Zibeline n° 52 en PDF

journalzibeline.fr

Zibeline n° 52 en PDF

un gratuit qui se lit

52 -

du 23/05/12 au 20/06/12


Politique culturelle

MP2013, Entretien avec Jacques Pfister 6, 7

Arles 8

Avignon Off, Martigues 9

Événements

La Marelle, CIPM 10

Festivals

Festival de Marseille, Jazz des 5 continents 12

Festival lyrique d’Aix, Les Musiques Interdites 13

Musiques actuelles 14, 15

Gageron, Folle histoire, Odyssée de Martigues 16

Cannes, Flâneries d’art à Aix 17

Fête du vélo, fête du panier,

fête du livre de la Canebière, La Valette 18, 19

Théâtre

Le Lenche, la Minoterie, le Gyptis, la Friche 20, 21

Sirènes et midi net, la Friche, le Gymnase 22

Le Daki Ling, le 3bisf, Montévidéo 23

Cavaillon, Nîmes, Fos 24

Avignon, Vaucluse 25

Danse

Cavaillon, Monaco, Trets, Saint-Maximin 26, 27

Musique

Opéras, opérettes 28, 29

Chambre 30, 31

GMEM 32

Du monde, jazz, actuelle 34 à 37

Au programme

Théâtre 38, 39

Danse 40

Jeune public/Cirque 42, 43

Musique 44 à 49

Sciences et techniques 49

Rencontres 50, 51

Cinéma 52, 53

Arts visuels

Au programme 54, 55

Les ABD, l’Alcazar, Sur la place 56

Le MuCEM, la Compagnie 57

La Vieille Charité, la Ruche 58

Gap, Martigues 59

Sanary, Mougins 60

Sm’art 61

Cinéma

Films 62, 63

Livres

Arts 64, 65

Musique 66, 67

Essais 68

Jeunesse 69

Littérature 69 à 71

Rencontres 74, 75

Patrimoine

Avant Cap, CRT, Pont-du-Gard, Jardins 76, 77


Lors de la semaine de la presse,

Zibeline a lancé avec l’aide du Clemi

un concours d’édito et de couverture.

Ce sont deux lycéennes d’Antibes

qui l’ont emporté, à l’unanimité de

la rédaction ! La couverture de Zibeline,

que nous leur devons,

est une photographie

de l’œuvre réalisée par Jaume Plensa,

Le Nomade, exposée au port

de la ville d’Antibes (06)

Le don

et l’argent

Lecteur sachant décrypter, vous en conviendrez, les mots

cachent plusieurs sens. N’en trouve-t-on pas qui, porteurs

d’équivoques, peuvent changer radicalement l’interprétation

contextuelle d’une situation ? Prenez le mot «talent». À

première vue, le talent est une aptitude remarquable dans

le domaine intellectuel ou artistique. Mais, ne vous en

déplaise, sa première définition dans un dictionnaire est :

«monnaie de compte équivalant à un talent d’or ou d’argent».

Qui aurait pu penser qu’une valeur monétaire pouvait

être l’homographe d’un don, d’une aptitude singulière qui

devrait échapper, à priori, à toute valeur marchande ?

Alors, le talent (d’or) pourrait-il se réduire à de l’argent ?

Après tout, il est de notoriété publique que la reconnaissance

du talent d’un artiste, d’une œuvre, passe obligatoirement

par sa valeur économique. Même Le temps est de l’argent,

dans notre société où profit et le bénéfice se déclinent à

tous les temps et pour toutes choses !

Cependant chers lecteurs, ne devrions-nous pas ouvrir le

débat sur cette simple question : le talent pourrait-il s’extraire

de cette connotation monétaire auquel il est

étymologiquement attaché ?

MATHILDE DALMAS, ROMANE DEROCHE

PREMIÈRES L DU LYCÉE MONT SAINT JEAN, ANTIBES

RetrouveZ nos éditions précédentes

sur www.journalzibeline.fr

Fuentes,

Camus,

nos blessures

Le 17 mai Monsieur Mitterrand a qualifié l’arrivée de Madame

Filippetti de «chance pour le ministère». Une façon élégante

de céder la place, et de souligner que la nouvelle

ministre est un écrivain. Qui cite Carlos Fuentes, sait que

les lettres et les arts ont le pouvoir de nous blesser, et

qu’ils font de nous des hommes.

Carlos Fuentes nous avait éblouis cet automne à Aix-en-

Provence quand, invité des Écritures Croisées, il avait

expliqué comment parfois il percevait la grâce des choses,

et comment il travaillait à la rendre dans ses récits, en passant

par la douleur, et la lutte.

C’est cette blessure qui parce sa douleur nous éveille, nous

empêche de mourir. Cette blessure qu’il nous faut entretenir,

susciter, préserver comme un bien précieux, parce

qu’elle est fragile, et s’amenuise. Parce qu’il est tentant de

l’éviter, au risque de dépérir.

Aix-en-Provence ne connaitra pas la blessure de Camus.

L’écrivain qui inventa la pensée de midi, symbole d’une

Méditerranée qui cherche au fond de chaque homme ce qui

le tient debout, ne sera pas au programme de notre Capitale

Culturelle 2013. Qui fera peu de place à la littérature, au

théâtre, et semble céder à la défiance des mots.

La suppression de cette grande exposition a lieu au lendemain

des élections, et des déclarations de Maryse Joissains

qui veut faire de sa ville un «village gaulois», lieu de résistance

à l’envahisseur socialiste. On savait qu’elle n’aimait

pas Camus, il semble que des cafouillages s’y soient rajoutés.

Mais quel que soit le responsable de l’annulation, Camus

nous manquera.

En cette terre d’immigration abritant enfants de Pieds-noirs,

de Harkis, d’Algériens, en ce pays si clair votant pour le

Front National comme nul autre, l’exposition pilotée par

l’historien Benjamin Stora aurait permis de questionner une

blessure commune : la guerre d’Algérie, l’exil, le sang versé,

les tortures. Elle aurait également mis au jour les obsessions

de l’écrivain, la révolte, la conscience, la joie. Autant

de notions qui disent notre commune «condition humaine»,

et auraient pu apprendre au village gaulois, et à tous ceux

qui croient que le repli préserve, que c’est en regardant le

soleil que l’on vit l’éblouissement.

AGNÈS FRESCHEL


06

POLITIQUE CULTURELLE

En cette dernière phase

de préparation de

la Capitale culturelle,

l’implication des

entreprises, privées

et publiques,

apparaît comme une

caractéristique singulière de

notre territoire. En un

contexte économique et

politique pourtant difficile.

Le double président,

Jacques Pfister, nous

explique les fondements de

cet apparent paradoxe…

MP2013 | ENTRETIEN AVEC JACQUES PFISTER

MP2013

Jacques Pfister © Agnès Mellon

et les

entreprises

Vous êtes à la fois Président de la Capitale

Culturelle et de la Chambre de Commerce, ce qui

est une double position peu commune. Unique

même. Comment expliquez-vous cette exception ?

Quand j’ai pris la présidence de la CCIMP en

2004/2005, il y avait déjà un groupe de chefs

d’entreprises qui avait envie de culture. Et qui

pensait aussi, pragmatiquement, qu’utiliser le levier

culturel pour obtenir des résultats économiques

était efficace. Par ailleurs, lorsque Jean-Claude

Gaudin a pris la décision de présenter la

candidature de Marseille, il a pensé que cela devait

être une candidature non de Marseille mais de

Marseille-Provence, et il m’a proposé de présider le

comité de candidature.

Qu’attendait-il de cette présidence inhabituelle ?

D’une part elle représentait, je pense, une

neutralité politique dans un territoire où la droite

et la gauche cohabitent, et d’autre part la CCIMP

travaillait déjà sur l’ensemble de ce territoire

Marseille-Provence qu’il voulait pour la Capitale.

Même si la Chambre de Commerce d’Arles s’ajoutait

au territoire.

Puis lorsque Bernard Latarjet a été choisi,

également par la Ville, pour diriger la candidature,

il a été très sensible à la forte implication des

acteurs économiques, à ce que nous avions à

proposer, en particulier les Ateliers de

l’EuroMéditerranée, qui faisaient entrer les artistes

dans les entreprises. Avec Bernard Latarjet nous

avons introduit des méthodes de collaboration, et

de conquête : il fallait montrer une cohésion forte.

Nous y sommes parvenus, notre candidature

présentait «un équilibre harmonieux entre projet

culturel, finances publiques et contribution des

entreprises», selon Robert Scott.

Et vous avez donc continué.

Tout le monde a considéré que le comité de

candidature avait été efficace, et qu’il s’agissait de

conserver les équipes. Je suis donc devenu

président du Conseil d’administration de la Capitale.

Votre rôle a-t-il changé ?

J’ai dû veiller à ce que la programmation soit en

harmonie avec les territoires. Le partage n’a pas été

facile, et toutes les attentes n’ont pas été

comblées ! Ma présidence s’est focalisée sur la

cohésion du CA, et la prise en compte du budget.

Je reste bien sûr très en retrait, tout comme les

collectivités, sur la programmation. Ce qui n’est pas

non plus facile ! Mon rôle, comme président de la

CCI, est aussi de soutenir l’organisation

économique de l’événement. L’hôtellerie, les

transports, les commerces doivent être à la hauteur

de l’enjeu, et nous y travaillons avec les

collectivités concernées.

Le dernier volet de notre participation c’est les

Ateliers. On était parti sur 150 ateliers, mais c’est

plus compliqué dans la mise en œuvre que ce qu’on

avait imaginé. Dès qu’on rentre dans une

négociation contractuelle, il faut penser aux droits,

aux problèmes de faisabilité, et trouver des artistes

qui veulent entrer dans le projet des entreprises.

On en aura sans doute une soixantaine, ce qui est

déjà considérable.

Est-ce que les entreprises y trouvent leur compte au

niveau de leur désir d’art, et de la visibilité de leur

participation ?

Ce n’est pas le problème. Il y a eu beaucoup de

demande au niveau des entreprises, et une certaine

pénurie d’offres artistiques, parce que trouver 150

artistes qui puissent avoir des projets

contractualisables avec des entreprises est

compliqué.

Et avez-vous des retours sur expérience, sur les

effets produits dans les entreprises par la présence

des artistes ?

Il faudra faire un bilan, précis. Pour l’heure je ne

peux vous dire que des généralités en la matière :

ça crée un vrai trouble positif, un effet considérable

de communication interne, de communion même

parfois autour de l’artiste. Mais il faudra le mesurer

exactement.

Est-ce que ce mode de création artistique va

perdurer au-delà de la Capitale ?

C’est difficile à dire. L’organisation de la production

pourra-t-elle rester à ce niveau ? Cela dépend aussi

de la volonté politique. Pour l’instant il n’y a pas de

réflexion sur les structures nécessaires, mais ça

peut venir assez vite, et on est plutôt demandeurs!

Mais pourquoi, au fond, investir dans la culture ?

C’est une respiration, dans les boîtes, de se dire

qu’on fait autre chose que du chiffre d’affaires. La

candidature est arrivée en même temps que

certaines études sur les retombées économiques,

qui avaient montré qu’un développement culturel

était facile à mettre en œuvre, et générait de fortes

retombées économiques, de l’ordre de six euros

pour un euro investi. Un autre levier est le

rayonnement, sur le long terme, de Marseille-

Provence : la qualité d’un territoire perdure après

l’événement. Nous allons montrer à l’Europe entière

que nous sommes attractifs, et capables

d’accompagner des expositions internationales

d’envergure, dans le respect des budgets. Et le


MuCEM, la façade maritime, tout ce qui se construit

actuellement, nous le garderons aussi en héritage.

Les entreprises attendent-elles aussi des retombées

en termes humains ?

Oui, la plupart des visiteurs viendront du territoire

même, et les premiers bénéficiaires seront les

citoyens. Il faut parvenir à une mobilisation

populaire, c’est très important pour le «moral des

troupes» et donc, bien sûr, c’est primordial pour

nous.

Est-ce que vous faites une différence entre une

attractivité générée par un événement culturel, et

celle d’un événement sportif ?

Bien sûr. Un événement sportif est le même

partout. Là, il est question de ce qu’on est. Le Sud,

avec une tradition d’accueil. «Marseille accueille le

monde», le premier temps de la Capitale, n’est pas

un message consensuel, mais une signature. La

coupe de foot génère aussi du chiffre, mais le

rayonnement n’est pas du même ordre. Bien sûr en

tant qu’entrepreneurs on veut du spectaculaire, de

l’événementiel, faire venir des gens, mais par

exemple on comprend qu’il faut aussi des choses

plus intimistes, tournées vers les cultures

méditerranéennes, ou qui apportent une dimension

de solidarité. Tout ce qu’un événement sportif ne

génère pas.

Pour ce qui est de la participation des entreprises,

en est la collecte des fonds ?

On est en phase avec les objectifs. On avait prévu

15 millions, on les aura, on les dépassera même

sans doute. Les grands partenaires, les mécènes des

grands projets, sont trouvés. Plus difficile, mais

plus symbolique aussi, est d’impliquer les PME,

pour qu’elles soient fières de participer. Là c’est le

nombre qui compte, la mobilisation, plus que

l’argent que cela apporte.

Le mécénat culturel se porte pourtant mal à

l’échelle nationale. Est-ce que la capitale culturelle

préserve le territoire de ce désengagement qu’on

constate ailleurs ?

La qualité du projet, de son organisation, a permis

d’atteindre les objectifs. Est-ce que cela restera, je

n’en suis pas sûr. Les grandes entreprises se

détournent du mécénat culturel, elles pensent, très

logiquement, à leurs intérêts : les banquiers visent

le haut de gamme, parce que cela correspond à leur

clientèle préférée, et que les petites gens sont

source d’ennuis pour eux. La Poste, Orange, se

portent vers le mécénat social : ils pensent, en

contexte de crise, que c’est mieux pour leur

communication interne, vis-à-vis de leurs

employés, et pour leur image.

Pourquoi votre Chambre de Commerce agit-elle

autrement, alors ? Pourquoi organiser un concours

artistique, constituer un fonds, soutenir Mécènes

du Sud, accueillir des colloques sur l’art

contemporain ?

C’est une tradition de cette maison. Les murs sont

couverts de tableaux qui sont la mémoire du port,

du commerce maritime. Nous sommes la seule

chambre de commerce à avoir une direction du

patrimoine. Le monde économique a intégré, ici,

dans sa façon de voir la vie, la culture comme un

plaisir. Mais aussi comme un intérêt bien compris !

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR AGNÈS FRESCHEL ET GAËLLE CLOAREC

Patrick Grimaud, Capitaine de Frégate

et Chef de la division prévention des

Marins-Pompiers de la Ville de Marseille

l’admet volontiers : «Des pompiers, on

ne voit que les camions rouges, tout

notre travail en amont n’est pas perçu.»

Pourtant, lui et ses 60 hommes sont

chargés de l’une des deux missions

régaliennes de son bataillon : la prévention,

la seconde étant l’opération

sur le terrain. C’est en effet dans son

service que sont instruits tous les

dossiers relatifs à la sécurité des bâtiments

marseillais, destinés ou non à

accueillir du public. «Je prends plaisir

à dire que tout ce qui se construit ou

se transforme dans notre cité passe

par chez nous. En 2011, nous avons

reçu 15 000 projets.» Avec l’année

2013 approchant, les chantiers se

multiplient, mais il y a déjà 3 ou 4 ans

que les équipements imposants type

MuCEM ou FRAC ont été étudiés, lors

du dépôt des permis de construire.

Pour la division de Patrick Grimaud, il

s’agit d’évaluer les risques en cas

d’incendie ou de panique sur tel ou

tel site, puis de suggérer des dispositions

préventives à la commission

chargée des dossiers. In fine, le Maire

tranche.

Prévenir, c’est aussi envisager tout

l’espace public sous l’angle de la

sécurité. Lors d’événements gigantesques

comme la Capitale Culturelle, il

faut prévoir les mouvements de foule,

les possibles engorgements, mais

également les voies d’accès à préserver

pour les secours, et enfin les

équipes à mettre en place. S’il est

encore trop tôt pour chiffrer les

MP2013 POLITIQUE CULTURELLE 07

Les marins-pompiers

à l’assaut de 2013

Une Capitale Européenne de la Culture, cela s’organise en

amont ! Dans l’ombre, le Bataillon des Marins-Pompiers se

prépare à assurer la sécurité du public

Futur quartier Euromediterranée © EPEAM Euromediterranée

effectifs requis lors de la cérémonie

d’ouverture (qui compteront, outre

les éléments du bataillon, les agents

de sécurité recrutés par l’organisateur,

des membres de la Croix Rouge,

et bien sûr les forces de police), il est

possible de se baser sur le retour

d’expérience des précédentes Capitales.

Ainsi Lille, qui attendait 300 000

personnes en 2004, a dû en accueillir

le double le jour J, et sur un parcours

restreint ! Marseille-Provence 2013 a

préféré opter pour un morcellement

des événements, de façon à éviter la

concentration du public en un seul

espace. Ce jour-là, de la Place de la

Joliette à la Corniche, on devrait pouvoir

circuler en sécurité dans une cité

accueillant l’Europe pour fêter la

Culture.

À charge pour le Capitaine Grimaud

et ses hommes d’analyser tous les

dispositifs préventifs de secours, en

fonction de la disposition des lieux,

du type de spectacle et de l’affluence

présumée de son public, et tous les

équipements (scènes, installations

électriques, etc.). Autant dire que les

réunions hebdomadaires auxquelles

ils participent depuis plusieurs mois

pour préparer l’événement sont bien

remplies ! «Et cela sans compter notre

travail habituel sur le secteur, le «bruit

de fond» des manifestations au quotidien

dans la ville. Mais c’est une belle

aventure à vivre.» Et une année riche

de perspectives, grâce notamment au

travail fourni par les équipes qui ne

sont pas forcément les plus médiatisées.

GAËLLE CLOAREC


08 POLITIQUE CULTURELLE ARLES

Label école

Les prochaines Rencontres

de la photo et plusieurs lieux

arlésiens célèbreront les trente

ans de L’ENSP. Précisions, petit

bilan et l’histoire continue

Aurore Valade, Il signore dei sentimenti (Le seigneur des sentiments),

série Ritratti, Torino, Turin, Italie, 2010. Avec l’aimable autorisation de Gagliardi Art System, Turin.

Si le titre hommage de ces rencontres Une école

française est quelque peu provocateur, l’histoire nous

a enseigné les égarements des catégories comme

du repli identitaire : contemporain/non contemporain,

art ou pas d’art, (bon) français ou pas.

Toujours est-il qu’il existe une excellente école -pour

ne pas dire une école de l’excellence- uniquement

consacrée à la photographie reconnue internationalement,

à Arles. C’est encore Lucien Clergue

qui a initié dans les années soixante dix cette idée

folle de conforter les passagères rencontres photographiques

par une structure permanente d’enseignement.

L’école n’aurait probablement pas vu le jour sans

une volonté politique forte sous le gouvernement

Mitterrand en 1981 avec le renfort de Gaston Defferre

et Michel Vauzelle. L’École Nationale de

Photographie faisait partie des grands projets

comme le Louvre, la bande dessinée à An-goulême,

la danse avec Roland Petit à Marseille. Elle est créée

en 1982 et la responsabilité est confiée au directeur

de ces mêmes rencontres, Alain Desvergnes,

fort de son expérience de création d’un département

d’Arts visuels à l’université d’Ottawa. L’orientation

et l’identité de l’ENP sont désormais tracées tout

en évoluant sous l’impulsion de ses dirigeants ultérieurs,

Alain Leloup et Patrick Talbot. L’école

obtient la compétence d’enseigne-ment supérieur

en 2004 et devient ENSP.

La pédagogie se fonde sur le modèle anglo-saxon de

projet et du photographe-auteur. Un enseignement

technique, artistique et culturel accompagne l’étudiant

dans sa création personnelle. Aux enseignants

(et artistes) permanents, Arnaud Claass et Christian

Milovanoff impliqués dès le début, puis Muriel Toulemonde

pour la vidéo, s’adjoignent plusieurs intervenants

extérieurs de différents domaines de compétences.

À ce jour, l’ENSP n’a guère d’équivalent si ce n’est

l’International Center of Photography à New-York

avec qui elle collabore régulièrement comme avec

d’autres institutions internationales et nationales.

Des six cent quarante étudiants formés à Arles, bon

nombre ont suivi des trajectoires professionnelles

variées dans la photographie, l’image, des structures

affiliées comme conservateur, commissaire,

archiviste... Plusieurs poursuivent une carrière

reconnue : François Deladerrière, Mireille Loup,

Aurore Valade, Bruno Serralongue, Christophe Laloi

(fondateur des Voies Off), Olivier Metzger, Monique

Deregibus, Tadashi Ono… Pour cet anniversaire il

leur a été demandé Qu’avez-vous fait de la photographie

? Ce dont rend compte un copieux livre

éponyme et la majeure partie de ces rencontres :

Une attention particulière, la première expo de tous

les diplômés 2012, des expositions monographiques,

des sélections d’artistes en tant que commissaires

que viennent compléter celles des enseignants et

les invitations faites à d’autres écoles étrangères,

le Prix découverte…

2012 se donne une forme de bilan provisoire et

restitue le rayonnement d’une école unique en son

genre. En attendant de nouveaux lieux enfin plus

conformes à ses ambitions !

CLAUDE LORIN

Merci à Rémy Fenzy, actuel directeur et ancien diplômé

de l’école, Laurence Martin, directrice des études,

Florence Maille, responsable des expositions et

publications pour leurs précisions

École Nationale Supérieure de la Photographie

Arles

04 90 99 33 33

www.ensp-arles.com

L’ENSP est rattachée au ministère

de la Culture et de la Communication.

Elle accueille chaque année 25 élèves

de toutes nationalités suite à concours bac+2

ou équivalent. Elle délivre un diplôme

universitaire, un master en 3 ans.

Un Doctorat de création est en projet

Budget initial : 2,3 M d’euros

EXPOSITIONS

Une école française

Les Rencontres Arles Photographie

Du 2 juillet à septembre

www.rencontres-arles.com

Voies Off

Soirée d’ouverture le 2 juillet

www.voies-off.com

Wip

association des étudiants de l’Ensp

Du 2 au 15 juillet

Vues d’Arles, photographies d’anciens étudiants

Galerie Espace pour l’art

Du 2 au 31 juillet

www.espacepourlart.com

Cabinet de curiosités

Le Magasin de jouets

juillet-août

www.lemagasindejouets.fr

PUBLICATIONS

Qu’avez-vous fait de la photographie ?

Editions Actes Sud, 49€

L’ouvrage brosse l’histoire de l’école à travers

le témoignage de ses acteurs et offre

une importante sélection de portfolios d’étudiants

infra-mince

Cahiers de l’Ecole nationale supérieure

de la photographie

ENSP/Actes Sud, 19€

The Viewer, site de Yann Linsart consacré

à la création photo et vidéo actuelles

www.theviewer.fr


AVIGNON OFF | MARTIGUES POLITIQUE CULTURELLE 09

Un colloque,

pour quoi faire ?

Le 12 avril, Avignon Festival & Compagnies

organisait le colloque Festival

Off, une dynamique d’utilité publique,

grâce au soutien de 10 000 € du ministère

de la Culture. Près de 200

participants devaient dégager, en 5

ateliers de réflexion, des solutions aux

domaines d’action du Off : 1 er marché

du spectacle vivant en France, lieu de

dialogue des territoires, opérateur de

démocratisation culturelle, incubateur

artistique et initiateur de production

alternative. Vaste programme, auquel

peu d’artistes se sont joints, qui s’est

réduit à soulever les problématiques.

Le Off est devenu un «phénomène de

société», concentré 3 semaines dans

ses Remparts, entre création, loisir de

masse et éducation populaire. Ses

acteurs sont conscients du risque

d’implosion et d’inutilité devant la

croissance gargantuesque d’un rassemblement

de plus en plus sauvage

qui, en 2011, recevait 1 143 spectacles

et 969 compagnies. Car le Off évolue,

à l’infini, dans le désir fondateur d’indépendance

face à son «grand-frère»

subventionné (AF&C compte 3 salariés

et aucune subvention), mais sans

cadre précis, laissant parfois à la

marge des créateurs peu préparés à

l’imparable concurrence. Sur 5 000

spectacles créés par an en France, 10%

jouent dans le Off qui engrange 1 M

d’€ d’entrées. 20% des contrats sont

négociés pendant le Off, lieu de passage

obligé pour accrocher les 7 000

pros venus faire leur marché. Aucun

chiffre pourtant n’indique le nombre

de compagnies exsangues au terme

du festival. Absorbées dans la masse,

peu d’entre elles sont mises en valeur

par spécificité territoriale. Sur les 26

régions présentes, certaines jouent le

jeu, drainent leurs publics dans le sillage

de leurs artistes, développent

une diffusion inter-régionale. Quant

à l’extra-muros, il y a urgence à l’investir,

pas juste pour ouvrir l’espace

d’accueil mais la démocratisation culturelle

dont se réclame le Off.

Parmi les idées, ont émergé un «Off à

plein temps» avec des rendez-vous

entre socio-éducatifs et théâtres permanents

ou la création d’un «club de

spectateurs éclairés» pour renforcer

le dialogue entre artistes et publics.

D’autres pistes, plus polémiques : limiter

les spectacles aux compagnies

professionnelles, ou du moins en

colloque du Off, 12 avril 2012 © De.M.

règle, former les directeurs à l’accueil,

créer une taxe locale pour les commerçants

qui tirent profit du Off.

L’accompagnement devient nécessaire

pour aider les compagnies, développer

les publics, améliorer la visibilité

du Off et sa mise en réseau… Tout

comme la régulation de l’offre, malgré

le vœu de Greg Germain, président

d’AF&C, de ne pas contrôler le remplissage.

Pas plus emballé par l’idée

d’organiser un «Offthon», il campait

sur sa position : «Les tutelles doivent

mettre la main à la pâte pour améliorer

les services d’AF&C.»

Une charte du Off est prévue en 2012,

pour afficher les pratiques exemplaires,

mais les lieux ne seront pas

obligés d’y adhérer. À quoi bon alors ?

Suite des débats cet été, après publication

des actes. Aux artistes d’y

faire entendre leur voix cette fois.

DELPHINE MICHELANGELI

Le colloque Festival Off,

une dynamique d’utilité publique

a eu lieu au Centre de congrès

du Palais des Papes, Avignon

Le Festival Off aura lieu

du 7 au 28 juillet

Ce que Martigues doit à Prosper

Connaissez-vous Prosper Gnidzaz ? Cet ancien

pâtissier, arrivé à Martigues en 1937, est un passionné

de cinéma depuis son enfance ; c’est aussi

un collectionneur, qui aime partager ! C’est ainsi

qu’en 2007 il a offert à la municipalité martégale sa

collection de 2250 bobines de films français et

étrangers, scopitones (clip-vidéo des années 60),

actualités, dessins animés, documentaires, reportages,

et 83 appareils de projection dont les plus

anciens datent de 1880. Elle a décidé de créer l’espace

portant son nom. Quatre ans plus tard, le 21

mai 2011, l’Espace Gnidzaz était inauguré.

Situé à Ferrières, dans une ancienne boutique, une

chapelle du XVII e siècle rénovée et une maison

particulière, l’Espace Gnidzaz offre 300 m 2 ouverts

au public. C’est une passionnée, Sylvie Morata,

chargée du développement qui fait visiter les trois

salles : la première retrace l’histoire technique du

cinéma, thaumatrope, zootrope, cinématographe ;

la deuxième rend hommage au collectionneur et

présente une vingtaine d’appareils dont une lanterne

magique à bougie Ernst Plank (1885), ou le

projecteur Prosper Gnidzaz qu’il a construit luimême

en 1948 ; dans la troisième salle, le visiteur

peut, installé dans un confortable fauteuil, regarder

des extraits de films de la collection, permettant de

découvrir Martigues, terre de cinéma.

L’espace Gnidzaz comporte aussi une salle de projection

d’une trentaine de places, lieu destiné à

l’éducation à l’image, étroitement lié au cinéma

Renoir qui en a la direction. Il s’adresse aux cinéphiles

en organisant des conférences et à un public

populaire en lui racontant l’histoire du cinéma.

Après un premier cycle, De la première avant-garde

© A.G © A.G

à l’arrivée du parlant, ce sont des films de Jean

Painlevé que les curieux pourront découvrir les

mardi, mercredi, samedi et dimanche de 10h à 12h

et de 14h30 à 18h30.

ANNIE GAVA

Espace Cinéma Prosper Gnidzaz

4 rue Denfert, Martigues

04 42 10 91 30

http://espacecinemapg.blogspot.fr


10 ÉVÉNEMENTS LA MARELLE | CIPM

Changer la vie ?

Poésie et politique

De l’injonction poétique radicale au

slogan pragmatique du parti socialiste

d’il y a trente ans, de Rimbaud à

Mitterrand et après, bien des saisons

en enfer ont travaillé l’esprit et la

langue des poètes. La précieuse et

discrète association Alphabetville

qui s’est donné pour tâche d’activer

la réflexion sur l’art et le peuple (voir

Zib 51) a rouvert une piste peu frayée

par ces temps qui courent vite : les

rapports entre poésie et politique.

Organisée au cipM et intitulée «Toi

aussi, tu as des armes...» (d’après le

sursaut velléitaire de Kafka dans son

journal), la rencontre du 20 avril

réunissait autour de la parution d’un

ouvrage collectif sur ce thème et sous

ce titre, deux figures imposantes

d’universitaires-écrivains-artistes au

passé militant : Jean-Marie Gleize

avoue malicieusement Mao, Jean Christophe

Bailly Trotski. Ils encadraient

le regard clair de celle qui n’a jamais

baigné dans les ismes : Nathalie Quintane

pour qui le mot «mouvemen

n’évoque que le déplacement dans

l’espace. Récusant et surtout interrogeant

le «nous» dans son ambigüité

fondamentale (incluant ? excluant ?),

la jeune auteure fait pirouetter le

«je» dans un discours-performance

à la désinvolture calculée, décalée,

pas vraiment dégagée, construisant

sur le discours critique une forme

poétique «s’agit pas de se perdre

dans le sac à tropes comme un vulgaire

socialiste». Parole fragile qui

respire dans l’air du temps plutôt

qu’elle ne revendique un ancrage

dans le réel ; pourtant Tomates, paru

récemment, nous amène l’air de rien

auprès de Julien Coupat, façon de

rappeler avec Mandelstam que la

poésie est plus une «bouteille à la

mer», qu’une bouée de sauvetage !

La fantaisie comme résistance ? Plus

proche d’une parole collective et à

bonne distance de l’ironie ambiante,

Jean-Marie Gleize réaffirme mais «à

voix intensément basse» la présence

du politique dans le poétique ; fin

de l’hymne, c’est entendu, mais nécessité

de faire entendre une autre

«musique» comme un acte qui tirerait

paradoxalement sa force de la

quasi-invisibilité du poème ou de

son impuissance essentielle, «acteurs

incertains» dans l’opacité

d’une «insurrection quotidienne» et

touchant à la communauté ; et c’est

Tarnac décidément qui est encore à

l’œuvre, dans un présent tout occupé

à un «à venir» possible.

La poésie comme vigilance critique?

Moins «pratique» car plus ancré dans

la profondeur de la création, Jean

Christophe Bailly rappelle après Paul

Celan que le poème se constitue

avant tout en un «acte solitaire»,

mais que si l’atelier de la langue est

toujours coupé de sa réception publique,

il reste ouvert au bruit du

temps (Mandelstam encore) et à son

chaos tragique. Au poète est dévolue

la tâche de construire du «distinct»

qui aide à l’intelligibilité du monde,

loin des langues de bois et du pathos

informe, en s’appuyant sur la double

nature du poème : le «Bildende» et

le «Tönende» tels que définis par Lenz

dans une lettre à Goethe, le «formateur»

et le «résonant». Où il est encore

question de musique...

Jean Christophe Bailly termine son

intervention par la lecture bien scandée

de Basse Continue qui dit bien

l’impossible retrait du monde. Finalement

chacun des trois invités décline

sa version personnelle de «l’action

restreinte» selon Mallarmé. Ni insurrection

ni apocalypse donc comme le

constate Yves Pagès dans le recueil

cité plus haut ! Ringardes les vertus

supposées de l’indignation ! Contentons-nous,

dans la plus haute exigence,

«d’habiter poétiquement» le monde...

MARIE-JO DHÔ

À terre et sur les flots

En créant La Marelle, Pascal Jourdana souhaitait offrir

aux auteurs un lieu de résidence fixe à Marseille. Pari gagné.

Depuis 2 ans, la Villa des projets d’auteurs ne désemplit

pas. Soucieuse de renouveler les propositions artistiques,

l’équipe lance aujourd’hui La Marelle prend l’eau, une série

de 3 «résidences flottantes», organisées durant l’été avec

le concours de la SNCM. De quoi

s’agit-il ? De renouveler le principe

de la résidence en invitant des

auteurs à intégrer le déplacement

maritime dans leur processus de création.

Chaque résidence, d’une durée

moyenne d’un mois, se déroulera selon

3 phases : 10 jours à La Marelle, un

voyage en ferry, 10 jours à Alger ou à

Tunis. Ce projet transméditerranéen

a déjà séduit Arno Bertina, Xavier

Bazot et Magali Brénon qui se

succèderont de juin à septembreoctobre,

avec des propositions très

différentes. Arno Bertina projette de

s’appuyer sur le travail photographique

réalisé par Anissa Michalon autour

de la figure d’un migrant malien soninké,

Drissa Coulibaly, afin de

L'entrée de la villa des auteurs © Pascal Jourdana

Jean-Claude Bailly © Patricia Boucharlat

La réflexion stimulante

de cette rencontre se déploie

sous d’autres facettes dans

le recueil publié aux éditions

La fabrique Toi aussi, tu as des

armes / Poésie & politique 12 €

retracer le parcours de cet homme. Un livre (texte et

photos) sera édité à l’issue de sa résidence. Xavier Bazot

s’attachera, lui, à la collecte de témoignages oraux des

gens qui fréquentent la ligne Marseille-Alger (mais aussi

de ceux qui restent à quai) qu’il restituera sous forme de

document radiophonique ; ce projet viendra en outre

nourrir le travail d’écriture plus large

qu’il mène actuellement. Quant à

Magali Brénon, son projet littéraire,

double, s’articule autour de la notion

d’écart. Il s’agira d’une part d’un travail

de correspondance artistique à

distance avec son compagnon, le plasticien

Nicolas Tourre, d’autre part

d’une réflexion sur le thème du périple

en mer, sur les traces d’Ulysse.

Ces 3 premières résidences flottantes»

devraient ouvrir la voie à d’autres. Au

journaliste écrivain algérien Sid-

Ahmed Semiane et au photographe

parisien Bruno Boudjelal par exemple,

qui devraient se croiser en mer

et à la Villa au printemps 2013…

FRED ROBERT


FESTIVAL DE MARSEILLE | JAZZ DES 5 CONTINENTS

FESTIVALS 11

Dans la

continuité

Comme chaque année le Festival de Marseille va

marquer le début de nos festivités estivales. Avec

cette année 17 propositions artistiques, dont 7

créations. Car le Festival dirigé depuis 17 ans par

Apolline Quintrand est un des rares où les esthétiques

contemporaines de la scène chorégraphique

sont soutenues et coproduites avec autant de

constance.

Cette édition s’étend sur quatre semaines et en des

lieux multiples, se concentrant pourtant pour l’essentiel

à la Salle Vallier, que le Festival a rendu

conviviale en soignant l’accueil du public. Qui se

renouvelle d’ailleurs et s’élargit, la Charte Culture

passée avec la plupart des mairies d’arrondissements

de Marseille permettant d’accueillir 2200

personnes en difficulté économique au tarif très

préférentiel de 1€.

Quant à la programmation (voir p 40), elle réserve

comme chaque année de belles surprises, soigne

ses fidélités et fait venir des artistes exceptionnels

: Sidi Larbi Cherkaoui dès l’ouverture, la dernière

création de Pierre Rigal, Crystal Pite pour une

interrogation théâtrale et dansée autour du

personnage de Prospero, roi et démiurge ambigu

de Shakespeare (The Tempest Repicla). En première

française, une toute nouvelle production du génial

Ballet Cullberg, théâtrale également, The Strindberg

Project, au Silo. Et puis du flamenco en plein

TeZukA, de Sidi Larbi Cherkaoui © Hugo Glendinning

air à Bargemon, des films autour de Pina Bausch

à l’Alhambra, autour d’Anne Teresa de Keersmaeker

grâce Marseille Objectif danse, une chorale sud

africaine à La Sucrière…

Un peu plus tard dans le festival on retrouvera Sasha

Waltz, Peeping Tom, Robyn Orlin… Autant de noms

qui sont devenus familiers aux Marseillais grâce au

Festival. Un regret ? L’absence cette année d’artistes

de la région, que le Festival a su souvent découvrir

et produire, démarche de soutien essentiel à la

création. Mais l’édition 2013 promet de rattraper

le retard !

AGNÈS FRESCHEL

Festival de Marseille

Du 9 juin au 6 juillet

04 91 99 02 50

www.festivaldemarseille.com

Le temps du Jazz

Le Festival Jazz des 5 continents ne

cesse de prendre de l’ampleur, tout en

gardant son caractère. Un exploit,

quand on songe que 30 000 personnes

l’ont fréquenté l’an dernier, et

qu’il a conservé son esprit à la fois

pointu et aventureux… L’édition

2012 se situe à mi-chemin entre deux

poussées de croissance : en 2011, pour

la première fois, elle proposait 8 soirées

(et les soirées, au FJ5C, offrent

au minimum 2 concerts) dans une jauge

passée à Longchamp de 3000 à

4000 places. L’édition prochaine, qui

sera Capitale, sera encore plus populaire,

nous promet-on, plus longue,

plus épatante, dans un Parc entièrement

rénové… Mais l’édition 2012 ne

sera pas un temps de latence, et le

FJ5C 2012 nous réserve de très belles

surprises ! Logistiques tout d’abord,

avec à Longchamp deux grands écrans

vidéos, des aménagements pour améliorer

le confort nocturne d’un public

parfois plus tout jeune, un tramway

qui fonctionne jusqu’au bout du

dernier concert… et un nouveau lieu,

le Silo, pour accueillir un «concert

assis». En dehors de cela, les recettes

habituelles, qui ont fait leurs preuve :

un concert inaugural gratuit sur le

Cours D’Estienne d’Orves, des expositions

et conférences à l’Alcazar et à

Maison Blanche, des after chaleureux

au Radisson Blu Hôtel…

Mais le plus alléchant reste bien sûr

la programmation, exceptionnelle : si

le Cours d’Estienne d’Orves ouvre avec

des artistes du cru, les swingueuses

Doolin’ puis le talent de Raphaël

Paolo Fresu & Omar Sosa © Roberto Cifarelli

Imbert, le Silo accueillera la voix

chaude de Robin McKelle accompagnée

du crooner Gregory Porter. À

Longchamp c’est 11 concerts qui se

succèderont, pensés pour que les

premières parties s’harmonisent avec

les secondes. On y entendra deux très

belles voix féminines, Térez Montcalm

et Stacey Kent, du jazz qui

vient des quatre coins du monde avec

Ballaké Sissoko, Ibrahim Maalouf,

Avishai Cohen, Paolo Fresu et Omar

Sosa. Et puis des stars, aux influences

funk comme Al Jarreau ou les

Earth, Wind and Fire, pop rock comme

Pat Metheny ; et même une

légende : c’est Sonny Rollins luimême

qui viendra occuper la scène la

dernière nuit…

A.F.

Festival Jazz des Cinq Continents

Marseille

Du 17 au 25 juillet

04 95 09 32 57

www.fj5c.com


12 FESTIVALS TOULON | ARLES

Des Suds rebelles

et pluriels

Depuis 1996, Arles devient, au cœur de juillet, la

capitale des musiques du monde avec un festival

singulier. Car ce n’est pas si fréquent qu’un festival

dit de musiques du monde conjugue avec autant

de cohérence et d’équilibre la dimension festive et

populaire à l’exigence artistique. C’est l’ambition

assumée et généralement atteinte par l’équipe des

Suds.

Pendant une semaine, les nombreux trésors patrimoniaux

de la cité provençale deviennent les écrins

des sonorités du monde. Loin des conservatismes,

du repli et des cultures figées. C’est, ici, le sens de

la démarche artistique qui prime. Cette année encore,

les grands noms côtoieront les découvertes, le

savant alternera avec le profane, et l’acoustique

intimiste avec la ferveur électrique.

De 10h à 4h le lendemain, il y a toujours une rencontre

à faire. Dans un musée, à la terrasse d’un café,

sur le Rhône, dans un théâtre romain ou un ancien

atelier ouvrier. La rencontre, c’est aussi une des motivations

de cet événement. Des rencontres entre les

traditions en mouvement, les répertoires mais aussi

entre artistes qui viennent faire converser leurs identités,

façonnant une mondialisation émancipatrice.

Cette année ne fait pas exception. C’est le cas du projet

Traveller d’Anoushka Shankar. La fille et disciple

du maître du sitar Ravi Shankar et demi-sœur de

Norah Jones célèbre ainsi les noces du raga indien

et du flamenco andalou avec Sandra Carrasco au chant

et El Piraña aux percussions. D’autres rendez-vous

s’annoncent fascinants comme The River, avec le

chanteur folk anglais Piers Faccini et le griot malien

Badje Tounkara qui proposent un voyage à

travers le blues américain et ouest-africain. Ou

encore Antonio Placer et Jean-Marie Machado

(Espagne-France) qui vont croiser leurs parcours

Debussy en ouverture…

Le Festival estival de Musique de Toulon et sa Région

est l’un des plus anciens de France. Pour sa 62 e

édition, «les sons et les parfums tournent dans l’air

du soir» à la Collégiale de Six-Fours, la Tour Royale

ou au Faron.

Huit manifestations sont annoncées du 14 juin au

16 juillet pour des programmes variés qui exaucent

les désirs des amateurs de musique de chambre

(Marielle Nordmann et le Quatuor Debussy), de

lyrisme baroque (The King’s Consort), de violon

virtuose (Chloé Hanslip) ou de Tango nuevo (Quatuor

Caliente), de piano solo (Philippe Cassard)

et polyphonies corses (Jean-Paul Poletti), de «Saisons»

relues par Laurent Korcia ou de violoncelle

concertant (Gautier Capuçon).

En ouverture de ce feu d’artifice de têtes d’affiches,

on retrouve une fidèle : la grande harpiste Marielle

Nordmann revient pour la neuvième fois dans le

Var pour rendre un hommage particulier à Debussy

dont on célèbre le 150 e anniversaire de la naissance.

Avec Rameau au temps baroque, Berlioz chez les

romantiques, plus proche de nous, Claude Debussy

Houria Aichi © Gunther Vicente

sur la thématique des migrations. Évoquons enfin

Immobile voyage, un dialogue franco-iranien entre

Isabelle Courroy et Shadi Fathi.

Parmi la soixantaine de concerts, et les grandes

soirées programmées au théâtre antique, il ne faudra

pas manquer le contrebassiste israélien Avishaï

Cohen, le pianiste inclassable Tigran Hamasyan, le

Buena Vista du Maghreb El Gusto, la grande

chanteuse chaouie Houria Aïchi et les toujours

motivés Zebda.

(1862-1918) est le troisième «grand» compositeur

français de l’histoire de la musique. Tous trois ont

innové dans la conception de l’art musical, le domaine

de l’harmonie en particulier, et les liens entre

les arts et la littérature… Debussy était lié au

courant symboliste et on a qualifié sa musique d’impressionniste.

Sa musique est couleurs, mais il

Anoushka Shankar © Harper Smith

Marielle Nordmann © X-D.R.

Au-delà de diffuser, le festival propose aussi de

transmettre, à travers un large panel de stages

pluridisciplinaires (chant, danse, pratique d’un

instrument). Et le spectateur, à défaut de devenir

artiste, devient acteur. On dirait bien les Suds, où

le temps ne dure pas si longtemps.

THOMAS DALICANTE

Les Suds

Arles

Du 9 au 15 juillet

www.suds-arles.com

réfutait le terme, étant avant-gardiste dans tous

les genres.

Si Marielle Nordmann joue des Pièces pour harpe,

instrument que le musicien a particulièrement soigné,

on l’entend aussi dans Danse sacrée et Danse profane

en compagnie du bien nommé Quatuor Debussy.

Christophe Collette, Dorian Lamotte (violons),

Vincent Deprecq (alto) et Fabrice Bihan (violoncelle)

interprètent également son magnifique

Quatuor en sol mineur, avant que les musiciens

réunis nous fassent découvrir une partition étonnante,

tout en suspension et tension d’André Caplet

(proche de Debussy) inspirée d’une nouvelle d’Edgar

Poe : Le masque de la mort rouge.

JACQUES FRESCHEL

Festival Estival de Toulon

Anniversaire Debussy

Le 14 juin à 21h

Collégiale Saint-Pierre, Six-Fours

04 94 93 55 45

www.festivalmusiquetoulon.com


La face cachée d’Aix

création en 2013 inspirée du Roméo et Juliette de

Prokofiev. Des écoliers et collégiens s’approprient

des pièces vocales sous la direction de Benjamin

Lunetta, en association avec des enseignants et

élèves du Conservatoire d’Aix. Tout ce petit monde

a rejoint le Junior Orchestra pour la «Journée

européenne de l’Opéra» au Grand Théâtre de Provence

le 13 mai dernier. En vue de cette journée,

au fil de quelques sessions, des instrumentistes

issus des écoles et conservatoires du territoire ont

été encadrés par des musiciens du prestigieux

London Symphony Orchestra.

Si le Festival d’Aix reste attentif

à la grande tradition lyrique,

il se tourne également vers

des actions pédagogiques

Jeune public à l'Archevéché © Elisabeth Carecchio

À côté d’opéras et de concerts d’une qualité exceptionnelle,

de la fidélité à Mozart, d’un certain souci

de promouvoir la création et les jeunes artistes, la

politique de Bernard Foccroulle s’engage activement

dans la voie éducative. Les chanteurs de

l’Académie européenne de musique, par exemple,

participent à des ateliers de sensibilisation et de

découverte de l’opéra auprès de jeunes scolarisés

dans la région. Des centaines d’élèves assistent à des

répétitions, découvrent «l’envers du décor» et profitent

d’interventions dans les classes.

Le festival pousse l’aventure pédago en favorisant la

pratique artistique en milieu scolaire grâce à des

résidences d’artistes professionnels, soucieux de la

transmission, qui débouchent sur une présentation

au public. Josette Baïz et les danseurs de sa Compagnie

Grenade travaillent en ateliers en vue d’une

Créer… et survivre !

Le Festival Musiques Interdites 2012

à Marseille prend ses quartiers en juin

dans la belle acoustique de l’Eglise

Saint-Cannat-Les Prêcheurs

Nouveaux publics

Dans le même esprit, le Festival d’Aix, en collaboration

avec RESEO (Réseau européen pour la

sensibilisation à la danse et à l’opéra) et l’AFO

(Association Française des Orchestres) invite des

enseignants, étudiants, artistes, intervenants en

milieu scolaire et associatif à débattre autour de

la dimension intergénérationnelle et de l’opéra

pour enfants (les 14 et 15 juillet).

On l’aura compris, à Aix comme ailleurs on est soucieux

du renouvellement des publics pour la musique

MUSIQUES INTERDITES | AIX FESTIVALS 13

Mathias Hausmann © Wilfried Hosl, 2010

classique. Des tarifs très préférentiels sont ménagés

pour les jeunes, le service socio-culturel du festival

Passerelles développe des liens entre l’art lyrique et

des univers sociaux a priori éloignés. Le Chœur multiculturel

Ibn Zaydoun ou Frédéric Nevcherlian

jouent le jeu de l’ouverture et du métissage au travers

d’ateliers de chant du Moyen-Orient ou du slam.

C’est avec l’Enfant et les sortilèges que s’articule

particulièrement cette volonté de mixer les générations,

les pratiques et les publics, grâce à des

résidences créatives autour de Berceuses traditionnelles

comoriennes chantées par des mères et leurs

enfants vivant à la cité de la Savine à Marseille. La

fantaisie lyrique de Ravel sert également de source

d’inspiration pour des épisodes radiophoniques qui

seront présentés lors d’un «Radio-opéra» mi-juillet.

JACQUES FRESCHEL

Festival d’Art Lyrique

Aix-en-Provence

0820 922 923

www.festival-aix.com

Réhabiliter les compositeurs et les oeuvres interdites

par les systèmes totalitaires, rendre leur place à des

artistes et restituer ainsi au public un patrimoine

essentiel, tout en affirmant les victoires de la

création sur les dictatures, initier une programmation

de créations contemporaines en synergie

avec les recréations d’œuvres interdites du début du

XX e siècle, tels sont les objectifs de ce 7 e Festival»

conçu par Michel Pastore.

Deux grands concerts sont à l’affiche. Sébastien

Billard dirige l’Orchestre de la Garde Républicaine,

la soprano Emilie Pictet, le baryton Mathias

Hausmann dans des œuvres lyriques de Franz

Schreker, musicien brisé par le nazisme, et des

pièces pour orgue (Frédéric Isoletta sur l’instrument

restauré) d’Aldo Finzi, poursuivi quant à lui

par les fascistes italiens. Le comédien Charles Berling

s’emploie à créer un fil sensible entre ces opus

puissants et une étonnante installation du plasticien

Philippe Adrien. On découvre de nombreuses

créations autour De la Vie Eternelle de Schreker :

ses Cinq chants profonds, L’Infini, Prélude et fugue

de Finzi et Nuit obscure de Karol Beffa inspiré de

Saint-Jean de la Croix, poète mystique emprisonné

et banni au XVI e siècle.

Musicien surdoué, pianiste, improvisateur, Beffa

est à l’honneur en 2012 : on le retrouve en prélude

à la manifestation dans l’accompagnement pianistique

du film muet Journal d’une fille perdue de Pabst

(un film sulfureux de 1929 avec Louise Brooks),

avant la création mondiale de son opéra Le Château

d’après Kafka, dont les écrits furent interdits et la

famille exterminée. Un évènement attendu !

JACQUES FRESCHEL

MARSEILLE

Ciné-concert le 1 er juin à 17h. Alcazar

Schreker, Finzi… le 16 juin à 21h

Le Château le 30 juin à 21h

Église Saint-Cannat, Marseille

04 91 90 46 94

www.musiques-interdites.eu

Jeune public au GTP

© Elisabeth Carecchio


14 FESTIVALS MUSIQUE ACTUELLE

Repos militant!

Manivelles © X-D.R.

Il était un petit village au cœur du Vaucluse peuplé d’êtres curieux... Le festival

Sons Dessus de Sault a fait ses preuves pendant quatre années mais reçoit

de moins en moins de témoignages d’amour : disparition de soutiens,

désengagements, baisse de subventions… Il n’en fallait pas moins pour que

nos glorieux défenseurs de la culture (au demeurant en milieu rural) maintiennent

la cinquième édition dudit festival, sur une seule journée (26 mai) en

conviant les partenaires, artistes et publics à une grande sieste collective dans

le village de Sault. En plus de ce repos artistique militant nous retrouverons

le projet de création mené au collège de Sault avec le collectif Inouï et le

spectacle déjanté Manivelles, sans oublier quelques animations musicales toujours

festives et réussies.

F.I.

Be there

MC Blitz the Ambassador © X-D.R.

Sons dessus de Sault

Le 26 mai à partir de 15h

Sault

04 90 64 12 26

www.pharealucioles.org

Brazil

L’association Sarava promeut depuis une vingtaine d’années

la culture brésilienne dans son ensemble dans la région

Paca et plus particulièrement dans le Var (Créations

culturelles, actions pédagogiques, échange). À l’Espace

des Arts du Pradet, le festival Scènes du Monde fêtera

naturellement le…. Brésil ! Au programme, des stages de

danse brésilienne, capoeira, percussions et une master

class du guitariste Cristiano Nascimento. Et bien sûr,

des concerts : Femininas, spectacle musical qui invite à

découvrir le Brésil féminin (le 25 à 21h), mais surtout et

pour la première fois en France la samba de Luiza Dionizio,

immense interprète de samba de Rio (le 26 à 21h).

F I

Scènes du Monde

Les 25 et 26 mai

Espace des Arts, Le Pradet

04 94 75 43 92

www.le-pradet.fr

Wild Side

Enfin la 5 e édition du B-Side Festival

va envahir divers lieux culturels de la

sphère marseillaise ! Rock, pop & folk

au programme de ce rendez vous

décalé à ne pas manquer. Ouverture

outre-Atlantique à la Machine à

coudre avec Jeffrey Lewis & The

Junkyard (22 mai à 21h), plaisir de

retrouver au Grim le son des

californiens Sleepy Sun (9 juin à

Panachage

Le festival Musiques à Gardanne et sa formule bien pensée

mêlent sur différentes scènes des genres bien différents.

Opérette marseillaise, rock, musiques urbaines,

gitanes… il y en aura pour toutes les chapelles ! Avec Le

pays des galejeurs, d’après l’opérette de Scotto Au pays du

soleil, la troupe des Carboni nous replonge au cœur de la

cité phocéenne, après le vrai succès populaire de Un de la

Canebière. Mais ce n’est pas fini ! Cette première soirée du

30 juin, pour le moins éclectique, propose également le

hip hop de Yuna Project, et le spectacle Ma guitare s’appelle

reviens où Yvan le Bolloc’h assouvit sa passion pour

Sleepy sun © Brett Wilde

Luiza Dionizio © X-D.R.

la musique gitane.

La chanson «a cappella» sera à l’honneur le 6 juillet pour

la dernière soirée de ce rendez-vous festif et coloré avec

les Sept garçons aux voix d’or de Tale of voices, ardents

défenseurs de la voix nue, à découvrir…

FRED ISOLETTA

Musique à Gardanne

Les 30 juin et 6 juillet

Divers lieux, Gardanne

www.ville-gardanne.fr

19h30), détours rock punk aux

influences multiples à la Machine à

coudre avec Marvin puis Shub (3

juin à 21h) et déballage garage

déjanté à l’Embobineuse au contact

des californiens Thee of Sees et des

franco-italiens JC Satan (10 juin à

21h) avant de conclure au

Demoiselles du 5 avec Laetitia

Sadier et son «indie» et le trio

Yuna project © Saije

À ne pas rater ! Un lieu à découvrir,

et ouvert pour la première fois au

public, le Fort Ganteaume accueillera

sur les contreforts du Vieux Port, avec

une vue imprenable sur la rade de

Marseille, le festival Be.Fort,

véritable bulle printanière pour les

amateurs de dance floor. Et avant les

DJ, le G.U.I.D, à savoir le Groupe

Urbain d’Intervention Dansée du

Ballet Preljocaj, précédera pour ces

deux soirées singulières le hip hop

funky du MC Blitz the Ambassador

accompagné de son Embassy

Ensemble (31 mai) et la machine à

faire danser Smoove et Turell, duo

britannique soul & groove

enchanteur et terriblement efficace

(1 er juin). Musique live, danse et Dj

dans un cadre pareil ? Be happy…

F.I.

Be.Fort

Les 31 mai et 1 er juin de 19h à 2h

Fort Ganteaume, Marseille

www.be-fort.com

franco-argentin Eastern Committee

(14 juin à 19h30). Pass festival 35€

chez Lollipop !

F.I.

B.Side

Du 22 mai au 14 juin

Divers lieux, Marseille

www.inthegarage.org


Trente couleurs

Dix-neuvième édition, ça commence à compter ! Et le cru 2012 des Nuits

Métis s’annonce festif et pétillant. Du 21 au 23 juin, le plan d’eau de Saint-

Suspi à Miramas fera office de théâtre de verdure pour métisser ses nuits…

et ses jours avec trente spectacles gratuits dont Massilia Sound System,

Kabbalah, Flavia Coelho, ou encore le phénoménal reggae français de Danakil

et l’électro-rock saharien des Temenik Electric, croisés sur le plateau du dernier

Babel Med Music. Aux couleurs des cinq continents, trois jours et trois nuits

pour festoyer dans une ambiance familiale et populaire autour de concerts,

spectacles, déambulations, cirque, ateliers pédagogiques, contes musicaux.

Rien de tel pour célébrer l’arrivée de l’été…

F.I.

Nuits Métis

Du 21 au 23 juin

Miramas

04 90 17 48 38

www.nuitsmetis.org

Flavia Coelho © Roch Armando

MUSIQUE ACTUELLE | DU MONDE FESTIVALS 15

Contenu politique

Lo Còr de la Plana (voir p 67) participe

aux Joutes musicales de printemps

de Correns. Entretien avec le fondateur

du groupe

Zibeline : Quelle est la genèse de ce

troisième album ?

Manu Théron : Cet album est la finalisation

de ce qui a motivé la

fondation du groupe en 2000, faire

de la polyphonie masculine à partir

du patrimoine chanté occitan sur

trois thématiques : chants religieux, à

danser et politiques. Quatre morceaux

ont été écrits par des auteurs marseillais

issus des mouvements sociaux

d’après 1848 et 1870 et pour la plupart

compagnons de route de Clovis

Hugues, Jules Guesde, Auguste Blanqui,

Gaston Crémieux. Ces chansonniers

sont appelés troubaïres car ils connaissaient

l’apport des troubadours et

de la langue d’oc mais ne se situaient

pas dans la divagation poétique mistralienne.

Ils avaient les pieds dans

les préoccupations populaires et

faisaient déjà de la protest song.

Quel écho ont ces chants dans le

monde actuel ?

Ils sont directement liés à la Commune.

Le travail de collecte a été

réalisé par Claude Barsotti, chroniqueur

occitan de La Marseillaise, qui

a créé un corpus très riche. Ce sont

des chants de combat qui avaient

pour but d’édifier et d’unifier les masses

pour leurs luttes. Ils sont donc

importants à notre époque où la chanson

populaire porte peu de contenu

politique. Ou quand il existe, il est

tellement explicite qu’il en devient

rébarbatif.

Lo Cor de la Plana © Santi Oliveri

Que défendez-vous à travers l’utilisation

de la langue provençale ?

C’est une façon de nous réapproprier

notre histoire. Une histoire populaire

qui n’est malheureusement pas enseignée.

Nous voulons donner accès à ce

patrimoine, le remettre à ses héritiers,

les habitants de cette région,

qu’ils parlent occitan ou pas. Il n’y a

pas de conservatisme dans notre

attachement à la langue provençale,

contrairement à ceux qui ont des

postures nostalgiques et revanchardes,

et pour lesquels la langue n’est

pas, au final, le souci.

PROPOS RECUEILLIS PAR THOMAS DALICANTE

Les Joutes musicales de printemps

Du 25 au 27 mai

Correns

04 94 59 56 49

www.le-chantier.com

Au fil des chorales

Les 1 er et 2 juin, les ruelles escarpées

d’Endoume et le Théâtre Silvain, au

cœur du 7 e arrondissement de Marseille,

seront le théâtre des Rencontres Vocales

initiées par l’ensemble Les

Vallonés. Au programme de ce 8 e

festival gratuit (anciennement Ok

Chorales), une première journée au

Théâtre Silvain avec les rencontres

chantées Voix de la Mer où plus de

1000 élèves d’écoles primaires, accompagnés

par des musiciens professionnels

et 45 professeurs des écoles, chanteront

(à 11h) 13 chansons du répertoire

Au fil de l’eau, puis à 18h30 Aqua

Somnia, œuvre pour trois chœurs

d’enfants et dispositif électroacoustique

d’Olivier Stalla et Dominique

Sorrente. Le 2 juin, dès 15h, la Balade

musicale guidée nous entrainera à

Les Vallonés © LesVallonés

la suite d’une quinzaine d’ensembles

vocaux, du vallon des Auffes au pont

de la Fausse-Monnaie, de l’église St

Eugène au Parc Valmer. En clôture,

joutes vocales, tous styles et époques

confondus, de 18h30 à la nuit

tombée au Théâtre Silvain avec le

Concert des ensembles vocaux adultes

(Acanthe, Bel Air, les Notambules…).

DE.M.

Rencontres Vocales

Les 1 er et 2 juin

Marseille, 7 e

06 20 17 21 78

http://lesvallones.com


16 FESTIVALS GAGERON | KARWAN | MARTIGUES

Au fil de l’eau

Fous de bassin © PinkF

En cette année du Forum mondial de l’eau, Martigues

s’empare du thème pour «sensibiliser tout un chacun à

[cette] question, comme un bien précieux à préserver» lors

de l’édition 2012 de son Odyssée. Une manifestation qui

La Rue, en course folle

Organisée par l’association Karwan,

et soutenue par le Conseil général des

Bouches-du Rhône, la 3 e édition de

La Folle Histoire des Arts de la Rue sera

singulière autant qu’entrainante. Elle

marquera une étape importante avant

celle de 2013, inscrite au programme

des manifestations de Marseille-Provence

capitale européenne de la

culture.

Du 9 au 17 juin, trois compagnies barcelonaises

investiront gratuitement les

places et les rues de cinq communes du

département (Saint-Martin-de-Crau

le 9 juin, Eygalières le 10, Mallemort

le 15, le Puy-Sainte-Réparade

le 16, et Puyloubier le 17, voir p 43).

Les habitants seront invités à découvrir

l’univers comique de Léandre et

ses proches, des artistes disciples du

comique de situation, qui joueront

dans l’espace public, chacun à leur

tour, en journée ou en soirée, entre

rires, émotions et danse. En 40 minutes,

le clown-mime installera dans

la rue sa maison Chez Léandre, irrésistible

de poésie et fantaisie, pour

partager avec la complicité du public

ses gestes du quotidien. Avec Barco

de Arena, les spectateurs iront à la

rencontre de la danse contemporaine

avec Claire Ducreux et son travail

chorégraphique évocateur d’images

et de situations familières surprenantes.

Un hommage à la vie, l’amour

et l’inespéré. Léandre Ribera reviendra

avec la Cie La Tal dans Démodés,

une tragi-comédie sur la fin des

comiques avec trois clowns classiques

touchés par la crise.

À Marseille le 23 juin, la Cie La

Française de Comptages clôturera le

festival avec un final grandiose,

participatif (et gratuit toujours) en

transformant le parvis des Archives

et Bibliothèque départementale

Gaston-Defferre en véritable studio

de cinéma hollywoodien pour le tournage

d’un polar. Une Cerise Noire est

un hommage au 7 e art, un making-off

cinématographique en rue, offrant au

spectateur une expérience inédite,

entre fiction cinématographique

maîtrisée et magie du théâtre vivant.

se place dans la continuité de la précédente, avec toujours

cette volonté de mêler les arts et les sciences, les artistes

et les chercheurs qui tous questionnent à leur manière le

vivant et la création, mais aussi, cette année, pour poser

des jalons en prévision de Marseille Provence 2013, «pour

travailler ensemble à ce que nous voulons et à ce qui a été

depuis le début les valeurs de l’Odyssée, à savoir fraternité,

solidarité, émancipation à travers des temps de participation

citoyenne».

Pour questionner le sens symbolique, onirique et primordial

de la représentation de l’eau, deux axes seront moteurs

des réflexions : l’eau, source de vie et d’inspiration, et

l’eau, milieu de vie et élément majeur du développement

durable. Le programme des manifestations artistiques sur

l’eau étant le fil rouge de cette Odyssée, Martigues

accueille la compagnie Ilotopie, associée à la manifestation,

et leur spectaculaire spectacle Fous de bassin (en

ouverture le 26 mai à 22h) au cours duquel se mêlent «acteurs-chimères,

joutes de feu, envolées musicales et

mécaniques incandescentes». Autres temps forts attendus,

Mare Sonorum, des concerts subaquatiques par Michel

Redolfi, Wabetico (envol d’un peuple), un concert du groupe

Kanak Celenod, une conférence du politologue et

économiste italien et fondateur du Comité international

pour un Contrat mondial de l’eau, Riccardo Pétrella, l’exposition

Les Géants de Patagonie de Renaud Perrin, mais

aussi des monstrations étalées sur les deux semaines de

l’Odyssée qui révéleront les Janus, deux divinités aquatiques

installées par la cie Ilotopie, un ballet ininterrompu

alimenté par énergie solaire (en préfiguration d’Annapos,

Une cerise noire, La Francaise de Comptages © Vincent Muteau

Véritable fil rouge des éditions 2012

et 2013, à découvrir en entrée libre

et entre chaque représentation, le

camion-expo Le Porte-Folie, accessible

en français, anglais et arabe, avant

son départ sur les routes d’Europe et

de Méditerranée. Un semi-remorque

doté d’un espace d’exposition de

55m 2 qui offre un parcours multimédia

et illustré pour voyager à travers

films, photos, témoignages et découvrir

toute la richesse et la diversité

de l’art en espace public d’une rive à

l’autre.

En 2013, l’édition déploiera une cinquantaine

de spectacles du 3 au 23

mai, sur 6 villes des Bouches-du-Rhône,

reflétant l’actualité des Arts de la Rue

en Europe et Méditerranée.

DELPHINE MICHELANGELI

La Folle Histoire des

Arts de la Rue

Du 9 au 23 juin

Bouches-du-Rhône

04 96 15 76 30

www.follehistoire.fr

cité lacustre, spectacle en préparation

pour MP2013)… Sans oublier

les zapéros conviviaux au bord de

l’eau !

DO.M.

L’Odyssée de Martigues

Du 23 mai au 5 juin

Divers lieux, Martigues

04 42 44 30 71

www.ville-martigues.fr

Art en

situation

Mur de son, d'Armand Olivier

Pour la 7 e année, l’association arlésienne

Cultures Nomades Production

programme les Rencontres de Création

In Situ, exposition d’art contemporain

organisée au Mas du Grand

Arbaud, au cœur de la Camargue, à

Gageron. Une dizaine d’artistes, dont

la résidence de création s’est terminée

le 14 mai, créent et installent leur

œuvre en adéquation avec l’environnement

proposé, avec toujours pour

objectif de «sortir la production artistique

du confinement muséal, inviter

au métissage des modes d’expression,

rapprocher la pratique artistique du

champ social». Le thème central cette

année est le son, sujet ou médium

des œuvres exposées, décliné de

façons très différentes.

Parmi les artistes présents, citons,

entre autres, Les Jujak, Olivier Huet

et Margrit Neuendorf, questionnent

le silence en tant que «son blanc, blanc

comme le sable utilisé pour étouffer

le bruit» dans Une plage de silence,

Nicole Barondeau et le Son musical

de son installation évoquant l’imaginaire

de la musique, le Mur de son

d’Armand Olivier, sorte de retable

silencieux qui révèle et consacre le

lieu d’exposition, Guillaume Gras et

le Lémurian orchestra qui permet de

pénétrer dans l’univers du faux silence

créé par le vent ou la pluie…

L’exposition est visible jusqu’au 15

juillet. DO.M

In Situ 0.7

Jusqu’au 15 juillet

Le Mas du Grand Arbaud, Gageron

04 90 49 89 10

www.culturesnomades.org


Cannes et l’Estaque

Le 9 mai à la Maison de la Région, Michèle Tregan,

Conseillère régionale représentant Patrick Mennucci,

convoqué à Paris, a présenté l’action de la

Région au 65 e Festival de Cannes, après avoir rappelé

les axes de sa politique, en particulier le fonds

de soutien à la production cinématographique d’un

budget annuel de 3 millions d’euros pour des projets

tournés pour 50% dans la région. Sur les 8 longs

métrages soutenus cette année, 2 sont en compétition

à Cannes : De rouille et d’os de Jacques Audiard

et Renoir de Gilles Bourdos (Un certain Regard).

De nombreux partenaires étaient présents, en particulier

l’association Cinémas du Sud, chargée du

dispositif «Lycéens au cinéma» qui, pour la 12 e

année, permet à des classes d’assister au festival

de Cannes : 505 lycéens et apprentis issus d’une

vingtaine de lycées, cette année. Le stand mis en

place par la Région dans l’espace International La

Pantiero leur permettra aussi de s’informer sur la

politique régionale en matière de cinéma et d’audiovisuel,

d’échanger ou de faire simplement une

pause…

Présent aussi William Benedetto de l’Alhambra

Cinémarseille qui, depuis 2005, reprend une partie

des films de la Quinzaine des réalisateurs, section

sans compétition, organisée par la Société des Réalisateurs

de Films, qui permet d’aider les cinéastes

et de favoriser la découverte de leurs films.

Cette année, le public marseillais pourra ainsi voir

13 films sur les 19 de la 44 e édition, que le nouveau

Délégué général, Edouard Waintrop, viendra

présenter à la soirée d’ouverture, le 29 mai avant la

projection de la comédie, nouveau film de Bruno

Podalydès, Adieu Berthe, l’enterrement de Mémé.

Trois autres films français, Le Repenti de Merzak

Allouache qui sera présent le 30 à 20h 30, Camille

redouble de Noémie Lvovsky ; Rengaine, le premier

film de Rachid Djaïdani autour des tabous sur les

mariages entre noirs et arabes.

La sélection permet aussi de voyager. En Amérique

du sud : en Colombie, avec le premier film de William

Vega, La Sirga ; dans l’Argentine des années

80 avec Une Enfance clandestine de Benjamín

Ávila et dans le Chili de Pinochet avec No de Pablo

Camille redouble de Noemie Lvovsky © A. Borrel-fcommefilm-cine

Larraín. En Asie aussi, avec une adaptation chinoise

par Jin-ho Hur des Liaisons dangereuses de Laclos,

avec la superbe Ziyi Zhang. L’écrivain, réalisateur,

producteur Anurag Kashyap nous emmènera en

Inde, à Wasseypur où s’opposent trois générations

de gangsters dans un film de genre de 5 heures,

Gangs of Wasseypur. Le premier long de Massoud

Bakhshi, Une famille respectable, nous replongera

dans la guerre Iran-Irak. Michel Gondry nous fera

voyager en bus avec des lycéens du Bronx dans The

We and the I et Ben Wheatley en caravane sur les

routes anglaises dans Touristes.

Les enfants (et les grands, avec nostalgie !) découvriront

l’adaptation des albums de Gabrielle Vincent,

Ernest et Célestine par Benjamin Renner, Stéphane

Aubier et Vincent Patar, d’après un scenario de

Daniel Pennac avec les voix de Lambert Wilson et

de Pauline Brunner.

Le meilleur de Cannes à Marseille ?

ANNIE GAVA

La quinzaine des réalisateurs

Festival de Cannes

Du 16 au 27 mai

www.festival-cannes.fr

Alhambra cinémarseille

Du 29 mai au 10 juin

www.alhambracine.com

Adieu Berthe (ou l'enterrement de mémé) de Bruno Podalydes © Anne-Francoise Brillot - Why Not Productions

CANNES | AIX

Métaphore

du paradis

FESTIVALS 17

«Temps paisible et harmonieux des choses» murmure

Joëlle Gardes aux détours du texte Couleurs du temps

qui sera lu par Marie Christine Barrault le 10 juin.

Où ? Dans un jardin bien sûr, à découvrir au détour

de ces flâneries qu’Andréa Ferréol nous offre pour

la 6 e année. Un travail de 8 mois de préparation, des

bénévoles attentifs, et 80 000€ à récolter, mécénats,

subventions… Manque à l’appel cette année

la ville d’Aix, alors que cette manifestation sur deux

journées la célèbre, et amène à découvrir des lieux

cachés, à porter un regard neuf sur les plus connus,

habités par des œuvres sculpturales, picturales,

animés par 11 concerts et des spectacles (Ballet

National de Marseille, cie Didier Théron).

Les Flâneries permettent aussi de rencontrer des

artistes, 18 cette année, et de retrouver leurs œuvres

hors des galeries, comme une pousse disciplinée

ou folle des jardins. On y trouve Le sac d’Andréa

Ferréol par Véronique Bigo : les objets représentés

racontent le personnage, dévoilent l’intimité, transforment

l’objet mort en récit inventé par chacun.

Véronique Bigo sourit, citant Duchamp, «c’est le

regardeur qui fait l’œuvre». Ici, le voyeur ?

Le sculpteur Jean-Pierre Dussaillant «ne veut

qu’apporter un moment de bonheur et d’esthétique».

Son matériau préféré ? le bronze, pérenne, avec sa

patine, permet un art direct, «pas de bavardage, il

faut aller à l’essentiel». Le peintre Mohamed Lekleti

questionne directement l’humanité, cherche à en

définir la nature et l’unité dans une inspiration

nourrie de cultures multiples, et de surréalisme. Ses

personnages, travaillés d’une mythologie personnelle,

empruntent aux chevaux, aux êtres en devenir, se

métamorphosent, exposent leurs trajets, superposent,

déforment, cherchant «le propre de l’homme».

Entré en peinture depuis seulement 10 ans, Jean-

Louis Foulquier reprend dans ses toiles des «gueules

de nuit», qui rappellent l’univers du cinéma dans

lesquels il a évolué pendant 40 ans. «Ces tronches,

il faut qu’elles apparaissent et me parlent.» Il les

jette en grand et contrastes durs sur la toile, comme

un fauve pour qui les lumières de la nuit garderaient

les couleurs chaudes et la vivacité du sang…

Et il y a encore 14 artistes…. Y a-t-il meilleure

manière de flâner ?

MARYVONNE COLOMBANI

Flâneries d’Art

Les 9 et 10 juin

Aix-en-Provence

06 09 11 99 61

www.aix-en-oeuvres.com

Jean-Louis Foulquier, Bodega. 113x162, 2010


18 FESTIVALS FÊTE DU VÉLO | FÊTE DU PANIER | FÊTE DU LIVRE DE LA CANEBIÈRE | LA VALETTE

Du vent dans les pages

Le 4 e Festival du Livre

de la Canebière,

organisé par

l’association Couleurs

Cactus en partenariat

avec la Mairie des 1 er et

7 e arr., se déroulera du

8 au 10 juin. Où ? Sur la

Canebière bien sûr. Mais

pas seulement ! La

manifestation prend de

l’ampleur et investit de

Leonora Miano © T. Orban-Abacapress

nouveaux lieux.

L’édition précédente

avait déjà offert une

belle soirée de clôture

au Port, sur le voilier Le

Don du Vent. Il en ira de même cette année. Toute

la journée du dimanche sera d’ailleurs résolument

tournée vers la mer, avec une possibilité d’escapade

au Frioul et une proposition de balade à partir du

Fort Saint-Jean. Pas de doute, ce festival

augmente la voilure. Tout en conservant ce qui fait

sa couleur particulière -la diversité des

propositions, l’attention portée à tous les publics,

les thématiques de la migration, du métissage et

des voyages en tous genres- chaque année, il

innove, tente de nouvelles incursions

géographiques et artistiques. Des passerelles entre

les lieux, entre les arts, avec l’ambition généreuse

de multiplier les échanges, les lectures, les points

de vue.

Pour cette 4 e édition, 50 auteurs seront présents,

venus souvent de loin, de Catalogne comme

Francesc Serés (voir p.70), de Norvège comme

Monika Kristensen ou d’Afrique, comme Léonora

Miano et Maïssa Bey. Autre nouveauté de cette

édition : la résidence proposée à deux auteurs de la

région, le romancier René Frégni et le bédéiste

marseillais Eddy Vaccaro, qui croqueront durant

trois jours «le quotidien de la Canebière» puis

présenteront leurs «écrits sur le vif» lors de la

soirée de clôture.

Rappelons que le Festival du Livre, ce sont des

rencontres littéraires de qualité, des ateliers

d’écriture et de lecture, des séances de dédicaces,

bref tout ce qui a trait aux livres et à la littérature.

Que ce sont aussi des expositions, des spectacles…

Le Panier en fête

Les 15 et 16 juin aura lieu la 19 e

édition de la Fête du Panier, le

rendez-vous annuel en plein air dans

le quartier mythique de la cité

phocéenne qui signe l’arrivée de l’été.

L’an passé 40 000 personnes s’étaient

Francesc Serès © X-D.R.

À noter, par exemple, celui que proposera le

collectif Manifeste Rien. En 2011, le public avait

applaudi Le massacre des Italiens. Jeremy Beschon

et Virginie Aimone donneront cette année aux

festivaliers la primeur de leur toute nouvelle

création Chacal (le 9 à 18h). Que ce sont encore

des balades sur la Canebière, à la découverte de

lieux et de personnages insolites, que la

comédienne Bénédicte Sire concocte avec humour.

Un concours d’illustration et de nouvelles, auxquels

Zibeline s’associe, et des manifestations au Centre

Dugommier (voir p 51). Une croisière originale,

gratuite et sans danger, sur les mots et entre les

cultures.

FRED ROBERT

Le Festival du Livre de la Canebière

Les 8, 9 et 10 juin

09 54 20 15 85

www.festivaldulivredelacanebière.com

pressées à cet événement populaire

gratuit, incontournable vitrine

associative et festive de Marseille. La

quintessence de la fête de quartier !

Toutes les générations se rassemblent

pour déambuler à travers les ruelles

© Mathieu Mangaretto

et les places, partager des instants

communs autour de cette flânerie

musicale et conviviale. Cette année,

en dehors des créneaux horaires

habituels de la fête, s’adjoignent des

rendez-vous «hors cadre» avec des

sets dj dés 14h, un balèti entre 12h

et 13h, des contes pour enfants en

fin de matinée, des balades en ânes

dans la journée, des visites guidées

pour redécouvrir le quartier, une

chasse au trésor, des ateliers

artistiques, des spectacles. Une

trentaine de concerts sont

programmés, parmi lesquels Gari

Gréu, le leader des Massilia Sound

Petite reine

deviendra grande

Fin d’après-midi sur la Corniche, heure où tout au

long de l’année les automobilistes mangent leur

volant dans les embouteillages, incapables de

profiter de la beauté du site, pendant que les

joggers encrassent à fortes doses de gaz

d’échappement leurs poumons vulnérables. Toute

l’année ? Non. Car un collectif d’irréductibles

optimistes à vélo, croyant aux vertus de la

réappropriation urbaine, s’emparera pour la 7 e fois

des grandes artères marseillaises par un beau

dimanche de juin. L’occasion ou jamais de se

pencher sur les innombrables vertus de notre petite

reine : air moins pollué, planète préservée, souffle

retrouvé, jambes fuselées, plaisir partagé,

efficacité... Tout en goûtant le luxe de sillonner la

plus belle ville du monde comme dans un rêve sans

voitures. D’un côté, la mer, zébrée d’un Frioul

calcaire à tomber par terre. De l’autre, une cascade

de ruelles blanches dévalant vers de petits ports

colorés. Et sous nos (deux) roues, une chaussée

pleine de musique et d’enfants qui dansent. Un

paradis duquel malheureusement il faudra bien

redescendre dès le lundi suivant, pour reprendre sa

vieille routine chargée en CO2.

Hélas, ça ne peut pas être la Fête du Vélo tous les

jours. Quoique ?

GAËLLE CLOAREC

Fête du Vélo

Le 3 juin à 10h

rdv Parc du XXVI e Centenaire

http://feteduvelomarseille.com/

La fête du velo, 2011 © Vincent Lucas

System (le 16 juin à 20h place des

Pistoles), suivi (à 23h) par la

chanteuse anglo-indienne Susheela

Raman ; un voyage du flamenco à la

rumba avec Tchanelas (le 16 juin à

22h place de Lenche) ou de la

musique tzigane avec Mascarimiri

(le 15 juin place des Pistoles).

DE.M.

Fête du Panier

Marseille

Les 15 et 16 juin

04 91 91 09 28

www.fetedupanier.com


Contes enchanteurs

© X-D.R

Depuis 10 ans le Parc des Troènes, à La Valette-du-Var, se transforme en Village

des contes pour accueillir la manifestation Contes & Jardins, une

rafraichissante, et conviviale, plongée dans un pays des merveilles dont les

conteurs hors pair -tous sont déjà venus lors des éditions précédentes et sont

les «coups de cœur» des organisateurs de cette «édition concentrée»-, sont

les guides.

Sous une tente ou une yourte, près de roulottes ou un arbre, les six conteurs

se partageront la soixantaine de séances réparties sur les 5 jours du festival :

dans l’univers tsigane de la cie Audigane, Les coffrets ont des histoires, Niglo

le hérisson voyage, les mioches font la foire et la compagnie fait son cirque

avec des puces qui sautent et des Bonbons circus… ; Philippe Sizaire, lui,

racontera le monde avec La souris dans un gant de boxe, des Histoires qu’on

sème ou C’est mieux ailleurs ; Colette Migné raconte l’amour aux petits et

grands, quand Ça crac crac dans le jardin ou qu’existent de Petits arrangements

sur l’édredon ! ; Catherine Caillaud raconte pour faire grandir, éveiller ou

bousculer l’histoire de Lili la petite souris, Dans les roses ou dans les choux, ou

À l’ombre du châtaignier ; Ladji Diallo, qui a grandi en banlieue parisienne, a

fait le voyage à l’envers pour retrouver ses racines en pays Dogon, et chante

la savane, La palabre des vestibules ou les éléphants à la rivière ; et puis

l’Afrique toujours avec Rémy Boussengui et l’univers gabonais qu’il conte,

s’accompagnant d’un arc musical et d’un tam tam, avec L’arbre qui parle,

Blanche Neige, fille d’Afrique ou Tata Bouka le père…

DO.M.

Contes & Jardins

Du 24 au 28 mai

Parc des Troènes, La Valette-du-Var

04 94 23 62 06

www.lavalette83.fr

© X-D.R


20 THÉÂTRE LE LENCHE | LA MINOTERIE | LE GYPTIS | LA FRICHE

Complicité des nuisibles

Lorsque Jean-Claude Fall a choisi de

mettre en scène Hôtel Palestine, cette

pièce relative au bombardement par

l’armée américaine en avril 2003 d’un

établissement abritant des journalistes

à Bagdad, on lui a quelques fois demandé

ce qui pouvait bien l’intéresser

dans «cette guerre déjà passée». À cela

il répond qu’il est «d‘autant plus pertinent

d’être en confrontation avec cette

histoire contemporaine, même si elle n’est

plus d’actualité» que l’on est, consentant

ou non, enfermé par l’ultra-libéralisme

régnant dans un éternel présent.

Falk Richter -l’auteur du cycle auquel

appartient Hôtel Palestine- a trempé sa

plume dans le vitriol. Il espère réveiller

le spectateur infantilisé par le ronronnement

constant de la machine médiatique

et les mensonges d’État, en le

Au-dessus d’un nid

de coucou

Ils sont quatre, passablement adulescents et pris par

la crise d’une trentaine un peu amochée –hantises

d’enfance, chômage, petits boulots, reconversions,

infidélités plus ou moins assumées. La belle Hélène,

capricieuse et démiurgique, franchement insupportable,

orchestre la danse : compagne de Franck,

maîtresse de son ami Auguste, meilleure amie de

Guillaume, le témoin qui reste sur le bord. Ensemble,

les voilà embarqués pour un camping sauvage, cen

exorciser leurs démêlés, en les transposant en jeux

de rôles. Sur la trame mince d’une comédie de mœurs

qui revisite le quadrille du Songe du nuit d’été se

construit un objet non identifiable : l’autodérision de

ces indécis en mal d’air, avec leur tente Quetchua qui

© Grand Magasin

mettant face aux procédés mêmes qui

ont conduit à son abrutissement. Pour

marche aussi bien que dans la pub, leurs délires hallucinatoires,

l’attente d’un deus ex-machina qui pourrait

aussi bien être un coucou ou le dahu à trois pattes ;

la grande ombre des mythes derrière des jeux régressifs

qui ont la puissance des rites ; le plaisir

Ô basket, suspends ton vol !

© Yann Loric

© X-D.R

Jean-Claude Fall, «les forces politiques,

économiques, et les médias ont des

intérêts qui convergent. Il ne manque

que la milice et la religion, pour qu’on

soit dans un système fasciste, et cela

n’est pas assez dit dans les endroits

publics.» Parce que lui n’hésite pas à le

faire, il est bon d’aller voir cette pièce,

ne serait-ce que pour se poser

quelques bonnes questions : à qui

profite le crime ? Qui donc gagne à

maintenir une citoyenneté faible, une

culture avilie, un libre-arbitre factice ?

GAËLLE CLOAREC

Hôtel Palestine a été joué du 17 au 28

avril au Théâtre de Lenche

inquiétant et réjouissant qu’il y a à être son propre

déguisement. On a parfois du mal à savoir ce qu’ils

jouent et ce qu’ils sont mais la scénographie distancée,

toute en contrastes et transparences, introduit

une distance mélancolique qui fait contrepoint à la

mobilité versatile d’un texte qui tient tous les registres,

du vaudeville à la pastorale anachronique, porté

par les décalages rythmiques constants du jeu généreux,

fait d’excès et de nuances, des comédiens :

qu’on s’y perde ou pas, voilà une sacrée partie de

montagne !

AUDE FANLO

Le quadrille amoché, texte et mise en scène

de Charles-Eric Petit, a été joué

du 8 au 12 mai au Gyptis

La critique, perplexe, rend compte en 1509 signes d’un spectacle inracontable et

réjouissant. Où elle décrit son enthousiasme pour le bazar d’un Grand Magasin

-cartons, scotch, baskets, gorilles- dans un spectacle qui s’amuse à se déconstruire

en se disant au moyen de 50 scènes… racontées à l’avance. Le point de

départ, qui est aussi le point d’arrivée, est simple et judicieux : «pour qu’il y ait du

suspense, je dois savoir à l’avance ce qui va avoir lieu». C’est drôle comme une

tragédie ! Le tir d’une basket devient une aventure, du moment qu’on se suspend

à sa réussite annoncée ; le spectateur, programmé par cette impeccable mécanique,

suit avec une application hypnotique les exploits miniatures et rit de sa

propre fascination, satisfaction et déception, espère et redoute la part de hasard

que lui réserve l’inévitable. Avec une logique aussi loufoque que rigoureuse, le duo

pince sans rire que forment François Hiffler et Pascale Murtin taquine les codes

théâtraux, raconte les gestes, le décor, les déplacements qu’il exécute, joue des

variations infimes de la répétition dans une combinatoire subtile et décalée, crée

l’attente de ce qu’on sait et parce qu’on le sait. Avec la complicité amicale et fidèle

de cette compagnie, et dans une atmosphère de déménagement festif, la Minoterie

poursuit ainsi sa tournée d’au-revoir en forme d’inventaire, avant la fermeture du

lieu : on espère aussi, à la façon des Rois du suspense, pouvoir trouver surprise

et joie dans cette fin annoncée.

AUDE FANLO

Les Rois du Suspense, par Pascale Murtin et François Hiffler de Grand Magasin,

a été joué à la Minoterie les 3 et 4 mai. Programmation en collaboration

avec Marseille objectif danse.


Journées

continues

Pari gagné pour les 48h chrono de la Friche ! Dès la première

soirée près de 5000 fêtards sont venus au concert de ErikM &

FM Eihneit, au bal tango argentin ou aux Oiseaux de nuit du

Cabaret aléatoire, mais aussi voir les projections horizontales et

les vidéos témoignages proposées par Zinc, les peintres à l’œuvre

au Street Park… Dans la journée, les 19 et 20 mai, le public était

nettement plus familial… mais les parents affalés dans les transits

ressemblaient, pour certains, aux danseurs rencontrés la veille !

La Friche diurne en tous les cas a parfaitement réussi à se révéler,

même en chantier, un lieu accueillant pour les enfants : la crèche

a été conçue par Mathieu Briant comme un Vaisseau où l’enfant

joue avec son image, une aire de jeu provisoire, avec sable,

glissades et perchoir, permettait aussi de dessiner et d’écrire, de

fabriquer des architectures en duplos, de créer des films

d’animation… Les adultes aussi pouvaient participer aux ateliers,

ceux de Zinc pour photographier dans le noir, le jardinage urbain

avec Jean-Luc Brisson, la cuisine aux Grandes tables…

Le jour permettait aussi de se faire masser en écoutant des

boucles sonores, et de découvrir les propositions plastiques à la

Tour : la Crash Box d’Anne-Valérie Gasc, exposée sans son site,

apparaît simplement comme un gros pneu orange, signal d’un

univers qu’on ne perçoit pas ; mais the Last Swallow, installation

éphémère, donne tout son sens aux 48h : gethan&myles ont

suspendu des chrysalides sur le point d’éclore au bout de fil

suspendus, délicates, éclairées par un projecteur qui les réchauffe,

comme le passage de nos corps. En 48h les papillons ont éclos,

et volent dans la salle. Le 19 mai certains s’extirpaient de leur

cocon, d’autres déployaient leurs ailes, les derniers attendaient

encore ; un mur scintillant comme au coucher du soleil, un tas de

canettes froissées rappelaient la dernière gorgée, fin du temps

précédant la métamorphose…

D’autres propositions nécessitaient d’être à l’heure : la

performance ELSA, où le poète Manuel Joseph, accompagné de

trois musiciens qui percutent et distordent à fond, s’en prend à la

paranoïa sécuritaire qui nous vidéosurveille ; les délicieux

aphorismes participatifs de Murphy dispensés par la Cie Parnas

le dimanche ; les propositions du GMEM qui finissait son festival

le samedi (voir p 32) par un concert de l’EOC (Zib 53 y reviendra)

et des Relectures Cage trop monolithiques : le pianiste Wilhem

Latchounia a beau avoir un talent exceptionnel, quelques pièces,

dont celle de Jodlowski, ont beau déployer un univers personnel

marquant, un long concert de piano préparé a quelque chose de

lassant lorsque les pièces s’accumulent : celles des huit

compositeurs, aux timbres forcément identiques, aux principes

architectoniques obligatoirement proches, et aux esthétiques

bridées par choix contingent, oublient l’humour, la provocation, la

curiosité pour les musiques extra-occidentales dont faisait preuve

John Cage, et dont ces Relectures étaient pour la plupart

dépourvues. Pas grave : en 48h, on peut un peu s’ennuyer !

AGNÈS FRESCHEL

Les 48h Chrono de la Friche ont eu lieu 48h sur 48,

du 18 mai 19h au 20 mai 19h

Le temps suspendu,

par la cie Parnas

© Vincent Lucas


22 THÉÂTRE LA FRICHE | SIRÈNES ET MIDI NET | FNCTA

Dialogue autour d’un oiseau

Un chant d’oiseau s’élève sur la place

de l’opéra. Les têtes se lèvent, les yeux

s’interrogent : où est l’oiseau ? Puis

comprennent : c‘est un automate dans

une cage, à côté de l’instrument de

Pierre Charrial. Celui-ci actionne la

manivelle de son petit orgue de barbarie,

et le papier perforé défile. Des

sons étranges répondent à l’oiseau.

Puis le «tourneur» actionne un orgue

plus grand aux cartons perforés carrés :

l‘orgue, récent, d‘aspect et fonctionnement

traditionnels, concède à la

modernité une pompe à air. Puis d‘autres

sons surviennent… un autre musicien

est installé sur le côté du parvis derrière

ses ordinateurs : Christian Sébille,

compositeur électroacoustique, directeur

du GMEM. Il récupère les notes

fixées de l’orgue, les transforme et les

mixe en temps réel. Les sons se répondent,

se superposent se répandent. Le

dernier mot, juste avant la sirène de fin,

revient à l’oiseau mécanique, métaphore

de cette rencontre inédite. Une

inhabituelle conversation, qui amorce

le Festival les Musiques (voir p32).

CHRIS BOURGUE

La mécanique des orgues,

coproduite par Lieux Publics

et le GMEM, a résonné le 2 mai

à midi pile sur le parvis de l’opéra

de Marseille

M... comme amateur

Le Théâtre du Torrent (Annemasse)

a présenté la 1 re pièce de l’auteur américain

Jeff Baron, écrite en 1999. Traduite

en 22 langues et jouée dans 37

© Vincent Lucas

© X-D.R.

pays, c’est une pièce populaire. Mr

Green, vieux juif, veuf et reclus, reçoit

les visites de Ross, jeune cadre condamné

à lui rendre visite pendant 6

mois suite à un accident. Peu à peu le

vieillard s’apprivoise et le jeune homme

se confie... Le choc des civilisations -

l’un est traditionaliste, l’autre gayentraîne

bon nombre de situations

cocasses. Mais sous la légèreté se

devinent des blessures et des troubles

qu’une mise en scène trop lisse ne

laisse pas suffisamment affleurer pour

nous toucher.

Le Théâtre du Lacydon recevra, le 24

mai, le Théâtre de chambre de Salignac

(04) avec Les chaussettes...opus

124 de Daniel Colas, face à face deux

acteurs sur le déclin essayant de

remonter un spectacle. Le 25, Frédéric

Ortiz du Théâtre Off animera un atelier

de répétition pour 3 compagnies. Le

26, Le grain de sel de Six-Fours donnera

Divinas palabras de Del Valle-

Inclan, auteur espagnol du début du XX e .

Au Théâtre de Lenche, le 31 mai, Anny

Perrot proposera la lecture inédite en

France de Sale dimanche d’un auteur

irlandais, Mark Wale, dans une traduction

d’Hélène Courault, administratrice

de La Criée. Le 1 er juin Étéroclit

Théâtre d’Albertville (73) jouera Opus

Coeur d’Israël Horovitz et enfin le 2, la

toute jeune Cie Jardelys de Paris

donnera Rame d’Eugène Meiltz.

CHRIS BOURGUE

Visites à Mister Green s’est donné au

Gymnase le 27 avril

La peau, la terre

Franck Dimech et ses 11 interprètes

ont eu 3 semaines pour monter une

adaptation du Woyzeck de Büchner,

sur une proposition du théâtre Vitez.

Onze étudiantes du Département Arts

du spectacle de l’Université de Provence

se sont engagées à corps

perdus à jouer des rôles d’hommes,

une aventure dont elles sortent grandies,

à la fois enrichies et brisées.

Première image : un espace vide traversé

en oblique par une longue barre

de danse sur laquelle une jeune femme

en slip et chaussons, seins nus, fait des

exercices en comptant en allemand.

Regard fixe, sans expression, seul le

corps s’active. Si Franck Dimech souligne

le dénuement des âmes et leur

solitude, et distille un humour grinçant

en mettant dans les culottes des filles

© Lumi Lausas

d’ostensibles protubérances. Comme

dans sa récente mise en scène de la

pièce (voir Zib 49), seuls quelques

éléments de costume apparaissent

parfois : une jaquette, des escarpins...

La traduction choisie, celle de Pierre

Prentki (1978), met en lumière une

langue crue et brutale, au-delà des

situations présentées, une langue qui

ramène à l’origine de la terre et de la

chair, nommée «woyzecke» par Büchner

; elle a donné son nom à la version de

Dimech, qui souligne aussi le féminin

de la distribution... Un spectacle dont

on sort secoués, et admiratifs.

CHRIS BOURGUE

Woyzeck(e) s’est donné

du 18 au 22 avril à La Friche


Des clowns, oui mais lesquels ?

Difficile de tout voir tant le festival Tendance Clown

#7 est dense et éclectique. Du spectacle de rue au

spectacle en salle, le public assiste à des acrobaties,

des shows musicaux et à du clown théâtralisé, pour

enfant, mais jamais seulement, et toujours (aussi)

pour adulte. Au fil des prestations, le clown change de

visage et touche un large panel de disciplines, circassiennes

ou non. Avec plus ou moins de réussite :

L’Histoire de Petit K est d’abord amusante mais

rapidement attendue, les performances vocales, trop

contrôlées, ayant été déjà maintes fois visitées. Mais

d’autres spectacles sont très drôles, comme Manu

Nashville des Bonodo Twist et leur hommage délirant

à la bière Frütenland. Sur des allégories tyroliennes

conjuguées avec des morceaux de Country, ils créent

une écriture délirante et sensée sur la propagande

publicitaire.

Avec la Cie Mine de rien, la gestuelle et la mimique

dominent. Sur le thème d’un Tri o Lavomatic, les clowns

jouent sur l’opposition perfection/maladresse, notamment

dans un très savoureux pliage du linge.

Quand à O.PU.S, il s’agit d’une conférence sérieuse,

scientifique et pédagogique démontrant les dangers

du fromage. Le propos est tellement décalé, obsolète

que c’est à cet endroit que le public rencontre le

clown : dans la conviction touchante d’un personnage

qui tient son rôle bien au-delà du spectacle et dans

cette mise en scène absurde et passionnée qui finit

par nous dégoûter réellement du fromage à vie ! Une

belle programmation qui continue jusqu’au 27 mai

(voir p42) il est encore temps d’en profiter!

CLARISSE GUICHARD

Opus © Pascal Rome

Lectures contrastées

Quelle idée de faire se succéder sur scène deux lecteurs

si différents ! Mustapha Benfodil, timide,

tremblant, à la diction difficile, butait sur son texte

Sylvain Courtoux © X-D.R.

Le Festival Tendance Clown est organisé

par le Daki Ling à Marseille

DAKI LING | MONTÉVIDEO | 3BISF

qu’il disait trop vite… privant l’auditoire du temps

nécessaire pour l’appréhension. Pourtant il avait introduit

longuement le contexte de ses pages, les trois

récits imbriqués, les personnages de chacun… et

malgré la rapidité et la maladresse, la force lyrique

parfois s’élevait, une langue superbe, des éclats d’Alger,

et la sensation intérieure, impérieuse, que l’écriture peut

sauver, qu’il faut malaxer la langue et tordre le réel.

Après 10 minutes de pause, Sylvain Courtoux lui succédait.

Immédiatement dans la dérision, traversant la

scène sans s’y arrêter, scandant ses textes sur les

sons pouraves d’une boîte à rythme enregistrée sur

un antique mais pas glorieux magnéto cassette. La

performance, immédiatement drôle, soulève l’adhésion.

Mais les vers qu’il slame vaguement sans vraiment y

croire, ni prétendre y croire d’ailleurs, témoignent d’une

vision agressive des femmes, du sexe, du monde. Il

enchaine ses textes sur le même rythme, mi goguenard

mi désespéré, n’attendant rien visiblement, et

s’inscrivant dans la lignée des poètes sulfureux et

maudits, séparés du monde qui ne veut pas d’eux, en

proie à des délires et addictions. Nombriliste, cette

autobiographie éclatée ?

A.F.

© Fabrice Quittet

THÉÂTRE 23

Le livre

de ma mère

À six mois de la création à Fos, juste

avant la pause nécessaire au mûrissement,

la troupe de l’Auguste théâtre

présentait au 3bisf une étape de travail

de sa pièce Dis-moi fils. Le propos

s’attache à l’exploration des liens multiples

qui peuvent relier une mère à son

fils. «Au départ confie Claire Massabo,

je disposais de fragments, d’extraits, de

lambeaux que je voulais mettre en

scène, sans leur trouver de cadre qui

les rassemble.» D’où ce patchwork qui

reprend des extraits d’auteurs que l’on

a plaisir à reconnaître, Cohen, Gary,

Fregni, Koltès, Mauriac, Cavanna..., des

passages écrits par Claire Massabo

avec la collaboration de Brigitte Quittet,

les mots des comédiens… Tout un

travail d’aller et retour entre les paroles

des mères reprises par leurs fils établit

un ensemble de traces, essaie de

dessiner ce qui reste dans l’imaginaire.

Ce pourrait être caricatural ou franchement

mièvre, mais jamais l’on ne tombe

dans ces pièges-là. Les acteurs sont

convaincants, leur ton juste, et Sandra

Trambouze qui interprète différents

personnages de mère se transforme

subtilement. On rit beaucoup, même

si le fond est touchant. À la création

une tour viendra structurer l’espace,

donnant un point d’ancrage à ce

voyage complexe dans le temps des

souvenirs. Une belle esquisse !

MARYVONNE COLOMBANI

Dis moi fils a été dévoilé au 3bisf, Aix,

le 15 mai

Mustapha Benfodil et Sylvain Courtoux

ont lu respectivement Archéologie du sentiment

amoureux et Still Nox (éd Al Dante) le 26 avril

à Montévidéo, Marseille


24 THÉÂTRE FOS | CAVAILLON | NÎMES

Folle évocation

© Kim Akrich

Décidemment très inspiré par les

univers hors-normes, Bruno Geslin

visite dans sa dernière mise en scène

celui d’Unica Zürn, artiste berlinoise

proche des surréalistes qui fut aussi la

compagne d’Hans Bellmer. Écrit en

1970, un an avant le suicide de l’artiste,

Sombre printemps, le texte dont

s’inspire Geslin, est le portrait autobiographique

bouleversant d’une enfant

en proie à ses premiers désirs, à la découverte

d’une sexualité violente, et du

premier amour, jusqu’à en mourir. La

sobriété de la mise en scène laisse place

au talent de la comédienne Claude

Degliame qui incarne cette petite fille,

avec cette voix profonde, grave, à la

diction si particulière qui n’est pas sans

rappeler celle de Brigitte Fontaine, dans

un monologue à la troisième personne

qui alterne au récit de pulsions obsessionnelles

celui de la vie quotidienne. À

ces mots percutants se mêlent les mélodies

et chansons pop rock du groupe

Coming Soon -parfaitement intégré à

la scène- créées pour le spectacle, et

qui cheminent telle une écriture parallèle,

appuyant d’un solo de batterie ou

de longs riffs de guitare l’intensité du

texte. Et faire résonner, longtemps

après, l’ultime cri.

DO.M.

Dark Spring a été joué

du 26 au 30 avril au

Théâtre de l’Odéon, à Nîmes

La bête identitaire

Dans la continuité du travail entamé avec Beyrouth Adrénaline, dans

lequel elle évoquait le quotidien de deux familles libanaises pendant la

guerre, la metteure en scène franco-libanaise Hala Ghosn élargit son

propos en décomposant les identités multiples qui composent l’être

humain, notamment lorsqu’elles entrent en contradictions les unes

avec les autres pour déboucher sur des actes irréversibles. Il ne s’agit

plus forcément de conflits internationaux, mais plus de conflits identitaires,

nationalistes, fondamentalistes, furieusement contemporains.

S’inspirant de l’essai d’Amin Maalouf, Les identités meurtrières, elle

interroge donc la notion d’identité et décortique les mécanismes qui

conduisent à la haine, privilégiant les petites histoires par le biais de

portraits dont les traits s’affinent au cours du jeu, le quotidien singulier

de chacun des personnages aux prises avec sa trajectoire, sans jamais

tomber dans un discours didactique, voire idéologiste. Ils vont se

croiser, la comédienne libanaise devenue ennemie de la nation après

avoir fui son pays en guerre, la présentatrice allemande citoyenne du

monde, un émigré croate gay et émancipé, un clown sans frontière

breton et fier de l’être… La mise en scène dynamique d’Hala Ghosn fait

se succéder les saynètes jusqu’à l’inévitable clash entre comédiens,

ficelle rebattue mais qui ici fonctionne parfaitement, amenant les

comédiens à s’interroger les uns les autres sur les fondements de leur

discours, emportés par leurs encombrants personnages, comme

dédoublés, pris en défaut de tolérance et de respect. La paix est fragile,

quelle qu’elle soit, mais il est toujours temps d’apprivoiser notre

panthère.

DO.M.

Apprivoiser la panthère a été joué à Fos le 21 avril

© Thierry Laporte

© X-D.R

Les souvenirs

font leur cinéma

Un gradin trifontal, un chapiteau sans toit cerné de rideaux rouges, deux acteurs

qui jouent sans pseudos, des lampes de poche : l’intimité recréée pour cette

veillée de retrouvailles est le condiment d’accueil du Théâtre de Cuisine, qui

aime perdre son public dans les histoires-puzzle où l’imaginaire résout des

mystères. Inventeur du «théâtre d’objets» avec sa complice Katy Deville, Christian

Carrignon met en scène une petite épopée à rebrousse poil du temps où les objets

du quotidien réveillent en douceur les souvenirs ; incitation cachée à réinventer

d’autres veillées singulières plus personnelles ? Claire et Hadi se retrouvent après

25 ans autour d’une malle contenant ce qu’il reste de leurs souvenirs d’enfance,

et de leurs vacances passées chez le héros de l’histoire, un résistant au cœur lourd :

Tonton Papi, «un savant préhistorique qui ne veut pas qu’on fouille dans sa vie», né

comme eux un 14 juillet. Davantage compilation que commémoration, cette veillée

autour de 5 dates anniversaire les aidera à comprendre les secrets de leur enfance.

On repart en sifflant Ellington, des images de flash back très cinématographiques

dans la tête, en laissant malgré tout certains passages de ce conte à tiroirs bien

rangés dans leurs «cartons à sagas».

DELPHINE MICHELANGELI

Une veillée singulière s’est jouée en tournée Nomade(s)

du théâtre de Cavaillon du 9 au 15 mai


AVIGNON | VAUCLUSE

THÉÂTRE

25

Émergence d’émotions

Dix propositions soignées jalonnaient la seconde édition du

festival de la jeune création avignonnaise : un événement

pluridisciplinaire monté hardiment par Surikat Productions

Hormis lors du vernissage inaugural du

Collectif d’arts visuels ACA, le public

s’est globalement fait timide pour cette

mise en lumière de compagnies émergentes.

À l’Entrepôt, peu de monde

pour découvrir l’univers onirique d’Elise

Vigneron du théâtre de l’Entrouvert.

Dans Traversées/Fragments, l’artiste a

développé un extrait du spectacle final

pour présenter un poème de 30 minutes.

Accompagnée d’un guitariste très

aérien, cette fille en forme de fée nous

transporte dans une étrange poésie

animée d’une délicatesse à fleur de peau,

où la marionnette humaine côtoie l’infiniment

subtil de petits êtres recréés.

La scène nationale de Cavaillon programmera

ses intrigantes Traversées en

tournée Nomade(s) la saison prochaine.

Aux Carmes, la Cie Bookobsa interprétait

un Ballet d’ombres mécaniques,

revisitant «les priorités de l’Histoire et

de ses révolutions industrielles». Si visuellement

l’abstraction picturale désirée

atteint son but, grâce à l’ingénieuse

installation de machines sonores et

créatrices d’ombres, l’objet théâtral a

fini par dériver, par manque de narration.

Au final, point d’histoire à raconter

par ces trois marins d’eaux floues dominés

par la machine.

Hasard heureux de la programmation,

chez Golovine, deux courtes pièces

dansées offraient par leur succession,

Au bonheur des mômes

Festo Pitcho, le festival de spectacle

pour publics jeunes, a connu une fréquentation

record pour sa 6 e édition. 6

670 spectateurs sont venus partager

ce temps fort en Vaucluse. Parmi les

21 spectacles, des propositions musicales

particulières : Nokto de Raoul Lay

à la scène Nationale de Cavaillon, enchantement

visuel et sonore pour bébés

jusqu’à trois ans ; et Le Concertdes Méli

Mômes qui a transformé le théâtre des

Halles en dance floor pour chérubins.

5 musiciens survitaminés ont fait chanter

à tue-tête les collégiens et swinguer

les tout-petits, surpris de leur propre

audace. Grâce à un répertoire musical

original et une énergie débordante, le

quintet transmet à partir des petits tracas

enfantins le goût de la musique et

l’incomparable saveur d’un concert en

direct.

Sur le thème de l’enfance en danger,

l’Atelier du Possible jouait au Balcon

Immenses et Minuscules, créé en 2009

Un petit soldat de plomb © De.M.

un curieux voyage. La Cie Oxyput présentait

John & John, un ballet encore un

peu approximatif sur la survie de deux

«jumeaux» interchangeables, noyés dans

une jungle de sacs plastiques recouvrant

le sol. Barbara Amar prenait le

relais avec Occupation précaire, offrant

une danse plus intérieure et précise. Une

étrangeté qui semblait répondre au chaos

précédemment installé pour une recherche

sur l’identité et la lumière.

Dans Laurel et Hardy vont au Paradis de

Paul Auster, Olivier Ranger et David

Choquets’engouffrent à cœur joie dans

le duo comique de référence, bâtissant

une fable sur l’existence humaine.

Clownesque au départ, enfermés dans

leurs corps, leurs certitudes et leur

mission de «bâtisseurs de murs» (en

cartons géants), le duo d’enfer aura à

abattre les remparts de sa propre aliénation.

Un ballet à sketchs qui réfléchit,

en s’amusant des notions d’amitié et

de liberté.

Aux Hivernales, Lionel Hun et la Cie

Hybride ont conquis la salle, comble

cette fois, avec la création multimédia

Influx, prometteuse.Six danseurs montés

sur ressorts (et pointes), très techniciens,

réagissent aux effets de la technologie,

traversés par les mouvements des

scanners lumineux et autres flux neigeux,

pour s’adapter les uns aux autres

et imaginer des espaces de vie en

Traversees-Fragments © De.M

commun. Une recherche séduisante et

métissée, étonnement romantique

musicalement, qui emmène la danse

au-delà des cloisons habituelles.

DE.M.

Le festival Emergence(s)

s’est tenu du 10 au 20 mai

dans divers lieux d’Avignon

dans le cadre du 20 e anniversaire de la

Convention Internationale des Droits de

l’enfant. Quatre «clochardes célestes»

déballent de leur besace des histoires

d’enfants soldats, orphelins, rejetés, maltraités,

cachés, exploités ; en alternance

systématique avec des chansons n’allégeant

pas la gravité du sujet. Un

spectacle-documentaire qui souligne

le pouvoir du langage et la cruauté du

monde, à réserver aux «grands» enfants

: bien qu’entourée par la chaleur

et la sincérité des protagonistes, cette

«mise à jour de la vérité» pour comprendre

le sens des mots «Egalité,

Fraternité et Liberté», est forcément

attristante.

Aux Doms, belle découverte d’Un petit

soldat de plomb par la Cie Arts & Couleurs,

qui transforme avec des petits

riens du quotidien (et une bonne dose

d’organisation) le conte d’Andersen en

recette gourmande. Dans une cuisine

reconstituée, les enfants sont invités à

la table d’un théâtre d’objets contrôlé

par un couple lui-aussi improbable,

dans un aller-retour entre réel et rêvé.

Un monde miniature s’anime pour

devenir un étonnant théâtre d’ombres

et mettre en lumière deux grands

cœurs, pas seulement de plomb et

paillettes.

DE.M.

Festo Pitcho s’est tenu

du 14 au 22 avril

dans 6 communes du Vaucluse


26 DANSE

CAVAILLON | MONACO | TRETS | SAINT-MAXIMIN

La leçon de danse

La pièce culte d’Anne Teresa De

Keersmaeker a rassemblé une salle

comble de nombreux adolescents,

abasourdis par la mécanique de danse

qui allait se dérouler sous leurs yeux.

La même depuis 25 ans, toujours aussi

fascinante. En quatre tableaux, quatre

danseuses époustouflantes de virtuosité

ont opéré une échappée belle vers

l’indéfinissable féminité, une admirable

démonstration de précision autour

de la répétition. Jeunes filles en jupette

et socquettes qui passent de la station

allongée à la transe obsessionnelle,

entre mouvements nonchalants et syncopés,

prises dans l’engrenage sans

fin de la comparaison à l’autre et du

temps dissolu. Statues alanguies autant

que provocantes, répétant inlassablement de «simples»

gestes minimalistes diablement millimétrés -une

© Jean-Luc Tanghe

Souvent ballet varie

Quel que soit l’univers chorégraphique qu’ils abordent,

les Ballets de Monte Carlo savent en rendre

la teneur. Le mois d’avril a vu éclore les rhétoriques de

trois chorégraphes dont les inspirations s’opposent :

Jean-Christophe Maillot dessine une approche

mystique des corps avec la reprise de Altro Canto I.

Musique de Monteverdi, atmosphère d’un tableau

du Caravage, avec une lumière (Dominique Drillot)

comme immanente : un ciel de bougies accorde une

dimension fantastique à cette chorégraphie poétique.

Par un jeu subtil en miroir, chacun devient tour à tour

objet de l’autre, les costumes de Karl Lagerfeld soulignant

la confusion des genres. Monde baroque

épousant l’évidence de la courbe, l’étourdissement,

l’abandon, la fluidité première, jusqu’au travail sur les

mains qui s’allongent en vagues mouvantes…

Avec Marie Chouinard, qui pour la première fois

confie son œuvre à une autre compagnie que la sienne,

les mêmes corps sont blessés, infirmes, boiteux,

liés à des béquilles, des harnais, des cannes, des

Altro Canto © Marie-Laure Briane

pointes… une esthétique de la douleur, où s’affirment

de nouveaux codes, le vivant se pliant à des prothèses

et à une impitoyable géométrie. Le tout dans une

lumière crue d’hôpital, sur la musique originale de

Louis Dufort, Variations sur les variations (Goldberg).

Enfin, la création du jeune et talentueux soliste des

Ballets, Jeroen Verbruggen, Kill Bambi, séduit par

sa fantaisie débridée, son inventivité, son rythme, sa

verve et son humour. Le spectacle commence par la

fin, remonte dans le temps, passe de la charogne

baudelairienne aux scènes champêtres, imagerie qui

permet d’évoquer à la fois l’iconographie de Walt

Disney et le monde du songe d’une nuit d’été shakespearien.

Les costumes de On aura tout vu contribuent

à cette folie féérique. La fougue de la jeunesse,

parfaitement maîtrisée.

MARYVONNE COLOMBANI

Ce programme a été présenté au Grimaldi Forum

de Monaco du 19 au 22 avril

De l’origine

du cerf-volant

Au départ, il y a le livre d’Anouchka Gravel Galouchko,

Shô et les dragons d’eau, fable à la fois poétique

et écolo sur l’origine des cerfs-volants. Puis la fantaisie

de la compagnie d’Hélène Desmaris porte sur

scène toute la poésie de la charmante histoire : l’exceptionnelle

petite fille Shô, interprétée par Alice

Galode, aux pouvoirs surnaturels sait ainsi vaincre

les démons de la mer, dansée par Marie Hélène Desmaris,

et apprendre aux gens de son village à

transformer l’ombre en lumière… Si le rythme est

volontairement lent il n’est jamais lourd, et jamais l’on

ne s’ennuie : la conteuse, Marie-Claude Rey sait

ménager de justes espaces entre récit et chorégraphie,

la musique de Xavier Proenca, créée pour le

spectacle, jouée sur d’étranges instruments, souligne

la belle poésie de l’ensemble. Un moment de rêve

délicat et tendre pour les petits !

M.C.

Shô et les dragons d’eau a été dansé le 25 avril à Trets

© Philippe Nou

mèche balayée, une épaule dénudée, un croisement

de jambes-, rythmées par l’horlogerie de leur souffle

et la musique percussive et mécanique faite sur mesure

par Thierry de Mey ; à couper le

souffle. L’espace devient une terre

géométrique qu’elles balayent de diagonales

en spirales de lumière jusqu’à

l’épuisement. Une pièce hypnotique et

indémodable qui demande un «effort»

de lecture pour que se révèle l’état de

grâce, chaque mouvement s’étirant

pour «faire la nique» au temps. Au jeu

des chaises (musicales) et de la

modernité, Beyoncé, qui avait repris à

la sauce R&B certains extraits du ballet

culte, n’a qu’à bien se tenir !

DELPHINE MICHELANGELI

Rosas danst Rosas a été joué à la Scène

nationale de Cavaillon les 10 et 11 mai


Entre les corps

Nya

© Laurent Ait Benalla

Depuis le 16 février, le nouveau complexe culturel de

Saint-Maximin La croisée des arts (médiathèque,

salle de cinéma, salle de spectacle) ne désemplit pas,

preuve de l’attente culturelle de la région. Le festival

La croisée des danses s’y est installé cette année

programmant, outre la Cie Raf Crew et La maison de

Nathalie Pernette (voir Zib’39) deux spectacles

phares : Nya d’Abou Lagraa et le Sacre du printemps

de Jean-Claude Gallottapar sa compagnie grenobloise.

La démarche d’Abou Lagraa et de Nawal Aït Benalla-Lagraa,

fondamentalement généreuse, lance

des ponts au dessus de la Méditerranée, et apporte

un crédit international à la danse en Algérie. Construit

avec le ministère algérien de la Culture, le projet de

coopération franco-algérien pour le développement

de la danse comprend des échanges artistiques, des

programmes de formation, de création. Les deux chorégraphes

ont ainsi sélectionné, en Algérie, 9 jeunes

danseurs de hip hop. Qui interprètent avec un bel

enthousiasme Nya, la première pièce du Ballet

contemporain d’Alger. Acte fondateur essentiel

dans l’histoire de la danse ! Fougue, adresse, les

prouesses acrobatiques et inventives du hip hop viennent

s’enrichir d’une construction contemporaine, et

de la pratique chorégraphique sensuelle d’Abou

Lagraa. Pour cette fusion des genres, deux musiques,

le Boléro de Ravel, symbole de l’Europe, Le chant des

Aurès d’Houria Aichi, en langue Chaoui, emblématique

du Maghreb. Rencontre encore entre le monde

urbain et celui des campagnes, union de la tradition

et de la modernité, fusion des cultures sans qu’elles

ne se perdent jamais… Nya -Faire confiance- séduit

davantage qu’Un Monde en soi (voir Zib 51), et

entraine le public vers un plaisir non dissimulé ! «Le

but, c’est donner une émotion» affirme Abou Lagraa.

Le pari est tenu.

Jean-Claude Gallotta fait partager sa démarche

chorégraphique en proposant en prélude au Sacre

une courte pièce, Tumulte, où le silence qui succède

à un hurlement de femme, accueille les variations qui

seront la base de la chorégraphie du Sacre. Puis un

bref solo qui interpelle Igor Stravinski, le tutoyant sur

le mode biblique. Le propos du Sacre du Printemps

est transformé, il n’y a plus d’Élue unique condamnée

à danser jusqu’à sa mort : toutes les jeunes filles sont

élues, et le sacrifice devient universel. Chez Gallotta,

le Sacre est une rêverie d’enfant, de petites chaises

d’écoliers envahissent la scène dans l’introduction et

la conclusion. La pièce mythique prend ainsi des allures

ludiques, se met en abîme, et raconte l’histoire

comme en un rêve de danse narrative retrouvée. Qui

pourtant ne va pas au bout de la nostalgie et des

références : les costumes, ratés, n’arrangent pas les

corps, et la musique si faussement primitive de Stravinski

dessert, par contraste, une danse trop simple,

trop terne pour tenir le choc de la fougue et de la

complexité d’une partition qui appelle la démesure, et

des réglages parfaits. Un rêve de Sacre qui permet

pourtant de mettre en scène, par contraste avec

l’argument initial, une virilité vaincue, même si la

danse n’est pas à la hauteur du propos.

MARYVONNE COLOMBANI

La Croisée des danses a eu lieu du 9 au 19 mai

La Croisée des Arts, Saint-Maximin

Le sacre © Guy Delahaye


28 MUSIQUE OPÉRAS | OPÉRETTES

Un Verdi à l’épreuve

des «références»

On se souvient des représentations exceptionnelles

du Trouvère à l’Opéra de Marseille il y a 25 ans…

des rappels saluant la performance du ténor Lando

Bartolini, de la voix d’airain de Leo Nucci, de

l’anthologique Azucena de Fiorenza Cossoto… et

l’on se demande même si les sons filés dans l’aigu

par la soprano Margarita Castro-Alberty ne résonnent

pas encore dans les cintres du théâtre !

Lors de la représentation du 4 mai dernier, on n’a

certes pas boudé les qualités des artistes de l’Orchestre

et des Chœurs de l’Opéra, de son chef

invité Tamás Pal, de la mise en scène cohérente

de Charles Roubaud, malgré la complexité d’un

livret alambiqué, dans des décors et lumières très

sombres. Cependant, l’interprétation d’Il Trovatore,

ouvrage parmi les plus populaires de Verdi, se

mesure à l’aune de la démesure pour les solistes,

tant les aptitudes vocales exigées sont

exceptionnelles.

© Christian Dresse

À ce jeu, la soprano Adina Aaron (Leonora) a tiré son

épingle grâce à un timbre soyeux, mais son articulation

cotonneuse comme des aigus à pleine voix

ou pianissimo souvent raides ont nui à sa prestation.

Carlos Almaguer (le Comte di Luna) possède

une voix de stentor parfaite pour Rigoletto ou Paillasse,

mais, à vouloir trop donner, le baryton s’est

laissé aspirer et, trop «aperto», a blanchi ses aigus

au-dessus de la tourne vocale ! Malgré un timbre

trop léger, le ténor Giuseppe Gipali s’est plutôt

bien sorti des pièges du rôle de Manrico, grâce à

une belle musicalité, une technique et des aigus

sans faille. La bonne voix de Nicolas Courjal s’est

révélée un peu courte à la fin de son long prologue

: son timbre doit gagner largeur pour briller

dans Ferrando. Enfin, la plus belle performance est

à mettre à l’actif de la mezzo Elena Manistina, qui

sera sans doute longtemps une formidable et

ténébreuse sorcière (Azucena).

JACQUES FRESCHEL

Le Trouvère a été joué à l’Opéra de Marseille

du 24 avril au 4 mai

Otello in chiaroscuro

Pour son dernier spectacle lyrique de

la saison, l’opéra de Toulon s’est offert

Otello, chef d’œuvre indiscutable

de Verdi composé sur un livret de

Boito d’après Shakespeare. Ce drame

en 4 actes dans cette reprise toulonnaise

de la production du Théâtre

lyrique Giuseppe Verdi de Trieste a

été chaleureusement accueilli par le

public même si l’on espérait mieux au

regard des précédentes livraisons. Les

décors extrêmement dépouillés étaient

propices à la noirceur de l’ouvrage,

mais le ballet n’était pas indispensable

au premier acte et le statisme

de la mise en scène entraînait certains

chanteurs au ridicule, augmen

par certains costumes d’un futurisme

désarçonnant.

Vocalement, le plateau était homogène

en termes de puissance mais pas

Otello © Opera de Trieste

en qualité de timbres. En effet, le

ténor Marius Vlad scéniquement peu

convaincant dans le rôle-titre souffrait

d’un italien perfectible et peinait

à rendre la langue musicale tout comme

Hiromi Omura, qui interprétait

une Desdémone au timbre rond et

chaleureux mais très couvert. Le baryton

Alberto Mastromarino, que

l’on avait découvert plus fringant dans

Falstaff il y a deux ans, incarnait quant

à lui un Iago magistralement démoniaque,

avec une présence scénique

remarquable malgré quelques moments,

heureusement rares, de fatigue vocale.

Incontestablement, c’est le

ténor Stanislas de Barbeyrac qui tira

au mieux son épingle du jeu avec une

voix juste et au timbre clair rendant

grâce à la langue italienne dans le

rôle de Cassio, l’amant prétendu. Musicalement,

le chef Giuliano Carella

s’étant attaché à rendre audibles toutes

les subtilités de l’écriture instrumentale,

il a permis à l’orchestre de

s’acquitter de la partition avec une

extrême finesse. On saluera également

l’excellente prestation des chœurs,

solides et puissants, verdiens à

souhait, qui ont rehaussé l’ensemble.

ÉMILIEN MOREAU

Otello a été joué à l’Opéra de Toulon

du 11 au 15 mai


La Vie parisienne © X-D.R.

Sans chica chica chi

Pour les deux dernières productions de

sa saison «hors les murs» et finir en

apothéose, le Théâtre de l’Odéon affichait

deux classiques du répertoire

d’opérette au Palais des Congrès à

Marseille les 22 avril et 6 mai : La Belle

de Cadix de Francis Lopez et La Vie

parisienne de Jacques Offenbach. Résultat

: un double succès public pour

couronner une saison «de transition»

avant la réouverture, à la rentrée, du

théâtre du haut de la Canebière.

Si les conditions acoustiques de l’immense

salle du Parc Chanot n’ont pas

été au top (des musiciens, sur scène,

contraints de modérer leurs nuances

pour ne pas couvrir les voix, une sonorisation

inégale et imparfaite), le

public s’est cependant déplacé en

foule pour occuper les 1200 places de

l’auditorium. Grâce au talent de toute

la troupe, la mise en scène festive, les

décors de Laurent Martinel, les costumes

bigarrés tirés des malles de la

Maison Grout, l’Orchestre du Théâtre,

ses chefs invités Jean-Pierre Burtin

et Bruno Membrey, l’excellent Chœur

Phocéen, préparé en coulisse par Rémy

Littolff, les solistes, danseurs… ces

défauts sont passés au second plan.

La qualité de La Belle de Cadix était

surprenante ! Sans doute le meilleur

spectacle de la saison. Foin des clichés

bêtas des «chica chica chi…» et

autres «yeux de velours» marinés à

l’espagnolade ! Le dynamisme de la

compagnie, la distribution emmenée

par le puissant et somptueux ténor

Marc Larcher, la soprano Caroline

Géa étaient bluffants, comme les

fantaisistes de haut vol tels Agnès

Pat’ ou Claude Deschamps. Agrémentées

de flamenco (le Ballet Andalucia

d’Antonio Triana fut néanmoins trop

présent, ce qui a nui à l’élan final), la

Fiesta des gitans ou la Nuit à Grenade

ont longuement résonné aux oreilles

d’un public conquis.

La fantaisie de Jacques Gervais a

également contribué au succès de La

Vie parisienne, sa faculté à diriger les

énergies, utiliser les talents des trente-cinq

artistes qui se sont partagés

le plateau, des chœurs en particulier,

au diapason des solistes quant à la

danse, le chant ou la comédie. Et

chapeau aussi au «Mozart des Champs-

Élysées», à son «Brésilien» haletant à

la gare de l’Ouest, à la «veuve» éplorée

d’un improbable «colonel», à ses

griseries et cancans à frou-frou…!

Gageons que, le 4 juin, Jean-Jacques

Chazalet annoncera aux aficionados

une belle saison 2012-2013 !

JACQUES FRESCHEL

La Belle de Cadix © X-D.R


30 MUSIQUE

CHAMBRE

Quatuor Borodine © Keith Saunders

Quatuor… du temps

70 ans d’existence ont élevé le Quatuor Borodine au rang d’institution ! Acteur

marquant de l’évolution du quatuor moderne, l’ensemble russe a tenu à débuter

le concert par le sixième quatuor de l’Op 33, acte de naissance d’un «genre

tout à fait nouveau et particulier» comme le définissait Haydn. Et toute la

modernité de la pièce, quant à la conception nouvelle d’une écriture réellement

discursive, empreinte d’un humour décapant, fut mise en lumière, par un jeu

exempt de tout défaut, et nourri d’une lecture et d’une compréhension de

l’œuvre admirables. Et que dire de plus, si ce n’est l’indicible, quand résonnèrent

les notes du 2 e quatuor de Tchaïkovski et surtout du 8 e de Chostakovitch !

Quelle interprétation de cette œuvre désarticulée, d’une noire clarté, où les

éclats de l’âme du compositeur s’expriment dans une ataxie mélodique entre

souvenirs de mélodies populaires, rythmiques interlopes et harmonies

décharnées ! Dimitri était là, avec eux, en eux, avec nous, dans un GTP plus

à l’est que jamais.

C.F.

Concert donné le 17 avril

Retet patet et praecise…

… ou clair net et précis, pour utiliser notre vulgate qui, ici, traduit

imparfaitement la direction millimétrique, quasi chirurgicale pour ne pas dire

sévère, de Laurence Equilbey. Rien ne dépasse, tout est de «bon goût», au

sens classique du terme. Le chœur est bon, les solistes excellents, l’ensemble

Zimmermann très à son aise, mais il manque ce «je ne sais quoi» qui apporte

de la fantaisie, de la surprise. La mécanique fonctionne à merveille dans le

Dixit Dominus de Haendel tant le seul respect du texte suffit à combler de

satisfaction nos oreilles. En revanche le Gloria de Vivaldi souffre de ce manque

de scories, de petites aspérités qui trahissent le génie du vénitien. Mais le

rendu brillant, l’impact sonore éclatant, reste très séduisant : en atteste la

salve d’applaudissements réservée à l’ensemble qui nous permit de goûter en

bis à l’Alleluia de Buxtehude…

C.F.

Concert donné le 19 avril au GTP

Cafe Zimmermann © Petr Skalka

Un quatuor vocal exceptionnel !

Pour l’ouverture du Festival de

Musique Sacrée à l’église Saint-

Michel à Marseille, le 11 mai, la Ville

et ses élus étaient au premier rang.

Jean-Claude Gaudin a longuement

chanté les louanges anticipées de

Marseille 2013 Capitale Européenne

de la Culture... avant de céder la place

aux chanteurs de métier. Dès lors, le

public friand de fresques sonores à

dimension spirituelle a ingurgité, en

hors d’œuvre, un Te Deum plutôt

pompier écrit par le jeune Bizet,

avant de goûter aux magnificences du

Stabat mater de Rossini.

Malgré une inéluctable disposition

dans la nef résonnante, le Chœur,

placé derrière l’Orchestre de l’Opéra,

a déclamé au mieux le texte latin

évoquant la déploration de la Vierge

au pied de la Croix. Nader Abbassi,

chef égyptien d’une rare élégance,

Nader Abbassi © X-D.R.

très à l’écoute des voix, a dosé à

souhait les plans sonores et fourni

aux artistes un terrain propice à

l’expression lyrique, au

développement de couleurs

contrastées. On a rarement entendu,

sous nos latitudes, un quatuor vocal

d’une telle qualité dans une œuvre

très prisée dans son genre. Le timbre

solide et cuivré de la soprano Elena

Pankratova a impressionné, comme

l’ampleur déployée par la charmante

mezzo Giuseppina Piunti. La

puissante basse russe Dmitry

Ulianov s’est montré à l’aise sur plus

de deux octaves de tessiture, quand

le ténor Stephan Pop a mérité les

plus beaux éloges, en particulier pour

son air très lyrique, chanté avec un

goût rare, une belle palette de

nuances et des aigus somptueux.

JACQUES FRESCHEL


À la recherche du son

Après ses Victoires de la Musique Classique et le très

beau film de Bruno Monsaingeon sur les concertos de

Bach avec l’orchestre de Brême, David Fray continue de

jouer ses maîtres préférés : Bach, Mozart, Beethoven,

Schubert, sans négliger la musique contemporaine (12

Notations pour piano de Boulez). D’une étrange beauté, il

s’efface devant la musique. Sa posture est hiératique: les

élans sont ailleurs, dans un jeu subtil qui détaille chaque

note et respecte la ligne. Dans la Sonate en ré Majeur de

Mozart : l’Allegro con spirito est d’un équilibre parfait ;

l’Andantino con espressione, sans mièvrerie, avec des piani

à arrêter le souffle… Le Rondo est brillant, avec des

basses somptueuses.

On retrouve cette même beauté du son, mais presque

romantique, dans la Fantaisie en ut mineur de Beethoven.

Les Sonates N° 15 Pastorale et N°21 Waldstein permettent

au pianiste de libérer une frénésie sans emphase, avec un

Andante très schumannien dans la Pastorale, comme une

marche inexorable. Les changements de sonorité sont

spectaculaires dans l’Allegro con brio de la Waldstein. Dans

l’Adagio molto : trois notes en mouvement ascendant

suivies de deux accords pour résoudre la tension… David

Histoire de l’ouest

Le chœur de West Texas A&M University, invité par Guy

Laurent des Festes d’Orphée s’est arrêté à Aix lors de sa

mini-tournée européenne en France et en Espagne. Trop

peu de spectateurs, pour ce spectacle d’une remarquable

qualité ! Voix placées, justes, avec une belle ampleur,

irisation des harmoniques, intériorité, joli travail sur les

notes tenues jusqu’à la trame infime qui fait parler le

silence… Une direction précise (Daniel J.Hall), un choix

varié et intéressant, permettant aux auditeurs de voyager

le long des étapes de la musique sacrée américaine, des

origines à nos jours, avec des excursions dans les motets

de la renaissance espagnole, les spirituals et les

compositeurs contemporains américains. On découvrait

ainsi Rosephanye Powell, l’une des pionnières du chant

Répertoire délaissé

«Tout ce qui n’est pas clair n’est pas

Françaix» s’amusait à dire Sacha

Guitry à propos de Jean Françaix

(1912-1997), compositeur avec

lequel l’homme de théâtre et de

cinéma collabora pour ses films Si

Versailles m’était conté, Napoléon…

De fait, la facture sonore de ce

surdoué, qui à 12 ans faisait

l’admiration de Nadia Boulanger, est

toute d’épure et de clarté.

L’Ensemble Pythéas, avant son

concert prévu à Marseille à l’occasion

du centenaire de la naissance du

musicien, a tenu à organiser une

réflexion autour du compositeur : la

conférence extrêmement savante, et

néanmoins très claire, donnée par le

musicologue Lionel Pons, a fourni

aux mélomanes réunis pour l’occasion

le 16 mai à l’Espace Culture un

apéritif trois étoiles !

L’élégance du discours, comme le

choix des opus analysés, dans un

langage accessible, a donné l’envie

Fray dégage une sérénité troublante. Mais que dire de la

virtuosité du 3 e mouvement, Prestissimo, mélodie en

octave sur arpèges brisés !

En bis, le Prélude Choral de Bach-Busoni. Le silence est

parlant, la salle envoûtée.

YVES BERGÉ

David Fray a joué au Gymnase

le 14 mai

David Fray © Klaus Rudolph

choral américain contemporain avec In the beginning Was

the Word, très enlevé, avec de belles variations, une

écriture en canon festive, ou les compositions d’Eric

Whitacre, une écriture originale et riche, comme celle de

With a Lily in Your Hand. Humour aussi, souligné par la

parabole des Trois Tambours (Twa Tanbou/ The Three

Drums) de Sydney Guillaume, qui démontre qu’il est

nécessaire de travailler ensemble. L’équilibre des pupitres

en était une belle démonstration !

M.C.

Ce concert a eu lieu le 15 mai à Aix,

Chapelle du Sacré Cœur

Jean Francaix © X-D.R.

de découvrir l’œuvre d’un musicien

injustement négligé, comme par

exemple son opéra La princesse de

Clèves, jamais entré au répertoire de

l’Opéra de Paris.

Au milieu de commémorations déjà

discrètes associées à Debussy (né en

1862) ou Massenet (mort en 1912),

Jean Françaix est totalement négligé.

Pourtant sa musique «s’impose dans

le silence et la discrétion», fruit d’un

travail formel d’une immense

précision où la plastique mélodique

prime, avec sa part de sourire et de

lyrisme… Jean Françaix est à

redécouvrir, et les initiatives risquées

comme celle initiée par le violoniste

Yann le Roux à soutenir !

JACQUES FRESCHEL

MUSIQUE 31

La

puissance

zen

Les Sociétaires de la Musique de

Chambre de Marseille attendaient le

concert de clôture de la saison 2011-

2012 : le 17 avril on leur promettait

du beau piano romantique. De fait,

ils ont été comblés avec Claire-Marie

Le Guay ! On ne se doute pas, en

voyant cette belle femme approcher

paisiblement d’un Steinway, quel feu

elle possède dans les doigts. C’est

avec un étonnant abandon, du reste,

qu’elle attaque deux fameux Préludes

de Rachmaninov. D’emblée son piano

carillonne : elle le fait résonner à

souhait, respirer, chanter… Quelle

maîtrise technique elle déploie dans

les pétulances du Prélude en sol

mineur «Alla marcia» ou l’Étude

«Patetico» de Scriabine ! La première

partie du programme est russe, avec

en son cœur un bloc sonore percussif

du plus bel effet : la 3 e sonate de

Prokofiev. Dans la 2 e partie, on

change de perspective, bien qu’on

demeure dans un plan sonore large et

virtuose. Avec l’épique Sonate en si

mineur de Liszt, la musicienne nous

embarque pour un voyage fulgurant :

au détour d’ombres et de lumières, de

rondeurs et d’apesanteurs, elle file

vers les confins mystiques d’une coda

qui touche aux profondeurs de l’être,

à sa suprême énigme… À retrouver

sur disque (voir p 66)

JACQUES FRESCHEL

Claire-Marie Le Guay © X-D.R


32 MUSIQUE

GMEM

Installation sonore de Benjamin Dupé au Merlan © Agnès Mellon

Musiques à voir

Le festival Les musiques semble s’inscrire dans la

continuité d’une manifestation qui depuis plus de

25 ans diffuse les musiques écrites de son temps.

Mais il en a discrètement infléchi le cours. Débutant

par une sirène mécanico’electro’acoustique

(voir p 22) se concluant, lors des 48h Chrono de la

Friche (voir p 21), par un cabaret aléatoire carrément

électro, le festival du Centre National de Création

aura donné beaucoup de sons à voir. Non pas en y

ajoutant du spectacle, mais dans le geste même

qui les produit.

En commençant par la très belle, très poétique et

très intime installation sonore de Benjamin Dupé.

Dans la petite salle du Merlan, durant trois jours,

des groupes d’une trentaine de spectateurs se sont

succédé dans un espace méticuleusement architecturé

par Olivier Thomas. Partout, des objets sonores.

Doux, roulants, soufflants, tournants, vibrants, que

l’on voit vibrer. Les chocs sont des murmures occupant

le silence, le spectacle du son est magique,

comme si les spectateurs, ensemble, habitaient un

instrument nouveau. Des billes roulent, du sable

s’écoule dévoilant des sentences, la lumière oriente

subtilement le regard. Puis des pas s’inscrivent dans

le sable, et une voix s’élève, racontant le voyage

d’Eurydice, la curiosité d’Orphée, son démembrement.

Cela s’éteint, et l’on quitte à regret cet espace

où on a vu naître le son. Puis on réalise, étonné,

l’incroyable performance mécanique de ce petit

monde où chacun des phénomènes sonores a nécessité

un bricolage savant, une invention plastique,

un minutieux réglage pour que tout se déclenche

à la seconde, et au millimètre…

De Bali à Java

«Quand on a pas les moyens de voyager, il faut suppléer

par l’imagination.» Cette maxime de Debussy

aurait pu coller parfaitement au voyage initiatique

offert à un public enchanté le 16 mai aux Archives

départementales. Enchanté et subjugué par Alain

Neveux, son piano préparé et la partition des Sonates

et Interludes de John Cage, explorateur de

nouveaux champs sonores, et de la rupture avec le

cercle d’occident initiée par Debussy. Vis, boulons

et caoutchoucs minutieusement placés entre les

cordes du piano pendant la préparation de l’instrument,

étape d’égale importance à l’interprétation

des œuvres, permettent alors au pianiste d’avoir sous

les doigts un véritable instrument à percussions poétiques.

L’évocation du gamelan, de peaux, métaux,

et de sonorités plus surprenantes les unes que les

autres nous emmènent par les sonorités mais aussi

l’esprit, la pensée et les structures, de Bali à Java,

en Inde, en Chine, au Moyen-Orient ou encore en

Afrique noire au gré des pièces de celui qui voulait

«faire du monde entier une musique». Le spécialiste

du genre Alain Neveux a de son toucher onctueux fait

sonner et résonner à merveille chaque note d’un

clavier aux timbres si distincts, et colorés.

C Barre, Canto de Pascal Dusapin © Yves Bergé

C Barré s’éclate,

Le Pladec transcende

De l’extérieur (Port) vers l’intérieur (hall de La

Criée), l’Ensemble C Barré invitait à venir partager

en déambulant ; à se charger de sons, agir, ne pas

s’installer. Leur Concert éclaté réserve des surprises :

In Memoriam Escher de Saed Hadadd pour flûte alto,

interprété par Julie Brunet-Jailly, avec son prélude

mélancolique puis guirlandes de notes sur trois

registres. Puis Canto de Pascal Dusapin (soprano,

clarinette, violoncelle) aux modes de jeux surprenants.

Kiyoto Okada, soprano, se sort habilement

de tessitures extrêmes malgré une prononciation

aléatoire. Sébastien Boin dirige avec énergie Homenaje

a Chillida, création de Miguel Galvez-Taroncher,

pièce sulfureuse. Christophe Bertrand, dans Skiaï,

rend subtile l’indifférenciation des timbres (violonvioloncelle,

clarinette-flûte, piano). Ekaïn du basque

Félix Ibarrondo, nous rappelle les accents chers à

son maître Ohana, dans l’expression et la violence.

Rémi Delange, clarinette basse, sons amples et

mouvants, joue Féline de Georges Bœuf, pièce sensuelle

où de longues phrases atterrissent sur des

trilles ou arpèges : clins d’œil à la panthère noire

et aux films éponymes de Jacques Tourneur et Paul

Schrader.

Une mise en bouche aux goûts variés pour mieux

goûter, dans la grande salle, l’extraordinaire palette

de Fausto Romitelli dont le triptyque Professor

Bad Trip (Lesson I, II, III.1998-2000) était revisité

(Professor/Live) par la chorégraphe Maud Le Pladec.

Deux danseurs : Julien Gallée-Ferré, Félix

Ott et un musicien, Tom Pauwels, guitariste-acteur,

entourent l’Ensemble belge Ictus, dirigé par Georges-Elie

Octors. Romitelli aime mélanger les

genres, de la composition savante acoustique aux

sonorités rock acides, sans négliger les aspérités

de la musique électronique. Un son en perpétuel

mouvement, qui se développe, se «salit» par ajouts

d’autres éléments. C’est théâtral, violent parfois

(nombreuses saturations). Une chorégraphie étonne

: les danseurs miment, jouent, vivent les sons,

doubles éphémères de nos propres angoisses et

désirs. La musique est image, jeu avec le rideau, les

lumières, les mains sont les accords du piano : saisissant

! Membres déglingués sur les sonorités

électriques, courses effrénées, longues plages

d’immobilité pour mieux entendre. Décidément, la

musique se voit plus aisément lorsque les corps

sont partitions.

YVES BERGÉ, AGNÈS FRESCHEL ET FRÉDÉRIC ISOLETTA

Festival Les Musiques

du GMEM,

Centre National

de Création Musicale,

s’est déroulé du 9

au 19 mai à Marseille


34 MUSIQUE

DU MONDE | JAZZ

Un Orient

nouveau

Le XXII e Festival Mai-Diterranée a permis de

découvrir la belle Dorsaf Hamdani, qui, après des

études au Conservatoire de Tunis et à la Sorbonne,

parcourt le monde et l’envoûte de ses ornements

arabo-andalous, soufis d’inspiration sacrée et noubas

où les instruments alternent avec la voix. Son

nouveau spectacle est un hommage à trois icônes

incontournables de la musique arabe : l’égyptienne

Oum Kalthoum, l’astre d’Orient, la libanaise Fayrouz,

dont les compositions sont des hymnes à la

liberté et Asmahan, princesse druze, à la voix si

mélancolique. Un chant classique arabe, entre

respect de ces grandes voix et libre interprétation.

Accompagnée de quatre musiciens : violon, violoncelle,

kanoun et percussions, la chanteuse dévoile

les mélopées très chromatiques d’Asmahan, structurés

par un mot, une syllabe. Elle colle au texte,

en le modelant, le modulant, plus à l’aise dans le

grave et médium, que dans les aigus en voix de

tête. Les notes longues libèrent de riches ornementations,

l’absence de pulsation occidentale rend

l’écoute mystérieuse… Le soleil du crépuscule de

Kalthoum est une descente en triolets évoquant la

lumière qui baisse : le souffle est prodigieux. La

berceuse de Fayrouz accompagnée au kanoun, et

sa sonorité pincée si caractéristique, est un moment

de belle intimité comme ce Langage des fleurs

de Kalthoum où les instruments relaient la voix dans

un échange permanent, entre ornementation,

écriture codifiée et improvisation. Un classicisme

artistique mêlé de modernité. Des femmes attachées

à leurs racines qui inventent le monde

moderne, comme un symbole…

YVES BERGÉ

Ce récital s’est donné au Toursky le 13 avril

Dorsaf Hamdani © X-D.R.

Rencontres

et confrontations

Le Toursky proposait cette année deux spectacles

pour son festival de flamenco. Le premier, contait

une histoire de transmission entre une mère et sa

fille, Madre e Hija, avec Ana et Maria Perez accompagnées

par les musiciens et chanteurs de la

compagnie Solea. Le modèle restant dans l’exécution

froide des pas, dans un académisme parfait, la

fille ajoutant une belle fougue, inspirée, à l’enthousiasme

de la transmission revisitée.

Et puis il y eut la révélation de cette première

mondiale, la rencontre, Encuentro, de cinq danseurs

solistes (directeurs de compagnie, moult fois primés),

dans un spectacle créé spécialement pour le

Toursky. Une entrée en matière puissante, un traitement

de la lumière tout en finesse, ombrant ou

redessinant l’espace, composant de véritables

tableaux où les danseurs se livrent en toute liberté

à leur art, dans un subtil équilibre entre les pas

imposés par les différents genres, et l’improvisation.

Sur les accords des très bons guitaristes

Daniel Manzanas et Victor Marquez, les percussions

décapantes d’Isaac Vigueras, les chants

magnifiquement portés d’Antonio Campos et Delia

Mambrive, Mara Martinez, toute de passion,

interprète une solea ; Daniel Navarro, avec une

superbe élégance, une alegrias ; puis Pedro Cordoba,

avec beaucoup d’expressivité, Rafaël Martos,

le tiento, avec un grand sens de la théâtralité, Manuel

Guiterrez enfin, une solea enlevée. Sublime

saeta, (chant religieux destiné aux processions)

pour la danseuse seule face au groupe des danseurs…

La mise en scène intelligente de José Luis Gomez

et Rafaël Martos a su laisser à ces grands artistes

un champ d’expression leur permettant d’exprimer

une âme flamenca vibrante !

MARYVONNE COLOMBANI

Les soirées flamenca ont eu lieu

les 10 et 11 mai au Toursky

Du Be-Bop pour la danse

Quatre grands amoureux du jazz, Pierre Levan au

piano, Joël Gregoriades à la contrebasse, André

Taddei au saxophone et à la clarinette et Gilles

Alamel à la batterie forment le 4tet des Swinging

Papy’s. Quatre musiciens à la longue complicité qui

écument tous les endroits où l’on écoute du swing

Swinging Papy's © Dan Warzy

Encuentro © Frederic Stephan

et du be-bop. Le Club du Château des Creissauds,

situé dans un parc magnifique cerné de platanes

centenaires à Aubagne, propose de nombreuses

animations souvent tournées vers la danse. C’est

donc naturellement que le répertoire des Swinging

Papy’s s’est orienté vers les musiques à danser et les

standards du jazz des

années 30 à 60. Ici, les

couples de danseurs

viennent pour satisfaire

leur passion et dépenser

beaucoup d’énergie. Et

les musiciens de ce quartet

n’ont pas manqué de

les satisfaire !

DAN WARZY

Cette soirée a eu lieu

au Château des Creissauds,

le 3 mai


Léo et Richard :

un amour d’anarchie

En longeant le théâtre Toursky, l’âme

de Léo Ferré résonne : «Ce théâtre

Toursky, c’est ma raison d’être marseillais…

Le désordre, c’est l’ordre sans le

pouvoir… L’Anarchie, c’est d’abord le

respect de l’autre… je revendique : Ni

Dieu, ni maître» ! Sur scène, les musiciens

entourent Richard Martin : violons,

clarinette, clavier, sons planants et

bourdons essentiels, Yerso, voix sombre

et envoûtante, qu’on entend trop

peu, Levon Minassian, prince du

doudouk, aux envolées lumineuses,

Anouchka Minassian, kanoun, aux

belles improvisations, Jean-Pierre

Nergararian, kamancha, aux sonorités

intemporelles. Le piano de José

Pendje est malheureusement inaudible

! La musique (Ferré et compositeurs

arméniens), accompagne un Richard

Martin crispé, qui a du mal à changer

de registres : L’Affiche Rouge de Louis

Aragon manque de corps, le débit est

trop rapide, malgré l’habillage instrumental

subtil. Mais peu à peu Martin

entre dans la chair des mots, se transcende,

puis explose : «Madame la

Misère : écoutez les tumultes qui montent

des bas-fonds !» Chaque phrase

est ponctuée par des accords percussifs

au clavier. «Il m’importe que le

mot Amour soit chargé de mystère et

non de vertu.» Un immense crescendo

dramatique s’installe : «Nous sommes

des chiens !» Les textes de Ferré sont

d’une force incroyable. Martin, de

plus en plus virulent, les porte à bout

de bras : «les voyous ne sont pas tous

en prison : c’est une idée reçue !» De

belles lumières, tons sable et noir,

enveloppent ce partage d’espoir. «Y’en

a pas un sur cent et pourtant ils existent,

la plupart espagnols, allez savoir

pourquoi. Faut croire qu’en Espagne,

on ne les comprend pas : les Anarchistes

!» Poings levés vers la salle :

© Frederic Stephan

l’effet est garanti. Martin garde l’âme

intacte d’un combattant, avec la

poésie comme arme essentielle !

YVES BERGÉ

MUSIQUE 35

Amour Anarchie a été donné

au Toursky le 20 avril

Tour de chauffe

Le Cri du Port a accueilli l’Institut Musical de Formation Professionnelle (IMFP-

Salon de Provence) pour une journée d’information sur ses activités. Un groupe

de musiciens pratiquant la «Djangologie» a animé l’espace bar pour ajouter plus

de convivialité à la première partie de la soirée.

Gilad Hekselman arrive directement des USA pour commencer une tournée

européenne en 4tet et doit affronter le décalage horaire, fatal dans ce sens du

parcours. C’est un guitariste pas encore trentenaire, d’origine israëlienne qui

vit aujourd’hui à New-York. Joe Martin, le contrebassiste, et Marcus Gilmore,

le batteur, sont ses partenaires réguliers. Mark Turner, que l’on a déjà pu

entendre en duo avec Baptiste Trotignon, ajoute son saxophone ténor à cette

formation. Une grande puissance se dégage dès le début du set dans une

composition emplie de lyrisme et de cohésion. La guitare s’introduit souvent

par succession de notes douces et élaborées avec de nombreuses utilisations

d’harmoniques. Peu d’accords ponctuent les séquences d’improvisation et les

lignes mélodiques sont déroutantes. Saxophone et guitare se retrouvent dans

la construction des thèmes qui permettent les digressions de chaque membre

du 4tet qui n’ont à prouver leur talent… si ce n’est que Marcus Gilmore s’y est

employé, montrant vrai dialogue est possible entre baguettes, cymbales,

peaux... et âme !

DAN WARZY

Cette soirée s’est déroulée au Cri du Port le 16 mai

© Dan Warzy

Un langage de paix

Le pianiste cubain Roberto Fonseca, découvert dans le

band du Buena Vista Social Club révélé par Ry Cooder et

Wim Wenders, a présenté son dernier enregistrement : Yo

Le batteur Ramsès Manuel Rodriguez

Baralt et Joel Hierrezuelo Balart

aux congas sont les piliers rythmiques

de la soirée. Avec eux, Yandy

Martinez Gonzales à la basse et

Jorge Luis Valdes Chicoy à la guitare.

Roberto Fonseca est allé puiser

dans l’héritage des griots africains en

Roberto Fonseca © Dan Warzy

la personne et la voix de Baba Sissoko,

musicien malien qui l’accompagne

avec un petit guembri et plusieurs

percussions. Les compositions suivent

une trame simple et répétitive

très rythmée, les motifs mélodiques,

parfois déroutants, sonnent au clavier

qui prend parfois un accent de

mélodéon oriental. Les différentes

colorations de musiques traditionnelles

conduisent à une sorte de rituel,

qui n’exclut pas une improvisation

débordante ; la main droite du pianiste

s’envole alors à une vitesse extravagante

! Et juste lorsqu’on espère plus

de variété, un changement de couleurs,

un rythme de salsa s’élève, dans

un hommage aux musiciens de La

Havane aujourd’hui décédés. Un clavier

couplé à la voix fusionne avec les

timbales de la tradition gnawa, les

qraqeb qui sont si sonores. Docteur

Griot et Professeur Fonseca réussissent

à embraser la scène, propulsant

les spectateurs hors de leurs sièges...

juste avant la transe.

DAN WARZY

Ce concert a eu lieu au GTP

à Aix le 14 mai


36 MUSIQUE JAZZ | ACTUELLE | DU MONDE

Tempo d’ici

Rossitza Milevska, prix du soliste © Marie. Bergère

Nicolas Koedinger 5tet, laureat du Tremplin © Marie. Bergère

deuxième soirée et le jury celui du Soliste. Enfin, le

quintet de Nicolas Koedinger, interprétant

uniquement des compositions du musicien (superbe

contrebasse) a remporté le Prix du Jury (et le Prix

public du premier soir) par son invention, sa

cohérence, la construction au cordeau des morceaux,

ses dialogues en écho ou contrepoint entre le saxo

et le trombone. Les organisateurs du festival peuvent

se réjouir cette année encore de la qualité des

artistes. La relève jazzique est bien assurée !

MARYVONNE COLOMBANI

La finale du tremplin Jazz

a eu lieu les 4 et 5 mai

théâtre Denis à Hyères

www.jazzaporquerolles.org

Ils étaient nombreux à répondre à l’appel du

Tremplin Jazz, 30 à 35 CD envoyés de toute la région

! Six, choisis par l’équipe de Jazz à Porquerolles

pour une finale sur deux jours, ont présenté chacun

une demi-heure de concert. À l’issue de chaque soirée,

dans le cadre du Théâtre Denis, charmant petit

théâtre à l’italienne, le public élit son groupe

préféré, puis le jury détermine le vainqueur des deux

soirs, se réservant le droit d’un coup de cœur. Un

tremplin dédié aux jeunes jazzmen/women, exemple

unque dans le sud-est de la France.

Cette année de jeunes groupes de Montpellier, Marseille,

Nice, Toulon présentaient des univers très

différents, de l’interprétation de standards à la création

personnelle en passant par des musiques

métissées, avec des formations avec voix ou instrumentales,

restreintes ou nombreuses des

instruments variés… Un ensemble d’une belle

qualité, ménageant des surprises, voire des

éblouissements, rendant le travail jury délicat !

L’enjeu ? avant tout une reconnaissance, la première

partie du concert d’ouverture du festival de

Porquerolles cet été, deux jours d’enregistrement au

studio 26 d’Antibes… On remarquait ainsi la jolie

voix bien placée de Julie Benoliel, accompagnée

de Claude Basso à la guitare, le beau Titanic de

Guilhem Verger ; mais surtout la remarquable

prestation à la harpe, instrument inattendu en jazz

de Milevska, ses élans lyriques, son swing, ses

nuances : le public lui accordera le Prix de la

À venir

À l’occasion du mois du jazz,

la médiathèque d’Hyères et le festival Jazz

à Porquerolles présentent, à la médiathèque,

Billie Holiday et ses héritières :Exposition des clichés

de Jean-Pierre Leloir pris lors du concert de Billie

Holiday en 1958 ; exposition des planches

de la maison d’édition BD Musique sur

la thématique Billie Holiday et ses héritières

de Claire Braud, Marcelino Truong et Louis Joos.

Du 16 juin au 13 juillet, vernissage le 15 juin à 18h.

Projection de Ladies sing the blues,

film de Franck Cassenti, en sa présence,

les 16, 30 juin et 13 juillet à 17h.

Rencontre musicale avec la chanteuse La Velle

le 13 juillet à 17h.

04 94 00 11 30

www.jazzaporquerolles.org

Saveurs de Printemps

Dans un paysage presque entièrement dévoué aux

têtes d’affiche, louable est la volonté de l’association

Tandem de continuer à promouvoir des

musiques hors d’un format commercial. Pour la

huitième édition du désormais fameux festival

Faveurs de Printemps, la S.M.A.C. toulonnaise

avait donc, comme à l’accoutumée, élu domicile à

Hyères dans des lieux aussi atypiques et

improbables que chaleureux : l’église anglicane en

première partie de soirée et le Théâtre Denis pour

clôturer chaque journée d’une édition à la

programmation toujours aussi pointue, conçue

pour les aficionados du genre, avec des pointures

nationales et internationales, du rock, de la pop et

du folk. Tout un programme consacré à des artistes

que l’on n’entend pas assez sur les ondes, à

commencer par le groupe El Botcho qui ouvrait les

hostilités par une pop sucrée, savoureusement

vintage et à la bonne humeur communicative, avec

des harmonies riches en chœurs et des ballades

joliment troussées. Tout respirait la joie d’un combo

local et prometteur, une belle mise en bouche en

quelque sorte dans l’acoustique étonnante d’un

édifice religieux. Le lendemain, c’était au tour du

français Julien Ribot d’ouvrir le bal dans l’écrin

Julien Ribot © X-D.R.

magique du fameux petit théâtre à l’italienne

hyérois : une pop classieuse et précise campée sur

une solide rythmique avec un soupçon de

mélancolie dans l’écriture vocale portée par une

voix chaleureuse. La surprise est venue ce jour-là

du dessert des québécois Monogrenade aux

ingrédients pour le moins surprenants : pop,

Monogrenade © X-D.R.

électro, Krautrock et autres s’entrechoquent dans

un déluge de sons soutenu par un trio à cordes et

une rythmique frénétique proche du rock. Ne

ressemblant esthétiquement à rien de connu dans

l’univers formaté de la pop, ce curieux mélange

avait un goût résolument nouveau.

ÉMILIEN MOREAU

Faveurs de Printemps s’est déroulé à Hyères

du 19 au 21 avril


Une Alliance Provençale revisitée

Actuellement en rénovation avec une ouverture prévue

en 2014, le Museon Arlaten se donne à voir

hors-les-murs. C’est l’occasion pour ce musée départemental

d’ethnographie initié par Frédéric Mistral

de présenter des manifestations décentralisées qui

dénotent un souci d’analyse et d’extrapolation qui

vont bien au-delà de visions folkloristes. Ce fut le

cas au Portail Coucou de Salon-de-Provence lors de

la cinquième étape du Voyage des 10 élaboré par

la chanteuse-ethnologue Guylaine Renaud en

collaboration avec des artistes d’obédiences multiples

et originales.

La musicienne Brésilienne Rita Macedo (Femmouzes

T équivalent féminin des Fabulous Troubadours)

et le mandoliniste Patrick Vaillant étaient donc

présents pour une évocation Arlésienne de La Bague

d’aïe, ce fragile («aïe …») anneau de fiançailles

à la tradition originaire de la foire de Beaucaire.

Fiesta arabo-andalouse

Le 19 avril, Fouad Didi et son

Orchestre Tarab ont fait la nouba

à la Cité de la musique de Marseille

Il est un peu chez lui à la Cité, où il enseigne la

musique arabo-andalouse. Quand il se produit dans

ces murs avec son Orchestre Tarab, cela prend des

airs de fête de famille. Amis, élèves, artistes sont

venus écouter, danser, fusionner avec ces musiciens

qui reprennent des airs qu’ils connaissent.

Intitulé De Grenade à Tlemcen, le spectacle est

rythmé à la manière un voyage dans l’espace

comme dans le temps. Car après la chute de

Grenade, le répertoire classique andalou continue à

vivre et donne naissance à un nouveau genre, à

Tlemcen justement, le hawzi. C’est tout ce

répertoire auquel rend hommage l’Orchestre Tarab,

dans le respect de la tradition ancestrale transmise

oralement.

Violon, alto, oud, kouitra, mandoline, mandole,

derbouka et tar, les instruments sont ceux de

l’orchestre traditionnel andalou, auquel s’ajoute un

banjo. Très vite, le sens de «tarab» fait jour : une

Vers l’Iran

Les musiques classique et traditionnelle d’Afghanistan,

d’Iran, d’Inde, d’Ouzbékistan, du Tadjikistan, ou

encore du Pakistan sont à l’honneur à Marseille, grâce

à l’association Ushpizin qui organise la deuxième

édition de son festival indo-persan. Pendant longtemps,

ces répertoires et les artistes de renommée

internationale qui les diffusent sont restés à l’écart

de notre région, qui peut toutefois être fière de

compter parmi ses concitoyens la famille Chemirani,

d’origine iranienne, dont le père Djamshid est

une référence du zarb. Il était d’ailleurs programmé

au début du festival au côté d’une virtuose du setâr,

Shadi Fathi. Parmi les autres pointures qui défilent

depuis le 9 mai à Marseille, mentionnons Wajahat

Khan, héritier de maîtres du sarod en Inde et la

chanteuse Janet Rothstein-Yehudayan, interprète

toute en nuances du répertoire classique et

traditionnelle persan.

Place est faite aussi au 7 e art et particulièrement à

la production pakistanaise avec, les 23 et 24 mai à

L’occasion d’évoquer et de développer d’après des

textes, témoignages et compositions Provençaux

passés ou contemporains (P. Vaillant), rites amoureux

et domestiques, diverses ambiances populaires.

Pour ce faire, nos musiciens se permettent des développements

plein de fraîcheur où abondent les

procédés de la musique de tradition orale : bourdons,

unissons répétitifs, joutes polyphoniques

agrémentées des motifs inventifs et novateurs de

la mandoline de Vaillant à (re)découvrir impérativement.

Notons les accents exotiques de Rita

Macedo et la théâtralisation jubilatoire de Guylaine

Renaud, pour une tradition revisitée avec

onirisme et originalité.

PIERRE-ALAIN HOYET

La Bague d’aïe a été crée le 14 avril

au Portail Coucou Salon-de-Provence

transe extatique de celui qui sait s’abandonner. La

nouba prend corps, la piste ondule et les youyous

crépitent.

Le répertoire fait une incursion dans le chaâbi et

offre un attendu Ya Rayah, morceau populaire de

Dahman El Harrachi, transformé en tube par Rachid

Taha. Et quand un élève est invité à prendre le

piano en même temps que Bruno Allary,

compagnon de route et fondateur de la Compagnie

Rassegna, se met à la guitare, c’est toute la

générosité de Fouad Didi qui s’exprime.

THOMAS DALICANTE

la Maison de la Région, 8 films réalisés en 2011

par de jeunes cinéastes.

À venir, le 26 mai, un concert de musique traditionnelle

afghane donné par l’Ensemble Samangan, du

nom de leur province d’origine. Les frères Nassir et

Munir (tabla) Aziz et leur père Mohammad Rassoul

relient l’ancienne et la nouvelle génération de

joueurs de luth, dans la diversité de l’instrument.

Ils sont accompagnés par un jeune talent du rebab,

Wahid Dil Ahang.

La musique afghane et les frères Aziz sont à

nouveau à l’honneur, mardi 29 mai, prouvant que la

culture peut redonner espoir et dignité à un pays

ravagé depuis des décennies par les guerres.

THOMAS DALICANTE

Ushpizin, Festival indo-persan

Jusqu’au 31 mai

Cité de la Musique, Marseille

www.ushpizin.org

Fouad Didi et l'orchestre Tarab © X-D.R.


AU PROGRAMME

38

THÉÂTRE

Le Dindon

Philippe Adrien met en scène Le Dindon de Feydeau,

se servant des clichés du vaudeville pour huiler la

mécanique d’un théâtre flirtant entre absurde et

fantastique. Qui sera le dindon de la farce, de la

femme vertueuse au mari volage, des anciens

amants aux nouveaux soupirants ? Les portes

claquent, les sonneries se déclenchent dans la

course haletante de personnages qui pour la plupart

ne doivent pas se rencontrer…

Du 5 au 9 juin

La Criée

04 91 54 70 54

www.theatre-lacriee.com

© Chantal Depagne-Palazon 2010

Une divine comédie

Le chef-d’œuvre de Dante est ici transformé en

poème lyrique pour contre-ténor (Alain Aubin),

récitant (Fosco Perinti), quatuor à cordes (Pro

Musica) et dispositif électroacoustique par

Christophe Mauro, et Mehdi Belhaj Kacem pour le

texte. La partition joue sur les contrastes «en créant

un Enfer en paix, un Purgatoire ironique, un Paradis

fougueux et tonique, pour finir par une vision décalée

de la mort dans Vita Nova.»

Le 25 mai

Théâtre Gyptis

04 91 11 00 91

www.theatregyptis.com

© Max Minniti

La mer parle

Comme chaque été depuis 26 ans, le poète Christian

Gorelli installe ses parolades sur l’île du Frioul durant

l’été. La première de ces promenades poétique aura

pour thème Mes poètes maritimes, de Lucrèce à

Louis Brauquier. Rendez-vous sur le Vieux-Port pour

la navette de 9h.

Le 17 juin

Les îles du Frioul

06 07 36 91 98

Opéra Buffa

La cie Laika et Muziektheater Transparant

s’emparent de l’opéra buffa de Mozart, Don Giovanni,

qu’ils présentent dans une transcription

contemporaine, pour orgue Hammond, contrebasse

et violon, dans un somptueux mélange de musique,

de chants, d’interprétation et de chocolat… Un

spectacle-dîner plein de tentations !

Du 14 au 16 juin

La Friche

04 95 04 95 02

www.lafriche.org

Le repas des fauves

© X-D.R

Durant la période trouble de la France occupée, et

alors que sept amis fêtent l’anniversaire de leur hôte,

deux officiers allemands sont abattus au pied de

l’immeuble. La Gestapo investit alors les lieux et

décide de prendre deux otages par appartement, les

laissant sadiquement choisir eux-mêmes, parmi eux,

ceux qui seront emmenés. Julien Sibre adapte et met

en scène l’œuvre de Vahé Katcha, élargissant le huis

clos et explicitant le hors champ par des films

d’archives et des animations originales de Cyril

Drouin.

Le 29 mai

Théâtre Comoedia, Aubagne

04 42 18 19 88

www.aubagne.com

© Nicolas Rivoire

Magic Dust

Zéphir est balayeur, Olga est une diva, et tout semble

les séparer… Mais dans le secret d’un chapiteau,

entre balais et baguettes magiques, poussières et

paillettes, le rêve de chacun rejoint le quotidien de

l’autre. La cie Alzhar crée du rêve, équilibrant

subtilement marionnettes et images numériques.

Le 7 juin

Centre culturel René Char, Digne

04 92 30 87 10

www.sortiradigne.fr

Cabaret

New burlesque

Les pulpeuses effeuilleuses découvertes à la faveur

du film Tournée de Mathieu Amalric sont bien en chair

sur scène dans un cabaret qui revisite le genre du

striptease. Mimi Le Meaux, Dirty Martini, Kitten on

the keys, Evie Lovelle et Julie Atlas Muz, et leur

partenaire masculin tout aussi haut en couleur Rocky

Roulette, assument tout, avec humour et générosité.

Les 8 et 9 juin

L’Olivier, Istres

04 42 56 48 48

www.scenesetcines.fr

© Agnes Mellon

Henri IV le bien aimé

Daniel Colas met en scène les dix-huit derniers jours

de la vie du monarque, accentuant le côté très

humain de ce roi amoureux comme un adolescent

d’une très jeune femme pour laquelle il est prêt à

sacrifier son royaume. Jean-François Balmer et

Béatrice Agenin tiennent les rôles-titres de cette

restitution historique exacte et précise.

Du 29 mai au 9 juin

Le Gymnase

0 820 000 422

www.lestheatres.net

3 jours et plus…

Le Vitez clôture sa saison avec la 17 e édition du

Festival de jeune théâtre amateur, programmant des

spectacles réalisés dans le cadre des ateliers de

théâtre amateur organisés par le Vitez, l’association

Pratik Teatr et Aix-Marseille Université.

Du 12 au 17 juin

Théâtre Vitez, Aix

04 42 59 94 37

www.theatre-vitez.com


Éclats de vie

Seul en scène, Jacques Weber laisse

éclater sa passion du théâtre en

promenant sa verve dans les textes

d’auteurs qui l’ont marqué. Ceux de

Musset, Flaubert, Molière, Corneille, La

Fontaine ou encore Duras, pour ne

citer qu’eux, qu’il s’approprie avec

gourmandise et partage avec le public.

Le 24 mai

Théâtre de Fos

04 42 11 01 99

www.scenesetcines.fr

Je me souviens

À la façon de Georges Perec, Jérôme

Rouger fait collecte de ses souvenirs et

se souvient de son enfance à Terves,

dans les Deux Sèvres, mêlant paroles,

musique et soirée diapos… Avec

malice, fraîcheur et décalage

surgissent l’humour et les émotions, et,

loin de toute nostalgie, il convoque le

passé pour nourrir le présent.

Le 25 mai

Espace Robert Hossein, Grans

04 90 55 71 53

www.scenesetcines.fr

Histoires

cachées

Promenade sonore avec casque audio

sur la tête… Isolé mais en petit groupe,

chacun expérimente un nouvel espace

public, suivant la règle d’un drôle de

jeu : suivre un objet banal (d’une

orange à une boite d’allumettes) qui

passe de main en main au travers de

quatre personnages solitaires, quatre

tranches de vie à découvrir. Le lieu du

rendez-vous est tenu secret jusqu’au

dernier moment…

Le 16 juin à 11h, 16h et 19h

Théâtre de Cavaillon

04 90 78 64 64

www.theatredecavaillon.com

La conférence

des oiseaux…

… ou le dialogue mystique d’après Farid

Al Din Attar tiré du récit théâtral de

Jean-Claude Carrière. Serge Barbuscia,

metteur en scène et récitant, réunit, en

paroles et musique, l’esprit de deux

grands mystiques, Farid Al Din Attar et

Olivier Messiaen, «prenant la complicité

des oiseaux comme un symbole des

relations entre le ciel et la terre».

Le 25 mai

Théâtre du Balcon, Avignon

04 90 85 00 80

http://Theatredubalcon.org

© X-D.R.

Les chambres

d’amour

Grasse clôture sa saison, à l’Hôtel du

Patti transformé en «maison close

poétique», avec le Théâtre de l’Unité

pour une parenthèse poéticoamoureuse…

Dans l’intimité de

chambres d’amour, rimes et mots

d’amour vous seront tendrement

susurrés à l’oreille, le temps de vous

soustraire, avec béatitude, à un

quotidien bien moins insolite !

Du 1 er au 3 juin

Théâtre de Grasse

04 93 40 53 00

www.theatredegrasse.com

Beaucoup de

bruit pour rien

Premier spectacle en salle pour la cie

de théâtre de rue 26 000 Couverts, qui

offre une lecture innovante de l’œuvre

de Shakespeare. Digression et art du

détournement sont bien sûr au

programme, Philippe Péhenn brouille

les conventions théâtrales, convoquant

la capacité d’improvisation des

comédiens et des spectateurs.

Les 19 et 20 juin

Théâtre Liberté, Toulon

04 98 00 56 76

www.theatre-liberte.fr

Bizarre

Première confrontation avec le public

pour les élèves de première année de

l’École régionale d’acteurs de Cannes !

Sous la direction de Frédéric Grosche,

ils s’emparent de l’univers du trublion

de la scène argentine, Rafael

Spregelburd : quatre chapitres,

s’inspirant des télénovelas latinoaméricaine,

distillent tous les

ingrédients du genre, amour, trahisons,

folie, intrigue policière, dans un

pastiche qui dissimule une charge

sociopolitique féroce de la société

actuelle.

Le 8 juin

Théâtre de La Licorne, Cannes

04 97 06 44 90

www.madeincannes.com


AU PROGRAMME

40 DANSE

À nos morts…

Yann Gilg, directeur artistique de la cie Mémoires

Vives, et Reda Bouchenack, «légende» du raï

marocain, font se rencontrer l’Histoire et le hip hop,

dans un récit chorégraphié qui rend hommage à la

mémoire des soldats indigènes, tirailleurs morts pour

la France entre 1857 et 1945, qui furent garant de la

liberté de la France durant tous les conflits. Les

tableaux se succèdent en danse, lumières et sons

pour rendre vivant ce fragment d’histoire.

Le 24 mai

Cinéma 3 Casino, Gardanne

Association Contacts

09 50 69 93 05

www.cie-memoires-vives.org

© X-D.R

Dépigmentation

Pour cette création, la sénégalaise Gnagna Gueye,

en résidence au Pavillon Noir d’avril à juin 2012, lance

un cri d’espoir pour détruire le cliché tenace de la

suprématie «blanche». Sur le thème des traitements

pour rendre la peau de la femme africaine plus claire,

la danseuse veut sensibiliser populations et dirigeants

sur les conséquences tragiques de cette nouvelle

pratique.

Le 19 juin

Pavillon Noir, Aix

0811 020 111

www.preljocaj.org

© Antoine Tempé

Post disaster dance

Le chorégraphe Matthieu Hocquemiller invente un

projet hybride autour de la post disaster dance, un

travail sur «l’utopie dansée» qui ne craint ni l’absurde

ni la fragilité. Une nouvelle forme de performance

dansée pour une aventure collective qui entre

«gesticulations insensées et brouillonnes pour ses

détracteurs, rejette toute codification physique au

profit d’une créativité spontanée et volontiers

exubérante». Présentation d’un travail en cours.

Le 15 juin

3 bisf, Aix-en-Provence

04 42 16 17 75

www.3bisf.com

Doux

Anton Zvir et Béatrice Mille, un duo du Ballet

National de Marseille, revisitent le sentiment de

douceur et sa persistance nostalgique dans le corps.

Une gestuelle coulée et souple, de la proximité et du

contact, pour une chorégraphie de couple pas si

fréquente en danse contemporaine…

Le 24 mai

Festival des Arts Ephémères, Parc Maison

Blanche, Marseille

Le 9 juin

Flâneries d’Art, Aix-en-Provence

04 91 32 72 72

www.ballet-de-marseile.com

Métamorphoses

Pour le Ballet National de Marseille, Frédéric

Flamand s’appuie sur l’œuvre magistrale d’Ovide,

un poème mythologique qui transgresse et fait

éclater l’ordre classique. Les designers brésiliens

Humberto et Fernando Campana ont conçu les

décors de ce spectacle, dans lequel l’approche des

mythes est l’occasion d’une réflexion sur les forces

constitutives de la nature humaine.

Le 29 juin

Place Bargemon, Marseille

04 91 32 72 72

www.ballet-de-marseile.com

© Julie Borde

Festival de Marseille

Le Festival de danse et des arts multiples s’installe à

Marseille pendant un mois (voir p11). Au Silo, Sidi

Larbi Cherkaoui présente TeZukA (9 et 10/6), une

fresque épique et multimédia autour de l’univers du

maître du manga japonais Osamu Tezuka. Dans

Standards, Pierre Rigal joue avec les couleurs du

drapeau tricolore en observant les effets de la

standardisation sur un groupe de danseurs hip-hop

(12 et 13/6 salle Vallier). La Cie Sharon Fridman

joue le duo Al Menos dos Caras (15/6 salle Vallier),

un opus nocturne sur la perte de repères. La

canadienne Crystal Pite, dans The Tempest replica

(19/6 salle Vallier) donne vie à la tragédie de

Shakespeare pour entremêler le merveilleux et la

science. Puis dans The Strindberg Project, le ballet

Cullberg présente le fleuron de la danse scandinave

dans un double programme, en exclusivité pour le

Festival (20/6 au Silo).

Du 9 juin au 6 juillet

04 91 99 00 20

www.festivaldemarseille.com

Au Klap

Les découvertes sont toujours au rendez-vous à la

Maison pour la danse : le 24 mai à 19h, Florent

Nikiema et Faho Biemoubon, artistes issus de l’école

de danse d’Irène Tassembédo de Ouagadougou, au

Burkina, présentent Quand la lune est pleine ; le

même jour à 20h30, les danseurs de la formation

Coline donnent la dernière représentation de la

promotion 2010-2012 sur une chorégraphie de

Mathilde Monnier et Bernard Glandier. Le 29 mai à

20h30 Michel Kelemenis échangera quelques gestes

de son solo Faune Fomitch avec Thomas Birzan de la

cie Grenade/Josette Baïz.

Klap Maison pour la danse

04 96 11 11 20

www.kelemenis.fr

Aaléef

Un solo du performer Taoufiq Izeddiou, qui mêle sa

stature de boxeur à une réflexion sur l’identité. Son

corps massif et puissant heurte le sol et modernise

la danse transcendantale des gnawas, ethnie de

l’Atlas dont il fait partie. Une pièce écartelée entre

tradition et contemporanéité.

Le 9 juin

Théâtre Liberté, Toulon

04 98 00 56 76

www.theatre-liberte.fr

Energy

À la manière des savants des débuts de la révolution

électrique, deux danseurs derviche, Ziya Azazi et

Loreta Juodkaité, et un musicien de thérémine,

Claudio Bettinelli, s’attaquent à l’alchimie qui

transforme le mouvement en lumière, et la chaleur

en musique. Les acteurs deviennent «générateurs»

pour un spectacle plein d’énergie.

Le 9 juin

Théâtre Liberté, Toulon

04 98 00 56 76

www.theatre-liberte.fr


AU PROGRAMME

42 JEUNE PUBLIC/CIRQUE

Tendance Clown

Mondes animés

Le Théâtre du Mantois offre l’occasion de découvrir

par le spectacle vivant une autre façon de regarder

l’image. Un ciné-théâtre jeune public dans lequel

deux comédiens-musiciens composent en direct une

bande son mêlant voix, bruitages et musique devant

quelques perles du cinéma d’animation venue

d’Estonie, de Kirghizie ou d’ailleurs.

Le 24 mai

Le Comoedia, Aubagne

04 42 18 19 88

www.aubagne.fr

Wurre-Wurre © Bart Van Leuven

Depuis le 27 avril, la 7 e édition de la manifestation

dédiée à l’art clownesque déambule de spectacles

de rue gratuits en propositions singulières dans les

théâtres (voir p23).

En partenariat avec Karwan, la Cité des Arts de la

Rue, le duo belge surréaliste Wurre-Wurre présente

Broekvent (le 23 mai) dans la cour du Conservatoire

National de Marseille (avant une tournée dans la région

du 23 mai au 2 juin) dans lequel le duo de clown

surréaliste offre un spectacle proche d’un cadavre

exquis gestuel et absurde, très écrit et maîtrisé.

Au Daki Ling (les 24 et 25 mai), la Bande Artistique

présentera Parfois dans la vie les choses changent (à

partir de 7 ans). Entre jonglerie, opéra et clown, deux

personnages haut en couleurs tâcheront de se rendre

dignement jusqu’à la fin de leur spectacle, malgré les

embûches.

Le festival de «clowns d’aujourd’hui» s’achève sur un

final de prestige à savourer au théâtre du Merlan. Le

26 mai, Ha Ha Ha ! promet une heure de joyeux fous

rires. Dès l’arrivée sur scène du duo de clowns des

Okidok, petits et grands sont plongés dans un univers

baroque et poétique, proche des dessins animés de

Tex Avery et du théâtre d’objets. Un tandem belge qui

concilie à merveille émotion, malice et poésie. Le 27

mai, dans Slips Inside, les Okidok, tels des cascadeurs

farfelus, improvisent des petites scènes acrobatiques

et clownesques. À pied, à quatre pattes, à plat ventre,

© X-D.R.

les deux hommes (en slip) se lancent dans une démonstration

de leurs talents, entre acrobatie et poésie

brute des grandes années du music-hall.

Tournée dans la région Paca

Broekvent

Le 23 mai

Cour du Conservatoire National de Région,

Marseille

Le 25 mai

Château de l’Empéri, Salon-de-Provence

Le 27 mai

Ecole Paul Arène, Antibes

Le 28 mai

Place Mariéjol, Antibes

Le 2 juin

Cour de l’école Antide Boyer, Aubagne

04 96 15 76 30

www.karwan.info

Ha Ha Ha !

Le 26 mai

Théâtre du Merlan, Marseille

04 91 11 19 20

www.merlan.org

Le 22 mai

Pôle Jeune Public, Le Revest

04 94 98 12 10

http://polejeunepublic.com

Le 25 mai

La Croisée des Arts, Saint-Maximin

04 94 86 18 90

www.var.fr

Slips Inside

Le 27 mai

Théâtre du Merlan, Marseille

04 91 11 19 20

www.merlan.org

Le ballet

du montreur

Pierre et le loup

Le célèbre conte musical de Prokofiev est interprété

par l’Orchestre symphonique de l’Opéra de

Toulon pour un ciné concert jeune public. Les

images du film d’animation, superbe et terrifiant de

Suzie Templeton remplacent le récitant, et exigent

une parfaite synchronie avec la partition ! Sur le

même concept, en première partie, l’orchestre

présentera le dadaïste et loufoque Entracte de René

Clair sur une partition d’Erik Satie.

Le 1 er juin

Théâtre du Golfe, La Ciotat

04 42 08 92 87

www.mairie-laciotat.fr

Le 15 juin

Pôle culturel, Saint-Maximin

04 94 86 18 90

www.polejeunepublic.com

Pierre et le loup de Suzie Templeton

Si la terre

Débarquer sur la planète de Geneviève Laloy, c’est

un peu faire le tour du monde. Dans ce monde-là, on

a envie de flâner, de franchir des petits ponts

d’enfance, d’ouvrir les yeux sur d’autres terres

possibles. Tissées de folk et de jazz, ses histoires

chantées ancrées dans la vie quotidienne s’élancent

vers les étoiles.

Du 31 mai au 1 er juin

Espace Robert Hossein, Grans

04 90 55 71 53

www.scenesetcines.fr

© X-D.R.

© X-D.R.

Le marionnettiste Louis-Do Bazin, accompagné par

Jean-Pierre Caporossi (ou Florian Doidy) au piano,

invite le public à participer à un ballet de danse

classique. Spectacle inclassable et plein de surprises,

qui initie à l’art de la danse et son univers de grâce et

de légèreté. Inoubliable.

Le 2 juin

Théâtre de Fos-sur-Mer

04 42 11 01 00

www.scenesetcines.fr


Folle histoire

Dans le cadre de La Folle histoire

des Arts de la Rue, trois spectacles

gratuits sont proposés chaque jour

dans cinq villages du département

associés à Saison 13, autour de

l’univers de Léandre et ses complices,

des compagnies barcelonaises.

Dans Chez Léandre, le clown installe

son univers sommaire dans la rue, une

table, une chaise, une porte. Emmené

à vivre la vie d’un clown au grand jour,

le public découvrira ses gestes du

quotidien, partageant son humour et

sa poésie.

Dans Barco de Arena, l’artiste de rue

Claire Ducreux relève le défi de

rendre accessible à tous la danse

contemporaine. Autour d’une

installation minimaliste, un pont se

transformant en bateau, des images et

des situations familières tout en finesse

et en élégance permettent au public

d’entrer dans la danse.

Créés pour faire rire, que deviennent

les clowns en temps de crise ? Trois

clowns perdus dans un monde qui leur

est inconnu, maîtres de la farce et de

l’humour, dans Démodés, une tragicomédie

contée non sans humour et

relevé d’une pointe de nostalgie. Avec

la Compagnie La Tal et Léandre

Ribera.

Chez Léandre

Le 9 juin à 19h

Place Mitterrand, Saint Martin de

Crau

Le 10 juin à 11h30

Rue de la République, Eygalières

Le 15 juin à 19h

Place Raoul Coustet, Mallemort

Le 16 juin à 19h

Parking salle des fêtes, Le Puy-

Sainte-Réparade

Le 17 juin à 11h30

Autour de la Mairie, Puyloubier

Sirènes

et midi net

Le virtuose de la cornemuse Erwan

Keravec dans un trio atypique

(Guénolé Keravec à la bombarde et

Alain Mahé à l’électronique) mêlant

instrumentation traditionnelle et

électronique. Il avait accompagné avec

grâce les Enfants de Boris Charmatz au

Festival d’Avignon 2011 et reprend sa

recherche sur le souffle continu et le

son obsédant. Une sirène en alerte à

Sirènes et midi net.

Urban Pipes

Le 6 juin

Sirènes et midi net, Parvis de

l’Opéra de Marseille

04 91 03 81 28

www.lieuxpublics.fr

Barco de Arena © Luc Viatour

Barco de Arna

Le 9 juin à 18h

Place Mitterrand, Saint Martin de

Crau

Le 10 juin à 10h30

Rue de la République, Eygalières

Le 15 juin à 18h

Place Raoul Coustet, Mallemort

Le 16 juin à 18h

Parking salle des fêtes, Le Puy-

Sainte-Réparade

Le 17 juin à 10h30

Autour de la Mairie, Puyloubier

Démodés

Le 9 juin à 21h

Place Mitterrand, Saint Martin de

Crau

Le 10 juin à 17h

Devant la salle des fêtes,

Eygalières

Le 15 juin à 21h

Place Raoul Coustet, Mallemort

Le 16 juin à 21h

Parking salle des fêtes, Le Puy-

Sainte-Réparade

Le 17 juin à 16h30

Autour de la Mairie, Puyloubier

04 96 15 76 30

www.follehistoire.fr

La Mort

Marraine

Le conte musical, composé par Raoul

Lay pour l’Ensemble Télémaque,

donne vie aux personnages des frères

Grimm à travers des thèmes musicaux,

attribués à chacun des instruments. La

comédienne Julie Cordier trouve le

juste équilibre entre corps et mots

grâce à ses accessoires de papier,

simples objets incarnant les sons. Un

univers magique autour de l’histoire

d’un jeune homme rattrapé par son

destin.

Le 31 mai

Théâtre Durance, Château-Arnoux

04 92 64 27 34

www.theatredurance.fr


AU PROGRAMME

44 MUSIQUE

Jeune fille

La Jeune fille aux mains d’argent, féerie sonore et

visuelle imaginée pour tous publics par Olivier Py,

Raoul Lay et Catherine Marnas est une valeur

sûre : elle tourne partout depuis 2006. À voir si ce

n’est déjà fait !

BERRE-L’ETANG. Le 25 mai à 19h.

Forum des Jeunes et de la Culture

www.forumdeberre.com

04 91 39 29 13

www.ensemble-telemaque.com

Odyssée

Une création d’Oscar Strasnoy sur un livret

d’Alberto Manguel. L’ensemble Musicatreize est

dirigé par Roland Hayrabedian, pour cette étape

de création dans le cadre du projet Odyssée dans

l’espace : dans la perspective de l’année MP2013,

cinq opus de compositeurs représentant cinq pays

différents voient le jour.

MARSEILLE. Le 25 mai à 19h. ABD Gaston Deferre

04 13 31 82 00

www.biblio13.fr www.musicatreize.org

Richard Galliano

L’accordéoniste de jazz joue Bach en sextet.

MARSEILLE. Le 25 mai. Eglise Saint-Michel

Festival de Musique Sacrée

04 91 55 11 10

www.opera.marseille.fr

Richard Galliano © Alix Laveau

Alexandre Tharaud

Le pianiste interprète le 3 e concerto de Beethoven

quand l’Orchestre Symphonique de l’Opéra (dir.

Wolfgang Doerner) joue la Symphonie «Italienne»

de Mendelssohn et une pièce pour cordes de 2004 :

L’Eloignement de Chen.

TOULON. Le 25 mai. Opéra

04 94 92 70 78

www.operadetoulon.fr

///////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////

Gautier Capuçon

Le violoncelle français à nouveau à l’honneur pour

le dernier concert de la saison au Grand Théâtre de

Provence ! Au programme, le Concerto n°1 de Saint-

Saëns. L’Orchestre National de Lyon joue aussi la

1 re symphonie de Chostakovitch…

AIX. Le 25 mai. GTP

08 2013 2013

www.legrandtheatre.net

Divine comédie

Dante revu par Mehdi Belhaj Kacem sur une

musique de Christophe Mauro, avec Alain Aubin

(contre-ténor), Fosca Perinti (récitant) et le

Quatuor «Pro Musica».

MARSEILLE. Le 25 mai. Gyptis

04 91 11 00 91

www.theatregyptis.com

Edouard Exerjean

Edouard Exerjean © X-D.R.

À la suite des représentations du Courrier de

Monsieur Pic avec Maurice Vinçon (jusqu’au 25

mai), le pianiste clôture sa «carte blanche» par du

piano à 4 mains avec Sofja Guelbadamova dans

Fauré, Ravel, Satie, Milhaud, Poulenc…

MARSEILLE. Le 26 mai.

Théâtre de Lenche

04 91 91 52 22

www.theatredelenche.info

Chambre

Le dernier concert de musique de chambre à l’Opéra

de Marseille met en valeur trois artistes maison : la

pianiste Brigitte Grosse, l’altiste Cécile Florentin

et la soprano Marianne Pobbig interprètent des

Lieder de Brahms et Wagner et des duos

instrumentaux de Schumann.

MARSEILLE. Le 26 mai à 17h.

Foyer de l’Opéra

04 91 55 11 10

www.opera.marseille.fr

Sud américaines

Du Mexique à la Patagonie : guitare et chants

latino-américains par César Desantiago.

CHATEAU-GOMBERT. Le 27 mai à 17h30.

Musée du Terroir Marseillais

04 91 68 14 38

///////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////

Piano & violoncelle 1

Yuki Ogata & Livia Selmi dans Beethoven, Fauré,

musiques et mélodies du Japon.

MARSEILLE. Le 27 mai à 17h30.

Comptoir de la Mode

06 14 31 59 55

Tosca

Le fameux opéra de Puccini chanté par Béatrice

Uria-Monzon dans le rôle titre, Riccardo Massi

(Mario), Seng Youn Ko (Scarpia). L’OLRAP et les

Chœurs de l’Opéra sont dirigés par Alain Guingal

pour une mise en scène de Nadine Duffaut.

AVIGNON. Du 27 mai au 31 mai. Opéra

04 90 82 42 42

www.operatheatredavignon.fr

Traces de sons

Dans les pas de jeunes compositeurs japonais…,

musique de chambre électroacoustique présentée

par Les Acousmonautes.

MARSEILLE. Le 31 mai à 19h. Urban Gallery

04 91 37 52 93

Rossini

La Petite messe solennelle est chantée par la classe

de chant de Tibère Raffalli (Conservatoire de

Marseille).

MARSEILLE. Le 31 mai. Eglise St-Antoine de

Padoue et le 5 Eglise de St-Barnabé

Festival de Musique Sacrée

Labo MIM

Jacques Raynaut (piano), Angelica Cathariou

(mezzo-soprano) et Eric Charrey (clarinette) jouent

des pièces contemporaines de Jacques Lenot,

Marcel Frémiot, Lucie Prod’homme, Henry Fourès,

Regis Campo, Maïté Erra, Jean-Claude Wolf, Jean-

Pierre Moreau…!

MARSEILLE. Le 31 mai. Cité de la Musique – Auditorium

www.citemusique-marseille.com

04 91 39 28 28

www.labo-mim.org

La mort marraine

Le conte des frères Grimm, mis en musique par

Raoul Lay avec la comédienne Julie Cordier et

l’ensemble Télémaque. Un spectacle qui tourne

avec succès depuis 4 ans. A voir en famille !

CHATEAU-ARNOUX. Le 31 mai à 19h

Théâtre Durance

04 92 64 27 34

www.theatredurance.fr

© Agnès Mellon


Savary

Boris Vian, cap au sud, spectacle musical mis en

scène par Jérôme Savary (direction musicale

Philippe Rosengoltz).

TOULON. Du 31 mai au 3 juin.

Théâtre Liberté

www.theatre-liberte.fr

04 98 00 56 76

Ciné-Concert

Karol Beffa «improvise» au piano sur les images du

film muet Journal d’une fille perdue (1929, avec

Louise Brooks) de Pabst.

MARSEILLE. Le 1 er juin à 17h. Alcazar en partenariat

avec le festival Musiques Interdites (voir page 13)

www.musiques-interdites.eu

04 91 90 46 94

Karol Beffa © Alix Laveau

Bach & C°

Par Etienne Mangot (violoncelle et baryton) et

Jean-Paul Serra (pianoforte).

MARSEILLE. Le 1 er juin à 20h30. Urban Gallery

www.baroquesgraffiti.com

09 51 16 69 59

L’écho du Cours

Haut les sax avec l’E.C.O. (European Contemporary

Orchestra) ! Mais qui se cache donc derrière

ce Gandolfi de Belsunce, compositeur marseillais

qu’on dit prof au Conservatoire, et qui «nous a

concocté une courte pièce pour saxophones que

joueront (sous la houlette de Joël Versavaud) tous

ceux qui, dans le public, auront amené le leur. Les

passants saisis par le rythme pourront diriger les

musiciens en suivant une chorégraphie créée par la

danseuse Emma Gustafson» ? Avis aux volontaires,

la partition, espèce de valse bancale à 7/8 (3+2+2)

pour 4 parties de saxophones, sous-titrée Le swing

marseillais de la flashmob’ilette, et la chorégraphie

inspirée des mouvements d’un chef d’orchestre sont

à apprendre sur le site www.ecosound.eu.

MARSEILLE. Le 1 er juin à 18h30. Cours Julien

04 91 39 29 13

www.ensemble-telemaque.com

Répétitions les 29, 30 et 31 mai à 20h

au Waaw (17 rue Pastoret 6 e )

//////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////

Saint-Pétersbourg

Le Quatuor vocal Konevets et la basse Oleg Kovalev

dans des liturgies et chœurs des monastère orthodoxes

de Russie.

MARSEILLE. Le 2 juin à 20h30. Eglise St-Michel

Festival de Musique Sacrée

04 91 55 11 10

www.opera.marseille.fr

Poésie en musique

L’ensemble vocal féminin Hymnis (dir. Bénédicte

Pereira) : Ronsard, Apollinaire, La Fontaine,

Verlaine en musique.

MARSEILLE. Le 2 juin à 20h30.

Eglise de La Trinité (1 er )

06 31 85 22 42

Robert Schumann

Lucile Pessey (soprano) et Amandine Habib

(piano) dans des opus du compositeur romantique

allemand.

MARSEILLE. Le 2 juin à 21h. Station Alexandre

04 91 00 90 00

www.station-alexandre.org

Stabat mater

Rossini chanté avec piano (Marcus Maitrot) par

l’Ensemble Sull’Aria (dir. Pierre-Emmanuel Clair)

avec Catherine Bocci-Dragon (soprano), Cécile

Meltzer (mezzo), Christopher Roche (ténor), Yves

Bergé & Guillaume Barralis (basses).

POURRIÈRES. Le 2 juin à 21h. Couvent des Minimes

CORRENS. Le 9 juin à 18h. Eglise Notre-Dame

MARSEILLE. Le 15 juin à 21h. Temple Grignan

AIX. Le 16 juin à 21h. Eglise du St-Esprit

Brésil

Teca Calazans et le duo Luzi Nascimento (le 2 juin ),

Roda de Choro (le 3 juin à 17h30) et Aurélie &

Verioca (le 3 juin), concerts autour de la musique

populaire brésilienne.

MARSEILLE. Auditorium Cité de la Musique

04 91 39 28 28

www.citemusique-marseille.com

Teca Calazans © Pedro Guimaraes

//////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////

MUSIQUE 45

America

Mois des compositeurs américains à la bibliothèque

: causerie musicale par Lionel Pons (voir p

31 le 2 juin à 16h), projections d’opéras et comédies

musicales West side story (8 juin 17h), Anna

Nicole, opéra de M. A. Turnage (13 juin 17h), Porgy

& Bess (20 juin 17h), Un tramway nommé désir,

opéra d’A. Prévin d’après Tenessee Williams (27 juin

17h), rencontre autour de In C de Terry Riley avec

Raoul Lay et l’ensemble Télémaque (le 21 juin à

17h45, concert à 18h15. Hall).

MARSEILLE. Alcazar -

www.bmvr.marseille.fr

Thierry Caens

Le trompettiste accompagné du Quatuor Girard du

contrebassiste Benjamin Thabuy et de la pianiste

Nathalia Romanenko jouent de la musique

française pour la clôture de la saison au Méjan.

ARLES. Le 3 juin à 11h. Méjan

04 90 49 09 12

www.lemejan.com

Concert romantique

Monique Borrelli (soprano), Pierre Villa-Loumagne

(baryton), Vanessa Crousier (violoncelle) et

Pierre Laïk (piano) dans Mendelssohn, Schubert,

Schumann, Brahms, Liszt.

MARSEILLE. Le 3 juin à 16h30.

Notre-Dame du Mont

04 91 48 36 96

Piano & violoncelle 2

Ludovic & Livia Selmi dans Liszt, Beethoven et

Offenbach.

CHATEAU-GOMBERT. Le 3 juin à 17h30.

Musée du Terroir Marseillais

04 91 68 14 38

Airs d’opéras 1

Bizet, Donizetti, Gounod… par Anca Violeta.

MARSEILLE. Le 3 juin à 17h30. Comptoir de la Mode

06 14 31 59 55

Un grand Requiem

Une magnifique fresque sonore, interprétée par les

belles voix et les cuivres brillants du Conservatoire,

dirigée et re-composée par Isabelle Vernet à partir

des Requiems de Verdi, Fauré, Mozart et Saint-

Saëns.

MARSEILLE. Le 4 juin à 19h30.

Eglise de St-Just et le 6 juin. Sacré Cœur

Festival de Musique Sacrée

Foliephonie

Lucie Prod’homme et ses Acousmonautes donnent

carte blanche à Patrick Roudier qui présentera un

échantillon historique de ses créations.

MARSEILLE. Le 4 juin.

Cité de la Musique. Rencontre à 18h15

www.citemusique-marseille.com

04 91 39 28 28

AU PROGRAMME


AU PROGRAMME

46

RENCONTRES

Patrimoine baroque

Les musiciens «locaux» Vallière, Archimbaud,

Estienne et Blanchard dévoilés par Guy Laurent

(voir p 62).

AIX. Le 5 juin à 18h30. Espace Forbin

04 42 99 37 11

www.orphee.org

La fille à marins

Spectacle en chansons mis en scène par Jérôme

Savary (direction musicale Roland Romanelli).

TOULON. Les 5 et 6 juin. Théâtre Liberté

04 98 00 56 76

www.theatre-liberte.fr

La Flûte enchantée

Un conte initiatique qu’on peut appréhender avec

la naïveté d’un regard enfantin, comme on peut y

lire des enjeux sur les rapports des sexes, familiaux,

thématiques freudiennes avant l’heure, voire sociaux,

des références ostensibles à la franc-maçonnerie…

Et la merveilleuse musique de Mozart fait le reste :

du pur chant de Pamina (Sandrine Piau) à l’hystérie

vocale de la Reine de la nuit (Burcu Uyar), de

l’héroïque Tamino (Sébastien Droy) au profond Sarastro

(Wotjek Smilek), jusqu’au bonhomme Papageno

(Henk Neven)… Kenneth Montgomery dirige ce

beau plateau mis en scène par Jean-Paul Scarpita.

MARSEILLE. Les 6, 8, 12, 14 et 16 juin à 20h

et le 12 juin à 14h30. Opéra

04 91 55 11 10

www.opera.marseille.fr

Conférence le 2 juin à 15 h. Foyer

Rencontre L’Opéra en scène

le 5 juin à 17h. Alcazar

La flûte enchantée © Marc Ginot - Montpellier

Derniers feux sacrés

Arvo Pärt (Silouan’s song), Britten (Lachrimae -

Arno Thorette à l’alto) et Haydn (7 dernières

Paroles du Christ) avec l’Orchestre Philharmonique

de Marseille et Robin Renucci (récitant) pour le

dernier concert du festival.

MARSEILLE. . Le 7 juin. Eglise St-Michel

Festival de Musique Sacrée

04 91 55 11 10

www.opera.marseille.fr

Compositeurs aixois

Les Festes d’Orphée (voir p 61) pour quatre siècles

de musiques d’Aix, les baroques Campra et Gilles, le

romantique Félicien David et Emmanuel de

Fonscolombe, le néoclassique Darius Milhaud et

Jean-Michel Hey pour une création contemporaine.

AIX. Le 7 juin à 20h30.

Chapelle de La Baume

04 42 99 37 11

www.orphee.org

///////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////

Nathalie Manfrino

Nathalie Manfrino © Fabien Bardelli

La soprano chante des airs tirés d’opéras de Massenet

(CD «Méditations» Decca 476 4823), à

l’occasion du centenaire de la mort du compositeur,

avec l’OLRAP (dir. Fabien Gabel).

AVIGNON. Le 8 juin à 20h30. Opéra

04 90 82 81 40 www.orchestre-avignon.com

04 90 82 42 42 www.operatheatredavignon.fr

Chine

Création de fin de résidence autour d’instruments

traditionnels.

MARSEILLE. Le 9 juin. Cité de la Musique

www.citemusique-marseille.com

04 91 39 28 28

Conférence le 7 juin à 18h30

Pour la Paix

Le Chœur régional à Cœur Joie Provence donne

la Messe pour la Paix «l’homme armé» composée

par Karl Jenkins : 170 choristes et 27 musiciens

dirigés par Michel Camatte.

MARSEILLE. Le 9 juin. Eglise St-Cannat – Les Prêcheurs

06 82 19 67 67

AIX. Le 13 juin. Cathédrale St-Sauveur

06 81 75 60 33

Elias

Le Chœur Cantabile et l’Orchestre de Chambre de

Marseille (dir. Carlos Gómez Orellana) donnent

l’oratorio de Mendelssohn.

AIX. Le 9 juin à 20h30 et le 16 juin à 17h.

Cathédrale St-Sauveur

04 42 21 65 18

Piano & hautbois

Sabine Pisicoli & Nicole Mison, textes de Marion

Fribourg.

CHATEAU-GOMBERT. Le 10 juin à 17h30.

Musée du Terroir Marseillais

04 91 68 14 38

Airs d’opéras 2

Larenka Hoareau(soprano) et Frédéric Isoletta(piano).

MARSEILLE. Le 10 juin à 17h30. Comptoir de la Mode

06 14 31 59 55

//////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////

C.N.I.P.A.L

Récital des solistes du Centre National d’Insertion

des Artistes Lyriques dirigé par Samuel Jean

(www.cnipal.fr).

AVIGNON. Le 14 juin à 20h30. Opéra

04 90 82 42 42

www.operatheatredavignon.fr

Debussy

Marielle Nordmann (harpe) et le Quatuor Debussy

en ouverture du Festival estival de Toulon et sa

région dans un hommage au compositeur pour le

150 ème anniversaire de sa naissance (voir p 12).

SIX-FOURS. Le 14 juin à 21h.

Collégiale St-Pierre

04 94 93 55 45

www.festivalmusiquetoulon.com

PHOTO Quatuor Debussy

In furore

Vie musicale d’une bastide baroque : l’Ensemble

Dulcinosa embrase la Magalone avec des pièces de

Vivaldi et des cantates de Haendel.

MARSEILLE. Le 15 juin. La Magalone

04 91 39 28 28

www.citemusique-marseille.com

Première partie à 19h45 :

Pièces chorales de Lassus, Josquin…

ECO on the beach

L’E.C.O. (European Contemporary Orchestra)

rassemble ses 33 musiciens issus de trois ensembles

contemporains atypiques : Télémaque (France),

Orkest de Ereprijs (Pays-Bas) et Musiques Nouvelles

(Belgique). Ils créent une Symphonie

métissée à partir de pièces de quatre compositeurs

européens : le Maltais Karl Fiorini, le Roumain Alin

Gherman, la Polonaise Kasia Glowicka et le

Français Pierre-Adrien Charpy. Les musiciens,

Brigitte Peyré et Raphaële Kennedy (sopranos),

Els Janssens-Vanmunster (Mezzo), Philippe Petit

(électronique) sont dirigés par Jean-Paul Dessy et

Raoul Lay.

MARSEILLE. Le 15 juin.

Ballet National de Marseille

Pré-concert à 18h : Treize couleurs du soleil couchant

de Tristan Murail par l’Ensemble Contemporain

du Conservatoire de Marseille.

Rencontre professionnelle à 14h30 et poursuite

de la soirée à 21h45 avec Philippe Petit

et DJ Markus Detmer (Berlin).

04 91 39 29 13

www.ensemble-telemaque.com

www.ecosound.eu

Un requiem

allemand

Opus 13 et l’Ensemble Vocal d’Aix en Provence

(dir. Marie-Hélène Coulomb). Philippe-Nicolas

Martin (baryton) et Nathalie André (soprano)

dans Brahms (version pour 2 pianos et timbales).

AIX. Le 15 juin à 21h et le 17 juin à 17h30.

Chapelle du Sacré-Cœur

04 42 28 62 95


Algérie-France

© X-D.R.

Une symphonie pour 2012 par l’Orchestre symphonique

Divertimento (dir. Zahia Ziouani) dans

Camille Saint-Saëns et de la musique classique

algérienne.

MARSEILLE. Le 16 juin. Gymnase

0 820 000 422

www.lestheatres.net

Inde

«Conversation inspirée du râga» entre le sarod

(luth) de Sougata Ray Chowhury et les tabla et

tampura.

MARSEILLE. Le 16 juin. Cité de la Musique

04 91 39 28 28

www.citemusique-marseille.com

//////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////

Artistes persécutés

Des créations de Franz Schreker, musicien brisé par

le nazisme, d’Aldo Finzi (Frédéric Isoletta, orgue),

poursuivi quant à lui par les fascistes italiens, et

Nuit obscure de Karol Beffa inspiré de Saint-Jean

de la Croix, emprisonné et banni au XVI e siècle.

avec Charles Berling (récitant), Sébastien Billard

qui dirige l’Orchestre de la Garde Républicaine, la

soprano Emilie Pictet et le baryton Mathias

Hausmann.

MARSEILLE. Le 16 juin à 21h.

Eglise Saint-Cannat

Festival Musiques Interdites (voir page 13)

www.musiques-interdites.eu

04 91 90 46 94

Renouveau

du tambourin

Composition des XX e & XXI e siècles par Sylvain

Brétéché (galoubet-tambourin) et Maurice Guis

(piano).

AIX. Le 19 juin à 19h.

Temple rue de la Masse

04 42 99 37 11

www.orphee.org

//////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////

Les Eclaireurs

Les musiciens de l’ensemble Télémaque jouent et

expliquent des programmes élaborés autour de leur

propre instrument… et voyagent dans le

département 13.

BOUCHES-DU-RHÔNE. A partir du 19 juin :

La Clarinette et La Flûte

04 91 39 29 13

www.ensemble-telemaque.com

Fête de la musique

Traditionnel concert à la carte des Festes d’Orphée.

AIX. Le 21 juin à partir de 18h.

Chapelle du Sacré-Cœur - Entrée libre

04 42 99 37 11

www.orphee.org

Symphonie

fantastique

La tournée d’été de l’Orchestre Philharmonique

du Pays d’Aix (dir. Jacques Chalmeau) commence

le jour de la fête de la Musique à Aix et se poursuit

aux alentours. Au programme le chef d’œuvre de

Berlioz.

PAYS d’AIX. Concerts gratuits.

http://orchestre-philharmonique-aix.com


AU PROGRAMME

48MUSIQUE

AIX

Pasino : Gérard Lenorman (31/5), Yannick Noah (1 er /6)

04 42 59 69 00

www.casinoaix.com

Théâtre et Chansons : Etienne Luneau dans Juste

des Chansons (26/5), Et toi, tu marcheras dans le

soleil… (1 er et 3/6), soirées Cabaret avec l’atelier

Chansons sur scène (22 au 24/6)

04 42 27 37 39

www.theatre-et-chansons.com

ARLES

Cargo de nuit : Natalia M King & Smokin Naked (25/5),

La Cargo à quai by Eco Fabrik (1/6), Bernhoft (9/6)

04 90 49 55 99

www.cargodenuit.com

Festival Jazz in Arles au Méjan : Vincent Peirani-

Youn Sun Nah-Stephan Oliva (22/5), Lay-Tailleu-Duris

Trio (23/5), Tarkovsky 4tet (24/5), Trio Melford-Dresser-Wilson

(25/5), Michel Portal-Bruno Chevillon-Daniel

Humair (26/5)

Cinémas Actes Sud :Film : Michel Petrucciani (21/5)

04 90 49 56 78

www.lemejan.com

AUBAGNE

Escale : ToM’s (25/5), Biga Ranx + Flox + Putus Roots

+ Jahnett Tafari + Kabba Massagana (2/6)

04 42 18 17 18

www.mjcaubagne.fr

Comoedia : Concert du Cefedem (30/5), Carte blanche

au conservatoire avec La Musique de Jean

Françaix (8/6)

04 42 18 19 88

www.aubagne.fr

AVIGNON

Passagers du Zinc : Epreuves publiques, passage du

diplôme d’études musicales du CRR (23 et 24/5),

Smac : soirée musiques actuelles du Conservatoire (8/6)

04 90 89 45 49

www.passagersduzinc.com

AJMI : Présentation des Ateliers (7/6), Fête de la

Musique-Kermesz à l’Est et Open Bal (21/6)

04 90 860 861

www.jazzalajmi.com

CHÂTEAUNEUF-DE-GADAGNE

Akwaba : Betraying The Martyrs + All Dogmas We Hate

+ Hypnoe5e (25/5), Gari Greu + Emma Double Té

Hache (1/6), Rock en Stock avec Purple Sky et Alain

Crazy + Little Big Bang + Quinte Flush + Magic Mushroom

+ Décadence + The Last chance (2/6), «O» de

Dominique Lièvre (7/6), Bob Log III + Piano Chat

(9/6), Tambour Battant (16/6)

04 90 22 55 54

www.akwaba.coop

CORRENS

Le Chantier : 15 e Joutes Musicales, festival des Musiques

du monde (25 au 27/5)

04 94 59 56 49

www.le-chantier.com

DIGNE

Centre culturel René Char : Bastien Lanza (26/5),

Clair de lune Trio (31/5)

04 92 30 87 10

www.sortiradigne.fr

//////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////

DRAGUIGNAN

Théâtres en Dracénie : Bratsch & invités (22/5)

04 94 505 959

www.theatresendracenie.com

GAP

La Passerelle : Murmurant dans les villes des Excentrés

(24/5 au 1/6)

04 92 52 52 52

www.theatre-la-passerelle.eu

GARDANNE

La Halle : Ensemble de saxophones de Provence

(29/5), rencontre des Orchestres à l’école (7/6), les

Bestioles de la garrigue, en déambulation dans le

cadre de la fête votive (11/6), Concert de l’école

primaire Lucie Aubrac et de l’école de musique sur le

thème de Paris (11/6), le Chœur lyrique des Enfants

de l’Estaque (12/6), Fête de l’école de musique

(20/6), La Maison part en live (23/6)

04 42 65 77 00

www.ville-gardanne.fr

HYÈRES

Théâtre Denis : Laurent de Wilde & Otisto 23 (16/6)

04 94 007 880 et 06 31 798 190

www.jazzaporqueroles.org

ISTRES

L’Usine : Grace + Alain Corbel (25/5), Finale du

Tremplin découverte (26/5), Charlie Winston (3/6)

04 42 56 02 21

www.scenesetcines.fr

Ville : Fête de la Musique avec Manu Lanvin, Deluxe,

Timek (21/6)

www.istres.fr

LE THOR

Auditorium de Vaucluse : Enrique Canta a Antonio

Machin (2/6)

04 90 33 97 32

www.auditoriumdevaucluse.com

MARSEILLE

Atelier des Arts : Swing Cockt’Elles (26/5)

04 91 26 09 06

www.marseille9-10.fr

Cri du Port : Tremplin Jazz (24/5) Lionel Belmondo

(31/5) Omri Mor trio (7/6)

04 91 505 141

www.criduport.fr

Creuset des Arts : Alertojazz (1 er /6)

04 91 06 57 02

www.creusetdesarts.com

La Friche Belle de Mai -Cabaret Aléatoire :

Musique Rebelle Round#12 (16/6)

04 95 04 95 04

www.musiquerebelle.com

Inga des Riaux : Peggy Quetglass trio (25/5), Arobaze

(31/5), Rémy Abram 4tet (1/6), Anna Farrow

band (8/6), Bossazina (15/6), Nougarotrement

(22/6), John Massa 4tet (29/6)

06 07 575 558

www.inga-des-riaux.fr/music.html

La Machine à coudre : Oriental Fusion (25/5)

www.lamachineacoudre.com

///////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////

Le Paradox : Adrian Byron Burns & Jake La Botz

(24/5), Les Poulettes (25/5), Luiza Dionizio (27/5),

Africa Express (29/5), Méandres (7/6)

www.leparadox.fr

La Passerelle : Oriental Fusion (9/6)

04 91 48 77 24

Plage du Prophète-Abribus : Ahmad Compaoré-

Musique Rebelle Junior (3/6)

09 54 58 88 77

La Meson : Naïas-Fantazio (1 er /6) Fantazio-Theron-

Rossi (2/6)

0491 501 161

www.lameson.com

Le Point de Bascule : Sam Karpienia (9/6) Adila

Carles (16/6)

06 14 31 69 66

Rouge : Castellani-Souris-Versini-Surménian-Taouacht

(25/5)

04 91 070 087

www.rougebelledemai.com

Roll’ Studio : Karine Bonnafous 4tet (26/5), Trio

Majica (2/6), Thierry Maucci trio (9/6), Hip Jazz Trio

(16/6), Trio Trinidad (23/6)

04 91 644 315 ou 06 86 728 396

www.rollstudio.fr

Cabaret Aléatoire : Kap Bambino (24/5), Find out

Festival avec Alex Gopher + Jupiter + le Marchand de

sable + The Name + 123MRK (26/5), The Black Lips

+ Dumbo gets mad + Bleached (28/5), Mudhoney

(1 er /6), Saschienne + Jori Julkkonen + Nicolas Cuer +

Mula + Dawad & Zen + Lanny May + Ina Becker

(2/6), Day Bonus (4/6), Musique rebelle round 12

avec Ahmad Compaoré (16/6), August Burns Red +

Adept (20/6)

04 95 04 95 09

www.cabaret-aleatoire.com

Centre culturel Mirabeau : Festival Tamazgha,

musiques berbères et populaires d’Afrique du Nord

avec Ideflawen, Hacène Laïche (2/6), Cafés Nords

Africains (9/6), Farid Ferragui et Zohra Aït Abbas (au

théâtre de la Sucrière 23/6)

04 91 03 08 86

www.festivaltamazgha.org

Cité de la Musique : Pluriels, concert du MIM (31/5)

04 91 39 28 60

www.labo-mim.org

www.citemusique-marseille.com

Dan Racing : Sigma (25/5), Mytology + Atinomy

(26/5), Plastic Bag + Zebra Skies (1 er /6), Flou Fighters

(2/6), Folk’n’raoul (8/6), Dad & Co + Insomnie (9/6),

Grand Balcony twang machine + Malhabile (16/6),

Fête de la musique Elegia (21/6)

06 09 17 04 07

http://guitarjacky.free.fr

Espace Julien : At dawn we are kings + Blofeld

(24/5), Conger + Nitwits + Human toys (31/5), Fantasticus

(1 er /6), No Trigger + Heartsounds + Wake

the dead (6/6), Messengers + Koulirou (14/6),

Breakin’bass (15/6)

04 91 24 34 10

www.espace-julien.com


Grim : Festival B-Side avec Sleepy Sun + Sessions

Fantôme dj set (3/6), Sons de plateaux (21 au 23/6)

04 91 04 69 59

www.grim-marseille.com

Gyptis : Une divine comédie (25/5)

04 91 11 00 91

www.theatregyptis.com

La Machine à Coudre : Oriental Fusion (25/5),

Redmo + Aubin (26/5), In Pulso + B Dettori solo (31/5),

The Atom Brain (1 er /6), Danger + W’s Captain Kirk

(2/6), Three Some + Accelerator (6/6), Antonio Negro

et ses invités (7/6), Marvin + Shub (9/6)

04 91 55 62 65

www.lamachineacoudre.com

La Meson : Tablao Flamenco la Fabia (26/5), Concert

de soutien à CQFD avec Naïas + Fatazio (1/6),

Rencontre Fantazio + Manu Theron + François Rossi (2/6)

04 91 50 11 61

www.lameson.com

Le Dôme : Thriller live (26/5)

04 91 12 21 21

Le Paradox : Les Poulettes (25/5), Super Kemia Bongoa

(26/5), Luiza Dionizio (27/5), Africa express

(29/5), Big butt foundation (31/5)

04 91 63 14 65

www.leparadox.fr

Le Poste à Galène : Deen Burbigo + Gaïden & Yoshi

+ Dj Old day (25/5), Gravenhurst (26/5), Rover (31/5),

Finale Tremplin scène découverte 2012 (1 er /6), Siskiyou

(6/6), Hugo Kant + Stereobox + Renegades of

jazz (8/6), Robert (9/6), Les rois de la Suède (14/6),

Bongoaï + Super Kemia (15/6), Fête de la musique

avec The Magnets + The Last + Bird in shell (21/6)

04 91 47 57 99

www.leposteagalene.com

Le Silo : Yannick Noah acoustique (30/5)

04 91 90 00 00

www.silo-marseille.fr

Les Demoiselles du Cinq : Isotope (24/5), Les

filles de Montmartre (30/5), Codop Fleurs de

Bouches (31/5)

06 23 21 26 05

L’Embobineuse: Les 10 ans de Radio Discorde (25/5),

Les Robertes + Brice et sa pute + Aimbass + Blockman

& Ron-c (26/5), Total Chaos + Filthy Charity +

Hobo Erectus (28/5), Harvey Milk + Motto (31/5),

Blackie + Radikal Edwards (1 er /6), Secret Mommy +

Caving + 69db au Casse tête (2/6), Jean- Louis Costes

+ La prière du poulet (9/6), Festival B.Side avec Thee

oh sees + J.C. Satan (10/6), Soirée KGB (16/6)

04 91 50 66 09

www.lembobineuse.biz

NÎMES

Théâtre de Nimes : Staff Benda Bilili (31/5), Musique

sur cour (8 et 9/6)

04 66 36 65 10

www.theatredenimes.com

OLLIOULES

Châteauvallon : Amadou et Mariam (2/6)

04 94 22 02 02

www.chateauvallon.com

////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////

PORT-DE-BOUC

Le Sémaphore : Mario Canonge (25/5)

04 42 06 39 09

www.theatre-semaphore-portdebouc.com

SALON-DE-PROVENCE

Portail Coucou : Kill the Young + Soma (1 er /6)

04 90 56 27 99

www.portail-coucou.com

IMFP – Salon de Musique : Martine Kamoun 4tet

invite Mario Stantchev (29/5), Fête de l’IMFP -

Ensemble vocal-Made in Fumée Bleue-Deluxe (19/6)

04 90 531 252

www.imfp.fr

LA SEYNE-SUR-MER

Fort Napoléon – ArtBop : Lois Coeurdeuil trio (25/5),

Les années Blue Note 5tet (15/6),

0494 094 718

www.ot-la-seyne-sur-mer.fr

www.laseynejazzworkshop.com

Café 7 e Vague : Alf&Half (15/6)

04 94 06 02 52

SIX-FOURS

Rest. La Vague : Jam-session jazz (7/6)

04 94 07 01 73

www.lavaguesensualsound.com

GARDANNE

Manifestation proposée par la commission Chimie et

Sociétéde la Fondation de la Maison de la Chimie : Chimie

& Terroir, ou un autre regard sur la chimie.

Vivre, respirer, boire, manger... Tout cela serait impossible

sans la chimie. Elle intervient dans nos vies sans

que l’on s’en aperçoive. Le festival est destiné à faire

découvrir la chimie, assister à des expériences scientifiques

et démonstrations par des chercheurs qui

attiseront la curiosité des petits et des grands. Trois

jours ponctués en après-midi par des séances «Cinésciences»

proposées par l’association Polly Maggoo

ainsi qu’une représentation de la compagnie de théâtre

Mots à mâcher et sa célèbre légende de «Kiabu

boara» ! Couleurs, ocres, cosmétique, huile d’olive et

savon de Marseille : voici quelques-uns des sujets qui

seront abordés lors des conférences-démonstrations

tout public. Soirée de vendredi où le journaliste et médiateur

scientifique Damien Jayat réunira Einstein, l’amour

et la pizza dans un spectacle humoristique.

Des parcours ont été conçus spécialement pour le

public scolaire (à partir du CM1).

Maison du peuple

Du 24 au 26 mai

http://maisondessciences.univ-provence.fr

MARSEILLE

Dans le cadre du cycle de conférences Les Jeudis du

CNRS, Patrick Cozzone du Centre de Résonance

Magnétique Biologique et Médicale présentera L’exploitation

du corps humain par IRM : l’homme devenu

transparent. Entrée libre.

CNRS, Marseille 9 e

Le 7 juin à 18h

04 91 16 40 44

www.culture-science-paca.org

L’association Andromède propose une conférence :

«Les phénomènes célestes et les mythologies de

l’ancienne Égypte» par Jean Maucherat, chargé de

MUSIQUE/SCIENCES ET TECHNIQUES 49

Espace Malraux : Biohazard + Brujeria (13/6)

04 94 74 77 79

www.espace-malraux.fr

TOULON

Tandem : Charles Pasi + Voodoo au Centre culturel

Maurin des Maures, Cogolin (26/5)

04 98 070 070

www.tandem83.com

Théâtre Liberté : Boris Vian, cap au sud (31/5 au

3/6), la Fille à marins (5 et 6/6)

04 98 00 56 76

www.theatre-liberte.fr

Tour Royale : Festival Rockorama avec We Have Band,

Novella, Duchess Says, Summer Heart, Casiokids,

Crapft Spells, All Cannibals et Kelly und Lelly (14 au 17/6)

06 11 33 24 43

www.rockorama.fr

VELAUX

Espace NoVa : Richard Gotainer (8/6)

04 42 87 75 00

www.espacenova.com

VITROLLES

Moulin à Jazz : Alexandra Grimal 4tet Dragons (19/5),

Fête de la Musique -Atelier Jazz CharlieFree-Didier

Labbé 4tet (21/6)

04 42 796 360

www.charliefree.com

Recherche au CNRS au Laboratoire d’Astrophysique

de Marseille. Il tracera à l’aide d’une théorie logique et

globale, les démarches observationnelles et intellectuelles

des créateurs de l’art intemporel de l’Égypte

ancienne et donnera par l’utilisation de tous les phénomènes

célestes universels, l’interprétation de ses

mythologies, ses dessins et monuments funéraires.

Conférence suivie d’une observation du ciel si la météo

le permet.

Observatoire de Marseille

Le 15 juin

04 13 55 21 55

www.andromede13.info

ALPES

Version alpine du Souk des Sciences, marché à la matière

grise et la découverte, ouvert librement aux curieux

de tous âges. La Caravane des sciences, aujourd’hui

reconnue et attendue par le grand public revient

avec de nouvelles découvertes à partager avec tous et

toutes. Les passants expérimentent, jouent, observent,

discutent à l’étalage avec les intervenants, dans une

ambiance conviviale et décontractée, de 10 à 19h. à

Gap et à Digne.

DIGNE Place du G al De Gaule le 15 juin

GAP Esplanade de la paix le 16 juin

04 92 53 92 70

www.culture-science-paca.org

CHATEAUNEUF-LES-MARTIGUES

Dans le cadre des journées nationales du Patrimoine

de Pays, l’association des Amis de Castrum Vetus

propose la visite commentée de l’abri préhistorique

de la Font-aux-Pigeons.

Départ groupé, à pieds, pour se rendre sur le site situé

à environ 300m du musée.

le 17 juin à 15h

04 42 79 81 56

www.castrum-vetus.fr

AU PROGRAMME


AU PROGRAMME

50 RENCONTRES

Voyage immobile

Entièrement dédié au conte, le théâtre marseillais La Baleine

qui dit «Vagues» programme la 4 e édition des Oralies, festival

des contes voyageurs, initié par Bruno de La Salle dans les

Alpes de Haute-Provence, conteur à l’origine du renouveau

du conte en France, mais également directeur du Conservatoire

de Littérature Orale à Vendôme et parrain de la

manifestation marseillaise.

Pour la deuxième année consécutive les Oralies invitent à

découvrir un grand récit, cette année c’est dans les racines

celtes de la Bretagne que les conteurs guideront les auditeurs,

Les Oralies © Dominique Clément

Mouchoir de poche

Reniant l’adage, la Zone d’Intérêt poétique

invite à déguster les eaux de la

Provence verte. Pour leur 4 e festival les

Eauditives conjugueront poésie et

conférences, arts plastiques et ateliers

d’écriture poétique, résidence d’écriture

(celle de la poétesse belge Gwenaëlle

Stubble) et publication par les éditions

Plaine Page d’un numéro spécial de la

revue Art Matin dans lequel on retrouvera

les archives des trois précédentes

Eauditives (2008, 2009, 2011), des

textes, créations, interviews, conférences,

images des actes poétiques et

artistiques ainsi que des contributions

inédites pour l’édition de 2012. Les

vers les exploits de Gauvain, Perceval ou Lancelot, avec le Roi

Arthur et le cycle de La Table Ronde. La première parole sera

celle de Claudine Glot, présidente du Centre de l’imaginaire

Arthurien pour une conférence donnée le 25 mai à 20h30

au Théâtre du Conte. Puis, dès le lendemain, place aux contes

sur la place du Cours Julien, avec Nicolas Mezzalira, spécialisé

dans le répertoire arthurien, Mimi Barthelemy, Sylvie

Delom, Abdoulaye Diop Dany et Pascal Fauliot, avec, le

soir au Théâtre, le spectacle Perceval de ce dernier ; le dimanche

matin, les «toutes petites oreilles» s’ouvriront pour écouter

Claire Pantel, puis à 10h un brunch littéraire

réunira les conteurs. En parallèle,

la grande librairie du conte s’installera

sous les arbres…

DO.M.

Les Oralies

Du 25 au 26 mai

Cours Julien, Marseille

04 91 48 95 60

Labaleinequiditvagues.org

Le Théâtre du Petit Matin (de Proximité Maximale ?) est

épatant dans son genre : camisole de force ou bouillabaisse,

que propose-t-il donc à ses auteurs invités au Cabanon ?

Nommant ainsi l’un des dispositifs mis en place autour de la

lecture de textes contemporains, Nicole Yanni suggère plutôt

la réunion de plaisir, dans sa forme la plus simple, d’auteurs,

comédiens/lecteurs et spectateurs/auditeurs. Une pause dans

un travail de création qui permette une transmission directe

et une écoute active, «face à face tranquille» en effet. Un

vendredi soir du mois d’avril, la jeune auteure dramatique

Magali Mougel a assisté avec le public à la lecture d’extraits

de ses œuvres récentes Ce que Suzy mesure et Léda, le sourire

en bannière. Écriture mate, dialogues où s’épanouit la cruauté

des rapports familiaux en particulier dans le couple, souffrances

intimes nettement au féminin. À l’interpellation

«brute et directe» (on est au Cabanon !) sur l’évacuation du social,

l’auteure répond par la lecture d‘ERWIN MOTOR/Dévotion

paru aux éd. Espaces 34. Efficace plongée du corps sensible

dans l’industrie automobile !

Avec l’arrivée de l’été ? excursions poétiques et apéritives loin

du cabanon avec les Mots à l’Air, les lundi à 19h30 au Vallon

des Auffes et à Malmousque, avec Florence Pazzottu (le 25

juin), Philippe Jaccottet (les 4 et 18 juin) et Patrick Dubost

(le 11 juin)… M.-J.D.

Théâtre du Petit Matin, Marseille 5 e

04 91 48 98 59

http://theatredupetitmatin.free.fr

Fontaine je boirai de ton eau

Compagnie Ca fait des bulles, Les Eauditives 2009,

Cascade du Fauvery © C. Lenzi

Chiara Mulas, Les Eauditives 2011, Cascade du Fauvery, Barjols © Micheline Simon

manifestations essaimeront à travers les

lieux d’eau des deux villes, fontaines,

lavoirs, mais aussi tanneries à Barjols ou

laverie automatique à Brignoles où

même la librairie détient un nom prédestiné

aux épanchements aquatiques,

la librairie du Bateau Blanc… Ces

manifestations savent non seulement

proposer des parcours, présenter des

poètes, des plasticiens, des philosophes,

des architectes au public, mais elles s’attachent

à lui faire ressentir la création

même en l’associant par le biais d’ateliers

d’écriture menés auprès des écoles qui

restitueront leurs travaux les vendredis.

Une belle démarche sensible, ludique et

partageuse. M.C.

Les eauditives

Brignoles les 15 et 16 juin

Barjols les 22 et 23 juin

04 94 72 54 81

www.plainepage.com

///////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////

Libraires du sud /Libraires à Marseille

- 04 96 12 43 42

Rencontres : avec Chritophe Estrada

pour son roman Hilarion (Actes Sud)

le 23 mai à la librairie Maupetit (Marseille)

avec Christine Brunet autour de son

ouvrage Dis bonjour à la dame (éditions

Albin Michel) et des questions qu’il

aborde sur l’éducation des enfants le 24

mai dès 18h à la librairie Goulard (Aix)

avec Valérie Mrejen pour Forêt noire

(P.O.L.) et Orrion Scohy pour En

Tarzizanie (P.O.L.) le 24 mai à Montévidéo

avec la librairie Histoire de l’œil

(Marseille)

avec Florence Quentin pour son livre

Isis L’eternelle (Albin Michel) le 24 mai

à 18h30 à la librairie Saint Paul (Marseille)

avec André Bucher pour son livre Fée

d’hiver (Le Mot et le Reste) le 25 mai à

19h à la librairie Histoire de l’œil (Marseille)

avec Marie d’Hombres, Blandine

Scherer et la photographe Anna Puig-

Rosado pour le livre Le Ventre de

Marseille, commerçants de Noailles

(Gaussen) le 31 mai à 18h à la librairie

Apostille (Marseille)

avec Victor Del Arbol pour son roman

policier La tristesse du samouraï (Actes

Noirs) le 31 mai à 17h à la librairie

Maupetit (Marseille)

avec Nick Barlay pour son livre La

femme d’un homme qui (Quidam, 2011)

et présentation de la maison d’édition le

31 mai à 19h à la librairie Histoire de

l’œil (Marseille)

Escales en librairies : rencontre avec

Hervé Tanquerelle le 24 mai dès 16h

à la librairie Voyages au bout de la nuit

(Saint-Rémy) et le 25 mai à la librairie

La Réserve à bulle (Marseille)

Avec Douglas Kennedy le 8 juin à 12h

à la librairie Book in Bar (Aix) et à 18h

à la librairie L’Attrape Mots (Marseille)

AIX

Cité du livre – 04 42 91 98 88

Exposition de Eve Morisi, Albert Camus

contre la peine de mort, jusqu’au 2 juin.

Exposition d’une sélection de travaux

de Guy Calamusa, jusqu’au 9 juin à la

Fondation Saint John Perse.

Dans le cadre du colloque organisé par

le CIELAM, Université d’Aix-Marseille

I, site d’Aix, les Écritures Croisées oranisent

une rencontre-lecture autour des

écrivains des éditions de Minuit Yves

Ravey et Laurent Mauvignier, animée

par P. Schoentjes et D. Viart, le 24 mai

à 18h salle Armand Lunel.

Rencontre-débat avec Michel Onfray

pour son livre L’ordre libertaire. La vie

philosophique d’Albert Camus (éd. Flammarion,

2011), le 29 mai à 18h30 à

l’amphithéâtre de la Verrière.


Centre aixois des Archives départementales

-04 42 52 81 90

Exposition Les chemins de l’eau en BD – Le regard

d’Edmond Baudoin, jusqu’au 23 juin.

3bisf – 04 42 16 17 75

Atelier Objet-action animé par Caroline

Le Mehau-té, tous les jeudis de 13h30 à 16h30.

Atelier Urbanité Idiotopique (construction d’une ville

imaginaire où se croiseront tous les fantasmes de chacun)

animé par Benjamin Marianne, tous les mardis

de 14h à 16h30.

Atelier Galerie – 09 51 16 98 00

Exposition Art, design et artisanat, qui se conjugue avec

la nouvelle collection Miscéo, du 8 au 16 juin de 9h

à 20h.

ARLES

Galerie Espace pour l’art – 04 90 97 23 95

L’association Asphodèle initie de petites conférences

sur l’art pour enfants intitulées Lucioles : avec le

photographe François Deladerrière le 23 mai à

14h30 à la galerie le Magasin de jouets.

Galerie Joseph Antonin – 04 90 99 53 31

Exposition Ecce Homo, photos d’Anna Chrysridi et

peintures de Guillaume Flageul. Jusqu’au 23 juin,

vernissage le 3 mai à 19h.

FORCALQUIER

Association Croq’Livres – 04 92 75 46 59

14é édition des Journées du livre jeunesse sur le thème

Filles et garçons : auteurs pressentis, Adela Turin, Susie

Morgenstern, Irène Bonacina, Clotilde Perrin, Nelly

Chabrol Gagne, et Patrick Banon, du 29 mai au 2

juin.

Association Apérilivres – 04 92 74 53 52

Festival Impressions d’arts sur le thème Du livre à

l’écran : l’adaptation littéraire au cinéma, du 8 au 10

juin.

LA SEYNE-SUR-MER

Les Chantiers de la lune – 04 94 06 49 26

Exposition collective Trace #3, avec les artistes Krista

Smith, Hans Silvester, Gilles Breil, Fodé Camara et

Wei Fei & Wang Qin, du 2 juin au 28 juillet.

LES BAUX-DE-PROVENCE

Château des Baux – 04 90 54 55 56

Les médiévales des Baux : tous les week-ends, jours

fériés et vacances scolaires sont organisés des tirs à la

catapulte, au tir à l’arbalète et maniement de l’épée,

et un duel médiéval. Jusqu’au 30 sept.

L’ISLE-SUR-LA-SORGUE

Association ACTA – tracedepoete@dbmail.com

Trace de poète : «Un dialogue entre la poésie et les arts

plastiques, la philosophie, le théâtre, la musique» :

expos, livres d’artistes, revues de poésie, lectures,

concerts… Jusqu’au 28 mai.

MARSEILLE

Région – 04 91 57 52 11

Exposition Printemps arabe, jusqu’au 28 juin.

///////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////

BMVR Alcazar – 04 91 55 90 00

Exposition Press Play Pixellissime 2012 qui expose les

relations complexes et passionnées entre le jeu vidéo et

le cinéma, du 30 mai au 30 juin ; rencontre projections

et jeux vidéos à disposition le 30 mai à partir de

14h, défilé de Cosplay avec aoi sora Cosplay dès 17h.

Conférence de Jean Chelini sur les Aspects de la vie

religieuse marseillaise au XIX e , le 23 mai à 17h30.

Conférence La conscience vue par un neurobiologiste par

François Clarac, le 29 mai à 17h.

ABD Gaston Defferre - 04 13 31 82 00

À l’occasion du Forum mondial de l’eau, exposition

Les territoires de l’eau, irrigation et partage de l’eau en

Méditerranée, par l’IRD en partenariat avec l’INA.

Jusqu’au 13 juillet.

Exposition de l’artiste Emilie N’Guyen Van, L’Art

s’archive, qui questionne la véracité des documents que

l’on nous donne à voir, en mêlant habilement le vrai

et le faux dans l’objectif de pousser le public à une

réflexion sur le pouvoir des images. Jusqu’au 21 juin.

Institut Culturel Italien – 04 91 48 51 94

Exposition de photographies Italiens 150 ans

d’émigration en France et ailleurs, jusqu’au 15 juin.

Association Sud culture – 04 91 03 08 86

Festival Tamazgha #7, dédié au patrimoine musical

d’Afrique du nord : conférence sur 1912-2012, un

siècle d’immigration Kabyle, le 9 juin à 21h au centre

culturel Mirabeau. Les 2, 9 et 23 juin.

Théâtre du Petit Matin – 04 91 48 98 59

Cercle de conversations animée par N. Yanni en

présence de J ; C. Agnel sur Comment peut-on construire

sa pensée pour réfléchir un monde durable ou soutenable

?, le 26 mai à 18h.

Lectures de et par Patrick Dubost, poète performeur

lyonnais, le 11 juin à 19h30 ; lecture des textes de

Philippe Jaccottet, le 4 juin à 19h30 ; lecture de et

par Florence Pazzottu, le 25 juin à 19h30.

Les Ateliers d’Aline – 06 64 17 96 87

D’un mot, une nouvelle : cycle d’ateliers d’écriture

explorant le genre multiple de la nouvelle, accessibles

à tous. Le 28 mai de 17h à 19h30 à la librairie des

éditions L’atinoir, Marseille.

Galerie Anna-Tschopp – 04 91 37 70 67

Exposition des peintures de Benjamin Carbonne,

Conversation avec la toile, jusqu’au 9 juin ; décrochage

en présence de l’artiste le 7 juin dès 18h30.

Galerie Montgrand – 04 91 33 11 99

Exposition Voyante du passé. Cryptage, œuvres d’Ilana

Salama Ortar, artiste en résidence à l’ESADMM, du

22 mai au 30 juin.

Amont Patrimoine – 04 91 62 65 49

Exposition Rivages de Michel Escallier-Lachaup,

jusqu’au 4 juin.

Espace Leclere – 04 91 50 00 00

Conférences : de Daniel Marchesseau, directeur du

musée, sur Le musée de la Vie romantique, le 23 mai à

18h ; Daniel Drocourt, dir. de l’Atelier du Patrimoine

de Marseille sur Mémoire de maisons historiques à

Marseille, le 4 juin à 18h ; Jérémie Benpît, conservateur

en chef des châteaux de Trianon, sur La conservation

des domaine et châteaux de Trianon, le 11 juin à 18h ;

Jean-Pierre Cometti, philosophe, et Bernard Lafargue,

historien de l’art et philosophe, université de

Bordeaux, sur Le syndrome de Venise, la biennalisation

de l’art contemporain, le 18 juin à 18h.

//////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////

RENCONTRES

51

Auditorium de la Caisse d’Epargne – 04 91 57 26 49

Conférences d’initiation L’art en France par Jean-Noël

Bret : l’art français VIII : les avant-gardes et l’École de

Paris, le 24 mai à 18h ; L’art français IX : depuis 1945,

le 21 juin à 18h.

Mairie des 11 e et 12 e arr. – 04 91 14 62 40

Exposition des Artistes peintres du secteur : Marc

Tranchino, Jean-Marc Hernandez, M. Armand,

Roméas, Henri Saplana, Betty Bonifacio, Liliane

Costa-Kara, Sylvie Bourély, Yolande Giana, Michelle

Ravel, Olga Sabarthès, Nathalie Chappat et Jean

Patrick Delépine. Jusqu’au 31 mai.

MARTIGUES

Musée Ziem – 04 42 41 39 60

Exposition D’une mer à l’autre, Marines du Nord et du

Sud entre 1850 et 1908, jusqu’au 24 juin.

PELISSANNE

Médiathèque Robert et Pierre Brun – 04 90 55 30 74

8 e édition de Dévore-livres sur le thème Tous en scène :

rencontres d’auteurs (Vincent Bourgeaud, Hubert

Ben Kemoun, Roland Fuentes, Éric Sanvoisin), dédicaces,

ateliers d’écriture… Du 29 mai au 1 er juin.

SAINT-CHAMAS

Chapelle Saint-Pierre – 04 90 50 90 54

Exposition de peinture d’Emmanuelle Gillard et Eric

Faggianelli, jusqu’au 31 mai.

SAINTE-CÉCILE-LES-VIGNES

Association Lire entre les vignes – 04 90 60 67 95

5 e édition du salon du livre Lire entre les vignes : avec

Alain Guyard, invité d’honneur, lecrures, dédicaces

d’auteurs et d’illustrateurs, conférence… Le 17 juin.

SORGUES

Editions du Toulourenc – 06 15 52 51 77

10 e édition du Jardin du livre remarquable : conférence,

spectacle, exposition… Les 2 et 3 juin au Domaine

de Brantes.

TOULON

Espace Castillon – 04 94 93 47 33

Exposition Cyril Besson et ses amis…, F. Caillol, M.

Calistri, K. Dennis, C. Donjerkovic, K. Grisanzio, L.

Follot et D. Powell. Du 5 au 30 juin.

VEYNES

Mairie – 04 92 57 24 23

17 e édition du printemps du livre de jeunesse sur le

thème du sport : les auteurs invités sont Zaü, Bernard

Chambaz, Jean-Luc Luciani, Jean-Philippe Chabot et

Marion Devaux. Du 24 au 26 mai.

CONCOURS

La Chambre de Commerce et d’Industrie de

Marseille lance, pour la 5 e année, un concours

artistique à tous les artistes sur le thème de l’économie.

Pour concourir, photographes, plasticiens, sculpteurs,

vidéastes… doivent présenter une création qui

réponde aux critères d’esthétique, d’originalité, de

qualité et d’innovation technique et s’exprimer sur le

thème de l’Economie. La CCI Marseille Provence

consacrera à l’acquisition d’une, deux ou trois œuvres,

une dotation de 30.000 euros.

Dépôt des candidatures jusqu’au 4 juin.

www.ccimp.com


52 CINÉMA

LES RENDEZ-VOUS D’ANNIE

Cinémathèque

Les Mardis de la Cinémathèque proposent à 19h,

à l’Espace Cézanne du CRDP, le 22 mai, La

grande vie d’Henri Schneider, Prix Jean Vigo 1952 ;

le 29 mai, Le Regard d’Ulysse d’Angelopoulos ; le

5 juin, L’Aventure de Mme Muir de Mankiewicz et

le 12 juin, La glorieuse parade de Michael Curtiz.

04 91 50 64 48

www.cinememoire.net

Trios dans

le cinéma italien

Arrête de pleurer

Pénélope

Le 4 juin à 20h au cinéma Pathé Plan de Campagne,

avant-première du film Arrête de pleurer

Pénélope, en présence des réalisatrices-comédiennes,

Corinne Puget et Juliette Arnaud et de

la comédienne Christine Anglio ; une suite des

aventures des 3 amies de la pièce homonyme.

Cinéma Pathé, Plan de Campagne

04 42 02 01 00

www.cinemasgaumontpathe.com

Le regard d'Ulysse d'Angelopoulos

Le Territoire

en liberté

Au Théâtre Liberté, à Toulon, le Théma #5

continue d’explorer la ville et de débattre sur les

enjeux liés au territoire. Après la projection de

films d’archives le 11 mai et les expositions dans

le hall du théâtre, les Regards sur la ville se

poursuivent avec une conférence-débat le 25 mai

à 18h, Les Urbanistes, la ville et le territoire : un

désir de reconquête, et le 8 juin avec une carte

blanche à Franck Michelletti. Le 15 juin,

témoignage-documentaire de Natacha Cyrulnik

sur la rénovation urbaine de la cité Berthe à la

Seyne-sur-Mer avec la projection, à 18h, de Ceux

qui pensent le projet urbain et ceux qui le vivent.

04 98 00 56 76

www.theatre-liberte.fr

Mon village

en 2020

Le 29 mai à 19h, à l’espace Agora Alpilles à

Maussane, dans le cadre de Dense, dense, dense,

le CAUE 13 fait son cinéma : Mon village en 2020,

projection de courts-métrages et débat.

Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de

l’Environnement 13

04 96 11 01 20

www.caue13.com

Cinépage

Le 31 mai à 20h, Cinépage, en partenariat avec le

Cinéma Pathé Madeleine, propose Le Chant des

mariées de Karin Albou.

04 91 85 07 17

www.cinepage.com

Les innocents de Bertolucci

Jusqu’au 27 mai, le cycle Histoire de trios dans

le cinéma italien continue au Château de la

Buzine, en partenariat avec l’Institut Culturel

Italien de Marseille : le 25 mai à 20h, Les

Innocents de Bertolucci et le 27 mai à 14h, Trois

frères de Francesco Rosi.

04 91 45 27 60

www.chateaudelabuzine.com

Jamais deux

sans trois

Le cycle d’histoires à trois, légères ou engagées,

se poursuit au Château de la Buzine : à 20h, le 1 er

juin, Trois places pour le 26 de Jacques Demy ; le

8 juin, César et Rosalie de Claude Sautet et le 15

juin, Talons aiguilles d’Almodóvar.

À 14h, le 3 juin, Vicky Cristina Barcelona de Woody

Allen ; le 10 juin, Le Bonheur d’Agnès Varda et à

16h, le 13 juin, Les triplettes de Belleville de

Sylvain Chomet.

04 91 45 27 60

www.chateaudelabuzine.com

Patrimoine

cinématographique

L’Espace Cinéma Prosper Gnidzaz à Martigues

propose un cycle les mardi, mercredi, samedi et

dimanche de 10h à 12h et de 14h30 à 16h, des

films documentaires jusqu’au 20 mai, Les années

20-De l’impressionnisme au cinéma pur de

Claude-Jean Philippe, suivi du cycle Jean

Painlevé au fil de ses films.

Espace Cinéma Prosper Gnidzaz, Martigues

04 42 10 91 30

http://espacecinemapg.blogspot.fr/

David Lynch

Le 1 er juin à 18h, dans le cadre de Cinéastes de

notre temps, Agnès b. et D.Films proposent :

David Lynch, don’t look at me de Guy Girard.

Agnès b., Marseille

04 96 11 04 50

Troublez-moi ce soir de Roy Ward Baker

Carte Blanche

à Image de Ville

Du 6 au 9 juin à 19h30 au cinéma du Merlan à

Marseille, projections, rencontres, échanges autour

de Marseille et d’Alger : le 6, 3 films de la jeune

cinématographie algérienne en présence de

Mohamed Lakhdar Tati, réalisateur de Joue à

l’ombre, qui, le 9 juin, dialoguera avec l’écrivain et

éditeur Sofiane Hadjadj, sous le regard de Pascal

Jourdana de La Marelle-Villa des auteurs. Le 7,

Omégaville, film en chantier sur le quartier du

Grand Saint Barthélemy d’Anne Alix. Le 8, Bar

centre des autocars en présence du réalisateurphotographe

Patrick Zachmann dontune exposition

se tiendra, dans le cadre de MP13 au MuCEM sur

le thème des migrations méditerranéennes.

Séances gratuites sur réservation.

04 91 11 19 20

www.merlan.org

04 42 63 45 09

www.imagedeville.org

Les Classiques

de l’été

Du 6 juin au 27 juillet, l’Institut de l’image à Aix

propose, dans une cohabitation harmonieuse de

la pellicule et du numérique, l’occasion de se faire

une opinion sur les deux supports à travers la

projection de grands classiques : Lame de fond

de Vincente Minnelli ; Si Paris l’avait su, un des premiers

films de Terence Fisher ; French Cancan

de Renoir ; Attaque ! de Robert Aldrich ; L’Assassin

et Les Jours comptés d’Elio Petri ; Sandra de

Visconti ; Trois femmes d’Altman ; Comédie Érotique

d’une nuit d’été de Woody Allen ; Go Go

Tales d’Abel Ferrara. Rendez-vous avec Marilyn

dans Troublez-moi ce soir de Roy Ward Baker et

Bus Stop de Joshua Logan. L’été sous la toile ?

Institut de l’Image, Aix

04 42 26 81 82

www.institut-image.org


Juin au jardin

Le 15 juin à 21h30 dans le cadre de Juin au jardin,

la Bibliothèque départementale Gaston-

Defferre propose en partenariat avec Tilt, dans

le jardin de lecture, un film d’animation de Alain

Gagnol et Jean-Loup Felicioli, Une vie de chat,

celle de Dino qui partage sa vie entre deux

maisons…

04 13 31 82 00

www.biblio13.fr

Une vie de chat d'Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli

Cinéma allemand

des années 70

Les 15, 16 et 17 juin, Art et essai Lumière, propose

au cinéma Lumière à la Ciotat 3 jours avec... la

nouvelle vague du cinéma allemand des années

70 : L’ami américain de Wim Wenders, Je veux

seulement que vous m’aimiez de R.W.

Fassbinder, Le tambour de Volker Schlöndorff

et Aguirre, la colère de Dieu de Werner Herzog.

Après les projections, débats animés par Martin

Lampprecht et Christine Fillette.

Art et Essai Lumière

06 64 85 96 40

www.mairie-laciotat.fr

L'ami américain de Wim Wenders

Ce qui nous arrive

Le 20 juin, dans le cadre du colloque national sur

la création artistique pour les publics sous main

de justice, à la Friche, projection du film Ce qui

nous arrive de Caroline Caccavale, réalisé avec

des personnes détenues de la prison des

Baumettes.

Lieux Fictifs, Laboratoire de Recherche

Cinématographique et Social

04 95 04 96 37

www.lieuxfictifs.org

////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////

Cinésinophiles

La seconde édition du Festival du Cinéma Chinois

en France (FCCF) qui a pour objectif de faire

découvrir la diversité du cinéma chinois au public

français se tiendra du 14 mai au 12 juin, à Paris,

Lyon, Marseille, Cannes, Strasbourg, Biarritz et

La Réunion.

À Marseille c’est le cinéma Le Prado qui accueille

plus d’une douzaine de films inédits. Le public

aura donc le choix ! Comédies romantiques, Ce

que pensent les femmes de Chen Daming, avec

Gong Li, invitée d’honneur du FCCF, remake de

What women want de Nancy Meyers ; Cher ennemi

de Xu Jinglei ; L’amour n’est pas aveugle que

Teng Huatao a réalisé avec un très petit budget et

qui a eu un énorme succès en Chine ou un mélodrame

: Sous l’aubépine de Zhang Yimou, une

histoire d’amour avec pour toile de fond la révolution

culturelle.

Ceux qui aiment les films d’auteur

iront voir L’amour éternel de Gu

Changwei avec Zhang Ziyi qui a

remporté le prix de la meilleure

actrice au China Film Directors

Guild Awards 2012 pour ce rôle ;

Kora, un road movie qui a valu à

Du Jiayi le prix du meilleur jeune

réalisateur ou Hello ! Monsieur de

Han Jie, une fable noire sur un ouvrier

maladroit passant son temps

juché sur un arbre de son village,

primé au Festival International du

Film de Shanghai.

Et bien sûr aussi des films d’action

dont Le Grand Magicien de

Derek Yee avec Tony Leung (In

Ce que pensent les femmes de Chen Daming

CINÉMA

Autour des naissances

Du 5 au 9 juin se tiendra le 31 ème Festival du premier

film francophone, organisé par l’association rent) pour Les adoptés. Et la plus jeune, Anamaria

de Lisa qu’interprète la réalisatrice Mélanie Lau-

«La Ciotat Berceau du Cinéma», au Théâtre du Vartolomei, 13 ans (la Violetta de My Little princess

d’Eva Ionesco), assistera à la projection le 6

Golfe, En attendant l’Eden. Au programme, projections,

rencontres et une exposition à la Chapelle juin à 14h30.

des Pénitents Bleus : une sélection des affiches Jacques Malaterre animera une Master-class en

du collectionneur Guy Anfossi sur le thème «Train présence de l’acteur Helmi Dridi autour de AO, le

et Cinéma».

dernier Néandertal.

Le 5 juin pour l’ouverture, en hommage au président

du jury Pascal Thomas, une comédie qu’il tes les séances sont gratuites !

Un programme bien alléchant, d’autant que tou-

a réalisée en 2006, Le grand appartement. Puis ANNIE GAVA

18 films en compétition, 9 longs et 9 courts. Le

public pourra s’entretenir le 6 juin avec les 7 Berceau du Cinéma, La Ciotat

membres du jury : acteur, compositeur, scénariste,

chef opérateur, costumière, producteur, pour www.berceau-cinema.com

06 23 92 59 52

un moment certainement passionnant.

Car les réalisateurs et acteurs seront à la Ciotat

pour présenter leurs films et échanger avec les

spectateurs : Cédric Jimenez, pour Aux yeux de

tous le 7 juin à 20h ; Frédéric Beigbeder pour

L’amour dure trois ans, le 8 juin à 17h30 ; Jean-

Jacques Jauffret et l’actrice Sylvie Lachat, pour

Après le sud; Estelle Larrivaz pour Le Paradis

des Bêtes ; Emmanuelle Millet pour La Brindille.

L’acteur Frédéric Gorny (le manager de l’hôtel

dans Louise Wimmer) parlera du film de Cyril

Mennegun ; l’actrice Marie Denarnaud (la sœur

My Little Princess d’Eva Ionesco

53

the mood for love) et des films d’animation produits

par les studios de Shanghai dont Tapage au

palais céleste de Chen Zhihong, adapté à partir

de la version originale de 1965 de Wan Laiming ou

Une jeune fille juive à Shanghai, de Wang Genfa,

un hommage à cette ville qui accueillit plus de trente

mille juifs fuyant les persécutions en Europe.

Cinéphiles et sinophiles se retrouveront avec

bonheur au Prado !

ANNIE GAVA

FCCF

du 7 au 12 juin

Le Prado, Marseille

www.cinema-leprado.fr

www.festivaldufilmchinois.com


54 ARTS VISUELS

AU PROGRAMME

Véronique Rizzo dans son atelier © Santi Oliveri

© Der Tod ist ein Dandy, Francisco Da Matta,

c-print, collage et cadre cassé et recollé,

40 x 37 cm, 2012

Véronique Rizzo versus

Francisco Da Mata

La Gad nous aura prévenus : «Rizzo et Da Matta

confrontent leurs deux approches dans

un accrochage à la courtoisie explosive» !

Est-ce à dire que leur flirt, ou leur battle comme

le suggère la galerie, laissera des traces dans

nos mémoires. Leurs compositions abstraites

affichent une radicalité visuelle exemplaire,

qui devrait s’accommoder parfaitement

des contraintes de l’environnement… M.G.-G.

du 17 mai au 7 juillet

La Gad, Marseille 1 er

06 75 67 20 96

www.lagad.eu

Art au paradis

Dans le triangle d’or de la rue Paradis, artistes, designers, architectes font les beaux jours

des agences d’urbanismes, des boutiques de déco et des show-rooms le temps d’un libre parcours.

On y croisera Véronique Bigo chez Mobile de Curiosités pour un travail sur-mesure

(son exposition monographique à la Villa Tamaris Pacha nous avait emballés, voir Zib’41),

Cédric Teisseire chez Sinibaldi (qui fréquente habituellement l’Espace d’art concret, la Villa Arson

ou le MAMAC de Nice) ou encore la jeune aixoise Pauline Angotti pour une performance

à la Maison de ventes Leclère. M.G.-G.

vernissage le 31 mai, expositions du 2 au 9 juin

visites guidées deux fois par jour

Marseille 6e

www.paradis-design.fr

© P. Fancony, Échelle

Spécial Joel Meyerowitz

C’est une exclusivité Photomed : l’exposition des premiers travaux en noir et blanc de l’américain

Joel Meyerowitz aux côtés de son travail couleur, au moment où il fête ses 50 ans de photographie

et publie une monographie chez Phaidon. Un événement signé Jean-Luc Monterosso, directeur

artistique de la manifestation varoise (voir p. 60). M.G.-G.

du 25 mai au 17 juin

Hôtel des arts, Toulon

04 94 91 69 18

www.hdatoulon.fr

Joel Meyerowitz, Longnook Beach,

Truro, Massachusetts, 1983,

Photographie 60 x 25.2 cm

© Joel Meyerowitz

© Gisele Buthod-Garcon, Vague

Peinture, sculpture et poésie

La Maison de Brian ouvre sa saison estivale avec trois univers plastiques

très poétiques : les œuvres sur papier «végétales, minérales» de

Stéphanie Ferrat qui cite Philippe Jaccottet comme compagnon de mots ;

les peintures-papiers de Christian Perrier et les vers d’Yves Bonnefoy en

échos lumineux ; les sculptures de Gisèle Buthod-Garçon qui fait rimer

son exploration du raku avec la voix de Danièle Faugeras. M.G.-G.

jusqu’au 31 mai

La Maison de Brian, Simiane-la-Rotonde

04 92 75 91 49

www.lamaisondebrian.fr


ARTS VISUELS

Ecce Homo

Voici l’homme : mais que tentent d’incarner la photographie ou la peinture de la condition humaine ?

Que l’Homme se présente dans sa plus simple figuration, nu et peint en ange presque blême

selon Guillaume Flageul ou tel quel via le réalisme photographique d’Anna Chrysidi,

les images fouillent continûment son identité profonde. C.L.

55

jusqu’au 23 juin

Galerie Joseph Antonin, Arles

04 90 99 53 31

www.french-lizard-attitude.fr

Saint Alexandre © Guillaume Flageu

Arts éphémères 4 e

Le programme est exceptionnel ! Alfons Alt,

Katia Bourdarel, Dominique Cerf, Colin

Champsaur, Matthieu Clainchard, Thomas

Couderc & Teoman Gurgan, Jean Daviot, Eric

Gossec, Lina Jabbour, Victoria Klotz, Jérémy

Laffon, Lionel Loetscher, François Mezzapelle,

Thierry Mouillé, Rémy Rivoire, Philippe Turc et

Jérémie Vernet, les étudiants et les élèves

amateurs des Ateliers publics de l’ESADMM, le

Ballet National de Marseille, les professeurs &

élèves de la Cité de la Musique.

Vernissage le 24 mai à 18h30. Tous à la Bastide !

C.L.

4 e Festival des arts éphémères

du 24 mai au 3 juin

Maison Blanche

Mairie des 9 ème et 10 ème , Marseille

04 91 14 63 26

www.marseille9-10.fr

Le Matin, quand je me suis reveille, je monde avait pousse, ZOO ©Thierry Mouille

Anders Petersen

Dans le cadre du Printemps de l’Art Contemporain, Vol de Nuits reçoit Anders Petersen.

La programmation 2012 est construite autour d’un cycle d’expositions questionnant les états

limites du corps et de la psyché humaine. Anders Petersen expose sa série Mental Hospital,

portraits de personnes rencontrées dans des situations hors norme, photographiées le plus

souvent dans des endroits clos, un bar, une prison, un hôpital psychiatrique, une maison

de retraite. C.L.

Anders Petersen, from the Mental Hospital series, 1992-95 © Anders Petersen

Anders Petersen

Mental Hospital

jusqu’au 15 juin

Vol de Nuits, Marseille

04 91 47 94 58

www.voldenuits.com

Julien Blaine, 3 mains, déclaration © musée d'art contemporain de Stockholm, 2010

Julien Blaine

Le dérêveur, poète des coups de gueule pour remue-ménage mental,

inventeur des déclara©tions et démonstra©tions exposera/s’exposera en

Autoportraits en 2 & 3D devant quelques iHALi (installation humaine

anonyme laissée là par inadvertance) afin de sauter dans l’espace-temps

entre préhistorique et art contemporain. Le vernissage fut vocifératoire et

jouissif le 19 mai ! C.L.

jusqu’au 19 juin

Galerie Jean-François Meyer, Marseille

04 91 33 91 01

www.marseilleexpo.com


56 ARTS VISUELS ABD | ALCAZAR

Du beau ?

L’AEPHAE organisait

les 11 et 12 mai dernier

aux ABD un colloque

sur le sujet Beau,

sublime, kitsch,

huitième volet du cycle

L’histoire de l’art

en question(s)

Les rencontres précédentes nous

avaient déjà habitués à de très belles

et éclairantes interventions (Autour

de Daniel Arasse ; L’art, l’argent et

la mondialisation ; De Cézanne et

Picasso à Mondrian et Vasarely…).

En proposant ce triptyque Jean-Noël

Bret imaginait-il provoquer un tel

feu nourri d’érudition et de questionnements

? Ces deux journées ont

offert à l’assistance nombreuse de

revisiter l’histoire de l’art occidental

depuis ses fondements ancrés dans

l’antiquité romaine jusqu’aux formes

contemporaines du kitsch impliquées

dans la mondialisation de l’art.

Ironie et élévation

Les problématiques et les échanges

appuyés avec le public ont remisé la

question du beau au profit du sublime

et du kitsch, manifestement

plus intrigants ! Les présentations

ont su donner le ton : Baldine Saint

Girons (le kitsch antonyme du sublime

?), Giovanni Lombardo (le style

sublime et ses formes «vicieuses»),

Jackie Pigeaud (un kitsch antique ?),

Philippe Heuzé (du kitsch à Pompéi ?),

Pierre-Henry Frangne (opéra et

sublime), Maddalena Mazzocut (kitsch

et mélodrame). Laure Cahen-Maurel

a ouvert les espaces avec le

sublime romantique porté par

l’exemple de Caspar David Friedrich.

Jean-Noël Bret reprenait avec

nombre d’exemples le fil du beau et

du sublime (la figure du héros entre

néo-classicisme et romantisme).

Trois communications concernaient

la période plus récente. Le

rapprochement du sublime avec

l’architecture contemporaine offrait

une ouverture de taille mais Didier

Laroque la restreignait à la Chapelle

Saint-Nicolas-de-Flüe conçue par

Peter Zumtor. Jiang Dandan relevait

les subtilités liant culture traditionnelle,

modèles politiques et art

contemporain chinois maniant l’ironie

et kitsch. Valérie Arrault appuyait

sur un registre plus politique et

critique. Le kitsch analysé en tant

que valeur entre postmodernité et

libéralisme de (mauvais) genre (Las

Vegas, Disney), une esthétique du

narcissisme, du consommable immédiat

où tout se vaut pourvu que ce

soit vendable !

L’exercice du jugement

En majorité abondé par des approches

esthétiques ce colloque était

rendu ardu par le maniement des

concepts et connaissances nécessairement

mis en jeu. Pourtant ce

travail d’exégèse difficile mais

passionnant plongeait dans les

structures de la pensée à travers la

question de l’art. En revisitant des

concepts fondateurs repris depuis

l’antiquité jusqu’à aujourd’hui il nous

a été offert si ce n’est d’arrêter une

opinion au moins de situer ces enjeux.

Baldine de Saint Girons rappelait

ce qui en fait finalement le cœur : la

capacité de chacun à l’exercice du

jugement. En réponse à une question

du public sur le kitsch Jackie

Pigeaud rétorquait : «Est-ce qu’on

juge une maladie ? Non, on la soigne

!» Du beau, du sublime et le

kitsch comme art… dégénéré ?

CLAUDE LORIN

AEPHAE, Association

euroméditerranéenne pour

l’histoire de l’art et l’esthétique

ABD Gaston Defferre

www.biblio13.fr

Bandes décidées

Dedicaces expo BD,12 mai © surlaplace.fr

Les Rencontres de l’illustration, organisées par

l’association Sur la Place en collaboration avec la Ville

de Marseille, et les libraires marseillais à qui l’image

parle (Le lièvre de Mars, Imbernon, Chez Arno, L’arbre)

sont d’une grande qualité artistique et intellectuelle. Aux

antipodes des manifestations sur le 9 ème art qui font

souvent dans le mainstream et la BD qui se vend, aux

enfants ou aux adulescents, Sur la Place interroge, sans

grands moyens ni expos spectaculaires, le rapport du

texte à l’image, et l’histoire d’un art récent déjà en

difficulté, parce qu’il est lié intrinsèquement au livre.

Les rencontres autour de la BD Suisse, par exemple,

résument les préoccupations : les éditions Atrabile,

nées à Genève à la fin des années 90, défendent des

auteurs comme Peggy Adam, suivent une ligne

éditoriale, défendent une identité graphique. Leurs

auteurs ont un regard sur le monde, souvent noir, et font

de la recherche narrative à travers leurs planches et

leurs scénarios. Mais Atrabile a pratiquement renoncé à

sa revue, lieu de recherche, parce que personne ne

l’achète. Et Daniel Pellegrino, fondateur de la maison,

ne se salarie que depuis 2 ans…

Dans le hall de l’Alcazar l’exposition sur la BD Suisse

donne aussi le ton : les planches sont suspendues sur

des fils, dispositif sommaire qui oblige un peu les adultes

à tordre le cou (tant mieux pour les enfants). Dans un

coin Titeuf vite mentionné comme un phénomène ; dans

un autre quelques clichés hilarants sur la Suisse dans la

BD ; et dans des vitrines des documents originaux du

fonds patrimonial de l’Alcazar : les premières BD, de

Rodolphe Töpfler (1827), qui concevait des estampes

narratives, caricatures à personnages récurrents qui

intégraient le texte dans l’image et progressaient

successivement… Le reste de l’exposition, prêtée par le

consulat Suisse, offre un panorama très exhaustif des

différents styles de BD qui ont occupé successivement

ou simultanément la presse et les livres, et dont

beaucoup sont Suisses, à notre étonnement ! Pas de

planches originales mais l’exposition, commentée

intelligemment, est accompagnée d’ouvrages à

consulter.

A.F.

Les rencontres de l’illustration ont eu lieu du 10 au 12 mai

La Suisse Pays BD

Jusqu’au 26 mai

L’Alcazar, Marseille

www.bmvr.marseille.fr

www.surlaplace.fr

Rencontre BD, Daniel Pellegrino des Editions Atrabile et Boris Henry © surlaplace.fr


MUCEM | LA COMPAGNIE

ARTS VISUELS 57

Photographes pirates

La conférence de François Cheval, mal intitulée

La construction des images, fut diablement stimulante

! Se fondant sur le paradoxe des paparazzis,

elle déboucha sur l’énoncé d’un point de vue clair,

et peu commun chez les conservateurs de musée,

sur la photographie : «L’histoire de la photographie

n’est pas l’histoire de l’art. Elle permet

d’écrire sa vie, de stocker des images, c’est-à-dire

des fictions, comme on stockait du grain au néolithique,

du savoir pendant l’ère du livre. La

photographie est au centre de la transformation

actuelle du monde.»

Comment l’analyse historique du phénomène

paparazzi l’a-t-il amené jusque-là ? Le paparazzo,

photographe pirate qui volait les images à Rome

dans les années 50 et les revendait à la presse la

plus offrante, n’était pas un observateur, mais un

agresseur : il traquait les bourgeois et la starlette,

les agressaient de son flash, fixait leurs réactions

de colère, dévoilait leurs frasques ; communiste,

il détestait cette classe italienne qui s’était compromise

avec les fascistes et demeurait impunie.

Mais cette dimension politique a rapidement

disparu. D’une part parce que «la divulgation des

frasques des bourgeois n’a jamais remis en cause

l’ordre social», et d’autre part parce que Cinecitta,

et Fellini, ont transformé ces pirates en Paparazzi

de la Dolce Vita, qu’ils ont récupérés ensuite comme

photographes de plateau. Leurs images

éditées dans les livres ont été recadrées, sorties

de leur contexte et publiées sans légende

explicites, comme celle de Franco Pina en 1952

qui est devenue l’icône des Paparazzi : deux photographes

en Lambretta balançant un énorme

flash. Mais le manifestant de 1952 a disparu du

cadre, tout comme les images de la répression

qui étaient parues dans le journal Paese Sera et

dont ce cliché n’était qu’un accompagnement

anecdotique.

Nouvelle étape dans la récupération : dans les

© MuCEM

années 80 le phénomène paparazzi prend de

l’importance aux États Unis, avec l’idée du

postmodernisme. Le «mauvais goût photographique»

devient «vintage» et le photographe de

plateau, ou le journaliste, deviennent des auteurs,

et entrent au musée. Et l’auteur photographe se

différencie du photographe tout venant parce qu’il

a une intention. «Comme si le photographe

amateur n’en avait pas». Selon François Cheval,

c’est la notion de marché qui fait qu’un photographe

entre au musée, produit des tirages

uniques qui deviennent objet d’art, se trouve des

prédécesseurs et des cautions dans l’histoire de

la peinture, ou théorise sur «l’instant décisif»

comme Cartier Bresson.

Car la nature de la photo diffère profondément du

cinéma, de la peinture, et n’a pas à se chercher

des lettres de noblesse. Qu’elle soit volée ou

posée, elle entretient un rapport particulier au

réel, appartient à tous, est reproductible à l’infini.

C’est un art, ou une pratique, intrinsèquement

populaire.

Et le regard de François Cheval, qui sera le commissaire

des expositions photographiques du

MuCEM en 2013, sera férocement précieux…

AGNÈS FRESCHEL

La conférence de François Cheval a eu lieu dans

le cadre des Mardis du MuCEM à l’Alcazar le 15

mai

À venir

Les cartes, images ou outil, par Jean-Christophe

Victor, géographe, auteur en particulier des

émissions Le dessous des cartes diffusées sur

Arte le 12 juin à 18h30 à L’Alcazar

www.mucem.org

À coups de hache

Où s’est-il enfui, le bourreau fou qui

a planté sa hache dans une épave de

voiture, préférant faire grincer la carrosserie

plutôt que de frapper à mort

un passant ? Que pense-t-il de son

travail, cet homme qui vient d’éventrer

le toit bourré d’amiante d’un

appartement, et fixe l’objectif par

dessus son masque de papier ?

Quelle gorge vise donc ce chien, figé

dans un rictus diabolique ? Et ces

deux hommes au visage empâté par

l’alcool, dont l’un observe l’autre

comme s’il allait le clouer au mur,

que ne se disent-ils pas ?

Sortir les photographies de Myr Muratet

de leur contexte pour les

détailler une par une : il y a là de

quoi frémir. Les observer comme un

ensemble, une continuité de son

œuvre sur les friches et les marges :

le frisson est le même. Il n’y a pas

de «bienveillance» dans le regard de

l’artiste, de celle qui malgré toutes

ses bonnes intentions implique une

certaine hauteur, mais une forme de

reconnaissance. Une façon d’admettre,

dans un rapport d’homme à

homme, que l’autre est ce qu’il est.

Dérisoire autant que démesuré, avec

Paris-Nord, Laurent et Patrick 2004

sa violence, ses voies de traverse,

ses blocages et sa perdition.

En contrepoint, l’attention d’une

femme, Marie Pellaton, portée sur

les mêmes terrains vagues mais au

ras du sol. Son installation évoque le

chemin d’un archéologue attiré par

la verdure et l’étrange destin des

déchets... après l’exécution ?

GAËLLE CLOAREC

L’exécution et autres sentences

Myr Muratet

jusqu’au 14 juillet

La Compagnie, Marseille

04 91 90 04 26

www.la-compagnie.org


58 ARTS VISUELS VIEILLE CHARITÉ | LA RUCHE

La Couleur et la Courbe

Dans le cadre d’un projet

de redynamisation de quartier,

la Vieille Charité présente

une exposition rassérénante

des œuvres du peintre et architecte

hors norme Hundertwasser

En 1975 le musée Cantini avait accueilli

une exposition internationale

itinérante consacrée à Friedensreich

Hundertwasser. Cette fois ce sont

près de cent vingt œuvres, peintures,

gravures et tapisseries du

peintre/architecte qui sont rassemblées

au centre de la Vieille Charité,

ainsi qu’un ensemble de timbres dans

un ancien magasin rue Fiocca. Dès

la première salle, commençant par

des œuvres de jeunesse de facture

encore traditionnelle, la couleur mêlée

de courbes et spirales, jubilatoire,

réactive avec bonheur les voûtes

baroques bien sages de Puget et pénètre

jusqu’aux ramifications les

plus profondes du cerveau limbique/reptilien

du visiteur. Bien que la

peinture d’Hundertwasser soit le

versant le plus connu du public puisque

de nombreux produits dérivés

s’en sont emparés, le visiteur sait

s’arrêter aussi devant les tapisseries

de haut format, plusieurs sérigraphies et les

élégantes gravures sur bois japonaises moins

médiatisées mais tout autant attrayantes.

Hors les murs, les bibliothèques de l’Alcazar, du

Panier et du Merlan présentent une sélection de

livres illustrés. Mais la part la plus importante de

son œuvre concernant l’architecture n’est pas

exposée ! On peut la retrouver dans la seconde

partie du catalogue en forme de gros carnet noir

abondamment illustré. Car au-delà du temporaire,

l’exposition s’inscrit dans un projet plus

Friedensreich Hundertwasser, Coral FlowersFleurs de Corail Kyoto, 1987,

gravure sur bois japonaise, 42,5x57cm, Fondation Hundertwasser, Vienne

global de redynamisation participative sociale et

économique du quartier Belsunce et ses alentours

proposé par Charlotte Bensoussan et l’association

Viens à Marseille !Les propositions alternatives

de Friedensreich Hundertwasser sur l’habitat et

l’urbanisme vont à contre-courant du modernisme

triomphant : dans ses manifestes, déclarations et

performances, Hundertwasser met en garde contre

la ligne droite, propose une certaine conception

écologique et participative des lieux de vie collectifs

et urbanistiques. Ces concepts ont inspiré une

proposition en plusieurs volets qui

doit se pour-suivre jusqu’à 2013, et

au delà.

Pour le moment sont ouverts des

ateliers scolaires ou de participation

citoyenne, à Belsunce les fenêtres

se couvriront de fleurs grâce à leurs

habitantes, plusieurs échoppes dans

le quartier du Panier proposent des

services et produits dérivés dont le

bénéfice servira au financement

d’autres actions notamment avec le

Centre social Baussenque, bien

après la période estivale.

CLAUDE LORIN

Hundertwasser, le rêve de la couleur

jusqu’au 9 septembre

La Vieille Charité, Marseille

04 91 14 58 80

www.marseille.fr

www.viensamarseille.fr

À poursuivre par le musée

des arts africains

océaniens et amérindiens

récemment rénové

L’art butine la Belle en Mai

C’est sous le signe de la «cité

d’artistes au regard tendre» du

Montparnasse des années 1900 que

Saffir, galerie nomade et la galerie

Paradis inaugurent un lieu d’exposition

à quelques pas d’une autre

Vue de la Galerie La Ruche et de son exposition inaugurale Plutot comme un soupcon que comme une certitude © X-D.R

cité d’artistes, la Friche Belle de Mai.

La (nouvelle) Ruche est née de la

volonté de nouer des liens de proximité

avec les habitants du quartier.

C’est aussi le fruit de la rencontre

entre Lydie Marchi et Jean-François

Pascalqui partagent «les mêmes

problématiques sur ce que peutêtre

le métier de galeriste ouvert sur

l’extérieur et sur différentes sensibilités

artistiques». Leurs identités

respectives ne disparaissent pas -

Saffir poursuit son itinérance- ni

leurs programmations. Des échanges

entre les lieux, des expositions

communes diffractées selon les

projets sont en jachère à l’heure où

La Ruche donne son dernier coup

de pinceau ! Le duo signe son premier

commissariat avec une carte

blanche à João Vilhena et ses invités

Dorota Buczkowska et Fabien

Granet, et après un joli clin d’œil à

Brancusi, Modigliani et Soutine, fait

les yeux doux aux surréalistes et ses

Cadavres exquis… Car Vilhena conte

une histoire à trois, écrite d’un dessin

à l’autre sur des cartes postales

anciennes que l’on découvre presque

en même temps que le trio. Des

cartes «où tout fonctionne avec des

clins d’œil à Marseille», discrètement

accrochées à côté des dessins

de Vilhena d’une absolue beauté.

M.G.-G.

Plutôt comme un soupçon

que comme une certitude

João Vilhena,

Dorota Buczkowska

et Fabien Granet

jusqu’au 16 juin

La Ruche, Marseille 3 e

06 03 40 76 92

www.marseilleexpos.com

À voir

Textures du jour

Gilles Benistri

jusqu’au 4 juin

Galerie Paradis, Marseille 6 e

04 91 02 10 04


LA collection de Gap

Cela fait déjà longtemps que la photographie a fait

son entrée en scène au Théâtre de la Passerelle

à Gap. C’était en 1988, sous l’impulsion de Pierre-

André Reiso qui vouait une passion égale à l’image

fixe et au spectacle vivant. Son projet a évolué en

1994 avec la nomination du photographe-voyageur

Bernard Descamps (voir Zib’48) à la

direction artistique de la galerie : répertoire au

spectre plus ample (de Cartier-Bresson aux

contemporains internationaux), réalisation de

quatre à cinq exhibitions annuelles avec l’acquisition

d’une ou deux œuvres par exposition, accueil

tous les ans d’un artiste en résidence dans les

Hautes-Alpes suivie d’une exposition monographique

à la rentrée suivante. Mais la précarité

financière de la galerie menace cette expérience

de premier plan qui, après Sabine Delcour en

2011, se met entre parenthèses. En attendant une

éclaircie, le nouveau directeur du théâtre Philippe

Ariagno reprend le flambeau et la Scène nationale

poursuit son projet singulier -4 sur 70 ont

choisi la photographie plutôt que le cinéma d’art

et d’essai- en organisant une rétrospective du

fonds photographique. Une collection est l’occasion

en quelques clics d’embrasser les différents

choix de commissariats ainsi que l’évolution des

styles formels photographiques en France et à

l’étranger. Comme un miroir fragmenté du temps

qui passe…

Une centaine d’œuvres composent ce kaléidoscope

selon deux axes. Le premier correspond aux

17 résidents dont les approches du territoire forment

«un ensemble curieux de regards croisés»

selon Bernard Descamps : des portraits sur le vif

des habitants de Hugues de Wurstemberger aux

Inde © Bernard Descamps

paysages lunaires et glacials de Bertrand Desprez…

Le second s’apparente plus à un puzzle de

parties indissociables et dissociables du fait de la

porosité de certains travaux, ou au contraire, de

leurs dissemblances. On compte entre autres

Edouard Boubat, William Klein ou Raymond

Depardon pour les incontournables ; Alioune Bâ,

Koo Bohnchang, Lee Gapchul, Pierrot Men ou

Yashuro Ishimoto pour les extra-européens ;

André Mérian et Béatrix Von Conta pour leur

ancrage régional. Et tant d’autres encore qui ont

façonné le regard des publics au point «d’être

marqués par des photos qui ne sont pas toujours

les plus célèbres»…

M.G.-G.

GAP | MARTIGUES ARTS VISUELS 59

© Mi Hyun Kim

Une collection

jusqu’au 30 juin

Galerie du théâtre La Passerelle, Gap

04 92 52 52 52

www.theatre-la-passerelle.eu

Entre aperçus

La commande photographique laisse peu de marge

au travail personnel si on désire qu’il touche à

l’artistique. Spécialisée dans la photo de reportage

culturel et de spectacle, collaboratrice de la

première heure à Zibeline, Agnès Mellon, dont on

a pu apprécier la précédente expo au KLAP, pose

quelques jalons personnels au Théâtre des Salins

dont elle a souvent arpenté les coulisses. La

sélection proposée (on en attendrait un peu plus)

se concentre sur les moments de préparation des

artistes à l’affiche lors cette saison martégale.

Fidèle à sa posture de proximité la photographe

capte en plans très rapprochés la présence et le

geste hors scène grâce à sa part de détail. «Pour

cette expo j’étais vraiment dans le portrait, pour

entrer dans l’intimité, dans le geste qui prépare…»

Car elle ne conçoit pas le détail comme une métonymie

visuelle, un simple prélèvement d’un

ensemble (un corps, un groupe, un instrument,

une scène…). Elle le capte selon ce qui serait à

voir et éprouver au-delà de l’information photographique.

«Au moment où il va entrer en scène

le masque de l’artiste apparaît doucement mais

les traits, l’intimité restent présents.» Ainsi

l’essentiel a lieu moins dans le hors-champ que

dans le hors-cadre : l’au-delà de l’image. Ce qui

© Agnès Mellon

est aperçu dans certains clichés relève plutôt de

l’entre-vu, de ce qui est possible d’advenir entre,

les choses et le photographe, la photo et le regardeur,

la photo et le non photographique. Cette

attraction partagée nous mène au-delà de l’image,

dans une dynamique du regard particulière, chère

à Daniel Arasse lorsqu’il se penchait sur la peinture.

Et la matérialité du support y contribue discrètement.

L’impression sur bâche, à l’inverse des

habitudes du lisse et du brillant sur papier, confère

une épaisseur, un grain qui prend tout son sens

dans les grands formats : à vouloir y regarder de

plus près on n’y voit pas mieux mais au-delà. Un

des enjeux des recherches à venir pour l’artiste

photographe.

C.L.

Métamorphose

Agnès Mellon

jusqu’au 30 juin

Théâtre des Salins, Martigues

04 42 49 02 00

www.theatre-des-salins.fr


60 ARTS VISUELS

Espaces rêvés, espaces réels

Photo’Med est de retour sur le littoral

varois avec, en guest star, l’Italien

Massimo Vitali. L’an dernier, avec

l’Anglais Martin Parr comme parrain

et Jean-Luc Monterosso comme

directeur artistique, la ville de Sanary

avait frappé un grand coup. C’est

dire si la deuxième édition est

attendue ! Le directeur de la Maison

européenne de la photographie a

concocté un programme riche en

grandes signatures, en découvertes

et en révélations (Cristina Thoux et

Jean-Baptiste Senegas l’an passé)

comme un miroir de la photographie

des deux rives : La photographie

Marocaine, Les espaces du mythe,

Mission du Musée de la photographie

de Thessalonique… Le parcours

s’étoffe de nouvelles haltes dans la

cité balnéaire (Notre-Dame de la

Pitié, lieu magique surplombant la

mer, et la médiathèque) et même

au-delà. Si la Maison du Cygne à

Six-Fours s’est retirée, Bandol s’invite

à la fête avec les «photos volées

des stars» de Walter Carone, Un

littoral en mutation vu par 6 photographes

de Provence et Noir et

blanc, À propos de Rudy Ricciotti de

Bernard Plossu. Peut-être une

SANARY | MOUGINS

manière pour Bandol de poursuivre

sa première expérience de festival

de photographies contemporaines

«Horizon vertical» de 2010… Toulon

© Khalil Nemmaoui, Exposition La photographie Marocaine, PhotoMed 2012

est à l’affiche à la demande de l’Hôtel

des arts qui accueille une

rétrospective de Joel Meyerowitz :

l’Américain lui réserve l’exclusivité

de son récent reportage en Provence

(tirages inédits en couleurs) ainsi

qu’un ensemble d’œuvres anciennes

en noir et blanc. Pour des raisons

de logistique, l’île des Embiez cède

sa place à l’île de Bendor, propriétés

de la famille Paul Ricard, qui

accueille Les espaces de rêve de

Bernard Faucon. «Impossible

d’évoquer la photographie méditerranéenne

sans île, véritable symbole»

explique Monique Sérénon, directrice

de la production qui, à quelques

jours de l’événement, peaufine les

derniers détails, valide la présence

des artistes aux vernissages publics

et les nombreuses animations.

Comme cet original Divan Photo avec

Henry Chapier. «On fait de petites

choses pour enclencher de grandes

choses. On est un tout jeune festival

!». Qui ne demande qu’à grandir…

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI

Photo’Med

du 24 mai au 17 juin

Sanary-sur-Mer, Bandol,

Ile de Bendor, Toulon

04 94 74 10 80

www.festivalphotomed.com

«J’ai fait un rêve…»

Inauguré en juin 2011, le Musée d’art classique

de Mougins est la concrétisation du rêve d’un

collectionneur d’art ancien, néo-classique,

moderne et contemporain, M. Levett, amoureux

de la Côte d’Azur. Son musée, conçu par David

Price Design d’après le concept original de son

directeur Mark Merrony, réussit le pari du

dialogue entre les œuvres, au-delà des siècles,

des techniques et des styles. L’interaction joue à

merveille, et fait se côtoyer Happy Head en laque

polychrome sur résine de la star planétaire

Damien Hirst, avec une tête romaine en bronze

de l’Empereur Auguste et le Profil de Jacqueline

en céramique de Picasso. Autre pari audacieux,

la scénographie de Chameleon3 en forme de clin

d’œil au cabinet de curiosités - versus XXI e siècle -

avec écrans tactiles bilingues pour raconter aujourd’hui

ce que fut l’Antiquité et panneaux

pédagogiques pour donner des clefs de lecture

accessibles à tous. Par petites touches

impressionnistes quelque 800 œuvres se

confrontent, s’interrogent, se juxtaposent, pour

People and Personalities and Social Customs Gallery on the First Floor, Musée d'art classique de Mougins © A.Einsiedel

peu qu’elles puisent leurs sources d’inspirations

dans la mythologie ou l’histoire de l’Antiquité.

Au cœur du village donc, le musée offre une

vitrine de luxe à la collection selon un parcours

thématique décliné sur 400 m 2 et 4 étages : Le

culte impérial, L’art du portrait, Les religions

grecques et romaines, L’héritage de l’Égypte

antique… On croise sculptures et dessins d’Henry

Moore et Toulouse-Lautrec célébrant l’éternel

féminin ; on découvre l’étrange face à face du

visage transfiguré de Mariani fixant de ses yeux

vides un laraire romain ; on apprécie le coude à

coude entre la Vénus d’Yves Klein, habillée de son

bleu éclatant, et le Marbre romain de Vénus daté

vers 50-227 ap. J.C. Là une citation de Platon se

rappelle à notre mémoire philosophique, ici deux

pièces de Chagall et Calder s’intercalent entre

une statuette et un masque funéraire. Même à

l’étage de l’armurerie, quelques gouaches et

collages de Dali parviennent à s’infiltrer entre les

cimiers et les casques. Vases, bijoux et pièces de

monnaie parachèvent plusieurs siècles d’histoire

de l’art télescopés par la passion d’un homme.

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI

En résonance, exposition Mythes et héros

jusqu’au 28 mai à l’Espace culturel

Musée d’art classique, Mougins

04 93 75 18 65

www.mouginsmusee.com


Indépendant deviendra grand…

Le Sm’Art, salon d’Art contemporain initié par

Christiane Michel, a présenté sa 7 ème édition sous

les ombrages du Parc Jourdan à Aix-en-

Provence. Les précédents s’étaient tenus d’abord

à Martigues puis au Domaine de la Baume. Cette

année 192 plasticiens ont déployé tous les aspects

actuels de l’Art sous la présidence de Pierre

Vasarely qui a mis un accent sur l’enseignement

des pratiques artistiques avec la présence de

l’École d’Art. En augmentation constante, l’affluence

des visiteurs a dépassé les 18 000 entrées

cette année, et le Sm’Art s’enorgueillit d’être le

3 ème Salon indépendant en France.

Comment visiter un Salon aux si nombreux exposants

? Il faut se laisser happer par une couleur,

une forme, et aller vers les artistes, qui parlent

volontiers de leurs œuvres. En peinture les propositions

sont nombreuses : supports variés et

techniques mixtes, du figuratif à l’hyper-réalisme

ou l’abstrait... On remarque les formes répétitives

de Soumisha, les grands formats bois et métal de

Charles-Henri Ravanne, les immenses portraits

de peintres illustres sur carton de l’aixois Lilly. On

retrouve la précision de Myriam Paoli avec ses

délicates sculptures en fils de fer, puis on découvre

le raffinement de Ron Maraval, récemment

installée à Aix, qui effectue des maquettes de

gaze, puis utilise de la paper clay-porcelaine,

créant des formes étranges d’une grande

légèreté. Plus spectaculaire, la désormais célèbre

Yo Bastoni de Port-de-Bouc installe 25 fourmis

géantes multicolores en fonte d’aluminium peinte

sur les escaliers du parc. C’est le Sm’Art, à ses

débuts, qui l’a lancée…

Certains artistes sont venus de loin : le belge

Gordon Hopkins aux grands formats colorés et

joyeux, la coréenne Woo-Bock Lee qui transforme

les livres scolaires anciens de son pays en objets

Projet Vas-y, Toma-L, © Olivier Brestin

SM’ART

ARTS VISUELS 61

à suspendre ou à poser, le sénégalais Ndary Lo et

ses immenses femmes de métal présentés par

la fondation Blachère. Les galeries aussi s’exposent.

L’association Gudgi qui regroupe 30 galeries

aixoises indépendantes consacre un espace à

Max Sauze, le fermeur de livres, connu pour son

jardin remarquable à Éguilles, ses travaux à base

de papiers roulés, déchirés, enterrés puis

exhumés, avec ses dernières pièces nommées

Feuilletés d’écriture. La galerie Saltiel, quant à

elle, met en lumière Toma-L qui présente aussi

le livre Vas-y, une œuvre à 6 mains : auteur, peintre

et graphiste proposent 168 pages d’un superbe

papier accompagnées d’un élément original de

10x10 cm et d’une bande-son téléchargeable sur

le site, résultat de 3 mois de travail acharné des 3

compères. Un concept franchement original !

Le Sm’Art continue dons à réserver de très

bonnes surprises, même si, et c’est le concept

même qui le veut, toutes les propositions ne sont

pas du même niveau. Un seul regret ? Que le prix

plancher d’un stand soit de 2 000 ¤, ce qui opère

une sélection par l’argent, non par la qualité des

propositions. Mais on raconte dans les allées

qu’un Salon des Galeries aurait lieu à l’automne

dès 2013 ?

CHRIS BOURGUE

Le Sm’Art s’est déroulé du 3 au 6 mai

www.salonsmart-aix.com


62 CINÉMA FILMS

Des hommes, des hommes…

Marseille, un 31 décembre : une belle jeune

femme se maquille, s’habille, se verse une coupe

de champagne, s’assoit devant son ordinateur et…

se connecte à «Meet me». Elle veut rencontrer

l’amour. Dans le monde virtuel, c’est Kitsune,

dans la vie, c’est Emilie, 35 ans, une illustratrice

qui a le blues d’être célibataire.

Le premier long métrage de Dorothée Sebbagh

suit pas à pas Emilie (Sophie Cattani) dans ses

rendez-vous. Le premier, «Yeux bleus», veut jouer ;

le suivant, Julien, récite à longueur de temps des

poèmes de Nerval ou Rimbaud et l’appelle sa

petite Fée : elle ne tombe pas amoureuse du

grand romantique. Elle va rencontrer ainsi plus

d’une douzaine d’hommes, dont un boxeur, un

«bonobo», un «Renard du désert», dans des lieux

très cinégéniques de Marseille, Callelongue, la

jetée du grand large, la buvette du Pharo…

«Marseille qu’on voit sous toutes ses coutures,

comme souvent New York dans les comédies

américaines.» Ces rendez-vous donnent lieu à

des scènes parfois étonnantes, comme celle avec

Monsieur X, au Cercle des nageurs, qui la

transforme en structure recevant des Playmobil.

Une seule escapade, à Nîmes, pour une

rencontre-ballet avec un danseur. On ne vous

dévoilera pas le dénouement, on vous dira juste

que la scène finale est au Frioul, «l’île de l’amour»

pour Emilie.

Pour ce tournage, particulier, Sophie Cattani

découvrait devant la caméra, souvent dans un

Chercher le garçon de Dorothée Sebbagh

plan séquence, les acteurs successifs ; ensemble

ils improvisaient, et la scène était filmée comme

un documentaire, une rencontre réelle ! «J’avais

2 ou 3 heures pour séduire à partir d’un petit

canevas, explique Sophie Cattani, et cela

demandait une grande énergie !» Elle en a mis

beaucoup, en effet. Elle porte superbement le film

et il est certain que beaucoup d’hommes auraient

aimé faire partie du casting ! Certains l’ont confié

à la fin de la projection…

Une agréable promenade en cinéma avec cette

comédie légère made in Marseille.

ANNIE GAVA

Chercher le garçon est à l’Alhambra

Cinémarseille depuis le 9 mai

Le court confidentiel

Le 9 mai, une trentaine de spectateurs a assisté à

la séance de La région suit son court !, une

sélection de 5 courts métrages qu’elle a

soutenus. Parmi les films, le plus intéressant est

Brûleurs de Farid Bentoumi. Brûleurs est le

terme par lequel, en Algérie, on désigne ceux qui

quittent le pays par la mer. Amine, un jeune

Algérois, achète un caméscope dans une

boutique d’Oran. Il filme des souvenirs de sa ville,

de son appartement et des images de ceux qu’il

aime. Farid Bentoumi a fait un choix original : un

film caméra au poing, faussement amateur,

comme si les images étaient filmées par son

héros, pleines d’énergie, d’euphorie à l’idée de

quitter ce pays sans avenir, dans l’inconscience

du danger et de la mort.

Brûleurs de Farid Bentoumi

Dans Sybille, qui cherche une voie nouvelle pour

sa vie, de Naël Marandin, on apprécie le jeu de

l’actrice Magali Woch. Tout comme celui d’Eyé

Haidara dans le rôle d’une jeune routarde invitée

par Emmanuelle pour son fils Mathias, qui abuse

de la jeune femme : Mar Vivo de Cyril Brody, est

tourné à la Seyne.

Et ils gravirent la montagne de Jean-Sébastien

Chauvin démarre sur une fausse piste, celle de

jeunes criminels, poursuivis par leur employeur ;

un téléphone organique, menaçant, trouvé en

pleine nature, fait dériver vers la piste fantastique

puis vers le récit initiatique ; des acteurs qui

surjouent, un scenario un peu infantile, heureusement,

il y a les décors naturels de ce court, trop

long !, tourné dans les Clues de Barles, près de

Digne.

Le film d’animation de Gérard Ollivier, Un Ogre,

est une fable écologique qui, en dessins simples

à l’encre de chine, interroge notre société de

consommation et l’enfant/ogre qui est en nous.

Une sélection variée donc, mais on ne peut que

regretter l’organisation de cette soirée : les horaires

sont imprécis, les films ne sont pas présentés

et aucun réalisateur n’est là, à la Maison de la

Région. Si on veut que les courts métrages soient

vus par un public plus nombreux, et que le travail

de ces réalisateurs soutenus par la Région puisse

être reconnu, il faudrait que ces soirées soient

mieux relayées !

ANNIE GAVA


Présents,

les ouvriers !

On parle aujourd’hui de la lutte des FRALIB. Mais qui se

souvient du combat qu’ont mené, en 2009, durant 5 mois les

ouvriers de l’usine LEGRE-MANTE, spécialisée dans la

fabrication d’acide tartrique et située dans à la Madrague,

quartier de Marseille, face à la mer ? Le patron se déclare en

faillite et fait interdire, un matin, l’accès des locaux aux

ouvriers par deux vigiles. C’est ce que nous apprenons par le

témoignage d’un des délégués du personnel à qui Christine

Thépénier et Jean-François Priester donnent la parole dans

le film grave, triste et beau, Disparaissez les ouvriers !

Durant ces 5 mois, les cinéastes ont suivi ces hommes qui

ont accepté de guider leurs pas dans cette usine qui a arrêté

une production pourtant florissante sur le marché mondial,

leur montrant ses failles, les outils rongés par la rouille, les

murs lépreux, la cantine vétuste, les locaux signalés non

conformes par le comité hygiène et sécurité. Ils parlent

librement de leurs conditions de travail très difficiles, acceptées

de peur d’une perte d’emploi, des tâches dangereuses

imposées aux intérimaires, de longue durée, jusqu’à 19 ans

pour certains ! Avec beaucoup d’humour, l’un évoque la

«victoire» de l’augmentation de la prime de salissure, 3 euros

mensuels de plus, payée avec 5 mois de retard ! L’autre, la

réponse du patron devant un local menaçant de s’écrouler :

«Mettez un casque !» Ce patron, M. Margnat, ami de M.

Gaudin, plein de morgue et de mépris, leur jette un jour :

«Votre condition m’importe peu !» ; et n’hésitera pas à saboter

l’outil pour faire fuir un repreneur potentiel !

Christine Thépénier et Jean-François Priester permettent,

en les filmant superbement, qu’on se souvienne de ces

hommes dignes et courageux qui attendaient que la justice

répare cette opération frauduleuse. Mais le terrain intéressait

des promoteurs immobiliers ! «L’injustice, ça provoque la

haine» dit une femme à la fin du film. Hélas, ils ont été

déboutés et ont perdu le procès en appel de la décision du

tribunal de commerce qui avait prononcé la liquidation

judiciaire.

Leurs paroles, fortes, restent longtemps dans la tête des

spectateurs. Pour qu’ils ne disparaissent pas, les ouvriers !

ANNIE GAVA

Le film a été présenen présence des réalisateurs

le 16 mai au cinéma Les Variétés à Marseille

Les Variétés

08 92 68 05 97

www.cinemetroart.com

Disparaissez les ouvriers

de Christine Thepenier

et Jean-Francois Priester


64 LIVRES/DVD ART

À la plage

En parallèle à leurs activités professionnelles respectives,

Alessandro Albert et Paolo Verzone forment

un duo menant des projets à visée sociétale, de nature

documentaire. Au tournant historique de l’ex URSS,

leur première collaboration, Moscow Project, proposait

aux moscovites de se présenter librement face à

l’objectif. La série recevra le prix Kodak en 1992 et

sera exposée aux Rencontres de la photographie

d’Arles. Réalisé de 1994 à 2002, Seeuropeans reprend

une démarche similaire mais à la rencontre des usagers

des plages européennes et uniquement en noir et

blanc. De la Finlande à l’Espagne, point de merveilleux

estival et de bonheur surfait. Les clichés d’Albert

et Verzone sont à double détente. Des gens apparaissent

bien ordinaires pourtant comme le note Christian

Caujolle dans la préface, leur singularité dans leur

diversité apparaît progressivement dans l’homogénéité

de la série, celle-ci obtenue selon une sorte de rituel

immuable : chambre argentique 10x12, posée sur

pied, noir et blanc, frontalité, champ souvent restreint.

Les badauds balnéaires invités à se faire portraiturer

devant l’objectif, se présentent dans leurs tenues du

moment et postures de leur gré plus ou moins

spontanées. Dans cet ensemble d’apparences attendues

ou surprenantes tout juste se rend-on compte de cette

dame en élégante tenue de ville au bord de l’eau…

Seeuropeans tente la simple gageure de construire une

Europe à partir du sable. Les deux séries sont visibles

actuellement au CRAC de Sète.

CLAUDE LORIN.

Seeuropeans

Alessandro Albert, Paolo Verzone

Images Plurielles éditions, 25 €

Des hommes véritables

Janvier 2007, 11 heures. Miquel Dewever-Plana quitte

Ocosingo en bus, la route goudronnée pour un

chemin de terre, et s’apprête à traverser ce qui «fut

pendant des siècles une forêt luxuriante, poumon vert

du Mexique». Il abandonne le vacarme des chansons

rancheras 1 au profit d’un «silence libérateur». Le voilà

seul, sac au dos, en marche pour le village de Naha’.

Ce n’est pas son premier voyage ! Depuis 10 ans le

photojournaliste réalise son rêve en partageant régulièrement

la vie des Indiens Lacandons, les Hach

Winik, ces «véritables hommes» comme ils se nomment,

pas toujours fidèles aux clichés de son imaginaire…

Car ce qu’il a découvert est tout autre chose : la jungle

a laissé place «à de gigantesques étendues de pâturages»,

le Coca a remplacé le balché 2 , les soap-operas

mexicains les fêtes familiales, les pasteurs évangéliques

le culte des ancêtres. Ces villages d’à peine mille âmes

souffrent chaque jour un peu plus de voir changer leur

monde, celui de leur enfance et de leurs prières.

Barcelone 2009, New York 1949. Miquel Dewever-

Plana se souvient et écrit ; Paul Bowles publie la

nouvelle Le pasteur Dowe à Tacaté. Entre les deux, 60

ans d’une fin annoncée et des photos embrumées, au

plus près des Indiens en tunique blanche et aux cheveux

longs. Comme un écho troublant, les deux textes

se répondent dans l’ouvrage édité par Le Bec en l’air,

amplifiant notre trouble devant ces silhouettes souvent

floutées, ces instants «volés» et cette impression bizarre

d’éternité. L’issue sera pourtant fatale, et les Hach

Winik verront leur forêt sacrifiée. Et eux avec.

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI

1

rancheras : genre musical populaire d’origine mexicaine

2

balché : boisson rituelle légèrement alcoolisée

Hach Winik

Miquel Dewever-Plana

avec une nouvelle de Paul Bowles

Le Bec en l’air, 30 €

Miquel Dewever-Plana était l’invité

du festival CoLibriS

Post minimaliste

Les premières recherches de Claudine Humblet ont

amené l’auteur à s’intéresser à l’art construit européen

puis plus tard à l’art d’Amérique du nord. Elle publiera

chez Skira deux importants ouvrages, La Nouvelle

Abstraction Américaine 1950-1970 et l’Art Minimal.

Dans cette continuité, une trilogie est à paraître chez

le même éditeur sur les sujets Post Minimalisme et Anti

Form puis L’Art Conceptuel. Cette monographie sur

Bruce Nauman en constitue le premier volume. Avec

le même souci d’exigence et d’exhaustivité, Claudine

Humbert présente et analyse l’œuvre de cet artiste

protéiforme, acteur majeur de l’art américain depuis

les années soixante. Si son travail a été parfois réduit à

la catégorie de l’art conceptuel, Claudine Humblet

apporte suffisamment d’éléments historiques et critiques

(voir l’iconographie et la bibliographie généreuses)

pour dépasser largement cette classification. En témoigne

le sommaire annonçant la diversité des champs

explorés que sont entre autres les emprunts à Wittgenstein

ou Duchamp, les relations à la pensée

particulière de Beckett, le Funk Art, les œuvres en

latex, fibre de verre, néon, ou encore, la vidéo, les

installations, la performance, les Tunnels, les fameux

Corridor, sans compter sur les cycles des têtes, des

mains ou les animaux… Cet essai aux allures de beau

livre qui se clôt sur l’étude des versions de l’installation

Mapping the studio évoquant la solitude de l’artiste

dans son atelier, nous permet de saisir une œuvre tout

autant existentielle que conceptuelle.

C.L

Bruce Nauman ou la relation de l’Art à la Condition

humaine : Un autre aspect de l’art post-moderniste

Claudine Humblet

Skira Editore, 59 €


La tête et les jambes

L’architecture s’enseigne t’elle sur le terrain, le chantier

ou à travers les livres et la parole des maitres ? De

quelles manières se sont renouvelées les diffusions des

savoirs selon les ouvrages, les contextes ? Très heureuse

initiative des éditions belges Mardaga, L’atelier et

l’amphithéâtre, les écoles de l’architecture, entre théorie et

pratique se révèle un ouvrage précieux sur l’enseignement

de l’architecture. Regards croisés sur l’art de

transmettre à Paris dès le début du XIXème siècle tant

aux Beaux-Arts (esthétique) que dans les pépinières

d’ingénieurs (rationalité fonctionnelle, constructive,

Unesco ou pas

Entre sites classés et sites candidats, la Provence, et la

Corse associée ici, regorgent de beautés tant naturelles

qu’architecturales. L’ouvrage de Marie Tranchant et

Alexandre Lenoir s’attache à leur recensement

illustré.

Depuis 1972, l’Unesco a établi une liste de chefsd’œuvre

dont la valeur patrimoniale exceptionnelle

mérite protection et attention mondiale. 936 merveilles

du monde ont été recensées. Le rôle de l’Unesco

consiste en leur préservation et leur transmission aux

générations futures, comme en un livre doré des

beautés du monde et des civilisations qui l’occupent.

Cinq lieux se trouvent en région PACA (et Corse) :

Arles (antique et romane), le centre historique

d’Avignon (centre du monde occidental pendant cent

ans avec les papes), le théâtre antique d’Orange

Le soleil revient après un long hiver, les abeilles retrouvent

le chemin des fleurs et l’on guette déjà les

premières cigales. Le petit livre Provence et Côte d’Azur,

50 sites incontournables apparaît comme le compagnon

des beaux jours, 8 circuits (de 160 à 320 km chacun),

plus de 30 balades pedibus, des cartes, des explications

précises, accompagnées de points sur l’histoire, la

toponymie, les cultures… et de très belles photographies

qui donnent envie de partir. Le tout est assorti

de conseils pratiques : la beauté du petit jour aux

monts du Ventoux ne doit pas faire oublier une petite

économique), de la préparation aux Prix de Rome à la

prise en compte de nouvelles aspirations climatiques,

l’ouvrage couvre de manière détaillée et richement

documentée un aspect essentiel, peu souvent abordé,

de cet art qui, comme nul autre, ancre notre réel dans

ses pratiques.

FRÉDÉRIC ISOLETTA

L’atelier et l’amphithéâtre

Guy Lambert et Estelle Thibault

Mardaga, 29 €

(superbe héritage de la Rome impériale), le golfe de

Porto (patrimoine naturel inestimable), la citadelle

de Mont-Dauphin (avec son plan en étoile dressé sur

le plateau des «Mille vents»). S’ajoutent deux éléments

classés au titre de patrimoine immatériel, la Tarasque

de Tarascon (sa légende, les rites qui lui sont attachés)

et le cantu in paghjella, avec ses règles spécifiques, où

trois voix se tissent, complices et émouvantes. Et il y

a les sites qui attendent leur classement, label de

prestige universel, mais surtout gage de pérennité, de

préservation. Ainsi, la Camargue, la Montagne Sainte-

Victoire, la rade de Marseille, le parc national de

Port-Cros, l’œuvre architecturale et urbaine de Le

Corbusier, les bouches de Bonifacio, Glanum, le parc

du Mercantour, méritent largement la consécration

de l’Unesco !

Éric Rohmer, pédagogue

En 1963 la Radio Télévision Scolaire recrute un jeune

professeur de français en disponibilité, Maurice Schérer

alias Éric Rohmer, fraîchement évincé des Cahiers

du cinéma par une «conspiration» qu’il qualifiera

d’«amusante». Il réalisera jusqu’en 1970 pour la RTS

une trentaine de programmes touchant à l’architecture,

aux sciences, au cinéma, à la littérature. Le

CNDP vient d’éditer une sélection de ces petits films

accompagnés de leurs fiches pédagogiques rédigées par

le réalisateur lui-même, un documentaire de Jean-

Louis Cros sur le travail de Rohmer à la télé, une

interview de René Clair, Jean Rouch et Jean-Luc

Godard sur L’homme et les images et un long entretien

d’Hélène Waysbord avec le cinéaste peu avant sa

mort. Ce coffret de quatre dvd s’éclairant mutuellement,

intitulé très justement Le laboratoire d’Éric

Pratique des balades

laine, la promenade dans le Colorado de Rustrel (pas

la peine de prendre un avion !) peut durer une heure

quinze ou trois heures selon votre rythme… n’oubliez

pas votre carte au débarcadère de l’île Saint Marguerite

!... Bref, un ouvrage facile à manipuler, qui donne de

belles idées de découverte.

M.C.

Provence et Côte d’Azur 50 sites incontournables

Christine Dufly et Hervé Le Gac

Ouest-France, 12,50 €

LIVRES/DVD 65

Un très bel ouvrage, simple, concis et riche à la fois.

Les photographies des lieux, superbes, constituent à

elles seules un éloquent plaidoyer !

MARYVONNE COLOMBANI

Le Patrimoine

Mondial de la

Provence

Marie Tranchant et

Alexandre Lenoir

Ouest-France,

23,90 €

Rohmer, montre l’importance de cette décennie pour

la genèse et la maturation des projets du cinéaste. On

y retrouve son goût pour la conversation qu’il affirme

cinématographique et l’annonce de Ma nuit chez

Maud dans Entretien sur Pascal, son amour du littéral

et l’embryon de Perceval dans l’émission consacrée à ce

Conte du Graal. De Métamorphose d’un paysage, leçon

de géographie et d’esthétique à Entretien sur le béton où

Claude Parent et Paul Virilio donnent quelques clés

essentielles de l’architecture du XXème siècle, des

Cabinets de physique au XVIIIème siècle au Mallarmé en

majesté, interrogé par un journaliste fictif hors champ,

Rohmer donne à voir, à entendre, à lire parfois, ouvre

sans cesse des perspectives. Si ces films peuvent paraître

datés dans leur noir et blanc cathodique, avec leurs

intervenants fumeurs de pipe ou de cigare au vocabulaire

foisonnant et à la syntaxe professorale exemplaire,

ils demeurent d’une grande pertinence et leur

intelligence rend heureux. ELISE PADOVANI

Le laboratoire d’Éric

Rohmer, un cinéaste à la

télévision scolaire, 2012

Scérén CNDP-CRDP

Collection Présence

de la littérature


66 LIVRES/CD MUSIQUE

Une expérience commune

«Le 1 er Prix du Concours Pierre Barbizet, que j’ai remporté

en 1994, a été suivi de nombreux concerts à

Marseille et alentour. Du coup, moi la Parisienne, je me

suis sentie comme adoptée par la région !» Pour le dernier

concert de la saison de la S.M.C.M (voir p. 31),

Claire-Marie Le Guay a repris des opus enregistrés

dans Voyage en Russie, paru au moment de la «Folle

Journée» de Nantes, et Vertiges, synchrone à l’année

Liszt (2011).

Sa «Mosaïque de la Russie» proposait «de grandes pages

d’expression pianistique pure, romantiques et poétiques,

de Rachmaninov, Scriabine et un roc planté au milieu :

la 3 ème Sonate de Prokofiev, frontale, à la matière ferme»,

quand son étourdissant hommage à Liszt incluait la

Sonate en si mineur. La pianiste décrit cette dernière

comme «un voyage à la dimension spirituelle. Une œuvre

qui offre matière à réflexion, un bloc sonore qui semble

être une allégorie de la vie. Une expérience à vivre, à

traverser en commun : celui qui l’écoute et celui qui la

joue. On se lance là-dedans avec le public» ajoute-t-elle,

«c’est un vrai rendez-vous qui s’achève dans un climat

énigmatique posant des questions fondamentales à l’être

humain.» Suivons-là donc dans la vigueur et la fluidité

qu’elle imprime à l’héroïque mouvement !

PROPOS RECUEILLIS PAR JACQUES FRESCHEL

Vertiges

CD Accord / Universal 476 4244

Voyage en Russie

CD Mirare

MIR169

Piano-impro-électro-live…

Le premier album électro-acoustique de Nicolas Canté

a été présenen janvier à la Cité de la Musique à

Marseille. Improvisium est un solo improvisé donc,

performance sur piano préparé électroniquement

gravée sur le vif dans la salle du Cri du Port, point de

départ annoncé d’une suite de productions du même

type. Jazzman issu du conservatoire d’Aix-en-Provence,

l’artiste travaille sur les claviers (acoustiques et

électroniques) aux frontières du jazz, de l’improvisation

et de l’électronique. Révélation du Printemps

de Bourges il y a deux ans, il s’est fait connaître avec

son projet Mekanik Kantatrik. Cet opus révèle une

démarche originale qui nous entraîne dans un trip

sonore autour du clavier et son potentiel électroacoustique.

J.F.

Improvisium

Nicolas Canté

CD Kantatik Musik KMNC1

Nocturne

Onzième album des infatigables And Also The Trees,

Hunter Not the Hunted constitue dans la carrière,

commencée il y a plus de trente ans, de ce groupe si

british, une parenthèse particulière : mélancoliques et

presque romantiques, si différents mais au demeurant

d’une telle unité, les titres étonnent, élégamment.

Produit également en disque vinyl, une certaine authenticité

teintée d’un retour aux sources acoustiques

rappelle aux adeptes de la première heure de très bons

souvenirs, même si cet opus conserve batterie et un

brin d’électricité. Née sur les cendres du punk,

l’élégante noirceur britannique si poétique est donc

toujours vivante !

FRÉDÉRIC ISOLETTA

Hunter Not the Hunted

And Also the Trees

AATT

Differt-ant’

Figues moisies contre Raisins aigres

Il y a quelques temps, Raphaël Imbert, lors d’une conférence

à la Cité de la Musique, mentionnait un travail

de recherche et de collectage auprès des témoins de la

scène jazz marseillaise du siècle dernier, avant que

ceux-ci ne viennent à tous disparaître. L’ouvrage est

prêt aujourd’hui : près de 300 pages qui traitent d’une

histoire du jazz à Marseille, des années 1917 à nos

jours. Un travail d’enquêtes, en trio, qu’ont entrepris

Gilles Suzanne, maître de conférence en esthétique à

l’Université d’Aix-Marseille, Michel Samson, ancien

correspondant du journal Le Monde et Elisabeth

Cestor, sociologue. On y évoque des tranches de vie

de nombreux temples de cette musique, le Longchamp,

le Saint-James, la Chistera ou encore les bars

à entraîneuses plus ou moins bien famés, le Pelle Mêle,

le Cri du Port... Des anecdotes plus ou moins sulfureuses,

des querelles de chapelle... Dans quel terreau les

jazz se sont nourris à Marseille, comment se sont

opérés ses modes de transmission. Un jazz qui réveille

les âmes et les préserve de la soupe médiatique

d’aujourd’hui, temps de cerveau disponible oblige ! Où

l’on voit que Marseille a contribué, et contribue, à sa

vitalité.

DAN WARZY

À fond de cale 1917-2011

Un siècle de jazz à Marseille

Gilles Suzanne, Michel Samson et Elisabeth Cestor

Wildproject, 22 €

coll. À partir de Marseille, dirigée par Baptiste Lanaspeze


Occitan de combat

Lo Còr de la Plana a placé la présentation de son

nouvel album entre les 2 tours des élections. Coïncidence

cocasse ! Chez ces troubadours des temps

modernes, la lutte continue ! Depuis le Grand Prix de

l’Académie Charles Cros (2003 disque Es lo titre), Lo

Còr n’a cessé d’explorer textes, musiques, s’appropriant

un répertoire, le revisitant sans cesse. Dans le

hall de la Cité de la Musique, Manu Théron, Sébastien

Spessa, Rodin Kaufmann, Benjamin Novarino-Giana,

Denis Sampieri, chantent des extraits de Marcha dans

un échange festif et porteur de messages. Les textes et

chansons appartiennent au répertoire marseillais,

traditionnels, Trobaïres Marselhés du XIXème, Clozel,

Michel Capoduro…, agrémentés de créations de

Manu Théron. Des polyphonies innovantes et riches.

La Libertat de Clozel, qui n’était autre que l’ami de

Cézanne, le poète Joachim Gasquet, sonne, vingt ans

après la Commune, comme un hommage et un appel

à la révolution… Siás la musa dei paurei gus, ta cara es

negra de fumada. Teis uelhs senton la fusilhada. Siás una

flor de barricada. Siás la Venús. Libertat ! (Tu es la muse

des pauvres gueux. Ta face est noire de fumée. Tes yeux

sentent la fusillade. Tu es une fleur de barricade. Tu es

la Vénus. Liberté !).

Chansons politiques, anticléricales, sociales, clin d’œil

à nos éternels combats contre l’autorité, et l’insolence

des censeurs de tous ordres. Comme il est écrit sur un

mur, à l’entrée : L’ora es venguda ! L’heure est venue !

Le quintette vocal et percussif (mains, pieds, bendir)

est d’une énergie incroyable et d’une précision

diabolique : bourdons, ostinato, départs martelés, sons

filés, polyrythmies, contretemps en percussions

corporelles ; un festival polyphonique pour mieux

dériver, lutter et continuer de rêver en créant, debout!

À consommer… tous les jours !

YVES BERGÉ

LIVRES/CD 67

Marcha

Lo Còr de la Plana, 18€

Lo Còr de la Plana a présenté son nouvel album

le 24 avril à la Cité de la musique, Marseille

(voir également p. 15)

Vestiges exhumés…

Nombre de ces musiques nées de la plume de compositeurs

de Provence ont été ensevelies sous des couches

d’oubli. Si les plus célèbres sont signées des baroques

Campra ou Jean Gilles, connaîtrait-on aujourd’hui

Poitevin, Villeneuve, Belissen, Desmazures ou Pierre

Gautier, sans la persévérance de musiciens à tête

chercheuse tels que Guy Laurent ? À Aix («Marseille

ne s’intéresse pas, hélas, à son patrimoine» précise le chef,

flûtiste et chanteur), après 25 ans à la tête des Festes

d’Orphée, son entreprise est considérable en matière

de re-créations, de «diffusion des richesses musicales

méconnues de notre région» et d’édition discographique

d’opus inédits, tels qu’on en trouve dans la série Les

Maîtres Baroques de Provence. «C’est l’une de nos

missions» déclare Guy Laurent à propos de cette

anthologie des musiques historiques provençales.

Dans le 4 ème volume de la collection, on découvre un

magnifique Requiem, «lié à la figure héroïque de la

Grande-Peste, considéré presque comme un saint : Monseigneur

Belsunce. Le testament musical d’Audiffren est

introduit par l’émouvante oraison funèbre de l’évêque

avec une déclamation baroque recréée.» De Vallière,

musicien oublié de la vie musicale arlésienne au 18 ème

siècle, «seul ce Magnificat nous est parvenu». Le disque

comprend également des «Suites instrumentales inédites

de Gautier» : La Ciotat rendra hommage en 2013 à cet

enfant du pays. «On découvre enfin trois Motets de

jeunesse écrits à Aix par Félicien David, compositeur

romantique qui trouve actuellement un regain d’intérêt».

PROPOS RECUEILLIS PAR JACQUES FRESCHEL

Maîtres baroques de Provence

CD Parnassie édition PAR1201

www.orphee.org

Musiciens d’aujourd’hui

Sans la conviction de jeunes artistes et la persévérance

de labels indépendants, nous aurions peu accès aujourd’hui

à nos musiques. De fait notre patrimoine,

loué par tous pour sa capacité à générer des valeurs

communes, s’appauvrirait, pour ne constituer bientôt

qu’un musée du passé.

Le tout jeune Quatuor Sendrez a créé en 2009 le

Quatuor de Michel Sendrez et porte désormais son

nom. Si cette œuvre est inspirée par un voyage dans la

forêt amazonienne, le Quatuor Yuan Fen (2010) de

Thierry Huillet est, quant à lui, écrit à partir d’un

voyage en Chine. Ces deux opus, composés dans des

langages différents, témoignent de la diversité des

sources d’inspiration des musiciens d’aujourd’hui. On

découvre aussi une belle Partita concertante pour flûte

(Sandrine Tilly flûte solo au Capitole de Toulouse)

de Nicolas Bacri, comme une pièce haletante du

Marseillais d’adoption Florent Gauthier.

Ce dernier, après sa rencontre avec Pierre Boulez et ses

classes au CNSM de Paris, est venu s’installer en 1995

sous nos tropiques. Son 2 ème Quatuor Loops (2010)

dure une dizaine de minutes. Au gré d’un «matériau

clairement identifiable, un accord, un rythme en double

croches et un motif mélodique très court», le compositeur

nous entraîne dans une cavalcade, voyage sonore

captivant qui revient invariablement à son «point de

départ»… Un opus à découvrir au catalogue d’un

musicien qui a le vent en poupe : créations prochaines

d’un Livre pour piano, d’un Opéra à Paris et de son

Concerto pour flûte par l’orchestre de l’Opéra de

Marseille !

J.F.

Quatuor Sendrez

CD Triton TRI331171

www.disques-triton.com


68 LIVRES ESSAI

La salive des étoiles

Agone consacre le n°48 de sa Revue à un philosophe

exceptionnel : Jacques Bouveresse. Pourquoi exceptionnel

? Par sa rigueur philosophique et politique,

deux qualités rarement conjuguées. Sa critique des

médias, pour le dire simplement, et de tout l’appareil

intellectuel de domination ne cesse d’être un des enjeux

de sa pensée, en alternance avec sa «philosophie

du langage et de la connaissance» dont il avait la chaire

de 1995 à 2010 au collège de France. Travaillant avec

Bourdieu et Chomsky entre autres pour les plus

connus, il n’a jamais choisi d’être parmi les «chiens de

garde» de l’idéologie. Première expression d’une

cohérence politique sans compromission, corroborée

par son refus de toute distinction honorifique.

Comme le rappelle Thierry Discepolo dans un des

treize articles qui organisent cette revue, l’intérêt de

Bouveresse pour le satiriste Karl Kraus du début du

20è siècle participe à cette analyse du discours dominant,

et à la dénonciation de l’ordre capitaliste mondial.

Les parallèles de Discepolo entre l’analyse de Kraus

par Bouveresse et sa lecture du Monde sont saisissants.

Le plus grave dit-il, rappelant les mots du philosophe,

n’est pas tant la complicité des médias et des intellectuels

avec la domination, ses schémas et sa

novlangue, mais la discréditation violente de ceux qui

combattent cette soumission de la pensée.

Bouveresse est d’abord le philosophe de la raison,

comme le développent plusieurs articles. Mais quel

philosophe ne s’en revendique pas ?! Dans le premier

article de la revue, Claudine Tiercelin souligne et

ironise la délégitimation de l’idée de rationalité par la

philosophie post-moderne française. Il conviendrait

pourtant que Tiercelin, en philosophe analytique,

Une anthropologue quitte régulièrement São Paulo,

de 1978 à 1983, pour une immersion radicale chez les

indiens Suruí. Tout au long de ses différents séjours,

elle prend des notes destinées à sa thèse de doctorat, et

c’est ce matériel qu’elle restitue ici sous une forme bien

différente. Les Carnets sauvages de Betty Mindlin ont

été rédigés à partir des griffonnages originaux, laissant

la place aux ressentis de l’auteur, à ses fantasmes, et faisant

même appel à la fiction... Le tout demeure d’une

grande rigueur ethnographique, ce qui peut sembler

paradoxal, mais n’en est que plus fascinant.

On se retrouve témoin des tensions qui occupent un

anthropologue sur le terrain : comment participer sans

influencer, comment défendre sans aliéner ? Betty

Mindlin est navrée de voir que les indiens entrés récemment

en contact avec l’homme blanc ne pensent plus

qu’à consommer... pourtant, elle les aborde elle-même

avec les petites culottes et miroirs dont ils sont friands.

Elle est frappée par leur économie très différente de ce

qu’elle imaginait : «La production est communautaire,

et non collective, faite d’échanges et de coopération, et non

de propriété et de travail commun à tous.»

Si elle prend grand plaisir au mode caressant sur lesquels

les Suruí communiquent, elle n’idéalise pas cette société

de nudité idyllique, constate avec un choc que les

femmes sont considérées comme des objets d’échange,

et que l’on tue les jumeaux à la naissance, si certaines mères

courageuses ne parviennent pas à s’opposer à la volonté

générale.

De son militantisme, de ses efforts constants pour défendre

les indiens face aux colons ruinant leur environnement

et leur mode de vie, elle parle peu, mais on perçoit

tout au long de l’ouvrage son amour profond pour ce

monde sauvage -encore un temps- où la magie est

partout perceptible, où l’on se baigne au matin dans

la rosée tombée du ciel, Xiotikapssii, la salive des étoiles.

GAËLLE CLOAREC

Carnets sauvages

Betty Mindlin

Métailié, 21 €

Betty Mindlin était présente à Marseille

durant le festival CoLibriS (voir p. 72)

De la pensée, sans soumission

rappelle les arguments de Foucault contre les excès de

rationalité : une sournoise opposition persiste dans la

philosophie entre la pensée analytique de tradition

anglo-saxonne et celle, continentale et historique, aux

influences allemandes et françaises.

Et Bouveresse est justement ce lien qui permet à la

tradition analytique de s’occuper sérieusement de

politique. Car la philosophie n’est-elle pas une

politique de la vérité ?

RÉGIS VLACHOS

La Philosophie malgré eux

Jacques Bouveresse, Jean Jacques Rosat,

Bruno Ambroise, Jean-Matthias Fleury,

Christian Bonnet, Sophie Djigo

Revue Agone 48, 20 €

Avec un dossier Cinéma, propagande et stalinisme

présenté par Charles Jacquier

Le fil d’Orphée

Et si la musique aidait à mieux vieillir ? Les musiques de

la vie de l’éthologue Virginie Pape souligne l’importance

de la musique dans l’amélioration des conditions

de vie, particulièrement en gérontologie et soins palliatifs.

Pourquoi écrire un livre sur un tel sujet ?

L’écriture de cet ouvrage est la résultante de ces années

passées à observer, partager, vivre la musique à chaque

rencontre au cours de mon quotidien d’éthologue

spécialisée en neuro-acoustique. Les questions sont

venues simplement : d’où vient cette influence de la

musique sur l’Homme ? Pourquoi redonne-t-elle vie et

force à des personnes âgées ou malades ? Dans ces pages

j’explique les différents impacts des musiques sur

les comportements humains, mais aussi sur tous les

organismes vivants, qu’ils soient végétaux ou animaux.

La musique, placée ici au carrefour de plusieurs disciplines

scientifiques, se révèle avoir des effets uniques.

Elle constitue un excellent moyen de soutien pour le

patient et son entourage, et limite également le glissement

des personnes âgées vers une situation négative.

Comment se sont déroulés vos travaux ?

De nombreux travaux démontrent l’impact de la musique

sur l’enfant et ont fait conclure que le cerveau

est doté de régions consacrées à la perception musicale.

D’où la question des impacts de la musique sur les

personnes âgées ou atteintes de dégénérescence nerveuse,

neurologique. Après plusieurs années d’observations

nous avons mis au point des protocoles d’application,

à travers des ateliers de musique et de chant en petite

enfance, en intergénérationnel, gérontologie, soins

palliatifs, qui sont suivis d’actions qui permettent aux

participants et patients d’entretenir relations sociales,

forme physique, mémoire, etc...

Vous êtes donc également musicienne ?

J’ai suivi un cursus musical : piano, violon, harpe,

danse, mise en scène, art dramatique. Le chant est

venu s’entremêler à tout ceci.

Pensez-vous que votre livre puisse faire avancer le

rôle thérapeutique de la musique ?

C’est son but ! La musique est capitale au quotidien et

dans le soin. Suite aux observations et analyses, j’ai pu

développer des protocoles d’application et le concept

de «musique comme lien et tuteur d’acceptance». Elle

peut nous permettre de mieux vivre, mieux grandir,

et mieux vieillir.

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR FRÉDÉRIC ISOLETTA

Les musiques de la vie

Virginie Pape

Odile Jacob


Heurs et malheurs d’un gang

Les truands ont toujours attiré les artistes. Leurs

conduites transgressives, leur goût du risque, leur

façon de faire la nique à l’ordre établi et à la mort qu’ils

trouvent immanquablement au bout du chemin, voilà

de quoi alimenter littérature, cinéma, chanson… et

BD. Dans cette lignée vient de paraître l’album Les

faux visages, «une vie imaginaire du Gang des Postiches».

Pour retracer la geste de ce gang atypique, qui

a défrayé la chronique dans les années 80 et a mis

longtemps la police sur les dents, un duo de choc était

nécessaire. Au scénario donc, David B., membre

fondateur de L’Association, auteur, entre (nombreux)

autres, de L’Ascension du Haut-Mal. Au dessin, Hervé

Tanquerelle, créateur, entre (nombreux) autres aussi,

de La communauté. En 151 pages et 9 chapitres, tous

deux retracent, sur un rythme nerveux et dans un style

à la fois réaliste et stylisé, l’histoire de ces 8 truands de

Belleville, des origines en 1975 à la dernière arrestation

en 2004. Le 1 er casse fait l’objet d’un chapitre entier ;

ce n’est pourtant pas cet aspect des choses qui semble

intéresser les 2 auteurs. Ils mettent plutôt l’accent sur

les raisons qui ont poussé ces 8 petits malfrats à

s’associer pour passer à la vitesse supérieure, sur les

fêlures intimes de chacun, sur la naissance de l’idée

géniale du déguisement et sur la fin nécessairement

tragique de la plupart d’entre eux. Une vision très

romanesque donc de ces bandits mythiques, auquel

le noir et blanc bleuté de Tanquerelle confère la

puissance nostalgique des images d’archives ou

d’anciennes séries TV.

FRED ROBERT

Les faux visages

David B, Hervé Tanquerelle

Futuropolis, 21 €

JEUNESSE | LITTÉRATURE

LIVRES 69

Hervé Tanquerelle sera présent jeudi 24 mai

à Saint Rémy de Provence et vendredi 25

à Marseille, dans le cadre des Escales en librairies

www.librairie-paca.com

Histoires

La collection Mon histoire chez Gallimard jeunesse

offre à ses lecteurs le double plaisir de la découverte

d’une époque et d’une intrigue. Le ton, d’emblée

attachant, laisse éclore une voix : la forme de journal

intime, loi de la série, y contribue ! On peut découvrir

en cette première partie de l’année deux nouveaux

romans, l’un, de Jean-Côme Noguès, Au temps des

crinolines, fait revivre l’exposition universelle de juillet

1855 à Paris, sous la plume fraîche et spirituelle de

Charlotte ; l’autre, La chanteuse de Vivaldi, évoque

un XVIII ème siècle trouble et brillant à travers les

confidences de Lucrezia, jeune orpheline élevée au Pio

Ospedale della Pietà de Venise, ville de la musique et

des masques. Le roman de Christine Féret-Fleury,

remarquablement documenté, peint une Venise

vivante où se nouent d’étonnantes intrigues autour du

chant et des opéras de Vivaldi. Concurrence entre les

castras et les sopranos, eaux troubles des canaux, magie

des costumes et de la scène, vie étrange des jeunes

orphelines, entre l’appel de la foi et la pratique de la

musique… Un roman délicieux, et instructif. De quoi

former le goût des jeunes lecteurs !

MARYVONNE COLOMBANI

Au temps des crinolines

Jean-Côme Noguès, 10,50 €

La chanteuse de Vivaldi

Christine Féret-Fleury, 9,50 €

Gallimard Jeunesse, Collection Mon histoire

À l’ombre du figuier

Deux parcours parallèles qui ne se croisent qu’une fois

constituent le long récit de François Devenne. Les

chapitres se succèdent alternativement pour suivre le

périple d’un jeune Massaï, Olélaïga, parti sur les traces

d’un vieil éléphant apparu dans ses rêves, et les

déambulations d’un délinquant kenyan, Joshua,

enrôlé par des braconniers à la recherche de l’ivoire.

Ce montage alterné permet à son auteur de tracer un

portrait complexe de la région du Kilimandjaro. En

effet ce géographe de formation connaît parfaitement

ces contrées, où il vécut une dizaine d’années -il a

d’ailleurs épousé une kenyane. Sa volonté de témoignage

alourdit parfois le récit d’explications didactiques

sur les traditions Massaï, l’élevage des troupeaux, le

rôle des femmes. Sur le rôle des blancs surtout,

responsables du développement du tourisme qui

trouble la vie sauvage et introduit la corruption ;

quelques pages évoquent, par exemple, le commerce

sexuel auquel se livrent de jeunes moranes pour

assouvir les désirs de femmes blanches vieillissantes.

Par contraste, la poésie des pages où la nature est

magnifiée, où l’on découvre les mœurs des éléphants

ou le rôle des indicateurs, ces oiseaux qui guident

l’homme sur l’emplacement des ruches sauvages… Et

c’est à l’ombre d’un figuier que la parole d’un vieux

devin Massaï permettra à Joshua de trouver la voie

d’une nouvelle vie.

CHRIS BOURGUE

La nuit d’ivoire

François Devenne

Actes Sud, 21 €

François Devenne

viendra présenter

son roman lors

du Festival

du Livre de la

Canebière

(voir p. 18)


70 LIVRES LITTÉRATURE

Des racines et des ailes…

Dans le mouvement inverse des héritiers de La Fontaine

impatients de labourer le champ paternel («un

trésor est caché dedans») le narrateur de Je la voulais

lointaine s’empresse d’enterrer, pour s’en débarrasser,

le sac trop lourd confié à sa mort par le grand-père

féticheur. Le narrateur se nomme Obama «un nom

d’oiseau» et c’est la première phrase de ce petit «roman»

au titre sagement programmatique, seul à prendre un

peu de distance justement : «la» c’est l’Afrique. Depuis

Tout ce Bleu (1996) Gaston-Paul Effa n’a de cesse

d’interroger son propre parcours, peu banal : offert à

l’âge de 5 ans à une congrégation religieuse, éduqué en

français et à l’issue de brillantes études auprès de Jean-

Luc Nancy et de Philippe Lacoue-Labarthe, l’auteur

enseigne la philosophie dans la région de Strasbourg.

Tout cela est extraordinaire mais ne va pas sans les

tourments attachés au conte de fées qui va trop vite.

Envoyé en France par son école, le jeune Obama,

habité par l’esprit de son grand-père («aigle à deux

têtes» ainsi se qualifie-t-il) fait l’exaltante et rude

Rauque et Baroque

Si l’herbe ne repousse pas où passe Attila, les éditions

varoises du même nom, elles, donnent de jeunes pousses

pleines de fraîcheur : une maquette impeccable,

des illustrations qui tiennent du livre d’enfant et des

danses macabres, des choix éditoriaux originaux, comme

la réédition des romans de l’espagnol Ramon

Sander. L’empire d’un homme est la réécriture d’un

fait divers. Dans une province reculée, où la vie paysanne

est rythmée par la chasse et l’allégeance à

l’aristocratie de l’argent de quelques riches propriétaires,

le loqueteux du village, Sabino, disparaît. Deux

ouvriers paysans, coupables commodes dans le climat

politique local, sont torturés et condamnés. Pourtant,

le disparu revient : résurrection du mort en christ

inquiétant, impossible retour à la vie des condamnés.

En miroir, le Roi et la Reine trace le récit plus singulier

encore d’un étrange couple. Dans son palais madrilène,

une belle duchesse, telle Diane au bain, se

Sur la plage abandonnée

Cyrille Derouineau aime les plages désertées, larges

étendues battues par le vent et la pluie, parasols oubliés,

cabines fermées. Marcus Malte aime les histoires

de famille et d’attente, blessures d’enfance et nostalgie.

Le photographe et l’écrivain se sont déjà rencontrés

dans le recueil de nouvelles Ostende au bout de l’est (Le

Bec en l’air, coll. Collatéral, 2009). Aujourd’hui, ce

sont les plages de la Côte d’Azur que Derouineau a

capturées dans l’objectif, avec toujours cette volonté

de montrer l’envers du décor touristique. Palmiers en

camisoles, transats repliés, cabanons défraîchis, statues

solitaires semblant scruter les flots… Le photographe

traque avec sensibilité les détails émouvants de ce

«monde à l’abandon». «Nul ne se dore au soleil froid de

février sinon peut-être les fantômes. Place aux absents.

Place aux morts.» C’est de cet endroit, vidé de toute

présence humaine, qu’Alice parle à Pierre, son frère

disparu à la fin de la guerre d’Algérie. Seule et sans

illusions, elle est comme les plages en hiver, jonchée

expérience de l’élu coupable et déraciné. Le récit de cet

écartèlement, constitué de fragments et de retours en

arrière souvent au plus que parfait, n’échappe pas à

une certaine naïveté : interprétant les signes de dérèglement

dans sa vie personnelle et professionnelle

(l’inspecteur n’augmente pas sa note pédagogique ; sa

petite amie le quitte...) comme une malédiction, le

narrateur n’a qu’une issue «le retour à une origine ellemême

ruinée et engloutie». Entre lyrisme de bon aloi et

emphase compassée, on en vient à déterrer le sac...

vide bien-sûr; mais le geste apaise et donne l’espoir de

«nouer les fils: le noir de mes origines au blanc de ma

destinée». Il en reste encore à écrire !... avec moins

d’innocence et davantage de désordre dans la langue ?

MARIE-JO DHO

Je la voulais lointaine

Gaston-Paul Effa

Actes Sud, 16 €

laisse voir nue par son jardinier, parce qu’elle ne le

considère pas comme un homme. Mais la guerre civile

qui éclate (on est en 36) renverse les rôles, trouble les

identités, mêle rapports de castes et fantasmes amoureux

dans le désir d’(être) un homme. Il y a entre ces

deux œuvres un fil : la dénonciation militante des

dominations sociales, par un auteur, journaliste anarchiste,

qui doit au franquisme la mort de sa femme et

de son frère, et son exil. Mais cette dénonciation prend

des formes oniriques, mythologiques, de contes cruels

et de cauchemars gris, à l’éclat unique et baroque. À

découvrir absolument.

AUDE FANLO

L’empire d’un homme

Le roi et la reine

Ramon Sander

Attila, 18 € chacun

des débris de l’été : morceaux d’enfance, éclats surtout

de la passion amoureuse qu’elle avait pour ce frère

chéri… Qu’elle a toujours, qu’elle lui redit, entre adoration

et ressentiment. Car les carnets de guerre de

Pierre, que Malte intercale entre les évocations d’Alice,

révèlent la face sombre du personnage et les exactions

commises là-bas, de l’autre côté de la mer. Mortes

saisons, par-delà les thèmes lyriques du temps qui passe

et de la déréliction des êtres et des choses, apparaît

donc aussi comme une réflexion engagée sur la guerre

d’Algérie. 50 ans après les accords d’Evian, ce n’est

sans doute pas un hasard.

F.R.

Mortes saisons

Marcus Malte (texte), Cyrille Derouineau

(photographies)

Le Bec en l’air, collection Collatéral, 15,50 euros.

L’auteur sera présent au 3è Festival du livre

de la Canebière du 8 au 10 juin

Marcus Malte sera présent au Festival du Livre de

La Canebière les 9 et 10 juin prochains


Famille au bord de la crise de nerfs

Cela commence par la mort de Mamie. Veillée funèbre

à la morgue de l’hôpital : «La grand-mère de Sergio

[…] n’avait pas son dentier, mais on lui avait rempli la

bouche de coton. Quelques petits filaments blancs sortaient

d’entre ses lèvres. […] Les hommes entassés dans

les coins de la pièce se racontaient des blagues salées ; les

femmes pleuraient de part et d’autre du cercueil, avec un

chagrin las, comme si elles se défaisaient des dernières

larmes gardées pour la circonstance, mais sans les gaspiller,

pour ne pas rester privées de ressources à la prochaine

occasion. En regardant le corps rigide de la morte, Sergio

comprit que plus personne ne s’interposait, à présent, entre

Disneyland et lui.» Ces quelques phrases donnent le

ton de cette chronique familiale contemporaine,

menée tambour battant par Santiago Roncagliolo,

scénariste, critique et romancier péruvien. Réalisme

cru, cynisme et humour décalé émaillent un récit

rythmé par des chapitres brefs, succession des petites

histoires, souvent secrètes, de tous les membres de la

famille, chat compris. Drôle de sarabande, où Eros et

Thanatos mènent la danse (macabre) version sitcom.

La mort rôde autour de cette famille bourgeoise de Lima

(le père n’a que quelques mois à vivre, le grand-père

sucre les fraises, le fils s’entretient avec des fantômes,

la fille flirte avec le suicide…). Du coup, les désirs s’exacerbent

(même ceux de Papi, même ceux du chat !),

créant des situations parfois scabreuses, souvent

cocasses. Un roman aux allures de vaudeville, moins

léger qu’il y paraît.

FRED ROBERT

Histoires indiscrètes d’une famille sans histoire

Santiago Roncagliolo

Seuil, 18 €

Vivre de rêve et de pois cassés

Comment subsister à Cuba en 1993, quand «vivre à

La Havane était comme se trouver dans une série mathématique

qui ne mène à rien» ? Coupures d’électricité à

répétition, transports aléatoires, alimentation réduite

au minimum… Pour ne pas sombrer, «les seuls trucs

qui n’exigeaient pas des efforts démesurés, c’était de

sourire, de faire l’amour et de rêver.» Ce à quoi s’emploie

Julia, une jeune chercheuse en mathématiques, la

narratrice du 3 ème roman de Karla Suarez traduit en

français. Dans un récit rétrospectif relaté à un interlocuteur

qui pourrait être un journaliste, ou le lecteur,

Julia raconte son «année zéro» à La Havane. Elle a alors

trente ans, des problèmes de logement et un travail

ingrat. Lorsque son ami Euclides lui parle d’Antonio

Meucci, un Italien venu à La Havane en 1835, qui y

aurait inventé le téléphone avant Graham Bell, bien

que l’histoire lui paraisse d’une ironie incroyable («Le

téléphone aurait été inventé dans cette ville où il ne

fonctionnait presque jamais !»), elle se lance passionnément

à la recherche du document prouvant que

l’Italien est bien le père du téléphone. Qui le possède ?

Les 3 hommes qui gravitent autour de Julia, Euclides

(son ex-amant), Angel (son amoureux) et l’écrivain

Leonardo (son amant occasionnel) auraient tous des

raisons de le dissimuler. Et de lui mentir. De fait, dans

cette équation au nombre croissant d’inconnues, Julia

perd parfois sa rigueur scientifique. Mais elle y gagne

une raison de vivre et d’espérer. Une jolie métaphore

sur la force des rêves (et de la fiction) et un bel

hommage à la joie de vivre et au courage inamovibles

des Cubains.

FRED ROBERT

La Havane année zéro

Karla Suarez, trad. François Gaudry

Métailié, 19,50 €

Nouvelles des écrasements

Arrivent en France, à peu près en même temps, deux

recueils incroyablement divers de Francesc Serés.

L’auteur Catalan, qui a reçu dès la parution de son

premier roman nombre de prix, d’hommages, de

compliments, fut traduit immédiatement en espagnol,

rapidement en anglais… mais les francophones l’attendaient

encore. Fin 2011 est parue La Force de

gravité, magnifique recueil qui nous plonge, et

particulièrement les Méditerranéens des ports, dans

l’histoire de nos familles. Pour peu qu’elles soient populaires,

laborieuses, touchées par les crises économiques,

politiques, mais aussi par la force du soleil et de la mer,

de la pêche et des cargos, des arrière-pays secs et des

fonds antiques. Avec, comme décor supplémentaire, le

poids d’une histoire plus tragique -le franquisme

affleure dès que le passé est évoqué- et d’un présent

qui s’exhibe comme des chaussures trop neuves qui

blessent les pieds. Les personnages vivent tous comme

à côté d’une réussite économique factice, à vendre des

artefacts aux touristes, à soigner leurs blessures par des

naissances, à renverser sur le bord de la route un SDF

devenu le témoin gênant d’un passé révolu, à lutter

contre la gravité. Mais plus encore que les 17 portraits

que ces nouvelles brossent, que les 17 paysages vivants

dans lesquels ils évoluent, c’est la manière très directe,

brutale, de plonger en leurs pensées et émotions qui

étonne, retient, transporte. Chacune de ces nouvelles

est une plongée en aveugle vers un monde et un mode

de narration inconnu.

Les Contes russes, qui viennent de paraître, sont plus

étonnants encore : l’écrivain Catalan y invente cinq

auteurs et, dans la belle tradition des impostures littéraires,

abandonne Barcelone pour les moujiks,

Poutine, la conquête spatiale, et le merveilleux des

contes… Mais il retrouve dans la toundra la même

humanité abîmée par la tragédie des peuples. Celle de

ces deux vieux qui retournent à Tchernobyl parce que

là est leur maison, leur vie, leur sens. L’histoire, au

fond commune.

AGNÈS FRESCHEL

Francesc Serès

La Force de Gravité

Fédérop 18 €

Contes russes

Jacqueline Chambon, 22 €

S.Roncagliolo était présent

au festival CoLibriS

Karla Suarez était invitée

au festival CoLibriS

LIVRES 71

Francesc Serès

était présent

lors du Festival

CoLibris

(voir p. 72)


72 RENCONTRES HOMMAGE | COLIBRIS

Séparés

Désormais, au Día de los Muertos, le Mexique cueillera pour

lui la fleur de zempaxuchitl, fleur orange des morts, comme

pour Moctezuma, le dernier empereur aztèque. Ce géant de la

littérature fut oublié du Nobel. Qu’importe, les jeunes écrivains

de langue espagnole se considèrent comme ses héritiers.

Les Écritures Croisées organisées par Annie Terrier ont su,

avant sa disparition, lui offrir l’hommage de ses lecteurs

et des écrivains contemporains les plus brillants.

Quant à ses œuvres, elles sont présentes, garanties d’éternité.

Plus encore que sa colossale œuvre romanesque, j’aimerais évoquer un petit ouvrage

critique, Cervantès ou la critique de la littérature. Carlos Fuentes y définit,

par le détour du Don Quichotte qu’il confiait relire chaque année, sa conception

de la littérature : «Quand la science, la morale, la politique et la philosophie découvrent

leurs limites, elles font appel à la grâce et à la disgrâce de la littérature pour qu’elle

résolve leurs insuffisances. Et avec la littérature ils ne découvrent que le divorce permanent

entre les mots et les choses, la séparation entre l’usage représentatif du langage et

l’expérience de l’être du langage. La littérature est l’utopie qui voudrait réduire cette

séparation. Quand elle la cache, elle s’appelle épopée. Quand elle la révèle, elle s’appelle

roman et poème : le roman et le poème du Chevalier à la Triste Figure dans son combat pour que

coïncident les mots et les choses ; le roman et le poème de l’artiste adolescent assassiné

par les choses et ressuscité par les mots.»

Puis, encore : «Les choses n’appartiennent pas à tout le monde, les mots si. Le poète naît

après son acte : le poème. Le Poème crée ses auteurs, comme il crée ses lecteurs.» Beaucoup

ont été créés lecteurs par la grâce de Fuentes. Merci.

MARYVONNE COLOMBANI

La voix des autres

Plus de 200 peuples recensés en Amérique centrale et

en Amérique du Sud, presque autant de langues et

une littérature qui se développe doucement, grâce à

des initiatives gouvernementales et à des associations,

en Équateur, au Mexique, au Chili… Ce sont ces

nouvelles «voix indigènes» que la 5 ème édition du

festival CoLibriS a permis d’entendre, dans le cadre

inédit de la galerie des grands bains douches de La

Plaine, dont le patio feuillu avait (presque) des allures

de forêt tropicale.

La littérature amérindienne s’écrit depuis peu, on

l’édite encore trop rarement. Pourtant, la jeune génération

s’est emparée des langues anciennes, dans un

mouvement militant et créateur qui s’amplifie actuellement

et dont on a pu savourer de larges échos. C’est

un des mérites de CoLibriS que d’accorder une place

importante à la lecture orale, pendant et autour des

rencontres, par les auteurs eux-mêmes et par les lecteurs.

Entendre Briceida Cuevas Cob en maya ou

Elicura Chihuailaf en langue mapuche, voir Wingston

Gonzalez danser ses poèmes en garifuna, écouter

les versions espagnole puis française de ces textes,

quelle meilleure entrée sur ces sentiers peu connus de quoiqu’elle soit responsable de la plupart des problèmes

actuels. C’est ce qu’a rappelé Joseph Boyden.

la littérature contemporaine ? Quant au final du festival,

polyphonie quasi improvisée (mais très réussie) Sa mère, une Indienne Cree, a grandi sans pouvoir parler

de toutes ces voix poétiques, il en a ému plus d’un, sa langue. Aujourd’hui, il porte la parole de cette communauté

trop longtemps muselée, à travers des fictions

tant était forte la charge symbolique de cette rencontre

des langues.

prenantes qui mettent en scène les paradoxes des

En Amérique, nettement plus au nord, on assiste aussi Indiens canadiens d’aujourd’hui (voir Zib’30 et 31).

au renouveau de la culture indienne et de la fierté Car qui sont ces autres, qu’on a si long-temps soumis

d’appartenir au «peuple premier». La politique canadienne

d’autrefois, selon laquelle «il faut tuer l’Indien ciens, mais leurs poèmes, leurs récits, sont une marque de

et méprisés ? «Ils sont les représentants de peuples très an-

pour sauver la personne», n’a apparemment pas réussi, leur présence absolument contemporaine, sur le continent

Festival CoLibriS 2012, illustrations d'Anne Gély © Juliette Lück

américain, et bien au-delà, dans le monde entier» répond

Pascal Jourdana dans sa préface à l’anthologie publiée

à l’occasion du festival. À cette «avant-garde du monde»,

le roman (Caroline Lamarche), la BD (Lucie Lomovà),

le livre jeunesse (Anne Gély et Guy Lillo), la

photographie (Miquel Dewever-Plana, voir p. 64)

ont également rendu un bel hommage. Des ouvrages

à découvrir dans les librairies, en particulier L’Atinoir

et Prado-Paradis, qui étaient là, fidèles auxiliaires

d’un festival de grande qualité, généreux et convivial.

Au programme de l’édition 2013 : toujours l’Amérique

latine, en dialogue cette fois avec les littératures

du monde arabe. Un sacré grand écart, qui promet

d’être passionnant.

FRED ROBERT

Le festival CoLibriS a eu lieu

du 9 au 16 mai à Marseille.

À lire

L’avant-garde du monde, anthologie publiée

par La Marelle, 7 €

Joseph Boyden, Le chemin des âmes,

Les saisons de la solitude et Là-haut vers le nord

(disponibles en poche)

Caroline Lamarche, La chienne de Naha (Gallimard) ;

Lucie Lomovà, Les Sauvages (Actes Sud-L’An 2)

Voir aussi les chroniques des romans de Karla Suarez

et de Santiago Roncagliolo (p. 70), dont on peut lire

le thriller politique Avril rouge (Points roman),

cette année au programme de l’agrégation d’espagnol !


RENCONTRES 73

Maçon

des mots

Chapelle de l’Observance, Draguignan, pluie continue

dehors, effervescence livresque sous les hautes

voûtes : les Escapades littéraires organisées par l’Association

des Libraires du Sud, ont pour thème l’Italie.

On se gorge de livres, de rencontres, de discussions,

de tables rondes passionnantes au public nombreux…

En invité majeur, Erri de Luca se plie au jeu des questions

mené par Pascal Jourdana, tissées des lectures

en Italien et en Français. L’écrivain évoque son parcours,

l’enfance dans un quartier populaire de Naples,

la vie familiale oppressante, l’adolescence, le militantisme,

les luttes sociales, le métier de maçon, les actions

politiques fortes puis humanitaires, l’approche enfin

de la Bible dans le texte Hébreu. Revenant à la ville de

Naples, il en brosse l’histoire dans ses grandes lignes,

sourit en affirmant qu’elle dépend davantage de la géologie

que de l’histoire : «Avec le volcan, on a développé

un système nerveux plus proche de celui des Japonais ou

des Chiliens que des autres européens : nous avons un

regard constant vers la lampe, et si elle bouge, nous restons

calmes, nous avons toujours un paquet prêt pour fuir.

Nous appartenons à la catégorie des secoués.»

Naples, c’est aussi une «éducation sentimentale». «Ma

mère était américaine, et je ressemblais à ceux de la 6 ème

flotte américaine basée à Naples (le plus grand bordel

pour les États Unis). Naples appartenait à l’Italie par

convention, et aux USA par les faits.»

Le départ de Naples, un exil ? «Certainement pas, l’exil

est un mot tragique, je ne peux pas l’attribuer à mon

départ à 18 ans même s’il fut définitif. Le lieu que j’ai

quitté n’existe plus, avec sa mortalité infantile énorme,

ces êtres attachés comme un crachat à la vie. La seule

chose qui ne bouge pas, c’est le Vésuve, le seul vrai

propriétaire du lieu. Je n’écris pas en Napolitain, j’ai

choisi l’Italien, ma seconde langue, celle de mon père,

tranquille, longue, lente, plein de syllabes. À Naples,

vite se dit «i», rien de plus rapide !»

Pourquoi l’Hébreu ? «J’aime lire les écrivains dans le

texte, ce qui m’a poussé à apprendre plusieurs langues

le latin et le grec pendant mes études classiques, puis

les autres pour savourer les poètes espagnols, portugais,

allemands… L’Hébreu est coincé entre le premier mot

de l’Écriture sainte et son dernier. Il y a une grande

distance entre le format d’origine et les traductions. Il

est essentiel de revenir à l’originel. Je ne suis pas un

homme qui croit, mais l’écriture sainte est pleine de

maçons… Le petit ouvrage La première heure, paru en

2012 pour la traduction française, s’attache à une

relecture de certains passages bibliques en restant au

plus près de la signification des mots hébreux, ainsi,

Samson, Shimshón en Hébreu vient de shémesh, le

soleil...»

Quel lecteur êtes-vous ? «Je suis passionné par la poésie

du XXème, c’est un siècle qui n’a pas le temps, pas

d’espace non plus pour écrire long, il convient à la

Erri de Luca © Marie Leclerc

forme poétique, au message télégraphique qu’est la

poésie.»

Quelle est l’importance de la musique ? Vous-même,

chantez… «Un apprentissage forcé ! Quand j’étais

petit, je chantais faux, la pire des abominations à

Naples ! Ma mère a pratiqué la «circoncision de

l’ouïe», j’ai appris à chanter juste et napolitain. Cela

m’a aidé à écrire… il est indispensable de savoir chanter

pour écrire. La précision de la musique correspond

à la précision de la phrase et des mots.»

Qu’apporte la lecture ? «Le texte n’est pas un produit

fini, c’est au lecteur de le parfaire. Les pages le transportent

dans son intimité, dans sa vie, c’est lui qui

termine définitivement un livre. J’apprends comment

un lecteur a pris possession de mes pages en entendant

sa lecture. Le livre pour moi est un hôte du temps du

lecteur. Il faut aussi laisser le désir de pages supplémentaires,

c’est pourquoi j’écris des livres petits. Il faut

savoir ne pas être pesant quand on est l’hôte de

quelqu’un, et s’en aller avant la lassitude !»

Quel est votre regard ? «Toujours le même, au rez-dechaussée

: je me trouve parmi et pas en vue

panoramique. Le XXème a porté des révolutions, des

renversements, des tyrannies, des déracinements de

milliers d’êtres humains, des prisons… Je suis un

lecteur passionné de Don Quichotte, et je m’identifie

à Rossinante. Dans mon siècle, nous avons été chevauchés

par des Don Quichotte. Mes choix sont venus

par la nécessité du moment. Je me suis impliqué dans

des mouvements révolutionnaires ou des guerres parce

que je ne pouvais pas rester à la fenêtre. Les jardins

fermés, images du paradis, sont beaux, mais doivent

être quittés».

MARYVONNE COLOMBANI

Les Escapades littéraires, programmées

par Libraires du Sud, ont eu lieu du 12 au 15 avril

à Draguignan


74 LIVRES RENCONTRES

Un pont entre

la lecture et l’écriture

Restitution de l'atelier de poesie illustree © Do.M.

Le 20 avril, au Portail Coucou à Salon, se clôturait la

7 e édition de Lire Ensemble, une manifestation qui

irrigue, durant quinze jours, les 17 communes du

territoire d’Agglopole Provence de propositions

gratuites autour de la lecture et qui, selon Georges

Virlogeux, maire de Lançon et vice-président, en

charge de la Culture, d’Agglopole Provence, remplit

les objectifs de Lire Ensemble. À savoir «permettre au

plus grand nombre d’accéder gratuitement à la vie

littéraire et à la culture, donner à tous le goût de la lecture

et de l’écriture, et animer les bibliothèques du territoire.»

Avec des spectacles, bien sûr, mais aussi, et surtout, des

résidences d’auteurs, avec productions d’écrits en tous

genres sur le thème a.I.M.e comme Méditerranée, M

un pont entre 2 rives. Un thème peu évident à traiter,

que les auteurs «parrains» de l’édition ont aidé à faire

émerger dans les différents ateliers menés : Mathilde

Chèvre, qui animait un atelier d’écriture et d’illustration

autour de son album La Lettre d’amour (Le

Port a jauni, 2009), et Ghislaine Herbéra (Monsieur

cent têtes, éd. MeMo), ont salué l’investissement extraordinaire

des enfants -et des instits les encadrant-, et

leur grande capacité d’invention et de liberté de

création. Maurice Gouiran, qui était par ailleurs le

président du jury de nouvelles adultes, animait

plusieurs ateliers d’écriture sur le thème de la

vengeance et du crime passionnel, et soulignait, lui

aussi, la qualité des travaux.

Des surprises, et de l’émotion, il y en eut, notamment

lors de la remise des prix des nouvelles adultes. Car ce

qu’ignorait le jury, c’est que la nouvelle qui obtint la

majorité des votes pour le Prix spécial Agglopole

Provence, a.i.M.e comme Malika, était une œuvre

collective coécrite par les résidents de la maison de

retraite des Sinoplies et les élèves d’une classe de CP, à

Sénas. Un travail alliant le thème à une dimension

intergénérationnelle, dans le texte et la réalité, plus

généreuse et très aboutie.

Rien n’est encore écrit, mais l’année prochaine

pourrait voir une édition enrichie de «la nécessité de

s’articuler avec MP2013» selon M. Virlogeux. «Il est

évident que Agglopole Provence, tout en n’étant pas

partenaire de MP2013 s’y intéressera quand même, sera

soucieuse de voir quels seront les points d’articulation.»

Car en matière de résidence d’auteurs et de production

littéraire Agglopole Provence peut faire montre de

résultats probants. Ne vous privez d’ailleurs pas d’aller

lire les nouvelles primées sur le site www.agglopoleprovence.fr…

DO.M.

Lire Ensemble s’est déroulé

du 6 au 20 avril

La liberté guide nos pas

Très attendue, la dernière conférence du

cycle Échange et diffusion des savoirs

s’est soldée par un exposé fort plat sur la

représentation politique. Marcel Gauchet

n’aime ni les théories de Jacques

Rancière sur la démocratie grecque, ni

celles des situationnistes. Sans doute

parce que ces derniers ont dénoncé la

société du spectacle, le jeu d’estrade des

élections, alors que lui-même n’est pas

prêt à remettre en question fondamentalement

le système de la représentativité en

politique. Il évoque plutôt une forme

«cognitive» -et nébuleuse ?- de relation

entre gouvernants et gouvernés : «Nos

sociétés ne peuvent être que représentatives :

les représentants ne se substituent pas à nous,

mais fournissent aux citoyens les moyens

de se représenter au sens cognitif le monde

en train de se faire.» Certes, il reconnaît

que cela ne fonctionne pas très bien, que

le «personnel politique est suspecté, accusé

de s’occuper de ses petits pouvoirs et médiocres

intérêts au lieu de se saisir des enjeux

politiques cruciaux.» Il incrimine la faillite

universitaire, la stérilisation de

l’invention intellectuelle (lui excepté,

apparemment), et dit attendre des idées

neuves (avec un clin d’œil appuyé en

direction des francs-maçons). Or, chez

un historien et philosophe de cette envergure,

on aurait aimé trouver l’ombre

d’un questionnement sur ce qui fait

qu’un citoyen aliène volontairement sa

souveraineté politique en la déléguant,

ou se met en tête de la reprendre.

Il n’aurait pas été nécessaire de remonter

à l’Antiquité, ni à notre

Révolution Nationale, même si

un petit détour par Benjamin

Constant ou Alexis de Tocqueville

n’aurait pas été

inutile. Marcel Gauchet aurait

simplement pu s’appuyer sur

ce que nous vivons, à l’heure où

un avis de tempête économique

n’en finit pas d’être

lancé, et où le

discrédit

de la classe politique est tel que l’on

assiste à une montée constante de

l’extrême-droite. La quête du sauveur

suprême qui promettra aux citoyens

l’ordre et la sécurité au prix de leurs

libertés est-elle à craindre ? Ne pourraiton,

pour optimisme garder, voir dans ce

grand chambardement une possibilité

de reprise

en main de

leur destin

politique,

comme

ont pu

le faire

Marcel Gauchet

© J. Sassier Gallimard

les Argentins au pire moment de la crise

des années 2000, établissant de manière

autonome des relations sociales basées

sur la solidarité ? Cela se pratique tous

les jours en Islande, ou en Grèce, où les

citoyens face au chaos s’organisent et

s’entraident, construisent, se parlent ?

Loin des spécialistes des retournements

d’opinion…

GAËLLE CLOAREC

La Conférence Quelle crise de

la représentation ? a eu lieu le 10 mai

dans le cadre d’Échange et diffusion

des savoirs


Homo narrans

«L’homme est un roseau, le plus faible de la nature ; mais

c’est un roseau pensant.» À la débilité de l’espèce humaine,

Blaise Pascal opposait la force et la dignité de

la pensée. «Nous sommes fragiles, nettement plus fragiles

que les autres primates», renchérit Nancy Huston dans

son essai L’espèce fabulatrice (Actes Sud, 2008). Or,

selon elle, ce qui supplée à cette fragilité intrinsèque,

c’est la capacité fabulatrice. Loin de voir, à l’instar du

philosophe chrétien, l’imagination comme une «puissance

trompeuse», une «maîtresse d’erreur et de fausseté»,

elle la considère comme un élément déterminant de la

survie de l’humanité : «Sans elle, sans l’imagination qui

confère au réel un Sens qu’il ne possède pas en lui-même,

nous aurions déjà disparu, comme ont disparu les dinosaures.»

C’est de cette faculté typiquement humaine

d’interprétation du réel, de fictionnalisation constante,

que l’écrivaine est venue parler lors de la pénultième

conférence du cycle Miracles & Mirages de la représentation.

Elle sait de quoi il retourne quand il s’agit

de Fabuler : 12 romans à ce jour, des pièces de théâtre

et plusieurs essais, dont L’espèce fabulatrice. Alors, en

une heure, à voix comptée, avec un sens aigu de la

formule, pas mal d’humour et un certain nombre

d’anecdotes et références judicieusement choisies,

l’écrivaine est revenue sur la genèse de ce texte. À partir

des faux souvenirs de son père gravement malade, de

Commémoration

C’est avec le poète, romancier et essayiste

guadeloupéen Lémy Lémane Coco

que l’association Couleurs Cactus a

commémoré ce 10 mai l’abolition des

esclavages. Au cours d’une soirée à La

Compagnie, ouverte par les danseuses

et les percussions afro-antillaises des groupes

Massilia Ka et Kaye bakh, l’auteur

a déclamé son recueil Griots à perte

d’oubli au rythme du gwoka, dans une

ambiance entremêlée de conviction et

de liesse. En 2009, de manière totalement

inopinée, il séjourne au Sénégal,

visite Gorée, où la maison des esclaves

et les traces de ses ancêtres deviennent

source d’inspiration. De cette réalité

brute, douloureuse et chargée d’histoire,

il résulte, de manière féconde et comme

une évidence, des poèmes troublants de

force, de vérité et de fluidité où l’imaginaire

ancestral du conte croise les

thèmes des origines, du déplacement

forcé et de la servitude. Il y est aussi

question de musique, gwoka et bèlè aux

Nancy Huston © Melania Avantazo, Opale, Actes Sud

Antilles, maloya à la Réunion, héritage

des chants des esclaves, vecteur de résistance,

de cohésion et de fuite. De ce

Rhapsodie pour un griot © X-D.R

recueil, coulent les larmes et jaillit l’espoir.

La soirée s’est poursuivie en concert,

autour d’un buffet afro-caribéen, et s’est

LIVRES 75

son expérience personnelle aussi, elle a d’abord pris

conscience que tous les cerveaux «racontent des bobards»

: en même temps qu’ils enregistrent la réalité,

ils l’interprètent, ce que confirment les théories du

neurologue Lionel Naccache, et d’Antonio Damasio,

qu’elle est en train de lire et dont elle conseille à

plusieurs reprises la lecture.

L’espèce fabulatrice répond ensuite à la question posée

par une détenue lors d’une rencontre à Fleury Mérogis

: «À quoi ça sert de raconter des histoires ? La réalité est

tellement incroyable.» Justement, inventer des «fictions

volontaires et riches» est une façon de lutter contre

une «réalité gorgée de fictions involontaires et pauvres».

Le roman, comme toute fiction artistique, est

une «fabulation consciente» ; il offre une possibilité de

recul ainsi qu’une «vérité impure, tissée de paradoxes»,

autrement moins néfaste que tous les arché-textes, «récits

bricolés du passé» qui tricotent un «nous» en excluant

le «eux».

Une fervente profession de foi… en la littérature !

FRED ROBERT

Cette conférence a eu lieu le 19 avril

à l’Hôtel du Département, Marseille

dans le cadre d’Echange et diffusion des savoirs

achevée par la projection de trois courts

métrages guadeloupéens (série Ame,

autre miroir) réalisés sous la direction

de Tony Coco-Viloin, évoquant la mythologie

de l’île, les instruments musicaux

traditionnels, l’univers du conte et le

fromager, arbre sacré.

MARION CORDIER

Griots

à perte

d’oubli

Lémy

Lémane

Coco

Vents

d’ailleurs,

10 €


76 PATRIMOINE AVANT CAP | CRT | PONT-DU-GARD | JARDINS

Si tu ne vas pas à l’art…

Surprenante exposition dans un temple de la consommation

comme Avant Cap… et pourtant… «Certains n’osent

pas pousser la porte des musées ou des galeries, ici, ils sont

en terrain de connaissance», explique Christine Gini, artiste

Emmanuel Sellier © X-D.R

peintre qui présente des toiles aux beaux empâtements

rouges, «les gens sont confiants, certaines barrières tombent,

ils posent énormément de questions, souvent très

intéressantes, il y a des rencontres uniques !» En fil conducteur,

les structures métalliques tendues de noir : les gens

passent, ne voient rien ou s’arrêtent, esthétique de la

surprise appliquée ! Certes, la présence est fatigante : 10

heures sur place tous les jours, dans la lumière des néons

et la musique d’ambiance des grands magasins… mais les

artistes sont ravis. Jimmy Lorenzi, plasticien, grand prix

international des arts, de la culture et de la communication

apprécie lui aussi cette manière de se faire connaître,

d’aller au-devant d’un public, de montrer un aperçu de son

travail (l’une de ses toiles est à gagner par tirage au sort).

Reine Chantal Clapiz, sourit en évoquant les enfants qui

tirent la main de leurs parents, réclament une toile… Enfin,

il y a le plaisir d’observer un artiste en action, Emmanuel

Sellier dans ses Pierre-formances : le sculpteur extrait de

la pierre calcaire tendre de l’Oise une statue. «Les lieux publics,

commerciaux me paraissent bien représenter notre

époque, je continue à croire que l’on peut réconcilier à l’art

contemporain un public en marge des circuits artistiques

officiels.»

L’accueil par la structure Avant Cap est irréprochable, les

stands sont gratuits, et les commerçants apprécient cette

dimension nouvelle : la vie entrerait-elle sous les néons ?

MARYVONNE COLOMBANI

Le Salon des artistes d’Avant Cap, Plan de Campagne,

s’est tenu du 21 avril au 6 mai

I-Robot

Cela s’appelle GalleryPACA, il s’agit

d’une application pour smart-phone

android… Mais point de science-fiction,

le virtuel ici permet de redécouvrir

des chefs d’œuvre de la peinture

réalisés en PACA. On télécharge

l’application, on laisse son portable

allumé et par un système de localisation,

l’alerte Companion©, on saura que

l’on est proche d’un lieu représen

dans un tableau de Cézanne par

exemple. On peut ainsi confronter la

représentation et le lieu actuel,

visualiser en HD, zoomer, écouter les

explications de l’audio-guide… les

banques de données permettent un

choix par œuvre, peintre ou lieu.

C’est le même principe que CinéPACA

(voir Zib’50), la même équipe a

D’humeur olympique !

Par la magie du Groupe F, le Pont du

Gard cette année encore va connaître

une vie lumineuse emportée. Spectacle

son, lumière, pyrotechnie, pour

un thème d’actualité, les Jeux Olympiques.

Certes, ils ne se déroulent pas

en France, mais les Dieux de l’Olympe

du stade et du cirque se donnent

rendez-vous sur les rives du Gardon…

avec la touche ironique des jeux

vidéo et des jeux interdits. Quatre

soirées grandioses (prévoir une petite

laine, afin d’en profiter pleinement !).

Plus sage, mais passionnante aussi,

l’exposition Ma terre première pour

construire demain présente depuis le

3 mai cette matière sous 4 angles :

géologique, physique, architectural

et artistique. Deux ateliers la complètent

: La terre tendance déco (le 27 mai),

© GroupeF 2011

animé par la SCOP Ecoterre, pour un

apprentissage à la fois théorique et

pratique des enduits naturels à base

de terre crue que l’on utilise pour

l’habitat ; un atelier chantier de construction

romaine en terre crue, pour

construire en 10 séances indépendantes

(à partir du 23 juin, deux séances

par mois jusqu’en oct) un bâtiment

grandeur nature, comme on pouvait

en trouver à l’époque romaine. On

sera initié (à partir de 12 ans) à la fabrication

des adobes, briques de terre

crue séchées au soleil, à la confection

de fondations de pierres, jusqu’à

la toiture… Enfin, un atelier (le 12

juillet) vous fera découvrir les plantes

méditerranéennes, en extraire encres

et teintures à partir desquelles vous

pourrez composer un nuancier. Une

archéologie pratique vraiment passionnante

!

M.C.

Les Fééries du Pont

du 8 au 16 juin

Pont du Gard

04 66 37 50 99

www.pontdugard.fr

gallery Paca © X-D.R

travaillé sur cet outil, qui ne manque

pas d’intérêt et peut apporter beaucoup

aux visiteurs… si cela ne les

empêche pas d’aller voir les toiles

dans les musées et les expositions,

de discuter avec des amis, de se confronter

avec la matière des œuvres,

leur taille, leurs vraies couleurs. Et de

regarder, sentir, visiter les paysages.

Les touristes souvent parcourent le

réel guidés par le cadre de leur

appareil photo, aujourd’hui téléphonique,

délaissant l’ampleur et la

violence des choses. Et c’est parce

qu’elles transcendent le réel que les

œuvres ne sont pas des produits. S’en

servir comme signal anecdotique

réduit à la fois leur valeur, et celle du

paysage traversé.

Dans la fiche explicative, une formule

est particulièrement angoissante :

«réalité augmentée» : ne perdons pas

notre capacité d’émerveillement devant

ce qui est !

M.C.

Application GalleryPACA

04 91 56 47 00

www.tourismepaca.fr


Découvrir, cultiver,

préserver…

Depuis 10 ans maintenant, la Direction du patrimoine du ministère de la Culture,

en collaboration avec le Comité des parcs et jardins de France, donne

Rendez-vous aux jardins, où durant trois jours, du 1 er au 3 juin, quelques 2 000

jardins en France ouvrent leurs portes, dont certains exceptionnellement à

cette occasion. Le thème de cette année, Le jardin et ses images, sera l’occasion

de réfléchir aux différentes représentations du jardin, «qu’elles soient figurées,

littéraires, poétiques, musicales ou mentales». Vaste programme qui permet de

saisir «l’importance de la connaissance, de la protection, de la conservation, de

la restauration, de la création de jardins, éléments essentiels de notre patrimoine,

ainsi que de la transmission des savoir-faire de ce métier de jardinier élevé au

rang de métier d’art».

Dans la région PACA, quelques 130 lieux offrent ainsi leur espace préservé aux

amateurs de tous horizons, offrant des particularités qui se laisseront découvrir

au fil des promenades et animations proposées.

À Mane, dans les Alpes de Haute-Provence, le Prieuré de Salagon est un lieu

exceptionnel, et reconnu comme tel : site classé «Musée de France» et «Jardin

remarquable», Salagon est un lieu d’inventaire, de recherches, de publications

et de réflexion autour de l’ethnologie ; il abrite, sur 6 ha de verdure, 5 jardins

thématiques (dont le fameux jardin des senteurs, unique en France), 1 700

espèces végétales et 10 000 objets agricoles. Au cours du week-end sont

organisés des ateliers, qui vous apprendront notamment à jardiner, une

exposition sur la biodiversité au jardin et les insectes pollinisateurs, des

conférences (Le jardin contre nature par l’ethnobotaniste Pierre Lieutaghi, qui

n’est autre que le responsable des jardins de Salagon et leur créateur, et Histoire

de l’art des jardins par Isabelle Rive), des spectacles…

À Bouc-Bel-Air, comme chaque année, les Jardins d’Albertas organisent leurs

Journées des Plantes, du 25 au 27 mai, consacrées aux plantes rares et

méditerranéennes au cœur d’un jardin classé monument historique. Au

programme, expositions-ventes, conférences animées par l’association des

Jardiniers de France et la Société Française d’arboriculture, ateliers en tous

genres, spectacle…

DO.M.

Rendez-vous aux jardins

Du 1er au 3 juin

www.rendezvousauxjardins.culture.fr

Musée et jardins de Salagon

Mane

04 92 75 70 50

www.musee-de-salagon.com

Les Jardins d’Albertas

Bouc-Bel-Air

04 91 59 84 94

www.jardinsalbertas.com

Musée et jardins de Salagon © Francois Xavier Emery


78

ADHÉRENTS

Adhérents,

retrouvez

vos avantages,

offerts par

nos partenaires

sur notre site tout neuf

www.journalzibeline.fr

...éclosion le 23 mai...

Mensuel gratuit paraissant

le deuxième mercredi du mois

Edité à 30 000 exemplaires

imprimés sur papier recyclé

Edité par Zibeline SARL

76 avenue de la Panouse | n°11

13009 Marseille

Dépôt légal : janvier 2008

Directrice de publication

Agnès Freschel

Imprimé par Rotimpress

17181 Aiguaviva (Esp.)

photo couverture

Le Nomade de Jaume Plensa

© X-D.R

Conception maquette

Max Minniti

Rédactrice en chef

Agnès Freschel

agnes.freschel@wanadoo.fr

06 09 08 30 34

Secrétaire de rédaction

Spectacles

Dominique Marçon

journal.zibeline@gmail.com

06 23 00 65 42

Secrétaire de rédaction

Magazine et livres

Delphine Michelangeli

d.michelangeli@free.fr

06 65 79 81 10

Arts Visuels

Claude Lorin

claudelorin@wanadoo.fr

06 25 54 42 22

Livres

Fred Robert

fred.robert.zibeline@free.fr

06 82 84 88 94

Histoire et patrimoine

René Diaz

renediaz@free.fr

Musique et disques

Jacques Freschel

jacques.freschel@wanadoo.fr

06 20 42 40 57

Frédéric Isoletta

fredisoletta@gmail.com

06 03 99 40 07

Dan Warzy

danwarzy@free.fr

Cinéma

Annie Gava

annie.gava@laposte.net

06 86 94 70 44

Élise Padovani

elise.padovani@orange.fr

Philosophie

Régis Vlachos

regis.vlachos@free.fr

Sciences et techniques

Yves Berchadsky

berch@free.fr

Polyvolantes

Chris Bourgue

chris.bourgue@wanadoo.fr

06 03 58 65 96

Maryvonne Colombani

mycolombani@yahoo.fr

06 62 10 15 75

Marie-Jo Dhô

dho.ramon@wanadoo.fr

Marie Godfrin-Guidicelli

m-g-g@wanadoo.fr

06 64 97 51 56

Maquettiste

Philippe Perotti

philippe.zibeline@gmail.com

06 19 62 03 61

Ont également participé à ce numéro :

Yves Bergé, Émilien Moreau, Gaëlle

Cloarec,Christophe Floquet, Thomas

Dalicante, Clarisse Guichard, Marion

Cordier

Photographe

Agnès Mellon

095 095 61 70

photographeagnesmellon.blogspot.com

Directrice commerciale

Véronique Linais

vlinais@yahoo.fr

06 63 70 64 18

La Régie

Jean-Michel Florant

laregie@gmx.fr

06 22 17 07 56

More magazines by this user
Similar magazines