Le dépistage du cancer du sein - Ligue pulmonaire

liguepulmonaire.ch

Le dépistage du cancer du sein - Ligue pulmonaire

Le dépistage

du cancer du sein

Une information de la Ligue contre le cancer


Impressum

_Editrice

Ligue suisse contre le cancer

Effingerstrasse 40

case postale 8219

3001 Berne

tél. 031 389 91 00

fax 031 389 91 60

info@swisscancer.ch

www.swisscancer.ch

_Auteur

Suzy Soumaille

_Conseillers scientifiques

Groupe de pilotage

de la Coordination romande

des programmes de dépistage

du cancer du sein et Commission

d’experts «cancer du sein»

de la Ligue suisse contre le cancer

_Rédaction

Groupe information

de la Coordination romande

des programmes de dépistage

du cancer du sein

_Coordination

Alexia Fournier

_Graphisme et composition

Claudine Kasper/Tiramisù, Carouge

_Illustrations

Simon Tschopp

_Impression

Vogt-Schild/Habegger Medien AG,

Soleure

© 2005

Ligue suisse contre le cancer, Berne

Coordination romande

des programmes de dépistage

du cancer du sein

Cette publication résulte d’une coopération entre la Ligue suisse contre

le cancer et la Coordination romande des programmes de dépistage du

cancer du sein.

LSC / 4.2005/ 40’000 F / 2411


Table des matières

Avant-propos

Pourquoi cette brochure?

Débat autour d’un dépistage

D’abord s’informer

Pourquoi dépister le cancer du sein?

A quel point ce cancer est-il fréquent?

Les facteurs de risque

Peut-on prévenir le cancer du sein?

Que peut-on attendre du dépistage?

A quoi sert une mammographie?

La meilleure stratégie

Les bénéfices du diagnostic précoce

Quelles sont les limites de la mammographie?

Inconvénients liés à l’examen

Erreurs d’interprétation

Autres inconvénients

Dépistage: individuel ou organisé

Un dépistage, deux approches

Les différences

Assurance de qualité

Pourquoi (seulement) à partir de 50 ans?

Et les femmes de moins de 50 ans?

Et en cas de résultat anormal?

Anomalie n’est pas cancer

Les examens complémentaires

C’est un cancer: les scénarios possibles

Les mots clés du dépistage

Postface

Quelles sont les adresses utiles?

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Le dépistage du cancer du sein 3


Avant-propos

En Suisse, le cancer du sein est la

tumeur la plus fréquente chez les

femmes. Si le nombre de cas diagnostiqués

augmente, on constate

en même temps une baisse

de la mortalité. Ceci est dû à des

diagnostics plus précoces et des

progrès dans le traitement des

tumeurs. La chance de survie

augmente fortement si la tumeur

est diagnostiquée très tôt.

Le cancer du sein représente

donc un problème de santé

publique majeur. Nous avons

non seulement la responsabilité

d’offrir les possibilités de dépistage

et de traitements, nous

avons également le devoir d’informer

les femmes et de les

encourager à faire des contrôles

régulièrement. Ce n’est ni le rôle

de l’Etat, ni celui des médecins

d’obliger une femme à se faire

examiner. Nous avons toutefois

la tâche d’informer les femmes,

pour qu’elles puissent assumer

leur responsabilité et prendre

une décision sur la base d’informations

objectives.

Pour promouvoir le dépistage et

assurer une bonne qualité des

mammographies, il faut favoriser

les programmes organisés. C’est

là une deuxième responsabilité

de santé publique. Avec le dépistage

systématique du cancer du

sein, nous voulons toucher un

maximum de femmes, spécialement

celles qui ne consultent pas

spontanément leur médecin.

Si la santé publique s’occupe en

premier lieu de la santé de la

population, elle ne peut toutefois

pas faire abstraction des coûts de

la santé. Certes, la mise sur pied

des programmes de dépistage

systématique a son prix. Si les

mammographies sont prises en

charge par les assureurs maladie

dans les programmes organisés,

les coûts liés à l’organisation restent

à la charge des pouvoirs

publics. C’est un investissement

dans la prévention qui se justifie

pleinement par les objectifs et les

effets de tels programmes: augmenter

les chances de survie,

rassurer les femmes et améliorer

la qualité de vie des personnes

atteintes, grâce à des traitements

moins agressifs en cas de diagnostic

précoce.

Je remercie la Ligue contre le

cancer pour son engagement et

souhaite que cette brochure

puisse atteindre un grand nombre

de lectrices.

Ruth Lüthi, Conseillère d’Etat

Directrice de la santé publique

du canton de Fribourg

Le dépistage du cancer du sein 5


Pourquoi cette brochure?

Conseillée dès l’âge de 50 ans, la mammographie de dépistage

n’est cependant pas obligatoire. L’objectif de cette brochure

est de présenter les bénéfices comme les limites de cet examen,

afin d’aider les femmes à faire leur choix.

Débat autour d’un

dépistage

Après avoir été contestée par

certains scientifiques, l’utilité du

dépistage du cancer du sein

n’est, aujourd’hui, plus remise en

question. En revanche, plusieurs

cantons ne sont pas prêts à

financer un programme de dépistage

organisé.

Qu’est-ce qu’un dépistage?

Le dépistage est la recherche

systématique, chez une personne

qui se sent en bonne santé, d’une

éventuelle maladie n’ayant pas

encore produit de symptôme.

Individuel ou organisé

La mammographie de dépistage

consiste en une radiographie des

seins. Il existe deux manières

d’effectuer cet examen. Soit la

femme fait la démarche individuellement,

dans le cadre d’une

discussion avec son médecin,

soit elle participe à un programme

de dépistage organisé si le canton

où elle réside le propose.

Utilité: consensus

Aujourd’hui, aucun scientifique

ne conteste le bénéfice d’un diagnostic

précoce du cancer du

sein. La détection précoce d’un

cancer permet de prolonger de

manière importante la vie des

patientes, de diminuer le recours

aux traitements mutilants et

d’éviter un nombre significatif de

décès.

Qui paie le dépistage?

Dans certains pays, le dépistage

du cancer du sein organisé existe

depuis près de vingt ans. Un

grand nombre de membres de

l’Union européenne ont déjà mis

en œuvre des programmes de

mammographie systématique au

plan régional ou national. En

Suisse, ce type de programme

est plus récent et ne concerne

actuellement que les cantons

romands. Des divergences à la

fois financières et politiques existent

entre les deux principales

régions de notre pays. Pour

l’heure, les pouvoirs publics de

plusieurs cantons alémaniques

ne souhaitent pas financer la

mise en place des programmes

de dépistage en raison de leur

coût jugé trop élevé. Les cantons

romands ont fait un autre choix

et ont décidé d’allouer des ressources

à ce type de programme.

Le dépistage du cancer du sein 7


8 Le dépistage du cancer du sein

Différences culturelles

Depuis 1999, la mammographie

de dépistage effectuée dans le

cadre d’un projet cantonal est

remboursée par les caisses maladie.

Il n’en reste pas moins que

ce type de programme engendre

des coûts secondaires importants,

liés aux aspects organisationnels,

qui doivent être pris

en charge par l’Etat. La Suisse

alémanique, par tradition, se

montre plus réticente à ce type

d’intervention étatique que ne

l’est la Suisse romande.

Vrai ou faux?

«Dès qu’elles ont 50 ans, les femmes sont obligées de

passer une mammographie de dépistage

Faux . Qu’il soit individualisé ou organisé, le dépistage

du cancer du sein n’est pas obligatoire. Les

femmes ont le choix de le faire ou non. Celles qui

habitent dans un canton doté d’un programme ont,

en plus, la possibilité de choisir entre le dépistage

organisé ou individuel.

D’abord s’informer

La mammographie n’est pas un

examen banal. Il touche à l’un

des symboles de la féminité: le

sein. Un organe sensible à plus

d’un titre, ce qui rend le sujet

aussi très sensible…

Information objective

Il n’est pas toujours simple d’obtenir

une information à la fois

complète et objective sur la

mammographie de dépistage. La

complexité du sujet et les débats

qui ont eu lieu autour de l’utilité

du dépistage et du bien-fondé

des programmes sont en partie

responsables de ce déficit en

information. La présente brochure

entend combler cette lacune.

Comment? En présentant les

bénéfices comme les effets négatifs

et les incertitudes liés à une

mammographie de dépistage.

Validation scientifique

Les femmes ont le droit de savoir,

comme celui de ne pas savoir.

Pour leur permettre de décider en

toute connaissance de cause de

se soumettre ou non au dépistage

du cancer du sein, l’ensemble

des données contenues

dans cette brochure ont été validées

scientifiquement. Aussi complète

que puisse être cette brochure,

elle ne peut cependant pas

remplacer le dialogue avec son

médecin. Il ne faut dès lors pas

hésiter à lui poser des questions.


Pourquoi dépister le cancer du sein?

Vu sa grande fréquence, le cancer du sein représente un problème

de santé publique majeur. On estime qu’une femme sur dix sera

touchée par cette maladie au cours de sa vie.

A quel point ce cancer

est-il fréquent?

En Suisse, le cancer du sein est la

tumeur maligne numéro 1 chez les

femmes. De ce fait, rares sont les

personnes qui ne connaissent pas,

dans leur entourage, une femme

concernée par cette maladie.

Nouveaux cas

Le nombre de cancers du sein n’a

cessé de croître au cours des

vingt dernières années. La Suisse

est l’un des pays européens les

plus touchés: chaque année,

environ 5000 nouveaux cas sont

diagnostiqués. Près du tiers des

tumeurs malignes qui touchent

les femmes sont des cancers du

sein. Cependant, même si l’on a

observé une augmentation des

cas au cours des dernières

décennies, celle-ci ne s’est pas

accompagnée d’une hausse du

nombre des décès. Depuis plusieurs

années, on assiste même

à une baisse de la mortalité.

Cette évolution s’explique, entre

autres, par le fait que les tumeurs

sont diagnostiquées plus tôt

qu’autrefois et qu’elles sont de

mieux en mieux soignées.

Mortalité

Même si les traitements du cancer

du sein ont considérablement

progressé, cette maladie représente

toujours la première cause

de décès chez les femmes avant

60 ans dans les pays occidentaux.

Ainsi, malgré les progrès

thérapeutiques dans ce domaine,

la fréquence du cancer du sein

est telle qu’il provoque encore un

nombre élevé de décès.

Pronostic

Grâce au diagnostic précoce du

cancer du sein et aux progrès

apportés dans les traitements, le

pronostic de cette maladie est

plutôt bon. Alors qu’en 1975

32% des femmes atteintes décédaient

cinq ans après le diagnostic

de la maladie, ce chiffre est

tombé à moins de 20% en 1998.

Autrement dit, le taux de survie

après cinq ans approche actuellement

les 80%.

Le pronostic dépend toutefois

beaucoup du stade de la tumeur

au moment du diagnostic. Selon

des études, les pays disposant

d’un programme de dépistage du

cancer du sein ont un meilleur

taux de survie. La raison? Les

tumeurs sont décelées à un stade

généralement plus précoce.

Le dépistage du cancer du sein 9


Les facteurs de risque

L’âge et la prédisposition héréditaire

sont les principaux facteurs

de risque connus du cancer du sein.

Le poids du risque

Les facteurs de risque n’ont pas

tous le même poids. Par ailleurs,

avoir un ou plusieurs facteurs de

risque ne signifie absolument pas

que la maladie est inéluctable. Ils

sont simplement susceptibles

d’augmenter la probabilité d’être

atteinte par la maladie.

Le facteur sexe

Appartenir au sexe féminin est

bien entendu le premier facteur

de risque de survenue d’un cancer

du sein. A noter que celui-ci

n’est pas exclusivement une

affaire de femmes. Environ 1%

de l’ensemble des cancers du

sein se déclare chez l’homme.

Le facteur âge

Après le sexe féminin, l’avancée

en âge est le facteur de risque le

plus important. Les cancers du

sein sont exceptionnels avant

20 ans, puis leur nombre augmente

progressivement. A partir

de 40 ans, cette tumeur n’est

d’ailleurs pas rare: 17% de tous les

cancers du sein sont diagnostiqués

entre 40 et 49 ans. Par la

suite, sa fréquence ne cesse de

croître pour atteindre un maximum

entre 55 et 65 ans.

Cancers du sein à Genève

Entre 20 et 39 ans: 4%

Entre 40 et 49 ans: 17%

Entre 50 et 59 ans: 29%

Entre 60 et 69 ans: 23%

A partir de 70 ans: 27%

L’histoire familiale

Le facteur familial intervient dans

environ 10% des cancers du sein

diagnostiqués avant 50 ans et

dans 5% de ceux trouvés après

50 ans. Chez les femmes qui ont

une parente du premier degré

(mère, sœur, fille) ayant souffert

d’un cancer du sein avant la

ménopause, le risque de développer

à leur tour la même maladie

est multiplié par trois.

Quel est mon risque?

En l’absence de risque familial, une femme a 10% de

risque de développer un cancer du sein au cours de

sa vie. Ce risque grimpe à 20% si la femme a une

parente du 1 er degré atteinte de cette maladie (sœur

ou mère) et à 45% si deux parentes sont touchées.

L’histoire personnelle

Lorsqu’une femme a déjà souffert

d’un cancer du sein, son

risque de développer une nouvelle

tumeur – dans le même sein

ou dans l’autre – est augmenté.

Relevons ici qu’un grand nombre

d’affections bénignes du sein

(comme les kystes et les fibroadénomes)

ne risquent pas de se

transformer en cancers.

Le dépistage du cancer du sein 11


L’influence hormonale

La durée de l’activité hormonale

au cours de la vie augmente

légèrement le risque d’avoir un

cancer du sein. Premières règles

précoces, absence d’enfant, première

grossesse à un âge tardif

(après 35 ans), ménopause tardive

(après 55 ans): le poids de

ces éléments est faible comparé

au facteur âge ou familial. Les

femmes ne doivent pas culpabiliser

de mener leur vie comme

elles l’entendent et, encore

moins, de présenter des caractéristiques

qui échappent totalement

à leur volonté.

Le saviez-vous?

On savait déjà qu’une consommation même modérée

d’alcool contribue à une augmentation du risque de

développer un cancer du sein. De fortes suspicions

pèsent désormais sur le tabagisme, mais son implication

dans le cancer du sein n’est pas encore prouvée.

Hormones de substitution

Le traitement hormonal de substitution

(THS) pris au moment de

la ménopause continue à diviser

le corps médical. Plusieurs

grandes études ont confirmé une

légère augmentation du nombre

de cancers du sein après quatre

ans de THS. En Suisse, la recommandation

actuelle est de discuter

avec son gynécologue des

avantages et des inconvénients

du THS en fonction de son profil

personnel de risque. De manière

générale, il faut préférer les traitements

courts (moins de 5 ans)

et n’y recourir qu’en cas de

symptômes.

Hygiène de vie

Autres facteurs pouvant jouer un

certain rôle dans l’apparition

d’une tumeur maligne du sein:

une alimentation riche en protéines

et graisses d’origine animale,

le manque d’exercice physique

régulier et, surtout, un problème

d’obésité après la ménopause.

Peut-on prévenir

le cancer du sein?

On ne connaît actuellement pas

les causes du cancer du sein. On

peut toutefois le dépister à un

stade très débutant.

Pas de coupable

Après un diagnostic de cancer du

sein, presque toutes les femmes

se posent la question: «Pourquoi

moi?» Pourtant, facteur héréditaire

mis à part, la survenue d’un

cancer ne répond à aucune

logique. Les accidents de la vie

échappent à toute notion de justice.

La seule arme face à

l’imprévisible reste le diagnostic

précoce via le dépistage.

12 Le dépistage du cancer du sein


Eviter: pas encore

Il n’existe pas, comme pour le

cancer du poumon et le tabac, de

relation clairement identifiée

entre le cancer du sein et une

cause précise, même si certaines

études ont montré qu’une alimentation

pauvre en graisses,

une activité physique régulière

ou encore l’allaitement avaient

un léger effet protecteur. Par

conséquent, il n’est pas possible,

en l’état actuel des connaissances,

de conseiller l’adoption

de comportements susceptibles

d’éviter l’apparition d’un cancer

du sein.

Dépister: c’est possible

Le dépistage ne permet pas

d’éviter l’apparition d’un cancer.

En revanche, il est en mesure,

dans la grande majorité des cas,

de conduire à un diagnostic précoce.

Précoce veut dire à un

stade où le cancer ne s’est pas

encore manifesté et où la tumeur

est indécelable à la palpation en

raison de sa petite taille (inférieure

à un centimètre environ).

Dans un certain nombre de cas,

la mammographie permet même

de diagnostiquer des lésions à

un stade précancéreux.

Et l’autopalpation?

L’examen des seins, fait par le

médecin ou par la femme ellemême

(autopalpation), ne permet

de déceler que les lésions

supérieures à un centimètre environ.

Un autoexamen effectué à

intervalles réguliers (une fois par

mois) permet de mieux connaître

ses seins et de noter plus vite

une éventuelle modification.

Qu’en penser?

Même si la grande majorité des cancers du sein sont

découverts par la femme elle-même, le bénéfice de

l’autopalpation en termes de réduction de la mortalité

n’a pas été prouvé. L’observation régulière de ses

seins mérite cependant d’être encouragée à tout âge,

car elle permet d’être à l’écoute de son corps et de

percevoir un éventuel changement.

Femmes à haut risque

Les femmes ayant un haut risque

familial de développer un cancer

du sein représentent une catégorie

à part. Elles font généralement

l’objet d’une surveillance

intensive dès l’âge de 30 ans,

voire plus tôt encore. Certaines

d’entre elles demandent un

dépistage génétique pour savoir

si elles sont porteuses de certaines

mutations génétiques

(BRCA1 /BRCA2 et leurs variantes).

L’identification de ces

gènes ne peut déboucher actuellement

que sur deux attitudes:

soit une surveillance étroite des

seins par mammographie, ultrason

ou IRM (imagerie par résonance

magnétique), soit une

ablation préventive des deux

seins (beaucoup plus rarement).

Le dépistage du cancer du sein 13


Que peut-on attendre du dépistage?

Répétée tous les deux ans à partir de 50 ans, la mammographie est

en mesure de détecter des lésions cancéreuses à un stade débutant.

Le diagnostic précoce permet de faire appel à des traitements moins

agressifs et donc d’offrir une meilleure qualité de vie aux patientes.

A quoi sert

une mammographie?

Cet examen ne diagnostique pas

directement le cancer. Il dépiste

des lésions suspectes qui

devront être investiguées pour

poser un diagnostic définitif.

De quoi s’agit-il?

C’est une radiographie de la

glande mammaire, provoquant

une très faible irradiation des

seins par des rayons X. L’examen

n’est en principe pas douloureux,

mais il peut être désagréable, car

les deux seins sont comprimés

entre deux plaques.

Diagnostic ou dépistage?

Une mammographie de diagnostic

a toujours comme point de

départ un symptôme: douleur,

nodule, écoulement ou toute autre

modification. La mammographie

de dépistage, en revanche, intervient

alors qu’il n’y a aucun signe.

Son but est de déceler une éventuelle

tumeur maligne à un stade

tellement précoce qu’elle ne produit

pas encore de symptôme.

Que détecte-t-elle?

Elle révèle les changements survenus

au niveau de la structure

interne des seins et qui ne peuvent

être palpés. En d’autres

termes, si elle n’empêche pas

l’apparition d’un cancer du sein,

la mammographie permet de

détecter, à un stade débutant,

des modifications pouvant signaler

un cancer. Les tumeurs ainsi

décelées sont généralement inférieures

à un centimètre et sont

découvertes bien plus tôt que ne

l’aurait permis la palpation. En

comparaison, la taille moyenne

des cancers repérés à la palpation

est de deux centimètres.

Pour qui?

La mammographie de dépistage

s’adresse à des femmes qui n’ont

pas de problèmes aux seins et

qui n’ont pas de risques particuliers,

tels que certains antécédents

personnels ou familiaux.

La meilleure stratégie

La mammographie de dépistage

est actuellement la meilleure

stratégie pour réduire le nombre

de décès provoqués par le cancer

du sein.

Le dépistage du cancer du sein 15


Adoptée par les pays

Entre 1987 et aujourd’hui,

presque tous les pays européens

ont mis en place des programmes

de dépistage systématique

du cancer du sein. La

Suède, les Pays-Bas et l’Angleterre

ont été les pionniers dans

ce domaine. La population généralement

ciblée: les femmes de

50 à 69 ans, avec un intervalle de

deux ans entre les examens.

Quel gain pour les femmes?

La performance optimale du programme de dépistage

a été évaluée au cours d’une étude hollandaise.

Sur 100 femmes chez qui un cancer du sein est diagnostiqué

au cours du dépistage, 75 vont survivre.

Mais il faut savoir que 27 d’entre elles ont été sauvées

uniquement grâce au diagnostic précoce.

Efficacité prouvée

Pour les experts chargés d’évaluer

cet examen, il est scientifiquement

prouvé qu’en invitant

systématiquement les femmes

de 50 à 69 ans à se soumettre à

une mammographie, on obtient

une baisse de la mortalité par

cancer du sein dans la population.

La baisse constatée varie

entre 20 et 35%, en fonction du

nombre de femmes qui ont participé

au programme.

Cancers dépistés

Les premiers résultats du programme

de dépistage lancé en

1993 dans trois districts vaudois

(Aigle, Aubonne et Morges) sont

très encourageants. Les 11 860

mammographies réalisées ont

répondu aux normes de qualité

recommandées par l’Union européenne

et ont permis de détecter

84 cancers. Les tumeurs étaient

pour la plupart à un stade débutant,

donc susceptibles de

répondre favorablement aux traitements.

Les bénéfices

du diagnostic précoce

Dans la plupart des cas, un diagnostic

précoce augmente les

chances de survie, tout en limitant

le recours aux traitements lourds.

Meilleur pronostic

Dépister, c’est se donner les

moyens de détecter un cancer très

petit, à un stade précoce, voire

précancéreux, qui aura toutes les

chances d’être soigné. La majorité

des femmes dépistées chez lesquelles

un cancer du sein est diagnostiqué

en tirent un bénéfice,

mais pas toutes. En effet, l’efficacité

des traitements dépend en

grande partie du profil de la

tumeur. Il n’existe pas qu’une

seule sorte de cancer du sein.

16 Le dépistage du cancer du sein


Vitesse de croissance

Les cancers du sein sont influencés

par deux facteurs: la vitesse de

croissance et l’agressivité. Dans de

rares cas, un cancer même diagnostiqué

très tôt, avec une taille

inférieure à un demi-centimètre,

évoluera très vite ou produira

d’emblée des métastases ailleurs

dans l’organisme, diminuant d’autant

plus les chances de guérison.

Réassurance

La mammographie de dépistage

est une démarche rassurante

pour 95% des femmes qui s’y

soumettent. Chez elles, les clichés

ne révèleront aucune anomalie

suspecte, ce qui permettra

de les rassurer.

Vies épargnées

A condition d’être répétée tous

les deux ans, la mammographie

de dépistage permet d’obtenir un

allongement de la survie des

femmes atteintes et, dans un certain

nombre de cas, la guérison.

Les études ont montré une forte

diminution du risque de mortalité

due au cancer du sein parmi

les femmes qui font régulièrement

une mammographie de

dépistage à partir de 50 ans.

Qualité de vie

La mammographie de dépistage

est souvent associée à une amélioration

du confort de vie des

personnes atteintes grâce à un

recours plus fréquent à une chirurgie

limitée à la tumeur, en lieu

et place de la mastectomie (ablation

totale du sein). En outre, le

fait de diagnostiquer précocement

un cancer du sein permet

de diminuer l’emploi de traitements

lourds tels que la chimiothérapie.

Bénéficier de traitements

moins agressifs veut aussi

dire moins de fatigue.

Vrai ou faux?

«La mammographie de dépistage n’empêche pas

l’apparition d’un cancer du sein

Vrai. Néanmoins, grâce à elle, on peut détecter un

cancer à un stade très précoce de son évolution et

mettre ainsi en route rapidement des traitements qui

auront plus de chances d’être efficaces.

Le dépistage du cancer du sein 17


Quelles sont les limites de la mammographie?

Aucun test médical n’est infaillible et, dans une minorité de cas,

des effets adverses peuvent apparaître. S’agissant de la mammographie,

les femmes doivent être informées de ses possibles

inconvénients, afin de décider en connaissance de cause.

Inconvénients liés

à l’examen

La mammographie est parfois

ressentie comme un moment

désagréable et stressant.

Compression du sein

Pour réaliser des clichés des

seins de bonne qualité et diminuer

la dose de radiation, il est

indispensable de comprimer les

seins entre deux plaques plutôt

fraîches...

Le désagrément ressenti durant

la mammographie varie en intensité

d’une femme à l’autre.

Certaines parlent d’inconfort

minime, tandis que d’autres,

dont les seins sont sensibles,

disent avoir eu mal, parfois au

point de ne plus vouloir refaire

de mammographie. Pour la plupart

des femmes, cependant,

c’est juste un moment désagréable.

Dans tous les cas, il est

recommandé aux femmes passant

cet examen de signaler à la

technicienne d’éventuelles sensations

douloureuses.

Anxiété

Pour un certain nombre de

femmes, l’idée même de se soumettre

à une mammographie de

dépistage représente déjà un

stress. Il faut en effet oser affronter

l’idée que l’on peut souffrir

d’un cancer du sein, alors qu’au

départ on se sent bien…

Entre celles pour qui la mammographie

est une simple formalité

et celles qui restent sceptiques,

pressentant qu’il faudrait la faire

mais qui n’en n’ont pas envie, il

existe toute la gamme des réactions.

L’anxiété peut aussi se

manifester lorsque l’on se retrouve

dans une pièce pleine de grosses

machines. Enfin et surtout, il y a

l’attente des résultats: les

femmes participant aux pro-

Chantal, 54 ans

«L’an dernier, je suis allée faire une mammographie

dans le cadre du programme de dépistage

de mon canton. J’étais très confiante. Quelques

jours après, j’ai reçu une lettre m’informant que

je devais faire des examens complémentaires.

J’étais folle d’angoisse. Heureusement, j’ai eu un

rendez-vous très rapidement et après une mammographie

localisée et une échographie, on m’a

dit que je n’avais rien du tout.»

Le dépistage du cancer du sein 19


grammes de dépistage organisé

doivent attendre environ une

semaine avant de recevoir, par

courrier, le résultat de leur mammographie.

Un délai qui est parfois

mal vécu.

Radiations

Le risque de développer un cancer

en raison des mammographies

répétées tous les deux ans

est quasi inexistant. La raison?

Les doses d’irradiation sont très

faibles et sont comparables à

l’irradiation d’origine naturelle

reçue par l’organisme lors d’un

vol Genève-Sydney et retour. En

effet, grâce aux progrès technologiques

réalisés tant au niveau

de l’équipement radiologique

qu’au niveau des films utilisés,

les doses de radiations émises

pendant la mammographie ont

considérablement diminué au

cours des années.

Erreurs d’interprétation

N’étant pas un examen diagnostique,

la mammographie de

dépistage ne peut pas établir de

manière définitive l’existence

d’un cancer, ni l’exclure à 100%,

d’où de possibles (mais rares)

erreurs d’interprétation.

Fausse alerte

et fausse réassurance

Petit lexique pour décoder

le jargon médical:

Un résultat positif veut dire qu’il

y a une anomalie ou une image

suspecte.

Un résultat négatif veut dire que

tout est O.K.

Un faux positif veut dire: «on a

cru qu’il y avait quelque chose

mais, après vérifications, tout va

bien».

Un faux négatif veut dire: «on a

cru que tout était normal mais, en

réalité, il y avait une anomalie que

l’on n’a pas vue».

Lors du dépistage du cancer du

sein, les faux positifs concernent

4 à 9 femmes dépistées sur 100,

alors que les faux négatifs représentent

1 cas sur 700.

20 Le dépistage du cancer du sein


Image suspecte

Lorsque le résultat d’une mammographie

est suspect, on

recommande généralement à la

femme de procéder à des examens

complémentaires. Cependant,

il ne faut pas croire qu’un

cliché évoquant la présence

d’une anomalie équivaut à un

diagnostic de cancer.

Explication: la mammographie

de dépistage joue le rôle de clignotant

en cas d’anomalie. Le

choix des examens complémentaires

varie en fonction du degré

d’alerte observé par le radiologue.

Au final, «seules» 10 à

20% des femmes rappelées pour

un examen complémentaire

dans le cadre d’un programme

de dépistage ont effectivement

une tumeur maligne.

Marie-Pierre, 62 ans

«Il y a deux ans, j’ai senti deux petits nodules sur

le côté droit du sein. La mammographie était normale.

Comme je n’étais pas tout à fait tranquille,

j’ai confié mon inquiétude à mon médecin. Il a

décidé de me faire quand même une biopsie. Un

des nodules était un carcinome. Plus tard, mon

oncologue m’a expliqué qu’il s’agissait d’un cancer

qui n’était pas visible à la mammographie.»

Un peu d’arithmétique…

Sur 10 000 femmes dépistées

entre 50 et 70 ans:

9000 à 9500 (soit 90 à 95%)

auront des résultats parfaitement

normaux.

Sur les 500 à 1000 femmes qui

vont être rappelées en raison

d’une image suspecte vue sur les

clichés:

une soixantaine sont réellement

porteuses d’une tumeur,

toutes les autres pourront être

rassurées après des examens

complémentaires qui excluent la

présence d’un cancer.

A l’inverse, sur les 9000 à 9500

femmes à qui on aura annoncé un

résultat normal:

12 auront été rassurées à tort,

soit parce que leur tumeur était

indécelable sur les clichés, soit

parce qu’elle s’est développée

entre deux mammographies.

Le dépistage du cancer du sein 21


Vrai ou faux?

«Un résultat anormal à la mammographie de dépistage

équivaut à un diagnostic de cancer du sein

Faux. Un résultat anormal ne doit pas être assimilé à

un diagnostic de cancer du sein. Il doit être considéré

comme une indication de «quelque chose» de

suspect qui mérite d’être examiné plus à fond lors

d’examens complémentaires.

Fausse alerte

Pour un petit nombre de

femmes, les résultats vont être

interprétés comme incertains,

alors qu’en réalité il n’y a pas de

cancer. Autrement dit, la sonnette

d’alarme sonne plus souvent

que nécessaire. Au bout du

compte, les femmes concernées

seront rassurées sur leur état de

santé une fois les examens complémentaires

effectués.

Fausse réassurance

Erreur d’interprétation redoutée

tant par les femmes que par le

corps médical: les clichés des

mammographies sont interprétés

comme normaux, alors qu’il

existe bel et bien une tumeur

maligne (faux négatif). Patientes

et médecins sont rassurés à tort,

ce qui entraîne un retard de diagnostic

et donc de prise en

charge. Ces situations, hélas inévitables,

sont heureusement rares,

mais chaque cas est un cas de

trop. C’est justement pour réduire

le nombre de faux négatifs que

les programmes imposent la

double lecture de tous les clichés.

Comme le diagnostic d’anomalie

est porté à tort sur les clichés, on

appelle cela un «faux positif».

Les conséquences de cette fausse

alerte ne sont pas anodines pour

la femme: elle aura subi des examens

médicaux inutiles, pouvant

aller jusqu’à la biopsie chirurgicale.

Et, surtout, elle aura été

inquiétée sans raison.

22 Le dépistage du cancer du sein


Autres inconvénients

Certains ont mis en évidence un

risque de traitements inutiles liés

à la mammographie de dépistage.

Surmédicalisation

Un certain nombre de lésions cancéreuses

découvertes à un stade

très précoce, c’est-à-dire localisées,

ne vont pas évoluer vers un

cancer invasif. Le problème avec

ces tumeurs, c’est que l’on n’est

pas encore capable de prévoir lesquelles

vont se propager et produire

des métastases. Face à ce

type de situation, le corps médical

opte pour la prudence et agit

comme si toutes les tumeurs

allaient devenir invasives.

L’objectif actuel des chercheurs

est justement de déterminer les

facteurs qui permettront de distinguer

les tumeurs potentiellement

«méchantes», qu’il faut opérer

sans attendre, de celles qui resteront

«tranquilles», nécessitant

seulement une surveillance

étroite. En attendant une réponse,

un certain nombre de femmes

seront «surdiagnostiquées» et

donc traitées inutilement.

L’angoisse de savoir

Toutes les femmes le racontent:

l’annonce d’un diagnostic de

cancer du sein est une nouvelle

extrêmement bouleversante, une

douche glaciale, «un TGV que

l’on prend en pleine figure».

Basculement dans une autre

dimension: la personne en bonne

santé que l’on croyait être

devient brutalement une personne

étiquetée «malade». Par

ailleurs, si la grande majorité des

patientes profiteront des traitements

mis en route à un stade

débutant, un petit nombre n’aura

pas cette chance. En raison d’un

cancer particulièrement agressif,

ces femmes ne retireront pas de

bénéfice d’avoir su plus tôt

qu’elles souffraient d’un cancer

du sein.

Le dépistage du cancer du sein 23


Dépistage: individuel ou organisé

Aujourd’hui, il n’existe pas de politique définie au niveau

de la Confédération en matière de dépistage du cancer du sein.

Seuls cinq cantons proposent actuellement un programme

organisé à leur population féminine.

Un dépistage,

deux approches

Le dépistage du cancer du sein

est dit organisé lorsque la mammographie

est effectuée dans le

cadre d’un programme. Il est individualisé

lorsque la femme s’adresse

à son médecin pour se faire prescrire

une mammographie.

Que dit la LAMal?

La LAMal prévoit que l’assurance

prend en charge la mammographie

pour autant qu’elle soit proposée

dans le cadre d’un programme

répondant à certaines

exigences de qualité. Lorsqu’elle

est pratiquée dans le cadre d’un

programme, la mammographie a

un coût modéré pour la femme

qui paiera au maximum 10% du

montant (sans toucher à sa franchise),

voire rien du tout selon

les cantons. Le solde des honoraires

est directement payé par

les caisses maladie aux organisateurs

de ces programmes conformément

à la loi sur l’assurance

maladie.

Démarche individualisée

Indépendamment de l’existence

des programmes organisés, les

femmes, quel que soit leur canton

de résidence, ont la possibilité

de s’adresser à leur médecin

pour se faire prescrire une

mammographie de dépistage.

Lorsque celle-ci est réalisée hors

d’un programme, elle est considérée

comme une mammographie

diagnostique. En clair, celleci

est soumise à un tarif différent

qui n’est remboursé par les

caisses maladie que si l’examen

a fait l’objet d’une ordonnance et

pour autant que la patiente ait

épuisé sa franchise.

Et ailleurs?

Aux Pays-Bas et en Angleterre,

plus de vingt millions de femmes

ont été dépistées en dix ans. Dans

ces pays, on observe que le

nombre de décès dus au cancer

du sein a déjà baissé d’environ

20%. Un bon résultat attribuable

autant au dépistage qu’à l’amélioration

des traitements.

Le dépistage du cancer du sein 25


Denise, 65 ans

Efficacité équivalente

Du point de vue de la femme qui

effectue une mammographie, on

peut retenir que l’efficacité des

deux types de dépistage est

jugée équivalente, lorsque les

critères de qualité sont respectés.

On estime que, grâce au dépistage

par mammographie, peu

importe le système choisi, on

obtient une forte réduction du

risque de mortalité parmi les

femmes qui s’y soumettent. En

revanche, leur coût n’est pas

équivalent.

«Je participe au programme genevois de dépistage

depuis sa création. A l’époque, c’est ma

gynécologue qui m’a encouragée à le faire. Et je

dois dire que j’y vais tout à fait relaxe. Pour moi,

c’est aussi naturel que d’aller chez le dentiste. Je

m’y rends d’autant plus facilement que j’ai une

amie qui est morte du cancer du sein à 40 ans. Je

suis restée très marquée par ce décès.»

Attente des résultats

Une des grandes différences

entre mammographie individuelle

et dépistage réalisé dans

un programme réside dans le

délai d’attente pour les résultats.

Dans le cas du dépistage individualisé,

le radiologue communique

souvent à sa patiente le

résultat de l’examen, d’autant

plus si celui-ci ne montre aucune

anomalie. En dépistage organisé,

il faut attendre plusieurs jours.

En effet, les résultats seront

envoyés à la femme par poste

après que le cliché a été interprété

successivement par deux radiologues

différents. Cette double

lecture prend quelques jours.

La lettre indique soit que tout est

normal (invitation dans deux ans

pour une nouvelle mammographie),

soit qu’une image suspecte

a été découverte et qu’il faut

prendre contact avec son médecin

pour des examens complémentaires.

Ce délai est parfois

mal vécu, dans la mesure où il

peut être générateur d’angoisse.

26 Le dépistage du cancer du sein


Les différences

Même si le but est le même, les

deux systèmes de dépistage présentent

des différences que les

femmes doivent connaître.

Mammographie individualisée

Le plus souvent la mammographie

individualisée est réalisée

sur ordonnance du médecin.

> Le médecin radiologue effectue

l’examen et, dans la plupart

des cas, communique le

résultat au cours de la visite.

> Si un examen complémentaire,

radiologique et/ou ultrason

est indiqué, il est fréquemment

réalisé au cours

du même rendez-vous.

> La lecture des radiographies

est, en principe, faite par un

seul radiologue.

> Pour la patiente, le coût de la

mammographie oscille entre,

au mieux, 10% (en cas de

prescription médicale) et, au

pire, 100% du montant.

L’examen est soumis à la franchise.

A retenir

La mammographie diagnostique

est habituellement prescrite

lorsque la femme présente un

symptôme qui justifie des investigations

plus approfondies.

La mammographie peut également

être prescrite par le médecin

afin d’exclure toute suspicion de

cancer chez une femme qui

demande à être rassurée.

La mammographie effectuée en

dépistage organisé ne peut être

proposée qu’aux femmes asymptomatiques

et a pour unique objectif

d’exclure tout signe radiologique

de cancer du sein.

Brigitte, 62 ans

«Pendant des années, j’ai fait ma mammographie

de dépistage tous les deux ans au mois de

mai. J’avais l’habitude de passer par mon médecin

privé. L’an dernier, j’ai reçu une invitation du

centre de dépistage. J’ai décidé d’y répondre. J’ai

même pu choisir d’aller à mon institut habituel.

Franchement, je n’ai pas vu de différence entre

les deux dépistages.»

Mammographie organisée

Le dépistage du cancer du sein est

dit «organisé» ou «systématique»

car il s’agit d’un programme de

santé publique. L’objectif ici est de

toucher toutes les femmes concernées,

en particulier celles n’ayant

pas tendance à consulter de

médecin spontanément.

Le dépistage du cancer du sein 27


Le dépistage est fait sur invitation

du canton offrant un tel

programme à toutes les

femmes, à partir de 50 ans

(en 2005: Genève, Vaud,

Valais, Fribourg, Jura).

> La femme choisit l’institut de

radiologie sur une liste qui

comprend tous les instituts et

les services de radiologie

ayant accepté de suivre

les procédures exigées

par le programme.

> Elle se présente au rendezvous

pour la mammographie,

mais le médecin radiologue

ne commente pas les clichés.

> La lecture des radiographies

est faite indépendamment par

deux radiologues. En cas de

divergence, une lecture supplémentaire

est confiée à un

troisième radiologue.

> Le médecin traitant et la

femme reçoivent le résultat

par la poste.

> Si d’autres examens sont

nécessaires, radiologiques ou

échographiques, ils seront

effectués ultérieurement.

> Le remboursement de l’examen

se fait hors franchise.

La contribution financière de

la femme varie selon les

cantons.

> Les instituts de radiologie,

leur personnel technique et

les radiologues participant au

programme sont soumis à un

contrôle strict de qualité et

sont évalués régulièrement.

Ils suivent, en outre, une formation

continue organisée

par les responsables des programmes.

Double, voire triple lecture

La double lecture des clichés,

effectuée par deux radiologues

différents, est la règle dans les

programmes de dépistage systématique.

Explications:

La mammographie est considérée

comme normale par les deux

radiologues. La femme sera réinvitée

dans deux ans.

Les deux radiologues voient la

même anomalie sur le cliché. Une

démarche diagnostique complémentaire

est entreprise.

La mammographie est considérée

comme normale par seulement

l’un des deux radiologues

(10% des clichés). L’avis d’un troisième

spécialiste est alors demandé.

S’il considère qu’il n’y a pas

d’anomalie, la femme sera réinvitée

dans deux ans. Si, au contraire,

il confirme la présence

d’une anomalie, une démarche

diagnostique sera initiée.

Les deux premiers radiologues

voient des choses suspectes différentes

sur le cliché. L’avis d’un

troisième est alors requis. De son

avis dépendra la suite.

28 Le dépistage du cancer du sein


Aspects relationnels

Les contacts humains dans les

programmes de dépistage peuvent

paraître plus pauvres, dans

la mesure où la femme n’a pas de

contact direct avec le radiologue.

Cependant, au cours de leur formation,

les techniciens(ennes) en

radiologie sont sensibilisés(ées)

aux aspects relationnels. Leur

rôle consiste notamment à expliquer

ce qui est fait et à veiller au

confort des femmes.

Assurance de qualité

L’un des «plus» des programmes

de dépistage systématique est

l’assurance qualité à laquelle ils

sont soumis.

Contrôle obligatoire

Dans les cantons où existe un

programme, l’obligation de contrôle

de qualité profite également

aux mammographies réalisées

sur un mode individualisé. Les

radiologues participant aux programmes

bénéficient d’une plus

grande expérience en matière de

lecture des clichés, ce qui ne

manque pas de rejaillir sur la

qualité d’interprétation. La double

lecture n’est pas systématiquement

appliquée en privé.

Enfin, contrairement aux programmes

de dépistage qui imposent

des règles strictes de

contrôle de qualité, seules des

mesures de protection contre les

radiations doivent être respectées

en mammographie diagnostique,

comme pour la radiologie

en général.

Equipement

Les appareils utilisés dans le

cadre d’un programme répondent

aux normes de qualité européennes.

Ce qui implique un

contrôle annuel des installations

de mammographie, un contrôle

hebdomadaire de la qualité de

l’image et un contrôle quotidien

du développement des films.

Françoise, 57 ans

«Depuis l’âge de 50 ans, je reçois une invitation

à me soumettre à une mammographie de dépistage

entièrement gratuite. Je trouve cela très pratique

et rassurant: tous les deux ans, on y pense

pour moi. La démarche est facile et intéressante

du point de vue économique.»

Formation

Avant de commencer leur activité

dans le cadre d’un programme de

dépistage, les technicien(ne)s en

radiologie médicale, de même

que les radiologues, suivent une

formation complémentaire et sont

accrédités. Des formations continues

sont en outre organisées à

leur intention. Dans tous les cas,

la qualité des interprétations augmente

avec le nombre de mammographies

lues par année.

Le dépistage du cancer du sein 29


Evaluation

L’enjeu de l’évaluation est de

s’assurer que les programmes

atteignent bien l’objectif fixé, à

savoir réduire le nombre de

décès provoqués par le cancer

du sein.

Pourquoi (seulement)

à partir de 50 ans?

Environ 80% des cancers du sein

apparaissent après 50 ans et c’est

aussi à partir de cet âge que l’on

observe la plus grande baisse du

risque de mortalité.

Autopalpation entre-deux

Il arrive parfois qu’au cours des deux ans séparant

les mammographies de dépistage apparaisse un

cancer dit d’intervalle. C’est pourquoi une autopalpation

pratiquée périodiquement est utile. Elle

permet à la femme de rester à l’affût de l’apparition

d’un éventuel nodule ou de tout autre symptôme

qui l’amènerait à consulter un médecin.

Efficacité prouvée

D’après les études, la tranche

d’âge 50-69 ans offre la meilleure

efficacité. Rappelons que

c’est à partir de 50 ans que le

cancer du sein devient véritablement

fréquent. La plupart des

programmes de dépistage européens

ciblent les femmes de 50 à

69 ans. Certains pays, comme la

France, ont fixé une limite plus

élevée en incluant d’office les

femmes jusqu’à 74 ans.

Pourquoi tous les deux ans?

L’intervalle de deux ans entre

deux mammographies de dépistage

est pratiqué dans de nombreux

pays et dans les cantons

romands. Ce délai de 24 mois

paraît le meilleur compromis

possible entre les coûts générés

par les examens et les bénéfices

apportés en termes de décès par

cancer du sein évités.

Et les plus de 70 ans?

Vu l’allongement de l’espérance

de vie, dépister un cancer du sein

à un âge avancé garde tout son

sens lorsque la personne est

encore en bonne santé. C’est la

raison pour laquelle les femmes

de plus de 70 ans sont la plupart

du temps acceptées dans les programmes

cantonaux de dépistage.

Simplement, comme elles

ne sont pas d’emblée invitées

par le programme (qui cible les

50-69 ans), elles doivent prendre

contact avec le programme de

dépistage de leur canton.

30 Le dépistage du cancer du sein


Et les femmes

de moins de 50 ans?

Le cancer du sein constitue déjà un

problème de santé publique pour

les femmes dans la quarantaine.

Pourtant, l’âge du dépistage systématique

reste fixé à 50 ans.

Efficacité controversée

Environ 20% de tous les cancers

du sein apparaissent avant 50

ans. L’utilité d’un dépistage avant

50 ans ne fait pourtant pas l’unanimité.

Argument avancé par ses

adversaires: la mammographie

de dépistage est moins efficace,

car le sein de la femme jeune est

plus dense et donc moins

«lisible». D’où une flambée des

effets indésirables: le taux de

résultats «faux positifs» (tumeurs

faussement suspectées) grimpe,

augmentant du même coup le

nombre de rappels et d’investigations

inutiles. Sans compter

qu’il faut très souvent compléter

la mammographie par un examen

aux ultrasons pour avoir

une bonne vision du sein. Autant

de frais qui se cumulent et qui,

multipliés par le nombre de

femmes à dépister, feraient exploser

les coûts.

Arguments pour

Malgré ces obstacles financiers,

certains spécialistes qualifient

d’arbitraire la limite des 50 ans.

Les partisans d’un rajeunissement

du dépistage souhaiteraient

que les professionnels de

la santé, comme les pouvoirs

publics, réfléchissent à la manière

de généraliser le dépistage

au moins à partir de 45 ans,

moment où la courbe du cancer

du sein augmente fortement.

Rester attentive

Aujourd’hui, les femmes de

moins de 50 ans ne présentant

pas de risque familial doivent

donc peser le pour et le contre

d’une mammographie de dépistage,

tout en gardant un œil sur

leurs seins. Un autoexamen des

seins pratiqué à intervalles réguliers

(une fois par mois) permet,

en effet, de noter plus vite une

éventuelle modification.

Le saviez-vous?

En Suède, comme aux Etats-Unis, le dépistage est

conseillé à partir de 40 ans. Cette recommandation

s’accompagne toutefois d’une exigence: la mammographie

doit être faite au moins chaque année. A

l’heure actuelle, on ne dispose pas du recul suffisant

pour pouvoir confirmer ou infirmer le bénéfice d’une

telle pratique.

Cas particuliers

Les femmes à risque ne doivent

pas attendre 50 ans pour être

surveillées. Quel que soit leur

âge, les femmes ayant des

proches atteintes d’un cancer du

sein (mère ou sœur) devraient se

soumettre chaque année à une

mammographie, laquelle est

d’ailleurs remboursée par les

caisses maladie.

Le dépistage du cancer du sein 31


Et en cas de résultat anormal?

La mammographie indique une éventuelle anomalie.

Heureusement, dans la majorité des cas, les examens

complémentaires prescrits seront rassurants.

Anomalie n’est pas cancer

Face à un cliché montrant une

image suspecte, la règle est de

prévenir la femme qu’elle doit

consulter son médecin pour des

examens complémentaires. Le

but ici est d’exclure un cancer.

Pas de panique!

La grande majorité des signes

anormaux ou incertains, révélés

par une mammographie de

dépistage, ne sont pas d’origine

cancéreuse. Rappelons que «seulement»

10 à 20% des femmes

rappelées pour des examens

complémentaires auront effectivement

un diagnostic de cancer

du sein.

Quoi d’autre alors?

Derrière un cliché anormal, on

trouve souvent des anomalies

bénignes qui peuvent être de

nature différente. Ainsi, une opacité

sur la radio peut signifier, par

exemple, la présence d’une

lésion bénigne comme le fibroadénome

ou encore un kyste.

Autre cas de figure: la mammographie

montre une image

«poussiéreuse», évoquant des

petits grains de sel. Cette anomalie

correspond à des microcalcifications.

Parfois, celles-ci révèlent

la présence d’un cancer,

mais, le plus souvent, elles ne

sont que le reflet du processus

normal de vieillissement du tissu

mammaire. Pour en avoir le cœur

net, il faut procéder à des examens

complémentaires.

Où s’arrête le dépistage?

Dès le moment où la mammographie

de dépistage révèle une

anomalie, tous les actes médicaux

ultérieurs sortent du cadre

du programme de dépistage. Les

femmes qui ont participé à un

programme cantonal de dépistage

sont informées par une lettre

qu’une anomalie a été découverte.

Ce courrier les invite à prendre

contact avec leur médecin (qui

aura reçu également un courrier).

Les examens complémentaires

prescrits par le médecin traitant

s’inscrivent dorénavant dans une

démarche diagnostique. Cela

signifie que les prestations seront

remboursées à 90% et soumises

à franchise.

Le dépistage du cancer du sein 33


Les examens

complémentaires

Face à une mammographie évoquant

une anomalie, des examens

complémentaires sont

demandés. C’est le temps du

diagnostic.

Renée, 61 ans

«Je me suis alors dit: «Ça y est, je l’ai!»

Heureusement, j’avais mes deux filles avec moi

lorsque j’ai reçu la lettre. J’ai tout de suite senti

que c’était grave même s’ils ne disaient rien sur la

nature du problème trouvé. Ensuite, mon médecin

m’a demandé de venir rapidement. Après un

examen aux ultrasons et une biopsie, le diagnostic

tombait: cancer du sein droit. J’ai eu droit aux

rayons et j’ai trouvé cela très difficile.»

Complément

mammographique

La mammographie permet de

dépister des anomalies au minimum

de l’ordre de un à deux millimètres.

Cependant, pour poser

un diagnostic, elle devra être

complétée par des clichés supplémentaires,

c’est pourquoi les

femmes dont le cliché de dépistage

a montré une image suspecte

peuvent être rappelées

pour passer à nouveau une mammographie.

Selon le profil de

l’anomalie (nodule ou microcalcifications),

on procédera à une

compression localisée sur la zone

suspecte ou à un agrandissement

mammographique. Ensuite? Soit

l’image reste suspecte et il faut

poursuivre les investigations,

soit les lésions sont peu inquiétantes

et l’on propose une simple

surveillance.

Echographie du sein

Certaines anomalies sont difficiles

à interpréter, voire indécelables

par les rayons X. D’où l’intérêt

de l’échographie qui utilise,

comme le système radar, les

ultrasons. Il s’agit d’un examen

sans risque de radiations se révélant

très utile chez les femmes

jeunes dont les seins sont

denses. Elle est, en revanche,

moins souvent nécessaire chez

les femmes ménopausées dont

les seins sont pauvres en

glandes et riches en graisse. En

tant qu’examen complémentaire,

elle permet de préciser la nature

d’une anomalie radiologique.

Numérique ou classique?

Les deux techniques mammographiques

permettent de livrer un

diagnostic de qualité. Avec la version

numérique, il est possible de

modifier les contrastes pour affiner

le diagnostic. En outre, les

images sont instantanément

transmises sur ordinateur et peuvent

donc éventuellement être

envoyées à distance pour un avis

complémentaire.

34 Le dépistage du cancer du sein


Résonance magnétique

L’imagerie par résonance magnétique

(IRM) nécessite l’injection

d’un produit de contraste.

Capable de déceler de très

petites lésions, l’IRM est parfois

proposée pour compléter la

mammographie. Cet examen

indolore, mais très coûteux, a ses

limites: il est tellement sensible

qu’il a tendance à détecter des

lésions qui ne sont pas cancéreuses

(«faux positifs»). L’IRM est

de préférence réservée à des

situations précises.

Biopsie

Lorsque l’imagerie laisse planer

un doute, on procède au prélèvement

d’un fragment de l’anomalie

pour l’examiner au microscope.

La biopsie peut être réalisée

de trois manières: soit en

introduisant une aiguille fine au

centre de la lésion, soit en effectuant

une biopsie «sous aspiration»

(mammotome) avec anesthésie

locale, soit en pratiquant

sous anesthésie générale une

intervention chirurgicale qui permet

de prélever la totalité de la

zone suspecte. L’analyse des tissus

est en mesure, avec une très

grande fiabilité, d’écarter ou de

confirmer le diagnostic de l’anomalie

et d’en préciser le type.

Et après?

Au terme des investigations

complémentaires, il est possible

de rassurer complètement la

majorité des femmes. En cas de

résultat incertain, on préconise

parfois une surveillance accrue.

Enfin, si l’existence d’un cancer

est confirmée, il ne faut pas

prendre ce diagnostic comme

une sentence de mort: les progrès

thérapeutiques dans ce

domaine ouvrent tous les espoirs.

Le saviez-vous?

Les techniques diagnostiques ont considérablement

évolué ces dernières années. Ainsi, le recours à la

biopsie par ponction a permis de réduire fortement le

nombre de biopsies chirurgicales effectuées sous

anesthésie générale. Réalisée en ambulatoire et sous

anesthésie locale, la biopsie à l’aiguille précise le diagnostic

de façon beaucoup moins agressive. Si la

lésion est bénigne, la femme a gagné sur tous les

plans. Si elle se révèle maligne, la femme peut discuter

avec son médecin et choisir avec lui le type de

traitement qui lui convient le mieux.

Le dépistage du cancer du sein 35


C’est un cancer:

les scénarios possibles

Notre propos étant de parler du

dépistage du cancer du sein et

non de son traitement, nous

nous contenterons donc d’évoquer

les scénarios principaux.

Vers du «sur mesure»

Le diagnostic étant toujours plus précoce, les traitements

ont plus de chances d’être efficaces. Ils sont

également de plus en plus ciblés. Les chercheurs

estiment que nous allons vers des thérapies «sur

mesure et plus efficaces». Rappelons que plus de

80% des femmes chez qui on diagnostique un cancer

du sein pourront retrouver une vie quasi normale.

S’informer

Une fois le diagnostic posé, il est

important de prendre le temps

de bien s’informer. En effet, dans

la plupart des cas, il n’y a pas

urgence au point de renoncer à

un temps de réflexion. Ce délai

permet de mieux comprendre de

quel type de cancer du sein il

s’agit, afin d’entreprendre le

meilleur traitement possible.

C’est un moment aussi précieux

pour discuter en famille des

changements qui accompagneront

la maladie. Enfin, il peut être

utile, notamment avant le début

des thérapies, de prendre contact

avec les associations ou organismes

spécialisés pour obtenir

information et soutien.

Temps chirurgical

Dans l’immense majorité des

cas, le premier traitement envisagé

est chirurgical. Le plus souvent,

il est possible d’enlever la

tumeur tout en évitant l’ablation

du sein. Il existe cependant des

situations dans lesquelles, même

pour une petite tumeur, le médecin

conseille l’ablation du sein.

Enfin, on peut tenter de réduire la

taille de la tumeur par chimiothérapie,

afin d’éviter la mastectomie.

En cas d’échec, l’ablation du

sein est alors préconisée.

36 Le dépistage du cancer du sein


Temps thérapeutique

Il est impossible d’être à 100%

certain d’avoir enlevé la totalité

des cellules cancéreuses. D’où le

rôle important des thérapies

adjuvantes permettant d’éradiquer

les éventuelles cellules

malignes qui auraient échappé

au bistouri et qui, avec les

méthodes actuelles, ne sont pas

détectables. Prescrites après

l’opération, ces thérapies constituent

un moyen important à disposition

du corps médical pour

prévenir les rechutes.

Présentation rapide:

> Dans certains cas, on prescrit

des médicaments dont le rôle

est de tuer les cellules cancéreuses

restantes: c’est la chimiothérapie.

> Dans d’autres cas, on prescrit

plusieurs séances au cours

desquelles on expose le sein

opéré à des rayons: c’est la

radiothérapie. Parfois, on est

amené à recourir aux deux

approches.

> L’hormonothérapie, quant à

elle, est avant tout utile en

présence d’un cancer sensible

aux hormones sexuelles féminines

(hormono-dépendant).

Un traitement hormonal

permet de neutraliser

ces hormones sexuelles,

duisant du coup le risque

de récidive.

> L’immunothérapie (Herceptin),

consistant à injecter des

anticorps dirigés contre les

cellules tumorales, est

employée contre certains cancers

du sein.

A noter que si un cancer évolue

au départ sans douleur, les traitements

adjuvants, tels que la

radiothérapie et la chimiothérapie,

sont source d’effets secondaires

parfois très pénibles.

Le dépistage du cancer du sein 37


Les mots clés du dépistage

du cancer du sein

Cancer du sein

Tumeur faite de cellules anormales

qui se multiplient de façon

anarchique. Celles-ci peuvent rester

localisées dans le tissu où elles

ont pris naissance (cancer in situ).

Elles peuvent aussi envahir les tissus

voisins (cancer invasif) puis se

propager à distance du sein

elles sont apparues (métastases).

Dépistage

Recherche systématique, chez des

personnes qui se sentent en

bonne santé, d’un éventuel cancer

du sein qui n’a pas encore produit

de symptôme (asymptomatique).

Dépistage individuel

Démarche entreprise par la

femme asymptomatique, à son

initiative ou à celle de son médecin,

consistant à se soumettre à un

examen de dépistage du cancer

du sein. Cet examen fait l’objet

d’une ordonnance médicale et

n’est, en principe, pas remboursé.

Dépistage organisé

Démarche initiée par les pouvoirs

publics dans certains cantons

suisses. Elle consiste à inviter systématiquement,

chaque deux ans,

toutes les femmes entre 50 et 69

ans, à passer une mammographie

dans le cadre d’un programme.

Mammographie de dépistage

Radiographie de la glande mammaire

effectuée chez des femmes

qui ne présentent aucun symptôme.

L’objectif ici est de permettre

d’identifier des lésions précoces

susceptibles de correspondre à un

cancer du sein asymptomatique.

La mammographie de dépistage

ne suffit pas pour poser un diagnostic

définitif. Si un signe suspect

est décelé, elle devra être

complétée par d’autres examens.

Mammographie de diagnostic

Radiographie de la glande mammaire

effectuée chez une femme

présentant des symptômes qui

peuvent évoquer l’existence d’un

cancer du sein. Le plus souvent,

cette mammographie est complétée

par d’autres examens afin de

permettre de poser un diagnostic.

Echographie

Examen indolore, utilisant les

ultrasons et permettant de voir

des anomalies difficiles à interpréter,

voire indécelables par les

rayons X. Son rôle n’est pas de

remplacer la mammographie

mais de la compléter.

Biopsie

Prélèvement de tissu suspect à

l’aide d’une aiguille, effectué sous

anesthésie locale ou, au cours

d’une intervention chirurgicale,

sous anesthésie générale. La biopsie

permet d’examiner au microscope

un fragment, parfois la totalité,

de l’anomalie décelée à la

mammographie. Le but est de

connaître sa nature qui sera soit

bénigne (absence de cancer), soit

maligne (présence de cancer).

Le dépistage du cancer du sein 39


Postface

Cette brochure est destinée à

toute personne qui souhaite

savoir ce qu’est le dépistage du

cancer du sein. Suzy Soumaille y

explique, de manière claire et

simple, les différents aspects, les

raisons, les façons de procéder,

les avantages, les inconvénients

et, finalement, la situation complexe

du dépistage du cancer du

sein en Suisse.

Il est parfois difficile de retrouver

son chemin dans la jungle médicale

et fédérale helvétique, et

encore plus en ce qui concerne le

sujet du dépistage! Une brochure

comme celle que vous avez entre

les mains est donc bien nécessaire.

Il s’agit d’une information

sans préjugés, rassemblée par

une journaliste spécialisée dans

le domaine de la santé.

La Ligue suisse contre le cancer

soutient cet effort dont l’initiative

vient des cantons suisses romands,

qui disposent d’un programme

de dépistage du cancer

du sein par mammographie. Ce

groupe intercantonal et la Ligue

contre le cancer ont bien compris

qu’il existait un manque aigu

d’information neutre.

Etant donné que la prestation

«mammographie de dépistage»

est uniquement remboursée par

les caisses maladie des cantons

offrant un programme de dépistage,

la situation dans les autres

parties du pays est encore plus

complexe et parfois même inextricable.

Dans la discussion sur la

valeur d’un dépistage du cancer

du sein, la Ligue suisse a pris position

en faveur des programmes de

dépistage, un avis partagé par le

groupe d’experts réuni par le

Centre International de Recherche

sur le Cancer à Lyon.

Les opinions des experts sont

une chose, mais le vécu d’une

femme, sa situation, ses questions,

en sont une autre tout

aussi importante. Je souhaite

que cette brochure puisse apporter

des réponses utiles aux interrogations

de chaque femme, partout

en Suisse.

Prof. Bettina Borisch

Présidente de la Commission

d’experts «cancer du sein» de

la Ligue suisse contre le cancer

Cette brochure va être mise à disposition

de toutes les personnes

intéressées. Elle s’adresse plus

particulièrement aux femmes

vivant en Suisse.

Le dépistage du cancer du sein 41


Quelles sont les adresses utiles?

La Ligue contre le cancer de votre région offre conseils et soutien

Krebsliga Aargau

Milchgasse 41

5000 Aarau

Tel. 062 824 08 86

Fax 062 824 80 50

admin@krebsliga-aargau.ch

www.krebsliga-aargau.ch

PK 50-12121-7

Krebsliga beider Basel

Engelgasse 77

4052 Basel

Tel. 061 319 99 88

Fax 061 319 99 89

info@klbb.ch

www.krebsliga-basel.ch

PK 40-28150-6

Bernische Krebsliga

Ligue bernoise contre le cancer

Marktgasse 55

Postfach 184

3000 Bern 7

Tel. 031 313 24 24

Fax 031 313 24 20

info@bernischekrebsliga.ch

www.bernischekrebsliga.ch

PK 30-22695-4

Bündner Krebsliga

Alexanderstrasse 38

7000 Chur

Tel. 081 252 50 90

Fax 081 253 76 08

js@krebsliga-gr.ch

www.krebsliga-gr.ch

PK 70-1442-0

Ligue fribourgeoise

contre le cancer

Krebsliga Freiburg

Route des Daillettes 1

case postale 181

1709 Fribourg

tél. 026 426 02 90

fax 026 426 02 88

info@liguecancer-fr.ch

www.liguecancer-fr.ch

CCP 17-6131-3

Ligue genevoise

contre le cancer

17, boulevard des Philosophes

1205 Genève

tél. 022 322 13 33

fax 022 322 13 39

ligue.cancer@mediane.ch

www.lgc.ch

CCP 12-380-8

Krebsliga Glarus

Kantonsspital

8750 Glarus

Tel. 055 646 32 47

Fax 055 646 43 00

krebsliga-gl@bluewin.ch

PK 87-2462-9

Ligue jurassienne

contre le cancer

Rue de l’Hôpital 40

case postale 2210

2800 Delémont

tél. 032 422 20 30

fax 032 422 26 10

ligue.ju.cancer@bluewin.ch

CCP 25-7881-3

Ligue neuchâteloise

contre le cancer

Faubourg du Lac 17

case postale

2001 Neuchâtel

tél. 032 721 23 25

lncc@ne.ch

CCP 20-6717-9

Krebsliga Schaffhausen

Kantonsspital

8208 Schaffhausen

Tel. 052 634 29 33

Fax 052 634 29 34

krebsliga.sozber@kssh.ch

PK 82-3096-2

Krebsliga Solothurn

Dornacherstrasse 33

4500 Solothurn

Tel. 032 628 68 10

Fax 032 628 68 11

krebs.so@solnet.ch

PK 45-1044-7

Krebsliga

St. Gallen-Appenzell

Flurhofstrasse 7

9000 St. Gallen

Tel. 071 242 70 00

Fax 071 242 70 30

beratung@krebsliga-sg.ch

www.krebsliga-sg.ch

PK 90-15390-1

Thurgauische Krebsliga

Bahnhofstrasse 5

8570 Weinfelden

Tel. 071 626 70 00

Fax 071 626 70 01

info@tgkl.ch

www.tgkl.ch

PK 85-4796-4

Lega ticinese contro il cancro

Via Colombi 1

6500 Bellinzona 4

tel. 091 820 64 20

fax 091 826 32 68

info@legacancro.ch

www.legacancro.ch

CCP 65-126-6

Ligue valaisanne

contre le cancer

Rue de la Dixence 19

1950 Sion

tél. 027 322 99 74

fax 027 322 99 75

lvcc.sion@netplus.ch

CCP 19-340-2

42 Le dépistage du cancer du sein


Walliser Liga

für Krebsbekämpfung

Spitalstrasse 5

3900 Brig

Tel. 027 922 93 21

Mobile 079 644 80 18

Fax 027 922 93 25

wkl.brig@bluewin.ch

PK 19-340-2

Ligue vaudoise

contre le cancer

Av. Gratta-Paille 2

case postale 411

1000 Lausanne 30

tél. 021 641 15 15

fax 021 641 15 40

info@lvc.ch

www.lvc.ch

CCP 10-22260-0

Krebsliga Zentralschweiz

Hirschmattstrasse 29

6003 Luzern

Tel. 041 210 25 50

Fax 041 210 26 50

info@krebsliga.info

www.krebsliga.info

PK 60-13232-5

Krebsliga Zug

Alpenstrasse 14

6300 Zug

Tel. 041 720 20 45

Fax 041 720 20 46

info@krebsliga-zug.ch

www.krebsliga-zug.ch

PK 80-56342-6

Krebsliga Zürich

Klosbachstrasse 2

8032 Zürich

Tel. 044 388 55 00

Fax 044 388 55 11

info@krebsliga-zh.ch

www.krebsliga-zh.ch

PK 80-868-5

Krebshilfe Liechtenstein

Im Malarsch 4

FL-9494 Schaan

Tel. 00423 233 18 45

Fax 00423 233 18 55

admin@krebshilfe.li

www.krebshilfe.li

PK 90-4828-8

Associations d’entraide

Europa Donna Suisse

Ch. du Barbolet

1013 Onex

tél. 022 792 28 76

info@europadonna.ch

Vivre comme avant

Association suisse des femmes

opérées du sein

Marceline Pfortner

Ruelle des Galeries 3

1248 Hermance

tél. 022 751 24 30

mobile 079 773 63 07

www.vivre-comme-avant.ch

Susi Gaillard

case postale 336

4153 Reinach

tél. & fax 061 711 91 43

gaillard@leben-wie-zuvor.ch

www.leben-wie-zuvor.ch

Ligue suisse

contre le cancer LSC

Effingerstrasse 40

case postale 8219

3001 Berne

tél. 031 389 91 00

fax 031 389 91 60

info@swisscancer.ch

www.swisscancer.ch

www.breastcancer.ch

CCP 30-4843-9

Cancer assistance

tél. 0800 55 42 48

lundi, mardi et mercredi: 10-18 h

jeudi et vendredi: 14-18 h

appel gratuit

helpline@swisscancer.ch

Commande de brochures

tél. 0844 85 00 00

shop@swisscancer.ch

Programmes de dépistage

Canton de Vaud

Fondation pour le dépistage

du cancer du sein

19, rue Docteur César-Roux

1005 Lausanne

tél. 021/316 08 50

fax 021/316 08 51

info@depistage-sein.ch

Canton du Jura

Centre jurassien de dépistage

du cancer du sein

Rue de Fer 9

CP 183

2800 Delémont 1

tél./fax: 032 422 58 06

depistage@liguepj.ch

Canton du Valais

Centre de dépistage

du cancer du sein

Condémines 14

1951 Sion

tél. 027 323 64 34

fax 027 323 64 39

depist.cancer.seinVS@vtx.ch

Canton de Fribourg

Centre fribourgeois de

dépistage du cancer du sein

Beaumont 2

CP 75

1709 Fribourg

tél: 026 425 54 00

fax: 026 425 54 01

depistage@liguessante-fr.ch

www.liguecancer-fr.ch

Canton de Genève

Fondation genevoise pour le

dépistage du cancer du sein

43, boulevard de la Cluse

1205 Genève

tél. 022 320 28 28

fax. 022 320 28 30

secretariat@fgdcs

www.fgdcs.ch

Le dépistage du cancer du sein 43


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