N°62 - Janvier - Février 2008 - Chambre de métiers et de l'artisanat

cm.bordeaux.fr

N°62 - Janvier - Février 2008 - Chambre de métiers et de l'artisanat

le monde

Bimestriel n°62 - 1 €

Janvier-février 2008

desArtisans

Gironde

CRÉER, ENTREPRENDRE ET RÉUSSIR DANS LES MÉTIERS

édition de

CENTRE-VILLE DE BORDEAUX :

L’ACCÈS DES ARTISANS FAVORISÉ

LIRE P. 12

REBONDIR DANS L’ARTISANAT

LIRE P. 14

ENVIRONNEMENT : OPÉRATION

« PRESSING PROPRE »

LIRE P. 44


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Statut Entrepreneur

individuel

Reconnaître les entrepreneurs indépendants et

faciliter l’initiative individuelle. C’est la mission

donnée par Hervé Novelli, secrétaire d’État

chargé des entreprises et du commerce extérieur

à François Hurel. Cet ancien délégué général de

l’APCE (l’Agence pour la création d’entreprises)

et délégué général de la Compagnie nationale

des commissaires aux comptes a été chargé

d’une mission. L’objectif est de faire disparaître

les inégalités existant entre l’entrepreneur qui

choisit d’exercer en entreprise individuelle et

celui qui constitue une société. Plusieurs

domaines sont visés, dont la protection contre

les créanciers des biens non affectés à l’activité.

Un second volet, selon l’APCM, devrait concerner

le traitement fiscal des résultats. Le « paquet

Hurel », qui pourrait voir le jour au printemps

prochain. Nous y reviendrons plus longuement

dans un prochain numéro.

Automobile

Éco-pastille

L’éco-pastille entrera

en vigueur au début de

l’année prochaine. On

en connaît le principe :

les « pollueurs » subventionnent

les « écologiquement

corrects ». Les

barèmes annoncés s’appuient sur les émissions de

CO 2 par km : de 1 000 euros de subvention en dessous

de 100 g, à 2 600 euros de surcoût au-dessus

de 250 g/km. Rien à dire sur le principe, mais

le CNPA affirme « ne pas avoir été consulté,

malgré son insistance », et craint une déstabilisation

du marché.

BTP Internet

Le BTP a lancé son site Internet de l’Observatoire

prospectif des métiers et des qualifications. Conçu

par les 9 organisations d’employeurs et de salariés

du BTP, www.metiers-btp.fr est un centre de ressources,

accessible à tous les employeurs et salariés de

la profession. Il aide à la mise en œuvre de la formation

et donne accès à des analyses prospectives. Il

propose également des outils pratiques : un guide

d’entretien professionnel, des carnets de compétences

par métiers, un kit d’intégration d’un nouveau

salarié… Et présente les définitions de plus de

30 métiers du BTP.

Nomenclature

Codes APE

Artisans, à partir du 1 er janvier, pensez à mettre à jour

vos documents et formulaires sur lesquels est mentionné

votre code d’activité principale des entreprises

(APE ou code NAF). Celui-ci passe de 4 à 5 caractères

à partir de cette date. Seuls les artisans employeurs

seront prévenus par l’Insee de ce changement.

Pour connaître votre nouveau code, consultez le

site de l’Insee, www.sirene.tm.fr. Vérifiez bien que le

code qui vous est attribué correspond à votre activité !

En cas de doute, prenez contact avec votre chambre

de métiers et de l’artisanat.

Recrute ment

Maind’œuvre

étran gère

Le ministère de

l’Économie, des Finances

et de l’Emploi

souhaite mettre

en œuvre une politique

d’immigration

métier par métier.

Une liste de 29 métiers

nécessitant de

la main-d’œuvre

pour les années à

venir a été dressée.

Ainsi, de nombreuses

offres concernant

le BTP vont être

ouvertes aux noneuropéens

en Île-de-

France. 152 métiers

pourraient par

ailleurs être ouverts

aux ressortissants

des nouveaux États

membres de l’UE.

Toutefois, des quotas

par profession, avec

un « chiffre plafond

d’étrangers sur le

territoire », seront

établis. D’autre part,

la loi Hortefeux

(photo ci-dessus)

permet de demander

la régularisation

des sans-papiers

travaillant « au noir »

en France, à certaines

conditions

(zones rencontrant

des difficultés de recrutement,

salariés

faisant preuve

de « capacité

d’intégration par le

travail »).

Petite précaution si

vous envisagez d’embaucher

un salarié

étranger, vérifiez son

autorisation de travail

auprès du préfet

de département du

lieu d’embauche ou

auprès du préfet de

police (pour Paris).

Le CNE n’est (presque) plus. L’Organisation internationale

du travail (OIT) l’a condamné, le 14 novembre dernier.

Elle a épinglé la période d’essai, de deux ans, prévue

par le contrat en vigueur en France depuis août 2005, et qu’elle

juge non « raisonnable », voire excessive. Cette « période

de consolidation » prévoyait aussi que l’employeur pouvait

licencier son salarié sans avoir à fournir de justification.

Or, là-dessus, le comité

Contrat de travail

Vers la fin du CNE

BATIMAT 2007

Fréquentation record

Ce sont 447 738

personnes qui

ont visité le Salon

Batimat à

Porte de Versailles à

Paris ! Jamais cette

manifestation n’avait

eu une telle audience

auprès des professionnels

du bâtiment.

La venue de trois ministres

ou secrétaires

d’État, Jean-Louis Borloo,

Christine Boutin et

Nathalie Kosciusko-Morizet, y

est peut-être pour quelque chose…

Ou bien sont-ce les deux

grandes animations du Salon,

dans l’espace Tendances, la

« matière autrement » et la

« maison de demain ». Ou encore

la présence permanente de

la chaîne Du Côté de Chez Vous.

Toujours est-il que le thème

Le prochain Salon

Batimat aura lieu du 2

au 7 novembre 2009.

a également tranché :

un contrat de travail

ne peut être rompu

« en l’absence d’un

motif valable ».

Même si l’OIT n’a aucun pouvoir juridictionnel et ne peut

invalider le CNE, les chefs d’entreprise doivent tenir compte

de cette condamnation. Inès Hamza, avocate spécialisée

dans le droit du travail au sein du cabinet MHM à Paris,

conseille aux chefs d’entreprise de ne plus en signer.

« Les risques juridiques sont trop grands et cela pourrait

se retourner contre vous. » Reste que pour les CNE déjà

en place, les employeurs doivent considérer leurs salariés

comme s’ils étaient CDI et devront donc justifier leurs

éventuels licenciements par le biais d’un entretien préalable

et d’une lettre motivée… Amère, l’avocate regrette la

mauvaise communication qui a été faite autour du CNE :

alors que le contrat offrait de réelles garanties aux salariés,

personne ne les a mentionnées. Ainsi, les congés maternité

ou maladie, le régime des fautes disciplinaires ou le traitement

des licenciements collectifs protégeaient les employés

au même titre que s’ils étaient en CDI. Et cela tout le monde

s’est gardé de le dire…

général, le développement

durable, après

les récentes conclusions du Grenelle

de l’environnement, a largement

retenu l’attention. En

conclusion, tout en restant le

« lieu » où sont présentées en

avant-première les grandes innovations

des industriels de la

construction, Batimat renforce

son rôle d’accélérateur du progrès

dans la construction.

MICHÈLE CONSTANTINI - MARIE-PIERRE DIETERLÉ

3

LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008


Le Monde des artisans

Édition de la Gironde

Janvier-février 2008

événement en

Apprentissage

Un diplôme d’a

Le 10 novembre, à Bordeaux, la chambre de métiers

et de l’artisanat de la Gironde a organisé

une grande soirée festive et médiatique.

À l’honneur : l’artisanat, à travers la nouvelle

« promo » de l’année et ses maîtres d’apprentissage.

Yves Petitjean, président de la chambre

de métiers et de l’artisanat de la Gironde

En 2008, restons vigilants !

Le gouvernement étudie toutes les pistes pour libérer

notre croissance. Pour marquer les esprits, il a même

créé une commission présidée par Jacques Attali

dont les conclusions nous forcent à réagir : arrêt

de l’interdiction de revente à perte, déréglementation

des soldes, suppression des procédures d’autorisation

d’implantation des surfaces commerciales, libéralisation

des délais de paiement dans la grande distribution

et augmentation des autorisations d’ouverture

le dimanche !

Si l’objectif d’obtenir plus de croissance est louable,

qu’il ne se réalise pas sur le dos des artisans.

Car au final, c’est l’artisanat qui paiera l’addition.

Il nous semble important, dans une société touchée

par la mondialisation, de défendre une économie à taille

humaine, une entreprise enracinée dans le territoire.

Débrider la grande distribution et généraliser l’activité

dominicale conduiront à la suppression de la

concurrence, à la désertification des centres-villes,

à l’urbanisme commercial sauvage, aux délocalisations

et à une précarisation de l’emploi. La croissance

ne durera pas longtemps et les moyens employés

conduiront à l’impasse économique.

Au niveau local, sachez que vos élus consulaires

se mobilisent auprès des pouvoirs publics pour faire

entendre la voix des artisans et défendre leurs intérêts.

Les 22500 entreprises girondines représentent

le premier employeur du département avec plus

de 46000 salariés. C’est cette force que nous saurons

montrer s’il le faut.

Il est à parier que l’artisanat girondin marquera encore

de son empreinte l’année 2008. Permettez-moi cette

belle citation d’Antoine Chuquet :

« Plusieurs personnes entrent et sortent de nos vies,

seuls les amis laissent une empreinte sur nos cœurs… ».

Je tiens à vous adresser tous mes vœux de bonheur

et de prospérité, pour vous-même et pour tous ceux

qui vous sont chers.

Point commun : ils ont

tous leur diplôme en

poche, obtenu au CFA

du bâtiment de Blanquefort

ou à celui géré par

la chambre de métiers et

de l’artisanat de la Gironde

(Métiers de bouche, Automobile

et Beauté). Ces

deux établissements assurent

à eux seuls la formation

de 80 % des 3 700 jeunes

qui choisissent chaque

année la voie de l’apprentissage

en Gironde. Également

conviés, les maîtres

d’apprentissage, forcément

associés à leur réussite.

Les meilleurs apprentis

Les invités ayant eu le

temps de s’approcher des

différents chalets en bois

occupés par les partenaires

et sponsors de la soirée

(voir encadré), le président

Alain Rousset a

SOMMAIRE

Actualités

6 Grenelle

de l’environnement :

des bâtiments

économes intelligents

7 Protection sociale :

des démarches

simplifiées

Gironde Actualités

8 Grande soirée

à Lormont : l'artisanat

à l'honneur

9 Diplômés de

l'artisanat : les

promotions 2007

12 Centre-ville

de Bordeaux :

des actions pour

soutenir l'artisanat

13 Première Nuit

du commerce

et de l'artisanat

Bien gérer

votre entreprise

16 CAS D’ENTREPRISE

CMD2 a fait de

ouvert la soirée avec un

discours d’accueil pour les

participants, le conseil régional

d’Aquitaine étant le

partenaire officiel de la

manifestation.

Yves Petitjean, président de

la chambre de métiers et de

l’artisanat de la Gironde,

est ensuite intervenu pour

parler de la réussite de l’apprentissage

dans tous les

domaines, à tous les niveaux.

Il a tenu à souligner

le rôle de la « Première Entreprise

de France », avant

de présenter les trois

meilleurs apprentis de chaque

CFA, lesquels ont reçu

une récompense de ses

mains et de celles du président

Alain Rousset.

Ont ainsi été honorés, Gwenaëlle

Lebrun (apprentie

coiffeuse, Libourne), Mickaël

Langlanais, (apprenti

pâtissier, Sadirac), Guillau-

15 Reprendre en Gironde :

Arthésia, la reprise

qui a tout du tube.

l’apprentissage

une voie royale

18 Caution mutuelle,

un accès facilité

à tous les crédits

19 Logiciels : la

compta pour les nuls

4

LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008


tisan, ça se fête !

me Miranda (apprenti en

CAP de maçon, Talence),

Kevin Dupuy (apprenti en

BTS MAVA, Villenave d’Ornon),

Mickaël Vallonge (apprenti

menuisier, Port-Sainte-Foy),

Pierrick Leroux,

(apprenti menuisier, Bouguer

dans les Landes).

Tuteurs à l’honneur

Ensuite sont venus les Trophées

de l’excellence pour

les tuteurs. Les quatre maîtres

d’apprentissage qui ont

formé le plus grand nombre

de jeunes apprentis ces dix

dernières années, ont reçu

un magnifique trophée de

verre représentant l’arbre

de la connaissance, trophée

Les partenaires de la soirée ont distribué

nombre de cadeaux durant la soirée festive.

Les partenaires

Conseil Régional d’Aquitaine,

MAAF Assurances, Eiffage

Construction Nord-Aquitaine,

Société Générale, Banque

Populaire du Sud Ouest, PENA

Environnement, Pavillon de la

Mutualité Prévoyance, Foncia

Entreprise et Location, l’Ordre des

Experts Comptables de la Région

Aquitaine, CFBTP, Visiospot, IVECO,

La Pierre Saint Martin, Quai34.

Agence événementielle : TOTEM.

réalisé par un maître verrier.

Offert par la MAAF, ce trophée

a été remis par Thierry

Senac, son directeur du

marketing opérationnel, à

Jean-Pierre Buhler, carros-

sier à Bordeaux, Patrick Madalozzo,

boulanger-pâtissier

à Martignas-sur-Jalles,

Fabienne Ilamas SARL Pierre

Massot, entreprise de

plomberie chauffage couverture

et enfin Sandrine

Dias, coiffeuse à Bordeaux.

Après ces deux sympathiques

cérémonies, le bar a

ouvert ses portes et la soirée

festive a pu commencer.

De nombreuses animations

ont permis aux invités de

gagner une multitude de

cadeaux offerts par les

partenaires. De quoi laisser

de beaux souvenirs à tous

les participants de cette

deuxième édition.

Les quatre maîtres d’apprentissage ayant

formé le plus d’apprentis depuis dix ans ont

reçu un trophée réalisé par un maître verrier.

Yves Petijean et Alain Rousset entourent les

trois meilleurs apprentis de chaque CFA.

Ce numéro comprend des pages spécifiques entre les pages

1 à 15 et 34 à 48 pour les abonnés de Gironde

16 Former les jeunes

d’aujourd’hui qui seront

nos artisans de demain.

20 Prix MAAF

Goût et santé 2008

23 DOSSIER : faire

face au contrôle Urssaf

27 L’assemblée

générale de l’APCM

36 MÉTÉO

32 Déchets automobiles :

vers qui se tourner ?

Gironde Savoir-faire

37 Partenariat CMAG -

Conseil général :

nouvelle convention

38 Trophées des tuteurs

38 « Meilleur apprenti

pâtissier de France »

39 Nouveau :

In'Sav, l'institut

des saveurs.

38 « Un des meilleurs

ouvriers de France »

39 Nouveaux espaces

pour la filière esthétique

Pour aller + loin

40 SAVOIR-FAIRE :

44 Environnement :

les artisans gèrent

leurs déchets dangereux.

le droit individuel

à la formation

42 FORUM :

le courrier

des lecteurs

46 OPINION : R. Castro,

architecte et urbaniste

LE MONDE DES ARTISANS - Édition de Gironde n°62 - Janvierfévrier

2008 ■ ■ ■ Directeur de la publication : François Bussac

■ ■ ■ Président du comité de rédaction des pages locales : Yves

Petitjean ■ ■ ■ Rédacteur en chef pages Gironde : Ludovic Groult

■ ■ ■ RÉDACTION : Édimétiers - 01 42 74 28 78 - Directrice de

la rédaction : Charlotte de Saintignon - Ont collaboré à ce numéro :

Anne Buis, Amélie Lavoisier, Patrick Lenormand, Véronique Méot,

Sophie Simonin, Charles-Arthur Thuillier, Frédéric Mélot. ■ ■ ■

PUBLICITÉ - ÉDIMÉTIERS - 84, bd de Sébastopol - 75003 Paris -

ÉDITION NATIONALE : Mathieu Tournier - Tél. 01 42 74 28 73, fax

01 42 74 28 35, e-mail m.tournier@editions-mirabelle.com -

ÉDITIONS DÉPARTEMENTALES : Thierry Jonquières,

Tél. 06 22 69 30 22, fax 05 61 59 40 07, e-mail thierry.jonquieres@

wanadoo.fr ■ ■ ■ CONCEPTION ÉDITORIALE ET GRAPHIQUE,

FABRICATION : Pixel image, 03 87 69 18 04 ■ ■ ■ ÉDITEUR :

Édimétiers, 84 boulevard Sébastopol, 75003 Paris,

Tél. 01 42 74 28 78, fax 01 42 74 28 35, info@edimetiers.com

■ ■ ■ N° commission paritaire : 0311 T 86957 - Dépôt légal :

Décembre 2007 - Imprimerie : Socos'print, (88).

5

LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008


Grenelle de l'environnement

Des bâtiments

économes intelligents

« Rénover permet de réduire

les charges, mais il

faut investir au départ »,

explique Jean-Marie

Carton, porte-parole de

la Capeb, au Grenelle de

l'environnement.

Des travaux en perspective !

Tous les bâtiments devront

produire plus d'éner gie

qu'ils n'en con somment

d'ici à 2020 grâce aux énergie

s renouvelables (ce que l'on

appelle « énergie positive »)

ou, au moins, ne pas en

consommer (« énergie passive

»). C'est ce qui a été prévu

par le Grenelle de l'environnement.

Les pistes ne manquent pas

pour rendre les bâtiments autonomes

: meilleure isolation

thermique (double vitrage

obligatoire en 2010), ventilation,

multiplication des panneaux

solaires…

Les immeubles neufs (privés à

partir de 2012 et publics dès

2010) devront être construits

en basse consommation

(50 kWh/m² par an, soit cinq

fois moins qu'aujour d'hui), le

seuil étant fixé à 80 kWh/m²,

« ce qui n'est pas réalisable partout

», selon Jean-Marie Carton,

qui a représenté la Capeb

au Grenelle de l’environnement.

Il est, en ce sens, rejoint

par la FFB pour qui ce programme

de « rupture technologique

» semble « extrêmement

ambitieux, voire un peu irréaliste

».

Par ailleurs, le plus gros marché

étant dans la rénovation,

l'une des questions essentielles

sera la solvabilité des clients.

Les professions du bâtiment et des travaux publics appuient les objectifs

de rupture du Grenelle de l'environnement, animé et porté par Jean-Louis Borloo,

ministre de l'Écologie et du Développement durable. Le bâtiment, avec un peu

plus de 40 % de l'énergie consommée, s'affiche au cœur des mesures, le but étant

de diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre.

La mise aux normes des bâtiments

anciens est un chantier

évalué à 600 milliards d'euros

sur 15 ans, pour 31 millions de

logements anciens à rénover.

Les Français devront donc débourser

entre 15 000 et

25 000 euros en moyenne

pour atteindre les performances

énergétiques demandées.

« Il va falloir convaincre l’ensemble

de la population de faire

un effort. Rénover permet de réduire

les charges, mais il faut

investir au départ », note

J-M. Carton. Reste donc à

l'État à innover en termes de

financement, par le biais de

crédits d’impôts et de prêts bonifiés.

Un statut

d'« éco-artisan »

« Nous sommes prêts à relever le

défi du Grenelle », annonce la

FFB. Mais pour y parvenir, les

professionnels du bâtiment

devront « se former massivement

au sein de l’ensemble de la

filière », explique la fédération.

« Il va falloir que les artisans

s’adaptent à une nouvelle

conception du bâtiment. Qu’ils

soient capables, quel que soit

leur métier, d’évaluer toutes les

perditions thermiques avant de

faire quoi que ce soit », note

Jean-Marie Carton. Jusque-là,

les différents corps de métiers

intervenaient séparément.

Au jourd'hui, les entreprises

artisanales devront se concerter

et coopérer entre elles afin

de se constituer en réseaux

d'artisans.

Pour l'heure, il est donc nécessaire

d'informer et de former

les entreprises à tour de bras,

afin qu'elles aient une meilleure

connaissance des produits et

des matériaux énergétiques et

qu'elles s'appuient sur des

outils et des techniques fiables.

Les artisans doivent aujourd'hui

passer au statut

d'« éco-artisan », un label que

souhaite créer la Capeb et qui

serait garant de la qualité et de

la performance des entreprises

à appréhender les problèmes

énergétiques.

Il faut passer d'une multitude

de qualifications unisectorielles

(électricité, isolation, climatisation…)

à des compétences

plus vastes. Il faut que

les entreprises du bâtiment

soient capables de proposer

une offre globale avec toujours

plus de fonctions intégrées

pour un habitat « toutes options,

clés en main ». « Nos métiers

vont considérablement évoluer.

Jusqu’ici, on était peintre,

menuisier, chauffagiste. Désormais,

il va falloir que l’entrepreneur

ait une dimension d’ensemblier

», souligne Christian

Baffy, président de la FFB.

C'est-à-dire qu'il doit faire

preuve de multiples compétences

simultanément. Tous

doivent être impliqués, quel

que soit leur métier.

Vers la création

de 200 000 emplois

Le Grenelle est donc une formidable

opportunité pour

l'ensemble de la filière.

Zoom

Côté

transports

Une éco-pastille

a été proposée pour

les voitures neuves

avec un système de

bonus-malus, à l’achat,

pour les voitures vertes

et pour les plus gourmandes

en énergie. En

revanche, la limitation

de la vitesse de 10 km/h

sur le réseau routier n’a

pas été retenue par la

table ronde du Grenelle

de l’environnement.

Une chance de se remettre en

cause, de se tourner vers l'avenir

et de recruter de nouveaux

bras. Selon Jean-Marie Carton,

ce seraient 200 000 emplois

nets qui seraient créés. Le

secteur va donc devoir doubler

ses effectifs d’ici à 2020 et embaucher

100 000 personnes de

plus que les 100 000 qui le seront

grâce au rythme de création

d’emplois actuel dans la

filière dans les cinq ans qui

viennent.

Il faut donc continuer à séduire

les jeunes, déjà largement

sensibilisés aux questions

environnementales.

Nous évoquerons prochainement les conséquences

du Grenelle de l'environnement sur

les métiers du bâtiment.

6

LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008


Protection sociale

Des démarches simplifiées

À partir du 1 er janvier 2008, le RSI devient le seul interlocuteur pour la protection sociale.

Dorénavant, à partir du

1 er janvier 2008, pour vos

formalités et vos démarches

sociales, un point

d’entrée unique, le Régime social

des indépendants (RSI,

anciennement Ampi, Ava et

Organic et les Urssaf) a été mis

en place pour tous les chefs

d’entreprise indépendants, artisans

et commerçants.

Ainsi, vous acquitterez dorénavant

l’ensemble de vos cotisations

obligatoires de Sécurité

sociale (maladie-maternité, retraite,

invalidité-décès) auprès

du RSI. Le décret est à paraître

à l’heure où nous écrivons ces

lignes. La nouveauté ? Le RSI

prendra également en charge le

recouvrement de vos cotisations

d’allocations familiales et

CSG-CRDS, effectué jusquelà

par les Urssaf. Et c’est donc

cet organisme qui vous versera

désormais en retour les prestations

vieillesse et maladie.

Exonération des heures supplémentaires

Un dispositif complexe

L’exonération/

défiscalisation des heures

supplémentaires est entrée

en vigueur le 1 er octobre.


Petites entreprises : la

majoration des 4 premières

heures supplémentaires par

semaine passe de 10 % à

25 %, régime général

applicable à toutes les

Comme la plupart de ses

entreprises.

concurrents, EBP vous propose

de mettre à jour votre

concernées : toutes les heures


Heures supplémentaires

logiciel de paie.

effectuées au-dede 35 heures

par semaine, ou, pour les salariés

au forfait, au-dede 1 607 heures/an. Mais il est interdit de

« transformer » un complément de rémunération existant (une prime

par exemple) en heures supplémentaires.

◾ Salariés à temps partiel : les heures effectuées au-dede la

durée prévue au contrat sont aussi exonérées. Pour le salarié :

les heures effectuées dans le cadre ci-dessus sont exonérées

d’impôt sur le revenu. Les montants perçus à ce titre devront

donc apparaître sur sa déclaration de revenus. En outre, le

salarié ne cotise pas (sécurité sociale) sur ces heures.

◾ Pour l’employeur : un abattement forfaitaire de 1,50 euro

(entreprises de moins de 20 salariés) ou 0,50 euro (autres

entreprises) par heure supplémentaire payée sera déduit sur le

bordereau Urssaf. Attention : cet abattement ne concerne pas

les heures complémentaires des salariés à temps partiel.

Voilà pour l’essentiel. Mais la complexité du dispositif est telle

que nous vous conseillons, en tout état de cause, de vous

rapprocher de votre conseil habituel, et, si vous utilisez un

logiciel de paie, de procéder à une mise à jour.

Les objectifs

Faciliter la vie des chefs d’entreprise

indépendants, artisans

et commerçants. Simplification

administrative, proximité,

conseil personnalisé (calcul et

paiement des cotisations, aides

et exonérations, prestations…)

et accompagnement sont les

mots d’ordre. Le guichet unique

offre un service global,

complet et total. Tant sous

l’angle des cotisations sociales

que de la prévention et des

droits dans les domaines de la

santé et de la retraite.

Des échéances

de paiement unifiées

Les règles relatives au paiement

des cotisations au régime

de Sécurité sociale des artisans

et commerçants sont elles

aussi unifiées. Vous paierez

aux mêmes échéances pour la

maladie, la retraite, les allocations

familiales et la CSG-

CRDS. Le chef d’entreprise

peut choisir un paiement

mensuel (prélèvement le 5 ou

le 20 du mois) ou trimestriel

(le 5 des mois de février, mai,

août et novembre). En outre,

vous bénéficierez d’une réponse

sociale adaptée pour vos

difficultés de paiement.

« 56 % des entreprises

pensent utiliser le

dispositif des heures sup »

Alain Tapie est chargé

d’expliquer et promouvoir

le nouveau dispositif

d’exonération des heures

supplémentaires.

C’est la mission que lui a

confiée Christine Lagarde,

ministre de l’Économie, des

Finances et de l’Emploi.

Pour ce faire, il se rendra

notamment dans les

différentes régions

françaises afin de présenter

et d’expliquer le dispositif

des heures

La mission d’Alain Tapie : supplémentaires aux

inciter les patrons à faire un partenaires économiques

large usage des heures supplémentaires

défiscalisées.

« Je veux comprendre

et sociaux.

comment cela se passe,

recenser les difficultés rencontrées, constater si le nombre

d’heures supplémentaires réalisées a augmenté, faire une

sorte d’audit de l’application de la loi. Je viens chercher du

ressenti et donner des explications, sans donner des

réponses au cas par cas mais pour faire remonter les

problèmes qui existent et envisager des solutions. »

DOMINIQUE-HENRI SIMON – MINEFE – SIRCOM

7

LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008


l'actualité dans la

Grande soirée à Lormont

L’artisanat à l’honneur

Pour les artisans, par les artisans : telle était la volonté de la chambre de métiers et de l’artisanat

de la Gironde et de ses élus en organisant la soirée spéciale, le 23 novembre dernier à Lormont.

Près de 350 personnes

avaient répondu à l’invitation

de la chambre de métiers

et de l’artisanat pour

se rendre au gymnase des Iris

prêté par la ville de Lormont,

partenaire de l’opération. Cette

action s’inscrit dans la suite

logique de la convention de

partenariat signée entre les deux

institutions en juillet dernier

pour pérenniser et développer

l’artisanat local. Le maire, Jean

Touzeau, en a rappelé les

principaux axes en inaugurant

la soirée. Avant de présenter

plusieurs temoignages d’artisans,

Yves Petitjean, président

de la chambre de métiers et de

l’artisanat, a ensuite souligné le

volontarisme de la commune

en matière de soutien au développement

économique.

Information

et convivialité

Cette manifestation a permis

aussi de favoriser les rencontres

entre les artisans des différentes

communes du secteur des

Hauts de Garonne et de la rive

droite. Pour cela un badge représentant

leur activité était

remis aux invités.

La compagnie consulaire multiplie

ce type d’actions de

proximité pour communiquer

sur les services qu’elle propose

aux artisans. Ils sont nombreux,

utiles et pas toujours

bien connus par les ressortissants

de l’établissement consulaire.

Apprentissage, emploi,

formation, transmission, gestion

des déchets professionnels,

etc. Tous ces thèmes ont été

abordés pendant la soirée qui

mêlait information et convivialité.

En conclusion de l’événement,

un dîner aux chandelles

était offert par les partenaires

de la soirée.

Jean Touzeau, maire

de Lormont, aux côtés

d’Yves Petijean, président

de la chambre de

métiers et de l’artisanat

de la Gironde.

Près de 350 personnes se sont déplacées

au gymnase des Iris, prêté

par la ville de Lormont, invitées

par la chambre de métiers et de

l’artisanat de la Gironde.

Les partenaires de la soirée

PENA Environnement, Gem Distribution, BPSO, Experts Comptables d’Aquitaine, IVECO, la Mairie

de Lormont, EDF PRO.

8

LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008


Diplômés de l’artisanat

Les promotions 2007

Pour honorer les titulaires de diplômes professionnels en 2007 (artisans, conjoints, salariés), la chambre de métiers

et de l’artisanat organisait une cérémonie conviviale le 17 décembre dernier.

À

cette occasion, Yves Petitjean

et des élus de la chambre

de métiers et de l’artisanat

de la Gironde ont remis

les diplômes aux titulaires du

Brevet de Maîtrise, du Brevet

de collaborateur de chef d'entreprise

artisanale (BCCEA) et

Brevet Technique des Métiers.

Dans son allocution, Yves Petitjean

a adressé ses félicitations

aux lauréats : « Je vous félicite

et je salue le courage de chacun

d'entre vous, car ce n’est pas du

BCCEA PROMO 18 : Alicia BOLZON, Rachel FORGIT,

tout évident de se relancer dans Francine GITTON, Agnès GLENAZ, Vincent PASQUET,

des études tout en menant de Lisbeth ARNAUD.

front l'activité professionnelle,

l’école et la famille ».

BCCEA PROMO 19 : Romain BRONCHAL,

Sandrine GUIDAL, Corinne SIMON, Stéphanie

SUY, Arnaud VALLET.

LES BREVETS DE MAÎTRISE : BALLION Guillaume, BETILLE Angélique, BOISSARD

Jean-Marie, CLOQUEMIN Vincent, ETHUIN Jessica, GUILLAUME Valérie, PEREZ

Tiffany, PLEHIERS Sandrine, RAYNAUD Virginie, RIEUBLANC Sylvain, ZILIOLI Solène,

COURVOISIER Damien, GIMENO Éric, JUVIGNY Christophe, LECOMTE Élodie,

MORTEAU Hervé, ONILLON Estelle, RUELLOUX Martine, HUMEZ Fanny.

Les lauréats du BREVET TECHNIQUE DES MÉTIERS

n’étaient pas présents car ils ont entamé leur tour de

France : BERNARD Cyril, CHAMPEAU Thomas, DIEZ Martin,

FRANGEUL François, NOVATI Henri, MOTTE Grégoire,

WERMUTH Mathie. Les diplômes ont donc été remis au

prévôt des compagnons, Vincent SCHAFFNER.

ZOOM sur le brevet de collaborateur de chef d'entreprise artisanale (BCCEA)

Une vraie qualification, un plus pour l’entreprise

Le BCCEA est un titre homologué de niveau IV (niveau baccalauréat) délivré par les chambres de métiers. Cette formation est particulièrement

destinée aux conjoints d'artisan. La durée totale de la formation est de 539 heures en Centre de formation. Cette formation de niveau IV

a été conçue sous forme modulaire et répond aux besoins de qualification d'une population ayant un rôle important dans la vie

des entreprises artisanales et plus particulièrement dans la gestion et la communication.

Attention, le diplôme change de nom en 2008, il devient : « Gestionnaire d’entreprise artisanale ».

Pour tous RENSEIGNEMENTS SUR NOS FORMATIONS : 05 56 999 102.

9

LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008


l'actualité en

Pour accéder au centre-ville historique

de Bordeaux, l’apposition

du macaron artisan au centreville

est indispensable.

Le e 17 octobre dernier, le

président de la chambre de

métiers et de l’artisanat de

la Gironde et le maire de

Bordeaux, Alain Juppé, lançaient

un important dispositif

élaboré avec l’Union Professionnelle

Artisanale. Son objectif

: améliorer l’accessibilité

et le stationnement des artisans

en centre-ville.

Centre-ville de Bordeaux

Des actions pour soutenir l’artisanat

Plusieurs actions sont menées simultanément pour maintenir les entreprises artisanales en centreville.

Tout d’abord, un dispositif a été lancé afin d’améliorer l’accessibilité dans le centre historique.

Dans le même temps, la pépinière Bordeaux-Sainte-Croix vient d’accueillir ses derniers résidents.

Un tissu artisanal

jadis menacé

Comme dans l’ensemble des

métropoles, le nombre d’entrepreneurs

a diminué de façon

importante (-20 % de

1996 à 2004),

fragilisant dans le

même temps le

rôle économique

et social qu’il remplit

dans les quartiers.

Aussi en

2005, un groupe

de travail constitué d’artisans

du centre-ville a été constitué.

Ses réflexions ont permis l’élaboration

d’une convention

établie en janvier 2006 entre

la Ville de Bordeaux et la

chambre de métiers et de l’artisanat

de la Gironde. Constituée

d’actions concrètes, elle

propose notamment un dispositif

destiné à améliorer

l’accessibilité et le stationnement

dans le centre historique

de Bordeaux.

Alain Juppé, maire de Bordeaux,

et Yves Petitjean,

président de la chambre de

métiers et de l’artisanat de

la Gironde, sont mobilisés

en faveur d’un accès facilité

des artisans au centre-ville

de Bordeaux.

Des outils simples

Ce dispositif s’adresse aux

professionnels de l’urgence,

de la maintenance et de la réparation.

Il permet d’augmenter

la durée de stationnement

(de deux à quatre heures),

de s’acquitter du règlement

grâce à la carte « Bordeaux

ma ville », et d’accéder

aux trente-deux aires de manutention

(le nombre a été

plus que doublé !).

Pour accéder à ces facilités, il

suffit d’appeler la chambre de

métiers et de l’artisanat de la

Gironde. Si l’activité est éligible,

un justificatif est envoyé :

il faut alors le présenter en

mairie pour obtention de la

carte « Bordeaux ma ville » et

du macaron « Artisan au centre-ville

». Carte et macaron

sont limités à deux exemplaires

par entreprise, pour un

coût annuel de 8 euros.

L’ensemble du dispositif est

expliqué en détail dans la plaquette

« L’accès facile en centre-ville

», réalisée avec l’aide

de l’Assemblée permanente

des chambres de métiers et

l’Europe. Elle précise notamment

les activités éligibles, les

démarches obligatoires pour

installations de chantiers et les

modalités d’accès au secteur

borné. La plaquette est disponible

en chambre consulaire

et mairie, et téléchargeable sur

L’une des deux fourgonnettes

électriques, non polluantes et

très étroites, mise à la disposition

des résidents de la pépinière

pour circuler dans les

petites rues du centre-ville.

les sites Internet des deux institutions.

Tous les locaux

de la pépinière

sont occupés

Aménagée par la mairie à la fin

du mois de septembre, avec la

participation d’institutions

publiques et animée par la

chambre de métiers et de l’artisanat,

la pépinière Bordeaux-

Sainte-Croix vient d’accueillir

ses derniers résidents. Domiciliés

durant 23 mois, ces derniers

bénéficient d’un accompagnement

personnalisé et de

services communs : accès Internet,

copieur-fax, salle de

réunion… sans oublier les

deux véhicules électriques mis

à leur disposition par la Ville

de Bordeaux.

12

LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008


1 re Nuit du commerce et de l’artisanat

Cérémonie et engagement !

Le 26 novembre dernier, la première édition du genre, organisée par la « Ronde de Quartiers » qui fédère 18 associations

de commerçants et d’artisans hors centre-ville, fut une belle fête. Mais aussi l’occasion de promouvoir le petit commerce

et l’artisanat.

Au théâtre « Fémina », la 1 re

« Nuit du commerce et de

l’artisanat » était une façon

de montrer aux grands magasins

de la périphérie bordelaise

le dynamisme et la volonté de

gagner du commerce de proximité

et des ateliers d’artisans.

Pas moins de 500 personnes

se sont réunies, mais le tour de

force était aussi de réunir à la fois

les commerçants de la « Ronde

des Quartiers » (qui organisait)

et ceux de l'association Bordeaux-Centre

Ville, présidée

par Michèle Favreau-Cerrato.

Pour le président de la « Ronde

des Quartiers », Alfredo Julio,

« il faut que chaque association

conserve son identité, ses particularités,

ses idées propres. Mais si nous

voulons réussir, il nous faut travailler

de plus en plus souvent ensemble.

» Cette volonté semblait

d’ailleurs partagée par toutes les

personnalités présentes. Ainsi,

Yves Petijean, président de la

chambre de métiers et de l’artisanat

de la Gironde, qui rappelle

pour faire revenir l’artisanat en

ville. Quant à Laurent Courbu,

le président de la chambre de

commerce et d’industrie, « au

moment où le centre-ville est en

train de reconquérir des habitants,

il est fondamental que le commerce

de proximité soit vivant ».

Une artisane récompensée

La soirée fut aussi le théâtre d’une

cérémonie de remise des prix du

concours de vitrines, lancé par

la « Ronde des Quartiers », sur

le thème de l’ovalie, en marge de

la coupe du monde de rugby. À

part la nécessité de faire allusion

au rugby et au ballon ovale, il n’y

avait pas réellement de consignes

particulières. Résultat : quatre

lauréats et en particulier une artisane,

Claudie Germain, fleuriste

au 85 cours de l’Argonne,

qui décroche le 2 e prix !

Développement durable

Durant cette soirée festive, des

engagements ont également été

pris, notamment en matière de

respect et de protection de l’environnement,

en s’associant à la

Ville de Bordeaux pour la Charte

d’écologie urbaine et de développement

durable. Ainsi, les artisans

et commerçants « Éco-citoyens

» de la « Ronde des Quartiers

», labellisés et signalés par

un sticker collé sur leur vitrine,

ont dressé leurs propres charte et

règles. Résultat : dix commandements

à respecter :

❶ Fournir aux clients des poches

100 % biodégradables

❷ Inciter les clients à réutiliser

ces mêmes poches

❸ Remplacer une lampe à

incandescence ou halogène

sur deux par une lampe basse

consommation

❹ Commander au moins 10 %

de produits issus du commerce

équitable à leurs fournisseurs

❺ Commander au moins 10 %

de produits alimentaires bio

❻ Partager un moyen de déplacement

doux avec d’autres

commerçants

❼ Réaliser le tri sélectif des déchets

à destination des bornes

bleues par apport volontaire

❽ Mettre en place un système

de temporisation qui éteint

automatiquement l’éclairage

vitrine à une heure convenable

❾ Participer au désherbage

du trottoir sans faire appel aux

produits phytosanitaires

❿ Mettre en place des dispositifs

économiseurs d’eau.

Ressources humaines

Gecab, premier groupement d’employeurs de Bordeaux

Le groupement d’employeurs des commerçants

et artisans de Bordeaux (Gecab), créé

sous l’impulsion de la maison de l’emploi de

Bordeaux et du service développement économique

de la ville de Bordeaux, a pour objectif

de répondre à la demande des associations

sur les problématiques de ressources humaines.

Tous types de commerces et d’artisans s’y

trouvent. Composé de dix membres fondateurs

et administrateurs, tous commerçants bordelais,

il est présidé et vice-présidé respectivement

par Wolf JL Stolpner et Arnaud Barde.

Les solutions du Gecag

Ce groupement d’employeurs propose des solutions

aux besoins en recrutement à temps

partiels, saisonniers, sur des métiers à faible

qualification ou hautement qualifiés. Comment

ça marche ? Après votre adhésion, le responsable

du groupement identifie et recense avec

vous vos besoins précis. Lors de la mise en

place des salariés, le Gecab gère l’ensemble

des tâches administratives liées à l’embauche,

rémunère le salarié et facture votre entreprise

en fonction du temps de travail effectif.

Pour adhérer au Gecab ou obtenir plus

de RENSEIGNEMENTS : ISABELLE MASSUS,

Tél. : 05 40 12 10 11, Courriel :

gecab@emploi-bordeaux.fr

13

LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008


Création - transmission en

Depuis mai 2006, Emmanuel

Parada a transformé

sa passion en métier, avec

déjà 200 clients de son activité

de voilerie et sellerie.

LMA - Vous avez passé

20 ans dans une usine

Ford, à Blanquefort. Vous

venez de vous lancer

dans l’artisanat, et plus

exactement dans la

voilerie et la sellerie

nautique. Comment

cela s’est-il passé ?

Emmanuel Parada – Je pratique

la voile depuis 30 ans, j’ai appris

la voilerie il y a 25 ans dans une

association loi 1901. J’ai toujours

en tête cette idée de créer un jour

ma propre entreprise dans ce secteur.

Encore fallait-il trouver l’occasion.

Elle s’est présentée il y a

peu, Ford, mon ancien employeur

connaissant des difficultés.

Un plan social pour l’emploi

a été mis en place. J’ai dû prendre

ma décision, très rapidement, en

trois mois. J’avais ensuite trois à

quatre mois supplémentaires

pour monter le projet lui-même,

Rebondir dans l’artisanat

Emmanuel Parada a le vent en poupe !

Faire de sa passion son métier. Un rêve réalisé par Emmanuel Parada, électro-mécanicien

chez Ford pendant vingt ans, qui a lancé Voilerie Airway en mai 2006. Ce passionné de voile

depuis trente ans, formé à la voilerie il y a vingt-cinq ans, réalise aujourd’hui voiles

et selleries pour 200 clients, dont Philippe Starck.

après l’avoir fait valider par un

bureau de reclassement. J’ai ensuite

suivi la formation à la chambre

de métiers et de l’artisanat de

Gironde.

Comment le financement

de votre projet s’est-il

structuré ?

J’ai reçu une prime à la création

d’emploi versée par la société

Ford. À celle-ci s’est ajoutée ma

prime légale de licenciement

économique. Du fait de créer

une société à la suite, justement,

d’un licenciement économique,

je bénéficiais de l’Accre

(ndlr : Aide pour les chômeurs

créateurs, repreneurs d’entreprise),

qui m’exonérait des charges

durant ma première année

d’exercice. Mais il m’a fallu investir

avec mes propres fonds.

Il faut dire que j’en ai pour environ

20 000 euros de machines

à coudre, qu’il faut rembourser,

mon activité nécessite

un local d’au moins 200 m 2 …

Lancée en 2006,

comment se porte

votre activité aujourd’hui ?

Le nautisme est en expansion.

Mais il faut se battre quand vous

vous lancez de « zéro ». Mais

bon, c’est vrai que j’étais déjà un

peu « connu » dans le milieu de

la voilerie pour l’avoir pratiqué

depuis de nombreuses années

comme loisir… ça m’a aidé, c’est

sûr. Aujour d’hui, j’ai environ

200 clients, dont les deux seuls

magasins de planches à voile de

Bordeaux, des clients à Lacanau,

Biarritz, Cap-Breton, Bayonne…

Je travaille aussi la sellerie

pour deux chantiers navals. Pour

l’un d’eux - les chantiers Vulcani

à Artigues-près-Bordeaux -, j’ai

réalisé la sellerie du Riva personnel

du designer Philippe Starck.

Pour l’autre - les chantiers Nicolas

à Bordeaux -, spécialisés dans

la restauration de bateaux anciens,

j’assemble des voiles de

bateaux, dans la limite de 25

pieds. Je me diversifie, et surtout

je me fais plaisir.

Vous avez des salariés ?

Je suis seul ! Je peux même dire

que je ne gagne pas bien ma vie

Gironde Opportunités Un trimestriel

au service de la transmission

Comme partout en France de nombreux chefs d’entreprise vont cesser leur activité

professionnelle. En Gironde, près de 3 500 entreprises sont dirigées par des artisans

de plus de 55 ans. Parmi elles, se trouvent de très belles opportunités à reprendre

pour réussir et développer une activité artisanale. Consciente de l’importance de la

transmission pour l’artisanat dans notre département, qu’il s’agisse de l’emploi, de

l’économie ou de la proximité, la chambre de métiers et de l’artisanat de la Gironde

branche le turbo en matière de transmission.En s’appuyant sur les mesures nationales

et le dispositif régional pour favoriser la reprise d’entreprise, la chambre de métiers et

de l’artisanat intensifie ses actions de sensibilisation sur le terrain dans les territoires.

C’est ainsi qu’elle étoffe son équipe « transmission » et développe des outils de

communication comme cette nouvelle version de Gironde Opportunités.

Pour plus d’informations sur ces nouvelles mesures, CONTACTEZ ODILE

VIAUD à la CMA de la Gironde. Tel. : 05 56 999 948.

VOILERIE AIRWAY, 10 rue Blaise Pascal,

parc d’entreprises Labory Baudan, 33127

Saint-Jean D’Illac. Tél. : 05 56 68 92 02

pour le moment. Mais c’était

prévu, le temps de fonctionner,

d’amortir les achats du départ

et les matières premières. Mais

j’espère embaucher.

Vous pouvez vous

rapprocher de la

chambre de métiers et de

l’artisanat de la Gironde

qui pourra vous

conseiller…

Oui, bien sûr. Quand ce sera le

moment, j’irai m’y renseigner.

Cependant, ce que je constate

aujourd’hui, c’est que créer une

entreprise seul, c’est pratiquement

impossible. Quand j’ai

été accompagné par le bureau

de reclassement et après avoir

fait le stage à la chambre de

métiers et de l’artisanat, j’ai très

vite eu le besoin d’être accompagné

par quelqu’un sur le plan

administratif et commercial.

Or, je n’ai personne. Je dois

prospecter pour trouver du travail,

or si je travaille, je ne prospecte

pas… C’est le plus difficile

à négocier aujourd’hui.

Propos recueillis par Frédéric Mélot.

1 er janvier 2008

Les codes APE

changent !

Les nomenclatures d’activités et de

produits françaises, NAF rév.1, en vigueur

depuis le 1 er janvier 2003, sont

en phase de révision. Le code de l’activité

principale de l’entreprise (APE)

passera de 4 à 5 caractères à partir du

1 er janvier 2008. Seuls les artisans employeurs

seront prévenus par l’INSEE de

ce changement. Les artisans non-employeurs

ne bénéficieront pas de cette

information. Il est donc primordial d’informer

tous les artisans de consulter le

site www.sirene.tm.fr pour mettre à

jour leurs documents professionnels.

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LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008


Reprendre en

Repreneur

Arthésia, la reprise qui a tout du tube

En avril dernier, à la barre

du tribunal de commerce

de Bordeaux, Franck

Naxara rachetait pour

150 000 euros la société Arthésia

SARL, basée à Carbon-

Blanc. Ce repreneur estime

que la société a « souffert d’erreurs

de gestion, pas de son positionnement

». En effet, Arthésia

occupe une niche originale,

forte de ses trois spécialités,

« le négoce de produits autour

du vin, la sérigraphie sur bois et

verre, la fabrication de coffrets

en bois ».

Jusqu’à 1 500 coffrets

hebdomadaires

« Notre clientèle se compose de

cavistes, de châteaux viticoles et

Franck Naxara a repris la

société Arthésia en avril

2007 : « le positionnement

de l’entreprise est très original,

c’est une force ».

de négociants, précise Franck

Naxara, les cavistes nous achetant

surtout des tire-bouchons et

des caisses, les châteaux, des verres

sérigraphiés avec leurs armoiries,

les négociants faisant appel

à nous pour des actions de communication,

avec la réalisation

de coffrets spéciaux ». Arthésia

dispose d’un atelier-dépôt de

700 m 2 où travaillent deux

personnes, et de 100 m 2 de

bureaux. La production oscille

entre 800 et 1 500 coffrets par

semaine.

Franck Naxara a lancé un site

marchand sur Internet (www.

arthesia.fr), qui gère 350 références

et commence à voir des

commandes de particuliers.

Il pense atteindre l’équilibre

dès la fin de la première année

d’exercice.

ARTHÉSIA SARL,

20 rue des Frères Lumière,

33560 Carbon-Blanc.

Tél. : 05 57 87 64 61

Association en vue

Haut de Garonne Développement

Les missions de l’association : contribuer

à animer une dynamique économique

sur les Hauts de Garonne (mise

en réseau des acteurs locaux, animation

de la Pépinière d’Entreprises des

Hauts de Garonne, accompagnement à

la création et au développement d’entreprises

sur la Rive Droite), engager

des réflexions sur l’aménagement des

infrastructures routières, autoroutières

et ferroviaires, encourager la découverte

des 20 000 hectares du territoire

des « Hauts de Garonne », rester attentive

aux demandes de ses adhérents et

répondre à leurs besoins dans d’autres

champs thématiques, assurer la cogestion,

avec le TGI, de la Maison de la

Justice et du Droit.

HAUTS DE GARONNE DÉVELOPPEMENT,

avenue Jean Alfonséa, 33270 FLOIRAC

Tél. : 05 57 54 32 50, courriel :

contact@hdgdev.com

Foire internationale

de Bordeaux 2008

Salon des métiers

d'art

Pendant la foire de Bordeaux en mai prochain,

la chambre de métiers et de l'artisanat de la

Gironde organise avec le comité des expositions

de Bordeaux un salon et propose aux artisans

des stands à un tarif préférentiel.

RENSEIGNEMENTS : Laurence Martin-Saldou

05 56 999 129.

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LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008


16

LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008

Il a su

1. Créer une entreprise citoyenne.

Didier Duchêne croit à la compétence professionnelle de chacun.

Il a su transmettre son métier et passionner ses équipes. Pour lui,

le savoir n’est intéressant que s’il est transmis.

2. Offrir un climat social agréable.

Didier Duchêne a prouvé qu’une bonne ambiance était profitable

à la productivité et à la rentabilité de son entreprise.

3. Lutter contre la discrimination.

CMD2 a embauché deux handicapés mentaux et leur dispense une

formation adéquate. L’entreprise s’est adaptée à leurs difficultés.


Cas

d’entreprise

CMD2 a fait de l’apprentissage une

voie royale. Lumière sur une véritable

stratégie de gestion des apprentis.

« Former les jeunes

d’aujourd’hui qui seront

nos artisans de demain »

Breton d’origine, c’est pourtant dans l’Aube que Didier Duchêne a créé avec son frère sa propre entreprise de métallerieserrurerie

il y a 18 ans, CMD2. Ses maîtres mots : la transmission de son métier et de sa passion aux jeunes.

«

La richesse de mon entreprise,

ce sont les hommes

et les femmes qui la composent

». Didier Duchêne

a fait de cet adage sa philosophie.

Chaque matin à 9 h 30 à

Estissac (Aube), les 25 compagnons,

apprentis et chefs

d’entreprise de Concept Métal

D2 se retrouvent dans l’atelier

pour une pause-café, après

avoir déjà bien travaillé.

C’est le rituel de cette métallerie

serrurerie depuis sa création

en 1990 par Didier et

Alain Duchêne. Un moment

qui permet de communiquer

et d’abolir les frontières. Tout

comme le visionnage des

matchs de foot sur le grand

écran de l’atelier…

Tout le monde

Didier Duchêne en-

dans la même

cadre deux de ses

apprentis, Guillaume

équipe. Et la

et Jordan. Son fils

bonne ambian-

Tanguy (en bas à ce

ne s’en ressent

que plus

gauche) a reçu le titre

de meilleur apprenti

de France mé-

vivement. Ici,

tallerie en 2007 et

chacun se sent

Olivier Baudon celui

chez soi. Quand

de Meilleur ouvrier

de France métallerie il

était jeune apprenti,

Didier

Duchêne avait

2007.

souffert des différences hiérarchiques

et de sa mauvaise

intégration aux équipes pendant

son Tour de France. Il ne

veut donc pas faire subir le

même sort à ses salariés et apprentis.

Son projet de départ ? « Créer

une entreprise différente ». Si

celle-ci a avant tout un rôle

économique, elle doit aussi

remplir une mission sociale :

intégrer ceux qui sont en difficulté.

« Elle donne sa chance

A-DR

LES APPRENTIS

DE CMD2

EN CHIFFRES

Depuis 1990,

CMD2 a

déjà formé

42 apprentis au

CAP/BEP métallier.

98 % d’entre eux

ont été reçus

à l’examen

et sont toujours

dans le métier,

contre 30 %

seulement des

apprentis en CFA.

21 % sont restés

chez CMD2 tandis

que 12 % sont

devenus euxmêmes

chefs

d’entreprise

avec l’aide et

les conseils de

Didier Duchêne.

Les entreprises

sont alors

complémentaires

et non pas

concurrentes.

LE POINT DE VUE

DES APPRENTIS

DE CMD2 :

Pour Guillaume,

19 ans,

« Ici, c’est un peu

comme une

seconde maison.

En plus, il n’y

a pas de

différence entre

les ouvriers

et les apprentis.

Et si il y a

un souci sur

une pièce,

c’est toujours

de la faute

de l’ouvrier,

jamais

de l’apprenti ! »

à tout le monde, quels que

soient son origine et son niveau

scolaire », affirme Olivier

Baudon, ouvrier de CMD2.

Sur les 4 apprentis que compte

l’entreprise, Didier Duchêne

en choisit deux en difficulté

scolaire.

Pour les recruter, il passe une

annonce dans un quotidien

régional puis sélectionne les

candidats. Il ne recherche pas

seulement un apprenti mais

un compagnon en devenir ;

plus que le profil scolaire, il

recherche la motivation.

Ce maître d’apprentissage

hors pair, « l’ancien », comme

on le surnomme tant et si

bien, fait tout pour leur faciliter

la vie. Deux appartements

à disposition, intégralité

du Smic dès la deuxième

année...

Leurs heures ? Ils ne les comptent

pas. Mais leur rythme est

bien chargé puisque tous sont

attendus dans leur salle de

cours reliée à Internet au sein

de l’atelier le samedi matin à

8 h après leur dure semaine

de labeur. Atelier, dessin, soutien

scolaire… Ils viennent ici

combler leurs lacunes.

Le parcours

du combattant

Dès la première année d’apprentissage,

Didier Duchêne

obtient un réel retour sur investissement

car ses apprentis

deviennent une véritable valeur

ajoutée.

Aujourd’hui, Didier Duchêne

veille à la bonne gestion de

son équipe et à la rentabilité

de son entreprise (3,5 mil-

lions d’euros de CA en 2007).

Quel est donc son secret ? Une

bonne ambiance salutaire

pour la productivité et la solidarité,

un peu de pression, de

la rigueur.

Pour donner l’exemple aux

apprentis. « Je leur transmets

le métier afin qu’ils atteignent

le plus haut niveau de

compétence, qu’ils fassent le

Tour de France, le concours

des Mof… » En attendant, cet

ancien tenant du titre en métallerie

en 1989 les inscrit

systématiquement au concours

des meilleurs apprentis, qui a

lieu tous les ans. Guillaume,

19 ans, apprenti en 2 e année

chez CMD2 le présentera à la

fin de l’année. Et puisque la

conception de Didier Duchêne

est de « ne jamais oublier

que l’on ne fait rien tout seul »,

Guillaume sera épaulé par

Olivier Baudon, nommé Mof

métallerie en 2007. Son chefd’œuvre

sera préparé à l’atelier

avec les conseils de l’ensemble

des compagnons.

Il bénéficiera de toutes les infrastructures

et du soutien

d’un coach tous les deux

jours. « D’un simple métier, on

va en faire une passion car le

jeune va au maximum de ses

limites. »

Didier Duchêne souhaite que

ses protégés volent un jour

de leurs propres ailes et deviennent

peut-être eux aussi

chef de leur propre entreprise.

En attendant, les apprentis

qui sortent de CMD2 vantent

leur apprentissage dans

cette entreprise plutôt que

leur diplôme…

17

LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008


Outils

Gestion

AVIS D’EXPERT

Sébastien Niotou,

direction politique clientèles

et Offres à la Caisse Nationale

des Caisses d’Épargne

« Vous pouvez

cautionner tout type

de financement »

À quelles sociétés de caution

mutuelle faites-vous appel ?

Nous faisons appel en priorité à notre

filiale Natixis Garanties-Saccef. Nous

pouvons également solliciter des établissements

pluri-bancaires, comme

la Siagi ou Oseo, ou un fonds d’intervention

FGIF, qui est spécialisé dans la

couverture des prêts consentis à des

femmes créatrices d’entreprise.

Le cautionnement mutuel s’appliquet-il

à tous les types de financement ?

Par exemple, Saccef ImmoPro garantit

à 100 % un prêt immobilier à usage

professionnel ou mixte pouvant aller

jusqu’à 30 ans. Oseo peut cautionner

un crédit moyen terme à partir de

4 000 € (ou 2 000 € en ZUS), venant

en complément d’un PCE (prêt à la

création d’entreprise) de 2 000 €.

Caution mutuelle

Un accès facilité à tous les crédits

La caution mutuelle est bien connue des entreprises artisanales : elle leur permet

d’emprunter, en diminuant le montant des garanties personnelles ou réelles

qu’elles consentent.

Rappelons que la caution mutuelle

est une garantie donnée par un

organisme qui, en cas de déchéance

du terme et de procédure

LJ/RJ, remboursera à votre place la

banque ou l’organisme prêteur. Basée

sur le principe de la mutualisation du

risque, son intervention vous est facturée

sous forme d’une commission

(1 à 4 % environ des montants empruntés).

Son principal effet est de

fournir au banquier les garanties qu’il

demande, sans engager la vôtre. Cette

forme de garantie, dans l’esprit des

artisans, est le plus souvent associée

aux crédits d’équipement (crédits à

2-5 ans permettant d’acheter du matériel).

C’est d’ailleurs dans ce cas

qu’elle est le plus souvent utilisée.

Mais elle peut aussi être associée à

d’autres types de financement.

« Vous faire

cautionner,

c'est

proteger

votre

patrimoine

personnel. »

Prêt immobilier :

mieux qu’une hypothèque

Par rapport à une hypothèque traditionnelle,

la caution mutuelle présente

plusieurs avantages. Elle est

d’abord moins coûteuse, si l’on tient

compte des frais de mainlevée de l’hypothèque

à la fin du crédit ou lors de

la revente de l’immeuble. Ensuite, elle

est bien adaptée aux biens « mixtes »

(habitation + activité), alors qu’une

prise d’hypothèque ne peut se faire

que sur un immeuble dans son intégralité.

Enfin, certaines sociétés de

caution mutuelle l’acceptent en garantie

de 100 % de l’emprunt. Vous

n’avez alors aucune autre garantie à

consentir.

Un crédit-bail peut aussi

être cautionné

Les systèmes de crédit-bail ou de location

financière ont pour eux leur facilité

d’accès : le financement est simple...

puisqu’il n’y a pas de financement.

C’est le fournisseur (ou une société

financière) qui reste propriétaire

du bien et vous le loue. Pas de financement,

donc... pas de garantie ? Erreur :

le loueur, pour se protéger du risque

d’impayé, vous fera quand même signer

une caution personnelle. Vous

avez donc tout avantage à remplacer

celle-ci par une caution mutuelle.

Un cautionnement

jusqu’à 100 % du crédit

Chaque établissement de crédit met

en œuvre sa propre politique au regard

de la caution mutuelle.En particulier,

la proportion du prêt qui peut être

couverte par la caution mutuelle varie

selon le type de prêt et la nature du

dossier. Pour le reste, il vous sera demandé

des garanties personnelles

(caution ou aval), voire un nantissement.

D’où l’intérêt de préparer votre

dossier avec votre comptable ou votre

chambre de métiers avant de rechercher

le financement. Mais, dans tous

les cas, vous faire cautionner revient à

protéger votre patrimoine personnel.

Pour en savoir plus sur…

LES SOCIÉTÉS DE CAUTION MUTUELLE

SIAGI www.siagi.fr

Créée à l’initiative des chambres de métiers et

de l’artisanat, la Siagi est un acteur « pluribancaire

», c’est-à-dire qu’elle intervient en

garantie de prêts présentés par la plupart des

banques de la place. Elle développe également

une stratégie d’appui en partenariat avec les

régions (deux accords signés récemment avec

les régions Centre et Pays-de-la-Loire) pour

faciliter la reprise d’entreprise sur les

territoires concernés. Adressez-vous à votre

CMA.

OSEO www.oseo.fr

Issu de la réunion de l’Anvar (innovation), de la

BDPME (banque) et de Sofaris (garantie mutuelle),

Oseo est également un organisme de caution qui

travaille avec la plupart des banques de la place.

Son champ d’activité inclut aussi le financement

direct des investissements, du cycle d’exploitation

et de l’innovation.

Les sociétés de caution mutuelles bancaires

La plupart des grands réseaux bancaires ont créé

des sociétés de caution qui n’interviennent que

sur les opérations réalisées par leurs banques

mères. Citons Natixis-Garanties Saccef (Caisse

d’Épargne) ou la Socama (Banques populaires).

Si vous souhaitez faire garantir votre prêt de

cette façon, demandez à votre banquier

d’interroger, outre la société de caution mutuelle

« interne », un ou deux cautionneurs pluribancaires.

Cette page a été réalisée avec le concours de la Caisse d’Épargne

18

LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008


Outils

Bureau

TRUCS ET

ASTUCES PC

Word : copier

la mise en forme

Vous avez appliqué une mise en

forme (police, taille, gras ou italique,

couleur…) à une portion de texte

et vous voulez obtenir le même effet

à un autre emplacement ? Inutile

de noter toutes les caractéristiques

du style choisi et de les appliquer

une à une au nouveau texte.

1

Cliquez sur le texte dont vous

voulez reproduire la mise en

forme.

Cliquez sur le bouton

2 « Reproduire la mise en

forme » dans la barre d’outils

principale. Ce bouton représente un

pinceau et il se situe normalement

à droite du bouton « Coller ».

Votre pointeur de souris affiche

le signe « + » lorsque vous survolez

le texte.

À l’aide de ce pointeur « + »,

3 sélectionnez le texte auquel

vous voulez appliquer la

mise en forme choisie : il prend d’un

seul coup toutes les caractéristiques

souhaitées.

BERNARD LEBAS

La responsabilité

du dirigeant

Responsabilité civile, fiscale, pénale…

n’auront plus de secret pour

vous. En tant que dirigeant de société,

vous avez des responsabilités juridiques.

Ce guide pratique aborde

les questions essentielles que vous

devez vous poser afin de comprendre

et maîtriser les conséquences de vos

actes. Le droit concernant votre responsabilité

en tant que chef d’entreprise,

réparti dans différents codes et

toujours en

mutation, vous

est ici expliqué

de manière

simple et pédagogique.

La responsabilité

du dirigeant, comment

prévenir et

se protéger, éditions

du Puits

fleuri, 22 euros.

Logiciels comptables

La compta pour les nuls ?

Dans la course aux logiciels pour débutant, Ciel vient de franchir un nouveau pas, avec

sa gamme Facile, au look inspiré par les cahiers comptables de l’ère pré-informatique.

Les plus anciens d’entre vous se

souviennent des cahiers Exacompta

: des dizaines de milliers

d’artisans y ont fait leurs premiers

pas de gestionnaires. Grâce à

Compta Facile, les nouvelles générations

vont pouvoir suivre leurs traces.

Et il faut bien reconnaître que la

méthode est si simple qu’en quelques

minutes, on comprend intuitivement

le principe de l’enregistrement

comptable. À cette différence

près que, comme par magie, les colonnes

sont toujours équilibrées !

Facturation facile répond au même

souci : les modèles de devis et factures

présentés obéissent aux mêmes

règles que les logiciels bureautiques

(Excel ou Word) que vous utilisez

sans doute déjà. Et même si vous venez

directement du facturier à souche,

vous ne serez pas dépaysé.

Henri Benamram,

Directeur marketing Ciel

En quoi Compta Facile se distinguet-il

de ses concurrents ?

Nous avons inversé la démarche de

conception. Au lieu de simplifier un logiciel de compta pour

PME, nous sommes partis du besoin du client individuel, et

avons construit quelque chose d’original, en restant aussi

proches que possible de ce qu’il a l’habitude de faire.

Ces logiciels peuvent-ils évoluer ?

Bien sûr. Ils peuvent être adaptés aux spécificités de chaque

activité, et accompagner la croissance de l’entreprise.

En outre, nous consentons des conditions particulièrement

avantageuses à ceux qui souhaitent évoluer vers le haut

de notre gamme, pour bénéficier par exemple

de fonctionnalités supplémentaires.

Ciel Compta Facile : 89 € HT

Ciel Facturation Facile : 79 € HT

www.ciel.com

Comme sur votre bureau

Seconde innovation, qui montre à

quel point Ciel a cherché à se rapprocher

de vos habitudes : l’Intuitiel.

Grâce à cette petite interface, vous

accédez directement aux tâches à accomplir

: saisie des factures, enregistrement

des règlements, établissement

des devis, sans vous préoccuper

des fonctions mises en oeuvre. Un

module « tableau de bord » peut présenter

à tout moment les principaux

indicateurs de votre gestion (solde

des comptes bancaires, échéances

clients, évolution du CA etc). Un

troisième édite instantanément les

états comptables. Enfin, un onglet

Mes actualités se charge de vous rappeler

les échéances légales ou les modifications

de la législation. Bien

entendu, le logiciel dispose de fonctions

d’exportation des données dans

un format compatible avec celui de

la plupart des experts-comptables, et

assure les sauvegardes légales.

En pratique, Ciel compta facile s’avère

être un outil simple et intuitif.

Aucune « impasse » ne s’est présentée

durant notre test, réalisé par un nonprofessionnel

de la comptabilité.

Seule limite, ces logiciels sont mono-entreprise,

et ne disposent pas

d’un module de gestion de stocks.

Enfin, pour ceux d’entre vous qui

redouteraient encore de rester bloqués,

Ciel propose trois niveaux de

contrat d’assistance téléphonique,

dont un avec une garantie de temps

d’attente inférieur à 30 secondes.

365 JOURS PAR AN

Le Salon des entrepreneurs en ligne

Le Salon des Entrepreneurs se tient à Paris les 6 et

7 février 2008, mais savez-vous que cette manifestation,

rendez-vous quasi-obligatoire pour tous les créateurs

repreneurs ou développeurs d’entreprise, est maintenant

présente « on line », toute l’année ? Vous pouvez y visiter les

exposants que vous avez manqués sur place, podcaster les

conférences, dialoguer avec des experts ... Le tout, en “libreservice”

ou en suivant l’un des parcours (créateur, repreneur,

candidat à une franchise, dirigeant) qui vous sont proposés. Ne

manquez pas, en particulier, les interviews vidéo des chefs

d’entreprise à succès qui ont animé les ateliers de la dernière

édition : ils regorgent d’idées de managers, qui sont souvent de

simples règles de bon sens dont vous pouvez faire votre profit.

http://www.salondesentrepreneurs.com

Paris - Porte Maillot

les 6 et 7 février 2008

La conférence

de Bill Gates (Microsoft)

au SDE 2007

est téléchargeable

sur le site

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LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008


Outils

Info-Doc

Prix MAAF Goût et santé

« Ce prix est un véritable

argument commercial »

Le prix Goût et santé MAAF Assurances récompense les artisans

capables d’allier saveur et bien-être. Magali Bernard l’a remporté en

2006 dans la catégorie « salé » avec son confit de porc aux algues.

Retour sur une année riche en communication et en vente.

LE PRIX GOÛT ET SANTÉ

Depuis cinq ans, MAAF Assurances, 1 er assureur de l’artisanat, encourage tous les

artisans des métiers de bouche à redonner ses lettres de noblesse au bien-manger

et à promouvoir une alimentation saine et authentique. Son vœu ? Favoriser

l’équilibre alimentaire en préservant les qualités gustatives des produits. Tous les

ans, huit finalistes « sucré et salé » sont sélectionnés à travers toute la France. Ils

présentent ensuite à huis-clos leur spécialité à un jury présidé par le docteur Jean-

Marie Bourre et composé de professionnels du monde médical, de la gastronomie

et de l’artisanat. Un prix de 5 000 euros est attribué à chaque lauréat dans les

catégories « salé, sucré » « équipe » et « prix spécial ». Les dossiers de candidature

sont disponibles dans toutes les agences MAAF ou par téléchargement sur

www.maaf.fr (rubrique MAAF professionnels) du 15 janvier au 30 avril 2008.

«

Un n excellent souvenir », assure

Magali Bernard. Plus qu’un

trophée, une assurance pour

l’avenir. Suite au prix Goût et

santé de MAAF qu’elle a remporté

en 2006, la charcuterie Le Cochon

de Ty Neuden de Lothey dans le Finistère

a encore des retombées un an

après. Grâce à son produit primé, le

confit de porc aux algues, devenu

depuis son produit-phare, sa gérante

Magali Bernard est confiante. Elle a

augmenté son chiffre d’affaires et en

vend entre 600 et 800 kg par mois.

Comment a-t-elle obtenu de si importantes

retombées ? En communiquant

sur le prix MAAF. Ses deux

commerciaux le citant allégrement

comme argument de vente et la

charcuterie bretonne apposant nombre

d’affiches sur ses vitrines et sur

les murs des collectivités locales.

L’effet étiquette

Outre les médias locaux, les restaurateurs

de la région ont eux aussi mis

largement en avant le produit

puisqu’il figure sur tous les menus. À

l’export, il marche aussi bien

puisqu’il apporte une note bretonne

dans le nord de Paris par exemple.

« Des produits primés, on en vend forcément

plus. L’effet étiquette fonctionne

très bien ! », explique l’heureuse

lauréate. Mais le prix a surtout aidé

à donner une autre image de la char-

Magali Bernard a remcuterie

et à lui conférer un

porté le prix MAAF en

2006 dans la catégorie

aspect nutritionnel. « C’est ma

« salé » pour son confit

chambre de métiers et de l’artisanat

qui m’a fait connaître le

prix MAAF. Mon produit, de

de porc aux algues.

par son

côté nutritionnel, correspondait

tout à fait aux attentes du

concours. La charcuterie apporte des

éléments indispensables à l’organisme

et des qualités nutritionnelles que l’on

ne retrouve pas ailleurs. Comme le fer

grâce au foie de porc

et des minéraux (calcium,

magnésium…),

oligo-éléments, protéines,

acides aminés

essentiels et vitamines grâce aux algues.

» Le Prix a aussi obligé la charcuterie

à communiquer sur sa structure

sociale, sa façon de travailler.

Elle a rendu transparente la traçabilité

de ses produits et des matières

premières, qui proviennent de l’élevage

« sur paille » familial. Magali

Bernard en a donc profité pour proposer

son confit de porc aux algues

aux nombreuses vertus santé à des

maisons de retraite et à des écoles.

Pari réussi. « Nous avons eu un très

bon retour grâce au prix MAAF, qui

assurait la crédibilité du produit. »

Des portes-ouvertes

Les 5 000 euros qu’elle a reçus lors

du prix lui ont permis d’investir dans

la recherche pour de nouveaux produits.

Car la charcuterie Le Cochon

de Ty Neuden n’en reste pas là. Tous

les ans au mois de novembre, elle

organise un week-end d’escapade

gourmande sur trois jours, du vendredi

au dimanche. Des portes

ouvertes pour présenter ses derniers

produits et sa gamme de fin d’année.

Un événement qui fait venir du

monde : 3 000 personnes sont venues

à l’édition 2007 alors que le

village ne compte

que 400 habitants !

« On ne pense pas

toujours à proposer

du porc lors des fêtes

de fin d’année, regrette la jeune chef

d’entreprise. Or nous l’associons avec

des fruits et des légumes et offrons ainsi

un produit équilibré et original. » Et

pour trouver de nouvelles idées,

connaître les nouvelles tendances de

l’univers alimentaire, la jeune femme

regarde régulièrement des livres de

cuisine et des journaux féminins.

Elle adapte ensuite les recettes à son

produit de base. Sa dernière nouveauté

? Du porc mariné au vin

rouge épicé dans une sauce au chocolat.

Et l’an prochain, Magali Bernard

compte bien retenter l’aventure

MAAF. En attendant, deux de ses

produits ont été primés à Quiberon

lors des Trophées de la gastronomie

bretonne. Quand un prix en amène

un autre, la gloire est à vos portes…

20

LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008


Outils

Produits

MATÉRIAUX

Gravure précise

Dremel présente le graveur tous matériaux,

dernière nouveauté de sa

gamme. Il s’attaque au bois, au verre,

à la céramique, au plastique et au

métal. Avec ce graveur, Dremel

s’adresse particulièrement aux amateurs

de loisirs créatifs, maquettistes,

artistes et graveurs. La gravure

est effectuée avec un embout à carbure,

vibrant et non rotatif. L’utilisateur

peut régler la profondeur de

gravure et la conserver entre deux

sessions de travail. Il est livré avec

un normographe, pour faciliter la

gravure des lettres et numéros.

Prix constaté : 24,99 euros TTC.

www.dremel.com

NOUVEAU DESIGN

Chauffage -

climatisation

Lapeyre la maison… propose trois

nouvelles gammes de climatiseurs

convertibles. La console monobloc

Unico, adaptée aux appartements et

aux sites classés, s’accorde à la décoration

intérieure comme un radiateur.

Il fonctionne jusqu’à -5°C à

l’extérieur. Les climatiseurs réversibles

Sanyo Inverter+ DC se composent

d’une unité extérieure et d’une

unité intérieure et combinent à la

fois une fonction de rafraîchissement

et de chauffage. Enfin, le Multisplit

Sanyo peut rafraîchir et chauffer

jusqu’à quatre pièces avec une

seule unité extérieure.

www.lapeyre.com

Plates-formes

Prenez de la hauteur

Société spécialisée dans la fabrication

d’échelles, d’échafaudages

et autres escabeaux, Centaure

renforce sa gamme de plates-formes

fixes, de 3 à 7 marches, et propose

deux plates-formes télescopiques

(PL SCOP 4/7 et PL SCOP

7/10) larges, sécurisées et surtout

modulables. Elles garantissent un

réglage très précis ainsi qu’une mise

en place en un seul geste sans vis ni

écrou. Les utilisateurs du BTP et de

l’industrie pourront ainsi évoluer à

des hauteurs de travail allant de

2,7 m à 4,6 m. Ces sept nouvelles

références sont conformes aux normes

PIR/PIRL, préconisées dans le

cadre du décret 2004/924 sur le travail

en hauteur.

Canalisation L’AQC sort

un nouveau mémo chantier ®

À l’origine de ce mémo : le

constat de nombreuses pathologies

des canalisations

encastrées.

L’agence qualité construction a

édité un nouveau mémo chantier

sur les canalisations en cuivre :

elle y détaille les bonnes pratiques

en eau chaude, eau froide et chauffage.

Cet outil met en avant les précautions à prendre en

amont des travaux, l’installation pour les réseaux chauffage

ou

sanitaire, les modes d’assemblage, les réservations, encastrements,

distances à respecter, points singuliers…

Sans oublier les conseils lors de la mise en service. Il sera diffusé

auprès des professionnels via leurs organisations professionnelles,

mais il est aussi consultable sur Internet, sur le site

www.qualiteconstruction.com.

Prix de vente

conseillé de la PL

SCOP 4/7 : 867 € HT.

Renseignements :

03 32 68 38 38.

La Plate de Pays,

c’est maintenant :

« ocre vieilli »,

« rouge vieilli » et

« brun terroir ».

Renseignements :

01 42 93 04 04.

Tuiles

Nouveau coloris

Lafarge couverture lance un nouveau

coloris pour ses tuiles Plate de

Pays, le brun terroir, qui a la particularité

de donner du relief aux

toits des régions situées au nord de la

Loire. Cette nuance offre un ton chocolat

rehaussé d’un camaïeu vanille et

noir : elle restitue, en vieux comme en

neuf, la notion de toit vieilli. Les tuiles

Plate de Pays sont désormais disponibles

en trois coloris.

21

LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008

Amélie Lavoisier


Outils

Produits

ISOLATION

Triple vitrage

basse conso

SGG Climatop Bioclean 70/50 est un triple

vitrage basse consommation

d’énergie (BCE) développé par Saint Gobain

Glass. Il assure une isolation de

30 % supérieure à celle d’un double vitrage

à isolation thermique renforcée.

Cette performance est la combinaison

d’une très forte isolation thermique

(coefficient de transmission thermique

Ug de 0,8 à 0,5), d’apports solaires gratuits

(facteur solaire 0,5) et d’un haut niveau

de transparence (transmission lumineuse

de 70 %). Celle-ci s’obtient

grâce à deux verres à couche peu émissive

SGG Planitherm ultra N encadrant

deux espaces de gaz argon, un verre

clair central SGG Planilux de 4 mm et

une couche autonettoyante SGG Bioclean

côté extérieur, empêchant la formation

de buée en cas de condensation.

www.saint-gobain-glass.com

Sophie Simonin

Le triple vitrage BCE (Basse consommation

d'énergie) autonettoyant assure une

isolation 30 % supérieure à celle d’un

double vitrage à isolation thermique

renforcée. Le confort absolu.

LASURES

Adhérence et longévité

Heliotan Professionnel enrichit sa gamme

de deux nouvelles lasures d’extérieur

ou d’intérieur à effet réfléchissant

anti-UV : INA et LNA. INA est une lasure

d’imprégnation tous bois au pouvoir exceptionnel

d’adhérence. Sa durabilité

est de 3 ans en 3 couches. Son prix :

18 euros TTC le litre ou 73,30 euros TTC

les 5 litres. LNA est une lasure gel satinée

à effet perlant ayant une durabilité

de 6 ans en 3 couches pouvant aller

jusqu’à 9 ans si elle est appliquée après

une couche d’imprégnation INA. Microporeuse,

LNA résiste aux climats extrêmes.

Son prix : 19,90 euros TTC le litre

ou 84,85 euros TTC les 5 litres. Toutes

deux sont conformes à la directive européenne

environnementale 2010.

www.heliotan.fr

Parquets Un seuil « 3 en 1 »

Ingénio, le dernier-né des seuils Parquets Marty

peut s’utiliser soit comme seuil d’arrêt, de

raccordement ou de niveau. Livré avec un

cutter spécifique, Ingénio permet une découpe

facile et sans danger. Il se fixe aisément

par simple encliquetage sur un rail de fixation

Découpe

Un Cutter multi usages

Le multi Cutter de Skil coupe tous types de matériaux

souples et rigides. Rechargeable en 3 heures avec une

batterie utilisant la technologie NiMH, sa capacité

est de 100 m pour une découpe de moquette et de

200 m pour du carton. Il développe une puissance de

4,8 V et sa vitesse de coupe est de 22 mètres/min pour

du carton et 13 m/min pour de la moquette. Le produit

est livré sous blister avec une ou deux têtes et un chargeur.

Prix : 29,90 à 39,90 euros TTC.

www.skil.fr

Béton Burins

auto-affûtants

Bosch a développé des nouveaux burins

pointus auto-affûtants pour répondre

aux usages les plus rudes : taille, démolition,

rénovation, percement, dans la

maçonnerie et le béton… Leur grande résistance

à la déformation et à la rupture est

apportée par un procédé de trempe inductive

qui leur confère une durée de vie supérieure

de 30 % par rapport aux burins à

trempe au four conventionnel. La géométrie

du taillant en profil étoilé long assure 15 %

de démolition en plus et 100 heures d’utilisation.

Il existe deux modèles : le SDS-max

Rtec, disponible en longueur 400 mm

(15,86 euros HT) et le six pans, disponible

en longueur 280 (20,26 euros HT) et

600 mm (30,62 euros HT).

www.bosch-outillage.com

fourni avec le seuil. Résistant et durable dans le

temps, il s’adapte aux parquets de 9 à 20 mm. Il

est disponible en dimensions 930 et 2 150 mm.

Prix indicatif : 15,70 euros TTC en 930 mm et

31,40 euros TTC en 2 150 mm de long.

www.parquets-marty.com

Livré avec un cutter

spécifique, Ingénio

permet une découpe

facile et sans danger.

Skil coupe tous types

de matériaux souples

et rigides.

22

LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008


DOSSIER

Contrôle

Urssaf

Aïe ! Un avis de contrôle vous annonce l'arrivée

imminente d'un inspecteur dans vos locaux

et l'inquiétude vous gagne.

Pas de panique, les contrôles Urssaf sont fréquents

et ne sont pas forcément liés à une fraude ou

à une erreur de votre part. En maîtrisant les grandes

étapes du contrôle et les voies de recours,

vous aborderez cette épreuve en toute sérénité.

Comment

faire face

avant,

pendant

et après ?

Dossier réalisé par Anne Buis

AVANT

Traquer vos propres erreurs

Une charte pour les cotisants

Lire P.24

PENDANT

Inspecteur : mode d’emploi

« Le contrôle sur pièces :

une sécurité pour l’employeur »

Lire P.25

APRÈS

Les possibilités de recours

Majorations de retard :

ce qui change au 1 er janvier 2008

Lire P.26

DR

23

LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008


DOSSIER

Faire face à un

contrôle Urssaf

L’Urssaf avertit l’employeur par

un avis de contrôle adressé en

AR. Il informe de la date de la

vérification, de la liste des documents

et supports qu’il conviendra

de remettre à l’inspecteur et précise

également que le contrôlé a la possibilité

de se faire assister ou

représenter par le conseil de son

choix (expert-comptable, comptable,

avocat ou toute autre personne

à sa convenance…).

Pour mieux aborder le contrôle, sachez

que vous disposez d’un minimum

de quinze jours pour vous

préparer à cette première visite. Profitez

de ce laps de temps pour vous

Avant

Traquez vos propres erreurs

Entre le moment où vous êtes averti du contrôle et celui où l’inspecteur commence son examen, il s’écoulera au moins quinze

jours. Une période à mettre à profit pour préparer la venue du contrôleur.

Nouveau

UNE CHARTE POUR LES COTISANTS

Mis en place depuis le 1 er septembre

dernier, ce nouveau document a pour

objectif de démystifier le contrôle

Urssaf… Véritable mode d’emploi,

il est destiné à vous informer, de

manière simple et précise,

sur les différentes étapes

de la procédure et des

droits dont vous

disposez pendant

toute la durée du

contrôle et à son

issue. Cette charte

devra vous être

remise par l’inspecteur

lors de sa

première visite.

La remise de ce texte est une

obligation substantielle, sous peine

d’invalidité du contrôle. Afin d’éviter

tout litige à ce sujet, le contrôleur

doit vous faire signer un accusé de

réception en échange du document.

En tout état de cause, nous vous

invitons vivement à consulter

cette charte sur le

site de l’Urssaf

avant le début

du contrôle. Vous

vous sentirez ainsi

mieux armé et

plus confiant pour

affronter la visite

de l’inspecteur.

Un contrôle

Urssaf

fait partie

de la vie de

l’entreprise.

DR

LMA

À savoir

Quand s’attendre

à un contrôle ?

L’Urssaf n’a pas de politique nationale pour décider que telle entreprise fera

l’objet d’un contrôle. Chaque Urssaf définit elle-même sa politique de contrôle

au vu de différents critères tels que l’antériorité du dernier contrôle, ou le changement

de gérance…

Le contrôle de l’Urssaf peut également être consécutif à des déclarations périodiques

fournies par l’employeur (DADS par exemple), notamment s’il révèle un

certain nombre d’anomalies ; soit par exemple à un échange d’informations entre

administrations (fiscale, du travail…) ou avec l’autorité judiciaire.

replonger dans votre comptabilité et

diagnostiquer d’éventuelles erreurs,

car la réglementation sociale, devenue

au fil du temps si complexe, finit

par faire douter les employeurs.

C’est donc l’occasion

pour vous et votre

expert-comptable de diagnostiquer

tous les

points qui vont faire

l’objet d’une vérification.

Une mauvaise interprétation

ou la méconnaissance

d’une disposition légale

peut coûter cher.

Les points de contrôle

récurrents de l’Urssaf

L’Urssaf contrôle particulièrement

les domaines suivants

: exonérations ou allégements

de charges sociales

(réduction bas salaire, contrats

d’apprentissage, aménagement

du temps de travail dans le cadre

de la loi Aubry), avantages en nature,

primes et indemnités

non soumises

à cotisations.

Par ailleurs, les petites

entreprises

échappent rarement

à

un examen du sta-

tut du dirigeant et de la situation

de son conjoint si ce dernier travaille

avec lui.

Profitez des 15 jours

avant l’arrivée de

l’inspecteur pour

réunir les informations

nécessaires à

son contrôle.

En reprenant un à un ces points avec

votre expert-comptable, vous aurez

toutes les cartes en main pour justifier

de votre bonne foi auprès du

contrôleur.

Faites le ménage

Si ce n’est pas déjà fait, profitez-en

pour trier et classer avec soin les différents

documents que vous allez

remettre à l’inspecteur. N’oubliez

pas de récupérer ceux qui ne sont pas

dans l’entreprise : chez votre comptable,

dans vos archives ou sur

d’autres sites.

Report possible sous

certaines conditions

Si vous ne pouvez vous opposer à ce

contrôle, sachez que son report est

néanmoins possible lorsqu’il existe

une raison légitime (déplacements

prévus, Salons, rendez-vous, recherche

de documents nécessaires…).

Sachant que la date de la première

visite est précisée dans l’avis, il appartient

à l’employeur de prévenir

suffisamment à l’avance de

l’impossibilité de le recevoir. Mieux

vaut fournir des justificatifs au contrôleur

prouvant son impossibilité

de le recevoir à la date prévue.

Attention cependant, une demande

de report répétée peut aboutir à des

sanctions pour obstacle à contrôle

Urssaf.

24

LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008


DOSSIER

Faire face à un

contrôle Urssaf

Pendant

Inspecteur : mode d’emploi

Connaître les modalités du contrôle et respecter quelques règles de comportement vous permettront de diminuer vos

appréhensions lors de la visite de l’inspecteur.

Une règle incontournable : veillez

au bon accueil et au confort de

l’inspecteur. Mettez un bureau à

sa disposition. Plus l’entreprise

est petite, plus la présence du dirigeant

s’impose. Si vous ne pouvez

l’accompagner tout au long du

contrôle, veillez à désigner un collaborateur

de confiance capable de le

piloter dans l’entreprise. L’inspecteur,

une fois dans vos locaux, ne

pourra mener ses investigations

comptables que dans le cadre de la

prescription de trois ans en plus de

l’année en cours.

Autrement dit, il ne pourra pas

contrôler des périodes antérieures,

mais pourra exiger tout document

sur une période antérieure à celle

contrôlée, dès lors que cela s’avère

utile à l’examen. Vous devez lui fournir

tous les documents qu’il estime

nécessaires à son contrôle : factures

de sous-traitance, justificatifs de restaurants,

notes de frais, avis d’imposition

etc. Sachez aussi que l’inspecteur

ne peut demander des éléments

qui ne seraient pas utiles à sa mission.

Il n’est pas autorisé non plus à sortir

ces dossiers de l’entreprise sans votre

autorisation. Il est en revanche en

droit d’interroger vos salariés sur leur

lieu de travail. Nous vous conseillons

donc de les informer de la venue de

l’inspecteur dans l’entreprise.

Avis d’expert

LAURENCE DEGREGORI,

DIRECTRICE ADJOINTE DE L’URSSAF DE PARIS

« Le contrôle sur pièces :

une sécurité pour l’employeur »

Si vous employez moins de 10 salariés,

l’Urssaf peut vous proposer

un contrôle sur pièces :

l’inspecteur étudie votre situation

de son bureau et le contrôle ne

porte que sur la dernière année.

En chiffres

◾ Sur 100 contrôles

de l’Urssaf,

moins de 5 %

concernent les

TPE.

◾ En 2005, environ

112 000 entreprises

ont fait

l’objet d’un

contrôle, soit

moins de 6 % du

nombre d’entreprises

cotisantes.

◾ Environ un

contrôle sur deux

se termine par un

redressement.

Source : MIAREC

(mission d’aide au

recouvrement et au

contrôle)

Le contrôle sur pièces (lire ci-contre) est particulièrement

adapté aux artisans. Ce sont souvent des petites structures

qui ne présentent pas de complexité particulière dans

leur comptabilité. Ce nouveau mode de vérification permet

d’aller plus vite et, par la même, de contrôler davantage

d’entreprises. Pour ces dernières, cette vérification a

l’avantage de ne pas renouveler des erreurs éventuelles,

préjudiciables au fonctionnement de l’entreprise et à la

couverture sociale des salariés.

Règles spécifiques

Contrôle en cas

de travail dissimulé*

Les règles spécifiques, qui régissent le contrôle en cas de travail dissimulé,

sont au nombre de deux :

◾ la période sur laquelle peut concerner le contrôle est portée à 5 ans ;

◾ la visite de l’inspecteur est faite à l’improviste, sans avis de passage.

* Activité salariée non déclarée auprès des services de l’Etat.

Plus de souplesse

pour les petites structures

Si vous employez 9 salariés au plus au

31 décembre de l’année qui précède

celle de l’avis de contrôle, un nouveau

mode d’examen vous concerne

depuis le 1 er septembre dernier : le

contrôle sur pièces. L’Urssaf a désormais

la possibilité de diligenter un

contrôle dans ses propres locaux.

Dans ce cas, n’hésitez pas à téléphoner

régulièrement à l’inspecteur en

charge de votre dossier afin de suivre

le déroulement des opérations. Ne

portant que sur la dernière année

d’exercice, le contrôle sur pièces est

moins long et moins fastidieux. Pour

autant, cette procédure n’est pas un

droit acquis : si cela lui paraît préférable,

l’Urssaf peut engager un

contrôle sur place « classique » dans

une petite entreprise. À savoir aussi,

un contrôle sur pièces peut se poursuivre

dans vos locaux, si vous omettez

de transmettre des éléments demandés

par le contrôleur, par exemple,

ou si l’examen des pièces nécessite

d’autres investigations. Une lettre

recommandée vous informant qu’un

contrôle sur place va être engagé met

fin à la première procédure. Dans ce

cas, on revient donc au contrôle classique

qui portera sur les trois

dernières années. Quelles que soient

les modalités du contrôle, il est indispensable

de maintenir un dialogue

cordial, ouvert et coopératif avec

l’inspecteur. Il ne s’agit pas d’en faire

trop et encore moins d’adopter une

attitude hostile ou agressive.

DR

25

LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008


DOSSIER

Faire face à un

contrôle Urssaf

Après

Les possibilités de recours

Face à un redressement de l’Urssaf, vous disposez de moyens de défense pour contester une décision de redressement.

Une procédure longue et complexe débute.

À

l’issue du contrôle, l’inspecteur

doit vous remettre une lettre Engager une procédure

judiciaire de-

d’observation vous exposant les

mande du temps et

résultats de son enquête. Le peut coûter cher.

courrier doit mentionner le montant

des redressements envisagés. Vous

disposez alors de 30 jours pour faire

DÉFINITION

part de vos remarques. Cette période

d’échanges est importante : elle va Le redressement

conclut son contrôle par

vous permettre d’apporter des éléments

nécessaires pour justifier votre

Après ce dernier courrier, deux

une mise en demeure.

position. C’est l’occasion de faire Le redressement possibilités : vous êtes d’accord ou

valoir votre bonne foi, en invoquant correspond vous contestez le redressement.

par exemple, la mauvaise interprétation

d’un texte juridique. Soyez clair,

à la somme

des cotisations

que l’artisan

Vous acceptez

précis, et faites-vous assister par votre

conseil habituel, vous pourrez S’y ajoutent les ment, vous avez un mois pour payer

aurait dû payer. Si vous ne contestez pas le redresse-

alors espérer un allégement des sommes

réclamées par l’Urssaf.

ainsi que cas de difficultés financières, vous

intérêts de retard le montant total des cotisations. En

Depuis le 1 er septembre, l’inspecteur d’éventuelles pouvez toujours solliciter des délais

est tenu de répondre à vos observations

par écrit, sous peine d’invalida-

que le chef du contentieux. Mais attention, la

pénalités

de paiement auprès d’un responsable

si l’Urssaf pense

tion du redressement. Une fois la d’entreprise solution qui consisterait à ne payer

phase de discussion close, l’Urssaf a voulu frauder. qu’une partie de la somme pour « gagner

du temps » vaut acceptation

tacite du redressement.

Majorations de retard

Ce qui change

au 1 er janvier 2008

1/ Des nouvelles majorations de retard

Ces majorations portent sur les sommes faisant l’objet du redressement.

Leurs taux sont désormais fixés à :

◾ 5 % (au lieu de 10 % antérieurement) du montant des cotisations

et contributions dues à leur date d’exigibilité (sauf en cas

de travail dissimulé ou le taux reste à 10 %).

◾ 0,4 % (au lieu de 2 % antérieurement) du montant des cotisations

et contributions dues par mois ou fraction de mois écoulés

à compter de la date d’exigibilité.

Cette réforme ne concernera que les majorations applicables aux

cotisations exigibles à partir du 1 er janvier 2008.

2/ Une remise automatique des majorations initiales

et complémentaires

Elle est désormais possible lorsque trois conditions seront réunies :

◾ Aucune infraction n’a été constatée dans les 24 mois précédents.

◾ Le montant des majorations de retard est inférieur au plafond

mensuel de la Sécurité sociale (2 682 euros en 2007) contre 40 %

du même plafond précédemment.

◾ Le cotisant doit avoir réglé les cotisations dues dans le mois

suivant la date d’exigibilité.

Vous contestez

Si en revanche, vous vous opposez

totalement ou partiellement aux

sommes réclamées, vous devez saisir

la commission de recours amiable de

l’Urssaf (CRA). Il est conseillé de le

faire par courrier recommandé. Elle

dispose ensuite d’un mois pour accepter

ou rejeter votre demande.

Mais sachez que dans 90 % des cas,

elle confirmera la décision de l’inspecteur.

La voie judiciaire

Vous pouvez en revanche nourrir de

vrais espoirs du côté du Tribunal des

affaires de sécurité sociale (Tass),

composé de magistrats professionnels.

Pour cela, vous devez adresser

une requête au secrétariat de la juridiction

par lettre recommandée avec

AR dans les deux mois qui suivent la

décision de la CRA. Le tribunal peut

alors ordonner une enquête, demander

aux parties la production de pièces

écrites, de justificatifs etc.

Certaines décisions du Tass ne sont

pas susceptibles d’appel et sont directement

portées devant la cour de

cassation. C’est le cas lorsque les demandes

n’excèdent pas 4 000 euros

ou lorsqu’elles portent sur des majorations

de retard ou des pénalités.

À chaque étape de la procédure, les

modalités et délais de saisine vous

seront précisés dans les documents

que vous recevrez.

À noter également, l’appel tout

comme le recours devant le Tass sont

suspensifs d’exécution, c’est-à-dire

que l’Urssaf ne peut pas exiger le

paiement des sommes réclamées tant

qu’un arrêt n’a pas été rendu.

Attention tout de même : engager

une telle procédure peut vous coûter

cher. Certes, elle est gratuite et ne

prévoit pas l’assistance d’un avocat.

Toutefois, les majorations de retard

continuent de courir pendant la procédure.

Si vous perdez, vous devrez

les payer. Sachant qu’il faut compter

en moyenne 3 ans de procédure, la

note risque d’être salée.

Autre risque : si vos recours sont jugés

abusifs ou dilatoires, vous pouvez être

condamné à une amende civile et, le

cas échéant, au règlement des frais de

procédure (enquête et expertise).

DR

26

LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008


DOSSIER

La réforme

à marche

forcée

Mettre les artisans au cœur de la société :

le slogan est devenu une réalité que constatent

toutes les études d’opinion. Mais l’artisanat

doit maintenant se montrer à la hauteur des espoirs

qu’il a suscités : accueillir toujours mieux un nombre

croissant de créateurs, accompagner les entreprises

vers l’excellence promise aux clients, attirer

et former les jeunes professionnels. Autant de défis

que le réseau des chambres de métiers

et de l’artisanat s’est engagé à relever avant 2009,

date de la fin du mandat des exécutifs élus début 2005.

À mi-chemin de cette échéance, l’assemblée générale

de l’APCM a dessiné le futur des CMA.

Assemblée

générale

de l’APCM

SERVICES

AUX ENTREPRISES :

Les artisans

sont des clients

Lire P.28

FORMATION :

Des managers

pour l’artisanat

Lire P.30

27

LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008


DOSSIER

Les priorités

de l’artisanat

Services aux entreprises

Vos besoins,

votre satisfaction sont prioritaires

De temps immémoriaux, les chambres de métiers et de l’artisanat ont été absorbées (certains diront handicapées) par la

primauté de leurs obligations de service public : formalités, répertoire des métiers, apprentissage. Un guichet administratif

(de plus, diront les mêmes). Erreur. Depuis quelques années, le paysage change. Et ça n’est pas fini.

Huit cent mille artisans en 2000,

920 000 aujourd’hui. Des chefs

d’entreprise plus novices, et donc

plus exigeants. Ou plus expérimentés,

et donc... plus exigeants. Plusieurs

dizaines de métiers nouveaux,

mais 40 000 patrons en âge de passer

la main. On est très loin de l’artisanat

stabilisé des années 70-80.

En face, une offre pléthorique de services,

de conseils pour les entreprises,

souvent coûteux, et pas toujours

adaptés aux spécificités artisanales.

Tout le monde s’en mêle : cabinets,

réseaux, prestataires divers. Jusqu’aux

collectivités locales - emploi oblige -

avec plus ou moins de bonheur : l’artisanat

est le nouvel Eldorado du

conseil aux entreprises.

Tous les artisans

ont les mêmes droits

Face à ce bouillonnement qu’elles ont

elles-mêmes suscité, les chambres de

métiers et de l’artisanat (CMA) peinent

à répondre : c’est du moins ce

qui ressort de l’enquête menée par

l’Ifop en juin 2005. Pourtant, les ressources

existent dans le réseau. Suivi

des projets, accompagnement des

créateurs, aide à la transmission, formation

initiale sont des services que

l’on trouve dans chaque département,

avec des niveaux de qualité

équivalents. Mais quand on veut exporter,

s’informatiser ou se doter

d’une véritable politique salariale, le

service varie d’une chambre à l’autre

(mieux vaut être artisan à Paris, Lyon

ou Marseille, que dans un département

rural). « Les capacités des CMA

à venir en appui des entreprises existent,

mais elles sont réparties inégalement

(partielles et limitées) géographiquement,

faute d’une approche globale

d’offres de services (de moyens adaptés)

», reconnaît Éric de Lannoy, directeur

des affaires économiques à

« Respecter

la diversité

des

situations

locales »

l’APCM. Une situation que combat

Alain Griset, président de l’APCM :

« Chaque artisan, où qu’il exerce, a un

droit égal aux services de sa CMA ».

L’idée d’une offre globale de services

fait son chemin.

Ce que vous trouverez demain dans votre CMA : un accueil

personnalisé, une analyse de votre besoin, une orientation

vers le service ou le prestataire le plus adapté.

À chacun son parcours

Première innovation : offrir un ensemble

de prestations harmonisées

(créer des parcours-type), adaptées à

chaque catégorie d’entrepreneur. Par

exemple, le créateur d’entreprise devra

pouvoir être accompagné sur chacune

des étapes qui conduit de l’idée

d’origine jusqu’à l’ouverture réelle de

l’entreprise (en passant par les formalités,

les études de marché, le recrutement

de personnel, l’implantation

ou le financement). Le cédant potentiel

doit, lui, se voir proposer un diagnostic,

un dispositif de publicité de

sa cession allant jusqu’à la mise en

relation avec un repreneur. Pour les

chefs d’entreprise installés, l’ambition

est encore plus vaste : les

conseillers d’entreprise des CMA seront

en mesure de proposer périodiquement

à l’artisan un diagnostic

gratuit des forces et faiblesses de l’entreprise.

« C’est un bon moyen de mettre

en lumière des capacités de développement

parfois ignorées par l’artisan

lui-même, mais aussi de prévenir les

difficultés », assure Éric de Lannoy.

Respecter la diversité

des situations locales

Seconde innovation : harmoniser ne

veut pas dire uniformiser. Le réseau

des chambres de métiers, qui couvre

l’ensemble du territoire, est le reflet

28

LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008


Alain Audouard, président de la CMA du Rhône, rapporteur

« Nous cherchons des partenaires qui s’engagent à nos côtés »

Qu’est-ce que le socle commun ?

C’est un ensemble de services que tout artisan peut obtenir de sa CMA, quels que soient son activité

et son lieu d’exercice. Ce service est, dans certains cas, rendu par les agents de la CMA, dans d’autres,

par des partenaires qui ont pris vis-à-vis de nous des engagements. Mais dans tous les cas, nous assurons

le suivi de l’action entreprise.

Un exemple ?

Depuis plusieurs années, fonctionne à la CMA du Rhône un partenariat avec l’ordre des avocats, celui des

experts comptables, et la chambre des notaires. Toutes les semaines, nous organisons une permanence,

où chaque ordre délègue un de ses membres, auprès duquel nos artisans peuvent obtenir, gratuitement,

une consultation.

de la diversité i de l’artisanat. Rien de

commun par exemple entre l’artisanat

de Franche-Comté, ancré dans

une tradition industrielle et frontalière,

et celui du Var ou des Alpes

Maritimes, où prédominent les entreprises

dédiées à l’activité touristique.

Et si les entreprises sont différentes,

leurs besoins d’accompagnement

le sont aussi. « Le schéma que

nous mettons en place laissera toute

latitude à chaque CMA pour adapter

son offre à la situation locale », affirme

Éric de Lannoy, non sans reconnaître

que c’est là son principal

challenge.

« Chaque

artisan

a un droit

au service

de sa CMA »

Faire ou faire faire

Bien qu’adapté à son objectif : faire de

la CMA la « maison commune des

artisans », ce projet ne se heurte-t-il

pas à la question des moyens ? Est-il

raisonnable d’espérer trouver dans

chaque chambre un spécialiste - disponible

- dans chacun des domaines ?

« Nous n’avons pas d’ambition hégémonique,

répond Éric de Lannoy. L’important,

c’est que chaque question d’artisan

soit écoutée, comprise et traitée.

Ensuite, la mise en œuvre peut revenir

à la chambre de métiers elle même, ou,

si elle n’en a pas les compétences en interne,

transmise à un prestataire sélectionné

dont elle garantira la qualité ».

En attendant le label fournisseur officiel

de l’artisanat ? « Peut-être, un

Le diagnostic

En quelques années, les CMA ont

acquis une véritable compétence

reconnue dans le domaine de la

transmission d’entreprise. Pour le

conseil et la formation, beaucoup

reste à faire.

jour. Mais surtout un engagement de ne

jamais laisser l’un de nos clients seul face

à son problème ». Artisans, vous êtes

devenus des clients !

Dès l’année prochaine, chaque CMA mettra en œuvre

une action de diagnostic des entreprises. Concrètement,

un agent de la CMA vous rendra visite, et, à l’aide d’un

questionnaire, recueillera les principales informations

sur votre activité, de façon à identifier, avec vous, les

principales difficultés auxquelles vous vous heurtez,

mais également vos possibilités de développement.

Il sera ensuite en mesure de vous proposer des solutions

adaptées. Si vous choisissez d’agir, il vous accompagnera

dans leur mise en œuvre. Cette prestation sera gratuite,

et effectuée, dans un premier temps, sur votre demande.

29

LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008


DOSSIER

Les priorités

de l’artisanat

Formation

Des managers

pour l’artisanat

Placé sous la responsabilité directe des chambres de métiers et de l’artisanat, l’outil de formation a suivi les évolutions

techniques des métiers et l’évolution en nombre des apprentis. Il s’ouvre aujourd’hui à la formation des managers.

L’artisanat, c’est 70 000 emplois

créés chaque année. Des entrepreneurs,

formés à leur métier,

et qui doivent aujourd’hui développer

également des capacités en

marketing informatique ou en gestion

des ressources humaines.

Des emplois qui doivent être attractifs

face aux offres des grands groupes.

Enfin, ce sont 40 000 entreprises

à reprendre chaque année.

Pour les CMA, il y a un point commun

à ce triple constat : l’outil de

formation du secteur des métiers

s’adapte aux évolutions et s’organise

pour mieux répondre aux besoins

des entreprises. Sur le plan

technique, les évolutions suivent

celles des métiers et des process de

production.

Pour ce qui est de la direction de

l’entreprise, « l’autre métier de l’artisan

», il faut que la formation intègre

mieux au jourd’hui la dimension

entrepreneuriale de toute carrière

artisanale.

« Bien sûr, il faudra toujours un bagage

technique pour exercer dans nos

entreprises, affirme Gilbert Rebeyrole,

président de la CMA de Haute-

Vienne et président de la commission

formation de l’APCM. Mais, avec le

développement de son entreprise et de

la concurrence, l’artisan devra également

être formé à l’exercice des responsabilités

du chef d’entreprise ».

Un profil impossible à trouver

Avis qu’il confirme par son expérience

de terrain « Mon entreprise

compte aujourd’hui quatre boulangeries.

Dans chacune, il me faut un responsable,

avec 30 % de savoir-faire

boulangerie - pour dialoguer avec les

techniciens - et 70 % de compétences

en animation d’équipe, vente et relation

clientèle. Aujourd’hui, c’est un

« Former

aux

métiers

de la

gestion »

profil qu’il faut que nous formions »,

affirme Gilbert Rebeyrole.

Outil de cette conquête des nouvelles

qualifications, la réorganisation

des filières, que l’assemblée générale

de l’APCM a entérinée, tente

de dépasser cette difficulté par un

double mouvement : donner aux

filières techniques une inflexion

“gestion de l’entreprise”, et attirer

vers l’artisanat des publics aptes à

prendre des responsabilités de direction,

mais en leur fournissant le

bagage technique nécessaire.

Qu’ils soient étudiants ou cadres de

l’industrie cherchant une poursuite

de leur carrière professionnelle par

la reprise ou la création d’une entreprise

artisanale.

Alain Duplat, président de la Fédération

de la boucherie, va encore

plus loin : « Je ne trouve pas choquant

qu’un jeune, formé dans nos CFA et

nos entreprises, les déserte pour s’en

aller exercer dans la grande distribution.

À nous de savoir, quelques années

plus tard, lui montrer que sa

double compétence lui permet de reprendre

une boucherie à son compte,

dans les meilleures conditions. »

En modularisant les titres (titres obtenus

par accumulation d’unités de

valeur), en présentant une nouvelle

échelle qui place le brevet de maîtrise

au niveau III, la filière des titres du

secteur des métiers va apporter la solution

souhaitée pour attirer à elle ces

nouveaux publics et mieux armer les

apprentis et les artisans d’aujourd’hui

pour la direction d’entreprise.

Donner plus de visibilité

à l’offre de formation

Autre travail engagé : donner plus

de visibilité à l’offre de formation

accessible aux entreprises artisanales.Une

première vague de 50 CMA

dans 12 régions travaillent à réaliser

une carte de l’offre de service de formation

accessible aux entreprises

artisanales.

Chaque demandeur de formation

(jeune, salarié, artisan) doit pouvoir

savoir quelles sont celles qui lui sont

accessibles dans la région.

Gilbert Rebeyrole, président de la CMA Haute-Vienne

et président de la commission formation et rapporteur

« Je serais fier de présenter

mon métier à des étudiants »

Il semble que les filières de formation de l’artisanat s’orientent de plus

en plus vers la gestion de l’entreprise ?

La formation technique reste essentielle pour nos métiers. Mais, avec

400 000 patrons qui vont passer la main dans les dix prochaines années, le

manque de « managers artisanaux » est un vrai problème. Tous les jeunes

apprentis ne feront pas le choix de créer ou de racheter une entreprise. Il va donc falloir recruter ces

repreneurs hors des filières traditionnelles du secteur.

Y compris dans l’université ?

Pourquoi pas ? Notre travail actuel avec le Cnam (Conservatoire national des arts et métiers)

en est une bonne préfiguration pour ce qui est de la formation à la gestion des entreprises.

Et puis, au-dede cet exemple, je serais fier de présenter mon métier et ses perspectives

à des étudiants qui s’interrogent sur leur avenir professionnel et de leur montrer les voies

qualifiantes et diplômantes de niveau II ou I que leur offre le secteur des métiers.

30

LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008


Chaque chambre doit pouvoir informer

les entreprises artisanales sur

les ressources régionales en matière

de formation.

Couronnement du projet, la création,

dans chaque région, d’un lieu

emblématique de l’artisanat du

XXI e siècle. Dédié à la promotion

des métiers et à la formation des

chefs d’entreprise et de leurs collaborateurs,

il comprendra une cité

des métiers, véritable vitrine dédiée

à la découverte des professions par

le public ; un institut des métiers,

lieu de formation continue du chef

d’entreprise et de ses collaborateurs

; et une faculté des métiers

ayant pour but de former les managers

de l’artisanat. Des jeunes pour

la plupart, ayant derrière eux un

cursus universitaire, et qui se destinent

au métier de chef d’entreprise

artisanale.

« Recruter

hors des

filières

traditionnelles

»

L’Académie des métiers

Un lieu unique, dédié à la promotion des métiers et à la formation des chefs

d’entreprise et de leurs collaborateurs (ici le futur campus de la chambre

de métiers et de l'artisanat de Seine-Saint-Denis).

Artisan, comment financer

votre formation ?

Après plusieurs années de négociations, la réforme du fonds

d’assurance formation (FAF) est enfin entrée en vigueur.

Il simplifie notablement votre accès à la formation,

et en accélère les remboursements. Vous êtes chef

d’entreprise inscrit au répertoire des métiers, conjoint

collaborateur ou associé, auxiliaire familial…

Par la taxe pour frais de CMA, votre entreprise

participe au financement de la formation continue

des artisans. Grâce à la mutualisation de ces contributions,

le coût de votre formation peut être partiellement

ou totalement pris en charge.

Pour plus d’informations, renseignez-vous auprès

de votre CMA au numéro commun 0 825 36 36 36

ou sur www.artisanat.info

31

LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008


DOSSIER

Plus moyen d’y échapper : la gestion des déchets,

encadrée de plus en plus strictement par la loi, est

devenue incontournable pour les professionnels de

l’automobile avec, pour les réfractaires, de lourdes

amendes à la clé. Une forte contrainte qui peut,

si vous l’intégrez à l’image de votre entreprise,

se transformer en atout commercial.

Dossier réalisé par Patrick Lenormand

Déchets automo

Dérapage inter

CNPA

L’automobile ? Un concentré

de technologie, vous diront

les constructeurs… un

concentré de déchets, leur

répondent les écologistes. Il y

a encore peu de temps, il suffisait

de rentrer dans certains garages

pour s’en rendre compte :

huiles et liquides divers jonchent

le sol et autour de la fosse

et de l’artisan s’accumulent

ferrailles et plastiques, pièces

détachées et éléments entiers -

pneus, pare-brise, batteries…

Difficile, dans certains ateliers,

de s’y retrouver ou même de

s’avancer sans prendre le risque

de se tacher, voire de se

blesser.

Les catégories de déchets

La profession recense pas moins

de neuf catégories de déchets,

classés en deux catégories : les

déchets industriels spéciaux ou

dangereux (DIS ou DID), et les

déchets industriels banals ou

L’Observatoire national des déchets automobiles

(Onda) a évalué les quantités de déchets générés

par les artisans de l’automobile au niveau national.

Au cours de la seule année 2005 ont été récupérés :

◾ 116 millions de litres d’huiles usagées,

◾ 5,4 millions de filtres usagés,

Un flot de déchets

non dangereux (DIB ou DND).

Dans la première, on trouve

aussi bien les aérosols, les bidons

souillés, les filtres à carburant

et à huile, les liquides de

refroidissement, les batteries,

les huiles et les solides imprégnés

de liquides dangereux (les

chiffons, par exemple), les pots

catalytiques. Dans la seconde se

rangent des déchets plus volumineux

comme les ferrailles

(amortisseurs, pots d’échappement,

carcasses, portières, ailes,

moteurs), les pare-chocs, les pare-brise,

les vitrages et les tableaux

de bord, les capots et les

hayons) ; on y intègre également

d’autres déchets plus faciles

à gérer comme les emballages

non souillés (palettes en

bois ou en plastique, le papier,

les cartons, les housses plastiques)

et les filtres à air secs. Un

torrent de déchets qu’il est hors

de question de voir « se perdre »

dans la nature.

◾ 235 000 tonnes de pneus,

◾ 5 100 tonnes de ferraille,

◾ 1 000 tonnes de solides imprégnés,

◾ 520 000 batteries,

◾ 228 500 pare-chocs,

◾ 190 000 pare-brise.

32

LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008


Une législation plus

précise et plus stricte

Au niveau individuel, les

choses sont très claires :

l’artisan a l’obligation de

gérer les déchets qu’il

produit. Depuis une trentaine

d’années, la législation

a considérablement

accru son contrôle sur les

professionnels par des

textes spécifiques inclus

iles

dit !

au Code de l’environnement.

Tout a démarré en

1975 avec l’instauration

du principe du pollueurpayeur

: « Toute personne

qui produit ou détient des

déchets est tenue d’en assurer

l’élimination dans

des conditions propres à

éviter des effets préjudiciables

à l’environnement.

» Les rejets dans

l’eau, les dépôts sauvages

et le brûlage des déchets

sont bien sûr interdits. Les

textes de loi sont ensuite

allés plus loin :

◾ interdiction de mise en

décharge ;

◾ traçabilité des déchets

(registre, bordereau de suivi

des déchets industriels,

déclaration du transport

des déchets par route) ;

◾ dispositions particulières

liées aux installations classées

;

◾ conditions de stockages

et d’enlèvements des huiles

usagées ;

◾ tri et valorisation des emballages

;

◾ obligation de reprise et

d’élimination des batteries

usagées ;

◾ obligation de remplacement

des plaquettes de

frein amiantées ;

◾ collecte et traitement des

pneus usagés par des collecteurs

agréés ;

◾ élimination des véhicules

hors d’usage ou VHU.

On ne badine pas

avec la loi

Toutes les situations ont a

priori été prévues, la collecte

est en général assurée

et mieux vaut ne pas plai-

santer avec la loi. Des

contrôles sont régulière-

ment effectués par des inspecteurs

des Douanes ou

de la direction régionale

de l’Industrie, de la Recher-

che et de l’Environnement

(Drire), et les amendes

peuvent être très lourdes.

À titre d’exemples :

◾ un dépôt sauvage de dé-

chets sur le terrain d’autrui

relève du pénal et est

condamné d’une amende

de 150 euros par dépôt ;

◾ le transport de déchets

sans récépissé est susceptible

d’une amende qui peut

grimper jusqu’à 750 euros ;

◾ enfin, une pollution des

eaux de surface, souterraines

ou de la mer peut entraîner

une amende allant

jusqu’à 75 000 euros et une

peine allant jusqu’à deux

années d’emprisonnement.

Francis Bouzouane, garagiste à Gourzon (Haute-Marne)

« LA GESTION DES DÉCHETS N’EST PAS COMPLIQUÉE »

Dans le garage, la

politique environnementale

se pratique

à tous les

niveaux.

Les aides pour l’artisan

Si la gestion des déchets est

dans son ensemble à la charge

des artisans qui les produisent,

deux types d’aides

peuvent venir soulager ce

fardeau. Il existe en premier

lieu des aides techniques

gratuites : les instances professionnelles,

les chambres

des métiers proposent parfois

des prestations de

conseils, de prédiagnostics

et de documentation. Sur le

plan financier, l’artisan peut

être épaulé de manière directe

ou indirecte.

Dans le premier cas, il s’agit

d’aides permettant de couvrir

en partie les frais d’installation

d’équipements

spécifiques comme le débourbeur-séparateur

à hy-

drocarbures (à hauteur de

40 %, aide moyenne de

6 500 euros) : l’Agence de

l’eau Seine-Normandie propose

ce type d’aide dans

son contrat global de l’eau.

Dans la seconde situation, il

s’agit plus d’exonérations

que d’aides sonnantes et trébuchantes.

Pour financer la

collecte des déchets sur leur

territoire, les municipalités

perçoivent diverses taxes :

taxe d’enlèvement des ordures

ménagères (Tom), redevance

d’enlèvement des ordures

ménagères, redevance

des déchets non ménagers

(DNM). L’artisan a la possibilité

de demander l’exonération

de ces taxes - elles

La gestion des déchets,

Francis Bouzouane, garagiste

à Gourzon (Haute-Marne),

en fait une affaire personnelle.

Par la diversité des services

qu’il propose, le garage

qu’il a repris en 1989 est

un concentré des activités

de la profession et la quantité

de déchets générés est

impressionnante.

Une implication ancienne

Leur gestion est une préoccupation déjà

ancienne pour le garagiste. « Je l’ai mise en

place progressivement

puis officiellement en 2000 en achetant

mes équipements. » Preuve de son implication : à une époque où

les bacs pour le tri spécifique des déchets n’existaient pas, Francis

avait fabriqué les siens, comme il avait construit son propre

endroit couvert pour stocker ses déchets. Aujourd’hui, il dispose

d’une impressionnante palette d’équipements : un débourbeur et

un séparateur à hydrocarbure pour les eaux de lavage, un compacteur

pour les cartons et les plastiques, une cuve pour stocker

le liquide de frein, deux locaux pour stocker les pneus,

des bacs étanches pour les batteries… Il a enfin recours à des

peintures hydrodiluables moins nocives. Un investissement qu’il

a

réalisé progressivement et à ses

« Pour moi, se préoccu-

frais : « Je n’ai jamais reçu aucune

per d’environnement

aide, déplore-t-il, j’ai tout fait tout

commence par le souci

de la propreté. »

seul, soutenu par le CNPA. » Ce volontarisme

a été récemment salué par

un trophée décerné par le CNPA et

le garagiste en retire des avantages sur le plan professionnel.

« Aujourd’hui, la gestion des déchets n’est pas compliquée à mettre

en place, elle ne coûte rien car leur élimination est refacturée

au client, ça fait de la place dans l’atelier et il n’y a rien qui traîne.

C’est un plus pour la sécurité, on gagne aussi du temps car tout

est rangé et à sa place. Et puis, l’impact en termes d’image

auprès du client est bien réel. » Et pour un garage comme celui

de Francis, niché à deux pas d’une forêt, se soucier de l’environnement

est bien la moindre des choses.

s’élèvent souvent à plusieurs

centaines, voire plusieurs

milliers d’euros - s’il peut

justifier qu’il n’a pas recours

au système municipal de

collectes et qu’il élimine ou

fait éliminer ses propres déchets.

Reste qu’il n’est parfois

pas aisé de convaincre

une municipalité de renoncer

à cette rentrée financière…

mais l’une des qualités

premières de l’artisan est la

ténacité !

CONTACTS :

le service environnement

de votre chambre de métiers

et de l’artisanat ou votre

organisation professionnelle :

www.cnpa.fr - www.fna.fr

33

LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008


DOSSIER

Déchets

automobiles

Collecte des déchets

Vers qui se tourner ?

Des déchets souvent volumineux, parfois sales ou dangereux : trois raisons qui poussent l'artisan à appeler un professionnel

agréé pour s'en débarrasser. Il en existe une quatrième, la loi : pour certains déchets, le recours à un prestataire est

obligatoire.

Une fois les déchets triés, comment

s'en débarrasser ? La question est

d'importance pour l'artisan de

l'automobile qui joue le jeu mais

qui ne veut pas que les déchets empiètent

sur son espace de travail. Leur

collecte est assurée par divers acteurs,

certains étant même imposés par la

loi du fait de la spécificité ou de la

dangerosité des déchets. Tour d'horizon

du paysage français de la collecte

des déchets automobiles.

Le professionnel

de l'automobile

En tant que professionnel, vous êtes

vous-même chargé de la récupération

de certains déchets. C'est le cas pour

les emballages usagés (souillés et non

souillés) dont le tri et la valorisation

sont à votre charge si les volumes sont

supérieurs à 1 100 litres par semaine.

Vous avez également l'obligation de

récupérer et d'éliminer les batteries qui

vous sont remises.

Les municipalités

De nombreuses municipalités intègrent

dans la collecte des ordures ménagères

celle de certains déchets professionnels

non dangereux comme les

déchets d'emballage non souillés,

éventuellement les palettes. Elles perçoivent

à ce titre la taxe d'ordures ménagères.

À savoir : rien ne les oblige

DR

légalement à assurer ce service. Un certain

nombre refuse d'ailleurs ces déchets

et oblige leurs détenteurs à faire

appel à des collecteurs et des éliminateurs

agréés ou autorisés. Renseignezvous

auprès de votre mairie ou de la

communauté d'agglomérations.

Les prestataires de collecte

de déchets

En 2006, ils étaient au nombre de

46, répartis sur toute la France, traitant

toutes sortes de déchets ou spécialisés

en un seul type de déchets.

Le recours à un collecteur est obligatoire

pour certains rebuts : les pneus,

par exemple, doivent être remis à des

collecteurs ou à des éliminateurs

agréés - une prestation gratuite, à la

charge des manufacturiers. En France,

seuls deux organismes gèrent leur

collecte et leur traitement : Aliapur

Ewen Mary, chargé de mission environnement au CNPA

« LA GESTION DES DÉCHETS EST RENTRÉE DANS LES MŒURS »

Le Monde des Artisans : Les artisans sont-ils sensibles à l’impact de leur activité

sur l’environnement ?

Ewen Mary : De plus en plus. Dans nos réunions de sensibilisation, ils viennent plus nombreux et posent

plus de questions qu’avant, poussés par une motivation personnelle pour le respect de l’environnement, par

un rappel de leurs obligations par la commune, par la méconnaissance de la réglementation.

LMA : Que leur apportez-vous ?

E. M. : Des informations, des contacts avec les professionnels et une aide pratique. Nous visitons les

sites pour réaliser avec eux un diagnostic, alerter sur les risques pour l’environnement, proposer des

solutions techniques et économiques, les aider à monter un dossier pour obtenir des aides.

LMA : Voyez-vous les choses avancer sur le terrain ?

E. M. : Les habitudes évoluent dans le bon sens. Un détail significatif : quand on arrive aujourd’hui sur

de nouveaux sites, il y a souvent un minimum de tri des déchets déjà fait, preuve que cette phase initiale

de la gestion des déchets est rentrée dans les mœurs.

Le défi de l'environnement

est l'une des

opérations mises

en place

par le CNPA.

et France Recyclage Pneumatique.

Dans le même esprit, les huiles usagées

sont enlevées gratuitement chez

le professionnel par des prestataires

agréés. Pour les véhicules hors d'usage

(VHU) récupérés par deux types

de prestataires : les démolisseurs

(mais ceux-ci ne sont pas obligés de

recueillir n'importe quel véhicule) et

les broyeurs (qui, eux, ont l'obligation

de prendre en charge tout véhicule

qui leur est confié).

Les institutionnels

L'Agence pour la défense de l'environnement

et la maîtrise de l'énergie

(Ademe) est active au niveau national

et régional. Sur son site (www.

ademe.fr), une rubrique « Déchets »

très pratique pour le professionnel :

la sous-rubrique « À chaque déchet

sa solution avec », pour chaque type

de déchet, un rappel du cadre réglementaire,

des questions-réponses et

des adresses de prestataires. L'Ademe

propose également une bourse des

déchets (www.bourse-des-dechets.fr)

qui met en relation les détenteurs de

rebuts et les collecteurs/valoriseurs.

De son côté, le CNPA (www.cnpa.fr)

a mis en place un programme, le défi

pour l'environnement, qui permet

une sensibilisation des professionnels

et un suivi des collectes de déchets

par les prestataires. Il propose

également à ses adhérents une liste

des contacts en région, une grille tarifaire

et un guide pour bien choisir

son prestataire de collecte.

CNPA

34

LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008


DOSSIER

Déchets

automobiles

Organismes consulaires

La tendance est au vert

CNPA et CMA Gironde

Le défi de l’environnement

Professionnels de l’automobile girondins, le CNPA (Conseil national des professions

de l’automobile) et la chambre de métiers et de l’artisanat de la Gironde

ont mis en place le défi de l’environnement. Vous bénéficiez d’une solution

clé en main, de la garantie d’être conforme à la réglementation sur la gestion

des déchets, de prix négociés et jusqu’à 50 % de réduction de la prise en charge

de vos déchets dangereux. Pour finir, des outils de communication sont à

votre disposition pour valoriser votre engagement auprès de votre clientèle.

Pour un diagnostic et un devis pour la prise en charge de vos déchets par des

entreprises référencées, rapprochez-vous du pôle Environnement de la chambre

de métiers et de l’artisanat de la Gironde. Tél. 05 56 999 142.

Les chambres consulaires intègrent

de plus en plus dans leur action

l'environnement en général et la

gestion des déchets en particulier.

La plupart, notamment au niveau

régional, disposent d'un conseiller

environnement et développement

durable dont les initiatives en direction

des artisans sont multiples : information,

sensibilisation et formation

des artisans, conseils personnalisés

(prédiagnostic, montage de dossiers

de demande de subvention).

Les chambres agissent aussi comme

relais des opérations collectives ciblées

sur la gestion des déchets souvent

en partenariat avec d'autres

organismes (pour l'automobile, Relais

vert auto et défi de l'environnement).

En tant que représentant de

l'artisanat, le conseiller environnement

rencontre les élus pour mettre

en place avec eux des solutions

DR

Le contrat global pour l’eau

Prévenir la pollution…

plutôt que guérir

L’eau, si vitale pour l’être humain, est souvent la première

à faire les frais de la pollution. Et les eaux de lavage des

professionnels, rejetés dans le réseau public, sont tout

sauf propres… Consciente de ce risque, l’Agence de l’eau

Seine-Normandie a conclu un accord avec le Conseil

national des professions de l’automobile (CNPA) pour

la protection de l’environnement, le contrat global pour

l’eau. Son objectif : inciter les professionnels à mieux prévenir

tous risques de pollution de l’eau dans leur activité.

Ce programme de trois ans (2007-2010) apporte aux entreprises

du secteur de l’automobile des aides techniques et financières :

mise en conformité de la gestion des déchets dangereux ou toxiques,

réalisation d’un diagnostic sur site, aides partielles pour l’achat

d’équipement (séparateur à hydrocarbures, abris de stockage, bacs

ou bassins de rétention…), diagnostic post-équipement. De son côté,

le CNPA œuvre à la coordination des actions de terrain et au montage

du dossier. Un sacré coup de pouce pour les artisans férus

d’environnement… qui mériterait d’être généralisé à l’ensemble

du pays : à ce jour, l’Agence Seine-Normandie est la seule des six

agences de l’eau à proposer ce genre de contrat.

concertées (accueil en déchetterie) ;

il participe également aux planifications

régionales et départementales

d'élimination des déchets.

Les chambres procèdent également

à des études et des expertises diverses

: estimation du gisement des déchets

produits par les artisans, études

des pratiques et des besoins des artisans,

assainissement des eaux usées.

Les chambres, enfin, sont des sources

d'information à exploiter : certaines

d'entre elles (chambre de métiers et

de l'artisanat de Corse-du-Sud, chambre

régionale de métiers de Bretagne,

chambre de métiers et de l'artisanat

de l'Aveyron) publient, à l'intention

des professionnels de l'automobile,

des « écoguides » spécifiques truffés

d'informations et de solutions.

Yves Cojan-Dassamy, conseiller environnement (CMA95)

« SE PRÉOCCUPER D’ENVIRONNEMENT NE COÛTE PAS FORCÉMENT CHER »

Le Monde des Artisans : En quoi consiste votre travail ?

Y. C.-D. : Il consiste à sensibiliser, à informer et à accompagner les entreprises dans leur gestion des déchets, de l’eau et de l’énergie.

Pour le secteur de l’automobile, nous nous adressons à 700 artisans environ. Je suis personnellement 15 à 20 entreprises.

LMA : Quelles difficultés rencontrez-vous sur le terrain ?

Y. C.-D. : Le temps que l’artisan peut consacrer à ces problématiques est très limité, d’où les nombreux outils que nous leur proposons pour accélérer

la mise en relation avec les prestataires. Une à deux années séparent souvent la visite de prédiagnostic du résultat à cause de ce manque de

disponibilité.

LMA : Quels messages souhaiteriez-vous faire passer aux artisans en termes d’environnement ?

Y. C.-D. : Le premier, c’est que se préoccuper d’environnement ne coûte pas forcément cher. Si le garage n’a pas d’aire de lavage et ne vend pas

d’essence, il n’aura pas besoin d’équipement lourd et il s’agira simplement de mettre en place un stockage et une élimination des déchets conforme

aux normes. Le second, c’est qu’aujourd’hui les prestataires proposent des solutions pour les petites entreprises, comme le forfait collecte,

plus adapté aux volumes de déchets limités.

35

LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008


Météo

Malgré de mauvais chiffres en début

d’année, la bonne tenue du bâtiment

neuf en juillet et août 2007 a

permis un quasi-maintien des mises

en chantier de logements au niveau

exceptionnel de 2006.

Source : FFB

4 artisans du bâtiment sur 5 utilisent

un ordinateur dans le cadre de

leur activité. Ils n’étaient que 3 sur 5

en 2001. 10 % des entreprises non

informatisées envisagent de s’équiper

dans les douze mois à venir.

Source : Capeb

-0,3 %

C’est le taux de baisse

d’activité qu’a connu l

e secteur de la beautéesthétique

au deuxième

trimestre 2007.

Plutôt décevant par rapport

aux belles performances

du premier trimestre

2007 : + 2,9 %, alors que

la croissance annuelle

reste plutôt stable.

Source : Observatoire

de la petite entreprise

1 000 000

C’est le nombre

de personnes qui

franchissent chaque jour

un salon de coiffure !

Source : FNC

TABLEAU DE BORD

Social

◾ Smic au 1 er juillet 2007 : 8,44 €/heure

soit 1 280,07 €/mois (35 heures)

◾ Minimum garanti : 3,21 €

◾ Plafond mensuel de la sécurité sociale 2008 : 2 773 €

◾ Barèmes de frais 2007 : repas en déplacement 7,90 € ;

repas au restaurant 16,10 € ; logement et petit déjeuner

42,80 € (57,80 € à Paris dans les départements 92, 93, 94)

◾ Taux de chômage : 8 % en juillet

Prix

◾ Indice des prix à la consommation en octobre 2007 :

116,62 (+ 0,2 % sur un mois)

Ensemble des ménages, tabac inclus, base 100 en 1998

◾ Indice du coût de la construction au 2 e trimestre

2007 : 1 435 (+ 5,05 % sur un an)

Finance

◾ Taux d’intérêt Euribor 3 mois (16 nov.) : 4,58 €

◾ Taux d’intérêt Euribor 12 mois (16 nov.) : 4,58 €

Ces taux servent de base au calcul des financements proposés

par les banques et à l’indexation des crédits à taux variable.

◾ Taux fiscal des intérêts de retard : 0,75 % par mois

(9 % par an)

À vos agendas

Du 14 au 21 mars 2008 :

Semaine nationale de l’artisanat : Partout en France, artisans, chambres de métiers et

de l’artisanat, organisations professionnelles se mettent en quatre pour faire découvrir

l’artisanat aux jeunes et au grand public en général. Artisans, vous souhaitez participer ?

Prenez vite contact avec votre chambre de métiers et de l’artisanat. Tél : 0 825 36 36 36

Ils ont dit…

« Les mesures liées aux économies d’énergie dans les logements permettraient à terme de créer près

de 200 000 emplois dans l’artisanat du bâtiment ». Jean Lardin, président de la Capeb

« Réaffirmons auprès du consommateur que l’offre commerciale est liée aussi à la qualité et aux services.

» Jean-Pierre Raffarin lors du Congrès de l’UPA le 25 octobre dernier

Environnement Les artisans

s’en préoccupent

88 % des artisans se déclarant

préoccupés par les questions liées

à l’environnement selon l’enquête

UPA / I+C au 3 e trimestre 2007.

Non, pas vraiment : 8 %

Non, pas du tout : 4 %

Oui, tout à fait :

43 %

Oui, plutôt :

45 %

36

LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008


Savoir-faire Gironde

EN BREF

Protection

sociale

obligatoire

Le RSI devient

votre SEUL

interlocuteur

Dès janvier 2008, le Régime

Social des Indépendants

assurera le recouvrement de

toutes les cotisations sociales

personnelles des artisans :

maladie-maternité, retraite,

invalidité-décès, mais

également celui des

allocations familiales,

de la CSG-CRDS, effectué

jusque-là par les Urssaf.

La mise en place de

l’Interlocuteur Social Unique

n’a pas d’incidence sur les

cotisations et les prestations

des artisans ; elle préserve

l’intégralité des droits acquis.

C’est quoi ?

Le droit à

l’information

Le Législateur a créé un

nouveau droit : le droit à

l’information individuelle

des assurés sur leur retraite.

À terme, chaque personne

recevra tous les 5 ans –

à partir de ses 35 ans –

un courrier commun de la part

de ses caisses de retraite

obligatoire, récapitulant

l’ensemble de ses droits et

comportant - à partir de

55 ans – une estimation du

montant de sa future retraite.

En 2008, les assurés nés en

1963 et en 1958, recevront

un relevé individuel de

carrière ; les personnes nées

en 1950 et 1951 seront

destinataires d’une estimation

indicative de leur retraite.

Partenariat CMAG – Conseil général

Une nouvelle convention jusqu’en 2009

Les trois orientations de la

précédente convention :

lutte contre l’exclusion, développement

durable et renforcement

de la compétitivité

des entreprises. Pour chacun de

ces axes, le bilan est très positif.

Lutte contre l’exclusion : la

création de 1 400 entreprises a

permis de créer plus de

2 300 emplois et d’attirer plus

de 3 700 apprentis par an. Le

dispositif Creagir33 a montré à

cet égard son efficacité. Développement

durable : le site Internet

www.dechets-gironde.fr

reçoit plus de 2 000 connexions

par mois pour aider les professionnels

à trouver des solutions

concrètes pour éliminer leurs

Un monde mouvant, administrativement

pesant, une

réglementation toujours

plus contraignante et une

concurrence plus vive : c’est le

quotidien des entreprises artisanales

et TPE de moins de

10 salariés, soit 92,6 % des entreprises

de la Région Aquitaine.

Pour aider ces dernières à

faire face à leur quotidien complexe,

le conseil régional

d’Aquitaine a adopté un plan

déchets conformément à la réglementation

et à des coûts

économiquement acceptables.

Plus de 500 entreprises ont adhéré

à des programmes de gestion

collective de déchets dangereux

professionnels dans les

métiers de l’automobile, les

imprimeurs, les pressings, les

photographes et les peintres en

bâtiment. Compétitivité : le

concours les « Alienor des métiers,

innover pour gagner en

Gironde » a permis de valoriser

le potentiel d’innovation de

l’artisanat et d’accompagner

150 projets innovants sur les

trois ans.

Des démarches de certification

qualité ont été engagées auprès

d’appui basé sur deux principes.

Le premier, à travers une

approche par filière en concertation

avec la chambre de métiers

et de l’artisanat de la Gironde

et l’ensemble des acteurs

économiques de l’artisanat,

vise à aider les artisans à s’adapter

pour mieux se développer.

Le deuxième principe s’articule

autour de la création d’outils

financiers pour permettre aux

artisans d’accéder aux prêts

des entreprises du secteur des

services et de la production

(aéronautique, filière bois…).

Un programme de modernisation

a été engagé auprès des

entreprises auxiliaires de la filière

viti-vinicole, 80 entreprises

ont signé des contrats de

progrès mobilisant plus de

300 000 euros d’aides directes

du Département.

2007 – 2009

dans la continuité

Les actions de la nouvelle

convention : favoriser la compétitivité

des entreprises,

mettre en œuvre des actions en

faveur de l’insertion par l’économie

(notamment les bénéficiaires

du RMI) et la programmation

d’actions dans le domaine

du développement

durable. Pour 2007, le CG33

a voté une enveloppe de

105 000 euros.

Philippe Madrelle, président

du conseil général de la Gironde

et Yves Petijean, président

de la chambre de métiers

et de l’artisanat de la Gironde,

lors de la signature de la

convention cadre pour la période

2007 – 2009, le 3 décembre

2007, à la CMAG.

Artisanat et TPE Un plan de soutien

du conseil régional d’Aquitaine

bancaires et d’augmenter leurs

fonds de roulement. Il faut noter,

également, un encouragement

à la création d’emplois, la

formation des nouveaux salariés,

le recours aux salariés à

temps partagé, autant de mesures

d’aides à l’emploi qui

pourront permettre le recrutement

de salariés « qualifiés » et

« motivés » dans des professions

qui ne sont pas encore

assez valorisées.

37

LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008


Talents Gironde

Trophée des tuteurs

La Région Aquitaine valorise

ses maîtres d’apprentissage

Dans le cadre du COM 2006-2009 en faveur du développement de l’apprentissage, la Région Aquitaine lance

un « Trophée des tuteurs » destiné à valoriser la fonction de maître d’apprentissage.

D’octobre 2007 à juin 2008,

les CFA, UFA ou sections

d’apprentissage sélectionneront

les tuteurs susceptibles

d’être récompensés. La

remise des prix aura lieu en novembre

2008, lors des sélections

régionales qui se feront

dans le cadre des 40 es Olympiades

des métiers.

Dix catégories

sur la base de multiples

critères

Pour récompenser les différentes

formes d’implication des

maîtres d’apprentissage, dix

catégories sont prévues. Seront

ainsi pris en compte la transmission

de savoir-faire et savoir-être,

le respect du développement

durable dans l’apprentissage,

l’aide à l’intégration

de l’apprenti dans l’entreprise,

l’implication dans la relation

CFA/entreprise, le suivi

post-formation de l’insertion

professionnelle de l’apprenti,

la continuité dans la poursuite

d’études (de BEP en BacPro

puis en BTS par exemple), le

taux de réussite élevé à l’examen,

le taux de rupture de

contrat le moins élevé. Un prix

récompensera également le niveau

d’engagement du nouveau

maître d’apprentissage et

la motivation du maître d’apprentissage

le plus ancien dans

cette fonction.

Les modalités

de sélection

Les centres de formation définissent

seuls les modalités de

la sélection de leurs meilleurs

tuteurs. Toutefois, ils ont

l’obligation d’associer entre

« Un des Meilleurs ouvriers de France »

Les lauréats girondins 2007

À la suite de l’Exposition nationale du travail qui s’est tenue à Lyon du

10 au 18 novembre 2007, les résultats définitifs du XXIII e concours « Un

des Meilleurs ouvriers de France » sont désormais connus : six artisans

girondins viennent d’être distingués « Meilleur ouvrier de France » :

◼ Michel Chisalita, Mof maçonnerie.

16 rue du Dr Schweitzer Résidence Lully Appart. 214

33300 Bordeaux

◼ Alain Clairac, Mof menuiserie en sièges

6 Nodin 3324O Salignac

◼ Joaquim Goncalves, Mof plâtrerie-gypserie

10 chemin de Fraye 33830 Belin-Beliet

◼ Pierre Mirgalet, Mof chocolaterie-confiserie

70 cours de la république 33470 Gujan-Mestras

◼ Matthieu Sarraud, Mof menuiserie

13 rue Gustave Danflou 33300 Bordeaux

◼ Frédéric Stefanaggi, Mof joaillerie

63 rue Soubiras 33200 Bordeaux

un et dix apprentis à un moment

ou à un autre du processus.

Pour revenir aux tuteurs,

ils devront être entre un et dix

par centre d’apprentissage.

Les petites unités qui proposent

une ou deux formations

choisiront un maître d’apprentissage

; les gros centres

comme les CFA des chambres

de métiers et de l’artisanat ou

le CFA du BTP en Gironde,

de loin les plus importants en

termes d’offre, sont ceux qui

devront en désigner le plus.

Les CFA intermédiaires proposeront

une liste de deux,

trois, six ou huit tuteurs méritants.

Pour aider les centres à

repérer ces candidats, la collectivité

territoriale octroiera

une subvention proportionnelle

au nombre de maîtres

d’apprentissage à sélectionner.

Elle a prévu un budget total

de 42 300 euros.

Concours régional Meilleur apprenti

pâtissier de France

Le 12 novembre, au CFA de la CMA de Gironde, s’est tenu

le concours régional du meilleur apprenti pâtissier de France,

sur le thème « 30 ans : joyeux anniversaire du concours

du meilleur apprenti de France ».

Organisé par la Confédération de la pâtisserie, le concours du

meilleur apprenti pâtissier de France 2007, distinction régionale,

a permis aux jeunes pâtissiers de se mesurer les uns aux autres

dans une mise en œuvre de 8 heures de croquembouches,

entremets, pièces décorées en sucre, pastillage ou chocolat.

Un programme dense, comme chaque année !

Lauréats 2007 :

◼ Martin Ducout (CMA des Landes).

◼ 2 e : Lionel Vidal (CMA du Lot-et-Garonne)

◼ 3 es ex æquo : Maxime Janvier (CMA Dordogne)

et Jérémie Vincent (CMA Gironde).

Créé il y a 30 ans, le concours de meilleur apprenti de

France a pour but de mettre en valeur la pâtisserie artisanale,

de susciter des vocations chez les jeunes. Ici, les

candidats de l’édition 2007.

Les photos des œuvres seront présentées dans le prochain numéro de ce magazine.

38

LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008


Formation Gironde

De nouveaux locaux pour de meilleures

conditions de formation.

Inauguration

Filière esthétique :

de nouveaux espaces

Le 25 octobre dernier, une

cérémonie a marqué la fin

des travaux d’aménagement

de l’espace « Esthétique »

dans notre CFA de Bordeaux.

Ce nouvel espace, beau, fonctionnel

et cinq fois plus grand,

permettra d’améliorer les

conditions de formation des

jeunes et des formateurs. La

coiffure y gagne en récupérant

plus de place pour la mise en

La coiffure disposera désormais

de plus de place.

Nouveau In’Sav, l’institut des saveurs

Dès le mois de janvier 2008, les apprentis entrés en septembre

à Barrière de Toulouse rejoindront l’Institut des

Saveurs et ses 4 laboratoires, ses 7 salles de cours, ses

salles multimédia, de Travaux Pratiques, de réunion…

In’Sav, c’est le nom du CFA des métiers

de bouche qui ouvre à la mi-janvier 2008

à Bordeaux-Lac. Les apprentis « traiteurscharcutiers»,

« boulangers », « pâtissiers »

et « bouchers » qui ont fait leur rentrée

en septembre à « Barrière de Toulouse »,

déménageront dans les nouveaux locaux.

Financée par la Chambre de métiers et de

l’artisanat de la Gironde, l’Europe, l’État, le

Conseil régional d’Aquitaine et la Communauté

urbaine de Bordeaux, cette nouvelle structure

pourra aussi accueillir des

salariés et des chefs d’entreprises

artisanales dans le cadre de la

formation continue et du droit

individuel à la formation (DIF).

Le 25 octobre, Yves Petitjean

découvrait le nouvel

espace « Esthétique » du

CFA de Bordeaux.

œuvre de la modularisation.

Ces aménagements

n’entament pas la volonté

de la chambre de métiers

et de l’artisanat de Gironde

de transférer à terme le pôle

beauté dans des locaux neufs, à

l’horizon 2011 ou 2012.

Boulanger, pâtissier-chocolatier-glacier,

charcutier-traiteur et boucher sont les métiers

préparés à l’In’Sav dont la capacité

d’accueil est de 450 apprentis.

39

LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008


Savoir-faire

Transformez cette obligation

pour l'employeur en proposant

à vos salariés des stages

qui feront progresser

votre entreprise.

Le Dif qu'est-ce que

c'est ? *

◾ Le droit individuel à la formation

est, comme son nom

l'indique, un droit pour le salarié

de bénéficier chaque année

d'un crédit de formation de

20 heures, qu'il peut cumuler

pendant six ans.

Sont concernés tous les salariés

en CDI ayant au minimum un

an d'ancienneté, ainsi que ceux

en contrat à durée déterminée

ayant travaillé quatre mois

dans les douze derniers mois

(le nombre d'heures de formation

auxquelles ils ont droit est

alors calculé au prorata du

temps travaillé).

◾ Le Dif concerne aussi les employés

à temps partiel. La durée

du Dif est, dans ce cas aussi,

calculée au prorata du temps

passé dans l'entreprise : un employé

à mi-temps aura droit à

10 heures de formation par an.

Dans ce cas, le plafond de

120 heures reste inchangé et le

salarié pourra cumuler ses heures

de Dif pendant douze ans.

◾ Le Dif ne s'applique pas aux

apprentis bien sûr, ni aux personnes

embauchées en contrat

de professionnalisation.

Pour vos salariés Le droit

individuel à la formation (Dif)

Le droit individuel à la formation permet à vos salariés de bénéficier

de 20 heures de formation par an. Profitez-en pour leur proposer des stages

utiles à votre entreprise.

Conseils Anticiper

pour mieux gérer

Salariés présents, formations courtes en accord avec

vos besoins : le Dif est une opportunité pour votre entreprise…

à condition de l’anticiper.

Obligation d’informer

La loi oblige l’employeur à informer au moins une fois par

an le salarié de ses droits acquis au titre du Dif (courrier,

information mentionnée sur le bulletin de paie…).

Bien qu’aucune sanction ne soit prévue par la loi pour le

chef d’entreprise qui ignore cette obligation, mieux vaut y souscrire,

en cas de litige futur, notamment, avec l’un de vos salariés. De plus

« oublier » cette obligation est un mauvais calcul : en effet, mieux

vaut peut-être que vos salariés se forment régulièrement plutôt

que d’attendre et que l’employé cumule ses heures de formation…

LMA

Justifiez votre refus

Si vous avez décidé de refuser la demande de Dif faite par votre

salarié, et bien que ce ne soit pas une obligation fixée par la loi,

il est préférable que vous justifiiez ce refus. Cela permettra

à votre salarié de comprendre pourquoi — vous éviterez ainsi

d’éventuels ressentiments — et d’adapter sa demande.

Anticipez : proposez !

Mieux : plutôt que d’attendre des demandes de vos salariés qui

ne correspondent peut-être pas à vos besoins, suggérez vous-même

les formations utiles à votre entreprise.

Lorsque vous informez votre salarié de ses droits acquis au titre

du Dif, n’hésitez pas par exemple, à proposer sur le même document

les formations auxquelles il pourrait prétendre. Vous serez alors

sûr qu’elles sont en parfaite adéquation avec vos attentes et cela

sera perçu de manière positive par votre employé.

Concrètement comment

ça se passe ?

C'est le salarié qui doit prendre

l'initiative en adressant

par écrit sa demande de formation

à l'employeur. Ce dernier

a un mois ou plus exactement

trente jours calendaires

(de date à date) pour lui répondre.

Attention, l'absence

de réponse dans ce délai vaut

acceptation.

L'employeur peut-il

le refuser ?

Le Dif est un droit. S'il ne

peut pas être refusé, il ne peut

pas non plus être pris sans

l'accord de l'employeur.

Vous pouvez donc refuser à un

salarié sa formation, mais il en

garde les droits.

À savoir cependant : si vous la

refusez durant deux années

consécutives, la demande est

transférée au Fongecif, organisme

qui gère les congés individuels

de formation, où

elle sera prioritaire.

Quand ?

La formation suivie dans le

cadre du Dif se déroule, sauf

accord de l'employeur, en dehors

du temps de travail : le

soir, durant les congés…

Un système intéressant pour

l'entreprise (le salarié ne s'absente

pas) et motivant pour le

salarié (il perçoit une rémunération

supplémentaire).

Rémunération

Si la formation se déroule durant

le temps de travail, le salarié

garde son salaire. Si elle

se déroule en dehors, l'employeur

doit verser une allocation

de formation égale à

50 % de son salaire net.

Cette allocation est exonérée

de charges sociales tant patronales

que salariales (CSG et

CRDS comprises).

En cas de départ

de l'entreprise ?

Si vous licenciez votre salarié,

sachez que, sauf si le motif

est une faute grave ou lourde,

vous ne pouvez pas refuser la

formation qu'il vous demande

dans le cadre de ses droits

au Dif, s'il vous en fait la demande

avant la fin de son

préavis.

Vous devez d'ailleurs indiquer,

dans le courrier de licenciement,

les droits qu'il a acquis.

En cas de démission, votre salarié

devra obtenir votre accord

pour exercer son Dif et la

formation qu'il a choisie devra

commencer avant la fin de

la période de préavis. S'il ne

fait aucune demande, ses

droits sont annulés.

Les droits acquis au titre du

Dif sont logiquement perdus

en cas de départ à la retraite.

* Les modalités d'application du Dif

sont aménagées dans certains métiers

par des accords de branche.

Pour les connaître, rapprochez-vous

de votre organisation professionnelle.

40

LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008


Forum

Mesdames, Messieurs,

Je m’adresse à vous pour vous soumettre une

question importante. Je m’apprête à céder le

magasin que j’ai créé et exploité depuis onze

ans en SARL. J’ai la double immatriculation

(métiers et commerce) ainsi qu’un nouveau

droit au bail.

Sachant que la vente se ferait aux alentours

de 150 000 euros, je souhaiterais savoir si je

suis exonéré des plus-values comme cela est

indiqué en page 35, du Monde des Artisans

(édition du Var) daté de mars/avril 2007.

Mon comptable affirme quant à lui que je

serai taxé sur les plus-values.

Pouvez-vous m’apporter une réponse précise

? Je vous en remercie d’avance. Veuillez

recevoir, Mesdames, Messieurs, l’expression

de mes sincères salutations.

Raphaël Gomez, Saint Aygulf (83)

Courrier

Question

« exonération »

Au terme de l’article 151-7 du Code général des impôts,

la plus-value de cession de l’actif (hors terrains

à bâtir) d’une entreprise commerciale est exonérée

totalement si deux conditions sont réunies : l’activité

a été exercée pendant plus de cinq ans, et le chiffre

d’affaires est inférieur à 250 000 euros.

Cette exonération est partielle si le CA est compris entre

250 et 350 000 euros.

Au-dede 350 000 euros de CA, la plus-value est taxable.

Cependant, ces limites sont différentes, si votre

activité comporte à la fois des ventes et des prestations

de service, ce que semble indiquer votre double

immatriculation « métiers » et « commerce ».

S’il vous reste un doute, nous ne pouvons que vous

conseiller de consulter un avocat spécialiste en droit

fiscal, ou un autre expert-comptable.

Après tout, l’enjeu mérite bien le coût d’une consultation.

Contact rédaction

Édimétiers. 84 bd Sébastopol. 75003 Paris. Tél. : 06 13 93 90 57.

Fax. : 01 42 74 28 35. E-mail : info@edimetiers.com.

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Téléphone ......................................................................................

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Souhaite être recontacté pour apporter à la rédaction

son témoignage sur le(s) sujet(s) suivant(s) :

◻ Stratégie d’entreprise ◻ Environnement

◻ Innovation

◻ Transmission d’entreprise

◻ Techniques commerciales ◻ Gestion et comptabilité

◻ Fiscalité et administration ◻ Questions sociales

◻ Statut du conjoint

◻ Formation continue

◻ Apprentissage

◻ Matériels

◻ Loisirs ◻ Autres : ..............................

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Un répondeur

pour les artisans

et… les apprentis

UNE REMARQUE ?

RÉDACTION

06 13 93 90 57

UNE QUESTION ?

Le Monde des artisans est votre magazine.

Sur chaque sujet, nous voulons savoir ce que vous pensez.

Politique, économie, formation, questions sociales, matériels,

gestion, loisirs : comment percevez-vous, au sein de votre entreprise,

les questions que nous traitons au fil de ces pages ?

Pour vous exprimer dans cette rubrique, vous disposiez, depuis plusieurs

numéros, du courrier, du fax, de l’e-mail et de notre coupon-réponse

(voir ci-contre). Désormais, vous pourrez également nous laisser

un message vocal ou nous envoyer un SMS !

En contactant le 06 13 93 90 57*, vous pourrez témoigner, protester,

questionner, interpeller, partager vos réflexions.

* Répondeur de la rédaction du Monde des artisans.

Communication facturée au tarif normal vers un mobile.

42

LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008


photos : EFIL, Thinkstock.

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pour bien

choisir

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Expert-comptable

ou centre de gestion ?

Cette te question

n’a plus d’intérêt :

les deux professions

sont en train de s’unifier.

Mais, pour l’artisan,

il est vital de choisir

le bon partenaire,

a liant confiance

et compétence,

et dont la prestation

s’adapte aux besoins

de l’entreprise.

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Septembre-octobre 2007

CRÉER, ENTREPRENDRE ET RÉUSSIR DANS LES MÉTIERS

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Bimestriel n°61 - 1€

Novembre-décembre 2007

CRÉER, ENTREPRENDRE ET RÉU SIR DANS LES MÉTIERS

Grande distribution

Les hypers passent

à l’offensive

De tous les pays

d’Europe, c’est la France

qui a la plus forte densité de

super et d’hypermarchés par

habitant. Pour la Commi sion pour la

libération de la croi sance, présidée par Jacques

A tali (en haut), ce n’est pas encore su fisant : il faut

d’urgence lever tous les freins au développement

des grandes surfaces ! Une perspective saluée par les

grands distributeurs, représentés par Jérôme

Bédier (ici, à gauche), et que l’artisanat,

par la voix de Pie re Martin (à droite),

considère comme désastreuse en

termes d’emplois, catastrophique pour

la vitalité de notre te ritoire et

suicidaire pour notre ti su de PME.

PAGE 27

Augmentez la valeur

de votre entreprise

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43

LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008


Savoir-faire Gironde

Environnement

Les artisans gèrent leurs déchets dangereux

Plus de 500 artisans girondins ont intégré une opération collective pour gérer leurs déchets dangereux :

Le Défi de l’Environnement, Imprim’Vert, Pressing Propre, Reflexnature et Couleur nature.

En 2006, 470 tonnes ont ainsi été collectées (+57% par rapport à 2005).

Les garages automobiles (Le

Défi de l’Environnement),

les photographes (reflexnature),

les imprimeurs

(Imprim’Vert), les pressings

(Pressing propre) et les peintres

en bâtiment (couleur nature)

: les déchets de tous ces

professionnels peuvent être

pris en charge par des prestataires

agréés qui sont référencés

par l’Agence de l’eau

Adour-Garonne. Surtout les

déchets dangereux tels les révélateurs,

les fixateurs, les boues

de pressing, peintures, solvants,

huile, batteries… Ces

professionnels réduisent du

même coup leur facture de

gestion de leurs déchets dangereux,

jusqu’à 50%.

Tous les artisans qui ont signé

un contrat de gestion collective

avec un prestataire référencé,

bénéficient d’outils de communication

tels que des guides

pratiques sur la gestion de leurs

déchets, mais aussi des autocollants

ou des affiches, ce qui

leur permet de valoriser leur

engagement auprès de leur

clientèle.

POUR EN SAVOIR PLUS :

www.dechets-gironde.fr

Serge Peralta, Président de la SLNG*

« 90% de nos déchets sont éliminés »

LMA - Pourquoi avoir intégré l’opération « Pressing Propre » avec votre entreprise Pressing Net Services, à Eysines ?

Serge PERALTA : Dans l’esprit de beaucoup de gens, nous sommes des pollueurs. Nous voulons améliorer cette image de plus en plus loin

de la réalité. C’est pourquoi depuis plus de quatre ans – nous étions peut-être les premiers sur la Gironde – nous disposons d’une machine

d’Aqua-nettoyage. Nous essayons de nous moderniser tout en étant moins polluant sur le plan de nos machines, mais aussi à travers nos

emballages plastiques biodégradables que nous utilisons depuis le printemps 2007. Il en va du bien-être de notre clientèle, mais aussi de

celui des professionnels !

LMA - Cela implique de nouvelles contraintes dans votre organisation quotidienne ?

SP : Une fois que vous êtes entré dans le cycle, les nouveaux réflexes

sont intégrés et cela ne gêne pas du tout. Au niveau de la profession,

90% de nos déchets sont éliminés par la filière.

LMA - Avez-vous été aidé ou accompagné dans votre démarche de

mise aux normes environnementales et pour intégrer l’opération

« Pressing propre » ?

SP : Le Pôle Environnement de la chambre de métiers et de l’artisanat

de la Gironde nous a beaucoup aidé. Le Conseil Régional, également,

pour acheter les nouveaux matériels, tout comme l’Agence de l’eau

Adour-Garonne.

*Syndicat de la laverie et du nettoyage de la Gironde. Tél. : 05 56 98 80 76.

Opération « Pressing propre »

Ne pas froisser la nature

Les pressings (nettoyage à sec), qui ont signé un contrat

de gestion collective de leurs déchets dangereux avec

l’un des trois prestataires référencés, ont obtenu le label

de l’opération « Pressing propre ». Ces entreprises

bénéficient d’une prise en charge de leurs déchets

dans le respect de la réglementation et dont les coûts

ont été négociés et réduits de 50% (selon des coûts

plafonds). En 2005, première année de fonctionnement,

l’opération a permis de collecter 30 tonnes de déchets

dangereux (boues de perchloréthylène) auprès de

126 pressings. En 2006, 24 tonnes de boues

de perchloréthylène ont été collectées. Cette baisse

s’explique par l’acquisition de machines de nettoyage à sec

plus performantes et produisant moins de boues. Autant

de déchets qui n’iront pas polluer les eaux superficielles

(rivières, fleuves) et profondes (nappes phréatiques),

mais aussi l’air et le sol, puisqu’ils ne transiteront pas

par les filières de traitement des ordures ménagères,

inadaptées à la gestion des déchets dangereux.

POUR EN SAVOIR PLUS : CMAG, Pôle Environnement,

Marianne Caritez, Tél. : 05 56 99 91 42, e-mail : marianne.

caritez@cm-bordeaux.fr

44

LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008


Organisations professionnelles

Assemblée générale

Activité et budget de la CMAG

L’assemblée générale du

15 octobre a été l’occasion

de faire le point de l’activité

de la compagnie et de voter

le budget 2008.

Il a ainsi été communiqué que

notre CFA a enregistré une

hausse moyenne de 18 % des

effectifs. Le président a annoncé

sa volonté de doter les pôles

auto et beauté de nouveaux locaux

et de quitter définitivement

la barrière de Toulouse,

ce projet étant une priorité de

la fin de mandat. Les élus présents

ont voté à l’unanimité le

budget 2008.

Robert Goinaud reconduit

à la présidence de la MNRA

À la suite de l’assemblée générale de la MNRA,

le 20 septembre, le conseil d’administration

partiellement renouvelé, a reconduit Robert Goineaud

à la présidence de la Mutuelle.

Président de la MNRA depuis 1995, Robert Goineaud

est artisan carreleur retraité à Bordeaux. Titulaire de plusieurs mandats

sociaux, ancien membre du Conseil économique et social de la Région

Aquitaine, il est président d’honneur de la CAPEB de Gironde et chevalier

dans l’ordre national de la Légion d’Honneur.

UPA Gironde Détails

d’une organisation tripartite

L’Union professionnelle

artisanale (UPA) est une

organisation constituée

des trois grandes confédérations

de l’artisanat : la Capeb,

la Cnams et la CGAD.

Elle fonctionne de manière

collégiale, les décisions étant

prises à l’unanimité

des organisations membres.

UPA33 : Président M. Éric Agullo

● Bureaux du Lac bât. 5

● 1 er étage

● 12 avenue de Chavailles

● 33525 Bruges Cedex

● Tél. : 05 56 11 70 70

● Fax : 05 56 29 19 25.

Composantes de l’UPA33 :

■ Capeb 33

Confédération de l’artisanat

et des petites entreprises

du bâtiment

Président : M. Yves Petitjean

● Les bureaux du lac

● Bâtiment 5. 1 er étage

● 12 avenue de Chavailles

● 33525 Bruges Cedex

● Secrétariat ouvert de 8h00

à 12h30 et de13h30 à 17h00

du lundi au vendredi

● Tél. : 05 56 11 70 70

● Fax : 05 56 29 19 25

● Mail : capeb33@wanadoo.fr

● Site Internet : www.capeb33.fr

■ CGAD 33

Confédération générale

de l’alimentation en détail

Président : M. Joël Mauvigney

● 3 avenue Jean-Mazarick

● 33700 Mérignac

● Tél. : 05 56 97 83 64

● Fax : 05 56 12 28 20

■ Cnams Gironde

Confédération nationale

de l’artisanat, des métiers

et des services

Président : M. Éric Agullo

● 46 avenue Général-de-Larminat

● 33000 Bordeaux

● Tél. : 05 56 98 80 76

● Fax : 05 56 24 30 81

Autres fédérations

et confédérations

■ FFB Fédération française

du bâtiment Gironde

Président : M. Michel Cisilotto

● Maison du bâtiment et des travaux

publics

● Quartier du Lac

● 33081 Bordeaux Cedex

● Tél. : 05 56 43 61 23

● Fax : 05 56 43 61 26

● Mail : contact@d33.ffbatiment.fr

● Site Internet : www.d33.batiment.fr

■ Union départementale Cidunati

de la Gironde

Président : M. Daniel Royer

● 235 boulevard Alfred-Daney

● 33300 Bordeaux

● Tél./Fax : 05 56 92 86 39

● Tél. : 05 56 31 99 00

● Mail : cidunati@orange.fr

■ MPCIA Aquitaine (Mouvement

patronal du commerce, de l'industrie

et de l'artisanat d'Aquitaine)

Présidente : M me Gisèle Mosca

● 6 rue Francis-Jammes

● 33160 Saint-Médard-en-Jalles

● Tél. : 0 870 29 31 79

● Fax : 05 56 05 82 67

45

LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008


Opinion

Roland Castro, architecte et urbaniste

« Les grandes surfaces ont massacré la vie urbaine »

Artisan de la réhabilitation des banlieues, Roland Castro s’interroge sur la place du petit commerce et de l’artisanat dans les

villes et sur les bâtiments certifiés développement durable.

LMA : Comment restaurer

de la civilité, du lien

social dans la ville ?

Roland Castro : J’essaie d’embellir

des quartiers afin qu’ils

renvoient une meilleure image

de ceux qui y habitent. Pour

qu’ils puissent montrer leur

logement et qu’ils soient fiers

d’y résider. Que ce soit le signe

d’une certaine reconnaissance

sociale. Les bâtiments doivent

respecter ceux qu’ils accueillent.

Ils doivent se parler

entre eux : discours muet

s’opère entre chacun. L’exemple

le plus probant est le quartier

Jean Rostand de Bobigny

(NDLR : 320 logements

construits par l’atelier Castro

Denissof en 2004). Là-bas cohabitent

maisons de ville et

immeubles collectifs constituant

des cœurs d’îlot. Ils sont

desservis par des allées intérieures

bordées de jardins privatifs.

Mon idée est de fédérer

dans la ville l’idée de vivre ensemble.

L’objectif est de faire

de l’individuel et de l’espace

commun : limiter les espaces

publics et privés.

LMA : Que faites-vous

en matière de

développement durable ?

Comment aider un

quartier pour qu’il soit

en autarcie énergétique ?

RC : Globalement opposé aux

grands ensembles construits au

nom du développement durable,

je préfère les immeubles

collectifs extrêmement individuels.

Il ne faut pas que le développement

durable s’oppose au

projet urbain. Je construis actuellement

un quartier à Limeil-Brévannes

(dans le 94) qui

constitue un bon exemple de

réussite en termes de respect de

l’environnement. S’appuyant

sur le modèle d’une ville jardin,

il est irrigué par trois avenues.

Roland Castro : « L’artisanat

et le petit commerce

doivent être diffusables

n’importe où. »

Des solutions alternatives utilisant

les énergies renouvelables

ont aussi été mises en place. Les

bâtiments sont bien isolés, dotés

d’une solution de chauffage

intelligente avec l’installation

de capteurs photovoltaïques

(électricité solaire) et une gestion

des eaux pluviales moins

consommatrice. Il faudrait

penser les bâtiments en termes

de coût global et abaissement

de charges à terme. Soit dépenser

30 à 40 % de plus pour

qu’un quartier soit en autarcie

énergétique. Et pour cela, il serait

bon que l’on invente des

solutions intelligentes de

crédit.

LMA : Comment

conjuguez-vous artisanat,

46

LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008

« Limeil-Brévannes s’appuie

sur des solutions alternatives

utilisant les énergies renouvelables.

»

petit commerce

et urbanisme ?

RC : Il doit y avoir un maximum

de commerçants, d’artisans en

bas des immeubles. Le tissu faubourien

est une très bonne réponse

à l’urbanisme. Il faut recréer

la tradition des faubourgs,

son tissu, son ambiance en termes

d’habitat et d’activité. À

Montreuil, par exemple, ville de

très riche tradition des faubourgs,

les constructions sont

cosmopolites, avec des ateliers

qui jouxtent habitations et bureaux.

C’est un mélange constant

entre l’habitat, le travail et le

commerce. L’objectif du remodelage

du quartier de la Caravelle

à Villeneuve-la-Garenne

était de valoriser le quartier et de

l’ouvrir sur la ville. En réalisant

des accroches sur les bords, des

percées, un maillage de rues et

d’allées plantées ainsi que des

liaisons avec les lieux clefs de la

ville. Là-bas, nous avons aussi

fait le choix d’une mixité, en mêlant

les logements, les activités et

les commerces, afin de différencier

et de varier les lieux. Je suis

pour des quartiers qui incluent

l’artisanat et le petit commerce.

Ils doivent être diffusables n’importe

où, plutôt que de faire des

grandes zones industrielles ou

artisanales spécifiques.

LMA : Quelle est votre

position sur la libéralisation

des grandes

surfaces ?

RC : Elle ne doit pas être une

angoisse pour le petit commerce.

Il ne propose pas la même

offre que les grandes surfaces.

Ces dernières vendent leurs

produits relativement peu chers

tandis que le petit commerce

fournit une offre qualitative,

spécifique et singulière. Quoi

qu’il en soit, les grandes surfaces

doivent se positionner à

l’extérieur des villes alors que le

commerce de proximité doit

être quant à lui proche des habitations.

Je suis inquiet par la

manière dont les grandes surfaces

ont massacré la vie urbaine.

Aujourd’hui les citoyens se fréquentent

juste comme consommateurs,

leur lieu de sociabilité

unique étant les grandes surfaces.

C’est un réel problème

pour la démocratie !

Propos recueillis

par Charlotte de Saintignon


Opinion

Roland Castro, architecte et urbaniste

« Les grandes surfaces ont massacré la vie urbaine »

Artisan de la réhabilitation des banlieues, Roland Castro s’interroge sur la place du petit commerce et de l’artisanat dans les

villes et sur les bâtiments certifiés développement durable.

LMA : Comment restaurer

de la civilité, du lien

social dans la ville ?

Roland Castro : J’essaie d’embellir

des quartiers afin qu’ils

renvoient une meilleure image

de ceux qui y habitent. Pour

qu’ils puissent montrer leur

logement et qu’ils soient fiers

d’y résider. Que ce soit le signe

d’une certaine reconnaissance

sociale. Les bâtiments doivent

respecter ceux qu’ils accueillent.

Ils doivent se parler

entre eux : discours muet

s’opère entre chacun. L’exemple

le plus probant est le quartier

Jean Rostand de Bobigny

(NDLR : 320 logements

construits par l’atelier Castro

Denissof en 2004). Là-bas cohabitent

maisons de ville et

immeubles collectifs constituant

des cœurs d’îlot. Ils sont

desservis par des allées intérieures

bordées de jardins privatifs.

Mon idée est de fédérer

dans la ville l’idée de vivre ensemble.

L’objectif est de faire

de l’individuel et de l’espace

commun : limiter les espaces

publics et privés.

LMA : Que faites-vous

en matière de

développement durable ?

Comment aider un

quartier pour qu’il soit

en autarcie énergétique ?

RC : Globalement opposé aux

grands ensembles construits au

nom du développement durable,

je préfère les immeubles

collectifs extrêmement individuels.

Il ne faut pas que le développement

durable s’oppose au

projet urbain. Je construis actuellement

un quartier à Limeil-Brévannes

(dans le 94) qui

constitue un bon exemple de

réussite en termes de respect de

l’environnement. S’appuyant

sur le modèle d’une ville jardin,

il est irrigué par trois avenues.

Roland Castro : « L’artisanat

et le petit commerce

doivent être diffusables

n’importe où. »

Des solutions alternatives utilisant

les énergies renouvelables

ont aussi été mises en place. Les

bâtiments sont bien isolés, dotés

d’une solution de chauffage

intelligente avec l’installation

de capteurs photovoltaïques

(électricité solaire) et une gestion

des eaux pluviales moins

consommatrice. Il faudrait

penser les bâtiments en termes

de coût global et abaissement

de charges à terme. Soit dépenser

30 à 40 % de plus pour

qu’un quartier soit en autarcie

énergétique. Et pour cela, il serait

bon que l’on invente des

solutions intelligentes de

crédit.

LMA : Comment

conjuguez-vous artisanat,

46

LE MONDE DES ARTISANS / JANVIER-FÉVRIER 2008

« Limeil-Brévannes s’appuie

sur des solutions alternatives

utilisant les énergies renouvelables.

»

petit commerce

et urbanisme ?

RC : Il doit y avoir un maximum

de commerçants, d’artisans en

bas des immeubles. Le tissu faubourien

est une très bonne réponse

à l’urbanisme. Il faut recréer

la tradition des faubourgs,

son tissu, son ambiance en termes

d’habitat et d’activité. À

Montreuil, par exemple, ville de

très riche tradition des faubourgs,

les constructions sont

cosmopolites, avec des ateliers

qui jouxtent habitations et bureaux.

C’est un mélange constant

entre l’habitat, le travail et le

commerce. L’objectif du remodelage

du quartier de la Caravelle

à Villeneuve-la-Garenne

était de valoriser le quartier et de

l’ouvrir sur la ville. En réalisant

des accroches sur les bords, des

percées, un maillage de rues et

d’allées plantées ainsi que des

liaisons avec les lieux clefs de la

ville. Là-bas, nous avons aussi

fait le choix d’une mixité, en mêlant

les logements, les activités et

les commerces, afin de différencier

et de varier les lieux. Je suis

pour des quartiers qui incluent

l’artisanat et le petit commerce.

Ils doivent être diffusables n’importe

où, plutôt que de faire des

grandes zones industrielles ou

artisanales spécifiques.

LMA : Quelle est votre

position sur la libéralisation

des grandes

surfaces ?

RC : Elle ne doit pas être une

angoisse pour le petit commerce.

Il ne propose pas la même

offre que les grandes surfaces.

Ces dernières vendent leurs

produits relativement peu chers

tandis que le petit commerce

fournit une offre qualitative,

spécifique et singulière. Quoi

qu’il en soit, les grandes surfaces

doivent se positionner à

l’extérieur des villes alors que le

commerce de proximité doit

être quant à lui proche des habitations.

Je suis inquiet par la

manière dont les grandes surfaces

ont massacré la vie urbaine.

Aujourd’hui les citoyens se fréquentent

juste comme consommateurs,

leur lieu de sociabilité

unique étant les grandes surfaces.

C’est un réel problème

pour la démocratie !

Propos recueillis

par Charlotte de Saintignon