Dynamisme 199 xp pour pdf pub - Union Wallonne des Entreprises

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Dynamisme 199 xp pour pdf pub - Union Wallonne des Entreprises

Recherche et innovation : aussi pour les PME

• Passage de flambeau à l’UWE >> 06

• Conjoncture : résultats de l’enquête UWE >> 08

• Le vent en poupe : Joskin >> 13

• Développement Durable : au delà du poncif >> 27

Périodique mensuel de l’UWE : Chemin du Stockoy 3, 1300 Wavre - Novembre 2006 - Numéro 199 - Prix 3 € - Bureau de dépôt : Namur X Brice Lalonde >> 28

Victor Joskin :

«Rester le leader

européen» >> 13


1

Editorial

Utiliser les fenêtres d'opportunité

Il n’est guère réaliste d’espérer des progrès significatifs sans avancées

sur tous les fronts. Il faut ce faisant assurer la convergence vers les mesures

visant à accélérer la création et le développement d’entreprises.

Dynamisme Wallon Novembre 2006

Eric Domb, Président

de l’Union Wallonne

des Entreprises

2006 a vu la confirmation, en

Belgique et en Wallonie, d’une

croissance économique soutenue :

2,9%, soit une performance bonne,

mais pas exceptionnelle au regard

par exemple du pic de 2000 à 3,7%.

Cette croissance s’explique par

l’impact combiné de conditions

favorables à l’exportation et d’une

hausse du revenu réel des ménages,

facteurs d’investissements dans les

entreprises et d’accélération de la

consommation privée.

Selon l’enquête réalisée par l’UWE

au mois de septembre, les

perspectives d’activité pour les

derniers mois de 2006 et le premier

trimestre de 2007 restent bien

orientées; le fléchissement attendu

au cours de 2007 devrait ainsi

refléter un ralentissement et non une

chute brutale de la croissance : on

peut espérer un taux de l’ordre de

2% en 2007.

Pour n’être pas extraordinaire, cette

conjoncture vient tout de même en

soutien des réformes structurelles

dans lesquelles la Wallonie s’est

engagée ou devrait le faire.

Le Plan Marshall, caractérisé par la

volonté d’alléger la charge fiscale

pesant sur les entreprises et par la

mise en réseau d’opérateurs

économiques, d’unités de recherche

et de centres de formation, constitue

indiscutablement une avancée dans

cette direction.

Il s’agit maintenant, en prenant appui

sur une bonne conjoncture,

d’amplifier les efforts, notamment

dans trois domaines cruciaux pour le

développement économique :

• la réforme du marché du travail : il

est illusoire d’espérer un

quelconque redressement régional

sans réduction drastique du

chômage ;

• l’enseignement secondaire, dont la

situation actuelle ne requiert pas de

longs développements ;

• le fonctionnement de l’appareil

public au sens large. C’est en partie

une question d’éthique, comme le

démontre tristement l’actualité ;

c’est aussi une question

d’efficacité : les résultats de la

gestion publique sont-ils ceux que

sont en droit d’attendre les

entreprises et les usagers ?

Il n’est guère réaliste d’espérer des

progrès significatifs sans avancées sur

tous les fronts. Il faut ce faisant

assurer la convergence vers les

mesures visant à accélérer la création

et le développement d’entreprises, y

compris – et ce n’est pas le plus

simple – celles qui peuvent porter nos

concitoyens vers une meilleure

compréhension de l’esprit

d’entreprendre en tant que condition

du bien-être collectif. A cet égard, le

sort en cas d’échec de celui qui a

voulu créer son activité mérite

attention : est-il normal qu’il soit

moins bien traité que ceux qu’il a

embauchés, simplement parce qu’il

est indépendant et non salarié ? Il y a

un enjeu d’équité à remédier à cette

situation, en même temps qu’un

moyen de lever partiellement l’un des

nombreux obstacles qui se dressent

sur le chemin de l’entrepreneur en

devenir. En tout cas, pour travailler

dans de bonnes conditions sur tous

ces sujets, une fenêtre d’opportunité

s’ouvre chaque fois que le contexte

économique est favorable : c’est de

ce moment qu’il faut tirer parti au

maximum sans se laisser tromper par

des améliorations qui peuvent n’être

que temporaires.


Sommaire 11/2006

3

Dynamisme Wallon,

le mensuel de l’Union

Wallonne des Entreprises,

est édité par la

Maison des Entreprises

Wallonnes asbl

Chemin du Stockoy 3

B-1300 Wavre

Tel: +32 (0)10.47.19.40

Fax: +32 (0)10.45.33.43

dynamisme.wallon@uwe.be

www.dynamismewallon.be

Rédaction

Thierry Decloux

Madeleine Dembour

Vinciane Pinte

prénom.nom@uwe.be

Conseil de Rédaction

Luc De Cordier

Jean de Lame

Madeleine Dembour

Thierry Devillez

Didier Paquot

Vinciane Pinte

Vincent Reuter

Jean-Jacques Westhof

Mise en page

Interlignes Nivelles

Impression

Imprimerie Vase Frères

Régie Publicitaire

Alliance Media

Tel : +32 (0)10.40.13.12

info@alliancemedia.be

Photo de couverture

© Madeleine Dembour

02 EDITORIAL

VINGT MILLE ENTREPRENEURS

Succès wallons II Prix de l'entreprise citoyenne, Belrobotics, CETIC, …

04 Actuel II Pour des patrons «eurégionaux»

II A.G. de l’UWE : «Transmettre le goût d'entreprendre»

II Les entrepreneurs optimistes… pour l’instant

II J. D. E. : plus de 12.000 visiteurs chez Durobor !

13 Le vent en poupe II Joskin

NOTRE DOSSIER

14 Recherche et innovation : aussi pour les PME

Dans le contexte de la mondialisation, la recherche et l’innovation deviennent les

principales sources de compétitivité pour nos entreprises. Fort opportunément, le plan

Marshall a intégré cette donne puisque pas moins de 270 millions d’euros seront

consacrés à la R&D : un véritable tournant dans la politique scientifique wallonne.

Mais nos entreprises n’ont pas attendu ce plan pour se lancer ! Beaucoup d’entre elles

sont déjà bien engagées dans différentes programmes de recherche. C’est le fil rouge

du grand dossier de ce mois.

FOCUS

27 Développement Durable : au delà du poncif

Si le développement durable est par définition lent à mettre en place,

il n'en reste pas moins que la Belgique et la Wallonie progressent sur ce

terrain. Dynamisme Wallon fait le point dans ce dossier, en examinant

les répercussions du développement durable pour les entreprises.

LES RUBRIQUES

35 Exportation II Sept PME vendent leur savoir-faire en Chine

36 Environnement II Un exemple réussi de gestion collective des déchets

37 Qualité II Les coûts de «non-qualité»

B. Lalonde >> 28

Editeur Responsable

Jean de Lame

Chemin du Stockoy 3

B-1300 Wavre

Abonnement annuel

(11 numéros) :

30 € à verser sur le compte

de la Maison des Entreprises

Wallonnes 360-1149184-31

Toute reproduction, même

partielle, des textes et des

documents de ce numéro

est soumise à l'approbation

préalable de la rédaction.

LE MOIS PROCHAIN DANS DYNAMISME WALLON

• NUMÉRO 200 : EN ANGLAIS

Pourquoi un numéro en anglais ? L’objectif est de faire connaître la Wallonie et son tissu économique à un

public international et de mettre à disposition un outil de présentation de la Wallonie orienté «entreprises».

Cette publication circulera via les membres de l’UWE, sa Cellule Marketing International, les attachés de

l’AWEX et de la Communauté française, etc. tout au long de l’année 2007. Nos journalistes expliqueront dans

quels secteurs la Wallonie entend se positionner dans les années qui viennent, notamment par une présentation

des pôles de compétitivité : Aéronautique-spatial, Agro-industrie, Génie mécanique, Logistique et Santé.

Réservez dès à présent vos espaces publicitaires auprès de notre régie Alliance Média au 010/40.13.12

(fax : 010/40.13.15, e-mail : info@alliancemedia.be).

Plus d’infos sur www.dynamismewallon.be


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...............................

4 VINGT MILLE ENTREPRENEURS || ACTUEL

...............................

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Prix de l'entreprise

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citoyenne

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Le 6 octobre dernier était remis le «Prix

...............................

de l'entreprise citoyenne» organisé par

...............................

Cap 48, la Régie Média Belge et Trends

...............................

Tendances. Le jury, dont faisait partie

...............................

Vincent Reuter (UWE), a plébiscité cinq

...............................

sociétés pour leurs initiatives en faveur

...............................

des personnes handicapées. Le prix

...............................

«coup de cœur» a été attribué à

...............................

l'agence d'intérim Adecco, qui a placé

...............................

en 2005 quelques 160 personnes handicapées

en intérim, et la société de

...............................

...............................

gestion des ressources humaines Trace!

...............................

qui distribue 80% de ses bénéfices

...............................

annuels à des actions en faveur de l'insertion

sociale. Le «prix de la solidarité»

...............................

...............................

a été remis à Elia, qui gère le réseau de

...............................

transport d'électricité et alimente un

...............................

fonds permettant aux handicapés de

...............................

découvrir des lieux touristiques et culturels.

Enfin, les sociétés Biosmose et IBM

...............................

...............................

se sont partagé le «prix de l'emploi».

...............................

...............................

...............................

...............................

...............................

Hainaut

...............................

Nouvelles technologies

...............................

...............................

Le 4 octobre 2006, le CETIC, Centre

...............................

d’Excellence en Technologies de

...............................

l’Information et de la Communication,

...............................

célébrait son 5e anniversaire. Créé en

...............................

2001 à l’initiative de trois universités

...............................

belges – la Faculté Polytechnique de

...............................

Mons, les Facultés Universitaires Notre-

...............................

Dame de la Paix de Namur et l’Université

...............................

Catholique de Louvain –, le CETIC s’est

...............................

positionné comme un véritable centre de

...............................

recherche appliquée au service d’entreprises,

d’institutions et d’organisations, et

...............................

...............................

comme un agent de connexion, de

...............................

transfert de technologie entre recherche

...............................

universitaire et entreprises. Parmi ses

...............................

partenaires, le CETIC compte de grandes

...............................

organisations (Siemens Business

...............................

Services, Parlement de la Communauté

...............................

française, etc.) ainsi que des PME

...............................

(PEPITe, Connector, Key Driving

...............................

Competences) et des asbl. Le CETIC

...............................

assure également le rôle de leader dans

...............................

divers projets du 6e Programme-cadre

...............................

européen de R&D, notamment CoreGRID,

...............................

BEinGRID, GridTrust et Qualoss (voir

...............................

notre article à ce sujet dans le numéro

...............................

d'octobre, page 57).

...............................

...............................

...............................

Besoin croissant de contacts

Pour des patrons « eurégionaux »

Les entrepreneurs de l’Euregio ont, dans le contexte européen, un besoin

croissant de contacts au-delà des frontières. C’est la raison d’être de la

«Stichting Werkgevers Euregio» qui réunit 5 organisations d’employeurs de

l’Euregio. Le 14 septembre dernier, celles-ci ont renforcé leur coopération.

Dynamisme Wallon Novembre 2006

La Fondation des Employeurs de

l’Euregio Meuse-Rhin (Stichting

Werkgevers Euregio-SWE) est une

Fondation de droit hollandais créée en

1993. Elle est constituée des 5 fédérations

patronales de l’Euregio : le

Limbourg hollandais, le Limbourg

belge, la région de Eupen-Malmedy-

Saint-Vith, celle d’Aix-la-Chapelle et la

section liégeoise de l’Union Wallonne

des Entreprises.

Une nouvelle convention de coopération

vient d’être signée le 14 septembre à

Hasselt. Dynamisme Wallon a demandé

à Yves Noël, qui représente l’Union

wallonne au sein de la SWE depuis

ses débuts, de dresser les contours de

cette organisation. "Nous nous présentons

comme interlocuteur des instances

politiques de l’Euregio. Le fait de nous

réunir régulièrement, au-delà de

l’échange d’informations entre les 5

organisations, nous permet de prendre

des positions communes dans les

domaines eurégionaux et européens.

C’est le cas, par exemple, des infrastructures

internationales telles que

TGV, les autoroutes, le rail etc. Nous

pouvons également offrir des services à

nos membres respectifs, comme aider

à des prises de contact local", explique

le Président Directeur général de NMC

à Eynatten.

Le 14 septembre dernier, les 5 organisations

ont convenu de renforcer leurs

contacts réciproques afin de donner une

dimension plus internationale à leur

coopération.

Par Madeleine DEMBOUR

Les 5 organisations vont renforcer leurs contacts

réciproques pour donner une dimension plus

internationale à leur coopération

Liège invite à la gare TGV

Les employeurs de l’Euregio feront donc

davantage entendre leur voix. Ils veulent

en outre favoriser les contacts entre

patrons et cadres eurégionaux en leur

offrant davantage d’occasions de rencontres.

Des visites d’entreprises vont

être proposées 1 ou 2 fois par an, à tour

de rôle : l’UWEL vient d’inaugurer la formule

en conviant ses collègues à une

visite du chantier de la gare TGV

de Liège le 21 novembre.

Afin de donner un contenu concret à

cette nouvelle convention, les 5 organisations

prévoient de se voir au moins

une fois par an au niveau des présidents

(Jean-Pierre Delwart pour l’UWEL) et au

moins deux fois par an au niveau des

directions (Vincent Reuter pour l’UWE). ||

Plus d’infos ? Vincent Reuter 010/47.19.40,

vincent.reuter@uwe.be

Une nouvelle

convention de

coopération entre

5 Fédérations

patronales de

l’Euregio a été signée

le 14 septembre à

Hasselt


6 VINGT MILLE ENTREPRENEURS || PEOPLE

Assemblée Générale de l’UWE

«Transmettre le goût d’entreprendre»

L’Assemblée Générale de l’Union Wallonne des Entreprises (UWE) s'est tenue le 16 octobre 2006 au Palais des Beaux-Arts

de Charleroi. Elle a réuni plus de 900 personnes venues de toute la Wallonie. Cette journée fut notamment marquée par

l’accession à la présidence d'Eric Domb (Paradisio), qui succède à Henri Mestdagh pour une période de trois ans.

Dynamisme Wallon Novembre 2006

Reportage de TILT-Photographie

Témoigner de son

enthousiasme,

fracasser les murs

de la trouille… :

sous les yeux de

son épouse, Eric

Domb explique son

programme à la

Ministre Marie-

Dominique Simonet

et au Ministre

Benoit Lutgen.

Quel rôle joue la presse dans l’image des entreprises ?

Le consensus sur cette question semble de mise entre

Eric Domb et Jean-Yves Huwart (Trends-Tendances).

Grand supporter de la réforme du régime wallon

des transmissions d’entreprise, Henri Mestdagh

et son épouse en discussion avec leur fils Eric,

administrateur délégué du groupe familial.

Discussion d’exportateurs entre Philippe Suinen (Awex), Dominique Collet

(Ray & Berndtson) et Jean-Jacques Verdickt (Magotteaux).

Le Président du Parlement Wallon

José Happart, Olivier Langlet

(Carrefour Belgium) et Pierre

Leconte (Ets Leconte).

Les sciences du

vivant sous des

aspects «bon

vivants», avec Jean-

Pierre Delwart

(Eurogentec) et Jean

Stéphenne

(GlaxoSmithkline

Biologicals).


7

Le Palais des Beaux-Arts de Charleroi a

accueilli 900 personnes venues de toute la

Wallonie pour officialiser le passage de

relais de la présidence. Henri Mestdagh

souhaite la bienvenue à Eric Domb.

La Ministre

Catherine Fonck

teste les petits

fours avec

Mireille

Francotte, du

Cabinet du

Ministre Courard.

L’UWE avait concocté

un programme spécial

pour des étudiants du

supérieur, qui ont

pu enrichir leur

carnet d’adresse.

Trois responsables

d’entreprise,

Jean-Paul Courtois

(Coface), Fabienne

Bister (Ets Bister) et

Stéphane Roumieux

(Adhoc Solutions) se

sont prêtés au jeu des

questions-réponses.

Toutes les photos

Retrouvez le reportage photo complet

sur le site www.dynamismewallon.be

Le Président de la FEB Jean-Claude Daoust

en pleine conversation avec Eric Domb.

Le frais émoulu Bourgmestre d’Amay, Jean-Michel Javaux, discute

d’implantations commerciales avec le Président de l’UCM, Roger Mené.


8 VINGT MILLE ENTREPRENEURS ||

Enquête conjoncturelle de l’UWE

Les entrepreneurs optimistes, au moins jusqu’au 1er trime

En vue du Point Conjoncturel de novembre 2006, l’UWE a réalisé son enquête semestrielle auprès des entrepreneurs

wallons. L’activité est restée bien orientée dans les mois récents et devrait le rester au premier trimestre 2007. Les

incertitudes liées au contexte international (ralentissement aux Etats-Unis) ne semblent pas avoir encore affecté

l’économie wallonne. Entre autres enseignements, l’enquête indique que plus d’un entrepreneur sur deux embaucherait

si les coûts salariaux étaient réduits.

Dynamisme Wallon Novembre 2006

Par Virginie LOUIS

L’enquête a été clôturée le 11

octobre 2006 et 193 entreprises de

toute taille et de tout secteur y ont

participé. Il leur a été demandé de se

prononcer sur différents aspects de

l’activité économique (investissement,

emploi, exportations, et cætera).

L’augmentation du nombre de

réponses positives des entreprises

wallonnes sur leur activité des six

derniers mois confirme un regain

conjoncturel en 2006. Nous n’assistons

cependant pas à un boom économique,

puisque près de 40% des

entreprises interrogées considèrent

que leur activité est restée stable.

Les perspectives d’activité pour les

derniers mois de 2006 et le premier

trimestre de 2007 restent bien orientées,

indiquant que les facteurs pouvant

peser sur la croissance à savoir le

ralentissement aux Etats-Unis ou en

Allemagne (due à la hausse de la TVA)

ne semblent pas encore affecter les

anticipations des entreprises wallonnes.

Fort logiquement à la lumière de cette

amélioration du niveau d’activité au

cours des derniers mois et des bonnes

perspectives pour les 6 prochains, les

intentions d’investissement restent

élevées mais semblent néanmoins

plafonner. Quant aux intentions d’embauche,

elles augmentent de manière

significative par rapport à l’enquête de

mars 2006, mais près de la moitié des

entreprises qui ont répondu à l’enquête

n’envisage pas d’augmenter leur

main d’œuvre dans les 6 prochains

mois. Une amélioration certes, mais

graduelle, du marché de l’emploi.

En ce qui concerne les relations des

mondes entrepreneurial et politique,

il semblerait que l’amélioration de la

confiance des entreprises à l’égard du

gouvernement marque un coup d’arrêt.

L’effet positif de l’annonce du plan

Marshall s’essouffle quelque peu.

Toujours préoccupant est la perception

du poids des charges administratives :

dans ce domaine, les entreprises ne

perçoivent toujours aucune amélioration.

L’enquête de novembre 2006 contenait

aussi une question sur les intentions

d’embauche en cas de réductions des

charges patronales. Une large majorité

d’entreprises interrogées, 57%, engagerait

du personnel supplémentaire si

les charges diminuaient. A la question

de l’ampleur nécessaire de cette

réduction, près de 70% de ces entreprises

souhaiteraient une réduction

allant jusqu’à 15%. ||


|| ACTUEL 9

stre 2007

60%

50%

40%

30%

20%

10%

0%

nov-05

mars-06

nov-06

22%

16%

Activité des entreprises durant les 6 derniers mois

Résultats de l'enquête de l'UWE auprès des entrepreneurs

11%

38% 40% 37%

40%

44%

Défavorable Stable Favorable

52%

1. Activité économique

durant les six derniers mois

L’économie wallonne poursuit

sa croissance

Les résultats de l’enquête de l’UWE suggèrent que l’activité

économique wallonne a poursuivi au premier semestre 2006,

l’accélération entamée au cours de la seconde moitié de

l’année 2005.

En octobre 2006, preuve qu’un climat économique propice perdure,

52% des chefs d’entreprise jugent leur activité favorable,

alors qu’ils étaient 44% à porter ce jugement en mars 2006.

On ne peut cependant pas parler d’une forte accélération

puisque près de de la moitié des entreprises interrogées

considèrent que leur activité a été stable, voire défavorable.

60%

50%

40%

30%

20%

10%

0%

18%

nov-05

mars-06

nov-06

Activités des entreprises durant les 6 prochains mois

Résultats de l'enquête de l'UWE auprès des entrepreneurs

13% 10%

45% 45%

35%

37%

41%

Défavorable Stable Favorable

55%

2. Activité économique

durant les six prochains mois

Une croissance vulnérable

Lorsqu’on interroge les entrepreneurs wallons sur leurs

attentes quant à l’évolution de leur activité durant les 6

prochains moins, l’optimisme est de mise. 55% des chefs

d’entreprise prévoient un développement favorable de leur

activité et seuls 10% anticipent une détérioration pour les six

mois à venir.

Cette bonne orientation de l’activité pour le 1er trimestre 2007

suggère que le ralentissement prévu des grandes économies

mondiales comme les Etats-Unis n’altère pas encore la

confiance des entreprises wallonnes.

40%

35%

30%

25%

20%

15%

10%

5%

0%

nov-05

mars-06

nov-06

12% 12% 7%

Marchés à l'exportation durant les 6 prochains mois

Résultats de l'enquête de l'UWE auprès des entrepreneurs

36%

33% 32%

26% 25%

36%

29%

27%

25%

Défavorable Stable Favorable N'exporte pas

3. Marchés à l’exportation

durant les six prochains mois

Un optimisme fragile

Par rapport à l’enquête précédente, la part des réponses

favorables s’accroît significativement. Cet optimisme corrobore

la bonne santé des exportations wallonnes, affichée dans les

chiffres ces derniers mois.

Toutefois, si l’on en croit certains indices conjoncturels, les

exportations wallonnes risquent de s’essouffler quelque peu

en 2007. Les entreprises exportatrices wallonnes pourraient

effectivement souffrir du ralentissement de l’économie

américaine et de l’appréciation de l’euro face au dollar.

60%

50%

40%

30%

20%

10%

0%

Intentions d'investissement pour 2006

Résultats de l'enquête de l'UWE auprès des entrepreneurs

nov-05

mars-06

nov-06

13% 12% 10%

53%

43%

48%

33%

46%

42%

Diminuer Rester stable Augmenter

4. Investissements durant les six

prochains mois

Un niveau élevé

En mars 2006, les résultats de l’enquête UWE portaient à

croire que les entreprises souhaitaient profiter de l’embellie

conjoncturelle pour lancer leurs projets d’investissement.

Les résultats d’octobre 2006 confirment cette volonté

d’investir mais la progression plafonne, suggérant que l’activité

économique s’est améliorée mais ne s’emballe pas. Le taux

d’utilisation élevé des capacités de production laisse aussi

présager un rythme d’investissement soutenu.


10 VINGT MILLE ENTREPRENEURS || ACTUEL

60%

50%

40%

30%

20%

10%

0%

Intentions d'embauche des entreprises dans les 6 prochains mois

Résultats de l'enquête de l'UWE auprès des entrepreneurs

nov-05

mars-06

nov-06

20% 21% 16%

53% 52%

46%

27% 26%

Diminuer Rester stable Augmenter

38%

5. Intentions d’embauche

durant les six prochains mois

Enfin une amélioration

Les entrepreneurs wallons affichent des intentions d’embauche

en nette hausse par rapport aux deux enquêtes précédentes,

conséquence de l’amélioration conjoncturelle.

Cependant, près de 60% des entreprises interrogées ne vont

pas embaucher ou vont même diminuer leur effectif dans les

prochains mois.

Ce résultat encore mitigé est en ligne avec les estimations de

croissance du PIB, puisque la création d’emplois ne devient

vraiment conséquente qu’à partir d’une croissance de 2,5%-3%.

Intentions d'embauche des entreprises en cas de réduction des charges patronales

Résultats de l'enquête de l'UWE auprès des entrepreneurs

60%

50%

40%

30%

20%

10%

57,2%

42,8%

6. Intentions d’embauche

en cas de réduction des charges patronales

Une opportunité à saisir ?

57% des chefs d’entreprises wallons se disent prêts à

augmenter leurs effectifs en contrepartie d’une baisse des

cotisations patronales. 17% d’entre eux se contenteraient

d’une diminution de moins de 5 points de pourcentage pour

revoir à la hausse leurs plans d’embauche, 30% auraient

besoin d’une réduction de 6 à 10 points de pourcentage,

20% de 11 à 15 points de pourcentage.

0%

OUI

NON

60%

50%

40%

30%

20%

10%

9% 11% 7%

Politique gouvernementale wallonne à l'égard des entreprises

au cours des 6 derniers mois

Résultats de l'enquête de l'UWE auprès des entrepreneurs

nov-05

mars-06

nov-06

49% 49%

54%

25%

21%

16%

23%

20%

17%

7. La politique gouvernementale

wallonne à l’égard des entreprises

Un essoufflement de « l’effet plan Marshal l»

Selon l’enquête de l’UWE, l’optimisme des entrepreneurs

quant à la politique du Gouvernement wallon, nourri par le

lancement du Plan Marshall, s’essouffle. 16% des chefs

d’entreprise estiment la politique wallonne favorable, contre

25% il y a un an.

Après un premier anniversaire fêté récemment, les premiers

effets positifs significatifs tardent peut être à être ressentis

par les entreprises wallonnes.

0%

s’est dégradée est restée inchangée s’est améliorée Sans avis

70%

60%

50%

40%

30%

20%

10%

0%

Temps consacré aux charges administratives durant les 6 derniers mois

Résultats de l'enquête de l'UWE auprès des entrepreneurs

nov-05

mars-06

nov-06

4% 1% 1%

62% 61%

56%

34%

43%

Diminuer Rester stable Augmenter

38%

8. Le temps consacré aux charges

administratives et aux relations

avec les administrations

Intensifier les efforts de simplification

En octobre 2006, la simplification administrative promise par

les pouvoirs publics n’est toujours pas perçue par les entrepreneurs

wallons.

Seuls 1% des entrepreneurs, soit une infime part, ressentent

une diminution des charges administratives. Par contre, une

proportion non négligeable d’entre eux (38%) considère que

les charges ont augmenté ces 6 derniers mois. La majorité

(61%) n’observe aucun changement.


Succès de la Journée Découverte Entreprises

Plus de 12.000 visiteurs chez Durobor !

VINGT MILLE ENTREPRENEURS || ACTUEL 11

Chaque année, le premier dimanche d’octobre permet au grand public de pénétrer les coulisses d’entreprises actives

dans des domaines aussi nombreux que variés. Elles étaient 168 à ouvrir leurs portes pour l’édition 2006. Pour 2007, l’idée

de prolonger l’opération le lundi pour les écoles fait son chemin..

Dynamisme Wallon Novembre 2006

Par Madeleine DEMBOUR et Delphine DERAVET

Au lendemain de la Journée

Découverte Entreprises qui se déroulait

cette année le 1er octobre, nous

avons contacté une responsable de

l’équipe organisatrice. Sans encore

avoir eu un feed-back de la totalité des

entreprises participantes – 168 pour la

Wallonie – Laurence Charon pouvait

dresser un premier bilan quantitatif :

"certaines entreprises ont véritablement

«cartonné», notamment Durobor à

Soignies qui a accueilli 12.574 visiteurs,

les Bières et Fromages de Chimay qui

ont dépassé les 8.000 visiteurs, Joskin

plus de 4000, les Etablissements

Denis, grossiste en matières premières

pour boulangerie-pâtisserie, plus de

3.000 visiteurs… D’après nos informations,

le millier de visiteurs était atteint

pour des entreprises telles que Arcelor

Tailored Blank à Liège, le Service de

plantations de Herstal ou encore le

CHU Ambroise Paré à Mons".

Chaque année, l’équipe JDE essaie de

développer un angle qui apporte une

valeur ajoutée aux visiteurs. L’accent

était mis cette fois-ci sur 2 thématiques

particulières, l’économie sociale

et la créativité. A noter qu’une certaine

frange de public est aussi attirée par

l’action «Trouver un emploi». Laurence

Charon : "cette action permet, d’une

part, aux entreprises de communiquer

leurs opportunités d’emploi et, d’autre

part, aux demandeurs d’emploi de

découvrir au sein même des entreprises

les postes vacants. 145 opportunités

d’emploi proposées par 47 entreprises

étaient offertes en Wallonie et à

Bruxelles. Les visiteurs à la recherche

d’un emploi d’emploi ont pu ainsi

appréhender des métiers et initier un

premier contact avec les entreprises".

2007 : inviter les écoles le lundi

Pour l’an prochain, l’idée serait de

proposer aux entreprises qui ouvrent

leurs portes le dimanche de prolonger

cette démarche le lundi pour les

écoles. "Comme les entreprises auront

préparé leur circuit de visite et leurs

argumentaires de présentation pour le

dimanche, elles sont donc prêtes pour

accueillir des étudiants le lendemain

de la JDE, sans frais supplémentaire

au niveau du balisage du circuit ou des

panneaux d'information", explique Toni

Da Costa, de l’équipe JDE.

Le programme ? Le matin, des jeunes

étudiants ayant entre 15 et 18 ans

seraient invités à découvrir une entreprise

ayant participé à JDE la veille, via

une visite guidée et interactive. Après

la visite, le chef d'entreprise sera

amené à témoigner sur son parcours

d'entrepreneur et à répondre aux

questions des étudiants.

Ce projet «Place aux écoles dans les

entreprises» doit bien sûr être affiné,

mais il semble fonctionner sur le

terrain. Pour preuve, le succès de la

journée «J’entreprends, je prends ma

168 entreprises wallonnes participaient

à la Journée Découverte

Entreprises de ce 1er octobre.

Certaines entreprises ont véritablement

«cartonné», comme Durobor

à Soignies qui a accueilli 12.574

visiteurs

Concrètement ?

Pour 2007, l’idée est de proposer aux entreprises

qui ouvrent leurs portes le dimanche de prolonger

cette démarche le lundi pour les écoles.

vie en main» organisée dans 4 lieux de

la province de Namur au lendemain de

la JDE 2006, à l’initiative du Bureau

Economique de la Province.

S’adressant aux jeunes des écoles,

cette journée revêtait un caractère

original et inédit, enchaînant visite

d’entreprise, spectacle de business

théâtre «Rêve-Essai-Réalité», suivi

d’échanges interactifs entre les jeunes

et un large éventail de chefs d’entreprises.

Delphine Deravet, coordinatrice de la

Cellule «Esprit d’Entreprendre» à

l’UWE, y a assisté : "à entendre les

questions auxquelles les chefs d’entreprise

ont eu à répondre, il semble

que cette initiative soit réussie et

qu’elle ait touché les jeunes".

"La visite d'entreprise est un élément

fondamental dans la prise de conscience

des jeunes vis-à-vis du monde

entrepreneurial. On peut dire et écrire

tout ce que l'on veut, mais rien n'est

aussi fort qu'une visite au cœur de

l'entreprise", conclut Toni Da Costa. ||

Si votre entreprise est intéressée par une participation en 2007

(le dimanche «tombe» le 7 octobre), les contacts peuvent

d’ores et déjà être pris. L’événement se prépare en effet des

mois à l’avance !

Contact : Journée Découverte Entreprises 069/89.00.29 ou www.jde.be


Joskin

Un leader européen qui entend le rester

VINGT MILLE ENTREPRENEURS || LE VENT EN POUPE 13

A mi-chemin entre Liège et Verviers, l’entreprise Joskin (430 personnes) compte parmi les

grands noms du secteur des machines agricoles. Cette année, avec un chiffre d’affaires

qui devrait tourner autour de 65 millions d’euros, l’entreprise familiale enregistre une

progression de plus de 25%.

Dynamisme Wallon Novembre 2006

Par Madeleine DEMBOUR

Etonnante entreprise que celle-là.

Peu connue des médias, elle réalise

portant des «cartons» à chaque

Opération portes ouvertes. C’était

encore le cas ce 1er octobre, où plus

de 4000 personnes ont défilé dans les

ateliers de l’entreprise familiale du plateau

de Herve. "Le personnel était

demandeur. Nous employons près de

300 personnes ici, et les familles

aiment visiter l’usine. En plus, c’est

bon pour le recrutement. Je suis

perpétuellement à la recherche de

soudeurs", explique Victor Joskin,

Administrateur délégué de la société.

Une progression de 28%

Spécialisée dans la production de

machines agricoles, principalement le

tonneau à lisier, Joskin est une entreprise

à caractère résolument familial.

Modèles réduits, créativité maximale

L’activité a démarré en 1968, effectuant

au départ des travaux agricoles,

puis petit à petit évoluant vers le

négoce de machines, puis la fabrication

en 1984. Entre 1998 et 2003, l’entreprise

de Soumagne réalise un ambitieux

programme d’investissement de

25 millions d’euros pour être au top :

informatisation, découpes au laser et

robotisation. En 2006, le chiffre d’affaires

tournera autour de 65 millions

d’euros, soit une progression de 28%

par rapport à 2005.

"Je viens du milieu agricole, c’est ce

qui fait ma force. Dans ce milieu, nous

avons une position reconnue de leader

européen dans notre spécialité, l’épandage

de lisiers", souligne Victor Joskin.

L’entreprise occupe 430 personnes,

réparties sur 3 sites : l’usine de

Soumagne, une deuxième usine à

La notoriété de Joskin est poussée par une présence intensive dans les principales

foires agricoles et l’organisation régulière de journées professionnelles. Mais aussi

par une communication originale de son image : de grands fabricants de jouets l’ont

sollicité pour utiliser la marque Joskin pour leurs modèles réduits. Pour le grand

public, une voiture de course, c’est Ferrari, un tracteur, c’est John Deere,…et une

machine agricole, c’est Joskin ! Cette manière originale de communiquer à grande

échelle a séduit le jury de professionnels du concours «Place à la Créativité» de la

Journée Découverte Entreprise, qui a retenu Joskin parmi les 8 lauréats.

Victor Joskin : "Avec notre

entreprise, la Wallonie a vraiment

quelque chose en main ! Je veux

poursuivre le formidable essor que

nous avons enregistré au cours des

dernières années".

Bourge (45 personnes), au cœur de la

France agricole, et une troisième en

Pologne (92 personnes). Pourquoi la

Pologne ? "J’y suis allé pour la première

fois en 1998, et ce pour deux

raisons : d’abord parce que ce pays

est le centre de l’Europe agricole et

donc représente pour nous un tremplin

vers ces marchés, ensuite parce

que je ne trouvais plus de soudeurs

ici. Notre installation a été un peu

laborieuse : j’ai racheté une usine et

son personnel en 1999. Finalement

nous avons construit un nouveau site

de 16.500 m 2 inauguré en 2004. C’est

dur, car il faut y aller régulièrement.

Mais nous devons être là-bas, car

dans quelques années la moitié des

ventes agricoles se fera dans les pays

de l’Est".

Epaulé par son épouse et l’arrivée aux

affaires de ses 3 enfants, Victor Joskin

a des projets d’extension en Wallonie.

Afin d’augmenter sa production, l’entreprise

souhaite agrandir les ateliers

et les bureaux. Des projets pour lesquels

Victor Joskin est actuellement

bloqué, faute d’obtenir les permis

nécessaires. "C’est dommage car avec

notre entreprise, la Wallonie a vraiment

quelque chose en main ! Je

veux poursuivre le formidable essor

que nous avons enregistré au cours

des dernières années". ||

De grands fabricants de jouets ont

sollicité Joskin pour utiliser sa

marque pour leurs modèles réduits.

Une manière originale de

communiquer.


14 EN COUVERTURE

Recherche et innovation

Aussi pour les PME

Dynamisme Wallon Novembre 2006

Dans le contexte de la mondialisation, la recherche et

l’innovation deviennent les principales sources de

compétitivité pour nos entreprises. Fort opportunément,

le plan Marshall a intégré cette donne puisque pas moins

de 270 millions d’euros seront consacrés à la R&D :

un véritable tournant dans la politique scientifique

wallonne. Mais nos entreprises n’ont pas attendu ce plan

pour se lancer ! Beaucoup d’entre elles sont déjà bien

engagées dans différentes programmes de recherche.

C’est le fil rouge du grand dossier de ce mois.

• La recherche n’est pas l’apanage des grands

groupes et multinationales >> Portraits

de 3 PME innovantes en page 20

• Pôle de compétitivité : il faudrait être sourd ou

aveugle pour ignorer ce nouveau vocable.

>> Bilan en page 23

• Aseptic Technologies lance une machine

révolutionnaire, avec 6 autres PME.

>> Explications en page 24

• L’enjeu de l’innovation dans le transport

et la logistique. >> Compte-rendu en page 27

• Comment récompenser vos collaborateurs

créatifs ? >> Une idée en page 27

• Pourquoi s’implanter dans un parc scientifique ?

>> Réponses en page 27

• Comment la fiscalité peut-elle réduire

vos coûts de recherche ?

>> Détails en page 27


|| RECHERCHE 15

Vivre un tremblement de terre…

virtuel : voilà le genre d’animations

que propose Alterface. Cette PME de

16 personnes installée à Louvain-la-

Neuve (voir en page 16) est spécialisée

dans la création de systèmes

interactifs naturels pour les musées,

les maisons de sciences et les

parcs d’attractions. Elle travaille

notamment pour Paradisio, le

Futuroscope de Poitiers, la Cité des

Sciences de Paris, Mini-Europe,

Bobbejaanland… L’entreprise a été

retenue par l’Europe pour participer à

deux projets du 6 e Programme-cadre

de Recherche et Développement.

© Tilt Photo


16 EN COUVERTURE

Grâce aux programmes européens

Petites tailles mais grandes ambitions

Dynamisme Wallon Novembre 2006

Par Madeleine DEMBOUR & Isabelle TREUTTENS

La recherche n’est pas l’apanage des grands groupes et multinationales. Dynamisme Wallon dresse le portrait de

3 PME impliquées dans de grands projets de recherche. .

Vous voulez vivre un

tremblement de terre, créer

un poisson coloré, vous mouvoir

au milieu de vagues,

apprendre à votre enfant à traverser

une rue ou devenir un

cow-boy le temps d'un spectacle

interactif… ? Tout cela,

et bien d’autres choses

encore, Alterface le réalise.

Installée à Louvain-la-Neuve

(chemin des étoiles…cela ne

s’invente pas), cette PME de

16 personnes est spécialisée dans la création

de systèmes interactifs naturels pour

les musées, les maisons de sciences et les

parcs d’attractions. Elle travaille notamment

pour Paradisio, le Futuroscope de

Poitiers, la Cité des Sciences de Paris,

Mini-Europe, Bobbejaanland…

Cette spin-off de l’UCL est soucieuse de

conserver une politique de recherche active. Xavier

Marichal, qui en est le Directeur technique, a poussé

l’équipe à s’insérer dans des projets de recherche européens.

Avec succès ! L’entreprise a en effet été retenue

pour participer à 2 projets du 6e Programme-cadre de

Recherche et Développement.

"Les projets européens offrent de belles opportunités et

une belle carte de visite, explique-t-il. Ils sont plus qu’intéressants

car ils représentent un label de qualité. On est

dans un mécanisme continu d’innovation et de stimulation".

La première recherche vise l’élaboration d’un outil puissant

et graphique qui permettra à tout un chacun de créer des

systèmes interactifs qui utilisent les technologies innovantes

d'Alterface : un prototype est opérationnel et devrait

déboucher prochainement sur une commercialisation.

L’autre recherche a pour but de faciliter la réalisation d’histoires

interactives quelle que soit leur forme : théâtre,

cinéma, dessins animés, marionnettes etc. Ce projet est à

mi-parcours et, après avoir posé et testé tous les

concepts, entre en phase intensive de développement.

Des œuvres d’art infalsifiables

Une caméra à très haute définition : tel est le cœur de

métier de Optrion, qui produit et commercialise cet outil

pour mesurer les micro-déformations d’objets. Issue du

Installée à Louvain-la-Neuve, la

société Alterface (16 personnes)

est spécialisée dans la création de

systèmes interactifs naturels pour

les musées, les maisons de

sciences et les parcs d’attractions.

La photo montre une simulation de

tremblement de terre.

Centre Spatial de Liège, cette PME

de 3 personnes est sollicitée par

l’industrie pour des analyses de

vibration et des tests non destructifs.

Elle participe à différents projets

de recherche : il s’agit notamment

de voir comment réduire les vibrations

et le bruit dans les avions afin

d’augmenter le confort des passagers.

Une autre recherche a trait

aux œuvres d’art : en utilisant la

technologie holographique, l’idée

est de pouvoir dresser une cartographie

des défauts internes apparus dans les

œuvres après un transport, et aussi d’identifier

formellement une œuvre d’art. "Il

s’agit d’une sorte d’empreinte digitale, qui

permet de doter une œuvre d’une signature

infalsifiable, explique Guy-Michel

Hustinx, Administrateur délégué de l’entreprise

liégeoise. C’est l’exemple typique d’une réelle innovation

à laquelle nous n’aurions jamais accédé en restant

seuls. Je suis très optimiste ; si cela marche, la commercialisation

sera pour nous. C’est un outil dont on parlera

énormément".

"Je suis un partisan convaincu de la participation des très

petites entreprises aux programmes de recherche européens,

continue-t-il. Pour une société technologique dont

la vie ou la survie dépend de la R&D, je trouve que s’inscrire

à un projet européen est d’un apport capital". Guy-

Michel Hustinx en veut pour preuve le fait que, grâce à la

mise en réseau avec d’autres entités européennes,

Optrion côtoie l’un des plus gros opérateurs européens, à

La caméra haute

définition de la

société liégeoise

Optrion

(3 personnes)

permettra de

dresser la

cartographie des

défauts internes

d’une œuvre d’art,

et donc de rendre

celle-ci

infalsifiable !


|| RECHERCHE 17

savoir Airbus Industrie. "Il y a également les universités et

les centres de recherche avec lesquels on tisse des liens

de plus en plus étroits qui peuvent déboucher sur des collaborations

externes au projet, poursuit-il. Les programmes

de recherche européens permettent de brasser des idées

et de trouver des concepts futurs. Ils ouvrent les TPE à de

nouveaux marchés et à de nouveaux produits".

Avec l’Institut Pasteur

Le génie génétique est le métier de Delphi Genetics.

Fondée il y a cinq ans par 3 scientifiques de l’ULB, la PME

est installée à Gosselies et occupe actuellement 8 personnes.

La société commercialise par exemple des kits pour les

chercheurs en génétique, contenant des bactéries adaptées

à l’industrie génétique ainsi qu'à la recherche. La PME

possède également une expertise importante dans le

domaine des processus de clonage d’ADN, une compétence

qui peut être mise à la disposition d'autres entreprises

sous forme de services. Les chercheurs de Delphi

Genetics planchent pour le moment sur le moyen de combattre

les gènes de résistance aux antibiotiques dans les

processus industriels utilisant les bactéries exprimant des

protéines d'intérêt thérapeutiques par exemple. Cette

recherche est menée dans le contexte du 6 e Programmecadre

européen de Recherche et Développement. "Ce programme

est un outil intéressant pour rester en contact

avec le monde de la recherche universitaire", constate

Philippe Gabant, Administrateur délégué de Delphi Genetics.

Les trois scientifiques fondateurs de Delphi Genetics (8 personnes

aujourd’hui) : Michel Milinkovitch, Cédric Szpirer et Philippe Gabant

Si celui-ci se montre assez confiant par rapport à ce projet de

recherche, coordonné par l’Institut Pasteur de Paris, il n’en

reste pas moins prudent par rapport à la Commission européenne

: "Les fonctionnaires ne se rendent pas toujours

compte qu’entre le moment où l’on s’engage dans un projet

et le moment où l’on reçoit l’argent, on a le temps de

mourir cinq fois. Une PME peut y perdre la vie". ||

Plus d’infos ?

www.alterface.com, www.optrion-tech.com, www.delphigenetics.com

Deux fois plus d’entreprises à l’Europe

Quel est le point commun aux 3 PME présentées ci-contre ?

Toutes trois ont été fondées en 2001 et ont donc passé le

«cap fatidique» des trois ans d’activités. Autre point commun :

elles sont des entreprises issues de l’université et à forte

connotation technologique. Mais encore ? Chacune d’entre

elles est en contact avec le National Contact Point pour la

Wallonie, en abrégé le NCP-Wallonie. Logée au siège de

l’UWE à Wavre, cette équipe de professionnels joue un rôle

d’interface entre l’Europe et les entreprises wallonnes.

Logée au siège de l’UWE à Wavre, l'équipe du NCP-Wallonie joue

un rôle d’interface entre l’Europe et les entreprises wallonnes.

Le but est de faire en sorte qu’un maximum d’entreprises

wallonnes accède aux financements européens prévus dans

le Programme-cadre de Recherche et Développement. Et cela marche puisque plus de 80 sociétés wallonnes sont partie

prenante du 6 e Programme-cadre, soit plus du double par rapport aux éditions précédentes. Sur le plan financier, pour les

trois premières années du programme, les entreprises ont obtenu 22,18 millions d'euros de subsides européens et les

centres de recherche 6 millions d'euros.

Les services du NCP sont gratuits : information sur le 7 e programme-cadre, recherche de partenaires ailleurs en Europe,

montage de votre projet, rédaction d’un accord de consortium… Pour le 7e programme-cadre, les premiers appels à

proposition seront lancés début 2007 et des consortia se mettent déjà en place pour préparer un projet. Dans un premier

temps, allez déjà faire un tour sur le site www.ncpwallonie.be, vous y verrez déjà beaucoup plus clair !!

Plus d’infos ? 010/48.50.39, www.ncpwallonie.be


18 EN COUVERTURE

Le point sur les pôles de compétitivité

Une nouvelle échéance en janvier prochain

Dynamisme Wallon Novembre 2006

Par Madeleine DEMBOUR

Pôle de compétitivité : il faudrait être sourd ou aveugle pour ignorer ce nouveau vocable, surgi il y a un peu plus d’un

an dans le dictionnaire politique wallon. Il s’agit même d’une des actions majeures du Plan Marshall lancé en août

2005. Premier bilan.

L’enveloppe est conséquente : 280 millions

d'euros sur 4 ans ont été réservés par

le Gouvernement pour les pôles de compétitivité.

De quoi s’agit-il ? En résumé, le principe

est de réunir toute la chaîne de la recherche

et de l’innovation, c’est-à-dire des entreprises,

des unités de recherche, et des

centres de formation autour de projets

communs destinés à créer de la valeur ajoutée,

de l’emploi et à augmenter la visibilité

internationale des acteurs du pôle.

Pour donner corps à ce qui n’était au départ

qu’une idée, les entreprises et les universités

ont fourni un très gros travail à l’automne

2005, au bout desquels des propositions

solides ont émergé, incluant des projets de

recherche et d’investissement ambitieux. Au

terme de ces efforts, 31 dossiers globaux ont été déposés fin

mars 2006 au Cabinet du Ministre wallon de l’Economie.

Parmi ces dossiers, un jury international a retenu les projets

qui lui semblaient les plus pertinents. Un premier lot de

4 pôles a été labellisés par le Gouvernement wallon en juillet

2006, dans les domaines suivants : sciences du vivant,

agro-industrie, transport/logistique et aéronautique/spatial.

Ces 4 pôles labellisés ont été rejoints le 5 octobre dernier par

un cinquième pôle, le génie mécanique.

Ecrit comme cela, l’histoire ne paraît pas spectaculaire… Et

pourtant, tous les observateurs s’accordent à souligner

l’aspect «révolutionnaire» de la méthode. Réunis à l’initiative

de l’Union Wallonne des Entreprises (UWE) pour un contact

avec la presse début juillet, les Présidents (1) des pôles de compétitivité

se sont réjouis que "pour la première fois depuis

longtemps en Wallonie, un jury de sélection ait travaillé de

manière exigeante certes, mais parfaitement indépendante

sur la qualité des dossiers soumis, indépendamment de toute

couleur politique ou de tout sous-régionalisme".

Une première en Wallonie

L’UWE a soutenu l’idée des pôles dès l’origine, en contribuant

activement au processus d’émergence et de mise

en place de ceux-ci. "L’association entreprises-universitéscentres

de recherche est une première en Wallonie, souligne

Didier Paquot, Directeur du département économique

de l’UWE. Elle devenait indispensable pour faire face à la

globalisation : l’innovation est de plus en plus nécessaire,

la recherche coûte de plus en plus cher, une valorisation

efficace et la plus rapide possible devient incontournable".

Didier Paquot (UWE) : "L’association

entreprises-universités-centres de

recherche est une première en

Wallonie".

Les pôles ne sont pas une invention : une

même philosophie sous-tend les programmes

cadres européens, et les différentes

initiatives de clustering dans les

pays industrialisés. Il devenait donc important

de constituer en Wallonie des réseaux

capables de donner une visibilité aux

acteurs wallons et la masse critique

nécessaire pour dialoguer, voire s’associer

avec leurs correspondants étrangers.

"Les acteurs ont appris à se connaître, à travailler

ensemble. Des grandes entreprises

ignoraient que des savoir-faire qu’elles

allaient chercher loin pouvaient être fournis

à côté de leurs portes. Les universités ne

connaissaient pas toutes les possibilités de

collaboration que pouvaient leur offrir les

entreprises wallonnes…", relève Didier Paquot.

Dans un temps record, une quinzaine de projets démarrera

début 2007, soit un an et demi après le lancement de

l’idée des pôles, et un après le lancement des appels à

projets. Une efficacité à souligner car elle a demandé les

efforts de tous, entreprises, universités, administrations,

gouvernement. Une mobilisation sans précédent !

Quel intérêt pour mon entreprise ?

Pour les entreprises qui souhaiteraient s’associer à cette

dynamique, il faut savoir qu’un deuxième appel à projets

est en préparation ; il sera clôturé en janvier 2007. Il est

donc plus que temps !

Notons que les pôles ne regroupent pas seulement des

entreprises issues des 5 domaines labellisés (sciences du

vivant, agro-industrie, transport/logistique, aéronautique/

spatial et génie mécanique). Toute entreprise pouvant

apporter des technologies, des produits, des services clés

pour le succès du pôle peut y participer.

Outre le fait de s’inscrire dans un réseau, l’intérêt de participer

à un pôle est également financier : les projets retenus

seront en effet financés à 70 % maximum pour les

PME et 50 % maximum pour les grandes entreprises. ||

Plus d’infos ?

Contacts UWE : Didier Paquot (didier.paquot@uwe.be) et Jean-Jacques

Westhof (jean-jacques.westhof@uwe.be) - 010/47.19.40

(1) Les pôles sont tous présidés par des industriels : Jean Stéphenne (GSK, pour le pôle des sciences du vivant), Philippe

Schleicher (Techspace, pour le pôle aéronautique-spatial), Jacques Crahay (Warcoing, pour le pôle agro-industrie), Niky

Terzakis (TNT, pour le pôle transport/logistique) et Pierre Mottet (IBA, pour le pôle du génie mécanique)


|| RECHERCHE 19

Un mini pôle de compétitivité

Des PME lancent une technologie unique au monde

Dynamisme Wallon Novembre 2006

Par Madeleine DEMBOUR

A Gembloux, Aseptic Technologies vient de lancer une machine révolutionnaire. Pour sa mise au point, les patrons

d’Aseptic ont «fait appel à l’équipe» : 6 autres PME ont participé au projet. Une sorte de mini pôle de compétitivité.

Christian Vandecasserie (Aseptic

Technologies) : "Accepter de

s’ouvrir à d’autres secteurs en leur

apportant sa propre expertise

donne l’opportunité de bâtir des

projets industriels d’envergure

internationale".

L’esprit du Plan Marshall

avant la lettre : c’est ainsi

que les journalistes ont

présenté le business

d’Aseptic Technologies,

PME de Gembloux qui

inaugurait le 11 octobre une

nouvelle unité de production.

L’entreprise a investi

plus de 45 millions d’euros

dans le développement

d’une technologie unique

au monde permettant le

remplissage de produits

pharmaceutiques injectables

dans des conditions

de sécurité optimale pour

le patient : une aiguille

perce le flacon préalablement

stérilisé et dispense le liquide ; le percement est aussitôt

ressoudé au laser.

La PME vient de vendre ses 2 premières machines, l’une

au Kentucky et l’autre à sa maison-mère de Rixensart, GSK

Biologicals. Le patron d’Aseptic, Christian Vandecasserie,

est en effet un ancien de GSK, où il a pu identifier le marché

de l’asepsie, et surtout se rendre compte qu’il faudrait

aller chercher ailleurs les compétences nécessaires à son

projet. Plusieurs entreprises wallonnes ont relevé le défi :

IBA, Lasea, Technord Automation et le CRIF, le centre d’excellence

de l’industrie technologique, avec le concours de

deux entreprises françaises (Rexam et Osyris). Aseptic a

également bénéficié du soutien de la SRIW à hauteur de

16,2% de son capital.

Ne pas rester cantonné dans son créneau

Pour Christian Vandecasserie, ce regroupement de sociétés

opérant dans des secteurs différents est un exemple

à suivre. "Dans le contexte actuel de mondialisation, il

s’agit d’une des pistes du succès industriel pour un pays

comme le nôtre. Ne pas rester cantonné dans son créneau,

mais accepter de s’ouvrir à d’autres secteurs en

leur apportant sa propre expertise nous donne l’opportunité

de bâtir des projets industriels d’envergure internationale".

Un avis entièrement partagé par Michel Foucart, patron de

Technord, l’une des PME embarquée dans l’aventure :

"jamais une PME comme la mienne ne se serait lancée

seule dans un tel projet. Nous partions d’une page

Michel Foucart (Technord) : "Jamais

une PME comme la mienne ne se

serait lancée seule dans un tel projet".

blanche, et en fédérant 6

PME, nous sommes arrivés

en un temps record à

mettre au point une

machine révolutionnaire".

L’enthousiasme est tel

que plusieurs partenaires

«remettent le couvert»

dans le cadre du pôle de

compétitivité Génie mécanique,

en particulier dans

un projet en nanotechnologies

utilisant le procédé

des flacons fermés.

Patrons de PME, allez-y !

Michel Foucart : "Je voudrais lancer un message aux

patrons de PME : les pôles de compétitivité, allez-y ! Outre

les aspects socio-économiques (création d’emplois et de

valeur ajoutée), le fait de travailler ensemble enclenche

une culture d’innovation dans toutes les fonctions de l’entreprise,

et pas seulement dans le département R&D.

C’est stimulant car nous apprenons aussi à travailler avec

les universités. Le volet formation est en outre très important

: les pôles y consacrent de grands budgets". ||

Qui va faire quoi ?

Réponses dans le numéro spécial

«Pôles» du mois prochain

Qui va faire quoi ? Avec qui ? Pour quel marché ? Pour

quelles retombées ? Les questions concernant les pôles

sont nombreuses. Raison pour laquelle la rédaction de

Dynamisme Wallon a prévu de consacrer le numéro de

décembre 2006 à ce thème.

Ce numéro sera rédigé en anglais. Pourquoi en anglais ?

Dans l’esprit du Plan Marshall, l’objectif est de faire connaître

la Wallonie et son tissu économique à un public international

et de mettre à disposition un outil de présentation de notre

région orienté «entreprises». Cette publication circulera via

les membres de l’UWE, sa Cellule Marketing International, les

attachés de l’AWEX et de la Communauté française, etc. tout

au long de l’année 2007. Nos journalistes expliqueront dans

quels secteurs la Wallonie entend se positionner dans les

années qui viennent, notamment par une présentation des

pôles de compétitivité. Rendez-vous en décembre !


20 EN COUVERTURE

Colloque «Transport & Logistique» de l’UWE

L’innovation au service de la performance

Dynamisme Wallon Novembre 2006

Par Vinciane PINTE

Trois mois après la labellisation par le Gouvernement wallon du Pôle de Compétitivité «Transport et Logistique»,

l’Union Wallonne des Entreprises (UWE) organisait un colloque sur l’enjeu de l’innovation dans ce secteur.

Directeurs d’entreprise, directeurs logistique, supply

chain managers ou toute personne impliquée dans le transport

et la logistique se sont donnés rendez-vous le 6

octobre dernier à Louvain-la-Neuve à l’initiative de la

Cellule Mobilité de l’UWE. Au menu : informations

concrètes sur l’innovation dans le secteur du transport et

de la logistique, moyens de s’y investir et témoignages

d’entreprises innovantes.

Niky Terzakis : "Notre capacité d’imagination est

notre seule limite"

Niky Terzakis, Managing Director de TNT Airways et

Président du Pôle de Compétitivité «Transport et Logistique»,

inaugurait le colloque en rappelant que "si la Wallonie a un réel

potentiel en matière de T&L, elle accuse cependant un retard

par rapport à ses concurrents directs, essentiellement sur les

systèmes de transport, le know-how et surtout le manque de

notoriété". Pour preuve : bien que la Belgique ait globalement

attiré 10% des nouveaux centres de distribution européens

entre 1997 et 2002, seuls 100 d’entre eux sont situés en

Wallonie contre 400 en Flandre…

Face à ce manque d’attractivité, Niky Terzakis a rappelé la

nécessité pour le secteur d’innover en profondeur et de se

différencier. Ce qui rejoint évidemment le rôle du Pôle dont

il a rappelé la stratégie générale : "Appuyer l’innovation, le

développement et la diffusion des connaissances, assurer

la promotion extérieure de la Wallonie et mettre en réseau

des acteurs du secteur, petits et grands".

Stéphane Waha représentait le National Contact Point pour

la Wallonie (NCP-Wallonie) qui assure le rôle de relais entre

la Commission européenne, les centres de recherche et les

entreprises wallonnes impliquées dans des programmes de

recherche européens. Il a présenté les opportunités offertes

au secteur Transport et Logistique par le 7 e Programme-cadre

de Recherche et Développement (FP7), qui couvrira la période

2007-2013 (www.ncpwallonie.be).

Evadix Logistics : l’e-novation technologique au

service de la logistique

Sébastien Fournier et David Desquiens présentaient

Evadix Logistics. Créée au départ pour assurer la distribution

et la diffusion des collections de l’éditeur Casterman,

l’entreprise allie aujourd’hui les compétences d'un logisticien

traditionnel et les atouts d'un système ERP

(Enterprise Resources Planning). "Nous faisons de l’e-logistique,

c’est-à-dire de la logistique à haute valeur ajoutée,

sans transport. Notre job n’est pas de bouger des palettes,

Jean-Marie Becker modérait le débat entre les orateurs et la salle.

mais bien de faire l’interface, de trouver la solution transport

la plus adéquate pour le client".

Michel Van Liefferinge et Michel Rousseau ont présenté

TransLogisTIC d’Alstom Belgium. Il s’agit d’un projet de

recherche d’envergure qui s’inscrit dans une stratégie à

long terme visant à développer un transport combiné complet

et performant en Wallonie et une logistique de qualité

à haute valeur ajoutée. "TransLogisTIC s’appuie sur des

acteurs wallons de premier plan reconnus internationalement

dans leur domaine respectif. Ce projet a pour objectif

le développement d’un ensemble de solutions nouvelles de

suivi et de traçabilité adaptées à la multimodalité".

Danny Pesch a quant à elle expliqué comment la société

Baxter saisissait chaque occasion possible pour adapter et

changer son propre environnement en mettant en œuvre

des solutions innovantes : "Changement de process, organisation

plus flexible du temps de travail, développement

d’outils de traçabilité, achat de nouveaux véhicules pour

optimaliser les volumes de chargement, etc. Le changement

et donc l’innovation est notre progrès permanent".

Tandis qu’Henry Maillard, Conseiller au Service public

fédéral Mobilité et Transports, a plaidé pour un "partenariat

durable entre les entreprises et les autorités publiques",

Marc Fourny, Administrateur délégué Acclivity et

Secrétaire général European Logistics Association, a décrit

le profil en évolution du Manager Logistique, "appelé à

assumer de nouvelles responsabilités, qui contribuent plus

directement au succès de l’entreprise".

Le colloque s’est terminé par un débat dont l’animation

avait été confiée à Jean-Marie Becker, administrateur

délégué du Cluster wallon T&L. ||

Retrouvez l’ensemble de ces interventions et les photos du colloque

sur le site www.uwe.be/mobilite


|| RECHERCHE 21

Le point sur les incitants

Fiscalité et réduction de coûts R&D ?

Dynamisme Wallon Novembre 2006

Par Charles CARLIER, Deloitte

Divers incitants fiscaux existent en faveur des investissements en R&D, qui restent un facteur prioritaire de la

croissance économique, notamment wallonne. Sans entrer dans le détail des mesures visées, Dynamisme Wallon met

l’accent sur l’impact concret de certains de ces incitants en termes de réduction de coûts fiscaux pour l’entreprise.

Déduction pour investissement en R&D et crédit d’impôt

Pour rappel, la déduction pour investissement en R&D est

un mécanisme par lequel, sous certaines conditions qui

sont précisées aux articles 69 à 77 du code des impôts sur

les revenus (ci-après, «CIR»), les bénéfices et profits sont

exonérés à concurrence de 14,5% (1) (ou 21,5% en cas de

déduction pour investissement étalée) de la valeur d’investissement

ou de revient de certaines immobilisations (2)

affectées à la R&D en Belgique. L’obtention de la déduction

suppose cependant l’activation au bilan des frais de

R&D concernés au lieu de la prise en charge immédiate qui

est trop souvent considérée, au premier abord, comme

plus avantageuse fiscalement dans la mesure où les frais

sont immédiatement et intégralement déduits de la base

imposable. Le tableau repris ci-dessous, qui tient compte

d’un effet d’actualisation, illustre qu’au contraire l’activation

couplée avec la déduction pour investissement est

avantageuse. Le tableau prend pour hypothèse un investissement

R&D de 10.000 euros amortissable sur trois ans.

Le taux d’imposition est de 33,99%.

Le tableau illustre que le choix de l’activation avec déduction

pour investissement permet un gain fiscal, pour

10.000 euros investis, de 3.779 euros ou 3.992 euros au

lieu de 3.399 euros en cas de prise en charge immédiate.

Il convient de noter qu’à partir de l’exercice d’imposition

2007 (revenus 2006), un mécanisme de crédit d’impôt est

mis en place, répondant aux mêmes conditions que la

déduction pour investissement (3) R&D, avec pour caractéristique

majeure d’être remboursable lorsqu’il n’a pas pu

être imputé durant cinq exercices d’imposition successifs.

Année 1 Année 2 Année 3 TOTAL

1. Gain fiscal prise 3.399 (10.000 3.399

en charge x 33,99%)

2. Gain fiscal 1.133 (10.000 1.095 (10.000 1.058 (10.000 3.286

amort. 3 ans x 1/3 x 1/3 x 1/3

x 33,99%) x 33,99% x x 33,99% x

1/(1+3,5%)) 1/(1+3,5%)^2)

Gain fiscal DPI 493 (10.000 493

14,5% x 14,5%

x 33,99%)

TOTAL DPI et Amort. 3.779

3. Gain fiscal 1.133 1.095 1.058 3.286

amort. 3 ans

Gain fiscal DPI 244 (10.000 235 (10.000 227 (10.000 706

21,5% x 1/3 x 1/3 x 21.5% x 1/3 x 21.5%

x 21.5% x 33,99% x x 33,99% x

x 33,99%) 1/(1+3,5%)) 1/(1+3,5%)^2)

TOTAL DPI et Amort. 3.992

Cette possibilité de réduction de l’impôt est dès lors particulièrement

intéressante pour les entreprises en situation

de pertes fiscales qui peuvent ainsi bénéficier de l’incitant

fiscal même lorsqu’elles ne peuvent pas profiter de l’avantage

de la déduction pour investissement (4) (qui entraine

quant à elle une réduction de la base imposable) en raison

d’une situation de pertes récurrentes.

Dispense de précompte professionnel

Une autre mesure visant à stimuler la R&D au sein des

entreprises est la dispense pour les employeurs de verser

la totalité du précompte professionnel afférent aux rémunérations

des personnes qui se consacrent à la recherche.

Par ce système, les entreprises ne sont redevables au

Trésor que d’une partie du précompte prélevé sur la rémunération

des différents chercheurs, sans aucun impact sur

le salaire net de ces derniers. Ce système permet dès lors

aux organisations occupant du personnel scientifique de

bénéficier directement d’un avantage financier. Cette dispense

de versement de précompte est généralement de

25%, pour des ingénieurs civils par exemple (5) . Elle peut

atteindre 50% dans des cas spécifiques comme celui des

chercheurs postdoctoraux occupés par le FNRS.

Exonération pour personnel supplémentaire

Enfin, rappelons l’exonération pour personnel supplémentaire

affecté à la R&D (6) . Cet incitant permet aux entreprises de se

voir réduire leur base imposable de 12.780 euros (7) par unité

de personnel supplémentaire recrutée, et affectée à temps

plein à la recherche scientifique, au développement

du potentiel technologique de l’entreprise,

à un emploi de chef de service des

exportations, ou encore à un emploi de chef

de service de la section Gestion intégrale de

la qualité. Cette exonération peut atteindre

25.570 EUR si la personne recrutée est un

scientifique hautement qualifié (8) . ||

(1) Pour l’exercice d’imposition 2007. En cas de déduction étalée, la déduction est, pour chaque

période, égale à 21,5% des amortissements admis sur les immobilisations concernées pour

l’exercice d’imposition 2007.

(2) Immobilisations corporelles acquises à l’état neuf ou constituées à l’état neuf et immobilisations

neuves.

(3) Voyez articles 289 quater et suivants CIR.

(4) Il est important de noter que le choix pour l’entreprise pour le crédit d’impôt est irrévocable

(article 289 quater alinéa 3 CIR).

(5) Pour de plus amples détails, voyez article 275 CIR.

(6) Voyez articles 67 et 67 bis CIR.

(7) Pour l’exercice d’imposition 2007.

(8) Voyez article 44 de l’arrêté royal d’exécution du CIR.


22 EN COUVERTURE

Prime d'innovation

Ou comment récompenser vos collaborateurs créatifs ?

Dynamisme Wallon Novembre 2006

Par Vinciane PINTE

La prime d’innovation a été lancée début 2006 afin d’encourager un esprit d’innovation au sein de l’entreprise. Cette

prime totalement nette (sans charges fiscales ni sociales) récompense les travailleurs qui formulent des idées

novatrices, porteuses de plus-value pour les activités de l’entreprise. Il s’agit là d’une opportunité exceptionnelle

offerte aux entreprises par l’accord interprofessionnel.

Vincent Reuter, Administrateur délégué de l’UWE, expose le principe de la

prime d’innovation lors d’une des séances d’information organisée par

l’UWE, la FEB et les Chambres de Commerce et d’Industrie

L’accord interprofessionnel prévoit la possibilité pour

chaque employeur d’octroyer en 2006 une prime aux salariés

qui formulent des idées portant sur une nouveauté ou

une innovation. Cette prime d’innovation est déductible

dans le chef de l’entreprise et exonérée de toute cotisation

de sécurité sociale et d’impôt des personnes physiques.

Elle est donc «nette» pour les deux parties. Une prime de

100 euros octroyée à un employé innovant coûte donc 100

euros à l’employeur.

A ce jour seul, 1 employeur sur 1.000 y a eu recours !

L’Union Wallonne des Entreprises (UWE), en collaboration

avec la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB) et les

Chambres de Commerce et d’Industrie, adresse un appel

pressant aux entreprises pour qu’elles fassent usage du

système de la prime d’innovation ou qu’elles en prennent

au moins connaissance. Toutes les entreprises ont en effet

à y gagner.

Quelles sont les innovations qui rentrent en ligne de

compte ? La définition de l’innovation est large. Elle couvre

tout à la fois les nouveaux produits (textile «caméléon»,

nouveaux composants électroniques, etc.), les services

(utilisation des NTIC dans l’aide à domicile, échanges d’information

avec ses clients via un site Internet sécurisé,

etc.) et les processus de fabrication et de l’environnement

de travail (automatisation d’une tâche, adaptation de processus,

etc.)

Cette définition extensive de l’innovation est confortée par

le fait que tout travailleur (exception faite des intérimaires

détachés), quelle que soit sa fonction, sa formation ou sa

position hiérarchique, peut prétendre à une prime d’innovation.

Cette prime ne remplace en aucun cas une rémunération

ou tout avantage dont le travailleur est redevable.

Trois conditions de base doivent être remplies : la nouveauté

doit apporter une réelle plus-value aux activités de

l’entreprise, l’innovation doit être le résultat d’une idée formulée

spontanément (et non liée à une origine extérieure,

un client par exemple) et doit être mise en œuvre dans

l’entreprise ou faire l’objet d’un prototype ou d’une

demande de fabrication de prototype.

Toutes les entreprises du secteur privé, c’est-à-dire soumises

à la loi du 5 décembre 1968 sur les conventions collectives

de travail et les commissions paritaires, peuvent

prétendre à la prime. Quant à la période de référence pour

la prime, elle doit avoir un lien clair avec l’année civile

2006. En d’autres termes, la plus-value générée par l’innovation

doit se faire ressentir en 2006.

Vous êtes convaincu et avez pris la décision d’introduire un

système de prime d’innovation dans votre entreprise ?

Comment devez-vous procéder dans la pratique ?

La démarche est très simple : Première étape, communiquez

votre décision au sein de votre entreprise. Vos collaborateurs

doivent être informés de manière claire et transparente

des critères et procédures.

Une fois le projet d’innovation clairement identifié, vous

devez introduire un formulaire descriptif standard à l’attention

du Service Public Fédéral Economie (SPF Economie),

lequel vérifie si les conditions de l’innovation sont remplies.

Comme en témoigne Francis Henry de Frahan, dont l’entreprise

a octroyé une prime d’innovation à un de ses travailleurs,

"il m’a fallu 30 minutes pour remplir ce formulaire et un seul clic

pour l’envoyer. Deux jours plus tard, je recevais une réponse

favorable du SPF par mail et octroyais sur le champ une prime

à l’ingénieur auteur de l’innovation". Pas de montagne administrative

et une rapidité évidente d’exécution, donc.

Notons au passage qu’à ce jour, 95,02% des demandes

introduites ont été validées.

Dans le mois suivant l’octroi de la prime, l’entreprise

veillera simplement à communiquer à l’ONSS les montants

et bénéficiaires de celle-ci. ||

Encore des questions ?

vinciane.pinte@uwe.be ou renaud.collette@mineco.fgov.be


|| RECHERCHE 23

Prime d'innovation

Ils l'ont fait !

L’UWE, la FEB et les Chambres de Commerce et d’Industrie ont organisé des séances d'information dans chaque

province wallonne pour faire mieux connaître le contexte de la prime. Lors de chaque séance d’information, un

entrepreneur en ayant bénéficié faisait part de son expérience.

Au sein de la Chambre de

Commerce et d’Industrie du

Luxembourg, Denis Rutot,

Administrateur délégué des

Châssis G. Hanin (Marcheen-Famenne),

a décrit le

projet d’innovation qui lui a

valu une prime : des copies

de panneaux de portes

anciennes en PVC. Il s’apprête

aujourd’hui à soumettre

au SPF Economie

deux autres projets: l'intégration

de vieux fers forgés

à l'intérieur des doubles

vitrages et un projet relatif à

des cloisons anti-balles résistant aux tirs des

«Kalachnikov», armes favorites des braqueurs de banques.

Jean-François Mahieu,

Administrateur de la s.a.

Lebrun (Nimy), spécialisée

dans la réfrigération industrielle,

a reçu une prime

d’innovation pour la mise

au point d’une unité de

conditionnement mobile.

"Il s’agit d’un système de

pulsion d’air plus puissant,

automatique et moins

bruyant que les produits

actuellement disponibles

sur le marché qui permet

de rafraîchir les avions.

Nous sommes en train de

le commercialiser".

La CCI de Namur recevait le témoignage

de Francis Henry de Frahan.

Pour l’Administrateur délégué de

Mecasoft, société de sous-traitance

en électroérosion située à Anhée,

"soit il existe des innovations depuis

toujours et il s’agit d’enfin les mettre

en valeur de manière officielle grâce

à ce système de prime. Soit il faut

informer, par une communication

claire, que chacun, à son niveau, a la

possibilité de recevoir une part du

gâteau lié à un esprit constructif

dans l’entreprise". S’il pense comme

beaucoup que le mot «innovation»

est inapproprié car élitiste, Francis

Henry de Frahan est d’ores et déjà décidé, si le système

de la prime est reconduit en 2007, "à calculer le montant

maximum du «gâteau» admissible et à ouvrir une sorte de

concours entre tous les travailleurs afin de faire une

remise de prix pour féliciter les idées novatrices apportées

par eux".

Eric Carnoy, Chief Executive Officer

de Samtech (Angleur), acteur de

renom sur le marché européen de

l’Ingénierie Assistée par Ordinateur,

clôturait ce roadshow wallon par un

témoignage sur le projet Caesam

pour lequel il a obtenu une prime

d’innovation. Il s’agit de la création

d'une plate-forme logiciel d’intégration

d'outils métier qui comporte de

nombreuses innovations technologiques.


24 EN COUVERTURE

Image et notoriété pour les entreprises

Six parcs scientifiques misent sur «l’effet réseau»

Dynamisme Wallon Novembre 2006

Propos recueillis par DEMBOUR

Pris individuellement, un parc scientifique n’a guère de chance d’accéder à une stature internationale. Raison pour

laquelle 6 parcs scientifiques wallons ont décidé de se mettre en réseau. Nom de code : SPoW, pour Science Park of

Wallonia.

Né il y a 4 ans, le réseau des parcs

scientifiques wallons compte près de 400

entreprises dont 57 spin-offs universitaires,

et environ 10.000 emplois. Baptisé SPoW

(pour Science Park of Wallonia), ce réseau

regroupe actuellement 6 parcs scientifiques

situés à Louvain-la-Neuve, au Sart-Tilman à

Liège, à Gembloux, Gosselies, Mons et

Enghien (ces 4 derniers parcs étant respectivement

surnommés Créalys, Aéropole,

Initialis et Qualitis).

Dynamisme Wallon rencontré Michel

Morant, Président du réseau SpoW, pour

discuter avec lui de la valeur ajoutée du

concept.

Pour une entreprise, quelle est la réelle valeur de

l’étiquette «parc scientifique» ?

Michel Morant : Le fait de réunir sur un périmètre assez

réduit des entreprises dont la recherche est une préoccupation

permanente crée une communauté d’intérêt. Dans

nos parcs, c’est le cas de 80% des entreprises. Quand

nous organisons des rencontres sur la thématique de l’innovation,

par exemple, nous enregistrons directement un

intérêt beaucoup plus grand que dans une zone d’activités

Michel Morant : "Le fait de réunir

sur un périmètre assez réduit des

entreprises dont la recherche est

une préoccupation permanente

crée une communauté d’intérêt".

© Tilt photographie

«normale». Cela crée un certain esprit, une

certaine dynamique que l’on ne retrouve

pas ailleurs. Des opportunités de collaboration

apparaissent…

Existe-t-il un «cahier des charges» commun

aux parcs scientifiques wallons ? Si

oui quelles en sont les grandes lignes ?

Il y a plusieurs critères qui jouent. D’abord

nous sommes assez sélectifs sur le caractère

technologique des entreprises que

nous accueillons. Au total nous visons à

avoir plus de 80% d’entre elles inscrites

dans un processus d'innovation.

Une autre dimension essentielle a trait à la

dynamique de transfert technologique :

concrètement, cela signifie que les parcs entretiennent un

lien avec un ou des organismes d'intermédiation scientifique,

comme une interface universitaire, un Centre européen

d’Entreprise et d’Innovation…

Enfin nous attachons de l’importance aux infrastructures

offertes, qui doivent être spécifiquement high-tech : incubateurs,

centres d'entreprises avec labos, plates-formes

d'équipements scientifiques à disposition des entreprises…

Tissez des liens

avec d’autres acteurs de l’innovation

Le 14 décembre après-midi

Le développement technologique est un cheval de bataille

pour votre entreprise ? Savez-vous que l’innovation informatique

est la raison d’être de nombreux laboratoires et

centres de recherche… Le réseau des parcs scientifiques

souhaite vous réunir lors d’un vaste forum organisé le 14

décembre 2006. Une après-midi pour mieux connaître les

compétences qui peuvent disponibles en Wallonie.

Concrètement ? Les entreprises intéressées pourront

s’inscrire sur le site www.spow.be. La participation est

gratuite. Des rendez-vous «à la carte» avec des laboratoires

et centres de recherches correspondant à leur profil et

projets seront préparés dans le cadre de l’événement.


|| RECHERCHE 25

Avez-vous un benchmark, une sorte de modèle idéal

à l'étranger ? Lequel ?

Nous avons beaucoup d’interaction avec le Québec, qui a

mis sur pied un modèle à peu près similaire au nôtre, ce

qui crée des opportunités de rencontres et d’échanges…

En Allemagne, il y a des réalisations très intéressantes du

côté d’Aachen et de Karslruhe, de même qu’à Lausanne,

en Suisse. En France le modèle le plus célèbre est

SofiaAntipolis, mais avec une taille à la mesure du pays

évidemment, doublé du fait que la région «Côte d’Azur»

présente une forte attractivité et est dotée d’un profil

beaucoup plus high-tech que la Wallonie. En Espagne, ces

10 dernières années, les villes de Bilbao et de Barcelone

ont aussi réalisé de très belles choses.

Les parcs scientifiques wallons sont-ils connus à

l’étranger ?

Nous sommes en discussion avec l’International

Association of Science Parks pour que notre modèle soit

introduit et reconnu au niveau international. Cela donne de

la visibilité à la Wallonie. Nous sommes animés d’une

démarche de progrès, les choses bougent…

Reste-t-il de la place pour une entreprise qui souhaiterait

s’installer dans un parc scientifique ?

Oui, il reste des places. Plusieurs parcs planchent sur des

projets d’extension. N’hésitez pas à nous contacter. ||

Olivier de Wasseige

Des liens privilégiés avec la recherche

Olivier de Wasseige, vous êtes Administrateur délégué de

Defimedia, une PME située dans le parc scientifique de

Gembloux. Quelle est la valeur ajoutée, pour votre

entreprise, d'être située dans ce parc, par rapport à une

localisation dans une zone d'activités classiques ?

Olivier de Wasseige : Par rapport à une zone d'activités

classiques, un parc scientifique nous offre les avantages

suivants : d'une part l'environnement est constitué d'immeubles

de bureaux, qui ne sont pas 'perdus' au milieu

d'une activité industrielle ; ensuite, l'homogénéité et la

complémentarité entre 'locataires' d'un parc scientifique

facilitent le réseautage. Cela favorise aussi des liens privilégiés

et coordonnés avec des institutions de recherche,

notamment lorsque la ou les thématiques présentes et promues

sur le parc (TIC par exemple) favorisent une collaboration

regroupée. Aussi parce que les gestionnaires du parc

peuvent mieux cibler les services à rendre aux entreprises,

de par l'uniformité de leurs demandes (assistance, services

communs, télécoms, ...). Enfin, la visibilité des grandes

entreprises présentes rejaillit plus facilement sur les petites,

grâce à l'homogénéité.


|| DÉVELOPPEMENT DURABLE 27

Développement Durable

Au-delà des poncifs…

Dynamisme Wallon Novembre 2006

Si le développement durable

est par définition lent à mettre

en place, il n'en reste pas

moins que la Belgique et la

Wallonie progressent sur ce

terrain. Dynamisme Wallon fait

le point dans ce dossier, en

examinant les répercussions

du développement durable

pour les entreprises.

© belpress.com - Banque d’images en ligne

1. Le 3 octobre 2006, Philippe

Defeyt, fondateur du parti Ecolo

et administrateur de l'Institut

pour un Développement Durable

(IDD) était l'invité du groupe de

travail «Développement Durable»

de l'UWE

2. Francis Carnoy (CCW) coordonne

la plate-forme «Constru-Futur»,

qui a l’ambition de "positionner la

Wallonie comme région de pointe

dans les technologies de la

construction à l’horizon 2030".


28 FOCUS

Brice Lalonde

Développement durable : repenser les poncifs

Dynamisme Wallon Novembre 2006

Par Madeleine DEMBOUR

Brice Lalonde prône une écologie qui n'a pas peur du progrès économique et qui fait davantage appel à l'initiative et à la

responsabilité des citoyens. Une écologie au service de projets d'avenir, qui fait confiance aux professionnels de

l'environnement plutôt qu'aux doctrinaires.

Brice Lalonde, ancien Ministre français de l’Environnement

et créateur du Mouvement «Génération Ecologie»,

était le 26 octobre dernier à Liège dans le cadre du Salon

Initiatives. "Je ne sais pas très bien ce qu’est le développement

durable", a-t-il commencé par avouer. Pour lui, cette

notion à peine trentenaire ne peut pour l’instant rivaliser avec

des concepts d’économie bien installés, datant pour la plupart

d’Adam Smith.

Brice Lalonde, ancien Ministre

français de l’Environnement,

fondateur des «Amis de la Terre»

et créateur du Mouvement

«Génération Ecologie», auteur de

plusieurs ouvrages dont le plus

récent «L’écologie en bleu».

Regardant loin en arrière, l’auteur de l’ouvrage «L’écologie au

bleu» situe la première rupture de développement il y a 10

000 ans : "après une longue période de chasseurs-cueilleurs,

voilà que la population du globe passe à 6 millions d’habitants,

que le gibier se raréfie… Alerte ! Un nouveau mode de

vie doit être inventé, celui de l’agriculture et de la sédentarisation".

Et puis la vie continue… jusqu’à ce que le développement se

trouve de nouveau en panne. "C’est l’ère de la révolution

industrielle, on réorganise le monde, on invente le marché, la

monnaie, la démocratie … Cela marche pendant trois siècles,

et puis maintenant on se trouve à nouveau coincés, avec 6

milliards d’êtres humains. On ne sait pas bien quoi faire…

alors on énumère les risques et les menaces !"

La conception «risques et menaces»

Cette conception du développement durable «risques et

menaces» est celle des poncifs, dont Brice Lalonde – on

l’aura compris – n’est pas un adepte :

13 personnes de plus dans le monde

toutes les 5 secondes, autant de surface

de terre qui disparaît chaque jour,

les espèces animales et végétales

menacées, les chiffres de mortalité

infantile etc. "Le problème est que

nous vivons à l’ère des spécialistes,

des gens extrêmement forts dans des

domaines de plus en plus étroits. Or

nous avons besoin de gens capables de

relier les choses entre eux".

Faut-il pour autant être pessimiste ?

Brice Lalonde salue les avancées la gouvernance mondiale,

née après la guerre avec les Nations Unies, la création de

l’Union européenne, la grande conférence «Une seule terre»

de Stockholm en 1972, l’émergence du concept de pollueurpayeur,

le Sommet de la Terre de Rio en 1992 et la signature

de deux traités qualifiés «d’invraisemblables» (car impossible

à refaire aujourd’hui) par l’orateur : le climat et la bio-diversité.

"Cette conception de gouvernance, c’est-à-dire l’idée

La notion de responsabilité

élargie du producteur est

attirante pour le législateur,

mais après tout le consommateur

est co-responsable, il n’est pas

obligé d’acheter !

selon laquelle c’est aux gouvernements de régler les choses

– s’est effritée. A présent on demande aux entreprises et aux

citoyens d’agir".

Un modèle largement inspiré par la gestion des risques, et

les mésaventures rencontrées par des entreprises comme

Union Carbide, Shell ou Nike, qui ont été fragilisées du jour

au lendemain. "Les entreprises se sentent fragiles, elles font

des exercices de risques, elles savent qu’avec internet la

moindre nouvelle fait le tour de la terre en quelques heures".

Attention à la responsabilité élargie

du producteur

A noter aussi, l’effervescence mise par

une cinquantaine d’organismes à travailler

sur les indicateurs de bien-être,

comme le nombre d’agressions dans

les transports en commun, la consommation

de tranquillisants…"Ce genre de

calcul est intéressant, mais quid ?

Toute cette recherche, un brin utopiste,

ne sera pas possible sans l’émergence

d’un nouveau concept juridique : celui

de la responsabilité élargie du producteur : celui qui met un

produit sur le marché en sera responsable du début à la fin,

même une fois le produit acheté et jeté".

"Attention, prévient Brice Lalonde, cette notion de responsabilité

élargie du producteur est extrêmement attirante pour le

législateur, mais après tout le consommateur est tout de

même co-responsable, il n’est pas obligé d’acheter !"


Aidés par une nouvelle génération de technologies

Des villes ont leur agenda de développement durable, les banques

demandent des critères écologiques aux entreprises, les assurances

s’inquiètent des conséquences néfastes des canicules, des sécheresses,

des cyclones… Ce mouvement devient extrêmement puissant

et, on le sent, l’économie commence

progressivement à prendre

le chemin de l’écologie. "Après les

entreprises, l’agriculture s’y met

aussi, en ordre un peu dispersé. En

revanche, pour moi, le gros problème

se situe au niveau des transport

: va-t-on imposer des normes

CO 2 aux avions ? Va-t-on limiter les

déplacements ? Ca va venir, même

si on ne sait pas comment… !",

annonce Brice Lalonde.

Nous vivons à l’ère des

spécialistes, des gens très forts

dans des domaines de plus en

plus étroits. Or nous avons besoin

de gens capables de relier les

choses entre eux.

Pour atteindre notre nouveau modèle de développement, nous

sommes aidés par une nouvelle génération de technologies, comme

par exemple les téléphones sans fil qui permettent l’économie de

réseau câblé dans les pays émergents.

Le caractère innovant est très important : faire plus avec moins, plus

léger, plus recyclable, moins bruyant, moins polluant…Cette tendance

l’emportera et, pour Brice Lalonde, " l’aventure humaine n’est pas finie

et je pense qu’un jour ou l’autre elle s’en ira vers les étoiles".||

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|| DÉVELOPPEMENT DURABLE 29

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Brabant wallon

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Architecture

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Fondateur de la PME «Atelier d'Architecture

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de Genval», l'architecte André Jacqmain (85

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ans) vient de se voir attribuer le grade de

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Commandeur par l'Ordre français des Arts et

.................................

des Lettres. Né en 1967, l'Atelier d'Architecture

.................................

de Genval s'est rapidement mis en évidence

.................................

par ses réalisations prestigieuses en région

.................................

bruxelloise, plus précisément dans trois quartiers

: autour de la place Stéphanie (commerce

.................................

.................................

de luxe), à Bruxelles-Nord (bâtiments d'affaires)

et dans le quartier européen (le

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.................................

Parlement européen notamment). Dans le

.................................

reste du Royaume, l'Atelier signe, entre autres,

.................................

les bâtiments entourant la Place des Sciences

.................................

à Louvain-la-Neuve, le Golf Club de la Bawette,

.................................

la Maison communale de La Hulpe, le Diamant

.................................

Centrum à Anvers, etc. A l'étranger, il s'est

.................................

illustré par la réalisation du pavillon belge lors

.................................

de l'exposition universelle d'Osaka en 1970, de

.................................

la tour Sozacom à Kinshasa, de 75 maisons à

.................................

Ibiza… et est aujourd'hui très actif dans les

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pays baltes et en Hongrie (hôtels, immeubles

.................................

d'habitation, bureaux…) L'Atelier d'Architecture

de Genval occupe une trentaine de

.................................

.................................

personnes.

.................................

.................................

.................................


30 FOCUS

Rencontre «Energie» avec Philippe Defeyt

La lenteur des décisions incompatible

avec l’évolution technologique

Dynamisme Wallon Novembre 2006

Compte-rendu par Cécile NEVEN

«Comment le concept de développement durable s’intègre-t-il ou devrait-il être intégré dans l’élaboration de la politique

énergétique wallonne ?» Tel était le thème de la rencontre avec Philippe Defeyt, invité par l’UWE le 3 octobre dernier.

Le moins que l’on puisse dire (écrire), est que certains patrons ressentent un «malaise» par rapport à l’évolution de la

politique énergétique en Wallonie.

Rencontre «énergisante», le 3

octobre dernier : Philippe Defeyt était

l’invité du Groupe de Travail développement

durable de l’UWE. Economiste de

formation, le fondateur du parti Ecolo a

rejoint en 2003 l’Institut pour un

Développement Durable, dont il est à

présent administrateur. Le thème de

l’énergie était à l’ordre du jour de la rencontre.

Les entreprises, inquiètes à plusieurs

égards de l’évolution de la politique

énergétique en Région wallonne, ont

fait part de leurs préoccupations.

Des mesures politiques

contradictoires

D’une part, à l’heure où la Wallonie doit

avoir une politique énergétique intelligente

et cohérente sur le long terme,

certaines mesures prises par le

Gouvernement wallon apparaissent

contradictoires. Du point de vue industriel,

on retiendra deux exemples :

• la co-incinération, soutenue lorsqu’elle constitue une avancée

du point de vue énergétique, est taxée par ailleurs

dans le cadre de la révision de la fiscalité des déchets ;

• le pouvoir politique engage les industriels dans une

démarche volontaire d’amélioration de leurs efficacité

énergétique, par le biais des accords de branche, et parallèlement,

leur impose des augmentations considérables de

leur facture d’électricité, avec pour objectif avoué le soutien

des énergies renouvelables, alors que consommer

moins est toujours préférable à consommer vert.

D’autre part, si les industriels relèvent l’intérêt d’un

Gouvernement wallon où les compétences en aménagement

du territoire et en énergie sont regroupées au sein d’un

même cabinet ministériel – il est évident que les choix faits

en aménagement du territoire auront encore des conséquences

dans des dizaines d’années – ils sont conscients du

faible degré de liberté du Gouvernement, faible degré qui

n’empêche toutefois pas que des décisions inopportunes

puissent être prises. Que mettre en place pour que les

Gouvernements successifs prennent leurs décisions en

connaissance de cause, après avoir suffisamment étudié les

conséquences à long terme de leurs décisions ?

Philippe Defeyt : "La Wallonie possède un réel

potentiel de créativité et de recherche : il faut

identifier ces domaines et les soutenir, sans quoi la

Région continuera de s’appauvrir structurellement".

La difficulté de voir «à 360 degrés»

Non sans avoir préalablement relevé un

véritable manque de «culture énergétique»

fort répandu (méconnaissance

du fonds, confusion de notions, etc.),

Philippe Defeyt relève l’absolue nécessité

d’une analyse fonctionnelle

(input/output) de la situation. Les données

habituellement présentées ne

permettent pas une vision «à 360

degrés». Trop peu d’écologistes réfléchissent

par exemple en termes

d’«énergie grise», c’est-à-dire d’énergie

«contenue» dans le produit. Un

exemple : certes un PC portable

consommera de l’énergie pour fonctionner,

mais il faut aussi comptabiliser

l’énergie qu’a nécessité sa fabrication.

Il insiste également sur l’importance

mésestimée de l’effet rebond qui, dans

l’exemple des déplacements en voiture,

absorbe largement les efforts réalisés en

matière de consommation de carburants :

moins de carburant par km parcouru

mais plus de déplacements au total.

La lenteur à prendre des décisions est parfois incompatible

avec la rapidité de l’évolution technologique. La décision relative

aux biocarburants s’avère être, selon Philippe Defeyt, une

erreur : on sait maintenant que les cultures qui y sont liées ne

sont pas durables du point de vue environnemental au-delà de

2010 en Europe, et qu’elles devraient être remplacées par des

cultures liées à la production de bioéthanol cellulosique ou

d'autres formes d'exploitation de la biomasse.

La dépendance énergétique de l’UE en 2030 sera de 90% pour

le pétrole et de 80% pour le gaz naturel. Philippe Defeyt rappelle

ainsi qu’il faut bien garder à l’esprit que ce sont «les autres» qui

ont les cartes en main pour la production d’énergie.

Sortir d’une vision classique

Quelles solutions ? Philippe Defeyt envisage quelques pistes :

analyser les points forts de la Wallonie en matière de production

d’équipements et de composants ; mieux optimaliser

le dimensionnement des équipements ; limiter drastiquement

le transport ; simplement «faire attention», c’est-à-dire

mettre en œuvre le réservoir immense de mesures sans

aucun ou faible apport technologique nouveau ; adopter


|| DÉVELOPPEMENT DURABLE 31

d’autres modes de communication (téléconférence,…) ;

poursuivre les accords de branche, au vu des retombées intéressantes

du point de vue des discussions qui entourent la

définition des objectifs.

La Région wallonne possède un réel potentiel de créativité et de

recherche : il faut identifier ces domaines et les soutenir, sans

quoi la Région continuera de s’appauvrir structurellement. Les

exemples existent : production de bioéthanol cellulosique avec

des OGM, voire même à terme des micro-organismes artificiels,

l’utilisation de déchets dans les cimenteries, la micro-cogénération

dans des bâtiments collectifs (piscines, hôpitaux...)

«On travaille à l’émotion»

Pour assurer la continuité et la cohérence de la politique énergétique,

il serait opportun, comme l’affirme Philippe Defeyt,

que le Gouvernement associe l’opposition parlementaire aux

travaux et décisions, mais cette solution paraît peu réaliste.

Les participants s’accordent à reconnaître à la fois une

capacité d’innovation fabuleuse à l’échelle mondiale, et une

Si, dans les années 70, le graphique suivant avait été montré,

personne n’y aurait cru. Il représente, sous forme de «négajoules»,

la quantité d’énergie qui aurait été consommée, toutes autres

choses restant égales, si l’on avait conservé la même efficacité

énergétique depuis 1971. Il démontre combien celle-ci s’est

améliorée en 30 ans.

capacité d’adaptation et d’intégration beaucoup trop lente de

la Région wallonne à ces changements. Et Philippe Defeyt de

conclure sur une note positive : ne jamais sous-estimer la

capacité technologique de répondre à nos enjeux. ||

L’UWE et le développement durable

Il y a 4 ans, l’UWE mettait en place un Groupe de Travail consacré au développement durable. Présidé par Jean-Marie Postiaux

(Solvay), ce Groupe est ouvert à tous les membres de l’UWE. Il a pour mission de procéder de façon concertée et consensuelle

à la mise en pratique du concept de développement durable pour l’UWE et ses membres.

Un exemple concret : le «set d’indicateurs» qui a pour objectif d'aider les entreprises à se situer en matière de développement

durable. Le principe est de construire un indicateur global sous forme d'une «cotation» par rapport un état idéal, qui agrège les

chiffres de l'entreprise dans 15 indicateurs, sélectionné pour leur disponibilité et pertinence et répartis en trois piliers : économique,

soci(ét)al et environnemental.

L’UWE organise aussi, dans le cadre de ce Groupe de Travail, des conférences suivies d’un échange d’idées, sur des thèmes

d’actualité qui préoccupent les entreprises.

Plus d’infos ? - Cécile Neven : 010/47.19.41, cecile.neven@uwe.be

- Set d’indicateurs : www.uwe.be/indicateursDD


32 FOCUS

Tour d’horizon de «qui fait quoi»

Belgique et Wallonie : ça bouge

Dynamisme Wallon Novembre 2006

Par Marie d'HUART, CAP Conseil

Chaque année, Dynamisme Wallon consacre un numéro spécial au développement durable et à ses répercussions pour les

entreprises. Si le développement durable est par définition lent à mettre en place, il n'en reste pas moins que la Belgique

et la Wallonie progressent sur ce terrain. En témoignent quelques dossiers récents, à plusieurs niveaux : international,

européen, belge et wallon. Tour d’horizon.

Commençons par l'international : les négociations sur

l'élaboration de la future norme ISO 26000 sur la responsabilité

sociétale des organisations sont l'occasion d'un dialogue

intense entre ce qu’il est convenu d’appeler «les parties prenantes».

Ce dialogue cherche encore à lier le développement

durable à la démarche de responsabilisation de toute organisation.

Le deuxième draft, diffusé mondialement le 10 octobre,

augure d'un texte long, aux terminologies encore floues,

mais emprunt de tensions nord-sud et d'un lobby industriel

très organisé. Le texte est disponible sur www.iso.org/sr.

La participation belge à ces travaux est assurée par une délégation

désignée par l'IBN, Institut Belge de Normalisation,

interlocuteur unique d'ISO dans notre pays. Toute contribution

à la réflexion au niveau belge est à leur adresser.

L'Europe en tension entre social, économique et

environnement

Au niveau européen, la deuxième mouture de la Stratégie en

faveur du développement durable a vu le jour en juin 2006

(http://ec.europa.eu/sustainable/docs/renewed_eu_sds_fr.pdf).

Là aussi, l'influence de l'industrie se fait sentir puisqu'après

de longs efforts de concertation sous forme de tables rondes

thématiques, le texte dégage 7 défis-clés et les objectifs

chiffrés, les objectifs opérationnels et les mesures correspondants

- parfois lourdement critiqués par la société civile.

1. Changement climatique et énergies propres

2. Transport durable

3. Consommation et production durables

4. Conservation et gestion des ressources naturelles

5. Santé publique

6. Inclusion sociale, démographie et migration

7. Pauvreté dans le monde et défis en matière de développement

durable

Cette stratégie européenne trouve un écho direct dans

chaque pays membre, prié de développer sa propre stratégie

nationale. En Belgique, c'est à la CIDD (Conférence interministérielle

du développement durable) qu'incombe la rédaction

de la stratégie nationale de développement durable. Face

à la complexité de la réalité belge, un compromis typique a

été trouvé : dans le respect du principe de subsidiarité, sans

doublement de consultations ni de stratégies, la CIDD a présenté

un texte-cadre commun au fédéral, aux régions et aux

communautés. Chacune des entités doit rédiger un texte

stratégique de développement à son niveau, à charge pour la

CIDD de les concentrer en un texte qui deviendra la stratégie

Au niveau wallon, la responsabilité de rédiger la stratégie « développement

durable » a été déléguée au Ministre Benoît Lutgen. Un texte est attendu pour

le printemps 2007.

nationale belge. Les rédacteurs ont été invités à associer la

société civile et les pouvoirs locaux à leurs travaux. Au niveau

fédéral, les réflexions se basent sur les 7 défis européens. La

Flandre a rédigé son texte. Quant à la Wallonie, sa démarche

est expliquée plus loin dans cet article.

Constitution, cadre de référence, stratégie : la Belgique

bouge!

"Dans l’exercice de leurs compétences respectives, l’État

fédéral, les communautés et les régions poursuivent les objectifs

d’un développement durable, dans ses dimensions sociale,

économique et environnementale, en tenant compte de la solidarité

entre les générations". Tel est rédigé le nouvel article

7bis de la Constitution belge, traitant du nouveau Titre Ier bis

intitulé «Des objectifs de politique générale de la Belgique

fédérale, des communautés et des régions». Depuis juillet

dernier, le développement durable est inscrit comme principe

intégrateur pour guider toutes les politiques.

Concrètement, chaque pouvoir public, de la commune à

l’État est invité à prendre des décisions susceptibles d’intégrer

une dimension «développement durable», celle-ci

devant donc être comprise comme une notion fondée sur

trois composantes, économique, sociale et environnementale.

L’objectif poursuivi est d’éveiller les consciences sur les

responsabilités qui incombent à chaque citoyen et d’abord au


|| DÉVELOPPEMENT DURABLE 33

pouvoir public, en consignant dans la Constitution un mode

de gouvernance qui s’inscrit dans le long terme et dans une

perception globale et intégrée.

Dans le même temps et au fédéral toujours, la Secrétaire

d'Etat au développement durable et à l'économie sociale a

publié en avril un «Cadre de référence sur la responsabilité

sociétale des entreprises» : ce document met en pratique

l'action 31 du plan fédéral de développement durable 2004-

2008, qui demandait aux autorités belges d'offrir un cadre et

un soutien aux entreprises belges en matière de développement

durable. Et de fait, ce texte présente, outre une section

terminologique et quelques précisions sur ce qu'est et ce

que n'est pas la RSE, une série de soutiens potentiels que

les pouvoirs publics sont en mesure d'apporter aux entreprises

désireuses de s'engager sur la voie de la RSE. Si ce

texte attend un plan d'action, annoncé pour la fin de cette

année, il constitue en soi une première tant par la définition

officielle de la RSE en Belgique que par le processus qui a

permis sa rédaction: une consultation de 46 parties prenantes

qui a permis une modification considérable du premier

draft: voir www.cidd.fgov.be/pub/PL200404/PL200404fr.pdf.

Wallonie: lentement mais sûrement ?

Au niveau wallon, la responsabilité de rédiger ce texte a été

déléguée par le Ministre-Président à Benoît Lutgen, Ministre

en charge de l'environnement, du tourisme et de l'agriculture.

Délibérément concertative et en rapport étroit avec les

différents textes et politiques en place, le travail de rédaction

devrait accoucher d'un texte au printemps 2007. Les conseils

consultatifs et les villes et communes sont impliqués très en

amont afin de faire de cette stratégie un texte pragmatique,

résolument orienté vers l'action et le citoyen. Un défi de taille

face à l'abondance (et à la redondance?) de nombre de textes

de référence, stratégies et plans d'actions déjà promulgués

en Wallonie : à suivre donc.

http://rse.wallonie.be : qui pouvait prédire que le Ministre

Marcourt mettrait sur pied un site web dédié à la responsabilité

sociétale des entreprises? Pendant de son équivalent

flamand www.mvovlaanderen.be, ce site en pleine construction

porte en lui les prémices d'une base d'information utile

et complète en la matière. Tout juste peut-on déplorer que

cette initiative s'inscrive dans un contexte wallon tant les

documents, les outils, les exemples et les acteurs dans ce

domaine sont encore rares et souvent référencés au niveau

belge, voire européen. Le rapprochement entre ces différentes

initiatives fait l'objet de demandes récurrentes,

comme l'a encore illustré l'élaboration du cadre de référence

sur la RSE mentionné plus haut.

Ce tour d'horizon des initiatives concernant le développement

durable et sa déclinaison pour les entreprises démontre

une réelle activité au niveau institutionnel. Si ce contexte est

bon à savoir, leur réel succès se verra sur le terrain, lorsque

entreprises et citoyens seront concrètement impliqués à

mettre en œuvre leur part de responsabilité, dans un objectif

clair et partagé par tous. ||


34 FOCUS

Nouvelle plate-forme pour la construction du futur

A quoi ressemblera votre maison en 2030 ?

Dynamisme Wallon Novembre 2006

Par Madeleine DEMBOUR

Positionner la Wallonie comme région de pointe dans les technologies de la construction

à l’horizon 2030 : telle est l’ambition de la plate-forme «Constru-Futur» récemment créée par

2 fédérations patronales et 4 Centres de recherche.

Le changement climatique, les contraintes environnementales,

le vieillissement démographique et la croissance de la

mobilité induiront des changements considérables dans la

conception et la réalisation des bâtiments et infrastructures.

Le secteur de la construction au sens large (10% du produit

intérieur brut wallon et 15% de l’emploi privé) ne pouvait

«rester de marbre» face à tous ces enjeux. La réponse a été

donnée fin septembre, via la constitution de la plate-forme

«Constru-Futur» (1) , qui a l’ambition de "positionner la Wallonie

comme région de pointe dans les technologies de la

construction à l’horizon 2030 ". Il s’agit de concevoir et

promouvoir des ouvrages durables, conviviaux, performants

et intelligents à l’horizon 2030 (bâtiment, mobilité, urbanité,

environnement) et contribuer à leur concrétisation en inscrivant

les entreprises dans l’évolution technologique et environnementale

à moyen et long terme.

"Il nous a paru opportun, dans la foulée du Plan Marshall proposé

fin août 2005, de constituer une plate-forme spécifique

au secteur de la construction pour voir comment venir en

appui aux objectifs de redéploiement de l’économie

wallonne", explique Francis Carnoy, coordinateur de cette

nouvelle plate-forme qui entend aussi venir en appui des initiatives

européenne et fédérale.

Les 6 initiateurs de «Constru-

Futur» entendent renforcer le rôle

de la construction comme domaine

innovant, producteur de valeur

ajoutée et créateur d’emplois. Le

potentiel stratégique sectoriel est

en effet considérable : performance

énergétique des bâtiments,

renouvellement urbain, logements

adaptés pour personnes âgées,

assainissement des eaux et des

sols, prévention des inondations,

Francis Carnoy (CCW) : "Notre

plate-forme s’inscrit en appui

des objectifs de redéploiement

de l’économie wallonne"

applications domotiques et bureautiques, infrastructures de

transports innovantes (minimisation des coûts externes),

sécurité routière, matériaux et procédés innovants, recyclage

des matériaux, protection de la santé, techniques d’insonorisation…

||

Une initiative privée

Deux fédérations patronales et 4 centres de recherche figurent

parmi les fondateurs de «Constru-Futur» :

• la Confédération Construction Wallonne (CCW), qui fédère

elle-même une vingtaine de fédérations de métier;

• l’association des Producteurs de Matériaux de Construction

(PMC), qui regroupe une douzaine de fédérations

industrielles;

• le Centre Scientifique et Technique

de la Construction (CSTC) ;

• le Centre de Recherches Routières

(CRR) ;

• le Centre de Recherches de

l’Industrie Cimentière (CRIC) ;

• le Centre de Recherches de

l’Industrie de la Céramique/Institut

Interuniversitaire des silicates, sols

et matériaux (CRIBC/INISMa).

© belpress.com - Banque d’images en ligne

Le but de «Constr-u-Futur» est de

concevoir et promouvoir des

ouvrages durables, conviviaux,

performants et intelligents à

l’horizon 2030 (bâtiment, mobilité,

urbanité, environnement)

(1) «Plate-forme pour l’innovation, le développement durable

et la qualité de vie dans la construction en Wallonie et en

Communauté française».


Mission de la «grappe sidérurgique»

Sept PME vendent leur savoir-faire en Chine

Sept PME se sont présentées «en grappe» à la récente mission chinoise

organisée par l’Agence wallonne à l’Exportation. Avec un véritable marathon

au programme : 6 sites différents en 5 jours !

RUBRIQUE || EXPORTATION 35

Dynamisme Wallon Novembre 2006

Par Madeleine DEMBOUR

La Chine, la Chine ! Deuxième

client de la Wallonie hors Union européenne

après les Etats-Unis, l’Empire

du Milieu était la destination, fin

octobre, de 7 PME de la «grappe sidérurgique»

de l’UWE.

Mais au fait, c’est quoi une «grappe» ?

Il s’agit d’une technique désormais bien

rôdée au sein de l’UWE. Depuis sa

création il y a 8 ans, la Cellule Marketing

International de l’UWE rassemble des

fournisseurs de biens et services d'un

même secteur d’activité (grappes), en

partant de l’aide technique d’une entreprise

leader dans son secteur (sponsor).

Ce système offre aux entreprises

wallonnes de nouveaux débouchés à

l’exportation qui seraient probablement

inaccessibles pour des entreprises

individuellement. Les clients étrangers

voient dans cette démarche une opportunité

de diversifier leurs fournisseurs et

de découvrir de nouvelles solutions

technologiques. Les sponsors, quant à

eux, voient leur image renforcée à

l’étranger et leurs fournisseurs solidifiés.

Dix grappes sont désormais constituées

(1) par l’UWE et plus de 100 missions

dans 36 pays différents, avec

chaque fois une participation moyenne

de 8 entreprises, ont déjà été réalisées.

Des bureaux collectifs de représentation

dans divers pays sont

également actifs : Sofia, Belgrade,

Bucarest, Brésil et Téhéran.

Enjeux sidérurgiques

Lors de la mission en Chine qui s’est

déroulé du 21 au 29 octobre, c’est la

grappe sidérurgique qui est montée au

créneau. "L’objectif est de permettre

aux entreprises directement ou indirectement

actives dans le secteur de

l’acier d’assurer leur présence là où de

véritables enjeux sidérurgiques se

jouent, et de proposer leur savoir-faire

au-delà des frontières belges et européennes",

ont expliqué la veille du

départ Jacques Pélerin, Senior Vice-

Président d’Arcelor en charge du

Redéploiement et Thierry Muschang,

détaché par Arcelor pour assumer la

responsabilité de la grappe sidérurgique

au sein de la Cellule Marketing

International de l'UWE.

Cette grappe sidérurgique est constituée

d’environ 120 entreprises wallonnes,

dont environ 40 forment le

noyau dur. Elles sont principalement

localisées à Nivelles/Wavre, Liège,

Charleroi, Mons, La Louvière. Après

plusieurs missions économiques au

Kazakhstan, en Iran, au Brésil, en

Argentine, etc., les statistiques sont

prometteuses : "80% des PME participantes

remettent une offre qui, dans

40 à 60% des cas, se concrétise par

un bon de commande", affirme Thierry

Muschang.

L’opportunité de rencontrer des clients

potentiels en Chine a pu se concréti-

Sept PME regroupées

par l’UWE se sont

présentées «en

grappe» à la récente

mission chinoise.

Avec un véritable

marathon au

programme : 6 sites

différents en 5 jours !

ser en se greffant à la mission ministérielle

en Chine, menée par le

Ministre wallon de l'Economie Jean-

Claude Marcourt. Sept sociétés de la

grappe ont pris part à la mission :

Advanced Coating (Liège), Bureau ADI

(La Hulpe), CMI (Liège), deLeuze

(Liège), Fonderies mécaniques de

la Sambre (Jemeppe sur Sambre),

Indium (Charleroi) et Pépite (Liège)

Le programme a pris des allures de

marathon avec la visite de 6 sites

différents en 5 jours : Anshan, Benxi,

Baosteel (Shanghai et Nankin), Wisco

(Wuhan) et Ma-Anshan.

Avec quels résultats ? Au moment de

mettre sous presse, il était encore

trop tôt pour le dire… Dynamisme

Wallon aura l’occasion d’interroger les

PME d’ici quelques mois… ||

(1) Grappes biens d’équipement, cimentière, équipements alimentaires, ingrédients

alimentaires, mines et carrières, pétrochimique, pharmaceutique, sucrière, verrière

et sidérurgique.

Nous reviendrons à Montréal

Tandis que nos PME rentraient de Chine,

d’autres s’envolaient vers le Canada avec

la mission économique belge emmenée

par le Prince Philippe. Le nouveau

Président de l’UWE Eric Domb a pris

part à cette mission qui s’est déroulée

du 5 au 11 novembre. Compte tenu des

spécificités du marché canadien et des

points forts de l’offre belge, un accent

particulier a été mis sur un certain nombre

de secteurs cibles, entre autres : l’aéronautique

et le spatial, les technologies de

l’information et de la communication (TIC),

les technologies environnementales, la

biotechnologie, la logistique. Dynamisme

Wallon reviendra sur le sujet dans un

prochain numéro.

Contact UWE : Jean-Jacques Westhof

010/47.19.40, jean-jacques.westhof@uwe.be


36 RUBRIQUE || ENVIRONNEMENT

Le cas du zoning de Saintes

Un exemple réussi de gestion collective des déchets

En Brabant wallon, 10 entreprises du zoning de Saintes ont décidé de gérer

collectivement leurs déchets : papier, carton, plastique, bois, déchets ménagers, matériel

informatique déclassé et tubes néon. Une belle démarche d’écologie industrielle.

Dynamisme Wallon Novembre 2006

Par Brigitte DE VOS

Une des missions de la Cellule

des Conseillers en Environnement de

l’Union Wallonne des Entreprises est

de promouvoir des synergies interentreprises

en matière de gestion de

l’environnement sur les zones d’activités

économiques.

Début 2005, la commission du parc

d’activités économiques de Saintes

(province du Brabant wallon) fut

séduite par cette mission et plus précisément

par la thématique «gestion

collective des déchets». Cette commission

compte 10 entreprises (sur les

42 PME du zoning) et a déjà mené des

réflexions et des actions quant à des

projets collectifs sur le zoning : amélioration

de la signalisation et de la

sécurité, implantation d’une crèche

d’entreprise, co-voiturage, centrale

d’achat pour des consommables

identiques à chaque entreprise,…

Les objectifs attendus par les entreprises

pour ce projet sont multiples :

• économie d’échelle et diminution du

volume de déchets mis en décharge

par la mise en commun des quantités

produites afin d’atteindre les tonnages

minimaux

nécessaires à

l’instauration de

certaines solutions

de recyclage,

ou la

négociation de

tarifs préférentiels

auprès des

prestataires,

• meilleure connaissance des déchets :

nature, amélioration des conditions

de stockage, législation.

• démarche d’écologie industrielle en

favorisant des échanges entre entreprises

(la notion de déchets évolue

vers celle de matières résiduelles

réutilisables par d’autres entreprises).

Inégal devant le déchet !

L’enquête révèle de grandes

inégalités tarifaires entre

entreprises pour l’évacuation

d’un même déchet

© belpress.com - Banque d’images en ligne

Dès mars 2005, un relevé des données

qualitatives et quantitatives de la

gestion des déchets pour chaque

entreprise du zoning fut initié. Cette

enquête a permis d’identifier et de

quantifier les flux de déchets dont la

gestion pourrait être mutualisée :

papier, carton, plastique, bois, et

ménagers pour les déchets dits nondangereux

; matériel informatique

déclassé et tubes néon pour les

déchets dits dangereux.

Cette enquête

révéla aussi de

grandes inégalités

tarifaires entre entreprises

pour l’évacuation

d’un même

déchet.

Un «coordinateur

déchet» fut ensuite

élu parmi les entreprises participantes.

Ce coordinateur, véritable porte-parole

des entreprises, va garantir la pérennité

du projet notamment en assurant

son suivi.

Fin 2005, sur base des résultats des

enquêtes menées auprès de chaque

entreprise, un cahier de charge fut

rédigé afin de lancer les appels d’offre

10 entreprises

brabançonnes ont

décidé de gérer

collectivement leurs

déchets, comme le

matériel informatique

déclassé

auprès d’un ensemble de prestataires

de services. En avril 2006, une solution

alternative fut choisie, sur base des

critères de sélection suivants : qualité

et souplesse du service proposé,

destination ultime des flux de déchets

(recyclage, valorisation,…) et bien

entendu, le tarif.

Les premiers contrats furent signés

cet été 2006, et en fonction de la date

de fin des contrats en cours, l’ensemble

des 10 entreprises va signer

avec le nouveau prestataire. Reste

maintenant à étendre ce projet aux

autres occupants du zoning. C’est la

nouvelle mission que se sont donné

les 10 entreprises ! ||

Cellule des Conseillers en Environnement

Didier Nibelle (responsable), Grégory Bedeur,

Olivier Cappellin, Brigitte De Vos, Stéphanie

Fourez, Anne-Françoise Hannick, Olivier Kassi,

Sylvaine Menvielle

• Tél. 010/47.19.43

• E-mail : conseillers@uwe.be

• www.uwe.be/conseillersenvironnement

Créé à l’initiative du Ministre wallon de

l’Environnement, la Cellule des Conseillers en

Environnement est financée par la Région

wallonne.


Les coûts de la non-qualité

Les diminuer, est-ce possible ?

L’estimation des coûts de la non-qualité permet de connaître les gisements

à exploiter pour accroître la compétitivité, d’établir des priorités pour les

actions correctives et de mesurer globalement les progrès.

Dynamisme Wallon Novembre 2006

La non-qualité coûte cher ! S’y attaquer,

pas nécessairement. Tel est le

credo d’Interface Qualité, une asbl

située à Gembloux. En tant que centre

pluridisciplinaire de compétences dans

le domaine de la gestion de la qualité,

Interface Qualité développe notamment

des actions de terrains innovantes,

comme le projet «Maîtrise des Coûts»,

destiné aux PME wallonnes.

Par l’analyse des centres de coûts et

l’identification des sources de nonqualité,

Interface Qualité réalise un

état des lieux de l’entreprise aboutissant

à des propositions d’actions

d’amélioration de la maîtrise des

coûts.

Concrètement : une première étape,

qui s’étend sur une période de 5 à 10

jours, consiste à collecter des données

par le biais d'observations, d’entretiens

et d’une analyse des documents

de travail. Cette étape permet de

dresser un bilan des dysfonctionnements

identifiés et des causes de

la non-qualité. Y sont associés des

recommandations ou pistes d’amélioration.

La présentation des résultats

donne lieu à une confrontation riche et

constructive des points de vue.

Sur base du rapport remis à l’entreprise,

celle-ci peut alors soit mobiliser

ses propres ressources internes, soit

solliciter l’assistance d’Interface

Qualité dans la mise en œuvre effective

d’une ou plusieurs pistes d’amélioration

suggérées. Il s'agit de la

seconde phase.

Par Véronique ROSSIGNOL (Interface Qualité)

Arnaud Van Cutsem (Expansion) : "Nous

craignions que le rapport final ne contienne que

des éléments déjà connus en interne. Ce ne fut

pas le cas".

7 PME dans l’aventure

A ce jour, 7 PME ont tenté l’aventure

(4 autres démarreront le projet très

prochainement). Parmi elles figure la

société namuroise Expansion, spécialisée

en Marketing. Lauréate du «Prix

Wallon de la Qualité» 2005, dans la

catégorie «Entreprise», cette PME a

désiré poursuivre sa démarche en

approfondissant les coûts de la nonqualité.

Elle a choisi de recourir à l’outil

proposé par Interface Qualité.

Arnaud Van Cutsem, Administrateur et

Responsable Qualité chez Expansion,

explique : "l'idée d'avoir un œil externe

et expérimenté sur notre gestion de la

qualité nous a interpellé. La méthodologie

était également séduisante :

interview des administrateurs, mais

aussi de l'équipe. Nous craignions que

le rapport final ne contienne que des

éléments déjà connus en interne. Ce

ne fut pas le cas. Lors du débriefing,

Interface Qualité a présenté nos «faiblesses»

répertoriées et regroupées

par type de dysfonctionnements.

Certaines étaient connues d'autres

non, certaines semblaient plus prioritaires

que d'autres et l'état des lieux

a permis de les soulever. Nous devons

maintenant prendre les choses en

mains pour les faire changer". ||

Mouvement Wallon pour la Qualité

Conçu sous la forme d'un réseau, le MWQ

développe, stimule et encourage la recherche

de l'excellence pour tous en Région wallonne.

• Tél. : 081/63.49.09

• E-mail : info@mwq.be

• www.mwq.be

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RUBRIQUE || QUALITÉ 37

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Brabant wallon

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Nouvelles technologies

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Size Communication, agence de publicité

B2B installée à Braine-L’Alleud, se

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lance dans le Rich Media (WEB2.0) sous

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le label «Ki Media». Après avoir étendu

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ses services aux Relations Presse et au

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Channel Marketing, l'entreprise complète

ainsi son offre par ce qui est

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communément appelé la «Web TV» :

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Ki Media propose en effet des solutions

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de Video Mailing (avec démarrage vidéo

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instantané à l’ouverture du mail) et de

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Web TV comprenant des audiocasts,

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videocasts, newscasts, etc. Cette offre

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Rich Media, une première en Wallonie,

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s’adresse avant tout aux entreprises

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ayant beaucoup de contenus à diffuser

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(ICT, banques, assurances, mutuelles,

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media, secrétariats sociaux, industries,

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etc.). Créée en 1992, Size Communication

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est une agence de publicité full service.

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Elle occupe une dizaine de collaborateurs

et dégage une marge brute de

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650.000 euros.

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Luxembourg belge

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Industrie extractive

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La s.a. «Les Carrières du Fond des

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Vaulx», située à Wellin, a fêté fin septembre

son 60e anniversaire. Créée en

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1946 par Messieurs Gérard et Mahin

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désireux d'exploiter le gisement calcaire

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du «Fond des Vaulx», et grâce à des

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investissements judicieux, l'entreprise

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s'est progressivement développée. Dans

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les années 60, la société s'adjoint l'activité

«béton prêt à l'emploi» et installe

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trois centrales à Wellin, Libramont et

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Ciney. En 1998, reprises par la s.a.

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Cimescaut à Antoing, «Les Carrières du

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Fond des Vaulx» obtiennent la certification

ISO 9001, le label construction

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CoQual et sont proclamées «Lauréat

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Economique 2004 de la Province de

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Luxembourg». L’équipe en place aujourd'hui,

près de 50 personnes, génère un

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chiffre d’affaires de plus de 11 millions

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d’euros par la commercialisation de

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± 950.000 tonnes de granulats et sables

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lavés, amendements calcaires ainsi que

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la production et la livraison du béton prêt

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à l’emploi.

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