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EVASION

GENEVE

Martin Buesslauer

Photos : Genève Tourisme, Suisse

Tourisme et Martin Buesslauer

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GENEVE

de la Fête de l'Escalade au

Jet d'eau en passant

par Titeuf

On ne saurait évoquer Genève vers la fin de l'année

sans évoquer l'Escalade. Quelle escalade?

Celle que les troupes du duc Charles-

Emmanuel de Savoie ont essayé de perpétrer par surprise

dans la nuit du samedi 11 au dimanche 12

décembre 1602 avec de longues échelles. S'il est en

effet un événement qui est marquant à Genève, c'est

bien la Fête de l'Escalade qui a lieu chaque année

pendant tout un week-end à la mi-décembre. En

2004, les 11 et 12 décembre tomberont eux aussi sur

un samedi comme cela avait été le cas il y a un peu

plus de 400 ans.

Du vendredi au dimanche, marchés campagnards,

échoppes, démonstrations en costumes d'époque et

défilés rythmés par les fifres et les tambours animeront

une nouvelle fois la vieille-ville. Puis, comme

dans les albums d'Asterix, qui logea à Genève, à l'Auberge

du Lac, dans "Astérix chez les Helvètes", la Fête

de l'Escalade "s'achèvera par un copieux banquet et...

de merveilleux souvenirs", peut-on lire dans

la documentation de presse de Genève Tourisme.

L’Eglise Russe de Genève (Photo : Genève Tourisme/AM. Aeschlimann)

La Cathédrale de Saint-Pierre (Photo : Genève Tourisme/Mirto Tanner)

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(Photo : Genève Tourisme) (Photo : Suisse Tourisme/Christof Sonderegger)

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Cette attaque de l'Escalade restera dans l'histoire

en ayant été la dernière étape d'une

série de tentatives perpétrées tout au long

du 15e siècle par la Savoie qui voulait faire de

Genève sa capitale du nord des Alpes. Etant donné

que les Savoyards se firent battre à plate couture,

l'Escalade est devenue depuis le symbole de

la volonté d'indépendance des Genevois. Mais

revenons, si vous le voulez bien au déroulement

de cette bataille de l'Escalade. C'est au terme

d'une marche depuis Bonne et La Roche, en Haute-Savoie,

que plus de deux mille hommes parvinrent

à Plainpalais. Tirés de leur sommeil par

un coup d'arquebuse, les Genevois s'emparèrent

rapidement de leurs armes pour aller contrer

l'ennemi.

(Photo : Genève Tourisme)/Franck Auberson)

(Photo : Genève Tourisme/AM. Aeschlimann)

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Jean Calvin (Photo : Genève Tourisme/AM. Aeschlimann)

Le tocsin du haut de la cathédrale Saint-Pierre avait

en effet rapidement sonné l'alarme et tous les

Genevois, autant la milice bourgeoise que la

garde soldée, se mobilisèrent pour aller affronter l'ennemi.

Le symbole le plus célèbre qui nous est resté est

la marmite que Catherine Cheynel, épouse de Pierre

Royaume, surnommée affectueusement la Mère Royaume,

a expédiée sur la tête d'un assaillant. Cette marmite

contenait-elle du chocolat chaud comme le prétendent

certains? On peut en douter! Ce qui est certain,

c'est que les Genevois avaient victorieusement repoussé

leurs envahisseurs. Et si le chocolat chaud de la légende

n'a peut-être pas coulé, il en a été bien différent du

sang. Au terme de la bataille de l'Escalade, on comptera

en effet dix-huit morts du côté genevois et cinquante-quatre

du côté savoyard. Cette victoire des

Genevois allait déboucher en 1603 sur le traité de

Saint-Julien qui avait été conclu avec l'aide des délégués

des cantons suisses et qui marquera la fin des nombreuses

attaques de Charles-Emmanuel de Savoie.

C'est donc en grande partie en raison de cette bataille

de l'Escalade si Genève fait partie aujourd'hui de la

Confédération helvétique. Inutile de préciser que la Fête

de l'Escalade, symbole de la volonté d'indépendance

des Genevois, est une manifestation haute en couleurs

que Genève Tourisme ne manque pas de promouvoir.

A l'occasion de la Fête de l'Escalade, les rues

étroites et pavées de la vieille-ville acueillent ainsi les

membres de la "Compagnie de 1602" qui sont habillés

en costumes d'époque et qui portent les armes de leurs

aïeux. Des démonstrations d'armes anciennes figurent

au programme. Le dimanche, à la tombée du jour, un

cortège aux flambeaux réunissant près de 750 participants

défile à travers les rues sombres de la vieille-ville et se

termine par un feu de joie dans la cour St-Pierre.

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Le pont du Mont-Blanc (Photo : Genève Tourisme)/Franck Auberson)

Le magnifique escalier de l’Hôtel Bristol (Photo : Martin Buesslauer)

S. di Mare, directeur de l’Hôtel Bristol (Photo : M. Buesslauer)

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"Une des surprises qu'offre l'Escalade",

explique le service de presse de Genève

Tourisme, "c'est le passage de Monetier

qui n'est ouvert au public qu'une fois

par an. Il court le long d'une ancienne

enceinte intérieure et servait de raccourci

aux genevois. A la sortie, un verre

de vin chaud est offert aux visiteurs

pour leur faire oublier le froid. De la

soupe fumante attend également les

amateurs sous l'ancien arsenal en face

de l'hôtel de ville, le samedi après-midi.

Plus exactement la soupe de la Mère

Royaume. Des recherches historiques

laissent en effet penser que la marmite

de la Mère Royaume ne contenait pas de

chocolat chaud, mais bien de la soupe

aux légumes. "Il n'en demeure pas moins

que, le soir du 12 décembre, tous les

genevois ont chez eux une marmite en chocolat,

frappée aux armes de Genève et remplie

de légumes en massepain. La coutume veut

que le plus vieux et le plus jeune brisent la marmite

ensemble, avant que toute l'assemblée ne

se précipite pour la déguster", écrit Genève

Tourisme.

La fête de l'Escalade ne saurait cependant

constituer le seul motif de visiter Genève

en hiver. La qualité de son hôtellerie, - on

pense en particulier à l’Hôtel Bristol qui est

très bien placé et qui a recemment été rénové

à grands frais par la comtesse Albina de

Boisrouvray -, de ses musées et de son offre

culturelle est en effet telle que Genève est une

destination particulièrement appréciée.

Ville ouverte sur le monde, la cité de Calvin

comprend quelque trente musées. "Les deux-

Le quai du Mont-Blanc (Photo : Genève Tourisme)/Franck Auberson)

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tiers de ces musées sont gratuits. Ils

sont dépositaires de nombreuses collections

caractérisées par leur rareté,

le thème qu'elles abordent ou leur

cohérence", indique Genève Tourisme.

Enfin, lorsque les beaux jours sont de

retour, c'est l'élément aquatique qui

vaut avant le détour à Genève. L'eau

y est en effet omniprésente. Elle n'est

pas seulement indissociable du paysage,

mais dévolue à la plaisance et

au jeu. Cela vaut surtout pour le

célèbre jet d'eau, mais également

pour la piscine de Bellerive, immortalisée

à différentes reprises dans les

albums de Titeuf, dont le créateur,

Zep, Philippe Chappuis de son vrai

nom, est Genevois.

Apropos du jet d'eau, on relèvera qu'il s'agit

d'une sorte de monument liquide. Devenu

emblème référentiel de Genève dans

le monde entier, il se brise en millions d'éclats

nacrés au-dessus de la rade. Alimentée par l'eau

pompée directement dans le lac, il projette 500

litres d'eau par seconde à 200 km/h et à 140

mètres de hauteur. Huit projecteurs de 13500

watts illuminent ce somptueux panache, des

pieds à la crête. A l'exception des jours de bise

ou de joran et de trois semaines d'arrêt pour révision,

il anime le panorama, toute l'année, de jour

comme de nuit, de 9 h 30 du matin à 23 h 15 très

précises.

Le Jet d’Eau (Photo : Genève Tourisme)/Franck Auberson)

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La Maison des Schtroumpfs (Photo : Genève Tourisme)/Donald Stampfli)

Au sujet de Zep, le créateur

de Titeuf précédemment

évoqué, on

rappellera qu'il est né le 15

décembre 1967 à Genève et

qu'il y habite toujours, non

loin d'une école dans la cour

de laquelle il puise bon

nombre des facéties de Titeuf.

A propos de "Titeuf, le Genevois",

on relèvera que c'est à

Genève qu'est né celui que

bon nombre de spécialistes

considèrent comme le père

de la bande dessinée:

Rodolphe Toepffer. Caricaturiste

et écrivain suisse, né le

31 janvier 1799 à Genève,

dans la maison familiale

(Photo : Genève Tourisme)/Franck Auberson)

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située à proximité immédiate

de la cathédrale Saint-Pierre, il

ouvrit un pensionnat à la place

Maurice. Nostalgique des

promenades de son enfance, il

organise des excursions pour

ses pensionnaires dont il rédigeait

ensuite le récit en l'illustrant

de ses dessins à la plume.

C'est ainsi à lui que l'on doit la

première bande dessinée. Il ne

partait d'ailleurs jamais en

excursion sans un calepin où

il notait ses impressions et

esquissait les traits de ses dessins.

En 1842, Rodolphe Toepffer

publie "Essais d'autographie",

un recueil de vingtquatre

croquis de paysages et

caricatures. Le procédé technique

employé est révolutionnaire.

Toujours en 1842, il

accomplit son dernier voyage

avec son pensionnat au Mont-

Blanc et au Grimsel. Le récit et

les croquis de cette excursion

sont d'une rare qualité.

Toujours au niveau de la

bande dessinée, on relèvera

encore que Genève

a accueilli aussi bien Tintin,

qui a notamment effectué un

passage remarqué à l'Hôtel Cornavin,

qu'Astérix, déjà évoqué

précédemment, qui fait la

connaissance à Genève de l'hôtelier

Petitsuix et du banquier

Zurix, ou Michel Vaillant, venu

présenter à Palexpo-Geneva,

dans le cadre du Salon international

de l'automobile, les

dernières nouveautés de l'usine

Vaillante exposées en première

mondiale.

Avec les différents personnages

de Rodolpe Toepffer, Tintin,

Astérix et Michel Vaillant,

Titeuf n'est ainsi pas le seul

héros de BD à avoir déambulé

à Genève. Les Schtroumpfs

en revanche, n'y sont jamais

allés. Il n'en demeure pas

moins qu'il y a à Genève une

maison qui porte leur nom.

Cette maison, située dans le

quartier des Grottes, à proximité

de la gare Cornavin chère

à Tintin et au Professeur

Tournesol, est loin de faire

l'unanimité chez les Genevois.

Il est vrai que ses formes très

originales, ses difformités voulues

et ses volumes déséquilibrés

surprennent beaucoup. A

l'image des immeubles

construits à Barcelone par le

célèbre architecte catalan Gaudi,

la Maison des Schtroumpfs

attire néanmoins de nombreux

touristes. Elle a été construite

entre 1981 et 1984 par les architectes

Robert Frei, Christian

Hunzicker et Georges Berthoud.

(Photo : Martin Buesslauer)

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