Mix'Cité n°9 spécial Fête de l'amitié - La Fabrique - Ville de Roubaix

ville.roubaix.fr

Mix'Cité n°9 spécial Fête de l'amitié - La Fabrique - Ville de Roubaix

n°09

juil. 2007

Lettre de la Commission

Extra-Municipale des

Populations Immigrées

3

Fête de l’Amitié

0 ans

déjà,

30 ans encore

“ Nous avons soif

de liberté,

nous voulons être

traités en égaux,

nous vivons fraternels ”

D

imanche 13 mai 2007, jour de fête

de Roubaix

Amitié, ce «sentiment réciproque d’affection ou de sympathie

qui ne se fonde ni sur les liens du sang ni sur l’attrait sexuel.»

Le petit Robert en connaît un rayon sur l’empathie ressentie

face au joyeux moment que fut la parade inaugurale de

la trentième édition de la Fête de l’Amitié. Fanfares, costumes,

coutumes, chants, couleurs, joies sur les visages.

Une balade de gens heureux ! Heureux d’être rassemblés

pour une journée fraternelle où grands et petits, jeunes

ou vieux, français d’origine ou français d’adoption se

retrouvent tous français de cœur. Tous étaient là, les

danseuses africaines, les tambours de l’Asie, la ghaïta

marocaine, les percussions d’ici. Trois petites gouttes de

pluie sont venues inaugurer ce moment officiel et cosmopolite,

comme pour faire un signe et donner le présage

d’une belle journée ensoleillée. Sur scène, les enfants

du Conservatoire entonnèrent la Chanson de «Roubaix la

colorée, Roubaix la bigarrée.» Un grand message d’espoir

et d’avenir. Discours solennels, émotions partagées devant

le témoignage de Marc Vandewynckele, le «père fondateur» de

la Commission Extra Municipale des Populations Immigrées –

la CEMPI - et de cette Fête de l’Amitié. 30 ans, 30 ans déjà et

30 ans encore pour se souvenir et rappeler que le message originel

est le même, qu’il s’agit de «vivre ensemble», terme qui résonne

comme un leitmotiv au cours de cette journée. L’immigration ici

est vécue comme une richesse, comme la promesse d’un avenir

commun et porteur de valeurs de partage, de communion, d’entente.


30 ans

La question

du vivre ensemble,

elle se pose aussi

aux 12/16 ans.

Nous devons gagner

cette bataille-là,

c’est un pari

pour l’avenir

Qualifié de

«père fondateur»

de la CEMPI,

Marc Vandewynckele

a fait le voyage

depuis La Réunion

où il réside désormais.

Mix’cité lui a

demandé de nous

rappeler son histoire

et de nous parler

d’avenir.

2


pour le Droit de Cité :

c’est pas fini !

MARC VANDEWYNCKELE

ANCIEN ADJOINT DE LA VILLE DE ROUBAIX

Comment tout cela a-t-il démarré ?

Quelle histoire ! Il y a 31 ans, la liste

d’union de la gauche affichait dans son

programme la reconnaissance du pouvoir,

par tous les citoyens Roubaisiens,

de s’associer avec les élus afin de bâtir

l’avenir de la commune et de transformer

la Société dans son ensemble. Tout

juste élu, le Maire Pierre PROUVOST

m’a alors délégué pour concrétiser

cette utopie. Au moment où les effets

de la crise économique nous éclataient

à la figure, que l’intégration par

le travail était mise en pièces détachées,

nous ne pouvions que souffrir

de voir que des Roubaisiens étaient

effectivement exclus des échanges de

la vie quotidienne, mis à distance, dits

inassimilables, sans «Droit de Cité».

Est née alors l’idée de rassembler le

maximum d’Associations d’immigrés

et de français d’origine étrangère dans

une commission extra municipale.

Quel était l’objectif de cette

commission ? A défaut du droit de

vote aux élections locales, nous avons

eu l’audace de lever l’interdiction de

paraître «organisés» dans l’espace

public pour toutes les communautés

issues de l’immigration, et de leur

permettre une prise de parole publique

sur leur vécu, leurs expériences,

leurs attentes, leurs envies d’agir pour

l’intérêt commun. La première action

souhaitée était la création «par eux,

entre eux, pour eux» d’un événement

rassembleur, en partant de leurs ressources

propres. Le «Festival de l’Amitié

par-delà les frontières» était né.

Comment a évolué la CEMPI par la

suite ? Au-dede cet événement, la

CEMPI a travaillé sur de nombreux

sujets comme sur les marchands de

sommeil avec des applications concrètes

sur les immeubles insalubres ou

l’adaptation des régimes alimentaires

aux cultures d’origine.

Quels sont les principaux enjeux

pour l’avenir ? Le défi majeur des

vingt prochaines années est la place

des jeunes issus de l’immigration dans

l’espace public. Si le premier droit du

citoyen, c’est-à-dire le droit de Cité,

de parole et de présence active dans

l’espace public n’est pas reconnu,

reconquis à tous les niveaux de décision,

dans le respect de l’identité et

des spécificités culturelles, sociales et

morales, les bonnes intentions resteront

sans effet durable. Sans multiplication

d’espaces conviviaux d’échanges

et de partages, sans débats publics

interactifs dans des lieux et sous des

formes identifiées, nous ne nous libérerons

jamais de la discrimination et

des violences de toutes sortes. Si le

contexte a changé, les objectifs restent

de pleine actualité. L’imagination

doit rester au pouvoir pour inventer

d’autres formes d’actions et de structures.

Une seule remarque d’un vieil

homme politique aux plus jeunes :

Si vous créez, sans les citoyens, en

croyant le faire pour leur bien, ça ne

marchera jamais.

3


CEMPI

Créée en 1977, la Commission Extra Municipale des Populations Immigrées est une des plus anciennes instances

de participation des acteurs locaux de ce type. La CEMPI réunit en son sein les associations représentatives

de la diversité d’origine des Roubaisiens. Cette commission animée par la Chargée de Mission «Citoyenneté et

Démocratie Participative» et présidée par le Conseiller Municipal délégué à la Citoyenneté et à l’Interculturalité

se réunit environ une fois par mois. La CEMPI prépare chaque année la Fête de l’Amitié en lien avec le service

Animation de la Ville, organise des ciné-débats autour de la lutte contre les discriminations, et collabore au

Festival de l’Amitié et de la Citoyenneté en lien avec le service Culture. D’autre part, elle édite «Mix’Cité –

Lettre de la CEMPI».

La CEMPI est composée des associations membres suivantes :

Contact : Cécile DEHALU

Chargée de mission «Citoyenneté

et Démocratie participative»

DG (Ville Renouvelée et Culture)

cdehalu@ville-roubaix.fr

Tel : 03 59 57 32 29

Fax : 03 59 57 32 03

• l’Association CRAO (Communauté des Ressortissants de l’Afrique

de l’Ouest),

• l’Amicale des Travailleurs et commerçants Marocains (Maroc),

• la Communauté des Familles Italiennes (Italie),

• l’Association des Yougoslaves (Balkans),

• la Communauté Franco-Polonaise (Pologne),

• l’Association Astral des travailleurs algériens (Algérie),

• la Maison d’Espagne du Nord (Espagne),

• l’Association de La Solidarité des Réfugiés du Laos (Laos),

• l’Amicale des Parents Luso Français (Portugal),

• l’Association des Ivoiriens de Roubaix et environs (Côte d’Ivoire),

• les Rencontres Francophones,

La Troupe à Manou (Flandre),

• l’Association des Camerounais de Roubaix et environs (Cameroun),

• l’Association des Maliens pour l’Intégration et l’Education (Mali),

• l’Association des Cap Verdiens (Cap Vert),

• France Asie Echanges,

• ACODESCA (Congo)

• ATF Nord (Tunisie)

• L’Association Humanitaire Khmère (Cambodge)

Les membres de ces associations sont tous bénévoles.

Les représentants des communautés sont désignés soit

à leur demande, soit sur demande de l’élu.

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Immigration et société :

30 ans d’évolution

Revue de presse historique

de la Fête de l’Amitié.

Comment les médias

ont-il abordé le fond

de cet événement ? Quelles

ont été les évolutions de

la société pendant

ces 30 dernières années ?

Morceaux choisis

de l’évolution positive du

thème de l’immigration,

et petit exercice

d’explication en 5 étapes.

vivre dans le même espace public des

populations qui finalement se côtoyaient

depuis plusieurs décennies sans trop de

difficultés.

La crise, qui commence à s’exprimer au

milieu des années 70 mais qui deviendra

critique quasiment 10 ans plus tard,

cherche des boucs émissaires. La ville de

Roubaix plus que d’autres perçoit clairement

le phénomène et les risques inhérents.

Devant une montée de chômage qui

s’avèrera inexorable, les populations d’origine

immigrée deviennent des cibles toutes

désignées. D’autant que la venue d’autres

communautés se poursuit pour d’autres

raisions, politiques, économiques… C’est

le mouvement contre le racisme dont une

des figures de proue est Harlem Désir. Les

années 90 voient naître deux tendances

complémentaires, l’une plutôt humanitaire

pour ne pas dire humaniste (c’est la période

des campagnes «United Colors…»)

et l’autre d’intégration. Apparaît alors le

terme de «discrimination positive», approche

qui verra naître quelques années plus

tard la notion de diversité. De nos jours, la

mondialisation est dans tous les esprits et

c’est au son de «ville-monde» que Roubaix

fête chaque année l’amitié.

Dans la fin des années 70, au moment de

la création de la CEMPI, l’immigration est

encore récente. Aux vagues historiques

du XIXe siècle ont succédé des flux plus

importants après guerre et surtout dans les

années 60. N’oublions pas que les accords

d’Evian, qui ont mis fin à la guerre d’Algérie,

prévoyaient la possibilité d’émigrer pour

ceux qui le souhaitaient. Les 30 glorieuses

battent leur plein, la France a besoin de

main-d’œuvre, la paix est là. Il s’agissait

plus à cette époque de «cohabiter» (le mot

n’était pas encore à la mode…), de faire

Les titres de la presse de 1978 à nos jours

1978 L’occasion d’un premier dialogue entre les Roubaisiens «d’ailleurs» et «ceux d’ici» • 1979 Étranger

mon frère, je te souhaite la bienvenue ! • 1980 Vivre ensemble, c’est possible. • 1981 Droit de retour et

droit de rester • 1982 Pour empêcher de renaître «un monstre et un spectre : le ghetto» • 1983 Nous

sommes voués à vivre ensemble • 1985 De la société pluriculturelle aux droits et devoirs de l’immigré.

• 1986 Refaire le monde… refaire Roubaix (?) • 1987 L’anti-racisme, c’est sur le terrain que je le fais !

• 1988 La potion anti-raciste • 1989 Tant de monde à la table commune… • 1990 Festival en amitié

pour repousser la haine • 1991 Vive le festival de la différence ! • 1992 : Voisins de palier et du bout

du monde • 1993 Roubaix, multicolore et fière de l’être. • 1994 Ah le joli melting pot ! • 1995 Roubaix

plurielle au faîte de l’amitié • 1996 Discrimination positive • 1997 Non à l’immigration mégretbine ! •

1998 La fête aux mille couleurs • 1999 Toutes les couleurs de l’amitié • 2000 Dix-huit communautés,

en toute fraternité • 2001 L’amitié sait ce que fête veut dire • 2002 Toute la douceur

multicolore roubaisienne • 2003 Le métissage en liesse • 2004 Un grand village du monde

• 2005 Le tout du monde à deux pas d’ici • 2006 Le battement de généreux coeurs.

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L’Espagne, ouverte à toutes les cultures

RAMON NUNEZ

LA MAISON D’ESPAGNE DU NORD

Pour nous, la CEMPI, c’est le sens d’une ville, avec une mentalité

pour se rencontrer entre plusieurs communautés, pour nous côtoyer

avec un lien d’amitié. Toutes sont les bienvenues, les plus petites comme

les plus grandes. Certes, nous sommes tous plus ou moins égaux, mais

ici, on se parle, on se rencontre et l’on dépasse les clivages, car quelquefois,

on est trop fier pour se rendre compte des inégalités. Il n’y a pas de

problème, il n’y a que des a priori. L’Espagne est un pays ouvert à toutes

les cultures. Ici, nous sommes encore plus tolérants. Pour l’avenir, il faut

conserver cette Fête de l’Amitié qui est une manière de voir qu’on est

différent mais que l’on est bien ensemble. La France globalement a réussi

son intégration. La Méditerranée est d’un côté européenne et de l’autre

africaine. La nature est la même, les paysages et bien sûr les gens. On se

ressemble les uns les autres.

ici, nous sommes

plus tolérants

L’ouverture vers d’autres

Tout cela, c’est fait pour vivre ensemble.

Il y a beaucoup de nationalités à Roubaix, nous

voulons tous nous intégrer dans la vie sociale,

culturelle et surtout avec les Français. On fait

des échanges avec les différentes associations,

les différentes nationalités, notamment

autour de la cuisine. Demain ? Ca va continuer

avec d’autres personnes et d’autres activités.

Je pense au carnaval de la ville. Mais on pourrait

aussi s’ouvrir à d’autres villes, à d’autres

régions. Ce serait mieux.

KHYAMPHANH PHANITHAVONG

ASSOCIATION DE LA SOLIDARITÉ

DES RÉFUGIÉS DU LAOS

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MOSTAFA BRITEL & KHALIFA JAMMAT

AMICALE DES TRAVAILLEURS ET

COMMERCANTS MAROCAINS

En 30 ans, je n’ai jamais raté

une seule Fête de l’Amitié

Des idées

plein la tête

Encore quelques belles

années devant nous

Membre fondateur de la CEMPI, Khalifa Jammat

est une figure de la citoyenneté de Roubaix.

Il nous raconte les premiers pas de cette aventure.

On a eu une première réunion avec Marc Vandewynckele.

On a discuté sur comment faire pour rassembler tout le monde. Il

y avait du racisme, trop de différences entre les uns et les autres.

Et puis nous avons cherché des mots pour nous nommer. Le nom

de festival est sorti. Il y avait aussi les Italiens, les Algériens et

les Portugais. Maintenant, nous sommes plus de 20 associations.

En 30 ans, je n’ai jamais raté une seule Fête de l’Amitié. Pour

les relations, il n’y a pas de problèmes. Nous avons encore quelques belles années

devant nous, pour parler de culture française, de mélanges. Ce que nous faisons, ça

sert à intégrer la culture française. Si de nouveaux viennent, ils trouveront le chemin

tracé. Côté ville de Roubaix, le soutien est franc et ici, les associations se sentent

chez elles. C’est un espace aux Roubaisiens.

Il faut faire tomber les barrières. Tout cela relève

d’une démarche citoyenne. Quant au renouvellement,

il faut trouver des champs d’intérêt pour les jeunes,

comme le sport. Si on écoute les jeunes, ils seront avec nous.

Jacques Onane nous raconte une histoire, celle d’un des piliers de cette belle fête.

Ici, tout le monde est ensemble, nous sommes dans une unité de temps, de lieu et d’action.

La dramaturgie, c’est ça ! Cette fête est devenue une institution qui dépasse le cadre roubaisien.

Nous avons attiré du monde, montré l’exemple, beaucoup de gens viennent aussi d’ailleurs. Je

crois que si on veut, on peut, et que nous avons redynamisé la CEMPI depuis quelques années.

On a quelques idées novatrices comme l’organisation de débats, la projection de films, les interventions

dans les écoles ou la création d’une «soupe du monde». Nous voudrions aussi étendre

le volet culture au-dede la Fête de l’Amitié et du festival pour travailler toute l’année sur différentes

thématiques. Il faut faire tomber les barrières. Tout cela relève d’une démarche citoyenne.

Quant au renouvellement, il faut trouver des champs d’intérêt pour les jeunes, comme le sport.

Si on écoute les jeunes, ils seront avec nous. Et nous pourrons passer le relais.

JACQUES ONANE

ASSOCIATION DES CAMEROUNAIS DE ROUBAIX ET ENVIRONS

7


que de

chemin

parcouru

depuis

cette

époque

AHMED DJAFER

ASSOCIATION ASTRAL

DES TRAVAILLEURS ALGÉRIENS

Apporter

sa pierre à l’édifice

Que de chemin parcouru depuis cette époque ! C’est Lakdar

Hachaïchi qui est à l’origine de l’association il y a 30 ans. Et c’est encore

lui qui a participé à l’initiative de la CEMPI depuis le début. C’est encore

maintenant une reconnaissance par la municipalité de nos populations,

c’est quelque chose d’unique ! Nous en sommes gré à la ville de Roubaix.

Nous voulions apporter notre pierre à cette construction compte tenu

de la taille de la communauté algérienne à Roubaix. C’est plus de 5.000

personnes, vous vous rendez compte ! Pour l’avenir, nous voudrions bien

que la CEMPI soit plus adossée au Conseil Municipal et aux Conseils

de Quartiers, comme force de proposition par rapport aux problèmes

rencontrés par les communautés en matière de logement, de santé, de

discrimination, d’emploi. Concernant les jeunes, il y en a qui participent

activement, comme dans toutes les associations, mais ce sont souvent

les mêmes. C’est probablement un problème de reconnaissance, et de

connaissance du statut et du rôle des associations, du bénévolat. Les

jeunes sont d’accord pour s’investir mais ils veulent savoir ce qu’ils vont

avoir en retour. Il va falloir travailler là-dessus.

La solidarité et l’action

au quotidien

Avec la situation actuelle, le maire a mis en œuvre une stratégie pour les liens entre

les communautés. Il y a 18 pays représentés dans la CEMPI et ça se passe bien, on est

en harmonie perpétuelle avec les autres associations. Ca nous permet de nous épanouir

et on voudrait que rien ne vienne gâcher ça. Je prends quelques exemples concrets

comme les étudiants qui aident au soutien scolaire ou bien l’accompagnement de personnes

malades isolées, souvent qui viennent d’arriver et qui ne savent pas comment faire.

Et ce quelle que soit leur communauté. Les associations s’entraident et font du repérage

des difficultés sociales, de l’orientation. C’est une vraie chaîne de solidarité. Il faut trouver

d’autres idées pour développer ce que l’on fait, continuer à être une force de proposition

par rapport à la ville. Tout cela ne retire rien à la fête, c’est un tout avec l’action sociale et le

vivre ensemble. Les jeunes sont toujours avec nous, on les encadre, on les guide pour qu’ils

s’en sortent.

GNODI SERY

ASSOCIATION DES IVOIRIENS DE ROUBAIX ET ENVIRONS

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Il faut continuer à être

une force de proposition

par rapport à la ville


Mamma mia !

En 1977, l’association italienne a tout de suite été partante face à la volonté

d’ouverture et l’expression de la citoyenneté du maire de l’époque. On se sentait moins à

l’aise aux élections quand on venait d’ailleurs, c’est un constat que nous avons fait à la

création de la CEMPI, avec deux associations d’Europe et deux du Maghreb. On avait en

commun d’être venu de l’étranger. Il ne faut pas oublier que nous avons eu des parcours

difficiles, il y avait la barrière de la langue. On a appris à se connaître, à se reconnaître,

et à passer des messages d’ouverture à la vie citoyenne et au monde, aux autres. Les

cultures sont différentes mais petit à petit, on apprend à se connaître tous ensemble, au

niveau des générations aussi. Il y a un moment qui me plaît beaucoup, c’est quand nous

sommes tous dans les cuisines, que nous préparons les repas, on est là à s’échanger

les plats et à s’entraider les uns les autres. «T’as pas ceci, t’as pas cela», c’est un vrai

moment de partage, de respect. Demain ? On vit à l’heure de la mondialisation, on est

amené à vivre avec les autres encore plus, avec des cultures différentes ensemble. Ce

ne sont pas des problèmes, ce sont des richesses. Mais c’est dommage que les étrangers

qui vivent ici ne puissent pas tous voter.

MARIA MAZZOTTA

COMMUNAUTÉ

DES FAMILLES ITALIENNES

Tous semblables, tous différents

Il faut faire que les gens

se sentent encore plus impliqués,

Il faut être encore plus ambitieux

SÉRIGNÉ DIOP

COMMUNAUTÉ DES RESSORTISSANTS

DE L’AFRIQUE DE L’OUEST

La Fête de l’Amitié, c’est le résultat d’un travail qui est fait tout au long de

l’année. La Commission Extra Municipale, c’est une instance de réflexion pour mieux

vivre ensemble dans la cité. Les relations avec les autres associations sont quelquefois

timides car nous n’avons pas la même façon de vivre notre immigration, selon les

cultures, les époques. Le problème des sans papiers, par exemple, ne se pose pas de

la même façon pour tous. C’est pour ça que nous devons être solidaires. Il faut sortir

des projets communs sur le mieux vivre ensemble, car il n’y a pas de définition et de

vécu univoque. C’est cela qui fait notre richesse, chacun peut importer quelque chose.

La Fête de l’Amitié peut durer 100 ans, elle se construit elle-même. Comme Roubaix a une

population cosmopolite, tout le monde se sent concerné. Et pour la CEMPI, pourquoi pas

une structure de permanents… Il faut faire que les gens se sentent encore plus impliqués,

que la mairie accorde son feu vert pour donner plus d’importance à ses avis,

qu’on lui réponde quand elle pose des questions, qu’elle soit plus associée.

Il faut être encore plus ambitieux. Nous avons une chance énorme, elle est

unique en France.

9


C’est un peu le bazar mais

finalement c’est ça le monde

Une mémoire vive

On ne présente plus Nelly Masquellier dit «Manou» tant sa personnalité

attachante est intimement liée à la CEMPI et à la Fête de l’Amitié.

C’est la Fête de l’Amitié entre tous les peuples. Nous représentons en fait

les premiers immigrants de Roubaix. Mon grand-père est venu de Cassel et ma

grand-mère ne savait ni lire ni écrire. Mais elle savait compter ! Avec son gros

crayon de menuisier, elle faisait ses chiffres péniblement. Mais elle vendait du lait

et du beurre à domicile. Mon grand père était tireur de vin. Les riches faisaient

venir du vin en tonneau. Il faisait tout à pied avec un Haquet 1 . Au démarrage de

la CEMPI, je m’occupais de la «Troupe à Manou» dans un patronage. J’ai toujours

aimé la danse que j’ai pratiqué depuis l’âge de 4 ans. Puis il y a eu la guerre… Il y

avait des gamines douées et j’ai créé une association. La Ville de Roubaix m’a proposé

de représenter la Flandre au sein de cette nouvelle instance, la CEMPI. Cette

fête, ce sont des moments forts, il y a de l’amitié, on est toujours contents de se

revoir. Il faut continuer.

NELLY MASQUELLIER

ASSOCIATION LA TROUPE A MANOU

1 C’est une charrette longue, étroite et sans ridelles, qui sert à transporter les tonneaux et les ballots.

La générosité en marche

C’est une fête

symbolique

Ce qui nous a amené là-dedans, c’est une philosophie. La CEMPI a été créée pour

rassembler les communautés de Roubaix. C’est vrai qu’elles se regardaient en chien de

faïence. Cette Fête de l’Amitié est le moment fort de la CEMPI, elle relie, nous relie. C’est

une fête symbolique où participent tous les Roubaisiens. En temps normal, on n’a pas

le temps de se côtoyer suffisamment. Ça apporte une satisfaction intellectuelle, on se

sent mieux dans sa peau, le fait d’avoir de la sympathie, de l’amitié, on se sent bien.

On veut que les actions que nous menons servent à quelque chose et ça me donne envie

de continuer. Cela fait 18 ans que j’y participe, toujours avec autant d’intérêt. L’avenir

dépend de la municipalité, qui est maître d’œuvre, de ses objectifs, en souhaitant qu’elle

continue de soutenir les associations roubaisiennes. Si une municipalité ne s’intéresse pas à

ses citoyens, elle est abandonnée aussi.

HENRI DECAVEL

RENCONTRES FRANCOPHONES

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Après un salut aux représentants

des villes jumelées, René Vandierendonck,

maire de Roubaix, a rappelé

la reconnaissance de la ville à l’égard

de ses amis, présents aujourd’hui.

S’il y a des déclarations d’amour,

il y a des preuves d’amour et la présence

des représentants des villes

jumelées en est aujourd’hui un témoignage».

Souvenirs, souvenirs : 1977 «Il

y avait alors un non-dit dans la sphère

publique. Les habitants d’origine immigrée

se taisaient, vivaient entre eux

et n’avaient pas droit de cité. Il faut

rappeler à cette occasion que le droit

de se constituer en association pour

les immigrés a été reconnu en 1981 1 .

C’est alors qu’a germé l’idée, très

novatrice à l’époque, de créer une

Commission Extra Municipale des

Populations Immigrées, la CEMPI.

À Roubaix, le recensement de 1999

avait révélé la diversité de la ville, où

l’on compte plus de 40 associations

thématiques ou communautaires,

et où, par la nationalité d’origine,

plus de 100 pays sont représentés !

Roubaix est le prototype de la ville

Liberté, égalité, fraternité !

mono industrielle avec

le textile. La chaîne de

l’histoire, c’est celle des

mutations douloureuses.

La trame, ce sont

les immigrations successives.

Ici, pour faire front aux idées

de haine et de racisme, la Fête de l’Amitié

joue un rôle important, en affirmant et en

affichant sur la place publique la fraternité,

pas seulement celle gravée dans la pierre,

mais celle de l’amour de l’autre - car notre

monde a besoin d’amour - car la fraternité,

c’est avant tout reconnaître l’autre.

Cette manifestation s’inscrit dans un programme

plus large, dans un état d’esprit

et une volonté politique forte et nette pour

favoriser le «vivre tous ensemble». Cet état

d’esprit se décline encore aujourd’hui dans

de nombreux domaines. «En favorisant la

liberté de cultes, nous avons contribué

et trouvé des solutions appropriées. Sans

cette histoire, sans Marc Vandewynckele

et le travail de la CEMPI, de tels débats

n’auraient pas pu émerger sur la scène

publique. Si nous parlons de l’insécurité,

il faut rappeler que c’est d’abord dans les

quartiers populaires qu’elle existe. Il faut

que tous les Roubaisiens

comprennent que la démocratie,

c’est quelque chose de rare et

de précieux. Les citoyens doivent

s’exprimer dans les urnes, être des

militants pour le respect de la Loi,

pour les libertés publiques, et dans

les associations comme celles présentes

aujourd’hui». Enfin, la Fête de

l’Amitié a donné naissance, il y a 5

ans, à un festival culturel au même

intitulé, pour intégrer et instiller dans

l’ensemble de la ville cette orientation

politique. «La volonté de la Ville

de Roubaix a aussi été de faire de la

culture une déclinaison essentielle de

ce travail d’intégration. C’est pourquoi

nous avons créé le Festival de l’Amitié

et de la Citoyenneté qui se déroule

au même moment. Nous savons que la

CEMPI a eu parfois le sentiment que ce

festival phagocytait la Fête de l’Amitié. Il

n’en est rien et il reste à travailler pour

faire converger ce qui unit dans des

valeurs universelles.

1 C’est effectivement en 1981 qu’est abrogé

le décret-loi de 1939, permettant de rétablir

le droit d’association pour les étrangers (loi

du 9 octobre 1981).

RENE VANDIERENDONCK

Maire de Roubaix

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Le jeu des ressemblances,

le jeu des différences

JEAN-MARIE DURIEZ

CONSEILLER MUNICIPAL DELEGUE

A L’INTERCULTURALITE, LA CITOYENNETÉ ET

LA LUTTE CONTRE LES DISCRIMINATIONS

Notre objectif politique ? Favoriser la cohésion sociale, rassembler autour des valeurs

communes de la République. Roubaix est une ville structurée autour de l’immigration, avec

beaucoup d’étrangers. Il convient de leur donner une place dans l’espace public, il faut tirer

parti de cette richesse culturelle plutôt que de nous opposer. La CEMPI est là pour que les

gens fassent ensemble avec leurs différences. J’ai une vraie passion des gens qui font ensemble,

ça m’enchante, m’enthousiasme. La France s’est enrichie de cette diversité d’origine.

Nous voulons lutter contre l’écueil du repli sur soi voire de la simple addition des différences.

Nous voulons faire ensemble au service du bien public. Le projet de transformation de la CEMPI

en Conseil Consultatif de l’Immigration me tient à cœur. Je veux travailler avec toutes les populations

volontaires sur cette idée, sur cette consultation. Face à la situation faite à la masse des

gens, une municipalité comme la nôtre doit être une municipalité de lutte. Mon rêve ?

D’ailleurs, les gens d’ici !

Un monde de fraternité, débarrassé des rapports de domination et favorisant des coopérations

mutuelles avantageuses. C’est une nécessité par les temps qui courent.

Barka, tout le monde la connaît. Elle a vu naître la CEMPI, elle est une militante associative

connue et reconnue à Roubaix. Elle livre à Mix’cité son sentiment sur la Fête de l’Amitié.

Ce n’est pas une histoire, c’est une réalité. Ici, tout se mélange, nous sommes bien dans

la diversité, on est une ville universelle. La fête de l’Amitié nous fait croire dans l’humanité, où

la fraternité est possible malgré nos différences. Nous avons besoin de ça car quelquefois, on

monte une partie de la population contre une autre ; ça ne touche pas que les immigrés mais

aussi les populations défavorisées.

Je n’ai que des bons souvenirs de la Fête de l’Amitié. Quand on voit tous les gens réunis

autour des manifestations, danses, chants, repas, où chacun écoute l’autre, il y a ce mélange

de couleurs, de parfums, de musiques. On se retrouve tous ensemble dans la CEMPI, on discute

de la vie en commun à Roubaix. Mon souhait, c’est qu’il y ait une seule communauté

roubaisienne, celle des Hommes avant tout, que chaque membre puisse trouver sa place. Car

on est tous, chacun et unique, et il y a une diversité d’origine, de peuples. En même temps,

nous sommes divers et semblables. L’histoire de Roubaix, c’est la solidarité. Le monde

ouvrier savait être solidaire et partager. Et c’est pour ça que Roubaix a toujours cette image.

Et comme Roubaix a été une ville d’immigration, de tous ces passages, chaque fois, il y

a eu une communauté qui a épousé l’autre pour constituer la communauté roubaisienne.

A chaque fois une communauté s’ajoute à celles existantes, et à chaque fois cela fait

une personnalité. Etre roubaignio, c’est ça !

BARKA MAHBOUBI

CENTRE D’INFORMATION MUNICIPAL

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Un souffle de fraternité

dans la mémoire

Ex-directeur de l’animation

de la ville de Roubaix

à la retraite depuis

quelques années, Michel

Skalecki a participé au

démarrage de la CEMPI,

au sein du «bureau

des quartiers».

Il a continué à accompagner

la fête de l’amitié à

travers ses autres fonctions.

La fête de l’amitié a 30 ans. Quels souvenirs

gardez-vous de sa naissance ?

Quand la commission extra municipale

des populations d’origine étrangère a

été créée, Marc Vandewynckele, adjoint

aux quartiers et à cette commission,

avait défini plusieurs thèmes de travail

et de réflexion dans le cadre d’un programme

municipal. J’étais un jeune

rédacteur et lui déjà un grand idéaliste,

un peu philosophe, avec une idée

neuve pratiquement chaque matin.

Des commissions ont été mises en

place : le logement, la santé et l’hôpital,

l’éducation et l’école… Il y

avait aussi la volonté de créer une

fête participative de rencontre entre

ces communautés et le reste de la

population. C’est là qu’est née la

fête de l’amitié.

Avez-vous participé à la toute

première édition ? Oui bien sûr !

En 1977, c’est un simple aprèsmidi,

salle Watremez. Dès 1978,

les communautés adhérentes

augmentant, on a décidé d’une

grande fête, dans la salle du

centre aéré, qui soit à la fois un

lieu de rencontre et d’échange

avec un repas, des stands,

une expression culturelle des

divers pays représentés. Avec

environ huit cents convives,

le service était un peu folklorique,

mais le succès a été

immédiat et la foule débordait

l’entrée initialement

prévue. On a ouvert toutes les portes : la

fête de l’amitié venait de naître… L’aprèsmidi,

des familles, mais aussi un public

jeune, venus de toute la région sont dans

les allées, sur les pelouses, dans une

ambiance très libre. Et il fera comme cela

toujours beau le jour de la fête de l’amitié

! (cela ne s’est pas démenti ! NDLR).

Quelle a été pour vous l’idée la plus

incroyable ? Pour le 20e anniversaire,

tout le monde a voulu marquer l’événement

et innover encore. D’abord trouver

un décor original. J’avais vu dans l’aéroport

de Saint-Denis de la Réunion des

poteaux qui se terminaient en feuilles de

palmiers au plafond. Le service de l’animation

a téléphoné dans des villes du

sud et est tombé sur le service des plantations

de la ville de Nice qui élaguait ses

palmiers. Ensuite, il a cherché un transporteur

qui faisait Nice-Lille et qui nous a

ramené tout cela. Le service a conçu une

idée de décor et nous avons trouvé un

décorateur qui possédait un magasin africain

à Lille et qui a aidé mes collègues et

les services techniques à transformer le

centre aéré en village africain, avec une

pirogue, ces poteaux recouvert de toile

de jute et de grands panneaux sur les

murs du fond. Assez délirant ! Il ne nous

manquait que du sable et un chameau.

Et comme il ne faut jamais dire «chiche»

au service de l’animation, nous avons eu

des tonnes de sable et des

promenades en chameau.

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Une ville innovante,

un avenir toujours à construire

MICHEL DAVID

MICHEL DAVID

DIRECTEUR GENERAL VILLE RENOUVELÉE ET CULTURE

Quel est le fil rouge de la CEMPI, en

30 ans ? À l’origine, c’était de permettre

aux associations qui représentent

les populations d’origine immigrée

de participer à la vie de la Cité. Et aude

des manifestations qui leur sont

propres, de créer une manifestation

commune. Mais aussi d’afficher une

position de la Ville en faveur de la

diversité, au lieu d’avoir un comportement

assez courant qui consiste à

refouler ça, à ne pas le mettre au premier

plan.

Quel est le sens de cette démarche ?

C’est la reconnaissance de la diversité,

pour que chacun trouve sa place,

ne soit pas mis à l’écart, pour construire

une société en tenant compte

de toutes ses transformations, par rapport

à toutes ces populations étranges

ou étrangères. Les Belges, qui ont subi

en leur temps leur statut d’immigré de

plein fouet, sont aujourd’hui des autochtones,

comme tous les Européens. Par

contre, les Asiatiques, les Africains ont

pris sur eux le ressentiment de la population

par rapport à la crise. Il faut replacer

ça dans le contexte de l’époque en

77, au début de la désindustrialisation,

puis dans les années 80, avec l’apparition

d’un courant xénophobe. Il faut

comprendre qu’à la fois, la fin des usines

a été vécue de manière tragique

et dramatique, que ça touchait non

seulement l’emploi des gens mais leur

identité, ce qu’ils étaient. Ces «braves

gens» en même temps ont vu arriver

des gens différents, dans le contexte

de la décolonisation. Il était facile de

faire le lien entre la crise industrielle et

cette population qui avait les caractéristiques

de la pauvreté.

Quel est l’état des lieux de la CEMPI,

ses forces et ses points d’amélioration

? La force de la CEMPI, c’est

son existence depuis 30 ans, un beau

score ! Sa faiblesse, elle est portée

par un nombre limité de personnalités,

cela pose le problème des générations,

en termes de tranches d’âge

mais aussi de préoccupations.

Vous voulez parler de l’exhaustivité

de la richesse des populations roubaisiennes

dans la CEMPI ? Dans

les années 70, ils étaient des étrangers

dans le sens de la nationalité.

En 2000, ce sont des Français. Et

cela pose aujourd’hui la question du

«pourquoi une représentation particulière

de certains Français sur la notion

d’immigration». Il faut que la CEMPI

se renouvelle et reste elle-même. Et

qu’elle se mobilise sur des enjeux plus

contemporains.

C’est-à-dire ? Au niveau des relations

internationales avec les pays d’origine

par exemple, puisque qu’on est jumelé

avec Bouira, Sosnowiec, Covilha,

etc., pour être porteur de ses populations

et participer à l’agenda de la

diversité - qui n’est pas toujours porté

par les étrangers. Il faut faire participer

d’autres personnes que les fondateurs,

parce que nous ne sommes

plus dans les 70, que ce n’est plus le

contexte d’étrangers qui viennent d’arriver

dans la ville.

14


LA CHANSON

DE ROUBAIX

Roubaix la colorée

Roubaix la bigarrée

Qui vibre au son des grues

Qui surprend par tous ses coins de rue

Roubaix pleine d’espoir

Hommelet, Conservatoire,

Alma, Epeule, Trois-Ponts,

Tous tes quartiers renaîtront

Paroles et Musique : Marion Kurylo

Professeur de Formation Musicale au Conservatoire

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Des étoiles dans les yeux

Une

grande

fierté !

Edition : Ville de Roubaix.

Dépot légal, ISSN 1635-8015.

Directeur de publication :

Jean-Marie Duriez

Rédaction :

Sylvain Prandi

Photographies :

Philippe Dupuich

Conception Réalisation :

Résonance

Fresque Moho/Ronsard

Comme chaque année, une œuvre née de la collaboration

entre une école et un artiste devient l’identité

visuelle de la Fête de l’Amitié et du Festival de l’Amitié

et de la Citoyenneté. Ce projet a été proposé et réalisé

à l’Ecole Ronsard de Roubaix fin 2006.

Une expérience inoubliable.

Les enfants des classes de CM1 et CM2 devaient réaliser une fresque sur la paix et de l’amitié. L’artiste Moho,

choisi pour l’événement, a partagé son savoir-faire avec les jeunes artistes en herbe. Tout d’abord entraînés

à l’aide de craies grasses, les enfants se sont ensuite imprégnés de la technique de l’artiste consistant à

faire sécher du sable sur des plaques de bois, consolidé à la colle et coloré. Les enfants, issus de différentes

communautés, ont ensuite gravé leurs messages d’espoir dans ce solide mélange, messages souvent inscrits

dans la langue d’origine, donnant à l’ensemble une note universelle et cosmopolite.

L’œuvre a été présentée lors de la cérémonie d’ouverture du festival du 10 mai dernier. Moho et les enfants

s’y sont retrouvés et ont pu profiter ensemble de la reconnaissance de cette œuvre poétique et généreuse.

Sabrina Dekhar, l’institutrice de CM1, se souvient : «La rencontre

entre l’artiste et les enfants fut très forte notamment sur le plan

humain. Ils ont ressenti une grande fierté en voyant le fruit de

leur travail. C’est une expérience que nous n’oublierons jamais !»

À partir de cette collaboration, les élèves ont réalisé un livre

sous forme d’un roman-photo dont ils ont offert un exemplaire à

l’artiste lors de l’inauguration. Les élèves, des étoiles pleins les yeux

mais les pieds bien sur terre, se souviendront

de cette aventure humaine à jamais gravée

dans le sable.

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