Journal de Saclay n°25 - CEA Saclay
Journal de Saclay n°25 - CEA Saclay
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3 e TRIMESTRE 2004 > N°25<br />
Centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong><br />
LE JOURNAL<br />
DOSSIER<br />
Surveillance <strong>de</strong> l’environnement<br />
SUPPLÉMENT<br />
Bilan 2003<br />
Enquête sur le climat<br />
CYCLOPE JUNIORS><br />
Mardi 19 octobre 2004
Surveillance <strong>de</strong> l’environnement<br />
Éditeur<br />
<strong>CEA</strong> (Commissariat<br />
à l’énergie atomique)<br />
Centre <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong><br />
91191 Gif-sur-Yvette Ce<strong>de</strong>x<br />
Directeur<br />
Jean-Pierre Pervès<br />
Directeur <strong>de</strong> la publication<br />
Yves Bourlat<br />
Rédacteur en chef<br />
Christophe Perrin<br />
Rédactrice en chef adjointe<br />
Sophie Astorg<br />
Iconographie<br />
Chantal Fuseau<br />
Conception graphique<br />
Mazarine image<br />
2, square Villaret <strong>de</strong> Joyeuse<br />
75017 Paris<br />
Tél. : 01 58 05 49 25<br />
Crédits photos<br />
<strong>CEA</strong><br />
<strong>CEA</strong>/CNRS<br />
<strong>CEA</strong>/C.Fuseau<br />
<strong>CEA</strong>/A.Gonin<br />
<strong>CEA</strong>/C.Perrin<br />
IPEV<br />
LSCE UMR<br />
Commission paritaire<br />
N° ISSN 1276-2776<br />
Centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong><br />
Droits <strong>de</strong> reproduction,<br />
texte et illustrations<br />
réservés pour tous pays<br />
Photos <strong>de</strong> couverture<br />
De gauche à droite et <strong>de</strong> haut en bas :<br />
Absorption atomique au SPR, lyophilisation du lait, les échantillons<br />
conditionnés en étuve, l’étang <strong>de</strong> Villiers, dans l’enceinte du centre<br />
<strong>CEA</strong> <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong>.<br />
Sommaire n° 25<br />
Dossier : Surveillance<br />
<strong>de</strong> l’environnement . . . . . . . . . . . page 2<br />
Éditorial . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . page 2<br />
Information et transparence . . . . . . . . page 4<br />
Les laboratoires<br />
<strong>de</strong> l’environnement du SPR . . . . . . . . . page 5<br />
L’air. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . page 6<br />
L’eau. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . page 10<br />
La chaîne alimentaire . . . . . . . . . . . . page 12<br />
La météo . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . page 14<br />
Brèves . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . page 15<br />
Conférence Cyclope Juniors . . . . . . . . . . page 16<br />
Supplément en cahier central :<br />
Surveillance <strong>de</strong> l’environnement, bilan 2003<br />
Pour en savoir plus<br />
groupe pharmaceutique Schering.<br />
La variété <strong>de</strong>s effluents radioactifs ou<br />
chimiques, qu’ils soient gazeux ou liqui<strong>de</strong>s,<br />
a conduit l’Etat à encadrer très<br />
fortement l’impact environnemental <strong>de</strong><br />
l’établissement. C’est ainsi que le<br />
centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong> filtre systématiquement<br />
les rejets gazeux dans ses<br />
installations et qu’il exploite <strong>de</strong>s<br />
stations spécialisées <strong>de</strong> traitement <strong>de</strong><br />
ses effluents radioactifs, chimiques et<br />
sanitaires.<br />
L’amélioration continue <strong>de</strong>s performances<br />
<strong>de</strong>s installations permet <strong>de</strong> diminuer<br />
régulièrement les rejets, qui sont<br />
très inférieurs 1 aux autorisations réglementaires<br />
fixées <strong>de</strong> manière à ce que<br />
l’impact sur la santé et l’environnement<br />
soit négligeable.<br />
Un dispositif rigoureux <strong>de</strong> surveillance<br />
<strong>de</strong> l’environnement complète l’organisa-<br />
1<br />
En complément <strong>de</strong> ce dossier, quelques sites<br />
internet vous permettront d’en savoir plus :<br />
Bilan 2002, contrôle <strong>de</strong>s rejets et surveillance <strong>de</strong><br />
l’environnement <strong>de</strong>s centres <strong>CEA</strong> :<br />
http://www.cea.fr/fr/surete/securite_environnement.htm<br />
Mesures <strong>de</strong> surveillance environnementale réalisées<br />
par le <strong>CEA</strong> en 2004 dans chacun <strong>de</strong> ses centres :<br />
http://www.asn.gouv.fr/Actualite/mesures/cea2004.asp<br />
Observatoire <strong>de</strong> la radioactivité <strong>de</strong> l’environnement<br />
en France : http://www.irsn.fr/opera/<br />
Rapport annuel <strong>de</strong> la DRIRE d’Ile-<strong>de</strong>-France :<br />
http://www.ile-<strong>de</strong>-france.drire.gouv.fr/infos/confnucleaire/doss_presse_idf_2002_final.doc<br />
Institut français <strong>de</strong> l’environnement :<br />
http://www.ifen.fr/<br />
Site Internet du <strong>CEA</strong> : www.cea.fr<br />
ÉDITO<br />
La<br />
préservation<br />
<strong>de</strong> la qualité du<br />
milieu naturel au<br />
voisinage <strong>de</strong> notre<br />
centre <strong>de</strong> recherche<br />
est une ambition majeure du centre<br />
<strong>CEA</strong> <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong>. Pour atteindre cet<br />
objectif, nous nous appuyons sur la<br />
responsabilisation <strong>de</strong> tous les salariés<br />
concernés, l’utilisation <strong>de</strong> technologies<br />
performantes et <strong>de</strong>s métho<strong>de</strong>s <strong>de</strong><br />
contrôles permanents.<br />
Nous sommes en passe d’obtenir <strong>de</strong><br />
l’Association française d’assurance <strong>de</strong><br />
la qualité une certification environnementale<br />
ISO 14 001.<br />
Le centre <strong>de</strong> recherche <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong> recèle<br />
<strong>de</strong>s installations expérimentales telles que :<br />
- les réacteurs <strong>de</strong> recherche Osiris et<br />
Orphée et <strong>de</strong>s « laboratoires chauds »<br />
dans lesquels on examine <strong>de</strong>s matériaux<br />
très radioactifs <strong>de</strong>rrière <strong>de</strong>s<br />
protections massives et par téléopération,<br />
- <strong>de</strong>s installations spécialisées dans le<br />
traitement <strong>de</strong>s effluents liqui<strong>de</strong>s et <strong>de</strong>s<br />
déchets soli<strong>de</strong>s radioactifs,<br />
- mais également <strong>de</strong>s laboratoires <strong>de</strong><br />
biologie et d’imagerie médicale<br />
mettant en jeu <strong>de</strong>s radioéléments<br />
adaptés à l’étu<strong>de</strong> du mon<strong>de</strong> vivant, le<br />
tritium (voir page 14) et le carbone 14<br />
par exemple,<br />
- un laboratoire national <strong>de</strong> métrologie<br />
permettant notamment l’étalonnage<br />
<strong>de</strong>s appareils <strong>de</strong> radio-diagnostic et<br />
<strong>de</strong> radiothérapie.<br />
Il héberge aussi la plus importante usine<br />
européenne <strong>de</strong> fabrication <strong>de</strong> trousses<br />
<strong>de</strong> diagnostics médicaux à base <strong>de</strong><br />
radioéléments, qui fait partie <strong>de</strong> la<br />
société CIS bio international, filiale du<br />
Contact à l’Unité communication et affaires publiques<br />
du centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong> : Tél. 01 69 08 52 10<br />
Adresse postale : 91191 Gif-sur-Yvette Ce<strong>de</strong>x
2<br />
tion mise en place pour maîtriser notre<br />
impact environnemental. Tous les résultats<br />
<strong>de</strong> cette surveillance sont présentés<br />
annuellement à la Commission locale<br />
d’information 2 (CLI) et sont publiés dans<br />
la plaquette «Surveillance <strong>de</strong> l’environnement,<br />
bilan 2003 » jointe comme<br />
chaque année à ce numéro du <strong>Journal</strong><br />
du centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong>.<br />
Le dossier <strong>de</strong> ce trimestre présente ce<br />
travail <strong>de</strong> contrôle, les équipes, les<br />
métho<strong>de</strong>s et les moyens mis en œuvre.<br />
Jean-Pierre Pervès<br />
Directeur du centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong><br />
1 Les données figurent dans la plaquette<br />
« Surveillance <strong>de</strong> l’environnement, bilan 2003 » jointe<br />
à ce numéro du <strong>Journal</strong> du centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong>.<br />
2 La Commission locale d’information du centre<br />
<strong>CEA</strong> <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong> est présidée par le Prési<strong>de</strong>nt du<br />
Conseil général <strong>de</strong> l’Essonne. Elle est composée<br />
d’élus locaux, <strong>de</strong> représentants <strong>de</strong>s administrations<br />
compétentes et d’associations.<br />
1<br />
2<br />
3<br />
4<br />
Le nom <strong>de</strong>s atomes<br />
Un atome se caractérise par son nombre<br />
<strong>de</strong> protons (i<strong>de</strong>ntique à celui <strong>de</strong>s<br />
électrons) et par son nombre <strong>de</strong><br />
neutrons. Il est appelé par le nom <strong>de</strong> son<br />
élément chimique, suivi <strong>de</strong> son nombre<br />
total <strong>de</strong> nucléons (nombre <strong>de</strong> masse),<br />
par exemple : carbone 14 ou io<strong>de</strong> 131.<br />
Le nom <strong>de</strong> l’élément chimique permet<br />
<strong>de</strong> connaître le nombre <strong>de</strong> ses protons.<br />
Et du nombre <strong>de</strong> ses nucléons, par soustraction<br />
du nombre <strong>de</strong> ses protons, on<br />
peut déduire le nombre <strong>de</strong> ses neutrons.<br />
CIS bio international est une entreprise spécialisée dans le marquage radioactif <strong>de</strong><br />
molécules, la fabrication <strong>de</strong> produits utilisés en mé<strong>de</strong>cine nucléaire pour la thérapie et<br />
l'imagerie, ainsi que le diagnostic médical in vitro. Parmi les radioéléments conditionnés<br />
sur place, on peut citer l’io<strong>de</strong> 131, un produit <strong>de</strong> contraste, le technétium 99m<br />
(pério<strong>de</strong> radioactive <strong>de</strong> 6 heures), utilisé pour les scintigraphies et les sources <strong>de</strong><br />
cobalt 60 ou <strong>de</strong> césium 137 pour la curiethérapie.<br />
Le réacteur nucléaire expérimental Orphée est un grand instrument au service <strong>de</strong> la<br />
recherche européenne. Des physiciens, <strong>de</strong>s chimistes et <strong>de</strong>s biologistes utilisent ses<br />
faisceaux <strong>de</strong> neutrons pour étudier la structure intime <strong>de</strong> la matière.<br />
Le réacteur Osiris fournit à la recherche électronucléaire <strong>de</strong>s moyens d’irradiation<br />
exceptionnels. Les effluents gazeux <strong>de</strong> ces réacteurs sont essentiellement constitués<br />
<strong>de</strong> gaz rares <strong>de</strong> courte pério<strong>de</strong> (argon 41 principalement et xénon 133).<br />
Le Service <strong>de</strong> marquage moléculaire et <strong>de</strong> chimie bio-organique synthétise <strong>de</strong>s molécules<br />
marquées avec <strong>de</strong>s radioéléments comme le carbone 14 ou le tritium pour <strong>de</strong>s<br />
tests précliniques sur le métabolisme <strong>de</strong>s médicaments ou pour <strong>de</strong>s ai<strong>de</strong>s au diagnostic.<br />
Le marquage <strong>de</strong>s molécules organiques par le tritium est effectué dans <strong>de</strong>s boîtes-àgants<br />
et le tritium inutilisé au cours <strong>de</strong> la réaction chimique est récupéré.<br />
La station <strong>de</strong> traitement <strong>de</strong>s liqui<strong>de</strong>s radioactifs centralise les effluents <strong>de</strong>s différentes<br />
installations du centre qui peuvent contenir <strong>de</strong>s éléments radioactifs comme le<br />
tritium, le carbone 14, le césium 137 ou le cobalt 60. Les liqui<strong>de</strong>s sont évaporés, les<br />
concentrats sont conditionnés sous forme soli<strong>de</strong> avant d’être confiés à l’ANDRA pour<br />
être stockés dans l’Aube. Après contrôle, l’eau con<strong>de</strong>nsée constitue la majeure partie<br />
<strong>de</strong>s rejets liqui<strong>de</strong>s du centre. Une nouvelle station <strong>de</strong> traitement est actuellement en<br />
construction.<br />
> Surveillance les antennes <strong>de</strong> du l’environnement<br />
centre <strong>CEA</strong> <strong>Saclay</strong><br />
Dossier<br />
3<br />
4<br />
3
Surveillance <strong>de</strong> l’environnement<br />
INFORMATION ET TRANSPARENCE<br />
Deux arrêtés ministériels <strong>de</strong> 1978 et un arrêté<br />
préfectoral <strong>de</strong> 1982 constituent le cadre<br />
réglementaire spécifique au centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong><br />
<strong>Saclay</strong>.<br />
Ces textes définissent les autorisations <strong>de</strong> rejets gazeux<br />
et liqui<strong>de</strong>s, annuels et mensuels, jusqu’à certaines valeurs<br />
limites et imposent une surveillance <strong>de</strong> l’environnement,<br />
au niveau <strong>de</strong> l’air, <strong>de</strong> l’eau et <strong>de</strong> la chaîne alimentaire.<br />
Cette réglementation est en train d’évoluer vers un arrêté<br />
global pour le centre avec <strong>de</strong>s autorisations spécifiques à<br />
chaque installation.<br />
Le centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong> rend compte aux différentes<br />
autorités <strong>de</strong> tutelle en charge <strong>de</strong> la santé, <strong>de</strong> l’industrie et<br />
<strong>de</strong> l’environnement, représentées par l’Autorité <strong>de</strong> sûreté<br />
Les effets biologiques du rayonnement<br />
nucléaire (ASN). L’ASN est composée d’un échelon<br />
central, la Direction générale <strong>de</strong> la sûreté nucléaire et <strong>de</strong><br />
la radioprotection (DGSNR) et <strong>de</strong>s Divisions <strong>de</strong> la sûreté<br />
nucléaire et <strong>de</strong> la radioprotection (DSNR) qui la représentent<br />
localement. Les DSNR font partie <strong>de</strong>s Directions<br />
régionales <strong>de</strong> l’industrie, <strong>de</strong> la recherche et <strong>de</strong> l’environnement<br />
(DRIRE). Le centre <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong> relève ainsi <strong>de</strong> la<br />
DSNR d’Orléans.<br />
Minitel, Internet, etc.<br />
Le centre <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong> transmet chaque mois à l’ASN les<br />
résultats <strong>de</strong>s contrôles <strong>de</strong> ses rejets et <strong>de</strong>s prélèvements<br />
effectués dans l’environnement. L’ASN vérifie le respect<br />
par le centre <strong>de</strong>s dispositions réglementaires et parallèlement,<br />
fait procé<strong>de</strong>r à une surveillance environnementale<br />
par l’Institut <strong>de</strong> radioprotection et <strong>de</strong> sûreté nucléaire<br />
(IRSN), un organisme expert indépendant.<br />
Des contrôles inopinés sont effectués au moins une fois<br />
par an par la DSNR.<br />
Des campagnes annuelles d’intercomparaison sont aussi<br />
organisées par l’IRSN, afin <strong>de</strong> s’assurer <strong>de</strong> la compétence<br />
<strong>de</strong>s laboratoires d’analyses <strong>de</strong>s exploitants.<br />
Les résultats <strong>de</strong>s mesures <strong>de</strong> surveillance <strong>de</strong>s centres <strong>CEA</strong><br />
sont diffusés mensuellement sur le Minitel « MAGNUC »,<br />
consultable par le 3614 et sur le site Internet asn.gouv.fr.<br />
Le centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong> entretient <strong>de</strong>s relations régulières<br />
avec les collectivités locales et territoriales, notamment via<br />
la Commission locale d’information (CLI). Il édite chaque<br />
année une plaquette intitulée «Surveillance <strong>de</strong> l’environnement»<br />
(jointe à ce journal).<br />
Becquerels et sieverts<br />
La radioactivité est mesurée en becquerels (Bq). Un becquerel correspond à<br />
une désintégration par secon<strong>de</strong>. L’unité courante pour la mesure<br />
<strong>de</strong> la radioactivité <strong>de</strong>s rejets est le gigabecquerel (GBq), qui vaut un milliard<br />
<strong>de</strong> becquerels.<br />
Le sievert (Sv) est l’unité d’équivalent <strong>de</strong> dose qui exprime l’impact <strong>de</strong>s<br />
rayonnements sur la matière vivante. Cet impact tient compte du type<br />
<strong>de</strong> rayonnement, <strong>de</strong> la nature <strong>de</strong>s organes concernés et <strong>de</strong>s différentes<br />
voies <strong>de</strong> transfert : exposition directe, absorption par inhalation ou ingestion<br />
<strong>de</strong> matières radioactives. Dans l’environnement, l’unité courante est<br />
le millisievert (mSv), qui vaut un millième <strong>de</strong> sievert.<br />
4
1<br />
LES LABORATOIRES<br />
DE L’ENVIRONNEMENT DU SPR<br />
Au sein du Service <strong>de</strong> protection contre les rayonnements<br />
(SPR), qui compte 112 personnes, 34 personnes réparties<br />
dans <strong>de</strong>ux laboratoires surveillent, mesurent et interprètent<br />
l’impact du fonctionnement <strong>de</strong>s installations du centre<br />
<strong>CEA</strong> <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong> sur le site et ses alentours dans un rayon<br />
<strong>de</strong> 10 kilomètres.<br />
Le Laboratoire <strong>de</strong> surveillance <strong>de</strong> l’environnement<br />
(LSE) exploite notamment neuf stations <strong>de</strong> surveillance<br />
en continu et <strong>de</strong>ux centralisateurs <strong>de</strong> mesures <strong>de</strong> la<br />
qualité <strong>de</strong> l’air et <strong>de</strong> l’eau.<br />
Le Laboratoire <strong>de</strong> radioanalyse et <strong>de</strong> chimie <strong>de</strong> l’environnement<br />
(LRCE) réalise annuellement plus <strong>de</strong><br />
40 000 analyses nucléaires dont 60% concernent l'environnement<br />
(air, eau, chaîne alimentaire, etc…).<br />
Législation<br />
La législation nationale est une traduction en droit français <strong>de</strong><br />
directives européennes (Euratom), elles-mêmes inspirées par<br />
<strong>de</strong>s normes internationales. Ces normes émanent notamment<br />
<strong>de</strong> la Commission internationale <strong>de</strong> protection radiologique<br />
(CIPR), une autorité scientifique indépendante rassemblant<br />
<strong>de</strong>s mé<strong>de</strong>cins, physiciens et biologistes <strong>de</strong> tous les pays.<br />
Pour le public, la dose annuelle légale d’exposition à la radioactivité<br />
artificielle à ne pas dépasser est fixée à 1mSv/an<br />
(un millisievert par an) hors exposition médicale.<br />
Une expertise internationalement reconnue<br />
La validité <strong>de</strong>s mesures <strong>de</strong>s laboratoires du SPR est attestée<br />
par <strong>de</strong>s comparaisons périodiques avec celles d’autres<br />
laboratoires nationaux et internationaux. Elle est également<br />
confirmée par <strong>de</strong>s contre-expertises réalisées par <strong>de</strong>s<br />
laboratoires indépendants comme SUBATECH (laboratoire<br />
mixte CNRS / Ecole <strong>de</strong>s mines <strong>de</strong> Nantes / Université <strong>de</strong><br />
Nantes), le CRECEP (laboratoire <strong>de</strong>s eaux <strong>de</strong> la ville <strong>de</strong><br />
Paris), la CRII-RAD (Commission <strong>de</strong> recherche et d'information<br />
indépendante sur la radioactivité) sur <strong>de</strong>man<strong>de</strong> <strong>de</strong><br />
la CLI. Des procédures rigoureuses d’étalonnages réguliers<br />
garantissent la qualité <strong>de</strong>s prestations au quotidien et le<br />
raccor<strong>de</strong>ment aux étalons nationaux.<br />
2<br />
1 Entièrement dédié à la surveillance <strong>de</strong> l’environnement, ce<br />
bâtiment centralise les données <strong>de</strong> surveillance <strong>de</strong> l’eau et <strong>de</strong><br />
l’air. Il abrite les appareils <strong>de</strong> contrôle <strong>de</strong>s réseaux d’eau du<br />
centre, les laboratoires <strong>de</strong> préparation d’échantillons et d’analyses<br />
physico-chimiques, ainsi qu’une réserve d’eau recyclée.<br />
2 Les mesures sur l’air et l’eau sont centralisées au SPR.<br />
> Surveillance <strong>de</strong> l’environnement<br />
5Dossier
Surveillance <strong>de</strong> l’environnement<br />
L’AIR<br />
Les cheminées <strong>de</strong> toutes les installations sensibles<br />
du centre <strong>CEA</strong> sont équipées <strong>de</strong> filtres<br />
<strong>de</strong>stinés à réduire le plus possible l’émission <strong>de</strong><br />
radionucléi<strong>de</strong>s dans l’atmosphère et d’appareils<br />
contrôlant la radioactivité <strong>de</strong>s rejets gazeux.<br />
A l’extérieur du centre, six stations <strong>de</strong><br />
surveillance analysent également la radioactivité<br />
<strong>de</strong> l’air.<br />
à retenir les particules fines (aérosols).<br />
Les gaz qui traversent ces filtres sans être piégés sont<br />
contrôlés en continu dans une chambre d’ionisation (voir<br />
photo p. 8).<br />
Des mesures plus sensibles encore sont effectuées en<br />
différé dans le laboratoire d’analyse sur <strong>de</strong>s échantillons<br />
représentatifs prélevés en continu à la cheminée.<br />
2<br />
1<br />
La manipulation <strong>de</strong> radioéléments en laboratoire est réglementée<br />
pour protéger tant le personnel que les riverains.<br />
Ainsi, dans le Service <strong>de</strong>s molécules marquées, l’air est<br />
renouvelé soixante fois par heure. Il est évacué par <strong>de</strong>s<br />
cheminées après avoir été filtré : «Ici, rien ne s’échappe<br />
par les fenêtres !», souligne le chef d’installation, Sophie<br />
Dézard. Près <strong>de</strong> 50 000 m 3 d’air par heure traversent huit<br />
caissons équipés <strong>de</strong> filtres à très haute efficacité, <strong>de</strong>stinés<br />
Un tableau <strong>de</strong> bord <strong>de</strong> la radioprotection<br />
Dans cette installation, comme dans les autres, la radioactivité<br />
est mesurée à l’intérieur <strong>de</strong>s laboratoires et en<br />
sortie <strong>de</strong> cheminées. L’ensemble <strong>de</strong>s données est reporté<br />
en temps réel sur le tableau <strong>de</strong> contrôle <strong>de</strong>s rayonnements.<br />
Celui-ci est surveillé à la fois par les exploitants et<br />
à un échelon centralisé, par les spécialistes <strong>de</strong> radiopro-<br />
Analyses nucléaires, mo<strong>de</strong> d’emploi<br />
Au sein du Laboratoire <strong>de</strong> radioanalyse et <strong>de</strong> chimie <strong>de</strong> l’environnement<br />
(LRCE), le laboratoire d’analyses nucléaires procè<strong>de</strong> à quatre types d’analyse<br />
qui permettent <strong>de</strong> mettre en évi<strong>de</strong>nce la présence éventuelle <strong>de</strong> radionucléi<strong>de</strong>s,<br />
<strong>de</strong> faire la part <strong>de</strong> ceux qui sont naturels et <strong>de</strong> ceux qui sont artificiels et<br />
<strong>de</strong> déterminer l’impact du centre <strong>CEA</strong> :<br />
- La spectrométrie gamma : le rayonnement gamma* provoque <strong>de</strong>s ionisations<br />
quand il traverse la matière. Lorsqu’un voltage est appliqué à un<br />
détecteur semi-conducteur, ces ionisations sont détectées comme <strong>de</strong>s impulsions<br />
électriques. La hauteur <strong>de</strong>s impulsions dépend <strong>de</strong> l’énergie du rayonnement<br />
gamma. En établissant une discrimination entre les hauteurs <strong>de</strong>s<br />
impulsions, on obtient un spectre <strong>de</strong> rayonnement gamma composé <strong>de</strong> «<br />
pics » dont la position est caractéristique d’un radionucléi<strong>de</strong>. Il est ainsi<br />
possible d’i<strong>de</strong>ntifier et <strong>de</strong> doser chaque élément.<br />
- La scintillation liqui<strong>de</strong> : elle consiste à mélanger un échantillon liqui<strong>de</strong> à<br />
un liqui<strong>de</strong> dit « scintillant », c’est-à-dire qui a la propriété <strong>de</strong> convertir en<br />
lumière visible le rayonnement alpha ou bêta à analyser. Les radioéléments<br />
dits « bêta purs » comme le tritium et le carbone 14 contenus dans l’eau<br />
sont analysés <strong>de</strong> cette manière.<br />
- Le comptage global alpha-bêta : les compteurs proportionnels alpha-bêta<br />
mesurent l’activité globale <strong>de</strong> tous les radionucléi<strong>de</strong>s par catégorie <strong>de</strong><br />
rayonnement (alpha et bêta).<br />
- La spectrométrie alpha : la recherche d’émetteurs alpha comme le plutonium<br />
238 nécessite d’isoler l’élément chimique plutonium par séparation<br />
radiochimique au moyen, par exemple, d’une résine spécifique, puis <strong>de</strong><br />
fabriquer une source mince permettant la détection <strong>de</strong>s particules alpha afin<br />
<strong>de</strong> mesurer ensuite son activité.<br />
6<br />
* Voir le supplément « Surveillance <strong>de</strong> l’environnement, bilan 2003 »
Dossier<br />
> Surveillance <strong>de</strong> l’environnement<br />
3<br />
tection du SPR. La moindre anomalie est détectée instantanément,<br />
elle déclenche sur place <strong>de</strong>s alarmes sonores et<br />
un agent du SPR intervient aussitôt.<br />
Des sentinelles <strong>de</strong> l’air<br />
A l’extérieur du centre, six stations <strong>de</strong> surveillance <strong>de</strong> l’environnement<br />
suivent sans relâche la qualité radiologique<br />
<strong>de</strong>s aérosols et <strong>de</strong>s gaz <strong>de</strong> l’air ambiant. Dans chaque<br />
station, près <strong>de</strong> 60 m 3 d’air à l’heure sont aspirés et traversent<br />
un filtre qui retient les poussières ou aérosols afin<br />
d’analyses. Plus <strong>de</strong> 1 400 m 3 d’air sont donc analysés<br />
quotidiennement dans chaque station.<br />
Les filtres sont comptés 1 en continu (voir Zoom), changés<br />
quotidiennement, puis comptés à nouveau six jours plus<br />
tard au laboratoire d’analyses nucléaires, le temps que la<br />
radioactivité naturelle due au radon ait en gran<strong>de</strong> partie<br />
décru. Chaque mois, les filtres sont regroupés pour<br />
1 Les mots en gras et en bleu sont expliqués dans l’encadré « Analyses<br />
nucléaires, mo<strong>de</strong> d’emploi » page 6.<br />
1 A l’entrée <strong>de</strong> Saint-Aubin, un bâtiment en briques abrite <strong>de</strong>s<br />
appareils <strong>de</strong> surveillance <strong>de</strong> l’air. Cinq autres stations sont<br />
situées à <strong>Saclay</strong>-Village, au Moulon, à Orsigny, au Val<br />
d’Albian et à Villiers-le-Bâcle.<br />
2 A l’intérieur <strong>de</strong>s stations <strong>de</strong> surveillance <strong>de</strong> l’environnement,<br />
<strong>de</strong>s filtres journaliers à travers lesquels passent 1 440 m 3<br />
d’air sont analysés par comptage alpha, bêta et gamma.<br />
Chaque minute, ces données sont transmises au SPR.<br />
4 5<br />
3<br />
4<br />
5<br />
En faisant «barboter» <strong>de</strong> l’air dans <strong>de</strong> l’eau, elle se charge en<br />
tritium ou en carbone 14 présent dans l’air. L’eau est ensuite<br />
analysée par scintillation liqui<strong>de</strong> pour doser ces radionucléi<strong>de</strong>s.<br />
Le laboratoire où sont produites <strong>de</strong>s molécules marquées au<br />
carbone 14 recèle une installation impressionnante <strong>de</strong> filtration<br />
<strong>de</strong> l’air, <strong>de</strong> manière à ce que les aérosols ne s’échappent<br />
pas dans l’atmosphère par la cheminée.<br />
Chaque installation sensible est équipée <strong>de</strong> balises <strong>de</strong> radioactivité<br />
et d’un tableau <strong>de</strong> contrôle <strong>de</strong>s rayonnements qui<br />
recueille les données. Une gran<strong>de</strong> partie <strong>de</strong>s balises <strong>de</strong>s<br />
installations sont surveillées en permanence par le Service <strong>de</strong><br />
protection contre les rayonnements.<br />
7
Surveillance <strong>de</strong> l’environnement<br />
Quelle dose ?<br />
Une trentaine <strong>de</strong> dosimètres situés sur la clôture et à proximité<br />
du centre sont relevés mensuellement et lus par les<br />
spécialistes du SPR. Ces pastilles <strong>de</strong> verres radiophotoluminescents<br />
voient leur structure cristalline perturbée sous<br />
l’effet <strong>de</strong> rayonnements gamma et enregistrent ainsi <strong>de</strong>s<br />
«informations» qui sont restituées par lecture laser. Le<br />
verre émet alors <strong>de</strong> la lumière d’intensité corrélée avec<br />
celle du rayonnement.<br />
1<br />
Que retenir <strong>de</strong>s mesures ?<br />
(les chiffres précis figurent dans le supplément<br />
«Surveillance <strong>de</strong> l’environnement, bilan 2003»)<br />
Les mesures sur les gaz et sur les aérosols montrent la<br />
nette prédominance <strong>de</strong> la radioactivité naturelle par<br />
rapport à la radioactivité artificielle.<br />
Elles font notamment ressortir la présence <strong>de</strong> radon et <strong>de</strong><br />
ses produits <strong>de</strong> décroissance, <strong>de</strong> césium 137, <strong>de</strong> carbone<br />
14 et <strong>de</strong> tritium.<br />
2<br />
permettre une analyse cumulative par spectrométrie<br />
gamma afin <strong>de</strong> rechercher avec plus <strong>de</strong> sensibilité encore<br />
les éventuelles traces <strong>de</strong> radioactivité. Les gaz radioactifs<br />
sont analysés en continu dans <strong>de</strong>s chambres d’ionisation,<br />
comme dans les installations. La teneur en io<strong>de</strong> est spécifiquement<br />
surveillée.<br />
Du gaz dans l’eau<br />
Etant donné son rayonnement trop peu énergétique, un<br />
gaz, le tritium (voir page 14), peut passer inaperçu dans les<br />
chambres d’ionisation. L’analyse du tritium dans l’air est<br />
effectuée par scintillation liqui<strong>de</strong> à partir d’échantillons<br />
d’eau <strong>de</strong> barbotage chargée en tritium atmosphérique.<br />
Des pluviomètres <strong>de</strong>stinés surtout à contrôler la teneur en<br />
tritium <strong>de</strong>s eaux <strong>de</strong> pluie complètent les moyens d’analyses<br />
<strong>de</strong>s stations <strong>de</strong> surveillance.<br />
3<br />
8
4<br />
5<br />
Le radon est un gaz radioactif naturel dont les produits <strong>de</strong><br />
décroissance, également radioactifs, s’agrègent à <strong>de</strong>s<br />
poussières. Il vient <strong>de</strong>s roches du sous-sol, en quantités<br />
variables suivant les conditions météorologiques.<br />
Le césium 137, présent à <strong>de</strong>s niveaux extrêmement bas,<br />
est un radioélément artificiel qui provient <strong>de</strong>s retombées<br />
d’essais nucléaires aériens et <strong>de</strong> l’acci<strong>de</strong>nt <strong>de</strong> Tchernobyl.<br />
La présence <strong>de</strong> tritium et <strong>de</strong> carbone 14 est naturelle pour<br />
une part. Elle résulte également <strong>de</strong>s activités du centre<br />
<strong>CEA</strong>.<br />
L’impact dosimétrique sur l’air <strong>de</strong> l’activité du centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong><br />
<strong>Saclay</strong>, pour un habitant vivant à proximité immédiate du<br />
site est <strong>de</strong> l’ordre <strong>de</strong> 0,001 millisievert par an, à comparer à<br />
celui induit par le radon naturel et ses <strong>de</strong>scendants, qui<br />
s’élève à 1,2 millisievert par an.<br />
1 Chaque filtre est daté. Celui-ci remonte au 27 mai 2004. Il a<br />
été prélevé à Saint-Aubin.<br />
2 Une chambre d’ionisation indique en temps réel la radioactivité<br />
<strong>de</strong>s gaz contenus dans l’air. Elle comporte <strong>de</strong>ux cavités : l’air<br />
filtré aspiré <strong>de</strong> l’extérieur circule dans l’une d’elles tandis que<br />
l’autre, servant <strong>de</strong> témoin, scellée, n’est affectée que par le<br />
rayonnement ambiant. Dans ces cavités, l’air est ionisé* sous<br />
l’effet du rayonnement <strong>de</strong>s gaz radioactifs et le courant<br />
électrique résultant est proportionnel à l’intensité du rayonnement.<br />
La contribution recherchée est obtenue par soustraction<br />
entre les courants mesurés dans les <strong>de</strong>ux cavités.<br />
*Ionisé : le rayonnement arrache un ou plusieurs électrons aux<br />
atomes et molécules <strong>de</strong> l’air, les transformant en ions.<br />
3 Un appareil baptisé « piaff » piège dans <strong>de</strong>s cartouches <strong>de</strong><br />
charbon actif l’io<strong>de</strong> 131 qui pourrait être contenu dans l’air en<br />
cas d’inci<strong>de</strong>nt, et les éléments <strong>de</strong> la même famille (les halogènes).<br />
Ces cartouches sont analysées a posteriori par spectrométrie<br />
gamma.<br />
4 Dans ce spectromètre gamma, un robot introduit l’échantillon à<br />
l’intérieur <strong>de</strong> l’appareil, juste au-<strong>de</strong>ssus du détecteur <strong>de</strong> rayonnement<br />
refroidi à l’azote liqui<strong>de</strong>. Il est possible d’i<strong>de</strong>ntifier les<br />
radioéléments émetteurs gamma éventuellement présents et <strong>de</strong><br />
les doser individuellement. L’analyse dure 18 heures.<br />
5 Les eaux pluviales sont recueillies dans <strong>de</strong>s pluviomètres<br />
journaliers, quadrimensuels et mensuels. De plus, les 1er, 8,<br />
15 et 22 <strong>de</strong> chaque mois, <strong>de</strong>s échantillons sont prélevés par<br />
le SPR et envoyés à l’Institut <strong>de</strong> radioprotection et <strong>de</strong> sûreté<br />
nucléaire (IRSN).<br />
> Surveillance <strong>de</strong> l’environnement<br />
Dossier<br />
9Dossier
Surveillance <strong>de</strong> l’environnement<br />
L’EAU<br />
L’eau utilisée au centre <strong>CEA</strong> fait l’objet d’une<br />
surveillance continue. Les effluents sont traités et<br />
contrôlés. Les résultats <strong>de</strong>s analyses sont communiqués<br />
à la CLI et à l’Autorité <strong>de</strong> sûreté nucléaire.<br />
Précisons que cet article ne concerne pas les liqui<strong>de</strong>s radioactifs manipulés dans les laboratoires, qui font l’objet <strong>de</strong> surveillances et <strong>de</strong> conditionnements<br />
particuliers et ne sont en aucun cas rejetés dans l’environnement.<br />
1<br />
Le centre <strong>CEA</strong> constitue une petite ville dans laquelle plus<br />
<strong>de</strong> 6 000 personnes travaillent quotidiennement.<br />
La consommation d’eau s’élève annuellement à 3 millions<br />
<strong>de</strong> m 3 , alors que le centre n’en achète que…1,2 million.<br />
Cette économie substantielle est permise par la réutilisation<br />
(recyclage) d’une gran<strong>de</strong> partie <strong>de</strong> l’eau <strong>de</strong>stinée aux<br />
usages à caractère industriel.<br />
Les effluents peuvent être <strong>de</strong> nature sanitaire – comme<br />
ceux d’une agglomération – ou se charger parfois, suivant<br />
l’utilisation <strong>de</strong> l’eau, en quantités minimes <strong>de</strong> polluants<br />
chimiques et radioactifs.<br />
L’eau sanitaire est traitée à l’intérieur du centre dans une<br />
station d’épuration comparable à celle d’une agglomération.<br />
L’eau utilisée pour les activités du centre <strong>CEA</strong> fait l’objet<br />
<strong>de</strong> traitements spécifiques.<br />
Dans tous les cas, les traitements effectués permettent <strong>de</strong><br />
ne rejeter que <strong>de</strong>s eaux épurées dans le milieu naturel,<br />
dans le respect <strong>de</strong>s normes en vigueur.<br />
Un maillage serré<br />
L’eau est analysée en continu dans <strong>de</strong>ux stations <strong>de</strong><br />
surveillance sur le centre <strong>CEA</strong>, qui centralisent les<br />
données collectées dans les multiples points <strong>de</strong> contrôle<br />
<strong>de</strong>s réseaux.<br />
L’équipe du SPR chargée <strong>de</strong>s prélèvements recueille aussi<br />
<strong>de</strong>s échantillons d’eau en une quarantaine <strong>de</strong> points dans<br />
les cours d’eau et les étangs avoisinants, ainsi que dans la<br />
nappe <strong>de</strong>s sables <strong>de</strong> Fontainebleau.<br />
2<br />
Le saviez-vous ?<br />
Le chemin <strong>de</strong> l’eau<br />
Après utilisation, les eaux épurées et contrôlées sont soit rejetées dans l’étang<br />
<strong>de</strong> Villiers, situé dans l’enceinte du centre <strong>CEA</strong>, soit, plus généralement réutilisées<br />
par le centre <strong>CEA</strong> (recyclage).<br />
Le trop plein <strong>de</strong> l’étang <strong>de</strong> Villiers quitte le centre par l’aqueduc <strong>de</strong>s Mineurs<br />
pour se déverser successivement dans l’Etang vieux, puis dans l’Etang neuf (les<br />
étangs <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong>). Ces eaux rejoignent alors le ru <strong>de</strong> Vauhallan, puis la Bièvre.<br />
Le cas échéant, l’eau utilisée pour <strong>de</strong>s usages industriels peut être détournée<br />
vers <strong>de</strong>s cuves <strong>de</strong> rétention <strong>de</strong> gran<strong>de</strong> capacité avant d’être rejetée.<br />
3
4<br />
<strong>de</strong> la nappe <strong>de</strong>s sables <strong>de</strong> Fontainebleau, témoignant <strong>de</strong><br />
rejets anciens <strong>de</strong>s puits <strong>de</strong> drainage et d’une infiltration<br />
<strong>de</strong>s eaux <strong>de</strong> pluie ou <strong>de</strong>s eaux <strong>de</strong>s étangs. Ces phénomènes<br />
sont restés localisés et ne compromettent pas la<br />
qualité radiologique <strong>de</strong> la nappe.<br />
En surface, l’endroit où l’on enregistre la plus gran<strong>de</strong><br />
teneur en tritium est l’aqueduc <strong>de</strong>s Mineurs, à <strong>de</strong>s<br />
moments ponctuels.<br />
L’impact <strong>de</strong>s activités du centre sur l’eau est inférieur à<br />
0,001 millisievert par an, à comparer au 0,1 millisievert par<br />
an <strong>de</strong> la directive européenne sur l’eau potable.<br />
> Surveillance <strong>de</strong> l’environnement<br />
Dossier<br />
Elle recueille aussi l’eau collectée dans <strong>de</strong>s pluviomètres.<br />
Différents prélèvements sont également effectués et<br />
analysés indépendamment par l’IRSN (Institut <strong>de</strong> radioprotection<br />
et <strong>de</strong> sûreté nucléaire) à la <strong>de</strong>man<strong>de</strong> <strong>de</strong><br />
l’Autorité <strong>de</strong> sûreté nucléaire.<br />
Des contrôles en casca<strong>de</strong><br />
Tous les échantillons d’eau sont analysés suivant les<br />
mêmes procédures. Une fraction <strong>de</strong> l’échantillon est<br />
évaporée lentement sur une coupelle et le résidu sec est<br />
analysé par comptage alpha-bêta. Le tritium et le<br />
carbone 14 sont systématiquement dosés par scintillation<br />
liqui<strong>de</strong>. Pour les échantillons <strong>de</strong> grand volume, il est possible<br />
<strong>de</strong> concentrer les traces <strong>de</strong> polluants grâce à une résine<br />
échangeuse d’ions. Cette résine capture les éléments contenus<br />
dans quarante litres d’eau. L’échantillon se présente<br />
finalement sous la forme d’une fine poudre brune (la résine<br />
séchée avec les éléments piégés) qui est ensuite analysée<br />
par spectrométrie gamma. Des mesures spécifiques sont<br />
également effectuées pour doser les éventuels émetteurs<br />
alpha (uranium, plutonium). A ces mesures nucléaires s’ajoutent<br />
<strong>de</strong>s analyses chimiques très nombreuses.<br />
5<br />
1 Les eaux sanitaires sont traitées sur place selon <strong>de</strong>s processus biologiques<br />
classiques (lit bactérien notamment). Les boues d’épuration sont stockées sur<br />
le centre.<br />
2 La production d’eau recyclée utilise 60% d’eau utilisée dans les<br />
laboratoires pour <strong>de</strong>s usages à caractère « industriel » (comme la<br />
réfrigération) et 40% d’eau provenant <strong>de</strong> l’étang <strong>de</strong> Villiers situé sur le<br />
centre. La station <strong>de</strong> traitement <strong>de</strong>s effluents comporte notamment un lit<br />
à sable <strong>de</strong> 80 cm d’épaisseur, visible au premier plan. Les boues<br />
d’épuration sont stockées sur le centre.<br />
Que retenir <strong>de</strong>s mesures ?<br />
(les chiffres précis figurent dans le supplément<br />
«Surveillance <strong>de</strong> l’environnement, bilan 2003»)<br />
L’ensemble <strong>de</strong> ces analyses montre que l’eau présente<br />
une très bonne qualité radiologique, très supérieure à celle<br />
requise pour les eaux potables, et qu’elle est conforme<br />
aux normes imposées par le législateur.<br />
Le principal radionucléi<strong>de</strong> présent dans l’eau est le tritium.<br />
En sous-sol, <strong>de</strong>s concentrations légèrement plus élevées<br />
en tritium que la moyenne sont notées à certains endroits<br />
3<br />
4<br />
5<br />
Les réseaux d’eau sont contrôlés en continu par <strong>de</strong>s mesures chimiques (pH),<br />
<strong>de</strong> conductivité électrique et d’activité gamma. Des analyses nucléaires<br />
complètent ces mesures (dosages <strong>de</strong> tritium et <strong>de</strong> carbone 14, etc…). Des<br />
échantillons moyens journaliers, mensuels et semestriels sont recueillis. Les<br />
échantillons représentatifs <strong>de</strong> longue durée servent à rechercher la présence<br />
éventuelle d’émetteurs alpha.<br />
Les prélèvements permettent également <strong>de</strong> mesurer la conductivité, l’oxygène<br />
dissous, la salinité, la turbidité et la température.<br />
Au fond du tube appelé « piézomètre » (tube orange), une pompe remonte<br />
l’eau <strong>de</strong> la nappe située à cet endroit à 40 mètres <strong>de</strong> profon<strong>de</strong>ur. Avant un<br />
prélèvement pour analyse, il faut pomper cinq fois le volume d’eau contenu<br />
dans le piézomètre pour que le prélèvement soit représentatif.<br />
11
Surveillance <strong>de</strong> l’environnement<br />
LA CHAÎNE ALIMENTAIRE<br />
L’herbe, les <strong>de</strong>nrées alimentaires produites autour<br />
du centre (fruits, légumes, lait…), les poissons<br />
<strong>de</strong>s étangs <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong>, etc. sont prélevés et analysés<br />
régulièrement. Dans la chaîne alimentaire, le<br />
Le SPR achète chaque mois du lait, <strong>de</strong>s fruits ou <strong>de</strong>s légumes<br />
produits sur le plateau <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong> et prélève <strong>de</strong><br />
l’herbe. Il confie à l’association <strong>de</strong> pêcheurs du Centre<br />
d’essais <strong>de</strong>s propulseurs le soin <strong>de</strong> l’approvisionner en<br />
Les tribulations<br />
d’un bidon <strong>de</strong> lait<br />
lait constitue un indicateur du transfert éventuel<br />
<strong>de</strong> la radioactivité par voie atmosphérique vers<br />
l’homme : aucun radioélément artificiel n’y est<br />
détecté.<br />
poissons. Chaque échantillon est ensuite conditionné et<br />
traité par étuvage ou lyophilisation, puis broyage et homogénéisation,<br />
pour pouvoir être soumis aux analyses<br />
nucléaires.<br />
6<br />
La poudre obtenue est mise en<br />
solution, puis introduite dans une<br />
colonne contenant une résine<br />
fixant préférentiellement<br />
le strontium, qu’il soit stable<br />
ou radioactif.<br />
1<br />
L’histoire commence par l’achat <strong>de</strong> cinq<br />
litres <strong>de</strong> lait à la ferme <strong>de</strong> Coubertin, à<br />
Saint-Rémy-lès-Chevreuse (Yvelines).<br />
5<br />
… il est ensuite « calciné » à 600°C<br />
pendant 24 heures.<br />
2<br />
Il s’agit, bien entendu, d’analyser du lait<br />
<strong>de</strong>s vaches qui broutent dans<br />
les prairies <strong>de</strong>s environs ou<br />
sont nourries avec le fourrage produit<br />
sur place. Un <strong>de</strong>mi-litre <strong>de</strong> lait est<br />
congelé pour être conservé en<br />
«échantillothèque».<br />
3<br />
4<br />
Un <strong>de</strong>mi-litre <strong>de</strong> lait est chauffé à<br />
feu doux pour évaporer l’eau…<br />
Trois litres <strong>de</strong> lait sont expédiés au laboratoire d’analyses<br />
nucléaires pour une spectrométrie gamma.<br />
L’illustration ci-jointe est un spectre gamma résultant<br />
<strong>de</strong> cette analyse. Les radionucléi<strong>de</strong>s qui émettent <strong>de</strong>s<br />
rayonnements gamma sont i<strong>de</strong>ntifiés et dosés. Seule<br />
la présence <strong>de</strong> potassium 40 d’origine exclusivement<br />
naturelle est détectée (pic <strong>de</strong> droite).<br />
12
9<br />
Pour connaître le ren<strong>de</strong>ment <strong>de</strong> séparation dans la<br />
colonne, l’élément strontium stable est dosé avant<br />
et après cette opération grâce à un appareil<br />
d’absorption atomique.<br />
Dossier<br />
> Surveillance <strong>de</strong> l’environnement<br />
8<br />
Le résidu sec récupéré est analysé<br />
par comptage bêta pour mesurer<br />
sa teneur en strontium 90.<br />
En l’occurrence, aucune trace<br />
<strong>de</strong> ce radionucléi<strong>de</strong> artificiel<br />
n’est détectée.<br />
10<br />
Une fraction du lait est réservée à<br />
la lyophilisation. D’abord congelé<br />
à –30°C, le lait est disposé dans<br />
<strong>de</strong>s ballons <strong>de</strong> verre, sous vi<strong>de</strong><br />
contrôlé. L’eau qu’il contient est<br />
sublimée (passage <strong>de</strong> l’état <strong>de</strong><br />
glace à celui <strong>de</strong> vapeur) et<br />
«con<strong>de</strong>nse» sous forme <strong>de</strong> glace<br />
dans le récipient situé au centre<br />
<strong>de</strong> l’appareil, refroidi à –60°C.<br />
7<br />
Une secon<strong>de</strong> solution permet<br />
<strong>de</strong> récupérer une partie du<br />
strontium ainsi fixé sur la<br />
colonne, le liqui<strong>de</strong> obtenu est<br />
évaporé lentement dans <strong>de</strong>s<br />
évaporateurs automatiques <strong>de</strong><br />
manière à préserver sa composition<br />
chimique.<br />
11<br />
L’échantillon aqueux obtenu par<br />
décongélation <strong>de</strong> cette glace est ensuite<br />
analysé par scintillation liqui<strong>de</strong> pour<br />
détecter l’éventuelle présence <strong>de</strong> tritium<br />
et <strong>de</strong> carbone 14.<br />
13
Surveillance <strong>de</strong> l’environnement<br />
(les chiffres précis figurent dans le supplément<br />
«Surveillance <strong>de</strong> l’environnement, bilan 2003»)<br />
Ces analyses montrent que les produits prélevés présentent<br />
une qualité radiologique très supérieure à celle<br />
requise, et qu’ils sont conformes aux normes imposées<br />
par le législateur.<br />
Le lait est exempt <strong>de</strong> tout marquage radioactif artificiel.<br />
Les poissons pêchés dans les étangs <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong> contiennent<br />
<strong>de</strong>s traces <strong>de</strong> radionucléi<strong>de</strong>s artificiels, essentiellement<br />
du carbone 14, du tritium et du césium 137. Le<br />
niveau <strong>de</strong> radioactivité reste, là aussi, très en <strong>de</strong>ssous <strong>de</strong>s<br />
normes sanitaires.<br />
Les échantillons d’herbe, <strong>de</strong> fruits et <strong>de</strong> légumes révèlent<br />
une teneur en tritium très souvent inférieure à la limite <strong>de</strong><br />
détection <strong>de</strong>s appareils, pourtant très sensibles, ou très<br />
proche <strong>de</strong> cette limite.<br />
Pour donner un ordre <strong>de</strong> gran<strong>de</strong>ur, il faudrait manger<br />
chaque jour plus <strong>de</strong> 8 tonnes <strong>de</strong> fruits et légumes pour<br />
1<br />
Que retenir <strong>de</strong>s mesures ?<br />
atteindre les limites autorisées.<br />
1 Chaque échantillon (herbes, terre, filets <strong>de</strong> poisson, grains <strong>de</strong> maïs etc.) est<br />
conditionné <strong>de</strong> manière spécifique pour les analyses nucléaires.<br />
Le tritium<br />
Le tritium possè<strong>de</strong> un proton unique, caractéristique <strong>de</strong> l’élément chimique<br />
hydrogène, et <strong>de</strong>ux neutrons. Présent en permanence dans l’environnement, il<br />
est produit dans l’atmosphère sous l’effet <strong>de</strong> rayonnements cosmiques. D’autres<br />
sources <strong>de</strong> tritium s’ajoutent à la production naturelle : les essais nucléaires<br />
aériens et les rejets <strong>de</strong> l’industrie nucléaire.<br />
Qu’il soit natureI ou artificiel, le tritium se dissémine très facilement dans<br />
l’environnement car il se substitue à l’atome d’hydrogène, lui-même omniprésent<br />
dans l’eau ou dans la matière organique. On le rencontre sous forme <strong>de</strong><br />
gaz (HT), d’eau tritiée (HTO) ou dans <strong>de</strong>s molécules organiques. Il ne se<br />
concentre pas dans la chaîne alimentaire. Il n’a pas <strong>de</strong> toxicité chimique. Il<br />
émet un rayonnement bêta d’énergie trop faible pour provoquer une irradiation<br />
externe. L’exposition au tritium ne peut donc se produire que par inhalation,<br />
ingestion ou passage transcutané. Le tritium incorporé sous forme d’eau<br />
tritiée s’élimine naturellement <strong>de</strong> l’organisme.<br />
La radiotoxicité du tritium est faible puisqu’il faudrait absorber plus <strong>de</strong><br />
55 millions <strong>de</strong> becquerels <strong>de</strong> tritium pour atteindre le seuil maximal<br />
d’exposition admis pour le public par an.<br />
LA MÉTÉO<br />
La station météo <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong> transmet ses mesures<br />
à Météo France et Airparif. En cas d’inci<strong>de</strong>nt<br />
accompagné d’une fuite <strong>de</strong> radionucléi<strong>de</strong>s dans<br />
l’atmosphère, les experts du SPR pourraient<br />
calculer en temps réel la dispersion du nuage et<br />
les retombées au sol.<br />
Le saviez-vous ?<br />
Sur le mât météo, haut <strong>de</strong> 110 mètres, on mesure à différentes<br />
hauteurs la température, la vitesse et la direction du<br />
vent. Ces données en altitu<strong>de</strong>s se justifient par la présence<br />
<strong>de</strong> hautes cheminées sur le centre. Celle du réacteur<br />
Osiris, la plus haute, s’élève à 45 mètres.<br />
Un autre mât <strong>de</strong> 10 mètres permet également <strong>de</strong> mesurer<br />
la direction et la force du vent.<br />
L’état <strong>de</strong> stabilité <strong>de</strong> l’atmosphère est mesuré par le gradient thermique<br />
(différence <strong>de</strong> température) calculé entre 100 mètres et 1,50 mètre.<br />
L’atmosphère est instable lorsque la température est plus élevée au niveau<br />
du sol qu’en altitu<strong>de</strong>. Cette situation favorise la dispersion <strong>de</strong>s polluants.<br />
A l’inverse, si l’atmosphère est stable (température plus élevée en altitu<strong>de</strong><br />
qu’au sol), les polluants se dispersent très peu.<br />
Au niveau du sol sont réalisées <strong>de</strong>s mesures <strong>de</strong> température,<br />
d’ensoleillement, <strong>de</strong> pression, d’hygrométrie et <strong>de</strong><br />
précipitations.<br />
Le projet <strong>de</strong> construction du centre <strong>de</strong> neuroimagerie<br />
cérébrale en champ intense, NeuroSpin, à l’emplacement<br />
<strong>de</strong> l’actuel mât météo, a amené le centre à élever un<br />
<strong>de</strong>uxième mât, haut <strong>de</strong> 100 mètres, près <strong>de</strong> l’étang <strong>de</strong><br />
Villiers. Le premier ne sera démonté qu’après plusieurs<br />
semaines <strong>de</strong> fonctionnement simultané <strong>de</strong>s <strong>de</strong>ux mâts<br />
afin <strong>de</strong> vali<strong>de</strong>r les données fournies par le nouveau mât.
En visite à <strong>Saclay</strong><br />
Philippe Busquin, Commissaire européen chargé <strong>de</strong> la<br />
recherche, Pervenche Berès et Harlem Désir, Députés<br />
européens, sont venus visiter le centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong> le<br />
lundi 17 mai <strong>de</strong>rnier.<br />
Jean-Paul Huchon, Prési<strong>de</strong>nt du Conseil régional d'Ile-<strong>de</strong>-<br />
France, est venu le vendredi 2 juillet.<br />
Ces <strong>de</strong>ux visites se sont également déroulées en présence<br />
<strong>de</strong> membres <strong>de</strong> la CAPS (Communauté d'agglomération du<br />
plateau <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong>), notamment <strong>de</strong> son Prési<strong>de</strong>nt, François<br />
Lamy, Député-maire <strong>de</strong> Palaiseau et <strong>de</strong> représentants du<br />
Prési<strong>de</strong>nt du Conseil général <strong>de</strong> l'Essonne, Michel Berson.<br />
Le centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong> est en effet fortement engagé dans<br />
<strong>de</strong> nombreux programmes européens ainsi que dans <strong>de</strong>s<br />
projets structurants pour la région et le département, tels que<br />
NeuroSpin et Num@tec, auxquels le Conseil régional et le<br />
Conseil général apportent un appui financier important.<br />
Brèves<br />
2<br />
1<br />
Ferme pédagogique du Bel Air<br />
1<br />
2<br />
Jean-Pierre Pervès, Directeur du centre <strong>CEA</strong>, a présenté les<br />
travaux du centre à ses visiteurs. De gauche à droite au<br />
1 er plan : Jean-Pierre Pervès, Harlem Désir, Philippe Busquin.<br />
Jean-Paul Huchon s'est exercé au maniement <strong>de</strong>s bras télémanipulateurs<br />
du PELECI (nouveau bâtiment du laboratoire<br />
d'étu<strong>de</strong> <strong>de</strong>s combustibles irradiés).<br />
du Conseil Général <strong>de</strong> l’Essonne, <strong>de</strong> la Caisse d’allocation<br />
familiale <strong>de</strong> l’Essonne, <strong>de</strong> la municipalité <strong>de</strong> Villiers-le-<br />
Bâcle et du <strong>CEA</strong>.<br />
L’association accueille <strong>de</strong>s classes et <strong>de</strong>s groupes d’éducation<br />
spécialisée (handicapés, réinsertion sociale,…) Elle<br />
propose une palette d’activités dont une initiation au<br />
quotidien <strong>de</strong> la ferme, une approche <strong>de</strong>s principaux<br />
écosystèmes régionaux, etc.<br />
Des petits camps sont organisés pendant les vacances.<br />
3<br />
L’association « Les Amis <strong>de</strong> la Ferme pédagogique du Bel<br />
Air » a repris les activités <strong>de</strong> la ferme du Bel Air à Villiersle-Bâcle.<br />
Ce projet a été rendu possible grâce au soutien<br />
<strong>de</strong> la Communauté d’Agglomération du Plateau <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong>,<br />
Contact :<br />
Tél. : 01 69 41 04 95<br />
Adresse : 19, route <strong>de</strong> Gif - 91190 Villiers-le-Bâcle.<br />
3 La ferme est ouverte aux familles les week-ends et jours<br />
fériés <strong>de</strong> 10 heures à 18 heures (entrée gratuite).<br />
15
CONFÉRENCE CYCLOPE JUNIORS<br />
Mardi 19 octobre 2004<br />
Enquête sur le climat<br />
Par Gilles Ramstein, Elsa Cortijo et Valérie Masson-Delmotte, climatologues au Laboratoire <strong>de</strong>s sciences du climat et <strong>de</strong><br />
l'environnement (LSCE, Unité mixte <strong>de</strong> recherche <strong>CEA</strong> - CNRS) <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong><br />
Le climat <strong>de</strong> la terre n'a pas toujours été celui que<br />
nous connaissons. Comme Mars ou Vénus, notre<br />
planète a traversé <strong>de</strong>s bouleversements climatiques.<br />
Dès l'origine, il y a 4,6 milliards d'années, la Terre, chauffée<br />
par un soleil jeune et moins puissant, a échappé à la<br />
glaciation, puis elle a connu <strong>de</strong>s climats chauds avec <strong>de</strong><br />
rares pério<strong>de</strong>s glaciaires globales.<br />
Depuis 500 millions d'années, le visage <strong>de</strong> notre<br />
planète, façonné par la tectonique <strong>de</strong>s plaques, a beaucoup<br />
influencé le climat. Enfin, au cours du <strong>de</strong>rnier<br />
million d'années, la Terre a connu <strong>de</strong>s pério<strong>de</strong>s chau<strong>de</strong>s<br />
<strong>de</strong> quelques milliers d'années alternant avec <strong>de</strong> longues<br />
pério<strong>de</strong>s froi<strong>de</strong>s où le nord <strong>de</strong> l'Europe et <strong>de</strong> l'Amérique<br />
était recouvert <strong>de</strong> gigantesques glaciers <strong>de</strong> plusieurs<br />
kilomètres d'épaisseur. Parfois, le climat était agité <strong>de</strong><br />
soubresauts avec <strong>de</strong>s changements <strong>de</strong> température<br />
aussi brefs qu'importants.<br />
Des milieux préservés<br />
Il n'y avait pas <strong>de</strong> thermomètre, pas <strong>de</strong> mesures météorologiques,<br />
personne pour noter le temps qu'il faisait. Comment<br />
peut-on reconstituer le climat qui prévalait alors ?<br />
l'on trouve <strong>de</strong>s vestiges <strong>de</strong> l'environnement et en particulier<br />
les restes <strong>de</strong>s coquilles calcaires <strong>de</strong>s micro-organismes<br />
vivant lors <strong>de</strong> leur formation. C'est aussi le cas<br />
<strong>de</strong>s calottes <strong>de</strong> glace qui se sont constituées par accumulation<br />
<strong>de</strong> la neige sur les régions polaires.<br />
Des chercheurs mènent l’enquête à travers le globe pour<br />
débusquer les traces laissées par le climat. Ils veulent<br />
comprendre pourquoi et comment le climat a pu changer.<br />
L'homme modifie fortement son environnement. Est-ce<br />
que cela va changer le climat ? Comment ?<br />
La Terre a été fortement marquée par ces climats<br />
successifs, mais ces empreintes ont le plus souvent été<br />
effacées par les modifications <strong>de</strong> l'environnement dues<br />
en particulier à l'érosion ou à l'action <strong>de</strong> l'homme.<br />
Heureusement, certains milieux ont été préservés du fait<br />
<strong>de</strong> leur situation très particulière. C'est le cas <strong>de</strong>s sédiments<br />
qui se sont accumulés au fond <strong>de</strong>s océans, où<br />
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Les carottages <strong>de</strong> glace permettent <strong>de</strong> reconstituer les climats du<br />
passé.<br />
Le Marion Dufresne est équipé pour les missions scientifiques<br />
qui doivent amener les chercheurs à travers les mers.<br />
Renseignements pratiques :<br />
Accès : ouvert à tous, entrée gratuite<br />
Lieu : Institut national <strong>de</strong>s sciences et techniques<br />
nucléaires, <strong>Saclay</strong> (voir plan)<br />
Horaire : 20 heures<br />
Organisation/renseignements : Centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong>,<br />
Unité communication<br />
et affaires publiques<br />
Tél : 01 69 08 52 10<br />
Adresse postale : 91191 Gif-sur-Yvette Ce<strong>de</strong>x<br />
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