Les orientations stratégiques - Département de Seine-Maritime

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Les orientations stratégiques - Département de Seine-Maritime

Les orientations

stratégiques

Session Plénière du Conseil Général - avril 2012


ÉDITO

En décembre 2010, le Département de Seine-Maritime a souhaité lancer une démarche, inédite à cette

échelle et novatrice dans sa méthode, de “projet de territoire”. Ce projet de développement durable

pour la Seine-Maritime, baptisé “Seine-Maritime, imaginons 2020”, est le cadre stratégique d’action

de la collectivité pour la période 2011 à 2020. Il proposera également un positionnement sur des

thématiques qui dépassent largement sa compétence propre.

Un an après le lancement de cette démarche, la crise économique et sociale qui frappe notre pays s’est

accentuée. Les conséquences sociales de la crise économique sont, du fait de notre histoire industrielle,

peut être plus fortes en Seine-Maritime qu’ailleurs et notre collectivité est en première ligne pour y

répondre.

Nous devons le faire en résolvant une difficile équation : quand les besoins explosent, nos ressources

sont contraintes, voire diminuent.

Face à cela, nous avons voulu choisir et non subir.

Nous avons considéré que nous pouvions, pour notre territoire et pour ses habitants, indiquer le

cap à suivre, et qu’il ne pourrait être atteint que collectivement en associant acteurs publics, privés,

associatifs ou citoyens.

Depuis une décennie, nos sociétés connaissent des mutations structurelles profondes. Les

comportements individuels et collectifs évoluent. Nos éco-systèmes sont bouleversés. Les outils à

notre disposition ne sont pas les mêmes qu’il y a 15 ou 20 ans.

C’est pourquoi il est important de poser un diagnostic partagé avec nos concitoyens. Collectivement

nous pouvons, à partir des solutions esquissées localement, imaginer et dessiner les lignes d’un destin

pour ce territoire auquel nous sommes tant attachés.

Le projet de territoire veut donc préparer l’avenir de la Seine-Maritime à l’horizon 2020 en indiquant

tout à la fois l’objectif, mais aussi le chemin à emprunter pour y parvenir. Il a pour objectif de partager

une vision collective du développement de notre territoire et d’aider la collectivité à faire évoluer ses

interventions pour qu’elles répondent de façon plus précise, plus ciblée, qu’elles soient adaptées aux

besoins d’aujourd’hui, et à ceux de demain. C’est un travail utile pour le Département, mais aussi utile

pour tous ses partenaires. C’est pourquoi, avant le vote de l’Assemblée Plénière d’avril 2012, il leur a

été proposé de réagir, afin d’enrichir le projet, en cohérence avec leur stratégie propre. Je tenais à les

remercier pour leur contribution, utile et pertinente.

Je vous souhaite à présent bonne lecture de ce document, fruit d’un travail collectif et ambitieux.

Didier Marie

Président du Département

de Seine-Maritime


La méthode

La méthode de travail retenue s’est structurée autour de 5 principes :

n S’appuyer sur une photographie la plus récente et la plus précise possible (ce qui s’est traduit par un partenariat et une mobilisation

forte de l’INSEE tout au long de la démarche) de la Seine-Maritime en 2011, sans complaisance, mais en mettant

en exergue ses atouts exceptionnels, que l’on tend parfois à oublier. Le diagnostic très synthétique présenté dans le présent

document est extrait de deux rapports détaillés et illustrés, l’un sur l’analyse de nos facteurs d’attractivité, phase 1 d’un travail

de collaboration avec l’INSEE qui se clôturera en 2012 et l’autre ayant servi de base à la concertation, réalisé en mai 2011.

n Ne pas se limiter aux sujets et aux réalités pour lesquels la collectivité Départementale exerce une compétence réglementaire

ou volontaire, mais regarder le territoire dans son ensemble, pour mieux appréhender la complexité de la société d’aujourd’hui

et montrer l’importance que le Département accorde à la recherche de synergies et de partenariats avec les autres

collectivités, les services de l’État et les grands partenaires.

n Associer, impliquer et dialoguer avec le plus grand nombre d’habitants et d’acteurs locaux, afin de recueillir leurs analyses

mais aussi leurs espoirs et attentes, leurs idées et ainsi “prendre le pouls” de la Seine-Maritime, mais surtout reconnaître

l’importance qu’ils ont dans l’émergence et la mise en œuvre des politiques publiques de demain. Une grande enquête lancée

au printemps 2011 a permis de recueillir l’expression de plus de 8 000 habitants, les 8 réunions territoriales à tonalité

prospective ont rassemblé 1 000 personnes en mai et juin 2011, tandis qu’après la contribution du Conseil Départemental des

Collégiens, les étudiants des Universités et Grandes Écoles ont été mobilisés depuis l’automne 2011.

n Associer tout au long de la démarche les élus et les services de la collectivité mais aussi la société civile au moyen d’un

comité de pilotage auquel participe le Conseil Consultatif Départemental et grâce à la réalisation d’une enquête auprès des

services puis des séminaires de travail avec l’ensemble des directions et services du département ;

n Regarder loin, vers 2020, pour comprendre certaines tendances et perspectives qui peuvent influencer nos décisions d’aujourd’hui,

et au-dedes frontières administratives du département, pour tenir compte de la position géostratégique et des

interrelations actuelles et futures avec les autres grands territoires (au plan régional, national et international). C’est ce qui a

justifié l’organisation de quatre “Fabriques de demain”, rencontres qui ont permis, autour d’experts reconnus au plan régional

et national, de faire un point sur l’état des lieux des grands enjeux de notre société et les perspectives possibles sur des

sujets aussi variés que le vieillissement, les technologies de l’information et de la communication, la mesure de la richesse

des territoires ou les défis climatiques.

Phase 1

Janvier à mi-avril

Phase 2

Mi-avril à décembre

Concertation publique, partage des enjeux

Phase 3

Stratégie et plan d’actions

2011

Janvier Avril Mai Juin Sept. Oct. Nov. Déc.

2012

Janvier Février Mars Avril Oct.

Diagnostic

interne

Enjeux de

positionnement

stratégique

8 rencontres

territoriales

et questionnaire

auprès des

Seinomarins

Réunion

annuelle

des maires

Les “Fabriques

de Demain”

Ateliers

d’experts et

forces vives

Réunion de

restitution

aux habitants

Elaboration

des

orientations

stratégiques

Concertation

des

grands

partenaires

Résultats

de l’appel

à contribution

de l’Ens.

Sup.

Vote des

orientations

stratégiques

Plan

d’actions


L’ensemble de ces travaux et supports (textes, audio, vidéos) est accessible via le lien http://www.seinemaritime2020.net

Le diagnostic des forces et faiblesses du territoire mais aussi l’implication des Seinomarins dans l’expression de leurs attentes

et de leurs visions, a mis en évidence les enjeux auxquels il faut répondre, pour réussir à construire un nouveau mode de développement

plus durable qui permette à la Seine-Maritime d’être un territoire attractif, encore plus dynamique et plus solidaire,

où l’on puisse vivre différemment.

Janvier-février 2012 : La concertation avec les grands partenaires de la collectivité Départementale

Même si les grands partenaires ont pu être régulièrement informés de l’évolution du projet, il est aujourd’hui nécessaire, au

stade de l'expression de la stratégie, de pouvoir recueillir leur avis formalisé afin de veiller à la cohérence de nos positionnements

et d’engager, chaque fois que cela sera possible, un processus de concertation technique et politique.

La structure du document

Le présent document s’organise en 2 grandes parties :

– une synthèse des travaux de diagnostic 2011, composée de 4 parties et une douzaine de thèmes ou problématiques ; pour

chacune d’entre elles sont rappelés les éléments déterminant factuels, un flash d’informations ou d’idées clefs extraites des

travaux de réflexion prospective, de l’enquête auprès des habitants ou des réunions territoriales et en conclusion les enjeux

clés qui ressortent de l’analyse croisée de ces informations ;

Les ambitions stratégiques qui fixent le cap de la Seine-Maritime pour les dix prochaines années, pour relever les défis et

répondre aux enjeux auxquels le territoire est et sera confronté et qui invitent, dans leur mise en œuvre, à une coopération

renforcée avec l’ensemble des partenaires et forces vives de Seine-Maritime et au-delà.

– Le document comporte aussi des annexes :

Seine-Maritime. Imaginons 2020. Résultats de la concertation des habitants, nov. 2011, 77 p

(les résultats de l’enquête, des réunions publiques et des Fabriques de demain) - Département de Seine-Maritime.

Seine-Maritime, Imaginons 2020. Diagnostic de l’attractivité du département - INSEE Haute-Normandie,

Dossier d’Aval - janvier 2012

Ce document a été soumis à discussion, lors d’une étape de dialogue en février-mars derniers, avant sa présentation au vote de

l’Assemblée Plénière du Conseil Général, début avril 2012. Cette concertation a permis d’enrichir le projet, en cohérence avec

les réflexions de chacune des structures contributrices. L’ensemble de ces éléments, aussi variés que précis, est disponible

sur http://www.seinemaritime.net/sm2020/actualite/les-orientations-strategiques. Ils nourriront la construction des fichesactions.

En effet, le plan d’actions, formalisant la mise en œuvre opérationnelle de la stratégie ainsi définie, sera présenté au vote à l’automne

2012.

À travers ce projet, c’est bien d’une autre façon de concevoir les politiques publiques qu’il est question. La dynamique ainsi créée

permettra d’enrichir et de réajuster nos interventions chemin faisant jusqu’en 2020.


sommaire

I. LA SEINE-MARITIME EN 2011 : DIAGNOSTIC DU TERRITOIRE

1 n Le territoire de Seine-Maritime

1.1 Un département de poids mais qui souffre d’un manque d’attractivité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .12

1.2 L’opportunité d’une position géographique stratégique

servie par une armature urbaine favorable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .14

2 n Économie et emploi

2.1 Un tissu économique en mutation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .18

2.2 L’emploi, la formation et la recherche : des “niches” et spécialités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .22

3 n Vie sociale

3.1 Un habitat social bien développé mais une production de logements encore insuffisante . . . . . . . . . . . . .26

3.2 Vieillissement, handicap, santé, petite enfance : des disparités territoriales subsistent . . . . . . . . . . . . . . . . . .27

3.3 Des Seinomarins touchés par la précarité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .28

3.4 Culture, sport et loisirs : de nombreux atouts, jusque-là davantage valorisés dans les villes . . . . . . . . . .28

3.5 Une citoyenneté et une vie associative déjà largement investies. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29

4 n Environnement et cadre de vie

4.1 Une biodiversité et des ressources naturelles très riches . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .32

4.2 Des paysages reconnus mais fragiles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .32

4.3 Aménagement de l’espace et ressources foncières : l’enjeu de l’anticipation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33

4.4 Ressources énergétiques et interactions environnementales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .34

n Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36

II. NoS AMBITIONS À L’HORIZON 2020 :

une Seine-Maritime attractive où vivre autrement

n Arbre d’objectifs du projet de territoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40

1 n Entre Seine et Mer, une terre d’équilibre pour s’épanouir

1.1 Aménager l’espace seinomarin de façon équilibrée et durable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45

1.2 Concilier développement et préservation/valorisation de l’environnement,

des ressources naturelles et paysagères . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45

1.3 Réduire nos émissions de gaz à effet de serre et s’adapter au changement climatique . . . . . . . . . . . . . . . . . 45

1.4 Garantir la présence et l’accessibilité à une offre de services qui contribue

à l’épanouissement de chacun . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46


2 n Une économie plurielle, au service de l’homme, fondée sur les savoir-faire

et les ressources locales

2.1 Accompagner les entreprises et leurs salariés dans les mutations (énergétiques,

technologiques…) vers une économie responsable, créatrice d’emploi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50

2.2 Promouvoir le développement et l’émergence des filières d’avenir,

en mobilisant les ressources et potentiels locaux. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50

2.3 Soutenir fortement le développement de l’économie résidentielle et solidaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .51

2.4 Rayonner économiquement nationalement et internationalement pour attirer de nouveaux talents . . . . . .51

3 n Une terre d’accueil, ouverte sur le monde, pour venir y étudier, séjourner,

travailler & vivre autrement

3.1 Développer les réseaux de communications et les échanges. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .54

3.2 Inverser le flux migratoire en construisant une véritable offre d’accueil,

particulièrement pour les étudiants et les jeunes actifs. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .54

3.3 Conduire une politique touristique encore plus ambitieuse et intégrée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .54

3.4 Promouvoir le territoire par une image de qualité et de dynamisme,

et ainsi accroître la fierté d’appartenance des Seinomarins . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55

4 n Bien vivre, tout au long de sa vie, pour mieux vivre ensemble

4.1 Offrir des logements pour tous et faciliter la fluidité des parcours résidentiels,

tout au long de la vie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58

4.2 Permettre un accès à la santé équitable et équilibré . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59

4.3 Garantir à tous les Seinomarins l’autonomie, aux moments clefs de la vie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59

4.4 Contribuer au maintien et au développement de nouveaux liens sociaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60

4.5 Renforcer les capacités d’insertion sociales et professionnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .61

5 n Un territoire citoyen, vivant et engagé, animé par des acteurs publics

performants et exemplaires

5.1 Refonder notre “contrat social” : Permettre aux citoyens, aux usagers, aux associations

de s’impliquer dans les choix publics sous des formes variées et novatrices. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64

5.2 Optimiser les moyens et améliorer la qualité et l’efficience des services publics . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65

5.3 Initier de nouvelles modalités partenariales, entre acteurs publics comme privés. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65

n Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66

n Bibliographie / Documents sources . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67


I. La Seine-Maritime en 2011

DIAGNOSTIC

DU TERRITOIRE


I. LA SEINE-MARITIME EN 2011 : DIAGNOSTIC DU TERRITOIRE

1.


Le territoire de

Seine-Maritime

1.1 Un département de poids qui souffre d’un manque d’attractivité

1.2 L’opportunité d’une position géographique stratégique

servie par une armature urbaine favorable


1. le territoire de seine-maritime

1.1 n Un département de poids qui souffre d’un manque d’attractivité

Si la Seine-Maritime jouit d’une excellente

capacité à retenir ses habitants, la plaçant

au treizième rang des départements métropolitains,

elle n’attire plus assez dans un

contexte de flux migratoires Nord/Sud et

Est/Ouest.

Forte de plus d’1 million d’habitants

(1 248 000 habitants en 2008), sur près

de 6 300 km², pour l’une des densités les

plus élevées du pays (198 hab./km² contre

114 hab./km² en France), la Seine-Maritime

est le 13 e département français en terme

démographique, mais également le plus

grand et le plus peuplé des deux départements

de la région Haute-Normandie

(en poids démographique, elle représente

68 % de la population régionale).

Depuis le recensement de 1999, la population

seinomarine est assez stable, puisque

le taux annuel moyen de variation entre

1999 et 2007 est égal à 0,1 %. Sur le plus

long terme, on y observe une progression

moins forte qu’ailleurs (+ 20 % entre 1962

et 2007, contre + 33 % au niveau national),

qu’il nous faut prendre en compte.

On notera également une pyramide des

âges assez proche du profil national même

si certaines tranches d’âges sont en forte

augmentation, comme c’est le cas des personnes

de plus de 75 ans. Dans le même

temps, la jeunesse de la population y apparaît

moins marquée qu’auparavant (département

dans la moyenne métropolitaine).

Mais sur le plan démographique, ce sont

surtout les indicateurs de migration qui

distinguent la Seine-Maritime et soulignent

son manque d’attractivité : on y observe

ENJEUX

L’arrivée de nouvelles populations et dans une

moindre mesure, la maîtrise de “l’émigration

de ses jeunes” est un enjeu démographique

important pour la Seine-Maritime. La valorisation

des atouts du territoire (qualité de vie, qualité de

l’accueil, grands événements et offre culturelle,

filières économiques et offre de formation,…) et

une stratégie spécifique de marketing territorial

sur ce point doivent pouvoir constituer un levier

d’action central dans le projet de territoire.

un déficit migratoire notable (moins 3 500

à moins 4 000 habitants par an, par le jeu

relatif des migrations départs/arrivées) qui

la place parmi les 10 départements les plus

déficitaires de France (son taux d’attraction

est égal à 7 %, alors que la moitié des

départements français présente un taux

supérieur à 12 %, source : Insee, nov. 2011).

Avec une fragilité particulière concernant

l’attractivité des jeunes et des personnes

les plus qualifiées (surreprésentation des

cadres et professions intermédiaires parmi

les gens qui quittent le département) même

si l’on dénombre 2 000 nouveaux arrivants

de catégorie “cadres” chaque année.

Pour mieux comprendre ce phénomène,

une étude de l’attractivité de la Seine-Maritime

et ses facteurs a été lancée avec

l’INSEE dont vous trouverez l’exhaustivité

en annexe. La scénarisation des projections

de population et leur analyse, feront

l’objet quant à elles, de la seconde phase

de cette étude, dont les résultats seront

connus et publiés au printemps 2012.

Projections de population d’ici 2020 :

Une projection de population fournit une

image de ce que pourrait être la population

à venir, à partir de la connaissance du passé

et en prenant, pour le futur, des hypothèses

sur trois composantes : la fécondité,

la mortalité et les migrations. Une projection

de population n’est donc pas une

prévision mais la traduction chiffrée d’un

scénario. Autant de projections possibles

que de scénarios envisageables, et donc

de choix à faire pour les décideurs publics.

Confronter plusieurs scénarios permet de

mesurer l’effet de certaines hypothèses.

n 12


Les premiers enseignements des projections de population

Projections de population

“tendancielles”

2010 2020

Moins de 3 ans 48 100 46 300

De 11 à 15 ans 77 100 77 100

80 ans ou plus 63 800 77 400

90 ans ou plus 8 200 16 900

Source : Omphale 2010, scénario central

Projections de population

avec migrations équilibrées

2010 2020

Moins de 3 ans 48 200 47 300

De 11 à 15 ans 76 700 79 800

80 ans ou plus 61 800 77 300

90 ans ou plus 8 100 16 800

Source : Omphale 2010, scénario sans migrations

On constate ainsi que les hypothèses influent sur le nombre de jeunes mais pas sur le vieillissement.

De la population projetée aux ménages

1999 2010 2020

Population 1239000 1261000 1305000

Ménages 493000 540000 571000

Nombre de personnes par ménage 2,51 2,34 2,29

Source : Omphale 2010, scénario central

Entre 2010 et 2020, le nombre d’habitants

pourrait progresser de 44 000, et celui de

ménages de 31 000. Environ 11 000 de ces

ménages supplémentaires sont liés à une

réduction tendancielle du nombre de personnes

par ménage (vieillissement, départ

des jeunes de chez leur parents, …). Environ

20 000 de ces ménages correspondent

aux besoins liés à l’accroissement de la

population. Les générations en âge de travailler

seront moins nombreuses. Selon

l’hypothèse tendancielle, on observerait

une diminution de 10 000 à 25 000 actifs

d’ici 2020, tandis que parallèlement le besoin

d’emplois de services à la personne

augmentera.

Décomposition de la croissance démographique entre 2007 et 2040

Entre 2007 et 2020 Entre 2020 et 2030 Entre 2030 et 2040

Taux de croissance

annuel moyen

Contribution

du solde naturel

Contribution

du solde migratoire

Taux de croissance

annuel moyen

Contribution

du solde naturel

Contribution

du solde migratoire

Taux de croissance

annuel moyen

Contribution

du solde naturel

Contribution

du solde migratoire

France entière +0,52 +0,35 +0,17 +0,40 +0,24 +0,16 +0,33 +0,15 +0,18

Haute-Normandie +0,29 +0,39 -0,10 +0,18 +0,23 -0,05 +0,13 +0,15 -0,02

Seine-Maritime +0,13 +0,35 -0,22 +0,06 +0,18 -0,12 +0,03 +0,09 -0,06

Eure +0,63 +0,45 +0,18 +0,42 +0,32 +0,10 +0,31 +0,20 +0,11

Source : Insee, Omphale 2010, scénario central Unité : en %

Tendances à l’horizon 2020 Enquête auprès de la population Réunions territoriales

n La perte de compétences et d’attractivité

liée au risque d’accentuation du déficit

migratoire (plus de départs que d’arrivées)

et la diminution du nombre d’actifs.

n Baisse de la natalité et vieillissement

de la population avec une montée en

puissance des plus de 80 ans, surtout de

2020 à 2040.

Bien que plus des trois quarts des Seinomarins

interrogés déclarent vouloir rester

en Seine-Maritime dans les années futures,

“l’exode de la jeunesse” est perçu comme

l’une des difficultés majeures que connaît le

département.

En matière d’attractivité, certains Seinomarins

proposent, au travers de pôles de formation

performants, d’attirer plus de jeunes,

gage de dynamisme du territoire.

Par ailleurs, la place des jeunes dans la vie

locale de demain s’est révélée une préoccupation

majeure des habitants (…) et a été

évoquée comme devant être déclarée “Cause

départementale prioritaire”.

13 n


1. le territoire de seine-maritime

1.2 n L’opportunité d’une position géographique stratégique

servie par une armature urbaine favorable

Réseau transeuropéen de transport ferroviaire

Source : commission européenne

Au nord-ouest du pays, la Seine-Maritime

dispose d’une situation littorale (150 km

de côte), à un carrefour de communication

qui constitue une tête de pont entre

le Royaume-Uni et la région Ile de France.

Elle s’ouvre ainsi à la fois sur la Manche,

mer la plus fréquentée du monde, et sur

le Bassin Parisien et sa capitale économique

et politique (Paris), à laquelle elle

est reliée via l’axe fluvial de la Seine et

l’autoroute A13. Elle est également traversée

par un axe nord-est (Nord-Pas-de-

Calais- BENELUX), via l’A29 et sud-ouest

(Basse-Normandie/Bretagne) via l’A28.

En matière de transports et de déplacements,

la Seine-Maritime s’appuie aussi

sur un réseau ferroviaire relié aux liaisons

interurbaines ou interrégionales mais

surtout, via Paris, aux grandes liaisons

européennes.

En interne, la desserte du territoire bénéficie

d’un réseau routier, classé dans

les dix premiers départements français

(6 600 km) et d’un développement de

nouvelles mobilités (circulations douces,

aires de covoiturage…). En terme de communication,

la Seine-Maritime dispose

d’un réseau d’infrastructures et de solutions

de Technologies de l’Information et

de Communication (TIC) s’appuyant sur

un Schéma départemental des usages

numériques 2006-2010 : 81 % des Seinomarins

ont accès à un ordinateur (76 %

en France) et 76 % à internet (71 % en

France). Au plan de l’armature urbaine et

de la structuration du territoire, la Seine-

Maritime se structure autour de deux

pôles urbains majeurs aux vastes couronnes

périurbaines : Rouen, préfecture

du département (aire urbaine : 523 236

habitants) et Le Havre (aire urbaine :

300 000 habitants). La Seine-Maritime

compte 30 unités urbaines. Des villes de

taille intermédiaire viennent équilibrer

cette armature (Dieppe, Fécamp, Saint-

Valery-en-Caux, Yvetot, Neufchâtel-en-

Bray, Gournay-en-Bray, etc.) et plusieurs

bourgs ruraux confortent le maillage

territorial du département, ses 56 chefslieux

de canton et 745 communes (ce

point est complété au point 3.5).

Part du PIB dans le total européen

Tendances à l’horizon 2020

n Le renforcement de la fonction

de transit international (Atlantique-

Le Havre/Rouen - Axe Seine - Europe

continentale).

n La concentration du développement

économique et des services dans les

grandes agglomérations.

Enquête auprès de la population

La position géographique de la Seine-

Maritime (proximité de Paris, ouverture

sur la mer, carrefour…) a largement été

citée comme l’un des atouts phare du département

(+ de 30 % des citations).

Réunions territoriales

Ce sont les territoires ruraux qui appellent

de leurs vœux une amélioration des infrastructures

(mise en place de la RN27 et de

la RN31), là où les grandes villes réfléchissent

davantage à de nouveaux modes de

déplacements.

Les TIC reviennent peu dans les “Unes” en

tant que telles, même si l’accès au réseau

haut débit reste un thème fréquent dans

les territoires peu desservis.

Il convient à ce propos de souligner que

la Normandie pourrait bénéficier de l’inscription

du “maillon ouest” au titre du Réseau

Européen de Transport (RTE).

Elle accueille un complexe portuaire important

(marchandises, pêche, passagers,

plaisance) grâce aux grands ports maritimes

(Le Havre et Rouen), aux liaisons

TransManche (en 2010, 520 000 passagers),

aux ports régionaux et départementaux

(Dieppe, Fécamp et Le Tréport)

et au port de Saint-Valery-en-Caux.

Source : EDMI - L’espace en situation - Données Eurostat, 2002

n 14


ENJEUX

Au regard de sa position géographique, de

son maillage territorial et de son poids économique (vis-à-vis de la région

parisienne et des autres régions françaises et européennes), la Seine-Maritime

peut transformer sa situation géographique en atout. Elle peut notamment

mieux valoriser et promouvoir ses territoires infradépartementaux

à l’échelle de grandes entités (littorale, vallée de la Seine et campagne) sur

le plan touristique, événementiel, etc. Mais l’enjeu est alors de consolider

sa fonction de valorisation des ressources et flux économiques et non pas

uniquement d’être un territoire de passage. Les grands projets (Axe Seine,

projet Gateway notamment, Grand Paris et perspective d’une ligne ferroviaire

nouvelle Paris-Normandie…) et les grands équipements (Grands Ports

Maritimes du Havre et de Rouen…) constituent un socle sur lequel bâtir et

développer une stratégie “intégrée” de l’espace estuaire-axe Seine de long

terme, avec comme horizon géographique et hinterland, la grande région de

l’Europe de l’ouest Londres-Amsterdam-Bonn-Paris, le levier de l’économie

résidentielle, touristique notamment, apportant un complément important.

Qui plus est, un des atouts de cet espace réside dans sa pratique de coopération

souple entre la Région et les deux Départements au sein du "276".

Pour autant, chacun de ces modes de transports et de communication est

confronté à des enjeux importants à l’avenir :

– enjeux de l’évolution de l’usage de la voiture en cas de poursuite de la progression

du coût de la ressource pétrolière (impact sur les économies fortement

dépendantes des transports routiers, risque de discrimination pour les

ménages les plus modestes...) et enjeux de l’amélioration des conditions de

circulation autour de l’agglomération de Rouen et des ports ;

– enjeux de la saturation du réseau ferroviaire et de la qualité de l’offre de

service ;

– enjeux de la compétitivité des infrastructures portuaires au regard de l’offre

concurrente en Europe et dans le monde ;

– enjeux du développement équitable des usages du numérique.

La performance de l’offre de déplacement multimodale et des réseaux d’infrastructures

de transport et de communications (rapport entre le coût et les

services rendus dans un souci d’équité et de respect de l’environnement) ainsi

que l’accompagnement de l’évolution des usages (ménages, entreprises…)

constituent donc deux enjeux majeurs pour le territoire.

15 n


I. LA SEINE-MARITIME EN 2011 : DIAGNOSTIC DU TERRITOIRE

2.


Économie

et emploi

2.1 Un tissu économique en mutation

2.2 L’emploi, la formation et la recherche : des “niches” et spécialités


2. Économie et emploi

2.1 n Un tissu économique en mutation

Approche générale

Au plan économique, la Seine-Maritime se

place au 20 e rang national pour le PIB/habitant

et s’illustre par un poids industriel et

agricole, en moyenne plus fort qu’au plan

national.

Les fortes activités industrielles et logistiques

sont notamment bâties autour du

développement de ses ports, et de son

tissu industriel. Le département comporte

ainsi des secteurs en pole positions : raffinage

de pétrole et industrie des lubrifiants

(1 er rang français), flaconnage de luxe

(1 er rang mondial), 1 re façade maritime de

France. L’automobile, l’aéronautique, la

mécanique sont également des secteurs

majeurs.

La Seine-Maritime apparaît aussi comme

un territoire où des secteurs d’activités

primaires (l’agriculture ou la pêche) jouent

un rôle important de valorisation des ressources

naturelles et d’emplois (10 000

dans l’agriculture). Les exploitations agricoles

du pays de Bray (dépression argileuse

et région d’élevage bovin) et celles du

pays de Caux (plateau crayeux de cultures

céréalières, industrielles pour la betterave

à sucre, le lin et le colza et fourragères

avec un important élevage laitier) placent

la Seine-Maritime aux premiers rangs des

départements français pour la production

de blé, de betteraves sucrières, de lait et de

produits laitiers, de viande de bœuf, et au

1 er rang pour le lin (30 % de la production

nationale, tandis que la Normandie se positionne

comme la 1 re région européenne

productrice de lin).

Quant au secteur tertiaire (370 000 emplois

en 2007), il représente près de 74 %

des emplois du département (43 % dans le

secteur tertiaire marchand du commerce,

des transports et des services, 31 % dans

le secteur non marchand de l’administration

publique, de l’enseignement, de

la santé et de l’action sociale) et la dynamique

positive de cette dernière décennie

positionne le département en bonne place

dans le contexte métropolitain (respectivement

36 e et 38 e rangs pour le commerce et

les services marchands hors intérim, pour

l’évolution de l’emploi salarié). Le tissu associatif

y a une place importante, tant économique

que sociale (avec près de 39 000

emplois dans le secteur associatif).

Le secteur de la construction occupe pour

sa part 35 000 à 40 000 emplois selon les

années soit près de 7 % des emplois.

Mais ces grandes orientations socio-économiques,

en particulier industrielles, sont

aujourd’hui fragilisées voire menacées par

Tendances à l’horizon 2020

n La diminution des activités dépendantes

du pétrole.

n Le développement de l’économie

“présentielle” (services aux habitants,

tourisme) et des filières innovantes

(relocalisation).

n Le développement du numérique comme

secteur économique à part entière.

Enquête auprès de la population

Pour près d’un quart des répondants, le

secteur économique le plus prometteur

est celui de l’industrie, suivi par celui du

tourisme.

Réunions territoriales

« Les activités économiques dynamiques

imaginées à l’horizon 2020 sont novatrices

[industrie automobile, écomatériaux, énergies

renouvelables,…], mais résolument

assises sur les savoir-faire et les produits

de nos territoires [filière lin,…] ».

une économie mondialisée, un contexte de

crise internationale et des perspectives négatives

des activités pétrolières et industrielles.

La Seine-Maritime a perdu 1,6 %

de ses emplois ces dix dernières années

(2002-2010) quand l’emploi augmentait

globalement en France métropolitaine et

dans les départements millionnaires (du

fait de la perte d’emplois industriels et de

l’intérim).

ENJEUX

Les mutations économiques apparaissent

ainsi comme l’un des enjeux clef du territoire et soulignent l’importance

d’identifier et soutenir les filières économiques d’avenir mais aussi d’accompagner

les évolutions que traversent les secteurs plus anciennement

développés pour ainsi contribuer à l’attractivité du territoire. Y parvenir impliquera

cependant probablement une reconversion industrielle qui prendra

du temps (économie de “l’après pétrole”) et l’ancrage des nouvelles

filières à potentiel de croissance. L’industrie et le tissu de PME sont un

sujet à très fort enjeu car après la crise de la production qui a touché la

Seine-Maritime en 2008, son tissu diversifié lui a permis de mieux résister

que d’autres territoires d’avantage “mono-dépendants”, de l’Est de la

France notamment.

La consolidation et la modernisation de l’économie “résidentielle” (activités

de services à la population et aux entreprises) peuvent aussi constituer

un enjeu économique (voir détails chapitres suivants), même si ce secteur

est moins créateur de valeur économique (à la différence des activités exportatrices

ou de l’économie dite “présentielle” dédiée à la clientèle touristique).

L’économie résidentielle peut par ailleurs être plus fragile en cas de

crise de la demande locale (consommation des ménages et des entreprises)

pour des territoires ne disposant pas d’autres secteurs économiques.

La Seine-Maritime devra donc demain s’appuyer sur son tissu économique

exceptionnellement diversifié. L’importance et la qualité des patrimoines

naturels et culturels du territoire (biodiversité et zones humides, paysages

ruraux et littoraux, patrimoines littéraires, artistiques et architecturaux…)

constituent également d’indéniables leviers vis-à-vis des enjeux démographiques

et d’attractivité mais aussi économiques (impacts en termes touristiques

par exemple) et des filières ou des niches d’avenir (éco-industrie,

agroalimentaire, agriculture bio, économie du numérique…).

Les prochains programmes européens pour la génération 2014-2020

constituent également un levier transversal important pour la dimension

économique du projet : tant les projets de règlements des programmes

qui seront financés par le deuxième pilier de la PAC (co-financement du

développement rural par le FEADER) que le FSE (pour le financement de

la formation et de l’insertion) ou le FEDER (innovation, PME et énergies

mobiliseront 80 % des financements), confirment les priorités actuelles de

compétitivité et d’innovation en y adjoignant la nécessité des approches

territoriales lorsque cela permet un gain d’efficacité de l’utilisation des

fonds européens et de pertinence à l’égard des besoins locaux.

n 18


Une économie fortement imprégnée

par le secteur énergétique

L’économie seinomarine est particulièrement

liée à la question énergétique

avec plusieurs milliers d’emplois directs

et indirects. Le département est l’un des

1 ers producteurs d’énergie de France :

il compte deux centrales nucléaires

(Paluel et Penly), une centrale thermique

et un projet d’EPR de 3 e génération. En

outre, la Seine-Maritime dispose de l’un

des complexes français les plus importants

de raffinage du pétrole (25 à 30 %

du raffinage national en volume pour la

production de carburants, d’huiles…)

et européennes (avec les sites de Gonfreville-l’Orcher,

Port-Jérôme-Gravenchon,

Petit-Couronne…). Du point de

vue des besoins et, bien que la Seine-

Maritime soit propice au développement

des énergies renouvelables (éolienne

notamment), l’économie reste fortement

dépendante de l’énergie fossile (pétrole)

ou nucléaire (électricité…). Voir point 4.4

pour plus de détail sur ce point et l’interaction

avec l’environnement.

ENJEUX

Maintenir le positionnement du département

dans le secteur énergétique et développer

les filières liées aux énergies renouvelables

sont donc deux enjeux majeurs pour maintenir

l’activité et répondre aux besoins croissants.

Il s’agit notamment d’accompagner l’évolution

des filières classiques et de favoriser en parallèle

l’ancrage et l’essor des filières alternatives

telles les énergies éoliennes ou marines.

Tendances à l’horizon 2020 Enquête auprès de la population Réunions territoriales

n L’accroissement des besoins, du coût de

l’énergie et de la montée en puissance

des technologies alternatives (véhicules

électriques, cogénération…)

Près de la moitié des répondants, l’éolien est

cité comme la source d’énergie à privilégier

pour l’avenir par rapport aux autres filières.

Le débat entre “anti” et “pro” nucléaire est

ressorti fortement. Du point de vue des énergies

renouvelables, “l’éolien off shore remporte

les suffrages des participants”, mais “la

force des marées” a également pu être citée.

19 n


2. Économie et emploi

ENJEUX

La diversification de l’activité et le renforcement

du lien agriculture-industrie représentent

donc le principal enjeu du secteur,

et notamment le développement de l’agriculture

biologique et l’ancrage et la valorisation

de l’agriculture et de la pêche seinomarines

comme secteurs de production et de transformation

à part entière, dynamique qui participeraient,

sous respect de certaines conditions,

au maintien des paysages et de la biodiversité

de la Seine-Maritime.

premières qui en découlent, rendent vulnérables

ces activités, ce que des aléas climatiques

répétés ne pourraient qu’accroître.

Les activités de l’agriculture et

de la pêche encore très présentes

Grâce à son potentiel pédoclimatique exceptionnel,

le secteur primaire seinomarin

représente l’essentiel de l’occupation des

sols du département (73,8 %, contre une

moyenne nationale de 59,8 %) et façonne

son image comme son paysage, de par

sa spécificité de polyculture-élevage. Il

compte de nombreuses productions emblématiques,

dont des produits agricoles

Tendances à l’horizon 2020

n Aspiration à une alimentation saine :

maîtrise des polluants et circuits courts

du producteur au consommateur

n La concentration des exploitations et

la professionnalisation des pratiques

(formation)

n La diminution de la ressource halieutique

Enquête auprès de la population

Plus de la moitié des répondants, c’est la

valorisation des filières courtes qui permettraient

de développer au mieux la

pêche et l’agriculture.

© Heka

identitaires de renommée nationale voire

internationale tels que le lin, la coquille

Saint-Jacques, le cidre, les fromages (AOC

neufchâtel, etc.), les volailles…

Aujourd’hui, la pression exercée sur le

foncier renchérit le coût d’acquisition des

terres agricoles en les plaçant parmi les

plus coûteuses de France. Le risque est

alors une concentration croissante des exploitations,

à haute valeur capitalistique,

menaçant fortement le modèle lié, notamment,

à l’élevage et l’emploi qu’il induit.

Par ailleurs, la mondialisation des marchés

et les fluctuations des cours des matières

Enfin, une partie de la population, sensibilisée

aux enjeux du développement durable,

en termes de santé notamment, demande

de plus en plus des produits locaux, tractables,

si possible issus de l’agriculture

raisonnée, voir biologique, au bénéfice des

filières courtes : Amap (Associations pour

le Maintien d’une Agriculture Paysanne),

“paniers de saison”, repas bio dans les

cantines, etc. Cependant, la Seine-Maritime,

de par un passé agricole particulièrement

riche, a encore peu investi le champ

des productions biologiques, comparativement

à d’autres territoires : ce type de production

représente ainsi seulement 0,6 %

de la surface agricole utile en 2008, contre

2,1 % en moyenne en métropole, la plaçant

au 84 e rang des départements métropolitains

(source : Insee, nov. 2011).

Réunions territoriales

“L’agriculture est bien un secteur d’avenir,

mais comme pour l’industrie, elle doit

aussi opérer sa révolution verte et passer à

l’heure du biologique et du local, soit : du

durable”. Par ailleurs, “la pêche a été citée

comme vecteur de biodiversité”.

© B. Decout

n 20


Un tourisme porté par le

patrimoine naturel et culturel

En Seine-Maritime, la filière touristique

(environ 1 % de l’activité nationale) représente

en 2010 un volume de 9,1 millions de

nuitées dont près d’un tiers marchandes

(Sofres 2010) et dispose d’une offre composée

de 45000 lits hors résidences secondaires

(dont 16000 répartis dans 270 hôtels).

Sur le plan touristique, la Seine-Maritime

bénéficie d’un patrimoine naturel, architectural

et culturel très riche, avec des sites

emblématiques (falaises d’Étretat, vallée de

la Seine, cathédrale de Rouen avec 1,2 million

d’entrées en 2010, le palais Bénédictine

de Fécamp avec 110 000 entrées en 2010,

le musée Malraux du Havre avec 81000

entrées,…) et d’équipements propices (terminal

“croisières” du Havre dont l’activité a

été multipliée par 4 en 3 ans, secteurs d’activités

nautique dans le port de Rouen…). Elle

ENJEUX

Le renforcement de l’attractivité touristique

reste donc un enjeu majeur pour la Seine-Maritime

de demain, et plus particulièrement : la

structuration de son offre, l’allongement de la

durée des séjours, tout au long de l’année, la

professionnalisation de ce secteur, la diffusion

d’une image positive du territoire.

jouit d’une situation géographique favorable

: à une heure de Paris et de la Grande

Bretagne. Mais elle a également su initier

des événements d’envergure (Normandie

Impressionniste, l’Armada de Rouen est au

6 e rang national en 2008 avec 11 millions de

visiteurs, Source : Insee, nov. 2011).

Si la Seine-Maritime ne peut rivaliser

avec des Destinations touristiques phares

du Sud et Sud Ouest de la France, elle

dispose, de par sa proximité, de grands

bassins émetteurs franciliens et d’Europe

du Nord, d’une carte à jouer en matière

de courts séjours, familiaux notamment,

alliant loisirs, plein air et culture.

Tendances à l’horizon 2020

n Le développement de l’économie

“présentielle”, dont le tourisme.

Enquête auprès de la population

Pour 4 Seinomarins sur 10, c’est la création

d’animations et d’événements qui dynamisera

au mieux le tourisme.

Réunions territoriales

L’attractivité a d’abord été déclinée en lien

avec le développement du tourisme (publics

cibles : parisiens et britanniques).

Une économie sociale et solidaire

pourvoyeuse d’emplois

En Haute-Normandie, l’économie sociale

et solidaire représente 4 700 établissements

employeurs, 55 000 emplois,

soit 10,9 % de l’emploi régional dans le

secteur privé, 3 900 associations employeurs

et 586 coopératives. La région

se caractérise par une forte présence du

salariat associatif, au sein de l’économie

sociale (80,4 % contre 77,4 % au plan

national, hors IDF) et par une moindre

importance du secteur coopératif. Ces

emplois représentent un peu plus de

10 % du nombre des salariés privés, ce

qui constitue certes un enjeu économique

et social fort, mais moins fort que

la moyenne nationale (12,9 %). Dans le

contexte de crise de l’emploi industriel,

l’économie sociale connaissant une

progression proche de la moyenne des

autres régions (+ 1,6 % pour + 1,4 %), des

marges de progrès sont possibles.

ENJEUX

Le principal enjeu en matière d’Économie sociale

et solidaire, une répartition territoriale plus équilibrée

et son adaptation aux évolutions sociétales en

cours. L’accompagnement de la mutation du secteur,

entamée il y a une dizaine d’années, constitue

un levier d’action intéressant pour renforcer

la reconnaissance du rôle des acteurs du secteur,

maintenir la dynamique de professionnalisation et

de formation des intervenants au sein du secteur

associatif et encourager l’innovation sociale au regard

des besoins (structures hybrides public-privé/

professionnels-bénévolat, création de “clusters

sociaux” et mutualisation…).

Tendances à l’horizon 2020 Enquête auprès de la population Réunions territoriales

n Le développement de relations

“commerciales” entre les associations et

leurs adhérents et l’érosion du bénévolat.

n Le développement de relations de “marché”

(règle des marchés publics) entre les associations

et les institutions donneuses d’ordre.

L’économie dite “sociale et solidaire” n’apparaît

pas comme un secteur potentiellement

important pour développer l’économie, probablement

du fait d’une méconnaissance de

l’existence de ce secteur.

Des inquiétudes s’expriment autour de la

professionnalisation de plus en plus poussée

demandée aux associations, de leur charge

administrative pour monter des projets et de

leurs financements demain.

21 n


2. Économie et emploi

2.2 n L’emploi, la formation et la recherche : des “niches” et spécialités

38 ème rangs). En revanche, l’industrie a

perdu en proportion un peu plus d’emplois

qu’ailleurs (53 ème rang métropolitain). Très

présent dans le département, l’intérim enregistre

une baisse dans une tendance à la

hausse ailleurs.

La baisse de l’emploi au cours des années

2000 dans le département est donc imputable

à des pertes d’emplois dans l’industrie

et l’intérim, au vu de l’importance de

ces secteurs dans le département.

Le marché de l’emploi

La spécialisation historique de la Seine-

Maritime dans l’industrie (pétrochimie,

automobile, etc.) explique que les ouvriers

y soient plus nombreux, mieux payés en

moyenne, mais moins qualifiés que dans la

plupart des départements français. La présence

de « grands employeurs » explique

en effet que le niveau des salaires soit parmi

les plus élevés en France pour toutes les

catégories socio-professionnelles. La part

des cadres y est inférieure à la moyenne

nationale.

Le département souffre d’un taux de chômage

(10,5% au deuxième trimestre 2011,

selon l’Insee) supérieur d’un point à la

moyenne nationale (9,5%). Néanmoins, la

situation relative du département s’améliore

: il occupe le 14 ème rang métropolitain,

au 2 ème trimestre 2011, tandis qu’il était second,

au 2 ème trimestre 1982.

De 2002 à début 2011, la Seine-Maritime a

perdu des emplois (–1,6 %) quand les départements

chefs-lieux de région progressaient

de +3% en moyenne, la plaçant au

11 ème rang.

Si la Seine-Maritime se situe légèrement

au dessus de la moyenne pour la part de

l’emploi public dans l’emploi salarié, elle

est moins bien dotée quand on rapporte ce

chiffre à la population desservie (6 ème sur

21 parmi les départements chefs-lieux de

région).

La construction, le commerce et les services

marchands hors intérim ont gagné

des emplois dans le département sur cette

période. L’évolution de la construction et

des services marchands hors intérim apparaît

même assez favorable dans le contexte

métropolitain (respectivement 36 ème et

Emploi par secteur d'activité en nombre

Seine-Maritime

Haute-

Normandie

Haute-

Normandie/

France métropolitaine

(en %)

Totaux salariés et non salariés 524 436 725 872 2,8

Agriculture 8 781 14 244 2,1

Industrie 90 803 135 792 3,7

Construction 38 889 54 617 3,1

Si les départements chefs-lieux de région

qui gagnent des habitants sont souvent

ceux où l’emploi est le plus dynamique,

il n’y a cependant pas de causalité entre

l’attractivité résidentielle et l’évolution de

l’emploi. Certes, les actifs sont attirés par

les départements où l’emploi progresse car

ils anticipent d’y trouver plus facilement un

emploi. Néanmoins, la croissance de la population

due à l’afflux migratoire stimule à

son tour l’emploi, car une population plus

nombreuse développe l’activité économique

et donc l’emploi.

Le chômage touche plus souvent les jeunes

en Seine-Maritime : 21,8 % des demandeurs

d’emploi fin 2010 dans le département

contre 17,5 % en moyenne métropolitaine,

la plaçant au deuxième rang des

départements millionnaires et des départements

chefs-lieux de région.

Si le chômage seinomarin est un peu moins

souvent féminin qu’ailleurs, le chômage de

longue durée concerne 40,3 % des demandeurs

seinomarins fin 2010 contre 37,4 % au

niveau métropolitain.

Dans le même temps, le taux de non diplômés

et des bas niveaux de qualification figure

parmi les plus élevés de France (17 ème

rang), tandis qu’on observe plus généralement

un assez faible niveau de formation

des actifs (avec une population moins

souvent diplômée de l'enseignement supérieur

dans le département qu’ailleurs en

métropole). Sur ce point, voir également

page 28.

Tertiaire 385 963 521 219 2,6

Source : Insee 2008, estimations régionales et départementales d’emploi

n 22


Enseignement supérieur et recherche

L’offre d’enseignement supérieur, en partie

à l’origine de l’attraction des étudiants, est

dimensionnée pour accueillir les étudiants

de la région. Elle est notamment bien équipée

en écoles d’ingénieurs et en IUT. Les

spécialités universitaires sont en revanche

un peu moins présentes. La Seine-Maritime,

notamment en raison de la taille

réduite de la région (2 départements),

connaît un excédent migratoire d’étudiants

très faible par rapport aux autres départements

chefs-lieux de régions (+ 5 % -

Source : Insee, nov. 2011). La mise en place

du Pôle Régional d’Enseignement et de

Recherche (PRES) Normandie Université

(Université de Rouen, Université du Havre,

INSA de Rouen, ENSICAEN, Université de

Caen Basse-Normandie) pourrait améliorer

cette situation.

Le secteur de la recherche apparaît essentiellement

porté par la recherche privée

notamment des grands groupes (Total…)

et diffuse ainsi faiblement vers le reste du

tissu économique (TPE/PME). La recherche

est en outre fortement tributaire des secteurs

économiques “traditionnels”, qui ont

une forte propension à faire évoluer leurs

produits, process et pratiques par euxmêmes.

L’enjeu est probablement le développement

d’une nouvelle approche de

l’innovation.

Les grandes collectivités (Région Haute-

Normandie…) se sont également fortement

investies aux côtés de l’État sur cet

enjeu au travers de ces politiques de soutien

à la recherche et son soutien aux outils

de développement de l’innovation. Une

première phase d’adaptation a été enclenchée

en 2007/2008 avec la formalisation

d’une stratégie régionale de l’innovation,

la création d’une agence pour le développement

de l’innovation (SEINARI) et la

consolidation ou la création de six grappes

technologiques stratégiques et porteuses

de développement : véhicules de demain

(pôle de compétitivité Mov’Eo), solutions

de traçabilité et d’authentification (pôle

de compétitivité Nov@log), santé et bienêtre

(pôle de compétitivité Cosmetic Valley),

matériaux innovants et technologies

associées, valorisation des sources locales

d’énergies renouvelables, optimisation

des processus de production. La performance

énergétique est identifiée comme

domaine transversal.

Tendances à l’horizon 2020

n Un risque d’augmentation de la

précarité lié à l’environnement

économique, au marché du travail.

n Progression des emplois dans

le champ environnemental/

développement durable.

Enquête auprès de la population

Pour 46 % des répondants, c’est l’adaptation

de l’offre de formation au marché du

travail qui permettrait de faciliter l’accès à

l’emploi.

Réunions territoriales

L’emploi demeure la préoccupation

prioritaire.

ENJEUX

L’adaptation de l’offre de formations universitaire,

professionnelles et continues aux nouveaux

métiers et le développement de la recherche

(publique et privée) et de l’innovation

en général, constituent des enjeux importants

de l’attractivité et de l’aide au développement

économique précédemment mentionné.

© B. Decout

23 n


I. LA SEINE-MARITIME EN 2011 : DIAGNOSTIC DU TERRITOIRE

3.


Vie sociale

3.1 Un habitat social bien développé mais une production

de logements encore insuffisante

3.2 Vieillissement, handicap, santé, petite enfance :

des disparités territoriales subsistent

3.3 Des Seinomarins touchés par la précarité

3.4 Culture, sport et loisirs : de nombreux atouts,

jusque-là davantage valorisés dans les villes

3.5 Une citoyenneté et une vie associative déjà largement investies


3. vie sociale

3.1 n Un habitat social bien développé mais une production de logements

encore insuffisante

Ces demandes renvoient à des besoins

de logement ou relogement : soit

les populations concernées sont sans

logement en propre – décohabitants, hébergés,

en logement temporaire – (pour

24 % des demandeurs) ; soit dans des logements

en situation de surpeuplement

(1 188 ménages déjà dans le parc social

et 1 714 ménages actuellement dans le

parc privé) ; soit dans des logements trop

chers (1 608 ménages).

La dynamique de l’offre relève pour sa

part de la stratégie des acteurs immobiliers

publics mais aussi privés et aux

possibilités que les opérateurs publics

pourront mettre en œuvre en matière de

régulation et de stimulation du marché

(planification urbaine, politique foncière,

financement du logement…).

La Seine-Maritime se positionne parmi

les 1 ers départements français en taux

de logements sociaux (24 %, ce qui est

1,5 fois plus important que la moyenne

française). Si cette situation traduit une

fragilité socio-démographique, elle révèle

aussi l’implication des bailleurs

sociaux et la disponibilité d’un segment

de marché important pour les jeunes

ménages qui s’installent dans la vie active,

les personnes défavorisées ou les

personnes âgées. Cette proportion varie

cependant d’un territoire à l’autre, les

territoires d’agglomérations présentant

les taux de logements sociaux les plus

importants, notamment la Communauté

d’Agglomération Havraise-Codah (32 %)

et la Communauté d’Agglomération

de Rouen-Elbeuf-Austreberthe - CREA

© B. Decout

(30 %), à laquelle on peut adjoindre la

communauté de communes voisine

Caux-Austreberthe (qui s’illustre par le

taux le plus élevé : 38 %).

Mais elle produit parallèlement des logements

(privés et publics) en faible hausse

entre 1999 et 2005 (environ 1 % par an),

ce qui ne permet pas un renouvellement

important de son parc de logements

(+ 56,3 % de 1968 à 2007 en Seine-Maritime,

contre + 72,2 % en moyenne nationale).

Parallèlement, cette insuffisante

production de logements ne permet pas

de répondre à l’ensemble et à la diversité

des demandes : à l’échelle départementale,

le nombre de demandes en instance

a progressé de 2 % entre 2005 et 2010.

ENJEUX

L’accélération de la production d’une offre

adaptée, en prestation comme en prix, permettant

une diversification du parc, une fluidité

plus forte des parcours résidentiels et une

capacité à répondre à l’évolution des besoins

(jeunes ménages, personnes âgées, personnes

handicapées ou en grande difficulté sociale ou

financière…) constitue un enjeu clef.

Les formes urbaines et les types d’habitat

constituent un second enjeu : densification de

l’habitat afin de diminuer la pression sur le foncier

et l’environnement, utilisation des matériaux

et solutions économes en matière d’énergie

afin de diminuer à son échelle les effets

sur le réchauffement climatique, organisation

spatiale permettant le maintien de relations sociales

de voisinage et favorisant les comportements

de solidarité, emplacement vis-à-vis des

réseaux de transports en commun…

Tendances à l’horizon 2020 Enquête auprès de la population Réunions territoriales

n L’inflation des coûts immobiliers et

une tension croissante sur le foncier

à l’approche des centres urbains qui

contraint à un éloignement des lieux

de travail, en augmentant les coûts de

transports.

n L’augmentation des besoins d’adaptation

des logements au vieillissement et au

handicap.

“Trouver un logement” figure parmi les

5 sujets considérés aujourd’hui comme prioritaire

par les Seinomarins.

En 2020, le critère de choix prioritaire pour

un logement sera le prix d’achat ou le montant

du loyer pour 6 Seinomarins sur 10.

La question de l’habitat a été traitée via la

question de “l’accès au logement au travers

de son coût comme de l’adaptation à la dépendance”,

mais a été citée aussi comme

“vecteur de lien social”.

n 26


3.2 n Vieillissement, handicap, santé, petite enfance :

des disparités territoriales subsistent

rang pour le taux de placement (parmi

les 21 départements peuplés de plus de

1 million d’habitants).

Si la part de familles monoparentales

en zone urbaine y augmente moins vite

qu’ailleurs (+ 14 % seulement entre 1999

et 2006 à Rouen), on note en revanche

d’importantes disparités territoriales sur

ce même indicateur.

© E. Peltier

Le département compte une proportion

de seniors à peu près équivalente à la

moyenne nationale mais avec une part des

personnes de plus de 75 ans en augmentation

constante et un vieillissement de la population

globale plus rapide qu’en moyenne

nationale (source : Insee, nov. 2011).

En réponse, on observe globalement un

taux d’équipement en structures d’hébergement

et de soins lié à sa densité

d’équipements hospitaliers, ou spécialisés

pour personnes âgées ou handicapées,

supérieur en Seine-Maritime à la

moyenne française (taux d’équipement

pour personnes âgées de 151,8 % dans le

ENJEUX

Comme au plan national, la capacité à anticiper

l’augmentation du nombre de personnes âgées,

dont une part seulement nécessite une prise en

charge spécifique, et à la diversification des

types de besoins selon les âges demeurera un

enjeu clef pour les dix prochaines années. De

même, la nécessité de poursuivre l’action en

faveur des personnes souffrant de handicap

restera une priorité majeure.

Trois leviers d’action pourront être mobilisés :

département contre un taux de 121,7 %

dans les départements métropolitains.

(Source : Insee, nov. 2011). Pour autant,

des disparités territoriales persistent en

matière de couverture et de desserte,

surtout pour les kinésithérapeutes libéraux

et les médecins généralistes.

Sur le plan sanitaire et familial, la Seine-

Maritime offre un taux d’équipement

pour l’accueil des enfants de moins de

3 ans au-dessus de la moyenne nationale

(51,2 % contre 44,8 % au niveau national,

au 36 e rang). Elle se trouve également

au 8 e rang pour les dépenses d’aide

sociale à l’enfance par habitant et au 4 e

– le renforcement des solidarités entre Seinomarins

et les liens entre les âges ;

– le soutien aux personnes qui les accompagnent

(familles, associations, structures publiques

et privées) ;

– le développement des usages des nouvelles

technologies de l’information et de la communication

pour le maintien à domicile ou l’accès

aux soins.

L’adaptation des services proposés aux Seinomarins

en fonction des évolutions de comportements

sur le plan familial et des spécificités des

territoires constitue donc un enjeu sur le plan

familial et de la santé. Sont particulièrement

concernées les familles fragilisées.

Plusieurs types d’actions pourront être mis

en œuvre comme la prévention en matière de

santé et l’accès aux soins pour tous, de façon

équilibrée sur le territoire. De même, le développement

des transports collectifs et des technologies

numériques (valorisation du potentiel de

“l’e-santé”), sous réserve d’un accompagnement

dans les usages, pourrait permettre de

mieux lutter contre l’isolement des personnes

marginalisées ou isolées.

Tendances à l’horizon 2020

n Une augmentation forte du nombre

de personnes âgées dépendantes.

n D’ici à 2040, le nombre de personnes de

plus de 80 ans devrait plus que doubler.

n Un vieillissement des relais familiaux

et bénévoles.

n Une accentuation du déficit

de professionnels de santé et

l’allongement des délais d’accès

aux établissements de soins.

n Une augmentation de l’isolement

et de l’éclatement familial.

Enquête auprès de la population

Pour 4 Seinomarins sur 10, les crèches

collectives sont le mode de garde préféré

et les rapports intrafamiliaux sont

considérés comme les liens sociaux

à renforcer en priorité.

Pour près des 2/3, l’autonomie dans

l’habitat et l’offre de services à domicile

constituent la réponse la plus adaptée à la

dépendance de la population vieillissante.

Pour un tiers des répondants, c’est l’offre

en termes de structures d’accueil

adaptées qui améliorera prioritairement

la prise en charge du handicap.

Pour près de la moitié des Seinomarins,

la lutte contre la désertification médicale,

par l’incitation à l’installation dans les

zones rurales est l’enjeu prioritaire en

matière de santé.

Réunions territoriales

En matière de vieillissement comme de

handicap, les maîtres mots sont “adaptation”

et “services” avec pour objectif

unique le vivre ensemble.

La question de l’accès aux soins a plus

particulièrement mobilisé les participants,

tout comme les services de proximité, les

crèches, la desserte des quartiers en transports

en commun ou l’accès aux services

administratifs.

27 n


3. vie sociale

3.3 n Des Seinomarins touchés par la précarité

La Seine-Maritime avec 14,4 % d’allocataires

de minima sociaux (dont AAH, API,

RSA) parmi les ménages de moins de 60

ans se situe au 22 ème rang sur 96. En 2008,

d’après l’Insee, 18,2 % de la population

seinomarine vivait avec un bas niveau de

revenu, contre 16,1 % en France, tandis

que le nombre de foyers fiscaux non imposés

(47 %) est supérieur à la moyenne

métropolitaine (45,8 %).

Le chômage des jeunes est particulièrement

aigu en Seine-Maritime : Cette

tranche d’âge compte 21,8 % des demandeurs

d’emploi fin 2010 dans le département

contre 17,5 % en moyenne métropolitaine.

La Seine-Maritime se situe au

5 e rang des départements métropolitains

pour la part des jeunes dans le chômage,

et le second des départements millionnaires

et des départements chefs-lieux de

région (source : Insee-nov. 2011).

Par ailleurs, l’évolution du revenu fiscal

médian mensuel entre 2000 et 2007

(+ 90 e) est supérieure à la dynamique

nationale (+ 283 e). Plus généralement, la

question de l’isolement et de l’exclusion

sociale sont des questions essentielles

et à l’avenir, l’augmentation du coût du

pétrole pour les usagers des transports

pourrait accentuer la situation déjà fragile

de certaines personnes. Des disparités

territoriales existent aussi en matière de

pratiques et d’accès aux solutions numériques

générant des risques d’isolement

ENJEUX

La lutte contre l’exclusion est et restera un

enjeu fort pour le territoire demain. La réduction

de la précarité, via le soutien à la vie

associative par exemple, très présente dans

le département, constituera un levier d’action

important. Les associations, relais de proximité

de l’action publique et créatrice de lien

social représentent une chance pour le territoire.

L’amplification des démarches d’insertion

par des moyens innovants (pour accéder à

un mieux vivre et à l’emploi) ou l’intégration de

la dimension économique et sociale dans les

réflexions sur les nouvelles mobilités constituent

d’autres pistes à explorer ou développer.

géographique, social ou sanitaire. L’augmentation

du nombre de personnes de

plus de 75 ans et la forte proportion de bénéficiaires

des minima sociaux pourraient

accentuer ces phénomènes.

Tendances à l’horizon 2020

n Un risque d’augmentation de la

précarité lié à l’environnement

économique, au marché du travail,

à la décohabitation et à l’éclatement

des solidarités familiales.

Enquête auprès de la population

Le “chômage et la précarité” sont cités

comme l’une des 4 grandes difficultés

que connaît le département.

Pour plus d’un quart des répondants,

l’aide aux entreprises d’insertion

est alors considérée comme l’action

départementale préférée en matière

de lutte contre la précarité.

Réunions territoriales

L’aspect précarité n’a quasiment pas

été repris dans les “Unes”.

3.4 n Culture, sport et loisirs : de nombreux atouts,

jusque-là davantage valorisés dans les villes

La Seine-Maritime dispose de nombreux

atouts en matière d’activités récréatives

(loisirs, sports, randonnées…) et culturelles

(musées, cinéma, théâtre…) et dispose

d’une densité d’équipements culturels

d’envergure (Scènes Nationales, Opéra, Zénith,

SMAC, etc.). On retient que le territoire

hérite d’une image de terre d’inspiration de

nombreux artistes (Maupassant, Flaubert,

Corneille) et a permis le développement

d’un patrimoine “impressionniste”. De

nombreux sites remarquables ont assuré

renommée et tourisme (cathédrale de

Rouen, falaises d’Étretat, abbayes) ainsi

que de nombreux parcs et jardins ouverts

à la visite, qui ont développé un véritable

savoir-faire reconnu internationalement

(l’un des trois premiers départements français

pour ses jardins remarquables). Mais

on note également un relatif déséquilibre

de l’offre culturelle (structures, salles…) au

détriment des zones rurales.

ENJEUX

Faire des activités récréatives et culturelles

le fer de lance de l’épanouissement, de la

convivialité et de l’attractivité départementale

constitue un enjeu pour la Seine-Maritime, en

s’adaptant aux nouvelles attentes de la clientèle

et des publics (programmation tout au long

de l’année, harmonisée entre sites, politique

tarifaire attractive…).

Tendances à l’horizon 2020 Enquête auprès de la population Réunions territoriales

n Un risque de ne vivre la culture/les

loisirs qu’en mode virtuel et un besoin

de lieux de rencontres et de partages

d’expériences.

n Une demande croissante d’accès de tous

à la culture, aux sports et aux loisirs dès

le plus jeune âge.

n Une condition indispensable du

rayonnement et de l’accueil de nouvelles

populations/entreprises.

Pour 6 répondants sur 10, c’est par l’organisation

de festivals et de manifestations

sur l’ensemble du territoire seinomarin que

l’offre culturelle sera de plus grande qualité.

Pour près de la moitié des répondants, la

promotion de la pratique amateur fera de la

Seine-Maritime un territoire sportif.

Plus de 60 “Unes” ont traité de ce thème (…).

La culture est un moyen fréquemment mis en

avant sous deux aspects : la valorisation du patrimoine

(label UNESCO, coupe de l’America,

etc.), et la mise en valeur d’événements festifs.

Un attachement fort à la convivialité et à la

simplicité de la fête s’est exprimé de façon

récurrente, comme moyen de présager d’un

avenir où les relations “concrètes” existeraient

toujours, à l’heure du virtuel.

n 28


3.5 n Une citoyenneté et une vie associative déjà largement investies

développement de comportements individualistes

ou consuméristes, une

stratégie de repli sur la famille ou sur le

“groupe”, hausse du désintérêt à l’égard

du politique. (source : Francoscopie, ed.

Larousse). Au final, le secteur associatif

apparaît moins présent que dans d’autres

territoires de l’ouest ou du centre de la

France, avec une dynamique associative

plus ténue (selon les données régionales,

la dynamique de création d’associations

représente 2,1 % des créations nationales

alors que la population de Haute-Normandie

représente 2,8 %).

Tendances à l’horizon 2020

Concernant la participation des Seinomarins

à la vie publique, le département

se caractérise par une implication forte

des acteurs socio-économiques, des

associations et de la population dans la

vie du territoire (8 000 “ambassadeurs

76” volontaires en 2 ans, implication

de la population dans les associations

C H A R T E

DÉPARTEMENT DE SEINE-MARITIME

DU DON

DÉPARTEMENTALE

R E S P O N S A B L E

{

)))

{{{{

{{{{{{{{

))))))))))))))))

{{{{{{ SERVICE DÉVELOPPEMENT LOCAL

{{{ TOURISME ET COOPÉRATION DÉCENTRALISÉE

{{{{{{{ DIRECTION DE L’ÉCONOMIE ET DE L’EMPLOI

et existence

de moments

de concertation…).

Des

h a b i t u d e s

de travail

e x i s t e n t

déjà, de

même que

des part

e n a r i a t s

entre acteurs

institutionnels

(Départements 76 et 27 et Région Haute-

Normandie, 9 Pays, 34 Communautés de

communes, 3 communautés d’agglomération…).

On note une attente forte de la

population en général (83 % des Français

souhaitent davantage d’information

sur l’action de leur Département et 46 %

disent que la démocratie participative

n’est pas suffisante, sondage CSA 2009).

Enfin, la vie associative est globalement

très présente (plus de 300 associations

agréées éducation populaire, 200 points

de lecture partenaires du Département,

100 associations dans le champ du social

pour 69 cantons…).

Pourtant, on observe aussi, comme

ailleurs, une raréfaction de la ressource

financière publique qui contraint à des

arbitrages et des priorités d’intervention.

De la même façon qu’au plan national, des

évolutions de fond se confirment avec le

ENJEUX

L’accroissement de cette implication citoyenne, en renforçant et consolidant la mobilisation du tissu

associatif pour y parvenir constitue l’enjeu central de cette problématique.

La conception et la mise en œuvre de politique innovantes ou renouvelées, une mise en œuvre plus

participative de l’action publique, la mobilisation pérenne des réseaux d’acteurs, des citoyens et

habitants dans la vie publique, la préservation de l’utilité collective et sociale des associations (l’utilisation

des activités associatives culturelles et sportives comme vecteur de citoyenneté…) et la

promotion de ce tiers secteur (valorisation du bénévolat, de l’utilité des associations…) sont autant

de pistes de travail possibles pour répondre à cet enjeu.

n Une attente forte de la population :

83 % des Français souhaitent

davantage d’information sur l’action

de leur Département et 93 % pour

l’action de leur commune. 46 % disent

que la démocratie participative n’est

pas suffisante (Sondage CSA 2009).

n Une volonté des élus d’associer

davantage les acteurs de la “société

civile” et les habitants à l’élaboration

des politiques locales (Conseil

de développement, Agendas 21,

référendums locaux).

n La poursuite des évolutions de

comportements de repli.

n Le développement de relations via

les réseaux sociaux virtuels et des

supports alternatifs d’informations.

Enquête auprès de la population

Pour presque la moitié des répondants,

le développement des lieux d’accueil

permettrait de renforcer le tissu associatif

seinomarin.

Réunions territoriales

Les questions concernant la valorisation

du bénévolat et la recherche de nouveaux

bénévoles ont été fréquentes.

Des propositions ont été faites pour

valoriser et mieux articuler bénévolat

et engagement professionnel : horaires

aménagés, prise en compte dans le calcul

de la retraite ou contrats “temps libre /vie

citoyenne”…

L’idée d’un forum des associations est

revenue afin de donner plus de visibilité

aux associations et attirer de nouveaux

adhérents.

29 n


I. LA SEINE-MARITIME EN 2011 : DIAGNOSTIC DU TERRITOIRE

4.

© C. Coquilleau - Fotolia.com


Environnement

et cadre de vie

4.1 Une biodiversité et des ressources naturelles très riches

4.2 Des paysages reconnus mais fragiles

4.3 Aménagement de l’espace et ressources foncières : l’enjeu de l’anticipation

4.4 Ressources énergétiques, déchets et autres interactions environnementales


4. environnement et cadre de vie

4.1 n Une biodiversité et des ressources naturelles très riches

aux pollutions urbaines diffuses, industrielles,

agricoles (en 2010, un peu plus

de 150 000 personnes ont consommé une

eau ponctuellement non-conforme aux

normes imposées par la directive Cadre

sur l’Eau). La Seine-Maritime est le 4 e département

de France le plus touché par le

risque d’inondations.

Tendances à l’horizon 2020

n Progression des emplois dans

le champ environnemental/

développement durable.

n Accentuation des effets du

changement climatique : montée du

niveau des eaux, inondations, impacts

sur les cultures.

Enquête auprès de la population

La Seine-Maritime dispose d’un patrimoine

naturel exceptionnel et varié : 140 km de

côtes, 700 km de cours d’eau, des zones

humides remarquables, 22 espaces naturels

sensibles, un parc naturel régional,

mais aussi d’une façade littorale exposée

en cas de risque de pollution maritime, car

soumise à un trafic maritime dense.

Pour ce qui concerne plus particulièrement

la ressource en eau, le département jouit

d’un riche patrimoine aquatique : 9 fleuves

côtiers et 11 affluents de la Seine, d’une

ressource abondante (eaux souterraines).

Il bénéficie d’une eau de qualité : 70 % des

captages de la région sont protégés en

2010 et d’une réelle expérience en matière

de gestion de l’eau : COGE-Contrats d’Objectifs

de Gestion de l’Eau (200 structures

signataires) / Planète 276 avec l’Eure et

la Haute-Normandie/Grande Seine 2015,

© iOrope

Schéma pour l’aménagement et la gestion

durable du fleuve Seine aval.

Mais, en matière de qualité des eaux, le

département n’échappe pas pour autant

ENJEUX

La protection, la valorisation, voire la fructification

de ces patrimoines et ressources

naturelles sont essentielles pour l’avenir de la

Seine-Maritime en termes d’image, de santé

publique et de conciliation des usages dans

l’espace. Une modification des conditions

climatiques pourrait également remettre en

question ces équilibres précaires.

Elles supposent des actions de protection de

la biodiversité menacée, des actions d’anticipation

et de compensation mais aussi le développement

de nouvelles filières dans l’économie

“verte”, porteuses d’emploi local.

Pour 4 Seinomarins sur 5 :

– l’accompagnement des pratiques

plus respectueuses de l’environnement

constitue l’action prioritaire à mettre en

place pour préserver la biodiversité (cette

action était citée dans les 5 sujets prioritaires

sur 10) ;

– l’enjeu principal en 2020 quant à la gestion

de l’eau sera celui de la réduction de

la consommation ;

– la promotion de la production locale

est le domaine le plus important pour

favoriser le développement durable. Mais

juste derrière se positionne l’aide aux

particuliers dans l’aménagement durable

de leurs habitats.

Réunions territoriales

La question de la préservation de la biodiversité

et du patrimoine naturel a rarement

fait la “Une” des quotidiens de

2020 en tant que telle, mais on la retrouve

souvent parmi les sujets abordés dans les

rubriques connexes (tourisme, agriculture,

patrimoine, économie…).

4.2 n Des paysages reconnus mais fragiles

n 32

Sur le plan paysager, la Seine-Maritime

s’illustre par un patrimoine architectural

caractéristique, un riche patrimoine

cultuel (abbaye de Jumièges, cathédrale

de Rouen,…) et des paysages urbains reconnus

(Le Havre, patrimoine mondial

de l’Unesco). Les paysages sont aussi

structurés par l’héritage de certaines pratiques

agricoles (paysages de bocage de

la boutonnière de Bray, clos-masure du

pays de Caux…) et sur la qualité de certains

espaces naturels : la Seine-Maritime

compte 85 sites classés et 86 sites inscrits

représentant une superficie de 41 300 ha,

soit 6,6 % de la superficie départementale

(alors qu’ils recouvrent seulement 3,5 %

de la superficie nationale). Le département

comprend par ailleurs quatorze sites classés

en Espaces naturels sensibles, dont

cinq ont intégré le réseau en 2005.

Mais elle subit également une progression

de 8,5 % des surfaces artificialisées entre

1993 et 2004 liée notamment à l’urbani-


sation ainsi que des changements dans

les pratiques agricoles qui fragilisent ou

font disparaître certains paysages emblématiques

recherchés par les habitants et

la clientèle touristique. Plus récemment,

selon l’Insee, en 2006, la part des territoires

artificialisés en Seine-Maritime (8,8 %)

était plus élevée que dans l’ensemble de la

métropole (5,1 %).

Tendances à l’horizon 2020

n La progression de la péri urbanisation

Enquête auprès de la population

Les paysages et l’environnement

font partie des 6 priorités citées par les

Seinomarins pour agir en faveur de l’environnement

et du développement durable

en Seine-Maritime à l’horizon 2020.

Réunions territoriales

Les Seinomarins sont préoccupés par le

maintien, face à la pression foncière, de

terres agricoles en quantité suffisante.

© iOrope

ENJEUX

La préservation du patrimoine paysager

est donc essentielle, et particulièrement la

sauvegarde de paysages naturels et ruraux

largement identitaires en Seine-Maritime

(bocages, falaises, valleuses, méandres de la

Seine…). Tout en conciliant les usages de ces

lieux de vie.

4.3 n Aménagement de l’espace et ressources foncières : l’enjeu de l’anticipation

© iOrope

En Seine-Maritime, les efforts menés en

matière d’aménagement du territoire ont

permis d’assurer un bon maillage territorial,

avec deux agglomérations principales :

Le Havre et Rouen-Elbeuf, de rang national,

autour desquelles se répartissent les

villes intermédiaires (Fécamp, Dieppe, Eu,

Yvetot, Gournay-en-Bray). Le département

présente une forte densité d’équipements

publics (dont les équipements hospitaliers,

qui le positionnent au 20 e rang national, selon

l’Insee), notamment du fait du maillage

équilibré du territoire par les pôles urbains,

évoqué précédemment. Des outils d’aménagement

et gestion durable de l’espace

(Schémas de cohérence territoriale…) ont

pu être développés progressivement. Ils

n’ont pas empêché, dans le même temps,

l’existence de disparités territoriales en

matière de services de proximité aux particuliers,

tout comme une progression

des surfaces naturelles construites (modèle

pavillonnaire, centres commerciaux)

et donc de l’étalement urbain et un relatif

enclavement de territoires littoraux (enjeu

majeur reconnu également au plan national

et européen).

ENJEUX

La cohésion territoriale est donc un premier

enjeu d’aménagement de la Seine-Maritime.

Plus particulièrement, le maintien de population

dans les territoires de faible densité et la

maîtrise de la croissance périurbaine, notamment

au regard d’enjeux de développement

durable (limitation des déplacements, reconquête

des centres-villes…) doivent faire l’objet

d’une action renouvelée et renforcée.

De même, la préservation des ressources

foncières constitue un élément clef d’intervention

pour respecter au mieux les vocations

les plus pertinentes de ce bien commun (prise

en compte des valeurs agronomiques ou naturelles

de l’espace…).

33 n


4. environnement et cadre de vie

Tendances à l’horizon 2020 Enquête auprès de la population Réunions territoriales

n La concentration du développement

économique et des services dans les

grandes agglomérations.

n De nouveaux besoins de services à couvrir

pour les “néo-ruraux”.

n Le retrait des services publics dans les

zones les moins densément peuplées.

n Le développement d’outils d’aménagement

et gestion durable de l’espace

(Schémas de cohérence territoriale…)

n La hausse du coût et la raréfaction du foncier.

n Des disparités accrues de pouvoir d'achat

selon la distance travail-domicile subies

plus que choisies.

Pour 4 répondants sur 10, le projet prioritaire,

en termes d’aménagement du territoire,

est celui de la ligne à grande vitesse

Le Havre – Rouen – Paris.

La valorisation de la vallée de la Seine

constitue le projet prioritaire pour un tiers

des répondants et le développement des

ports de Rouen et du Havre pour un quart.

Pour la moitié des répondants, l’amélioration

des conditions de vie en milieu rural

passe très prioritairement par le maintien

des commerces de proximité.

Pour améliorer l’attractivité du littoral seinomarin,

plus de la moitié des répondants

estiment qu’il faut agir en priorité sur l’aménagement

des plages et fronts de mer.

Les Seinomarins expriment un attachement

particulier aux paysages emblématiques

dans la plupart des territoires (falaises,

bocages, architecture et bâtiments classés

de Rouen et du milieu rural, architecture et

urbanisme contemporain du Havre,…).

Il n’est cependant pas possible d’identifier

un mode d’urbanisation (et donc les paysages

de demain) consensuel.

4.4 n Ressources énergétiques, déchets et autres interactions environnementales

La question des déchets

Le gisement global de déchets ménagers

et assimilés (DMA) en Seine-Maritime

pour 2005 est élevé : 1,2 million de

tonnes (845 000 tonnes de déchets des

ménages et 380 000 tonnes des entreprises

et administrations).

Chaque année, un Seinomarin produit en

moyenne 407 kg d’ordures ménagères,

apporte près de 190 kg de déchets en déchetterie

et dépose près de 100 kg de déchets

verts et de déchets encombrants

pour une collecte au porte à porte. Le

Plan départemental d’élimination des

déchets ménagers et assimilés de Seine-

Maritime (mars 2010) fixe pour ambition

de réduire la quantité de déchets collectés

de 20 kg/habitant/an d’ici à 2014 et de

60 kg en 2019.

Tendances à l’horizon 2020

n Aspiration à un environnement de

qualité (nourriture, air, eau…)

Enquête auprès de la population

Très majoritairement, 6 répondants sur 10

estiment qu’il faut diminuer les déchets

à la source pour améliorer, à l’avenir, leur

gestion.

Réunions territoriales

En matière de lutte contre le changement

climatique, les participants souhaitent que

l’habitat en 2020 ait largement entamé sa

révolution environnementale et évoquent

fréquemment les éco-quartiers, qui seront,

à cette date, devenus une réalité.

On constate ainsi que le recyclage des

emballages progresse, avec un taux de

valorisation des déchets ménagers en

général encourageant et des opérations

pilotes (déchets dérivants sur la Seine).

Il existe par ailleurs un partenariat d’acteurs

actifs. Pour autant, la production

de déchets ménagers augmente et la

question de sa réduction reste en Seine-

Maritime un défi pour diminuer la pression

des activités humaines sur l’environnement.

ENJEUX

Le développement des énergies renouvelables

d’une part et le maintien de l’avance prise en

matière de traitement des déchets d’autre part

sont deux enjeux déterminants à traiter de manière

complémentaire durant les prochaines

années : valorisation des potentiels d’énergies

renouvelables présents en Seine-Maritime

(vent, marée, soleil, biomasse, etc.), réduction

des consommations énergétiques pour tous

(logements individuels ou collectifs), adaptation

globale à l’augmentation des coûts de

l’énergie, réduction amont de la quantité de

déchets produits et réduction des coûts de

traitement.

n 34


La question énergétique

Le département est particulièrement

concerné par la question énergétique

(voir aussi le poids économique au chapitre

2). L’interaction qui existe entre la

production ou la consommation énergétique

d’une part et l’environnement

d’autre part y est très forte.

C’est un territoire très “énergivore” du

fait de son parc industriel important

(42 % de la consommation totale est mobilisée

par l’industrie au lieu de 26 % en

moyenne en France).

Son économie (industrie, agriculture…)

et sa taille démographique et urbaine

contribuent à l’émission de gaz à effet

de serre (GES) en quantité importante

(environ 24 teq CO 2

par habitant pour 9

en moyenne en France et 5 teq CO 2

hors

industrie). Elles impactent aussi la qualité

de l’air, mais d’importants efforts ont

été faits sur ce registre ces dix dernières

années, qui ont eu un impact très positif

(traduit par exemple par la diminution

très forte des déclenchements des procédures

d’information lors des épisodes

de pollution et polluant en cause qui

concerne les particules en suspension et

l’ozone).

Mais il possède également des atouts.

La Seine-Maritime est un département

fortement producteur d’énergie : elle appartient

à la région classée aux premiers

rangs nationaux de la production de raffinage

de pétrole et d’agro-carburants

(1 er rangs) et de production d’énergie

primaire (3 e rang) avec 2 centrales nucléaires

produisant 14 % de la production

d’électricité nucléaire française (en

2008).

Le développement des énergies alternatives

aux énergies issues des ressources

fossiles constitue un levier important

qui est de plus en plus mobilisé depuis le

milieu des années 2000. Mais il ne représente

pour l’instant (en 2008) que 3 % de

la production totale d’énergie (données

totales à l’échelle de la région).

L’éolien demeure la ressource phare

avec 56 éoliennes installées entre 1990

et 2009, pour une puissance de 119 MW.

La biomasse et la valorisation des déchets

ménagers constituent aussi des

ressources disponibles.

Source : observatoire climat-énergies Haute-Normandie

35 n


CONCLUSION

Ainsi mis en évidence les forces et les faiblesses de la Seine-Maritime

aujourd’hui et des enjeux pour demain, se dessinent 5 défis

majeurs transversaux, dont le diagnostic et la concertation ont

souligné l’importance, sans pour autant qu’il s’agisse de les hiérarchiser

:

n le défi de la cohésion territoriale et du rayonnement,

n le défi du changement climatique et énergétique,

n le défi des innovations,

n le défi des autonomies,

n le défi de la cohésion sociale.

Ces défis s’imposent à notre territoire, ils devront, par conséquent,

sous-tendre l’ensemble de la stratégie et des choix exprimés.

Ils impactent et nourrissent les cinq ambitions qui fixent le

cap pour les dix années qui viennent :

1 n Entre Seine et Mer, une terre d’équilibre exceptionnelle

pour s’épanouir

2 n Une économie plurielle, au service de l’Homme, fondée

sur les savoir-faire et les ressources locales

3 n Une terre d’accueil, ouverte sur le monde, pour venir

y étudier, séjourner, travailler et vivre autrement

4 n Bien vivre, tout au long de sa vie, pour vivre mieux ensemble

5 n Un territoire citoyen, vivant et engagé, animé par des acteurs

publics performants et exemplaires

Chaque ambition est déclinée en objectifs stratégiques qui permettront

au Département mais aussi à chaque acteur, en fonction

de ses compétences et de ses responsabilités, d’imaginer des

actions nouvelles pour décliner un nouveau modèle de développement

plus durable : une Seine-Maritime attractive, où l’implication

des habitants et des acteurs est renforcée, qui concilie intelligemment

l’environnement, l’économie et la cohésion sociale.

© iOrope

n 36


Cadre stratégique

Cadre opérationnel

Objectif

opérationnel

1

Action 1.1

Action 1.2

Objectif

stratégique 1

Objectif

opérationnel

2

Action 2.1

Action 2.2

Ambition

Stratégique 1

Enjeux

Ambition

Stratégique 2

Objectif

stratégique 2

Objectif

opérationnel

3

Action 3.1

Action 3.2

Ambition

Stratégique 3

Objectif

opérationnel

4

Action 4.1

Action 4.2

Ambition

Stratégique 4

Ambition

Stratégique 5

Il nous faut mobiliser tous nos leviers d’actions, favoriser les

initiatives publiques et privées, collectives et individuelles

pour que la Seine-Maritime soit un espace, un lieu de vie, où la

cohésion sociale prenne pleinement son sens.

37 n


II. NoS ambitions

à l’horizon 2020

Une Seine-Maritime attractive

où vivre autrement


La Seine-Maritime doit être un territoire d‘équilibres, un territoire durable et rayonnant ouvert sur le monde et vers les autres.

Être un territoire attractif, vivant, dynamique où l’action volontaire locale se déploie dans le respect de la planète et avec le souci

des générations futures. La Seine-Maritime doit être un des premiers départements français dans son anticipation et sa contribution

à la préservation de la planète et dans la réussite de la révolution énergétique.

La Seine-Maritime doit être demain le territoire des innovations et des initiatives publiques et privées, individuelles et collectives

pour construire ensemble notre nouveau mode de développement, pour que notre territoire soit un lieu de vie où la cohésion sociale

prenne pleinement son sens. La Seine-Maritime doit permettre qu’à chaque âge de la vie, et plus particulièrement pour ceux qui en

ont le plus besoin, il soit donné les conditions pour s’épanouir, pour vivre dignement, pour mener ses choix et projets de vie.

Ambition

1

Entre Seine et

Mer, une terre

d’équilibre

exceptionnelle

pour s’épanouir

1.1 n Aménager l’espace seinomarin de façon équilibrée

et durable

1.2 n Concilier développement et préservation/valorisation

de l’environnement, des ressources naturelles

et paysagères

1.3 n Réduire nos émissions de gaz à effet de serre, anticiper

et mieux se préparer aux changements climatiques

1.4 n Garantir la présence et l’accessibilité à une offre

de service qui contribue à l’épanouissement de chacun

Ambition

2

Une économie

plurielle, au

service de

l’Homme, fondée

sur les savoir-faire

et les ressources

locales

2.1 n Accompagner les entreprises et leurs salariés

dans les mutations (énergétiques, technologiques…)

vers une économie responsable, créatrice d’emploi

2.2 n Promouvoir le développement et l’émergence des filières

d’avenir, en mobilisant les ressources et potentiels locaux

2.3 n Soutenir fortement le développement de l’économie

résidentielle et de l'économie solidaire

2.4 n Rayonner économiquement nationalement

et internationalement pour attirer de nouveaux talents

n 40


Ambition

3

Une terre

d’accueil, ouverte

sur le monde,

pour venir y

étudier, séjourner,

travailler & vivre

autrement

3.1 n Développer les réseaux de communications

et les échanges

3.2 n Inverser le flux migratoire en construisant

une véritable offre d’accueil, particulièrement

pour les étudiants et les jeunes actifs

3.3 n Conduire une politique touristique

encore plus ambitieuse et intégrée

3.4 n Promouvoir le territoire par une image de qualité

et de dynamisme, et ainsi accroitre la fierté

d’appartenance des Seinomarins

Ambition

4

Bien vivre, tout

au long de sa vie,

pour vivre mieux

ensemble

4.1 n Offrir des logements pour tous et faciliter la fluidité

des parcours résidentiels, tout au long de la vie

4.2 n Permettre un accès à la santé équitable et équilibré

4.3 n Garantir à tous les seinomarins l’autonomie,

aux moments clefs de la vie

4.4 n Contribuer au maintien et au développement

de nouveaux liens sociaux

4.5 n Renforcer les capacités d’insertion sociales

et professionnelles

Ambition

5

Un territoire

citoyen, vivant

et engagé, animé

par des acteurs

performants et

exemplaires

5.1 n Refonder notre “contrat social” :

permettre aux citoyens, aux usagers, aux associations

de s’impliquer dans les choix publics sous des formes

variées et novatrices

5.2 n Optimiser les moyens et améliorer la qualité

et l’efficience des services publics

5.3 n Initier de nouvelles modalités partenariales,

entre acteurs publics comme privés

41 n


II. NoS AMBITIONS À L’HORIZON 2020 : Une Seine-Maritime attractive où vivre autrement

1.

© iOrope


Entre Seine et Mer,

une terre d’équilibre

pour s’épanouir

1.1 Aménager l’espace seinomarin de façon équilibrée et durable

1.2 Concilier développement et préservation/valorisation

de l’environnement, des ressources naturelles et paysagères

1.3 Réduire nos émissions de gaz à effet de serre, anticiper

et mieux se préparer aux changements climatiques

1.4 Garantir la présence et l’accessibilité à une offre de services

qui contribue à l’épanouissement de chacun


1. Entre Seine et Mer, une terre d’équilibre pour s’épanouir

© iOrope

Les spécificités de la Seine-Maritime que

sont sa façade maritime, l’axe Seine, ses

deux grandes agglomérations et ses territoires

ruraux comme les aspirations des

habitants à mieux vivre sur l’ensemble du

département nous imposent d’aménager

notre territoire de façon plus équilibrée

et plus durable. Nos modes de développement

doivent rechercher l’équité et

les cohérences territoriales pour être un

espace de vie équilibré où l’épanouissement

de chacune et chacun est possible.

La richesse de notre patrimoine naturel

doit être protégée et valorisée pour le

bien être des générations futures mais

aussi pour fonder, dès aujourd’hui, un

nouveau mode de développement dans

lequel l’environnement est un atout et

non une contrainte.

Face au défi du changement climatique

et énergétique, la Seine-Maritime devra

être volontariste et exemplaire dans son

anticipation et sa contribution à la préservation

de la planète et dans la réussite de

la révolution énergétique.

Enfin facteur d’épanouissement, mais

aussi d’attractivité, la Seine-Maritime

doit encore améliorer son offre de services,

son offre culturelle et sportive

avec, comme finalité majeure, une plus

grande accessibilité pour tous.

À l’heure où les grandes métropoles européennes

et nationales se développent,

où les échanges et les flux sont en croissance

continue, la Seine-Maritime doit

être en mesure de relever un défi majeur,

celui d’être un territoire tout à la fois ouvert

sur le monde, sur les plans géographique,

humain, économique et culturel,

un territoire positionné dans l’espace européen,

un espace de création de valeurs

pour les flux qui le traversent et enfin un

territoire équilibré dans son aménagement

et son développement. Réussir à

relever ce défi permettra à notre département

de rayonner et de conforter son développement

et son attractivité résidentielle,

économique et touristique.

Le projet de Grand Paris, face au risque

de satellisation, doit permettre à la Seine-

Maritime de renforcer sa position de territoire

de vie et de valorisation. L’axe Seine

peut ainsi constituer un des éléments

structurants dans le grand espace de

l’Europe de l’ouest constitué par Londres-

Amsterdam-Bonn-Paris, axe renforcé par

le réseau autoroutier mais aussi par la future

nouvelle ligne ferroviaire Paris-Normandie,

actuellement en débat.

La diversité de la Seine-Maritime maillée

par des pôles urbains et des centresbourgs

dynamiques constituent un atout

majeur. Cette diversité est complétée

et enrichie par des ressources et patrimoines

naturels qui doivent être protégés,

valorisés et fructifiés. Mais il persiste

des disparités qui génèrent des difficultés

d’accessibilité à des services marchands

et non marchands, des situations d’isolement

et parfois même d’exclusion. L’éloignement

géographique des grands pôles

d’emplois et de services devient pour

certains Seinomarins un handicap du fait

de la hausse du prix des carburants et devient

aussi un frein pour ceux qui souhaitent

vivre hors des zones urbaines.

L’aménagement de notre territoire doit

satisfaire aux exigences d’équilibre et

de complémentarité prendre en compte

les enjeux de développement de l’économie

présentielle, de développement

plus équilibré de l’économie sociale et

solidaire, d’accès aux soins pour tous, de

maintien des services publics, de réseau

d’infrastructures performant (physique et

numérique), d’offre culturelle déployée,

d’urbanisme maîtrisé et d’organisation

territoriale adaptée.

n 44


1.1 n Aménager l’espace

seinomarin de façon équilibrée

et durable

L’aménagement de l’espace seinomarin,

dans les années à venir, nécessite de valoriser

ses atouts tout en corrigeant les

déséquilibres territoriaux constatés.

Si les deux grandes agglomérations doivent

poursuivre leur développement en

maîtrisant fortement la croissance périurbaine

et en favorisant la reconquête des

centres-villes et des friches industrielles,

il convient aussi de soutenir activement le

milieu rural. Pour cela, il sera nécessaire

d’agir dans plusieurs directions :

n Améliorer les modes de communication

interurbains et infradépartementaux,

développer les connexions

numériques pour faciliter les échanges,

l'accessibilité et les complémentarité

entre l'urbain et le rural et diminuer les

fractures numériques.

n Promouvoir une urbanisation durable

tant en milieu urbain qu’en milieu rural.

Favoriser des politiques de l’habitat territorialisées

et cohérentes dans le cadre

des outils de planification (Schéma de

cohérence territoriale, plans locaux d’urbanisme,

programmes locaux de l’habitat…)

s’inscrivant dans des logiques de

projets de territoires, luttant contre les

phénomènes d'étalement urbain et d'artificialisation

des espaces.

n Rechercher la participation de tous

et notamment des jeunes à l’élaboration

des projets d’aménagement.

n Garantir l’intégration de trames bleues

et vertes.

n Développer l’ingénierie nécessaire

pour soutenir les dynamiques intercommunales

et intercommunautaires.

n Soutenir la redynamisation des

centres bourgs, faciliter le maintien des

commerces et services de proximité tant

dans les quartiers insuffisamment dotés

que dans les communes rurales.

n Favoriser le développement de l’économie

présentielle pour rapprocher les emplois

des lieux de vie en particulier en milieu

rural.

n Intégrer l’équité territoriale dans l’amélioration

de l’offre de formation.

n Développer les partenariats entre les

différents acteurs publics et associatifs,

en particulier en milieu rural, pour améliorer

la présence et l’efficacité des actions

sociales, mais aussi l’accueil et l’intégration

des nouvelles populations.

1.2 n Concilier développement

et préservation/valorisation

de l’environnement,

des ressources naturelles

et paysagères

La Seine-Maritime présente une diversité

biologique importante, parfois même remarquable

dans des milieux d’exception,

tels que le littoral, l’estuaire de la Seine,

les massifs boisés ou les zones humides…

Elle possède ainsi une large palette d’écosystèmes

très riches du point de vue floristique

et faunistique.

La qualité du patrimoine naturel et la biodiversité

contribuent à la qualité de vie

des Seinomarins et constituent un facteur

d’attractivité du territoire. Cette richesse

est vulnérable et fragilisée par une pression

croissante liée à l’artificialisation des

espaces et à des activités impactant fortement

l’environnement.

La qualité environnementale de la Seine-

Maritime doit être impérativement prise

en compte dans les politiques d’aménagement

et de développement mises

en œuvre par les acteurs publics, mais

aussi par les entreprises dans le cadre de

leur responsabilité environnementale.

Nos ambitions et nos objectifs doivent

porter beaucoup plus d’exigences sur

le respect et la valorisation de notre

richesse environnementale, comme

condition majeure de réussite d’un développement

harmonieux.

Nous pouvons, entre autres, agir pour :

n Protéger, mais aussi reconquérir la

biodiversité ordinaire et remarquable et

lutter activement contre les pollutions.

n Préserver et valoriser le patrimoine

paysager très largement identitaire de

la Seine-Maritime (bocages, falaises,

valleuses, méandres et vallée de la

Seine) en prenant en compte les futurs

impacts liés au changement climatique.

n Mener, par la mobilisation de tous (collectivités,

entreprises et particuliers), une

politique plus ambitieuse de gestion globale

et de préservation de la ressource en

eau et une politique de valorisation et de

gestion des déchets (réduction amont de

la quantité de déchets produite, réduction

des coûts de traitement).

n Porter collectivement les initiatives de

développement intégré de l’Axe Seine et

réussir sa mise en œuvre, par une mobilisation

des acteurs privés et publics.

n Améliorer notre connaissance et la

maîtrise des risques naturels et technologiques.

n Favoriser et promouvoir les innovations

environnementales notamment en

matière de gestion environnementale, de

pratiques agricoles à caractère durable,

de méthodes de gestion des espaces, de

l’urbanisme et de l’aménagement du territoire.

n Faciliter l’émergence de “filières

vertes” industrielles, mais aussi le développement

de nouvelles filières dans

l’économie “verte”, porteuses d’emploi

local, en cohérence avec les orientations

du Contrat régional de développement

économique.

n Informer et sensibiliser à l’écocitoyenneté,

promouvoir la connaissance des

problématiques environnementales par la

jeunesse, pour que chacun soit un acteur

volontaire de notre bien être collectif présent

et futur.

45 n


1. Entre Seine et Mer, une terre d’équilibre pour s’épanouir

1.3 n Réduire nos émissions

de gaz à effet de serre, anticiper

et mieux se préparer aux

changements climatiques

Si le défi climatique et énergétique est immense

et dépasse largement notre échelon,

nous devons aller plus loin et plus vite

localement dans la réduction des émissions

de gaz à effet de serre comme dans

la connaissance des impacts actuels et à

venir du changement climatique.

Il s’agit de répondre au défi énergétique

posé globalement par la raréfaction des

énergies fossiles et par la hausse des coûts

de l’énergie qui génère de plus en plus de

difficultés non seulement économiques

mais aussi sociales. De nombreuses actions

règlementaires ou volontaristes ont

déjà été initiées, notamment dans le cadre

des Grenelles de l’Environnement, mais il

nous faut passer à la « vitesse supérieure

» pour réduire l’impact carbone sur notre

territoire, et mieux nous préparer aux

changements, dont les impacts ne sont,

pour l’heure, que partiellement connus.

n Développer l’observation, la connaissance

et l’analyse des risques, pour les

biens et les personnes, en mobilisant

les expertises, en soutenant les programmes

de recherche, mais aussi en

renforçant la culture scientifique de nos

concitoyens et plus particulièrement

des jeunes.

n Intégrer dès maintenant les effets

prévisibles du changement climatique

dans l’urbanisme et l’aménagement et

plus spécifiquement dans les zones à

risques (estuaire, littoral…) en évitant,

autant que possible, les choix d'aménagement

irréversibles.

n Soutenir et valoriser les initiatives

des filières économiques, en incitant à

l’utilisation des technologies à moindre

impact carbone, notamment en matière

de transport et d’habitat.

n Réinterroger les comportements individuels

pour réduire la consommation

énergétique. Sensibiliser dès le plus

jeune âge, faire émerger d’autres manières

de vivre.

n Lutter contre la précarité énergétique

(habitations à moindre coût énergétique,

éducation aux comportements

économes, dispositifs d’aides…).

n Inclure des exigences énergétiques et

environnementales dans la commande

publique et le fonctionnement quotidien

des administrations.

n Valoriser les potentiels d’énergies

renouvelables présents en Seine-Maritime

(vent, marée, soleil, déchets organiques,

etc.) et favoriser le développement

des alternatives énergétiques

en saisissant toutes les opportunités de

substitution partielle d’énergies renouvelables

et douces aux énergies fossiles

ou nucléaires.

Les Plans Climat Énergie Territoriaux

(PCET) rendu obligatoire dans le cadre du

Grenelles de l’Environnement pour l’ensemble

des collectivités de plus de 50 000

habitants de même que le Schéma Régional

Climat Air Énergie (SRCAE) qui fixera

à l'échelle de la région Haute-Normandie

à l'horizon 2020 et 2050, des orientations

stratégiques pour le développement des

énergies renouvelables, la réduction des

émissions de gaz à effet de serre, la maîtrise

de la demande de l'énergie, la lutte

contre la pollution atmosphérique et

l'adaptation au changement climatique

constituent les outils cadre de cette politique

climatique et énergétique pour le

Département.

1.4 n Garantir la présence

et l’accessibilité à une offre

de services qui contribue à

l’épanouissement de chacun

L’épanouissement des Seinomarins nécessite

que chacune et chacun puisse bénéficier

d’une capacité d’accès aux offres

de services. Sont concernés les services,

publics et privés, répondant aux besoins

des populations et des entreprises, et indispensables

à la vie des territoires et à

l’épanouissement de tous.

L’apparition de nouveaux besoins sociétaux,

l’évolution des flux démographiques,

une meilleure prise en compte

des “temps de vie”, le télé-travail, la

hausse du prix des carburants incitent

à une logique de gestion plus raisonnée

des déplacements, de l’habitat et corrélativement

de l’implantation des services.

© iOrope

Depuis de nombreuses années, l’État et

l’ensemble des opérateurs de service public

réorganisent progressivement leurs

réseaux de services. Dans certains cas,

le maillage s’est densifié pour répondre

à des besoins spécifiques (personnes

âgées, petite enfance) mais dans la majorité

des cas, il s’est progressivement desserré

et concentré dans les pôles urbains.

n 46


Plusieurs axes de développement et

d’amélioration nécessitent d’être mis en

œuvre :

Agir sur l’offre globale de services

innovations sociales qui nous permettrons

de répondre mieux aux besoins

de nos concitoyens et de maintenir un

dialogue et des solidarités entre Seinomarins.

Pour viser la cohésion territoriale et sociale

en termes de services, nous devons :

Améliorer l’offre et les pratiques culturelles

et sportives

© B. Decout

Des services privés ont aussi suivi la voie

de la “rationalisation” de leur offre pour

garantir leur rentabilité économique, faisant

courir le risque aux acteurs publics

de devoir pallier ces déficits ou dents

creuses.

À l’avenir, tous les services ne pourront

être maintenus partout dans les mêmes

conditions que par le passé. Pour les

services publics, l’égalité des usagers

ne signifie pas nécessairement uniformité.

La réorganisation des réseaux, leur

adaptation aux nouveaux éléments de

contexte, n’est pas contradictoire avec

les principes d’égalité d’accès, de qualité

et de continuité des services publics, en

proximité et à distance par l’usage des

TIC. Pour les services privés, il convient

de favoriser leurs conditions d’implantation

et d’exercice afin de pouvoir disposer

d’un maillage optimum.

Malgré une situation globalement satisfaisante,

il est nécessaire de progresser

dans la présence des offres et dans les

conditions d’accès afin de veiller à ce que

personne n’en soit exclu que cela soit

pour des motifs physiques, matériels,

géographiques, psychologiques ou tarifaires.

n Adopter une perception extensive

et évolutive du champ des services

et intégrer à la réflexion sur l’offre un

nombre important d’acteurs (prestataires

et gestionnaires) parties prenantes

dans la décision d’implantation

et la gestion locale des services : services

de l’État, agences, collectivités,

SEM, SPL, mutuelles, associations,

professions libérales, etc.

n Envisager les services sur des

échelles territoriales élargies (bassin

de vie, intercommunalité).

n Analyser les besoins, identifier les

carences locales de services, structurer

l’offre et systématiser le contrôle

de la qualité du service : par la mesure

de la satisfaction des usagers et par

des éléments objectifs : fréquentation,

amplitude horaire, proximité géographique,

coût…

n Améliorer les services et leur accessibilité

en mobilisant plusieurs leviers

: simplification des procédures,

mises en place de guichets uniques,

développement de l’e-administration,

adaptation des horaires aux temps de

vie…

n Favoriser la mise en réseau de professionnels

et la mutualisation de services

accessibles par des dispositifs

de communications fixes et mobiles

(portail Internet, centrale téléphonique).

n Appuyer l’émergence de réseaux,

d’organisations, de groupes d’habitants

actifs, d’entrepreneurs qui inventent

et concrétisent des façons

originales de gérer leurs problèmes

quotidiens et de répondre à leurs besoins.

Encourager et accompagner les

Au-dedes points évoqués ci-dessus,

il apparaît nécessaire, dans le domaine

culturel et sportif, de se fixer des objectifs

qui permettront de mieux répondre

aux besoins d’épanouissements des

Seinomarins, tout en renforçant ce qui

constitue des facteurs importants d’attractivité.

n Procéder à une mise en valeur des

équipements et des activités culturelles

et sportives associés à une

préoccupation de couverture plus homogène

de l’espace départemental,

permettant une équité d’accès.

n Permettre un accès pour tous et notamment

aux jeunes, aux personnes

en perte d’autonomie et aux personnes

économiquement fragiles aux

équipements, événements et sites ouverts

en Seine-Maritime. Renforcer la

diffusion de l’information culturelle et

de loisirs.

n Favoriser les innovations culturelles

: nouvelles disciplines ou formes

de production, création artistique, innovations

au service de la protection

et de la valorisation des patrimoines

(matériel et immatériel), nouvelles

offres culturelles et nouvelles formes

de diffusion, nouveaux supports et

projets, nouveaux échanges.

n Renforcer l’éducation, la sensibilisation

et la formation des différents

publics à la culture et aux pratiques

culturelles et ce dès le plus jeune âge

(publics jeunes et scolaires).

n Faire des activités récréatives et

culturelles le fer de lance de l’épanouissement,

de la convivialité et de

l’attractivité départementale.

47 n


II. NoS AMBITIONS À L’HORIZON 2020 : Une Seine-Maritime attractive où vivre autrement

2.

© iOrope


Une économie plurielle,

au service de l’homme,

fondée sur les savoir-faire

et les ressources locales

2.1 Accompagner les entreprises et leurs salariés dans les mutations

(énergétiques, technologiques…) vers une économie responsable,

créatrice d’emploi

2.2 Promouvoir le développement et l’émergence des filières d’avenir,

en mobilisant les ressources et potentiels locaux

2.3 Soutenir fortement le développement de l’économie

résidentielle et solidaire

2.4 Rayonner économiquement nationalement et internationalement

pour attirer de nouveaux talents


2. Une économie plurielle, au service de l’homme, fondée sur les

La Seine-Maritime, comme l’a montré

le diagnostic, dispose de très nombreux

atouts pour son développement économique

et pour être compétitive mais

se trouve confrontée à d'importantes

évolutions (technologiques, sociales, financières,

organisationnelles), dans un

contexte de mondialisation de plus en

plus prégnant, et aux défis majeurs de

l’énergie et de l’environnement.

Nous voulons réaffirmer avec force deux

valeurs qui contribueront à construire

une économie raisonnée et durable :

– l’économie doit être au service de

l’Homme et non de la finance,

– l’économie doit protéger et valoriser

les ressources naturelles.

Pour y parvenir, il conviendra de partager

ces finalités et de mettre en œuvre les

conditions qui permettront de les atteindre.

Notre projet doit se construire en cohérence

avec le nouveau Contrat régional

de développement économique initié par

la Région Haute-Normandie. Ce contrat a

fixé le cap pour le futur économique de

notre région à l’horizon 2020 et s’articule

autour de 4 axes :

n Réussir les mutations de toute l’économie

régionale.

n Soutenir les entreprises dans leur

diversité et encourager l’esprit d’entreprendre.

n Renforcer l’attractivité régionale.

n Du contrat aux contrats.

Au-dede la contribution de la Seine-

Maritime à cette démarche et à ces axes

n 50

© B. Decout

régionaux, nous avons souhaité mettre

en évidence dans notre projet territorial,

quelques objectifs particuliers qui nous

apparaissent comme stratégiques pour

notre territoire.

2.1 n Accompagner les

entreprises et leurs salariés

dans les mutations (énergétiques,

technologiques…)

vers une économie responsable,

créatrice d’emploi

L’adaptation de notre économie aux mutations

apparait ainsi comme l’un des enjeux

clef. Ces nécessaires évolutions pourront

s’opérer, entre autres, avec l’appui de nos

savoir-faire et de nos compétences industrielles

(recherche, maîtrise des risques,

maintenance) pour s’orienter progressivement

vers de nouvelles activités, vers

des productions industrielles innovantes,

plus efficaces, plus propres et plus diversifiées

:

n Favoriser l’analyse croisée des mutations

et de leurs impacts sur les secteurs

d’activité et les bassins d’emplois,

contribuer à un travail collectif de veille,

mais aussi aux études prospectives des

futures pistes de croissance et contribuer

à promouvoir l’intelligence économique.

n Soutenir les secteurs porteurs en se

concentrant sur les domaines de l’innovation,

de l’éco-conception, des ressources

humaines, du développement

durable, mais aussi accompagner les

secteurs les plus vulnérables.

n Contribuer à l’animation du territoire

et à l’accompagnement des collectivités

pour favoriser des politiques publiques

de développement économiques qui

soient pertinentes, cohérentes territorialement,

efficaces, efficientes et durable.

n Accompagner les collectivités locales

dans l’amélioration des sites et

des conditions d’accueil des entreprises

en favorisant les offres de services

(pour les entreprises, pour les salariés).

n Faciliter la mise en réseaux des acteurs

économiques.

n Promouvoir les démarches de gestion

prévisionnelle des emplois et des

compétences (au sein des entreprises et

sur les territoires) et organiser et adapter

l’offre de formation pour répondre

aux besoins des entreprises et des salariés.

Diffuser cette information en direction

des jeunes.

2.2 n Promouvoir le développement

et l’émergence

des filières d’avenir, en mobilisant

les ressources et potentiels

locaux

La Seine-Maritime compte plusieurs

secteurs d’excellence (les énergies, les

matériaux, l’aéronautique, l’automobile,

la logistique – portuaire, industrielle, de

distribution – la biologie-santé-cosmétique…),

des filières d’avenir (éco-industrie,

éco-matériaux, agroalimentaire, agriculture

bio…), mais aussi des ressources

et potentiels locaux qui peuvent contribuer

pleinement à cette nouvelle économie. Ce

sont enfin des savoir-faire, des ressources

humaines et des compétences qui peuvent

être également mobilisées.

Plusieurs objectifs peuvent être énoncés :

n Accompagner et soutenir le développement

et l’évolution des filières d’excellence

implantées sur notre territoire.

n Définir une offre territoriale adaptée

et ambitieuse pour développer la logistique

à l’échelle de l’Axe Seine et du

grand Rouen.

n Développer l’ancrage et l’essor des filières

liées aux énergies renouvelables :

éoliennes (terrestres et offshore), la biomasse

(co-produits agricoles, déchets

organiques, bois) et solaire.

n Encourager la recherche et la création

d’activités innovantes sur le thème de

la mobilité durable et favoriser l’émergence

de sites dédiés à l’accueil de ces

activités.

n Utiliser et mettre en valeur la capacité

du secteur associatif à investir des secteurs

innovants non solvabilisables par

le marché

n Favoriser le développement sur le

territoire d’activités de transformation

des productions locales (agricoles, ha-


savoir-faire et les ressources locales

lieutiques, lin…) en encourageant l’innovation

et la recherche.

n Faciliter la diversification de la production

agricole, les conditions d’évolution

des pratiques de production agricoles

et favoriser l'accompagnement à

l’installation, à la conversion en agriculture

biologiques ou plus durables.

n Accompagner la modernisation et

l’évolution de la filière pêche.

n Favoriser l’organisation de filières de

production et de circuits de commercialisation

de proximité.

n Encourager les initiatives individuelles

et collectives, promouvoir l’entreprenariat,

contribuer au soutien des créateurs

et à l’émergence de projets.

n Renforcer fortement le triptyque : formation

– recherche – entreprises.

n Diffuser particulièrement auprès des

jeunes une culture de l’innovation et de

la créativité économique

2.3 n Soutenir fortement

le développement de l’économie

résidentielle et de l’économie

solidaire

Les objectifs de renforcement de l’attractivité

et de croissance démographique couplés

avec l’allongement de la durée de la

vie et l’émergence de besoins nouveaux

sont autant de facteurs qui peuvent permettre

de développer une véritable économie

résidentielle porteuse d’emplois,

mais aussi favorable à l’équilibre territorial

départemental.

L’enjeu du développement de l’Economie

Sociale et Solidaire (ESS) se pose aussi fortement.

Le soutien à cette économie contribuera

à construire une économie plurielle

sur notre territoire en favorisant une autre

manière de décider, d’entreprendre et de

consommer. L’ESS peut contribuer à la

“relocalisation” de l’économie sur certains

territoires, aujourd’hui délaissés.

Ainsi, les principaux enjeux en matière

d’Économie Sociale et Solidaire sont d’une

part son adaptation aux évolutions sociétales

en cours et d’autre part le meilleur

équilibre de sa répartition territoriale (trop

concentrée aujourd’hui en zone urbaine). Il

s’agit donc d’opérer une mutation réussie

du secteur.

Pour favoriser le développement des économies

résidentielle et solidaire, il est nécessaire

d’agir de façon concertée, volontaire et

innovante :

n Inciter et accompagner les collectivités

à prendre en compte dans leur

projet de développement un axe sur les

économies résidentielle et solidaire.

n Aider les collectivités à maintenir la

présence de leur tissu commercial et

artisanal, à accompagner les mutations

et participer à l’amélioration de la transmission

des entreprises.

n Faire connaître et promouvoir l’économie

sociale et solidaire. Favoriser l’articulation

entre acteurs économiques et

entreprises sociales et solidaires, par

l’achat éthique et le développement de

coopérations économiques territoriales

n Faire évoluer les aides économiques

dites “de droit commun” afin que l’ESS

joue progressivement à “armes égales”

avec le secteur “purement” privé

(clauses, commandes publiques…)

n Inciter les maîtres d’ouvrage publics

à developper la commande publique

éthique.

n Accompagner la politique de l’offre

constituée par l’ESS : favoriser l’interface

entre besoins et offre, aider

au décloisonnement des acteurs de

l’ESS pour travailler à des échelles plus

grandes. Permettre le positionnement

des entreprises de l’ESS sur les filières

d’excellence et les chantiers d’avenir.

n Soutenir l’amélioration continue des

prestations délivrées par les acteurs de

l’économie résidentielle dont la qualité

constitue un facteur de développement

d’activité.

n Accompagner la professionnalisation

et la formation des intervenants au

sein du secteur associatif. Développer

la culture de l’entreprenariat social et

solidaire.

n Promouvoir et inciter à l’innovation

sociale au regard des besoins : structures

hybrides publiques-privées/

professionnels-bénévolat, création de

“clusters sociaux” et mutualisation…

2.4 n Rayonner économiquement

nationalement et

internationalement pour attirer

de nouveaux talents

Le développement économique passe par

la capacité de notre économie comme de

notre territoire, à rayonner à l’échelle nationale

et internationale. Ce rayonnement

doit viser à promouvoir l’économie et les

atouts de la Seine-Maritime à l’extérieur,

mais aussi à être en capacité d’accueillir

de nouveaux talents qui ont envie de venir

développer leurs projets, leurs compétences

sur un territoire plus attractif que les

autres :

n Mener une stratégie de développement

qui positionne complètement la

Seine-Maritime dans l’espace européen

(Filière portuaire et logistique, Grand

Paris, LGV, Axe Seine…).

n Développer une démarche de marketing

territorial conduisant à la définition

d’un positionnement identitaire pour la

Seine-Maritime, positionnement décliné

par une stratégie d’image partagée pour

porter collectivement les atouts, les spécificités

de notre territoire et mieux faire

connaître et valoriser nos savoir-faire emblématiques.

n Développer l’exportation des productions

locales.

n Développer les coopérations économiques

avec d’autres territoires.

n Ouvrir les formations sur l’international

et favoriser la pratique renforcée

des langues vivantes dans l’enseignement

secondaire et supérieur comme

dans la formation continue.

n Envisager les partenariats stratégiques

publics/privés et collaborer activement

avec les forces vives de la recherche

et de l’enseignement dans nos

domaines d’excellence pour contribuer

au rayonnement, mais aussi pour attirer

encore plus de “matière grise”.

51 n


II. NoS AMBITIONS À L’HORIZON 2020 : Une Seine-Maritime attractive où vivre autrement

3.

© iOrope


Une terre d’accueil,

ouverte sur le monde,

pour venir y étudier,

séjourner, travailler

& vivre autrement

3.1 Développer les réseaux de communications et les échanges

3.2 Inverser le flux migratoire en construisant une véritable offre d’accueil,

particulièrement pour les étudiants et les jeunes actifs

3.3 Conduire une politique touristique encore plus ambitieuse et intégrée

3.4 Promouvoir le territoire par une image de qualité et de dynamisme,

et ainsi accroître la fierté d’appartenance des Seinomarins


3. Une terre d’accueil, ouverte sur le monde, pour venir y étudier,

Au regard de sa position géographique

et de nos choix de positionnement dans

l’espace européen, affirmés précédemment,

la Seine-Maritime est à la fois une

porte vers le monde et une porte vers

l’Europe. Si les réseaux de communication

et d’échanges doivent être à la hauteur

des enjeux extra et infraterritoriaux,

la Seine-Maritime doit impérativement

inverser les flux migratoires en proposant

une offre d’accueil résidentielle et touristique

qualitative et diversifiée. Mais cette

ouverture sur le monde et cette attractivité

renouvelée nécessite que les Seinomarins

soient fiers de leur identité, sûrs

de leurs atouts et contribuent activement

à sa promotion.

3.1 n Développer les réseaux

de communications et

les échanges

Qu’il s’agisse de TIC ou de transports,

le développement des réseaux et des

échanges (personnes, biens, données…)

vise à répondre à de multiples enjeux :

favoriser l’accessibilité sur l’ensemble

du territoire et sa connexion avec les territoires

limitrophes, permettre un accès

équitable aux services, contribuer à la

réduction de la consommation énergétique,

favoriser les échanges sociaux,

culturels et économiques…

Ce développement peut passer par les

objectifs suivants :

n Améliorer les transports collectifs

de voyageurs et mieux coordonner

les offres de transports entre opérateurs

et autorités organisatrices.

n Favoriser l’interopérabilité et les

lieux d'échanges entre les différents

modes et construire une communication

unifiée sur les informations

en matière de trafics, d’horaires et de

billettique.

n Optimiser les temps de déplacement

interurbains et favoriser les

nouvelles approches de la mobilité

(mise en réseau, auto-partage, covoiturage,

transport à la demande…)

n Décliner des offres tarifaires qui permettent

à tous d’accéder à l’autonomie.

n Rationaliser les flux de fret, grâce

notamment au développement de la

multimodalité et de l’intermodalité.

n Poursuivre le développement des

réseaux numériques sur l’ensemble

du territoire.

n Favoriser l’apprentissage des TIC

pour tous les âges, comme facteur

d’insertion sociale et professionnelle.

n Développer les échanges internationaux

(coopérations décentralisées,

programmes européens et internationaux,

mobilité internationale des

jeunes, jumelages…).

3.2 n Inverser le flux migratoire

en construisant une

véritable offre d’accueil, particulièrement

pour les étudiants

et les jeunes actifs

L’arrivée de nouvelles populations comme

dans une moindre mesure, la maîtrise de

"l’émigration de ses jeunes" forment un

enjeu démographique important pour la

Seine-Maritime. Sur ce point, la valorisation

des atouts du territoire (qualité de vie,

qualité de l’accueil, grands évènements,

vie culturelle, filières économiques et offre

de formation…) ainsi qu’une stratégie spécifique

de marketing territorial doivent

constituer un levier d’action central dans

le projet de territoire.

La réponse à cet enjeu majeur résultera

de la poursuite de plusieurs objectifs qui

fondent notre projet (une économie plurielle

au service de l’emploi, un cadre de

vie attractif répondant aux besoins et aux

aspirations…), mais il peut être ciblé ici

quelques objectifs spécifiques qui viendront

renforcer cette volonté d’attirer de

nouveaux habitants et plus particulièrement

des jeunes étudiants et actifs :

n Construire avec les collectivités

locales les partenaires publics, associatifs

et privés une véritable politique

partenariale d’accueil cohérente et

efficace qui facilite l’installation des

nouveaux arrivants et des jeunes seinomarins.

n Développer les services adaptés et

attendus par ces publics.

n Donner une image de territoire innovant

via le numérique et les nouvelles

technologies.

n Mener de véritables actions de

marketing territorial et promouvoir le

“vivre autrement en Seine-Maritime”.

n Améliorer, encore plus, le sens de

l’accueil des Seinomarins.

n Construire et décliner des politiques

innovantes et ambitieuses en

faveur de la jeunesse en associant les

acteurs concernés et les jeunes.

3.3 n Conduire une politique

touristique encore plus ambitieuse

et intégrée

Le renforcement de l’attractivité touristique

est un enjeu majeur pour la Seine-

Maritime de demain. Le tourisme constitue

une filière économique de plus en

plus importante dans un univers concurrentielle,

mais aussi un vecteur fort de

notoriété qui contribue à l’image et à

l’attractivité du territoire.

Le tourisme est en pleine évolution, tout

à la fois, pour répondre aux nouvelles

attentes et aspirations des clientèles,

pour s’adapter à un contexte économique

mondialisé et mouvant et pour intégrer

les nouvelles technologies. Mais

il évolue aussi dans son organisation et

sa structuration, en particulier au sein

des organisations publiques dans un

contexte budgétaire contraint et dans

l’obligation d’être plus performant, dans

un contexte concurrentiel marchand au

sein duquel les acteurs publics doivent

trouver une juste place.

n 54


séjourner, travailler & vivre autrement

Enfin, le tourisme doit être développé

durablement puisque fondé sur la valorisation,

sur la “mise en tourisme”, des

ressources et patrimoines locaux, notamment

autour des Destinations, territoires

infradépartementaux fortement

identitaires (Vallée de la Seine, Côte d’Albâtre

et Campagne)

acteurs professionnels et habitants. Si

les habitants sont fortement attachés à

notre territoire, la fierté d’appartenance

à celui-ci doit être développée.

Il nous faut donc mobiliser différents

leviers pour renforcer la promotion de

notre territoire :

Plusieurs objectifs peuvent être déclinés

pour réussir à mener une politique touristique

plus ambitieuse et intégrée :

n Porter une très forte exigence de

qualité de l’offre afin de mieux répondre

aux attentes des clientèles

et d’accroître la compétitivité touristique

(packaging de l’offre, segmentation

par clientèle, complémentarité de

l’offre entre territoires).

n Renforcer la cohérence de la politique

touristique avec les autres politiques

publiques (transport, culture,

sports, social…).

n Améliorer la gouvernance et l’organisation

touristique (cohérence entre

les différentes échelles territoriales).

Favoriser la structuration des filières

touristiques.

n Promouvoir les Seinomarins

comme des acteurs touristiques

(comme l’indique le diagnostic deux

tiers des nuitées ne sont pas marchandes)

en consolidant la démarche

des “Ambassadeurs”.

n Accompagner la qualification de

l’offre dans les territoires, des habitants

et des professionnels et l’innovation

dans les offres.

n Promouvoir les produits et ressources

locales (liens avec les circuits

courts, avec l’agritourisme…).

n Intégrer très fortement le numérique

(e-tourisme, applications mobiles…)

dans la valorisation du patrimoine

(numérisation 3D, réalité

augmentée), dans la promotion, la

commercialisation, l’accueil, les visites…

n Développer un tourisme pour tous,

habitants, touristes d’affaire, clientèles

étrangères de proximité, mais

également personnes à mobilité réduite

ou personnes à faibles revenus.

n Initier une offre d’hébergement et

d’accueil (congrès, colloques…) adéquate.

n Encourager la création d’événements

et de grandes manifestations

qui attireront les touristes sans marginaliser

les habitants.

3.4 n Promouvoir le territoire

par une image de qualité

et de dynamisme, et ainsi

accroître la fierté d’appartenance

des Seinomarins

Le rayonnement de la Seine-Maritime,

son ouverture au monde et son attractivité

doivent impérativement s’appuyer

sur une promotion du territoire portée

par une stratégie marketing déjà évoquée

précédemment. Cette stratégie ne

peut se limiter à un portage institutionnel,

elle doit être partagée et mise en

œuvre par l’ensemble des Seinomarins,

n Renforcer la communication et

l’information sur nos atouts pour en

permettre une plus grande appropriation.

n Promouvoir une identité basée sur

trois espaces ayant une histoire et des

potentialités spécifiques :

– La Seine, qui combine développement

économique et espaces naturels.

– La Côte d’Albâtre : un site patrimonial

d’exception pour le tourisme,

l’itinérance, un potentiel énergétique

“dans le vent”.

– La Campagne (rétro littoral du Pays

de Caux et Pays de Bray) : territoire

riche pour une autre agriculture et valorisation

des savoir-faire (éco-matériaux,

tourisme vert).

La stratégie d’aménagement des différents

acteurs pourrait utilement s’inscrire

dans cette dynamique.

n Poursuivre et amplifier la démarche

des “Ambassadeurs” et l’élargir aude

du champ touristique.

n Réfléchir à une stratégie de marque

qui pourrait être diffusée et portée par

tous.

n Améliorer l’appropriation du patrimoine

(des patrimoines) en l’ancrant

dans la modernité afin de le mobiliser

comme un vecteur d’image positive.

n Définir une stratégie d’événements

concertée pour tous les publics, âge,

CSP qui contribuera à renforcer une

image festive, dynamique et conviviale

de la Seine-Maritime.

55 n


II. NoS AMBITIONS À L’HORIZON 2020 : Une Seine-Maritime attractive où vivre autrement

4.

© iOrope


Bien vivre, tout au long

de sa vie, pour mieux

vivre ensemble

4.1 Offrir des logements pour tous et faciliter la fluidité

des parcours résidentiels, tout au long de la vie

4.2 Permettre un accès à la santé équitable et équilibré

4.3 Garantir à tous les Seinomarins l’autonomie,

aux moments clefs de la vie

4.4 Contribuer au maintien et au développement de nouveaux liens sociaux

4.5 Renforcer les capacités d’insertion sociales et professionnelles


4. Bien vivre, tout au long de sa vie, pour mieux vivre ensemble

© B. Decout

Cette quatrième ambition est le cœur et la

finalité de notre projet. Tous nos objectifs

visent à permettre à chacun de bien vivre,

dans son individualité et quelle que soit

sa situation, à tous les âges de la vie pour

qu'ensemble, il nous soit permis de mieux

vivre. Si le bonheur relève du domaine

personnel, le bien vivre, le bien-être et le

vivre ensemble dépendent fortement de

la responsabilité collective. Notre finalité,

partagée, doit être de construire en permanence

les conditions les plus favorables

pour rendre possible ce “bien vivre” et ce

“mieux vivre ensemble”. Les moyens et

les capacités d’agir ne sont pas illimités,

les difficultés et les obstacles sont nombreux,

mais il est de notre responsabilité

d’agir avec volonté et détermination pour

chercher à progresser en continu.

Il nous faut aussi procéder à des choix

pour répondre prioritairement aux besoins

de ceux qui sont les plus en difficultés.

Au regard du diagnostic posé, des

aspirations et priorités des Seinomarins,

nous proposons de nous mobiliser autour

de cinq priorités : le logement, la santé,

l’autonomie, les liens sociaux et l’insertion

sociale et professionnelle. Les réponses

apportées doivent ainsi contribuer à faire

face au défi de cohésion sociale auquel

nous sommes de plus en plus confrontés,

notamment à l’ère numérique.

Si le Département au travers de sa compétence

sociale, déclinée dans différents

schémas (insertion, enfance, personnes

âgées, handicap…), agit au quotidien et

peut encore améliorer et progresser dans

la mise en œuvre de ses responsabilités, la

réponse à cette grande ambition ne peut

résulter que d’une contribution collective

dans laquelle tous les acteurs concernés

apporteront leurs volontarismes, leurs savoir-faire

et leurs expériences.

4.1 n Offrir des logements

pour tous et faciliter la fluidité

des parcours résidentiels,

tout au long de la vie

La question du logement est une question

aujourd’hui prioritaire pour les Seinomarins

et qui pourrait l’être encore plus dans

les années à venir du fait de différents facteurs

: allongement de la durée de la vie,

coût croissant, pression foncière, coût

énergétique, vieillissement du parc, capacité

de production…

Un “parcours résidentiel choisi” doit

permettre aux ménages de trouver un

logement répondant à leurs besoins, qui

évoluent aujourd’hui plus fréquemment

et tout au long de la vie. Il s’agit de faciliter

la rencontre entre cette offre et cette

demande et d’accompagner les ménages

les plus précaires dans l'accession ou le

maintien dans un logement. Parallèlement,

cette fluidité accrue constitue une

opportunité de développement local.

Il est donc urgent de continuer et d’amplifier

nos objectifs en matière d'amélioration

quantitative et qualitative de l’offre

de logement comme en matière de conditions

d’accès et de maintien dans le logement.

Pour le Département, le Programme

Départemental de l’Habitat en cours d’élaboration

doit être l’occasion de créer une

synergie autour de ces enjeux.

Plusieurs pistes peuvent constituer notre

horizon pour agir plus efficacement :

n Rechercher une complémentarité

de l’offre territoriale en préservant la

diversité sociale existante sur chaque

commune ou en veillant à la reconstruire.

n Améliorer la qualité des logements

(neufs et réhabilitations) pour mieux

prendre en compte les enjeux énergétiques,

les besoins d’adaptabilité et

d’évolutivité, pour faciliter l’autonomie

dans l’habitat.

n Accélérer la production d’une offre

adaptée et accessible pour répondre

aux demandes en attente (jeunes, publics

en difficulté…).

n Mobiliser les bailleurs sociaux pour

conforter leur rôle social grâce à une

politique concertée et transparente

d’attribution et de mobilité.

n Rechercher et tester des solutions innovantes

en matière d’habitat : cohabitation

intergénérationnelle, colocation,

mutualisation…

n Favoriser un urbanisme et un habitat

durable : densification de l’habitat

afin de diminuer la pression sur le foncier

et l’environnement, utilisation des

matériaux et solutions économes en

énergie, organisation spatiale permettant

le maintien de relations sociales

de voisinage et favorisant les comportements

de solidarité, réseaux de

transports en commun…

n 58

© B. Decout


n Faciliter la fluidité des parcours résidentiels,

par une meilleure organisation

des acteurs et un partenariat innovant

et efficace.

n Accompagner les personnes en perte

d’autonomie et les jeunes dans leurs parcours

résidentiel en traitant leurs problématiques

spécifiques.

n Veiller à une localisation optimale

du parc en lien avec les offres de transports

et de services (SCOT).

4.2 n Permettre un accès à

la santé équilibré

La santé relève des besoins humains

fondamentaux auxquels il est impératif

de répondre. Si notre système national

de protection en matière de santé est

l’un des plus performants, des inégalités

sociales et territoriales croissantes

rendent le droit à la santé pour tous de

moins en moins effectif.

social dont les services à domicile.

n Etudier le développement de l’esanté.

n Renforcer la prévention et le développement

de l’éducation à la santé

par une plus grande continuité et une

meilleure coordination des acteurs et

des dispositifs.

n Réduire les facteurs de risques environnementaux

et professionnels.

4.3 n Garantir à tous les

Seinomarins l’autonomie, aux

moments clefs de la vie

L’autonomie est une des conditions de

réalisation du “vivre mieux” et doit ainsi

permettre la socialisation, une meilleure

intégration dans la société et le développement

de la responsabilité des personnes.

L’autonomie constitue un défi

majeur auquel notre projet doit répondre

de façon transversale. Toutefois il nous a

semblé important de souligner plus particulièrement,

dans cette ambition, les

Le coût, les difficultés d’accès géographiques,

psychologiques, l’absence ou

la grande faiblesse de l’offre médicale

sur certains territoires, le déficit d’éducation

à la santé, l’insuffisante prévention

et l’inégal accès à la santé sont autant de

facteurs qui génèrent des inégalités et

placent de trop nombreuses personnes

en situation de fragilité, de vulnérabilité

voir même d’exclusion quasi-totale du

droit à la santé.

La réduction des inégalités et des vulnérabilités

doit passer par une action

concertée avec les professionnels de la

santé et les pouvoirs publics visant à :

n Améliorer l’offre et l’accès aux

soins, notamment en milieu rural

(soutenir les pôles médicaux et favoriser

l’installation de nouveaux professionnels

de santé.

n Assurer pour tout Seinomarin,

quels que soit son âge et sa situation,

la qualité de service “médico

sociale” apportée par l’ensemble des

partenaires du secteur sanitaire et

© E. Peltier

59 n


4. Bien vivre, tout au long de sa vie, pour mieux vivre ensemble

© Fotolia.com

enjeux d’autonomie auprès de 3 publics:

les jeunes, les personnes en situation de

handicap et les personnes âgées.

Ces enjeux ne sont pas spécifiques à ces

publics mais au contraire communs.

Il nous appartient collectivement, dans

nos actions spécifiques en faveur de ces

publics, de bien intégrer les différents

besoins d’autonomie.

Notre projet doit donc intégrer fortement

ces aspirations et ces besoins qui

contribueront à mieux vivre en Seine-

Maritime. Il nous faudra placer l’autonomie

au cœur des politiques publiques

mais inviter aussi tous les autres acteurs

à sa prise en compte et à sa promotion.

Entre autres, nous nous devons d’agir :

n Sur les logements et dans l’espace

public : en adaptant les logements à la

diversité des besoins et des situations,

en soutenant les services d’accompagnement

qui permettent le maintien à

domicile, en garantissant la qualité des

établissements d‘accueils, en améliorant

les aménagements pour rendre possible

l'accès à tous de l’espace public.

n Sur la mobilité : par la mise en

œuvre des objectifs énoncés dans

l’ambition 3 autour des communications,

mais aussi la mise en place

d’actions d’accompagnement à la

mobilité (apprentissage, médiation,

moyens de locomotion…) auprès de

ceux qui en ont le plus besoin.

n Sur l’accès à la culture, aux sports et

aux loisirs : en améliorant les conditions

d’accès afin de veiller à ce que personne

n’en soit exclu pour des motifs

physiques, matériels, géographiques,

psychologiques ou tarifaires. Dans ces

domaines, les actions de médiation

peuvent être les leviers permettant un

élargissement des publics.

n Sur l’insertion sociale et professionnelle,

comme cela est souligné au

paragraphe ci-après.

n Sur les évolutions technologiques

et en particulier le numérique : en réduisant

fortement la fracture numérique,

en agissant de manière adaptée

selon les besoins (couverture territoriale,

apprentissage, accès aux matériels

et aux usages…).

4.4 n Contribuer au maintien

et au développement de

nouveaux liens sociaux

La cohésion sociale doit aujourd’hui répondre

aux évolutions sociétales, aux

fragilités sociales, aux tensions réelles

et potentielles, aux exclusions, mais elle

s’enrichit aussi d’une multiplicité d’initiatives,

d’actions, de comportements,

de projets qui contribuent chaque jour à

sa consolidation.

Le maintien et le développement des

liens sociaux constituent des facteurs bénéfiques

à la cohésion sociale. Il est ressorti,

très fortement, de la démarche de

concertation auprès des Seinomarins des

n 60


aspirations profondes pour améliorer les

liens sociaux, les rapports humains, réels

ou virtuels, et la convivialité.

Les énergies individuelles et collectives

doivent pouvoir se retrouver, pour agir

dans différents domaines et à différents

niveaux :

n Accompagner les familles qui nécessitent

un soutien, pour soutenir les

liens intrafamiliaux, les parentalités.

n Favoriser le développement et le

bon usage des réseaux sociaux innovants.

n Développer une véritable culture

de reconnaissance mutuelle. Tous les

membres de la société ont des compétences

et des valeurs qui peuvent

contribuer à la cohésion sociale, y

compris les plus fragiles. Renforcer

l’appui et la reconnaissance de tous

ceux qui aident et accompagnent (familles,

bénévoles professionnels…).

n Prévenir et lutter contre toutes les

formes de discriminations dans les

politiques publiques ou les actions

mises en œuvre par les acteurs associatifs,

économiques et sociaux.

n Accompagner efficacement le

vieillissement et mobiliser les personnes

âgées, sur la base de leur expérience

et de leurs qualifications.

n Favoriser les relations entre les

âges, mais également au sein d’une

même génération en combattant les

situations d’isolement.

n Appuyer le développement de lieux

physiques ou virtuels de rencontres

qui facilitent la production de liens sociaux

n Soutenir les associations qui contribuent

très fortement à la construction

et au développement de liens sociaux.

4.5 n Renforcer les capacités

d’insertion sociales et

professionnelles

Face à l’augmentation des situations de

précarité et d’exclusion, inacceptables

d’un point de vue individuel, menaçant

la cohésion sociale, nous devons porter

une attention particulière au renforcement

des capacités d’insertion sociales

et professionnelles.

Les réponses et les acteurs pouvant y

contribuer sont multiples. La mise en

œuvre d’ambitions et d’objectifs précédemment

présentés (en faveur d’une

économie plurielle, au service de l’emploi

ainsi que les 4 objectifs de la présente

ambition) participera activement

au renforcement des capacités d’insertion,

mais cela doit être complété par

des objectifs spécifiques et une collaboration

plus active entre les acteurs de

l’insertion :

n Poursuivre et amplifier les actions

et démarches d’insertion par des

moyens innovants.

n Développer les services et les entreprises

qui vont faciliter l’insertion.

n Favoriser l’autonomie dans l’insertion

sociale et professionnelle : par

l’éducation, par la formation initiale et

continue, par des dispositifs adaptés

aux parcours de chacun.

n Garantir l’effectivité des droits sociaux

(information, accès, mise en

œuvre).

© E. Peltier

61 n


II. NoS AMBITIONS À L’HORIZON 2020 : Une Seine-Maritime attractive où vivre autrement

5.


Un territoire citoyen,

vivant et engagé,

animé par des acteurs

performants et exemplaires

5.1 Refonder notre “contrat social” : Permettre aux citoyens,

aux usagers, aux associations de s’impliquer dans les choix publics

sous des formes variées et novatrices

5.2 Optimiser les moyens et améliorer la qualité et l’efficience

des services publics

5.3 Initier de nouvelles modalités partenariales,

entre acteurs publics comme privés


5. Un territoire citoyen, vivant et engagé, animé par des acteurs

© V. Hénon - Département 76

Cette dernière ambition présente la caractéristique

particulière de proposer de

nouvelles modalités de mise en œuvre

des politiques publiques et des partenariats.

La première évolution vise à “refonder

le contrat social” qui établit le lien entre

nos institutions et les citoyens, afin de

permettre une implication, une participation,

plus importante dans les choix

et dans l’action publique. Faire société,

mieux vivre ensemble, c’est penser et

construire ensemble. La démocratie participative

ne s’oppose pas à la légitimité

de la démocratie représentative mais

vient au contraire renforcer son efficacité.

La seconde se donne pour objectif de

renforcer et d’améliorer la qualité et l’efficience

des services publics. La recherche

d’une performance accrue ne résulte pas

seulement d’un contexte budgétaire de

plus en plus contraint et de la nécessité

d’une gestion rigoureuse des fonds publics,

mais de l’impérieuse nécessité de

mieux répondre aux besoins croissants

et évolutifs des Seinomarins.

Enfin, il s’agira de développer, d’inventer

de nouvelles formes de partenariat et

de collaboration entre les acteurs qu’ils

soient publics ou privés, dès lors qu’ils

contribuent à l’intérêt général.

5.1 n Refonder notre

“contrat social” : Permettre

aux citoyens, aux usagers,

aux associations de s’impliquer

dans les choix publics

sous des formes variées et

novatrices

Refonder notre contrat social doit nous

conduire à revisiter nos modes de faire

pour introduire encore plus de transparence,

de communication et de participation,

afin de construire ensemble notre

avenir.

Habitants, usagers, associations, forces

vives du territoire sont autant “bénéficiaires”

qu’acteurs et disposent tous

d’une légitimité à faire part de leurs

éclairages, de leurs points de vue, de

leurs connaissances, de leurs expertises

d’usage. Reconnaître ces facultés et en

permettre l’exercice, c’est enrichir la

conception et la mise en œuvre des actions

publiques. C’est aussi reconnaître

leur rôle d’acteurs.

La concertation mise en œuvre dans le

cadre de ce projet de territoire, comme

au sein d’instances participatives plus

anciennes, a démontré tout l’intérêt

d’une telle démarche.

Plusieurs chantiers pourraient donc

s’ouvrir, pour aller plus loin dans la participation

et l’implication :

n Consolider les instances déjà existantes

: Conseil Consultatif Départemental,

Conseil des Collégiens, mais

aussi au sein des autres collectivités,

les conseils de développement, les

conseils de quartiers, les conseils des

jeunes…

n Déployer plus fortement les démarches

participatives dans la

conception et la mise en œuvre des

politiques publiques en précisant clairement

les niveaux de participation et

en rendant compte des résultats.

n 64


performants publics performants et exemplaires et exemplaires

n Accompagner les habitants, usagers

et tout autre acteur qui souhaiterait

s’impliquer dans la vie publique

en facilitant l’accès aux démarches

participatives (information, formation…).

n Innover dans les modalités participatives

et diversifier les dispositifs de

participation : comités d’usagers, comité

“ad hoc”, débats / rencontres territorialisées,

nouveaux outils de dialogue,

e-participation, commissions

consultatives, assises, conférence de

citoyens, conférences de consensus,

jury citoyen, enquêtes, ateliers scénarios.

n Développer l’éducation à la citoyenneté

auprès des plus jeunes.

Construire des espaces collaboratifs

adaptés permettant à la jeunesse de

s’impliquer..

n Veiller à ce qu’aucune catégorie ne

soit exclue a priori des démarches

participatives et porter une attention

particulière aux publics les plus éloignés

de ce type de démarche en allant

à leur rencontre.

n Porter une attention particulière envers

les associations qui contribuent à

l’intérêt général afin de leur permettre

de trouver toute leur place dans ce nouveau

contrat social et les soutenir dans

leurs actions contributives au développement

de la citoyenneté et à la cohésion

sociale.

n Poursuivre les actions de communication

et d’informations auprès des

Seinomarins et s’engager dans une

démarche d’opendata (diffusion de

données aux usagers).

5.2 n Optimiser les moyens

et améliorer la qualité et

l’efficience des services

publics

Dans un contexte d’exigence de qualité

accrue doublée d’une raréfaction de l’argent

public, la performance de l’action

publique est aujourd’hui une nécessité

et le sera encore plus dans les années

à venir, pour améliorer la qualité des

politiques mises en œuvre au profit de

la Seine-Maritime et des Seinomarins.

Pour atteindre cet objectif, les responsables

publics peuvent et doivent faire

évoluer leurs pratiques, leurs organisations

et leurs managements :

n Travailler en mode projet la conception

des politiques publiques et procéder

à leur évaluation pour être en

capacité de les améliorer en continu.

n Intégrer dans les politiques publiques

de nouveaux indicateurs, permettant

de mesurer le “bien-être”,

d’évaluer la “richesse” non productive

de valeur monétaire sur un territoire.

n Favoriser le décloisonnement et la

transversalité des services.

n Animer le territoire départemental

en renforçant l’assistance en ingénierie

aux communes et EPCI.

n Renforcer les conditions de durabilité

des projets soutenus financièrement.

n Rechercher et développer les mutualisations.

n Accompagner l’évolution des métiers,

dans un contexte démographique

de départs à la retraite, pour

anticiper la transmission des savoirfaire

et des expériences et valoriser

les compétences des agents publics.

5.3 n Initier de nouvelles

modalités partenariales,

entre acteurs publics

comme privés

Les deux objectifs précédents, le développement

de modes collaboratifs et de

nouvelles attentes en termes de gouvernance,

conduisent à concevoir et initier

de nouveaux modes relationnels, de

nouvelles modalités partenariales entre

acteurs publics, mais aussi entre acteurs

publics et privés.

Plusieurs chantiers peuvent être ouverts

pour évoluer vers ces nouveaux partenariats

et ces nouvelles gouvernances :

n Choisir les structures juridiques les

plus adaptées aux besoins selon les

projets et les collaborations : EPIC,

SPL, SCIC, SEM, GIP, EPCC, Partenariat

Public Privé…

n Fonder les partenariats sur des objectifs

clairs et réellement partagés.

n Développer les contractualisations

et les conventions d’objectifs et ne

plus se limiter à des conventions financières

qui privilégient les moyens

aux objectifs.

n Pérenniser et consolider les projets

inter-institutionnels (“276”,…) et les

programmes entre grands partenaires

(CPER, programmes européens,…).

n Garantir la cohérence entre ces partenariats

et les nouvelles démarches

participatives qui seront mises en

place.

n Promouvoir les expérimentations

et les innovations.

n Face au développement des relations

de natures contractuelles (prestations)

entre les pouvoirs publics et

le secteur associatif, préserver et renforcer

les capacités d’initiative et d’innovation

des associations.

65 n


Conclusion

Ces ambitions stratégiques, dont la finalité première est de permettre

à la Seine-Maritime de partir à la conquête d’une attractivité

renouvelée, permettront également de s’engager, avec plus

de volonté encore, dans un mode de développement durable répondant

aux besoins d’aujourd’hui, tout en préservant l’avenir.

À l’issue de cette phase de construction collective et partagée

de la stratégie, nous allons pouvoir et devoir décliner opérationnellement

nos ambitions.

Après le temps de la réflexion vient donc le temps de l’action,

qui permettra de faire bouger les lignes, de mobiliser les différentes

ressources disponibles, d’enrichir et de réajuster nos

interventions en faisant évoluer non seulement le contenu de

certaines de nos politiques publiques mais aussi nos pratiques.

Nos ambitions sont maintenant clairement énoncées, mais leur

réalisation nécessite de garder toujours présents à l’esprit les 5

défis que notre territoire doit relever, tant dans la conduite de

ses actions que dans leur mise en œuvre.

Le défi du changement climatique

et énergétique

Face au changement climatique en cours et à venir qui va impacter

profondément nos modes de vie et de développement, nous

devons intégrer opérationnellement deux impératifs. D’une part,

agir pour diminuer nos émissions de gaz à effets de serre et,

d’autre part, anticiper les effets du changement climatique afin

de préparer notre département aux évolutions à venir.

Conjointement il s’agira également de répondre au défi énergétique

posé globalement par la raréfaction des énergies fossiles et

par la hausse des coûts de l’énergie en général qui génère de plus

en plus de difficultés économiques et sociales. Pour faire face à

cette révolution énergétique qui nous concerne tous, nous devrons

amplifier considérablement les actions déjà menées.

Le défi des innovations

Face aux mutations économiques et industrielles, sociales et sociétales

mais aussi environnementales les solutions traditionnelles

ont, pour la plupart, démontré leurs limites et parfois leur

inefficacité. Le développement de la recherche fondamentale et

appliquée, les progrès de la science, l’intelligence humaine, la

circulation mondiale et rapide des idées, le foisonnement d’expérimentations,

la capacité des acteurs à changer… sont autant

de facteurs favorables pour concevoir des réponses nouvelles

et pour mettre en œuvre les changements nécessaires.

Les innovations technologiques et économiques, sociales, environnementales,

culturelles, organisationnelles et enfin démocratiques

devront être encouragées, favorisées et soutenues

pour devenir les “moteurs” principaux de nos nouveaux modes

de développement.

Le défi des autonomies

L’autonomie est l’aspiration de chacun à pouvoir s’épanouir, à

disposer de la capacité à faire des choix, à accéder aux droits

et aux services quel que soit son âge, son sexe, ses capacités

physiques et intellectuelles, sa situation sociale. Elle constitue

une attente forte de nos concitoyens.

Il s’agira donc particulièrement pour les jeunes, les personnes

en perte d’autonomie et les personnes économiquement fragiles,

de favoriser l’autonomie dans toutes ses dimensions :

accès au logement, à la mobilité, à la culture, aux ressources

numériques, au sport et aux loisirs.

Il nous faudra donc placer l’autonomie au cœur des politiques

publiques et inviter l’ensemble des acteurs à sa prise en compte

et sa promotion.

Le défi de la cohésion sociale

Le contexte économique et social français est particulièrement

anxiogène : la crise économique apparaît désormais comme

durable. Les inégalités et les exclusions se développent, pour

beaucoup “l’ascenseur” social ne fonctionne plus et les situations

individuelles se bloquent voire se dégradent. Ces difficultés

perçues et vécues par les Français le sont aussi dans notre

département.

Face à cette fragilité sociale, notre projet porte, dans ses ambitions

et ses objectifs, le défi de la cohésion sociale. Les actions

devront donc contribuer à renforcer cette indispensable cohésion

dans des champs aussi différents que les droits sociaux,

le logement, la santé, l’insertion et l’intégration, la famille, les

relations entre les générations, la citoyenneté…

Le défi de la cohésion territoriale

et du rayonnement

À l’heure où les grandes métropoles européennes et nationales

se développent, où les échanges et les flux sont en croissance

continue, la Seine-Maritime, grâce à son projet, doit être en mesure

de relever ce défi majeur.

Nous devrons agir pour être un territoire tout à la fois ouvert sur

le monde, positionné dans l’espace européen et équilibré dans

son aménagement et son développement. Réussir à relever ce

défi permettra à notre département de rayonner et de conforter

son développement et son attractivité résidentielle, économique

et touristique.

Ainsi, si nos ambitions stratégiques constituent pour les prochaines

années le cap fixé pour la Seine-Maritime, notre feuille de

route devra être composée à l’aune de ces 5 défis. Il est de notre

responsabilité, à tous, de donner réalité à ce projet en contribuant,

selon nos compétences et nos domaines d’actions, à sa mise en

œuvre. Pour notre part, le Département exercera de façon responsable

ses missions avec une véritable obligation de résultats.

n 66


Bibliographie

n Documents produits à l’occasion de la démarche

n Seine-Maritime. Imaginons 2020. Projet de territoire. Les enjeux, rapport détaillé, juin 2011, 60 p.

n Seine-Maritime. Imaginons 2020. Une vision partagée, une attractivité renouvelée, une ambition pour l'avenir.

Support des réunions, mai 2011, 6 p.

n Seine-Maritime. Imaginons 2020. Résultats de la concertation des habitants, nov. 2011, 77 p.

http://www.seinemaritime.net/sm2020/resultats-de-lenquete/

n Seine-Maritime, Imaginons 2020. Diagnostic de l’attractivité du département - INSEE Haute-Normandie,

Dossier d’Aval – janvier 2012

n Projet de CRDE (Contrat Régional de Développement Économique), Région Haute-Normandie, mars 2011.

n Panorama économique, La Haute-Normandie en chiffres et en cartes, Préfecture de Région Haute-Normandie,

CCIR Haute-Normandie et Région Haute-Normandie, Ed. 2011.

n Atlas des Paysages de Haute-Normandie, Chap. les fondements culturels des paysages, Conseil Régional,

DREAL Haute-Normandie en partenariat avec l’Eure et la Seine-Maritime, 2011.

n Diagnostic sanitaire et social des territoires de santé haut-normands, ORS Haute-Normandie, janv. 2011.

n Bilan Régional Climat Air énergies, Région Haute-Normandie, DREAL Haute-Normandie Edition 2011, données 2008

n Chômage haut-normand : une sortie de crise inégale selon les zones d’emploi. Insee, Brèves d’Aval, n° 21, janv. 2011.

n Mémento de la statistique agricole, Agreste Haute-Normandie 2009

n La région Haute-Normandie et ses départements : agriculture. Insee 2009.

n L´économie sociale et solidaire présente différents profils en Haute-Normandie.

Insee Haute-Normandie, Aval n° 86, septembre 2009

n Schéma National des Infrastructures de Transport. Avant-projet consolidé. Janv. 2011

n Les chiffres-clés de la Vie associative, 2007, Secrétariat d’État aux Sports, à la Jeunesse et à la Vie associative

n Ministère de la Santé, Jeunesse, Sports, Bulletin de statistiques et d’études, N° 07-04, Novembre 2007

Documents sources

n Union Sociale pour l’Habitat de Haute-Normandie, Les synthèses territoriales de l’Observatoire de la demande

et des attributions. janv. 2010.

n Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt (DRAAF), Diagnostic Régional, 7 p.

n Ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie, Statistiques et études économiques - Tableaux statistiques, 2011.

www.seinemaritime2020.net

67 n


Mission Projet de Territoire

et Développement Durable

Hôtel du Département

Cours Clémenceau

Bâtiment F

76100 Rouen Cedex 1

Tél. 02 35 03 53 99

seinemaritime2020@cg76.fr

www.seinemaritime2020.net

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