l'afd et l'inde - Agence Française de Développement

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l'afd et l'inde - Agence Française de Développement

L’AFD et l’inde

© John & Mel Kots

Agir ensemble pour une

croissance verte et solidaire


Cependant, compte tenu de la nature des énergies utilisées

(charbon et pétrole essentiellement) les conséquences

de ce rattrapage sur le climat seraient lourdes alors que l’Inde

est déjà le troisième émetteur mondial de gaz à effet

de serre. La conciliation de ces deux objectifs (croissance des

infrastructures et maîtrise des émissions de gaz à effet de serre)

est au cœur du National Action Plan on Climate Change

(NAPCC) de 2008 et de l’enjeu de la coopération entre l’AFD

et le gouvernement indien.

L’Inde, un pays émergent en passe

de devenir le pays le plus peuplé

de la planète à l’horizon 2020

Sur une superficie d’environ six fois la France (3 millions

de km 2 ), la population de l’Inde s’élève à plus d’1,2 milliard

d’habitants. Aujourd’hui deuxième pays le plus peuplé

au monde, elle devrait selon l’ONU dépasser la Chine en 2020.

Ce sous continent compte près de 40 villes de plus d’un million

d’habitants mais 70 % de la population réside en zone rurale.

Le PNB total s’élève à 4 060 milliards de dollars US (deux fois

le PNB de la France) mais 76 % de la population vit avec moins

de 2 dollars par jour. Se côtoient au sein du pays des États

dont la population équivaut à celle du Brésil, du Mexique ou

de l’Italie, mais avec des revenus moyens par habitant qui sont

ceux de l’Erythrée, du Bénin ou de Haïti pour les plus pauvres

d’entre eux.

Même si l’Inde partage des traits communs avec d’autres pays

qualifiés d’émergents, le pays diffère sensiblement en termes

de niveau de pauvreté, de structure économique ou encore

démographique. La principale implication de ce hiatus entre

dynamique de population et niveau de développement est que

le besoin de croissance économique reste élevé et constitue

un enjeu primordial, notamment en termes d’infrastructures,

secteur où les besoins sont gigantesques. Dans le secteur de

l’énergie, l’offre structurellement insuffisante d’électricité

représente un frein majeur à la croissance et à la compétitivité

de l’économie indienne. La situation dans le secteur du

transport est également préoccupante : les pertes économiques

liées à la congestion et à la mauvaise qualité des routes

représentent près de 0,6 % du PIB. Pour rattraper ce retard,

le gouvernement indien a adopté un programme d’investissement

ambitieux, de l’ordre de 1 000 milliards de dollars pour la période

2012-2017.

© AFD – Jean-Pierre Barral

Les interventions de l’AFD en Inde

sont définies par un protocole

d’accord signé entre le Ministère

des Finances indien et l’AFD

Dans un contexte participant au rapprochement politique entre

les deux pays, l’Inde et la France ont décidé en 2008 de

renforcer leur coopération afin de relever ensemble les grands

défis mondiaux.

Le mandat de l’intervention de l’AFD en Inde prévoit une

assistance financière et technique au gouvernement central

indien, aux États régionaux, aux municipalités et aux institutions

publiques, afin de contribuer à la gestion durable des biens

publics mondiaux (BPM).

L’AFD s’est vue confier un mandat stratégique adapté aux

priorités du gouvernement indien qui se décline en trois grands

axes de coopération :

Le développement des énergies renouvelables et la diffusion

des meilleures pratiques en matière d’efficacité énergétique

afin d’assurer une croissance durable,

Le développement des infrastructures urbaines sobres en

carbone notamment dans les domaines du transport et de

l’eau afin de préparer la transition démographique en zone

urbaine,

La protection de l’environnement et la préservation de la

biodiversité du pays.

Répartition du portefeuille de projets en pourcentage

des engagements

14

18

68

Efficacité énergétique

et énergies renouvelables

Préservation

de la biodiversité

Infrastructures urbaines

SOURCE : AFD


Améliorer l’efficacité

énergétique des PME indiennes

(ligne de crédit à SIDBI de 50 M€)

Les PME indiennes sont un

moteur majeur de l’économie

du pays, ayant un

impact direct sur l’emploi,

la production industrielle,

les exportations ainsi que

la consommation énergétique

du pays. Cependant,

elles ne bénéficient que de peu de crédits bancaires pour soutenir

leurs investissements. L’AFD s’est engagée aux côtés de la banque

publique SIDBI (Small Industries Development Bank of India) pour

favoriser l’accès au crédit des PME réalisant des investissements

énergétiquement responsables.

Investir dans une croissance

sobre en carbone

Dans un contexte de forte croissance du PIB, la demande

énergétique indienne continue de croître fortement

et les ressources du pays ne suffisent plus depuis longtemps

à répondre à cette demande. Compte tenu de la nature des

sources d’énergie utilisées, essentiellement fossiles (le charbon

représente 68,5 % de la production électrique indienne),

les conséquences de cette situation sur l’environnement,

notamment sur le climat, sont très importantes. L’Inde est

devenue le 3 e émetteur mondial de gaz à effet de serre

(4 e si l’on prend en compte l’Union Européenne comme

un seul « bloc »), avec une forte croissance de ces émissions

(+ 6 % en rythme annuel). L’Inde souffre par ailleurs

d’un déficit important en matière d’infrastructures (portuaires,

aéroportuaires, routières, chaîne logistique, télécom, etc.),

ce qui grève la croissance de plusieurs points chaque année.

La finance environnementale :

un outil pour faire du secteur financier

indien le moteur d’une croissance durable

L’AFD accompagne plusieurs banques indiennes dans une

démarche de promotion des investissements responsables.

Cet appui à une croissance durable prend la forme de lignes

de crédits «vertes», lesquelles permettent à l’AFD de contribuer

à l’atteinte des objectifs prioritaires de l’Inde en matière d’efficacité

énergétique, d’énergies renouvelables, et d’infrastructures.

© AFD – Jean-Pierre Barral © Lingaraj GJ

En 2009, l’AFD a de la sorte alloué 120M€ de crédits bancaires

à deux institutions financières locales afin de financer

des investissements dans le secteur des énergies renouvelables

et de l’efficacité énergétique. Ces lignes de crédit

environnementales ont contribué à la réalisation dès la première

année de près de 650 projets dans un large panel de secteurs. La

réduction des émissions de GES réalisée au travers de ces projets

a été estimée à plus de 900 kteq de CO2 par an.

Le succès de ces premiers projets devrait conduire

au développement de cet outil d’intervention en Inde.

Fin 2011, l’AFD a ainsi autorisé un nouveau prêt de 150 M€

à IDBI Bank, acteur incontournable dans le financement

d’infrastructures, de projets d’énergies renouvelables et

d’efficacité énergétique.

Promouvoir le développement

des énergies renouvelables en Inde

(ligne de crédit à IREDA de 70 M€)

L’AFD encourage un mode de développement économique

plus sobre en carbone et met en place nombre de politiques

publiques dans ce sens. Ainsi, considérant l’ampleur du défi que

représente cet objectif national, l’AFD a souhaité s’engager aux

côtés du gouvernement indien pour l’accompagner dans la

réalisation de ses objectifs en matière de politique énergétique.

L’AFD apporte ainsi un soutien financier et technique à IREDA

l’agence indienne de promotion des énergies renouvelables.

Participer au marché volontaire

des crédits carbone grâce

au financement de biodigesteurs

Dans le cadre du marché volontaire de crédits carbone, l’AFD a

accordé un prêt concessionnel de 500 000 € à la Fondation

Good Planet (créée par Yann Arthus Bertrand) qui travaille

en association avec SKG Sangha, une ONG indienne reconnue

pour la mise en œuvre de biodigesteurs en milieu rural.

Ce projet a permis d’installer 1 500 biodigesteurs dans des

villages de la région de Bangalore, augmentant ainsi l’accès de

familles rurales pauvres à une énergie durable et sobre en

carbone, tout en contribuant à lutter contre la déforestation

et donc à atténuer le changement climatique. En outre, il

aura permis d’améliorer les conditions de vie des ménages

ruraux indiens (suppression de la corvée de bois, réduction

de la pollution domestique) et de leur apporter des revenus

supplémentaires (vente d’engrais naturel). Une réplication de

ce projet à plus grande échelle est envisagée.


Améliorer le réseau d’eau potable

de la ville de Jodhpur

En raison d’une série de facteurs (changement climatique,

croissance démographique, extension des zones irriguées et

accroissement urbain, augmentation du prix de l’énergie) l’État

du Rajasthan connaît une pression croissante sur ses ressources

en eau, en énergie et sur ses ressources financières. Ainsi, le

gouvernement du Rajasthan a recherché un soutien sur les

aspects d’optimisation et d’efficacité du service public, notamment

avec une approche de durabilité et de rentabilité énergétique

dans la gestion du réseau d’eau potable de la ville de Jodhpur.

L’AFD a autorisé un prêt de 71,1 M€ au gouvernement central,

qui le rétrocèdera au gouvernement de l’État du Rajasthan.

Développer le réseau

d’infrastructures pour un avenir

urbain durable

L’accélération du phénomène d’urbanisation en Inde ces

dernières années résulte à la fois d’un exode rural massif

et d’une croissance démographique élevée. Dans les 20-25

prochaines années, le taux d’urbanisation devrait passer de

30 % à 40-50 %, avec plus de 60 villes de plus de 1 million

d’habitants, contribuant à environ 70 % du PIB indien.

Les villes indiennes souffrent d’un déficit en infrastructures,

limitant de fait leurs capacités d’accueil. Favoriser la mobilité

et développer les réseaux d’eau et d’assainissement, de façon

respectueuse de l’environnement tout en assurant un accès

plus équitable aux services de base, représente un enjeu majeur

pour la croissance économique et la réduction de la pauvreté.

En cohérence avec les priorités du gouvernement indien,

l’action de l’AFD vise ainsi à accompagner les villes indiennes

dans cette dynamique, tout en luttant contre les externalités

négatives de la concentration urbaine.

© AFD – Jean-Pierre Barral

La préservation de la biodiversité

La biodiversité présente sur le territoire indien est particulièrement

riche. Du fait de sa superficie, de son relief et de son extension

sous différentes latitudes, l’Inde abrite une faune et une flore

très variées. Elle accueille 7,3 % des espèces végétales et plus

de 10 % des espèces animales mondiales. Plus de 33 %

des espèces de plantes sont endémiques à l’Inde, où 26

« centres endémiques » ont été identifiés. La biodiversité est

particulièrement importante dans l’Himalaya (au nord du pays

et à l’extrême est), dans le Nord-ouest (désert du Thar

au Rajasthan et au Gujarat), dans les Western Ghats (coteaux

et plaines à l’ouest du Deccan) et dans les îles Andaman

et Nicobar. Sur les huit plus importants lieux remarquables

de biodiversité au niveau mondial (« hot spots »), l’Inde en

concentre deux : les Western Ghats et l’Eastern Himalayas.

Dès son indépendance, l’Inde s’est dotée d’un cadre législatif

solide ainsi que de politiques volontaristes pour garantir

la préservation de sa biodiversité. Ce cadre législatif national est

complété par la ratification d’un grand nombre de conventions

internationales contribuant à préserver la biodiversité.

Toutefois, les difficultés d’application de la législation

promulguée au niveau central par les États régionaux, dans un

contexte de forte croissance démographique et économique,

expliquent la menace qui pèse aujourd’hui sur la biodiversité

indienne.

Conservation de la forêt

et de la biodiversité en Assam

Les vastes ressources forestières de

l’Inde sont aujourd’hui menacées

et, avec elles, la biodiversité variée

qu’elles abritent. C’est pourquoi

l’AFD soutient la politique de l’État

d’Assam, dans le Nord-est de l’Inde,

qui pro meut une gestion durable de

sa forêt, alliant exploi tation et préservation.

À cette fin, l’AFD a autorisé

un prêt de 54 M€ au gouvernement

indien. Les actions financées concernent le reboisement des

massifs endommagés, l’élaboration de plans de gestion concertée

des forêts impliquant davantage les populations locales, ou

encore la sensibilisation et la formation du personnel administratif

de l’État à l’importance de préserver le patrimoine naturel.

L’objectif final de ce projet est de restaurer, en collaboration avec

les communautés dépendantes des forêts, les écosystèmes forestiers

afin d’améliorer le niveau de vie de ces communautés et

d’assurer la préservation et l’utilisation durable des ressources

forestières. Une assistance technique internationale permettant

d’accompagner le lancement de ce projet sera mise en place sur

ressources propres de l’AFD.

© Yathin


Une assistance technique pour des

transferts de compétences ciblés

Nombre d’acteurs français présents en Inde offrent des

technologies et des savoir-faire susceptibles de participer

à la préservation des biens publics mondiaux. De nombreux

partenariats ont ainsi été mis en place entre des entreprises

françaises et indiennes, mais aussi avec des représentants

de la coopération décentralisée, d’universités françaises

et indiennes, des centres de recherche et des organisations

issues de la société civile.

En accompagnement des prêts qu’elle accorde en Inde,

l’AFD mobilise ponctuellement ses fonds propres pour financer

des contrats d’assistance technique. Ces contrats visent

à renforcer le savoir-faire et les instruments mis à disposition

des bénéficiaires, et de façon générale à développer les actions

conduisant à une meilleure prise en compte de la préservation

des biens publics mondiaux.

L’expertise française

au service du Bureau of

Energy Efficiency

L’AFD entretient des relations étroites avec le

Bureau of Energy Efficiency (BEE) en Inde, au sein

duquel un assistant technique français, expert de

l’ADEME, est détaché depuis 2008. Il apporte au

BEE des compétences sur le thème de l’efficacité

énergétique dans le bâtiment et dans les entreprises,

notamment de petite taille.

Le BEE, l’AFD et l’ADEME ont mis sur pied une

coopération tripartite dont l’objectif est d’apporter

un soutien au BEE dans trois secteurs :

1. L’efficacité énergétique dans les PME indiennes ;

2. L’efficacité énergétique dans le secteur du Bâtiment ;

3. Les plans Climat à l’échelle des États régionaux.

PROPARCO en Inde

Créée en 1977, PROPARCO est la filiale de l’AFD en charge

du secteur privé. Sa mission est de soutenir des projets ayant

un impact fort sur le développement et la lutte contre

le changement climatique. PROPARCO se positionne comme

un investisseur de long terme et propose une gamme complète

d’instruments financiers - prêts, prises de participation et garanties.

En Inde, PROPARCO focalise ses investissements

sur le développement des énergies renouvelables (éolienne,

géothermique, solaire, hydraulique, biomasse), l’efficacité

énergétique mais aussi le financement des secteurs santé,

éducation, microfinance et le financement de la chaîne agroalimentaire.

L’Inde est devenue en quelques années un pays

phare de son action, avec près de 200 M€ d’investissements

à la fin 2011.

© a4gpa


© Leadenhall

Établissement public, l’Agence Française de Développement (AFD) agit depuis

soixante-dix ans pour combattre la pauvreté et favoriser le développement dans

les pays du Sud et dans l’Outre-mer. Elle met en œuvre la politique définie par le

Gouvernement français.

Présente sur le terrain dans plus de 50 pays et dans 9 collectivités d’Outre-mer,

l’AFD finance et accompagne des projets qui améliorent les conditions de vie

des populations, soutiennent la croissance économique et protègent la planète :

scolarisation, santé maternelle, appui aux agriculteurs et aux petites entreprises,

adduction d’eau, préservation de la forêt tropicale, lutte contre le réchauffement

climatique…

En 2010, l’AFD a consacré plus de 6,8 milliards d’euros au financement d’actions dans

les pays en développement et émergents et en faveur de l’Outre-mer. Ils contribueront

à la scolarisation de 13 millions d’enfants, l’amélioration de l’approvisionnement en

eau potable pour 33 millions de personnes et l’octroi de microcrédits bénéficiant à un

peu plus de 700 000 personnes. Les projets d’efficacité énergétique sur la même

année permettront d’économiser près de 5 millions de tonnes de CO 2

par an.

AGENCE FRANçAISE DE DéVELOPPEMENT (AFD)

5 rue Roland Barthes

75598 Paris Cedex 12 – France

Tél. : +33 1 53 44 31 31

Fax : +33 1 44 87 99 39

www.afd.fr

agence de new delhi

1/A Janpath

New Delhi 110 001, Inde

Tél. : +91 11 23 79 37 47

Fax : +91 11 23 79 37 38

afdnewdelhi@afd.fr


www.proparco.fr

Filiale de l’AFD, Proparco a pour mission de favoriser les investissements privés

en faveur de la croissance, du développement durable et de l’atteinte des

objectifs du millénaire, dans les pays émergents et en développement. Elle

propose des financements permettant de répondre aux besoins spécifiques

des investisseurs dans le secteur productif, les systèmes financiers, les

infrastructures et le capital-investissement.

FFEM

www.ffem.fr

Le Fonds Français pour l’Environnement Mondial est un fonds public bilatéral qui

a été créé en 1994 par le Gouvernement français à la suite du Sommet de Rio. Il

a pour objectif de favoriser la protection de l’environnement mondial dans

des projets de développement durable dans les pays en développement. Le FFEM

intervient en appui à des réalisations concrètes dans les pays bénéficiaires, avec une

démarche d’apprentissage et en testant des approches novatrices ou exemplaires.

Exécution : Planet 7 – Mars 2012

Cette publication a été imprimée dans le respect

de l’environnement avec des encres végétales

et sur du papier PEFC (gestion durable des forêts).

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