation de chômage et d’une indemnité complémentaire à

charge de l’employeur (ou d’un Fonds agissant à sa place). Pour les

licenciements collectifs annoncés avant le 30.03.2006, le chômeur était

dispensé de l’inscription comme demandeur d’emploi. Cela n’est plus le

cas après cette date.

(5) L’évolution de certains de ces indicateurs est abordée plus en détail

dans la seconde partie de cette publication « Les premières leçons de la

crise» (voir p. 35 et suivantes).

CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013 22


3

Environnement

L’ENVIRONNEMENT EN WALLONIE

LES GAZ À EFFET DE SERRE

En 2011, les émissions de gaz à effet de serre de la

Wallonie s’élevaient à 40 millions de tonnes équivalent

CO 2 , soit une diminution de 26,9% depuis

1990.

L’industrie et les transports sont les deux premiers

secteurs émetteurs de ces gaz avec respectivement

36% et 25% des émissions régionales.

S’agissant des tendances sectorielles, on constate

que les émissions sont en baisse dans l’ensemble

des secteurs à l’exception du transport. Les plus

fortes réductions sont constatées dans le secteur

industriel. Elles sont la conséquence d’une amélioration

globale de l’efficience énergétique et des

procédés dans l’industrie, mais aussi de la forte

diminution d’activités dans le secteur sidérurgique

et du ralentissement économique dû à la crise.

LES PARTICULES

En pénétrant profondément dans les poumons, les

particules de très petite taille ont des effets néfastes

sur la santé (infections respiratoires ou cardiovasculaires).

L’arrêté du 15 juillet 2010 du Gouvernement wallon

relatif à l'évaluation et la gestion de la qualité de l'air

ambiant transposant la Directive 2008/50/CE relative

à la qualité de l’air fixe les objectifs de réduction

de l’exposition aux particules PM 2.5 et aux

PM 10 (6) aux horizons 2015 et 2020.

En 2011, les émissions wallonnes sont de près de

26.500 tonnes (TSP) (7), en diminution de 46% par

rapport à 2000.

Les principaux secteurs émetteurs sont le transport

routier (48% TSP) et le secteur industriel (31% TSP).

Le secteur industriel reste le principal émetteur de

PM2.5 (35,7%) et de PM10 (42%).

23 CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013


LES SUBSTANCES ACIDIFIANTES (8)

Les substances acidifiantes ont des impacts négatifs

sur la végétation ainsi que sur les sols puisqu’elles

provoquent des pluies acides.

A l’horizon 2010, des plafonds d’émission ont été

fixés pour ces substances par la directive NEC : il

est de 4.313 tonnes équivalent acide pour les substances

acidifiantes émises en Wallonie.

Les émissions wallonnes en équivalent acide en

2011 étaient inférieures à ce plafond avec 3.690

tonnes équivalent acide. Seul le plafond fixé pour

les oxydes d’azote a été dépassé, en raison principalement

des émissions issues du transport.

L’EAU

Selon les critères définis par la Directive-Cadre sur

l’Eau, 60% des eaux souterraines wallonnes et 32%

des masses d’eau de surface sont en bon état. Toutefois,

une part importante de ces eaux n’atteindront

pas les objectifs fixés par la Directive.

Afin de renforcer l’assainissement des eaux usées

en Wallonie et de répondre aux obligations fixées

par la Directive 91/271/CE relative à la collecte et

aux traitements des eaux usées, des investissements

importants ont été réalisés en Wallonie.

Fin 2011, le taux d’équipement de la Wallonie en

stations d’épuration collective est de 78,2%. Ce

pourcentage monte à près de 84,5% si l’on ne considère

que les stations de plus de 2.000 EH (9). Près

de 87% des Wallons sont concernés par l’assainissement

collectif.

En matière d’assainissement autonome, 578

primes sont accordées par la Wallonie en 2012

pour plus de 2 millions €. Plus de 9.000 primes

ont été octroyées depuis 1998 pour un montant

d’environ 25 millions €.

Le prix de l’eau en Wallonie est construit sur la base

d’une structure tarifaire unique qui intègre un Coût-

Vérité de Distribution (CVD), un Coût-Vérité

d’Assainissement (CVA) et une redevance pour le

Fonds social de l’eau et la TVA (6%). Fin 2011, la

facture moyenne pour 100 m 3 s’élève à environ 400

€ dont 59% correspondent au CVD, 35% au CVA, le

reste pour la contribution au fonds social de l’eau

et la TVA. Cela correspond à une augmentation de

57% par rapport à 2005. Les différentes composantes

du prix ont évolué de façons diverses. En

effet, le CVD a augmenté au même rythme que l’inflation,

alors que le CVA a connu une hausse beaucoup

plus importante suite aux investissements

réalisés en matière d’épuration (+150% entre 2005

et 2010, +7,6% en 2011).

LA POLITIQUE ÉNERGÉTIQUE

Selon l’Observatoire des prix, en 2012, l’inflation a

atteint 2,6% en Belgique. Contrairement à 2010 et

2011, le rythme de progression des prix des produits

énergétiques a diminué en Belgique passant

de 17% en 2011 à 6% en 2012 (gaz +8% ; électricité

+1,9%). Les produits énergétiques contribuent à

concurrence de 0,7% à l’inflation en 2012.

Par comparaison, chez nos principaux voisins (Allemagne,

France et Pays-Bas), l’inflation a également

progressé plus lentement en 2012 pour atteindre

une moyenne de 2,2%, soit un ralentissement inférieur

à celui enregistré en Belgique. Cet écart d’inflation

est davantage imputable aux services qu’aux

prix énergétiques.

Les prix de l’électricité et du gaz couvrent différentes

composantes : l’énergie, le transport, la distribution,

la contribution énergie verte dans le cas

de l’électricité ainsi que les taxes et redevances tant

fédérales que régionales.

Les analyses développées dans ce rapport visent à

identifier et à mettre en évidence les évolutions des

prix de l’électricité et du gaz naturel pour les clients

résidentiels depuis le 1 er janvier 2007, date d’ouverture

totale des marchés de l’énergie en Région

wallonne. Ce rapport, qui couvre une période d’analyses

de six ans, actualise les données pour le

deuxième semestre 2012 sur base du simulateur

tarifaire de la CWaPE (www.cwape.be). Ce sont les

informations relatives aux clients-types les plus

représentés sur le marché wallon, à savoir un client

consommant respectivement 3.500 kWh/an d’électricité

en raccordement mono-horaire (Dc1) et 23.260

kWh/an de gaz (D3 – chauffage), qui sont essentiellement

analysées. Toutefois les annexes contiennent

des informations sur les autres clients-types.

Durant le début de l’année 2012, les prix de l’électricité

ont connu (avant le blocage des prix à partir

d’avril 2012) une nouvelle augmentation par rapport

à l’année 2011. Ainsi, la facture annuelle de la

moyenne pondérée des fournisseurs désignés pour

le client-type Dc1 s’établit à 869 € en juin 2012 contre

841 € en moyenne en 2011. La hausse du prix total

de l’électricité (+28 €, soit +3,3%) s’explique par

l’augmentation du terme énergie (+9 €, soit 1,5%),

de la distribution (+11 €, soit +3,4%), du transport

(+6 €, soit +15%), de la contribution énergie renouvelable

(+8 €, soit +16,6%) alors que dans le même

temps les cotisations fédérales ont diminué

(-6 €, soit -19,6%).

CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013 24


FACTURE ANNUELLE MOYENNE 2012 - ELECTRICITÉ POUR CLIENT RÉSIDENTIEL

(3.500 KWH/AN)

1.000 €

900 €

156

800 €

700 €

137

600 €

500 €

159

359

77

121 31

61

93

150

400 €

228

221

90

208

300 €

169

200 €

401

100 €

265

241

187

275

0 €

Belgique Allemagne France Pays-Bas Royaume Uni

TVA Taxes Compensation réseau Energie

Source : CREG

FACTURE ANNUELLE MOYENNE 2012 - ELECTRICITÉ POUR CLIENT PROFESSIONNEL

(50.000 KWH/AN)

12.000 €

11.000 €

10.000 €

9.000 €

8.000 €

7.000 €

6.000 €

5.000 €

4.000 €

2.193

3.470

5.133

2.716

1.242

1.930

2.609

1.848

709

1.715

3.000 €

2.000 €

1.000 €

3.701 3.527

2.875

3.513

5.301

0 €

Belgique Allemagne France Pays-Bas Royaume Uni

Taxes Compensation réseau Energie

Source : CREG

25 CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013


FACTURE ANNUELLE MOYENNE 2012 - GAZ NATUREL

POUR CLIENT RÉSIDENTIEL (23.260 KWH/AN)

2.000 €

1.800 €

1.600 €

309

1.400 €

1.200 €

1.000 €

269 245

90

212

330

327

235

28

433

64

449 33

279

167

800 €

600 €

400 €

871

749

878 860

973

200 €

0 €

Belgique Allemagne France Pays-Bas Royaume Uni

TVA Taxes Compensation réseau Energie

Source : CREG

FACTURE ANNUELLE MOYENNE 2012 - GAZ NATUREL

POUR CLIENT PROFESSIONNEL (100.000 KWH/AN)

6.000 €

5.000 €

4.000 €

380

1.157

913

1.113

154

1.466

1.931

356

218

855

3.000 €

2.000 €

3.681

3.187

3.941

3.551

4.173

1.000 €

0 €

Belgique Allemagne France Pays-Bas Royaume Uni

Taxes Compensation réseau Energie

Source : CREG

CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013 26


Les prix du gaz ont continué à croître en 2012, du

moins avant l’entrée en vigueur du blocage des prix

en avril 2012. La facture annuelle de la moyenne

pondérée des fournisseurs désignés qui était de

1.653,6 € pour le client-type D3 en 2011 s’établit à

1.851,5 € pour le mois de juin 2012. La hausse du

montant de la facture totale (+198 €, soit + 11,9%)

s’explique par la croissance du terme énergie

(+131 €, soit +11%), de la distribution (+63 €, soit

+ 14,9%) et enfin, dans une moindre mesure, des

cotisations fédérales (+4 €, soit +9,3%).

Il est à noter que l’ensemble des gestionnaires de

réseaux de distribution (GRD) ont appliqué durant

le second semestre 2012 leurs tarifs «approuvés».

Depuis début 2007, la gamme de produits offerts à

la clientèle résidentielle s’est considérablement

élargie puisqu’au mois de décembre 2012, on

dénombrait plus de quarante produits en électricité

proposés par neuf fournisseurs et plus d’une

vingtaine de produits en gaz proposés par sept fournisseurs.

Une comparaison avec les pays environnants a été

réalisée par la CREG. Ainsi, on constate que la

Belgique qui occupait la première place (tarifs les

plus élevés) se situe actuellement à la deuxième

place, après les Pays-Bas. Pour ce qui est de la composante

«énergie» seule dans le prix total, la Belgique

passe de la première à la troisième place derrière

le Royaume-Uni et la France. On remarque

ainsi une nette diminution de la composante énergie

depuis le blocage au mois de mai 2012 en Belgique.

Pour ce qui est des prix all-in pour le profil

PME, on remarque également une nette diminution

du prix grâce à laquelle la Belgique descend à

la quatrième place, derrière les Pays-Bas, la France

et le Royaume-Uni.

Pour les prix de l’électricité all-in, la Belgique se

situe à la seconde place, derrière l’Allemagne, essentiellement

en raison de la composante coût de distribution.

Si l’on considère la composante «énergie»

seule, la Belgique se situe en troisième position,

derrière le Royaume-Uni et les Pays-Bas.

Les consommateurs wallons qui ont choisi un produit

adapté à leurs consommations ont pu réaliser

des économies parfois substantielles par rapport

aux consommateurs qui n’ont pas fait de choix actif

d’un fournisseur et qui sont aujourd’hui toujours alimentés

par leur fournisseur désigné. Ce constat

vaut pour toutes les catégories de consommateurs.

Au cours de l’année 2012, cette économie est en

augmentation et s’élève en moyenne en électricité

à 154 €/an (soit près de 18% de la facture globale)

pour le client-type Dc1 tandis qu’elle se chiffre à

420 €/an (soit plus de 22% de la facture globale)

pour le client-type D3 en gaz.

Pour rappel, le Gouvernement fédéral a décidé de

geler l’indexation à la hausse des prix variables de

l’énergie pour une période de neufs mois à dater du

1 er avril 2012, le temps de prendre des mesures

structurelles visant à réduire toutes les composantes

du prix du gaz et de l’électricité.

6) PM2.5 : particules dont le diamètre est inférieur à 2,5 microns ;

PM10 : particules dont le diamètre est inférieur à 10 microns.

(7) TSP : particules totales en suspension.

(8) Oxydes d’azote, ammoniac et oxydes de soufre.

(9)Equivalent habitants.

27 CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013


4

Démographie

CHIFFRES ET MOUVEMENTS

DE POPULATION

Au 1 er janvier 2012, la Wallonie comptait 3.546.329

habitants, soit 32,13% de la population belge. Par

rapport à l’année précédente, cela représente une

augmentation de 0,6%. En Flandre, la population a

augmenté de 0,7% et, dans la Région de Bruxelles-

Capitale, de 1,8% (ce qui donne une croissance de

0,8% pour le Royaume). Sur la période 2000-2012,

la Wallonie a connu une croissance modérée de sa

population de +6,2%, proche de celle de la Flandre

(+6,9%) et nettement inférieure à celle de la Région

de Bruxelles-Capitale (+18,7%).

L’augmentation de 20.789 habitants en Wallonie au

cours de l’année 2011 est due pour l’essentiel aux

mouvements migratoires (+17.831), ces mouvements

comptabilisant à la fois les migrations

internes au pays (+5.915) et les migrations

CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013 28


STRUCTURE DE LA POPULATION PAR ÂGE ET PAR RÉGION AU 01.01.2012

70%

60%

50%

40%

30%

20%

10%

0%

Moins de 20 ans 20 - 64 ans 65 ans et plus

Wallonie Région flamande Région de Bruxelles-Capitale

Source : SPF Economie - DGSIE

internationales (+11.916). On a par ailleurs dénombré,

en 2011, 40.064 naissances pour 36.959 décès,

créant un solde naturel de 3.105 unités.

ESPÉRANCE DE VIE

Les dernières données disponibles sur l’espérance

de vie à la naissance indiquent que la population

belge a franchi le cap des 80 ans. En effet, en 2011,

les habitants du Royaume peuvent espérer vivre

jusqu’à 80,4 ans en moyenne (82,9 ans pour les

femmes et 77,8 ans pour les hommes). C’est toutefois

en Wallonie que l’espérance de vie est la plus

faible avec une moyenne de 78,7 ans (81,6 ans pour

les femmes et 75,8 ans pour les hommes). Cela

représente 2,5 ans de moins qu’en Flandre (81,2

ans) et 1,9 an de moins qu’en Région de Bruxelles-

Capitale (80,6 ans). C’est aussi en Wallonie que

l’écart entre les hommes et les femmes reste le plus

important (5,8 ans), celui-ci étant de 4,9 ans en

Flandre et de 4,1 ans dans la Région de Bruxelles-

Capitale. Notons enfin qu’il existe d’importantes

disparités entre les provinces. Ainsi, au niveau

wallon, l’espérance de vie des habitants du Hainaut

(hommes et femmes réunis) est par exemple inférieure

de trois années à celle des habitants du Brabant

wallon.

INDICATEURS RELATIFS

AU VIEILLISSEMENT

Les indicateurs suivants illustrent la tendance au

vieillissement de la population wallonne. Ainsi, l’âge

moyen est passé de 38,1 ans en 1990 à 40,4 ans en

2010 et l’indice de vieillissement (rapport entre les

65 ans et + et les 0-14 ans) est passé de 81,2% en

1990 à 92,7% en 2010. L’indice de dépendance qui

rapporte la population d’âge non actif (0-14 ans et

65 ans et +) à la population en âge d’activité (15-64

ans) est quant à lui resté relativement stable au

cours des 20 dernières années (51% en 1990 pour

51,6% en 2010).

C’est toutefois en Flandre que le phénomène de

vieillissement est le plus marqué. En effet, alors

qu’en 1990, le nord du pays présentait les indices

de vieillissement les plus bas du pays, en 2010, c’est

dans cette région que l’on trouve les taux les plus

élevés. Ainsi, selon les dernières données disponibles,

l’âge moyen y est de 40,8 ans, l’indice de

vieillissement s’élève à 112,6% et l’indice de dépendance

à 52,2%. La situation de Bruxelles-Capitale est

par contre toute autre. Elle a, à l’inverse des deux

autres régions, connu un rajeunissement de sa

population au cours des deux dernières décennies.

En 2010, l’âge moyen y est de 37,8 ans, l’indice de

vieillissement de 73,7% et l’indice de dépendance

de 49%.

29 CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013


PERSPECTIVES DE POPULATION

Selon les dernières perspectives de population établies

par le Bureau du Plan, la Wallonie devrait compter

4.392.271 habitants en 2060, ce qui représente

une augmentation de 25% par rapport à l’année

2010. Cette tendance s’alignerait sur celle du pays

(+25%) alors que l’augmentation devrait être particulièrement

élevée dans la région bruxelloise (+35%)

et plus modérée en Flandre (+23%). En 2060, la part

de la Wallonie dans la population belge resterait

stable (de 32,3% en 2010 à 32,4% en 2061) alors que

la part de la Région de Bruxelles-Capitale passerait

de 10,1% à 10,9% et celle de la Flandre de 57,7% à

56,7%.

Quant à l’espérance de vie à la naissance, elle continuerait

de progresser tant pour les Wallons qui

devraient encore gagner neuf années de vie au

cours des cinquante prochaines années que pour

les Wallonnes qui peuvent espérer vivre pratiquement

six années de plus. Se résorbant peu à peu,

l’écart entre les sexes devrait donc se limiter à environ

trois ans en 2060 alors qu’il est encore de six

années en 2010. Par contre, selon ces perspectives,

l’écart d’espérance de vie en défaveur de la population

wallonne au regard de la moyenne nationale

ne semble pas devoir se résorber au cours du demisiècle

à venir.

CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013 30


5

Finances publiques

LA BELGIQUE

La trajectoire budgétaire inscrite dans le programme

de stabilité 2012-2015 prévoyait que le déficit de

l’ensemble des administrations publiques (10) du

pays se chiffrerait à 2,15% du PIB en 2013.

Cette trajectoire a été construite sur base d’hypothèses

macro-économiques qui, réalistes pour

l’époque (0,1% et 1,3% de croissance du PIB en 2012

et 2013), se sont ensuite révélées un peu trop optimistes.

La récession économique a envahi la zone

euro et par effet de contagion, l’activité économique

du pays s’en est fortement ressentie. Les recettes

fiscales ont régressé et le Gouvernement fédéral a

dû jouer d’ingéniosité pour boucler son budget

2013. Quelques mois plus tard, l’heure du contrôle

budgétaire étant venue, le Premier Ministre et le

Ministre des Finances ont dû se résoudre à expliquer

à la Commission Européenne qu’il ne serait pas

possible pour la Belgique de respecter l’objectif de

déficit de 2,15% en 2013 qu’elle s’était fixé.

La Belgique s’est donc engagée à réduire son déficit

à 2,46% du PIB pour 2013, ce qui lui permet de

«limiter» son effort à 1,5 milliard €. En contrepartie,

la Commission européenne a demandé au Gouvernement

fédéral de prendre un certain nombre de

mesures qui auront un impact structurel sur les

dépenses publiques.

LA RÉGION WALLONNE ET LA

FÉDÉRATION WALLONIE-BRUXELLES

La révision à la baisse des paramètres de croissance

économique (mais aussi d’inflation) conduit

le Gouvernement wallon à réaliser des efforts additionnels

par rapport à son budget initial 2013. Ce sont

ainsi environ 260 millions € que devront identifier

les Gouvernements wallon et de la Fédération

Wallonie-Bruxelles dans leurs ajustements budgétaires.

Le Gouvernement wallon a toutefois déjà

précisé que les mesures de restrictions budgétaires

ne toucheront pas à l’enveloppe consacrée au Plan

Marshall 2.vert.

(10) A savoir l’Entité I (l’Etat fédéral et la Sécurité sociale) et l’Entité II (les

Communautés, les Régions et les pouvoirs locaux).

31 CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013


LES TRANSFERTS DE

COMPÉTENCES

Le CESW poursuit l’examen d’un dossier essentiel

aux yeux des interlocuteurs sociaux wallons : la

préparation de la mise en œuvre de la 6 ème réforme

de l’Etat qui a fait l’objet d’un accord politique fin

2011. Dès l’automne 2011, quatre groupes de

travail ont été mis en place au niveau du Conseil

économique et social de Wallonie, réunissant les

experts techniques et politiques des organisations

constitutives. Les groupes de travail ont été constitués

en fonction des matières transférées vers les

entités fédérées : marché du travail, allocations

familiales et FESC, loi de financement et fiscalité,

soins de santé et aide aux personnes âgées.

L’objectif de ces groupes de travail était de faire le

point sur la manière dont les compétences sont

actuellement gérées au niveau fédéral, d’analyser

les budgets, d’examiner la place des partenaires

sociaux dans les processus de gestion, … Sur base

des constats et des perspectives avancées dans

l’accord institutionnel, une série d’enjeux et de questions

ont été identifiés.

Les dossiers suivants ont notamment été abordés

en lien avec le marché du travail : les aides à la promotion

de l’emploi (transfert des droits de tirage

et des réductions de cotisations sociales), les politiques

groupes-cibles (transfert de réductions de

cotisations sociales et de mesures d’activation des

allocations de chômage), le contrôle de la disponibilité

des chômeurs, les agences locales pour l’emploi,

le programme de transition professionnelle, la

mise à l’emploi via les art. 60 et 61 de la loi sur les

CPAS, les titres-services, la migration économique,

le congé-éducation payé, le fonds de l’expérience

professionnelle, les bonus de stage et de démarrage,


Pour les allocations familiales et les soins de santé,

des auditions d’experts ont été organisées,

permettant de mieux cerner les enjeux liés à ces

matières et à leur organisation future.

En matière de financement et d’autonomie fiscale,

le simulateur budgétaire du CESW a été adapté

pour intégrer les différents aspects connus de la

6 ème réforme de l’Etat tant pour la Wallonie que pour

la Fédération Wallonie- Bruxelles. Enfin, un certain

nombre de réflexions ont été partagées sur les additionnels

à l’IPP, sur la déduction pour habitation

propre et unique ainsi que sur les aspects logistiques,

administratifs et humains inhérents à la 6 ème

réforme de l’Etat.

Dès que les textes mettant en œuvre ces volets de

la 6 ème réforme de l’Etat seront publiés, le Conseil

mettra à jour ses différentes analyses, dont une synthèse

a été publiée dans l’édition 2012 de «Regards

sur la Wallonie».

CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013 32


LA DYNAMIQUE HORIZON

2022

Les modifications de la loi spéciale de financement,

que contient la 6 ème réforme de l’Etat, impliquent

des difficultés budgétaires pour la Wallonie à un

horizon de dix ans, lorsque le mécanisme de transition

commencera à se réduire.

Le Gouvernement wallon a lancé une réflexion

visant à renforcer au plus tôt le développement économique,

social et environnemental de la Wallonie,

sous le label «Horizon 2022». Le CESW a été consulté

à plusieurs reprises sur ce sujet et a rendu deux

avis sur les projets déposés (voir www.cesw .be).

Certaines interrogations ont été soulevées concernant

cette stratégie, comme le lien avec les plans

existants, avec la réforme de l’Etat, les aspects budgétaires

et de mise en œuvre.

Le projet «Horizon 2022, Urgence et Audace», semble

à présent s’inscrire dans la continuité des politiques

menées jusqu’ici, notamment, dans la logique des

plans Marshall 1 et Marshall 2.Vert. Il est centré sur

le développement économique, la formation et l’emploi

au travers de 4 lignes de force (dialogue social

favorable au développement économique, économie

au cœur d’une nouvelle révolution industrielle,

éducation orientée vers l’emploi et gouvernance

exemplaire), 27 «nouveaux leviers» et 40 «coups

d’accélérateur». Il intègre partiellement, en ce qui

concerne le marché du travail, la 6 ème réforme de

l’Etat. Il s’accompagne d’une indication budgétaire

générale portant sur un montant de 450 millions €

et devrait s’inscrire en cohérence avec la programmation

2014-2020 des Fonds structurels européens.

Le CESW souhaite que le Gouvernement budgétise

les moyens affectés à chaque nouvelle mesure

envisagée et aux coups d’accélérateur identifiés

pour déterminer, sur cette base, le montant global

nécessaire à la mise en œuvre d’Horizon 2022.

Le CESW se réjouit de la priorité accordée à la politique

industrielle, à l’emploi et à l’enseignement.

Toutefois, d’autres pans de la politique régionale

demeurent importants face aux défis démographiques,

environnementaux, … C’est pourquoi le

CESW veut rendre le Gouvernement attentif à ces

aspects.

Les interlocuteurs sociaux réunis au sein du CESW

entendent être associés à la démarche jusqu’à

l’aboutissement du projet Horizon 2022 ainsi qu’à

sa mise en œuvre, son suivi et son évaluation.

33 CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013


CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013 34


Deuxième

partie

Les premières leçons

de la crise

35 CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013


Introduction

Il est apparu utile, dans cette édition 2013 de

«Regards sur la Wallonie», de revenir sur les

conséquences de la crise financière, économique

et sociale actuelle, qui a débuté en 2008 (1). Même

si les données disponibles ne permettent pas encore

d’analyser les conséquences structurelles de cette

crise, les évolutions observées depuis 2007 peuvent

nous indiquer les domaines où les conséquences de

la crise persistent.

Cinq thèmes sont analysés : l’économie, le marché

du travail, les ménages, les finances publiques et

l’énergie. Pour chacun d’eux, des indicateurs significatifs

sont suivis de 2007 à 2011 ou 2012.

Au lendemain de la profonde crise économique et

financière de 2009, l’Union européenne a rapidement

repris le chemin de la croissance en 2010. Cette reprise

fut toutefois de courte durée. En effet, après une

année 2011 qui s’est achevée en demi-teinte, bon

nombre de pays membres de l’Union ont à nouveau

dû faire face à un important repli de leurs activités

économiques en 2012. Les conséquences de la crise

financière sont donc encore bel et bien présentes et

continuent à peser sur le développement économique

de l’Union européenne. Le chômage poursuit son

augmentation en Europe mais la situation est très

contrastée d’un Etat membre à l’autre. Le nombre

d’emplois a diminué en 2012, après une légère augmentation

en 2011. Après avoir atteint un sommet

en 2009, le déficit public de l’ensemble des Etats

membres a commencé à baisser en 2010.

L’évolution du marché du travail en temps de crise

est illustrée au travers de l’examen d’indicateurs

plus spécifiques : les créations et destructions d’emplois,

le recours au travail intérimaire, l’évolution

et la satisfaction des offres d’emploi, les pertes d’emplois

liées aux faillites, les licenciements collectifs,

l’évolution du chômage temporaire et du chômage de

longue durée. Malgré leurs taux de chômage bien

plus élevés, la Wallonie et Bruxelles présentent,

depuis 2005, une dynamique de l’emploi plus prononcée

que la Flandre. L’activité du secteur de l’intérim

est nettement corrélée à la conjoncture économique.

Le recours (ou non) à des travailleurs

intérimaires, utilisé comme un outil de flexibilité

par les entreprises, fluctue fortement. Les conséquences

négatives de la crise se ressentent dans ce

secteur dès le 4 ème trimestre 2008 et durant toute l’année

2009. Une reprise d’activité survient début 2010,

jusque mi-2011. A partir du 3 ème trimestre 2011, et

durant l’année 2012, le secteur du travail intérimaire

décline à nouveau. L’évolution du nombre d’offres

d’emplois suit la même évolution dans le temps que

l’intérim. Depuis 2008, le nombre de faillites d’entreprises

dont le siège social est installé en Wallonie

ne cesse d’augmenter, ainsi que le nombre d’emplois

perdus suite à ces faillites.

CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013 36


Il est plus difficile de dégager des conclusions définitives

quant à l’impact de la crise sur la situation

des ménages wallons ; en effet, les données relatives

à leurs revenus et à leurs dépenses s’avèrent relativement

stables de 2007 à 2010. Le taux d’épargne s’est

nettement accru au cours de l’année 2009, avant de

se réduire ensuite. L’immobilier résidentiel a joué

un rôle important au plan international lors du

déclenchement de la crise. Au plan wallon, c’est surtout

au travers de l’octroi de permis pour la construction

de nouveaux logements que la crise semble avoir

eu un impact important et persistant. Les demandes

de permis portant sur des rénovations de logements

sont relativement stables, tandis que les prix des

maisons ont dépassé dès 2010 le niveau de 2008,

avec un nombre de transactions un peu plus faible.

Le taux de risque de pauvreté est relativement stable,

du moins jusqu’aux revenus de 2010. Les différences

entre Régions se maintiennent. Le nombre mensuel

moyen de bénéficiaires wallons du revenu d’intégration

sociale a augmenté sensiblement depuis

2009. Les chiffres relatifs aux défauts de paiement

témoignent des difficultés croissantes rencontrées par

les emprunteurs wallons, depuis le début de la crise,

pour faire face aux remboursements de leurs dettes.

La crise a eu un impact important sur les finances

publiques, dès 2008-2009, au travers des stabilisateurs

automatiques et des plans de relance

régionaux et fédéraux. La faible évolution de l’activité

économique et la dynamique des dépenses

publiques, notamment en matière de pension et de

soins de santé, ne conduisent pas à un retour spontané

à l’équilibre budgétaire, mais au mieux à une

stabilisation du déficit. Les difficultés budgétaires se

poursuivent, malgré une série de mesures déjà prises

à tous les niveaux de pouvoir. En 2013, la Belgique

devrait avoir accompli la moitié des efforts nécessaires

au retour à l’équilibre de ses finances publiques.

Cependant, les actions budgétaires simultanées au

niveau européen pèsent sur la croissance économique,

ce qui complexifie l’amélioration des soldes

budgétaires.

L’examen de la consommation d’énergie par secteur

d’activité montre que la crise de 2009 a fortement

impacté la composition sectorielle de la consommation

finale totale. En effet, la consommation industrielle

a chuté en 2009, sans retrouver son niveau

antérieur depuis. La production d’énergie renouvelable

a poursuivi sa croissance en Wallonie, en particulier

au travers de l’électricité verte. Le degré d’autonomie

énergétique de la Wallonie est estimé à 10%

en 2010. L’augmentation des prix de l’énergie est

particulièrement forte en Belgique et touche principalement

les ménages. L’augmentation du prix pour

l’industrie est en effet moins forte et davantage comparable

à celle qui est observée dans les pays voisins.

(1) « Regards sur la Wallonie» 2009 décrivait « L’impact de la crise».

37 CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013


1

Perspectives économiques

internationales

VERS UN RETOUR PROGRESSIF À LA

CROISSANCE AU SEIN DE L’UNION

EUROPÉENNE

Au lendemain de la profonde crise économique de

2009, l’Union européenne a rapidement repris le

chemin de la croissance. Cette reprise fut toutefois

de courte durée. En effet, après une année 2011 qui

s’est achevée en demi-teinte, bon nombre de pays

membres de l’Union ont à nouveau dû faire face à

un important repli de leurs activités ; 12 Etats

membres (dont 9 de la zone euro) sur 27 sont en

récession en 2012.

Les conséquences de la crise financière sont donc

encore bel et bien présentes et continuent à peser

lourd sur le développement économique de l’Union

européenne. Toutefois, selon la Commission européenne,

les politiques de soutien à l’activité menées

au sein de l’Union mais aussi les réformes structurelles

engagées commencent à porter leurs fruits et

devraient concourir à une croissance économique

plus robuste dans les années à venir. Par ailleurs,

les progrès réalisés dans la construction de l’Union

économique et monétaire permettent de renforcer

la confiance. Les progrès supplémentaires accomplis

en matière d'assainissement des finances

publiques renforcent également ce processus de

rééquilibrage.

La faiblesse de l’activité économique constatée vers

la fin de l’année 2012 a conduit la Commission à

revoir à la baisse ses estimations de croissance

pour l’ensemble de l’année. Si la croissance économique

pour l’UE27 reste identique pour 2012

(-0,3%) à celle établie à l’automne 2012, la croissance

économique de la zone euro recule à -0,6%

(-0,4% estimé à l’automne 2012).

CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013 38


CROISSANCE ÉCONOMIQUE (UE27 ET ZONE EURO)

6

4

Prévisions

2

(%)

0

-2

-4

-6

2009 2010 2011 2012 2013 2014

UE27 Zone euro Mondiale

Source : European Economic Forecasts (Winter 2012)

CROISSANCE DE LA DEMANDE INTÉRIEURE (U27 ET ZONE EURO)

2

Prévisions

1

0

(%)

-1

-2

-3

-4

-5

2009 2010 2011 2012 2013 2014

UE27

Source : European Economic Forecasts (Winter 2012)

Zone euro

CROISSANCE DES EXPORTATIONS DES BIENS ET SERVICES

(UE27 ET ZONE EURO)

15

10

Prévisions

5

(%)

0

-5

-10

-15

2009 2010 2011 2012 2013 2014

UE27

Source : European Economic Forecasts (Winter 2012)

Zone euro

39 CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013


Cet approfondissement de la crise en zone euro en

2012 est en partie la résultante d’un fléchissement

de l’activité économique attendu en Allemagne

mais aussi en France ou encore aux Pays-Bas. Par

effet de contagion, ces ralentissements entrainent

dans leur sillage les petites économies ouvertes

fortement dépendantes via leurs exportations. C’est

bien entendu le cas pour la Belgique et la Wallonie

qui entrent en récession économique en 2012

(-0,2%). Les pays du sud de l’Europe restent pour

leur part aussi touchés par la récession en 2012

(Grèce -6,4%, Portugal -3,2%, Italie -2,2%).

Même si les conditions restent fragiles, 2013 devrait

se caractériser par le retour progressif à la croissance

qui devrait se renforcer en 2014. Selon les

autorités européennes, l’analyse des principaux

indicateurs macro-économiques laisse à penser

que le PIB a désormais atteint un niveau plancher

dans l’UE et que l’activité économique devrait

connaître une accélération progressive en 2013. La

reprise de la croissance dans l’Union devrait tout

d’abord découler du renforcement de la demande

extérieure. Les investissements et la consommation

intérieure devraient prendre le relai un peu

plus tard dans l’année. On s’attend ensuite à ce que

la demande intérieure (2) devienne le principal

contributeur à la croissance économique de l’UE27

et de la zone euro. Le PIB de l’UE27 devrait ainsi

augmenter très légèrement en 2013 (0,1%) et croître

de manière plus significative en 2014 (1,6%), à politiques

inchangées. La zone euro devrait pour sa

part connaître une contraction de son PIB de -0,3%

en 2013, ce qui fait dire au FMI que la zone euro est

la seule région à connaître une récession dans un

contexte d’accélération générale de la croissance

mondiale. Les performances économiques de l’UE27

(et de la zone euro) en 2013 se situeraient ainsi environ

3% en deçà du niveau de la croissance mondiale

(3,2%), cette dernière étant essentiellement tirée,

selon le FMI et la Banque Mondiale, par les pays

émergents dont les BRICS ; ainsi, la croissance de

l’activité économique pressentie en Chine et en

Inde pour 2013 serait de 8% et 5,8% respectivement.

Pour la même année, les performances escomptées

des USA (+1,9%) seraient quant à elles

conformes aux évolutions favorables des variables

clefs de l’économie américaine que sont l’emploi et

le marché de l’immobilier.

Les indicateurs composites avancés de l’OCDE

confirment ces tendances et corroborent, entre

autres, une zone euro en convalescence et une croissance

attendue plus soutenue aux USA pour 2013.

En Belgique, malgré un certain nombre d’éléments

qui ont pesé sur la dynamique économique du pays

(manque de confiance des ménages et des entreprises,

crainte de nouvelles mesures d’assainissement

budgétaire, difficultés économiques de la zone

euro,…), un léger redressement de l’activité s’amorcerait

début 2013. La Belgique devrait, dans un premier

temps, bénéficier d’une timide reprise des

échanges internationaux et, dans un second temps,

d’une amélioration des anticipations qui raffermirait

sa demande intérieure. Tout comme pour la Belgique,

la croissance économique en Wallonie devrait

être légèrement supérieure à celle observée en

moyenne dans l’UE27 en 2013 et à tout le moins, plus

favorable que le niveau estimé de croissance pour

la zone euro.

CROISSANCE DES INVESTISSEMENTS (UE27 ET ZONE EURO)

10

5

Prévisions

0

(%)

-5

-10

-15

-20

-25

2009 2010 2011 2012 2013 2014

UE27

Zone euro

Source : European Economic Forecasts (Winter 2012)

CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013 40


INDICATEUR AVANCÉ DE L'OCDE

104

102

100

98

96

94

92

1/2007 6/2007 11/2007 4/2008 9/2008 2/2009 7/2009 12/2009 5/2010 10/2010 3/2011 8/2011 1/2012 6/2012 11/2012

Source : OCDE

USA Zone euro Chine Japon

CROISSANCE DE L'EMPLOI ET DU TAUX DE CHÔMAGE (UE27 ET ZONE EURO)

Croissance emploi (%)

(%)

2

1,5 10

1

5

0,5

0

0

-0,5-5

-1

-10

-1,5

-15

-2

Prévisions

Prévisions

14

12

10

8

6

4

2

Taux de chômage (%)

-2,5 -20

2009 2010 2011 2012 2013 2014

0

-25

Croissance 2009 de l'emploi 2010 UE272011 2012 Croissance 2013 de l'emploi 2014 Zone euro

Taux de chômage UE27

Taux de chômage Zone euro

UE27 Zone euro

Source : European Economic Forecasts (Winter 2012)

CHÔMAGE ET EMPLOI

La croissance trop modeste du PIB de l’UE27 en

2013 ne devrait malheureusement pas permettre à

l’emploi d’augmenter et au chômage de reculer. Le

chômage dans l’UE27 devrait culminer à un peu

plus de 11% en 2013 (12,2% dans la zone euro); la

situation est très contrastée d’un Etat membre à

l’autre puisque le taux de chômage varierait entre

4,5% en Autriche et près de 27% en Espagne et en

Grèce. A titre de comparaison, les taux de chômage

américains et japonais, tous deux en diminution

par rapport à 2012, s’élèvent à 7,6% et 4,3% en 2013.

Le taux de chômage belge continuerait pour sa part

à augmenter pour s’établir à 7,7% en 2013. Lors de

son dernier état des lieux de la mi-janvier 2013,

l’Organisation Internationale du Travail (OIT) annonçait

que le record absolu du nombre de chômeurs

de 2009 allait plus que probablement être dépassé

et que le seuil des 202 millions de personnes au

chômage au niveau mondial serait franchi.

41 CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013


Le niveau de l’emploi, qui connaît également des

évolutions différenciées selon les pays membres

de l’Union, devrait pour sa part reculer en moyenne

de 0,4% au sein de l’UE27 et de 0,8% pour la zone

euro en 2013. Le retour à la croissance du marché

de l’emploi n’y est pas attendu avant 2014. Etant

donné que l’activité économique de la Belgique ne

devrait que légèrement progresser en 2013, la situation

du marché de l’emploi reste difficile à évaluer.

Les annonces récentes de certaines entreprises

(Arcelor, Caterpillar, Duferco, Saint-Gobain,…) rendent

incertaines, voire hasardeuses, les prévisions

concernant le marché de l’emploi en Wallonie pour

les années 2013 et 2014.

OFFRE DE CRÉDIT

Bien que les coûts de financement varient fortement

selon les pays, ils sont en moyenne plutôt

faibles pour l'ensemble de la zone euro. Des décisions

politiques récentes dans les pays membres ont

en effet apaisé les tensions sur les marchés, mais

les difficultés encore présentes dans certains pans

du secteur bancaire, couplées à la faiblesse de l’économie,

devraient probablement encore peser sur

l'offre de crédit.

INFLATION

Après avoir culminé à plus de 3% en 2011 dans

l’UE27, l’inflation est légèrement plus faible en 2012

(2,6%). Les prix de l'énergie et les augmentations

des taxes indirectes resteraient les principaux éléments

favorisant la hausse des prix à la consommation.

On notera aussi que les pressions sousjacentes

sur les prix domestiques devraient être

modérées de sorte que l'inflation de l’UE27 atteindrait

en moyenne 2% au cours de l'année 2013. L’inflation

belge serait maîtrisée, largement sous la

barre des 2%, en 2013 et en 2014.

ASSAINISSEMENT BUDGÉTAIRE

DANS L’UNION

Au niveau des finances publiques, les politiques de

relance ou de soutien à l’activité économique consécutives

à la crise de 2009 ont le plus souvent été

rendues possibles en laissant filer les déficits publics

des Etats membres de l’Union européenne. Après

avoir atteint un sommet en 2009 (6,9%), le déficit

public de l’ensemble des Etats membres a légèrement

baissé en 2010 pour reculer plus vigoureusement

à partir de 2011. Il s’établit en moyenne à 3,8%

dans l'UE27 en 2012. Selon la Commission européenne,

l'assainissement budgétaire devrait se

poursuivre, plus lentement cependant, mais le déficit

public atteindrait tout de même en moyenne

3,4% du PIB dans l'UE27 en 2013. Par rapport aux

prévisions de l’automne 2012, les déficits moyens

des économies de l’UE27 et de la zone euro se sont

malheureusement aggravés puisque le niveau d’activité

économique escompté à l’époque n’est plus

au rendez-vous. Encore une fois, les niveaux des

déficits publics varieraient fortement d’un Etat

membre à l’autre. En 2013, le déficit public moyen

de l’UE27 serait bien plus faible que celui enregistré

aux USA (6,6%) ou au Japon (9,1%).

L’accumulation des déficits publics a eu un impact

rapide sur le niveau d’endettement des économies

de l’Union : la dette publique des Etats membres qui

s’était stabilisée aux alentours des 60% du PIB de

l’UE27 avant 2009 a rapidement augmenté. En 2013,

elle atteindrait 95,1% du PIB dans la zone euro et

89,9 % dans l'UE27. En Belgique, malgré les mesures

d’assainissement importantes entreprises par le

Gouvernement, la dette publique du pays avoisinerait

100% du PIB en 2013 (3). Au sein de la zone

euro, avec un endettement de près de 175% du PIB

en 2013, la Grèce serait particulièrement touchée

tandis que l’Italie, le Portugal et l’Irlande connaîtraient

un endettement dépassant les 120% de leur

PIB la même année.

(2) A ce stade, on constate que la demande intérieure de l’Union

européenne, bridée en partie par le désendettement en cours dans

certains Etats membres, serait légèrement en recul en 2013.

(3) Le Gouvernement belge s’est toutefois engagé devant les instances

européennes à prendre un certain nombre de mesures dites structurelles

qui devraient permettre à la Belgique de maintenir son endettement sous

la barre des 100%.

CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013 42


DÉFICIT PUBLIC (UE27 ET ZONE EURO)

0

10

5

-1

-2

Prévisions

(%)

(% du PIB)

0 -3

-5

-4

-10

-5

-6

-15

-7

-20

-8

-25

2009 2010 2011 2012 2013 2014

2009 2010 2011 2012 2013 2014

UE27 Zone euro

Source : European Economic Forecasts (Winter 2012)

UE27

Zone euro

Prévisions

DETTE PUBLIQUE (UE27 ET ZONE EURO)

100

Prévisions

90

80

70

(% du PIB)

60

50

40

30

20

10

0

2009 2010 2011 2012 2013 2014

UE27

Zone euro

Source : European Economic Forecasts (Winter 2012)

43 CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013


2009 2010 2011 2012 2013 (Prévision) 2014 (Prévision)

Croissance économique (var. annuelles en %, à prix constants)

Zone Euro -4,4 2 1,4 -0,6 -0,3 1,4

UE27 -4,3 2,1 1,5 -0,3 0,1 1,6

Allemagne -5,1 4,2 3 0,7 0,5 2

Belgique -2,8 2,4 1,8 -0,2 0,2 1,5

USA -3,1 2,4 1,8 2,2 1,9 2,6

JAPON -5,5 4,7 -0,6 1,9 1 1,6

Brésil -0,3 7,5 2,7 1 3,5 4

Chine 9,2 10,4 9,3 7,8 8 8,1

Inde 8,4 8,4 7,2 4,8 5,8 6,6

Monde -0,6 5,5 4,2 3,1 3,2 3,9

Croissance économique (2009=100)

Zone Euro 100,0 102,0 103,4 102,8 102,5 103,9

UE27 100,0 102,1 103,6 103,3 103,4 105,1

Allemagne 100,0 104,2 107,3 108,1 108,6 110,8

Belgique 100,0 102,4 104,2 104,0 104,2 105,8

USA 100,0 102,4 104,2 106,5 108,6 111,4

JAPON 100,0 104,7 104,1 106,0 107,1 108,8

Brésil 100,0 107,5 110,4 111,5 115,4 120,0

Chine 100,0 110,4 120,7 130,1 140,5 151,9

Inde 100,0 108,4 116,2 121,8 128,8 137,3

Monde 100,0 105,5 109,9 113,3 117,0 121,5

Investissements (var. annuelles en %)

Zone Euro -19,2 6,7 4,7 -5,6 -1,9 4,8

UE27 -19,4 5,9 4,2 -4,1 0,2 4,8

Allemagne -22,5 10,3 7 -4,4 -0,9 7,2

Belgique -11,1 -3,9 9,3 0,4 -0,6 2,6

USA -19,6 9,9 11 6,5 7 8,5

JAPON -16,5 2,6 3,5

Emplois (var. annuelles en %)

Zone Euro -2,1 -0,6 0,2 -0,9 -0,8 0,3

UE27 -1,9 -0,5 0,2 -0,4 -0,4 0,5

Allemagne 0,1 0,6 1,4 1,1 0,1 0,3

Belgique -0,2 0,7 1,4 0,2 0 0,9

USA -5 -0,8 0,6 1,9 1,4 1,9

JAPON -1,6 -0,5 -0,2 0,4 0,1 0,2

Taux de chômage (en %)

Zone Euro 9,6 10,1 10,2 11,4 12,2 12,1

UE27 9 9,7 9,6 10,5 11,1 11

Allemagne 7,8 7,1 5,9 5,5 5,7 5,6

Belgique 7,9 8,3 7,2 7,3 7,7 7,7

USA 9,3 9,6 8,9 8,1 7,6 7

JAPON 5,1 5,1 4,6 4,3 4,3 4,2

Inflation (en %)

Zone Euro 0,3 1,6 2,7 2,5 1,8 1,5

UE27 1 2,1 3,1 2,6 2 1,7

Allemagne 0,2 1,2 2,5 2,1 1,8 1,7

Belgique 0 2,3 3,5 2,6 1,6 1,5

USA -0,4 1,6 3,2 2,1 1,8 2,2

JAPON -1,4 -0,7 -0,3 -0,1 0,2 0,4

Déficit public (en % du PIB)

Zone Euro -6,3 -6,2 -4,2 -3,5 -2,8 -2,7

UE27 -6,9 -6,5 -4,4 -3,8 -3,4 -3,1

Allemagne -3,1 -4,1 -0,8 0,1 -0,2 0

Belgique -5,5 -3,8 -3,7 -3 -3 -3,2

USA -11,9 -11,3 -10,1 -8,5 -6,6 -5,9

JAPON -8,8 -8,3 -8,9 -9,1 -9,1 -8

Dette publique (en % du PIB)

Zone Euro 80 85,6 88,1 93,1 95,1 95,2

UE27 74,6 80,2 83,1 87,2 89,9 90,3

Allemagne 74,5 82,5 80,5 81,6 80,7 78,3

Belgique 95,7 95,5 97,8 99,8 100,8 101,1

USA 89,7 98,6 102,9 107,2 111,7

JAPON 210,2 215,3 229,6 236,6 245

Source : European Economic Forecasts (Winter 2012), Perspectives Economiques mondiales (FMI, 2012)

CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013 44


2

Emploi et marché du travail

INTRODUCTION

La situation et l’évolution de l’offre et de la demande

d’emplois en Wallonie ont été abordées synthétiquement

dans la première partie de ce rapport

«Introduction socio-économique». La dynamique

du marché du travail en temps de crise est ici illustrée

au travers de l’examen d’autres indicateurs

plus spécifiques : les turbulences de l’emploi ou

réallocations d’emplois (créations et destructions

brutes d’emplois), le recours au travail intérimaire,

l’évolution et la satisfaction des offres d’emploi, les

pertes d’emplois liées aux faillites, les licenciements

collectifs, l’évolution du chômage temporaire et du

chômage de longue durée.

LES RÉALLOCATIONS D’EMPLOIS (4)

L’évolution nette du nombre d’emplois ne reflète

que très partiellement les mouvements sur le marché

du travail. Elle résulte de la création d’entreprises

nouvelles ou d’emplois créés dans des entreprises

en croissance, qui compensent (ou pas…)

la disparition d’emplois suite au déclin ou à la

disparition d’entreprises existantes. Le solde est

bien entendu sans commune mesure avec le

nombre de créations et de destructions brutes d’emplois,

qui, cumulées, forment la «réallocation d’emplois».

La base de données DynaM développée par l’Institut

de recherche HIVA de la KU Leuven, en collaboration

avec l’ONSS et Federgon, montre les mouvements

sur le marché de l’emploi belge, au travers

d’indicateurs détaillés couvrant quasiment l’ensemble

des employeurs et des travailleurs salariés

belges (environ 99%), secteur public inclus (5).

Les chiffres distinguent les entreprises ou organismes

dont les travailleurs sont occupés dans une

seule région (entreprises dites monorégionales)

des entreprises ayant des établissements et emplois

dans plusieurs régions (plurirégionales). Le nombre

d’entreprises plurirégionales est limité (1,1% des

entreprises belges), mais, de plus grande taille,

celles-ci rassemblent tout de même 34% des

emplois. Elles affichent nettement une plus grande

stabilité d’emploi (6), ne concentrant qu’une petite

partie des créations et destructions brutes

45 CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013


CRÉATION ET DESTRUCTION D'EMPLOIS EN WALLONIE

70.000

60.000

Nombre d'emplois

50.000

40.000

30.000

20.000

10.000

0

2005-2006 2006-2007 2007-2008 2008-2009 2009-2010 2010-2011

Source : Base de données DynaM - HIVA - KUL

Création d'emplois Destruction d'emplois Création nette d'emplois

d’emplois (environ 11-12% de l’ensemble des mouvements).

Ainsi, notre analyse des turbulences sur

le marché de l’emploi se limitera aux entreprises

monorégionales, représentant donc 66% de l’emploi

total et près de 90% des réallocations d’emplois.

Entre 2005 et 2011, les employeurs wallons (monorégionaux)

créent chaque année entre 50.000 et

60.000 emplois salariés et en suppriment entre

38.000 et 45.000. La Wallonie affiche ainsi des taux

de création d’emplois (7) supérieurs aux taux de

destruction d’emplois (8), autrement dit des évolutions

annuelles nettes positives, oscillant entre 1,7%

et 3,2% de l’emploi total (9) de ces employeurs.

Seule la variation 2008-2009, concordant avec la

période de récession économique, est plus faible

(0,6%). On notera cependant qu’elle reste positive,

équivalant à une création nette de près de 5.000

emplois, comme à Bruxelles, contrairement à la

Flandre qui, caractérisée par une forte chute de la

création d’emplois et des destructions d’emplois

proportionnellement plus marquées, présente un

solde négatif. La période de reprise 2009-2010 est

également plus bénéfique en Wallonie et à Bruxelles,

caractérisée par une remontée du taux de création

d’emplois plus rapide et plus élevée. Malgré leur

taux de chômage bien plus élevé, ces deux régions

(aux caractéristiques néanmoins très différentes)

présentent donc depuis 2005 une dynamique de

l’emploi plus prononcée les rendant moins vulnérables

à une récession conjoncturelle et plus sensibles

à une reprise.

Chez les employeurs wallons, les turbulences de

l’emploi sont majoritairement portées par les entreprises

existantes, en croissance ou en contraction.

Entre 2010 et 2011, les trois-quarts des 53.686 emplois

créés sont le fruit de ces entreprises ; les 8.353

«employeurs entrants» (nouveaux employeurs

créant de nouveaux emplois) créent le quart

restant, soit 13.114 nouveaux emplois. Un peu plus

d’un tiers des 40.396 emplois détruits se trouvent

chez des employeurs sortants (employeurs supprimant

l’ensemble des postes de travail).

La tendance est similaire dans les autres régions,

bien que la part des employeurs entrants et sortants

dans les réallocations d’emplois soit proportionnellement

moindre en Flandre. Parallèlement

aux taux d’employeurs entrants (11,0% en Wallonie

en 2010, 9,3% en Flandre) et sortants (resp. 10,1%

et 9,3%), cela peut, toutes proportions gardées,

témoigner d’une dynamique entrepreneuriale plus

importante en Wallonie (nombre proportionnellement

plus élevé de jeunes entreprises et d’emplois

créés chez de nouveaux employeurs).

La dynamique de l’emploi s’appuie nettement sur

les petites entreprises. Moins l’entreprise compte

de travailleurs, plus les taux de création et de destruction

d’emplois (pour rappel, calculés sur base

de l’emploi total) sont élevés. En 2010, en Wallonie,

des secteurs importants en valeur absolue (comptant

plus de 50.000 emplois), comme la construction,

le commerce, les «services administratifs, de

soutien et spécialisés» et les services commerciaux,

sont particulièrement dynamiques en termes de

réallocations d’emplois, présentant des taux élevés

de création d’emplois (respectivement 12,5%,

11,6%, 14,2%, 12,0%) et de destruction d’emplois

(resp. 12,1%, 9,8%, 7,6% et 9,1%), se soldant par des

évolutions nettes positives (resp. 0,4%, 1,8%, 6,6%

et 2,9%) et donc une création réelle d’emplois. Seul

le secteur de l’industrie présente un solde négatif

(-1,4%).

CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013 46


LE TRAVAIL INTÉRIMAIRE

L’activité du secteur de l’intérim est nettement corrélée

à la conjoncture économique. Le recours (ou

non) à des travailleurs intérimaires, utilisé comme

un outil de flexibilité par les entreprises, fluctue fortement.

La part de l’ensemble des agences de placement,

en ce compris les agences de travail intérimaire,

dans l’emploi salarié total s’élève à environ

3,5% en Wallonie.

En Wallonie, les conséquences négatives de la crise

se ressentent dans ce secteur dès le 4 ème trimestre

2008. L’ensemble de l’année 2009 est marqué par

un recul important du nombre d’heures prestées

par les travailleurs intérimaires, selon les mois,

entre -10 à -30% à un an d’écart. La chute est plus

sévère dans le segment des ouvriers, bien que les

employés ne soient pas épargnés par la détérioration

de l’activité.

Il faut attendre le début 2010 pour percevoir une

reprise d’activités, plus rapidement chez les ouvriers,

sensible jusque mi-2011, mais qui ne permet cependant

pas de retrouver les niveaux d’activités atteints

au début 2008. A partir du 3 ème trimestre 2011, et

durant l’année 2012, le secteur du travail intérimaire

décline à nouveau, influencé par l’incertitude économique

et la faible conjoncture. Cette baisse du

nombre d’heures prestées est toujours davantage

imputable au segment des ouvriers. Début 2013,

une très légère reprise de l’activité intérimaire sur

le segment des employés (+3,5% en janvier, +1,3%

en février) ne parvient pas à compenser les taux de

croissance négatifs observés chez les ouvriers

(-8,4% et -14,7%).

L’APPARIEMENT ENTRE L’OFFRE

ET LA DEMANDE D’EMPLOIS

L’évolution des opportunités d’emploi gérées par

les services régionaux de l’emploi et des offres restées

en suspens constituent également des indicateurs

de la dynamique du marché du travail ainsi que

de l’appariement entre l’offre et la demande de

main-d’œuvre. Bien entendu, le Forem ne gère

qu’une partie des postes vacants sur le marché de

l’emploi wallon ; ainsi, ces données ne reflètent pas

l’ensemble de la demande de travail des entreprises,

mais donnent une indication sur les tendances des

employeurs en matière d’embauches.

Après une période difficile impactée par la crise

(-13,9% d’offres entre 2008 et 2009), l’évolution du

nombre d’offres d’emploi gérées par le Forem en

2010 et 2011 peut traduire une reprise des embauches

par les entreprises (+15% entre 2009 et 2010 et +12%

entre 2010 et 2011), qui permet de dépasser le niveau

d’avant la crise. Si l’on ne considère que les offres

relevant du circuit du travail hors intérim et aides

publiques (10), la progression est aussi présente

mais moins marquée (resp. +7,3% et +7,7% à un an

d’écart). En 2012, la tendance s’affiche à nouveau à

la baisse, le total des opportunités d’emploi gérées

par l’Office wallon, soit près de 137.000 offres, présentant

un recul de -8,9% par rapport à 2011. On

notera que les autres régions du pays se caractérisent

par des évolutions similaires.

Sur l’ensemble des postes vacants gérés par le

Forem relatifs au circuit ordinaire du travail (hors

intérim) et aux mesures d’emploi, on constate qu’en

Wallonie, il reste en moyenne entre 5.600 et 6.300

EVOLUTION DU TRAVAIL INTÉRIMAIRE EN WALLONIE (TAUX DE CROISSANCE À UN AN D'ÉCART)

30,0%

20,0%

10,0%

0,0%

-10,0%

-20,0%

-30,0%

-40,0%

01/08

03/08

05/08

07/08

09/08

11/08

01/09

03/09

05/09

07/09

09/09

11/09

01/10

03/10

05/10

07/10

09/10

11/10

01/11

03/11

05/11

07/11

09/11

11/11

01/12

03/12

05/12

07/12

09/12

11/12

01/13

Source : Federgon

Ouvriers Employés Total

47 CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013


offres en suspens selon les années. Le taux de

satisfaction (11) moyen des offres d’emploi gérées

par le Forem est pour l’ensemble des métiers de

88% en 2011, avec un délai moyen de 34 jours.

Le taux de vacance d’emploi (12) peut refléter des

opportunités d’emplois insatisfaites ainsi qu’une

discordance potentielle entre, d’une part, les compétences

et la disponibilité des chômeurs et, d’autre

part, les attentes des employeurs. Ce taux reste

assez faible en Wallonie, généralement inférieur à

1% (0,94% en moyenne en 2011) ; il est plus prononcé

dans les autres régions (2,76% en Région flamande

et 2,14% en Région de Bruxelles-Capitale

en 2011) (13).

Cependant, si la majorité des entreprises parviennent

à pourvoir leurs postes vacants, celles-ci rendent

compte de difficultés de recrutement (absence

de candidat au profil adéquat ou délai de recrutement

trop long) pour certains métiers, professions

ou fonctions. Ces «fonctions critiques», listées

chaque année par le Forem (14), recouvrent des réalités

variées expliquées par différentes causes :

manque quantitatif de candidats en raison d’une

réserve de main-d’œuvre en demande d’emploi

insuffisante au regard des besoins des employeurs

(pénurie), conditions de travail difficiles, nombre

élevé de compétences requises pour l’exercice du

métier, problème de mobilité, etc.

LES PERTES D’EMPLOIS LIÉES

AUX FAILLITES

Le nombre de faillites et de restructurations traduisent

la persistance de la crise. Depuis 2008, le

nombre de faillites d’entreprises (avec ou sans personnel)

dont le siège social est installé en Wallonie

ne cesse d’augmenter, passant de 2.368 unités en

2008 à 2.963 en 2011 (respectivement 1.034 et 1.353

pour les faillites ayant engendré des pertes d’emplois

salariés). Les autres régions n’échappent

d’ailleurs pas à cette tendance générale.

En 2012, si la Wallonie a stabilisé sa situation en

termes de nombre de faillites prononcées, cela n’est

pas le cas du nombre de pertes d’emplois, qui poursuit

sa progression. Ainsi, le nombre d’emplois perdus

suite aux faillites atteint le triste sommet de

8.952 unités, contre 8.526 en 2011 (+5,0%) ou 7.369

en 2008 (+21,5%).

LES LICENCIEMENTS COLLECTIFS

Outre les faillites, on compte de nombreuses fermetures,

restructurations ou délocalisations d’entreprises

entraînant des pertes d’emplois. Dans certains

cas, l’entreprise qui licencie une partie ou la

totalité de son personnel s’inscrit dans les conditions

bien définies du «licenciement collectif» (15). Ces

licenciements ne reflètent évidemment qu’une partie

des pertes d’emploi, à côté de pertes d’emplois

à la suite de faillites ou de restructurations de

moindre ampleur et/ou touchant des entreprises

de moins de 20 travailleurs, de la non reconduction

de contrats de travail à durée déterminée, …

Au total, entre octobre 2008 et décembre 2012, 116

dossiers ont été introduits au Forem annonçant

d’éventuelles suppressions d’emplois par le biais

d’un licenciement collectif (16). Selon ces 116 intentions

notifiées à l’Office, ces procédures pourraient

engendrer 8.745 pertes d’emplois. A la date du 24

janvier 2013, 85 entreprises (sur les 116 dossiers

introduits) ont confirmé devoir procéder à un licenciement

collectif.

PERTES D'EMPLOIS LIÉES AUX FAILLITES

16.000

14.000

12.000

10.000

8.000

6.000

4.000

Région flamande

2.000

Wallonie

0

2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012

Région de Bruxelles-

Capitale

Source : ONEM

CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013 48


En Wallonie, pour l’année 2012, 1.803 travailleurs

sont effectivement concernés par une notification

de licenciement (17) et les annonces introduites fin

de l’année 2012 (18) et début 2013 peuvent laisser

craindre une année 2013 particulièrement difficile.

LE CHÔMAGE TEMPORAIRE

Le chômage temporaire concerne l’ensemble des

ouvriers dont le contrat de travail est temporairement

suspendu (pour les motifs de force majeure,

incident technique, intempéries, raison économique,

vacances annuelles, grèves/lock-out) et qui bénéficient

des allocations de l’ONEM.

L’année 2009 se caractérise par un recours accru

des entreprises au chômage temporaire, porté évidemment

par la croissance du chômage économique

lié à la crise (19), engagée dès le dernier trimestre

2008. Ainsi, le nombre de chômeurs

temporaires wallons en moyenne sur l’année 2009

(64.802 unités physiques) est en augmentation de

48,3% par rapport à 2008 (43.685).

La suspension de crise «employés», accessible aux

entreprises reconnues en difficulté et permettant

une suspension temporaire du contrat de travail

pour les employés, est instaurée en juillet 2009 dans

le cadre des mesures de lutte contre la crise. Depuis

le 1 er janvier 2012, une nouvelle réglementation à

caractère permanent entre en vigueur et reprend,

dans les grandes lignes, les mêmes modalités que

la suspension de crise.

Dès son instauration, cette mesure est rapidement

utilisée par les entreprises, avec des pics au

dernier trimestre 2009 et au 1 er semestre 2010 (entre

2.000 et 2.500 Wallons concernés en moyenne par

mois). Elle se stabilise ensuite à un niveau nettement

plus faible durant les années 2011 (417 paiements

mensuels moyens) et 2012 (555).

Le début 2010 reste marqué par un niveau de chômage

temporaire élevé influencé en partie par

l’hiver rigoureux. Le nombre de chômeurs temporaires

wallons diminue ensuite au long des années

2010 et 2011, atteignant des niveaux moyens qui

restent cependant supérieurs à ceux d’avant la crise.

En 2012, le chômage temporaire repart malheureusement

à la hausse, sous l’effet de l’évolution

économique défavorable mais aussi des intempéries

du début de l’année. L’année se clôture avec

un nombre moyen de chômeurs temporaires wallons

de 53.360 unités, soit +12,1% à un an d’écart.

Les évolutions sont similaires en Région flamande,

avec des taux de croissance généralement plus

marqués.

CHÔMEURS TEMPORAIRES

200.000

175.000

150.000

125.000

100.000

75.000

50.000

25.000

0

Source : ONEM

01/08

03/08

05/08

07/08

09/08

11/08

01/09

03/09

05/09

07/09

09/09

11/09

01/10

03/10

05/10

07/10

09/10

11/10

01/11

03/11

05/11

07/11

09/11

11/11

01/12

03/12

05/12

07/12

09/12

11/12

Région flamande

Wallonie

Région de Bruxelles-

Capitale

49 CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013


LE CHÔMAGE DE LONGUE DURÉE

Le chômage de longue durée est moins lié à la

conjoncture et ne montre pas d’aggravation évidente

du fait de la crise économique. Il reste cependant

un grave problème en Wallonie où plus de la

moitié des chômeurs indemnisés après un emploi

à temps plein et plus de 40% des ayants droit à des

allocations d’insertion professionnelle (ancien stage

d’attente) ont une durée de chômage de deux ans

ou plus.

En Wallonie, en 2009, le nombre de chômeurs

complets indemnisés après un emploi à temps plein

depuis deux ans ou plus (70.630 personnes),

influencé notamment par l’impact favorable de

diverses mesures (20), est de 10 % inférieur à la

situation de 2007 avant la crise. La situation reste

stable en 2010 et en 2011, pour présenter une nouvelle

tendance baissière en 2012 (67.367 personnes,

soit -3,4% à un an d’écart). Quant au nombre de

Wallons ayant droit à des allocations d’insertion

professionnelle et ayant une durée de chômage de

deux ans ou plus, il est en diminution régulière

depuis 2007. En 2012, on en dénombre 26.368 unités,

dont 20% ont moins de 25 ans.

(4) L’ensemble de ce point se fonde sur la base de données DynaM

http://www.dynam-belgium.org et l’étude « La dynamique de l'emploi en

temps de crise et de reprise conjoncturelles. Une analyse comparative de

Bruxelles, de la Flandre et de la Wallonie.» par C. Vermandere, K. Geurts et

L. Struyven (HIVA-KU LEUVEN).

(5) Les données sont basées sur le nombre d’emplois à la fin du deuxième

trimestre de chaque année ; l’évolution 2010-2011 compare donc la

situation du 30 juin 2011 à celle du 30 juin 2010. Les chiffres se rapportent

à la réallocation d’emplois (emplois créés et détruits) et excluent les

rotations de personnel (embauche compensant un travailleur sortant).

(6) A l’exception des entreprises de travail intérimaire, majoritairement

plurirégionales, dont l’activité présente évidemment les turbulences les

plus importantes sur le marché de l’emploi.

(7) Le taux de création d’emplois est le rapport entre le nombre d’emplois

supplémentaires créés par les entreprises débutantes et les entreprises

en expansion (la création brute d’emplois) et le nombre total d’emplois.

(8) Le taux de destruction d’emplois est le rapport entre le nombre

d’emplois supprimés par les cessations d’activités et les entreprises en

décroissance (la destruction brute d’emplois) et le nombre total d’emplois.

(9) Dans la base de données DynaM, le nombre total d’emplois est calculé

comme la moyenne du nombre total d’emplois en l’an t-1 et l’an t, et non

comme cela est généralement le cas, comme le nombre d’emplois dans

l’année de base.

(10) Aides publiques de type APE (aides à la promotion de l’emploi),

PTP (programme de transition professionnelle), PFI (plan formation

insertion), …

(11) Le taux de satisfaction est le rapport entre le nombre de postes pour

lesquels l’employeur a trouvé un candidat et le nombre de postes

proposés.

(12) Le taux de vacance d’emploi se définit comme le nombre d’emplois

vacants divisé par la somme du nombre d’emplois vacants et d’emplois

occupés.

(13) Sources : VDAB, FOREM, ACTIRIS, Ideaconsult, calculs SPF Emploi.

(14) Et par la Fédération Wallonie-Bruxelles pour les métiers liés à

l’enseignement.

(15) Est considéré comme « licenciement collectif » tout licenciement,

pour un ou plusieurs motifs non inhérents à la personne des travailleurs,

qui affecte, au cours d'une période de 60 jours, au moins un certain

nombre de travailleurs déterminé en fonction de la taille de l’entreprise.

Pour plus de détails :

http://www.emploi.belgique.be/defaulttab.aspx?id=493

(16) Source : Forem.

On rappellera que :

- le nombre d’intentions de licenciements collectifs diffère du nombre de

licenciements collectifs confirmés,

- ainsi, le nombre de pertes d’emplois envisagées diffère du nombre de

travailleurs effectivement concernés par une notification de licenciement,

- les emplois perdus lors d’un licenciement collectif notifié au Forem par

des entreprises basées en Wallonie peuvent concerner des travailleurs

issus d’autres régions, voire d’autres pays.

(17) Source : SPF Emploi, Travail et Concertation sociale.

(18) Par exemple Duferco ou NLMK, non encore incorporés dans les

chiffres de notification.

(19) Le chômage pour raisons économiques représente la majeure partie

du chômage temporaire. Sa part dans le chômage temporaire varie

cependant entre 65 et 85 % selon les trimestres.

(20) Par exemple, les mesures d’activation, les titres-services ou encore le

plan d’accompagnement des chômeurs.

CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013 50


3

Les ménages

REVENUS, DÉPENSES ET ÉPARGNE

DES MÉNAGES WALLONS

Il est difficile de dégager des conclusions définitives

sur l’impact de la crise quant à la situation des

ménages wallons. Les données et proportions relatives

à leurs revenus et à leurs dépenses s’avèrent

en effet relativement stables. On relèvera néanmoins

les grandes tendances constatées au cours

de la période 2007-2010 (cf. graphique à la page 53)

et, plus particulièrement, entre 2009 et 2010. L’évolution

du taux d’épargne des ménages donne également

un aperçu intéressant de leur situation.

LES REVENUS DES MÉNAGES WALLONS

En se basant sur les données issues de l’Enquête sur

le budget des ménages 2010, on peut relever que

le revenu moyen disponible des ménages wallons

s’élève à 38.555 € (soit une diminution de 1,7% par

rapport à 2009). Ce montant s’élève à 42.182 € pour

les ménages flamands, à 37.539 € pour les ménages

bruxellois, avec une moyenne belge de 40.502 €.

Les revenus des ménages ont connu une hausse

de près de 8% entre 2008 et 2009 en Flandre et en

Wallonie, puis une légère hausse en Flandre et une

légère baisse en Wallonie entre 2009 et 2010. La

situation à Bruxelles s’est révélée quant à elle plutôt

stable. L’évolution des revenus sur les deux

années donne donc une augmentation de 7% par

rapport à 2008 en Wallonie, de 6,9% en Flandre et

de 0,3% à Bruxelles pour une moyenne belge de

+ 6,2%. Sur ces deux années, le revenu moyen disponible

est en augmentation dans les trois régions,

cette progression étant similaire en Flandre et en

Wallonie, plus légère à Bruxelles. La Région

wallonne rattrape ainsi une partie de son retard de

51 CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013


l’ordre de 4,8% par rapport à la moyenne nationale

et de 8,6% par rapport à la Flandre (12,1% en 2007,

8,6% en 2008 et 7,96% en 2009).

En ce qui concerne les sources de revenus des

ménages wallons, on constate qu’en moyenne,

52,5% proviennent de l’activité économique, 31,2%

émanent d’allocations sociales et que 12,5% des

revenus sont issus du patrimoine. Pour la Région

flamande, ces valeurs sont portées à respectivement

58%, 26,4% et 13,2% et pour Bruxelles-

Capitale à 59%, 27,9% et 10,8%. En se penchant sur

les données similaires depuis 2007, on constate que

ces proportions s’avèrent relativement stables dans

le temps. Par rapport à 2009, on relèvera une légère

augmentation de la part des revenus provenant de

l’activité économique en Flandre et à Bruxelles et

une diminution de 1,9% de celle-ci en Wallonie. La

part des revenus émanant des allocations sociales

quant à elle est stable en Flandre et augmente de

0,5% en Wallonie et à Bruxelles par rapport à 2009.

Une répartition du revenu moyen disponible des

ménages wallons (33.556 €) (21) par quartile de

revenus (22) en 2010 laisse apparaître un écart important

entre le revenu moyen perçu par les 25% des

ménages les plus riches (quartile 4) soit 63.926 € et

le revenu moyen des 25% des ménages les plus

pauvres (quartile 1) s’élevant à 12.506 €. Ce rapport

interquartile, qui s’élève à 5,1 pour les revenus 2010,

est resté stable par rapport à 2009. Cet écart s’élevait

à de 5,1 en 2000 et à 3,9 en 2005. En 2010, l’écart

du revenu moyen disponible des ménages wallons

par rapport à celui de la moyenne du pays est toujours

en défaveur des ménages wallons (-4,3%),

avec un écart très marqué pour les quartiles 1 et 2

et moins accentué dans la tranche supérieure de

revenus (quartile 4). A Bruxelles, le revenu moyen

disponible est aussi moins élevé que celui du pays

particulièrement dans les tranches de revenus intermédiaires

(près de 1/5 en moins pour les quartiles

2 et 3), les Bruxellois les plus riches échappant à ce

constat puisque, dans cette tranche de revenus

(quartile 4), la moyenne du revenu est plus élevée

que pour l’ensemble du pays. En Flandre, la situation

est inversée puisque le revenu moyen disponible

est plus élevé que pour le reste du pays dans

presque toutes les tranches de revenus (quartiles 1

à 3) et équivalent pour les revenus les plus élevés

(quartile 4). Dans les trois régions, le revenu moyen

évolue à la baisse dans toutes les tranches de revenus

entre 2009 et 2010 à l’exception des revenus

du quartile 3 à Bruxelles, en Wallonie et dans l’ensemble

du pays où l’on enregistre une légère augmentation.

L’évolution la plus importante entre 2009

et 2010 se manifestant à Bruxelles où l’on enregistre

une chute de 12% des revenus entre 2009 et

2010 dans la tranche de revenus les plus faibles (23).

LES DÉPENSES DES MÉNAGES

Selon l’Enquête sur le budget des ménages 2010,

les dépenses des ménages wallons (33.893 €

en moyenne) se répartissent entre les postes suivants

: le logement (en ce compris les charges liées

au chauffage, à l’électricité, au gaz, etc.) (25,7%),

les autres biens et services (19%) (24), les transports

et communications (16,3%), l’alimentation,

boissons, tabac (15,6%), le poste culture, loisirs et

enseignement (8%), les meubles et appareils ménagers

(7,2%), les dépenses de santé (5,4%) et enfin les

articles d’habillement et chaussures (5,4%).

Une comparaison des frais de logement à l’échelle

du pays laisse apparaître que ce sont les Bruxellois

qui consacrent la plus grande part de leur budget

à ce poste (28,3%), puis les Wallons (25,7%) et enfin

les Flamands (25,1%). On relèvera que si, en

moyenne, les ménages wallons consacrent un quart

de leur budget à se loger, cette part varie fortement

en fonction du niveau de leurs revenus. Le logement

occupe en effet une place d’autant plus importante

que les revenus sont faibles. Ainsi, pour les

ménages wallons les plus favorisés (quartile de

revenu 4), les frais de logement représentent 20,4%

du budget, ces dépenses atteignant 37,5% (34,3% en

2009) pour les ménages les moins riches (quartile

de revenu 1).

Si l’on additionne les dépenses de toute première

nécessité que sont le logement et l’alimentation

(en ce compris boissons et tabac), on peut noter

que les ménages wallons y consacrent en moyenne

13.982 € (soit 41,3% de leurs dépenses). Une répartition

par quartile montre que les plus pauvres y

consacrent en moyenne 9.087 € par an, soit 54,9%

(52% en 2009) de leur budget de dépenses, et que

les plus nantis réservent à ces deux postes

19.058 €, soit plus du double en chiffres absolus,

mais seulement 35,2% de leurs dépenses. On

constatera dès lors que les marges restant à la disposition

des ménages les plus défavorisés une fois

le logement et la nourriture payés, devront être

réparties entre les autres postes que sont l’habillement,

les transports et communication, les meubles

et appareils ménagers, les dépenses de santé, la

culture, loisirs et enseignement, et les autres biens

et services.

Parmi les évolutions marquantes des dépenses

entre 2009 et 2010, notons une hausse substantielle

de la rubrique «meubles et appareils ménagers»

dans les trois régions et particulièrement en Wallonie

(+ 21,4%). En revanche, le poste des dépenses de

santé a diminué partout - surtout en Flandre

(- 7%) - sauf à Bruxelles (+ 3,7%). Enfin, les dépenses

CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013 52


EVOLUTION GLOBALE DES REVENUS ET DÉPENSES DES MÉNAGES (2007-2010)

45.000

40.000

35.000

30.000

Belgique

Wallonie

Bruxelles

Flandre

25.000

20.000

15.000

10.000

5.000

0

2007 2008 2009 2010 2007 2008 2009 2010 2007 2008 2009 2010

REVENUS DISPONIBLES CONSOMMATION TOTALE EPARGNE

Source : SPF Economie - Enquête sur le Budget des ménages – Dépenses moyennes et revenus moyens 1999-2010 – Calculs propres

en matière de culture et loisirs ont connu une évolution

contrastée entre 2009 et 2010 avec une baisse

de plus de 3% à Bruxelles et en Wallonie mais une

hausse de 5,8% en Flandre. (25)

comptabilité nationale, l’évolution du taux d’épargne

brut des ménages (27) en Belgique et dans les pays

limitrophes se présente comme suit :

L’évolution globale des revenus et des dépenses

des ménages au cours de la période 2007-2010 est

présentée dans le graphique ci-dessus .

L’ÉPARGNE DES MÉNAGES

Les Belges se caractérisent par une propension élevée

à l’épargne si on les compare avec d’autres

pays de la zone euro. Ainsi, selon les données de

la Banque nationale, le taux d’épargne de l’ensemble

des Belges s’élevait en 2012 à 15,6% du revenu disponible

contre une moyenne de 13% dans la zone

euro et de 11,2% pour l’ensemble de l’Union européenne.

Toutefois, ce taux recouvre une disparité de

réalités différentes. D’une part, le taux d’épargne

des ménages fluctue dans le temps, d’autre part, il

reflète des comportements d’épargne variant fortement

selon les régions, le revenu et l’âge des

citoyens. Notons que le taux d’épargne des ménages

se mesure au départ du revenu disponible des

ménages. La différence entre le revenu disponible

et les dépenses de consommation nous renseigne

sur le flux d’épargne des ménages. Le taux

d’épargne constitue le rapport entre l’épargne et le

revenu disponible des ménages (26).

Si l’on se penche sur l’évolution du taux d’épargne

au cours du temps, on constate que cet indicateur a

connu des fluctuations importantes au cours des dix

dernières années. Selon les données EUROSTAT de

Année 2007 2008 2009 2010 2011

Belgique 16,37% 16,61% 18,33% 15,44% 14,40%

Allemagne 16,84% 17,37% 16,97% 16,90% 16,48%

France 15,11% 15,26% 16,05% 15,55% 15,71%

Pays-Bas 13,04% 12,15% 12,35% 10,47% 11,64%

Source : Eurostat – Taux d’épargne brut des ménages % - Mise à jour 11.03.2013

Selon l’enquête sur le budget des ménages, le

taux d’épargne (28) dans les trois régions du

pays de 2008 à 2010 se répartit comme suit :

Belgique Wallonie Bruxelles Flandre

2008 13,5% 11,7% 18% 13,6%

2009 16% 15% 16,4% 16,4%

2010 14% 12,1% 15,4% 14,9%

Source : Enquête sur le budget des ménages 2010 – Taux d’épargne des ménages %

Calculs propres

On remarquera que le taux d’épargne dans les

trois régions s’est nettement accru au cours de

l’année 2009, dans la foulée de la crise

financière et que ce taux s’avère sensiblement

plus élevé à Bruxelles par rapport aux deux

autres régions du pays, cela au cours des trois

années confondues.

53 CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013


LES INVESTISSEMENTS IMMOBILIERS

L’immobilier résidentiel a joué un rôle important au

plan international lors du déclenchement de la crise

de 2008. Trois indicateurs sont ici examinés : l’octroi

de permis, les transactions et le prix de cellesci.

Le nombre de permis délivrés pour la construction

de bâtiments résidentiels neufs a connu une diminution

de l’ordre de 20% en Wallonie entre 2008 et

2012, évolution comparable à celle constatée pour

l’ensemble de la Belgique. Plusieurs facteurs peuvent

expliquer cette tendance négative du résidentiel

neuf : les incertitudes que rencontrent les

ménages en matière d’emploi et de revenu, la

difficulté d'obtenir un prêt bancaire, la longueur et

la complexité des procédures d’octroi des permis

d’urbanisme. La forte baisse de 2009 a été un peu

atténuée en 2010. Mais les chiffres pour 2011 et 2012

se sont détériorés et sont inférieurs à ceux de 2009.

Le nombre de permis délivrés pour la rénovation de

bâtiments résidentiels est plus stable -2% entre

2008 et 2012. Cette stabilité s’explique entre autres

par le démarrage en Wallonie de l'Alliance Emploi-

Environnement qui soutient la rénovation énergétique

(29).

EVOLUTION DU NOMBRE DE PERMIS DÉLIVRÉS

EN WALLONIE POUR LE LOGEMENT RÉSIDENTIEL

10.000

9.000

8.000

7.000

6.000

5.000

4.000

3.000

2.000

1.000

0

Source : DGSIE

2007 2008 2009 2010 2011 2012

Nouvelles constructions

Rénovation

EVOLUTION DU PRIX DES MAISONS D'HABITATION ORDINAIRES

EN WALLONIE (EN €)

150.000

145.000

140.000

135.000

130.000

125.000

120.000

115.000

Source : DGSIE

2007 2008 2009 2010 2011 2012

CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013 54


Le nombre de transactions immobilières concernant

les maisons d’habitation ordinaires a diminué

de 4% entre 2007 (25.309) et 2011 (24.329). Une diminution

importante s’est produite en 2008 et 2009.

Les années 2010 et 2011 ont connu une augmentation

du nombre de transactions sans toutefois

dépasser le niveau atteint en 2007.

En Wallonie, le prix moyen des maisons d’habitations

ordinaires a connu une augmentation de 15%

entre 2007 et 2012. Les prix ont légèrement fléchi

de 2008 à 2009 pour ensuite repartir à la hausse

jusqu’en 2012, mais à un rythme moins soutenu

qu’avant la crise, plus proche de l’inflation. Entre

2000 et 2008, le prix moyen des maisons d’habitation

avait quasiment doublé, passant de 68.559 € à

135.452 €.

C’est surtout au travers de l’octroi de permis pour

la construction de nouveaux logements que la crise

semble avoir un impact important et qui ne se

résorbe pas en Wallonie. Les demandes portant sur

des rénovations de logements sont relativement

stables, tandis que les prix des maisons ont dépassé,

dès 2010, le niveau de 2008, avec un nombre de

transactions un peu plus faible.

LE RISQUE DE PAUVRETÉ ET

D’EXCLUSION SOCIALE

Selon la dernière enquête européenne sur les revenus

et les conditions de vie (EU-SILC 2011), 15,3%

de la population belge vivait sous le seuil de pauvreté

(30) en 2010, c’est-à-dire que ces personnes

disposaient d’un revenu net inférieur à 1.000 € pour

un isolé et à 2.101 € par mois pour un ménage composé

de deux adultes et deux enfants. D’importantes

disparités régionales continuent d’être constatées.

Ainsi, en Wallonie, le taux de risque de pauvreté

s’élevait à 19,2% alors qu’il était de 9,8% en Région

flamande (31). Si l’on regarde les enquêtes des

années précédentes, on peut constater une relative

stabilité dans les données de chaque région, tout en

notant une légère augmentation (1,4%) du taux de

pauvreté wallon, entre l’enquête 2010 (basée sur

les revenus 2009) et l’enquête 2011 (revenus 2010).

A ce stade, il est toutefois difficile de percevoir un

lien direct entre la crise que nous connaissons

depuis 2008 et l’évolution du taux de risque de pauvreté

au cours de ces dernières années. Les données

de l’enquête SILC portant sur les revenus 2011 et

2012 permettront sans doute de compléter l’analyse

à cet égard.

En Wallonie, les groupes à risque en termes de pauvreté

restent les mêmes que les années précédentes,

à savoir :

- les familles monoparentales : 54,3% ;

- les chômeurs : 45,7% (contre 4,3% pour les personnes

ayant un emploi) ;

EVOLUTION DU TAUX DE RISQUE DE PAUVRETÉ, EN BELGIQUE, FLANDRE ET WALLONIE,

DE 2007 À 2011 (ANNÉE DE L'ENQUÊTE)

25

20

15

18,8

15,2

19,5

14,7

18,4

17,8

14,6 14,6

19,2

15,3

10

10,9

10

10,1 10,4

9,8

Belgique

5

Wallonie

Flandre

0

2007 2008 2009 2010 2011

Source : Economie (DGSIE) - Enquêtes SILC 2007 à 2011

55 CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013


- les enfants (24,1% pour les moins de 15 ans), les

jeunes (21,9% pour les 16-24 ans) et les 65 ans et +

(22,6% - contre une moyenne de 15,8% chez les 25-

49 ans et de 16,1% chez les 50-64 ans) ;

- les personnes appartenant à un ménage avec

enfants dépendants où l’intensité de travail est nulle

(82,3%) ou faible (48,3%) ;

- les personnes ayant un faible niveau d’éducation :

29,9% (contre 8% pour les diplômés du supérieur) ;

- les locataires : 42,3% (contre 11,3% chez les propriétaires).

Dans le cadre de sa stratégie UE 2020, l’Union européenne

a élargi son set d’indicateurs en vue de

mesurer le risque de pauvreté ou d’exclusion sociale

dans les Etats membres. Ainsi, outre le taux de

risque de pauvreté, deux autres indicateurs à savoir

le pourcentage de personnes en situation de

privation matérielle (32) et le pourcentage de personnes

appartenant à un ménage à faible intensité

de travail (33), viennent compléter l’approche. Le

nouvel indicateur européen mesurant le risque de

pauvreté ou d’exclusion sociale reflète dès lors le

pourcentage de personnes confrontées à au moins

un de ces trois risques.

situation de privation matérielle grave et 14,3%

vivent dans un ménage à faible intensité de travail.

Ici aussi, l’écart avec la Flandre est important, celleci

présentant un taux de 15,1% pour une moyenne

belge de 21%.

A l’échelon européen, on notera encore qu’avec un

taux de 21%, la Belgique se classe moins bien que

ses proches voisins, les pays limitrophes présentant

en effet les taux suivants : Allemagne : 19,9% ;

France : 19,3% ; Luxembourg : 16,8% et Pays-Bas :

15,7%. La moyenne européenne s’élève quant à elle

à 24,2%.

LES BÉNÉFICIAIRES DU REVENU

D’INTÉGRATION SOCIAL (RIS)

En Wallonie, en 2012 (34), on dénombrait en

moyenne 44.576 bénéficiaires du revenu d’intégration

sociale (RIS) chaque mois, soit 47% du

nombre total de bénéficiaires belges (28,5% étant

domiciliés à Bruxelles et 24,5% en Flandre). La part

wallonne représentait 2 points de pourcentage de

plus qu’en 2008.

Selon cette approche, la Wallonie compte 25,6% de

personnes en risque de pauvreté ou d’exclusion

sociale. Ainsi, outre les personnes en risque de

pauvreté selon leur revenu, 7,4% connaissent une

Risque de pauvreté ou d’exclusion sociale en Wallonie, Flandre et Belgique, 2011 (année d’enquête)

Population à risque

de pauvreté

monétaire (%)

Population en situation

de privation

matérielle (%)

Personnes vivant

dans un ménage

à faible intensité

de travail (%)

Pop. à risque

de pauvreté

ou d’exclusion

sociale (%)

Wallonie 19,2 7,4 14,3 25,4

Flandre 9,8 2,9 6,5 15,1

Belgique 15,3 5,7 10,6 21

Source : SPF Economie (DGSIE)- Enquête SILC 2011

Nombre mensuel moyen de bénéficiaires du RIS, Wallonie, 2004-2012

Année Moyenne mensuelle Taux de croissance Taux de croissance Taux de croissance

annuel 2004-2008 2008-2012

2004 33863

2005 34172 0,9%

2006 35396 3,6%

2007 36347 2,7%

2008 37416 2,9% 10,50%

2009 40896 9,3%

2010 43002 5,1%

2011 43694 1,6%

2012 44576 2,1% 19,10%

Source : SPP Intégration sociale – Calculs CESW

--CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013 56


Alors qu’entre 2004 et 2008, le nombre mensuel

moyen de bénéficiaires wallons avait augmenté de

10,5%, l’augmentation au cours de ces quatre dernières

années a atteint 19,1%. Cette croissance a

été particulièrement marquée entre 2008 et 2009

(+9,3%) et dans une moindre mesure, entre 2009 et

2010 (+5,1%). Depuis 2011, elle a retrouvé un rythme

de croissance du même ordre qu’avant la crise. Les

autres régions du pays ont également connu une

augmentation du nombre de bénéficiaires du RIS

au cours de la période 2008-2012, mais de moindre

ampleur qu’en Wallonie (+3,6% pour la Flandre,

+16,5% pour Bruxelles, avec une moyenne belge

de +14,2%).

Si la situation économique que nous connaissons

depuis 2008 constitue une explication de cette

hausse spectaculaire du nombre de bénéficiaires,

d’autres facteurs, d’ordre structurel, ne sont pas à

négliger. Citons notamment la prise en charge par

les CPAS de chômeurs exclus par l’ONEM, la croissance

importante du nombre d’étudiants bénéficiaires

du RIS ou encore le transfert de bénéficiaires

de l’aide sociale vers le RIS.

Un regard sur le profil des bénéficiaires wallons

montre qu’il est relativement stable au fil des ans.

Ainsi, on dénombre toujours une majorité de

femmes (56,4%) parmi les bénéficiaires. Les jeunes

de moins de 25 ans constituent encore près d’un tiers

du public (32%). On relèvera également une surreprésentation

des personnes isolées (41,5%) alors

que ce type de ménage constitue environ 1/3 des

ménages wallons.

Notons enfin que les montants mensuels du RIS

s’élèvent, depuis le 1 er décembre 2012, à 534,23 €

pour un cohabitant, à 801,34 € pour un isolé et à

1.068,45 € pour une personne avec charge de famille,

montants se situant en dessous du seuil de pauvreté.

RÉPARTITION DES BÉNÉFICIAIRES DU RIS EN WALLONIE SELON LE SEXE, LA CLASSE D’ÂGE,

LA CATÉGORIE DE MÉNAGE ET LA NATIONALITÉ (ANNÉE 2012)

1,8

43,6

27,6

32

moins 25 ans

56,4

femme

25-44 ans

homme

38,5

45-64 ans

65 ans et plus

8,1

28,5

41,5

30

Personnes

cohabitantes

Personnes isolées

Personnes avec

famille à charge

11,7

80,2

Belges

Non Belges hors UE

Non Belges UE

Source : SPP Intégration sociale – Calculs CESW

57 CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013


L’ENDETTEMENT PROBLÉMATIQUE

ET LE SURENDETTEMENT :

DONNÉES RELATIVES AUX

DÉFAUTS DE PAIEMENT

Fin 2011, 140.733 emprunteurs wallons étaient répertoriés

pour défaut de paiement par la Centrale des

Crédits aux Particuliers (CCP), soit 6,9% de l’ensemble

des Wallons ayant contracté au moins un crédit.

Cette proportion est supérieure à la moyenne

belge où l’on compte 5,2% d’emprunteurs défaillants

(8% dans la Région de Bruxelles-Capitale et 3,5% en

Région flamande). C’est donc en Wallonie que sont

domiciliés la majorité des emprunteurs défaillants

(44,1%), puis en Flandre (38,9%) et enfin à Bruxelles

(13,2%). Outre les disparités régionales, il existe

également des différences importantes entre provinces.

Ainsi, au niveau wallon, ce sont les provinces

du Hainaut et de Liège qui connaissent les

situations les plus problématiques avec respectivement

8,2% et 7% d’emprunteurs défaillants alors

que le Brabant wallon n’en compte que 4% (5,6%

en province du Luxembourg et 6,3% en province

de Namur).

Le pourcentage d’emprunteurs défaillants varie

également fortement en fonction du type de crédit.

On dénombre ainsi une part nettement moindre de

défaillances vis-à-vis des crédits hypothécaires

(2,1% d’emprunteurs wallons défaillants) que visà-vis

des crédits à la consommation (8,9% pour les

prêts à tempérament et 10,8% pour les ventes à

tempérament).

En termes d’évolution, le nombre de Wallons enregistrés

pour défaut de paiement est passé de 128.412

fin 2007 à 140.733 fin 2011, soit une augmentation

de 9,6% en quatre ans, la tendance étant semblable

à l’échelle nationale. Toutefois, cette augmentation

n’a pas été linéaire. Ainsi, depuis plusieurs années

et jusqu’au 3 ème trimestre 2008, on connaissait une

légère diminution du pourcentage d’emprunteurs

défaillants. L’effet inverse s’est ensuite produit à

partir de fin 2008 et ce, jusque fin 2010, traduisant

une augmentation des situations d’endettement

problématique probablement dues à la crise. Du

début à la fin 2011 par contre, on a pu assister à une

nette diminution du pourcentage d’emprunteurs

défaillants, celle-ci n’étant toutefois pas due à une

diminution des situations problématiques mais à

une modification de la législation (35). C’est en effet

un changement dans l’encodage des données, mis

en œuvre à partir de décembre 2010, qui explique

que le pourcentage d’emprunteurs wallons

défaillants soit plus bas fin 2011 (6,9%) qu’avant la

crise (7,8% en janvier 2008), alors qu’en chiffres

absolus le nombre d’emprunteurs répertoriés pour

défaut de paiement n’a pas cessé de croître.

En Wallonie, fin 2011 :

- 73,1% de la population majeure a au

moins un crédit

- 6,9% des emprunteurs sont répertoriés

pour un défaut de paiement

- Le montant de l’arriéré moyen par

emprunteur défaillant s’élève à 7.194,2 € :

• 15.792 € pour le crédit hypothécaire

• 6.795,6 € pour le prêt à tempérament

• 2.372,2 € pour l’ouverture de crédit

• 1.295,6 € pour la vente à tempérament

Il convient également de noter que la majorité des

emprunteurs défaillants (55,2% fin 2011) ne sont

enregistrés dans la CCP que pour un seul crédit

défaillant. On ne peut donc en déduire que toutes

les personnes enregistrées dans la CCP sont en

situation de surendettement. Toutefois, près de la

moitié des emprunteurs enregistrés pour un seul

défaut de paiement sont également référencés pour

un ou plusieurs crédits en cours sans arriéré. On doit

dès lors constater que le nombre de contrats

défaillants ne permet généralement de révéler

qu’une partie de l’endettement de la personne.

Notons encore qu’au cours de la période 2008-2011,

le nombre d’emprunteurs présentant un seul défaut

de paiement a cru de 8,1% en Belgique alors que les

emprunteurs «multi-défaillants» augmentaient de

16,5%.

Enfin, relevons que l’arriéré moyen par emprunteur

défaillant wallon a également connu une augmentation

importante durant cette période, passant

d’un montant moyen de 5.961 € en 2007 à

7.194,2 € en 2011, représentant ainsi une augmentation

de 20,7%. C’est l’arriéré moyen en crédit hypothécaire

qui a connu l’augmentation la plus spectaculaire

(+ 34,3% en 4 ans, passant de 11.759,5 € en

2007 à 15.792 € en 2011). Bien que les défaillances

vis-à-vis des crédits hypothécaires soient proportionnellement

moins nombreuses que vis-à-vis des

crédits à la consommation, elles sont d’une ampleur

nettement plus conséquente.

L’ensemble de ces chiffres paraissent donc bien

témoigner des difficultés croissantes rencontrées par

les emprunteurs, depuis le début de la crise, pour

faire face aux remboursements de leurs dettes. Tant

l’augmentation du nombre d’emprunteurs

défaillants, que la croissance du nombre d’emprunteurs

multi-défaillants ou du montant de

l’arriéré moyen par emprunteur, illustrent une aggravation

de l’endettement et du surendettement en

Wallonie, tout comme à l’échelon national.

(21) Tous les revenus ne sont pas utilisés dans le calcul des quartiles. Une

CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013 58


série de revenus fictifs ne sont pas pris en compte.

(22) Les quartiles de revenus divisent la population des ménages en

quatre groupes égaux en fonction de leur revenu, chaque groupe

représentant 25% de la distribution des revenus, du quartile inférieur au

quartile supérieur (1 à 4).

(23) Tableau détaillé sur les revenus des ménages en Belgique et dans les

régions en 2009-2010 par quartiles de revenus, disponible sur le site

internet www.cesw.be.

(24) Cette rubrique recouvre des postes tels que les soins corporels, les

articles personnels, les dépenses dans le secteur horeca, les voyages

touristiques, les assurances, …

(25) Tableau détaillé sur les dépenses des ménages en Wallonie en 2010

par quartiles de revenus, disponible sur le site internet www.cesw.be.

(26) Cf. « Le Belge face à l’épargne – 1/2 », Philippe Ledent, in Focus on the

Belgian economy – Economic Research, ING, Novembre 2009.

(27) Le taux d’épargne brut correspond à l’épargne brute divisée par le

revenu disponible brut des ménages ; celui-ci étant ajusté de la

variation des droits des ménages sur les fonds de pension. L’épargne

brute est la partie du revenu disponible brut qui n’est pas

dépensée sous forme de consommation finale.

(28) Le taux d’épargne est le rapport entre l’épargne et les revenus

disponibles. L’épargne est la différence entre les revenus disponibles et la

consommation totale des ménages.

(29) Sources : Confédération de la Construction Wallonne - SPF Economie,

PME, Classes moyennes et Energie.

(30) Le taux de risque de pauvreté se base sur un seuil de pauvreté fixé à

60% du revenu national médian équivalent. Pour cette enquête 2011, cela

correspond à 60% de 20.008 € par an et équivaut pour une personne

isolée à 12.005 € ou à 25.209 € pour un ménage composé de deux adultes

et deux enfants.

(31) La taille de l’échantillon ne permet pas de donner des chiffres fiables

pour la Région de Bruxelles-Capitale.

(32) Les personnes « en situation de privation matérielle grave » sont

confrontées à au moins 4 des 9 situations suivantes :1) ne pas être en

mesure de payer un loyer ou des factures courantes, 2) de chauffer

correctement son domicile, 3) de faire face à des dépenses imprévues,

4) de consommer de la viande, du poisson ou un équivalent de protéines

tous les deux jours, 5) de s’offrir une semaine de vacances en dehors du

domicile, 6) de posséder une voiture personnelle, 7) un lave-linge, 8) un

téléviseur couleur, ou 9) un téléphone.

(33) Il s’agit de ménages dans lesquels, en moyenne, les adultes (âgés

entre 18 et 59 ans, étudiants exclus) ont travaillé moins de 20% de leur

temps pendant l’année de référence. Pour calculer cet indicateur, le SPF

Economie comptabilise l’ensemble des personnes vivant dans un ménage

à faible intensité de travail alors que l’indicateur UE 2020 d’Eurostat ne

reprend que les personnes de moins de 60 ans vivant dans ce type de

ménage. Il est dès lors possible de trouver une légère différence pour cet

indicateur entre les chiffres d’Eurostat et ceux présentés par le SPF

Economie et repris dans ce chapitre.

(34) Cette moyenne a été calculée sur base des dix premiers mois de

l’année 2012.

(35) Depuis début 2011, les petites ouvertures de crédit, soit les ouvertures

de crédit de moins de 1.250 € et remboursables dans les 3 mois, doivent

dorénavant être enregistrées dans la CCP. Cette obligation a dès lors fait

augmenter fortement le nombre d’emprunteurs enregistrés dans la base

de données et a eu pour effet de « diluer» les cas de défaillances

59 CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013


4

Les finances publiques

LES EFFETS DE LA CRISE

SUR LES FINANCES PUBLIQUES

La crise a eu un impact important sur les finances

publiques belges, dès 2009, année au cours de

laquelle l’activité économique a ralenti, au travers

des stabilisateurs automatiques ainsi que des plans

de relance régionaux et fédéraux. Les dépenses,

notamment de chômage, ont augmenté et les

recettes (TVA, précompte professionnel, versements

anticipés et droits d’enregistrement) ont diminué,

amenant le déficit de l’ensemble des pouvoirs

publics belges à 5,5% du PIB en 2009 alors que

l’équilibre était atteint en 2007. La crise financière

a accru la dette publique en raison des interventions

nécessaires pour le sauvetage de certaines

institutions financières, ce qui n’a pas eu d’impact

direct sur le déficit mais a donné lieu à une augmentation

des charges d’intérêt, en contrepartie

desquelles les pouvoirs publics ont perçu des

recettes de dividendes, d’intérêt ou de garantie.

La faible évolution de l’activité économique et la

dynamique propre des dépenses publiques, notamment

en matière de pension et de soins de santé,

ne conduisent pas à un retour spontané à l’équilibre

budgétaire, mais à une stabilisation du déficit.

Dans ses perspectives actualisées, le Bureau fédéral

du Plan estime que le déficit, à politique

constante, serait d’environ 3% du PIB en 2016 et

2017.

L’évolution des finances publiques belges s’inscrit

dans un contexte plus large, au sein de la zone euro,

de l’Union Européenne et des économies industrialisées.

En comparaison avec d’autres pays européens,

la situation belge est plutôt favorable. En

effet, fin 2011, le déficit belge était inférieur à la

moyenne européenne, à celui de la France et des

Pays-Bas. Le résultat de 2012 est influencé par le

traitement statistique de la recapitalisation de Dexia

qui a fait passer le déficit belge de 3,1% à 3,9%

(BNB), contre 3,5% pour la zone euro. Le déficit

belge reste toutefois inférieur à celui de la France

et des Pays-Bas. De son côté, l’Allemagne a atteint

l’équilibre budgétaire en 2012.

CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013 60


EVOLUTION DU DÉFICIT DES POUVOIRS PUBLICS (EN % DU PIB)

1

0

-1

2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011

-2

-3

-4

-5

-6

-7

-8

Zone euro (17 pays) Belgique Allemagne

France Union européenne (27 pays) Pays-Bas

Source : Eurostat

La crise financière s’est transformée assez rapidement

en crise des finances publiques, avec une

acuité particulière pour certains pays de la zone

euro. L’Union européenne renforce son contrôle sur

l’évolution des finances publiques des pays

membres. Elle a défini des objectifs complémentaires

à ceux fixés en vue de la création de l’euro :

un déficit public qui ne dépasse pas 3% du PIB et

une dette publique qui tend vers 60% du PIB.

En matière de dette, les pays qui ne sont plus en déficit

excessif devront se rapprocher des 60% du PIB

de dette à un rythme annuel de 1/20, à défaut de quoi

une procédure en déficit excessif pourrait être décidée.

Pour la Belgique, dont la dette est actuellement

d’environ 100% du PIB, cela implique que, si

le déficit est inférieur à 3% en 2013, une diminution

minimale de 2% par an de la dette par rapport au

PIB doit être enregistrée à partir de 2016. Toutefois,

le critère de la dette ne constituerait pas une

contrainte supplémentaire en Belgique, pour autant

que le déficit soit alors inférieur à 1% du PIB et la

croissance économique nominale d’au moins 3%.

par rapport à celle de la zone euro. Un objectif de

moyen terme est fixé pour chaque pays. Pour la

Belgique, il s’agit d’un surplus budgétaire de 0,75%

du PIB. Tant que cet objectif n’est pas atteint, chaque

année, les pays dont le taux d’endettement est supérieur

à 60% du PIB doivent améliorer leur solde

structurel d’au moins 0,5% par an. En outre, les

dépenses publiques, hors charges d’intérêt et hors

composante cyclique des dépenses de chômage,

ne peuvent pas augmenter plus vite que la croissance

économique potentielle réelle à moyen terme,

actuellement estimée à 1% pour la Belgique par la

Commission européenne. Une croissance plus

rapide des dépenses est possible, si elle s’accompagne

de mesures augmentant les recettes.

Dans le volet préventif du Pacte de stabilité et de

croissance, la politique budgétaire est de plus en

plus appréhendée sous l’angle du solde budgétaire

structurel plutôt que sous l’angle du solde observé.

Il s’agit de prendre en compte l’effet de la conjoncture

sur les finances publiques et de neutraliser les

mesures budgétaires non récurrentes. Sous cet

angle d’approche, l’évolution est un peu en retrait

61 CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013


EVOLUTION DES SOLDES BUDGÉTAIRES OBSERVÉS ET STRUCTURELS (EN % DU PIB)

1

0

-1

2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012

-2

-3

-4

-5

-6

-7

Source : AMECO

Zone euro solde observé

Belgique solde observé

Zone euro solde structurel

Belgique solde structurel

EVOLUTION DES TAUX D'INTÉRÊT LONG TERME (EN %)

7

6

5

4

3

2

1

0

Source : Belgostat

Belgique France Allemagne Euro

CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013 62


L’ÉVOLUTION DES CONDITIONS

DE FINANCEMENT

Dès le début de la crise financière, les taux d’intérêt

se sont accrus pour l’euro sur les marchés internationaux.

Le décalage entre les taux belges et français,

d’une part, et le taux allemand, d’autre part,

s’est progressivement manifesté en 2009 et se poursuit

depuis. Les taux belges ont augmenté sensiblement

de fin 2010 à fin 2011 ; durant l’année 2012,

ils se sont rapprochés des taux français et de ceux

de l’euro, à un niveau historiquement bas de 2,3%

à dix ans pour le premier trimestre 2013.

LES SOLDES DE FINANCEMENT

PAR NIVEAU DE POUVOIR

L’effet de la crise sur les finances publiques s’est

manifesté de manière importante en 2009, touchant

alors surtout l’Etat fédéral mais aussi la Sécurité

sociale, les Communautés et les Régions. Depuis

lors, le déficit de la Sécurité sociale, des Communautés

et Régions s’est réduit. Par contre, le déficit

supporté par l’Etat fédéral, après avoir diminué en

2010, a de nouveau augmenté en 2011 pour se stabiliser

en 2012. Cette stabilisation masque en fait une

amélioration car l’intervention au profit de Dexia

est incluse dans le déficit et ne devrait pas se reproduire.

Le solde de financement des pouvoirs locaux,

qui était encore positif en 2009, s’est dégradé en

2011 et 2012, confirmant l’existence d’un cycle selon

lequel les dépenses augmentent plus rapidement

que les recettes à l’approche des élections, qui ont

eu lieu en 2012 au niveau communal.

LES FINANCES DES ENTITÉS

FÉDÉRÉES

La Communauté flamande, Bruxelles et la Wallonie

ont connu une dégradation de leur solde budgétaire

dès 2008, suite notamment à un premier

tassement des droits d’enregistrement et des

dépenses en croissance. En 2009, toutes les entités

fédérées ont connu un déficit important, en lien

avec la réduction des impôts régionaux et les paramètres

de la Loi spéciale de financement, dont l’impact

s’est également manifesté en 2010. La Fédération

Wallonie-Bruxelles a connu en 2010 un déficit

plus important, les Régions bénéficiant de leur côté

d’un léger rebond des impôts régionaux. Depuis, le

retour à l’équilibre se réalise de manière différenciée

entre entités. La Flandre a retrouvé l’équilibre

en 2011. Les gouvernements de la Wallonie et la

Fédération Wallonie-Bruxelles se sont donné comme

objectif un retour à l’équilibre en 2015. Le déficit de

la Communauté germanophone s’est accru en 2012.

La dette des entités fédérées s’est amplifiée de

manière importante depuis 2008. Fin 2011, elle était

de 24,3 milliards € contre 13,3 milliards € fin 2005.

L’augmentation provient des déficits successifs mais

aussi d’interventions de la Flandre en soutien au

secteur financier. La dette cumulée de la Wallonie

et de la Fédération Wallonie Bruxelles s’élevait à

9,43 milliards € fin 2005 et à 13,3 milliards € fin 2011,

soit respectivement 70% et 55% de la dette de l’ensemble

des entités fédérées.

EVOLUTION DES SOLDES BUDGÉTAIRES PAR NIVEAU DE POUVOIR (EN % DU PIB)

2

1

0

-1

2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012

-2

-3

-4

-5

-6

Etat fédéral Sécurité sociale Communautés et Régions Pouvoirs locaux

Source : CSF

63 CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013


Solde de financement des entités fédérées (en millions €)

2007 2008 2009 2010 2011 2012

Wallonie 242,4 -56,8 -821,5 -426,9 -486 -194,4

Fédération Wallonie-Bruxelles -32,6 59,6 -265,3 -726 -246,6 -233,2

Communauté germanophone 2,1 3,9 -11,7 -7,3 -5,1 -15,2

Région de Bruxelles Capitale 38 -49,5 -303,8 -260,8 -295,6 -170,6

Communauté flamande 1.057,3 149,2 -1. 102,1 -985,9 164,5 241

Total 1.307,2 106,4 -2.504,4 -2.406,9 -868,8 -372,4

Source : CSF

LES FINANCES DES POUVOIRS LOCAUX

Les communes et provinces sont susceptibles d’être

impactées par la crise économique et financière par

différents canaux. En effet, l’inflation accélère les

dépenses plus rapidement que les recettes. La crise

peut aussi peser sur les recettes d’impôt des personnes

physiques et leur évolution. En outre, au

travers des transferts aux CPAS, les communes sont

davantage sollicitées pour rencontrer des besoins

sociaux accrus par la crise. Les pouvoirs locaux

étaient également actionnaires d’une institution

financière qui a connu de grandes difficultés. Enfin,

les pouvoirs locaux réalisent environ la moitié des

investissements publics en Belgique, essentiellement

financés par l’emprunt, dont l’accès a pu se

raréfier suite à la crise.

Globalement, les soldes budgétaires des pouvoirs

locaux n’ont pas connu une dégradation spectaculaire

comme celle des autres niveaux de pouvoir. En

outre, la détérioration est plus tardive, se manifestant

surtout dans les budgets 2011 et 2012.

Les sources de financement des communes se composent

de trois éléments principaux : les recettes

fiscales (additionnels au précompte immobilier, à

l’impôt des personnes physiques, à la taxe de circulation)

qui représentent 52% des recettes des

communes belges en 2011, les fonds et subsides

reçus d’autres niveaux de pouvoir, pour 36%, et des

ressources propres (redevances, dividendes, …)

pour 12%. La situation varie quelque peu entre

Régions, la Wallonie se caractérisant par une plus

grande importance des fonds et transferts dans le

budget des communes.

L’évolution moyenne des dépenses communales

ne s’est pas écartée de celle des recettes pour la

Belgique et la Wallonie. En revanche, les dépenses

ont évolué plus rapidement en Flandre, amenant à

une dégradation du solde budgétaire. A l’inverse,

à Bruxelles, ce sont les recettes qui ont augmenté

plus rapidement que les dépenses.

Les recettes fiscales ont évolué plus rapidement

que les autres dans les trois Régions. Ceci résulte

surtout d’un effet de base imposable (revenu

STRUCTURE DES SOURCES DE FINANCEMENT (HORS PERSONNEL ENSEIGNANT, EN %)

100%

90%

12,3 11 11,2 13,5

80%

70%

60%

50%

40%

35,9 41,1

36,5 32,1

30%

20%

51,8

47,9

52,3 54,4

10%

0%

Belgique Wallonie Bruxelles Flandre

Source : Belfius

Recettes fiscales Fonds et subsides reçus Ressources propres

CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013 64


cadastraux, revenus soumis à l’IPP) et d’une augmentation

modérée des taux entre 2007 et 2012.

Les centimes additionnels moyens au précompte

immobilier sont passés de 2.552 à 2.607 entre 2007

et 2012. Sur la même période, le taux moyen des

additionnels à l’IPP est passé de 7,3% à 7,38%. Les

modifications de taux ont surtout eu lieu en 2007

et 2008, soit avant la manifestation des conséquences

de la crise. Les recettes de fonds et de subsides

ont évolué d’une manière comparable à l’ensemble

des recettes entre 2007 et 2012. De leur côté,

les ressources propres (de 11 à 13,5% des recettes)

ont connu des sorts divers : une diminution annuelle

moyenne de 1,1% par an en Wallonie, une augmentation

annuelle de 1,5% à Bruxelles et de 4 ,2%

en Flandre. La diminution en Wallonie est attribuable

à la baisse des recettes financières, consécutives à

la libéralisation du marché de l’énergie, aux difficultés

du Holding communal et à la réduction

d’autres dividendes. Dans les trois Régions, la diminution

des recettes financières est partiellement

compensée par une augmentation des recettes de

prestations liée aux redevances d’occupation du

sol pour les infrastructures énergétiques.

Sauf à Bruxelles, les dépenses de personnel ont

augmenté plus vite que l’ensemble des dépenses,

en raison principalement des indexations, de l’augmentation

des cotisations pour pension du personnel

statutaire. En Flandre s’ajoute la mise en

place d’un deuxième pilier de pension pour le personnel

contractuel. Les dépenses de transfert ont

augmenté de 4,4% par an dans les trois Régions,

notamment sous l’impulsion des dépenses vers les

CPAS et d’autres acteurs publics. En 2011, la dépense

moyenne de transfert par habitant vers les CPAS

était de 130 € pour la Belgique, plus faible en Wallonie

(113 €) et en Flandre (120 €) et nettement plus

élevée à Bruxelles (234 €) comme dans les autres

grandes villes du pays. Les dépenses de dettes

(intérêts, amortissements et interventions éventuelles

dans des entreprises publiques) se sont

réduites de 0,7% entre 2007 et 2012 en Belgique et

plus rapidement encore en Wallonie (-1,9%), principalement

grâce à une réduction des taux d’intérêt

et à une évolution maîtrisée de la dette. Depuis

2010, les charges financières représentent en

moyenne 12% des dépenses communales contre

plus de 17% en 2001. A Bruxelles, par contre, les

dépenses de dette ont augmenté de 3,4% par an.

Au sein des pouvoirs publics, ce sont les pouvoirs

locaux qui sont les principaux investisseurs. Les

communes ont poursuivi entre 2007 et 2012 une

politique d’investissements comparable à celle mise

en œuvre de 2001 à 2006. Le taux d’investissement

est resté supérieur à 1, ce qui signifie que les investissements

ont dépassé les amortissements. L’application

des normes budgétaires européennes

risque de détériorer le solde de financement des

pouvoirs locaux. Les règles actuelles séparent le

compte ordinaire du compte extraordinaire, l’exercice

propre et le solde global, qui doit être en équilibre,

permettant des glissements pluriannuels. Une

application stricte des normes SEC95 amènerait à

ajouter les investissements aux dépenses communales,

sans tenir compte des opérations financières.

Un lissage des objectifs budgétaires ou une prise

en compte particulière des investissements seraient

utiles pour préserver la capacité d’investissement

des pouvoirs locaux.

Les pouvoirs locaux sont relativement prudents

lorsqu’ils établissent leur budget ; les dépenses y

sont en général surestimées et les recettes sous

estimées, si bien que les comptes à l’exercice propre

sont globalement restés en boni, alors que les soldes

des budgets se sont détériorés, surtout en Flandre,

pour les exercices 2011 et 2012.

Evolution des recettes et des dépenses des communes entre 2007 et 2012 (en %)

Taux de croissance

moyen des recettes

Taux de croissance

moyen des recettes

fiscales

Taux de croissance

moyen des dépenses

Taux de croissance

moyen des dépenses

de personnel

Belgique 3,2% 3,6% 3,3% 3,8%

Wallonie 3,0% 4,1% 3,0% 3,5%

Bruxelles 3,6% 3,8% 3,2% 2,2%

Flandre 3,2% 3,3% 3,6% 4,4%

Source : Belfius

65 CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013


Evolution des soldes ordinaires des communes à l’exercice propre (en millions e)

2008 2009 2010 2011 2012

Belgique -103,9 -145,0 -97,8 -282,1 -373,8

Wallonie 16,2 7,0 7,0 -13,0 -10,5

Bruxelles 3,0 4,3 -1,8 -0,5 -7,8

Flandre -123,1 -156,3 -102,9 -268,7 -355,5

Source : Belfius

EN CONCLUSION

Les finances publiques belges, comme celles des

autres pays industrialisés, se sont considérablement

dégradées suite à la crise financière et économique.

Les difficultés budgétaires se poursuivent.

En 2013, la Belgique devrait avoir accompli la

moitié des efforts nécessaires au retour à l’équilibre

de ses finances publiques. Cependant, les

actions budgétaires simultanées au niveau européen

pèsent sur la croissance économique ce qui

complexifie l’amélioration des soldes budgétaires.

Le rythme de l’assainissement pourrait toutefois

être légèrement assoupli pour tenir compte de la

faible croissance. Un solde structurel en équilibre

est envisagé comme objectif pour 2015 et un solde

en équilibre nominal en 2016. La répartition des

efforts nécessaires entre entités va par ailleurs faire

l’objet de concertations entre les différents niveaux

de pouvoir ce qui pourra également influencer les

futurs paramètres de la Loi spéciale de financement

en lien avec la 6 eme réforme de l’Etat.

CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013 66


5

L’énergie

LE BILAN ENERGETIQUE WALLON (36)

Dans le cadre de cette partie, la production électrique,

la consommation intérieure brute et la

consommation finale totale seront examinées.

En 2011, selon le bilan énergétique provisoire 2011

de la Wallonie, la production d’électricité nette est

de 33,1 TWh, ce qui correspond à une diminution de

7% par rapport à 2010.

L’électricité nucléaire représente 70% de cette production

et les centrales Turbine Gaz Vapeur (TGV)

16%.

Il faut souligner que les évolutions constatées diffèrent

selon la source de production. On constate

une baisse de production des centrales TGV (-24%)

et des centrales nucléaires (-2%) et surtout des centrales

thermiques classiques (-48%) suite à la fermeture

de certaines unités. Une forte progression

des productions d’origine renouvelable est à

souligner : +47% pour l’éolien et +152% pour le

solaire photovoltaïque (voir chapitre consacré aux

énergies renouvelables ci-dessous).

La consommation intérieure brute (CIB) représente

la quantité d’énergie nécessaire pour répondre à

la demande de la Wallonie. Elle correspond au bilan

de l’importation, de la production primaire et de

l’exportation d’énergie. En 2010, elle est de 202 TWh.

Après une chute de 10% en 2009, on constate une

hausse de 6%. Celle-ci résulte de différents facteurs.

Une certaine reprise industrielle a conduit à une

augmentation de la consommation de ce secteur de

17%, alors qu’une baisse de 33% avait été constatée

en 2009 suite à la crise économique. 2010 fut

une année froide ce qui a eu un impact direct sur

la consommation du secteur domestique qui a progressé

de 7%. Enfin, il faut également signaler une

hausse de la production électrique.

67 CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013


Le Bilan énergétique provisoire pour 2011 fait apparaître

une situation différente. En effet, une baisse

de 4% de la CIB est constatée. Cette diminution

s’explique par une diminution de la production électrique

et par une baisse de la consommation des

ménages due à un climat plus doux. Ces diminutions

ne sont pas contrebalancées par l’amorce de

la reprise de l’activité des entreprises (+2% de la

consommation énergétique industrielle en 2011).

Si l’on se penche maintenant sur la consommation

finale totale, qui représente l’énergie consommée

par l’ensemble des secteurs, elle est de 135 TWh

en 2011. Après une baisse de 16% en 2009, elle repart

à la hausse en 2010 (+9%) puis de nouveau à la

baisse en 2011 (-2.4%). Les éléments explicatifs de

ces variations sont les mêmes que ceux présentés

dans le cadre de la CIB, à savoir une augmentation

de l’activité industrielle en 2010 et plus faiblement

en 2011, ainsi que l’impact des conditions climatiques

sur les besoins du secteur domestique.

L’examen des évolutions par secteur d’activité

montre que la crise de 2009 a fortement impacté la

composition sectorielle de la consommation finale

totale. En effet, la consommation industrielle a

chuté de 33% en 2009. En 2008, l’industrie représentait

43% de cette consommation. En 2010, ce

pourcentage tombe à 36% et revient à 38% en 2011.

La répartition entre les différents secteurs industriels

a également subit des modifications importantes.

En 2010 et 2011, ce sont les industries des

minéraux non métalliques (cimenteries et production

de chaux) qui composent la branche la plus

énergivore avec 33% de la consommation totale du

secteur industriel wallon. La sidérurgie qui était en

tête depuis des années avec presque 50% de la

consommation en 1990 et 36% en 2008, ne représente

plus que 20% en 2011 suite à la fermeture ou

à l’arrêt de plusieurs sites de production.

Il est également intéressant d’examiner la part du

secteur des transports dans la consommation finale.

En 1990, elle s’élevait à 19% et ne cesse de croître

depuis pour atteindre 30% en 2011. Cette hausse est

principalement due à la hausse du transport routier

(+ 34% entre 1990 et 2011) et du secteur aérien

(+700% entre 1990 et 2011).

Evolution sectorielle de la consommation finale (37)

Domestique Dont Dont Dont

Année Industrie et équivalents Logement Tertiaire Agriculture Transport Total

En TWh Pci 1990 76,3 42,1 32,3 8,5 1,2 27,8 146,2

1995 76,3 46,9 35,6 10,1 1,2 30,3 153,5

2000 75,5 46,5 34,1 11,3 1,1 33,9 155,9

2005 66,5 50,0 36,5 12,3 1,2 36,8 153,2

2009 43,0 46,8 32,1 13,6 1,2 37,3 127,1

2010 50,3 50,1 34,2 14,7 1,2 38,4 138,8

2011 51,4 43,3 29,4 12,8 1,2 40,7 135,4

En % du total 1990 52% 29% 22% 6% 1% 19% 100%

1995 50% 31% 23% 7% 1% 20% 100%

2000 48% 30% 22% 7% 1% 22% 100%

2005 43% 33% 24% 8% 1% 24% 100%

2009 34% 37% 25% 11% 1% 29% 100%

2010 36% 36% 25% 11% 1% 28% 100%

2011 38% 32% 22% 9% 1% 30% 100%

Evolution 1990-2011 -32,7% +3,1% -8,9% +49,3% -4,3% +46,3% -7,4%

Taux de croissance annuel -1,9% +0,1% -0,4% +1,9% -0,2% +1,8% -0,4%

moyen 1990-2011

Evolution 2010-2011 +2,0% -13,4% -14,0% -13,1% +0,0% +6,1% -2,4%

NDLR : les usages non énergétiques sont inclus

Source : ICEDD

CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013 68


L’évolution de la consommation finale sur la période

de 1990 à 2011 pour ces deux secteurs est tout à fait

contrastée puisque pour le secteur industriel on

constate une diminution de près de 33% alors

qu’une hausse de plus de 45% apparaît pour le

transport.

La part de la production d’énergie primaire et de la

récupération d’énergie (énergies renouvelables,

valorisation énergétiques des déchets, charbon des

terrils…) dans la CIB détermine le degré d’indépendance

énergétique. Pour la Wallonie, il est estimé

à 6% en 2010. S’il est en croissance suite au développement

des énergies renouvelables, il faut souligner

que l’augmentation plus soutenue constatée

depuis 2009 est également une conséquence

de la diminution importante de la production sidérurgique

qui induit une réduction des importations

de charbon.

LE DEVELOPPEMENT DES ENERGIES

RENOUVELABLES EN WALLONIE (38)

En 2010, la consommation intérieure brute d’énergie

renouvelable est de 13,6 TWh (+ 11% par rapport

à 2009), soit 6,7% de la CIB totale. Plus de 80%

ont été produits en Wallonie. Si l’on se penche sur

la contribution des différentes sources d’énergie, on

constate que 93% de cette consommation provient

de la biomasse et 7% du « hors biomasse », à savoir

l’éolien, le solaire, l’hydroélectricité, la géothermie

et les pompes à chaleur. Depuis 20 ans, les hausses

les plus importantes concernent ces dernières

sources ainsi que le biogaz.

13% mais n’a pas encore été réparti entre les régions.

Celui fixé par le Gouvernement wallon est de parvenir

à une production de 8 TWh d’électricité produite

à partir de sources renouvelables, soit environ

25% de la consommation finale d’électricité

estimée à l’horizon 2020. En 2010, cette part s’élève

à 7,4% en Wallonie avec 2,1% d’électricité, 4,3% de

chaleur et 1% pour les transports (biocarburants).

En 2010, la production de chaleur nette est de 6 TWh

dont plus de 95% sont issus de la biomasse solide

(sous-produits végétaux, bois de chauffage et combustibles

de substitution).

L’électricité renouvelable intervient quant à elle pour

7% de la production nette d’électricité totale en Wallonie

(hors pompage) et représente plus de 10% de

la consommation d’électricité en Wallonie. La production

nette est de 2,7 TWh en 2010 (+23% par rapport

à 2009), dont plus de 60% provenant de la biomasse,

26% de l’éolien, 11% de l’hydroélectricité et

près de 2,5% du solaire.

Il est intéressant d’examiner plus avant la production

d’électricité verte certifiée puisque celle-ci donne

accès à l’octroi de certificats verts. Selon le décret

du 12 avril 2001 relatif à l’organisation du marché

régional de l’électricité, l’électricité verte est définie

comme l’électricité produite à partir de sources

d’énergie renouvelables ou de cogénération de qualité

dont la filière génère un taux minimum de 10%

d’économie de dioxyde de carbone par rapport aux

émissions de dioxyde de carbone d’une production

classique dans des installations modernes de référence.

L’Europe a fixé aux Etats membres des objectifs

relatifs au pourcentage d’énergie issue de sources

renouvelables dans la consommation d’énergie

finale à l’horizon 2020 (39). L’objectif belge est de

L’électricité verte en Wallonie 2011 (40)

2011

2010

MWh

2011

2010

CV

Taux d’octroi

moyen

(CV/MWh)

Prix moyen

au producteur

(€/CV)

Niveau de

soutien moyen

(€/MWh)

Nombre Puissance

de sites

kW

Production

MWh

Production

CV

Filières

Solaire photovoltaïque 48.540 247.359 140.663 158% 938.066 153% 6,669 78,90 526,17

Hydraulique 85 111.333 187.780 -36% 101.201 -38% 0,539 82,95 44,70

Eolien 71 523.767 1.029.512 48% 1.029.347 48% 1 82,54 82,53

Biomasse 9 125.319 658.283 6% 410.356 -17% 0,623 84,46 52,65

Cogénération biomasse 47 158.996 965.520 2% 1.166.602 11% 1,208 83,70 101,14

Cogénération fossile 71 206.513 1.004.634 14% 124.911 23% 0,124 80,59 10,02

Total ou 48.823 1.373.288 3.986.391 14% 3.770.484 31%

Moyenne 0,946 82,18 77,73

Source : ICEDD

69 CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013


D’après le rapport annuel spécifique 2011 de la

CWAPE (41), fin 2011, la production d’électricité

verte en Wallonie est répartie entre 48.823 sites de

production pour une puissance totale de 1.373 MW.

82,5% de cette puissance se concentre dans 331

sites de puissance supérieure à 10 kW. 99% des

sites ont une puissance inférieure à 10 kW pour une

puissance totale de 240 MW. Si l’on regarde l’évolution

du nombre d’installations par rapport à 2010,

on constate :

- pour les sites de plus de 10 kW, l’apparition de 97

nouveaux sites dont 68 installations photovoltaïques,

10 éoliennes et 3 unités de cogénération

industrielles.

- pour les sites de moins de 10 kW, une forte hausse

des installations photovoltaïques avec 25.000 nouvelles

installations pour 16.000 en 2010. Il faut également

signaler qu’étant donné la diminution du

coût des installations, la puissance moyenne est

en augmentation depuis 2008.

En 2011, la production d’électricité verte atteint

presque 4 TWh (+14% par rapport à 2010), ce qui

représente 17,5% des fournitures d’électricité en

Wallonie. Les différentes sources sont la biomasse

et la cogénération biomasse (40%), l’éolien (26%),

la cogénération fossile (25%), l’hydraulique (5%) et

le photovoltaïque (4%). Ce dernier et l’éolien ont

connu les plus fortes augmentations avec respectivement

+158% et presque +50% par rapport à 2010.

La production de certificats verts a quant à elle progressé

de 31% par rapport à 2010 atteignant plus de

3.770.000 certificats fin 2011. La répartition par filière

est la suivante : 42% proviennent de la biomasse et

de la cogénération biomasse, 27% de l’éolien et

25% du photovoltaïque. Ces deux dernières connaissent

les progressions les plus importantes.

L’augmentation de la part du photovoltaïque dans

cette production a comme effet une augmentation

du taux d’octroi moyen effectif qui passe de 0,825

CV/MWh en 2010 à 0,946 CV/MWh en 2011. In fine,

cela conduit à ce que le niveau moyen de soutien

de l’électricité verte augmente de 70 €/MWh en 2010

à 78 €/MWh en 2011, soit une hausse de 11%.

Selon la CWAPE, l’essor de la filière photovoltaïque

est l’élément principal qui a conduit au déséquilibre

actuel du marché des certificats verts.

EVOLUTION DES PRIX

Depuis 2007 le marché est complètement libéralisé

en Wallonie. L’effet attendu était une baisse des prix

énergétique par l’organisation d’un marché concurrentiel.

Selon les données Eurostat, le prix de l’électricité

hors taxes pour les ménages a crû de manière plus

vive en Belgique qu’ailleurs.

Le graphique ci-après montre que, pour un indice

100 en 2006, le prix se situe à un indice de 141,6 en

2012 pour la Belgique contre 113,9 pour la zone euro

et 123,2 pour l’UE 27. La croissance annuelle

moyenne du prix hors taxe en Belgique est de 6%

contre 2,2% pour la zone euro, 1,5% aux Pays-Bas,

1,4% en France et 0,8% en Allemagne !

PRIX DE L'ÉLECTRICITÉ POUR LES MÉNAGES (2006 = 100)

150

140

130

120

110

100

90

80

2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012

UE (27 pays)

Zone euro (composition variable)

Belgique

Allemagne

France

Pays-Bas

Source : Eurostat

CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013 70


En chiffres absolus, la Belgique est le pays où le

prix de l’électricité hors taxe est le plus élevé :

Prix de l’électricité hors taxes pour les ménages en 2012

(€ par KWh) :

UE 27 0,1316

Zone Euro 0,1295

Belgique 0,159

Allemagne 0,1441

France 0,0986

Pays-Bas 0,1317

En ce qui concerne le prix du gaz (toujours hors

taxe), l’évolution indiciaire est fournie dans les graphiques

ci-après.

Comme pour l’électricité, le prix du gaz est le plus

élevé en Belgique qui affiché aussi une croissance

annuelle supérieure à la moyenne européenne et à

la croissance observée chez les principaux partenaires

commerciaux.

Prix du gaz hors taxes pour les ménages en 2012

Prix en 2012

Croissance annuelle

(€/Gigajoule) moyenne (2012/2006)

En ce qui concerne le prix de l’électricité hors taxes

pour l’industrie, si les indicateurs se situent dans la

moyenne européenne, le prix demeure plus élevé

que chez nos principaux partenaires commerciaux

U.E.27 13,63 5,3%

Zone Euro 13,99 3,6%

Belgique 15,20 5,9%

Allemagne 13,22 1,3%

France 14,70 5,3%

Pays-Bas 12,92 2,6%

Prix de l’électricité hors taxes pour l’industrie en 2012

(€ par KWh) :

U.E.27 0,0976

Zone Euro 0,0984

Belgique 0,095

Allemagne: 0,0895

France 0,0809

Pays-Bas 0,0805

Pour ce qui concerne le prix du gaz pour l’industrie,

les indicateurs s’inscrivent davantage dans des

zones comparables aux moyennes européennes et

chez les trois principaux partenaires commerciaux.

PRIX DU GAZ POUR LES MÉNAGES (2006 = 100)

150

140

130

120

110

100

90

80

2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012

UE (27 pays)

Zone euro (composition variable)

Belgique

Allemagne

France

Pays-Bas

Source : Eurostat

71 CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013


En chiffres absolus, on notera que la Belgique affiche

un prix du gaz pour l’industrie – hors taxes – moins

élevé qu’ailleurs, excepté les Pays-Bas (producteur

de gaz)

Prix du gaz hors taxes pour l’industrie en 2012 (€ par Gj)

UE 27 10,14

Zone Euro 10,64

Belgique 9,17

Allemagne 12,04

France 10,51

Pays-Bas 7,99

PRIX DU GAZ POUR L'INDUSTRIE (2006 = 100)

140

130

120

110

100

90

80

2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012

UE (27 pays)

Zone euro (composition variable)

Belgique

Allemagne

France

Pays-Bas

Source : Eurostat

TAUX D'IMPOSITION IMPLICITE DE L'ÉNERGIE (€/TONNE D'ÉQUIVALENT PÉTROLE)

210

200

190

180

170

160

150

140

130

120

110

100

90

1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010

Belgique

Allemagne

France

Pays-Bas

Source : Eurostat

CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013 72


D’une manière globale, on constate donc que :

1. L’augmentation des prix énergétiques est particulièrement

forte en Belgique et touche principalement

les ménages ; l’augmentation du prix pour

l’industrie est en effet moins forte et davantage

comparable à celle qui est observée dans les pays

voisins.

2. L’évolution des prix semble n’être que peu influencée

par l’évolution de la demande, en tout cas pour

l’industrie où une pression sur les prix subsiste malgré

une certaine contraction de la demande.

3. L’évolution du prix du gaz et de l’électricité, comparativement

à l’évolution des prix pour les

ménages, trouverait un élément d’explication dans

une élasticité prix/PIB moins forte pour les ménages

que pour l’industrie.

Eurostat fournit une statistique concernant le taux

d’imposition implicite qui est le ratio entre les

recettes fiscales de l'énergie et la consommation

d'énergie finale calculé pendant une année civile.

Les recettes fiscales de l'énergie sont mesurées en

euros et la consommation d'énergie finale en tant

que TEP (tonnes d'équivalent pétrole).

Il est intéressant de noter que la pression fiscale

globale sur l’énergie est nettement moins forte en

Belgique que chez nos principaux partenaires commerciaux

(France, Allemagne, Pays-Bas).

(36) Bilan Energétique de la Wallonie 2010, Bilan de production et de

transformation, ICEDD pour la DG04, février 2012

Bilan Energétique de la Wallonie 2010, Bilan de l’industrie et bilan global,

ICEDD pour la DG04, septembre 2012

Bilan Energétique provisoire de la Wallonie 2011, ICEDD pour la DG04,

septembre 2012

(37) Extrait du tableau 39 du Bilan Energétique de la Wallonie 2010, Bilan

de l’industrie et Bilan global, ICEDD pour la DG04, septembre 2012 et du

tableau 16 du Bilan Energétique provisoire de la Wallonie 2011, ICEDD pour

la DG04, septembre 2012

(38) Bilan Energétique de la Wallonie 2010, Bilan de l’industrie et bilan

global, ICEDD pour la DG04, septembre 2012

(39) Directive 2009/28/EC relative à la promotion de l’utilisation de

l’énergie produite à partir de SER

(40) Tiré des tableaux 7, 10 et 11 du Rapport annuel spécifique 2011 de la

CWAPE

(41) L’évolution du marché des certificats verts, Rapport annuel spécifique

2011, CWAPE

73 CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013


Glossaire

Bibliographie

Définitions

Glossaire

APE

Aides à la Promotion d’Emploi

AWIPH

Agence Wallonne pour l’Intégration

des Personnes Handicapées

BFP

Bureau Fédéral du Plan

BIT

Bureau International du Travail

BNB

Banque Nationale de Belgique

CCE

Conseil Central de l’Economie

CCI

Chômeurs Complets Indemnisés

CCP

Centrale des crédits aux particuliers

CEP

Congé-Education Payé

CIS

Community Innovation Survey

CSF

Conseil Supérieur des Finances

CPRD

Crédits Publics de Recherche-

Développement

CSJ

Centre de Soins de Jour

CWaPE

Commission wallonne pour l’Energie

DE

Demandeurs d’Emploi

DEDA

Demandeurs d’Allocations

DEI

Demandeurs d’Emploi Indemnisés

ETP

Equivalent Temps Plein

EUROSTAT

Office statistique des Communautés

européennes

FOREM

Office régional de la Formation

professionnelle et de l’Emploi

FWB

Fédération Wallonie-Bruxelles

GES

Gaz à Effet de Serre

GRD

Gestionnaires de Réseaux de Distribution

HT

High Tech

IDE

Intercommunales de Développement

Economique

INASTI

Institut National d’Assurances Sociales

pour Travailleurs Indépendants

ISBL

Institutions sans but lucratif

LSF

Loi Spéciale de Financement

MHT

Medium High Tech

CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013 74


OEB

Office Européen des Brevets

ONEM

Office National de l’Emploi

ONSS

Office National de Sécurité Sociale

PCRD

Programme-Cadre de Recherche-`

Développement

PIB

Produit Intérieur Brut

PTP

Programme de Transition Professionnelle

R&D

Recherche et Développement

TIC

Technologies de l’Information

et de la Communication

UE

Union Européenne

ZAE

Zone d’Activité Economique

SPW

Service Public de Wallonie

DGO1

Direction Générale Opérationnelle

Routes et Bâtiments

DGO2

Direction Générale Opérationnelle

Mobilité et Voies hydrauliques

DGO3

Direction Générale Opérationnelle

Agriculture, Ressources naturelles et

Environnement

DGO4

Direction Générale Opérationnelle

Aménagement du territoire, Logement,

Patrimoine et Energie

RETI

Région de Tradition Industrielle

SBA

Small Business Act

SCM

Standard Cost Model

SPF

Service Public Fédéral

DGO5

Direction Générale Opérationnelle

Pouvoirs locaux, Action sociale et Santé

DGO6

Direction Générale Opérationnelle

Economie, Emploi et Recherche

DGO7

Direction Générale Opérationnelle

Fiscalité

75 CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013


Bibliographie

AQUAWAL

Statistiques de l’eau potable et de l’assainissement

des eaux usées en Wallonie,

Rapport 2012

AGENCE WALLONNE DE L’AIR ET DU

CLIMAT (AWAC)

- Emissions de substances acidifiantes et

particules en Wallonie, Soumission 2013

- Emissions de GES en Wallonie, Soumission

2013

AGENCE WALLONNE À L’EXPORTATION

ET AUX INVESTISSEMENTS ÉTRANGERS

(AWEX)

Données 2012

BANQUE NATIONALE DE BELGIQUE –

CENTRALE DES CRÉDITS AUX PARTICU-

LIERS

Données statistiques au 31 décembre 2011

http://www.nbb.be

BELFIUS

Finances locales, Communes et Provinces,

juillet 2012

BELGOSTAT

Données statistiques

http://www.nbb.be/belgostat/

BUREAU FÉDÉRAL DU PLAN & DGSIE

Perspectives de population 2010-2060

http://www.plan.be

BUREAU FÉDÉRAL DU PLAN

Perspectives économiques 2012-2017 :

principaux résultats macroéconomiques

CONSEIL SUPÉRIEUR DES FINANCES

Trajectoire budgétaire en préparation du

programme de stabilité 2013-2016

CWaPE

L’évolution du marché des certificats verts,

Rapport annuel spécifique 2011

DYNAM

http://www.dynam-belgium.be

EUROSTAT

- Données de comptabilité nationale – Taux

d’épargne brut des ménages, mars 2013

- Statistiques économiques - sociales -

finances publiques , régionales et nationales,

mars 2013

http://www.epp.eurostat.ec.europa.eu

FEDERGON

http://www.federgon.be

FOREM

http://www.leforem.be

ICEDD pour le compte du SPW

Bilan énergétique de la Wallonie 2010,

bilan de l’industrie et de transformation,

février 2012

ICEDD pour le compte du SPW

Bilan énergétique de la Wallonie 2010,

bilan de l’industrie et bilan global, septembre

2012

ICEDD pour le compte du SPW

Bilan énergétique de la Wallonie 2010,

bilan provisoire 2011, septembre 2012

INSTITUT DES GROUPES NATIONAUX

(ICN)

http://www.inr-icn.fgov.be

ING BELGIQUE

« Le Belge face à l’épargne », Ph. LEDENT,

Economic Research, novembre 2009

INASTI

http://www.rsvz-inasti.fgov.be

INSTITUT WALLON DE L’EVALUATION,

DE LA PROSPECTIVE ET DE LA STATIS-

TIQUE (IWEPS)

- Les Chiffres-clés de la Wallonie, février

2012

- Statistiques relatives aux créations,

faillites de sociétés commerciales, 2012

OBSERVATOIRE DU CRÉDIT ET DE L’EN-

DETTEMENT

- Prévention et traitement du surendettement

en Wallonie – Rapport d’évaluation

2011,

décembre 2012

- « Crédit et endettement problématique :

quelles disparités géographiques ? »,

R. DUVIVIER, décembre 2012

http://www.observatoire-credit.be

OFFICE NATIONAL DE L’EMPLOI (ONEM)

http://www.onem.be

OFFICE NATIONAL DE LA SÉCURITÉ

SOCIALE (ONSS)

http://www.onss.be

SOCIÉTÉ PUBLIQUE DE GESTION DE

L’EAU (SPGE)

Rapport d’activités 2011

SPF ECONOMIE, PME, CLASSES

MOYENNES ET ÉNERGIE – DGSIE

- Données démographiques

- Enquêtes sur le budget des ménages,

1999 à 2010

- Données relatives aux permis délivrés

pour le logement résidentiel, 2007 à 2012

- Données relatives aux prix moyen des

maisons d’habitation ordinaires, 2007 à

2012

- Enquêtes EU-SILC 2007 à 2011 (enquête

européenne sur les revenus et les conditions

de vie)

http://www.statbel.fgov.be

SPP INTÉGRATION SOCIALE

Données sur les bénéficiaires du revenu

d’intégration sociale, 2004 à 2012

http://www.mi-is.be

CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013 76


Définitions

Actif en chômage

Ensemble des personnes âgées de 15 à

64 ans sans emploi, disponibles sur le

marché du travail et qui recherchent un

travail. En pratique, le chômage comprend

l’ensemble des demandeurs

d’emploi inoccupés.

Consommation énergétique finale

Consommation d’énergie finale de tous

les secteurs économiques, à l’exception

des quantités consommées par les

producteurs et transformateurs d’énergie.

Croissance économique nominale

La croissance économique nominale

d’un pays ou d’une région équivaut au

taux de variation annuel du PIB à prix

courants du pays ou de la région considérée.

Croissance économique réelle

La croissance économique réelle d’un

pays ou d’une région équivaut au taux

de variation annuel du PIB à prix

constants du pays ou de la région

considérée.

Emploi intérieur

Ensemble des personnes âgées de 15 à

64 ans qui travaillent au moins une

heure par semaine dans une unité de

production résidente (concept basé sur

le lieu de travail).

Emploi non salarié

Ensemble des personnes qui exercent

une activité sans être liées par un

contrat de travail ou un autre statut

avec un employeur, soit l’ensemble des

travailleurs indépendants et des

aidants non rémunérés. Un indépendant

est une personne qui dirige pour

son propre compte un ou plusieurs établissements

commerciaux ou industriels

dont elle est propriétaire ou copropriétaire

ainsi que celle qui exerce

une profession libérale. Un aidant non

rémunéré est une personne qui aide

habituellement un indépendant

membre du ménage dans l’exercice de

son activité sans qu’elle soit rémunérée

à cet effet.

Emploi salarié

Ensemble des travailleurs sous contrat

de travail ou dans une situation statutaire

et des aidants rémunérés pour le

travail qu’ils effectuent chez un indépendant

membre de leur famille. Les

travailleurs à temps partiel comptent

chacun pour une unité.

Industrie manufacturière

de haute technologie

Industrie pharmaceutique, fabrication

de machines de bureau et de matériel

informatique, fabrication d'équipements

de radio, télévision et communication,

fabrication d'instruments médicaux,

de précision, d'optique et d'horlogerie,

construction aéronautique et

spatiale.

Industrie manufacturière de

moyenne-haute technologie

Industrie chimique sans la pharmacie,

fabrication de machines et équipements,

fabrication de machines et appareils

électriques, construction et assemblage

de véhicules automobiles, de

remorques et semi-remorques, fabrication

d'autres matériels de transport,

hors construction navale et construction

aéronautique et spatiale.

Nombre de postes de travail

Nombre de personnes employées (en

partie ou temps plein) en tant que salariées

ou indépendantes. Une personne

travaillant à temps partiel occupe un

poste de travail.

PIB/habitant

Le Produit intérieur brut (PIB) par habitant

est un indicateur économique qui donne

la mesure de la production de biens et

services d'un pays ou d’une région par

habitant. Sachant que le PIB et le PIB par

habitant sont des indicateurs de l’activité

de production dans un pays ou une

région, leur utilisation est adéquate

lorsque l’on mesure ou lorsque l’on compare

le niveau de développement économique

des pays ou des régions.

Cependant, le PIB n’est pas un indicateur

de revenu. A titre d’exemple, un PIB par

habitant dans une région A supérieur à

celui d’une région B ne permet pas d’affirmer

que la population de la région A est

plus riche que celle de la région B. En particulier,

on peut noter que le flux de travailleurs

migrants journaliers peuvent

fausser les comparaisons entre régions.

Population active

Ensemble des personnes résidentes

âgées de 15 à 64 ans présentes sur le

marché du travail, qu’elles soient occupées

ou en chômage (concept basé sur

le lieu de résidence).

Services de haute technologie

Télécommunications, activités informatiques,

recherche et développement

expérimental

Solde frontalier

Différence entre les travailleurs sortants

(résidents travaillant dans une

unité de production non résidente) et

les travailleurs entrants (non-résidents

travaillant dans une unité de production

résidente). Au niveau régional, le

solde frontalier inclut les flux interrégionaux

de travailleurs (navetteurs).

Solde migratoire

Différence entre les entrées de population

sur le territoire et les sorties de population

vers l’extérieur.

Solde naturel

Différence entre les naissances et les

décès.

Taux d’activité

Rapport entre la population active et la

population âgée de 15 à 64 ans.

Taux d’emploi

Rapport entre la population occupée et

la population âgée de 15 à 64 ans.

77 CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013


CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013 78


Table des

matières

Présentation CESW . . . . . . . . . . . . . .2

Avant-propos . . . . . . . . . . . . . . . . . . .4

PREMIERE PARTIE :

Introduction socio-économique . . . .7

Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .8

1. Economie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .10

Activité économique . . . . . . . . . . . . . .10

Eléments économiques

du dynamisme wallon . . . . . . . . . . . . .12

2. Emploi et formation . . . . . . . . . . . .18

Marché de l’emploi . . . . . . . . . . . . . . .18

Education et Formation . . . . . . . . . . . .21

3. Environnement et infrastructures .23

L’environnement en Wallonie . . . . . . .23

La politique énergétique . . . . . . . . . . .24

4. Dé mographie . . . . . . . . . . . . . . . . . .28

Chiffres et mouvements

de la population wallonne . . . . . . . . .28

Espérance de vie . . . . . . . . . . . . . . . . .29

Indicateurs relatifs au vieillissement .29

Perspectives de population . . . . . . . .30

5. Finances publiques . . . . . . . . . . . . .31

La Belgique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .31

La Région wallonne et la Fédération

Wallonie-Bruxelles . . . . . . . . . . . . . . .31

Focus

Les transferts de compétences . . . . . .32

La Dynamique Horizon 2022 . . . . . . . .33

DEUXIEME PARTIE :

Les premières leçons de la crise . . .35

Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .35

1. Perspectives économiques

internationales . . . . . . . . . . . . . . . . . . .38

Vers un retour progressif à la croissance

au sein de l’UE . . . . . . . . . . . . . . . . . . .38

Chômage et emploi . . . . . . . . . . . . . . .41

Offre de crédit . . . . . . . . . . . . . . . . . . .41

Inflation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .41

Assainissement budgétaire

dans l’UE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .42

2. Emploi et marché du travail . . . . . .45

Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .45

Les réallocations d’emplois . . . . . . . .45

Le travail intérimaire . . . . . . . . . . . . . .47

L’appariement entre l’offre

et la demande . . . . . . . . . . . . . . . . . . .47

Les pertes d’emploi liées

aux faillites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48

Les licenciements collectifs . . . . . . . .48

Le chômage temporaire . . . . . . . . . . .49

Le chômage de longue durée . . . . . . .50

3. Les ménages . . . . . . . . . . . . . . . . . .51

Revenus, dépenses et épargne

des ménages wallons . . . . . . . . . . . . .51

Les investissements immobiliers . . . .54

Le risque de pauvreté et d’exclusion

sociale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .55

Les bénéfices du revenu

d’intégration sociale (RIS) . . . . . . . . .56

L’endettement problématique

et le surendettement . . . . . . . . . . . . . .58

4. Les finances publiques . . . . . . . . . .60

Les effets de la crise sur

les finances publiques . . . . . . . . . . . . .60

L’évolution des conditions

de financement . . . . . . . . . . . . . . . . . .63

Les soldes de financement

par niveau de pouvoir . . . . . . . . . . . . .63

Les finances des entités fédérées . . . .63

Les finances des pouvoirs locaux . . .64

5. L’énergie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .67

Le bilan énergétique wallon . . . . . . . .67

Le développement des énergies

renouvelables en Wallonie . . . . . . . . .69

Evolution des prix . . . . . . . . . . . . . . . .70

Glossaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .74

Bibliographie . . . . . . . . . . . . . . . . .76

Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . .77

Table des matières . . . . . . . . . . . . .79

79 CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013


Regards sur la Wallonie

- Edition 2013

est une publication

du Conseil économique

et social de Wallonie.

Editeur

responsable

Jean Pierre DAWANCE

CESW

Rue du Vertbois 13C

B-4000 Liège

Tél. {04} 232 98 11

Fax {04} 232 98 10

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graphique

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CESW Regards sur la Wallonie - Edition 2013 80


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