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- En français -Compilé par Oum S -<br />

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L’INTERPRETATION<br />

DU<br />

CORAN<br />

( TEXTE ET EXPLICATIONS )<br />

PAR<br />

ABOUL FIDA’ ISMAIL BEN KATHIR<br />

Traduit en français<br />

par<br />

Àhmad harakat<br />

Volume I


Au nom de D ieu le M iséricordieux le Très<br />

M iséricordieux<br />

PREFACE<br />

Gloire à Dieu, seigneur des mondes. Nous implorons Ses bénédictions<br />

et Sa paix sur Son noble Prophète Mouhammad, ses compagnons<br />

et sur ceux qui le suivent à défendre la cause de la vraie<br />

religion jusqu’au jour de la résurrection.<br />

Alors que le monde était plongé dans l'obscurité morale et la<br />

torpeur spirituelle au sixième siècle de l’ère chrétienne, tant à l’est<br />

qu’à l’ouest, un homme naquit à La Mecque qui fut le dernier des<br />

Prophètes et Messagers, devint le porteur de la bonne direction aux<br />

hommes et fut envoyé comme une miséricorde pour les mondes.<br />

Le Message qu’il devait communiquer aux hommes, fut une<br />

lumière rayonnante dans les ténèbres de l’ignorance, et un astre lumineux<br />

dans la nuit de l’incertitude et l’égarement. Un Message<br />

qui débuta par la première révélation divine d’un Livre noble et<br />

glorieux, le Coran, le dernier Livre révélé à un homme illettré, lui<br />

ordonnant: «LIS».<br />

Ainsi débuta la révélation qui devait s’échelonner sur vingttrois<br />

années de la vie du Prophète -qu Allah le bénisse et le saluedurant<br />

lesquelles le Coran devint un livre intégral retenu et récité<br />

aussi par ses compagnons, et demeurera inchangeable tel qu’il fut<br />

descendu jusqu’au jour de la résurrection, comme Dieu le garantit<br />

3


en disant: «C’est nous qui avons fait descendre le Coran et qui en<br />

sommes les gardiens) [ Coran Xv, 9].<br />

Mouhammad, dès quil a reçu cette révélation, constata que<br />

sa mission a déjà commencé en présentant l’Islam à toute l’humanité<br />

entière comme une religion universelle qui dépasse toute frontière<br />

soit-elle géographique ou raciale. Il mit en relief la véracité<br />

du Coran comme un témoignage d’authenticité de la dernière mission<br />

divine et la fin du cycle prophétique.<br />

Le Coran dut, par la suite, introduire un grand changement<br />

dans la vie des hommes, car il traite un très large éventait de sujets<br />

touchant à cette vie. Il ne se borne pas aux formes à donner à<br />

la dévotion et à l’adoration, mais il les dépasse pour exposer et<br />

traiter des problèmes généraux qui ont relation aux activités des<br />

hommes dans ce bas monde tels que: la vie politique et sociale, le<br />

mariage, le divorce, la succession, la justice, la guerre et la paix,<br />

les finances etc... sans pour autant négliger la vie de l’au-delà qui<br />

est l’axe de ces activités et le but visé. Pour cela on trouve dans le<br />

Coran plusieurs versets qui joignent la croyance en Dieu à celle du<br />

jour dernier.<br />

Le Coran est le livre saint des musulmans qui renferme les<br />

paroles divines révélées à Mouhammad qui n’était du tout son auteur<br />

comme prétendent ceux qui ont voulu dénigrer son importance<br />

en le prenant une cible de leurs critiques, poussés par leur ignorance<br />

et leur fanatisme aveugle. D’ailleurs avant que ceux-là ne se<br />

livrent à un tel travail, Dieu en a prédit et dit: «ils voudraient,<br />

avec leurs bouches iteindre la lumière d’Allah, alors qu’Allah ne<br />

veut que parachever Sa lumière, au dépit des incrédules» [Coran<br />

IX, 32]. Car le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue-, en communiquant<br />

le Message, ne parlait pas sous l’empire de ses passions,<br />

et «ses paroles n’ont rien de personnel. Ce qu’il récite lui est<br />

révélé» [ Coran LUI, 3-4].<br />

Comment la révélation fut accomplie? /<br />

Si nous revenons au texte coranique on trouve quelle se fait<br />

par trois moyens comme Dieu l’indique: «Et qu’a l’homme; qu’Al­<br />

4


lah lui parle? A moins que par révélation, ou derrière un voile, ou<br />

qu’il envoie un ange, lequel ensuite révélé, par Sa permission, ce<br />

qu*Allah veut» [Coran XLII, 51]. A ce propos, Al-Hareth Ben<br />

Hicham rapporte qu’il demanda à VEnvoyé de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue-: «Comment te vient la révélation?» Il lui répondit:<br />

«Parfois elle m ’arrive comme un tintement de clochette, et<br />

cette façon m ’est la plus pénible, lorsqu’elle cesse je retiens alors<br />

ce que l’ange m ’a transmis. Et parfois l’ange se présente sous une<br />

forme humaine, il me parle et je saisis tout ce qu’il me dit». Aicha<br />

-que Dieu l’agrée- qui a rapporté ce hadith, a ajouté: «Je vis le<br />

Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- recevoir la révélation<br />

dans un jour où le froid était très vif, lorsque la révélation s’interrompit,<br />

son front ruisselait de sueur» (Rapporté par Boukhari).<br />

Ensuite, les versets ou les sourates, furent communiqués aux<br />

hommes qui les inscrivaient sur des feuilles de palmier, des morceaux<br />

de parchemin, dés os (omoplates des chameaux) etc... Et<br />

tout le Coran fut inscrit du vivant du Prophète -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue-, à l’inverse des Ecritures révélées avant lui, c’est à dire<br />

VAncien Testament et VEvangile, qui n’ont été transcrits qu’après<br />

l’écoulement des dizaines d’années après le départ des Prophètes,<br />

par les disciples et même les disciples des disciples, et ainsi ces<br />

Ecritures furent sujettes à clés ajouts ou des suppressions, tandis<br />

que le Coran subsiste dans sa forme originelle, car le Seigneur a<br />

veillé lui-même à ce qu’il soit préservé. Il devait être le livre qui<br />

abroge toutes les autres Ecritures étant le dernier qui renferme les<br />

ultimes enseignements et commandements qui allaient guider toute<br />

l’humanité pour l’éternité.<br />

Selon les exégètes et ulémas musulmans, le Coran fut descendu<br />

en une seule fois au ciel inférieur, puis révélé en fragments au<br />

Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- dans une période de 23<br />

années dans des circonstances précises ou suite à des questions ou<br />

dans des cas particuliers etc... Et voilà que quatorze siècles se sont<br />

écoulés où aucune lettre n’a été ni modifiée ni changée ni altérée.<br />

Le Coran demeurera ainsi éternellement authentique et inimitable.<br />

Le Seigneur l’a voulu pour sauvegarder Sa religion contre les intri­<br />

5


gues des ennemis qui essayent de falsifier les textes et de violer la<br />

substance du credo en vue de la modifier.<br />

A part son contenu essentiellement religieux, le Coran présente<br />

plusieurs aspects dont nous allons en parler brièvement en<br />

nous limitant à ces trois:<br />

1 - Aspect littéraire.<br />

Il se particularise par la beauté du style, la grâce d’expression<br />

et la puissance de la langue. Le peuple Arabe, malgré son éloquence<br />

innée, devait confronter un langage qui n'était ni de la<br />

prose ni de la poésie. Son ton est plus attirant que la poésie et<br />

plus éloquent que la prose.<br />

A.J Arberry, dans son ouvrage intitulé «The Quran interpreted»<br />

a déclaré: «Chaque fois que j ’entends le Coran psalmodié,<br />

je m ’imagine écoutant de la musique. Par delà le flot de mélodie<br />

qui s ’écoute, le battement persistant d’un tambour s’étend. C’est<br />

comme le battement de mon cœur».<br />

Le Coran a difïé les hommes qui vivaient à l’époque de Mouhammad<br />

-qu’Allah le bénisse et le salue- et ne cesse de les défier<br />

au fil des jours pour démontrer leur incapacité de produire quoi<br />

que ce soit de son texte. Dieu a montré cette incapacité par trois<br />

fois durant la révélation ou, si l’on peut dire, dans trois phases».<br />

La première quand II a dit: «Dis: Les hommes et les génies<br />

auraient beau se concerter respectivement pour produire un pareil<br />

Coran, qu’ils n’y parviendraient pas. S’associeraient-ils même?<br />

qu’ils ne le pourraient pas non plus» [Coran XVII, 88].<br />

La deuxième est celle-ci: «S’ils s’obstinent à dire que le Coran<br />

est une invention du Prophète réponds: «Composez seulement<br />

dix sourates semblables aux miennes. Et, pour cela, recourez à<br />

toutes les divinités que vous pourrez en dehors d’Allah, si vous êtes<br />

sincères» [Coran XI < 13].<br />

La troisième est la suivante: «Si vous avez le moindre doute<br />

sur ce que nous avons révélé à notre serviteur, tâchez de produire<br />

6


une sourate comme celle-ci et, pour cela, invoquez les intimes que<br />

vous vous êtes donnés en dehors d’Allah, si vous êtes de bonne foi»<br />

[Coran II, 23].<br />

Enfin, du point de vue littéraire, le Coran demeure toujours le<br />

Livre céleste inimitable qui n’a pas un précédent tant pour le style<br />

que pour la structure et le contenu. L ’éloquence des versets coraniques<br />

fut au-delà de la compétence humaine. A savoir qu’il fut révélé<br />

à une époque où il a surpassé un peuple réputé pour être<br />

maître dans la technique du discours et dans l’art de l’éloquence.<br />

2 - Aspect scientifique.<br />

Lorsqu’on considère que le Coran est un Livre d’ordre religieux<br />

en premier lieu, cela ne nous exempte pas de souligner son<br />

aspect scientifique. On y trouve plusieurs versets où Dieu exhorte<br />

et pousse l’homme à apprendre. Il me suffit de citer que le premier<br />

mot qui était révélé au Prophète -qu’Allah le bénisse et le saluefut:<br />

«LIS» car on ne peut acquérir une science sans lecture, même<br />

le Coran signifie, en arabe, la lecture par excellence.<br />

Bien qu’il n’a pas pour but de mettre en lumière les faits<br />

scientifiques en révélant tous les facteurs en jeu qui dominent la totalité<br />

phénoménale de notre monde et qui, à leur tour, sont soumis<br />

à un système rigoureux de lois.<br />

Si quelques notions scientifiques se trouvent en germe dans le<br />

Coran, les découvertes de nos jours ne font que les affirmer sans<br />

aucune contestation. Vu les différentes branches de la science et<br />

leur ampleur qui ne proviennent que de la grâce de Dieu, Il a simplifié<br />

cette importance en quelques mots en disant: «Parmi les<br />

hommes, seuls les savants craignent vraiment Allah» [ Coran<br />

XXXVI, 28], étant donné que ces savants-là, par leurs recherches<br />

e t découvertes, puissent constater les secrets de la création et<br />

croire en un seul Dieu créateur. Des réalités incontestables qui ne<br />

sont mentionnées en détail avec cette diversité que dans le Coran,<br />

tien que d’autres Ecritures ne contiennent qu’une minorité.<br />

Cela confirme toujours que ce Livre est purement céleste, aucun<br />

mortel n’y a pas participé à sa révélation, autrement les choses<br />

7


auraient été exposées d’une façon qui crée de doutes sur sa véracité.<br />

Dieu a dit à ce propos: «N’ont-ils jamais médité sur le Coran?<br />

Si ce livre venait d’un autre que d’Allah, ils y auraient relevé<br />

des nombreuses contradictions» [ Coran IV, 82].<br />

Mr. Youssef Mroué, dans son livre: «Les histoires naturelles<br />

dans le Coran» a pu relevé les différentes branches scientifiques<br />

qu’a mentionnées le Coran suivant ce tableau:<br />

Mathématique<br />

61 versets<br />

Physique<br />

264 versets<br />

Physique nucléaire<br />

5 versets<br />

Chimie<br />

29 versets<br />

Relativité<br />

62 versets<br />

Astronomie<br />

111 verset<br />

Climatologie<br />

20 versets<br />

Hydrologie<br />

14 versets<br />

Zoologie<br />

12 versets<br />

Agronomie et Botanique 21 versets<br />

Biologie<br />

36 versets<br />

Géophysique<br />

73 versets<br />

Ethnologie<br />

10 versets<br />

Géologie<br />

20 versets<br />

Cosmogonie et Cosmologie 36 versets.<br />

A ne pas oublier enfin que le Coran est le Livre céleste qui a<br />

parlé de la création de l’univers et celle de l’homme plus que les<br />

autres Ecritures.<br />

3 - Aspect social.<br />

Sur le plan social, le Coran, étant la base immuable de<br />

l’Islam, a créé une révolution mondiale et une civilisation grandiose.<br />

D ’un peuple quasi analphabète que formaient les arabes de la<br />

presqu’île, sans être très impressionnés par ceux qui l’entouraient<br />

ou aidés par un facteur extérieur, ils purent, grâce à ce Coran et<br />

ses enseignements, créer une grande civilisation reconnue comme<br />

étant l’une de plus célèbres de l’histoire. Car le Coran ouvre la fenêtre<br />

de la pensée, menant l’homme au cœur de la vérité. Il invite<br />

8


l’homme avec insistance à la réflexion, à la contemplation, au réalisme,<br />

à la libération de l’esprit des jours...<br />

Ce peuple nomade qui n’avait aucune conception de la civilisation,<br />

qui adorait les idoles et les statues, sortit de la péninsule dont<br />

le cœur rempli de foi pour.prêcher l’Islam, proclamer l’unicité du<br />

Seigneur et apporter à l’humanité une civilisation basée sur la fraternité<br />

et l’égalité. Cet essor inoui n’avait comme source que le<br />

Coran qui a imposé de nouvelles règles à la société qui lui assurent<br />

le salut dans les deux mondes.<br />

Parler du Coran, de ses mérites et de son importance, exige<br />

un ouvrage complet sans se contenter de ces quelques pages pour<br />

le présenter au lecteur avant d’entamer ma tâche principale qui se<br />

limite à la traduction de l’interprétation et l’explication des versets<br />

afin qu’il puisse connaître le Livre à fond.<br />

Pour s’acquitter de cette tâche, il fallait choisir une traduction<br />

du Coran pour l’adopter entre plusieurs'essais qui ont été accomplis<br />

par plusieurs à partir du siècle précédent. Comme les droits<br />

exclusifs de la traduction faite par Noureddine Ben Mahmoud reviennent<br />

à la maision d’édition «Dar El-Fikr», j ’ai du l’adopter<br />

bien qu’elle a été sujette à de plusieurs critiques. Cela ne n’a pas<br />

empêché de terminer ma mission car, au cours de la traduction, je<br />

me suis référé parfois à d’autres traductions qui, à mon avis, donnent<br />

le sens exact des versets et qui ont été mentionnés comme citations<br />

. A savoir aussi qu’au cours de mon travail, j ’ai pris des<br />

libertés avec le texte, mais dans des cas très limités, afin de faciliter<br />

la compréhension au lecteur et d’éviter des contradictions qui<br />

ne font que brouiller son esprit.<br />

Enfin, je demande à Allah de me pardonner si j ’ai commis des<br />

fautes par oubi ou par erreur, car c’est sur Lui que je compte, en<br />

Lui je m ’en remets et de Lui que je prends appui. Ma réussite ne<br />

dépend que d’Allah le Très Haut.<br />

Notre dernière invocation: «Louange à Allah, Seigneur des<br />

| mondes».<br />

f<br />

I-<br />

[


Au nom de Dieu le Miséricordieux le Très<br />

Miséricordieux<br />

«Nous t’envoyons ce Livre pour que tu expliques aux hommes ce qui<br />

leur a été révélé. Peut-être réfléchiront-üs») [Coran XVI, 44].<br />

«Dieu a reçu des gens d’Ecritures la promesse qu’ils divulgueraient<br />

leur Livre et ne le tiendraient pas caché») [Coran III, 187].


Sûratu-l-Fâtihha<br />

Makkiyya wa ’âyâtuha sab‘<br />

1 -Bismi-l^Lahi-Rahmâm-R-RaMin<br />

L’INTERPRETATION DE LA FATIHA<br />

Le sens de «Al-Basmala»<br />

An nom de Dieu le Miséricordieux, le Très Miséricordieux(l).<br />

Ibn Abbas -que Dieu l’agrée- a dit que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue- ne savait séparer entre les sourates que lorsqu’on<br />

lui révéla la «Basmala»: Au nom de Dieu le Miséricordieux le<br />

Très Miséricordieux.<br />

Les compagnons du Prophète ont débuté par elle le Livre de Dieu.<br />

Pour cela il est recommandé de la formuler avant tout acte ou parole,<br />

car l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Toute décision<br />

prise avant de formuler la basmala est amputée». Il est recommandé<br />

également de la formuler avant les ablutions en se référant à ce hadith:<br />

«Toute ablution faite sans formuler la basmala est nulle». Quant à sa<br />

prononciation avant l’égorgement des bêtes, elle est recommandée<br />

d’après Al-Chafé'i et obligatoire selon les opinions des autres. Elle est<br />

recommandée aussi avant de manger car le Prophète -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- a dit à un homme «Dis: Au nom de Dieu, mange de la<br />

main droite et prends de ce qui se trouve devant toi»(1). (Rapporté par<br />

Mousüm) Ainsi quand on veut avoir de rapports conjugaux d’après ce<br />

hadith: «Lorsque l’un d’entre vous, veut commercer avec sa femme, qu’il<br />

( 1 ) « ¿ L L l i * J T j J T j cA l r - i : J 5» J T V l ju *<br />

.(^ iw i *ljj )<br />

18


dise: «Au nom de Dieu! Mon Dieu, écarte le démon de nous et écarte le démon<br />

de ce que Tu vas nous accorder» Si un enfant devait se produire de<br />

cette copulation, le démon ne lui nuirait jamais»(1) (Rapporté par Boukhari<br />

et Momürn d’après Ibn Abbas).<br />

Dieu ou Allah: est le nom subime du Seigneur qui renferme toutes<br />

ses qualtiés, comme II a dit: (Il est Allah, n n’y a de Dieu que Lui. Il est<br />

celui qui connaît ce qui est caché et ce qui est apparent. Il est celui qui fait<br />

miséricorde, le Miséricordieux) [Coran LIX, 22], et tous les noms qui<br />

s’ensuivent dans les autres versets, sont des qualités et attributs. Il a<br />

dit: (Les plus beaux noms appartiennent à Dieu, Invoquez - Le par ces<br />

noms) [Coran VII, 180] et : (Dis: «Invoquez Dieu ou bien: invoquez le Miséricordieux.<br />

Quel que soit le nom sous lequel vous L’invoquez, les plus<br />

beaux noms lui appartiennent) [Coran XVII, 110],<br />

Il a été rapporté dans les deux Sahih: «Dieu a quatre vingt-dix-neuf<br />

noms, cent moins un, quiconque les retient, ou les dénombre- entrera au Paradis»(2)<br />

(Rapporté par Boukhari et Moustim d’après Abou Houraira).<br />

Le Miséricordieux, le Très Miséricordieux: (ou qui fait miséricorde):<br />

qui sont deux noms qui dérivent de la miséricorde dont le premier a un<br />

sens plus vaste. Comme certains prétendirent qu’ils ne le sont pas ainsi,<br />

Al-Qourtoubi répondit en disant: «Là preuve en est ce hadith divin:<br />

«Dieu a dit «Je suis le Miséricordieux, J’ai créé le lien de parenté et lui ai<br />

donné un dérivé de Mon nom(3). Quiconque le maintient Je le rapproche de<br />

Moi, et celui qui le rompt, Je rompts avec lui», un hadith qui ne laisse<br />

rien à dire»(4) (Rapporté par Tirmidzi).<br />

(1) jhh :Jlî £)t Jjl ùl *_Ju- jcs- -...Tj<br />

ûj<br />

OU» *«*»HLuj»-<br />

Cf' à*' ù* oljj) .llJjl ùUa-iit<br />

(2) .t*£>«Jl ■» ¿y ÂîL» iL—t


ibn Jarir a dit: «Le Miséricordieux» envers toutes ses créatures, et<br />

«qui fait miséricorde» ne concerne que les croyants. Pour cela Dieu a<br />

dit: (Le Miséricordieux se tient en majesté sur le Trône) [Coran XX, 5].<br />

Il a dit aussi: (Il est miséricordieux envers les croyants) [Coran<br />

XXXIII, 43].<br />

Bref, ce qu’il faut retenir consiste à savoir que Dieu avait qualifié<br />

l’homme par quelques uns de ses attributs, comme par exemple:<br />

«Celui qui entend» ou «Celui qui voit», mais II gardait pour lui-même le<br />

nom «Celui qui fait miséricorde».<br />

Alhamdu li-L-Lâhi Rabbi-l-‘âlamîn (2)<br />

Louange à Dieu, le Seigneur des mondes (2).<br />

Ibn Jarir a dit: «Louange à Dieu» est une reconnaissance envers<br />

Dieu seul en dehors de toutes Ses créatures car II est digne de cette<br />

louange pour ce qu’il a accordé à Ses serviteurs comme bienfaits que<br />

nul ne peut les dénombrer, et pour la création de l’homme de sorte<br />

qu’il puisse user de tous ses membres et accomplir tous les devoirs<br />

qui lui ont été imposés. Dieu avait dispensé largement Ses dons à Ses<br />

serviteurs dans le bas monde afin d’être reconnaissants envers Lui, et<br />

pour cela II leur ordonnait de Le remercier en disant: «Louange à<br />

Dieu», à savoir que ce terme signifie aussi un éloge dont le Seigneur<br />

s’en est loué Lui-même.<br />

L’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «La meilleure<br />

mention de Dieu consiste à dire: «Il n’y a d’autre divinité que Dieu»,<br />

la meilleure invocation est: «Louange à Dieu»(I) (Rapporté par Tirmidzi).<br />

Il a dit aussi: «Lorsque le serviteur reçoit un bienfait de Dieu et dit:<br />

«Louange à Dieu», ce qu’il donne est meilleur que ce qu’il a pris»(2)<br />

(Rapporté par Ibn Maja).<br />

(1) J-saiÎj làt M JÎ1}\ J-saiî» :JU


Ibn Omar a rapporté que l’Enovyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et<br />

le salue- a dit: «Un homme a dit: «O Seigneur , à Toi la louange comme<br />

il sied à 1a majesté de Ta Face et à la grandeur de Ton pouvoir». Les deux<br />

anges- qui accompagnent toujours l’homme et qui inscrivent ses bonnes et<br />

mauvaises actions- trouvèrent une difficulté dans son inscription. Ils montèrent<br />

au ciel et dirent: «Seigneur, un de Tes serviteurs a proféré des mots et<br />

nous ne savons pas comment nous devons les inscrire». Dieu leur demanda:<br />

«Qu’a dit Mon serviteur?» Ils répondirent: «Il a dit: «Seigneur , à Toi la<br />

louange comme il sied à la majesté de Ta Face et à la grandeur de Ton<br />

pouvoir» Dieu répliqua: «Inscrivez-les comme tels jusqu’à ce qu’il me rencontrera<br />

pour le récompenser»(1) (Rapporté par Ibn Maja).<br />

«Le Seigneur des mondes»: le Seigneur désigne celui qui peut disposer<br />

de tout ce qu’il possède: «Des mondes» un terme qui englobe tout<br />

ce qui se trouve dans cet univers excepté Dieu. Al-Farra‘ et Abou Oubaid<br />

ont dit «Le mot «monde» se rapporte à toutes les créatures qui<br />

sont douées d’intelligènce telles: les humains, les génies, les anges et<br />

les démons». Al-Zajjaj avait une opinion contraire et dit: «Il renferme<br />

tout ce que Dieu a créé dans ce bas monde et dans la vie future». Al-<br />

Qourtoubi était de l’avis de ce dernier et dit: «Le mot «mondes» englobe<br />

tout ce qui se trouve dans les deux mondes, car Dieu a dit:<br />

(Pharaon dit: «Qui donc est le Seigneur des mondes?» Moire dit: «C’est le<br />

Seigneur des deux et de la terre et de ce qui se trouve entre les deux. Si<br />

seulmenet vous le croyiez fermement) [Coran XXVI, 23-24].<br />

(1) ùtS” n i :Jlîi J-t- jjIp 4j)l Ui :Jli ajI jjjjjÊ¿I ks-j<br />

a'jj)<br />

(2) liÜ Ij : Jli 4>l jLp ¿j* Llp Ol» Jj*- ¿1 Jy*j Dl<br />

L ^ îL ï^ j UiS' bj-b ¿ I ^ L J L c J - s â « j tliliU aJ-v | tiiJ^^»J<br />

- Àl Jli tlt ;*^i jjtjf i S ^ îJLiL* Jli JS Ij l p ùj lijj b ;Vl» 11- ■<br />

«—>j Ij ¿JU :Jli l^ :Vli ?çsjlp Jli liL. . oJUp Jli Lj ^JpÎ<br />

^ î i ^UL ^ çsxp Jli UT UMSl :L«J ¿1 JUi (¿JblU- ¡Jâtj<br />

21<br />

• ( M * j i [ » ' j j )


Ar- Rahmâni- R- Rahîm(3)<br />

Le Miséricordieux, Celui qui fait miséricorde (3)<br />

Al-Qourtoubi a dit: «Dieu s’est qualifié de ces deux attributs après:<br />

«Le Seigneur des mondes» pour joindre l’exhortation à la crainte, et il<br />

tira argument de ce verset: (Informe Mes serviteurs que Je suis, en vérité,<br />

celui qui pardonne, le Miséricordieux et que Mon châtiment est le châtiment<br />

douloureux) [Coran XV, 49-50] et ce verset: (Ton Seigneur est<br />

prompt dans Son châtiment, H est aussi celui qui pardonne, Il est miséricordieux)<br />

[Coran VII, 165].<br />

L’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Si le<br />

croyant savait ce qu’il y a auprès de Dieu comme châtiment, nul n'aurait<br />

ambitionné le Paradis. Si l’incrédule savait ce qu’il y a auprès de Dieu<br />

comme miséricorde, nul ne serait déséspéré de Sa miséricorde»(1) (Rapporté<br />

par Mousüm).<br />

mâliki yawmi-d-dîn(4)<br />

Souverain au jour du jugement dernier (4)<br />

Dieu, étant «Le Seigneur des mondes», Il est donc le Souverain<br />

ou le Roi de ce monde présent et celui de l’au-delà où nul ne pourrait<br />

l’en disputer ou parler sans Sa permission comme II a dit: (... Us ne parleront<br />

pas sauf celui à qui le Miséricordieux l’aura permis et qui prononcera<br />

une parole juste) [Coran LXXV III, 38] et: (Le jour où cela arrivera, nul<br />

ne parlera, sans la permission de Dieu) [Coran XI, 105].<br />

Ibn Abbas a dit: «Le jour du jugement est le jour de compte final<br />

où toutes les créatures seront jugées selon leurs œuvres qu’elles<br />

avaient commises, si elles étaient bonnes, elles seront récompensées,<br />

si elles étaient mauvaises, elles seront châtiées à moins que Dieu ne<br />

les pardonne».<br />

(1) Aïisr ^ 4|l •Xif’ U ¡*J*i<br />

. ¿jA Jai L» J\ ¿j» ¿I JLP t*<br />

22


Le mot: «Souverain -ou Roi-» est un attribut qui se rapporte à<br />

Dieu seul, mais au figuré, on ie donne à des personnes qui sont au<br />

pouvoir. Il a été mentionné dans les deux Sahihs que l’Envoyé de Dieu<br />

-qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Dieu saisira la terre et pliera les<br />

cieux de Sa main, puis II dira: «Je suis le Souverain, où sont donc les rois<br />

de la terre? Où sont les tyrans? Où sont les orgueilleux?}/J) (Rapporté par<br />

Boukhari et Moustim).<br />

«Le jugement dernier» signifie la rétribution et le compte. Dieu, en<br />

parlant des hommes, a dit: (serons-nous jugés?) [Coran XXXVII, 53].<br />

L’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «L’homme<br />

sensé est celui qui juge soi-même et enivre pour la vie future»(2). (Rapporté<br />

par Ahmed Timàdzi et Ibn Maja) Omar -que Dieu l'agrée- a dit: «Jugez<br />

vous-mêmes avant d’être jugés».<br />

iyyaka na‘budu wa ’iyyâka nasta‘în(5)<br />

C’est Toi que noos adorons, c’est Toi dont nous Implorons le secours (5)<br />

L’adoration signifie humilité. D’après la loi religieuse, elle signifie<br />

l’amour idéal, la soumission, la crainte... On peut donc dire en interprétant<br />

ce verset: Nous n’adorons pas un autre Dieu que Toi et nous ne<br />

nous confions qu’en Toi, telle est la parfaite soumission. La religion est<br />

axée sur de ces deux sens: le premier est le désaveu du polytéhisme,<br />

et le second l’aveu qu’il n’y a ni puissance ni force qu’en Dieu à qui on<br />

confie notre sort. On trouve ce sens dans plusieurs versets du Coran<br />

tels que: (Adore-Le donc et confie-toi à hn) [Coran XI, 123] et: (Dis: «Lui<br />

le Miséricordieux, noos croyons en Lui, nous nous confions en Lui...) [Co-<br />

(1) frU-JI lSjJoîj A* tShk* Jy » j<br />

jf- Jjj) ¿¿î ŸOjjUJI ¿1jL» ¿¿î ¿1LJI ü! :J<br />

C'jtj*<br />

(2 ) ù*'j ùij j ) ^ y jj<br />

23


an LXVII, 29], Cela est comme un ordre donné au serviteur afin de<br />

s’adresser au Seigneur directement comme si on se trouve devant lui.<br />

Si l’adoration est le but que doit viser chaque croyant, la confiance<br />

en Dieu est le moyen pour y arriver. Peut-être on se demande: pourquoi<br />

un individu qui prie seul et récite ce verset dit: « C ’est Toi que<br />

nous adorons» au lieu de dire: «C ’est Toi que j’adore», la réponse est<br />

la suivante: Afin que l’homme ne se considère pas seul comme étant<br />

un adorateur de Dieu en dehors des autres, et d’autre part, pour que<br />

son invocation concerne aussi ses frères croyants.<br />

Par ailleurs, le terme «nous adorons» a un sens plus modeste<br />

d'humilité que de dire: «Nous t’avons adoré», car le serviteur ne cesse<br />

d’adorer le Seigneur tant qu’il est en vie, et parce que l’homme ne<br />

pourra pas, en vérité, adorer Dieu comme il sied à Sa Majesté.<br />

Malgré les qualtités idéales dont jouissait notre Prophète -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue- Dieu l’a appelé Son serviteur (à savoir qu’en<br />

langue arabe le mot serviteur dérive de l’adoration comme on le remarque<br />

dans les versets suivants: (Louange à Dieu qui se fait descendre<br />

le Livre sur Son serviteur) [Coran XVIII, 1] et (Quand le serviteur de Dieu<br />

s’est levé pour l’invoquer) [Coran LXXII, 19] aussi (Gloire à celui qui a<br />

fait voyager de nuit Son serviteur) [Coran XVII, 1j. Tels sont trois cas où<br />

Dieu a nommé Son Messager «un serviteur».<br />

ihdina-S-Srâta-l-mustaqîm(6)<br />

Montre-nous le chemin droit (6)<br />

Le chemin droit, en langue arabe, signifie le chemin clair où on ne<br />

rencontre aucune tortuosité. Du point de vue religieux plusieurs interprétations<br />

ont été données à son sujet à savoir qu’il s’agit toujours de<br />

suivre Dieu et Son Messager -qu’Allah le bénisse et le salue- On a dit:<br />

\<br />

- Il est le Livre de Dieu.<br />

- Il est l’Islam.<br />

- D’après Ibn Abbas: il s’agit de la religion de Dieu qui ne renferme<br />

aucune tortuosité.<br />

24


D’après Ibn Al-Hanafia: il est la religion de Dieu et aucune autre<br />

ne serait acceptée.<br />

- An-Nawas Ben Sem‘an a rapporté que l’Envoyé de Dieu -qu’AIlah<br />

le bénisse et le salue- a dit: «Dieu donne la parabole d’un chemin<br />

droit, tout au long de ses bords se trouvent deux murailles munies des portes<br />

ouvertes mais couvertes par des rideaux. Sur ce chemin, un homme se<br />

tient et s ’écrie: «O hommes! Empruntez ce chemin sans se dévier». Un autre<br />

crieur au-dessus de ce chemin, quand un homme essaie d’ouvrir l’une de<br />

ces portes, le met en garde en lui disant: «Malheur à toi». Ne l’ouvre pas.<br />

Si tu l’ouvres, tu dois y accéder». Or ce chemin n’est que l’islam, les deux<br />

murailles sont les limites de Dieu, les portes Ses interdictions, la personne<br />

sur le chemin est le livre de Dieu et le crieur d’en haut, le sermonneur de<br />

Dieu qui se trouve dans le cœur de chaque musulman» (Rapporté par Ahm<br />

ed /1 J.<br />

- Moujahed a dit: «Le chemin droit est la vérité», et cette interprétation<br />

parait être la plus logique qui ne contrarie par les autres.<br />

- Ibn Jarir dit: Le chemin droit est celui dont Dieu a agréé à Son<br />

serviteur qui s’y tient ferme après avoir reçu Ses bienfaits et qui les<br />

traduit en actes et paroles, qui sera parmi de ceux que Dieu a comblés<br />

de bienfaits, avec les Prophètes, les justes, les témoins et les saints,<br />

en le dirigeant vers l’Islam.<br />

On peut se demander: Pourquoi le croyant demande d’être dans<br />

la voie droite tant qu’il observe toujours la prière?<br />

La réponse: Le serviteur a besoin d’être guidé à chaque moment<br />

et vers le chemin droit et y rester. Dieu lui montre le moyen pour être<br />

toujours ainsi afin qu’il lui accorde le secours, la fermeté et la réussite,<br />

( 1 ) L l f f l ¿ i l ( J ( O l » * •» ¿jJ (J-I^J-ÜI)<br />

cSL>-j * jjï* » i_jIj j 'J î J ^ l i J » l J * a i\ < _jb<br />

i4-*w M : J l î >I^Vt ¿ X lj lxJjt ùl jIjI làl* J j i ¿y*<br />

< » 1 ;â » Il i_j|^ /illj i


en lui ordonnant d’être un vrài croyant. Il dit: (O vous croyez! Croyez en<br />

Dieu et en Son Prophète) [Coran IV, 136]. Cette croyance qui peut être<br />

traduite par la fermeté et la persévérance dans l’accomplissement des<br />

œuvres bonnes désignées. Et c’est Dieu qui est le mieux imformé.<br />

Sirâta-l-ladîna ’an‘amta ‘alayhim gayri-l-magdûbi ‘alayhim wala-ddâllîn(7).<br />

Le chemin de ceux envers qui Tu t’es montré généreux, non le chemin<br />

de ceux qui ont encouru Ta colère, non le chemin des égarés (7).<br />

Dans ce verset, Dieu précise ce chemin réservé aux gens vertueux<br />

comme le montre ce verset: (Ceux qui obéiront à Dieu et au Prophète,<br />

ceux-là, Dieu leur donnera pour compagnons-les élus de Sa Grâce,<br />

ses Prophètes, les justes, les martyrs et les vertueux. 11 n’y a pas de plus<br />

belle société) [Coran IV, 69]. Telle est aussi l’interprétation d’après Ibn<br />

Abbas qui déduit que cela ne pourra être acquis que grâce à l’adoration<br />

de Dieu et la soumission à Sa volonté.<br />

Ce verset de la sourate, distingue le chemin des vertueux que<br />

Dieu a comblés de ses bienfaits, de celui de ceux qui encourent la colère<br />

de Dieu qui sont dans l’égarement et qui ne sont plus dirigés vers<br />

la vérité.<br />

Selon les interprétations des exégétes, les premiers sont les juifs<br />

d’après ce verset: (Dieu a transformé en singes et en porcs ceux qu’il a<br />

maudits, ceux contre lesquels 11 est courroucé) [Coran V, 60] Quant aux<br />

derniers, ils sont les chrétiens comme Dieu les a mentionnés dans ce<br />

verset: (Qui se sont égarés autrefois et qui en ont égaré beaucoup d’autres<br />

hors du droit chemin) [Coran V, 77]. Ceci a été confirmé aussi par le hadith<br />

suivant: «Ady Ben Hatem a dit: « J ’ai demandé l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- au sujet de ceux qui sont désignés par<br />

ce verset: (Non le chemin de ceux qui ont encouru Ta colère), il me répondit:<br />

«Ils sont les juifs, quant aux égarés ils sont les chrétiens».<br />

Il est recommandé à celui qui récite la Fatiha de dire après:<br />

«Am en» qui signifie: «Exauce ma prière». Abou Houraira a rapporté:<br />

Quand l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- finissait la ré­<br />

26


citation de ce verset: (Non le chemin de ceux qui ont encouru Ta colère,<br />

non le chemin des égarés), il disait: «Amen» de sorte qu’il fasse entendre<br />

ceux qui se trouvaient au premier rang».<br />

De ce que cette sourate a renfermé<br />

Cette sourate formée de sept versets renferme: la louange à Dieu,<br />

Sa glorification, quelques uns de ses attributs, le rassemblement qui<br />

est le jour du jugement dernier, l’unicité de Dieu et Son adoration sincère,<br />

l’attestation qu’il est loin d’avoir un égal ou un pareil, la demande<br />

d’être dirigé vers le chemin droit afin d’y être affermi, de traverser le<br />

pont (Le sirat) et d’accéder au Paradis de délices pour être avec les<br />

Prophètes, les justes, les martyrs et les saints serviteurs.<br />

Elle renferme également l’exhortation à faire les bonnes œuvres<br />

afin d’en être bien rétribué au jour de la résurrection, et la mise en<br />

garde d’emprunter le chemin de l’égarement pour ne pas être rassemblé<br />

avec les égarés ~ët ceux qui ont encouru la colère de Dieu. Car<br />

il appartient à Dieu seul d’accorder les bienfaits et de diriger, celui qui<br />

Dieu égare, nul ne pourra le guider.<br />

Les «Qadarya» -qui renient le destin- et qui disent que les serviteurs<br />

choisissent et accomplissent eux-mêmes leurs œuvres, tirent argument,<br />

pour renforcér leur innovation, des versets qui peuvent prêter<br />

au doute, en laissant les fondamentaux, forment sans doute les gens<br />

qui se sont égarés et qui égarent.<br />

Selon un hadith authentifié, le Prophète -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- a dit: «Lorsque vous rencontrez ceux qui suivent les versets qui prêtent<br />

au doute, ils sont ceux que Dieu a désignés -Méfiez- vous d’eux». Car<br />

le Coran a bien distingué entre la vérité et l’erreur, la bonne direction<br />

et l’égarement, et ne contient ni contradiction ni disparité parce qu’il est<br />

une révélation d’un sage et digne de louanges.<br />

27


10-SOURATE DE JONAS<br />

109 vereset<br />

Révélée à La Mecque, à l ’exception des versets 40, 94, 95, et 96 révélés<br />

à Médine<br />

Bismi-L-Lahi-r-Rahmâni-r-Rahîm<br />

’Alif-Lam-ra tilka ’ayâtu-l-kitâbi-l-hakîmi (1) ’akâna-li-n-nâsi ‘ajaban ’an<br />

’awhayna ’ilâ rajulim minhum ’an ’andiri-n-nâsa wa bassiri-l-ladîna<br />

’a manû ’anna lahum qadama sidqin ‘inda rabbihim qâla-l-kâfirûna ’inna<br />

hâdâ lasâhirum mubînun (2).<br />

Au nom de Dieu le Miséricordieux le Très Miséricordieux.<br />

Alif. Lam.Ra. Voilà les versets du Livre et de la Sagesse (1) Qu’y-a-til<br />

d’étonnant à ce que nous ayons donné mission à l’un d’entre vous d’avertir<br />

ses semblables? Annonce à ceux qui croient qu’ils jouiront d’une sécurité<br />

idéale auprès de leur Seigneur. Les incrédules traitent cette mission de magie<br />

manifeste (2).<br />

Les opinions se sont controversées sur le sens du «Livre»: Selon<br />

Ai-DahaK, u s-agit au oorar, d c t iee. versets gonf renforcés, mais<br />

378


d’après Al-Hassan: il est le Pentateuque et les Psaumes. Qatada,<br />

quant à lui, déclare que ce sont tous les Livres révélés avant le Coran,<br />

bien que cette interprétation parait étrange.<br />

«Qu’y a-t-il d’étonnant?» Dieu réfuté les dires des incrédules qui<br />

ont trouvé cela comme étrange qu’un livre céleste soit révélé à un mortel<br />

parmi les hommes dont il est chargé de divulguer. On trouve cet<br />

étonnement dans d’autres versets où Dieu a parlé des peuples passés,<br />

comme par exemple des peuples du Houd et Saleh lorsque ceux-ci<br />

leur dirent: «Trouvez-vous étrange qu’un message vous parvienne de votre<br />

Seigneur par l’entremise d’un mortel comme vous» [Coran VII, 63], et que<br />

fut la réponse des impies parmi les Qoraïchites à l’appel de Mouhammad<br />

- qu’Allah le bénisse et le salue -: «Comment, il prétend réunir toutes<br />

les divinités en une seule? C’est vraiment là quelque chose<br />

d’extravagant» [Coran XXXVIII, 5].<br />

A ce propc/s Ibn Abbas a dit: «Lorsque Dieu a chargé Mouhammad<br />

- qu’Allah le bénisse et le salue - du message, les arabes le<br />

contestèrent et s’écrièrent: Dieu est plus grand d’envoyer un homme<br />

comme Mouhammad pour être son Prophète et porteur du message.<br />

Dieu leur répond: «Qu’y a-t-il d’étonnant à ce que nous ayons donné mission<br />

à l’un d’entre vous...».<br />

L’expression «qu’ils jouiront d’une sécurité idéale auprès de leur Seigneur»<br />

a suscité une controverse dans les opinions:<br />

Ibn Abbas a dit: C’est le bonheur aux croyants d’être déjà mentionnés<br />

auprès de Dieu dans plusieurs endroits du Livre.<br />

Al-'Oufi a déclaré: C’est la plus grande récompense grâce à leurs<br />

œuvres.<br />

Pour Moujahed, il s’agit des bonnes œuvres telles que les prières,<br />

le jeûne, les aumônes... par ailleurs ils bénéficieront de l’intercession<br />

du Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue -.<br />

Quant aux incrédules, ils disent de Mouhammad: «C’est un sorcier»<br />

bien que Dieu l’a choisi d’entre eux pour leur être un annonciateur<br />

et un avertisseur.<br />

379


’inn rabbakum u-L -L âhu-l-ladî halaqa-s-sam âw âti wa-l-’a rd a fí sittati<br />

’ayyâmin tumma-stawâ ‘alâ-l-‘arsi yudabbiru-l-’am ra m â m in safï‘in ’illâ<br />

mim ba‘di ‘idnihi d âlikumu-L-Lâhu rabbukum fa‘budûhu ’afalâ tadakkarûna<br />

(3).<br />

Votre maître est Allah qui a créé les cieux et la terre en six jours, qui<br />

a proclamé Sa souveraineté du haut du Trône et qui règle la marche de<br />

l’univers. Aucune interecession n’est possible auprès de Lui, sans son assentiment.<br />

C’est cet Allah qui est votre Seigneur. Adorez-Le. Finirez-vous par<br />

comprendre? (3).<br />

Dieu est certes le Seigneur de tout l’univers, a créé les cieux et la<br />

terre en six jours dont chaque jour équivaut à mille ans de ce bas<br />

monde comme nous allons en parler. Puis II s’est assis en majesté sur<br />

le Trône. Ce Trône qui est la plus magnifique des créations et la suprême,<br />

est fait d’un rubis rouge.<br />

«Qui règle la marche de l’univers» et dirige tout ce qu’il a créé avec<br />

attention «le poids d’un atome ne Lui échappe ni dans les cieux, ni sur la<br />

terre» [Coran XXXIV, 3] dont une affaire quelconque ne saurait le préoccuper<br />

d’une autre, ne se lasse plus d’exaucer Ses serviteurs qui demandent<br />

avec insistance, et aucune créature grande ou petite qu’elle<br />

soit sur les montagnes, dans les mers ou dans les cités et les déserts<br />

ne le distrait d’une autre car «il n’y a pas de créature sur terre qui n’attende<br />

d’Allah sa nourriture» [Coran XI, 6] et en plus: «Il n’est pas une<br />

molécule dans les entrailles de la terre, une brindille verte ou sèche qui ne<br />

soient dénombrées dans le sommier de la création» [Coran VI, 59],<br />

Les dires de Dieu: «aucune intercession n’est possible auprès de Lui<br />

sans son assentiment» ont des pareils dans le Coran par exemple ces<br />

versets:<br />

-«Qui donc peut intercéder auprès de Lui sans sa permission» [Coran<br />

II, 255].<br />

- «Combien d’anges dans les cieux dont l'intercession sera inefficace, à<br />

380


moins qu’elle n’ait été autorisée et ratifiée par Allah à son gré?» [Coran<br />

LIII, 26],<br />

- «Il n’admet aucune intervention si ce n’est celle qu’il autorise» [Coran<br />

XXXIV, 23].<br />

Puis II exhorte les hommes à L’adorer sans rien Lui associer et réprimande<br />

les idolâtres pour avoir reconnu d’autres divinités que Lui en<br />

dépit de toutes les preuves évidentes qu’il est le seul créateur.<br />

s j i ijju ^<br />

><br />

’ilayhi marji‘ukum jam ran wa‘da-L-Lâhi haqqan ’innahû yabda’û-l-halqa<br />

tumma yu‘îduhû liyajziya-l-ladîna ’a*manû wa amilû-s-sâlihâti bi-l-qisti<br />

wa-l-ladîna kafarû lahum sarâbum min hamîmin wa ‘adâbun ’alîmumbimâ<br />

kânû yakfuruna (4).<br />

Vous ferez tous retour à Lui, c’est là un arrêt irrévocable d’Allah.<br />

C’est lui qui crée les êtres et les ressuscite pour récompenser suivant leurs<br />

mérites ceux qui croient et pratiquent les bonnes œuvres. Les incrédules auront<br />

pour breuvage de l’eau bouillante et ils subiront un châtiment impitoyable<br />

pour prix de leur incrédulité (4).<br />

Toutes les créatures feront retour au Seigneur au jour de la résurrection<br />

sans aucune exception, car, comme II les a créées la première<br />

fois, Il les fera ressusciter et c’est une affaire qui Lui sera facile. Une<br />

fois jugés, chaque individu sera rétribué selon ses œuvres dans le bas<br />

monde, avec équité et sans être lésé.<br />

Quant aux incrédules, et à cause de leur impiété, «auront pour<br />

breuvage de l’eau bouillante» et seront exposés à un souffle brûlant sous<br />

une ombre de fumée chaude.<br />

ijx ij \jÿ v_yjj ,*,11 Jji>- jA<br />

381


huwa-l-ladî ja‘al-s-samsa diya’an wa-l-qamara mûran wa qaddarahû manâzila<br />

lita‘lamû ‘adada-s-sinîna wa-l-hisâba mâ halaqa-L-Lâhu dâlika ’illâ<br />

bi-l-haqqi yufassilu-l-’a yâti liqawmiy-ya‘lamûna (5) ’inna fî-htilâfï-1-<br />

layli wa-n-nahâri wamâ halaqa-L-Lâhu fi-s-samâwâti wa-l-’ard la ’a yâti-<br />

1-liqawmiy-yattaqûna (6).<br />

C’est lui qui a créé le soleil qui brille et la lune qui éclaire. C’est Lui<br />

qui a fixé les phases de celle-ci pour vous permettre de calculer les années<br />

et de mesurer le temps. Ce n’est pas sans but qu’Allah a créé tout cela.<br />

Nous multiplions nos signes pour ceux qui comprennent (5). Certes, dans la<br />

succession du jour et de la nuit et dans tout ce que renferment les cieux et<br />

la terre, il y a des signes pour ceux qui craignent Allah (6).<br />

Parmi les signes de Dieu qui montrent Son Omnipotence la clarté<br />

que diffuse le soleil pendant le jour, et la lumière de lune pendant la<br />

nuit, et l’une et l’autre de ces planètes ne sont pas identiques. Quant à<br />

la lune, elle commence à apparaître sous forme d’un croissant puis<br />

s’accroît jusqu’à devenir pleine, ensuite elle commence à se décroître<br />

pour revenir à l’état primitif un croissant. Ce phénomène est confirmé<br />

pas ce verset: «A la lune, nous avons assigné des phases successives aux<br />

termes desquelles elle est évidée comme un régime de dattes dégarni» [Coran<br />

XXXVI, 39]<br />

Donc grâce aux phases lunaires déterminées par Dieu, les gens<br />

peuvent connaître, les mois et les années, et grâce au soleil on connaît<br />

les jours «Ce n’est pas sans but qu’Allah a créé tout cela» telle est la vérité<br />

indéniable tout comme la création des hommes quand II dit: «Peutêtre<br />

pensiez-vous que vous aviez été créés sans but et que vous ne nous feriez<br />

jamais retour?» [Coran XXIII, 115]. Dieu expose les signes pour<br />

ceux aui savent et comprennent.<br />

Quant à la succession du jour et de la nuit, cela signifie qu’aucun<br />

intervalle les sépare comme le montre ce verset: «C’est Lui qui a engen­<br />

382


dré l’alternance rapide du jour et de la nuit» [Coran VII, 54]. Le Coran<br />

renferme une multitude de versets qui parlent de la création et qui sont<br />

des signes pour des gens qui les méditent et en tirent des preuves.<br />

’inna-l-ladîna lâ yarjûna liqâA’ana wa radû bi-l-hayâti-d-dunyâ watma’annû<br />

bihâ wa-l-ladîna hum ‘an ’ayâtina gâfilûna (7) ’ûla’ika ma’wâhumu-n-nâru<br />

bimâ kânû yaksibûna (8).<br />

Ceux qui oublient qu’ils doivent comparaître devant nous, qui s’abandonnent<br />

en toute quiétude aux plaisirs du siècle et qui négligent nos signes<br />

(7) Ceux-là auront l’enfer pour séjour en punition de leurs œuvres (8).<br />

Dieu parle des malheureux qui ne croient pas à Sa rencontre, qui<br />

sont satisfaits de la vie dans le monde d’ici-bas et qui y trouvent leur<br />

quiétude en jouissant des plaisirs du siècle sans jamais penser à l’audelà<br />

et qui sont restés indifférents aux Signes de Dieu. Ceux-là subiront<br />

le châtiment du Feu pour prix de leur incrédulité et leur indifférence.<br />

’inna-l-ladîna a'm anû wa ‘am ilû-s-sâlîhâti yahdîhim rabbuhum<br />

biT m ânihim tajrî min tahtihim u-l-’anhâru fî jannâti-n-na‘îmi (9)<br />

da‘wâhum fîhâ subhânaka-L-Lâhumma wa tahiyyatuhum fîhâ salâmun<br />

wa ’ahiru da‘wâhum ’ani-l-lhamdu li-L-Lâhi rabbi-l-‘âlamîna (10).<br />

Ceux qui croient et pratiquent les bonnes œuvres et que dirige leur<br />

connance en Alla», auront pour séjour des jardins arrosés d’eau vive, voués<br />

à la félicité (9). Us ne cesseront de s’exclamer: «Gloire à Toi Seigneur». Ils<br />

383


seront partout accueillis par le mot «Paix» Et leur exclamation finale sera:<br />

«Louange à Allah, le Maître des mondes» (10).<br />

A l’inverse des mécréants, ceux qui ont cru en Dieu et en Ses<br />

Prophètes, qui ont observé avec sincérité les enseignements, qui ont<br />

pratiqué de bonnes œuvres, leur foi les a dirigés vers la bonne fin et le<br />

Seigneur les guidera au jour de la résurrection afin de pouvoir franchir<br />

le pont qui les mènera au Paradis. Leur foi, d’après Moujahed, leur servira<br />

de lumière pour être toujours sur la voie droite.<br />

Ibn Jouraïj a dit: «Les bonnes œuvres seront représentées à leurs<br />

auteurs par un être d’une forme et apparence magnifiques. L’homme<br />

demandera alors: «Qui es-tu?» La réponse sera: «Je suis tes œuvres»;<br />

une lumière lui éclairera la route devant lui afin de pouvoir accéder<br />

au Paradis.<br />

Les mauvaises œuvres des impies seront représentées par un<br />

être à mauvaise apparence et une odeur puante, qui ne se séparera<br />

de l’incrédule qu’après l’avoir précipité dans l’enfer.<br />

L’invocation des croyants au Paradis sera: «Gloire à Toi Seigneur»<br />

leur salutation sera: «Paix» et à la fin de toute invocation ils diront:<br />

«Louange à Allah, le Seigneur des mondes» et Ibn Joura'ij de commenter:<br />

«On m’a rapporté que lorsqu’un oiseau passera par eux et ils le désirent,<br />

ils diront: «Gloire à Toi Seigneur» et un ange leur apportera ce<br />

qu’ils désirent: Il les saluera et ils lui répondront le salut, voilà le sens<br />

de la salutation «Paix». Une fois le repas terminé ils s’écrieront:<br />

«Louange à Allah, Seigneur des mondes».<br />

Le mot: «Paix» sera entendu partout dans le Paradis comme le<br />

confirment ces quelques versets: «Le jour de leur comparution devant<br />

Allah, ils seront accueillis par le mot: «Paix» [Coran XXXIII, 44] «Seulement<br />

retentiront les mots: «Paix, paix» [Coran LVI, 26] et «Les anges accourront<br />

à leur rencontre de tous côtés. «Que le salut soit pour vous»<br />

[Coran XIII, 23-24],<br />

Quant à leur dernière exclamation: «Louange à Allah, le Maître des<br />

mondes» est une preuve et une exhortation à ne louer que Dieu seul,<br />

Lui, qui s’est loué quand il a commencé Sa création, au début de Son<br />

Livre et lors de la révélation. Il a dit: «Béni soit Allah qui a révélé le Li­<br />

384


vre à Son Serviteur» [Coran XVIII, 1] et: «Louange à Allah qui a créé les<br />

deux et la terre» [Coran VI, 1] à savoir qu’on rencontre un bon nombre<br />

de versets qui renferment des louanges à Dieu.<br />

Il a été rapporté dans un hadith: «Les bienheureux du Paradis seront<br />

inspirés par les formuels de louange et de glorification tout comme<br />

on leur accorde la respriation». Cela sera du aux bienfaits et faveurs<br />

qu’ils y recevront et, par la suite, ils loueront Dieu et le glorifieront, et<br />

cela durera l’éternité car les faveurs divines ne seront jamais interrompues.<br />

walaw y‘ajjilu-L-Lâhu li-n-nâsi-s-sarra-sti‘jâlahum bi-l-hayri laqudiya<br />

’ilayhim ’ajaluhum fanadaru-l-ladîna lâ yarjûna liqa’anâ fî tugyânihim<br />

ya'mahûna.<br />

Si Allah prodiguait le mal avec la même facilité qu’il prodigue le bien,<br />

les hommes auraient tôt fait d’arriver à la fin de leurs jours. Nous laisserons<br />

se débattre dans l’impiété ceux qui n’espèrent plus se rencontrer avec<br />

Allah (11).<br />

Ce verset montre sans doute la mansuétude et la clémence de<br />

Dieu envers Ses serviteurs. Il connaît l'état d’esprit des parents quand,<br />

au moment de la colère appellent la malédiction sur leurs enfants, et<br />

c’est pourquoi II ne les exauce pas, par pitié et par compassion. Mais<br />

s’il s’agit d’une invocation en leur faveur^pour leur accorder du bien, Il<br />

les exauce. Il a dit: «Si Allah prodiguait le mal avec la même facilité qu’il<br />

prodigue le bien, les hommes auraient tôt fait d’arriver à la fin de leurs<br />

jours». Cela signifie que si Dieu hâtait l’exaucement, le terme de la vie<br />

des hommes aurait été décrété.<br />

A ce propos il ne convient pas d’appeler le mal ou la malédiction,<br />

en se conformant à ce hadith rapporté par Jaber où (’Envoyé de Dieu<br />

- qu Anah le bénisse et le salue - a dit: «Ne demandez p as le m al pour<br />

vous-mêmes ni pour vos enfants, et ne le demandez p a s non plus pour vos<br />

385


iens de peur que votre invocation ne tombe sur un moment d’exaucement»<br />

(Rapporté par Al-Bazzar et Abou Daoud)111.<br />

Ce verset est pareil aux dires de Dieu: «L’homme appelle le mal<br />

avec la même facilité que le bien» [Coran XVII, 11] par exemple lorsque<br />

l’un des parents demande à Dieu de maudire son fils, tout comme il<br />

L’invoque pour lui accorder de Ses bienfaits.<br />

wa ’id â massa-l-’insâna-d-durru da‘anâ lijambihT ’aw qa‘idan ’aw<br />

q a ’iman falammâ kasafnâ ‘anhu durrahû marra ka’a-l-lam yad‘uma ’ilâ<br />

durrim-massahû kadâlika zuyyina li-Î-musrifîna mâkânû ya'malûna (12).<br />

Qu’un malaise surprenne l’homme et le voila qui nous appelle à son<br />

aide, quelle que soit sa position, couché, assis, ou debout. A peine l’en<br />

avons-nous délivré, le voilà qui retourne à ses occupations comme si de rien<br />

n’était. C’est ainsi que la laideur de leurs actions échappe aux ingrats (12).<br />

Une fois l’homme affligé ou se trouvant dans la gêne il n’a recours<br />

qu’aux invocations qu’il adresse à Dieu qu’il soit couché sur le côté, assis<br />

ou debout. Lorsque Dieu le délivre de cette fâcheuse situation et le<br />

comble de ses bienfaits, le voilà cet homme qui se détourne, s’éloigne<br />

de Dieu et passe comme s’il ne Lui a appelé. Voilà un acte d’ingratitude<br />

que Dieu méprise, Il réprimande par ailleurs toute personne dont<br />

l’un de ses caractères est la méconnaissance en disant: «C’est ainsi<br />

que la laideur de leurs actions échappe aux ingrats» Seuls les croyants<br />

sincères sont exceptés.<br />

L’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: «Comme<br />

.«Ut ¿y ^ jÂj<br />

386


c’est étonnant le cas du croyant à qui Dieu ne décrète que le bien: S ’il est<br />

atteint par un malheur il se résigne et ceci est un bien pour lui. S ’il éprouve<br />

de la joie, il est reconnaissant et ceci est un bien pour lui. Cela n ’arrive<br />

qu’au croyant» (Rapportépar Ahmed)[1].<br />

walaqd ’ahlaknâ-l-qurûna min qabalikum lammâ zalamû wa j a ’athum<br />

rusuluhum bi-l-bayyinâti wamâ kânû liyu’minû kadâiika najzî-l-qawma-1-<br />

mujrimîna (13) tumma ja‘alnâkum halâ’ifa fî-l-’ardi min ba‘dihim<br />

linanzura kayfa ta‘malûna (14).<br />

Nous avons anéanti les générations qui vous ont précédés pour les punir<br />

de leur injustice. Nous ne les avons anéantis, en effet, qu’après leur<br />

avoir fait parvenir nos signes par l’entremise des Prophètes et avoir désespéré<br />

de les convertir. C’est ainsi que nous châtions les coupables, (13).<br />

Nous vous avons appelés à prendre leur place sur terre pour voir comment<br />

vous vous comporterez (14).<br />

Dieu a anéanti les générations passées pour avoir traité leurs Prophètes<br />

des menteurs et sans croire à leurs messages. Puis il les a<br />

remplacées par d’autres peuples, leur a envoyé un Prophète pour voir<br />

comment ils se comporteront vis-à-vis de lui.<br />

Moslim a cité ce hadith: «Le bas monde est agréable et verdoyant,<br />

Dieu vous y a faits des lieutenants pour voir comment vous vous comporterez.<br />

Redoutez le bas monde et redoutez les femmes car les femmes étaient<br />

(1) jf^ai oUJ 01 CllS” Vl frUa i aJ ¿1 ^ a  i V L>*p»<br />

•'Jj «o-J—u ^ ^ W - ùlS" écjlJ à\) \ ^ j ïr<br />

387


la première sédition qu’ont subie les fils d ’Israël» (Rapporté par Mouslim)111.<br />

wa ’idâ tutlâ ‘alayhim ’a* yâtunâ bayyinâtin qâla-l-ladîna lâ yarjûna liqâA’anâ’ti<br />

bi qur’ânin gayri hâda ’aw baddilhu qui mâ yakûnu lî ’an<br />

’ubaddilahû min tilqàA’i nafsî ’in ’attabi‘u ’illâ mâ yuha~ ’ilayya ’innî<br />

’ahâfu ’in ‘asaytu rabbi ‘adâba yawmin, ‘azîmin (15) qui law sa ’a-L-Lâhu<br />

mâ talawtuhû ‘alaykum walâA ’adrâkum bihî faqad labittu fîkum<br />

‘umura-m-min qabliKf ’afalâ ta‘qilûna (16).<br />

Lorsqu’on récite nos versets à ceux qui espèrent ne pas se rencontrer<br />

avec nous, ils disent: «Apporte-nous un autre Livre que celui-ci ou bien modifie-le».<br />

Réponds: «Je n’ai pas le pouvoir de le modifier moi-même. Je ne<br />

fais que suivre ce qui m’a été révélé. Je crains, si je désobéissais, que mon<br />

Maître ne me châtie durement» (15) Dis: «Si Allah l’avait voulu, je ne vous<br />

aurais pas récité le Livre et H ne vous l’aurait pas fait connaître. Je suis<br />

bien resté parmi vous près de la durée d’une vie sans le faire. Finirez-vous<br />

par réfléchir?»(16).<br />

Dieu montre l’obstination des incrédules parmi les idolâtres des<br />

Qoraïchites qui Le renient et se détournent de Ses versets. Toute les<br />

fois que l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - leur récitait<br />

du Coran qui contient les preuves évidentes et les signes irréfutables,<br />

ils lui répondaient: «Apporte-nous un autre Coran ou change celui-ci».<br />

l ù Jèkà 4l)\ il)lj liijL>- LjjJt ù}l jtov/î ^<br />

• ^ iVs" Ljjjl i<br />

388


Dieu ordonne à Son Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - de leur<br />

dire: «Je n’ai pas le pouvoir de le modifier moi-même» et il ne m’appartient<br />

pas de le changer de mon propre chef, je ne suis qu’un serviteur<br />

et un envoyé qui ne fait que divulguer le message. «Je ne fais que suivre<br />

ce qui m’a été révélé. Je crains, si je désobéissais, que mon Maître ne<br />

me châtie durement».<br />

Puis pour leur montrer la véracité de son message, il leur dit: «Si<br />

Allah l’avait voulu, je ne vous aurais pas récité le Livre et II ne vous l’aurait<br />

pas fait connaître» Donc ce que je vous communique émane de la<br />

volonté de Dieu. La preuve que je ne l’ai pas inventé ni l’ai forgé, c’est<br />

que vous êtes incapables de le contredire ou de l’imiter. Par ailleurs,<br />

vous connaissez bien ma sincérité et ma loyauté car durant les années<br />

que j’ai passées parmi vous jusqu’au moment où mon Seigneur à Lui<br />

la puissance m’a chargé de cette mission vous ne m’avez rien imputé<br />

de mensonge. «Finirez-vous par comprendre?» Ce qui signifie en d’autre<br />

terme: «fl’avez pas une raison pour discerner la vérité de l’erreur?.<br />

Dans l’entrevue qui eut lieu entre Héraclius le roi des Romains et<br />

Abou Soufian (au pays de châm), Héraclius lui demanda: «Le traitêzvous<br />

de menteur avant qu’il ne tienne de tel propos (c.à.d. le message)?<br />

- Non, répondit Abou Soufian. A savoir que ce dernier était un<br />

du chefs des idolâtres incrédules à Qoraïch, et malgré tout il n’a pu<br />

que dire la vérité. Et Héraclius de répliquer: «Car je savais qu’il ne<br />

mentait pas aux gens et en même temps à Dieu».<br />

De même, lors de la première émigration des musulmans à l’Ethiopie,<br />

Ja“far Ben Abi Taleb a dit à Négus: «Dieu nous a envoyé un Prophète<br />

que nous connaissons déjà sa sincérité, sa lignée et sa fidélité»<br />

On cite à ce propos que l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le<br />

salue - avait passé quarante ans parmi les Qoraïchites avant le message.<br />

»<br />

389


faman ’azlamu mimman-i-ftarâ ‘alâ-L-Lâhi kadiban ’aw k ad d aba<br />

bi’ayâtihi ’innahû lâ yuflihu-l-mujrimûna (17).<br />

Qui est plus coupable que celui qui colporte des mensonges sur le<br />

compte d’Allah ou qui traite Ses signes d’imposture? Allah n’est pas favorable<br />

aux coupables (17).<br />

Qui est plus inique que celui qui forge de mensonges contre Dieu<br />

et prétend qu’il est l’envoyé de Dieu alors que Dieu ne l’a pas chargé<br />

du message? Il n’y a plus de péché qui soit plus énorme que celui-ci.<br />

C’est une réalité qui n’est pas méconnue même des ignorants, comment<br />

donc serait-ce s’il s’agit d’un Prophète? Quiconque le traite de<br />

menteur, renie son message, doit présenter des preuves pour corroborer<br />

ses présomptions, bien que la différence entre la piété et la perversité<br />

est aussi claire que le soleil?<br />

A cet égard on cite les dires de Abdullah Ben Salam:<br />

«Lors de l’arrivée de (’Envoyé de^Dieu - qu’Allah le bénisse et le<br />

salue - à Médine, j’étais parmi les gens qui se sont cachés. Mais dès<br />

que j’ai scruté son visage je constatai qu’il n’était pas un imposteur.<br />

Les premiers propos que j’ai entendus de sa bouche: «O hommes!<br />

Enoncez le salut à haute voix et répandez la paix, donnez à manger aux<br />

pauvres, maintenez vos liens de parenté et faites la prière nocturne alors<br />

que les gens dorment. Faisant tout cela, vous entrerez au Pardis en paix»<br />

Dimam Ben Tha'laba vint auprès de l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le<br />

bénisse et le salue - alors qu’il se trouvait parmi des hommes de Bani<br />

Sa‘d Ben Bakr. Entre autres paroles qu’ils ont échangées, Dimam lui<br />

demanda: «Qui a élevé le ciel?» - Dieu, répondit-ll - Qui a dressé ces<br />

montagnes?» - Dieu. - Qui a aplani cette terre? - Dieu. Et Dimam de<br />

conclure: «Par celui qui a élevé le ciel, dressé les montagnes et aplani<br />

la terre, est-ce bien Dieu qui t’a envoyé vers tous les hommes? - Par<br />

le grand Dieu, oui, répliqua le Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue<br />

-» Puis il lui demanda de lui parler de la prière, du jeûne, de la zakat<br />

et du pèlerinage et exigea de jurer par Dieu pour le croire. A toute<br />

réponse, Dimam disait: «Tu dis vrai. Par celui qui t’a envoyé par la vérité,<br />

je n’ajoute rien à ces pratiques et je n’en diminue rien». Dimam<br />

ainsi eue ps»r


D’autre part, quand Amr Ben AI-‘As se rendit chez Mousailama,<br />

qui était son ami du temps de l’ignorance (Jahiliah) et avant que ‘Amr<br />

n’embrasse l’Islam, Moussailama lui dit: «Malheur à toi ô Amr, qu’a reçu<br />

comme révélation ton compagnon (l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le<br />

bénisse et le salue -) durant cette période?. Il lui répondit: «J’ai entendu<br />

ses compagnons réciter une sourate qui est très courte mais qui a<br />

un grand mérite» - Quelle est cette sourate? redemanda Moussailama.<br />

Amr de répondre: «Elle est ceHe-ci: «Je prends le Siècle à témoin que les<br />

hommes courent à leur perte» [Coran Clll]. Moussaïlma garda le silence<br />

pour un court laps de temps, puis dit: «Et moi aussi j’ai reçu une révélation<br />

pareille» - Quelle est cette révélation? demanda Amr. - Il répliqua:<br />

«Elle est la suivante: «O wabar, ô Wabar, tu n’es que poitrine et<br />

des oreilles etc...», (une invention de chez lui qui n’a aucun sens).<br />

«Comment la trouves-tu ô Amr?» Et ‘Amr de s’écrier: «Par Dieu, tu<br />

connais bien que je sais que tu mentes».<br />

j<br />

Si c’était le cas d’un idolâtre (Amr Ben AI-‘As) qui a pu discerner<br />

l’erreur de la vérité et constater la sincérité de Mouhammad - qu’Allah<br />

le bénisse et le salue - et d’un autre qui prétendait être un Prophète,<br />

comment devront se comporter les hommes sensés et perspicaces?<br />

Voilà pourquoi Dieu a dit: «Qui est plus coupable que celui qui colporte de<br />

mensonges sur le compte d’Allah ou qui traite ses signes d’imposture? Allah<br />

n’est pas favorable aux coupables» Ainsi sera le cas de celui qui renie et<br />

réfuté les messages qu’ont apportés les Prophète où nul n’est plus injuste<br />

que lui. Il est cité dans un hadith que le Prophète - qu’Allah le bénisse<br />

et le salue - a dit: «Le plus coupable aux regards de Dieu serait un<br />

homme qui a tué un Prophète ou qu’un Prophète a tué».<br />

wa ya'budûna min dûm-L-Lâhi ma lâ yadurruhum walâ yanfa‘uhum wa<br />

391


yaqûlûna ha? ’û la ’i sufa‘a ’unâ ‘inda-L-Lâhi qui ’atunabbi’ûna-L-Lâha<br />

bimâ lâ ya‘lamu fî-s-samâwâti walâ fî-l-’ardi subhânahû wa ta‘âlâ ‘ammâ<br />

yusrikûna (18) wamâ kâna-n-nâsu ’ilia" ’ummatan wâhidatan fahtalafû<br />

walawlâ kalimatun sabaqat mi-r-rabbika laqudiya baynahum fîmâ fîhi<br />

Yahtalifûna (19).<br />

A côté d’Allah, ils adorent des idoles qui ne peuvent les servir ni en<br />

bien ni en mal. Ils disent: «Ces idoles, voilà nos intercesseurs auprès d’Allah»<br />

Réponds: «Allez-vous apprendre à Allah ce qui se passe dans les cieux<br />

et sur la terre? Gloire à Lui, le Très-Haut, qui n’a pas d’associé» (18) A<br />

l’origine, les hommes ne formaient qu’un seul peuple. Par la suite, ils se divisèrent.<br />

Si ton Seigneur ne s’était pas engagé à différer leur châtiment, Il<br />

aurait déjà mis fin à leur division (19).<br />

Dieu désavoue le faire des idolâtres qui adorent en dehors de Lui<br />

des idoles croyant que leur intercession serait agréée de Dieu. Ces<br />

idoles, comme II leur dit, ne sont bonnes à rien: elles ne possèdent<br />

quoi que ce soit, ne sont pas utiles et ne nuisent pas. Comment donc<br />

persévèrent-ils dans leur obstination et leur ignorance?. Il leur blâme:<br />

«Allez-vous apprendre à Allah ce qui se passe dans les cieux et sur la<br />

terre?» Puis II s’élève au-dessus de ce qu’ils présument: «Gloire à Lui,<br />

le Très-Haut, qui n’a pas d’associé».<br />

Ce polythéisme que les hommes ont inventé n’existait pas dans le<br />

temps, et ils suivaient tous une seule religion qui est l’Islam, qui signifie<br />

la soumission à un Dieu unique.<br />

A ce propos Ibn Abbas a dit: «Dix générations séparent entre la<br />

mort d’Adam et Noé durant lesquelles elles ne suivaient que l’Islam.<br />

Puis les hommes se sont divisés et certains d’entre eux ont adoré les<br />

idoles, les stautes et les autres objets d’idolâtrie. Dieu envoya alors<br />

Ses Prophètes appuyés par les signes clairs et les preuves indéniables.<br />

«Désormais, ceux qui périront, périront avertis et ceux qui vivront, vivront<br />

avertis» [Coran VIII, 42].<br />

«Si ton Seigneur ne s’était pas engagé à différer leur châtiment, Il aurait<br />

déjà mis fin à leur division». En d’autres termes, si une Parole du<br />

Seigneur n’était pas intervenue auparavant qui n’est autre que l’avertissement.<br />

une décision concernant leur division aurait été prise. Mais le<br />

terme de chacun est fixé et ne s e r a ju g é q u ’ a p r è s a v o ir p ris connais-<br />

392


sance des enseignements. Après cela chacun sera rétribué selon ses<br />

actions.<br />

wa yaqûlûna lawla ’unzila ‘alayhi ’a yatum-mi-r-rabbihî faqul ’innamâ-lgaybü<br />

li-L-Lâhi fantazirîî ’innî ma‘akum mina-l-muntazirîna (20).<br />

Us disent: Si seulement son Seigneur l’autorisait à faire un miracle!<br />

Réponds: L’inconnu dépend d’Allah. Attendez, et moi aussi j’attendrai avec<br />

vous (20).<br />

Ces obstinés rebelles disaient: «Si seulement on avait fait descendre<br />

sur Mouhammad un signe de la part de Son Seigneur, tout comme<br />

Il a envoyé fa chamelle à Thémoud , ou bien qu’il transforme le mont<br />

Safa en uhe masse d’or, ou encore de déplacer les montagnes qui entourent<br />

La Mecque pour les substituer en des jardins où coulent les<br />

ruisseaux, bref tout ce qui est dans le pouvoir de Dieu... Qu’ils sachent<br />

donc que Dieu est sage dans Ses agissements et ses décisions. Dans<br />

un autre verset Dieu avait répondu aux demandes des idolâtres: «Béni<br />

soit Celui qui peut te donner beaucoup plus encore que ce qu’ils réclament<br />

pour toi? qui peut te donner des jardins arrosés d’eau vive et des palais»<br />

[Coran XXV, 10]. Et Dieu a deviné que la requête des polythéistes n’a<br />

été émanée que de leur rebellion en donnant comme exemple les peuples<br />

passés, quand II a dit: «Si nous ne faisons plus de miracles c’est que<br />

les générations passées n’y ont pas cru» [Coran XVII, 59].<br />

Dieu précise: Mon comportement envers Mes créatures consiste<br />

en ceci: Si Je leur présente ce qu’ils demandent, ils doivent y croire sinon<br />

Je les infligerai un châtiment. Voilà pourquoi l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue - a préféré ne plus demander à son Seigneur<br />

de leur produire de miracles afin de leur accorder un délai pour<br />

croire, autrement ils auraient subi un châtiment imminent.<br />

Il a inspiré Son Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - de leur<br />

répondre: «L’inconnu dépend de Dieu» qui connaît parfaitement les<br />

c o n séq u e n c e s. Il leur Hit: «Attende*, et moi aussi j’ attendrai avec vous».<br />

393


En d’autres termes, si vous ne croyez que Irosque vous voyez les signes<br />

et miracles de.Dieu, attendez la décision de Dieu qui porte sur<br />

vous et moi. En leur répondant par ces propos il savait bien que s’ils<br />

avaient réclamé ces miracles dans le but de croire, il se serait adressé<br />

à Dieu de l’exaucer, mais il était quasiment sûr de leur rebellion et leur<br />

obstination et il les a laissés attendre.<br />

Dieu dans d’autres versets l’a bien montré en disant par exemple:<br />

«Nous aurions beau leur ouvrir les portes du ciel» [Coran XV, 14] et:<br />

«Verraient-ils un pan du ciel tomber» [Coran LII, 44] et aussi: «Nous aurions<br />

beau t’envoyer du ciel un véritable Livre que chacun pourrait palper<br />

de ses mains, que les infidèles crieraient encore à la sorcellerie» [Coran VI,<br />

7]-<br />

De gens comme ceux-là on n’espère aucun bien à cause de leur<br />

perversité et leur corruption, c’est pourquoi il leur dit à la fin: «Attendez,<br />

et moi aussi j’attendrai avec vous». j<br />

wa ’ida ’adaqnâ-n-nâsa rahmatam-mim- ba‘di darrâ’a massathum ’idâ<br />

lahum makrun fî ’ayâtinâ qul-i-L-Lâhu ’asra'u makran ’inna rusulanâ<br />

yaktubûna mâ tamkurûna (21) huwa-l-ladî yusayyirukum fî-l-barri wa-1-<br />

bahri h atta ’idâ kuntum fî-l-fulki wa jarayna bihim birîhin tayyibatin<br />

wa farihû bihâ j a ’athâ rîhun ‘âsifun wa ja ’ahumu-l-mawju min kulli makânin<br />

wa zanriïï ’annahum ’uhîta bihim da‘û-L-Lâha muhlisîna lahu-ddîna,<br />

la’in ’anjaytanâ min hâdihî lanakûnanna lïlixia-s-sâlôrîlia. (22) falaitl-<br />

394


ma ’anjâhum ’idâ hum yabgûna fî-l-’ardi bigayri-l-haqqi ya ’ayyuhâ-nnâsu<br />

’innamâ bagyukum ‘ala ’anfusikum matâ‘a-l-hayâti-d-dunyâ tumma<br />

’ilaynâ marji‘ukum fanunabi’ukum bimâ kuntum ta‘malûna (23).<br />

En vain, faisons-nous sentir notre compassion aux hommes lorsqu’un<br />

malheur les frappe. A l’instant même, ils nous dénigrent. Dis: Allah est encore<br />

plus promt à réprimer ceux qui Le dénigrent. Vos dénigrements sont<br />

consignés par nos anges (21). C’est grâce à Lui que les hommes peuvent aller<br />

sur terre et sur mer. La barque sur laquelle ils sont montés est-elle<br />

poussée par un vent favorable? ils se réjouissent. Mais un vent contraire se<br />

déchaîne-t-il et des vagues se lèvent-elles qui l’assaillent de tous côtés et la<br />

mettent en péril? Les voila qui implorent Allah de toutes l’ardeur de leur<br />

foi et s’écrient: «Si tu nous arraches à ce péril, nous t’en garderons une<br />

vive reconnaissance» (22) Mais à peine les a-t-Il sauvés qu’ils commettent<br />

les mêmes injustices? O hommes, vos injustices retomberont sur vous. La<br />

vie de ce monde est éphémère. C’est à nous que vous ferez retour. Nous<br />

vous rappellerons tout ce que vous avez fait (23).<br />

Lorsque Dieu fait goûter aux hommes une miséricorde après<br />

qu’une affliction les a touchés telle qu’une aisance à la suite* d’une<br />

gêne, une fécondité après une disette ou une pluie après une sécheresse,<br />

voilà qu’ils stratégient contre Ses signes, en s’en moquant et reniant,<br />

comme a précisé Moujahed.<br />

«Dis: «Allah est encore plus prompt à réprimer ceux qui JLe dénigrent»<br />

c’est à dire II leur accorde un certain répit de sorte qu’ils croient qu’ils<br />

ne seraient plus châtiés, et dans un moment d’inattention II les prendra<br />

avec force, à savoir qu’entre-temps les anges scribes inscrivaient toutes<br />

leurs actions sans omettre aucune afin d’être exposées à Celui qui<br />

connaît le visible et l’invisible. Ils rendraient compte de toute ce qu’ils<br />

avaient commis.<br />

«C’est grâce à Lui que les hommes peuvent aller sur terre et sur mer»<br />

en parcourant soit les régions, soit les mers et les océans, les préservant<br />

par Sa miséricorde. Lorsque les hommes se trouvent sur une<br />

barque qui «est poussée par un vent favorable» et qu’ils sentent à l’aise,<br />

voilà qu’un «vent contraire se déchaine-t-il, et des vagues se lèvent-elles» et<br />

s u rg is s e n t d e t o u s c ô t é s e t le s h o m m e s s e v o ie n t encerclés. A ce momet<br />

ils lèvent les mains et implorent Dieu pour les sauver en promet­<br />

395


tant de n’adorer en dehors de Lui ni idole ni statue et de Lui vouer un<br />

culte pur, comme Dieu le montre dans ce verset: «Si un péril sur mer<br />

vous menace, c’est en vain que nous invoquiez d’autres divinités qu’Allah»<br />

[Coran CVII, 67],<br />

Ils disent: «Si Tu nous arraches à ce péril, nous T’en garderons une<br />

vive reconnaissance» en n’adorant que Toi comme nous T’avons invoqué<br />

seul: «Mais à peine les a-t-Il sauvés qu’ils commettent les mêmes injustices»<br />

en se montrant insolents comme s’ils n’avaient pas appelé Dieu<br />

au moment où le malheur les touchait, et comme si de rien n’était.<br />

Puis Dieu avertit les hommes: «O hommes, vos injustices retomberont<br />

sur vous» c’est bien vous qui supporterez les conséquences de vos<br />

injustices sans causer de préjudice à un autre que vous. A ce propos,<br />

l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: «Les péchés<br />

que commettent les gens et qui méritent le prompt châtiment de Dieu dans<br />

ce bas monde et dans la vie future sont.y l’injustice et la rupture du lien de<br />

parenté» (Rapporté par Tabarani<br />

«La vie de ce monde est éphémère» où les hommes jouissent momentanément<br />

puis ils feront retour à Dieu qui leur fera connaître ce<br />

qu’ils avaient fait dans la vie d’ici-bas.<br />

’innamâ natalu-l-hayâti-d-dunyâ kama' ’in ’anzalnâhu mina-s-sama ’i<br />

fahtalata bihî nabâtu-l-’ardi mimmâ ya’kulu-n-nâsu wa-l-’an‘âmu hatta<br />

0 ) $1 j >-ju L» Ljjdl «ujjJLp hÎ)I ¿il *L*-<br />

396


’ida ’ahadati-l-’ardu zuhrufahâ wa-z-zayyanat wa zanna ’ahluha ’annahum<br />

qâdirûna ‘alaylia ’atâhîi ’amrunâ laylan ’aw nahâran faja‘alnâhâ<br />

hasîdan ka’a-l-lam tagna bi-l-’amsi kadâlika nufassilu-l-’âyâti liqawmi-yyatafakkarûna<br />

(24) wa-L-Lâhu yadlî ’ilâ dâri-s-salâmi wa yahdi may-yasa’u<br />

’ilâ sirâtim-mustaqîmin (25).<br />

La vie de ce monde est comparable à l’eau que nous déversons du haut<br />

des deux. Fécondée par elle, la tere se couvre d’une végétation luxuriante<br />

dont se nourrissent les hommes et les animaux. Au moment où, ainsi arrosée,<br />

la terre a revêtu sa plus belle parure et où les hommes s’en croient les<br />

maîtres inconstestés, notre châtiment se déclenche de jour ou de nuit et les<br />

récoltes se trouvent anéanties comme si aucune culture n’avait existé la<br />

veille. C’est ainsi que nous réservons nos enseignements à ceux qui réfléchissent<br />

(24) Allah convie tous les hommes à la maison de la paix. Il met<br />

qui II veut dans la voie droite (25).<br />

Dieu compare les clinquants de la vie dans le bas monde et sa parure,<br />

n’étant que des choses qui ne tardent à disparaître promptement,<br />

à la végétation que Dieu a fait pousser de la terre grâce à la pluie tombée<br />

du ciel, dont hommes et bêtes s’en nourrissent.<br />

Une fois que «la terre a revêtu sa plus belle parure» en faisant<br />

sortir les végétations luxuriantes et les fleurs diverses «les hommes s’en<br />

croient les maîtres incontestés» c’est à dire qu’ils possèdent un certain<br />

pouvoir sur la terre et qu’ils peuvent à tout moment la récolter. Se<br />

croyant être comme tels, une tempête et un vent dévastateur ont envahi<br />

la terre, ont désséché tes feuilles vertes et détérioré les fruits. Tel<br />

est le sens des dires de Dieu: «notre châtiment se déclenche de jour ou<br />

de nuit et les récoltes se trouvent anéanties comme si aucune culture n’avait<br />

existé la veille». Tout fut ravagé, comme si la veille la terre n’avait pas<br />

été florissante, ainsi sera la fin de toute chose.<br />

Dans le Coran on rencontre plusieurs versets qui parlent de ce fait<br />

et qui constituent des leçons aux hommes, on cite à titre d’exemple celui-ci:<br />

«Explique-leur que la vie de ce monde est comparable au spectacle<br />

suivant: Sous l’action de l’eau tombée du ciel, les plantes s’entremêlent dans<br />

une poussée vigoureuse, puis elles se dessèchent et sont éparpillées par le<br />

vent. Allah est tout-puissant» [Coran XVIII, 45].<br />

Après avoir proposé cette parabole, Dieu appelle les hommes à la<br />

397


demeure de la paix qui est le Paradis. Cette demeure est appelée ainsi<br />

parce qu’elle est exempte de tous les malheurs, afflictions, peines et<br />

calamités.<br />

Jaber Ben Abdullah raconte: «Un jour l’Envoyé de Dieu - qu’Allah<br />

le bénisse et le salue - vint auprès de nous et dit: «J’ai vu en rêve<br />

comme si Gabriel se trouvait près de ma tête et Michel près de mes pieds.<br />

L ’un d’eux dit à l’autre: «Donne-lui un exemple». Il me dit: «Ton cas et celui<br />

de ta communauté ressemblent à un roi qui, possédant un enclos, y bâtit<br />

une maison. Il prépara un grand festin puis envoya des émissaires conviant<br />

les hommes à y prendre part. Il en est ceux qui ont répondu et ceux qui se<br />

sont abstenus. Dieu est ce roi, l’enclos est l ’Islam, la maison est le Paradis.<br />

Quant à toi ô Mouhammad, quiconque répond à ton appel aura embrassé<br />

l’Islam, quiconque embrasse l’Islam entrera au Paradis, et quiconque entre<br />

au Paradis, se délectera à ses fruits» (Rapporté par Ibn Jarir)^lK<br />

(1) tjLîi


ien agi et fait de bonnes œuvres dans le bas monde. Il aura même<br />

quelque chose davantage car chaque bonne action est décuplée. Ceux<br />

qui ont fait le bien auront le Paradis et ce qu’il renferme comme palais,<br />

houris à grands yeux, la satisfaction du Seigneur, et ce qu’il leur réserve<br />

en fait de joie comme récompense. On a interprété l’expression<br />

«et même plus» comme étant le regard à la Face de Dieu qu’aucune récompense<br />

ne lui sera pareille.<br />

Souhaïb rapporte que l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le<br />

salue - après avoir récité ce verset: «Ceux qui font le bien recevront une<br />

belle récompense et même plus» a dit: «Lorsque les bienheureux entreront<br />

au Paradis et les réprouvés à l’Enfer, un crieur criera: «O habitants du Paradis!<br />

Dieu vous avait promis une chose et II va vous l’exécuter» Ils répondront:<br />

«N ’a-t-Il pas alourdi nos balances? N ’a-t-Il pas rendu nos visages<br />

clairs? Ne nous a-t-Il pas fait entrer au Paradis?» Le voile sera alors ôté et<br />

ils Le regarderont. Par Dieu, Dieu ne leur a donné une chose meilleure que<br />

le regarder et qui réjouira leurs yeux» (Rapporté par Ahmed, Mouslim et<br />

d’autres ) [1 J.<br />

Cela est confirmé aussi par ce hadith où le Prophète - qu’Allah le<br />

bénisse et le salue - a dit: «La belle récompense est le Paradis et la chose<br />

de plus est le regard à Sa Noble Face».<br />

«Leurs visages ne trahiront ni tristesse ni humiliation» une expression<br />

qui signifie que les croyants n’auront pas le visage couvert par la<br />

poussière ni par une noirceur au jour du rassemblement, plutôt ils auront<br />

le visage rayonnant. Quant aux impies, leurs visages seront couverts<br />

de poussière, enveloppés de ténèbres. Par ailleurs les fidèles ne<br />

seront plus humiliés comme Dieu l’affirme dans ce verset: «Dieu leur<br />

épargnera les calamités de ce jour fatal. Il épanouira leurs visages de bonheur<br />

et de joie» [Coran LXXVI, 11].<br />

(1) IÎjVI oi-ft y j J 01


Que Dieu nous fasse au nombre d’eux.<br />

w a-l-ladîna kasabû-s-sayyi’âti jaza^’u sayyi’atim -bim itlihâ wa tarhaquhum<br />

dillatum -m â lahum mina-L-Lâhi min ‘âsimin ka’annam a ’ugsiyat<br />

wujûhuhum q ita‘am-mina-l-layli muzliman ’û ïa ’ika ’ashâbu-n-nâri hum<br />

fîhâ halidûna (27).<br />

Ceux qui font le mal subiront le mal. Ils seront couverts de honte et<br />

dénués de toute aide auprès d’Allah. Leurs visages seront comme enveloppés<br />

par l’épaisseur d’une nuit noire. Ils auront l’enfer pour séjour éternel<br />

(27). }<br />

A l’inverse des premiers, ceux qui auront accompli les mauvaises<br />

actions recevront une rétribution du mal commis; leurs visages seront<br />

couverts d’humiliation et d’opprobre à cause de leurs péchés. Dieu les<br />

a décrits dans d’autres versets et dit: «Tu les verras exposés à la Géhenne,<br />

confondus d’humiliation» [Coran XLII, 45] et aussi: «Où les méchants<br />

accourront, les traits défaits...» [Coran XIV, 43].<br />

«et dénués de toute aide auprès d’Allah» ils ne trouvereont aucun défenseur<br />

contre Dieu et ne seront jamais préservés contre le supplice,<br />

ceci est pareil aux dires de Dieu» «Ce jour-là, l’homme s’écriera: «Où<br />

fuir?» Mais, il ne trouvera pas de refuge. Ce jour-là, ô homme, tu rejoindras<br />

ton Maître pour toujours» [Coran LXXV, 10-12].<br />

Ce jour-là les incrédules auront les visages: «comme enveloppés par<br />

l’épaisseur d’une nuit noire» car une fois le compte réglé, le sort de chacun<br />

sera répercuté sur son visage «Un jour viendra où certains visages<br />

s’illumineront de blancheur et où d’autres s’assombriront» [Coran III, 106].<br />

400


wa yawma nahsuruhum jamî‘an tumma naqûlu li-l-ladîna ’asrakû makânakum<br />

’antum wa suraka',ukum fazayyalnâ baynahum wa qâla sururakâA,uhum<br />

mâ kuntum ’iyyânâ ta ‘budûna (28) fakafâ bi-L-Lâhi<br />

sahîdam-baynanâ wa baynakum ’in kunnâ ‘an ‘ibâdatikum lagafilîna (29)<br />

hunâlika tablû kullu nafsim-ma ’aslafat wa ruddïï ’ilâ-L-Lâhi mawlâhumu-l-haqqi<br />

wa dalla ‘anhum mâ kânû yaftarûna (30).<br />

Un jour, nous réunirons tous les hommes et nous dirons à ceux qui<br />

nous ont associé d’autres divinités: «Mettez-vous ensemble vous et les divinités<br />

que vous nous avez associées... Puis nous les séparerons. Les divinités<br />

s’écrieront alors: «Ce n’est pas nous que vous avez adorées» (28) Allah suffit<br />

comme témoin entre nous et vous. Il témoignera que nous avons toujours<br />

ignoré votre adoration (29) Ce jour-là, chaque âme apprendra la véritable<br />

valeur de ses actes. Tous les hommes seront appelés à Allah, leur véritable<br />

maître, et les divinités qu’ils ont inventées seront défaillantes (30).<br />

Au jour de la résurrection, toutes les créatures: hommes, génies,<br />

bons et pervers seront rassemblés sans laisser un seule. A ceux qui<br />

ont associé d’autres divinités à Dieu, on dira: «Restez à votre place,<br />

vous et vos associés» dans le but de les séparer des croyants comme<br />

le montre ce verset: «O vous les coupables, tenez-vous à l’écart» [Coran<br />

XXXVI, 59].<br />

En ce jour-là les divinités renieront toute association à Dieu et désavoueront<br />

les actes des polythéistes en prenant Dieu à témoin que<br />

cette adoration était faite à leur insu, et reniant qu’elles avaient demandé<br />

aux impies de les adorer en dehors de Lui. Cela constitue une<br />

réprimande aux polythéistes qui ont adoré ces divinités malgré que<br />

Dieu leur a envoyé des Prophètes pour n’adorer que Lui sans rien Lui<br />

associer. Il a dit à cet égard en s’adressant à Son Prophète - qu’Allah<br />

le bénisse et le salue -: «Il n’est pas de Prophètes qui t’aient précédé à<br />

qui nous n’ayons révélé qu’il n’y a d’autre Allah que Moi. Adorez-Moi»<br />

[Coran XXI, 25].<br />

«Ce jour-là, chaque âme apprendra la véritable valeur de ses actes».<br />

401


Tout homme rendras compte de ses œuvres et éprouvera ainsi les<br />

conséquences de ce que ses mains avaient perpétré. On lui présentera<br />

le livre de ses œuvres qu’il trouvera ouvert devant lui en lui disant:<br />

«Lis ton livre». A la fin, tout dépendra de la volonté de Dieu et de Son<br />

jugement: Les bienheureux seront introduits au Paradis et les damnés<br />

à l’Enfer.<br />

qui may-yarzuqukum mina-s-sama’i wa-l-’ardi ’amman yamliku-s-sam‘a<br />

wa-l-’absâra wa may-yuhriju-l-hayya mina-l-mayyiti wa yuhriju-l-mayyita<br />

mina-l-hayyi wa may-yudabbiru-l-’amra fasayaqûlûna-L-Lâhu faqul ’afalâ<br />

tattaqûna (31) fadâlikumu-L-Lâhu rabbukumu-l-haqqu famâdâ ba‘da-<br />

1-haqqi ’illâ-d-dalâlu fa’annâ tusrafûna (32) kadâlika haqqat kalimatu<br />

rabbika ‘alâ-l-ladîna fasaqu ’annahum lâ yu’minûna (33).<br />

Dis-leur: «Qui est-ce qui vous assure les ressources du ciel et de la<br />

terre? Qui est le maître de l’ouïe et de la vue? Qui est-ce qui tire la vie de<br />

la mort et la mort de la vie et qui est-ce qui règle la marche de l’univers?»<br />

Ils répondront: «C’est Allah» Dis: «Qu’attendez-vous alors pour Le craindre?»<br />

(31) Le voilà, Allah votre véritable maître. Cette vérité exceptée, il<br />

n’y a qu’erreur. Pourquoi vous laissez-vous détourner?» (32) Ainsi les rebelles<br />

se trouveront condamnés sans appel par ton Seigneur parce qu’ils sont<br />

inconvertibles (33).<br />

Dieu présente aux polythésites tant de prétextes pour affirmer Son<br />

unicité. Il leur dit: «Qui est-ce qui vous assure les ressources du ciel et de<br />

ia terre?» Er» d’autres termes: qui fait descendre du Gi@\ une pluie, C|Ul<br />

fend la terre profondément par Son Omnipotence, qui fait sortir les céréales,<br />

les vignes, les légumes, les oliviers, les palmiers, les jardins<br />

402


touffus, les fruits et les pâturages etc, et malgré cela vous associez un<br />

autre à Dieu? Qui pourvoit à vos besoins si Dieu retient Ses bienfaits?<br />

Qui vous a accordé la faculté de l’ouïe pour tout entendre, et la vue<br />

pour tout apercevoir: «C’est Lui qui vous a fait naître; Il vous a donné<br />

l’ouïe, la vue...» [Coran LXVII, 23].<br />

D’autant plus, qui «tire la vie de la mort et la mort de la vie?» par<br />

Sa puissance, et «qui règle la marche de l’univers» et dirige toute<br />

chose avec attention, qui dispose de tout, qui décide et nul ne s’oppose<br />

à Sa décision, qui interrogera les hommes sans être interrogé. Il<br />

est le Maître Suprême, et quand on leur demande tout cela ils répondront:<br />

«C’est Allah» Et Dieu de leur dire par la bouche de Son Prophète<br />

- qu’Allah le bénisse et le salue -: «Qu’attendez-vous alors pour<br />

Le craindre?».<br />

Puisque ils avouent qu’il est le seul Dieu, pourquoi donc ils lui associent<br />

d’autres divinités, qu’y a-t-il en dehors de la vérité sinon l’erreur?.<br />

Pourquoi les polythéistes se détournent-ils pour adorer un autre<br />

que Dieu? Mais la Parole du Seigneur ne tardera pas à être réalisée<br />

contre les mécréants et les pervers qui persévèrent dans leur obstination<br />

et leur égarement. Ils seront sans aucune contestation le combustible<br />

du Feu où ils demeureront pour l’éternité, ce qui est confirmé par<br />

la parole de Dieu: «Oui, mais le décret condamnant les incrédules sera<br />

exécuté» [Coran XXXIX, 71].<br />

Qui hal min Ëuraka' ’ ikxrm m a y -y a t d a ’ u-1-ka.lqEL tu m m a y u ‘îdvilvû fa’annâ<br />

m ’ fa k û n a (3 4 ) qui hal min suraka’ikum may-yahdf ’ilâ-l-haqqi qul-i-L-<br />

Lâhu yahdî-li-l-haqqi ’afamay-yahdT ’ila-1-haqqi ’ahaqqu ’ay-yuttaba‘a<br />

403


’amma-l-lâ yahiddî ’ilia ’ay-yuhdâ famâlakum kayfa tahkmnûna (35) wamâ<br />

yattabi‘u aktaruhum ’illâ zannan ’inna-z-zanna lâ yugnî mina-l-haqqi<br />

say’an ’inna-L-Lâha ‘alîmun-bimâ yaf alûna (36).<br />

Dis: Lequel de vos associés peut créer les êtres et les ressusciter? Dis:<br />

Allah seul peut créer et ressusciter. Comme vous voilà de travers. (34) Dis:<br />

Lequel de vos associés peut vous enseigner la vérité? Dis: C’est Allah qui<br />

enseigne la vérité. Qui est plus digne d’être suivi? Celui qui dirige ou celui<br />

qui ne se dirige qu’autant qu’il est dirigé lui-même? Qui est-ce qui vous incite<br />

à juger de la sorte? (35). La plupart d’entre eux n’obéissent qu’à leurs<br />

impulsions. Est-ce que les impulsions peuvent tenir lieu de vérité? Allah<br />

connaît tous leurs actes (36).<br />

DÎ3U continue à réprimander les polythéistes et refuter leur présomption<br />

«Lequel de vos associés peut créer les êtres et les ressusciter?»<br />

C’est à dire qui a créé les deux et la terre et toutes les créatures qui y<br />

existent, qui a parsemé l’atmosphère céleste par les étoiles et les astres,<br />

et à la fin des temps, Il ressuscitera toutes les créatures après<br />

leur périssement.<br />

Puis II les demande: «Lequel de vos associés peut vous enseigner la<br />

vérité?» du moment qu’ils sachent que Dieu est le seul qui peut diriger<br />

les hommes vers la vérité et mettre les égarés sur la voie droite,<br />

comme II peut tourner les cœurs en leur montrant la bonne direction. Il<br />

est certes Dieu le Seigneur des mondes.<br />

Qui est donc plus digne d’être suivi: Celui qui dirige vers la vérité<br />

ou celui qui ne dirige les hommes que dans la mesure où il est lui-même<br />

dirigé? Le serviteur ne doit-il pas suivre celui qui dirige et qui<br />

donne la vue après l’aveuglement, au lieu de qui est incapable de diriger<br />

à cause de sa cécité et son mutisme, tout comme lorsque Abraham<br />

a dit à son père: «O mon père, pourquoi adores-tu ce qui n’entend<br />

pas, ce qui ne voit pas, ce qui ne sert à rien?» [Coran XIX, 42],<br />

«Qui est-ce qui vous incite à juger de la sorte?» Comment pouvezvous<br />

juger ainsi en traitant sur un même pied d’égalité Dieu le créateur<br />

et ses créatures, en les considérant comme égaux et en les adorant<br />

tous les deux? Pourquoi ne vouez-vous pas un culte pur à Dieu qui est<br />

le plus digne d’être adoré?<br />

404


Par ailleurs Dieu montre que ces polythéistes dans leur pratique<br />

religieuse ne se reposent ni sur un signe clair ni sur une preuve évidente,<br />

plutôt ce ne sont que des illusions et des conjectures. Tout cela<br />

ne leur servira à rien car: «Alah connaît tous leurs actes» et II leur demandera<br />

compte pour les rétribuer.<br />

wamâ kânâ hâd â-l-Q ur’ânu ’ay-yuftarâ min duni-L-Lâhi w alâkin<br />

tasdîqa-l-ladî bayna yadayhi wa tafsîla-l-kitâbi lâ rayba fîhi mi-r-rabbi-1-<br />

‘âlamîna (37) ’am yaqûlûna-ftarâhu qui fa’tû bisûrati-m-mitlihî wa-d-‘û<br />

man-i-stata‘tum min dûni-L-Lâhi ’in kuntum sâdiqîna (38) bal kaddabû<br />

bimâ lam yuhîtû bi‘limihî walammâ ya’tihim ta’wîluhû kadâlika kadd<br />

aba-l-ladîna min qablihim fa-nzur kayfa kâna ‘âqibatu-z-zâlimîna (39) wa<br />

minhum may-yu’minu bihî wa minhum ma-l-lâ yu’minu bihî wa rabbuka<br />

’a‘lamu-bi-l-mufsidîna (40).<br />

Ce Coran ne peut pas avoir été conçu à l’insu d’Allah. Il confirme les<br />

révélations qui l’ont précédé. La façon dont il est composé ne laisse pas de<br />

doute qu’il émane du maîttre de l’univers (37) Ils s’obstinent à dire qu’il est<br />

une invention du Prophète. Réponds: Composez une seule sourate semblable.<br />

Et, pour cela, recourez à toutes les divinités que vous pourrez en dehors<br />

d’Allah, si vous êtes sincères (38) La vérité, c’est qu’ils traitent de<br />

mensonge ce qu’ils ne comprennent pas et ce qu’ils ne voient pas réalisé. Ce<br />

sont ces mêmes raisons qui ont poussé leurs prédécesseurs à tenir les mêmes<br />

propos. Considère quelle a été la fin des impies (39) Parmi eux, il en est<br />

qui croie»»«; s»»»LiTie, d’autres qui n’y croient pas. Ion Seigneur connaît les<br />

ennemis de sa foi (40).<br />

405


C’est une affirmation du caractère inimitable du Coran et qu’aucun<br />

mortel ne puisse produire un livre pareil, ni dix sourates ni même une<br />

seule, car le Coran à cause de l’éloquence qu’on y trouve, de son<br />

style disert et doux, et grâce aux enseignements utiles aux hommes<br />

dans les deux mondes qu’il renferme, ne peut être révélé que de Dieu<br />

ni provenir que de chez Lui. Il n’a nullement un égal dans tous ses caractères,<br />

ses particularités, ses paroles et son contenu. Ses propos ne<br />

sont pas semblables à ceux des hommes créés. C’est pour cela que<br />

Dieu a dit: «Ce Coran ne peut pas avoir été conçu à l’insu d’Allah» et il<br />

n’est pas inventé par un autre que Dieu étant donné que Ses paroles<br />

ne sont pas semblables à celles des humains.<br />

Par ailleurs, ce Coran «confirme les révélations qui l’ont précédé»<br />

mais il est préservé de toute altération, car les autres Livres célestes<br />

ont été modifiés et altérés.<br />

«La façon dont il est composé ne laiss.e pas de doute qu’il émane du<br />

maître de l’univers» en vertu de ce qu’il renferme comme enseignements,<br />

jugements, histoire et morale. On y trouve les nouvelles des générations<br />

passées et les lois imposées par le Seigneur qui, une fois<br />

apliquées, ne procurent que sa satisfaction.<br />

Puis Dieu lance ce défi: «Composez une seule sourate semblable. Et,<br />

pour cela, recourez à toutes les divinités que vous pourrez en dehors d’Allah,<br />

si vous êtes sincères». Si vous prétendez et doutez que le Coran est<br />

l’œuvre d’un autre que Dieu et qu’il est inventé par Mouhammad, sachez<br />

que Mouhammad est un mortel comme vous et il vous l’a apporté<br />

comme affirmation de son message, produisez donc une seule sourate<br />

qui lui est semblable et invoquez qui vous pourrez en dehors de Dieu,<br />

si vous êtes véridiques, parmi les humains et les génies. Mais sûrement<br />

ils sont incapables de le faire comme II a dit: «Les hommes et les<br />

génies auraient beau se concerter respectivement pour produire un pareil<br />

Coran, qu’ils n’y parviendraient pas. S’associeraient-ils même? qu’ils ne le<br />

pourraient pas non plus» [Coran XVII, 88],<br />

Puis le défi devint plus difficile quand II leur demande de produire<br />

dix sourates en disant: «Ils s’obstinent à dire que le Coran est une inven-<br />

4i&n Au Pi-apkàtc. R ép on d e: «C o m p o s e z seulem ent d ix sou ra tes sem blables<br />

au x m iennes. E t, pour cela, recou rez à toutes les divinités que vous pourrez<br />

406


en dehors d’Allah, si vous êtes sincères» [Coran XI, 13]. Enfin II leur défie<br />

en leur demandant de composer une seule sourate pour montrer leur<br />

incapacité: «... Réponds: Composez une seule sourate semblable...» Il affirme<br />

à coup sur qu’ils ne parviennent jamais à réaliser l’une ou l’autre<br />

demande pour relever le défi, du moment qu’ils étaient réputés pour<br />

être les maîtres de l’éloquence et de la poésie. Mais ce qu’ils avaient<br />

de Dieu comme révélation leur paraissait étrange malgré que le style<br />

du Coran est simple, éloquent, disert, et pourtant plusieurs parmi eux<br />

n’y ont pas cru et sont morts en infidèles.<br />

Dans un hadith authentifié l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse<br />

et le salue - a dit: «Tout Prophète a reçu des versets en quoi les hommes<br />

avaient cru. Ce que j ’ai reçu était une révélation de Dieu et j ’espère être le<br />

plus suivi».<br />

Les pofythéistes n’ayant ni compris le Coran ni le bien conçu «ils<br />

traitent de mensonge ce qu’ils ne comprennent pas» et ce dont l’explication<br />

ne leur est pas parvenue. Ils n’ont pas voulu recevoir la bonne direction<br />

par obstination, sottise et ignorance. Ceux qui vécurent avant eux<br />

criaient au mensonge de la même façon. «Considère quelle a été la fin<br />

des impies» Ils ont été anéantis, prenez garde donc de subir le même<br />

sort si vous persistez dans votre rebellion.<br />

«Parmi eux, il en est qui croient au Livre» et en tout ce que le Prophète<br />

- qu’Allah le bénisse et le salue - a apporté et ils l’ont suivi<br />

«d’autres qui n’y croient pas» ils meurent en infidèles et seront ressuscités<br />

infidèles. «Ton Seigneur connaît les ennemis de sa foi» . En d’autres<br />

termes II connaît ceux parmi les hommes qui sont dignes d’être dirigés<br />

et II les dirige, et ceux qui ne méritent que l’égarement et II les égare.<br />

Il est le juste qui traite les gens avec équité sans léser personne.<br />

407


wa ’in kaddabûka faqul-lî ‘amalî wa lakum ‘amalukum ’antum barî’ûna<br />

mimmâ ’a‘malu wa ’ana barî’um mimmâ ta ‘malûna (41) wa minhum<br />

m ay-yastam i‘ûna ’ilayka ’afa’anta ta h d î-l-‘um ya walaw kanû lâ<br />

yubsirûna (43) ’inna-L-Lâha lâ yazlimu-n-nâsa say’an walâkinna-n-nâsa<br />

’anfusahum yazlimûna (44).<br />

S’ils te traitent d’imposteur, dis: «Je suis responsable de mes actes et<br />

vous des vôtres. Ce que je fais ne vous regarde pas et ce que vous faites ne<br />

me regarde pas» (41) Parmi eux, il en est qui t’écoutent. Mais comment<br />

peux-tu te faire écouter par des sourds qui, en plus, ne comprennent<br />

rien (42) Parmi eux, il en est qui te regardent. Mais comment peux-tu diriger<br />

les aveugles alors qu’ils ne voient pa^(43) Allah n’est jamais injuste envers<br />

les hommes. Ce sont les hommes qui sont injustes envers euxmêmes<br />

(44).<br />

Dieu ordonne à Son Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue<br />

«O Mouhammad, si ces idolâtres te traitent de menteur, désavoue-les<br />

et désavoue leurs actes: «Dis: Je suis responsable de mes actes et vous<br />

des vôtres» comme était la réponse de Abraham aux polythéistes:<br />

«Nous sommes sans attache avec vous et les divinités que vous adorez en<br />

dehors d’Allah» [Coran LX, 4].<br />

L’expression: «Parmi eux, il est ceux qui t’écoutent» signifie que plusieurs<br />

d’entre eux écoutent tes bons propos et les versets du Coran<br />

qui est utile pour leurs âmes et leurs corps, mais, malheureusement,<br />

ils n’en tirent aucun profit, c’est comme tu n’as rien dit et ils n’ont rien<br />

entendu, ô Mouhammed, serais-tu capable de faire entendre les<br />

sourds? ainsi tu ne pourrais diriger ces gens-là que ceux que Dieu a<br />

voulu diriger.<br />

«Parmi eux, il en est qui te regardent», ils aperçoivent ta personne<br />

et tout ce que Dieu t’a donné comme signes de ta prophétie. C’est vrai<br />

Qu’ils comtemplent tout cela mais si comme ils ne voient rien devant<br />

eux, d'autant plus sis te regardent avec mépris et dédain alors que les<br />

croyants te regardent avec tout respect et vénération, Dieu cite aussi<br />

408


leur comportement dans ce verset: «Quand ils te voient, ils te tournent<br />

en dérision» [Coran XXV, 41].<br />

Puis Dieu affirme qu’il ne traite jamais quiconque avec injustice,<br />

même s’il a dirigé qui II veut, a rendu quelques uns comme aveugles<br />

pour ne plus voir Ses signes évidents, a ouvert les yeux de certains<br />

d’autres, fait entendre Ses versets à certains et a rendu sourds certains<br />

d’autres, enfin II a égaré qui II a voulu et a dirigé qui II a voulu,<br />

car II est le Souverain qui dispose à Sa guise de tout ce qu’il a créé.<br />

Tout émane de Sa science et Sa sagesse. Il ne lèse pas les hommes,<br />

mais les hommes se font tort à eux-mêmes<br />

wa yawma yahsuruhum ka-’a-l-lam yalbatü ’illâ sâ‘atam-mina-n-nahâri<br />

yata‘ârafûna baynahum qad hasira-l-ladîna kaddabû biliqa ’i-L-Lâhi wamâ<br />

kânû muhtadîna (45).<br />

Le jour où nous rassemblerons tous les hommes. Us auront la sensation<br />

de n’être restés sur terre que juste le court instant de se connaître les uns<br />

les autres. Ceux qui auront douté de se rencontrer avec Allah, leur perte sera<br />

consommée. Us ont été mal dirigés (45).<br />

Le jour où tous les hommes seront rassemblés devant leur Seigneur<br />

après leur résurrection, il leur semblera qu’ils n’avaient passé<br />

sur terre qu’un court laps de temps, ou comme Dieu a dit également:<br />

«Le jour où ils la verront (l’Heure), ils auront le sentiment de n’avoir passé<br />

sur terre qu’un soir ou un matin» [Coran LXXIX, 46], Il a dit aussi: «Nous<br />

comprendrons mieux que personne ce que voudront dire les plus avisés d’entre<br />

eux quand ils répliqueront: «Que non pas. Nous n’y sommes restés<br />

qu’un jour» [Coran XX, 104] et: «Lorsque l’heure sonnera, les coupables<br />

jureront qu’ils n’ont séjourné sur terre qu’un heure» [Coran XXX, 55], et<br />

aussi: «Ils seront interrogés: «Combien d’années êtes-vous restés sur<br />

terre?» Ils répondront: «Nous y sommes restés un jour ou moins, peut-être»<br />

[Coran XXIII, 112-113]. Tous ces versets ne font que montrer que les<br />

nom m es au jour de ia résurrection, auront le sentiment qu’ils n’ont<br />

409


passé sur terre qu’un très court laps de temps d’un jour ou même<br />

d’une fraction du jour, juste le moment suffisant de se reconnaître entre<br />

eux.<br />

En ce jour-là chacun sera péoccupé de son propre sort où il n’y<br />

aura aucune question de parenté, où «l’ami ne questionnera pas l’ami»<br />

[Coran LXX, 10]. Ceux qui auront traité de mensonge ce moment de<br />

rencontre avec Dieu «leur perte sera consommée. Ils ont été mal dirigés»<br />

Y aura-t-il une perte plus grande que de se séparer de ceux qu’on a aimés!<br />

Il n’y aura que de regrets et d’angoisse.<br />

wa ’immâ nuriyannaka ba‘da-l-ladî na'iduhum ’aw natawaffayannaka fa<br />

’ilaynâ marji‘uhum tumma-L-Lâhu sahîdun ‘alâ mâ yaf alûna (46) wa likulli<br />

’ummati-r-rasûlun fa’idâ j a ’a rasûluhum qudiya baynahum bi-1-<br />

qisti wa hum lâ yuzlamûna (47).<br />

Soit que nous te montrions une partie des peines que nous réservons<br />

aux impies, soit que nous te rappelions à nous, tous les hommes feront retour<br />

à Allah, qui est témoin de leurs actes. (46) Tous les peuples ont un<br />

Prophète. Allah les jugera chacun à leur tour en présence de leurs prophètes,<br />

avec la plus parfaite équité (47).<br />

Dieu s’adresse à Son Messager: «Soit que nous te montrions une<br />

partie des peines que nous réservons aux impies» c’est à dire que nous<br />

vengeons d’eux de ton vivant afin que tu te réjouisses «soit que nous te<br />

rappelions à nous» et eux reviendront vers nous pour juger leurs actions.<br />

Au jour du compte final, chaque Prophète envoyé à son peuple<br />

sera présent et tout sera tranché avec équité et personne ne sera<br />

lésé. Y seront présents aussi tous les anges scribes qui inscrivaient les<br />

bonnes et mauvaises actions des serviteurs.<br />

La communauté musulmane, bien qu’elle est la dernière venye<br />

410


parmi les autres, sera la première jugée pour être rétribuée, et ce sera<br />

grâce à son Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue<br />

wa yaqûlûnaf matâ hâdâ-l-wa‘du ’in kuntum sâdiqîna(48) qui-la ’amliku<br />

linafsî darran walâ n afan ’illâ mâ sa',a-L-Lâhu likulli ’ummatin ’ajalun<br />

’id â j î i ’a ’ajaluhum falâ yasta’ hirûna sâ‘atan walâ yastaqdimûna (49)<br />

qui ’ara’aytum ’in ’atâkum ‘adâbuhû bayâtan ’aw nahâram-mâd â yasta‘jilu<br />

minhu-l-mujrimûna (50) ’atumma ’idâ mâ waqa‘a ’âmantum bihT<br />

’âAl-’âna waqad kuntum bihî tasta'jilûn (51) tum m a qîla li-l-lad în a<br />

zalamû dûqû ‘adâba-l-huldi hal tujzawna ’illâ bimâ kuntum taksibûna<br />

(52).<br />

Ils murmurent: «Quand aura lieu cette réunion avec Allah? Dites-lenous,<br />

si vous êtes sincères» (48) Dis: Je ne puis me faire à moi-même ni mal<br />

ni bien. Allah seul le peut. La durée des nations est fixée d’avance. Lorsque<br />

leur fin est arrivée, elles ne peuvent ni la retarder, ni l’avancer d’un moment<br />

(49) Dis: Que feriez-vous si quelque jour où quelque nuit, la colère<br />

d’Allah vous surprenait? Etes-vous si pressés de l’éprouver cette colère (50)<br />

Evidemment si cette colère se manifeste, vous croirez. Ah! oui, vous croirez!<br />

alors que, la veille encore vous réclamiez avec empressement (51) On dira<br />

alors aux impies: «Goûtez maintenant le châtiment éternel. Avez-vous pu<br />

croire que vous seriez récompensés autrement que selon vos œuvres? (52).<br />

Les polythéistes demandent: «Quand est-ce que sera réalisé» tout<br />

comme le Seigneur montre dans un autre verset en parlant de l’Heure:<br />

«Les incrédules sont impatients de la voir venir; les croyants en redoutent<br />

411


la venue, la tenant pour certaine» [Coran XLII, 18]. Cette heure fatale est<br />

inéluctable même si les hommes n’ont aucune notion de sa survenue.<br />

Dieu inspire Son Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - à leur<br />

répondre: «Je ne puis me faire à moi-même ni mal ni bien» et je ne vous<br />

dis autre que mon Maître m’a enseigné. Je suis même incapable de<br />

détenir pour moi-même quoi que ce soit du mal ou du bien. Je vous<br />

préviens que cette Heure se dressera sans aucune contestation dans<br />

un moment dont j’ignore complètement.<br />

«La durée des nations est fixée d’avance» donc chaque communauté<br />

restera sur terre le temps que Dieu lui a voulu, et une fois leur terme<br />

expiré: «elles ne peuvent ni la retarder, ni l’avancer d’un moment». Dieu,<br />

dans d’autres versets, prévient les hommes que Son châtiment les surprend<br />

sans y attendre de nuit ou de jour. Et pour les réprimander II<br />

leur dit: Quand ce châtiment s ’abattra' sur vous vous y croirez alors<br />

que maintenant vous voudriez le hâter?. Qu’ils sachent que «la foi acquise<br />

en présence du châtiment ne profite pas» [Coran XL, 85].<br />

A ceux qui se sont montrés incrédules on dira: «Goûtez le châtiment<br />

éternel» au jour de la résurrection. Ce propos leur sera comme un<br />

reproche sévère, comme on leur dira aussi: «Subissez l’épreuve patiemment<br />

ou non, peu importe! Vous récoltez le fruit de vos œuvres» [Coran LII,<br />

16],<br />

wa yastambi’ûnaka ’ahaqqun huwa qui ’iy wa rabbî ’innahû lahaqqun<br />

wamâ ’antum bimu‘jizîna (53) walaw ’anna likulli nafsin zalamat mâfî-1-<br />

’ardi laftadat bihî wa ’assarrû-n-nadâmata lammâ ra’awu-l-‘adâba wa<br />

qudiya baynahum bi-l-qisti wa hum lâ yuzlamûna (54).<br />

Ils te demandent: «Ce que tu dis sur ce châtiment, est-ce bien vrai?»<br />

Réponds: «O u i, je le jure par mon Seigneur, c’est la vérité. Et vous ne poovez<br />

pas vous soustraire à la puissance d’Allah. (53). Toute âme chargée de<br />

412


péchés n’hésiterait pas, pour se racheter, à donner toutes les richesses de la<br />

terre. Hélas! les pécheurs, en présence du châtiment éprouveront un amer<br />

repentir. Ils seront jugés en toute équité sans risque d’être lésés (54).<br />

Les impies s’informent auprès de Mouhammad - qu’Ailah le bénisse<br />

et le salue -: Ce jour du rassemblement pour être jugés est-ce<br />

bien vrai après la réduction des corps en poussière? Réponds-leur:<br />

«Oui, je le jure par mon Seigneur, c’est la vérité» votre transformation en<br />

poussière ne pourrait jamais réduire Dieu à l’impuissance après vous<br />

avoir créés du néant: «Quand II décide une chose, Il ordonne: «Que cette<br />

chose soit et elle est» [Coran XXXVI, 82].<br />

Ce verset n’a que deux pareils dans tout le Coran où Dieu ordonne<br />

à Son Prophète- qu’Allah le bénisse et le salue - de jurer par Lui<br />

à tous ceux qui renient qu’il y aura une résurrection. Ils sont:<br />

- Les incrédules soutiennent: «L’Heure ne viendra pas». Réponds: que<br />

si, par mon Seigneur, elle arrivera» [Coran XXXIV, 3].<br />

- Les infidèles prétendent qu’ils ne seront pas ressuscités. Dis: Par mon<br />

Seigneur, vous serez ressuscités et on vous rappellera toutes vos actions»<br />

[Coran LXIV, 7].<br />

Une fois les hommes ressucités, l’incrédule aimera se racheter<br />

contre le châtiment de tout l’or de la terre, mais: «Hélas! les pécheurs,<br />

en présence du châtiment, éprouveront un amer repentir. Ils seront jugés en<br />

toute équité» et personne ne sera lésé.<br />

•i t & S ^ Â\ l i j \ o y 3 i 4 l i k k VÎ<br />

ala ’inna li-L-Lâhi mâ fî-s-samâwâti wa-l-’ardi ’ala ’inna wa ‘da-L-Lâhi<br />

haqqun wa lâkinna ’aktarahum lâ ya‘lamûna (55) huwa yuhyî wa yumîtu<br />

wa ’ilayhi turja‘ûna (56).<br />

Allah n’est-Il pas le maître des cieux et de la terre? Les prédictions<br />

d’ A lla h ne sont-elles pas vraies? H é la s! L a plupart des hommes ne le<br />

comprennent pas! (55) C’est Lui qui donne la vie et la mort et c’est à Lui<br />

que vous ferez retour (56).<br />

413


Dieu rappelle aux hommes que tout ce qui est dans les cieux et<br />

sur la terre Lui appartient. Sa promesse sera réalisée indubitablement.<br />

II fait vivre et fait mourir. Toutes les créatures feront retour à Lui. Il est<br />

l’Omnipotent qui ressuscitera tous les corps même ceux qui ont été<br />

dispersés sur la terre et dans les mers et déchiquetés et répandus<br />

dans toutes les régions.<br />

yâ ’ayyuhâ-n-nâsu qad j a ’atkum maw‘izatum mir-rabbikum wa sifa’u-1-<br />

limâ fî-s-sudûri wa hudan wa rahmatu-l-li-l-mu’minîna (57) qui bifadli-L-<br />

Lâhi wa bi-rahmatihî fa bidâlika falyafrahû huwa hayrum-mimmâ yajma‘ûna<br />

(58).<br />

O hommes, un appel au bien vous a été lancé par votre Seigneur. C’est<br />

un remède contre les mauvaises suggestions, c’est aussi un guide et une bénédiction<br />

pour les croyants (57) Dis: La grâce et la bénédiction d’Allah devraient<br />

être pour eux des biens plus précieux que toutes les richesses qu’ils<br />

peuvent amasser (58).<br />

Dieu rappelle aux hommes ce dont II leur a envoyé comme meilleurs<br />

enseignements contenus dans un Livre Saint et béni: Le Coran<br />

«un appel au bien» et «un remède contre les mauvaises suggestions» en<br />

écartant les doutes des poitrines et en purifiant les âmes de toute<br />

souillure. En plus «C’est aussi un guide et une bénédiction pour les<br />

croyants» Il est donc une bonne direction pour ceux qui y ont cru<br />

comme II l'affirme dans ce verset: «Ce Coran apporte soulagement et bénédiction<br />

aux fidèles. Il ne fera qu’accentuer la ruine des méchants» [Coran<br />

XVII, 82].<br />

Que les hommes s’en réjouissent, car c’est un bien beaucoup plus<br />

précieux «que toutes les richesses qu’ils peuvent amasser» Ces richesses,<br />

dans le bas monde, ne seront par rapport à l’autre, que des jouissances<br />

éphém ères.<br />

414


qui ’ara’aytum ma ’anzala-L-Lâhu lakum mi-r-rizqin faja‘altum minhu<br />

harâman wa halâlan qui ’al-Lâhu adina lakum ’am ‘alâ-L-Lâhi taftarûna<br />

(59) wamâ zannu-l-ladîna yaftarûna ‘ala-L-lâhi-l-kad iba yawma-1-<br />

qiyâmati ’inna-L-Lâha ladû fadlin ‘alâ-n-nâsi wa lakinna ’aktarahum lâ<br />

yaskurima (60).<br />

Dis: Des biens qu’Allah vous prodigue, vous déclarez les uns illicites et<br />

les autres licites. Dis: Est-ce Allah qui vous a autorisés à faire cette distinction?<br />

Ou bien la lui attribuez-vous mensongèrement? (59) Que diront les<br />

gens qui imputent des mensonges à Allah, le jour où ils emparaîtront devant<br />

Lui? N’est-il pas vrai qu’Allah est plein de mansuétude pour les hommes?<br />

Mais la plupart d’entre eux ne le reconnaissent pas (60).<br />

Ibn Abbas et Moujahed ont commenté: Ce verset fut descendu à<br />

propos des idolâtres qui ont rendu certaines bêtes du troupeau interdites<br />

pour défférentes raisons qui n’ont aucune relation avec le culte ou<br />

la religion. Ces bêtes sont: La bahira, la Sa'iba, la wassila et le ham;<br />

lorsque Dieu les dénonce et désavoue leur acte dans ce verset: «Sur<br />

les produits de la terre et du bétail ils réservent une part à Allah en disant:<br />

Ceci est à Allah», mais sans conviction et «ceci est à nos idoles» [Coran<br />

VI, 136], Cette interdiction qui n’est fonction que de leurs passions et<br />

instincts, qui n’est basée sur aucune preuve alors que Dieu a rendu licite<br />

ce qu’ils se sont interdits. Il les menace en disant: «Que diront les<br />

gens qui imputent des mensonges à Allah, le jour où ils compraîtront devant<br />

Lui?» Que pensent-ils de ce qu’ils fera d’eux au jour de la résurrection<br />

où ils retourneront vers Lui?.<br />

«N’est-il pas vrai qu’Allah est plein de mansuétude pour les hommes?»<br />

et Ibn Jarir de l’interpréter: «sans les châtier promptement dans le bas<br />

monde». Ou cela signifie: Dieu n’a permis aux hommes que ce qui leur<br />

est utHe et interdit tout ce qui leur nuit. Mais hélas la plupart des hommes<br />

sont ingrats sans reconnaître les biens licites accordés par Dieu<br />

415


en s’en interdisant à leur guise pour se priver de ce qui est bon et licite.<br />

wamâ takûnu fî sa’nin wamâ tatlû minhti min qur’ânin walâ ta‘malûna<br />

m in ‘am alin ’illâ kunnâ ‘alaykum suhûdan ’id tufîd ûna fîhi wam â<br />

ya‘zubu ‘an rabbika min mitqâli darratin fî-l-’ardi walâ fî-s-sam a’i wala<br />

’asgara min dâlika wala ’akbara ’illâ fî kitâbim-mubînin (61).<br />

O hommes, il n’est pas d’état où vous vous trouviez, de lecture du Coran<br />

que vous ne fassiez, d’actes que vous n’accomplissiez, que nous n’en<br />

soyons pas témoins au moment même. Il n’est pas un atome sur terre ou<br />

dans les cieux qui soit soustrait à la puissance de ton maître. Il n’est pas<br />

d’être dans la création, petit ou grand, qui ne soit signalé dans le Livre<br />

(61).<br />

A n’importe quel moment de jour ou de nuit, dans toutes les situations,<br />

Dieu connaît parfaitement l’état de Son Prophète - qu’AIlah le<br />

bénisse et le salue - de sa communauté et toutes Ses créatures. Rien<br />

ne Lui est échappé fut-ce un atome, le plus petit corps qui puisse exister,<br />

se trouvant dans les cieux ou sur la terre, ou un autre corps qui<br />

soit plus grand. Cette vérité est confirmée aussi par ce verset: «Il détient<br />

les clefs de l’inconnu, qu’il est le seul à connaître. Il sait ce que recèlent<br />

le sein de la terre et l’abîme des mers. Il n’est pas une feuille qui<br />

tombe, qu’il ne le sache. Il n’est pas une molécule dans les entrailles de la<br />

terre, une brindille verte ou sèche qui ne soient dénombrées dans le sommier<br />

de la création» [Coran VI, 59]. Connaissant tous les mouvements des<br />

êtres vivants ou inertes, il lui incombe de pourvoir au besoin de tout ce<br />

qu’il a créé.<br />

Si c’est le cas des choses existant dans l’univers, que sera le cas<br />

des humains qui sont ordonnés de L’adorer et de leurs mouvements et<br />

416


de tout geste qu’ils accomplissent? Pour faire connaître cela à Ses serviteurs<br />

Il s’adresse à Son Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue<br />

«Qui te voit quand tu te lèves, qui suit tes mouvements dans la foule des<br />

adorateurs» [Coran XXVI, 218-219]. Et en s’adressant à Ses serviteurs<br />

Il les avertit: «... d’actes que vous n’accomplissiez, que nous n’en soyons<br />

pas témoins au moment même». Lorsque vous entreprenez une chose<br />

nous vous voyons faire et entendons vos propos. Citons à cet égard<br />

une partie d’un hadith lorsque Gabriel demanda l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue - au sujet de l’Islam (la perfection ou<br />

l’excellence), il lui répondit: «Elle consiste à adorer Dieu comme si tu Le<br />

vois, si tu ne Le vois pas Lui, certes, te voit» (Rapporté par Mouslim)111.<br />

’alâ^ ’in nâ ’aw liyâA’a-L -L ah i lâ h aw fun ‘alayh im w alâ hum<br />

yahzanûna (62) ’al-ladîna ’a manû wa kânû yattaqûna (63) lahumu-l-busv><br />

râ fî-l-hayâti-d-dunyâ wafï-l-’âhirati lâ tabdîla likalimâti-L-Lâhi dâlika<br />

huwa-l-fawzu-1 ‘azîmu (64).<br />

Les servants d’Allah ne connaîtront ni crainte ni chagrin (62) Ceux qui<br />

ont mis leur confiance en Lui et qui Le craignent (63) A ceux-là, annonce<br />

une bonne nouvelle dans ce monde et dans l’autre. Les paroles d’Allah sont<br />

immuables. C’est là une magnifique récompense (64).<br />

Les servants d’AÎlah - ou selon une autre interprétation: les amis<br />

de Dieu- sont ceux qui le craignent, n’éprouveront plus aucune crainte<br />

ni le supplice de la vie future, et ils ne seront plus affligés d’avoir quitté<br />

ce bas monde.<br />

Abou Houraira rapporte que l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse<br />

( 1 ) p j- o u ,\j: ¿ a A t - v ï ûî» :6 \— *->ll ¿j* a Î U U J J Ü<br />

417


et le salue - a dit: «Parmi les servants de Dieu il en est ceux que les Prophètes<br />

et les martyrs envient» On lui demanda: «Qui sont-ils ô Envoyé<br />

de Dieu? peut-être nous l’aimons?» Il répondit: «Ils sont des gens qui<br />

s ’aiment en Dieu sans tenir compte ni des richesses ni de lignée. D e leurs<br />

visages jaillit une lumière, assis sur des chaires en lumière, ne craindront<br />

rien lorsque les autres seront proie à la frayeur et ne s ’attristeront point<br />

que les gens seront affligés» Puis il récita: «Les servants d’Allah ne connaîtront<br />

ni crainte ni chagrin» ( Rapporté par Ibn Jarir et Abou Daoud)[I].<br />

En commentant ce verset: «A ceux-là, annonce une bonne nouvelle<br />

dans ce monde et dans l’autre» Abou Ad-Darda a dit: «La vision pieuse,<br />

le croyant la voit ou on la lui fait voir». En soutenant cette interprétation,<br />

Oubada Ben As-Samet rapporte qu’il avait demandé l’Envoyé de<br />

Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - au sujet de ce verset, il répondi:<br />

«Tu m ’as posé une question que nul avaijt toi ne m ’a pas posée. Il s ’agit de<br />

la vision pieuse que l’homme voit ou on la lui fa it voir».<br />

Abou Dzarr Al-Ghifari rapporte qu’il a demandé à l’Envoyé de Dieu<br />

- qu’Allah le bénisse et le salue -: «Que penses-tu d’un homme qui, en<br />

faisant une certaine œuvre, les hommes en font son éloge et le complimentent?»<br />

Il lui répondit: «Telle est la prompte bonne nouvelle annoncée<br />

au croyant».<br />

Commentant toujours le même verset Abdullah Ben Amr rapporte<br />

que l’Envoyé de dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - dit: «La visite<br />

pieuse qu’on fait voir au croyant est une des quarante-six parties de la prophétie»<br />

(Rapporté par Ibn Jarir)[2].<br />

(1 ) b ¿ a :J-J ajb-i-jU lj f i k -yu bL* ¿ I jL p ¿ a ô \ t l J li<br />

J t(-rJ'L~jI ¿jA '(J^ ^ 4JÜ^<br />

Vl# :lÿ pj ((^Ul lil ijÿ ij* j>\ïa jÿ<br />

elJJJ ijijA Q * ¿ji\ ¡*J> ^ 4i>l f L J j t û j<br />

(2) UjJI ôUîtJI l s J1¡»-th :Jlî 4i! ¿y.<br />

¿rf' ¿¿a Vj=r ¿fSJj Îi*- ¿ y - ç -j^r UjJLj SjJLyüjt<br />

jjb<br />

418


Ibn Jarir rapporte que Oum Kouraïz Al-Ka'bia a entendu l’Envoyé<br />

de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - dire: «Désormais plus de prophétie<br />

mais il y a les «moubachchirates». Ces moubachirates, d’après les<br />

exégètes, ne sont que la bonne nouvelle que les anges annoncent à<br />

l’homme croyant lors de son agonie qu’il obtiendra le pardon de Dieu<br />

et le Paradis». Ceci est confirmé par ce verset: «Ceux qui disent: «Notre<br />

maître est Allah» et se conduisent avec droiture recevront des anges<br />

cette assurance: «Ne craignez rien et ne vous tourmentez pas. Vous irez au<br />

Paradis comme on vous l’a promis» [Coran XLI, 30].<br />

Al-Bara‘ avait rapporté ce hadith où l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le<br />

bénisse et le salue - a dit: «Lorsque la mort survient au croyant, des anges<br />

aux visages blancs et portant des habits blancs viennent lui dire: «O<br />

âme vertueuse, sors pour rencontrer le repos, les parfums et un Seigneur<br />

content du toi». L ’âme sortira alors de sa bouche comme une goutte d ’eau<br />

qui tombk de la bouche d ’une outre».<br />

Quant à l’annonce de la bonne nouvelle concernant la vie future,<br />

Dieu en a parlé et dit: «L’épouvante du jour dernier ne les accablera pas.<br />

Les anges les accueilleront par ces mots: «Le voilà venu votre jour, ce jour<br />

qui vous a été promis» [Coran XXI, 103] et aussi: «Un jour, tu verras une<br />

lumière briller sous les pas des croyants et les croyantes et à leur droite.<br />

Ce même jour, on leur annoncera qu’ils vivront éternellement dans des jardins<br />

arrosés d’eau-vive» [Coran LVII, 12].<br />

«Les paroles d’Allah sont immuables» c’est à dire que cette promesse<br />

est affermie et ne subira aucun changement et sera tenue sans<br />

aucune contestation.<br />

walâ yahzunka qawluhum ’inna-l-‘izzata li-L-Lâhi jamî‘an huwa-S-Samî<br />

u-1- Alîmu (65) ’alâ ’inna-li-L-Lâhi man fî-s-samâwâti waman fî-1-<br />

419


’ardí wamâ yattabi‘u-l-ladîna yad‘ûna min dûni-L-Lâhi suraka’a ’iy-yattabi‘ûna<br />

’illâ-z-zanna wa ’in hum ’illâ yahrusûna (66) huwa-l-ladî ja‘ala<br />

lakumu-1-layla litaskunû fihi wa-n-nahâra mubsiran ’inna fî dâlika la-<br />

’âyâti-l-liqawmiy-yasma‘ûna (67).<br />

Ne te laisse pas affliger par leurs propos. Car toute la gloire échoie en<br />

définitive à Allah. Il entend et sait tout (65) Tout ce qui peuple les cieux et<br />

la terre appartient à Allah. Ceux qui invoquent d’autres divinités en dehors<br />

d’Allah ne s’adressent qu’au néant. Us sont les jouets de leur imagination et<br />

s’abusent étrangement (66) C’est Lui qui a conçu la nuit en vue de votre repos<br />

et le jour en vue de vos travaux. Il y a en cela des signes pour ceux qui<br />

méditent (67).<br />

Que les paroles des polythéistes ne t’attristent pas, demande<br />

l’aide de Dieu et fie-toi à Lui. Tel est le commandement de Dieu à qui<br />

échoie la puissance ainsi qu’à Son Messager et aux croyants. Il entend<br />

les propos de Ses servants et connaît toutes leurs situations.<br />

Tout ce qui est dans les cieux et sur la terre appartient à Dieu.<br />

Quand aux idolâtres, ils adorent des statues qui ne peuvent leur être<br />

utiles ou leur nuire, et par ailleurs, ils n’ont aucune preuve qu’ils leur<br />

devaient cette adoration. Ils ne suivent que des conjectures et ne se<br />

contentent que de suppositions.<br />

Ces idolâtres ne trouvent-ils pas que Dieu «a conçu la nuit en vue<br />

de votre repos et le jour en vue de vos travaux» Ces signes et ces phénomènes<br />

ne constituent-ils pas des preuves pour ceux qui sont doués<br />

d’intelligence et d’une ouïe, afin de croire en Dieu et en Sa magnifique<br />

création!<br />

qâlû-t-tahad a-L-Lâhu waladan subhânahû huwa-l-ganiyyu lahû mâ fî-s-<br />

420


samâwâti wamâ fï-l-’ardi ’in ‘indakum min sultânim-bi hâda ’ataqûlûna<br />

‘alâ-L-Lâhi mâ lâ ta‘lamûna (68) qui ’inna-l-ladîna yaftarûna ‘alâ-L-Lâhi-1-kadiba<br />

lâ yuflihûna (69) matâ‘un fî-d-dunyâ tumma ’ilaynâ marj<br />

i ‘uhum tu m m a nud îquhum u-1- ‘ad â b a -s-sa d îd a bim â kânû<br />

yakfurûna (70).<br />

Ils disent: Allah s’est donné un fils. Gloire à Allah, le Tout-Puissant,<br />

le maître des cieux et de la terre. Non, vous n’avez pas de preuves pour<br />

dire cela. Comment osez-vos tenir des propos aussi inconsidérés sur le<br />

compte d’Allah (68) Dis: Ceux qui imputent des mensonges à Allah seront<br />

réprouvés (69) Ephémère sera leur réussite en ce monde. Finalement, ils<br />

nous feront retour. Puis nous leur infligerons un châtiment exemplaire pour<br />

les punir de leur impiété (70).<br />

Dieu désavoue les dires de ceux qui prétendent qu’il s’est donné<br />

un fils! Qu’Il soit élevé au-dessus de tout ce qu’ils Lui ont imputé. Etant<br />

le créateur des cieux et de la terre et le possesseur de ce qu’ils<br />

contiennent comment peut-ll prendre un fils parmi ceux qui il a créés?<br />

Si vous avez quelque autorité pour parler ainsi et une preuve de vos<br />

présomptions, présentez-les et sachez que Dieu se suffit de l’unviers.<br />

Forgez-vous de mensonges sur Allah alors que vous n’avez aucune<br />

connaissance?<br />

Il y en a là une réfutation de ces dires, Un avertissement et une<br />

menace. Dieu montre la gravité des dires de ces gens-là et dit: «Ils disent:<br />

«Le Miséricordieux s’est donné un enfant». «Vous avez proféré là un<br />

blasphème monstrueux». A ces mots, les cieux ont failli s’entrouvrir, la<br />

terre se fendre, les montagnes crouler. Oser attribuer un fils au Miséricordieux?<br />

Le Miséricordieux ne saurait avoir un fils» [Coran XXIX, 88-92].<br />

Dieu met en garde ceux qui tiennent de tels propos et forgent ces<br />

mensonges sur Son compte qu’ils ne réussiront plus ni dans la vie présente<br />

ni dans l’autre. Dans le bas monde, s’il les conduit par étapes et<br />

leur accorde un répit, Il leur fera endurer ensuite un terrible châtiment,<br />

car dans le monde d’ici-bas ils jouissent des biens éphémères puis<br />

«nous leur infligerons un châtiment exemplaire pour les punir de leur impiété»<br />

et de leur m en so n ge q u ’ils ont forgé.<br />

421


wa-tlu ‘alayhim naba’a nuhin ’id qâla liqawmihî yâ qawmi ’in kâna kabura<br />

‘alaykum maqâmî wa tadkîrî bi ’âyâti-L-Lâhi fa‘alâ-L-Lâhi tawakkaltu<br />

fa’ajmi‘û ’amrakum wa suraka ’akum tumma lâ yakun ’amrukum<br />

‘alaykum gummatan tumma-qdïï ’ilayya walâ tunzirûni (71) fa’in tawallaytum<br />

famâ sa’altukum min ’ajrin ’in ’ajriya ’illâ ‘alâ-L-Lâhi wa ’umirtu<br />

’an ’akûna mina-l-muslimîna (72) fakadd abûhu fanajjaynhu wamamma‘ahû<br />

fî-l-fulki wa ja‘alnâkum hala’ifa wa ’agraqnâ-l-ladîna kaddabû<br />

bi ’a yâtinâ fa-nzur kayfa kâna ‘âqibatu-l-mundarîna (73).<br />

Raconte-leur l’histoire de Noé lorsqu’il dit à son peuple: O mon peuple,<br />

s’il vous est pénible de me sentir parmi vous et de m’entendre vous rappeler<br />

les enseignements d’Allah, je m’en remets à Lui. Réunissez à la foi<br />

vos efforts et vos partisans, prenez des décisions nettes et finissez-en avec<br />

moi et sans tarder (71) Si vous me désavouez, je ne vous en demanderai pas<br />

compte. Mon compte, c’est Allah qui me le réglera. J ’ai reçu l’ordre d’être<br />

parmi les soumis (72) Ils l’ont traité d’imposteur. Nous l’avons sauvé ainsi<br />

que ceux qui l’accompanaient sur l’arche. Nous les avons fait succéder aux<br />

autres et nous avons noyé ceux qui avaient traité nos signes de mensonge.<br />

Considère quelle a été la fin de ceux qui ont été avertis (73).<br />

Dieu ordonne à Mouhammad -qu’Allah le bénisse et le salue - de<br />

raconter aux idolâtres de La Mecque l’histoire de Noé, ceux qui te traitent<br />

d’imposteur et te contredisent. Rappelle-leur le sort de son peuple<br />

qui l’avait traité de la même façon, comment Dieu les a fait péri en les<br />

noyant. Que ces impies Qora'ichites redoutent donc la vengeance de<br />

Dieu et de subir le même châtiment.<br />

N o é - q u e \& p»a\>c soit s u r lu i - avait d it à son peuple: «S’il vous est<br />

pénible de me sentir parmi vous» c ’est à dire que ma présence vous<br />

422


pèse lourd «et de m’entendre vous rappeler les enseignements d’Allah» ainsi<br />

que Ses signes et preuves, «Réunissez à la fois vos efforts et vos partisans»<br />

les idoles que vous invoquez et adorez en dehors de Dieu<br />

«prenez des décisions nettes et finissez-en avec moi et sans tarder» c’est à<br />

dire: ne vous inqi^iétez plus de votre affaire, prenez une décision à<br />

mon sujet sans me laisser trop attendre. Car si vous croyez avoir raison<br />

et que vous êtes sur le chemin droit, agissez! je ne vous redoute<br />

plus parce que vous n’êtes pas dans le vrai. Les mêmes propos avait<br />

tenu, plus tard, Houd en défiant son peuple: «Mettez tout en œuvre<br />

contre moi et ne m’accordez aucun répit. Je me confie à Allah mon Seigneur<br />

et le vôtre» [Coran XI, 55-56],<br />

Et Noé de poursuivre: «Si vous me désavouez» en me tournant le<br />

dos sans m’obéir «je ne vous en demanderai pas compte» En d’autres termes:<br />

je ne vous demande pas un salaire en vous prodiguant de<br />

conseils, Car «mon compte, c’est Allah qui me le réglera» c’est à dire que<br />

mon salaire incombe à Dieu seul: «J’ai reçu l’ordre d’être parmi les soumis»,<br />

je me conforme à tout ce que Dieu m’a ordonné. Cette soumission<br />

qui signifie aussi l’Islam, était la religion unique de tous les<br />

Prophètes du premier au dernier, même si leurs lois étaient parfois variées<br />

et multiples.<br />

Mais le peuple de Noé «l’on traité d’imposteur. Nous l’avons sauvé<br />

ainsi que ceux qui l’accompagnaient sur l’arche» ceux qui ont cru en son<br />

message». «Nous les avons fait succéder aux autres et nous avons noyé<br />

ceux qui avaient traité nos signes de mensonge. Considère quelle a été la<br />

fin de ceux qui ont été avertis».<br />

tumma ba‘atnâ mim ba‘dihî rusulan ’ilâ qawmihim faja’ûhum bi-l-bayyinâti<br />

famâ kânû liyu’minû bimâ kad d abû bihî min qablu kad âlika<br />

natba‘u ‘alâ qulûbi-l-mu‘tadîna (74).<br />

Après lui, nous avons envoyé des Prophètes à chaque peuple, qui leur<br />

apportèrent de preuves manifestes. Ils ne purent se résigenr à accepter ce<br />

423


qu’ils avaient traité jusque-là de mensonge. C’est ainsi qu’Allah endurcit le<br />

cœur des injustes (74).<br />

Plusieurs Prophètes succédèrent à Noé dont chacun était appuyé<br />

par de preuves évidentes témoins de leurs messages. Mais ces peuples<br />

n’étaient pas à même de croire à ce qu’ils avaient précédemment<br />

trlfîté de mensonge: «C’est ainsi qu’Allah endurcit le cœur des injustes».<br />

Ceux qui ne croient pas auront le cœur scellé à cause de leur impiété<br />

jusqu’à ce qu’ils voient le châtiment implacable.<br />

Du temps d’Adam jusqu’à l’avènement de Noé, les hommes<br />

étaient sur le chemin droit et pratiquaient l’Islam, la religion de la soumission<br />

à Dieu. Noé, comme on l’a dit, était le premier Envoyé de Dieu<br />

aux hommes qui, à cette époque, ont commencé à adorer les idoles.<br />

Ibn Abbas a dit que dix siècles se sont écoulés entre Adam et Noé<br />

pendant lesquels les hommes étaient tous des musulmans.<br />

En avertissant les polythéistes de La Mecque, Dieu a dit: «Que des<br />

générations nous avons anéanties après Noé» [Coran XVII, 17] afin que ce<br />

verset soit une leçon à ces idolâtres qui ont mécru en Mouhammed -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue - et en son message, peut-être cela les<br />

porte à changer de politique et d’éviter le châtiment qui les attend.<br />

tumma ba’atnâ mim ba‘dihim Mûsâ wa Hârûna ’ilâ Fir‘awna wa mala’ihî<br />

bi ’âyâtinâ fastakbarû wa kânû qawmam mujrimîn (75) falamma<br />

i a ’ahumu-l-haqqu min ‘indinâ qâlü ’inna hâdâ lasihrum-mubînun (76)<br />

qaia iviûsst ’ataqûiùna ü-l-haqqi lammâ jit’akum ’asihrun hâdâ walâ<br />

yuflihu-s-sâhirûna (77) qâRî ’aji’tanâ litalfitanâ ‘ammâ wajadnâ ‘alayhi<br />

424


’a bêC’anâ wa takûna lakumâ-l-kibriya1’u fî-l-’ardi wa mâ nahnu lakumâ<br />

bi mu’minîna (78).<br />

Puis nous avons envoyé Moïse et Aaron, porteurs de nos signes, à<br />

Pharaon et à sa cour. Us les accueillirent avec morgue, en pervers endurcis<br />

qu’ils étaient. (75) Lorsque nous leur divulguâmes la vérité, ils dirent:<br />

«C’est là pure magie» (76) Moïse répliqua: «comment osez-vous traiter de<br />

magie la vérité qui est divulguée alors que la magie est une chose réprouvée?<br />

(77) Ils dirent: «Êtes-vous venus pour nous détourner des traditions de<br />

nos pères et pour avoir tous deux la prédominance dans le pays? Non, nous<br />

ne vous croyons pas»(78).<br />

Dieu envoya ensuite Moïse et son frère Aaron (Haroun) à Pharaon<br />

et à son peuple avec Ses signes et preuves, mais ceux-ci s’enflèrent<br />

d’orgueil, refusèrent d’y croire et de les suivre, car c’était un peuple<br />

pervers et coupable.<br />

«Lorsque nous leur divulguâmes la vérité, ils dirent: «C’est là pure magie».<br />

Ils étaient sûrs que c’est la vérité qui leur venait du Seigneur,<br />

mais ils s’obstinèrent et la renièrent avec injustice comme Dieu le montre<br />

dans un autre verset: «Bien que convaincus, ils les repoussèrent par<br />

orgueil et par malignité» [Coran XXVII, 14].<br />

Moïse les blâma et dit: «Comment osez-vous traiter de magie la vérité<br />

qui est divulguée alors que la magie est une chose réprouvée?» Allezvous<br />

dire, une fois la vérité vous est parvenue, que c’est évidemment<br />

de la magie?» «Us dirent: «Etes vous venus pour nous détourner des traditions<br />

de nos pères» et nous écarter de la religion qu’ils suivaient «et pour<br />

avoir tous deux la prédominance dans le pays?» Non, nous ne vous croyons<br />

pas».<br />

Dans le Coran, Dieu mentionne dans plusieurs endroits l’histoire<br />

de Moïse -que Dieu le salue- avec Pharaon, qui est l’une des étranges<br />

histoires, car Pharaon était circonspect avec Moïse bien que le destin<br />

le porta être à son service, si on considère les événements suivants:<br />

Moïse fut élevé dans la cour de Pharaon et même dans son propre logis<br />

comme un des ses enfants (comme nous allons en parler plus<br />

MaU r«eu lui uouva un issue pour quitter îa cour définitivement<br />

en lui accordant la Prophétie, le message et lui adressant la parole.<br />

Les miracles ne cessèrent d’être pratiqués par Moïse l’un après l’autre<br />

425


successivement au point où il étonna les gens et les rendit perplexes.<br />

Chaque fois qu’il leur montrait un signe il était plus grand que son précédent.<br />

Mais Pharaon, Sa cour et son peuple se furent décidé de nier tout<br />

signe, de le traiter de mensonge et de magie en s’enflant d’orgueil et<br />

par obstination, jusqu’à ce que Dieu les fît périr eh les noyant tous<br />

dans une certaine matinée «Ainsi a été anéantie chaque génération d’infidèles.<br />

Gloire à Allah le maître de l’univers» [Coran VI, 45].<br />

wa qâla Fir‘awnu ’tûnî bikulli sâhirin ‘alîmin (79) falammâ jâ"’a-ssaharatu<br />

qâla lahum Mûsa ’alqû ma ’antum mulqûna (80) falamma ’alqû<br />

qâla Mûsâ mâ ji’tum bihi-s-sihru ’inna-L-Lâha sayubtiluhu ’inna-L-<br />

Lâha lâ yuslihu ‘amala-l-mufsidîna (81) wa yuhiqqu-L-Lâhu-l-haqqa bikalimâtihî<br />

walaw kariha-l-mujrimûna (82).<br />

Pharaon dit alors: «Amenez-moi tous les magiciens de renom» (79)<br />

Lorsque les magiciens se présentèrent, Moïse leur dit: «Opérez comme vous<br />

voudrez» (80) Après qu’ils eurent opéré, Moïse leur dit: «C’est là de la vulgaire<br />

magie. Allah en montrera l’inanité. Il déjoue les entreprises des méchants<br />

(81) Allah fera apparaître la vérité dans tout son éclat, quel que soit<br />

le dépit des méchants» (82).<br />

Dieu raconte l’histoire de Moïse avec les magiciens et ce que Pharaon<br />

a voulu, par ses manœuvres, contredire la vérité. Il demanda de<br />

lui amener tous les savants magiciens. Une fois présentés à Moïse,<br />

celui-ci leur dit: «Jetez ce que vous avez à jeter». Il les défia parce<br />

qu’ils s’opposèrent à lui après la promesse de Pharaon de leur donner<br />

une magnifique récompense et de les rapprocher de lui. «O Moïse, proposeTent-iis,<br />

est-ce toi qui va entrer en scène le premier OU nous?» [Coran<br />

XX, 65].<br />

426


Moïse voulut qu’ils fussent les premiers à opérer voulant par là<br />

montrer aux gens réunis que leur invention n’est qu’une ruse de magicien.<br />

Puis, agissant de sa part il leur fera présenter la vérité pour abolir<br />

leur erreur.<br />

Après que les magiciens eurent jeté, ils ensorcelèrent les yeux<br />

des gens, les effrayèrent en déployant une puissante magie. A ce moment-là<br />

«Moïse se sentit envahi par une crainte secrète. Sois sans crainte,<br />

suggérâmes-nous à Moïse, tu auras le dessus» [Coran XX, 67-68]. Lorsque<br />

les magiciens jetèrent leurs cordes et leurs bâtons, Moïse leur dit:<br />

«C’est là de la vulgaire magie. Allah en montrera l’inanité II déjoue les entreprises<br />

des méchants» Allah fera apparaître la vérité dans tout son éclat,<br />

quelque soit le dépit des méchants».<br />

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¿£3^lit 4i]j J p ji\ t î J Ü ÙÏJ<br />

fama ’âmana li-Mûsa ’illâ durriyyatum min qawmihi ‘alâ hawfïm min<br />

Fir‘awna wa mala’ihim ’ay-yaftinahum wa ’inna Fir‘awna la'âlin fï-l-’ardi<br />

wa ’innahû lamina-l-musrifîna (83).<br />

Par crainte de représailles de Pharon et de son clan, Moïse fut abandonné<br />

de tous, excepté de la jeunesse. Car Pharaon était à la fois puissant<br />

et despote (83).<br />

Malgré les signes et miracles qu’avait apportés Moïse -que Dieu le<br />

salue- un petit nombre du peuple de Pharon, la jeunesse parmi sa descendance,<br />

en ont cru malgré leur crainte d’être mis à l’épreuve et de<br />

retourner à l’incrédulité. Car Pharaon était un tyran, despote, rebelle redoutable<br />

et très puissant.<br />

Commentant ce fait, Ibn Abbas a dit: «La descendance de Pharaon<br />

qui a cru en Moïse ne fait pas partie des fils d’Israël, elle était formée<br />

de la femme de Pharaon, un autre croyant, l’intendant de ses<br />

dépôts et la femme de ce dernier». Bien que d’autres ont signalé que<br />

ce«e descendance était des riis d’Israël et non pas les personnes qu’a<br />

mentionnées Ibn Abbas. Ceci est un sujet de discussion car tous les<br />

fils d’Israël ont cru en Moïse parce qu’ils avaient connaissance de son<br />

427


avènement d’après les anciennes Ecritures et que Dieu allait les délivrer<br />

de Pharaon et qu’ils auraient le dessus. Après la venue de Moïse,<br />

Pharaon commença à nuire aux fils d’Israël. Ils dirent à Moïse: «Nous<br />

étions malheureux avant ta venue et nous n’avons pas cessé de l’être après»<br />

[Coran VII, 129]. Si c’est ainsi, comment peut-on prétendre que cette<br />

descendance était celle des fils d’Israël qui sont le peuple de Moïse et<br />

non pas de Pharoan dont le verset le corrobore «par crainte de représailles<br />

de Pharaon et de son clan» de peur qu’ils ne les détournent de<br />

leur foi étant donné que parmi les fils d’Israël il y avait personne qui redoutait<br />

d’être détourné en suivant Moïse.<br />

wa qâla Mûsâ yâ qawmi ’in kuntum ’a mantum bi-L-Lâhi fa ‘alayhi tawakkalïï<br />

’in kuntum muslimîna (84) faqâlû ‘alâ-L-Lâhi tawakkalnâ rabbanâ<br />

lâ taj‘alnâ fitnatan li-l-q aw m i-z-zâlim în a (85) wa najjinâ<br />

birahmatika mina-l-qawmi-l-kâfirîna (86).<br />

Moïse dit à son peuple: «Si vous croyez en Allah, mettez votre<br />

confiance en Lui, comme il sied à des gens soumis» (84) Ils répondirent:<br />

«Nous mettons notre confiance en Allah. Seigneur, ne nous laisse pas en<br />

but aux exactions des méchants» (85) Protège-nous de ta grâce contre ce<br />

peuple impie» (86).<br />

Moïse demanda à son peuple de se confier à Dieu si vraiment ils<br />

croient et Lui sont soumis. Dans le Coran on trouve dans plusieurs<br />

passages où la foi en Dieu est jointe à la confiance en Lui.<br />

Les fils d’Israël obtempérèrent aux ordres de Moïse et déclarèrent:<br />

«Nous mettons notre confiance en Allah. Seigneur, ne nous laisse pas en<br />

but aux exactions des méchants». Ils invoquèrent Dieu pour qu’il ne<br />

donne ni la victoire ni le pouvoir à leur ennemi afin que celui-ci ne<br />

üür.ç)« qu ii est dans le vrai et les nis d’israëi dans l’erreur, leur détournement<br />

sera alors facile.<br />

428


Moujahed a interprété ceci de la façon suivante: Seigneur, ne<br />

laisse pas le clan de Pharaon nous torturer ni par un châtiment venant<br />

de Toi, alors ils diraient: «Si vraiment les fils d’Israël étaient dans le<br />

vrai, ils n’auraient pas été châtiés et nos n’aurions pas eu le pouvoir<br />

sur eux» et alors ils nous détourneraient.<br />

Les fils, d’Israël demandèrent alors au Seigneur de les délivrer,<br />

par Sa miséricorde, de ceux qui ont mécru.<br />

wa ’awhayna' ’ilâ Mûsâ wa ’ahîhi ’an tabawwa’â liqawmikumâ bimisra<br />

buyûtan jïvaj‘alû buyûtakum qiblatan wa ’aqîmû-s-salâta wa bassiri-1-<br />

mu’minîna (87).<br />

Nous envoyâmes alors à Moïse et à son frère cette révélation: «Construisez<br />

des maisons en Egypte pour votre peuple en les disposant face à<br />

face. Observez la prière et rassurez les croyants par la bonne nouvelle»<br />

(87).<br />

Dieu montre dans ce verset pourquoi et comment il a délivré les<br />

fils d’Israël de Pharaon et son peuple, en inspirant Moïse et son frère<br />

Aaron -que Dieu les salue- d’établir pour leur peuple des demeures en<br />

les disposant face à face comme pour former un quartier isolé.<br />

Mais une controverse fut signalée en interprétant l’expression<br />

arabe dont le sens est: «prenez vos maisons pour direction-qibla». Ibn<br />

Abbas a dit: «Les fils d’Israël ont été autorisés à pratiquer les prières<br />

chez eux et d’y persévérer, car Dieu a dit aux croyants: «O croyants,<br />

puisez votre force dans la patience et la prière» [Coran II, 153]. D’autre<br />

part, on a rapporté que quand une affaire tracassait l’Envoyé de Dieu,<br />

il recourait à la prière.<br />

Dieu ordonne d’observer la prière en annonçant la bonne nouvelle<br />

aux croyants qu iis obtiendront la récompense et une prompte victoire.<br />

Ibn Abbas commenta: Les fils d’Israël disaient: «Nous ne pouvons plus<br />

faire nos prières devant les Pharaons». Il leur autorisa alors à les faire<br />

429


chez eux en établissant leurs maison de sorte qu’elles soient dirigées<br />

vers la qibla.<br />

wa qâla Mûsâ rabbana ’innaka ’a tayta Fir‘awna wa mala’ahû zînatan<br />

wa ’amwâlan fî-l-hayâti-d-dunyâ rabbanâ liyudillû ‘an sabîlika rabbanâtmiss<br />

‘ala ’amwâlihim wasdud ‘alâ qulûbihim falâ yu’minû hattâ ÿarawu-l-‘adâba-l-’alîma<br />

(88). qâla qad ’ujîba,-d-da‘watukumâ fastaqîmâ walâ<br />

tattabi'anî sabîla-l-ladîna la ya'lamûna (89).<br />

Moïse dit: «Seigneur, Tu as donné à Pharaon et à son peuple le faste<br />

et l’abondance dans ce monde. Seigneur, anéantis leurs richesses, endurcis<br />

leurs cceurs. Fais qu’ils ne croient qu’en expiant un châtiment terrible» (88)<br />

J ’ai exaucé vos prières, répondit le Seigneur. Soyez fermes. Ne nous laissez<br />

pas entraîner par les ignorants (89).<br />

Telle fut l’imprécation de Moïse contre Pharaon et son dan quand<br />

ils refusèrent la vérité et s’obstinèrent dans leur égarement portés par<br />

l'orgueil, l’injustice et la tyrannie.<br />

Moïse dit au Seigneur: «Tu as donné à Pharaon et à son peuple le<br />

faste et l’abondance dans ce monde» de la parure et des biens, afin qu’ils<br />

s’écartent de Ton chemin et de tenter les autres de sorte que ceux-ci<br />

croient, en recevant ces dons, qu’ils les ont eus à cause de Ton affection<br />

pour eux. Et de formuler son imprécation Moïse demanda à Dieu:<br />

«anéantis leurs richesses» et qu’elles soient transformées en pierres<br />

comme elles étaient, comme a précisé Ibn Abbas, «endurcis leurs<br />

n o i on loe eeollant. «F a is qu’ils ne croient qu’en expiant un châtiment<br />

terrible».<br />

Cette imprécation fut adresée par Moïse contre Pharaon et ses<br />

430


conseillers dans un moment de colère pour l’amour de Dieu et de Sa<br />

religion, car il n’espérait aucun bien de ces gens-là, tout comme Noé<br />

quand il appelait la malédictin de Dieu contre les incrédules: «Seigneur,<br />

ne laisse subsister sur terre aucun infidèle» [Coran LXXI, 26].<br />

Dieu exauça Moïse et son frère, par contre «soyez fermes» restez<br />

droits et ne suivez pas le chemin de ceux qui ne savent pas. Ibn Joura'ij<br />

a précisé que Pharaon, après cette imprécation, survécut quarante<br />

jours.<br />

wa jâwaznâ bi banî ’Isrâ’îla-l-bahra fa’atba‘ahum Fir‘awnu wa junûduhû<br />

bagyan wa ‘adwan hatta ’¡d'à ’adrakahu-l-garaqu qâla ’amantu ’annahû<br />

lti ’ilâha ’illâ-l-LadT ’amanat bihî banîî ’Isrâ’îla wa ’ana mina-l-muslimîna<br />

(90) ’a'I’âna waqad ‘asayta qablu wa kunta mina-l-mufsidîna (91) falyawma<br />

nunajjîka bi badanika litakûna liman halfaka ’a yatan wa ’inna<br />

katîram-mina-n-nâsi ‘an ’a yâtina lagafilûna (92).<br />

Nous fîmes franchir la mer au peuple d’Israël. Pharaon et ses troupes<br />

se lancèrent à leur poursuite, pleins d’ardeur et de haine. Au moment d’être<br />

englouti par les flots, Pharaon s’écria: «Je crois qu’il n’y a d’autre Allah<br />

que celui qu’adorent les fils d’Israël. Je me soumets» (90) Oui, tu te soumets<br />

maintenant, mais, avant, n’étais-tu pas rebelle et ne te solidarisais-tu<br />

pas avec les malfaisants? (91) Aujourd’hui, nous épargnerons ta carcasse<br />

pour que tu serves d’exemple à tes successeurs. La plupart des hommes ne<br />

prêtent psa attention à nos signes (92).<br />

Lorsque les fils d Israël qui étaient au nombre de six cent mille<br />

combattants, à part leurs descendances, sortirent de l’Egypte, Pharaon<br />

ressentit une grande haine contre eux. Il envoya dans les régions des<br />

431


commandants dans le but de recruter les hommes et former une armée<br />

très puissante. Lui et son armée avec toute leur puissance et leur<br />

splendeur que Dieu a voulu qu’ils sont comme tels, se mirent à la poursuite<br />

des fils d’Israël commandés par Moïse et son frère. Ils parvinrent<br />

à les rattraper lors du coucher du soleil. «Lorsque les deux groupes furent<br />

en présence, les compagnons de Moïse s’écrièrent: «Nous sommes atteints»<br />

[Coran XXVI, 61] Comment pourrons-nous les fuir et être<br />

sauvés?. Moïse leur répondit: «Qu’importe! répliqua Moïse. Mon Seigneur<br />

est avec moi II me sauvera» [Coran XXVI, 62].<br />

A ce moment Dieu ordonna à Moïse de frapper les flots avec son<br />

bâton. Chacune des parties de la mer devint semblable à une immense<br />

montagne. Les fils d’Israël purent alors traverser les flots, et<br />

quand ils furent sur l’autre rive, Pharaon et cent mille de son armée<br />

étaient sur la rive. Voyant ce spectacle, ils furent effrayés et voulant rebrousser<br />

chemin, mais c’était trop tard; ils s’y enfoncèrent. Michel,<br />

l’ange, incitait chaque guerrier à y entrer sans aucune, crainte. Quand<br />

ils furent tous entre les flots et leurs premiers voulant en sortir pour atteindre<br />

l’autre rive, Dieu ordonna à la mer que ses flots s’abattent sur<br />

eux. En effet les flots s’abattirent sur Pharaon et son armée tantôt en<br />

les soulevant au-dessus et tantôt en les abaissant. Pharaon, éprouvant<br />

l’ivresse de la mort s’écria: «Je crois qu’il n’y a d’autre Allah que celui<br />

qu’adorent les fils d’Israël. Je me soumets».<br />

Pharaon y croit enfin, mais hélas, c’était trop tard: «La foi acquise<br />

en présence du châtiment ne profite pas» [Coran XL, 85]. Dieu, en répondant<br />

à Pharaon, dit: «Oui, tu te soumets maintenant» alors que tu me<br />

désobéissais avant, et tu étais au nombre des corrupteurs et malfaisants!<br />

«Nous les avons mis à la tête des pourvoyeurs de l’enfer. Ils ne trouveront<br />

aucune aide au jour de la résurrection» [Coran XXVIII, 41].<br />

Tel fut le récit concernant Pharaon que Dieu a voulu faire connaître<br />

à Son Prophète - qu’AHah le bénisse et le salue - et qui fait partie<br />

des mystères. A ce propos Ibn Abbas rapporte que l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: «Lorsque Pharaon déclara: «Oui,<br />

je crois: il n ’y a de Dieu que celui en qui les fils d ’Israël croient Gabriel<br />

m a v o u a : « J aurais bien a im é qu e tu m e vo ie s en p ren a n t de la b o u e n o ire<br />

de la mer pour remplir sa bouche afin qu’il n ’obtienne une partie de la mi­<br />

432


séricorde» (Rapporté par Ahmed)111.<br />

«Aujourdh’hui, nous épargnerons ta carcasse pour que tu serves<br />

d’exemple à tes successeurs». Ibn Abbas et d’autres exégètes ont<br />

commenté: «Une partie des fils d’Israël doutait de la mort de Pharaon.<br />

Dieu ordonna alors à la mer de jeter son cadavre sur le littoral pour<br />

qu’ils s’assurent de sa mort. Tel est le sens du verset.<br />

Dieu voulut en sauvant le corps de PHaraon qu’il devienne un signe<br />

pour ceux qui viendront après lui car «la plupart des hommes ne prêtent<br />

pas attention à nos signes».<br />

La noyade de Pharaon et de son armée eut lieu le jour de ‘Achoura.<br />

A ce propos Ibn Abbas raconte: Le Prophète - qu’Allah le bénisse<br />

et le salue - arriva à Médine et trouva les juifs jeûner le jour de Achoura.<br />

Il leur demanda: «Q u’est-ce ce jour que vous jeûnez?» Ils lui répondirent:<br />

« C ’est le jour où Dieu donna la victoire à Moïse sur Pharaon» E t le<br />

P rophète - q u ’Allah le bénisse et le salue - de dire à Ses compagnons:<br />

«Vous avez plus de devoirs qu’eux envers Moïse. Jeûnez-le» (R apporté par<br />

Eoukhariÿ21.<br />

wa laqad bawwa’nâ barif ’Isra’îla mubawwa’a sidqin wa razaqnâhum mina-t-tayyibâti<br />

famâ-htalafû hattâ j a ’ahumu-l-‘ilmu ’inna rabbaka yaqdî<br />

baynahum yawma-l-qiyâmati fîmâ kânû fîhi yahtalifûna (93).<br />

Nous avans installé les enfants d’Israël d’une manière confortable.<br />

(1) ù j& j* JU L«J]) ^ ^ Jü<br />

: < u ^ JUi ^ ^ Lu ;|^JUi<br />

.(/jUJI ilJj ((ay>j«ai<br />

J^î j^îj))<br />

433


Nous les avons approvisionnés en bons aliments. Ils ne se divisèrent que le<br />

jour où ils reçurent la science. Ton Seigneur les départagera au jour dernier<br />

sur ce qui les divise (93).<br />

Dieu rappelle aux fils d’Israël Ses bienfaits et ses faveurs concernant<br />

les deux mondes. L’expression «d’une manière confortable» on l’a<br />

interprétée qu’il s’agit de leur installation dans un pays sûr qui était<br />

formé de l’Egypte et une partie de Châm aux alentours de Jérusalem.<br />

Après le périssement de Pharaon et de son armée, Moïse régna sur<br />

toute l’Egypte en nous référant aux dires de Dieu: «Nous avons appelé à<br />

leur succéder le peuple hier encore opprimé et, sur la terre couverte de nos<br />

bénédictions» [Coran VII, 137].<br />

Les fils d’Israël continuèrent leur chemin avec Moïse -que Dieu le<br />

salue- en se dirigeant vers Jérusalenp, le pays de Abraham l’ami de<br />

Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-. Là ils rencontrèrent les Amaliq<br />

(les tyrans et puissants). Refusant de les combattre en désobéissant à<br />

Moïse, Dieu les fît errer quarante ans dans le désert de Sinaï là où Aaron<br />

mourut puis Moïse -que Dieu les salue-.<br />

Après cette période d’errance, ils en sortirent avec Youcha1Ben<br />

Noun et Dieu leur facilita la conquête de Jérusalem. Ils s’y installèrent<br />

jusqu’au jour où Bakhtanassar les vainquit en faisant d’eux des prisonniers,<br />

et cette ville resta sous son pouvoir une période déterminée.<br />

Plus tard, les compagnons du Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue-<br />

purent l’arracher aux mains des chrétiens du temps de ‘Omar Ben<br />

Al-Khattab -que Dieu l’agrée-.<br />

«Nous les avons approvisionnés en bons aliments» tout ce qui est licite<br />

et bon. «Ils ne se divisèrent que le jour où ils reçurent la science» En<br />

d’autres termes: ils n’ont divergé au sujet de leur religion qu’au moment<br />

où la science leur est parvenue. A ce propos il est cité dans un<br />

hadith rapporté par Al-Hakem que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- a dit: «Les juifs se sont divisés en 71 sectes, les chrétiens<br />

en 72, et cette communauté (les musulmans) se seront divisés en 73<br />

sectes dont l ’une entrera an Paradis et les autres à l ’Enfer». On lui demanda:<br />

«Qui sont-ils ô E n v o yé de D ieu?» H répondit: «Ils seront ceux qui<br />

appliquent mes enseignements et ceux de mes compagnons». (Il s’agit de<br />

ceux qui entreront au Paradis).<br />

434


Au sujet de leur division Dieu tranchera leurs différends et les jugera<br />

au jour de la résurrection.<br />

fa’in kunta fî sakkim-mimma ’anzalna ’ilayka fas’ali-l-ladîna yaqra’ûna-<br />

1-kitâba/min qablika laqad ja'’aka-1-haqqu mi-r-rabbika falâ takûnanna<br />

mina-l-mumtarîna (94) walâ takûnanna mina-l-ladîna kaddabû bi ’âyâti-<br />

L-Lâhi fatakûna mina-l-hâsirîna (95) ’inna-l-ladîna haqqat ‘alayhim kalimatu<br />

rabbika lâ yu’minûna (96) walaw j a ’yathum kullu ’a atin hattâ yarawu-l-‘adâba-l-’alîma<br />

(97).<br />

S! tu as quelque doute sur ce que nous t’avons révélé, interroge ceux<br />

qui ont lu le Livre avant toi. C’est la vérité que t’a révélée ton Seigneur.<br />

Ne te laisse pas gagner par ceux qui doutent (94). Ne sois pas avec ceux<br />

qui traitent nos signes de mensonge. Sans quoi tu seras du nombre des réprouvés.<br />

(95) Ceux qui ont encouru la colère de ton maître ne croiront (96)<br />

quels que soient les signes qui leur parviendront, que lorsqu’ils éprouveront<br />

les tortures de leur châtiment (97).<br />

Qatada a dit: Il nous a été rapporté que (’Envoyé de Dieu -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue- avait dit: «Je ne m’en doute pas et je n’interroge<br />

pas». Ceci est une preuve évidente que la description du Prophète -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- et sa venue se trouvent mentionnées<br />

dans les Ecritures que lisent le& gens du Livre, comme Dieu l’affirme<br />

dans ce verset: «A ceux qui suivent l’Envoyé-l’apôtre inculte-annoncé par<br />

1«= Evangiles...» icoran v il, 157]. Mais malgré cette<br />

connaissance, tout comme ils connaissent leurs propres enfants, ils en<br />

doutent, changent et altèrent ces Ecritures sans y croire ne tenant<br />

compte d’aucune preuve. Dieu les dénonce dans ce verset quand II dit:<br />

435


«Ceux qui ont encouru la colère de ton maître ne croiront quels que soient<br />

les signes qui leur parviendront, que lorsqu’ils éprouveront les tortures de<br />

leur châtiment» le jour où leur croyance ne leur servira à rien.<br />

falawla kânat qaryatun ’a'manat fanafa‘aha' ’imânuha ’illâ qawma Yunusa<br />

lamma ’a'manû kasafnâ ‘anhum ‘adâba-l-hizyi fî-l-hayâti-d-dunyâ<br />

wa matta‘nâhum ’ilâ hînin (98).<br />

Que n’ont-elles cru les cités d’autrefois? La foie leur eût été profitable.<br />

Seul, le peuple de Jonas s’est couverti. En récompense, nous l’avons soustrait<br />

à un châtiment ignominieux dans ce monde et nous l’avons laissé jouir<br />

de la vie pendant un certain temps (98).<br />

Si seulement il existait une cité parmi les générations passées qui<br />

ait cru, la foi leur eût été profitable. Mais avant toi ô Mouhammad nous<br />

n’avons envoyé un Prophète sans être traité de menteur par son peuple<br />

ou sa majorité. Dieu a dit à cet égard: «Triste destin des hommes!<br />

chaque fois qu’un prophète leur est envoyé, ils le tournent en dérision» [Coran<br />

XXXVI, 30]. Il a dit également: «Oui, c’est ainsi. Les peuples passés<br />

n’ont reçu aucun Prophète qu’ils ne l’aient traité de sorcier et de possédé»<br />

[Coran Ll, 52].<br />

Dans un hadith authentifié l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse<br />

et le salue - a dit: «Les Prophètes me furent présentés, et je vis le Prophète<br />

passer accompagné d’un groupe d’hommes, un autre accompagné<br />

d’un seul homme, un troisième accompagné de deux hommes,<br />

puis un Prophète seul». Puis il mentionna Moïse qui passa escorté par<br />

une multitude d’hommes, enfin la communauté qui, en passant, avait<br />

rempli les horizons.<br />

r<br />

Le but de tout cela consiste à croire qu’aucune cité dans le temps<br />


châtiment. Alors ils invoquèrent Dieu, le supplièrent et l’implorèrent, mirent<br />

leur confiance en Lui en sortant d’emblée: hommes, enfants, bêtes<br />

et troupeaux pour demander à Dieu de leur épargner ce châtiment.<br />

Dieu leur fit miséricorde et retarda Son châtiment pendant un certain<br />

temps comme il est cité dans ce verset: «Seul le peuple de Jonas s’est<br />

converti. En récompense, nous l’avons soustrait à un châtiment ignominieux<br />

dans ce monde et nous l’avons laissé jouir de la vie pendant un certain<br />

temps».<br />

Et Qatada de commenter: «Toute cité qui avait mécru sa croyance<br />

ne lui serait d’aucun profit en présence du châtiment sauf le peuple de<br />

Jonas quand ils avaient perdu leur Prophète et leur châtiment était tout<br />

proche d’eux. Dieu à ce moment jeta le repentir dans leurs cœurs. Ils<br />

portèrent alors les vêtements rugueux, séparèrent entre les bêtes et<br />

leurs petits, et implorèrent Dieu avec ferveur. Lorsque le Seigneur<br />

constatante sincérité de leur repentir et le regret d’avoir commis de<br />

mauvaises actions, Il écarta d’eux Son châtiment».<br />

walaw sâAa rabbuka la ’âmana man fî-l-’ardi kullhum jamî‘an ’afa’anta<br />

tukrihu-n-nâsa hattâ yakûnû mu’minîna (99) wamâ kâna linafsin ’an<br />

tu ’m ina ’illâ bi ’id n i-L -L âhi wa yaj‘alu-r-rijsa ‘ala-l-lad îna lâ<br />

ya‘qilûna (100).<br />

Si ton Maître l’avait voulu, l’univers entier aurait embrassé Sa foi.<br />

Vas-tu contraindre les hommes à se convertir? (99) Aucune âme ne peut acquérir<br />

la foi sans la grâce d’Allah. Allah accablera de son mépris ceux qui<br />

ne le comprennent pas (100).<br />

O Mouhammad! Sache que si ton Seigneur l’avait voulu, tous les<br />

habitants de la terre aurait embrassé la foi. Mais il agît avec sagesse,<br />

tout comme II a dit: «Si Allah avait voulu, Il vous aurait groupés en un<br />

seul peuple» [Coran V, 48], et: «Les croyants doutent-ils qu’Allah, S’il<br />

437


voulait, pourrait ramener à lui l’Humanité toute entière» [Coran XfH, 31].<br />

C ’est pourquoi II s’adresse à Son Prophète: «Vas-tu contraindre les<br />

hommes à se convertir?». Cette affaire ne dépend pas de toi ô Mouhammad<br />

mais c’est Dieu qui le décida, une réalité confirmée dans plusieurs<br />

versets du Coran dont voici quelques uns:<br />

- Tu n’as pas pour mission, ô Prophète, de convertir les hommes. C’est<br />

à Allah que cette mission incombe» [Coran II, 272].<br />

- Tu ne diriges pas qui tu veux. Tandis qu’AUah dirige qui 11 veut [Coran<br />

XXVIII, 56],<br />

- Tu n’as pas d’autre attribut que de prêcher et c’est à nous seul qu’il<br />

appartient de demander compte [Coran LXXXVIII, 22],<br />

Dieu Donc Très Haut réalise ce qu’il veut, dirige qui II veut et<br />

égare qui II veut, tout est régi par Sa science, Sa sagesse et Son<br />

équité. «Aucune âme ne peut acquérir la foi sans la grâce d’Allah. Allah<br />

accablera de son mépris ceux qui ne le comprennent pas» c’est à dire: ne<br />

comprennent ni Ses signes ni Ses preuves. Tout ceci dépend de la<br />

grâce de sa direciton.<br />

quli'tizurû mâdâ fî-s-samâwâti wa-l-’ardi wamâ tugnî-l-’âyâtu wa-n-nud<br />

uru ‘an qawmi-l-la yu’minûna (101) fahal yantazirûna ’illâ mitla ’ayyâmi-<br />

1-ladîna halaw min qablihim qui fantaziru ’innî ma ‘akum mina-1-<br />

muntazirîna (102) tumma nunajjî rusulanâ wa-l-ladîna ’a manû kadâlika<br />

haqqan ‘alaynâ nunji-l-mu’minîna (103).<br />

Dis: Réfléchissez à tout ce que contiennent les cieux et la terre. Mais<br />

4 6 UUUte lllu" ;i" etre *»


Nous sauverons alors nos émissaires et les croyants. C’est notre devoir de<br />

sauver les croyants (103).<br />

Dieu pousse les hommes à méditer Ses signes, ce qu'il a créé<br />

dans les deux et sur la terre, et-à considérer Sa merveilleuse création:<br />

La pluie qui descend du ciel pour donner à la terre la vie après sa<br />

mort, les différentes récoltes, plantations, fleurs et végétations diverses,<br />

les bêtes de différentes natures et utilités, les montagnes, les plaines,<br />

les déserts, les mers et ce qu’elles renferment qui, malgré leurs<br />

flots, sont au service des hommes. Il n’y a de Dieu que Lui, le Seigneur<br />

des mondes. Mais hélas ni les signes, ni les avertissements, ne<br />

peuvent être d’utilité à ceux qui persévèrent dans leur mécroyance.<br />

O Mouhammad! ceux qui t’ont traité d’imposteur «attendent-ils de<br />

passer par les mêmes épreuves que les générations éteintes» qui avaient agi<br />

de la sorte avec leurs Prophètes? «Attendez. Et moi j’attendrai avec<br />

vous» le jour où Dieu se vengera de ces incrédules. Puis «Nous sauverons<br />

alors nos émissaires» nos Prophètes et messagers «C’est notre devoir<br />

de sauver les croyants» Un devoir que Dieu s’est imposé, surtout<br />

quand II a dit: «Votre Seigneur a inscrit au nombre de ses devoirs la clémence»<br />

[Coran VI, 54].<br />

Il est cité dans les deux Sahihs que l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le<br />

bénisse et le salue - a dit: «Dieu a écrit un Livre qui se trouve auprès de<br />

Lui au-dessus du Trône, (dans lequel on lit): «M a clémence a devancé M a<br />

colère» (Rapporté par Boukhari et Mouslim)111.<br />

(1) tj-y il 3j» IbT ^ 0I» ^ frL;-<br />

.(♦i—j<br />

alJj<br />

439


qui yâ ’ayyuhâ-n-nâsu ’in kuntum fî sakkim min dînî falâ" ’a‘budu-l-lad<br />

îna ta‘budûna min dûni-L-Lâhi walâkin ’a‘budu-L-Lâha-l-ladî yatawaffâkum<br />

wa ’umirtu ’an ’akuna mina-l-mu’minîna (104) wa’an ’aqîm wajhaka<br />

li-d-dîni hanîfan walâ takûnanna mina-l-musrikîna (105) walâ tad‘u min<br />

dûni-L-Lâhi mâlâ yanfa‘uka walâ yaurruka fa ’in fa‘alta fa ’innaka ’idmmina-z-zâlimîna<br />

(106) wa ’iy-yamsaska-L-Lâhu bidurrin falâ kâsifa lahu<br />

’illâ huwa wa ’iy-yuridka bihayrin falâ dda lifadlihî yusîbu bihî mayyasâ’u<br />

min ‘ibâdihî wa huwa-1-Gafûru-r-Rahîmu (107).<br />

Dis: O hommes, peut-être doutez-vous de ma religion? Sachez que,<br />

pour ma part, je n’adorerai jamais les divinités que vous avez intronisées<br />

auprès d’Allah. Mais j’adore Allah qui tient votre vie entre Ses mains et<br />

j’ai l’ordre d’être croyant (104) J ’ai l’ordre aussi de ne m’orienter que du<br />

côté de la vraie religion et d’éviter ceux qui prêtent des associés à Allah<br />

(105) N’invoque pas, à côté d’Allah, ce qui ne peut ni t’aider ni te<br />

nuire. Si tu le faisais, tu serais du nombre des injustes (106) Si Allah t’afflige<br />

d’un mal, nul autre que Lui ne peut y mettre fin. S’il te désigne pour<br />

une faveur, personne ne saurait en empêcher la réalisation. Il répand sur<br />

qui II veut ses faveurs. Il est clément et miséricordieux (107).<br />

Dieu ordonne à Son Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue -:<br />

«O Mouhammad! Dis aux hommes: «Si vous êtes dans le doute au sujet<br />

de ma religion, cette religion droite qui m’a été révélée, je n’adore<br />

plus ce que vous adorez en dehors de Lui. Je n’adore que Dieu seul<br />

sans lui reconnaître des associés, Lui qui vous fait mourir comme II<br />

vous a créé et sachez que votre retour sera vers Lui. Si vos divinités<br />

vous les considérez comme de vrais dieux, invoquez-les alors pour<br />

qu'elles me nuisent. M ais elles ne pourront ni nuire ni être utiles, car<br />

c'est D ieu seul qui détient en S e s mains le mal et le bien, Il n’a pas<br />

d’associés et j’ai reçu l’ordre d’être au nombre de ceux qui croient».<br />

L ’expression: «J’ai l’ordre aussi de ne m’orienter que du côté de la


vraie religion» signifie: voue un culte pur à Dieu et acquitte-toi des prescriptions<br />

cultuelles en vrai croyant».<br />

«Si Allah t’afllige d’un mal...» car tant au bien qu’au mal, tout deux<br />

dépendent du vouloir de Dieu seul. Anas Ben Malek a rapporté que<br />

l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: «Ne demandez<br />

que le bien la vie durant. Exposez-vous aux «souffles» de Dieu, car Dieu<br />

envoie des souffles de Sa miséricorde pour atteindre qui II veut. Demandez-<br />

Lui de cacher vos défauts et d ’apaiser votre frayeur».<br />

Dieu, certes, est indulgent, accorde son pardon à qui se repent à<br />

Lui en délaissant tout péché même s’il s’agit du polythéisme.<br />

qui yâ ’ayyuhâ-n-nâsu qad ja ’akumu-l-haqqu mi-r-rabbikum famanihtadâ<br />

fa ’innamâ yahtadî linafsihî waman dalla fa ’innamâ yadillu ‘alayhâ<br />

wamâA ’ana ‘alaykum biwakîlin (108) wa-t-tabi‘ mâ yuhâA ’ilayka<br />

wasbir hattâ yahkuma-L-Lâhu wa huwa hayru-l-hâkimîn (109).<br />

Dis: O hommes, la vérité vous est venue de votre Seigneur. Celui qui<br />

aura pris la bonne voie en profitera. Quiconque s’en sera écarté, ce sera à<br />

son propre détriment. Je n’ai pas à répondre de vous (108) Conforme-toi<br />

aux ordres de ton Seigneur. Attends toujours qu’Allah ait décidé. Il est le<br />

meilleur des juges (109).<br />

Dieu ordonne à Son Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - de<br />

faire connaître aux hommes que ce qu’il leur apporte est la vérité venue<br />

de Lui sans aucun doute possible. Quiconque l’aura suivi et s’en<br />

sera conformé, n’acquérra que le bien. Mais celui qui s’en sera écarté,<br />

ne s’égarera qu’à son propre détriment.<br />

«Je n’ai pas à répondre de vous» En d’autres termes: je ne suis pas<br />

votre protecteur pour que vous so y e z d e s croyants. Je ne suis qu’un<br />

avertisseur et la bonne direction incombe à Dieu.<br />

441


«Conforme-toi aux ordres de ton Seigneur» Attache-toi aux enseignements<br />

que Dieu t’a révélés, endure les méfaits de ceux qui te contredisent<br />

jusqu’à ce que Dieu juge et tranche vos différends car «Il est le<br />

meilleur des juges» qui applique la justice et l’équité.<br />

442


11 - SOURATE DE HOUD<br />

123 versets<br />

Révélée à la Mecque, à l’exception des versets 12, 17 et 114 révélés à<br />

Médine<br />

Bismi-L-Lâhi-r-Rahmâni-r-Rahîm<br />

’Alif-La'm-ra kitâbun ’uhkimat ’âAyâtuhû tumma fussilat mi-l-ladun<br />

hakîmin habîrin (1) ’allâ ta‘budu ’illâ-L-Lâha ’innanî lakum minhu nad<br />

îrun wa basirun (2) wa ’ani-stagfirû rabbakum tumma tûbtî ’ilayhi yum<br />

atti‘kum matâ‘an hasanan ’ilâ ’ajalim musamman wa yu’ti kulla d î<br />

fadlin fadlahû wa ’in tawallaw fa’innî ’ahâfu ‘alaykum ‘adâba yawmin<br />

kabîrin (3) ’ilâ-L-Lâhi marji‘ukum wahuwa ‘alâ kulli say’in qadîrun (4).<br />

Au nom d’Allah le Miséricordieux le Très Miséricordieux<br />

Alif-Lam-Ra. Voici un livre conçu en versets fondamentaux et d’autres<br />

qui constituent des développements de la part du Sage et de l’instruit (1)<br />

N’adorez qu’Allah. Je suis chargé de Lui de vous avertir et de vous annoncer<br />

la bonne nouvelle (2) Implorez le pardon de votre Maître. Soumettezvous<br />

à Lui. Il vous assurera une vie paisible jusqu’au terme fixé. Il recon­<br />

443


naîtra à chacun ses mérites. Si vous restez rebelle, je crains pour vous un<br />

châtiment qui fasse date (3) C’est à Allah que vous ferez retour. Il est tout-<br />

Puissant (4).<br />

Le Coran est un Livre céleste révélé par un Sage et un Informé,<br />

dont ses versets sont renforcés et expliqués où on ne trouve aucune<br />

ambiguité, qui appelle les hommes à n’adorer qu’un Dieu seul sans Lui<br />

reconnaître des associés.<br />

«Je suis chargé par Lui de vous avertir et de vous annoncer la bonne<br />

nouvelle» Si vous désobéissez à Dieu vous encourrez Sa colère et subirez<br />

Son châtiment, et par contre, si vous Lui obéissz vous serez récompensés.<br />

Dans un hadith authentifié on rapporte que l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue - monta un jour sur le mont As-Safa et<br />

appela les phratries des tribus Qoraïchites une par une, les plus proches<br />

puis les moins proches. Une fois ies hommes réunis, il leur dit:<br />

«O Qoraïchites! «Si je vous dis que l ’ennemi va vous attaquer de jour, me<br />

croirez-vous?» Ils lui répondirent: «Certes oui car tu n’a jamais raconté<br />

de mensonges». Il répliqua: «Alors je suis pour vous un avertisseur qui<br />

vous met en garde contre un châtiment atroce et proche» (Rapporté par<br />

Boukhan) (1}.<br />

«Implorez le pardon de votre Maître. Soumettez-vous à Lui» Demandez<br />

pardon à votre Seigneur pour absoudre vos péchés précédents et<br />

revenez vers Lui en vous soumettant à Lui pour être sauvés de ce qui<br />

vous attend, persévérez-y et alors: «Il vous assurera une vie paisible»<br />

dans ce bas monde «jusqu’au terme fixé. Il reconnaîtra à chacun ses mérites»<br />

dans la vie future. Ce verset, comme a dit Qatada, est pareil à<br />

celui-ci: «Quiconque, mâle ou femelle, fait le bien tandis qu’il est croyant,<br />

sûrement nous lui ferons vivre une excellente vie» [Coran XVI, 97],<br />

(1) IpJi iLLaM -W» 4)t J û l ^<br />

oljj (¡JuJ-i c-'tJlP' ¿JLJlp L) L» lÂi<br />

I<br />

444


Dans un hadith authentifié l’Envoyé de Dieu - qu’Aliah le bénisse<br />

et le salue - a dit à Sa‘d: «Tu ne fais une dépense en vue de Dieu sans que<br />

tu ne sois récompensé, même pour la nourriture que tu mets dans la bouche<br />

de ta femme».<br />

Quant aux dires de Dieu: «Il reconnaîtra à chacun ses mérites» Ibn<br />

Mass'oud a dit: «Quiconque commet une mauvaise action on la lui inscrira<br />

comme telle. Celui qui fait une bonne action, elle lui sera décuplée.<br />

S ’il a été puni dans le bas monde pour une mauvaise action, les<br />

dix bonnes actions resteront dans son actif. Mais s’il n’en a pas été puni,<br />

une seule bonne action sera soustraite et il lui restera neuf». Puis il<br />

poursuivit: «Sera péri et perdu quiconque ses «unités» l’emporteront<br />

sur ses «dizaines».<br />

«Si vous restez rebelle, je crains pour vous un châtiment qui fasse<br />

date» c’est une menace lancée à quiconque se détourne des enseignements<br />

de Dieu, traite Ses Prophètes des menteurs, car un châtiment<br />

inéluctable l’attend au jour de la résurrection.<br />

«C’est à Allah que vous ferez retour. Il est tout-Puissant» Tous les<br />

hommes sans exception retourneront vers Dieu. Comme II est puissant<br />

sur toute chose, Il rétribuera ses saints serviteurs par la plus belle récompense,<br />

se vengera de Ses ennemis. Il y en a là donc une exhortation<br />

et un avertissement.<br />

’alâ* ’innahum y a tn û n a sudurahum liyastahfû m inhu ’alâ h în a<br />

yastagsûna tiÿbahum ya'lamu mâ yusirrûna wa mâ yu‘limûna ’innahû<br />

‘alîmn bidâti-s-sudûri (5).<br />

Ils tournent le torse pour se cacher d’Allah. Oublient-ils qu’à l’instant<br />

même où ils s’habillent, Allah sait ce qu’ils pensent et ce qu’ils expriment,<br />

l ’ o u b U e n t - a s ? A i i a h 'v o it: d a n s l e t r é f o n d s d e s c œ u r s ( 5 ) .<br />

En commentant ce verset, Ibn Abbas a dit que les hommes, dans<br />

445


le temps, avaient honte de s’exposer au ciel entièrement nus quand ils<br />

commerçaient avec leurs femmes.<br />

Dans une autre interprétation, toujours d’après Ibn Abbas, il a dit:<br />

En commettant les mauvaises actions, ou en disant quelque chose, ils<br />

se couvraient de leurs vêtements pour se cacher de Dieu ou ils se repliaient<br />

sur eux-mêmes. Dieu leur fait connaître «qu’à l’instant même où<br />

ils s’habillent, Allah sait ce qu’ils pensent et ce qu’ils expriment» c’est à<br />

dire même à l’instant où ils se couvrent de leurs vêtements dans les<br />

ténèbres de la nuit, Il connaît ce qu’ils expriment et font, soit en secret,<br />

soit ouvertement car «Allah voit dans le tréfonds des cœurs».<br />

Abdullah Ben Chadad rapporte que lorsque quelqu’un passa par<br />

l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - il se repliait sur luimême<br />

et cachait sa tête. Dieu alors fit cette révélation.<br />

wamâ min dît bbatin fî-l-ardi ’illâ ‘alâ-L-Lâhi rizquhâ wa ya‘lamu mustaqarrahâ<br />

wa mustawda‘ahâ kullun fî kitâbim-mubînin (6).<br />

Il n’y a pas de créature sur terre qui n’attende d’Allah sa nourriture,<br />

dont Allah ne connaisse à la fois la demeure et le lieu de sa mort. Tout est<br />

écrit dans le Livre authentique (6).<br />

Il incombe à Dieu de pourvoir aux besoins de Ses créatures et de<br />

leur assurer la subsistance. Que cette créature (litt. bête) soit petite ou<br />

grande, Il connaît son gîte et son repaire. Suivant une interprétation de<br />

Ibn Abbas: Il connaît son gîte et son dépôt c’est à dire le lieu de sa<br />

mort. Pour Moujahed: il s’agit de demeure qui est l’utérus et du dépôt<br />

qui est les reins. Tout cela est consigné dans un livre évident auprès<br />

de Dieu, comme II a dit: «Nous n’avons rien omis dans le livre de la création.<br />

Comme tous les autres êtres, ils retourneront à leur Seigneur» [Coran<br />

VI, 38]. Il l’affirme également dans ce verset: «Il sait ce que recèlent le<br />

s e i r i<br />

t e r r e e t V a b iik k e d e s m e r s . I l n ’ e s t p a s u n e f e u i l l e q u i t o m lt> e 9 q u i<br />

Il ne le sache. Il n’est pas une molécule dans les entrailles de la terre, une<br />

446


indille verte on sèche qui ne soient dénombrées dans le sommier de la<br />

création» [Coran VI, 59]. Donc tout est écrit dans un livre évident.<br />

wa huwa-l-ladî halaqa-s-samâwâti wa-l-’arda fî sittati ’ayyâmin wa kâna<br />

‘arsuhû ‘alâ-^-ma ’i liyabluwakum ’ayyukum ’ahsanu ‘amalan wa la ’in<br />

qulta ’innakum mab‘ûtûna mim ba‘di-l-mawti layaqûlanna-l-ladîna kafartî<br />

’in hadâ" ’illâ sihrum mubînun (7) wa la’in ’ahharnâ ‘anhumu-l-‘ad<br />

âba ’ilâ ’ummatim ma‘dûdatin liyaqûlunna mâ yahbisuhu ’alâ yawma<br />

ya’tihim laysa masrûfan ‘anhum wa hâqa bihim mâ kânû bihî yastahzi’ûna<br />

(8).<br />

C’est Lui qui a créé les cieux et la terre en six jours. Son Trône était<br />

sur les flots. Il avait pour but de faire apparaître quels étaient les meilleurs<br />

d’entre vous. Et quand tu leur dis qu’ils ressusciteront après leur mort, les<br />

infidèles ne manquent pas de traiter cette prédiction de pure magie (7) Si<br />

nous reculons leur châtiment à une date ultérieure, les voilà qui disent:<br />

«Qu’est-ce qui empêche ce châtiment?» Qu’ils le sachent, le jour où il se<br />

produira, rien ne pourra les en sauver. Ce qu’ils traitent avec raillerie les<br />

accablera (8).<br />

Dieu est certes capable sur toute chose. Il a créé les cieux et la<br />

terre en six jours, Son Trône était sur l’eau. L’imam Ahmed rapporte<br />

d’après Imran Ben Houssayn que l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse<br />

et le salue - a dit: «O Bani Tamim, ayez cette bonne nouvelle»<br />

Ils lui répondirent: «Tu nous l’as déjà annoncée, donne-nous donc». Il<br />

« o U a k H a M s d e V e m e n , a c c e p t e z c e t t e bonne nouvelle» Ils<br />

lui dirent: «Nous l’avons acceptée. Raconte-nous donc au sujet de la<br />

création de cet univers». Il répliqua: «Dieu existait avant tout. Son<br />

447


Trône était sur l’eau. Il a écrit sur la Tablette Gardée tout ce qui existera».<br />

A ce moment, reprit Imran, un homme vint me dire que ma chamelle<br />

s’est détachée de son licol. Je partis à sa recherche et j’ignore<br />

ce que le Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - a dit après ma<br />

sortie».<br />

Abdullah Ben Amr Ben AI-‘As rapporte que l’Envoyé de Dieu a dit:<br />

«Dieu a prédestiné à toutes les créatures leurs termes et leurs biens avant<br />

la création des deux et de la terre de cinquante mille ans. Son Trône était<br />

sur l'eau» (Rapporté par Mouslim)!1K<br />

Dieu créa les cieux et la terre afin que les hommes en profitent et<br />

L’adorent sans rien Lui associer. Aucune chose soit-elle dans les cieux<br />

ou sur la terre nfa été créée vainement et sans un but déterminé. Plusieurs<br />

versets du Coran en parlent et nous nous limitons à ces deux à<br />

titre d’exemple:<br />

- Nous n’avons pas cree sans but le ciel et la terre et ce qui les séparé»<br />

[Coran XXXVIII 27],<br />

- Peut-être pensiez-vous que vous aviez été créés sans but et que vous<br />

ne nous feriez jamais retour? Qu’Il soit exalté le vrai Souverain» [Coran<br />

XXIII, 27],<br />

Lorsque Dieu a mentionné les œuvres, Il n’a pas exigé la «quantité»<br />

mais «la qualité» et ceci pour éprouver Ses serviteurs et pour savoir<br />

qui d’entre eux accomplissent les meilleures actions «Il avait pour<br />

but de faire apparaître quels étaient les meilleurs d’entre vous».<br />

Aucune action ne serait agréée de Dieu si elle n’était accomplie<br />

en vue de Lui et conforme aux normes qu’a précisées le Prophète -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue -. Si l’une d’elles n’est pas conforme à<br />

une de ces deux actions, elle serait nulle.<br />

«Et quand tu leur dis qu’ils ressusciteront après leur mort» Si, ô Mouhammad,<br />

tu avertis les idolâtres qu’ils seront ressuscités après la mort,<br />

448


et comme ils ont été créés ils seront ramenés à la vie, ils nieront la résurrection<br />

et le rassemblement attribuant à Dieu son incapacité de<br />

faire une chose pareille, alors que. ce sera pour Lui une affaire plus facile<br />

que la première création, comme II l’affirme dans ce verset: «C’est<br />

Lui qui fait naître et renaître la création. H Lui est encore plus facile de la<br />

faire renaître» [Coran XXX, 27]. Obstinés et rebelles «les infidèles ne<br />

manquent pas de traiter cette prédiction de pure magie» En plus ils prétendent<br />

que ceux qui croient à un tel phénomène ne sont que ceux qui<br />

sont ensorcelés par les propos du Prophète - qu’Allah le bénisse et le<br />

salue -.<br />

«Si nous reculons leur châtiment à une date ultérieure» En d’autres<br />

termes, si nous écartons d’eux le châtiment jusqu’à une date déterminée,<br />

où ils seront jugés en leur accordant un répit, ils répondent avec<br />

impertinence: «Qu’est-ce qui empêche ce châtiment?» parce qu’ils sont<br />

enclins au doute et au mensonge, et ils ne trouvent aucun autre prétexte.<br />

wa la’in ’adaqnâ-l-insâna minnâ rahmatan tumma naza‘nâha mintiu ’innahu<br />

laya’ûsun kafûrun (9) wa la’in ’adaqnâhu na‘mâA,a ba‘da d a rra ’a<br />

m assathu liyaqûlanna d ahaba-s-sayyi’âtu ‘annî ’innahû lafarihun<br />

fahûrun (10) ’illâ-l-ladîna sabarû wa ‘amilû-ss-sâlihâti ’ûlÊt’ika lahum<br />

magfiratun wa ’ajrun kabîrun (11).<br />

Si nous accordons à l’homme notre bénédiction et que nous la lui retirions,<br />

le voilà en proie au désespoir et au ressentiment le plus vif. (9) Le<br />

faisons-nous bénéficier d’un bienfait après une période d’adversité, il s’écrie:<br />

«Enfin, c’en est fini de mes malheurs» Car, il est inconséquent et prompt à<br />

s’enorgueillir. (10) Ceux qui sont constants et pratiquent les bonnes ceuvres<br />

ceux-là sont pardonnés et recevront une belle récompense (11).<br />

L’homme de par sa nature possède des caractères répugnants, à<br />

449


l’exception de ceux qui jouissent de la miséricorde de Dieu. Une fois<br />

infligé par un malheur quelconque après une période d’aisance, le voilà<br />

désespéré et pessimiste ne voyant devant lui qu’un future sombre et,<br />

d’autre part, il manifeste son ingratitude c’est comme il n’a jamais<br />

connu une période prospère et aisée. Ainsi est son cas quand il goûte<br />

un bienfait divin après que le malheur l’a touché, il s’écrie: «Les malheurs<br />

se sont éloignés de moi» convaincu qu’il n’en sera plus infligé.<br />

Alors il se montre joyeux et fier: joyeux à cause de ce qu’il dispose<br />

comme bienfaits, et fier en s’enorgueillissant sur les autres.<br />

Mais il en est des hommes qui sont à l’inverse de la catégorie précédente.<br />

Ils sont «ceux qui sont constants» en endurant les malheurs<br />

sans se plaindre «et pratiquent les bonnes œuvres» en état d’aisance et<br />

de bonne santé. «Ceux-là sont pardonnés» à cause de leurs malheurs<br />

qu’ils ont supporté «et recevront une l^elle récompense» pour prix de leurs<br />

bonnes actions qu’ils ont accomplies pendant la période d’aisance.<br />

Il est cité dans un hadith que l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse<br />

et le salue - a dit: «Par celui qui tient mon âme dans Sa main, tout<br />

mal qui atteint le croyant, s’agit-il d’une lassitude, maladie, détresse ou angoisse,<br />

même une piqûre d’épine, lui vaut de la part de Dieu une rémission<br />

de ses péchés» (Rapportépar Boukhari et Moustim)(1>.<br />

Et dans les deux Sahihs on trouve également ce hadith: «Par celui<br />

qui tient mon âme dans Sa main, Dieu ne décrète une chose pour le<br />

croyant sans qu’elle ne soit un bien pour lui. En effet lorsqu’un bonheur<br />

l’atteint, il est reconnaissant et ceci est un bien pour lui, et lorsqu’un malheur<br />

le frappe, il se montre constant, et cela est encore un bien pour lui.<br />

Nul autre que le croyant ne lui adviendra une chose pareille» (Rapporté<br />

par Boukhari et Mouslim)f2).<br />

(1) i_— i_—sdûVj j*-f- Vj i..,.N e-Lj (_5— tL>sijj<br />

¿y Ljj 4i)l > T Ni Y j<br />

(2) s i ù j a] I N i ÿLjaS ¿ 1 * 5 * LS*’“*’ (j*<br />

.J^^Jl jS- Jo-N ¿JJj jr-0* f r i i a J 1<br />

450


fala‘allaka târikum-ba‘da mâ yûha ’ilayka wa d a ’iqum-bihî sadruka ’ayyaqûlû<br />

lawlâ ’unzila ‘alayhi kanzun ’aw j a ’a ma‘ahû malakun ’innama<br />

’anta nadîrun wa-L-Lâhu ‘alâ kulli say’in wakîlun (12) ’am yaqûlûna.ftarâhu<br />

qui fa’tû bi‘asri suwarim-mitlihî m uftarayâtin wa-d‘û manistata‘tum<br />

min dûni-L-Lâhi ’in kuntum sâdiqîna (13) fa’il-lam yastajîbû<br />

lakum fa‘lamïï ’annama ’unzila bi ‘ilmi-L-Lâhi wa ’a-l-la ’ilâha ’illâ huwa<br />

fahal ’aritum muslimûna (14).<br />

Vas-tu délaisser une partie de ce qui t’a été révélé, laisseras-tu faiblir<br />

ton courage quand tu les entendras dire: «Que ne lui envoie-t-on un trésor<br />

ou que ne lui adjoigne-t-on un ange?» Rappelle-toi que tu n’es qu’un simple<br />

avertisseur et qu’Allah est le représentant de tout l’univers. (12) Ils s’obstinent<br />

à dire que le Coran est une invention durProphète. Réponds:<br />

«Composez seulement dix sourates semblables aux miennes. Et, pour cela,<br />

recourez à toutes les divinités que vous pourrez en dehors d’Allah, si vous<br />

êtes sincères» (13) S’ils s’avèrent incapables, apprenez que ce Coran est révélé<br />

par la volonté d’Allah et qu’il n’y a d’autre Allah que Lui. Finirez-vous<br />

par croire?» (14).<br />

Dieu, par ces versets, réconforte Son Prophète - qu’Allah le bénisse<br />

et le salue - pour le laisser oublier ce que les idolâtres lui attribuent,<br />

par exemple quand «les méchants ajoutent: «Vous ne suivez qu’un<br />

homme possédé» [Coran XXV. 8]. Il lui ordonne de ne plus ressentir de<br />

l’angoisse à entendre des propos pareils et de persévérer dans l’appel<br />

à Dieu de jour et de nuit sans se lasser, comme II a dit: «Nous savons<br />

que leurs propos oppressent ton cœur» [Coran XV, 97].<br />

«Vas-tu délaisser une partie de ce qui t’a été révélé, laisseras-tu faiblir<br />

ton courage quand tu les entendras dire...» Sache que tu n’es qu’un aver­<br />

451


tisseur comme les autres prophètes qui t’ont précédé, qui ont été traités<br />

d’imposteurs et même on leur a nui, ils ont tout enduré jusqu’au moment<br />

où ils ont été secourus par Dieu à Lui la puissance et la gloire.<br />

Puis Dieu montre le caractère inimitable du Coran et que nul ne<br />

pourra produire un livre pareil, ou dix sourates qui lui soient semblables<br />

ou même une seule sourate.. Car les paroles divines ne sont nullement<br />

pareilles à celles de ses créatures, tout comme Ses qualités<br />

diffèrent totalement des leurs; ainsi que Sa nature. Qu’Il soit élevé et<br />

exalté.<br />

«S’ils s’avèrent incapables» si donc ils ne vous répondent pas, sachez<br />

qu’ils ne pourraient plus le faire car le Coran est descendu avec<br />

la science de Dieu, renfermant Ses ordres et Ses interdictions. Soumettez-vous<br />

donc à Lui et sachez qu’il n’y a d’autre Dieu que Lui.<br />

man kâna yurîdu-l-hayâta-d-dunyâ wa zînatahâ nuwaffi ’ilayhim<br />

’a‘mâlahum fïhâ wa hum fîhâ lâ yubhasûna (15) ’ûlâA’ika-l-ladîna laysa<br />

lahum fï-l-’âhirati ’illâ-n-nâru wa habita mâ sana‘û fîhâ wa batilum-mâ<br />

kânû ya‘malûna (16).<br />

Ceux qui se confinent dans les plaisirs et le luxe du monde, nous rétribuerons<br />

leurs œuvres dans ce monde même, sans chercher à les déprécier<br />

(15) Mais, dans l’autre monde, ils n’auront que l’enfer pour partage.<br />

Leurs œuvres n’auront aucune valeur. Et on infirmera ce qu’ils ont fait sur<br />

terre (16).<br />

Ibn Abbas a commenté: On rétribue les bonnes œuvres des hypocrites<br />

dans le bas monde et ils ne sont pas lésés d’une pellicule de<br />

datte».<br />

Dieu veut dire par ce verset: Quiconque accomplit une bonne œuvre,<br />

s’agit-il d’un jeûne ou d’une prière, rien que pour acquérir les<br />

452


iens de ce monde, Je les lui accorde, mais, dans la vie future, ses<br />

œuvres seront vaines et il sera perdant».<br />

- Anas et Al-Hassan ont précisé que ce verset fut descendu au sujet<br />

des gens d’Ecriture: les juifs et les chrétiens; tandis que Moujahed<br />

a trouvé qu’il concerne tous les hypocrites.<br />

Qatada a commenté: «Quiconque dont le bas monde est son but<br />

et sa préoccupation, Dieu rétribue ses bonnes œuvres dans le bas<br />

monde mais dans l’autre il ne trouvera dans son actif aucune bonne<br />

action pour en être rétribué. Quant au croyant il récoltera une double<br />

récompense: une dans la vie d’ici-bas et une dans l’au-delà; tout<br />

comme Dieu l’affirme dans ce verset: «Que ceux qui recherchent la vie<br />

de ce monde sachent que nous en accordons les plaisirs à qui nous voulons<br />

et dans la mesure que nous voulons. Qu’ils sachent aussi que nous leur réservons<br />

l’enfer' où ils seront précipités, couverts d’opprobre et rejetés par<br />

tous. Celui qui désire la vie future, qui s’efforce de là mériter et qui a la<br />

foi, Allah lui en saura gré» [Coran XVII, 18-19].<br />

Ce qui est aussi confirmé par ce verset: «Celui qui peine en vue de<br />

la vie future, nous estimerons ses efforts au-delà de leur valeur. Celui qui<br />

peine en vue de ce monde, nous laisserons aboutir ses efforts. Mais il n’aura<br />

aucune part dans l’autre» [Coran XLII, 20].<br />

’afaman kâna ‘alâ bayyinatim-mi-r-rabbihî wa yatlûhu sâhidum-minhu<br />

wa min qablihî kitâbu Mûsa ’imâman wa rahmatan ’ula’ika yu’minûna<br />

bihî wa may-yakfur bihî mina-l-’ahzâbi fa-n-nâru maw‘iduhû falâ taku fï<br />

miryatim minhu ’innahu-l-haqqu mi-r-rabbika wa lâkinna ’aktara-n-nâsi<br />

lâ yu’minûna (17).<br />

Est-il possible de comparer ces gens-là à ceux qui croient aux révélations<br />

de leur Seigneur et au Livre de Moïse, guide et bénédiction du ciel, et<br />

qui calquent leur conduite sur leurs croyances? Les voilà, les vrais croyants.<br />

453


Ceux qui nient le Livre sont promis à l’enfer. N’aie aucun doute sur l’authenticité<br />

du Livre. C’est la vérité apportée par ton Seigneur. Mais la plupart<br />

des hommes sont incrédules (17).<br />

Tel est le cas des croyants ils sont conformes à la nature que<br />

Dieu a donnée aux hommes, c’est à dire soumis, ou selon une interprétation<br />

nés sur l’islamisme. Dieu ordonne à Son Messager - qu’Allah<br />

le bénisse et le salue -: «Suis fermement ta religion dans toute sa rigueur.<br />

C’est une obligation inhérente à la nautre de l’homme» [Coran XXX, 30].<br />

A ce propos l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - a<br />

dit: «Tout enfant est né sur la «Fitra» (l’islamisme). Ses parents font de<br />

lui un juif, un chrétien ou un mazdéen (Rapporté par Boukhari et Mouslim<br />

)111.<br />

L’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - a dit aussi:<br />

«Dieu Très Haut dit: «J’ai créé tous Mes serviteurs des musulmans-soumis.<br />

Les démons viennent emporter leur religion, leur interdisent ce que Je<br />

leur ai rendu licite. Ils leur ordonnent de M ’associer ce à quoi je n’ai confié<br />

aucun pouvoir» (Rapporté par Mouslim)I2].<br />

«Est-il possible de comparer ces gens-là à ceux qui croient aux révélations<br />

de leur Seigneur». Cette partie du verset, qui ne donne pas exactemnt<br />

le sens du texte arabe est interprétée de la façon suivante: «Que<br />

dire alors de ceci qui est basé sur une preuve venant de son Seigneur et<br />

qu’un témoin de Sa part récite». On peut dire, et c’est d’ailleurs la vérité,<br />

que toutes les lois divines successives révélées aux Prophètes complètent<br />

les unes les autres et sont terminées par celle de Mouhammad -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue - la parfaite qui aborge toutes les autres<br />

étant la dernière. Ce témoin de la part du Seigneur n’est autre que le<br />

Coran transmis par Gabriel au Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue<br />

- et divulgué par celui-ci à sa communauté d’abord mais, en fait, à<br />

tous les hommes.<br />

(1)<br />

(2)<br />

454


«et an Livre de Moïse» qui est le Pentateuque (ou la Torah) «guide<br />

et bénédiction du ciel» que Dieu le fit descendre comme un guide au<br />

peuple de Moïse et une miséricorde. Quiconque y croit fermement sera<br />

guidé à croire au Coran, voilà le sens des dires de Dieu: «et qui calquent<br />

leur conduite sur leurs croyances? Les voilà les vrais croyants».<br />

Puis contre ceux qui traitent le Coran ou une partie de lui de mensonge,<br />

Dieu lance cette menace: «Ceux qui nient le Livre sont promis, à<br />

l’enfer» parmi les habitants de la terre, les incrédules, les idolâtres, les<br />

gens du Livre et tous ceux que le Coran leur est parvenu. D’ailleurs,<br />

Dieu à déjà averti tous les hommes en chargeant Son Prophète - qu’AIlah<br />

le bénisse et le salue - de dire: «Ce Coran m’a été révélé pour que<br />

vous soyez avertis ainsi que tous ceux qu’il touchera» [Coran VI, 19],<br />

Donc ceux-là sont voués au Feu s’ils n’y croient pas.<br />

L’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: «Par celui<br />

qui tient mon âme dans Sa main, tout homme qui entend parler de mon<br />

message qu’il soit ju if ou chrétien et n ’y croit pas, entrera à l’Enfer»<br />

(Rapporté par Mouslim)[1K<br />

Sa'id Ben Joubaïr a commenté: «Entendant les propos du Prophète<br />

- qu’Allah le bénisse et le salue - cités dans le hadith précédent,<br />

je me demandai: «Quel verset du Coran corrobore les dires du Prophète?<br />

A la fin j’ai trouvé celui-là: «Ceux qui nient le Livre sont promis à<br />

l’enfer».<br />

«N’aie aucun doute sur l’authenticité du Livre. C’est la vérité apportée<br />

par ton Seigneur». Il ne faut donc jamais douter de cette révélation, un<br />

ordre venant de Dieu qu’on rencontre souvent dans le Coran dont voici<br />

un verset à titre d’exemple: «Voilà le Livre qui ne doit pas être mis en<br />

doute» [Coran II, 2].<br />

Mais la plupart des hommes n’y croient pas malgré les preuves<br />

évidentes et l’authenticité de ce Livre.<br />

(1)<br />

Ni (4*~> IjLÜI ^ N<br />

455


wa man ’azlamu mimmani-ftarâ ‘alâ-L-Lâhi kadiban ’û ïa ’ika yu‘radûna<br />

‘alâ rabbihim wa yaqûlu-l-’ashâdu h a ’ulai-l-ladîna kadabû ‘alâ rabbihim<br />

’alâ la‘natu-L-Lâhi ‘alâ-z-zâlimîna (18) 1-ladîna yasuddûna ‘an sabîli-L-<br />

Lâhi wa yabgunahâ ‘iwajan wa hum bi-l-’âhirati hum kâfirûna (19)<br />

’û la’ika lam yakûnû mu‘jizîna fî-l-’ardi wamâ kâna lahum min dûni min-<br />

L-Lâhi ’awliya’a yudâ‘afu lahumu-l-‘adâbu mâ kânû yastatî‘ûna-s-sam‘a<br />

wamâ kânû yubsirûna (20) ’û la ’ika-1-ladîna hasiru ’anfusahum wa dalla<br />

‘anhum mâ kânû yaftarûna (21) lâ jarama ’annahum fî-l-’âhirati humu-1-<br />

’ahsarûna (22).<br />

Y a-t-il plus coupables que ceux qui inventent des mensonges sur le<br />

compte d’Allah? Ceux-là seront confrontés avec leur Seigneur et les témoins<br />

s’écrieront: «Les voilà, ceux qui ont dit des mensonges sur leur Seigneur».<br />

Malédiction d’Allah sur les coupables (18) Les coupables, je veux<br />

dire ceux qui détournent leurs prochains de la voie d’Allah, qui cherchent à<br />

rendre celle-ci tortueuse et qui ne .croient pas à la vie future (19) Ceux-là<br />

qu’ils le sachent ne sauraient tenir Allah en échec sur terre ni trouver aucun<br />

protecteur contre lui. Leur châtiment sera double. Ne leur répugnait-il pas,<br />

en effet, d’entendre ou de voir tout ce qui touchait à la vérité? (20) Us se seront<br />

perdus eux-mêmes et ils invoqueront en vain les divinités qu’ils ont inventées<br />

(21) Assurément, ils seront parmi les plus maltraités dans l’autre<br />

monde (22).<br />

Les injustes et ceux qui auront forgé des mensonges contre Dieu<br />

seront dénoncés devant tout le monde au jour de la résurrection. A ce<br />

456


propos l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: «Dieu<br />

rapprochera de Lui le croyant (au jour de la résurrection), Il le prendra à<br />

Ses côtés, le dissimulera (des regards des autres) et lui dira: «Refonnais-tu<br />

tel péché? Reconnais-tu tel péché?» Il Lui répondra: «Certes oui, Seigneur»<br />

Une fois qu’il a reconnu tous ses péchés, et que le croyant aura le sentiment<br />

d’être perdu, Dieu lui dira: «Je les ai dissimulés pour toi dans le bas<br />

monde et aujourd’hui Je te les pardonne». Puis on lui dônnera le livre de<br />

ses bonnes actions. Quant aux incrédules et hypocrites, leurs témoins diront:<br />

«Les voilà, ceux qui ont dit des mensonges sur leur Seigneur. Malédiction<br />

d’Allah sur les coupables» (Rapporté par Boukhari, Mouslim et<br />

Ahmed d’après Ibn Omar)111.<br />

«Les coupables, je veux dire ceux qui détournent leurs prochains de la<br />

voie d’Allah, qui cherchent à rendre celle-ci tortueuse» Ceux qui repoussent<br />

les autres à suivre la voie de la vérité et les empêchant à emprunter<br />

le chemin qui les mène à Dieu à Lui la puissance et la gloire, en<br />

leur rendant cette voie tortueuse. Ceux-là ne croient pas à la vie future.<br />

«Ceux-là, qu’ils le sachent ne sauraient tenir Allah en échec sur terre<br />

ni trouver aucun protecteur» ils ne pourraient plus réduire Dieu à l’impuissance<br />

et ils sont toujours sous Son pouvoir et II est capable de se<br />

venger d’eux à tout moment. Mais II leur a accordé un délai jusqu’au<br />

jour où leurs yeux se fixeront d’horreur. A cet égard l’Envoyé de Dieu<br />

- qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: «Dieu accorde un répit à l’injuste,<br />

mais quand II le saisira, Il ne le lâchera plus».<br />

Ceux-là, le châtiment sera doublé pour eux, car Dieu leur avait<br />

donné des oreilles, des yeux et des cœurs; mais ni leurs oreilles, ni<br />

leurs yeux, ni leurs cœurs ne leur ont servi à quoi que ce soit. Ils<br />

étaient comme des sourds qui n’ont pas entendu la voix de la vérité et<br />

(1) ¿y ojt-jj ùj» :Jl» J ¿j*<br />

ô t—'}j*.jl _j*j\ t____ jjtjri :


aveugles n’ayant pas vu son chemin. Dieu les décrit clairement dans<br />

ce verset: «Ils diront alors: «Si nous avions écouté et si nous avions été<br />

raissonnables, nous ne serions pas parmi les damnés» [Coran LXVII, 10].<br />

«Ils se seront perdus eux-mêmes et ils invoqueront en vain les divinités<br />

qu’ils ont inventées. Ceux-là seront au jour du compte final les plus<br />

grands perdants où ils goûteront le feu ardent qui ne s’éteindra pas. Ils<br />

y invoqueront en vain les idoles et les statues qu’ils adoraient en dehors<br />

de Dieu, mais au contaire, ces divinités ne feront qu’à leur nuire<br />

davantage, tout comme lorsque Abraham a dit à son peuple: «Au jour<br />

de la résurrection, vous vous renierez et vous vous maudirez les uns les autres.<br />

L’enfer sera votre démeure vous n’aurez aucun soutien» [Coran XXIX,<br />

25].<br />

Les coupables seront les grands perdants au jour de la résurrection<br />

parce que, dans le bas monde, ils avaient préféré, à cause de<br />

leurs péchés, l’eau bouillante aux délices du Paradis, la nourriture des<br />

damnés aux houris aux grands yeux, et l'abîme aux palais. Sans doute<br />

ils sont les perdants.<br />

’inna-l-ladîna ’am ahû wa ‘amilû-s-sâlihâti wa ’ahbatlî ’ilâ rabbihim<br />

’û îa’ika ’ashâbu-l-jannati hum fîhâ hâlidûna (23) matalu-l-farîqayni ka-1-<br />

’a‘mâ wa-l-’asammi wa-l-basîri wa-s-samî‘i hal yastawiyâni mat alan ’afalâ<br />

tadakkarûna (24).<br />

Ceux qui croient, pratiquent les bonnes œuvres et s’humilient devant<br />

leur Seigneur, ceux-là auront le paradis pour séjour éternel (23) Incrédules<br />

et croyants sont comparables à l’aveugle et au sourd et à celui qui voit et<br />

entend. Ces deux sortes de personnes peuvent-elles être confondues? Finirez-vous<br />

par comprendre? (24).<br />

Après avoir montré le cas et le sort des réprouvés, Dieu parle des<br />

bienheureux ceux qui ont cru et fart de bonnes œuvres, et qui auront<br />

i<br />

458


le Paradis comme récompense. Ils y trouveront les demeures élevées,<br />

les fruits à portée de leurs mains, les vierges bonnes et belles, les différents<br />

fruits. Ils auront l’occasion de regarder leur Seigneur, le créateur<br />

des cieux et de la terre. Ils y demeureront pour l’éternité, resteront<br />

toujours jeunes, n’éprouveront aucune maladie, ne cracheront pas et<br />

ne moucheront pas. Tous ces déchets ne sortiront que comme un rot<br />

et leur sueur sera comme du musc.<br />

Faisant la comparaison entre les deux catégories, Dieu démontre<br />

que les damnés et les croyants ressemblent à un aveugle et un sourd<br />

et à celui qui voit et entend. L’incrédule est pareil à un aveugle qui ne<br />

voit ni connaît le chemin du bien, sourd qui n’entend pas les arguments<br />

et les exhortations pour en tirer profit. Car si Dieu avait reconnu<br />

quelque bien en eux II aurait fait en sorte qu’îls entendent;<br />

Quant a(u croyant, il est intelligent et perspicace, capable de distinguer<br />

entre Îa vérité et l’erreur, et par la suite, il suit la premier et délaisse<br />

l’autre. Il entend l’argument et les preuves pour en profiter.<br />

«Finirez-vous par comprendre?» que ces deux sortes de personnes<br />

ne sont plus semblables comme l’affirme ce verset: «Les élus du Paradis<br />

ne sauraient être comparés aux damnés de l’Enfer. Bienheureux les élus<br />

du Paradis» [Coran XLIX, 20] et celui-ci n’est qu’une autre affirmation:<br />

«L’aveugle ne saurait être assimilé à celui qui voit, pas plus que les ténèbres<br />

à la lumière, pas plus que l’ombre à la chaleur. Les vivants ne sauraient<br />

être assimilés aux morts» [Coran XXXV < 19-22].<br />

walaqad ’arsalnâ N ûhan ’ilâ qawmihT ’innî lakum nadîrum mubînun<br />

(25) ’a-l-î ta‘budïï ’illâ-L-Lâha ’innT ’ahâfu ‘alaykum ‘ad âba yawmin<br />

’alîmin (26) faqâla-l-mala’u-l-ladîna kafarû min qawmihî mâ narâka<br />

’illâ basaram-mit lanâ wamâ narâka-t-taba‘aka ’illâ-l-ladîna hum ’arâd<br />

459


ilunâ bâdiya-ra’yi wamâ narâ lakum ‘alaynâ min fadlim bal nazunnukum<br />

kâdibîna (27).<br />

Nous envoyâmes Noé à son peuple. «Je suis chargé, dit-il, de vous<br />

avertir solennellement (25) N’adorez qu’Allah. Sans quoi je crains que vous<br />

ne subissiez un châtiment douloureux». (26). Les puissants de son peuple,<br />

qui ne croyaient pas, lui tinrent ces propos: «Tu ne nous parais pas fait autrement<br />

que nous. Tu n’as pas pour adeptes que la lie du peuple. Aucune<br />

grâce particulière ne vous élève au-dessus de nous. Bien plus, nous vous<br />

prenons pour des imposteurs» (27).<br />

Noé -que Dieu le salue- fut le premier Prophète envoyé vers les<br />

polythéistes, les adorateurs des idoles. Il leur dit: «Je suis chargé de<br />

vous avertir solennellement» de n’adorer que Dieu seul sinon vous subirez<br />

Son châtiment terrible. Si vous persévérez dans votre idolâtrie, je<br />

crains pour vous le châtiment d’un jour douloureux.<br />

/<br />

«Les puissants de son peuple» qui sont les chefs et les élites parmi<br />

les mécréants lui répondirent: «Tu ne nous parais pas fait autrement que<br />

nous». Tu n’es ni ange ni un autre être mais un mortel comme nous,<br />

comment pourrait-il que tu reçoives une révélation en dehors de nous?<br />

Bien plus, nous ne te voyons, à première vue suivi que par les plus<br />

méprisables d’entre nous, tels que les marchands, les tiscerands et<br />

leurs similaires, sans qu’il y ait parmi eux ni chef ni distingué. D’autant<br />

plus, ceux qui t’ont suivi, ils ont agi à l’aveuglette. «Aucune grâce particulière<br />

ne vous élève au-dessus de nous» Donc ni création ni caractère ne<br />

vous donnent sur nous aucune supériorité en suivant cette nouvelle religion.<br />

«Bien plus, nous vous prenons pour des imposteurs» en nous appelant<br />

à la piété, l’adoration d’un Dieu unique et au bonheur.<br />

Cette opposition des incrédules à Noé et ses adeptes ne prouve<br />

que leur ignorance et leur manque de perspicacité. Que ceux qui suivent<br />

la vérité soient des pauvres ou des méprisables cela ne la dénigre<br />

pas et ne la conteste jamais, même si, en même temps, les chefs<br />

et les avisés la suivent. Ce qui est logique et naturel que les vertueux<br />

et les justes suivent la vérité même s’ils sont des pauvres, et les méprisables<br />

soient ceux qui la nient même s’ils sont des riches et puissants.<br />

L ’exemple que nous donne la société ëst le plus grand témoin<br />

quand les chefs, riches et orgueilleux s’opposent à la vérité, la preuve<br />

460


■M<br />

est les dires de Dieu: «Mais ils disent: «Nous avons trouvé nos pères atta- ”<br />

chés à ce culte et nous marchons sur leurs traces» [Coran XLIII, 22].<br />

Dans un long récit rapporté par Abou Soufian, lorsque Héraclius le<br />

roi des Romains lui demanda: «Ceux qui suivent Mouhammad sont-ils<br />

les puissants ou les faibles?», il lui répondit: «Ce sont plutôt les faibles».<br />

Que les gens croient à la vérité, à première vue, ceci n’est ni un<br />

défaut ni une honte, car une fois cette vérité apparue, il n’y aura aucun<br />

moyen pour la contester. Les Prophètes et messagers -que Dieu les<br />

salue- n’ont apporté que des lois et religions claires.<br />

«Aucune grâce particulière ne vous élève au-dessus de nous» Ces propos<br />

tenus par les mécréants ne dénotent que leur aveuglement car Ils<br />

étaient trèjB loin de la vérité, ils ne l’avaient ni vue ni entendue, dans<br />

leur doute ils tergiversaient et dans l’au-delà, seraient les grands perdants.<br />

qâla yâ qawmi ’ara’aytum ’in kuntu ‘alâ bayyinatim mir-r-rabbî wa ’âtânî<br />

rahm atan min ‘indihî fa ‘ummiyat ‘alaykum ’anulzimukumûhâ wa<br />

’antum lahâ kârihûna (28).<br />

Il répondit: «O mon peuple, qu’y puis-je? Délégué vers vous avec des<br />

preuves de mon Seigneur et pourvu de Sa grâce, ma mission vous demeure<br />

incomprise. Vais-je vous contraindre à y croire, en dépit de votre aversion?».<br />

Et Noé de leur répondre: «Qu’y puis-je? Délégué vers vous avec des<br />

preuves de mon Seigneur?» Voyez-vous si je m’appuie sur une preuve irréfutable<br />

envoyée par mon Seigneur et que je suis un Prophète sincère,<br />

et si cela vous reste incompris ou caché sans pouvoir le saisir<br />

«vais-je vous contraindre à y croire» et vous l’imposer alors que vous y<br />

répugnez?<br />

461


wa yâqawmi la ’as’alukum ‘alayhi mâlan ’in ’ajrî ’illâ ‘alâ-L-Lâhi wama<br />

’ana bitâridi-l-ladîna ’am anû ’innahum mulâqû rabbihim walâkinnT<br />

’arâkum qawman tajhalûna (29) wayâqawmi may-yansurunî mina-L-Lâhi<br />

’in tarattuhum ’afalâ tadakkarûna (30).<br />

O mon peuple, je ne vous demande aucune rétribution. Je n’attends aucune<br />

récompense que d’Allah. Je ne saurais repousser ceux qui croient. Us<br />

ne font qu’entrer en contact avec leur Seigneur. Vous me semblez un peuple<br />

d’ignorants (291) O mon peuple, qui me préservera de la colère d’Allah, si<br />

je repousse ces gens? Allez-vous comprendre? (30).<br />

Noé répliqua toujours aux incrédules: «Je ne vous demande aucun<br />

salaire contre les conseils que je vous prodigue, mon salaire n’incombe<br />

qu’à Dieu à Lui la puissance et la gloire. «Je ne saurais repousser ceux<br />

qui croient» à savoir qu’ils lui avaient demandé de congédier ceux qui<br />

avaient cru en lui par pruderie de s’asseoir avec eux, tout comme les<br />

polythéistes de La Mecque avaient demandé à Mouhammad - qu’Allah<br />

le bénisse et le salue - de repousser les pauvres et les faibles qui lui<br />

tenaient compagnie pour qu’ils ne soient avec eux dans une même assemblée.<br />

Dieu à ce moment lui fit cette révélation: «Ne repousse pas<br />

ceux qui implorent leur Seigneur, matin et soir» [Coran VI, 52].<br />

wala ’aqûlu lakum ‘indî hazâ’inu-L-Lâhi wala" ’a‘lamu-l-gaybi wala'<br />

’aqûlu ’innî malakun wala' ’aqûlu li-l-ladîna tazdarT ’a'yunukum layyu’tiyahumu-L-Lâhu<br />

hayran ’Al-Lâhu Vlamu bimâ fi ’anfusihim ’innT<br />

’ida-l-lamina-z-zâlimîna (31).<br />

462


Je ne prétends pas disposer des trésors d’Allah ni deviner l’avenir. Je<br />

ne prétends pas être un ange. Je ne saurais avancer qu’Allah ne gratifiera<br />

pas ces gens que vous méprisez. Allah seul sait ce que recèlent leurs cœurs.<br />

Si je m’arrogeais ces prérogatives, je ne serais moi-même qu’un réprouvé<br />

(31).<br />

x<br />

Noé n’est qu’un Prophète chargé d’appeler les hommes à adorer<br />

Dieu seul, sans leur demander aucune récompense. Pour cela il doit<br />

appeler le noble et le pauvre, quiconque aura répondu à son appel aura<br />

trouvé son salut. D’autre part il ne peut pas disposer des trésors de<br />

Dieu, ni connaît le mystère incom m unicable sauf ce que Dieu a<br />

voulu qu’il le sache. Il n’est plus un ange mais un mortel comme les<br />

autres et chargé d’une mission et appuyé par des miracles et signes.<br />

Quant à ceux que vous méprisez, je ne vous dis pas qu’ils n’auront<br />

pas leur récompense auprès de Dieu car «Allah seul sait que recèlent<br />

leurs cœurs» Si vraiment ils sont des croyants sincères, alors Dieu ne<br />

les lésera pas de leurs récompenses.<br />

qâlû yâ Nûhu qad jâdaltanâ fa ’aktarta jidâlanâ fa’tinâ bimâ ta ‘iduna<br />

’in kunta mina-s-sâdiqîna (32) qâla ’innamâ ya’tîkum bihi-L-Lâhu ’in<br />

s a ’a wama ’antum bi mu‘jizîna (33) walâ yanfa‘ukum nushîî ’in ’aradtu<br />

’an ’ansaha lakum ’in kâna-L-Lâhu yurîdu’ay-yugwîyakum huwa rabbukum<br />

wa ’ilayhi turja‘ûna (34).<br />

Ils dirent: «O Noé, assez discuté. Nous n’avons que trop discuté jusqu’ici.<br />

Provoque le malheur dont tu nous menaces, si tu es sincère» (32) Allah<br />

vous l’enverra, S’il le veut. Et vous ne saurez l’en empêcher (33)<br />

Malgré toute ma bonne volonté, mes conseils ne vous serviront de rien s’il<br />

est dans les desseins d’Allah de vous perdre. C’est votre Maître. C’est à<br />

Lui que vous ferez retour (34).<br />

463


Le peuple de Noé demanda de hâter le châtiment et la vengeance<br />

de Dieu, il lui dit: «Nous n’avons que trop discuté jusqu’ici» nos discussions<br />

sont devenues stériles. Invoque ton Seigneur d’abattre sur nous<br />

Son supplice comme bon vous semble. «Provoque le malheur dont tu<br />

nous menaces» Et Noé de répondre: «Allah vous l’enverra, s’il le veut. Et<br />

vous ne saurez l’en empêcher». Dieu, qui est capable sur toute chose,<br />

vous l’apportera quand II veut, ceci dépend de Sa volonté.<br />

«Malgré toute ma bonne volonté, mes conseils ne vous serviront de<br />

rien s’il est dans les desseins d’Allah de vous perdre». Mon conseil ne<br />

vous profiterait pas si je vous le donnais et que mon Seigneur veuille<br />

vous dérouter et vous égarer. Il est votre Seigneur et vers Lui vous serez<br />

ramenés.<br />

’am yaqûlûna-ftarâhu qui ’ini-ftaraytuhû fa‘alayya ’ijrâmî wa ’ana barî’um-mimmâ<br />

tujrîmûna (35).<br />

Ils s’obstinent à dire que le Coran est une invention. Réponds: «Si<br />

c’est une invention, j’en supporterai la responsabilité mais je vous laisse à<br />

celle de vos péchés» (35).<br />

Ce verset est une involution au milieu de l’histoire de Noé et Son<br />

peuple. Dieu ordonne à Son Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue -<br />

de répondre à ces impies et ingrats qui t’accusent d’avoir forgé ce Livre:<br />

«Si c’est une invention, j’e supporterai la responsabilité» et mon<br />

crime retombe sur moi, «mais je vous laisse celle de vos péchés» je suis<br />

innocent de ce que vous commettez. Je connais très bien le châtiment<br />

qui attend quiconque aura forgé de mensonges contre Dieu.<br />

464


wa ’uhiya ’ilâ Nûhin ’annahû lay-yu’mina min qawmika ’illâ man qad<br />

’âmana falâ tabta'is bimâ kânû yaf alûna (36) wasna‘i-l-fulka bi ’a‘yuninâ<br />

wa wahyinâ walâ tuhâtibnî fî-l-ladîna zalamu ’innahum mugraqûna (37)<br />

wa yasna‘u-l-fulka wa kullamâ marra ‘alayhi mala’um-min qawmihî<br />

sahirû minhu qâl ’in tasharû minnâ fa’innâ nasharu minkum kamâ<br />

tasharûna (38) fasawfa ta‘lamûna may-ya’tîhi ‘adâbun yuhzîhi wa yahillu<br />

‘alayhi ‘adâbum muqîmun (39).<br />

Allah révéla à Noé que désormais il n’y aurait plus de nouvelles<br />

conversions et l’exhorta à ne plus se lamenter sur la conduite de son peuple<br />

(36) Construis une arche sous notre surveillance et suivant nos plans, lui<br />

prescrivit-il, et cesse de m’apitoyer sur les incrédules. Us périront noyés (37)<br />

Il entreprit de construire l’arche et chaque fois que les grands de son peuple<br />

passaient près de lui, ils le tournaient en dérision. H leur disait: «Vous nous<br />

raillez aujourd’hui, mais nous ne tarderons pas à vous railler à notre<br />

tour» (38) Vous saurez bientôt pour qui se prépare un châtiment cruel dans<br />

ce monde ¿t à qui un supplice éternel est réservé dans l’autre (39).<br />

Pour en finir avec les incrédules et leur obstination, Noé invoqua<br />

Dieu par ces mots: «Seigneur, ne laisse subsister sur terre aucun infidèle»<br />

[Coran LXXI, 26] et: «Je suis à bout, viens à mon secours» [Coran LIV,<br />

10]. Le Seigneur lui révéla alors: «Désormais il n’y aurait plus de nouvelles<br />

conversions» Nul de ton peuple vraiment ne croira que celui qui a déjà<br />

cru. Donc ne t’attriste pas de ce qu’ils font et que leur sort ne te<br />

préoccupe pas. «Construis une arche sous notre surveillance et suivant nos<br />

plans». Construis l’arche sous nos yeux et notre révélation «et cesse de<br />

m’apitoyer sur les incrédules. Us périront noyés».<br />

Qatada commenta: «L’arche avait une longueur de trois cent coudées<br />

et une largeur de cinquante. D’autres ont précisé: six cent en<br />

long, trois cent en largeur et trente en hauteur dont trois étages et chacun<br />

avait dix coudées de hauteur: l’inférieur était réservé aux bêtes<br />

fauves et domestiques, le moyen aux humains et le supérieur aux oiseaux.<br />

Sa porte était de côté au milieu de sa largeur et un couvercle<br />

fermait hermétiquement l’arche.<br />

Le voyant construire cet arche, les chefs et les notables parmi son<br />

peuple se moquaient de lui et niaient le supplice dont il les menaçait.<br />

Et lui de répondre: «Vous nous raillez aujourd’hui, mais nous ne tarderons<br />

465


pas à vous railler à notre tour». Un verset qui renferme à la fois un avertissement<br />

et une menace sûre. «Vous saurez bientôt pour qui se prépare<br />

un châtiment dans ce monde et à qui un supplice éternel est réservé dans<br />

l’autre» donc un châtiment humiliant dans le bas monde -la noyade- et<br />

un autre sans fin dans l’autre.<br />

hatta ’idâ j a ’a ’amrunâ wa fâra-t-tannûru qulnâ-hmil fîha min kullin<br />

zawjayni-tnayni wa ’ahlaka ’illâ man sabaqa ‘alayhi-l-qawlu waman<br />

’âmana wama ’âmana ma‘ahû ’illâ qalîlun (40).<br />

Cette situation dura jusqu’au jour où notre décret arriva à exécution et<br />

où l’eau se mit à bouillonner dans sa source. Nous dîmes alors à Noé:<br />

«Embarque dans l’arche un couple de chaque espèce ainsi que les tiens, excepté<br />

ceux dont le sort est déjà réglé. Embarque aussi ceux qui croient:<br />

«Hélas! ceux-ci n’étaient pas nombreux» (40).<br />

Ce fut une promesse de Dieu à Noé quand viendra Son ordre,<br />

d’envoyer une pluie torrentielle et incessante comme il est cité dans ce<br />

verset: «Nous ouvrîmes les portes du ciel. L’eau tomba à torrents. Nous fîmes<br />

jaillir des sources de toute la terre. Eau de pluie et de source se<br />

confondirent en exécution du décret d’Allah» [Coran LIV, 11-17].<br />

Ibn Abbas commente ce fait: L’eau jaillit partout même des fours.<br />

A ce moment Dieu ordonna à Noé. «Embarque dans l’arche un couple de<br />

chaque espèce» de toutes les créatures vivantes et plantations. Quant à<br />

l’expression: «ainsi que les tiens, excepté dont le sort est déjà réglé» il<br />

s’agit de sa famille et ses proches sauf qui ne partageaient pas la foi<br />

de Noé, qui étaient son fils Yam et la femme de Noé qui était incrédule.<br />

Ceux qui avaient cru étaient peu nombreux malgré la longue période<br />

qu’avait passée parmi son peuplé et évaluée à neuf cent<br />

cinquante ans. Ibn Abbas a précisé qu’il y avait sur l’arche quatre-vingt<br />

personnes, hommes et femmes, mais Ka‘b Al-Ahbar a limité le nombre<br />

à soixante-douze et d’autres à dix. Dieu seul est le plus savant.<br />

466


wa qâla-r-kabû fihâ bismi-L-Lâhi majrehâ wa mursâhâA ’inna rabbî la<br />

Gafûru-r-Rahîm (41) wa hiya tajrî bihim fi mawjin kal-jibâli wa nâdâ<br />

Nûhun-bnâhû wa kâna fi ma‘zalin yâ buniyya-rkab ma‘anâ walâ takumma‘a-l-kâfirîna<br />

(42) qâla sa’âwT ’ilâ jabaliy-ya‘simunî mina-l-ma’i qâla lâ<br />

‘âsima-l-yawma min ’amri-L-Lâhi ’illâ man-r-rahima wa hâla baynahuma-l-mawju<br />

fakâna mina-l-mugraqîna (43).<br />

Noé dit: «Montez dans l’arche. O mon Allah faites qu’elle vogue et<br />

qu’elle atterrisse. O vous le clément et le miséricordieux (41) L’arche<br />

commença à voguer au milieu d’énormes vagues, hautes comme des montagnes.<br />

Noé interpella son fils qui était resté sur le rivage: «O mon fils,<br />

monte avec nous. Ne reste pas avec les incrédules» (42). «Je me réfugierai<br />

sur une montagne pour échapper aux eaux», répondit-il. «Nul n’échappera<br />

aujourd’hui au décret d’Allah, répliqua Noé, si ce n’est par un effet de sa<br />

clémence». Une vague les sépara. Le fils de Noé fut emporté par les<br />

eaux (43).<br />

Noé demanda aux croyants de monter dedans et que l’arche vogue<br />

et arrive à destination au nom de Dieu: «Montez dans l’arche. O<br />

mon Allah, faites qu’elle vogue et qu’elle atterrisse. O vous, le clément et le<br />

miséricordieux». Que Dieu garde l’arche par Sa miséricorde de son<br />

amerrissage dans sa course et à son mouillage. Dieu, en exauçant<br />

Noé, l’exhorta à dire: «Lorsque toi et les tiens seront installés dans l’arche,<br />

dis: «Loué soit Allah pour nous avoir délivrés des méchants» [Coran<br />

XXIII, 28], C’est une recommandation lorsqu’on monte sur une bête ou<br />

sur un vaisseau d’invoquer le nom de Dieu et de se fier à Lui.<br />

A ce propos Ibn Abbas rapporte que le Prophète - qu’Allah le bénisse<br />

et le salue - a dit: «Il est une assurance à ma communauté contre la<br />

467


noyade de dire quand elle monte sur un vaisseau: «Au nom de Dieu, le Souverain<br />

«Les hommes ne donnent pas à Allah le rang qu’îl mérite. Et, pourtant,<br />

Il appréhendera toute la terre dans Sa main au jour du jugement<br />

dernier et supprimera les cieux d’un geste. Gloire à Allah. H est au-dessus<br />

des associés qu’on Lui donne» [Coran XXXIX, 67],<br />

L’arche voguait avec les croyants au milieu des vagues semblables<br />

à des montagnes, même l’eau à ce moment-là dépassait les cîmes<br />

des montagnes à une hauteur de quinze coudées. Le vaisseau<br />

flottait sur la surface de l’eau avec la permission de Dieu en toute sécurité<br />

gardé par la providence. Dieu mentionne cet événement dans un<br />

autre verset en disant: «Au moment du déluge, nous vous avons sauvés sur<br />

une arche, voulant vous donner ainsi une leçon et toucher les oreilles sensibles»<br />

[Coran LXIX, 11-12],<br />

Avant d’amarrer, Noé interpella son fils Yam(1) et l’invita à monter<br />

sur l’arche avec les croyants pour ne pl>is subir le sort des mécréants.<br />

Mais, étant toujours incrédule, il lui répondit: «Je me réfugierai sur une<br />

montagne pour échapper aux eaux» croyant que l’eau ne dépasserait<br />

plus les sommets des montagnes, et s’il s’y réfugiait, il serait sauvé. Le<br />

père répliqua: «Nul n’échappera aujourd’hui au décret d’Allah, si ce n’est<br />

par un effet de Sa clémence» Les vagues s’interposèrent entre le père et<br />

le fils et ce dernier fut au nombre qui périrent noyés.<br />

wa qîla yâ ardu-bla‘î mâA,aki wa yâ sanm ’u ’aqli‘î wa gida-l-mâA’u wa<br />

qudiya-l-’amru wa stawat ‘alâ-l-jûdiyyi wa qîla bu‘da-l-lil-qawmi-zzâlimîna<br />

(44).<br />

«O terre, fut-il dit, absorbe l’eau. O ciel, cesse de pleuvoir». Aussitôt<br />

les eaux baissèrent. L’arrêt était accompli. L’arche atterrit à El-Djoudi.<br />

«Loin d’ici les méchants, fut-il dit» (44).<br />

(1) O n a dit a u ssi qu’il s'appelait Kan'an. Les fils de Noé qui ont été sauvés<br />

avec Jui étaient: Sam, Ham et Yafeth.<br />

468


Tout ce qui existait sur la terre fut englouti sauf ceux qui se trouvaient<br />

sur l’arche. L’ordre fut donné à la terre d’absorber l’eau qui en<br />

jaillissait, et au ciel de s’arrêter de pleuvoir. L’ordre fut exécuté et l’affaire<br />

faite.<br />

Le vaisseau atterrit à El-Djoudi. D’après Moujahed: c'est une montagne<br />

dans la presqu’île arabique. (D’après la plupart des exégètes et<br />

histoiriens le Djoudi est l’un des sommets de la chaîne Ararat en Arménie).<br />

Qatada commenta: L’arche fut atterrie sur la montagne pendant un<br />

mois et ceux qui l’occupaient purent la quitter. Le vaisseau, Dieu le<br />

laissa ainsi pour qu’il serve de leçon et d’exemple. Les premiers musulmans,<br />

dans leur voyage, purent l’apercevoir à savoir que d’autres vaisseaux<br />

furent noyés etjéduits en épaves. Et Qatada de poursuivre:<br />

Noé et les croyants montèrent à bord le dixième du mois de Rajab, voguèrent<br />

cènt cinquante jours et l’arche s’installa enfin sur le Djoudi.<br />

Leur sortie de l’arche eut lieu le dixième jour de Mouharram (‘Achoura).<br />

«Loin d’ici les méchants» une expression qui signifie que les prévaricateurs<br />

furent éloignés de la miséricorde de Dieu, périrent tous du<br />

premier au dernier sans laisser aucune trace. A ce propos Ibn Jarir<br />

rapporte d’après Aicha -que Dieu l’agrée- que le Prophète - qu’Allah le<br />

bénisse et le salue - a dit: «Si Dieu avait voulu faire miséricorde à l’un<br />

des siens de Noé, Il l’aurait faite à la mère de son fils».<br />

w a nâdâ Nûhun rabbahû faqâla rabbi ’inna-bnî min ’ahlî wa ’inna wa<br />

‘daka-l-haqqu wa ’anta ’ahkamu-l-hâkimîna (45) qâla yâ Nuhu ’innahû<br />

469


laysa min ’ahlika ’innahû ‘amalun gayru sâlihin falâ tas’alani mâ laysa<br />

laka bihî ‘ilmun ’innî ’a‘izuka ’an takûna mina-l-jahilîna (46) qâla rabbi<br />

’innî ’a‘ûdu bika ’an ’as’alaka mâ laysa lî bihî ‘ilmun wa ’illâ tagfîr lî wa<br />

tarhamnT ’akum-mina-l-hasirîna (47).<br />

Noé adressa cette prière à Son Seigneur: «Seigneur, dit-il, mon fils est<br />

des miens, mais Ta volonté est souveraine et Tu es le plus juste des juges».<br />

(45) «Non Noé, ton fils n’est pas des tiens, reprit Allah. Ta prière est<br />

inconvenante. Ne m’interroge pas sur ce que tu ne dois pas savoir. Je t’en<br />

avertis pour ne pas te laisser parmi les ignorants» (46). Seigneur , dit Noé,<br />

pardonne-moi si je t’ai interrogé sur ce que je ne dois pas savoir. Si Tu ne<br />

me pardonnes pas et si Tu ne m’accordes pas Ta miséricorde, je suis perdu<br />

(47).<br />

Noé demanda à son Seigneur: Mon fils appartient à ma famille, Tu<br />

m’as promis de nous sauver tous, Ta promesse est sûrement la vérité.<br />

Comment il fut noyé et Tu es le plus ju^te des juges?».<br />

Et Dieu de lui répondre: «Non Noé, ton fils n’est pas des tiens» c’est<br />

à dire parmi ceux qui ont cru et dont Je t’ai promis de les sauver, car il<br />

a commis un acte infâme. Ce fils figure parmi ceux dont leur sort est<br />

déjà réglé à cause de leur impiété.<br />

¿ 1 £ ^ J L i l £ £ £<br />

qîla yâ Nuhu-hbit bisalâmim-minnâ wa barakâtin ‘alayka wa‘ala ’umamim-mimmam-ma‘aka<br />

wa ’umamin sanumatti‘ahum tumma yamassuhum<br />

minnâ ‘ad âbun ’alîmun (48).<br />

«O Noé, lui dit-il, descends de l’arche, sain et sauf. Nous bénissons toi<br />

et ceux qui t’accompagnaient. Il est des peuples auquels nous accorderons<br />

les biens de ce monde et auquels nous infligerons un châtiment douloureux<br />

dans l’autre» (48).<br />

Mouhammad Ben Ishaq a dit: «Pour faire arrêter le déluge, Dieu<br />

envoya un vent qui balaya la surface de la terre et aussitôt toutes les<br />

sources d’eau furent bouchées et les portes du ciel fermées. La terre<br />

470


commença alors à avaler l’eau. Quant à Patterrisage sur El-Djoudi les<br />

gens de la Torah prétendent que cela eut lieu la dix-septième nuit du<br />

sptième mois. Le premier du dixième mois on put voir les sommets<br />

des montagnes ainsi que la terre. Noé ôta le couvercle de l’arche et<br />

Dieu lui dit: «Descends de l’arche, sain et sauf. Nous te bénissons toi et<br />

ceux qui t’accompagnaient...»<br />

tilka min ’amba’i-l-gaybi nûhîha ’ilayka mâ kunta ta‘lamuha ’anta walâ<br />

qawmuka min qabli hâdâ fasbir ’inna-I-‘âqibata li-l-muttaqîna (49).<br />

Ce sont là des épisodes du temps passé que nous te révélons. Vous les<br />

ignoriez toi et ton peuple jusqu’à ce jour. Patiente, l’avantage restera à<br />

ceux qui craignent Allah (49).<br />

Tels récits font partie du mystère que Dieu révèle à Son Prophète<br />

Mouhammed - qu’Allah le bénisse et le salue - c’est comme il les voit de<br />

ses propres yeux. «Vous les ignoriez toi et ton peuple jusqu’à ce jour» Ceci<br />

signifie ni toi ni aucun de tes compagnons n’avait connaissance de toutes<br />

ces histoires pour que quelqu’un prétende qu’il te l’a racontées. Mais<br />

Dieu te révèle ces événements comme ils se sont déroulés et comme il<br />

est exactement dans les Livres des Prophètes qui t’ont précédé. Sois<br />

patient si ton peuple te traite de menteur et endure leurs méfaits car<br />

bientôt nous te secourrons, t’envelopperons de notre miséricorde et<br />

nous accorderons la fin heureuse à toi et à tes suivants dans les deux<br />

mondes, de la même façon que nous avons agi avec tes prédécesseurs<br />

les Prophètes; car «Nous ferons triompher, nos Prophètes et les croyants en<br />

ce monde et au jour du jugement dernier» [Coran XL, 51].<br />

471


(°Y) ùyjsr*-* ^ j J i ôji ^ J j i j î j t j ^<br />

wa ’ilâ ‘Âdin ’ahâhum Hûdan qâla yâ qawmi-‘budû-L-Lâha mâ lakum<br />

min ’ilâhim gayruhû ’in ’antum ’illâ muftarûna (50) yâ qawmi la ’as’alukum<br />

‘alayhi ’ajran ’in ’ajriya ’illâ ‘alâ-l-ladî fataranT ’afalâ ta‘qilûna (51)<br />

wayâqawmi-stagfirû rabbakum tum m a tûbïï ’ilayhi yursili-s-sanm ’a<br />

‘alaykum midrâran wa yazidkum quwwatan ’ilâ quwwatikum walâ tatawallaw<br />

mujrimîna (52).<br />

Nous envoyâmes au peuple de ’Ad leur frère Houd. O mon peuple, ditil,<br />

adorez Allah. Vous n’avez pas d’autre Allah que Lui. Vous n’êtes que<br />

des insensés. (50) O mon peuple, je ne te demande aucune rétribution. Je<br />

n’attends ma rétribution que de celui qui m’a créé. Finirez-vous pas<br />

comprendre? (51) O mon peuple, implorez le pardon de votre Seigneur, puis<br />

soumettez-vous à Lui. Il déversera du ciel des pluies abondantes. A vos forces,<br />

Il en ajoutera d’autres. Ne quittez pas cette terre en rebelles (52).<br />

Houd, le Prophète, fut envoyé au peuplee de Ad pour leur ordonner<br />

de n’adorer que Dieu seul sans rien Lui associer et leur interdire<br />

l’adoration des statues qu’ils ont inventées en leur donnant des noms.<br />

Contre ces exhortations, il ne leur demanda aucun salaire car il n’espéra<br />

la récompense que de Dieu qui l’a créé.<br />

«Finirez-vous par comprendre?» et concevoir ce qui amende votre situation<br />

dans les deux mondes. Puis il leur ordonna d’implorer le pardon<br />

de Dieu pour leur absoudre les péchés qu’ils avaient commis et de<br />

revenir à Dieu repentants pour assurer leur salut dans la vie future.<br />

Quiconque aura suivi ces conseils, Dieu lui facilite l’acquisition des<br />

biens et le sauve.<br />

L’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - a dit à ce propos:<br />

«Celui qui ne cesse d’implorer le pardon de Dieu, Il lui accorde un réconfort<br />

de toute angoisse, une issue de toute gêne et le pourvoira par des<br />

moyens sur lesquels il ne comptait pas»^K<br />

472


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[¿La (^p) \yj~> {¿Vj9 Ô\. *j* \À)M- f*'===i4 c<br />

S ^ j o ^ tfj ^ 4 $ ¿¿ & 4 iK £ j > % Ij % £<br />

î-cS^H L}-^'’^Lí Z¿\ J\S IxJljJU (_)Æ3


créature qui ne soit à la merci d’Allah» Il n’y a pas une seule créature<br />

qu’il ne la tienne par le toupet. Une expression qui signifie que toutes<br />

les créatures sont sous le pouvoir de Dieu et sa dominance. Il est le<br />

juge équitable qui ne lèse personne. Il est sur la voie droite.<br />

On trouve dans la réponse de Houd un argument irréfutable et<br />

une preuve décisive qui corrobore son message et réfuté les présomptions<br />

des idolâtres qui prennent les statues et les idoles pour dieux et<br />

les adorent, alors que celles-ci ne peuvent ni nuire ni être utiles, plutôt<br />

elles sont des matières inertes qui n’entendent pas et ne voient rien,<br />

elles ne sont ni hostiles ni alliées. Donc c’est à Dieu seul qu’on doit<br />

vouer un culte pur. Il est le Maître des cieux et de la terre et aucun<br />

Seigneur n’existe hormis Lui.<br />

fa ’in tawallaw faqad ’ablagtukum mâA ’ursiltu bihî ’ilaykum wa<br />

yastahlifu rabbî qawman gayrakum walâ tadurrûnahû say’an ’inna rabbî<br />

‘alâ kulli say’in hafïzun (57) wa lammâ j a ’a ’amrunâ najjaynâ Hûdan<br />

wa-l-ladîna ’âAmanû ma‘ahû bi rahmatim-minnâ wa najjaynâhum min<br />

‘ad âbin galîzin (58) wa tilka ‘Âdun jahadû bi ’ayâti rabbihim wa ‘asaw<br />

rusulahû wa-t-taba^ ’amra kulli jabbarin ‘anîdin (59) wa ’utbi'û fï hâd<br />

ihi-d-dunyâ la'natan wa yawma-l-qiyâmati ’ala ’inna ‘Adan kafarû rabbahum<br />

’alâ bu‘da-l-li ‘Âdin qawmi Hûdin (60).<br />

Qu’importe que vous vous détourniez de moi! j’ai accompli ma mission.<br />

Mon Seigneur appellera un autre peuple à vous succéder. Votre disparition<br />

ne diminuera en rien Sa puissance. Mon Seigneur veille sur tout l’univers»<br />

(57) Lorsque notre décret arriva à exécution, nous sauvâmes Houd et<br />

474


ceux qui croyaient avec lui par un effet de notre miséricorde et nous les arrachâmes<br />

à un peuple effroyable (58) Telle est l’histoire du peuple de Ad<br />

qui a nié les signes du Seigneur, qui a désobéi à ses Prophètes et qui a<br />

obéi, au contraire, aux rebelles et aux oppresseurs (59) La malédiction les a<br />

suivis dans ce monde et dans l’autre. Ad n’a-t-il pas, en effet, renié son Seigneur?<br />

Loin d’ici, Ad, le peuple de Houd (60).<br />

Houd, ayant averti son peuple de n’adorer que Dieu seul, dit à son<br />

peuple: Si vous vous détournez, je vous ai transmis le message dont<br />

j’étais chargé de vous le communiquer. Ceci est un argument qui sera<br />

.contre vous si vous ne vous en conformerez pas: «Mon Seigneur appellera<br />

un autre peuple à vous succéder» qui L’adorera sans Lui reconnaître<br />

des associés. Et alors Dieu se souciera peu de vous et vous ne saurez<br />

Lui nuire par votre incrédulité. De toute façon vous en supporterez<br />

les conséquences. «Mon Seigneur veille sur tout l’univers». Il est le Gardien<br />

vigilant et voit les œuvres de Ses serviteurs».<br />

«Lorsque notre décret arriva à exécution» il s’agit du vent dévastateur<br />

qui avait anéanti le peuple de Ad et les avait réduits en cendres<br />

du premier au dernier, en sauvant Houd et ses adeptes de ce châtiment,<br />

par Sa clémence.<br />

«Telle est l’histoire du peuple de Ad qui a nié les signes du Seigneur»<br />

et a désobéi à Ses Prophètes, car quiconque désobéit à l’un d’eux aura<br />

désobéi à tous les Prophètes. Ce peuple «qui a obéi, au contraire,<br />

aux rebelles et aux oppresseurs» les tyrans opiniâtres. Pour cela une malédiction<br />

les poursuivra en ce monde toutes les fois qu’on les mentionnera,<br />

et dans l’autre on les appellera devant toutes les créatures. «Loin<br />

d’ici, Ad, le peuple de Houd» As-Souddy de commenter: «Tout Prophète<br />

qui sera envoyé après Houd, appellera à son tour la malédiction sur<br />

Ad».<br />

475


wa ’ilâ Tamûda ’ahâhum Sâlihan qâla yâ qawmi-‘budû-L-Lâha mâlakum<br />

min ’ilâhin gayruhû huwa ’ansa’akum mina-l-ardi wa-sta'marakum fîhâ<br />

fastagfirûhu tumma tûbïï ’ilayhi ’inna rabbî qarîbum mujîbun (61).<br />

Nous envoyâmes au peuple de Thémoud leur frère Saleh. D leur dit:<br />

«O mon peuple, adorez Allah. Vous n’avez pas d’autre Allah que Lui. Cest<br />

Lui qui vous a tirés de la terre et qui vous y a installés. Implorez-Le et soumettez-vous<br />

à Lui. Mon Allah est préoccupé à exaucer les prières» (61).<br />

Les Thémoudites habitaient les cités du Hijr entre Tabouk et Médine<br />

et existaient après le peuple de Ad. Dieu leur envoya son Prophète<br />

Saleh pour les appeler à adorer Dieu seul. Il leur rappela: «C’est<br />

Lui qui vous a tirés de la terre» tout comme II a créé Adam «et qui vous<br />

y a installés» pour y vivre et exploiter ses biens. Demandez-Lui de vous<br />

pardonner vos péchés commis et revenez repentants vers Lui. «Mon<br />

Allah est préoccupé à exaucer les prières» Car II est proche et exauce<br />

comme le montre aussi ce verset: «Si mesr serviteurs te questionnent sur<br />

moi, dis-leur que je suis près d’eux. Je réponds à l’appel de ceux qui m’implorent»<br />

[Coran II, 186].<br />

qâlû yâ Sâlihu qad kunta fînâ marjuwwan qabla hâda ’atanhâna ’an<br />

na‘buda mâ ya‘budu ’â b a’unâ wa ’irinanâ lafï sakkim mimmâ tad‘ûna<br />

’ilayhi murîbin (62) qâla yâ qawmi ’ara’aytum ’in kuntu ‘alâ bayyinatim<br />

mir-rabbî wa ’âtânî minhu rahmatan famay-yansurunî mina-L-Lâhi ’in<br />

‘asaytuhû famâ tazîdûnanî gayra tahsîrin (63).<br />

O Saleh, répondirent-ils, jusqu’ici nous avions confiance en toi. Mais<br />

vas-tu maintenant nous interdire d’adorer ce qui adoraient nos pèrs? En vérité,<br />

nous avons des doutes sérieux sur le culte que tu nous proposes (62) D<br />

répondit: «O mon peuple, qu’y puis-je? délégué vers vous avec des preuves<br />

476


de mon Seigneur et, pourvu de Sa grâce, qui me protégerait contre Lui si je<br />

Lui désobéissais! Vraiment, vous voulez ma perte? (63).<br />

Dieu raconte la polémique qui eut lieu entre Saleh et son peuple<br />

qui était égaré et obstiné. Ils lui dirent: «jusqu’ici nous avions confiance<br />

en toi» et, avant cela, tu étais un espoir pour nous. «Vas-tu mainteant<br />

nous interdire d’adorer ce qu’adoraient nos pères? En vérité, nous avons des<br />

doutes sérieux sur le culte que tu nous proposes». Cependant, nous voilà<br />

dans une profonde incertitude au sujet de vers quoi tu nous appelles.<br />

« O mon peuple» leur répondit Saleh «qu’y puis-je? Délégué vers vous<br />

avec des preuves de mon Seigneur» Que pensez-vous si je m’appuie sur<br />

une preuve évidente de la part de mon Seigneur? qui m’a accordé Sa<br />

miséricorde. «Qui me protégerait contre Lui si je Lui désobéissais» en<br />

manquant à ma mission de vous appeler à suivre la vérité et à adorer<br />

Dieu seul? Si je la délaissais vous ne me seriez d’aucune utilité et<br />

vous ne feriez qu’ajouter à ma perte.<br />

wayâqawmi hâdihî nâqatu-L-lâhi lakum T yatan fadarûhâ ta’kulu fi<br />

’ardi-L-Lâhi walâ tamassûhâ bi s îî’in faya’hudakum ‘adâbun qarîbun<br />

(64) fa‘aqarûhâ faqâla tamatta'û fî dârikum talâtata ’ayyâmin dâlika<br />

wa ‘dun gayru makdûbin (65) falammâ j a ’a ’amrunâ najjaynâ Sâlihan<br />

wa-l-ladîna ’âmanû ma‘ahu birahmatim-minna wa min hizyi yawmi’idin<br />

’inna rabbaka huwa-l-Qawiyyu-1- ‘Azîzu (66) wa ’ahda-l-ladîna zalamû-ssayhatu<br />

fa ’asbahu fî diyârihim jâtimîna (67) ka ’al-lam yagnaw fîhâA<br />

’aîa ’inna Tamûdâ kafarû rabbahum ’alâ bu‘da-l-li-Tamûda (68).<br />

477


On mon peuple, cette chamelle est pour vous un signe de la part d’Allah.<br />

Laissez-la paître en paix et ne lui faites aucun mal. Sinon, votre châtiment<br />

ne se fera pas attendre (64) Ils l’égorgèrent. «Continuez, leur dit-il, à<br />

vous prélasser dans vos demeures pendant trois jours. Mon avertissement ne<br />

sera pas démenti» (65). Lorsque notre décret arriva à exécution, nous sauvâmes,<br />

par l’effet de notre miséricorde, Saleh et ceux qui croyaient avec<br />

lui. Nous leur évitâmes l’opprobre du châtiment. Ton Seigneur est puissant<br />

et vénérable (66) Un cataclysme anéantit les injustes. On trouva leurs demeures<br />

jonchées de cadavres (67) Comme si leur existence n’avait jamais<br />

égayé ces lieux. Oui, le peuple de Thémoud a renié son Seigneur. Loin d’ici<br />

le peuple de Thémoud (68).<br />

Nou avons déjà détaillé l’histoire de Saleh avec son peuple dans<br />

la sourate Al-A’raf. (voir coran VII, versets 73-79).<br />

walaqad ja’at rusulunâ ’Ibrâhîma bi-l-busrâ qalû salâman qâla salâmun<br />

famâ labita ’an jâ^’a bi‘ijlin hanîdin (69) falammâ ra’â ’aydiyahum lâ<br />

tasilu ’ilayhi nakirahum wa ’awjasa minhum hifatan qâlû lâ tahaf ’inna<br />

’ursilna ’ilâ qawmi Lutin (70) wa-m-ra’atuhû q a’imatun fadahikat fabasv>sarnâhâ<br />

bi ’Ishâqa wa min wara’i ’Ishâqa ya‘qûba (71) qâlat yâ waylata<br />

’a‘alidu wa ’ana ‘ajûzun wa hâdâ ba‘lî sayhan ’inna hâdâ lasay’un<br />

‘ajîbun (72) qâîïï ’ata'jibîna min ’amri-L-Lahi rahmatu-L-Lâhi wa barakâtuhû<br />

‘alaykum ’ahla-l-bayti ’innahu hamîdum-majîdun (73).<br />

Nos émissaires allèrent trouver Abraham pour lui annoncer la bonne<br />

nouvelle. Salut, lui dirent-ils. H les salue aussi. Et il leur offrit aussitôt un<br />

veau rôti (69) Lorsqu’il les vit s’abstenir de toucher au plat, il fut troublé et<br />

478


en conçut une vive frayeur. «Ne crains rien, lui dirent-ils, nous sommes envoyés<br />

par Allah au peuple de Loth» (70) L’épouse d’Abraham, qui était à<br />

ses côtés, se mit à rire. Nous lui annonçâmes qu’elle donnerait le jour à<br />

Isaac et qu’Isaac aurait lui-même un fils, Jacob (71) O stupeur! s’exclamat-elle,<br />

comment pourrais-je enfanter alors que je suis vieille et que mon mari<br />

lui-même est une vieillard! C’est là une chose vraiment étrange! (72) Et<br />

les anges de répliquer: «Comment peux-tu t’étonner d’une décision d’Allah?<br />

Que la miséricorde et la bénédiction d’Allah soient sur vous, ô habitants de<br />

cette maison. A Allah doivent aller les louanges et la glorification» (73).<br />

La bonne nouvelle qu’apportaient les émissaires de Dieu à Abraham<br />

fut interprétée de deux façons: La première concerne la naissance<br />

d’Isaac, et la deuxième l’anéantissement du peuple de Loth.<br />

Mais il s’avère que la première l’emporte en nous référant à ce verset:<br />

«Lorsque la crainte d’Abraham cessa...» (verset n: 74).<br />

Les émissaires (les anges) saluèrent Abraham et il leur rendit le<br />

salut. Abraham s’empressa de leur apporter de quoi manger «et il leur<br />

offrit aussitôt un veau rôti» sur des pierres chaudes. Ce verset est pareil<br />

aux dires de Dieu: «Il se dirigea du côté des siens et rapporta un veau<br />

gras. Il le présenta à ses hôtes en leur disant: «N’en mangerez-vous pas?»<br />

[Coran Ll, 26-27]. Ce geste accompli d’Abraham démontre les règles<br />

de l’hospitalité.<br />

«Lorsqu’il les vit s’abstenir de toucher au plat, il fut troublé et en<br />

conçut une vive frayeur» étant donné que les anges ne sentent plus l’appétit<br />

et ne mangent pas. Voyant que leurs mains n’en approchaient<br />

pas, il les trouva insolites et ressentit de la peur vis-à-vis d’eux. As-<br />

Souddy de commenter: Lorsque Dieu envoya les anges, ceux-ci, en<br />

forme humaine, se rendirent chez Abraham et lui demandèrent l’hospitalité.<br />

En les voyant en tant qu’hommes vénérables, il eut peur d’eux. II<br />

alla discrètement trouver les siens, égorgea un veau gras qu’il rôtit sur<br />

les pierres chaudes, le présenta à ses hôtes et s’assit avec eux. Sarah,<br />

la femme d’Abraham, les servait. II leur présenta le veau rôti, mais<br />

apercevant que leurs mains n’en approchaient pas, il s’écria: « N ’en<br />

mangerez-vous pas?» Ils lui répondirent: «Nous ne mangeons que<br />

contre un prix?» II répliqua: «Ceci a donc un prix!» - Ils lui demandèrent:<br />

«Q u e l est son prix?» et Abraham de rétorquer: «A va n t de<br />

479


commencer à manger vous invoquez le nom de Dieu et, en terminant<br />

vous le louez». Gabriel regarda alors Michel et lui dit: «Il est de droit<br />

de cet homme que Dieu le prenne pour ami».<br />

Les voyant s’abstenir de toucher au plat, Sarah s’écria «Com m e<br />

c’est étonnant! Nous servons nous-mêmes nos hôtes et ils ne daignent<br />

pas prendre de notre nourriture». Les anges dirent: «Ne crains rien»<br />

Nous sommes des anges envoyés au peuple de Loth pour les anéantir.<br />

Sarah se réjouit alors de l’anéantissement du peuple de Loth à<br />

cause de leur perversité, leur obstination et leur incrédulité.<br />

Sarah «se mit à rire. Nous lui annonçâmes qu’elle donnerait le jour à<br />

Isaac et qu’Isaac aurait lui-même un fils, Jacob». On peut déduire de ce<br />

verset que le fils d ’Abraham qu’il devait immoler était Ismaël car la<br />

bonne nouvelle fut adressée à Sarah qu’elle aura un enfant qui, à son<br />

tous, aura un fils. La question qui se pose: Combien peut-on ordonner<br />

à Abraham de sacrifier son fils (si c’était Isaac) alors qu’il n’était encore<br />

qu’un nourrisson? et que son propre fils promis Jacob n’était pas<br />

encore né? Dans cet état Abraham n’était pas ordonné de sacrifier<br />

Isaac. Il devait donc être Ismaël. Ceci constitue une déduction irréfutable<br />

et logique.<br />

Elle s’exclama: «Comment pourrais-je enfanter alors que je suis vieille<br />

et que mon mari lui-même est un vieillard?» Dans un autre verset on<br />

trouve ceci: «Sa femme survint, toute bouleversée, et se frappant le visage:<br />

«Est-ce possible, une femme vieille et stérile comme moi? s’exclama-t-elle»<br />

[Coran Ll, 29] tout comme les femmes d’autrefois agissaient. Les anges<br />

lui répondirent: «Comment peux-tu t’étonner d’une décision d’Allah?»<br />

Lui qui, s’il veut réaliser une chose, lui dit: «Sois» et elle est. Même si<br />

tu es vieille et stérile et ton mari un vieillard, Dieu est capable de tout<br />

faire. «Que la miséricorde et la bénédiction d’Allah soient sur vous, ô habitants<br />

de cette maison. A Allah doivent aller les louanges et la glorification».<br />

II est loué dans Ses actes et paroles et glorifié pour Ses qualités<br />

et Sa nature.<br />

480


¿SSïl f. „s , ,/ .>'1 ^<br />

(Qgp J f ’ 1- 1'-^ p fp y p r lJ<br />

falammâ dahaba ‘an Ibrahîma-r-raw‘u wa j a ’athu-l-busrâ yujâdilunâ fî<br />

qawmi Lutin (74) ’inna ’Ibrahîma lahalîmun ’awwâhum-munîbun(75) yâ<br />

’Ibrâhîmu ’a‘rid‘an hâda1 ’innahû qad ja”a ’amru rabbika wa ’innahum<br />

’a tîhim ‘adâbun gayru mardûdin (76).<br />

Lorsque la crainte d’Abraham cessa et qu’il eut reçu la bonne nouvelle,<br />

il intervint en faveur du peuple de Loth (74) Abraham était d’un naturel<br />

doux, compatissant et dévoué (75) O Abraham, n’insiste pas. La décision de<br />

ton Seigneur est prise. Un châtiment inexorable s’abattra sur eux (76).<br />

Une fois Abraham rassuré, ayant ressenti une certaine crainte de<br />

ses hôtes qui ne mangeaient pas, et recevant la bonne nouvelle qu’il<br />

aura un enfant, entendant les anges parler de l’anéantissement du<br />

peuple de Loth, il s’écria: «Allez-vous ruiner une cité où vivent trois<br />

cents croyants? - Non, répondirent-ils. Il répliqua: «E t s’il y en a là<br />

deux cents?» Comme la réponse fut négative, Abraham diminua le<br />

nombre jusqu’au cinq et eux de le rassurer que certainement pas. A la<br />

dernière question: «Que pensez-vous si vous ne trouverez qu’un seul<br />

croyant et soumis et que cet homme serait Loth?» Les anges le rassurèrent<br />

de nouveau. Il leur dit: «Loth est parmi eux. Ils lui répondirent:<br />

«Nous savons mieux que personne ceux qui renferme la ville. Nous le sauverons<br />

lui et les siens, à l’exception de sa femme qui sera parmi les victimes»<br />

[Coran XXIX, 32],<br />

Alors Abraham garda le silence et son âme fut apaisée. «Abraham<br />

était d’un naturel doux, compatissant et dévoué» Dieu en a fait l’éloge<br />

d’Abraham qui jouissait de ces qualités.<br />

«O Abraham, n’insiste pas. La décision de ton Seigneur est prise» Nul<br />

ne s’oppose à un décret pris par Dieu qui sera réalisé, le châtiment du<br />

Seigneur ne saurait être écarté d’un peuple incrédule et pervers.<br />

481


wa lammâ j a ’at rusulunâ Lutan sT’a bihim wa dâqa bihim dar‘an wa<br />

qâla hâd â yawmun ‘asîbun (77) wa ja ’ahu qawmuhû yuhra‘ûna ’ilayhi<br />

wa min qablu kânû ya‘malûna-s-sayyi’âti qâla yâqawmi hâ/’ûlâ’i banâtî<br />

hunna ’atharu lakum fa-t-taqû-L-Lâha walâ tuhzûni fî dayfï ’alaysa minkum<br />

rajulu-r-rasîdun (78) qâlû laqad ‘alimta mâ lanâ fî banâtika min<br />

haqqin wa ’innaka ta‘lamu mâ nurîdu (79).<br />

Lorsque nos envoyés se présentèrent à Loth, il en éprouva une grande<br />

gêne. 11 ne sut où donner de la tête. «Quelles pénibles circonstances» murmur<br />

a-t-il (77) Il fut assailli, au même moment par des gens de son peuple,<br />

qui sortaient à peine de leurs scènes de débauche... «O mon peuple, leur<br />

dit-il, voici mes filles. Il serait plus naturel que vous en usiez. Craignez Allah<br />

et ne m’offensez pas dans la personne de mes hôtes. N’y a-t-il pas parmi<br />

vous un homme sensé?» (78) Tu sais bien, répondirent-ils, que nous<br />

n’avons que faire de tes filles. Et tu n’es pas sans connaître ce que nous désirons»<br />

(79).<br />

Ayant quitté Abraham, les anges se rendirent chez Loth en1Jeunes<br />

hommes très beaux en apparence pour éprouver son peuple. À leur<br />

vue, Loth s’en affliga de peur que son peuple n’ose leur nuire. «Quelles<br />

pénibles circonstances» murmura-t-il» Car il savait qu’il devait les défendre<br />

alors que son bras était trop faible.<br />

Qatada a raconté: «Les anges trouvèrent Loth travailler dans son<br />

terrain. En lui demandant de leur accorder l’hospitalité, il eut honte de<br />

ne plus répondre et leur demanda de le suivre en se mettant devant<br />

eux. Chemin faisant il les insinua par de propos clairs qu’il n’y a plus<br />

sur terre un peuple qui soit plus pervers et corrompu que le sien dans<br />

le but de les porter à quitter la ville sans y rester fut-ce pour un instant.<br />

Il les leur répéta plusieurs fois. Et Qatada de poursuivre: «Les anges<br />

étaient ordonnés de faire périr le peuple de Loth au vu et au su de<br />

ce dernier.<br />

482


As-Souddy, quant à lui, relata les faits suivants: «Après leur départ<br />

de chez Abraham, les anges se dirigèrent vers la ville de Loth et arrivèrent<br />

à midi à Sadoum. Ils y trouvèrent la fille de Loth qui puisait de<br />

l’eau. Ils lui demandèrent: «Jeune fille, où peut-on avoir de l'hospitalité?»<br />

Elle leur répondit: «Restez ici jusqu’à mon retour». Elle eut peur<br />

que ses concitoyens ne viennent leur causer de gêne. Elle vint trouver<br />

son père et lui dit: «Père, dépêche-toi et va recevoir de jeunes hommes<br />

qui sont les plus beaux que j’ai vus avant que ton peuple ne leur<br />

nuisent». A savoir que le peuple de Loth lui avaient interdit de donner<br />

hospitalité à quiconque. Sa femme sortit pour mettre les gens au courant<br />

de l’arrivée de ces beaux jeunes hommes. «Il fut assailli, au même<br />

moment par des gens de son peuple, qui sortaient à peine de leurs scènes de<br />

débauche» Ils furent très réjouis de voir de telles personnes.<br />

Pour éviter tout méfait, Loth leur dit: «O mon peuple, voici mes filles.<br />

Il serait plus7naturel que vous en usiez» Il leur rappella que les femmes<br />

sont plus pures pour eux; car en tant que Prophète, Loth devait leur<br />

montrer la voie droite qui leur procurera le bien. Dans d’autres versets,<br />

il leur dit: «Si c’est pour assouvir vos sens que vous êtes venus, reprit Loth,<br />

voici mes filles» [Coran XV, 71] et: «pourquoi assouvir vos désirs sur les<br />

hommes, délaissant les femmes que le Seigneur a créées pour vous servir<br />

d’épouses? Vous êtes vraiment un peuple pervers» [Coran XXVI, 165 -<br />

166].<br />

Moujahed a commenté: Il ne s’agit pas bien sûr des propres filles<br />

de Loth car tout Prophète est considéré comme le père de son peuple<br />

dont les filles sont comme les siennes.<br />

«Craignez Allah et ne m’offensez pas dans la personne de mes hôtes»<br />

Faites comme je vous ordonne et contentez-vous de vos femmes « N ’y<br />

a-t-il pas parmi vous un homme sensé?» qui obtempère à mes ordres?.<br />

Mais ils ne tardèrent à lui répondre: «Tu sais bien que nous n’avons que<br />

faire de tes filles!» En d’autres termes: tu sais bien que nous n’avons<br />

aucun droit sur tes filles et n’avons aucun désir d’avoir de rapports<br />

avec elles «et tu n’es pas sans connaître ce que nous désirons» nous n’assouvissons<br />

nos désirs que sur les hommes.<br />

483


qâla law ’anna lî bikum quwwatan ’aw ’âwT ’ilâ ruknin sadîdin (80) qâlû<br />

yâ Lûtin ’innâ rusulu rabbika lay-yasilîi ’ilayka fa ’asri bi ’ahlika<br />

biqit‘im-mina-l-layli walâ yaltafit minkum ’ahadun ’illâ-m-mra‘ataka ’innahû<br />

musîbuhâ ma ’asâbahum ’inna maw ‘idahumu-s-ssubhu ’alaysa-ssubhu<br />

biqarîbin (81).<br />

'<br />

Que ne suis-je assez fort pour vous résister ou que ne puis-je trouver<br />

de l’aide. (80) «O Loth, nous sommes les messagers de ton Seigneur. Ne<br />

crains rien. Ils n’arriveront pas jusqu’à foi. Pars, cette nuit, avec les tiens<br />

et qu’aucun de vous ne tourne la tête en route! Quant à ta femme, elle sera<br />

atteinte par le même fléau qui s’abattra sur les méchants. C’est le matin<br />

que la catastrophe se produira et le matin n’est pas loin (81).<br />

Loth menaça son peuple en leur disant: Si seulement je suis assez<br />

fort pour m’opposer à vous, j’aurais agi moi-même contre vous. A<br />

cet égard, l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Que<br />

Dieu fasse miséricorde à Loth, il ne trouvait comme appui solide que Dieu<br />

à Lui la puissance et la gloire. Après lui, Dieu n’a envoyé un Prophète sans<br />

être secouru par les siens».<br />

A ce moment les anges lui firent savoir qu’ils ont les messagers<br />

de Dieu et que son peuple ne parviendrait jamais jusqu’à lui. Ils lui ordonnèrent<br />

de partir à la fin de la nuit avec sa famille et: «Qu’aucun de<br />

vous ne tourne la tête en route». C ’est à dire: même si vous entendrez<br />

leur cris et leurs gémissements nul d’entre vous ne regarde en arrière.<br />

«Quant à ta femme, elle sera atteinte par le même fléau qui s’abattra sur<br />

les méchants» A ce propos, on a raconté qu’elle sortit avec eux mais,<br />

en entendant le grand bruit qui se produisait derrière elle, elle regarda<br />

et s’écria: «O mes concitoyens!» Alors une pierre s’abattit sur elle, provenant<br />

du ciel, et la tua. Puis les anges annoncèrent à Loth la mort imminente<br />

de son peuple qui eut lieu à la première heure du matin.<br />

«C’est le matin que la catastrophe se produira, et le matin n’est pas loin».<br />

484


Loth était debout sur le seuil de sa porte et les gens s’affluèrent<br />

vers lui de tous les côtés. Il les repoussait et les empêchait de leur<br />

acte ignominieux mais ils insistaient en le menaçant. Gabriel sortit de<br />

la maison, les frappa de son aile sur le visage et les rendit aveugles<br />

sans pouvoir trouver leur chemin, comme ce verset l’indique: «Les<br />

concitoyens de Loth voulurent abuser de ses hôtes. Nous leur ôtâmes la<br />

vue.» Goûtez, leur dîmes-nous, notre châtiment et les menaces qui accompagnaient<br />

nos avertissements» [Coran LIV, 37].<br />

ô-fïy? ü t ® L 4-A1C- 1 'A^ Qi<br />

Ü t àj - ’s i- *<br />

falammâ jâA’a ’amrumâ ja‘alnâ ‘âliyahâ safilahâ wa ’amtarnâ ‘alayhâ<br />

hijâratan-min sijjilim-mandûdim- (82) musawwamatan ‘inda rabbik wamâ<br />

hiya mina-z-zâlimîna bi ba ‘îdin (83).<br />

Lorsque notre ordre fut lancé, la ville se trouva bouleversée sens dessus<br />

dessous et une pluie de pierres brûlantes s’abattit sur elle (82) Pluie<br />

drue, prédestinée par ton Seigneur, et toute prête à s’abattre sur les méchants<br />

(83).<br />

Lorsque vint l’ordre de Dieu, et c’était juste au lever du soleil, la<br />

cité - Sodom - fut renversée de fond en comble «et une pluie de pierres<br />

brûlante s’abattit sur elle» Et les exégètes de commenter: Elles étaient<br />

des pierres en terre cuite et endurcie dont les unes furent lancées à la<br />

suite des autres, et d’ajouter: chaque pierre portait le nom de la victime<br />

sur laquelle elle devait s’abattre. A la suite de ce châtiment céleste<br />

nul ne survécut.<br />

Moujahed a raconté: «Gabriel arracha le peuple de Loth à leurs<br />

demeures avec leurs effets et troupeaux, les porta tous sur son aile et<br />

les souleva dans le ciel de sorte que les habitants des deux entendirent<br />

l’aboiement de leurs chiens, puis les renversa. Qatada a relaté un<br />

récit pareil en ajoutant qu’ils étaient au nombre de quatre mille mille<br />

(quatre millions). Voilà le sens des dires de Dieu: «La ville se trouva<br />

bouleversée sens dessus dessous et une pluie de pierres brûlantes s’abattit<br />

485


sur elle» pour exterminer les survivants. Ce châtiment s’abat sur tous<br />

les injustes qui leur sont pareils.<br />

wailâ Madyana ’ahâhum Su‘ayban qâla yâ qawmi-‘budû-L-Lâha mâ lakum<br />

min ’ilâhin gayruhû walâ tanqusû-l-mikyâla wa-l-mizâna ’innî ’arâkum<br />

bihayrin wa ’innî ’ahâfu ‘alaykum ‘adâba yawmim muhîtin (84).<br />

Aux Médianites nous envoyâmes leur frère Choaïb. «O mon peuple,<br />

leur dit-il, adorez Allah vous n’avez pas d’autre Allah que Lui. Ne fraudez<br />

par sur la mesure et sur le poids. Je vojis trouve dans une situation prospère.<br />

Mais je crains que vous ne soyez englobés, un jour, dans un châtiment<br />

du ciel» (84).<br />

Médian est une région située entre le Hijaz et le Châm près de<br />

Ma'an, qu’habitaient des arabes. Dieu leur envoya le Prophète Choaïb<br />

issu d’une de leurs nobles tribus, pour les appeler à l’adoration de<br />

Dieu seul sans rien Lui associer et de ne plus fausser ni la mesure ni<br />

le poids. Il les avertit: «Je vois que vivez dans l’aisance et je crains<br />

pour vous d’en être privés et de subir un châtiment de Dieu si vous enfreignez<br />

Ses fois, dans la vie future».<br />

wa yâ qawmi ’awfû-l-mikyâla wa-l-mîzâna bi-l-qisti walâ tabhasû-n-nâsa<br />

’asya’ahum walâ ta‘taw fî-l-’ardi mufsidîna (85) baqiyyatu-L-Lâhi hayru-<br />

1-lakum ’in kuntum mu’minîna wamâ ’ana ‘alaykum bihâfîzin (86).<br />

O mon peuple, donnez juste mesure et juste poids. Ne diminuez pas la<br />

valeur du bien d’autrui. Et ne faites pas du mal sur la terre (85) Votre ré­<br />

486


compense auprès d’Allah sera d’autant plus belle que vous êtes croyants. Je<br />

ne sms pas responsable de vos actes (86).<br />

Choaïb leur interdit d’abord de fausser la mesure et le poids puis<br />

de commettre les crimes sur la terre en détroussant les voyageurs. Ce<br />

qui reste par devers Dieu, leur dit-il, est meilleur pour vous. Et Ibn Jarir<br />

de commenter: ce qui vous reste comme profit après les justes mesures<br />

et poids est meilleur pour vous que la fraude en lésant les autres<br />

de leur droit. Cette interprétation est pareille aux dires de Dieu: «Disleur:<br />

«Ne confondez pas le bon et le mauvais et ne vous laissez pas séduire<br />

par l’exubérance du mauvais» [Coran V, 100]. Et enfin, il les mit en<br />

garde en disant: «Je ne suis pas responsable de vos actes» en d’autres<br />

terme: Je ne suis pas un gardien pour vous. Donc faites tout cela en<br />

vue de Dieu, si vous êtes des croyants, et non pas pour être vus des<br />

hommes.<br />

XI 3 j \ l & l & ÜjM


qâla yâ qawmi ’ara’aytum ’in kuntu ‘alâ bayyinatim mi-r-rabbî wa razaqanî<br />

minhu rizqan hasanan wama ’urîdu ’an ’uhâlifakum ’ilâ ma ’anhâkum<br />

‘anhu ’in ’urîdu ’illâ-1-’islâha ma-stata‘tu wamâ tawfïqT ’illâ bi-L-<br />

Lâhi ‘alayhi tawakkaltu wa ’ilayhi ’unîbu (88).<br />

O mon peuple, que diriez-vous s’il vous était prouvé que je suis vraiment<br />

inspiré par mon Seigneur et qu’il m’a réellement gratifié d’une grâce<br />

insigne? Loin de moi l’intention de faire ce que je vous défends. Je ne cherche<br />

qu’à vous rendre meilleurs dans la mesure où je le peux. Ma réussite<br />

dépend d’Allah. Je mets ma confiance en Lui et c’est à Lui que je ferai retour<br />

(88).<br />

Il leur répliqua: Que penzez-vous si je me tiens sür une preuve<br />

évidente de mon Seigneur et je vous exhorte en toute clairvoyance, et<br />

si Dieu «m’a réellement gratifié d’une grâce insigne» qui signifie la prophétie,<br />

d’après les uns, ou les biens licites selon d’autres.<br />

«Loin de moi l’intention de faire ce que je vous défends» C ’est à dire:<br />

je n’ai du tout l’intention de vous interdire de faire une chose alors que<br />

moi-même je la fais en cachette. «Je ne cherche qu’à vous rendre meilleurs<br />

dans la mesure où je le peux». Je ne veux que vous reformer autant<br />

que je le puis. Le secours ne me vient que de Dieu. Je me confie<br />

à Lui en toute mes affaires et je reviens vers Lui repentant.<br />

L’imam Ahmed rapporte que Rabi'a Ben Abi Abdul Rahman Al-An-<br />

sari a entendu Abou Houmaïde et Abou Oussaïd relater ces propos de<br />

PEnvoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-: «Si vous entendez un<br />

de mes hadiths que vos cœurs connaissent et votre peau s ’adoucisse, et que<br />

vous constatiez qu’il est très près de vous, j ’en serais plus proche que vous;<br />

m ais si vous entendez un hadith que vos cœurs renient et votre peau en frissonne<br />

et que vous constatiez qu’il est loin de vous, j ’en suis encore plus loin<br />

que vous» (Rapporté par Ibn Abi Hatem)tlJ.<br />

Abou Salman Al-Dabi a dit: «D es lettres nous parvenaient souvent<br />

(1 ) jl Ül «I ■W♦■* (^jl.¿3iVI ^jl ^ (SjJ<br />

yô ^ :»» ■* :Jli 4jl ÜSfb Ait- JjJL<br />

(^jI J>-1 Jjy\ lit» JLiu 4jl Ùjÿj<br />

488


de ‘Omar Ben Abdul ‘Aziz renfermant des ordres et des interdictions et<br />

terminées par ce verset: «Je mets ma confiance en Lui, et c’est à Lui que<br />

je ferai retour».<br />

wa yâ qawmi lâ yajrimannakum siqâqî ’ay-yusîbakum mit lu ma ’asâba<br />

qawma N uhin ’aw qawma Hûdin ’aw qawma Sâlihin wamâ qawmu<br />

Lûtin-minkum bi ba‘îdin (89) wa-stagfïrû rabbakum tumma tûbu ’ilayhi<br />

’inna rabbî Rahîmun wadûdun (90).<br />

O mon peuple, que votre passion à me contredire ne vous entraîne pas<br />

à encourir les mêmes châtiments que les peuples de Noé, de Houd et de Saleh.<br />

L’exemple du peuple de Loth n’est pas si loin (89) Implorez le pardon<br />

de votre Seigneur et revenez à Lui. Mon Seigneur est toute indulgence et<br />

toute mansuétude (90).<br />

Choaïb exhorta son peuple en leur disant: «Q ue votre aversion et<br />

votre mépris vis-à-vis de moi et notre séparation ne vous portent à persister<br />

dans votre impiété et votre perversité et vous occasionnent de<br />

châtiments à ceux qui atteignirent les peuples de Noé, Houd, Saleh et<br />

Loth.<br />

On a rapporté que lorsque ‘Othman Ben Affan fut assailli par ses<br />

ennemis en leur observant de sa demeure, il leur récita: «O mon peuple,<br />

que votre passion à me contredire ne vous entraine pas à encourir les<br />

mêmes châtiments que les peuples de Noé, de Houd et de Saleh». O hommes!<br />

Ne me tuez pas! Si vous me tuez vous serez comme ça» et il entrecoisa<br />

ses doigts (Voulant dire que vous serez pareils à ces<br />

peuples).<br />

«L’exemple du peuple de Loth n’est pas si loin» cela signifie que le<br />

peuple de Loth fut châtié il’y a un peu de temps. Demandez à Dieu de<br />

vous pardonner les péchés que vous avez commis, puis revenez à Lui<br />

repentants, Il est miséricordieux et aimant.<br />

489


qâlû yâ Su‘aybu mâ nafqahu katîram-mimma taqûlu wa ’innâ lanarâka<br />

fînâ da‘îfan walawla rahtuka larajammâka wama ’anta ‘alaynâ bi ‘azîzin<br />

(91) qâla yâ qawmi ’arahtT ’a‘azzu ‘alaykum mina-L-Lâhi wa-t-tahad<br />

.tumûhu wara ’akum zihriyyan ’inna rabbî bimâ ta‘malûna muhitun (92).<br />

O Choaïb, répliquèrent-ils, nous ne comprenons pas grand chose à ce<br />

que tu nous dis. N’as-tu pas conscience de ta faiblesse parmi nous. Si ce<br />

n’était par égard pour ta famille, nous t’aurions déjà lapidé! Tu n’es pas si<br />

précieux que ça pour nous (91). O mon peuple, dit Choaïb, auriez-vous plus<br />

de considération pour ma famille que pour Allah, que vous rejetez loin de<br />

vous! Mon Seigneur sait tout ce que vous'faites (92).<br />

L’expression «... de ta faiblesse parmi nous» a eu plusieurs interprétations:<br />

Les uns dirent qu’il était aveugle comme ont précisé Al-Thawri<br />

et Sa'id Ben Joubaïr, d’autres ont dit parce qu’il était le seul croyant<br />

d’après As-Souddy, enfin d’autres ont déclaré qu’il était faible parmi sa<br />

tribu car nul ne suivait sa religion. Mais malgré cette faiblesse, ils le redoutèrent<br />

de peur que sa tribu ne vienne le secourir. «Si ce n’était par<br />

égard pour ta famille, nous t’aurions lapidé» Pour nous, tu n’as aucune<br />

puissance pour nous opposer.<br />

Choaïb leur répliqua: «Vous me laissez à cause de mon clan et<br />

non pour considération de Sa majesté le Seigneur qu’il soit Béni et<br />

Très Haut qui vous empêche de me nuire en vous éloignant de Lui et<br />

Lui tournant le dos? Et vous n’avez à Son égard ni vénération ni soumission?<br />

Sachez donc que mon Seigneur est au courant de tout ce<br />

que vous œuvrez.<br />

490


wayâ qawmi-‘malû ‘alâ makânatikum ’innî ‘âmilun sawfa ta‘lamûna<br />

may-ya’tîhi ‘adâbun yuhzîhi wa man huwa kâdibun wa-rtaqibïï ’innî<br />

ma'akum raqîbun (93) wa lammâ jif’a ’amrunâ najjaynâ Su‘ayban wa-1-<br />

ladîna ’âmanû ma‘ahû bi rahmatim-minnâ wa ’ahadati-l-ladîna zalamûs-sayhatu<br />

fa ’asbahu fî diyârihim jâtimîna (94) ka’al-lam yagnaw fïha<br />

’alâ bu‘da-l-li Madyana kamâ ba'idat Tamûdu (95).<br />

O mon peuple, continuez à agir comme vous l’entendez. J’agirai de<br />

même comme je l’entends. Vous ne tarderez pas à savoir qui de nous sera<br />

atteint par im châtiment ignominieux et qui de nous est l’imposteur. Attendez.<br />

Moi aussi j’attends (93). Lorsque notre ordre fut lancé, nous sauvâmes<br />

Choaïb et ceux qai pratageaient sa foi par un effet de notre miséricorde.<br />

Un cataclysme anéantit les méchants. On les trouva étendus morts dans<br />

leurs maisons. (94) Comme s’ils n’avaient jamais occupé le pays. Loin d’ici<br />

les Médianites. Qu’il en soit d’eux comme des Thémoudites (95).<br />

Désespérant de leur conversion, Choaïb dit à son peuple: «continuez<br />

à agir comme vous l’entendez» Une réponse qui renferme à la fois<br />

un avertissement et une menace. «J’agirai de même comme je l’entends»<br />

et vous saurez bientôt qui sera frappé par un châtiment ignominieux et<br />

qui est menteur.<br />

«Lorsque notre ordre fut lancé» ainsi pour montrer le sort de deux<br />

parties «nous sauvâmes Choaïb et ceux qui partageaient sa foi par un effet<br />

de notre miséricorde. Un cataclysme anéantit les méchants. On les trouva<br />

étendus morts dans leurs maisons» comme s’ils n’y avaient jamais habité:<br />

A mort les Médianites! comme moururent les Thémoudites, à savoir<br />

que les deux peuples étaient voisins et impies.<br />

491


walaqad ’arsalnâ Musa bi ’âyâtinâ wa suit ânim-mubînin (96) ’ila<br />

Fir‘awna wa mala’hî fat-taba‘û ’amra Fir‘awna wama ’amru Fir‘awna bi<br />

rasîdin(97) yaqdumu qawmahû yawma-l-qiyâmati fa’awradahumu-n-nâra<br />

wa bi’sa-l-wirdu-l-mawrûdu (98) wa ’utbi‘û fî hâdihî la‘natan wa yawmal-qiyâmati<br />

bi’sa-r-rifdu-l-marfûdu (99).<br />

Nous envoyâmes Moïse pour transmettre nos enseignements, muni d’un<br />

pouvoir authentique (96) Nous l’envoyâmes à Pharaon et à sa cour. La<br />

cour prit le parti de Pharaon, bien que celui-ci manquait de Sagesse (97)<br />

Pharaon marchera à la tête de son peuple au jour du jugement dernier. Il le<br />

conduira à l’enfer. Funeste destin (98) La malédiction d’Allah les suivra<br />

dans ce monde «t dans l’autre. Triste présent (99).<br />

Dieu paria ensuite de. Moïse qu’il envoya à Pharaon le roi des coptes<br />

et à sa co,ur, avec Ses signes et une autorité manifeste. Sa cour<br />

qui cbmprenait les siens, les conseillers et sa cohorte, qui suivaient<br />

Pharaon, appliquaient ses ordres et lui obéissaient dans son égarement,<br />

malgré que le commandement de Pharaon n’était pas bien dirigé.<br />

Comme il dirigeait son peuple vers l’aberration et l’impiété dans<br />

ce monde, ainsi dans l’autre il marchera en tête les menant à l’enfer,<br />

«Funeste destj|ÿ car c’est le sort des suivants qui suivaient leur chef<br />

sans perspicacité ni raison comme un pâtre qui conduit son troupeau<br />

vers l'abreuvoir* Même ceux-ci subiront un châtiment double, ils auront<br />

le Feu comme supplice et une malédiction de Dieu les suivra comme<br />

le confirme ce verset: «Nous les avons frappés de malédiction dans ce<br />

monde et ils seront réprouvés dans l’autre» [Coran XXVIII, 42].<br />

dâlika min ’ambâA’i-l-qurâ naqussuhû ‘alayka minhâ qâ^’imun wa<br />

492


hasîdun (100) wamâ zalammahum walâkin zalam ’anfusahum fama'<br />

’agnat ‘anhum ’a1lihatuhumu-l-latî yad‘ûna min dûni-L-Lâhi min say’i-1-<br />

lammâ ja ’a ’amru rabbika wamâ zâdûhum gayra tatbîbin (101).<br />

C’est l’histoire des cités que nous te faisons revivre. Il en est qui sont<br />

encore debout, d’autres ont été complètement rasées (100) Ce n’est pas nous<br />

qui avons été injustes envers eux. Ils ont été eux-mêmes les artisans de leur<br />

malheur. L’aide des divinités qu’ils imploraient en dehors d’Allah leur a<br />

manqué, lorsque l’ordre de ton Seigneur fut lancé. Elles n’ont fait qu’accroître<br />

leur désarroi (101).<br />

Tels sont les récits que Dieu a voulu raconter à Son Prophète -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue - concernant les cités et les peuples<br />

passés. Certaines de ces cités sont encore debout et d’autres ont été<br />

rasées ou moissonées. Dieu n'a été jamais injuste envers elles, mais<br />

les peuple? se sont fait tort à eux-mêmes à cause de leur incrédulité et<br />

leur obstination. Les divinités qu’ils adoraient en dehors de Dieu ne<br />

leur ont servi de rien. Bien au contraire «elles n’ont fait qu’accroitre leur<br />

désarroi» et leur perte.<br />

wa kadâlika ’ahdu rabbika ’id a ’ahada-l-qurâ wa hiya zâlimatun ’inna<br />

’ahdahu ’alîmun sadîdun (102).<br />

Voilà de quelle manière Allah punit les cités corrompues. H leur envoie<br />

un châtiment terrible et douloureux (102).<br />

Tel est le châtiment du Seigneur quand II frappe les cités prévaricatrices<br />

qui reniaient Ses signes et traitaient leurs Prophètes de menteurs.<br />

Son châtiment est terrible et violent. Abou Moussa rapporte que<br />

l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: «Dieu accorde<br />

un répit à l ’injuste, mais quand II le saisit II ne le lâchera pas» Puis il récita:<br />

«Voilà de quelle manière Allah punit les cités corrompues...» (Rapporté<br />

par Boukhari et Mouslim)tl] .<br />

(1 ) mil ùjn «U)l J J l » t j l i


’inna fî dâlika la ’âyata-l-liman hâfa ‘adâba-l-’âhirati dâlika yawmummajmu‘ul-lahu-n-nâsu<br />

wa dâlika yawmum mashûdun (103) wama<br />

nu’ahhiruhïï ’illâ li’ajalim-ma‘dûdin (104) yawma ya’ti lâ takallamu nafsun<br />

’illâ bi ’idnihî faminhum saqiyyun wa sa‘îdun (105).<br />

C’est là un enseignement pour ceux qui redoutent les supplices de la<br />

vie future. Il y aura un jour où tous les hommes seront réunis, un jour qui<br />

sera solennel (103) Ce jour est retardé jusqu’à une date fixée (104) Quand<br />

ce jour viendra, aucune âme ne pourra parler sans la permission d’Allah.<br />

Ce jour-là, il y aura des réprouvés et des bienheureux (105).<br />

Voilà bien là un signe, vraiment pour celui qui craint le châtiment<br />

de la vie de l’au-delà. Il faut donc en profiter et en tirer une leçon.<br />

«Un jour qui sera solennel» où tous les hommes seront rassemblés<br />

«Nous rassemblerons les hommes sans en omettre un seul» [Coran XVIII,<br />

47]. Ce jour-là les anges seront présents, les Prophètes et les hommes<br />

seront réunis, humains, génies et même les bêtes et les oiseaux,<br />

bref toutes les créatures sans exception. Le Seigneur, le Juge équitable<br />

ne lésera personne fût-ce le poids d’un atome.<br />

«Ce jour est retardé jusqu’à une date fixée» La résurrection n’est retardée<br />

que parce qu’une parole de Dieu était intervenue auparavant<br />

qu’il y aurait une postérité d’Adam à venir. Une fois le nombre des<br />

créatures complété comme Dieu a décidé, alors l’Heure Suprême se<br />

dressera. Donc la vie de chacun est bien déterminée et limitée, il n’y<br />

aura ni un retardement ni une avance.<br />

«Aucune âme ne pourra parler sans la permission d’Allah» un verset<br />

qui est pareil à celui-ci: «Nul ne pourra dire un mot s’il n’est autorisé par<br />

le Miséricordieux et s’il n’est sincère» [Coran LXXVIII, 38]. Dans les<br />

deux Sahihs, il est cité dans le hadith concernant l’intercession, que<br />

l’Envoyé de Dieu- qu’Allah le bénisse et le salue - a dirt: «Ce jour-là les<br />

494


Prophètes prendront la parole et leur invocation sera: «Grand Dieu! La délivrance!<br />

La délivrance» (Rapporté Boukhari et Mousüm)[IJ.<br />

Parmi les hommes, après leur jugement, il y aura les bienheureux<br />

destinés au Paradis, et les damnés destinés à l’Enfer.<br />

-v J j ù [ '¿l C i'J& ti<br />

fa ’ammâ-l-ladîna saqû fafî-n-nâri lahum fîhâ zafîrun wa sahîqun (106)<br />

halidina fîhâ mâ dâmati-s-samâwâtu wa-l-’ardu ’illâ mâ s a ’a rabbuka<br />

’inna rabbaka fa“âlu-l-limâ yurîdu (107).<br />

Les réprouvés seront précipités dans le feu. On entendra leurs cris de<br />

douleur et leurs sanglots (106) Ils y resteront autant de temps qu’auront<br />

duré les ciedx et la terre, à moins que ton Seigneur en décide autrement.<br />

Car ton Seigneur est tout-Puissant (107).<br />

Dieu montre le sort des damnés et des bienheureux. Les premiers<br />

seront dans le Feu où on entendra leurs sanglots et leurs gémissements,<br />

ils y demeureront aussi longtemps que dureront les deux et la<br />

terre. A savoir que, lorsque les arabes voulaient donner la qualité durable<br />

d’une chose, ils la comparaient à la durée des cieux et de la<br />

terre, ou bien ils disaient: autant qu’il y aura une succession des nuits<br />

et des jours. Dieu a voulu dans ce verset utiliser leur propre expression.<br />

L’auteur de cet ouvrage de commenter: Il est probable que cette<br />

expresion^désigne les cieux et la terre comme «substance» car dans la<br />

vie future il y aura aussi des cieux et une terre mis différents de ceux<br />

du bas monde en se référant à ce verset: «Le jour où la terre sera remplacée<br />

par une autre terre, où les cieux seront remplacés par d’autres<br />

cieux» [Coran XIV, 48].<br />

Al-Hassan Al-Basri a dit à cet égard: Ils seront des cieux et une<br />

495


terre différents des cieux et de la terre de ce bas monde. Et Ibn Abbas<br />

de dire également: chaque paradis a un ciel et une terre.<br />

«A moins que ton Seigneur en décide autrement. Car ton Seigneur est<br />

tout-Puissant» et fait ce qu’il veut. Ce verset est pareil à celui-ci: «L’enfer<br />

sera votre séjour éternel à moins qu’Allah en décide autrement. Allah est<br />

sage et savant» [Coran VI, 128]. Les exégétes se sont divisés sur le sens<br />

de cette exception, dont l’interprétation la plus logique était celle d’Ibn<br />

Jarir qui a dit qu’il s’agit de rebelles parmi les monothéistes qui seront<br />

sortis du Feu grâce aux intercessions des autres; puis la miséricorde de<br />

Dieu interviendra et en délivrera ceux qui, dans la vie mondaine, n’ont<br />

fait aucun acte de bien mais ont témoigné de l’unicité de Dieu. Il ne restera<br />

dans l’enfer pour l’étemité que ceux qui l’ont mérité.<br />

wa ’ammâ-l-ladîna su'idû fafî-l-jannati halidîna fïhâ mâ dâmati-s-samâwâtu<br />

wa-l-’ardu ’illâ mâ sa ’a rabbuka ‘ata’an gayra majdudin (108).<br />

Les bienheureux, iront au Paradis. Us y séjourneront autant qu’auront<br />

duré les cieux et la terre, à moins que ton Seigneur en décide autrement.<br />

C’est là une récompense immuable (108).<br />

Les bienhereux qui auront suivi les Prophètes, seront au Paradis<br />

où ils demeureront immortels, autant qu’auront duré les cieux et la<br />

terre. Donc cela dépendra de la volonté de Dieu qui dit à la fin du verset:<br />

«C’est là une récompense immuable» afin que quelques uns ne doutent<br />

de l’interruption de la grâce de Dieu.<br />

Il est cité dans les deux Sahihs que l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse<br />

et le salue - a dit: «On amènera la mort sous la forme d ’un bélier bigarré<br />

et on régorgera entre le Paradis et VEnfer. On dira: O élus du Paradis, vous y<br />

demeurez éternellement sans mourir. O damnés de l ’Enfer, vous y demeurerez<br />

éternellement sans mourir» ( Rapporté par Boukhari et M ouslim ÿ11.<br />

(1) «U>JI £-LI s-l^- Jlî<br />

496


On y trouve également ce hadith: «Un crieur criera: «Ô élus du Paradis<br />

vous resterez sains sans tomber malades, vous survivrez sans mourir,<br />

vous demeurerez toujours jeunes sans vieillir et vous goûterez les délices<br />

sans connaître l ’indigence» (Rapporté par Boukhari et Mouslim)[I].<br />

falâ taku fï miryatim mimmâ ya'budu h a ’ula’i mâ ya‘budûna ’illâ kamâ<br />

ya'buduf a b a’uhum min qablu wa ’innâ lamuwaffuhum nasîbahum gayra<br />

manqûsin (109) wa laqad ’âAtaynâ Mûsâ-l-kitâba fahtulifa fîhi walawlâ<br />

kalimatun sabaqat mi-r-rabbika laqudiya baynahum wa ’innahum lafî<br />

sakkim minhu murîbin (110) wa ’inna kulla-l-lammâ layuwaffiyannahum<br />

rabbuka ’a‘mâlahum ’innahû bimâ ya'malûna habîrun (111).<br />

N’aie aucune illusion sur ce qu’adorent ces gens. Ils adorent ce qu’adoraient<br />

leurs pères avant eux. Nous réglerons leurs comptes sans rien omettre<br />

(109) Nous donnâmes le Livre à Moïse et immédiatement il suscita des<br />

controverses. Si Allah n’en avait décidé autrement, il y a longtemps que ces<br />

gens auraient été jugés. Car eux aussi ont douté de la parole de leur maître<br />

(110) Chacun d’eux sera rétribué selon ses œuvres. Et Allah est omniscient<br />

(111).<br />

Ne sois donc pas en doute de ce que ces idolâtres adorent car ils<br />

ne sont que dans l’erreur et l’égarement et ne font qu’imiter leurs ancêtres<br />

sans avoir aucune excuse, Dieu, de Sa part, les rétribuera de<br />

( i ) 01 01 iJj&î Ij<br />

01 ùlj tl-bl \jajçj yi<br />

. «U.Î<br />

497


leurs mauvaises actions «Nous réglerons leurs comptes sans rien omettre».<br />

Puis Dieu parole du Livre qu’il a donné à Moïse et qui a été le sujet<br />

de leurs discussions. Il y a en ceux qui en ont cru et ceux qui en<br />

ont mécru. Donc, ô Mouhammed, considère cet exemple des Prophètes<br />

qui t’ont précédé et que le reniement des idolâtres ne te gêne pas<br />

en traitant ton message de mensonge.<br />

«Si Allah n’en avait décidé autrement, il y a longtemps que ces gens<br />

auraient été jugés» Et Ibn Jarir de commenter: Si Dieu n’avait pas décidé<br />

de retarder leur châtiment jusqu’à une date bien déterminée, Il aurait<br />

tranché leurs différends. Il se peut aussi que cette décision<br />

concernant le châtiment ne soit prise avant le jugement et la confrontation<br />

par les évidences qui affirment la culpabilité, et d’autre part, avant<br />

l’envoi des Prophètes comme Dieu l’indique dans ce verset: «Nous ne<br />

sévissons pas sans que nous ayons envoyé un Prophète» [Coran XVII, 15].<br />

Ensuite Dieu fait connaître qu’il rassemblera les premiers et les<br />

derniers pour les rétribuer de leurs actions selon Ses dires: «Chacun<br />

d’eux sera rétribué selon ses œuvres. Et Allah est omniscient» Il connaît les<br />

œuvres de tous les hommes, les apparentes et les cachées, les grandes<br />

et les petites.<br />

fastaqim kama ’umirta wa man tâba ma‘aka walâ tatgaw ’innahû bimâ<br />

ta‘malûna basîrun (112) walâ tarkanïï ’ilâ-l-ladîna zalamû fatamassakumu-n-nâru<br />

wamâ lakum min duni-L-Lâhi min ’awliyâ’a tumma lâ<br />

tunsarûna (113).<br />

Agis avec rectitude, comme il t’a été prescrit ainsi qu’à ceux qui se<br />

sont convertis avec toi. Evitez les excès. Car Allah est témoin de tous vos<br />

actes. (112) Ne pactisez pas avec les injustes. Sinon vous serez la proie du<br />

feu vous ne trouverez ni aide ni protection en dehors d’Allah (113).<br />

498


Dieu interdit aux croyants de s’appuyer sur les incrédules et les<br />

idolâtres, et ne demandez jamais l’aide des injustes car si vous le faites,<br />

on dirait que vous agréez leur actes, et alors: «vous serez la proie<br />

du feu. Vous ne trouverez ni aide ni protection en dehors d’Allah».<br />

Dieu aussi recommande aux croyants d’être droits et d’agir avec rectitude,<br />

cela leur sera un grand secours sur les ennemis. Il interdit en outre<br />

l’injustice qui causera la perte même si elle est exercée sur un<br />

polythéiste. Qu’on sache toujours que Dieu connaît parfaitement ce<br />

que font les hommes et rien ne Lui sera caché de leurs œuvres.<br />

wa ’aqimi-s-salâta t arafayyi-n-nahâri wa zulfan mina-l-layli ’inna-1-<br />

hasanâti yud hibna-s-sayyi’âti dâlika dikrâ lid-dâkirîna (114) wa-sbir<br />

fa’inna-L-Lâha lâ yudî*u ’ajra-l-muhsinîna (115).<br />

Prie matin et soir et une partie de la nuit. Les bonnes actions chassent<br />

les mauvaises. C’est là un avertissement pour ceux qui réfléchissent (114)<br />

Patiente. Allah ne laissera pas se perdre la récompense des gens de<br />

bien (115).<br />

Les exégètes s’étaient divisés au sujet de ces prières. On a dit<br />

qu’il s’agit de la prière du matin et celle du coucher du soleil. Pour Al-<br />

Hassan: elles sont celles du matin et de l’asr. Quant à Moujahed, il a<br />

précisé: elles sont celle du matin et celles du midi et de l’asr.<br />

Quant à la prière qui devait être accomplie en une partie de la<br />

nuit, elle est celle du soir (lcha‘) selon Ibn Abbas, ou elle renferme celles<br />

du coucher du soleil et du soir.<br />

Il est très probable que ce verset fut descendu avant la prescription<br />

des cinq prières quotidiennes la nuit du voyage nocturne et l’ascension<br />

au ciel. Les prières étaient au nombre de deux obligatoires et<br />

une surérogatoire: les deux prescrites sont celles qui devaient être accomplies<br />

avant le lever du soleil et avant son coucher.<br />

499


Quant à la prière nocturne, elle était d’abord d’obligation pour le<br />

Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - et la communauté, mais<br />

cette dernière en fut exempte de cette prière et resta obligatoire pour<br />

lui, puis elle devint surérogatoire pour tout le monde.<br />

«Les bonnes actions chassent les mauvaises» C ’est à dire que tout<br />

acte de bien efface les péchés commis. A ce propos il a été rapporté<br />

par l’imam Ahmed et les auteurs des Sunans que le prince des<br />

croyants Ali Ben Abi Taleb a dit: «Toutes les fois que j’entendais un<br />

hadith de la bouche de l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue<br />

- qui me procurait du bien de la part de Dieu, j’en tirais un profit.<br />

En l’entendant d’un autre que lui, je faisaisjurer son rapporteur afin<br />

d’en être assuré et s’il jurait, je tenais le hadith pour véridique. Une<br />

fois j’ai entendu Abou Bakr As-Siddiq relater ces propos de l’Envoyé<br />

de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue -: «Tout musulman qui commet<br />

une mauvaise action, fait ses ablutions et prfie deux rak'ats (surérogatoires)<br />

Dieu lui pardonne ce qu’il a commis».<br />

Dans les deux Sahihs il est cité que le prince des croyants Othman<br />

Ben Affan a dit: «Quiconque fait des ablutions comme celles de<br />

l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - (et il montra comment<br />

il les faisait) et fait deux rak’ats sans penser qu’à la prière, ses<br />

fautes passées lui seront effacées».<br />

Abou Houraira rapporte que l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse<br />

et le salue - dit: «Les cinq prières quotidiennes, la prière du vendredi jusqu’au<br />

vendredi prochain, le jeûne de Ramadan jusqu’au Ramadan prochain,<br />

expient les fautes commises entre ces intervalles tant qu’on évite les péchés<br />

capitaux» (Rapporté par Mouslim)111.<br />

D’après Boukhari, Ibn Mass'oud raconte: «Un homme, ayant embrassé<br />

une femme, vint trouver le Prophète - qu’Allah le bénisse et le<br />

salue - et lui fit part de son faire. Dieu à cette occasion fit cette révélation:<br />

«Prie matin et soir et une partie de la nuit. Les bonnes actions chassent<br />

les mauvaises». Et l’homme de demander: «Ce verset me concerne-<br />

500


t-il personnellement ô Envoyé de Dieu?» Il lui répliqua: «Oui, et aussi<br />

tous les membres de ma communauté» (Rapporté par Boukhari, Mouslim,<br />

Ahmed et les auteurs des Sunans sauf Abou Daoudÿ<br />

L’imam Ahmed a rapporté d’après Abdullah Ben Mass'oud que<br />

l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: «Dieu a réparti<br />

les caractères entre vous comme II a partagé vos biens. Dieu accorde des<br />

biens de ce monde à qui en désire mais II ne donne la fo i qu’à celui qu’il<br />

aime et ce dernier est un favori de Dieu. Par celui qui tient mon âme dans<br />

Sa main, nul n ’est un vrai musulman si son cœur et sa langue ne le sont<br />

pas. Nul n ’est croyant s ’il n’épargne son voisin de ses méfaits».<br />

On lui demanda: «Quels sont ces méfaits ô Prophète de Dieu?» Il<br />

répondit: «La tricherie et l’injustice. Dieu ne bénit jamais les biens acquis<br />

illicitement et que l’homme en dépense, et n’accepte plus une aumône faite<br />

avec ces biens. L ’homme ne laisse de ces biens après sa mort sans qu’ils ne<br />

soient ses/provisions pour l ’Enfer. Dieu n’efface pas les mauvais actes par<br />

les mauvais, plutôt II efface les mauvaises actions par les bonnes car le<br />

mauvais n’efface jamais le mauvais» (Rapportépar Ahmed)l2].<br />

Abou Al-Yousr (Ka'b Ben Amr Al-Ansari) raconte: «Une femme est<br />

venue acheter de dattes avec un dirham, je lui dis: «Il y a chez moi de<br />

dattes qui sont meilleures» En.l’amenant chez moi je l’embrassai. Elle<br />

s’écria: «Crains Dieu, dissimule ta faute et ne la renconte à personne».<br />

Comme je ne pus la dissimuler, je me rendis chez le Prophète - qu’AI-<br />

(1) Jj& L ï î Î A ^<br />

jLLà 0} JJUI jj-* ;


lah le bénisse et le salue - et lui fis part de mon faire. Il me dit: «Osestu<br />

faire cela à une femme dont son époux combat dans la voie de<br />

Dieu?». Je resentis alors que je serais l’un des réprouvés de l’Enfer et<br />

espérai de n’avoir embrassé l’Islam avant ce moment-là. L’Envoyé de<br />

Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - se mit à réfléchir pour un certain<br />

temps et Gabriel descendit le voir. Puis le Prophète me manda. Arrivé<br />

chez lui, il me récita: «Prie matin et soir et une partie de la nuit. Les bonnes<br />

actions chassent les mauvaises. C’est là un avertissement pour ceux qui<br />

réfléchissent». Je lui dis: «Est-ce pour moi que ce verset fut révélé ou<br />

bien pour tout le monde?» - Non, pour tout le monde, répondit-il.<br />

Abou Dzarr rapporte que l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et<br />

le salue - a dit: «Crains Dieu où que tu sois, fais suivre la mauvaise action<br />

par une bonne, elle l ’effacera, et comporte-toi avec un bon caractàre à<br />

l’égard des autres» (Tapporté par Ahmed)111. Suivant une autre variante<br />

Abou Dzarr aurait demandé: «O Envoyé de Dieu, donne-moi un bon<br />

conseil?» Il lui répondit: «Lorsque tu fais une mauvaise action, fais-la suivre<br />

d’une autre bonne pour l’effacer». Je lui dis: «Dire: «Il n’y a d’autre<br />

divinité que Dieu» fait-il partie des bonnes actions?» - Plutôt c ’est la<br />

meilleure, répondit-il.<br />

falawla kâna mina-l-qurûni min qablikum ’ûlû baqiyyatin yanhawna<br />

‘ani-l-fasâdi fî-l-’ardi ’illâ qalîlam mimman ’anjaynâ minhum wat-taba‘a-<br />

1-ladîna zalamû mâ ’utrifû fïhi wa kânû mujrimîna (116) wamâ kâna rabbuka<br />

liyuhlika-1-qurâ bizulmin wa ’ahluhâ muslihûna (117).<br />

Que ne s’est-il trouvé parmi les générations qui vous ont précédés des<br />

0 ) C- 4)1 (jjij :J tf


gens pour combattre le mal sur la terre. A l’exception du petit nombre que<br />

nous avons sauvés, les autres sont demeurés attachés à leurs aises et se<br />

comportèrent en indignes (116) Il n’est pas dans le caractère de ton Seigneur<br />

de détruire les cités dont les habitants sont justes (117).<br />

Dieu se demande: Pourquoi donc, parmi les générations passées<br />

n’y eut-il pas des hommes de piété qui, sur terre, interdisent la corruption,<br />

le désordre et tout ce qui est défendu? «A l’exception du petit nombre<br />

que nous avons sauvés» car la majorité qui avait encouru la colère de<br />

Dieu fut anéantie. Pour cela Dieu ordonne à la communauté musulmane.<br />

«Que de vous naisse un peuple qui appelle au bien, qui ne<br />

commande que de bonnes actions et qui défende les mauvaises. Ce serait là<br />

un peuple de bienheureux» [Coran III, 102].<br />

Il est cité dans un hadith prophétique: «Lorsque les hommes voient<br />

se produire les actes repréhensibles et ne les changent pas, peu s ’en faut<br />

que Dieu ne les frappe d ’un châtiment».<br />

«Les autres sont demeurés attachés à leurs aises et se comportèrent en<br />

indignes» Ceux qui étaient plongés dans la corruption se persévèrent<br />

dans leur impiété sans tenir compte des exhortations faites par le petit<br />

nombre qui désavouèrent leurs actions, qu’à la fin le châtiment leur<br />

survint. Puis Dieu fait connaître aux hommes qu’il ne Lui convient pas<br />

de détruire sans raisons les cités alors que leurs habitants se réforment.<br />

Car «ton Seigneur n’opprime pas les hommes» [Coran X, 48].<br />

walaw sa1’a rabbuka laja‘ala-n-nâsa ’ummatan wâhidatan walâ yazâlûna<br />

muhtalifîna (118) ’illâ ma-r-rahima rabbuka wa lidâlika halaqahum wa<br />

tammat kalimatu rabbika la ’am la’anna jahannama mina-l-jinnati wa-nnâsi<br />

’ajma‘îna (119).<br />

Si ton Seigneur l’avait voulu, H n’aurait fait des hommes qu’un seul<br />

peuple. Mais fis ne cesseront d’être différents. (118) A l’exception de ceux<br />

503


qu’il aura touchés de Sa grâce. Il les a créés pour être différents. Et qu’on<br />

sache que ton Maître ne reviendra pas sur cette parole: «Je remplirai l’enfer<br />

de génies et d’hommes (119).<br />

Dieu est capable de faire de tous les hommes un seul peuple de<br />

croyants ou d’infidèles, comme II l’indique dans ce verset: «Si ton Maître<br />

l’avait voulu, l’univers entier aurait embrassé sa foi» [Coran X, 99].<br />

Mais les hommes ne cessent d’être en désaccord d’entre eux à cause<br />

de leurs dogmes, leurs sectes, leurs opinions etc... à l’exception de<br />

ceux que Dieu a fait miséricorde, ceux qui ont suivi les Prophètes, se<br />

sont attachés aux enseignements de Dieu et se sont persévérés dans<br />

leurs bonnes pratiques, jusqu’à l’avènement du dernier des Prophètes,<br />

alors ils l’ont suivi, cru en son message et l’ont secouru. Ces gens-là<br />

formeront la troupe sauvée et auront acquis le bonheur dans les deux<br />

mondes.<br />

;<br />

«Il les a créés pour être différents» C ’est à dire qu’il y aura parmi<br />

eux l’heureux et le malheureux, l’infidèle et le croyant, ceux qui seront<br />

destinés au Paradis et ceux qui seront voués au Feu. A ce propos Ibn<br />

Wahb rapporte: « J ’ai demandé Malek au sujet de ce verset: «Mais ils<br />

ne cesseront d’être différents, à l’exception de ceux qu’il aura touchés de<br />

Sa grâce. Il les a créés pour être différents» Il me répondit: «Une partie<br />

d’entre eux sera au Paradis, et une autre dans le Brasier».<br />

«Et qu’on sache que ton Maître ne reviendra pas sur cette parole: «Je<br />

remplirai l’enfer de génies et d’hommes» C ’est à dire que Dieu par Sa<br />

connaissance parfaite des choses, par Sa sagesse, avait prédestiné de<br />

créer pour le Paradis ceux qui en seront dignes et pour l’Enfer ceux<br />

qui le mériteront.<br />

Abou Houraira a rapporté que l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse<br />

et le salue - a dit: «Le Paradis et l’Enfer furent en procès (devant le<br />

Seigneur). Le Paradis dit: «Pourquoi ne reçois-je que les faibles parmi les<br />

hommes et les humbles?» Et l ’Enfer de dire à son tour: «Pourquoi ne faiton<br />

entrer chez moi que les orgueilleux et les tyrans?» Dieu à Lui la puissance<br />

et la gloire de leur répondre: «Toi, le Paradis, tu es Ma Miséricorde<br />

que Je fasse à qui Je veux. Et toi, l’Enfer, tu es l ’instrument de mon châtiment<br />

pour me venger de qui Je veux. Chacun de vous sera rempli» Quant<br />

au Paradis, il y aura toujours une place jusqu’à ce que Dieu lui crée d ’au-<br />

504


très créatures pour y demeurer, et l ’Enfer ne cessera de dire: «Peut-on en<br />

ajouter encore?» jusqu’à ce que le Seigneur de la toute-puissance pose Son<br />

pied, alors l’Enfer dira: «Par Ta puissance, assez! assez!» (Rapporté par<br />

Boükhari et Mouslim)[1]<br />

wa kullan naqussu ‘alayka min ’amba ’i-r-rusuli mâ nutabbitu bihî fu’daka<br />

wa ja^’aka fî hâdihi-l-haqqu wa maw ‘izatun wa dikrâ li-l-mu’minîna<br />

(120).<br />

En te racontant l’histoire de nos Prophètes, nous n’avons d’autre but<br />

que d’affermir ta foi. Cette histoire t’apporte la vérité et un avertissement<br />

et elle comporte une leçon pour les croyants (120).<br />

Tous les récits concernant les anciens Prophètes que Dieu a rapportés<br />

à Son Messager ne sont destinés qu’à affermir son cœur. Car<br />

ces Prophètes ont été traités d’imposteurs, ont eu des polémiques et<br />

discussions avec leurs peuples, mais Dieu à la fin les a secourus. Ceci<br />

sert comme un exemple au Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue -<br />

et un réconfort.<br />

Dans cette sourate qui a renfermé les histoires des Prophètes<br />

avec leurs peuples et comment II les a sauvés, il y a une exhortation,<br />

un Rappel aux croyants, et un avertissemnent pour les infidèles qui devait<br />

leur sévir comme une leçon afin de changer leur conduite.<br />

(1) c J lü cjUIj AI Jli :Jli ijtjA<br />

OjJjl ‘jLJl 1^ ° '“J ^LÜI ÿ-l-JUW? V<br />

c-ji ijLJJ Jlïj ¿¡A v-^' JLü juJIj<br />

Jlj* Uli tlajJl« ttf-Liii {j ^ -a ¿Ai<br />

jliil >,î79 - l*J


wa qui li-l-ladîna lâ yu’minûna ‘malû ‘alâ makânatikum ’innâ ‘âmilûna<br />

(121) wa-ntaziru ’innâ muntazirûna (122).<br />

Dis à ceux qui ne croient pas: «Continuez à agir suivant votre conscience.<br />

Nous, à agir suivant la nôtre. (120) Et l’un et l’autre attendons la<br />

fin» (122).<br />

C ’est une menace que Dieu chargea Son Prophète - qu’Allah le<br />

bénisse et le salue - de lancer contre les infidèles en les défiant:<br />

«Continuez à agir suivant votre conscience» votre situation et votre façon<br />

de conduite, et «nous à agir suivant la nôtre». Attendez, nous aussi,<br />

nous attendons». En d’autres termes et çomme il est montré dans ce<br />

verset: «O mon peuple, agis à ta guise et moi j’agirai à la mienne. Tu sauras,<br />

un jour, qui aura un meilleur sort dans l’autre monde. Les injustes ne<br />

triomphent jamais» [Coran VI, 135].<br />

Dieu a réalisé pour Son Prophète Sa promesse. Il l’a secouru et<br />

l’a fait triompher sur ses ennemis. Il a élevé Sa Parole et abaissée<br />

celle des incrédules.<br />

wa li-L-Lâhi gaybu-s-samâwati wa-l-’ardi wa ’ilayhi yuija‘u-1- ’amru kulluhû<br />

fa'budhu wa tawakkal ‘alayhi wa mâ rabuuka bi gâfilin ‘ammâ<br />

ta'malûn (123).<br />

Allah seul connaît les secrets des cieux et de la terre. C’est à Lui que<br />

tout aboutit. Adore-Le, mets ta confiance en Lui. Ton Seigneur suit attentivement<br />

toutes les actionnes hommes (123).<br />

C ’est à Dieu qu’appartient le mystère des cieux et dë la terre. Tout<br />

commandement est ramené vers Lui. Tout homme sera rétribué selon<br />

506


ses œuvres. Il nous ordonne de L’adorer seul en nous fiant à Lui. Il<br />

suffit à quiconque de mettre sa confiance en Lui et revenir repentant.<br />

Que ces hommes qui te traitent d’imposteur, ô Mouhammad, sachent<br />

que Dieu n’est pas indifférent à ce qu’ils font et II les jugera<br />

Quant à toi, tu auras le dessus dans les deux mondes.<br />

507


114- SOURATE DES HOMMES<br />

6 versets<br />

Révélée tout entière à La Mecque après la sourate de Celui qui fait<br />

éclore<br />

Bismi-L-Lâhi-r-Rahmâni-r-Rahîm<br />

qui ’a‘ûdu birabbi-n-bâsi (1) maliki-n-nâsi (2) ’ilâhi-n-nâsi (3) min Szarri-<br />

1-waswâsil-hannâsi (4) 1-ladî yuwaswisu fi sudûri-n-nâsi (5) mina-l-jinnti<br />

wa-n-nâs (6).<br />

Au nom d'Allah le Miséricordieux le Très Miséricordieux.<br />

Dis: Je cherche refuge auprès du Nourricier des hommes, (1) Roi des<br />

hommes, (2) Allah des hommes (3) contre les embûches de celui qui tente et<br />

se dérobe ensuite, (4) qui suggère le mal aux hommes, (5) que ce tentateur<br />

soit génie ou homme (6).<br />

Cette sourtate renferme au début trois épithètes de Dieu - à Lui la<br />

595


puissance et la gloire - qui sont La Seigneurerie, la Royauté et la Déité.<br />

Il est le Seigneur de toutes les choses, leur souverain et leur Dieu, à lui<br />

appartient tout ce qui se trouve dans l’univers entier. C’est auprès de<br />

Lui que les hommes doivent chercher la protection contre le mal du<br />

tentateur (fe démon) qui se dérobe furtivement, car comme on a dit:<br />

chaque homme a un compagnon parmi les démons qui lui embellit les<br />

turpitudes, lui inspire le mal et lui souffle les mauvaises idées.<br />

A ce propos, le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le saluea<br />

dit: «Chacun d’entre vous a un compagnon (parmi les démons) qui<br />

lui est attaché». On lui demanda: «Et toi aussi ô Messager de Dieu?» -<br />

Oui, répondit-il, mais mon Seigneur m'a aidé contre lui jusqu’à ce qu’il<br />

fût soumis à moi. il ne me suggère que le bien» (Rapporté par<br />

Moustim).<br />

On a rapporté qu’une fois le Messager de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- faisait sa retraite spirituelle dans la mosquée. Sa<br />

femme Safia vint le visiter. Etant avec elle devant la porte pour lui faire<br />

ses adieux, deux hommes passèrent et lui saluèrent et voulant<br />

poursuivre leur chemin, le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- les<br />

arrêta et leur dit: «C’est ma femme Safia. Le diable s'infiltre dans le cœur<br />

de Vhomme comme le sang qui coule dans les veines, et je crains qu’il ne<br />

jette quelque chose dans vos cœurs - ou du mal, a-t-il dit» (Rapporté par<br />

Boukhari et Moustim)?1?,<br />

Al-Hafedh Al-Mousali rapporte, d’après Anas Ben Malek, que le<br />

Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Le diable<br />

met toujours son nez sur le cœur du fils d’Adam. Lorsque ce dernier<br />

mentionne Dieu, le diable s'éclipse, et s’il oublie de le faire, il ne tarde<br />

pas à dominer son cœur. Tel est le tentateur qui suggère le mal et se<br />

dérobe furtivement».<br />

Ce démon, est-il chargé uniquement de s'attacher aux hommes<br />

seuls ou aux génies aussi? Il est chargé des deux, car le dernier<br />

(1 ) tfjJ l i S j * c ù U a —iJI ùl» »1—î j<br />

(Iijh — Jti — lu i l ^<br />

596


verset de cette sourate l'affirme et on cite à l'appui ce verset<br />

également: «C’est ainsi que nous avons suscité à chaque Prophète pour<br />

ennemis des démons pris parmi les hommes ou parmi les génies» [Coran VI,<br />

112].<br />

L’imam Ahmed rapporte que Abou Dzarr a dit: «Je vins trouver le<br />

Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- alors qu’il était dans<br />

la mosquée. Je m’assis près de lui. Il me dit: «O Abou Dzarr, as-tu<br />

prié? (il s'agit des deux rak'ats qu’on prie en entrant dans la mosquée)<br />

- Non, répondis-je. Il répliqua: «Alors lève-toi et prie». Je priai et je<br />

retournai vers lui. Il me dit: «As-tu demandé refuge auprès de Dieu<br />

contre le mal des démons qui accompagnent les hommes et les<br />

génies?» Je lui demandai: «O Messager de Dieu, les hommes et les<br />

génies, sont-ils accompagnés de démons?» - Oui, répondit-il.<br />

L’imam Ahmed rapporte que Ibn Abbas a dit: «Un homme vint<br />

auprès du Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue- et lui dit: «O<br />

Messager de Dieu, il m’arrive parfois que mon âme me suggère de<br />

choses. Je préfère à ce moment-Ià être précipité du ciel que de les<br />

raconter aux hommes». Le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salues'écria<br />

alors: «Dieu est grand! Dieu est grand! Louange à Dieu qui a<br />

rendu les embûches du démon à de simples suggestions (sans être<br />

réalisées)» (Rapporté par Ahmed, Abou Daoud et Nassai).<br />

* * *<br />

Ainsi se termine cette interprétation du Coran<br />

Notre dernière invocation: hLouange à Dieu, Seigneur des mondes<br />

597


12 - SOURATE DE JOSEPH<br />

111 Versets<br />

Révélée à la suite de la sourate de Houd<br />

l ___ ________________ * j<br />

Bismi-L-Lâhi-r-Rahmâni-r-Rahîm<br />

’Alif-Ia m-ra, tilka ’âyâtu-l-kitâbi-l-mubîni (1) ’innâ ’anzalnâhu qur’ânan<br />

‘arabiyyan la ‘allakum ta‘qilûna (2) nahnu naqussu ‘alayka ’ahsana-1-<br />

qasassi bimâ ’awhayna ’ilayka hâdâ-l-qur’âna wa ’in kunta min qablihî<br />

lamina-l-gâfilîna (3).<br />

Au nom d’Allah le Miséricordieux le Très Miséricordieux<br />

Alif. Lam. Ra. Voilà les versets du Livre de l’Evidence (1) Nous<br />

l’avons envoyé du ciel en langue arabe. Peut-être deviendrez-vous meilleurs?<br />

(2) Nous allons te narrer une des plus belles histoires que contient le<br />

Coran et que tu ne connaissais pas jusqu’alors (3).<br />

Voici les versets d’un Livre clair, le Coran, qui montre et explique<br />

les choses ambiguës, révélé en langue arabe qui est la plus riche et<br />

donne des sens qui auront leur effert sur les âmes.<br />

Donc ce Livre est le plus noble des autres Ecritures, en langue<br />

très noble, révélé au plus noble des Prophètes par l’intermédiaire du<br />

508


plus noble des anges et dans un des plus nobles pays pendant le plus<br />

noble des mois lunaires qui est Ramadan. Et l’histoire, sujet de cette<br />

sourate, est la plus belle histoire que contient le Coran.<br />

A propos de la révélation de-cette sourate, on a rapporté que les<br />

compagnons dirent à l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue<br />

«O Envoyé de Dieu, si tu nous racontes quelques histoires?», ce<br />

verset alors fut révélé: «Nous allons te narrer une des plus belles histoires».<br />

A propos de ce verset qui renferme un éloge du Coran et qu’il suffit<br />

des autres Livres célestes révélés, on rapporte le récit suivant<br />

d’après Jaber Ben Abdullah: «Omar Ben Al-Khattab vint trouver le Prophète<br />

- qu’Allah le bénisse et le salue - ayant en main une partie des<br />

Ecritures des gens du Livre. En lui lisant ce qu’elle contenait, l’Envoyé<br />

de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - s’irrita et dit: «En êtes vous<br />

épris ô Ibn Al-Khattab! Par celui qui tient mon âme dans sa main, je<br />

vous ai apporté la religion claire et nette. Vous ne leur (les gens du Livre)<br />

demandez une chose et ils vous répondent la vérité sans que<br />

vous la traitiez de mensonge. Et ils ne vous racontent que des erreurs,<br />

sans que vous les croyiez. Par celui qui tient mon âme en Sa main, si<br />

Moïse était vivant il serait obligé de me suivre».<br />

Abdullah Ben Thabet raconte: «Omar vint auprès de l’Envoyé de<br />

Deu - qu’Allah le bénisse et le salue - et lui dit: «O Envoyé de Dieu, j’ai<br />

passé par l’un de mes frères de-Bani Qouraidha qui m’a transcrit quelques<br />

enseignements du Pentateuque. Puis-je te les exposer?» A ce<br />

moment le visage de l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue<br />

- s’assombrit. Je dis à Omar: «N’as-tu pas remarqué le visage assombir<br />

de l’Envoyé de Dieu?» Omar s’écria alors: «Je me contente de<br />

prendre Dieu comme Seigneur, l’Islam comme religion et de Mouhammad<br />

comme Messager». Le visage de l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le<br />

bénisse et le salue - s’éclaira et dit: «Par celui qui tient l’âme de Mouhammad<br />

dans Sa main, si Moïse était encore vivant parmi vous, que vous<br />

le suiviez en me laissant, vous vous seriez égarés. Vous êtes ma part des nations<br />

et je suis votre part des Prophètes» (Rapporté par Ahmed)fl).<br />

(1)


’id qâla Yûsufu li ’abîhi yâ ’abati ’innî ra’aytu ’ahada ‘asara kawkaban<br />

wa-s-samsa wa-l-qamara ra’aytuhum lî sâjidîna (4).<br />

Joseph dit un jour à son père: «O mon père, j’ai vu en rêve onze étoiles,<br />

le soleil et la lune se prosterner à mes pieds» (4).<br />

Joseph est le fils de Jacob, le fils de Isaac, le fils de Abraham -<br />

que Dieu les salue- i’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue -<br />

a dit de lui: «Il est le noble, le fils du noble, le fils du noble, le fils du<br />

noble, Joseph Ben Jacob Ben Isaac Ben Abraham».<br />

Abou Houraira rapporte qu’on a demandé l’Envoyé de Dieu - qu’Allah<br />

le bénisse et le salue -: «Quel est \p plus noble parmi les hommes?»<br />

Il répondit: «Le plus noble d’entre eux, auprès de Dieu, est le plus<br />

pieux d’entre eux». On répliqua: «Ce n’est pas de cela qu’on te demande»<br />

Il rétorqua: «Joseph est le Prophète de Dieu, le fils d’un Prophète<br />

de Dieu, le fils d’un Prophète de Dieu, le fils de l’ami de Dieu». On dit de<br />

nouveau: «Ce n’est pas de cela qu’on te demande». Il riposta: «Il<br />

s’agit donc de la valeur des souches des Arabes. Ceux qui ont été les meilleurs<br />

d’entre eux à l’époque antéislamique sont aussi les meilleurs d’entre<br />

eux au temps de l’islamisme s’ils seraient versés (dans la religion)» (Rapporté<br />

par Roukhariÿ11.<br />

< J *^3 j y? y ^\j<br />

jU i ¿1 ôj-j U cs j ^ d J i # LCÎ < Ü : J U Îfjrî ^Ü! J :j£ ¿I :Jlî J<br />

a^ii à*1 o*1 lt* ^ y- f/^*» :'-!ü “iüî—j là* je - ^-J<br />

ù j U * ¿ ^ « ii l i l i L - J IJla q c - :1^5\S<br />

.\ ¿ e < s j^ I 4> - j  131 (ÿ jL>- Â*UUJI<br />

510


Ibn Abbas a dit: «La vision des Prophètes est une révélation. Les<br />

exégètes ont déjà interpété le rêve de Joseph en disant que les onze<br />

étoiles sbnt ses frères, le soleil et la lune ses père et mère. En racontant<br />

ce rêve à son père, celui-ci lui répondit: «C’est une affaire qui causera<br />

la dispersion des enfants, mais plus tard, Dieu les réunira».<br />

* > :r -î.r<br />

j Cs-yi u fi<br />

qâla yâ bunayya lâ taqsus ru’yâka ‘ala ’ihwatika fayakîdû laka kaydan<br />

’inna-s-saytâna li-l-’insâni ‘aduwwum mubînun (5).<br />

Mon fils, lui répondit son père, ne divulgue pas ce rêve à tes frères de<br />

peur qu’ils ne trament quelque machination contre toi. Car Satan est pour<br />

l’homme un ennemi déclaré (5).<br />

Entendant son fils Joseph lui raconter le rêve, Jacob devina que<br />

ses frères lui seront soumis au point où ils se prosterneront à ses<br />

pieds par respect et vénération. Redoutant qu’un certain malheur n’arrive<br />

à Joseph s’il leur raconte ce rêve, il lui conseilla de ne plus le divulguer<br />

pour éviter les ruses qu’ils pourront tramer. Il lui dit: «Ne<br />

divulgue pas ce rêve à tes frères de peur qu’ils ne trament quelque machination<br />

contre toi» Une réalité qui ne cesse d’être constatée.<br />

\<br />

A propos des songes, on a rapporté que l’Envoyé de Dieu - qu’AIlah<br />

le bénisse et le salue - a dit: «Lorsque l’un d'entre vous fait une vision<br />

qu’il aime, qu’il la raconte. S ’il fait un mauvais rêve, qu’il s ’étende sur<br />

l’autre côté, crache trois fois à sa gauche, se réfugie auprès de Dieu contre<br />

son mal, et qu’il ne la raconte à personne, alors ce rêve ne lui causera aucune<br />

nuisance» (Rapporté par Boukhari et Mouslim)fIJ.<br />

On déduit de cette recommandation qu’il faut dissimuler tout bien-<br />

(1) L* ts\j L< (_$\j lil» :Jli 4Üiê «jjl J p ii-JI<br />

OJL>eJ Vj cl»jin ¿J* 4i]lj OjL_J J<br />

çîjUxj «Ijj t e ^ IfiU<br />

Ljj<br />

511


fait jusqu’à ce qu’il se réalise, comme il est dit dans un hadith: «Recourez<br />

à combler vos besoins par la dissimulation des bienfaits car quiconque<br />

recevra un bienfait de Dieu sera jalousé».<br />

0 £ £ Aj?<br />

wa kad âlika yajtabîka rabbuka wa yu‘allimuka min ta’wîli-l-’ahâdîti wa<br />

yutimmu ni‘matahû ‘alayka wa ‘ala ’ali Ya‘qûba kamâ ’atammahâ ‘ala<br />

’abawayka min qablu ’Ibrahîma wa ’Ishâqa ’inna rabbaka ‘Alîmun<br />

Hakîmun (6).<br />

En t’envoyant ce rêve, ton Seigneur t’a choisi pour t’apprendre le secret<br />

des choses. Il complétera ainsi les effets de sa grâce pour toi et pour la<br />

famille de Jacob, comme II l’a fait autrefois pour tes ancêtres, Abraham et<br />

Isaac. Ton Seigneur est toute science et toute sagesse (6).<br />

Jacob annonça à son fils: Comme ton Seigneur t’a gratifié par<br />

cette vision en te montrant ces astres prosternés devant toi, ainsi II te<br />

choisira pour être Son Prophète et t’enseignera l’interprétation des songes.<br />

De même II parachèvera Sa grâce en toi, en t’envoyant et t’inspirant:<br />

«Comme II l’a fait autrefois pour tes ancêtres Abraham et Isaac».<br />

Ton Seigneur est omniscient et sage.<br />

Î j 3 j ¿ ¿ É l\ 0 & & z & j i u i j 4 a ? & ♦<br />

j l UU»J Ijhâi (j\Ji A^aC- ¿Jàj \1a_IujI<br />

dis î_ÿj$3j aZj<br />

ô\ ¿ i ü î j î a ÿ c ¿ a 4 ¿ ¿ s . a s - i 3 3 s<br />

laqad kâna fi Yûsufa wa ’ihwatihT ’ayâtun li-s-sâ’ilîna (7) ’id qâlû laYû-<br />

512


sufu wa ’ahuhu ’ahabbu ’ilâ ’abînâ minnâ wa nahnu ‘usbatun ’inna<br />

’abânâ lafî dalâlim mubînin (8) ’qtulû Yûsufa ’awi-trahuhu ’ardan yahlu<br />

lakum wajhu ’abîkum wa takûnû mim ba‘dihi qawman sâlihîna (9) qâla<br />

qâ^’ilum-minhum lâ taqtulû Yûsufa wa ’alqûhu fî gayâbati-l-jubbi<br />

yaltaqithu ba‘du-s-sayyârati ’in kuntum fâ ‘ilîna (10).<br />

En vérité l’histoire de Joseph et de ses frères est pleine d’enseignements<br />

pour ceux qui cherchent à s’instruire. (7) «Joseph et son frère sont<br />

plus chers à notre père que nous» dirent, un jour, leurs autres frères. Et<br />

pourtant nous sommes plus nombreux qu’eux. C’est là une préférence coupable<br />

de sa part (8) Tuons Joseph ou perdons-le quelque part, dirent-ils.<br />

Ainsi pourrons-nous recouvrer l’affection de notre père et redevenir des<br />

gens heureux (9) L’un d’eux proposa: «Ne tuez pas Joseph, mais jetez-le au<br />

fond d’un puits où il sera découvert par quelque voyageur, si votre résolution<br />

est bien arrêtée (10).<br />

Pour ceux qui cherchent à apprendre, ils trouvent en Joseph et<br />

ses frères des signes et enseignements. Ils dirent un jour: «Joseph et<br />

son frère sont plus chers à notre père que nous». Selon leur présomption<br />

ils jurèrent par Dieu Joseph et son frère -Benjamin qui était son utérinsont<br />

plus chers que nous à notre père alors que nous sommes toute<br />

une bande. Comment agit-il ainsi? il doit se trouver dans un égarement<br />

manifeste.<br />

Il en est parmi les éxégètes ceux qui se sont allés très loin en prétendant<br />

que les frères de Joseph ont été inspirés pour proférer de tels<br />

propos comme étant des signes de Prophétie. Leurs dires sont erronés<br />

car ils n’ont présenté comme argument que ce verset: «Dites: Nous<br />

croyons en Allah, en ce qu’il nous a révélé et ce qu’il a révélé à Abraham,<br />

Ismaël, Isaac, Jacob, et à sa descendance» [Coran II, 136]. Cette descendance<br />

comprenait les douze tribus (Al-Asbat). Dieu, dans le verset précité<br />

montre qu’il a révélé à ces tribus comme II a révélé à Jacob.<br />

Chaque tribu était la descendance de l’un des frères de Joseph, mais<br />

aucun argument n’est présenté prouvant que Dieu leur a fait une certaine<br />

révélation. C’est Dieu qui est le plus avant.<br />

«Tuons Joseph ou perdons-le quelque part, dirent-ils. Ainsi pourronsnous<br />

recouvrer l’affection de notre père». Poussés par leur envie et jalousie,<br />

et pour retrouver la bienveillance de leur père à leur égard, ils pro­<br />

513


posèrent d’éloigner Joseph de son père par n’importe quel moyen soit<br />

en le tuant, soit en le jetant quelque part loin du père «et redevenir des<br />

gens heureux» c'est à dire des gens de bien. Ainsi ils avaient l’intention<br />

de se repentir avant de commettre leur crime.<br />

«L’un d’eux proposa» dont son nom fut un sujet de controverse: Il<br />

est Robin d’après Qatada, ou Judas selon As-Souddy ou Simon<br />

(Cham'oun) pour Moujahed. «Ne tuez pas Joseph» que votre haine et<br />

aversion ne vous portent pas à l’exterminer. Mais, en fait, ils n’avaient<br />

aucun moyen pour le tuer, car Dieu avait décidé autrement et voulut<br />

réaliser ce qu’il avait prédestiné en le prenant plus tard pour Prophète<br />

et lui permettant de gouverner l’Egypte. Donc Dieu les a détournés de<br />

ce crime grâce aux propos de Robin et à son idée de le jeter au fond<br />

d’un puits, ce puits qui, selon les dires de Qatada, se trouvait à Jérusalem.<br />

«Il sera découvert par quelque voyageur, si votre résolution est bien<br />

arrêtée».<br />

J<br />

Mouhammed Ibn Ishac a commenté: Il s’avère que leur complot<br />

comporta plusieurs péchés: La rupture du lien de parenté, la désobéissance<br />

aux parents, la dureté envers le petit qui n’est pas coupable, la<br />

séparation entre le fils et le père devenu vieux et faible qui jouissait<br />

d’une grâce divine, du moment que ce fils étant tout jeune et faible<br />

avait besoin de la bienveillance du père. Que Dieu leur pardonne, ils<br />

ont commis un péché grave.<br />

qâlû yâ ’abânâ m âlaka lâ ta ’mennâ ‘alâ Y ûsufa wa ’innâ lahû<br />

lanâsihûna (11) ’arsilhu ma‘anâ gadan yarta‘ wa yal‘ab wa ’innâ lahû<br />

lahâfizûna (12).<br />

Ils dirent à Jacob: «O notre père, pourquoi ne veux-tu pas nous<br />

confier Joseph, alors que nous lui voulons tant de bien?» (11) Laisse-le partir<br />

demain avec nous pour se divertir et jouer avec nous. Nous veillerons sur<br />

lui (12).<br />

Une fois leur machination tramée selon la proposition de Robin, ils<br />

514


vinrent le soir dire à leur père: «Pourquoi ne veux-tu nous confier Joseph,<br />

alors que nous lui voulons tant de bien» Ils avancèrent de propos mielfection<br />

paticulière du père à son fils. Ils lui demandèrent de laisser<br />

leux en dissimulant ce que couvaient leurs cœurs à cause de cette affaire<br />

une promenade dans la prairie avec eux et jouer cependant qu’ils<br />

veilleront sur lui.<br />

qâla ’innî layahzununT ’an tadhabû bihî wa ’ahâfu ’ay-ya’kulahu-d-d<br />

i’bu wa ’antum ‘anhu gâfilûna (13) qâlû la ’in ’akalahu-d-di’bu wa<br />

nahnu ‘usbatun ’inna ’idan lahâsirûna (14).<br />

«Je le verrai avec peine vous accompagner, répondit-il. Je crains qu’un<br />

loup le dévore alors que vous n’y ferez pas attention (13) «Pour qu’un loup<br />

le dévore, alors que nous sommes si nombreux, il faudrait que nous soyons<br />

bien lâches» (14).<br />

Telle fut la conversation menée entre le père et les fils. Il éprouva<br />

d’avance sa tristesse en le laissant partir avec eux et devenant une<br />

proie au loup le perdant ainsi. A vrai dire cette affection particulière<br />

était due à la croyance d’un futur prospère qui attendait Joseph, à une<br />

Prophétie, et à la perfection de sa personnalité et de ses caractères.<br />

«Je crains qu’un loup le dévore alors que vous n’y ferez pas attention».<br />

Ce fut une source de crainte et une cause de la perte de Joseph, que<br />

les fils avaient prise une raison et une excuse de leur crime, mais pour<br />

le rassurer, ils lui répondirent: «Pour qu’un loup le dévore, alors que nous<br />

sommes si nombreux, il faudrait que nous soyons bien lâches» et perdants.<br />

falammâ dahbû bihî wa ’ajma‘u ’ay-yaj‘alûhu fi gayâbati-l-jubbi wa<br />

515


’awhaynâ ’ilayhi latunabbi’annahum bi ’amrihim hâdâ wa hum lâ<br />

yas‘urûna (15).<br />

Us l’emmenèrent avec eux et s’entendirent pour le jeter au fond d’un<br />

puits. Nous révélâmes alors à Joseph ceci: Sans qu’ils s’en doutent, tu seras<br />

appelé à leur rappeler cet acte (15).<br />

En emmenant Joseph avec eux, ils se furent mis d’accord pour le<br />

jeter dans les profondeurs invsibles du puits. Ils avaient manifesté de<br />

la considération envers le père et éprouvé une joie de pouvoir l’égayer.<br />

On a rapporté que lorsque Jacob envoya Joseph avec ses frères,<br />

il l’étreignit, l’embrassa et lui invoqua Dieu. As-Souddy et d’autres ont<br />

précisé que, une fois se trouvant loin de leur père, ils commencèrent à<br />

traduire leur jalousie et inimitié en injures et de coups juqu’à leur arrivée<br />

près du puits. Là ils s’entendirent pour le jeter dedans en l’attachant<br />

par une corde et le firent descendre. Avant d’atteindre le fond et<br />

l’eau de le couvrir, Joseph rencontra un rocher et s’y tint debout et put<br />

se sauver de la noyade. ,<br />

«Nous révélâmes alors à Joseph ceci: Sans qu’ils s’en doutent, tu seras<br />

appelé à leur rappeler leur acte». Dieu par Sa clémence et Sa miséricorde,<br />

pour réconforter Joseph, lui révéla qu’il sera délivré de cette<br />

gêne, de ne plus s’attrister car II lui retrouvera une issue, le fera triompher<br />

sur ses frères, l’élèvera de degrés au-dessus d’eux et leur racontera<br />

plus tard leur méfait. Et Ibn Abbas d’ajouter: Tu leur raconteras<br />

leur machination sans qu’ils s’aperçoivent.<br />

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idamin kadibin qâla bal sawwalat lakum ’anfusukum ’amran fasabrun<br />

jamîlun wa-L-Lâhu-l-musta‘ânu ‘alâ mâ tasifûn (18).<br />

A la nuit, ils s’en retournèrent auprès de leur père en pleurant (16) O<br />

notre père, dirent-ils, nous avons joué à la course et nous avons laissé Joseph<br />

pour garder nos effets. Un loup l’a dévoré. Malheureusement tu ne<br />

nous croiras pas bien que nous soyons sincères (17) Ils lui présentèrent sa<br />

chemise faussement tachée de sang. Il répondit: «Non, c’est un coup monté<br />

par vous contre Joseph. La résignation est ma seule ressource. J’en appelle<br />

à Allah de votre machination (18).<br />

Donc à la nuit tombante ils revinrent chez leur père pleurant, se lamentant,<br />

manifestant leur vif regret d’avoir perdu leur frère, s’excusèrent<br />

auprès de leur père en disant: «Nous avons joué à la course et nous<br />

avons laissé Joseph pour garder nos effets. Un loup l’a dévoré» La même<br />

raison pour laquelle Jacob avait refusé auparavant d’envoyer Joseph<br />

avec eux. «Malheureusement tu ne nous croiras pas, bien que nous soyons<br />

sincères». Ils furent si doux en lui racontant l’événement. Tu ne nous<br />

croiras pas et, cependant, nous sommes véridiques en te relatant la<br />

vérité, ce que tu craignais eut lieu, le loup l’a dévoré. On t’excuse si tu<br />

nous traites de menteurs car c’est vraiment une coïncidence étrange.<br />

«Us lui présentèrent sa chemise faussement tachée de sang» Pour affirmer<br />

leurs dires, ils lui apportèrent la chemise de Jospeh après l’avoir<br />

tachée du sang d’une chèvre qu’ils ont égorgée mais ils ont oûblié de<br />

la déchirer afin que cela soit une preuve de leur sincérité, une chose<br />

qui n’a pas passé inaperçue de Jacob qui découvrit leur mensonge en<br />

se disant: «Si vraiment un loup l’avait dévoré, il aurait du au moins déchirer<br />

sa chemise. Il leur affermit alors leurs dires mensongers sans tenir<br />

compte de leurs propos, et leur répondit: «Non, c’est un coup monté<br />

par vous contre Joseph. La résignation est ma seule ressource». Je me résigne<br />

à ce malheur que vous m’avez causé jusqu’à ce que Dieu m’en<br />

délivrera par Sa clémence et son secours. «J’en appelle à Allah de votre<br />

machination» C’est à mon Dieu que je demande secours contre ce que<br />

vous venez de décrire.<br />

A ce propos l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - fut<br />

interrogé au sujet de la résignation de Jacob, il répondit: «C’était une<br />

patience sans plainte». Et dans le long récit de la calomnie concernant Ai-<br />

517


cha -que Dieu l’agrée- elle a dit à l'Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse<br />

et le salue «Pour nous tous, je ne trouve comme exemple autre<br />

que celui du père de Joseph quand il a dit: «La résignation est ma<br />

seule ressource. J’en appelle à Allah de votre machination».<br />

Al-Thawri a dit: «Trois choses font partie de la résignation: ne plus<br />

parler de ses douleurs, ne pas rappeler souvent un malheur et ne plus<br />

se louer».<br />

> ï / y \ >"î> l 't r W'ir. i X "<br />

jJr* O'5'*<br />

«jU-u“ UfU-J<br />

, ^ ^ ^ r> s<br />

wa j a ’at sayyâratun fa’arsalû wâridahum fa’adlâ dalawahû qâla yâ busrâ<br />

h âdâ gulâmun wa ’asarrûhu b idâ'atan wa-L-Lâhu ‘Alîmum-bimâ<br />

ya‘raaluna (19) wa sarûhu bitamamin b’ahsin darâhima ma‘dûdatin wa<br />

kânû flhi mina-z-zâhidîha (20).<br />

Une caravane passa près du puits. Ils envoyèrent un convoyeur pour<br />

les ravitailler en eau. Ayant fait descendre son sceau, il s’exclama: «Quelle<br />

heureuse trouvaille! C’est un jeune homme». Us le cachèrent pour le vendre<br />

comme marchandise. Allah connaissait leurs intentions (19) Ils le vendirent<br />

à vil prix pour quelque menue monnaie car ils ne tenaient pas à lui (20).<br />

Mouhammad Ben Ishaq raconte: Quand les frères de Joseph le jetèrent<br />

dans le puits, ils demeurèrent toute la journée autour du puits<br />

pour voir comment Jopseh se comportera et que pourra-t-il lui arriver.<br />

On a dit aussi que Joseph y demeura trois jours.<br />

Dieu voulut qu’une caravane passe par là et ils chargèrent l’un<br />

d’eux pour aller puiser de l’eau. Une fois le seau descendu dans le<br />

puits, Joseph s’y accrocha. L’homme le fit sortir et s’écria: «Quelle heureuse<br />

trouvaille» Il se réjouit d’avoir «péché» un jeune garçon. Les hommes<br />

de la caravane «le cachèrent pour le vendre comme marchandise»<br />

Les éxégètes ont adopté deux interprétations de cette partie du verset:<br />

Moujahed, As-Souddy et Ibn Jarir on déclaré que les hommes de<br />

la caravane, ayant pris Joseph comme marchandise, diront: «Nous<br />

518


l’avons acheté des propriétaires du puits de peur qu’ils ne demandent<br />

leur part de son prix s'ils savent la réalité des choses».<br />

Ibn Abbas a précisé: Les frères de Joseph dissimulèrent l’identité<br />

de leur frère et lui, de sa part, dissimula la leur de peur qu’ils ne le<br />

tuent et préféra d’être vendu. Ses frères déclarèrent à l’homme qui<br />

était chargé de la caravane pour aller puiser de l’eau qu’un jeune<br />

homme se trouve dans le puits, et cet homme de s’écrier de sa joie<br />

«Quelle bonne nouvelle. On pourra alors le vendre». Il l’acheta de ses<br />

frères à cette fin.<br />

«Allah connaissait leurs intentions» C’est à dire de celle des frères<br />

et celle de ceux qui l’ont acheté. Dieu était certes capable de changer<br />

tout mais, ayant un autre but et une sagesse, voulut que les affaires<br />

prennent leur cours normal pour réaliser ce qu’il avait prédestiné.<br />

«N’est-ce pas à lui seul qu’appartient le don de créer et de gouverner toutes<br />

choses? Béni soit Allah le Maître de l’univers» [Coran VII, 54].<br />

Les frères vendirent Joseph à vil prix pour quelques pièces d’argent<br />

car ils ne voulaient pas le garder même ils étaient prêts à le vendre<br />

pour rien. Son prix était de vingt dirhams d’après Ibn Mass'oud, ou<br />

de quarante selon ’Ikrima. Mais vendeurs et acheteurs ont déprécié Joseph<br />

en ignorant le rang qu’il occupe auprès de Dieu.<br />

wa qâla-l-ladî-starâhu mim-misra limra’atihT ’akrimî matwâhu ‘asa ’ayyanfa'ana<br />

’aw nattahidahû waladan wa kadâlika makkannâ li Yûsufa fïl-’ardi<br />

wa linu ‘allimahû min ta’wîli-l-’ahâdîti w-AL-Lâhu gâlibun ‘ala*<br />

’amrihî wa-lâkinna ’aktara-n-nâsi lâ ya'lamûna (21) wa laminâ balaga<br />

’asuddahîf ’âAtaynâhu hukm an wa ‘ilm an w k a d â lik a najzî-1-<br />

muhsinîna (22).<br />

519


L’Egyptien qui l’acheta recommanda à sa femme: «Traite-le bien. Il<br />

peut nous être utile et peut-être serons-nous amenés à le prendre pour enfant».<br />

C’est ainsi que nous mîmes Joseph en sécurité sur terre pour l’initier<br />

du secret des choses. Allah réalise toujours ses desseins, mais la plupart des<br />

hommes l’ignorent (21) Lorsqu’il parvint à l’âge d’homme, nous lui donnâmes<br />

la sagesse et la science. C’est ainsi que nous récompensons les<br />

bons (22).<br />

Dieu, de par Sa clémence, sema la compassion dans le cœur de<br />

l’homme égyptien qui a acheté Joseph pour être bienveillant à son<br />

égard et l’honorer, car il vit dans son visage les signes prometteurs de<br />

bien. Il dit à sa femme: «Traite-le bien. Il peut nous être utile et peut-être<br />

serons-nous amenés à le prendre pour enfant».<br />

D’après Ibn Abbas, l’homme qui l’a acheté en Egypte appelé Qatfir,<br />

était le ministre du ravitaillement, et le roi à cette époque était Al-<br />

Rayan Ben Al Walid, un homme de ‘Amaliq. La femme de l’Egyptien<br />

portait le nom de Ra'el ou Zoulaikha.<br />

Abdullah Ben Mass'oud a dit: «Les personnes les plus perspicaces<br />

dans l’histoire étaient au nombre de trois: Le ministre Egyptien<br />

quand il a dit à sa femme à propos de Joseph: «Traite-le bien»; la<br />

femme qui a dit à son père en parlant de Moïse: «O père, prends cet<br />

homme à ton service» [Coran XXVIII, 26]; et Abou Bakr As-Siddiq quand<br />

il a demandé aux hommes d’élire Omar Ben Al-Khattab comme successeur<br />

au pouvoir».<br />

Dieu poursuivit le récit et dit: «Comme nous avons sauvé Joseph<br />

de ses frères» «ainsi nous mîmes Joseph en sécurité sur terre» en Egypte<br />

«Pour l’initier au secret des choses» c’est à dire l’interprétation des songes<br />

selon les dires de Moujahed et As-Souddy «Allah réalise toujours<br />

ses desseins». Il est souverain de son commandement, nul ne pourra<br />

empêcher ses décisions de se réaliser ou s’opposer à Lui, plutôt II est<br />

capable sur toute chose «mais la plupart des hommes l’ignorent» et n’ont<br />

aucune connaissance de Sa sagesse qui concerne Ses créations, de<br />

Sa clémence et Son pouvoir.<br />

«Lorsqu’il parvint à l’âge de l’homme» l’âge viril de sorte que sa<br />

croissance et sa raison furent complétées «nous lui donnâmes la sagesse<br />

et la science» qui ne sont que la Prophétie. «C’est ainsi que nous récom­<br />

520


pensons les bons» ceux qui font le bien en se soumettent à Dieu. Cet<br />

âge fut un sujet de controverse: d’après Ibn Abbas, Moujahed et Qatada:<br />

33 ans, d’après Ibn Abbas, dans une autre version: trente et quelques<br />

années, d’après Ad-Dahak: 20 ans, enfin selon Al-Hassan: 40<br />

ans.<br />

^ ~ I f *z " ' '<br />

—£-U Jil - ~ __£ j i b (JJI<br />

( 0 ^ 2 v ,iSi s ^ - i ô j Z i % ^ ^<br />

wa râwadthu-l-Iatî huwa fî baytihâ ‘an nafsihî wa gallaqati-l-’abwâba wa<br />

qâlat hîta laka qâla ma‘âda-L-Lâhi ’innahû rabbî ’sana matwâya ’innahu<br />

lâ yuflihu-z-zâlimûna (23).<br />

La maîtresse de la maison tenta de le séduire. Elle ferma les portes et<br />

lui dit: «Je me donne à toi. «Allah m’en préserve» s’exclama-t-il! Mon maître<br />

m’a traité avec générosité. Les méchants sont voués au malheur» (23).<br />

Le ministre égyptien avait commandé à sa femme de bien traiter<br />

Joseph et de l’honorer. Mais celle-ci s’éprit de lui et le convia à forniquer<br />

avec elle car la beauté de Joseph, sa splendeur et sa personnalité<br />

l’éblouirent. Elle fit ses parfaites toilettes, ferma les portes de la<br />

maison et l’appela à elle en lui disant: «Je me donne à toi». Il s’abstint<br />

avec fermeté et lui répondi: «Allah m’en préserve» Mon maître m’a traité<br />

avec générosité» Ton mari m’a donné une bonne hospitalité, m’a abrité<br />

et a été bienveillant à mon égard. Je ne dois pas donc le trahir en forniquant<br />

avec sa femme, car «les méchants sont voués au malheur» ils ne<br />

sont que des injustes.<br />

^ \ XI / ■s-'-' &<br />

walaqad hammat bihî wa hamma bihâ lawla' ’ar-ra’â burhâna rabbihî<br />

kadâlika linasrifa ‘anhu-s-su’a wa-l-fahsâ*’a ’innahû min ‘ibâdina-1-<br />

muhlasîna (24).<br />

Elle avait pleinement succombé et lui aussi était sur le point de succomber<br />

lorsqu’il se rappela les enseignements d’Allah. Ce souvenir l’arracha<br />

521


au mal et à la turpitude. Nous le lui suscitâmes car il était parmi nos serviteurs<br />

fidèles (24).<br />

Cette circonstance suscita une divergence dans les opinions et<br />

chaque exégète l’a traitée à sa façon. Mais il s’agit certainement d’une<br />

suggestion de l’âme, comme a déclaré Al-Baghawi qui a cité ce hadith<br />

rapporté par Abou Houraira où l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse<br />

et le salue - a dit: «Dieu le Très Haut a dit: «Lorsque Mon Serviteur médite<br />

de faire une bonne action, inscrivez-la lui comme une bonne action,<br />

mais s ’il l’accomplit, inscrivez-lui dix bonnes actions. S ’il médite de faire<br />

une mauvaise action et ne l’accomplit pas, passez à sons actif une bonne action,<br />

car il n’a laissé qu’à cause de Moi. Mais s ’il l’accomplit, inscrivez-la<br />

lui comme telle» (Rapporté par Boukhari et Mousttm)111.<br />

D’après une autre interprétation: Joseph voulut battre la femme.<br />

Suivant une troisième: Il la désifa comme une épouse.<br />

Suivant une quatrième: S’il n’avait pas vu la claire manifestation<br />

de son Seigneur, il aurait commercé avec elle.<br />

Quelle a été cette claire manifestation?.<br />

- On a dit qu’il a vu la figure de son père Jacob mordant son doigt.<br />

- D’autres ont dit: il a vu la silhouette de son maître.<br />

- Et Ibn Jarir de déclarer d’après Mouhammad Ben Ka‘b Al-Qouradhi:<br />

Joseph regarda le plafond et lut ce verset: «Evitez l’adultère.<br />

C’est une abomination, c’est une voie pleine d’embûches» [Coran XVII, 32],<br />

- On a dit aussi qu’il a lu sur les murs de la chambre ces trois versets:<br />

«Sachez-le. Vous êtes surveillés» [Coran LXXXII, 10] et: «O hommes,<br />

il n’est pas d’état où vous vous trouviez» [Coran X, 61] et:<br />

«Comment, c’est à celui qui lit dans toutes les âmes...» [Coran XIII, 33].<br />

Et Ibn Jarir de conclure: La plus correcte des opinions consiste à<br />

considérer qu’un des versets de Dieu lui fut présenté pour l’empêcher<br />

(1) 4J ôjÂi) JL»<br />

a] La<br />

522


de forniquer, comme il se peut qu’elje soit la figure de son père Jacob,<br />

ou la figure d’un ange, ou encore un verset qui lui interdit de commettre<br />

l’adultère.... Bref il n’est pas une de ces opinions qui soit décisive,<br />

et il suffit de croire qu’une certaine manifestation fut présentée à Joseph<br />

pour l’empêcher, et de se contenter de ces paroles divines: «Ce<br />

souvenir l’arracha au mal et à la turpitude» qui signifient: Comme nous<br />

lui avons présenté une claire manifestation ainsi nous le réservons du<br />

mal et de l’abomination «car il était parmi nos serviteurs fidèles».<br />

wa-stabaqâ-l-bâba waqaddat qamîsahû min duburin wa ’alfayâ sayyidahâ<br />

ladâ-l-bâbi qâlat mâ jaza’u man ‘arâda bi ’ahlika su’an ’ilia ’ay-yusjana<br />

’aw ‘ad âbun ’alîmun (25) qâla hiya râwadatnî ‘an nafsî wa sahida sâhiâhidun-min<br />

’ahlihîf ’in kân qamîsuhû qudda min qubulin fasadaqat wa<br />

huwa mina-l-kâd ibîna (26) wa ’in kâna qamîsuhû qudda min duburin<br />

fakad abat wa huwa mina-s-sâdiqîna (27) falammâ ra’â qamîsahû qudda<br />

m in d u b u rin qâla ’innah û m in kaydikunna ’inna k aydakunna<br />

‘azîmun (28) Yûsufu ’a‘rid ‘an hâdâ wa-stagfiri li-dambiki ’innaki kunti<br />

mina-l-hâti’îna(29).<br />

Tous deux se pécipitèrent sur la porte. Elle lui déchira son manteau<br />

par derrière. Ils butèrent sur le maître de la maison. Elle s’écria: «Que mérite<br />

celui qui a voulu déshonorer ta famille, sinon d’être jeté en prison ou de<br />

subir une peine exemplaire?» (25) Il répliqua: «C’est elle qui m’a incité au<br />

mal». Un parent de la femme intervint alors en disant: «Si le manteau est<br />

523


déchiré par devant, c’est la femme qui doit être crue et Joseph est un menteur»<br />

(26) «Si, au contraire, le manteau est déchiré par derrière, la femme<br />

a menti et c’est Joseph qui a dit la vérité (27) Lorsque le mari vit que le<br />

manteau était déchiré par derrière il dit: «Voilà bien une de vos perfidies!<br />

et quoi de plus redoutable que les perfidies des femmes (28) «O Joseph,<br />

conclut-il, oublie cet incident. Quant à toi, femme, demande pardon de ta<br />

faute, car tu as péché» (29).<br />

Joseph et la femme coururent à la porte: Joseph pour fuir la<br />

femme et elle pour le rattraper. Elle le tint par la chemise et fut déchirée.<br />

Tous deux trouvèrent alors le maître de la maison à la porte. Pour<br />

éluder sa responsabilité et ruser contre Joseph qui refusa de coucher<br />

avec elle, elle s’écria devant son mari: «Que mérite celui qui a voulu déshonorer<br />

ta famille, sinon d’être jeté en prison ou de subir une peine exemplaire?»<br />

Joseph -que Dieu le salue- se défendit, désavoua la tentation<br />

de la femme et répliqua: «C’est elle quf m’a incité au mab>. Il raconta<br />

qu’elle le poursuivit et réussit à le rattraper en le tenant par la chemise<br />

et la lui déchira.<br />

«Un parent de la femme intervint alors en disant: «Si le manteau de<br />

Joseph est déchiré par devant, c’est la femme qui doit être crue» c’est à<br />

dire: elle est sincère car cette évidence prouve qu’elle le défendait de<br />

s’approcher d’elle en le poussant «et Joseph est un menteur. Si, au<br />

contraire, le manteau est déchiré par derrière, la femme a menti et c’est Joseph<br />

qui a dit la vérité» et ceci en courant derrière lui pour le rattraper<br />

avant de fuir.<br />

Qui était ce proche de la femme?<br />

Ibn Abbas a répondu à cette question et dit: «Il était un homme<br />

barbu et faisait partie de la suite du roi».<br />

D’après Zaïd Ben Aslam et As-Souddy: C’était son cousin.<br />

Selon Ibn Abbas, dans une autre version, il était un nourrisson.<br />

Ainsi fut la réponse de Al-Hassan, Sa’id Ben Joubaïr et Dahak.<br />

Ibn Abbas rapporte un long hadith d’après le Prophète -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- où il a dit: «Il y a quatre personnes qui ont parlé<br />

dès le berceau» et il mentionna ce témoin qui se trouvait dans la maison<br />

de la femme. Et Ibn Abbas de déclarer dans un autre hadith: «Les<br />

524


quatre nourrissons sont: le fils de l’habilleuse de la fille de Pharaon, le<br />

témoin de Joseph, l’enfant qui a été imputé à l’ermite Joura'ij et Jésus<br />

fils de Marie».<br />

«Lorsque le mari vit que le manteau était déchiré par derrière» en<br />

constatant le mensonge de sa femme qui a voulu accuser Joseph<br />

d’adultère, il dit: «Voilà bien une de vos perfidies» une des ruses féminines<br />

pour salir la réputation de Joseph et le diffamer, «et quoi de plus redoutable<br />

que les perfidies des femmes».<br />

Puis le mari demanda à Joseph d’oublier cet incident et ne le raconter<br />

à personne et, en s’adressant à sa femme, il poursuivit: «demande<br />

pardon de ta faute, car tu as péché». Le mari fut vraiment<br />

indulgent avec sa femme et, il s’avère, qu’il l’a excusée parce qu’elle<br />

n’a pas pu résister devant la beauté de Joseph. Il lui demanda d’implorer<br />

le pardon de Dieu pour avoir pensé à un péché pareil.<br />

wa qâla niswatun fî-l-madînati-mra‘atu-l-razîzi turâwidu fatâhâ ‘an nafsihî<br />

qad sagafahâ hubban ’innâ lanarâha fî dalâlim-mubînin (30) falammâ<br />

sami‘at bimakrihinna ’arsalat ’ilayhinna wa ’a'tadat lahunna muttaqa’an<br />

wa ’âtat kulla wâhidatim-minhunna sikkinan wa qâlati-hruj ‘alayhinna<br />

525


falammâ ra’aynahïï ’akbarnahû wa q a tta ‘na ’aydiyahunna wa qulna<br />

hâsa li-L-Lâhi mâ hâdâ basaran ’in hâda ’illâ malakun karîmun (31) qâlat<br />

fadâlikunna-l-ladî lumtunnanî fîhi walaqad râwattühû ‘an nafsihî fasta‘sama<br />

wala’i-l-lam yafal mâA ’a"muruhû layusjananna wa layakûnan<br />

mina-s-sâgirîna (32) qâla rabbi-s-sijnu ’ahabbu ’ilayya mimmâ yad‘ûnarif<br />

’ilayhi wa ’illâ tasrif ‘annî kaydahunna ’asbu ’ilayhinna wa ’akum-mina-jjâhilîna<br />

(33) fastajaba lahû rabbuhû fasarafa ‘anhu kaydahunna ’innahû<br />

huwa-s-Samî‘u-l-‘Alîmu (34).<br />

Les femmes de la ville commentèrent l’événement. La femme du Souverain<br />

s’est éprise de son domestique. Elle est folle d’amour pour lui. Son<br />

aberration est manifeste (30) Lorsque ces échos malveillants parvinrent à la<br />

femme du Souverain, elle invita chez elle les femmes de la ville. Elle leur<br />

servit une collation et remit à chacun un couteau. Lorsqu’elles l’aperçurent,<br />

elles furent éblouis à tel point que dans leur trouble elles se coupèrent les<br />

doigts. Elles s’exclamèrent: «Ce n’est pas possible, ce n’est pas un homme,<br />

c’est un ange sublime» (31) Voilà l’homme, leur dit-elle, qui m’a valu vos<br />

reproches. J’ai voulu me donner à lui mais il m’a repoussée. S’il s’obstine à<br />

me résister, je le ferai jeter en prison et il retombera dans le bas-fonds de<br />

la société. (32) Seigneur, dit Joseph je préfère la prison aux turpitudes dans<br />

lesquelles on veut m’entrainer. Si tu ne me délivres pas de leur tentation, je<br />

succomberai et je retomberai dans l’ignorance (33) Allah entendit sa prière.<br />

Il le délivra de leurs tentations. Car II entend et sait tout (34).<br />

L’histoire de Joseph avec la femme de l’intendant fut répandue<br />

dans la ville et les gens la trouvèrent un sujet de divertissement. Les<br />

femmes en ville disaient: «La femme du Souverain s’est éprise de son domestique»<br />

et celles des grands fonctionnaires de l’état désavouèrent<br />

l’acte de la femme du Souverain - qui est l’intendant ou le ministre du<br />

ravitaillement - «Son aberration est manifeste» et elle se trouve dans un<br />

égarement total en cherchant à avoir des rapports avec son domestique.<br />

Entendant leurs propos, la femme décida de se défendre «et elle<br />

invita chez elle les femmes de la ville» Elle leur prépara un repas de<br />

sorte que chacune d’elles devait se servir d’un couteau. «Elle leur servit<br />

une collation et remit à chacune un couteau». C’est une ruse de sa part<br />

afin de savoir comment elles allaient agir. Elle cacha Joseph dans un<br />

526


endroit puis, une fois les femmes réunies, «elle ordonna à Joseph de paraître».<br />

D’autres ont raconté l’histoire de la façon suivante: Lorsque les<br />

femmes terminèrent le repas, la femme de l’intendant présenta à chacun<br />

d’elles un cédrat et un couteau pour l’éplucher. Puis elle ordonna<br />

à Joseph de paraître devant elles. A sa vue elles furent éblouies de sa<br />

beauté, et elles se firent des coupures aux doigts. Sentant la douledur<br />

de leurs blessures, elles commencèrent à crier. Elle leur dit alors:<br />

Après le premier regard que vous avez jeté à Joseph vous êtes devenues<br />

tellement éprises de lui que vous vous êtes coupé les doigts.<br />

Que dire alors de moi qui le vois tout le temps? «Elles s'exclamèrent:<br />

«Ce n’est pas possible, ce n’est pas un homme, c’est un ange sublime».<br />

Elles déclarèrent franchement: Après ce que nous avons vu,<br />

nous ne te reprocherons rien, tu avais raison.<br />

«Voila l’homme, leur dit-elle, qui m’a valu vos reproches» N’avais-je<br />

pas raison d’être éprise de lui et même de me donner à lui? Mais elle<br />

n’a pas manqué de faire son éloge quant à sa pudeur et sa chasteté<br />

malgré sa beauté. Et elle continua à leur dire carrément, ayant toujours<br />

l’intention d’avoir de rapports avec lui: «S’il s’obstine à me résister, je le<br />

ferai jeter en prison et il retombera dans les bas-fonds de la société».<br />

A ce moment Joseph implora le Seigneur de le protéger contre<br />

leurs ruses et leurs vengeances. «Seigneur, dit Joseph, je préfère la prison<br />

aux turpitudes dans lesquelles on veut m’entrainer» Je préfère donc la<br />

prison au péché qu’elles m’incitent à commettre. «Si Tu ne me délivres<br />

pas de leur tentation, je succomberai dans l’ignorance» si tu me confies,<br />

Seigneur, à moi-même, je serai incapable de résister. Je ne possède<br />

ni mal ni bien que grâce à Ta puissance et à Ta force. C’est de Toi<br />

que je demande aide et ne me confie pas à moi-même.<br />

Préférer la prison à la débauche était en vérité un acte de sublimité<br />

de la part de Joseph alors qu’il était beau, jeune et un homme<br />

parfait dont la femme d’un des puissants de l’Egypte le conviait à<br />

l’adultère. N’oublions pas aussi que cette femme était encore belle, riche<br />

et puissante.<br />

A cet égard, il est cité dans les deux Sahihs que l’Envoyé de Dieu<br />

- qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: «Il y a sept personnes que Dieu<br />

527


les protégera de Son ombre le jour où il n ’y aura d’autre ombre que La<br />

sienne» Parmi ces personnes figure un homme qu’une femme qui jouit d’une<br />

grande fortune et d’une beauté remarquable l’a convié à forniquer avec elle<br />

et qui refuse en disant: «Je crains Dieu» (Rapporté par Boukhari et<br />

Mouslim )ilf.<br />

f->• »/i '¿if }AV f « A .S' 'A<br />

O IjV I \)\j [a Juo (j * Ijj<br />

tumma badâ lahum mim ba‘dimâ ra’awu-l-’âyâti layasjununnahû hattâ<br />

hînin (35).<br />

On jugea bon cependant de l’interner quelque temps, bien que son innocence<br />

ait éclaté» (35).<br />

Constatant son innocence, il leur parut bon de l'emprisonner pour<br />

un certain temps. Peut-être cet arrangement fut pris pour disculper la<br />

femme en accusant Joseph au moins pour tricher le public. Mais nous<br />

allons voir plus loin, et toujours en prenant en considération cet arran^<br />

gement, que lorsque le roi le manda, Joseph refusa de sortir de la prison<br />

avant que son innocence n’apparaisse, au grand jour, et tout le<br />

monde sache qu’il est pur et chaste.<br />

\ J l i j t gtÀ U-A-W-1 Jlâ ù Ç si<br />

< 4 $ % 5 û i < *. ¿ } j ^ - 1 x ÿ â<br />

- r - - ^<br />

wa dahala ma‘ahu-s-sijna fatayâni qâla ’ahaduhuma ’inrif ’arânT ’a‘siru<br />

hamran wa qâla-l-’âharu ’innT ’arânT ’ahmilu fawqa ra’sî hubzan ta’kulü<br />

- t- t ayru m inhu n a b b i’nâ b ita ’wîlifrT ’innâ m arâk a mina-1-<br />

muhsinîna (36).<br />

Deux hommes furent jetés en prison en même temps que lui. L’un<br />

(1) JJ» M çy. ^ ¿I :


d’eux lui dit: «J’ai rêvé que je pressais du raisin». L’autre confía à son<br />

tour: «J’ai rêvé que je portais sur ma tête une charge de pains que les oiseaux<br />

venaient manger». Explique-nous ces rêves car nous t’en croyons capable<br />

(36).<br />

Qatada a commenté ce verset et dit: «L’un de ces deux hommes<br />

était l’échanson du roi et l’autre son boulanger». La cause de leur emprisonnement,<br />

comme a précisé As-Souddy, était leur accusation<br />

d’avoir préparé un complot pour empoisonner le roi.<br />

Durant son séjour en prison, Joseph donna l’exemple d’un homme<br />

généreux, sincère et dévot. Il fit preuve aussi de sa capacité d’interpréter<br />

les songes. Lorsque les deux hommes furent emprisonnés, ils l’admirèrent<br />

et l’aimèrent. Il leur dit: «Que Dieu bénisse votre amour, mais<br />

sachez que toute personne m’a aimé a subi un certain préjudice à<br />

cause de cet amour: Ma tante paternelle m’a aimé et m’a nui; mon<br />

père m’^ aimé et j’ai été maltraité à cause de cet amour; enfin l’amour<br />

de cette femme qui m’a conduit à la prison. Et eux de répondre: «Nous<br />

ne pouvons que t’aimer».<br />

Ayant fait deux rêves différents, l’un d’eux lui raconta: «J’ai rêvé<br />

que je pressais du raisin» Et ‘Ikrima de commenter. Il lui a dit: J’ai vu en<br />

rêve que j’ai planté un grain de raisin qui a donné promptement des<br />

grappes. J’ai pressé ces grappes et j’en ai donné à boire au roi» Joseph<br />

le lui expliqua: «Tu demeures trois jours en prison, tu sortiras ensuite<br />

pour servir le roi».<br />

Le boulanger lui raconta: «J’ai rêvé que je portais sur ma tête une<br />

charge de pains...» Bien que certains exégètes ont dit que ces deux<br />

hommes-là ont fait des rêves, d’autres ont précisé qu’ils n’ont fait aucun<br />

rêve mais ils ont voulu, comme a dit Ibn Mass'oud, le mettre à<br />

l’épreuve.<br />

529


qâla lâ ya’tîkumâ ta‘âmun turzaqâniHT ’illâ nabba’tukumâ bita’wîlihî qabla<br />

’ay-ya’tiyakumâ dâlikumâ mimmâ ‘allamî rabbT ’innî taraktu millata<br />

qawmi-l-lâ yu’minûna bi-L-Lâhi wa hum bi-l-’âhirati hum kâfirûna (37)<br />

wa-t-taba‘tu millata ’âbâAT ’Ibrâhîma wa ’Ishâqa wa Ya‘qûba mâ kâna<br />

lanîf ’an nusrika bi-L-Lâhi min say’in dâlika min fadli-L-Lâhi ‘alaynâ<br />

wa ‘alâ-n-nâsi walâkinna ’aktara-n-nâsi lâ yaskurûna (38).<br />

Il leur répondit: «Il n’y a pas de nourriture qu’on ne vous destine dont<br />

je ne vous expliquerai l’origine avant même qu’elle ne vous parvienne. C’est<br />

là une aptitude que je tiens de mon Allah. Je n’ai jamais voulu pratiquer le<br />

culte de ceux qui ne croient pas en Allah et en la vie future» (37) Le culte<br />

que je pratique est celui de mes pères Abraham, Isaac et Jacob. Nous nous<br />

sommes toujours abstenus d’associer qui


fait de Dieu en leur envoyant les Prophètes. La plupart des gens «ont<br />

répondu par des blasphèmes aux bienfaits d’Allah et qui ont causé la perdition<br />

de leurs peuples» [Coran XIV, 28].<br />

yâ sâhibayi-s-sijni ’a‘arbâbum-mutafarriqûna hayrun ’ami-L-Lâhu-1-<br />

wahidu-l-Qahhâru (39) mâ ta‘budûna min dûnihT ’illâ ’asma’an sammaytumuha'<br />

’antum wa ’âbtf’ukum ma ’anzala-L-Lâhu bihâ min sultânin<br />

’ini-l-hukrrfu ’illâ li-L-Lâhi ’amara ’allâ ta‘budu ’ilia ’iyyâhu dalika-d-dînu-l-qayyimu<br />

wa lâkinna ’aktara-n-nâsi la ya‘lamûn (40).<br />

«O mes compagnons de captivité, est-ce qu’une poussière de maîtres<br />

vaut mieux qu’un Allah unique et puissant!» (39) Vous n’adorez en dehors<br />

d’Allah que de vains noms que vous avez inventés, vous et vos pères, et dont<br />

l’existence n’a jamais été révélée par Allah. Tout pouvoir émane d’Allah. H<br />

prescrit de n’adorer que Lui. Voilà le vrai culte. Mais peu d’hommes le savent<br />

(40).<br />

Puis Joseph appela les deux hommes à l’adoration de Dieu seul<br />

et renier toutes les autres divinités. Il leur dit: Quel est meilleur: un<br />

éparpillement de Seigneurs ou le Dieu unique et le Dominateur Suprême?.<br />

Il leur avertit ensuite que décret, dispositoin, vouloir et royauté<br />

appartiennent à Dieu qui a prescrit aux hommes de n’adorer que Lui.<br />

«Voilà le vrai culte» auquel je vous appelle et d’être sincères dans Son<br />

adoration. Telle est la religion droite qu’il faut exercer et qui est appuyée<br />

par les preuves évidentes et les signes clairs. «Mais peu d’hommes<br />

le savent» et par la suite la plupart d’entre eux sont idolâtres. Ce<br />

verset corrobore cette réalité: «Quoi que tu fasses, peu d’hommes se<br />

convertiront» [Coran XII, 103].<br />

Leur demande d’interpréter les deux songes fut une occasion à Joseph<br />

pour appeler les deux hommes à l’Unicté de Dieu et la soumis­<br />

531


sion à Lui. Joseph avait deviné qu’ils étaient prêts à accepter la bonne<br />

direction en écoutant ses propos. Une fois l’exhortation achevée, Joseph<br />

leur donna cette interprétation..<br />

yâ sâhibayi-l-sijni ’amma ’ahadukumâ fayasqî rabbahû hamran wa ’ammâ-l-’âharu<br />

fayuslabu fata’kulu-t-tayru min ra’sihî qudiya-l-’amru-l-ladî<br />

fîhi tastaftiyani (41).<br />

«O mes compagnons de captivité, l’un de vous sera l’échanson de son<br />

maître, l’autre sera décapité et les oiseaux déchiqueteront son crâne. Voilà<br />

la réponse à la question que vous m’avez posée» (41).<br />

Sans le désigner personnellement afin de ne plus attrister l’autre, il<br />

répondit: «l’un, de vous sera l’échanson de-'son maître» bien qu’il s’agit de<br />

celui qui a vu presser du raisin, et «l’autre sera décapité et les oiseaux<br />

déchiqueteront son crâne» Celui qui se voyait portant du pain sur sa tête.<br />

Entendant cela, ils répliquèrent qu’ils n’ont fait aucun rêve, et Joseph<br />

de riposter: «Voilà la réponse à la question que vous m’avez posée» que<br />

vos rêves soient réels ou une invention de votre part, voilà votre sort.<br />

wa qâla-li-l-ladî zanna ’annahû nâjim-minhumâ-d -kurnî ‘inda rabbika<br />

fa’ansâhu-s-saytânu dikra rabbihî falabita fî-s-sijni bid‘a sinîna (42).<br />

Joseph pria celui qui devait être libéré d’appeler sur lui l’attention de<br />

son maître. Mais satan lui fit oublier de prévenir son maître. Et Joseph séjourna<br />

quelques années encore en prison (42).<br />

Joseph dit en secret à 1’échanson qui, à son avis, devait être libéré:<br />

«Souviens-toi de moi auprès de ton maître» voulant dire le roi<br />

Mais cet homme oublia et Joseph, proie à une machination du démon,<br />

deyait rester encore quelques années en prison. Car si l’échanson<br />

532


avait raconté l’histoire de Joseph devant le roi, le Prophète de Dieu aurait<br />

pu retrouver sa liberté aussitôt.<br />

wa qâla-1-maliku ’inrîf ’arâ sab‘a baqaratin simânin ya’kuluhunna sab‘un<br />

‘ijâfun wa sab‘a sumbulâtin hudrin wa ’uhara yâbisâtin yâ ’ayyuhâ-l-mala’u<br />

’aftûnî fï ru’yâya ’in kuntum li-r-ru’yâ ta'burûna (43) qâlû ’adgâtu<br />

’ahlâmin wamâ nahnu bi-ta’wîli-1-’ahlâmi bi ‘âlimîna (44) wa qâlâ-l-ladî<br />

najâ minhumâ wa-d-dakara ba‘da ’ummatin ’ana ’unabbi’ukum bita’wîlihî<br />

fa’arsilûni (45) Yûsufu ’ayyuhâ-s-siddîqu ’aftinâ fi sab‘i baqarâtin simânin<br />

ya’kuluhunna sab‘un ‘ijâfun wa sab‘i sumbulâtin hudrin wa<br />

’uhara yâbisâti-l-la‘allT ’arji‘u ’ila-n-nâsi la ‘allahum ya‘lamûna (46) qâla<br />

tazra‘ûna sab‘a sinîna da’aban famâ hasattum fadarûhu fi sumbulihT ’illâ<br />

qalîlam-mimmâ ta’kulûna (47) tumma ya’tî mim ba‘di dâlika sab‘un<br />

sidâdun ya’kulna mâ qaddam tum lahunna ’illâ qalîlam mimma<br />

tuhsinûna (48) tumma ya’tî mim ba‘di dâlika ‘âmun fîhi yugâtu-n-nâsu<br />

wa fîhi ya‘sirûna (49).<br />

Le Souverain dit: «J’ai vu en songe sept vaches grasses dévorées par<br />

vaches maigres et sept épis verts et sept autres secs. O vous qui m’en-<br />

533


tourez, interprétez ce songe si vous en êtes capables» (43) Ce sont de pures<br />

divagations. Et nous n’avons pas le don d’interpréter de telles rêveries (44)<br />

Un instant après, celui des deux prisonniers qui avait eu la vie sauve se souvint<br />

de Joseph. Il dit: Moi, je me charge de vous interpréter ces songes,<br />

Laissez-moi faire. (45) O Joseph, toi qui sais la vérité, explique-nous ce<br />

que signifient sept vaches grasses dévorées par sept vaches maigres et sept<br />

épis verts et septs autres secs pour que, quand je serai de retour parmi les<br />

miens, je puisse les renseigner (46) Joseph répondit: «Vous sèmerez sept années<br />

consécutives. Ce que vous moissonerez, vous le laisserez en gerbes, en<br />

prélevant juste de quoi vous nourrir (47) Sept années de distette viendront<br />

ensuite, qui absorberont tout ce que vous aurez mis en réserve si ce n’est<br />

quelques menus restes (48) Puis viendra une année d’abondance où les pressoirs<br />

ne chômeront pas (49).<br />

Le songe qu’a fait le roi de l’Egypte fjut la cause de la libération de<br />

Joseph -que Dieu le salue- et de sa sortie de la prison. Ce songe effraya<br />

le roi, le rendit perplexe ne sachant comment l’interpréter. Il réunit<br />

autour de lui les devins, les commandants et les hauts fonctionnairs<br />

de l’état, leur raconta son rêve et leur demanda de le lui interpréter.<br />

Ne sachant comment l’interpréter, ils lui répondirent: «Ce sont de pures<br />

divagations» ou un amas de rêves «et nous n’avons pas le don d’interpréter<br />

de telles rêveries» s’excusant ainsi de leur incapacité.<br />

L’un des deux prisonniers qui avait été libéré dont le démon le fit<br />

oublier de rappeler Joseph au souvenir de son maître, se souvint alors<br />

après un certain temps. Il dit au roi. «Moi je me charge de vous interpréter<br />

ces songes». Pour cela envoyez chercher Joseph le véridique qui se<br />

trouve en prison.<br />

Se trouvant devant le roi, celui-ci demanda à Joseph: «O Joseph,<br />

toi qui sais la vérité, explique-nous...» et il lui raconta son rêve. Joseph,<br />

sans avoir adressé à l’homme aucun reproche à cause de son oubli,<br />

répondit au roi: «Vous sèmerez sept années consécutives» c’est à dire: durant<br />

sept années il y aura toujours de la pluie, profitez-en et semez.<br />

«Ce que vous moissonnerez, vous le laisserez en gerbes en prélevant juste de<br />

quoi vous nourrir» Tout ce que vous aurez moissonné laissez-le en épis<br />

pour qu’il ne se pourrisse pas et n’en prenez que ce dont vous aurez<br />

besoin pour votre subsistance. Ainsi vous en profiterez comme provi­<br />

534


sions pour les sept années de disettes qui vont suivre car il n’y aura<br />

plus de moisson à cause de la sécheresse.<br />

Il raconta ensuite au roi qu’après ces années de disette, la pluie<br />

descendra, les moissons seraient à profusion «où les pressoirs ne chômeront<br />

pas» une expression qui signifie l’abondance de la récolte.<br />

wa qâla-l-maliku ’tûnî bihî falammâ j a ’ahu-r-rasûlu qâla-rji‘ ’ilâ rabbika<br />

fas’alhu mâ bâlu-n-niswati-l-lâti qatta'na ‘aydiyahunna ’inna rabbî bikaydihinna<br />

‘Alîmun (50) qâla mâ hatbukunna ’id râwatunna Yûsufa ‘an nafsihî<br />

qulna hâsa li-L-Lâhi mâ ‘alimnâ ‘alayhi min sïï’in qâlati-mra’atu-l-<br />

’azîzi-l-’a na hashasa-l-haqqu ’ana râwattuhû ‘an nafsihî wa ’innahû lamina-s-sâdiqîna<br />

(51) dâlika liyaiama ’annî lam ’ahunhu bi-l-gaybi wa’anna-L-Lâha<br />

lâ yahdi kayda-l-ha1’inîna (52) wa ma ’ubri’u nafsT ’inna-nnafsa<br />

la ’am m âratum -bi-s-sîf’i ’illâ m a-r-rahim a rabbT ’inna rabbî<br />

Gafûrur-Rahîmun (53).<br />

Le Souverain dit: «Amenez-moi cet homme». Lorsque le messager du<br />

Souverain se trouva en présence de Joseph, ce dernier lui dit: «Retourne auprès<br />

de ton maître et demande-lui ce qu’il pense des femmes qui se sont<br />

coupé les doigts». Mon Seigneur connaît leurs machinations (50) Le roi interogea<br />

ces femmes: «Pourquoi avez-vous tenté Joseph?» Elles répondirent:<br />

«Allah est témoin, Joseph n’a commis aucun mal, que nous sachions» La<br />

femme d’El-Aziz confessa alors à son tour: «Maintenant la vérité a éclaté.<br />

C’est moi qui l’ai tenté. Lui a dit la vérité» (51) Si je t’ai envoyé près de<br />

535


ton maître, c’est pour qu’il sache que je ne l’ai pas trompé pendant son absence.<br />

Allah n’aide pas les méchants (52). Hélas! j’ai mes passions comme<br />

les autres. Et les passions poussent au mal, à moins qu’on ne soit touché<br />

par la grâce d’Allah. Allah est clément et miséricordieux (53).<br />

Reconnaissant les mérites de Joseph, sa science et sa perspicatié,<br />

le roi ordonna qu’on le fasse sortir de la prison. Mais Joseph -que<br />

Dieu le salue- une fois le messager du roi se trouvant devant lui, refusa<br />

d’en sortir avant que le roi et sa cour ne sachent sa pureté, sa<br />

chasteté et son innocence, et que son emprisonnement n’était qu’un<br />

acte d’injustice. Il demanda alors au messager: «Retourne auprès de ton<br />

maître et demande-lui...».<br />

Pour montrer la dignité et la haute considération de Joseph -que<br />

Dieu le salue- on cite ce hadith où l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse<br />

et le salue - a dit: «Nous avons raison plus qu Abraham de douter<br />

en s’adressant à Dieu: «Seigneur, montre-faoi comment tu ressuscites les<br />

morts?» [Coran II, 260]. Que Dieu fasse miséricorde à Loth, il cherchait<br />

toujours un appui solide. Et si j ’étais resté en prison aussi longtemps que<br />

resta Joseph, j ’aurais hâté ma sortie (sans tarder à demander mon innocence»<br />

(Rapporté par Boukhari, Mouslim et Ahmed)[1K<br />

«Pourquoi avez-vous tenté Joseph?» une question qu’adressa le roi<br />

aux femmes qui étaient conviées au repas chez la femme de son ministre<br />

El-Aziz et qui se sont coupé les doigts. Elles lui répondirent:<br />

«Allah est témoin, Joseph n’a commis aucun mal que nous sachions». Bien<br />

que la question fut adressée à toutes les femmes, mais la femme d’EI-<br />

Aziz devina qu’elle est la seule concernée. Elle avoua: «Maintenant la<br />

vérité a éclaté. C’est moi qui l’ai tenté. Lui a dit la vérité» en m’accusant<br />

de cette tentation. Et la femme de poursuivre: «C’est pour qu’il sache<br />

que je ne l’ai pas trompé pendant son absence» voulant dire: que mon mari<br />

sache que je n’ai pas commis l’adultère et ce n’était qu’une simple<br />

tentation. Je l’avoue franchement pour montrer mon innocence car<br />

(1)<br />

^ jij tJjXà ^ J U ¿jl ji)<br />

O . » t _,o<br />

536


«Allah n’aide pas les méchants» Je ne cherche pas à me disculper car,<br />

comme toute autre femme, j’ai mes propres passions «et les passions<br />

poussent au mal, à moins qu’on soit touché par la grâce d’Allah». Donc<br />

l’âme suggère et convoite, elle pourra commettre de péchés à moins<br />

que le Seigneur ne fasse miséricorde, elle s’abstient alors.<br />

wa qâla-l-maliku ’tûnî bihî ’astahlisuhu linafsî falamma kallamahû qâla<br />

’innaka-l-yawma ladaynâ m akînun ’amînun (54) qâla-j-j‘alnî ‘alâ<br />

haza’ini-l-’ardi ’innî hafîzun ‘alîmun(55).<br />

«Qu’on me l’amène, dit le souverain. Je l’attache à ma personne»<br />

Après s’être entretenu avec lui, il lui dit: «Désormais, tu es à demeure auprès<br />

de moi et je t’investis de ma confiance» (54). Joseph lui dit: «Fais de<br />

moi le régisseur des richesses du pays. J’en serai le gardien vigilant» (55).<br />

Le roi, constantat l’innocence de Joseph, il demanda qu’on le lui<br />

amène pour l’attacher à sa personne, et faire de lui son confident et<br />

son propre conseiller. Après que Joseph eut parlé, le roi connut sa<br />

science, ses mérites et aptitudes et en plus ses bons caractères. Il le<br />

rassura: «Désormais, tu es à demeure auprès de moi et je t’investis de ma<br />

confiance», te voilà auprès de moi placé à un poste d’autorité et de<br />

confiance.<br />

Joseph -que Dieu le salue- dit alors au roi: «Fais de moi le régisseur<br />

des richesses du pays. J’en serai le gardien vigilant» On a dit que, dans<br />

de telles circonstances, lorsqu’on ignore les mérites d’une personne,<br />

celle-ci a le droit de se louer en énumérant ses qualtiés, sa science et<br />

son aptitude. Donc Joseph demanda au roi de lui confier l’intendance<br />

des dépôts du pays vu sa compétence et, en d’autre part, pour assurer<br />

aux habitants ce dont ils auront besoin durant les années de la sécheresse.<br />

537


wa kadâlika makkanna li Yûsufa fx-l-’ardi yatabawwa’u minhâ haytu yasa<br />

’u nusîbu bi rahmatinâ man nasa' ’u walâ nudî‘u ’ajra-l-muhsinîna (56)<br />

'va la ’ajru-l-’âhirati hayru-l-lil-ladîna ’amanû wa kânû yattaqûna (57).<br />

C’est ainsi que nous affermîmes la situation de Joseph dans le pays. H<br />

pouvait circuler en maître dans toutes les régions. Nous touchons de notre<br />

grce qui nous voulons. Toutefois nous ne laissons jamais les bons sans récompense<br />

(56) Ceux qui croient et qui craignent Allah auront une plus belle<br />

récompense dans la vie future (57).<br />

Joseph -que Dieu le salue- fut libre de se déplacer dans tout le<br />

pays, put s’installer là où il voudrait, surtout après les années qu’il a<br />

passées en prison. Ce fut par un effet 7de la miséricorde de Dieu qui<br />

ne laisse pas perdre la rétribution de ceux qui font le bien. Joseph<br />

avait enduré aussi la nuisance de ses frères et leur jalousie. |<br />

Dieu le Très Haut réserva à Son Prophète Joseph -que Dieu le salue-<br />

une très belle récompense dans la vie future, et en même temps<br />

une autre dans le bas monde en lui permettant un tel poste très important,<br />

et grâce à lui, comme a commenté Moujahed, le roi de l’Egypte<br />

appelé Al-Rayan Ben Al-Walid se convertit.<br />

wa j a ’a ’ihwatu Yûsufa fadahalû ‘alayhi fa‘arafahum wa hum lahû mukirûna<br />

(58) wa lammâ jahhazahum bijihâzihim qâla’tunî bi ’ahi-l-lakum<br />

min ’abîkum ’alâ tarawna ’annT ’ûfî-l-kayla wa ’ana hayru-l-munzilî-<br />

538


na (59) fa ’i-l-lam ta’tûnî bihî falâ kayla lakum ‘indî walâ taqrabûni (60)<br />

qâlû sanurâwidu ‘anhu ’abâhu wa ’innâ lafâ‘ilûna (61) wa qâla lifïtyânihi-j-j‘alû<br />

bidâ‘atahum fî 'rihâlihim la‘allahum ya‘rifûnaha ’id â-n-qalabïï<br />

’iîa ’ahlihim la‘allahum yarji‘ûna (62).<br />

Les frères de Joseph vinrent en Egypte. Ils furent introduits auprès de<br />

lui. Lui le reconnut, mais non pas eux (58) Après qu’il les eût approvisionnés,<br />

il leur dit: «Amenez-moi votre frère qui est resté avec votre père. Vous<br />

voyez que je vous ai donné bonne mesure et que je vous ai réservé le meilleur<br />

accueil» (59) Si vous ne me l’amenez pas, je ne vous donnerai plus aucune<br />

provision et il est inutile que vous reparaissiez devant moi» (60) Ils<br />

répondirent: «Nous nous efforcerons de faire consentir notre père à ta demande.<br />

Nous te le promettons (61) Joseph dit à ses employés: «Dissimulez<br />

dans leurs bagages le prix qu’ils ont versé. En rentrant, ils s’en apercevront<br />

et peut-être cela les incitera-t-il à revenir» (62).<br />

As-Souddy, Mouhammed Ben Ishaq et d’autres éxégètes ont dit<br />

que le raison pour laquelle les frères de Joseph étaient venus en<br />

Egypte après que Joseph fût nommé intendant - ou ministre de ravitaillement<br />

- c’est que durant les années de sécheresse qui avaient frappé<br />

tout le pays d’Egypte avaient atteint aussi le pays de Kan‘an où vivaient<br />

Jacob -que Dieu le salue- et sa famille.<br />

A cette époque Joseph avait bien organisé la distribution des vivres,<br />

à savoir que des habitants d’autres pays que l’Egypte affluèrent à<br />

ce pays pour s’approvisionner. Il ne donnait à l’homme plus que son<br />

besoin annuel, Quant à lui il ne mangeait pas à satiété, ni lui, ni le roi<br />

ni les troupes. Ils se contentaient d’un seul repas par jour. Et ceci pour<br />

pouvoir pourvoir aux besoins des hommes.<br />

Donc parmi les gens qui venaient en Egypte pour ce même but, figuraient<br />

les frères de Joseph qui étaient au courant que l’intendant de<br />

l’Egypte vendait les grains, soit contre l’argent soit contre autres marchandises.<br />

Les dix frères de Joseph vinrent en Egypte apportant de la marchandise,<br />

alors que le onzième frère Benjamin demeura chez son père<br />

Jacob qui était son bien-aimé.<br />

En entrant chez Joseph qui était assis comme un roi sur son<br />

539


trône, il les reconnut «mais non pas eux» car ça fait longtemps qu’ils<br />

ne l’ont pas vu du jour où ils l’ont vendu à la caravane sans avoir aucune<br />

idée du pays de sa destination. D’autre part, ils ne songèrent<br />

guère à voir leur frère occuper ce poste remarquable.<br />

D’après As-Souddy ils avaient tenu la conversation suivante:<br />

- Pourquoi êtes-venus dans ce pays? demanda Joseph.<br />

- O El-Aziz, répondirent-ils, nous sommes venus pour nous approvisionner.<br />

- Peut-être vous êtes des espions?.<br />

- Que Dieu nous en garde, jamais de ça.<br />

- D’où venez-vous?<br />

- Nous venons de Kan'an et notre père est Jacob le Prophète de<br />

Dieu.<br />

t<br />

- A-t-il encore d’autres enfants que vous?<br />

- Oui, nous étions douze frères, le plus jeune parmi nous trouva la<br />

mort dans le champ, à savoir qu’il est le plus aimé à notre père, et notre<br />

douzième frère est resté auprès de lui pour lui tenir compagnie.<br />

Joseph donna alors l’ordre à ses employés de les accueillir avec<br />

amabilité et de les honorer. Après leur avoir remis leurs provisions en<br />

leur faisant une bonne mesure, il leur dit: «Amenez-moi votre frère qui<br />

est resté avec votre père» pour m’assurer que vous avez été sincères en<br />

me racontant votre histoire «Vous voyez que je vous ai donné bonne mesure<br />

et que je vous ai réservé le meilleur accueil» dans le but de les revoir<br />

une deuxième fois. Puis il les avertit «Si vous ne me l’amenez pas, je ne<br />

vous donnerai plus aucune provision». Si vous ne m’amenez pas votre<br />

frère vous ne recevrez aucun grain de blé «et il est inutile que vous reparaissiez<br />

devant moi».<br />

Ils lui répondirent: «Nous nous efforcerons de faire consentir notre<br />

père à ta demande. Nous te promettons» Nous allons le demander à notre<br />

père, nous le ferons certainement en le persuadant de le laisser venir<br />

avec nous la prochaine fois.<br />

Joseph dit à ses serviteurs: «Dissimulez dans leurs bagages le prix<br />

qu’ils ont versé» c’est à dire la marchandise qu’ils ont apportée pour<br />

540


l’échanger. «En rentrant, ils s’en apercevront et peut-être cela les inciterat-il<br />

à revenir» On a dit à cet égard que Joseph avait ordonné de dissimuler<br />

cette marchandise dans leurs sacs, car il craignait que, peutêtre,<br />

la prochaine fois ses frères ne trouveraient plus de quoi échanger.<br />

fallama raja‘û ’ilâ ’abîhim qâlû yâ ’abânâ muni‘a minna-l-kaylu fa ’arsil<br />

m a‘anâA ’ahânâ n aktal wa ’innâ lahû lah âfizûna (63) qâla hal<br />

’â'manukum ‘alayhi ’illâ kama' ’amintukum ‘alâA ’ahîhi min qablu fa-L-<br />

Lâhu hayrun hâfïzan wa huwa ’arhamu-r-râhimîna (64).<br />

De retour auprès de leur père, ils lui dirent: «O notre père, on refuse<br />

de nous approvisionner si notre frère ne nous accompagne. Confie-le nous,<br />

nous en prendrons soin» (63) Il leur dit: «Vais-je vous le confier, comme je<br />

vous ai confié son frère autrefois? Allah est le plus sûr des gardiens. Et II<br />

est toute clémence» (64).<br />

Revenus chez leur père, ils lui dirent: «On refuse de nous approvisionner»<br />

c’est à dire la prochaine fois si tu n’envoies pas notre frère<br />

Benjamain avec nous. Envoie-le donc et ainsi nous ajouterons le chargement<br />

d’un chameau. N’aie pas peur, il reviendra sûrement sain et<br />

sauf, tout comme quand ils lui demandèrent d’envoyer Joseph avec<br />

eux pour jouer et se divertir.<br />

Se souvenant toujours de Joseph il leur répliqua: «Vais-je vous le<br />

confier comme je vous ai confié son frère autrefois?» Allez-vous le perdre<br />

comme vous avez perdu son frère autrefois? «Allah est le plus sûr des<br />

gardiens. Et II est toute clémence» Dieu est le plus miséricordieux des<br />

miséricordieux, aura pitié de moi à cause de mon âge avancé, ma faiblesse<br />

et mon amour pour mon enfant. J’espère que Dieu me le rende.<br />

Il est toute clémence.<br />

541


wa lammâ fatahû m atâ‘ahum wajadû bidâ‘atahum ruddat ’ilayhim qâlû<br />

yâ ’abânâ mâ nabgî hâdihî bidâ‘atunâ ruddat ’ilaynâ wa namîru ’ahlanâ<br />

wa nahfazu ’ahânâ wa nazdâdu kayla ba‘îrin dâlika kaylun yasîrun (65)<br />

qâla lan ’ursilahu m a‘akum h attâ tu ’tûni m aw tiqam -m ina-L-Lâhi lata’tunnanî<br />

bihT ’illâ ’ay-yuhâta bikum falamma' ’ataw hu mawtiqahum<br />

qâla-L-Lâhu ‘alâ mâ naqûlu wakîlun (66).<br />

En déballant leurs bagages, ils s’aperçurent que le prix du blé leur<br />

avait été rendu. Ils dirent: «O notre père, que pouvons-nous espérer de<br />

plus? Notre prix nous a été rendu. Nous pouvons donc encore approvisionner<br />

les nôtres. Nous aurons soin de notre frère et, nous, nous aurons droit à<br />

une charge de plus. L’opération est facile» (65). Je ne le laisserai partir<br />

avec vous, dit le père, que si vous vous engagez devant Allah à le ramener<br />

à moins d’un cas de force majeure. Lorsqu’ils eurent pris cet engagement, il<br />

s’écria: «Allah est témoin de ce que nous avons convenu» (66).<br />

En ouvrant leurs sacs, les frères de Joseph trouvèrent leurs marchandises<br />

qui leur avaient été rendues sans le vouloir car, comme on<br />

a devancé, Joseph avait ordonné à ses employés de le faire. Ils dirent<br />

à leur père: «O notre père, que pouvons-nous espérer de plus? Notre prix<br />

nous a été rendu. Nous pouvons donc encore approvisionner les nôtres.» Si<br />

tu laisses la prochaine fois notre frère Benjamain partir avec nous<br />

«nous aurons soin de notre frère et, nous, nous aurons droit à une charge<br />

de plus» car Joseph, comme on l’a mentionné auparavant, donnait à<br />

chaque personne comme provision annuelle la charge d’un chameau.<br />

«L’opération est facile».<br />

La père toujours anxieux du sort de son fils leur dit: «Je ne le laisserai<br />

partir avec vous que si vous vous engagez devant Dieu» de me le ramener<br />

à moins que vous ne soyez cernés qui sera un cas de force<br />

majeur et que vous soyez incapables de le sauver. Après qu’ils eurent<br />

542


donné cet engagement il s’écria: «Allah est témoin de ce que nous avons<br />

convenu» Il est le seul garant. Ibn Ishaq de commenter: Jacob ne pouvait<br />

agir autrement car il devait coûte que coûte les envoyer pour une<br />

prochaine provision.<br />

wa qâla yâ baniyya lâ tadhulû mim-bâdin wâhidin wa-d-hulû min ’abwâbim-mutafarriqatin<br />

wamâ ’ugnî ‘ankum mina-L-Lâhi min say’in ’ini-lhukmu<br />

’illâ li-L-Lâhi ‘alayhi tawakkaltu wa ‘alayhi falyatawakkali-l-mutawakkilûna<br />

(67) wa lammâ dahalû min haytu ’amarahum ’abûhum mâ<br />

kâna yugnî ‘anhum mina-L-Lâhi min say’in ’illâ hâjatan fî nafsi Ya‘qûba<br />

qadâha wa ’innahû ladû ‘ilmi-1-limâ ‘allamnâhu wa lâkinna ’aktara-n-nâsi<br />

lâ yaiamûna (68).<br />

Puis il ajouta: «Mes enfants, ne pénétrez pas au Caire par la même<br />

porte mais prenez des portes différentes. Bien sûr, je suis impuissant contre<br />

les décrets d’Allah, car il n’y a de puissance qu’en Lui. Je me fie à Lui. Et<br />

c’est à Lui que se fient ceux qui sont résignés à Sa volonté» ($7). Ils entrèrent<br />

dans la ville en suivant la recommandation de leur père. Mais cette<br />

précaution ne pouvait les prémunir contre les décrets d’Allah. Elle ne faisait<br />

que calmer les appréhensions de Jacob. Car ce dernier savait tirer profît de<br />

nos enseignements. Ce qui est peu commun chez les hommes (68).<br />

Jacob -que Dieu Je salue- recommanda à ses enfants qui s’apprêtaient<br />

à aller en Egypte accompagnés cette fois de Benjamin, de n’entrer<br />

pas par une seule porte mais par de portes différentes. Plusieurs<br />

exégètes ont commenté cela en disant que Jacob craignait pour ses<br />

enfants le mauvais œil, parce qu’ils étaient nombreux et beaux, car,<br />

543


comme on a dit: «Le mauvais œil peut faire tomber un cavalier de son<br />

cheval».<br />

«Bien sûr, je suis impuissant contre les décrets d’Allah» en d’autre<br />

terme cette précaution ne pourrait nullement repousser ce que Dieu a<br />

prédestiné. Le jugement n’appartient qu’à Dieu. «Je me fie à Lui. Et<br />

c’est à Lui que se fient ceux qui sont résignés à Sa volonté».<br />

Quand ils entrèrent de la façon que leur père avait commandée,<br />

cela ne leur aurait servi à rien auprès de Dieu. «Elle ne faisait que calmer<br />

les appréhensions de Jacob». Celui-ci possédait la science que nous<br />

lui avions enseignée. «Ce qui est peu commun chez les hommes» étant<br />

donné que la plupart des hommes ne savent pas.<br />

wa lammâ dahalû ‘alâ Yûsufa ’awa ’ilayhi ’ahâhu qâla ’innf ’ana ahûka<br />

falâ tabta’is bimâ kânû ya‘malûna (69).<br />

Lorsqu’ils se présentèrent à Joseph, celui-ci vit à part son plus jeune<br />

frère et lui dit: «Je suis ton frère. Ne t’attriste pas du crime qu’ils ont<br />

commis» (6)<br />

Lorsque les frères pénétrèrent auprès de Joseph, il leur offrit une<br />

bonne hospitalité en manifestant sa compassion envers eux et les honorant.<br />

Puis il prit à part Benjamin et lui découvrit son identité «Je suis<br />

ton frère. Ne t’attriste pas» de ce que mes frères ont fait de moi. Il lui<br />

ordonna de ne divulguer ce secret à personne. Enfin il lui fit savoir qu’il<br />

va jouer un bon tour avec ses frères afin de le garder chez lui honoré<br />

et respecté.<br />

544


falammâ jahhazahum bijhâzihim ja‘ala-s-siqâyata fï rahli ’ahihi tumma<br />

’addana mu'addinun ’ayyatuha-l-‘îru ’innakum lasâriqûna (70) qâlû wa<br />

’aqbalû ‘alayhim madâ tafqidûna (71) qâlû nafqidu suwâ‘a-l-maliki wa liman<br />

ja ’a bihî himlu ba'îrin wa ’ana bihî zi‘îmun (72).<br />

Après qu’il les eût approvisionnés, il glissa une coupe dans les bagages<br />

de son plus jeune frère. Des gens coururent après eux en criant: «Oh là,<br />

voyageurs, vous êtes des voleurs» (70) Se retournant, les fils de Jacob leur<br />

dirent: «Que cherchez-vous?» (71) Us répondirent: «Nous chercons la coupe<br />

du roi. Celui qui la rapportera recevra une charge de grain. Nous nous en<br />

portons garants» (72).<br />

Après leur avoir fait remettre leurs provisions, Joseph ordonna à<br />

l’un de ses serviteurs de faire consigner une coupe dans les bagages<br />

de son frère Benjamin. Cette coupe, selon les dires des exégètes, on<br />

l’utilisait pour mesurer les grains. Celui qui la rapportera recevra en récompense<br />

la charge qu’un chameau puisse porter.<br />

qâlû ta-L-Lâhi laqad ‘alimtum mâ ji’nâ linufsida fï-l-’ardi wamâ kunnâ<br />

sâriqîna (73) qâlû farnâ jaza’uhu ’in kuntum kâdibîna (74) qâlû jazâ’uhû<br />

man wujida fi rahlihî fahuwa jazâ’uhû kadâlika najzi-z-zâlimîna (75) fabada’a<br />

bi ’aw‘iyatihim qabla w ili’i ’ahili tumma-stahrajahâ min wi‘£i’i<br />

’ahlihi kadâlika kidnâ liYûsufa mâ kâna liya’huda ’ahâhu fî dîni-l-maliki<br />

’ilia ’ay-yasa’a-L-Lâhu narfa‘u darajâtim man a ’u wa fawqa kulli dî ‘ilmin<br />

‘alîmun (76).<br />

Ils répliquèrent: «Par Allah, vous savez bien que nous ne sommes pas<br />

venus avec l’intention de mal faire et que nous ne sommes pas de voleurs»<br />

(73). Et si vous mentez, quelle peine vous infligera-t-on? dirent-<br />

545


ils (74) Ils répondirent: «Nous nous livrerons celui dans les bagages duquel<br />

la coupe sera trouvée. C’est ainsi que nous punissons les coupables» (75)<br />

Joseph commença à fouiller leurs bagages avant ceux de son frère. Puis il<br />

tira la coupe des bagages de son frère. Nous suggérâmes ce moyen à Joseph,<br />

car il n’aurait jamais consenti de lui-même à faire de son frère un sujet<br />

du roi, à moins qu’Allah ne l’ait voulu. Nous élevons dans la société qui<br />

nous voulons. Chaque savant trouve plus savant que soi (76).<br />

En les accusant du vol, les frères de Joseph se défendirent: «Par<br />

Allah, vous savez bien que nous ne sommes pas venus avec l’intention de<br />

mal faire et que nous ne sommes pas des voleurs» Les employés de Joseph<br />

leur répondirent: «Quelle sera la peine du voleur si vous mentez<br />

en trouvant la coupe dans ses bagages?». Ils répliquèrent: «Nous vous<br />

livrerons celui dans les bagages duquel la coupe sera trouvée. C’est ainsi<br />

que nous punissons les coupables». .<br />

C’était bien la loi qu’appliquait Abraham que Dieu le salue- et qui<br />

consistait à livrer le voleur à l’homme volé. Et c’est bien ce que Joseph<br />

voulut en arriver. C’est pourquoi il a commencé par examiner les sacs<br />

de ses frères avant celui de Benjamin pour éviter tout soupçon. Puis il<br />

retira la coupe des bagages de Benjamin sous leurs regards afin qu’ils<br />

en soient témoins et de respecter la religion qu’ils suivaient.<br />

Dieu a dit ensuite: «Nous suggérâmes ce moyen à Joseph» qui était<br />

une ruse très simple qui ne suscite aucun doute ou une inimitié, réalisée<br />

d’après le consentement de Dieu et Sa satisfaction car il y en à la<br />

une sagesse et un intérêt voulu. Car Joseph ne pouvait pas se saisir<br />

de son frère selon la religion du roi sans que Dieu l’ait voulu. Voilà<br />

pourquoi Dieu a fait son éloge en disant: «Nous élevons dans la société<br />

qui nous voulons. Chaque savant trouve plus savant que soi» Et Al-Hassan<br />

Al-Basri de commenter: «Au-dessus de chaque savant se trouve un<br />

plus savant jusqu’à arriver à Dieu à Lui la puissance et la gloire».<br />

A ce propos Sa'id Ben Joubaïr a raconté: «Nous étions chez Ibn<br />

Abbas quand il nous a rapporté un hadith étonnant. Un homme s’exclama:<br />

«Louange à Dieu. Au-dessus de chaque savant, il y a un grand<br />

savant». Et Ibn Abbas de répondre: «C’est mal ce que tu dis là, Dieu<br />

est au-dessus de chaque savant, il y a certes un autre qui est plus savant<br />

que lui. Mais Dieu est le plus savant de tout le monde».<br />

546


qâlû ’iy-yasriq faqad saraqa ’ahu-l-lahû min qablu fa’asarrahâ Yûsùfu fî<br />

nafsihî wa lam yubdihâ lahum qâla ’antum sarru makânan wa-L-Lâhu<br />

’a‘lamu bimâ tasifûna (77).<br />

Ils dirent: «S’il a volé, son frère a volé avant lui». Joseph garda pour<br />

lui cette réflexion et ne laissa apparaître aucun ressentiment. H leur dit seulement:<br />

«Vous êtes plus misérables encore. Et Allah sait mieux que vous ce<br />

que vous dites» (77).<br />

En voyant Joseph retirer la coupe des bagages de son frère Benjamin,<br />

les frères dirent: «S’il a volé, son frère a volé avant lui». Pour désavouer<br />

le faire de leur frère et se montrer plus dignes que lui, ils<br />

avouèrent'que son frère -qui est Joseph- a volé avant lui. Quatada dit:<br />

«Joseph -que Dieu le salue- avait volé, étant encore petit, une statue<br />

qui appartenait à son grand père maternel et l’avait brisée.<br />

«Joseph garda pour lui cette réflexion et ne laissa apparaître aucun<br />

ressentiment» Mais il dit en soi-même sans les faire entendre: «Vous<br />

êtes dans la pire situation».<br />

qâlû yâ ’ayyuha-l-‘azîzu ’inna lahiï ’aban sayhan kabîran fahud-<br />

’ahadanâ makânahu ’innâ narâka mina-l-muhsinîna (78) qâla ma‘âda-L-<br />

Lâhi ’an na’huda ’illâ man wajadnâ m atâ'anâ ‘indahïï ’innâA ’ida-1-<br />

lazâlimûna (79).<br />

Ils répliquèrent: «O Seigneur, ce jeune homme a un père âgé. Retiens<br />

l’un de nous à sa place. Tu nous parais si bienveillant» (78) Allah m’en<br />

garde! je ne puis retenir que celui sur qui, j’ai trouvé l’objet. Sans quoi, je<br />

commettrais une injustice (70*<br />

547


Une fois la décisoin prise de retenir Benjamin en l’accusant de vol,<br />

les frères se mirent alors à supplier Joseph de prendre l’un d’eux en<br />

disant: «Ce jeune homme a un père âgé» voulant signaler que ce père<br />

l’aime tellement et sa présence auprès de lui, lui procure un soulagement<br />

après la perte de l’autre enfant - Joseph - «Retiens l’un de nous à<br />

sa place. Tu nous parais si bienveillant» un homme juste et aime le bien.<br />

Et Joseph de répondre: «Allah m’en garde» je ne ferai que commettre<br />

un acte injuste en substituant le coupable par un autre innocent.<br />

falammâ-stay’asû minhu halasû najiyyan qâla kabîruhum ’alam ta‘lamu<br />

’anna ’abâkum qad ’ahada ‘alaykum mawtiqam mina-L-Lâhi wa min qablu<br />

mâ farrattum fi Yûsufa falan ’abraha-l-’arda hattâ ya’dana lî ’abT<br />

’aw yahkuma-L-Lâhu lî wa huwa hayru-l-hâkimîna (80) ’rji‘û ’ila ’abîkum<br />

faqûlû yâ ’abâim ’inna-bnaka saraqa wamâ sahidnâA ’illâ bimâ<br />

‘alimmâ wamâ kunnâ lilgaybi hafizîna (81) wa-s’ali-l-qaryata-l-latî kunnâ<br />

fîhâ wa-l-‘îra-l-laff ’aqbalnâ fîhâ wa’innâ lasâdiqûna (82).<br />

Quand ils virent qu’il était inflexible, ils s’écartèrent pour se concerter.<br />

Le plus âgé d’entre eux dit: «Avez-vous oublié l’engagement solennel que<br />

nous avons pris envers notre père et l’incurie que nous avons montrée à<br />

l’égard de Joseph! Pour ma part, je ne quitterai ce pays qu’avec l’autorisation<br />

de mon père. Ou bien alors qu’Allah décide pour moi, car II est le<br />

meilleur des juges» (80) Retournez auprès de votre père et dites-lui que son<br />

fils a volé. Nous ne te rapportons que ce que nous savons. Nous ne saurions<br />

répondre d’une chose qui nous échappe (81) Renseigne-toi dans la ville où<br />

548


l’événement s’est passé et auprès des gens avec qui nous avons fait route et<br />

tu verras que nous avons dit la vérité (82).<br />

Lorsque les frères eurent désespéré de Benjamin et furent incapables<br />

de fléchir Joseph, ils se rappelèrent de l’engagement qu’ils avaient<br />

donné à leur père. Ils s’isolèrent pour s’entretenir et leur aîné leur dit:<br />

«Avez-vous oublié l’engagement solennel que nous avons pris envers notre<br />

père» pour lui ramener Benjamin. Vous voilà incapables de le faire<br />

comme vous avez perdu son frère Joseph. «Je ne quitterai ce pays<br />

qu’avec l’autorisation de mon père» tout en étant satisfait de moi. «Ou<br />

bien alors qu’Allah décide pour moi» et me facilite la reprise de mon<br />

frère «car II est le meilleur des juges».<br />

Puis il leur chargea de raconter à leur père l’événement tel qu’il<br />

s’est produit pour être excusés auprès de lui. Ainsi ils déclinent leur<br />

responsabilité en affirmant: «Nous ne saurions répondre d’une chose qui<br />

nous échaj/pe» et que Benjamin allait voler. Pour s’assurer de leur sincérité,<br />

il pourra demander quiconque en ville - Le caire - et la caravane<br />

avec laquelle ils sont venus «et tu verras que nous avons dit la vérité»<br />

notre frère n’a été appréhendé que parce qu’il a volé.<br />

qâla bal sawwalat lakum ’anfusukum ’amran fasabrun jamîlun ‘asâ-L-Lâhu<br />

’ay-ya’tiyanî bihim jamî‘an ’innahû huwa-l-‘Alîmu-l-Hakîmu (83) watawallâ<br />

‘anhum wa qâla yâ ’asafâ ‘alâ Yûsufa wabyaddat ‘aynâhu min-1-<br />

huzni fahuwa kazîmun (84) qâlû ta-L-Lâhi tafta’u tadkuru Yûsufa hattâ<br />

takûna haradan ’aw takûna mina-l-hâlikîna (85) qâla ’innama ’askû batt<br />

î wa huzrn ’ilâ-L-Lâhi wa ’a‘lamu mina-L-Lâhi mâ lâ taiamûna (86).<br />

Jacob les accueillit par ces mots: «C’est là encore un coup monté par<br />

549


vous. La résignation est ma seule ressource. Peut-être Allah me les rendrat-il<br />

tous les deux, car 11 est savant et sage» (83) Il se retira en soupirant:<br />

«Que ma peine est grande pour Joseph!» Ses prunelles étaient pâlies par<br />

les larmes et son cœur gonflé de tristesse. (84) Ses fils lui dirent: «Par Allah!<br />

à ne cesser d’évoquer le souvenir de Joseph, tu vas compromettre ta<br />

santé et tu finiras par mourir» (85) C’est à Allah que j’offre ma douleur et<br />

mes regrets, répondit-il, parce que je sais sur Allah des choses que vous<br />

ignorez» (86).<br />

Jacob répéta à ses fils en ce jour-là les mêmes propos qu’il leur<br />

avait dits le jour où iis avaient perdu Joseph: «C’est là encore un coup<br />

monté par vous. La résignation est ma seule ressource». Mais il ne fut jamais<br />

désespéré quand il leur répondit: «Peut-être Allah me les rendra-tn<br />

tous...» désignant Joseph, Benjamin et l’aîne Robin qui demeurait en<br />

Egypte attendant une décision de Dieu ou la satisfaction de son père<br />

pour retourner. 7<br />

«Il se retira en soupirant: «Que ma peine est grande pour Joseph»<br />

Cette peine que ses fils iui ont renouvelée après avoir perdu Joseph la<br />

première fois. Sa‘id Ben Joubaïr a commenté la plainte de Jacob en<br />

disant: Nulle autre que la communauté musulmane n’a été favorisée<br />

de la formule du retour à Dieu «Nous sommes à Dieu et c’est vers Lui<br />

que sera le retour». Jacob, de sa part, ne se plaignit auprès de personne<br />

mais à Dieu seul.<br />

Eprouvant de la compassion et de la pitié envers leur père, ses<br />

fils lui dirent: «Par Allah! à ne cesser d’évoquer le souvenir de Joseph, tu<br />

vas compromettre ta santé et tu finiras par mourir» si tu ne cesses d’évoquer<br />

de tels souvenirs et de penser toujours à Joseph jusqu’à en dépérir.<br />

Il leur répondit: «C’est à Allah que j’offre ma douleur et mes regrets»<br />

je me plains seulement à Lui «parce que je sais sur Allah des choses que<br />

vous ignorez» et je n’espère du bien que de Lui.<br />

Ibn Abbas a commenté: «Jacob croyait que la vision de Joseph<br />

est véridique et qu’un jour Dieu certainement va la réaliser, et il s’agenouillera<br />

sûrement devant son fils.


yâ baniyya-d-habû fatahassasû min Yûsufa wa ’ahîhi walâ tay’asû mi-rrawhi-L-Lâhi<br />

’innahû lâ yay’asu mi-r-rawhi-L-Lâhi ’illâ-l-qawmu-l-kâfirûna<br />

(87) falammâ dahalû ‘alayhi qâlû yâ ’ayyuha-l-‘azîzu massanâ wa<br />

’ahlana-d-durru wa jiînâ bibidâ‘atim-muzjâtin fa’awfi lanâ-l-kayla wa<br />

tasaddaq ‘alaynâ ’inna-L-Lâha yajzi-l-mutasaddiqîna (88).<br />

O mes enfants, allez et enquérez-vous de Joseph et de son frère. Restez<br />

confiants dans la grâce d’Allah, car seuls désespèrent de Lui les impies<br />

(87) De retour auprès de Joseph, ils lui dirent: «O Seigneur, le<br />

malheur s’est abattu sur nous et les nôtres. Nous ne pouvons t’offrir qu’un<br />

prix insuffisant. Donne-nous quand même une bonne mesure et sois généreux.<br />

Allah récompense les généreux» (88).<br />

Jacob chargea ses fils de s’enquérir du sort de leurs frères Joseph<br />

et Bejamin. Il leur recommanda de ne désespérer de la bonté de Dieu<br />

et de Sa grâce «car seuls désespèrent de Lui les impies».<br />

Ils se rendirent en Egypte et furent introduits chez Joseph. Ils lui<br />

dirent: «O Seigneur, le malheur s’est abattu sur nous et les nôtres» voulant<br />

dire qu’une disette et qu’une famine ont touché leurs familles «Nous ne<br />

pouvons t’offrir qu’un prix insuffisant» nous avons apporté une marchandise<br />

de peu de valeur pour l’échanger contre le blé que nous aurons<br />

besoin pour assurer notre subsistance. «Donne-nous quand même une<br />

bonne mesure», c’est à dire la quantité que tu avais l’habitude de nous<br />

donner autrefois «et sois généreux. Allah récompense les généreux». Ibn<br />

Jouraïj a dit en commentant ce verset: «Approvisionne-nous et rendsnous<br />

notre frère aussi». D’autres ont commenté: «Passe outre de la<br />

différence entre la valeur de la marchandise que nous avons apportée<br />

et celle du blé que tu vas nous donner et que ce soit une aumône de<br />

ta part» sans faire allusion à leur frère Benjamin.<br />

551


qâla hal ‘alimtum mâ fa‘altum bi Yûsufa wa ’ahîli ’id ’antum jâhilûna<br />

(89) qâltî ’a’innaka la ’anta Yûsufu qâla ’ana Yûsufu wa hâdâ ’ahî<br />

qad manna-L-Lâhu ‘alayna1 ’innahû may-yattaqi wa yasbir fa ’inna-L-<br />

Lâha lâ yudî‘u ’ajra-l-muhsinîna (90) qâlû ta-L-Lâhi laqad ’a taraka-L-<br />

Lâhu ‘alaynâ wa ’in kunnâ lahâti’îna (91) qâla lâ tatrîba ‘alaykumu-1-<br />

yawma yagfiru-L-Lâhu lakum wa huwa ’arhamu-r-rahîma (92).<br />

Vous souvenez-vous, leur dit-il, de ce que vous avez fait à Joseph et à<br />

son frère quand vous manquiez d’expérience. (89) Serais-tu Joseph? s’exclamèrent-ils.<br />

Oui je suis Joseph et celui-ci est mon frère. Allah nous a pris<br />

sous Sa protection. Quiconque craint Allah et se résigne en est récompensé,<br />

car Allah ne laisse pas les bons sans récompense (90) Par Allah, dirent-ils,<br />

Allah t’a préféré à nous et nous reconnaissons nos torts (91) Je ne vous reproche<br />

rien, répondit-il. Qu’Allah vous pardonne. Sa clémence est sans<br />

égale (92).<br />

Constatant leur état d’indigence et la gêne qu’ils éprouvèrent à<br />

cause de la disette et la pénurie de ressources, Joseph qui mena une<br />

vie aisée et prospère fut ému en entendant leurs paroles. Il commença<br />

à pleurer par un effet de compassion et de pitié envers ses parents.<br />

En leur demandant à son sujet, ils le reconnurent et s’exclamèrent:<br />

«Serais-tu Joseph» Une question et un étonnement en même<br />

temps car ils s’étonnèrent comment ils l’avaient rencontré deux fois auparavant<br />

sans le reconnaître? alors que lui les reconnaissait sans le divulguer.<br />

il leur répondit: «Oui je suis Joseph et celui-ci est mon frère»<br />

Dieu nous a accordé une grande faveur en nous réunissant après<br />

cette longue séparation. «Quiconque craint Allah et se résigne en est récompensé,<br />

car Allah ne laisse pas les bons sans récompense».<br />

Les frères avouèrent à Joseph leur méfait à son égard, et recon­<br />

552


nurent sa supériorité sur eux tant aux bons caractères qu’à la vie aisée<br />

qu’il mène et sa puissance grâce au poste qu’il occupe. Joseph, de par<br />

sa clémence, leur répondit: «Je ne vous reproche rien» Je ne vous<br />

blâme pas et je ne vous accuse de rien». Même il leur invoqua Dieu<br />

qui est le plus miséricordieux des miséricordieux.<br />

dhabû biqamîsî hadâ fa’alqûhu ‘alâ wajhi ’abî ya’ti basîran wa’tunî bi<br />

’ahlikum ’ajma‘îna (93) wa lammâ fasalati-l-‘îru qâla ’abûhum ’innî la<br />

’ajidu rîha Yûsufa lawla ’an tufannidûni (94) qâlû ta-L-Lâhi ’innaka lafî<br />

dalâlika-l-qafdîmi (95).<br />

Emportez mon manteau que voici. Passez-le sur le visage de mon père.<br />

Il recouvrera la vue. Et revenez avec tous les vôtres (93) Alors que la caravane<br />

était en marche, leur père dit: «Je sens autour de moi la présence de<br />

Joseph. Vous allez dire que je divague?» (94) Par Allah, laissèrent-ils tomber,<br />

c’est toujours ta vieille idée qui t’obsède (95).<br />

A cause de ses pleurs sur Joseph, Jacob avait perdu la vue. Joseph<br />

donna alors son manteau à ses frères en leur disant: «Passez-le<br />

sur le visage de mon père. Il recouvrera la vue et revenez avec tous les vôtres»<br />

c’est à dire Jacob et toute sa descendance.<br />

«Alors que la caravane était en marche» et avait quitté le pays<br />

d’Egypte, «leur père dit» à ses enfants qui étaient restés avec lui «Je<br />

sens autour de moi la présence de Joseph. Vous allez dire que je divague?»<br />

En d’autres termes: Je sens l’odeur de Joseph! à moins que vous ne<br />

disiez que je suis un radoteur à cause de mon âge avancé!». Ils lui répondirent:<br />

«Par Allah, c’est toujours ta vieille idée qui t’obsède» et qui te<br />

laisse égarer.<br />

Qatada a commenté: A cause de son amour pour Joseph, ils lui<br />

adressèrent de propos inconvenables étant donné qu’il est leur père et<br />

un Prophète de Dieu. Cela fut soutenu par As-Souddy et d’autres.<br />

553


falamma' ’an jâ*’a-l-basîru ’alqâhu ‘alâ wajhihî fartadda basîran qâla<br />

’alam ’aqul lakum ’innT ’a‘lamu mina-L-Lâhi mâlâ ta'lamûna (96) qâlû<br />

yâ ’abânâ-stagfïr lanâ d unûbana' ’innâ kunnâ hati’îna (97) qâla sawfa<br />

’astagfiru lakum rabtff ’innahû huwa-l-Gafûru-r-Rahîmu (98).<br />

Le messager vint et jeta le manteau sur le visage de Jacob. Celui-ci recouvrit<br />

aussitôt la vue. «Je vous avais bien dit, s’exclama-t-il, que je sais<br />

sur Allah des choses que vous ignorez» (96) O notre père, lui dirent-ils, demande<br />

à Allah de pardonner nos péchés. Car nous sommes vraiment coupables»<br />

(97) Soyez sans crainte. J’implorerài votre pardon auprès d’Allah. Il<br />

est toute clémence et toute miséricorde (98).<br />

Qui était le messager? Une question à laquelle As-Souddy répondit:<br />

Il est Judas le fils de Jacob qui, la première fois, lui avait apporté<br />

la tunique de Joseph tachée de sang. Et pour expier sa mauvaise action,<br />

il est venu cette fois-ci apportant le manteau de Joseph aussi.<br />

En jetant le manteau sur le visage de Jacob, celui-ci recouvrant la<br />

vue, il dit alors à ses enfants: «Je vous avais bien dit que je sais sur Allah<br />

des choses que vous ignorez» et qu’il me les ramène. Regrettant leur<br />

méfait, les enfants demandèrent à leur père de leur implorer le pardon<br />

de leurs péchés. «Soyez sans crainte. J’implorerai votre pardon auprès<br />

d’Allah. Il est toute clémence et toute miséricorde». Celui qui se repent,<br />

Dieu revient vers lui. Et Ibn Mass’oud de commenter: Il a retardé l’imploration<br />

jusqu’à l’aube.<br />

A ce propos Ibn Jarir rapporte: «Omar -que Dieu l’agrée- entra un<br />

jour dans la mosquée et entendit un homme dire: «Grand Dieu. Tu<br />

m’as appelé et j ’ai répondu à Ton appel. Tu m’as ordonné et j’ai obéi.<br />

Voici l’aube, pardonne-moi». Ecoutant cette voix qui provenait du dehors,<br />

il la reconnut qu’elle provenait de la demeure de Abdullah Ben<br />

Mass'oud. En lui demandant au sujet de son invocation, il lui répondit.<br />

554


«Jacob avait retardé l’imploration du pardon pour ses enfants jusqu’à<br />

l’aube en leur disant: «J’implorerai votre pardon auprès d’Allah»<br />

falammâ dahalû ‘alâ Yûsufa ’a1wa ’ilayhi ’abawayhi wa qâla-dhulû<br />

Misra ’in sa ’a-L-Lâhu ’a minîna (99) wa rafa‘a ’abawayhi ‘alâ-l-‘arsi wa<br />

harrû lahû sujjadan wa qâla yâ’abati hâdâ ta’wîlu ru’yâya min qablu<br />

qad ja‘alaha rabbî haqqan waqad ’ahsana bî ’id ’ahrajanî mina-s-sijni wa<br />

ja”a bikum mina-l-badwi mim ba‘di ’an nazaga-s-saytânu baynî wa bayna<br />

’ihwafT ’inna rabbî Latîfu-l-limâ yasâ^’u ’innahu huwa-l-‘Alîmu-l-<br />

Hakîmu (100).<br />

Lorsqu’ils arrivèrent chez Joseph, celui-ci alla au-devant de ses père et<br />

mère et les accueillit par ces mots: «Soyez les bienvenus en Egypte. Sil<br />

plait à Allah, vous y serez en sécurité» (99) H installa ses père et mère sur<br />

son propre siège. Toute sa famille se prosterna à ses pieds. O mon père, dit<br />

Joseph, voilà l’explication du rêve que je t’ai raconté un jour. Allah vient<br />

de le réaliser. Il m’a témoigné une grâce infinie. Il m’a tiré de prison. Il a<br />

permis que vous veniez jusqu’à moi à travers les déserts, après que Satan<br />

eût jeté la discorde entre mes frères et moi. Mon Seigneur sauve qui II<br />

veut. Il est savant et sage» (100).<br />

Dieu raconte la venue de Jacob et de sa fam ille en Egypte.<br />

Comme Joseph -que Dieu le salue- avait demandé à ses frères de lui<br />

amener leurs familles, ceux-ci quittèrent alors le pays de Kana'an en<br />

se dirigeant vers l’Egypte. Lorsque Joseph eut vent de leur approche, il<br />

sortit à leur rencontre à la tête d’un cortège formé, selon les ordres du<br />

roi, des notables et des commandants pour recevoir Jacob -que Dieu<br />

555


le salue- le Prophète de Dieu. Suivant un autre récit: le roi lui-même<br />

sortit à sa rencontre.<br />

Joseph «alla au-devant de ses père et mère» Et As-Souddy de dire:<br />

C’etait plutôt son père et sa tante maternelle car sa mère était morte<br />

depuis longtemps. Mais il s’avère, d’après les propos d’Ibn Jarir, qu’ils<br />

étaient ses propres père et mère comme le montre le verset précité et<br />

aucune preuve n’affirmait que sa mère était morte.<br />

«H installa ses père et mère sur son propre siège. Toute sa famille se<br />

prosterna à ses pieds» c’est à dire ses père, mère et onze frères. «O<br />

mon père, dit Joseph, voilà l’explication du rêve que je t’ai raconté un<br />

jour» On a dit que, d’après leur propre loi, il était permis de se prosterner<br />

devant l’homme important ou âgé. Cette habitude était pratiquée<br />

du temps d’Adam -que Dieu le salue- jusquà l’avènement de Jésus -<br />

que Dieu le salue- qui l’a abolie et a o/donné de ne se prosterner que<br />

devant Dieu qu’il soit glorifié et exalté.<br />

A cet égard on rapporte, le hadith suivant: «Se trouvant au pays<br />

de Châm, Mou'adz trouva les gens se prosterner devant leurs évêques.<br />

En retournant à Médine, il se prosterna devant l’Envoyé de Dieu<br />

- qu’Allah le bénisse et le salue - qui lui demanda: «Qu’est-ce ceci ô<br />

Mou'adz?» Il lui répondit: «J’ai vu les hommes (à l’étranger) se prosterner<br />

devant leurs évêques et toi tu en as plus de droit qu’eux qu’on se<br />

prosterne devant toi». Le Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - lui<br />

répliqua: «Si j ’avais le droit d’ordonner aux hommes de se prosterner devant<br />

un autre que Dieu, j ’aurais ordonné à la femme de se prosterner devant<br />

son mari en w ilu xle son droit sur elle».<br />

On a rapporté que Salman, qui s’était récemment converti à l’Islam,<br />

rencontra le Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - dans un<br />

endroit à Médine, et se prosterna devant lui. Le Prophète - qu’Allah le<br />

bénisse et le salue - lui dit alors. «O Salmane, ne te prosterne jamais devant<br />

moi, mais prosterne-toi devant l’Eternel qui ne mourra pas».<br />

Donc Dieu a gratifié Joseph en lui réalisant son rêve, le tirant de<br />

prison et en lui ramenant les siens qui vivaient dans le désert pour venir<br />

en ville, surtout «après que Satan eût jeté la discorde» entre lui et ses<br />

frères. Dieu est bienveillant en toutes Ses volontés, celui qui sait tout<br />

556


ce qui est utile pour Ses serviteurs et sage en toutes ses actes, décisions<br />

et prédestination.<br />

Mouhammed Ben Ishaq a dit: On a rapporté que l’absence de Joseph<br />

de ses parents était de 18 ans, mais les gens du Livres présument<br />

qu’elle était 40 ans. Après l’arrivée de Jacob - que Dieu le salue -<br />

en Egypte, il demeura dix sept ans avec son fils Joseph avant de rendre<br />

l’âme.<br />

Abdullah Ben Chadad, quant à lui, ajouta: «La famille de Jacob<br />

qui s’est réunie à Joseph était formée de 86 personnes: mâles et femmelles,<br />

âgés et jeunes. Quand ils quittèrent l’Egypte, ils étaient au<br />

nombre de six cent mille et quelques.<br />

rabbi qad ’âAtaytanî mina-l-mulki wa ‘allamtaiiî min ta ’wîli-l-’ahadîti<br />

fâtira-s-samâwâti wa-l-’ardi ’anta waliyyi fï-d-dunyâ wa-l-’âhirati tawaffanî<br />

musliman wa ’alhiqnî bi-s-sâlihîna (101).<br />

Seigneur, Tu m’as donné la puissance et tu m’a appris à interpréter les<br />

événements. Créateur des cieux et de la terre, Tu es mon soutien dans ce<br />

monde et dans l’autre. Fais que je meure en état de grâce et que je rejoigne<br />

les bienheureux (101).<br />

Après que Dieu eût parachevé Ses bienfaits pour Joseph en le<br />

réunissant à ses père, mère et frères, la Prophétie et la souveraineté,<br />

il invoqua Dieu -à Lui la puissance et la gloire -qu’il le fasse mourir<br />

soumis à Lui et de joindre les Prophètes et les Envoyés -que Dieu les<br />

salue tous-.<br />

Il se peut aussi que Joseph avait adressé cette invocation quand il<br />

fut à l’article de la mort. Il est cité dans les deux Sahihs d’après Aicha<br />

-que Dieu l’agrée- que l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue<br />

-, dans son agonie, levait son doigt et disait: «Le plus haut compagnon».<br />

557


On a dit encore que Joseph avait demandé cela à Dieu quand II<br />

voudra recueillir son âme et non à l’état d’agonie, tout comme lorsqu’un<br />

homme dit à un autre: «Que Dieu te fasse mourir soumis à Lui»,<br />

ou selon l’invocation traditionnelle: «Grand Dieu, fais-nous vivre soumis<br />

à Toi, mourir soumis à Toi et accorde-nous de rejoindre les justes».<br />

A ce propos Qatada a dit: «Après que Dieu eût joint Joseph à ses<br />

parents, l’eût rendu satisfait dans ce bas monde en lui accordant toutes<br />

les sources du bonheur et de la puissance, Joseph désira la<br />

compagnie des justes qui vivaient avant lui. A ce propos également Ibn<br />

Abbas a dit: «Nul Prophète avant Joseph n’a souhaité la mort». Ce<br />

souhait n’est plus permis selon notre loi, car il est cité dans les deux<br />

Sahihs que l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - a dit:<br />

«Que l ’un d’entre vous ne souhaite pas la mort quand un malheur quelconque<br />

le frappe. S ’il faisait le bien, il pourrait faire encore davantage, et<br />

s'il faisait le mal, il pourrait se repentir Jet implorer le pardon de Dieu.<br />

Qu’il dise: «Grand Dieu, fais-moi vivre tant que la vie est un bien pour<br />

moi, et fais-moi mourir si la mort me fera du bien» (Rapporté par Boukhari<br />

et Mouslim)1'1.<br />

Abou Houraira a rapporté que le Prophète - qu’Allah le bénisse et<br />

le salue - a dit: «Que l'un d’entre vous ne souhaite pas la mort à la suite<br />

d ’une affliction, et qu’il n ’appelle pas la mort avant sa survenue à moins<br />

qu’il ne soit totalemnt satisfait de ses œuvres. Car lorsque l’un d’entre vous<br />

meurt, ses œuvres cessent. Le croyant ne fait que les œuvres qui lui procureront<br />

le bien» (Rapporté par Ahmed)121.<br />

Cette règle est recommandée à l’état normal, mais quand il y aura<br />

de troubles et de séditions, il est alors permis de souhaiter la mort,<br />

(1) AUi<br />

Ijÿ>- ïlijJI cjIS" lil î,_jJ ^ U :JiJ (v—ï*<br />

V<br />

(2) Jji J^ai çSX>-\ ¿ÇUJÜ :JU Ail IjJJ* ¿fpj<br />

V ^ Jjs-I O l * ta) JLÎ O l A-jL ü \ ^Jl-5 ¿j A<br />

558


tout comme les magiciens, du temps de Moïse, quand Pharaon les<br />

menaça et les empêcha d’apostasier, demandèrent à Dieu: «Seigneur,<br />

donne-nous la résignation et fais que nous mourrions en croyants» [Coran<br />

Vll,126] et quand Marie- que Dieu le salue- dit: «Plût à Dieu, s’écria-telle,<br />

que je fusse morte avant et que l’oubli se soit fait sur moi» [Coran<br />

XIX, 23] quand elle pensa que les gens la diffameraient en l’accusant<br />

d’adultère parce qu’elle n’avait pas un mari.<br />

Donc il est permis dans certaines circonstances de souhaiter la<br />

mort surtout, comme on a dit auparavant, quand il s’agit des troubles<br />

et des séditions qui pourraient détourner les gens de leur religion. Ce<br />

qui est confirmé par un hadith rapporté par Ahmed et Tirmidzi d’après<br />

Mou'adz où le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: «... Et<br />

si Tu veux tenter un peuple, rappelle-moi à Toi sans être tenté». Et<br />

dans un autre hadith rapporté par Boukhari on trouve ce paragraphe:<br />

«Du temps de l’Antéchrist, l’homme passera par une tombe et dira:<br />

«Comme j’aurais aimé être à ta place» à cause des séditions, de troubles<br />

et des affaires graves qui auront lieu.<br />

j j v f î-À s-4*^ o t<br />

j \ j o -d J Î<br />

£ 5 (jv p<br />

(^•p) VI ¿y« aZIcdâlika<br />

min ’amba ’i-l-gaybi nûhîhi ’ilayka wamâ kunta ladayhim ’id ’ajm<br />

alî ’amrahum wa hum yamkurûna (102) wamâ ’aktara-n-nâsi wa law<br />

harista bimu’minîna (103) wa mâ tas’aluhum ‘alayhi min ’ajrin ’in huwa<br />

’illâ dikru-l-lil-‘âlamîna (104).<br />

Ce sont là de très vieux événements que nous te révélons. Tu n’étais<br />

pas auprès des fils de Jacob lorsqu’ils ourdirent leur forfait et l’exécutèrent.<br />

(102) Quoi que tu fasses, peu d’hommes se convertiront. (103) Tu ne<br />

prêches pas par intérêt et les paroles s’adressent à tous. (104).<br />

Après avoir raconté l’histoire de Joseph et ses frères et ce que fut<br />

le résultat de leur complot tramé contre lui, Dieu dit à Son Prophètequ’Allah<br />

le bénisse et le salue - que c’est un des récits qui ont eu lieu<br />

559


autrefois et constituaient un mystère qui lui a révélé pour en tirer une<br />

leçon et un enseignement. Il lui dit: «Tu n’étais pas auprès des fils de Jacob<br />

lorsqu’ils ourdirent leur forfait et l’exécutèrent» tout comme quand II<br />

lui raconta l’histoire de Zacharie et Marie en lui disant: «Ce sont là des<br />

choses du temps passé que nous te divulguons. Tu n’étais pas parmi eux<br />

lorsqu’ils tiraient au sort avec des flèches pour savoir qui élèverait Marie»<br />

[Coran III, 44] et aussi quand Dieu parla de Moïse: «Tu n’étais pas sur<br />

le versant ouest du Thor quand nous avons investi Moïse de sa mission. Tu<br />

n’en as pas été témoin» [Coran XXVIII, 44],<br />

C’était donc des récits du temps passé que Dieu a révélés à Mouhammad<br />

- qu’Allah le bénisse et le salue - afin de l’affermir et d’appuyer<br />

son message et que les gens en tirent des enseignements et se<br />

convertissent sans être comme les peuples passés qui restaient égarés<br />

et injustes. Dieu lui dit ensuite: «Quoi 4ue tu fasses» peu d’hommes se<br />

convertiront». Que les hommes sachent donc que «Tu ne prêches pas<br />

par intérêt» c’est à dire: Tu ne leur demandes pas un salaire contre tes<br />

exhortations et tes prédications, mais tu ne le fais que pour désirer la<br />

Face de Dieu, et afin que ceci soit un Rappel adressé aux mondes.<br />

Peut-être ils y chercheraient leur salut dans l’autre monde.<br />

wa ka’ayyim-min ’ayatin fï-s-samâwâti wa-l-’ardi yamurrûna ‘alayhâ wa<br />

hum ‘anhâ mu'ridûna (105) wa mâ yu’minu ’aktaruhum bi-L-Lâhi ’illâ<br />

wahum musrikûna (106) ’afa ’amiriiï ’an ta’tiyahum gâsiyatum-min ‘ad<br />

âbi-L-Lâhi ’aw ta’tiyahumu-s-sâ‘atu bagtatn wahum lâ yas‘urûna (107).<br />

Que des signes sur terre et dans les cieux révèlent l’existence d’Allah!<br />

Mais les hommes les considèrent sans y prêter attention (105) La plupart<br />

ne croient en Allah qu’en lui adjoignant des asociés (106) Ne redoutent-ils<br />

pas d’être jetés dans le cercle des peines d’Allah? Ne redoutent-ils pas que<br />

l’heure dernière les surprenne sans qu’ils y attendent? (107).<br />

560


La plupart des hommes sont insouciants, ils ne méditent plus sur<br />

les versets et les Signes de Dieu qui sont des preuves de Son unicité,<br />

et ne pensent jamais aux Signes que contiennent les cieux et la terre:<br />

les astres, les étoiles, les jardins, les montagnes, les mers, les animaux<br />

et les plantations.... Gloire à Dieu et que Son nom soit sanctifié,<br />

le Dieu Unique, créateur de tout, l’Eternel, l’impénétrable à qui apartiennent<br />

les plus beaux noms, attributs et qualités. Mais hélas! «La plupat<br />

ne croient en Allah qu’en Lui adjoignant des associés».<br />

A ce propos il est cité dans les deux Sahihs que les idolâtres, en<br />

faisant la talbia au moment du pèlerinage, disaient: «Nous voilà répondant<br />

à Ton appel, Tu n’as pas d’associés sauf celui qui est Ton associé<br />

et qui appartiennent à Toi lui et ce qu’il possède» Et dans le Sahih<br />

de Moulim on trouve également ceci pour corroborer le hadith précédent:<br />

«Lorsque les polythéistes disaient : «Nous voilà répondre à Ton<br />

appel. Tu'n’as pas d’associés» l’Envoyé de Dieu -qu ’Allah le bénisse<br />

et le salue - s’écriait: «Assez! Assez! N’y ajoutez rien à cela».<br />

En commentant, Al-Hassan Al-Basri a dit: «Il s’agit de l’hypocrite<br />

qui accomplit une œuvre pour être vu des hommes alors qu’il la fait<br />

pour un autre que Dieu», et il récita: «(Les hypocrites) cherchent à ce<br />

qu’on les remarque. Mais ils ne prient Allah que du bout des lèvres» [Coran<br />

IV, 142],<br />

Abou Sa'id Ben Abou Fadala rapporte qu’il a entendu l’Envoyé de<br />

Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - dire: «Lorsque Dieu rassemblera<br />

les premiers et les derniers au jour de la résurrection sans aucun doute possible,<br />

un crieur criera: «Quiconque associait un autre dans un travail qu’il<br />

avait accompli pour Dieu, qu’il demande donc sa rétribution de cet autrui,<br />

car Dieu est le plus riche des ossociés et de ce qu’on Lui associe» (Rapporté<br />

par Ahmed)11].<br />

On a rapporté que l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue<br />

- a dit: «Ce que je redoute pour vous c’est le petit polythéisme» On lui<br />

( 1 ) ^ ■ ¿ s i ^ d j - » "j i l - * -*- »* t j L î ï- I L s â J j j j ^ j l<br />

561


demanda: «Que signifie le petit polythéisme ô Envoyé de Dieu?» Il répondit:<br />

«C’est l’hypocrisie. Au jour de la résurrection, lorsque les hommes<br />

seront demandés compte de leurs œuvres, Dieu dira: «Allez chez qui vous<br />

œuvriez dans le bas monde et voyez s ’il serait capacble d’en vous rétribuer».<br />

Abou Bakr demanda à l'Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le<br />

salue -: «O Envoyé de Dieu, enseigne-moi des mots à dire matin et<br />

soir et avant de me coucher» Il lui répondit: «Dis: «Grand Dieu, créateur<br />

des deux de la terre, qui connaît le visible et l’invisible, Seigneur de toute<br />

chose et son Souverain, je témoigne qu’il y a de Dieu que Toi. Je me réfugié<br />

auprès de Toi contre le mal de moi-même, contre le mal du démon et<br />

de son polythéisme» (Rapporté par Ahmed, Abou Daoud et Tirmidzi)ll]■<br />

«Ne redoutent-ils pas d’être jetés dans le cercle des peines d’Allah?»<br />

c’est à dire: Ces idolâtres ne redoutent-ils pas que le châtiment de<br />

Dieu ne les cernera pas de toutes parts^sans qu’ils s’en aperçoivent.<br />

Un verset qui est pareil aux dires de Dieu: «Ceux qui recourent à des<br />

procédés malhonnêtes ne craignent-ils pas qu’Allah ne dérobe la terre sous<br />

leurs pieds ou qu’une calamité inattendue ne les frappe» [Coran XVI, 45] et<br />

à ces dires également: «Les habitants des villes sont-ils sûrs que notre<br />

châtiment ne les suprendra pas, la nuit, pendant leur sommeil? Les habitants<br />

des villes sont-ils sûrs que notre châtiment ne les surprendra pas, en<br />

plein jour, du beau milieu de leurs plaisirs?. Se sentent-ils à l’abri de la répression<br />

divine? Seuls se croient à l’abri d’une pareille répression ceux qui<br />

ont abandonné tout souci de leur salut» [Coran IX, 97-99]..<br />

¿ pciij & $ X<br />

qui hâdihî sabîlT ’adlî ’ilâ-L-Lâhi ‘alâ basîratin ’ana wa mani-t-taba‘anî<br />

wa subhâna-L-Lâhi wama ’ana-mina-l-musrikîna (108).<br />

(1) oJL>-l lit aJj -îI Li-wi Lfr


Dis: Ma vocation est d’appeler les hommes à Allah. L’évidence la soutient.<br />

C’est aussi la vocation de ceux qui ne suivent. Par la grâce d’Allah,<br />

je ne suis pas un idolâtre» (108).<br />

Dieu ordonne à Son Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - de<br />

dire aux hommes et aux génies que voici son chemin; il en appelle à<br />

Dieu et à Son unicité en témoignant qu’il n’y a d’autre Dieu que Lui<br />

sans rien Lui associer, li devait appeler les gens à Dieu en toute clairvoyance,<br />

preuve et signe, lui et ceux qui le suivent.<br />

Puis il glorifia Dieu en Le considérant loin de tout ce qu’on Lui associe<br />

s’agit-il d’un associé, d’un rival, d’un égal, d’un enfant, d’une<br />

compagne ou d’un conseiller. Qu’Il soit béni et exalté, et élevé au-dessus<br />

de ce qu’ils imaginent: «Les sept cieux et la terre et tout ce qu’ils<br />

renferment glorifient Son nom. Il n’est pas une chose qui ne bénisse son œuvre.<br />

Mais vous n’entendez pas ce murmure d’adoration. Il est toute mansuétude<br />

et toute miséricorde» [Coran XVII, 44].<br />

Iî/S s4 $ ¡ 0 ^ ii (*i? l r-i ^<br />

5 3 î A U ùî ¿ £ 3 $ a<br />

wama ’arsalnâ min qablika ’illâ rijâlan nuhT ’ilayhim min ’ahli-l-qura<br />

’afalam yasîrû fî-l-’ardi fayanzurû kayfa kâna ‘âqibatu-l-ladîna min qablihim<br />

wa la d â ru -l-’â h ira ti h a y ru -l-lil-la d în a -t-ta q a w ’afalâ<br />

ta‘qilûna (109).<br />

Avant toi, nous n’avons toujours envoyé que des hommes, choisis parmi<br />

les habitants des villes, pour divulguer nos révélations. Que ne sortent-ils de<br />

leurs provinces? ils apprendraient quelle a été la triste fin de ceux qui les<br />

ont précédés? La vie future sera plus belle pour ceux qui craignent Allah.<br />

Finirez-vous par comprendre?» (109).<br />

Dieu affirme qu’il n’a envoyé des Prophètes que parmi les hommes<br />

et non des femmes. Certains prétendirent que Sarah la femme<br />

d’Abraham, la mère de Moïse et Marie fille de ‘Imran étaient des prophétesses,<br />

et que les anges ont annoncé la bonne nouvelle à Sarah<br />

563


qu’elle allait enfanter Isaac et que celui-ci aura un enfant qui s’appelle<br />

Jacob. Ils se sont appuyés sur ce verset: «Nous révélâmes à la mère de<br />

Moïse ceci: Allaite ton enfant...» [Coran XXVIII, 7]. C’est tout ce qu’ils<br />

avaient pu présenter comme arguments, mais malgré ceci, on ne peut<br />

plus en déduire que lesdites femmes étaient des prophétesses.<br />

D’après l’opinion de la majorité des ulémas et exégètes aucune<br />

femme n’a été envoyée comme prophétesse, elles étaient plutôt des<br />

femmes sincères et justes comme Dieu a décrit Marie la fille d’Imrane<br />

en disant: «Sa mère était une femme sincère. Tous deux se nourrissaient<br />

d’aliments» [Coran V, 75] Si elle était prophétesse, Il l'aurait mentionnée<br />

comme telle mais II lui a donné un noble attribut «sincère».<br />

Pourquoi Dieu n’a choisi des Prophètes que parmi les habitants<br />

des villes? Parce que les nomades qui vivent dans les déserts ont en<br />

général un caractère grossier et rude.<br />

j<br />

«Que ne sortent-ils de leurs provinces?» Il s’agit de ceux qu ont traité<br />

Mouhammad - qu’Allah le bénisse et le salue - d’imposteur «Ils apprendraient<br />

quelle a été la triste fin de ceux qui les on précédés» les impies qui<br />

ont subi le châtiment de Dieu. Dieu a dit encore en parlant d’eux: «Que<br />

ne vont-ils de par le monde? Alors leur intelligence s’éveillerait et leurs<br />

oreilles s’affineraient» [Coran XXII, 46] C’est à dire s’ils t’avaient écouté<br />

c’aurait été meilleur pour eux parce que Dieu sauve les croyants et fait<br />

périr les incrédules. Telle est toujours la conduite de Dieu à l’égard de<br />

Ses serviteurs. Et c’est pourquoi II a dit ensuite: «La vie future sera plus<br />

belle pour ceux qui craignent Allah», en d’autres termes: comme nous<br />

avons sauvé les croyants dans le bas monde ainsi nous les récompenserons<br />

dans l’autre qui leur sera meilleure que le bas monde.<br />

^ C £ i ¿ 4 4 - 2<br />

if-<br />

^j i<br />

hatta ’idâ-s-tay’asa-r-rusulu wa zanriïï ’annahum qad kudibû j a ’ahum<br />

nasrunâ fanujjiya man nasa’a walâ yuraddu ba’sunâ ‘ani-l-qawmi-l-mujrimîna(llO).<br />

Au moment où nos Prophètes ont désespéré, où ils se sont rendu<br />

564


compte qu’ils étaient pris pour des imposteurs, nous leur avons apporté notre<br />

secours. Nous sauvons qui nous voulons. Nul ne saurait détourner nos<br />

coups des coupables (110).<br />

Dieu rassure toujours les Prophètes et les croyants qu’il leur envoie<br />

Son secours au moment propice surtout quand ils se trouvent<br />

dans la gêne et les périodes difficiles où ils ont besoin d’être secourus.<br />

Ceci est pareil aux dires de Dieu: «Et ils furent ébranlés au point que le<br />

Prophète et ses compagnons s’écrièrent: Quand donc viendra le secours<br />

d’Allah? Courage, le secours d’Allah est proche» [Coran II, 214],<br />

Quant au verset: «Au moment où nos Prophètes ont désespéré» Ibn<br />

Abbas a dit: «Quand les Prophètes se désespéraient en pensant que<br />

leurs peuples ne répondraient plus à leur appel, et que ces peuples les<br />

traitaient d’imposteurs, le secours de Dieu leur est parvenu et alors<br />

«Nous sauvons qui nous voulons».<br />

^ Ü« L» ÇxJ J I ® ¿ y *JB JÛli<br />

/ A/ < Í >, S / /•»/- .“if ^<br />

laqad kâna fï qasasihim ‘ibratu-l-li’ulî-l-’albâbi mâ kâna hadîtan yuftarâ<br />

wa lâkin tasdîqa-l-ladî bayna yadayhi wa tafsîla kulli say’in wa hudan<br />

wa rahmatan liqawmin yu’minûna (111).<br />

Il y a un enseignement dans l’histoire des fils de Jacob pour qui réfléchit.<br />

Ce Livre n’est pas une œuvre d’imagination. H confírme les Ecritures<br />

qui l’ont précédé. Il explique toute chose; c’est un guide et un foyer<br />

d’amour pour les croyants (111).<br />

Dans les récits contés dans le Coran et les histoires des Prophètes<br />

avec leurs peuples, il y a un enseignement destiné à ceux qui en tirent<br />

profit, et comment Dieu sauve les croyants et anéantit les impies.<br />

Donc ce Coran «n’est pas une œuvre d’imagination» ni un livre créé,<br />

plutôt il est une révélation divine et «il confírme les Ecritures qui l’ont<br />

précédé» surtout ce qu’il en est resté comme vrai après que ces Ecritures<br />

aient subi des modifications et des altérations. «Il explique toute<br />

565


chose» c’est à dire il renferme le licite et l’illicite, les prescriptions cultuelles,<br />

les ordres et les interdictions, les nouvelles des générations passées,<br />

les explications des choses confuses, les événements à venir,<br />

les attributs de Dieu etc... Pour cela il est «un guide et un foyer d’amour<br />

pour les croyants». Il dirige les hommes vers la voie droite, les arrache<br />

à l’égarement pour les mettre dans le chemin droit, et c’est grâce à ce<br />

Livre et à ce qu’il renferme comme enseignements, les hommes pourraient<br />

espérer la miséricorde du Seigneur des mondes dans la vie présente<br />

et le jour du rassemblement. Nous demandons à Dieu qu’il nous<br />

fasse au nombre des croyants.<br />

566


13 - SOURATE DE LA FOUDRE<br />

43 versets<br />

Entièrement révélée à Médine après la sourate de Mahomet<br />

%— — ad<br />


’Al-Lâhu-l-ladî rafa‘a-s-samâwati bigayri ‘amadin tarawnahâ tumma-stawâ<br />

‘alâ-l-‘arsi wa sahhara-s-samsa wa-l-qamara kullun yajrî li’ajalim musamman<br />

yudabbiru-l-’amra yufassilu-l-’âAyâti la‘allakum biliqâA’i<br />

rabbikum tuqinûna (2).<br />

Allah a suspendu les deux, que rien en supporte. Contemplez-les. Puis<br />

11 s’est installé sur Son Trône. Il créa à votre intention le soleil et la lune.<br />

A chacun, d’eux, Il impartit une course. Il commande à l’univers. Il multiplie<br />

les signes de son existence. Serez-vous enfin convaincus que vous vous<br />

rencontrerez avec Lui? (2).<br />

Dieu parle de Son omnipotence et de la grandeur de Son pouvoir.<br />

C’est Lui qui a élevé les deux sans piliers que les hommes puissent<br />

voir mais par Sa volonté et Son pouvoir. Il les a élevés de sorte que<br />

nul ne puisse concevoir leurs hauteurs ou atteindre leur fin. Le ciel enveloppe<br />

la terre et ce qu’elle contient de toutes parts, dont la distance<br />

entre celle-ci et le ciel le plus inférieur équivaut à une distance de cinq<br />

cent ans de marche, ainsi est la distance qui sépare un ciel d’un autre<br />

jusqu’au septième ciel. Une réalité corroborée par ce hadith: «Les sept<br />

d eu x, ce qu’ils contiennent et ce qu’il y a entre eux et le Siège, sont<br />

comparables à un anneau jeté dans un désert. Le siège dans le Noble Trône<br />

est cet anneau».<br />

On a dit aussi que la distance qui sépare entre le Trône et la terre<br />

équivaut à une marche de cinquante mille ans, ainsi est la distance entre<br />

les deux bouts du diamètre. Ce trône est fait en corindon rouge.<br />

«que rien en supporte» c’est à dire que le ciel parait comme une<br />

voûte qui entoure la terre là où on se trouve, sans qu’il y ait des colonnes<br />

visibles qui le supportent, un phénomène que Dieu le confirme<br />

dans ce verset: «Ses lois empêchent les cieux de tomber sur la terre»<br />

[Coran XXII, 65].<br />

«Puis II s’est installé sur Son Trône» nous avons parlé de cela auparavant<br />

en commentant le verset 54 de la sourate de l’A'raf.<br />

568


«H créa à votre intention le soleil et la lune» A chacun d’eux, Il impartit<br />

une course» ce qui signifie que le soleil et la lune ne cessent de faire<br />

leur révolution jusqu’au jour où l’Heure Suprême surviendra. Comme II<br />

a dit aussi: «N’en est-ce pas encore un (signe) que le soleil parcourant son<br />

cycle?» [Coran XXXVI, 38] qui finit au-dessous du Trône. Dieu a cité le<br />

soleil et la lune comme étant les deux astres les plus visibles parmi les<br />

planètes qui sont plus considérés que les autres étoiles. S’il a soumis<br />

ces deux planètes c’est pour montrer que les autres planètes et astres<br />

sont encore soumis à Sa volonté. Il exhorte, voire ordonne, aux hommes<br />

en leur disant: «Ne vous prosternez ni devant le soleil ni devant la<br />

lune. Prosternez-vous devant Allah qui les a créés, si c’est Lui que vous<br />

adorez» [Coran XLI, 37]. Il a montré cela clairement en disant: «C’est<br />

Lui qui a soumis à ses lois le soleil, la lune et les étoiles. N’est-ce pas à<br />

Lui seul qu’appartient de don de créer et de gouverner toutes choses? Béni<br />

Soit Allah, le Maître de l’univers» [Coran VII, 54],<br />

Il explique tous les Signes aux hommes pour qu’ils sachent et<br />

croient qu’il n’y a d’autre Dieu que Lui et comme II a procédé à la première<br />

création, Il la recommencera.<br />

wa huwa-l-ladî madda-l-’arda wa ja‘ala fîhâ rawâsiya wa ’anhâran wa<br />

min kulli-t-tamarâti ja‘ala fîhâ zawjayni-t-tnayni yugsî-l-layla-n-nahâra<br />

’inna fî dâlika la ’a yâti-l-liqawmiy-yatafakkarûna (3) wa fî-l-’ardi qita<br />

‘um-mutajâwirâtun wa jannatum-mina ’a‘nâbin wa zar‘un wa nahîlun<br />

sinwânun wa gayru sinwânin yusqâ bimâA’in wâhidin wa nufaddilu<br />

b aduhâ ‘alâ ba‘din fî-l-’ukuli ’inna fî dâlika la ’âAyâti-l-liqawiyya‘qilûna<br />

(4).<br />

569


C’est Lui qui a aplani la terre, Lui qui l’a parsemée de montagnes et<br />

de cours d’eau. Lui qui a introduit dans chaque espèce les deux sexes, Lui,<br />

enfin, qui a lié le jour à la nuit. Ce sont là autant de signes pour qui réfléchit.<br />

(3) 11 y a de nombreuses variétés de sol. Les champs de vigne, de blé<br />

et de palmiers, aux fûts emmêlés ou non, se touchent. La même eau les arrose.<br />

Il y a des fruits plus savoureux les uns que les autres. Ne sont-ce pas<br />

là des signes pour qui réfléchit? (4).<br />

Après avoir cité le monde céleste, Dieu parle ensuite du bas<br />

monde. «Lui qui a aplani la terre» en l’étendant tant à la longueur qu’à<br />

la largeur, en y plaçant des montagnes élevées, Il y fait couler des<br />

sources et des ruisseaux pour arroser la terre qui grâce aux couples<br />

de toutes les plantes donne de différentes plantations, différentes récoltes,<br />

et différents fruits en couleur, saveur et forme.<br />

«Lui, enfin, qui a lié le jour à la nuit» dont chacun d’eux poursuit<br />

l’autre sans arrêt de sorte que lorsque le' jour disparaît par exemple, la<br />

nuit ne tarde à le remplacer, durant toutes les saisons et les lieux. «Ce<br />

sont là autant de signes pour qui réfléchit».<br />

Puis, revenant à la terre, Dieu montre qu’il y a «de nombreuses variétés<br />

de sol» c’est à dire des morceaux de terrains dont l’un est fertile<br />

où poussent les plantations qui sont utiles pour les hommes tandis<br />

qu’un autre qui lui est juxtaposé est salin ne donne rien. Ainsi on<br />

trouve des parcelles voisines les unes des autres dont la couleur du<br />

sol est tout à fait différente: l’une à la couleur rouge, l’autre blanche,<br />

une troisième ocre et une quatrième noire etc... L’une de ces parcelles<br />

a le sable endurci, l’autre non, on bien la couche est épaisse dans<br />

l’une et mince dans l’autre. Toutes ces variations on les constate en<br />

examinant le sol qui est la création d’un Dieu unique.<br />

Un autre signe encore quant à la variété des arbres: «Les champs<br />

de vigne, de blé et de palmiers aux fûts emmêlés ou non se touchent» qui<br />

sont disposés en touffes ou dispersés tels que les grenadiers, les figuiers<br />

et certains dattiers, à savoir que «la même eau les arrose. Il y a<br />

des fruits plus savoureux les uns que les autres» On y trouve toute une variété<br />

de plantes dont les fruits ont des couleurs, des saveurs, des<br />

odeurs et des formes différentes les unes des autres. Tout cela on ne<br />

570


peut jamais le limiter ou le restreindre à quelques espèces. «Ne sont-ce<br />

pas là des signes par qui réfléchit?».<br />

wa ’in ta ‘jab fa‘ajabun qawluhum ’a’id â kunnâ turâban ’a’innâ lafî<br />

halqin jadîdin ’û la ’ika-l-ladîna kafarû bi rabbihim wa ’û la ’ika-l-’aglâlu<br />

fT’a‘nâqihim wa ’û la’ika ’ashâbu-n-nâri hum fîhâ hâlidûna (5).<br />

Si quelque chose est étonnant, c’est bien les propos de certains:<br />

«Comment, disent-ils, c’est au moment même que nous tombons en poussière<br />

que nous recommençons une nouvelle vie?». Ceux-là renient leur Maître.<br />

Ils auront le cou dans un carcan et le feu sera leur demeure<br />

éternelle (5).<br />

Dieu s’adresse à Son Prophète - qu’AHah le bénisse et le salue<br />

«O Mouhammad, si tu t’étonnes du reniement du jour de rassemblement<br />

que déclarent ces polythéistes malgré tous les signes que nous<br />

leur avons présentés et les preuves évidentes d’autant plus que toutes<br />

les choses ont été créées de rien au commencement, et malgré tout ils<br />

ne croient plus que Dieu pourra, au moment propice, créer un autre<br />

monde. Ils s’exclament: «Comment, c’est au moment même que nous tombons<br />

en poussière que nous recommençons une nouvelle vie?» Ne savent-ils<br />

pas que la création des deux et de la terre est quelque chose de plus<br />

grand que la création des hommes? Ne pensent-ils pas que Celui qui<br />

a créé les hommes, le recommencement de leur création Lui sera plus<br />

facile.. Dieu n’a-t-ll pas dit: «Ne voient-ils pas qu’Allah qui a créé sans la<br />

moindre peine le ciel et la terre est à plus forte raison capable de ressusciter<br />

les morts? Il est tout-Puissant» [Coran XLVI, 33].<br />

Puis II montre la triste fin des incrédules en disant: «Ceux là renient<br />

leur Maître. Ils auront le cou dans un carcan» par lequel ils seront<br />

trainés et précipités dans le Feu où ils demeureront éternellement.<br />

571


wa yasta‘jilûnaka bi-s-sayyi’ati qabla-l-hasanati waqad halat min qablihimu-l-mutulâtu<br />

wa ’inna rabbaka ladû magfîrati-l-li-n-nâsi ‘alâ zulmihim<br />

wa ’inna rabbaka lasadîdu-l-‘iqâbi (6).<br />

Ils te presseront de manifester le mal plutôt que le bien. Ce n’est pas<br />

que les exemples aient manqué jusqu’ici. Mais ton Allah est un Allah de miséricorde,<br />

malgré la perversité des hommes. Il est également terrible dans<br />

la répression. (6).<br />

Les rénégats demandent de hâter le malheur avant le bienfait,<br />

comme Dieu en a parlé dans d’autres versets quand II dit: «On interroge:<br />

«A qui est destiné le châtiment annoncé?» [Coran LXX, I] . Et en<br />

parlant de l’Heure suprême II dit: «Les incrédules sont impatients de la<br />

voir venir» [Coran XLII, 18], Les impies disent aussi: «Seigneur, avance<br />

notre châtiment sans attendre le jour de la résurrection» [Coran XXXVIII,<br />

16].<br />

Pousses par leur obstination et leur reniement, les mécréants demandent<br />

de hâter la venue du châtiment et pourtant des événements<br />

semblables se sont produits avant eux lorsque Dieu avait anéanti des<br />

peuples passés à cause de leur impiété pour être des exemples aux<br />

autres.<br />

Mais Dieu accorde aux hommes un délai afin qu’ils s’amendent et<br />

croient car «Si Allah punissait les hommes suivant leurs œuvres, il n’y aurait<br />

plus sur terre âme qui vive. Il se contente de les ajourner au terme<br />

qu’il a fixé» [Coran XXXV, 45]. Mais II est le Maître du pardon pour les<br />

hommes malgré leur injustice, qui pèchent jour et nuit. Et n’oublions<br />

pas qu’il est «terrible dans la répression». Tout ceci est confirmé égalemnt<br />

par ce verset: «S’ils t’accusent de mensonge, dis: Votre Seigneur est<br />

toute miséricorde. Mais nul ne saurait arracher les coupables à son châtiment»<br />

[Coran VI, 147].<br />

On trouve dans le Coran tant de versets où Dieu a joint la crainte<br />

à l’espérance et la clémence au châtiment. Sa'id Ben Al-Moussaiba a<br />

572


dit: «Lorsque ce verset fut descendu «Mais ton Allah est un Allah de miséricorde,<br />

malgré la perversité des hommes», PEnvoyé de Dieu - qu’Allah<br />

le bénisse et le salue - a commenté: «S’il n ’y avait pas la clémence et le<br />

pardon de Dieu, nul n ’aurait goûté le plaisir de la vie. Et par contre, s ’il<br />

n ’y avait pas les menaces et le châtiment, tout individu se serait fié à Dieu»<br />

(Rapportépar lbn Abi Hatem)(1).<br />

wa yaqûlu-l-ladîna kafarû lawla ’unzila ‘alayhi ’a yatum-mir-rabbihT ’innama<br />

’anta mundirun wa likulli qawmin hâdin (7).<br />

Les incrédules disent: «Que ne peut-il montrer un miracle de son Seigneur?».<br />

fis ignorent que ton rôle se borne à avertir. Chaque peuple a son<br />

guide (70.<br />

Les idolâtres par obstination et impiété disent comme ceux des<br />

peuples passés: «Pourquoi n’a-t-on pas fait descendre sur lui un signe<br />

de la part de son Seigneur Gomme les Prophètes qui lui ont précédé?»<br />

Même ils l’ont défié en lui demandant de transformer le mont As-Safa<br />

en une masse d’or, ou de déplacer les montagnes et de rendre le désert<br />

en jardins arrosés de ruisseaux. Dieu leur répondit dans un autre<br />

verset: «Si nous ne faisons plus de miracles, c’est que les générations passées<br />

n’y ont pas cru» [Coran XVII, 59].<br />

Puis Dieu définit la tâche de Son Prophète: «Ils ignorent que ton<br />

rôle se borne à avertir» et à divulgueur dont tu es chargé car tu n’as<br />

pas pour mission de diriger les hommes, c’est Dieu qui dirige qui II<br />

veut.<br />

«Chaque peuple a son guide» Cette partie du verset on l’a interprétée<br />

de plusieurs façons:<br />

(1) c ~ ljj L«J :Jli 1_... o-ll ¿jj JUj*—<br />

J ‘•ë|£ J J U<br />

573


- D’après Ibn Abbas: Toi Mouhammad tu n’es qu’un avertisseur et<br />

Je (Dieu) suis le guide des peuples.<br />

- Selon ‘Ikrima: Mouhammad - qu’Allah le bénisse et le salue - est<br />

le guide du peuple.<br />

- Malek, quand à lui, précise que chaque peuple a un guide qui<br />

l’appelle à Dieu à Lui la puissane et la gloire.<br />

O ^ ) j^===ü\ M<br />

’Al-Lâhu ya‘lamu mâ tahmilu kullu ’untâ wamâ tagîdu-l-’arhâmu wamâ<br />

tazdâdu wa kullu say’in ‘indahû bimiqdârin (8) ‘âlimu-l-gaybi wa-s-sahâahâdati-l-kabîru-l-Muta‘âli<br />

(9).<br />

Allah sait ce qu’il y a dans le sein de chaque femelle. Comme II sait<br />

quand la matrice se contracte ou se dilate. Car II sait la mesure de toute<br />

chose (8) Il perçoit l’inyisible et le visible. Il est le Grand, l’infini (9).<br />

La science de Dieu embrasse tout et rien ne Lui est caché. Même<br />

Il sait ce que porte chaque femelle: un garçon ou une fille, beau ou<br />

laid, heureux ou malheureux, qui jouit d’une longévité ou d’une courte<br />

durée de vie. Ce verset ressemble à celui-ci: «Car II vous connaît mieux<br />

que quiconque, Lui qui vous a tirés de la terre et qui vous distingue à peine<br />

conçus dans le sein de vos mères» [Coran LIII, 32]. II a dit aussi: «Il vous<br />

crée, aux ventres de vos mères, création par création, dans trois ténèbres»<br />

[Coran XXXLX, 6] C’est à dire étape par étape. Comme II le montre<br />

dans ce verset: «Nous avons extrait l’homme de l’essence de la terre, nous<br />

en avons fait ensuite une goutte de sperme déposée dans un organe bien<br />

protégé» [Coran XXIII, 12-13].<br />

A ce propos Ibn Mass'oud rapporte que l’Envoyè de Dieu - qu’AIlah<br />

le bénisse et le salue - a dit: «Chacun de vous demeure dans le ventre<br />

de Sa mère quarante jours une goutte de sperme, puis un caillot de sang<br />

pendant une durée égale, puis un morceau de chair (comme une bouchée)<br />

pendant une période d ’une durée équivalente. Ensuite Dieu envoie un ange<br />

ordonné d ’écrire quatre mots (concernant le fœtus): sa part des biens du<br />

574


as monde, la durée de sa vie, ses œuvres et sa destinée heureuse ou malheureuse».<br />

Suivant une variante: « L ’ange demande: «Seigneur, sera-t-il un<br />

mâle ou une femelle, heureux ou malheureux, quelle sera sa part des biens<br />

du bas monde, et la durée de la vie. Dieu dicte et l ’ange écrit» (Rapporté<br />

par Boukhari et Mouslim)111.<br />

«Allah sait ce qu’il y a dans le sein de chaque femelle. Comme II sait<br />

quand la matrice se contracte ou se dilate». Ibn ‘Omar rapporte que l’Envoyé<br />

de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: «Les clés du mystère<br />

sont au nombre de cinq que Dieu seul les connaît: ce qu’il y aura lieu<br />

le lendemain, ce que contient les seins des mères, la descente de l’ondée, en<br />

quelle terre une âme mourra et la survenue de l’Heure Suprême» (Rapporté<br />

par Boukhari),2!.<br />

En commentant le verset, Ibn bbas a dit: «Il s’agit d’abord de<br />

l’avortor) qui ne complète pas la durée normale dans le ventre de Sa<br />

mère, puis l’enfant qui nait à l’expiration de neuf mois, ensuite celui qui<br />

reste presque dix mois. Ou bien encore celui qui nait-normalementavant<br />

ou après neuf mois. Tout cela dépend de la science et de la volonté<br />

de Dieu.<br />

Ad-Dahak a rapporté qu’il est resté deux ans dans le sein de sa<br />

mère et quand elle l’a enfanté une de ses incisives avait déjà poussé.<br />

D’autres tels que Qatada, Al-Hassan Al-Basri, Moujahed, ont dit<br />

que tant que la femme ne «saigne» pas et que le sang n’emporte pas<br />

pas le fœtus, celui-ci complète sa période normale de création.<br />

( 1 ) ¿ f a < y ^ “¿1* à y * J j l * t j l ï ¿ j l ¿¡S- ^<br />

4j)\ |*-î CkiJJi 4jLLp û y j j l 4>*l<br />

c( ( iL&j s * i j j >—■•»‘nj oL«JS' xjjL jAJj* IxL.<br />

.¿il L i ^1 fi ¿JUUJI J j - î - i s<br />

(2) ^g 1^ wj V .(J^ 4jul < J ûl<br />

( j j l j p~l*j V j t


Maqhoul, quant à lui, a dit: «le fœtus dans le ventre de sa mère<br />

n’éprouve ni tristesse ni angoisse. Il reçoit sa nourriture du sang de sa<br />

mère, c’est à dire celui de ses menstruations, à savoir que la femme<br />

enceinte n’a pas ses menstrues. Une fois né, le fœtus vagit en rencontrant<br />

un autre monde autre que le sein de sa mère. Lorsqu’on lui<br />

coupe le cordon ombilical, il se nourrit des seins de sa mère afin qu’il<br />

ne commence à se soucier de sa nourriture. Ensuite il commence à<br />

chercher lui-même sa nourriture. A l’âge adulte, il s’écrie: Je dois mourir<br />

ou bien je dois tuer d’où pourrai-je me procurer de la nourriture?.<br />

«Car II sait la mesure de toute chose» en d’autres termes: chaque<br />

chose a été mesurée auprès de Lui, saagit-il du terme de la vie ou des<br />

biens accordés à Ses serviteurs. A cet égard il est rapporté dans le<br />

Sahih qu’une des filles du Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - le<br />

mit au courant que son fils est agonisant et demanda à son père de<br />

venir le voir. Il lui envoya dire: «Tout ce que Dieu donne ou prend Lui appartient.<br />

Toute chose a un terme. Dis-lui de se résigner et d ’espérer avec<br />

fo i sa récompense».<br />

«Il perçoit l’invisible et le visible» Il connaît toutes les choses apparentes<br />

que les hommes puissent voir, et celles cachées et invisibles.<br />

«Il est le Grand» le plus grand de tout «l’infini» ou le Très-Haut qui est<br />

au-dessus-de tout. Sa science embrasse tout et toutes les créatures<br />

Lui sont soumises bon gré mal gré.<br />

sawâA’um-minkum man ’asarra-l-qawla wa man jahara bihî wa man huwa<br />

mustahfïm bi-l-layli wa sâribum bi-n-nahâri (10) lahu mu‘aqqibâtum<br />

mim-bayni yadayhi wa min halfïhî yahfazunahû min ’amri-L-Lâhi ’inna-<br />

L-Lâha lâ yugayyiru mâ bi qawmin hattâ yugayyirû mâ bi ’anfusihim wa<br />

’idâA ’arâda-L-Lâhu bi qawmin su ’an falâ maradda lâhû wamâ lahum<br />

min dûnihî min wâlin (11).<br />

576


Il ne distingue pas entre vous, entre celui qui dissimule sa pensée et celui<br />

qui la dévoile, entre celui qui se cache dans l’ombre et celui qui se montre<br />

en pleine lumière (10) Auprès de chacun de nous, devant et derrière, des<br />

anges se relèvent. Ils veillent sur nous par ordre d’Allah. Allah ne modifie<br />

l’état d’un peuple en bien ou en mal qu’autant que ses sujets se sont transformés<br />

eux-mêmes. Quand II désire punir un peuple, rien ne l’arrête. Et il<br />

n’y a pas de secours en dehors de Lui (11).<br />

Dieu certes connaît les actions de tous les hommes comme II<br />

connaît leurs pensées. Il le confirme aussi quand II dit: «Peu importe<br />

que tu élèves la voix. Il perce tous les secrets et découvre tout ce qu’on lui<br />

cache» [Coran XX, 7] et aussi: «... qui sait ce qu’eux-mêmes dissimulent<br />

ou ce qu’ils laissent voir» [Coran XXVII, 25].<br />

«Celui qui se cache dans l’ombre» c'est à dire celui qui se trouve<br />

chez lui alors qu’il fait nuit «et celui qui se montre en pleine lumière» en<br />

marchant jet se montrant au grand jour. Tous les deux sont égaux devant<br />

Lui, Il les connaît parfaitement sans aucune distinction.<br />

«Auprès de chacun de nous, devant et derrière, des anges se relèvent»<br />

Pour chaque individu il y a des anges, qui se succèdent les uns aux<br />

autres, qui veillent sur lui, jour et nuit, le gardent des malheurs et des<br />

catastrophes, d’autres les scribes qui inscrivent toutes ses œuvres les<br />

bonnes et les mauvaises jour et nuit: celui de la droite inscrit les bonnes<br />

actions et celui de la gauche chargé des mauvaises, deux autres<br />

qui veillent sur lui l’un devant lui et l’autre derrière. Il est donc entouré<br />

par quatre anges pendant le jour et quatre autres la nuit: deux gardiens<br />

et deux scribes.<br />

On a rapporté que l ’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue -<br />

a dit: «(Des anges) vous accompagnent là où que vous soyez et ne se<br />

séparent de vous que lorsque vous satisfaisez un besoin naturel et vous<br />

cohabitez avec vos femmes. Donc ayez honte d ’eux et honorez-les».<br />

Ibn Abbas a commenté: Ces anges ne quittent l’homme que<br />

lorsque l’ordre de Dieu survient qui consiste à recueillir son âme.<br />

Quant à Moujahed, il a dit: Un ange est toujours attaché aux pas de<br />

l’homme, il veille sur lui à l’état d’éveil ou de sommeil contre la nuisance<br />

des génies, humains et bêtes. Tout ce qu’il pourrait l’atteindre et<br />

que l’homme redoutait, l’ange lui dirait: Je suis derrière toi ne crains<br />

rien, à moins que ce ne soit une chose que Dieu lui a destinée.<br />

577


Abdullah Ben Mass'oud rapporte que VEnvoyé de Dieu - qu’Allah le<br />

bénisse et le salue - dit: «Chacun d’entre vous est accompagné par un<br />

génie et un ange. On lui demanda: «Et toi aussi ô Envoyé de Dieu?» -<br />

Moi aussi mais Dieu m’a accordé le pouvoir sur lui (le génie) et ne<br />

m’ordonne qu’à faire du bien» (Rapporté par Ahmed et M ouslim /11.<br />

«Ils veillent sur nous par ordre d’Allah» El Ka‘b Al-Ahbar de<br />

commenter: «Si on avait dévoilé au fils d’Adam les choses heureuses<br />

et les choses pénibles (avant leur survenue) il aurait tout vu et pris ses<br />

précautions. Si Dieu n’avait pas changé des anges de vous garder lors<br />

de vos heures de manger, de boire et de se dévêtir, vous auriez été<br />

saisis».<br />

Abou Mijliz raconte qu’un homme vint auprès de ‘Ali Ben Abi Taleb<br />

qui priait et lui dit: «Prends garde il y a des gens qui veulent te<br />

tuer». Il lui répondit: «Auprès de chaque homme se trouvent deux anges<br />

qui le gardent contre tout ce que pieu ne lui a pas prédestiné,<br />

mais si une chose décrétée devait être réalisée, ils le quittent. Le<br />

terme est une protection solide».<br />

On a rapporté qu’on a demandé à l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le<br />

bénisse et le salue -: «Ô Envoyé de Dieu, que penses-tu de l’exorcisme,<br />

peut-il repousser ce que Dieu a destiné?» Il répondit: «Même<br />

cet exorcismes est une chose que Dieu a décrétée».<br />

Ibn Abi Hatem raconte qu’on a révélé à l’un des Prophètes des fils<br />

d’Israël de dire à son peuple: Tous les habitants d’une cité même<br />

d’une maison qui obéissent aux ordres de Dieu et s’acquittent de leurs<br />

prescriptions religieuses et qu’ensuite ils changent leur conduite, Dieu<br />

change leur bonheur en malheur, ceci est confirmé par ce verset: «Allah<br />

ne modifie l’état d’un peuple en bien ou en mal qu’autant que ses sujets<br />

se sont transformés eux-mêmes».<br />

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Khoudry que l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - a dit:<br />

«A l’approche de l’Heure les foudres se multiplieront de sorte qu’un homme<br />

se rendra chez des gens et leur demandera: «Qui a été foudroyé la veille?».<br />

Ils lui répondront un tel, un tel et un tel».<br />

A propos de la révélation de ce verset on a raconté que l’Envoyé<br />

de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - avait chargé un homme d’aller<br />

mander un des tyrans arabes. L’homme se rendit chez ce tyran et<br />

lui dit: «L’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - te<br />

convoque» Il lui répondit: «Quel est cet envoyé de Dieu? Quel est ce<br />

Dieu? Est-il fait en or, argent ou cuivre?» L’émissaire retourna chez<br />

l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - et le mit au courant<br />

de la réponse du tyran en lui disant «O Envoyé de Dieu, je t’ai prévenu<br />

qu’il est très impétueux. Il m’a posé telle et telle question» - Retourne<br />

chez lui, s’écria le Prophète. L’homme retourna chez le tyran<br />

qui lui réitéra les mêmes propos. Et à-'la troisième fois, alors que<br />

l’émissaire s’entretenait avec le tyran, Dieu à Lui la puissance et la<br />

gloire envoya au-dessus de ce dernier un nuage qui gronda et une foudre<br />

s’abattit sur sa tête et enleva son crâne. Dieu alors fit cette révélation.<br />

X<br />

Moujahed raconta un récit analogue mais ajouta que ce tyran était<br />

un juif. Et Qatada a rapporté à son tour qu’il s’agit d’un homme qui a<br />

renié le Coran. En voici encore un autre récit: «Amer Ben Al-Toufaïl et<br />

Arbad Ben Rabi'a vinrent trouver l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse<br />

et le salue - et lui demandèrent de leur attribuer la moitié du pouvoir,<br />

mais il refusa. Alors Amer Ben Al-Toufaïl -que Dieu le maudisses’écria:<br />

«Par Dieu, j’enverrai contre toi des chevaux sans selles et des<br />

jeunes imberbes». Il lui répondit: «Dieu et les Médinois t’empêcheront».<br />

Puis ils eurent idée de battre l'Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse<br />

et le salue - à cet instant même, l’un d’eux se mit devant lui pour<br />

converser tandis que l’autre derrière lui en dégainant son sabre voulant<br />

le tuer. Dieu le préserva d’eux et le sauva. Ces deux hommes quittèrent<br />

Médine et se dirigèrent vers les autres tribus arabes pour sortir et<br />

combattre l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue -. Dieu<br />

alors lança une foudre contre Arbad et le calcina. Quant à Amer il fut<br />

atteint par la peste et une grande glande sortit de son cou. Il disait à<br />

ses concitoyens: «O Bani Amer, est-il possible d’avoir une glande<br />

580


comme celle d’un chameau et de mourir dans une maison qui appartient<br />

à une femme Saloulia?» Et les deux hommes trépassèrent ainsi.<br />

«Et malgré toutes ces manifestations de sa puissance, certains contestent<br />

Son existence». Ils doutent de la puissance et de la grandeur du<br />

Seigneur et il n’y a d’autre Dieu que Lui, alors qu’il est: «terrible dans la<br />

répression» et redoutable dans sa force. Il peut anéantir aisément quiconque<br />

se rebelle contre Lui et persiste dans son impiété. Ce verset<br />

est pareil aux dires de Dieu: «Us mirent à exécution leur dessein, mais Allah<br />

leur imposa le sien alors qu’ils ne s’y attendaient pas. Vois comment<br />

s’acheva leur projet. Nous les anéantîmes eux et leur peuple» [Coran<br />

XXVII, 50-51],<br />

lahû dà‘watu-l-haqqi wa-l-ladîna yad‘ûna min dûnihî lâ yastajîbûna lahum<br />

bi say’in ’illâ kabâsiti kaffayhi ’ilâ-l-ma’i liyabluga fâhu wamâ huwa<br />

bibâligihî wamâ du'a ’y-l-kâfirîna ’illâ fï dalâlin (14).<br />

C’est à Lui que doivent s’adresser les prières. Ceux qu’on prie en dehors<br />

de Lui n’accordent rien. S’adresser à eux, c’est ressembler à celui qui<br />

supplie l’eau de venir à sa bouche et à qui l’eau jamais n’obéit. C’est ainsi<br />

que se perdent dans le néant les prières des infidèles (14).<br />

La véritable prière ne s’adresse certes qu’à Dieu. Quant à ceux<br />

qui adorent d’autres divinités en dehors de Lui sont pareils à celui qui<br />

tend ses deux paumes vers l’eau pour qu’elle y parvienne, mais l’eau<br />

n’y parviendra jamais. Et Ali Ben Abi Taleb de commenter: Ils ressemblent<br />

à un homme qui, se trouvant auprès d’un puits, essaye de puiser<br />

de l’eau avec le creux de sa main alors que l’eau est aussi loin de sa<br />

main. Comment pourra-t-il l’avoir?<br />

Donc ceux qui prient un autre que Dieu ne seront jamais exaucés<br />

et ne tireront aucun profit dans les deux mondes, «c’est ainsi que se perdent<br />

dans le néant les prières des infidèles».<br />

581


wa li-L-Lâhi yasjudu man fî-s-samâwâti wa-l-’ardi taw‘an wa karhan wa<br />

zilâluhum bi-l-guduwwi wa-l-’âsâli (15).<br />

Tout ce qui palpite dans les deux et la terre glorifie Allah de gré ou<br />

de force. Jusqu’à leurs ombres qui s’inclinent matin et soir (15).<br />

Tout est soumis à la domination et au pouvoir de Dieu. Ceux qui<br />

sont dans les cieux comme ceux qui vivent sur la terre se prosternent<br />

devant Lui, ainsi que leurs ombres, qu’ils soient au matin ou au soir,<br />

de gré ou de force.<br />

qui ma-r-rabhu-s-samâwâti wa-l-’ardi quli-L-Lâhu qui ’afattahadtum min<br />

dunihT ’awliya’a lâ yamlikûna li ’anfusihim nafan walâ darran qui hal<br />

yastawi-l-’a‘mâ wa-l-basîru ’am hal tastawî-z-zulumâtu wa-n-nûru ’am<br />

ja‘alû li-L-Lâhi suraka’a halaqû kahalqihî fatasâbaha-1-halqu ‘alayhim<br />

quli-L-lâhu haliqu kulli say’in wa huwa-l-Wahidu-l-Qahhâru (16).<br />

Interroge: Quel est le Maître des cieux et de la terre? Réponds: Allah.<br />

Dis: Allez-vous choisir en dehors de Lui des maîtres qui ne pourront rien<br />

pour vous ni en bien ni en mal?. Dis: Peut-on confondre l’aveugle et celui<br />

qui voit, les ténèbres et la lumière? Les associés qu’ils ont donnés à Allah<br />

ont-ils créé un monde qui puisse être comparé à celui qu’il a créé, en sorte<br />

que, dans leur esprit, les deux créations n’en feraient qu’une? Réplique: Allah<br />

est le créateur de toutes choses. Il est l’Unique, le Dominateur (16).<br />

Il en est ceux qui reconnaissent que Dieu est le créateur des<br />

deux et de la terre, leur organisateur et leur gérant, et malgré tout, ils<br />

582


inventent d’autres divinités pour les adorer en dehors de Lui. Ces divinités<br />

ne détiennent ni pour elles-mêmes ni pour ceux qui les adorent n:<br />

profit ni dommage. Sont-ils égaux ceux qui adorent ces divinités et<br />

ceux qui n’adorent que Dieu seul? ces derniers ne sont-ils pas dirigés<br />

par une lumière provenant de leur Seigneur?. C’est pourquoi II a dit:<br />

«Peut-on confondre l’aveugle et celui qui voit, les ténèbres et la lumière?<br />

Les associés qu’ils ont donnés à Allah ont ils créé un monde qui puisse être<br />

comparé à celui qu’il a créé, en sorte que, dans leur esprit, les deux créations<br />

n’en feraient qu’une?» Ces idolâtres ont-ils pris des divnités qui rivalisent<br />

Dieu dans la création de sorte que cette création leur paraîtrait<br />

identique à celle de Dieu.<br />

Non ce n’est pas comme tel! Rien ne Lui est égal ni Lui ressemble.<br />

Il n’a ni rival, ni ministre, ni conseiller, ni enfant ni compagne.<br />

«Gloire à Allah, qu’il soit exalté. Il est au-dessus d’un tel blasphème» [Coran<br />

XVIIt/43]ll désavoue leur croyance, Lui, que personne n’intercédera<br />

auprès de Lui sans sa permission. Qu’ils sachent que «Tout ce qui existe<br />

dans les cieux et sur la terre est asservi au Miséricordieux» [Coran<br />

XIX, 93].<br />

Si toutes les créatures sont les serviteurs de Dieu, pourquoi donc<br />

certaines d’entre elles prennent pour maître des divinités en dehors de<br />

Lui sans preuve ni évidence? Est-il autre qu’une invention? Mais le décret<br />

condamnant les incrédules sera exécuté et Dieu n’opprime personne.<br />

’anzala mina-s-sama’i m a ’n fasâlat ’awdiyatum biqadrihâ fahtamala-ssaylu<br />

zabada-r-râbiyan wa mimmâ yûqidûna ‘alayhi fî-n-nâri-btigâ" ’a<br />

hilyatin ’aw matâ‘in zabadum mitluhû kadâlika yadribu-L-Lâhu-l-haqqa<br />

wa-l-bâtila fa’ammâ-z-zabadu fayadhabu jufa’an wa ’ammâ mâ yanfa‘un-nâsa<br />

fayamkutu fî-l-’ardi kadâlika yadribu-L-Lâhu-l-’amtâla (17).<br />

583


Il fait descendre l’eau du ciel. Les rivières courent, chacun avec son débit.<br />

A leur surface, de l’écume flotte et glisse. De même, les métaux qu’on<br />

coule au feu pour en tirer des bijoux ou des objets d’art dégagent une<br />

écume. C’est par une telle image qu’Allah oppose le vrai et le faux.<br />

L’écume est emportée, et ce qui est utile aux hommes demeure. C’est ainsi<br />

qu’Allah propose des exemples (17).<br />

Ce verset renferme deux exemples pour discerner le vrai du faux:<br />

le caractère durable et ferme du premier et la disparaition de l’autre.<br />

Dieu a dit: «Il fait descendre l’eau du ciel. Les rivières courent, chacune<br />

avec son débit» Donc cette eau de pluie coule dans les vallées à la<br />

mesure de leur capacité: l’une vaste et pronfonde reçoit une quantité<br />

plus grande que celle qui coule dans l’autre qui est étroite et peu profonde.<br />

Ceci est une allusion aux cœurs qui contiennent et saisissent la<br />

science proportionnellement à leur grandeur.<br />

«A leur surface, de l’écume flotte et glisse». L’inondation charrie une<br />

écume flottante. En voilà le premier exemple. «De même les métaux<br />

qu’on coule au feu pour en tirer des bijoux ou des objets d’art dégagent une<br />

écume» qui est le deuxième exemple. Il s’agit de tout métal fondu au<br />

feu pour en retirer des ornements ou d’ustensiles. Cette opération produit<br />

une écume semblable.<br />

Ainsi Dieu propose en paraboles le vrai et le faux, une fois les<br />

deux réunis: le faux disparait tout comme l’écume qui est emportée par<br />

l’eau ainsi elle s’en va en faisant fondre l’or ou l’argent. Donc l’écume<br />

ne sera d’aucune utilité et qui disparaitra et demeurera dans les deux<br />

côtés de la vallée ou sur les troncs des arbres ou bien encore le vent<br />

la desséchera. Ainsi l’écume produite par la fonte des métaux et ceuxci<br />

seuls demeureront: «et ce qui est utile aux hommes demeure. C’est ainsi<br />

qu’Allah propose des exemples» Et dans un autre verset II a dit: «Nous<br />

citons de tels exemples à l’usage des hommes. Mais seuls les hommes sensés<br />

les comprennent» [Coran XXIX, 43]. A ce propos un des anciens ulémas<br />

a dit: «Chaque fois que je lisais le Coran sans bien saisir le sens,<br />

je pleurais sur moi-même car Dieu a dit que seuls les hommes sensés<br />

les comprennent».<br />

Et Ibn Abbas de commenter: C’est un exemple que Dieu propose<br />

et les cœurs en conçoivent autant que leur foi ou leur doute. Aucune<br />

584


œuvre ne sera utile avec le doute, quant à la certitude elle profite les<br />

hommes. Le doute c’est l’écume et la certitude renferme tout ce qu’on<br />

pourrait avoir de bijoux ou d’ustensiles des métaux fondus.<br />

■ Pour confirmer ceci, Abou Moussa -que Dieu l’agrée- a rapporté<br />

que l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: La bonne<br />

voie et la science que Dieu m ’a envoyé pour les communiquer aux hommes,<br />

sont comparables à une pluie abondante qui arrose une terre. Certain terrain<br />

fertile a absorbé Veau et par la suite il y a eu du pâturage et des herbes<br />

en abondance. Certain autre était aride, qui a retenu l ’eau, et Dieu la<br />

fa it servir aux hommes afin qu’ils boivent, abreuvent leur troupeau et arrosent<br />

la plantation. Quant aux autres endroits, la terre était plate, elle ne retenait<br />

plus l ’eau et l ’herbe n ’a pas poussé. De même il y a différentes<br />

catégories d’hommes: ceux qui sont instruits dans la religion de Dieu et ont<br />

tiré profit de ce que Dieu m ’a envoyé pour le répandre, ils ont appris et enseigné<br />

leur science. D ’autres qui n ’ont pas daigné lever la tête et n ’ont<br />

point accepté la voie de Dieu qui m ’a chargé de la montrer» (Rapporté par<br />

Boukhari et Mouslim)111.<br />

V u 'l'<br />

li-l-ladîna-stajâbû lirabbihimu-l-husnâ wa-l-ladîna lam yastajîbû lahû law<br />

’anna lahum mâ fï-l-’ardi jam î'an wa m itlahû ma‘ahû laftadaw bihT<br />

(1) U Jt* 0l| :Jlî ¿I Jy*j ül ks- i S ^<br />

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585


’û la’ika lahum sïï’u-l-hisâbi wa ma’wâhum jahannamu wa bi’sa-l-mihâdu<br />

(18).<br />

A ceux qui se donnent à Allah, la félicité la plus pure. A ceux qui se<br />

refusent à Lui, quand bien même ils posséderaient tous les biens de la terre<br />

et une fois plus encore, pas de rachat.'L’heure du règlement du compte sera<br />

pour eux pleine d’angoisse. Leur châtiment sera le feu. Quel lit de douleur<br />

(18).<br />

Dieu montre la rétribution des bienheureux et des damnés. Les<br />

bienheureux qui ont répondu à l’appel de leur Seigneur en obtempérant<br />

à Ses ordres, suivi son Envoyé et ont déclaré véridiques les événements<br />

des temps passés et à venir, à ceux-là on accordera la plus<br />

belle récompense, comme Dieu le montre en disant: «Celui qui croira<br />

et aura pratiqué les bonnes œuvres recevra la plus belle récompense et trouvera<br />

toujours bon accueil auprès de Moi».[Coran XVIII, 88] et aussi ce<br />

verset: «Ceux qui font le bien recevront une belle récompense et même<br />

plus» [Coran X, 26].<br />

«A ceux qui se refusent à Lui» en Lui désobéissant «quand bien même<br />

ils posséderaient tous les biens de la terre» et s’ils l’offriraient, dans la<br />

vie future, pour se racheter contre leurs péchés, on ne l’accepterait<br />

plus, car Dieu au jour du jugement dernier n’accepterait d’eux ni<br />

compensation ni œuvres pies. Ceux-là, leur compte sera très mauvais,<br />

très strict et rigoureux, et auront la Géhenne comme refuge. Quel détestable<br />

lit de repos.<br />

’afamay-ya'lamu ’annama ’unzila ’ilayka mi-r-rabbika-l-haqqu kaman<br />

huwa ’a‘ma ’innamâ yatadakkaru ’ûlû-l-’albâbi (19).<br />

Peut-on comparer à un aveugle celui qui sait que les révélations de ton<br />

Seigneur représentent bien la vérité? Seuls les gens sensés profitent de la vérité<br />

(19).<br />

Ceux qui ont cru à la révélation qui est la vérité venue du Sei­<br />

586


gneur sans aucun doute et que les ordres et les interdictions divins<br />

sont une équité, et ceux qui sont aveulges ne pouvant trouver le chemin<br />

droit ou trouver leur bien et le concevoir, seraient-ils semblables?<br />

Jamais car «les élus du paradis ne sauraient être comparés aux damnés de<br />

l’enfer» [Coran LIX, 20] Les hommes doués d’intelligence sont seuls<br />

qui puissent en profiter de ces révélations et s’en conformer<br />

’al-ladîna yûfûna bi ‘ahdi-L-Lâhi walâ yanqudûna-l-mîtâqa (20) wa-l-lad<br />

ma yasilûna ma ’amara-L-Lâhu biKT ’ay-yusala wa yahsawna rabbahum<br />

wa yahafûna su’a-l-hisâbi (21) wa-l-lad îna sabarû-btiga’a wajhi rabbihim<br />

wa ’aqâmu-s-salâta wa ’anfaqû mimmâ razaqnâhum sirran wa ‘alâniyatan<br />

wa yadra’ûna bi-l-hasanati-s-sayyi’ata ’û la ’ika lahum ‘uqba-d-dâri<br />

(22) jannatu ‘adnin yadhulûnahâ wa man salaha min ’âbii’ihim wa<br />

’azwâjihim wa d urriyyâtihim wa-l-mala ’ikatu yadhulûna ‘alayhim min<br />

kulli bâbin (23) salâmun ‘alaykum bimâ sabartum fa ni‘ma ‘uqba-d-dâri<br />

(24).<br />

Les gens qui observent leurs engagements vis-à-vis d’Allah et ne violent<br />

pas la foi jurée (20) Les gens qui respectent les liens établis par Allah, qui<br />

craignent leur Maître et redoutent les conséquences de leur règlement de<br />

compte (21) Les gens qui patientent par respect de leur Seigneur, observent<br />

la prière, redonnent publiquement ou en secret les biens qu’ils tiennent de<br />

nous et qui répondent au mal par le bien. A ceux-là, le ciel (22) A eux, les<br />

jardins de l’Eden où ils entreront avec leurs pères, leurs épouses et leurs enfaiits<br />

qui ont été bons comme eux. Les anges accourront à leur rencontre<br />

587


de tous côtés (23) «Que le salut soit pour vous!» c’est le prix de votre patience.<br />

Quelle belle demeure que le ciel! (24).<br />

La belle demeure est réservée à ceux qui jouissent de ces qualités<br />

et auront rempli leurs obligations:<br />

- «qui observent leurs engagements vis-à-vis d’Allah» et qui ne sont<br />

pas comme les hypocrites qui manquent à leur engagement, qui sont<br />

de mauvaise foi quand ils disputent et qui trahissent le dépôt.<br />

- qui respectent les liens établis par Allah» comme le lien de parenté,<br />

qui leur font la charité ainsi qu’aux besogneux et aux misérables et<br />

font le bien.<br />

- «qui craignent leur Maître» en commettant quoi que ce soit<br />

comme œuvres, qui observent les enseignements de Dieu.<br />

- «et redoutent les conséquences de leur règlement de compte» pour<br />

cela ils n’agissent qu’avec rectitude.<br />

- «qui patientent par respect de leur Seigneur» en s’abstenant de<br />

commettre toutes les interdictions et recherchent constamment la Face<br />

de Dieu.<br />

- «qui observent la prière» en s’en acquittant à leurs momenst fixés<br />

et les accomplissant à la perfection tant aux inclinaisons qu’aux prosternations.<br />

- «qui redonnent publiquement ou en secret les biens qu’ils tiennent de<br />

Nous» c’est à dire qui dépensent pour ceux qui sont à leur charge tels<br />

que les épouses, les proches, les pauvres et les besogneux, font l’aumône<br />

secrète et publique de jour comme de nuit sans discrimination.<br />

-«qui répondent au mal par le bien» de sorte que lorsque quelqu’un<br />

leur nuit ils patientent et lui pardonnent en se conformant aux dires de<br />

Dieu: «Réponds au mal par le bien. Ton ennemi deviendrait bien vite ton<br />

meilleur soutien» [Coran XLI, 34].<br />

Ceux-là seront les bienheureux dans la vie future, dans la demeure<br />

de félicité les jardins de l’Eden pour l’éternité, avec les Prophètes,<br />

les Messagers et les martyrs.<br />

«Où ils entreront avec leurs pères, leurs épouses et leurs enfants qui<br />

588


ont été bons comme eux». Ils seront au Paradis avec les justes parmi<br />

les pères, les épouses, les enfants en complétude de leur joie, même<br />

ceux qui mériteront, parmi ces derniers, de degrés inférieurs, seront<br />

élevés aux plus grands par un effet de la grâce et de la bonté de Dieü<br />

sans que le rang des premiers soit abaissé. Dieu confirme cela en disant:<br />

«Nous réserverons le même sort qu’aux croyants, à leurs descendants<br />

qui auront suivi la foi» [Coran LII, 21].<br />

«Les anges accourront à leur rencontre de tous côtés. «Que le salut<br />

soit pour vous» C’est le prix de votre patience. Quelle belle demeure que le<br />

ciel» Ces anges entreront auprès de ceux-là par toutes les portes pour<br />

les saluer et les féliciter d’avoir obtenu la belle récompense, le rapprochement<br />

de Dieu et le séjour éternel dans la demeure de la félicité.<br />

A ce propos Abdullah Ben Amr Ben AI-‘As -que Dieu les agréerapporte<br />

que l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - a dit:<br />

«Savez-vous ceux qui entreront les premiers au Paradis parmi les<br />

créatures de Dieu?». On lui répondit: «Dieu et Son Envoyé sont les<br />

plus informés» Il poursuivit: «Ils seront les pauvres parmi les Mouhagériens<br />

qui montent la garde des points stratégiques, grâce à eux Dieu<br />

repousse les malheurs des autres et dont chacun d’eux meurt étant incapable<br />

de se pourvoir à son besoin. Dieu le Très Haut dira à ceux qui<br />

voudra de Ses anges: «Allez les voir et saluez-les.» Les anges répondront:<br />

«Nous les habitants des cieux et l’élite de Tes créatures nous<br />

ordonnes-Tu d’aller les visiter et les saluer?» Et Dieu de répliquer: «Ce<br />

sont Mes serviteurs qui M’adoraient sans rien M’associer, ils garadaient<br />

les frontières et les confins, défendaient les autres contre les<br />

malheurs et dont chacun meurt étant incapable de se pourvoir à son<br />

propre besoin».<br />

Les anges se rendront chez ces gens-là et entreront auprès d’eux<br />

par toutes les portes en leur disant: «Que le salut soit pour vous!» c’est<br />

le prix de votre patience. Quelle belle demeure que le ciel» (Rapporté par<br />

Ahmed).<br />

En voici une autre version de Abdullah Ben Amr: «Le Prophète -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: «La première troupe qui entrera au<br />

Paradis sera formée des pauvres Mouhagériens qui, grâce à leur mérite,<br />

tout malheur est repoussé, qui, une fois ordonnés, ils écoutent et obéissent<br />

589


et qui, si l’un d ’eux a besoin du gouverneur pour une certaine affaire, meurt<br />

sans le combler. Au jour de la résurrection, Dieu appellera le Paradis qui<br />

se présentera avec toutes sa parure et ses ornements. Dieu dira alors: «Où<br />

sont Mes serviteurs qui ont combattu dans Mon chemin, y ont souffert et y<br />

ont résisté? Entrez au Paradis sans compte à rendre ni un châtiment à subir»<br />

Les ange arriveront alors et diront: «Seigneur, nous glorifons Tes<br />

louanges nuit et jour et proclamons Ta sainteté! Qui sont ces gens-là que<br />

Tu as préférés à nous?» Le Seigneur à Lui la puissance et la gloire leur répondra:<br />

«Ce sont mes adorateurs qui ont combattu dans Mon chemin et y<br />

ont souffert» Les anges alors entreront auprès d’eux par toutes les portes<br />

en disant: «Que le salut soit pour vous!» C’est le prix de votre patience.<br />

Quelle belle demeure que le ciel» (Rapporté par Ahmed)*1*.<br />

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wa-l-ladîna yanqudûna ‘ahda-L-Lâhi mim-ba‘di mîtâqihi wa yaqta‘ûna<br />

ma ’amara-L-Lâhu biKT ’ay-yusala wa yufsidûna fî-l-’ardi ’ûla ’ika lahumu-l-la‘natu<br />

walahum su’u-d-dâri (25).<br />

Ceux qui transgressent les promesses qu’ils ont faites à Allah, qui brisent<br />

les biens noués par Allah, qui commettent le mal sur la terre, à ceuxlà<br />

la malédiction et la souffrance pour Pétemité»(25).<br />

Tels sont l’état des réprouvés, leurs caractères et leur triste fin qui<br />

sera tout à fait opposée à celle des croyants parce qu’ils agissaient au-<br />

(1)<br />

tJaÂi j*J üllal— C-iVS" üjj djplliîj tOjlSvül ç-y (^¿5<br />

\-pZijj fjfà Ï^JI ôLiil jf-Si ¿I ùlj<br />

jju ô»Ji gj 'j-iAU-j ^ (jW- J* ijW» ùî-ü' iS&r ¿J<br />

JJÜI ^;.«i ¿j**-* Loj '.C ijijijj ^J<br />

’-J-z-j "j* «-—»jJt yî ,j-* idJJ ^ JJLîj jLfJlj<br />

: v ’W ^ cy |» t .. le- Jji-Ji» Ijijîj t^JL —» ^ 1jJL»L>- ^ i J I<br />

590


trement dans le bas monde: Ils violaient le pacte de Dieu après avoir<br />

accepté son alliance et rompaient ce que Dieu a ordonné de maintenir.<br />

Il est rapporté dans un hadith authentifié que l'Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: «L ’hypocrite se caractérise par<br />

trois signes: quand il parle, il ment; quand il fa it une promesse, il ne la<br />

tient pas; et quand on lui confie une chose, il la trahit» (Rapporté par<br />

Boukhari)171.<br />

Les mécréants qui ont commis tous ces actes auront la malédiction<br />

de Dieu qui est la privation de Sa miséricorde, et auront la le plus<br />

mauvaise des demeures qui est la Géhenne.<br />

Abou AI-‘Alya a commenté: Ce sont six signes qui caractérisent<br />

les hypocrites qui apparaissent chez eux à la première occasion: Ils<br />

mentent/juand ils parlent, ils ne tiennent pas leurs promesses, ils. trahissent<br />

le dépôt, ils brisent l’alliance de Dieu après l’avoir engagée, ils<br />

rompent ce que Dieu a commandé de maintenir et ils corrompent la<br />

terre.<br />

‘Al-Lâhu yabsutu-r-rizqa limay-yasa ’u wa yaqdiru wa farihû bi-l-hayâtid-dunya<br />

wama-l-hayâtu-d-dunyâ fï-1 ’âhirati ’illâ matâ‘un (26).<br />

Allah prodigue ses bienfaits ou les ménage comme II l’entend. Les<br />

biens de ce monde séduisent certains. Mais comme ils représentent peu de<br />

chose à côté de ceux de la vie future (26).<br />

Etant le Dispensateur par excellence, Dieu accorde largement Ses<br />

bienfaits à certains et donne aux autres sur mesure, tout dépend de<br />

Sa volonté et Sa sagesse. Les incrédules se réjouissent lorsque Dieu<br />

leur dispense ses dons sans s’apercevoir que les biens du monde ne<br />

constituent qu’une épreuve et un ménage provisoire pour eux:<br />

(1) dOla- ÜJL) li—i-l?1-! Sf-J tilj tLui»- lil iL>yS (JiLuJt ÂjT»<br />

oljj<br />

591_


«Croient-ils que nous les comblons de richesses et d’enfants, uniquement<br />

pour leur être agréables? Ils se trompent» [Coran XXIII, 55 - 56]. Qu’ils<br />

sachent donc que la vie de ce monde est une jouissance éphémère et<br />

«c’est la yie future qu’ambitionnent les vrais croyants» [Coran IV, 77].<br />

Dieu les a avertis dans un autre verset: «Hélas! vous préférez la vie de<br />

ce monde, et cependant l’autre est meilleur et plus durable» [Coran<br />

LXXXVII, 15-17],<br />

Al-Moustawred le frère de Bani Fehr rapporte que l’Envoyé de<br />

Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: «Le bas monde par rapport<br />

à l’autre est comparable à ce que le doigt de l’un d’entre vous puisse apporter<br />

en le plongeant dans la mer» (Rapporté par Mouslim et Ahmedÿ1^.<br />

Dans un autre hadith rapporté par Mouslim, l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue -, ayant passé par un chevreau mort aux<br />

petites oreilles, a dit: «Par Dieu, ce ba^ monde est moins insignifiant<br />

aux regards de Dieu que ce chevreau lorsque son propriétaire l’a jeté».<br />

wa yaqûlu-l-lad îna kafarû lawlif ’unzila ‘alayhi ’ayatum mi-r-rabbihî<br />

qul”inna-L-Lâha yudillu may-yasa ’u wa yahdî ’ilayhi man ’anâba (27)<br />

’al-ladîna ’amanû wa tatma’innu qulûbuhum bidikri-L-Lâhi ’alâ bidikri-<br />

L-Lâhi tatma’innu-l-qûlûbu (28) ’al-ladîna ’am anû wa ‘amilû-s-sâlihâti<br />

tûbâ lahum wa husnu ma’âbin (29).<br />

Les incrédules objectent: «Que ne peut-il exciper d’un miracle de son<br />

maître». Réponds: Allah égare qui II veut et ramène à Lui ceux qui se repentent.<br />

(27) Ceux qui croient et ceux qui trouvent la paix de leur âme<br />

(1) l^jjJI L*9 4lll ijLi jQ» wJl Jli<br />

IL jL iïj l&ÇJ?jj L_> jji'.. U j»^JÜ>-l Vl ôjji-'yi<br />

.pJL-<br />

592


dans l’exaltation d’Allah. N’est-ce pas, en effet, en exaltant Allah qu’on<br />

trouve la paix?» (28) Ceux qui croient et pratiquent les bonnes oeuvres, à<br />

eux la félicité et une douce communion avec Allah (29).<br />

Les mécréants, en rebelles, objectent et répondent à l’appel de<br />

Mouhammad - qu’Allah le bénisse et le salue «Que ne peut-il exciper<br />

d’un miracle de son maître?» comme ils ont dit auparavant: «Qu’il nous<br />

fasse un miracle comme ses prédécesseurs» [Coran XXI, 5].<br />

Dieu, certes, est capable de le faire mais II ordonne à Son Prophète<br />

- qu’AHah le bénisse et le salue - de leur répondre: «Allah égare<br />

qui II veut et ramène à Lui ceux qui se repentent». Donc tant à la bonne<br />

direction qu’à l’égarement, l’un et l’autre ne dépendent pas du Prophète,<br />

mais c’est Dieu qui les produira car II a dit à propos de ces idolâtres:<br />

«Mais de quelle utilité peuvent être nos signes et nos avertissements<br />

pour ceiïx qui ne croient pas» [Coran X, 101]. Il a dit aussi: «Quand bien<br />

même nous leur enverrons des anges, quand bien même les morts leur parleraient,<br />

quand bien même nous ferions défiler devant eux toute la création,<br />

ils ne croiraient pas, si telle est la volonté d’Allah. La plupart d’entre eux<br />

sont ignorants» [Coran VI, 111], Pour cela II a dit qu’il égare qui II veut<br />

et dirige vers Lui ceux qui reviennent à Lui repentants.<br />

Quant à «ceux qui croient et ceux qui trouvent la paix de leur âme<br />

dans l’exaltation d’Allah» dont les cœurs s’apaisent au souvenir de<br />

Dieu, constatent que leurs cœurs se tranquillisent au souvenir de Dieu,<br />

en Le prenant pour Maître et Défenseur. «Ceux qui croient et pratiquent<br />

les bonnes œuvres, à eux la félicité et une douce communion avec Allah» à<br />

ceux-là Dieu accordera tout le bien et aussi la plus belle retraite dans<br />

le Paradis.<br />

Le terme arabe «Touba» qui signifie bonheur ou félicité, l’a interprété<br />

Chahr Ben Hawchab qu’il s’agit d’un arbre au Paradis dont ses<br />

branches pénètrent dans les demeures des élus. On a dit aussi que<br />

Dieu l'a planté de Sa propre main, qui était à l’origine une perle, et II<br />

lui ordonne de pousser et s’étendre là où II veut. De ses racines prennent<br />

source les fleuves du Paradis: du miel, du vin, d’eau et de lait.<br />

Anas -que Dieu l’agrée- rapporte que l’Envoyé de Dieu - qu’Allah<br />

le bénisse et le salue - en interprétant le verset: «sous d’éternels ombrages»<br />

[Coran LVI, 30] dit: «Au Paradis il y a un arbre qu’un cavalier mar-<br />

593


che sous son ombre cent ans sans toutefois pouvoir la franchir» (Rapporté<br />

par Boukhari)l9]<br />

kadâlika ’arsalnâka fî ’ummatin qad halat min qabliha ’umamu-I-litatlû<br />

‘alayhimu-l-ladî ’awhayna“ ’ilayka wa hum yakfurûna bi-r-Rahmâni qui<br />

huwa rabbî la ’ilâha ’illâ huwa ‘alayhi tawakkaltu wa ’ilayhi matâbi (30).<br />

Nous t’avons délégué à un peuple que d’autres ont précédé, pour que<br />

tu lui transmettes ce que nous t’avons révélé. Mais en vain. Ils nient le Miséricordieux.<br />

Dis: c’est mon Maître, il n’y a d’Allah que Lui. Je me confie<br />

à Lui et c’est à Lui que je ferai retour (300.<br />

Dieu s’adresse à Son Prophète: Comme nous t’avons envoyé à<br />

cette communauté «Pour que tu lui transmettes ce que nous t’avons révélé»<br />

et lui communiquer le message, ainsi nous avons envoyé d'autres<br />

prophètes à leurs peuples, mais ils les ont traités d’imposteurs et tu as<br />

dans ces Prophètes un exemple. Et comme nous avons sévi contre<br />

ces impies en leur faisant goûter notre vengeance et notre châtiment,<br />

que ta communauté prenne garde. Car: «des Prophètes ont été traités<br />

d’imposteurs avant toi. Ils supportèrent ces injures et furent même molestés<br />

jusqu’au jour où nous leur donnâmes assistance» [Coran VI, 34] et nous<br />

avons réservé la bonne fin à ceux qui ont suivi les Prophètes dans les<br />

deux mondes.<br />

«Us nient le Miséricordieux» en d’autre ternie, ces idolâtres vers qui<br />

tu es envoyé ô Mouhammad, sont incrédules à l’égard de Dieu et refusent<br />

de décrire le Seigneur comme étant le Miséricordieux et le Très<br />

Miséricordieux. Dans le traité d’armistice conclu avec les polythéistes<br />

(1) Al Jj* 4ll J Ù*'<br />

ÂjL. I4& ^3 *_f \ ^11<br />

594


le jour de Houdaybyah, le Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue -<br />

voulant écrire au début «Au nom de Dieu le Miséricordieux le Très Miséricordieux»<br />

ils objectèrent: «Nous ne savons plus ce que signifie le<br />

Miséricordieux le Très Miséricordieux».<br />

Réponds-leur ô Mouhammad: «C’est mon Maître-il n’y a d’Allah<br />

que Lui» vous les niez mais, quant à moi, je crois en Lui et je reconnais<br />

Sa déité. Il est mon Seigneur, je me confie à Lui dans toutes mes<br />

affaires et c’est vers Lui que sera le retour.<br />

wa law ’anna qur’ânan suyyirat bihi-1-jibâlu ’aw qutti‘at bihi-l-’ardu ’aw<br />

kullima bihi-l-mawtâ bal li-L-Lâhi-l-’amru jamî'an ’afalam yay’asi-l-lad<br />

îna ’a manu ’al-law yasa ’u-L-Lâhu lahadâ-n-nâsa jamû‘an walâ yazâlu-1-<br />

ladîna kafarû tusibuhum bima sana‘û qâri‘atun ’aw tahullu qarîbam-min<br />

dârihim hattâ ya’tiya wa‘du-L-Lâhi ’inna-L-Lâha la yuhlifu-l-mi‘âda (31).<br />

Le Coran aurait beau soulever les montagnes, disloquer les continents<br />

et faire parier les morts, qu’ils ne croiraient pas! Car Allah est l’arbitré de<br />

tous les destins. Les croyants doutent-ils qu’Allah, s’il voulait, pourrait ramener<br />

à Lui l’Humanité toute entière. Comme punition, les fléaux ne cesseront<br />

d’atteindre les Incrédules ou d’éclater aux abords même de leurs<br />

maisons jusqu’au jour où les prédictions d’Allah se réaliseront. Allah n’est<br />

jamais absent au jour du règlement de compte. (31).<br />

Dieu présente le mérite du Coran qu’il a révélé à Son Prophète<br />

Mouhammad - qu’Allah le bénisse et le salue - et préféré à tous les Livres<br />

qui le précèdent.<br />

«Le Coran aurait beau soulever les montagnes» Si par le Coran les<br />

montagnes pouvaient être mises en marche «disloquer les continents»<br />

ou si la terre, par lui, pouvait être fendue, «et faire parler les morts» mê­<br />

595


me au fond de leurs tombes, ce Coran serait le Livre qui renfermerait<br />

toutes ces vertus en dehors de toutes les autres Ecritures. SI les humains<br />

et les génies s’unissaient pour produire un autre livre semblable<br />

à ce Coran, ou même une de ses sourates, ils en seraient incapables<br />

même s’ils s’aidaient mutuellement. Et malgré cela ces idolâtres et incrédules<br />

n’en croient pas.<br />

«Car Allah est l’arbitre de tous les destins» c’est à Lui qu’appartient<br />

tout le commandement, ce qu’il veut, il sera, et ce qu'il ne veut pas, il<br />

ne sera jamais.<br />

«Les croyants doutent-ils» et n’espèrent-ils pas «qu’Allah, s’il voulait,<br />

pourrait ramener à Lui l’Humanité toute entière» étant donné qu’il n’y a<br />

ni miracle ni argument plus évident que ce Coran que, si Dieu l’avait<br />

fait descendre sur une montagne tu aurais vu celle-ci s’humilier et se<br />

fendre sous l’effet de la crainte de Dieu. /<br />

Il est rapporté dans un hadith authentifié que l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: «Il n ’y a pas un Prophète sans qu’il<br />

ne soit appuyé (par un miracle) pour que les hommes en croient: Quant à<br />

moi, ce que j ’ai reçu, était une révélation de la part de Dieu, et j ’espère<br />

avoir le plus des suivants au jour de la résurrection».<br />

Quant à la circonstance de la révélation du verset précité on a raconté<br />

que les polythéistes avaient dit: «O Mouhammad! Si seulement<br />

les montagnes qui entourent La Mecque auraient été déplacées afin de<br />

pouvoir disposer plus de terrains pour semer, ou bien les distancés auraient<br />

été raccourcies comme Solomon (Souleïman) dont le vent lui<br />

était asservi, ou bien si tu peux ressusciter nos morts comme faisait<br />

Jésus?» Alors Dieu fit descendre ce verset: «Le Coran aurait beau soulever<br />

les montagnes...»<br />

«Comme punition, les fléaux ne cesseront d’atteindre les incrédules<br />

aux abords même de leurs maisons» à cause de leur reniement et leur<br />

mécroyance afin qu’ils puissent en tirer des leçons et enseignements.<br />

Ces fléaux on les a interprétés comme étant un châtiment venu du ciel<br />

ou la venue du Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - pour les<br />

combattre, ou une catastrophe.<br />

«Jusqu’au jour où les prédictions d’Allah se réaliseront» Il s ’agit,<br />

596


d’après certains, de la conquête de La Mecque, ou du jour de la résurrection<br />

comme a précisé Al-Hassan Al-Basri. Car Dieu ne manque jamais<br />

à Sa promesse. Il secourra son Prophète et les croyants dans les<br />

deux mondes. «Soyez persuadés qu’Allah réalisera les prédictions de ses<br />

Prophètes. Car Allah est puissant dans la répression» [Coran XIV, 47],<br />

walaqadi-stuhzi’a bi rusulim min qablika fa’amlaytu li-l-ladîna kafarû t<br />

umma ’ahadtuhum fakayfa kâna ‘iqâbi (32).<br />

Avant toi, d’autres Prophètes ont été tournés en dérision. J’ai comblé<br />

les Infidèles, puis Je les ai châtiés par un châtiment terrible (32).<br />

Dieu réconforte son Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - en<br />

lui racontant que les autres Prophètes qui lui ont précédé ont été en<br />

butte aux railleries de leurs peuples. Il a accordé un répit aux mécroyants<br />

ensuite II les a saisis en leur infligeant Son châtiment. Il affirme<br />

cette vengeance en disant: «Que de cités J’ai favorisées malgré<br />

leurs fautes. Puis J’ai sévi. Tout aboutit à Moi» [Coran XXII, 48].<br />

Dans les deux Sahihs, il est rapporté que PEnvoyé de Dieu - qu’Allah<br />

le bénisse et le salue - a dit: «Dieu accorde un répit à l’injuste. Mais<br />

quand II le saisit, Il ne lâche pas. Puis il récita: «Voilà de quelle manière<br />

Allah punit les cités corrompues. Il leur envoie un châtiment terrible et douloureux»<br />

(Rapporté par Boukhari et Mouslim)^11.<br />

(1) «eut < J j jt-î (|4iLaj oJUI |jl 4Ï)l ùls<br />

597


’afaman huwa qa ’imun ‘alâ kulli nafsim-bima kasabat wa ja'alû li-L-Lâhi<br />

suraka’a qui sammûhum ’am tunabbi’unahû bimâ lâ yaiamu fï-l-’ardi<br />

’am bi zâhirim mina-l-qawli bal zuyyina li-l-Iadîna kafarû makruhum wa<br />

suddû ‘ani-s-sabîli wa may-yudlili-L-Lâhu famâ lahû min hâdin (33).<br />

Comment, c’est à Celui qui lit dans toutes les âmes qu’ils osent donner<br />

des associés? Dis: qu’ils les nomment ces associés! Avez-vous la prétention<br />

de divulguer à Allah des choses qu’il ignore sur la terre ou bien prodiguezvous<br />

ce nom de divinités au hasard? La vérité, c’est que l’impiété de leur<br />

propagande ne leur a pas été démontrée et qu’ils ont pu détourner leurs<br />

semblables de la bonne voie. Celui qu’Allah égare ne saurait trouver aucun<br />

guide (33).<br />

Dieu avertit les idolâtres en leur disant: «Qui donc surveille<br />

chaque homme, se tient auprès de lui et qui est témoin de ce qu’il<br />

fait?» Une vérité que Dieu confirme dan^ plusieurs versets, on se limite<br />

à citer ces quelques uns:<br />

- «... (il n’est pas) d’actes que vous accomplissiez, que nous n’en soyons<br />

pas témoins au moment même» [Coran X, 61].<br />

- «Il ne distingue pas entre vous, entre celui qui dissimule sa pensée et<br />

celui qui la dévoile, entre celui qui se cache dans l’ombre et celui qui se<br />

montre en pleine lumière» [Coran XIII, 10].<br />

- «Il perce tous les secrets et découvre tout ce qu’on Lui cache» [Coran<br />

XX, 7],<br />

-«Il est avec vous où que vous soyez. Il voit toutes vos actions» [Coran<br />

LVII, 4],<br />

Ce Dieu, est-ll semblable aux statues que vous adorez, qui ne<br />

voient rien, n’observent rien, né comprennent rien, ne peuvent ni faire<br />

du mal ni être utiles et ne se défendent ni défendent leurs adorateurs?<br />

Et malgré tout «ils osent donner des associés à Dieu» Si vraiment ces divinités<br />

que vous avez inventées existent réellement et ont une certaine<br />

nature ou une personnalité, nommez-les! Ou bien avez-vous la prétention<br />

de divulguer à Allah des choses qu’il ignore sur la terre».Car si vraiment<br />

elles existaient II les aurait certainement connues, et rien ne<br />

Lui est caché. «Ou bien prodiguez-vous ce nom de divinités au hasard?»<br />

ou bien c’est une façon de parler, ou bien, comme ont dit Qatada et<br />

598


Ad-Dahak, c’est une erreur que vous suiviez en créant des statues<br />

pour les adorer qui n’ont aucun pouvoir, et: «Ces idoles ne sont que des<br />

noms que vous avez inventés vous et vos pères, qu’Allah n’a confirmées par<br />

aucune preuve» [Coran LIII, 23].<br />

«La vérité, c’est que l’impiété de leur propagande ne leur a pas été démontrée»<br />

Et Moujahed de commenter: on a enjolivé aux incrédules<br />

leurs ruses, ils sont égarés et appellent les autres à leur égarement<br />

jour et nuit. Dieu a montré cela en disant: «Nous leur avions donné<br />

comme compagnons des démons qui leurs faisaient apparaître plus beaux<br />

leurs actes» [Coran XLI, 25].<br />

«Celui qu’Allah égare ne saurait trouver aucun guide» Même si l’on<br />

désire que ces idolâtres soient guidés, Dieu ne dirige pas ceux qui<br />

s’égarent.<br />

lahum ‘adâbun fï-l-hayâti-d-dunyâ wa la‘adâbu-l-’âhirati ’asaqqu wamâ<br />

lahum mina-L-Lâhi min wâqin (34) matahi-l-jannati-l-latî wu‘ida-l-muttaqûna<br />

tajrî min tahtihâ-l-’anhâru ’ukuluhâ d a ’imun wa zilluhâ tilka ‘uqba-l-ladîna-t-taqaw<br />

wa ‘uqba-l-kâfirîna-n-nâru (35).<br />

Ils seront punis dans ce monde, ils le seront encore plus dans l’autre,<br />

et ils ne trouveront aucun intercesseur auprès d’Allah (34) Laissez-moi vous<br />

décrire le jardin promis à ceux qui craignent Allah: des eaux vives le parcourent;<br />

ses fruits se reproduisent sans cesse; l’ombre n’en est jamais chassée.<br />

Voilà la demeure qui accueillera les croyants. Pour les incrédules, ce<br />

sera la géhenne (35).<br />

Pour punir les mécréants et les polythéistes, Dieu leur inflige un<br />

châtiment dans le bas monde en donnant le pouvoir aux croyants sur<br />

eux et les châtiant par les mains de ces derniers soit en les tuant soit<br />

en le prenant comme prisonniers. En plus. Il leur réserve un supplice<br />

dans l’autre qui leur sera plus atroce et pénible que celui du bas<br />

599


monde. A cet égard, l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue<br />

- a dit aux deux personnes qui faisaient devant lui un anathème réciproque:<br />

«Le châtiment dans le bas monde est insignifiant par rapport<br />

à celui de l’au-delà.» Et quand il évoquait le Feu dans l’autre monde, il<br />

a dit: «Ce châtiment dans le bas monde a un terme quant à celui dans l’autre<br />

il est beaucoup plus douloureux, car le feu terrestre est une des soixante-dix<br />

parties du feu de la vie future». On ne peut jamais imaginer le<br />

châtiment de la vie future, sa vigueur et sa dureté, comme Dieu en<br />

parle dans ces versets: «Ce jour-là, aucune répression ne sera aussi dure<br />

que celle d’Allah. Aucunes chaînes aussi meurtrissantes que les siennes»<br />

[Coran LXXXIX, 25-26] et «Nous réservons l’enfer à ceux qui nient cette<br />

heure. En les apercevant de loin, l’enfer bouillonnera de colère» [Coran<br />

XXV, 11-12],<br />

Quant aux croyants et à ceux qui craignent Dieu, Il leur décrit le<br />

Paradis qui leur est réservé: «des eaux vives le parcourent» partout ils y<br />

trouveront des cours d’eau qui jailliront de toutes parts et même là où<br />

ils voudront les avoir en les faisant jaillir en abondance. Dieu le décrit<br />

aussi dans ce verset quand II dit: «Voici une description du Paradis qui<br />

est réservé aux croyants: des sources d’eau dont l’eau reste toujours pure le<br />

parcourent» [Coran XCLVII, 15].<br />

«Ses fruits se reproduisent sans cesse» Les croyants s’y délectent à<br />

ses fruits abondants non cueillis à l’avance ni interdits. A ce propos Ibn<br />

Abbas, en rapportant un hadith relatif à la prière de l’éclipse a dit que<br />

les fidèles demandèrent à l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le<br />

salue -: «O Envoyé de Dieu, on t’a vu prendre quelque chose de ta<br />

place où tu te trouvais, puis tu t’es reculé». Il répondit: «J’ai vu le Paradis-<br />

ou suivant une variante: On me l’a fait voir- et j ’ai voulu cueillir une<br />

de ses grappes, si je l ’avais prise elle vous aurait suffi tant que le bas<br />

monde existe» (Rapporté Par Boukhari et Mouslim)[I}.<br />

Zaid Ben Arqam raconte: «Un homme des gens du Livre a dit à<br />

c-oj! jî _ C—¡îj :JU» iSbjîj |*j üjk ¿JUIL« cJjL j<br />

«Liait t" _ L* 4JL>*<br />

600


l’Envoyé de Dieu - qu’All^h le bénisse et le salue «O Abou-AI-Qassem,<br />

tu prétends que les habitants du Paradis mangent et boivent?». Il<br />

lui répondit: «Certes oui. Par celui qui tient l’âme de Mouhammad dans Sa<br />

main, l’un de ses habitants aura la.force de cent hommes quant à la nourriture,<br />

la boisson et le désir sexuel». L’homme lui demanda: «Mais celui qu<br />

mange et boit devra satisfaire son besoin naturel, alors qu’au Paradis<br />

de telles souillures n’existeront plus?» Il répliqua: «Le besoin naturel de<br />

l ’un d ’entre eux sera satisfait comme une transpiration qui sortira de sa<br />

peau pareille à l’odeur du musc, et alors son ventre en sera débarrassé»<br />

(Rapporté par Ahmed et Nassai')111.<br />

Dieu en a parlé dans d’autres versets et dit: «Les fruits seront en<br />

abondance, mûrs en toute saison. Leur cueillette sera toujours permises»<br />

[Coran LVI, 32-33]: «Des ombrs épaisses les couvriront et des fruits s’offriront<br />

d’eux-mêmes à leurs mains» [Coran LXXVI, 14]. Si Dieu avait joint la<br />

description du Paradis à celle de l’Enfer, c’est dans le but d’exhorter<br />

les hommeé à ambitionner le premier et s’éloigner de l’autre, en terminant<br />

le verset par le sort des croyants et celui des impies: «Voilà la demeure<br />

qui accueillera les croyants. Pour les incrédules, ce sera la<br />

Géhenne».<br />

à* '¿Q'i


Lâha wala ’usriku bihT ’ilayhi ’ad‘û wa ’ilayhi ma’âbi (36) wa kadâlika<br />

’anzalnâhu hukman ‘arabiyyan wa la’ini-t-taba‘ta ’ahwa ’ahum ba‘da mâ<br />

j a ’aka mina-l-‘ilmi mâlaka mina-L-Lâhi min waliyyin walâ wâqin (37).<br />

Les gens l’Ecriture ont accueilli avec joie ce qui t’a été révélé. Mais,<br />

parmi les tribus, il y en a qui rejettent une partie du Livre. Dis: j’ai l’ordre<br />

de n’adorer qu’Allah et de ne Lui associer quiconque. C’est à le servir que<br />

j’appelle les hommes et c’est à Lui que je retournerai (36) Nous avons révélé<br />

un code en langue arabe. Si tu cédais à leurs tentations, après l’initiation<br />

que tu as reçue, tu ne trouverais plus ni soutien ni intercesseur auprès<br />

d’Allah (37).<br />

Parmi les gens du Livre, il y en a ceux qui, en entendant les versets<br />

révélés à Mouhammad - qu’Allah le bénisse et le salue - s’en réjouissent<br />

car ils ne sont que des confirmations des enseignements qui<br />

se trouvent dans leur Ecriture, en s’écriant: «Gloire à Allah. Voici que<br />

les prédictions de notre Seigneur sont réalisées» [Coran XVII, 108].<br />

Par contre, il en est des gens du Livre, les juifs et les chrétiens,<br />

«qui rejettent une partie du Livre» et de la vérité. A ceux-là Dieu ordonne<br />

à Son Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - de répondre:<br />

«J’ai l’ordre de n’adorer qu’Allah et de ne Lui associer quiconque» tout<br />

comme les autres Prophètes qui m’ont précédé. «C’est à Le servir que<br />

j’appelle les hommes et c’est à Lui que je retournerai». Telle est ma mission<br />

et mon sort.<br />

«Nous avons révélé un code en langue arabe». C’est à dire: comme<br />

nous avons envoyé d’autres Prophètes dont certain d’entre eux furent<br />

chargés de communiquer une Ecriture, ainsi nous t’avons révélé un Livre<br />

en langue arabe qui contient des enseignements clairs et précis.<br />

«Il est exempt de toute espèce d’erreur aussi bien en ce qui concerne le<br />

passé que l’avenir. Il émane du sage et du Sublime» [Coran XLI, 42]. Nous<br />

t’avons honoré, ô Mouhammed, par la révélation de ce Coran dont<br />

nous avons préféré a toutes les autres Ecritures.<br />

«Si tu cédais à leurs tentations» en suivant leurs désirs après que la<br />

science t’est parvenue «tu ne trouverais plus ni soutien ni intercesseur auprès<br />

d’Allah». On peut en conclure que ce verset est aussi un avertissement<br />

aux savants de suivre les gens égarés et aux ulémas après<br />

602


avoir été initiés à la sunna du Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue<br />

-.<br />

walaqad ’arsalnâ rusulan min qablika wa ja‘alnâ lahum ’azwâjan wa durriyyatan<br />

wamâ kâna lirasûlin ’ay-ya’tiya bi’ayatin ’illâ bi ’idni-L-Lâhi likulli<br />

’ajalin kitâbun (38) yamhu-L-Lâhu mâ yasâA,u wa yutbitu wa<br />

‘indahû ’ummu-l-kitâbi (39).<br />

Avant toi nous avons envoyé sur terre des Prophètes que nous avons<br />

pourvus d’épouses et d’enfants. Mais nul Prophète n’a le pouvoir de faire<br />

des miracles sans l’autorisation d’Allah. Chaque époque a son Livre (38)<br />

Dieu abroge et maintient ce qu’il veut. Le germe du Livre est en Lui» (39).<br />

Comme nous t’avons chargé du Message ô Mouhammad et envoyé<br />

à toute l’humanité, ainsi nous avons envoyé avant toi des Prophètes<br />

parmi les mortels qui se nourrissaient comme les autres de<br />

différentes nourritures, se déplaçaient dans les marchés, avaient des<br />

rapports avec leurs compagnes pour engendrer les enfants et avaient<br />

une postérité. Il lui ordonne de leur dire: «Je ne suis qu’un mortel comme<br />

vous, à qui il a été révélé» [Coran XVIII, 110].<br />

Il est cité dans les deux Sahihs que l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le<br />

bénisse et le salue - a dit (en répondant à certains individus qui sont<br />

venus s’enquérir de ses pratiques cultuelles): «Quant à moi, je jeûne et<br />

je romps le jeûne, je fais une prière nocturne et je m ’endors, je mange de la<br />

viande et j ’épouse les femmes. Quiconque se détourne de ma sunna n ’est<br />

plus des miens» (Rapporté par Boukhari et Mouslim)[I1.<br />

«Mais nul Prophète n’a le pouvoir de faire des miracles sans l’autori-<br />

603


sation d’Allah». Donc aucun Prophète n’avait le pouvoir d’apporter à<br />

son peuple un Signe ou de faire un miracle sans la permission de Dieu<br />

qui décrète et fait ce qu’il veut.<br />

«Chaque époque a son Livre» En d’autre terme, chaque chose (ou<br />

même chaque communauté) à un terme prescrit. Dieu le confirme aussi<br />

dans ce verset: «Allah -l’ignores-tu-sait tout ce qui passe dans les deux<br />

et sur la terre. Il le consigne dans le Livre. C’est là une tâche facile pour<br />

lui» [Coran XXII, 70].<br />

Ad-Dahak de commenter: «Un Livre est envoyé pour chaque<br />

époque bien déterminée». C’est pour cela et à l’expiration de cette période<br />

«Allah abroge et maintient ce qu’il veut» Mais, après la révélation<br />

du Coran, tous les Livres ont été abrogés».<br />

Ce verset a suscité une controverse dans les opinions quant à son<br />

interprétation:<br />

- Ibn Abbas a dit: Dieu abroge tout ce qu’il veut excepté la mort, la<br />

vie, le bonheur et le malheur qu’il avait déjà prédestinés.<br />

- Mansour rapporte: J’ai demandé à Moujahed: «Que penses-tu si<br />

l’un d’entre nous formule cette invocation: «Mon Dieu, si mon nom figure<br />

parmi les heureux maintiens-le, et s’il est parmi les malheureux<br />

efface-le et fais qu’il soit parmi les heureux?» Il répondit: «C’est très<br />

bien». Après l’écoulement d’un an je le rencontrai et lui posai la même<br />

question, il me récita d’abord ces deux versets: «Voilà le Livre de l’évidence,<br />

que nous avons envoyé aux hommes dans une nuit bénie» [Coran 2-<br />

3], et dit: «La veille de la nuit du destin, Dieu décrète ce qu’il y aura<br />

dans toute l’année à venir comme bienfaits ou péchés, puis II en<br />

avance et en retarde ce qu’il veut. Quant au Livre du bonheur et du<br />

malheur il est immuable et rien n’y sera changé».<br />

- AI‘A‘mach rapporte que Abou Wa'el invoquait souvent Dieu par<br />

ces mots: «Grand Dieu, si Tu nous a inscrits parmi les malheureux efface<br />

cela et fait que nous soyons heureux. Et si nous figurons sur la<br />

liste des heureux maintiens-y-nous. Car tu efffaces ou confirmes ce<br />

que Tu veux».<br />

- Abou Othman An-Nahdi rapporte que Omar Ben Al-Khattab faisait<br />

la circumambulation autour de la Maison en pleurant et disait:<br />

604


«Mon Dieu, si tu m’as décrété le malheur ou un péché quelconque, efface-le<br />

car Tu effaces ce que Tu veux ou le confirmes et la Mère du Livre<br />

se trouve auprès de Toi; et fais qu’il soit un bonheur et un<br />

pardon».<br />

On peut donc déduire de tous ces dires que Dieu efface comme II<br />

confirme ce qu’il veut. A cet égard l’imam Ahmed rapporte d’après<br />

Thawban que l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - a dit:<br />

«Dieu retient Ses biens à un homme qui vient de commettre un péché. Rien<br />

que les invocations ne puissent repousser le destin. Et la piété procure la<br />

longévité» (Rapporté par Ahmed, Nassaï et Ibn M a ja /1^.<br />

Dans un autre hadith, le Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue<br />

- a dit: «L ’invocation et le destin se disputent entre ciel et terre».<br />

Ibn Abbas a dit: «Il arrive qu’un homme suive les ordres de Dieu<br />

toute sa vtfe, puis il commet ce que Dieu a interdit et mourra ainsi<br />

égaré, voilà ce que Dieu puisse effacer s’il le veut. Par contre, il se<br />

peut qu’un homme toute sa vie durant désobéit à Dieu mais à la fin il<br />

ne commet que les bonnes actions, voilà ce que Dieu confirme et<br />

maintient».<br />

On a rapporté que lorsque ce verset fut révélé: «Chaque Prophète<br />

n’apporte de preuves qu’avec l’autorisation d’Allah» [Coran XL, 78] les incrédules<br />

Qoraïchites s’écrièrent: «Nous pensons que Mouhammad ne<br />

pourra rien une fois la mission accomplie». Dieu alors fit descendre<br />

«Allah abroge et maintient ce qu’il veut...» qu’on l’a interprété de la façon<br />

suivante: Si nous voulons nous lui susciterons ce que nous voudrons<br />

ainsi que dans chaque Ramadan». Dieu donc dans chaque nuit<br />

du destin, donne on refuse ce qu’il veut, décrète les malheurs et les afflictions<br />

et chacun aura sa part soit des bienfaits soit des fléaux.<br />

Quant à l’expression «Le germe du Livre» ou selon une autre interprétation<br />

«la Mère du Livre», il s’agit du licite et de l’illicite, ou le conte-<br />

¿iij ju^-î «ijj «j-Ji vi j+ jji y j Jbj,, Vj 4*u jji vi j j j j i zji y,<br />

0<br />

605


nu du Livre et son germe, d’après Qatada, ou enfin l’invocation comme<br />

a précisé Ibn Abbas.<br />

wa ’im-mâ nuriyannaka ba‘da-l-ladî na‘iduhum ’aw natawaffayannaka<br />

fa’innamâ ‘alayka-l-balâgu wa ‘alayna-l-hisâbu (40) ’awa lam yaraw<br />

’annâ na’tî-l-’arda nanqusuhâ min ’atrafihâ wa-L-Lâhu yahkumu lâ<br />

mu‘aqqiba lihuknihî wa huwa sarî*u-l-hisâbi (41).<br />

;<br />

Soit que nous te découvrons une partie du sort qui attend les hommes;<br />

soit que nous te rappelons, tu n’as pas d’autre attribut que de prêcher et<br />

c’est à nous seul qu’il appartient de demander des comptes (40) Leur<br />

échappe-t-il que nous réduisons certaines parties du globe? Allah est le seul<br />

juge. Ses arrêts sont sans appel. D est prompt dans la répression (41).<br />

Dieu s’adresse à Son Prophète: «O Mouhammad, soit que nous te<br />

montrions une partie de ce que nous avons préparé comme peine et<br />

supplice dans ce monde à tes ennemis les impies, soit que nous te<br />

fassions mourir avant cela, Tu n’as pour mission que de communiquer<br />

le message aux hommes «et c’est à nous seul qu’il appartient de demander<br />

des comptes». Nous les jugerons et nous les rétribuerons, un verset<br />

qui est pareil aux dires de Dieu: «C’est à nous qu’ils feront retour. Et<br />

c’est nous qui réglerons leurs comptes» [Coran LXXXVIII, 25-26].<br />

«Leur échappe-t-il que nous réduisons certaines parties du globe?» Et<br />

Ibn Abbas de commenter: «Les hommes ne voient-ils pas que nous<br />

permettons à Mouhammed de conquérir la terre une partie après une<br />

autre». Mais Ikrima et Moujahed précisent qu’il s’agit de la ruine de la<br />

terre. Quant à Al-Hassan et Ad-Dahak ont déclaré que c’est la victoire<br />

accordée aux musulmans sur les idolâtres, ou bien la mort qui attaque<br />

les hommes, la pénurie des récoltes et fruits et la ruine de la terre.<br />

Ach-Cha‘bi, quant à lui, a commenté: «Si la terre se réduisait on<br />

606


n’y trouverait même pas la place pour satisfaire un besoin mais ce<br />

sont les pertes d’hommes et de récoltes.<br />

En voilà une autre interprétation présentée par Ibn Abbas et Moujahed:<br />

La réduction de la terre signifie la disparition des ulémas, des<br />

théologiens et des hommes du bien.<br />

Il s’avère, comme a précisé l’auteur de cet ouvrage, que la première<br />

interprétation l’emporte car cela signifie la victoire des fidèles sur<br />

les incrédules et la conquête des pays l’un après l’autre comme Dieu<br />

l'affirme dans ce verset: «Nous avons anéanti nombre de villes autour de<br />

vous» [Coran XLVI, 27] et Ibn Jarir l’a soutenue.<br />

waqad m akara-l-ladîna min qablihim fa-li-L-Lâhi-l-makru jam î‘an<br />

yaiamu mâ taksibu kullu nafsin wa saya‘lamu -1-kuffarû liman ‘uqba-ddâri<br />

(42).<br />

Avant eux, d’autres peuples se sont montrés perfides. Mais Allah se<br />

joue de la perfidie. Il perce les intentions de chacun. Les infidèles verront<br />

bien un jour à qui restera le dernier mot» (42).<br />

Ceux qui ont vécu avant ces idolâtres ont usé de stratagèmes<br />

contre leurs Prophètes voulant les expulser de leurs pays. Mais Dieu a<br />

ourdi une autre ruse sans qu’ils s’en aperçoivent. La ruse de Dieu est<br />

toujours la meilleure.<br />

«Il perce les intentions de chacun». Dieu certes pénètre dans le tréfonds<br />

des cœurs et pensées et connaît parfaitement ce qu’ils cachent<br />

pour rétribuer chacun selon ses intentions. «Les infidèles verront bien un<br />

jour à qui restera le dernier mot» La dernière demeure, en d’autre<br />

terme, appartiendra à ceux qui ont suivi leurs Prophètes dans les deux<br />

mondes.<br />

607


wa yaqûlu-l-ladîna kafarû lasta mursalan qui kafâ bi-L-Lâhi sahîdambaynî<br />

wa baynakum wa man ‘indahû ‘ilmu-1-kitâb (43).<br />

Les infidèles affirment: tu n’es pas un Prophète. Réponds: Il me suffit<br />

d’avoir Allah et les gens d’Ecriture pour témoin entre vous et moi (43).<br />

Ces impies te démentent en disant que tu n’es pas un envoyé,<br />

Dieu ne t’a chargé d’aucun message. Réponds-leur: «Il me suffit<br />

d’avoir Allah et les gens d’Ecriture pour témoin entre vous et moi». Dieu<br />

témoigne de ma sincérité et témoigne contre vous et de ce que vous<br />

avez inventé comme mensonges. Seront témoins également ceux chez<br />

qui est la science du Livre.<br />

On a dit que cela fut révélé au sujet de Abdullah Ben Salam et ceci<br />

parait étrange car il s’est converti lors de l’arrivée du Prophète -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue - à Médine tandis que ce verset fut révélé<br />

à La Mecque! ,<br />

L’opinion la plus logique est celle de Ibn Abbas qui a déclaré qu’il<br />

s’agit des juifs et des chrétiens, bref tous les gens du Livre qui trouvent<br />

dans leurs propres Ecritures la description de Mouhammed -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue - et son avènement comme l’ont annoncé<br />

les Prophètes avant lui. Dieu affirme cela en disant: «A ceux qui<br />

suivent l’Envoyé -l’apôtre inculte- annoncé par le Pentateuque et les Evangiles»<br />

[Coran VII, 157]. Il a dit aussi en parlant du Coran: «N’est ce pas<br />

une preuve de son authenticité, que les docteurs du peuple d’Israël le<br />

connaissent» [Coran XXVI, 197]. D’autres choses connaissent aussi les<br />

docteurs du peuple d’Israël qu’ils trouvent dans leur Livre révélé.<br />

608


14 - SOURATE D’ABRAHAM<br />

52 versets<br />

Révélée à La Mecque, à l’exception des versets 30 et 31 révélés à M é-<br />

dine<br />

Bismi-L-Lâhi-r-Rahmâni-r-Rahîm<br />

‘A lif-Lam -râ kitâbun ’anzalnâhu ’ilayka lituhrija-n-nâsa mina-z-zulumâü<br />

’ilâ-nûri bi’idni rabbihim ’ilâ sirati-l-‘Azîzi-l-Hamîdi (1) ’Allâhu-l-ladi lahû<br />

mâfî-s-samâwâti wamâ fi-l-’ardi wa waylu-l-lilkâfirîna m m ‘adabm saadîdin<br />

(2) ’al-lad în a yastahibbûna-l-hayâta-d-dunyâ ‘ala-l-’ahirati wa<br />

yasuddûna ‘an sabîli-L-Lâhi wa yabgunahâ ‘iw ajan ’u lâ’ika fî-dalalim -<br />

ba‘îdin (3).<br />

Au nom d’Allah le Miséricordieux le Très Miséricordieux<br />

Alif. Lam. Ra. Nous te révélons ce Livre pour que tires les hommes<br />

des ténèbres vers la lumière. Pour qu’avec l’autorisation de leur Seigneur,<br />

tu les conduises dans la voie du Puissant et du Sage (1) dans la voie d’Al­


lah, le Maître des deux et de la terre. Malheur aux infidèles. Un châtiment<br />

épouvantable les attend (2) Ceux qui préfèrent les plaisirs de ce monde à la<br />

vie future, qui détournent de la voie d’Allah et la voudraient sinueuse, sont<br />

dans un égarement profond (3).<br />

Nous avons fait descendre sur toi ô Mouhammad le plus noble<br />

des Livres célestes pour que tu fasses sortir les gens arabes et nonarabes<br />

des ténèbres vers la lumière, tu les diriges vers la voie droite et<br />

les sauves de leur égarement. Dieu confirme cela en disant: «C’est Lui<br />

qui divulgue à son serviteur des preuves évidentes pour vous faire passer des<br />

ténèbres à la lumière» [Coran LVII, 9],<br />

«Pour qu’avec l’autorisation de leur Seigneur» car c’est bien Lui qui<br />

dirige par l'intermédiaire de Son Messager qui est envoyé vers tous les<br />

hommes, qui les conduit «dans la voie du Puissant et du Sage» qu’on<br />

doit le redouter et jamais se rebeller çontre Lui, et qu’on doit le glorifier<br />

et le louer, Lui qui dirìge et gère tout l’univers de par Sa sagesse et Sa<br />

sience. «le Maître des cieux et de la terre».<br />

Quant aux impies «un châtiment épouvantable les attend» au jour de<br />

la résurrection parce qu’ils ont traité le Prophète d’imposteur et l’ont<br />

contredit. Ceux-là préfèrent le bas monde à l’au-delà, n’œuvrent que<br />

pour la vie présente en négligeant l’autre même en la reniant. D’autant<br />

plus «ils détournent de la voie d’Allah» sans suivre les Prophètes «et la<br />

voudraient sinueuse» en la rendant tortueuse du moment qu’elle est<br />

droite. Mais ils sont incapables de la rendre ainsi en égarant les autres<br />

par ignorance et impiété. Ils sont loin du chemin de la vérité et inutile<br />

de les réformer et les diriger.<br />

i i<br />

^<br />

wamâA ’arsalnâ mir-rasûlin ’illâ bilisâni qawmihî liyubayyina lahum<br />

fayudillu-L-Lâhu may-yasIT’u wa yahdî may-yasa ’u wahuwa-l-‘Azîzu-l-<br />

Hakîmu (4).<br />

Tous les Prophètes que nous avons envoyés sur terre ont parlé la langue<br />

de leur peuple pour les initier. Allah égare ou dirige qui II veut. Il est<br />

puissant et sage (4).<br />

610


Il est un signe de Sa clémence et de Sa compassion que Dieu envoie<br />

à chaque peuple un Prophète parlant leur langue pour éclairer les<br />

hommes en leur expliquant les enseignements dans le but qu’ils les<br />

conçoivent.<br />

«Allah égare ou dirige qui II veut» Une fois ces enseignements<br />

transmis et explicités, devenus comme argument contre les hommes,<br />

Dieu le Puissant et le Sage dirige ceux qui le méritent et égare de la<br />

voie droite ceux qui s’en détournent.<br />

walaqad ’arsalnâ Mûsâ bi ’âyâtinâA’an ’ahrij qawmaka min-z-zulumâti<br />

’ilâ-n-nûri wa dakkirhum bi ’ayyâmi-L-Lâhi ’inna fî dâlika la ’âyâti-l-likulli<br />

sabbârin sakûrin (5).<br />

Nous avons envoyé Moïse avec nos signes. Nous lui avons dit: «Tire<br />

ton peuple de l’ombre vers la lumière. Rappelle-lui les gestes de ton Seigneur.<br />

Il y a dans tout ceci des preuves pour qui sait endurer et glorifier Allah<br />

(5).<br />

Dieu dit à Son Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue «O<br />

Mouhammad, comme nous t’avons envoyé et révélé le Livre pour faire<br />

sortir les hommes des ténèbres vers la lumière, ainsi nous avons envoyé,<br />

avant toi, Moïse vers les fils d’Israël avec nos signes, qui furent<br />

au nombre de neuf comme a déclaré Moujahed. Nous lui ordonnâmes<br />

de tirer son peuple de la ténébrité de l’ignorance et l’égarement vers la<br />

lumière de la foi et la voie droite, et de leur rappeler les bienfaits que<br />

nous leur avons accordés: La libération de la tyrannie de Pharaon et<br />

son asservissement, leur délivrance de leur ennemi, la fente de la mer,<br />

le nuage qui les ombrageait, la descente de la manne et des cailles<br />

etc...<br />

«Il y a dans tout ceci des preuves pour qui sait endurer et glorifier Allah»<br />

Car les fils d’Israël avaient enduré l’oppression de Pharaon et ses<br />

méfaits. Ces bienfaits constituent donc des signes pour les hommes<br />

qui se montrent constants et reconnaissants envers Dieu.<br />

611


Il est cité dans le Sahih que l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse<br />

et le salue - a dit: «Je m ’étonne du comportement du croyant, Dieu ne lui<br />

décrète une chose sans qu’elle ne soit un bien pour lui: quand un malheur le<br />

frappe, il se résigne et cela lui apporte du bien; et si un bonheur le touche,<br />

il est reconnaissant et ceci est encore un bien pour lui» (Rapporté par<br />

Mousttm)riJ.<br />

wa ’id qâla Mûsâ liqawmihi-dkurû ni‘mat-L-Lâhi ‘alaykum ’id ’anjuâkum<br />

min ’âli-Fir‘awna yasûnmnakum su ’a-l-‘ad âbi wa yudabbihûna<br />

’abna ’akum wa yastahyûna nisîi ’akum wafî dâlikum bala’um mir-rabbikum<br />

‘azîmun (6) wa ’id ta’addana rabbukum la’in sakartum la’azîdannakum<br />

wa la’in kafartum ’inna ‘adâbî la sadîdun (7) wa qâla Mûsâ* ’in<br />

takfurïï ’antum wa man fî-l-’ardi jamî‘an fa’inna-L-Lâha laGaniyyun<br />

Hamîdun (8).<br />

Moïse dit à son peuple: Remerciez le Seigneur des bienfaits qu’il a eu<br />

pour vous. N’est-ce pas Lui qui vous a délivrés des Pharaons qui vous infligeaient<br />

les supplices les plus atroces, égorgeant vos fils et épargnant vos filles.<br />

C’était là pour vous une dure épreuve de la part de votre Seigneur (6)<br />

Votre Seigneur ne vous a-t-Il pas prévenus qu’il augmenterait ses grâces si<br />

vous étiez reconnaissants mais qu’il vous infligerait un châtiment impitoyable<br />

si vous Le repoussiez (7) Moïse ajouta: «Que vous soyez infidèles,<br />

(1) «P aK" jÀ Ol) :Jlî Ail .¿Hit 4J)I<br />

.«J \j?-<br />

612


que toutes la terre le soit, qu’importe! Allah est toute puissance et toute<br />

gloire (8).<br />

Moïse fut donc ordonné de rappeler à son peuple des journées de<br />

Dieu et de Ses bienfaits qu’il leur avait accordés. Il les a délivrés des<br />

Pharaons qui les faisaient goûter toutes sortes de supplices et d’humiliation.<br />

Ils égorgeaient leurs fils et laissaient vivre leurs filles. Ce fut<br />

pour eux une grande épreuve et un grand bienfait dont ils ne sauraient<br />

le reconnaître.<br />

«Votre Seigneur ne vous -a-t-Il pas prévenus» c’est à dire en proclamant<br />

et en vous avertissant, ou bien selon d’autre interprétation: Il jure<br />

par Sa Majesté et Sa gloire comme II le dit dans ce verset: «Ton Seigneur<br />

résolut alors de leur susciter jusqu’au jour dernier...» [Coran VII,<br />

167]. Cette proclamation consiste à donner davantage si vous êtes<br />

biens reconnaissants, mais si vous vous montrez ingrats, sachez que<br />

le châtiment sera implacable et terrible, et même en vous privant de<br />

tous ces bienfaits. Ceci est confirmé par ce hadith: «Le serviteur sera<br />

privé de biens à cause d ’un péché qu’il a commis».<br />

«M oïse ajouta: Que vous soyez infidèles, que toute la terre le soit,<br />

qu’importe! Allah est toute puisance et toute gloire» Il peut se passer de<br />

la gratitude de Ses serviteurs et même sans se soucier de la méconnaisances<br />

de certains car II se suffit à Lui-même et II est digne de<br />

louanges.<br />

0 ^ 4 '£ ¿ 2 A J % & %<br />

’alam ya’tikum naba‘u-l-ladîna min qablikum qawmi Nûhin wa ‘Âdin<br />

wa Tam ûda w a-l-ladîna min ba'dihim lâ ya‘lamuhum ’illâ-l-Lâhu<br />

ja ’athum rusuluhum bil-bayyinâti faraddïï ’ayadiyahum fî ’afwâhihim<br />

wa qâlu ’innâ kafamâ bimâ ’ursiltum bihî wa ’innâ lafî sakkin mimmâ<br />

tacTûnana' ’ilayhi murîbin (9).<br />

Ne vous a-t-on pas rapporté l’histoire des peuples qui vous ont précé­<br />

613


dés. L’histoire des peuples de Noé, de ‘Ad et de Thémoud? L’histoire des<br />

peuples qui sont venus après eux et qu’Allah seul connaît. Allah leur envoya<br />

des Prophètes avec des preuves. Ils portèrent leurs mains à la bouche en<br />

s’écriant: Nous ne croyons pas à votre mission et nous opposons un doute<br />

souverain à vos exhortations (9).<br />

Dieu avait raconté dans Son Livre l’histoire des peuples qui<br />

avaient traité leurs Prophètes d’imposteurs en niant le Seigneur, ces<br />

peuples que Dieu seul connaît leur nombre. «Allah leur envoya des Prophètes<br />

avec des preuves» irréfutables et des signes évidents qui témoignent<br />

de leur sincérité, mais «ils portèrent leurs mains à la bouche» une<br />

expression qui a suscité une divergence dans son interprétation:<br />

- Certains ont dit que les hommes ont fait signe aux bouches des<br />

Prophètes leur ordonnant de se taire après qu’ils les eurent appelés à<br />

Dieu à Lui la puissance et la gloire. ^<br />

- D’autres ont affermi qu’ils ont mis leurs mains sur les bouches<br />

des Prophètes pour les faire taire.<br />

- Moujahed et Qatada ont déclaré qu’ils les ont traités d’imposteurs<br />

en leur rendant leurs paroles et les considérant comme mensonges,<br />

en se référant à ces paroles divines: «Nous ne croyons pas à votre<br />

mission et nous opposons une doute souverain à vos exhortations», et nous<br />

sommes vraiment en un doute qui mène à l’incertitude.<br />

Et Ibn Abbas de commenter: Quand ils entendirent les paroles de<br />

Dieu, les mécréants s’étonnèrent, ramenèrent leurs mains dans leurs<br />

bouches et s’écrièrent: «Nous mécroyons certainement au message<br />

que vous étiez chargés de nous faire parvenir, et nous en doutons».<br />

614


qâlat rusuluhum ’afî-L-Lâhi sakkun fâtiri-s-sam âw âti wa-l-’ard i<br />

yad‘ûkum liyagfira lakum min dunûbikum wa yu’ahhirakum ’ila ’ajalimm<br />

usam m an qâlû ’in ’antum ’illâ basarum -m it lunâ tu rîd û n a ’an<br />

tasuddûnâ ‘ammâ kâna ya‘budu ’a'bâT’unâ fa’tûnâ bisultânin-mubînin<br />

(10) qâlat lahum rusuluhum in nahnu ’illâ basarum mitlukum wa lâkinna-L-Lâha<br />

yammunnu ‘alâ may-yasa1’u min ‘ibâdihî wamâ kâna lana<br />

’an na’tiyakum bisultânin ’illâ bi ’idni-L-Lâhi wa ‘alâ-L-Lâhi falyatawakkali-l-mu’minûna<br />

(11) wamâ lana ’allâ natawakkala ‘ala-L-Lâhi waqad<br />

hadânâ subulanâ wa la nasbiranna ‘alâ ma ’adaytumûnâ wa ‘alâ-L-Lâhi<br />

falyatawakkali-l-mutawakkilûna (12).<br />

Les Prophètes leur répondirent: «Peut-on douter d’Allah, le créateur<br />

des cieux et de la terre. Lui qui ne demande qu’à absoudre vos péchés, et<br />

qu’à retarder le jour de votre échéance?» Ils répliquèrent: «Vous n’êtes que<br />

des mortels comme nous et vous n’avez d’autre but que de nous détacher du<br />

culte de nos pères. Au surplus, apportez-nous une preuve incontestable» (10)<br />

Nous ne sommes, en effet, ajoutèrent les Prophètes, que des mortels comme<br />

vous, mais Allah accorde Sa grâce à qui II veut. Nous sommes impuissants<br />

à vous apporter des preuves, si ce n’est avec l’autorisation d’AUah. C’est en<br />

Allah que les croyants mettent leurs espoirs (11) Pourquoi refusierons-nous<br />

notre confiance à Allah? Lui qui nous à mis dans la bonne voie. Nous supporterons,<br />

résignés, vos outrages. S’il y a quelqu’un à qui se fier, c’est bien<br />

à Allah (12).<br />

C’est la discussion qui a eu lieu entre les mécréants et leurs Prophètes,<br />

car leurs peuples leur répondirent par un refus et un doute de<br />

leur message qui consistait à n’adorer que Dieu seul sans Lui reconnaître<br />

des associés. Les Prophètes répliquèrent: «Peut-on douter d’Allah?»<br />

Car tout ce qui se trouve dans les deux et sur la terre témoigne<br />

de son existence et oblige à en croire. Cette reconnaissance est l’une<br />

des natures innées et saines, bien que certaines portent au doute alors<br />

on doit l’affirmer par les preuves évidentes qui puissent aboutir à la foi.<br />

Les Prophètes demandèrent à leurs peuples: Doutez-vous de<br />

615


Dieu, Lui qui a créé les cieux et la terre sans qu’il y ait un modèle à<br />

imiter. Les signes de leurs création, existence et mise au service des<br />

hommes ne constituent-ils pas une preuve de la présence d’un créateur?<br />

Qu’il n’y a d’autre créateur que Lui?.<br />

Ils leur ajoutèrent: Dieu ne demande qu’à absoudre vos péchés<br />

dans la vie future et qu’à vous donner un délai jusqu’au terme fixé<br />

dans le bas monde. Mais leurs peuples ripostèrent: «Vous n’êtes que<br />

des mortels comme nous» Comment pouvons-nous vous suivre du moment<br />

que vous ne nous avez produit aucun miracle?. Si vraiment vous<br />

êtes véridiques «apportez-nous ne preuve incontestable» un miracle dont<br />

nous vous proposons». Les Prophètes répliquèrent: «Nous ne sommes<br />

que des mortels comme vous» des humains qui ne diffèrent de vous en<br />

rien «mais Allah accorde Sa grâce à qui II veut» C’est à dire la prophétie<br />

et le message. «Nous sommes impuissants à vous apporter» ce que vous<br />

demandez comme preuves «Si ce n’e$t avec l’autorisation d’Allah» en<br />

Lui demandant de nous les conférer. «C’est en Allah que les croyant<br />

mettent leurs espoirs» dans toutes leurs affaires.<br />

Pourquoi refusierons-nous notre confiance à Allah? Qui nous empêche<br />

de placer notre confiance en Dieu après nous avoir montré le<br />

chemin le plus droit et le plus clair. Quand même «nous supporterons,<br />

résignés, vos outrages» et la peine que vous nous causez par vos propos<br />

et vos méfaits, car «s’il y a quelqu’un à qui se confier, c’est bien à Allah».<br />

w a qâla-1-ladîna kafarû lirusulihim larmhrijannakum min ’ardiria ’aw lata<br />

‘ûdunna fi millatinâ fa’awha" ’ilayhim rabbuhum lanuhlikanna-z-<br />

616


zâlimîna(13) walanuskinannakumu-l-’arda mim-ba‘dihim dâlika liman<br />

hâfa maqâmi wa hâfa wa‘îdi (14) wa-staftahû wa hâba kullu jabbârin<br />

‘anîdin (15) min w ara’ihî jahannamu wa yusqâ mim ma1’!!! sadîdin (16)<br />

yatajarra'uhû walâ yakadu yusîguhû wa ya’tîhi-l-xnawtu min kulli makânin<br />

wamâ huwa bimayyitin wa min w ara’ihî ‘adabun galîzun (17).<br />

Les incrédules dirent aux Prophètes qui leur avaient été envoyés:<br />

«Nous vous bannirons de notre pays si vous ne rentrez dans l’ordre<br />

commun. Allah révéla alors ceci aux Prophètes: «J’anéantirai les impies»<br />

(13) Et Je vous établirai dans le pays après qu’ils auront disparu. Ce<br />

sera la récompense de ceux qui respectent ma puissance et craignent mes<br />

menaces» (14) Prophètes et incrédules en appelèrent alors à la justice d’Allah.<br />

Tous les rebelles et les oppresseurs furent dispersés (15) La géhenne les<br />

attend où ils seront abreuvés d’une eau fétide (16) Ils l’avaleront par gorgées<br />

qui passeront difficilement. La mort les assaillira de tous les côtés<br />

sans qu’ils^ meurent pour cela. Un châtiment terrible les frappera ensuite<br />

(17).<br />

En affrontant leurs Prophètes, les peuples incrédules parmi les générations<br />

passées les menacèrent de les expulser de leurs pays. Le<br />

peuple de Chou'aib, par exemple, lui avait, dit: «O Choaïb, nous te chasserons<br />

de notre cité toi et ceux qui partagent ta foi» [Coran VII, 88]. Le<br />

peuple de Loth se concordait: «Chassons Loth et les siens de notre cité»<br />

[Coran XXVII, 56] Dieu ne laissa pas Ses Prophètes subir une telle humiliation<br />

sans punir les coupables: «Allah révéla alors ceci aux Prophètes:<br />

«J’anéantirai les impies. Et je vous établirai dans le pays après qu’ils<br />

auront disparu» Il affirme Sa vengeance quand II dit: «Allah a écrit:<br />

«Moi et Mes Prophètes vaincrons». Allah est fort de tout-Puissant» [Coran<br />

LVIII, 21].<br />

Moïse, quant à lui, rassura son peuple: «Cherchez refuge auprès<br />

d’Allah et soyez constants. La terre est à Allah. Il y a fait succéder qui II<br />

veut. L’avantage restera aux croyants» [Coran VII, 128]. Dieu affirme ce<br />

fait en disant: «Nous avons appelé à leur succéder le peuple hier encore opprimé<br />

et, sur la terre couverte de nos bénédictions, nous avons permis qu’il<br />

s’étende de l’est à l’ouest» [Coran VII, 137], Cette fin serait promise à<br />

ceux qui respectent la puissance de Dieu au jour de la résurrection et<br />

redoutent Ses menaces et châtiments comme on les trouve dans ce<br />

617


verset: «Quant aux injustes et à ceux qui auront préféré les plaisirs du siècle,<br />

l’enfer sera leur demeure» [Coran LXXIX, 38-39]. En revanche, et<br />

pour récompenser les soumis: «Ceux qui se seront inclinés devant la noblesse<br />

de leur Seigneur auront deux jardins» [Coran LV, 46].<br />

«Prophètes et incrédules en appelèrent alors à la justice d’Allah».<br />

Cette pratie du verset fut interprétée de deux façons: D’après Ahmed<br />

et Ibn Jarir, les Prophètes demandèrent au Seigneur de leur secourir<br />

et leur accorder la victoire. Selon Ibn Aslam: Les peuples provoquèrent<br />

Dieu en reniant Son pouvoir en disant par exemple: «Grand Allah, si la<br />

vérité qu’on nous proclame vient vraiment de Toi, fais tomber sur nous une<br />

pluie de pierres ou inflige-nous un châtiment épouvantable» [Coran VIII,<br />

32].<br />

D’autre part, il est aussi probable que cette demande soit le but<br />

que les deux parties recherchaient cojnme cela eut lieu le jour de la<br />

bataille de Badr lorsque les idolâtres hâtèrent le châtiment de Dieu<br />

mus par leur mécroyance et le Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue<br />

- implora à son tour l’aide du Seigneur, il fut secouru et remporta la<br />

victoire. Dieu répondit aux idolâtres: «Vous avez imploré l’arbitrage d’Allah.<br />

vous connaissez maintenant la sentence d’Allah. Cessez toute hostilité,<br />

cela vaudra mieux pour vous» [Coran VIII, 19].<br />

«Tous les rebelles et les oppresseurs furent dispersés», Tout tyran qui<br />

se rebelle contre la vérité ne réussira pas. On trouve son sort dans ce<br />

verset: «Une voix dira: «Jetez en enfer les infidèles irréductibles, inaccessibles<br />

à la charité, injustes et sceptiques» [Coran L, 24-25].<br />

Il est rapporté dans un hadith que l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le<br />

bénisse et le salue - a dit: «Au jour de la résurrection on amènera la Géhenne<br />

qui appellera toutes les créatures et leur dira: «On m ’a confié tout<br />

tyran insolent...»111'.<br />

Donc la Géhenne sera la dernière demeure des incrédules irréduc­<br />

618


tibles qui tes attend où ils y seront exposés matin et au soir jusqu’au<br />

jour où l’Heure se dressera. Là ils seront abreuvés d’une eau fétide<br />

composée du sang et de sanie comme il est montré dans ce verset:<br />

«Voici notre boisson. Goûtez-la, leur dira-t-on, bouillante et pleine d’immondices.<br />

Et d’atttres supplices du même genre leur seront infligés sous les<br />

formes les plus diverses» [Coran XXXVIII, 57-58].<br />

Abou ‘Oumama -que Dieu l’agrée- a rapporté qu’on a demandé le<br />

Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - sur le sens du verset: «où<br />

ils seront abreuvés d’une eau fétide. Ils ravaleront par gorgées qui passeront<br />

difficilement». Il répondit: En la lui présentant il la répugne, en la lui<br />

approchant davantage, cette eau lui brûle le visage et sa tête scalpée. En la<br />

buvant elle lui déchire les entrailles et sort par son derrière» (Rapporté par<br />

Ahmed)111. Dieu en parle dans d’autres versets quand II dit: «... sera<br />

éternellement abreuvé d’une eau bouillante qui lui dévorera les entrailles»<br />

[Coran XLVII, 15] et: «Quand ils supplieront qu’on les soulage, ou leur servira<br />

une eau brûlante comme un métal en fusion qui leur rongera la face»<br />

[Coran XVIII, 29],<br />

On donnera donc de cette eau à l’impie pour la boire en le contraignant,<br />

et un ange se tiendra debout auprès de lui et lui donnera de<br />

coups de fouet en fer. Il ne pourra ni la goûter ni l’avaler à cause de<br />

sa chaleur et de son odeur puante. «La mort les assaillira de tous les côtés»<br />

c’est à dire que chaque organe et chaque membre souffrira même<br />

les nerfs et les os. Et Ibn Abbas de commenter: Les impies subiront<br />

plusieurs espèces de châtiments de sorte que chacune pourrait lui causer<br />

la mort mais ils ne mourront pas car Dieu a dit: «La mort ne mettra<br />

jamais un terme à leur supplice et celui-ci ne connaîtra pas d’adoucissement»<br />

[Coran XXXV, 36]. Donc ce suppplice leur sera infligé sans interruption<br />

ni adoucissement pour l’éternité.<br />

(1) fS-> ¿y '-dÿ ¡¿s ¿fC- ¿I je- Jlï<br />

ùjJ ( ! 442-J tS >“» lilà lAAjSslJ 4JI 1—>yLi :Jlï ■XlXu’<br />

• ¿ f 4jjït Ijü<br />

619


«Un châtiment terrible les frappera ensuite» Après ce supplice un autre<br />

leur sera appliqué qui sera plus amer et plus douloureux. Dieu<br />

donne comme exemple ce verset où II parle de l’arbre de «Zakkoum»<br />

la nourriture des répouvés de l’enfer: «Les damnés les consommeront et<br />

s’en rempliront le ventre. Ils boiront par dessus de l’eau bouillante. Après<br />

chaque séance, ils retourneront à l’enfer» [Coran XXXVII, 66 - 68], et aussi<br />

ce verset: «L’arbre de Zakkoum sera la seule nourriture du méchant.<br />

Cette nourriture bouillonnera dans leurs ventres comme de la poix embrasée,<br />

comme de l’eau bouillante» [Coran XLIV, 43-46]. Il y aura tant de<br />

supplices dont Dieu seul peut les dénombrer.<br />

matalu-l-ladîna kafarû birabbihim ’a‘mâluhum karamâdin-i-staddat bihir-rîhu<br />

fï yawmin ‘âsifin lâ yaqdirûna mimmâ kasabû ‘alâ say’in dâlika<br />

huwa-d-dalâlu-l-ba‘îdu.<br />

Les actions des impies sont semblables aux cendres que disperse le<br />

vent, un jour d’orage. Ils n’en retireront aucun profit. Quel égarement profond<br />

(18).<br />

C’est un exemple des actions des impies que Dieu propose. Ceux<br />

qui ont adoré un autre que Lui, traité Ses Prophètes d’imposteurs et<br />

établi leurs œuvres sur des fondements fragiles qui n’ont pas tardé à<br />

s’écrouler. Au jour de la résurrection, ils compteront être rétribués de<br />

leurs actions mais n’en trouveront aucune, car elles seront dispersées<br />

comme le cendre dans un jour orageux. Dieu parle aussi de leurs œuvres<br />

et dit: «Nous irons droit à leurs œuvres et nous les réduirons en poussière»<br />

[Coran XXV, 23], et: «Il en est de lui comme d’un rocher couvert de<br />

terre. Il suffit qu’une averse tombe et seul demeure le rocher nu. De pareils<br />

hommes ne tireront aucun profit de leurs actes» [Coran II, 264]. Y a-t-il un<br />

égarement qui soit plus profond? On ne tiendrait compte d’aucune<br />

bonne action qu’ils avaient accomplie dans le bas monde.<br />

620


’alam tara ’anna-L-Lâha halaqa-s-samâwâti wa-l-’arda bi-l-haqqi ’iy-yasa’<br />

yudhibkum wa ya’ti bi halqin jadîdin (19) wamâ dâlika ‘alâ-L-Lâhi<br />

bi'azîzin (20).<br />

Ce n’est pas gratuitement qu’Allah a créé les cieux et la terre. S’il<br />

voulait, Il vous anéantirait et vous remplacerait par un autre peuple (19) Et<br />

ce ne serait qu’un jeu pour Lui. (20).<br />

La résurrection des créatures pour le jour du rassemblement est<br />

un fait incontestable comme Dieu l’affirme dans plusieurs versets. A<br />

l’origine la création de l’homme est une chose plus facile pour Dieu<br />

que la création des cieux et ce qu’ils contiennent comme étoiles, astres<br />

et de la terre et ce qu’elle renferme, comme nous l’avons déjà<br />

montré auparavant.<br />

Cette résurrection Dieu l’a affirmée également dans ce verset: «Ne<br />

voient-ils pas qu’Allah qui a créé sans la moindre peine le ciel et la terre<br />

est à plus fdrte raison capable de ressusciter les morts? Il est tout-Puissant»<br />

[Coran XLVI, 33].<br />

Dieu est à tout moment capable de faire disparaître tout un peuple<br />

et de faire surgir un autre qui serait meilleur et soumis à Lui. C’est<br />

donc un avertissement aux impies pour se rappeler de l’omnipotence<br />

de Dieu.<br />

wa barazu li-L-Lâhi jamî‘an faqâla-d-du‘afâ’u-lil-ladîna-stakbaru ’innâ<br />

kunnâ lakum taba‘an fahal-’antum mugnûna ‘annâ min ‘adâbi-L-Lâhi<br />

min say’in qâlû law hadâna-L-Lâhu lahadaynâkum sawâA,un ‘alaynâ1<br />

’ajazi‘na ’am sabarnâ mâ lanâ mim-mahîsin (21).<br />

Au jour de la comparution devant Allah, les faibles diront aux puissants:<br />

«Nous avons toujours suivi vos exemples. Pouvez-vous aujourd’hui<br />

noua préserver tant soit peu du cKâtiment d’AUali?» L es grands répondront:<br />

«Si Allah nous avait dirigés, nous vous aurions dirigés. Que nous nous plai­<br />

621


gnions ou que nous supportions patiemment nos maux, c’est tout comme. H<br />

n’y a plus de recours possible pour nous»(21).<br />

Tous les hommes, les pieux aussi bien que les pervers comparaîtront<br />

devant le Seigneur au jour de la résurrection, qui seront rassemblés<br />

sur un même tertre où nul ne sera caché, pour rendre compte de<br />

leurs actions.<br />

Ce jour-là les faibles, qui suivaient leurs chefs et leurs seigneurs,<br />

orgueilleux qui s’abstenaient d’adorer Dieu seul et de suivre les Prophètes,<br />

leur diront: «Nous avons toujours suivi vos exemples. Pouvez-vous<br />

aujourd’hui nous préserver tant soit peu du châtiment d’Allah?» comme<br />

Vous nous aviez promis dans le bas monde. Ils leur répondront: «Si Allah<br />

nous avait dirigés, nous vous aurions dirigés» mais le décret condammant<br />

les incrédules sera exécuté. «Que nous nous plaignions ou que nous<br />

supportions patiemment nos maux, c’est tout comme».<br />

D’après le sens du verset, il paraît que cette discussion aura lieu<br />

lorsque ces impies seront précipités en enfer. On peut déduire cela<br />

aussi de ce verset: «Quand elles (les générations) s’y seront toutes rejointes,<br />

la dernière, montrant la précédente, dira: «Seigneur, voilà les gens qui<br />

nous ont égarés. Double-leur le supplice du feu». Allah répondra: «Le supplice<br />

sera double pour tous. Mais vous ne savez pas ce qui vous attend»<br />

[Coran VII, 38].<br />

Ce jour-là les faibles avoueront et s’excuseront ainsi: «Seigneur,<br />

nous avons obéi à nos princes et à nos dignitaires et ce sont eux qui nous<br />

ont détournés de la bonne direction» [Coran XXX III, 67], Lors de leur<br />

comparution devant Lui, Dieu montre leur situation en disant: «Ah! si tu<br />

pouvais assister à la comparution des méchants devant leur Seigneur quand<br />

ils se rejetteront les uns sur les autres la responsabilité. Les faibles diront<br />

aux puissants: «Sans vous, nous aurions cru». Les puissants répondront aux<br />

faibles: «Comment! ce serait nous qui vous aurions détournés de la vérité<br />

après qu’elle vous a été révélée? Non, vous êtes les propres artisans de votre<br />

malheur» [Coran XXIV, 31-32].<br />

622


wa qâla-s-saytânu lammâ qudiya-l-’am ru ’inna-L^Lâha wa ‘adakum<br />

wa‘da-l-haqqi wa wa‘attukum fa ’ahlaftukum wamâ kâna lî ‘alaykum<br />

min sultanin ’ilia ’an da‘awtukum fastajabtum lî falâ talûmûni wa lûmïï<br />

’anfusakum ma ’ana bimusrihukum wama ’antum bimusrihiyya ’innî kafartu<br />

bima ’asraktumûni min qablu ’inna-z-zâlimîna lahum ‘adâbun ’alîmun<br />

(22) wa ’udhila-l-ladîna ’am an û wa ‘amilû-s-sâlihâti jannâtin tajrî<br />

min tahtihâ^-’anhâru hâlidîna fîhâ bi ’idni rabbihim tahiyyatuhum fihâ<br />

salâmun (23).<br />

Une fois le destin accompli, Satan dira: «En vérité, .Allah vous avait<br />

fait de sûres promesses. Moi aussi je vous ai fait des promesses, mais je ne<br />

les ai pas tenues. J ’étais, du reste, sans autorité sur vous. Je vous ai appelés.<br />

Vous m’avez répondu. Ne vous en prenez donc pas à moi mais à vousmêmes.<br />

Je ne puis vous être d’aucun secours comme vous ne pouvez m’en<br />

donner aucun. Je réprouve votre idée de m’avoir associé à Allah. Les mécréants<br />

méritent un châtiment impitoyable (22) Ceux qui croient et pratiquent<br />

les bonnes œuvres seront admis dans des jardins arrosés d’eau vive; ils<br />

y demeureront pour l’éternité avec l’autorisation de leur Seigneur. Ils seront<br />

accueillis par ce mot: Paix (23).<br />

Dieu relate le discours que fera Satan à ceux qui l’avaient suivi<br />

dans le bas monde lorsque le décret aura été décidé, et une fols les<br />

croyants entrés au Paradis et les Incrédules à l’Enfer. Satan se lèvera<br />

en orateur et s’adressera aux impies afin qu’il ajoute une peine à la<br />

leur et augmente leur angoisse. Il leur dira: «En vérité, Allah vous avait<br />

fait de sûres promesses» par la bouche de Ses Prophètes et messagers<br />

que si vous les aviez suivis, vous auriez trouvé votre salut. C’est une<br />

promesse que Dieu ne saurait que la tenir car II ne manquerait jamais<br />

à Ses promesses. Quant à moi «je vous ai fait des promesses» que je<br />

n’ai pas tenues.<br />

623


Dans un autre verset, Dieu avait déjà montré à Ses serviteurs la<br />

nature de la promesse de Satan en disant: «Il leur fait des promesses, il<br />

stimule leurs désirs. Les promesses de Satan sont trompeuses» [Coran IV,<br />

120]. Et Satan de poursuivre: «J’étais, du reste, sans autorité sur vous»<br />

c’est à dire: je n’avais ni un pouvoir ni une preuve que ma promesse<br />

sera réalisée. «Je vous ai appelés. Vous m’avez répondu». C’était donc un<br />

appel auquel vous avez promptement répondu alors que les Prophètes<br />

vous avaient apporté tant de preuves irréfutables et tant de signes<br />

clairs de leurs messages. Mais, hélas, vous les avez traités de mensonge<br />

et m’avez suivi. Donc «ne vous en prenez pas à moi mais à vousmêmes»<br />

Blâmez-vous vous mêmes. «Je ne puis vous être d’aucun secours»<br />

et je suis incapable de vous délivrer «comme vous ne pouvez m’en<br />

donner aucun» Car je subirai le même sort que le vôtre, parce que j’ai<br />

été incrédule envers ceux auquels vous m’avez autrefois associé.<br />

Et Ibn Jarir de commenter: Mêm4 Satan reniera d’être un associé<br />

à Dieu et la preuve est ce verset: «Quel plus grand égaré que celui qui<br />

prie en dehors d’Allah une idole, muette jusqu’au jour de la résurrection!<br />

une idole indifférente à ses supplices. Lorsque les hommes seront rassemblés,<br />

les idoles se révéleront leurs ennemis et renieront les cultes qu’on leur<br />

aura voués.» [Coran XLVI, 5-6] et aussi ce verst: «Quelle erreur! ces divinités<br />

renieront leurs adorateur et se retourneront même contre eux» [Coran<br />

XIX 82].<br />

Ce qui est évident, c’est que ce discours Satan le prononcera<br />

après la précipitation des impies en enfer. A ce propos, Ach-Cha‘bi a<br />

dit: «Au jour de la résurrection, deux orateurs prendront la parole devant<br />

tout le monde: «Dieu dira à Jésus fils de Marie: «Est-ce toi qui as<br />

dit aux hommes: «Prenez-nous pour Allah moi et ma mère?» [Coran V,<br />

116].<br />

Le second sera Iblis -que. Dieu le maudisse- qui dira aussi aux impies<br />

et idolâtres: «J’étais, du reste, sans autorité sur vous. Je vous ai appelés.<br />

Vous m’avez répondu».<br />

Quant au sort des croyants qui ont fait les bonnes œuvrs, ils «se-<br />

»«»* admia dans dee jardins arrosés d’eau vive» OÙ ÜS circuleront librement<br />

pour l’éternité sans y être éloignés avec la permission de leur Seigneur<br />

et seront accueillis avec le mot: Paix. Ceci est aussi confirmé par ces<br />

624


paroles divines en parlant de leur entrée au Paradis: «A leur approche,<br />

les portes s’ouvriront toutes grandes devant eux. Les gardiens leur diront:<br />

«Paix sur vous. Vous avez été bons» [Coran XXXIX, 73] et: «Les anges accourront<br />

à leur rencontre de tous côtés: «Que le salut soit pour vous!» [Coran<br />

XIII, 23 - 24] et aussi: «Ils y trouveront le salut et la paix» [Coran<br />

XXV, 75].<br />

En reconnaissance de cette récompense, les croyants «ne cesseront<br />

de s’exclamer: «Gloire à Toi Seigneur». Ils seront partout accueillis<br />

par le mot: «Paix» Et leur exclamation finale sera: «Gloire à Allah, le maître<br />

des mondes» [Coran X, 10].<br />

’alam tara kayfa daraba-L-Lâhu matalan kalimatan tayyibatan kasajaran<br />

tayyibatin ’asluhâ tâbitun wa far‘uhâ fîssama’i (24) tu’tî ’ukulahâ kulla<br />

hîm im -bi-’idni rabbihâ wa yadribu-L-Lâhu-l-’am tâla-li-n-nâsi<br />

la‘alluhum yatadakkarûna (25) wa mat alu kalimatin habîtatin kasajaran<br />

habîtatin-i-jtuttat min fawqi-l-’ardi mâ lahâ min qarârin (26).<br />

Savez-vous à quoi Allah compare la bonne parole? à un arbre couvert<br />

de fruits dont les racines solidement enfoncées dans le sol et dont les branches<br />

se dressent vers le ciel (24) Il donne des fruits chaque saison par la<br />

grâce de son Maître. Allah propose aux hommes des paraboles en vue de<br />

les faire réfléchir (25) La mauvaise parole est comme un mauvais arbre qui<br />

se développe à la surface du sol et n’a pas de racines (26).<br />

D’après Ibn Abbas «La bonne parole» est la profession de foi qu'il<br />

n’y a d’autre divinité que Dieu. «L’arbre couvert de fruits» est le croyant.<br />

«Les racines solidement enfoncées» lorsque le croyant atteste qu’il n’y a<br />

de divinité que Dieu; «dont les branches se dressent vers le ciel» il s’agit<br />

de bonnes actions que commet le croyant et qui s’élèvent vers le ciel.<br />

625


A ce propos Ibn Omar rapporte: «Nous étions chez l’Envoyé de<br />

Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - quand il nous demanda: «Ditesmoi:<br />

«Quel est l’arbre'qui ressemble au musulman dont les feuilles ne tombent<br />

ni en été ni en hiver et qui donne des fruits avec la permission de son<br />

Seigneur?» J’eus la conviction que ce doit être le palmier. Mais comme<br />

je remarquai que ni Abou Bakr ni Omar n’ont pas répondu, je n’osai<br />

pas répondre. Et l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - de<br />

dire: «Eh bien c’est le palmier» Lorsque nous quittâmes l’assemblée je<br />

dis à Omar: «Père, par Dieu je pensai que ce doit être le palmier» -<br />

Qui t’a empêché de parler? me dit-il. Je répliquai: «Comme j’ai remarqué<br />

que vous avez gardé le silence, il me fut répugné à répondre».<br />

Et Omar de riposter: «Si tu avais répondu, ça m’aurait été préférable à<br />

telle et à telle chose» (Rapporté par Boukhari)111.<br />

On peut conclure que le croyant rassemble à cet arbre qui donne<br />

toujours des fruits en été, en hiver, jour et nuit, tout comme les bonnes<br />

actions de ce croyant qu’on les élève au ciel durant la nuit et aux extrémités<br />

du jour et à tout moment, avec la permission de Dieu qui<br />

agrée et bénit ces actions. Dieu propose aux hommes de telles paraboles<br />

peut-être réfléchiront-ils.<br />

«La mauvase parole est comme un mauvais arbre» qui ressemble à<br />

l’incrédule qui n’a pas la foi et qui est comme la coloquinte dont la saveur<br />

est très amère. Comme cet arbre manque de stabilité ainsi on<br />

n’espère rien de l’incrédule ni foi ni bonne action.<br />

t - JT cslïi y j La-v» 1*5j j o U i "i/ tp_L~JI _jî_<br />

l)I cl)L*_LSoj V IjI c-jIjj LgJl ¿j ^<br />

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626


yutabbitu-L-Lâhu-l-ladîna ’am anû bi-l-qawli-t-tâbiti fî-l-hayâti-d-dunyâ<br />

wa fî-l-’a hirati wa yudiUu-L-Lâhu-z-zâlimîna wa yaf alu-L-Lâhu mâ yasa<br />

’u (27).V<br />

Allah soutient les croyants dans ce monde et dans l’autre par de fermes<br />

propos. H abandonne les méchants, car H fait ce qu’il veut. (27).<br />

Al-Bara‘ Ben ‘Azeb rapporte que le Prophète - qu’Allah le bénisse<br />

et le salue - a dit: «Lorsque les deux anges posent la question au musulman<br />

dans sa tombe et répond: j’atteste qu’il n’y a d’autre divinité<br />

que Dieu et que Mouhammad est l’Envoyé de Dieu, tel est le sens du<br />

verset: «Allah soutient les croyants dans ce monde et dans l’autre par de<br />

fermes propos».<br />

Al-Bara‘ Ben ‘Azeb raconte: «Nous suivîmes avec l’Envoyé de<br />

Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue le convoi funèbre d’un Ansarien.<br />

Nous arrivâmes tout près du sépulcre où le mort fut enterré et avant<br />

de le couvrir. L’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - s’assit<br />

et nous fîmes de même en nous tenant immobiles et silencieux.<br />

Le Prophète, qui remuait le sable avec un petit bâton qu’il tenait à la<br />

main, leva la tête et nous dit: «Demandez à Dieu de vous protéger<br />

contre le tourment de la tombe» et il le répéta deux ou trois fois. Puis il<br />

poursuivit: «Lorsque le serviteur croyant est à l ’article de la mort en délaissant<br />

ce bas monde pour se trouver dans l ’autre, des anges aux visages<br />

blancs qui ressemblent au soleil, descendent du ciel apportant avec eux des<br />

linceuls et des aromates du Paradis et s ’asseyent auprès de lui et font une<br />

file à perte de vue. L ’ange de la mort vient s ’asseoir auprès de la tête du<br />

moribond et dit: «O âme bonne, sors pour recevoir un pardon et une satisfaction<br />

de Dieu. L ’âme sort telle qu’une gouttelette d ’eau qui sort d ’une<br />

outre. Une fo is l ’âme recueillie, les anges la prennent, la parfument et<br />

l ’enveloppent dans le linceul. Alors une bonne odeur s ’en dégage qu’aucune<br />

autre odeur ne lui ressemble sur terre. Ils la remontent vers le ciel et<br />

chaque fois qu’ils passent par d ’autres anges, ceux-ci demandent: «Quelle<br />

bonne odeur?» On leur répond.: «C’est l’âme d ’un tel le fils d'un<br />

tel» en l ’appelant par le plus beaux noms qu’on l ’appelait dans le bas<br />

monde. En arrivant au ciel inférieur on demande de leur ouvrir, les portes<br />

627


s'ouvrent et on remonte vers le ciel suivant exor té par les anges du ciel<br />

précédent ju sq u ’à arriver au septième ciel. Dieu alors ordonne à Ses scribes:<br />

«Inscrivez M on serviteur que voici parm i les habitants de «Illyine» et<br />

rendez-le à la terre car c ’est de la terre que j ’ai créé les hommes, en elle<br />

Je les ramènerai et d ’elle je les ferai sortir une fo is encore».<br />

On rend l ’âme au corps, deux anges fo n t asseoir le mort dans la tombe<br />

et lui demandent: «Qui est ton Seigneur?». I l répond: «M on Seigneur est<br />

Allah» - Quelle est ta religion?- L ’Islam .- Que dis-tu de cet homme qui a<br />

été envoyé vers vous?- Il est VEnvoyé de Dieu. -Q u’est-ce que tu as appris?<br />

- J ’ai lu le Livre de Dieu, en ai cru et l ’ai tenu pour véridique.<br />

A ce m oment une voix du ciel se fa it entendre qui dit: «Donnez-lui un<br />

matelas du Paradis, habillez-le de vêtements du Paradis et ouvrez-lui une<br />

porte au Paradis». Alors une belle odeur lui; arrive du Paradis, on élargit<br />

son tom beau à perte de vue, et un un homme au beau visage, portant de<br />

beaux habits et qui dégage une odeur aromatisée lui dit: «Réjouis-toi de recevoir<br />

celui qui t ’a causé le bonheur. Ce jour-là est le jour promis». Il lui<br />

demande: «Qui es-tu, ton visage n ’apporte que le bien?» Je suis tes bonnes<br />

actions, lui répond-il. E t alors le m ort de s ’écrier: «Seigneur, fa is que<br />

VHeure se dresse! Seigneur, fa is que l ’Heure se dresse! afin que je puisse retourner<br />

chez mes miens et biens».<br />

Q uant au serviteur mécréant, en quittant le bas monde pour l ’autre,<br />

des anges aux visages noirs et apportant un tissu grosssier descendent du<br />

ciel et s ’asseyent auprès de lui form ant une file à perte de vue. L ’ange de la<br />

m ort se tient auprès de sa tête et s ’écrie: «O âme méchante, sors pour rencontrer<br />

la colère de Dieu et son courroux». L ’âme alors se disperse dans<br />

tout son corps, et l ’ange la retire comme on retire une tige en fe r enfoncée<br />

dans de la laine humide. Une fo is l ’âme recueillie l ’ange ne la laisse avec<br />

lui fu t-c e pour un clin d ’œil et l ’enveloppe dans le tissu grossier. Alors une<br />

odeur puante comme celle surgie d ’un cadavre se dégage et la plus m auvaise<br />

q u ’on puisse humer sur terre. Les anges l ’enlèvent vers le ciel et ne<br />

passent par d ’autres anges sans que ceux-ci ne disent: «Quelle est celle<br />

fidmiY?» On leur répond: «C ’est un tel le fils d ’un tel» en lui attribuant<br />

les plus mauvais noms qu’on lui donnait sur terre. En arrivant au ciel<br />

inférieur ou demande de leur ouvrir m ais les portes restent ferm és devant<br />

628


eux». Puis l’Envoyé de Dieu récita ce verset: Les portes de ciel leur resteront<br />

fermées. Ils n’entreront au paradis que quand un chameau passera<br />

par le trou d’une aiguille» [Coran VII, 40],<br />

Dieu ordonne: «Que le livre de cette âme soit le «Sijjin», au fond de la<br />

terre, et elle sera jetée» Puis il récita: «Celui qui donne des asociés à Allah<br />

est comme quelqu’un qui est précipité des nues. Les oiseaux de proie se le<br />

disputent à coup de griffes ou bien le vent l’emporte dans des contrées perdues»<br />

[Coran XXII, 31].<br />

Et le Prophète - qu Allah le bénisse et le salue - de poursuivre: «On<br />

rend l’âme au corps, deux anges viennent asseoir le mort et lui demandent:<br />

«Qui est ton Seigneur?» Il répond: «Ha! Ha! je ne sais pas. - Quelle es ta<br />

religion? - Ha! Ha!, je ne sais pas. -Que dis-tu de cet homme qui vous a été<br />

envoyé? -Ha! Ha! je ne sais pas. Alors une voix du ciel se fa it entendre et<br />

dit: «Mon serviteur a menti. Etendez-lui un matelas en feu, ouvrez-lui une<br />

porte qui dpnne sur le feu» Un souffle brûlant et une eau bouillante l’atteignent<br />

et sa tombe est rétrécie de sorte que ses côtes s ’entrelacent. Un<br />

homme très laid, portant de mauvais habits duquel une odeur puante se dégage,<br />

vient lui dire: Sois prêt à recevoir ce qui te cause le malheur; c ’est le<br />

jour qui t ’a été promis. Il lui demande: «Qui es-tu?. Ton visage n ’apporte<br />

que le mal?» - Il répond: «Je suis tes mauvaises actions» E t l ’homme de<br />

s ’écrier: «Seigneur, fais que VHeure ne se dressa pas» (Rapportépar Ahmed)[1K<br />

(1) ¡y* ^ j l c - Jlî<br />

¿il ( J L. ^«,'tlj tjLygjVl<br />

629


Un autre hadith qui donne le même sens a été rapporté par Mous-<br />

4J üj"—r à r. * cLJaJI frL«~~J) Aj +<br />

¿L-JI ^J>\ Ljj ¡¿&~ ‘Wî^ «.U—Jl Ib jjj * *L— LjS '<br />

Lj-jj Hj:âl ■>- ^yiU l ‘ùï*^ dj t*<br />

Ajl«I>i^i Ol^JU *-jLj i * ^ - j j :Jlî itS^" • (►+^vs" W~*J<br />

^ I4J 0 *I tJ1<br />

j*-jJ ‘.-¿fc


lim d’après Abou Houraira, mais moins détaillé. D’autres hadiths sont<br />

aussi rapportés par plusieurs desquels on peut déduire que le mort sera<br />

interrogé dans la tombe par deux anges au sujet de son Seigneur,<br />

sa religion et du Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - Le croyant<br />

répondra et Dieu l’affirmera par une parole ferme et on lui annoncera<br />

le Paradis. Quant à l’incrédule il ne saurait quoi dire et Dieu l’égarera,<br />

et on lui annoncera qu’il entrera à l’Enfer.<br />

’alm tara ’¿lâ-l-ladîna baddalû ni‘mta-L-Lâhi kufran wa ’ahallû qawmahum<br />

dâra-l-bawâri (28) jahannama yaslawnahâ wa biîsa-l-qarâru (29) wa<br />

ja‘alû li-L-Lâhi ’andâda-l-liyudillû ‘an sabîlihî qui tam atta‘û fa’inna<br />

masîrakum ’ilâ-n-nâri (30).<br />

Songe à ces hommes qui ont répondu par des blasphèmes aux bienfaits<br />

d’Allah et qui ont causé la perdition de leurs peuples (28) Ils brûleront dans<br />

l’enfer, l’horrible demeure (29) Ils reconnaissent des égaux à Allah pour détourner<br />

les hommes de sa voie. Dis: Jouissez. A la fin, vous trouverez l’enfer<br />

(30).<br />

Ibn Abbas a dit qu’il s’agit des idolâtres de La Mecque qui ont<br />

échangé les bienfaits et faveurs Dieu contre l’impiété. Mais il s’avère<br />

que le sens du verset est plus général et concerne tous les incrédules<br />

car Dieu a envoyé Mouhammad - qu’Allah le bénisse et le salue - vers<br />

tous les hommes sans distinction comme miséricorde et grâce. Quiconque<br />

accepte cette miséricorde, se montre reconnaissant envers<br />

Dieu aura trouvé le chemin du salut vers le Paradis. Quiconque s’en<br />

détourne et la renie entrera à l’Enfer.<br />

Ibn Abi Hatem rapporte: Ali Ben Abi Taleb harangua un jour les<br />

i.utvi.nes et dît; «uue i-un d’entre vous me demande de lui interpréter<br />

le Coran? Par Dieu, si je savais qu’un homme qui puisse le faire mieux<br />

que moi, j’irais le voir même s’il se trouve en outre mer» Abdullah ben<br />

631


Al-Kiwa! se leva et lui demanda: «Dis-moi qui sont ceux «qui ont répondu<br />

par des blasphèmes aux bienfaits d’Allah?» Il lui répliqua: «Ce sont les<br />

polythéistes de Qoraïch qui ont échangé les bienfaits de Dieu contre<br />

l’incrédulité et qui ont établi leur peuple dans la demeure de la perdition».<br />

En commentant le même verset, soufian Al-Thawri dit que ‘Omar<br />

Ben AL-Khattab a déclaré qu’ils sont les deux tribus Bani Moughira et<br />

Banou Oumaya qui étaient les plus perverses parmi les Qoraïchites.<br />

Les premiers ont été battus le jour de Badr, quant aux autres on leur a<br />

accordé un répit. Ainsi fut l’opinion de Moujahed, Sa'id Ben Joubayr,<br />

Qatada et Ibn Zaïd.<br />

«Ils reconnaissent des égaux à Allah pour détourner les hommes de sa<br />

voie» c’est à dire qu’ils ont adoré d’autres divinités avec Dieu et y ont<br />

appelé les autres. Puis Dieu, par la bouche de Son Prophète - qu’Allah<br />

le bénisse et le salue - les avertit et les menace: Persévérez dans votre<br />

incrédulité dans le bas monde autant que vous voudrez et y jouissez<br />

pour un temps de cette vie car «à la fin, vous trouverez l’enfer»<br />

Dieu affirme ce sort réservé aux impies en disant: «Nous les laissons se<br />

divertir un temps, puis nous leur infligeons un supplice atroce» [Coran<br />

XXXI, 24] et: «Ehpémère sera leur réussite en ce monde. Finalement, ils<br />

nous feront retour. Puis nous leur infligerons un châtiment exemplaire pour<br />

les punir de leur impiété» [Coran X, 70].<br />

qui li‘ibâdiya-l-ladîna ’amanû yuqîmû-s-salâta wa yunfiqû mimmâ razaqnâhum<br />

sirran wa ‘alâniyatan min qabli ’ay-ya’tiya yawmu-l-Iâ bay‘un fîhi<br />

walâ hilâlun (31).<br />

Recommande à mes serviteurs fidèles d’observer la prière, de faire l’aumône<br />

sur leurs biens publiquement et en secret, avant que ne vienne le jour<br />

où il n’y aura plus ni commerce, ni sympathie (31).<br />

Dieu ordonné aux hommes de Lui obéir, de s’acquitter de leurs<br />

droits envers Lui et envers les autres en observant la prière et de faire<br />

632


la charité en dépensant de ce que Dieu leur a accordé de Ses bienfaits<br />

pour les proches et autres. La prière doit donc être faite à son<br />

moment fixé en accomplissant à la perfection les inclinaisons et les<br />

prosternations, L’aumône doit être faite soit publiqment soit en secret.<br />

Que les hommes s’empressent à trouver le chemin du salut avant que<br />

ne vienne le jour de la résurrection où il n’y aura plus ni rachat ni amitié<br />

selon les dires de Dieu: «Aujourd’hui, aucune rançon ne sera acceptée<br />

de vous, ni des infidèles» [Coran LV1I < 15].<br />

«ni sympathie» ce terme signifie d’après Ibn Jarir: Celui qui a<br />

commis des actes d’incrédulité dans le bas monde aucune amitié qui<br />

le liait à un fidèle ne lui serait utile car chacun sera jugé équitablement<br />

sans être lésé. Quiconque cherchera à se racheter fut-ce en donnant<br />

tout l’or de la terre cela ne serait accepté de lui, ni même l’intercession<br />

de quiconque. Dieu le confirme également dans ces deux versets:<br />

- «Appréhendez le jour où les âmes ne pourront être d’aucun secours<br />

les unes polir les autres, où leur offre de rachat ne sera pas reçue, où leur<br />

intercession ne sera pas admise et où nul ne pourra leur venir en aide»<br />

[Coran II, 123],<br />

-«O croyants, donnez sur ce que nous vous avons octroyé, avant que<br />

ne vienne le jour où il n’y aura plus ni transaction, ni amitié, ni intercession,<br />

et où les infidèles feront figure de coupables» [Coran II, 254].<br />

’Allahu-l-ladî halaqa-s-samâwati wa-l-’arda wa ’anzala mina-s-sama’i<br />

m a’an fa’ahraja bihî mina-t-tamarâti rizqa-l-lakum wa sahhara lakumu-<br />

1-fulka litajriya fî-l-bahri ba ’amrihî wa sahhara lakumu-1-’anhâra (32) wa<br />

sahhara lakumu-s-samsa wa-l-qamara da ’ibayni wa sahhara lakumu-1-<br />

633


layla wa-n-nahâra (33) wa ’a tâkum min kulli mâ sa’altumûhu wa ’in<br />

ta‘uddû ni ’mata-L-Lâhi lâ tuhsûha' ’inna-l-’insâna lazalûmun kaffârun<br />

(34).<br />

C’est Allah qui a créé les cieux et la terre. C’est Lui qui suscite la<br />

pluie et vous nourrit des fruits qu’elle fait croître. Il a mis à votre usage la<br />

barque pour que vous puissiez naviguer avec elle sur les eaux, de même<br />

qu’il a créé les fleuves à votre intention (32) Il a conçu pour vos besoins le<br />

soleil et la lune à la marche indéréglable, comme II a conçu la nuit et le<br />

jour (33) Il a mis à votre disposition tout ce dont vous aurez besoin. Le voudriez-vous?<br />

Vous ne pourriez pas énumérer les bienfaits d’Allah. L’homme<br />

est profondément injuste et ingrat (34).<br />

Dieu dénombre Ses bienfaits aux hommes en leur rappelant<br />

d’abord la création des cieux et de la terre, en faisant du firmament<br />

une voûte protégée et la terre comme un lit de repos, et en faisant<br />

descendre du ciel une eau grâce à laquelle il fait pousser des fruits et<br />

des récoltes pour la subsistance des hommes, de couleurs, saveurs,<br />

formes et odeurs variées et diversifiées.<br />

Puis Dieu met au service de l’homme le vaisseau pour qu’il vogue<br />

sur la mer par Son ordre. Ainsi il pourra se déplacer d’un pays à un<br />

autre pour s’acquérir dont il aura besoin. Il a créé aussi les fleuves qui<br />

fendent la terre et coulent en traversant différentes régions à l’intention<br />

de l’homme pour se désaltérer, abreuver et irriguer.<br />

«Ils a conçu pour vos besoins le soleil et la lune à la marche indéréglable»<br />

qui ne cessent de faire leurs trajectoires jour et nuit de sorte<br />

que le soleil ne peut rattraper la lune, ni la nuit devancer le jour. Chacun<br />

de ces deux astres vogue dans son orbite. Le soleil et la lune succède<br />

l’un à l’autre tandis que la nuit et le jour s’opposent: tantôt la<br />

première s’empare d’une partie de l’autre et vice versa en s’allongeant<br />

et se raccourcissant selon les saisons. Ce verset montre clairement<br />

ces différents phénomènes: «Il allonge ou diminue les jours et les nuits.<br />

Il a assujetti à l’usage des hommes le soleil et la lune. Ces deux astres évolueront<br />

jusqu’au terme qu’il a fixé» [Coran XXXV, 13].<br />

Il donne aux hommes tout ce qu’ils Lui demandent pour pourvoir à<br />

le u «<br />

mêmè. «im m ê an a dit, accorde ce què lés hom m es<br />

ne Lui demandent pas de par Sa générosité. De toute façon les hom­<br />

634


mes ne sauraient dénombrer les bienfaits de Dieu, Lui en seraient-ils<br />

reconnaissants?.<br />

A ce propos Talq Ben Habib a dit: «les droits de Dieu sont si<br />

lourds qu’on ne puisse jamais s’en acquitter, et Ses bienfaits sont tellement<br />

nombreux qu’on soit incapable de les énumérer, mais les hommes<br />

peuvent revenir à Dieu repentants matin et soir».<br />

Dans la tradition on a rapporté que David -que Dieu le salue- demanda<br />

à Dieu: «Seigneur, comment puis-je être reconnaissant envers<br />

toi du moment que même ma reconnaissance est un de Tes bienfaits?»<br />

Dieu Très Haut lui répondit: «Tu viens de me remcercier ô David».<br />

c’est à dire: aussitôt que tu avoues ton incapacité de reconnaître<br />

Mes bienfaits, c’est la preuve de ta reconnaissance.<br />

Ach-Chafé‘i, quant à lui, a dit: «Louange à Dieu envers qui nous<br />

ne saurions être reconnaissants que lorsqu’un de ses bienfaits nous<br />

touche et alors nous devons Lui en remercier».<br />

wa ’id qâla ’Ibrahîmu rabbi-j‘al hâdâ-l-balada ’âminan wa-jnubnî wa baniyya<br />

’an na‘buda-l-’asnâma (35) rabbi ’innahunna ’adlalna katîram-mina-n-nâsi<br />

faman tabi‘anî fa’innahû minnî wa man ‘asânî fa’innaka<br />

Gafûru-r-Rahîmun (36).<br />

Abraham implora son Seigneur: «Rends ce territoire sacré et épargnemoi<br />

ainsi qu’à ma postérité d’adorer les idoles» (35). Seigneur, les idoles<br />

ont perdu de nombreuses créatures. Quiconque me suivra sera solidaire de<br />

moi. Celui qui me désobéira... Seigneur, Tu es clément et miséricordieux<br />

(36).<br />

Dieu s’élève contre les idolâtres Qoraïchites qui se sont permis<br />

d’adorer un autre que Lui dans une cité -qui est La Mecque- qu’il a<br />

rendue un territoire sacre et un asile sûr pour les hommes. Du temps<br />

d’Abraham elle était peuplée et il y appelait à l’unicité de Dieu puis il<br />

635


désavoua le comportement des polythéistes qui reconnaissaient des<br />

égaux à Dieu.<br />

Après la construction de la Ka'ba et l’établissement d’Abraham et<br />

de sa famille à La Mecque, il implora le Seigneur de rendre cette cité<br />

un asile sûr, Il l’exauça comme le montre ce verset: «Ne voient-ils pas<br />

que nous leur avons assuré un territoire inviolable...» [Coran XXIX, 67],<br />

Abraham loua encore Dieu de lui avoir accordé Isaac après Ismaël<br />

qui avait treize ans à ce moment-là «Béni soit Allah qui n’a donné, malgré<br />

mon grand âge, Ismaël et Isaac». Il demanda à Dieu: «épargne-moi<br />

ainsi qn’à ma postérité d’adorer les idoles»: On peut déduire de ce verset<br />

qu’il incombe à l’homme d’invoquer Dieu pour lui, pour ses père et<br />

mère et pour sa postérité.<br />

Puis Abraham déclara que nombre de créatures furent tentées par<br />

l’adoration des idoles. En désavouant leur acte, il confia leur sort à<br />

Dieu qui, Il pourra les châtier s’il le veut, ou leur pardonner s’il le veut,<br />

tout comme Jésus -que Dieu le salue- qui a dit à Dieu: «Si Tu les châties,<br />

ce sont Tes sujets. Si Tu leur pardonnes, Tu es auguste et sage» [Coran<br />

V, 118]. On ne doit pas donc anticiper le jugement de Dieu qui agit<br />

selon sa volonté.<br />

Abdullah Ben Amr rapporte: «Après avoir répété les dires d’Abraham<br />

-que Dieu le salue- «Seigneur, les idoles ont perdu de nombreuses<br />

créatures...» et ceux de Jésus -que Dieu le salue- «Si Tu les châties, ce<br />

sont Tes sujets», l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - leva<br />

ses mains et s’écria: «Grand Dieu, ma communauté! Grand Dieu, ma<br />

communauté. Grand Dieu, ma communauté!» et pleura. Dieu dit à Gabriel:<br />

«Va voir Mouhammed et demande-lui - alors qu’il connaît tout<br />

plus que personne- qu’est-ce qu’il le fait pleurer?» Gabriel s’exécuta et<br />

reçut la réponse de l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue -.<br />

Dieu chargea alors Gabriel d’aller lui dire: «O Mouhammed, nous te<br />

rendrons satisfait (du sort) de ta communauté sans te chagriner à leur<br />

sujet».<br />

636


abbaria ’inriT ’askantu min d-urriyyatî biwâdin gayri dî zar‘in ‘inda baytika-l-muharrami<br />

rabbanâ liyuqîmû-s-salâta fa-j‘al ’a f idatan mina-n-nâsi<br />

tahwT ’ilayhim wa-r-zuqhum mina-t-tamarâti la‘allahum yaskurûna (37).<br />

Seigneur, j’ai installé mes enfants dans une vallée stérile, proche de ton<br />

oratoire sacré. Seigneur, fais qu’ils observent la prière. Rends-les sympathiques<br />

aux autres hommes. Procure-les des aliments en vue de t’attirer leurs<br />

grâces (37).<br />

Ceci dénote que ce fut dans la deuxième invocation qu’a formulée<br />

Abraham après la première et qui eut lieu après avoir établi Hagar et<br />

son fils dans cet endroit avant la construction de la Maison Sacrée en<br />

confirmation de sa foi et de son rapprochement à Dieu à Lui la puissance<br />

et la gloire.<br />

Abraham demanda à Dieu de rendre cette Maison sacrée afin que<br />

les hommes y puissent faire la prière une fois qu’une partie de sa descendance<br />

y fut installée. Et «rends-les sympathiques aux autres hommes»<br />

Ibn Abbas a commenté: «S’il avait dit: «à tous les hommes» cette<br />

place aurait été fréquentée par les Perses, les Romains, les juifs, les<br />

chrétiens, bref le tout sans exception. Mais il a dit «aux autres hommes»<br />

pour désigner les musulmans, les soumis».<br />

«Procure-leur des aliments en vue de t’attirer leurs grâces» Une fois<br />

leur subsistance assurée, ils pourraient s’acquitter de leur obligations<br />

et droits. Comme cette vallée est stérile et rien n’y pousse, accordeleur<br />

des fruits pour se nourrir.<br />

Dieu exauça Abraham et ce verset en est la confirmation:<br />

«N’avons-nous pas établi pour eux une enceinte sacrée et sûre où sont apportés<br />

des fruits de toutes sortes que nous leur avons accordés pour leur<br />

subsistance» [Coran XXVIII, 57]. A savoir qu’à La Mecque aucun arbre<br />

fruitier n’existe mais on y apporte les fruité des régions qui l’entourent,<br />

ceci rut un exaucement d’Abrahm -que Dieu le salue-. Dieu a tout assuré<br />

par Sa générosité, Sa bénédiction et Sa clémence.<br />

637


abbana ’innaka ta‘lamu ma nuhfî wamâ nu‘linu wamâ yahfâ ‘ala-L-Lâhi<br />

min say’in fî-l-’ardi walâ fi-s-sama',i (38) ’Al-hamdu li-L-Lâhi-l-ladî<br />

wahaba lî ‘ala-l-kibari ’Ismâ‘îla wa ’Ishâqa ’in rabbî lasam î‘u-dd<br />

u ^ ’i (39) rabbi-j‘alnî muqîma-s-salâti wa min durriyyati rabbanâ wa taqabbal<br />

d u lf’i (40) rabbana -gfir lî wa liwâlidayya wa lil-mu’minîna yawma<br />

yaqûmu-l-hisâbu (41). ;<br />

Tu sais ce que nous dissimulons et ce que nous montrons. Il n’y a rien<br />

de caché pour Allah dans les cieux et sur la terre (38) Béni soit Allah qui<br />

m’a donné, malgré mon grand âge, Ismaël et Isaac. Certes, mon Maître a<br />

entendu ma prière. (39). Seigneur, soutiens ma ferveur et celle de ma postérité.<br />

Seigneur, exauce mes vœux (40) Seigneur, sois indulgent pour moi, ma<br />

famille et tous les croyants, au jour du jugement dernier (41).<br />

Ibn Jarir a commenté: «La prière d’Abraham fut dans ce sens: Seigneur,<br />

Tu connais bien que ma prière n’est pas faite exclusivement<br />

pour les habitants de cette cité, c’était plutôt pour m’agréer en Te<br />

vouant un culte pur et pour m’accorder Ta satisfaction. Car Tu connais<br />

parfaitement les choses cachées et apparentes et rien ne se cache de<br />

Toi ni dans le cieux ni sur la terre.<br />

Puis Abraham adressa ses louanges à Dieu qui, dans sa vieillesse<br />

lui a donné Ismaël puis Isaac. Ensuite il Lui demanda d’en faire un serviteur<br />

fervent en s’acquittant régulièrement de la prière et d’en faire de<br />

sa postérité une nation qui observera également la prière. La postérité<br />

signifie d’après les exégètes la descendance de son fils Ismaël.<br />

«Seianeur exauce mes vœux» et accorde-moi ce que je T’ai demandé<br />

et accorde Ton pardon à moi, à mes parents. Ce fut avant de<br />

désavouer le culte de son père quand il a constaté qu’il était un enne-<br />

638


mi de Dieu, «et aux croyants» sans exception, le jour où Dieu jugera<br />

Ses serviteurs et les rétribuera de leurs actions bonnes soit-elles ou<br />

mauvaises.<br />

walâ tahsabanna-L-Lâha gâfilan ‘ammâ ya‘malu-z-zâlimûna ’innamâ<br />

yu’ahhiruhum liyawmin tashasu fîhi-l-’absâru (42) m uhti‘îna muqni‘î<br />

ru’usihim lâ yartaddu ’ilayhim tarfuhum wa ’afidatuhum haw a’un (43).<br />

Ne croyez pas qu’Allah sera indifférent aux œuvres des méchants. Il<br />

retarde Son verdict jusqu’au jour où tous les regards seront fixés d’effroi<br />

(42) Où les méchants accourront, les traits défaits, les prunelles immobiles<br />

et les cœurs désanimés (43).<br />

O Mouhammad, lui dit Dieu, ne compte pas que Dieu soit indifférent<br />

à ce que font les injustes. Ne pense jamais que, S’il leur accorde<br />

un répit, Il ne les punira pas pour leurs mauvaises actions, bien au<br />

contraire, Il dénombre toutes leurs œuvres et les compte. «Il retarde<br />

Son verdict jusqu’au jour où tous les regards seront fixés d’effroi», le jour<br />

où ils comparaîtront devant lui pour les juger et seront pris par une<br />

grande terreur.<br />

Puis Dieu décrit leur sortie de la tombe au jour de la résurrection<br />

et leur empressement pour être rassemblés: «Où les méchants accourront»<br />

en toute hâte comme le montre aussi ce verset: «Ce jour-là, ils<br />

sortiront en hâte de leurs tombeaux» [Coran LXX, 43] levant la tête de<br />

peur, les yeux révulsés ou figés sans pouvoir cligner à cause de la<br />

crainte et de la terreur de cette situation.<br />

A ce propos, Qatada et d’autres ont dit qu’en ce jour-là leurs<br />

cœurs quitteront leurs poitrines pour remonter au gosier, ou bien selon<br />

d’autre interprétation: Leurs cœurs ne pourront rien saisir ni concevoir.<br />

639


wa ’andiri-n-nâsa yawma ya’tihimu-l-‘ad âbu fayaqûlu-l-ladîna zalaxnû<br />

rabbana ’ahhirna ’ila ’ajalin qarîbin-n-nujib da‘wataka wa nattabi‘i-rrusula<br />

’awalam takûriïï ’aqsamtum min qblu mâ lakum min zawâlin (44)<br />

wa sakantum fi m asâkini-l-ladîna zalam îî kayfa fa‘alnâ bihim wa<br />

darabnâ lakumu-Pamtâla (45) waqad makarû makrahum wa ‘inda-L-Lâhi<br />

makruhum wa ’in kâna makruhum litaizûla minhu-l-jibâhi (46).<br />

Préviens les hommes du châtiment qui les attend. Quand ce jour arrivera,<br />

les méchants s’écrieront: «O Seigneur, laisse-nous le temps de répondre<br />

à ton appel et nous soumettre à tes Prophètes». Ne prétendiez-vous pas<br />

auparavant être irréductibles? leur répliquera-t-on (44) Et cependant vous<br />

avez habité le même pays que les infidèles et n’étiez pas sans savoir comment<br />

nous les avons traités. Nous ne vous avons pas ménagé les exemples<br />

(45) Ils ont tramé des complots, mais Allah les a déjoués. Leurs<br />

complots eussent-ils été de force à soulever les montagnes qu’il les aurait<br />

déjoués quand même (46).<br />

A la vue du châtiment au jour de la résurrection, les injustes supplieront<br />

Dieu de leur accorder un court délai pour qu’ils répondent à<br />

l’appel des Prophètes. Leur cas sera pareil à l’homme que Dieu en<br />

parle dans ce verset: «Lorsque la mort se présente à l’homme, il s’écrie:<br />

«Seigneur, fais-moi revenir sur terre» [Coran XX, III, 99], Lors de leur<br />

rassemblement II les décrit dans ce verset: «Ah! si tu pouvais voir dans<br />

quelle attitude humiliée les coupables se présenteront devant Allah» [Coran<br />

aa trouvant devant l’Enfer pour y être châtiés,<br />

«tu les entendras dire: «Plût à Allah que nous puissions revenir sur terre!<br />

Nous ne traiterions plus de mensonge les signes de notre Seigneur...» [Coran<br />

VI, 27].<br />

640


A leurs demandes, regrets et supplications Dieu répondra: «Ne<br />

prétendiez-vous pas auparavant être irréductibles?» En d’autre terme:<br />

N’aviez-vous pas juré autrefois qu’il n’était pas question que vous disparaissiez?<br />

Ne reniez-vous pas sur la terre ce jour où vous serez rassemblés<br />

et comparus devant Dieu?. «Ils affirment par les serments les<br />

plus solennels qu’Allah ne ressuscitera les morts» [Coran VI, 38]. Dieu<br />

aussi leur rappellera: «Et cependant vous avez habité le même pays que<br />

les infidèles et n’étiez pas sans savoir comment nous les avons traités. Nous<br />

ne vous avons pas ménagé les exemples» Vous avez constaté personnellement<br />

ou, à la rigueur, il vous est parvenu les sort qu’ont subi les autres<br />

peuples injustes, et même vous avez habité les mêmes maisons<br />

et dans le même pays. Mais hélas ces avertissements vous étaient<br />

inutiles.<br />

«Leurs complots eussent-ils été de force à souleva* les montagnes qu’il<br />

les aurait déjoués quand même» Ce verset fut le sujet de deux interprétaions.<br />

- La première: est celle de Al-Hassan Al-Basri et soutenue par Ibn<br />

Jarir, qui est la suivante: Ce que les infidèles ont fait à leur détriment<br />

en reconnaissant des associés à Dieu, n’avait aucun effet ni sur les<br />

montagnes ni sur autre chose. Ils ont goûté les conséquences de leur<br />

conduite. Ce verset est pareil aux dires de Dieu: «Sois humble en face<br />

de la nature. Tu ne saurais transpercer la terre ni égaler la cîme des montagnes»<br />

[Coran XVII, 37].<br />

- La deuxième est celle d’Ibn Abbas et soutenue par Qatada et<br />

Ad-Dahak, et qui est la suivante: A cause de la gravité de leur polythéisme,<br />

peu s’en faut que les cieux ne se fendent, que la terre ne<br />

s’entrouvre et que les montagnes ne s’écroulent, comme Dieu a dit: «A<br />

ces mots, les cieux ont failli s’entrouvir, la terre se fendre, les montagnes<br />

crouler» [Coran XIX, 90].<br />

falâ tahsabanna-L-Lâha muhlifa wa‘dihî rusulahïï ’inna-L-Lâha ‘azîzun<br />

641


dû-n-tiqâmin (47) yawma tubadallu-l-’ardu gayra-l-’ardi wa-s-samâwâtu<br />

wa barazû li-L-Lâhi-l-wâhidi-l-qahhâri (48).<br />

Soyez persuadés qu’Allah réalisera les prédictions de ses Prophètes.<br />

Car Allah est puissant et terrible dans la répression. (47) Le jour où les<br />

cieux et la terre sens dessus desssous seront méconnaissables, ils comparaîtront<br />

devant Allah l’Unique et l’inflexible (48).<br />

Que les infidèles sachent que Dieu ne manquera jamais à la promesse<br />

qu’il a faite à Ses Prophètes en leur secourant dans le bas<br />

monde et dans l’autre où les hommes comparaîtront devant Lui. Il est<br />

tellement puissant que nul ne pourra s’opposer à Ses décrets, irrésistible<br />

et se vengera de tous ceux qui L’ont renié. Malheur aux menteurs!<br />

Il affirme que la terre sera remplacée par une autre terre et les<br />

cieux seront remplacés par d’autres cieux, c’est une promesse tenue<br />

et sera réalisée sans aucune contestation.<br />

A ce propos il est cité dans les deux Sahih d’après Sahl Ben Sa'd<br />

que l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: «Au jour<br />

de la résurrection, les hommes seront rassemblés sur une terre d ’une couleur<br />

blanche tirée sur le rouge, sur laquelle on ne trouvera aucun signe à<br />

quiconque» (Rapporté par Boukhari et Mouslim)ÎI].<br />

L’imam Ahmed rapporte que Aicha -que Dieu l’agrée- a dit: «Je<br />

suis la première personne qui a demandé l’Envoyé de Dieu- qu’Allah le<br />

bénisse et le salue - au sujet de ce verset: «Le jour où les cieux et la<br />

terre sens dessus dessous seront méconnaissables» en lui disant: «Où seront<br />

les gens en ce jour-là?» Il me répondit: «Sur le Sirat (sous-entendu<br />

le pont)».<br />

Thawban, l’affranchi de l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le<br />

salue - a raconté: «J’étais debout auprès de l’Envoyé de Dieu - qu’Allah<br />

le bénisse et le salue - quand un des docteurs juifs vint le trouver<br />

et lui dit: «Que la paix soit sur toi ô Mouhammed» Je poussai ce docteur<br />

au point où il faillit tomber par terre. Il protesta en s’écriant:<br />

642


«Pourquoi me pousses-tu?» Je lui répondis: «Pourquoi ne dis-tu pas ô<br />

Envoyé de Dieu?» Il répliqua: «Nous ne l’appelons que par le nonr.<br />

dont ses parents lui ont attribué». L’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse<br />

et le salue - dit alors: «Certes mon nom est Mouhammed que<br />

mes parents me l’ont choisi». Le docteur lui dit: «Je viens pour te poser<br />

une question» - Mes paroles te seront-elles utiles? lui répondit-il. Et<br />

le docteur de répliquer: «Je n’ai qu’à entendre».<br />

L ’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - remua la terre par<br />

un bâton qu’il tenait à la main et dit: «Demande». Il lui dit: «Où seront les<br />

hommes le jour où la terre sera remplacée par une autre terre et les deux<br />

par d ’autres deux?». Il lui répondit: «Ils seront dans l ’obscurité avant le<br />

pont» -Qui sera le premier à traverser ce pont?» - Les pauvres parmi les<br />

Mouhagériens. -Quelle est la première chose qu’ils recevront en entrant<br />

au Paradis?» - L ’excès du foie de baleine. - De quoi se nourriront-ils à la<br />

suite? - On leur immolera le veau qui se nourrissait des coins du Paradis. -<br />

Que boiront-ils? - D ’une source nommée «Salsabil» -Tu dis vrai. Je te demande<br />

encore au sujet d’une chose qu’aucun des habitants de la terre<br />

ne connaît à moins qu’il ne soit un Prophète ou un homme ou deux. -<br />

Si je te dirai, ma réponse te sera-t-elle utile? - Je n’aurai qu’à écouter. Je<br />

viens te demander au sujet (de la naissance et de la nature) de l'enfant?<br />

Le Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - de répliquer:<br />

« L ’eau (le sperme) de l’homme est blanche, tandis que celle de la femme<br />

est jaune. Quand ces deux eaux se rencontrent et que l ’eau de l ’homme dominera,<br />

il sera un garçon par la volonté de Dieu, mais si l’eau de la femme<br />

dominera celle de l’homme, une fille naîtra par la volonté de Dieu.<br />

Le ju if s ’écria alors: «Tu dis vrai et tu es un Prophète» puis s ’en alla.<br />

L ’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - dit alors: «Il vient de<br />

me demander sur des choses dont j e n ’avais aucune connaissance, mais<br />

Dieu me les a inspirées» (Rapporté par Moustim)111.<br />

(1) L»jÜ c-iS" :J\> ¿fc y ^ ^ L.< Jü<br />

t-L- » Le ^ 1 À .ni , \j ^‘ f~-<br />

M J u Jj ü :c-Üi j j :JLü<br />

aj I ül» ¿1 J j—j Jlâi caJUÎ aj dL—(^jül t j f .ju<br />

643


Abdullah rapporte que le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue<br />

- en expliquant le sens du même verset a dit: «Ce sera une terre<br />

blanche et pure où on n’y a versé ni un sang ni commis un péché».<br />

Quant à l’interprétation de Abdullah Ben Mass'oud, elle est la suivante:<br />

«Au jour de la résurrection toute la terre sera transformée en<br />

feu, derrière elle on verra même les coupes et les houris du Paradis.<br />

Par celui qui tient l’âme de Abdullah dans Sa main, l’homme en ce<br />

jour-là transpirera au point d’inonder la terre autour de lui jusqu’à atteindre<br />

son nez avant d’être jugé». On lui demanda sur la cause de<br />

tout cela, il répondit: A cause de ce que les hommes verront et constateront».<br />

Ce jour-là, les hommes seront tous présentés devant le Seigneur<br />

une fois ressuscités de leurs tombes, Dieu l’Unique le Dominateur suprême<br />

les jugera.<br />

a i ¿ g i 0 j i i i i * £ £ g i j<br />

(Sü) o i i J i ' ^<br />

wa tarâ-l~mujrimîna yawma’idim-muqarramîna fî-l-’asfâdi (49) sarâbîlu-<br />

Oj l.f^ ^tifJLlLwnl ‘i* ^ ^ î@^JLaI<br />

Jlü :JLü J : J l  i<br />

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(jLai t çSJâ$% liJIa* ¿j** -ü^ c( ( dji 4^. l^iit<br />

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^jA »A^l AaIaj V ç^*> ,JU .c.■*• ^>'* :JU ¡^i» .,


hum min qatirânin wa tagsâ wujuhahumu-n-nâru (50) liyajziya-L-Lâhu<br />

kulla nafsim-mâ kasabat ’inna-L-Lâha sarî‘u-l-hisabi (51).<br />

Ce jour-là, tu verras les coupables enchaînés les uns aux autres (49)<br />

Leurs vêtements enduits de poix, leurs visages disparaissant dans les flammes<br />

(50) Allah récompense chacun suivant ses œuvres. Il est prompt à décider<br />

(51).<br />

Le jour où les coupables se présenteront devant le Seigneur, tu<br />

les verras ô Mouhammad enchaînés deux à deux comme l’affirme ce<br />

verset: «Rassemblez les coupables et leurs épouses..» [Coran XXXVII, 22]<br />

et cet autre: «Quand ils se sentiront entassés dans une étroite geôle, liés<br />

les uns aux autrs, ils n’auront qu’un cri: «O malheur» [Coran XXV, 13],<br />

Leurs vêtements qu’ils porteront seront faits de goudron, cette<br />

substance qu’on enduit les chameaux une fois atteints par la gale ou<br />

autre ei qui attrape promptement le feu. «Leurs visages disparaissant<br />

dans les flammes» c’est à dire que le feu les couvrira. A ce propos Abou<br />

Malek Al-Ach‘ari rapporte que l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et<br />

le salue - a dit: «Il y a quatre choses qui sont de la période antéislamique<br />

dont on ne laisse pas: la fierté dans la descendance, la diffamation de la généalogie,<br />

la demande aux étoiles pour obtenir de la pluie et les gémissements<br />

sur le mort. Si la pleureuse ne revient pas à Dieu avant sa mort, elle<br />

sera ressuscitée au jour de la résurrection portant une robe faite de goudron<br />

et un gilet de gale» (Rapporté par Moustim et A h m e d /1 ].<br />

«Allah récompense chacun suivant ses œuvres» et le rétribuera pour<br />

ce qu’il avait accompli dans le bas monde. «Il est prompt à décider»<br />

c’est à dire dans ses comptes comme II dit: «Proche, est l’heure des<br />

comptes pour les hommes: mais, insouciants, ils ne s’y préparent pas» [Coran<br />

XXI, 1]. On l’a interprété que Dieu est prompt dans ses comptes et<br />

jugera les hommes comme on juge un seul, car II connaît déjà leurs<br />

(1)<br />

frL«— ¿JfcJaJIj '. ¿ j - f r j ^ ÂJUUJI<br />

CjT fji ¡y? S- 55 tç.<br />

. j> -\ üvj> r ¿ f J a i<br />

645


actions et rien ne lui sera caché de leurs œuvres, ils seront donc par<br />

rapport à Lui comme un seul être.<br />

hâdâ balâgu-1-linnasi wa liyundarû bihî wa liya‘lamu ’annamâ huwa<br />

’ilâhun wâhidun wa liyaddakara ’ulû-l-’albâb (52).<br />

Voilà ce que je proclame aux hommes. Ils sont avertis. Ils savent désormais<br />

qu’il n’y a qu’un Allah unique. Les gens sensés réfléchiront là-dessus<br />

(52).<br />

Ce Coran est une communication adressée à tous les hommes,<br />

comme II le confirme en disant: «Ce Cojan n’a été révélé pour que vous<br />

soyez avertis ainsi que tous ceux qu’il touchera» [Coran VI, 19]. Ce Livre<br />

rappelle aussi bien aux humains qu’aux génies un avertissement et un<br />

guide vers la voie droite et la foi. D’ailleurs cette sourate a été débutée<br />

par un verset qui confirme cette réalité: «Nous te révélons ce Livre pour<br />

que tu tires (ô Prophète) les hommes des ténèbres vers la lumière» afin<br />

qu’ils soient avertis et qu’il sachent qu’il n’y a qu’un Dieu unique, peutêtre<br />

ceux qui sont doués d’intelligence réfléchiront là-dessus.<br />

646


15- SOURATE DE HEJR<br />

99 versets<br />

Révélée à La Mecque à l’exception du verset 87 révélé à Médine<br />

Révélée à la suite de la sourate de Joseph<br />

Bismi-L-Lâhi-r-Rahmâni-r-Rahîm<br />

’Alif-ta m-ra tilka ’a yâtu-l-kitâbi wa Qur’a nim-mubînin (1) r-rubamâ yawaddu-l-ladîna<br />

kafarû law kânû ffiuslimma (2) darhum ya’kulû w yatamatta'û<br />

wa yulhihimu-l-’amalu fasawfa ya‘lamûna (3).<br />

Au nom d’Allah le Miséricordieux le Très Miséricordieux<br />

Alif.Lam.Ra, voilà les versets du Livre et l’expression de l’Evidence (1)<br />

Les infidèles souhaitent parfois de croire (2)Laisse-les faire bonne chère et<br />

jouir. Laisse-les à leurs ambitions. Us connaîtront la vérité, un jour (3).<br />

Voici le Coran qui est un Livre qui renferme des versets clairs et<br />

d'une lecture évidente. «Les infidèles souhaitent parfois de croire» car ils<br />

regretteront d’avoir mécru lorsqu’ils verront le châtiment qui les attend.<br />

Bien que Ibn Abbas déclare qu’il s’agit des idolâtres de Qoraïch, mais<br />

ce verst a une portée générale qui concerne tous les incrédules, dont<br />

chacun d’eux formulerait ce souhait une fois se trouvant devant la<br />

647


mort. Au jour de la résurrection leur souhait serait encore plus ardent<br />

car «le jour où ils seront sur le point d’entrer en enfer, tu les entendras<br />

dire: «Plût à Allah que nous puissions revenir sur terre! Nous ne traiterions<br />

pas de mensonge les signes de notre Seigneur et nous serions croyants»<br />

[Coran VI, 27].<br />

On a rapporté qu’une fois le compte réglé, ceux parmi les musulmans<br />

qui avaient commis de péchés seront rassemblés en enfer avec<br />

les idolâtres. Ces derniers lui diront: Celui que vous adoriez dans le<br />

bas monde ne vous suffit pas aujourd’hui. Alors Dieu se courroucera<br />

contre eux et fera sortir tous les musulmans. Tel est le sens de ce verset:<br />

«Les infidèles souhaitent parfois de croire» selon les dires de Anas<br />

Ben Malek et Ibn Abbas.<br />

Quant à Moujahed, il a dit: Les damnés du Feu diront aux monothéistes:<br />

«Votre foi ne vous suffit en rien». Dieu ordonnera alors à Ses<br />

anges: «Faites sortir de l’Enfer quiconque aura dans son cœur le poids<br />

d’un atome de foi». Plusieurs hadiths soiYt été rapportés dans ce sens.<br />

A cet égard Anas Ben Malek -que Dieu l’agrée- rapporte que l’Envoyé<br />

de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: «Il en est parmi<br />

ceux qui proclamaient qu’il n ’y a d ’autre divinité que Dieu qui entreront en<br />

Enfer à cause de leurs péchés. Ceux qui adoraient Al-Lat et Al-Ouzza leur<br />

diront: «Votre profession de fo i ne vous a servi en rien alors que vous êtes<br />

avec nous en enfer». Dieu alors se courroucera en entendant ces propos. Il<br />

fera sortir les fidèles et les jettera dans le fleuve de la vie. Ils guériront de<br />

leurs blessures juste comme la lune qui sort de sa phase écliptique et ils entreront<br />

au Paradis. On les appellera les «Géhennémiyines» ( ceux qui<br />

étaient à la G éhenne/^.<br />

Abou Moussa Al-Ach‘ari -que Dieu l’agrée- rapporte que l’Envoyé<br />

de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: «Lorsque les réprouvés<br />

de l ’Enfer seront réunis avec les gens de la qibla ceux qui Dieu a voulu<br />

(1) «II' M J*î 01» ¿1 J j - j JU «Jtt ¿1 ¿p<br />

¡ y ù j j j x * cïL*Jl j ÿ ^ ?jbJI ^ b w<br />

648


qu’ils s ’y trouvent, les infidèles diront aux musulmans: « N ’étiez-vous pas de<br />

musulmans soumis? - Certes oui, leur répondront-ils. Et les premiers d ’ajouter:<br />

«En quoi votre Islam vous a-t-il servi du m om ent que vous êtes avec<br />

nous en Enfer? Ils répliqueront: «Nous y sommes à cause des péchés que<br />

nous avons commis».<br />

Entendant cette discussion, Dieu ordonnera de faire sortir de l ’Enfer<br />

tout musulman. Lorsque les impies constateront cela ils s ’écrieront: «Oh! Si<br />

nous étions musulmans, nous serions sortis avec eux». Puis l ’Envoyé de<br />

Dieu - qu Allah le bénisse et le salue - récita: «je me réfugie auprès de Dieu<br />

contre Satan le maudit: «Alif. Lara. Ra, Voilà les versets du Livre et l’expression<br />

de l’Evidence... Les infidèles souhaitent parfois de croire» ( Rapporté<br />

par Tabarani et Ibn Abi H atem )ll] .<br />

D ieu dit ensu ite à Son P rophète: «Laisse-les faire bonne chère»<br />

m anger et jouir un tem ps car leur sort sera l’enfer. C ar l’espoir les distrait<br />

de sorte qu’ils ne se repentent ni reviennent à Dieu et ils sauront<br />

bientôt quelle sera leur fin.<br />

;<br />

wam a ’ahlaknâ min qaryatin ’illâ w alahâ kitâbum m a'lûm un (4) m â tasbiqu<br />

min ’um m atin ’ajalahâ wamâ yasta’hirûna (5).<br />

Nous n’avons pas détruit une ville, que nous ne l’ayons dotée avant<br />

d’un Livre qui ait pu l’instruire (4) Aucun peuple ne peut ni avancer ni retarder<br />

son terme (5).<br />

(1 ) jLJ! (SI, 4i)l iJl* ijl ï *!£• mit 0 e"<br />

^ H (Jlj ^ $ - *j jLül<br />

U ^* * - ŸjLJl bu Lü te y * li U<br />

^ ‘^ Cj î ^ ^**** Lj ^ *<br />

i j i * ¿ a —* . - » L S ü ) o b i ¿ J U L r ù U a ^ J Ü I ^ j jt-\ _ .¿ I f c J i l<br />

649


Dieu n’a détruit une cité ou anéanti un peuple sans les avertir en<br />

leur envoyant un Prophète et un Livre. Nulle nation devance son terme<br />

et pas une non plus le retarde. Ce fut pour les Qoraïchites un avertissement<br />

et une menace afin qu’ils mettent fin à leur égarement et leur<br />

idolâtrie, pour suivre le chemin de la vérité et la foi.<br />

wa qalû yâ ’ayyuhâ-l-ladî nuzzila ‘alayhi-d-dikru ’innaka lamajnûnun (6)<br />

law mâ ta’tînâ bi-l-mala ’ikati ’in kunta mina-s-sâdiqîna (7) mâ nunazzilu-l-mala1’ikata<br />

’illâ bi-l-haqqi wamâ kâjnî ’id am-munzarîna (8) ’innâ<br />

nahnu nazalnâ-d-dikra wa ’innâ lahû lahâfizûna (9).<br />

Il disent: «O toi à qui le Livre a été révélé, ne serais-tu pas un possédé?»<br />

(6) Comment expliquer que tu ne sois pas accompagné d’anges, si tu<br />

dis la vérité?» (7) Les anges ne descendent que si Allah le juge utile. Et<br />

alors le sort des infidèles est vite réglé (8) C’est nous qui avons fait descendre<br />

le Coran et qui en sommes les gardiens (9).<br />

Poussés par leur impiété et leur obstination les idolâtres demandèrent<br />

au Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue «O toi à qui le<br />

Livre a été révélé» et que tu prétends de le recevoir «ne serais-tu pas<br />

un possédé» en nous appelant à Dieu, à te suivre et en délaissant le<br />

culte de nos pères? Si tu es véridique, pourquoi n’es-tu pas venu à<br />

nous avec les anges pour témoigner de ton message. Avant eux Pharaon<br />

avait tenu les mêmes propos en répondant à Moïse. «Si seulement<br />

il était couvert de chamarrures d’or ou qu’il étaite escortés d’anges»<br />

[Coran XLIII, 53]. Les impies qui n’espèrent pas rencontrer Dieu disent<br />

aussi: «Qu’Allah ne nous envoie-t-H des anges ou ne se montre-t-11<br />

Lui-même à nous?» Vraiment, c’est là de l’impudence et un monstrueux<br />

orgueil» [Coran XXV, 21].<br />

R éponds-leur, o M ouham m ed: «ï^es anges ne descendent que si ÀU9 I1<br />

le juge utile» et Moujahed de commenter: «Les anges ne descendent<br />

650


qu’avec la vérité, le message et le châtiment. Puis Dieu fait connaître<br />

aux hommes que c’est Lui qui a fait descendre le Rappel -c’est à dire<br />

le Coran- et qu’il est son gardjen contre toute modification ou altération.<br />

walaqad ’arsalnâ min qablika fî siya‘i-l-’awwalîna (10) wamâ ya’tîhim<br />

mi-r-rasûlin ’illâ kânû bihî yastahzi’ûna (11) kadâlika naslukuhû fî<br />

qulûbi-1-mttjrimîna (12) lâ yuîminûna bihî waqad halat sunnatu-1-<br />

’awwalîna (13).<br />

Déjà avant toi, nous avons envoyé des Prophètes aux peuples des anciens<br />

(10) Il n’y a pas un seul Prophète qui n’ait été tourné en dérision (11)<br />

C’est ainsi que nos avertissements ne font qu’effleurer l’esprit des méchants<br />

(12) Ils n’y croient pas et pourtant l’histoire des anciens est là pour<br />

les instruire (13).<br />

Pour réconforter Son Messager, Dieu lui raconte que tant de peuples<br />

passés avaient mécru en leurs Prophètes et s’étaient moqués<br />

d’eux en les traitant d’imposteurs. «C’est ainsi que nos avertissements ne<br />

font qu’effleurer l’esprit des méchants» en leur inspirant le polythéisme,<br />

selon Anas et Al-Hassan Al-Basri, car ils se sont montrés rebelles<br />

contre les signes de Dieu en se détournant de la voie droite pour em ­<br />

prunter celle de l’égarement. Malgré qu’ils sont maintenant au courant<br />

de la triste fin des mécréants avant eux, et pourtant cela ne les em pêche<br />

pas de persévérer dans leur incrédulité. Mais Dieu sauve toujours<br />

Ses Prophètes et les fidèles.<br />

651


walaw fatahnâ ‘alayhim bâbam mina-s-sam a’i fazallû fîhi ya‘rujûna (14)<br />

laqâlu ’innamâ sukkirat ’absârunâ bal nahnu qawmum-mashurûna (15).<br />

Nous aurions beau leur ouvrir les portes du ciel et leur en permettre<br />

l’ascension (14) Qu’ils diraient: nos yeux nous ont abusés, nous sommes ensorcelés<br />

(15).<br />

Il s’agit toujours des idolâtres qui sont soumis à leur opinâtreté de<br />

sorte que même si on leur ouvrit une porte du ciel et qu’ils puissent y<br />

monter, ils ne croiraient plus et diraient: «nos yeux nous ont abusés» ou<br />

d’après Moujahed et Ad-Dahak: «nous sommes frappés de cécité. Et<br />

en plus «nous sommes ensorcelés»<br />

walaqad ja ‘alnâ fî-s-sama ’i burûjan wa zayyamjâhâ li-n-nâzirîna (16) wa<br />

hafiznâhâ min kulli saytâni-r-rajîmin (17) ’illâ man-istaraqa-s-sam‘a fa’atba‘ahû<br />

sihâbum-mubînun (18) wa-l-’arda m adadnâhâ wa ’alqaynâ fîhâ<br />

rawâsiya wa ’ambatnâ fîhâ min kulli say’im-mawzûnin (19) wa ja ‘alnâ lakura<br />

fîhâ ma‘âyisa wa ma-l-lastum lahû birâziqîna (20). N<br />

Nous avons placé dans les cieux le zodiaque pour le plaisir de ceux qui<br />

observent (16) Nous avons mis le ciel hors d’atteinte du Démon, le maudit<br />

(17) Dès que celui-ci s’approche pour prêter l’oreille, un tison enflammé<br />

le repousse (18) Nous avons étiré la terre et nous l’avons couverte de montagnes.<br />

Nous y avons répandu une végétation diverse et harmonieusement<br />

proportionnée (19) Nous l’avons garnie d’aliments pour vous et pour les<br />

êtres dont l’entretien ne vous incombe pas (20).<br />

En créant les cieux, Dieu les a garnis des constellations et des<br />

planètes qui sont des signes pour qui médite et observe. Il sera ébloui<br />

par leur rôle et leur m écanism e.<br />

Dieu aussi a étendu la terre en y plantant les montagnes élevées<br />

652


dont tant de vallées séparent entre elles. On y trouve les déserts, les<br />

terres, le sable, les différentes plantations qui donnent une variété de<br />

fruits à l’intention des hommes et des bêtes. Toute chose a été créée<br />

avec m esure et harm onieusem ent proportionnée. Il l’a garnie d’aliments<br />

pour la subsistance de toutes les créatures qui sont, d’après Ibn<br />

Jarir: Les esclaves, les troupeaux, les fauves... Dieu rappelle aux hommes<br />

qu’il leur a assuré leur subsistance de la terre, mis à leur service<br />

les montures et les bêtes de somme, les troupeaux dont leur chair<br />

constitue une partie de leurs aliments, les esclaves et les servantes<br />

pour les servir, bref c’est à Lui que tout incombe.<br />

wa ’im-min say’in ’illâ ‘indanâ hazâ’inuhû wamâ nunazziluhu ’illâ biqadarim-ma‘lûmin<br />

(21) wa ’arsalnâ-r-riyâha lawâqiha fa’anzalnâ mina-s-sam<br />

a ’i ma ’an fa’asqaynâkumûhu wama ’antum lahû bihâzinîna (22) wa<br />

’innâ lanah n u nuhyî wa num îtu wa nah n u -l-w âritû n a (23) w alaqad<br />

‘alimnâ-l-mustaqdimîna minkum walaqad ‘alimnâ-l-musta’hirîna (24) wa<br />

’inna rabbaka huwa yahsuruhum ’innahû Hakîmun ‘Alîmun (25).<br />

L’essence de toutes choses est entre nos mains. Nous n’en faisons profiter<br />

les hommes que dans une mesure prédéterminée (21) Nous envoyons<br />

les vents qui fécondent. Nous faisons descendre des cieux l’eau dont vous<br />

vous abreuvez mais que vous ne sauriez mettre en réserve (22) Nous faisons<br />

vivre et nous faisons mourir. Le monde sera notre héritage (23) Nous avons<br />

connu les générations passées et nous connaissons à l’avance celles qui viennent<br />

(24) Ton Seigneur rassemblera tous les hommes devant Lui. Il est sage<br />

et savant (25).<br />

Dieu est le possesseur de toutes choses, il n’y a rien dont lés tréso<br />

rs soi&rvt a u p rè s d e Lui. Il n’en fait d escen d re pour les hommes<br />

qu’après une mesure connue et déterminée. Car II le fait d’après une<br />

653


connaissance parfaite et par une sagesse et une démence envers Ses<br />

sujets et non pas comme obligation dont II s’en charge. Il s’est prescrit<br />

à Lui-même la miséricorde.<br />

D ’après une interprétation d’Ibn Mass'oud: Dieu fait descendre<br />

chaque année la même quantité de pluie en donnant à un peuple plus<br />

qu’il en donne à un autre et même en privant aussi un certain peuple.<br />

Il envoie avec la pluie des anges qui dénombrent les gouttes qui tombent<br />

et tout ce qui pousse sur la terre.<br />

«Nous envoyons les vents qui fécondent» c’est à dire II envoie les<br />

vents comme fécondateurs qui, en touchant les nuages, font descendre<br />

la pluie, et les calices s’épanouissent. Dieu dans ce verset a mentionné<br />

les vents en pluriel car il y a aussi un vent stérile et dévastateur<br />

qui ne laisse rien sur son passage sans l’avoir réduit en cendres. Ce<br />

vent est au singulier en vue de sa particülarité stérile.<br />

«Nous faisons descendre des deux l’eau dont vous vous abreuvez» une<br />

eau douce et potable, car Dieu, s’il le voulait, l’aurait rendue saumâtre<br />

afin que les hommes Lui soient reconnaissants: «Voyez l’eau que vous<br />

buvez? Est-ce vous qui la faites descendre des nuages ou nous? Si nous voulions,<br />

nous l’altérerions. Que n’êtes-vous reconnaissants?» [Coran LVI, 68-<br />

70].<br />

«Mais que vous ne sauriez mettre en réserve» vous n’êtes plus capables<br />

de conserver cette eau, mais Dieu en fait des sources et cours<br />

comme II peut aussi la faire disparaître au fond de la terre pour la rendre<br />

inutile. De par Sa miséricorde II la rend d’abord douce et potable,<br />

la conserve et en fait ensuite des ruisseaux ou des sources inépuisables<br />

afin que les hommes puissent se désaltérer, abreuver leurs troupeaux<br />

et irriguer la terre pour produire de la récolte.<br />

«Nous faisons vivre et nous faisons mourir» Comme il a créé tout la<br />

première fois, Il est aussi capable de le recréer aussi une seconde<br />

fois. Il à tiré les hommes du néant, Il les fait mourir puis II les ressuscite<br />

tous pour le jour du Rassemblement. Tout ce qui existe dans les<br />

cleux e * su r terre Lui revient étant »'Héritier Suprêm e.<br />

«Nous avons connu les générations passées et nous connaissons à<br />

l’avance celles qui viennent» Et Ibn Abbas de commenter: Dieu connaît<br />

654


ceux qui ont péri de la descendance d’Adam -jusqu’à cette révélation-,<br />

ceux qui sont en vie et ceux qui naîtront d’ici au jour de la résurrection.<br />

A cet égard, l’auteur de cet ouvrage ajoute: Je veux mettre en<br />

garde les lecteurs contre une interprétation erronée de ce verset qui<br />

dit: Dieu connaît au moment de la prière ceux qui viennent la faire à<br />

son heure fixée et ceux qui la retardent.<br />

walaqad halaqnâ-l-’insâna min salsâlin min ham a’im masnûnin (26) wa-1-<br />

ja nna halaqnâhu min qablu min nâri-s-samûmi (27).<br />

Nous avons tiré l’homme du limon, d’une argile malléable (26) Auparavant,<br />

nous avons tiré les génies d’une flamme ardente (27).<br />

Dieu parle de la création d’Adam d'une argile extraite d’une boue<br />

malléable, comme II a créé auparavent les génies d’une flamme d’une<br />

chaleur ardente.<br />

Dans un hadith authentique l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse<br />

et le salue - a dit: «Les anges sont créés de lumière, les génies d ’une<br />

flamme de feu et II a créé Adam comme on vous l ’a décrit» (Rapporté par<br />

Mouslim et Ahmed d’après A ichaÿ<br />

Le but de ce hadith est pour montrer l’honneur accordé à Adam -<br />

que Dieu le salue-, la bonté de sa nature et la pureté de son origine.<br />

O ) f-5' i ‘ju ü* c y ùUJl c - îU j i jÿ ¿y ¿jj<br />

je - p_L~* ûljj Iw.<br />

655


wa ’id qâla rabbuka li-l-mala’ikati ’innî hâliqum basara-m-min salsâlimmin<br />

ham a ’im m asnûnin (28) fa’id â sawwaytuhû wa nafahtu fîhi mi-rrû<br />

h î fa q a ‘û lahû sâjidîna (29) fasajada-l-m alâ’ik a tu kulhihum ’ajm<br />

a‘ûna (30) ’ilia* ’iblîsa ’abâA ’ay-yakûna m a‘a-s-sâjidîna (32) qâla lam<br />

’akul-l-li’asjuda libasarin halqtahû min salsâlim-min h am a’im-masnûnin<br />

(33).<br />

S’adressant aux anges, Allah leur dit: «Je vais créer l’homme avec du<br />

limon, avec de l’argile malléable» (28) Quand je l’aurai fçonné et que Je lui<br />

aurai insufflé de ma vie, prosternez-vous devant lui» (29) Tous les anges se<br />

prosternèrent (30) Si ce n’est Satan, qui réfusa de se joindre à eux (31) O<br />

Satan, interpella Allah, pourquoi refuses-tu de te prosterner avec les anges?<br />

(32). Satan répondit: «Je ne saurais me prosterner devant un être tiré<br />

du limon, de l’argile malléable (33).<br />

Dieu rappelle l’histoire de la création d’Adam et de l’honneur qui<br />

lui a réservé auprès des anges en leur ordonnant de se prosterner devant<br />

lui une fois créé. Mais Iblis, Satan, -que Dieu le maudisse- refusa<br />

d’obtempérer aux ordres de Dieu par jalousie, mécroyance, orgueil et<br />

rebellion. Il répondit au Seigneur: «Je ne saurais une prosterner devant un<br />

être tiré du limon, de l’argile malléable» tout comme il a dit auparavant:<br />

«Je m’estime plus que lui. Tu m’as tiré du feu alors que Tu l’as tiré du limon»<br />

[Coran VII, 12].<br />

qaia fauruj m inha fa innka rajîmun (34) wa ’inna ‘alayka-l-la‘nata ’ilâ<br />

yawmi-d-dîni (35) qâla rabbi fa’anzirnf ’ilâ yawmi yub‘atû n a (36) qâla<br />

fa’innaka mina-l-munzarîna (37) ’ilâ yawmi-l-waqti-l-ma‘lûmi (38).<br />

656


Il dit: «Quitte ces lieux, lapidé que tu es» (34) Sors maudit jusqu’au<br />

jour de la résurrection (35) «O Seigneur, invoqua Satan, fais-moi vivre jusqu’au<br />

jour de la résurrection» (36) Soit, dit le Seigneur, tu vivras (37) Jusqu’au<br />

délai convenu (38).<br />

A cause de sa rebellion et sa désobéissance, Satan fut abaissé du<br />

rang qui occupait avec les autres anges, chassé du Paradis et éloigné<br />

de la miséricorde de Dieu. Il est maudit jusqu’au jour de la résurrection.<br />

A ce propos Sa'id Ben Joubaïr a dit: «Lorsque Dieu a maudit Satan<br />

(Iblis) ses traits furent changés et ne ressemblaient plus à ceux<br />

des anges. Il poussa un gémissement qu’aucun ne lui sera pareil sur<br />

terre jusqu’au jour de la résurrection».<br />

Constatant le courroux de Dieu contre lui, et poussé par sa jalousie<br />

qu’il a manifestée envers Adam et sa postérité, Iblis supplia le Seig<br />

n e u r de le la is s e r vivre ju s q u ’à la fin des tem ps, le jo u r du<br />

rassemblellemnt des hommes. Dieu l’exauça. Une fois reçu cette faveur,<br />

Iblis -que Dieu le maudisse- fera connaître ses comportements à<br />

l’égard des hommes que nous allons constater dans les versets qui<br />

s’ensuivent.<br />

qâla rabbi bimâA ’agw aytanî la ’uzayyinanna lahum fî-l-’a rd i wa<br />

la’agwiyannahum ’ajma‘îna (39)’illâ ‘ibâdaka minhumu-1-muhlasîna (40)<br />

qâla hâdâ sirâtun ‘alayya mustaqîmun (41) ’inna ‘ibâdî laysa laka ‘alayhim<br />

sultânun ’illâ man-i-t-taba‘aka mina-l-gâwîna (42) wa ’inna jahannam<br />

a iamaw‘iduhum ’ajm a‘îna (43) lahâ sab‘atu ’abwâbi likulli bâbim<br />

minhum juz’um maqsûmun (44).<br />

Seigneur, dit Satan, puisque Tu m’as perdu, je tromperai les hommes<br />

657


sur terre et je les perdrai tous (39) Excepté les fidèles que Tu auras distingués.<br />

(40) Voici la règle souveraine (41). Tu n’auras aucune prise sur Mes<br />

serviteurs sincères, seuls, les insensés te suivront. (42) Ces derniers se retrouveront<br />

tous dans la géhenne (43) Elle a sept portes; à chaque porte est destinée<br />

une catégorie de réprouvés (44).<br />

Iblis dit Au Seigneur: «Puisque Tu m’as enduit en erreur et m ’as<br />

égaré, je tromperai les hommes en leur enjolivant le mal, les incitant à<br />

commettre les péchés sur terre je les perdrai tous comme Tu m’as perdu.<br />

Seuls échapperont à mes tromperies Tes sujets fidèles et sincères».<br />

Satan a tenu les mêmes propos en disant: «Si Tu me fais grâce<br />

jusqu’au jour du jugement dernier, j’asservirai la presque totalié de Sa descendance»<br />

[Coran XVII, 62].<br />

Dieu lui répondit avertissant et menaçant: «voici la règle souveraine»<br />

ou suivant une autre interprétation: «Voici pour Moi une voie<br />

droite». C ’est à dire, comme ont précisé Quatada, Al-Hassan et Mouja-<br />

hed, vous ferez tous retour vers Moi et Je vous rétribuerai selon vos<br />

œuvres. Le chemin droit aboutira à Moi». Dieu dit à ce propos: «C’est<br />

à Allah qu’il appartient d’indiquer la bonne voie» [Coran XVI, 9].<br />

Dieu dit aussi à Iblis: «Tu n’auras aucune prise sur Mes serviteurs<br />

sincères» ceux qui auront suivi la voie droite, le chemin de la vérité<br />

«seuls les infidèles te suivront» ceux qui seront dans l’erreur. Et sache<br />

que «ces derniers se retrouveront tous dans la géhenne» le sort qui est<br />

destiné également à tous ceux qui ont mécru au Coran «Ceux qui nient<br />

le Livre sont promis à l’enfer» [Coran XI, 17].<br />

La Géhenne comme Dieu l’a décrite «a sept portes; à chaque porte<br />

est destinée une catégorie des réprouvés» Les infidèles seront répartis en<br />

groupes et chacun trouvera son nom écrit sur cette porte, d’où il entrera<br />

et occupera la place qui lui est réservée selon la gravité et la multitude<br />

de ses péchés et mauvaises actions.<br />

Et Ali Ben Abi Taleb d’expliquer: La Géhenne est formée d’étage<br />

superposés l’un au-dessus de l’autre et chacun sera rempli à partir du<br />

»m m ior ihn Jouraij a défini le nom de chaque porte: Jahannam (génenrie)*<br />

Ladtia, houtama, s ’aïr, saqar, jatvim et at-Hawia».<br />

Samoura Ben Jondobe rapporte que le ProDhète - qu’Allah le bé­<br />

658


nisse et le salue - en interprétant ce verset: «à chaque porte est destinée<br />

une catégorie de réprouvés» a dit: «Parmi les damnés de l’Enfer il y aura<br />

ceux que le feu les atteindra jusqu’aux chevilles, d ’autres jusqu’à la taille et<br />

d’autres aussi jusqu’aux gosiers. Leurs degrés de supplice seront en fonction<br />

de leurs œuvres» (Rapporté par Ibn Abi Hatem)111.<br />

’in n a-l-m u ttaq în a fî ja n n â tin wa ‘uyunin (45) ’u dhulûhâ bisalâm in<br />

’a minîna (4(5) wa naza‘nâ mâfî sudûrihim min gillin ’ihwânan ‘alâ sururim-mutaqâbilîna<br />

(47) lâ yamassuhum fîhâ nasabun wamâ hum m inhâ<br />

bimuhrajîna (48) nabbi’ ‘ibâdT ’annT ’anâ-l-Gafûr-r-Rahîmu (49) wa ’anna<br />

‘adâbî huwa-l-‘adâbu-l-’alîmu (50).<br />

Ceux qui craignent Allah se délecteront au milieu des jardins et des<br />

sources (45) Que le salut et la paix soient sur vous, leur criera-t-on, quand<br />

ils y pénétreront (46) Leurs cœurs deviendront purs de toute haine. Ils se<br />

sentiront frères les uns des autres. Ils se feront face, allongés sur des lits de<br />

repos (47) Toute souffrance leur sera épargnée. Ce séjour sera le leur pour<br />

l’éternité (48) Avertis les hommes que je suis indulgent et miséricordieux<br />

(49) Et que mon châtiment est impitoyable (50).<br />

Après avoir montré le sort des impies, Dieu parie de celui des fidèles<br />

qui seront au milieu des jardins, et de sources. On les recevra par<br />

ces mots: «Que le salut et la paix soient sur vous» vous serez en sécurité<br />

sans éprouver ni peur, ni expulsion, ni interruption de ces délices<br />

et vous y demeurerez éternellement.<br />

(1) f-r’r Cf. •r*-' Ci* ô*'<br />

^ ^ jL Jl oô^U ^ j U I Jjhî ol» :JU<br />

659


«Leurs cœurs deviendront purs de toute haine» qui en sera arrachée<br />

comme le prouve ce hadith où l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse<br />

et le salue - dit: «Les croyants seront délivrés de l’Enfer et retenus sur un<br />

pont dressé entre le Paradis et l’Enfer. Ils y régleront par la compensation<br />

les préjudices et injustices qu’ils auront commis les uns envers les autres.<br />

Une fois ces comptes réglés et que les fidèles seront purifiés on leur donnera<br />

l’autorisation d ’entrer au Paradis» (Rapporté par Boukhari)^11.<br />

A cet égard aussi, Abou Habiba, l’affranchi de Talha raconte:<br />

«Une fois la bataille du «Jamal» eût pris fin, Imran Ben Talha entre<br />

chez Ali -que Dieu l’agrée- Il l’accueillit avec cordialité et lui dit: «J’espère<br />

que Dieu nous fasse parmi ceux qui sont cités dans ce verset:<br />

«Leurs cœurs deviendront purs de toute haine. Ils se sentiront frères les uns<br />

des autres. Ils se feront face, allongés sur des lits de repos» Deux hommes<br />

qui étaient assis à l’extrémité de la natte s’écrièrent: «Dieu est encore<br />

plus équitable! Tu viens de les tuer hief et tu comptes devenir leur<br />

frère?» Ali leur répondit: «Levez-vous! Puisse Dieu vous éloigner à un<br />

pays lointain et misérable. Qui seront donc des frères sinon moi et Talha?»<br />

Dans la tradition on trouve le même récit suivant d’autres variantes.<br />

Al-Hassan Al-Basri rapporte que ‘Ali a déclaré: «C’est à notre sujet<br />

et ceux qui ont combattu le jour de Badr que le verset fut révélé».<br />

Al-Thawri, quant à lui, a dit en comentant le même verset: «Ceux<br />

qui seront frères sont les suivants: Abou Bakr, Omar, Othman, Ali, Talha,<br />

Al-Zoubaïr, Abdul Rahman Ben Awf, S a‘d Ben Abi W aqas, Sa'id<br />

Ben Zaid et Abdullah Ben Mass'oud -que Dieu les agrée tous-.<br />

«Toute souffrance leur sera épargnée» c’est à dire aucune peine ni<br />

mal ne les toucheront. De cette demeure de félicité on ne les fera pas<br />

sortir mais ils y seront éternellement. Donc, ce sera pour eux un «séjour<br />

éternel, qu’ils ne voudront échanger contre aucun autre» [Coran XVIII,<br />

108],<br />

^ " ( J l S ¿¡il J<br />

¡»JUà* J oju ¿ a<br />

ijLJIj<br />

.çSjUJ! sljj ^ ^ ¿il<br />

660


Puis Dieu ordonne à Mouhammad: «Avertis les hommes que Je<br />

suis indulgent et miséricordieux, et que Mon châtim ent est impitoyable»<br />

Certes Dieu est, en vérité, celui qui pardonne, et ceci a été<br />

dit pour que les hommes Le craignent et ne désespèrent plus de Sa<br />

miséricorde et de Sa clémence.<br />

Au sujet de la révélation, Ibn Abi Rabah rapporte d’après un des<br />

compagnons le récit suivant: «L’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse<br />

et le salue - vint nous trouver en sortant par la porte d’où Banou Chaïba<br />

entraient à la Maison et nous dit: «Pourquoi vous vois-je rire?» Puis il<br />

nous quitta et arrivé auprès du Hedjr (de la Ka'ba) il revint à reculons et<br />

nous dit: «En vous quittant Gabriel vint me dire: «O Mouhammed, Dieu<br />

dit: «Pourquoi fais-tu désespérer Mes serviteurs? Informe-les: «Que je suis<br />

indulgent et Miséricordieux, et que Mon châtiment est impitoyable» (Rapporté<br />

par Ibn Jarir)[I].<br />

Qatada rapporte: «Il nous est parvenu que l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue - dit: «Si le serviteur savait l ’ampleur du<br />

pardon de Dieu, il aurait osé commettre tout ce qui est interdit. S ’il savait<br />

la dureté du châtiment de Dieu, il se serait mortifié»,<br />

I wa nabbi’hum ‘an dayfi ’Ibrahîma (51) ’id dahalû ‘alayhi faqâlû salâman<br />

qâla ’innâ m inkum w ajilûna (52) qâlû lâ taw ja’inna n u b assiru k a<br />

(1)<br />

* r ^ ' U' ^


igulâmin ‘alîmin (53) qâla ’abassartumûnî ‘a îa ’an mssaniya-I-kibaru fabima<br />

tubassirûna (54) qâlû bassarnâka bi-l-haqqi falâ takum-mina-1-<br />

q ân itîn a (55) qâla wa may y aq n a tu m i-r-rahm ati rabbihT ’illâ-d -<br />

dâllûna (56).<br />

Rappelle-leur l’histoire d’Abraham (51) Ils pénétrèrent chez lui en le<br />

saluant, «votre visite nous effraie», leur dit-il (52) Rassure-toi, répliquèrentils.<br />

Nous t’annonçons la naissance d’un enfant bien doué. (53) Il riposta:<br />

«Et vous m’annoncez cela au moment où je ne suis plus qu’un vieillard?<br />

Qu’est-ce que vous m’annoncez-là?» (54) «Nous ne t’apprenons que la vérité»<br />

dirent-ils. «Tu as tort de désespérer» (55) Seuls les insensés désespèrent<br />

de la grâce d’Allah, répondit-il (56).<br />

Dieu demande à Son Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue -<br />

de rappeler aux hommes l’histoire d’Abraham avec ses hôtes, comme<br />

nous en avons parlé en commentant la sourate de Houd (versets 69 -<br />

79).<br />

Lorsque les anges pénétrèrent chez Abraham, il éprouva une certaine<br />

crainte de cette visite inattendue. Ils le saluèrent et le rassurèrent.<br />

Car en leur présentant le veau rôti, il remarqua que leurs mains<br />

n’en approchaient pas. Puis ils lui annoncèrent la naissance de son fils<br />

Isaac. Mais Abraham s’exclama: «comment aurai-je un enfant alors<br />

que la vieillesse m’a atteint? et ma femme est dans un âge avancé?»<br />

Ils lui affirmèrent cette bonne nouvelle et qu’il ne faut jamais désespérer<br />

de la grâce de Dieu. Il leur répondit: «Seuls les insensés désespèrent<br />

de la grâce d’Allah» car il était sûr de la miséricorde de Dieu et de Son<br />

pouvoir pour lui offrir un enfant malgré sa vieillesse et l’âge avancé de<br />

sa femme.<br />

S J f e i % S j j { * ¿ £ 2 â JyJ j C<br />

1 hukum ayyuha-l-mursalûna < q&Kî ’iatta ’xirSllriSL ’Îlâ<br />

qawmim m ujrim îna (58) ’illâA ’âla L û tin ’innâ lam unajjuhum ’ajma‘îna<br />

(59) ’illâ-mra’atahû qaddama ’innahâ lamina-l-gâbirîna (60).<br />

662


«Quel est le but de votre visite, ô messagers?» ajouta-t-il (57) Nous<br />

sommes envoyés vers un peuple criminel (58) Seule la famille de Loth sera<br />

épargnée (59) Sauf sa femme, qui sera parmi les victimes (60).<br />

Lorsqu’Abraham fut rassuré et que la bonne nouvelle lui fut parvenue,<br />

il leur demanda au sujet de leur mission «Nous sommes envoyés<br />

| vers un peuple crimineb> lui répondirent-ils. Il s’agit du peuple de Loth. Ils<br />

| le rassurèrent qu’ils vont sauver sa famille excepté sa femme qui sera<br />

j parmi les victimes du châtiment de Dieu.<br />

falammâ j a ’a a la Lûtin-i-l-mursalûna (61) qâla ’innakum qawmum munkarûna<br />

(62) qâlû bal ji’nâka bimâ kânû fîhi yamtarûna (63) wa ’ataynâka<br />

bi-l-haqqi wa ’innâ lasâdiqûna (64).<br />

Lorsque les messagers se présentèrent à Loth, (61) celui-ci dit: «Vous<br />

me surprenez» (62) Ils répondirent: «Ne sois pas surpris. Nous venons pour<br />

réaliser ce dont ton peuple a douté jusqu’ici» (63) «Nous t’apportons la vérité.<br />

Nous sommes des gens de bonne foi» (64).<br />

Les anges -messagers se présentèrent à Loth sous la plus belle<br />

apparence de jeunes hommes tellement beaux. En les voyant, Loth<br />

s’écria: «Vous m’êtes inconnus? Qui êtes-vous?» Et les anges de lui<br />

répondre: «Nous venons pour réaliser ce dont ton peuple a douté jusqu’ici»<br />

Cela signifie que ces anges sont chargés d’exécuter l’ordre de Dieu en<br />

infligeant le châtiment au peuple de Loth dont ils doutent, car ce peuple<br />

ne croyaient point qu’un tel châtiment les touchera.<br />

«Nous t’apportons la vérité» Car Dieu n’envoie Ses anges aux .hommes<br />

qu’avec la vérité. Les anges affirmèrent à Loth qu’ils sont sincères<br />

et le rassurèrent qu’il sera sauvé avec sa famille, mais son peuple, ainsi<br />

que sa femme, seront anéantis.<br />

663


fa’asri bi’ahlika biqit‘im-mina-l-layli wa-t-tabi‘ ’adbârahum walâ yaltafit<br />

minkum ’ahhadun wa-mdû h aytu tu ’m arûna (65) wa qadaynâ ’ilayhi d<br />

âlika-l-'amra ’anna dâbira h a ’u la ’i m aqtû‘um musbihîna (66).<br />

Fuis, la nuit, avec ta famille. Tiens-toi à l’arrière du groupe. Qu’aucun<br />

d’entre vous ne retourne. Et dirigez-vous là où vous en recevrez l’ordre (65)<br />

Nous lui signifiâmes alors cet arrêt, à savoir que son peuple serait anéanti<br />

jusqu’au dernier, à la pointe du jour (66).<br />

Les anges dem andèrent à Loth de partir avec sa fam ille après<br />

l’écoulement d’une partie de la nuit, et qu’il soit à l’arrière pour la garder.<br />

Ainsi était l’agissement du Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue<br />

-, comme on l’a rapporté, quand il sortait dans une expédition. Il<br />

marchait à l’arrière de la troupe pour encourager les faibles et les aider<br />

et portait en croupe celui qui ne trouvait pas une monture.<br />

«Qu’aucun d’entre vous ne retourne». C’est à dire: Lorsque vous aurez<br />

entendu le cri, que nul de vous ne regarde en arrière pour voir le<br />

sort des impies et l’effet de leur châtiment.<br />

«Et dirigez-vous là où vous en recevrez l’ordre» Allez où il vous est<br />

commandé, et ils devaient marcher tout droit si comme quelqu’un les<br />

dirigeait. Tel fut le décret de Dieu pour les sauver, quand aux autres,<br />

et à la pointe du jour, ils devaient être anéantis jusqu’au dernier. Dieu<br />

affirme ce fait en disant: «C’est le matin que la catastrophe se produira et<br />

le matin n’est pas loin» [Coran XI, 81].<br />

wa j a ’a ’ahlu-l-madînati yastabsirûna (67) qâla ’inna h a ’u la ’i dayfî falâ


tafdahûni (68) wa-t-taqû-L-Lâha walâ tuhzûni (69) qâlïï ’awalam nanhaka<br />

‘an-i-râlam îna (70) qâla Jm ’u lii’i banâiT ’in kuntum fâ‘ilîna(71) la<br />

‘amruka ’innahum lafî sakratihim ya‘mahûna (72).<br />

Les gens de la ville accoururent chez Loth, tout joyeux (67) Loth les<br />

interpella ainsi: «Ces gens sont mes hôtes. Ne me déshonorez pas» (68)<br />

Craignez Allah et épargnez-moi votre humiliation» (69) Ils répondirent: «Ne<br />

t’avons-nous pas défendu de recevoir des étrangers chez toi?» (70) Si c’est<br />

pour assouvir vos sens que vous êtes venus, reprit Loth, voici mes filles (71)<br />

Par ta vie, ô Prophète, dans leur délire, ils ont perdu le contrôle d’eux-mêmes(<br />

72).<br />

Ayant eu vent de l’arrivée des étrangers aux beaux visages chez<br />

Loth, les hommes de la cité vinrent en quête de nouvelles et accoururent<br />

chez Loth qui leur dit: «Ces gens sont mes hôtes. Ne me déshonorez<br />

pas. Craignez Allah et épargnez-moi votre humiliation» Telle fut la réponse<br />

de Loth avant qu’il eût connaissance que ces hôtes sont les<br />

messagers de Dieu.<br />

Les concitoyens de Loth lui répondirent: «Ne t’avons-nous pas défendu<br />

de recevoir des étrangers chez toi?» Loth leur rappela que si c’est pour<br />

assouvir leurs passions, il y a leurs femmes qui sont créées pour ce<br />

but». Il ne faut pas prendre les dires de Loth: «Voici mes filles» au<br />

sens propre du mot car ce terme signifie: «Voici vos femmes qui vous<br />

sont licites» en les considérant comme étant ses filles».<br />

Les hommes du peuple de Loth n’attendaient pas au supplice qui<br />

leur était réservé mûs par leur désir et étant insouciants de conséquences<br />

de leur comportement. Pour cela Dieu dit à Mouhammad: «Oui,<br />

par ta vie ô Prophète: «dans leur délire, ils ont perdu le contrôle d’euxmêmes».<br />

Ce serment fait par la vie du Prophète lui vaut un grand honneur<br />

et une haute considération de la part de son Seigneur. Et Ibn Ab-<br />

bas de commenter: «Dieu n’a créé un être qui soit plus honorable que<br />

Mouhammed - qu’Allah le bénisse et le salue - et je n’ai jamais entendu<br />

Dieu jurer par la vie d’un Prophète autre que lui».<br />

L’expression «dans leur délire» signifie aussi d’après Qatada dans<br />

leur égarement.<br />

665


fa’ahadathum u-s-sayhatu musriqîna (73) faja‘alnâ ‘âliyahâ sâfilahâ wa<br />

’am tam â ‘alayhim hijâratam-min sijjîlin (74) ’inna fî dâlika la’âyâti-l-lilmutawassimîna<br />

(75) wa ’innahâ labisabîlim-muqîmin (76) ’inna fî dâlila<br />

la*a yata-l-lil-mu’minîn (77).<br />

A la pointe du jour, un cyclone les surprit (73) La ville s’effondra sens<br />

dessus dessous. Et une pluie de pierres brûlantes s’abattit sur eux. (74) H y<br />

a là des signes pour ceux qui observent (75) Les ruines de cette ville sont<br />

sur un chemin passant. (76) Il y à là des signes pour ceux qui croient (77).<br />

}<br />

Le châtiment qu’a subi le peuple de Loth fut d’abord un cri foudroyant<br />

comme un tonnerre à la pointe du jour, la cité fut déracinée et soulevée<br />

au ciel puis renversée sens dessus dessous, et enfin une pluie<br />

des pavés de glaise s’abattit.<br />

«Il y a là des signes pour ceux qui observent» cela signifie il y a dans<br />

ce châtiment des signes pour ceux qui font attention aux marques de<br />

la vengeance divine pour bien se guider.<br />

«Les ruines de cette ville sont sur un chemin passant» La ville est<br />

connue sous le nom de Sadoum (Sodom) et se trouve sur le chemin<br />

qu’empruntent les Mecquois pour aller au pays de Châm (Syrie) dans<br />

les caravanes de commerce. Elle est devenue, comme on a dit, un<br />

étang d’eau stagnante et puante. Dieu dit aux hommes en pariant de<br />

cette ville: «Vous foulez journellement les lieux de leur aventure. Vous le<br />

foulez aussi la nuit. Ne comprendrez-vous pas!» [Coran XXXVII, 137 -<br />

138]. Ce que Dieu a fait du peuple de Loth fut vraiment un signe pour<br />

ceux qui ont la foi, ainsi quand II a délivré Loth et sa famille.<br />

666


wa ’in kâna ’ashâbu-l-’aykati lazâlimîna (78) fantaqam nâ minhum wa<br />

’innahumâ labi ’imâmim mubînin (79).<br />

Les habitants de Laïka, jeux aussi, étaient dénaturés (78) Nous les<br />

avons châtiés. Leur cité, comme l’autre, se trouve sur un chemin<br />

connu (79).<br />

Les habitants de Laïka étaient le peuple de Chouaïb. A savoir que<br />

le mot Laïka signifie en arabe le bocage ou le lieu où on rencontre des<br />

arbres touffus. Dieu les a punis parce qu’ils étaient incrédules et faussaient<br />

la balance et la mesure. Dieu s’est vengé d’eux en les châtiant<br />

par le cri, le cataclysme et le supplice du Jour de l’ombre. Ils habitaient<br />

dans un pays proche de celui du peuple de Loth et vivaient presque à<br />

la même époque. C’est pourquoi leur Prophète les a avertis en leur<br />

disant: «L’exemple du peuple de Loth n’est pas si loin» [Coran XI, 89].<br />

S y ÿ S ( f c & X p . 2 C j 0 Ü j<br />

/ 9 > ~ * \\ * \\y \ i ^ ^ /^\^\<br />

@ ) \ y i ^ î ÿ \ Ü A r Ç )<br />

w alaqad k a d d a b a ’ashâbu-l-H ijri-l-m ursalîna (80) wa ’âAtaynâhum<br />

’âAyâtinâ fakânû ‘anhâ mu‘ridîna (81) wa kânû yanhatûna mina-1-jibâli<br />

buyûtan ’am inîna (82) fa’ahadathum u-s-sayhatu musbihîna (83) famâA<br />

’agnâ ‘anhum mâ kânû yaksibûna (84).<br />

Les habitants de Hedjr ont traité les Prophètes d’imposteurs. (80) En<br />

vain, nous leur avons envoyé des signes. Ils n’en eurent cure (81) Ils creusaient<br />

leurs demeures dans le roc, nullement inquiets (82).lJn cyclone les<br />

surprit à la pointe du jour (83) Ce qu’ils avaient entrepris ne leur fut d’aucun<br />

secours (84).<br />

Ce sont les Thémoudites qui ont traité leur Prophète Saleh d’imposteur,<br />

à savoir que quiconque a mécru à l’un des Prophètes aura<br />

mécru à tous les Prophètes.<br />

Saleh fut soutenu par différents signes de Dieu tel que la chamelle<br />

aui fut créée d’un rocher grâce à une invocation qu’avait a d ressée Saleh<br />

à son Seigneur. Elle parcourait le pays, il lui appartenait de boire<br />

667


au jour convenu et au peuple de Saleh un autre jour. Mais ils lui coupèrent<br />

les jarrets en désobéissant aux ordres de Dieu. Dieu leur dit<br />

alors: «Continuez à vous prélasser dans vos demeures pendant trois jours.<br />

Mon avertissement ne sera pas démenti» [Coran XI, 65] Dieu a dit aussi<br />

en parlant d’eux: «Nous montrâmes la bonne voie au peuple de Thémoud.<br />

Il préféra fermer les yeux à l’évidence» [Coran XLI, 17].<br />

«Ils creusaient leurs demeures dans le roc, nullement inquiets» en<br />

n’éprouvant aucune crainte, tts faisaient cela sans aucun besoin à cés<br />

demeures mais plutôt c’était par effronterie et insolence. Elles se trouvent<br />

dans la vallée de Hedjr qu’a traversée une fois l’Envoyé de Dieu<br />

- qu’Allah le bénisse et le salue - avec ses compagnons lors de l’expédition<br />

de Tabouk. Il couvrit sa tête, poussa sa monture et dit aux hommes.<br />

«N'entrez pas dans les demeures de ces gens-là qui subissent le<br />

châtiment, à moins que vous ne soyez en pleurs; si vous n ’êtes pas en<br />

pleurs, faites semblant de pleurer de peur?qu’il ne vous arrive le malheur<br />

qui leur est arrivé» (Rapporté par les auteurs des SaMhs et Sunans)[I1.<br />

«Un cyclone les surprit à la pointe du jour» au quatrième jour après<br />

leur avertissement. «Ce qu’ils avaient entrepris ne leur fut d’aucun secours»<br />

C ar ils cueillaient les fruits et avaient une récolte abondante.<br />

Mais, refusant à consacrer à la chamelle le jour convenu pour boire, ils<br />

l’égorgèrent de peur que l’eau ne se tarisse. Alors leur prospérité et<br />

leur vie aisée ne leur ont pas été profitables.<br />

wamâ halaqnâ-s-samâwâtia-l-’arda wamâ baynahuma ’illâ bi-l-haqqi wa<br />

’inna-s-sâ‘ata la’âtiyatun fasfahi-s-safha-l-jamîla (85) ’inna rabbaka huwa-l-hallâqu-1-<br />

‘Alîmu (86).<br />

Les cieux et la terre et ce qui les sépare ne sont pas de vaines concep-<br />

668


tions. L’heure du jugement dernier arrivera. Montre une noble indulgence<br />

(85) Ton Seigneur est le souverain créateur (86).<br />

Dieu n’a créé les d eu x et la terre et ce qui se trouve entre eux<br />

qu’avec la vérité. «L’Heure du jugement dernier arrivera» afin que Dieu<br />

rétribue ceux qui font le mal d’après leurs actes et qu’il rétribue ceux<br />

qui font le bien. Il avertit les hommes en leur disant: «Nous n’avons pas<br />

créé sans but le ciel et la terre et ce qui les sépare. Il n’y a que les incrédules<br />

pour le penser. Malheur aux incrédules! Ils seront livrés au feu» [Coran<br />

XXXVIII, 27],<br />

Il affirm e à Son Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - que<br />

l’Heure Suprême se dressera sans aucun doute et lui ordonne de pardonner<br />

aux impies leurs méfaits et leur reniement du message, comme<br />

Il lui dit: «N’insiste pas auprès d’eux et quitte-les sur des paroles conciliantes.<br />

Vous apprendrez plus tard ce qu’il en est» [Coran XLIII, 89]. Et Mou-<br />

ja h e d e t Q a ta d a d e co m m e n te r: « C e fu t a v a n t l’o rd re de les<br />

combattre», k ’auteur de cet ouvrage d’ajouter: «Il en est ainsi car ce<br />

verset fut révélé à La Mecque alors que l’ordre de combattre les idolâtres<br />

fut donné à Médine après l’émigration».<br />

«Ton Seigneur est le souverain créateur» Ce verset est un rappel<br />

du jou r de rassem blem ent et que l’Heure surviendra car, étant le<br />

créateur qui ne cesse de créer, Dieu est l’Omniscient et sait que les<br />

corps des hommes seront réduits en poussière et répandus dans toutes<br />

les régions du monde. Il affirme dans un autre verset: «Quoi! Celui<br />

qui a créé les cieux et la terre ne serait pas capable de recréer les<br />

hommes une deuxième fois? Que non. Il est le créateur par excellence»<br />

[Coran XXXVI, 81].<br />

walaqad ’a taynâka sab‘am mina-l-m atânî wa-l-Qur’âna-l-‘Azîma (87) lâ<br />

tam uddanna ‘aynayka ’ilâ mâ m atta‘nâ bihT ’azwâjam -m inhum walâ<br />

tahzan ‘alayhim wahfid janâhaka lil-mu’minîna (88).<br />

N a u f i t^avflne ¿ 6 n n 4 l^s vfersfets q u i s o n t l a b a s e d e l a p r i è r e , a i n s i q u e<br />

669


le Coran sublime (87) Ne te laisse pas éblouir par les richesses que nous<br />

avons accordées à quelques uns. Ne sois pas en souci pour eux. Montre une<br />

douce bienveillance aux croyants (88).<br />

Dieu dit à Son Prophète: Comme nous t’avons révélé et donné le<br />

Coran sublime ne tends pas tes deux yeux vers ce bas monde et ses<br />

clinquants et ce que nous avons donné à quelques uns de richesses<br />

car ce ne sont que des jouissances éphémères. Ne les envie pas et<br />

que ton âme ne se répande pas en regret sur eux en te contredisant,<br />

en s’opposant à toi et en te traitant d’imposteur, mais abaisse ton aile<br />

sur les croyants et montre leur une douce bienveillance. Dieu décrit<br />

aussi Son Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - dans ce verset et<br />

parle de ses qualités: «Un Prophèes choisi parmi vous est venu, compatissant<br />

à vos peines, impatient de vous convaincre. Il est toute bonté et clémence<br />

pour les croyants» [Coran IX, 128]v<br />

Quant aux «sept versets» (en Arabe: Al-Mathani) les commentaires<br />

furent divergés à leur sujet comme nous allons le montrer:<br />

- D’après Ibn Abbas: Ils sont les plus longues sourates du Coran à<br />

savoir: La vache, la famille d’Imran, les femmes, la table, du bétail,<br />

l’A'raf, et Jonas.<br />

- Sa'id a dit: Ils sont ceux où Dieu a mentionné et montré les prescriptions,<br />

la loi successorale, les récits historiques et les sentences.<br />

- D’après Qatada, Ibn Jarir et aussi Ibn Abbas suivant une autre<br />

version: Il s’agit de la sourate «Al-Fatiha» qui est composée de sept<br />

versets y compris la Bismala (au nom de Dieu...) qu’on récite dans les<br />

rak'ats de chaque prière soit-elle prescrite ou surérogatoire, en tirant<br />

argument de ce hadith rapporté par Abou Sa'id Ben AI-Mou‘alla: «Le<br />

Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - passa auprès de moi au<br />

moment où je priais et m’appela. Ma prière achevée, je me dirigeai<br />

vers lui. Il me dit: «Qu’est-ce qui t’a empêché de répondre à mon appel?»<br />

- Je priais, répondis-je. Il répliqua: «Dieu n’a-t-ll pas dit: «Répondez<br />

à Allah et à Son Envoyé lorsqu’il vous appelle»? Avant de ta sortie de<br />

la Mosauée je t’aoorendrai la meilleure sourate du Coran». En effet<br />

avant ma sortie je tui rappelle s e s propos et il m e dit: «Louange à Allah<br />

Seigneur des mondes» Cette sourate contient les sept versets qu’on répète<br />

670


et aussi elle est le très grand Coran» (Rapporté par Boukhari)il].<br />

Ceci ne contredit pas l’opinion qui précise qu’elles sont les sept<br />

sourates les plus longues ni l’opinion qui considère que le Coran tout<br />

entier est visé par ce verset car Dieu a dit à Son sujet: «Allah a fait<br />

descendre le plus beau des récits: un Livre dont les parties se ressemblent et<br />

se répètent» [Coran XXXIX, 23].<br />

Dieu exhorte Son Prophète: «Ne te laisse pas éblouir par les richesses<br />

que nous avons accordées à quelques uns» c’est à dire:<br />

«Contente-toi de ce que Dieu t’a donné comme ce Coran sublime et<br />

passe-toi de ce qu’ils possèdent comme biens et jouissances temporaires.<br />

Abou Rafé un des compagnons du Prophète - qu’Allah le bénisse<br />

et le salue J raconte: «Le Prophète reçut un jour un hôte et ne trouva<br />

chez lui de quoi lui préparer comme nourriture. Il envoya quelqu’un<br />

dire à un juif: «Mouhammed l’Envoyé de Dieu te demande de lui avancer<br />

une quantité de la farine jusqu’au premier jour de Rajab» - Jamais,<br />

à moins qu’ils ne me donne un gage, répondit le juif. Le rapporteur<br />

ajouta: «Je retournai chez le Prophète - qu’Allah le bénisse et le salu<br />

e - et l’informai de la réponse du juif. Il s’écria: «Par Dieu, je suis f i ­<br />

dèle envers celui qui se trouve dans le ciel et envers ceux qui sont sur la<br />

terre. S ’il m ’avait avancé ou vendu, je ne tarderais plus à m ’acquitter». En<br />

le quittant, Dieu lui fit cette révélation: «Ne te laisse pas éblouir par les richesses<br />

que nous avons accordées à quelques uns» (Rapporté par Ibn Abi<br />

Hatem)tI].<br />

(1) c—lv» Aît” j*ü . y :JU


En commentant le verset précité, Ibn Abbas a dit que c’est une exhortation<br />

afin que l’homme ne souhaite avoir ce que les autres possèdent.<br />

waqul ’innî ’anâ-n-nadîru-l-mubînu (89) kama ’anzalnâ ‘alâ-l-muqtasimîna<br />

(90) ’al-ladîna ja ‘alû-I-Qur’âna ‘idîna(91) fawarabbaka lanas’allanahum<br />

’ajma'îna (92) ‘ammâ kânû ya‘malûna (93).<br />

Dis: Je suis l’Annonciateur authentique (89) De même que des annonciateurs<br />

ont été envoyés à ceux qui se sont divisés (90) A ceux qui ont fragmenté<br />

les Ecritures Saintes (91) J ’en jure par ton Seigneur, nous les<br />

interrogerons tous (92) sur leurs actions (93).<br />

La mission du Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - est<br />

d’avertir les hommes qui, s’ils ne croient pas, seront châtiés comme<br />

l'ont été ceux des générations passées et qui ont traité leurs Prophètes<br />

d’imposteurs en reniant leurs messages, ainsi les conjurés qui ont agi<br />

de même.<br />

D ’autres exégètes comme Abdul Rahman Ben Zaïd ont dit qu’il<br />

s’agit du peuple de Saleh qui se concertèrent de la sorte: «Jurons par<br />

Dieu de tuer Saleh et les siens pendant la nuit» [Coran XXVII, 49].<br />

Abou Moussa rapporte que le Prophète - qu’Allah le bénisse et le<br />

salue - a dit: «Par rapport à ce que Dieu m ’a chargé comme mission, je<br />

ressemble à un homme qui vint trouver les hommes en leur disant: «Hommes!<br />

J ’ai vu de mes propres yeux l ’armée (de l’ennemi), et je ne suis que


l’avertisseur nu(1). Sauvez-vous». Des hommes lui obéirent et partirent la<br />

nuit sans se précipiter. D ’autres qui le traitèrent de menteur restèrent en<br />

place. L ’ennemi les survint le matin, les envahit et les extermina. Ainsi seront<br />

les cas de ceux qui m ’ont suivi et mis à exécution ce que je leur ai apporté,<br />

et de ceux qui m ’ont désobéi et considéré comme mensonger ce que<br />

je leur ai apporté de la vérité» (Rrrapporté par Boukhari et M ouslim ÿ2^'<br />

«A ceux qui ont fragmenté les Ecritures saintes. Il s’agit des gens du<br />

Livre, comme ont précisé Ibn Abbas, Moujahed, Al-Hassan et d’autres,<br />

qui ont mis leurs livres en pièces, cru en une partie, s’y sont conformés,<br />

et mécru en une autre et l’ont refutée.<br />

Au sujet de la révélation de ce verset Mouhammad Ben Ishaq raconte<br />

d’après Ibn Abbas: «Al-Walid Ben AL-Moughira qui était l’un des<br />

notables de Qoraïch, lors de la saison du pèlerinage, reçut un groupe<br />

de ses concitoyens idolâtres. Il leur dit: «O Qoraïchites! Durant cette<br />

saison vous allez recevoir tant de députations arabes pour y assister.<br />

Elles ont certáinement entendu parler de Mouhammed. Concertez-vous<br />

en vue de prendre une décision à son égard et ne vous divisez pas de<br />

sorte que certains d’entre vous démentissent les autres, ou que certains<br />

refutent les dires des autres». Ils lui répondirent: «Et toi ô Abou<br />

Abd Chams! Que dis-tu de lui? Que ton opinion soit la nôtre aussi pour<br />

l’adopter» Il répliqua: «Plutôt dites-moi la vôtre, que je l’entende<br />

d’abord pour que je puisse en juger» - Nous dirons qu’il est un devin,<br />

rétorquèrent-ils - Non, il n’est pas un devin. -Alors un aliéné. -Jamais<br />

de ça. -Un poète. -Non, il n’est pas un poète.- Donc un magicien.- Pas<br />

non plus.<br />

Ils lui dirent enfin: Alors que dis-tu de lui? -Il répondit: «Par Dieu,<br />

(1) On a donné ce nom à un homme qui, dans le temps, se déshabillait pour<br />

mettre en garde ses compagnons contre une attaque de l’ennemi (Le traducteur).<br />

(2) ^ ^ o * d ù * (ÿ<br />

'—■iU


sas paroles sont très douces, si vous les déclarerez comme telles, on<br />

saura que vous direz une futilité. Il faut donc prétendre qu’il est un magicien.<br />

Les gens se dispersèrent en adoptant cette opinion. Ce verset<br />

fut alors descendu.<br />

«J’en Jure par ton Allah, nous les interrogerons tous sur leurs actions»<br />

ces gens-là qui ont pris cette attitude à l’égard du Prophète. Mais Ibn<br />

Omar a déclaré qu’ils seront interrogés au sujet de la profession de foi:<br />

Il n’y a d’autre divinité que Dieu».<br />

Ibn Mass'oud, quant à lui, a précisé: «Par celui qu’il n’y a d’autre<br />

Dieu que Lui, chacun d’entre vous sera en tête-à-tête avec Dieu au<br />

jour de la résurrection et lui demandera: «O fils d’Adam! Comm ent<br />

donc as-tu été trompé à Mon sujet? Qu’est-ce que tu as fait de ta<br />

science? O fils d’Adam, par quoi tu as répondu aux Messagers?».<br />

A ce propos, Mou'adz Ben Jabal rapporte que l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: «O Mou'adz! Chaque individu sera<br />

interrogé sur ce qu’il aura acquis dans le bas monde même sur le kohol<br />

pour ses yeux, même sur les grains de sable qu’ont touchés ses doigts. Que<br />

je ne trouve donc pas un autre qui soit plus heureux que toi au jour de la<br />

résurrection pour les biens que Dieu lui a accordés» (Rapporté par Ibn Abi<br />

Hatem)f,J.<br />

En commentant le verset: «J’en jure par ton Allah...» Ibn Abbas a<br />

dit: «Dieu a dit aussi: «Ce jour-là, nul homme et nul djinn ne sera plus interrogé<br />

sur ses péchés» [Coran LV, 39]. Donc l’homme ne sera plus interrogé:<br />

as-tu commis un tel péché? Car Dieu le sait très bien, mais II lui<br />

demandera: Pourquoi as-tu commis tel et tel péché?».<br />

(1) f j j JU, ü \ iu . JVÏ<br />

674


fasda‘ bimâ tu’mar wa ’a‘rid ‘ani-l-musrikîna (94) ’innâ kafaynâka-l-mustahzi’îna<br />

(95) 1-ladîna yaj‘alûna m a‘a-L-Lâhi ’ilâhan ’âAhara fasawfa<br />

ya‘lamûna (96) walaqad na‘lamu ’annaka yadîqu sadruka bimâ yaqûlûna<br />

(97) fasabbih bihamdi rabbika wa kun-mina-s-sâjidîna (98) w a'bud<br />

rabbaka hattâ ya’tîka-l-yaqîn (99).<br />

Transmets sans crainte les ordres que tu as reçus et écarte-toi des idolâtres<br />

(94) Nous nous chargeons de ceux qui te dénigrent (95) De ceux qui<br />

associent à Allah d’autres divinités. Leurs yeux se dessilleront (96) Nous savons<br />

que leurs propos oppressent ton cœur (97) Prie pour la gloire de ton<br />

Allah et sois du nombre de ses adorateurs. (98) Adore-le jusqu’au triomphe<br />

de la vérité (99).<br />

Dieu ordonne à Son Prophète - qu’AHah le bénisse et le salue - de<br />

transm ettre le m essage, de proclam er ouvertem ent ce qui lui est<br />

commandé et d’opposer aux idolâtres de ces preuves. Abdullah Ben<br />

Mass'oud de commenter: «Le Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue<br />

- divulguait son message en cachette jusqu’à la révélation de ce<br />

verset. Alors les fidèles se montrèrent publiquement aux hommes en<br />

les appelant à cette religion».<br />

Désormais le Prophète - qu'Allah le bénisse et le salue - fut donc<br />

commandé de transmettre le message en se détournant des polythéistes<br />

qui veulent le repousser de la voie de Dieu, sans craindre personne<br />

car Dieu lui «protégera contre les hommes» [Coran V, 67]. Et<br />

Anas de confirmer cette protection et rapporte: «L’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue - passa par un groupe d’hommes dont<br />

certains le calomnièrent. Gabriel leur répondit et ses propos furent<br />

comme des coups de lances et ils trépassèrent».<br />

Mouhammad Ben Ishaq raconte à son tour: «Parmi les ennemis<br />

les plus acharnés des idolâtres, il y avait cinq des chefs qui jouissaient<br />

d’une grande autorité sur les autres, dont l’un s’appelait Abou Zam'a<br />

de Bani Assad Ben Abdul ‘Ouzza. Le Prophète - qu’Allah le bénisse et<br />

le Salue - appela la malédiction de Dieu sur lui e n disant- « G ra n d Dieu,<br />

fa.s disparaître sa vue et ses enfants» et Dieu l’exauça. Les autres<br />

675


chefs étaient: Al-Aswad Ibn Abd Yaghouth de Bani Zouhra, Al-W alid<br />

Ben Al-Moughira de Bani Makhzoum, AI-‘As Ben W aël de Bani Sahm<br />

et Al-Hareth Ibn Al-Talatoula de Bani Khouza'a. Ces gens-là avaient<br />

persévéré dans leur impiété et nui au Prophète - qu’Allah le bénisse et<br />

le salue -, Dieu fit descendre à leur sujet ces versets: «Transmets sans<br />

crainte les ordres... jusqu’à Leurs yeux se dessilleront».<br />

A ceux qui ont reconnu des égaux à Dieu et les ont adorés, Dieu<br />

lance un avertissement et une menace. Puis Dieu s’adresse à Son<br />

Prophète: «O Mouhammed, nous savons que ta poitrine se resserre<br />

pour ce qu’ils disent. Chante pureté de ton Seigneur par les louanges<br />

et les glorifications et sois de ceux qui se prosternent en Le priant.<br />

Adore-Le donc jusqu’à ce que la certitude te parvienne», ou suivant<br />

d’autre interprétation, d’après Salem Ben Abdullah et autres, «jusqu’à<br />

ce que la mort te surprenne».<br />

L’adoration de Dieu qui comporte la prière et les autres prescriptions<br />

sont une obligation pour les hom mes en toute circonstance<br />

comme l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - avait dit à<br />

Imran Ben-Houssaïn: «Prie débout, si tu ne peux pas, prie assis...».<br />

Certains des athées prétendent que la certitude est la connaissance,<br />

et une fois arrivé à ce stade, on n’est plus tenu de s’acquitter<br />

de toutes les obligations. Cette déduction est certes une impiété, un<br />

égarem ent et une ignorance. Car les Prophètes, -que Dieu les salue<br />

tous- ainsi que leurs adeptes, ont connu Dieu mieux que quiconque,<br />

ainsi que Ses droits et Ses qualités qui nous portent incessamment à<br />

Le glorifier et Le louer. Et pourtant ils étaient les adorateurs le plus fervents<br />

jusqu’à la fin de leur vie. Donc, à plus forte raison, la certitude signifie<br />

la mort.<br />

676


16 - SOURATE DE L’ABEILLE<br />

128 versets<br />

Révélée à La M ecque à l ’exception des trois derniers versets révélés à<br />

Médine<br />

Révélée après la sourate de la Caverne<br />


Les impies avaient demandé la venue du châtiment en doutant<br />

qu'une telle punition les atteindrait à cause de leur incrédulité. Dans le<br />

reste du verset, Dieu désavoue l’acte des impies qui Lui associent<br />

d'autres divinités. Gloire à Lui, Il est très élevé au-dessus de ce qu’on<br />

Lui associe.<br />

yunazzilu-1-maBÎ’ikata bi-r-rûhi min ’amrihî ‘alâ m ay-yasa’u min ‘ibâdihT<br />

’an ’andiru ’annahû la ’ilâha ’ilia ’ana fâttaqûni (2).<br />

Il fait descendre son esprit par l’intermédiaire de ses anges sur qui II<br />

veut. Il met dans leurs bouches cette proclamation. Il n’y a de Allah que<br />

Moi, craignez-Moi» (2).<br />

i<br />

L'esprit cité dans le verset signifie la révélation comme il est dit<br />

dans ce verset: «C’est ainsi que nous t’avons révélé l’esprit de notre règle»»<br />

[Coran XLII, 52]. Cette révélation n’est descendue que sur qui II<br />

veut, c’est à dire les Prophètes car II sait mieux que quiconque à qui il<br />

convient de donner la mission de Prophète, comme II choisit aussi des<br />

Envoyés parmi les anges et les mortels.<br />

Ces Prophètes n'ont pour mission exclusive que d’appeler les<br />

hommes à attester qu’il n’y a d'autre divinité que Dieu, de Le craindre<br />

comme il se doit et d’appréhender la vengeance et le châtiment qui<br />

sont réservés aux incrédules.<br />

halaqa-s-sam âw âti w a-l-’ard a bi-l-haqqi ta ‘âlâ ‘am m â yusrikûna (3)<br />

halaqa-l-’insâna min nutfatim fa ’id â huwa hasîmun mubînun (4).<br />

Il a créé le ciel et la terre à dessein. Qu’Il soit glorifié de ne pas avoir<br />

.> ,, _. . . l't........... v l ' 1-....*(î' de sperme. Aussitôt, il devient<br />

son adversaire déclaré (4).<br />

678


Dieu a créé les deux et la terre en toute vérité, Il est le seul créateur.<br />

Que les hommes sachent et croient, L’adorent sans rien Lui associer,<br />

Gloire à Lui qu’il soit élevé au-dessus que les mécréants Lui<br />

reconnaissent des égaux par incrédulité, ignorance et égarement.<br />

Puis II parle de la création de l’homme: «d’une goutte de sperme»<br />

D ’une eau vile, puis II l’a placée dans un réceptacle solide pour une<br />

durée déterminée. Une fois cet homme atteint sa maturité et devenu<br />

sensé, il se montre querelleur, en mécroyant en son Seigneur, combattant<br />

Ses Prophètes et les traitant d’imposteurs, au lieu d’être un serviteur<br />

reconnaissant et soumis. Il adore en dehors de Dieu des divinités<br />

inertes qui ne peuvent ni lui être utiles, ni lui nuire et devient ainsi un<br />

auxiliaire des ennemis du Seigneur.<br />

A cet égard Bichr Ben Jihach rapporte: «L ’Envoyé de Dieu - qu’AIlah<br />

le bénisse et le salue - cracha dans la paume de ses mains et dit:<br />

« Dieu Très-Haut dit: «O fils d ’Adam! Comment oses-tu M e rendre à l'impuissance<br />

alèrs que Je t ’ai créé d'une substance comme celle-ci. Après que<br />

Je t ’ai modelé et constitué harmonieusement, te voilà marcher somptueusment<br />

habillé sur la terre en produisant une voix retentissante. Tu as ammassé<br />

(une fortune) mais tu refuses d ’en donner en aumône. Mais une fois<br />

à l ’article de la mort tu t ’écries: «Je vais maintenant faire l'aumône!. Mais<br />

hélas, c ’est trop tard» (Rapporté par Ahmed et les auteurs des Sunansÿ11<br />

wa-l-’an‘âm a halaqahâ lakum fîhâ difun wa manâ fi‘u wa minhâ ta’kulûna<br />

(5) walakum fîhâ jam âlun hîna turîhûna wa hîna tasrahûna (6) wa<br />

iy** ¿ji a* ■ ¿ ¡a ¿LxÜ>- ,^1<br />

— ^ tlXL» ji (Jï-i<br />

■ùUJI iljj ùlji J \ J JJUaîî<br />

679


tahm ilu ’atqâlakum ’ilâ baladi-l-lam takûnû bâligîhi ’illâ bi siqqi-l-’anfusi<br />

’inna rabbakum la R a’ûfu-r-Rahîm un (7).<br />

Il a créé pour vous les animaux, vous en tirez vos vêtements, votre<br />

nourriture et toute espèce d’avantages (5) Ils sont votre fierté, soit qu’ils se<br />

trouvent au repos, soit qu’ils s’ébattent dans les pâturages (6) Ils transportent<br />

vos bagages dans les pays que vous ne pourriez atteindre qu’au prix de<br />

difficultés insurmontables sans eux. Votre Seigneur est toute bonté et toute<br />

clémence (7).<br />

Dieu rappelle à Ses serviteurs ce qu'il leur a donné de bienfaits.<br />

Entre autres II mentionne les bestiaux, les chameaux, les vaches et les<br />

moutons dont ils en retirent tant d’avantages: Soit qu’ils utilisent la<br />

laine, le poil et le crin pour en fabriquer les vêtements et des objets<br />

d’un usage précaire, soit qu’ils se nourrissent de leur lait et de leur<br />

chair, soit qu'ils les prennent pour l’apparat.<br />

«Us sont votre fierté, soit qu’ils se trouvent au repos» en les voyant le<br />

soir quand ils reviennent le ventre plein et les pis gonflés de lait, «soit<br />

qu’ils s’ébattent dans les pâturages» quand ils partent le matin pour brouter<br />

l’herbe dans les pâturages. Au surcroît «ils transportent vos bagages»<br />

ce dont vous en serez incapables de porter vous-mêmes «dans les pays<br />

que vous ne pourriez atteindre qu’au prix de difficultés insurmontables sans<br />

eux» soit dans le but de faire le pèlerinage et la visite pieuse, soit pour<br />

entamer les expéditions, soit pour le commerce, soit pour d’autres usages.<br />

Dieu a parlé aussi de l'utilité des bestiaux dans ce verset: «C’est<br />

Allah qui a créé les animaux que vous utilisez comme montures ou comme<br />

aliments. Ils présentent pour vous d’autres utilités. Ils vous permettent de<br />

réaliser certains désirs. Comme les navires, ils servent à vous transporter»<br />

[Coran XL, 79 - 80],<br />

Après avoir énuméré les avantages de ces animaux, Dieu rappelle<br />

aux hommes qu’il est bon envers eux et miséricordieux. On trouve ce<br />

raonoi dans plusieurs versets, on cite ces quelques-uns à titre d’exemple:<br />

«N o u s les leurs avons assujettis: les uns leur servent de m ontures, les<br />

autres d’aliments» [Coran XXXVI, 72] et: «Qui a créé les navires et les<br />

animaux pour vous transporter» [Coran XLIII, 12],<br />

680


¿ y ^ ¡ \ j j i y ç j â s<br />

wa-l-hayla wa-l-bigâla wa-l-hamîra litarkabûhâ wa zînatan wa yahluqu<br />

mâ là ta'lam ûna (8).<br />

Il a créé les chevaux, les mulets et les ânes pour vous servir de monture<br />

et comme animaux de parade. Il crée aussi beaucoup de choses que<br />

vous ne soupçonnez pas (8).<br />

En voilà aussi d’autres espèces d’animaux que Dieu met au service<br />

des hommes: les chevaux, les mulets et les ânes pour être montés<br />

et pour l’apparat.<br />

La question qui se pose est la suivante: «Pourquoi ces espèces<br />

d’animaux ont été indépendants les uns des autres en les énumérant<br />

dans deux versets séparés?<br />

La réponse en est que certains des ulémas ont déclaré que 1ax<br />

viande des ¿hevaux est illicite, comme Abou Hanifa et d’autres, étant<br />

cités avec les mulets et les ânes. A cet égard, il a été rapporté qu’lbn<br />

Abbas répugnait, voire interdisait la viande des chevaux, des mulets et<br />

des ânes et tirait argument des dires de Dieu: «Il a créé pour vous les<br />

animaux, vous en tirez vos vêtemets, votre nourriture» cette espèce est<br />

donc pour la subsistance, et «Il a créé les chevaux, les mulets, et les ânes<br />

pour vous servir de monture» ceux-là pour être montés sans aucun autre<br />

avantage.<br />

Un hadith, qui confirme les dires d’Ibn Abbas, a été rapporté par<br />

l’imam Ahmed d’après Khaled Ben Al-Walid que l’Envoyé de Dieuqu’Allah<br />

le bénisse et le salue - a interdit la viande des chevaux, des<br />

mulets et des ânes. Mais un autre hadith rapporté par Jaber Ben Âbdullah<br />

et cité dans les deux Sahihs, contredit le premier où ^Envoyé de<br />

Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - a interdit la consommation de la<br />

viande des ânes domestiques et toléré celle des chevaux. Jaber raconte<br />

aussi: «Le jour de l’expédition de Khaibar nous égorgeâmes les<br />

chevaux, les mulets et les ânes. L’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse<br />

et le salue - nous interdit la viande des mulets et des ânes sans<br />

Par ailleurs on rapporte ce hadith d’après Asma la fille d’Abou<br />

681


Bakr -Que Dieu les agrée- où elle a dit« Du temps de l’Envoyé de<br />

Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - alors que nous nous trouvions à<br />

Médine, nous égorgeâmes un cheval et mangeâmes de sa viande»<br />

(Rapporté par Mouslim). L’opinion des imams Malek, Chafé'i et Ahmed<br />

de leurs adeptes et de la majorité des ulémas fut basée sur les hadiths<br />

précités, ainsi fut celle des ulémas contemporains.<br />

wa ‘alâ-L-Lâhi qasdu-s-sabîli wa minhâ jâ '’irun walaw stf ’a lahadâkum<br />

’ajma‘ma (9).<br />

C’est à Allah qu’il appartient d’indiquer la bonne voie. Il y a des voies<br />

divergentes. C’est possible, mais si Allah voulait, Il mettrait tous les hommes<br />

dans la bonne voie (9). 1<br />

Indiquer la voie droite est une affaire qui incombe à Dieu et les<br />

hommes sont tenus de la suivre sans s’en détacher, car II l’ordonne en<br />

disant: «Voilà la voie droite. Suivez-la et ne suivez pas les sentiers qui<br />

l’avoisinent, car ils vous éloigneraient d’elle» [Coran VI, 153].<br />

La voie de Dieu est celle de la vérité comme a déclaré Moujahed,<br />

ou celle de l’Islam d’après As-Souddy, ou enfin celle qui discerne la<br />

bonne direction de l'égarement comme a précisé Ibn Abbas. Mais il<br />

s’avère que l’opinion de Moujahed l’emporte car Dieu a fait connaître<br />

aux hommes qu’il y a tant de chemins qu’ils puissent les emprunter<br />

mais il n’y a qu’un seul qui les conduit vers Lui c’est celui de la vérité<br />

qu’il a agréé pour eux et tous les autres ne sont que des impasses.<br />

«H y a des voies divergentes» et qui s’éloignent de la vérité, qui sont<br />

d’après Ibn Abbas, basées sur les passions et les opinions différentes<br />

telles que le judaïsme, le christianisme et le mazdéisme.<br />

Tout dépend enfin de la volonté de Dieu qui, s’il le voulait, «H<br />

mettrait tous les hommes dans la bonne voie» comme II l’affirme dans<br />

d’au tres v e rs e ts : « S i ton TVlaître l ’ avait voulu, l ’ univers entier aurait em ­<br />

brasse Sa foi» [Coran X, 99] et: «Si ton Seigneur l’avait voulu, Il n’aurait<br />

fait des hommes qu’un seul peuple» [Coran XI, 118].<br />

682


^ j 3 1 & 3 \ ' S J x s M ï<br />

X 4 1 \* .v ù<br />

wa sahhara lakumu-1-layla wa-n-nahâra wa-s-samsa wa-l-qamara wa-n-<br />

683


nujûm u m usahharâtum bi ’amrihT ’inna fî dâlika la’tf yâtil-liqawmi-yya‘qilûna<br />

(12) wamâ d ara’a lakum fî-l-’ardi muhtalifan ’alwânuhïï ’inna<br />

fî dâlika la’ïyata-l-liqawmi-y-yaddakkaruna (13).<br />

H a créé pour vous le jour et la nuit, le soleil et la lune et tous les astres<br />

dont l’ordre a été réglé pour votre convenance. Ne sont-ce pas là des<br />

preuves pour ceux qui comprennent?» (12) Que de choses II a répandu sur<br />

terre à votre usage et chacun avec une couleur différente? Cela ne constitue-t-il<br />

pas une preuve pour qui médite? (13).<br />

Parmi Ses signes éclatants il y a la nuit et le jour qui se succèdent,<br />

le soleil et la lune mis au service des hommes ainsi que les autres<br />

astres, étoiles et planètes qui parcourent les cieux dont chacune<br />

vogue dans son orbite et le tout soumis au pouvoir de Dieu et à Ses<br />

ordres: «C’est Lui qui a soumis à Ses lois le soleil, la lune et les étoiles.<br />

N’est-ce pas à Lui seul qu’appartient le doji de créer et de gouverner toutes<br />

choses? Béni soit Allah, le maître de l’Univers!» [Coran VII, 54].<br />

Voilà bien là des signes, vraiment, pour des gens qui comprennent.<br />

Dans le ciel aussi bien que sur la terre, il y a des choses répandues<br />

et étonnantes de couleurs variées: Is animaux, les métaux, les<br />

plantes et les choses inertes dont chaque espèce est créée pour un<br />

usage déterminé.<br />

wa huw a-l-ladî sahhara-l-bahra lita’kulû m inhu lahm an tariyyan wa<br />

A l.ilyntùn taltasûnakâ -wa tàr â-l-fullea. tVVa.WâhÎrA flH\ WS<br />

litabtagû min fadiihî wa la‘allakum taskurûna (14) wa ’alqâ fî-l-’ardi rawasiya<br />

’an tam îda bikum wa ’anhâran wa subula-l-la‘allakum tahtadûna<br />

(15) wa'alâmâtin wa bi-n-najmi hum yahtadûna (16) ’afama-y-yahluqu<br />

684


kama-l-lâ yahluqu ’afalâ tadakkarûna (17) wa ’in ta‘uddû ni‘mata-L-Lâhi<br />

lâ tuhsûhif ’inna-L-Lâha laG afûru-r-Rahîm un (18).<br />

La mer, aussi, Il l’a conçue à votre intention. Elle vous procure des<br />

chairs délicates et des pierres précieuses qui servent à votre parure. Voyez,<br />

des barques glissent sur sa surface pour vous permettre d’aller chercher .votre<br />

vie au loin. Lui en serez-vous reconnaissants? (14) Il a élevé les montagnes<br />

sur la terre pour l ’empêcher de vaciller. Pour faciliter vos<br />

déplacements, Il a créé routes et fleuves (15) Repères et étoiles aident<br />

l’homme à se diriger (16) Peut-on mettre sur le même pied celui qui crée et<br />

celui qui ne crée pas? Ne faites-vous pas la différence? (17) Voudriez-vous<br />

compter les bienfaits d’Allah que vous ne le pourriez pas? Ils sont innombrables.<br />

Allah est tout pardon et toute indulgence (18).<br />

Dieu a mis aussi la mer au service de Ses serviteurs d’où ils peuvent<br />

procurer une viande fraîche et retirer les joyaux pour leur parure,<br />

et prendre son large sur des vaisseaux qui voguent partout en traversant<br />

les mers et les océans à la recherche des bienfaits de Dieu. A cet<br />

égard on signale que Noé -que Dieu l’agrée- était le premier à fabriquer<br />

le vaisseau, son arche célèbre, et les hommes ont hérité cette industrie<br />

de lui.<br />

Que les hommes donc soient reconnaissants envers leur Seigneur.<br />

Qu’ils se rappellent aussi qu’il a jeté des montagnes sur la terre<br />

comme des piliers afin qu’elle ne branle pas sinon la vie y aurait été inconfortable<br />

et les hommes ne sauraient comment s’y déplacer ou assurer<br />

une vie stable.<br />

Qa'is Ben Sa'd a dit à ce propos: Lorsque Dieu a créé la terre<br />

celle-ci commence à bouger et les anges de s’écrier: Aucune âme n’y<br />

vivra. Mais le matin les montagnes y ont été placées pour l’empêcher<br />

de vaciller.<br />

«II a créé routes et fleuves» Ces dernières traversent les pays en<br />

prenant leurs sources de l'un pour terminer dans un autre, les unes ont<br />

un cours très court les autres un cours plus long et circulent dans tous<br />

les côtés en formant des lacs ou autres, afin que les hommes s’en serv/ont<br />

pour différente usages.<br />

Quant aux routes, les hommes les empruntent en franchissant les<br />

685


différents territoires et même les cols et les vallées afin que les montagnes<br />

n’y constituent aucune entrave devant eux et empêchent leur déplacement.<br />

Les montagnes soient-elles hautes ou basses servent aussi<br />

comme points de repère une fois les hommes en se déplaçant ne perdent<br />

pas le chemin. Les étoiles également indiquent le chemin aux<br />

hommes quand ils voyagent la nuit.<br />

Après tout cela «peut-on mettre sur le même pied celui qui crée» qui<br />

est Dieu le seul créateur «et celui qui ne crée pas? les divinités que les<br />

hommes ont inventées. Si les hommes veulent dénombrer les bienfaits<br />

de Dieu, ils ne pourraient plus le faire à cause de leur multitude. Et<br />

malgré tout Dieu pardonne l'ingratitude des hommes, car s'il voulait<br />

leur demander de reconnaître chacun de Ses bienfaits, ils s’en seraient<br />

incapables; s'il leur avait ordonné de le faire, ils s'en seraient impuissants<br />

et auraient délaissé cette charge; enfin s'il voulait les châtier, Il<br />

l’aurait fait sans les léser ou être injuste à leur égard. Mais II est le<br />

Pardonneur par excellence et le clément qui récompense pour le peu<br />

des bonnes actions.<br />

wa-L-Lâhu ya‘lam û mâ tusirrûna wamâ tu‘linûna (19) w a-l-ladîna<br />

yad'ûna min dûni-L-Lâhi lâ yahluqûna say’an wa hum yuhlaqûna (20)<br />

'amwâtun gayru ’a h y ï’in wamâ yaü'urûna ’ayyâna yub‘atûna (21).<br />

Allah sait ce que vous cachez et ce que vous montrez (19) Ceux que<br />

vous invoquez en dehors d’Allah, non seulement n’ont rien créé mais sont<br />

eux-mêmes créés (20) Ce sont des êtres inanimés, dépourvus d’âme et qui<br />

ne savent même pas quand ils seront ressuscites (21).<br />

D!«»u eaU q u o le s h o m m e a c a ch e n t t>i d ivu lg u a n t e t p é n è tre d a n s<br />

le tréfonds des cœurs, pour que, au jour de la résurrection, Il rétribue<br />

chaque individu selon ses actions. Les idoles qu’adorent les polythéis­<br />

686


tes et invoquent en dehors de Dieu, ne sont que des êtres morts qui<br />

ne créent rien et sont elles-mêmes créées. A ce propos Abraham l’ami<br />

de Dieu -que Dieu le slue- a dit à son peuple: «Comment vous adorez<br />

les statues que vous avez vous-mêmes sculptées?. N ’est-ce pas Allah qui<br />

vous a créés ainsi que tout ce que vous façonnez?» [Coran XXXVII, 95 -<br />

96]. Ce ne sont que des objets inanimés qui n’entendent, ni voient, ni<br />

réfléchissent «et qui ne savent même pas quand ils seront ressuscités»<br />

Comment espère-t-on d’elles un bien ou une récompense? Il ne faut<br />

attendre cela que de Dieu l’omniscient et le créateur de toute chose.<br />

’ilâhukum ’ilâhum w âhidun fa-l-ladîm a lâ yu’m inûna bi-l-’a hirati qulûbuhum<br />

m unkiratun wa hum m ustakbirûna (22) lâ jaram a ’anna-L-Lâha<br />

ya'lam u m â yusirrûna wamâ yu‘linûna ’innahu 12 yuhibbu-l-mustakbirîna<br />

(23).<br />

Votre Allah est un Allah unique. Ceux qui ne croient pas à la vie future<br />

ont un cœur inaccessible. Ils sont pourvus d’orgueil (22) Ce qui est certain,<br />

c’est qu’AUah sait ce qu’ils cachent et ce qu’ils montrent et qu’il<br />

n’aime pas les orgueilleux (23).<br />

Dieu affirme aux hommes qu’il est le Dieu Unique, mais les incrédules<br />

nient cette vérité en leurs cœurs et s’enorgueillissent en s’exclamant:<br />

«Comment il prétend réunir toutes les divinités en une seule? C’est<br />

vraiment là quelque chose d’extravagant» [Coran XXXVIII, 5]. Lorsque le<br />

Prophète appelle les idolâtres à un Dieu Unique, Dieu montre leur<br />

comportement en disant: «Quand l’unité de Dieu est affirmée devant eux,<br />

ceux qui ne croient pas à la vie future ricanent de dépit» [Coran XXXIX,<br />

45]. Car ces gens-là «sont pourvus d’orgueil» mais qu’ils sachent que<br />

H ieu Ia s m M fiR B on Hiaant* « ( ’ cuv qui refusent de M e servir par orgueil<br />

entreront tête basse en enfer» [Coran XL, 60].<br />

Il leur rappelle qu’il sait ce qu’ils cachent et ce qu’ils divulguent, Il<br />

687


les rétribuera pour cela, mais qu’ils n'oublient pas qu'il n'aime point les<br />

orgueilleux.<br />

wa ’id â qîla lahum m â d ï ’anzal rabbukum qâlu ’asâtîru-1- ’awwalîna<br />

(24) liyahmiïïï ’awzârahum kâmilatan yawma-l-qiyâmati wa min ’awzâri-l-ladîna<br />

yudillûnahum bigayri ‘ilmin ’alâ s ï ’a mâ yazirûna (25).<br />

Si on les interroge: «Que pensez-vous des révélations de votre Maître?»<br />

«Veilles fables que tout cela» disent-il (24) Au jour du jugement dernier,<br />

ils auront à répondre de leurs propres péchés et de ceux des ignorants<br />

qu’ils auront égarés. Lourde charge (25).<br />

A ceux qui renient les révélations on demande: Qu'est-ce que votre<br />

Seigneur a fait descendre? ils répondent: «Vieilles fables que tout cela»<br />

c’est à dire des histoires qu’on trouve dans les anciennes Ecritures,<br />

comme Dieu le montre dans ce verset: «Ce ne sont que vieux contes recueillis<br />

par lui, ajoutent-ils, qu’on lui dicte matin et soir» [Coran XXV, 5]<br />

Ils considèrent que tout ce que le Prophète - qu’Allah le bénisse et le<br />

salue - leur rapporte n’est que mensonges en inventant des réponses<br />

contradictoires qui sont des futilités à cause de leur égarement: «Vois<br />

tout ce à quoi ils te comparent? Us sont égarés. Ils ne savent plus dans quel<br />

sens s’orienter» [Coran XVII, 48], Car quiconque se dévie du chemin de<br />

la vérité Ses paroles sont vaines et non fondées.<br />

Ils disaient du Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue -: « C ’est<br />

un devin, ou poète, ou magicien ou aliéné, enfin ils ont adopté ce que<br />

leur chef Al-Walid Ben Al-Moughira leur dit après tant de réflexions.<br />

«Ah! il suppute et ourdit des complots. Eh bien! qu’il soit pris à ses propres<br />

pièges. Oui, qu’il soit pris à ses propres pièges. Un moment, il porta ses regards<br />

sur le Prophète. Puis, il se renfrogna et s’assombrit; il se détourna et<br />

s’enfla de dédain. «Le Coran n’est qu’une magie imitée» dit-il» [Coran<br />

t-XXIV, 18 - 24], Ils s’accordèrent enfin sur tout cela et: «Au jour du ju­<br />

688


gement dernier, iis auront à répondre de leurs propres péchés et de ceux<br />

des ignorants qu’ils auront égarés.<br />

Dieu a destiné tout cela et inspiré à ces impies de dire de tels propos<br />

et d’adopter la situation de leur chef, afin que ce dernier supporte<br />

son propre péché qui lui sera un grand fardeau et le péché de ceux<br />

qu’il a égarés et de ceux qui les auront suivis. A ce propos l’Envoyé de<br />

Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: «Celui qui appelle les hommes<br />

à m e bonne direction aura une récompense équivalente à celle de ceux<br />

qui le suivront, sans toutefois que la récompense de ceux-ci soit diminuée.<br />

E t celui qui appelle les autres à un égarement, se verra comettre un péché<br />

équivalent à celui de ceux qui le suivront, sans toutefois que le péché de<br />

ceux-ci soit diminué» (Rapporté par Mouslim d ’après Abou Houraira)l l K<br />

qad m akara-l-ladîna min qablihim fa’atâ-L -L âhu bunyânahum mina-1-<br />

qawa'idi faharra ‘alayhimu-s-saqfu min fawqihim wa ’atâhum u-l-‘adâbu<br />

m in h ay tu lâ yas’urûna (26) tum m a yawma-l-qiyâmati yuhzihim wa yaqûlu<br />

’ayn su rakâ’iya-l-ladîna kuntum tu sa" qqûna fîhnim qâla-l-ladîna<br />

’ûtû-l-‘ilma ’inna-l-hizya-l-yawma wa-s-sK’a ‘alâ-l-kâfirîna (27).<br />

Leurs prédécesseurs avaient été non moins perfides. Allah ébranla les<br />

fondements de leurs édifices. Les toits .s'écroulèrent sur leurs têtes et leur<br />

perte fut consommée d’une manière qu’ils n’avaient pas prévue (26) Au jour<br />

du jugement dernier, Il les confondra et les interrogera: «Où sont les associés<br />

à qui vous prêtiez une part de mes attributs». Les initiés s’écrieront:<br />

«ce jour apporte confusion et supplices aux infidèles» (27).<br />

( 1 ) ¿ A li ^ j a i ï S J A _y*.î J i » *! ûlS" \ t o »la-<br />

¿ U i u a i ï i N ¿ y J i » J A 4A * ùis" y j j U o ¿ y<br />

^ ¿1* l»-'---- ¿A<br />

689


D’après les commentaires d'une bonne partie des exégètes, Nemrod<br />

fut le premier tyran sur terre qui avait bâti son édifice et avait usé<br />

de stratagèmes pour égarer ses sujets. Noé avait dit: «en parlant de<br />

son peuple: «Ils emploient des moyens d’une basse perfidie» [Coran LXXI,<br />

22] en stratégiant pour détourner les hommes de la voie droite par<br />

tous les moyens possibles et en les appelant à leur idolâtrie. Au jour<br />

de la résurrection ceux qui ont été égarés dans le bas monde et les<br />

faibles diront à leurs chefs: «Ce sont vos incessantes manœuvres, de jour<br />

et de nuit, qui nous ont poussés à nier Allah et à Lui donner des associés»<br />

[Coran XXXIV, 33],<br />

Dieu est vénu sur les bases de leur édifie et l'a sapé, le toit<br />

s’écroula sur leurs têtes, le châtiment les atteignit sans le pressentir.<br />

Au jour du compte final ils seront couverts d’opprobre et humiliés. Dieu<br />

dénoncera leur félonie et leurs stragagèmes en dévoilant leurs secrets.<br />

Ibn Omar rapporte que l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le<br />

salue - a dit: «Au jour de la résurrection, à chaque perfide on hissera un<br />

étendard derrière lui en fonction de sa perfidie en déclarant: «Celle-ci est la<br />

perfidie d ’un tel..» (Rapporté par Boukhari et Mouslim)1*1. C ’est ainsi que<br />

les hommes seront comparus devant le Seigneur qui dévoilera tous<br />

leurs secrets et les couvrira d'opprobre devant toutes les créatures. Il<br />

leur dira: «O ù sont les associés à qui vous prêtiez une part de mes attributs»<br />

qui vous défendiez et combattiez pour eux pour leur satisfaire, qu’ils<br />

viennent donc vous sauver du supplice qui vous attend «Peuvent-elles<br />

(les divinités) vous défendre ou se défendre elles-mêmes» [Coran XXVI, 93],<br />

Une fois se trouvant incapables à répondre par manque d’excuses et de<br />

preuves, la parole du Seigneur se réalise. Ceux qui auront reçu la<br />

science, les initiés et les chefs s'écrieront: «Ce jour apporte confusion et<br />

supplices aux infidèles» et seront couverts d’ignominie et de honte et subiront<br />

le supplice qui est réservé aux mécréants.<br />

.10^» ijt âjjs- o>XA :JÜJ jJjL<br />

690


’al-Iadîna tatawafâhumu-l-m alâ’ikatu zâlimT ’anfusihim fa’alqawu-s-salama<br />

m â kunnâ na‘malu min Stî’im -balï ’inna-L-Lâha ‘alîmum-bimâ kuntum<br />

ta ‘m alûna (28) fadhufïï ’abw âba jahannam a hâlidîna fîhâ falabi’sa<br />

m at wa-I-mutakabbirîna (29).<br />

A ceux que les anges accueilleront encore insoumis au moment de la<br />

mort. Ils se soumettront alors, disant: «Quel mal avons-nous fait?» Si, Allah<br />

sait le mal que vous avez fait» (28) Passez les portes de l’enfer, qui sera<br />

votre séjour éternel, qui est l’affreux séjour des orgueilleux (29).<br />

Les idolâtres qui se sont manqués à eux-mêmes, lorsque les anges<br />

les achèvent recueillant leurs âmes, offriront la paix et se montreront<br />

prêts à croire et à être soumis et diront: «Quel mal avons-nous fait?»<br />

comme ils diront aussi «Par Allah, notre Seigneur, nous n’avons jamais<br />

donné d’associés à Allah» [Coran VI, 23]. Dieu les démentira alors et leur<br />

répondra: «Si, Allah sait le mal que vous avez fait. Passez les portes de l’enfer»<br />

qui sera le séjour détestable et la demeure de l’ignominie de ceux<br />

qui s’enorgueillissaient, niaient les signes de Dieu et refusaient de suivre<br />

les Prophètes. A leur mort, leurs âmes seraint touchées par les flammes<br />

de la Géhenne ainsi que leurs corps dans les tombes. Au jour de la<br />

résurrection les âmes seront ramenées aux corps pour demeurer à la<br />

Géhenne pour l’éternité «La mort ne mettra jamais un terme à leur supplice<br />

et celui-ci ne connaîtra pas d’adoucissement» [Coran XXXV, 36].


wa qîla-li-l-ladîna-t-taqaw m âdîf ’anzala rabbukum qâlû hayra-l-li-l-lad<br />

îna ’ahsanû fî hâdihi-dunyâ hasanatun wa lad âru-l-T hirati hayrun wa<br />

la n i‘m a d âru -l-m u tta q în a (30) ja n n a tu ‘adnin y adhulû nah â ta jrî m in<br />

tahtihâ-l-’anhâru lahum fîha m â y a sa ’ûna kadâlika yajzî-L-Lâhu-l-muttaqîna<br />

(31) 1-ladîna tataw affâhum u-l-m alï’ikatu tayyibîna yaqûlûna salâm<br />

un ‘alaykumu- dhulû-l-jannata bimâ kuntum ta ‘malûna (32).<br />

Si on demande aux croyants: «Que pensez-vous des révélations de votre<br />

Maître?» «Elles nous ont apporté le bonheur» répondent-ils. Ceux qui<br />

font le bien dans ce monde y trouvent une récompense mais ils recevront<br />

une récompense plus belle encore dans l’autre monde: C’est un séjour de félicité<br />

que celui réservé aux vertueux (30) C’est le jardin de l’Eden où coulent<br />

des eaux vives et où les moindres désirs sont satisfaits. C’est ainsi<br />

qu’Allah récompense ceux qui Le craignent (31) Ceux qui se présentent aux<br />

anges en état de pureté au moment de leur mort. «Que la paix soit sur<br />

vous, leur diront les anges, entrez dans l’Eden en récompense de vos œuvres»<br />

(32).<br />

A l’inverse des mécréants qui nient les révélations ou disent qu’elles<br />

sont de vieux contes, les crédules avouent: «Elles nous ont apporté<br />

le bonheur» et le bien, elles sont une bénédiction et une miséricorde<br />

pour ceux qui y croient et s’y conforment. Ceux-là «trouvent une récompense»<br />

dans le bas monde car Dieu l’affirme dans ce verset: «Quiconque,<br />

mâle on femelle, fait le bien tandis qu’il est croyant, sûrement<br />

Nous le ferons vivre une excellente vie» [Coran XVI, 97], et dans la vie future<br />

ils recevront une récompense plus belle encore. Une excellente rétribution<br />

promise qu'on trouve dans plusieurs versets, et Dieu ne trahit<br />

jamais Sa promesse. Il a dit à Son Prophète- qu'Allah le bénisse et le<br />

salue -: «La vie future te réserve plus de joie que la présente» [Coran<br />

XCIII, 4],<br />

Ce sera le jardin de l’Eden qui est la demeure de la félicité où coulent<br />

les ruisseaux parmi ses palais et ses arbres: «et où les moindres désirs<br />

sont satisfaits». Dans un hadith authentique, (’Envoyé de Dieu -<br />

qu'Allah le bénisse et le salue - a dit: «Le nuage passe au-dessus les élus<br />

du Paradis alors qu’ils sont en train de prendre leur boisson. Aucun d'entre<br />

•••>'•sltaao sans que ce nuage ne la lui donne, même s ’il demande<br />

qu’il pleuve des jeunes filles d'un âge égal».<br />

692


Lors de leur mort, ces croyants sont bons et purifiés de tout acte<br />

d’impiété, les anges se présentent à eux pour recueillir leurs âmes en<br />

leur annonçant le Paradis: «Ceux qui disent: «Notre maître est Allah» et<br />

se conduisent avec droiture recevront des anges cette assurance: «Ne craignez<br />

rien et ne vous tourmentez pas. Vous irez au Paradis comme on vous<br />

l’a promis» [Coran XLI, 30]. Nous avons montré auparavant comment<br />

les anges recueillent l’âme du croyant et celle de l’incrédule, (voir le<br />

verset n 27 de la sourate d’Abraham).<br />

hal yanzurûna ’iltëf ’an ta’tiyahumu-l-malâ’ikatu ’aw ya’tiya ’amru rabbika<br />

kadâlika fa‘ala-l-ladîna min qablihim wamâ zalamahumu-L-Lâhù walâkin<br />

kânïï ’anfusahum yazlimùna (33) fa’asâbahum sayyi’âtu mâ ‘amilû<br />

wa hâqa bihim m â kânû bihi yastahzi’ûna (34).<br />

Qu’attendent-ils pour se convertir? que des anges se présentent à eux<br />

ou que s’exécutent les ordres d’Allah! Ce fut l’attitude de leurs prédécesseurs,<br />

Ce n’est pas Allah qui leur a voulu du mal, ce sont eux qui se sont<br />

fait du mal à eux-mêmes. (33) Le mal qu’ils avaient fiait rejaillit sur eux et<br />

ils subirent le châtiment' qu’ils avaient tourné en dérision (34).<br />

Dieu menace les mécréants qui persévèrent dans leur incrédulité<br />

et dont le bas monde les trompe. Qu'attendent-ils pour croire que les<br />

anges viennent à eux pour les achever ou que l'ordre de Dieu survient<br />

pour subir le châtiment. «Ce fut l’attitude de leurs prédécesseurs» qui se<br />

sont comportés comme eux jusqu'au moment où ils ont goûté la rigueur<br />

de Dieu et l'atrocité de Son Supplice.<br />

Dieu ne les a pas lésés car II leur a envoyé des Prophètes pour<br />

leur tranmettre les enseignements et les révélations. Mais ils se sont<br />

fait «lu mal à ôuv môivteis en s’opposant aux Prophètes et en les \raitant<br />

d'imposteurs: «Le mal qu’ils avaient fait rejaillit sur eux». Au jour du<br />

jugement dernier «ils subiront le châtiment qu’ils avaient tourné en dési-<br />

693


sion» On leur dira aussi. «Voilà le supplice que vous traitiez de mensonge»<br />

[Coran LXXXIII, 17].<br />

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wa qâla-l-ladîna ’asrakû law s a ’a-L-Lâhu m â ‘abadnâ m in dunihî m in<br />

Say’in nahn u walâ ’îf bâ’unâ walâ harram nâ min dûnihî m in Say’in kad<br />

alika fa‘ala-l-ladîna min qablihim fahal ‘alâ-r-rusuli ’illa-l-balagu-l-mubînu<br />

(35) w alaqad b a ‘a tn â fî kulli ’um m ati-r-rasûlan ’ani-‘budû-L -L âha<br />

w a-j-tan ibû-d -dâgûta fam inhum m an hadâ-L -L âhu wa m inhum m an<br />

h aqqat ‘alayhi-t-talâlatu fasîrû fî-l-’ardi fa-nzurû kayfa kâna ‘âqibatu-1-<br />

m ukaddibîna (36) ’in tahris ‘alâ hudâhum fa’inna-L-Lâha lâ yahdî ma-yyudillu<br />

wamâ lahum min nâsirîna (37).<br />

Ceux qui associent d’autres divinités à Allah disent: «Si Allah l’avait<br />

voulu, nous n’aurions adoré que Lui, nous et nos pères, et nous n’aurions<br />

prononcé d’autres interdictions que les siennes» C’est ainsi qu’ont agi ceux<br />

qui les ont précédés. Les Prophètes ont-ils autre mission que celle d’avertir?<br />

(35). Nous avons envoyé des Prophètes à chaque peuple. «Adorez Allah<br />

et évitez Taghout» était leur mot d’ordre. Certains de ces peuples ont suivi<br />

la bonne voie, d’autres, ont précipité leuT perte. Parcourez le monde et<br />

considérez quelle a été la fin de ceux qui ont méconnu les Prophètes (36)<br />

Tu t’efforces de les mettre dans la bonne voie? Mais sache que nul ne saurait<br />

guider ceux qu’Allah a voués à l’erreur. Ceux-là ne trouveront aucune<br />

assistance (37).<br />

1-0» iaoiwrss = excuacn, „1 pr6»e m m , .1«,» argumente de C& que<br />

Dieu leur a destiné: Si Dieu avait voulu, nous n’aurions rien adoré en<br />

dehors de Lui ni Lui associé d’autres divinités, nous et nos pèresl nous<br />

694


n’aurions rien interdit en dehors de ses prescriptions comme les animaux<br />

du troupeau appelés: Bahira, Saïba, Ouassila et Ham ou autres<br />

de nous-mêmes à qui Dieu n’a donné aucun pouvoir. On peut déduire<br />

de leurs propos que si Dieu répugnait ce que nous faisions, Il nous aurait<br />

interdit en nous infligeant une punition et en nous forçant à ne plus<br />

persévérer dans notre incrédulité. Dieu refute leurs arguments et leur<br />

répond: «Les Prophètes ont-ils une autre mission que celle d’avertir?»».<br />

Ce n’est pas comme vous le prétendez et qu’il n’a pas désavoué<br />

votre agissement, plutôt II vous l’a interdit formellement en envoyant à<br />

chaque peuple des Prophètes au fil des jours et des générations. Il n’a<br />

cessé d’avertir les hommes du jour où les fils d’Adam ont reconnu<br />

d'autres égaux à Lui du temps de Noé qui fut le premier Prophète envoyé<br />

aux habitants de la terre, jusqu’à Mouhammad - qu’Allah le bénisse<br />

et le salue - qui fut leur dernier dont le message est aderssé à<br />

tous les peuples tant à l’est qu'à l'ouest. Leur mission était d’avertir et<br />

dire aux hommes: «Adorez Allah et évitez Taghout».<br />

Après tout comment peut-on admettre l'excuse des idolâtres qui<br />

prétendent dire: «Si Allah l’avait voulu, nous n’aurions adoré que Lui» Le<br />

vouloir de Dieu «légal», selon leur présomption, est refuté car les Prophètes<br />

les ont avertis. Quant à son vouloir «créatif» qui consiste à les<br />

laisser adorer ces divinités en dehors de Lui, est aussi refuté car Dieu<br />

le Très Haut a créé l’enfer auquel a destiné les démons et les incrédules.<br />

Quant à Lui, l’ingratitude de Ses serviteurs lui déplait, étant donné<br />

que l'argument décisif et la sagesse convaincante Lui appartiennent.<br />

D’autre part, Il a désavoué l'agissement des impies en les menaçant<br />

par la bouche de Ses Prophètes, et c’est pour cela II leur dit:<br />

«Parcourez le monde et considérez quelle a été la fin de ceux qui ont méconnu<br />

les Prophètes». Qu’ils interrogent sur la fin triste des autres peuples<br />

mécréants qui les ont précédés «Allah les a exterminés et réserve<br />

un pareil sort aux infidèles» [Coran XLVII, 10]. Il a dit aussi: «Avant eux,<br />

d’autres peuples ont repoussé Mes messages. Quelle a été ma répression»<br />

[Coran LXVII, 18].<br />

Puis Dieu montre à Son Prophète - qu’Allah le bénisse et le sa-<br />

Ilia - que efforts pour diriger ces idolâtres sont vains s’il 3V3Ît voulu<br />

les égarer comme II a dit: «Tu ne pourras rien pour ceux qui Allah veut<br />

695


perdre» [Coran V, 41] ou lorsque Noé a dit à son peuple: «Malgré toute<br />

ma bonne volonté, mes conseils ne vous serviront à rien s’il est dans les desseins<br />

d’Allah de vous perdre» [Coran XI, 34],<br />

Diriger et égarer dépendent de la voloné de Dieu qui ne guide pas<br />

ceux qui s'égarent. «Ceux-là ne trouveront aucune assistance».<br />

wa ’aqsamû bi-L-Lâhi jahda ’aymânihim Lâ yab‘atu-L-Lâhu ma-y-yamûtu<br />

b a lâ w a ‘d a n ‘a la y h i h a q q a n w a lâ k in n a ’a k t a r a - n - n â s i lâ<br />

ya'lamûna (38) liyubayyina lahumu-l-ladî yahtalifûna fîhi wa liya‘lama-1-<br />

ladîna kafarû ’annahum kânû kâdibîna (39) ’innamâ qawlunâ lisay’in ’id<br />

a ’aradnâhu ’an naqûla lahû kun fayakûnu (40).<br />

Ils affirment par les serments les plus solennels qu’Allah ne ressuscitera<br />

les morts. Erreur. Allah a promis le contraire. Mais la plupart des hommes<br />

l’ignorent (38). Il leur dira alors la vérité sur les questions qui les<br />

avaient divisés sur terre. Et les infidèles se rendront compte à ce moment<br />

qu’ils étaient dans l’erreur (39) Quand nous voulons une chose, nous disons:<br />

«Que cette chose soit» et elle est (40).<br />

Les impies ont juré par Dieu en prononçant les serments les plus<br />

solennels que Dieu ne resssuscitera pas les morts! Mais II leur répond<br />

en affirmant «Bien au contraire, mais qu’attendons-nous des gens ignorants?»<br />

«Car à cause de leur incrédulité ils tombent dans l'ignorance<br />

et l’erreur en traitant les avertissements et les enseigments de mensonge.<br />

Dieu rassemblera les hommes pour le jugement dernier afin de<br />

trancher le sujet de leur dissension et de leur prouver qu’ils étaient des<br />


ser. Il lui dit: «Soit» et elle est. La résurrectoin se fera promptement en<br />

un seul mot car Dieu a dit à ce propos: «Notre ordre tient en un seul<br />

mot aussi prompt qu’un clignement d’œil» [Coran LIV, 50] et aussi: «Vous<br />

créer et vous ressusciter, c’est pour Lui comme créer et ressusciter une<br />

seule âme» [Coran XXXI, 28] Donc il suffit que Dieu ordonne et tout sera<br />

réalisé et rien ne pourrait repousser ou empêcher Son ordre, car II<br />

est l’Unique, le Dominateur Suprême et le Tout-Puissant.<br />

wa-l-ladîna hâjarû fl-L-Lâhi mim ba‘di-mâ zulimû lanubawwi’annahum<br />

fî-d -d u n y a h a s a n a ta n wa la ’ajru-1- ’â 'h ir a ti ’a k b a ru law k â n û<br />

ya‘lamûna (41) ’al-ladîna sabarû wa ‘alâ rabbihim yatawakkalûna (42).<br />

Ceux qiii se sont exilés à cause de leur foi, après avoir été persécutés,<br />

Allah leur facilitera ailleurs une installation convenable. Leur récompense<br />

dans l’autre monde sera encore plus belle. Mais le savent-ils? (41) Ce sont<br />

les mêmes qui sont résignés et qui mettent leur confiance en Allah (42).<br />

Dieu promet à ceux qui ont été forcés à quitter leur pays -La<br />

Mecque- à la recherche de Sa satisfaction en laissant derrière eux<br />

biens et familles, la meilleure des récompenses dans les deux mondes.<br />

Quant à «l’installation convenable» elle est la Médine d’après Ibn<br />

Abbas, ou les biens licites selon Mojahed. Aucune contradiction ne<br />

s’avère entre les deux opinions car les Mouhagériens avaient reçu de<br />

la part de leur Seigneur une cité hospitalière et tant de bienfaits bons<br />

et licites en compensation de ce qu’ils avaient délaissé à La Mecque. Il<br />

a fait d’eux des commandants et des imams et furent par la suite des<br />

modèles-d’hommes vertueux à être imités. Leur récompense dans la<br />

vie future sera encore plus belle.<br />

Si ceux qui sont restés en arrière et ont refusé d’émigrer savaient<br />

ce que Dieu avait réservé aux Mouhagériens, personne n’aurait<br />

manqué l’émigration. A ce propos, lorsque Omar donnait au Mohagérien<br />

sa part du butin ou d’autre il lui disait: «Prends ceci que Dieu te le<br />

697


énisse, c'est que Dieu t’a promis dans ce monde et ce qu'il t’a réservé<br />

dans l’autre est encore meilleur».<br />

Ils sont ceux que Dieu a décrits dans le verset en disant qu’ils<br />

sont ceux qui furent constants en supportant à La Mecque les méfaits<br />

des idolâtres et confièrent leur sort à Dieu qui leur a assuré la bonne<br />

fin dans les deux mondes.<br />

wama ’arsalnâ min qablika ’illâ rijâlan nûhT ’ilayhim fas’alû ’ahla-d-d<br />

ikri ’in kuntum lâ ta ‘lam ûna (43) bi-l-bayÿinâti wa-z-zuburi wa ’a n zaln ï<br />

’ilayk a-d -dikra litubayyina li-n-nâsi m â nuzzila ’ilayhim wa la'allahum<br />

yatafakkarûna (44).<br />

Nous n’avons envoyé avant toi que des hommes à qui nous avons<br />

confié nos révélations. Interrogez les gens d’Ecriture sur ce point si vous ne<br />

connaissez, (43) pas les livres saints. Nous t’envoyons ce Livre pour que tu<br />

expliques aux hommes ce qui leur a été révélé. Peut-être réflélicherontils?<br />

(44).<br />

Ibn Abbas a commenté: Lorsque Dieu envoya Mouhammad -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue - comme un Prophète, les arabes ou<br />

une partie d’eux le renièrent et dirent: «Dieu est plus grand qu’il envoie<br />

un mortel» Dieu fit descendre alors ce verset: «Qu’y a -t-il d’étonnant à<br />

ce que nous avons donné mission à l’un d’entre vous d’avertir ses semblables?»<br />

[Coran X, 2]. Puis II l’affirme par cet autre en confirmation du<br />

message: «Nous n’avons envoyé avant toi des hommes à qui nous avons<br />

confié nos révélations».<br />

Interrogez les gens du Livre, les Prophètes étaient-ils des anges<br />

ou des mortels? S ’ils étaient des anges, vous auriez droit à renier,<br />

mais s’ils étaient des hommes vous ne devriez plus renier Mouham-<br />

• le èt 1«. fi&lue En «4*autre terme les PropKètee<br />

envoyés avant lui n'étaient que des mortels comme on le trouve dans<br />

698


les autres Ecritures et Dieu l’indique dans ce verset: «Réponds-leur: Béni<br />

soit mon Seigneur! Suis-je autre chose qu’un homme envoyé par Allah?»<br />

[Coran XVII, 93] et dans celui-ci: «Dis: Je ne suis qu’un mortel comme<br />

vous, à qui 0 a été révélé» [Coran XVIII, 110].<br />

Tous les Prophètes envoyés étalent appuyés par les Ecritures qui<br />

contenaient les enseignements, et qui étaient également comme preuves<br />

de la mission, dont le dernier fut le Coran: «Pour que tu expliques<br />

aux hommes ce qui leur a été révélé» et tu leur exposes clairement ce<br />

que Dieu a fait descendre vers eux. Peut-être réfléchiront-ils pour se<br />

diriger et assurer leur salut.<br />

’afa’amina-l-ladîna makarû-s-sayyi’âti ’ay-yahsifa-L-Lâhu bihimu-l-’arda<br />

’aw ya’tiyahumu-l-‘adâbu min haytu lâ yas‘urûna (45) ’aw ya’hudahum<br />

fï ta q a llu b ih im fam â hum b im u 'jizîn a (46) ’aw y a ’h u d a h u m ‘alâ<br />

tahawwufm fa’inna rabbakum laRa’ûfu-r-Rahîmun (47).<br />

Ceux qui recourent à des procédés malhonnêtes ne craignent-ils pas<br />

qu’Allah ne dérobe la terre sous leurs pieds ou qu’une calamité inattendue<br />

ne les frappe (45) ou ne les atteigne dans leurs biens, sans qu’ils puissent se<br />

défendre, (46) Ou ne les surprenne malgré leur vigilance. Certes, votre Seigneur<br />

est toute indulgence et toute générosité (49).<br />

Dieu fait connaître aux hommes qu’il est clément et accorde un répit<br />

aux rebelles qui font le mal et trompent les autres en les appelant à<br />

les imiter, alors qu’il est capable de les faire engloutir par la terre ou<br />

de leur infliger un supplice d'où ils n'attendaient pas et à l’improviste:<br />

«Ne craignez-vous pas que le maître des cieux n’entrouvre la terre sous vos<br />

pas? Elle oscillerait alors» [Coran LXVII, 16], ou bien «qu’une calamité ne<br />

les frappe» dans leur subsistance ou dans leur voyage pour acquérir<br />

les biens ou autre.<br />

«Ou ne les surprenne malgré leur vigilance» C’est à dire qu’il ne les<br />

e n p ie m effroi et d a n s ce cas ça serait plus dur pour eux car<br />

699


Ils l'attendaient! Mais Dieu est bon envers Ses sujets et indulgent et ne<br />

leur hâte pas Son châtiment avant qu’ils ne s’amendent et reviennent à<br />

Lui s’ils veulent se repentir. A cet égard, il est cité dans les deux Sahihs<br />

que l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: «Nul<br />

être n ’est plus patient que Dieu en entendant ce qui Lui nuit soit en Lui attribuant<br />

un enfant, et malgré cela, Il leur pardonne et accorde les biens»<br />

(Rapporté par Boukhari et Mouslim)111.<br />

’awa lam yaraw ’ilâ mâ halaqa-L-Lâhu min say’in yatafayya’u zilâluhû<br />

‘an-i-L-yamîni wa-s-samîf ’iü sujjada-l-Ii-L-Lâhi wa hum dâhirûna (48) wali-L-Lâhi<br />

yasjudu m â fî-s-samâwâti wamâ fî-l-’ardi min da bbatin wa-1-<br />

m a la ’ikatu wahum lâ yastakbirûna (49) yahâfûna rabbahum min fawqihim<br />

wa y af alûna mâ yu’m arûna (50).<br />

Ne voient-ils pas que toute la création projette son ombre dans tous les<br />

sens, tantôt à droite tantôt à gauche, en signe d’adoration et d’humilité?»<br />

(48) Tout ce qui vit dans les deux et sur la terre, les anges aussi, se<br />

prosternent humblement devant Allah (49) Tous redoutent leur Seigneur<br />

tout-puissant et exécutent ses ordres (50)».<br />

Toutes les créatures dans les cieux et sur la terre, même les animaux<br />

et les objets inanimés, les hommes et les djinns, sont tous soumis<br />

à Dieu. Les ombres de toutes choses que Dieu a créées<br />

s’allongent à droite et à gauche, ou suivant une autre interprétation de<br />

l’orient à l’occident, en se prosternant devant Lui matin et soir. Et Moujahed<br />

de commenter: Lorsque le soleil disparait -la nuit- tout se pro­<br />

(1) -î Ni o —j<br />

700


sterne devant Dieu à Lui la puissance et la gloire. Comme il a dit aussi:<br />

L’ombre de toute chose est sa prosternation; les ondes de la mer<br />

sont ses prières, si Dieu voulait que tout cela soit comme des êtres<br />

animés raisonnables, ils se seraient prosternés de la sorte. Il a dit<br />

dans un autre verset: «Tout ce qui palpite dans les cieux et la terre glorifie<br />

Allah de gré ou de force. Jusqu’à leurs ombres qui s’inclinent matin et<br />

soir» [Coran XIII, 15]. Même les anges dans les cieux se prosternent<br />

devant Dieu sans s’enorgueillir, plutôt ils redoutent Celui qui se trouve<br />

au-dessus d’eux, exécutent Ses ordres et persévèrent dans leur soumission<br />

à Lui.<br />

w aq âla-L -L âhu lâ ta tta h id ïï ’ilâhayni-t-n ay ni ’innm a huw a ’ilâhum<br />

w âhidun fa’iyyâya fa-r-habûni (51) w alahû m âfî-s-sam âw âti w a-l-’ardi<br />

w alahu-d-dînu w âsiban ’afagayra-L -Lâhi tattaq û n a (52) w am â bikum<br />

m in ni'm atin fam ina-L-Lâhi tum m a’id â m assakum u-d-durru fa ’ilayhi<br />

taj’arûna (53) tum m a ’id â kasafa-d-durra ‘ankum ’id â farîqum minkum<br />

bi rabbihim yusrikûna (54) liyakfurû bima ’a taynâhum fatam atta‘û fasawfa<br />

ta ‘lam ûna (55).<br />

Allah a décrété: «N’adorez pas deux divinités. Il n’y a qu’un Allah. Et<br />

c’est Lui qu’on doit craindre» (51) Il est le maître des cieux et de la terre.<br />

Un culte absolu Lui est dû. Comment pouvez-vous craindre d’autres divinités<br />

que Lui (52) C’est à Lui que vous devez tout ce qui vous arrive d’heureux.<br />

Un malheur vous frappe-t-il? C’est Lui que vous implorez (53) Vous<br />

délivre-t-Il du mal? nombreux sont ceux qui Lui reconnaissent des associées.<br />

(54) Niez les bienfaits qu’Allah vous a accordés. Jouissez. Vos yeux.<br />

»«• dessilleront un jour (55).<br />

701


Les hommes doivent adorer le Dieu seul car aucune autre divinité<br />

n’existe en dehors de Lui. Il est le Maître de l'univers et de ce que les<br />

cieux et la terre contiennent. Tout est tenu de Lui rendre un culte pur<br />

et Lui être reconnaissant pour les bienfaits qu’il accorde. Comme il est<br />

l’Utile, Il est aussi le Pernicieux. C ’est vers Lui que les hommes doivent<br />

s’adresser en Implorant Son secours et Le priant avec ferveur.<br />

Par exemple «Si un péril sur mer vous menace, c’est en vain que vous invoquez<br />

d’autres divinités qu’Allah» [Coran XVII, 67]. Mais lorsqu'il vous a<br />

sauvés du danger vous vous détournez. L'homme n'est qu’un ingrat.<br />

«Vous délivre-t-Il du mal? nombreux sont ceux qui Lui reconnaissent des<br />

associés» Jouissez donc, pour un temps, des biens éphémères de ce<br />

bas monde, bientôt vous saurez le sort qui vous est réservé et le supplice<br />

qu’il vous attend pour prix de votre ingratitude et impiété.<br />

wa yaj‘alûna limâ lâ ya‘lam ûna nasîbam mimmâ razaqnâhum ta-L-Lâhi<br />

latus’alunna ‘am m a kuntum taftarûna (56) wa yaja'alûna li-L-Lâhi-l-banâti<br />

subhânahû walahum m â yastahûna (57) wa ’id â busîira ’ahaduhum<br />

bi-l-’u n tâ zalla w ajhuhû m usw addan wa huw a kazîm un (58) yataw ârâ<br />

mina-l-qawmi min su ’i m â bussira bihT ’ayumsikuhû ‘alâ hawnin ’am yadussuhû<br />

fî-t-turâbi ’alâ s a ’a mâ yahkum ûna (59) li-l-ladîna lâ yu’minûna<br />

bi-l-’ah irati m atalu-s-sû’i wa li-L-Lâhi-l-matalu-l-’a‘lâ wahuwa-l-‘Azîzu-l-<br />

Hakîm u (60).<br />

lia >É uniuit nno partie des biens aue nous leur accordons à des divinités<br />

qu 'ils ign orent. F a r A lla h , vous aurez à rendre compte de ces inventions.<br />

(56) Ils attribuent des filles à Allah. Qu’Il soit exalté. Et ils<br />

702


s’attribuent à eux le sexe qu’ils préfèrent (57) Annonce-t-on à quelqu’un la<br />

naissance d’une fille? son visage s’assombrit et il suffoque de colère (58) Il<br />

se cache des siens, dès qu’il apprend la mauvaise nouvelle. Doit-il garder<br />

l’enfant et boire sa honte ou doit-il l’ensevelir sous terre? Quels grossiers<br />

préjugés (59) Ceux qui ne croient pas à la vie future, il n’y a rien d’assez<br />

vil à quoi ils ne puissent être comparés. Allah, au contraire, n’est jamais<br />

comparé à quelque chose d’assez sublime. Il est toute puissance et toute sagesse<br />

(60).<br />

Dieu parle des actes abominables des idolâtres adorant avec Lui<br />

d’autres divinités telles que les statues, les pierres dressées et les idoles<br />

sans aucune connaissance, en réservant à celles-ci une part des<br />

biens qu'il leur a accordés en disant: «Ceci est à Allah, mais sans conviction<br />

et ceci est à nos idoles» [Coran VI, 136], Dieu jure par Sa Majesté<br />

qu'il les interrogera sur ce qu'ils ont inventé et leur demandera compte<br />

pour les rétribuer de leur incrédulité et les précipitera en enfer.<br />

Il raconte aussi qu'ils considèrent les anges, serviteurs du Miséricordieux<br />

comme des femelles et les Lui attribuent comme étant Ses<br />

propres filles et les ont adorées avec Lui, «et ils s’attribuent à eux le<br />

sexe qu’ils préfèrent» alors qu'ils ne l'agréent pas pour eux-mêmes. Il<br />

leur dit: «Ainsi vous auriez des fils et Allah des filles?. Injuste répartition<br />

que celle-ci» [Coran LIN, 21-22] Pour montrer leur imposture II dit: «Effectivement,<br />

cédant à leur goût du mensonge, ils disent: «Allah a des enfants».<br />

Ils mentent. Allah préfèrerait-ü les filles aux fils? Qu’est-ce qui<br />

vous incite à porter un tel jugement?» [Coran XXXVII, 151 - 154],<br />

Ils préfèrent pour eux-mêmes les mâles et dédaignent les filles<br />

qu’ils attribuent à Dieu, gloire à Lui! Il est élevé à une grande hauteur<br />

au-dessus de ce qu'ils disent.<br />

'<br />

Puis Dieu parle du comportement de l’un d'entre eux quand une<br />

fille lui nait: «Annonce-t-on à quelqu’un la naissance d’une fille? son visage<br />

s’assombrit» c’est comme elle lui cause un grand chagrin «et il suffoque<br />

de colère» et se tait sous l'effet de sa mélancolie. «Il se cache des siens»<br />

en répugnant que les hommes le trouvent en cet état, «dès qu’il apprend<br />

la mauvaise nouvelle» que doit-il faire: «Doit-il garder l’enfant et<br />

koîfA q» Hanta nu dnît il IVnçjpvclip sous toFic?v\ S ’il la Qardô vivante, elle<br />

n’héritera pas de lui, il la négligera sans prendre soin d’elle et il préfè-<br />

703


era certainement à elle ses fils. A savoir qu’au temps de l’ignorance -<br />

Jahilia- ils enterraient les filles vivantes.<br />

Donc comment osent-ils attribuer à Dieu ce qu’ils répugnent à garder<br />

«Quels grossiers préjugés». Il est vraiment détestable ce qu’ils jugent,<br />

partagent et attribuent. Ce verset est pareil aux dires de Dieu:<br />

«Pourtant, quand on annonce à l’un d’eux la naissance d’une fille (du sexe<br />

qu’il attribue à Allah) son visage s’assombrit et son cœur suffoque» [Coran<br />

XLIII, 17].<br />

A ceux qui ne croient pas à la vie future après la mort s’applique<br />

l’exemple du mal, tandis que les comparaisons les plus élevées s’appliquent<br />

à Dieu qui est (’Etre le plus parfait, H est certes le Puissant et le<br />

Sage.<br />

w alaw yu’âh id u -L -L âh u -n -n âsa bi-zulm ihim m â ta ra k a ‘alayhâ m in<br />

d ï bbatin walâkin yu’ahhiruhum ’ilï ’ajalim musam man fa’id â j a ’a ’ajaluhum<br />

lâ yasta’hirûna sif'atan walâ yastaqdim ûna (61) wa yaj‘alûna li-L-<br />

Lâhi m â yakrahûna wa tasifu ’alsinatuhum u-l-kadiba ’anna lahumu-1-<br />

husnâ lâ jaram a ’anna lahumu-n-nâra wa ’annahum m ufratûna (62).<br />

Si Allah voulait réprimer toutes les fautes, il ne resterait plus un seul<br />

être humain sur terre. Mais II ajourné ses poursuites jusqu’au terme fixé.<br />

Lorsque celui-ci arrivera, personne ne pourra l’avancer ni la retarder d’une<br />

heure (61) Ils imputent à Allah ce qu’ils méprisent. Ils mentent quand ils se<br />

disent dignes de récompense. Au contraire, Us finiront dans le feu. Ce sont<br />

des insolents (62).<br />

Dieu le Clément montre toujours Sa mansuétude à l’égard de Ses<br />

serviteurs malgré leur injustice. S ’il voulait s’en prendre aux hommes à<br />

cause da oéohéc au’ils commettent. Il aurait anéanti toutes les bêtes de<br />

la terre et avec elles les fils d ’A d a m . Mais le S eign eur que S a Majesté<br />

704


soit vénérée, fiait preuve de Sa clémence et Son indulgence en leur accordant<br />

un répit jusqu’au terme fixé pour chacun sans hâter Sa punition,<br />

peut-être s'amenderaient-ilsl.<br />

Abou Ad-Darda rapporte à ce propos que l’Envoyé de Dieu - qu'AIlah<br />

le bénisse et le salue - a dit: « Dieu ne retardera aucune chose une<br />

fo is son terme échu. La longévité qu'il accorde à Son serviteur consiste à<br />

lui accorder une bonne postérité qui lui invoquera Dieu après sa mort, et<br />

leur invocation lui parviendra même dans sa tombe. Telle est la longévité»<br />

(Rapporté par Ibn A bi H atem ),J/.<br />

«Ils imputent à Allah ce qu’ils méprisent» en lui attribuant les filles<br />

d’une part, et d’autre part des associés qui sont ses serviteurs alors<br />

que l’un d'entre eux méprit qu'un autre lui soit un associé dans ses<br />

biens.<br />

«Ils mentent quand ils se disent dignes de récompense» Dieu désavoue<br />

ce que-leurs langues profèrent comme monsonges après tout<br />

cela. Dieu montre le comportement de l’un d'eux en disant: «Si nous le<br />

faisons bénéficier de notre grâce après un malheur, il dit: «Cela m’est dû.<br />

Je ne crois pas que l’heure vienne. Et à supposer que je retourne à mon Seigneur,<br />

je trouverais auprès de Lui la félicité la plus entière» [Coran XLI,<br />

50]. Il a dit aussi: «Tu n’es pas sans avoir rencontré ces gens qui, ayant<br />

nié nos signes, disent: «J’aurai malgré tout richesses et enfants» [Coran<br />

XIX, 77], Comment l’un d'eux espère-t-il recevoir la récompense au<br />

moment où il ne commet que des actes d’incrédulité et de mauvaises<br />

actions?.<br />

Dieu répond à ces gens-là: «Au contraire, ils finiront dans le feu»<br />

au jour du jugement dernier en les y poussant durement et seront les<br />

premiers à y pénétrer.<br />

'<br />

(1) ôjLj UJJj j V


ta-L-Lâhi laqad ’arsalnif ’ila ’umamim min qablika fazayyana lahumu-s-<br />

.saytânu ’a'm âlahum fahuwa waliyyuhumu-l-yawma wa lahum ‘ad âb un<br />

’alîm un (63) wamîf ’anzalnâ ‘alayka-l-kitâba ’illâ litubayyina lahumu-1-<br />

ladî-htalafû fîhi wa hudan wa rahmata-l-liqawmi-y-yu’m inûna (64) wa-L-<br />

Lâhu ’anzala mina-s-samîf ’i m ï ’an fa’ahyâ bihi-l-’ard a b a‘da mawtihà*<br />

’inna fî dâlika la ’a yata-l-liqawmi-y-yasma‘ûna (65).<br />

Par Allah, nous avons envoyé des Prophètes à d’autres peuples avant<br />

toi. Mais ces peuples se sont laissés séduire par Satan, qui est devenu leur<br />

patron. Un châtiment douloureux les attend (63) Nous t’avons envoyé le Livre<br />

pour que tu leur expliques ce qui les divise. Il est en même temps une<br />

direction et une bénédiction pour ceux qui croient (64) Allah fait descendre<br />

du ciel l’eau avec laquelle il vivifie les terres mortes. C’est là un signe pour<br />

ceux qui prêtent attention (65).<br />

Avant toi ô Mouhamed, Dieu a envoyé des Prophètes aux autres<br />

communautés qui les ont traités de menteurs. Tu as dans ces Prophètes<br />

un exemple, peu t’importe leur reniement. Quant aux incrédules qui<br />

n’ont pas cru, le démon a embelli à leurs yeux leurs propres actions. Il<br />

est aujourd’hui leur patron qui ne pourrait ni les aider ni leur procurer<br />

un moyen de salut, bien au contraire, ils subiront un châtiment terrible.<br />

Puis Dieu dit à Son Prophète qu’il lui a révélé le Coran pour expliquer<br />

aux hommes les motifs de leurs dissensions. Ce Coran tranche<br />

tous leurs différends, il est en même temps une guidée pour les cœurs<br />

et une miséricorde à ceux qui se conforment à ses prescriptions et<br />

s’attachent à ses ensignements, à ceux qui croient. Comme ce Livre<br />

redonne la vie aux cœurs morts à cause de l'impiété, ainsi Dieu fait vivifier<br />

les terres mortes. Il y a vraiment là un signe pour ceux qui prêtent<br />

attention.


u --»- “ ¿ y 1 ^ = = ^ Ai^, o j j^ I j i^ix -V 'j<br />

¿fjj ( E p C!S>1ÎÜ<br />

/^*^l S > -S ' \ /S'S. / / i .<br />

(E S ) ü_jii»J i j V liü’j ( j 6^<br />

w a ’inna lakum fî-l-’an ‘âm i la ‘ib ra ta n nusqîkum m im m â fî b u tû n ih i<br />

mim bayni fartin wa dam i-I-labanan halisan sa ’iga-l-lisSâribîna (66) wa<br />

min tam arâti-n-nahili wa-l-’a‘nâbi tattahidûna m inhu sakaran wa rizqan<br />

hasanan ’inna fî dâlika la *a yatal-liqawmi-y-ya‘qilûna (67).<br />

Les animaux aussi s’offrent à vos méditations. Dans leurs entrailles<br />

s’élaborent les excréments, le sang et le lait, cette boisson exquise, que<br />

nous vous faisons boire (66) Des fruits du palmier et de la vigne vous tirez<br />

une boissoin et une nourriture délicieuse. Cela n’est-il pas un indice pour<br />

qui r’éfléchit?» (67).<br />

Les animaux du troupeau qui sont les chameaux, les vaches et les<br />

moutons s’offrent aux méditations des hommes pour en tirer un enseignement<br />

et une preuve de la grandeur, de la sagesse et du pouvoir du<br />

créateur. Les hommes peuvent obtenir des ventres de ces animaux le<br />

lait qui est une boisson exquise parmi l’excrément et le sang: une fois<br />

l’aliment digéré plusieurs matières se produisent: le sang passe dans<br />

les veines, le lait aux pis, l’urine aux vessies et l’excrément aux derrières.<br />

Chacune de ces matières ne saurait altérer l’autre n’y se mélange<br />

une fois séparée.<br />

A côté du lait, Il mentionne aussi une autre boisson enivrante tirée<br />

des fruits du palmier et de la vigne que les gens fabriquaient avant l’interdiction<br />

des boissons alcooliques. Ibn Abbas de commenter: «D e ces<br />

deux fruits, le palmier et la vigne, la boisson enivrante est illicite, mais<br />

en tant que nourritures, ils sont licites».<br />

«Cela n’est-il pas un indice pour qui réfléchit?» On ne peut réfléchir<br />

si on n’est pas lucide et on a l’esprit saint. Pour cela Dieu a interdit à<br />

cette communauté toute boisson enivrante pour garder leur raison<br />

saine. Dieu indique aux hommes comment profiter de ces fruits en disant:<br />

«Nous les avons recouvertes de dattiers et de vignes et nous y avons<br />

fait surgir des sources, pour que les hommes mangent leurs fruits. Ce n’est<br />

pas leur œuvres. C onsentiront-ils à reco n naître nos b ienfaits?» ÏC o ran<br />

XXXVI, 34 - 35].<br />

707


wa ’aw hâ rabbuka ’ilâ-n-nahli ’an-i-ttahdî mina-1-jibâli buyûtan wa mina-s-sajari<br />

wa mimmâ ya‘risûna (68) tum m a kulî min k ulli-t-tam arâti<br />

fa slu k î su b u la ra b b ik i d u lu la n y a h ru ju m im b u tû n ih â sa râ b u m<br />

muhtalifun ’alwânuhû fihi sifâ’ul-li-n-nâsi ’inna fi dalika la ’X yta-l-liqawmi-y-yatafakkarûna<br />

(69).<br />

Ton Seigneur a suggéré ceci à l’abeille: Installe ta demeure dans les<br />

montagnes, les arbres et les treilles (68) pourris-toi de toutes les fleurs.<br />

Voltige en tout sens. Le corps des abeilles secrète une liqueur de nuance variée,<br />

qui sert de remède aux hommes. Leur vie n’est-elle pas un signe pour<br />

qui réfléchit?»(69).<br />

Dieu suggère à l’abeille de prendre une maison dans les montagnes,<br />

les arbres et les ruches; de se nourrir, avec sa permission, de<br />

toutes les fleurs et les fruits, d’emprunter différents chemins qui lui<br />

sont faciles là où elle veut dans ce vaste atmosphère, ces plaines, ces<br />

prairies, et ces hautes montagnes. L'abeille retourne ensuite à la ruche<br />

où elle a laissé miel et petits. A l’aide de ses ailes elle produit la cire et<br />

secrète le miel de sa bouche. Et cela se répète chaque jour.<br />

«Le corps des abeilles secrète une liqueur de nuance variée» qui est le<br />

miel présenté sous trois couleurs principales: le blanc, le jaune et le<br />

rouge, ces couleurs qui dépendent des fruits et fleurs qu'elles butinent.<br />

«Qui sert de remède aux hommes» pour guérir de tant de maladies. A ce<br />

propos Abou Sa'id Al-Khoudri rapporte qu’un homme vint trouver l’Envoyé<br />

de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - et lui dit: «Mon frère se<br />

plaint d'une diarrhée» Il lui répondit: «Donne-lui une gorgée de miel»<br />

L’homme s’exécuta. Il revint une deuxième fois et dit: « Ô Envoyé de<br />

Dieu, je lui ai donné du miel mais sa maladie s'aggrave. Il lui ordonna:<br />

« jzftinna-ivii une gorgée de miei» L 'h o m m e s'exécuta de n o uveau, m ais<br />

retourna chez l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - lui<br />

708


dire: «L e miel n'a fait qu’aggraver sa diarrhée» Il lui prescrivit de nouveau:<br />

«Dieu a dit vrai et le ventre de ton frère a menti. Va lui donner une<br />

potion de miel» L ’hom m e donna du miel à son frère qui fut gu é ri»<br />

(Rapporté par Boukhari et Mouslim)111.<br />

Certains docteurs ont commenté ce fait de la façon suivante: Cet<br />

homme qui se plaignit de la diarrhée avait dans le ventre un excédent<br />

de la nourriture. A la première gorgée du miel qui est chaud, il s’est décomposé<br />

et augmenta la diarrhée. Le frère crut que cela est dû à l’effet<br />

du m iel. Mais en lui donnant du miel pour la troisièm e et la<br />

quatrième fois, l’excédent dut sortir avec tout ce qui nuisait au ventre<br />

de son frère, et plus tard le ventre eut une sorte de constipation qui le<br />

rendit sain et il fut guéri grâce à la prescription du Prophète - qu’Allah<br />

le bénisse et le salue -.<br />

Ibn Abbas rapporte que l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et<br />

le salue - a dit: «La guérison se fait par trois moyens: une saignée, une potion<br />

de miel etjune cautérisation. Mais j ’interdis à ma communauté de se<br />

cautériser» (Rapporté par Boukhari)171.<br />

Ibn Mass’oud rapporte que PEnvoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse<br />

et le salue - a dit: «Recourez à ces deux moyens de guérison: Le miel et le<br />

Coran» ( Rapporté par Ibn M aja)131 (Sous-entendant: Le miel guérit le<br />

corps et le Coran guérit l’âme).<br />

O n a rapporté que Ali Ben Abi Taleb a dit: «Lorsque l’un d'entre<br />

vous cherche une guérison qu’il écrive un verset du Livre de Dieu sur<br />

un plat qu’il le lave avec l’eau de la pluie, puis qu’il dem ande à sa<br />

(1) JLÜ 4Î)I U tJULf<br />

,jj— tijUÜI vrjsiiflfjj y.—p «U_i t_jbü . ty_c <br />

(2) ftlüjll


femme de lui donner un driham de bon cœ ur de son propre argent<br />

pour acheter du miel et le boire. Cela constitue une guérison en se référant<br />

aux dires de Dieu: «Ce Coran apporte soulagement et bénédiction<br />

aux fidèles» [Coran XVII, 82], et: «Nous faisons tomber du ciel une eau<br />

bienfaisante» [Coran L, 9] et: «S’il leur plaît de vous en abandonner une<br />

partie, profitez-en en toute tranquillité et le mieux possible» [Coran IV, 4],<br />

Il y a dans le faire de l’abeille qui est un insecte petit et faible un<br />

signe pour ceux qui y méditent. Car cet insecte est guidé par le Seigneur<br />

pour faire un parcours déterminé pour butiner sur les fleurs et<br />

transformer cette nourriture infinie en une boisson qui constitue une<br />

guérison. C ’est donc une preuve de Dieu le sage, l’Omnipotent, le Généreux<br />

et le Miséricordieux.<br />

wa-L-Lâhu halaqakum tumma yatawaffâkum wa minkum ma-y-yuraddu<br />

’ilâ ’ardali-l-‘umuri likay lâ ya'lama ba'da ‘ilinin say’an ’inna-L-Lâha<br />

‘Alîmun Qadîrun (70).<br />

Allah donne et reprend la vie. H lui arrive de faire atteindre à certains<br />

un tel âge qu’ils finissent par oublier tout ce qu’ils ont su. Allah est toute<br />

science et toute maîtrise (70).<br />

Com me Dieu a créé les hommes du néant, Il fait mourir certains<br />

et laisse d'autres vivre jusqu’à un âge avancé pour atteindre la décrépitude.<br />

A ce stade l’homme subira une faiblesse de force, un radotage,<br />

un manque de compréhension, de retenue et de science. Après avoir<br />

appris quelque chose, ¡1 l’oublie. A ce propos Anas Ben Malek rapporte<br />

que l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - invoquait souvent<br />

par ces mots: «Je me réfugié auprès de Toi contre l'avarice, la paresse,<br />

la décrépitude, le plus vil de l ’âge, le tourment de la tombe, la<br />

tentation de l ’A ntéchirst, de la vie et de la mort» (R apporté par<br />

Boukhari(I>'<br />

(1) J— OIS"


L* ¿ p iS}]/ l j i_>“?*? èip ^ y»"j (J-i* 4 Î'j<br />

Ü )-A « £ 4ül 4«. « '..^ *t-\_yjl J. ., ^ ."il i -.. I -<br />

wa-L-Lâhu faddala ba‘dakum ‘alâ ba‘din fî-r-rizqi famâ-l-ladîna fuddilû<br />

b irï ddî rizqihim ‘alâ mâ malakat ’aymânuhum fahum fîhi saWif ’un ’afabini‘mati-L-Lâhi<br />

yajhadûna (71).<br />

Allah accorde plus de richesses aux uns qu’aux autres. Les favorisés<br />

voudront-ils partager avec leurs esclaves et en faire leurs égaux? Associeront-ils,<br />

au contraire, d’autres bienfaiteurs à Allah? (71).<br />

A cause de leur incrédulité et leur ignorance, les idolâtres reconnaissaient<br />

des associés à Dieu et que ceux-ci sont aussi Ses esclaves.<br />

Pendant leur pèlerinage et lors de leur talbia, ils disaient: «N o us voici<br />

répondre à Ton appel, Tu n’as d’associés que celui dont Tu es son patron<br />

et de ce .qu’il possède».<br />

Dieu leur répond: «Puisque vous ne consentez pas que vos esclaves<br />

soient vos partemaires en ce que Dieu vous a accordé comme richesses,<br />

comment Dieu consent-ll que d ’autres soient Ses associés<br />

dans la déité et la vénération?».<br />

Ibn Abbas de commenter: Ils ne renversaient pas à leurs esclaves<br />

ce que Dieu leur a accordé de biens ou les laissaient cohabiter avec<br />

leurs femmes, comment les associeront-ils à Dieu? Voilà comment ils<br />

reniaient les bienfaits de Dieu».<br />

Al-Hassan Al-Basri rapporte qu’O m ar Ben Al-Khattab avait écrit à<br />

Abou Moussa Al-Ach‘ari: «Contente-toi de ce que Dieu t’a accordé, car<br />

le Miséricordieux a favorisé certains de Ses serviteurs et cela leur sera<br />

une épreuve pour connaître ceux qui Lui sont reconnaissants, qui s’acquittent<br />

des droits qu’il leur a imposés»<br />

o Ü j ¿7U; b t (£ 3 ¿ j J J X 4ÎÎ\j<br />

0 m ô f j s c Zè. /u> ¿ ¿ g J i Lurti D Ux\ Î l i i i i -r -<br />

ja * a ia îa k u m m in ’ a n f u s ik u m ’ a z w à ja n w a j a ‘ a la l a k u m m in<br />

711


’azw âjikum b a n în a wa h a fa d a ta n w a razaqakum m in a -t-ta y y ib â ti<br />

’afabilbâtili yu’m inûna wa bini‘m âti-L-Lâhi hum yakfurûna (72).<br />

Allah a tiré vos épouses de vous-mêmes. Il vous fait avoir des fils et<br />

des petits-fils par vos épouses. Il vous approvisionne en bons aliments. A c­<br />

quiesceront-ils à l’erreur pour méconnaître les bienfaits d’Allah? (72).<br />

Dieu rappelle à Ses serviteurs qu’il leur a créé des épouses tirées<br />

d ’e u x -m ê m e s (allusion à E ve qui fut créée d'une côte d ’A d a m ) de la<br />

m êm e espèce et de la m êm e nature. Si les fem m es étaient créées autrement<br />

il n’y aurait ni amitié entre les deux sexes ni miséricorde. Mais,<br />

de par S a clémence, Dieu a créé des fils d ’Adam des mâles et des femelles<br />

et ces derniers com m e épouses pour les premiers.<br />

«Il vous fait avoir des fils et des petits-fils» Le terme «petits-fils» qui<br />

signifie en Arabe «H a fa d a » veut dire, d’après M oujahed, des servants,<br />

ainsi fut l’opinion de ’Ikrima, et Ad-Dahsfk, car fils et petits-fils servent<br />

l’hom m e. Mais Ibn A b b a s a précisé q u ’ils sont les beaux-fils. Q u e ce<br />

soit les uns ou les autres, tous ceux-ci rendent service à l’homme.<br />

Dieu accorde aussi à l’hom m e des bons aliments et les choses excellentes,<br />

comment, après tout, cet hom m e Lui soit ingrat en Lui associant<br />

des é gaux. L ’h o m m e va -t-il croire le faux et m é connaître les<br />

bienfaits de Seigneur?.<br />

wa ya‘budûna min dûni-L-Lâhi m âlâ yam liku lahum rizqam -m ina-s-sam<br />

âwâti wa-l-’ard i say’an walâ y astati‘ûna (73) falâ tad rib û li-L-Lâhi-1-<br />

’am tâla ’inna-L-Lâha ya'lam u wa ’antuffl lâ ta'lam ûna (74).<br />

Ils adorent les divinités qui ne leur procurent aucun bien du ciel et de<br />

la terre et qui, du reste, n’ont aucun pouvoir (73) N e prenez pas Allah<br />

comme point de comparaison. Allah sait comparer. Vous, vous ne savez<br />

pas (74).<br />

Dieu, étant le seul bienfaiteur et dispensateur, s’étonne comment<br />

c e s p o ly th ë s ite s a d o r e n t d 'a u t r e s d iv in ités qui n e p e u v e n t le u r p ro c u re r<br />

712


aucune nourriture ni descendre la pluie du ciel, soit pour eux, soit pour<br />

elles, et, du reste, elles sont incapables de rien faire. N’attribuez donc<br />

pas des égaux à Dieu en Le prenant comme point de comparaison.<br />

Dieu sait tout, tandis que vous, vous ne savez pas.<br />

daraba-L-Lâhu mat alan ‘abdam mamlûka-1-lâ yaqdiru ‘alâ say’in wa<br />

ma-r-razaqnâhu minnâ rizqan hasanan fahuwa yunfiqu minhu sirran wa<br />

ja h ra n hal y asta w û n a-l-h am du -li-L -L âh i bal ’a k ta ru h u m là<br />

ya'lamûna (75).<br />

All^ht cite l’exemple de deux hommes, l’un est un esclave dépourvu de<br />

toute autorité, l’autre est un homme libre comblé de bienfaits et faisant secrètement<br />

et publiquement l’aumône. Est-il possible de mettre ces deux<br />

hommes sur le même pied? Non, par Allah, mais la majorité des hommes<br />

manque de jugement (75).<br />

Ibn Abbas a commenté: « C ’est la parable du croyant et de l’infidèle<br />

que propose Dieu. Ansi fut l’opinion de Qatada et Ibn Jarir: L’esclave<br />

ressemble à l’infidèle incapable, et le croyant est l’homme que<br />

Dieu lui a accordé d’amples ressources et qui en dépense en aumône<br />

secrètement et publiquement.<br />

Comme la différence entre les deux est claire, seul l’idiot l'ignore.<br />

Louange à Dieu! La plupart d’entre les hommes ne savant pas.<br />

(.Vol<br />

î ô 1 & ^ ^ = 4 Z X J & ¿ ¿ ¿ .J<br />

wa daraba-L-Lâhu matala-r-rajulayni ’ahduhuma ’abkamu la yaqdiru<br />

w hIiu w o kallun a ia m a w là h u ’ a y n a m â y u w a jjih -h u la y a ’ ti<br />

713


ijhayrin hal yastaw i huw a w am ay-ya’m uru bi-l-‘adli w ahuw a ‘alâ<br />

siràtim-mustaqîmin (67).<br />

Allah cite aussi l’exemple de deux hommes: l’un est muet, propre á<br />

rien, à la charge de son maître, incapable de rendre le moindre service. Un<br />

tel homme peut-il être assimilé à un qui recommande le bien et suit la<br />

bonne voie? (76).<br />

Moujahed a commenté: L ’homme muet est l’idole qui ne profère<br />

‘ aucun mot de bien, impuissant, et cependant il est à la charge de son<br />

propriétaire qui l'entretient. Quelque lieu il l’envoie, cet homme muet ne<br />

lui apporte aucune bien et ses efforts sont vains. Peut-on le com parer<br />

(cet homme ou cette idole) à celui qui ordonne l’équité et l’applique<br />

dans ses actes et paroles et qui suit une voie droite?<br />

O n a rapporté que ce verset fut révélé au sujet de ‘Othm an Ben<br />

‘Affan qui était un homme de bien et son-'domestique muet qui était à<br />

sa charge et qui refusait de se convertir.<br />

wa-li-L-Lâhi gaybu-s-sam âwâti wa-l-’ard i wamâA ’am ru-s-sâ‘a ti ’illâ<br />

kalamhi-l-basari ’aw huwa ’aqrabu ’inna-L-Lâha ‘alâ kulli Say’in qadîru<br />

n (77) w a-L -L âhu ’ah rajak u m m im 'b u t ûni ’u m m ah âtik k u m lâ<br />

ta‘lamûna Say’an wa ja ‘ala lakumu-s-sam‘a wa-l-’absâra wa-l-’a fid a ta<br />

la‘allakum taSkurûna (78) ’alam yaraw ’ila-t-tayri musahharâtin fï jawwis-samâ*<br />

’i mâ yumsikuhunna ’illâ-L-Lâhu ’inna fî dâlika la*a yâti-l-liqawmi-y-yu’minûna<br />

(79).<br />

Allah détient les mystères des deux et de la terre. La fin du monde se<br />

produira en un clin «l'œil ou plus rapidem ent e n corc. A lla h GSt tout-puissaut<br />

(7 7 ) A lla h vous tire du sein de vos m ères, d épou rvu s de tou te sen sib i-<br />

714


lité. Il vous donne l’ouïe, la vue et l’intelligence. Lui en serez-vous reconnaissants?<br />

(78) Voyez les oiseaux s’ébattre librement dans le ciel. D’où leur<br />

vient cette aptitude? sinon d’Allah. N’y a-t-il pas là un indice pour qui<br />

croit? (79).<br />

Dieu seul connaît les mystères des deux et de la terre et ne montre<br />

à personne le secret de son mystère sauf à celui qu'il agrée. Nul<br />

ne peut s’opposer à sa décision ou repousser son décret. Lorsqu’il<br />

veut créer une chose, Il lui dit: «S o is » et elle est. L ’ordre concernant<br />

l’Heure sera comme un clin d’œil ou plus bref encore.<br />

Puis II rappelle aux hommes qu’il les a tirés des seins de leurs<br />

mères. Ils ne savaient rien. Il leur donne l’ouïe pour entendre les voix,<br />

la vue pour distinguer et voir les choses, l’intelligence. Ces sens s’élaborent<br />

progressivement chez l’homme au fur et à mesure qu’il grandisse<br />

et une fois devenu pubère et sensé doit user ses sens et ses<br />

organes pour se soumettre aux enseignements de Dieu.<br />

Abou ,Houraira rapporte que l’Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse<br />

et le salue - a dit: «Dieu le Très-Haut dit: «Quiconque sera hostile à l'un<br />

de Mes élus Je lui déclarerai la guerre. Tout ce par quoi Mon adorateur se<br />

rapprochera de Moi, me sera plus agréable que l'accomplissement des devoirs<br />

que Je lui ai prescrits. Mon adorateur ne cesse de se rapprocher de<br />

Moi par des prières surérogatoires en sorte que Je l'aime, et quand Je<br />

l ’aime, Je serai son oreille par laquelle il entendra, son œil avec lequel il<br />

verra, sa main avec laquelle il frappera, son pied avec lequel il marchera.<br />

Quand il Me demandera une chose Je la lui accorderai. S'il m'appellera Je<br />

lui répondrai. S ’il se réfugiera auprès de Moi, Je le protégerai. Je ne retarde<br />

pas une chose que Je dois faire comme Je retarde pour le croyant la<br />

mort qui lui serait pénible, car Je répugne à lui faire du mal, mais la mort<br />

est inévitable» (Rapporté par Mouslim)ll>.<br />

(1) Cj* «i1J j ¿j* *«Xr* »U-<br />

0 .0jàl U ebl ¿y iS^ ^1 '—’J*' L*j i ^ if.sU-<br />

£_*--i ^ l i ^ i i O - î JljJ N'j lA jit<br />

715<br />

SP>


O n entend par ce hadith que lorsque l’homme est sincère en s’acquittant<br />

des obligations que Dieu lui a prescrites, il n’entend ni voit que<br />

ce qui plait à Dieu, il ne frappe ni se conduit que com m e Dieu lui ordonne,<br />

bref tout ce qu’il fait est en vue d’obtenir la satisfaction de Dieu<br />

à Lui la puissance et la gloire.<br />

Dieu a donné l’ouïe, la vue et l’intelligence à l’hom m e pour Lui<br />

être reconnaissant. Puis II lui demande de regarder l'oiseau qui voltige<br />

entre ciel et terre en usant ses deux ailes par le pouvoir de Dieu qui lui<br />

a accordé cette capacité comme II le montre également dans ce verset:<br />

«Ne voient-ils pas les oiseaux voler et planer au-dessus de leurs têtes?<br />

Qui les maintient en suspens, si ce n’est le Miséricordieux. II a tout prévu»<br />

[Coran LXVII, 19] Il y a là vraiment des signes pour ceux qui croient.<br />

wa-L-Lâhu ja‘ala lakum mim buyûtikum sakanan wa ja ‘ala lakum min<br />

julûdi-l-’an‘âmi buyûtan tastahiffûnahâ yawma za‘nikum wa yawma<br />

’iqâmatikum wa min ’aswâfihâ wa ’awbârihâ wa ’a5‘ârihâ ’atâtan wa matâ‘an<br />

’ilâ hînin (80) wa-L-Lâhu ja‘ala lakum mimmâ halaqa zilâlan wa<br />

ja‘ala lakum mina-l-jibâli ’aknânan wa ja'ala lakum sarâbîla taqîkumu-1-<br />

harra wa sarâbîla taqîkum ba’sakum kadâlika yutimmu ni‘matahû ‘alaykum<br />

la'allukum tuslimûna (81) fa’in tawallaw fa’innama ‘alayka-l-balâgu-<br />

1-mubînu (82) ya‘rifûna ni‘mata-L-Lâhi tumma yunkirûnaha wa ’aktaruhumu-l-kâfirûna<br />

(83).<br />

Allah vous a donné des matériaux pour construire vos demeures, des<br />

peaux de bêtes pour fabriquer des tentes légères que vous transportez et<br />

m o n te z fa c ile m e n t . A v e c l a la in e , le p o il e t le s c r in s du b é t a il, v o u s f a b r i ­<br />

716


quez des objets et des ustensiles (80) Allah vous fait profiter des ombrages<br />

de la création, des retraites qu’offrent les montagnes. H vous procure aussi<br />

des vêtements pour vous défendre contre la chaleur des armures pour vous<br />

protéger contre les coups. Ainsi II porte au comble ses bienfaits. Peut-être<br />

vous convertirez-vous? (81) Qu’importe, apès cela, qu’ils te tournent le dos.<br />

Ta mission se réduit à avertir (82) Les hommes n’ignorent pas tous ces<br />

bienfaits. Et pourtant ils les nient. La plupart sont impies (83) .<br />

Dieu énum ère entre autres bienfaits qu’a accordés à Ses serviteurs<br />

ceux-ci: Les demeures pour s’y abriter et s'en servir pour d’autres<br />

usages; les peaux de bêtes pour en faire de tentes qu’ils trouvent<br />

légères à transporter là où ils se déplacent: le poil, la laine et les crins<br />

du bétail pour en fabriquer des objets d’un usage précaire comme les<br />

ustensiles, les tapis et les vêtements.<br />

Dieu a créé les arbres afin que les hommes s’abritent sous leurs<br />

om bragep au moment de la chaleur, les montagnes com m e abris et<br />

forteresses, les fibres textiles comme la laine, le coton et le lin pour en<br />

confectionner des vêtements soit contre les coups soit contre la chaleur<br />

ou le froid: Ainsi II parachève ses bienfaits envers les hommes en<br />

pourvoyant à leurs besoins, peut-être convertiront-ils, se soumettront-ils<br />

à Ses ordres et Lui seront-ils reconnaissants.<br />

Mais hélas! Les hommes reconnaissent ces bienfaits mais ne tardent<br />

pas à les nier en adorant d’autres divinités que Lui.<br />

Moujahed rapporte qu’un bédouin vint trouver le Prophète - qu’AIlah<br />

le bénisse et le salue - et lui posa des questions. Il lui récita: «Allah<br />

vous a donné des matériaux pour construire vos demeures». Le bédouin répondit:<br />

C ’est entendu». Le Prophète poursuivit: «des peaux de bêtes pour<br />

fabriquer des tentes légères». Entendu, s’écria le bédouin. En lui récitant<br />

le reste des versets, et arrivant à ces paroles divines: «Ainsi D porte au<br />

comble Ses bienfaits. Peut-être vous convertirez-vous?» A ces mots le bédouin<br />

montra les talons. Dieu fit descendre à la suite ce verset: «Les<br />

hommes n’ignorent pas tous ces bienfaits. Et pourtant ils les nient» (Rapporté<br />

par Ibn Abi Hatem).<br />

p . -33 2 p g ^ ' y j<br />

717


wa yawma nab'atu min kulli ’ummatin sahîdan tum m a lâ yu’danu li-1-<br />

ladîna kafarû walâ hum yusta'tabûna (84) wa ’idâ ra’â-l-ladîna zalamû-1-<br />

‘ad âb a falâ yuhaffafu ‘anhum walâ hum ^unzarûna (85) wa ’idâ ra’â-lladîna<br />

’asrakû s u ra k ï’ahum qâlû rabbana h ï ’u la ’i su ra k ï’unâ-l-ladîna<br />

kunnâ nad‘û min dunika fa’alqaw ’ilayhimu-l-qawla ’innakum lakâd-ibûna<br />

(86) wa’alqaw ’ilâ-L-Lâhi yawma’idini-salama wa dalla ‘anhum mâ<br />

kânû yaftarûna (87) ’al-ladîma kafarû wa saddû ‘an sabîli-L-Lâhi zidnâhum<br />

‘adâban fawqa-l-‘adâbi bimâ kânû yufsidûna (88).<br />

Un jour viendra où nous susciterons de chaque peuple un témoin. Ce<br />

jour-là, les infidèles ne seront pas admis à présenter des excuses et aucune<br />

excuse ne sera valable (84) Amenés au lieu de leur supplice, les coupables<br />

ne bénéificieront d’aucun adoucissement ni d’aucun répit. (85) Lorsque les<br />

idolâtres apercevront les divinités qu’ils auront associées à Allah, ils s’exclameront,<br />

voilà les divinités que nous avons adorées en dehors de Toi».<br />

Mais celles-ci répliqueront: «Vous mentez» (86) Ce jour-là, les idolâtres se<br />

soumettront à Allah et ils invoqueront en vain les faux dieux qu’ils auront<br />

inventés. (87) Ceux qui n’auront pas cru et auront détourné les autres de la<br />

foi, nous leur infligerons supplice sur supplice en punition de leurs crimes<br />

(88).<br />

Au jour du jugemet dernier tous les hommes seront comparus devant<br />

Dieu. C e jour-là II ressuscitera de chaque peuple un témoin qui<br />

sera le Prophète qui leur a été envoyé, qui témoignera de l’incrédulité<br />

d e s id o lâtres qui p résen te ron t d e s e x c u s e s m a is D ieu n e íe s a c c e p te r a<br />

point. «Ce jour-là, les hommes seront muets de terreur, leurs excuses ne se­<br />

718


ont pas admises» [Coran LXXVII, 35-36]. Leur supplice ne sera pas allégé<br />

fut-ce pour une heure et ils n’auront point de répit.<br />

Lorsque les idolâtres verront les divinités qu’ils ont associées à<br />

Dieu, ils s’écrieront: «N o tre Seigneur, voilà les divinités que nous<br />

avons adorées et invoquées en dehors de T o i». Celle-ci leur répondront:<br />

«V o u s mentez, ce n’est pas nous qui vous avons ordonné de<br />

nous adorer. Voilà le sens de ces dires de Dieu: «Quel plus grand égaré<br />

que celui qui prie en dehors de Dieu une idole muette jusqu’au jour de la résurrection!<br />

une idole indifférente à ses supplices» [Coran XLVI, 5].<br />

Ils offriront alors à Dieu leur soumission «C’est alors qu’ils entendront<br />

bien et verront bien le jour où ils comparaîtront devant nous» [Coran XIX,<br />

38]. Les coupables seront dans une attitude humiliée et invoqueront en<br />

vain les faux dieux qu’ils auront inventés. Dieu alors infligera supplice<br />

sur supplice à ceux qui sont incrédules et à ceux qui écartent les hommes<br />

de 1^ foi et du chemin de Dieu. Com m e en ce jour-là les croyants<br />

occuperont des rangs différents au Paradis en fonction de leur foi et<br />

leurs bonnes actions, ainsi les infidèles subiront différents châtiment<br />

dont la gravité dépendra aussi de degré de leur incrédulité et de leurs<br />

mauvaises actions comme le montre ce verset: «Le supplice sera double<br />

pour tous. Mais vous ne savez pas ce qui vous attend» [Coran VII, 38].<br />

wa yawma n ab 'a tu fî kulli ’ummatin sahîdan ‘alayhim min ’anfusihim<br />

wa ji’nâ bika Sahîdan ‘alâ hîf ’ula ’i wa nazzalnâ ‘alayka-l-kitâba tibyânan<br />

likulli say’in wa hudan wa rahmatan wa busrâ li-1-muslimîna (89).<br />

Un jour viendra où nous susciterons de chaque peuple un témoin qui<br />

déposera contre les siens. Nous t’appellerons alors pour que tu déposes<br />

contre ton propre peuple. Nous t’avons envoyé un Livre qui donne l’explication<br />

de toute chose, qui est à la foi un guide une bénédiction et une bonne<br />

n o u v e lle p o u r le e c r o y a n ts (RO).<br />

719


Dieu fait connaître à Son Prophète Mouhammed - qu’Allah le bénisse<br />

et le salue - qu’il sera appelé à témoigner contre sa communauté<br />

tout comme les autres Prophètes qui témoigneront contre les leurs. En<br />

ce jour-là notre maître (Mouhammad - qu’Allah le bénisse et le salue -)<br />

jouira d’une très haute considération et d’un grand honneur et occupera<br />

la poste glorieux qui lui est réservé.<br />

«Nous t’avons envoyé un Livre qui donne l’explication de toute chose».<br />

Moujahed a limité cette explication au licite et à l'illicite, mais Ibn<br />

Mass'oud, dont son opinion s'avère être plus logique, a dit que le Coran<br />

renferme toute science utile, les événements passés et les autres<br />

à venir, le licite et l’illicite, et tout ce dont les hommes ont besoin de<br />

savoir pour leur foi, leur subsistance et leur rassemblement. Ce Livre<br />

est aussi une Direction pour les cœurs, une miséricorde et une bonne<br />

nouvelle pour les croyants.<br />

’inna-L-Lâha ya’muru bi-l-‘adli wa-l-’ihsâni wa ’itS ’i dî-l-qurbâ wa yanhâ<br />

lan-i-l-fahsa’i wa-l-munkari wa-l-bagyi ya‘izukum la'allakum tadakkarûna<br />

(90).<br />

Allah commande la justice et la philanthropie. Il commande de venir<br />

en aide à ses proches. Ils réprouve l’indécence, le despotisme, et l’iniquité.<br />

Vous voilà prévenus. A vous d’en profiter (90).<br />

Dieu ordonne à Ses serviteurs d’être justes et charitables. La justice<br />

comme l’a expliquée Ibn Abbas consiste à attester qu’il n’y a d’autre<br />

divinité qué Dieu. Quant à Soufian Ben Ouyayna, il a précisé: La<br />

justice citée dans ce verset signifie que tout homme qui fait une œuvre<br />

en vue de Dieu secrètement ou publquement doit avoir la même intention<br />

sans préférer l'une à l’autre, et la charité (ihsan) implique que ce<br />

qu’il fait secrètement soit meilleur que ce qu’il fait publiquement tant<br />

que cela est fait pour Dieu.<br />

« h . .........x— u j u venir en aide à ses proches» en maintenant le lien<br />

du sang et en dépensant pour les proches com m e 1l’ordonne: «R e m ­<br />

720


plis tes obligations envers tes proches, les pauvres et les voyageurs. Ne sois<br />

point prodigue» [Coran XVII, 26].<br />

«Il réprouve l’indécence, le despotisme et l’inquité» L'indécence est<br />

tout ce qui est turpitude apparente ou cachée, ainsi que tous les actes<br />

repréhensibles. Quant à l’iniquité, elle est le fait de traiter les autres<br />

avec injustice. A ce propos l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le<br />

salue - a dit: «Les péchés que commettent les gens et qui méritent le<br />

prompt châtiment dans ce bas monde et un autre réservé dans l’au-delà<br />

sont: l’injustice, la rupture du lien du sang...» (Rapporté par Tabarani)111.<br />

«Vous voilà prévenus» Dieu vous exhorte à faire le bien peut-être<br />

les hommes réfléchiront-ils! Et Ibn Mass'oud de commenter: «L e verset<br />

le plus exhaustif dans le Coran est celui-ci: «Allah commande la justice<br />

et la philanthiopie» Qatada, quant à lui, a dit: «Toute bonne conduite et<br />

tout bon caractère que les hommes pratiquaient du temps de l’ignorance<br />

(Jahilia),/Dieu les a commandés. D’autre part, Dieu a interdit tout<br />

ce qui était mauvais caractère et acte blâmable».<br />

A cet égard ‘Oum ayr rapporte d’après son père le récit suivant:<br />

«Aktham Ben Saïfi eut vent de la venue du Prophète - qu’Allah le bénisse<br />

et le salue -. Voulant se rendre chez lui, ses concitoyens l’interdirent<br />

en lui disant: «T u es notre chef, ¡1 ne te sied pas d'aller le voir». Il<br />

leur répondit: «Alors que certains d’entre vous se chargent de m’apporter<br />

de ses nouvelles et de lui faire connaître les miennes». Il choisit<br />

deux hommes pour remplir cette mission.<br />

Les deux hommes vinrent trouver le Prophète - qu'Allah le bénisse<br />

et le salue - et lui dirent: «N o us sommes les émissaires de Aktham<br />

Ben Saïfi. Il nous a chargé de te demander: «Q ui es-tu et quelle est ta<br />

mission?» Il leur répondit: «J e suis Mouhammed Ben Abdullah, et je<br />

suis le serviteur de Dieu et Son Envo yé». Puis il leur récita: «Allah<br />

commande la justice et la philanthropie». Ils lui demandèrent de leur répéter<br />

le verset. Il s’exécuta et les deux hommes le retinrent par cœur.<br />

*'jj y —j>' i-> ij<br />

_r-<br />

721


En retournant chez Aktham ils lui dirent: «Il est si modeste et n’a<br />

pas voulu se vanter de sa généalogie, mais, en vérité, il est issu d'une<br />

souche très honorable parmi les tribus de Moudar. Il nous a récité ce<br />

verset que nous avons retenu.» En entendant le verset Aktham s’écria:<br />

«J e vois qu’il ordonne la bonne morale et interdit la mauvaise. Conform<br />

ez-vous-y, soyez les pionniers et ne soyez pas les derniers».<br />

‘Othman Ben Abi A I-‘As raconte: « J ’étais chez l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue - quand il fixa ses regards quelque part<br />

puis il me dit: «J e viens de recevoir Gabriel qui m’a ordonné de placer<br />

ce verset dans cette sourate: «Allah commande la justice et la philanthropie».<br />

wa ’awfû bi‘ahdi-L-Lâhi ’idâ ‘âhattum walâ tanqudû-l-’aymâna b a‘da<br />

tawkîdihâ waqad ja‘altumu-Lâha ‘alaykum kafîlan ’inna-L-Lâha ya‘lamu<br />

mâ tafalûna (91) walâ takûnû ka-l-latî naqadat gazlahâ mim ba‘di quwwatin<br />

’ankâtan tattahidûna ’aymânakum dahalam-baynakum ’an takûna<br />

’ummatun hiya ’arbâ min ’ummatin ’innamâ yablûkumu-L-Lâhu bihî wala<br />

y u b a y y in a n n a la k u m y a w m a -l-q iy â m a ti m â k u n tu m f îh i<br />

tahtalifûna (92).<br />

Soyez fidèles aux engagements que vous avez pris au nom d’Allah. Ne<br />

violez pas les serments devenus définitifs. N ’oubliez pas, en -ffet, que vous<br />

en avez appelé au témoignage d’Allah. Il est informé de tout ce que vous<br />

faites. (91) N ’imitez pas cette femme qui brouille tout à coup la laine<br />

q u ’ elle a soigneusement filée. Ne trahissez pas la parole donnée du fait<br />

qu’un clan l’emporte sur l’autre. C’est là une occasion pour Allah de vous<br />

éprouver. Il vous expliquera, au jour de la résurrection, ce qui faisait l’objet<br />

de vos différends (92).<br />

722


Dieu ordonne aux hommes de tenir et respecter leurs engagements<br />

et les serments solennellement prêtés. Il n’y a aucune contradiction<br />

entre ce verset: «N e violez pas tes serments devenus définitifs» et ces<br />

dires de Dieu: « N ’usez pas du nom d’Allah dans vos serments» [Coran II,<br />

224]. C a r en les trahissant, les hommes doivent faire une expiation<br />

mais il vaut mieux qu'ils les respectent: «Telles sont les peines attachées<br />

à la violatoin de vos serments. Respectez vos serments» [Coran V, 89]. Même<br />

l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue -, dans un hadith<br />

cité dans les deux Sahihs, a dit: «Quant à moi, si Dieu le veut, je ne fais<br />

un serment au nom de Dieu et je trouve qu’il y a mieux à faire, j'expie<br />

mon serment et je fais ce qu'il y a mieux à faire».<br />

Les serments qui entrent dans le verset: «N e violez pas les serments<br />

devenus définitifs» concernent les engagements et les pactes et non<br />

ceux qui sont les sujets d'un acte à faire ou un autre à s’en s’abstenir.<br />

Et Moujahed a précisé qu’il s'agit d’un pacte conclu du temps de la Ja-<br />

hilia. A cet égard l’imam Ahmed rapporte d’après Joubaïr Ben Mot'em<br />

que l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: «Pas de<br />

pacte dans l'Islam. Mais tout pacte conclu du temps de la Jahilia, l’Islam<br />

ne fait que le consolider» (Rapporté par Ahmed et Mouslim)1'1. Cela signifie<br />

que l’Islam n’a besoin d’aucun pacte comme on le faisait du<br />

temps de la période préislamique, et le fait de s’attacher à l’Islam est<br />

amplement suffisant.<br />

En interprétant ces dires de Dieu: «Soyez fidèles aux engagements<br />

que vous avez pris au nom d’Allah» Bouraïda a dit: «C e verset fut descendu<br />

au sujet de l’allégeance sur l’Islam. Le verset leur ordonne<br />

d'être fidèles à ce serment sans le trahir, et que le nombre faible des<br />

musulmans par rapport à la multitude des polythéistes ne doit pas les<br />

porter à la violation de ce serment». Dieu certes voit toutes les actions<br />

des hommes.<br />

A ceux qui violent leurs serments, Dieu propose la parabole d’une<br />

femme qui défait le fil de sa quenouille brin par brin après l’avoir soli­<br />

( 1) ^


dement tordu, en prenant de leurs serments un sujet d’intrigue et de<br />

tromperie entre eux, et en estimant qu’une communauté l’emportera<br />

sur une autre. En d’autre terme: vous faites un serment à une partie<br />

de gens pour les rassurer, et une fois devenus capables d’eux vous<br />

les trahissez. Dieu vous a interdit un tel agissement.<br />

Quant à l’interprétation de Moujahed, elle est la suivante: «Ils<br />

concluaient un pacte avec des gens qui les trouvaient plus puissants<br />

qu’eux. Mais s’ils constataient que d’autres étaient plus forts que les<br />

premiers, ils trahissaient leur pacte pour conclure un autre avec ces<br />

derniers».<br />

«C’est là une occasion pour Allah de vous éprouver» Cela signifie,<br />

d’après Ibn Jarir, que les gens doivent respecter leurs serments et pactes<br />

sans les trahir ou les violer, car «H vous expliquera, au jour de la résurrection,<br />

ce qui faisait l’objet de vos différends» et les raisons de vos<br />

dissensions pour vous rétribuer selon^os actions.<br />

walaw 5â'’a-L-Lâhu laja‘alakum ’ummatan wahidatan walâkiy-yudillu<br />

may-yasâA’u wa yahdî m a-y-yasa',u wa latus’alunna ‘ammâ kuntum<br />

ta‘malûna (93) walâ tattahidu ’aymânakum dahalam baynakum fatazilla<br />

qadamum ba‘da tubûtihâ wa tadûqu-s-sîî’a bimâ sadadtum ‘an sabîli-L-<br />

Lâhi walakum ‘adâbun ‘azîmun (94) walâ tastarû bi‘ahdi-L-Lâhi tam a-<br />

nan qalîlan ’innam â ‘inda-L-Lâhi huwa hayru-l-lakum ’in kuntum<br />

taMamûna (95} mâ ‘indakum yanfadn wamâ ‘inda-L-Lâhi bâqin wa la<br />

najziya n n a-l-la dîn a sabarû 'ajrah um bi ’ ahsani m â k ân û ya'm a lû n a (96).<br />

Si Allah Pavait voulu, Il aurait fait de vous un seule peuple. Mais il<br />

724


égare ou se concilie qui II veut. Vous aurez à rendre compte de toutes vos<br />

actions (93) Ne vous servez pas des serments pour vous tromper les uns les<br />

autres. C’est comme si le sol se dérobait sous un pied qui vient de se poser.<br />

Vous subirez un châtiment pour vous être écartés de la voie d’Allah. Et ce<br />

châtiment sera implacable (94) Ne trahissez pas la parole d’Allah pour un<br />

vil profit. Ce qu’Allah vous réserve est plus profitable, si vous réfléchissez<br />

(95) Vos biens sont périssables, les biens d’Allah sont éternels. Les persévérants<br />

recevront une récompense supérieure à leurs œuvres (96).<br />

Si Dieu l’avait voulu, certes, Il aurait fait des hommes une communauté<br />

unique sans qu'une inimitié ou une hostilité ne les divise. Mais II<br />

dirige qui II veut et égare qui II veut, et au jour du jugement dernier, Il<br />

les interrogera sur toutes leurs actions sans omettre aucune.<br />

Puis II met Ses serviteurs en garde de faire de leurs serments un<br />

sujet de tromperie et d’intrigue, et alors le pied broncherait après avoir<br />

été ferme. C ’est un exemple que Dieu leur donne de celui qui, une fois<br />

se trouvant dans la voie droite, il s’en écarte à cause de la violation de<br />

ses serments et qui portent sur le détournement de la voie de Dieu.<br />

En d'autre terme, lorsque l’infidèle s’assure que le croyant a pris<br />

un engagement vis-à-vis de lui, puis le trahit, alors.l’infidèle n'aurait aucune<br />

confiance en la religion et le croyant l’aurait, par ce fait, détourné<br />

de la foi et de se convertir. Voilà le sens des paroles divines: «Vous subirez<br />

un châtiment pour vous être écartés de la voie d’Allah».<br />

«Ne trahissez pas la parole d’Allah pour un vil profit» C ’est à dire ne<br />

troquez pas à vil prix le pacte que vous avez conclu avec Dieu en<br />

vous contentant des biens éphém ères de ce m onde, car m êm e si<br />

l'homme aura possédé de richesses, autant que les bas monde puisse<br />

contenir, ce que Dieu lui réserve auprès de Lui est encore plus supérieur,<br />

et ceci ne sera que pour ceux qui auront cru, respecté leur pacte<br />

et espéré la récompense céleste. «Vos biens sont périssables» quelle<br />

que soit leur valeur car ils ne cessent d’épuiser, mais «les biens d’Allah<br />

sont éternels» et demeurent pour toujours.<br />

«Les persévérants recevront une récompense supérieure à leurs œuvres»<br />

Cela constitue comme un serment de Dieu qu'il accordera la belle récompense<br />

et le Paradis à ceux qui auront été constants en fonction de<br />

leurs meilleurs œuvres.<br />

725


m an ‘am ila sâ lih a n min d ak arin ’aw ’u n tâ w ahuw a m u’m inun<br />

falanuhyiyannahû hayâtan tayyibatan wa lanajziyannahum ’ajrahum bi<br />

’ahsani mâ kânû ya‘malûna (97).<br />

Quiconque, mâle on femelle, fait le bien tandis qu’il est croyant, sûrement<br />

Nous lui ferons vivre une excellente vie. Nous leur donnerons leur récompense<br />

en fonction de leurs meilleures actions (97).<br />

Dieu promet à tout croyant mâle on femelle, qui fait des oeuvres<br />

pies en se conformant aux enseignements contenus dans le Coran et<br />

à la sunna du Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue -, tandis que<br />

son cœ ur croit en Dieu et en Son Envoyé, celui-là Dieu le rétribuera<br />

de la plus belle récompense et le fera vivre une excellente vie.<br />

Que signifie l’excellente vie?.<br />

Ibn Abbas et d'autres ont dit qu’elle est celle qui lui procure les<br />

biens licites et bons.<br />

Ali Ben Abi Taleb a précisé qu’elle est la sobriété.<br />

Al-Hassan, Moujahed et Qatada ont déclaré qu’elle est le Paradis.<br />

Q uant à A l-D ahak , il a dit qu’elle est l’adoration dans le bas<br />

monde et les biens licites.<br />

En vérité, la vie excellente renferme tout cela, la preuve en est ce<br />

hadith rapporté par l’imam Ahmed d’après Abdullah Ibn Om ar où l'Envoyé<br />

de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: «Réussira quiconque<br />

s'est converti à l ’Islam, a reçu de biens qui lui suffisent et s ’est<br />

contenté de ce que Dieu lui a accordé»111.<br />

L’imam Ahmed dte églement le hadith rapporté par Anas Ben M a-


lek que l’Envoyé de Dieu - qu’Aliah le bénisse et le salue - a dit: «Dieu<br />

ne fera pas tort à un croyant pour m e bonne action qu’il a faite, Il lui donnera<br />

des biens de ce monde et le rétribuera dans la vie future. Quant à l’incrédule,<br />

Il lui accordera des biens pour ses bonnes actions qu’ils a commises<br />

en vue de Dieu dans le bas monde, de sorte que, dans la vie future, il n ’aura<br />

aucune bonne action pour en être rétribué» (Rapporté par Ahmed et Mouslim)11'.<br />

fa’idâ qara’ata-l-Qur’âna fasta'id bi-L-Lâhi mina-5-saytâni-r-rajîmi (98)<br />

’innahû laysa lahû sultânun ‘alâ-l-ladîna ’am anû wa ‘alâ rabbihim yatawakkalûna<br />

(99)/ ’innamâ sultânuhû ‘alâ-l-ladîna yatawallawnhû wa-l-lad<br />

îna hum bihî musrikûna (100).<br />

Quand vous lisez le Coran, cherchez refuge en Allah contre Satan le<br />

maudit (98) Satan est démuni contre ceux qui croient en Allah et se fient à<br />

Lui. (990 II n’a de de pouvoir que sur ceux qui le prennent pour patron et<br />

qui le font participer à leur vie (100).<br />

La majorité des ulémas ont jugé que la demande du refuge auprès<br />

de Dieu contre Satan avant la lecture du Coran est une recommandation<br />

et non plus une obligation. Nous avons parlé de cela en commentant<br />

la Fatiha, la permière sourate du Coran.<br />

Satan n’a aucun pouvoir sur les croyants ni sur ceux qui se<br />

confient à Dieu. Et Al-Thawri de commenter: Le démon est démuni de<br />

toute autorité sur des gens qui commettent une faute mais ne tardent<br />

pas à s’en repentir. Son autorité s’étend seulement sur les infidèles qui<br />

l’ont pris pour patron.<br />

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727


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wa ’idâ baddalnï ’ïy a ta n makâna ’a yatin wa-L-Lâhu V lam u bimâ yunazzilu<br />

qâlü ’innama 'anta muftarim bal ’aktaruhum lâ ya'lamûna (101)<br />

qui nazzalahû rûhul-qudusi mi-r-rabbika bi-l-haqqi liyutabbita-l-ladîna<br />

’£' manû wa hudan wa buSrâ li-1-muslimîna (102).<br />

Si noos substituons une révélation à une autre -et qui mieux qu’Allah<br />

connaît ce qu’il rèvèle-ils le traitent de menteur. Hélas! ils forment une masse<br />

ignorante (101). Réponds que l’Esprit Saint t’a transmis la nouvelle révélation<br />

de la part de ton Seigneur et qu’elle constitue la vérité. Allah a voulu ainsi affermir<br />

les croyants, leur aporter une direction et âne bonne nouvelle (102).<br />

Dieu montre la faiblesse d'esprit chez les idolâtres et le manque<br />

de leur foi même sa perte. Car chaque fois qu'un verset abrogea un<br />

autre, ils dirent à l'Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue<br />

« T u n'es qu’un faussaire» mais ils ignorèrent que Dieu fait ce qu'il<br />

veut.<br />

En commentant l'expression: «Si nous substituons une révélation à<br />

une autre» Moujahed a dit: «C ela signifie que Dieu ôte un verset pour<br />

affermir un autre à sa place, ce qui est pareil aux dires de Dieu:<br />

«Toute révélation abrogée ou devenue caduque sera remplacée par une autre»<br />

[Coran II, 106].<br />

Dieu ordonne à Son Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - de<br />

répondre aux infidèles que c'est bien Gabriel, l’Esprit Saint, qui fait<br />

descendre ces révélations avec la vérité, pour «affermir les croyants,<br />

leur apporter une direction et une bonne nouvelle» afin q'ils y croient et<br />

leurs cœurs s’humilient.<br />

* 4 L *1A3 ÏZ p z t 2 i p<br />

walaqad na‘lamu ’annahum yaqûlûna ’innamâ yu'allimuhû basaru-l-lisâ-<br />

728


nu-l-ladî yulhidûna ’ilayhi a‘jamiyyun wa hâdâ lisânun ‘arabiyyum mubînun<br />

(103).<br />

Ils prétendent, nous le savons, que c’est un homme qui te divulgue tes<br />

révélations. Et pourtant l’homme qu’ils visent ainsi parle une langue étrangère.<br />

Alors que tes révélations sont faites dans un pur arabe (103).<br />

Entre autres prétentions que les infidèles propageaient, ils disaient<br />

qu’un homme étranger apprenait le Coran à Mouhammed - qu’Allah le<br />

bénisse et le salue -, un domestique qui travaillait chez des Qoraïchites<br />

et vendait des choses dans une boutique près du mont As-Safa. Ils<br />

prétendaient aussi que le Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - le<br />

fréquentait souvent pour s'entretenir avec lui, sachant que cet homme<br />

ne connaissait pas la langue arabe.<br />

Dieu réfuté leur mensonge et leur répond: «Et pourtant l’homme<br />

qu’ils visent ainsi parle une langue étrangère. Alors que tes révélations sont<br />

faites dans un pur arabe» Comment peut-il apprendre le Coran avec son<br />

éloquence et ses versets diserts d'un homme étranger, alors qu’il est<br />

révélé en langue arabe et qui surpasse par sa perfection et par son<br />

contenu tous les Livres qui étaient révélés aux fils d'Israël?<br />

Qui était cet homme?<br />

Mouhammed Ben Ishaq répond: C ’est un domestique chrétien appelé<br />

Jaber qui travaillait chez des hommes de Bani Hadrami.<br />

D'après Ikrima et Qatada, il s’appelait Ya'ich.<br />

Enfin Ibn Jarir rapporte qu’lbn Abbas a dit: « L ’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue - enseignait à La Mecque un esclave appelé<br />

Bel'am qui ne connaissait pas l’arabe. Le voyant souvent aller et<br />

venir chez lui les idolâtres disaient: Bel'am enseignait le Coran à Mouhammed»<br />

Dieu leur répond en faisant descendre le verset précité.<br />

L é J J L i ¿ L ie i i î "5/ ^ MiJ' ¿4<br />

üj>X£=£\<br />

iSJnju<br />

’mna-l-ladîna là yu’minûna bi’a yâti-L-Lâhi lâ yahdîhimu-L-Lâhu wa la-<br />

729


îum ‘adâbun ’alîmun (104) ’innamâ yaftarî-l-kadiba-l-ladîna lâ yu’minûla<br />

bi’a yâti-L-Lâhi wa’u la ’ika humu-l-kâdibûna (105).<br />

Ceux qui ne croient pas aux révélations d’Allah, Allah ne les dirige<br />

pas. Un châtiment douloureux les attend (104) Les menteurs, ce sont ceux<br />

|ui ne croient pas aux signes d’Allah. Les voilà, les menteurs! (105).<br />

Dieu ne dirige pas ceux qui se détournent de Son Rappel et ne<br />

croient pas aux révélations descendues à Mouhammed - qu'Allah le bénisse<br />

et le salue - en les réfutant et les traitant de mensonge rien que<br />

pour rejeter les enseignements. Ceux-là subiront un châtiment terrible<br />

dans l’au-delà.<br />

Mouhammed - qu'Allah le bénisse et le salue - n’était ni un inventeur<br />

ni un menteur, ceux qui le traitaient ainsi sont les pires créatures<br />

aux regards de Dieu. Bien au contraire, il était le plus sincère, le plus<br />

véridique, l’homme le plus parfait, le plus fidèle et connu com m e tel<br />

parmi ses concitoyens. Dans l’entretien qui eut lieu entre Abou Soufian<br />

et Héraclius le roi des Romains, ce dernier a conclu: «il n'est pas logique<br />

qu'il ment aux hommes et en même temps à Dieu».<br />

- .s * . s. v '~'Y.<br />

> < ; * j- U y * ¿i® ( E p p_jSÎ\<br />

man kafara bi-L-Lâhi mim ba'di ’imânihT ’illâ man ’ukriha wa qalbuhû<br />

m u tm a ’inun b i-l-’im âni wa lâkim m an s a ra h a b i-l-k u fri sadT an<br />

fa'alayhim gadabum mina-L-Lâhi wa lahum ‘adâbun ‘azîmun (106) dâlika<br />

bi’annahumu-stahabbû-l-hayâta-d-unya ‘alâ-l-’a hirati wa ’anna-L-Lâha<br />

lâ yahdî-l-qawma-l-kâfirîna (107) ’u la ’ika-l-ladîna taba‘a-L-Lâhu ‘alâ<br />

qulûbihim wa sam‘ihim wa ’absarihim wa ’ulâ’ika humu-l-gâfilûna (108)<br />

lâ. fî-l*îi Kirfttl ( 100) .<br />

Celui qui tombe dans l’erreur, après avoir cru, et retrouve avec joie<br />

730


l’infidélité, encourra la colère et la répressoin d’Allah à moins que son apostasie<br />

ne lui ait été imposée et qu’il ne soit demeuré fidèle dans son for intérieur<br />

(106) Ils seront châtiés pour avoir préféré la vie de ce monde à l’autre.<br />

Allah abandonne les infidèles (107) Allah a posé son sceau sur leurs cœurs,<br />

leurs ouïes et leurs vues, n les prive ainsi de conscience (108) Pas de doute<br />

qu’ils ne soient réprouvés dans l’autre monde (109).<br />

Celui qui renie Dieu et Le mécroit après avoir cru, dont le cœ ur<br />

reste paisible dans l’incrédulité, encourra la colère de Dieu et un châtiment<br />

implacable l'attend dans la vie future. Car il aura par son faire<br />

préféré le bas monde à l’autre et apostasié pour obtenir des biens de<br />

la vie présente. Dieu ne dirige pas son cœ ur et ne l’affermit pas sur la<br />

religion véritable. Il scelle son cœ ur pour ne rien comprendre, sa vue<br />

et son ouïe pour n’en rien profiter. Les gens qui sont comme tels auront<br />

perdu leurs personnes, leurs biens et leurs familles au jour de la<br />

résurrection.<br />

«A moins que son apostasie ne lui ait été imposée et qu’il ne soit demeuré<br />

fidèle dans son for intérieur» Une exception faite de ceux qui sont<br />

contraints à apostasier verbalement à cause d'une torture ou d'un supplice,<br />

mais leurs cœ urs demeureront tranquilles en la foi. Au sujet de<br />

cette révélation Ibn Abbas raconte qu'il s'agit bien de Ammar Ben yasser<br />

que les idolâtres l’avaient torturé pour renier Mouhammed, peut se<br />

montrer comme tel pour sauvegarder son âme, de même il peut résister<br />

comme a fait Bilal -que Dieu l’agrée- malgré les tortures et les méfaits<br />

des idolâtres. Ils mettaient un grand rocher sur sa poitrine dans<br />

un temps très chaleureux en lui ordonnant d'apostasier, mais il refusait<br />

et leur répondait: «Unique! Unique» (c.à.d Dieu est Unique). Il disait<br />

aussi: «S i je savais d’autres propos qui les irritaient plus, je n’aurais<br />

plus hésité à les leur dire».<br />

On a rapporté également que Moussailama le menteur, en torturant<br />

Habib Ben Zaid Al-Ansari, lui disait: «Attestes-tu que Mouhammad<br />

est l’Envoyé de Dieu?» - Oui, répondait-il. - Attestes-tu que je suis l’Envoyé<br />

de Dieu? - Il lui répliquait: «J e n'entends rien de ce que tu dis»<br />

Moussailama le déchiquetait et Habib restait ferme dans sa foi.<br />

De toute façon, conclut l’auteur de cet ouvrage, le musulman doit<br />

rester ferm e dans sa fol m ê m e Si cela \U \ CaUSe Sô pSfte. A Ce PFOPOS<br />

731


I-Hafedh Ben Assaker raconte que les Romains prirent Abdullah Ben<br />

oudzafa As-Sahm i comme captif et l’amenèrent chez leur roi qui lui<br />

roposa: «Convertis-toi au christianisme, je te ferai mon associé dans<br />

ion royaume et je te donnerai ma fille en m ariage». Il lui répondit:<br />

Même si tu me donnes tout ce que tu possèdes ainsi ce que possè-<br />

ent tous les arabes pour renier la religion de Mouhammed - qu'Allah<br />

î bénisse et le salue - fut-ce pour un clin d’œil, je ne le ferais plus». -<br />

Oors je te tue, r'épliqua le roi. - Et Abdullah de riposter: «Soit».<br />

La roi ordonna de le crucifier et aux archers de tirer les flèches enre<br />

ses mains et ses pieds, en lui proposant toujours d’embrasser le<br />

¡hristianisme, mais Abdullah refusa. Puis il ordonna d'am ener une<br />

jrande marmite en cuivre qu'on chauffa à ébullition et d’amener un prisonnier<br />

musulman qu’on le jeta dans la marmite. On le retira ensuite<br />

jn squelette dépouillé. Abdullah les regardait faire et refusait leur prooosition.<br />

}<br />

Le roi ordonna d’y jeter Abdullah en l'élevant à l’aide d’une poulie<br />

alors Abdullah pleura. En l'interrogeant sur ses pleurs croyant qu'il allait<br />

apostasier, il répondit: «Je pleure parce que je ne possède qu’une<br />

âme qui sera jetée dans cette marmite pour la cause de Dieu. Comme<br />

j’aurais aimé avoir une âme contre chaque poil de mon corps pour être<br />

torturée pour la cause de Dieu».<br />

Suivant une variante: «Le roi emprisonna Abdullah sans lui donner<br />

ni nourriture ni boisson. Après une période de quelques jours, il lui envoya<br />

du vin et de la viande du porc, mais Abdullah n’en prit rien. En<br />

l’interrogeant: «Pourquoi n'as-tu pas mangé?» Il lui répondit: «Bien que<br />

dans ces conditions une telle nourriture m’est permise, je n’ai pas voulu<br />

en prendre afin de ne te causer aucue joie» Le roi lui demanda enfin:<br />

«Embrasse donc ma tête et je te libère». Et Abdullah de répondre:<br />

«E t tu libères aussi tous les prisonniers musulmans?» - Certainement,<br />

répliqua le roi. Abdullah lui embrassa la tête et les prisonniers musulmans<br />

furent libérés. Om ar Ben Al-Khattab de conclure: «To u t musulman<br />

doit embrasser la tête de Abdullah et je commence par le faire. Il<br />

se leva, embrassa la tête de Abdullah. - que Dieu les agrée.<br />

732


tum ma ’inna rabbaka li-lladîna hajarû mim ba'di mâ futinû tum m a jâhadû<br />

wa sa a ru ’inna rabbaka mim ba'dihâ la G afûr-r-Rahîm un (110)<br />

yawma ta’tî kullu nafsin tujâdilu ‘an nafsih wa tuwaffâ kullu nafsim-mâ<br />

‘amilat wahum lâ yuzlamûna (111).<br />

La sollicitude de ton Allah est acquise à ceux qui sont exilés et ont été<br />

persécutés et, malgré tout, ont combattu et souffert pour Lui. Une telle<br />

constance a appelé sa bénédiction et sa miséricorde (110) Un jour viendra<br />

où toute âme plaidera sa propre cause et recevra le juste prix de ses œuvres<br />

(111).<br />

il y avait une autre catégorie d’hommes qui étaient opprimés et<br />

persécutés à La Mecque qui répondaient à la demande des idolâtres.<br />

A ceux-là Dieu leur trouva une issue en leur ordonnant d’émigrer vers<br />

Médine en laissant biens et famille en vue de Lui satisfaire. A Médine,<br />

ils s'adhérèrent aux fidèles et combattirent à leur côté contre les incrédules<br />

et firent preuve de constance. Ceux-là comme Dieu leur a promis,<br />

bénéficieront au jour du jugem ent de Sa satisfaction et Sa<br />

miséricorde.<br />

En ce jour-là «toute âme plaidera sa propre cause» ni la cause d’un<br />

père, ni d’un fils, ni d’un frère ou d’autre, et chaque personne sera rétribuée<br />

pour ce qu'elle aura fait sans être lésée en quoi que ce soit futce<br />

une pellicule de datte.<br />

wa 4<br />

i ai»Ki m ataian qaryatan îcànat ^ lïiinatam -m utm a’innatan<br />

733


ya’tîhâ rizquhâ ragadam min kulli makânin fakafarat bi ’an'umi-L-Lâhi<br />

fa’ad âqahâ-L-Lâhu Iibâsa-l-ju‘i wa-l-hawfi bimâ kânû yasna'ûna (112)<br />

walaqad jtf’ahum rasûlum minhum fakaddabûhu fa’ahadahum u-I-‘ad<br />

âbu wa hum zâlimûna (113).<br />

Allah vous propose cet exemple: Une cité vivait dans la paix la pins<br />

complète et dans l’opulence la plus large. S’étant montrée ingrate, Allah lui<br />

infligea en punition les affres de la faim et de la peur (112) Et pourtant un<br />

Prophète choisi parmi eux avait été envoyé à ses habitants. Us le traitèrent<br />

d’imposteur. Le châtiment d’Allah les surprit en pleine rébellion (113).<br />

Cette cité est La Mecque. Elle était paisible et tranquille et les richesses<br />

lui venaient en abondance de toutes parts; alors que tout autour<br />

des gens sont enlevés, tandis que ceux qui y pénétrèrent furent<br />

en sécurité totale, comme Dieu le montre dans ce verset: «Comme si<br />

nous ne les avions pas installés dans une enceinte inviolable et sûre, où, par<br />

un effet de notre grâce, affluent toutes les richesses» [Coran XXVIII, 57],<br />

Les habitants de cette ville ont méconnu les bienftaits de Dieu et renié<br />

Ses signes dont le plus grandiose fut la mission de Mouham m ad -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue Dieu en parle d’eux en disant: «Songe<br />

à ces hommes qui ont répondu par des blasphèmes aux bienfaits d’Allah et<br />

qui ont causé la perdition de leurs peuples. Ils brûleront dans l’enfer, l’horrible<br />

demeure» [Coran XIV, 28 - 29].<br />

Pour prix de leur incrédulité, Dieu a fait goûter aux habitants de<br />

cette ville deux violences: La faim, car après qu’ils vivaient dans l’aisance<br />

et l’opulence et recevaient les fruits et les récoltes de toutes<br />

parts, et parce qu’ils ont désobéi à Dieu et à Son Prophète et méconnu<br />

tous les bienfaits, ils furent atteints par sept années de sécheresse<br />

grâce à l’imprécation de l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue<br />

-. Puis la peur en l’échangeant contre la sécurité. Ils craignirent<br />

l'Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - et ses compagnons<br />

après leur émigration car ils attendaient toujours à des attaques qu’à la<br />

fin La Mecque fut conquise.<br />

Tout cela était dû à leur mécroyance et leur rebellion contre le<br />

Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - qui le traitèrent d’imposteur.<br />

c *» a »u u parmi nieu rappela cela aux<br />

734


croyants en leur disant : «Allah a marqué une extrême bienveillance aux<br />

fidèles en choisissant parmi eux un Prophète» [Coran III, 164].<br />

fakulû mimmâ razaqakumu-L-Lâhu halâlan tayyiban waskurû ni‘mata-<br />

L-Lâhi ’in kuntum ’iyyâhu ta‘budûna (114) ’innamâ harram a ‘alaykumul-maytatà<br />

wa-d-dama wa lahma-l-hinzîri wama ’uhilla ligayri-L-Lâhi bihî<br />

fa m a n i- ttu rra g ay ra bâgan w alâ ‘âdin fa ’in n a-L -L âha G a fû r-r-<br />

R ahîm un (115) walâ taqûlû limâ tasifu ’alsinatukum u-l-kadiba h â d â<br />

halâlun wa hâdâ harâm u-l-litaftarû ‘alâ-L-Lâhi-l-kadiba ’inna-l-ladîna<br />

yaftarûna ‘alâ-L-Lâhi-l-kadiba là yuflihûna (116) m atâ'un qalîlun walahum<br />

‘adâbun ’alîmun (117).<br />

Nourrissez-vous des aliments comestibles et licites qu’Allah met à votre<br />

disposition. Reconnaissez les bienfaits d’Allah si vraiment vous l’adorez<br />

(114) Ils vous a interdit la chair des bêtes mortes, le sang, la viande de<br />

porc ainsi que toute autre viande consacrée à un autre qu’à Lui. Celui qui<br />

transgresserait cette interdiction par nécessité et non par esprit de rebellion<br />

et de malveillance obtiendrait le pardon d’Allah (115) Ne dites pas arbitrairement:<br />

Ceci est licite ou illicite en tenant compte seulement de vos goûts.<br />

Vous imputeriez ainsi un mensonge à Allah. Or, ceux qui imputent un mensonge<br />

à Allah ne prospèrent pas (116) Pour un profit dérisoire, ils encourront<br />

un châtiment exemplaire (117).<br />

Dieu ordonne à Ses serviteurs de manger la nourriture bonne et licite<br />

et de Lui être reconnaissants car II est le seul qui pourvoit à leurs<br />

besoins et le Dispensateur par excellence. D ’autre part, Il leur interdit<br />

de consom mer tout ce qui pourrait nuire à leur santé tel que le sang,<br />

735


la bête étouffée et la chair de porc et «toute autre viande consacrée à un<br />

autre qu’à Lui» C ’est à dire que tout ce qui est sacrifié au nom d’autres<br />

divinités.<br />

«Celui qui transgresserait cette interdiction par nécessité» et ne serait<br />

ni rebelle ni transgresseur «obtiendrait le pardon d’Allah» Une affaire<br />

que nous avons traité auparavant, (voir le verset n 173 de la sourate<br />

de la vache).<br />

«Ne dites par arbitrairement: Ceci est licite ou illicite en tenant<br />

compte seulement de vos goûts. Vous imputeriez ainsi un mensonge à Allah»<br />

Il s’agit de toute innovation en matière de religion qui n’est pas<br />

fondée sur une loi, car les idolâtres, du temps de i’ère préislamique,<br />

avaient inventé tant de règles qui n’avaient aucune relation avec la religion<br />

en rendant des aliments licites et d’autres illicites à leur gré, prétendant<br />

que Dieu les a rendus ainsi en forgeant des mensonges. Dieu<br />

les menace et les avertit: «Or ceux qui imputent un mensonge à Allah ne<br />

prospèrent pas» dans les deux mondes. Dans la vie présente ils jouissent<br />

des biens éphémères, mais dans l’autre ils subiront un châtiment<br />

terrible comme II a dit: «Nous les laissons se divertir un temps, puis nous<br />

leur infligeons un supplice atroce» [Coran XXXI, 24], Ils jouiront momentanément<br />

de ce monde et ils retourneront ensuite vers leur Seigneur<br />

qui leur fera goûter un dur châtiment pour prix de leur incrédulité.<br />

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wa ‘alâ-l-ladîna hâdu harram nâ mâ qasasnâ ‘alayka min qablu wamâ<br />

zalam nâhum walâkin kâniï ’anfusahum yaziimûna (118) tum m a ’inna<br />

rabbaka li-l-ladîna ‘amAu-s-sti’ bijahâlatin tumma tâbû mim ba‘di dâlika<br />

wa ’aslahtî ’inna rabbaka mim ba‘dihâ la-Gafûrur-Rahîmun (119).<br />

Nous t’avons déjà révélé les interdictions qui frappent les israëlites.<br />

* n° WS swmmes montiés )ut>tcs eo-veis «un. C« Sont eux-m êm es qui SÊ<br />

sont fait tort (118) Le pardon de ton Seigneur est acquis à ceux qui pè­<br />

736


chent par ignorance, puis s’amendent et reviennent au bien. Allah est indulgent<br />

et miséricordieux (119).<br />

Après avoir montré les choses interdites aux fidèles, Dieu parle<br />

des choses qui étaient défendues à ceux qui suivaient le Judaïsm e<br />

avant que leur religion ne fût abrogée. Ces interdictions on les trouve<br />

dans la sourate du Bétail, parce que les fils d’Israël se sont fait tort à<br />

eux-mêmes et par la suite, Ils ont mérité ces restrictions, quand II a dit:<br />

«C’est pour les punir de leur iniquité que nous avons interdit l’usage d’aliment<br />

autrefois autorisé. Pour les punir aussi de l’acharnement qu’ils ont<br />

montré à écarter de la voie d’Allah» [Coran IV, 160].<br />

A ceux qui ont fait le mal par ignorance, puis se sont repentis et<br />

se sont amendés, Dieu promet le pardon et l'indulgence à condition de<br />

cesser de commettre tout péché et de pratiquer les œ uvres pies et de<br />

s’acquitter de leurs obligations.<br />

’inna ’Ibrâhîma kâna ’ummatan qânitan li-L-Lâhi hanîfan wa lam yaku<br />

m ina-l-m usrikîna (120) sakira-l-li’a n ‘um ihi-jtabâhu wa hadâhu ’ilâ<br />

sirâtin-mustaqîmin (121) wa ’ataynâhu fï-d-dunyâ hasanatan wa ’innahû<br />

fî-l-’a'hirati lamina-s-sâlihîna (122) tum m a ’awhayna ’ilayka ’ani-t-tabi‘<br />

millata ’Ibrâhîma hanîfan wamâ kâna mina-l-musrikîna (123).<br />

Abraham fut un patriarche dévoué à Allah, inaccessible à toute<br />

compromission avec les idolâtres (120) Il sut reconnaître les bienfaits d’Allah.<br />

Pour l’en récompenser, Celui-ci le prit sous sa protection et le dirigea<br />

dans la bonne voie (121) Nous lui accordâmes une heureuse vie dans ce<br />

monde. Il sera parmi les élus dans l’autre (122) Nous t’avons donné pour di-<br />

1rection de suivre le culte d’Abraham, modèle de droiture, et qui ne s’est jamais<br />

compromis avec les idolâtres (123).<br />

737


Dieu fait l’éloge de Son ami Abraham et Son Envo yé , qui fut<br />

l’imam des fidèles et le père des Prophètes. Il l'innocente d’avoir suivi<br />

l’idolâtrie, le judaïsme et la christianisme. Il représenta tout un modèle<br />

d’homme docile, obéissant à Dieu et ne fut point l'un des idolâtres.<br />

Abraham reconnut les bienfaits que Dieu lui a accordés. Il s’est acquitté<br />

de toutes ses obligations envers Lui. Dieu l’a choisi de préférence<br />

à tous les hommes, fit de lui un confident et le dirigea dans la<br />

bonne voie qui consiste à ne reconnaître que Lui comme un Dieu et à<br />

l’adorer avec ferveur.<br />

Dieu demande à Mouhammad - qu’Allah le bénisse et le salue -,<br />

en lui révélant, de suivre la religion d'Abraham qui était parfaite et la<br />

plus véritable, et d’avouer en lui ordonnant de dire: «Dis: Mon Seigneur<br />

m’a mis dans la voie droite. M’a mis dans la vraie religion, le culte d’Abraham,<br />

modèle de droiture, et qui ne s’est jamais compromis avec les idolâtres»<br />

[Coran VI, 161].<br />

£ ii !A£3


la qu’il a dit: «Le sabbat a été institué pour ceux qui ont été en désaccord».<br />

A ce propos, il est cité dans les deux Sahih d’après Abou Houraira<br />

-que Dieu l’agrée- que l’Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue<br />

- a dit: «Nous les derniers venus seront les premoiers au jour de la résurrection.<br />

Néamoins ils ont repu le Livre avant nous. Ce jour (le vendredi)<br />

que Dieu leur avait prescrit, ils se sont divisés à son sujet; mais II nous a<br />

guidés vers ce jour. Les gens viennent par la suite: les juifs le lendemin et<br />

les chrétiens le surlendemain» (Rapporté par Boukhari et Mouslim)II!<br />

’d‘u ’ilâ sabîli rabbika bil-hikmati wa-l-maw‘izati-l-hasanati wa jâdilhum<br />

bi-l-latî hiya ’iihsanu ’inna rabbaka huwa ’a‘lamu biman dalla ‘an sabîlihî<br />

wa huwa ’a‘lamu bi-l-muhtadîna (125).<br />

Rallie les hommes au culte de ton Seigneur par de sages et persuasifs<br />

appels. Si tu discutes avec eux, sois modéré. Allah connaît que quiconque<br />

ceux qui cherchent à s’écarter de Lui et ceux qui cherchent à s’en rapprocher<br />

(125).<br />

Dieu ordonne à Son Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue -<br />

d'appeler les hommes dans son chemin par la sagesse et la belle exhortation<br />

selon les enseignements qu’il a reçus par les révélations, en<br />

leur indiquant et expliquant, d’après les dires d’Ibn Jarir, les prescriptions,<br />

les interdictions et la menace de Dieu au cas où ils enfreignent<br />

Ses lois.<br />

Quant à ceux qui veulent discuter, Il lui demande de discuter avec<br />

eux de la meilleure façon, avec modération et bienveillance, tout<br />

( 1) :J U # 4)l J j — j C)î n i* à ' ijij* jt- -h<br />

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739<br />

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comme II lui a ordonné de le faire avec les gens d'Ecriture en disant:<br />

«Ne discutez avec les gens d’Ecriture que d’une manière courtoise, si ce<br />

n’est quand ils sont malintentionnés» [Coran XXIX, 46].<br />

Les m êm es ordres furent donnés auparavant à M o ïse et A a ­<br />

ron (Haroun) quand Dieu leur dit: «Tenez-lui un langage conciliant. Peutêtre<br />

l’amènerez-vous à réfléchir et à Me craindre» [Coran XX, 44].<br />

«Allah connaît mieux que quicoccnque ceux qui cherchent à s’écarter<br />

de Lui» c’est à dire II connaît ceux qui seront heureux et ceux qui seront<br />

malheureux d’après le Sommier qui se trouve auprès de Lui. Q ue<br />

l’âme du Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - ne se répande pas<br />

en regrets sur eux, car sa mission se limite à les avertir et Dieu les jugera<br />

au jour de la résurrection. Quand le Prophète - qu’Allah le bénisse<br />

et le salue - appelait son oncle à se co nvertir et l'autre de<br />

refuser, Dieu lui dit: «Tu ne diriges pas qui tu veux» [Coran XXVIII, 56].<br />

Dieu connaît aussi mieux que quiconque ceux qui cherchent à se rapprocher<br />

de Lui car c'est Lui qui dirige.<br />

wa ’in ‘âqabtum fa‘âqibû bimitli mâ ‘ûqibtum bihî wa la’in sabartum lahuwa<br />

hayru-l-lissabirîna (126) wa-sbir wamâ sabruka ’illâ bi-L-Lâhi walâ<br />

tahzan ‘alayhim walâ taku fî tîqim mimmâ yamkurûn (127) ’inna-L-Lâha<br />

ma‘a-l-ladîna-t-taqaw wa-l-ladîna hum muhsinûna (128).<br />

Si vous êtes appelés à châtier, faites-le dans la mesure où vous avez<br />

été offensés. Mais si vous pardonnez, ce sera préférable pour vousr(126)<br />

Patiente. Tu ne patienteras qu’avec l’aide d’Allah. Ne t’afflige pas sur le<br />

sort des mécréants. Que leurs intrigues ne te serrent pas le cœur (127) Allah<br />

est avec ceux qui Le craignent et les gens du bien (128).<br />

D ie u o r d o n n e a u x h o m m e s d ’ê tre ju s t e s d a n s le s p u n itio n s e t e n<br />

740


s’acquittant de leurs droits. Ibn Sirine de commenter: Si quelqu’un<br />

prend de vous une chose, récupérez de lui une chose qui lui soit pareille.<br />

Ibn Zaïd rapporte: «Les fidèles furent ordonnés de pardonner aux<br />

polythéistes. Certains parmi ces derniers qui étaient puissants et influents<br />

se convertirent et dirent à i’Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse<br />

et le salue -: «S i Dieu nous le permettait, nous aurions chassé<br />

ces chiens (les idolâtres)». Dieu a cette occasion fit cette révélation<br />

mais, plus tard elle fut abrogée par celle qui oblige les croyants à<br />

combattre dans la voie de Dieu.<br />

La sourate de l'Abeille fut révélée à La Mecque à l’exception des<br />

trois derniers versets cités là- haut, qui furent révélés à Médine après<br />

l’assassinat de Hamza -que Dieu l’agrée- que les idolâtres l’ont mutilé.<br />

L ’Envo yé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - dit alors: «S i je<br />

prends le dessus, je mutilerai les crops de trente hom m es d ’entre<br />

e u x». Les musulmans, ayant entendu les propos du Prophète - qu’Allah<br />

le bénisse et le salue - s’écrièrent: «P a r Dieu si nous les vaincrons,<br />

nous les mutilerons d’une façon que nul parmi les arabes l’avait fait».<br />

C e verset alors fut descendu: «S i vous êtes appelés à châtier......<br />

A propos du meurtre de Hamza, Abou Houraira raconte: «Après le<br />

martyre de Ham za, l'Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue -<br />

se tint auprès de son cadavre, le regarda et fut très peiné et chagriné,<br />

surtout en le voyant mutilé, il dit: «Q u e Dieu te fasse miséricorde. Je<br />

ne t’ai connu qu’un homme qui maintenait le lien du sang et faisait le<br />

bien. Par Dieu, si ce n'était à cause de mon chagrin sur toi, j’aurais<br />

aimé te laisser jusqu’à ce que Dieu te ressuscitera des ventres des bêtes<br />

fauves le jour du rassemblement. Par Dieu, je mutilerai les corps<br />

de soixante hom m es d'entre e u x ». G abriel descendit alors et lui<br />

communiqua cette révélation: «Si vous êtes appelés à châtier, faites-le<br />

dans la mesure où vous avez été châtiés» L ’Envoyé de Dieu - qu’Allah le<br />

bénisse et le salue - expia son serment et s'abstint de toute mutilation.<br />

C e ve rs e t a d 'a u tre s qui lui sont pareils et q u ’on tro u ve d a n s le<br />

Coran, et tous appellent à agir avec équité et justice. C o m m e par<br />

exemple quand le Seigneur dit: «La punition du mal est un mal iden­<br />

741


tique» [Coran XLII, 40] et mieux encore: «Celui qui pardonne et cherche<br />

à se concilier sera récompensé par Allah» [Coran XLII, 40].<br />

Donc les hommes sont tenus de châtier comme ils ont été châtiés,<br />

mais Dieu les exhorte à être patients en l'affirmant «Tu ne patienteras<br />

qu’avec l’aide de Dieu», car que ce soit le châtiment réciproque ou la<br />

patience, tout dépend de la volonté de Dieu, de Son aide et de Sa<br />

puissance.<br />

Il lui dit enfin: Ne t'afflige pas sur ceux qui te contredisent et s’opposent<br />

à toi, et ne sois plus angoissé à cause de leurs intrigues, qu’ils<br />

ne veulent que te causer du mal, mais sache que Dieu te suffit contre<br />

eux. Il te donnera la victoire sur eux et tu auras le dessus car «Allah<br />

est avec ceux qui Le craignent et les gens de bien».<br />

742


» 17 - SOURATE DU VOYAGE NOCTURNE<br />

111 versets<br />

Révélée à La Mecque, à l ’exception de versets 26, 32, 33, 57, 73, 74,<br />

75, 76, 77, 78, 79, et 80 révélés à Médine.<br />

Révelée à la suite de la sourate des «Récits».<br />

Bismi-L-Lâhi-r-Rahmâni-r-Rahîm.<br />

Subhâna-l-ladT ’asrâ bi ‘babdihî laylam-mina-l-masjidi-l-harâmi ’ila-1-<br />

masjidi-l-’aqsâ-l-ladî bâraknâ hawlahû linuriyahû min ’ayâtina ’innahû<br />

huwa-s-samru-l-basîru (1).<br />

Au nom d’Allah le Miséricordieux le Très Miséricordieux.<br />

Béni soit Allah qui a transporté, de nuit, son serviteur de l’oratoire<br />

sacré au temple de Jérusalem, dont nous avons sanctifié les abords- pour<br />

lui montrer notre puissance. Il entend et voit tout.(l).<br />

Le Seigneur se glorifie d’avoir la puissance de faire ce qu’aucun<br />

n’en est capable. Il fît voyager Son serviteur Muhammad - qu’Allah le<br />

3


énisse et le salue -, de nuit, de la Maison Sacrée - à La Mecque - à<br />

la mosquée très éloignée «Al-Aqsa» à Jérusalem ou llyia, où vécut le<br />

père des prophètes Ibrahim -que le salut soit sur lui-. Comme nous<br />

allons le voir plus loin, ces Prophètes étaient réunis en cette nuit-là et<br />

notre Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - avait présidé leur<br />

prière une preuve qu’il est le grand imam et leur meilleur.<br />

«dont nous avons sanctifié les abords» et béni l’enceinte par<br />

l’abondance des fruits et récoltes, pour montrer à Mouhammad<br />

certains de nos signes^ comme Dieu a dit: «A n’en pas douter, il vit<br />

l’attribut le plus convaincant de la puissance d’Allah» [Coran LIII, 18],<br />

Dieu, certes, est celui qui entend les paroles de ses serviteurs tout<br />

comme II voit leurs actes pour les rétribuer.<br />

Des hadiths relatifs au voyage nocturne<br />

N.B. Plusieurs récits ont été rapportés au sujet du voyage nocturne,<br />

quelques uns ont été authentifiés et admis, les autres non. La partie<br />

principale de ces récits est presque la même dans tous les récits avec de<br />

légères différences, ainsi que des événements qui ont été omis dans les uns<br />

on les trouve dans les autres. De ces récits f a i adopté celui qui fu t rapporté<br />

par Al-Boukhari d'après Anas, et j ’ai cité après les ajouts rapportés par<br />

d’autres.<br />

Le traducteur<br />

Anas Ben Malek raconte:<br />

«La nuit où le Messager de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue -<br />

fit le voyage nocturne de la mosquée sacrée à la Mecque, étant<br />

endormi dans son enceinte avec d’autres compagnons, trois individus<br />

vinrent vers lui. L’un d’eux demanda: «lequel est Mouhammad?». Le<br />

deuxième lui répondit: «Il est le meilleur d’entre eux». Le troisième<br />

s’écria: «Alors prenez-le». Rien ne fut signalé en cette nuit.<br />

Le nuit suivante les mêmes individus arrivèrent. A savoir que les<br />

yeux du Prophète dorment mais son cœur voit et ne dort jamais, telle<br />

est l’habitude des autres Prophètes. Ces trois individus ne lui<br />

adressèrent aucune parole jusqu’à l’emporter et le mettre auprès du<br />

puits Zamzam où Gabriel le reçut, lui fendit la poitrine, fit sortir son<br />

cœur et le lava. Il apporta ensuite un vase en or plein de lumière, de<br />

foi et de sagesse, il y remplit son cœur puis le rendit à sa place.<br />

Gabriel et Muhammad montèrent au ciel inférieur et Gabriel<br />

4


demanda de leur ouvrir. Une voix se fit entendre: «Q ui est là?» -<br />

Gabriel, répondit-il - Qui t’accompagne? - - Mouhammad. - A-t-il été<br />

mandé?. - Oui. - Qu’il soit donc le bienvenu. Les habitants du ciel se<br />

réjouissent car ils ne connaissaient point ce que Dieu veut faire sur la<br />

terre par son immédiaire jusqu’à ce qu’il les fasse savoir.<br />

Ils trouvèrent Adam et Gabriel de demander à Mouhammad: « -<br />

Voici ton père, va le saluer». Il le salua et Adam lui rendit le salut et lui<br />

dit: «Sois le bienvenu ô mon fils, le meilleur des fils». Alors qu’ils sont<br />

toujours au ciel inférieur, Mouhammad vit deux rivières qui coulaient à<br />

flots. Il demanda à Gabriel: «Quelles sont ces deux rivières?» - Le Nil<br />

et l’Euphrate, répondit-il. Poursuivant leur chemin, ils rencontrèrent une<br />

autre rivière au-dessus fut érigé un palais en perles et topaze. En<br />

prenant de son eau et la trouvant dégager une senteur du musc, il<br />

demanda à Gabriel: «Quelle est cette rivière?» Il lui répondit: «C ’est le<br />

Kawthar que ton Seigneur t’a réservée».<br />

Ils montèrent au deuxième ciel et les anges de leur demander:<br />

«Qui est là?» - Gabriel. - Qui t’accompagne?. - Muhammad. - A-t-il été<br />

mandé? - Oui, - Q u’il soit le bienvenu. Ainsi ils continuèrent leur<br />

ascension jusqu’au septième ciel. Le rapporteur ajouta: Dans chaque<br />

ciel ils rencontrèrent des Prophètes, de leurs noms je n’ai retenu que:<br />

Idris (Enoch) qui était au deuxième, Haroun (Aaron) au quatrième, un<br />

autre au cinquième, Ibrahim au sixième et Moïse au septième grâce<br />

aux paroles que le Seigneur lui a adressées. Moïse, en rencontrant<br />

Mouhammad, dit à Dieu: « J ’ai songé que Tu n’auras élevé un autre<br />

Prophète au-dessus de moi».<br />

En effet Dieu éleva Muhammad à une place que nul ne saurait la<br />

déterminer jusqu’à atteindre le jujubier de la limite auprès duquel se<br />

trouve le Jardin de la Demeure, à une distance de deux portées d’arc.<br />

Là II lui a révélé ce qu’il lui a révélé, entre autres choses révélées fut<br />

la prescription de cinquante prières de nuit et de jour à lui et sa<br />

communauté.<br />

En descendant, Moïse retint Muhammad et lui dit: «Que t’a-t-ll<br />

presrit ton Seigneur?» Il lui répondit: «Cinquante prières quotidiennes<br />

de nuit et de jour». Moïse répliqua: «Retourne auprès de ton Seigneur<br />

et demande -Lui la réduction car ta communauté ne serait plus<br />

5


capable de s’en acquitter». Mouhammad regarda Gabriel, comme<br />

voulant lui demander son avis, ce dernier lui fit signe de le faire s’il le<br />

veut, et il le ramena chez le Tout -Puissant le béni et que Son Nom<br />

soit sanctifié. Il lui supplia: «Seigneur! Allège la tâche à ma<br />

communauté car elle ne saurait supporter ce dont Tu m’as prescrit». Il<br />

lui remit dix prières. En retournant vers Moïse, il le retint chez lui puis,<br />

il le chargea de revoir son Seigneur qu’à la fin les prières furent<br />

réduites à cinq. Mais comme Moïse voulut encore le convaincre de<br />

demander à Dieu de les réduire, il lui dit: «O Muhammad, j’ai tenté les<br />

fils d’Israël ce qu’il était possible de tenter, d’observer moins que ça,<br />

mais ce fut en vain. Ta communauté, quant à elle est encore plus<br />

faible en corps, sens, cœurs, ...Retourne chez ton Seigneur et supplie-<br />

Le d’alléger ses prescriptions» Durant ce dialogue Mouhammad<br />

regardait Gabriel comme pour demander son avis et l’ange ne disait<br />

mot en signe d’approbation.<br />

Le Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - se rendit enfin chez<br />

son Seigneur et lui dit: «Seigneur! Ma communauté est fabile en corps,<br />

cœurs, sens, ouïe et vue. Je te supplie de réduire cette tâche. Le<br />

Tout-Puissant s’écria: «O Mouhammad!» - Me voilà répondre à Ton<br />

appel ô Seigneur», et Dieu de poursuivre: «La parole, chez moi, ne<br />

change pas. Comme J ’ai déjà signalé dans la Mère du Livre, chaque<br />

bonne action sera décuplée. Ces prières prescrites sont au nombre de<br />

cinq mais elles auront le mérite de cinquante».<br />

En retournant chez Moïse et en répondant à sa question, il lui dit:<br />

«Dieu nous a allégé la tâche en nous gratifiant d’une récompense de<br />

dix fois autant chaque bonne action». Com me Moïse insista,<br />

Mouhammad trancha la question et dit: «O Moïse, j ’ai honte<br />

maintenant, je me tiens pour satisfait et me résigne» - Descends donc<br />

avec paix, s’écria Moïse, et au nom de Dieu.<br />

Le Messager de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - se réveilla<br />

où il se trouvait à la Maison Sacrée.<br />

Telle était la version de Boukhari dans son Sahih (le livre de<br />

l’unicité de Dieu),<br />

Au sujet de la vue du Seigneur, une question qui a soulevé de<br />

polémique, Abou Dzarr demanda au Prophète - qu’Allah le bénisse et


le salue «As-tu vu ton Seigneur?» La réponse fut: «Je n’ai vu qu’une<br />

lumière». Une réalité qui a été soutenue par Aicha - que Dieu l’agrée -<br />

et par les compagnons.<br />

Dans la version de Ahmad ou trouve ce rajout: «Le Messager de<br />

Dieu - qu’Allah le bénisse et te salue - a raconté: «On m’apporta le<br />

«Bouraq» qui est une monture blanche plus grande que l’âne et plus<br />

petite que le mulet dont son pas atteint la limite de sa vue. Je le<br />

montai jusqu’à Jérusalem où je l’attachai à l’anneau où les Prophètes<br />

attachaient les siennes. J ’entrai à la mosquée, fis deux rak'ats et, en<br />

sortant, Gabriel me présenta un vase de lait et un autre de vin, je pris<br />

celui du lait. Il me dit alors: «Tu es sur la «fitra» (l’islamisme), puis je<br />

montai avec lui au ciel...».<br />

D’après cette version il trouva Adam au premier ciel, au deuxième<br />

Jésus et Jean (Issa et Yahia) les deux cousins maternels, au troisième<br />

Youssof (Joseph), au quatrième idris (Enoch), au cinquième Haroun<br />

(Aaron), au sixième Moïse et au septième Ibrahim (Abraham) qui était<br />

adossé à la Maison peuplée où entraient chaque jour soixante-dix mille<br />

anges sans y retourner.<br />

Quelle fut la réaction de ce voyage nocturne et l’asencion au ciel?.<br />

Abou Salama Ben Abdul Rahman rapporte: «Entendant ce récit<br />

les gens devinrent perplexes: devont-ils y croire ou le rejeter?. Les<br />

Qoraïchites allèrent trouver Abou Bakr qui n’était pas présent et lui<br />

demandèrent: «Ton compagnon (le Prophète) vient de raconter une<br />

histoire inconcevable? Il prétend avoir visité la nuit précédente,<br />

Jérusalem et revenu à La Mecque». Il leur demanda: «A-t-il dit de<br />

chose pareille?» - Oui, affirmèrent -» Et Abou Bakr de rétorquer: «Si<br />

vraiment il a raconté cela, je le tiens pour véridique». Ils objectèrent:<br />

«Vas-tu le croire qu’il a fait ce voyage en une seule nuit pour aller à<br />

Jérusalem et revenir à La Mecque avant la pointe du jour?» Abou Bakr<br />

s’écria alors: «Je le croirai même s’il racontait des choses plus<br />

extravagantes».<br />

Abou Salama ajouta: « C ’est pourquoi on a surnommé Abou Bakr<br />

le «Sidiq». Plus tard j’ai entendu Jaber Ben Abdullah rapporter que le<br />

Messager de Dieu - qu’Aliah le bénisse et le salue - a dit: «Lorsque les<br />

Qoraïchites m’ont traité de menteur, je me retirai au Hijr ( l’intérieur de<br />

7


l’enceinte sacrée) et Dieu à ce moment me montra Jérusalem comme<br />

si je le voyais de mes propres yeux, et alors j’ai commencé à leur<br />

décrire les plus petits détails.<br />

Dans la version de Chadad Ben Aws on trouve cet ajout: «... En<br />

retournant vers La Mecque, nous passâmes par tel endroit où nous<br />

vîmes une caravane appartenant à des Qoraïchites et les hommes<br />

recherchaient un chameau égaré qu’un homme l’avait joint aux siens.<br />

Je les saluai et ils rendirent le salut, et un homme d’entre eux s’écria:<br />

« C ’et la voix de Muhamjnad!»....<br />

... Après son entrevue avec Abou Bakr, le Messager de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue - affirma aux Qora'ichites: «La caravane<br />

arrivera à tel jour précédée par un chameau noir portant sur le dos<br />

deux grands sacs noirs». A la date et à l’endroit fixés, les hommes se<br />

rendirent au milieu du jour pour, en effet, rencontrer la caravane tel<br />

comme le Messager de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - l’a<br />

décrit...<br />

Chapitre<br />

De toutes les versions, Al-Zouhari a conclu que ce voyage eut lieu<br />

avant la Hégire. Le Messager de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue<br />

- à l’état d’éveil, et jamais à l’état de sommeil, fit ce voyage de la<br />

Mecque à Jérusalem monté sur le «bouraq». Arrivé à la porte de la<br />

mosquée à Jérusalem, il y attacha sa monture, y entra et pria deux<br />

rak'ats. On lui apporta comme un êscalier, monta aux différents ciels<br />

jusqu’au septième en rencontrant dans chacun les Prophètes. Il le<br />

dépassa pour arriver en un lieu où il put entendre le crissement des<br />

plumes, celles qui inscrivent le «d e stin » c ’est à dire tous les<br />

événements qui auront lieu jusqu’au jour de la résurrection. Il atteignit<br />

ensuite le jujubier qui marque les limites des deux enveloppé, par la<br />

grâce de Dieu, de parure en or, d’ombres multicolores et entouré<br />

d’anges. Il y vit Gabriel sous sa forme naturelle muni de six cent ailes,<br />

et de coussins verts qui bouchent l’horizon. Il vit également la Maison<br />

Peuplée et Ibrahim l’ami de Dieu et le constructeur de la Ka‘ba<br />

terrestre appuyant son dos à la Ka'ba céleste. Chaque jour soixantedix<br />

mille anges entrent à la Maison pour adorer et glorifier Dieu et n’y<br />

reviendront qu’au jour de la résurrection.


Il vit aussi le Paradis et l’Enfer et en cette nuit, Dieu lui prescrit<br />

cinquante prières jour et nuit qui furent réduites à cinq par une grâce<br />

et une miséricorde du Seigneur: Donc la prière est l’acte d’adoration la<br />

plus noble et récompensée.<br />

Il descendit du ciel accompagné d’autres Prophètes à Jérusalem<br />

pour diriger leur prière qui fut celle de l’aube d’après les exégètes.<br />

Dautres ont prétendu qu’ils ont fait cette prière alors qu’ils se<br />

trouvaient au ciel, mais il s’avère qu’elle a été accomplie à Jérusalem.<br />

Bien que certains ulémas ont raconté qu’il a fait cette prière à<br />

Jérusalem lors de son arrivée de La Mecque, mais ce qui est probable,<br />

voire affirmé, qu’elle fut exécutée après sa descente du ciel<br />

accompagné des Prophètes qu’il rencontra dans les différents deux en<br />

interrogeant Gabriel sur chacun d’eux. La supériorité de notre Prophète<br />

- qu’Allah le bénisse et le salue - par la grâce de Dieu, fut constatée<br />

quand il présida à la prière. La prière terminée, il quitta Jérusalem<br />

toujours monté sur le Bouraq pour retourner de nuit à La Mecque.<br />

La majorité des ulémas affirment que le voyage eut lieu en âme et<br />

corps à l’état d’éveil et non en rêve. Ils n’ont pas renié que l’Envoyé de<br />

Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue -, avait fait une vision qui fut<br />

ensuite réalisée effectivement. La preuve en est le verset: «Gloire à<br />

celui qui a fait voyager de nuit Son serviteur...», car la glorification<br />

n’est constatée que lorsqu’il s’agit d’un événement très important.<br />

D’autre part si ce voyage était l’objet d’une vision, les Qoraïchites<br />

impies n’auraient pas démenti une chose pareille et une foule qui avait<br />

embrassé l’Islam n’aurait pas apostasié. D ’autant plus le terme<br />

«serviteur» signifie l’homme: âme et corps, d’ailleurs ce qui est<br />

mentionné dans le verset.<br />

En interprétant ce verset: «Ton rêve, nous ne te l’avons suggéré que<br />

pour éprouver les hommes et c’est dans le même dessein que nous avons<br />

mtroduit l’histoire de l’arbre maudit» [Coran XVII, 60] Ibn Abbas a dit:<br />

«C e fut un rêve que le Messager de Dieu - qu’Allah le bénisse et le<br />

salue - a réalisé la nuit de son voyage nocturne et a vu de ses propres<br />

yeux l’arbre maudit: «A l-Zaqoum ». Dieu a dit ailleurs: «L’œil du<br />

Prophète ne fut abusé ni altéré» [Coran LIII, 17] or l’œil est un organe du<br />

corps et non de l’âme. Une autre preuve est la monture. «Al-Bouraq»


qui est une bête blanche qui fut mise au service du corps et non de<br />

l’âme car cette dernière n’a plus besoin d’une monture pour se<br />

déplacer.<br />

Une autre partie des ulémas ont prétendu que le voyage fut<br />

réalisé en âme seulement, un chose qui contrarie le texte coranique.<br />

Pour montrer enfin la véracité de ce récit, notons que des<br />

hommes véridiques et dignes de confiance l’ont apporté tels que:<br />

Omar Ben Al-Khattab, ^li, Ibn Mass'oud, Abou Dzarr, Abou Hourraira<br />

et autres... Mais les impies et les athées n’ont fait que le renier et le<br />

démentir, et Dieu a dit d’eux: «Ils essaient d’éteindre la lumière d’Allah.<br />

Mais Allah fera briller sa lumière en dépit des infidèles» [Coran LXI, 8].<br />

Wa ’a taynâ M ûsâ-l-kitâba wa ja ‘alnâhu huda-l-libanT ’Isrâ’îla ’allâ<br />

tattahidû min dûnî wakîlan (2) durriyyata man hamalnâ ma‘a Nûhin<br />

innahu kâna ‘abdan sakûran (3).<br />

Nous avons donné à Moïse le Livre comme guide des fils d’Israël.<br />

Nous avons recommandé à ces derniers de ne prendre que nous comme<br />

maître. (2). N’êtes-vous pas les descendants de ceux que nous avons sauvés<br />

avec Noé? Celui-ci était un serviteur reconnaissant. (3).<br />

Dans plusieurs endroits du Coran on trouve le nom de Moïse joint<br />

à celui de Mouhammad, et les deux Livres célestes le Pentateuque et<br />

le Coran. Ainsi au début de cette sourate après avoir parlé du<br />

Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue -, Il a mentionné Moïse - que<br />

Dieu le salue - à qui II a révélé le Pentateuque - La tora - pour être<br />

une Direction aux fils d’Israël en leur avertissant de ne plus prendre de<br />

protecteur en dehors de Lui. D’ailleurs ce que fut l’objet de tous les<br />

Messages et la charge des Prophètes de n’adorer qu’un Dieu seul<br />

sans rien Lui associer.<br />

Dieu rappelle aux fils d’Israël: « N ’êtes-vous pas les descendants de<br />

ceux que nous avons sauvés avec Noé?» soyez donc comme votre père<br />

10


Noé qui fut un serviteur reconnaissant. Rappelez-vous aussi Ma grâce<br />

en envoyant vers vous Mouhammad - qu’Allah le bénisse et le salue -.<br />

Noé fut nommé ainsi, d’après les traditions, parce qu’il louait toujours<br />

le Seigneur en mangeant, buvant, s’habillant et dans tous ses actes. Il<br />

est cité dans un hadith: «Dieu agrée de Son serviteur de Le louer<br />

après avoir mangé ou b u ». Et dans un long hadith relatif à<br />

l’intercession il est cité: «... Puis les hommes se rendront chez Noé et<br />

lui diront: « Ô Noé, tu es le premier Messager envoyé vers les<br />

habitants de la terre et Dieu t'a surnommé le serviteur reconnaissant,<br />

intercède en notre faveur auprès de ton Seigneur.»<br />

wa qadaynâ* ’ilâ banT ’isrâA’îla fî-l-kitâbi latufsidunna fî-l-’ard i<br />

marratyani wa lata‘lunna ‘ulûwwan kabîran (4) fa’id â jâA’a wa‘du<br />

ulâhumâ ba‘atnâ ‘alaykum ‘ibâda-l-lana ’ûlî ba’sin sadîdin fajâsû hilâlad-diyâri<br />

wa kâna wa‘dam m afûlan (5) tumma radadnâ lakumu-1-karrata<br />

‘alayhim wa ’amdadnâkum bi’amwâlin wa banîna wa ja‘alnâkum ’aktara<br />

nafîran (6) ’in ’ahsantum ’ahsantum li’anfusikum wa ’in ’asa’tum falahâ<br />

fa’idâ j a ’a wa‘du-l-’a hirati liyasïï’û wujûhakum wa liyadhulû-l-masjida<br />

kamâ dahalûhu ’awwala marratin wa liyutabbirû mâ ‘alaw tatbîran (7)<br />

‘asâ rabbukum ’ay-yarham akum w a’in ‘uttu m ‘udnâ wa j a ‘alnâ<br />

jahannama li-l-kâfirîna hasîran (8).<br />

Nous avons prédit dans le Livre que les fils d’Israël commettraient des<br />

iniquités deux fois et qu’ils feraient montre d’un orgueil insupportable. (4)<br />

11


Quand viendra le ternie du premier châtiment, nous lâcherons contre eux<br />

nos troupes les plus féroces. Ils envahiront leurs maisons. Et ainsi<br />

s’accomplira notre menace. (5) Puis nous favoriserons votre revanche. Nous<br />

accroîtrons vos richesses et vos enfants et nous augmenterons vos effectifs.<br />

(6) Si vous faites le bien, vous vous ferez du bien à vous-mêmes; si vous<br />

ferez du mal, vous vous ferez à vous-mêmes. Quand viendra le terme du<br />

deuxième châtiment vos visages se crisperont. Vos ennemis profaneront le<br />

Temple, comme la première fbis, et détruiront tout sur leur passage. (7)<br />

Peut-être Allah vous fera-t-Il grâce? Mais toute nouvelle faute entraînera<br />

une nouvelle répression. L’enfer sera le séjour des infidèles. (8).<br />

Dieu a décrété dans le Livre révélé aux fils d’Israël, qu’ils allaient<br />

commettre par deux fois le désordre sur terre et s’élever avec un<br />

grand orgueil en opprimant les gens et en s’enorgueillissant. «Quand<br />

viendra le terme du premier châtiment» après qu’ils aient semé le<br />

scandale sur terre, «nous lâcherons contre eux nos troupes les plus<br />

féroces» des serviteurs doués d’une force terrible et pleins de dure<br />

rigueur: «Ils envahiront leurs maisons» en occupant leur territoire et<br />

pénétrant même à l’intérieur de leurs dem eures sans craindre<br />

personne. «Et ainsi s’accomplira notre menace».<br />

Les exégètes se dont divergés quand à l’identité de ces troupes?<br />

qui sont-elles?:<br />

- Ibn Abbas et Qatada ont déclaré qul’ils étaient Goliath et son<br />

armée, mais celui-ci fut tué plus tard par David, tel est le sens des<br />

dires de Dieu: «Puis nous favoriserons votre revanche».<br />

- S ’aid Ben Jo u b a ïr et d ’autres ont précisé qu’il s ’agit de<br />

Bakhtanassar le roi de Babylone, après que les fils d’Israël aient semé<br />

la corruption, l’injustice et tout acte de désordre sur terre. Il les a<br />

vaincus, humiliés et maltraités car ils furent des gens rebelles en tuant<br />

leurs Prophètes et savants.<br />

A cet égard Sa’id Ben Al-Moussaib raconte: Quand Bakhtanassar<br />

fît apparition au pays du Châm et l’envahit, il détruisit le Temple de<br />

Jérusalem et massacra les fils d’Israël. Retournant à Damas, il vit du<br />

sang bouillir sur un morceau d’étoffe sans s’arrêter. En interrogeant les<br />

habitants à son sujet, ils lui répondirent que cet un phénomène qui<br />

data de l’époque de leurs ancêtres sans pouvoir connaître le secret. Il


dut alors tuer soixante-dix mille d’homme soumis et autres pour que le<br />

sang cesse de s’écouler, en effet tel fut le résultat.<br />

Et S'aid raconta aussi que Bakhtanassar avait tué les chefs et<br />

docteurs des juifs au point de n’en laisser aucun qui connaissait la<br />

Tora par cœur. Il fut également des autres des captifs de guerre dont<br />

une partie qui formait les fils des Prophètes et autres, puis plusieurs<br />

événements se succédèrent qu’on trouve dans les livres d’histoire et<br />

*<br />

de tradition.<br />

«Si vous faites le bien, vous vous ferez du bien à vous-mêmes; si vous<br />

faites du mal, vous vous ferez du mal à vous-mêmes» D’ailleurs c’est la<br />

règle fondamentale de la rétribution car celui qui fait du bien le fait<br />

pour lui-même, et celui qui agit mal, le fait à son propre détriment.<br />

«Quand viendra le terme du deuxième châtiment» en commettant le<br />

désordre pour la deuxième fois et le retour de vos ennemis, «vos<br />

visages se crisperont» car vous serez humiliés et vaincus. Comme pour<br />

la première fois «vos ennemis profaneront le Temple» et le détruiront.<br />

«Peut-être Allah vous fera-t-il grâce?» en les détournant de vous. «Mais<br />

toute nouvelle faute entraînera une nouvelle répression» Si vous<br />

recommencez votre désordre et votre corruption, nous reviendrons<br />

vous infliger nos punitions et en plus, le châtiment qui vous attend<br />

dans l’au-delà. «L’Enfer sera le séjour des infidèles» Comme une prison<br />

pour les incrédules. Et Qatada de le commenter en disant: «Les fils<br />

d’Israël ont récidivé et, pour les punir, Il leur envoya Mouhammad -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue - et ses compagnons pour leur imposer<br />

le tribut qu’ils devront payer humiliés et couverts d’opprobre.<br />

’inna hâd a-l-Q ur’âna yahdî-l-l-latî hiya ’aqw am u wa yubassiru-1-<br />

mu’minîna-l-ladîna ya‘malûna-s-sâlihâti ’anna lahum ’ajran kabîran (9)<br />

Wa ’anna-l-ladîna-lâ yu’minûna bi-l-’tThirati ’a‘tadnâ lahum ‘adâban<br />

alîman (10).<br />

13


Ce coran est le meilleur guide. 11 annonce aux croyants qui pratiquent<br />

les bonnes œuvres une belle récompense. (9) Il annonce à ceux qui ne<br />

croient pas à la vie future un affreux châtiment (10).<br />

Certes, le Coran que Dieu a révélé à Son Prophète - qu’Allah le<br />

bénisse et le salue - conduit vers une voie très droite et donne bonne<br />

nouvelle aux croyants qui font le bien en se conformant à ses<br />

prescriptions qu’ils auront la belle récom pense au jour de la<br />

résurrection. Quant aux fncrédules qui ne croient pas au Jour Dernier<br />

et à la vie future, ils subiront le plus dur châtiment.<br />

Wa yad‘u-l-’insânu bi-s-sarri du ‘a ’ahû bi-l-hayri wa kâna-l-’insânu<br />

ajûlan (11).<br />

L’homme appelle le mal avec la même facilité que le bien. Il est<br />

irréfléchi. (11).<br />

Parfois l’homme se montre pressé, vu sa nature. Il arrive qu’il<br />

appelle le mal soit pour lui, soit pour ses enfants, tout comme il<br />

appelle le bien. Si Dieu voulait exaucer son vœu, Il l’aurait fait périr par<br />

l’effet de sa suppliction comme 11le montre dans ce verset: «Si Allah<br />

prodiguait le mal avec la même facilité qn’il prodiguait te bien, les hommes<br />

auraint tôt fait d’arriver à la fin de leurs jours» [Coran X, 11]. Ainsi était<br />

l’interprétation d’Ibn Abbas, Moujahed et Qatada. Il est cité dans un<br />

hadith que le Prophète a dit: «N’appelez pas le mal ni pour vous-mêmes<br />

ni pour vos biens car il arrive que cela tombe sur une heure où toute<br />

invocation serait exaucée» (Rapporté par Âbou Daoud)(1K<br />

0 ) 4ju1 ¿j a ùl V j *.il ^<br />

14<br />

•Oj'-1y<br />

*Uî*


Waw ja‘alnâ-l-layla wa-n-nahâra ’ayatayni famahawna ’a yata-l-layli wa<br />

ja ‘alna ’a yata-n-nahâri mubsirata-l-litabtagû fadlam mir-rabbikum wa<br />

litaiam û ‘adada-s-sinîna wa-l-hisâba wa kulla say’in fassalnâhu tafsîlan<br />

(12).<br />

La nuit et le jour sont des marques de notre puissance. Nous avons<br />

créé la nuit abscure et le jour brillant pour vous permettre de rechercher les<br />

bienfaits d’Allah et de calculer le temps. A chaque chose nous avons donné<br />

son Individualité propre. (12).<br />

Entre autres signes divins, Dieu cite la nuit et le jour qui sont deux<br />

phénomènes opposants, la nuit pour le repos et le jour pour travailler<br />

et chercher une grâce du Seigneur, ainsi pour connaître les années,<br />

mois et jours et calculer le temps. Si le temps était composé de<br />

périodes homogènes, où il n’y avait ni changement ni différence, on<br />

n’en aurait rien retenu ni connu. Une réalité qu’on déduit des dires de<br />

Dieu: «Dis: «Qu’en pensez-vous? Si Allah vous avait plongés dans une nuit<br />

sans fin jusqu’au jugement dernier, quel autre que Lui aurait pu vous<br />

donner la lumière? Quand vous déciderez-vous à compendre?» [Coran<br />

XXVIII, 71], aussi ce verset: «Il fait se succéder la nuit et le jour pour<br />

donner plus de marge à ceux qui veulent adorer Allah et Lui rendre des<br />

actions de grâce» [Coran XXV, 62] et encore: «Il fait luire les matins; Il a<br />

institué la nuit pour le repos, le soleil et la lune comme mesures du temps.<br />

Tel est l’ordre conçu par le Tout-Puissant et le docte» [Coran VI, 96].<br />

Chacun de ces deux phénomènes a de signes: l’obscurité de la<br />

nuit qui est parfois éclairée faiblement par la lune; la clarté du jour et<br />

le lever du soleil et sa lumière éclatante. Entre le clair de la lune et la<br />

lumière du soleil il y a une différence énormp afin que les hommes<br />

puissent les discriminer. A cet égard Dieu a dit: «C’est lui qui a créé le<br />

soleil qui brille et la lune qui éclaire. C’est Lui qui a fixé les phases de<br />

celle-ci pour vous permettre de calculer les années et de mesurer le temps.<br />

Ce n’est pas sans but qu’Allah a créé tout cela. Nous multiplions nos signes<br />

pour ceux qui comprennent» [Coran X, 5].


wa kulla ’insânin ’alzam nâhu tâ*’irahû fî ‘unuqihî wa nuhriju lahû<br />

yawma-l-qiyâmati kitâba-y-yalqâhu mansûran (13) ’iqra’ kitâbaka kafâ<br />

binafsika-l-yawma ‘alayka hasîban (14).<br />

Chaque homme a le compte de ses bonnes et mauvaises actions attaché<br />

à son cou. Au jour du jugement dernier, nous lui présenterons un livre<br />

ouvert. (13) - Lis dans ton livre, lui sera-t-il dit. Tu peux faire toi-même,<br />

ton compte. (14). ^<br />

Après que Dieu ait mentionné la nuit et le jour comme étant deux<br />

signes, ils sont aussi des périodes où tout homme y commet ses<br />

œuvres soit-elles bonnes ou mauvaises et leur compte est attaché à<br />

son cou dont il sera responsable. Toute bonne ou mauvaise action<br />

sera rétribuée: «Celui qui aura fait le plus petit atome de bien, le verra.<br />

Celui qui aura fait le plus petit atome de mal le verra» [Coran XCIX, 7-8].<br />

Des anges gardiens veillent sur chaque homme, de nobles anges<br />

scribes inscrivent ses œuvres jour et nuit. L’homme ne profère aucune<br />

parole ou fait une œuvre sans avoir auprès de lui un observateur prêt<br />

à l’inscrire.<br />

Bref toute œuvre est inscrite dans un livre et: «Au jour du jugement<br />

dernier, nous lui présenterons un livre ouvert». Si ce livre lui sera donné<br />

dans la main droite, il sera parmi les bienheureux, par contre s’il le<br />

recevra de la main gauche, il sera parmi les damnés. Donc ce livre est<br />

le sommier des œuvres de chaque individu où il pourra lui-même lire<br />

tout ce qu’il a commis dans le bas monde: «Ce jour-là l’homme sera<br />

informé de tout ce qu’il aura fait» [Coran LXXV, 13]. Nul ne sera lésé ni<br />

opprimé et supportera la responsabilité. Le compte sera attaché au<br />

cou, car le cou est une partie très importante du corps humain, pour<br />

cela Dieu l’a mentionné et montré que le destin de chaque homme est<br />

attaché à son cou.<br />

Chacun est tenu de s’acquitter d’une obligation quelconque surtout<br />

les obligations envers Dieu qui sont Ses prescriptions. Si l’homme est<br />

habitué à faire des œuvres étant capable de les faire, lorsqu’il tombe<br />

malade, ces œuvres lui seraient prescrites comme s’il les avait faites.<br />

A cet égard le Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: Toutes<br />

les œuvres du fils d ’Adam seront scellées. Quand il tombe malade, les anges<br />

s ’écrient: «Seigneur, ton serviteur tel Tu l’as retenu?» Et le Seigneur à Lui<br />

16


la puissance est la gloire de leur répondre: «Inscrivez les (bonnes) actions<br />

que Mon serviteur avait l’habitude de faire, scellez-les lui jusqu'à mourir ou<br />

guérir» (Rapporté par A hm ed/1*.<br />

Al-Hassan Al-Basri récita ce verset: «Deux anges se tiennent à la<br />

droite et à la gauche de l’homme pour recueillir ses paroles» [Coran L, 17]<br />

et dit: «D ieu dira à l’homme au jour du jugement dernier: «O fils<br />

d’Adam! Voilà ton livre que J ’étale devant toi. Deux anges ont été<br />

* chargés d’écrire toutes tes actions: Celui qui se tenait à ta droite avait<br />

inscrit les bonnes, quant à celui de la gauche il avait inscrit les<br />

mauvaises. Une fois mort, ton livre fut plié et attaché à ton cou, et le<br />

voilà, au jour de la résurrection, étalé devant toi afin que tu puisses lire<br />

toutes les actions que tu avais commises dans le bas monde» Dieu<br />

est équitable et ne lèse personne.<br />

man-i-htadâ fa’innamâ yahtadî linafsihî wa man dalla fa ’innamâ yadillu<br />

‘alayhâ walâ taziru wâziratun wizra ’uhrâ wamâ kunnâ m u‘ad d ib în a<br />

hattâ nab‘ata rasûlan (15).<br />

Qui suit le bon chemin le suit à son profit. Qui s’en écarte s’en écarte<br />

à son détriment. Nul ne prendra charge les péchés d’un autre. Nous ne<br />

sévissons pas sans que nous ayons envoyé un Prophète (15).<br />

Le verset est très clair: quiconque est bien dirigé, ne se guide que<br />

pour lui-même. Quiconque est égaré ne s’égare que contre lui-même,<br />

et en supportera les conséquences. Nul ne portera les fardeaux (des<br />

péchés) d’un autre. Dieu l’a affirmé en disant: «Si une âme demande à<br />

une autre, fût-elle une de ses proches, de la soulager de son fardeau, ce<br />

sera en vain» [Coran XXXV, 18]. Ceci ne contredit pas le sens de ce<br />

(1) cJLS J p j * tili c-lJ-î- (►¿¿vt { y . J-«-* c r * îH ¿r*<br />

17<br />

.[.Us-i oljj] ï C j j Z j \ \j ~i J & -


verset: «Ils porteront sûrement leurs fardeaux et d’autres fardeaux encore<br />

avec leurs propres fardeaux» [Coran XXIX, 13] et celui-ci encore: «Ils<br />

auront à répondre de leurs propres péchés et ceux des ignorants qu’ils<br />

auront égarés» [Coran XVI, 25] car ceux qui appellent à un égarement<br />

supporteront les conséquences de leurs propres péchés et celles des<br />

autres qu’ils ont égarés. Telle est la justice idéale de Dieu. De par Sa<br />

miséricorde, Il ne châtiera personne sans l’avoir averti et sans lui<br />

montrer le chemin droit: «Nous ne sévissons pas sans lui montrer le<br />

chemin droit: «Nous ne sévissons pas sans que nous ayons envoyé un<br />

Prophète».<br />

Au jour du jugement II présentera à chaque individu son propre<br />

livre et fera avouer chaque homme sans laisser à aucun un argument<br />

quelconque. Ce verset en est une preuve claire: «Les gardiens leur<br />

diront: «Ne vous a-t-on pas envoyé des Prophètes choisis parmi vous pour<br />

vous faire connaître les enseignements de votre Seigneur et vous prévenir de<br />

l’arrivée de ce jour-là?». «Oui, répondront-ils, mais la menace prédite sera<br />

déjà en voie d’exécution contre les infidèles» [Coran XXXIX, 71]. On<br />

trouve dans lé Coran plusieurs versets qui donnent tous le même<br />

sens.<br />

Un problème<br />

Une question a suscité une divergence dans les opinions des<br />

ulémas: qu’en serait des enfants morts en bas âges alors que leurs<br />

pères étaient incrédules? Ainsi le fou, le sourd, le vieux radoteur et<br />

celui à qui le message n’est pas parvenu?.<br />

Pour répondre, nous nous contentons de citer des hadiths relatifs<br />

à leur sujet et nous nous limitons à quelques-uns.<br />

1 - Al-Aswad Ben Sari’ rapporte que PEnvoyé de Dieu - qu’AHah le<br />

bénisse et le salue - a dit: «Quatre jouiront de leur propre défense au jour<br />

du jugement dernier, un sourd qui n ’entend rien, un idiot, un vieillard et un<br />

homme qui meurt sur l’innéité. Le premier dira: «Seigneur, l ’Islam est venu<br />

alors que je n ’en pus rien entendre. L ’idiot dira: «Seigneur, l’islam est venu<br />

et, (à cause de mon état) les enfants jetèrent des crottins sur moi. Le<br />

vieillard dira: « L ’islam est venu alors que je n’en pus rien concevoir. Quant<br />

à celui qui meurt sur l ’innéité, il dira: «Seigneur, je mourus alors que rien<br />

18


ne m ’est parvenu de Tes envoyés». Dieu alors prendra leur engagement de<br />

lui obéir et de se soumettre à Sa volonté et il ordonnera de les jeter au<br />

Feu-Par celui qui tient mon âme dans Sa main, s ’ils étaient introduits à<br />

l ’Enfer, celui-ci aurait été pour eux paix et fraîcheur» (Rapporté par<br />

Ahmed).<br />

2 - A l-B a ra ‘ Ben ’Azeb -qui Dieu l’agrée- a rapporté: «O n<br />

interrogea l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - sur les<br />

enfants musulmans (qui sont morts en bas âge), il répondit: «Ils seront<br />

avec leurs pères». Il donna la même réponse au sujet des enfants<br />

idolâtres. On lui demanda: «Mais, ô Messager de Dieu, ceux-là ne<br />

savaient rien!» Il répliqua: «Dieu seul connaît (ce qu’ils pourraient<br />

être)». (Rapporté par Al-Hafedh Abou Ya'la).<br />

3 - Thawbane rapporte que le Prophète - qu’Allah le bénisse et le<br />

salue - parla de la gravité du problème et dit: «Au jour de la résurrection<br />

les hommes de la période pré-islamique comparaîtront devant Dieu chargés<br />

de leurs fardeaux. En leur demandant, ils répondront: «Seigneur, Tu n ’as<br />

pas envoyé vers nous un Prophète et aucun de Tes enseignements ne nous<br />

est parvenu. Si Tu nous avais envoyé un Prophète nous aurions été Tes<br />

serviteurs les plus dévoués». Il leur répliquera: «Que pensez-vous si je vous<br />

ordonne de faire quelque chose, m ’obéirez-vous?» - Certes oui, s ’écrierontils.<br />

Il leur ordonnera alors d ’entrer à VEnfer. Ils s ’exécuteront. A son<br />

approche, ils entendront sa fureur et son pétillement. Ils retourneront<br />

aussitôt vers leur Seigneur le supplier: «Seigneur, épargne-nous-en, ou<br />

préserve-nous de lui». Il leur répondra: «Ne m ’avez-vous pas promis<br />

d ’exécuter mon ordre?». Il leur demandera alors leur engagement et leur<br />

dira: «Retournez et entrez-y». Ils partiront. A sa vue encore, ils seront<br />

effrayés et retourneront dire: «Seigneur, nous en avons eu peur sans<br />

pouvoir y entrer». Et Dieu de décider: «Entrez-y humiliés».<br />

Le Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - de conclure: «S'ils y<br />

étaient la première fois, le Feu leur aurait été paix et fraîcheur» (Rapporté<br />

par Al-Bazzar)(I).<br />

(1) ç j j oli" liji : Jli îJLmAI uLi. 5l|. ûl CA j j j ¿ j t -<br />

19


4 - Abou Houraira -que Dieu l’agrée- a rapporté que l’Envoyé de<br />

Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: «Tout enfant est né sur<br />

l ’islamisme (Fitra), et ses parents font de lui un juif, un chrétien ou un<br />

mazdéen. De même toute femelle parmi les animaux engendre un animal<br />

complet, en avez-vous jamais vu naître quelqu’un dépourvu d ’un de ses<br />

membres?» (Rapporté par Boukhari)..<br />

Suivant une autre version: «O n lui demanda: «O Envoyé de Dieu,<br />

que penses-tu d’un enfant qui frieurt en bas âge?» Il répondit: «Ceux-là<br />

Dieu seul cornait ce qu’ils auraient fait?» (Rapporté par Ahmed)(I).<br />

D’après Abou Houraira aussi, le Prophète - qu’Allah le bénisse et<br />

le salue - a dit: «Les enfants musulmans (morts en bas âge) seront au<br />

Paradis confiés à Ibrahim -que Dieu le salue-» (Rapporté par Ahmed).<br />

5 - Khansa' Bent Mou'awiah de Bani Souraïm rapporte que son<br />

oncle demanda au Messager de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue -<br />

: «Quels sont les élus qui seront au Paradis?» Il répondit: «Ils sont les<br />

Prophètes, les martyrs, les nouveaux-nés et ceux qui ont été enterrés<br />

vivants» (Rapporté par Ahmed).<br />

Samoura Ben Jondob rapporte que le Prophète - qu’Allah le<br />

bénisse et le salue -, en racontant sa vision à ses compagnons, a dit<br />

qu’il passa (lors de son ascension au ciel) par un vieillard qui se<br />

UjL |*Jj j LJI j Lüj<br />

j -* '--j ^ ! j |» ^ ^ LJI jl l ¿U<br />

Ijjj tjl ù ù j X k a j - ù l ' !ô j i jo.jgT<br />

J j  à l! j s A j! Lij ^ - \ Ljj j  j j * tlUsu*j I4J<br />

V j L i j i L j j ' . \ j i \ i j i \ j * L ^ y« Iy i J » I j l > J â 1 U L frJ l<br />

Oj j * tjjl (JLaj C)\ ^ i<br />

j l j J i J ü U - l L y ^ g -le- O -ilS *<br />

(1) iÔjÎla}\


trouvait sous un arbre entouré d’enfants. Gabriel lui dit qu’il est Ibrahim<br />

avec les enfants des musulmans et polythéistes» «M ais en nous<br />

référant au hadith sus-mentionné (no2) il aurait dit que les enfants des<br />

polythéistes seront avec leurs pères. Certains exégètes ont affirmé<br />

qu’ils seront ainsi, et d’autres ont précisé que ces enfants seront mis à<br />

l’épreuve lorsqu’ils se trouveront sur le pont au jour de la résurrection:<br />

quiconque aura obéi à Dieu sera introduit au Paradis et Dieu<br />

connaissait déjà d’après Sa science qu’ils seront soumis et fidèles.<br />

» Quiconque aura désobéi sera précipité en Enfer, toujours d’après le<br />

savoir de Dieu. Cette dernière interprétation peut résumer et réunir<br />

toutes les autres opinions, basée sur des hadiths authentiques dont<br />

chacun corrbore l’autre sans aucune contradiction.<br />

Mais Ibn Abdul Birr conteste cette déduction prétendant que ces<br />

différents hadiths ne sont ni authentifiés ni convaincants ni<br />

argumentés. De même les ulémas les démentent pour la simple raison<br />

c’est que la vie future est pour la rétribution» et non une «Charge et<br />

obligation» Comment prétend-on qu’on leur demandera d’entrer à<br />

l’enfer alors que Dieu n’impose à chaque homme que ce qu’il peut<br />

porter??.<br />

La réponse est la suivante: La plupart des hadiths sont<br />

authentiques, et admis par les théologiens et que chacun est lié à<br />

l’autre par un principe logique et ils ne renferm ent aucune<br />

contradiction, ainsi ils forment en tout un argument suffisant pour<br />

aboutir au même résultat.<br />

D ’autre part, il est vrai que la vie future est une demeure de<br />

rétribution mais cela ne contredit pas la présence d’une grande partie<br />

sur le pont (sirat) ou l’isthme où il y aura une épreuve qui permettra la<br />

détermination du sort de l’homme: au Paradis ou à l’Enfer.<br />

Telle est l’opinion d’Aboul Hassan qui exprime l’avis des gens de<br />

la sunna et la communauté, concernant ces enfants. Par ailleurs Dieu<br />

a dit: «Le jour de la fuite éperdue (du jugement dernier), ils seront conviés<br />

à se prosterner» [Coran LXIII, 42], et il est cité dans les livres de<br />

tradition (les Sahihs), que les fidèles seront appelés à se prosterner au<br />

jour de la résurrection. Quant à l’impie il essayera de se prosterner<br />

mais son dos sera transformé en une plaque inflexible, chaque fois<br />

21


qu’il tentera de se prosterner, il sera renversé sur son dos.<br />

Il est aussi cité dans les deux Sahihs (de Boukhari et Mouslim)<br />

que le dernier qui sera délivré du Feu pour entrer au Paradis, donnera<br />

au Seigneur des promesses et engagements de ne demander aucune<br />

autre faveur, et cela se répétera à chaque fois qu’il demandera<br />

d’autres faveurs, qu’à la fin Dieu s’écriera: «O fils d’Adam! Comme tu<br />

es perfide» et II l’admettra au Paradis.<br />

Quant à la charge qu’ils seront tenus de la supporter en leur<br />

demandant d’entrer à l’Enfer, cela ne contredit point le hadith. Car au<br />

jour de la résurrection, Dieu ordonnera à ses serviteurs de traverser le<br />

Sirat (le pont) qui sera dressé au-dessus de l’Enfer- Il est plus fin<br />

qu’un poil ou la lame de l’épée. Les croyants le franchiront en fonction<br />

de leurs œuvres. Il y aura ceux qui passeront comme un éclair,<br />

d’autres comme le vent, d’autre encore à la course de chevaux de<br />

race, d’autres qui iront à pas accélérés, d’autres en marchant, enfin<br />

ceux qui ramperont. Il y aura des hommes dont leurs visages seront<br />

touchés par le feu, et ceux-là seront, par rapport aux croyants, les plus<br />

supplicés».<br />

wa ’ida' ’aradna ’an nuhlika qaryatan ’amarnâ mutrafîhâ fafasaqû fïhâ<br />

fahaqqa ‘alayha-l-qawlu fadammarnâhâ tadmîran (16)<br />

Quand nous décidons d’anéantir une cité, nous prévenons ses citoyens<br />

amollis dans le bien-être. S’ils persistent dans leurs turpitudes, notre verdict<br />

se trouve justifié et nos ruinons cette cité de fond en comble. (16).<br />

Le terme «nous prévenons» cité dans le verset, ou «nous<br />

ordonnons» ou encore «nous commandons» qu’on trouve dans<br />

d’autres traductions, était sujet de discussion entre les exégètes et<br />

ulémas qui avait aboutir à une grande divergence dans les opinions:<br />

L’homme est-il dirigé par le destin? d’où le principe du «falalisme», ou<br />

bien il est responsable de ses actes et paroles en lui reconnaissant la<br />

faculté du «libre arbitre»?.<br />

22


»<br />

Ce qu’il faut retenir consiste à admettre, et ceci est un principe<br />

fondamental, que Dieu «n’ordonne jamais de mauvaises actions» [Coran<br />

VII, 28] ou commande les turpitudes. Il ordonne à Ses serviteurs de<br />

s’acquitter des prescriptions qu’il a imposées et ne faire que de bonnes<br />

actions. Mais une fois les homme et surtout ceux vivant dans l’aisance<br />

et le bien-être, sont livrés à leur iniquité et leurs turpitudes, Dieu les<br />

punit.<br />

On peut donc interpréter ce verset de la façon suivante: «Dieu<br />

laisse les hom m es aisés et les m auvais sévir dans une cité<br />

quelconque en Lui désobéissant, alors II les fait périr, comme le<br />

montre ce verset: «C’est ainsi que nous laissons dans chaque cité les pires<br />

criminels pour y perpétuer le mal» [Coran VI, 123].<br />

wa kam ’ahlaknâ mina-l-qurûni mim ba‘di Nûhin wa kafâ birabbika bid<br />

unûbi ‘ibâdihî Habîram-Basîran (17).<br />

«Que des générations nous avons anéanties après Noé! Nul mieux<br />

qu’Allah voit et connait les péchés de ses serviteurs. (17).<br />

Dieu dans ce verset menace et en même temps rappelle aux<br />

Qoraïchites qui ont traité Mouhammad - qu’Allah le bénisse et le salue<br />

- de menteur, qu’il a détruit depuis Noé des générations qui avaient agi<br />

de même à l’égard de leurs Prophètes. Donc les générations existant<br />

entre Adam et Noé étaient sur l’islamisme comme a précisé Ibn Abbas<br />

et étaient au nombre de dix.<br />

Dieu avertit: O vous qui traitez vos Prophètes d’imposteurs, vous<br />

n’êtes pas plus considérés au regard de Dieu qu’eux mais c’est tout à<br />

fait le contraire, ces Prophètes sont les élus de Dieu, quant à vous,<br />

vous ne méritez que le châtiment car: «Allah voit et connait les péchés<br />

de ses serviteurs» et rien ne lui est caché ni de vos paroles ni de vos<br />

actions.<br />

23


man kâma yurîdu-l-‘âjilata ‘ajjalnâ lahû fîhâ mâ m a sa’u liman nurîdu t<br />

uiflma ja ‘alnâ lahû jahannam a yaslâhâ m adm ûm am m adhûran (18)<br />

W am an ‘arâd a-l-’âAh irata wa sa^k lahâ sa‘yahâ wa huwa m u’m inun<br />

fa’u la ’ika kâna sa‘yuhum maskûran (19).<br />

Que ceux qui recherchent la vie de ce monde sachent que nous en<br />

accordons les plaisirs à qui nous voulons et dans la mesure que nous<br />

voulons. Qu’ils sachent aussi que nous leur réservons l’enfer où ils seront<br />

précipités, couverts d’opprobre et rejetés par tous (18). Celui qui désire la<br />

vie future, qui s’efforce de la mériter et qui a la foi, Allah lui en saura gré.<br />

(19).<br />

Quiconque veut et recherche ce qui passe promptement, c’est à<br />

dire les plaisirs d’ici-bas, Dieu les accorde à qui II veut. Mais dans l’audelà,<br />

Dieu lui a préservé l’Enfer comme séjour pour l’éternité où il sera<br />

méprisé et réprouvé pour prix de ses mauvaises actions, ayant préféré<br />

les jouissances éphémères à ce qui dure éternellement sans être<br />

épuisé.<br />

Il est cité d’après Aicha -que Dieu l’agrée- que le Prophète -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: Le bas-monde est la demeure de<br />

celui qui n ’aura pas une autre (dans la vie future), la richesse de celui qui<br />

en sera privé, et c ’est pour ce bas monde qu’un insensé amasse ses biens»<br />

(Rapportépar Ahmed)(I}.<br />

P ar contre, ceux qui croient et re cherchent les plaisirs<br />

intarissables de l’au-delà et font leurs efforts pour y-tendre, en suivant<br />

le Prophète et se conformant à ses enseignements, ceux-là en seront<br />

récompensés et leur zèle reconnu.


Kullan numiddu hâA’ula ’i w aha',u la',i min ‘a t a ’i rabbika wamâ kâna<br />

‘ajâA’u rabbika m ahzûran (20) ’unzur kayfa faddalnâ b a‘dahum ‘alâ<br />

ba‘din wa la-l-’a hiratu ’akbaru darajâtin wa ’akbaru tafdîlan (21).<br />

Nous accordons indifféremment nos bienfaits aux uns et aux autres.<br />

Nos bienfaits ne sont pas lim ités. (20) Considère comment nous<br />

avantageons les uns par rapport aux autres. Il y aura des différences plus<br />

marquées encore dans la vie future. (21).<br />

Ceux qui recherchent la vie future aussi bien que ceux qui<br />

recherchent la vie d’ici-bas sont pourvoyés de Dieu qui donne, même<br />

largement, à qui II veut car: «Nos bienfaits ne sont pas limités» et nul ne<br />

saura repousser ce que Dieu donne.<br />

«Considère comment nous avantageons les uns par rapport aux autres»<br />

dans ce bas monde: il y en a l’aisé et l’indigent, les beaux et les laids,<br />

ceux qui meurent en bas âge et ceux qui atteignent l’âge de<br />

décripitude, à savoir qu’il y en a aussi qui sont au milieu de tout cela.<br />

Mais «il y aura des différences plus marquées encore dans la vie future»<br />

tout comme il y en a dans la vie d’ici-bas: il y aura ceux qui seront<br />

précipités dans les abîmes du feu et ceux, qui seront au Paradis et<br />

occuperont de rangs différents. Car entre deux degrés au Paradis il y<br />

a une distance comme celle existant entre ciel et terre, à savoir qu’il y<br />

a cent degrés. A cet égard et il est cité dans les deux Sahihs que le<br />

Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: «C e ux qui seront<br />

dans les degrés supérieurs verront ceux qui seront à «lllyine» comme<br />

vous voyez l’étoile filante à l’horizon.<br />

lâ taj‘al m a‘a-L-Lâhi ’ilâhan ’a h a ra fataq‘udu m adm ûm am -m ahdûlan<br />

(22).<br />

25


Ne reconnais aucune autre divinité qu’Allah. Sans quoi, tu tomberais<br />

dans une disgrâce profonde (22).<br />

C ’est un avertissement adressé surtout à la com m unauté<br />

musulmane de n’adorer avec Dieu aucune autre divinité ni la<br />

reconnaître, sinon l’homme sera méprisé pour son association et<br />

abandonné de Dieu qui ne lui accorde aucun secours.<br />

Abdullah Ben Mass’oud rapporte que le Messager de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: «Celui qui, atteint d ’une indigence,<br />

l’impute aux hommes, il n ’en sera plus délivré, et celui qui l’impute à Dieu,<br />

peut s ’en faut que Dieu ne lui comble ses besoins tôt ou tard» (Rapporté<br />

par Ahmed, Abou Daoud et Tirnüdzi»(I).<br />

wa qadâ rabbuka ’allâ ta‘budïï ’ilia ’iyyâhu wa bil-wâlidayni ’ihsa nan<br />

immâ yabluganna ‘indaka-l-kibara ’ahaduhuma ’aw kilâhumâ falâ taqul<br />

lahumât ’uffin walâ tanharhum â wa qui lahumâ qawlan karîman (23)<br />

wahfïd lahumâ janâha-d-dullî mina-r-rahmati wa qui rabbi-r-hamhumâ<br />

kamâ rabbayâni sagiran (24).<br />

Ton Seigneur ordonne de n’adorer que Lui, de bien se conduire avec<br />

ses père et mère, encore plus dans leur vieil âge. Garde-toi de tout écart de<br />

langage ou de les contredire. Parle-leur avec respect. (23) Montre-toi<br />

humble et tendre envers eux. Dis: Seigneur, reçois-les dans le sein de Ta<br />

miséricorde pour m’avoir élevé. (24).<br />

(1 ) -A— j ^ l i l b Lgjjjti -CjLvsI ^*1 4jut (Jy j t j J l î t j l ï ^ 4JJI JLp<br />

•\ 1alj j ) jl ¿ j j j 4J ¿1 d . . ¿ j b LfJjji «siL*<br />

26<br />

.(ç£X.jsl lj


Dieu a décrété ou ordonné ou recommandé d’être bienveillant à<br />

l’égard des père et mère, «encore plus dans leur vieil âge» ou suivant<br />

d’autre traduction: «Si l’un d’entre eux ou bien tous les deux ont atteint<br />

la vieillesse près de toi, ne leur dis pas: «F i», c’est à dire «Garde-toi de<br />

tout écart de langage». Car ce mot «F i» est la parole la moins méprisée<br />

qu’on se permette de leur adresser. Ne les repousse pas en se<br />

conduisant mal envers eux en actes et paroles. «Parle-leur avec<br />

respect» en usant un langage doux et des paroles douces et polies.<br />

«Montre-toi humble et tendre envers eux» ou suivant une autre<br />

interpretation: «baisse sur eux l’aile de la tendresse» et dis: «Seigneur,<br />

reçois-les dans le sein de ta miséricorde» soit quand ils atteindront un âge<br />

avancé, soit quand ils mourront. De plusieurs hadiths relatifs à la piété<br />

filiale, nous avons choisi ces quelques-uns:<br />

- Anas et d’autres ont rapporté: «E n montant sur la chaire, le<br />

Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - avait dit trois fois «Am en».<br />

On lui demanda: «Pourquoi tu as répété par trois fois le mot: Amen?»<br />

Il répondit: «Gabriel vint me trouver et dit: «O Muhammad! Sera humilié<br />

quiconque auprès de qui ton nom est mentionné sans prier pour toi» Alors<br />

j ’ai dit: Amen. L ’ange poursuivit: «Sera humilié quiconque aura accompli le<br />

jeûne du mois de Ramadan sans qu’il soit absous de ses péchés». J ’ai dit:<br />

Amen. Il me révéla enfin: «Sera humilié quiconque atteint l ’un de ses<br />

parents ou tous les deux dans leur vieillesse sans qu’ils le fassent entrer au<br />

Paradis» J ’ai répondu alors: Amen» (Rapporté par Tirmidhi et Hakem<br />

d’après Abou Hour air a) (I).<br />

- Malek Ben Rabi'a As-Sa‘idi rapporte: «Etant assis chez l’Ènvoyé<br />

de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue -, un Ansarien entra et dit: «O<br />

Envoyé de Dieu! Après la mort de mes parents devrai-je encore envers<br />

eux de la piété filiale?» - Certes oui, lui répondit-il, tu devras quatre<br />

ChdAfip ■o i OkAjLP i_jul \j ®<br />

caJ j â m _/* (_ÿfî a #0^*1 c~L» Oyl<br />

27


obligations à leur égard: Prier pour eux en leur demandant le pardon de<br />

Dieu, respecter et exécuter tout engagement qu’ils avaient pris, honorer<br />

leurs amis et maintenir le lien de parenté dont le tien n ’aura existé sans<br />

eux. Voilà ce qu’il te reste à observer de la pitié filiale après leur mort» (-<br />

Rapporté par Ahmed, Abou Daoud et Ibn M aja)(I>.<br />

- Mou'awia Ben Jahima As-Salami raconte que Jahima vint trouver<br />

le Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - et lui dit: «O Envoyé de<br />

Dieu! Je viens te demander conseil car je compte prendre part aux<br />

expéditions (Jihad)» Il lui demanda: «Ta mère est-elle vivante?» -Oui,<br />

répondit-il. Et le Prophète de lui ordonner: «Prends soin d ’elle car le<br />

Paradis se trouve à ses pieds» (Rapporté par Ahmed, N assaï et Ibn<br />

M aja)(2).<br />

- Suleiman Ben Bouraïda a rapporté d’après son père qu’un<br />

homme faisait la circumambulation autour de la Maison portant sa<br />

mère sur ses épaules. Il demanda ensuite à l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue -: «Me suis- je acquitté de ses droits sur<br />

moi?» Il lui répondit: «Non, même pas d’un soupir (en t’accouchant)».<br />

rabbukum ’a‘lamu bimâ fï nufusikum ’in takûnû sâlihîna fa’innahû kâna<br />

li-l-’awwâbîna gafûran (25).<br />

(1) ¿ j * ^ ^ (¿Jtt'i/I Aa*jj ^ liJLiL*<br />

:Jli -*■*; y. ¿f* U ‘.JUi ijUaj'yi<br />

«Ij j ) îU ^ * L-*y j a ¿ X M ^ tÿiJI tU-fLï ¿ y » V} ¿AJ pj-j V J>\<br />

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Aie- *¿4-1 OU :JL» :Jli .Ç^l ^ ¿JJ :jUi ¿iiist-j jjjJI<br />

28<br />

.(Â^-U ju^-I «Ij j)


Nul mieux que votre Seigneur pénètre vos consciences. Si vous êtes<br />

bons, H le sait. Il accepte toujours les repentirs sincères. (25).<br />

Sa'id Ben Joubaïr l’a commenté en disant: «Il s’agit de l’homme<br />

qui prend l’initiative pour rendre un service quelconque à ses parents<br />

sans que, plus tard, on lui reproche son acte, ou« ne voulant que leur<br />

faire du bien».<br />

Qatada et Ibn Abbas ont précisé que ceci concerne les hommes<br />

so&mis qui font la prière ou un acte de charité. Mais Ibn Al-Moussaiab<br />

a répondu qu’il s’agit de l’homme qui, une fois commet un péché, s’en<br />

repent.<br />

Ibn Jarir a déclaré: c’est bien l’homme qui se repent et ne revient<br />

plus à son péché, il se soumet à l’obéissance après avoir désobéi aux<br />

enseignements de Dieu, et d’éviter ce qui encourt la colère de Dieu<br />

pour accomplir ce qu’il lui procure Sa satisfaction. Et l’auteur de<br />

conclure: la dernière opinion est la plus correcte.<br />

wa *ati d â-l-qurbâ haqqahû wa-l-miskîna wa-bna-s-sabîli walâ tubaddir<br />

tabdîran (26) ’inna-l-m ubaddirîna kânïï ’ihwâna-s-sayâtîni wa kâna-ssaytânu<br />

lirabbihî kafûran (27) wa ’immâ tu‘ridanna ‘anhumu-btiga^’a<br />

rahmatim mi-r-rabika tarjûhâ faqul lahum qawlam maysûran (28).<br />

Remplis tes obligations envers le proches, les pauvres et les voyageurs.<br />

Ne sois point prodigue. (26). Les prodigues sont les frères de Satan. Satan<br />

a renié son maître. (27) Si tu t’éloignes de tes semblables pour vaquer à tes<br />

affaires, aie pour eux un mot aimable. (28).<br />

Après la pitié filiale, Dieu rappelle aux hommes leurs obligation de<br />

charité envers les proches dans le but de maintenir le lien du sang<br />

comme il a été dit dans un hadith que l’homme doit être bienveillant<br />

d’abord envers sa mère, puis envers son père, ensuite envers les<br />

proches parents. Et dans un autre hadith, il a été dit: «Quiconque veut<br />

29


que Dieu lui accorde de biens et une longévité, doit maintenir le lien de<br />

parenté».<br />

«Ne sois point prodigue». En ordonnant la dépense, Dieu interdit la<br />

prodigalité et exhorte l’homme à garder le juste milieu entre le<br />

gaspillage et l’avarice. Il a dit dans un autre verset: «Ceux qui ne se<br />

montrent dans leurs dépenses ni trop prodigues ni trop avares» [Coran<br />

XXV, 67]. Il met en garde contre la prodigalité et accuse les prodigues<br />

d’être les frères des démons, c’est-à-dire leurs semblables.<br />

Mais la prodigalité est-elle toujours répugnée? A cet égard<br />

Moujahed a avancé: Lorsque l’homme dépense tout son argent pour la<br />

cause de la vérité il n’est plus considéré comme prodigue, mais une<br />

autre dépense, fut-ce une certaine mesure de quoi que ce soit sans<br />

une juste raison, il sera considéré en tant que prodigue. Et Qatada de<br />

préciser: Toute dépense faite en dehors du sentier de Dieu sera une<br />

désobéissance et une corruption, car Dieu a dit: «Les prodigues sont les<br />

frères de Satan. Satan a renié son maître» car Satan est toujours<br />

méconnaissant envers Dieu et lui est insoumis.<br />

«Si tu t’éloignes de tes semblables pour vaquer à tes affaires» en quête<br />

d’une miséricorde du Seigneur, en d’autres termes: si tes proches et<br />

ceux dont Dieu a ordonné de dépenser pour eux te demandent et que<br />

tu ne possèdes rien pour leur donner «aie pour eux un mot aimable»<br />

promets-leur en leur adressant une parole convenable que lorsque tu<br />

recevras des biens tu leur en feras part si Dieu le veut.<br />

walâ taj‘al yadaka maglûlatan ’ilâ ‘unuqika walâ tabsuthâ kulla-l-basti<br />

fataq‘uda malûman mahsûran (29) ’inna rabbaka yabsutu-r-rizqa limayyasa’u<br />

wa yaqdiru ’innahû kâna bi‘ibâdihî Habîram-Basîran (30).<br />

N’aie pas la main collée au cou, ni ne donne à pleines mains, si tu ne<br />

veux pas être blâmé ou éprouver des regrets. (29) Ton Seigneur comble de<br />

30


ses bienfaits qui II veut ou les distribue avec parcimonie. Il connaît les<br />

hommes. Il lit dans leurs cœurs. (30).<br />

Dieu ordonne la modération dans les dépenses en méprisant<br />

l’avarice et interdisant la prodigalité. Il dit: «N’aie pas la main collée au<br />

cou» ne sois plus avare en refusant de donner aux autres quand ils<br />

demandent, comme les juifs-que Dieu les maudisse -qui ont imputé la<br />

parcimonie à Dieu en disant: «La main d’Allah est fermée» Q u’il soit<br />

élevé au dessus de ce qu’ils lui décrivent. Plutôt II est le Généreux et<br />

le Dispensateur par excellence.<br />

«ni ne donne à pleines mains» en dépensant sans compter et peutêtre<br />

cela dépasse ta capacité en t’en privant de ce que tu as acquis<br />

pour toi-même «si tu ne veux pas être blâmé ou éprouver des regrets»,<br />

Dans ce cas les hommes te reprochent ta prodigalité, tu deviendras<br />

honni et misérable en dépensant ce qui dépasse ta capacité.<br />

A ce propos il est cité dans les deux Sahihs d ’après Abou<br />

Houraira qu’il a entendu l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le<br />

salue - dire: «Celui qui dépense et l ’avare sont comparables à deux<br />

hommes qui portent deux cottes de maille qui leur serrent la taille de leur<br />

poitrine jusqu ’à leur cou. Celui qui dépense (en aumône), ne paye une<br />

sojmme sans que sa cotte ne s ’allonge jusqu’à couvrir son corps et traîner<br />

djerrière lui. Quant à l’avare, il ne propose de faire une dépense sans que sa<br />

cotte ne lui serre le corps davantage de sorte que chaque maille se colle à<br />

sa place» (Rapporté par Boukhari et Mouslim) (1).<br />

Abou Houraira rapporte aussi que l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le<br />

bénisse et le salue - a dit: «Chaque jour qui se lève sur les serviteurs,<br />

deux anges descendent du ciel, l’un d ’eux dit: «Grand Dieu, accorde un<br />

dédommagement à celui qui dépense (en aumône)», et l ’autre dit: «Grand<br />

Dieu, inflige une perte à celui qui s ’abstient» (Rapporté par Boukhari et<br />

0 ) j  j. J •j l j * ^ à * ^<br />

jl tC.«..« ¿ i i i y j ¿¿¿Ai L*l* J ¿ j * J j J o - ¿j A ùiWj<br />

CJjJ It-i ¿ À i i (1)1 S i j l 1«"«j ••Üjf ,<br />

31


MousUm)(1).<br />

Abou Houraira rapporte également que l’Envoyé de Dieu - qu’Allah<br />

le bénisse et le salue - a dit: «Toute dépense (en aumône) ne saurait<br />

diminuer le capital de son auteur. Dieu accordera une puissance à<br />

quiconque aura dépensé. Quiconque s ’humilie devant Dieu, Dieu l ’élèvera»<br />

(Rapportépar Mouslim)(2\<br />

«Ton Seigneur comble de ses bienfaits qui II veut ou les distribue avec<br />

parcimonie» Dieu le Dispensateur qui pourvoit aux besoins de Ses<br />

serviteurs, dépense largement à qui II veut et mesure ses dons à qui II<br />

veut. Il dispose à Sa guise des richesses et de ses serviteurs. Il n’agit<br />

que d’après une sagesse qui émane de Sa science car «Il connaît les<br />

hommes. Il lit dans les cœurs».<br />

Il est cité dans une tradition que Dieu a dit: «Il en est parmi Mes<br />

serviteurs celui que seule la pauvreté lui convient. Si Je lui avais<br />

prodigué une fortune, celle-ci aurait gâté sa foi. Par contre, il en est<br />

celui dont la richesse lui convient. Si Je l’avais privé, J ’aurais gâté sa<br />

foi».<br />

w alâ ta q tu lîf ’aw lâdakum h asy ata ’im lâqin n a h n u n arzu q u h um<br />

wa’iyyâkum ’inna qatlahum kâna hit’an kabîran (31).<br />

Ne tuez pas vos enfants par peur de la vie. Nous leur donnerons de<br />

quoi vivre ainsi qu’à vous. Les tuer est un horrible forfait. (31).<br />

Dieu est beaucoup plus compatissant envers Ses serviteurs qu’un<br />

(1) ç y . ¿ r * Jy * j ^ O *<br />

32


père ne l’est envers son enfant. Pour cela II a interdit de tuer les<br />

enfants par crainte de la pauvreté-et II leur a imposé la part de<br />

l’héritage.<br />

Du temps de l’ignorance (la période préislamique) les hommes ne<br />

réservaient aucune part de la succession aux filles, même certains<br />

d’entre eux tuaient la fille de peur qu’elle ne rende la famille<br />

nombreuse. Dieu interdit donc de tuer les enfants par crainte de<br />

pénurie. «Nous leur donnerons de quoi vivre ainsi qu’à vous». Car ce<br />

genre abominable de meurtre «est un horrible forfait».<br />

A cet égard Abdullah Ben Mass'oud demanda à l’Envoyé de Dieu<br />

-qu’Allah le bénisse et le salue-: «Quel est le péché le plue grave?». Il<br />

lui répondit: «De lui reconnaître un égal alors que c’est Lui qui t ’a créé». -<br />

Puis après, redemanda-t-il. - De tuer ton enfant de peur qu’il mange avec<br />

toi, répliqua-t-il. Et à la troisième question: «Et après?» le Prophète de<br />

répondre: «De forniquer avec la fem m e de ton voisin» (Rapporté par<br />

Boukhari et Mouslint)(1).<br />

\kr&<br />

walâ taqrabû-z-zina ’innahû kâna fâhisatan wa s a ’a sabîlan (32).<br />

Evitez l’adultère. C’est une abomination; c’est une voie pleine<br />

d’embûches. (32).<br />

Dieu interdit aux hommes de pratiquer l’adultère et même les<br />

actes qui y conduisent tels les attouchements ou autres car «C’est une<br />

abomination; c’est une voie pleine d’embûches». Il est compté comme un<br />

péché très grave.<br />

L ’imam Ahmed raconte d’après Abou Oumama qu'un jeune<br />

homme vint chez le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- lui<br />

0 ) t((diâL>- Lj *i) Jjcf ¿)î» :Jlï .till J L :cJL» ^<br />

¡»j i i d X x * ùl il-üj Jiâj Olj :Jlî ?(_£Î ^ Lï<br />

33


demandant la permission de forniquer. Les hommes le réprimandèrent.<br />

Mais le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- lui ordonna de<br />

s’asseoir et lui demanda: «Permets-tu à ta mère de le faire?» - Non,<br />

répondit le jeune homme, que je sacrifie pour toi père et mère. Et le<br />

Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- de répliquer: Ainsi tous les<br />

hommes ne le permettent plus ni le souhaitent à leurs mères. Veux-tu<br />

que ta fille le fasse? - Jamais, rétorqua le jeune homme, que je sacrifie<br />

pour toi père et mère. Il lui répondit: «Ainsi les hommes ne le<br />

permettent point à leu& filles. Laisses-tu ta sœur le pratiquer?». Le<br />

jeunne homme rétorqua: «Non par Dieu, que je me sacrifie pour toi. Et<br />

le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- lui demanda s’il laisse ses<br />

tantes paternelles et maternelles de le faire et le jeune de répondre par<br />

une négation. Alors l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le saluemit<br />

sa main sur le jeune homme et dit: «Mon Dieu, pardonne-lui, purifie<br />

son cœur et rends-le chaste». Dès lors ce jeune homme ne pensait<br />

plus à ce péché.<br />

On a rapporté que le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- a<br />

dit: «Après le polythéisme un homme ne commet un péché plus grave<br />

qu’une goutte de sperme qu’il éjacule dans un utérus d’une femme qui<br />

lui est interdite».<br />

walâ taqtulû-n-nafsa-l-latî harrama-L-Lâhu ’illâ bi-l-haqqi waman qutila<br />

mazlûman faqad ja‘alnâ liwaliyyihî sultânan falâ yusrif-fî-l-qatli ’innahû<br />

kâna mansûran (33).<br />

Ne tuez pas votre prochain Allah le défend-à moins d’un motif valable.<br />

Nous n’avons pas laissé sans secours les parents de celui qui est tué<br />

injustement. Qu’ils ne se hâtent pas de se faire justice eux-mêmes. Car il y<br />

a une justice. (33).<br />

Dieu interdit de tuer un homme sinon pour une juste raison. Il est<br />

cité dans les deux Sahihs que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et<br />

le salue- a dit: «Il n’est plus permis de tuer un homme qui témoigne qu’il<br />

34


n ’y a d ’autre divinité que Dieu et que Muhammad est l’Envoyè de Dieu, à<br />

l ’exception de ces trois: Un homme marié qui a commis l ’adultère, un<br />

meurtrier sans m otif valable et l’homme qui apostasie et se sépare de la<br />

communauté (musulmane)» (Rapporté par Boukhari et Mousüm)(1).<br />

Et dans un autre hadith, il est dit: «L ’évanescence du bas monde<br />

aux regards de Dieu est plus facile que le meurtre d’un musulman».<br />

f (Nous n’avons pas laissé sans recours les parents de celui qui est tué<br />

injustement» Ce recours qui est de droit au proche parent de la victime<br />

peut être réprésenté par l’une des trois solutions: Soit en payant la<br />

composition légale (dyia), soit en pardonnant sans aucune indemnité,<br />

soit en exécutant le meurtrier.<br />

Dieu ensuite exhorte les hommes à ne plus commettre d’excès<br />

dans le meurtre «Qu’ils ne se hâtent pas de se faire justice eux-mêmes» et<br />

ceci en se vengeant par exemple - avant jugement - du meurtrier ou<br />

de l’un de ses proches en appliquant la vendetta «Car il y a une<br />

justice» Les parents de la victime peuvent demander justice selon les<br />

formalités connues.<br />

walâ taqrabû mâla-l-yatîmi ’illâ bi-l-latî hiya ’ahsanu h attâ yabluga<br />

asuddahû wa ’awfû bi-l-‘ahdi ’inna-l-‘ahda kâna 'mas’ûlan (34) wa ’awfû-<br />

1-kayla ’idâ kiltum wa zinû bi-l-qistâsi-l-mustaqîmi dâlika hayrun wa<br />

’ahsanu ta’wîlan (35).<br />

Ne donnez vos soins aux biens de l’orphelin qu’autant qu’ils lui seront<br />

profitables et seulement jusqu’à ce qu’il devienne capable de les gérer.<br />

0 ) aJI N ùl t - i S fi Sj!| «ü)\ ùi ^ c —î<br />

35<br />

.«âpUj JJ JjUil


Remplissez vos engagements. Car des comptes vous seront demandés. (34)<br />

Si vous mesurez, donnez bonne mesure. Ne pesez qu’avec une balance juste.<br />

C’est la conduite la plus sage et celle qui vous donnera le plus de<br />

satisfaction. (35).<br />

Un tuteur, ou celui qui a pris à sa charge un orphelin, ne doit<br />

toucher aux biens de l’orphelin que pour le meilleur usage, jusqu’à ce<br />

qu’il ait atteint sa majorité et ses pleines forces, comme Dieu l’exige<br />

dans ce verset: «Ne vous hâtez pas de les dilapider avant qu’ils ne<br />

deviennet majeurs» [Coran IV, 6].<br />

Mouslim a cité dans son Sahih que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- avait dit à Abou Dzarr: «O Abou Dzarr, pourquoi te<br />

vois-je si faible? Je désire pour toi ce que je désire pour moi-même. Je<br />

t ’exhorte à ne plus commander deux hommes ni de te charger des biens<br />

d ’un orphelin»17/).<br />

«Remplissez vos engagements» que vous avez pris à l’égard des<br />

hommes car vous y serez interrogés.<br />

«Si vous mesurez, donnez bone mesure» sans léser les hommes de<br />

leurs droits et de leur causer préjudices, et pesez avec la balance la<br />

plus exacte afin d’éviter la fraude. Ce sera un bien pour vous dans<br />

votre vie ici-bas et le résultat de cet acte sera la meilleure chose qui<br />

vous rendra satisfaits et vous garantira un bon refuge.<br />

A ce propos Ibn Abbas disait souvent aux hommes: «Vous êtes<br />

chargés de deux choses qui avaient causé le périssement de ceux qui<br />

vous ont précédés: la balance et la mesure».<br />

0 ) i/b ^ ji LÎ t>» .-jj ^ Jli 3|§ «il J il)! tU-<br />

• X j L» ¿jU -j-l<br />

36


walâ taqfu mâ laysa laka bihî ‘ilmun ’inna-s-sam‘a wa-l-basara wa-1-<br />

fu’âda kullu ’u la ’ika kâna ‘anhu mas’ûlan (36). .<br />

Ne t’engage pas à la légère. L’ouïe, la vue, lîe&prit ne sent pour toi , dcsfjcullés<br />

giatuilcs. (36). 3-^ L^ ^ 7 CW yvSju^ °^L<<br />

Ne raconte pas des choses que tu n’as ni vues ni entendues, et<br />

ne diffame personne et ne l’accuse pas ce dont tu n’as aucune<br />

connaissance, car tu y seras interrogé. Observe ce que Dieu a dit: «...<br />

Evitez autant que possible le soupçon. Il y a des soupçons qui sont des<br />

péchés» [Coran XLIX, 12], Le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salueà<br />

son tour avait exhorté les hommes en leur disant: «Evitez le soupçon<br />

car il est la parole la plus mensongère». Il a dit aussi: «Le plus grand<br />

mensonge c’est qu’un homme fait voir à ses yeux des choses, qu’en<br />

réalité ils ne les ont pas vues».<br />

Au jour de la résurrection, tout individu sera sûrement demandé<br />

compte de l’ouïe, de la vue et du cœur.<br />

/ //" .Î »V _ < y<br />

l\ j j £ - (jl L y A J e j à \ J U J V j<br />

walâ tamsi fî-l-’ardi marahan ’innaka lan tahriqa-l-’arda wa lan tabluga-<br />

1-jibâla tûlan (37) kullu dâlika kâna sayyi’uhû ‘inda rabbika makrûhan<br />

(38).<br />

«Sois humble en face de la nature. Tu ne saurais transpercer la terre<br />

ni égaler la cime des montagnes. (37) Ce sont là autant d’actes que<br />

réprouve ton Seigneur. (38).<br />

Dieu défend aux hommes de marcher sur la terre avec insolence<br />

et orgueil à la façon des tyrans et puissants. Quelque soit la force de<br />

l’homme et sa façon de fouler la terre il ne pourra ni déchirer la terre ni<br />

atteindre les cimes des montagnes.<br />

Mouslim rapporte dans son Sahih que (’Envoyé de Dieu -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue- a dit: «Tandis qu’un homme marchait, vêtu d’un<br />

habit somptueux et bien peigné, il fut englouti par la terre dans laquelle<br />

I s’enforcera jusqu’au jour de la résurrection».<br />

37<br />

tily


Dieu raconte aussi dans le Coran l’histoire de Coré (Qaroun) qui<br />

sortit vers son peuple avec tout son faste. Le Seigneur l’a fait engloutir<br />

par la terre ainsi que sa maison.<br />

D’après Ibn Abi Ad-Dunia, {’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et<br />

le salue- a dit: «Lorsque les hommes de ma communauté fouleront la<br />

terre avec orgueil et que Perses et Romains seront à leur service,<br />

Dieu donnnera le pouvoir à certains d’entre eux sur les autres».<br />

Tout ce que Dieu commandé à partir de la piété filiale jusqu’à ce<br />

verset, si l’homme enfreint ces enseignements, il aura commis un acte<br />

qui est détestable devant Dieu.<br />

dâlika mimma ’awhâ ’ilayka rabbuka mina-l-hikmati walâ taj‘al ma‘a-L-<br />

Lâhi ’ilâhan ’a hara fatulqâ fï jahannama malûmam-madhûran (39).<br />

Tels sont les préceptes de sagesse que le Seigneur te révèle. Ne<br />

reconnais pas d’autre Allah que Lui si tu ne veux pas être précipité dans la<br />

géhenne, honni et avili. (39).<br />

Dieu ordonne à Son Prophète de suivre et mettre à exécution les<br />

préceptes dans les versets précités, et de les communiquer aux<br />

homme pour s’y conformer. «Ne reconnais pas d’autre Allah que Lui si tu<br />

ne veux pas être précipité dans la géhenne» Car ainsi tu ne blâmeras que<br />

toi-même, et les gens te reprocheront cette injustice commise envers<br />

Dieu, tu seras par la suite méprisé et réprouvé. Bien que cet<br />

avertissement est adressé à Muhammad -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- mais il concerne tous les hommes sans exception, étant donné<br />

qu’il est préservé de tout péché.


’afa’asfâkum rabbukum bi-l-banîna wa-t-tahada mina-l-mala’ikati ’inât<br />

an ’innakum lataqûlûna qawlan ‘azîman (40).<br />

Quoi! pour vous plaire, Allah vous aurait donné des fils et, lui, aurait<br />

pris des filles pour anges? C’est là un horrible blasphème. (40).<br />

Ceci est une réponse aux idolâtres qui avaient prétendu que les<br />

anges sont les filles de Dieu, qu’il soit exalté, puis ils ont affirmé que<br />

lefe anges sont de sexe féminin, enfin ils les ont adorés. Cet<br />

agissement constitue un triple péché. Dieu le leur reproche en disant:<br />

Votre Seigneur aurait-ll choisi pour vous les fils et adopté des femelles<br />

parmi les anges? Vraiment vous proférez une parole menstrueuse en<br />

dédaignant d’avoir de telles créatures et même si vous les aviez vous<br />

les auriez enterrées vivantes! C ’est un partage inique! Dieu dément<br />

leur présomption et leur avertit: «Ils disent: «Le Miséricordieux s’est<br />

donné un enfant». «Vous avez proféré là un blasphème monstrueux». A ces<br />

mots, les cieux ont failli s’entrouvrir, la terre se fendre, les montagnes<br />

crouler. Oser attribuer un fils au Miséricordieux? Le Miséricordieux ne<br />

saurait avoir un fils. Tout ce qui existe dans le cieux et sur la terre est<br />

asservi au Miséricordieux. Il a tout répéré, Il a tout recensé. Chaque<br />

créature comparaîtra séparément devant Lui au jour du jugement dernier»<br />

[Coran XIX, 88-95],<br />

walaqad sarrafnâ fî hâdâ-l-Qur’âni liyaddakkarû wamâ yazîduhum ’illâ<br />

nufûran (41).<br />

Nous n’avons pas ménagé nos avertissements dans ce Coran pour faire<br />

réfléchir les hommes. Mais nous n’avons fait qu’augmenter leur aversion.<br />

(41).<br />

Dieu n’a exposé, cela dans le Coran que pour les hommes<br />

réfléchissent, tiennent au sérieu* ces avertissements et ces preuves<br />

éclatantes, et cessent de s ’enfoncer dans leur idolâtrie. Mais<br />

malheureusement cela ne fait qu’augmenter leur répulsion et leur<br />

éloignement de la vérité.<br />

39


qui law kâna ma‘ahü ’alihatan kamâ yaqûlûna ’id a-l-labtagaw ’ilâ dî-1-<br />

‘arsi sabîlan (42) su bhân ah û wa ta ‘âlâ ‘am m â yaqûlûna ‘uluwwan<br />

kabîran (43).<br />

Dis: S’il y avait d’aiÿres divinités que Lui, comme vous le prétendez,<br />

elles ne manqueraient pas de lui disputer son trône. (42) Gloire à Allah,<br />

qu’il soit exalté. Il est au-dessus d’un tel blasphème. (43).<br />

Si ce que vous prétendez ô idolâtres est vrai et que d’autres<br />

divinités existaient avec Dieu, chacun d’entre vous les aurait adorées<br />

et demandé leur intercession par tous le moyens. Quant à vous ô<br />

croyants, n’adorez que Dieu seul sans rien Lui associer et vous<br />

n’aurez plus besoin d’un intercesseur pour vous rapprocher de Dieu et<br />

de lui prése n te r les requêtes. Dieu n’a jam ais agréé un tel<br />

comportement, et c’est bien à quoi les Prophètes et les Envoyés ont<br />

appelé les peuples.<br />

Dieu se tient au-dessus de ce qu’ils lui attribuent. Gloire à Lui, Il<br />

est élevé à une grande hauteur au-dessus de ce qu’ils disent. Il est le<br />

seul Dieu, l’impénétrable, qui n’engendre pas et n’a pas été engendré.<br />

tusabbihu lahû-s-samâwâtu-s-sab‘u wa-l-’ardu waman fihinna wa ’in min<br />

say’in ’illâ yusabbihu biham dihi walâki-l-lâ tafqahûna tasbîhahum ’-<br />

innahû kâna Halîman gafûran (44).<br />

Les sept cieux et la terre et tout ce qu’ils renferment, glorifient son<br />

nom. Il n’est pas une chose qui ne bénisse son œuvre. Mais vous n’entendez<br />

pas ce murmure d’adoration. Il est toute mansuétude et toute miséricorde.<br />

(44).<br />

Les cieux, la terre et tout ce qui s’y trouve, chantent pureté de


Dieu et célèbrent ses louanges en réfutant les dires des idolâtres. Un<br />

poète a résumé cela dans ce vers:<br />

En toute chose il y a un signe.<br />

Qui affirme qu’il est le Dieu unique.<br />

Dieu avait montré dans d’autres versets que peu s’en faut que les<br />

cieux ne se fendent à cause des paroles des idolâtres, que la terre ne<br />

s’entrouvre et que les montagnes ne sécroulent, de ce qu’ils imputent<br />

à*Dieu en lui attribuant un fils!.<br />

«Il n’est pas une chose qui ne bénisse Son œuvre. Mais vous n’entendez<br />

pas ce murmure d’adoration». En d’autres termes, il n’y a rien qui ne<br />

glorifie Dieu et célèbre ses louanges en usant un langage que les<br />

humains ne le comprennent pas, s’agit-il d’un animal, d’une chose<br />

inerte ou d’une plante. A ce propos Ibn Mass'oud a dit: «N ous<br />

entendions la glorification de la nourriture que nous mangions». Et<br />

dans un hadith rapporté par Abou Dzarr, le Prophète -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- avait pris en main des cailloux desquels surgissait<br />

une glorification pareille au bourdonnement des abeilles».<br />

Jaber Ben Abdullah rapporte que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- a dit à ses compagnons: «Vous dirai-je quel fut<br />

l’ordre que Noé avait adressé à son fils? Noé -que la paix soit sur luia<br />

dit à son fils: «Fils! Je t’ordonne de répéter souvent: «Gloire à Dieu»<br />

car elle est la prière des créatures, leur glorification et grâce à laquelle<br />

Dieu dispense ses bienfaits».<br />

«Il n’est pas une chose qui ne bénisse Son œuvre». Ikrima l’a<br />

commenté en disant: «Toute chose célèbre les louanges du Seigneur<br />

s’agit-il d’une chose inanimée comme la colonne, la pierre, ou un arbre<br />

e tc ...» Même certains se sont allés plus loin en disant que le<br />

grincement de la porte et le bruissement d’eau sont une glorification.<br />

«Il est tonte mansuétude et toute miséricorde». Cela signifie que Dieu<br />

ne hâte pas le châtiment de l’insoumis, plutôt II lui accorde un répit<br />

afin qu’il se repente et revienne à Dieu, mais au cas ou il s’obstine, Il<br />

le saisit à la façon d’un Tout-Puissant. Il est cité dans les deux Sahihs<br />

que l’Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit: «Dieu<br />

accorde un délai à l’injuste, mais quand II le saisit II ne le relâche<br />

41


plus» Puis il récita: «Que de cités j’ai favorisées maglré leurs fautes. Puis<br />

j’ai sévi» [Coran XXII, 48].<br />

Dieu de par Sa générosité et Sa mansuétude reviendra toujours<br />

vers le pécheur repentant en le confirmant quand II a dit: «Quiconque<br />

aura commis une mauvaise action ou se portera tort à soi-même trouvera<br />

Allah miséricordieux et indulgent, s’il l’implore» [Coran IV, 110].<br />

wa ’id â q a ra ’ta-l-Q ur’âna ja 'a ln â baynaka wa b ayna-l-ladîn a lâ<br />

y u ’m inûna b i-l-’âAh irati h ijâb am -m a stû ran (45) wa j â ‘alnâ ‘alâ<br />

qulûnbihim ’akinnatan ’ay-yafqahûhu wa fî ’adânihim waqran wa ’idâ d<br />

akarta rabbaka fi-l-Qur’âni wahdahû wallû ‘alâ ’adbârihim nufûran (46).<br />

Quand tu lis le Coran, il semble qu’un rideau tombe pour t’isoler de<br />

ceux qui ne croient pas à la vie future. (45) Leur sensibilité semble<br />

s’obsurcir comme pour les empêcher de comprendre; leurs oreilles<br />

deviennent de plomb. Quand tu mentionnes l’unité d’Allah dans le Coran,<br />

ils se détournent avec aversion. (46).<br />

Ibn Chéhab a dit: «Lorsque l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- récitait du Coran aux polythéistes de Qoraïch et les<br />

appelait à y croire, ils le tournaient en dérision et lui répondaient: «Nos<br />

cœurs sont enveloppés d’un voile épais qui nous cache ce vers quoi tu<br />

nous appelles et nos oreilles sont atteintes de surdité». Dieu dit à Son<br />

Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- «Quand tu lis le Coran, il<br />

semble qu’un rideau tombe pour t’isoler». Cela constitue comme un<br />

certain écran qui les sépare de la bonne direction pour prix de leur<br />

incrédulité et leur opiniâtreté.<br />

Asma la fille d’Abou Bakr -que Dieu les agrée- a raconté que<br />

lorsque ce verset fut révélé: «Maudites soient les mains d’Abou Lahab et<br />

maudit soit lui-même» [Coran CXI, 1] AI-‘Awra Oum Jamil vint trouver le<br />

Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- en hurlant, tenant à la main<br />

42


un petit pilon en pierre et disant: «N ous le réprimandons, nous<br />

refusons sa religion et nous lui désobéissons». Abou Bakr qui se<br />

trouvait à côté de l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- dit<br />

à ce dernier: «Cette femme est arrivée et je crains qu’elle te voie!» Il<br />

lui rassurra: «Elle ne me verra plus», Puis il récita quelques versets<br />

précisément: «Quand tu lis le Coran, 0 semble qu’on rideau tombe pour<br />

t’isoler de ceux qui ne croient pas à la vie future». Alors cette femme se<br />

tint devant Abou Bakr sans observer le Prophète -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue-, et lui dit: «O Abou Bakr, on m’a fait savoir que ton<br />

compagnon m’a dénigrée!» Il lui répondit: «Non, il ne l’a pas fait et je<br />

jure par le Seigneur de la Ka'ba». Elle partit ensuite en disant: «Tous<br />

les Qoraïchites savent bien que je suis la fille de leur maître».<br />

Lorsque le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- récitait du<br />

Coran, Dieu plaçait un voile épais entre lui et les idolâtres, et un autre<br />

sur leurs cœurs en rendant leurs oreilles pesantes pour rien entendre<br />

les empêchant ainsi de retrouver la voie droite. «Quand tu mentionnes<br />

l’unité d’Allah dans le Coran» en témoignant qu’il est le Dieu unique, ils<br />

tournent le dos avec répulsion comme II l’a montré dans ce verset: «-<br />

Quand l’unité d’Allah est affirmée devant eux, ceux qui ne croient pas à la<br />

vie iuture ricanent de dépit» [Coran XXXIX, 45].<br />

Et Qatada de commenter: «Lorsque les musulmans proclamaient<br />

l’unicité de Dieu, les polythéistes la reniaient et s’en détournaient avec<br />

aversion en se soumettant à Satan et à sa cohorte, alors que Dieu ne<br />

veut que faire retentir cette proclamation en dépit des incrédules. En<br />

effet cela ne tarda pas à être répandu dans toute la presqu’île arabique<br />

où l’Islam a régné.<br />

nahnu V lam u bimâ yastami‘ûna biHT ’id yastami'ûna ’ilayka wa ’id hum<br />

najwa ’id yaqûlu-z-zâlimûna ’in tattabi'ûna ’illâ rajulam mashûran (47) i-<br />

nzur kayfa darabû laka-1-’amtâla fadallû falâ yastati‘ûna sabîlan (48).<br />

43


Rien ne nous échappe. Nous savons avec quelle intention certains<br />

viennent t’écouter, et les propos qu’ils tiennent dans leurs conciliabules.<br />

Nous n’ignorons pas qu’ils se disent entre eux: «Mais, voyons, nous suivons<br />

là un homme possédé. (47) Vois tout ce à quoi ils te comparent! Ils sont<br />

égarés. Ils ne savent plus dans quel sens s’orienter. (48).<br />

Quand les idolâtres sont en conciliabules, les injustes disent: « -<br />

Vous une suivez qu’un homme possédé». Cette conversation, Dieu la<br />

révéla à son Prophète en lui disant: «vois tout ce à quoi ils te<br />

comparent» ces idolâtras ne peuvent trouver aucun chemin pour<br />

l’emprunter. Car ils ne recherchent plus la voie de la vérité et n’y<br />

trouvent aucun moyen pour y accéder.<br />

Dans la «Biographie du Prophète» Ibn Ishaq raconte: «Abou<br />

Soufian Ben Harb, Abou Jahl Ben Hicham et Al-Akhnas Ben Chouraïq<br />

sortirent une nuit pour se rendre auprès de la demeure de l’Envoyé de<br />

Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- et l’écouter en faisant sa prière:<br />

chacun d’eux prit une place à part à cette fin ne s’apercevant plus de<br />

la présence des deux autres. Ils restèrent ainsi écouter la prière<br />

jusqu’à la pointé du jour. Sur le chemin du retour, ils se rencontrèrent<br />

et se blâmèrent. Ils s’accordèrent à ne plus y revenir de peur qu’un<br />

homme idiot ou insensé ne les rencontre dans cet état et alors il<br />

pourrait se convertir.<br />

La nuit suivante chacun de ces trois individus agit comme la nuit<br />

précédente et s’isola dans un endroit pour ne plus être vu de ses<br />

compagnons. A l’aube ils se dispersèrent et se retrouvèrent encore<br />

une fois sur le même chemin et jurèrent de ne plus y revenir.<br />

La scène se reproduisit à la troisième nuit et après avoir écouté<br />

l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- faire sa prière, ils se<br />

rencontrèrent de nouveau sur le chemin du retour. Ils dirent: «Q ue<br />

chacun de nous s’engage à ne plus y revenir» et ce fut fait et ils se<br />

dispersèrent.<br />

Al-Aknas Ben Chouraïq prit son bâton et se rendit chez Abou<br />

Soufian Ben Harb et lui dit: «O Abou Handhala! Donne-moi ton avis<br />

après ce que tu as entendu du Prophète». Il lui répondit: «O Abou<br />

Tha‘laba‘! Par Dieu, j’ai entendu des choses dont j’ai eu connaissance<br />

auparavant et je peux facilement les interpréter. Ainsi j’ai entendu des<br />

44


choses que je ne les ai ni entendues ni connu le sens.» Al-Akhnas de<br />

répliquer: «E t c’est bien mon cas, par celui que tu as juré par son<br />

nom ». Il le quitta pour se diriger vers Abou Jahl. Il entra et lui<br />

demanda: «Q u e penses-tu de Mouhammad après ce que tu l’as<br />

entendu dire dans ses prières, ô Abou Al-Hakam?» Il lui rétorqua: « -<br />

Nous et Banou Abd Manaf avons disputé tant de dignité: ils ont donné<br />

à manger et nous avons fait de même, ils ont secouru les leurs et<br />

nous les nôtres, ils ont dépensé en charité et nous avons agi de<br />

même, à tel point que nous sommes devenus égaux en tout comme<br />

de chevaux de course. Ils ont dit enfin: Nous avons un Prophète qui<br />

reçoit la révélation du ciel! Quant à nous, quand est-ce que nous<br />

aurons le nôtre? Par Dieu nous ne croyons jamais ni en lui ni en son<br />

message». Sur ce, Al-Akhnas se leva et le quitta».<br />

waqâriï ’a’d â kunnâ ‘izâm an wa rufâtan ’a ’inna lam ab‘û tû n a halqan<br />

jadîdan (49) qui kûnû hijâratan ’aw hadîdan (50) ’aw halqam-mimmâ<br />

yakburu fî sudûrikum fasayaqûlûna may-yu‘îdunâ quli-1-ladî fatarakum<br />

’awwala m arratin fasayangidûna ’ilayka ru’ûsaKum wa yaqûlûna matâ<br />

huwa qui ‘asa ’ay-yakûna qarîban (51) yawma yad‘ûkum fatastajibûna<br />

bihamdihî wa tazunnûna ’i-l-labittum ’illâ qalîlan (52).<br />

Comment est-ce possible, disent-ils, qu’une fois réduits à notre<br />

squelette ou tombés en poussière, nous puissions être appelés à une nouvelle<br />

vie?» (49) Réponds: Oui, vous serez ressuscités quand bien même vous<br />

seriez de pierre ou de fer, (50) ou de quelque autre matière que vous ne<br />

sanriez imaginer. «Et qui va nous ressusciter?» opposent-ils. Dis: «Celui qui<br />

vous a donné la vie la première fois». Ils hocheront alors la tête et<br />

t’interrogeront: «Mais quand cela aura-t-il lieu?» Réponds: «Peut-être est-<br />

45


ce proche» (51) Le jour où Allah vous rappellera à Lui, vous vous<br />

présenterez en célébrant ses louanges et vous constaterez alors que votre<br />

séjour sur terre a été de courte durée» (52).<br />

Les incrédules qui ont rejeté tout principe de la résurrection et du<br />

rassemblement se sont exclamés: «Est-ce possible qu’une fois réduits à<br />

notre squelette ou tombés en poussière, nous puissions être appelés à une<br />

nouvelle vie?» La même in^prrogation qu’ils ont répétée en disant (dans<br />

une autre sourate): «Allons-nous retourner sur la terre de misère» dirontils.<br />

«Après que nos os auront pourri dans son sein. Un pareil retour serait<br />

vraiment démoralisant» [Coran LXXIX, 10-12].<br />

Pour leur répondre, Dieu ordonne à Son Prophète -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- de dire: «Oui, vous serez ressuscités quand bien<br />

même vous seriez de pierre ou de fer» ces deux matières étant les plus<br />

solides «ou de quelque autre matière que vous ne auriez imaginer». En<br />

interprétant ce verset, Ibn Omar a dit: Même si vous étiez des morts,<br />

vous seriez ressuscités et c’est Dieu qui en sera capable de le réaliser<br />

s’il le voudra, car rien ne pourrait le rendre à l’impuissance si telle sera<br />

sa volonté.<br />

Moujahed, en commentant les termes: «de quelque autre matière» a<br />

dit qu’il s’agit du ciel, de la terre et des montagnes. Et à leur demande<br />

«Qui donc nous fera revenir» la réponse fut: Celui qui vous a créés la<br />

première fois alors que vous n’étiez rien et puis vous êtes devenus des<br />

hommes répandus dans les quatre coins du monde. Sachez aussi que<br />

votre création sera une chose plus facile à Dieu que la première fois.<br />

Les incrédules alors «hocheront la tête et t’interrogeront: «Mais<br />

quand cela aura-t-il lieu?» Une question qui surgit de leur impiété en<br />

reniant toute résurrection qui sera à leurs regards une chose<br />

impossible; et même ils «sont impatients de la voir venir» [Coran XLII,<br />

18].<br />

«Réponds: «Peut-être est-ce proche». En leur répondant, le Prophète<br />

-q u ’Allah le bénisse et le salue- les met en garde contre son<br />

avènement qui est inéluctable. «Quand II vous ordonnera de sortir de la<br />

terre, vous en sortirez» [Coran XXX, 25]. Ce jour-là personne ne sera<br />

que ressuscité pour comparaître devant le Seigneur car: «Notre ordre<br />

tient en un seul mot aussi prompt qu’un clignement d’œil» [Coran L1V, 50].<br />

46


Tous les hommes occuperont la surface de la terre en quittant son<br />

sein «en célébrant ses louanges».<br />

A ce propos il est rapporté que le Prophète -qu’Allah le bénisse et<br />

le salue- a dit: Ceux qui auront témoigné qu’il n’y a d ’autre divinité que<br />

Dieu n’appréhenderont plus la solitude dans la tombe. Il me semble les voir<br />

sortir de leurs sépultures époussétant la tête proclamant: Il n’y a d ’autre<br />

divinité que Dieu». Dans une variante on trouve cet ajout: «Disant:<br />

Louange à Dieu qui a écarté de nous la tristesse» (Rapporté par At-<br />

Tabarani d’après Ibn Omar)(1).<br />

«Vous constaterez alors que votre séjour sur terre a été de courte<br />

durée». En sortant de leurs tombes, les hommes penseront n’être<br />

restés que peu de temps dans leurs sépulcres, car lorsque l’Heure<br />

sonnera «ils auront le sentiment de n’avoir passé sur terre qu’un soir ou un<br />

matin» [Coran LXXIX, 46].<br />

wa qui li‘ibâdî yaqûlû-l-latî hiya ’ahsanu ’inna-s-saytâna yanzagu<br />

baynahum ’inna-s-saytâna kâna li-l-’insâni ‘aduwwam mubînan (53).<br />

Dis à mes fidèles de n’employer que les paroles les plus conciliantes.<br />

Satan n’est que trop porté à susciter la discorde parmi eux. N’est-il pas, en<br />

effet, l’ennemi déclaré de l’homme?» (53).<br />

Les croyants sont tenus de prononcer de bonnes paroles et<br />

d’avoir un langage conciliant avec les autres, sinon le démon glisse<br />

entre eux pour semer la discorde et alors, les mauvaises paroles se<br />

traduiront en actes méchants et inimitié. Son aversion pour Adam est<br />

déjà connue lors de l’ordre qu’il avait reçu de se prosterner devant lui<br />

et il s’était refusé.<br />

47


Pour cela il est interdit à l’homme de pointer un morceau de fer ou<br />

autre contre son coreligionnaire pour éviter un mal imprévu qui pourrait<br />

arriver. Le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Que l ’un de<br />

vous ne pointe son arme contre son frère, car il ne sait pas si le démon ne<br />

fera pas échapper l ’arme de sa main et (tuera son frère), et alors il sera<br />

précipité dans un abîme de VEnfer» (Rapporté par Ahmed, Boukhari et<br />

Moustim)(1).<br />

rabbukum ’a‘lamu bikum ’in yasa’ yarhamkum ’aw ’in yasa’ yu‘add<br />

ibkum wamâA ’arsalnâka ‘alayhim wakîlan (54) wa rabbuka ’a‘lamu<br />

biman fî-s-samâwâti wa-l-’ardi walaqad faddalnâ ba‘da-n-nabiyyîna ‘alâ<br />

ba‘din wa ’a taynâ Dawûda zabûran (55).<br />

Votre Seigneur vous connaît mieux que quiconque. Il peut vous attirer<br />

dans le sein de sa miséricorde comme II peut vous châtier. Nous ne t’avons<br />

pas envoyé aux hommes, ô Prophète, pour être leur maître. (54) Ton<br />

Seigneur sait mieux que persone ce que renferment les cieux et la terre.<br />

Nous avons établi une hiérarchie entre les Prophètes; à David nous avons<br />

donné des psaumes. (55).<br />

Dieu certes connaît parfaitement les hommes. Il accorde la bonne<br />

voie à qui II veut et lui fait miséricorde en le poussant à suivre ses<br />

enseignements et retourner vers lui, comme II peut aussi châtier qui II<br />

veut, ceux qui lui seront rebelles et insoum is, quant à toi ô<br />

Muhammad, tu n’es le protecteur d’aucun d’entre les hommes, mais un<br />

avertisseur. Quiconque t’aura suivi entrera au Paradis. Par contre,<br />

quiconque t’aura désobéi, l’Enfer sera sa demeure éternelle. Dieu<br />

O) Ot ¿)\)a ^ jl>-1 û<br />

^ y> -\j o ljj) 6jU1 ¿jA 3jis>- ç J i j oJu ^<br />

48


connaît parfaitement ce qui est dans les deux et sur la terre, et les<br />

œuvres de ceux-ci les feront occuper de degrés différents.<br />

«Nous avons établi une hiérarchie entre les Prophètes» comme II a dit<br />

ailleurs: «Nous avons élevé certains Prophètes au-dessus des autres» [-<br />

Coran II, 253]. Ceci ne contredit pas les propos du Messager de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- qui a dit: «Ne faites aucune différence<br />

entre les Prophètes» qui signifient: Ne préférez pas les uns aux autres<br />

poussés par vos désirs et votre sectarisme sans aucune preuve, car si<br />

cette preuve s’avère justifiée, on aura droit à recourir à cette<br />

préférence. Mais ce n’est pas le cas bien que les Envoyés sont les<br />

plus considérés parmi les Prophètes, surtout ceux qui jouissaient de la<br />

forte résolution cités dans ce verset: «Nous avons reçu des engagements<br />

de tous les Prophètes, de toi, de Noé, d’Abraham, de Moïse et de Jésus» [-<br />

Coran XXXIII, 7] et dans cet autre: «Ils vous a donné la même religion<br />

que celle qu’il avait déjà recommandée à Noé. C’est elle-même qu’il t’a<br />

révélée, celle-là même qu’il avait recommandée avant à Abraham, à Moïse<br />

et à Jésus Observez-la bien et ne vous divisez pas, a-t-il été prescrit à tous»<br />

[Coran XLI1, 13].<br />

Il est incontestable que Muhammad est le meilleur d’entre eux,<br />

viendra ensuite Abraham, puis Moïse, puis Jésus -que Dieu les salue<br />

tous-.<br />

«A David, nous avons donné les psaumes» qui est un signe de sa<br />

haute considération et de ses mérites. A son sujet le Prophète -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «La récitation a été facilitée pour<br />

David. Il donnait l’ordre de seller son cheval et, avant que l’animal fût<br />

sellé, il avait achevé de réciter, c’est à dire le Coran».<br />

quli-d‘û-l-ladîna za‘amtum min dûnihî falâ yamlikûna kasfa-d-durri l-<br />

ankum walâ tahwîlan (56) ’ûlâA’ika-l-ladîna yad'ûna yabtagûna ’ilâ


abbihimu-l-wasîlata ’ayyuhum ’aqrabu wa yarjûna rahmatahû wa<br />

yahâfûna ‘adâbahu ’inna ‘adâba rabbika kâna mahdûran (57).<br />

Dis: Invoquez les divinités que vous vous êtes données en dehors<br />

d’Allah. Elles ne peuvent ni guérir vos maux, ni vous en préserver. (56) Ces<br />

divinités cherchent elles-mêmes à qui mieux mieux le moyen de se<br />

rapprocher d’Allah. Elles espèrent dans sa miséricorde et redoutent son<br />

châtiment. La répression de


wa ’im-min qaryatin ’illâ nahnu muhlikuhâ qabla yawmi-l-qiyâmati ’aw<br />

mu‘addibûhâ ‘adâban sadîdan kâna dâlika fî-l-kitâbi mastûran (58).<br />

Il n’est de cités que nous n’anéantissions avant le jour du jugement<br />

dernier ou que nous ne frappions d’un châtiment exemplaire. Ceci est<br />

inscAt dans le Livre (58).<br />

Tout ce que Dieu a prédestiné et écrit dans la Tablette Gardée le<br />

réalise. Toute cité dont ses habitants avaient désobéi à Dieu, ont été<br />

anéantis ou châtiés soit par le meurtre, soit par d’autres épreuves; et<br />

ce ne fut qu’à cause de leurs péchés et des enseignements qu’ils ont<br />

enfreints.<br />

Pour ce qui est des générations passées, Dieu a dit à leur propos:<br />

«Ce n’était pas à nous qu’ils avaient nui mais à eux-mêmes» [Coran II, 57].<br />

Il a dit ailleurs: «Combien de cités ont méprisé les ordres de leur Seigneur<br />

et de Ses Envoyés. Nous avons réglé leur compte sévèrement et leur avons<br />

infligé un dur châtiment» [Coran LXV, 8].<br />

wamâ m ana‘anâ ’an nursila bi-l-’â*yâti ’ilia' ’an kaddaba biha-1-’-<br />

awwalûna wa ’a taynâ t amuda-n-nâqata mubsiratan fazalamû bihâ wamâ<br />

nursilu bi-l-’ayâti ’illâ tahwîfan (59).<br />

Si nous ne faisons plus de miracles, c’est que les générations passées<br />

n’y ont pas cru. A quoi a servi que nous ayons envoyé aux thémoudites une<br />

véritable chamelle! Us n’en persistèrent pas moins dans leurs erreurs. Nous<br />

■’envoyons des miracles que pour avertir. (59).<br />

Ibn Abas raconte: «Les habitants de La Mecque avaient demandé<br />

au Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- de leur transformer le<br />

mont As-Safa en une masse d’or et d'écarter les montagnes qui<br />

entourent la ville afin d’avoir des plaines pour les semer. On révéla<br />

alors au Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue-: Si tu veux on les<br />

51


fera attendre, ou si tu veux nous les exauçons. Mais une fois qu’ils<br />

redeviennent incrédules, nous les ferons périr comme nous avons<br />

anéanti les peuples qui lui ont précédés. Et le Prophète de répondre:<br />

«Plutôt on les fera attendre». Dieu à cette occasion fit descendre ce<br />

verset: «Si nous ne faisons plus de miracles, c’est que les générations<br />

passées n’y ont pas cru».<br />

Suivant une variante, toujours d’après Ibn Abbas, et à la même<br />

demande des Mecquois, Gabriel descendit et dit au Prophète -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue-: «Dieu te salue et te dit: Si tu le veux bien, Je<br />

leur transformerai le mont As-Safa en une masse d’or. Mais une fois<br />

revenant à leur incrédulité, Je les châtierai d’un châtiment dont Je n’ai<br />

encore châtié personne dans l’univers. Et si tu veux, Je leur ouvrirai<br />

les portes du repentir et de la miséricorde» Il répondit: «Plutôt je<br />

préfère qu’on leur ouvre les portes du repentir et de la miséricorde».<br />

Al-Hafedh Ben Ya'la rapporte dans son Mousnad ce^qui suit: «-<br />

Lorsque ce verset fut révélé: «Avertis tes proches» [Coran XXVII, 214]<br />

L’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- monta sur le mont<br />

Abi Qabis et s’écria: «O la famille de Abd Manaf! Je viens pour vous<br />

avertir». Alors les Qoraïchites se regroupèrent autour de lui. Il leur<br />

avertit et les mit en garde. Ils lui dirent: «Tu prétends être un Prophète<br />

qui reçoit les révélations. Dieu a mis le vent et les montagnes au<br />

service de Souleiman, la mer à Moïse, Jésus redonnait la vie aux<br />

morts. Invoque alors Dieu pour écarter ces montagnes, faire jaillir de la<br />

terre des sources d’eau afin qu’on puisse la semer et manger de sa<br />

récolte. Sinon, invoque Dieu afin de ressusciter nos morts et de nous<br />

entretenir avec eux. Ou encore demande à Dieu de transformer le<br />

rocher sur lequel tu te tiens debout en une masse d’or ainsi nous<br />

pourrons avoir de richesses qui nous suffiront de faire le voyage d’été<br />

et celui d’hiver. Car tu prétends être capable de faire de miracles<br />

comme les autres Prophètes».<br />

«A ce moment il reçut la révélation, puis il nous dit: «Par celui qui<br />

tient mon âme dans Sa main, Il me donnera ce que vous venez de<br />

demander, et si je le voulais, je l’obtiendrais. Mais Dieu m’a donné le<br />

choix: soit que vous entriez par la porte de la miséricorde et ainsi les<br />

fidèles parmi vous croiraient, soit qu’il vous laisse vous fier à ce que<br />

52


vous préfériez pour vous-mêmes et ainsi vous perdrez la porte de la<br />

miséricorde et nul parmi vous ne sera croyant. J’ai opté pour la porte<br />

de la miséricorde afin que vous croyiez. Dieu m’a révélé aussi que s’il<br />

vous exauce mais vous persévérez dans votre incrédulité, Il vous<br />

infligera un châtiment qu’il n’a infligé à aucun peuple de l’univers». Il<br />

leur récita ensuite le verset précité.<br />

Donc à cette époque, ce qui a empêché la production des<br />

miracles à l’instar des époques précédentes, c’était le reniement qu’on<br />

attendait des idolâtres, bien que ces miracles qu’ils avaient demandés<br />

à Dieu, étaient des choses très faciles à Dieu mais II ne les a pas<br />

produits parce que les gens n’y croient pas. A leur sujet et concernant<br />

la table que les fidèles avaient demandé à Jésus sa descente du ciel,<br />

Dieu leur répondit: «La voila, Je la fais descendre. Celui d’entre vous qui<br />

me reniera après cela, Je lui ferai subir le supplice le plus affreux qu’on<br />

puisse infliger à une créature» [Coran V, 115].<br />

Ainsi, en ce qui concerne la chamelle que les Thém oudites<br />

avaient demandée sa création, Dieu les a mis en garde contre son<br />

meurtre, mais ils lui ont désobéi. Il leur dit: «Continuez à vous prélasser<br />

dans vos demeures, pendant trois jours. Mon avertissement ne sera pas<br />

démenti» [Coran XI, 65]. Et dans cette sourate II parle de ce miracle<br />

qui n’a servi en rien à ce peuple injuste et mécréant: «A quoi a servi<br />

que nous ayons envoyé aux Thémoudites une véritable chamelle? Ils n’en<br />

persistèrent pas moins dans leurs erreurs». Ce miracle produit qui dénote<br />

de l’unicité et du pouvoir du Créateur, le peuple de Thémoud l’a renié<br />

en interdisant la chamelle - créée d’un rocher - de boire et l’égorgeant<br />

après. Dieu les a anéantis et s’est vengé d’eux .<br />

«Nous n’envoyons des miracles que pour avertir» Donc Dieu n’envoie<br />

de miracles qu’à titre de menace, peut-être que les hommes y croient<br />

en tirant une leçon et reviennent à Lui.<br />

On a dit que du temps d’Ibn Mass'oud, que Dieu l’agrée, il y a eu<br />

un tremblement de terre à Koufa. Il a averti ses habitants et dit: «Votre<br />

Seigneur vous laisse la chance de revenir à lui, demandez-Lui donc de<br />

vous excuser».<br />

Dans un hadith cité dans les Sahihs, (à la suite de la mort<br />

d’Ibrahim le fils du Prophète, le soleil fut éclipsé) L’Envoyé de Dieu -<br />

53


qu’Allah le bénisse et le salue- dit aux hommes: «Le Soleil et la lune<br />

sont deux signes de Dieu qui ne s ’éclipsent pas à cause de la mort ou de la<br />

naissance de quiconque, m ais D ieu par laquelle menace ses serviteurs.<br />

Lorsque vous voyez cela, invoquez Dieu, priez et refugiez-vous auprès de<br />

Lui. O communauté de Muhammad! Par Dieu, nul n ’est plus jalou x que<br />

D ieu lo rsq u ’un de Ses serviteu rs ou l ’une de S es serva n tes com m et<br />

l ’adultère. O communauté de Muhammad! S i vous saviez ce que je sais,<br />

vous ririez peu et vous pleureriez beaucoup» (R apporté par Boukhari et<br />

M ouslim)(lK *<br />

wa ’id qulnâ laka ’inna rabbaka ’ahâta bi-n-nâsi wamâ ja‘alna-r-ru’yâ-1-<br />

latî ’araynâka ’illâ fïtnata-l-li-nâsi wa-s-sjarata-l-mal‘unata fî-l-Qur’âni wa<br />

nuhawwifuhum famâ yazîduhum ’illâ tugyânan kabîran (60).<br />

Nous n’avons cessé de te dire: «Ton Seigneur est le souverain maître<br />

des hommes. Ton rêve, nous ne te l’avons suggéré que pour éprouver les<br />

hommes et c’est dans le même dessein que nous avons introduit l’histoire de<br />

l’arbre maudit dans le Coran. Plus nous essayons de les convaincre et plus<br />

ils s’entêtent dans leur insoumission. (60).<br />

En l’exhortant à communiquer le message dont il fut chargé, Dieu<br />

rassure Son Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- qu'il le préserve<br />

contre la méchanceté des hommes. Ils sont tous sous Son pouvoir. La<br />

vision qu’il lui a montrée la nuit du voyage nocturne et l’ascension au<br />

«jS'j I l i l » îojLp L.$j ¡ j & j iAjU- Vj<br />

ji ût


ciel, ainsi que l’arbre maudit dit Zaqoum, mentionné dans le Coran, ne<br />

forment qu’une épreuve et une tentation pour les hommes.<br />

En racontant ce voyage-miracle aux hommes, le Prophète -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- leur dit qu’il a vu le Paradis et l’Enfer,<br />

ainsi que l’arbre maudit. Ils le traitèrent de menteur. Abou Jahl -que<br />

Dieu le maudisse- se leva et dit: «Hommes! Apportez-nous du beurre<br />

et de dattes». Il en prit et dit: «Mangez-y, car pour nous, le Zaqoum<br />

n’èst autre que ceci».<br />

L’arbre maudit constitue donc une menace pour les gens surtout<br />

les incrédules, mais, malheureusement, cela ne fait qu’accroître leurs<br />

égarement, rebellion et impiété.<br />

wa ’id qulnâ li-l-mala’ikati-s-judû li ’Adama fasajadu ’illâ Iblisa qâla<br />

a’asjudud liman halaqta tinan (61) qâla ’ara’aytaka hâdâ-l-ladî karramta<br />

‘alayya la’in ’ahhartani ’ilâ yawm i-l-qiyâm ati la ’ahtanikanna d<br />

urriyyatahu ’illâ qalîlan (62).<br />

Noos dîmes aux anges: «Prosternez-vous devant Adam» Ils<br />

s’inclinèrent, sauf Iblis qui objecta: «Vais-je m’incliner devant un être tiré<br />

du limon?» (61) «C’est bien celui-ci auquel tu donnes le pas sur moi?»<br />

Ajouta-t-il. «Si tu me fais grâce jusqu’au jour du jugement dernier,<br />

j’asservirai la presque totalité de sa descendance» (62).<br />

Lorsque Dieu créa Adam de Sa propre main, Il ordonna aux anges<br />

de se prosterner devant lui, mais Iblis s’enfla d’orgueil et refusa de le<br />

faire. Dieu, dans ce verset, rappele aux hommes l’adversité qui existe<br />

entre eux et Ibliss le démon maudit depuis la création de leur père<br />

Adam.<br />

Iblis, une fois reçu l’ordre de se prosterner, s’exclama: «Me<br />

prosternerai-je devant celui que TU as créé d’argile alors que moi, je<br />

fus créé de feu, je suis donc meilleur que lui». Ainsi il osa à se<br />

55


montrer rebelle en désobéissant à son Seigneur. Dans ce verset, il<br />

s’adressa à Dieu: «C’est bien celui-là auquel tu donnes le pas sur moi?»<br />

en lui accordant cette noblesse? Si tu me laisses subsister jusqu’au<br />

jour de la résurrection, je le dominerai lui et sa descendance à<br />

l’exception d’un petit nombre d’entre eux.<br />

qâla-d-hab faman tabi‘aka minhum fa’inna jahannama jazâA’ukum<br />

jaza',am-mawfûran (63) wastafziz mani-stata‘ta minhum bisawtika wa *-<br />

ajlib ‘alayhim bi haylika wa rajilika wa sârikhum fî-l-’amwâli wa-1-’-<br />

awlâdi wa ‘idhum wamâ ya‘iduhumu-s-saytânu ’illâ gurûran (64) ’inna<br />

ibâdî laysa laka ‘alayhim sultânun wa kafâ bi rabbika wakîlan (65).<br />

«Fuis. Toi et ceux qui pactiseront avec toi, aurez l’enfer pour<br />

récompense. Ample récompense. (63) Circonviens en paroles ceux d’entre<br />

eux que tu pourras. Lâche sur eux tes cavaliers et tes fantassins. Partage<br />

avec eux leurs richesses et leurs enfants. Fais-leur des promesses. Les<br />

promesses de Satan ne sont pas autre chose que des mensonges (64) Mais<br />

tu n’auras aucune prise sur mes fidèles. Ils trouveront dans leur Seigneur<br />

un protecteur suffisant. (65).<br />

Lorsque Iblis demanda à Dieu de lui accorder un délai, Il lui<br />

répondit: «Soit, tu vivras jusqu’au délai convenu» [Coran XV, 37-38], Il le<br />

menaça ainsi ceux qui le suivront d’entre la postérité d’Adam «Fuis. Toi<br />

et ceux qui pactiseront avec toi, aurez l’enfer pour récompense» La<br />

Géhenne sera votre rétribution qui ne sera diminuée en rien. «-<br />

Circonviens en paroles ceux d’entre eux que tu pourras» et excite-les par<br />

ta voix et «lâche sur eux tes cavaliers et tes fantassins» sous-entendant:<br />

rassemble contre eux ta cohorte et tes suppôts, ceux qui forment ton<br />

armée. Les exégètes ont déclaré que cette campagne que Satan a<br />

déclenchée depuis l’éternité n’est qu’une chose que Dieu avait<br />

56


prédestinée, la preuve en sont Ses paroles contenues dans ce verset:<br />

«Ne vois-tu pas que nous envoyons des démons auprès des incrédules pour<br />

attiser leur révolte» [Coran XIX, 83] C’est à dire qui les pousseront avec<br />

violence pour commettre les péchés.<br />

«Partage avec eux leurs richesses et leurs enfants» qui signifie:<br />

ordonne-leur les actes qui enfreignent les ordres divins. ’Ata de<br />

commenter: c'est l’usure. Mais pour Al-Hassan: il s’agit de l’argent<br />

acquis illicitement. Quand à «leurs enfants» ils ne sont que les<br />

adultérins comme ont précisé Ibn Abbas, Moujahed et Ad-Dahak.<br />

Suivant un autre commentaire d’Ibn Abbas: ce sont les enfants que les<br />

pères tuent dans leur folie et leur ignorance.<br />

Al-Hassan Al-Basri a précisé: Le démon, par Dieu, a bien partagé<br />

avec les hommes leurs enfants qui ont fait d’eux des mazdéens, des<br />

juifs, des chrétiens, ceux qui ne suivent pas la religion de l’Islam.<br />

Quant à leurs richesses, ils en ont réservé une partie pour le démon<br />

en la dépensant inconvenablement. Ibn Abbas a déclaré aussi que les<br />

hommes donaient à leurs enfants des noms tels que Abd Al-Hareth,<br />

Abd Chams, Abd d’un tel (le serviteur du démon, le serviteur du soleil,<br />

le serviteur d’un tel...).<br />

Et Ibn Jarir de conclure: Il s’agit de tout enfant qu’une femelle l’a<br />

enfanté en lui donnant un nom que Dieu répugne, ou en l’adhérant à<br />

une religion autre que celle de Dieu, ou en forniquant avec sa mère,<br />

ou en le tuant, ou l’enterrant vivant ou autre chose. Tous ces actes<br />

que Dieu a interdits constituent un partage avec le démon.<br />

Il est cité dans les deux Sahihs que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- a dit: «Si quelqu’un, quand il veut avoir des rapports<br />

avec sa femme, dit: «Au nom de Dieu. Grand Dieu, écarte-nous du démon,<br />

et écarte le démon de ce que Tu vas nous accorder», si un enfant naîtra de<br />

cette copulation, le démon ne lui causera aucun mal» (Rapporté par<br />

Boukhari et Mousüm) (1}.<br />

l i J J i ¿/¡¿rj


«Fais-leur des promesses. Les promesses de Satan ne sont autre chose<br />

que de mensonges». Lorsque la vérité éclatera et les hommes seront<br />

jugés équitablement, Dieu fait connaître aux hommnes que Satan leur<br />

dira: «En vérité, Allah vous avait fait de sûres promesses. Moi aussi je vous<br />

ai fait des promesses, mais je ne les ai pas tenues» [Coran XIV, 22],<br />

Dieu défie satan et lui dit: «Mais tu n’auras aucune prise sur mes<br />

fidèles» Car Dieu les préserve contre le démon maudit et lapidé. Le<br />

Prophète -qu’Allah le bénissê et le salue- a dit à cet égard: «Le fidèle<br />

tient le démon par le toupet comme l’un d’entre vous qui tient sa<br />

monture par la bride quand il voyage».<br />

rabbukumu-l-ladî yuzjî lakumu-l-fulka fï-l-bahri litabtaîû min fadlihT ’-<br />

innahû kâna bikum rahîman (66).<br />

C’est par la toute-puissance de votre Seigneur que vos barques voguent<br />

sur les flots et vous permettent d’exploiter les ressources du monde. Sa<br />

sollicitude pour vous est sans bornes. (66).<br />

Dieu met les mers aux services des hommes ainsi que les<br />

vaisseaux qui voguent sur leur surface à la recherche de Ses bienfaits,<br />

en se déplaçant, dans leur commerce, d’un pays à un autre. Car Dieu,<br />

en vérité, est miséricordieux pour Ses serviteurs.<br />

Ou<br />

> ¿ ' s * i ^ v<br />

C p y *<br />

wa ’idâ massakumu-d-durru fî-l-bahri dalla man tad‘ûna ’ilia ’iyyâhu<br />

falammâ najjâkum ’ila-l-barri ’a‘radtum wa kâna-l-’insânu kafûran (67).<br />

Si un péril sur mer vous menace, c’est en vain que vous invoquez<br />

d’autres divinités qu’Allah. Mais une fois qu’Allah vous a ramenés sains et<br />

saufs sur la rive, vous vous détournez de Lui. L’homme n’est qu’un ingrat.<br />

(67).<br />

58


Dieu montre la nature faible et ingrate de l’homme qui, une fois<br />

exposé à un malheur sur mer, invoque Dieu pour le sauver. Quant à<br />

ceux qu’il invoquait en dehors de lui ne font qu’égarer.<br />

A cet égard on a raconté l’histoire de 'Ikrima le fils de Abou Jahl<br />

qui quitta La Mecque lors de la conquête fuyant l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue-. Il prit le large pour se réfugier en<br />

Abyssinie. Un vent impétueux fit balancer le vaisseau et les hommes<br />

déclarèrent: Rien ne vous sauve que Dieu si vous l’invoquez. Ikrima se<br />

dit: «Par Dieu! Si Dieu est le seul qui nous secourt et sauve sur mer, Il<br />

est certes qui le fait sur terre. Grand Dieu! Je m’engage vis-à-vis de<br />

Toi, si Tu me sauves, j’irai donner une poignée de main à Muhammad<br />

pour me convertir et certes il est compatissant et clément. Lorsqu’ils<br />

arrivèrent sur la rive, Ikrima retourna chez l’Envoyé de Dieu -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue- se convertit et fut un musulman loyal et dévot.<br />

«Mais une fois qu’Allah vous a ramenés sains et sauf sur la rive, vous<br />

vous détournez de Lui» en feignant d’ignorer tout ce qu’il y a eu lieu et<br />

oubliant le Seigneur que vous venez d’invoquer en Lui reconnaissant<br />

des égaux. Telle est la nature ingrate de l’homme qui méconnaît les<br />

bienfaits de Dieu, à part d’un petit nombre d’hommes que le Seigneur<br />

a préservés de toute idolâtrie.<br />

’afa’mintum ’ay-yahsifa bikum jâniba-l-barri ’aw yursila ‘alaykum<br />

hâsiban tumma lâ tajidû lakum wakîlan (68).<br />

Qui vous garantit qu’Allah ne fera affaisser la rive sous vos pas ou ne<br />

déchaînera sur vous un ouragan sans que vous puissiez trouver un<br />

protecteur? (68).<br />

Ces hommes, une fois se trouvant sur la rive sauvés du péril de la<br />

mer, croient-ils qu’ils seront à l’abri du châtiment de Dieu et sa<br />

vengeance en les faisant engloutir dans une crevasse, ou en leur<br />

envoyant un ouragan ou une pluie qui fera tomber de cailloux, comme<br />

Dieu a dit ailleurs en parlant du peuple de Loth: «Nous déchaînâmes


contre lui une pluie de pierres. Nous ne sauvâmes que la famille de Loth.<br />

Le jour n’avait pas encore lui» [Coran LIV, 34]. Et alors les hommes<br />

infidèles ne trouveront aucun protecteur qui pourrait repousser ce<br />

châtiment.<br />

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’am ’amintum ’ay-yu‘îdakum fîhi târatan ’uhrâ fayursila ‘alaykum<br />

qasifam-mina-r-rîhi fayugriqakum bimâ kafartum tumma lâ tajidû lakum<br />

‘alaynâ bihî tabî‘an (69).<br />

Qui vous garantit que vous ne retournerez sur mer et qu’Allah ne<br />

soulèvera pas une tempête où vous trouverez la mort? juste châtiment de<br />

votre impiété. Et alors vous n’aurez aucun recours contre nous. (69).<br />

Les hommes qui ont invoqué Dieu seul pour les sauver du péril<br />

quand ils se trouvaient la première fois sur mer, croiront-ils qu’ils<br />

seront sûrs, une fois qu’ils prennent le large une autre fois, que Dieu<br />

ne leur envoie une tornade qui fera noyer le vaisseau et ils trouveront<br />

la mort? Cela ne sera qu’à cause de leur impiété et leur détournement<br />

de Dieu et de ses enseignements. «Et alors vous n’aurez aucun recours<br />

contre nous» Personne ne vous défendra et la vengeance de Dieu sera<br />

ainsi réalisée.<br />

LVp jûÎj 4Ç8*<br />

(Q^) LiJU- j ci'5’ >■ t ^ "i<br />

walaqad karramnâ banT ’Adama wa hamalnâhum fî-l-barri wa-l-bahri<br />

wa razaqnâhum mina-t-tayyibâti wa faddalnahum ‘alâ katîram mimman<br />

halaqnâ tafdîlan (70).<br />

Nous avons honoré les fils d’Adam. Nous avons facilité leur circulation<br />

sur terre et sur mer. Nous leurs avons procuré d’agréables nourritures.<br />

Nous nous sommes montrés pour eux d’une générosité exceptionnelle par<br />

rapport à la majeure partie de la création. (70).<br />

60


Dieu a ennobli l’homme en lui donnant un aspect et une forme<br />

meilleurs que toutes les autres créatures. Il a dit: «Oui, nous avons créé<br />

l’homme dans la forme la plus parfaite» [Coran XCV, 4]. Il marche droit<br />

sur ses pieds et mange en se servant de ses deux mains à l’inverse<br />

des animaux qui marchent sur leurs quatre pattes et mangent avec<br />

leurs bouches. Il lui a accordé la vue, l’ouïe et le cœur afin qu’il<br />

s’instruise et jouisse de toutes ses facultés, en discernant le vrai du<br />

faux, ce qui lui est utile de ce qui lui nuit pour sa vie d’ici-bas et celle<br />

de l’au-delà.<br />

«Nous avons facilité leur circulation sur terre» en mettant à leur<br />

service les différentes montures telles que les chevaux, les chameaux<br />

et autres pour circuler sur la terre, comme les vaisseaux pour se<br />

déplacer sur les mers. «Nous leur avons procuré d’agréables nourritures»<br />

telles que: les plantes, les légumes, les fruits, la chair des animaux et<br />

leur lait, qui constituent d’excellentes nourritures. Dieu ainsi a accordé<br />

aux hommes de vêtements différents de tissus, de couleurs et d’usage<br />

variés.<br />

«Nous nous sommes montrés pour eux d’une généoristé exceptionnelle<br />

par rapport à la majeure partie de la création» Ce verset est une preuve<br />

évidente que l’homme est la créature qui jouit de tant de privilèges<br />

même il est m eilleur que l’ange. A ce propos Abdullah Ben Amr<br />

rapporte que le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Les<br />

anges s’écrièrent: «Seigneur! Tu as accordé le bas monde aux<br />

hommes pour y manger, boire et se vêtir, alors nous, nous ne faisons<br />

que célébrer Tes louanges sans manger ni boire ni nous divertir.<br />

Comme Tu leur as donné le bas monde, réserve pour nous la vie<br />

future!». Il leur répondit: «Je ne traite pas sur le même pied d’égalité la<br />

postérité pieuse de celui que J’ai créé de Ma main et ceux à qui J’ai<br />

dit: «Soyez» et ils ont été» (Rapporté par Tabarani).<br />

61


yawma nad‘û kulla ’unâsim -bi-’imâmihim faman ’utiya kitâbahû<br />

biyamînihî fa’û la’ika yaqra’ûna kitâbahum walâ yuzlamûna fatîlan (71)<br />

wa man kâna fï hâdihT ’a‘mâ fahuwa fî-l-’âAhirati ’a‘mâ wa ’adallu<br />

sabîlan (72).<br />

Le jour où comparaîtront devant nous toutes les sectes avec leurs<br />

chefs, ceux à qui on remettra leur compte dans la main droite le liront avec<br />

plaisir et y trouveront mentionné leur moindre mérite. (71) Celui qui est<br />

aveugle en ce monde le sera également dans l’autre et s’y dirigera encore<br />

moins facilement. (72).<br />

Au jour de la résurrection chaque groupement d’hommes seront<br />

appelés par leur ch ef (litt-le u r im am )! Les o pinions se sont<br />

controversées quant à la nature de ce chef comme nous allons voir:<br />

- Pour Moujahed et Qatada, il s’agit de leur Prophète en citant à<br />

l’appui ce verset: «Tous les peuples, ont un Prophète. Allah les jugera<br />

chacun à leur tour en présence de leurs Prophètes» [Coran X,47] Certains<br />

ont commenté cela en disant que les musulmans fidèles jouiront de<br />

cette grande considération car leur chef sera en ce jour-là le Prophète<br />

-qu’Allah le bénisse et le salue-.<br />

- Ibn Ziad a précisé que cela signifie le livre que Dieu a révélé à<br />

leur Prophète, une opinion qui est soutenue par Ibn Jarir.<br />

- Moujahed, suivant une autre version, a dit le chef est le livre qui<br />

renferme toutes les actions. Comme a déclaré aussi Ibn Abbas cette<br />

opinion s’avère être la plus correcte car Dieu a dit ailleurs: «Nous<br />

dénombrons tout dans le livre de l’évidence» [Coran XXXVI, 12] et aussi:<br />

«Le compte de chacun sera apporté. En lisant le leur, les coupables seront<br />

saisis d’effroi» [Coran XVIII, 49].<br />

- D’autres ont précisé qu’il s’agit de ceux que les hommes ont pris<br />

comme imams et l’ont suivi. Les fidèles suivaient leurs Prophètes et<br />

les incrédules suivaient leurs chefs. Cette opinion est corroborée par<br />

ce hadith cité dans les deux Sahihs que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- a dit: «... Que chaque peuple suive ce qu’il adorait<br />

dans le bas monde. Il y aura ceux qui suivront les idoles.... jusqu’à la<br />

fin du hadith». Dieu a dit ailleurs: «Voilà notre Livre. Il témoignera<br />

envers vous en toute justice. Nous avons pris acte par écrit de toutes vos<br />

62


œuvres» [Coran XLV, 29] Tout ceci ne contredit pas quelle Prophète ne<br />

soit le témoin contre son peuple et qui sera présent lors du jugement,<br />

comme le montre ce verset: «La lumière d’Allah éclairera la terre, le<br />

Livre sera déposé, les Prophètes et les témoins appelés» [Coran XXXIX,<br />

69].<br />

On peut donc affirmer que ce «Chef» ou cet «imam» signifie bien<br />

le livre des œuvres de chaque individu. Le fidèle qui aura fait les<br />

bonnes actions dans le bas monde sera réjoui quand il recevra son<br />

livre dans la main droite et le lira avec toute quiétude et allégresse.<br />

Alors les hommes, en ce jour-là, ne seront lésés pas même d’un fil ou<br />

quoi que ce soit, ou la pellicule d’une datte.<br />

Au sujet du verset précité, Abou Houraira a rapporté que le<br />

Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «On appellera le fidèle<br />

et on lui donnera son livre dans la main droite. On lui accordera une<br />

grande stature, blanchira le visage, et on mettra sur la tête une<br />

couronne de perles. Il partira vers ses compagnons qui, à sa vue,<br />

s’écrieront: «Grand Dieu, donne-nous une chose pareille, et bénis-la<br />

pour nous». Arrivé auprès d’eux, ce fidèle leur rassurera: «Réjouissezvous,<br />

chacun d’entre vous recevra la même chose». Quant aux impies,<br />

le visage de chacun d’eux sera noirci en lui accordant une grande<br />

stature. A sa vue de loin, ses compagnons hurleront: «Nous nous<br />

réfugions auprès de Dieu contre un sort pareil. Grand Dieu, ne nous<br />

traite plus de la sorte». Dès l’arrivée de leur compagnon, ils diront:<br />

«Dieu, humilie-le» ,et lui de répondre: «Que Dieu vous éloigne (de sa<br />

miséricorde), chacun d’entre vous sera traité ainsi» (Rapporté par Al-<br />

Bazzar).<br />

wa ’in kâdû layaftinûnaka ‘ani-l-ladî ’awhayna ’ilayka litaftariya ‘alaynâ<br />

63


gayrahû wa ’ida-l-latta hadûka halîlan (73) walawlâA ’an tabbatnâka<br />

laqad kitta tarkanu ’ilayhim say’an qalîlan (74) ’ida-l-la ’adaqnâka di‘fa-<br />

1-hayâti wa di‘fa-l-mamâti tumxna lâ tajidu laka ‘alaynâ nasîran (75).<br />

Les infidèles ont été sur le point d’ébranler ta foi et de t’amener à<br />

altérer nos révélations. Auquel cas, ils ne t’auraient pas ménagé leurs<br />

sympathies. (73) Si nous ne t’avions rentenu, tu étais sur le point de<br />

rapprocher d’eux. (74) Mais alors nous t’aurions infligé à la fois les<br />

tourments de la vie et ceux dfe la mort. Et tu aurais été sans recours contre<br />

nous. (75).<br />

Dieu rassure Son Prophète -qu’AIlah le bénisse et ie salue- qu'il le<br />

soutient, le secourt et le préserve contre les méfaits des idolâtres qui<br />

ont essayé de le détourner de son message. Et II ne cessera de le<br />

soutenir contre ceux qui lui déclareront leur hostilité, tant à l’orient qu’à<br />

l’occident, jusqu’au jour de la résurrection.<br />

wa ’in kâdû layastafizzûnaka mina-l-’ardi liyuhrijûka minhâ wa ’ida-l-lâ<br />

yalbatûna hilâfaka ’illâ qalîlan (76) sunnat man qad ’arsalnâ qablaka mir-rusulinâ<br />

walâ tajidu lisunnatinâ tahwîlan (77).<br />

Par leurs persécutions, ils ont été sur le point de te faire abandonner<br />

le pays. Auquel cas, ils y seraient eux-mêmes bien peu de temps. (76). Tel<br />

a été le sort des Prophètes que nous avons envoyés avant toi. Ce sera là<br />

aussi ton sort (77).<br />

On a dit que ces versets furent révélés à propos des juifs qui<br />

vinrent trouver le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- et<br />

lui dirent: «O Aboul Qassem! Si tu es vraiment un Prophète sincère,<br />

rends-toi au pays de Châm, car c’est là que ce sera le lieu du<br />

rassemblement et la rencontre des Prophètes». Alors il fit l’expédition<br />

de Tabouk voulant ainsi qu’elle soit une étape pour la conquête du<br />

Châm. Arrivé à Tabouk, Dieu lui révéla: «Par leurs persécutions, ils ont<br />

64


été sur le point de te faire abandonner le pays». Dieu alors lui ordonna de<br />

regagner Médine car c’est là qu’il vivra, y mourra et y sera ressuscité.<br />

(Telle est la version de Baïhaqi d’après Abdullah Ben Ghanam. Mais<br />

l’auteur l’a commenté et dit: c’est un sujet à discussion car lorsque<br />

l’Envoyé de Dieu fit ses préparatifs pour faire l’expédition de Tabouk, il<br />

avait reçu l’ordre de Dieu et non pas des juifs).<br />

Selon un autre commentaire, ces versets furent descendus au<br />

sujet des idolâtres Qoraïchites qui contraignirent le Prophète -qu’Allah<br />

le «bénisse et le salue- pour quitter La Mecque. Dieu alors les a<br />

menacés et si, en effet, ils avaient réussi à le faire sortir de cette ville<br />

à cette époque, ils n’y seraient restés que peu de temps. L’histoire<br />

nous révèle qu’il restait à La Mecque environ un an et demi vivant<br />

parmi les impies en endurant leurs méfaits, et devait enfin faire son<br />

émigration vers Médine pour éviter leur méchanceté. Plus tard, ce fut à<br />

la bataille de Badr que les deux parties se rencontrèrent sans un<br />

rendez-vous préalable, et il eut le pas sur les idolâtres en rapportant<br />

une grande victoire sur eux. Il tua leurs notables et captiva une partie.<br />

Voilà bien le sens des paroles divines: (Tel est le sort des<br />

Prophètes...» En d’autres termes: Telle est la coutume du Seigneur de<br />

châtier ceux qui persécutent leurs Prophètes et leur nuisent les<br />

contraignant ainsi à quitter leur propre pays. En vérité, si l’Envoyé de<br />

Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- n’était pas le Messager de la<br />

miséricorde, Dieu se serait vengé d’eux en leur faisant goûter un<br />

supplice qu’aucun peuple n’avait subi auparavant. En confirmant ce fait<br />

Dieu a dit ailleurs: «Allah ne saurait punir les hommes pendant que tu es<br />

parmi eux» [Coran VIII, 33].<br />

’aqimi-s-salâta lidulûki-s-samsi ’ilâ gasaqi-l-layli wa qur’a1na-l-fajri ’inna<br />

qur’âAna-l-fajri kâna mashûdan (78) wa mina-l-layli fatahajjada bihî<br />

nâfilata-l-laka ‘asa ’ay-yab‘ataka rabbuka maqâmam-mahmûdan (79).<br />

65


Récite ta prière du déclin du soleil jusqu’à nuit noire. Récite, le Coran<br />

à l’aube, c’est le moment propice. (78) Lis le Coran la nuit. C’est là une<br />

œuvre pie. Peut-être obtiendras-tu un rang privilégié dans ta vie future.<br />

(79).<br />

Dieu ordonne à Son Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- de<br />

s’acquitter des prières prescrites à leurs heures marquées si on se<br />

conforme au sens propre^du verset: «du déclin du soleil jusqu’à nuit<br />

noire» une période qui couvre les prières du midi, de l’asr, du coucher<br />

du soleil et du soir (icha). «Récite le Coran à l’aube» qui ne signifie<br />

autre que la prière de l’aube. Voilà bien auquel l’Envoyé de Dieu -<br />

qu'Allah le bénisse et le salue- s’est conformé en accomplissant ces<br />

cinq prières ainsi que tous les musulmans après lui un siècle après un<br />

autre sans en rien changer.<br />

La récitation du Coran à l’aube signifie sans aucune contestation<br />

la prière en ce moment-là et qui aura ses témoins qui sont les anges<br />

de la nuit et ceux du jour qui se succèdent. A ce propos Âbou<br />

Houraïra -que Dieu l’agrée- a rapporté que le Prophète -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- a dit: «La prière faite en commun surpasse de vingt<br />

cinq degrés celle faite par un individu seul. Les anges de la nuit et ceux du<br />

jour se réunirent à la prière de l’aube» Abou Houraira d’ajouter: «Récitez<br />

si vous voulez: «Fais aussi une lecture à l’aube: «la lecture de l’aube a des<br />

témoins» (Rapportépar Boukhari)(1}.<br />

Il est cité aussi dans les deux Sahihs d’après Abou Houraira que<br />

le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Les anges de la nuit<br />

et ceux du jour se succèdent parmi vous et ils se réunissent au moment de<br />

la prière de l’aube et celle de l’asr. Ceux qui ont passé la nuit parmi vous<br />

montent au ciel et Dieu leur demande, bien qu’il le sache mieux que<br />

quiconque: «Comment avez-vous laissé Mes serviteurs?» Ils répondent: «-<br />

t£ $ -i»» ül5" ùïjî ül jtit j i j ! Ijlji\ '.ijijj*<br />

•/»<br />

66


Nous les avons trouvé en train de prier et nous les avons laissés en train de<br />

prier» (Rapporté par Boukhari et Mouslim)(I>.<br />

«Lis le Coran la nuit. C’est là une œuvre pie» On a commenté cela<br />

comme étant une recommandation de faire la prière nocture en dehors<br />

de la canonique, comme il a été rapporté qu’on a demandé à l’Envoyé<br />

de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-: «Quelle est la prière la plus<br />

méritoire après celle prescrite?». Il répondit: «C’est la prière nocturne».<br />

La question qui se pose est la suivante: Cette «œuvre pie» estelle<br />

exclusivement consacrée au Prophète -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue-? Et Ibn Abbas et Ibn Jarir de répondre: La prière nocturne fut<br />

recommandée au Prophète puisque Dieu lui a pardonné ses fautes<br />

antérieures et ultérieures, et devait par la suite être reconnaissant en<br />

s’acquittant de telle prière.<br />

Les ulémas ont déduit qu’il est aussi recommandé à tout<br />

musulman de la faire comme étant un acte surrégatoire grâce auquel<br />

ses péchés lui seront pardonnés.<br />

«Peut-être obtiendras-tu ainsi un rang privilégié dans la vie future».<br />

C’est à dire: acquitte-toi de ce que Je t’ai ordonné de faire afin que tu<br />

sois ressucité dans un état glorieux dont chaque homme t’en louera.<br />

Ibn Jarir a ajouté: Ce poste glorieux dont jouira Muhammad -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue- au jour de la résurrection sera l’intercession en<br />

faveur des hommes afin qu’elle mettra fin à ce qu’ils éprouveront de la<br />

frayeur en ce jour-là.<br />

A ce propos Hudzaifa a dit: Les hommes seront rassemblés sur<br />

un même tertre où ils pourront voir et entendre tout ce qu’il se<br />

produira. Ils seront nus et nu-pieds comme Dieu les a créés, debout<br />

où personne ne lui sera permis de parler sauf à qui Dieu donnera<br />

(1) JJJU d jjUi» :Jü | | | 'jt- üjij^ ¿y- ^<br />

(»-$-!l—J jJl £/*î* « il Ü l jlgjJL<br />

ÿ j L» |*-ïS" y — (*-^y<br />

67


l’autorisation. Une voix criera: «O Muhammad!» Il répondra: «Me voilà<br />

répondant à Ton appel, tout le bien est entre Tes mains et le mal n’est<br />

pas de Tes habitudes. Il est bien dirigé celui que Tu auras dirigé. Me<br />

voilà comme un serviteur devant Toi. Il n’y a ni refuge ni abri contre<br />

Toi qu’auprès de Toi. Que Tu sois béni et exalté ô Seigneur de la<br />

Maison». Tel est le poste glorieux que Dieu à Lui la puissance et la<br />

gloire a mentionné. Ce poste est l’intercession.<br />

L’auteur de cet ouvrage a commenté: Ces égards au jour de la<br />

résurrection seront réservés exclusivement à l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue-, et ne seront pas partagés avec un<br />

autre et nul n’aura de pareil. Il sera le premier ressuscité qui sortira du<br />

sein de la terre et se dirigera sur une monture vers le lieu du<br />

rassemblement. Tous les hommes seront sous son étendard même<br />

Adam. A lui appartiendra le bassin où nulle autre place ne sera<br />

bondée plus que lui. Il jouira de la grande intercession en assistant au<br />

jugem ent des autres, et ceci aura lieu après que les hommes<br />

demandent respectivement à Adam, Noé, Ibrahim, Moïse et Jésus<br />

d’intercéder. Chacun de ces Prophètes s’écriera: «Je ne puis le faire»<br />

pour différentes raisons. Quand les hommes viendront le demander à<br />

Mouhammad il leur rassurera: «J’en suis le plus digne» comme nous<br />

allons en parler plus loin.<br />

Il intercédera en faveur des damnés qui seront destinés à l’Enfer<br />

mais aussitôt ils en seront sauvés. Il sera la premier des Prophètes qui<br />

tranchera les différends entre les hommes de sa communauté, le premier<br />

à traverser le pont (Sirat) avec sa communauté«; le premier intercesseur<br />

au Paradis, le premier avec sa communauté qui y entreront.<br />

Il intercédera également en faveur des hommes pour être élevés<br />

de degrés dont leurs œuvres ne pourraient les y faire parvenir. Il sera<br />

le seul dans ce poste glorieux qui est le plus haut degré du Paradis et<br />

le plus digne. Une fois le Seigneur commencera à accepter<br />

l’intercession en faveur des rebelles pécheurs, Il débutera par celles<br />

des anges, des Prophètes et des fidèles. Quant à l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue-, il la fera pour une multitude de gens<br />

dont Dieu seul puisse les dénombrer. Cette intercession n’aura<br />

nullement une pareille.<br />

68


En voici quelques hadiths relatif au poste glorieux:<br />

1 - Ka‘b Ben Malek rapporte que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- a dit: «Lorsque les hommes seront ressuscités au<br />

jour du Rassemblement, je serai avec ma communauté sur une colline.<br />

Dieu à Lui la puissance et la gloire m’habillera d’un manteau vert, puis<br />

Il me permettera de dire ce qu’il voudra. Tel est le poste glorieux.<br />

2 - D’après Abou Ad-Darda, le Prophète -qu’Allah le bénisse et le'<br />

saluj?- a dit: «Au jour de la résurrection, je serai le premier qui recevra<br />

l’autorisation de me prosterner et qui relèvera la tête. Je regarderai alors<br />

devant moi et reconnaîtrai ma communauté parmi les autres, ainsi derrière<br />

moi, à ma droite et à ma gauche» Un homme demanda: «O Envoyé de Dieu,<br />

comment reconnaitras-tu ta communauté parmi les autres depuis Noé jusqu’à<br />

la tienne?» Il lui répondit: «Grâce aux marques dues aux ablutions, nul ne<br />

sera comme eux, et aussi parce qu’ils recevront leurs livres dans la main<br />

droite et leurs postérités seront devant eux» (Rapporté par Ahmed) (1K<br />

3 - Abou Houraira -cjye Dieu l’agrée- a rapporté: «On avait apporté<br />

à l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- de la viande, il prit<br />

l’épaule, la partie qui lui était préférée, la mordit en prenant un morceau<br />

par ses incisives, et dit: «Je serai le maître des hommes au jour de la<br />

résurrection. Savez-vous pourquoi cela? Dieu rassemblera les premiers et les<br />

derniers sur un seul niveau de la terre de sorte qu’un crieur les fera entendre et<br />

la vue pourra les apercevoir tous. Le soleil s ’approchera d ’eux, et les gens<br />

éprouveront de l’angoisse et de l’affliction ce qu’ils ne pourront plus supporter.<br />

Les uns diront aux autres: «Ne voyez-vous pas dans quel état sommes-nous?<br />

Ne pensez-vous pas charger quelqu’un afin d ’intercéder auprès de votre<br />

Seigneur en notre faveur?» Les autres répondront: «Allez voir Adam».<br />

(1)<br />

CXr! ô * 1^ ' «-jjpli C A i t» \ j ç j j J ùt Jj \<br />

t4jbl J I j ijîfj (Jüi Ji* ¿t-j cdAJi Ji»<br />

J> \ ¿ y * j t - :JL» ùk ûh ¿ y<br />

C j* i ;*^* ù j j j j ç - i » j t - \ j i p - b j t è ¿ÜA?-! (j~J<br />

.(tlijjJt (jjl ¿ jf- Liil -Uj»! A>-y f- Y ) Î f - Ç ij i<br />

ùü<br />

69


Ils iront voir Adam -que Dieu le salue- et lui diront: «Tu es le père de<br />

la race humaine, Dieu t ’a créé de Sa main. Il t ’a insufflé de Son esprit, et<br />

Il a ordonné aux anges de s ’agenouiller devant toi. Intercède pour nous<br />

auprès de ton Seigneur. Ne vois-tu pas en quel état sommes-nous et à quoi<br />

nous som m es réduits?». Adam leur répondra: «Aujoudh’hui mon Seigneur<br />

éprouve une colère telle qu’i l n ’en a jam ais eue de pareille auparavant et II<br />

n ’en aura plus jam ais de sem blable à l ’avenir. Il m ’a ordonné de ne plus<br />

m anger de l ’arbre (in terdit) et je Lui ai désobéi. C ’est mon âm e que je<br />

doive sauver d ’abord, allez chez un autre que moi. Allez voir Noé».<br />

*<br />

Ils iront chez N oé et lui diront: «O Noé! Tu es le prem ier Prophète<br />

que Dieu a envoyé vers les habitants de la terre. Il t ’a appelé «le serviteur<br />

reconnaisant». Intercède pour nous auprès de ton Seigneur. Ne vois-tu pas<br />

en qu el é ta t som m es-nous?» Il leur répondra: «M on Seigneur éprouve<br />

aujourd’hui une colère telle qu’il n ’en a jam ais eue de pareille auparavant,<br />

et II n ’en aura plu s ja m a is de sem blable à l ’avenir. J ’avais (le m érite)<br />

d ’une invocation que je m ’en suis servie contre ma communauté. C ’est mon<br />

âme que je doive sauver d ’abord. Allez trouver un autre que moi. A llez voir<br />

Ibrahim».<br />

Ils iront voir Ibrahim et lui diront: «O Ibrahim! Tu es le Prophète de<br />

D ieu et Son am i q u ’i l a choisi de préférence aux habitants de la terre.<br />

Intercède pour nous auprès de votre Seigneur. N e vois-tu pas en quel état<br />

sommes-nous?» Il leur répondra: «M on Seigneur éprouve aujourd’hui une<br />

colère qu’i l n ’en a jam ais eue de pareille auparavant et qu’i l n ’en aura plus<br />

jam ais de sem blable à l ’avenir. J ’avais fo rg é trois m ensonges[(1)]. C ’est<br />

mon âme que je doive sauver d ’abord. A llez chez un autre que moi, allez<br />

chez Moïse».<br />

C es hom m es iron t trouver M oïse et lui diron t: «O M oïse! Tu es<br />

(1) Les trois mensonges d'Ibrahim sont les suivants:<br />

A - En disant: «Oui, je suis malade» en regardant attentivement les étoiles.<br />

B - Après avoir détruit” les idoles et accroché la pioche au cou de la plus<br />

grande d’elles, il a répondu aux polythéistes: «C’est la plus grande d’entre<br />

elles qui a fait cela».<br />

C - Quand il a dit à sa femme Sarah: «Dis à Pharaon que je suis ton frère, il<br />

voulait dire son frère en religion. (Le traducteur).<br />

70


VEnvoyé de Dieu. Il t ’a choisi de préférence à tous les hommes pour que tu<br />

transmettes Ses messages et Sa parole. Intercède pour nous auprès de ton<br />

Seigneur. Ne vois-tu pas en quel état sommes-nous?». Il leur répondra:<br />

«Mon Seigneur éprouve aujourd’hui une colère telle qu’il n’en a eue de<br />

pareille auparavant et qu’il n’en aura plus jamais de semblable à l ’avenir.<br />

J ’ai tué un homme qu’on ne m ’a pas ordonné de tuer. C ’est mon âme que je<br />

doive sauver d ’abord; allez chez un autre que moi, allez chez Jésus».<br />

Ils iront voir Jésus et lui diront: «O Jésus! Tu es l ’Envoyé de Dieu et Sa<br />

Phrole qu’il a jetée en Marie, et un esprit émanant de Lui. Tu as parlé aux<br />

gens dès le berceau. Intercède pour nous auprès de ton Seigneur. Ne vois-tu<br />

pas en quel état sommes-nous?» Jésus leur répondra: «Mon Seigneur<br />

éprouve aujourd'hui une colère telle qu’il n’en a eue de pareille auparavant et<br />

qu’il n ’en aura plus jamais de semblable à l’avenir; sans mentionner aucun<br />

péché. «C ’est mon âme que je doive sauver d ’abord. Allez chez un autre que<br />

moi, allez chez Mouhammad -qu’Allah le bénisse et le salue-».<br />

A la fin ils iront trouver Mouhammad -qu’Allah le bénisse et le salueet<br />

lui diront: «O Mouhammad! Tu es l ’Envoyé de Dieu et le dernier des<br />

Prophètes.Dieu t ’a pardonné tes fautes antérieures et futures. Intercède<br />

pour nous auprès de ton Seigneur. Ne vois-tu pas en quel état sommesnous?»<br />

Je partirai, et arrivé sous le Trône, je me prosternerai devant mon<br />

Seigneur à Lui la puissance et la gloire. Dieu m ’apprendra des formules de<br />

louange et de compliment qu’il n ’a apprises à aucun d ’autres avant moi,<br />

puis on me dira: «O Mouhammad! Relève la tête. Demande, tu obtiendras;<br />

intercède et tu seras exaucé». Alors je relèverai la tête et dirai: «Seigneur!<br />

M a communauté! Seigneur! Ma communauté». On me répondra: «O<br />

Mouhammad! fais entrer par la porte droite, une des portes du Paradis,<br />

ceux qui n’ont pas un compte à régler. Ils seront les associés de ceux qui<br />

entreront par les autres portes». Il ajouta: «Par celui qui tient mon âme en<br />

Sa main, la distance qui sépare les deux vantaux d ’une porte du Paradis<br />

est égale à celle qui sépare La Mecque de Hajar, ou celle qui sépare La<br />

Mecque de Basra» (Rapporté par Boukhari, Moustim et Ahmed) (1■*.<br />

(1) C J l £»ÿ jjH ¿1 J 4 J ü l i j l j * O *<br />

¿ J * .J-U I ¿JL J 1_r -wiJI j i J ô j l ^ I a J I (jj<br />

71


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wa qui rabbi ’adhilnî mudhala sidqin wa ’ahrijnî muhraja sidqin wa-j‘al<br />

lî mi-l-ladunka sultânan nàsîran (80) wa qui ja ’a-l-haqqu wa zahaqa-1-<br />

bâtilu ’inna-I-bâtila kâna zahûqan (81).<br />

Djs: Seigneur, fais que je commence et que je termine toute chose<br />

heureusement. Prête-moi un appui efficace. (80) Dis: Que la vérité<br />

triomphe et que l’erreur disparaisse. L’erreur a une vie précaire. (81).<br />

Ibn Abbas a dit que ce verset fut révélé lorsque Dieu avait<br />

ordonné à Son Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- de sortir de<br />

La Mecque et d’émigrer vers Médine. Et Qatada a ajouté: Le Prophète<br />

-qu’Allah le bénisse et le salue- avait demandé au Seigneur une entrée<br />

conforme à la justice, c’est à dire à Médine, et une sortie pareille de<br />

La Mecque.<br />

Quant à «l’appui efficace» Al-Hassan Al-Basri l’a commenté en<br />

disant: «Dieu lui a promis de s’emparer des trésors et des royaumes<br />

de la Perse et des Romains».<br />

Mais le commentaire de Qatada était quasi différent en disant:<br />

Lorsque le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- sut que cela ne<br />

sera réalisé qu’avec une certaine autorité, il demanda au Seigneur un<br />

secoureur au Livre de Dieu, à ses peines prescrites et à Ses<br />

obligations afin d’établir Sa Religion, car un tel secoureur serait une<br />

miséricorde divine, étant donné que s’il n’y avait pas ce secoureur les<br />

hommes auraient attaqué et dévoré les uns les autres.<br />

Ibn Jarir, quant à lui, a précisé qu’il doit y avoir un certain pouvoir<br />

avec la présence de la loi. On a dit dans une certaine tradition: «La<br />

force met fin à ce que le Coran -seul- ne pourra le faire». Donc pour<br />

empêcher les gens de commettre les turpitudes et les péchés, malgré<br />

l’application des enseignements du Coran, il faut qu’une certaine force<br />

coercitive existe pour appliquer la loi.<br />

«Dis: Que la vérité triomphe et que l’erreur disparaisse» C’est un<br />

avertissement et une menace lancés contre les idolâtres de Qoraïch<br />

73


qui devaient connaître enfin que la vérité est venue de Dieu sans<br />

aucun doute qu’on trouve dans le Coran et le Messager du Prophète -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue-, comme il y en a aussi la science<br />

nécessaire et utile aux gens. L’erreur doit disparaître à jamais et qui<br />

est représentée par l’adoration des idoles. A cet égard Abdullah Ben<br />

Mass'oud raconte: «Quand le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salueentra<br />

à La Mecque (après sa conquête), il y avait autour de la Maison<br />

360 pierres dressées et idoles. H les fit tomber l’une après l’autre à<br />

l’aide d’un bâton qu’il tenait à la main et disait: «La vérité est venue;<br />

l-’erreur a disparu, l’erreur doit disparaître. La vérité est venue: ce qui est<br />

faux ne peut donner un commencement à rien, ni rien renouveler» (-<br />

Rapporté par Boukhari, Mouslim Tirmidhi et Nassaï)(1).<br />

wa nunazzilu mina-l-Qur’â*ni mâ huwa sifaf’un wa rahmatu-l-li-1-<br />

mu’minîna walâ yazîdu-z-zâlimîna ’illâ hasa ran (82).<br />

Ce Coran apporte soulagement et bénédiction aux fidèles. Il ne fera<br />

qu’accentuer la ruine des méchants. (82).<br />

Ce livre que le Seigneur a révélé à Mouhammad -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- est à la fois guérison et miséricorde. Il est une<br />

guérison car il purifie les cœurs du doute, de l’hypocrisie, de<br />

l’aberration et du détournement de Dieu. En tant que miséricorde, il<br />

procure la foi, la sagesse, le vouloir du bien... Nul ne peut acquérir de<br />

telles faveurs qu’en suivant ses enseignements et prescriptions. Quant<br />

à l’infidèle il est bien loin de tout cela. En entendant la récitation du<br />

Coran, il ne fait que de s’écarter de plus en plus du droit chemin car<br />

l'incrédule de par sa nature n’a plus l’intention d’être dirigé. Dieu a dit:<br />

(1 ) Jt J i j j ¿ j i Jl»p f-jtjj-l<br />

êW- ùlS” jJlaUt (l)l JJoUt ô * j j jj- ' J<br />

. j S lj ^JJaUI Uj<br />

74


(La sourate) a augmenté la foi de tous les vrais croyants, qui s’en<br />

réjouissent. Quant aux cœurs infirmes, elle n’a fait qu’augmenter leur<br />

acrimonie. Et au moment de la mort, ils sont encore infidèles» [Coran IX,<br />

124-125]. Donc l’infidèle qui ne récite pas le Coran, ni le retient, ni<br />

médite sur le sens de ses versets, n’en tire aucun profit et cela est<br />

toujours à son détriment. C’est pourquoi le Coran accroît la perte de<br />

prévaricateurs.<br />

»<br />

wa ’id a “ ’an‘amnâ ‘alâ-l-’insâAni ’a‘rada wa na’a bijânibihî wa ’id â<br />

massahu-s-sarru kâna ya’ûsan (83) qui kuHun ya‘malu ‘alâ sâkilatihî<br />

farabbukum ’a‘lamu biman huwa ’ahdâ sabîlan (84).<br />

Accordons-nous nos bienfaits à l’homme? il se détourne et s’éloigne de<br />

nous. Le mal l’effleure-t-il? le voilà qui se désespère. (83). Dis: Que chacun<br />

agisse n sa guise mais votre Seigneur distingue mieux que personne ceux<br />

qui sont dans la voie droite. (84).<br />

L’homme est de par sa nature plein de défauts à moins que Dieu<br />

l’en purifie. Il montre son comportement dans l’aisance et dans la gêne:<br />

Quand II le comble de bienfaits, de la bonne santé, de son secours et lui<br />

donne le pouvoir, obtenant ainsi tout ce qu’il désire, le voilà cet homme<br />

qui se montre ingrat en se détournant de l’adoration du Seigneur et<br />

s’éloigne de Lui. Mais quand un malheur le touche, il est désespéré<br />

comme n’attendant à aucun bienfait à l’avenir et ne pouvant récupérer<br />

quoi que ce soit de ce qu’il aura perdu. Ces versets affirm ent le<br />

com portem ent de l’homme: «Si nous accordons à l’homme notre<br />

bénédiction et que nous la lui retirions, le voilà en proie au désespoir et au<br />

ressentiment le plus vif. (9) Le faisons-nous bénéficier d’un bienfait après une<br />

période d’adversité, il s’écrie: «Enfin, c’en est fini de mes malheurs». Car, il<br />

est inconséquent et prompt à s’enorgueillir» [Coran XI, 9-10].<br />

Dieu enfin, selon les dires des exégètes, met en garde les<br />

idolâtres et infidèles «Que chacun agisse à sa guise», libre à eux qu’ils<br />

fassen. ce qu’ils veulent car Dieu connaît parfaitement ceux qui sont<br />

75


dirigés vers la voie droite et ceux qui s’en écartent, car en fin de<br />

compte, chacun sera rétribué selon ses œuvres.<br />

wa yas’alûnaka ‘ani-r-rûhi quli-r-rûhu min ’amri rabbî wama ’ûtîtum<br />

min-l-‘ilmi ’illâ qalîlan (85).<br />

Ils t’interrogent sir l’âme Dis: L’âme est le secret d’Allah. H ne vous<br />

a livré que bien peu de connaissances. (85).<br />

Abdullah Ben Mass'oud -que Dieu l’agrée- raconte: «Je marchais<br />

avec le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-, dans une<br />

terre cultivée à Médine, qui s’appuyait sur une queue de palmier sans<br />

feuilles quand nous passâmes auprès d’une foule de juifs. Les uns<br />

d’entre eux dirent aux autres: «Interrogeons-le sur l’âme?». Les autres<br />

ripostèrent: «Non, ne l’interrogez pas». Ils se décidèrent enfin à<br />

l’interroger. On lui dit: «O Mouhammad! Qu’est-ce que l’âme?» Le<br />

Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- s’appuyait toujours sur son<br />

bâton, sans leur répondre, je me suis dit alors: «Peut-être il reçoit une<br />

révélation. En effet, il leur récita ce verset: «Ils t’interrogent sur l’âme.<br />

Dis: «L’âme est le secret d’Allah. Il ne vous a livré que bien peu de<br />

connaissances». Alors ceux qui s’opposaient à l’interrogation blâmèrent<br />

les autres: «Ne vous a-t-on pas interdit de le questionner?».<br />

Cet événement montre que ce verset fut révélé à Médine où les<br />

juifs vivaient, bien que la sourate, dans l’ensemble, fut descendue à La<br />

Mecque. A ceux qui en doutaient, quelques exégètes ont répondu: Il<br />

se peut que cela lui a été révélé deux fois, une à La Mecque et une à<br />

Médine, ou bien Dieu lui a révélé ce verset afin de répondre aux juifs.<br />

Ce qui confirme aussi que ce verset fut révélé à la Mecque est ce<br />

hadith rapporté par Ibn Abbas: «Les Qoraïchites avaient dit aux juifs:<br />

«Propopez-nous un sujet sur lequel on interroge cet homme (le<br />

Prophète)» - Interogez-le sur l’âme, avaient-ils répondu. Alors ce<br />

verset fut révélé, et les juifs de dire: «Nous avons obtenu tant de<br />

connaissances, nous avons reçu le Pentateuque et celui auquel le<br />

76


Pentateuque a été donné bénéficie d’un grand bien. Le Seigneur fit<br />

descendre à la suite ce verset: «Dis: Si l’eau de la mer était muée en<br />

encre pour écrire les paroles de mon Seigneur, elle se tarirait avant de les<br />

avoir toutes écrites...» [Coran XVIII, 109].<br />

Dans un autre hadith rapporté par Ibn Jarir d’après Ikrima, Dieu<br />

aurait descendu ce verset en réponse aux juifs: «Quand bien même tous<br />

les arbres de la terre se changeraient en roseaux pour écrire, quand bien<br />

mênfe l’océan serait un océan d’encre où conflueraient sept autres océans,<br />

qu’Allah aurait encore à écrire» [Coran XXXI, 27].<br />

Que ce soit i'un ou l’autre la réponse fut très claire, bien que<br />

d’autres ulémas avaient avancé plusieurs interprétations mais elle<br />

étaient presque toutes les mêmes.<br />

Qu’est-ce que l’âme?<br />

Un sujet qui a créé des divergences dans les opinions. Nous nous<br />

limitons à ce que Ibn Abbas a dit: Les juifs ont demandé au Prophète -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue-: «Parle-nous de l’âme et comment elle<br />

peut être torturée alors qu’elle se trouve encore dans le corps?»<br />

Gabriel descendit avec ce verset: «Ils t’interrogent sur Pâme...» Ayant<br />

communiqué cette réponse aux juifs, ils s’écrièrent: «Qui te l’a<br />

apportée?» - C’est l’ange Gabriel, répliqua le Prophète -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue-, qui m’est venu de la part du Seigneur. Ils<br />

ripostèrent: «Par Dieu, c’est notre ennemi qui te l’a comnmuniquée»<br />

Alors Dieu fit cette révélation: «Dis à qui se déclare l’adversaire de<br />

Gabriel que c’est lui qui, d’ordre d’Allah, a déposé dans ton cœur le Livre<br />

qui confirme les Ecritures Saintes...» [Coran II, 97].<br />

«Dis: L’âme est le secret d’Allah» elle est Son affaire. Il s’est<br />

approprié de cette science sans vous faire connaître aucune partie<br />

d’elle. Et de toutes les branches de la science, Il ne vous a donné que<br />

le peu. Nul n’embrasse de Sa science que ce qu’il veut. Donc l’âme -<br />

ou l’esprit- procède du commandement de Dieu.<br />

«Il ne vous a livré que bien peu de connaissances». En le<br />

commentant, As-Souhayli a dit que le Prophète -qu’Allah le bénisse et<br />

le salue- n’a pas répondu aux juifs à cause de leur obstination. Puis<br />

As-Souhayli a ajouté: Les savants ont confondu entre l’âme et l’esprit<br />

77


et certains ont affirmé que les deux sont les mêmes. Il a déduit enfin<br />

que l’âme est une substance subtile tel le vent, qui circule dans le<br />

corps comme l’eau dans les racines et les branches d’un arbre.<br />

Et l’auteur de préciser: L’esprit est à la base de l’âme et sa<br />

matière constitutive et c’est cette dernière qui est incorporée au corps<br />

humain. C’est Dieu qui est le plus savant.<br />

*<br />

wa la’in si’nâ lanadhabanna bi-l-ladT ’awhayna ’ilayka tumma lâ tajidu<br />

laka bihî ‘alaynâ wakîlan (86) ’illâ rahmatam-mir-rabbika ’inna fadlahû<br />

kâna ‘alayka kabîran (87) qui la ’ini-jtama‘ati-l-’insu wa-l-jinnu ‘ala ’ayya’tû<br />

bimitli hâdâ-l-Qur’a ni lâ ya’tûna bimitlihî walaw kâna ba‘duhum<br />

liba‘din zahîran (88) walaqad sarrafnâ li-n-nâsi fî hâdâ-l-Qur’a ni min<br />

kulli matalin fa’aba ’aktaru-n-nâsi ’illâ kufûran (89).<br />

Si nous le voulions, nous retirerions ce que noos t’avons révélé. Et tu<br />

n’aurais personne pour te défendre. (86) Si Allah s’en abstient, c’est pure<br />

grâce de sa part. Sa grâce pour toi est, en effet, sans limites. (87). Dis: Les<br />

hommes et les génies auraient beau se concerter respectivement pour<br />

produire un pareil Coran, qu’ils n’y parviendraient pas. S’associeraient-ils<br />

même? qu’ils ne le pourraient pas non plus. (8) Nous avons eu beau<br />

multiplier les exemples dans ce Coran, la plupart des hommes sont<br />

demeurés incrédules. (89).<br />

Dieu rappelle Ses grâces à Son Prophète -qu’Allah le bénisse et<br />

le salue- dont le Coran, ce Livre glorieux, où l’erreur ne s’y glisse de<br />

nulle part car c’est une révélation d’un Sëtgneur sage et digne de<br />

louanges.<br />

_<br />

Ce Coran, étant un grand miracle, Dieu affirme que si les hommes


et les génies s’unissaient pour produire quelque chose de semblable à<br />

lui, ils seraient incapables de le faire et leur tâche s’avérerait<br />

im possible et irréalisable. Les paroles divines sont tout à fa it<br />

différentes de celles des hommes.<br />

Dieu a présenté dans ce Livre toutes sortes d’exemples, ainsi que<br />

les preuves évidentes et irréfutables, Il a montré toute claire la vérité,<br />

m ais^m alheüreusem ent, «la plupart des hommes sont demeurés<br />

incrédules». Ils ont méconnu tous les droits et repoussé la vérité.<br />

wa qâlû lan nu’mina laka hattâ tafjura lanâ mina-l-’ardi yambû‘an (90)<br />

’aw takûna laka jannatum-min nahîlin wa ‘inabin fatujjira-l-’anhâra<br />

hilâlahâ tafjîran (91) ’aw tusqita-s-sama’a kamâ za‘amta ‘alaynâ kisafan<br />

’aw ta’tiya bi-L-Lâhi wa-l-malâA’ikati qabîlan (92) ’aw yakûna laka<br />

baytum min zuhrufïn ’aw tarqâ fî-s-sama’i wa lan-nu’mina liruqiyyika<br />

hattâ tunazzila ‘alaynâ kitâbn naqra’uhû qui subhâna rabbî hal kuntu ’-<br />

illâ basara-r-rasûlan (93).<br />

Ils disent: Nous ne t’accorderons notre confiance que le jour où tu<br />

feras jaillir du sol une source. (90) Ou que, possédant toi-même un jardin<br />

de plamiers et de vignes, tu y feras surgir de nombreux cours d’eau. (91)<br />

Ou que, réalisant ta menace, tu détacheras sur nous un pan du ciel, ou que<br />

tH pourras montrer à tes côtés Allah et les anges. (92) Ou que tu<br />

posséderas un magnifique palais, ou que tu t’élèveras dans les cieux. Et<br />

encore ne croirons-nous à ton ascension que si tu nous rapportes des cieux<br />

■n livre accessible à tous? Réponds-leur: Béni soit mon Seigneur! Suis-je<br />

astre chose qu’un homme envoyé par Allah! (93).<br />

Ibn Abbas raconte: «Outba et Chaïba les fils de Rabi'a, Abou<br />

79


Soufian Ben Harb, Abou Al-Boukhtouri, Al-Walid Ben Al-Moughira,<br />

Abou Jahl Ben Hicham, Abdullah Ben Abi Oumayya, Ben Khalaf et Al-<br />

‘As Ben Waël se sont réunis au crépuscule auprès du toit de la Ka’ba.<br />

Les uns dirent aux autres: «Entretenez-vous avec Mouhammad,<br />

disputez avec lui et effrontez-le afin qu’il sache que vous ne lui avez<br />

laissé aucune excuse pour se défendre».<br />

Ils lui envoyèrent un messager lui dire que les notables parmi ton<br />

peuple veulent te parler. H répondit à leur invitation croyant qu’ils ont<br />

commencé déjà à suivre le chemin de la vérité dont il était tellement<br />

avide de les y mettre et trouvait pénible leur obstination. Arrivé chez<br />

eux, ils lui dirent: «O Mouhammad! Nous voulons te parler afin que<br />

plus tard nous serions excusés. Par Dieu, nous ne savions aucun<br />

arabe qui a apporté à son peuple une telle offense: tu as injurié nos<br />

pères, dénigré notre religion, effronté notre culte, insulté nos divinités<br />

et semé la discorde entre les hommes. Tu ne nous a épargnés<br />

d’aucun de tes méfaits. Si, par ton message, tu désires faire une<br />

fortune, nous te donnerons tout ce que tu veux pour te rendre l’homme<br />

le plus riche parmi nous. Si tu convoites le commandement et<br />

l’honneur, nous ferons de toi notre chef. Si tu désires la royaué,nous te<br />

couronnerons un roi. Enfin si ce que tu reçois (comme révélations et<br />

visions) te provient du démon qui t’a rendu comme un possédé, nous<br />

sommes prêts à dépenser la somme nécessaire pour te faire guérir,<br />

qu’à la fin de tout cela nous serons excusés vis-à-vis de toi».<br />

Le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- leur<br />

répondit: «Je ne suis pas un possédé. Par mon message je ne désire<br />

ni un honneur, ni une fortune ni un pouvoir, et je n’ai jamais voulu être<br />

couronné. Mais Dieu m’a envoyé comme un Prophète, m’a révélé le<br />

Livre, m’a ordonné d’être pour vous en tant qu’un annonciateur et un<br />

avertisseur. Je vous ai transmis les enseignements de mon Seigneur<br />

et je vous ai prodigué tant de conseils. Si vous acceptez ce dont je<br />

suis chargé de communiquer, ce sera votre part de la vie d’ici-bas et<br />

celle de l’au-delà. Si vous le refusez, je me patiente jusqu’à ce que<br />

Dieu tranche nos différends».<br />

Ils répliquèrent: «O Mouhammad! Si tu rejettes notre proposition tu<br />

connais mieux que quiconque que notre pays n’est pas tellement<br />

80


vaste, que nous sommes des gens pauvres et notre vie est austère.<br />

Invoque-nous Dieu qui t’a envoyé par ce message afin de déplacer ces<br />

montagnes et ainsi notre pays deviendra plus étendu, de nous faire<br />

jaillir des rivières comme celles qui se trouvent aux pays de Châm et<br />

de l’Irak, qu’il ressuscite quelques-uns de nos morts et surtout Qassy<br />

Ben Kalab car il était un homme sincère et véridique. Comme ça nous<br />

aurons la certitude que ce que tu viens communiquer aux gens n’est<br />

pas une erreur. Si nos morts une fois ressuscités croient en toi, nous<br />

ferons de même et nous saurons ainsi le rang que tu occupes auprès<br />

de Dieu, et tu es un vrai messager comme tu prétends».<br />

Il leur dit: «Ce n’est pas pour ce but que j’ai été envoyé, sinon<br />

pour vous transmettre le message dont je vous ai communiqué. Si<br />

vous l’acceptez, ce sera votre part de bas monde et de la vie future, et<br />

si vous le rejetez, je n’aurai qu’à me patienter jusqu’à ce que Dieu<br />

tranche notre différend».<br />

Ils lui demandèrent ensuite qu’un ange du ciel descende afin de<br />

confirmer le message, et que Dieu lui donne de palais, de trésors et<br />

de châteaux, comblés d’or et d’argent et que le ciel tombe en<br />

morceaux sur eux, et le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- de<br />

leur donner la même réponse. Ils lui dirent enfin: «Ton Seigneur sait-il<br />

que nous te tenons compagnie, ce que nous venons de te demander,<br />

et peut-il venir te voir pour t’enseigner ce par quoi tu réponds à nos<br />

demandes et te fera savoir ce qu’il va faire de nous si nous refusons<br />

tes propositions? Or, sache ô Mouhammad, nous sommes bien au<br />

courant qu’un homme à Yamama appelé Al-Rahman t’a enseigné tout<br />

cela. Par Dieu nous ne croirons plus en Al-Rahman (Dieu le<br />

Miséricordieux) et nous nous sommes excusés vis-à-vis de toi. Par<br />

Dieu nous ne te laisserons plus agir à ta guise après ce que tu as fait<br />

de nous ou nous avons fait de toi jusqu’à ce que l’un de nous<br />

périsse».<br />

L’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- se leva pour les<br />

quitter, Abdullah Ben Abi Oumayya Ben Al-Moughira, le fils de sa tante<br />

‘Atika Bint Abdul Muttaleb se leva à son tour, l’accompagna et essaya<br />

de le dissuader: Ô Mouhammad, lui dit-il, tes concitoyens t’ont proposé<br />

tant de choses qui te sont bénéfiques, puis ils t’ont demandé d’autres<br />

81


choses pour savoir l’importance du rang que tu jouisses auprès de<br />

Dieu, mais tu n’a répondu à aucune demande. Quant à moi, je ne<br />

crois en toi que lorsque tu prends une échelle, que tu la montes<br />

marche après marche alors que je te regarde faire pour monter au ciel<br />

et m’apporter un feuillet déployé et que tu reviennes accompagné de<br />

quatre anges pour témoigner de la véracité de ton message....<br />

Les deux hommes se séparèrent et l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- entra chez lui triste, le cœur brisé car il attendait<br />

autre chose de ses concitoyens au lieu de leur opiniâtreté et leurs<br />

demandes illogiques. Il était convaincu que si Dieu était sûr de leurs<br />

conversion, Il l’aurait exaucé s’il lui avait demandé de réaliser leurs<br />

vœux. Mais le Seigneur savait qu’ils n’ont proposé ces demandes que<br />

par obstination et incrédulité. Une voix céleste dit aux Messager de<br />

Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-: «Si tu veux, j ’exauce leurs<br />

demandes mais s’ils persistent dans leur obstination, je leur infligerai<br />

un châtiment dont je n’ai encore châtié personne dans l’univers. Et si<br />

tu veux, je leur ouvrirai les portes de la miséricorde et du repentir». Et<br />

le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- de répondre: Plutôt les<br />

portes de la miséricorde et du repentir.<br />

«... où tu feras jaillir du sol une source» qui sera comme une rivière<br />

qui coule en Hijaz et en d’autres régions, et ce fut une de leur<br />

demande qui, si elle était exaucée, ils ne seraient que des incrédules<br />

obstinés car Dieu savait mieux que quiconque ce qu’ils couvaient dans<br />

leur for intérieur. D’ailleurs II l’a montré dans d’autres versets quand II<br />

a dit: «Ceux qui ont encouru la colère de ton Maître ne croiront, quels que<br />

soient les signes qui leur parviendront, que lorsqu’ils éprouveront les<br />

tortures de leur châtiment» [Coran X, 96-97],<br />

Ils ont demandé aussi: «Ou que, réalisant ta menace, tu détacheras<br />

sur nous un pan du ciel». Tu nous a dit qu’au jour de la résurrection le<br />

ciel se fendillera et ses extrémités envelopperont le bas monde; si tu<br />

es sincère, demande à ton Seigneur de hâter ce phénomène. Ils ont<br />

avancé la même demande du peuple de Chou'aïb quand iis lui ont dit:<br />

«Fais tomber sur nous un pan de ciel si tu dis la vérité» [Coran XXVI,<br />

187]. Dieu les a punis par le jour de l’ombre et les a anéantis.<br />

82


Mais le Prophète de la miséricorde avait une attitude toute<br />

différente. Il demanda à son Maître d’accorder un répit à ces idolâtres,<br />

peut-être de leurs reins naîtront des gens qui n’associeront rien à Dieu.<br />

Et ce fut fait. En effet, parmi ces hommes-là, il y a eu ceux qui se sont<br />

convertis et devenus des musulmans fervents même Abdullah Ben<br />

Oumayya qui avait accompagné le Prophète -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- pour le dissuader....<br />

»<br />

«Ou que tu posséderais un magnifique palais» Ibn Abbas et<br />

Moujahed ont précisé qu’il soit fait en or. «Ou que tu t’élèveras dans les<br />

deux» sur une échelle et nous te regarderons faire. «Et encore ne<br />

croirons-nous à ton ascension que si tu nous rapportes des cieux un livre<br />

accessible à nous». Moujahed l’a commenté en disant: «A chacun de<br />

nous un livre où son nom est mentionné intitulé ainsi: Voilà un livre de<br />

Dieu à un tel..<br />

Le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- de leur répondre<br />

avec toute compassion: «Béni soit mon Seigneur! Suis-je autre chose<br />

qu’un homme envoyé par Allah?» Gloire à Lui et que Son nom soit<br />

sanctifié! Que nul n’ose demander une chose qui émane de Son<br />

pouvoir et de sa science, comment peut-on exiger une telle chose<br />

alors que c’est Lui qui fait ce qu’il veut! Quant à moi, je ne suis qu’un<br />

homme envoyé par Lui pour vous transmettre Son message et ses<br />

enseignements, pour vous prodiguer de bons conseils et pour vous<br />

ordonner de suivre ce qu’il vous a prescrit.<br />

A ce propos Abou Oumama a rapporté que le Prophète -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue- a dit: «Mon Seigneur m ’a proposé de réduire le<br />

désert de la Mecque en or, je Lui répondis: «Non, Seigneur, je préfère me<br />

rassasier un jour et crever de faim un autre. Car lorsque j ’aurai faim, je<br />

T’implorerai et Te mentionnerai, et lorsque je me rassasierai, je Te louerai<br />

et Te remercierai.» (Rapporté par Ahmed et Trimdihi)(1\<br />

cL*j tUJaj J*-j 3* (jij î l! ¿ f -<br />

¿JÜ1 C - P l i ü _ i j l — U jj ' t ’J ^ ^ :cJL î*<br />

Jl»j .Jl J U j j i l l j * ljj) l û J i ¿AJA*»- c ~ v * '¿ b<br />

83


wamâ mana‘a-n-nâsa ’an yu’njjnu ’id jâA’ahumu-l-huâA ’ilia“ ’an qâlïï<br />

’a b a‘at arL-Lâhu basara-r-rasûlan (94) qui law kâna f î-l-’ard i<br />

m ala’ikatun yamsûna mutma’innîna lanazzalnâ ‘alayhim mina-s-sama’i<br />

malaka-r-rasûlan (95).<br />

C’est là ce qui a empêché les hommes de croire quand la bonne voie<br />

leur a été indiquée. Est-ce convenable, ont-ils dit, qu’Allah ait envoyé un<br />

homme pour le représenter?. (94) Dis: Si la terre était peuplée de tendres<br />

séraphins, c’est un séraphin que j’y aurais envoyé comme Prophète. (95).<br />

Ce qui a empêché la plupart des hommes de croire aux Prophètes<br />

et de les suivre, fut leur étonnement: Comment des hommes comme<br />

eux sont des envoyés par Dieu?. Dieu n’a-t-ll pas dit ailleurs: «Qu’y a-<br />

t-il d’étonnant à ce que nous ayons donné mission à l’un d’entre vous<br />

d’avertir ses semblables» [Coran X, 2], et aussi: «Car, lorsque les<br />

Prophètes vinrent à eux avec des signes évidents, ils les accueillirent par ces<br />

mots: «Comment, un homme comme nous nous indiquait la bonne voie?» [-<br />

Coran LXIVV, 6] ou bien encore comme Pharaon et sa cour ont dit:<br />

«Allons-nous croire, dirent-ils, à deux hommes comme nous et dont le<br />

peuple nous est asservi?» [Coran XXIII, 47].<br />

Dieu a répondu à ces gens-là et à ceux qui leur ont précédés<br />

parmi les autres peuples, que, de par Sa miséricorde, Sa générosité et<br />

Sa compassion envers eux, Il n’a envoyé que des hommes afin qu’ils<br />

s’instruisent et comprennent ce qu’ils ont apporté. S’il leur avait envoyé<br />

des anges, ils seraient incapables de les accueillir et de concevoir ce<br />

qu’ils leur auraient rapporté. Dieu n’a-t-ll pas montré cela clairement<br />

quand II dit: «C’est ainsi que nous Vous avons envoyé un Prophète, élu<br />

parmi vous, qui vous lit nos enseignements, qui vous purifie, qui vous<br />

apprend le Livre et la Sagesse et qui vous divulgue ce que vous ne savez<br />

pas» [Coran II, 151].<br />

Dans cette sourate, Dieu leur répond que s’il y avait sur la terre<br />

84


des anges qui marchent en paix, nous aurions certainem ent fait<br />

descendre du ciel, sur ces gens-là, un ange comme Prophète. Donc<br />

Dieu n’envoie à Ses créatures que des créatures de la même nature et<br />

qui leur sont semblables.<br />

qui kafâ bi-L-Lâhi sahîdam baynî wa baynakum ’innahû kâna bi ‘ibâdihî<br />

hÆbîram basîran (96).<br />

Dis: Allah est un témoin suffisant entre vous et moi. Il lit dans les<br />

âmes de ses serviteurs et II les connaît» (96).<br />

Dieu ordonne à Son Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- de<br />

répondre aux idolâtres: Dieu suffit comme témoin entre vous et moi.<br />

Ce que je vous rapporte n’est que la vérité venue de Lui et c’est bien<br />

Lui qui est témoin de la véracité du message. Si je mentais, Il m’aurait<br />

infligé un châtiment douloureux et se serait vengé de moi.<br />

Le Seigneur connaît parfaitement Ses sujets: ceux qui méritent<br />

d’être dirigés et ceux dont leur situation est désespérée et qui méritent<br />

par la suite le mauvais sort, l’égarement et l’aberration, comme II le<br />

montre dans le verset suivant.<br />

** ■y -T-Vt •A ' - 'C- Ti ">u '*'■ >'f "<br />

. * ■ * Y<br />

wa may-yahdi-L-Lâhu fahuwa-l-muhtadi wa may yudlil falan tajida<br />

lahum ’awliyâ^a min dûnihî wa nahsuruhum yawma-l-qiyâmati ‘alâ<br />

wujûhihim ‘umyan wa bukman wa summam ma’wâhum jahannamu<br />

kullamâ habat zidnâhum sa‘îran (97).<br />

Seul, celui qu’Allah guide peut prétendre être dans la bonne voie. Celui<br />

qu’il égare ne peut, plus trouver d’autre protection que Lui. Au jour de la<br />

résurrection, nous réunirons tous les égarés, face contre terre, aveugles,<br />

85


sourds et muets. L’enfer sera leur séjour. A peine le feu baissera-t-il, qu’il<br />

sera ranimé. (97).<br />

Dieu traite Ses serviteurs comme II veut et nul ne s’oppose à ses<br />

décrets. Il égare qui II veut et dirige qui II veut, et tu ne trouveras pas<br />

de maître pour celui qu’il égare.<br />

«Au jour de la résurrection, nous réunirons tous les égarés, face contre<br />

terre». A ce propos Ana^ rapporte qu’on demanda: «O Envoyé de<br />

Dieu, comment seront-ils traînés sur leurs visages?» Il répondit: «Celui<br />

qui les a fait marcher sur leurs pieds, serait-ll incapable de les traîner<br />

sur leurs visages?».<br />

Toujours dans ce sens, Abou Dzarr harangua son peuple: «O Bani<br />

Ghifar! Parlez mais sans trop jurer. L’homme (le Prophète) qui est<br />

digne de confiance et le véridique m’a dit que les hommes, au jour du<br />

Jugement Dernier, seront rassemblés vêtus, ceux qui marcheront avec<br />

un grand effort enfin ceux que les anges les traîneront sur leurs<br />

visages pour les précipiter en enfer».<br />

«.. aveugles, sourds et muets» ils ne verront rien, ne proféront aucun<br />

mort et n’entendront rien, pour prix de leur impiété. Dans le bas monde<br />

ils n’ont voulu rien comprendre de la vérité et seront ainsi dans leur<br />

rassemblement. Leur ultime séjour sera la Géhenne qui, chaque fois<br />

que le feu s’éteindra, il sera ranimé et attisé et les flammes brûlantes<br />

les envelopperont de toutes parts, et on leur dira: goûtez donc! Nous<br />

n’augmenterons, à votre intention, que le châtiment.<br />

dâlika jaza’iihum bi’annahum kafarû bi ’a yâtinâ wa qâlû ’a’idâ kunnâ<br />

‘izârnan wa rufâtan ’a’innâ lamab‘ûtûna halqan jadîdan (98) ’awa lam<br />

yaraw ’anna-L-Lâha-1-1 dî halaqa-s-samâwâti wa-l-’arda qâdirun ‘ala’ay-<br />

86


yahluqa mitlahum wa ja‘ala lahum ajala-l-lâ rayba fxhi fa’abâ-z-zâlimûna<br />

’illâ kufûran (99).<br />

Tel sera leur châtiment pour avoir rejeté nos preuves et avoir dit:<br />

«Est-ce possible qu’une fois réduits à un amas d’os et de poussière, nous<br />

puissions être rappelés à une nouvelle vie?» (98) Quoi d’étonnnant à ce que<br />

le créateur des cieux et de la terre puisse faire renaître les hommes! Le<br />

jour de la résurrection est irrévocablement fixé, les méchants ne croient à<br />

rien si ce n’est à leur incrédulité. (99).<br />

Dieu a frappé ceux qui ont nié Ses signes par la cécité, le<br />

mutisme et la surdité comme prix de leur incrédulité. Ils ont renié aussi<br />

la résurrection en s’exclamant: Quand nous serons ossements et<br />

poussière, serons-nous ressuscités en une nouvelle création?. Dieu<br />

leur répondit en leur rappelant qu’il est le créateur des cieux et de la<br />

terre. C’est lui qui donne un commencement à la création puis II la<br />

renouvellera. Cela Lui est facile. Que les impies sachent que «la<br />

création des cieux et de la terre est une oeuvre autrement considérable que<br />

celle du genre humain» [Coran XL, 57]. Ces gens-là «ne voient-ils pas<br />

qu’Allah qui a créé sans la moindre peine le ciel et la terre est à plus forte<br />

raison capable de ressusciter les morts? Il est tout-puissant» [Coran XLVI,<br />

3],<br />

Au jour de la résurrection les âmes seront rendues aux corps et<br />

ce sera pour les hommes une autre création tout comme II les a créés<br />

pour la première fois. Il a fixé à cette résurrection un terme qui aura<br />

lieu sans aucun doute. Mais «les méchants ne croient à rien si ce n’est à<br />

leur incrédulité» à cause de leur obstination et leur égarement.<br />

qui law ’antum tamlikûna haza ’ina rahmati rabbT ’ida-l-la ’amsaktum<br />

hasyata-l-’infâqi wa kâna-l-’insânu qatûran (100).<br />

Dis: Quand bien même vous disposeriez des trésors de la miséricorde<br />

divine, que vous hésiteriez à être charitables. L’homme est foncièrement<br />

avare. (100).


Dieu ordonne à Son Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- de<br />

dire aux hommes: Si vous étiez les maîtres des trésors de la<br />

miséricorde de mon Seigneur, vous les serreriez certes de peur de les<br />

dépenser, bien que ces trésors sont inépuisables. L’homme est de par<br />

sa nature avare et parcimonieux. Dieu en a parlé ailleurs en disant:<br />

«Viendraient-ils à acquérir un peu de pouvoir qu’ils ne donneraient même<br />

pas une pelure de datte» [Coran IV, 53], Dieu décrit l’homme comme<br />

étant un être avare, timide et versatile: «L’homme est inconstant de<br />

nature. Accablé quand un mal l’atteint. La fortune le rend égoiste. Seuls<br />

font exception les gens pieux» [Coran LXX, 19-22],<br />

Quant au Seigneur, Il est de nature tout à faire différente: Il est le<br />

Généreux par excellence. A ce égard il est cité dans les deux Sahihs<br />

que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «La main<br />

de Dieu est pleine, aucune dépense, durât-elle nuit et jour, ne saurait<br />

l’épuiser. Voyez ce que Dieu a dépensé depuis qu’il a créé les deux et la<br />

terre, et cependant ce qu’il a dans Sa main ne s ’est pas épuisé» (Rapporté<br />

par Boukhari et Moustim) (I).<br />

wa laqad ’a' taynâ Mûsâ tis‘a *a yâtixn bayyinâtin fas’al bariT ’Isrâ’îla ’id<br />

jâA,ahum faqâla lahû Fir‘awnu ’innî la’azunnkua yâ Mûsâ mashûran<br />

(101) qâla laqad ‘alimta m a’anzala h a ’ûla'y’i ’illâ rabbu-s-samâwâti wal-’ardi<br />

basâA’ira wa ’innî la ’azunnuka yâ Fir‘awnu matbûran (102)<br />

fa’arâda ’ay-yastafizzahum mina-l-’ardi fa’agraqnâhu wamam-ma‘ahû<br />

(1) (JÂJÎ b fris»*» l A Â ij \ N ¿1)1 -AjJ ^ i-b«-<br />

88


jamî‘an (103) wa qulnâ mim ba‘dihî libanT ’Isra’îla-skunû-l-’arda fa’idâ<br />

ja ’a wa‘du-1- ’a hirati ji’nâ bikum lafîfan (104).<br />

Nous avons fourni à Moïse neuf preuves indiscutables. Interroge à ce<br />

sujet les fils d’Israël. Lorsque Moïse se présenta à Pharaon, celui-ci<br />

l’accueillit par ces mots: «Tu as l’air d’un halluciné» (101). Tu sais bien<br />

Pharaon, répondit Moïse, que des preuves aussi évidentes ne peuvent<br />

émaner que du Maître des cieux et de la terre. Je crois ta perte<br />

irrémédiable. (102) Pharaon voulut chasser les enfants d’Israël du pays.<br />

Nous l’engloutîmes sous les eaux, ainsi que ses partisans. (103) Nous dîmes<br />

aux enfants d’Israël: «Fixez-vous dans ce pays. Lorsque viendra le jour du<br />

jugement dernier, nous vous rassemblerons tous» (104).<br />

En envoyant Moïse à Pharaon, Dieu l’avait appuyé par neuf<br />

signes manifestes et indiscutables qui témoignent de sa prophétie.<br />

D’après les exégètes, ils sont: le bâton, la main, les années de disette,<br />

le déluge, les sauterelles, les vermines, les grenouilles, le sang et le<br />

fendillement de la mer. Mais les gens incrédules, Pharaon et son<br />

peuple, «s’obstinèrent dans leur superbe, étant de l’engeance des rebelles»<br />

[Coran VII, 133]. Malgré qu’ils ont vu de leurs propres yeux tous ces<br />

signes se produire devant eux.<br />

Dieu fait connaître à Son Prophète -qu’Allah le bénisse et le salueque,<br />

comme le peuple de Pharaon qui persévéra dans l’incrédulité, si<br />

nous avions répondu aux exigences de ceux qui t’ont demandé entre<br />

autres choses de faire ja illir de la terre une source, ils n’auraient<br />

jamais cru à moins que Dieu ne le veuille.<br />

Pharaon n’a fait que de répondre à Moïse: «Tu as l’air d’un<br />

halluciné» ensorcelé, ou, suivant une autre interprétation: Tu n’es qu’un<br />

sorcier.<br />

Nous avons déjà parlé de quelques signes en commentant la<br />

sourate de l’A'raf, et nous allons en parler en commentant la sourate<br />

des fourmis, à savoir que Moïse avait reçu d’autres signes tels que la<br />

manne et les cailles, le rocher duquel il faisait jaillir douze sources<br />

d’eau, le nuage qui ombrageait les fils d’Israël... et ceci après leur<br />

sortie de l’Egypte. Les signes cités dans les versets sus-mentionnés<br />

furent ceux qu’avaient vus Pharaon et son peuple les Egyptiens. Ils<br />

furent des arguments contre eux, car ils les ont reniés malgré tout.<br />

89


Moïse, en présentant les signes à Pharaon, le menaça de sa<br />

perte en lui affirmant que tout ce qu’il en a vu ne peut émaner que du<br />

Maître des deux et de la terre. Quelle fut la réaction de Pharaon? Il «-<br />

voulut chasser les enfants d’Israël du pays. Nous l’engloutîmes sous les<br />

eaux, ainsi que ses partisans». Dieu a donné ensuite en héritage aux fils<br />

d'Israël qui avaient été opprim és, les contrées orientales et<br />

occidentales de la terre, ainsi que tout ce qui appartenait aux<br />

Pharaons comme pays, biens, récoltes etc... Ainsi Dieu a donné à<br />

Mouhammad -qu’Allah le tJénisse et le salue- La Mecque en héritage<br />

qu’il pénétra et conquit par la force en soumettant ses habitants qui<br />

l’avaient forcé à quitter cette ville bénie. Puis il les libéra de par sa<br />

générosité et sa clémence.<br />

wa bi-l-haqqi ’anzalnâhu wa bi-l-haqqi nazala watnâ* ’arsalnâka ’illâ<br />

mubassiran wa nadîran (105) wa Qur’a nan faraqnâhu litaqra’ahû ‘alâ-nnâsi<br />

‘alâ muktin wa nazzalnâhu tanzîlan (106).<br />

Ce n’est pas en vain que nous avons envoyé ce Coran. Il est<br />

l’expression de la vérité. Pour toi, ta mission se borne à annoncer et à<br />

avertir. (105) Nous avons révélé le Livre verset par verset pour que tu les<br />

récites au fur et à mesure. Notre révélation est indiscutable. (106).<br />

Dieu a fait descendre le Coran avec la vérité, et il est descendu<br />

avec la vérité, c’est à dire renfermant tout la vérité. Ua dit ailleurs: «-<br />

Allah est témoin Lui-même de ce qu’il a révélé. Il te l’a révélé avec<br />

intention. Et les anges en témoignent» [Coran IV, 166]. Il contient tous les<br />

enseignements que Dieu a voulu que les hommes les sachent, s’agit-il<br />

des prescriptions, des sentences, des interdictions... Ce Livre est<br />

gardé et préservé contre toute altération ou modification et ne subira ni<br />

rajout ni soustraction. Ce Coran l’a fait descendre l’ange fort et<br />

puissant, obéi autant que fidèle.<br />

Quant à toi ô Mouhammad, Nous ne t’avons envoyé que comme<br />

un annonciateur à ceux qui auront cru en toi, et comme un avertisseur<br />

90


aux incrédules et rebelles. Telle est donc ta mission.<br />

«Nos avons révélé le Livre verset par verset» c’est à dire fragmenté.<br />

Il fut descendu de la «demeure de la puissance» au ciel inférieur, de la<br />

«Tablette gardée», révélé et réparti dont la révélation complète dura<br />

presque vingt trois ans. «Pour que tu le récites au fur et à mesure» et<br />

que tu le communiques aux hommes afin qu’ils puissent le retenir et<br />

méditent sur son sens.<br />

»<br />

qui ’a1minû bihT ’aw lâ tu’minu ’inna-l-ladîna ’ûtû-l-‘ilma min qablihT<br />

’idâ yutlâ ‘alayhim yahirrûna li-l-’adqâni sujjadan (107) wa yaqûlûna<br />

subhâna rabbina ’in kâna wa‘du rabbinâ lamafulan (108) wa yahirrûna<br />

li-l-’adqâni yabkûna wa yazîduhum husû'an (109).<br />

Dis: Croyez au Livre ou n’y croyez pas. Les gens d’Ecriture se<br />

prosternent, la face contre terre, quand on le récite. (107) Gloire à Allah,<br />

s’écrient-ils: Voici que les prédictions de notre Seigneur sont réalisés. (108)<br />

Ils se prosternent en pleurant. Leur foi est plus vive. (109).<br />

Dieu ordonne à Son Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- de<br />

dire aux mécréants: «Croyez au Livre ou n’y croyez pas» libre à vous, il est<br />

la vérité venue du Seigneur qui en a fait allusion dans les autres Livres<br />

célestes révélés à d’autres Prophètes -mess&gers. Les gens d’Ecriture<br />

qui se sont attachés aux enseignements de ieur Livre demeuré sans<br />

altération ni modification, une fois que ce Coran leur fut récité, ils se<br />

prosternent face contre terre devant le Seigneur à Lui la puissance et la<br />

gloire, en signe de reconnaissance envers Lui pour Ses grâces et ses<br />

bienfaits. C’est pourquoi ils s’écrient: «Gloire à notre Seigneur» en<br />

proclamant Sa grandeur et Sa puissance, Lui qui ne manque jamais à<br />

ses promesses. «Voici que les prédictions de notre Seigneur sont réalisées».<br />

En m anifestant leur foi et leur croyance en Son Livre et en Son<br />

Messager, ils se prosternent en pleurant et leur humilité augumente.<br />

91


quli-cTû-L-Lâha ’awi-cTû-R-I^ahmâna ’ayyam-mâ tad‘û falahu-l-’asma’ul-husnâAwalâ<br />

tajhar bisalâtika walâ tuhâfit bihâ wabtagi bayna dâlika<br />

sabîlan (110) wa quli-1-hamdu li-L-Lâhi-I-ladî lam yattahid waladan<br />

walam yaku-l-lahû sarîkun fî-l-mulki wa lam yaku-l-lahû waliyyum minad-dulli<br />

wa kabbirhu takbîra (111).<br />

Appelez-Le Allah ou le Miséricordieux. Tous les titres lui conviennent<br />

pourvu qu’ils soient beaux. Que le ton de ta prière ne soit ni trop élevé ni<br />

trop bas. Qu’il se tienne dans un juste milieu. (110) Proclame: Gloire à<br />

Allah qui n’a pas de descendance et au pouvoir duquel personne ne<br />

participe. Il se passe d’aide. Exalte sa puissance. (111).<br />

Ces polythésites qui renient l’attribut du «Miséricordieux», de Dieu,<br />

qu’ils l’appellent par d’autres noms comme il leur plait pourvu qu’ils<br />

soient beaux et siéent à Sa M ajesté, car les plus beaux Lui<br />

appartiennent. Makhoul rapporte qu’un des idolâtres entendit le<br />

Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - invoquer Dieu dans sa<br />

prosternation par: «Le Miséricordieux, le Très Miséricordieux». Il<br />

s’écria: «Comment Mouhammad prétend-il qu’il et un Dieu Unique<br />

alors qu’il L’invoque par deux noms?» Ce verset fut révélé à cette<br />

occasion.<br />

«Que le ton de ta prière ne soit ni trop élevé ni trop bas» Ibn Abbas<br />

l’a commenté en disant: «Au début de l’ère islamique durant la période<br />

où le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- faisait son<br />

adoration discrètement en compagnie des premiers islamisés, s’il<br />

haussait la récitation les idolâtres injuriaient le Coran et celui qui l’a<br />

révélé. Dieu ordonna à Son Prophète à cette époque d’user d’un ton<br />

modéré de sorte de faire entendre la récitation du Coran à ses<br />

compagnons. «Qu’il se tienne dans un juste milieu». Pour être ni haut ni<br />

bas».<br />

92


D’après Ibn Abbas, l’idolâtre venait au moment de la prière<br />

entendre la récitation du Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue-. Il<br />

baissait la voix mais ceux qui priaient avec lui n’entendaient par<br />

conséquent rien de la récitation. Il fut ordonné, à cette époque comme<br />

on l’a dit, de chercher un ton intermédiaire.<br />

Mouhammad Ben Sirine raconte: On m’a rapporté que Abou Bakr<br />

baissait sa voix en récitant dans la prière, tandis que Omar la haussait.<br />

En demandant à l’un et à l’autre, Abou Bakr répondit: «Je m’entretiens<br />

avec mon Seigneur qui connaît bien mon besoin». Et Omar de<br />

répliquer: Je ne fais que chasser le démon et réveiller l’ensomeillé.<br />

Après la révélation de ce verset, Abou Bakr fut ordonné de hausser un<br />

peu le ton et Omar de le baisser un peu.<br />

«Proclame: Gloire à Allah qui n’a pas de descendance» Qu’Il soit<br />

exalté! Il n’a jamais engendré, n’a pas été engendré non plus. Il est<br />

plutôt le Dieu Absolu. Il n’a pas d’égal. «Et au pouvoir duquel personne<br />

ne participe» Ou suivant une autre traduction qui donne au verset un<br />

sens plus correct: «Il n’a pas besoin de protecteur pour le défendre<br />

contre l’humiliation» Car II est bien le seul au pouvoir, n’a besoin ni<br />

d’un conseiller, d’un protecteur ou d’un associé. Il est le seul créateur<br />

qui gère tout l’Univers, qui dispose de tout ce qu’il a créé sans être<br />

interrogé sur son agissement, Son vouloir et son pouvoir sont absolus.<br />

Le fidèle doit toujours proclamer sa grandeur et son unicité en dépit<br />

des idolâtres et mécréants.<br />

93


18 - SOURATE DE LA CAVERNE<br />

110 versets<br />

Révélée à La Mecque, à l ’exception des versets: 28, et de 82 à 97<br />

révélés à Médine<br />

Révélée à la suite de la sourate de la «Fin du monde» [ Coran<br />

LXXXVIIIJ.<br />

Des mérites de cette sourate<br />

D’après Abou Ad-Darda, le Prophète -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- a dit: «Quiconque retient par cœur les dix premiers versets de<br />

la sourate de la caverne, sera préservé contre l’Antéchrist». Et dans<br />

une autre version: «Celui qui aura retenu les dix derniers versets». Ce<br />

hadith fut rapporté par Mouslim, Ahmed et Nassaï avec la seule<br />

différence que ces versets sont les dix premiers ou les derniers ou<br />

autres versets de cette sourate.


Bismi-L-Lâhi-r-Rahmâni-r-Rahîm<br />

’Alhamdu li-L-Lâhi-l-ladT ’anzala ‘alâ ‘abdihi-l-kitâba wa lam yaj‘al<br />

lahû*iwaja (1) qayyima-l-liyund ira ba’san sadîdam mi-l-ladunhu wa<br />

yubassira-l-mu’min|na-l-ladîna ya‘malûna-s-sâlihâti ’anna lahum ’ajran<br />

hasanan (2) mâkitîna fîhi ’abadan (3) wa yundira-l-ladîna qâlû-t-tahada-<br />

L-Lâhu waladan (4) mâ lahum bihî min ‘ilmin walâ li ’âba ’ihim kaburat<br />

kalimatan tahruju min ’afwâhihim ’iy-yaqûlûna ’illâ kadîban (5).<br />

Au nom d’Allah le Miséricordieux le Très Miséricordieux<br />

Béni soit Allah qui a révélé le Livre à son serviteur. Livre d’où est<br />

bannie toute équivoque. (1) Livre sincère, qui a pour but de mettre en garde<br />

contre un châtiment terrible et d’annoncer aux croyants qui pratiquent le<br />

bien une belle récompense. (2) Eternelle. (3) Son but est de mettre en garde<br />

ceux qui donnent un fils à Allah. (4) Bien qu’ils n’aient aucune indication<br />

sur ce point, pas plus que leurs pères. Monstrueux propos que celui qui sort<br />

ainsi de leurs bouches. Pur mensonge. (5).<br />

Dieu loue Sa personne dans les débuts de quelques sourates du<br />

Coran ainsi que dans toutes les affaires en les terminant également<br />

par Ses louanges. A lui la louange en ce monde et dans la vie future.<br />

Il s’est loué dans cette sourate pour avoir descendu Son Livre glorieux<br />

sur Son honorable Prophète Mouhammacf -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- comme étant un des plus précieux des bienfaits divins pour faire<br />

sortir les hommes des ténèbres vers la lumière. Un livre sincère où on<br />

n’y trouve ni aberration, ni tortuosité mais une voie droite, dont les<br />

versets sont clairs et évidents pour servir comme un avertissement aux<br />

incrédules et une annonce aux croyants. Ceux qui n’y croient pas et le<br />

traitent de mensonge subiront un supplice douloureux dans le bas<br />

monde et dans l’autre. Quant à ceux qui y ont cru auront la plus belle<br />

récompense auprès de Dieu, dans le Paradis, où ils demeureront<br />

éternellement.<br />

«Son but est de mettre en garde ceux qui donnent un fils à Allah»<br />

95


Car, d’après Ibn Ishaq, les polythéistes arabes disaient: Nous adorons<br />

les anges qui sont les filles de Dieu. Ni ceux-là, ni leurs pères n’en<br />

savent rien, plutôt ils ne font que forger des mensonges qui constituent<br />

une énormité, ce ne sont que des propos qui sortent de leurs bouches<br />

non fondés, et ils n’ont aucune indication sur ce point.<br />

D’après Ibn Abbas, la raison de la révélation de cette sourate fut<br />

la suivante: Les Qoraïchite$ chargèrent An-Nadar Ibn Al-Hareth et ’-<br />

Ouqba Ben Abi Mou‘ait d’aller chez les juifs de Médine leur demandant<br />

la description de Mouhammad comme eNe est citée dans leur livre,<br />

étant donné que ces juifs sont les premiers qui ont reçu une Ecriture et<br />

ont des connaissances des Prophètes que nul n’en possède en dehors<br />

d ’eux. Ces deux hommes se d irig è re n t vers M édine où ils<br />

s’adressèrent aux doctes juifs: «Informez-nous sur cet homme puisque<br />

vous êtes le peuple qui a le Pentateuque où est cité son avènement»<br />

Ils leur répondirent: «Demandez-lui sur trois choses, s’il vous donne la<br />

réponse exacte, il est un Prophète envoyé, sinon, il n’est qu’un<br />

menteur et alors comportez-vous vis-à-vis de lui comme il vous plaira.<br />

Demandez-lui au sujet de quelques jeunes hommes qui vivaient à une<br />

époque bien ancienne et quelle fut leur histoire; puis sur un homme<br />

intinérant qui avait atteint l’occident et l’orient, c’est à dire les deux<br />

extrémités de la terre; enfin demandez-lui de vous dire ce qu’est l’âme.<br />

Si ses réponses s’avéreraient justes, il est donc un Prophète, suivezle.<br />

Sinon, il serait un menteur et à vous d’agir».<br />

Les deux hommes retournèrent à La Mecque et mirent leurs<br />

concitoyens au courant des renseignements reçus des juifs, et ils<br />

décidèrent de poser les trois questions à Mouhammad. Ils lui dirent:<br />

«O Mouhammad, informe-nous sur ces trois points»: Il leur répondit:<br />

«Certes je le ferai, revenez demain me voir» mais sans dire: «Si Dieu<br />

le veut».<br />

L’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- demeura quinze<br />

jours sans recevoir ni une révélation ni Gabriel, ce qui porta les<br />

Mecquois à douter de sa mission prophétique. Ils dirent: Voilà bien<br />

deux semaines qui se sont écoulées sans qu’il nous donne aucune<br />

réponse. Ce qui le chagrina tellement et les Mecquois parlèrent mal de<br />

lui. Le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- fut attristé et peiné de<br />

96


voir ses concitoyens agir de la sorte. Enfin Gabriel descendit et lui<br />

révéla la sourate de la Caverne où Dieu le reprocha de s’attrister sur<br />

les hommes et lui raconta tout ce qu’il voulait savoir sur les jeunes<br />

hommes et l’homme ambulant; ainsi sur l’âme (voir la sourate du<br />

voyage nocturne précédente).<br />

fala ‘allaka bâhi‘un nafsaka ‘alâA’âAtârihim ’il-lam yu’minû bihâdâ-1-<br />

h a d îd i ’asafan (6) ’inna ja ‘alnâ mâ ‘alâ-l-’a rd i zîn ata-l-lahâ<br />

linabluwahum ’ayyuhum ’ahsabu ‘amalan (7) wa ’innâ lajâ‘ilûna mâ<br />

alayhâ sa‘îdan juruzan (8).<br />

Iras-tu jusqu’à mourir de chagrin parce qu’ils refusent de croire? (6) Si<br />

nous avons pourvu la terre de tant de richesses, c’est dans le but d’éprouver<br />

les hommes, de savoir lesquels se comportent le mieux. (7) Toutes ces<br />

richesses, nous les réduirons en poussière. (8).<br />

Dieu soulage Son Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- et le<br />

conseille de ne plus s’attrister sur les mécréants qui refusent de suivre<br />

la voie droite et ne croient point au Livre révélé. Sa mission se borne à<br />

la transmission du Message sans se consumer de chagrin sur les<br />

incrédules car quiconque est bien dirigé, n’est dirigé que pour luimême.<br />

Quiconque est égaré, n’est égaré qu’à son propre détriment.<br />

Que son âme ne se répande pas en regrets sur les impies.<br />

Puis II lui explique que ce bas monde avec toutes ses richesses et<br />

jouissances n’est qu’un séjour éphémère et n’est créé que pour<br />

éprouver les hommes, tandis que l’autre est la demeure éternelle. A ce<br />

propos Abou Sa'id Al-Khudri rapporte que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- a dit: «Le bas monde est joli et verdoyant. Dieu vous<br />

y a faits des successeurs et vous observe comment vous œuvrez. Redoutez ce<br />

bas monde et redoutez les femmes car elles étaient la première tentation<br />

97


dont subissaient les fils d’Israël» (Rapporté par Tirmidhi){1).<br />

«Toutes ces richesses, nous les réduirons en poussière» ou suivant une<br />

autre tra d u ctio n qui donne un sens plus e xact: «P uis nous<br />

transformerons la surface de la terre en un sol aride». Que ce soit l’un<br />

ou l’autre, les richesses disparaîtront, il n’y aura ni verdure ni moisson<br />

ni récolte, mais plutôt un sol aride où rien n’y poussera.<br />

»<br />

’am hasibta ’anna ’ashâba-l-kahfi wa-r-raqîmi kânû min *a yâtinâ ‘ajaban<br />

(9) ’id ’awa-l-fïtyatu ’ilâ-l-kahfî faqâlû rabbanâ* ’âAtinâ mi-l-ladunka<br />

rahmatan wa hayyi’ lanâ min ’amrinâ rasadan (10) fadarabnâ ‘ala ’a d<br />

ânihim fî-l-kahfi sinîna ‘adadan (11) tumma ba‘atnâhum lina‘lama ’ayyu-<br />

1-hizbayni ’ahsâ limâ labitu ’amadan (12).<br />

Ne t’es-tu pas aperçu que les moines de la caverne d’Er-Raqim<br />

constituent un de nos signes les plus extraordinaires? (9) Voici leur histoire:<br />

Tout jeunes, ils se retirèrent dans cette caverne. Ils implorèrent Allah:<br />

«Seigneur, assiste-nous de ta grâce et fais que nous puissions nous tirer<br />

d’affaire dans toute circonstance» (10). Nous les endormîmes plusieurs<br />

années durant. (11) Nous les réveillâmes pour voir lesquels d’entre eux<br />

sauraient mieux combien d’années ils étaient restés endormis. (12).<br />

L’histoire des hommes de la caverne ne doit pas tellement étonner<br />

car, si elle constitue un des Signes de Dieu, il y a tant d’autres q u r<br />

sont plus grandioses qui se sont émanés du pouvoir divin tels que la<br />

(1) Sj «¿g'>• LajJJI ¿)|l ijLî


création des cieux, de la terre, le soleil, la lune etc... A savoir<br />

également, selon les dires d’Ibn Abbas, ce que le Prophète -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- a reçu de la parf de son Seigneur comme science,<br />

sunna, Livre etc... fut beaucoup plus important et étonnant que cette<br />

histoire.<br />

Les opinions furent controversées au sujet du terme: «Er Raqim»<br />

cité dans le verset:<br />

- Ibn Abbas a dit que c’est le nom d’une vallée qui se trouve auprès de<br />

Ayla.<br />

- Ad-Dahak a déclaré que c’est le nom de la vallée où se trouve la<br />

caverne.<br />

- Sa'id Ben Joubaïr, quant à lui, a pris le sens étymologique et<br />

précise qu’il s’agit d’un tableau en pierre où fut gravée l’histoire des<br />

gens de la caverne et placé à son entrée.<br />

Et l’auteur de conclure: la dernière interprétation s’avère être la<br />

plus correcte.<br />

Les hommes de la caverne avaient fui leur peuple afin que les<br />

gens ne les détournassent de leur foi. Ils avaient choisi cette grotte<br />

pour s’y abriter se sauvant ainsi que leur religion des méfaits des<br />

autres. En y entrant ils implorèrent Dieu par ces mots: «Seigneur,<br />

assiste-nous de ta grâce» accorde-nous une miséricorde qui nous suffît<br />

des autres «et fais que nous puissions nous tirer d’affaire dans toute<br />

circonstance» qui signifie en d’autres termes: Fais que notre sort soit<br />

enfin conforme à la voie droite et arrange-nous une bonne conduite de<br />

notre affaire. Le sort étant la fin ultime qui détermine le bonheur ou le<br />

malheur de l’homme, le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- ne<br />

cessait d’implorer son Seigneur par ces mots: «Mon Dieu, fais que<br />

notre sort soit le meilleur dans toutes nos affaires et préserve-nous de<br />

l’opprobre en ce bas monde et dans l’autre».<br />

«Nous les endormîmes plusieurs années durant» ou suivant le texte<br />

arabe: Nous avons assourdi leurs oreilles pendant de nombreuses<br />

années qu’ils ont passées endormis. Puis «nous les réveillâmes..» pour<br />

que l’un d’eux aille en ville acheter de provisions comme nous allons<br />

en parier plus loin.<br />

99


mahnu naqussu ‘alayka naba’ahum bi-l-haqqi ’innahum fityatun ’a manû<br />

bi rabbihim wa zidnâhum hudan (13) wa rabat nâ ‘alâ qulûbihim ’id<br />

qâmû faqâlû rabbunâ rabbu-s-samâwâti wa-l-’ardi lan nad‘û min dûniKT<br />

’ilâhan laqad qulna ’idan satatan (14) h a ’u la’i qawmunâ-t-tahadû min<br />

dûnihT 'a lihata-l-lawlâ ya’tûna ‘alayhim bisultânim bayyinin faman<br />

’azlamu mimmani-ftarâ ‘alâ-L-Lâhi kadiban (15) wa’idi-‘tazaltumûhum<br />

wamâ ya‘budûna ’illâ-L-Lâha fa’awîf ’ilâ-l-kahfi yansur lakum<br />

rabbukum mi-r-rahmatihî wa yuhayyi’ lakum min ’amrikum mirfaqan.<br />

(16).<br />

Nous te racontons là leur histoire authentique. C’était des jeunes gens<br />

pleins de foi dans leur Seigneur et que nous avions mis dans la voie droite.<br />

(13) Nous avions affermi leurs cœurs. Un jour, ils se levèrent et dirent:<br />

Notre Maître est le Maître des deux et de la terre; nous n’implorerons que<br />

Lui, sans quoi nous commettrions un crime. (14) Hélas! notre peuple adore<br />

d’autres divinités qu’Allah. Si seulement il pouvait justifier son culte par<br />

une preuve quelconque! Quel mensonge est plus abominable que celui<br />

proféré contre Allah! (15) Maintenant que nous avons désapprouvé nôs<br />

concitoyens et renié leurs divinités, retirons-nous dans une caverne. Allah<br />

nous prendra sous sa protection et pourvoira à nos besoins. (16).<br />

Dieu commence à raconter l'histoire de ces jeunes hommes qui<br />

ont été plus enclins à la voie droite et à la vraie religion que les<br />

vieillards qui se sont adonnés à leurs passions. On remarque, d’après<br />

ce verset, que les jeunes furent les premiers à répondre à l’appel du<br />

Messager dè Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-. Quant aux notables<br />

et vieillards de Qoraïch, ils s’attachèrent à la religion de leurs ancêtres<br />

100


et une minorité parmi eux fut guidée.<br />

Donc ces jeunes hommes de la caverne étaient des croyants qui<br />

tém oignaient de l’unciité de Dieu, le seul Seigneur , sans Lui<br />

reconnaître des égaux. Et Dieu avait augmenté leur foi et l’avait<br />

rafferm ie. Les ulémas ont déduit de ce verset que la foi peut<br />

augmenter comme elle peut diminuer, une réalité confirmée par ces<br />

paroles divines: «Ceux qui ont accepté les enseignements de Mohammad,<br />

^llah rendra plus édifiante leur conduite et affermira leur piété» [Coran<br />

XLVII, 17]. Certains parmi les éxégètes ont dit qu’ils suivaient la<br />

religion de Jésus, mais Dieu est le plus savant.<br />

«Nous avions affermi leurs cœurs. Un jour, ils se levèrent et dirent:<br />

Notre Maître est le Maître des cieux et de la terre». Dieu a fortifié leurs<br />

cœurs afin qu’ils puissent affronter leurs concitoyens et suivre une<br />

conduite différente de la leur, car ces derniers vivaient dans l’aisance<br />

et menaient une vie prospère. Plusieurs exégètés ont avancé que ces<br />

jeunes hommes étaient les les fils des rois. Un jour de fête où les<br />

hommes la célébraient en dehors de la ville, ils sortirent avec eux à<br />

ces fins. A cette époque ils étaient gouvernés par un roi du nom<br />

«Doqianos» qui appelait ses sujets à l’adoration des idoles et à leur<br />

présenter des sacrifices.<br />

Comme le culte de ces gens-là déplut à ces jeunes hommes qui<br />

croyaient en un Dieu unique, le Créateur des cieux et de la terre,<br />

chacun d’eux put s’isoler et ils se rencontrèrent dans un endroit privé<br />

qu’ils prirent comme oratoire pour exercer un culte voué à Dieu seul.<br />

Leurs concitoyens les dénoncèrent. Le roi les manda, et une fois en sa<br />

présence, il leur demanda sur la réalité de leur culte, lis lui avouèrent<br />

tout et qu’ils exerçaient le monothéisme ne reconnaissant qu’un seul<br />

Seigneur, et en lui racontant tout sans rien cacher, car s’ils avaient<br />

dissimulé quoi que ce soit de leur culte ils auraient dit alors des<br />

abominations.<br />

Ils lui répondirent: «Hélas! notre peuple adore d’autres divinités<br />

qu’Allah. Si seulement il pouvait justifier son culte par une preuve<br />

quelconque». Le roi alors les menaça et les appela à se détourner de<br />

leur culte et de suivre celui de leurs pères. Il ordonna de les dévêtir et<br />

leur accorda un délai afin qu’ils reviennent sur leur culte. Malgré<br />

101


l’oppression du roi, ils purent s’enfuir pour sauver leur religion. Cette<br />

conduite est considérée comme un moyen légal pour agir surtout si les<br />

séditions et les troubles se produisent au grand jour. On a cité à ce<br />

propos un hadith authentique rapporté par Boukhari dans lequel le<br />

Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Il arrivera un jour où<br />

l’un d’entre vous mènera son troupeau aux gorges des montagnes et<br />

là où il y aura de l’eau pour fuir ainsi des séditions et des troubles».<br />

Donc ce cas d’isolement est le seul moyen qui pourrait être légal<br />

et ju s tifié , autrem ent l’homme ne doit pas se séparer de la<br />

communauté.<br />

Une fois ces jeunes hommes s’étant décidés à fuir leur peuple<br />

pour s’isoler et adorer Dieu seul, le Seigneur leur inspira de se retirer<br />

dans une caverne, et là II répandra Sa miséricorde sur eux en les<br />

protégeant de leurs concitoyens, et II réglera leur sort dans les<br />

meilleures conditions. Ils se réfugièrent dans la caverne et les<br />

hommes, selon les ordres du roi, les recherchèrent en vain et ne<br />

purent les retrouver, tout comme lorsque Dieu protégea le Prophète -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- et Abou Bakr contre les idolâtres de La<br />

Mecque, la veille de l’émigration à Médine, quand ils se cachèrent<br />

d’eux dans la grotte «Thawr».<br />

^ * £ 0 e- .ti l iSyj<br />

Jl^- ¿y» viü'j ^*5 fjjii<br />

wa tara-s-samsa ’idâ tala‘at-t-tazâwaru ‘an kahfihim d âta-l-yamîni wa<br />

’idâ garabat-t-taqriduhum dâta-s-simâli wahum fî fajwatim-minhu dâlika<br />

min ’a' yâti-L-Lâhi may-yahdi-L-Lâhu fahuwa-l-muhtadi wa may-yudlil<br />

falan tajida lahû waliyyam mursidan (17).<br />

Le matin, le soleil se levait à la droite de la caverne. Le soir, il se<br />

couchait à sa gauche. Eux, étant installés dans la partie la plus spacieuse<br />

de la caverne. N’est-ce pas là une preuve de la puissance d’Allah? Seul,<br />

celui dirigé par Allah peut prétendre être dans la bonne voe. Celui qu’il<br />

102


égare ne saurait plus trouver ni conseil ni protection. (17).<br />

Dieu décrit la situation de la grotte par rapport au soleil et dit que,<br />

quand il se lève, il s’écarte vers la droite et à son coucher, il passe à<br />

sa gauche. Et l’auteur de conclure: Quiconque possède des notions<br />

sur les mouvements du soleil, de la lune et d’autres astres, constate<br />

que si la caverne avait une porte du côté de l’orient aucun rayon<br />

polaire n’y aurait pénétré lors du coucher. Ainsi s’il y avait une porte du<br />

côté sud, aucun rayon n’y aurait pénétré ni au lever ni au coucher.<br />

Encore, si l’entrée de la caverne était du côté ouest, le soleil n’aurait<br />

plus pénétré avant son lever mais plutôt après qu’il eût quitté le<br />

méridien jusqu’au coucher.<br />

S’il y avait un intérêt quelconque concernant l’endroit où se<br />

trouvait la caverne, Dieu l’aurait mentionné ainsi que Son Messager -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- qui disait à ses compagnons: «Je n’ai<br />

laissé aucun enseignement qui vous fera rapprocher du Paradis et<br />

vous éloigner du Feu sans vous le montrer».<br />

Selon les dires de Dieu «eux, étaient installés dans la partie la plus<br />

spacieuse de la caverne» de sorte de ne plus être touchés par les rayons<br />

solaires, autrement ils les auraient brûlés. Tels sont des signes de<br />

Dieu qui a guidé ces jeunes hommes à cette caverne, selon le<br />

commentaire d’Ibn Abbas, en les laissant vivre grâce au vent et au<br />

soleil qui les ont gardés en état de salubrité.<br />

Certes, celui que Dieu dirige, c’est lui le bien guidé, tandis celui<br />

que Dieu égare, tu ne trouveras aucun maître pour le guider.<br />

wa tahsabuhum ’ayqâzan wa hum ruqûdun wa nuqallibuhum dâta-1-<br />

yamîni wa dâta-s-simâli wa kalbuhum bâsitun dirâ‘ayhi bi-l-wasîdi law-it-tala‘ta<br />

‘alayhim lawallayta minhum fïrâran waw lamuli’ta minhum<br />

ru‘ban (18).<br />

103


A les voir, on aurait cru qu’ils étaient éveillés et cependant ils<br />

dormaient. Nous les tournions tantôt sur un côté, tantôt sur l’autre. Leur<br />

chien était couché sur ses pattes à l’entrée de la caverne. Si tu les avais vus<br />

dans cette position, tu te serais écarté brusquement et tu aurais fui,<br />

épouvanté. (18).<br />

Dieu a frappé de surdité leurs oreilles et par la suite leurs yeux ne<br />

purent se fermer autrement leurs corps purent été assujettis au<br />

périssement total. Par ailleurs/Dieu les retournait tantôt vers la droite,<br />

tantôt vers la gauche, et ce fut deux fois l’qn comme ont précisé les<br />

ulémas. Et Ibn Abbas d’ajouter: sinon la terre les aurait réduits en<br />

poussière.<br />

Quant à leur chien, il se tenait à l’entrée de la caverne montant la<br />

garde et il ne convenait plus d’être avec eux à l’intérieur, car il est dit<br />

dans un hadith prophétique que les anges n’entrent plus dans une<br />

maison où il y a un chien. Ce chien, par la grâce de Dieu, put aussi<br />

survivre autant que les jeunes hommes.<br />

«Si tu les avais vus dans cette position, tu te serais écarté brusquement<br />

et aurais fui, éprouvanté» Car Dieu leur avait donné une apparence<br />

effrayante de sorte que si un homme les avait aperçus, il aurait été<br />

paniqué, afin que personne ne les approchât ni les touchât jusqu’à<br />

l’expiration du délai prescrit par Dieu. Ceci émanait de Sa sagesse et<br />

de Sa miséricorde.<br />

wa kadâlika ba‘atnâhum liyatasa’alû baynahum qâla q a ’ilum minhum<br />

kam labittum qâlû labitnâ yawman ’aw ba‘da yawmin qâlû rabbukum<br />

Vlamu bimâ labittum fab‘at\î ’ahadakum biwariqikum hâdihT ’ilâ-l-<br />

~~~ 104


madînati falyanzur ’ayyuhâA ’azkâ ta ‘âman falya’tikum birizqim mihu<br />

wa-lyatalattaf walâ yus‘iranna bikum ’ahadan (19) ’innahum ’in yazharû<br />

‘alaykum yarjumûkum ’aw yu‘îdûkum fî millatihim wa lan tuflihu ’idan<br />

’abadan (20).<br />

Nous les avons ensuite éveillés. Ils se firent aussitôt part de leurs<br />

impressions. L’un d’eux interrogea: «Combien de temps sommes-nous restés<br />

ici?» «Peut-être un jour, même moins», répondirent d’autres. «Allah seul le<br />

sait» conclut le reste. Envoyons l’un d’entre nous à la ville avec cet argent<br />

pour qu’il tâche de trouver de bons aliments. Qu’il se montre cironspect et<br />

évite de faire découvrir notre retraite! (19) Si les habitants la découvraient,<br />

ils nous lapideraient ou nous feraient embrasser par force leur culte. Nous<br />

serions à jamais perdus. (20).<br />

Après l’écoulement de trois-cent neuf années Dieu les a éveillés<br />

en parfaite form e sans rien perdre de leurs facultés. Une fois<br />

ressuscités, l’un d’entre eux s’exclama: «Combien de temps sommes-nous<br />

restés ici?» et les autres de répondre: «Peut-être un jour même moins»<br />

Car leur entrée dans la caverne eut lieu au début de la journée et leur<br />

éveil à sa fin. Certains parmi eux de conclure pour mettre fin à leur<br />

interrogation: «Allah seul le sait» Et ce fut normal après leur éveil de<br />

sentir leur besoin pour la nourriture et la boisson. Ils demandèrent à<br />

certains d’entre eux de se diriger vers la ville pour leur procurer de<br />

quoi manger, à savoir qu’au début de leur retraite ils avaient gardé<br />

quelques pièces d’argent après en avoir dépensé une partie en<br />

aumône.<br />

Celui qui fut chargé de cette mission devait acheter de bons<br />

aliments et licites et de se comporter avec douceur avec les habitants<br />

de la ville. Il devait aussi se cacher autant qu’il pouvait pour ne donner<br />

l’éveil à personne sur leur situation. Car si les hommes de Doqianos<br />

s’aperçurent de l’endroit de leur retraite, ils pourront les faire subir tant<br />

de supplices en les lapidant et les contraignant à embrasser leur<br />

religion et de revenir sur la leur. Ainsi ils ne seraient plus heureux<br />

après avoir été dans le chemin droit.


wa kadâlika ’a'tamâ ‘alayhim liya‘lamu ’anna wa‘da-L-Lâhi haqqun wa<br />

’anna-s-sâ‘ata lâ rayba fïhâA’id yatanâza‘una baynahum ’amrahum<br />

faqâlû-bnû ‘alayhim bunyâi»an rabbuhum Vlamu bihim qâla-l-ladîna<br />

galabû ‘ala ’amrihim lanattahidanna ‘alayhim masjidan (21).<br />

Effectivement nous décelâmes leur retraite pour bien montrer que les<br />

promesses d’Allah s’accomplissent toujours et que la résurrection est une<br />

chose certaine. L’incident fut commenté par les gens de la ville. «Elevons<br />

un sanctuaire à l’endroit de la caverne, dirent quelques-uns. Allah seul<br />

connait leur secret». L’avis qui triompha fut qu’on élèverait une chapelle.<br />

(21).<br />

A cette époque, d’après les commentaires des éxégètes, les<br />

hommes reniaient la résurrection, Dieu, pour montrer la fausseté de<br />

leur croyance et mettre fin à leur doute, leur fit connaître la présence<br />

de ces jeunes hommes afin qu’ils sachent que Sa promesse est vraie.<br />

On a raconté que celui d’entre eux qui fut chargé d’aller en ville<br />

pour procurer la nourriture et la boisson, se déguisa pour ne plus être<br />

reconnu; il traversa une rue après l’autre pour y arriver. Il fut étonné de<br />

voir tout changé: hommes, constructions et autres choses, après tant<br />

de siècles et de générations, croyant que son absence de cette ville<br />

n’était pas tellement longue, il s’agit de quelques heures seulement.<br />

Puis il s’aperçut que sa sortie de cette ville devait être exécutée le plus<br />

vite possible. Il se dirigea chez un homme qui vendait de la nourriture,<br />

lui présenta quelques pièces d’argent qu’il possédait en lui demandant<br />

de lui vendre de quoi manger.<br />

A la vue de ces pièces monétaires, le vendeur s'étonna et les<br />

présenta à son voisin puis à un troisième et ainsi de suite, qu’à la fin<br />

on l’interrogea: «Qui est-tu? d’où as-tu trouvé cet argent? s’agit-il d’un<br />

trésor?» Et lui de répondre catégoriquement: «Je suis un de vos<br />

concitoyens, j’ai quitté la ville il n’y a pas longtemps. Il y avait le roi<br />

v Doqianos et autre».<br />

106


On l'accusa de folie et le traduisit devant leur chef. Après un long<br />

interrogatoire, il les amena à la caverne et avant d’y péntrer, il leur<br />

demanda de les devancer afin qu’il mette ses compagnons au courant.<br />

Là les opinions se divergèrent: Les uns parmi les éxègètes ont avancé<br />

qu’après l’entrée de ce jeune homme dans la caverne, ils le suivirent<br />

mais le perdirent de vue et ne purent plus découvrir le lieu de leur<br />

retraite et Dieu leur tout dissimula.<br />

►<br />

Les autres ont précisé que les hommes pénétrèrent dans la<br />

caverne devancés par leur roi appelé Yandousis, ils les saluèrent et<br />

eurent avec eux une douce conversation, à savoir que le peuple à<br />

cette époque avait embrassé la religion de Dieu. Lorsque le roi et sa<br />

compagnie quittèrent ces jeunes hommes, Dieu rappela à Lui ces<br />

derniers.<br />

Cet incident fut une des preuves dont Dieu a fait connaître aux<br />

gens qu’il y aura une résurrectioin après la mort comme II a promis et<br />

Dieu tient toujours Sa promesse. Et ceci est un argument en dépit de<br />

ceux qui renient le jour dernier et la résurrection.<br />

Certains proposèrent: «Bouchez l’entrée de la caverne et laissez<br />

ces jeunes hommes à l’intérieur et construisez un édifice au-dessus<br />

d’eux «Les autres objectèrent: «Plutôt élevons un sanctuaire au-dessus<br />

d’eux.» Ibn Jarir commenta cette discussion en disant: «Les premiers<br />

étaient les musulmans-soumis à Dieu, et les autre des idolâtres».<br />

sayaqûlûna talât atu-r-râbi‘uhum kalbuhum wa yaqûlûna hamsatun<br />

sâdisuhum kalbuhum rajmam bi-l-gaybi wa yaqûlûna sab‘atun wa t<br />

âminuhum kalbuhum qui rabbi ’a‘lamu bi ‘iddatihim mâ ya‘lamuhum ’-<br />

illâ qalîlun falâ tumâri fîhim ’illâ mirâA’an zâhiran walâ tastafti fîhim<br />

minhum ’ahadan (22).<br />

107


On discute sur leur nombre. «Ils étaient trois et le chien était le<br />

quatrième» disent les uns. «Ils étaient cinq et le sixième était leur chien»<br />

soutiennent les autres. Conjectures que tout cela. «Ils étaient sept et leur<br />

chien était le huitième» assurent d’autres. Réponds: «Allah sait mieux que<br />

personne combien ils étaient». Peu nombreux sont ceux qui ont connu leur<br />

nombre. Ne discute pas à fond sur cette histoire. Et n’interroge personne.<br />

(22).<br />

»<br />

Les gens discutèrent sur le nombre des jeunes hommes qui<br />

étaient dans la caverne: Etaient-ils trois ou cinq ou sept en dehors de<br />

leur chien? Ils ne firent que conjectures et nul ne connaissait leur<br />

nombre, et Dieu de dire à Son Prophète -qu’Allah le bénisse et lé<br />

salue-: «Ne discute pas à fond sur cette histoire. Et n’interroge personne»<br />

Il lui indiqua la réponse en rendant cette question au savoir du<br />

Seigneur: «Allah sait mieux que personne combien ils étaient».<br />

Selon le commentaire d’Ibn Abbas, il a dit: «Il en est peu qui<br />

sachent leur nombre et moi je suis l’un d’eux: Ils étaient sept et je<br />

l’affirme». Et d’après Ibn Jarir, ils étaient sept qui ne cessaient d’adorer<br />

Dieu, L’implorer et de demander son secours.<br />

Si vraiment la connaissance de leur nombre était une chose<br />

importante, Dieu l’aurait révélé et II exhorta Son Prophète -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- à ne plus discuter âprement à leur sujet avec<br />

quiconque et à ne plus demander l’avis de personne.<br />

walâ taqûlanna lisay’in ’innî fâ‘ilun dâlika gadan (23) ’ilia ’ay-yasa’a-L-<br />

Lâhu wa-dkur rabbaka ’idâ nasîta wa qui ‘asâ* ’ay-yahdiyani rabbî<br />

li’aqraba min hâdâ rasadan (24).<br />

Ne dis jamais: Je ferai telle chose demain (23) Sans ajouter: «S’il plait<br />

à Dieu». Si tu oublies de faire cette chose, invoque ton Seigneur et dis: «-<br />

Plaise à mon Seigneur de me suggérer une chose plus utile encore (24).<br />

C’est une exhortation à suivre les règles de politesse vis-à-vis de


Dieu en rendant une chose qu’il entame faire à la volonté de Dieu qui<br />

connaît tout, l’omniscient.<br />

A ce propos Abou Houraira rapporte que le Messager de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Souleiman fils de Daoud -que<br />

Dieu les salue- a dit: «Cette nuit j’aurai de rapports avec soixante-dix<br />

de mes femmes,-ou cent suivant une autre version- de sorte que<br />

chacune engendrera un garçon qui combattra dans le sentier de<br />

Dieu». On lui dit -ou suivante une variante l’ange lui dit: «Dis si Dieu le<br />

veut», mais Souleiman ne l’a pas dit.<br />

En effet il commerça avec ses femmes dont une seule lui<br />

engendra un garçon incomplet. Le Messager de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- a dit: «Par celui qui détient mon âme, si Souleimn<br />

avait proféré cette invocation, il aurait eu les garçons qui seraient tous<br />

des cavaliers qui combattront pour la cause de Dieu» (Rapporté par<br />

Boukhari et Mouslim).<br />

On a déjà montré au début de cette sourate qu’on demanda au<br />

Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- de raconter l’histoire des<br />

hommes de la caverne et il a répondu: «Demain je le ferai» et la<br />

révélation devait tarder quinze jours parce qu’il n’a pas dit: «Si Dieu le<br />

veut». Ce verset constitue une exhortation tant au Prophète qu’aux<br />

musulmans de rendre tout à la volonté de Dieu quand on vent faire<br />

une chose, et rien n’empêche de l’invoquer après si ou oublie de le<br />

faire au début.<br />

Ibn Abbas, à propos d’un homme qui fait un serment, a dit qu’il<br />

doit dire «S'il plait à Dieu» même s’il aura compté à faire une chose<br />

après un an; et même s’il viole son serment. Mais Ibn Jarir a ajouté: A<br />

condition que cela ne soit pas un moyen pour violer un serment ou<br />

pour se passer de l’expiation. Ce qui est le plus logique.<br />

Quant à At-Tabarani, il a rapporté qu’lbn Abbas a dit que cela<br />

concerne surtout le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salueet<br />

le commun du peuple n’a pas le droit de dire: «S’il pleut à Dieu<br />

qu’au cas où on respecte le serment et le tient».<br />

Il se peut aussi, conclut l’auteur, que cet enseignement est à<br />

l’intention de quiconque oublie de dire cette formule quand il veut faire<br />

109


une chose et qu’il le fasse quand il se le rappelle, étant donné que<br />

l’oubli provient du démon comme fut le cas du compagnon de Moïse<br />

quand il lui a dit: «Cette négligence ne peut m’avoir été inspirée que par<br />

Satan» comme nous allons le voir plus loin.<br />

«Dis: «Plaise à mon Seigneur de me suggérer une chose plus utile<br />

encore» en me dirigeant vers ce qui est plus proche que cela du<br />

chemin droit. En d’autre termç: Si on t’interroge sur une chose dont tu<br />

n’as pas connaissance, demande à Dieu de te guider et de te le<br />

montrer.<br />

wa labidu fî kahfihim talâta mi’atin sinîna wa-z-dâdû tis'an (25) quli-L-<br />

Lâhu ’a‘lamu bimâ labitû lahû gaybu-s-samâwâti wa-l-’ardi ’absir bihî<br />

wa ’asmi‘ mâlahum min dûnihî min waliyyin walâ yusriku fî hukmihî<br />

’ahadan (26).<br />

Les jeunes gens vécurent dans la caverne trois cent neuf ans. (25) Dis:<br />

Allah sait mieux que personne le temps qu’ils y vécurent. 11 détient les<br />

mystères des cieux et de la terre. Qui a meilleure vue et meilleure ouïe que<br />

Lui! les hommes n’ont d’autre protecteur que Lui. Il n’associe personne à<br />

son autorité. (26).<br />

Ce verset précise le temps que les gens de la caverne y sont<br />

restés. Ce fut trois cent ans auxquels on doit ajouter neuf. En d’autre<br />

terme il s’agit de trois cent années «solaires» qui correspondent à trois<br />

cent neuf années «lunaires».<br />

«Dis: Allah sait mieux que pesonne le temps qu’Qs y vécurent» C’est à<br />

dire si l’on t’interroge sur la période qu’ils ont passée dans la caverne,<br />

réponds: Dieu seul sait parfaitement combien de temps iis sont restés,<br />

quant à toi tu n’en as aucune connaissance. Dieu ne l’a révélé à<br />

aucune de Ses créatures. Qatada a dit que la fixation de cette période<br />

à trois cent neuf ans était d’après les dires des gens du Livre, mais Ibn<br />

110


Jarir l’a contredit disant que cela émana des paroles divines.<br />

«Qui a meilleure vue et meilleure ouïe que Lui» Cela signifie que<br />

Dieu fait montrer toute chose présente et fait entendre tout ce qui est<br />

perceptible et audible. Rien ne Lui est caché. Quant à Qatada, il l’a<br />

interprété en disant que nul n’entend ni voit mieux que Dieu. «Les<br />

hommes n’ont d’aiitre protecteur que Lui. Il n’associe personne à son<br />

autorité» Tout ce que Dieu a créé Lui appartient, il exécute ce qu’il a<br />

décrété et nul ne s’y oppose. Quant aux hommes, ils n’ont ni Maître, ni<br />

protecteur que Lui/Il n’a pas d’associé ni conseiller, qu’il soit exalté et<br />

sanctifié.<br />

wa-tlu ma ’uhiya ’ilayka min kitâbi rabbika lâ mubaddila likalimâtihî<br />

walan tajida min dûnihî multahadan (27) wa-sbir nafsaka ma‘a-l-ldîna<br />

yad‘ûna rabbahum bi-l-gadâti wa-l-‘asiyyi yurîdûna wajhahû walâ ta‘du<br />

‘aynâka ‘anhum turîdu zînata-l-hayâti-d-dunya walâ tuti‘ man ’agfalnâ<br />

qalbahû ‘an dikrinâ wa-t-taba‘a hawâhu wakâna ’amruhû furutan (28).<br />

Récite ce qui est déjà révélé du Livre de ton Seigneur . Ses paroles sont<br />

immuables. Tu ne saurais jamais trouver d’appui en dehors de lui. (27) Mêletoi<br />

à ceux qui invoquent le Seigneur, matin et soir, pour attirer ses regards.<br />

Ne te sépare pas d’eux pour courir après les plaisirs du siècle. Ne t’associe<br />

pas à ceux que nous avons rendu insouciants de notre souvenir, à ceux qui ne<br />

suivent que leurs penchants et dont toute la vie est une futilité. (28).<br />

Dieu ordonne Son Messager -qu’Allah le bénisse et le salue- de<br />

réciter ce qu’il lui a révélé du Livre et de le communiquer aux hommes<br />

«Ses paroles sont immuables» c’est à dire il n’y a pas de changement<br />

dans Ses paroles, ni altération, ni modification.<br />

«Tu ne saurais jamais trouver d’appui en dehors de Loi» ni un refuge.<br />

111


Ibn Jarir l’a commenté en disant: «O Mouhammad, si tu ne récites pas<br />

ce qui t’a été révélé du Livre de ton Seigneur, tu ne trouveras pas un<br />

abri en dehors de lui» et il a mentionné à l’appui ce verset: «O<br />

Prophète, divulgue ce que ton Seigneur t’a révélé. Si tu y manques, tu ne<br />

seras pas acquitté de ta mission» [Coran V, 67].<br />

Puis Dieu appelle Son Prophète -qu’Allah le bénisse et le saluer à<br />

rester en la compagnie d^ ceux qui L’invoquent, Le louent, Le<br />

glorifient, Lui demandent matin et soir, parmi les hommes qu’ils soient<br />

riches ou pauvres. D’autre part, on a dit que ce verset fut révélé au<br />

sujet des notables Qoraïchites qui demandèrent au Prophète -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue- de leur tenir compagnie et s’écarter des pauvres<br />

tels que Bilai, ‘Ammar, Souhaïb, Khabab et Ibn Mass'oud. Mais il ne<br />

tarda pas à recevoir l’ordre divin. «Ne repousse pas ceux qui implorent<br />

leur Seigneur, matin et soir..» [Coran VI, 52].<br />

A ce propos Sa'd Ben Abi Waqas raconte: «Nous étions six<br />

personnes en compagnie du Prophète -qu’Allah le bénisse et le saluequand<br />

les polythéistes lui demandèrent: «Congédie ces hommes-là<br />

pour ne plus s’enhardir à nous» à savoir que j ’étais avec Ibn<br />

Mass'oud, un homme de Houzaïl, Bilal et deux autres que j ’ai oublié<br />

leurs noms. Une idée se présenta à l’esprit du Prophète -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- ce que Dieu voulut. Il eut un certain pressentiment<br />

mais Dieu lui révéla: «Ne repousse pas ceux qui implorent».<br />

Anas Ben Malek rapporte que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- a dit: «Pas un groupe d’hommes ne se réunissent pour<br />

invoquer Dieu ne voulant que Sa satisfaction sans qu’une voix céleste ne les<br />

appelle: «Levez-vous, vous êtes absous, vos mauvaises actions sont<br />

substituées par des bonnes» (Rapporté par Ahmed)(I).<br />

At-Tabarani rapporte que Abdul Rahman Ben Sahl Ben Hounaïf a<br />

dit: «Après la révélation du verset: «Mêle-toi à ceux qui invoquent le<br />

(1) «ÜJÎ çÿ ¿y Ui :JÜ o


Seigneur ...» Le Messager de Dieu -qu’AIlah le bénisse et le salue- sortit<br />

de chez lui recherchant ces hommes concernés, j| trouva des gens qui<br />

invoquaient Dieu le Très Haut. Il y avait parmi eux qui avaient la tête<br />

nue, les maigres et ceux qui ne portaient qu'un seul vêtement. En les<br />

voyant ainsi, il s’assit avec eux et dit: «Louange à Dieu qui a fait de ma<br />

communauté des hommes comme tels auxquels je me mêle».<br />

, «Ne te sépare pas d’eux pour courir après les plaisirs du siècle» qui<br />

signifie d’après Ibn Abbas: ne cherche pas les autres parmi les riches<br />

et les influents pour leur tenir compagnie en te séparant des pauvres<br />

et humbles.<br />

«Ne t’associe pas à ceux que nous avons rendu insouciants de notre<br />

souvenir» ceux qui s’adonnent aux plaisirs du siècle en négligeant leurs<br />

obligations envers leur Seigneur, bref ceux qui se laissent conduire par<br />

leurs passions, dont leurs œuvres sont vaines et futilité. Et dans un<br />

autre verset Dieu exhorta Son Prophète -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- en lui disant: «Ne porte pas tes yeux sur les biens matériels que<br />

nous avons accordés à certains, sur l’éclat des plaisirs du siècle. Nous<br />

n’accordons ces biens qu’à titre d’épreuve. Ce que réserve ton Seigneur a<br />

plus de prix et est plus durable» [Coran XX, 131].<br />

wa quli-1-haqqu mi-r-rabbkum faman sâA’a falyu’min waman sâA’a<br />

falyakfur ’inna ’a‘tadnâ li-z-zâlimîna nâran ’ahâta bihim surâdiquhâ wa<br />

’iy-yastagîtû yugât û bima ’in ka-1-muhli yaswî-l-wujûha bi’sa-s-sarâbu wa<br />

sa’at murtafaqan (29).<br />

Dis: La vérité émane de votre Seigneur. Croira qui voudra et niera qui<br />

voudra. Nous avons préparé pour les infidèles un feu dont les flammes les<br />

encercleront de toutes parts. Quant ils supplieront qu’on les soulage, on<br />

leur servira une eau brûlante comme un métal en fusion qui leur rongera la<br />

face. Détestable boisson et dérisoire soulagement. (29).<br />

113


Dieu ordonne à Son Messager -qu’Allah le bénisse et le salue- de<br />

dire aux hommes: Telle est la vérité dont j ’ai été chargé de vous la<br />

communiquer sans aucun doute. Libre à vous! Que celui qui le veut<br />

croie donc, et que celui qui le veut soit incrédule. Il y en a là certes un<br />

avertissement et une grande menace car Dieu fait suivre cet ordre par<br />

le sort qui attend les mécréants «Nous avons préparé pour les infidèles<br />

un feu dont les flammes les encercleront de toutes parts» où ils ne<br />

trouveront aucune issue pour en sortir.<br />

Abou Sa'id Al-Khidri rapporte que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- a dit: «Les flammes de l’Enfer forment quatre<br />

murailles dont chacune à une épaisseur de quarante ans de marche».<br />

Si les réprouvés de l’Enfer demandent de l’eau, on leur servit de l’eau<br />

brûlante pareille à un métal fondu qui brûlera leurs visages de sorte<br />

que, lorsque le damné de l’Enfer rapprochera le vase de son visage la<br />

peau tombera par l’effet de la chaleur. D’après d’autres éxégètes ce<br />

liquide pourra être de l’huile portée à ébullition, ou de l’eau fétide qui<br />

fera tomber la peau du visage, et une fois avalée, fera déchirer les<br />

entrailles, à savoir que ces infidèles seront nourris par les fruits de<br />

l’arbre «Zaqoum» dont ils rempliront le ventre qui leur causeront une<br />

grande soif, et en demandant à boire, on leur présentera de l’eau<br />

bouillante selon les dires de Dieu en parlant du mécréant: «... Sera<br />

éternellement abreuvé d’une eau bouillante qui lui dévorera les entrailles» [-<br />

Coran XLVII, 15],<br />

«Détestable boisson et dérisoire soulagement» et un abominable<br />

séjour où l’infidèle ne connaîtra aucun répit ni un moment qui pourrait<br />

le réconforter et le soulager.<br />

’inna-l-ladîna ’a'manû wa ‘amilû-s-sâlihati ’innâ lâ nudî‘u ’ajra man<br />

114


’ahsana ‘amalan (30) ’ûla ’ika lahum jannâtu ‘adnin tajrî min tahtihimul-’anhâru<br />

yuhallawna fîhâ min ’asâwira min dahabin wa yalbasûna t<br />

iyâban hudram min sundusin wa ’istabraqim-muttaki’îna fîhâ ‘ala-1-<br />

’ara ’iki ni‘ma-t-tawâbu wa hasunat murtafaqan (31).<br />

Ceux qui auront cru et pratiqué le bien, qu’ils sachent que nous ne<br />

laissons pas sans récompense toute bonne action. (30) A ceux-là est réservé<br />

le,paradis de l’Eden arrosé d’eau vive. Ils y seront parés de bijoux d’or et<br />

vêtus de manteaux verts en soie fine et satinée. Ils seront allongés sur des<br />

divans. Belle récompense et réconfortant repos. (31).<br />

A l’inverse des infidèles, ceux qui auront cru aux Prophètes et en<br />

ce qu’ils ont apporté, et qui auront fait des œuvres bonnes selon les<br />

enseignements de Dieu, auront le jardin de l’Eden où coulent des<br />

ruisseaux au-dessous de leurs demeures et leurs appartements, seront<br />

vêtus d’habits verts de soie et de brocart, et seront accoudés sur des<br />

lits d’apparat. Quelle belle récompense et quel magnifique séjour où ils<br />

demeureront éternellement.<br />

wa-drib lahum matalan rajulayni ja‘alnâ li’ahadihimâ jannatayni min<br />

’a‘nâbin wa haffnâhumâ binahlin wa ja‘alnâ baynahumâ zar‘an (32)<br />

kiltâ-l-jannatayni ’a tat ’ukulahâ wa lam tazlim minhu say’an wa fajjarnâ<br />

hilâlahumâ nahran (33) wa kâna lahû tamarun faqâla lisâhibihî wa huwa<br />

yuhâwiruhîî ’ana ’aktaru minka mâlan wa ’a‘azzu nafaran (34) wa<br />

dahala jannatahû wa huwa zâlimu-l-linafsihî qâla ma ’azunnu ’an tabîda<br />

hâd ihT ’abdan (35) wama ’azunnu-s-â‘ata q a ’imatan wa la’i-r-rudidtu<br />

’ilâ rabbî la ’ajidanna hayram minhâ munqalaban (36).<br />

115


Cite- leur l’exemple de ces deux hommes: à l’un nous avons donné<br />

deux jardins plantés de vigne et entourés de palmiers. Un champ de blé les<br />

sépare. (32) Chacun des deux jardins a produit une récolte abondante. Rien<br />

n’est resté improductif. Nous avons fait surgir un ruisseau au milieu de ces<br />

jardins. (33) Leur propriétaire a récolté une ample moisson. Il dit à son<br />

voisin au cours d’une conversation: J’ai plus de biens que toi et ma famille<br />

est plus considérée. (34). Il entra dans son jardin, animé, de sentiments<br />

aussi dangereux, et s’exclama: «Je Ae pense pas que ce jardin puisse jamais<br />

dépérir. (35) Je ne crois guère au jugement dernier. Toutefois, en<br />

admettant que je retourne à Allah, j’aurai un sort encore meilleur!» (36).<br />

Dieu a mentionné auparavant les polythéistes orgueilleux qui se<br />

montraient très fiers, et qui possédaient des richesses et reufusaient<br />

de fréquenter les pauvres faibles et humbles. Dans ce verset II<br />

propose la parabole des deux hommes dont l’un d’eux possédait, par<br />

la grâce de Dieu, deux jardins de vignes entourés de plamiers et<br />

séparés par des champs cultivés. Chaque arbre ainsi que les champs<br />

donnèrent des fruits et récoltes à profusion et des bonnes qualités, et<br />

aucun n’est resté improductif. En plus, un ruisseau jaillissait entre les<br />

deux jardins[(1)].<br />

(1) Mouhammad Ben Al-Hassan Al-mouqré a raconté l’histoire de ces deux<br />

hommes comme suit:<br />

«Il y avait deux hommes qui étaient associés: le premier un pieux et<br />

vertueux appelé «Tamlikha» et l’autre un infidèle pervers appelé «Fotis». Ils<br />

se séparèrent en partageant leurs richesses et chacun reçut une somme de<br />

3000 dinars. Le fidèle s’en servit pour acheter des esclaves à mille dinars et<br />

les affranchit, acheta des vêtements à mille et les donna aux démunis et<br />

avec les mille restants il procura de la nourriture et les distribua aux<br />

pauvres, à savoir qu’il avait aussi construit des oratoires et fait des œuvres<br />

de chanté.<br />

Le deuxième épousa des femmes riches, acheta des bêtes et des vaches et<br />

eut un troupeau considérable. Avec le reste il fit un commerce proliféré et<br />

fructueux et ainsi il devint l’homme le plus riche à cette époque.<br />

Le premier se trouvant dans l’indigence voulut travailler comme un salarié<br />

dans un jardin. Il se d it «Pourquoi ne pas aller chez mon ex-associé pour fui<br />

demander de m’assurer un travail dans ses jardins? Ainsi je pourrais garder<br />

ma dignité». En effet il alla le voir, mais à peine le deuxième le reconnut, il<br />

lui adressa des reproches sévères et humiliants: «N’as-u pas eu ta part de<br />

116


Le riche se disputa avec le pauvre, s’enorgueillit sur lui en lui<br />

disant: «J’ai plus de biens que toi et ma famille est plus considérée» C’est<br />

à dire je possède une grande richesse, j’ai tant d’épouses, d”enfants et<br />

de servants. Telle est toujours, d’après Qatada, la source de la fierté<br />

et de la puissance.<br />

«Il entra dans son jardin, animé de sentiments aussi dangereux» à<br />

eause de sa rebellion, de son incrédulité et du reniement du Jour<br />

Dernier, «et s’exclama: «Je ne pense pas que ce jardin puisse jamais<br />

dépérir» Ceci est dû à la vue des jardins, des champs et des ruisseaux<br />

qui circulaient de toutes parts. Puis il dit: «Je ne crois guère au jugement<br />

dernier» à caue de sa mécroyance, et il se reprit: «Toutefois, en<br />

admettant que je retourne à Allah, j’aurai un sort encore meilleur». Il<br />

espérait qu’une fois retourné à Dieu après la résurrection, il penserait<br />

qu’il aura encore quelque chose de meilleure que ce qui se trouve au<br />

bas monde en vertu de la grâce et de la considération qu’il aurait<br />

auprès de Dieu, comme on trouve ce souhait du mécréant dans ce<br />

verset: «Et à supposer que je retourne un jour à mon Seigneur, je<br />

trouverais auprès de Lui la félicité la plus entière» [Coran XLI, 50],<br />

notre capital, qu’est-ce que tu en as fait?». Il lui répondit: «J’en ai servi pour<br />

acheter des «marchandises» de Dieu, car tout ce qu’on achète de Lui serait<br />

le meilleur et l’impérissable». Et l’autre de répliquer: «Tu es donc de ceux<br />

qui font l’aumône? Je te trouve un homme idiot et ignare. Je ne pense<br />

guère que l’Heure Suprême aura lieu! Voilà que grâce à ton idiotie tu es<br />

devenu un homme indigent et démuni. Ne vois-tu pas qu’est-ce que j’ai fait<br />

avec mon argent? Va-t-en, tu n’auras chez moi aucun travail».<br />

Puis le résultat fut comme le Coran a raconté: «La récolte du deuxième fut<br />

ravagée, les treillis détruits, il se torda les mains et s’écria: au malheur!...<br />

117


qala lahû sâhibuhû wa huwa yuhâwiruhïï ’akafarta bi-l-ladî halaqaka<br />

min turâbin tumma min nutfatin tumma sawwâka rajulan (37) lakinna<br />

huwa-L-Lâhu rabbî wala ’usrikm bi rabbT ’ahadan (38) wa lawla" ’id<br />

dahalta jannataka qulta mâ sa ’a-L-Lâhu lâ quwwata ’illâ bi-L-Lâhi ’in<br />

tarani ’ana ’aqallu minka mâlan wa waladan (39) fa‘asâ rabbT ’ayyu’tiyani<br />

hayram min jannatika wa yursila ‘alayhâ husbânam mina-ssama’i<br />

fatusbiha sa‘îdan zalaqan (40) ’aw yusbiha m a’uhâ gawran falan<br />

tastati‘a lahû talaban (41).<br />

Son interlocateur répliqua: «Renies-tu Celui qui t’a créé d’un peu de<br />

terre et d’une goutte de sperme puis te donna la stature d’un homme». (37)<br />

Pour moi, Allah est mon Maître et je ne Lui reconnais aucun associé. (38)<br />

Que n’as-tu dit plutôt, entrant dans ton jardin: «Quelle belle création<br />

d’Allah! Il n’y a de puissance qu’en Lui. Bien que moins riche et moins<br />

pourvu d’enfants que toi.» (39) Il est possible qu’Allah me donne quelque<br />

chose de plus beau que ton jardin. Il est possible aussi qu’il lance un trait<br />

de feu sur ton jardin et le rase complètement. (40) Ou qu’il en tarisse l’eau<br />

et que tu restes désemparé. (41).<br />

Le fidèle reprocha à son ex-associé d’avoir renié le Seigneur<br />

«Renies-tu celui qui t’a créé d’un peu de terre...» Faisant allusion à Adam,<br />

le père de l’humanité, puis Dieu créa les autres d’une goutte d’un<br />

liquide vil -qui est le sperme- qui ne peut être transformé en une<br />

créature si Dieu ne l’a pas voulu, plutôt cette goutte est considérée<br />

comme une substance qui n’a pas une vie sans la volonté de Dieu qui<br />

rapppelle aux hommes: «Comment pouvez-vous renier Allah, vous<br />

qu’Allah a tirés du néant» [Coran II, 28].<br />

Et le fidèle de poursuivre: «Pour moi, Allah est mon Maître et je ne<br />

Lui reconnais aucun associé». Je ne suis pas un ingrat comme toi,<br />

j ’atteste qu’il est le Dieu unique. Il continua à blâmer l’autre en lui<br />

disant: «Que n’as-tu dit plutôt en entrant dans ton jardin...» Ce jardin qui<br />

t’a tellenifWiJlu et qui est une des grâces de Dieu, pourquoi tu ne L’as<br />

pas loué de te l’avoir accordé ainsi que toute ta richesse et ta<br />

118


descendance. Si tu avais dit en entrant dans ton jardin: «Telle est la<br />

volonté de Dieu, il n’y a de puissance qu’en Lui...» Voilà ce que tu devais<br />

avouer et reconnaître...<br />

A ce propos Anas -que Dieu l’agrée- rapporte que le Messager de<br />

Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Tout ce qu Dieu accorde à<br />

Son serviteur comme bienfaits soient-ils une épouse, une richesse ou des<br />

enfants et qu’il dise: «Telle est la volonté de Dieu, il n’y a de puissance<br />

qu’en Dieu», celui-là ne connaîtra aucune calamité si ce n’est la mort» (-<br />

Rapporté par Àl-Hafedh Âbou Ya‘la Moussalli)(1} Le Prophète -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue- méditait souvent sur le sens de ce verset. Il a<br />

dit une fois à Abou Moussa? «Te montrerai-je un des trésors du<br />

Paradis? Il consiste à dire: «Il n’y a ni force ni puissance qu’en Dieu».<br />

Le fidèle continua: «Il est possible qu’Allah me donne quelque chose<br />

de plus beau que ton jardin» dans l’autre monde, et «il est possible aussi<br />

qu’il lance un trait de feu sur ton jardin et le rase complètement» toi qui<br />

crois qu’il ne dépérira plus; et ainsi il deviendra un sol dénudé où tu ne<br />

trouveras aucune plante, «ou qu’il en tarisse l’eau et que tu restes<br />

désemparé». Cette eau qui arrose ton jardin puisse disparaître dans la<br />

terre et il te sera impossible de la retrouver.<br />

wa ’uhîta bitamarihî fa ’asbaha yuqallibu kaffayhi ‘alâ ma ’anfaqa fîhâ<br />

wa hiya hawiyatun ‘alâ ‘urûsihâ wa yaqûlu yâ laytanî lam ’usrik bi<br />

rabbT ’ahadan (42) wa lam taku-l-lahû fi’atun yansurûnahû min dûni-L-<br />

Lâhi wamâ kâna muntasiran (43) hunâlika-l-walâyatu li-L-Lâhi-l-haqqi<br />

huwa hayrun tawâban wa hayrun ,‘uqban (44).<br />

( 1 ) c W Cj* 1 5 ^ 4ii\ ( J J J l i c J Ù ^<br />

Jcul^-1 < > - to O ji iil ka jÀ ïjî N ^ L. ( J ( J L .<br />

119<br />

•(çsW'1


Sa récolte fut anéantie. Il se tordait les mains à la vue de tant<br />

d’efforts rendus vains et de ses treilles complètement ravagées. «Plût à<br />

Allah, murmura-t-il, que je ne lui eusse jamais associé personne» (42) Il ne<br />

disposait d’aucun appui capable d’assurer sa réussite en l’absence d’Allah.<br />

Effectivement, il ne réussit pas (43) En vérité, la décision souveraine<br />

n’appartient qu’à Allah. Il est inégalable dans la récompense qu’il décerne<br />

comme dans le destin qu’il accorde. (44).<br />

$<br />

Ce que le fidèle avait mis son ami en garde contre lui fut réalisé:<br />

La récolte fut ravagée complètement par les foudres que Dieu avait<br />

envoyés du ciel, et ce mécréant orgueilleux se tordait les mains,<br />

frappait l’une contre l’autre pour exprimer sa détresse et la perte de<br />

ses biens en s’écirant: «Plût à Dieu que je ne Lui eusse jamais associé»<br />

et reconnut son grand péché. Aucun parti ne le secourut contre Dieu<br />

soit-il des enfants ou d’autres de sa tribu comme if attendait en<br />

s’enorgueillissant de sa richesse, de sa descendance et de sa<br />

puissance. Car en pareil cas la protection ne dépend que de Dieu, la<br />

Vérité. Tout serviteur qui recherche un secours et un appui en dehors<br />

de Lui, sera déçu surtout quand il subit une affliction ou une calamité,<br />

une réalité que Dieu montre en disant: «A l’approche de notre châtiment<br />

ils s’écrièrent: Nous croyons en Allah seul et désavouons les idoles que nous<br />

lui avons associées» [Coran XL, 84]. Dieu est le meilleur qui récompense<br />

pour une œuvre accomplie en vue se rapprocher de Lui et c’est Lui qui<br />

donne une fin à toute chose.<br />

wa-ddrib lahum matala-l-hayâti-d-dunyâ kam a’in ’anzalnâhu mina-ssanrn’i<br />

fahtalata bihî na batu-l-’ardi fa ’asbaha hasîman tadrûhu-rriyâhu<br />

wa kâna-L-Lâhu ‘ala kulli say’im-muqtadiran (45) ’almâlu wa-1-<br />

banûna zînatu-l-hayâti-d-dunyâ wa-l-bâqiyâtu-s-sâlihatu hayrun ‘inda<br />

120


abbika tawâban wa hayrun ’amalan (46).<br />

Explique-leur que la vie de ce monde est comparable au spectacle<br />

suivant. Sous l’action de l’eau tombée du ciel, les plantes s’entremêlent dans<br />

une poussée vigoureuse, puis elles se dessèchent et sont éparpillées par le<br />

vent. Allah est tout-puissant. (45) Les biens et les enfants sont la parure de<br />

la vie. Mais les bonnes œuvres sont ce qu’Allah apprécie le plus et ce que<br />

les hommes devraient le plus rechercher. (46).<br />

»<br />

O Mouhammad, Dieu lui ordonne, propose aux hommes la<br />

parabole de cette vie mondaine, après son anéantissement, qui est<br />

semblable à l’eau qui, une fois déversée du ciel, se mélange à la<br />

végétation de la terre, il y aura par la suite les plantations, les grains<br />

de différentes sortes, les herbes et les fleurs. Tout cela ne tarde pas à<br />

devenir un herbage desséché que le vent disperse partout. Dieu est<br />

capable de tout. Cette parabole est proposée souvent dans le Coran<br />

comme on le trouve par exemple dans ce verset: «La vie de ce monde<br />

est comparable à l’eau que nous déversons du haut des cieux. Fécondée par<br />

elle, la terre se couvre d’une végétation luxuriante dont se nourrissent les<br />

hommes et les animaux» [Coran X, 24] et dans cet autre: «Sachez que la<br />

vie de ce monde n’est qu’illusion et vanité, apparat et futiles rivalités,<br />

course aux richesses et à une nombreuse descendance. Elle est comme ces<br />

prairies que pénètre une abondante rosée. Leur fertilité charme un instant<br />

les infidèles» [Coran LVII, 20].<br />

Dieu a cité dans le verset les biens et les enfants que les hommes<br />

recherchent dans le bas monde, tout comme II a dit dans un autre:<br />

«Les hommes sont attirés par tout ce qui a de l’attrait, les femmes, les<br />

enfants, les amoncellements d’or et d’argent...» [Coran III, 14], Mais II les<br />

met en garde en leur disant: «Certes, vos biens et vos enfnts vous<br />

absorbent. N’oubliez pas cependant qu’Allah dispose de magnifiques<br />

récompenses» [Coran LXV, 15]. Ce qui veut dire que s’adonner à<br />

l’adoration de Dieu en lui vouant un culte sera plus bénéfique que de<br />

s’occuper à la recherche des biens de ce monde et à se consacrer<br />

aux affaires des enfants. C’est pourquoi Dieu dit à la suite: «Mais les<br />

bonnes œuvres sont ce qu’Allah précise le plus et ce que les hommes<br />

devraient le plus rechercher».<br />

Quelles sont ces bonnes œuvres?.<br />

121


D’après Ibn Abbas, Sa'id Ben Joubayr et d’autres: il s’agit des cinq<br />

prières quotidiennes.<br />

Dans une autre interprétation d’Ibn Abbas, les bonnes œuvres<br />

impérissables consistent à répéter souvent: «Gloire à Dieu, louange à<br />

Dieu, il n’y a d’autre divinité que Dieu et Dieu est le plus Grand».<br />

Pour Othman Ben ‘Affan et Sa'id Ben Al Moussaib, elles sont<br />

aussi les formules précitées en y ajoutant: Il n’y a ni force ni puissance<br />

qu’en Dieu. Ainsi le confirme cè hadith rapporté par Abou Houraira que<br />

le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Les œuvres<br />

impérissables sont: Gloire à Dieu, louange à Dieu, il n’y a de divinité à<br />

part Dieu et Dieu est grand.<br />

Dans un autre hadith rapporté par l’imam Ahmed, le Prophète -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Or après moi il y aura des chefs<br />

qui mentiront et opprimeront. Quiconque les croira ou les aidera dans leur<br />

injustice n’est plus des miens et je ne suis plus des siens. Mais qui ne les<br />

croira pas et ne les aidera sera des miens et je serai des siens. Or dire<br />

souvent: «Gloire à Dieu, louange à Dieujl n’y a d’autres divinités que Dieu<br />

et Dieu est Grand» sont les bonnes oeuvres impérissables»(I).<br />

Ibn Abbas a ajouté à cela: «L’imploration du pardon de Dieu, la<br />

prière pour Son Messager, le jeûne, la prière, le Pèlerinage, l’aumône,<br />

l'affranchissement des esclaves, le combat dans la voie de Dieu, le<br />

maintien du lien de parenté et tous les actes de charité, telles sont les<br />

bonnes œuvres impérissables qui seront des provisions pour les<br />

bienheureux au Paradis tant que durent les deux et la terre».<br />

(1) Uj t S çjJju L»î* ^<br />

ji* p (*J ¿y“3 (_r*k p<br />

ioU-L,o}l oLîUI ¿j* oiil Vj ¿u ¿ut Ci)j Ni Utj<br />

,(ju—Il ^ ^LtNl *s>-js-l)<br />

122


wa yawma nusayyiru-l-jibâla wa tara-l’arda bârizatan wa hasarnâhum<br />

falàm nugâdir minhum ’ahadan (47) wa ‘uridû ‘alâ rabbika saffa-l-laqad<br />

ji’tumûnâ kamâ halaqnakum ’awwala marratim-bal za‘amtum ’al-lan<br />

naj‘ala lakum maw‘idan (48) wa wudi‘a-l-kitâbu fatara-l-mujrimîna<br />

musfiqîna mimmâ fîhi wa yaqûlûna yâ waylatanâ mâli hâd a-l-kitâbi lâ<br />

yugâdiru sagîratan walâ kabîratan ’illâ ’ahsâhâ wa wajadû mâ ‘amilû<br />

hadiran walâ yazlimu rabbuka ’ahadan (49).<br />

Le jour où les montagnes se mettront en marche et où la terre sera<br />

nivelée sur toute son étendue, nous rassemblerons les hommes sans en<br />

omettre un seul. (47) Us se présenteront devant ton Seigneur, alignés sur un<br />

seul rang. Vous voilà revenus devant moi, tels que je vous ai créés une<br />

première fois. Et pourtant vous aviez toujours pensé que nous ne vous<br />

retrouverions jamais en présence. (48) Le compte le chacun sera apporté.<br />

En lisant le leur, les coupables seront saisis d’effroi. Ils diront:<br />

«Malédiction! Ce compte énumère tout, de la plus petite à la plus grande<br />

action.» Toutes leurs œuvres leur seront présentées. Ton Maître ne lèse<br />

personne. (49).<br />

Des grands événements et phénomènes se produiront au jour de<br />

la résurrection: Le ciel sera agité d’un tourbillonnement, les montagnes<br />

se mettront en marche et le Seigneur les réduira en poussière, Il en<br />

fera un bas-fond aplani où on ne verra ni ondulation, ni dépression.<br />

«La terre sera nivelée sur toute son étendue» telle qu’une plaine très<br />

vaste où nul ne possédera ni repère ni abri, et on ne trouvera ni arbre,<br />

ni construction. Les hommes y seront rassemblés du premier au<br />

dernier sans en laisser un seul, et seront présentés en rangs devant<br />

leur Seigneur.<br />

Puis Dieu réprimandera devant toutes les créatures ceux qui ont<br />

renié ce jour en leur disant: «Et pourtant vous aviez toujours pensé que<br />

nous ne nous retrouverions jamais en présence» et vous voilà réunis en ce<br />

123


jour solennel qu’il vous a été fixé. «Le compte de chacun sera apporté».<br />

Le livre des œuvres de chacun sera posé où il pourra lire tout ce qu’il<br />

aura fait dans le bas monde, qui «énumère tout, de la plus petite à la<br />

plus grande action» Les coupables seront anxieux en lisant le leur et<br />

saisis d'effroi, et s’écrieront: Malheur à nous, rien de ce que nous<br />

avons fait qu’il n'y soit inscrit. Dieu a dit ailleurs: «Un jour viendra où<br />

toute âme sera mise en présence du bien qu’elle aura fait» [Coran III, 30]<br />

et: «Ce jour-là, l’homme connaîtra ses engouements et ses dédains» [Coran<br />

LXXV, 13]. Le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit:<br />

«Au jour de la résurrection, un étendard sera hissé derrière le perfide<br />

de la grandeur de sa perfidie, et on s’écriera: Telle est la perfidie d’un<br />

tel».<br />

«Ton Maître ne lèse personne». Dieu jugera les hommes avec<br />

équité d’après leurs œuvres sans léser personne. Comme II pourra<br />

pardonner, absoudre et faire miséricorde, Il pourra aussi châtier, tout<br />

dépendra de sa volonté, de sa sagesse et de sa justice. Il fera<br />

précipiter en enfer les infidèles et ceux qui auront accompli les péchés<br />

capitaux, ces derniers seront sauvés plus tard, tandis que les<br />

incrédules y demeureront pour l’éternité. Dieu est certes le Juge<br />

Suprême et équitable qui «ne lésera personne, pas même du poids d’un<br />

atome. 11 réanimera au centuple les bonnes actions» [Coran IV, 40]. Il a dit<br />

aussi: «Nous dresserons des balances d’une sensibilité inégalable au jour du<br />

jugement dernier. Aucune âme ne subira le moindre préjudice. Le poids<br />

même d’un grain de moutarde entrera en compte. Nos comptes sont<br />

infaillibles» [Coran XXI, 47].<br />

Jaber Ben Abdullah raconte: «Il m’est parvenu qu’un homme avait<br />

entendu un hadith de la bouche du Prophète -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue-. A ces fins, j’achetai un chameau que je montai et marchai un<br />

mois pour arriver au pays de Châm où se trouvait cet homme appelé<br />

Abdullah Ben Ounaïs. Je dis au concierge de l’avertir de ma présence.<br />

Il s’exclama: Jaber Ben Abdullah?. r Oui, répondis-ge. Abdullah sortit et<br />

nous nous donnâmes des accolades, et je lui dis: «Il m’est parvenu<br />

que tu as entendu un hadith de la bouche de l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- concernant le jugement. Je suis venu<br />

pour l’entendre avant que la mort ne surprenne l’un de nous».<br />

124


Il me répondit: «J’ai entendu le Messager de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- dire: «Au jour de la résurrection, Dieu -à Lui la<br />

puissance et la gloire- fera rassembler les hommes nus, incirconcis et<br />

démunis» Je l’inerrompis: «Que veux-tu dire par: démunis?». Il répliqua:<br />

«Ils seront dépourvus de tout. Une voix qui fera entendre le proche aussi<br />

bien que l’éloigné dira: Je suis le Souverain! Je suis le Juge Suprême! Il ne<br />

sera plus équitable qu’un des damnés du Feu qui avait-dans le bas mondequeque<br />

droit sur un bienheureux du Paradis, entre en Enfer avant que Je<br />

ne lui rende justice. Ainsi il ne sera non plus équitable qu’un des élus du<br />

Paradis qui avait quelque droit sur un des réprouvés du Feu, d’entrer au<br />

Paradis avant que Je ne lui rende justice ne serait-ce qu’un coup de poing».<br />

Nous demandâmes: «Comment cela alors que nous serons rassemblés<br />

devant Dieu -à Lui la puissance et la gloire- nu-pieds, sans vêtements,<br />

incirconcis et démunis?» Et le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- de<br />

répondre: «vous serez ainsi à l ’exception de vos bonnes et mauvaises<br />

actions» (Rapporté par Ahmad)(1).<br />

(1) ¿y! jjU- (Jjj<br />

AaIp i * |j g■“4*lp |t»J IjjiW1<br />

: c - l i Ç


wa’id qulnâ-li-l-mala' ’ikati-sjudû li ’Adama fasajadïï ’ilia' ’Iblîsa kâna<br />

mina-l-jinni fafasaqa ‘an ’amri rabbihT ’afatattahid ûnahû wa d<br />

urriyyatahû ’awliyâA’a min dûni wa hum lakum ‘aduwwun bi’sa<br />

lizzâlimîna badalan (50).<br />

Quand nous dîmes aux anges: «Prosternez-vous devant Adam, ils se<br />

prosternèrent à l’exception d’Iblis, un des génies. Il refusa de se soumettre<br />

à l’ordre de son maître. Allez-vqps le choisir comme protecteur lui et sa<br />

descendance plutôt que Moi? Alors qu’ils sont vos ennemis déclarés». Quel<br />

détestable échange les méchants font là! (50).<br />

Dieu met Ses serviteurs en garde contre Iblis qui ne couve que<br />

l’animosité à l’égard des fils d’Adam à partir du jour où il fut ordonné<br />

de se prosterner devant Adam et il refusa. Dieu gronde ceux qui le<br />

suivent en se montrant rebelles contre son créateur.<br />

Nous avons déjà parlé de tout cela en interprétant la sourate de<br />

la vache (versets 33 et les suivants) et nous y avons signalé que<br />

cette prosternation était un acte de respect, d’honneur et de<br />

considération. Les anges se prosternèrent en obtempérant aux ordres<br />

divins à l’exception d’Iblis qui refusa par égard à sa nature qui est en<br />

feu alors qu’Adam est créé de terre. Dans son commentaire, Al-<br />

Hassan Al-Basri a avancé: Iblis n’a jamais fait partie des anges fut-ce<br />

un clin d’œil, plutôt il est le père des génies, comme Adam est le<br />

père des hommes.<br />

Puisque Iblis se révolta contre l’ordre de son Seigneur, comment<br />

vous, hommes, les prendrez-vous lui et sa descendance comme<br />

maîtres en dehors de Dieu? «Quel détestable échange les méchants font<br />

là» et ils sauront bientôt qu’ils seront des perdants.<br />

mâA ’ashattuhum halqa-s-samâwâti wa-l-’ardi walâ halqa ’anfusihim<br />

wamâ kuntu muttahida-l-mudillina ‘adudan (51).<br />

Je ne les ai pas pris pour témoins quand J’ai créé les deux et la terre,<br />

126


pas plus que quand Je les ai créés eux-mêmes. Je n’ai jamais fait appel au<br />

concours des égarés. (51).<br />

Les coupables qui ont pris Satan et ses suppôts comme maîtres<br />

en dehors de Dieu, qu’ils sachent qu’ils ne sont que des serviteurs<br />

comme eux qui n’ont aucun pouvoir. Et Dieu, quand II a créé les deux<br />

et la terre ne les a pas pris comme témoins et même ils n’ont pas été<br />

encare créés. Dieu n’a ni associé, ni conseiller, ni secoureur, ni égal,<br />

plutôt II est le seul créateur qui dispose de tout. Même II défie ces<br />

infidèles quand II leur dit: «Appelez à votre aide ceux que vous priez en<br />

dehors d’Allah. Ils ne possèdent même pas le poids d’un atome dans les<br />

cieux et sur la terre. Ils n’ont participé en quoi que ce soit à leur création.<br />

Aucun d’eux n’est l’auxiliaire d’Allah» [Coran XXXIV, 22]. Dieu n’a pas<br />

pris comme aides, ceux qui égarent les hommes.<br />

wa yawma yaqûlu nâdû surakâ* ’iya-l-lad ma za‘amtum fada ‘awhum<br />

falam yastajibû lahum wa ja‘alnâ baynahum mawbiqan (52) wa ra’a-1-<br />

mujrimûna-n-nâra fazannû ’annahum muwaqi‘uhâ wa lam yajidû ‘anhâ<br />

masrifan (53).<br />

Un jour, les infidèles seront interpellés ainsi: «Appelez à votre secours<br />

les divinités auxquelles vous croyez». Ils le appelleront, mais en vain. Nous<br />

dresserons entre eux une zone de désolation. (52) Les coupables verront le<br />

feu. Ils acquerront la certitude qu’ils y seront précipités. Ils n’auront aucun<br />

moyen d’y échapper. (53).<br />

Au jour de la résurrection, Dieu interpellera les incrédules devant<br />

toutes les créatures, pour les réprimander et les gronder: «Appelez<br />

aujourd’hui ceux que vous considériez comme mes associés! Qu’ils<br />

vous sauvent et vous trouvent une issue à cette situation dont vous<br />

souffrez!» «Vous n’êtes accompagnés d’aucun des intercesseurs que vous<br />

prétendiez avoir pour asssociés. Toutes vos attaches sont coupées et tout ce


sur quoi vous faisiez fond vous abandonne» [Coran VI, 94].<br />

Dieu a dit ailleurs: «S’ils se donnent d’autres divinités qu’Allah, c’est<br />

dans l’espoir d’accroître leurs appuis. Quelle erreur! Ces divinités renieront<br />

leurs adorateurs et se retourneront même contre eux» [Coran XIX, 81-82].<br />

Qui donc est plus égaré que celui qui appelle pour le soutenir un autre<br />

que Dieu, qui ne répondra plus à son.appel? Dieu séparera les<br />

infidèles de leurs divinités par une vallée de perdition qui sera, d’après<br />

Anas Ben Malek, pleine de* pus et de sang. Cela signifie que les<br />

idolâtres ne pourront plus rencontrer les divinités qu’ils adoraient en<br />

dehors de Dieu et nul d’entre eux ne pourrait secourir l’autre et lui<br />

venir en aide. Donc leur perte est inéluctable. Dieu affirme cette<br />

conséquence quand il dit: «Un jour, nous réunirons tous les hommes et<br />

nous dirons à ceux qui nous ont associé d’autres divinités: «Mettez-vous<br />

ensemble vous et les divinités que vous nous avez associées». Puis nous les<br />

séparerons» [Coran X, 28].<br />

Au jour de la résurrection les infidèles coupables verront le Feu, ils<br />

penseront qu’ils y seront précipités, et ils ne trouveront aucun moyen<br />

d’y échapper. Ce Feu qui sera amené et traîné par soixante-dix brides<br />

dont chacune sera tenue par soixante-dix anges (d’après un hadith<br />

prophétique). Abou Sa‘id rapporte, à cet égard, que l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Lorsque l’incrédule verra le Feu,<br />

il pensera donc y tomber, et ce à une distance de quatre cent ans de<br />

marche».<br />

îwalaqad sarrafnâ fî hâdâ-l-Qur’a ni li-n-nâsi min kulli matalin wa kânal-’insânu<br />

’aktara say’in jadalan (54).<br />

En vain, nous avons multiplié les exemples dans notre Coran, mais la<br />

controverse est la passion dominante de l’homme. (54).<br />

Dieu, dans le Coran, a tout montré et d’une façon détaillée, afin<br />

que les hommes ne s’égarent pas et ne se détournent pas du chemin<br />

droit, le chemin de la vérité. Mais hélas, l’homme ne cesse de discuter<br />

128


et disputer en préférant l’erreur à la vérité sauf ceux que Dieu a<br />

dirigés.<br />

Ali Ben Abi Taieb raconte que le Messager de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- frappa à sa porte une nuit alors qu’il se trouvait<br />

avec Fatima, la fille du Prophète. Il leur demanda: « Vous ne faites pas<br />

une prière nocturne?». Ali répondit: «O Envoyé de Dieu, nos âmes sont<br />

dans la main de Dieu, s ’il veut, Il peut nous éveiller pour la faire». Le<br />

M ehager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- nous quitta sans mot<br />

dire, mais je l ’entendis réciter en partant et frappant sur sa cuisse: «La<br />

controverse est la passion dominante de l’homme» (Rapporté par Boukhari,<br />

Moustim et Ahmed)(I).<br />

wamâ mana‘a-n-nâsa ’ay-yuminïï ’id ja ’ahumu-l-hudâ wa yastagfïrû<br />

rabbahum ’ilia" ’an ta’tiyahum sunnatu-l-’awwalîna ’aw ya’tiyahumu-l-<br />

‘adâbu qubulan (55) wamâ nursili-l-mursalîna ’illâ mubassirîna wa mund<br />

irîna wa yujadilu-l-ladîna kafarû bi-l-bâtili liyudhidû bihi-l-haqqa wa-ttahadû<br />

’ayâtî wama ’undirû huzuwan (56).<br />

Pourquoi les hommes sont-ils retenus de croire alors que la bonne voie<br />

leur a été montrée? Qu’est-ce qui les retient aussi d’implorer le pardon de<br />

leur Seigneur? Attendent-ils de subir le sort de leurs aînés ou de se trouver<br />

face à face avec leur châtiment? (55) La mission de nos Prophètes est<br />

(1 ) A-JaUj A ijlo «|ji| 4,1 ûl i-JU» e- ¿¡s- JU<br />

J C - i » l—i > l i tUi


d’annoncer la bonne nouvelle et d’avertir. Les incrédules développent de<br />

faux arguments pour combattre la vérité. Mieux encore, ils tournent en<br />

dérision nos preuves et nos avertissements. (56).<br />

Les hommes se sont toujours montrés rebelles tant aux époques<br />

passées qu’à celle présente. Malgré les signes évidents de Dieu ils<br />

renient la vérité. Ce qui les empêchait de suivre le chemin, c’est qu’ils<br />

n’avaient, pas vu de leurs propres yeux le châtiment promis, tout<br />

comme un certain peuple qui disait à son Prophète: «Fais tomber sur<br />

nous un pan de ciel, si tu dis la vérité» [Coran XXVI, 187] (il s’agit de<br />

Choua'ib et son peuple). Et les Qoraïchites disaient à leur tour: «Grand<br />

Allah, si la vérité qu’on nous proclame vient vraiment de Toi, fais tomber<br />

sur nous une pluie de pierres ou inflige-nous un châtiment épouvantable» [-<br />

Coran VIII, 32]. On trouve dans le Coran tant de verset relatifs à ce<br />

sujet.<br />

Dieu répond à tous ceux-là: «La mission de nos Prophètes est<br />

d’annoncer la bonne nouvelle et d’avertir». La bonne nouvelle à ceux qui<br />

auront cru et l’avertissem ent aux m écréants qui ont tra ité les<br />

Prophètes de menteurs. Ceci donc émane de la volonté de Dieu et ses<br />

Prophètes ne sont pas autorisés à produire de tels phénomènes.<br />

«Ils tournent en dérision nos preuves et avertissements» ainsi que tous<br />

les signes et miracles que les Prophètes ont apportés. Ils n’ont fait que<br />

se moquer de fout cela .et de ce dont ils ont été avertis.<br />

waman ’azlamu mimman dukkira bi ’a yâti rabbihî fa’a'rada ‘anhâ wa<br />

nasiya mâ qaddamat yadâhu ’innâ ja‘alnâ ‘alâ qulûbihim ’akinnatan ’ayyafqahûhu<br />

wafî ’a d âhihim waqran wa ’in tad‘uhuin ’ilâ-l-hudâ falay-


yahtadïï ’idan ’abadan (57) wa rabbuka-l-gafûru dû-r-rahm ati law<br />

yu’âhiduhum bimâ kasabû la ‘ajjala lahum u-l-‘ad âba bal-lahum<br />

maw‘idu-l-lay-yajidû min dûnihî maw’ilan (58) wa tilka-l-qura"<br />

ahlaknâhum lammâ zalamû wa ja‘alnâ limahlikihim maw‘idan (59).<br />

Quel plus grand criminel que celui qui refuse d’entendre les<br />

enseignements de son Seigneur et qui a jusqu’à oublier ses propres péchés!<br />

Nous avons enveloppé leurs cœurs d’un voile épais au point qu’ils ont perdu<br />

toute sensibilité. Nous avons bouché leurs oreilles. Il est inutile de leur<br />

montrer la bonne voie. Ils ne la suivront plus jamais (57) Ton Seigneur est<br />

toute indulgence et toute sollicitude. S’il punissait les hommes suivant leurs<br />

œuvres, Il précipiterait leur châtiment. Que les hommes n’oublient donc pas<br />

qu’ils devront comparaître devant nous, et qu’ils ne pourront se soustraire à<br />

cette obligation. (58) Rappelez-vous ces cités que nous avons anéanties en<br />

punition de leur impiété? Nous avons fixé leur perte à l’avance. (59).<br />

Qui donc est plus inique que celui qui, en lui rappelant les signes<br />

et les versets de Dieu, s’en détourne sans leur prêter aucune<br />

importance, en oubliant ce que ses mains ont perpétré de péchés et<br />

de mauvaises actions. C’est comme Dieu a placé sur les cœurs de<br />

ces gens-là un voile épais et a frappé leurs oreilles de surdité de sorte<br />

qu’ils ne saisissent rien des paroles et enseignements divins. «Il est<br />

inutile de leur montrer la bonne voie».<br />

Si le Seigneur n’était pas toute sollicitude, Il aurait dépêché leur<br />

châtiment, comme II a dit ailleurs: «Si Allah punissait les hommes suivant<br />

leurs œuvres, il n’y aurait plus sur terre âme qui vive» [Coran XXXV, 45]<br />

Dieu, par Sa générosité et Sa clémence, pardonne aux hommes,<br />

dissimule leurs mauvaises actions et accorde un répit pour le repentir.<br />

Peut-être aussi II guide certains pécheurs et les met dans la voie<br />

droite après leur égarement. Quant à celui qui persévère dans son<br />

impiété, qu’il attende donc un jour très difficile où toute femme qui<br />

allaite oubliera son nourrisson, toute femme enceinte avortera et les<br />

enfants deviendront comme des vieillards. «Que les hommes n’oublient<br />

donc pas qu’ils devront comparaître devant nous et qu’ils ne pourront se<br />

soustraire à cette obligation».<br />

Que les hommes se rappellent aussi des cités que Dieu a<br />

détruites lorsqu’elles furent injustes après avoir fixé un moment de<br />

131


l’anéantissement de chacune d’elles. Et vous idolâtres, prenez garde<br />

qu’il ne vous atteigne un châtiment comme le leur en traitant votre<br />

Prophète, le plus honorable de tous les Messagers, de menteur. Vous<br />

n’êtes plus puissants que les générations passées.<br />

wa ’id qâla Mûsâ lifatâhu la ’abrahu hatta ’abluga majma‘a-l-bahrayni<br />

’aw ’amdiya huquban (60) falammâ balagâ majma'a baynihimâ nasiyâ<br />

hûtahumâ fattahada sabîlahû fî-l-bahri saraban (61) falammâ jâwazâ<br />

qâla lifatâhu ’a'tinâ gada’anâ laqad laqînâ min safarinâ hâdâ nasaban<br />

(62) qâla ’ara’ayta ’id ’awayna ’ilâ-s-sahrati fa’innî nasîtu-l-hûta wama<br />

’ansânîhu ’illâ-s-saytânu ’an ’adkurahû wa-t-tahada sabîlahû fî-l-bahri ‘-<br />

ajaban (63) qâla dâlika mâ kunnâ nabgi fa-rtaddâ ‘alâ* ’âAtârihim â<br />

qasasan (64) fawajadâ ‘abdam-min ‘ibâdina ’a taynâhu rahmatam-min 4-<br />

indinâ wa ‘allammâhu mi-l-ladunna ‘ilman (65).<br />

Moïse dit un jour à son disciple: «Je marcherai jusqu’à ce que je<br />

rencontre le confluent des deux mers, dussé-je y mettre des années!» (60)<br />

Ils arrivèrent au confluent. Dans un moment d’inattention, le poisson qu’ils<br />

avaient avec eux sauta dans la mer et disparut. (61) S’étant remis en route,<br />

Moïse dit à son compagnon: Déjeunons, car le voyage nous a fatigués» (62)<br />

Ce dernier répondit: «Tu te souviens que nous nous sommes arrêtés près<br />

d’un rocher. Je n’ai alors plus prêté d’attention au poisson. Cette<br />

négligence ne peut m’avoir été inspirée que par Satan. Le poisson a<br />

sûrement replongé dans la mer. C’est étrange» (63). «C’est ce que je<br />

132


désirais» répartit Moïse. Ils retournèrent alors sur leurs pas. (64) Ils<br />

rencontrèrent un de nos serviteurs que nous avions touché de notre grâce et<br />

initié à notre science. (65).<br />

On avait cité devant Moïse qu’un des serviteurs de Dieu qui vit au<br />

confluent des deux mers est tellement instruit et avisé qu’il le dépasse<br />

par son savoir. Moïse décida d’aller le rencontrer. Moïse dit alors à<br />

son compagnon Youcha' ben Noun qu’il n’aura de cesse qu’il n’ait<br />

atteint le confluent des ces deux mers qui sont, d’après Qatada et<br />

d’autres: La irier des Perses et celle des Romains, ou selon<br />

Mouhammad Ben Ka‘b les deux mers qui se rencontrent tout près de<br />

Tanger du côté de l’occident (le côté nord ouest de l’Afrique), mais<br />

Dieu est le plus savant. Il fut ordonné de porter un poisson dans un<br />

panier et là où ils le perdront, sera le lieu indiqué.<br />

Alors que Youcha1Ben Noun dormait, le poisson sauta du panier<br />

et regagna l’eau et commença à y traverser son chemin. Youcha1se<br />

réveilla et vit le poisson ainsi qui fendit la mer et là où il passa il<br />

sillonna l’eau de sorte de la laisser comme un fossé et, comme a<br />

ajouté Qatada, la mer se transforma en terre derrière lui.<br />

Ayant dépassé l’endroit désigné, Moïse dit à son compagnon:<br />

«Déjeunons, car le voyage nous a fatigués». Et l’autre de répondre:<br />

«N’as-tu pas remarqué que j’ai oublié le poisson lorsque nous nous<br />

sommes arrêtés près d’un rocher? Seul le démon me l’a fait oublier<br />

pour que je n’y pense pas. Le poisson a sûrement replongé dans la mer.<br />

C’est étrange». Puis tous les deux revinrent exactement sur leurs pas.<br />

«Ils rencontrèrent un de nos serviteurs que nous avions touché de notre<br />

grâce et initié à notre science». Ce serviteur était, d’après les hadiths<br />

cités dans les Sahihs, Al-Khadir selon les dires du Messager de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue-.<br />

D’après Al-Boukhari, Oubay Ben Ka‘b -que Dieu l’agrée- rapporta<br />

qu’il a entendu l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salueraconter:<br />

«Un jour Moïse se leva en orateur parmi les fils d ’Israël. On lui<br />

demanda: «Quel était l’homme le plus instruit» - Moi, répondit-il. Dieu lui<br />

fit des reproches parce qu’il ne Lui avait pas rapporté la science. Il lui<br />

révéla qu’il y a un de ses serviteurs qui est plus instruit que lui. Et Moïse<br />

133


le répliquer: «Seigneur, comment pourrai-je le trouver?» Dieu lui répondit:<br />

«Prends un poisson, mets-le dans un panier et là où tu perdras ce poison, tu<br />

trouveras cet homme».<br />

Moïse prit le poisson, le mit dans un panier et partit accompagné de<br />

son serviteur Youcha'(Josué) Ben Noun. Arrivés à un certain rocher, ils y<br />

posèrent leurs têtes et le sommeil les gagna. Le poisson s ’agita dans le<br />

panier, en. sortit, replongea dans la mer et p rit sa course dans les flots.<br />

Dieu arrêta pour lui le cours d ’eau et le fit comme une arcade. Lorsqu’ils<br />

furent réveillés, Youcha' oublia de dire à Moïse qu’il a perdu le poisson. Ils<br />

continuèrent leur marche le jour et la nuit. Le lendemain, Moïse dit à son<br />

serviteur: «Déjeunons car le voyage nous a fatigués».<br />

Or Moïse ne sentit plus la fatigue qu’après avoir dépassé l’endroit que<br />

Dieu lui avait fixé. Son serviteur lui dit alors: «Tu te souviens que nous<br />

nous sommes arrêtés près d’un rocher. Je n’ai alors plus prêté d ’attention<br />

au poisson. Cette négligence ne peut m ’avoir été inspirée que par Satan. Le<br />

poisson a sûrement replongé dans la mer. C ’est étrange.» Le poisson avait<br />

en effet trouvé une issue au grand étonnement de Moïse et de son serviteur.<br />

Moïse s ’écria alors: «C’est ce que je désirais».<br />

Ils revinrent exactement sur leurs pas et trouvèrent un personnage<br />

calfeutré de son vêtement. Moïse le salua. Al-Khadir (c ’était le nom de ce<br />

personnage) lui répondit: «Comment la paix puisse exister sur la terre (-<br />

alors que les Hommes s ’entretuent). - Je suis Moïse, dit-il. Et l ’autre de<br />

s ’exclamer: «Le Moïse de Bani-Israël? - Oui, répondit Moïse, je suis venu<br />

afin que tu m ’enseignes ce qu’on t ’a appris concernant une voie droite. «Tu<br />

ne pourras pas supporter ma compagnie», répliqua Al-Khadir. O Moïse, je<br />

tiens de Dieu la connaissance des choses que tu ignores de même que toi, tu<br />

tiens de Dieu la connaissance des choses que j ’ignore».<br />

M oïse lui dit: « S ’il plait à Dieu, tu me trouveras toujours calme et<br />

empressé à tes ordres». Al-Khadir de répliquer: «Si tu veux devenir mon<br />

disciple, ne me demande jam ais aucune explication avant que je ne<br />

t ’informe moi-même». Et ils se mirent en route en suivant le rivage.<br />

Un navire venant à passer, ils dem andèrent aux m arins de les<br />

embarquer. Comme ces derniers reconnurent Al-Khadir, ils les prirent à<br />

leur bord sans aucune rétribution. A peine étaient-ils embarqués, Moïse vit<br />

Al-Khadir enlever à coups de hache une des planches du navire. Il lui dit:<br />

134


«Com m ent oses-tu fa ire cela alors que ces gens-là nous laissèrent<br />

embarquer pour rien, et voilà que tu enlèves cette planche pour engloutir<br />

ceux qui s ’y trouvent?» Al-Khadir de répondre: «Ne t ’ai-je pas dit que tu<br />

ne supporteras pas ma compagnie?». Ne m'en veux pas, dit Moïse, d’avoir<br />

oublié ma promesse et épargne-moi des reproches trop violents».<br />

Le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- commenta: Tel<br />

fu t le premier oubli de Moïse. Puis il reprit le récit:<br />

«Un oiseau vint se poser sur le bord du navire, prit dans son bec une<br />

goutte d ’eau, une ou deux fois, Al-Khadir dit alors à Moïse: «Mon savoir<br />

et le tien n’ont pas diminué le savoir de Dieu, que la goutte d ’eau prise de<br />

la mer par le bec de cet oiseau». Ils débarquèrent et se mirent à marcher<br />

tout au long du littoral. Al-Khadir aperçut un jeune homme qui jouait avec<br />

ses camarades, prit dans ses mains la tête de ce garçon et l’arracha. Moïse<br />

s ’exclama: «Comment tu tues un innocent sans m otif légitime?» C ’est<br />

vraiment inoui» «Ne t ’ai-je pas dit que tu ne supporteras pas ma<br />

compagnie?» Cet incident fu t plus grave que le premier. Et M oïse de<br />

s ’excuser: «Si je t ’interroge encore une fois, tu ne me voudras plus comme<br />

disciple. Tu n’as été que trop patient» Ils se mirent en route. Ils arrivèrent<br />

à un village. Ils demandèrent l ’hospitalité aux habitants qui la leur<br />

refusèrent. Sur ces entrefaites, ils aperçurent un mur menaçant ruine. Le<br />

personnage le redressa» «Moïse lui demanda: «Tu rends un tel service à<br />

des gens auxquels nous demandâmes de quoi manger et ils refusèrent? «Si<br />

tu le voulais, tu pourrais réclamer un salaire».<br />

L’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- poursuivit: « -<br />

Nous aurions aimé que Moïse eût eu plus de pâtience, car Dieu aurait pu<br />

nous donner d ’autres nouvelles sur ces deux hommes» (Rapporté par<br />

Boukhari)(1>.<br />

(1) ¿I, ¿I<br />

4jul ç.*** M (J1*****<br />

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135


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f * / 1 T r r p « ^ r r Y T 1 *1 r*1 *f> o - ^ p f W p ^ i f ç ç r j |


qâla lahû Mûsâ hal ’attabi‘uka ‘alîf ’an tu ‘allimani mimmâ ‘ullimta<br />

rfisdan (66) qâla ’innaka lan ta sta tî‘a ma‘iya sabran (67) wa kayfa<br />

tasbiru ‘alâ mâ, lam tuhit bihî hubran (68) qâla satjidunT ’in sàA’a-L-<br />

E&hu sâbiran w àâA ’a‘sî laka ’amran (69) qâla fa’ini-t-taba‘tanî falâ<br />

tas’alnî ‘an say’in hatta ’uhdita laka minhu dikran (70).<br />

«Me veux-tu pour élève, dit Moïse, et veux-tu me transmettre un peu<br />

de ta science précieuse?» (66) «Tu ne pourras pas supporter ma<br />

compagnie», lui répondit le personnage. (67) «Car comment pourras-tu<br />

affronter certaines expériences dont tu ne saisirais pas le sens?» (68) «S’il<br />

plait à Allah, dit Moïse, tu me trouveras toujours calme et empressé à tes<br />

ordres» (69) «Si tu veux devenir mon disciple, repartit le personnage, ne me<br />

demande jamais aucune explication avant que je ne t’informe moi-même»<br />

(70).<br />

La demande de Moïse fut très polie qui n’était pas une exigence<br />

ou une contrainte. Ainsi doit se comporter tout individu qui cherche à<br />

apprendre vis-à-vis de son maitre.<br />

«Puis-je te suivre à condition que tu m’apprennes de ce qu’on t’a<br />

appris en fait de bonne direction?» avait dit Moïse au personnage, car<br />

chacun de nous est chargé de Dieu d’une partie des affaires bien<br />

déterminées. Le personnage avait prévu que Moïse allait lui demander<br />

l’explication sur chacun de ses actes. C’est pourquoi il lui répondit: «Ne<br />

me demande jamais aucune explication avant que je ne t’informe moimême»<br />

Et les incidents se succédèrent comme nous l’avons mentionné<br />

dans le récit précédent.


fantalaqâ hattâA ’idâ rakibâ fi-s-safinati haraqahâ qâla ’ahraqtahâ<br />

litugriqa ’ahlahâ laqad ji’ta say’an ’imran (71) qâla ’alam ’aqul ’innaka<br />

lan tastatî‘a ma‘iya sabran (72) qâla lâ tu ’a'hidnî bimâ nasîtu walâ<br />

turhiqnî min ’amrî ‘usran (73).<br />

Ils se mirent en route. Puis il advint qu’ils montèrent sur une barque.<br />

Le personnage y perça un trou. «Pourquoi, s’exclama Moïse, perces-tu<br />

cette barque? Veux-tu en noy£r les passagers? En vérité, ton geste est<br />

criminel!» (71) «Ne t’ai-je pas dit que tu ne supporteras pas ma<br />

compagnie?» (72) «Ne m’en veux pas, dit Moïse, d’avoir oublié ma<br />

promesse et épargne-moi des reproches trop violents». (73).<br />

Le hadith précité nous montre comment Moïse et Al-Khadir<br />

s’étaient embarqués. Comme Al-Khadir pratiqua une brèche dans le<br />

navire, Moïse lui reprocha son action inouie, et l’autre de lui rappeler la<br />

promesse qu’il lui a faite de ne plus l’interroger sur rien avant qu’il lui<br />

en donne l’explication. Tel le premier oubli de Moïse.<br />

fa-n-talaqâ hatta ’idâ laqiyâ gulâman faqatalahû qâla ’aqatalta nafsan<br />

zakiyyatam bigayri nafsi-l-laqad ji’ta say’an nukran (74) qâla ’alam ’aqul<br />

laka ’innaka lan tastàti‘a ma‘iya sabran (75) qâla ’in sa’altuka ‘an say’im<br />

ba‘dahâ falâ tusâhibnî qad balagta mi-l-ladunnî ‘udran (76).<br />

Ayant repris leur chemin, ils rencontrèrent un jeune homme. Le<br />

personnage le tua. «Comment, s’exclama Moïse, tu tues un innocent sans<br />

motif légitime? C’est vraiment inoui» (74) «Ne t’ai-je pas dit que tu ne<br />

supporterais pas ma compagnie» (75) «Si je t’interroge encore une fois, dit<br />

Moïse, tu ne me voudras plus comme disciple. Tu n’as été que trop patient»<br />

(76).<br />

Ayant rencontré des jeunes hommes, après avoir quittté la barque,<br />

138


le personnage choisit le plus beau d’entre eux et le tua en lui cassant<br />

la tête avec une pierre, d’après certains exégètes, ou en la lui<br />

arrachant selon d’autres. Et Moïse de s’exclamer toujours et l’autre de<br />

lui rappeler sa promesse.<br />

Ibn Abbas rapporte d’après Oubay Ben Ka‘b que, chaque fois<br />

qu’une personne demandait au Prophète -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- de lui invoquer Dieu, il commençait d’abord de le faire pour soimême<br />

puis pour l’autre. Un jour il a dit: «Que Dieu nous fasse<br />

miséricorde et à Moïse qui, s’il avait bien observé la compagnie du<br />

personnage sans le harceler par les questions, aurait vu des choses<br />

extraordinaires. Mais il lui a dit: «Si désormais je t’interroge sur quoi<br />

que ce soit, ne me considère plus comme ton compagnon; reçois mes<br />

excuses».<br />

o iô x li cJLii J i jlâ o ^ i ^<br />

^ ) \jy ^ , ^ U i3 ^ i J l î<br />

fantalaqâ hatta ’ida ’atayâ ’ahla qaryatin-i-s-tat‘ama ’ahlahâ fa’abaw<br />

’ay-yudayifûhumâ fawajadâ fîhgâ jidâran yurîdu ’ay-yanqadda<br />

fa’aqâmahû qâla law si’ta lattahadta ‘alayhi ’ajran (77) qâla hâdâ<br />

firâqum-bayni wa baynika sa’unabbi’uka bita’wîli mâ lam tastati ‘alayhi<br />

sabran (78).<br />

Ils se remirent en route. Ils arrivèrent à un village. Ils demandèrent<br />

l’hospitalité aux habitants, qui la leur refusèrent. Sur ces entrefaites, ils<br />

aperçurent un mur menaçant ruine. Le personnage le redressa: «Si tu le<br />

voulais, dit alors Moïse, tu pourrais réclamer un salaire» (77) «Notre<br />

séparation est devenue inévitable», repartit le personnage. Je vais t’éclairer<br />

sur les incidents qui t’ont fait sortir de ta patience» (78).<br />

En poursuivant leur chemin et arrivés auprès des habitants d’un<br />

village, Moïse et le personnage leur demandèrent de quoi manger.<br />

Ceux-ci, étant des gens avares et malhonnêtes, leur refusèrent<br />

l’hospitalité. Al-Khadir aperçut un mur sur le point de s’écrouler, de sa<br />

139<br />

'H


main, il le redressa, et ce fut un miracle. Comme Moïse lui dit: «Tu<br />

pourrais, si tu le voulais, réclamer un salaire pour cela», le personnage<br />

lui répondit: «Voilà le moment de notre séparation, car lorsque tu m’as<br />

vu tuer le jeune homme, tu m’as promis de ne plus poser aucune<br />

question, et pourtant je vais te donner l’explication que tu n’as pas eu<br />

la patience d’attendre».<br />

ijZS j& t<br />

V s >>v<br />

’ammâ-s-safînatu fakânat limasakîna ya‘malûna fî-l-bahri fa’arattu ’an<br />

V ibahâ wa kâna w ara’ahum malikun ya’hudu kulla safinatin gasban<br />

(79).<br />

La barque appartenait à de pauvres gens, dont elle était l’instrument<br />

de travail. Je l’ai endommagée parce que je savais que le souverain du pays<br />

était en train de réquisitionner de force toutes les embarcations. (79).<br />

D’après les Ecritures (la Torah surtout) ce souverain portait le nom<br />

«Hadad Ben Badad», il s’emparait de toute bonne embarcation. Le<br />

personnage, par son faire, voulut endommager la barque pour la<br />

laisser entre les mains de leur propriétaire. Ils étaient des gens<br />

pauvres et la barque était le seul instrument de leur travail pour gagner<br />

leur vie.<br />

LiJii» L û^ î l i t )<br />

{(j)} \ j t - j ¿ í J \ j ( /¡ L ùl<br />

wa ’amma-l-gulâmu fakâna ’abawâhu m u’minayni fahasîna“' ’ayyurhiqahumâ<br />

tugyânan wa kufran (80) fa’ardnâ" ’ay-yubdilahumâ<br />

rabbuhumâ hayram-minhu zakâtaw- wa ’aqraba ruhman (81).<br />

Quant au jeune homme, sachant ses parents très pieux, j’ai craint qu’il<br />

ne les entraine dans des fâcheuses aventures et ne les rende impies. (80)<br />

J’ai voulu qu’Allah leur donne en échange un enfant plus soumis et plus<br />

respectueux de ses parents. (81).<br />

140


D’après Oubay Ben Ka‘b, Le Prophète -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- a dit que le jeune homme qu’AI-Khadir a tué était un incrédule<br />

depuis sa naissance. C’est pourquoi Dieu a dit (par la bouche d’AI-<br />

Khadir): «j’ai craint qu’il ne les entraîne dans des fâcheuses aventures et ne<br />

les rende impies» car ses parents étaient des gens fidèles et pieux et<br />

leur amour pour leur fils pourrait les rendre incrédules. Et Qatada de<br />

commenter: «Les père et mère furent très réjouis à la naissance de<br />

leur»enfant et très tristes à sa mort. S’il restait en vie, il aurait pu être<br />

la cause de leur perte. Que chacun de nous donc se soumette à la<br />

prédestination de Dieu, car tout ce que Dieu décrète pour son serviteur<br />

le croyant, même si c’est un malheur, lui sera bénéfique de toute<br />

façon. Dieu a dit à ce propos: «C’est ainsi qu’il vous arrive de détester ce<br />

qui vous convient» [Coran II, 216].<br />

«J’ai voulu qu’Allah leur donne en échange un enfant plus soumis et<br />

plus respectueux de ses parents». Ils souhaitèrent que Dieu leur donne un<br />

enfant meilleur que celui-ci et eux seront plus tendres à son égard. |bn<br />

Jouraij a dit: «Le jour où Ai-Khadir avait tué ce jeune homme sa mère<br />

était enceinte et elle engendra plus tard un enfant soumis et vertueux.<br />

¿>ê 0 0 ¿ j J 4 g s o p f t i%<br />

¿r* 1 l l i b J I I I jlL I U Lj cil!L> iXjhJjl<br />

ô - J 5 0 e U j '¿ L j<br />

wa ’amma-l-jidâru fakâna ligulâmayni yatîmayni fî-l-madînati wa kâna<br />

tahtahû kanzu-l-lahumâ wa kâna ’abûhumâ sâlihan fa’arâda rabbuka<br />

’ay-yabluga ’asuddahumâ wa yastahrijâ kanzàhumâ (81) rahmata-m-mir-rabbika<br />

wamâ fa‘altuhû ‘an ’amrî dâlika ta’wîlu mâ lam tasti‘ ‘alayhi<br />

sabran (82).<br />

Enfin, quant au mur, il appartenait à deux jeunes orphelins du village<br />

et recouvrait un trésor caché par leur père. Comme ce dernier était un<br />

homme de bien, ton Seigneur a voulu laisser atteindre à ses enfants leur<br />

puberté pour qu’ils déterrent eux-mêmes le trésor. Tous ces actes sont dûs<br />

à la grâce de ton Seigneur et je n’y ai aucune initiative. Voilà l’explication<br />

des événements qui t’ont fait sortir de ta patience. (82).<br />

141


Le personnage expliqua à Moïse son dernier acte en redressant le<br />

mur qui menaçait ruine. Il savait qu’un trésor était destiné aux garçons<br />

orphelins et se trouve dessous le mur.<br />

Ce trésor, d’après Ikrima, était une somme d’argent enfouie.<br />

Quant à Al-Hassan Al-Basri, il a dit: «Ce trésor était une plaque<br />

d’or où fut inscrit «Au nom de Dieu le Miséricordieux le Très<br />

Miséricordieux. Je m’étonne'du fidèle qui croit à la prédestination<br />

comment il s’attriste, de celui qui croit à la mort pourquoi il se séjouit,<br />

de celui qui connaît les joies et les revers du bas monde comment i!<br />

s’en fie. Il n’y a de divinité à part Dieu et Mouhammed est (’Envoyé de<br />

Dieu».<br />

Ce trésor fut préservé, d’après les exégètes en vertu de la piété<br />

du père à savoir que ce père qui remontait à sept générations était un<br />

tisserand.<br />

«Comme ce dernier était un homme de bien»., Ce père de ces deux<br />

orphelins était un homme juste. C’est une preuve que tout père juste<br />

et un homme de bien, sa descendance bénéficie de ce caractère. La<br />

bénédiction de ses bonnes actions et de son adoration enveloppe ses<br />

enfants dans les deux mondes ainsi que son intercession en leur<br />

faveur dans la vie future leur sera bénéfique, et ils pourront atteindre<br />

des degrés élevés au Paradis grâce à la piété du père et cela lui<br />

procurera la grande joie du cœur.<br />

«Ton Seigneur a voulu les laisser atteindre à ses enfants leur puberté<br />

pour qu’ils déterrent eux-mêmes le trésor». Donc cette puberté ne peut<br />

être atteinte que grâce à la volonté de Dieu qui en sera le seul<br />

capable. Et si nous passions en revue les trois actes accomplis par le<br />

personnage -Al-Khadir- nous constatons que tout cela se produisit par<br />

cette volonté, d’ailleurs c’est bien ce qu’il a avoué à la fin en donnant<br />

toutes les explications à Moïse «Tous ces actes sont dûs à la grâce de<br />

ton Seigneur».<br />

En nous basant sur ce qu’il y a eu lieu des actes d’AI-Khadir,<br />

peut-on affirmer qu’il était un Prophète? Les uns ont avancé qu’il l’était,<br />

mais les autres se sont référés aux paroles divines: «Ils rencontrèrent<br />

un de nos serviteurs que nous avions touché de notre grâce et initié à notre<br />

142


science» pour déduire qu’il n’était pas un Prophète mais un homme très<br />

rapproché de Dieu. Et c’est Dieu qui est le plus savant.<br />

Les dires de certains qu’AI-Khadir restera vivant jusqu’au jour de<br />

la résurrection, deux opinions ont été avancées à son sujet: An-<br />

Nawawi et Ibn Salah ont dit qu’il sera vivant jusqu’au jour de la<br />

résurrection* Mais la majorité des exégètes avaient un avis contraire<br />

prenant comme argument les dires de Dieu: «Nous n’avons conféré<br />

l’immortalité à aucun homme avant toi» [Coran XXI, 34], et aussi les<br />

dires du Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- le jour de Badr, en<br />

implorant le secours de Dieu: «Grand Dieu, si Tu ne fais pas périr ce;i^<br />

groupe (d’infidèles), Tu ne Seras plus adoré sur terre». Nul des fidèles<br />

qui combattaient avec lui n’a rapporté qu’AI-Khadir avait participé au<br />

combat contre les incrédules. Enfin si vraiment Al-Khadir était vivant à<br />

cette époque, il aurait cru au Prophète -qu’Allah le bénisse et le saluequi<br />

était envoyé vers tous les hommes et les génies. Il a dit aussi: «Si<br />

Moïse et Jésus vivaient encore ils devaient me suivre». Et dans un<br />

autre hadith il aurait dit avant sa mort de quelques jours: «D’ici cent<br />

ans nulle âme qui vit actuellement ne survivra».<br />

D’après Al-Boukhari, le personnage cité auparavant était appelé<br />

«Al-Khadir» (qui signifie le vert) parce que là où il s’asseyait les herbes<br />

devenaient vertes.<br />

Telle fut l’histoire de Moïse avec Al-Khadir, à savoir aussi que le<br />

compagnon de Moïse, son serviteur Youcha' Ben Noun était toujours<br />

présent et c’est lui qui commandait les fils d’Israël après Moïse.<br />

wa yas’alûnaka ‘an dî-l-qamayni qui sa’atlû ‘alaykum minhu dikran (83)<br />

’innâ makkannâ lahû fî-l-’ardi wa ’a taynâhu min kulli say’in sababan<br />

(84).<br />

A ceux qui t’interrogent sur Zoul-Qarnaïne, réponds: voici son<br />

histoire.(83) Nous avons affermi sa puissance sur terre et nous lui avons<br />

donné les moyens de réaliser tous ses projets. (84).<br />

143


On a déjà rapporté que les idolâtres de La Mecque avaient chargé<br />

les gens d’Ecriture de poser plusieurs questions sur le Prophète -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue-, Ils heur dirent: «Interrogez-le sur un<br />

homme qui a parcouru dans les pays, des jeunes hommes (les gens<br />

de la caverne) et l’âme. A cette occasion la sourate de la Caverne fut<br />

révélée.<br />

Selon Al-Azraqi et d’autres, Zoul Quàmaine avait fait les tournées<br />

processionnelles avec Abraham le confident de Dieu -Que Dieu le<br />

salue- dès l’achèvement de la construction de la Maison, cru en lui et<br />

l’avait suivi. Son ministre était Al-Khadir.<br />

Quant aux gens du Livre, ils ont prétendu qu’il a été appelé ainsi<br />

parce qu'il a gouverné le pays des Romains et la Perse. D’autres ont<br />

avancé qu’il avait à la tête deux choses pareilles à deux cornes.<br />

Abou At-Toufeïl a rapporté qu’on a demandé ’Ali -Que Dieu<br />

l’agrée- à son sujet, il répondit: Il était un homme qui vouait un culte<br />

sincère à Dieu. En appelant son peuple à l’adoration de Dieu, les<br />

hommes le frappèrent sur sa corne et mourut.<br />

Enfin il fut nommé ainsi parce qu’il a atteint le couchant du soleil<br />

et son levant.<br />

«Nous avons affermi sa puissance sur terre» c’est à dire un grand<br />

royaume ainsi que tous les rois en ont besoin pour gouverner: armée,<br />

instruments de guerre et civilisation. Il a pu conquérir les pays de l’est<br />

à l’ouest en soumettant tous les peuples à son pouvoir. Toutes les<br />

nations étaient à son service, arabes et non arabes. Ceci a porté<br />

quelques uns à l’appeler Zoul Qarnaïne (l’homme à deux cornes)<br />

parce qu’il a pu atteint les pays se trouvant entre les deux «cornes» du<br />

soleil (l’est et l’ouest).<br />

«... et nous lui avons donné les moyens de réaliser tous ses projets».<br />

D’après Ibn Abbas il s’agit de la science. Quant à Abdul Rahman Ben<br />

Zaïd, il a dit que Dieu lui a enseigné les différentes langues qui lui<br />

permettaient de s’entretenir avec tous les peuples.<br />

Habib Ben Hammad rapporte: «J’étais chez Ali Ben Abi Taleb -<br />

que Dieu l^grée- quand un homme lui demanda: «Comment Zoul-<br />

Qarnaine a pu atteindre l’est et l’ouest?» Il lui répondit: «Gloire à Dieu<br />

144


qui a mis à son service les nuages, lui a facilité tous les moyens et lui<br />

a donné la puissance.»<br />

fa’atba‘a sababan (85) hatta' ’id â balaga magriba-s-samsi wajadahâ<br />

tagrubu fî ‘aynin hami’atin wa wajada ‘indahâ qawman qulnâ yâ dâ-1-<br />

qarnayni ’irnma ’an tu ‘addiba wa ’imma ’an tattahida fihim husnan<br />

(86) qâla ’ammâ man zalama fasawfa nu ‘addibuhû tumma yuraddu ’ilâ<br />

rabbihî fayu ‘addibuhû ‘adâban nukran (87) wa ’ammâ man ’am ana wa<br />

‘amila sâlisan falahû ja z a ’an-i-l-husnâ wa sanaqûlu lahû min ’amrinâ<br />

yusran (88).<br />

Il entreprit un premier projet. (85) Il engagea son armée jusqu’au point<br />

extrême de l’Occident. Là, il vit le soleil se coucher sur un étang d’eau<br />

boueuse. Un peuple occupait le pays. Nous lui dîmes: «O Zoul-Qarnaine,<br />

nou te laissons libre ou bien de punir ce peuple ou de le traiter avec<br />

générosité» (86) «Si ce peuple se comporte mal, décida-t-il, je le châtierai.<br />

Et lorsqu’il comparaîtra devant Allah, il subira un châtiment plus sévère<br />

encore». (87) Celui qui croira et aura pratiqué les bonnes œuvres recevra la<br />

plus belle récompense et trouvera toujours bon accueil auprès de moi. (88).<br />

Il entreprit un premier projet, c’est à dire en suivant un chemin<br />

jusqu’à atteindre le pays le plus lointain du côté de l’occident qu’un<br />

homme puisse y arriver. Quant à l’arrivée à l’endroit où le soleil se<br />

couche selon les présomptioms de certains, est une chose vraiment<br />

impossible. Ceux qui ont raconté qu’il a pu traverser une grande partie<br />

de la terre en ayant toujours le soleil derrière lui, est une chose inouie<br />

et ce n’est qu’une légende racontée par les gens du Livre et les<br />

athées.<br />

«Là il vit le soleil se coucher sur un étang d’eau boueuse» Ceci<br />

signifie qu’il a vu le soleil disparaître derrière l’océan et quiconque peut<br />

145


constater ce phénomène. Quant à l’expression «d’eau boueuse», on<br />

peut déduire de plusieurs interprétations faites pas les exégètes, qu’il<br />

s’agit d’une eau bouillante et cela est dû à la vue de l’eau de l’océan<br />

envahie pas les rayons solaires où rien ne s’y interpose, surtout quand<br />

le soleil commence à se coucher l’eau apparait comme étant en<br />

ébullition.<br />

Là il trouva un ce rta in peuple qui fo rm a it le reste des<br />

Thémoudites, selon les dires de As-Souhaibi, ceux qui avaient cru en<br />

Saleh. Dieu lui donna la puissance sur eux et lui dit: «soit que tu les<br />

exécutes, soit que tu les prends comme captifs, soit que tu acceptes<br />

des rançons pour les libérer». A cette occasion Dieu constata sa<br />

justice et son verdict équitable: «Si ce peuple se comporte mal, décida-til,<br />

je le châtierai» c’est à dire s’il persévère dans son incrédulité et son<br />

idolâtrie. «Et lorsqu’il comparaîtra devant Allah, il subira un châtiment<br />

plus sévère encore» Cela est une affirmation du jour du rassemblement<br />

et du jugement dernier. «Celui qui croira et aura pratiqué les bonnes<br />

œuvres» en n’adorant que Dieu seul «recevra la plus belle récompense»<br />

qui sera la demeure de la félicité «et trouvera un bon accueil auprès de<br />

moi» qui signifie suivant une autre interprétation: nous lui donnerons<br />

des ordres faciles à exécuter.<br />

( (jp ^ Jr<br />

^2 ^ jiî ^5 ^ \ J ^ j ¿ y * ^ ^ \<br />

tumma ’atba‘a sababan (89) hatta ’idâ balaga matli‘a-s-samsi wajadahâ<br />

tatlu'u ‘alâ qawmi-l-lam naj‘al lahum min dunihâ sitran (90) kadâlika<br />

waqad ’ahatnâ bimâ ladayhi hubran (91).<br />

Il entreprit un deuxième projet. (89) Il engagea son armée jusqu’au<br />

point extrême de l’Orient. Là, il vit le soleil se lever sur un peuple qui était<br />

sans abri. (90) Je traiterai ce peuple comme l’autre, dit-il. Nous étions<br />

informés de toutes ses décisions. (91).<br />

Il suivit ensuite un autre chemin de l’occident à l’orient. Tout pays<br />

qu’il traversait son territoire put le vaincre et l’appela à l’adoration de<br />

Dieu seul. Si ce peuple se soumettait, il le laissait, mais s’il se montrait<br />

146


ebelle, il les humiliait, s’emparait de leurs richesses et obligeait les<br />

hommes à combattre à ses côtés contre un autre peuple, en rendant<br />

ainsi son armée très puissante.<br />

D’après les nouvelles rapportées par les fils d’Israël, Zoul<br />

Qarnaine vécut 1600 ans en parcourant les pays de l’est à l’ouest.<br />

Quant il eut atteint l’endroit où le soleil se lève, il trouva un peuple qui<br />

était sans abri: ils n’habitaient pas dans des demeures, et il n’y avait<br />

plus d’arbres pour s’abriter leurs ombres, et rien ne les protégeaient<br />

contre la chaleur. Sa’id Ben Joubayr a dit qu’ils étaient de petites<br />

tailles, la peau rouge, habitaient dans des grottes et dont les poissons<br />

consistaient leur seule nourriture.<br />

Al-Hassan a dit que leur territoire était mou aucune construction<br />

n’était possible pour bâtir des demeures. Lorsque le soleil se levait ils<br />

se plongeaient dans l’eau et à son coucher ils sortaient pour brouter<br />

l'herbe à la façon des animaux.<br />

Quant à Qatada et Ibn Jarir, dont leurs commentaires étaient<br />

presque identiques, ces gens-là vivaient sur un terrain plat où aucune<br />

montagne n’existait. Une fois le soleil aura quitté le méridien, ils<br />

sortaient de l’eau ou des souterrains pour gagner leur vie.<br />

«Nous étions informés de toutes ses décisions». Moujahed et As-<br />

Souddy l’ont commenté en disant: Dieu connaissait parfaitement ce<br />

qu’il détenait et rien ne lui a été caché de ses intentions et ses actes<br />

ainsi que tous les mouvements de son armée.<br />

147


tumma ’atba‘a sabanan (92) hatta ’idâ balaga bayna-s-saddayni wajada<br />

min dunihimâ qawma-l-lâ yakâdûna yafqahûna qawlan (93) qâlû yâdal-1-<br />

qamayni ’inna ya’jûja wa ma’jûja mufsidûna fî-l-’ardi fahal naj‘alu laka<br />

harjan ‘alâ^’an taj'ala baynanâ wa baynahum saddan (94) qâla mâ<br />

makkannî fîhi rabbî hayrun fa’a ‘inûnî biquwwatin ’aj‘al baynakum wa<br />

baynahum radman (95) îatûnî zubura-l-hadîdi hatta ’idâ sâwâ bayna-ssadafafyni<br />

qâla-n-fuhû hatta ’idâ ja‘alahu nâran qâla ’atûnT ’ufrigu<br />

alayhi qitran (96).<br />

Il entreprit un dernier projet. (92) Il arriva à une gorge formée par<br />

deux chaînes de montanges. Il y trouva un peuple qui entreprenait à peine<br />

le langage humain. (93) Ce peuple lui dit: «O Zoul Qarnaine, Gog et<br />

Magog dévastent la terre. Veux-tu accepter une somme d’argent pour<br />

élever un mur entre eux et nous?» (94) L’assistance d’Allah, leur réponditil,<br />

m’est un bien suffisant. Prêtez-moi votre collabration et je dresserai<br />

entre ce peuple et vous un obstacle infranchissable. (95) Apportez de blocs<br />

de minerai de fer jusqu’à ce que la gorge soit comblée. Cet ordre exécuté,<br />

il dit: «Soufflez». Une fois le minerai en fusion, il ajouta: «Versez<br />

maintenant de l’airain fondu» (96).<br />

Zoul-Quarnaine emprunta un chemin vers l’est qui le conduisit à<br />

un pays situé entre deux digues d’où sortait le peuple Yajouj et Majouj<br />

(Gog et Magog) pour attaquer les pays de turcs en les ravageant et<br />

tuant hommes et troupeaux. Gog et Magog est un peuple de la<br />

descendance d’Adam comme il est cité dans les deux Sahihs où il est<br />

rapporté ce qui suit: «Dieu interpellera Adam, il lui répondra: «Me voilà à<br />

Ton ordre Seigneur ». Il lui ordonnera de faire sortir ceux qui sont destinés<br />

à l ’Enfer. Adam de demander: «Quels sont les damnés de l ’Enfer?» - De<br />

chaque mille personnes, 999 iront à l ’Enfer et un seul entrera au Paradis,<br />

dira Dieu. A ce moment-là les nourrisons deviendront comme des vieillards<br />

et chaque femme enceinte avortera. Le Prophète poursuivit: «Deux nations<br />

seront parmi vous qui augmenteront votre nombre: Gog et Magog» » (-<br />

Rapporté par Boukhari et Mouslim) (1).<br />

tjUI ,jJI ^ ¿ j* \ JÇjLJl n j Uj :JtjLJl<br />

148


Samoura rapporte que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- a dit: «Noé avait trois fils:"Sam le père des Arabes, Ham celui<br />

des Soudanais et Jafeth le père des turcs». Et les ulémas de conclure:<br />

Gog et Magog sont de la descendance de Jafeth.<br />

«Il y trouva un peuple qui comprenait à peine le langage humaine» à<br />

cause de leur éloignement des autres peuples et dont leur langage<br />

était incompréhensible. Ils lui dirent: «O Zoul-Qarnaine, Gog et Magog<br />

dévastent la terre. Veux-tu accepter une somme d’argent...» Et Ibn Abbas<br />

de commenter: Les hommes voulurent lui assurer une grande somme<br />

d’argent de leurs propres richesses afin de leur construire une digue<br />

qui les séparera du peuple Gog et Magog et leur épargnera leurs<br />

méfaits. Mais Zoul Qarnaine répondit avec toute dignité et toute<br />

grandeur d’âme: La puissance que mon Seigneur m’a donnée est<br />

meilleure. Tout comme Salomon disait auparavant: «Vous m’apportez<br />

des présents? Allah s’est montré plus généreux envers moi» [Coran XXVII,<br />

36].<br />

Il leur demanda de collaborer avec lui avec tout ce qu’ils<br />

possédaient comme matériaux et instruments pour réaliser le projet qui<br />

consistait à créer un rempart entre les deux peuples. Une fois l’espace<br />

compris entre les deux monts comblé, il leur ordonna de lui apporter<br />

des blocs de fer qu’il les construisit comme un mur, et d’y souffler le<br />

feu afin qu’il puisse y verser de l’airain foindu pour consolider chaque<br />

bloc.<br />

A ce propos on rapporta que le calife Al-Watheq envoya certains<br />

commandants de son armée sur la tête d’un régiment afin de visiter ce<br />

rempart et lui faire un compte rendu. Ils aperçurent une construction<br />

gigantesque faite de fer et du cuivre munie d’une grande porte sur<br />

laquelle il y avait de grandes serrures. Ils trouvèrent également le reste<br />

des briques qui formaient un haut tour gardé par quelques sentinelles<br />

appartenant aux rois dans les pays voisins. Puis ils retournèrent à leur<br />

< ■ & )£ Ni (ÿ lïîlS' U<br />

149


pays après une absence de deux ans.<br />

famâ-stâ‘u ’ay-yazharûhu wamâ-statâ‘u lahû naqban (97) qâla hâdâ<br />

rahmatum-mi-r-rabbî fa’idâ j a ’a wa‘du rabbî ja‘alahu dakkâ’a wa kâna<br />

wa‘du rabbî haqqan (98) wa taraknâ ba‘dahum yawma’idin yamûju fî<br />

ba‘din wa nufiha fî-s-sûri fajam‘nâhum jam‘an (99).<br />

Gog et Magog ne purent ni escalader le mur ni le percer. (97) Ce mur,<br />

dit-il, est un don d’Allah. Quand la promesse d’Allah se réalisera, il sera<br />

réduit en poussière. La promesse d’Allah est inéluctable. (98) Au jour<br />

promis, les hommes s’entrechoqueront comme des vagues. La trompette<br />

sonnera. Nous les assemblerons tous. (99).<br />

Les hommes de Gog et Magog se m ontrèrent incapables<br />

d’escalader le mur et n’arrivèrent même pas à le percer. A ce sujet<br />

l’imam Ahmed rapporte d’après Abou Houraira que l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salué- a dit: «Le peuple de Gog et Magog<br />

pratiquaient chaque jour une brèche dans le rempart. Mais à peine<br />

virent-ils les rayons du soleil à travers ce trou, leur chef leur dit:<br />

«Assez, vous retournerez demain pour compléter votre travail». Mais<br />

en y revenant le lendemain, ils le trouvèrent de plus en plus solide, et<br />

ceci recommença chaque jour.<br />

Ils sortirent vers la fin des temps, boiront toute l’eau qui s’y<br />

trouvait, et les gens se réfugieront dans leurs forteresses pour les<br />

éviter. Ils tireront des flèches vers le ciel qui leur retourneront comme<br />

trempées du sang et ils s’écrieront: Nous avons vaincu les habitants<br />

de la terre et nous voilà triomphons de ceux du ciel. Dieu à ce moment<br />

leur enverra de varrons qui les attaqueront au, cou et les tueront. Par<br />

celui qui détient mon âme, toutes les bêtes de la terre seront plus<br />

grasses qu’auparavnt en se nourrissant de leur chair».<br />

Ce hadith, ajoute l’auteur, bien que nous le citons mais il est<br />

150


efuté car, d’après les versets, ils ne pourront plus percer le rempart<br />

pour en sortir ni même l’escaladeront à cause de sa hauteur et sa<br />

solidité. Et ce qui est plus étrange, poursuit-il, le hadith que rapporte<br />

l’imam Ahmed d’après Zeinab Ben Jahch -l’épouse du -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- dans lequel elle dit: «Le Prophète -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- se réveilla un jour de son sommeil, le visage<br />

empourpré erl s’écriant: «Il n’y a de dieu qu’Allah! Malheur aux Arabes!<br />

Qd’ils redoutent le mal qui s’approche d’eux. Aujourd’hui le peuple de<br />

Gog et Magog a réussi à faire une brèche dans le rempart de cette<br />

grandeur-disant cela il fit un cercle avec son index et son pouce-». Je<br />

lui dis: «O Messager de Dieu! Allons-nous tous périr alors que parmi<br />

nous se trouvent des hommes vertueux?» Il répondit: «Oui, lorsque la<br />

perversité se répand partout».<br />

«Ce mur est un don d’Allah» Après l’achèvement du mur pour<br />

épargner à ce peuple les méfaits de Gog et Magog, Zoul Qarnaïne<br />

déclara: «C’est une miséricorde de mon Seigneur». «Quand la promesse<br />

d’Allah se réalisera, il sera réduit en poussière» Lorsque la promesse de<br />

Dieu viendra, ce rempart sera rasé et sera une plaine et un passage<br />

ordinaire comme d’autres. La promesse du Seigneur ne saura que se<br />

réaliser. A ce moment-là, Dieu laissera les hommes s’agiter et fondre<br />

les uns sur les autres comme des vagues et s’empareront de leurs<br />

biens et détruisant leurs propriétés. Tout cela se produira avant le jour<br />

de la résurrection et après l’avènement de l’Antéchrist comme nous<br />

allons le montrer en interprétant la sourate des Prophètes, surtout les<br />

versets: «Lorsque Gog et Magog seront lâchés en liberté, ils dévaleront en<br />

masse de chaque crête. L’échéance fatale sera proche» [Coran XXI, 96-97],<br />

«La trompette sonnera. Nous les assemblerons tous» Cette trompette,<br />

comme il est cité dans un hadith, est un grand cor qu’lsrafel y soufflera<br />

quand il recevra l’ordre du Seigneur. Ibn Abbas et Abou Sa'id ont<br />

rapporté ces propos qu’ils remontent au Prophète -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue-: «Comment pourrai-je être joyeux du moment qu’lsrafel eut<br />

mis sa bouche sur le cor, incliné sa tête écoutant l’ordre pour y<br />

souffler». On lui demanda: «Qu’est-ce que tu nous conseilles de dire<br />

alors?» Il répondit: «Dites: Dieu nous suffit. Il est le meilleur protecteur.<br />

Nous nous fions à Dieu».<br />

151


En ce jour-là, tous les peuples seront rassemblés dans un même<br />

endroit pour comparaître devant le Seigneur qui leur demandera<br />

compte de leurs œuvres. Personne n’y échappera.<br />

wa ‘aradnâ jahannama yawma’idin lilkâfirîna ‘ardan (100) ’al-ladîna<br />

kânat ’a‘yunuhum fî gitâA,in ‘an dikrî wa kânû la yastatî‘ûna sam‘an<br />

(101) ’afahasiba-l-ladîna kafarïï ’an yattahidû ‘ibâdî min dûrif ’awliÿa’a<br />

’inna ’a‘tadnâ jahannama lilkâfirîna nuzulan (102).<br />

Ce jour-là, nous mettrons les infidèles en présence de l’enfer. (100) Les<br />

infidèles qui s’étaient voilé les yeux pour ne pas voir nos signes et qui se<br />

refusaient de nous entendre. (101) Les idnfidèles pensent-ils pouvoir<br />

indéfiniment prendre mes serviteurs pour clients? Nous réservons aux<br />

infidèles l’enfer pour séjour» (102).<br />

Dieu montre le sort des impies en leur présentant la Géhenne<br />

sans toutefois qu’ils pussent voir ce qu’il y aura dedans comme<br />

supplices et châtiments en jetant ainsi dans leurs cœurs l’épouvante et<br />

l’angoisse. Cette Géhenne qui, d’après un hadith rapporté par<br />

Mouslim, sera traînée par soixante-dix mille brides et chacune tenue<br />

par soixante-dix mille anges.<br />

«Les infidèles qui s’étaient voilé les yeux pour ne pas voir nos signes»<br />

qui n’ont voulu dans le bas monde ni écouter les enseignements du<br />

Seigneur, ni voir Ses signes ni penser à suivre la voie droite. Ces<br />

infidèles comptent-ils donc pouvoir prendre pour maîtres les serviteurs<br />

de Dieu en dehors de Lui? Non car II a dit ailleurs: «Quelle erreur! Ces<br />

divinités renieront leurs adorateurs et se retourneront même contre eux» [-<br />

Coran XIX, 82]. Les incrédules auront la Géhenne comme séjour<br />

éternel pour prix de leur impiété.<br />

152


qui hal nunab.bi’ukum bi-l-’ahsarîna ’a‘mâlan (103) ’al-ladîna dalla<br />

sa‘yuhum fî-I-hayâti-d-dunyâ wa hum yahsabûna ’annahum yuhsinûna<br />

sun‘an (104) ’ûlâA,ika-l-ladîna kafarû bi’âAyâti rabbihim wa liqâA’ihî<br />

fahabitat ’a‘mâluhum falâ nuqîma lahum yawma-l-qiyâmati waznan<br />

(105) dâlika jaza’uhum jahannamu bimâ kafarû wa-t-tahadu ’ayâtî wa<br />

rusulî huzuwan (106).<br />

Voulez-vous que je vous indique ceux dont les œuvres auront été les<br />

plus vaines. (103) Ceux qui n’ayant recherché que plaisirs du siècle,<br />

croiront avoir vécu la plus belle exitence?» (104) Ce sont ceux qui auront<br />

nié les signes de leur Seigneur et leur comparution devant Lui. Leurs<br />

œuvres seront nulles. Elles ne pèseront d’aucun poids au jour du jugement<br />

dernier. (105) Ils auront l’enfer en partage pour n’avoir pas cru et avoir<br />

tourné nos preuves et nos Prophètes en dérision. (106).<br />

Mouss'ab rapporte avoir demandé son père Sa'd Ben Abi Waqas<br />

au sujet de ce verset: «Voulez-vous que je vous indique ceux dont les<br />

œuvres auront été les plus vaines» S’agit-il des «Hourouria» - Non,<br />

répondit-il, ils sont les juifs et les chrétiens car les premiers ont traité le<br />

Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- d’imposteur et les autres ont<br />

renié la nature du Paradis en disant qu’il n’y aura ni nourriture ni<br />

boisson. Quant aux Hourouria, ils sont ceux- qui violent le pacte de<br />

Dieu après avoir accepté son alliance». Sa‘d les appelait: «les<br />

pervers».<br />

Ali Ben Abi Taleb, quant à lui, a dit que ce verset désigne les<br />

Hourouria ainsi les juifs et les chrétiens et tous ceux qui ont adoré leur<br />

Seigneur à leur façon inconvenable croyant qu’ils sont dans le droit<br />

chemin. Ils pensent que leurs œuvres seront acceptées du moment<br />

qu’elles seront refutées et rejetées, comme Dieu le montre dans ce<br />

verset: «Nous irons droit à leurs œuvres et nous les réduirons en poussière»<br />

[Coran XXVI, 23]. Dieu a dit ailleurs: «Les œuvres des infidèles<br />

153


essemblent aux mirages du désert. Les prenant pour de l’eau, l’homme<br />

altéré les poursuit mais jamais ne les atteint» [Coran XXIV, 39].<br />

Ceux- dont les œuvres sont les plus inutiles sont, comme Dieu<br />

l’explique, ceux dont l’effort, dans la vie présente, s’égare, tandis qu’ils<br />

comptent bien faire! Ceux-là n’ont pas cru aux signes de leur Seigneur<br />

ni à Sa rencontre. Ils n’ont pas cru en Son Unicité, ont traité les<br />

Prophètes de menteurs et ont mécru à la vie de l’au-delà. Aux œuvres<br />

de ceux-là Dieu, au jour de ldi résurrection, n’attribuera aucun poids<br />

étant dénudées de tout bien.<br />

Abou Houraira rapporte que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- a dit: «Au jour du jugement dernier, on amènera l ’homme le<br />

plus corpulent qui ne pèsera auprès de Dieu même pas l ’aile d ’un<br />

moustique. Récitez si vous voulez: «Elles ne pèseront d’aucun poids au jour<br />

du jugement dernier» (Rapportépar Boukhari)(1> Plusieurs hadiths ont<br />

été rapportés dans le même sens.<br />

«Ils auront l’enfer en partage pour n’avoir pas cru». La rétribution<br />

accordée aux infidèles sera donc la Géhenne à cause de leur<br />

incrédulité et parce qu’ils se sont moqués des signes de Dieu et de<br />

Ses Prophètes.<br />

’inna-l-ladîna ’âAmanû wa ‘amilû-s-sâlihâti kânat lahum jannâtu-1-<br />

firdawsi nuzulan (107) hâlidîna fïhâ lâ yabguna ‘anhâ hiwalan (108).<br />

Ceux qui croient et pratiquent le bien auront le paradis pour séjour.<br />

(107) Séjour éternel qu’ils ne voudront échanger contre aucun autre. (108).<br />

Tels sont les bienheureux parmi les serviteurs de Dieu qui ont cru<br />

(1 ) ùl J Q & '■ t jlj* ^ ( S jj<br />

Ç yi |*-jJ y f y '.çr ' t à Ijlj i \ —Jlîj —i - s à A i P - ù jJ N oUiil ç jj<br />

154


en Dieu et tenu pour véridiques les messages qu’ont apportés les<br />

Prophètes. Ils auront le Firdaws qui est le milieu, l’endroit le plus haut<br />

et le meilleur rang du Paradis. C’est pourquoi le Prophète -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- a dit dans un hadith authentique: «Lorsque vous<br />

demandez à Dieu de vous accorder le Paradis, que ce soit le Firdaws<br />

son milieu et l’endroit le plus élevé et d’où prennent source les fleuves<br />

du Paradis.».<br />

* «Qu’ils ne voudront échanger contre aucun autre». Une incitation à<br />

convoiter cette demeure éternelle sans désirer aucun changement, car<br />

il est normal qu’un homme désire changer sa résidence après s’en être<br />

lassé et habitué. Quant au Paradis, il sera le séjour réservé aux fidèles<br />

où ils demeureront éternellement sans chercher à en bouger.<br />

qui law kâna-l-bahru midâda-l-likalimâti rabbî lanafida-l-bahru qabla ’an<br />

tanfada kalimâtü rabbî walaw ji’nâ bimitlihî madadan (109).<br />

Dis: Si l’eau de la mer était muée en encre pour écrire les paroles de<br />

mon Seigneur, elle se tarirait avant de les avoir toutes écrites, même si une<br />

autre mer venait la suppléer (109).<br />

Dieu ordonne à Son Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- de<br />

dire aux hommes: que si la mer était une encre pour écrire les paroles<br />

de mon Seigneur comprenant Ses enseignements, décrets et signes<br />

qui affirment Son existence, la mer sera assurément tarie avant que ne<br />

soient épuisées Ses paroles, même si une autre mer venait la<br />

suppléer. Une réalité confirmée aussi par ce verset: «Quand bien même<br />

tous les arbres de la terre se changeraient en roseaux pour écrire, quand<br />

bien même l’océan serait un océan d’encre où conflueraient sept autres<br />

océans, qu’Allah aurait encore à écrire. Il est puissant et sage» [Coran<br />

XXXI, 27].<br />

Al-Rabi‘ Ben Anas a dit: «Le savoir de tous les ulémas par rapport<br />

au savoir de Dieu ne dépasse pas une goutte d’eau dans toutes les<br />

mers du monde». Ainsi ont conclu les ulémas que les richesses et les<br />

155


plaisirs du bas monde ne réprésentent qu’un grain de moutarde<br />

comparés à ceux de l’au-delà.<br />

qui ’innama ’ana basarum mitlukum yuhâ ’ilayya ’annama ’ilâhukum ’-<br />

ilâhun wâhidun faman kâna yarjû liqâ*’a rabbihî falya'mal ‘amalan<br />

sâlihan walâ yusrik bi‘ibâdati rabbihî ’ahada (110).<br />

Dis: Je ne suis qu’un mortel comme vous, à qui il a été révélé qu’il n’y<br />

a qu’un seul Allah. Celui qui espère se rencontrer avec son Seigneur, qu’il<br />

fasse œuvre pie et n’associe personne au culte d’Allah.» (110).<br />

Après avoir raconté l’histoire des gens de la caverne et de Zoul<br />

Qarnaïne à la demande des hommes et surtout ceux qu’ils ont traité<br />

son message de mensonge, Dieu ordonne à Son Prophète de dire aux<br />

idolâtres: Je ne suis qu’un mortel semblable à vous. Ce que je vous ai<br />

raconté fut une révélation de mon Seigneur. Si vous n’y croyez pas,<br />

que l’un d’entre vous rapporte une chose pareille. Et je vous le répète<br />

que votre Dieu est un Dieu Unique, je vous appelle à son adoration.<br />

Que celui qui espère Sa rencontre, Sa rétribution et Sa récompense,<br />

qu’il fasse de bonnes œuvres conformes aux enseignements de Dieu,<br />

et qu’il n’associe personne dans l’adoration de son Seigneur.<br />

Des hadiths relatifs à ce sujet, on se limite à celui-ci qui fut<br />

rapporté par Taous qu’un homme vint trouver l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- et lui dtt: «O Envoyé de Dieu!<br />

J’accomplis des bonnes œuvres remarquables ne désirant que me<br />

rencontrer avec Dieu, mais en même temps je cherche à ce que les<br />

hommes le sachent aussi» Il ne lui répondit pas et ce verset lui fut<br />

révélé aussitôt: «Celui qui espère se rencontrer avec son Seigneur, qu’il<br />

fasse œuvre pie et n’associe personne au culte de Dieu».<br />

Quant à l’association, le Prophète -qu’Allah le bénisse et le saluea<br />

mis sa communauté en garde contre elle. L’imam Ahmed rapporte<br />

que Chaddad Ben Aous pleura un jour. En lui demandant pourquoi il<br />

pleure, il répondit: «Des propos que j ’ai entendus de la bouche du


Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- Je l'ai entendu dire:<br />

Ce que je redoute pour ma communauté sont l ’association et le désir<br />

latent» Je lui dis: «Ta communauté retournera-t-elle à l ’idolâtrie?» - Oui,<br />

répondit-il, ils n ’adorent ni soleil, ni lune, ni pierre, ni idole, mais ils<br />

accompliront leurs actes cultuels par vanité et pour être vus des hommes.<br />

Quant au désir latent, il se pourra que l ’un d ’entre eux qui jeûne, un<br />

certain désir lui• viendra à l ’esprit et alors il rompra son jeûne» (Rapporté<br />

paç Ahmed et Ibn M aja)(I).<br />

Abou Sa'id Ben Abou Foudala A l-A nsari, qui était un des<br />

compagnons, rapporte avoir entendu l’Envoyé de Dieu -que Dieu le<br />

bénisse et le salue- dire «Lorsque Dieu rassemblera les premiers et les<br />

derniers en un jour sans aucun doute, un crieur interpellera: «Que celui qui<br />

a accom pli une œuvre pour Dieu en lui y associant un autre, aille<br />

rechercher sa rétribution de cet autre. Car Dieu est le plus riche des<br />

associés et de ce qu’on lui associe» (R apportépar Ahmed, Ibn M aja et<br />

Tirnùdhi)(2).<br />

Anas- que Dieu l’agrée- rapporte que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- a dit: «Lorsque les œuvres des fils d ’Adam seront<br />

exposées devant Dieu à Lui la puissance et la gloire- au jou r de la<br />

résurrection, dans des livres scellés, Dieu dira aux anges: «Acceptez cellesci<br />

et rejetez celles-là». Les anges s ’écrieront: «Seigneur , par Dieu nous<br />

n’avons vu un tel que faire le bien?» Il leur répondra: «Ces œuvres ont été<br />

(1 ) J l i U :*J J-ü ü c / j ' à *<br />

V :Jl» ÇiJjOu ¿j* ¿Jbul ilytJl !wsæJI ¿j* OlS^j u sjL ^ jN i ïJ L > j ¿ j j.»*-» ^ î\ ¿jt-<br />

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.(i*-U ¿ j> \j j£ \ j »Ijj)<br />

157


accomplies pour plaire à un autre que moi. Aujourd’hui, Je n ’accepterai que<br />

les œuvres qui ont été accomplies en vue de Ma satisfaction» (Rapporté par<br />

Al-Hafedh Âbou Bakr Al-Bazzar)(1).<br />

(1) > «cul Ou ^ JL-*' ¿»yft :3Ü ¿il JJ-J Jlî tjlî «ai' (_rJÎ ¿p<br />

L :â£î^I JjÂii tljjk tjJLïlj IJl* IjiJI :4ju> c U i» ^ côLïJI ^ Jj«-j<br />

J-**!' à * Jî*' \> jî^ ûlS" *Up ùi ijji-i tijî^ o. LÎj U4julj ioj<br />

158


19 - SOURATE DE MARIE<br />

98 Versets<br />

Révélée à La Mecque<br />

Révélée à la suite de la sourate de Créateur<br />

Bismi-L-Lâhi-r-Rahmâni-r-Rahîm<br />

Ka f-ha-ya-‘âyn-sa d (1) dikru rahmati rabbika ‘abdahû zakariyya (2) ’id<br />

nâdâ rabbahû nidâA’an hafiyyan (3) qâla rabbi ’innî wahana-l-‘azmu<br />

minnî wa-sta‘ala-r-ra’su sayban wa lam ’akum-bidu ‘a ’ika rabbi saqiyyan<br />

(4) wa ’innî hiftu-l-mawâliya min warâA’î wa kânati-m-ra’atî ‘âqiran<br />

fahab lî mi-l-ladunka waliyyan (5) yaritunnî wa yaritu min ’a li ya‘qûba<br />

wa-j‘alhu rabbi radiyyan (6).<br />

Au nom d’Allah le Miséricordieux le Très Miséricordieux<br />

Kaf-Haya-Ain. Sad (1) Mentionne la marque de bienveillance donnée<br />

par ton Seigneur à Zacharie (2) Zacharie adressa une prière secrète à<br />

159


Allah (3) Mon Allah, dit-il, mes forces déclinent et mes cheveux<br />

blanchissent. Je ne t’ai jamais adressé une prière que tu n’aies exaucée. (4)<br />

Je n’ai pas confiance dans mes héritiers. Ma femme est stérile. Donne-moi<br />

un enfant (5) qui hérite de moi et de la famille de Jacob. Et fais, Seigneur,<br />

qu’il soit vertueux (6).<br />

Tel est le récit de Zacharie que Dieu l’a gratifié de Sa miséricorde.<br />

Zacharie était l’un des Prophètes illustres des fils d’Israël qui d’après<br />

Al-Boukhari exerçait le métier d’un charpentier.<br />

«Zacharie adressa une prière secrète à son Allah.» D’après quelques<br />

exégètes elle était secrète telle un souhait afin que sa demande ne<br />

soit une frivolité, ou d’après d’autres parce que ce genre de prières et<br />

invocations est préférable au Seigneur, ou selon Qatada, parce que<br />

Dieu pénètre dans le tréfonds des cœurs et entend les plus faibles<br />

chuchotements surtout s’ils sont issus d’un cœur pieux.<br />

On a rapporté aussi que Zacharie se leva la nuit pour invoquer<br />

Dieu alors que ses compagnons plongeaient dans un sommeil profond,<br />

en appelant: Seigneur! Et le Seigneur de lui répondre: Me voilà<br />

répondre à ton appel.<br />

Il L’implore: «mes forces déclinent» mes os sont affaiblis «et mes<br />

cheveux blanchissent» dont la canitie les ont envahis, qui signifie qu’il est<br />

devenu un veieillard faible. «Je ne t’ai jamais adressé une prière que tu<br />

n’aies exaucée» et je n’ai jamais été malheureux en Te priant, Car Tu<br />

ne m’as refusé aucune demande.<br />

«Je n’ai pas confiance dans mes héritiers», qui sont ses proches. Il<br />

eut peur qu’ils ne se comportent inconvenablement avec les gens<br />

après sa mort. Il demanda donc à Dieu de lui donner un enfant, qu’il<br />

soit Prophète et qu’il applique et se conforme à tout ce qu’on lui a<br />

révélé. Donc il ne s’agit pas d’une richesse à hériter, qu’il craignît de<br />

perdre et que ses proches ne s’en s’emparassent, car un Prophète<br />

occupera un rang plus élevé et ne donnera aucuné importance à une<br />

fortune.<br />

Telle fut la première interprétation, quant à la deuxième d’après<br />

les exégètes, on a rapporté que Zacharie était un charpentier qui<br />

gagnait sa vie du travail de ses mains et n’était pas un commerçant<br />

160


afin qu’il puisse procurer une grande richesse, et on n’a jamais raconté<br />

qu’un Prophète avait amoncelé de l’argent pour s’en préoccuper.<br />

Quant à la troisième, il est dit dans un hadith cité dans les deux<br />

Sahihs que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «-<br />

Nous les Prophètes, ne laissons aucune succession, tout ce qu’on<br />

laisse sera une aumône».<br />

Donc la demande d’un héritier n’avait pour but que la prophétie,<br />

voilà bien le sens du verset: «Qui hérite de moi et de la famille de<br />

Jacob» comme Dieu a dit ailleurs: «Salomon hérita de David» [Coran<br />

XXVII, 16] c’est à dire la Prophétie.<br />

Moujahed a dit que cet héritage était la science, et pour Al-<br />

Hassan, il s’agit et de la science et de la prophétie. Quant à Abou<br />

Saleh dont son commentaire fut soutenu par Ibn Jarir dans son<br />

ouvrage «L’interprétation du Coran» il est le suivant: «Pour hériter ma<br />

propre fortune et la prophétie de la famille de Jacob».<br />

Zacharie demanda enfin à Dieu «Et fais, Seigneur, qu’il soit<br />

vertueux» dont Tu agrées et Tu aimes, ainsi que les hommes<br />

l’agréeront et l’aimeront.<br />

yâ zakariyyâA’innâ nubassiruka bi-gulâmin-i-smuhu yahya lam naj‘al<br />

lahû min qablu samiyyan (7).<br />

O Zacharie, nous t’annonçons un fils. Il s’appellera Jean. C’est un<br />

nom qui n’a jamais été porté jusqu’ici (7).<br />

On entend par ce verset que Dieu a exaucé la prière de Zacharie<br />

et qu’il allait lui donner un enfant comme il est dit ailleurs: «A cette<br />

occasion, Zacharie adressa à son Seigneur la prière suivante: «Seigneur ,<br />

donne-moi une belle postérité. Tu entends mes prières. Des anges<br />

l’interpellèrent pendant qu’il priait, debout dans le sanctuaire: «Allah<br />

t’annonce la naissance de Jean. Il croira à la parole d’Allah, sera noble,<br />

saura dompter ses passions et sera un prophète d’entre les justes» [Coran<br />

III, 38-39].<br />

161


Le nom Jean (en arabe Yahia) est un homonyme que Dieu n’a<br />

donné à aucun dans le passé, ou, selon Moujahed, n’a pas de pareil,<br />

ou encore d’après Ibn Abbas, les femmes stériles n’avaient jamais<br />

engendré un enfant semblable. Ce qui appuie les dires qui affirment<br />

que Zacharie n’engendrait pas c’est que sa femme était stérile depuis<br />

sa jeunesse, à l’inverse d’Abraham et Sarah. Ce qui cause<br />

l’étonnement de ce couple la nouvelle qu’ils venaient de recevoir des<br />

anges, étant dans un âge avancé, et Abraham de leur dire: «Et vous<br />

m’annoncez cela au moment où je ne suis plus qu’un vieillard? Qu’est-ce<br />

que vous m’annoncez là?» [Coran XV, 54]. A savoir qu’Abraham avait un<br />

enfant qui s’appelle Ismaël âgé de treize ans.<br />

qâla rabbi ’annâ yakûnu lî gulâmun wa kânati-mra’atî ‘âqiran waqad<br />

balagtu mina-l-kibari ‘itiyyan (8) qâla rabbuka huwa ‘alayya hayyinun<br />

waqad halaqtuka min qablu walam taku say’an (9).<br />

Il dit: «O mon Allah, est-ce possible que j’aie un fils? alors que ma<br />

femme est stérile et que moi-même j’ai atteint l’âge des rides?» (8) Ainsi en<br />

a décidé ton Seigneur, répondit Allah. Rien de plus simple pour moi. Je t’ai<br />

bien créé alors que tu n’étais rien. (9).<br />

Ayant reçu l’affirmation de l’annonce et l’exaucement de sa prière,<br />

Zacharie ressentit une grande joie mais voulant savoir comment il aura<br />

un enfant au moment où il a atteint l’âge de la décrépitude et sa<br />

femme stérile, il s’exclama: «O mon Allah, est-ce possible que j’aie un<br />

enfant?» Et le Seigneur de lui répondre par la bouche de l’angemessager:<br />

«Rien de plus simple pour moi» de vous accorder un enfant<br />

même de ta femme stérile et vieille. Puis II lui rappela: Je t’ai créé<br />

autrefois alors que tu n’étais rien, comme II a dit ailleurs: «Ne s’est-il<br />

pas écoulé une longue période de temps durant laquelle l’espèce humaine<br />

était totalement inconnue» [Coran LXXVI, 1].<br />

162


qâla rabbi-j‘al ÏT ’ayatan qâla ’ayatuka ’allâ tukallima-n-nâsa talâta<br />

layâlin sawiyyan (10) faharaja ‘alâ qawmihî mina-l-mihrâbi fa’awha<br />

ilayhim ’an sabbihû bukratan wa ‘asiyyan (11).<br />

Seigneur, dit-il, convenons alors d’un signe. Soit, notre signe sera<br />

celui-ci: «Tu n’adresseras la parole à personne pendant trois nuits» (10). H<br />

sortit de l’oratoire et, s’avançant vers le peuple, il invita à prier matin et<br />

soir. (11).<br />

Afin que Zacharie s’assure de la nouvelle et ait le cœur apaisé, il<br />

demanda au Seigneur de lui accorder un signe, tout comme Abraham<br />

qui Lui demandait auparavant: «Seigneur montre-moi comment Tu<br />

ressuscites les morts?» Celui-ci répondit: «As-tu quelque doute sur ce<br />

point?». «Loin de là, reprit Abraham, mais mon cœur a besoin d’être<br />

raffermi» [Coran II, 260],<br />

Le signe fut alors que Zarcharie n’adressa plus la parole à<br />

quiconque pendant trois nuits sans qu’il soit atteint d’une maladie<br />

quelconque. Il devait contenir sa langue sans proférer aucun mot et<br />

s’entretenait avec les gens par les gestes. Cela ne l’empêchait pas de<br />

lire et de glorifier le Seigneur.<br />

Après l’écoulement de cette période, il sortit de son sanctuaire<br />

pour se rendre vers son peuple en leur ordonnant: «Célébrez les<br />

louanges de Dieu matin et soir».<br />

lijÎ ¿ ) *<br />

-U-<br />

H?- f y j ¿ { y - î fj ÿ j A i<br />

yâ Yahyâ hudî-l-kitâba biquwwatin wa ’a taynâhu-l-hukma sabiyyan<br />

163


(12) wa hanânam-mi-l-ladunna wa zakâtan wa kâna taqiyyan (13) wa<br />

barram-bi-wâlidayhi walam yakun jabbâran ‘asiyyan (14) wa salâmun ‘-<br />

alayhi yawma wulida wa yawma yamûtu wa yawma yub‘atu hayyan<br />

(15). '<br />

O Jean, étudie le Livre avec ferveur. Nous t’avons donné la sagesse<br />

dès ton plus jeune âge. (12) Nous t’avons donné, en outre, la douceur et la<br />

bonté. Il était d’une nature dévote. (13) Il respectait ses parents. Il n’était<br />

ni violent ni insoumis. (14) Qu’il soit assisté au jour de sa naissance, de sa<br />

mort et de sa résurrection. (15).<br />

On déduit des versets précités que Dieu donna a Zacharie un<br />

enfant qui s’appela Yahia (Jean), Il lui enseigna le Livre(le<br />

Pentateuque) que les hommes lisaient à cette époque. Etant encore<br />

petit enfant, Dieu vanta ses mérites et ses qualités, Il lui ordonna dé<br />

bien étudier le Livre et de le tenir avec force, en méditant sur ses<br />

sens, de se conformer à ses enseignements et de faire les actes de<br />

bien malgré sa jeunesse. A ce propos, Abdullah Ben AI-Moubarak<br />

rapporte que les enfants disaient à Yahia: «Allons jouer». Il leur<br />

répondait: «Ce n’est pas pour le jeu que nous sommes créés».<br />

Dieu accorda à Yahia plusieurs caractères dont la pureté, la<br />

douceur et la dévotion. Il était pur des péchés, doux envers ses père<br />

et mère en les traitant avec bienveillance, et il persévérait dans<br />

l’adoration de Dieu en accomplissant les œuvres pies. Il était à l’abri<br />

de toute désobéissance depuis sa naissance, pendant sa vie, lors de<br />

sa mort et quand il sera ressuscité.<br />

Ibn Abbas raconte que (’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- a dit: «Chacun de la postérité d ’Adam a commis un péché ou sur le<br />

point de le commettre excepté Yahia le fils de Zacharie. Il ne convient pas<br />

à personne de dire que je suis meilleur que Younos Ben Matta» (Rapporté<br />

par Âhmad) (I).<br />

Qatada rapporte qu’AI-Hassan a dit: «Yahia et Jésus se sont<br />

(1) j»-» jt -üj jJj ¿y -L»-! L*i :Jli 3IÉ! ¿jt ù\ ¿ri' ¿r*<br />

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164


encontrés. Jésus demanda à Yahia: «Implore le pardon pour moi car<br />

tu est meilleur que moi». L’autre lui répondit: «Plutôt c’est toi le<br />

meilleur». Et Jésus de riposter: «J’ai salué moi-même, mais toi, c’est<br />

Dieu qui t’a salué». Aussi Jésus reconnut ses mérites.<br />

wa-dkur fî-l-kitâbi Maryama ’idi-ntabad at min ’ahlihâ makânan<br />

sarqiyyan (16) fatahadat min dûnihim hijâban fa’arsalna ’ilayhâ rûhanâ<br />

fatamattala lahâ basaran sawiyyan (17) qâlat ’innT ’a‘ûdu bi-r-Rahmâni<br />

minka ’in kunta taqiyyan (18) qâla ’innama ’ana rasûlu rabbiki li ’ahaba<br />

laki gulâman zakiyyan (19) qâlat ’annâ yakûnu lî gulâmun walam<br />

yamsasnî basrun walam ’aku bagiyyan (20) qâla kadâlika qâla rabbuki<br />

huwa ‘alayya hayyinun wa linaj‘alahu *a yata-l-li-n-na' si wa rahmatam<br />

minnâ wa kâna ’amram maqdiyyan (21).<br />

Mentionne Marie dans le Livre. Elle s’éloigna de sa famille et se fixa<br />

dans une retraite située à l’est de la ville. (16) Elle tendit un rideau entre<br />

elle et les passants. Nous envoyâmes notre Esprit qui lui apparut sous une<br />

forme humaine. (17) Elle lui dit: «J’en appelle à la protection d’Allah, si<br />

tant est que tu Le craignes» (18). Il répondit: «Ton Seigneur m’a envoyé<br />

auprès de toi pour que je te donne un fils vertueux» (19) «Comment auraije<br />

un enfant, dit-elle, moi qui n’ai approché aucun homme et que la<br />

débauche n’a jamais tentée?» (20) Ainsi en sera-t-il. Ton Seigneur a dit: «-<br />

Rien n’est plus facile pour moi. Cet enfant sera un symbole pour les<br />

hommes et un signe de notre miséricorde». Cette décision fut réalisée. (21).<br />

Après avoir mentionné l’histoire de Yahia, Dieu raconte dans ces<br />

versets celle de Jésus qui fut créé sans père; et les deux histoires ne


font que montrer et confirmer le pouvoir de Dieu et Son omnipotence.<br />

Marie la fille d'Imran était de la descendance de David, que la paix<br />

soit sur lui. Elle naquit d’une famille pure et bonne parmi les Banou <<br />

Israël. Dieu a raconté l’histoire de sa mère dans la sourate de la<br />

famille d’Imran, et comment elle a consacré ce qu’elle portait dans son<br />

sein pour servir dans le Temple de Jérusalem, comme cela était l’une<br />

des coutumes suivies. Ce fut une fille qui porta le nom de Marie. Dieu<br />

accueillit la petite fille en lui faisant une belle réception et la fit croître<br />

d’une belle croissance.<br />

En effet Marie fut d’une bonne croissance et l’une des dévotes qui<br />

adorait Dieu avec ferveur et s’adonnait aux œuvres pies et pratiques<br />

cultuelles. Elle était à la charge du mari de sa sœur Zacharie qui était<br />

l’un des Prophètes de Bani Israël et leur grand chef à qui revenaient<br />

dans toutes leurs affaires.<br />

Zacharie fut étonné de voir Marie favorsiée par tant de choses,<br />

par exemple: «Toutes les fois que Zacharie allait la yoir au Temple, il<br />

trouvait des aliments auprès d’elle. Il lui dit un jour: «Marie, d’où te<br />

viennent ces aliments?» Elle répondit: «Cela me vient d’Allah, car Allah<br />

distribue ses biens à qui II veut sans compter» [Coran III, 37]. On a<br />

rapporté à cet égard qu’il trouvait chez elle les fruits de l’été en hiver<br />

et ceux de l’hiver en été comme nous en avons parlé.<br />

Certes la Sagesse et la Décision appartiennent à Dieu. Il voulut<br />

faire de Jésus, fils de Marie, -que la paix soit sur eux- un des cinq<br />

gands Prophètes de forte résolution.<br />

«Elle s’éloigna de sa famille et se fixa dans une retraite située à l’est<br />

de la ville» Elle se retira en un lieu situé à l’est du Temple Sacré pour<br />

s’isoler. Commentant l’acte de Marie, Ibn Abbas a dit: «On avait<br />

prescrit la prière aux gens du Livre et de se diriger vers la Maison (à la<br />

Mecque) et d’y faire le pèlerinage, ainsi, prenant l’acte de Marie<br />

comme un prétexte ils se sont acquittés de la prière avant le lever du<br />

soleil en se dirigeant vers l’Est. Par Dieu, je suis le plus informé<br />

d’entre les hommes au sujet de leur agissement. Ils se sont basés sur<br />

les dires de Dieu -le verset précité-ainsi ils ont pris comme qibla<br />

l’endroit où Jésus fut né.<br />

166


En plaçant un rideau entre elle et les siens, Dieu envoya à Marie<br />

Gabriel -que la paix soit sur lui- qui se présenta devant elle sous la<br />

forme d’un homme parfait. A savoir que l’Esprit mentionné dans le<br />

Coran dans plusieurs versets signifie Gabriel. A sa vue elle s’écria: «-<br />

J’en appelle à la protection d’Allah, si tant est que tu Le craignes». Elle<br />

eut peur de lui, étant isolée des siens par un voile, croyant qu’il allait la<br />

contraindre à avoir des rapports avec elle. Elle lui rappela l’existence<br />

de Dieu et qu’il devait Le craindre si tant était son intention.<br />

Gabriel la rassura: «Ton Seigneur m’a envoyé auprès de toi pour que<br />

je te donne un fils vertueux». Donc rien de ce que tu le craignais et le<br />

redoutais, je suis chargé de ton Seigneur pour te donner un garçon<br />

pur. Alors elle s’exclama: «Comment aurai-je un enfant, moi qui n’ai<br />

approché aucun homme et que la débauche n’a jamais tentée?» Pour avoir<br />

un enfant il faut que j ’aie de rapports sexuels avec un homme, moi<br />

qu’aucun mortel ne m’a jamais touchée et je ne suis pas une femme<br />

prostituée!» Il lui répondit que c’est une chose très facile à Dieu qui est<br />

capable de tout et qui veut que cet enfant soit un signe pour les<br />

hommes et une miséricorde venant de Lui. Dieu a dit ailleurs: «O<br />

Marie, Allah t’envoie le message suivant: Il se nommera le Messie, Jésus,<br />

fils de Marie, sera intercesseur dans ce monde et dans l’autre et un des<br />

familiers d’Allah» [Coran III, 45]. Jésus appellera à l’adoration de son<br />

Seigneur dès le berceau et à l’âge mûr.<br />

Moujahed a dit à cet égard: «Marie -que Dieu la salue- disait: «-<br />

Chaque fois que je me trouvais seule, Jésus me parlait alors qu’il était<br />

aussi dans mon ventre, et lorsque quelqu’un me tenait compagnie, il<br />

glorifiait le Seigneur et proclamait Sa Grandeur».<br />

«Cette décision fut réalisée». Ceci pouvait être les propos de<br />

Gabriel en disant à Marie que cette création dépend de la volonté et<br />

du vouloir de Dieu, ou encore des secrets révélés à Mouhammad -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue-, et qu’il allait insuffler à Marie de Son<br />

Esprit comme le montre ce verset: «Il propose aussi en exemple Marie,<br />

Me d’Imran, qui vécut chaste. Nous lui insufflâmes de notre esprit» [Coran<br />

LXVI, 12]. Ibn Ishaq a dit en commentant: «La décision fut réalisée, et<br />

Dieu l’a décrétée et cela devra avoir lieu indubitablement».<br />

167


fahamalathu fantabadat bihî makânan qasiyyan (22) fa’ajâA’ahâ-lmahâdu<br />

’ilâ jid ‘i-n-nahlati qâlat yâ laytanî mittu qabla hâd â wa kuntu<br />

nasyam-mansiyyan (23).<br />

Elle devint grosse. Elle se retira dans un endroit éloigné. (22) Surprise<br />

par la douleur de l’enfantement, elle s’appuya à un tronc de palmier. «Plût<br />

à Dieu, s’écria-t-elle, que je fusse morte avant et que l’oubli se soit fait sur<br />

moi» (23).<br />

D’après la plupart des exégètes, l’ange Gabriel souffla dans<br />

l’encolure de la robe de Marie et celle-ci tomba aussitôt enceinte avec<br />

la permission de Dieu. Eprouvant que l’affaire fut au-dessus de ses<br />

forces et ne sachant que dire aux gens s’ils vont lui demander au sujet<br />

de sa grossesse et en leur répondant ils la mécroiront, elle confia le<br />

secret à sa sœur la femme de Zacharie, car ce dernier avait imploré le<br />

Seigneur de lui donner un enfant et II l’exauça. Marie entra chez sa<br />

sœur et se donnèrent une accolade. La sœur demanda: «O Marie,<br />

t’as-tu aperçu que je suis enceinte?» Et Marie de répondre: «Sais-tu<br />

que moi aussi je suis enceinte?» Elle lui raconta ce qu’il lui est<br />

advenu, à savoir que toutes les deux vivaient dans une famille très<br />

vertueuse et dont les parents étaient très pieux.<br />

Malek a dit: «On m’a fait savoir que Jésus fils de Marie et Yahia<br />

(Jean) fils de Zacharie étaient deux cousins maternels et avaient<br />

presque le même âge. La mère de Yahia dit une fois à sa sœur Marie:<br />

«Je sens parfois que mon foetus se prosterne devant le tien». Je crois,<br />

poursuit Malek, que cela fut à cause de la supériorité de Jésus -que la<br />

paix de Dieu soit sur lui- sur Yahia, car Dieu lui a conféré le pouvoir de<br />

guérir le lépreux et l’aveugle de naissance, avec la permission de<br />

Dieu.<br />

Quant à la grossesse de Marie, elle fut une durée normale de<br />

neuf mois, d’après l’opinion quasi unanime des exégètes, ou huit mois<br />

selon Mkrima. Mais Ibn Abbas a avancé que Marie aussitôt qu’elle<br />

tombait enceinte, elle enfanta.<br />

168


On a rapporté que les marques de grossesse apparurent chez<br />

Marie, elle se trouvait dans l’oratoire avec un homme pieux de ses<br />

proches parents appelé Youssef An-Najjar qui servait l’oratoire avec<br />

elle. Constatant la grossesse de Marie, il désavoua sa conduite en soimême<br />

mais, étant sûr de son innoncence et de sa pureté, il cessa d’en<br />

penser. Comme cette pensée lui revenait souvent, il lui en fit allusion<br />

et eut enfin le courage de lui demander: «O Marie, je vais te poser une<br />

question, mais prends tout ton temps avant de me répondre». -<br />

Demande-moi ce que tu voudras, lui répliqua-t-elle. Il lui dit: «Y a-t-il<br />

d’arbres qui poussent sans graines? Y a-t-il des plantations sans<br />

semences? Un enfant pourra-t-il naître sans père?».<br />

Elle lui répondit par l’affirmative: «Certes oui!». Elle comprit alors à<br />

quoi il voulait en arriver. Puis elle poursuivit: «Quant aux arbres et<br />

plantations, Dieu les a créés avant qu’il n’y ait ni grains ni semences.<br />

Dieu le Très Haut n’a-t-ll pas créé Adam sans père ni mère?» Il crut<br />

en ses paroles et fut sûr de sa chasteté. Comme Marie devina que ses<br />

concitoyens allaient l’accuser d’adultère et de la mauvaise conduite,<br />

elle se retira dans un lieu éloigné afin que personne ne la rencontre et<br />

où elle ne verra personne.<br />

Mouhammad Ben Ishaq raconte: Un jour, après avoir rempli son<br />

outre d’eau et une fois tombée enceinte, Marie retourna chez elle et<br />

constata la cessation de ses menstrues. Elle éprouva les mêmes<br />

signes que subit une femme enceinte à savoir les envies pendant la<br />

grossesse et le changement du teint. Les gens qui visitaient souvent la<br />

famille de Zacharie constatèrent ce fait et la nouvelle ne tarda à se<br />

répandre parmi les fils d’Israël qui divulguèrent: «Le père de l’enfant<br />

devait êter Joseph (Youssof An-Najjar) qu’aucun autre ne se trouvait<br />

avec elle dans l’oratoire» Marie alors se retira dans un endroit éloigné<br />

plaçant ainsi un voile entre elle et les siens.<br />

«Surprise par les douleurs de l’enfantement, elle s’appuya à un tronc<br />

de palmier». Où se trouvait ce palmier? As-souddy a avancé qu’il est<br />

situé à l’est de son sanctuaire, du côté du Temple, où elle faisait ses<br />

prières. Quant à Wahb Ben Mounabbah, il a dit qu’il se trouve à une<br />

distance de huit miles de Jérusalem dans un village appelé Beitléhem.<br />

Sentant ses douleurs, Marie s’écria: «Plût à Allah, que je fusse<br />

169


morte avant et que l’oubli se soit fait sur moi» A propos de cette<br />

invocation on a dit qu'il est permis de souhaiter la mort quand il y a<br />

une tentation quelconque. Marie était sûre qu’elle allait être éprouvée<br />

par cet enfantement et que les gens allaient avoir de doutes au sujet<br />

de son enfant sans la croire, alors qu’ils la croyaient une femme<br />

chaste et vertueuse, et voilà qu’ils vont la considérer comme une<br />

prostituée et débauchée. Elle espérait n’être plus créée, ou morte ou<br />

totalement oubliée.<br />

fanâdâhâ min tahtiha ’allâ tahzanî qad ja‘ala rabbuki tahtaki sariyyan<br />

(24) wa huzzT ’ilayki bijid‘i-n-nahlati tusâqît ‘alayki rutaban janîyyan<br />

(25) fakulî wa-srabî wa qarrî ‘aynan fa’imâ tarayinna mina-l-basari<br />

’ahadan faqûIT ’innî nadartu li-r-Rahmâni sawman falan ’ukallima-lyawma<br />

’insiyyan (26).<br />

Une voix lui dit: «Ne t’afflige pas. Ton Seigneur t’a fait accoucher<br />

d’un enfant remarquable» (24) Secoue le tronc du palmier. Des dattes<br />

succulentes tomberont à tes pieds. (25) Mange, bois et réjouis-toi. Si tu<br />

vois un homme, dis-lui: «J’ai fait vœu au Misércordieux de jeûner.<br />

Aujourd’hui, je ne parlerai à personne» (26).<br />

Les opinions ont divergé quant à cette voix?<br />

Ibn Abbas a avancé que c’était l’ange Gabriel qui l’appela. Jésus<br />

n’a parlé qu’après que sa mère se rendît chez les siens, alors il<br />

l’appela au fond de la vallée.<br />

Al-Hassan a dit: «C’était Jésus lui-même, son fils. N’as-tu pas<br />

médité sur les dires de Dieu: «Une voix lui dit» Selon une autre<br />

interprétation, il est dit: «L’enfant qui se trouvait à ses pieds l’appela».<br />

Quant au terme «Saria<br />

iJ j— » (dans le .texte arabe) Ibn Abbas,


Qatada, Ad-Dahak et As-Souddy ont avancé qu’il s’agit d’un petit<br />

ruisseau ou un cours d’eau. Selon d’autres il est Jésus, l’enfant, que<br />

Dieu le salue. Mais il s’avère que le premier sens l’emporte.<br />

«Secoue le tronc du palmier» Prends donc le tronc du palmier et<br />

secoue-le. Ce tronc était-il sec? Comme a dit Ibn Abbas. D’autres ont<br />

répondu par la négative, c’était un arbre vert mais en dehors de la<br />

saison. Ce fut une des grâces que Dieu envoya à Marie en lui donnant<br />

des dattes fraîches et mûres en dehors de leur saison afin qu’elle se<br />

nourrisse. Amr Ben Maymoun a conclu: Les dattes sont les meilleurs<br />

aliments pour une femme accouchée.<br />

«Si tu vois un homme, dis-lui: «J’ai fait vœu au Miséricordieux de<br />

jeûner. Âujoud’hui, je ne parlerai à personne» Ce jeûne constitue<br />

l’abstention de parler car, comme on a rapporté, les hommes<br />

s’abstenaient de tout propos quand ils jeûnaient. Haritha rapporte: «Me<br />

trouvant chez Ibn Mass'oud, deux hommes vinrent auprès de lui, l’un<br />

d’eux salua et l’autre ne le fit pas. Il lui demanda: «Qu'as-tu?» Et le<br />

compagnon de répondre à sa place: «Il a juré de ne plus parler à<br />

personne aujourd’hui» Ibn Mass'oud lui dit: «Parle aux hommes et<br />

salue-les. Cette femme (Marie), si ella avait jeûné, savait que personne<br />

n’allait la croire qu’elle était tombée enceinte sans avoir approché un<br />

homme. Elle a voulu que cela soit une excuse si quelqu’un voulait lui<br />

poser une question quelconque».<br />

Jésus dit à sa mère: «Ne t’afflige pas». Elle lui répondit: «-<br />

Comment ne pourrais-je l’être alors que tu es avec moi sans avoir un<br />

mari et sans être l’esclave de quelqu’un? Par quoi pourrai-je affronter<br />

les hommes? «Plût à Allah, que je fusse morte avant et que l’oubli se soit<br />

fait sur moi».<br />

171


fa’atat bihî qawmahâ tahmiluhû qâlû yâ Maryamu laqd ji’ti say’an<br />

fariyyan (27) ya ’uhta Hârûna mâ kâna ’abûki-mra’a sû’in wamâ kânat<br />

’ummuki bagiyyan (28) fa’asârat ’ilayhi qâlû kayfa nukallimu man kâna<br />

fï-l-mahdi sabiyyan (29) qâla ’innî ‘abdu-L-Lâhi ’âAtâniya-l-kitâba wa<br />

ja‘alanî nabiyyan (30) wa ja‘alanî mubârakan ’ayna mâ kuntu wa ’awsânî<br />

bi-s-salâti wa-z-zakâti mâ dumtu hayyan (31) wa barram-biwâlidatî<br />

walam yaj‘alnî jabbâran saqiyyan (32) wa-s-salâmu ‘alayya yawma wulitu<br />

wa yawma ’amûtu wa yawma ’ub‘atu hayyan (33).<br />

Elle retourna chez les siens, emportant l’enfant sur ses bras. O Marie,<br />

s’exclamèrent-ils, quel acte abominable as-tu commis? (27) O sœur<br />

d’Aaron, ton père n’était pas dépravé ni ta mère une femme de mauvaise<br />

vie. (28) Elle leur fit signe de s’adresser à l’enfant. Comment est-ce possible<br />

de parler à un enfant au berceau, dirent-ils (29) Je suis le serviteur d’Allah,<br />

dit Jésus. Il m’a légué le Livre et m’a pris pour Prophète. (30) Il a voulu<br />

que je porte la bénédiction partout oà j’irai. Il m’a recommandé de prier et<br />

de faire la charité, ma vie durant. (31) d’être respectueux envers ma mère.<br />

Il n’a pas voulu que je sois violent et insoumis. (32) Le salut sera avec moi<br />

au jour de ma naissance, de ma mort et de ma résurrection. (33).<br />

Lorsque Marie fut ordonnée de jeûner et de ne plus parler à<br />

quiconque, et qu’on la défendra contre la médisance des gens, elle se<br />

soumit aux ordres de Dieu - à Lui la puissance et la gloire, prit son<br />

enfant dans ses bras et revint chez les siens. En la voyant ils<br />

désapprouvèrent son acte en l’accusant: «O Marie, s’exclamèrent-ils,<br />

quel acte abominable as-tu commis?» Ce que tu as fait est une chose<br />

énorme! «O sœur d’Aaron» en la ressemblant à Aaron (Haroun) quant à<br />

sa dévotion «ton père n’était pas dépravé ni ta mère une femme de<br />

mauvaise vie». Ta souche est très bonne et pure et qu’aucun de tes<br />

parents ne s’est livré à la débauche comment as-tu osé commettre<br />

une chose monstrueuse?.<br />

Quant à son appellation «Sœur d’Aaron» il est connu qu’à cette<br />

époque les gens s’attribuaient aux Prophètes et aux hommes vertueux


en prenant leurs noms. Cet Aaron désigné est un autre Aaron le frère<br />

de Moïse, comme a avancé Ibn Jarir, et il a ajouté qu’il était un<br />

homme pieux et juste et lors de sa mort quarante mille hommes<br />

avaient suivi son convoi funèbre et ils portaient tous le nom Aaron<br />

parmi les fils d’Israël.<br />

«Elle leur fit signe de s’adresser à l’enfant. Comment est-ce possible de<br />

parler à un enfant au berceau, dirent-ils». Comme les gens réprouvèrent<br />

le faire de Marie en l’accusant d’adultère et elle était à jeûne, elle leur<br />

fit signe de demander cela à l’enfant. Ils lui répondirent avec sarcasme<br />

croyant qu’elle se moqua d’eux: Comment parlerons-nous à un bébé<br />

au berceau? Même ils ont considéré sa réponse un acte plus grave<br />

que sa fornication.<br />

A ce moment Jésus leur répondit: «Je suis le serviteur d’Allah».<br />

Tels furent les premiers propos de Jésus en exaltant le Seigneur et<br />

innocentant sa mère. «Il m’a légué le Livre et m’a pris pour Prophète»<br />

Nauf Al-Bakali ajouta: «Entendant les dires des gens alors qu’il tétait le<br />

sein de sa mère, Jésus quitta le sein, s’appuya sur son côté gauche et<br />

dit: «Je suis le serviteur d’Allah...».<br />

«Il a voulu que je porte la bénédiction partout où j’iraixj Une<br />

expression qui signifie, d’après Moujahed, qu’il est le maître du bien.<br />

«Il m’a recommandé de prier et de faire la charité ma vie durant» Un<br />

verset qui est pareil aux dires de Dieu en s’adressant à son Prophète<br />

Mouhammad -qu’Allah le bénisse et le salue-: «Adore ton Seigneur<br />

jusqu’à ce que la certitude te parvienne» [Coran XV, 99].<br />

«D’être respectueux envers ma mère» est une recommandation d’être<br />

bienveillant à l’égard des parents qu’on la trouve souvent dans le<br />

Coran jointe à l’adoration de Dieu comme par exemple lorsque Dieu a<br />

dit: «Sois reconnaissant envers Moi et envers tes parents. Tout revient à<br />

Moi» [Coran XXXI, 14]. Et Jésus d’ajouter: «Il n’a pas voulu que je sois<br />

violent et insoumis» C’est à dire Dieu ne m’a fait ni un violent et<br />

orgueilleux de sorte que je délaissé ou néglige l’adoration de mon<br />

Seigneur, ni un désobéissant à ma mère à qui je dois garder la bonté.<br />

On a dit autrefois: «Seuls les tyrans et les orgueilleux désobéissent à<br />

leurs parents».<br />

«Le salut sera avec moi au jour de ma naissance, de ma mort et de ma<br />

173


ésurrection» Une déclaration claire qu’il est comme l’un des mortels: il<br />

naît, meurt est sera ressuscité ainsi quç toutes les autres créatures.<br />

dâlika ‘Isâ bnu Maryama qawla-l-haqqi-l-ladî fîhi yamtarûna (34) mâ<br />

kâna li-L-Lâhi ’ay-yattahida min waladin subhânahu ’idâ qad'a ’amran<br />

fa’innamâ yaqûlu lahû kun fayakûnu (35) wa ’inna-L-Lâha rabbî wa<br />

rabbukum fa'budûhu hâdâ siratum-mustqîmun (36) fahtalafa-l-’ahzâbu<br />

mim baynihim fawaylun-l-l-ladîna kafarû mim-mashadi yawmin ‘azîmin<br />

(37).<br />

Voilà ce qu’était Jésus, fils de Marie. Oui, en vérité, voilà ce qu’était<br />

celui sur lequel on discute. (34) D est inconvenable qu’Allah se donne un<br />

enfant. Gloire à Lui. Quand II décide une chose, Il dit: «Que cette chose<br />

soit et elle est» (35) Allah est mon Maître et le vôtre. Adorez-le. C’est la<br />

voie droite. (36) Les sectes persistent dasns leurs discussions. Malheur aux<br />

incrédules. Au grand jour de la résurrection, que leur adviendra-t-il? (37).<br />

Telle est l’histoire de Jésus fils de Marie -que la paix soit sur luivoilà<br />

Jésus, la parole de la vérité dont ils doutent encore, et les<br />

hommes- ou une partie-ne cessent de discuter à son sujet. Il en est<br />

ceux qui ont cru en lui et d’autres ont mécru. Dieu affirme qu’il a fait<br />

de lui un serviteur juste et Prophète en désavouant les présomptions<br />

de ceux qui ont dit qu’il s’est donné un enfant. Que ceux-ci se<br />

rappellent que «quand II décide une chose, H dit: «Que cette chose soit, et<br />

elle est» Dieu n’a-t-ll pas dit ailleurs: «Pour Allah, l’origine de Jésus est la<br />

même que celle d’Adam. Il l’a créé de l’argile, puis H lui a dit: «Sois» et il<br />

a été» [Coran III, 59].<br />

Jésus fut ordonné de dire aux hommes: «Allah est mon maître et le<br />

vôtre. Adorez-Le. C’est la voie droite». Il proféra ces mots dès le<br />

berceau. Quiconque aura suivi cette voie droite sera bien guidé, et<br />

174


celui qui se s’en sera détourné, il se sera égaré et perdu.<br />

Mais les différentes sectes des gens d’Ecriture divergèrent entre<br />

elles quant à la nature de Jésus alors tout était clair et évident qu’il<br />

n’était qu’un des serviteurs de Dieu, Sa parole qu’il a jetée en Marie et<br />

un Esprit émanant de Lui. Les juifs refusèrent d’y croire et persistèrent<br />

dans leur aberration que Jésus n’est qu’un adultérin, que Dieu les<br />

maudisse. Ils ont ajouté que les propos de Jésus furent de la magie, et<br />

aussi une partie d’entre eux prétendirent que c’était les propos de Dieu<br />

et non de Jésus. Enfin certains parmi les gens du Livre avancèrent<br />

que Jésus est le fils de Dieu ou l’un des trois hypostases. En vérité,<br />

Jésus n’était que le serviteur de Dieu et Son Messager, la parole de<br />

vérité vers laquelle II a guidé les croyants.<br />

D’après les historiens et chroniqueurs parmi les gens du Livre,<br />

Constantin, l’empereur, fit réunir les grands évêques qui étaient au<br />

nombre de 2107 pour tenir un synode. Leurs opinions furent divergées<br />

énormément quant à la nature de Jésus. Trois cent et huit parmi eux<br />

se concordèrent et insistèrent dans leur opinion et Constantin devait<br />

par la su ite l’adopter et congédia les autres. C ette p artie<br />

d’ecclésiastiques lui confièrent cette grande tâche, plutôt cette grande<br />

trahison, commencèrent à rédiger les grands ouvrages, firent des<br />

législations basées sur leurs présomptions, altérèrent la religion de<br />

Jésus et la modifièrent. Constantin ordonna alors de bâtir les églises<br />

dans son royaume: Le pays de châm, le pays de Romains et une<br />

partie de la presqu’île arabique. On compta à cette époque 12000<br />

églises environ.<br />

«Malheur aux incrédules. Au grand jour de la résurrection, que leur<br />

adviendra-t-il?». C’est un avertissement et une menace lancés contre<br />

tous ceux qui forgent de mensonges sur le Seigneur prétendant qu’il<br />

s’est donné un fils. Gloire à Lui. Que ces gens-là attendent le jour de<br />

la résurrection pour être jugés, et si Dieu ne hâte pas leur supplice<br />

dans le bas monde c’est par l’effet de Sa mansuétude, A ce propos, il<br />

est cité dans les deux Sahih que (’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- a dit: «Nul être n’est plus patient que Dieu en entendant ce qui<br />

Lui nuit, en Lui attribuant un fils, et malgré cela, Il leur accorde les biens<br />

175


et le salut» (Rapportépar Boukhari et Mousüm)(1).<br />

Dieu a dit ailleurs: «Ne croyez pas qu’Allah sera indifférent aux<br />

œuvres des méchants. Il retarde son verdict jusqu’au jour où tous les<br />

regards seront figés d’effroi» [Coran XIV, 42]. Donc ceux-là subiront le<br />

supplice qui leur est réservé au jour de la résurrection. Oubada Ben<br />

As-Samet -que Dieu l’agrée- a rapporté que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue- a dit: «Quiconque aura témoigné qu’il n’y a d ’autre<br />

divinité que Dieu, l ’Unique n ’a pas d ’associé, que Mouhammad est Son<br />

serviteur et son m essager, que Jésus est le serviteur de Dieu, Son<br />

Messager, la parole qu’il a jetée en Marie et un Esprit émanant de Lui,<br />

que le Paradis est une vérité et l'Enfer est une vérité, celui-là entrera au<br />

Paradis quelles qu ’étaient ses œuvres» (R apporté par Boukhari et<br />

Mouslim ) (2>.<br />

’asmi‘ bihim wa ’absir yawma ya’tûnanâ lakini-z-zâlimûna-1-yawma fî<br />

dalâlim-mubînin (38) wa ’andirhum yawma-l-hasrati ’id qudiya-l-’amru<br />

wa hum fî gaflatin wahum lâ yu’minûna (39) ’innâ nahnu naritu-l-’arda<br />

waman ‘alayhâ wa ’ilaynâ yuija‘ûna (40).<br />

C’est alors qu’ils entendront bien et verront bien le jour où ils<br />

comparaîtront devant nous! Mais actuellement les méchante sont dans une<br />

(1) 4Îjt ¿ y ‘Jü jÜIj «ojl J ^ i-L>-<br />

(2 ) J l ï c j l i AiP ^ ÏjLc- ti-jjui-l '"¿j Î f<br />

j * * j j oJl æ ùlj t*J ¿ X ijZ * ^ 4jul M ùl ¡ y t • M<br />

üîj ç j j j ç . j * J—c- ùîj<br />

J A t* I 4Jül<br />

176


insouciance manifeste. (38) Mets-les en garde contre le jour de la<br />

déception, le jour où, s’éxécuteront les décrets d’Allah. Ils vivent dans<br />

l’indifférence et l’impiété. (39) La terre et tout ce qu’elle porte finira par<br />

nous échoir en héritage. Tout nous fera retour. (40).<br />

Dieu fait connaître à Son Prophète -qu’Allah le bénisse et le saluele<br />

sort des incrédules au jour de la résurrection: C’est par eux que tu<br />

dois entendre et voir le jour où ils comparaîtront devant nous. Ces<br />

prévaricateurs dans ce bas monde ne vivent que dans un égarement<br />

total.<br />

«Mets-les en garde contre le jour de la déception» le jour où ils se<br />

lamenteront et où «s’exécuteront les décrets d’Allah» où on séparera les<br />

élus du Paradis des réprouvés de l’Enfer où les uns et les autres y<br />

vivront éternellement, alors que ces incrédules vivent aujourd’hui dans<br />

l’indifférence et l’impiété.<br />

L’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-, rapporte Abou<br />

Sa'id Al-Khoudry, a dit: «Lorsque les élus du Paradis seront au Paradis et<br />

les réprouvés à l ’Enfer, on amènera la mort sous la form e d ’un bélier<br />

bigarré, le placera entre le Paradis et l ’Enfer, et on interpellera: «O<br />

habitants du Paradis, connaissez-vous cela?» Ils porteront la tête haute,<br />

regarderont et répondront: «Oui, c’est la mort». Puis on interpellera les<br />

habitants de l ’Enfer: «Connaissez-vous cela?» Ils porteront la tête haute,<br />

regarderont et diront: «Oui, c’est la mort» Alors on ordonnera de l ’égorger<br />

et on dira: «O habitants du Paradis, vous y resterez éternellement sans<br />

mourir» et: «O habitants de l’Enfer, vous y demeurerez éternellement sans<br />

mourir». Puis l ’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- récita:<br />

«Mets-les en garde le jour de la déception, le jour où s’exécuteront les<br />

décrets d’Allah. Us vivent dans l’indifférence et l’inpiété». Il ajouta ensuite<br />

en faisant signe par sa main: «Ceux qui ont préféré le bas monde y<br />

vivent dans l’insouciance» (Rapportépar Boukhari et Mouslim)(I).<br />

(1) jUl Jjkîj tïjj-l Jjbî J_>o !•>!» :;^§| *i)l J JU ijli ¿j*<br />

b iJUL» (J ü >— IjU!<br />

Jj» jUl JaI b :JU J :Jlî tO jil l-i* ù jj i à i j j tjlî ?IJl»<br />

177


Ibn Mass'oud, en commentant ce verset, a dit: «Les élus du<br />

Paradis, voyant la mort égorgée, se réjouiront de sorte que si l’un<br />

d’entre eux devait mourir de joie, il ne mourrait plus. Tandis que les<br />

damnés de l’Enfer sangloteront de sorte que si l’un d’entre eux devait<br />

mourir du sanglot, ils auraient trouvé tous la mort».<br />

Abdul Rahman Ben Zaïd, quant à lui, a dit que le jour de la<br />

déception signifie le jour de la résurrection et il récita à l’appui: «Evitez<br />

d’exprimer ce regret: «Quel malheur d’avoir négligé la cause d’Allah et de<br />

m’être montré si frivole» [Coran XXXIX, 56],<br />

Puis Dieu rappelle aux hommes qu’il est, en vérité, celui qui<br />

héritera la terre et tous ceux qui s’y trouvent étant donné qu’il est le<br />

seul créateur qui dispose de tout ce qu’il a créé, tandis que toutes les<br />

autres créatures auront péri et nul ne partagera avec Lui quoi que ce<br />

soit. Nul n’en sera lésé serait-ce l’aile d’un moustique.<br />

wa-dkur fî-l-kitâbi ’Ibrâjima ’innahû kâna siddiqan nabiyyan (41) ’id<br />

qâla li’abîhi yâ ’abati lima ta‘budu mâ lâ yasma‘u walâ yubsiru walâ<br />

yugnî ‘anka say’an (42) y a ’abati ’inni qad ja',anî mina-l-‘ilmi mâ lam<br />

ya’tika fattabi‘nT ’ahdika sirâtan sawiyyan (43) ya ’abati lâ ta‘budi-ssaytâna<br />

’inna-s-saytâna kâna li-r-Rahmâni ‘asiyyan (44) ya ’abati ’innT<br />

JLüjj Jui a j i t ju c o jll IJüb 0 j j tjü<br />

m &<br />

tjli h_j ôA-o<br />

V<br />

.flü-ül aIìp ^ LîjJI<br />

178


’ahâfu ’ay-yamassaka ‘adâbun mina-r-Rahmâni fatakûna li-s-saytâni<br />

waliyyan (45).<br />

Mentionne Abraham dans le Livre. Il était sincère et Prophète. (41) Il<br />

dit à son père: «O mon père, pourquoi adores-tu des divinités qui ne voient<br />

ni n’entendent et dont tu ne peux rien tirer» (42). O mon père, j’ai des<br />

lumières que tu n’as pas. Suis-moi, je te mettrai sur le bon chemin» (43)<br />

«O mon père, n’adore pas Satan, car Satan, s’est révolté contre l’Allah de<br />

la clémence» (44) «O mon père, je crains que le châtiment du clément ne<br />

t’atteigne et que tu ne deviennes un suppôt de Satan» (45).<br />

O Mouhammad, lui dit Dieu, mentionne aux hommes qui adorent<br />

des divintés en dehors de Moi, l’histoire d’Abraham qui était un<br />

Prophète juste et sincère et ce qui en est avec son père et comment il<br />

l’a exhorté à ne plus adorer les statues. Pourquoi, ô père, tu adores<br />

qui est sourd, aveugle et ne sert à rien. J’ai reçu une science de mon<br />

Seigneur qui ne t’est pas parvenue, même si je suis né de tes reins et<br />

plus jeune que toi. Suis-moi donc et je te dirigerai sur un voie droite<br />

pour arriver au but visé et éviter ce qui causera la perte. Cesse<br />

d’adorer Satan qui est notre ennemi déclaré et qui s’est rebellé contre<br />

Dieu. Je crains qu’un châtiment du Miséricordieux ne t’afflige à cause<br />

de ta désobéissance et ton idolâtrie, et que tu ne deviennes un suppôt<br />

du Démon. Et alors tu ne trouveras ni maître, ni secoureur, ni aide<br />

sinon Ibliss le maudit qui ne fait qu’embellir les mauvaises actions aux<br />

hommes et il subira avec ceux qui l’auront suivi le châtim ent<br />

implacable.<br />

qâla ’arâgibun ’anta ‘an ‘âAlihatî yâA ’Ibrâhîmu l’i 1-llam tantahi<br />

la’arjumannaka wahjumî maliyyan (46) qâla salâmun ‘alayka sa’astagfiru<br />

laka rabbT ’innahu kâna bî hafiyyan (47) wa ’a‘tazilukum wamâ tad‘ûna<br />

179


min dûni-L-Lâhi wa ’add‘û rabbî ‘asâA ’alla" ’akûna bidu‘âA’i rabbî<br />

saqiyyan (48).<br />

Vas-tu maintenant, répliqua son père, faire fi de mes divinités? Cesse<br />

tes critiques, ô Abraham, sinon je te ferai lapider. Va, je te bannis pour<br />

toujours. (46) Adieu, répondit Abraham, j’intercéderai néanmoins auprès de<br />

mon Allah pour toi. Car, sa bienveillance ne m’a jamais manqué. (47) Je<br />

vous abandonne ainsi que les divinités que vous adorez. Moi, j’invoquerai<br />

mon Seigneur. Qu’Il fasse que ce ne soit pas en pure perte. (48).<br />

Quelle fut la réponse du père sinon un refus aux exhortations du<br />

fils: Eprouverais-tu de l’aversion pour mes dieux ô Abraham? Si tu ne<br />

veux pas les adorer et être agréé par eux, cesse de les critiquer et de<br />

les dénigrer, car à la fin je te donnerai une leçon de conduite et je te<br />

lapiderai. Va, éloigne-toi de moi pour quelque temps - ou pour toujours<br />

selon les dires de quelques exégètes.<br />

Alors Abraham ne put que dire en respectant la piété filiale: Salut<br />

sur toi ô père, j’intercéderai néanmoins auprès de mon Seigneur pour<br />

toi. Je ne te causerai aucune nuisance. J’invoquerai mon Seigneur afin<br />

qu’il te pardonne et te mette sur la voie droite.<br />

On a rapporté qu’Abraham quitta son pays et émigra au pays de<br />

Châm où il bâtit la Mosquée sacrée. Après la naissance de ses deux<br />

fils Ismaïl et Isaac, ils implorèrent Dieu: «Seigneur, sois indulgent pour<br />

moi, ma famille et tous les croyants, au jour du jugement dernier» [Coran<br />

XIV, 41]. A ce propos on a dit aussi, que les musulmans, au début de<br />

l’Islam, imploraient le pardon de Dieu pour leurs familles et proches,<br />

jusqu’à la révélation de ce verset: «Suivez le bel exemple d’Abraham et<br />

de ses partisans lorsqu’ils dirent à leur peuple: «Nous sommes sans attache<br />

avec vous et les divinités que vous adorez en dehors d’Allah... jusqu’à<br />

Néanmoins, Abraham concéda à son père: «J’implorerai le pardon d’Allah<br />

pour toi mais sans rien te garantir de Sa part» [Coran LX, 4].<br />

Dieu a dit ailleurs en montrant qu’Abraham cessa plus tard toute<br />

imploration en faveur de sond père: «Si Abraham implora le pardon<br />

d’Allah en faveur de son père, c’est qu’il le lui avait promis. Lorsqu’il se<br />

rendit compte que son père était l’ennemi d’Allah, il le désavoua. Et<br />

pourtant Abraham était compatissant et bon» [Coran IX, 114].<br />

180


Enfin Abraham dit: «je vous abandonne ainsi que les divinités que vous<br />

adorez». Je vais m’éloigner de vous en désavouant ce que vous adorez<br />

en dehors de Dieu. Je n’adorerai que mon Seigneur qui n’a pas<br />

d’associés, peut-être ne serais-je pas malheureux dans mes prières<br />

que j’adresserai à mon Seigneur.<br />

falamma ‘tazalahum wamâ ya‘budûna min dûni-L-Lâhi wahabnâ lahïï<br />

’Ishâqa wa ya‘qûba wa kullan ja'alnâ nabiyyan (49) wa wahabnâ lahum<br />

mi-r-rahmatinâ wa ja‘alnâ lahum lisâna sidqin ‘aliyyan (50).<br />

Pour avoir abandonné son père et ceux qui invoquaient de fausses<br />

divinités, nous lui donnâmes Isaac et Jacob, que nous élevâmes tous deux<br />

au rang de Prophètes. (49). Nous les admîmes aux privilèges de notre<br />

grâce. Nous les douâmes d’un franc et sublime parler. (50).<br />

En s’éloignant de son père et ses concitoyens pour la cause de<br />

Dieu, le Seigneur lui donna en échange des gens meilleurs, il s’agit de<br />

son fils Isaac et Jacob le fils de ce dernier. Ceci est mentionné dans<br />

plusieurs versets du Coran, et les exégètes s’accordent qu’lsaac est le<br />

père de Jacob et ils citent à l’appui ce verset: «Etiez-vous présents aux<br />

derniers moments de Jacob lorsqu’il interpella ainsi ses enfants: «Qui<br />

adorerez-vous après moi?». Ils répondirent: «Nous adorerons ton Seigneur.<br />

Le Seigneur de tes pères Abraham, Ismaël et Isacc le Allah unique; et nous<br />

nous soumettrons à lui» [Coran II, 133].<br />

Dans le verset de cette sourate Isaac et Jacob furent seuls<br />

mentionnés pour montrer que l’un et l’autre eurent des fils Prophètes.<br />

Si du temps d’Abraham on n’avait pas annoncé cette nouvelle à Jacob<br />

-que la paix de Dieu soit sur lui- Joseph aurait été aussi mentionné car<br />

il était un Prophète.<br />

«Nous les admîmes aux privilèges de notre grâce. Nous les douâmes<br />

d’un franc et sublime parler». En d’autre terme, nous leur assignâmes<br />

une langue sublime de vérité, car dans toutes les religions et les<br />

sectes on fait leur éloge.<br />

181


« £5S 0 % ¡& ùf A f e i à %%<br />

/ / / >/ > / i y*. / / / / / 'T ^V* îf t^iï* ix<br />

Ub Ô j f j J * *U uJLf^j ¿£ /U<br />

*>V^’<br />

wa-dkur fî-l-kitâbi Mûsa ’innahû kâna muhlasan wa kâna rasûlan-nnabiyyan<br />

(51) wa nâdaynâhu min jânibi-t-tûri-l-’aymani wa qarrabnâhu<br />

najiyyan (52) wa wahabnâ lahû mi-r-rahmatina ’ahâhu Hârûna nabiyyan<br />

(53).<br />

Mentionne Moïse dans le Livre. Il était sincère. Ce fut un Prophète<br />

(51) Nous l’appelâmes du versant droit du Sinaï et nous en fîmes notre<br />

confident. (52) Par un effet de notre grâce, nous lui adjoignîmes son frère<br />

Aaron comme Prophète (53).<br />

Moïse fut aussi un Prophète sincère et un Envoyé d’après le texte<br />

arabe, et ceci en vertu de son rang élevé car il fut parmi les Envoyés<br />

doués de ferme résolution qui sont: Noé, Abraham, Moïse, Jésus et<br />

Mouhammad -que Dieu leur accorde Sa grâce et Sa paix-.<br />

«Nous l’appelâmes du versant droit du Sinaï» quand il se dirigea vers<br />

le feu qu’il avait vu pour en prendre une braise. Arrivé au versant droit<br />

du Mont Sinaï, Dieu l’interpella, le rapprocha de Lui et en fit Son<br />

interlocuteur. A ce propos, Ibn Abi Hatem rapporte d’après ‘Amr Ben<br />

Ma‘d Yakreb, que lorsque Moïse arriva à cet endroit le Seigneur lui dit:<br />

«O Moïse, quand Je t’accorde un cœur reconnaissant, une langue qui<br />

invoque toujours Dieu et une épouse qui t’aide à tout acte de bien,<br />

sache que Je t’ai accordé tout le bien. Car lorsque Je prive quelqu’un<br />

de tout cela, ça veut dire que Je lui ai privé de tout le bien».<br />

«nous lui adjoignîmes son frère Aaron comme Prophète» par un effet<br />

de la miséricorde de Dieu en exauçant sa prière quand il lui a demandé<br />

de le faire comme tel, en s’adressant au Seigneur: «Mon frère Aaron est<br />

plus éloquent que moi. Envoie-le avec moi pour me soutenir et attester la<br />

sincérité de mes paroles» [Coran XXVIII, 34], et Dieu l’exauça. A ce<br />

propos on a dit: «Dans toute l’histoire humaine la plus grande<br />

intercession qui fut exaucée était celle de Moïse quand il demanda au<br />

Seigneur d’avoir son frère Aaron à côté de lui comme Prophète».<br />

182


wa-dkur fî-l-kitâbi ’Ismâ‘îla ’innahû kâna sâdiqa-l-wa‘di wa kâna<br />

rasûlan-n-nabiyyan (54) wa kâna ya’muru ’ahlahû bi-s-salâti wa-z-zakâti<br />

wa kâna ‘inda rabbihî mardiyyan (55).<br />

Mentionne Ismaël dans le Livre. Il respectait la foi jurée. Ce fut un<br />

Prophète. (54) Il recommandait la prière et la charité aux siens. Il était<br />

l’élu de son Seigneur. (95).<br />

Dans ce verset Dieu fait l’éloge d’Ismaël fils d’Abraham - que Dieu<br />

les salue - et qui est le «père» des Arabes vivant d’abord à Hijaz. «Il<br />

respectait la foi jurée». Ibn Jouraïj a expliqué cela en disant que Ismaël<br />

n’a jamais fait une promesse à Dieu sans la tenir et l’exécuter. En<br />

d’autre termes tout ce qu’il a promis comme actes de dévotions et<br />

d’adoration, il s’en est acquitté à la perfection.<br />

Ainsi fut sa conduite à l’égard des mortels. Sahl Ben ‘Aqil a<br />

rapporté à ce propos qu’lsmaël donna un rendez-vous à un homme en<br />

lui fixant le lieu de rencontre: Ismaïl se rendit à ce rendez-vous mais<br />

l’autre l’oublia. Il demeura jusqu’au lendemain dans le même endroit<br />

lorsque l’homme se souvint et arriva. Il lui demanda: «Tu n’as jamais<br />

quitté ce lieu depuis hier?» Et Ismaël de répondre: «Jamais» - Je<br />

m’excuse, dit l’homme, j ’ai oublié. Ismaël lui répliqua: «Je ne compte<br />

jamais quitter ce lieu avant de te rencontrer». Voilà pourquoi Ismaël<br />

était sincère en ses promesses.<br />

Abou Daoud rapporte dans ses Sunan qu’Abdullah ben Abi Al-<br />

Hamsa' a dit: «J’avais fait un négoce avec l’Envoyé de Dieu -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue- avant le Message. Comme je lui devais encore<br />

une petite somme, je lui ai promis de la lui donner dans un endroit<br />

fixé. Je m’en suis rappelé après deux jours. En me rendant à ce lieu le<br />

troisième jour, je le trouvai attendant ma venue. Il me dit: «Jeune<br />

homme, tu m’as causé tant de peines, ça fait trois jours que j’attends».<br />

Certains exégètes ont dit qu'lsmaël avait acquis cette épithète<br />

parce qu’il avait dit à son père, le jour où celui-ci lui avoua qu’il allait<br />

183


l’égorger: «Fais ce qui t’est ordonné. Tu me trouveras patient, si Allah le<br />

veut» [Coran XXXVII, 102], et*il prouva qu’il était sincère en sa<br />

promesse, et ce fut l’une de ses bonnes qualités. Dieu, en critiquant<br />

ceux qui ne tiennent pas leurs promesses: «O croyants, pourquoi ne<br />

faites-vous pas ce que vous dites» [Coran LXI, 2],<br />

Le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Trois<br />

choses caractérisent l’hypocrite: quand il parle, il ment; quand il fait une<br />

promesse, il ne la tient pas, quand on lui confie une chose, il la trahit» (-<br />

Rapporté par Boukhari, Mouslim, Tirmidzi et N assaï d ’après Abou<br />

Houraira)(1) Ismaël fut un Messager et un Prophète, et il a acquis<br />

grâce à ces deux missions la supériorité sur son frère Isaac qui n’était<br />

qu’un Prophète.<br />

«Il recommandait la prière et la charité aux siens. Il était l’élu de son<br />

Seigneur». Ceci constitue un éloge, car Ismaël faisait montre de<br />

patience en s’acquittant de ses obligations envers Dieu, et en les<br />

recommandant aux siens. Car parfois l’acquittement d’un devoir<br />

prescrit exige de la patience. Il est cité à cet égard dans un hadith<br />

rapporté par Abou Houraira que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénissê<br />

et le salue- a dit: «Que Dieu fasse miséricorde à un homme qui se lève la<br />

nuit pour faire une prière nocturne et éveille sa femme. Si celle-ci refuse, il<br />

asperge son visage d ’eau. Que Dieu fasse aussi miséricorde à une femme<br />

qui se lève la nuit pour prier et éveille son mari. Si ce dernier refuse, elle<br />

asperge son visage d ’eau» (Rapporté par Abou Daoud et Ibn Maja»(2\<br />

Dans un autre hadith rapporté par Abou Houraira, l’Envoyé de<br />

Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Lorsque l’homme s’éveille<br />

la nuit pour prier et éveille sa femme, font tous les deux deux rak'ats,<br />

ils seront inscrits parmi ceux et celles qui invoquent souvent Dieu».<br />

(1) ¿r-fjt x . f - j lilj ti-ji-S* ¿j X j- lil (jJLJJ oîj ¿bl J_j— JL»<br />

• (¡¡Xr* -Uî-lj jJ— a'jj)<br />

(2) ¿ r * i j<br />

JJJI ^ C-Ii M<br />

.(4^-U J jb j sljj) «çlll ^1 ÙÜ C-Jüjij<br />

184


wa-dkur fî-l-kitâbi ’Idrîsa ’innahû kâna siddîqan-n-nabiyyan (56) wa<br />

rafa‘nâhu makânan ‘aliyyan (57).<br />

Mentionne Enoch dans le Livre. Ce fut un Prophète sincère. (56) Nous<br />

l’avons élevé à un rang insigne. (57).<br />

A propos d’Enoch (en arabe; Idris), il est cité dans le Sahih que<br />

l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-, lors du voyage<br />

nocturne et de son ascension au ciel, passa au quatrième ciel et y<br />

trouva Enoch. Il était un tailleur qui ne piquait un tissu avec une<br />

aiguille sans glorifier Dieu. Nul parmi les créatures sur terre ne venait<br />

au soir et avait accompli des œuvres bonnes plus qu’Enoch durant<br />

toute la journée. Moujahed a dit qu’Enoch-ldriss- ne mourut pas mais<br />

Dieu l’éleva vers Lui comme II a élevé - plut tard- Jésus. D’autres,<br />

comme Al Hassan, ont avancé que ce rang insigne n’était autre que le<br />

Paradis.<br />

’ûlâA’ika-l-ladîna ’an‘ama-L-Lâhu ‘alayhim mina-n-nabiyyîna min d<br />

urriyyati ’Adama wa mimman hamalnâ ma1^ Nûhin wa min durriyyati<br />

’Ibrâhîma wa ’IsrâA’îla wa mimman hadaynâ wajtabaynâA’idâ tutlâ ‘-<br />

alayhim ’ayâtu-r-Rahmâni harrû sujjadan wa bukiyyan (58).<br />

Voilà les Prophètes qu’Allah a comblés de ses faveurs parmi les<br />

descendants d’Adam. Ils descendent des rescapés de l’arche de Noé, de la<br />

postérité d’Abraham et d’Israël. Ils sont de ceux que nous avons dirigés et<br />

choisis. Lorsqu’on leur récite les versets de leur Seigneur, ils se prosternent<br />

à terre en pleurant. (58).<br />

Ces Prophètes cités dans cette sourate n’étaient pas les seuls<br />

dont Dieu avait comblés de Ses grâces. Si nous devons interpréter<br />

littéralement le verset précité, nous nous limitons à ceux-ci: Enoch-


Idris-de la postérité d’Adam; Abraham de celle de Noé; Isaac, Jacob<br />

(Israël) et Ismaël de celle d’Abraham; enfin Moïse, Aaron, Zacharie,<br />

Jean (Yahia) et Jésus de la descendance de Jacob. A savoir qu’ils<br />

descendent tous d’Adam, et qu’Enoch était le grand père de Noé selon<br />

les dires d’Ibn Jarir.<br />

Il est cité dans le Sahih de Boukhari que Moujahed demanda à<br />

Ibn Abbas: «Y a-t-il dans la sourate de Sad un verset qui exige une<br />

prosternation?» - Oui, répondit-il, puis il récita: «Ce sont ceux-là<br />

qu’Allah a mis dans la bonne voie. Modèle ta conduite sur la leur» [Coran<br />

VI, 90] et poursuivit: «Votre Prophète fut parmi ceux qu’on doit se<br />

diriger d’après sa conduite, et David était aussi l’un d’eux».<br />

«Lorsqu’on leur récite les versets de leur Seigneur, ils se prosternent à<br />

terre en pleurant» car dans ces versets qui sont les paroles de Dieu on<br />

y trouve les arguments et les signes évidents et on doit se prosterner<br />

par soumission et reconnaissance des bienfaits que le Seigneur a<br />

accordés aux hommes. Donc cette prosternation selon les ulémas est<br />

d’obligaiton pour suivre et imiter ces Prophètes. A ce propos Soufiane<br />

Al-Thawri rapporte qu’Omar Ben Al-Khattab récita ce verset, se<br />

prosterna et dit: «C’est la posternation, mais comment faire pour<br />

pleurer?».<br />

fahalafa mim ba'dihim halfun ’adâ‘û-s-salâta wa-t-taba‘u-s-sahawâti<br />

fasawfa yalqawna gayyan (59) ’illâ man tâba wa ’âAmana wa ‘amila<br />

sâlihan fa’ûla’ika yadhulûna-l-jannata walâ yuzlamûna say’an (60).<br />

D’autres générations les suivirent. Elles délaissèrent la prière pour<br />

s’abandonner à leurs penchants. Un triste destin leur est réservé. (59)<br />

Exception sera faite pour ceux qui, repentants, feront acte de croyants et<br />

pratiqueront les bonnes œuvres. Pour ceux-là, ils entreront en Paradis et<br />

leurs moindres actes leur seront comptés. (60).<br />

186


Après avoir mentionné les Prophètes -que la paix de Dieu soit sur<br />

eux- et ceux qui les ont suivis en observant les prescriptions et<br />

obtempérant aux ordres, Dieu parle des générations qui ont délaissé la<br />

prière et suivi leurs passions. Ceux-là qui sont satisfatis de la vie de ce<br />

monde et y trouvent la tranquillité, seront les perdants au jour de la<br />

résurrection.<br />

Quant à la négligence de la prière, s’agit-il d’un délaissement<br />

total? Les opinions ont divergé:<br />

, Il s’avère des différents avis des ulémas, les anciens et les<br />

contemporains, de Mouhammad Ben Ka'b Al-Qouradhi et Ibn Jarir que<br />

c’est le délaissement total. Ahmed, quant à lui s’est référé à ce hadith:<br />

«Rien que la négligence de la prière qui fait d’un homme un<br />

polythéiste». Donc, d’après lui, cet homme est considéré comme un<br />

mécréant.<br />

Al-Awza'i, de sa part, a avancé qu’il est question de la négligence<br />

en n’observant pas ses heures marquées. Quant à son délaissement<br />

total il est une incrédulité.<br />

On a dit à Ibn Mass'oud: «Dieu parle souvent de la prière dans le<br />

Coran, Il dit par exemple: «Qui néglige de faire la prière» [Coran CVII,<br />

5]; «ceux qui sont constants dans leur prière» [Coran CVII, 5]; «ceux qui<br />

sont constants dans leur prière» [Coran LXX, 23] et: «Qui prient<br />

consciemment» [Coran XXIII, 9]. Il répondit: «Il s’agit de ceux qui<br />

observent la prière et l’accomplissent dans leurs heures marquées. -<br />

Nous croyons que ceci concerne le délaissement? - Ce sera alors une<br />

incrédulité.<br />

Masrouq a dit: «Quiconque observe les cinq prières ne sera pas<br />

inscrit parmi les insouciants. Quant à celui qui les retarde, sans une<br />

excuse valable, courra à sa perdition».<br />

Ibn Jarir, en commentant ce verset: «D’autres générations les<br />

suivirent. Elles délaissèrent la prière pour s’abandonner à leurs penchants»<br />

a dit: «Ce sont des gens de cette communauté et d’autres qui<br />

commettront l’adultère au grand jour et dans les rues à la façon des<br />

bêtes, ne craindront plus le Seigneur qui est au ciel et n’auront plus<br />

honte des hommes».<br />

187


Ka'b Al-Ahbar, en commentant le même verset, a dit: «Par Dieu je<br />

trouve dans le Livre de Dieu le comportement et les qualités des<br />

hypocrites: «Ceux qui s’adonnent aux boissons alcooliques, négligent<br />

la prière, pratiquent le jeu du hasard, ne se lèvent pas la nuit pour<br />

prier, font la grasse matinée et se séparent de la communauté».<br />

Abou Al-Achhab a dit: «Dieu révéla à Son Prophète David -que la<br />

paix soit avec lui-ceci: «O David! Avertis et mets en garde tes<br />

compagnons contre la persévérance dans l’assouvissement des<br />

passions, car ceux dont le cœur s’attache aux plaisirs de ce monde ne<br />

pensent guère à Moi. Il m’est très facile de priver de Mon obéissance<br />

quiconque s’adonne à ses plaisirs et suit ses penchants».<br />

Quant au terme «Ghay L l_p cité dans le verset précité, plusieurs<br />

interprétations ont été données à son sujet:<br />

- Ibn Abbas: C’est la perdition.<br />

- Qatada: Tout le mal.<br />

- Ibn Mass’oud et Abou ‘Atad: C’est une vallée à l’Enfer pleine du<br />

sang et de pus.<br />

«Exception sera faite pour ceux qui, repentants, feront actes de<br />

croyants...» C’est à dire ceux qui reviennent à Dieu repentants pour<br />

reprendre leurs prières avec assiduité en délaissant leurs penchants.<br />

Ceux-là, Dieu accepte leur repentir, amende leur fin et les fera parmi<br />

les héritiers du Paradis. «Ils entreront en Paradis et leurs moindres actes<br />

leur seront comptés» Car le repentir fera absoudre les péchés. Tout acte<br />

de bien sera récompensé et nul ne sera lésé. Tell est l’une des grâces<br />

du Miséricordieux.<br />

jannâti ‘adnin-i-l-latî wa'ada-r-Rahmânu ‘ibâdahû bi-l-gaybi ’innahû<br />

kâna wa'duhû ma’tiyyan (61) lâ yasma'ûna fïhâ lagwan ’illâ salâman wa<br />

188


lahum rizquhum fïhâ bukratan wa ‘asiyyan (62) tilka-l-jannatu-l-latî<br />

nûritu min ‘ibâdinâ man kâna taqiyyan (63).<br />

Ce paradis sera l’Éden promis par le Miséricordieux à Ses fidèles. Les<br />

promesses d’Allah se réalisent toujours. (61) Les bienheureux n’y entendent<br />

aucun propos frivole, mais de paisibles hommes. Leur nourriture y sera<br />

assurée matin et soir. (62) Tel est le Paradis que nous donnerons en<br />

héritage à ceux d’entre nos serviteurs qui nous craignent. (63).<br />

Dieu a promis les jardins d’Eden à ceux qui reviennent à Lui<br />

repentants et croient au Mystère, tout ce qui est invisible et celà à<br />

cause de la fermeté de leur foi, les promesses de Dieu s’accompliront<br />

toujours.<br />

Dans ces jardins les fidèles n’entendront plus de paroles futiles<br />

mais toujours le mot: «Paix» comme II a dit ailleurs: «Us n’entendront ni<br />

propos futiles ni propos obscènes. Seuls retentiront les mots: «Paix. Paix»<br />

[Coran LVI, 25-26] L’expression «Leur nourriture y sera assurée matin et<br />

soir» ne signifie pas qu'au Paradis il y aura jour et nuit, mais des<br />

lumières et des éclats, ils y mangeront à discrétion.<br />

A ce propos Abou Houraira rapporte que l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Le permier groupe qui entrera au<br />

Paradis aura l ’éclat de la lune quand elle est pleine. Ils n’y cracheront pas,<br />

ne moucheront pas et n’iront pas aux selles. Leurs vases seront en or, leurs<br />

peignes en or et argent, l’aloès brûlera dans leurs cassolets, et leur sueur<br />

sera du musc. Chacun aura deux épouses, elles sont tellement belles qu’on<br />

pourra voir la moelle des os de chacune d ’elles à travers la chair de ses<br />

jambes. Ils ne connaîtront ni discorde ni haine, leurs cœurs seront comme<br />

un seul cœur, ils glorifieront Dieu matin et soir» (Rapporté par Boukhari<br />

Mouslim et A h m ed/1).<br />

5 ¿:.it i ù ^ ¡ j elfe* C)j )o ?*-±Z î LÿJ<br />

frljj ¿ y<br />

ç la t S j i<br />

îL-i^c-j «¿1)1 J^-j s-J-* j-L»<br />

. ( i f i j i j A i j j j * ^ > \ -Lo-I sljjj<br />

189


Al-W alid Ben Aslam a dit: «J’ai demandé à Zouhaïr Ben<br />

Mouhammad le sens du verset: «Leur nourriture y sera assurée matin et<br />

soir», il me répondit: «Il n’y aura plus de nuit au Paradis, les habitants<br />

y vivront dans une lumière permanente. Mais ils connaîtront les durées<br />

du jour ou de la nuit par l’enlèvement et l’abaissement du voile et la<br />

fermeture et l’ouverture des portes».<br />

Ces jardins avec tous leurs splendeurs et félicités seront donnés<br />

en héritage aux saints serviteurs de Dieu, qui Lui obéissent, aussi bien<br />

dans l’aisance que dans l’indigence, qui maîtrisent leur colère, qui<br />

pardonnent aux autres et qui craignent Dieu. «Ce sont eux les héritiers<br />

indiscutables, auxquels échoira le Paradis pour l’éternité» [Coran XXIII,<br />

10- 11],<br />

wamâ natanazzalu ’illâ bi ’amri rabbika lahû mâ bayna ’aydinâ wamâ<br />

halfanâ wamâ bayna dâlika wamâ kâna rabbuka nasiyyan (64) rabbu-ssamâwâti<br />

wa-l-’ardi wamâ baynahumâ fa'budhu wastabir li‘ibâdatihî hal<br />

tal‘lam lahû samiyyan (65).<br />

Nous ne descendons du ciel que sur l’ordre de ton Seigneur. Il est le<br />

seul maître du présent, du passé et de l’avenir. Il n’omet jamais rien. (64) Il<br />

est le maître des cieux et de la terre et de l’espace qui les sépare. Adore-Le<br />

avec persévérance. Connais-tu quelque divinité qui l’égale. (65).<br />

Ibn Abbas rapporte que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- demanda à Gabriel: «Pourquoi ne nous visites-tu pas souvent?»<br />

Alors ce verset fut révélé comme réponse: «Nous ne descendons du ciel<br />

que sur l’ordre de ton Seigneur » Il Lui appartient ce qui est devant<br />

nous, ce qui et derrière nous et ce qui se trouve entre les deux.<br />

D’après Ikrima, Moujahed et As-Souddy: «Tout ce qui a eu lieu des<br />

temps passés et ce qu’il y aura jusqu’à la fin du monde» «Il n’omet<br />

jamais rien» et n’oublie quoi que ce soit.<br />

190


Abou Ad-Darda‘ a rapporté ce hadith qu’il le remonte à l’Envoyé<br />

de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-. Il a dit: «Tout ce que Dieu a<br />

permis dans Son Livre est licite, et tout ce qu’il a interdit est illicite.<br />

Tout ce que sur quoi II s'est tû est un salut pour vous, acceptez-le et<br />

sachez que Dieu n’oublie jamais rien».<br />

Certes Dieu est le créateur et le Maître des cieux et de la terre et<br />

de ce qui les sépare, Lui connaissez-vous un homonyme? Lui<br />

reconnaissez-vous un égal?. Ibn Abbas a dit: «Connaissez-vous<br />

quelqu’un qui s’appelle le Miséricordieux autre que Lui?».<br />

wa yaqûlu-l-’insânu ’a’idâ mâ mittu lasawfa ’uhraju hayyan (66) ’awalâ<br />

yadkuru-l-’insânu ’annâ halqnâhu min qablu wa yaku say’an (67)<br />

fawarabbika lanahsurannahum wa-s-saÿatîna tumma lanuhdirannahum<br />

hawla jahannama jitiyyan (68) tumma lananzi‘anna min kulli si‘atin<br />

ayyuhum ’asaddu ‘alâ-r-Rahmâni ‘itiyyan (69) tumma lanahnu ’a‘lamu<br />

bi-l-ladîna hum ’awlâ bihâ siliyyan (70).<br />

L’homme dit: «Une fois mort, vais-je revivre à nouveau?» (66) Ne se<br />

rappelle-t-il pas, cet homme, que nous l’avons créé une première fois et que<br />

nous l’avons tiré du néant? (67) Je jure que je rassemblerai les hommes et<br />

les génies et que je les ferai agenouiller devant l’enfer. (68) Puis je tirerai<br />

de chaque secte ceux qui se seront montrés les plus irréductibles envers le<br />

Miséricordieux. (69) Nous connaissons mieux que personne ceux qui<br />

encourent l’enfer. (70).<br />

L’homme s’étonne comment il sera sorti de la tombe vivant une<br />

fois réduit en poussière, puis ramené à la vie! Dieu, en confirmation de<br />

cette résurrection, n’a-t-ll pas dit: «Si quelque chose est étonnant, c’est<br />

bien les propos de certains: «Comment, disent-ils c’est au moment même<br />

que nous tombons en poussière que nous recommençons une nouvelle vie» [-<br />

191


Coran XIII,5] et: «L’homme oublie-t-il que nous l’avons créé d’une goutte<br />

de sperme? Le voilà qui se dresse en véritable adversaire oubliant sa propre<br />

origine, il nous pose des questions de ce genre: «qui peut ranimer les os<br />

tombés en poussière?» [Coran XXXVI, 77-78]. En réponse aussi à la<br />

question de cet homme, Dieu lui fait connaître que le<br />

recommencement de la création est une chose qui Lui est très facile:<br />

«C’est Lui qui fait renaître la création. Il Lui est encore plus facile de la<br />

faire renaître» [Coran XXX, 27],<br />

A cet égard il est cité dans le Sahih que PEnvoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Dieu le Très Haut a dit: «Le fils<br />

d ’Adam m ’a accusé de mensonge sans avoir le droit de le faire. Il m ’a nui<br />

sans avoir le droit de le faire. Il m ’a accusé de mensonge en disant: «Dieu<br />

ne me fera pas renaître comme II m ’a créé», or la permière création n’était<br />

pas plus facile pour moi que son recommencement. Quant à sa nuisance,<br />

elle consiste à dire: «Dieu s ’est donné un enfant»; or Je suis l ’Unique,<br />

l ’impénétrable, et Je ne suis pas engendré, Je n ’engendre pas et nul ne<br />

m ’est égal» (Rapportépar Boukhari)(1).<br />

«Je jure que je rassemblerai les hommes et les génies» Dieu a juré par<br />

Sa propore et Noble personne qu’il rassemblera les hommes et leurs<br />

démons qui les adoraient en dehors de Lui. Ils seront agenouillés<br />

autour de la Géhenne, et de chaque groupe II extraira d’abord ceux qui<br />

étaient les plus obstinés contre Lui, le Miséricordieux, puis les moins et<br />

ainsi de suite jusqu’à ce que leur nombre soit complet. Quand ces<br />

générations d’infidèles se seront toutes rejointes en enfer: «la dernière,<br />

montrant la précédente, dira: «Seigneur, voilà les gens qui nous ont égarés.<br />

Double-leur le supplice du feu» [Coran VII, 38], et Dieu de répondre:<br />

nous connaissons parfaitement ceux qui méritent plus d’y brûler, et<br />

ceux qui méritent un double supplice.<br />

l*Jj jUL^ (_£JUI LjIj Lüj Ol stil Ulj i i j ^ \ ¿¿A s-<br />

192


wa ’in minkum ’illâ wâriduhâ kâna ‘alâ rabbika hatmam-maqdiyyan (71)<br />

tumma nunajjî-l-ladîna-t-taqaw wa nadaru-z-zâlimîna fîhâ jitiyyan (72).<br />

Ceux-là seront tous précipités sans exception. La décision est arrêtée<br />

irrévocablement par ton Seigneur. (71) Je sauverai ensuite les soumis et Je<br />

laisserai les méchants agenouillés dans l’enfer. (72).<br />

Cette précipitation en enfer -ou l’arrivée auprès de lui-a suscité<br />

une divergence dans les opinions dont nous allons montrer ci-après<br />

comment les ulémas ont avancé leurs interprétations:<br />

L’imam Ahmed rapporte qu’Abou Samia a dit: «En discutant la<br />

question de la précipitation, certains ont dit que les croyants n’y<br />

entreront plus, et d’autres ont répondu que tous les hommes y seront<br />

précipités sans exception, puis Dieu sauvera ceux qui ont auront cru.<br />

Je rencontrai Jaber Ben Abdullah et, en lui posant la même question il<br />

répondit: «Tous sans exception». Puis il boucha ses oreilles de ses<br />

mains et poursuivit: «Que Dieu me frappe de surdité si je n’avais pas<br />

entendu l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- dire: «Aussi<br />

bien les pieux que les pervers entreront en Enfer qui, pour les<br />

premiers, sera paix et fraîcheur comme le feu était pour Abraham.<br />

Même un grand bruit sera entendu en Enfer à cause de cette<br />

fraîcheur. Puis Dieu en fera sortir les croyants et y laissera les<br />

prévaricateurs agenouillés».<br />

- Qaïs Ben Abi Hazem raconte: «Mettant sa tête dans le giron de<br />

sa femme, Abdullah Ben Abi Rawaha pleura et sa femme fit de même.<br />

Il lui demanda: «Pourquoi pleures-tu?» Et elle de répondre: «Je t’ai vu<br />

pleurer et j’ai pleuré à mon tour». Il répliqua: «Je pleure parce que je<br />

me rappelle des dires de Dieu: «Ceux-là seront tous précipités sans<br />

exception» Je ne sais pas si je serai sauvé ou non».<br />

- Abou Ishaq rapporte: «Lorsque Abou Maysara voulait se<br />

coucher, il disait souvent: «Que ma mère ne m’eût pas enfanté» et<br />

pleurait. On lui demanda: «Pourquoi pleures-tu ô Abou Maysara?». Il


épondit: «Ce verset nous annonce que nous serons précipités en<br />

Enfer mais il ne nous affirme pas que nous en serons sauvés!».<br />

- Abdullah ben Mass'oud rapporte que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue- en commentant le verset précité- à dit: «Tous<br />

les hommes y seront précipités, puis ils en seront sauvés grâce à leurs<br />

œuvres.<br />

- Dans une autre version, Abdullah Ben Mass'oud a dit: «Les<br />

hommes seront tous retenus sur le pont (Sirat) autour de la Géhenne,<br />

puis ils seront sauvés en fonction de leurs œuvres: II y aura ceux qui<br />

traverseront le pont à la vitesse de l’éclair, d'autres à la vitesse du<br />

vent, d’autres comme un vol d’oiseau, d’autres à la vitesse de chevaux<br />

de races ou de chameaux, d’autres à la vitesse de la course de<br />

l’homme, et leur dernier aura une lumière qui ne dépassera pas les<br />

pouces de ses orteils, il glissera et tombera. Ce pont est une glissade<br />

munie des arêtes, sur les deux bords se trouveront des anges tenant<br />

des crampons en feu par lesquels ils saisiront les hommes».<br />

- Oum Moubachir la femme de Zaïd Ben Haritha rapporte que<br />

l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- se trouvait dans<br />

l’appartement de Hafsa quand je l’ai entendu dire: «Quiconque a<br />

participé à la bataille de Badr et a prêté serment d’allégeance le jour<br />

de Houdaybya, n’entrera plus en Enfer». Hafsa lui dit: «Dieu n’a-t-ll<br />

pas dit: «Ceux-là seront tous précipités sans exception». Il lui répondit: «-<br />

Mais II a dit à la suite: «Je sauverai ensuite les soumis».<br />

Une fois les hommes auront passé sur le pont à une vitesse qui<br />

sera proportionnelle à leurs œuvres, les autres tomberont en Enfer.<br />

Puis les anges, les Prophètes et les croyants intercéderont en faveur<br />

des (autres croyants) qui auront commis des grands péchés dans le<br />

bas monde, et, grâce à cette intercession, une grande foule sortira du<br />

Feu calcinée sauf la partie du visage qui sera marquée par les traces<br />

des prosternations. Seuls resteront en Enfer ceux qui y seront voués<br />

pour l’éternité.<br />

194


wa ’idâ tutlâ ‘alayhim ’ayâtunâ bayyinâtin qâla-l-ladîna kafarû li-l-lad<br />

îna 'a mantî ’ayyu-l-farîqayni hayrum maqâman wa ’ahsanu nadiyyan<br />

(73) wakam ’ahlaknâ qablahum min qarnin hum ’ahsanu ’atâtan wa<br />

ri’yan (74).<br />

Quand on récite nos versets aux infidèles, ils disent à ceux qui croient:<br />

Qui des croyants ou des incroyants occupe le rang le plus élevé, qui<br />

représente la meilleure société? (73) Que de générations n’avons-nous pas<br />

anéanties avant eux et qui cependant les surpassaient en confort et en luxe?<br />

(74).<br />

En entendant les versets de Dieu récités, qui renferment les<br />

signes et les preuves évidents, les impies s’en détournent en<br />

s’enorgueillissant prétendant que leur religion est meilleure, et qu’ils<br />

jouissent du meilleur séjour et de la meilleure compagnie. En d’autres<br />

termes ils vivent dans des demeures plus luxueuses, occupent des<br />

rangs plus élevés et fréquentent la meilleure société. Dieu a dit<br />

ailleurs: «Les incrédules disent à propos des croyants: «Si ce Coran avait<br />

vraiment une valeur, nous l’aurions adopté avant eux» [Coran XLVI, 11].<br />

En réponse à leur présomption, Dieu dit: «Que de générations<br />

n’avons-nous pas anéanties avant eux» ceux qui ont renié les signes «et<br />

qui cependant les surpassaient en confort et en luxe». Ceux-là étaient<br />

meilleurs qu’eux, vivaient dan l’opulence, et: «Combien de jardins et de<br />

sources n’ont-ils pas laissés! Que de plantations et de magnifiques<br />

demeures!» [Coran XLIV, 25-26]. Tout cela ne leur servait à rien et<br />

furent anéanits.<br />

l* ] ^ J \ j U 4Î Ô * js<br />

(Svp Il4 ’¿ \j 662 %\3\ Càxà\<br />

qui man kâna fî-d-dalâlati falyamdud lahu-r-Rahmânu maddan hatta<br />

’idâ mâ ra’aw mâ yu‘adûna ’immâ-l-‘ad âba wa ’immâ-s-sâ‘ata<br />

fasayaiamûma man huwa sarrum makânan wa ’ad‘afu jundan (75).


Dis: Les égarés, le Miséricordieux continuera à les laisser jouir,<br />

jusqu’au moment où ils verront se réaliser ses menaces soit sur terre, soit<br />

au jour du jugement dernier. Ils apprendront alors qui des fidèles ou des<br />

infidèles a le plus mauvais sort et le moins de puissance. (75).<br />

Dieu ordonne à Son Prophète de dire à ces idolâtres, ceux qui<br />

prétendent être dans le vrai et les autres dans l’erreur: Que Dieu<br />

prolonge un peu la vie aux uns et aux autres jusqu’à ce qu’ils<br />

considèrent enfin soit le châtiment qui leur sera infligé, soit l’Heure<br />

dont ils sont menacés qui surviendra. Ils sauront alors qui sera dans la<br />

pire des situations, sera l’impuissant et le plus faible.<br />

wa yazîdu-L-Lâhu-l-lad îna-htadaw hudan wa-l-bâqiyatu-s-sâlihâtu<br />

hayrun ‘inda rabbika tawâban wa hayrum maraddan (76).<br />

Allah raffirmera encore dans la bonne voie ceux qui y sont déjà. Les<br />

bonnes œuvres ne sont jamais perdues pour ton Seigneur. Elles trouvent<br />

auprès de Lui la plus belle et la plus avantageuse récompense. (76).<br />

Si Dieu laisse les égarés dans leur égarement, Il accroit la<br />

rectitude et la foi de ceux qui suivent le droit chemin. Il a dit ailleurs:<br />

«Quand une nouvelle sourate est révélée, il en est qui disent: «Duquel<br />

d’entre vous cette sourate a augmenté la foi» [Coran IX, 124].<br />

Quant aux bonnes œuvres impérissables, Dieu ne perdra jamais<br />

la récompense à ceux qui les auront accomplies. A ce propos, Abou<br />

Salama Ben Abdul Rahman raconte: «Un jour, l ’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- s ’assit parmi nous, prit un petit bâton duquel<br />

il enleva les feuilles et dit: «Dire: «Il n’y a d’autre divinité que Dieu, Dieu<br />

est Grand, Gloire à Dieu et louange à Dieu», ces paroles feront effacer les<br />

fautes comme le vent qui défeuille un arbre. Retiens-les ô Abou Ad-Darda',<br />

avant qu’un empêchement quelconque n’intervienne. Elles sont les œuvres<br />

impérissables et font partie des trésors du Paradis». Plus tard, Abou Ad-<br />

Darda', en se rappelant de ce hadith disait: «Je ne cesserai de proclamer<br />

196


l ’unicité de Dieu, sa grandeur et sa gloire même si un tel ignorant me<br />

prendra pour un fou» (Rapporté par Ibn Ma.ja)(,).<br />

’afara’ayta-l-ladî kafara bi’âAyâtinâ wa qâla la’ûtayanna mâlan wa<br />

waladan (77) ’attala‘a-l-gayba ’am-i-ttahad a ‘inda-r-Rahmâni ‘ahdan<br />

(78) kallâ sanaktubu mâ yaqûlu wa namuddu lahû mina-l-‘ad âbi<br />

maddan (79) wanarituhû mâ yaqûlu wa ya’tînâ fardan (80).<br />

Tu n’es pas sans avoir rencontré ces gens qui, ayant nié nos signes,<br />

disent: «J’aurai malgré tout richesses et enfants» (77) Pour être aussi<br />

catégoriques, sans doute, connaissent-ils l’avenir ou bien détiennent-ils<br />

ferme une promesse d’Allah? (78) Que non pas. Nous prenons acte de tels<br />

propos et leur châtiment ne sera que plus rigoureux (79) Ses richesses et<br />

ses enfants, c’est nous qui en hériterons. Quant à lui, ü comparaîtra devant<br />

nous, aussi. (80).<br />

L’imam Ahmed rapporte que Khabbab Ben Al-Arat a raconté: «Un<br />

artisan avait une dette sur Al-‘As Ben Waèl. Un jour j’allai chez lui pour<br />

la récupérer, il me répondit: «Non par Dieu, je ne te la donne avant de<br />

mécroire en Mouhammad» - Non par Dieu, répliquai-je, je ne le ferai<br />

jusqu’à ce que tu sois mort et ressuscité. Il rétorqua: «Viens donc<br />

après ma mort et ma résurrection pour la récupérer, car alors, j’aurai<br />

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197


des biens et des enfants». Dieu à cette occasion fit cette révélation.<br />

«Tu n’es pas sans avoir rencontré...».<br />

Quant à Ibn Abbas, sa version fu t la suivante: «Certains<br />

compagnons de l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salueavaient<br />

une dette sur AI-'As Ben Waël. Comme ils allèrent chez lui<br />

pour la récupérer, il leur répondit: «Ne dites-vous pas qu’au Paradis il<br />

y a aura d’or, d’argent, de soie et de tous les fruits?» - Certes oui,<br />

répliquèrent-ils. - Donc, reprit-il, notre rendez-vous sera la vie future.<br />

Par Dieu, j’aurai des biens et des enfants ainsi on m’y révélera un livre<br />

comme le vôtre». Dieu alors fit descendre ce verset.<br />

«Connaissent-ils l’avenir» une question sous forme de blâme, en<br />

disant que «j’aurai malgré tout richesses et enfants» au jour de la<br />

résurrection. Cet homme ose-t-il jurer par Dieu ou bien lui et ses<br />

semblables «détiennent-ils ferme une promesse d’Allah» Ou suivant une<br />

autre interprétation «Ont-ils pris un engagement auprès de Dieu», cet<br />

engagement qui est, d’après Ibn Abbas, l’attestion qu’il n’y a d’autre<br />

divinité que Dieu, en espérant être récompensés une fois prononcée.<br />

«Que non pas» fut la réponse de Dieu «nous prenons acte de tels propos»<br />

et de ses souhaits qu’il a formulés du moment qu’il a renié le<br />

Seigneur, car le «châtiment ne sera que plus rigoureux» et sera prolongé<br />

longtemps. Dieu héritera de cet homme tout ce qu’il aura possédé<br />

dans le bas monde comme richesses et enfants et «il comparaîtra<br />

devant nous seul» dans l’au-delà.<br />

wa-t-tahadû min dûni-L-Lâhi ’a lihata-l-liyakûnû lahum ‘izzan (81) kallâ<br />

sayakfurûna bi ‘ibâdatihim wa yakûnûna ‘alayhim diddan (82) ’alam tara<br />

’anna ’arsalnâ-s-sayâtîna ‘alâ-l-kâfirîna ta’uzzuhum ’azzan (83) falâ ta‘jal<br />

‘alayhim ’innamâ na'uddu lahum ‘addan (84).<br />

S’ils se donnent d’autres divinités qu’Allah, c’est dans l’espoir<br />

198


d’accroitre leurs appuis. (81) Quelle erreur! Ces divinités renieront leurs<br />

adorateurs et se retourneront même contre eux (82) Ne vois-tu pas que<br />

nous envoyons des démons auprès des infidèles pour attiser leur révolte?<br />

(83) Ne t’emporte pas contre eux. Nous réglerons leur compte en son<br />

temps. (84).<br />

Ces polythéistes qui adorent des divinités en dehors de Dieu,<br />

pensent les prendre pour une puissance et secoureurs, ils se trompent,<br />

car jamais de ça, dans la vie future elles «renieront leurs adorateurs et<br />

se retourneront même contre eux». D’ailleurs Dieu a confirmé cela<br />

quand II a dit dans un autre verset: «Lorsque les hommes seront<br />

rassemblés, les idoles se révéleront leurs ennemis et renieront les cultes<br />

qu’on leur aura voués» [Coran XLVI, 6], Quatada a commenté cela en<br />

disant: «Ces divinités et leurs adorateurs seront précipités tous en<br />

Enfer où les uns maudiront et renieront les autres».<br />

Quant à l’envoi des démons auprès des incrédules, le but fut<br />

interprété de différentes façons en les résumant ainsi: pour attiser leur<br />

révolte, pour les exciter au mal, pour les inciter contre Mouhammad -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- et ses compagnons et enfin pour<br />

accroître leur aberration.<br />

Puis Dieu dit à Mouhammd: «Ne t’emporte pas contre eux» ou ne<br />

hâte pas de les combattre «Nous réglerons leur compte en son temps». Si<br />

on leur accorde un répit, c’est que nous les prendrons pour leurs<br />

péchés et subiront le châtiment qui leur est réservé. Dieu a dit ailleurs:<br />

«Accorde un répit aux incrédules. Accorde-leur un court répit» [Coran<br />

LXXXVI, 17] et «Le délai que nous leur accordons augmentera leurs<br />

péchés» [Coran III, 178]. Tôt au tard, ils seront infligés d’un châtiment<br />

exemplaire.<br />

yawma nahsuru-l-muttaqîna ’ilâ-r-Rahmâni wafdan (85) wa nasûqu-1-<br />

mujrimîna ’ilâ jahannama wirdan (86) lâ yamlikûna-s-safâ‘ata ’illâ man-ittahada<br />

‘inda-r-Rahmâni ‘ahdan (87).<br />

199


Le jour où nous appellerons les fidèles à comparaître en grand pompe<br />

devant le Miséricordieux. (85) Le jour où nous pousserons les criminels en<br />

troupeau dans l’enfer. (86) Nul ne pourra intercéder auprès d’Allah s’il n’a<br />

acquis un titre auprès du Miséricordieux. (87).<br />

Les fidèles qui auront craint Dieu, suivi ses Prophètes, tenu pour<br />

véridiques les messages que ces derniers ont apportés, obéi aux<br />

ordres de leur Seigneur en s’interdisant de tout ce qu’il a prohibé,<br />

ceux-là seront rassemblés auprès de leur Seigneur en grand pompe<br />

ou comme invités de marque. Ils seront telle une députation, montés<br />

sur des chamelles en lumière pour être reçus dans les demeures de<br />

l’honneur et de la haute considération.<br />

Quant aux incrédules qui se seront révoltés contre leurs Prophètes<br />

et les auront traités de menteurs, ils seront poussés vers l’enfer tels de<br />

troupeaux conduits vers l’abreuvoir.<br />

En commentant le verset: «Le jour où nous appellerons les fidèles...»<br />

Ibn Marzouq a dit: «Lors de sa sortie de la tombe le croyant verra un<br />

être d’un aspect resplendissant et d’une odeur très agréable. Il lui<br />

demandera: «Qui es-tu?». L’autre de répondre: «Ne m’as-tu pas<br />

reconnu?» - Non, mais Dieu t’a donné un très beau visage et une<br />

odeur très agréable. - Je suis tes bonnes actions que tu as commises<br />

dans le bas monde. Tellement j’étais à ta charge dans ta vie, viens et<br />

monte sur mon dos.<br />

Ibn An-Nou‘man, quant à lui, a raconté: «Etant assis chez Ali -que<br />

Dieu l’agrée- il récita: «Le jour où nous appellerons les fidèles à<br />

comparaître...» et dit: «Non par Dieu, ce n’est pas debout sur leurs<br />

pieds qu’ils seront rassemblés, mais plutôt sur des chamelles qu’on n’a<br />

jamais vu de pareilles, dont leurs selles seront en or. Ils les monteront<br />

jusqu’à leur arrivée devant les portes du Paradis qui leur seront<br />

ouvertes».<br />

Les criminels tels des bêtes assoiffées conduites vers l’abreuvoir,<br />

n’auront aucun intercesseur, à l’inverse des croyants dont l’un<br />

intercédera en faveur de l’autre. Dieu a dit à leur propos dans un autre<br />

verset: «Les méchants ne trouveront aucun ami ni intercesseur influent» [-<br />

Coran XL, 18].<br />

200


«.. S’il n’a acquis un titre auprès du Miséricordieux» Que signifie ce<br />

«titre?» ou «engagement?» Ibn Abbas de répondre: «li est le<br />

témoignage qu’il n’y a d’autre divinité que Dieu» en avouant aussi qu’il<br />

n’y a ni puissance ni force qu’en Dieu et n’invoque autre que lui.<br />

Quant à Abdullah Ben Mass'oud, il a dit: «Au jour de la<br />

résurrection, Dieu dira aux hommes: «Quiconque aura pris un<br />

engagement auprès de Moi, qu’il se lève». On lui dit: «O Abdul<br />

Rahman, comment on doit prendre cet engagement?» Il répondit:<br />

«Dites: Grand Dieu, créateur des deux et de la terre, Toi qui connais<br />

ce qui est caché et ce qui est apparent, je m’engage auprès de Toi<br />

que, si tu me confies à moi-même, fais que toutes mes œuvres me<br />

rapprochent du bien et m’éloignent du mal. Car je n’ai confiance qu’en<br />

Ta miséricorde. Conclue avec moi une alliance que Tu T’en acquitteras<br />

envers moi au jour de la résurrection, Tu ne manques jamais à Tes<br />

promesses».<br />

wa qâlû-t-tahada-r-Rahmânu waladan (88) laqad ji’tum say’an ’iddan<br />

(89) takâdu-s-samâwâtu yatafattarna minhu wa tansaqqu-l-’ardu wa<br />

tahirru-1-jibâlu haddan (90) ’an da‘aw li-r-Rahmâni waladan (91) wamâ<br />

yambagî li-r-Rahmâni ’ay-yattahida waladan (92) ’in kullu man fî-ssamâwâti<br />

wa-l-’ardi ’ilia *a tî-r-Rahmâni ‘abdan (93) laqad ’ahsâhum wa<br />

‘addahum ‘addan (94) wa kulluhum *a tîhi yawma-l-qiyâmati fardan (95).<br />

Ils disent: «Le Miséricordieux s’est donné un enfant». (88) «Vous avez<br />

proféré là un blasphème monstrueux» (89) A ces mots, les cieux ont failli<br />

s’entrouvrir, la terre se fendre, les montagnes crouler. (90) Oser attribuer<br />

un Fils au Miséricordieux? (91) Le Miséricordieux ne saurait avoir un fils.<br />

201


(92) Tout ce qui existe dans les cieux et sur la terre est asservi au<br />

Miséricordieux (93) Il a tout repéré, Il a tout recensé (94) Chaque créature<br />

comparaîtra devant Lui au jour du jugement dernier. (95).<br />

Dans cette sourate, Dieu ne fait que confirmer la servitude de<br />

Jésus -que la paix soit sur lui- après avoir montré que Marie l’a<br />

enfanté sans père. Il réfuté tous les dires de ceux qui ont prétendu<br />

qu’il s’est donné un fils. Qu’Il soit exalté et élevé au-dessus de ce<br />

qu’ils lui imputent.<br />

Les cieux, la terre et les montagnes, étant des créations de Dieu,<br />

peu s’en faut qu’elles ne soient touchées par les propos des pervers<br />

parmi les humains, par vénération et respect du Seigneur, qui<br />

constituent un blasphème, en disant qu’il s’est donné un enfant. Ce<br />

polythéisme fait effrayer toutes les créations à l’exception des humains<br />

et des génies: Peu s’en faut que les cieux ne se fendent, que la terre<br />

ne s’entrouvre et que les montagnes ne s’écroulent.<br />

Comme tout acte de charité n’est acceptable d’un idolâtre, nous<br />

espérons que Dieu absolve les péchés de ceux qui proclament Son<br />

unnicité. A ce propos l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le saluea<br />

dit: «Dictez à vos morts (les moribonds) de témoigner qu’il n’y a<br />

d’autre divinité que Dieu. Quiconque aura proféré cette attestation, le<br />

Paradis lui sera dû.». On lui demanda: «Qu’en sera-t-il de celui qui<br />

l’aura proféré en étant bien portant?». Il répondit: «Cela ne fera<br />

qu’affermir cette nouvelle». Puis il poursuivit: «Par celui qui détient<br />

mon âme, si on amène les cieux et la terre et ce qui se trouve sur<br />

eux, entre eux et au-dessous d’eux, qu’on mette sur le plateau de la<br />

Balance, et qu’on pose ensuite l’attestation qu’il n’y d’autre divinité que<br />

Dieu dans l’autre, cette attestation fera pencher la Balance».<br />

Abou Moussa -que Dieu l’agrée- a rapporté que l’Envoyé de Dieu<br />

-qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Nul n’est plus patient que Dieu<br />

en lui nuisant. Cette nuisance consiste à prendre d’autres divinités en<br />

dehors de Lui et à dire qu’il s’est donné un fils. Et malgré tout, Il leur<br />

accorde de ses biens, le salut et les défend contre les maux».<br />

Il ne convient nullement au Miséricordieux de se donner un enfant,<br />

202


car ceci ne sied plus à Sa Majesté et à Sa Grandeur, car toutes les<br />

créatures sont Ses serviteurs: «Tout ce qui existe dans les cieux et sur la<br />

terre est asservi au Miséricordieuxc. Il a tout repéré, Il a tout recensé».<br />

Depuis leurs créations jusqu'à ia fin des temps. Tout viendra à Lui et<br />

comparaîtra devant Lui, un à un, non accompagné ni d’un protecteur,<br />

ni d’un patron ni d’un secoureur. Il les jugera avec équité sans léser<br />

personne.<br />

’inna-l-ladîna ’a'manû wa ‘amilû-s-sâlihâti sayaj‘alu lahumu-r-Rahmânu<br />

wuddan (96) fa’innamâ yassamâhu bilisânika litubassira bihi-l-muttaqîna<br />

wa tundira bihî qawma-l-luddan (97) wa kam ’ahlaknâ qablahum min<br />

qamin hal tuhissu minhum min ’ahadin ’aw tasma‘u lahum rikzâ (98).<br />

A ceux qui croient et pratiquent les bonnes œuvres, le Miséricordieux<br />

accordera sa sollicitude. (96) En le révélant dans ta langue nous avons<br />

rendu le Livre facile. II est une bonne nouvelle pour ceux qui craignent et<br />

un avertissement pour les fortes têtes. (97) Combien de générations<br />

n’avons-nous pas anéanties avant eux? Découvrez-vous la trace d’un seul<br />

d’entre eux? Percevez-vous le moindre bruit venant d’eux? (98).<br />

Aux croyants, ceux qui font les bonnes œuvres et la charité, Dieu<br />

sème dans les cœurs des autres leur affection. Plusieurs hadiths ont<br />

été rapportés à ce propos. Nous allons nous limiter à ceci qui fut<br />

rapporté par Abou Houraira. Le Prophète -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- a dit: «Lorsque Dieu aime un serviteur, Il appelle Gabriel et lui dit:<br />

«J’aime un tel, aime-le aussi ô Gabriel». Gabriel l ’aime puis interpelle les<br />

habitants des cieux: «Dieu aime un tel, aimez-le» Ceux-ci l ’aiment puis<br />

l’acception (de cet amour) lui sera accordée sur terre. Lorsque Dieu haït<br />

quelqu’un, Il appelle Gabriel et lui dit: «O Gabriel, Je haïs un tel, haïs-le»<br />

Gabriel le haït puis interpelle les habitants du ciel et leur dit: «Dieu haït un<br />

tel, haissez-le» Ceux-ci le haïssent, et sa haine lui sera accordée sur terre»»<br />

203


(Rapporté par Boukhari, Mouslim et Ahmed dont la version est la<br />

sienne)(1).<br />

«En le révélant dans ta langue nous avons rendu le Livre facile» Le<br />

Coran fut révélé en langue arabe afin que le Prophète -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- et les hommes le comprennent facilement. Le<br />

Prophète fut chargé, par cette révélation, d’annoncer les bonnes<br />

nouvelles aux croyants qui craignent Dieu et répondent à son appel, et<br />

d’avertir les idolâtres, le peuple hostile, qui penchent vers l’erreur en<br />

se détournant de la voie droite.<br />

EnfintJDieu rappelle aux mécréants qu’il a anéanti tant de<br />

générations avant eux, qui ont mécru en lui et traité les Prophètes de<br />

menteurs. Voit-on un seul survivant parmi ces générations? Perçoit-on<br />

le moindre murmure ou bruit venant de lui?<br />

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204


«g t Î j I l<br />

Sûratu-l-Baqara<br />

Madaniyya wa ’ayâtuha sittun wa tamânûn<br />

Bismi-L-Lâhi-R-Rahmâni-R-Rahîm<br />

1 -’Alef-lâm-mîm<br />

2 -dâlika-l-Kitâbi lâ rayba f3ü hudan-I-limuttaqmi<br />

SOURATE DE LA VACHE<br />

Au nom de Dieu le Miséricordieux, le Très Miséricordieux.<br />

Alif. Lam-inime.(l) Voilà le Livre qui ne doit pas être mis en doute, le<br />

Livre qui doit servir de guide à ceux qui craignent.(2).<br />

(’Alif-Lâm-lVBm). Plusieurs interprétations ont été dites au sujet de<br />

ces lettres qu’on rencontre au début de certaines sourates du Coran.<br />

On a dit;<br />

- Dieu seul connaît leur sens car ceci dépend ds Sa science, selon<br />

Al-Qourtoubi.<br />

- Al-Zaniakhchari dit qu’ils sont les noms des sourates.<br />

- Ils font parties des attributs de Dieu car chaque lettre représente<br />

un nom tel que /Mif Allah; Lam Subtil etc...<br />

On se contente de ces quelques interprétations en retenant une<br />

chose c’est que ces lettres bien qu’elles sont de l’alphabet arabe et<br />

qu’on les prononce souvent, Dieu a voulu en faire un sujet de défi<br />

30


contre les impies et polythéistes. A savoir que ces lettres peuvent être<br />

une seule comme «Sad» ou deux allant jusqu’au cing.<br />

(Le Livre): qui est certainement le Coran. Ceux qui ont dit qu’il<br />

s’agit de la Tora ou de l’Evangile ont commis une erreur et sont allés<br />

trop loin dans leur supposition.<br />

Il n’y a aucun doute qu’il a été révélé de Dieu à Son Prophète et<br />

ce verset concerne les croyants qui craignent Dieu, comme on trouve<br />

le même sens dans d’autres versets tels; (Dis: «Il est Direction et guérison<br />

pour les croyants) [Coran XLI, 44] et (Nous faisons descendre, avec le<br />

Coran, ce qui est guérison et miséricorde pour les croyants) [Coran XVII,<br />

82], Ceux qui craignent Dieu sont les hommes qui ont cru en se soumettant<br />

à Dieu, observé les prescriptions de Dieu, se son abstenus de<br />

Ses interdictions et se sont acquittés de leurs obligations.<br />

La Bonne Direction est la foi -ou une partie d’elle- qui demeure<br />

dans le cœur et nul ne peut déceler sauf Dieu qui connaît le tréfonds<br />

des cœurs, et c’est Diexhseul qui dépose cette foi dans les cœurs et<br />

qui guide, comme on trouve cela dans plusieurs versets. On cite à titre<br />

d’exemple;<br />

- (Tu ne diriges pas celui que tu aimes) [Coran XXW ill, 56].<br />

- (n ne t’incombe pas de diriger les incrédules) [Coran II, 272].<br />

- (n n’y a pas de guide pour celui que Dieu égare) [Coran VII, 186].<br />

Cette direction consiste à montrer la vérité pour y arriver d’après<br />

ces quelques versets:<br />

- (Tu diriges les hommes dans la voie droite) [Coran XLII, 52].<br />

- (Un guide est donné à chaque peuple) [Coran XIII, 7].<br />

- (Quant aux Thamoud, nous les avons dirigés, mais ils ont préféré<br />

l’aveuglemnet à la Direction) [Coran XLI, 17].<br />

Omar demanda Oubay Ben Ka‘b au sujet de la crainte, il lui répondit:<br />

«N’as-tu jamais emprunté un chemin épineux?»<br />

- Certes oui, dit Omar. -Comment as-tu pu l’affranchir, répliqua<br />

Oubay. Et Omar de répondre: «J’ai retroussé le pan de mes vêtements<br />

essayant de ne plus en être piqué. -Voilà la crainte, s’écria Oubay.<br />

Abou Oumama -que Dieu l’agrée- a rapporté que l’Envoyé de Dieu<br />

31


-qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Après la crainte révérencielle de<br />

Dieu, l ’homme ne tire bon parti d ’une chose meilleure qu’une femme vertueuse:<br />

quand il la regarde, elle lui plaît; elle obéit à ses ordres; elle le désengage<br />

de son serment; et quand il s ’absente d ’elle, elle garde ses biens et<br />

sa chasteté» (rapporté par Ibn Maja)^^K<br />

ladîna yû’minûna bi-l-gaybi wa yuqîmûna-s-salâta wa mimmâ ’al-razaqnâhum<br />

yunfiqûn (3).<br />

A crax qin crèioit au iwrnatiirel, qui prient rectitade et qui reraetteirt<br />

drcnlation les biens noos k o s awHis jpvcarés (3)<br />

La foi en littérature signifie la croyance sincère qui peut être traduite<br />

en actes et paroles. Elle peut diminuer comme elle peut augmenter,<br />

et plusieurs hadiths prophétiques ont été relatés à ce sujet.<br />

Quant au surnaturel, il y a eu une diversité de dires à ce propos.<br />

Selon les uns; il s'agit d croire en Dieu, en Ses anges, en Ses Livres,<br />

en ses Prophètes, au Paradis, à la rencontre de Dieu, et à la vie future<br />

après la mort, d’après Abou AI-'Alia. Quant à Ibn Abbas et Ibn<br />

Mass'oud, ils ont dit que c'est l'invisible, bref tout ce que les hommes<br />

ne peuvent le voir tel le Paradis ou l’Enfer et tout de qui a été mentionné<br />

dans le Coran.<br />

De plusieurs hadiths rapportés par plusieurs concernant le même<br />

sujet, on peut se contenter d’en citer un qui peut résumer tout. Saieh<br />

ben Joubayr a raconté: «Abou Joum'a Al-Ansari, un des compgnons<br />

de l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- qui faisait des<br />

prières à Jérusalem, vint nous trouver pour nous tenir compagnie. Voulant<br />

nous quitter, nous sortîmes pour l’accompagner jusqu’à la porte, il<br />

nous dit: «Vous avez droit à un hadith qui vous apporte une récompense<br />

que j’ai entendu de la bouche de l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- Quel est ce hadith, demandâmes nous. Il répliqua:<br />

If<br />

(1 ) (j* iLii-il Ui ;JU l (J_^j<br />

LfiP tAïjjI ji—il t'Cpll»! UjaÎ Lj-il jJi» ùj<br />

.( ^ 4)1 i-UÎ ^ jil oljj) .caJUj ^<br />

32


«Etant en compagnie de l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-<br />

et Mou'adh Ben Jabal l’un des dix auquels on a annoncé le Paradis<br />

se trouvait parmi nous, nous posâmes cette question à l’Envoyé de<br />

Dieu: «Y aura-t-il des hommes qui seront mieux récompensés que<br />

nous? Nous avons cru en toi et t’avons suivi». Il répondit: «Q u’est-ce<br />

qui vous empêche de faire cela alors qu’un Messager qui refait la révélation<br />

du ciel se trouve parmi vous? Certainement il y aura des hommes qui viendront<br />

après vous, à qui on donnera un Livre écrit (le Coran), qui y croiront<br />

et m ettront ses prescriptions en exécution. Ceux-là seront plus<br />

récompensés que vous»^^K<br />

«Qui prient avec rectitude» un terme qui, d’après Ibn Abbas, signifie<br />

l’accomplissement à la perfection des inclinaions, prosternations, recueillement<br />

et l’observance de la prière. Quant à Qatada, il a dit: «Il<br />

s’agit de faire les ablutions et les prières à leurs heures fixes en perfectionnant<br />

les inclinaisons et les prosternations» A savoir que la<br />

prière, en littérature, signifie l’invocation.<br />

«Qui remettent en circulation les biens que nous leur avons procurés».<br />

Ibn Abbas a dit qu’il s’agit de la zakat, tandis que d’autres des<br />

compagnons de l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- ont<br />

déclaré que c’est la dépense pour la famille avant que la zakat n’ait<br />

été imposée. Quant à Qatada, il a dit: «Dieu ordonne au fils d’Adam<br />

de dépenser de ce qu’il possède des biens que Dieu lui a accordés qui<br />

ne sont que des dépôts divers que l’homme ne tardera pas à les laisser».<br />

Par rapport à Ibn Jarir, elles sont la zakat et les différentes sortes<br />

des dépenses. Ibn Kathir, de sa part, à précié: «Dans un grand<br />

(1) J iiSjLs


nombre de versets (qui sont 85) Dieu a joint la dépense en aumônes<br />

ou la zakat à la prière. Si la prière constitue un droit qui incombe à<br />

chaque personne de s’acquitter envers Dieu, ainsi que Sa louange, sa<br />

glorification, son invocation, et la confiance en lui, la dépense est l’acte<br />

de charité présenté aux mortels pour en profiter, et les plus méritants<br />

sont les membres de la famille, les proches, puis les étrangers. Donc<br />

toutes ces dépenses, s’agit-il d’une aumône ou d’une zakat, rentrent<br />

dans ce verset».<br />

wa-l-l’â^na yu’minûna bimâ ’unzila ’ilayka wamâ ’un2dla min qablika wa<br />

bi-1- ’âWrati hum yûqinûn (4)<br />

A ceux qui tiennent pour vraies les révélations qu’ont été reçues par<br />

toi et tes prédécesseurs et qui croient avec certitade à la vie future (4).<br />

Ibn Abbas a dit qu’il s’agit de ceux qui croient en c^ qui a été révélé<br />

au Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- et aux autres Prophètes<br />

avant lui, sans faire une distinction entre eux ni nier les autres<br />

révélations comme Livres célestes. Ils croient à la vie future: c’est à<br />

dire à la résurrection, la vie après la mort, le Paradis, l’Enfer, le<br />

compte et la Balance. Ces gens-là, d’après Ibn Jarir, sont de trois catégories:<br />

1- Tous les croyants pamni les Arabes et les gens du Livre.<br />

2- Les croyants parmi les gens d’Ecriture.<br />

3- Les croyants parmi les Arabes d’abord puis les gens du Livre<br />

en se référant à ce verset: (H y a parmi les gens du Livre, des hommes<br />

qui croient en Dieu, à ce qui vous a été révélé, et à ce qui leur a été révélé)<br />

[Coran III, 199», et à ce verset: (Ceux auquels nous avions donné le Livre<br />

avant lui, croient en celui-ci- Us disent, quand on le leur dit: «Nous croyons<br />

en lui; il est la Vérité émanant de notre Seigneur , nous étions déjà soumis<br />

avant sa venue) [Coran XXVIII, 52-53].<br />

Abou Moussa Al-Ach‘ari a rapporté que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah<br />

le bénisse et lé salue- a dit: «Trois hommes reçoivent deux fois leurs récompenses:<br />

un homme des gens du Livre qui a cru en son Prophète et en<br />

34


moi, un esclave qui s ’acquitte d ’abord de son droit envers Dieu puis envers<br />

son maître: et un homme qui donne une bonne éducation à son esclave (femelle)<br />

puis il l ’affranchit et l ’épouse» (Rapporté par Boukhari et M ous-<br />

Il parait que l’opinion de Moujahed est la plus correcte. Il a dit;<br />

«Quatre versets dans la sourate de la vache, montrent les qualités des<br />

croyants, deux qui concernent les incrédules et treize relatifs aux hypocrites.»<br />

Ces quatre versets se rapportent à tout croyant parmi les arbés,<br />

les non-arabes, les gens du Livre, les humains et les génies. Aucune<br />

qualité ne pourra être séparée des autres, mais plutôt chacune est inhérente<br />

aux autres; la croyance à l’invisible implique la croyance à ce<br />

qui a été révélé au Messger et aux autres Prophètes et à la vie future.<br />

Dieu a ordonné les croyants d’avoir la foi en leur disant;<br />

- (O vous qui croyez! Croyez en Dieu et en Son Prophète, au Livre<br />

qu’n a révélé à Son Prophète et au Livre qu’il a révélé auparavant) [Coran<br />

IV, 136].<br />

- (Dites: «Nous croyons à ce qui est descendu vers nous et à ce qui est<br />

descendu vers vous. Notre Dieu qui est votre Dieu est unique) [Coran<br />

XXIX, 46].<br />

- (Le Prophète a cru à ce qui est descendu sur lui de la part de son<br />

Seigneur . Lui et les croyants, tous ont cru en Dieu, en Ses anges, en Ses<br />

Livres et en Ses Prophètes. N o ik ne fusons pas de différmce entre ses Prophètes)<br />

[Coran II, 285].<br />

’ulâ’ika ‘alâ huda-m-mir-Rabbihim wa ’ulâ’ika humu-l-mufliMn (5)<br />

(1) ^ JjTj -ùÿj* :JÜ ¿il iSjj<br />

OjU- Js-J ¿1 ^ ^<br />

Jf- o u ^ l iljj) .llfi-jjï) ,»i<br />

35


Ceux là sont sur la voie tracée pr leur Maître et ceux-là seuls réussiront<br />

(5)<br />

Les hommes qui croient au Mystère, qui dépensent de ce que<br />

Dieu leur a accordé, qui croient à ce qui a été révélé au Prophète et à<br />

la vie de l’au-delà, sont ceux qui suivent la voie indiquée par leur Seigneur<br />

et qui seront heureux dans la vie présente et dans la vie future.<br />

0 ^ - i f) f i ^ i r ; : 4<br />

’inna-l-ladîna kafarû sawâ’un ‘alayhim ’a’andartahum ’am lam tund<br />

irhvrai lâ yu’minûn (6).<br />

Quant aux infidèles, c’est tout un que tu les avertisses ou non, car ils<br />

ne croiront jamais (6)<br />

Les incrédules sont ceux qui dissimulent la vérité et la voilent. Que<br />

tu les avertisses ou que tu ne les avertisses pas, c’est égal pour eux,<br />

car ils ne croiront point à ce que tu leur apportes de la vérité. Dieu dit<br />

à leur sujet; (Ceux contre qui s’est réalisée la Parole de Dieu ne croiront<br />

sûrement pas même si tous les signes leur parvenaient- tant qu’ils ne verront<br />

pas le châtiment douloureux) [Coran X, 96-97. Dieu leur a inscrit la<br />

misère nul ne pourra les rendre heureux, car celui que Dieu égare,<br />

ne trouvera aucun guide en dehors de Lui. Que ton âme ne se répande<br />

pas en regrets sur eux, tu n’as qu’à leur communiquer le message,<br />

quiconque y répond, aura la chance de se sauver, mais quartt à<br />

celui qui s’en détourne, t’inquiète pas à son sujet car; (Seule t’incombe<br />

la communication du message prophétique, le compte find nous appartient)<br />

[Coran XIII, 40].<br />

Au sujet d e ^ verset, Ibn Abbas a dit; «L’Envoyé de Dieu -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue- était avide à ce que tous les hommes le suivent<br />

et répondent à son appel, mais Dieu lui fit connaître que seul<br />

croirait celui qui avait déjà reçu le bonheur de la part de Dieu au premier<br />

rappel, et ne serait égaré que celui qui en avait déjà reçu le malheur.<br />

36


0 ^<br />

hatama-L-Lâhu ‘alâ qulûbihim wa ‘alâ samMhim wa ‘alâ ’absârihim<br />

gis > âwatun wa lahum ‘adâbun ‘azîm (7).<br />

Dieu a fermé lem^ cœurs et leur ouïe avec un seau, sur leurs yeux II<br />

a mis un voile et H leur réserve un châtiment cruel. (7)<br />

A cause de leur incrédulité. Dieu a placé un voile épais sur leurs<br />

yeux afin de ne plus observer le chemin droit, sqellé leurs cœurs.>et<br />

leurs oreilles de sorte qu’ils ne comprennent pas et n’entendent rien.<br />

Leurs péchés sont tellement nombreux au point où ils les entourent de<br />

toutes parts. Pour cela l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-<br />

disait souvent: «O Toi gui fais tourner les cœurs, affermis nos cœurs<br />

sur Ta religion».<br />

Quant à ceux qui ont dit -comme Ibn Jarir- que Dieu a scellé les<br />

cœurs des impies et leurs oreilles pour ne plus entendre l’appel à la<br />

vérité, car ils se montraient orgueilleux et se détournaient toujours de<br />

la voie droite, leurs dires sont réfutés car un tel agissement ne sied<br />

pas à Dieu à Lui la puissance et la gloire. Il parait qu’ils n’ont pas bien<br />

conçu le sens du verset précité et les versets suivants:<br />

- (Lorsqu’ils dévièrent. Dieu fît dévier leur cœurs) [Coran LXI, 5].<br />

- (Parce qu’ils n’ont pas cru la première fois, nous détournerons leurs<br />

coNirs et leurs yeux) [Coran VI, 110].<br />

D’autres versets aussi montrent que Dieu avait scellé leurs cœurs<br />

les empêchant ainsi de trouver le chemin droit pour punition de leur<br />

persévérance dans l’erreur et leur détournement de la vérité.<br />

Ibn Jarir a dit: «Je trouve que le cas de ces impies est pareil à ce<br />

que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Lorsque le<br />

croyant commet un péché, une tache noire se colle à son cœur. S ’il se repent<br />

et cherche ie pardon et la satisfaction de Dieu, cette tache disparait.<br />

Mais s ’il persiste dans ce péché, la tache s ’accroît de sorte qu’elle couvre<br />

tout le cœur.<br />

Telle est la rouille que Dieu a citée dans ce verset: (Non! Ce qu’ils<br />

s’acquièrent, plutôt rOuille leurs cœurs) [Coran LXXX III, 14]. (Rapporté<br />

par Tirm idzi N assai et Ibn M aja d ’après Abou Houraîra)^^K Donc<br />

37


lorsque les péchés se multiplient ils finiront par sceller le cœur, voilà<br />

ce que Dieu a voulu dire dans ce verset, de sorte que la foi ne trouvera<br />

plus un accès au cœur et l’incrédulité n’en trouvera aucun issue.<br />

J > ii Cj*<br />

CAi<br />

1N.-'''*'! sfi ^ f >''1^ '' •ti''' f ><br />

I i tj u j 4a\<br />

wa mina-n-nâsi man yaqûlu ’âmannâ bi-L-Lâhi wa bil-yawmi-l-’âWri wamâ<br />

hiim bimu’minîna (8) yuhadi‘ûna-L-Lâha wa-l-ladîna ’âmanû wamâ<br />

yahda‘ûna ’illâ ’anfusahum wamâ yas‘urûn (9).<br />

n y a des hommes qui disent: «Nous croyons en Dieu et au jour dernier»<br />

et qui pourtant ne sont pas des croyants. (8). De tels hommes cherchent<br />

à tromper Dieu et les véritables croyants mais, à leur insu, ils ne<br />

trompent qu’eux-mêmes (9).<br />

Après avoir décrit les croyants dans les quatre premiers versets<br />

de cette sourate, et les impies dans deux, Dieu présente maintenant<br />

les hypocrites qui manifestent la foi mais ils couvent la mécroyance.<br />

Puisque leur cas rend les hommes perplexes à leur sujet, Il leur fait<br />

connaître leurs différentes qualités dans plusieurs versets et même<br />

dans une sourate entière. (Coran LXIII).<br />

L’hypocrisie en fait est la manifestation du bien et la dissimulation<br />

du mal. Elle peut être «dogmatique» dont son auteur sera précipité<br />

dans l’Enfer pour l’étemité, ou «pratique» ce qui consitue un péché capital,<br />

car les actes de l’hypocrite contredisent ses paroles, ainsi ce qu’il<br />

couve diffère de ce qu’il montre. On trouve les qualités des hypocrites<br />

dans les sourates révélées à Médine étant donné que l’hypocrisie<br />

n’existait pas à la Mecque. A cette fin, Dieu met en garde les hommes<br />

contre ces gens-là afin de ne plus être trompés, sinon il y aura une<br />

(1) ou t


grande corruption sur la terre. Dieu a dit: «Certains hommes disent:<br />

«Nous croyons en Dieu et au jour dernier» mais ils ne croient pas», ceci<br />

ressemble à ce que Dieu a dit aussi d’eux; (Quand les hypocrites viennent<br />

à toi, ils disent: «Nous attestons que tu es le Prophète de Dieu») [Coran<br />

LXIII, 1], c’est à dire ils ne témoignent pas de cela que lorsqu’ils<br />

viennent à toi pour une certaine affaire et non plus en tant que<br />

croyants. Dieu conteste leur attestation en disant: (Dieu atteste que les<br />

hypocrites sont menteurs) en leur croyance car (Ds ne sont plus de véritables<br />

croyants).<br />

Ils croient que, par leur agissement, ils trompent Dieu et les<br />

croyants, mais en fait ils ne trompent qu’eux-même et ils n’en ont pas<br />

conscience. Dieu a dit d’eux dans un autre verset; (Les hypocrites cherchent<br />

à tromper Dieu, mais c’est Lui qui les trompe) [Coran IV, 142].<br />

0 ù i ù S i I X t:. énisse et le salue- avait été ordonné de ne plus<br />

ftn r tes hypocrites sachant qu’il connaissait bien leurs chefs, et ceci<br />

ila it pour une sagéssé, car il a été rapporté dans les Sahihs, qu’il a dit<br />

A Omar -que Dieu l’agrée-; «Je répugne à ce que les Arabes disent que<br />

39


Mouhammad tue ses compagnons». D’autre part il craignait que les autres<br />

Arabes refusent de se convertir à l’Islam ignorant les causes du<br />

meurtre des premeirs, étant donné qu’on connaissait que les polythéistes<br />

seules méritaient la mort.<br />

Al-Chafé’i a dit: «Ce qui a empêché l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- de tuer les hypocrites c’est parce qu’ils manifestaient<br />

de leur islamisme alors qu’il savait qu’ils étaient des menteurs, et<br />

leur manifestation de l’islam annulait toute cause de leur condamnation.<br />

D’après un hadith authentifié, l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- a dit: «J’ai été ordonné de combattre les gens jusqu’à ce<br />

qu’ils témoignent qu’il n ’y a d ’autre divinité que Dieu. S ’ils font cela, ils<br />

préservent leurs biens et leurs personnes à moins qu’ils ne commettent une<br />

transgression à la loi et c ’est Dieu à Lui la puissance et la gloire qui réglera<br />

leur compte» (Rapporté par Boukhari et MousUm/^K<br />

On peut intepréter ce hadith de la façon suivante: quiconque prononce<br />

cette attestation, l’islam le sauvera de la mort. S’il la prononce<br />

ayant la foi sincère, il trouvera sa récompense dans la vie future. Mais<br />

si cela est autrment, il sera inutile de lui appliquer la loi dans la vie présente,<br />

car dans la vie future. (Les hypocrites crieront aux croyants:<br />

«N’étions-nous pas avec vous?». Ceux-ci répondront: «Oui, mais vous vous<br />

êtes séduits vous-mêmes,, vous avez tergiversé et intrigué, vos désirs vous<br />

ont aveuglé, jusqu’au moment où l’Ordre de Dieu est venu) [Coran LVIl,<br />

14]. Ces hypocrites seront rassemblés avec les croyants au jour de la<br />

résurrection, mais une fois jugés, ils seront séparés d’eux et (Un obstacle<br />

s’interposera entre eux et ce qu’ils convoitaient) [Coran XXIVm, 54]<br />

(1) tiü 1^1<br />

40


wa 'idâ qîla lahum lâ tufsidû fi-l-arddi qâlû ’innamâ natou musliMn (11)<br />

’alâ ’innahum humu-l-mufsidûna walâki-l-lâ yas‘urûn (12)<br />

Si on leur dit: «Ne faites pas de mal sur la terre» ils répondent: «Au<br />

contraire, nous faisons le bien» (11). Qu’y faire? Ils sont les malfaisants et<br />

ils ne le savent pas (12).<br />

D’après les exégètes, il s’agit des hypocrites qui font le mal sur la<br />

terre qui est la corruption et la désobéissance à Dieu, car quiconque<br />

désobéit à Dieu peut commettre tout genre de corruption.<br />

Cette corruption peut comporter, d’après Ibn Jarir, les actions suivantes:<br />

- La désobéissance à Dieu.<br />

- Commettre tout ce que Dieu Interdit.<br />

- La négligence des devoirs et obligations.<br />

- Le doute dans leur rèligion.<br />

- Démentir les croyants et désavouer leur œuvres pies.<br />

- Aider les rénégats à mentir sur Dieu en reniant ses Livres et Ses<br />

Messages s’ils y trouvent un moyen quelconque.<br />

Ils croient que, faisant toutes ces actions, ils réforment les hommes,<br />

c’est à dire chercher à établir fa concorde entre les croyants et<br />

les impies. Or ce qu’ils commettent n’est que la corruption et ils n’en<br />

ont pas conscience.<br />

jU Î t i i i i i ÿ i i T J Öls J iiâ i i> ,i;<br />

0 o j i l i " i Æ iiiJ î<br />

va ‘idâ qîla lahum ’âminû kamâ ’âmamna-n-nâsu qâlû ’anu’minu kamâ<br />

*2m ana-s-sufahâ’u ’alâ ’innahum hum u-s-sufahâ’u w alâki-l-lâ<br />

jalam ûn (13).<br />

Et si on leur dit; «Croyez comme les autres», ils répondent: «Vous<br />

alors que nous crayions comme les faibles d’esprit». Hélas! Ce sont<br />

: les faibles d’esprit, mais ils ne le savent pas (13).<br />

Si Dieu les appelle à croire, comme les autres, en Dieu, en ses<br />

41


anges, en Ses Livres, en Ses Prophètes, à la résun'ection, au Paradis<br />

et à l’Enfer; à Lui obéir et à se soumettre à Ses ordres et à s’abstenir<br />

de Ses interdictions, ils répondent; «Vous voulez que nous croyons<br />

comme les compagnons du Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et<br />

le salue- et suivre leur chemin?»<br />

Les faibles d’esprit sont les personnes insensées qui sont incapables<br />

de distinguer entre ce qu’il pourra leur être utile ou ce qu’il pourra<br />

leur nuire. Pour cela, Dieu a donné l’attribut «insënsé» aux femmes et<br />

aux jeunes que l’on trouve dans ce verset; (Ne confiez pas aux insensés<br />

les biens que Dieu vous a donnés pour vous permettre de subsister) [Coran<br />

IV,'5]. Mais Dieu considère que ces hypocrites-là sont eux-mêmes les<br />

faibles d’esprit, car ils se savent pas qu’ils sont des ignorants et dans<br />

un égarement manifeste.<br />

û i p : ¿ 1 1 # liiS i l i i i « i i liiS<br />

wa’idâ laqû-l-la^a ’âmanû qâlû ’âmannâ wa ’idâ halaw ’ilâ sayâtinihim<br />

qâlû ’innâ ma‘alcum ’innamâ n a ^ u mustahzi’ûn (14) AL-Lâhu yastahzi’u<br />

bihim wa yamudduhun fî tugyânihim ya'mahûn (15).<br />

Lorsqu’ils rencontrent des croyants, Ils disent: «Nous croyons», mais<br />

dès qu’ils ont rejoint leurs tentateurs. Ils affirment: «Nous sommes avec<br />

vous, le reste est plaisantepe. (14) Dieu aussi plaisantera avec eux. H les<br />

fortifiera dans leur aberration, les abandomiant à leur sort (15).<br />

Lorsque ces hypocrites rencontrent les croyants,ils déclarent leur<br />

croyance par adulation afin de s’allier à eux et pour partager avec eux<br />

quelques profits. Mais lorsqu’ils se retrouvent avec leurs maîtres parmi<br />

les chefs des juifs, les polythéistes et les autres hypocrites, ils leur<br />

avouent; «Nous sommes avec vous».<br />

Ibn Jarir a dit; «Ces tentateurs peuvent être des humains, comme<br />

nous l’avons montré auparavant, ou des génies en s’appuyant sur ce<br />

verset:<br />

(Nous avtms suscité, à chaque Prophète, im omeml: des hommes démoniaques<br />

et des djinns qui se suggèrent les uns aux autres le clinquant des<br />

paroles trmnpeuses) [Coran VI, 112].<br />

42


Ils croient que, par ce faire, ils raillent les compagnons de l’Envoyé<br />

de Dieu -qu’Allah le t)énisse et le salue- mais, en vérité. Dieu les<br />

fàit persister dans leur révolte en les laissant jouir des biens qu’au jour<br />

de la résurrection, d’après Ibn Abbas, Dieu se vengera d’eux comme le<br />

montre ce verset:<br />

(Pensent-ib qu’en leur accordant des biens et des enfants, nous stimulons<br />

leur zèle pour le bien? Au contraire, ils n’en ont pas conscience) [Coran<br />

XXIII, 55 -56].<br />

Ibn Jarir avait une opinion semblable à celle d’Ibn Abbas, en disant<br />

que Dieu a fait connaître au Prophète leur cas au jour de la résurrection:<br />

(Le Jour où les hommes et les femmes hypocrites diront aux<br />

croyants: «Attendez-nous afin que nous prenions de votre lumière) [Coran<br />

LVIl, 13] et: (Que ceux qui sont incrédules ne pensent pas que le délai que<br />

nous leur accordons soit un bien pour eux. Le délai que nous leur accordons<br />

augmentera leur péché. Un^châtiment ignominieux leur est réservé)<br />

[Coran III, 178].<br />

Donc ces hypocrites se trouveront à la fin acculés à casue de leur<br />

plaisanterie, cherchant une issue mais en vain, auront les cœurs scellés,<br />

les oreilles frappées de surdité et leurs yeux de cécité, Dieu se<br />

moquera d’eux et les laissera marcher à l’aveuglette<br />

i i f l i j c i ; cis ! s ^ \ i i X i i C iiî<br />

’ulâ’ika-l-ladîna-starawu-d-dalâlata bil-l-hudâ famâ rab io t tijâratuhum<br />

wamâ kânû muhtadîn (16).<br />

Ces gens-là ont troqué la vérité contre l’erreur. Ils ont fait un marché<br />

de dupe. Ils se sont foudroyés (16).<br />

D’après Ibn Mass'oud et autres compagnons, ces hypocrites ont<br />

préféré l’incrédulité à la foi, l’égarement à la voie droite, et leur négoce<br />

est sans aucun profit. Qatada, quant à lui, a dit que leur situation est<br />

comparable à celle de Thamoud que l’on trouve dans ce verset: (Quant<br />

aux Thamoud, nous les avons dirigés, mais ils ont préféré l’aveuglement à<br />

la Direction) [Coran XLI, 17] et Qatada d’ajouter: «Ils ont laissé la voie<br />

43


droité en choisissant l’égarement, préféré l’isolement à la communauté,<br />

la crainte à la sécurité et l’innovation à la sunna»<br />

mataluhum kamat ali-l-ladi-s-tawqada nâran falammâ ’adâ’at mâ<br />

hawlahû dahaba-L-Lâhu binûrihim wa taraqahum fi zulumâtin lâ<br />

yubisirûn (17) summun bukmun ‘uinyun fahvim la yaiji'ûn (18).<br />

Ds ressemblent à quelqu’un qui aurait aspiré avidement après la lumière.<br />

A peine celle-ci a-t-eUe répandu sa clarté autour de lui, qu’Allah la<br />

fait disparaître. Comme lui, ils ont été pltmgés dans les ténbères, ne voyant<br />

plus rien (17) Sourds, muets et aveugles, ils ne peuvent plus retrouver la<br />

bonne voie (18).<br />

Dieu ne manque pas à proposer les exemples aux hommes afin<br />

qu’ils réfléchissent. Il a dit; (Ces exemples-là, nous les frappons pour les<br />

gens: ne les comprennent, cependant, que ceux qui savent) [Coran XXIX,<br />

43].<br />

Dans le verset précité, Dieu compare ceux qui ont troqué la voie<br />

droite contre l’égarement et qui sont devenus aveugles, à un homme<br />

qui a allumé du feu qui donna une clarté de sorte qu’il a pu observer<br />

tout ce qui l’entoure. Une fois le feu éteint, il se trouve dans une obscurité<br />

totale sans cependant pouvoir en sortir, d’autant plus. Il est devenu<br />

sourd, muet et aveugle. Donc il ne pourra plus revenir à son état<br />

originel. Ainsi est le cas de ces hypocrites qui ont préféré l’erreur à la<br />

vérité, l’aben-ation à la raison, car ils étaient croyants mais ne tardèrent<br />

pas à redevenir mécroyants.<br />

L’exemple d’un seul homme, comme on l’a dit, est pareil à un peuple<br />

tout entier tel que le montre ce verset; (Ceux qui étaient chargés de<br />

la Tora, et qui ensuite, ne l’ont pas acceptée, ressemblent à l’âne chargé de<br />

livre) [Coran LXI 1,5] afin de donner à l’expression une forme plus éloquente.<br />

Dieu a retiré la lumière à ces hypocrites en les laissant dans les<br />

ténèbres, perplexes, sans rien distinguer à cause de leur doute, leur incrédulité<br />

et leur hypocrisie. Ils sont devenus sourds et n’entendent rien<br />

44


de ce qui leur est utile, muets ne pouvant proférer aucune parole bénéfique<br />

et aveugles sans rien distinguer ni concevoir. Dieu a dit; (Ce ne<br />

sont pas leurs yeux qui sont aveugles, mais ce sont leurs cœurs qui sont<br />

aveugles dans leurs poitrines) [Coran XXII, 46].<br />

«--J»jJ ■üi iLSi j i j i>ilS p itl Ts\^ ^ ^<br />

^


nuage produit aussi des éclairs qui luisent dans leurs cœurs à cause<br />

de leur hypocrisie au lieu de la lumière de la foi. Et pour se préserver<br />

de la mort, ils mettent leurs doigts dans leurs oreilles, mais Dieu cerne<br />

les incrédules de tous les côtés, par Sa puissance et Sa volonté, en<br />

les tenant à Sa merci.<br />

Ibn Abbas a dit: «Sous l’effet de la lueur intense de la vérité, et à<br />

cause de la faiblesse de la perspicacité et la foi de ces hypocrites<br />

«Peu s’en faut que l’éclair ne leur ôte la vue».<br />

«Lorsque l’éclair brille, ils marchent à sa clarté». Ibn Abbas a interprété<br />

cela en disant: «Ils connaissent la vérité mais ils la dissimulent,<br />

et quand ils reviennent à leur égarement, ils se lèvent perplexes ne sachant<br />

quoi faire. Ainsi sera leur situation au jour de la résurrection où<br />

chacun des serviteurs recevra une lumière autant que sa foi. Il y aura<br />

ceux qui auront une lumière qui leur éclairera la route à une distance<br />

d’un parasange, ou plus ou moins que ça. D’autres cette lumière éclatera<br />

devant eux pour un court laps de temps mais elle s’éteindra aussitôt.<br />

Il y aura aussi ceux qui marcheront sur le pont (le sirat) pour une<br />

courte distance puis ils s’arrêteront. Enfin il y aura ceux qui n’auront<br />

aucune lumière, ils sont les hypocrites que Dieu les a disignés dans ce<br />

verset:<br />

(Le jour où les hypocrites mâles et femelles diront aux croyants: «Attendez!<br />

que nous empruntions de votre lumière». On répondra: «Arrière! retournez,<br />

puis cherchez de la lumière) [Coran LVIl, 13].<br />

Quant aux croyants, Dieu a dit à leur sujet: (Le jour où tu verras les<br />

croyants et les croyantes entourés de lumière. «Voici une bonne nouvelle<br />

pour vous aujourd’hui: des jardins où coulent les ruisseaux) [Coran LVIl, 12]<br />

et aussi: (Le jour où Dieu ne couvrira de honte ni le Proplœte, ni ceux qui<br />

auront cru en lui. Leur lumière courra devant eux et à leur droite. Ils diront:<br />

«Notre Seigneur, parachève pour nous notre lumière; pardonne-nous.<br />

Oui, Tu es puissant sur toute chose») [Coran LXVI, 8].<br />

Ibn Jarir a dit que Dieu enfin met en garde les hypocrites contre<br />

Son châtiment et sa puissance et qu’il les cerne de tous les côtés, en<br />

disant: «Si Dieu le voulait. Il les priverait de l’ouïe et de la vue. Dieu<br />

est puissant sur toute chose».<br />

Dans les versets sus-mentionnés, Dieu a frappé deux exemples<br />

46


pour montrer les qualités, le cas et l’état des hypocrites, comme II en<br />

parlera aussi dans la sourate du «Repentir» que nous allons la<br />

commenter plus loin.<br />

ù j Îj<br />

(j^<br />

5 . ^ & i 2 !i J jits Æ. i i i i i i j i û V t p j î ;<br />

liljL jl *>Lj ÜJü<br />

yâ ’ayyuhâ-n-nâsu ‘budû rabbakamu-l-ladî halaqakum wa-l-ladîna min<br />

qablikum la'allakum tattaqûn (21) -1-ladî ja‘ala lakumu-l-’arda firâsan<br />

wa-s-samâ’a binâ’an wa ’anzala mina-s-samâ’i mâ’an fa ’ahraja bihî mina-t-tamarâti<br />

rizqan lakum falâ taj‘alû li-L-Lâhi ’andâdan wa ’antum<br />

ta'lâmûn (22).<br />

O hommes! adorez votre Seigneur . Celui qui vous a créés, vous et<br />

ceux qui vous ont précédés. Peut-être ainsi obtiendrz-vous votre salut (21).<br />

C’est Lui qui vous a donné la terre pour lit et le ciel pour abri. C’est Lui<br />

qui précipite la pluie du haut des cieux, qui par elle fait germer les récoltes<br />

pour votre satisfaction. Et puisque vous sevez cela, ne lui cherchez pas des<br />

égaux (22).<br />

Dieu, dans ce verset, témoigne de Son unicité, qu’il est celui qui<br />

accorde Ses grâces à ses serviteurs commençant d’abord par leur<br />

création du néant, en répandant sur eux Ses bienfaits apparents et cachés,<br />

en comblant leur besoin, en faisant de la terre pour eux comme<br />

un lit de repos et du firmament un édifice, comme il a dit dans un autre<br />

verset: (Nous avons fait, du firmament, une voûte protégée, mais ils se<br />

détournent de nos signes) [Coran XXI, 32].<br />

Des nuages, Il fait descendre de l’eau -la pluie- pour s’en servir,<br />

grâce à laquelle II fait germer des plantes diaprées pour les hommes<br />

et pour leurs troupeaux. Bref, Il est le Créateur, le Dispensateur à qui<br />

appartient tout ce qu’il se trouve sur la terre. Il mérite donc d’être<br />

adoré seul sans rien lui associer comme II dit: (N’attribuez pas à Dieu<br />

des rivaux alors que vous savez).<br />

Il a été cité dans les deux Sahihs qu’Ibn Mass'oud demanda à<br />

47


l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-; «O Envoyé de Dieu!<br />

Quel est le plus grand péché au regard de Dieu?» Il répondit; «De Lui<br />

reconnaître un égal car c ’est Lui qui t ’a créé»/^^ Ainsi le hadith rapporté<br />

par Mou'adh: «Le droit de Dieu sur Ses serviteurs consiste à L’adorer<br />

sans rien lui associer».<br />

Ibn Abbas a rapporté qu’un homme dit au Prophète -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue-; «Ce que Dieu veut et ce que tu veux» Il lui répondit;<br />

«Fais-tu de moi un égal à Dieu? Dis ce que Dieu seul veut». (Rapporté<br />

p a r N a ssa ï et Ibn Maja)^^^ Tous ces hadiths ont un seul but qui<br />

consiste à observer l’unicité de Dieu en actes et paroles.<br />

L’appel à l’adoration de Dieu seul est adressé tant aux croyants<br />

qu’aux polythéistes et hypocrites, sans lui reconnaître un rival, car c’est<br />

Lui qui a créé les hommes et qu’on le trouve dians tous les Livres révélés.<br />

Un hadith relatif au verset précité<br />

D’après l’imam Ahmed, Al-Hareth Al-Ach’ari a rapporté que le Prophète<br />

de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit; «Dieu a Lui la<br />

puissance et la gloire dicta à Yahia Ben Zakaria -que Dieu la saluecinq<br />

commandements qu’il devait mettre en exécution lui et les fils d’Israël.<br />

Comme Yahia avait tardé à s’exécuter, Jésus -que Dieu le saluelui<br />

dit; «Tu as été ordonné de faire cinq choses et de les faire communiquer<br />

aux fils d’Israël. Ou que tu les transmettes aux fils d’Israël ou<br />

que je le fasse à ta place». Il lui répondit: «O frère! Je crains si tu<br />

prends l’initiative que Dieu me châtie ou qu’il me fasse engloutin>.<br />

Yahia Ben Zakaria réunit les fils d’Israël dans le Temple de Jérusalem<br />

au point où il fut bondé. Il se tint sur une estrade, loua Dieu et<br />

leur dit: «Dieu m’a dicté cinq commandements, ordonné de les mettre<br />

( 1 ) ù l i : J l * ?


en exécution et m’a demandé de vous les communiquer afin que vous<br />

vous en conformiez:<br />

1- Adorer Dieu sans rien Lui associer: Ceci ressemble à un homme<br />

qui a acheté un esclave de son propre argent. Cet esclave travaille et<br />

donne son salaire à un autre que son maître. Qui donc parmi vous<br />

veut avoir un esclave pareil? Dieu vous a créés et vous a accordé de<br />

Ses bienfaits. Donc adorez-le sans lui reconnaître un égal.<br />

2- Faire la prière: Tant que l’un d’entre vous fait la prière, Dieu se<br />

tient devant lui. Donc quand vous priez ne vous tournez pas.<br />

3- Accomplir le jeûne: La parabale du jeûneur est comaparable à<br />

un homme qui porte un sac plein de musc, et qui se trouve parmi d’autres<br />

qui sentent l’odeur et la recherchent. Sachez que le relent de la<br />

bouche du jeûneur au^ès-de Dieu est plus parfumé que le musc.<br />

4- Faire l’aumône: Le cas de l’horhme charitable est pareil à un<br />

homme tenu par ses ennemis en tant que prisonnier. Ils lui ont attaché<br />

les mains à son cou et l’ont présenté pour être exécuté. Il leur dit:<br />

«Puis-je me racheter?» et il commença à leur payer tout ce qu’il possède<br />

afin de le libérer.<br />

5- Mentionner et invoquer Dieu: L’exemple de l’homme qui mentionne<br />

et invoque Dieu est pareil à un homme dont ses ennemis sont à<br />

sa poursuite. Il entre dans une forteresse inexpugnable pour s’esquiver.<br />

Ainsi l’homme se préserve du démon tant qu’il mentionne et invoque<br />

Dieu».<br />

Puis l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- dit aux fidèles:<br />

«Quant à moi, je vous ordonne de faire cinq choses et c ’est Dieu qui<br />

m ’a chargé de vous les communiquer: Ne plus se séparer de la communauté;<br />

d ’entendre, d ’obéir, d ’accomplir la hégire ( l ’ém igration) et de<br />

combattre pour la cause de Dieu. Quiconque se sépare de la communauté<br />

se sera débarrassé du joug de l ’Islam à moins qu’il ne revienne. Quiconque<br />

appelle les autres à une tradition religieuse qui remonte à l ’ére préislamique<br />

(Jahilia), sera un aliment de l ’Enfer».<br />

On lui demanda: «Ô Envoyé de Dieu! S’il prie et jeûne?» Il répliqua:<br />

«Même s ’il prie et jeûne et prétend être un musulmau. Donnez aux<br />

49


musulmans l ’attribut que D ieu leur a donné: les croyants serviteurs de<br />

Diew/^K<br />

Le verset mentionné auparavant exhorte les hommes à adorer<br />

Dieu seul en Lui vouant un culte pur. Quiconque médite tout ce qui existe<br />

dans les cieux et sur la terre constate sûrement le pouvoir et la sagesse<br />

du Créateur, Sa science et sa perfection et la grandeur de son<br />

pouvoir.<br />

On a rapporté qu’on a demandé à un bédouin; «Quelle preuve<br />

donnes-tu sur l’existence de Dieu?» Il répondit; «Les crottins ne prouvent-üs<br />

pas qu’il y a de chameaux? Les traces des pieds n’affirment-<br />

(1 ) "à' “¿il ^ (SJJ<br />

ù î J îîtv -1 ^ o îj o î o U i T a J p [ ¡ ^ j ^<br />

ùl o U iT iSj j a \ J i ¿Ui jLâi Ljj ùl i l i ” Ajtj<br />

L : j U i ùî UJj ù î UÜ OÎ J î î l ^ l y t j j iX J j - j û<br />

ùi :J lï j*j aJ p<br />

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‘bîj ù î ù î ^ j  j J - ^ î ùî o L i 5 ' ^ j ^ î 4)t<br />

j î j } i l y J ^<br />

ià t ù i j ? d Ü I 5 ” ù _ ^ ù î 0j ^ , |*-S^U


elles pas l’existence des hommes? alors qu’on voit un ciel orné de<br />

constellations, une terre munie de voies spacieuses, des mers où ondulent<br />

les vagues, tout cela ne prouve-t-il pas qu’il y a un créateur<br />

Subtil et qui connaît tout?»<br />

On a rapporté également que des athées demandèrent à Abou<br />

Hanifa sur l’existence du Créateur, il leur répondit; «Laissez-moi pour<br />

le moment, je suis en train de refléchir. On m’a raconté qu’un navire<br />

chargé de plusieurs sortes de marchandises qui fend des énormes vagues<br />

et essaye de s’en déban-asser pour voguer là où il lui plaît. Aucun<br />

batelier ne le dirige ni le garde et pourtant il vogue» On lui dit;<br />

«Clest absurde! comment un tel navire peut voguer sans batelier!» Et<br />

Abou Hanifa de s’écrier; «Malheur à vous! Tout ce qui se trouve dans<br />

les cieux et sur la terre n’a-t-il pas un créateur?». Les athées furent<br />

confondus et se convertirent à l’Islam grâce à lui».<br />

On demanda à j’imam Al-Chafé’i an sujet du Créateur, il répondit;<br />

«Voyez ces feuilles de mûrier dont les vers en mangent pour donner<br />

des cocons à soie, les abeilles pour produire du miel, les différents<br />

bestiaux qui les rejettent en crottins et les biches pour donner le musc;<br />

alors que ces feuilles sont les mêmes».<br />

Quant à l’imam Ahmed il répondit à la même question en disant;<br />

«Considérez une forteresse inexpugnable aux murs lisses et démunie<br />

d’une porte ou d’une issue. Son aspect extérieur est pareil à l’argent<br />

blanc et son intérieur à l’or pur. Alors qu’elle est ainsi, une brèche se<br />

produisit sur un de ses murs d’où surgit un animal qui entend, voit,<br />

possède une jolie forme et a une belle voix!» Il voulut désigner par là<br />

l’œuf d’une poule.<br />

Ibn AI-Mou‘taz a dit;<br />

Je m’étonne comment on peut désobéir à Dieu<br />

Comment on peut renier Son existence<br />

Alors que dans toute chose il y a un signe<br />

Qui montre qu’il est le Dieu unique.<br />

D'autres ont dit; «Celui qui contemple les cieux si élevés et si vastes,<br />

ce qu’ils contiennent comme astres de différents volumes, les uns<br />

sont immobiles et les autres se déplacent, tous lumineux. Il les regarde<br />

comment ils tournent chaque nuit et chacun effectue sa propre révolu­<br />

51


tion. Il contemple aussi ces mers qui cernent la terre de toutes parts,<br />

les montagnes de différentes couleurs posées sur la ten-e peuplée par<br />

les hommes, afin qu’elle ne branle pas, comme Dieu a dit: (Les montagnes<br />

sont marquées de stries blanches, rouges, de couleurs diverses ou d’un<br />

noir profond) [Coran XXXV, 27], ainsi ces ruisseaux qui coulent d’une<br />

région à une autre pour que les hommes en profitent, les différents animaux<br />

et les plantes de divers goûts, et l’union entre le sable et l’eau.<br />

Tout cela ne forme-t-il pas une preuve sur l’existence du Créateur et<br />

montre Son pouvoir immense. Sa sagesse. Sa miséricorde envers Ses<br />

sujets. Sa clémence et Sa charité?. En vérité, il n’y a d’autre Dieu que<br />

Lui, le seul Seigneur, nous nous confions à lui et vers lui se fera le retour.<br />

0 ¿5ç1 i j i i i s l i i i ;<br />

wa’in kuntum fi raybim-mimma nazzalnâ ‘alâ ‘abdinâ fa’tû bi sûratin<br />

m im -m itlihi wa-d-‘û suhadâ’akum min dûni-L-Lâhi ’in kuntum<br />

sâdiqîn (23) fa’il-lam tafalû wa lan tafalû fa-t-taqû-n-nâra-l-latî waquduha-n-nâsu<br />

wa-l-Mjâratu ’u‘iddat li-l-Kâfïrîn (24).<br />

Si vous avez le moindre doute sur ce que nous avons révélé à notre<br />

Serviteur, tâchez de produire une sourate comme celle-ci et, pour cela, invoquez<br />

les intimes que vous vous êtes donnés en dehors d’Allah, si vous êtes<br />

de bonne foi. (23). Mais si vous n’y parvenez pas, et à coup sûr, vous n’y<br />

parviendrez jamais, parez- vous contre le feu qu’alimenteront les hommes et<br />

les pierres, le feu destiné aux infidèles (24).<br />

Après avoir témoigné de Son unicité, Dieu voulut confirmer la prophétie<br />

de Son serviteur. Il dit aux mécréants: Si vous êtes dans le<br />

doute au sujet d^ ce que nous avons révélé à Mouhammad -qu’Allah<br />

le bénisse et le saiu^- apportez un Livre semblable si vous en avez,<br />

ou bien produisez une seule sourate de ce qu’il contient, et à cette fin<br />

appelez vos assistants. Ibn Abbas a dit qu’il faut entendre par assistants<br />

'OU vos témoins suivant une autre interprétation- leurs divinités<br />

52


ou autres. On trouve cela dans d’autres versets dont on cite à titre<br />

d’exemples ceux-d;<br />

- (Dis: «Apportez donc de la part de Dieu un Livre qui, mieux que ces<br />

deux-la, dirige les hommes. Je le suivrai si vous êtes sincères) [Coran<br />

XXVIII].<br />

(Dis: «Si les hommes et les djinns s’unissaient pour produire quelque<br />

chose de semblable à ce Coran, ils ne produiraient rien qui lui ressemble,<br />

même s’ils s’aidaient mutuellement)) [Coran XVII, 88].<br />

- (Diront-il: «H a forgé cela?» Dis: «Apportez donc dix sourates forgées<br />

par vous et semblables à ced. Invoquez alors qui vous pourrez, en dehors<br />

de Dieu, si vous êtes véridiques) [Coran XI, 13].<br />

A savoir que tous ces versets ont été révélés à La Mecque. Et à<br />

Médine, Dieu leur lança le même défi, et savait bien qu’ils sont incapables<br />

de le faire. En effet, ils étaient impuissants à produire une seule<br />

sourate. Ce Coran-demeurera pour l’étémité un Livre révélé inimitable<br />

car il renferme les Paroles de Dieu qui a tout créé. Comment donc<br />

peut-on assimiler les paroles divines à celles de ceux qui ont été créés?<br />

Quiconque médite sur le Coran, constate sans aucun doute son<br />

Inimitabilité, s’agit-il de paroles ou de sens. Dieu a dit à ce sujet; (Voici<br />

on Livre dont les versets ont été confirmés puis expliqués de la part d’un<br />

Sage parfaitement informé) [Coran XI, 1].<br />

En effet, les versets sont renforcés puis détaillés.<br />

D’autre part, le Coran raconte des événements passés tels<br />

comme ils ont été produits. Par ailleurs, il renferme des prescriptions<br />

et des interdictions comme Dieu a dit; (La Parole de ton Seigneur s’est<br />

accomplie en toute vérité et justice) [Coran VI, 165]. C'est à dire on y<br />

trouve la véracité dans la narration des récits et une justice dans les<br />

sentences. Il ne contient donc que la vérité, la sincérité, la justice et la<br />

bonne direction.<br />

Le style du Coran se caractérise par l’éloquence soit qu’on est un<br />

Arabe qui connaît parfaitement la langue, soit qu’on est au courant de<br />

toutes les règles grammaticales. Si on contemple les événements racontés,<br />

on constate un syle doux, détaillé ou concis, même s’ils sont<br />

53


épétés dans plusieurs sourates, on ne s’ennuie jamais de la répétition,<br />

bien au contraire, ou trouve plus de désir à les réciter».<br />

On y trouve également des exhortations qui ouvrent les portes largement<br />

devant ceux qui sont avides à rencontrer Dieu dans la demeure<br />

de la paix:<br />

- (Nid ne sait ce que leur réserve en fait de joie comme récompense de<br />

leurs actions) [Coran XXXII, 17].<br />

- (n y a là (au Paradis) tout ce que l’on peut désirer et ce dont les<br />

yeux se délectent. Vous y demeurez immortels) [Coran XLIII, 71].<br />

D’autre part, il y en a aussi de la menace et le mauvais sort qui attend<br />

les fidèles et insoumis:<br />

- (Êtes-vous sûrs que Dieu ne vous engloutira pas dans une crevasse)<br />

[Coran XVII, 68].<br />

- (Êtes-vous sûrs que celui qui est au ciel ne vous fera pas engloutir<br />

par la terre? Voici qu’elle tremble * Etes-vous sûrs que celui qui est au ciel<br />

ne déchaînera pas contre vous un ouragan de pierres? Vous saurez alors<br />

quel est mon avertissement) [Coran LXVII,16-17].<br />

On y trouve aussi de réprimandes: (Nous avons puni chacun d’entre<br />

eux à cause de son péché) [Coran XXIX, 40] et de prédications: (Ne voistu<br />

pas que si nous leur accordons de jouissances durant quelques années *<br />

et qu’ensuite vienne à eux ce dont on les menace * leur aisance ne leur aura<br />

pas été profitable) [Coran XXVI, 205-207».<br />

Tous ces versets, entre autres, ont été construits avec une langue<br />

éloquente et diserte.<br />

Par ailleurs, le Coran renferme les sentences, les prescriptions et<br />

les interdictions. Ibn Mass'oud et d’autres ulémas ont dit: «Lorsque<br />

vous entendez Dieu dire dans le Coran: «O vous qui croyez» prêtez-en<br />

votre attention, car il y aura après cet appel ou un bien à faire, ou un<br />

mal à s’interdire. A ces fins, Dieu le Très Haut a dit: (Il (le Prophète)<br />

leur ordonne ce qui est convenable; il leur interdit ce qui est blâmable, il déclare<br />

licites, pour , eux, les excellentes nourritures; il déclare, pour eux, ce<br />

qui est détestable; il ôte les liens et les carcans qui pesaient sur eux) [Coran<br />

VII, 157]».<br />

Quant au jour du Rassemblement, les versets coraniques le décri­<br />

54


vent d’une façon harmonieuse en mentionnant la terreur de ce jour, la<br />

description du Paradis et de l’Enfer, ce que Dieu a préparé pour Ses<br />

élus les croyants comme délices, et pour Ses ennemis les impies<br />

comme châtiment. Tantôt ils annoncent de bonnes nouvelles, tantôt ils<br />

lancent des avertissements, en appelant les gens à pratiquer le bien et<br />

à s’interdire du repréhensible. Ils les poussent à mépriser ce bas<br />

monde et convoiter la vie de l’au-delà. Ils affermissent les gens sur la<br />

voie droite, les dirigent vers le chemin droit de Dieu et Ses lois et débarrassent<br />

les cœurs de la tentation du démon le lapidé. Pour cela<br />

l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Il n ’y a aucun<br />

prophète parm i les Prophètes qui n ’ait reçu (des miracles) qui ont dirigé<br />

les hommes \ers la fo i. M ais ce que j ’avais reçu (parm i ces m iracles)<br />

étaient des révélations que Dieu m ’a faites. J ’espère qu’au jour de la résurrection<br />

être suivi par le plus grand nombre des hommes» ( Boukhari et<br />

Mousüm/^K II a dit aussi: «Ce que j’avais reçu, étaient de purës révélations».<br />

Il s’agit sans doute du Coran qui constitue le plus grand miracle<br />

en dehors de tous le e ^tre s Livres.<br />

Dieu le Très Haut met en garde les Impies en leur disant: (Parezvous<br />

contre le feu qu’alimenteront les hommes et les pierres, le feu destiné<br />

aux infidèles), comme il a affîrmé cela dans d’autres versets: (Quant<br />

aux révoltés, ils uniront de combustible à la Géhenne) [Coran LXXII, 15]<br />

et: (Vous serez vraiment vous et ce que vous adorez en dehors de Dieu, le<br />

combustible de la Géhenne. Vous y arrivez...) [Coran XXI, 98].<br />

Quant aux pierres mentionnées dans les versets, et d’après la majorité<br />

des ulémas, elles sont de grosses pierres noires et sulfureuses<br />

qui donnent plus de chaleur que toutes autres pierres, que Dieu nous<br />

en préserve. Chaque fois que le feu se refroidira, il sera alimenté de<br />

nouveau, comme Dieu a dit: (Chaque fois que le feu s’éteindra, nous en<br />

ranimerons, pour eux, la flamme brûlante) [Coran XVII, 97].<br />

Ce Feu sera destiné aux incrédules qui ont mécru en Dieu et en<br />

Son Prophète. Il a été déjà préparé pour les recevoir, selon l’opinion<br />

(1) ^ ^ u ^ .xij NI ^ ^ L.1 4il JÜ<br />

{Â>Li)l ùjS^ (i)l ji-jt» 4ll »U-jl Lf-j I<br />

^ ùU-îJl itjj)<br />

55


des ulémas sunnites. Plusieurs hadiths ont été rapportés à son sujet,<br />

en voilà quelques uns;<br />

- Le Feu demanda la permission de s’adresser à Dieu et Lui dit:<br />

«Seigneur, mes parties ont dévoré les unes les autres». Il lui permit<br />

d’avoir deux haleines; une en été et une autre en hiver» .<br />

- Ibn Mass'oud a dit; «Etant en compagnie avec l’Envoyé de Dieu<br />

-qu’Allah le bénisse et le salue- nous entendîmes un certain bruit.<br />

Nous lui demandâmes; «D’ou provient ce bruit?» Il répondit; «C ’est une<br />

pierre qu’on avait lancée du bord de la Géhenne depuis soixante-dix ans, et<br />

c ’est maintenant quelle a atteint son fond» (Rapporté par Moustim)^^K<br />

^ ijsjJ \<br />

wa bassiri-l-ladîna ’âmanû wa ‘amilû-l-s-sâliMti ’anna lahum jannâtin tajri<br />

min tahtiha-l-’anhâru kullamâ ruzikû minha min tamaratin rizqan qâlû<br />

hâda-l-ladî ruziqnâ min qablu wa ’utû bihi mutasâbihan wa lahum fihâ<br />

’azwâjum-mutahharatun wa hum fiha hâlidûn (25).<br />

Annonce à ceux qui ont la foi et qui pratiquent les bonnes œuvres,<br />

qu’ils auront pour demeure des jardins arrosés d’eau vive. Chaque fois<br />

qu’ils seront gratifiés d’un des fruits de ces jardins ils s’écrieront: «C’est<br />

bien là ce qui nous avait été annoncé autrefois, car tous ces fruits sont plus<br />

savoureux les uns que les autres». Là, ils auront pour compagnes des femmes<br />

exemptes de toute impureté. Là, leur bonheur n’aura pas de fin (25).<br />

Après avoir montré le cas des impies et le châtiment qui les attend,<br />

Dieu passe directement au cas de Ses élus parmi les croyants<br />

qui ont cru en Lui et en Son Messager, en accomplissant les œuvres<br />

pies comme témoignage de leur foi. On appelle cette transition en lan-<br />

(1 ) , ^ 1 j U i U LU» îiî- j<br />

.lUj«î Jv»j ùSll îi- ùi*t- ^ ù*<br />

56


gage Coranique «l\4athani», c’est à dire on joint deux ctioses contradictoires<br />

telles que l’incrédulité et la foi, et vice versa; ou bien le sort des<br />

damnés et celui des bienheureux, comme nous allons le montrer plus<br />

loin. Mais quand on cite une chose et une autre qui lui soit pareille, on<br />

appelle ceci une «analogie» ou une «ressemblance». Par exemple<br />

lorsque Dieu dit: (Annonce à ceux qui ont la foi et qui pratiquent les bonnes<br />

œuvres, qu’ils auront pour demeure des jardins arrosés d’eau vive), en<br />

décrivant ces jardins où coulent de ruisseaux, c’est à dire qui coulent<br />

parmi ses arbres et ses appartements, ainsi quand 1dit: (Chaque fois<br />

qu’ils seront gratifiés d’un des fruits de ces jardins, ils s’écrieront: «C’est<br />

bien là ce qui nous avait été annoncé autrefois). Ces fruits, bien qu’ils auront<br />

la même forme et la même couleur, selon l’interprétation de certains<br />

ulémas, mais ils auront un goût différent et qui sera plus<br />

savoureux. Même Ibn Abbas est allé plus loin en disant: «Les fruits de<br />

ce bas monde et ceux du Paradis seront différents et n’auront en<br />

commun que les noms».<br />

Les bienheureux du'Paradis auront des femmes pures de toute<br />

souillure, s’agit-il des menstrues, de l’urine, des selles, de la morve et<br />

de crachat etc. Ils y demeureront immortels jouissant de différentes délices<br />

qui leur assureront le bonheur éternel<br />

îiC [¿ a s=9 ¿y^\ is tj JÜ,]<br />

•il ^ ^ ,1 4 , >if<br />

0 ¡a j i p j j<br />

’inna-L-Lâha lâ yastaW ’an y a ^ b a matalam-mâ ba‘u ^tan famâ favs^qahâ<br />

fa’ammâ-l-ladina ’âmanû faya‘lamûna ’annahu-l-^qqu mir-Rrabbihim<br />

wa’amma-l-ladîna kafarû fayaqulûna madâ ’arâda-L-Lâhu bi hâdâ<br />

matalan yuÆllu bihî katiran wa yahdî bihî katiran wa ma yudillu bihî<br />

’illa-l-fâsiqina (26) -1-ladîn yanqudûna ‘ahda-L-Lâhi min ba'di mîtâqihi<br />

wa yaqta‘ûna ma ’amara-L-Lâhu bihi ’an yusala wa yufsidûna fï-l-’ard<br />

’ûlâ’ika humu-l-hâsirûn (27).<br />

57


Dien n’éprouve aucune honte à prendre n’importe quel objet comme<br />

exemple, depuis l’insecte plus infime jusqu’à l’être le plus considérable de la<br />

création. Les croyants découvrent dans ces exemples une vérité de leur Seigneur<br />

. Quant aux infidèles, au contraire, ils se demandent: «Que veut bien<br />

dire Dieu par de tels exemples?» Par de tels exemples, nombreux sont ceux<br />

qu’n égare et nombreux sont ceux qu’H guide. En vérité. Il n’égare que les<br />

pervers. (26). Les incrédules, qui rompent le pacte qu’ils avaient fermement<br />

conclu avec Dieu, qui dénouent ce que Dien a ordonné de joindre, qui engendrent<br />

le désordre sur terre, ceux-lànnêmes qui perdait leur âme. (27).<br />

As-Souddy a dit: «Quand Dieu a frappé deux exemples qui représentent<br />

les hypocrites, d’abord: un homme qui a allumé un feu, puis un<br />

nuage du ciel apportant des ténèbres, les hypocrites s’écrièrent: «Dieu<br />

est plus Haut et plus Majestueux de proposer aux hommes de tels<br />

exemples» Dieu fit descendre ce verset.<br />

Quant à Qatada, il a dit qu’il s’agit de l’araignée^et du moucheron<br />

que Dieu avait donnés comme exemples, et les polythéistes de se demander:<br />

«Pour quel but porpose-t-on de tels exemples?».<br />

Ce qu’il faut en retenir, c’est que Dieu n’a jamais honte de la vérité,<br />

Il peut frapper n’importe quel exemple, s’agit-il d’un moucheron ou<br />

de quelque chose de plus relevé. Ce qui appuie cela est le hadith suivant:<br />

«Si le bas monde pesait auprès de Dieu une aile d ’tai moustique. Il<br />

n’aurait jamais donné à boire à l ’impie même une gorgée d ’eau». Et dans<br />

un autre hadith rapporté par Aicha -que Dieu l’agrée- l’Envoyé de Dieu<br />

-qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Tout musulman atteint par un<br />

malheur, s ’agit-il d ’une piqûre d ’épines ou quelque chose de plus grave (et<br />

qu’il l ’endure), on l ’élèvera d ’un degré et lui effacera un péché».(Rapporté<br />

par Mousiim)^^K<br />

Dieu donc ne répugne pas à proposer en parabole un moustique,<br />

qui est un insecte infime que les hommes détestent, ou même une<br />

mouche, ou bien une araignée, que l’on trouve respectivement dans<br />

ces deux versets:<br />

(1) Ui ^ ilLii ^ U| :jVî ùî üôU ^<br />

.(,4—i «Ijj)<br />

tfjS'<br />

58


- (Ceux qui vous invoquez en dehors de Dieu ne créeront jamais une mouche<br />

même si tous s’unissaient... et si la mouche leur enlevait quelque chose,<br />

ils ne pourraient le lui reprendre. Combien faible est celui qui demande et<br />

celui qui est sollicité) [Coran XXII, 73].<br />

- (Ceux qui prennent des maîtres en dehors de Dieu sont semblables à<br />

l’araignée: Celle-ci s’est donné une demeure, mais la demeure de l’araignée<br />

est la plus faible des demeures, s’ils savaient) [Coran XXIX, 41].<br />

Comme on trouve dans le Coran d’autres paraboles dans le but<br />

d’enseigner les hommes. On en cite à titre d’exemples:<br />

- (Dieu propose en parabole un serviteur - un esclave qui ne peut rien)<br />

[Coran XVI, 75].<br />

- (Dieu propose en parabole deux hommes: l’un est muet, il ne peut<br />

rien faire, il est à charge à son maître. Quelque lieu où celui-ci l’envoie, cet<br />

homme ne lui rapporte rien de bon. Est-il l’égal de celui qui ordonne<br />

l’équité) [Coran Coran XVI, 76].<br />

- (Voilà des exemples que nous proposons aux hommes, mais ceux qui<br />

savent tout sont seuls à les comprendre) [Coran XXIX, 43].<br />

L’un des ancêtres a dit: «Chaque fois que j’entendais un exemple<br />

cité dans le Coran sans le comprendre, je déplorais mon âme».<br />

Abou AI-'Alya a dit: «Le cas des incrédules qui, en entendant un<br />

exemple, disaient: «Qu’est-ce que Dieu a voulu signifier par cette parabole»<br />

est confirmé aussi dans ce verset: (... Pour que ceux dont les<br />

cœurs sont malades disent, avec les incrédules: «Quel exemple Dieu veut-Il<br />

tirer de cela?». Il en est ainsi: Dieu égare qui II veut; Il dirige qui II veut.<br />

Nul, en dehors de Lui, ne connaît les armées de ton Seigneur) [Coran<br />

LXXIV, 31].<br />

Ibn Abbas a commenté cela en disant qu’il s’agit bien repectivement<br />

des fidèles que Dieu augmente leur foi, et II laisse les incrédules<br />

dans les ténèbres de leur égarement pour avoir renié la vérité. Certes<br />

Dieu n’égare que les pervers.<br />

Le mot «pervers» englobe l’incrédule et le rebelle, bien que la perversité<br />

du premier est pire. Le verset désigne, et c’est Dieu qui est le<br />

plus informé, Tincrédule pervers, celui que Dieu le décrit comme suit:<br />

(Ceux qui violent le pacte de Dieu après avoir accepté Son alliance; ceux<br />

59


qui tranchent les liens que Dieu a ordonné de maintenir; ceux qui corrompent<br />

la terre: yoilà les perdants). Leur agissement est diamétralement<br />

opposé à celui des croyants comme le montre ce verset: (Celui qui sait<br />

que la Révélation que ton Seigneur a fait descendre sur toi est la vérité, serait-il<br />

semblable à l’aveugle? Seuls réflédiissent: ceux qni sont doués d^intelligence<br />

* Ceux qui observent fidèlement le pacte de Dieu et ne violent pas<br />

son alliance * Ceux qui maintiennent les lims que Dieu a ordonné de maintenir)<br />

[Coran XMI, 19-21].<br />

Quant au terme «Pacte», il y a plusieurs opinions à son sujet dont<br />

nous allons les citer en bref:<br />

- C’est là recommandation divine adressée à tous les hommes<br />

pour observer Ses ordres, s’abstenir de Ses interdictions et accomplir<br />

tous les devoirs qui lui sont prescrits.<br />

- D’après Ibn Jarir et Mouqatel Ben Hayyan: il s’agit die l’engagement<br />

pris des incrédules et hypocrites parnii les gens du Livre, la Tora<br />

surtout, de croire en Mouhammad -qu’Aliahle bénisse et le salue- et<br />

de le suivre, de croire en tout ce qui lui a été révélé de Son Seigneur.<br />

Mais ils ont brisé ce pacte en reniant tout et dissimulant aux autres ce<br />

qu’ils savaient de la Vérité.<br />

- D’autres ont dit que les impies, les polythéistes et les hypocrites<br />

sont concemés dans ce verset, car Dlèu^ les a tous engagés à témoigner<br />

de son unicité en leur présentant les différents signes et preuves<br />

qui affirment Sa déité, à se soumettre à Ses ordres et à s’abstenir de<br />

Ses interdictions en leur montrant plusieurs miracles qu’ont apportés<br />

ses Messagers et Prophètes et les défiant de pouvoir produire un seul<br />

d’eux-mêmes.<br />

Mais ils ont renié les uns et les autres en violant ce pacte. Et Al-<br />

Zamakhchari d’ajouter: «Ce pacte consiste à témoigner l’unicité de<br />

Dieu car 1dit: (Quant ton Seigneur tira une descendance des reins des fils<br />

d’Adam, Il les fit témoigner contre eux-mêmes: «Ne suis-je pas votre Seigneur?»<br />

Us dirent «Oui, nous en témoignons») [Coran VII, 172] grâce aux<br />

livres qu’il a fait descendre sur Ses prophètes, en leur disant aussi:<br />

(Remplissez Mon pacte. Je remplirai vos pactes) [Coran II, 40].<br />

- Al-Souddy a dit: «Ce pacte n’est autre que le Coran, car une fois<br />

ils ont avoué qu’il est une révélation, ils ne tardèrent pas à le renier».<br />

60


Quant aux liens dont les hommes ont été ordonnés de les maintenir,<br />

et selon les opinions de la majorité des uiémas, il s’agit des liens<br />

de parenté en se basant sur ce verset; (Seriez-yous capables, si vous<br />

toandez le dos, de semer la corraption smr la terre et de rompre vos liens<br />

de parenté?) [Coran Coran XLVIl, 22], Ceux qui les rompent seront sûrement<br />

les perdants.<br />

Ibn Abbas, en interprétant ie mot «perdants» a dit; «Tout acte de<br />

désobéissance imputé aux non-musulmans, constitue une perdition,<br />

car il n’est qu’incrédulité. Mais ceux commis par les musulmans sont<br />

considérés en tant que péchés». Il assimile ainsi les impies au<br />

corhmerçant qui perd tout et eux, seront des perdants car ils seront privés<br />

de la miséricorde de Dieu au jour de la résurrection en perdant<br />

toutes leurs œuvres dans le bas monde, du moment qu’ils auront besoin,<br />

lors du compte final, de cette miséricorde<br />

Kayfa takfurûna bi-L-Lâhi wa Inmtum ’amwâtan fa’ahyâkum tununa yumitukum<br />

tumma yu^ikum tumma ’ilaylii tuija‘ûn (28).<br />

Comment pouvez-vouâ renier Allali, vous, qu’Allah a tirés du néant,<br />

qn’n fera mourir et revivre et près duquel vous retournerez un jour (28).<br />

Dieu s’étonne de l’attitude des impies qu’ils renient Son existence<br />

et son pouvoir, adorent d’autres divinités en dehors de lui, du moment<br />

qu’il est le seul créateur qui a donné la vie aux hommes alors qu’ils<br />

n’existaient pas? Il a confirmé ce fait par le verset suivant;<br />

(OntHls été créés de rien ou sont-ils leurs propres créateurs? * Ont-ils<br />

créé les cieux et la terre? Non, ils ne sont pas convaincus) [Coran LU, 25-<br />

26].<br />

Ibn Abbas a dit; «Les hommes étaient comme des morts dans les<br />

reins de leurs pères jusqu’à ce que Dieu leur a donné la vie, puis il les<br />

fera mourir, une mort inéluctable, ensuite II leur redonnera la vie lors<br />

de la résurrection. Ceci est pareil à ce qui a été dit darts ce verset;<br />

(Notre Seignemr, Tu nous a fait mourir deux fois et deux fois Tu nous a<br />

fait reviirre) [Coran XL, 11].<br />

61


Suivant une autre version, Ibn Abbas a dit; «Vous étiez du sable<br />

avant votre création, en voilà une première mort. Puis il vous a créés<br />

en donnant la vie, en voilà une première vie. Il vous fera mourir pour<br />

retourner aux tombes, en voilà une deuxième mort. Enfin II vous redonnera<br />

la vie au jour de la résurrection, en voilà une deuxième vie».<br />

¿ t P p 4 u' p ^ j i<br />

huwa-l-ladi halaqa lakum mâ fi-l-ard jami'an tumma-s-tawâ ’ila-s-samâ’i<br />

fasawwâhunna sab‘a samâwâtin wa huwa bikulli say’in ‘alîm (29).<br />

C’est lui qui a créé pour vous tout ce qui est sur la terre puis, portant<br />

Son attention sur le firmament, en tira sept cieux. Lui qui s’entend en toutes<br />

choses. (29).<br />

Une autre preuve de la création des hommes et ce qu’ils voient de<br />

leurs propres yeux, tout ce qu’il a créé pour eux; ce qu’il y a sur la<br />

terre. Il s’est ensuite tourné vers le ciel qu’il a organisé en sept cieux,<br />

car II connaît toute chose.<br />

Les éxégètes ont interprété cela de la façon suivante; «Dieu<br />

d’abord a créé la terre puis les sept cieux, car quand on a l’intention<br />

de construire une demeure, on commence par établir les assises, puis<br />

on construit les autres étages. Quant aux dires des Dieu; (Est-il plus<br />

difficile de vous créér que de construire le firmament? * Dien en a élevé la<br />

voûte; n l’a établi harmonieusement; * Il a assombri sa nuit et il lui a<br />

donné sa clarté * H a ensuite étendu la terre) [Coran LXXIX, 27-30], il faut<br />

entendre par cela que Dieu raconte un fait et non plus une succession<br />

des étapes de création.<br />

Moujahed a commenté cela en disant; «Dieu d’abord a créé la<br />

terre, puis une fumée en surgit, en voilà la confirmation de ce fait<br />

qu’on trouve dans ce verset; (Il s’est ensuite tourné vers le ciel qui était<br />

une fumée) [Coran XLI, 11].<br />

Un autre verset qui montre que la création de la terre était avant<br />

celle des cieux; (Dis: «Serez-vous incrédules envers celui qui a créé la<br />

terre en deux jours) [Coran XLI, 9].<br />

62<br />

^


¿y j j ÿ l Q lî cÿ>VÎ 41 ' ^ - j ^15<br />

*y L» iîic^ Jlâ (¿Ai ( j» .^ j d lÀ « ^ •^^“îf*^<br />

!@<br />

wa’id qâla rabbuka li-l-makâ’ikati ’inni jâ‘ilun fi-l-ar^ halifatan qâlû<br />

’ataj'alu fiha man ynfisada fihâ wa yasfiku-d-dimâ’a wa nalmu nusabbihu<br />

bihamdika wa nuqaddisu laka qâla’innî ’a‘lamu mâ lâ ta‘lamûn (30).<br />

Lorsque Allah confia anx anges qa’H voulait sur terre un lieutenant,<br />

ceux-ci lui dirent: «Vas-tu mettre sur terre quelqu’un qui y apportera le<br />

désordre et y fera couler le sang, alors que nous chantons Tes louanges et<br />

glorifions Ta sainteté?» Je sais, répondit Allah, ce que vous ne savez pas.<br />

(30).<br />

Dieu fait rappeler aux hommes Sa grande faveur en les mentionnant<br />

au ciel devant les anges avant leur création. Il ordonna à Son<br />

Prophète; «O Mouhammad.^ raconte aux hommes lorsque Dieu a dit<br />

aux anges qu’il a voulu désigner un lieutenant sur la terre, et des générations<br />

qui succéderont à d’autres générations comme II a dit; (C’est<br />

Lui qui a fait de vous ses lieutenants sur la terre) [Coran VII, 165] et; (Lui<br />

qui a fait de vous ses lieutenants sur la terre) [Coran XXVII, 62].<br />

Quant aux dires de Dieu; (Si nousj’avions voulu, nous aurions fait,<br />

d’une partie d’entre vous, des anges et ils vous remplaceraient sur la terre)<br />

[Coran XLIII, 60], il n’est pas comme certaines ulémas ont prétendu<br />

qu’il s’agit d’Adam -que Dieu le salue- Car si c’était ainsi, les anges<br />

n’auraient pas demandé; (Vas-tu mettre sur terre quelqu’un qui y apportera<br />

le désordre et y fera couler le sang), ils voulaient dire que, parmi cette<br />

race humaine, il y aura ceux qui feront cela. Il parait qu’ils l’ont deviné<br />

comme s’ils étaient au courant de la nature humaine ou d’après une<br />

science qui leur était propre. Dieu leur dit qu’jl va créer l’homme;<br />

(D’une argile extraite d’une boue malléable) [Coran XV, 26]. Ou bien, il<br />

se peut encore que les anges avaient compris par «lieutenant» celui<br />

qui jugera entre les hommes, tranchera leur différend, les interdira de<br />

commettre les interdictions et les péchés -comme a dit Al-Qourtoubi-.<br />

La réponse des anges n’était pas en tant qu’objection ni une jalousie<br />

des fils d’Adam comme le pensent certains commentateurs. Mais<br />

63


elle était une sorte d’interrogation et un désir de connaître la sagesse<br />

qui se trouve dans cette création. Ils dirent: Notre Seigneur, quelle est<br />

la raison pour laquelle Tu vas créer de telles créatures alors que parmi<br />

eux il y aura ceux qui sèmeront la corruption sur la terre et commettront<br />

les meurtres?. Si c’est pour T’adorer nous ne faisons que de<br />

chanter Tes louanges et glorifications et proclamons Ta sainteté en<br />

priant sans qu’un de ces méfaits ne puisse être commis de notre part?<br />

Pourquoi ne Te contentes-Tu pas de notre création? Et le Seigneur de<br />

leur répondre: Je sais ce que vous ne savez pas: C’est comme II voulait<br />

leur dire: «Je leur enverrai les Prophètes et les Messagers, parmi<br />

ces hommes certes il y aura les justes, les témoins, les saints serviteurs,<br />

les hommes pieux, les ascètes, les vertueux, les soumis, les proches,<br />

les savants qui pratiqueront leur science, les humbles et ceux<br />

qui m’aimeront et suivront les Messagers -que Dieu les salue tous-,<br />

(Je sais ce que vous ne savez pas): Cette demièrejiartie du verset a<br />

été interprétée de deux façons différentes:<br />

- Certains disent que Dieu, en s’adressant aux anges, voulait dire:<br />

«Ce n’ est pas le cas comme vous prétendez car il y aura parmi vous<br />

Iblis qui sera rebelle».<br />

- D’autres disent que les anges avaient demandé à leur Seigneur<br />

de s’établir sur la terre, mais II refusa en répondant: «Non votre place<br />

est dans le ciel et cela est meilleur pour vous».<br />

Comment les éxégètes ont interprété le mot: «Lieutenant».<br />

- As-Souddy a dit: «Dieu dit aux anges qu’il va établir un lieutenant<br />

sur la terre, ils lui demandèrent: «Qui pourra être ce lieutenant?»<br />

Et le Seigneur de répondre: «Une certaine créature dont sa descendance<br />

sèmera le désordre sur la terre, les uns jalouseront les autres et<br />

s’entretueront.<br />

- Ibn Jarir a dit d’après Ibn Abbas: Les djinns étaient les premiers<br />

à peupler la terre. Ils y répandaient le désordre, versaient le sang en<br />

s’entretuant. Dieu leur envoya Iblis et sa cohorte qui les extermina en<br />

les chassant jusqu’aux îles et les sommets des montagnes. Puis Dieu<br />

créa Adam et sa compagne Eve pour les y établir à la suite.<br />

Ayant été informés que le lieutenant sera Adam, les anges avaient<br />

demandé au Seigneur la permission d’interroger en s’étonnant: «Com­<br />

64


ment Adam et sa descendance Te désobéiront-ils alors que Tu es leur<br />

créateur?» Il leur répondit: «Je sais ce que vous ne savez pas», C’est<br />

à dire que vous allez constater plus tard qu’il y aura parmi eux ceux<br />

qui seront soumis et ceux qui seront rebelles.<br />

La glorification de Dieu et la proclamation de sa sainteté, d’après<br />

quelques ulémas, signifient la prière. D’autres ont dit que les anges<br />

voulaient dire par là: «Nous chantons Ta pureté et nous désavouons<br />

tout ce que les polythéistes iront T’attribuer de rivaux et des associés».<br />

Abou Dzarr -que Dieu l’agrée- a rapporté qu’on demanda à l’Envoyé<br />

de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-: Quelles sont les meilleures<br />

formules de glorification?» Il répondit: «Elles sont celles que Dieu<br />

avait choisies pour Ses anges: «Gloire et louange à Dieu» (R apporté par<br />

Mouslim/^K<br />

On a rapporté également que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- a raconté:<br />

«La nuit où j ’ai fa it l ’ascîënsian au ciel, j ’ai entendu dans les cieux les<br />

plus élevés ces paroles: «Gloire au Très Haut le Sublime, gloire à Dieu le<br />

Très Haut» (R apportépar Baïhaqi)^^K<br />

Al-Qourtoubi a tiré argument de ce verset pour parier du calife -<br />

qu’on l’assimile au lieutenant- qu’on doit désigner parmi les hommes<br />

afin d’établir l’ordre, de trancher les différends, d’aider l’opprimé contre<br />

l’oppresseur, d’appliquer les peines prescrites, de défendre ce qui a<br />

été interdit par la loi. Tout cela ne peut être réalisé qu’en désignation<br />

d’un imam.<br />

Cette imamat -ou califat- peut être faite d’après le «texte» qui était<br />

le cas d'Abou Bakr As-Siddiq; ou par allusion discrète comme lorsqu’Abou<br />

Bakr avait désigné Omar Ben Al-Khattab, ou bien recourir à<br />

une délibération que font les gens vertueux, ce qui a été fait après la<br />

mort de ’Omar, ou enfin par l’unanimité des hommes.<br />

(1 ) ¿il u» :J li J \ ^ ùî ^ > J<br />

j j ^ J*-!—«.* «Ijj)<br />

(2 ) lyr . ;.»î “tîll<br />

■O’J ji c/" *'jj)<br />

65


Cet imam -ou calife- toujours d’après Al-Qourtoubi, doit être: un<br />

mâle, libre, sensé, pubère, musulman, équitable, assidu, clairvoyant,<br />

ayant tous les membres sains, expert en matière de guen^e, Qoraîchite<br />

-ce qui est le plus connu- sans pourtant qu’il soit un Hachémite ou un<br />

homme préservé de toute eneur.<br />

Au cas où il s’avère que cet imam est pervers, peut-on le destituer?<br />

Il y a eu une controverse dans les opinions à ce sujet. Mais la<br />

plus correcte consiste à se conformer à ce hadith prophétique: «A<br />

moins qüe vous constatiez- de la part ¿fe l ’imam- une ùicrédulité manifeste<br />

en vous référant aux lois divines».<br />

Quant à l’existence de deux imams ou plus dans un même pays<br />

cela n’est plus permis, car l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- a dit: «Celui qui veut vous diviser alors que vous êtes en parfait accord,<br />

tuez-le quel qu’il soit».<br />

^<br />

, . j i i i f s ii<br />

ïjl<br />

c i ¿Si ï ü i; •il ûi "i @ 4<br />

^<br />

wa ‘allama ’Âdama-l-âsmâ’a kullahâ tumma ‘ara^hum ‘alâ-l-malâ’ikati<br />

faqâla ’ambi’unî bi ’asmâ’i hâ’ulâ’i ’in kuntum sâdikîn(31) qâlû<br />

subhânaka la ‘ilma lanâ ’illâ mâ ‘allamtanâ ’innaka ’anta-l-‘Alimu-l-<br />

Hakîm (32) qâla yâ ’Âdamu ’ambi’hum bi’asmâ’ihim falammâ ’amba’ahum<br />

bi ’asma’ihim qâla ’alam ’aqul-lakum’innî ’a‘lamu gayba-s-samâwâti<br />

wa-l-’ard wa ’a‘lamu ma tubdûna wa ma kuntum taktumûn (33).<br />

Dieu apprit à Adam le nom de tous les êtres. Puis présentant ces derniers<br />

aux anges, il leur dit: «Indiquez-moi les noms de tous ces êtres, si<br />

vous vous croyez plus méritants qu’Adam.(31). - Loué soit ton nom», répo^<br />

dirent-ils, «Nous ne savons que ce que Tu as bien voulu nous apprendre.<br />

Toi seul détiens la science et la sagesse»(32). Dieu dit alors à Adam: «Indique-leur<br />

les noms de tous les êtres». Après qu’il l’eût fait. Dieu ajouta;<br />

66


«Ne vous ai-Je pas dit que Je détiens les mystères des cieux et de la tite et<br />

que Je sais ce que vous divulguez et ce que vous cachez?»(33).<br />

Dieu a sans doute honof é Adam plus que tes anges en lui attribuant<br />

particulièrement la connaissance de tous les noms des êtres en<br />

dehors des anges. Ceci eut lieu après leur prosternation devant Adam,<br />

car II a devancé ce fait à l’ignorance des anges par la sagesse qui<br />

émanait de la création des humains, quand ils lui demandaient à ce sujet.<br />

Il leur répondit alors: «Je sais ce que vous ne savez pas». Ce<br />

n’était que pour montrer l’honneur qu’il a réservé à Adam en lui apprenant<br />

les noms.<br />

Ibn Abbas a dit à ce propos: «Dieu a appris les noms de toutes<br />

les créatures, s’agit-il de l’homme, des bêtes, des cieux, de la terre,<br />

des plaines, des mers, des montures et autres: Mais ce qui est vrai,<br />

c’est que Dieu a appris aussi à Adam les noms de toutes ces créatures<br />

ainsi que leurs qualités, leurs actions etc...<br />

Al-Boukhari a rapporté d’après Anas que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue- a dit: «Une fois les croyants seront réunis au<br />

jour de la résurrection, ils diront: «Si nous demandons à quelqu’un pour intercéder<br />

en notre faveur auprès de notre Seigneur ?» Ils iront trouver Adam<br />

et lui diront: «Toi, tu es le père des humains. Dieu t ’a créé de ses mains,<br />

fait agenouiller ses anges devant toi et t ’a appris les noms de tous les êtres.<br />

Intercède en notre faveur auprès de ton Seigneur afin qu ’Il nous délivre de<br />

cette situation» (R apporté par Boukhari, M ouslim, Nassm et Ibn M a-<br />

ja /^ K Ce hadith montre sans doute que Dieu a appris à Adam les<br />

noms de toutes les créatures et les créations.<br />

Les anges, se trouvant devant ce défi, déclarèrent: «Seigneur,<br />

gloire à Toi. Nous ne savons rien en dehors de ce que Tu nous as enseigné».<br />

Car Dieu les mettait au coursant de tout ce qu’il a créé, mais<br />

(sJLo Jjl Col j i<br />

^ liLj üJ ^ iL —>1v1L-1pj ¿Aï<br />

ùih<br />

iji cT^<br />

67


ils constatèrent maintenant qu’ils étaient incapables de connaître ce<br />

que Dieu a appris à Adam.<br />

En demandant à Adam de faire connaître aux anges les noms des<br />

êtres, Dieu voulut montrer qu’Adam est plus méritant qu’eux. Puis II dit<br />

aux anges; «Ne vous ai-je pas avertis que je connais l’invisible des<br />

cieux et de la ten-e?» Une chose qui a été aussi confirmée par ce verset:<br />

(Si tu fais entendre ta parole à hante yoix, Lni, certes, connaît parfaitement<br />

ce qui est secret et ce qui est le mieux cadié) [Coran XX, 7].<br />

Quant à la demière partie du verset; (Je sais ce que vous divu^ez<br />

et ce que vous cachez), la plus con-ecte pamni les interprétations est celle<br />

offerte par Ibn Abbas qui a dit; «Dieu a fait connaître à Ses anges qu’il<br />

connaît parfaitement ce qu’ils montraient et ce qu’ils tenaient en secret.<br />

Ce qu’ils cachaient étaient l’attitude d’Iblis vis-à-vis de la création<br />

d’Adam et ce qu’il couvait de l’orgueil et de la vanité (comme nous allons<br />

le voir plus loin). Ce qu’ils divulguaient était leurs dires; comment<br />

Dieu va créer quelqu’un qui répandra le désordre sur la terre et fera<br />

couler le sang».<br />

a i dit Qâ<br />

wa ’id qulnâ li-l-malâ’ikati-s-judû li ’Âdama fasajadû ’illâ ’Iblîsa ’abâ wastakbara<br />

wa kâna mina-l-kâfîrîn (34).<br />

Lorsque nous demandâmes aux anges de se prosterner devant A dai^<br />

ils se prosternèrent à l’exception d’Iblis qui s’enfla d’orgueil et entra en rébellion<br />

(34).<br />

C’était un grand honneur que Dieu a accordé à Adam quand II demanda<br />

à ses anges de se prosterner devant lui. Plusieurs hadiths ont<br />

été rapportés à ce propos. On en cite à titre d’exemple le hadith suivant<br />

dans lequel Moïse -que Dieu le salue- demanda à Dieu «Seigneur,<br />

fais-moi voir Adam qui, par sa faute, nous a fait sortir avec lui<br />

du Paradis». Une fois Moïse se trouvant en face d’Adam, il lui dit;<br />

«C’est toi Adam que Dieu a créé de ses mains, lui a insufflé de Son<br />

Esprit et fait agenouiller Ses anges devant toi?».<br />

Lorsque Dieu demanda aux anges de se prostemer devant Adam,<br />

68


iblis se trouvait parmi eux bien qu’il a été créé d’une nature différente<br />

de la leur, mais il se considérait comme étant l’un d’eux et pratiquait<br />

leurs œuvres. Ibn Abbas dit à ce propos: «Avant de commettre son péché<br />

et d’entrer en rebellion, Iblis qui s’appelait «‘Azazil» habitait la<br />

terre. Il était le plus assidu des anges à l’adoration de Dieu et avait un<br />

savoir plus vaste que le leur. Tout cela le porta à s’enfler d’orgueil. Il<br />

faisait partie d’une race qu’on appelle les djinns».<br />

Ibn Jarir a rapporté d’après Al-Hassan: «Iblis n’a jamais été un<br />

ange mais de la race des djinns comme Adam était de la race humaine».<br />

Il a dit aussi, d’après Chahr Ben Hawchab qu’Iblis éait l’un<br />

des cijinns que les anges avaient chassé, mais certains parmi ces anges<br />

l'avaient pris et ramené au ciel».<br />

Quant à Sa’d Ben Mass'oud, il a rapporté une chose pareille à<br />

l’histoire sus-mentionnée, en disant: «Les anges combattaient les<br />

djinns. Ils capturèrent Iblis qui était encore petit et le ramenèrent au<br />

del avec eux et il pratiquait la même adoration que la leur. Mais quand<br />

ils furent ordonnés de se pTostemer, il refusa, voilà le sens du verset: (<br />

A l’exception d’Iblis qui était ao nombre des Djimis et qui se révolta contre<br />

l’ordre de son Seigneur ) [Coran XVIII, 50].<br />

Qatada a interprété ces paroles de Dieu: (Lorsque nous demandâmes<br />

aux anges de se prostemer devant Adam) en disant: «La soumission<br />

était aux ordres de Dieii et la prostemation devant Adam par laquelle<br />

Dieu a honoré Adam». D’autres ont dit: «C’était une prosternation de<br />

salut, de paix et d’honneur, comme on trouve cela dans ce verset qui<br />

raconte l’histoire de Joseph: Œ fît monter son père et sa mère sur le<br />

trône et ses frères tombèrent ^ stern es) [Coran XII, 100]. Ce genre de<br />

salut et de respect était connu parmi les générations passées, mais<br />

l’Islam l’a interdit.<br />

A ce propos, Mou'adh a raconté: «Etant au pays de Cham, je vis<br />

les hommes se prostemer devant leurs prêtres et leurs savants. Je dis<br />

à l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-: «Tu as plus de<br />

droit qu’on se prosteme devant toi». Il me répondit: «Si j ’avais le droit<br />

d ’ordonner à quelqu’un de se prosterner devant un autre, j ’aurais demandé<br />

à la femme de se prostemer devant son mari en vertu de ses droits sur elle».<br />

Ce qu’il faut en retenir, ajoute l’auteur de cet ouvrage, consiste à<br />

considérer que cette prostemation devant Adam était un honneur, une<br />

69


haute considération, un respect et un salut pour Adam, et d’autre part<br />

une soumission aux ordres de Dieu».<br />

Quant au refus d’Iblis de se prostemer, dit Qatada, c’était à cause<br />

de sa jafousie en constatant ce grand honneur que Dieu avait octroyé<br />

à Adam, en disant: «J’ai été créé de feu et lui d’argile» Cet orgueil<br />

était donc l’un des premiers péchés capitaux. A ce propos il a été rapporté<br />

dans le Sahih que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-<br />

a dit: «N ’entrera jamais au Paradis quiconque dans le cœur duquel il y<br />

a le poids d ’un grain de moutarde d ’orgueil».<br />

Au cours de cette interprétation on a parlé d’un sujet important, il<br />

s’agit des miracles. Les ulémas ont dit: Tout homme qui n’est pas un<br />

Prophète et à qui Dieu a donné le pouvoir de faire des miracles et des<br />

choses qui ne sont pas habituelles, il n’est pas îtécessaire de le considérer<br />

en tant qu’un «Waly» en contredisant les opinions des sophistes<br />

et des Rafida.<br />

Tels miracles peuvent être exercés par un pervers ou un impie<br />

comme il a été rapporté dans un hadith concernant Ibn Sayyad à qui<br />

l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et ie salue- avait annoncé le châtiment<br />

de la fumée. Ibn Sayyad faisait des miracles et barrait les routes<br />

quand il s’irritait jusqu’à, ce qu’Abdullah Ben Omar le tua. C’est à<br />

son sujet que Dieu a dit: (Guette donc le jour où le ciel appiortera une fumée<br />

bien visible) [Coran XLIV, 10].<br />

Ainsi le cas de l’Antéchrist qui réalisera, vers la fin du monde, des<br />

miracles grandioses: il ordonnera au ciel de pleuvoir et il s’exécutera, à<br />

la terre de faire pousser les plantations, aux trésors de la terre de le<br />

suivre et ils le suivront comme les abeilles, et enfin à un jeune homme<br />

de reprendre la vie après l’avoir tué etc.<br />

Al-Laith Ben Sa’d disait: Si vous voyez l’homme marcher sur l’eau<br />

ou s’envoler, ne soyez pas tentés par ce phénomène, plutôt étudiez<br />

son cas d’après le Livre de Dieu et la sunna.<br />

ijL - i j ¿ X \'jS ; M '¿i-i â i S rfc î f'.fe: i j j<br />

ti., Ç i ¿ fe ili s,<br />

70


'© !' >«r<br />

wa qulnâ ya ’Âdamu-s-kun ’anta wa zawjuka -1-jannata wa kulâ minhâ<br />

ragadan M ytu si’tumâ walâ taqrabâ hâdihi-s-sajarata fatakûna mina-zzâlimîn<br />

* fa ’azallahumâ-s-saytânu ‘anha fa ’a^ajahumâ mimmâ kânâ fîhi<br />

wa qulnâ-h-bitû ba‘dukum li ba‘


N-B A savoir qu ’en arabe Eve signifie Hawa qui dérive du mot:<br />

Hay: vivant<br />

Quant à l’arbre que Dieu les avait interdit d’approcher, plusieurs<br />

opinions ont été données à ce sujet:<br />

- C’est la vigne, d’après Ibn Abbas.<br />

- Les juifs prétendent que c’est le froment.<br />

- Ibn Jarir raconte: «Un homme de Bani Tamim m’a rapporté<br />

qu’Ibn Abbas envoya une lettre à Abou AÎ-Jild lui demandant au sujet<br />

de l’arbre interdit au Paradis et l’autre auprès duquel Adam s’était repenti.<br />

Abou' Al-Jild lui répondit: «L’arbre interdit était l’épi de froment,<br />

et l’autre l’olivier.»<br />

- Abou Malek a dit: c’est le palmier.<br />

- Moujahed, enfin, présume que c’est le figuiers .<br />

Et Abou Ja'far Ibn Jarir de conclure: Dieu à Lui la puissance et la<br />

gloire avait désigné à Adam et à son épouse un des abres du Paradis<br />

sans l’identifier. Dieu n’avait pas précisé cet arbre dans son livre, de<br />

notre côté on ne trouve non plus ce qu’il était d’après la Sunna. Que<br />

ce soit la vigne, le froment ou autre, c’est une chose qui n’augmente<br />

pas la science des savants et ne cause aucun tort à celui qui l’ignore.<br />

Et c’est Dieu qui est le plus savant.<br />

Satan fit trébucher Adam et Eve en les faisant manger des fruits<br />

de l’arbre interdit causant ainsi leur perte et leur expulsion du Paradis<br />

où iis vivaient à l’aise.<br />

Ils furent chassés, et Dieu leur dit: « Descendez sur la terre où<br />

vous serez ennemis les uns des autres, vous y trouverez un séjour et<br />

de jouissance éphémère».<br />

Quant à l’histoire d’Iblis avec le serpent, elle a été inventée par les<br />

Israélites et nous allons en palier plus loin-en interprétant la sourate<br />

Al-A’raf.<br />

Si le Paradis où Adam habitait était au ciel selon l’avis de la majorité<br />

des ulémas, comment Iblis a pu y entrer du moment où il en fut<br />

chassé? Plusieurs réponses à signaler:<br />

72


- Il a été interdit d’y entrer en tant qu’honoré, mais pour voler ou y<br />

être humilié, cela constitue une probabilité .<br />

- D’après la Tora, il est entré dans la bouche du serpent pour y accéder.<br />

- Enfin selon d’autres ulémas: il était sur la terre alors qu’Adam et<br />

Eve étaient au Paradis. Il a réussi à leur inspirer ses mauvaises suggestions<br />

de l’endroit où il se trouvait.<br />

A ce propos on cite qu’Al Qourtounbi a rapporté plusieurs hadith<br />

concernant le meurtre des serpents.<br />

0 ( 0 V® !' ’k S i ùî ÿ S<br />

fatalaqqâ ’Âdamu mir-rabbihî kalimâtin fatâba ‘alayhi ’innahû huwa-t-<br />

Tawwâbu-r-raMm (37).<br />

Adam reçut de Dieu une forumle de prière qui emporta son pardon.<br />

Car le pardon est de l’essence de Dieu, ainsi que la clémence (37).<br />

On a dit qu’on peut trouver cette formule de prière dans le verset<br />

suivant: (Ils dirent: «Notre Seigneur, nous nous sommes lésés nous-mêmes.<br />

Si tu ne nous pardonnes pas, et si Tu ne iraus fais pas miséricorde, nous serons<br />

au nombre des perdants) [Coran VII, 23].<br />

At>ou AI-‘Alya a dit: «Après avoir commis le péché, Adam dit au<br />

Seigneur : «Quel sera mon sort si je me repentis et amende mon<br />

comportement?» Et Dieu de lui répondre: «Je te ferai entrer de nouveau<br />

au P aradte^<br />

Quant à Moujahed, il a dit: «Les paroles qu’Adam avait accueillies<br />

du Seigneur étaient les suivantes: «il n’y a de Dieu que Toi. Gloire à<br />

Toi. Louange à Toi. Oui je me suis fait tort à moi-même. Pardonnemoi,<br />

car Tu es le meilleur de ceux qui pardonnent. Mon Dieu, il n’y a<br />

de Dieu que Toi, gloire à Toi. Louange à Toi. Je me suis fait tort à<br />

moi-même, fais-nK>i miséricorde car Tu es le plus miséricordieux des<br />

miséricordieux, fl n’y a de Dieu qu Toi. Gbire et louange à Toi. Je me<br />

suis fait tort à moi-même. Pardonne-nous. Tu es celui qui revient sans<br />

cesse vers le pécheur repentant. Tu es le Miséricordieux».<br />

Dans le Coran, on trouve plusieurs versets qui montrent que Dieu<br />

accepte le repentir et absout les péchés.<br />

73


L jy- ^ (SjI [jlauÂÎ biâ<br />

j ^ ¿*¡^1 ^->6^ (^ *^J<br />

qulnâ-h-bitu minhâ jamran fa’immâ ya’tiyannakum minni hudan faman<br />

tabi‘a hudâya falâ hawfun ‘alayhim walâ hum yahzanûn (38) wa-l-ladîna<br />

kafarû wa kaddabû bi ‘âyâtinâ ’ûlâ’ika ’ashâbu-n-nâri hum fîha<br />

halidûn (39)<br />

Noos leur £mes: «Quittez tous ces lieux». Toutes les fois que Je vous<br />

enverrai un avertissement, ceux qui le suivront n’auront rien à craindre et<br />

n’éprouveront aucune tristesse (38). Ceux qui n’en tiendront pas compte et<br />

qui traiteront nos signes de mensonge, seront voués au Teu^temel.(39).<br />

En faisant descendre Adam, Eve et iblis du Paradis, Dieu les avertit<br />

qu’il enverra (à leur descendance) les Livres et les Prophètes et<br />

Messagers. Quiconque suivra la direction divine, n’aura rien à craindre<br />

de ce qu’il y aura dans la vie future, et n’éprouvjsra aucune tristesse ni<br />

aucun remords de ce qu’il aura manqué des choses de ce bas monde,<br />

comme II a dit; (Quiconque aura suivi Ma Direction ne s’égarera pas et il<br />

ne sera pas malheureux) [Coran XX, 123], Mais par contre (Quiconque se<br />

sera détourné de mon Rappel mènera certainement une vie misérable, puis<br />

nous le ramàierons aveugle le jour de la résurrection) [Coran XX, 124].<br />

L’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit; «Ceux qui<br />

mériteront l’Enfer, ils n’y mourront ni vivront. Ce sont des gens que le Feu<br />

les touchera et les fera mourir à cause de leurs péchés. Une fois qu’ils seront<br />

calcinés, on m ’accordera la permission d ’intercéder en leur faveur»<br />

(Rapporté par Momüm/^K<br />

Certains ont dit que la descente a été faite sur deux étapes; la<br />

première du Paradis au ciel inférieur, et la seconde du ciel à la terre.<br />

(1) fljîî (»-* ùiiJl jUt J*î l-*» Jü<br />

•tjj) ù il Lw»»i tjjU » lil jLJI f îil-tfl<br />

. ( r ^<br />

74


Mais ce qui est plus correcte c'est qu’il n’y a eu qu’une seule descente<br />

du Paradis à la ten^.<br />

y j y è ^ c J jjit Î I j<br />

ü>4>u<br />

b-4 c|fi% !ÎÂi-i<br />

yâ banî ’isra’îla -dkurû ni‘matiya-l-lâti ’an‘amtu ‘alaykum wa ’awfû bi<br />

‘ahdî ’ûfi bi ‘ahdikum wa ’iyyâyafarhabûn(40)wa ’âminû bimâ ’anzaltu<br />

musaddiqan limâ ma‘akxmi walâ takûnû ’awwala kâfirin bihî walâ tastabi-’âyâtî<br />

tamanan qafflan wa ’iyyâya fattaqûn<br />

O enfants d’Israël, reconnaissez Ira faveurs que Je vous ai faites. Tenez<br />

vos engagements vis-a-Vis de Moi si vous voulez que Je tienne les<br />

miens. Et surtout craignez-Moi. (40) Croyez à ce que J’ai révélé et qui ne<br />

fait que confirmer ce que vous savez déjà, ne soyez pas les premiers à le renier.<br />

N’échangez pas Mes enseignements contre un vil espoir monnayable.<br />

Et surtout redoutez-Moi (41).<br />

Dieu ordonne aux Bani Israël d’embrasser l’Islam, et de suivre<br />

Mouhammad -qu’Allah le bénisse et le salue-, en leur rappelant leur<br />

père et Prophète Jacob (Israël) qui se conformait à la vérité et de l’imiter.<br />

Ibn Abbas a dit que Israël signifie le serviteur de Dieu, et il a rapporté<br />

ce hadith: «Un groupe de juifs vinrent trouver le Messager de<br />

Dieu, il leur demanda: «Savez-vous que Jacob est Israël?» Oui, répondirent-ils<br />

-Et lui de répliquer: «Mon Dieu, sois témoimPK<br />

Les bienfaits que Dieu avait accordés aux fils d’Israël étaient nombreux,<br />

on en cite à titre d’exemple d’après Moujahed; les sources<br />

d’eau qui jaillissaient du rocher, la descente de la manne et les cailles<br />

et leur sauvergarde de l’asservissement de Pharaon.<br />

75


Quant à Abou-AI-‘Alia, il a dit que Dieu a suscité parmi eux les<br />

Prophètes et Messagers, et leur a révélé des Livres. L’auteur de cet<br />

ouvrage a trouvé dans ce verset l’ensemble de ces bienfaits quand<br />

Moïse a dit à son peuple: (O mon peuple! rappelez-vous le bienfait de<br />

Dieu sur vous lorsqu’il a désigné parmi vous des Prophètes! Et O a fait de<br />

vous des rois. Et II vous a donné ce qu’il n’avait donné à nul de par les<br />

mondes) [Coran V, 20] c’est à dire à leur époque.<br />

En interprétant ce verset; (Tenez vos engangemente vis-à-vis de Moi<br />

si vous voulez que Je tienne les miens) Ibn Abbas a dit; «Tenez vos engagements<br />

en croyant en Mouhammad -qu’Allah le bénisse et le salueet<br />

en son message, en ôtant les liens et les carcans qui pesaient sur<br />

vos cous qui n’étaient autres que les péchés que vous avez perpétrés».<br />

Mais AL-Hassan Al-Basri a dit qu’on trouve ces engagements<br />

dans cet verset:<br />

(Dieu a contracté une alliance avec les fi]&.dTsraël et nous avons suscité<br />

douze chefs parmi eux. Dieu a dit: «Moi, en vérité. Je suis avec vous:<br />

Si vous vous acquittez de la prière, si vous faites l’aumône, si vous croyez<br />

en Mes Prophètes et si vous les a s^ ez, si vous faites à Dieu un béau prêt.<br />

J’effacerai alors vos mauvaises actions et Je vous introduirai dans des Jardins<br />

où coulent les ruisseaux» [Coran V, 12],<br />

D’autres exégètes ont dit; «II s’agit de l’engagement mentionné<br />

dans la Tora que Dieu allait susciter parmi les fils d’Ismaël un Prophète<br />

-qui n’est autre que Mouhammad- que tout le monde croira en<br />

lui et en son Message. Quiconque l’aura suivi, entrera au Paradis et<br />

aura une double récompense».<br />

Dieu a dit; (Et surtout redoutez-Moi). Ibn Abbas a commenté cela<br />

en disant; «Rappelez-vous des châtiments que J’ai infligés à vos ancêtres,<br />

en les transformant en singes par exemple» Dieu les exhortait et<br />

les menaçait en même temps afin de reconnaître la vérité, de suivre le<br />

Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-, de tirer des leçons<br />

du Coran, de mettre ses presciptions en pratique et de tenir pour vrai<br />

tout ce qu’il a apporté. Et c’est Dieu qui dérige qui II veut vers le chemin<br />

droit. Et croyez ce que J’ai révélé, confirmant ce que vous avez<br />

déjà reçu de la Tora et de l’Evangile, car vous y trouverez la mention<br />

de Mouhammad -qu’^lah le bénisse et le salue-.<br />

Quant à ces dires de Dieu; (Ne soyez pas les premiers à le renier) et<br />

76


d’après les Interprétations presque analogues des ulémas, il s’agit du<br />

Coran et aussi de la prophétie de Mouhammad. Un ordre divin qui a<br />

été adressé aux juifs de Médine, bien que d’autres parmi les impies de<br />

Qoraïch avaient mécru. Il faut entendre par «les premiers» les premiers<br />

juifs de Médine, car cet ordre a été adressé, en général, à toute<br />

la communauté juive».<br />

(N’échangez pas mes enseignements contre un vil espoir monnayable)<br />

Ce verset signifie qu’il ne faut pas troquer les signes de Dieu contre un<br />

vil prix, c’est à dire ce bas monde et ce qu’il contient comme jouissance<br />

éphémère.<br />

D’autres ont dit: «Dieu s’est adressé aux juifs en leur ordonnant<br />

de ne plus préférer leur suprématie à leur devoir en s’abstenant de répandre<br />

leur science parmi les autres, mais plutôt ils doivent divulguer<br />

les enseignements sans les dissimuler en les troquant à un vil prix, car<br />

ce bas monde n’est qu’un Séjour temporaire».<br />

A ce propos, Abou Houraira -que Dieu l’agrée- a rapporté que le<br />

Messager de Dieu -qu’Allah le t)énisse et le salue- a dit: «Quiconque apprend<br />

une science dans le but d ’acquérir les biens de ce bas monde sans y<br />

rechercher la satisfaction de Dieu, ne sentira jamais l’odeur du Paradis au<br />

jour de la résurrection» (Rapporté par Abou Daoud/^K<br />

Au sujet de l’enseignement de la science, on a dit que celui qui<br />

est apte à le faire, ne doit pas prendre un salaire et il peut recevoir du<br />

trésor publique ce dont il a besoin pour sa subsistance, si ce n’est pas<br />

le cas, il peut alors prendre un salaire. Telle était l’opinion de la majorité<br />

des ulémas en se référant à l’histoire de l’homme qui a exorcisé un<br />

autre piqué par une scorpion, en récitant des versets coraniques. Car<br />

le Messager de Dieu -qu’Allah le bénissaet le salue- ayant eu vent de<br />

cet événement a dit: «Le salaire le plus justifié est celui que vous prenez<br />

pour le Livre de Dieu» (Rapporté par Boukhari/^^.<br />

(1) LJp ¿1 J j ^ j Jü :J lî C x ^<br />

(2) «Ijj) .1^1 L* jj- l Dji 4.^ ^ JLî<br />

77


Dieu enfin les exiiorte à le craindre en se soumettant à ses ordres,<br />

en ambitionnant sa miséricorde, en s’abstenant de ses interdictions<br />

et en redoutant Son châtiment.<br />

\j\ij<br />

piîî)<br />

walâ talbisû-l-haqqa bi-l-bâtili wa taktum û-l-haqqa wa ’antum<br />

ta‘lamûn (42) wa ’aqimû-s-salâta wa ’âtû-z-zakâta wa-r-ka‘û ma‘a-r-râki‘în(43).<br />

Ne mêlez pas le mensonge à la vérité. Ne cachez pas sciemment la vérité.<br />

(42). Observez strictement la prière, acquittez la zakat et prosternezvous<br />

avec ceux qui se prosternent. (43).<br />

Le premier renferme un ordre double imposé aux Juifs: l’interdiction<br />

de dissimuler la vérité en la revêtant du mensonge, et l’interdiction<br />

de cacher la vérité alors qu’ils la connaissent bien. Les interprétations<br />

faites par Ibn Abbas et Abou AI-‘Alia se trouvent dans le cadre du verset,<br />

quant à Qatada, il a dit: «Ne dissimulez pas l’islam en le revêtant<br />

du judaïsme et du christianisme alors que vous savez que l’Islam est<br />

lâ religion de Dieu, quant aux autres, elles ne sont que des innovations<br />

qui ne sont plus instituées par Dieu». Car juife et chrétiens savent bien<br />

la venue du Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- qui est<br />

mentionnée dans leurs Livres (non altérés), éant donné que par la dissimulation<br />

de cette religion, ils égareraient beaucoup des hommes et<br />

les guideraient vers l’Enfer.<br />

En plus d’après Mouqatel, ils ont été ordonnés de faire la prière<br />

avec le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- et de lui verser la zakat<br />

de leurs biens, bref, de se convertir tous.<br />

0 s j i i ¡¿ ij ¡ fc d il s p i j JHÎJÎ ^<br />

’ata’murûna-nâsa bil-birri wa tansawna ’anfusakum wa ’antimi tatlûna-1-<br />

kitâba ’afalâ ta'qilûn<br />

Comment, vous recommandez aux autres le bien et vous oubliez vous-<br />

78


mêmes de le faire? Et, pourtant vous récitez le Livre. Etes-vous dépourvus<br />

de raison? (44).<br />

Une question accompagnée d’une réprimande; «O gens du Livre!<br />

Comment commanderez-vous aux autres les actes de piété et de charité<br />

et vous oubliez vous-mêmes de les faire et pourtant vous lisez le<br />

Livre et vous savez bien quelle sera la mauvaise fin de ceux qui s’abstiendront?<br />

Ne savez-vous pas ce que vous faites de vous-mêmes?<br />

N’est-il pas temps de vous éveiller de votre inattention?» Telle est l’explication<br />

qu’a donné Qatada à ce verset, et il a ajouté; «Les fils d’Israël<br />

recommandaient aux hommes de faire les œuvres pies mais ils ne les<br />

pratiquaient pas».<br />

Quant à Ibn Abbas, il a dit; «Ils interdisaient aux hommes l’incrédulité<br />

en se basant sur ce qu’il se trouve mentionné dans la Tora -le<br />

Pentateuque-relatif à la prophétie et à l’engagement pris vis-à-vis du<br />

Seigneur de croire en Mouhammad et en Son Message».<br />

Abdul Rahman Ben Âslam a dit; «Quand un homme allait demander<br />

une chose aux juifs dont il n’en avait pas droit ou bien sans leur<br />

faire un pot de vin, ils lui recommandaient de ne réclamer que ce qu’il<br />

lui était dû. Dieu, par ce verset les réprimande à cause de leur agissement,<br />

attirant leur attention sur l’erreur qu’ils commettaient en recommandant<br />

aux autres de faire les actes de charité alors qu’eux ne les<br />

faisaient pas. Dieu les blâme pour leur négligeance de faire le bien en<br />

le recommandant aux autres, car le devoir exige de pratiquer ces œuvrés<br />

pies sans se contenter de les commander aux hommes, tout<br />

comme Chou’aib disait à son peuple; (Je ne cherche pas à vous contrarier<br />

lorsque je vous défends quelques chose; je veux seulement vous réformer<br />

autant que je le puis) [Coran XI, 88].<br />

Il incombe donc à tout savant d’ordonner aux autres de faire les<br />

actes de charité même s’il ne les fait pas lui-même, et d’interdire ce<br />

qui est blâmable même s’il le fait. Sa’id Ben Joubair a dit à ce propos;<br />

«Si l’homme n’ordonnait pas le bien et n’interdisait pas le repréhensible<br />

afin que l’un et l’autre ne se produise pas, nul n’aurait ordonné un acte<br />

de bien ou défendu un acte repréhensible».<br />

Dans ces conditions, il est blâmable de négliger les prescriptions<br />

et de commettre les péchés en pratiquant cela sciemment car ils ne<br />

79


sont pas égaux ceux qui savent et les ignorants. Le Messager de Dieu<br />

-qu'Allah le bénisse et lé salue- a dit ce propos; «Un savant qui recommande<br />

aux autres les actes de charité et ne les pratique pas, est pareil à un<br />

cierge qui fournit la lumière et brûle soi-même» (R apporté par Tabarail<br />

a dit aussi: «La nuit où je fis le voyage nocturne, je passai par des<br />

gens à qui on coupa les lèvres à l ’aide des ciseaux en feu . je demandai:<br />

«Qui sont ces gens-là?» On me répondit: «Ils ont les sermonneurs de ta<br />

communauté qui, dans le bas monde, commandaient aux hommes la charité<br />

en oubliant eux-mêmes alors qu’ils récitaient le Coran ne comprennent-ils<br />

pas?» (Rapporté par Ahmed d*après Anas)^^K<br />

Le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit également;<br />

«Au jour de la résurrection, on amènera l ’homme, on le précipitera<br />

dans le Feu, ses entrailles sortiront de son ventre et il tournera comme<br />

l’âne à la meule. Les réprouvés de VEnfer se réuniront^ autour de lui et lui<br />

diront: «Qu’as-tu donc? N ’ordonnais-tu pas de faire le bien et d ’éviter le repréhensible?»<br />

-Certes oui, répondra-t-il, j ’ordonnais aux gens de faire le<br />

bien et je ne le faisais pas, et je leur interdisais le repréhensible et je le fa i­<br />

sais moi-même» (Rapporté par Boukhari, Mouslim et Almted/^K<br />

Il a été rapporté dans les traditions qu’on pardonne à l’ignorant<br />

soixante-dix fois et au savant une seule fois, car Dieu a dit à ce propos;<br />

(Dis «Est-ce qu’ils sont égaux, ceux qui savent et ceux qui ne savent<br />

pas?». Rien d’autre: se rapellent les doués d’intelligence) [Coran XXXIX,<br />

9].<br />

(1)<br />

•C«^' lÿ (/* ^ * ®*Jj)<br />

(2) CjU ^ ^ ^ -à' J'j<br />

IjJlS” cLjJJt J.*! iy > ¿ )s a\ IjJlî :c J i<br />

.(¿Alu ^ ^ ^ stjj) ^ j .«iil<br />

(3) U5' jÜ I aj jJ o ii jLJl J lîj<br />

j^j^\ jjP tAjji ^j*\ c-iS* JjÂîi ?<br />

(4-w.j (/jUJI dIjjj<br />

eljj) 8Vb<br />

80


On a rapporté que le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- a<br />

dit: «Des élus du Paradis, voyant certains des damnés du Feu, leur demanderont:<br />

«Pourquoi êtes-vous précipités dans l ’Enfer?» Par Dieu nous ne<br />

sommes au Paradis que grâce à ce que nous avons appris de vous». Ils leur<br />

répondront: «Nous enseignions ce dont nous le faisions pas» (Rapporté par<br />

Ibn Âssaker/^K<br />

Un homme vint trouver Ibn Abbas et lui dit: «Je veux ordonner aux<br />

hommes de faire le bien et de défendre le repréhensible» -Il lui demanda;<br />

«L’as-tu fait» -Non, répliqua l’homme. Ibn Abbas rétorqua; «Vas-y<br />

si tu arrives à ne plus être démasqué par trois versets du Livre de<br />

Dieu?» -Lequels, demanda-t-il. Et ibn Abbas de dire; «Dieu a dit:<br />

(Commanderez-vous aux hommes la charité alors que, vous-mêmes, vous<br />

l’oubliez») L’as-tu mis en exécution? -Non, répondit l’homme. Ibn Abbas<br />

reprit: «Dieu a dit aussi; (Pourquoi dites-vous ce que vous ne faites<br />

pas?. Dire ce que vous ne faites pas est grandement haïssable auprès de<br />

Dien) [Coran LXI, 2-3].H.’a5-tu mis en pratique? -Non, dit l’homme. Et<br />

Ibn Abbas de terminer. «Le troisième est le dire du serviteur vertueux,<br />

ie Prophète Chou'aib à son peuple; (Je ne veux pas aller faire le<br />

contraire de ce que je vous interdis, je ne veux que la réforme autant que je<br />

le puis) [Coran XI, 88]. As-tu suivi ce verset? -Non, dit l’homme -<br />

Commence alors par toi-même, conclut Ibn Abbas.<br />

S i È i 4 \ 0 S u ii* > - il p ' h<br />

iè ï p rli<br />

wasta‘înu bi-s-sabri wa-s-salâti wa ’innahâ lakabiratun ’illâ ‘alâ-1-<br />

hâsi‘îna (45) 1-ladîna yazummuna ’annahum mulâqû rabbihim wa ’annahum<br />

’ilayhi râji‘ûn (46).<br />

Cherchez aide dans la patience et dans la prière. Sans doute la prière est<br />

une lourde obligation, mais pas pour les humbles (45). Les humbles qui ont<br />

la certitude de se rencontrer avec leur Seigneur et de retourner à Lui (46).<br />

(1) ^ ^ ^ Lui ùl» :jii 4JÎ ^ ^<br />

L)| l ù 1 L*.j La VjUil ^ ^ ù<br />

•( ^ ô>- jS'L.p sljj) “Vj<br />

81


A œux qui aspirent à l’obtention des biens de ce bas monde et de<br />

l’au-delà, Dieu ordonne de chercher secours dans l’endurance et la<br />

prière. En interprétant ce verset, Mouqatel a dit: «Pour acquérir les<br />

biens de la vie future, demandez l’aide de la patience à s’acquitter de<br />

la prière et des autres obligations dont le jeûne en fait partie. C’est<br />

pourquoi, d’après Al-Qourtoubi, on donne au mois de Ramadan le<br />

nom: «Le mois de la patience», ainsi selon ce hadith prophétique: «Le<br />

jêune constitue la moitié de l ’endurance». On a dit aussi qu’il s’agit de<br />

s’abstenir à commettre les péchés en observant les prescriptions dont<br />

la prière est la plus considérée.<br />

Omar Ben Al-Khattab -que Dieu l’agrée- a dit: «La patience est de<br />

deux sortes: La première est l’endurance des malheurs, et la deuxième,<br />

qui est la meilleure l’abstention de commettre tout ce que Dieu<br />

a interdit». A savoir que la prière passe à être la^meilleure preuve de<br />

l’endurance selon ce verset: (Acquitte-toi de la prière, car la prière éloigne<br />

l’homme de la turpitude et des actions blâmables) [Coran XXIX, 45],<br />

C’est pourquoi l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le saluerecourait<br />

à la prière quand une certaine affaire importante le tracassait.<br />

Ali Ben Ali Taleb a raconté à cet égard: «La veille de la bataille de<br />

Badr, tous les hommes dormaient à l’exception de l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- qui priait et invoquait Dieu jusqu’au matin».<br />

On a rapporté également: Etant en voyage, on informa Ibn Abbas<br />

de la mort de son frère. Il dit: «Nous sommes à Dieu et c’est à Lui que<br />

nous retournerons». Puis il se rangea sur le côté de la route, fit agenouiller<br />

sa monture et fit une prière de deux rak’ats où il allongea la<br />

position assis. Il se leva ensuite pour enfourcher sa monture en récitant:<br />

«Cherchez aide dans la patience et dans la prière. Sans doute la<br />

prière est une lourde obligation, mais pas pour les humbles).<br />

En d’autre part, on a inteprété la patience comme étant l’endurance<br />

elle-même, en se basant sur ce verset: (Mais cela n’est offert<br />

qu’à ceux qui sont patients; cela n’est offert qu’à celui qui possède déjà un<br />

don incommensurable) [Coran XLI, 35].<br />

Quant au terme: «Une lourde obligation mais pas pour les humbles»,<br />

on peut rassembler les opinions des interprétateurs en disant qu’il<br />

s’agit de vrais croyants, des humbles, de ceux qui redoutent les mena­<br />

82


ces de Dieu et Son châtiment et de ceux qui se soumettent exclusivement<br />

aux onjres de Dieu.<br />

«Les humbles qui ont la certitude de se rencontrer arec leur Seigneur<br />

et de retourner à Lub>.<br />

Ce verset complète le verset précédent et il s’agit sans doute de<br />

ceux qui s’acquittent de la prière, croient au jour où ils seront rassemblés<br />

et présentés devant le Seigneur, confient toutes leurs affaires à<br />

Dieu en se soumettant à Sa volonté qui les jugera équitablement.<br />

Etant sûrs du rassemblement, du jugement et de la rétribution, ils ont<br />

trouvé facile l’accomplissement de leur devoir et l’abstention des interdictions.<br />

Il a été rapporté dans le Sahih; «Au jour de la résurrection. Dieu dira<br />

à l ’homme: «Ne t ’ai-Je pas donné une femme? Ne t ’ai-je pas honoré?<br />

N ’ai-je pas mis à ton serivce les chevaux, les chameaux en te donnant le<br />

pouvoir?» -Il répondra: «Ger4es oui» Dieu pouruisvra: «Croyais-tu à M a<br />

rencontre?» -Non, répliquera l’homme. - Aujourd’hui, rétorquera Dieu, je<br />

t ’oublie comme Tu m ’a oublié»^<br />

yâ banî ’isra-îla-dkurû ni‘matiya-l-latî ’an‘amtu ‘alaykum wa ’annî<br />

faMtukum ‘alâ-i-âlamîa<br />

Fils d’Israël, reconnaissez la faveur que Je vous al faite en vous donnant<br />

le pas sur tous les autres peuples. (47).<br />

Dieu fait rappeler aux fils d’Israël les bienfaits qu’il leur a accordés<br />

ainsi qu’à leurs ancêtres, en leur envoyant les messagers parmi eux et<br />

en descendant sur eux les livres comme aux autres peuples de leurs<br />

époques en les préférant à ces derniers selon ce verset; (Nous les<br />

avons choisi, sciemment, parmi les peuples de l’univers» (Coran XLIV,32)<br />

(1) ¿JJ jJÎ ¿JUjTÎ |JÎ vllîï-jj' (Jλ fji iiÿi<br />

¿üî c-utî» 4)1<br />

83


ainsi ce verset; «n vous a accordé ce qa’Il n’avait donné a nnl antre parmi<br />

les mondes) [Coran V, 20].<br />

En commentant cette partie du verset; (en vous donnant le pas sur<br />

tous les autres peuples), At)ou AI-‘Alia a dit; «il s’agit des autres peuples<br />

qui vivaient à leur époque, car à chaque époque il y a un peuple qui<br />

est préféré à un autre comme II a dit en parlant des musulmans; (Vous<br />

formez la meilleure communauté suscitée parmi les hommes) [Coran III,<br />

110]. Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- a dit à cet<br />

égard en s’adressant aux fidèles; «Vous complétez la soixante-dixième<br />

communauté parm i les autres dont vous êtes la meilleure et la plus noble<br />

auprès de Dieu» (Rapporté par les auteurs des sunans/^K<br />

On a dit également que les fils d’Israël étaient préférés aux autres<br />

de leurs époques à cause du grand nombre des Prophètes qui leur<br />

étaient envoyés, à savoir qu’Abraham le Confident de Dieu prévalait<br />

sur leurs Prophètes avant eux, et Mouhammad était le meilleur après<br />

eux voire toutes les créatures car il est le maîtrê'des fils d’Adam dans<br />

le bas monde et dans l’autre.<br />

' i j a i i i<br />

wa-t-taqû yawmal-lâ tajzi nafsun ‘an nafsin say’an walâ yuqbalu minhâ<br />

safâ‘atun walâ yu’hadu minhâ ‘adlun walâ hum yunsarûn (48).<br />

Appréhendez le jour où les âm«s ne pourront être d’un secours les unes<br />

pour les autres, où leur intercesión ne sera pas admise, où leur of&e de rachat<br />

ne sera pas reçue, et où nul ne pourra venir en aide. (48).<br />

En leur rappelant Ses bienfaits, Dieu menace les fils d’Israël de<br />

Son châtiment au jour de la résurrection où nulle âme ne suffira en<br />

quoi que ce soit à une autre, comme II a dit; (Ce jour-là diaqne homme<br />

suffira ce qui le concerne) [Coran LXXX, 37^ et; (Redoutez un jour où un<br />

père ne pourra pas satisfaire pour son fils, ni un enfant satisfaire pour son<br />

(1) o\jj) .l4ll ^<br />

.(Ujiy. 50^ Ji îijU* JuJ\<br />

84


père) [Coran XXXI, 33]. Telle sera la situation critique du jour du<br />

compte final où nul ne pourra intercéder en faveur d’un autre, surtout<br />

les incrédules où (La médiation des intercesseurs leur sera inutile) [Coran<br />

LXXIV, 8].<br />

Ce jour-là l’on ne recevra de chaque âme aucune compensation<br />

comme Dieu l’a dit dans ces versets;<br />

- Si les incrédules possédaient tout ce qui se troùve sur la terre, et même<br />

le double et s’ils l’offraient en rançon pour éviter le châtiment du jour<br />

de la résurrection, on ne l’accepterait pas de leur part) [Coran V, 36].<br />

- (Quelle que soit la compensation qu’ils offriraient, elle ne serait pas<br />

acceptée) [Coran Vi, 70].<br />

- (Aujourd’hui, on n’accpetera pous de rançon, ni de vous, ni des incrédules)<br />

[Coran LVIl, 15].<br />

Dieu fait connaître à-Son Prophète que si les juifs ne croient pas<br />

en lui et ne le suivent pas. ils viendront le jour du rassemblement tels<br />

quels, incrédules et insoumis, où aucune parenté ne leur sera utile, aucune<br />

intercessiosn ne leur servira à rien et nuile rançon de leur part ne<br />

sera acceptée. En ce jour-là (D n’y aura plus ni rachat, ni amitié).<br />

En conséquence de l’obstination et de la mécroyance des fils d’Israël,<br />

nul ne leur portera secours et nul ne pourra les délivrer du châtiment<br />

du Feu. Chacun sera jugé selon ses propres œuvres, tout<br />

individu sera l’otage de ce qu’il s’est acquis, donc il lui sera inutile tout<br />

secours, tout rachat et toute intercession, son sort sera tel que Dieu le<br />

montre dans ce verset; (Ce jour-là, nul ne diâtiera comme Dieu châtie, et<br />

nul ne chargea personne de chames comme II le fait) [Coran LXXXIX, 24-<br />

25].<br />

Au jour du compte final, la décision dépendra de Dieu ie Tout-<br />

Puissant et l’Equitable où aucune intercession ne sera acceptée. Il châtiera<br />

l’individu pour chaque péché qu’il avait commis, quant à la bonne<br />

action, Il lui en décuplera la récompense.<br />

oIl JÎ *5-<br />

s)'*<br />

Èi3 l a @ c i<br />

85


wa’id najjaynâkum min ‘âli fir‘awna yasûmûnakum sû’a-l-‘adâbi yud<br />

abbihûna abnâ’akum wa yastahyûna nisâ’akum wafi dâlikum balâ’un<br />

mir-rabbikum ‘azîm * wa’id faraqnâ bikumu-l-bafea fa’anjaynâkum wa<br />

’agraqnâ ’âla fîr‘awna wa ’antum tanzxirûn<br />

Souvenez-vous du jour où nous vous avons délivrés des Pharaons qui<br />

vous opprimaient sans merci, égorgeant vos fîls, épargnant vos filles.<br />

C’était là une dure épreuve de la part de votre Seigneor.(49) Souvenez-vous<br />

du jour où nous avons séparé les flots pour vous donner passage. Nous vous<br />

avons sauvés et englouti Pharaon sous vos yeux. (50).<br />

Dieu rappelle aux fils d’Israël de se souvenir des faveurs divines:<br />

Ils les a délivrés des hommes de Pharaon qui leur infligeaient les pires<br />

châtiments, en les sauvant avec Moïse -que Dieu le-salue-Ces tourments<br />

leur étaient appliqués à cause d’un mauvais rêve qu’a fait Pharaon<br />

et qui l’a effrayé. I! a vu un feu qui sortit de Jérusalem, pénétra<br />

toutes les maisons de Coptes pour les brûler et épargna celles des fils<br />

d’Israël. Demandant l’interprétation de ce rêve, on lui dit que la disparition<br />

de son royaume sera réalisée par les mains d’un des fils d'Israël.<br />

Par la suite, il ordonna de tuer tous leurs nouveaux-nés et en laissant<br />

vivre leurs filles. Il assujettit les mâles parmi les fils d’Israël aux durs<br />

travaux» Nous allons paler de tout cela en détail dans l’interprétation<br />

de la sourate «Du récit» [Coran XXVIIl].<br />

Pharaon était un nom donné à tous les rois de l’Egypte. Quant à<br />

celui qui vivait du temps de Moïse -que Dieu le salue- il s’appelait Al-<br />

Walid Ben Mass’ab Ben AIRayan, un des descendants des puissants<br />

«AI-‘Amaliq». Son surnom était Abou Mourra dont l’origine était persane».<br />

En ce jour-là. Dieu avait fendu la mer de sorte que chaque partie<br />

paraissait comme une grande montagne, Moïse y traversa accompagné<br />

des fils d’Israël. Quant à Pharaon et son armée, ils furent engloutis<br />

sous les yeux de ces derniers afin que cet événement leur soit une<br />

consolation et un aspect de l’humiliation de leurs ennemis. On a dit<br />

que ce jour était celui de «‘Achoura’» comme il a été rapporté dans ce<br />

hadith d’après Ibn Abbas: «Arrivé à Médine, l’Envoyé de Dieu -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue- trouva les juifs jeûner ce jour. Il leur demanda à<br />

son sujet, et ils lui répondirent: «C’est un jour sacré où Dieu nous a<br />

sauvés de notre ennemi. Et comme Moïse le jeûnait, nous faisons de<br />

86


même». Et le Prophète -qu’Allah le l)énisse et le salue- de répliquer:<br />

«J’en ai plus de droit que Moïse pour le jeûner», il le jeûna et ordonna<br />

aux fidèles de le jeûner également».<br />

^ b i p ^ jijj<br />

wa’id wâ'dnâ Mûsâ ’arba‘îna laylatan tumma -t-tahadtumu-l-‘ijla mim<br />

ba‘dahi wa ’antum zâlimûn (51) tumma ‘afawnâ ‘ankimi mim ba‘di dâlika<br />

la‘allakum taskurûn (52) wa’id ’âtaynâ Mûsâ-l-kitâba wa-l-furqâna<br />

la‘allakum tahtadûn (53).<br />

Souvenez-voiB da jour où nous noiK donnâmes rendez-vous avec Moïse<br />

pour après quarante nuits. Pendant son absence vous avez pris le veau pour<br />

idole, montrant ainsi votre iniquité'. (51). Nous vous avons pardonné pour<br />

vous ramener à de meilleurs sentiments. (52) Nous avons donné à Moïse le<br />

Livre et le critérium du bien et du mal, pensant que vous en ferlez vos guides.<br />

(53).<br />

Une autre faveur de Dieu, était le pardon qu’il leur a accordé<br />

après avoir adoré le veau pendant l’absence de Moïse qui est allé à la<br />

rencontre de son Seigneur au mont de Sinaï, où Dieu lui donna le Livre<br />

et la loi, c’est à dire les commandemants. Nous allons parler de cela<br />

dans l’iniérprétation de la sourate «Al-A’raf».<br />

O à p i<br />

wa’id qâla Mûsâ liqawmihî yâ qawmi ’innakum zalamtimi ’anfusakum<br />

bi-t-ihâdilnmiu-1-Mjla fatûbû ’ilâ bari-ikum faqtulû ’anfusakum dâlikum<br />

hayrul-lakum ‘inda bâri’ikum fatâba ‘alaykum ’innahu huwa-t-Tawwâbur-R<br />

a1^.<br />

Moïse dit à son peuple: «Vous vous êtes nul à vous-mêmes en prenant<br />

le veau pour Idole. Revenez à votre Oéateur en commençant par vous mor-<br />

87


tifier. n vous saura gré d’une telle attitude» Effectivement Allah leur pardonna.<br />

Lui si plein de mansuétude et de miséricorde.(54).<br />

On peut présenter cet événement, en résumé, d’après les exégètes<br />

tels Ibn Abbas, Al-Souddy et autres, comme suit: «En retournant<br />

vers son peuple et constatant que certains parmi eux ont adoré le<br />

veau. Moïse exécuta l’ordre divin en ordonnant aux fils d’Idraël de se<br />

mortifier. Ayant séparé ceux qui avaient adoré le veau de ceux qui<br />

étaient resté fidèles, il donna l’ordre à ces derniers de tuer les premiers.<br />

Ils prirent les poignards alors qu’une intense obscurité enveloppait<br />

tout le monde, et chacun tua l’autre. Une fois cette obscurité<br />

dissipée, on compta soixante-dix mille victimes. Moïse et Aaron invoquèrent<br />

Dieu afin qu’il épargne ceux qui restaient en vie, sinon, tous<br />

les fils d’Israël seraient exterminés. Alors Dieu leur ordonna de rendre<br />

les armes et II revint vers tous les hommes tant à ceux qui avaient tué<br />

qu'aux victimes qui étaient considérés en tant que martyrs. Voilà comment<br />

Dieu a accordé son repentir aux fils d’Israël, car II est miséricordieux.<br />

Ibn Isaac a raconté l’événement de la façon suivante: «A son retour<br />

vers les fils d’Israël, Moïse brûla le veau et répandit ses cendres<br />

dans la mer. Il se retourna vers son Seigneur en compagnie des hommes<br />

qu’il a choisis. Ils furent tous foudroyés puis ressuscités. Moïse<br />

implora alors son Seigneur de pardonner à ceux qui avaient adoré le<br />

veau. Il lui répondit: «Non à moins qu’ils ne se mortifient». Les hommes<br />

dirent à Moïse: «Nous patientons si telle est la décision de Dieu».<br />

Moïse donna alors l’ordre à ceux qui restaient fidèles de tuer les adorants<br />

du veau. Il parut dipos, mais lorsque son ordre fut mis en exécution,<br />

les femmes et les enfants pleurèrent, implorant le pardon qui leur<br />

fut accordé et les hommes cessèrent de se mortifier.<br />

j i i t j p 3 jlS â (ÿ - J ^<br />

wa’id qultum ya Mûsâ lan nu’inna laka hatta nara-L-Lâha jahratan<br />

fa‘ahadatkumu-s-sâ‘ikatu wa ’antum tanzurûn (55) tumma ba‘atnâkum<br />

mim ba‘di mawtikum la‘allakum taskurûn (56).<br />

88


Lorsque vous dîtes: «O Moïse, nous ne croirons à ta mission que le<br />

jour où nous verrons Allah face à face». Vous vîtes la foudre fondre sur<br />

vous et vous terrasser. (55). Nous vous ressuscitâmes après votre mort pour<br />

nous attirer votre reconnaissance(56).<br />

Dieu s’adressa aux fils d’Israël: «Souvenez-vous aussi de Ma faveur<br />

quand Je vous ai redonné la vie après votre mort causée par la<br />

foudre, mais vous avez demandé une chose que nul autre que vous<br />

n’a demandée, de me voir clairement». Al-Rabi’ Ben Anas a dit que<br />

cette demande était faite par les soixante-dix hommes que Moïse a<br />

choisis pour l’accompagner au rendez-vous. Ayant entendu la conversation<br />

menée entre Moïse et son Seigneur, ils s’écrièrent: «Nous ne te<br />

croirons que si nous verrons Dieu face à face» Mais ils entendirent à la<br />

suite une voix qui les foudroya et moururent. Moïse pleura et implora<br />

Dieu par ces mots: «Mon Dieu, comment pourrai-je retourner à mon<br />

peuple alors que Tu as fait périr les élites? Si Tu l’avais voulu, Tu les<br />

aurais déjà fait périr et moi avec eux. Nous feras-Tu périr pour les<br />

mauvaises actions commises par ceux des nôtres qui sont insensés?»<br />

Dieu révéla alors à Moïse que ces soixante-dix hommes étaient parmi<br />

ceux qui avaient adoré le'veau. Puis Dieu les ressuscita, ils se levèrent<br />

en regardant les uns les autres s’étonnant comment ils furent ramenés<br />

à la vie?» Moïse demanda alors aux hommes de revenir à Dieu, de se<br />

repentir en Lui implorant le pardon, de jeûner, de se purifier et de nettoyer<br />

leurs habits. Puis il se rendit avec eux au rendez-vous au mont<br />

Sinaï.<br />

Arrivés à l’endroit désigné, ils demandèrent à Moïse d’invoquer le<br />

Seigneur afin qu’ils puissent entendre Ses paroles.<br />

Il les promit de le faire, et quand il fut tout près du mont, un nuage<br />

se produisit et enveloppa tout le mont. Il ordonna aux hommes d’y entrer<br />

avec lui. Quand le Seigneur pariait à moïse, une certaine lumière<br />

éclatante jaillit de son front de sorte que nul ne pouvait le regarder.<br />

Alors un voile s’interposa, et les hommes purent s’approcher, entrèrent<br />

dans le nuage et tombèrent face contre terre. Ils entendirent le Seigneur<br />

donner Ses ordres à Moïse. Une fois ces commandements donnés,<br />

le nuage s'écarta et Moïse revint aux hommes qui s’écrièrent:<br />

«Nous ne te croirons que si nous voyons Dieu face à face». Une foudre<br />

s’abattit sur eux et les fit périr; et Moïse ne cessa d’invoquer Dieu<br />

jusqu’à ce qu’ils furent ramenés à la vie.<br />

89


Ainsi était, et dans le même sens, les commentaires des ulémas<br />

l i ^ ù î \ J t g j t i i î ; ¿3'i 0 G & li f i2 j( û î ê ;<br />

0 iji?" >3<br />

wa zallalnâ ‘alayklumu-1-gamâma wa ’anzalnâ ‘alaykumu-l-manna wa-ssalwâ<br />

kulû min ^yyibâti mâ razaqnâkum wa mâ zalamûnâ wa lâkin kânû<br />

’anfusahum yaziimûn (57).<br />

Noik ^ojetâmes sor vous l’ombre d’un nuage, noos vous envoyâmes la<br />

manne et les cailles en vons disant: «Mangez des mets délicats que nous<br />

vous avons distribués». Car ce n’était pas à nous qu’ils avaient nui mais à<br />

eox-4nêmes.(57).<br />

Dieu rappela aux fils d’Israël Son pardon lors de {’événement susmentionné,<br />

puis une fois se trouvant au désert de Sinaï, il leur envoya<br />

un nuage qui les ombragea contre la chaleur torride. Pour les octrôyer<br />

aussi de ses faveurs. Il fit descendre vers eux la manne. A ce propos,<br />

Ibn Abbas a dit que cette manne descendit sur les arbres, et les fils<br />

d’Israël vinrent de bon matin pour en prendre et manger à discrétion.<br />

Quant à Al-Souddy, il a raconté: «Les fils d’Israël demandèrent à<br />

Moïse: «D e quoi peut-on subsister alors que nous sommes dans ce<br />

désert? Où est la nourriture?» Dieu fit descendre la manne sur les<br />

abres du gingembre d’où ils purent la cueillir».<br />

Qatada, de sa part, a dit que la manne descendait vers eux<br />

comme de flocons de neige, elle était plus blanche que la neige et plus<br />

douce que le miel, et c’était entre l’apparition de l’aube et le lever du<br />

Soleil. Chacun d’eux en prenait pour toute la joumée.<br />

Ce qu’on peut déduire de toutes ces explications, est que cette<br />

nouniture leur était destinée sans qu’ils prodiguaient aucun effort pour<br />

l’avoir.<br />

Certains des ulémas ont dit aussi qu’il ne s’agit pas seulement de<br />

la manne, mais il y avait aussi la truffe, en se référant à un hadith<br />

dans lequel le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «/a truffe<br />

fait partie de la manne et son suc est un remède pour l ’ail;» Il a dit aussi:<br />

«La datte sèche (Al-'Ajwa) est un des fruits du Paradis qui contient une<br />

90


substance antidote. Quant à la truffe, elle fait partie de la manne et dont le<br />

suc est un remède pour l’œil» (Rapporté par Tirmid^/^K<br />

Quant à la caille, elle est une sorte de grive. Et selon Qatada, le<br />

vent sud-ouest amenait les cailles vers les fils d’Israël, et chacun d’eux<br />

en prenait pour son besoin quotidien, mais s’il en prenait en plus, et<br />

une fois la caille égorgée et laissée pour le lendemain, elle poumssait.<br />

De toute façon tant à la manne qu’aux caillés, elles constituaient deux<br />

nourritures qui leur étaient faciles de se procurer sans aucun affort de<br />

leur part.<br />

Les fils d’Israël dirent à Moïse: «Si c’est la nourriture, d’où peut-on<br />

chercher de l’eau pour se désaltérer?» Moïse fut alors ordonné de<br />

frapper le rocher de son bâton, et douze sources d’eau en jaillirent<br />

dont chacune était à l’intention de chaque tribu parmi eux.<br />

Une fois rassasiés et-désaltérés les fils d’Israël s’écrièrent: «Où<br />

peut-on trouver de l’ombre?» et le nuage les ombragea. Mais ils ne<br />

cessèrent d’importuner Moïse en disant: «Voilà l’ombre que nous voulions<br />

de quoi peut on se vêtir?» A ce propos, on a dit que leurs vêtements<br />

qu’ils portaient s’adaptaient toujours à leurs tailles, et aucun de<br />

leurs vêtements ne fut râpé ou sali».<br />

Malgré toutes ces faveurs que Dieu leur a accordées, ils n’étaient<br />

point reconnaissants envers Lui, mais ils se faisaient du tort à eux-mêmes<br />

en constatant tous ces signes et miracles.<br />

De ce fait, on peut parler des mérites des compagnons de Mouhammad<br />

-qu’Allah le bénisse et le salue- que ceux des autres Prophètes<br />

n’en jouissaient pas. Car les compagnons du Messager de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- ont fait toujours preuve d’endurance et<br />

de fermeté sans aucune insistance dans toutes les expéditions qu’ils<br />

ont faites avec lui. A signaler, par exemple, l’expédition de Tabouk qui<br />

a eu lieu dans un temps très chaleureux et malgré l’ardeur de cette<br />

chaleur, ils n’ont demandé au Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue-<br />

aucun miracle alors que cela lui était facile avec la permission de<br />

(1 ) ¿r* ij,— JI ^ sLLi Lf-ij ii»«JI<br />

91<br />

,((^X*jïil oljj)<br />

i-Ui


Dieu. Ce qu’ils ont fait dans cette expédition, et une fois sentant affaiblis<br />

par la faim, ils lui demandèrent la multiplication de leur nourriture.<br />

A cette fin, ils rassemblèrent tout ce qu’ils avaient comme reste de provisions,<br />

et le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- invoqua le Seigneur<br />

pour l’accroitre, et par la suite, chacun put remplir sa musette.<br />

Ainsi quand ils lui demandèrent de l’eau. Dieu à ce moment envoya un<br />

nuage qui leur offrit de la pluie, ils se désaltèrent, donnèrent à boire à<br />

leurs chameaux, remplirent leurs outres, et ils regardèrent le ciel et<br />

consfatèrent que le nuage ne couvrait que leur camp.<br />

ÙC-ÿiiJÎ<br />

G]*<br />

^ ¿j»Ji Qfi J J Vi*<br />

wa’id qulnâ-d-hûlû hâdihi-I-qaryata fakulû minhâ Mytu si’tvim ragadan<br />

wa-d-hulû-l-bâba sujjadan wa qûlû Wttatun nagfir lakum hatâyâkum wa<br />

sanizidu-I-muteinîn (58) fabaddala -1-ladîna zalamu qawlan gayra-l-ladî<br />

qfla lahum fa’anzalnâ ‘alâ-l-ladîna zalamû rijzan min-s-samâ’i bimâ kânû<br />

yafsuqûn (59).<br />

Lorsque nous leur dunes: «Entrez dans cette ville, mangez y à l’envi où<br />

0 vous plaira. En y pénétrant prosternez-vous et demandez la rémission de<br />

vos péchés. Vos fautes vous seront pardonnées et des récompenses spéciales<br />

seront accordées aux meilleurs d’entre vous. (58). A ces paroles^ les pervers<br />

en substituèrent d’autres. Pour les punir de leur fourberie, nous leur aivoyâmes<br />

du del un châtiment avilissant (59);<br />

Dieu les blâma pour avoir refusé de combattre en pénétrant dans<br />

la Terre Sainte. Car quand ils quittèrent l’Egypte en compagnie de<br />

Moïse, ils furent ordonnés de pénétrer dans la Terre sainte qui constituait<br />

un héritage de leur ancêtre Israël (Jacob), et de livrer bataille aux<br />

peuples puissants (Al-Amaliq) qui l’habitaient. Mais ils refusèrent de<br />

combattre, s’affaiblirent et regrettèrent leur sortie de l’Egypte. Dieu<br />

alors les jeta dans le désert comme punition de leur insoumission,<br />

comme nous allons en parier en interprètent la sourate: «La Table servie»<br />

[Coran V].<br />

92


Le Seigneur leur ordonna par la bouche de Moïse en leur disant:<br />

(O mon peuple, entrez dans la Terre siante que Dieu vous a destinée,<br />

évitez de retourner sur vos pas) [Coran V, 21] Certains ont dit qu’il s’agit<br />

du temple sacré à Jérusalem, d’autres ont dit que c’était plutôt Jéricho<br />

(Ariha). Il s’avère que la première est la plus correcte, car après l’écoulement<br />

de leur période d’errance dans le désert (40 ans), ils le quittèrent<br />

en compagnie de Youcha' Ben Noun -que Dieu le salue-. Quand<br />

ils conquirent la ville, ils furent ordonnés d’entrer par sa porte en se<br />

prostemant en guise de reconnaissance envers Dieu qui les a comblés<br />

de Ses faveurs en leur accordant la victoire, en les rendant leur propre<br />

pays et en les sauvant de leur égarement et leur errance dans le désert.<br />

Au lieu d’y pénétrer, et d’après Abduilah Ben Massoud, en se prostemant,<br />

ils entrèrent la tête haute et immobile en désobéissant aux ordres<br />

divins.<br />

(Demandez la rémission de vos péchés), veut dire: implorez le pardon<br />

de Dieu et nous accorderas davantage à ceux qui font le bien en doublant<br />

la récompense. Pour cette raison le Prophète -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- montrait sa soumission à Dieu chaque fois qu’il lui accordait<br />

la victoire sur ses ennemis, surtout lors de la conquête de La<br />

Mecque, il y pénétra par le défilé supérieur de la montagne, de sorte<br />

que sa barbe touchait la selle de sa monture.<br />

Mais ceux qui étaient injustes changèrent en une autre la parole<br />

qui leur était dite: «O n ordonna aux fils d’Israël d’entrer par la porte en<br />

se prostemant et demandant la rémission de leurs péchés. Ils y pénétrèrent<br />

en se traînant sur leurs derrières en disant; «Une graine dans<br />

un cheveu».<br />

Un tel agissement, comme disaient les ulémas, était un acte abominable<br />

de leur insoumission en actes et paroles: au lieu de se prosterner,<br />

ils entrèrent se traînant sur leurs derrières. Et au lieu de<br />

demander la rémission de leurs péchés, ils y pénétrèrent en disant;<br />

«Une graine dans un cheveu».<br />

Í Í 5 ¿jjuJLLÍ 4 ^<br />

*Î> ^ ô jJ üt<br />

93


wa’idi-s-tasqâ Mûsâ liqawmihî faqulnâ-^Î^JCLjo \ÿ\£ss^<br />

Li »¿U’i (3*J'<br />

wa’id qultum yâ Mûsâ lan nasbir ‘alâ ta‘âmin wâMdin fad‘u lanâ rabbaka<br />

yuhrij lanâ mimmâ tumbitu-l-’ar^ mim baqlihâ wa qitâ’ihâ wa fumihâ<br />

wa ‘adasihâ wa basalihâ qâla ’atastabdilûna-l-ladî huwa ’adnâ bi-l-lad<br />

î huwa hayrun-i-h-bitû misran fa’inna lakum mâ sa’altum wa duribat<br />

94


‘alayhimu-d-dillatu wa-l-maskanatu wa bâ’û biga^bin mina-L-Lâhi dâlika<br />

bi ’annahum kânû yakfurûna bi ’âyâti-L-Lâhi wa yaqtulûna-n-nabiyyina<br />

bi gayri-l-toqqi dâlika bimâ ‘asaw wa kânû ya‘tadûn.<br />

Vous ne tardâtes pas à dire: «O Moïse, nous ne pouvons plus tolérer<br />

une seule nourriture. Intercède auprès de Ton Seigneur pour qu’il fasse sortir<br />

de terre des produits ordinaires des condim«its, des concombres, de l’ail,<br />

des lentilles et des oignons.» Il vous répondit: «Comment, vous voulez<br />

échanger ce qui est bon contre ce qui est mauvais? Eh bien! descendez à la<br />

ville. Vous y trouverez ce que vous demandez» L’opprobre et la misère<br />

s’abattirent sur eux. Et ils encoururent la colère d’Allah pour s’être détournés<br />

de ses signes et avoir mis injustement à mort Ses porphètes. Voilà où<br />

les conduisit leur Insoumission et leur endurcissement au mal. (61).<br />

Les fils d’Israël, ne pouvant se contenter d’une seule sorte de<br />

nouniture, et pourtant Ils vivaient dans l’aisance, demandèrent à Moise<br />

d’invoquer Dieu afin qu’il fasse pousser de la terre de légumes et<br />

condiments différents en échange de la manne et des cailles. Certains<br />

des ulémas ont interprété le mot arabe « » comme étant ie froment<br />

ou tout autre genre de grains qui sert à fabriquer le pain« au lieu de<br />

l’aïl « cy »■<br />

Il leur répondit en les réprimandant et les blâmant: «Echangrezvous<br />

ce qui est bon contre ce qui est vil? Descendez en ville et vous y<br />

trouverz ce que vous demandez» Leur demande était sans doute un<br />

manque de reconnaissance.<br />

Ils furent frappés par l’humiliation et la pauvreté, et s’acquirent une<br />

colère de Dieu, à cause de leur insoumission et leur reniement de la<br />

vérité. En plus, ils mécrurent aux signes de Dieu et tuèrent injustement<br />

ses Prophètes. Abduilah Ben Mass'oud a dit à cet égard: «Les fils d’Israël<br />

tuaient trois cents Prophètes, puis ils se livraient à la vente de<br />

leurs légumes à la fin de la joumée. Il a rapporté aussi que le Messager<br />

de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Ceux qui subiront le<br />

châtiment le plus douloureux au jour de la résurrection: un homme qui tue<br />

un Prophète ou tué par un Prophète, un homme qui appelle les gens à un<br />

égarement et un homme qui défigure sa victime» (Rapporté par Ahmed)^^K<br />

( 1 ) aJLû Jprj ô L jî J I U JU ^ L J I l i î i : J l î .¿il j ùt ¿jj aJLJI ju p<br />

.(«Ouw» fU)!! oljj) ¿jA J » jî<br />

95


Ils méritèrent donc ces punitions parce qu’ils désobéissaient aux<br />

ordres de Dieu en commettant les interdictions, et parce qu’ils étaient<br />

transgresseurs en dépassant tout ce que leur était permis.<br />

X j<br />

»- J J<br />

’inna-l-ladîna ’âmanû wa-s-ladîna hâdû wa-n-nasârâ wa-sâbi’îna man<br />

’âmana bi-L-Lâhi wa-l-yawmi-l-’âhiri wa ‘amila sâli^ n falahum ’ajruhimi<br />

‘inda rabbihim walâ hawfun ‘alayhim walâ hum yateanûn.<br />

Certes les juifs^ les chrétims, les sabéens, c’est à dire ceux qui croient<br />

en Allah et au jour dernier et qui pratiquent les bonnes œuvres, ceux-là seront<br />

récompensés par leur Seigneur jusqu’au souvenir de la crainte et du<br />

chagrin (62).<br />

Après avoir montré la fin des insoumis, ceiiTqui commettent les<br />

interdictions en transgressant les ordres. Dieu fait connaître aux hommes<br />

que la belle récompense est réservée à ceux, parmi les générations<br />

précédentes, qui étaient soumis, ainsi qu’à ceux qui suivent le<br />

Prophète illettré, jusqu’au jour de la résurrection. Ceux-là sont les amis<br />

de Dieu qui n’éprouveront plus aucune crainte et ne seront pas affligés.<br />

Salman a dit: «je demandai le Prophète -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- au sujet des gens qui pratiquaient d’autres religions en lui racontant<br />

comment étaient leurs prières et leurs adorations. C ’est à cette occasion<br />

que fut révélé ce verset: (Certes, les juifs, les chrétiens, le<br />

sabéens, c’est à dire ceux qui croient en Allah et au jour dernier...).<br />

Al-Souddy a dit: «Ce verset a été révélé au sujet des compagnons<br />

de Salman Al-Farissi qui s’entretenait avec le Prophète -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue-. Il lui racontait que ces gens-là priaient, jeûnaient,<br />

croyaient au Prophète, et témoignaient qu’il serait envoyé en tant que<br />

Prophète. Il lui répondit: «O Salman! Ceux-là seront les damnés de<br />

l’Enfer» Salman éprouva alors une certaine peine à leur sujet. Dieu à<br />

ce moment fit descendre ce verset, en affirmant que les juifs qui s’attachaient<br />

à la Tora et à la sunna de Moïse -que Dieu le salue- jusqu’à la<br />

venue de Jésus, seraient considérés en tant que croyants. Après la ve-<br />

96


nue de Jésus -que Dieu le salue- ceux qui suivaient toujours la Tora et<br />

la sunna de Moïse sans laisser ni l’une ni l’autre et ne croyaient pas<br />

en Jésus, ils seraient des perdants. Ainsi ceux qui suivaient Jésus,<br />

s’attachaient à l’Evangile et pratiquaient les lois de Jésus, seraient<br />

considérés en tant que croyants avant la venue de Mouhammad -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue-. Mais ceux qui persévéraient dans leur ancien<br />

culte sans le laisser pour suivre Mouhammad, ceux-là seraient<br />

aussi des perdants.<br />

Ibn Abbas a approuvé les dires précités en ajoutant que Dieu, en<br />

confimnation, a révélé: (Le culte de celui qui recherche une religion en dehors<br />

de rislam n’est pas accepté. Cet homme sera, dans la vie future, au<br />

nombre de ceux qni ont tout perdu) [Coran III, 85].<br />

Après que Dieu ait envoyé Mouhammad -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- à tous les hommes sans distinction, il était donc du devoir de<br />

chacun d’eux de croire en lui et en son message et de laisser toute autre<br />

religion même s’il se confomnait aux prescriptions de son propre Livre,<br />

car l’Islam abroge toutes le§'autres religions.<br />

Quant aux Sabéens, plusieurs opinions ont été dites à leur sujet:<br />

- D’après Moujahed: ils sont les Mages, les juifs et les chrétiens<br />

qui ne suivaient aucune religion.<br />

- Abou AI-‘Alia et Ad-Dahak ont dit qu’ils sont une partie des gens<br />

du Livre qui lisaient les psaumes.<br />

- D’après Abou Ja’far Al-Razi: ils sont des gens qui adoraient les<br />

anges, lisaient les psaumes et faisaient la prière en s’orientant vers la<br />

Qibla.<br />

- D’après Wahab Ben Mounabbâhr ce sont des gens qui croyaient<br />

en Dieu, n’avaient pas une religion à suivre et ne commettaient aucun<br />

acte d’incrédulité.<br />

- D’après Âbdul Rahman Ben Zayd: ils sont des gens qui suivaient<br />

une certaine religion, vivaient au Moussel, témoignaient qu’il n’y a d’autre<br />

divinité que Dieu, n’avaient ni Livre ni Prophète et se contentaient<br />

du témoignage de l’unicité de Dieu, c’est pourquoi les polythéistes disaient<br />

au Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- et à ses compagnons:<br />

«Ces Sabéens nous ressemblent».<br />

97


- D’après d’autres, ils étaient, des gens monothéistes qui croyaient<br />

aux astres et les adoraient, considérant que ces astres créés par Dieu<br />

devaient être leur qibla dans leur prière.<br />

L’opinion la plus correcte consiste à dire qu’ils étaient des gens<br />

qui ne suivaient aucune religion, n’avaient pas un Livre ni un Prophète<br />

et étaient dirigés par leur innéité.<br />

^ L» ^<br />

¡KUi; -ijü jS SA J S f 0 ^<br />

wa’id ‘ahadnâ mitâqakum wa rafa'nâ fawqakumu-t-tura hudû mâ âtaynâkum<br />

biquwwatin wadkurû mâ fîhi la‘allakum tattaqûn (63) tunmia tawallaytum<br />

min ba‘di ^lika falawlâ fadu-L-Lâfii^alaykimi wa ra^atuhû<br />

lakuntum mina-l-hasirîn (64).<br />

^<br />

Nous reçûmes votre soumission et nous élevâmes conune une menace<br />

au-dessus de vos têtes le mont Sinaï. Nous vous dunes: Recevez sans flo ta ­<br />

tion nos lois et conformez-vous y. Peut-être ferez-vous ainsi votre salut.(63).<br />

Mais vous vous en détournâtes. Et n’eût-ce été la grâce d’Allaii et<br />

sa clémence, vous étiez rejetés parmi les damnés.(64).<br />

Dieu fait rappeler aux fils d’Israël les pactes et engagements pris<br />

de leur part vis-à-vis de Lui, de croire en Lui seul comme Dieu Unique<br />

sans rien Lui associer et de suivre Ses Messagers. S ’étant engagés,<br />

Dieu éleva le mont au-dessus de leurs têtes pour maintenir et respecter<br />

leurs engagements avec fermeté, comme Dieu le montre dans ce<br />

verset:<br />

(Nous avons projeté le mont au-dessus d’eux, comme s’il avait été um<br />

ombre. Ils pensèrent qu’il allait tomber sur eux: «Prenez avec force ce que<br />

nous vous avons donné, rappelez-vous son contenu. Peut-être craindrez-vous<br />

Dieu») [Coran VII, 171].<br />

Al-Souddy a commenté cela en disant: «Quand les fils d’Israël refusèrent<br />

de se prostemer, Dieu ordonna au mont de tomber sur eux.<br />

Ils le regardèrent avec crainte en les couvrant, et ils ne tardèrent<br />

pas à se posterner» Ils posèrent un côté de leur visage sur le sol, et<br />

98


de l’autre, Ils continuèrent à regarder le mont qui faillit tomber. Dieu<br />

alors leur fit miséricorde et ordonna au mont de s’écarter. Ils dirent ensuite:<br />

«Nulle prosternation faite pour Dieu n’est meilleure que celle accomplie<br />

en reconnaissance envers lui en nous épargnant de son<br />

châtiment» C ’est pourquoi les juifs se prostement toujours de cette façon.<br />

Dieu leur ordonna ensuite de prendre avec force le Livre qui leur a<br />

donné, c’est dire la Tora, en se conformant à ses prescriptions. Mais<br />

ils ne tardèrent pas à s’en détourner en violant clairement le pacte<br />

conclu avec Dieu qui leur rappela que, sans Sa grâce et Sa clémence,<br />

ils auraient été au nombre des perdants.<br />

î ^ b iü Ijjcî-I Jüiij<br />

Ltj Jü ¿¡Vj 1X4.<br />

walaqad ‘alimtumu-I-ladma ‘tadaw minkum fi-s-sabti faqulnâ lahum kûnû<br />

qirdatan hâsi’în * faja‘alnâhâ nakâla-l-limâ bayna yadayhâ wa mâ<br />

halfahâ wa maw‘izatal-lilmuttaqm.<br />

Vous n’avez pas ouUié ceux d’entre vous qui ont enfreint le sabat et à<br />

qui nous dunes: «Soyez changés en singe, l’animal le plus vil» (65). Ce fut<br />

là une répression impitoyable pour les contemporains et leurs descendants<br />

et un avertissement pour ceux qui réfléchissent (66).<br />

Dieu fait rappeler aux juifs l’histoire de ceux qui ont transgressé<br />

les ordres divins le jour du sabat où ils devaient se consacrer au culte<br />

sans faire aucun travail pour acquérir quoi que ce soit; cette histoire<br />

qu’ils connaissaient déjà, lorsque Dieu transforma les insoumis en singes<br />

abjects. Parmi entre autres versions, on se contente de raconter le<br />

récit rapporté par Al-Souddy, qui a dit en interprétant le verset prédté:<br />

«Dieu avait interdit aux juifs de travailler le Sabat. Leô^ habitants<br />

de: «Ayla», une cité établie au bord de la mer, usèrent des ruses pour<br />

capter les poissons qui y affluèrent en abondance. Dieu a dit: (Et interroge-les<br />

au sujet de la ville qui donne sur la mer, lorsqu’on y transgressait<br />

le sabbat, que leurs poissons venaient à eux faisaint surface, au jour de leur<br />

sabbat, et ne venaient pas à eux le jour où ce n’était pas sabbat) [Coran<br />

Vil, 163]. Lorsque l’un d’entre eux désirait les poissons, il creusait un<br />

99


fossé et un canal qui le liait à la mer. Il plaçait les filets de pêche le<br />

jour de sabbat et ouvrait le canal, les poissons suivaient ce canal et,<br />

arrivant au fossé où l’eau ne leur était pas suffisant pour vivre et voulant<br />

retourner à la mer, ils étaient pris par les filets. Le dimanche matin,<br />

l’homme les prenait. Chacun de ces juifs racontait aux autres ce<br />

qu’il avait fait pour l’imiter quand ils désiraient pêcher. Les docteurs les<br />

réprimandaient, mais ils leur répondaient: «Nous avons péché le dimanche<br />

et non pas le sabbat». Et les docteurs de répliquer; «Mais<br />

vous avez tout préparé et ouvert les canaux le sabbat?». Ils se persévéraient<br />

dans leurs ruses, et certains parmi eux disaient à leur sujet;<br />

(Pourquoi exhortez-vous un peuple que Dieu va détruire, ou punir d’un terrible<br />

châtiment) [Coran VII, 164]. D’autres ajoutèrent; (C’est pour avoir<br />

une excuse devant leur Seigneur , et parce qu’il se peut qu’ils craignent<br />

Dieu).<br />

Sur ces entrefaites, les soumis d’entre eux, refusèrent de vivre<br />

dans la même cité avec les insoumis. Ils divisèrent la ville en deux parties<br />

en construisant un mur qui les sépare et chacune des deux parties<br />

avait sa propre porte. Un jour, les soumis ouvrirent leur porte et celle<br />

des insoumis demeura fermée. Etonnés par ce fait, ils escaladèrent le<br />

mur et trouvèrent les autres transformés en singes. Ils leur ouvrirent la<br />

porte pour les laisser partir là où ils voulurent. Ceci explique les dires<br />

de Dieu; (Quand ils se montrèrent insolents dans leur désobéissance, nous<br />

leur dîmes: «Soyez changés en »nges abjects») [Coran VII, 166».<br />

Dieu a fait de ces habitants qui ont subi un châtiment ignominieux<br />

et avilissant, un exemple pour leurs contemporains et leur postérité,<br />

comme II a dit dans un autre verset quand II a châtié d’autres cités;<br />

(Nous avons anéanti les cités qui se trouvaient autour de vous. Nous leur<br />

avions cependant adressé nos signes. Peut-être seraient-ils revenus) [Coran<br />

XLVI, 27].<br />

Ce châtiment a été cité en montrant ses causes afin que les hommes<br />

réfléchissent, craignent Dieu et en prennent une leçon et une exhortation.<br />

Q u’ils redoutent donc ce qu’il pourrait leur arriver s’ils<br />

désobéissent à Dieu. A ce propos, Abou Houraira a rapporté que le<br />

Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit; «Ne commettez<br />

pas les péchés qu’ont commis les fils d’Israël en usant de diférentes ru­<br />

100


ses pour rendre licite ce que Dieu a interdit» (Rapporté par l’imam Abou<br />

Abduilah Ben B atta/^<br />

(3ii y i i ùl\ i i i ù[ sA,-sjÂÎ<br />

wa’id qâla Mûsâ liqawmihî ’imia-L-Lâha ya’murukum ’an tadbaM baqaratan<br />

qâlû ’atattaUdanâ huzuwan qâla ’a‘ûdu bi-L-Lâhi ’an ’akûna min-<br />

1-jâhilîn.<br />

Lorsque Moïse dit à son peuple: «Allah vous ordonne d’immoler une<br />

vache»; il s’attira la réponse suivante: «Nous tournes-tu en dérision?.<br />

Qu’Allah me garde d’être du nombre des insensés». (67).<br />

Pour mieux comprendre le verset, il nous incombe de parler de<br />

cette circonstance qu’on trouve dans le récit suivant:<br />

Oubaida As-Salmani a raconté: «U n homme des fils d’Israël était<br />

largement aisé. Etant stérile et sans postérité, son neveu devait Thériter.<br />

Pour dépêcher la succession, il le tua et mit son cadavre la nuit<br />

devant la porte d’un certain juif. Le lendemain matin, il accusa cet<br />

homme du meurtre et chaque clan porta les armes et furent sur le<br />

point de s’entretuer. Les hommes sensés et avisés leur dirent: «Pourquoi<br />

vous-livrez-vous à la bataille alors que le Messager de Dieu se<br />

trouve parmi vous» Ils se rendirent chez Moïse et lui firent part du<br />

crime. Il leur répondit; (Allah vous ordonne d’immoler une vache). Ils lui<br />

répliquèrent; (Nous tournes-tu en dérision?) Il rétorqua; (Qu’Allah me<br />

garde d’être du nombre des insensés).<br />

S ’ils n’avaient pas objecté, n’importe quelle vache aurait fait l’affaire.<br />

Mais ils insistèrent dans leur demande de sa description, qu’à la<br />

fin ils trouvèrent la vache désignée chez un homme qui ne possédait<br />

pas d’autre. Il leur dit; «Je ne vous la vends que contre le poids de sa<br />

\peau en or» Ce fut fait, ils immolèrent la vache et frappèrent la victime<br />

par l’un de ses membres. Le mort, étant ressuscité, ils lui demandè-<br />

(1) L. :JÜ ¿1 J ^ j ¿)î ijij* jf' iSjj<br />

.(Àjoi 4UI j A'<br />

101


ent: «Qui t’a tué?» - Celui-là, répondit-il, en désignant son neveu, puis<br />

il retomba mort. Le coupable ne reçut rien de la succession, et dès<br />

iors, nul assassin n’aura aucun droit à l’héritage».<br />

Quant à Al-Souddy, il a raconté l’histoire d’une façon presque différente.<br />

Il a dit; «U n homme parmi les fils d’Israël était très aisé et<br />

n’avait qu’une fille. Son neveu-le fils de son frère qui était très besogneux,<br />

vint la demander en mariage, mais l’oncle refusa. Le neveu se<br />

mit en colère et décida de tuer son oncle, de se marier d’avec sa fille<br />

et de s’emparer de sa composition légale (la dyia). Des commerçants<br />

d’autres tribus des fils d’Israël arrivèrent à la ville portant une variété<br />

de marchandises. Le jeune homme vint trouver son oncle et lui dit;<br />

«Oncle, viens avec moi chez ces commerçants et achète-moi de leur<br />

marchandise peut-être pourrais-je en faire un certain bénéfice. Car en<br />

te voyant avec moi, ils ne me refuseraient rien». L’oncle partit la nuit<br />

avec son neveu chez les commerçants, et en route, il le tua et revint<br />

chez les siens.<br />

Au matin, le neveu se rendit à la maison de son oncle le chercher<br />

comme si rien n’eut passé la veille. Ne le trouvant pas, il se dirigea<br />

vers les commerçants et les vit entourer le cadavre de son oncle. Il les<br />

accusa de son meurtre et revendiqua son prix du sang. Il se mit à<br />

pleurer, jeta le sable sur sa tête en se lamentant; «O oncle».<br />

En portant son procès devant Moïse, celui-ci lui donna droit au<br />

prix du sang. Les commerçants s’écrièrent: «O Messager de Dieu! Invoque<br />

Dieu afin qu’il vous désigne le coupable, quant à nous, son prix<br />

de sang est une chose insignifiante pour nous, mais nous aurons<br />

honte d’être accusés plus tard d’un tel crime». Voilà le sens de ce verset<br />

dans lequel Dieu a dit; (Rappelez-vous qu’après avoir tué un homme,<br />

vous vous êtes rejeté ce crime le uns sur les autres; mais Dieu a mis au<br />

grand jour ce que vous cachiez).<br />

Moïse leur dit; «Dieu vous ordonne d’immoler une vache». Ils s’exclamèrent:<br />

«Nous te demandons au sujet du mort et du coupable, tu<br />

nous réponds par: «Immolez une vache», te moques-tu de nous? «Il<br />

répliqua; «Que Dieu me préserve d’être au nombre des ignorants».<br />

Ibn Abbas a commenté cela en disant; «Si les fils d’Israël avaient<br />

présenté une certaine vache, elle aurait été acceptée. Mais comme ils<br />

Irïî^stèrent de savoir sa description en hésitant. Dieu leur souligna une<br />

102


vache dont sa description ne les laissa pas trouver facilement. En la<br />

trouvant, ils proposèrent à son propriétaire de la leur donner contre<br />

son poids en or, mais il refusa. Après un long marchandage, ils lui<br />

payèrent dix fois son poids en or. Ils l’égorgèrent et frappèrent la victime<br />

d’un de ses membres. Le mort fut ressuscité et avoua que son<br />

neveu l’a tué pour s’emparer de sa richesse et épouser sa fille. Ils prirent<br />

le coupable et l’exécutèrent<br />

N-B: ces histoires ont été rapportées d ’après les livres des fils d ’Israël<br />

et on ne peut ni l’admettre telles quelles ni les rejeter<br />

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U L J ^ ^ tiü'j 'o lii<br />

i ji; @ A 'ài<br />

y L i L4.^<br />

"V_><br />

qâlû-d-‘û lanâ rabbaka yubayyil-lanâ mâ hiya qâla ’innahu yaqûlu ’innahâ<br />

baqaratun lâ fâridun walâ bikrun ‘awânun bayna dâlika fa f alû mâ<br />

tu’marûn (68) qâlû-d-‘u lanâ rabbaka yubayyil-lanâ mâ lawnahâ qâla ’innahu<br />

yaqûlu ’innahâ baqaratun safrâ’u fâqi‘un lawnuhâ tasurru-nnâzirîn<br />

(69) qâlû-d-‘u lanâ rabbaka yubayyil-lanâ mâ hiya ’inna-l-baqara<br />

tasâbaha ‘alaynâ wa ’innâ ’in sâ’a-L-Lâhu lamuhtadûn (70) qâla ’innahu<br />

yaqûlu ’innahâ baqaratun lâ dalûlun tutîru-l-’ar^ walâ tasqi-l-harta musallamatun<br />

lâ siyata fihâ qâlû-l-’âna ji’ta bi-l-Mqqi fadabahuhâ wamâ kâdû<br />

yaf alûn (71).<br />

Ds dirent: «Demande à ton Seigneur d’indiquer de quelle vache il<br />

s’agit», n réponffit: «ADah précise que c’est une vache ni vieille ni jeune<br />

mais d’un âge moyen, faites ce qu’on vous ordonne».(68) Ils dirent: «Intercède<br />

auprès de ton Seigneur pour qu’il nous indique sa couleur». Il répondit:<br />

«Allah vous fait connaître qu’eUe est d’un jaune foncé, agréable à<br />

l’œil». (69). Ds dirent: «Intercède auprès de ton Seigneur pour qu’Il nous<br />

permette de l’identifîer, car à nos yeux les vaches se confondent, et s’il<br />

103


plaît à Allah nous nous soumettrons» (70). Allah vous fait connaître que ce<br />

n’est pas une vache assujettie aux labours ou à tourner la noria, mais une<br />

vache indemne d’infirmité et dont la robe est unie. Enfin tu nous a apporté<br />

la vérité. Us égorgèrent la vache et peu s’en fallut qu’ils s’abstiennent (71).<br />

Les fils d’Israël posèrent trop de questions à Moise, et Dieu, de sa<br />

part leur rendit la tâche de plus en plus difficile pour trouver la vache<br />

indiquée. Et ce n’était que pour les punir pour leur opiniâtreté. Donc<br />

cette vache devait être ni vieille, ni jeune, mais d’âge moyen d’une<br />

couleur jaune tirée au blanc, qui n’aura pas été avilie par le labour de<br />

la terre ou pour l’arrosage des champs et enfin sans marque ni défaut<br />

et agréable à l’œil. Et malgré tout ils avaient failli s’en abstenir.<br />

Abou Houraira a rapporté que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- a dit:<br />

«Si les fils d’Israël n’avaient pas dit: «Si-Hieu le veut nous serons bien<br />

dirigés», ils n’auraient rien reçu mais ils ont dit s ’il plait à Dieu» (Rapporté<br />

par Ibn Hatem/^K<br />

Ils avouèrent enfin que Moïse leur avait apporté la vérité et immolèrent<br />

la vache alors qu’ils hésitaient toujours de le faire. Et Ibn Jarir<br />

de commenter leur agissement a dit: «Ils n’avaient pas l’intention de le<br />

faire de peur du scandale et de l’apparition de la vérité en identifiant le<br />

coupable qui était le sujet de leur confiit». D’autres ont ajouté à cela<br />

qu’il s’agissait aussi de son prix très élevé.<br />

wa’id qataltum nafsan faddâra’tum fîhâ wa-L-Lâhu muhrijum mâ kuntirai<br />

taktumûn (72) faqulnâ-^bûhu bi ba‘dhâ kadâlika yuhyi-L-Lâhu-1-<br />

mawtâ wa yurikum ’âyâtihî la‘allakum ta‘qilûn (73).<br />

Rappelez-vous aussi le meurtre que vous aviez perpétré et où chacun<br />

jjI JàiUJl Jijjj<br />

\ ^ \ LJ<br />

104


de vous cherchait à se disculper. Mais Allah démasqua ce que vous avez<br />

dissimulé. (72). Nous vous conviâmes a frapper la victime avec un membre<br />

de la vache. C*est ainsi qu’Allah ressuscite les morts et c’est ainsi qu’il<br />

donne des signes de Sa puissance. Peut-être finirez-vous par comprendre.<br />

(73).<br />

Dieu demande aux fils d’Israël de se souvenir du meurtre de l’un<br />

d’eux (un ancien crime mentionné dans la Bible à ce qu’il paraît) où<br />

chacun d’eux avait rejeté ce crime à l’autre pour étouffer l’affaire, mais<br />

Dieu sortit ce qu’ils dessimulaient.<br />

Quant au membre de la vache avec lequel ils frappèrent le mort, il<br />

n’a pas été clairement indiqué et qui n’apporte d’ailleurs aucun intérêt.<br />

On peut en déduire le miracle qui a eu lieu pour constater le pouvoir<br />

du créateur à ressusciter les morts en leur montrant ce signe. A savoir<br />

aussi, comme les exégètes ont conclu, que Dieu, dans cette sourate,<br />

mentionne comment 1dônne^la vie après la mort dans la vie présente<br />

dans cinq endroits;<br />

1 - Quand II a redonné la vie aux fils d’Israël (Les 70 homme) qui<br />

furent foudroyés au mont Sinaï.<br />

2 - Cette histoire.<br />

3 - L’histoire de ceux qui , craignant de mourir, sont sortis par milliers<br />

de leurs maisons. (Le verset 243).<br />

4 - L’histoire de celui qui a passé auprès d’une cité qui était vide<br />

et effondrée. (Le verset n: 259).<br />

5 - L’histoire d’Abraham -que Dieu le salue- qui égorgea les quatre<br />

oiseaux et les coupa en morceaux (le verset 260).<br />

Dieu montra également dans plusieurs versets du Coran, comment<br />

if revivifie la terre après sa mort et ressuscite les morts une fois<br />

en poussière. A ce propos, Abou Rozain Al-‘Onqaili -que Dieu l’agréea<br />

rapporté; «Je demandai à l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue-; «Comment Dieu ressuscite les morts?» Il me répondit; «N’as-tu<br />

jamais passé m e fois par une vallée stérile, et une autre fois tu l’as trouvée<br />

verdoyante?» -Certes oui, dis-je -Ainsi sera la résurrection, rétorqua-t-il»<br />

On trouve une confirmation de ce fait dans le verset suivant: (Voici,<br />

pour eux, un signe: La terre morte que nous faisons revivre et dont nous<br />

faisons sortir des grains qu’üs mangmt) [Coran XXXVI, 33].<br />

105


u }jC>L^ ij» ^ Cs^ ^ p^->^ ^<br />

j y : û ç - i ü 'i ^ û ç . 'j iï .V i l i -<br />

ù j i ^ ^ ^ r*“^<br />

tumma qasat qulûbukum mim ba‘di ^ lik a fahiya kalUjârati ’aw ’asaddu<br />

qaswatan wa ’inna mina-l-Wjârati lamâ yatafajjaru minhu-l-’anhâru<br />

wa’imia minhâ lamâ yassaqqaqu fayahruju minhu-l-mâ’u wa ’inna minha<br />

lamâ yahbitu min hasyati-L-Lâhi wama-L-Lâhu bigâfilin ‘ammâ<br />

ta‘malûn (74).<br />

En dépit de tout cela, vos cœurs se sont endurcis. Ils sont devenus<br />

comme des roches et même plus durs encore, car il y a des roches desquelles<br />

surgissent des fleuves, d’autres qui se fendent pour livrer passage à<br />

l’eau, d’autres encore qui s’affaissent par peur d’Allah. Et tout ce que vous<br />

faites n’est pas passé inaperçu à Allah (74). .<br />

Dieu blâme et réprimande les fils d’Israël pour avoir toujours les<br />

cœurs endurcis après qu’ils aient vu de ses signes et la résurrection<br />

des morts. Il compare leurs cœurs durs à des roches solides. C ’est<br />

pourquoi Dieu interdit aux croyants d’avoir des cœurs comme ceux des<br />

fils d’Israël, en leur disant; (Le moment n’est-il pas venu pour les cœurs<br />

des croyants de s’humilier en entendant le rappel d’Allah et ce qui est descendu<br />

de la vérité et de ne plus ressembler à ceux qui avaient autrefois reçu<br />

le livre? Ceux-ci trouvèrent le temps long; leur cœurs s’endurcirent. Beaucoup<br />

d’entre eux étaient pervers) [Coran LVIl, 16].<br />

Avec le temps, à cause de leur opiniâtreté et malgré les exhortations<br />

et ce qu’ils ont vu comme signes et miracles, les cœurs des fils<br />

d’Israël devinrent de plus en plus durs qu’aucun moyen ne s’avéra possible<br />

pour les ramollir. Le Seigneur montre qu’ils sont devnus aussi<br />

durs que les rochers. Parmi ces roches, il en est d’où jaillisent les ruisseaux,<br />

il en est qui se fendent et l’eau en sort, il en est encore qui<br />

s’écroulent du haut des montagnes par crainte de Dieu en Le glorifiant<br />

comme IMe dit dans ce verset; (D n’y a rien qui ne câèbre Ses louanges<br />

mais vous ne comprenez pas leurs louanges. Dieu est plein de mansuétude<br />

et n pardonne) [Coran XVII, 44].<br />

Certains présument que c’est une pure métonymie et prise au fi­<br />

106


guré, mais s’ils avaient médité sur le sens d’autres versets, ils auraient<br />

constaté une réalité incontenstable, quand Dieu a dit par exemple: (Les<br />

sept deux et la terre, et ceux qui s’y trouvent, chantent Purteté de lui) et<br />

(L’étoile et l’arbre tous deux se prostement) ou quand II s’adresse aux<br />

deux et à la terre; (Venez-tous deux, de gré ou de force». Ils disent:<br />

«Nous venons obéissants»).<br />

On peut encore se référer à certains hadiths, quand, par exemple,<br />

le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- parla du mont<br />

Ouhod et dit: «C ’est un mont qui nous aime et nous l ’aimons». Dans le<br />

Sahih de Mouslim on trouve également ce hadith: «Je conrmis bien à La<br />

Mecque une pierre qui me saluait avant d ’être envoyé, et maintenant je<br />

peux la reconnaître» Enfin le tronc du palmier qui se lamenta quand on<br />

le fit remplacer par la chaire.--^ ^<br />

Dieu, par l’exemple du rocher qu’il a présenté dans le verset prédté,<br />

exhorte les hommes à avoir ie cœur doux et tendre. A cet égard<br />

Ibn Omar a rapporté que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- a dit: «Ne vous étendez-vous dans les propos s ’ils ne contiennent pas<br />

une mention de Dieu, car cela endurcit les cœurs, et ceux qui ont les cœurs<br />

durs seront les plus éloignés de Dieu» (Rapporté par Ibn Mardawish et Tirmidzi/^^<br />

11a dit aussi; «Quatre choses engendrent la misère de l’homme:<br />

le figement de l’œil, l’endurcissement du cœur, le long espoir et l’avidité de<br />

ce bas monde» (Rapporté par Al-Bazzar d'après A n as/^ \<br />

^ jÎL) ^<br />

y ^ 13j J L*<br />

(1‘) jM îjiS" OÜ iiàl jM '.Jlî '•<br />

Aj j Sj A a \jj) ¿il ¿jA ajül Ci\^ hÎiI<br />

ô* *^1 tçS-i-jïJ' JÜj tOftjJI ^bS'<br />

(2) Jji>j ts-ÜJI «jU-âj uli-iJl ¿y> ^J» (jjjj<br />

.(Îpÿy. ¿Ul- ¿ri jf- jl>ii iljj) .«UaJI<br />

107


’afatatma‘ûna ’an yu’minû lakum waqad kâna farîqum minhum yasma‘ûna<br />

kalâma-L-Lahi tumma yuterrifunahu mim ba‘dimâ ‘aqalûhu wa<br />

hum ya'lamûn (75) wa’idâ laqû-l-ladîna ’âmanaû qâlû ’âmannâ wa ’idâ<br />

halâ ba‘duhum ’ilâ ba‘^n qâlû ’atu^dditunahum bimâ fataha-L-lâhu<br />

‘alaykum liyuMjjukum bihî ‘inda rabbikum ’afalâ ta‘qilûn (76) ’awalâ<br />

ya'lamûna ’anna-L-Lâha ya‘lamu mâ yusirrûna wamâ yu'linûn (77).<br />

Garderez-vous l’illusion (Musulmans) que de pareils gens partageront<br />

un jour votre foi? alors que certains d’entre eux, après avoir entendu la parole<br />

d’Allah, la falsifièrent scienunent. (75). Rencontrent-ils des musulmans?<br />

Ils leur disent: «Nous sommes des vôtres». Mais dès qu’ils ne sont plus<br />

qu’entre eux, ils se récrient: «Allez-vous confier aux musulmans ce qu’Allah<br />

vous a révélé et leur fournir ainsi des arguments contre vous?». Est-ce à cela<br />

que vous voulez aboutir?» (76). Oublient-ils qu’Allah sait ce qu’ils cachent<br />

et ce qu’ils découvrent. (77).<br />

Dieu dans ces versets, s’adresse aux musulfnans fidèles en leur<br />

disant: «O vous qui croyez, attendez-vous à ce que ces gens-là deviennent<br />

soumis, ce groupe des hommes égarés malgré ce que leurs<br />

pères avaient vu des signes et miracles évidents et avaient les cœurs<br />

durs. Il y avait d’entre eux des hommes qui ont altéré sciemment les<br />

Paroles de Dieu après les avoir entendues. Et malgré tout cela ils les<br />

contredisaient sachant bien qu’ils commettaient des erreurs. Il montre<br />

leur situation dans un autre verset et dit: (Mais Ils ont rompu leur alliance,<br />

nous les avons maudits et nous avons endurci leurs cœurs. Ils altèrent<br />

le sens des paroles révélées) [Coran V, 13].<br />

Ibn Wahb a dit: «Il s’agit de la Tora que Dieu leur a révélée. Ils<br />

l’ont altérée en rendant l’illicite licite et toumant la vérité en enreur, et<br />

l’en-eur en vérité».<br />

Quant au deuxième verset, Ibn Abbas l’a interprété comme suit:<br />

«Lorsque les juifs rencontrèrent les musulmans, ils leurs disaient:<br />

«Nous croyons bien comme vous que Mouhammad est un Prophète<br />

mais il est envoyé pour vous. Se trouvant seuls, ils blâmèrent les uns<br />

les autres en s’interdisant de parier aux arat>es au sujet de la prophétie<br />

de Mouhammad, en se rappelant que Dieu avait pris leur engagement<br />

de croire en lui, car il a été déjà mentionné dans votre Livre. Ils<br />

dirent: «Reniez cela et ne le reconnaissez plus car ce sera un argu­<br />

108


ment contre vous auprès de Dieu, Mais ils oublièrent que Dieu connaît<br />

ce qu’ils cachent et ce qu’ils divulguent.<br />

En interprétant ce verset, Moujahed a dit: «Le jour où l’Envoyé de<br />

Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- assiégea Bani Qouraidha, il se<br />

tint tout près de leur forteresse et leur dit: «O frères des singes et des<br />

porcs! O adorateurs du Taghout!» Ils disaient les uns aux autres: «Qui<br />

a raconté cela à Mouhammad? Sûrement quelques uns d’entre nous<br />

lui ont fait part de ces choses-là pour qu’elles constituent un argument<br />

contre vous».<br />

De sa part Al-Hassan a interpété le troisième verset précité de la<br />

façon suivante: «Quand les juifs rencontrèrent les musulmans, ils déclarèrent<br />

que Mouhammad -qu’Allah le bénisse et le salue- est un Prophète<br />

envoyé pour les arabes, mais quand ils se retrouvèrent seuls, ils<br />

se conseillèrent mutuellement, de ne plus en parler afin que ce ne soit<br />

un argument contre eux car l’avènement de Mouhammad est déjà cité<br />

dans leur Livre.<br />

L u j ll -L j (j» Ijlfc pJ<br />

^<br />

wa minhum ’ummiyyûna lâ ya‘lâmûna-l-kitâba ’illâ ’amâniyyâ wa ’in<br />

hum ’ilia yazunnûn (78) fawaylu-l-li-ladîna yaktubûna-l-kitâba bi ’aydihim<br />

tumma yaqulûna hâdâ min ‘indi-L-Lâhi li yastarû bihî tamanan qalîlan<br />

fawaylul-lahum mimmâ katabat ’aydihim wa waylul-lahum mimmâ<br />

yaksibûn (79).<br />

Panni eux, il y a des illettrés qui ne connaissent de leur Livre que les<br />

prédictions favorables, fls ne se basent que sur des suppositions. (78). Malheur<br />

à ceux qui composent avec leurs seuls moyens des écrits et les présentent<br />

conune venant d’Allah pour en tirer un profît, fut-il minime. Maudites<br />

soient les mains qui ont tracé ces écrits, maudit soit le profît qui a été tiré.<br />

(79).<br />

Parmi les gens de Livre, il y avait des illettrés qui ne savaient ni<br />

lire ni écrire, comme l’était notre Prophète -qu’Allah le bénisse et le sa­<br />

109


lue- dont Dieu a paiié de lui dans ce verset; (Tu ne récitais aucun Livre<br />

avant celui-ci; tu n’en traçùs aucun de ta main droite; les imposteurs se livrent<br />

donc à des hypothèses) {Coran XXIX, 48].<br />

Moujahed a dit; «Certains juifs ne connaissaient rien de leur Livre,<br />

et pourtant ils forgèrent des nnensonges et inventèrent des choses<br />

qu’on ne trouva pas dans ce Livre, faisant ainsi des conjectures qui<br />

n’avaient aucun fondement, c’était plutôt des désirs qu’ils formulaient».<br />

Il y avait parmi eux qui appelaient les hommes à un égarement en<br />

forgeant des mensonges sur Dieu et dévorant injustement les biens de<br />

ceux qui les croyaient. Al-Souddy a dit; «Certains juifs écrivaient des<br />

choses étrangères au Livre de Dieu pour les vendre à vil prix aux arabes<br />

prétendant qu’elles ont été révélées par Dieu.<br />

Ibn Abbas a mis en garde les fidèles en leur disant; «O musulmans!<br />

Comment vous demandez les gens du Livre au sujet des choses,<br />

alors que le Livre de Dieu -Le Coran^'^a.été révélé à Son<br />

Prophète, qui contient des nouvelles venant de Dieu, dont vous pouvez<br />

le lire et il est récent Dieu vous a parié à propos des gens du Livre<br />

qui ont falsifié et altéré le Livre de Dieu -la Tora- en l’écrivant de leurs<br />

propres mains prétendant qu’il vient de Dieu pour le vendre à vil prix.<br />

Ce Coran ne vous suffit-il pas pour passer outre de leur demander?<br />

Par Diéu, nous n’avons vu aucun d’entre eux venir vous demander de<br />

ce qu’il vous a été révélé».<br />

Enfin Dieu menace les gens du Livre qui ont altéré Ses Paroles<br />

pour tirer un certain profit, en forgeant des mensonges et inventant<br />

des choses non fondées.<br />

^ U Jo f' ?»-V4P 4^1<br />

waqâlû lan tamassana-n-nâru ’illâ ’ayyâman ma'dudatan qui ’attahadtum<br />

‘inda-L-Lâhi ‘ahdan falan yuhlifa-L-Lâhu ‘ahdahû ’am taqûlûna ‘alâ-L-<br />

Lâhi mâ lâ ta‘lamûna.<br />

Ils disent: «L’épreuve du feu, si nous devons la snbir, sera de courte<br />

durrée». Réponds-leur; «Avez-vous conclu un pacte avec Allah, sachant bùn<br />

110


qa’Allah tient toujours Sa parole, ou bien parlez-vous d’Allah à tort et travers»<br />

(80).<br />

Dieu critique les dires des juifs qui prétendent que le feu ne les<br />

touchera que durant un temps limité. Il leur répondit; «Auriez-vous<br />

avec Dieu pris un engagement? Si c'est ainsi, Dieu certainement ne<br />

manquera pas à Sa promesse. Mais en fait ce n’est pas le cas car<br />

vous dites en dépit de Dieu ce que vous ne savez pas.<br />

Ibn Abbas dit à ce propos: «Les juifs disaient: la durée de ce bas<br />

monde est limitée à 7000 ans, et le feu, si nous y serons précipités, ne<br />

nous touchera que sept Jours à raison d’un jour par mille ans.<br />

Ikrima, de sa part, a commenté cela en disant: «Les juifs, entrèrent<br />

en discussion avec le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse, et le<br />

salue- et dirent: «Nous n’enTr^rons à l’Enfer que pour quarante nuits,<br />

puis une autre communauté-ils voulaient dire la communauté musulmane-nous<br />

y succédera. Il mit alors la main sur leurs têtes et leur répondit:<br />

«Vous y demeurerez pour l’éternité» Dieu, fit cette révélation à<br />

cette occassion».<br />

Abou Houraira a rapporté: «Quand Khaibar fut conquise on présenta<br />

à l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- de la viande<br />

d’un mouton empoisonnée. Il dit à ses compagnons: «Faites réunir tous<br />

les juifs qui étaient présents». Une fois les juifs rassemblés, le Messager<br />

de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- leur demanda: «Qui est votre<br />

père?» -Un tel, répondirent-ils- Vous mentez, répliqua-t-il, votre père est<br />

un tel, un autre» Et eux de lui répondre: «C ’est vrai». Il poursuivit: «Si<br />

je vous pose cette question, me répondrez-vous sincèrement?» -Certes oui,<br />

ô Aboul-Qassem, dirent-ils, et si nous te donnons une fausse réponse,<br />

tu le sauras certainerment comme tu as connu le nom de notre père».<br />

1leur demanda: «Qui seront les réprouvés de l ’Enfer?» Ils répondirent:<br />

«Nous y demeurerons pour un court laps de temps, mais vous ne tarderez<br />

pas à nous y remplacer» -Restez-y, s’écria-t-il, nous ne vous y remplacerons<br />

jamais» Puis il reprit: «Serez-vous sincères sur m e autre question<br />

si je vous la pose?».<br />

- Certes oui, ô Aboul Al-Qassem dirent-ils. Et le Prophète -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue- de poursuivre: «Avez-vous mis du poison dans ce<br />

111


mouton?» - Oui, répondirent-ils. Il rétorqua; «Qu’est-ce qui vous a poussés<br />

à le faire?» Ils ripostèrent; «Nous voulions nous débarasser de toi si tu<br />

es menteur, car si tu étais vraiment un Prophète, ce poison ne te nuirait<br />

pas» (Rapporté par Ahmed Boukhari, Nassm et Ibn Mardawich/^K<br />

^<br />

^ j î<br />

balâ man kasaba sayyi’atan wa ’aMtat bihi hati’atuhû fa’ulâ’ika ’asMbun-nâri<br />

hum fîhâ hâlidûn (81) wa-l-ladîna ’âmanû wa ‘amilû-s-sâliMti<br />

’ulâ’ika ’asMbu-1- jaimati hum f2iâ hâlidûn (82).<br />

Erreur. Ceux qui font le mal et qu’étoun^e le cercle de leurs péchés,<br />

ceux-là seront voués au feu éternel. (81). Au contrave, ceux qui croient et<br />

font le bien, ceux-là auront le paradis pour séjour éternel.(82).<br />

Le résultat ne serait pas comme ils le pensaient. Car ceux qui ont<br />

commis les péchés, que leurs fautes les entourent de toutes parts qui<br />

viendront au jour de la résurrection démunis de toutes bonnes actions<br />

et ne trouveront que des mauvaises actions passées à leur actif, ceuxlà<br />

seront les damnés du feu étèmel. Par contre ceux qui ont fait le<br />

bien en croyant en Dieu, en Son Message, accompli les bonnes actions<br />

conformément à la Loi, ceux-là seront les élus et bienheureux du<br />

paradis. Tout cela est pareil aux dires de Dieu;<br />

(1) LfJ «Li C-jAaI LkJ :JÜ Cj^3<br />

j*-iJ jLü î(Ll» ¿r* ¿r* jLîi<br />

J ü aù!Ai J j ;ljJU<br />

iJb jji' UÎ b ^ ¡^1 J-®»<br />

lljJLâi ?8jUI JaI i j A i : ^1)1 j»-fi jLâi .1*^1<br />

«W L jj ¿ i \ j jLîi tL ^ UjÜUiJ ^ Us*<br />

IjI ttÇcp- ùl ¿ j f ' J a j 4)1 J j - “J j*-fl (*j<br />

t!»■*■> »Ljijl ûJu^ ^ *1w<br />

sljj) j»J c. tûJ-i.* 01 LilS” c - lS” 0} L)3j 1 :Ij JLü ciiiiiJj<br />

.«-ui ¿1 J JiiUlj j,\j (/ jU JIj ^U)il<br />

112


(Cela ne dépend ni de vos souhaits, ni des souhaits des gens du Livre.<br />

Quiconque fait le mal sera rétribué en conséquence. Il ne trouvera, en dehors<br />

de Dieu, ni protecteur, ni défenseur. Tous les croyants, hommes et<br />

femmes, qui font le bien: voilà ceux qui entreront au Paradis. Ds ne seront<br />

pas lésés d’une pellicule des dattes) [Coran IV, 123-124],<br />

Le mal cité dans le verset, signifie, d’après Ibn Abbas, le polythéisme,<br />

mais d’après Al-Hassan, il est tout péché capital. A cet égard,<br />

Abdullah Ben Mass'oiud a rapporté que le Messager de Dieu -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue- a dit: «Evitez même les fautes vénielles car, une<br />

fois commises à l’excès, elles ne tarderont par à faire perdre leur auteur».<br />

Le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- donna aux fidèles l’exemple<br />

d’un groupe d’hommes qui ont campé dans une terre déserte. Les<br />

uns apportent de petites branches, d’autres de brins de paille, qu’à la<br />

fin ils ont fait un grand tas de t>ois et y mis le feu qui a dévoré tout ce<br />

qu’ils ont amassé».<br />

Tandis que ceux qui font le bien, croient et accomplissent des œuvre's<br />

pies, seront rétribués par le Paradis comme séjour étemel.<br />

wa’id ’ahadnâ mitâqa banî ’isra’îla lâ ta‘budûna ’illa-L-Lâha wa bi-l-wâlidayni<br />

’iteânan wadi-l-qurbâ wa-l-yatâmâ wa-l-masâkini wa qûlû li-n-nâsi<br />

husnan wa ’aqîmu-s-salâta wa ‘âtû-z-zakata tumma tawallaytum ’illâ<br />

qalîlam minkiun wa ’antum mu‘ri^n.<br />

Nous fîmes prendre aux fils d’Israël l’engagement de n’adorer qu’Allah,<br />

d’être déférents envers leurs père et mère et leurs proches, d’être bons<br />

pour les orphelins et les pauvres. Nous leur enjoignîmes de n’avoir que de<br />

bonnes paroles pour leurs prochains, d’accomplir régulièrement leurs prières<br />

et d’acquitter la dîme. Mais, à l’exception de quelques-uns, vous ne tîntes<br />

pas vos engagements et vous vous détournâtes de nos commandements. (38).<br />

Le Tout-Puissant rappelle Ses ordres aux fils d’Israël et l’alliance<br />

qu’avait faite avec eux qu’ils ont violée de propos délibéré et s’en sont<br />

113


détrounés. Il leur a ordonné de n’adorer que Lui sans Lui reconnaître<br />

des égaux, comme II Ta ordonné à toutes ses créatures qu’il a créées<br />

pour le même but, comme il l’a confinnné dans ce verset: (Nous ayons<br />

envoyé un Prophète à chaque commraïaiité: «Adorez Dieu et fuyez les Taghout)<br />

[Coran XVI, 36]. Tel est le droit suprême que les hommes doivent<br />

à leur Seigneur , puis de garder la piété filiale, un autre droit qui<br />

fut joint au premier, comme II l'a confirmé dans plusieurs versets et<br />

nous citons ces deux à titres d’exemple: (Ton S e i^ v r a décrété que<br />

TOUS n’adorez-qoe Loi. Il a presciit la bonté à l’^ard de vos père et mère)<br />

[Coran XVII, 23] et: (Sols reconnaissant envers Moi et envers tes parents.<br />

Le retonr se fwa vers MoQ [Coran XXXI.14].<br />

Il a été rapporté dans les deux Sahih, qu’Ibn Mass'oud a dit: « J ’ai<br />

demandé à l’Envoyé de Dieu; «Quelle est la meilleure œuvre?» Il me<br />

répondit; «La prière à sort heure fixée» - Et puis, redemandai-je. - De garder<br />

la piété filiale. - Ensuite?- Le combat dans la voie de Dieu»^^^.<br />

Un homme demanda au Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue-:<br />

«Envers qui dois-je être bon? - Il lui répondit; «Envers ta mère. - Et<br />

puis? redemanda-t-il - Ta mère. - Et puis? - Ta mère- Et puis?- Envers<br />

ton père et ensuite tes proches»^<br />

Dieu a ordonné également d’être bon envers les orphelins qui ont<br />

perdu un de leurs parents ou les deux ensemble, et les pauvres qui ne<br />

trouvent pas de quoi subsister, et d’user des bonnes paroles envers<br />

les gens. Ces bonnes paroles, comme a dit Al-Hassan Al-Basri, consistent<br />

à ordonner de faire le bien, à déconseiller le repréhensible, à pardonner<br />

aux autres et à être dément envers eux.<br />

Atx)u Dzarr -que Dieu l’agrée- a rapporté que le Prophète -qu’AIlah<br />

le t>énisse et le salue- a dit: «Ne dédaignez aucun acte de bien, et si<br />

vous ne trouvez pas. recevez vos frères avec un visage radieux» (Rapporté<br />

par Ahmed, MousBm Et Tbmüdzi)^^K<br />

(1) ;Jlî A* ¿;jl je-<br />

:JU |*î ;cJ» ^ :cJ»<br />

(2) fi A* J j - j Vî ^<br />

.liilîaî fS iitaî ^ î-JUi :Jtt :Jlî tcdJL.il<br />

(3) ¿>1^ ù* -J'* *** jf- Aif’ 4iS iSjj<br />

114


Dieu ordonne donc aux hommes d’être bons envers les autres en<br />

actes et paroles, de s’acquitter des prières prescrites et de verser la<br />

Zakat sur leurs biens.<br />

ô i ^ 5 ^ ^ - i j ^ i i \ j<br />

^<br />

(*44lS^l<br />

_>aJ<br />

Ç j î i 4 J jt Ç (>- ¿Tj>- L.3<br />

ü ^ j1 @ ù ji:::i ;11 5 j v , fJej<br />

^ 4 ^ : 2 f i si; ^ ç ^ ' ' & y »<br />

wa’id ’ahadnâ mitâqakum lâ tasfiqûna dimâ’akun walâ tuhrijûna ’anfusakum<br />

min diyârikum tumma ’aqrartum wa’antum tashadûn tumma<br />

’antum hâ’ûlâ’i taqtulûna ’anfusakum wa tu^jûna farîqam minqum nain<br />

diyârihim tazâharûna ‘alayhim bi-l-’itmi wa-l-‘udwâni wa’in ya’tûqum<br />

’usârâ tufâdxihum wahuwa mu^rramun ‘alaykimi ’il^âjuhum ’afatu’ minûna<br />

biba‘d-l-kitâbi wa takfurûna biba‘^ fama jazâ’u may-yaf alu dâlika<br />

minkum ’illâ hizyun fi-l-hayâti-d-dunya wa yawma-l-qiyâmati<br />

yuraddûna ’ilâ ’asaddi-l-‘adâbi wama-L-Lâhu bigâfilin ‘ammâ<br />

ta‘malûn (85) ’ûlâ’ika-l-ladîna-staraw-o-l^yâta-d-dunyâ bi-l-’âWrati falâ<br />

yuhaffafu ‘anhumu-l-‘a^bu walâ hum yunsarûn.<br />

Nous obdnmes d’eux également l’ei^àgement qu’ils ne s’entretueraient<br />

pas, qu’ils ne se bamiiraient plus réciproquement. Cet engagement, vous les<br />

prîtes sous forme d’aveu et vous le scellâtes par votre propre témoignage.<br />

(84). Quoiqu’ainsi engagés, vous vous entretuez, vous vous bannissez réciproquement,<br />

employant pour cela l’injustice et l’oppression. Mais, ô contradiction,<br />

quand vos coreligionnaires tombent en captivité, vous les rachetez,<br />

alors qu’il était interdit de les expulser de chez eux. Croirez-vous donc seu-<br />

•'jjj ^ i ^ j (/


lement à une partie du Livre et rejetterez-vous le reste? Ceux qui agissent<br />

de la sorte ne méritent pas autre chose que l’ignominie danc ce monde et le<br />

plus impitoyable des châtiments dans l’autre. Et Allah n’est pas inattentif à<br />

ce qu’ils font (85). A ces gens qui échangent la vie de ce monde contre la<br />

vie future, aucun adoucissement à leurs peines ne sera accordé et aucun secours<br />

ne sera porté. (86).<br />

Du temps de l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-, les<br />

juifs qui habitaient Médine souffraient de leurs guerres avec les Aws et<br />

Al-Khazraj, deux tribus des Ansars -Les Médinois- qui adoraient les<br />

idoles dans la Jahiliah-l’ère préislamique. A Médine il y avait trois tribus<br />

juives: Banou Qaïnouqa’ Banou An-Nadir les partisans des Khazraj,<br />

et Banou Qouraidha ceux des Aws. Quand une guerre éclatait,<br />

chaque tribu s’alliait à ses partisans de sorte que chaque juif tuait un<br />

de ses adversaires et même un autre juif d'autre Jribu, ce qui leur était<br />

interdit selon leur religion et d'après leur Livre. Chacun expulsait un autre<br />

de sa demeure et la pillait. Une fois la guerre cessée, ils rachetaient<br />

les prisonniers capturés par les autres en se conformant à la<br />

Tora.<br />

C'est pourquoi Dieu les blâma d'avoir suivi une partie de leur loi et<br />

contredit une autre. Il leur dit: «Comment croyez-vous à une certaine<br />

partie du Livre - la Tora - et restez-vous incrédules à l'égard d’une autre?»<br />

Car ceux qui suivent une même religion sont considérés en tant<br />

qu’une seule âme. Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-<br />

a dit à ce propos dans un hadith: «Les croyants dans leur affection,<br />

leur miséricorde et leur sympathie les uns à l’égard des autres, sont comparables<br />

à un corps humain qui, si trn membre est affecté, les autres membres<br />

ressentent la douleur et s ’enfiévrent» (Rapporté par Mousüm/^K<br />

Toujours en blâmant les juifs. Dieu leur dit: «Vous acceptez cette<br />

alliance avec Moi et vous en témoignez, puis vous voilà les uns tuent<br />

les autres ou les ejq^ulsent de chez eux alors que tout cela vous est interdit<br />

d'après les enseignements de votre Livre, et par contre vous<br />

payez les rançons de vos captifs de guenre».<br />

«tjj)<br />

jÎL»<br />

116


Comme nous en avons parlé au début, quand une guerre éclatait<br />

entre les Aws et Al-Khazraj, les Banou An-Nadir et Qouraidha se mettaient<br />

du côtés des premiers, et les Banou Qainouqa’ du côté des derniers,<br />

du moment que les deux tribus arabes étaient des polythéistes<br />

qui adoraient les idoles et ne reconnaissaient ni rassemblement ni résurrection,<br />

ni Livres, ni licite ni illicite, et pourtant les juifs leur portaient<br />

secours dans leurs combats, de sorte que chaque juif tuait un autre juif<br />

ce qui leur était interdit d’après leurs enseignements. Mais dès que la<br />

guerre cessait, ils commençaient à racheter les captifs de part et d’autre<br />

en se conformant aux enseignments de leur Livre. Dieu leur reprocha<br />

leur agissement contradictoire car ils ne visaient par là que les<br />

biens éphémères de ce bas monde.<br />

Par ailleurs, ils dissimulaient une partie de ce qui se trouve dans<br />

la Tora, par exemple en reniant la venue de Mouhammad -qu’Allah le<br />

t)énisse et le salue- sa prophétie et son message, à savoir que les prophètes<br />

avaient annoncé tout cela à leurs peuples. C ’est pourquoi Diéu<br />

a dit; (Ils ne méritent pas autre chose que l’ignominie dans ce monde et le<br />

plus impitoyable des châtiments dans l’autre) en les punissant pour avoir<br />

troqué la vie future contre la vie de ce monde, et au jour de la résurrection,<br />

le châtiment ne leur sera pas allégé et ils ne seront pas secourus.<br />

'(Iv*<br />

h t<br />

- î C<br />

walaqad ’âtaynâ Mûsâ-l-kitâba wa qafTayynâ mim-ba‘dihi bi-r-rusuli wa<br />

’âtaynâ ‘Isâ bna Maryama-l-bayyïnâti wa ’ayyadnâhu biruW-l-qudusi<br />

’afakullamâ jâ’akum rasûlum bimâ lâ tahwâ ’anfusukumu stakbartum fafarîqan<br />

kad^btum wa fariqan taqtulûn (87).<br />

Nous avons donné le Livre à Moïse, nous avons envoyé des Prophètes<br />

après lui, nous avons permis a Jésus, fils de Marie, de prouver sa mission<br />

et nous l’avons affermi par l’esprit de sainteté. Jusques à quand accueillerez-vous<br />

avec morgue les Prophètes qui vous apporteront des vérités<br />

contraires à vos préventions? vous avez traité les uns d’imposteur, vous avez<br />

tué les autres. (87).<br />

117


Dieu les Très Haut et béni décrit les fils d’Israël comme étant des<br />

gens injustes, opiniâtres et rebelles contre leurs Prophètes, car ils ne<br />

suivaient que leurs propres passions. Il a révélé la Tora à Moïse, mais<br />

ils ne tardèrent pas à la falsifier et l’altérer, à désobéir à ses enseignements<br />

en les interprétant à leur guise. Puis Dieu envoya, après MoTse,<br />

d’autres prophètes et Messagers qui avaient pour mission d’appliquer<br />

les lois de la Tora comme Dieu le montre dans ce verset: (Nous avons,<br />

en vérité, révélé la Tora où se trouvent une Direction et une Lumière.<br />

D’après elle, et pour ceux qui pratiquaient le Ju daicé, les Prophètes qui<br />

s’étaient soumis à Dieu, les maîtres et les docteurs rendaient la justice,<br />

conformément au Livre de Dieu dont la garde leur était confiée et dont ils<br />

étaient les témoins) [Coran V, 44]. Le dernier Prophète envoyé aux fils<br />

d’Israël fut Jésus, fils de Marie, qui a été chargé d’amender quelques<br />

lois de la Tora, et qui a été fortifié par l’Esprit de sainteté, et Dieu lui a<br />

accordé des signes et miracles évidents et clairs.<br />

Ibn Abbas a dit que ces miracles furent: ramener un mort à la vie;<br />

de créer, de terre, une forme d’oiseau qu’en soufflant en elle devient<br />

un oiseau avec la permission de Dieu; guérir les malades tels que le<br />

muet et le lépreux avec la permission de Dieu; raconter les événements<br />

à venir et dont l’ange Gabriel, l’Esprit de sainteté, l’appuyait toujours.<br />

Tous ces miracles ne faisaient qu’accroitre l’obstination et la<br />

jalousie des juifs pour avoir contrarié une partie de leur Tora en leur<br />

disant: (Me voici, confirmant ce qui existait avant moi de la Tora et déclarant<br />

licite pour vous, une partie de ce qui vous était interdit) [Coran III,<br />

50].<br />

Les juifs traitèrent les Prophètes et Messagers brutalement et inconvenablement<br />

en accusant certains de menteurs et tuant une partie<br />

pour leur avoir ordonné de faire des choses qui ne convenaient pas à<br />

leurs passions, ou bien ils les obligeaient à se conformer strictement<br />

aux enseignements de la Tora qu’ils ont altérée.<br />

Quant à «L ’Esprit de sainteté» et selon l’avis unanime des ulémas,<br />

il n’est que l’Archange Gabriel. Abou Houraira a rapporté d’après Aicha<br />

-que Dieu soit satisfait d’elle- que le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- a placé une chaire dans la mosquée pour le poète<br />

Hassan Ben Thabet en lui invoquant Dieu par ces mots: «Mon Dieu,<br />

fortifie Hassan par l’Esprit de sainteté car il défend Ton Prophète».<br />

118


Ibn Mass'oud a rapporté que le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- a dit: «L’Esprit de sainteté m’a insufflé qu’aucune âme<br />

ne mourra qu’à son terme après avoir acquis des biens de ce dont Dieu lui<br />

a prédestiné. Pour cela soyez modérés quand vous invoquez le Seigneur»<br />

(Rappmrté par üm Hîbban/^\<br />

(Vous ayez traité les uns d’Imposteiir, t o u s avez tué les antres): cette<br />

partie du verset montre sans doute le comportement des juifs envers<br />

les Prophètes et Messagers, ce comportement agressif que confirment<br />

plusieurs histoires à signaler la demière quand ils essayèrent de tuer<br />

le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue-, en lui présentant la<br />

viande d’un mouton empoisonnée et en l’ensorcelant.<br />

wa qâlû qulûbunâ gulfum bai la'ânahuinu-L-Lâhu bikufrihim faqalîlam<br />

mâ yu’minûn (88).<br />

Us disait: cams smit inaccessiMes: Errrar. Allah les a maudits à<br />

cause de leur imrédidité. Oh! qu’ils sont irrêdnctiUes, que leur foi est tiède.<br />

(88).<br />

En appelant les Juifs à la foi, ils répondaient: «Nos cœurs sont indrconds»«<br />

en d’autres ternies comme voilés ou scellés, pour dire ainsi<br />

qu’ils ne comprenaient rien du message prétendant être des ignorants<br />

dans le but de le renier, comme le confirme ce verset; (Nos coeurs sont<br />

enveloppés d’nn voile épais qui nous cache ce vers quoi tu nous appelles)<br />

[Coran XLI, 5], c’est qu’ibn Jarir a adopfê en se référant aussi à ce hadith<br />

rapporté par Houdhaifa; «Les cœurs sont au nombre ^ quatre»*éi il<br />

a dté»; et un cœur enveloppé et maudit: tel est le cœur de l’incrédule».<br />

(Leur foi est tiède) signifie que le nombre des croyants parmi eux<br />

était faible, car leur foi en Motse et en ce quli a apporté ne leur suffira<br />

pas tant qu’ils n’ont pas cru en Mouhammad et son message.<br />

(1) a ^ :J15 ùî<br />

ùLa- «ijj) ^ Ijiîli t r "<br />

119


0¿)*>**>“*[ (J-;* ^<br />

Je ^ \ i i J j i l5 l l l i îjy»S^<br />

walammâ jâ ’ahum kitâbum-min ‘indi-L-Lâhi musaddiqun limâ ma‘ahum<br />

wa kanû min qablu yastaftihûna ‘alâ-l-ladîna kafarû falamma jâ ’ahum<br />

mâ ‘arafû kafarû bihî fala‘natu-L-Lâhi ‘alâ-l-kâfirîn (89).<br />

Quant ils reçurent de la part d’AUah un Livre corroborant leurs propres<br />

Ecritures -et auparavant ils avaient prié AUah de leur accorder la victoire<br />

sur les infidèles -,ils s’en détournèrent. M audits soient les<br />

infidèles (89).<br />

Quand les juifs menaient une guerre contre les polythéistes, ils<br />

leurs disaient qu’ils les combattraient avec un Prophète qui sera envoyé<br />

à la fin du temps apportant un Livre. Lorsque ce Livre -qui est le<br />

Coran- venant de Dieu fut révélé à Mouhammad -qu’Allah le bénisse et<br />

le salue- et confirmant ce que les juifs avaient reçu comme Ecritures,<br />

et ce qu’ils connaissaient déjà, ils n’y crurent.pas».<br />

Ibn Abbas a raconté: «Les juifs imploraient la victoire sur les Aws<br />

et les Khazraj grâce à l’avènement imminent de l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salüe- Quand il fut envoyé, étant un des Arabes,<br />

ils le mécrurent et renièrent ce qu’ils disaient auparavant.<br />

Mou’adh Ben Jabal leur dit alors: O juifs! craignez Dieu et convertissez-vous.<br />

Nous étions polythéistes avant le Message et vous imploriez<br />

le secours et la victoire grâce à la venue de Mouhammad -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- et vous nous racontiez qu’il serait envoyé bientôt<br />

en nous donnant ses descriptions». Salam ben Michkam -un des Ba-<br />

N io u An-Nadir- lui répondit: «Il ne nous a rien apporté de ce que nous<br />

connaissions et il n’est plus le Prophète dont nous vous en pariions».<br />

Dieu fit alors cette révélation: (Quand ils reçurent de la part d’Allah un<br />

Livre corroborant leurs propres Ecritures.) Ce Livre était le Coran qui<br />

confirmant les Livres précédents. Que la malédiction de Dieu tombe<br />

sur les juifs, les incrédules.<br />

#<br />

120


i’sam â-staraw bihî ’anfusahum ’an yakfurû bim â ’anzala-L -L âhu<br />

bagyan ’an yunazzila-L-Lâhu min fadihî ‘alâ may-yasâ’u min ‘ibâdihî fabâ’û<br />

biga^bin ‘alâ ga(^bin wa li-l-kâfirîna ‘adâbum muhîn (90).<br />

Quel marché de dupe ils ont conclu en croyant se racheter de la sorte?<br />

Ils ont nié les révélations d’Allah et cela par dépit, n’admettant pas que la<br />

mansuétude d’Allah lui fasse révéler la vérité à qui lui plaît. Le résultat,<br />

c’est qu’ils ont attiré colère sur colère. Un châtiment ignominieux attend les<br />

infidèles. (90).<br />

En interprétant ce verset, Al-Souddy a dit: «Il est tellement vil ce<br />

contre quoi ils ont troqué leurs âmes, en se contentant de ce qu’ils<br />

avaient reçu en mécroyant en Mouhammad -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- au lieu de croire^efi lui, en son Message et de lui porter secours.<br />

Tout cela était dû à leur jalousie, leur injustice et leur animosité».<br />

(Ils ont encouru colère sur colère). Et de commenter cela Abou Al-<br />

‘Alya a dit: «Ils ont attiré la colère de Dieu quand ils mécrurent en Jésus<br />

et à l’Evangile, et une autre fois quand ils mécrurent en Mouhammad<br />

-qu’Allah le bénisse et le salue- et au Coran». Selon d’autres<br />

exégètes, la première colère était à cause de l’adoration du veau.<br />

(Un châtiment ignominieux attend les infidèles) à cause de leur incrédulité,<br />

leur jalousie et leur orgueil. Dieu a confirmé ce châtiment par ce<br />

verset aussi: (Ceux qui, par orgueil, refusent de M’adorer, entreront bientôt,<br />

humiliés, dans la Géhenne) [Coran XL, 60].<br />

Le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Au jour de la<br />

résurrection, les orgueilleux seront rassemblés comme de la poussière sous<br />

forme humaine couverts par l’opprobre et l ’humiliation. Ils entreront dans<br />

une prison à la Géhenne, appelée «Boulos», où un grand feu les enveloppera<br />

de toute part, et on leur donnera à boire la sueur des damnés de l ’Enfer»<br />

(Rapporté par Ahmedf^^).<br />

121


J_>î1 lij (^ lj]J<br />

^ b \ S ^ ü t ^ ô>bi5 ^ jâ d j u i ^ ¿ ^ 1 Ÿ ^ jj<br />

wa’idâ qîla lahum ’âminû bimâ ’anzala-L-Lâhu qâlû nu’minu bimâ ’unzila<br />

‘alaynâ wa yakfurûna bimâ warâ’ahû wa huwa-l-Mqqu musaddiqallimâ<br />

ma‘ahum qui falima taqtulûna ’ambiyâ’a-L-Lâhi min qablu ’in kuntum<br />

mu’minîn (91) walaqad jâ’akum Mûsâ bil-bayyinâti tumma-t-t^ad<br />

tumu-l-‘ijla mim ba'dihî wa ’antum zâlimûn (92).<br />

Lorsqu’on les p r e ^ de croire à ce qui a été révélé par Allah, ils opposent:<br />

«Nous ne croyons qu’à ce qui nous a été révélé et nous rejetons le<br />

reste». Et cependant notre révélation ne fait que confirmer ce qui leur a été<br />

déjà révélé. Dis-leur: «Pourquoi avez-vous mis à mort les Envoyés d’AUah<br />

autrefois, si vous étiez croyants? (91). Mois«, déjà, vous avait apporté des<br />

preuves. Mais, lui disparu, vous avez adoré le veau. Indignes créatures que<br />

vous étiez. (92).<br />

Ced fut adressé à tous les gens du Livre aussi bien aux dirétiens<br />

qu’aux juife, mais iis ripostèrent: Nous croyons à ce qui nous a été révélé<br />

comme Livre: l’Envangile et la Tora, alors qu’ils firent semblant<br />

d’ignorer que le Coran a été révélé comme vérité confimiant ce qu’ils<br />

avaient reçu.<br />

Le Tout-Puissant ne tarda pas à leur demander:«Si vous été des<br />

vrais croyants, pourquoi donc tuez-vous les Prophètes qui vous ont été<br />

envoyés en vous apportant ce que la Tora contient, de vous ordonner<br />

de juger d’après ses lois sans les altérer et vous les faites sdemment?<br />

Vous ne les avez tués que par injustice, obstination et orgueil. Vous ne<br />

faites que suivre vos propres passions».<br />

Ibn Jarir a commenté cela en disant: «Dieu ordonne à Mouham-<br />

¿y. JLr*^ »'jj) Cj*<br />

0Ji9r<br />

122


mad de dire aux juifs: «O fils d’Israël! Croyez en ce que Dieu m’a révélé».<br />

Mais vous répondez: «Nous croyons en ce qui nous a été révélé»<br />

Demande-leur: «Pourquoi donc, si vous êtes des croyants, vous<br />

avez tué les Prophètes et il vous a été interdit de les tuer, plutôt vous<br />

avez été ordonnés de tes croire, les suivre et leur obéir. Moïse vous a<br />

apporté les signes clairs et les preuves évidentes, qu’il est le Messager<br />

de Dieu, et il n’y a d’autre Dieu que lui. Ces signes étaient: le déluge,<br />

les sauterelles, les vemfiines, les grenouilles, le sang, le bâton, la main,<br />

la séparation des ondes de la mer, le nuage qui vous a ombragés, la<br />

manne, les cailles et le rocher. Tout cela vous en avez été témoins,<br />

mais vous avez, malgré tout, adoré le veau, une fois que Moïse est<br />

allé au mont Sinaï pour recevoir les Paroles de Dieu».<br />

lyÀi ijjLi- jjiâiÎ jiÈssûjâ llS m i 'iJLi-î i \ j<br />

© Oi p H<br />

[yLÎSjiij<br />

wa’id ’ahadnâ mitâqakum wa rafa‘nâ fawaqakumu-t-tûra hudû mâ<br />

’âtaynâkum biquwwatin was-ma‘û qâlû sami‘nâ wa ‘asaynâ wa ’usribû fî<br />

qulûbihimu-l-‘ijla bikufrihi qui bi’samâ ya’murukum bihî ’imânukum ’in<br />

kuntimi mu’minîn (93).<br />

Lorsque nous avons reçu votre soumission et que nous avons dressé audessus<br />

de vos têtes le Sinaï, nous vous avons dit: «Acceptez avec conviction<br />

les lois que nous vous avons données et écoutez-les». Us répondirent: «Nous<br />

les avons écoutées et nous avons refusé de nous y soumettre». Leurs cœurs<br />

étaient pleins de l’amour du veau, les incrédules! Dis-leur: Quelles détestables<br />

prescriptions comporte votre foi, si tant est que vous en avez une» (93).<br />

Dieu - à Lui la puissance et la gloire- dénombre leurs fautes, leur<br />

dérogation à l’alliance et leur détournement des enseignements jusqu’à<br />

ce qu’il ait élevé le Mont au-dessus d’eux. Alors ils l’acceptèrent puis la<br />

contredirent en disant: «Nous avons écouté et nous avons disobéi» (voir<br />

verset n: 63). On a rapporté que le Prophète -qu’Allah le bénisse et ie<br />

salue- a dit: «L ’amour d’une chose assourdit et aveugle?». Quant à Ali<br />

Ben Abi Taleb -que Dieu l’agrée-, il a dit: «Moïse lima le veau -qui était<br />

fait en or- jusqu’à ce qu’il fut devenu une poudre, en le mettant au<br />

123


ord du misseau. Tout homme qui avait adoré et buvait de cette eau,<br />

avait le visage jauni».<br />

Puis Dieu les blâma et ordonna à Son Prophète de leur dire:<br />

«Comme est mauvais ce qu'ordonne votre foi si vous êtes croyants».<br />

Car, comment peut-on les considérer en tant que croyants du moment<br />

qu’ils ont mécru aux Signes de Dieu, désot>éi à leurs Prophètes, et enfin<br />

leur mécroyance en Mouhammad -qu’Allah le bénisse et le saluequi<br />

est le pire des péchés?»<br />

ôi j »<br />

i i i j ^ 4 t : . \'L ^ i j l s ùL ¿ J i t<br />

5 ^ â j ÿ s J j i a ' f üj1 j i : ? j i<br />

qui ’in kânat lakumu-d-dâru-1-’âWratu ‘inda-L-Lâhi hâlisatan min dunin-nâsi<br />

fatamannawu-l-mawta ’in kuntum sâdiqîn (94) walan yatamannawhu<br />

’abadan bimâ qaddamat ’aydihim wa-L-Lâhu ‘alimum bizrâlimîn<br />

(95) wa latajidannahum ’ahrasa -n-nasi ‘alâ Myâtin wa mina-l-lad<br />

îna ’asrakû yawaddu ’a^dufaum law yu'ammira ’alfa sanatin wamâ huwa<br />

bi muza^iMhî mina-l-‘adâbi ’an yu‘anMnara wa-L-Lâhu basirum bima<br />

ya'malûn.<br />

Dis-leor: «Si vous êtes sûrs d’être appelés au Paradis éternel auprès<br />

d’Allah, à l’exception des autres hommes, souhaitez une mort immédiate.<br />

Vous montreriez aiisi que vous êtes de bonne foi». (94). Non, üs ne formulent<br />

jamais un semblable souhait, sachant tout le mal qu’ils ont perpétré de<br />

leurs mains. Et Allah connait les coupables. (95) Tu les découvriras plus attachés<br />

à la vie que tous les autres peuples, que les idolâtres mêmes. Au<br />

point qu’il n’en est aucun parmi eux qui ne désire vivre mille ans. Mais une<br />

pareille longévité ne saurait m a^ é tout les soustraire au châtiment, car Allah<br />

voit leurs actions (96).<br />

Dieu le Très Haut ordonne à Son Prophète Mouhammad -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue- de leur dire: «Si la demière demeure auprès de<br />

124<br />

l i j


Dieu vous est réservée à l'exclusion des autres gens, souhaitez donc<br />

la mort si vous êtes véridiques», c'est-à-dire appelez la mort aux menteurs,<br />

mais ils refusèrent car: «Us ne la souhaitaient jamais à cause des<br />

œuvres qu’ils ont accomplies. Allah connaît les prévaricateurs» [Coran<br />

LXII, 7]. A savoir que, s'ils avaient souhaité la mort, nul juif n’aurait survécu.<br />

Ibn Jarir a dit: «O n m’a fait savoir que le Prophète -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- a dit: «Si les juifs avaient souhaité la mort, nul d ’entre<br />

eux n’aurait survécu, ils seraient tous morts et auraient vu leurs places à<br />

l’Enfer. Et si ceux qui voulaient faire des exécrations réciproques avec l’Envoyé<br />

de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- étaient sortis, ils seraient retournés<br />

chez eux pour ne trouver ni familles ni biens».<br />

On trouve dans le Coran un autre verset qui ressemble à celui-ci<br />

et qui est le suivant: (Dis: «O vous qui pratiquez le Judaïsme, si vous prétendez<br />

être les seuls amis de Dieu, souhaitez donc la mort, si vous êtes véridiques.<br />

M ais ils ne la souhaitent jamais à cause des œuvres qu’ils ont<br />

accomplies. Dieu connaît les injustes) [Coran LXII, 6-7].<br />

Que Dieu maudisse ces gens-là quand ils prétendirent être les<br />

amis de Dieu et ses préférés et dirent: (Personne n’entrera au Paradis<br />

s’fl n’est juif ou chrétien) [Coran 1!, 111].<br />

Quand ils furent conviés à faire des exécrations et appeler la malédiction<br />

de Dieu sur les menteurs de deux communautés juives et musulmanes,<br />

ils s’abstinrent de le faire, chacun d’eux devina qu’ils étaient<br />

des prévaricateurs. Car s’ils étaient sûrs de leur présomption, ils auraient<br />

dû le faire. Ainsi c’était l’attitude des chrétiens de Najran quand<br />

ils étaient conviés à une chose pareille et le Messager de Dieu -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue- leur dit: (Venez! Appelons nos fîls et vos fîls,<br />

nos femmes, et vos femmes, nous-mêmes et vous-mêmes, nous ferons alors<br />

une exécration réciproque en appelant une malédiction de Dieu sur les menteurs)<br />

[Coran III, 61]. Mais il y a en parmi eux des gens qui les conseillèrent<br />

de ne plus le faire, ils préférèrent alors de se soumettre et de<br />

payer la capitation avec humiliation.<br />

Le sens du verset précité est le suivant: «O juifs! Si vous prétendez<br />

être les amis de Dieu à l’exclusion de tous les gens, les fils de<br />

Dieu et ses préférés, les élus du Paradis et les autres les réprouvés<br />

de l’Enfer, faites donc cette formule imprécatoire pour appeler la malé­<br />

125


diction de Dieu sur les menteurs. Et sachez que cette formule imprécatoire<br />

exterminera sans aucun doute le menteur». Quand ils constatèrent<br />

le défi sérieux du Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- et leur<br />

mensonge, ils s’abstinrent, car ils dissimulaient la vérité que Mouhammad<br />

-qu’Allah le bénisse et le salue- était le messager de Dieu cité<br />

dan leur Livre.<br />

C ’est pourquoi Dieu montre leur cas et qu’ils étaient les hommes<br />

les plus avides à vivre, car ils connaissaient déjà leur retour néfaste<br />

vers Dieu et leur fin misérable à cause de leur obstination et leur incrédulité.<br />

Le Prophète -qu’Allah le bénisse et le âalue- a dit à ce sujet:<br />

«Ce bas monde est la prison du croyant et le paradis de l’incrédule» Chacun<br />

d’entre eux souhaitait vivre mille ans, mais cela ne lui éviterait plus<br />

le châtiment. Et Dieu voit parfaitement ce qu’ils font.<br />

LJ. l i J - ^ o i L J e 3*<br />

qui man kâna ‘aduwwa-l-lijibrîla fa ’innahû nazzalahû ‘alâ qalbika bi-’id<br />

ni-L-Lâhi musaddiqa-l-limâ bayna yadayhi wa hudan wa busrâ li-1-<br />

mu’minîn (97) man kâna ‘aduwwa-l-li-La-Lâhi wa malâ’ikatihî wa rusulihî<br />

wa Jibrüa wa Mikâla fa’inna-L-lâha ‘aduwwu-l-lil-kâfirîn (98).<br />

Dis à qui se déclare l’adversaire de Gabriel que c’est lui qui, d’ordre<br />

d’Allah, {Bdejposé dans ton cœur le Livre qui confirme les Ecritures saintes<br />

et qui consititue un guide et une bonne nouvelle pour les croyants. (97). Dis<br />

à celui qui se déclare l’ennemi d’Allah, ses anges, de Ses envoyés, de Gabriel<br />

et de Michel, qu’Allah est l’ennemi des infîdèles.(98).<br />

Abou Ja’far Al-Tabari a dit: «Les hommes versés ont affirmé que<br />

ce verset fut révélé en réponse aux dires des juifs prétendant que Gabriel<br />

est leur ennemi et Michel leur ami. Puis ces ulémas ont eu des<br />

opinions contradictoires concernant les causes de cette révélation:<br />

- Les uns disent: c’était à l’occasion de la polémique entre eux et<br />

le messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- au sujet de sa<br />

prophétie. A ce égard Ibn Abbas a raconté: «Les juifs vinrent trouver<br />

l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- et lui dirent: «O Abou<br />

126


Al-Qassem! Nous allons te demander à propos de cinq choses, si tu<br />

nous donnes les réponses exactes, nous te croirons et te suivrons». Il<br />

prit leur engagement comme l’avait fait Jacob avec ses fils quand il<br />

leur répondit: (Dieu est garant de ce que nous disons). Il leur répondit:<br />

«Posez vos questions». Ils lui dirent:<br />

- Quel est le signe caractéristique du Prophète?<br />

- Ses yeux s’endorment, répondit-il, mais son cœur reste éveillé.<br />

- Comment une femme engendre un garfon ou une fille?<br />

- Quand le sperme de l’homme domine celui de la femme, elle engendre<br />

un garçon, et si c ’est le contraire, ce sera une fîlle.<br />

- Qu’est ce qu’Israël-(Jacob) s ’était interdit à lui-même.<br />

- Comme il se plaignait du nerf sciatique, il n’a trouvé que le lait d ’une<br />

telle qui lui convenait. (On aj^apporté qu’il a désigné le lait de la chamelle<br />

et s ’est abstenu de manger sa chair).<br />

-Tu dis vrai. Dis-nous comment se produit le tonnerre?<br />

- Dieu à lui la puissance et la gloire a confié le nuage à un de Ses anges.<br />

Cet ange tient en main un morceau du tissu en feu par lequel il guide les nuages<br />

vers l’eruiroit où le Seigneur le lui indique.<br />

- Quelle est cette voix que nous venons d ’entendre?<br />

- C’est sa voix.<br />

- Tu^ dis vrai. Il nous reste la demière question, si tu nous donnes la réponse<br />

exacte, nous te suivrons. Pas un Prophète qui n’a pas un ange qui lui<br />

communique les ordres divins. Qui est le tien?<br />

- Gabriel -que Dieu le salue-.<br />

- Ce Gabriel est un de nos ennemis qui ne fait que communiquer les ordres<br />

dè la guerre et du châtiment. Si tu avais dit Michel qui ne fait descendre<br />

que la miséricorde, la pluie et les plantations, nous t ’aurions cru.<br />

Dieu alors fit cette révélation à Son Prophète: (Dis à qui se déclare<br />

l’adversaire de Gabriel que c’est lui qui, d’ordre d’Allah, a déposé dans ton<br />

coHir le Livre...) (Rapportépar Ahmed, Trintddet Nassai)^^\<br />

( 1 ) î — ^ (»— IâJI u L :ljJU» 4)1 c - l J Î :J Ü<br />

:J l î ^ JL>-U viJUI lîijp bîLjt ùÜ<br />

«Ll^ j»Uïl :JÜ je - ;l^lî aljîUi ;Jlî Jjü<br />

127


Al-Boukhari a rapporté que Anas Ben Malek a raconté: «Etant<br />

dans son jardin cueillir les fruits, Abdullah Ben Salam eut vent de<br />

l’arrivée du Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-. Il<br />

vint le trouver et lui dit: «Je veux te poser trois questions que seul<br />

un Prophète connait les réponses. Quel est le premier signe précurseur<br />

de l’Heure Suprême? Quell est la première nourriture des élus<br />

du Paradis? Et commment se fait-il qu’un enfant ressemble à son<br />

père ou à sa mère?» Il lui répondit: «C’est Gabriel qui vient de me le<br />

dire».<br />

- Gabriel, s’exiama Ben Salam. - Oui, répliqua le Prophète. Et Abdullah<br />

de rétorquer:«C’est l’ennemi des juifs parmi les anges». Le Messager<br />

de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- récita alors ce verset,<br />

puis il répondit à Ibn Salam: «Le premier prodrome de l’Heure, sera un feu<br />

qui rassemblera les hommes de l’orient à l’occiderit-.'La première nourriture<br />

des habitants du Paradis, sera l ’excroissance du foie de poisson. Quand<br />

l’homme éjacule avant la femme, l’enfant lui ressemble, mais si la femme éjacule<br />

avant, c’est à elle qu’il ressemble».<br />

Abdullah Ben Salam s’écria alors: «Je témoigne qu’il n’y a d’autre<br />

divinité que Dieu et tu es l’Envoyé de Dieu. O Envoyé de Dieu! Les<br />

juifs sont des gens de mauvaise foi, s’ils savent que je me suis converti<br />

à l’Islam avant de leur interroger à mon sujet, ils me calomnieront».<br />

»U liU iLüt c\ ' i i j<br />

îJUj>-I Jü îüIJlS” l)U1<br />

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^ ^ L»J| ;yiî ,c..tJLsi^ kUL^ aJjj Ajji j* -à' ¿j>^ o l^lj<br />

128


Quand les juifs arrivèrent l’Envoyé de Dieu leur demanda: «Quel<br />

rang occupe Abduilah Ben Salam parmi vous?» ils lui répondirent: «Il est<br />

le meilleur d’entre nous, le fils du meilleur d’entre nous, notre maître et<br />

le fils de notre maître». Il leur redemanda: «Que penseriez-vous de lui s ’il<br />

embrassait l ’Islam?». Ils ripostèrent: «Que Dieu le préserve d’une pareille<br />

chose». Alors Abduilah sortit de sa cachette et déclara: «Je témoigne<br />

qu’il n’y a d’autre divinité que Dieu et que Mouhammad est<br />

l’Envoyé de Dieu». Les juifs s’écrièrent alors: «Il est le plus mauvais<br />

d’entre nous et le fils du mauvais d’entre nous», puis ils le dénigrèrent.<br />

Abduilah dit du Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue-: « C ’est bien<br />

ce que je redoutais» (Rapporté par Boukhari et MousUm/^K<br />

D’autres ont raconté que ce verset fut révélé à l’occasion d’une<br />

autre polémique qui a eu lieu entre les juifs et Omar Ben Al-Khattab.<br />

Omar a rapporté: «Un jour, j’étais chez les juifs alors qu’ils lisaient la<br />

Tora, et je fus étonné comment la Tora confirme le Coran et comment<br />

le Coran confirme la Tora. Ite^me dirent: «Pas un de tes compagnons<br />

nous est préféré plus que toi». Je leur demandai: «Pour quelle raison?»<br />

- Parce que tu viens souvent chez nous et tu nous fréquentes,<br />

répondirent-ils. Je leur répliquai: «Je viens souvent chez vous, et,<br />

chaque fois que vous lisiez la Tora, je m’étonne comment la Tora<br />

confirme le Coran et comment le Coran confimne la Tora».<br />

(1) ¿il cf- * ^) ¿ff-<br />

^ '^1 ^<br />

:Jli ?4^1 jl


A ce moment le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-<br />

passa, ils dirent à 0 m a r:«0 Ibn Al-Khattab, voilà ton compagnon,<br />

rejoins-le». Je leur répondis; «Je vous adjure par Dieu qu’il n’y a d’autre<br />

Dieu que Lui, qui vous a confié de Ses Lois et révélé de Ses livres,<br />

ne connaissez -vous qu’il est le Messager de Dieu?» Les gens se turent,<br />

mais leur grand chef et docteur leur dit: «Il vous a adjuré par<br />

Dieu, répondez-lui donc? Ils répliquèrent: «Puisque tu es notre chef et<br />

docteur, réponds-lui à notre place». Alors ce docteur s’adressa à Omar<br />

et lui dit; «Comme tu nous a adjuré par Dieu, nous connaissons bien<br />

qu’il est l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-» Et Omar de<br />

riposter: «Malheur à vous! Vous n’êtes que des gens perdus!» - Non,<br />

répondirent-ils, nous ne sommes plus perdus» Omar rétorqua: «Com ­<br />

ment donc vous ne l’êtes plus alors que vous savez qu’il est l’Envoyé<br />

de Dieu mais vous ne le croyez pas et vous ne le suivez pas!» Ils dirent;<br />

«parmi les anges, il y a ceux qui sont Jips ennemis et d’autres<br />

nos amis. Il n’a reçu le message que par l’intermédiaire de notre ennemi<br />

parmi les anges» -Et qui sont vos ennemis et vos amis? -Notre ennemi<br />

est Gabriel., et notre ami est Michel. Gabriel est l’ange de la<br />

grossièreté, la violence, la gêne, la sévérité et le châtiment, tandis que<br />

Michel est l’ange de la miséricorde, la compassion et la clémence.<br />

Omar s’écria alors; «Je jure par Dieu qu’il n’y a d’autre Dieu que Lui,<br />

ces deux anges sont les amis de ceux qui leur manifestent la paix et<br />

les ennemis de ceux qui leur montrent l’hostilité. Il ne convient plus à<br />

Michel de faire la paix avec qui déclare la guen-e à Gabriel».<br />

Omar se leva pour rejoindre le Prophète -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- qui sortit de chez un homme, et en le voyant, il lui dit; «O Ibn<br />

Al-Khattab, veux-tu que je te récite des versets révélés récemment?.<br />

Puis il récita: (Dis à qui se déclare l’adversaire de Gabriel...) - O Envoyé<br />

de Dieu, répondit Omar, que je te donne pour rançons père et mère,<br />

par celui qui t’a envoyé apportant la vérité, je suis venu exprès pour te<br />

raconter ce qui s’est passé mais j’ai trouvé que le Subtil et qui connait<br />

tout m’a devancé». (<br />

Dieu fait savoir à Son Prophète que Gabriel est un de Ses anges,<br />

quiconque le prend comme adversaire c’est comme il se montre hostile<br />

envers tous les anges, tout comme celui qui croit au Messager de<br />

Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- doit croire en tous les Prophètes.<br />

130


Gabriel ne descend pas de sa propre volonté pour communiquer la révélation<br />

mais il est chargé de la part de son Seigneur.<br />

Abou Houraira a rapporté que le Messager de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- a dit; «Dieu a dit; «Quiconque est ennemi de Gabriel,<br />

c’est comme il me déclare la guerre» Gabriel qui, avec la permission<br />

de Dieu, fait descendre le Livre - le Coran - sur le cœur du<br />

Prophète, qui confirme ce qui a été révélé comme une Direction et<br />

bonne nouvelle pour les croyants leur annonçant le Paradis, car Dieu a<br />

dit au sujet du Coran: (Ce qui est guérsion et miséricorde pour les<br />

croyants) [Coran XVII, 82] et: (Il est Direction et guérison pour les<br />

croyants) [Coran XLI, 44].<br />

Il ne faut donc jamais se déclarer l’ennemi d’un des anges car<br />

chacun d’eux a une missioci^ selon la volonté de Dieu: Gabriel est<br />

considéré comme un ambassadeùr de Dieu qui l’envoie à Ses Prophètes<br />

et Messagers, Michel chargé de la pluie et de la plantation et Israfil<br />

chargé de souffler dans la trompette au jour de la résurrection.<br />

Il a été rapporté dans le Sahih que: «Quand l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- se levait la nuit, il disait;/«rO mon Dieu,<br />

le Seigneur de Gabriel, de Michel et d’Israfil, créateur des deux et de la<br />

terre, qui connait ce qui est apparent et ce qui est caché. Tu jugeras entre<br />

Tes serviteurs et Tu trancheras leurs différends. Dirige-moi, avec ta permission,<br />

vers la vérité car Tu diriges qui Tu veux vers la voie droite»^^^<br />

C ÎM @ -Jl ^ ^ a ;<br />

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131


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Ijiiîj i^i; ;^1 i i 0


Maront à Bable. Ds ne transmettaient jamais leur secret à quelqu’un sans<br />

lui dire: «Nous sommes la tentation. Garde-toi de perdre la foi». Les juifs<br />

apprenaient d’eux le moyen de désunir l’homme d’avec sa femme. Mais ils<br />

ne pouvaient nuire à qui que ce soit sans la permission d’Allah. D’autre<br />

part, une telle science les incitait beaucoup plus à ce qui était nuisâble qu’à<br />

ce qui était utile. Sans compter qu’ils savaient que les adeptes d’une telle<br />

science ne pouvaient attendre aucune indulgence dans la vie future. A quel<br />

vil moyen ils en sont venus pour racheter leurs âmes? Ah! s’ils avaient été<br />

plus conscients. (102). S’ils avaient cm et s’ils avaient craint Allah? ils aurûent<br />

obtenu une récompense d’Allah, ce qui eût mieux valu pour eux. Ah,<br />

s’ils avaient réfléchi» (103).<br />

Le Seigneur s’adresse à Son Messager en lui disant; «O Mouhammad,<br />

nous avons fait descendre sur toi des signes probants et des versets<br />

clairs qui affirment ta prophétie». Ces versets sont le contenu du<br />

Livre de Dieu où on trouve ce que les savants juifs dissimulaient<br />

comme sdence, les nouvelles des ancêtres des fils d’Israël et la venue<br />

de Mouhammad -qu’Allah le bénisse et le salue- que seuls leurs savants<br />

et leurs docteurs connaissaient, mais ils n’ont pas tardé à les falsifier<br />

et à les altérer, en changeant les lois contenues dans la Tora.<br />

Dieu fait connaître tout cela à Son Prophète Mouhammad -qu’Allah le<br />

t>énisse etie salue- et c’était des premiers signes qu’il devait les divulguer<br />

pour être fidèle en répandant son message sans les dissimuler<br />

par jalousie ou par injustice comme les juife avaient agi.<br />

Ibn Abbas a raconté que ibn Souria Al-Qatwini a dit à l’Envoyé de<br />

Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-; «O Mouhammad! Tu ne nous a<br />

pas apporté que des choses que nous connaissions déjà et Dieu ne t’a<br />

pas révélé des versets parfaitement clairs pour te suivre». Dieu à cette<br />

occasion fait descendre sur Son Prophète le verset précité.<br />

Quant à Malek Ibn Al-Sayf, il a dit;«Lorsque Dieu envoya Son<br />

Messager -qu’Allah le bénisse et le salue- pour rappeler aux juifs ce<br />

qu’il a pris d’eux comme engagements et alliances et ce qu’il leur a révélé<br />

dans leur Livre à son sujet, ils répondirent; «Par Dieu! Aucun engagement<br />

n’a été pris vis-à-vis de Dieu et rien ne nous a pas été<br />

confié à propos de la prophétie de Mouhammad». Dieu fait alors cette<br />

révélation; (Jusques à quand s’en trouvera-t-il parmi eux pour violer le<br />

pacte conclu avec Allah).<br />

133


Comme les juifs ne crurent pas en Mouhammad qui fut envoyé<br />

vers tous les hommes, et renièrent son message du moment que son<br />

avènemnt et sa description sont mentionnés déjà dans la Tora, pour<br />

qu’ils le suivent, lui portent secours et l’appuient, Dieu les réprimande<br />

et les méprit, en confinnant ce fait dans ce verset;<br />

(Ceux qui suivent l’Euvoyé: le Prophète qui ne sait ni lire ni écrire,<br />

que ces gens-là trouvent mentionné chez eux dans la Tora et l’Evangile)<br />

[Coran VII, 157].<br />

Les gens du Livre, au lieu de croire en Mouhammad, rejetèrent<br />

demière leur dos le Livre de Dieu qui leur a été révélé comme s’ils ne<br />

savaient rien de ce que leur livre contenait. Ils ne firent qu’apprendre la<br />

sorcellerie et voulurent nuire au Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- en l’ensorcelant à l’aide d’une peigne et une touffe de cheveux<br />

comme nous allons en parier plus loin.<br />

Al-Souddy a dit: «Lorsque Mouhammad -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- fut envoyé par Dieu et venu vers les juifs, ils s’opposèrent à lui<br />

en se basant sur leur Livre. Mais comme le Coran confirme la Tora, ils<br />

rejetèrent la Tora et adoptèrent le livre de Assaf et la magie de Harout<br />

et Marout, ce qui ne concordait guère avec le Coran.<br />

De sa part, Ibn Abbas a raconté: «Assaf était le scribe de Salomon<br />

et connaissait déjà le nom sublime de Dieu. Il écrivait tout selon<br />

l’ordre de Salomon et le cachait sous le siège de ce dernier. A la mort<br />

de Salomon, les démons sortirent ces écritures et ajoutèrent dans les<br />

interiignes de la magie et de l’incrédulité, disant que Salomon suivait<br />

ces enseignements. Les savants ne réagirent pas, mais les ignorants<br />

parmi la gent du peuple, insultèrent Salomon et le traitèrent comme impie;<br />

et ils ne cessèrent d’agir ainsi jusqu’à ce que Dieu fit à Son Prophète<br />

-qu’Allah le bénisse et le salue- cette révélation: (Ils préfèrent<br />

suivre les divulgations faites par les démons sous le règne de Salomon. Ce<br />

n’est pas Salomon le coupable, mais les démons...).<br />

En commentant la partie du verset sus-mentionnée Al-Souddy a<br />

dit: «D u temps de Salomon, les démons montaient au ciel, s’asseyaient<br />

sur des sièges et écoutaient les paroles des anges concernant<br />

les événements qui auront lieu sur la terre comme mort, mystères<br />

ou ordres. Ils retournèrent chez les devins et les mirent au courant.<br />

Ces derniers firent connaître tout cela aux hommes tel comme ils l’ont<br />

134


eçu. Mais comme les hommes eurent confiance aux devins, ceux-ci<br />

ne tardèrent pas à inventer des mensonges les mélangeant aux dires<br />

des démons, de sorte qu’avec chaque mot, ils ajoutèrent soixante-dix,<br />

et les hommes transcrivaient leurs paroles dans des livres.<br />

La nouvelle fut répandue parmi les fils d’Israël que les djinns<br />

connaissent les mystères et l’invisible. Salomon envoya ses hommes<br />

pour apporter tout ce que les gens avaient transcrit, mit toutes ces<br />

écritures dans un coffre qui le plaça sous son siège. Pas un des démons<br />

ne pouvait s’approcher de ce siège par crainte d’être brûlé. Salomon<br />

dit aux gens: Tout homme qui prétend que les démons savent<br />

l’invisible, je le tuerai.<br />

Quand Salomon mourut, et les docteurs qui connaissaient bien<br />

ses agissements moururent à leur tour, et d’autres successeurs se présentèrent,<br />

un démon fit son apparition sous la forme humaine et vint<br />

trouver un groupe des fils d’Israël et leur dit: «Vous indiquerai-je un trésor<br />

inépuisable?». Certes oui, répondirent-ils. Il leur demanda alors de<br />

creuser sous le siège de Salomon en les accompagnant à son endroit<br />

et firent sortir toutes ces écritures». Le démon leur dit ensuite: «Salomon<br />

ne dominait les humains, les démons et les oiseaux que par cette<br />

magie», puis il disparut.<br />

Les gens commencèrent alors à raconter que Salomon était un<br />

magicien, et les fils d’Israël s’attachèrent à ces écritures et les prirent<br />

comme arguments quand ils se discutaient avec le Messager de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue-. A savoir que d’autres récits ont été racontés<br />

à ce sujet et qui donnent presque le même sens.<br />

Dieu feit connaître à Son Prophète -qu’Allah le bénisse et le saluel’innocence<br />

de Salomon de tout ce que les juifs lui attribuaient: (Salomon<br />

n’était pas incrédule mais les démons étaient incrédules). Comme<br />

Mouhammad -qu’Allah le bénisse et le salue- fit communiquer cette<br />

réalité qui lui fut révélée, en affirmant que Salomon le fils de David<br />

était un Envoyé de Dieu, les juifs qui se trouvaient à Médine s’écrièrent:<br />

«Les paroles de Mouhammad ne sont-elles pas étonnantes? 1<br />

prétend que le fils de David était un Prophète. Non par Dieu, il n’était<br />

qu’un magicien!».<br />

Suivant une autre version, on a rapporté que lorsque Salomon<br />

mourut, Iblis harangua les hommes et leur dit: «O gens! Salomon<br />

135


n’était jamais un Prophète mais un magicien, allez chercher les objets<br />

de sa magie dans sa demeure et parmi ses effets». Puis il leur indiqua<br />

la place où ces choses furent enten-ées.<br />

Les gens disaient après: «Salomon était un magicien et voilà les<br />

objets de sa magie par lesquels il nous dominait et nous asservissait».<br />

Mais les fidèles leur répondirent: «Salomon était un Prophète croyant».<br />

Lorsque Dieu envoya Mouhammad -qu’Allah le bénisse et le salue-<br />

qui mentionna David et Salomon parmi les Prophètes, les juifs<br />

s’exclamèrent: «Regardez Mouhammad, il confond l’erreur avec la vérité.<br />

Il prétend que Salomon était un Prophète, jamais! il n'était qu’un<br />

magicien qui montait un tapis volant.<br />

Une fois que les juifs furent détournés du Livre de Dieu qui leur fut<br />

révélé, ils contredirent les paroles du Messager de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue-, approuvèrent ce que les'^émons leurs racontaient<br />

touchant le règne de Salomon, et imputèrent la magie à Salomon<br />

comme d’autres peuples l’avaient imputée à leurs Prophètes.<br />

Quant à ce verset: (... Et l’art divinatoire révélé aux deux anges Harout<br />

et Marout à Bable. Ils ne transmettaient jamais leur secret à quelqu’un<br />

sans lui dire: «Nous sommes ta tentation, garde-toi de perdre la foi».<br />

Les juifs apprenaient d’eux le moyen de désunir l’homme d’avec sa femme)<br />

il a été un sujet de controverse entre les exégètes, et nous allons citer<br />

les plus importantes de leurs opinions:<br />

- Al-Qourtoubi a dit: «Les gens ont mal interprété le terme arabe<br />

« J>î U j» disant que Dieu a révélé la magie à Harout et Marout. Plutôt<br />

il fallait interpréter le terme « b » comme étant une négation, qui<br />

s’applique à la phrase précédente « U j» qui signifie que Salomon<br />

n’a pas mécru. On peut donc déduire que Dieu n’a jamais révélé la<br />

magie à Harout et Marout, mais c’était les démons qui enseignaient la<br />

magie à Bable à Harout et Marout. Car les juifs prétendaient que les<br />

anges Gabriel et Michel avaient fait descendre la magie, ce qui est une<br />

erreur.<br />

- Ibn Jarir a dit; «II faut comprendre ce verset de la façon suivante:<br />

«Ils suivirent ce que les démons racontent de la magie du règne de<br />

Salomon. Alors que Salomon n’a pas été incrédule, Dieu n’a pas fait<br />

descendre la magie aux deux anges mais ce sont les démons qui ont<br />

136


mécru en enseignant la magie à Harout et IVIarout à Bable» (cette interprétation<br />

confirme la précédente).<br />

Dieu fait connaître, par ce verset, à Son Prophète, pour contredire<br />

les juifs, que Gabriel et Michel, n’ont pas apporté la magie. Il disculpe<br />

Salomon de l’accusation de la magie, en informant que la magie est<br />

une œuvre des démons qui l’enseignaient à Bable. Ceux qui le faisaient,<br />

étaient deux hommes Harout et Marout.<br />

Puis Ibn Jarir poursuit: «Harout et Marout étaient deux anges que<br />

Dieu avait envoyés vers la terre en leur permettant d’enseigner la magie<br />

aux hommes dans le but de les éprouver. Donc ces deux anges<br />

n’ont fait qu’obeïr à Dieu, cela parait, en vérité, une chose étrange.<br />

- La plupart des interprétateurs musulmans se sont référé sans<br />

doute aux livres et écritures juifs, et aucun hadith concernant cette histoire<br />

n’a été remonté au Pr&phète -qu’Allah le bénisse et le salue-. Il<br />

faut donc croire en ce que le Coran mentionne sans imagination.<br />

Note du traducteur<br />

Pour donner plus d ’éclaircissement sur l ’histoire de Harout et M a­<br />

rout, je reproduis ce que j ’ai lu dans un autre ouvrage:<br />

«L ’histoire des deux anges Harout et Marout qu’ont rapportée certains<br />

exégètes tels Ahmad, Abdul Razzaq, Ibn Abou Hatem, Ibn Jarir<br />

et autres, prétendant qu’elle était un hadith authentifié, n’était pas fondée.<br />

D ’autre part elle a été racontée par K a ‘b Al-Ahbar d ’après des<br />

sources Israélites, mais qui n’a pas été refutée totalement.<br />

Il s ’avère de cette histoire que les anges avaient désavoué ce que les<br />

hommes commettent comme péchés. Diéu alors leur a ordonné de choisir<br />

parmi eux deux anges à qui II donna les caractères et les instincts des<br />

humains, de descendre sur la terre pour adorer Dieu comme font les<br />

hommes, et de constater si ces hommes obéissent à Dieu ou Lui désobéissent.<br />

Ces deux anges, une fois se trouvant sur la terre, ont commis les<br />

mêmes péchés des hommes. Dieu alors leur donna le choix entre le châtiment<br />

dans le bas monde ou celui de l ’au-delà, ils optèrent pour le premier.<br />

Ils furent installés à Bable pour enseigner la magie. Quand un<br />

137


homme désirait l ’apprendre, ils lui répondirent que la magie est une incrédulité,<br />

et s ’il insistait, ils lui désignèrent un démon pour la lui enseigner,<br />

mais après avoir pratiqué la plus abominable des incrédulités».<br />

En interprétant cette partie du verset; (Ils ne transmettaient jamais<br />

leur secret à quelqu’un sans lui dire: «Nous sommes la tentation. Garde-toi<br />

de perdre la foi»), Al-Hassan Al-Basri a dit; «Les deux anges ont fait<br />

descendre la magie pour montrer l’épreuve que Dieu en voulut subir<br />

aux hommes, après que Dieu ait pris l’engagement des deux anges de<br />

dire à l’homme; «Nous ne constituons qu’une tentation, ne sois pas<br />

donc incrédule». Comme, d’ailleurs. Moïse a dit à Dieu; (Cela n’est<br />

qu’une épreuve de Ta part) [Coran VII, 155].<br />

La plupart ont conclu que celui qui apprend la magie aura commis<br />

un acte d’incrédulité, en se référant à ce hadith prophétique; «Celui qui<br />

consulte un devin ou un magicien et le croit, aura méem à ce qu’il a été révélé<br />

d Mouhananad»(Rapporté par Al-Bazzar/^K<br />

La suite du verset montre que les gens ne cessent à apprendre la<br />

magie et la mettent en pratique au point de séparer le mari de son<br />

épouse malgré leur entente et leur cordialité. Sans doute c’est une œuvre<br />

du démon comme le rapporte Mouslim que le Prophète -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- a dit; «Le démon pose son trône sur l’eau et envoie sa<br />

cohorte aux hommes, le plus rapproché de lui parmi son armée sera celui<br />

qui les aura tentés le plus. L ’un de sa cohorte vient lui dire: «Je n’ai cessé<br />

de tenter un tel jusqu’à ce qu’il a proféré tels et tels propos. Iblis lui répond:<br />

«Tu n’as rien fait». Un autre vient à son tour et raconte: «Je n’ai<br />

laissé m tel qu’après l’avoir séparé de sa femme». Alors Iblis le rapproche<br />

de lui et dit: «Tu es mon favori» (Rapporté par M ouslim /^\<br />

(1) U-» j i f Jjj JjÀi U-j ôJUfli Ij^L. jl<br />

(2) (H ùUa-iJi ùll :jü ^ ,^ 1 Jf- ^ tSjj<br />

Cjj U<br />

tA»<br />

*^Jj)<br />

'-Wi* t. S j « 3 ^ J<br />

ûHJ «s'y u J j g *<br />

.(4U1<br />

138


La cause de la séparation d’un couple par la magie,, est due au<br />

fait qu’un homme méprit le mauvais aspect ou le mauvais caractère de<br />

sa femme qu’à la fin ii se sépare d’elle.<br />

Mais ils ne peuvent nuire à personne sans la permission de Dieu<br />

car toute chose ne pourra être si Dieu ne l’a pas décrétée et prédestinée.<br />

Les hommes savent bien que celui qui fait l’acquisition de ces vanités<br />

n’aura aucune part dans la vie future. Car ils avaient appris dans<br />

leur vivant que la magie ne peut ni nuire ni leur être utile et toutes<br />

leurs œuvres seraient vaines. Us regretteront leur faire d’apprendre la<br />

magie, car s’ils avaient eu la foi et suivi le Prophète -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue-, iis auraient trouvé leur récompense auprès de Dieu.<br />

Comment doit-on traiter fe magicien? Ahmed Ben Hanbal et une<br />

partie des ancêtres ont jugé qu’il faut le considérer en tant qu’incrédule.<br />

Quant aux autres, ils ont jugé qu’il faut le tuer, en se référant à<br />

un récit rapporté par Bijala Ben Abda que: ’Omar ben AL-Khattab avait<br />

ordonné de tuer tout magicien mâle et femelle; et les hommes en ont<br />

tué trois.<br />

On a rapporté aussi que Hafsa la mère des croyants fut ensorcelée<br />

par J’une de ses domestiqeus, elle ordonna d’être exécutée. Et<br />

d’après Joundob Al-Azdi, le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- a<br />

dit: «La mort est la punition prescrite qu’il faut appliquer au magicien».<br />

Il a été rapporté de plusieurs sources que: Al-Walid Ben ‘Ouqba avait<br />

un magicien qui présentait des spectacles devant lui,il tranchait la tête<br />

d’un homme puis l’appelait pour la lui rendre, et les gens de s’écrier:<br />

«Gloire à Dieu. 1rend la vie au mort».<br />

Un homme vertueux des Mouhajirines (Emigrés) l’a vu faire cet<br />

acte de magie. Le lendemain, il se ceignit de son sabre et vint assister<br />

au même spectacle. Il trancha la tête du magicien et dit aux hommes:<br />

«S ’il est vraiment capable de revivre le mort, qu’il se redonne la vie»<br />

puis il récita ce verset; (Vous adonnerez-vous à la magie alors que vous<br />

voyez clair?) [Coran XXI, 3].<br />

Al-Walid se mit alors en colère parce qu’il s’est permis d’agir ainsi<br />

sans son autorisation. Il l’emprisonna puis le libéra».<br />

139


Chapitre.<br />

Dans son ouvrage «L ’interprétation du Coran» Al-Razi a dit que<br />

les «Mou'tazila» ne croyaient plus à la magie et accusaient d’incrédulité<br />

tout homme en croyait. Quant aux gens de la sunna (les sunnites),<br />

ils admettaient qu’un magicien puisse voler dans l’air ou transfomner un<br />

homme en âne ou vice versa, mais ils disaient; «Dieu peut réaliser cela<br />

une fois le magicien profère certaines paroles d’exorcisme. Ils disent<br />

que les astres n’ont aucune influence sur de tels actes en contrariant<br />

les opinions des philosophes, des devins, et les Sabéens. Puis, pour<br />

affirmer l’effet de la magie, ils rendent tout cela à Dieu qui a dit; (Mais<br />

ils ne poavsûent nuire à qui que ce soit sans la permission d’Allah). On a<br />

rapporté l’histoire du Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-<br />

quand il fut ensorcelé et celle de la femme^ui a raconté à Aichaque<br />

Dieu l’agrée- qu’elle a appris la magie à Bable.<br />

Al-Razi a signalé huit sortes de magie:<br />

1 - La magie des imposteurs et des «Kachdaniynes» qui adoraient<br />

les sept planètes croyant qu’elles régissent tout le monde en apportant<br />

le bien et le mal. Ils persévérèrent dans leur croyance jusqu’à ce que<br />

Dieu ait envoyé Abraham -qu’Allah le bénisse et le salue-qui abolit leur<br />

croyance et les ramena à la foi.<br />

2 - La magie de ceux qui jouissent d’une forte personnalité. Puis il<br />

cite que l’illusion a une grande influence tel qu’un homme qui peut<br />

marcher sur un pont mis à la surface de la terre mais il ne peut plus le<br />

faire si ce pont est dressé au-dessus d’une rivière par exemple. Car<br />

les âmes humaines obéissent parfois aux actes Illusoires. Les hommes<br />

versés croient que le mauvais œil est une réalité en s’appuyant sur ce<br />

hadith prophétique: «Le mauvais œil est une réalité. S ’il y a une chose qui<br />

pouvait anticiper la prédestination, le mauvais œil l’aurait devancée».<br />

3 - La magie en demandant l’aide des gènes (les djinns) contrairement<br />

aux opinions des philosophes et des Mou’tazila. Ces génies sont<br />

de deux sortes: les croyants et les incrédules qui sont les démons.<br />

D’autre part, la connexion avec les âmes pariantes -les âmes des<br />

humains- est plus facile que celle d’avec les esprits célestes, car la<br />

première est due aux circonstances et similitude. Ceux qui pratiquent<br />

ce genre de magie ont constaté que le contact direct avec les âmes<br />

140


terrestres peut être réalisé par les moyens les plus simples tels que<br />

l’exorcisme, le dérangement de l’esprit et la transcendance.<br />

4 - Les actes illusoires, le papillotement et la sorcellerie. Pour expliciter<br />

cela on dit: La vue peut se tromper et se préoccupe d’une<br />

chose déterminée en dehors des autres. N’a-t-on pas vu qu’un chariatan<br />

puisse faire une chose qui attire les regards et les éblouit, et une<br />

fois que l’homme ne pense qu’à cette chose et s’en concentre, le charlatan<br />

produit un autre acte avec une vitesse inouie, et alors la première<br />

chose apparaîtrait aux yeux des hommes autrement qu’ils en avaient<br />

pensé, et ils s'étonnèrent. Mais ce chariatan se taisait sans proférer<br />

des mots qui puissent porter les gens à penser à un autre acte qu'il<br />

voulait faire, leurs esprits et leurs imaginations seraient attentifs à tout<br />

ce que ce chariatan comptait faire.<br />

L’auteur de cet ouvrage a commenté cela et dit: «Les ulémas et<br />

exégètes ont afimié que les œuvres des magiciens accomplies devant<br />

Pharaon n’étaient que du chariatanisme. C’est pourquoi Dieu a dit;<br />

(Après qu’ils eurent jeté, ils ensorcelèrent les yeux des gens; ils les effrayèrent,<br />

ils déployèrent une puissante magie) [Coran VII, 116] et: (D lui sembla<br />

alors, par un effet de leur magie, que leurs cordes et leurs bâtons se<br />

mettaient à courir) [Coran XX, 66].<br />

5 -Les œuvres étrangères qui apparaissent en utilisant des objets<br />

divers et les plaçant suivant des règles géométriques tel qu’un cavalier<br />

montant un cheval et tenant un cor à la main, après l’écoulement d’une<br />

heure, ce cavalier souffle dans le cor, ou bien des figures que dessinent<br />

les Romains et les Indiens, qui sont bien faits au point où ils donnent<br />

l’aspect d’une personne réelle qui rit ou qui pleure. Ces figures<br />

constituent des choses illusoires.<br />

On donne aussi comme exemple les cordes et les bâtons remplis<br />

du mercure qu’utilisaient les magiciens du temps de Pharaon, qui se<br />

tortillaient et rampaient comme de vrais serpents grâce au mercure.<br />

On cite également les ruses dont se servaient les chrétiens en faisant<br />

entrer discrètement du feu à l’intérieur des églises et allumaient des<br />

cierges d’une façon très habile, disant que c’est un miracle qui impressionnait<br />

la gent du peuple. Quant aux hommes versés parmi les chrétiens,<br />

ils connaisaient bien ce genre d’astuce mais le trouvaient comme<br />

un moyen pour affermir la foi des autres.<br />

141


6 - La magie à l’aide des substances médicinales qu’on mélange à<br />

la nourriture ou la peinture et oij le magnétisme produit son effet, tout<br />

comme un homme qui prétend être pauvre et use des différents astuces<br />

pour impressionner les ignorants: il tient par exemple les serpents<br />

en main ou entre dans un feu brûlant.<br />

7 - La présomption de connaître le nom Sublime de Dieu par lequel<br />

il assujettit les génies à son obéissance. S’il arrive que celui qui<br />

l’écoutait est un faible d’esprit ou insensé, il croit à ces choses-là, s’attache<br />

à une telle présomption et éprouve quelques sensations de<br />

crainte. Une fois cette crainte domine l’homme, ses forces et ses sens<br />

s’affaiblissent, et le magicien peut alors faire ce qu’il veut.<br />

Et l’auteur de cet ouvrage de commenter cela en disant: « J ’appelle<br />

cela une fainéantise qui peut attaquer les faibles d’esprit parmi<br />

les hommes. Si ce magicien est expert en matière de physiognominie,<br />

il devine ceux qui croient en sa magie.<br />

8 - Le colportage de la calomnie, qui est connue pamni les gens,<br />

et qui peut être de deux sortes: le fait de créer une discorde entre les<br />

hommes, ce qui est interdit légalement, ou bien dans le but de réconcilier<br />

les gens et de raffermir leur entente ou de semer la mésentente<br />

entre les impies, ce qui est permis voire recommandé comme il a été<br />

cité dans ce hadith prophétique: «La guerre est tromperie».<br />

Al-Qourtoubi a dit: «La magie est une réalité et a ses effets en<br />

contredisant les Mou‘tazila et Abou Ishaq Al-Asfara^ni, l’un des adeptes<br />

de Chafe’i, qui ont considéré la magie comme étant des illusions et<br />

imaginations. Une sorte de la magie dépend des gestes de la main<br />

comme le chariatanisme, d’autre qui n’est autre que l’exordsme en se<br />

servant d’un ou plusieurs attributs de Dieu, d’autre encore créée par<br />

les suggestions du démon, enfin d’autre en utilisant les produits pharmaceutiques<br />

ou autre.<br />

Le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Il y a de la magie<br />

dans l’éloquence» Ils ont interprété ce hadith en disant que le poète<br />

ou l’orateur peut ser>Hr de l’éloquence comme une magie pour présenter<br />

une erreur sous forme d’une vérité.<br />

142


Chapitre<br />

Il y a eu une divergence dans les opinions en ce qui concerne<br />

l’apprentissage de la magie et son utilisation:<br />

- Abou Hanifa, Malek et Ahmed ont jugé que le magicien est un incrédule.<br />

- Certains des adeptes de Abou Hanifa ont dit: Celui qui apprend<br />

la magie pour la repousser ou pour s’en débarrasser, ne commet pas<br />

un acte de mécroyance, mais s'il l'apprend croyant qu'elle est tolérée<br />

ou pour en tirer certain profit, est un incrédule.<br />

- Quant Al-Chafé’i, il le juge de la façon suivante: «On demande<br />

au magicien de montrer sa magie, s’il s’avère qu’il a la même croyance<br />

des gens de Bable qui croyaient que les sept planètes pouvaient apporter<br />

le bien et le mal, iLçst incrédule, et il est ainsi s’il prétend que la<br />

magie est premise».<br />

Al-Chafé’i, Ahmed et Malek ont jugé également que celui qui, par<br />

sa magie, cause la mort d’une personne, doit être tué. Mais Abou Hanifa<br />

a eu une opinion différente qui consiste à tuer le magicien si son<br />

faire a été la cause de la mort de plusieurs personnes une fois après<br />

l’autre.<br />

D’après Abou Hanifa, un magicien d’un des gens du Livre doit être<br />

traité comme un magicien musulman, mais Malek, Ahmed et Al-Chafé’i<br />

ont eu une opinion différente en se référant à l’histoire de Labid Ben<br />

Al-A’sam qui a ensorcelé le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue-.<br />

Quant à la magicienne musulmane, on l’emprisonne d’après Abou<br />

Hanifa, et on la tue d’après les autres.<br />

Le repentir d’un magicien pourra-t-il être accepté? Al-Chafé’i a répondu<br />

par l’affirmative, mais Ahmed, Malek et Abou Hanifa ont eu un<br />

opinion contradictoire.<br />

Une question:<br />

Peut-on demander au magicien de conjurer l’envoûtement? Saïd<br />

Ben Al-Moussaiab a répondu par l’affirmative. Quant à Al-Cha'bi, il a<br />

dit: on peut recourir à l’exorcisme. Il a été rapporté dans le Sahih, que<br />

‘Aicha a dit au Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- une<br />

143


fois ensorcelé; «Pourquoi tu ne t’exorcises pas?» Il lui répondit;<br />

«Puisque Dieu m ’a guéri, je crains de causer du mal aux autres.<br />

Wahb a dit; «Pour lutter contre la magie, on prend sept feuilles<br />

d’un jujubier, on les pulvérise et on dissout la poudre dans l’eau, on y<br />

récite le verset du Trône, on en donne à l’ensorcelé trois gorgées puis<br />

on lui demande de se laver avec le reste. Tout ce qu’il éprouve s’en va<br />

avec la permission de Dieu.<br />

L’auteur de cet ouvrage a dit; «Pour se déban^sser de l’effet de la<br />

magie, il nous suffit d’employer ce que Dieu a révélé à Son Prophète -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue-, qui consiste à réciter le verset du<br />

Trône et les deux sourates talismaniques (les deux demières sourates<br />

du Coran).<br />

b t<br />

^<br />

yâ ’ayyuhâ-l-ladîna ’âmanû lâ taqûlû râ‘ina wa qûlû-n-zumâ wasma'û wa<br />

li-1 kâfirîna ‘adâbun ’alîm (104) mâ yawaddu-l-ladîna kafarû min ’ahli-1-<br />

kitâbi walâ-l-musrikîn ’an yunazzala ‘alaykum mir-rabbikum w-AL-Lâhu<br />

yahtassu bi ratoatihi ma-y-yasâ’u w-AL-Lâhu dû-l-fadi-1- ‘azîm (105).<br />

O vous qui avez la foi, n’employez pas un mot équivoque qui signifie à<br />

la fois: «Prêtez-nous attention» et «lâche», mais le mot «Regardez-nous».<br />

Suivez ce conseil. Un châtiment douloureux attend les infidèles.(140). Les<br />

gens du Livre et les païens déplorent que le Seigneur vous fasse profiter<br />

d’une valeur quelconque. Mais Allah réserve ses bienfaits à qui II veut.<br />

N’est-H pas le dispensateur insurpassable?(105).<br />

Dieu interdit à Ses serviteurs croyants d’imiter les impies en actes<br />

et paroles, car les juifs prenaient soin aux mots qui comportent un euphémisme.<br />

Quand ils voulaient dire par exemple: «Favorise-nous» ils<br />

disaient: «Regardez-nous» pour changer le sens du mot, comme Dieu<br />

le montre dans ce verset: (Il en est parmi les Judaïsés qui détournent le<br />

144<br />

J j


mot de ses sens, et disent: «Nous avions entendu, mais nous avons désobéi»<br />

ou: «Ecoute sans personne qui te fasse entendre» ou: «Favorise-nous» tordant<br />

la langue et attaquant la religion) [Coran IV, 46].<br />

D’autre part, quand les juifs voulaient saluer, ils disaient:<br />

« ^Lji »qui signifie «Que la mort soit sur vous» au lieu de dire<br />

« f%J\ » qui signifie «Q ue la paix soit sur vous»^^^ C ’est pourquoi il<br />

nous a été ordonné de leur répondre le salut en disant: «Et sur vous».<br />

Le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- de sa part, a interdit<br />

aux fidèles d’imiter les impies en actes et paroles pour ne plus être<br />

des leurs, ou bien de porter des habits comme les leurs ou d’adorer<br />

Dieu à leur manière, bref tout ce que notre Loi ne nous permet pas de<br />

le faire.<br />

Al-Souddy a raconté; «Un juif de la tribu Qarnouqa, appelé Rifa’a<br />

ben Zaid disait au Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- quand il le<br />

rencontrait: «O Mouhammad: Prête-moi ton attention et entends sans<br />

que personne te fasse entendre».<br />

Les fidèles étaient donc tenus de ne plus imiter ni les gens du Livre<br />

ni les incrédules car ceux-là ne souhaitaient aucun bien aux musulmans<br />

comme Dieu le montre dans ce verset: (Les gens du Livre et les<br />

païens déplorent que le Seigneur vous fasse profiter d’une faveur quelconque»,<br />

en leur faisant connaître l’animosité qu’ils couvaient, et pour<br />

rompre toute sympathie avec eux.<br />

ôî ^ 4 ^ j1 L|ü ^ ^<br />

¿ôi '^\ d jt ^ ^ j A<br />

mâ nansahu min ’âyatin ’aw nunsihâ na’ti bihayrim-minhâ ’aw mitlihâ<br />

’alam ta‘lam ’anna-L-Lâha ‘alâ Kulli say’in qadîr (106) ’alam ta‘lam ’an-<br />

(1) En arabe le mot «A s-S a lam » signifie «la paix» tandis que «A s -<br />

S am » est la mort. Les Juifs dissimulaient la lettre « L » pour chamger ie sens<br />

du mot. Le traducteur.<br />

145


na-L-Lâha Lahû mulku-s-samâwâti wa-l-’ard wamâ lakum min dûni-L-<br />

Lâhi min waliyyin walâ nasîr (107).<br />

Toate révélation abrogée on devenue caduque sera remplacée par une<br />

autre, meilleure ou semblable. Ne sais-tu pas qu’Allah est Tout-Puissant?<br />

(106). Ne sais-tu pas qu’Allah est le Maître des cieux et de la terre et que<br />

vous n’avez pas d’autre soutien ni d’autre défenseur que Loi?.(107).<br />

Ibn Jarir, en intérprétant ce verset, a dit: «On ne doit pas se référer<br />

à un autre verset en changeant la loi du premier pour changer ou<br />

remplacer, transformant ainsi rillicite en licite, l’interdit en permis et<br />

vice versa.<br />

Ibn Abbas, en commentant cela, a dit: «Dieu n’abroge ou ne<br />

change la loi d’un verset sans que le deuxième verset ne soit plus profitable<br />

et plus commode».<br />

Dieu, par là suite, fait connaître aux hommes, qui II est le Maître<br />

des deux et de la terre, dispose de tout ce qu’il a créé comme II veut:<br />

Il fait d’un homme heureux et d’un autre malheureux. Il permet et interdit,<br />

humilie et honore, et juge sans que personne ne s’oppose à Son<br />

jugement.<br />

L’obéissance à Dieu, toute l’obéissance, consiste à se soumettre à<br />

Lui, suivre Ses Messagers et déclarer véridiques tout ce qu’ils nous<br />

ont apporté. Il ne faut donc jamais imiter les juifs en altérant ou changeant<br />

la révélation.<br />

Dans ce verset, et d’après Ibn Jarir, Dieu dit à Son Prophète; «O<br />

Mouhammad! Ne sais-tu pas que la Royauté des cieux et de la terre<br />

M’appartient? Que je juge comme bon me semble? Que je change ou<br />

J ’abroge ce que Je veux? Que je permette et interdise ce que Je<br />

veux?». Si ces paroles divines ont été adressées à Son Prophète -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue-, c’est pour démentir les juifs qui disaient<br />

que Dieu n’a pas abrogé les lois de la Tora, en reniant ainsi la<br />

prophétie de Jésus et de Mouhammad et ce qu’ils ont apporté pour<br />

amender les lois contenues dans la Tora.. Les créatures sont donc tenues<br />

de suivre ce qu’apportent les Prophètes et messagers en se soumettant<br />

à leurs ordres.<br />

L’auteur de cet ouvrage a dit;<br />

146


«L ’incrédulité et l’opiniâtreté ont porté les juifs à ne plus croire à<br />

l’abrogation ou au changement des lois divines et admettre que Dieu<br />

est puissant sur toute chose. En confirmation de tout cela on peut énumérer<br />

à titre d’exemple les faits suivants:<br />

- La tolérance à Adam de donner en mariage les sœurs aux frères<br />

(qui n’étaient pas des jumeaux) puis cela fut abrogé.<br />

- La tolérance à Noé, après sa sortie de l’arche, de manger la<br />

viande de tous les animaux, et plus tard, la chair de certains d’eux fut<br />

interdite.<br />

- Le mariage d’avec deux sœurs était permis à Jacob (Israël) et<br />

ses fils, qui fut abrogé par la Tora révélée à Moïse.<br />

- L’ordre donné à Abraham d’immoler son fils puis l’interdiction de<br />

le faire en le substituant p ^ u n mouton, etc...<br />

Et en nous référant à tout cela, nous pouvons contredire certains<br />

uiémas qui prétendaient que rien n’a été abrogé ou changé dans le<br />

Coran comme: la durée de viduité qui était fixée à un an puis fut changée<br />

en quatre mois et dix jours; le changement de la Qibla de Jérusalem<br />

à ia Ka’ba, l’abrogration de faire une aumône avant de s’entretenir<br />

en tête à tête avec le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-<br />

et autre.<br />

(S'<br />

J -,!» J Û i<br />

’am turîdûna ’an tas’alû rasûlakmn kamâ su’ila Mûsâ min qablu waman<br />

yatabaddali-l-kufra bi-l-’imâni faqad àilla sawâ’a-s-sabîl (108).<br />

Observez-vous demander à votre Prophète ce qu’on demandait autrefois<br />

à Moïse? Celui qui échange la foi contre l’incrédulité, celui-là a perdu<br />

la bonne direction. (108).<br />

Dieu interdit aux fidèles de poser trop de questions sur des choses<br />

avant leur avènement, comme Dieu le nrontre dans ce verset:<br />

(O vous qui croyez! Ne posez pas de questions sur des choses qui vous<br />

nuiraient, si elles vous étaient montrées. Si vous posez des questions à leur<br />

147


sujet au moment où le Coran est révélé, elles vous seront expliquées) [Coran<br />

V, 101].<br />

A ce propos, Al-Moughira Ben Chou‘ba a rapporté que le Prophète<br />

-qu’Allah le bénisse et le salue- a interdit les commérages, le gaspillage<br />

des biens et l’excès des questions. Et dans le Sahih de Mousiim,<br />

il a été rapporté que le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-<br />

a dit aux fidèles: «Laissez-moi tranquille tant que je vous laisse tranquilles,<br />

car ce qui a entraîné la perte de ceux qui vous ont précédés, ce fut<br />

leur excès de questions et leurs divergences envers leurs Prophètes: Evitez<br />

ce que je vous ai interdit}/^\<br />

Ceci a eu lieu quand il leur avait enjoint d’accomplir le pèlerinage.<br />

Un homme se leva et demanda: «O Envoyé de Dieu! Doit-on l’accomplir<br />

chaque année?» Il garda le silence mais, après la troisième fois, il<br />

lui répondit: «Non! car si je répondais par l’affirmative, il vous serait imposé,<br />

et s’il vous était imposé, vous ne seriez être captéles de le faire».<br />

Anas Ben Malek a raconté: «Nous fûmes très impressionnés de<br />

voir un bédouin qui venait poser de questions au Prophète -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- qui lui répondait alors que nous écoutions».<br />

Quant à Ibn Abbas, il a dit: «Je n’ai vu des gens meilleurs que les<br />

compagnons du Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- qui<br />

lui avaient demandé au sujet de douze questions qui furent révélées<br />

dans le Coran, tel que: «Ils t’interrogent au sujet du vin et du jeu de<br />

hasard,», «Ils te demandent au sujet du mois sacré» et Ils t’interrogent<br />

au sujet des orphelins» etc...<br />

Si Dieu dans ce veset: (Observez-vous demander à votre Prophète ce<br />

qu’on demandait autrefois à Moïse?» a voulu attirer l’attention des fidèles<br />

sur cette affaire, c’était dans l’intention de désavouer les comportements<br />

des musulmans et des impies à la fois.<br />

Wahb Ben Zaid a interprété cela en disant: «Les hommes ont demandé:<br />

«Ô Mouhammad! Nous ne te croirons que si tu peux nous<br />

faire descendre du ciel un autre Livre que celui-là que nous puissions<br />

148


le lire, ou bien de jaillir pour nous une source de la terre» Dieu lui fit<br />

alors cette révélation.<br />

Moujahed a rapporté; «Les Qoraïchites demandèrent au Messager<br />

de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- de leur transformer le mont<br />

As-Safa en une masse d’or. Il leur répondit; il sera ainsi si vous voulez.<br />

mais son cas sera comme celui de la table servie que demandèrent<br />

les fils d’Israel. Les Qoraïchites retoumèrent sans insister».<br />

On peut commenter ce fait en disant que celui qui demande au<br />

Messager de Dieu -qu’Allah ie bénisse et le salue- rien que pour le harasser<br />

comme ie firent les fils d’Israël qui demandèrent à Jésus de<br />

faire descendre sur eux une table servie, celui-là sera deçu et mépris.<br />

Enfin quiconque échange la foi contre l’incroyance, c’est comme il<br />

s’écarte de la bonne direction, il aura par contre l’Enfer comme le<br />

confirme ce verset; (N’as-tu pas vu ceux qui échangent les bienfaits de<br />

Dieu contre l’incrédulité et qui établissent leur peuple dans la demeure de<br />

perdition; dans la Géhenne où ils brûleront? Quel détestable lieu de séjour)<br />

{Coran XIV, 28-291.<br />

í d á r ^ ü i ^ 1 o<br />

l i j v ^ iiî \J\ij ;jíá it i j i j j 0 ^ ^ ÿ. 'i l Si<br />

wadda katîrum-min ’ahli-l-kitâbi law yaruddûnakum mim ba‘di ’imânikum<br />

kuffâran Msadam min ‘indi ’anfusihim mim ba‘di ma tabayyana lahum<br />

u-l-^qqu fa‘fû wasfahu hatta ya’tiya-L-Lahu bi ’amrihî ’inna-L-<br />

Lâha ‘alâ kulli say’in qadîr (109) wa ’aqîmû-s-salâta wa ’âtû-z-zakâta wamâ<br />

tuqaddimû li ’anfusikum min hayrin tajidûhu ‘inda-L-Lâhi ’inna-L-<br />

Lâha bimâ ta‘malûna basîr (110).<br />

Beaucoup de gens du Livre, mus par l’envie, souhaiteraient de vous<br />

faire perdre la foi après que vous l’avez eue, après que la vérité s’est manifestée<br />

à eux-mêmes. Excusez-les et pardonnez-leur jusqu’à ce qu’Allah fasse<br />

connaître Sa volonté car II est Tout-Puissant. (109) Que votre prière soit<br />

toujours fervente! Faites l’aumône. Et tout le bien dont vous aurez fait<br />

149


l’avance sur terre, vous le retrouverez auprès d’Allah. Allah voit vos actions.<br />

(110).<br />

Dieu le Très Haut met en garde Ses serviteurs croyants d’emprunter<br />

le chemin des incrédules parmi les gens du Livre. Il leur fait connaître<br />

leur inimitié cachée et apparente ainsi que leur jalousie qu’ils<br />

couvent. D’autre part, Il enjoint aux fidèles de pardonner ou d’endurer<br />

jusuqu’à ce que l’ordre divin survienne apportant le secours et la victoire.<br />

D’autant plus, 1leur ordonne de s’acquitter de la prière et de verser<br />

la zakat en les exhortant à accomplir les œuvres pies.<br />

Ibn Abbas a dit: «Houyay Ben Akhtab et Abou Yasser Ben Akhtab<br />

étaient les ennemis jurés des musulmans et les plus envieux. Ils repoussaient<br />

vivement les gens à embrasser l’Islam autant qu’ils pouvaient.<br />

Comme on a rapporté aussi que Ka'b Ber^Achraf, le poète juif,<br />

lançait de polémiques contre le Prophète -qu’Allah Îé bénisse et le salue-<br />

C ’est à sujet de ceux-là que ce verset fut révélé.<br />

(Beaucoup de gens du Livre, mus par l’envie, souhaiteraient de vous<br />

faire perdre la foi après que vous l’avez eue). Ils le faisaient sciemment<br />

poussés par la jalousie après que la vérité ait été manifestée à eux.<br />

Dieu les critique et les réprimande à cause de leur agissement surtout<br />

que ces gens-là trouvent le Prophète mentionné chez eux dans la Tora<br />

et r Evangile.<br />

Cette partie du verset: (Excusez-les et pardonnez-leur jusqu’à ce que<br />

Dieu fasse connaître Sa volonté) a été, d’après Ibn Abbas Abou AI-‘Alya<br />

et d’autres, abrogé par le verset du combat: (Tuez les polythéistes, partout<br />

où vous les trouverez) [Coran IX, 5].<br />

Dieu exhorte les fidèles à être assidus à la prière, à verser la zakat<br />

et à faire l’aumône qui leur sont bénéfiques au jour de la résurrection,<br />

et afin que Dieu leur accorde la victoire. Dieu connait parfaitement<br />

ce que font les hommes; et ils seront rétribués dans l’au-delà selon<br />

leurs œuvres, et retrouveront auprès de Dieu le bien qu’ils auront acquis<br />

à l’avance pour eux-mêmes.<br />

i j t i ^ d i i j f j a j i s f c i i i i J i j i j i i j<br />

A<br />

150<br />

JLL:lÈ=. ol


ç J l J çJSj f* V j V i JC^ / ^ î ïilJÎ<br />

j ^ • ¿i


faut qu’elle remplisse ces deux conditions; Etre accomplie en vue de<br />

Dieu seul, et être conforme aux lois et à la religion autrement elle ne<br />

sera plus acceptée. C ’est pourquoi le Messager de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- comme Mousiim a rapporté, a dit; «Celui qui introduit<br />

dans notre tradition ce qui lui est étranger, verra rejeter son innovation»^<br />

Toutes les œuvres des moines et de ceux qui leur sont similaires<br />

même si elles sont faites en vue de Dieu, ne seraient acceptées si<br />

elles n’ont pas été conformes à la religion qu’a apportée Mouhammad<br />

-qu’Allah le bénisse et le salue-. Elles seront comme Dieu les décrit<br />

dans ce verset; (Nous avons considéré les œuvres qu’ils ont accomplies,<br />

nous n’avons trouvé que de la poussière disséminée) [Coran XXV, 23] ainsi<br />

que dans ce verset; (Les actions des incrédules sont semblables à un mirage<br />

dans une plaine. Celui qui est altéré croit voir de l’eau, mais quand il<br />

y arrive, il ne trouve rien) [Coran XXIV, 39].<br />

D’autre part, si ces actions sont faites conformément aux lois en<br />

apparence, mais en fait elles ne sont plus en vue de Dieu, son auteur<br />

ne serait jamais récompensé tels les hypocrites et ceux qui les font par<br />

ostentation. Dieu a dit à leur propos;<br />

- Les hypocrites cherchent à tromper Dieu, mais c’est lui qui les<br />

trompe. Lorsqu’ils se lèvent pour la prière, ils se lèvent insouciants, pour<br />

être vus des hommes et ils ne pensent guère à Dieu) [Coran IV, 142].<br />

- Malheur à ceux qui prient * tout en étant négligents dans leurs prières<br />

* ils sont remplis d’ostentation * et ils se refusent à procurer aux hommes<br />

le nécessaire) [Coran CVll, 4-7].<br />

- Que celui qui espère la rencontre de son Seigneur doit accomplir de<br />

bonnes actions et n’associer personne dans l’adoration de son Seigneur )<br />

[Coran XVIll, 110].<br />

A la fin du verset. Dieu assure à ceux qui n’adorent un autre que<br />

Lui et font les bonnes actions, qu’ils auront la récompense auprès de<br />

(1 ) ¿r» »tjj) Aij yi» J j—j Jü<br />

152


Lui, n’éprouveront plus aucune crainte de ce qui leur et réservé et ne<br />

seront pas affligés.<br />

Juifs et chrétiens accusent les uns les autres; «Vous n'êtes pas<br />

dans le vrai» alors qu'ils récitent le Livre, à cause de leur haine réciproque,<br />

leur inimitié et leur Impertinence.<br />

Ibn Abbas a raconté: «Quand les chrétiens de Najran vinrent trouver<br />

le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- quelques uns<br />

des docteurs juifs arrivèrent et menèrent avec eux une longue discussion<br />

devant lui. Rafé Ben Harmal, le juif, dit aux chrétiens; «Vous ne<br />

tenez sur rien» et renia Jésus et l’Evangile. L’un des chrétiens de Najran<br />

lui répondit; «C'est vous qui ne tenez sur rien» et renia à son tour<br />

Moïse et la Tora. Dieu fit alors révéler à Son Prophète le verset précité.<br />

Chacun de deux partis renia ce qui se trouve dans son Livre du<br />

moment que les chrétiens devaient croire en Moïse qui est mentionné<br />

dans l’Evangile et les juifs'en Jésus mentionné dans la Tora, et les<br />

deux Livres venant de Dieu. Quant aux ignorants des deux religions ils<br />

prononçaient les mêmes paroles de leurs coreligionnaires.<br />

Dieu met fin à leur discussion par ce verset; (Ces controverses seront<br />

tranchées par Allah au jour du jugement dernier) qu’un autre verset<br />

le confirme aussi: (Le jour de la résurrection, Dieu distinguera les uns des<br />

autres: les croyants, les juifs, les Sabéens, les chrétiens, les Mages et les<br />

polythéistes. Dieu est témoin de toute chose) [Coran XXII, 17^<br />

u 4 ¿ ^ j . ü j i i Q ¿s ^ |iùit<br />

Ç i î à ^ -il â ^ s r<br />

waman ’azlamu mimmam-mana'a masâjida-L-Lâhi ’an yudkara fîhâ-smuhû<br />

wa sa‘â fî harâbihâ ’ûlâ’ika mâ kâna lahum ’ay-yadhulûhâ ’illâ<br />

hâ’ifîna lahum fî-d-dunyâ hizyun wa lahum fi-l-’âhirati ‘adâbun<br />

‘azîm (114).<br />

Y a-t-il factieux plus vils que ceux qui empêchent le nom d’Allah de<br />

retentir dans ses temples, ceux qui conspirent à les détruire. Alors qu’en<br />

bonnes règles ils ne devraient y entrer qu’en tremblant. L’opprobre sera<br />

leur lot dans ce monde et un châtiment cruel les attend dans l’autre (114).<br />

153


Deux opinions ont été dites au sujet de ceux qui s’opposent à l’invocation<br />

de Dieu dans les temples et s’achament à les détruire;<br />

1-11 s’agit des chrétiens qui jetaient les ordures dans le temple de<br />

Jérusalem pour empêcher les gens d’y célébrer l’office. Qatada a dit;<br />

«Ils sont bien les chrétiens qui sont les ennemis de Dieu dont leur<br />

haine contre les juifs les portait à aider Bukhtanassar le mage à détruire<br />

le temple de Jérusalem». Quant à Al-Souddy, il a dit; «Ils étaient<br />

les Romains qui avaient secouru Bakhtanassar à détruire le temple de<br />

Jérusalem et d’y jeter les cadavres pour se venger des fils d’Israël qui<br />

avaient tué Yahia Ben Zakaria.»<br />

2 - D’après Ibn Jarir; «Ce sont les polythéistes qui, le jour de Houdaybya,<br />

avaient empêché le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et<br />

le salue- d’entrer à la Mecque. Il devait immoler les offrandes à Zi-Touwa<br />

et conclure une trêve avec eux, en leur disant; «Nul n’a empêché<br />

un autre d’accéder à cette Maison. Même il y avait certains qui y rencontraient<br />

le meurtrier de leurs pères, ou leurs frères'sans le repousser<br />

d’y entrer». Ils lui répondirent; «Ceux qui ont tué nos pères le jour de<br />

Badr n’ont pas le droit d’y accéder tant que nous vivons».<br />

D’après Ibn Abbas, ce verset a été révélé quand les Qoraïchites<br />

avaient empêché le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- de prier<br />

près de la Ka’ba à l’intérieur de la Mosquée Sacrée. Mais Ibn Jarir a<br />

dit; «les Qoraïchites ne s’essayaient pas à la ruine de la Ka’ba, mais<br />

les Romains, quant à eux, s’achamaient à détruire le Temple de Jérusalem».<br />

Et l’auteur de cet ouvrage de conclure: «Après avoir critiqué et réprimandé<br />

les juifs et les chrétiens, Dieu vilipende les polythéistes qui<br />

avaient expulsé le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salueet<br />

ses compagnons de La Mecque et empêché de prier dans la Maison<br />

sacrée. Quant aux dires qu’ils n’ont pas conspiré à la destruction<br />

de la Ka’ba, quel agissement plus vil que ce qu’ils avaient fait? Après<br />

l’expulsion du Messager de Dieu et ses compagnons, ils remplissaient<br />

la Ka'ba de leurs idoles et de pienres dressées en reconnaissant des rivaux<br />

à Dieu qui a dit; (Poorqooi Dieo ne les pnnirait-11 pas? Us écartent<br />

les croyants de la Mosquée Sacrée) [Coran VIII, 34].<br />

Dieu a dit à leur égard: (Tels sont les incrédules qui vous ont écartés<br />

de la Mosquée sacrée et qui ont empêché les oblatioiss de parvenir an lien<br />

154


de leur sacrifice) [Coran XLVIII, 25]. Il ne s’agit pas de la décoration de<br />

la mosquée et de la parer, mais de la fréquenter pour célébrer l’office,<br />

invoquer le nom de Dieu et la déban-asser de toute souillure telles que<br />

les idoles qui se trouvaient à l’intérieur. Dieu dans la suite du verset<br />

montre l’attitude de ces polythéistes en disant (Alors qu’ils ne devraient<br />

y pénétrer qu’en tremblant), qui signifie qu’il ne convient jamais de permettre<br />

à ces gens-là d’y pénétrer que grâce à une trêve et un tribut<br />

qu’ils devraient payer.<br />

De toute les interprétations faites au sujet de ce verset, on peut<br />

conclure ce qui suit: «C ’est une bonne nouvelle aux musulmans de la<br />

part de Dieu qu’ils domineraient la Mosquée sacrée et toutes les autres<br />

mosquées, que les polythésites seraient humiliés de sorte, qu’aucun<br />

d’eux n’y entrerait qu’en tremblant, ayant peur d’être puni ou tué<br />

s’il ne se convertirait pas. Dieu avait réalisé Sa promesse et ordonné à<br />

Son Prophète qu’aucune autre religion que l’Islam n’existerait dans la<br />

péninsule Arabe et d’enlixpulser les juifs et les chrétiens, dans le but<br />

d’honorer la Mosquée sacrée et de purifier tout le territoire. Voilà le<br />

vrai approbre infligé aux incrédules dans le bas monde, et qu’ils subiront<br />

dans l’autre un châtiment douloureux.<br />

@ v i p C ó li ‘¿ f i l i ¿ / ¡ i ,4 '<br />

wa lil-L-Lâhi-l-masriqu wal-l-magribu fa ’aynamâ tuwallû fatamma waj-<br />

hu-L-Lâhi ’inna-L-Lâha wâsi‘un ‘alîm (115).<br />

A Allah appartiennent à la fois le Levant et le couchant. De quelque<br />

côté que vous vous tourniez, vous trouverez la face d’Allah. Car Allah est<br />

partout et II sait tout.(115).<br />

Ayant quitté La Mecque et le Temple Sacré, Dieu voulut consoler<br />

Son Prophète et ses compagnons. Avant son émigration à Médine, le<br />

Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- faisait la prière en<br />

s’orientant vers Jérusalem ayant toujours la Ka'ba devant lui. A Médine,<br />

il se dirigeait vers Jérusalem pendant seize du dix sept mois,<br />

puis Dieu lui ordonna de se diriger vers la Ka'ba. C ’est pourquoi Dieu<br />

dit: «Quel que soit le côté vers lequel vous vous tournez, la face de<br />

Dieu est là».<br />

Ibn Abbas a dit: « C ’était le premier verset du Coran qui fut<br />

155


abrogé. Après son émigration à Médine, Dieu ordonna à Son Prophète<br />

de s’orienter dans la prière vers Jérusalem, ce qui causait la joie des<br />

juifs. Il continua à faire la prière de la sorte pendant dix mois et quelques.<br />

Mais comme il préférait la Qibla d’Ibrahim à d’autres côtés invoquant<br />

le Seigneur et tournant sa face vers le ciel. Dieu lui fit cette<br />

révélation; (Nous te voyions le visage tourné vers le ciel... jusqu’à... tourne<br />

ton visage donc vers la Mosquée Sacrée). Entendant cela, les juifs se livrèrent<br />

à des hypothèses en se disant; (Qui donc les a détournés de la<br />

Qibla vers laquelle ils s’orientaient?) Dieu alors fit descendre ce verset;<br />

(Dis: A Allah appartiennent le levant et le couchant).<br />

Ils ont dit que Dieu a révélé ce verset avant de désigner la Ka'ba<br />

comme Qibla. Car avant cela Dieu fait connaître à Son Prophète et à<br />

ses compagnons qu’ils pouvaient s’orienter vers n’importe quel côté<br />

car où qu’ils se dirigeaient la face de Dieu serait là, parce qu’il est partout<br />

comme II le confirme dans ce verset; (... qu’üs soient moins ou plus<br />

nomlnreux, D est avec eux) [Coran LVIII, 7].. Mais tout cela a été abrogé<br />

après la désignation de la Ka'ba comme la Qibla définitive.<br />

On a dit aussi que le verset précité a été révélé afin que tout<br />

homme puisse se diriger vers n’importe quel côté quand il s’agit d’une<br />

prière surérogatoire, comme faisait Ibn ‘Omar quand il priait en montant<br />

sur une bête.<br />

On a dit également que le verset fut révélé au sujet des gens qui<br />

voulaient prier sans pouvoir déterminer le côté de la Qibla. Amer Ben<br />

Abou Rabi’a a rapporté que son père a raconté: «Etant en compagnie<br />

du Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- dans une expédition,<br />

nous campâmes dans un certain endroit. Et comme la nuit était tellement<br />

obscure, chacun de nous prenait quelques pierres et faisait un<br />

certain oratoire pour pouvoir prier. Le lendemain matin, nous constatâmes<br />

que notre orientation était différente de la Ka'ba. Faisant part de<br />

cela à l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-. Dieu lui fit<br />

descendre ce verset.<br />

Ibn Abbas, de sa part, a rapporté un rédt pareil au précédent.<br />

Quant à Ibn Jarir, il dit: «Il se peut que cela concerne l’invocation<br />

de Dieu et non pas la prière. Moujahed a appuyé ces dires et dit:<br />

«Quand ce verset: (Votre Seigneur dit: «Invoquez-moi et Je vous exauce-<br />

156


ai») [Ck)ran XL, 60], les fidèles se demandèrent: «Comment devronsnous<br />

nous diriger?», le verset précité fut révélé.<br />

Dieu enfin fait connaître à Ses serviteurs que Ses bienfaits sont incommensurables<br />

et qu’il sait tout ce que font les hommes.<br />

i ’t à i V i j 4 u i J î ^<br />

,3Î J> : Û!f liiSIfM h* ® ^<br />

waqâlû-t-tahada-L-Lâhu wladan subMnahû bal lahû mâ fî-s-samâwâti<br />

wa-l-’a rd kullul-lahû qânitûn(116) badî‘u-s-samâwâti wa-l-’a rd wa ’idâ<br />

q a ^ ’amran fa ’imiamâ yaqûlu lahû kim fayakûn (117).<br />

Ils disent: «qu’Allah ^est donné un fils». Gloire à lui. Non, ce n’est<br />

pas possible. Lui le Maître dès cieux et de la terre, lui aux pieds de qui<br />

tout s’humilie (116).Lui, qui a tiré du néant les cieux et la terre et qui, dès<br />

qu’il a conçu quelque chose, n’a qu’à dire: «Sois, et elle est»(117).<br />

Dieu, par ce verset, démentit les juifs, les chrétiens et les polythéistes<br />

qui disaient qu’il s'est donné des filles parmi les anges, ou<br />

bien qu’il s’est donné un fils. Gloire à Lui! Ce qui se trouve dans les<br />

cieux et sur la terre lui appartient: Il est leur créateur, dispensateur, qui<br />

les dirige comme II veut; ils ne sont que Ses serviteurs qui Lui sont<br />

soumis. Comment peut-il prendre l’un d’eux comme enfant? A savoir<br />

qu’un enfant ne puisse naître qu’à la suite de deux êtres identiques,<br />

alors que Lui, n’a pas un pareil ou un associé dans Son Royaume, et<br />

n’a jamais eu une compagne, comme II le confirme dans ce verset:<br />

(Créateur des cieux et de la terre, comment aurait-il un enfant, alors qu’D<br />

n’a pas de compagne, qu’O a créé toute chose et qu’il a connait tout?) [Coran<br />

VI, 101].<br />

Ibn Abbas a rapporté que le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue-<br />

a dit: «Dieu le Très Haut a dit: «Le fils d’Adam m ’a accusé de mensonge<br />

sans avoir le droit de le faire. Il m ’a injurié sans avoir le droit de le<br />

faire. Il m ’a accusé de mensonge en disant: «Dieu ne me fera renaître<br />

comme II m ’a créé», or la première création n’était pas plus facile pour<br />

M oi que son recommencement. Quant à son injure, elle consiste à dire:<br />

157


«Dieu s ’est donné un enfant», or je suis l’unique, l’impénétrable, Je n’engendre<br />

pas, et je ne suis pas engendré, et nul ne m ’est égal» (Rapporté part<br />

Boukhari/^K<br />

Il a été rapporté dans les deux Sahih que le Messager de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Nul être est plus patient que Dieu<br />

en entendant ce qui Le nuit soit en Lui associant un autre, soit en Lui attribuant<br />

un fils, et malgré cela. Il châtie et accorde les biens»^^^.<br />

(Aux pieds de qui tout s’humilie) On peut conclure de différents dires<br />

des ulémas que cela signifie la soumission et l’obéissance à Dieu<br />

qui constituent un ordre légal et détemniné, car Dieu a dit:<br />

(Ceux qui dans les cieux et ceux qui sont sur la terre se prosternent<br />

devant Allah, ainsi que leurs ombres, de gré ou de force le matin et le soir)<br />

[Coran XIII, 15].<br />

Et Ibn Jarir de dire en interprétant ce verset: «Gloire à Dieu! Comment<br />

pourrait-ll se donner un fils alors qu’il est le Maître des cieux et<br />

de la terre, toutes les créatures témoigrtent de son unicité, se soumettent<br />

à sa volonté car II est leur créateur et façonneur en les tirant du<br />

néant et les créant sans qu’il y ait un modèle à imiter.<br />

D’autre part, c’est un avertissement à ceux qui prétendent que Jésus<br />

est le fils de Dieu, en leur disant que celui qui a créé les cieux et<br />

la ten-e, a créé Jésus aussi sans père par Sa volonté.<br />

M i i k i i i i ù j i l x - i i i i<br />

# ÊL: ^ U ) ' j i ; ^ Oi<br />

waqâla-l-ladîna la ya'lamûna lawlâ yukallimuna-L-Lâhu ’aw ta’tînâ ’âya-<br />

(1)


tun kadâlika qâla-l-ladîna min qablihim mitla qawlihim tasabahat qulûbuhum<br />

qad bayyana-l-’âyâti liqawmin yuqinûn (118).<br />

Les incrédnles disent: «Pourquoi ÂUah ne nous adresse-t-11 pas directement<br />

la parole ou ne nous envoie-t-Il pas un miracle? Ainsi raisonnaient<br />

leurs ancêtres. Leurs mentalités sont pareilles. Nos signes sont suffisants<br />

pour ceux qui ont la foi. (118).<br />

Ibn Abbas a rapporté que ce verset fut révélé au sujet de Rafe’<br />

ben Harmala quand il a dit à l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et<br />

ie salue-: «O Mouhammad; si tu es vraiment un messager de Dieu,<br />

dis-Lui afin qu’il nous parle et que nous puissions entendre Ses paroles».<br />

Quant aux autres exégétes, ils ont dit qu’il s’agit des juifs, chrétiens<br />

et polythéistes qui avaient provoqué le Prophète -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- en lui demandant tant de miracles, qu’on trouve<br />

quelques uns dans ces vecs.ets:<br />

- Ds disent lorsqu’un signe leur parvient: «Nous ne croirons pas, tant<br />

que nous ne recevrons pas un don semblable à celui qui a été accordé aux<br />

Prophètes de Dieu) [Coran VI, 124].<br />

- Ceux qui n’espèrent pas notre rencontre disent: «Si seulement on<br />

avait fait descendre sur nous les anges, ou bien, si nous voyions notre Seigneur<br />

» ) [Coran XXV, 21].<br />

Dieu ordonna à son Prophète de leur répondre: (Gloire à mon Seigneur<br />

! Que suis-je sinon un mortel, un Prophète) [Coran XVII, 93].<br />

Cela montre sans aucun doute l’injustice, l’obstination et l’impertinence<br />

des incrédules comme était l’agissement des gens du Livre envers<br />

leurs Prophètes. Ils insistaient à voir les signes de Dieu pour<br />

croire bien que plusieurs signes leur ont été envoyés. Mais comment<br />

pouvait se comporter celui que Dieu avait scellé son cœur, son ouie et<br />

sa vue? Ceux-là Dieu les avait désignés dans ce verset; (Ceux contre<br />

qui s’est réalisée la parole de Dieu ne croiront sûrement pas, même si tous<br />

les Signes leur parvenaient, tant qu’ils ne verront pas le châtiment douloureux)<br />

[Coran X, 96].<br />

159


’innâ ’arsalnâka bil ^ q q i basîran wa nadîran walâ tus’alu ‘an ’asMbi-l-<br />

jaMm (119).<br />

Nous t’avons envoyé pour dire la vérité, annoncer le bon et le mauvais.<br />

Tu n’auras pas de compte à rendre pour ceux qui sont voués à l’Enfer.<br />

(119).<br />

Ibn Abbas a dit que le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salueannonçait<br />

la bonne nouvelle aux croyants qu’ils auront le Paradis, et<br />

avertissait les incrédules qu’ils subiront le châtiment de l’Enfer.<br />

‘Ata Ben Yassar a dit; « J ’ai demandé Abdullah Ben ‘Amr Ben Al-<br />

‘As; «Parle-moi de la qualité du Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- telle qu’elle a été mentionnée dans la Tora?» Il m’a répondu;<br />

«Par Dieu, elle a été mentionnée dans la Tora telle que l’on trouve<br />

dans le Coran; «O Prophète! Nous t’avons envoyé.comme témoin,<br />

comme annonciateur de bonnes nouvelles, comme avertisseur, pour<br />

servir de refuge aux illettrés. Tu es Mon serviteur et Mon Messager. Je<br />

t’ai appelé; Celui qui met sa confiance en Dieu, qui n’est ni méchant ni<br />

grossier, qui ne vocifère pas sur les marchés, qui ne repousse pas le<br />

mal par le mal, mais qui est indulgent et pardonne aux autres. Dieu ne<br />

recueillera pas son âme tant qu’il n’aura pas remis grâce à lui la religion<br />

dans la voie droite, de sorte que tous les hommes diront; «Il n’y a<br />

d’autre divinité que Dieu» Grâce à lui. Dieu ouvrira les yeux aveugles,<br />

les oreilles sourdes et les cœurs fermés».<br />

_jA 3* ^ liLcwa<br />

lan tarife ‘anka-I-yahûdu walâ-n-nasârâ Mttâ tattabi‘a millatahum qui<br />

’inna huda-L-Lâhi huwa-l-hudâ wa la’ini-t-taba‘ta ’ahwâ’ahum ba‘da-1-<br />

la d î j â ’aka m in a-l-‘ilmi m âlaka m in a -L -L â h i min waliyyin w alâ<br />

nasir(120) 1-ladîna ’ataynâhumu-l-kitâba yatlunahu haqqa tilâwatihî<br />

160


’û la ’ika yu’m inûna bihî waman yakfur bihî fa’û lâ’ika hum u-lhâsirûn<br />

(121).<br />

Tu ne seras agréé par les juifs et les chrétiens que lorsque tu suivras<br />

leurs préceptes. Dis-leur: Il n’y a qu’une règle, celle qui vient d’Allah. Si tu<br />

t’abandonnais à leurs aspirations, après ce que tu as appris, tu te trouverais<br />

seul devant Allah sans appui, ni protection. (120). Ceux à qui nous avons<br />

donné le Livre et qui le récitent avec la foi qu’il convient, ce sont ceux-là<br />

les vrais adeptes du Livre. Ceux qui refusent d’y croire seront perdus.<br />

(121).<br />

En interprétant ces versets, Ibn Jarir a dit: «Dieu fait connaître à<br />

Son Messager que les juifs et les chrétiens ne seront pas contents de<br />

toi tant que tu ne cesses pas de prêcher ta religion qui est l’Islam et<br />

tant que tu ne suivras pas les leurs. Réponds-leur: «La voie de Dieu<br />

est vraiment la Bonne Direction».<br />

Par ailleurs, on trouve dans ce verset une menace et un avertissement<br />

aux fidèles s’ils suivront les enseignements des juifs et des<br />

chrétiens après ce qui leur est parvenu de la Sdence. Ceci est pareil à<br />

ce verset pas lequel Dieu ordonne à Son Prophète de leur répondre:<br />

(A vous votre religion, à moi ma religion) [Coran CIX, 6]. Partant de<br />

cette décision, musulmans et incrédules n’hériteront pas les uns des<br />

autres.<br />

«Ceux à qui nous avons donné le Livre et qui le récitent avec la foi»,<br />

Ibn Jarir et Qatada ont dit qu’il s’agit des juifs et des chrétiens, mais<br />

Ibn Mass'oud, Al-Hassan Al-Basri, Soufian Al-Thawri et d’autres<br />

avaient un avis contraire et disaient qu’ils sont les musulmans. Ibn<br />

Mass'oud, et c’était presque l’interprétation des autres, a dit: Par celui<br />

qui tient mon âme en sa main, réciter le Livre - le Coran - comme II se<br />

doit, signifie: se conformer tant à son licite qu’à son illicite, c’est à dire<br />

pratiquer ce qui est permis et s’abstenir de ses interdictions, le réciter<br />

tel qu’il a été révélé sans altérer ni falsifier ses mots et sans l’interpréter<br />

à sa guise».<br />

Quant à Omar Ben Al-Khattab, il a dit; «Ceux qui, lorsqu’ils rencontrent,<br />

en le récitant, un verset qui renferme une miséricorde, ils demandent<br />

à Dieu de la leur accorder, ou un verset qui désigne un<br />

161


châtiment ils implorent Dieu de le leur épargner. Un hadith a été rapporté<br />

et donne le même sens.<br />

(Ce sont ceux-là les vrais adeptes du Livre» signifie: ceux parmi les<br />

gens d’Ecritures révélées à leurs Prophètes, qui se conformaient au<br />

contenu de leur propre Livre, devraient croire en toi ô Mouhammad<br />

comme Dieu le confimne dans ce verset: (S’ils avaient observé la Tora et<br />

l’Evangile et ce qui leur a été révélé par le Seigneur , ils auraient certainement<br />

joui des biens du ciel et de ceux de la terre) [Coran V, 66] et ce verset:<br />

(Dis: «O gens du Livre! Vous ne vous appuyez sur rien, tant que vous<br />

n’observez pas la Tora et l’Evangile et ce qui vous a été révélé par votre<br />

Seigneur) [Coran V. 68].<br />

Cela signifie si les gens du Livre avaient établi la Tora et l’Evangile<br />

comme il se doit, étaient des véritables croyants, déclaraient véridique<br />

ce que leurs Livres contenaient comme l’annonce de la venue<br />

de Mouhammad. ses qualités et sa description, l’ordre de le suivre et<br />

de lui porter secours, tout cela pourrait leur guider vers la vérité en acquérant<br />

les biens de ce bas monde et ceux de. l’au-delà, comme Dieu<br />

le confirme dans ce verset: (Ceux qui suivent l’Envoyé, le Prophète qui<br />

ne sait ni lire ni écrire, que ces gens le trouvent mentionné diez eux dans la<br />

Tora et l’Evangile) [Coran VII, 157] et ce verset: (Ceux auquels nous<br />

avions donné le Livre avant lui, croient en celui-ci * Ils disent, quand on<br />

leur lit: «Nous croyons en lui: il est la vérité émanant de notre Seigneur ,<br />

nous étions déjà soumis avant sa venue» * voilà ceux qui recevront une<br />

double rétribution, parce qu’ils ont été constants, parce qu’ils ont répondu<br />

au mal par le bien, parce qu’ils ont donné en aumônes une partie des biens<br />

que nou^ leur avons accordés) [Coran )O^III, 52-54], et aussi ce verset:<br />

(Dis à ceux auquels le Livre a été donné et aux infidèles: «Etes-vous soumis<br />

à Dieu?» S’ils sont soumis à Dieu, ils sont bien dirigés; s’ils se détournent...<br />

Tu es seulement chargé de transmettre le message prophétique. Dieu<br />

voit parfaitement Ses serviteurs) [Coran III, 20].<br />

C ’est pourquoi Dieu dit à la fin: (Ceux qui refusent d’y croire seront<br />

perdus). Le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit à<br />

cet égard dans un hadith rapporté par Abou Houraira: «Par celui qui<br />

tient mon âme en Sa main! Un homme de cette communauté qu’il soit ju if<br />

ou chrétien n’entend parler de moi, et mourra sans croire en ce par quoi<br />

162


j ’ai été envoyé, sans qu’il ne soit pas un damné de VEnfer» (Rapportépar<br />

Moustim/^K<br />

¿ îj ^ 1 (¿»jÔ<br />

'ÿj J ic 1» ^ ^ Ù y ]yû\j<br />

yâ banî ’israîla-dkurû ni‘matiya-l-latî ’an ‘amtu ‘alaykum wa ’anni<br />

fa^lltukum ‘alâ-l-‘âlamîn (122) wa-t-taqû yawmal-lâtaj mafsun ‘an nafsin<br />

say’an walâ yuqbalu minhâ ‘adlun walâ tanfa‘uha safâ‘atun walâ hum<br />

yunsarûn (123).<br />

O fils d’Israël, reconnaissez les bienfaits dont Je vous ai gratifiés, vous<br />

avantageant ainsi sur les àtitees hommes.(122). Appréhendez le jour où les<br />

âmes ne pourront être d’aucun secours les unes pour les autres, oû leur offre<br />

de rachat ne sera pas reçue, où leur intercession ne sera pas admise et<br />

oû nul ne pourra leur venir en aide. (123).<br />

Un verset pareil a été cité auparavant (voir n: 40) par lequel Dieu<br />

ordonne aux fils d’Israel de se rappeler des faveurs et bienfaits qu’il<br />

leur a accordés. II leur ordonne aussi de croire à Son Prophète Mouhammad<br />

-qu’Allah le bénisse et le salue-, à ne plus jalouser leurs cousins<br />

les Arabes auquels II leur a envoyé Son Messager ainsi qu’à tout<br />

le monde et qui est le dernier des Prophètes, et que cette jalousie ne<br />

les porte pas à renier son message et de le traiter comme menteur<br />

etc...<br />

Sg' ù-J Jli Oîâ ifeç 4 jli ^ ^ 2 ÿ4 >iJ ^<br />

wa’idi-btalâ ’ibrahîma rabbuhû bi-kalimâtin fa’atammahunna qâla ’inni<br />

jâ‘iluka li-n-nâsi ’imâman qâla wa min durriyyati qâla lâ yanâlu ‘ahdi-zzâlimîn<br />

(124).<br />

163


Après qu’Allah eût envoyé des commandements à Abraham comme<br />

épreuve et qu’il les eût exécutés, AUalh lui dit: «Je te nomme l’imam des<br />

mes peuples». «Etends cette faveur à mes descendants» répondit Abraham.<br />

Soit, reprit le Seigneur , mais J’excluerai ceux de tes descendants qui seront<br />

injustes.(124).<br />

Dieu fait montre de la haute considération qu’il a accordée à Abraham<br />

-que Dieu le salue- en faisant de lui un dirigeant pour les hommes,<br />

lorsqu’il l’éprouva par de certaines paroles qui comportèrent des<br />

ordres et des interdictions. Il charge Son Prophète de mentionner ceci<br />

aux polythéistes et aux gens des deux Livres qui prétendirent suivre la<br />

religion d’Abraham mais en fait ils ne la suivaient pas.<br />

Quant à Abraham il les exécuta telles qu’il les avait reçues. C ’est<br />

pourquoi Dieu a dit de lui: (... Et celles d’Abraham qui fut très fidèle)<br />

[Coran LUI, 37] et; (Abraham représente vraiment toùTnn peuple: docile<br />

envers Dieu, c’était un vrai croyant; il ne fut pas an nombre des polythéistes<br />

* Reconnaissant envers Dieu pour ses bienfaite. Dieu l’a choisi et l’a dirigé<br />

sur une voie droite) [Coran XVI, 120-121] et aussi: (Abraham n’était<br />

ni juif ni chrétien mais il était un vrai croyant soumis à Dieu, il n’était pas<br />

au nombre des polythéistes * Les hommes les plus {tfoches d’Abraham sont<br />

vraiment ceux qui l’ont suivi, ainsi que ce Prophète et ceux qui ont cru)<br />

[Coran III, 67-68].<br />

Le Seigneur éprouva Abraham par certains ordres qui les eut accomplis,<br />

et pour le récompenser, il fit de lui un guide pour les hommes.<br />

Quels étaient ces ordres ou commandements? Plusieurs commentaires<br />

ont été dits à ce sujet:<br />

- D’après Ibn Abbas: ce sont des actes rituels: la pureté des cinq<br />

parties dans la tête et cinq dans les autres membres. Dans la tête: se<br />

couper les moustaches, se rincer la bouche, aspirer de l’eau par les<br />

narines, se frotter les dents et se peigner. Dans le corps: rogner les<br />

ongles, se raser le pubis, s’épiler les aisselles, se circoncire et se nettoyer<br />

avec de l’eau après avoir uriné ou fait une déjection».<br />

Il a été rapporté dans les deux Sahihs d’après Abou Houraira que<br />

l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le t)énisse et le salue- a dit: «Cinq actes font<br />

partie de la Fitra (l’islamisme): la circoncision, le rasage du pubis, la cou­<br />

164


pure des moustaches, l’épilage des aiselles et rogner les ongles>/^\<br />

- Ikrima a rapporté qu’ibn Abbas a dit; «Nul n’a été éprouvé par<br />

cette loi-religion- et l’a établie totalement autre qu’Abraham. Dieu a dit;<br />

(Quand ton Seigneur l’eut éprouvé par de certaines paroles et qu’il les eut<br />

accomplies) je demandai à Ibn Abbas; «Quelles étaient ces paroles?» Il<br />

me répondit; «Dans l’Islam il y a trente actions qui sont citées dans les<br />

versets suivants;<br />

- Dix versets dans la sourate; «Le repentir» ou «l’immunité» qui<br />

commencent pan (ceux qui reviennent à Dieu, ceux qui L’adorent...) [Coran<br />

IX, 112-121].<br />

- Dix versets dans la sourate «Les croyants» qui commencent par;<br />

-Heureux les croyants...) [Coran XXIII, 1-10].<br />

- Dix versets dans la sourate «Les Factions» qui commencent par;<br />

(Ceux qui sont soumis a Dieu et celles qui sont soumises à Dieu...) [Coran<br />

XXXIII, 35].<br />

Abraham eut accompli tout ce que ces versets contiennent des ordres<br />

et recommandations et reçut enfin une immunité de la part du<br />

Seigneur, qui dit de lui à la fin; (Et celles d’Abraham qui fut très fidèle)<br />

[Coran LUI, 37].<br />

- Une troisième Intérprétation aussi d’après Ibn Abbas et rapportée<br />

par Mouhammad Ibn Ishaq; «Ces ordres, ou paroles, étaient; La séparation<br />

de son peuple quand il fut ordonné de la faire; sa dispute avec<br />

Nemrod au sujet de Dieu quand il reçut la révélation (voir le verset n;<br />

258 de la sourate «La vache); son endurance quand il fut jeté dans le<br />

feu; son émigration de son pays pour la cause de Dieu en obtempérant<br />

à ses ordres; l’hospitalité qu’il offrait à ses hôtes malgré ce qu’elle<br />

lui coûtait; l’immolation de son fils quand il en reçut l’ordre dans la vision.<br />

Une fois que tous ces ordres furent exécutés. Dieu lui ordonna;<br />

(soumets-toi. 11 répondit: «Je me soumets au Seigneur des mondes) [Coran<br />

II, 131] après qu’il eut quitté son pays et son peuple qui reniait son<br />

message».<br />

(1) ûlïiJi «jUilli :Jlî ^ 1<br />

jLôlâ'yi<br />

165


- Ibn Jarir a rapporté que Al-Hassan disait: «Dieu éprouva Abraham<br />

par les astres, le soleil et la lune, mais il maintint sa foi croyant<br />

toujours en son Seigneur qui ne disparait jamais. Il tourna son visage<br />

vers celui qui a créé les cieux et la ten-e, soumis, sans être au nombre<br />

des polythéistes. Puis II l’éprouva par l’émigration de son pays, il se dirigea<br />

alors vers le Châm pour émigrer vers Dieu. Mais avant cette émigration,<br />

Il l’eut éprouvé par le feu, et ii endura. Ainsi quand il lui<br />

ordonna d’immoler son fils, de se circoncire, et il se montra toujours résigné.<br />

- Quant à Al-Roubai' Ben Anas, il a dit: «Ces paroles étaient ces<br />

versets:<br />

- (Je vais faire de toi an guide pour les hommes).<br />

- (Nous avons fait de la Maison un lieu où l’on revient souvent et un<br />

asüe les hommes).<br />

- (Prenez donc la station d’Abraham comme lieu de prière.<br />

- (Nous avons confié une mission à Abraham et Ismaël.<br />

- (Abraham et Ismael élevaient les assises de la Maison.<br />

Tous ces versets font partie des paroles par lesquelles Dieu eut<br />

éprouvé Abraham.<br />

- Enfin, Malek dans son «Mouwatta’» a rapporté d’après Sa’id Ben<br />

Al-Moussaiab: «Abraham était le premier homme qui était circoncis, qui<br />

hébergeait les hôtes, qui rognait ses ongles, qui se coupait les moustaches<br />

et qui était atteint de canitie. Voyant de poils blancs sur sa tête, il<br />

s’écria: «Que signifie ceci?<br />

- C ’est un signe de la dignité, lui répondit-on. Il répliqua alors:<br />

«Mon Dieu augmente ma dignité».<br />

Et Abou Ja'far Ben Jarir de conclure: «Il se peut que tout cela<br />

constitue les paroles».<br />

Une fois que Dieu ait fait d’Abraham un dirigeant, celui-ci L’implora<br />

afin que ce privilège demeure dans sa descendance. Dieu l’exauça et<br />

lui fit savoir qu’il y aura parmi ses successeurs les injustes qui ne jouiraient<br />

plus de l’alliance avec lui ni seraient des guides pour les hommes.<br />

Ce verset confirme l’exaucement d’Abraham.<br />

166


(Puis nous avons établi dans sa descendance la prophétie et le Livre)<br />

[Coran XXIX, 27]. Ainsi tout prophète qui fut envoyé après Abraham<br />

était de sa descendance ainsi que tout Livre révélé à chacun d’eux.<br />

Quant aux injustes parmi sa descendance, il ne seyait pas qu’ils<br />

soient des dirigeants, comme a dit Moujahed, plutôt c’étaient les justes<br />

parmi sa postérité. Dieu donc refusa d’accorder ce privilège aux injustes<br />

en disant à Abraham; «Mon alliance ne concerne pas les injustes».<br />

Quant à Al-Roubai’ Ben Anas, il a dit; «L ’alliance avec Dieu signifie<br />

sa religion, car II a dit; (Nous avons béni Abraham et Isaac. Parmi<br />

leurs descendants, certains font le bien et d’autres se font tort à eux-mêmes)<br />

[Coran XXXVII,113].<br />

Le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- a commenté ce verset<br />

en disant; «Il ne faut obéir que quand il s ’agit d ’un acte de bien»<br />

wa’id ja‘alnâ-l-bayta matabatan li-n-nâsi wa ’amnan wa-taWdû mim maqâmi<br />

’Ibrahîma musallan (125).<br />

Et quand nous fîmes de la maison une retraite et un asile pour les<br />

hommes, et nous avons érigé en lieu de prière la station d’Abraham (125).<br />

Dièü cite la Maison Sacrée et le grand honneur qui lui a accordé<br />

étant un asile pour les hommes et un lieu où on a toujours envie d’y<br />

revenir souvent même si on la visite chaque année. C ’était un exaucement<br />

de la prière d’Abraham quand il a demandé au Seigneur après y<br />

avoir établi une partie de sa famillç; (Fais en sorte que les cœurs de certains<br />

hommes s’inclinent vers eux) jusqu’à ce qu’il a dit; (Mon Seigneur<br />

est celui qui exauce la prière) [Coran XIV, 37-39].<br />

Dieu décrit cette Maison comme étant une enceinte, celui qui y pénètre<br />

serait en sécurité quel qu’il était son méfait. L’homme y rencontrait<br />

le meurtrier de son père ou son frère sans s’opposer à lui alors<br />

que tout autour des gens sont enlevés. Tout cela n’était que grâce à la<br />

haute considération qu’avait accordée Dieu à son constructeur Abraham<br />

Son confident. Dieu a dit cet égard; (Nous avons établi, pour Abraham,<br />

l’emplacement de la Maison: «Ne M’associe rien...) [Coran XXII, 26]<br />

167


et: (Le premier Temple qui ait été fondé pour les hommes est, en vérité, celui<br />

de Bakka: il est béni et il sert de Direction aux mondes * On trouve des<br />

Signes évidents dans le lieu où se tenait Abraham. Quiconque y pénètre est<br />

en sécurité) [Coran III, 96 - 97].<br />

Quelle est cette station? une question qui a suscité une controverse<br />

entre les exégètes:<br />

- Ibn Abbas a dit: c’est toute l’enceinte.<br />

- D’autres ont dit: il s’agit de tous les rites du pèlerinage: la demeure<br />

à Mina, le jet de cailloux et le parcours entre As-Safa et Al-Marwa.<br />

- Sïd ben Joubayr: c’est le rocher sur lequel se tenait Abraham<br />

alors qu’il construisait la Maison et son fils Ismaël lui donnait les pierres.<br />

- As Souddy; c’est la pierre qu’avait mise la feonme d’Ismaël quand<br />

elle lavait la tête d’Abraham.<br />

- Ja’far Ben Mouhammad a rapporté d’après son père qu’il a entendu<br />

Joubayr parler du pèlerinage du Prophète -qu’Allah le bénisse et<br />

le salue- et dire: «Lorsque le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salueeut<br />

accompli les circuits autour de la Maison, Omar lui demanda; «Estce<br />

bien la station de notre père?» - Oui, lui répondit-il. Et Omar de<br />

poursuivre; «Pourquoi ne pas la prendre en tant qu’un lieu de prière?<br />

Dieu à ce moment fit cette révélation; (Prenez donc la station d’Abraham<br />

comme lieu de prière).<br />

H a été rapporté dans le Sahih de Boukhari que ‘Omar Ben Al-<br />

Khattab -que Dieu l’agrée- a dit; «Je me suis rencontré avec mon Seigneur<br />

à Lui la puissance et la gloire, sur trois choses; (La première):<br />

«Ô Envoyé de Dieu! Si tu prenais de la station d’Abraham un lieu de<br />

prière (La deuxième); j’avais dit; «Ô Envoyé de Dieu! Tu reçois chez<br />

toi le vertueux et le pervers, si tu demandais aux mères des croyants<br />

de porter le voile». Dieu alors fit révéler le verset relatif au voile. (La<br />

troisième): j’avais appris que le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue-<br />

avait adressé de reproches à quelques unes de ses femmes (à<br />

cause de leur jalousie). J ’entrai chez elles pour leur dire; «Il vaut mieux<br />

que vous vous cessiez, sinon. Dieu lui donnera en échange des épouses<br />

meilleures que vous.» Arrivé chez l’une d’elles, elle me dit; «Ô<br />

168


Omar! L’Envoyé de Dieu ne pouvait-il pas exhorter ses femmes pour<br />

que tu viennes toi-même les exhorter?» Dieu révéla à ce moment ce<br />

verset: (S’il vous répudie, il se peut que son Seigneur lui donne en échange<br />

de meilleures épouses que vous soumises à Dieu) [Coran LXVI, 5].<br />

Quand à Mousiim, il a rapporté d'après Ibn Omar que son père sa<br />

dit: «Je me suis rencontré avec mon Seigneur sur trois choses: Le<br />

voile, les prisonniers de Badr et la station d’Abraham».<br />

Jaber a rapporté: «L ’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-<br />

fit trois fois la circumambulation autour de la Maison à pas accéléré,<br />

et quatre autres à pas ordinaire, puis entra à la station, récita:<br />

(Prenez donc la station d’Âbraham comme lieu de prière) enfin pria deux<br />

raka’ts ayant cette station entre lui et la Maison (la Ka'ba).<br />

Ceci montre que la station est le rocher sur lequel se tenait Abraham<br />

debout en construisant la Ka'ba, et Ismaël lui donnait les pierres.<br />

A chaque fois qu’un des mijrs eût atteint une certaine hauteur, son fils<br />

prenait ce rocher et le plaçait dans un autre côté pour le même but et<br />

ainsi de suite jusqu’à ce qu’Abraham eût achevé la construction. Nous<br />

allons en parler de cela en raccontant l’histoire d’Abraham et de son<br />

fils Ismaël. A savoir que les traces des pieds d’Abraham sur le rocher<br />

sont toujours apparentes.<br />

Cette station était attenante à la Ka'ba, qui se trouve actuellement<br />

juste à côté de la porte à la droite en entrant dans un endroit indépendant.<br />

Le confident de Dieu, une fois qu’il eut achevé la construction de<br />

la Maison, mit ce rocher tout près de la Ka'ba, ou bien il le laissa là où<br />

Il se trouve actuellement. C ’est pourquoi, et c’est Dieu qui est le plus<br />

savant, l’ordre fut donné de prier devant lui après les tournées processionnelles.<br />

Mais, il parait qu’Omar Ben Al-Khataab, le calife bien dirigé,<br />

l’avait éloigné du mur de la Ka'ba et nul après lui n’a désavoué son<br />

geste<br />

^ o > à î 5- ¿ ¿ S ^<br />

169


4 « -§ 4 i ï ÿ g j T j s ¿-s'i i i<br />

tiii^ IL c ^ i ^<br />

¿u Aâ1 W J , J ¡ ¿ i p l llfe fj l l j ^ j L ^ Î ¿ ^ i ^ 1<br />

@ ^ 5 \ 4 , ^ i ¿ if iiii % :X><br />

wa ‘ahidnâ ’ila ’Ibrahîma wa ’Isma‘îla ’an tahhirâ baytiya litta’ifîna wal-‘akifîna<br />

wa-r-rukk‘i-s-sujudi (125) wa’id qâla ’Ibrahîmu rabbi-j‘al hâdâ<br />

baladan ’âminan wa-rzuk ’ahlahû mina-ttamarâti man ’âmana minhum<br />

bi-L-Lâhi wa-l-yawmi -’âhiri qâla wa man kafara fa ’umatti ‘uhu qalîlan<br />

tumma ‘attaruhû ’ilâ ‘adâbi-n-nâri wa bi’sa-l-masî^(126) wa’id yarfa‘u<br />

’Ibrahîmu-l-qawa‘ida mina-l-bayti wa ’lsmâ‘îlu rabbanâ taqabbal minna<br />

’innaka ’anta-s-samfu-l-'alîm (127) rabbanâ waj‘alnâ muslimayni laka wa<br />

min durriyyatinâ ’ümmatam-muslimatin laka wa ’arina manâsikanâ wa<br />

tub ‘alaynâ ’innaka ’anta-t-tawwâbu-r-rahîm (128).<br />

Puis nous recommandâmes à Abraham et Ismaël de tenir propre Ma<br />

demeure en honneur de ceux qui en feront le tour, qui y accompliront une<br />

retraite et qui viendront prier (125). Abraham supplia le Seigneur de rendre<br />

ce lieu inviolable et prospère mais uniquement pour ceux qui croiraient en<br />

lui et au jour dernier. Allah répondit: «A celui qui ne croira pas. Je réserverai<br />

quelques faveurs passagères puis Je l’acculerai au supplice du feu.<br />

Quelle triste detinée que la leur.(126). Pendant qu’Abraham et Ismaël élevaient<br />

les assises de la Ka‘ba, ils diaient: «Seigneur, agrée cette suvre de<br />

nous. Toi qui entends et sais tout. (127) «Seigneur, fais de nous des gens<br />

résignés à Ta volonté et fais de notre postérité un peuple soumis à Tes lois.<br />

Montre-nous les rites du pèlerinage et pardonne-nous. Car Tu es miséricordieux<br />

et clément. (128).<br />

Quelle a été cettre recommandation à Abraham et Ismaël? Al-Hassan<br />

Al-Basri a dit; « C ’était la purification de la Maison de toute souillure»<br />

en leur inspirant de la faire-ll s’agit des idoles, de rapports<br />

charnels, de paroles ou de serments mensongers et de toute impureté.<br />

Quant à Moujahed, Qatada et ‘Ata, ils ont dit que c’était la proclamation<br />

qu’il n’y a d’autre divinité que Dieu sans rien lui associer.<br />

170


Ceux qui font le tour et ceux qui font la retraite, selon l’avis de<br />

Sa'id ben Joubayr, sont respectivement les personnes qui y arrivent<br />

d’autres pays et les demeurants.<br />

Thabet a dit; « J ’ai dit à Abdullah Ben ‘Oubayd Ben ‘Oumayr; «Il<br />

faut absolument que je parie avec le prince des croyants pour interdire<br />

aux hommes de se coucher à l’intérieur de la Maison car ils se trouvent<br />

souvent en état d’impureté.» Sa réponse fut; «N e fais pas une<br />

chose pareille car, en demandant Ibn ‘Omar à leur sujet, il répondit; Ils<br />

sont bien ceux qui y font la retraite».<br />

D’autre part, il a été cité dans le Sahih, que Ibn ‘Omar passait<br />

souvent la nuit dans la mosquée du Prophète -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- alors qu’il était célibataire.<br />

Ibn Jarir; «O n comprend par ce verset que Dieu ordonna à Abraham<br />

et Ismaël de purifier Sa Maison des idoles et autres signes du polytéhisme.»<br />

La question qui se poset.y avait-il des gens qui adoraient les idoles<br />

avant la construction de la Maison? La réponse comporte deux aspects;<br />

- Les idoles existaient du temps de Noé, donc l’ordre fut donné<br />

d’en débarrasser la Maison et afin que cette purification devienne une<br />

coutume -( Sunna )- après que Dieu ait fait d’Abraham un dirigeant et<br />

un modèle à suivre. Mais cette supposition a besoin d’une preuve.<br />

- On prend cela au sens figuré c’est à dire de vouer à Dieu un<br />

culte pur sans rien Lui associer comme le Seigneur le montre dans ce<br />

verset; (Est-ce que celui qui a fondé son édifice sur la crainte révérencielle<br />

de Dieu et pour Lui plaire n’est pas meilleur que celui qui a fondé son édifice<br />

sur le bord d’une berge coulante) [Coran IX, 109].<br />

^<br />

On peut donc conclure que cette purification signifie la sincérité de<br />

l’accomplissement des pratiques cultuelles recommandées à ceux qui<br />

font le pèlerinage à la Maison de Dieu en faisant les circuits rituels, en<br />

priant, et dans la retraitre comme Dieu l’a ordonné dans ce verset;<br />

(Nous avons établi, pour Abraham, l’emplacement de la Maison: «Ne M’associe<br />

rien, purifie Ma Maison pour ceux qui accomplissent les circuits,<br />

pour ceux qui s’y tiennent debout, pour ceux qui s’inclinent et se prosternent)<br />

[Coran XXll, 26],<br />

171


Une autre question qui a suscité une divergence entre les opinions<br />

des ulémas: laquelle des deux est plus méritoire: la prière dans ia Maison<br />

ou la circumambulation?<br />

Malek a répondu: C’est la circumambulation des hommes qui viennent<br />

des quatre coins du monde.<br />

Quant aux autres ulémas, et qui constituent la majorité, ils ont dit<br />

la prière est meilleure, et ceci pour abolir les coutumes des polythéistes<br />

et les substituer par d’autres qui sont basées sur ia foi pure, ceux<br />

qui repoussaient et empêchaient les fidèles d’accéder à la Maison de<br />

Dieu comme Dieu l’a dit: (A ceux qui sont incrédules, à ceux qui écartent<br />

les hommes du chemin de Dieu et de la Mosquée Sacrée que nous ayons<br />

établie pour les gens, celui qui y réside et le nomade y sont égaux, à quiconque<br />

veut la profaner par perversité, nous ferons goûter un châtiment<br />

douloureux) [Coran XXII, 25].<br />

^<br />

Puis la Maison fut mentionnée comme étant un édifice érigé pour<br />

ceux qui adorent Dieu seul sans Lui reconnaître des égaux, soit en faisant<br />

les tournées processionnelles, soit en priant.<br />

Dans la sourate: «Le pèlerinage» les trois actes principaux de la<br />

prière furent cités et qui sont: l’inclinaison, la prostematione et la position<br />

detx>ut, sans qu’il y ait une mention de ceux qui font ta retraite.<br />

Dans le verset précité (N: 125) on a cité ceux qui font les circuits<br />

rituels et la retraite; et de la prière l’inclination et la prosternation sans<br />

ia position detx)ut, car on connait bien qu’entre les inclinaisons et les<br />

prosternations, il y a toujours les relèvements et les positions debout».<br />

On y trouve également une réponse aux gens des deux Livres (les<br />

juife et les chrétiens) qui croyaient aux mérites acœrdés à Abraham et<br />

ismaël, et savaient bien que la Maison fut établie pour toumer autour<br />

d’elle en accomplissant le pèlerinage et la visite pieuse (AI-‘Oumra),<br />

alors qu’eux ne faisaient rien de cela. Comment donc prendraient-ils<br />

Abraham le Confident comme modèle à suivre alors qu’ils n’exécutaient<br />

pas les ordres de Dieu?. A savoir que Moïse Ben ‘Imran et d’autres<br />

Prophètes-que Dieu les salue tous - ont fait le pèlerinage à la<br />

Maison sacrée comme notre Prophète -qu’Allah le bénisse et le saluenous<br />

a raconté.<br />

La purification des mosquées fut mentionnée dans ce verset:<br />

172


(Cette lampe se trouve dans la maison que Dieu a permis d’élever, où des<br />

hommes célèbrent ses louanges à l’aube et au crépuscule) [Coran XXIII,<br />

36], et dans plusieurs hadiths prophétiques où II fut ordonné de purifier<br />

les mosquées, de les tenir porpres de toute souillure ou autres choses.<br />

A titre d’exemple con cite celui-ci: «Les mosquées n’on été élévées que<br />

pour le but visé» Qui était le premier à construire la Ka'ba?<br />

- On a dit qu’ils sont les anges avant Abraham selon les dires d’AI-<br />

Qourtoubi qui parurent étranges.<br />

- On a dit que c’était Adam, d’après 'Ata’ et Sa'id Ben Al-Moussayab.<br />

- D’après Ibn Abbas et Ka'b Al-Ahbar, c’était Chith (seth) -que<br />

Dieu le salue- qui ont tiré leur jugement des livres des gens d’Ecritures<br />

qu’on ne peut nullement prendre comme source certaine.<br />

«Abraham supplia le Seigneur de rendre ce lieu inviolable et prospère<br />

mais uniquement pour ceux qui croiraient en Lui et au jour dernier». En<br />

commentant ce verset, Ibn Jarir a rapporté d’après Jaber Ben Abdullah<br />

que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Sur la demande<br />

d ’Abraham, Dieu a rendu la Maison sacrée et un lieu de sécurité;<br />

sur ma demande. Dieu a rendu Médine et l ’espace compris entre ses deux<br />

extrémités couvertes de pierres volcaniques, un territoire sacré, on n’y tue<br />

pas le gibier ni coupe ses arbres».(Rapporté par Nassai et MousUm/^K<br />

Abou Houraira -que Dieu l’agrée- a rapporté: «Lorsqu’à Médine on<br />

cueillit le premier fruit mûr, on l’apporta à l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- qui le prit et dit: «Mon Dieu, Bénis nos fruits, notre<br />

ville, et nos mesures (Litt. nos s ’as et nos moudds). Mon Dieu, Abraham<br />

est Ton serviteur. Ton confident et Ton Prophète, et moi je suis Ton serviteur<br />

et Ton Prophète. Il T a demandé d ’accorder tant de faveurs à La<br />

Mecque, et moi Te demande deux fois autant de faveurs à Médine». Puis il<br />

173


appela le garçon le plus jeune et lui donna ce fruit» (Rapporté par<br />

Mouslimy^K<br />

D’autres hadiths ont été rapportés à ce sujet, on en cite celui-qui<br />

est le plus exhaustif; «Anas Ben Malek a raconté; «L’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- demanda à Abou Talha: «Cherche-moi<br />

un domestique pour me servir». Abou Talha me prit en croupe derrière<br />

lui et m’emmena chez le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue-.<br />

Ainsi je fus à son service. Chaque fois qu’il retournait à Médine (d’une<br />

de ses expéditions) et en voyant le mont Ouhoud, il disait; «Voilà un<br />

mont qui nous aime et nous l ’aimons». A la vue de Médine, il s ’écriait:<br />

«Mon Dieu, je Te demande de rendre sacré l’espace compris entre ses deux<br />

monts comme Abraham T ’a demandé pour La Mecque. Mon Dieu accordenous<br />

la bénédiction dans ses récoltes (ses sa’s et ses moudds)» Ainsi Médine<br />

fut rendue un territoire sacré où on n’a pas le droit d’y verser le<br />

sang, ni couper ses arbres ni battre leure feuilleâ'pour le fourrage des<br />

animaux. (Rapporté par Boukhari et MousUm/^K<br />

Certains ont dit que sur la demande d’Abraham, Dieu a rendu la<br />

Mecque un territoire sacré, mais l’opinion la plus correcte est que cette<br />

ville était rendue comme telle lorsque Dieu a créé les cieux et ia terre.<br />

Ibn Abbas a rapporté que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le t>énisse et le<br />

salue- a dit le jour de la conquête de La Mecque; «Ce territoire. Dieu<br />

l ’a rendu sacré le jour où II a créé les cieux et la terre. Il est donc sacré à<br />

l ’égard de Dieu jusqu’au jour de la résurrection. On ne doit pas y livrer<br />

(.1) o IjfrW Jjî tjîj \'3\ ^<br />

^ U iljWj ^ U ;JÜ ^<br />

‘ ¿ W j û j c U lî ^ LJ iS jU j tlip U o LJ iJjL j<br />

^ ilLpi U ÎJJJUJÜ (4^^ ¿îlpi Ajjj vîJLhj iljL^<br />

.(jjw iljj) .^1 ¿iJi<br />

>V»Î<br />

(2) ^ ^ l i ^ Jü :Jlî ¿ÜU ^ ^<br />

¿il y} ^ qa<br />

I-Ui ;Jlî ^ (Jj l'il cM' ^ jU j .Jjj UJLT<br />

*> ^ UiW ÙU ^ :J'» iüOjl Jie- UJi<br />

Ûj\j<br />

174


combat après moi et ce combat ne m ’a été autorisé qu’une seule heure<br />

d ’une certaine journée, il sera donc interdit à l’égard de Dieu jusqu’au jour<br />

de la résurrection. On ne doit pas couper les épines, ni poursuivre un gibier,<br />

ni ramasser une chose trouvée à moins de la remettre à son propiétaire qui<br />

la reconnaîtra, ni cueillir ses dattes» Al-Abbas s’interrogea: «O Envoyé<br />

de Dieu, à l’exception de «l’izkhir» (jonc aromatique) qu’onn emploie<br />

dans les maisons et dans certaines industries». Il lui répondit: «A l ’exception<br />

de l’izkhir» (Rapporté par Boukhari et Moustim/^K<br />

Un autre hadith qui est encore digne d’être cité:<br />

«Abou Chourayh Al-Adawi -que Dieu l’agrée- a rapporté: «Alors<br />

que ‘Amr Ben Sa’id envoyait les troupes à La Mecque, je lui dis:. «Ô<br />

commandant! permets-moi de te raconter, que le jour de la conquête<br />

de La Mecque, j’ai entendu l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- dire des propos que-fnes oreilles ont bien entendus, mon cœur<br />

les a retenus et mes yeux l’ont vu en parlant. Après avoir loué Dieu, il<br />

dit: «Dieu a rendu la Mecque une ville sainte mais les gens ne l’ont pas<br />

considérée comme telle. Il n’est permis à un croyant qui croit en Dieu et au<br />

Jour Dernier d ’y verser le sang ou de tailler les branches de ses arbres, si<br />

quelqu’un se permet de déroger - à cette loi - sous prétexte que VEnvoyé de<br />

Dieu y a combattu, dites-lui que Dieu a permis à Son Envoyé (de combattre<br />

dans ce territoire sacré) mais non pas à vous. Et Dieu ne m ’a donné<br />

cette autorisation que pendant une fraction de la journée, puis La Mecque<br />

a recouvert aujourd’hui son caractère sacré d ’hier. Que celui qui est présent<br />

transmette ceci à l’abent.».<br />

On demanda alors à Abou Chourayh: « Quelle fut la réponse de<br />

‘Amr?» Il répondit: «O Abou Chourayh, je connais ceci mieux que toi.<br />

Ce ten-itoire sacré ne serait jamais un asile ni à un transgresseur, ni à<br />

( 1) fji (j“W^ ^ çU-<br />

( i ^ fji «àl -aLJI I-Xa ù1><br />

¿ y . jiL V tô l^ l<br />

Vil :jUi -üü L :^UJI jUi ciU!>U >lj<br />

■ .«^¿>1<br />

175


un meurtrier ni à un voleur» (Rapporté par Boukhari et Mouslim/^K<br />

Quant à la préférence de Médine à La Mecque selon l’avis de la<br />

majorité des ulémas, ou celle de La Mecque à Médine d’après Malek,<br />

nous allons la montrer plus loin dans son endroit propice.<br />

«Accorde à ses habitants des fruits comme nourriture, à ceux d’entre<br />

eux qui auront cru en Dieu et au dernier jour. Le Seigneur dit: «J’accorde<br />

une brève jouissance à l’incrédule, Je le préc^iterai ensuite dans le châtiment<br />

du Feu». En intréprétant ce verset, Ibn Abbas a dit: «Abraham<br />

permettait aux croyants seuls de prendre cette enceinte comme refuge,<br />

en dehors des autres gens. Dieu fit alors révéler ceci: «J ’accorde Mes<br />

bienfaits tant aux croyants qu’aux incrédules. Est-ce possible que Je<br />

crée des hommes sans pourvoir à leur besoin? Mais je œntraindrai les<br />

incrédules ensuite au châtiment du Feu». Puis Ibn Abbas récita ce verset:<br />

(Nous accordons largement à tous, à ceux-ci et à ceux-là, les dons de<br />

ton Seigneur ne sont refusés à personro) [Coran XVin"20] et dit: «Ceci est<br />

pareil aussi à ces versets: (Ceux qui forgent un mensonge contre Dieu ne<br />

seront pas heureux * Ils jouiront momentanément de ce monde et ils retourneront<br />

ensuite vers nous; nous leur ferons alors goûter un dur châtiment<br />

pour prix de leur incrédulité) [Coran X, 69-70].<br />

Dieu accorde ses bienfaits aux incrédules afin qu’ils jouissent des<br />

biens éphémères dans ce bas monde, puis II les saisira comme peut le<br />

faire un puissant, un omnipotent, comme 11 le montre dans ce verset:<br />

(A combien de cités J’ai accordé un délai alors qu’elles étaient injustes.<br />

Puis Je les ai saisies. Le retour se fera vers Moi) [Coran XXII, 48].<br />

Il a été cité dans le Sahih que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bé-<br />

(1) ^ ùAil . J J Jli j e - j<br />

j A AÀjl ^ ^ Ol<br />

«uil ûl* :JÜ j»j îjy~<br />

J-sâju tUi ùî fjJlj QAji jJ j<br />

jjiLiJ! \-ç :a j > S ^jjJ! j > - o.sW J i i j j A ^ Dit<br />

0} ^ liAi-* liÜÀj ^<br />

isj^. *ljj) -^j^.<br />

176<br />

Xoj V


nisse et le salue- a dit: «Dieu accorde un délai à l ’injuste, mais quand II<br />

le saisit. Il ne le lâchera plus»^^^.<br />

Ibn Abbas a raconté le récit suivant:<br />

«La mère d’Ismaël était la première femme à porter une longue<br />

jupe que traînait derrière elle pour effacer ses traces quand elle eut fui<br />

Sara, la femme d’Abraham et sa co-épouse.<br />

«Abraham emmena (Agar) la mère d’Ismaël, à qui elle donnait le<br />

sein, et les laissa près de la maison sacrée sous un grand arbre audessus<br />

de puits de Zamzam à la partie la plus élevée de la mosquée<br />

(actuelle), alors qu’il n’y avait personne à La Mecque, et il n’y avait aucune<br />

source d’eau. Il laissa près d’eux un sac de peau contenant de<br />

dattes et une outre pleine d’eau, puis il partit. La mère d’Isamël le suivit<br />

en lui disant: «Ô Abraham! Où vas-tu nous laisser dans cette vallée<br />

où il n’y a aucune âme qui vit?» Elle répéta cela plusieurs fois, mais<br />

Abraham continua son chemin sans lui répondre ou se tourner vers<br />

elle. - Est-ce Dieu qui t’a ordonné de faire cela, lui demanda-t-elle?»<br />

Oui, répondit-il. Alors, reprit-elle, Dieu ne nous laissera pas mourir. Elle<br />

revint sur ses traces.<br />

Abraham -que Dieu le salue- reprit son chemin, arrivé près d’un<br />

col où ni Agar ni son fils ne pouvaient le voir, tourna sa face vers la<br />

Maison, leva ses deux mains et invoqua Dieu par ces mots: (Notre Seigneur<br />

, j’ai établi une partie de mes descendants dans une vallée stérile, auprès<br />

de Ta Maison Sacrée. Ô notre Seigneur , afín qu’ils s’acquittent de la<br />

prière. Fais en sorte que les cœurs de certains hommes s’inclinent vers eux,<br />

accorde-leur des fruits, en nourriture. Peut-être, alors, seront-ils reconnaissants)<br />

[Coran XIV, 37].<br />

La mère d’Ismaël se mit ensuite à allaiter son fils et but de l’eau<br />

contenue dans l’outre jusquà ce qu’elle fut épuisée. Elle fut assoiffée<br />

ainsi que son fils. Elle vit son fils se tordre de faim. Comme elle ne<br />

pouvait supporter le voir en cet état, elle regarda de tous les côtés, et<br />

se dirigea ves la montagne la plus proche, s’y tint debout, promena<br />

8Ôi>^l lj| jJUkU


ses regards dans la vallée mais elle ne vit personne. Elle descendit de<br />

la montagne (appellée As-Safa) et, arrivée dans la vallée, elle retroussa<br />

le pan de son vêtement et courut comme une personne éperdue<br />

jusqu’à ce qu’elle dépassa la vallée pour arriver à une place appelée<br />

«Al-Marwa» qui est un monticule. Elle monta au sommet et promena<br />

ses regards, peut-être elle pourrait voir quelqu’un, mais elle ne vit personne.<br />

Elle fit la course entre les deux montagnes, sept fois». Ibn Abbas<br />

a dit: « C ’est en souvenir de cela que les gens font la même<br />

course entre les deux montagnes au cours de leur pèlerinage».<br />

Quand elle fut sur le sommet de «Al-M arwa», elle entendit une<br />

voix. Elle dit: «C h u t» en s’adressant à elle-même, puis elle prêta<br />

l’oreille et entendit la même voix, elle dit alors en soi-même: «Tu t’es<br />

fait entendre! Si tu as un moyen de secours, secours-moi» Elle trouva<br />

alors un ange près de l’endroit où se trouve actuellement le puits de<br />

Zemzem. L’ange frappa le sol par le talon -ou suivant^ùne variante: par<br />

son aile- jusqu’à ce que l’eau apparut. Elle commença alors à faire un<br />

petit bassin autour de l’eau, et puisa de l’eau pour remplir son outre, et<br />

l’eau jaillit du sol chaque fois qu’elle en prenait».<br />

Ibn Abbas poursuivit son récit et dit: «Le Prophète -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- a dit: «Que Dieu fasse miséricorde à la mère d ’Ismaël,<br />

si elle avait laissé Zemzem- on suivant une variante- si elle n’avait pas<br />

puisé d’eau Zemzam aurait demeuré une source d’eau courante». Elle se<br />

désaltéra et allaita son fils. L’ange lui dit: «Ne redoutez pas d’êrtre perdus,<br />

car ici sera une maison que cet enfant bâtira avec son père, et<br />

Dieu ne laisse pas périr les siens».<br />

La Maison était sur une terre pareille à un monticule, et les eaux<br />

de la pluie coulaient à droite et à gauche. Elle resta ainsi jusqu’à ce<br />

qu’une caravane de Jourboum passa auprès d’eux- ou suivant une autre<br />

version: des gens d’une famille de Jourhoum- arrivant par la route<br />

de «Kada». Ils campèrent dans la partie la plus basse de La Mecque<br />

et, voyant un oiseau survolant la place, ils dirent: «Un oiseau plane audessus<br />

d’une source d’eau, or nous savons bien qu’il n’y en a plus<br />

d’eau dans cette vallée». Ils envoyèrent un éclaireur -ou deux- qui en<br />

constatant qu’il y a eu de l’eau revinrent et leur annonœrent l’existence<br />

d’une source d’eau. Ils se rendirent tout près de cette source et, ayant<br />

trouvé la mère d’Ismaël près d’elle, ils lui dirent; «Permets-tu qu’on<br />

178


campe ici auprès de toi?» -Oui répondit - elle, mais vous n’avez aucun<br />

droit de propriété sur cette eau. -D’accord, répliquèrent-ils .<br />

Ibn Abbas a dit; «Le Prophète -qu’Allah le bénisse et lé saluecontinua<br />

l’histoire et dit: «Cette demande rendit la mère d’Ismaël heureuse<br />

car elle aimait la société. Après que les gens furent installés, ils envoyèrent<br />

à leurs concitoyens d’y venir et faire de même. Cet endroit fut peuplé, et Ismaël<br />

devint un jeune homme, apprit la langue arabe et, en grandissant, il<br />

leur plut beaucoup. Après avoir atteint l’âge de puberté, ils lui firent épouser<br />

une fille des leurs.<br />

La mère d’Ismaël mourut, Abraham vint rendre visite à ceux qu’il<br />

avait laissés. N’ayant pas trouvé son fils Ismaël il demanda à sa<br />

femme de ses nouvelles, elle lui répondit: «Il est sorti nous chercher<br />

de la nourriture -ou suivant une variante: pour chasser de quoi manger».<br />

Abraham s'enquérit auprès d’elle de leur vie et de leur situation,<br />

elle lui répondit: «En tant qu’êtres humains, nous éprouvons une angoisse<br />

et une peine», et elle se plaignit beaucoup. Abraham lui dit<br />

alors: «Quand ton mâri reviendra, salue-le et dis-lui de changer le seuil<br />

de sa maison».<br />

Ismaël rentra, et il sentit quelque chose. Il demanda à sa femme:<br />

«As-tu reçu quelqu’un durant mon absence?» - Oui, répondit-elle, un<br />

vieillard est venu, et elle le lui décrit, il me demanda de tes nouvelles,<br />

je lui ai répondu, ainsi il voulut savoir quel genre de vie nous menons,<br />

je lui ai dit que nous éprouvons beaucoup de peine et de détresse»- A-<br />

t-il ordonné de faire quelque chose? lui dit Ismaël. - Oui, il m’a chargé<br />

de te saluer de sa part et de t’ordonner de changer le seuil de ta maison.<br />

- C’était mon père, répliqua Ismaël, et il m’ordonne de te congédier.<br />

Va donc chez tes parents.<br />

Ismaël répudia donc sa femme, et se maria d’avec une autre<br />

femme de la famille de Jourhom. Abraham s’absenta d’eux la période<br />

que Dieu a voulu, puis il se dirigea de nouveau là où vit son fils Ismaël.<br />

Et comme il n’a pas trouvé son fils, il pénétra chez sa femme et<br />

demanda de ses nouvelles. - Il est sorti nous procurer de quoi manger,<br />

répondit-elle. -Quel genre de vie menez- vous et quelle est votre situation?<br />

reprit Abraham. Elle répliqua: «Nous sommes très bien, nous vivons<br />

dans l’aise» Et elle loua Dieu le Très HauL -De quoi, demanda<br />

Abraham, vous vous nourrissez?. -De la viande, rétorqua-t-elle. - Et vo­<br />

179


tre boisson?. - De l’eau - Que Dieu bénisse votre viande et votre eau,<br />

répondit Abraham.<br />

Le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- a ajouté: «Il n’y avait<br />

plus chez eux des céréales, sinon Abraham aurait demandé à Dieu de les<br />

bénir aussi. Il ajouta: «La viande et l’eau, si elles se trouvaient seules,<br />

comme moyen de subsistance ailleurs, c’est à dire dans d’autre lieu que La<br />

Mecque, elles n’auraient pas suffi aux hommes».<br />

Abraham dit alors à la femme d’Ismaël: «Quand ton mari reviendra,<br />

salue-le de ma part et dis-lui de maintenir le seuil de sa porte».<br />

Lorsqu’Ismaël revint chez lui, il demanda à sa femme: «As-tu reçu la<br />

visite de quelqu’un?» - Oui, répondit-elle, un vieillard de belle apparence<br />

est venu nous visiter- et elle fit son éloge- Il m’a demandé de<br />

tes nouvelles, je lui ai répondu, ii s’est enquéri aussi de notre subsistance,<br />

et je lui ai dit que nous menons un beau train de vie. T ’a-t-il fait<br />

quelques recommandations? reprit Ismaël. - Oui, rétorqua-t-elle, il m’a<br />

chargé de te saluer de sa part et il t’ordonne de maintenir le seuil de<br />

ta porte. - C’était mon père, s’écira ismaël, c’est toi le seuil et il faut<br />

que je te garde chez moi.<br />

Abraham resta le temps que Dieu a voulu, puis revint revoir Ismaël,<br />

qui était en train de tailler de flèches sous un arbre près du puits<br />

de Zemzem. Quand il l’aperçut, il se leva et le reçut comme un fils qui<br />

reçoit son père (après une longue absence) en l’embrassant, ainsi que<br />

fait le père à son fils. - O Ismaël, dit Abraham, Dieu m’a ordonné de<br />

faire une chose.- Fais donc, répondit Ismaël, ce que Dieu t’a ordonné<br />

de faire: - M’aideras-tu? demanda Abraham. Certes oui, répliqua ismaël<br />

- Dieu,, reprit Abraham m’a ordonné de bâtir une maison en ce<br />

lieu -et il désigna une colline qui domine ses alentours.<br />

Alors Abraham éleva les assises de la Maison, Ismaël lui apporta<br />

les pierres et le père construisit. Lorsque le bâtiment eut atteint une<br />

certaine hauteur, Ismaël lui apportait toujours les pièrres. Tous les<br />

deux, au cours de leur travail, invoquaient Dieu par ces mots: (Notre<br />

Seigneur, accepte cela de notre part: Tu es celui qui entend et qui sait<br />

tout).<br />

D’autres récits ont été rapportés et diffèrent très peu du précédent.<br />

180


Aicha -que Dieu l’agrée- la femme du Prophète -qu’Allah le bénisse<br />

et ie salue- lui demanda au sujet de la Maison, il lui dit: «Ne saistu<br />

pas que ton peuple, en construisant la Ka’ba, n’a pas suivi les fondations<br />

d’Abraham?. Elle lui répondit: «Ne vas-tu pas la replacer sur l’emplacement<br />

des fondations d’Abraham? Il répliqua: «Je le ferais, n’était-ce la<br />

récente conversion de ton peuple» (Rapporté par Boukhari/^K<br />

Abduilah Ben Omar dit: «Si Aicha avait entendu ces propos de<br />

l’Envoyé de Dieu, je ne pense pas qu’il aurait négligé le fait de toucher<br />

les deux colonnes qui suivent immédiatement le mur d’enceinte. Il parait<br />

que la maison n’a pas été élevée sur les assises que plaçait Abraham».<br />

Suivant une autre version rapportée par Mouslim, le Prophète -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- à répondu à Aicha: «Si tes concitoyens<br />

ne venaient pas de sortir de la période d’ignorance, j ’aurais ordonné de détruire<br />

la Maison et la mettre au niveau du sol, de faire pénétrer tout ce qui<br />

est resté en dehors, en dépensant à cette fin tout le trésor de la Ka‘ba.»^^\<br />

De la constmction de la Ka^ba par les Qoraïchites après<br />

Abraham et ayant le Message du Prophète de cinq ans.<br />

Le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- avait participé à la<br />

construction de la Kà'ba alors qu’il avait trente cinq ans, en transportant<br />

les pierres. Mouhammad Ben Ishaq a raconté dans son ouvrage<br />

intitulé «As-Sira» (La biographie du Prophète):<br />

«Quand le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- avait trente<br />

cinq ans, les notables de Qoraïch se concertèrent pour la construction<br />

de la Ka'ba mais ils éprouvaient une peur de la détruire, car elle était<br />

faite en pien'es de bâtisse et sa hauteur supérieure à la taille humaine.<br />

(1 ) tj^ iSÿ<br />

MjJi :JU Ujy MÎ U W:cJLîi ^ S jj^\<br />

. I iiX»ÿ ÙIj<br />

(2) ûî '^j3t :Jlî ,^1 ¿fA Uyî p_Lw. oljjj<br />

LfA; tsjnufjj ^ j:S' CulijM - Jlî jl -<br />

181


Ils voulaient hausser les murs et lui posaient un toit à savoir que quelques<br />

hommes ont volé le trésor qui s’y trouvait.<br />

Un navire appartenant à un marchand Byzantin avait chaviré sur<br />

la côte de Jeddah. Les Qoraïchites prirent le bois de ce navire et se<br />

préparèrent à couvrir la Ka'ba d’un toit, car il y avait parmi eux un menuisier<br />

copte qui leur avait proposé cette idée et était prêt à la réaliser.<br />

Un serpent sortait souvent du fond de la Ka'ba, rampait sur les<br />

murs et apparaissait aux hommes qui le redoutaient fort car quiconque<br />

n’osait s’approcher de lui sans lui montrer ses canines et s’apprêter à<br />

le mordre. Un jour ce serpent étant ainsi. Dieu envoya un oiseau qui le<br />

prit par ses serres et l’emporta. Les gens de Qoraich s’écrièrent alors:<br />

«Nous espérons que Dieu agrée notre projet, nous avons un menuisier<br />

compétent et de planches de bois, et Dieu nous a suffi le mal de ee<br />

serpent».<br />

Les Qoraïchites décidèrent alors de démolir la Ka'Bà^ puis la reconstruire.<br />

Ibn Wahb (l’oncle matemel du père du Prophète) prit une des<br />

pierres pour l’enlever, mais elle ne tarda à revenir à sa place en sautant<br />

de sa main. Il s’écria alors: «O Qoraïchites! Ne dépensez pour la<br />

construction de la Ka’ba que ce que vous avez acquis licitement, que<br />

ce ne soit ni une rétribution d’une prostituée, ni usure ni provenant<br />

d’un préjudice».<br />

Pour faciliter la tâche, les Qoraïchites confièrent une partie de la<br />

Ka'ba à chaque tribu de la façon suivante: L’entrée principale à bani<br />

Abd Manaf et Zouhra, la partie comprise entre la colonne noire et la<br />

colonne Yamanite à Bani Makhzoum et d’autres tribus de Qoraich, le<br />

toit à Bani Joumah et Sahm et l’accès à l’enceinte à Bani Abd-Ed-Dar<br />

Ibn Qassy, Bani Assad Ben Ouzza Ben Qassy et Bani Ady Ben Ka'b<br />

Ben Louay, qu’on appelait «Al-hatim».<br />

Comme les hommes redoutaient la démolition de la Ka'ba en<br />

éprouvant certaine crainte, Al-Walid Ben Al-Moughira leur dit: «Je vais<br />

commencer le premier». Il prit la pioche, se tint debout sur le mur et<br />

dit: «Mon Dieu, ne t’en prends pas à nous. Mon Dieu, nous ne voulons<br />

que quelque chose de bien meilleure encore», puis il démolit la partie<br />

comprise entre les deux colonnes.<br />

Les gens attendirent toute la nuit disant: «Nous attendons, s’il al-<br />

182


lait nous arriver quelque malheur, nous rendrons cette partie telle<br />

qu’elle était, sinon, Dieu saurait gré de notre travail et nous continuerons».<br />

Au matin, comme rien n’eut atteint Al-Walid, il continua la démolition<br />

et les hommes firent de même. Arrivés aux fondations originelles<br />

- celles d’Abraham -, ils trouvèrent des pierres de couleur verte, déformées<br />

et dentelées de sorte que les unes entraient dans les autres. On<br />

m’a rapporté, dit Ibn ishaq, qu’un Qoraîchite fit entrer un levier entre<br />

deux pierres pour enlever l’une d’elles, une fois que cette pierre bougea<br />

de sa place, toute La Mecque fut sur le point de s’ébranler. Alors<br />

les hommes cessèrent d’enlever les assises.<br />

Et Ibn Ishaq de poursuivre: «Puis les tribus de Qoraïch apportèrent<br />

les pierres de toute part et lorsque les murs de la Ka'ba atteignit<br />

la hauteur de l’emplacement de la Pierre Noire, les tribus s’en disputèrent<br />

et chacune voulut lever cette Pierre et la placer là où elle était auparavant,<br />

au point où elles se préparèrent pour livrer bataille entre<br />

elles. Les hommes de la tfibu Alxleddar apportèrent un écuelle pleine<br />

de sang, conclurent une alliance avec Banou Ady Ibn Ka’b Ben Louay<br />

de combattre les autres tribus jusqu’à la mort et tachèrent leurs mains<br />

de ce sang. Ils furent nommés, pour ce foire, les «lécheurs du sang».<br />

Les Qoraïchites demeurèrent ainsi quatre on dnq nuits, puis ils se<br />

réunirent dans le Temple, se concertèrent et décidèrent d’agir avec<br />

équité les uns à l’égard des autres. Les historiens ont dit que Atx)u Oumaya<br />

ben Al-Moughira, qui était le plus âgé parmi eux, leur dit: «Ô Qoraîchites!<br />

Prenez juge le premier homme qui entrera à ce Temple et<br />

faites ce qu’il vous proposera». Comme le Prophète -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- fiit cet homme, ils s'écrièrent: «Voilà le fidèle, nous<br />

agréons son jugement». L’ayant mis au courant de leur différend, il<br />

leur demanda de lui apporter un manteau sur lequel il posa la Pierre<br />

Noire de sa propre main et leur dit: «Que chaque tribu tienne une extrémité<br />

de ce manteau et soulevez-la tous ensemble». Ils s’exécutèrent,<br />

et lorsque la pierre fut tout près de son emplacement, il la prit de<br />

sa main, la plaça et bâtit sur elle. A savoir que les Qoraïchites sumommaient<br />

l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- «le fidèle^<br />

avant le m^sage.<br />

Ibn ( ^ q continua le rédt: «Du temps du Prophète -qu’/Mlah le bénisse<br />

et le salue- la Ka'ba avait une hauteur de dix-huit coudées et<br />

183


était couverte d’une housse faite en tissu nommé: «Qoubati», mais<br />

plus tard cette housse était faite du tissu rayé «Bourd». Al-Hajjaj Ben<br />

Youssef était le premier à la couvrir d’une housse en soie.<br />

La Ka'ba demeura ainsi jsuqu’à ce qu’elle fut brûlée au début du<br />

commandement de ‘Abduilah Ben Al-Zoubayr à la fin de l’annnée 60<br />

de l’hégire et à la fin du commandement de Yazid Ben Mou'awya,<br />

quand les hommes assiégèrent Ibn Al-Zoubayr qui démolit la Ka'ba et<br />

la reconstruisit sur les fondations d’Abraham en y pénétrant l’enceinte<br />

et lui fit deux portes une à l’est et l’autre à l’ouest telle qu’elle était auparavant<br />

et comme il l’a entendu dire de la bouche de sa tante maternelle<br />

‘Aicha d’après le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue-. La Ka‘ba resta ainsi durant ia commanderie d’ibn Al-Zoubayr<br />

qui fut tué par Al-Hajjaj, et celui-ci la rebâtit comme elle était avant<br />

qu’ibn Al-Zoubayr eut changé ses limites après avoir reçu l’ordre de<br />

Abdel Malek Ben Marwan.<br />

^<br />

Cette modification fut racontée par Mouslim d’après ‘Ata’:<br />

«Lorsque la Maison fut brûlée du temps de Yazid Ben Mou'awya après<br />

l’incursion des habitants du Châm, Ibn Al-Zoubayr la laissa telle quelle.<br />

Après la venue des hommes à La Mecque dans la saison du pèlerinage,<br />

Ibn Al-Zoubayr voulant les exciter contre les habitants du Châm,<br />

leur dit: «Ô gens! Donnez-moi votre avis au sujet de la Ka'ba, devraisje<br />

la démolir puis la reconstruire ou bien la laisser telle quelle après sa<br />

restauration?. Ibn Abbas lui répondit: «Il m’est arrivé une idée, c’est de<br />

ia restaurer tout simplement et la laisser telle quelle en tant qu’une<br />

Maison comme le jour où les hommes avaient embrassé l’Islam et où<br />

Dieu avait envoyé Son Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- apportant<br />

le message». Ibn Al Zoubayr protesta et répliqua: «Si la maison<br />

de l’un d’entre vous a été brûlée, il l’aurait certainement voulu<br />

renouveler sa construction. Comment donc sera le cas quand il s’agit<br />

de la Maison de Dieu à Lui la puissance et la gloire?. Je vais demander<br />

à Dieu la consultation du sort par trois fois et je verrai ce que je<br />

devrai faire ensuite».<br />

Après l’écoulement de trois nuits, Ibn Al-Zoubayr avait déjà pris la<br />

décision de démolir la Ka’ba. Les hommes redoutèrent qu’un châtiment<br />

ne s’abatte sur eux ou sur celui qui donnera le premier coup. A ce moment<br />

un homme escalada le mur et commença à jeter une pierre à la<br />

184


suite d’une autre, et comme rien ne l’atteignit, les hommes osèrent<br />

l’imiter et la démolition fut complète et fut au niveau du sol.<br />

Durant la reconstruction, Ibn Al-Zoubair planta de colonnes tout<br />

autour en voilant l’emplacement jusqu’à ce que les murs atteignirent<br />

une certaine hauteur. Il dit: « J ’ai entendu ‘Aicha -que Dieu l’agréedire:<br />

«Si les gens ne venaient pas récemment de quitter le polythéisme,<br />

et l’argent ne me manquait pas pour reconstruire la Ka'ba une<br />

fois démolie, je lui aurais annexé une enceinte de cinq coudées et fait<br />

deux portes: la première pour l’entrée et la deuxième pour la sortie».<br />

Quant à moi, je possède l’argent nécessaire et je ne redoute pas les<br />

hommes».<br />

Ibn Al-Zoubayr ajouta cinq coudées à l’enceinte et reconstruisit la<br />

Maison sur les fondations apparues aux hommes, puis il augmenta la<br />

hauteur de dix coudées qui était de 18, enfin il fit deux portes l’une<br />

pour l’entrée et l’autre pour la sortie. Quand Al-Hajjaj tua Ibn Al-Zoubayr,<br />

il écrivit à Abdel Malek en l’informant de l’état actuel de la Maison<br />

et qu’elle a été bâtie^sur les anciennes fondations et les hommes<br />

probes de La Mecque avaient vu Ibn Al-Zoubayr la reconstruire sans<br />

l’empêcher.<br />

Mais Abdel Malek lui répondit: «Nous n’agréons plus tout ce<br />

qu’Ibn Al Zoubayr avait fait. Laissez la hauteur de la Ka’ba telle quelle,<br />

quand à l’ajout de l’enceinte, rendez-là à son ancienne grandeur et<br />

bouchez la porte qu’il avait ouverte» Et Al-Hajja s’exécuta.<br />

La bonne tradition consistait à agréer tout ce qu’Ibn Al-Zoubayr<br />

avait fait car c’était le désir de l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et<br />

le salue- qui ne l’a pas mis en exécution de peur que les gens ne le<br />

désavouent alors que leur conversion était encore récente. Mais cette<br />

tradition - sunna - était inconnue à Abdel Malek Ben Marwan, puis<br />

quand on lui rapporta le hadith de l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- d’après Aicha, il déclara: «Nous aurions aimé laisser<br />

la Maison telle quelle...» Ceci montre que le faire d’Ibn Al-Zoubayr était<br />

meilleur.<br />

Plus tard le calife Haroun Ar-Rachid- ou son père Al-Mahdi- demanda<br />

l’avis de l’imam Malek au sujet de la démolition de la Ka'ba et<br />

sa reconstruction selon le projet d’Ibn Al-Zoubayr, il lui répondit: «Ô<br />

prince des croyants! Ne fais pas que la Ka'ba de Dieu soit un jeu pour<br />

185


les rois en leur accordant le droit de la démolir quand cela leur plaira».<br />

Al-Rachid revint alors sur son idée (Rapporté par ‘lyad et An-Nawawi).<br />

La Ka‘ba ne cesse d’être ainsi telle quelle à l’état actuel jusqu’à la<br />

fin du monde quand elle sera détruite par un Abyssin d’après ce hadith<br />

rapporté par Abou Houraira où l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et<br />

le salue- a dit: «La Ka'ba sera détruite par tm Abyssin surnommé Zou-Assawiyqataine»<br />

(aux jambes grêles)».(Rapportépar Boukhari et Mous-<br />

Un autre hadith rapporté par Abduilah Ben Amr Ibn A I-‘As<br />

confirme le premier. Il a dit; «J ’ai entendu l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- dire; «Un homme d’Abyssinie aux jambes grêles détruira<br />

la ka’ba, s ’emparera de sa parure et la débarrassera de sa housse.<br />

C’est comme je le vois faire de ma place, il est chauve, aux pieds difformes,<br />

frappant la Ka'ba de sa pioche». (Rapporté par Ahmed)^^\<br />

Cet événement aura lieu après l’avènement de Ya’jouj et Ma’jouj<br />

(Gog et Magog) comme il a été rapporté dans les deux Sahihs. Dieu<br />

est le plus savant.<br />

Puis Abraham et Ismaëi supplièrent leur Seigneur par ces mots;<br />

(Seigneur, fais de nous des gens résignés à Ta yolonfé et fais de notre postérité<br />

un peuple soumis à Tes lois), c’est à dire des croyants qui Te seront<br />

soumis. T ’adoreront sans rien T ’associer. Al-Souddy a dit que la<br />

postérité sera limitée aux Arabes, mais Ibn Jarir le contredit et déclara<br />

qu’il s’agit de Arabes et d’autres car pamni eux il y aura les fils d’Israël<br />

d’après ce verset; (Il existe, chez le peuple de Mo&e, une communauté<br />

dont les membres se dirigent vers la Vérité grâce à laquelle ils observent la<br />

justice) [Coran VII, 159].<br />

Et l’auteur de cet ouvrage de conclure; «Les dires d’ibn Jarir en<br />

fait ne contredisent pas ceux d’AI-Souddy, étant donné que le verset<br />

(1) ¿y" Jlî :Jlî » jij* ^<br />

(2) : J>ii ^ Al J j- j : JU U+iP 4it<br />

jJâîî J» «y*<br />

«tjj)<br />

186


concerne particulier les Arabes. C’est pourquoi Dieu a dit dans le verset<br />

suivant: (Seigneur, fais naître parmi eux un envoyé qui lira Tes livres<br />

qui les enseignera ainsi que la sagesse et qui purifiera ton peuple) et cet<br />

envoyé ne sera autre que Mouhammad -qu’Allah le bénisse et le salue-<br />

Dieu le confirme aussi dans ce verset: (C’est Lui qui a envoyé aux<br />

infidèles un Prophète pris parmi eux) [Coran LXII, 2], mais ceci n’exclue<br />

pas qu’il a été envoyé vers tous les hommes en leur disant; (O vous les<br />

hommes, je suis, en vérité, eüvoyé vers vous tous) [Coran VII, 158]. Ainsi<br />

dans d’autres versets et confirmé également par d’autres preuves décisives.<br />

Cette Invocation faite par Abraham et Ismaël concerne, en vérité,<br />

tous les croyants fidèles comme le montre ce verset; (Ceux qui disent:<br />

«Notre Seigneur, accorde-nous la joie des yeux en nos épouses, en notre<br />

descendance; fais de nous de modèles pour ceux qui craignent Dieu) [Coran<br />

XXV, 74]. Ceci est un des signes de la satisfaction de Dieu quand 1<br />

accorde aux hommes une postérité qui adoreront le Seigneur seul<br />

sans rien lui associer. C’est pourquoi Dieu dit aussi à Abraham qu’il va<br />

faire de lui un dirigeant, un modèle à suivre, mais Son alliance ne sera<br />

jamais accordée aux injustes.<br />

Abraham avait imploré Dieu par ces mots; (Préserve-nous, moi, et<br />

mes enfants, d’adorer des idoles) [Coran XiV, 35]. Le Prophète -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue-dans un hadith authentifié, a dit; «A sa mort, les<br />

œuvres du fils d’Adam cessent sauf de ces trois: une aumône courante, une<br />

science utile et un fils vertueux qui lui invoque Dieu» (Rapporté par Mous-<br />

«Montre-nous les rites du pèlerinage», cette partie du verset à été interprétée<br />

par Ibn Abbas comme suit; «Après qu’on eût montré à Abraham<br />

les rites du pèlerinage, et voulant faire le parcours entre As-Safa<br />

et Al-Manwa, le démon se prépara pour lui barrer le chemin mais Abraham<br />

l’eut devancé, puis Gabriel l’emmena à Mina et lui dit: «C ’est ici<br />

que les gens devront faire halte». Ensuite, comme Abraham se dirigea<br />

vers la jamarat de «AI-‘Aqaba» pour jeter les cailloux, le démon voulut<br />

(1 ) iî-u» 1^1 oU liji :Jli 4jl ^ ijuJ<br />

187


I’interdire, il lui jeta sept cailloux et le démon s’enfuit. Anivé à la Jamarat<br />

«La moyenne» emmené toujours par Gabriel, le démon essaya aussi<br />

de l’empêcher, mais Abraham lui jeta sept cailloux, et ce fut de<br />

même à la fin auprès de la Jamarat «La plus éloignée» et Abraham lapida<br />

le démon de sept cailloux. Gabriel enfin nnontra à Abraham le Monument<br />

sacré et 'Arafat<br />

c i ç i î i > : - a - f ô ¿ 3 (5 c ç<br />

rabbanâ wab‘atfíhim rasûlam minhum yatlû ‘alayhim ’âyâtika wa<br />

yu‘allimuhumu-l-kitâba wa-1-tókmata wa yuzakkihim ’innaka ’anta-1-<br />

‘Aazu-l-Hakîm.<br />

Seigneur , fais naître parmi eux un envoyé qui lira-ües Livres, qui les<br />

enseignera ainsi que la sagesse et qui purifîera son peuple car Tu es à la<br />

fois le puissant et le si^e (129).<br />

Abraham implora Dieu afin qu'il envoie aux habitants de l’enceinte<br />

sacrée un messager de sa postérité, cette imploration concorda avec<br />

ce que Dieu avait prédestiné. Mouhammad fut envoyé vers tous les<br />

hommes sans distinction et même vers les génies.<br />

Abou Oumama a dit; « J ’ai demandé à l’Envoyé de Dieu -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue-; «Comment ta venue a-t-elle été annoncée?» Il<br />

me répondit: «C'était Vinyocation d’Abraham, la bonne annonce de Jésus,<br />

et ma mère, lors de sa conception, a vu une lumière qui sortait d’elle pour<br />

éclairer les palais du Châm» (Rapportépar Aluned)^^K<br />

Ce hadith signifie qu’Abraham -que Dieu le salue- était le premier<br />

qui paria de lui, sa mention ne cessa d’être répandue parmi les hommes<br />

jusqu’à ce que Jésus, le fils de Marie, le demier Prophète envoyé<br />

aux fils d’Israël, se leva parmi ces demiers en sermonneur et leur dit:<br />

(Je suis, en vérité, le Prophète de Dieu envoyé vers vous pour confirmer ce<br />

(2) frA» Jjl U 4)1 :cJû Jü<br />

«Ijj) jjj Lfi» 4jl oîjj<br />

188


qui, de la Tora, existait ayant moi, pour vous annoncer la bonne nouvelle<br />

d’un Pro^ète qu viendra après moi et dont le nom sera «Ahmad») [Coran<br />

LXI, 6]. C’est pourquoi il a dit: «Je suis l’invocation d’Abraham et la<br />

bonne nouvelle de Jésus. Il a dit aussi: «Ma mère a vu une lumière qui<br />

sorteit d’elle pour éclarer les palais du Châm», et on l’a commenté de<br />

la façon suivante: «Sa mère a vu cela en rêve et l’a raconté à ses<br />

concitoyens, et cette nouvelle fut répandue parmi eux, et ce n’était<br />

qu’un préambule de sa venue. Quant à l’illumination des palais de<br />

Châm en particulier, elle était une allusion à la stabilité de sa religion<br />

dans ce pays à la fin du temps. C’est pourquoi cette région sera, avant<br />

l'Heure Suprême, le fief de l’Islam, où Jésus fils de Marie descendra à<br />

Damas auprès du Manara oriental. Il a été rapporté à ce propos dans<br />

les Sahihs que le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Une<br />

fraction de ma communauté ne cessera de combattre pour défendre le droit<br />

(ou la vérité) et elle triomphera jusqu’au jour de la résurrection. Jésus le<br />

fils de Marie descendra auprès du rhinaret blanc à Damas...». On trouve<br />

chez Al-Boukhari cet ajoùTr «Alors qu’ils se trouveront au pays du<br />

Châm».<br />

Ce Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- enseignera le Coran<br />

et la Sunna aux hommes et les purifiera, c’est à dire, comme a dit Ibn<br />

Abbas, la soumission à Dieu et la sincérité du culte.<br />

^ % jlâ il ^ ^<br />

wa may-yargabu ‘an millati ’Ibralûma ’illâ man saflha nafsahû walaqadistafaynâhu<br />

fi-d-dunyâ wa ’innahû fî-l-’âhirati lamina-s-sâllMn (130) ’id<br />

qâla lahû rabbuhû ’asiim qâla ’aslamtu lirabbi-l-‘âlamîn (131) wa wassâ<br />

(1 ) ^ *^1 sU-<br />

189


ihâ ’Ibrâhîmu banîhi wa ya‘qûbu yâ baniyya ’inna-L-Lâha-stafâ lakumu-d-dîna<br />

fala tamûtunna ’illâ wa ’antum muslîmûn (132).<br />

Et qui peut se désintéresser de la religion d’Abraham sinon celui qui<br />

n’a pas le sentiment de la dignité. Noos l’avons élu dans ce monde et il siégera<br />

dans l’autre parmi les justes. (130). Lorsque son Seigneur dit à Abraham:<br />

«Soumets-toi» il répondit: «Je me soumets au Maître de l’univers».<br />

(131) Abraham recommanda à ses enfants de se soumettre et Jacob en fît<br />

autant en ces termes: «Ô mes enfants, Allah vous a choisi une religion. Ne<br />

mourez pas que vous soyez soumis» (132).<br />

Dieu le Béni et le Très Haut répond aux polythéistes et réfuté tout<br />

ce qu’ils lui avaient attribué comme associés ou des fils, une religion<br />

qui contredit totalement celle d’Abraham l’imam de monothéistes et<br />

des hommes pieux, qui a voué au Seigneur un culfe '^r en dénigrant<br />

et reniant ce que les impies ont adoré en dehors de Lui. Dieu, dans<br />

les versets suivants, nous montre qu’Abraham a désavoué ce que les<br />

incrédules adoraient, au point de désavouer son père et s’éloigner de<br />

lui;<br />

- On mon peuple, je désavoue ce que vous associez à Dieu * Je tourne<br />

mon visage, comme un vrai croyant, vers celui qui a créé les cieux et la<br />

terre. Je ne suis pas au nombre des polythéistes) [Coran Vi, 78-79].<br />

- Abraham dit à son père et à son peuple: «Je désavoue ce que vous<br />

adorez * mais non celui qu m’a créé car c’est Lui qui me guide) [Coran<br />

XLIII, 26-27].<br />

- Abraham ne demanda pardon pour son père qu’en vertu d’une promesse<br />

qui lui avait été faite; mais quand il vit clairement que son père était<br />

un ennemi de Dieu, il le désavoue. Abraham était humble et bon) [Coran<br />

IX, 114].<br />

- Abraham représente vraiment tout un peuple; docile envers Dieu,<br />

c’était un vrai croyant; il ne fut pas au nombre des polythéistes * Reconnaissant<br />

envers Dieu pour Ses bienfaits, Dieu l’a choisi et l’a dirigé sur une<br />

voie droite) [Coran XVI, 120-121].<br />

Ceux qui éprouvent de l’aversion pour la religion d’Abraham ne<br />

sont que des insensés qui se sont détournés de la voie droite pour suivre<br />

le chemin de l’égarement. Ya-t-ll une injustice plus grave que celle-<br />

190


là en préférant l’égarement et l’alwn'ation à la txjnne direction?. Le polythéisme<br />

ne constitue-t-il pas une grande injustice? Ya-t-il autres que<br />

les insensiés qui agissent de la sorte?<br />

At)ou AI-‘Alya et Qatada ont dit: «Ce verset a été révélé au sujet<br />

des juifs qui ont introduit à leur religion des innovations qui lui sont<br />

étrangères rien que pour contredire la religion d’Abraham et se détourner<br />

de la voie droite. Dieu désavoue leur agissement et répond à ces<br />

juifs et aux chrétiens qu’Abraham, était plutôt un croyant sincère et<br />

soumis ce qui est confirmé dans ce verset: (Abraham n’était ni juif ni<br />

chrétien, mais fl était un vrai croyant soumis à Dieu, il n’était pas au nombre<br />

des polythéistes * Les hommes les plus proches d’Abraham sont vraiment<br />

ceux qui l’ont suivi, ainsi que ce Prophète et ceux qui ont cru. Dieu<br />

est le Maître des croyants) [Coran III, 67-68].<br />

Abraham recommandàTà ses enfants de se soumettre et Jacob en<br />

fit autant, de se soumettre à Dieu et ne mounont que soumis. On a dit<br />

que cette recommandation fut faite quand Abraham fut sur l’article de<br />

la mort, et Ishaq eut un enfant - Jacob - du vivant d’Abraham et de Sarah,<br />

car à cette demière Dieu annonça la bonne nouvelle: (Nous lui annonçâmes<br />

la bonne nouvelle d’Isaac, et de Jacob après Isaac) [Coran XI,<br />

71] ceci été confirmé aussi dans d’autres versets. Alors Jacob (surnommé<br />

plus tard Israël) naquit du vivant d’Abraham, et c’est lui qui<br />

avait t>âti le Temple de Jérusalem.<br />

Il a été rapporté dans les deux Sahihs qu’Abou Dzarr demanda à<br />

l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-: «Quelle est la première<br />

mosquée qui fut élevée sur la terre?» Il me répondit: «La Mosquée<br />

Sacrée». -Et après, répliquai-je.<br />

- La mosquée: «Al-Aqsa» (à Jérusalem), rétorqua-t-il. - Combien<br />

d’années se sont écoulées entre les deux? - Quarante ans^^K<br />

ibn Hayan prétendit que Salomon avait construit le Temple sacré<br />

à Jérusiam. C ’est une erreur, car Salomon l’avait restaurée et ornée<br />

191<br />

.|4i-


après sa destruction. Ibn Hayan prétendit aussi qu’entre Salomon et<br />

Abraham il y a eu quarante années, ce qui est refuté car il y a bien<br />

des milliers d’années qui séparent entre les deux. Et c’est Dieu qui est<br />

le plus ravant.<br />

Une recommandation fut faite d’Abraham à ses enfants: (O mes enfants,<br />

Allah vous a choisi une religion. Ne mourez pas que vous n’y soyez<br />

soumis), une expression qui signifie: persévéréz dans votre soumission<br />

à Dieu, ne faites que de bonnes œuvres pour être toujours reconnaissants<br />

envers Dieu qui vous a accordé Ses bienfaits. Car en général<br />

l’homme ne meurt qu’en pratiquant les œuvres qu’il faisait dans son vivant,<br />

et sera ressuscité dans les mêmes conditions^jCeci ne contredit<br />

pas ce hadith: «Il arrive que l’un d ’entre vous pratique les œuvres des élus<br />

du Paradis au point de n’en être séparé que d’une coudée, alors ce qui lui a<br />

été destiné intervient et cet homme agit commes les réprouvés et il entrera<br />

à l ’Enfer. Par contre, il arrive que l’un de vous pratique les œuvres des réprouvés<br />

de l’Enfer au point de n’en être séparé que,d’une coudée, alors ce<br />

qui lui a été inscrit intervient et il pratique les œuvres de élus et il entrera<br />

au Paradis}/^^ (Rapporté par Boukhari). Car il a été rapporté dans d’autres<br />

versions ce qui suit: «Ces œuvres apparaissent aux gens comme<br />

celles des élus du Paradis, ou celles des damnés de l’Enfer». Dieu dit à<br />

ce propos: (A celui qui fait l’aumône et qui craint Dieu * à celui qui déclare<br />

véridique la très belle récompense * nous faciliterons l’accès au bonheur * A<br />

l’avare qui cherche à s’enrichir * à celui qui traite de mensonge la très belle<br />

récompense * nous faciliterons l’accès au malheur) [Coran XCII, 5-10]<br />

192


’am kuntum suhâdâ’a ’id h a^ra ya‘qûba-l-mawta ’id qâla libanîhi mâ<br />

ta'budûna min ba'dî qâlû na'budu ’ilâhaka wa ’ilâha ’âbâ’ika ’Ibrâhîma<br />

wa ’Ismâ'îla wa ’IsMqa ’ilâhan wâWdan wa natou lahû muslimûn (133)<br />

tilka ’ummatun qad ^ la t lahâ mâ kasabat walakum mâ kasabtum walâ<br />

tus’alûna ‘ammâ kânû ya‘malûn (134).<br />

Etiez-vous présents aux derniers moments de Jacob lorsqu’il interpella<br />

ainsi ses enfante: «Qu’adorez-vtras après moi?» üs répondirent: «Nous adorerons<br />

ton Seigneur. Le Seigneur de tes pères: Abraham, Ismaël et Isaac, le<br />

Dieu unique, et nous nous soumettrons à Lui» (133). Cette génération a disparu,<br />

emportant avec elle le mérite de ses actions. Vous-mêmes ne recueillerez<br />

que le mérite de vos actions et il ne vous sera pas demandé compte de<br />

ce qu’auront fait vos ancêtr^


terrogé sur les actes d’un autre. C’est pourquoi il a été rapporté que le<br />

Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Quiconque dont ses œuvres<br />

pies sont très minimes, sa généalogie ne lui servira à rien» (Rapporté<br />

par MousHm/^\<br />

waqâlû kûnû hûdan ’aw nasârâ tahtadû qui bal millata ’Ibrâhîma<br />

^nîfan wamâ kâna mina-1-musrildn.<br />

A ceux qui vous disent: «Devenez juifs ou chrétiens et vous serez dans<br />

la bonne voie» Répondez: «Non. Nous suivons le culte d’Abraham, le modèle<br />

même de la droiture, et qui ne s’est jamais compromis avec les idolâtres<br />

(135).<br />

Ibn Abbas a rapporté: «Abduilah Ben Soryara dit à l’Envoyé de<br />

Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-: «La bonne direction n’est autre<br />

que ce que nous pratiquons, suis-nous ô Mouhammad et tu seras bien<br />

dirigé». Comme les chrétiens ont tenu aussi les mêmes propos, Dieu<br />

fit alors cette révélation: (Devenez juifs ou chrétiens et vous serez dans la<br />

bonne voie) Mais le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- fut ordonné<br />

de leur répondre: (Non. Nous suivons le cutle d’Abraham le modèle<br />

même de la droiture).<br />

Abou Qilaba a interprété la droiture en disant: il s’agit de croire en<br />

tout ce que les Prophètes ont apporté, du premier au demier.<br />

*i X kij (jA 'ôj: l i j<br />

î; o S ^ jàJ<br />

qûlû ’âmannâ bi-L-Lâhi wamâ ’unzila ’ilaynâ wamâ ’unzila ’ilâ ’Ibrahima<br />

wa ’Ismâ'îla wa ‘IsMqa wa ya‘qûba wa-l-’asbâta wamâ ’utiya Mûsâ wa<br />

(1 ) -(c -^ ^ *"■<br />

194


‘Isâ wamâ ‘utiya-n-nabiyyûna mir-rabbihim lâ nufarriqu bayna ’a^dim<br />

minhum wa natou lahû muslimûn (136).<br />

Dites: Nous croyons en Allah, en ce qu’il nous a révélé et ce qu’H a<br />

révélé à Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et à sa descendance. Nous croyons<br />

aux messages apportés par leur Seigneur à Moïse, à Jésus et à tous les autres<br />

Prophètes, sans faire aucune distinction entre eux. C’est à Allah que<br />

nous sommes soumis. (136).<br />

Dieu le Très Haut a dirigé Ses serviteurs croyants vers la foi en<br />

leur ordonnant de croire en ce qui a été révélé à Mouhammad -qu’AIlah<br />

le bénisse et le salue- en détail et aux autres Prophètes en gros,<br />

sans avoir de préférence pour aucun d’entre eux, ou être parmi ceux;<br />

(qui veulent établir une distinction entre Dieu et Ses Prophètes en disant:<br />

«Nous croyons en certains d’entre eux, nous ne croyons pas en certains<br />

d’autres»; ceux qui veulent suivre une voie intermédiaire * ceux-là sont vraiment<br />

incrédules) [Coran IV7'160-151].<br />

Atxîu Houraira a dit; «Les gens du Livre lisaient la Tora en langue<br />

hébreuse et la traduisaient en arabe aux musulmans. L’Envoyé de<br />

Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- dit aux fidèles; «Ne croyez pas les<br />

gens du Livre, ne les démentez pas, mais dites plutôt: Nous croyons en<br />

Dieu et ce qu’il a révélé)/(R apportépar Boukhari).<br />

Quant aux «autres Prophètes» cités dans le verset, plusieurs interprétations<br />

ont été données à leur sujet;<br />

- Abou AI-‘Alya et Qatada ont dit; ils sont les douze enfants de Jacob,<br />

chacun d’eux représentait une tribu et c’est pourquoi on les appelait<br />

«les Asbats».<br />

-Al-Khalil Ben Ahmad; Les Asbats parmi les fîis d'Israêl sont<br />

comme les tribus issues d’Ismaël.<br />

- Al-Zamakhchari et Al-Boukhari; Ils sont les tribus des fils d’Israël.<br />

La dernière est la plus correcte, car Dieu a fait des révélations à<br />

(1) J*î ùl5' :JU<br />

Lij ¿U Jjkl 'ili Jlâ»<br />

195<br />

.U \ JjJÎ


certains d’entre eux, ce qui est confirmé par ces paroles de Moïse<br />

quand il dit aux fils d’Israël; (Ô mon peuple, souvenez-vous de la grâce de<br />

Dieu à votre égard, quand D a suscité parmi vous des Prophètes; quand II a<br />

suscité pour vous des rois) [Coran V, 20]; et aussi ce verset; (Nous les<br />

avons partagés en douze tribus, en douze communautés) [Coran VII, 160].<br />

Ibn Abbas a dit; «Tous les Prophètes étaient choisis pamni les fils<br />

d’Israël sauf ces dix; Noé, Houd, Saieh, Chou'aib, Abraham, Isaac, Jacob,<br />

ismaël et Mouhammad -que Dieu les salue tous.<br />

N.B. L ’auteur à omis le dixième ou s ’est trompé.<br />

¿lis. \^y ¿j^ îjX^\ ^ lÜi<br />

ÿ i j t o i ¿ ij j i j iiî<br />

fa’in ’âmanû bimitli mâ âmantum bihî faqadi-h-tadaw wa’in tawallaw fa<br />

’innamâ hum fî siqâqin fasayakfîkahumu-l-lâhu wa huwa-s-Samî‘u-1-<br />

‘Alîm (137) sibgata-L-Lâhi wa man ’ahsanu mina-I-Lâhi sibgatan wa<br />

na]tou lahû ‘âbidûn (138).<br />

Si vos adversaires adhèrent à ce dogme, ils auront retrouvé la bonne<br />

direction, s’ils le rejettent, ils se seront en état de rebellion. Allah te mettra<br />

à l’abri de leurs complots car II entend et sait tout. (137). Telle est la couleur<br />

d’Allah. Et quelle couleur est plus belle que celle d’Allah? c’est Lui que<br />

noiK adorons. (138).<br />

Dieu fait connaître à Son Prophète que si ces incrédules pamni les<br />

gens du Uvre croient à ce que vous croyez, c’e ^ à dire en tous les Livres<br />

et les Prophètes sans faire aucune distinction entre eux, ils sont<br />

bien dirigés. Mais s’ils se détournent de la vérité pour suivre l'erreur, ils<br />

se trouvent abrs dans un schisme. Dieu vous suffit vis-à-vis d'eux, il<br />

est c^ui qui entend et sait tout.<br />

ibn Abbas a dit; «La couleur de Dieu- ou l’onction- n’est autre que<br />

la religion de Dieu. Le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit;<br />

«Les fils d’Israël ont demandé à Moïse; Ton Seigneur, fait-ll de teintures?»<br />

Il leur répondit; «Craignez Dieu». Le Seigneur lui fit alors cette<br />

196


évélation: «Dis-leur que Je donne les couleurs: le rouge, le blanc, le<br />

noir et toutes les couleurs»<br />

l i ÿ i j u j û j ÿ i i t 4 ^<br />

Xiii.'ifij i>i b } y i ü ^ ü j-iJiï<br />

. i î " jîikl ¿ i j S i j i i i jiS i ¡fi (is jü j i lyÉ"<br />

i i T i; a l £ . i i t i i j @ ù j 2 2 ii£ iâ( \is<br />

m^ [jt !î £ ^ v ; is<br />

qui ’atuMjjûnanâ fî-L-Lâhi wahuwa rabbunâ wa rabbukum wa lanâ<br />

’a‘mâlunâ wa lakum ’a'mâlukum wa n a ^ u lahû muhlisûn (139) ’am taqûlûna<br />

’inna ’Ibrahîma wa ’Ismâ‘!la wa ’IshMqa wa ya'qûba wa-1-<br />

^àsbâta kânû hûdan ’aw-aasâtâ qui ’a’antum ’a‘lamu ’ami-L-Lâhu wamah<br />

’azlamu mimman katama sahâdatan ‘indahu mina-L-Lâhi wama-L-<br />

Lâhu bi gâfilin ‘anmiâ ta ‘malûn (140) tilka ’ummatun qad halat lahâ mâ<br />

kasabat wa lakum mâ kasabtum walâ tu s’alûna ‘ammâ kânu<br />

ya‘malûn (141).<br />

Dis-leur; Pourquoi faire d’Allah l’objet d’une discussion puisqu’il est<br />

notre Seigneur et le vôtre? A nous, notre manière d’agir. A vous, la vôtre.<br />

Nous sommes sincères envers Allah. (139). Persistent-ils à dire qu’Abraham,<br />

Isnmâ, l^aac, Jacob et sa descendance étaient juifs ou chrétiens?,réponds^Ienr:<br />

Qui de vous ou d’Allah est le mieux renseiipné? Et qui est pins<br />

CMip^le que celui qm dissimule les témoignages qu’il a reçus d’Allah. Mais<br />

AlUib n’est pas inattentif à ce que vous faites. (140). Cette génération a disparu,<br />

emportant avec elle le mérite de ses actions. Vous-mêmes ne recueillerez<br />

que le mérite de vos actions et il ne vous sera pas demandé compte de<br />

ce qu’auront fait vos ancêtres.(141).<br />

Dieu montre à Son Prophète le moyen de refuter les dires des polythésites<br />

qui discutaient avec lui à Son sujet, de le considérer comme<br />

Dieu unique, envers qui nous devons être sincères en Lui rendant un<br />

culte pur, n’adorer que Lui en obtempérant à Ses ordres et prescriptions<br />

et s’interdisant à tout ce qu’il a prohibé. Il est notre Seigneur et le<br />

vôtre. Il n’a pas d’associé et dispose de ce qu’il a créé. A chacun appartiennent<br />

ses actions, et nous désavouons, ce que vous adorez et<br />

197


ce qu’adoraient vos pères, comme Dieu le montre dans un autre verset:<br />

(Dis-leur, quand ils te traitent de menteur: «A moi mes actes, à vous<br />

les vôtres, vous désavouez ce que je fais, et je ne suis pas responsable de ce<br />

que vous faites) [Coran X, 41].<br />

Puis Dieu réfuté les présomptions de ceux qui disaient qu'Abraham<br />

et les autres Prophètes suivaient leurs propres religions le judaïsme<br />

ou le christanisme, et comment le savaient-ils alors que Dieu<br />

seul est le plus renseigné? Non, Abraham n’était ni juif ni chrétien,<br />

mais il était un vrai croyant soumis à Dieu; il n’était pas au nombre des<br />

polythésites.<br />

«Et qui est plus coupable que celui qui dissimule le^témoignages qu’il<br />

a reçus d’Allah» Cette partie du verset a été interprétée par Al-Hassan<br />

Al-Basri de la façon suivante: «Ils lisaient dans le Uvre qui leur fut révélé<br />

que la religion de Dieu est l’Islam, que Mouhammad est l’Envoyé<br />

de Dieu, et qu’Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et les autres prophètes<br />

parmi les tribus désavouaient le judaïsme et le christianisme. Ils témoignèrent<br />

cela à Dieu et s’y consentirent, mais ils avaient dissimulé ce<br />

témoignage, en semblant ignorer que: (Dieu n’est pas inattentif à ce<br />

qu’ils faisaient) c'est une grande menace que Dieu lance à rencontre<br />

de ces gens-là, car Sa science embrasse tout et II les châtiera pour<br />

leur reniement. A chaque communauté ses œuvres qu’elle aura acquises.<br />

Dieu les avertit en leur disant que leur adhésion au dogme de<br />

leurs Prophètes ne leur suffit pas tant qu’ils ne suivent pas les enseignements<br />

et les mettent en exécution et tant qu’ils ne suivront pas les<br />

autres Prophètes et messagers qui leur furent envoyés en tant que<br />

porteurs de la bonne nouvelle et avertisseurs. Quiconque mécroit en<br />

un seul Prophète c’est comme il a mécru en tous les autres surtout au<br />

dernier des Prophètes, le Messager qui a été envoyé vers tous les<br />

hommes et les génies.<br />

,4 i L' ^ é \ ^<br />

j i ï ÿ i i::; î Î j M<br />

198


sayaqûlu-s-sufahâ’u mina-n-nâsi mâ wallâhimi ‘an qiblatihimu-l-latî kânû<br />

‘alayhâ qui li-L-Lâhi-l-masriqu wa-l-magribu yahdî may-yasâ’u ’ilâ<br />

sirâtin-mustaqîm (142) wa kadalîka ja‘alnâkum ’ummatan wasa^-l-litakûnû<br />

suhâdâ’a ‘alâ-n-nâsi wa yakûna-r-rasûlu ‘alaykum sahîdan wamâ<br />

ja‘alnâ-l-qiblata-l-latî kunta ‘alayhâ ’illâ lina‘lama may-yattabi‘u^P‘rasûla<br />

mimman yanqalibu ‘alâ ‘aqibayhi wa’in kânat lakabîratan ’illâ ‘alâ-l-lad<br />

îna hada-L-Lâhu wama kâna-L-Lâhu liyuti‘a ’imânakum ’inna-L-Lâha<br />

bi-n-nasi la-ra’ûfur-rahûn (143).<br />

Des insensés interrogeront: Pourquoi ont-ils abandoné la direction a laquelle<br />

ils étaient habitués jusqu’alors? Réponds-leur: L’Orient et l’Occident<br />

sont à Allah. Il indique à^üi H veut la bonne direciton. (147) Nous avons<br />

fait de vous une nation centrale pour que vous serviez de témoins à tous les<br />

peuples. Votre témoin, à vous, sera le Prophète. Nous n’avons maintenu la<br />

Qibla initiale que pour distinguer ceux qui obéiraient au Prophète de ceux<br />

qui l’abandonneraient. Ce fut là une dure épreuve, sauf pour ceux à qui Allah<br />

donna la foi. Ce n’cist pas Allah qui vous fera perdre le bénéfice de votre<br />

foi, car Allah est plein de mansuétude et de clémence pour les hommes.<br />

(143).<br />

Le mot «insensés» cité dans ce verset vise les docteurs juifs<br />

d’après Al-Zajjaj, ou bien les hypocrites d’après Moujahed, ou selon Al-<br />

Souddy tous les deux.<br />

Al-Bara‘ a rapporté: «L’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- faisait ses prières durant seize ou dix-sept mois en se dirigeant<br />

vers le Temple de Jérusalem. Il lui plaisait beaucoup d’avoir la Maison<br />

sacrée entre lui et le Temple. Après le changement de la Qibla, la première<br />

prière qu’il avait faite, était celle de l’asr, en commun avec d’autres<br />

fidèles. La prière achevée, un homme de ces derniers passa par<br />

d’autres qui priaient en position d’inclinaison, il leur dit: «Je jure par<br />

Dieu que je viens de faire une prière en nous dirigeant vers La<br />

Mecque», les hommes changèrent alors leur qibla et se dirigèrent vers<br />

la Ka’ba».<br />

Et Al-Bara’ d’ajouter: «Nous ne savions pas si les prières de ceux<br />

199


qui les avalent faites avant le changement de la Qibla seraient acceptées<br />

ou non. Dieu alors fit descendre ce verset: (Ce n’est pas Allah qui<br />

vous fera perdre le bénéfice de votre foi, car Allah est plein de mansuétude<br />

et de clémence pour les hommes).<br />

Al-Bara’ a raconté aussi: «L ’Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse<br />

et le salue- faisait ia prière en se dirigeant vers le Temple de Jérusalem,<br />

mais ii regardait souvent le ciel attendant un ordre de Dieu. Il lui<br />

révéla: (Nous t’avons vu, ô Prophète, interroger le ciel du regard. Nous<br />

t’avons désigné une direction qui t’agrée. Tourne ton visage du côté de<br />

l’oratoire sacré) [Coran II, 144].<br />

Quant à Ibn Abbas, ii a raconté un autre récit qui est le suivant:<br />

«Après son émigration à Médine, Dieu ordonna à l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- de se diriger vers le Temple Sacré à<br />

Jérusalem dans sa prière, et les juifs éprouvèrenTxme grande joie le<br />

voyant ainsi faire. Il faisait ses prières de la sorte durant dix et quelques<br />

mois, mais il désirait toujours tourner sa face vers la qibla d’Abraham.<br />

Il invoquait Dieu souvent en regardant vers le ciel. Dieu enfin lui<br />

ordonna de se diriger vers la Maison Sacrée. Une certaine perplexité<br />

envahit les juifs et se dirent: «Qui donc les a détournés de la Qibla<br />

vers laquelle ils s'orientaient?» Dieu fit alors descendre ce verset:<br />

(L’Orient et l’Occident sont à Allah, Il indique à qui II veut la bonne direction).<br />

D’autres hadiths ont été rapportés à ce sujet, mais ce qu’il faut savoir<br />

c’est que i’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- était ordonné<br />

de s’orienter vers le «Rocher» à Jérusalem. A La Mecque ii<br />

faisait la prière entre les deux colonnes ayant toujours la Ka'ba entre<br />

lui et Jérusalem. Après son émigration à Médine, il lui fut impossible<br />

d’avoir la Ka'ba devant lui, Dieu alors lui ordonna de se diriger vers le<br />

Temple à Jérusalem.<br />

Plusieurs exégètes ont dit que l’ordre du changement de la Qibla<br />

fut donné alors que ¡’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salueavait<br />

achevé deux rak’ats de la prière du midi dans la mosquée de Bani<br />

Salama; c’est pourquoi on a donné à cette mosquée le nom «La<br />

mosquée de deux Qibla». Quant à ceux qui priaient dans la mosquée<br />

de Qouba’, ils n’eurent vent de cela que le lendemain en faisant la<br />

prière de l’aube, comme Ibn Omar l’a raconté en disant: «Tandis que<br />

200


les hommes faisaient la prière de l'aube dans la mosquée de Qouba’,<br />

un homme vint leur dire: «L ’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- a reçu cette nuit une révélation et il a été ordonné de s’orienter<br />

vers la Ka'ba, tournez donc vos faces vers elle» et les hommes s’exécutèrent.<br />

Lorsque cela eut lieu, les hypocrites, les tergiversés et les incrédules<br />

parmi les juifs éprouvèrent un certain suspect, un égarement de la<br />

voie droite et une incertitude. Ils dirent: «Qui les a détournés de l’orientation<br />

à quoi auparavant ils se tenaient?» Dieu fit alors decendre cette<br />

révélation: «L ’Orient et l’Occident sont à Dieu» Tout revient à Dieu et<br />

quel que soit le côté vers lequel on se tourne, la face de Dieu est là.<br />

L’essentiel c’est de se soumettre à Lui même si on dirige la face plusieurs<br />

fois vers différents côtés, car nous ne sommes que Ses serviteurs<br />

et 1nous dirige comme II veut, et ce fut enfin la Ka'ba qui nous<br />

été choisie comme Qibla, la plus honorable orientation.<br />

'Aicha -que Dieu l’agrée" a rapporté que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue- en parlant des gens du Livre, a dit: «Ils ne<br />

nous jalousent pas plus qu’ils le fo n t pour le jo u r de vendredi vers lequel<br />

D ieu nous a dirigés et ils s’en sont égarés, pour la Q ibla et de dire:<br />

«A m e n » derrière l ’im am » (Rapporté par Ahmed/^K<br />

«Nous avons fait de vous une nation centrale pour que vous serviez de<br />

témoins à tous les peuples. Votre témoin, à vous, sera le Prophète» Cela signifie<br />

que Dieu nous a ordonné de prendre la Qibla d’Abraham de préférence<br />

à toutes les autres pour que nous soyons la meilleure de<br />

toutes les communautés et des témoins contre les autres au jour de la<br />

résurrection, car ceux-là devraient être reconnaissants envers nous.<br />

Dieu a fait de nous une communauté de juste milieu comme étant la<br />

meilleure, nous a donné les lois les plus parfaites, les voies les plus<br />

droites et les plus claires. Il a confirmé cela dans ce verset: (C’est Lui<br />

qui vous a choisis. II ne vous a imposé aucune gêne dans la religion, la religion<br />

de votre père Abraham. C’est lui qui vous a donné le nom de «Musul-<br />

( ”1) V rvjlîÛI J *î ^ ¿1 Jlî :cJlî î-îJlp j e -<br />

¿1 UlJi* ÎUJI t l ^ l*J 4il Wa* ^ 1 U r<br />

•tCxA fUVl Ujî tLjiP (l^i<br />

201


mans» autrefois déjà, et ici même, afin que le Prophète soit témoin contre<br />

vous et que vous soyez témoins contre les hommes) [Coran XXll, 78].<br />

Abou Sa’id a rapporté que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et<br />

le salue- a dit: «Au jour de la résurrection on appellera Noé et lui dira:<br />

«As-tu transmis le message?» Oui, répondra-t-il. On fera emmener son peuple<br />

et on leur demandera: «Vous a-t-il transmis le message?» Ils s ’écrieront:<br />

«Nous n’avons reçu ni un Prophète ni un avertisseur». On dira alors à<br />

Noé: «As-tu un témoin?» - Mouhammad et sa communauté, répliquera-t-il.<br />

Voilà ce que signijie: «Nous avons fait de vous une nation centrale». Vous<br />

serez appelés pour témoigner que Noé avait transmis le Message et je témoignerai<br />

contre vous» (Rapporté par Boukhari, Tirmadzi et Nassai^^K<br />

Le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit aussi à ce propos:<br />

«Au jour de la résurrection, ma communauté et moi, nous tiendrons<br />

sur une place élevée pour dominer toutes les créatures et chaque homme<br />

préférerait en ce jour là être l ’un des nôtres. Tout peuple qui aurait traité<br />

son Prophète de menteur, nous témoignerons qu’il a transmis le message de<br />

son Seigneur à Lui la puissance et la gloire» (Rapporté par Ibn Marda-<br />

«Nous n’avons maintenu la Qibla initiale que pour distinguer ceux qui<br />

obéiraient au Prophète de ceux qui l’abandonneraient. Ce fut là une dure<br />

épreuve, sauf pour ceux à qui Allah donna la foi» Dieu veut dire: «O Mouhammad!<br />

Nous avions d’abord établi pour toi le Temple de Jérusalem<br />

comme orientation, puis nous t’en avons détoumé pour t’orienter vers<br />

la Ka’ba, pour distinguer ceux qui te suivent de ceux qui retournent sur<br />

leurs pas en te désobéissant et apostasiant Ce faire est sans doute<br />

(1) îc-iL J* aJ J ü j Jl» :Jü -Aj«-«<br />

J ü - i Ijljî U j j j i ; ^ ü l ; î L i ùJjjL* J * ¡* V<br />

J lî 4Aï*Ij<br />

¿JÜ .t^.t.J JA<br />

#ljj) |»î ^ JjuJI ;Jlî<br />

(2 ) ¿r* ^ JitsUJI ^ î j UÎi :J lî ^<br />

ijr s -j y * i j Î3 L.J ¿ b a ï Ait 'b/j A A ÿ ¿ jA \a j l\ i A a;Î I j Os-Î<br />

.(*UI<br />

iljj)<br />

202


une épreuve qui pèsera sur les cœurs mais pas pour ceux que Dieu dirige,<br />

croient en tôi, déclarent véridique tout ce que tu leur apportes et<br />

que Dieu est libre de faire ce qu’il lui plaît. Quant à ceux dont les<br />

cœurs sont malades, à chaque fois qu’il y a de nouveaux enseignements,<br />

ils se plaignent et en doutent» Dieu a dit à leur sujet: (Certains<br />

disent, quand une sourate est révélée: «Quel est celui d’entre vous dont elle<br />

augmente la foi?» Elle augmente la foi de ceux qui croient et ils se réjouissent.<br />

Elle ajoute une souillure à la souillure de ceux dont les cœurs sont malades)<br />

[Coran IX, 124-125].<br />

Ce changement de la Qibla suscita entre les fidèles une certaine<br />

interrogation: Comment Dieu jugerait-ils les prières qu’avaient faites les<br />

hommes en s’orientant vers Jérusalem et qui viennent de mourir avant<br />

ce changement?. Dieu ne tarda pas à faire une révélation pour leur assurer<br />

qu’il ne rendrait pas vaine la foi de quiconque avait suivi le Prophète<br />

et obtempéré à ses ordres. Car Dieu est bon et miséricordieux<br />

envers Ses sujets. Et pouràfftrmer cela, il a été cité dans le Sahih que<br />

le Prophète a raconté aux fidèles l’histoire de la femme qui a été prise<br />

comme captive de guerre et séparée de son nourrisson. A chaque fois<br />

qu’elle voyait un nourrisson, elle le prenait et lui donnait son sein<br />

croyant qu’il était la sien. L’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- dit alors aux fidètes: «Croyez-vous que cette femme-là va précipiter<br />

son enfant dans le Feu alors qu'elle en est capable de le faire?» - Ils lui répondirent:<br />

«Certes non ô Envoyé de Dieu». Il répliqua: «P a r Dieu, Dieu<br />

est plus miséricordieux envers ses serviteurs que cette femme envers son enfant»^<br />

(1 ) ¿çuj (jji J i ¿J* » 1 J -î^é


qad narâ taqalluba wajhika fi-s-samâ’i falanuwalliyannaka qiblatan<br />

tartâha fawalli wajhaka satra-l-masjidi-l-haTâini wa Mytu mâ kimtmn fawallû<br />

wujûhakum satrahû wa ’inna-l-ladîna ’ûtû-l-kitâba làya‘lamuna<br />

’annahu-l-haqqu mir-rabbihim wamâ-L-Lâhu bigâfilin ‘ammâ<br />

ya‘malûn (144).<br />

Nous t’avons vu ô Prohète interroger le ciel du regard. Nous t’avons<br />

désigné une direction qui t’agrée. Tourne ton visage du côté de l’Oratoire<br />

Sacré. Où que vous soyez, tournez votre visage de ce côté. Les gens d’Écritures<br />

savent parfaitement que cette vérité vient du Seigneur. Et AUah n’est<br />

pas inattentif à ce que vous faites (144).<br />

Nous avons déjà assez parlé du changement4e la Qibla et c’est<br />

une des faveurs que Dieu a accordée à son Prophète -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- qui désirait toujours prier en s’orientant vers ia Ka'ba.<br />

/<br />

Ce qui a été affirmé, c’est que ia prière faite par le Prophète -<br />

qu’Aiiah le bénisse et le salue- après ce changement fut celle de l’asr.<br />

Ai-i-iafez ibn Mardawayh a dit que Nouwayla Bént Mousiim a raconté:<br />

«Nous faisions la prière de l’asr dans ia mosquée de Bani i-iaritha en<br />

nous orientant vers le temple d'Iiya, et quand ii ne nous restait que<br />

deux rak’ats pour terminer, un homme vint nous dire que i’Envoyé de<br />

Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a reçu i’ordre de s’orienter vers la<br />

Maison sacrée. Alors hommes et femmes, ceux ()ui priaient échangèrent<br />

leurs places et nous continuâmes ainsi la prière. Un homme de<br />

Bani Haritha m’a raconté que le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue-<br />

a dit à notre sujet: «Ils sont des gens qui croient à l’invisible».<br />

Donc où que soit le fidèle, il doit tourner son visage vers la ( ^ ‘ba<br />

pour accomplir la prière prescrite. Quant aux prières surérogatoires<br />

pendant le voyage, ou durant le combat, ou bien même si on ignore la<br />

direction de la Ka'ba et sans ia bien préciser, on peut les faire vers<br />

n’importe quel côté mais il vaut mieux s’efforcer de connaître la direction<br />

de la Qibla, et Dieu n’impose pas à l’homme une charge qui ne<br />

peut pas la supporter.<br />

Une question qui se pose: Comment doit être la posture de<br />

l’homme qui prie? Les adeptes de Malek, et dont les autres l’ont approuvé,<br />

ont dit qu’il faut regarder devant lui sans chercher l’endroit où il<br />

204


doit poser son front. Car dans ce cas il sera en queique sorte forcé de<br />

s’incliner en fixant son regard sur cet endroit toujours, ce qui est incompatible<br />

aussi avec le redressement parfait.<br />

Entre autres opinions concernant le même sujet, on cite ce qui a<br />

été rapporté dans la tradition; A l’inclinaison, l’homme regarde la place<br />

où il se tient, dans la prosternation là où il pose son nez et en position<br />

assis son giron.<br />

Dieu enfin fait connaître à son Prophète que tant aux juifs qu’à<br />

ceux qui ont désavoué l’orientation vers la Ka'ba, savaient bien que tôt<br />

ou tard, le Seigneur allait t’orienter vers elle comme il est cité dans<br />

leurs Ecritures en t’y décrivant, et ce que Dieu t’avait réservé comme<br />

honneur, haute considératioTT-et une parfaite religion. Mais les gens du<br />

Livre dissimulent cela emportés par leurs jalousie, opiniâtreté et impertinence,<br />

et c’est pourquoi Dieu le menace en disant; (Dieu n’est pas inattentif<br />

à ce qu’ils font»<br />

c jI t*j lâ jii îylp \a<br />

aJJS<br />

.< « 4 ^<br />

0 S J ¡ ^ ' ¿ i !<br />

wa la’in ’atayta-l-ladîna ’ûtu-l-kitâba bikulli ’âyatim mâ tabi'û qiblataka<br />

wamâ ’anta bitâbi‘in qiblatahum wamâ ba‘^h u m bitâbi‘in qiblata ba‘dn<br />

wala’ini-t-taba‘ta ’ahwa’ahum mim ba'di ma jâ’aka mina-l-‘ilmi ’innaka<br />

’ida-l-laminaz-^limîn (145).<br />

Quelque convaincante que soit la preuve que tu apportes aux gens de<br />

l’Ecriture, ils n’adopteront pas ta Qibla. Toi, non plus, tu n’adopteras pas<br />

la leur. Et juifs et chrétiens n’interchangeront jamais eux-même leur Qibla.<br />

Si, après avoir reçu ta vérité, tu te laissais entraîner par eux, tu te rangerais<br />

au nombre des coupables. (145).<br />

Donc, ô Mouhammad, si tu apportais aux juifs incrédules quelques<br />

signes et preuves évidentes, ils n’en croiraient jamais et n’adopteraient<br />

non plus ta Qibla, car Dieu a dit d’eux; (Ceux contre qui s’est réalisée la<br />

parole de Dieu ne croiront sûrement pas * même si tous les signes leur parvenaient,<br />

tant qu’ils ne verront pas le châtiment douloureux) [Coran X, 96-<br />

205


97]. Comme ils tiennent à leur opinion et à leurs passions, le Prophète<br />

-qu’Allah le bénisse et le salue- doit aussi, de sa part, tenir à ce que<br />

Dieu lui a révélé et à quoi il doit se soumettre en cherchant la satisfaction<br />

de Dieu. 1 ne devra pas donc en aucun cas les suivre et se soumettre<br />

à leurs passions, comme Dieu lui ordonne; (Si, après avoir reçu<br />

la vérité, tu te laissais entraîner par eux, tu te rangerais au nombre des<br />

coupables)<br />

¿>cî\<br />

VS<br />

-1-ladîna ’âtaynâhumu-l-kitâba ya‘rifûnahû kamâ ya‘rifûna ’abnâ’ahum<br />

wa ’inna farîqam minhum layaktumna-l-^qqa wa hum ya'lamûn (146)<br />

al-Mqqu mir-rabbika fala takimi mina-l-mumtamîn (147).<br />

Cette vérité, les gens d’Ecriture la connaissent comme ils connaissent<br />

leurs propres enfants. Mais une partie d’entre-eux cachmt sciemment la vérité<br />

sur ce point. (146). La vérité vient de ton Seigneur. Ne sois donc pas<br />

parmi les incrédules. (147).<br />

Dieu informe Son Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- que<br />

les gens du Livre connaissent bien la véracité de ce qu’il a apporté<br />

comme l’un d’entre-eux connait son propre enfant. On a rapporté<br />

qu’ibn Omar demanda à Abduilah Ben Salam: «Connais-tu Mouhammad<br />

comme tu connais ton propre enfant?»- Certes oui et mieux encore,<br />

répondit-il, la description du «Fidèle» avait été parvenue du ciel<br />

avant même son message. Quant à mon enfant, je ne sais rien de ce<br />

que sa mère a fait!».<br />

Mais les juifs à l’accoutumée, dissimulaient tout ce qui est mentionné<br />

dans leur livre au sujet du Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- et Dieu par contre, affirme que ce qu’il a apporté est<br />

la vérité, et on ne doit jamais en douter.<br />

206


wa likullin wijhatun huwa muwallihâ fastabiqû-l-hayrati ’aynamâ taqûnû<br />

ya’ti bikumu-L-Lâhu jami'an ’inna-L-Lâha ‘alâ kulli say’in qadîr (148).<br />

Chacun a sa direction préférée. Mais qu’importe, le principal est de rivaliser<br />

pour le bien. Où que vous soyez, Allah vous ramènera à Lui, car H<br />

est tout-Puissant. (148).<br />

Ibn Abbas a interprété ce verset en disant: nA chaque nation une<br />

Qibla vers laquelle les hommes s’orientent et qui l’agréent, et Dieu a<br />

dirigé Son Messager vers la Qibla dont les croyants ont agréé.<br />

Quant à Al-Hassan, il a dit: «Dieu a ordonné à chaque nation de<br />

s’orienter vers la Ka'ba.<br />

Ce verset est pareil à un autre où Dieu dit: (Nous avons donné, à<br />

chacun d’entre eux, une règle et une loi. Si Dieu l’avait voulu, n aurait fait<br />

de vous une seule communauté: Mais II a voulu vous éprouver par le don<br />

qu’n vous a fait. Cherchez à vous surpasser les uns les autres dans les bonnes<br />

actions, votre retour, à tous, se fera vers Dieu) [Coran V, 48]. A la fin.<br />

Dieu ressemblera tous les hommes car II est capable sur toute chose.<br />

y a<br />

wamin l^ytu ^ ra jta fawalli wajhaka satra-l-masjidi-l-^râmi wa ’innahû<br />

lalMqqu mir-rabbika wama-L-Lâhu bi gâfilin ‘ammâ ta’malûn (149) wa<br />

min toytu harajta fawalli wajhaka satra-l-masjidi-l-Mrâmi wa Mytu mâ<br />

kuntum fawallû wujuhakum satrahû li’allâ yakûna li-n-nâsi ‘alaykum<br />

hujjatun ’illâ-l-ladîna zalamû minhum falâ tahsawhum wahsawnî wa<br />

li’utimma ni‘matî ‘alaykum wa la‘allakum tahtadûn (150).<br />

De quelque lieu que tu sortes, tourne ton visage du côté de l’Oratoire<br />

sacré. C’est là une prescription de ton Seigneur. Et Allah n’est point inatjtentif<br />

à ce que vous faites (149) .De quelque lieu que tu sortes, tourne ton<br />

visage du côté de l’Oratoire sacré. Où que vous vous trouviez, tournez vos<br />

207


visages de ce même côté, si vous ne voulez pas donner prise à vos adversaires<br />

contre vous. Quant aux incrédules, ne les craignez pas, mais craignez-<br />

Moi, afín que vous obteniez Mon indulgence plénière et que vous vous trouviez<br />

toujours dans la bonne voie. (150).<br />

L ’ordre de s’orienter vers la IVlaison Sacrée dans la prière, fut<br />

donné pour la troisième fois. Pour quelle raison? On a dit que c’était la<br />

première chose qui fut abrogée des enseignements, selon l’opinion<br />

d’ibn Abbas et d’autres. D’autres ont dit: Ceci dépend des lieux oij se<br />

trouve celui qui prie: Le premier est celui qui voit la Ka’ba, le deuxième<br />

qui se trouve à La Mecque sans la voir, et le troisième qui réside en<br />

d’autres pays et régions, d’après Al-Fakhr Al-Razi. Quant à Al-Qourtoubi,<br />

il a dit: «Le premier concerne le résidant à la Mecque, le second en<br />

d’autres pays et le troisième qui voyage».<br />

On a commenté cet ordre de la façon suivante: «Chaque verset<br />

dépend de l’autre, d’abord Dieu a dit à Son Prophète: (Nous t’avons vu,<br />

ô Prophète, interroger le ciel du regard), puis II l’exauça en lui désignant<br />

la Qibla vers laquelle il devra tourner son visage et qui l’agrée. Le deuxième<br />

ordre fut ce verset: (De quelque lieu que tu sortes, tourne ton visage<br />

du côté de l’Oratoire Sacré. C’est là une prescription de ton Seigneur.<br />

Et Allah n’est point inattentif à ce que vous faites). Il lui signale que c’est<br />

la vérité qui vient du Seigneur, qui est compatible avec son désir tant<br />

souhaité. Quant au troisième ordre, ce fut pour mettre fin au prétexte<br />

des juifs qui le prenaient comme argument disant que le Prophète<br />

avait coutume de se diriger vers leur Qibla, du moment qu’ils savaient<br />

bien, d’arpès leur Livre, que Dieu lui désignerait la Qibla d’Abraham<br />

qui est plus honorée et vénérée.<br />

«Si vous ne voulez pas donner prise à vos adversaires contre vous»,<br />

Abou AI-‘Alya a interprété cela en disant: «Afin que les juifs ne disent:<br />

Mouhammad fut ordonné de s’orienter vers la Ka'ba, cet homme là a<br />

tant désiré la maison de ses pères et la religion de ses concitoyens, et<br />

ils prétendaient: Sûrement à la fin Mouhammad reviendra à notre religion<br />

et à notre Qibla.<br />

D’autre part, les polythéistes de Qoraïch disaient: «Cet homme<br />

prétend suivre la religion d’Abraham, et si son orientation vers le Temple<br />

de Jérusalem faisait partie de cette religion, pourquoi donc il l’a<br />

quittée? La réponse est la suivante: «Dieu lui avait ordonné d’abord de<br />

208


tourner son visage vers Jérusalem comme étant un ordre émanant de<br />

la sagesse de Dieu, et il Lui a obéi. Puis il lui ordonna de se diriger<br />

vers la Qibla d’Abraham qui est la Ka’ba et il obtempéra à l’ordre divin.<br />

Ce qui montre que le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-<br />

s’est soumis toujours à Dieu sans Lui désobéir, et sa communauté<br />

a fait de même.<br />

Enfin Dieu recommande au Prophète de le craindre seul en dehors<br />

des autres créatures afin de lui parachever Ses bienfaits qui<br />

complètent les lois de sa religion, peut-être les musulmans seront les<br />

biens dirigés alors que les autres demeurent dans les ténèbres de<br />

l’égarement. C’est pourquoi cette communauté fut la meilleure.<br />

ijls ■ ijc c ü j i t r<br />

^ üjfiSS •ij 4<br />

kamâ ’arsalnâ fikum rasulam minkum yatlû ‘alaykum ’âyatinâ wa yuzakikum<br />

ya yu‘allimukumu-l-kitâba wa-l-Wkmata wa yu‘allimukum mâ lam<br />

takûnû ta‘lamûn (151) fadkurûnî ’adkurkum wa-skurû lî walâ takfurûn(152).<br />

C’est ainsi que nous vous avons envoyé un Prophète, élu parmi vous,<br />

qui vous lit nos enseignements, qui vous purifîe, qui vous apprend le Livre<br />

et la Sagesee et qui vous divlugue ce que vous ne savez pas. (151). Pensez à<br />

Moi. Je penserai à vous. Soyez reconnaissants envers Moi et ne Me reniez<br />

pas. (152).<br />

Dieu fait rappeler à ses serviteurs croyants, ses multiples bienfaits<br />

en leur envoyant d’abord son Messager Mouhammad -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- qui leur récite Ses versets, leur communique Ses Signes<br />

clairs, leur purifie de toute perversité, les débarrasse des actions<br />

qui remontent au temps de l’ignorance (Jahilia), les fait sortir des ténèbres<br />

vers la lumière, leur enseigne le Coran et la sagesse c’est à dire<br />

la Sunna et leur apprend ce qu’ils ne savaient pas.<br />

Ceux qui récitaient le Coran étaient dénigrés de la part des polythéistes<br />

insensés, mais grâce au mérite de ce Livre et sa bénédiction,<br />

209


ces récitateurs ne tardèrent pas à devenir des hommes justes et vertueux,<br />

des savants-ulèmas, des sincères et véridiques. Dieu a dit;<br />

(Dien a accordé une grâce aux croyants lorsqu’il leur a envoyé un Prophète<br />

pris parmi eux qui leur récite Ses versets, qui les purifie) [Coran III, 16].<br />

Quant à ceux qui ont méconnu les bienfaits de Dieu, Dieu les a<br />

mépris et dit; (N’as-tu pas vu ceux qui échangent les bienfaits de Dieu<br />

contre l’incrédulité et qui établissent leur peuple dans la demeure de la perdition)<br />

[Coran XIV, 28].<br />

Ibn Abbas a dit; «Les bienfaits cités dans le verset signifient Mouhammad<br />

-qu’Allah le bénisse et le salue- et son message. C ’est pourquoi<br />

Dieu recommande à Ses serviteurs croyants d’avouer ces<br />

bienfaits et d’être reconnaissants envers Lui sans les renier.<br />

Zaid Ben Aslam a dit; «Moise demanda à Dieu; «Seigneur, comment<br />

je dois Te remercier?» Il lui répondit; «Mentionne-Moi sans M’oublier<br />

et ainsi tu seras reconnaissant. Mais si tu M’oublies, tu auras<br />

renié Mes bienfaits». A savoir que plusieurs commentateurs ont interprété<br />

ce mot de la même façon et certains ont ajouté qu’il faut obéir et<br />

soumettre à Dieu et se le Craindre.<br />

Anas a rapporté que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- a dit en attribuant ces propos au Seigneur; «Dieu à Lui la puissance<br />

et la gloire a dit: «Ô fils d’Adam! Si tu Me mentionnes en toi-même,<br />

Je te mentionnerai en Moi-même, si tu Me mentionnes en public. Je te<br />

mentionnerai dans un public bien meilleur encore (les anges). Si tu t ’approches<br />

de Moi d’un empan. Je m’approcherai de toi d ’une coudée, si tu t ’approches<br />

de Moi d ’une coudée, je M ’approcherai de toi d ’une brassée. Si tu<br />

viens à Moi au pas. J ’irai à toi à pas pressés» (Rapporté par Boukhari et<br />

Ahmed/^>.<br />

*^ar ailleurs. Dieu promet à quiconque le remercie et le loue, de lui<br />

( 1 ) ¿ L U J ^ 01 li > A l J l î » A l J ^ j J l i : J l î<br />

Su<br />

¿>1^ tlpb ¿XiA O jjà U'Iji o jji tlpiji o ÿ i IjJii Cjÿ i OIj -<br />

¿jp’ JU^I »Ijjj tîilsî jA tijUiJl<br />

.IdüU J!<br />

210


accorder un surcroit de biens. Il dit: (Quand votre Seigneur proclama: «Si<br />

vous êtes reconnaissants. Je multiplierai pour vous mes bienfaits; mais si<br />

vous êtes ingrats, Mon Châtiment sera terrible) [Coran XIV, T\.<br />

On a rapporté aussi que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et<br />

le salue- a dit: «Quiconque reçoit un bienfait de Dieu, qu’il le proclame<br />

car Dieu aime voir les traces de Son bienfait sur Son serviteur» (Rapporté<br />

par Ahmed<br />

^<br />

ÎJWâJlS<br />

ii J; JlSîj<br />

ya ‘ayyuhâ-l-ladîna ’âmanû-s-ta‘înû bi-s-sabri wa-s-salâti ’inna-L-Lâha<br />

ma‘as-sâbirîn (153) walârtaqûlû limay-yuqtalu fî sabîli-L-Lâhi ’amwâtum<br />

bal ’al^â’un walâkil-lâ-tas‘urûn (154).<br />

Ô croyants, puisez votre force dans la patience et la prière. Allah est<br />

avec les présévérants. (153). Ne dites pas que ceux qui ont péri au service<br />

d’Allah sont morts. Non, ils sont vivants. Mais c’est une chose que vous ne<br />

pmivez pas concevoir (154).<br />

Ayant montré l’obligation d’être reconnaissant envers Lui, Dieu indique<br />

le mérite de la patience, la voie droite et la demande de l’aide de<br />

la patienœ et de la prière. Tout croyant, devra être reconnaissant pour<br />

un bienfait qu’il a reçu, ou endurant quand une affliction le frappe. Le<br />

Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Je m ’étonne du cas du<br />

croyant car sa destinée ne lui apportera que du bien, et nul autre que le<br />

croyant ne lui adviendra une chose pareille. En effet, lorsqu’un bonheur l’atteint,<br />

il remercie Dieu et ceci est un bien pour lui, et lorsqu’un malheur le<br />

frappe, il se montre constant et cela est un bien pour lui»^^^ (Rapporté par<br />

At^Baihaqî).<br />

(1)<br />

( 2 ) aïjU oI ùJ ‘.aí eU aî


Dans un hadith authentifié, on a rapporté que i’orsqu’une certain<br />

affaire tourmentait le Prophète -qu’Allah le tïénisse et le salue- il recourait<br />

à la prière. A savoir qu’il y a deux sortes de patience;<br />

- La première consiste à s’abstenir de commettre tout ce que<br />

Dieu a Interdit.<br />

- La deuxième est l’accomplissement de tous les devoirs prescrits<br />

et les pratiques surérogatoires qui nous rapprochent de Dieu, et celleci<br />

est la plus récompensée.<br />

On a dit aussi qu’il y a une troisième sorte qui est le fait d’endurer<br />

les malheurs et les afflictions et le repentir.<br />

Zaïn AI-‘Abidine a dit; «Lorsque Dieu rassemblera les premiers et<br />

les demiers, un crieur criera; «O ù sont les endurants; qu’îls entrent au<br />

Paradis sans aucun compte à rendre». Alors un groupe d’hommes qui<br />

seront au devant s’avanceront et les anges les recevront et leur diront:<br />

«O ù allez-vous aux fils d’Adam?» -Au Paradis, répondront-ils. Les anges<br />

demanderont; «Avant le compte final??» -Oui, répliqueront-ils. -Qui<br />

êtes vous? -Nous sommes les constants et endurants. -Quelle a été<br />

votre endurance? -Nous avons enduré en accomplissant tout ce que<br />

Dieu a prescrit, en s’abstenant de tout ce qu’il a interdit jusqu’à notre<br />

mort. -Vous êtes bien comme vous dites. Entrez au Paradis. Combien<br />

est excellente la récompense de ceux qui ont bien agi» Tout cela est<br />

confirmé par ce verset; (Ceux qui sont constants recevront leur incommensurable<br />

récompense) [Coran XXXIX, 10].<br />

«Ne dites pas que ceux qui ont péri au service d’Allah sont'inorts.<br />

Non, Ds sont vivante. Dieu, dans ce verset, fait connaître que les martyrs<br />

sont vivants dans un «Isthme» où ils jouissent de tous les biens,<br />

comme il a été cité dans le Sahih de Mouslim que l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- a dit; «Les âmes des martyrs sont dans<br />

les gésiers d ’oiseaux verts qui voltigent au Paradis lâ où ils veulent et viennent<br />

la nuit s ’abriter dans des lanternes accrochées au-dessous du Trône.<br />

Dieu /e? regarde et leur Amande: «Que désirez-vous?». Ils lui répondent:<br />

«Seigneur ! Qu’est-ce qu’on peut désirer encore alors que Tu nous a donné<br />

ce que Tu n’as donné à aucune de Tes créatures?». Dieu leur répète la même<br />

question, et voyant qu’ils seront interrogés plus tard, ils lui disent:<br />

«Nous voulons que Tu nous envoies au bas monde pour combattre dans Ta<br />

voie et être tués une deuxième fois», et ceci en vertu de ce qu’ils ont constaté<br />

ccrrtme elle est incommensurable la récompense réservée aux martyrs-<br />

212


Le Seigneur -que Sa Majesté soit exaltée- leur dit: «Ma décision a été déjà<br />

prise: Nul n’y retournera» (Rapportépar MousUm)^^^.<br />

ÿ<br />

j ^ j j 2 »JLî » ü ^ j î<br />

wa lanbluwannakum bisay’im mina-l-hawfï wa-l-jû‘i wa naqsim min-al-<br />

’amwâli wa-l-’anfusi wa-t-tamarâti wa bassiri-s-sâbirîna (155) 1-ladîna Id<br />

â ’asâbathum musîbatun qâlû ’innâ li-L-Lâhi wa ’innâ ’ilayhi râji‘ûn<br />

(156) ’ûlâ’ika ‘alayhim salawâtum mir-rabbihim wa rai^atun wa<br />

’ûlâ’ika humu-l-muhtadûn(157)<br />

n n’est que trop vrai qne nous vous es^NKseroi» de temps à antre à la<br />

peur et à la faim, que nous vous éproavMons dans vos bims, dans vos affections<br />

et dans vos récoltes. Annonce de boiuKS nonveBes à ceux qui sont résignés.<br />

(155). A ceux qui, lorsqu’un malheur les frappe, disent: «Nous<br />

appartenons à Allah et c’est à lui que noœi retommenHis». (156). Ce sont-là<br />

qui Allah couvre de sa bénédiction et de Sa clémence et qui sont dans la<br />

bonne voie. (157).<br />

Dieu informe ses serviteurs qu’if les éprouve tantôt par ie ix)nheur,<br />

tantôt par le nfvaiheur de ta peur ou de.ia faim, comme II le montre<br />

dans ce verset: (Dieu a fait alors goûter a ses haletants la violence de la<br />

faim et de la peur) [Coran XVI, 112f. Car tant à i’effirayé qu’à i’affamé,<br />

les traces de la peur et de ta faim apparaissent sur eux. il s’agit dans<br />

ce verset d’un peu de crainte, de faim, des pertes légères de biens.<br />

(1 ) ^ ^ IjjÎ ùU ^ frli!-<br />

IjL» ;J l i iiXij I » U L ia ^ iO«.Lî><br />

b^apl Jiîj (S^j îùjiJ<br />

L J üJI j IjÜI Ü j y ùl J b jj t)l V Ijlj L»JLi IJL»<br />

^ \ y ^ d j j i L J >>^1 ï y ‘îA r t - J jL îii<br />

213


d’âmes telle la mort de proches, amis et bien-aimés, de récoltes. Puis<br />

il annonce la bonne nouvelle à ceux qui sont patients.<br />

Quels sont ces patients? Ils sont ceux que Dieu a fait leur éloge<br />

en disant: «Ceux qui disent, lorsqu’un malheur les atteint: «Nous sommes<br />

à Dieu et nous retournons à Lui», pour se consoler sachant que bonheur<br />

et malheur viennent de Dieu qui dispose de tout ce qui l’a créé et qu’il<br />

ne rendra jamais vaines les actions des hommes fut-ce le poids d’un<br />

atome. C ’est pourquoi 1 leur rassure qu’ils auront Sa miséricorde et<br />

Ses bénédictions, et qui seront les biens dirigés.<br />

Plusieurs hadiths prophétiques ont été rapportés à ce propos, dont<br />

on cite celui-ci à titre d’exemple:<br />

«Oum Salama a raconté: «Un jour, Abou Salama en revenant de<br />

chez l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- me dit: « J ’ai entendu<br />

aujourd’hui de propos de la bouche du Prophète qui m’ont tellement<br />

réjoui. Il a dit: «Pas un musulman gui serait atteint d ’un malheur et<br />

gu’il ne dise: «Nous sommes à Dieu et nous retournons à Lui. Mon Dieu<br />

accorde-moi la récompense de mon malheur et donne-moi en échange<br />

guelgue chose de meilleur», sans que Dieu ne l’exauce».<br />

«Lorsque Abou Salama mourut, je répétai ces mêmes propos,<br />

mais revenant à moi-même, je me suis dit: «Qui sera meilleur qu’Abou<br />

Salama?» Après l’écoulement de ma période de viduité, l’Envoyé de<br />

Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- demanda l’autorisation d’entrer<br />

chez moi, alors que je tannais une peau. Je me lavai les mains et je<br />

lui permis d’entrer. Je lui donnai un coussin en cuir fourré de fibres végétales<br />

pour s'asseoir. Après un court discours, il me demanda en mariage<br />

et je lui répondis: «O Envoyé de Dieu! J ’ai des qualités qui, peutêtre,<br />

te laissent revenir sur ta proposition. Je suis une femme très jalouse<br />

et je crains que Dieu me châtie pour elle si je commettrais des<br />

choses qui ne te plairaient pas, d’autant plus, je suis une femme qui a<br />

atteint un certain âge et a des enfants».<br />

«Il me répondit: «Pour ce qui est de la jalousie, Dieu t ’en débarrassera,<br />

quant à l’âge, j ’en ai le même. Tes enfants seront les miens».<br />

«Je lui répliquai: «Je me suis soumise au désir de l’Envoyé de<br />

Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-». Le Prophète -qu’Allah le bé­<br />

214


nisse et le salue- se maria d’avec Oum Salama qui disait souvent:<br />

«Dieu m’a donné un époux qui est meilleur qu’Atx)u Salama»^^\<br />

Le Prophète -qu’Allah le t>énisse et le salue- a dit: «Tout musulman<br />

- ou musulmane- atteint d'un certaine affliction, la mentionne en disant:<br />

«Nous sommes à Dieu et nous retournons à Lui» tant qu’elle persiste, Dieu<br />

lui donne en échange une récompense à partir du jour où il en fut atteint»<br />

(Rapporté par Ahmed et Ibn Maja/^K<br />

Abou Sinan a raconté: «Après l’entendement de mon fils, je demeurai<br />

un certain moment auprès de la tombe. Abou Talha Al-Khawlani me<br />

prit par la main pour m’éloigner de la tombe et dit: «Veux-tu que je<br />

t’annonce une bonne nouvelle?» -Certes oui, répondis-je. Il répliqua:<br />

«L’Envoyé de Dieu -qu^lah le bénisse et le salue- a dit: «Dieu demande<br />

à l’ange de la mort: «As-tu recueilli l’âme du fîls de Mon serviteur? As-tu recueilli<br />

la joie de ses yeux et le fruit de son cœur?» -Oui, répondit l ’ange. -<br />

Qu’a dit Mon serviteur, répliqua Dieu. -Il T’a loué et dit: «Nous sommes à<br />

Dieu et nous retournons à Lui» -Et Dieu de dire: «Bâtissez pour Mon servi-<br />

( 1 ) A l X if- j A U ji i« JL . : c J l î ^ ^U )li<br />

¿a.»-L-i«Jl J * lj»-l : J l ï i4j V jî A l xS i<br />

J** VI ^ y\ UJü ¿JJi C-fciaô rÂ-JL» cJU ¿JUi<br />

¿f* iJï r"* (/^ -Î<br />

215


teur une demeure au Paradis et appelez-la: «La demeure de louanges»<br />

(Rapporté par Ahmed et Tirmdzi/^^.<br />

^ 0 »- Oi U ^ i ù\<br />

S}-^<br />

ü*J<br />

’inna-s-s-safâ wa-l-marwata min sa‘a’iri-L-Lâhi faman hajja-l-bayta<br />

awi‘tamara falaa jumâha ‘alayhi ’ay-yattawwafa bihima waman<br />

tatawwa‘a hayran fa’imia-L-Lâha sakirun ‘alîm (158).<br />

Safa et Méroua dépendent du domaine d’Allah. Celui qui fait le pèlerinage<br />

officiel de la Mecque ou qui s’y rend en visite peut sans inconvénient<br />

aller et venir entre ces deux collines. Celui qui fera une œuvre pie, Allah lui<br />

en saura gré, car H sait tout. (158).<br />

‘Ourwa demanda à ‘Aicha -que Dieu l’agrée-: «Que penses-tu de<br />

ces paroles de Dieu: «Safa et Méroua dépendent du domaine d’Allah. Celui<br />

qui fait le pèlerinage officiel de La Mecque ou qui s’y rend en visite<br />

peut sans inconvénient aller et venir entre ces deux collines» Par Dieu, à<br />

mon avis, on ne pèche pas si on ne fait pas ce parcours». Elle répondit:<br />

« C ’est bien mal ce que tu dis là ô le fils de ma sœur. Si cela était<br />

comme tu viens de l’interpréter, ce verset aurait été: «O n n’aura pas<br />

péché si on ne fait pas ce parcours». En effet, cela fut révélé au sujet<br />

des Médinois -Al-Ansars- avant de se convertir qui faisaient la talbia en<br />

faveur de l’idole «Manat» et qui l’adoraient auprès du «Al-Mouchaiiah».<br />

Ceux qui agissaient ainsi, éprouvaient une certaine crainte de faire le<br />

parcours entre As-Safa et Al-Manwa. Ils demandèrent l’Envoyé de Dieu<br />

-qu’Allah ie bénisse et le salue- à ce sujet: «O Envoyé de Dieu!' A<br />

l’époque antéislamique, nous éprouvions une certaine crainte de faire<br />

le parcours entre ces deux collines». Dieu à Lui la puissance et la<br />

gloire fit révéler ce verset: «Safa et Méroua dépendent du domaine...» Et<br />

(1) (/^) H<br />

¿ J Ü U l i ; 4 il j U i ¿ i l J U : J l î : c J l î ' ¿ î ¿ M j<br />

: J l i ? J l î : J U C | ,j o : j ü Ÿ o i l j i « ÿ J i i j c . ¡ i<br />

216


Aicha de continuer: «Puis l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- ordonna aux hommes de faire ce parcours et nul n’a le droit de<br />

s’abstenir».<br />

Quant à Anas, il a dit: «Nous pensions que cela fait partie des<br />

coutumes pratiquées au temps de l’ignorance. Après la venue de l’islam,<br />

nous nous abstînmes, mais Dieu à Lui la puissance et la gloire fit<br />

cette révélation: «Safa et IVléroua dépendent...».<br />

Ach-Cha‘bi a dit: «Issaf -une idole- était sur As-Safa et l’autre Naëla<br />

sur Al-Marwa, et les hommes faisaient le parcours entre elles. Plus<br />

tard, après leur conversion, ils crurent commettre un péché s’il font ce<br />

parcours jusqu’à ce que Dieu ait révélé ce verset».<br />

1a été rapporté dans le Sahih de Mousiim: «Après les tournées<br />

processionnelles autour de la Ka’ba, l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- se tint près de la Pierre Noire, puis sortit de la porte<br />

«As-Safa» en disant: «Je continence par quoi Dieu a commencé» en récitant:<br />

«Safa et Méroua dépendent du domaine de Dieu...».<br />

Habiba Bent Ali Tajrat a raconté: « J ’ai vu l’Envoyé de Dieu -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue- faire le parcours entre As-Safa et Al-Marwa,<br />

les hommes au devant et lui derrière eux, il faisait ce parcours si vite<br />

que son izar volait en laissant apparaître ses genoux, en disant:<br />

«Hommes! faites ce parcours car c’est Dieu qui l’a prescrit».<br />

La question qui se pose. Le parcours entre As-Safa et Al-Marwa,<br />

constitué-t-il un rite essentiel du Pèlerinage?».<br />

Al-Chafé’i, Malek et Ahmad (suivant une version) l’on jugé ainsi.<br />

D’autres (et suivant une autre version de Ahmed) ont dit qu’il est une<br />

obligation et non pas un acte essentiel. Celui qui ne fait pas ce parcours<br />

soit de propos délibéré, soit par oubli, doit présenter une offrande.<br />

On a dit aussi qu’il est recommandé en tirant argument des paroles<br />

de Dieu: «Celui qui fera une œuvre pie». Mais l’opinion la pus correcte<br />

est la première car l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- a fait le parcours entre ces deux collines en disant aux fidèles:<br />

«Apprenez de moi les rites de votre pèlerinage».<br />

Dieu montre que ce parcours compte parmi ses choses sacrées<br />

217


qu’il a établies à Abraham pendant le pèlerinage. On a raconté auparavant<br />

l’histoire de Hajar (Agar) quand elle a fait ce parcours entre les<br />

deux collines sept fois en recherchant de l’eau pour son nourrisson.<br />

Elle n’a cessé de le faire jusqu’à ce que Dieu ait envoyé l’ange pour<br />

creuser la terre et faire jaillir une source d’eau, et ainsi elle a pu en<br />

donner à son enfant et recevoir la tribu Jouhoum et vivre en sodété.<br />

Il convient donc à quiconque accomplit le pèlerinage et fait ce parcours<br />

de manifester son besoin insistant de Dieu afin de le diriger, de<br />

pourvoir à son besoin, de lui pardonner ses péchés et de lui accorder<br />

Sa protection.<br />

Quant à l’œuvre pie citée dans le verset, certains ont dit qu’il<br />

s’agit d’augmenter les fois du parcours en plus que sept, d’autres ont<br />

dit que cela conceme toute autre œuvre et pratiques cultuelles bénévoles<br />

et surérogatoires, car Dieu accorde une grande récompense pour<br />

l’œuvre pie minime qu’elle soit.<br />

4 ¿ i S ; c: ^ b ; i ü t j c ü p î S î É 0 1 0^ 3 :5 i f i i ùl<br />

ye i S •il 0<br />

j iS - l \ 0 i - ô t ¿ P â j ^<br />

' i i<br />

o j û Ç<br />

’inna-l-ladîna yaktumûna mâ ’anzalnâ mina-l-bayyinâti wa-l-huda mim<br />

ba'di mâ bayyanâhu li-n-nâsi fî-l-kifâbi ûlâ’ika yaranahumu-L-Lâhu wa<br />

yaranuhmnu-I-lâ‘inûn (159) ’illâ-l-ladîna tâbû wa ’aslahû wa bayyanu<br />

fa’ûlâ’ika ’atûbu ‘alayhim wa ’anâ-t-tawwabu-r-rahîm (160) ’inna-l-la^a<br />

kafarû wa mâtû wahimi kuffanm ’ûlâ’ika ‘alayhim la‘natu-L-Lâhi wa-1-<br />

malâ’ikati wa-n-nâsi ’ajma‘în (161) halidîna fîha lâ yuhaffafu ‘anhumu-1-<br />

‘adâbu walâ hum yunzarûn (162)<br />

(Ceux qni dissimulent aux antres les signes et la direction que noos<br />

ayons révélés dans le Livre, Allah les maudira, ainsi que tous eenx qui privent<br />

maudire. (159) Ceux qni se repentiront, se radièteront et divnignermit<br />

la vérité. Je leur pardonnerai, car J’aime pardonner et Je suis clément.<br />

(160) Quant aux incrédules, qui mourront incrédules, ils encourront à la<br />

218


fois la malédiction d’Allah, des anges et des hommes. (161) Cette malédiction<br />

n’aara pas de fîn; leurs tourments ne s’adouciront jamais, aucun secours<br />

ne pourra leur être porté. (162).<br />

C ’est une grande menace lancée contre ceux qui cachent ce que<br />

les Envoyés ont apporté comme Signes manifestes et bonne direction<br />

aux hommes après que Dieu les ait montrés à Ses serviteurs dans les<br />

Livres révélés. Ce verset fut descendu au sujet des gens du Livre qui<br />

ont dissimulé aux hommes la venue de Mouhammad -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue-. Il a été rapporté dans un hadith prophétique; Celui<br />

qui, interrogé sur une chose, la dissimule. Dieu lui mettra une bride en feu<br />

au jour de la résurrection».<br />

Abou Houraira -que Dieu l’agrée-, a déclaré; «Si ce verset n’était<br />

pas révélé, je n’aurais raconté aucun hadith d’après le Prophète -qu’Allah<br />

le bénisse et le saiue=., Ce verset est le suivant; (Ceux qui dissimulent...<br />

etc...).<br />

Il a été rapporté dans un hadith; «Même les poissons dans la mer implorent<br />

le pardon à tout savant (qui ne cache pas sa science)» Le verset<br />

précité affirme que celui qui dissimule une science encourra la malédiction<br />

de Dieu, des anges et de ceux qui maudissent, mais Dieu a fait<br />

exception de ceux qui se repentissent et divulguent aux hommes ce<br />

qu’ils ont caché.<br />

On déduit du verset que celui qui appelle à une incrédulité ou une<br />

innovation incompatible avec la religion et se repent. Dieu acceptera<br />

son repentir. Mais ceux qui persévèrent dans leur incrédulité jusqu’à la<br />

fin de leur vie et mourront incrédules, sur ceux-là tombe la malédiction<br />

de Dieu, des anges et de tous les hommes jusqu’au jour de la résurrection,<br />

leur châtiment ne sera plus allégé.<br />

Chapitre:<br />

A propos de la malédiction des incrédules en général, aucune<br />

controverse n’a eu lieu, mais une certaine divergence existe entre les<br />

opinions concernant un incrédule désigné en particulier. Certains ont<br />

toléré sa malédiction, d’autres ont interdit cela sous prétexte qu’on<br />

ignore qu’elle sera son œuvre à la fin de sa vie.<br />

On a raconté qu’un ivrogne fut emmené devant le Prophète -qu’AI-<br />

219


lah le bénisse et le salue- pour lui appliquer ia peine prescrite. Un<br />

iiomme le maudit, mais i’Envoyé de Dieu -qu’Allaii ie bénisse et le salue-<br />

lui dit: «Non, ne le maudis pas, peut-être il aime Dieu et Son Envoyé».<br />

Omar Ben Al-Kiiattab et certains imams des suivants maudissaient<br />

souvent les incrédules dans leur «qounoute» en s’appuyant sur ie verset<br />

précité.<br />

0 -ij. ' 4 ' i i ü<br />

wa’ilâhukum ’ilâhun wâhidun lâ ’ilâha ’illâ huwa-r-rahmânu-rraMm(163).<br />

Votre Diea est un Dieu Unique. Il n’y a pas d’autre Dieu que Lui, le<br />

clânmt et qui manifeste sa clémence. (163).<br />

Dieu témoigne de Son unicité, ii n’a pas d’assQcié ni égal, il est<br />

■’Unique, l’impénétrable, celui qui fait miséricorde, le Miséricordieux.<br />

Le Propriété -qu’Aiiah ie bénisse et le saiue- a dit: «Le nom Sublime<br />

de Dieu se tremve dans deux ces deux versets:<br />

- Votre Dieu est ud Dieu Unique. Il n’y a pas d’autre Dieu que Lui, le<br />

cléntmt et qid manifeste Sa clémence.<br />

- AUf. Lam-^fim. Il n’y a d’autre Dieu que Lui, l’animateur de l’univrars)<br />

[CoraR lU, 1-2].<br />

Puis Dieu donne la preuve de Son unicité dans le verset suivant:<br />

4 ^<br />

« y : i i t ÿ é ù i J i i i f « â ’ard wahtilâfi-l-layli wa-n-nahâri-wa-l-fulki-l-latî<br />

tajri fî-l-ba^ bimâ yanfa‘u-n-nâsa wamâ ’anzala-L-Lâhu mins-ssamâ’i<br />

mim mâ’in fa’ahya bihi-l-’ar^ ba‘da mawtiha wa batta fîhâ min<br />

kulli dâbbatin wa tasrîfi-r-riyâU was-saMbi-l-musahhari bayna-s-samâ’i<br />

wa-l-’ard la’âyâtin liqawmin ya'qilûn (164).<br />

220


Certes, la création des cieux et de la terre, la suite des jours et des<br />

nuits, les vaisseaux qui sillonnent la mer avec leurs cargaisons, les chutes<br />

d’eau qu’Allah ménage pour vivifier les terres mortes, les animaux dont n a<br />

peuplé la terre, les variations du vent, les évolutions calculées des nuages<br />

entre le ciel et la terre, ne sont-ce pas là autant d’indications pour ceux qui<br />

réfléchissent? (164).<br />

Parmi les Signes de Dieu, la création des cieux et de la terre: le<br />

ciel avec sa hauteur, son immensité, cette voûte où des astres se<br />

meuvent et d’autres constants, la terre avec ses montagnes, ses mers,<br />

ses plaines fertiles et ses déserts, où poussent les plantations et où se<br />

trouve tout ce qui est utile à l’homme; la succession de la nuit et du<br />

jour de sorte que chacun succède à l’autre avec une synchronisation<br />

parfaite, et (Le soleil ne peut rattraper la lune, ni la nuit devancer le jour.<br />

Chacun d’eux vogue dans son orbite); tantôt la nuit s’allonge, tantôt le<br />

jour suivant les saisons, et c’est Dieu qui (fait pénétrer la nuit dans le<br />

jour et fait pénétrer le jour dans la nuit).<br />

Contemplons aussi les navires qui voguent sur les mers portant ce<br />

qui est utile aux hommes en se déplaçant d’un port à un autre échangeant<br />

les marchandises diverses et les vivres; puis l’eau que Dieu fait<br />

descendre du ciel pour rendre la vie à la terre après sa mort et dont II<br />

fait sortir des grains qué les hommes en mangent. Il a propagé sur la<br />

terre toutes sortes d’animaux, de différentes couleurs, des grandeurs<br />

variantes, leur utilité diversifiée en octroyant à chacun d’eux son moyen<br />

de subsistance comme II le montre dans ce verset: (n n’y a pas de<br />

bête sur la terre dont la subsistance n’incombe à Dieu qui connaît son gîte<br />

et son repaire: tout est consigné dans le Livre explicite) [Coran XI, 6].<br />

N’y a -t-il pas encore dans la variation des vents un des Signes de<br />

Dieu? Ces vents qui apportent parfois la miséricorde et le bien amenant<br />

les nuages chargés de pluie, et parfois sont violents et font disperser<br />

ces nuages, ces vents qui soufflent de tout côté.<br />

Remarquons aussi les nuages, ne sont-ils pas assujettis à une<br />

fonction entre le ciel et la terre? Dieu les envoie là où II veut et tout dépend<br />

de Sa volonté.<br />

Tout cela ne constitue-t-il pas des Signes pour des hommes qui<br />

sont doués d’intelligence?.<br />

221


‘Ata a rapporté: «Lorsque ce verset fut révélé au Prophète -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue- à Médine: (Votre Dieu est un Dieu unique),<br />

les polythéistes de Qoraïch à La Mecque s’exclamèrent: «Comment un<br />

seul Dieu puisse suffire aux gens?», mais Dieu ne tarda pas à faire<br />

descendre l’autre: (Certes, la création des cieux et de la terre... etc) pour<br />

affirmer qu’il est le Dieu Unique, le seul créateur et II est puissant sur<br />

toute chose.<br />

û j A il U y jJ j ^<br />

e s î j f a i i i \S d \ -J.ii @<br />

Oi I»* 'r ’5 ^ i ij ' j v 2<br />

wa m in a-n -n âsi m a y -y a tta h id u m in d û n i-L -L âh i ’an d âd an<br />

yuMbbunahum kahubbi-L-Lâhi wa-l-ladîna ’âmanû ’asaddu hubban li-L-<br />

Lâhi walaw yarâ-l-ladîna zalamû ’id yarawna-l-‘adâba ’anna-l-quwwata<br />

li-L-Lâhi jamfan wa ’anna-L-Lâha sadîdu-l-‘adâb (165) ’id tabarra’a-l-lad<br />

îna-t-tubi‘û mina-l-la^na-t-taba‘û wa ra‘awû-l-‘adâba wa taqatta‘at bihimu-l-’asbâb<br />

(166) wa qâla-l-ladîna-t-taba‘û law ’anna lanâ karratan fanatabarra’a<br />

mimhum kamâ tabarra’û minnâ kadâlika yurihimu-L-Lâhu<br />

’a‘mâlahimi tesarâtin ‘alayhim wamâ hum biharijîna mina-n-nâr (167).<br />

n y a des hommes pour qui Allah a des égaux qu’ils aiment autant que<br />

Lui. Mais pour ceux qui ont la foi, l’amour d’Allah prime tout. Ah! Si tu<br />

pouvais apercevoir les incrédules le jour où ils verront les instruments de<br />

leur supplice, le jour où ils seront certains que toute la force est à Allah, et<br />

qu’Allah est terrible dans la répression. (165) Ce jour-là, à la vue du châtiment,<br />

les chefs désavoueront ceux qui les ont suivis et prendront tous leurs<br />

moyens. (166) Les suivants s’écrieront: Ah, si nous pouvons revenir à notre<br />

vie d’antan, nous renierons nos chefs comme ils nous renient maintenant.<br />

C’est ainsi qu’Allah leur fera apparaître les conséquences de leurs actes, aggravant<br />

ainsi leur désespoir. Mais ils ne pourront pas sortir du feu. (167).<br />

222


Dieu montre Je cas des polythéistes dans le bas monde et dans<br />

l’au-delà, qui prennent des associés et des égaux à Lui, qui les aiment<br />

et les adorent, alors qu’il est le Dieu Unique qui n’a ni associé ni rival.<br />

Abduilah Ben Mass'oud a rapporté; « J ’ai demandé: «Ô Envoyé de<br />

Dieu! Quel est le péché le plus grave?» Il me répondit: «C’est de reconnaître<br />

un égal à Dieu alors que c’est Lui qui t ’a créé» (Rapportépar Boukhari<br />

et MousHmy^K<br />

Puis Dieu avertit les polythéistes et les injustes de le redouter car<br />

Il est terrible dans son châtiment. Si ceux-là voyaient ce châtiment qui<br />

leur est réservé, ils constateraient que la puissance entière appartient<br />

à Lui, que le jugement revient à Lui seul et que toutes les choses sont<br />

sous Son Pouvoir. Il confinnne Son châtiment aussi dans ce verset (Ce<br />

jour-là, nul ne châtiera comme Dieu châtie, et nul ne chargera personne de<br />

chaînes comme D le fait) [Coran LXXXIX, 25-26].<br />

En d’autres termes, si ces polythéistes et incrédules pouvaient<br />

concevoir leur sort néfaslè'^ans l’autre monde, le supplice implacable<br />

qui les attend, ils auraient mis fin à leur égarement. Il leur montre également<br />

ce qui leur arrivera: les suivants renieront leurs chefe et ceux-là<br />

désavoueront ceux qui les auront suivi: Les anges déclareront: (Nous<br />

les désavouons devant Toi, ce n’est pas nous qu’ils adoraient) [Coran<br />

XXVIIl, 63] et: (Gloire à Toi! Tu es notre seul Maître. Ils adoraient, au<br />

contraire, des djinns auxquels le plupart d’entre eux croyaient) [Coran<br />

XXXIV, 41].<br />

Quant aux djinns, ils les désavoueront également comme Dieu le<br />

montre dans ce verset: (Ceux qui seront des ennemis pour les hommes<br />

lorsque ceux-ci seront rassemblés: Ceux qui méconnaîtront leur adoration)<br />

[Coran XLVI, 6] et aussi ce verset: (Bien au contraire! Ces divinités renieront<br />

l’adoration qu’ils leur rendaient et elles deviendront leurs adversaires)<br />

[Coran XIX, 82].<br />

En apercevant le châtiment temble au jour du jugement, ils s’écrieront:<br />

Ah! s’il nous était possible de revenir à la terre, de nouveau au<br />

bas monde, pour désavouer ceux qui nous ont égarés comme ils viennent<br />

en ce jour-là de nous désavouer». Mais hélas! Dieu connait bien<br />

(1) ùl ijlî j^l Al li c-lî cJVî aIÎ! jlp ^<br />

jMj Ix A<br />

223


qu’ils sont des menteurs et s’ils étaient ramenés sur la terre, ils reviendraient<br />

à ce qui leur était interdit. Ainsi Dieu leur montrera leurs œ u­<br />

vre, sujet de leurs regrets, qui seront vaines et comme II le montre<br />

dans ces versets; (Nous avons considéré les œuvres qu’il ont accomplies,<br />

nous n’avons trouvé que de la poussière disséminée) [Coran XXV, 23] ou<br />

(semblables à de la cendre sur laquelle le vent s’acharne un jour d’ouragan)<br />

[Coran XI ,V, 18] ou bien encore (semblables à un mirage dans une plaine.<br />

Celui qui est altéré croit voir de l’eau) [Coran XXIV, 39]<br />

'Ai \ 0 • i i ç ï ^ 4 j i â i c ï k<br />

■i Ii<br />

¿ i<br />

yâ ’ayyuha-n-nâsu kulû mimma fî-l-ardi Mâlan tayyiban walâ tattabi‘û<br />

huttuwâti-s-sayttâni ’innahû lakum ‘aduwwum mubîn (168) ’innamâ<br />

ya’murukum bi-s-sû’i wa-l-fahisâ’i wa’an taqûlû ‘alâ-L-Lâhi mâ lâ<br />

ta‘lamûn (169).<br />

Ô hommes, nourrissez-vous de ce qui est licite et bon des fruits de la<br />

terre. Ne marchez pas sur les traces de Satan, car il est votre ennemi irréductible<br />

(168). n vous suggère le mal et les turpitudes et de tenir sur Alalh<br />

des propos dont vous ne saisissez pas la portée (169).<br />

Etant le Dieu Unique qui dispose de tout ce qui a créé comme II<br />

veut. Il est en même temps le Dispensateur par excellence qui pourvoit<br />

aux besoins de Ses créatures en leur tolérant de se nourrir de tout ce<br />

qui est licite et bon qui ne nuit ni au corps ni à la raison, et en leur interdisant<br />

de suivre les traces du démon qui ne fait qu’égarer ceux qui<br />

le suivent.<br />

‘lyad Ben Hammad a rapporté que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- a dit; «Dieu le Très Haut a dit: «Tout bien que J ’ai<br />

accordé à mes serviteurs est bon et licite. J ’ai créé tous Mes serviteurs soumis<br />

et musulmans fervents, mais comme le démons les ont détournés de la<br />

voie droite, Je leur ai rendu illicite ce qui était licite»( (Rapporté par<br />

MousUm/^K<br />

224


Ibn Abbas a raconté: «En récitant ce verset: (O hommes, nonrrissez-YOus<br />

de ce qui est licite et bon) devant le Prophète -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- Sa’d Ben Abi Waqas se leva et dit: «O Envoyé de<br />

Dieu! Invoque-moi Dieu afin qu’il exauce toutes mes prières». Il lui répondit:<br />

«Ô Sa’d! Ne te nourris que de ce qui est licite et Dieu axauce tes<br />

prières. Par celui qui tient mon âme en Sa main, il arrive qu’un homme<br />

mange une seule bouchée illicite, et pour cela Dieu n’accepte de lui aucune<br />

pratique cultuelle pendant quarante jours. Toute nourriture qui provient<br />

d’une source illicite et de l’usure, vaut mieux que le feu la dévore» (Rapporté<br />

par Ibn Mardawdhÿ^K<br />

«Satan est votre ennemi irréductible». Dieu met les hommes en<br />

garde contre Satan qu’il faut absolument lui désobéir, et Dieu affirme<br />

ceci dans ces deux versets (tirés d’entre autres): (Le démon est un ennemi<br />

pour vous, considérez-le donc comme un ennemi) [Coran XXXV, 6] et;<br />

(Le prendrez-vous, lui et sa descendance, comme maîtres en dehors de Mol,<br />

alors qu’ils sont vos ennemis? Quel mauvais échange ce serait pour les injustes)<br />

[Coran XVIII, 50].<br />

Toute désobéissance à Dieu est considérée en tant qu’une trace<br />

du démon. On a rapporté à ce propos, d’après Masrouq, qu’on a présenté<br />

à Abduilah Ben Mass'oud une mamelle de brebis et du sel, il en<br />

mangea avec des hommes qui se trouvaient avec lui. Un homme parmi<br />

eux se mit à l’écart. Ibn Mass'oud leur dit; «Donnez à manger à votre<br />

compagnon», mais celui-ci refusa. Il lui demanda; «Jeûnes-tu?» -<br />

Non, répondit l’autre. -Pourquoi refuses-tu d’en manger? Et l’homme<br />

de répliquer; « J ’ai fait un serment de ne plus manger une mamelle».<br />

Ibn Mass'oud lui dit alors; «Mange et expie ton serment, car ton agissement<br />

est une trace du démon».<br />

jjjLLiJI C'üÎU:- -Ajij. ^<br />

Cil>-Î U p-jJp<br />

(1) ^ '-Jl* ùî' C/-<br />

ùl Al ^jl lAl U :jU i ^1 JuuM^Ui<br />

Ù^<br />

C-J XfP- UjIj tUjj ¿5*Jjl Ai« iJ-iü u<br />

•(u*^ (ji' c/" ùî' »'jj)<br />

225<br />

Jüwi \ji ;Jlü<br />

^ fÂ-kÜül i—îJUJ<br />

Cf-


Le démon sans doute ordonne le mahet les turpitudes dont la débauche<br />

constitue la plus grave de ces actes abominables, mais forger<br />

de mensonges sur Dieu est pire encore surtout si on n’a aucune<br />

connaissance des choses.<br />

i j S i ç r . i ÿ t j ; à t t p .<br />

^ ù j i ^ Sf ;4 S ^ a y -í¿ ^<br />

wa’idâ qîla lahumu-t-tabi‘û mâ’anzala -L-Lâhu qâlû bal nattabi‘u<br />

mâ’alfaynâ ‘alayhi ’âbâ’ânâ ’awalaw kâna ’âbâ’ûhum lâ ya‘qilûna say’an<br />

walâ yahtadûn (HO) wa matalu-l-ladîna kafarû kamatali-l-ladî yan'iqu<br />

bimâ lâ yasma‘u ’illâ du‘â’an wa nidâ’an summun bukmun ‘umyun fahimi<br />

lâ ya‘qilûn (171).<br />

Lorsqu’on leur dit: «Suivez ce qu’ADah a révélé», ils répondent: «Non,<br />

nous suivons les traditions laisses par nos pères». Les suivraient-ils même<br />

si leurs pères manquaient d’entendement et erraient sans direction. (170)<br />

Celui qui prêche les infidèles ressemble à quelqu’un qui crie à un homme<br />

qui ne perçoit que des sons et des bruits. Sourds, muets, aveugles, les infidèles<br />

ne comprennent rien. (171).<br />

Lorsqu’on dit aux polythéistes et incrédules, conformez-vous à ce<br />

que Dieu a révélé à Son Prophète, et débarrassez-vous de l’égarement<br />

et de l’ignorance, ils répondent; «Non, nous suivons la coutume<br />

de nos pères», qui adorent les idoles. Dieu leur dit alors en les blâmant;<br />

«Même si vos pères ne comprenaient rien et ne trouvaient pas<br />

la voie droite!» Ibn Abbas a dit que ce verset fut révélé au sujet de certains<br />

juifs que le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- avait appelé<br />

à l’Islam mais ils refusèrenL<br />

Dieu ensuite compare les impies et ceux qui ne croient pas à la<br />

vie future, étant dans l’égarement et l’ignorance, à des animaux dans<br />

un pré qui ne comprennent de ce qu’on leur dit. Lorsque leur pâtre críe<br />

pour les guider, ils n’entendent que sa voix sans en rien comprendre.<br />

Et Ibn Abbas de commenter cela en disant; C ’est bien l’exemple des<br />

idolâtres qui invoquent leurs dieux, mais ceux-là n’entendent rien, ne<br />

voient rien et ne conçoivent rien».<br />

226


Ces gens-là font la sourde oreille pour ne pas entendre la vérité,<br />

des muets qui ne la déclarent pas et aveugles sans pouvoir suivre la<br />

t)onne direction. Dieu a dit à leur sujet dans un autre vei^et; (Ceux qui<br />

traitent nos signes de mensonges sont sourds, muets et plongés dans les ténèbres.<br />

Dieu égare qui II veut. Il place qui II veut sur un chemin droit)<br />

[Coran VI, 39],<br />

jjA£. 4ü\ ùl ^ *Îi ^ ^<br />

yâ ’ayyuhâ-l-ladîna ’âmanû kulû min tayyibâti mâ razaqnâkvmi waskurû<br />

li-L-Lâhi ’in kuntum ’iyyahu ta'budûn (172) ’innamâ ^ r a m a ‘alaykumu-<br />

1-maytata wa-d-dama wa latoa-l-Wnzîri wamâ ’uhilla bihî ligayri-L-Lâhi<br />

famani-dturra gayra bâgin walâ ‘âdin falâ ’itma ‘alayhi ’inna-L-Lâha<br />

gafûru-r-rahîm (173).<br />

O croyants, nourrissez-vous des aliments qu’Allah vous octroie et manifestez-Lui<br />

votre reconnaissance si vraiment vous L’adorez. (172). H vous<br />

a interdit de manger les animaux morts, le sang, la viande de porc et tout<br />

animal qui n’aura pas été inmiolé au nom d’Allah. Celui qui transgresserait<br />

cette défense par nécessité, non par désinvolture et insoumission, ne<br />

commettrait aucun péché. Allah est indûment et dém«it. (173).<br />

Dieu ordonne à Ses serviteurs de ne manger que du bon de ce<br />

qu’il leur a accordé, d’être reconnaissants envers Lui et de savoir que<br />

le fait de ne manger que du licite est un moyen d’exaucement, comme<br />

il a été rapporté dans un hadith d’après Mouslim: «Dieu le Très Haut<br />

est bon et n ’accepte que ce qui est bon. Il a ordonné aux croyants ce qu’il<br />

a ordonné à Ses Messagers. Il a dit: (Ô vous les Prophètes! Mangez d’excellentes<br />

nourritures, faites le bien. Je sais parfaitement ce que vous faites )<br />

(Coran XXIII, 51] et II a dit aussi: (Mangez des excellentes nourritures que<br />

nous vous avons accordées) [Coran XX, 81]. Puis il parle de l’homme qui<br />

fait de longs voyages, à la tête ébouriffée et poussiéreuse, tend les<br />

mains vers le ciel en s’écriant: «Ô Seigneur! Ô Seigneur!» alors que<br />

sa nourriture est illicite, sa boisson illicite, son vêtement illicite, n’a vé-<br />

227


eu que de ce qui est illicite. Comment donc pourra-t-il être exaucé?»<br />

(Rapporté par Ahmed, MousBm et Timüdd/^^.<br />

Après que Dieu ait montré aux hommes la nourriture bonne et licite,<br />

Il leur rappelle que seule la bête morte malgré elle dans certaines<br />

conditions leur est illicite que ce soit à la suite d’un coup, ou d’une<br />

chute, ou d’un coup de corne ou dévorée par un fauve (dont nous allons<br />

en parler plus loin). Les gibiers de la mer sont exceptés de cette<br />

interdiction selon ce verset:<br />

(Le gibier de la mer et la nourritare qui s’y trouve vous sont permis)<br />

[Coran V, 96], et d’après ce hadith: «L’eau de la mer est purificatrice et<br />

ses gibiers morts sont licites» (Rapporté par Malek/^K<br />

Puis Dieu tolère aux hommes de se nourrir de la bête crevée<br />

quand ils n’en trouvent pas d’autres. Ce cas est la nécessité qui est<br />

conditionnée par la soumission à Dieu, en d’autres4ermes, il ne faut<br />

être ni rebelle, ni transgresseur, mais on doit observer cette tolérance<br />

avec foi et piété sans en abuser. On peut manger de ces t>êtes mortes<br />

et du porc en cas de pénurie sans se rassasier ni les rechercher,<br />

comme certains ulémas l’ont interprété.<br />

Chapitre:<br />

L’homme contraint et en détresse se trouvant devant une nourriture<br />

appartenant à autrui et une bête morte, de laquelle il doit manger?<br />

A savoir que la quantité qu’il prendra de la première, - sans la permission<br />

de son propriétaire - ne l’exposera pas à la peine de la coupure<br />

de la main?<br />

La majorité des ulémas ont jugé qu’il lui sera toléré de manger<br />

des biens d’autrui en se référant à ce récit raconté par Abbad ben<br />

Charhil AI-‘Anazi:<br />

( 1 ) t L i» VI "il - *ij^J<br />

(2) .(0^1 Ij dAlL* »Ijj) .W5-* *3^ J** • Ajip aJÿ j<br />

228


«Dans une période de disette, je vins à Médine. Trouvant un<br />

champ de blé, je pris de épis et les égrainai entre mes doigts. J ’en<br />

mangeai et fis une petite provision que je mis à l’intérieur de mes vêtements.<br />

Le propriétaire du champ arriva, me frappa et prit mes vêtements.<br />

Je vins trouver l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- et le mis au courant de cet événement. Il dit à l’homme: «Tu ne<br />

lui as pas donné à manger alors qu'il était affamé ni lui a instruit quand il<br />

était ignorant». Le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- ordonna<br />

alors à l’homme de me rendre mes vêtements et me donner une quanîtté<br />

de nourriture» (R eporté par Ibn Maja/^K<br />

En interprétant cette partie du verset: (Ne commettrait aucun péciié.<br />

AUah est indulgent et clien t», Mouqatel Ben Hayyan a dit: «Il est permis<br />

de ne pas dépasser les trois bouchées». Mais Masrouq a dit:<br />

«L ’homme en détresse^ui ne mange pas -de ces bêtes interdites, ne<br />

boit pas, et meurt en cet état, entrera à l’Enfer».<br />

On peut donc déduire de ce qui précède que le fait de manger de<br />

la bête morte est un devoir et non une simple tolérance, tel le cas d’un<br />

malade qui est incapable de jeûner.<br />

li ¿i^j1 ^ 4 g s, a 'u<br />

- i j i i i - ii i 4 i é i<br />

'C s p . i Î X i î S j i 0 i i<br />

5J5 l ÿ J l 2ii i)t ^ ^ ^<br />

’inna-l-ladîna yaktumûna mâ ’anzala-L-Lâhu mina-l-kitâbi wa yastarûna<br />

bihî tamanan qalîlan ’ulâ’ika mâ ya’kulûna fî butunihim ’illa-n-nâra wa-<br />

(1 ) (UaîU- Ulp IsjUoI iji Jlî<br />

i^^.y JaîL>JI ^ cJLurj asJü'Ij j i i<br />

4i«Jlp V j (LpLo ')lj liûUr’


lâ yukalIimuhum-L-Lâhu yawma-l-qiyâmati walâ yuzakkihim wa lahum<br />

‘adâbun ’alîm (174)’ûla’ika-l-ladîna-starawu-d-^Iâlata bil hudâ wa-l-‘ad<br />

âba bi-l-magfîrati famâ ’asbaruhum ‘alâ-n-nâr(175) dâlika bi’anna-L-Lâha<br />

nazzala-l-kitâba bi-l-teqqi wa’inna-l-ladîna-htalafû fî-l-kitâbi lafî siqâiqâqim<br />

ba‘îd (176).<br />

Ceux qui dissimident les enseignements do Livre au prix d’an maigre<br />

avantage, c’est comme s’ils nourrissaient leurs entrailles de feu. Allah ne<br />

leur adressera pas la parole au jour du jugement dernier et ne les absoudra<br />

pas. Un châtiment douloureux les attend. (174). De tels gens échangent la<br />

bonne direction contre la mauvaise, le pardon contre le châtiment. Comme<br />

ils »ont ei^urds contre la peur du feu. (175) Et cela parce qu’Allah n’a pas<br />

révélé le Livre à la légère. Ceux qui polémiquent à propos du Livre sont en<br />

rebellion ouverte. (176).<br />

Il s’agit des juifs qui cachent aux hommes la venue de Mouhammad<br />

-qu’Allah le bénisse et le salue- alors que leur Livre en parle clairement,<br />

et ceci dans le but de ne plus perdre leur supériorité à cette<br />

époque, et d'autre part les cadeaux et l’argent qu’ils recevaient des<br />

arabes contre les louanges qu’ils manifestaient à leurs ancêtres. S’ils<br />

déclaraient aux hommes l’avénement du Prohète -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue-, ils risquaient que les gens ne se détournassent d’eux en<br />

les laissant et qu’ils se passent d’eux perdant ainsi leur profit. Au lieu<br />

de suivre la voie droite, ils troquaient leur vie contre un vil prix, et pour<br />

cela ils seraient déçus et perdus dans la vie d’ici-bas et dans l’au-delà.<br />

Dans la vie présente, Dieu a montré à Ses serviteurs la véracité<br />

du message de Son Prophète en le fortifiant par les signes manifestes<br />

et les preuves décisives. Ceux dont ils craignaient qu’ils le suivraient,<br />

avaient en effet cru en lui et l’avaient secouru contre ces juifs. Quant à<br />

ceux-ci, ils ont encouru colère contre colère, et le Seigneur les a mépris<br />

dans plusieurs endroits du Coran, et II a montré qu’ils avaleront le<br />

feu dans leurs entrailles au jour de la résun-ection contre leur dissimulation<br />

de cette vérité, tout comme: (Ceux qui dévorent injustement les<br />

biens des orphelins, avalent du feu dans leurs entrailles: ils tomberont bientôt<br />

dans le brasier») [Coran IV, 10], ainsi comme ceux qui mangent et<br />

boivent dans des vases en or et argent qui ne font qu’ingurgiter du feu<br />

dans leurs entrailles, d’après un hadith.<br />

Au jour de la résurrection, Dieu ne leur adressera plus la parole à<br />

230


cause de la dissimulation de la venue du Prophète, ne les purifiera<br />

pas, ne fera jamais leur éloge, mais ils subiront un châtiment exemplaire.<br />

Car ils ont caché ce que Dieu a révélé du Livre et l’ont troqué à<br />

vil prix, et le chemin droit contre l’enneur».<br />

Dieu s’étonne de leur agissement comment ils pourront supporter<br />

le châtiment du Feu en persévérant dans leurs péchés et leur insoumission?<br />

Il a révélé à Son Messager Mouhammad -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- comme aux autres Messagers, des Livres pour maintenir la<br />

vérité et abolir l’erreur. Mais ceux-là les ont tournés en dérision. Ce<br />

Prophète qui est ie dernier ne fait que leur interdire le repréhensible,<br />

ordonner le bien et les appeler à la voie droite, et eux ne font que le<br />

traiter de menteur, cacher ce que Dieu a révélé à son sujet, en se trouvant<br />

dans un schisme qui les éloigne de la foi.<br />

¿r*'» à 4 ^<br />

JllJl j\ij<br />

4j<br />

cyjj<br />

0 ù ilü i p . ^ « i i<br />

laysa-l-birra ’an tuwallû wujuhakum qabila-l-masriqi wa-l-magribi walakinna-l-birra<br />

man ’âmana bi-L-Lâhi wal-yawmi-l-’âhiri wa-l-malâ’ikati<br />

wal-kitâbi wa-n-nabiyyina wa ’âtâ-l-mâla ‘alâ ^bbihî dawî-l-qurbâ walyatâmâ<br />

wa-l-masakina wabna-s-sabili wa-s-sa’ilîna wafi-r-riqâbi wa ’aqâma-s-salâta<br />

wa’âta-z-zakâta wa-l-mufûna bi‘ahdihim ’ida ‘âhadû wassâbirîna<br />

fî-l-ba’sâ’i wa-d-^rra’i wa Mna-l-ba’si ’ûlâ’ika-l-ladîna sadaqû<br />

wa ’ulâ’ika humul-muttaqûn (177).<br />

La piété, ce n’est pas tourner son visage du côté de l’Orient ou de<br />

l’Occident, la piété, c’est croire en Allah, au juganent dernier, aux anges,<br />

au Livre et aux ^w^iètes; la ¡«été, c’est dmmer son argent, quelque besoin<br />

qu’on en fait, à ses prodies, aux or^lins, aux pauvres, c’est racheter les<br />

captifs, obs»ver la ^ ère, faire l’aurâne, tour ses ei^agements, supporter<br />

avec courage l’adverâté de la misère, même dans leurs manifestations extrônes.<br />

C’est là la j^té sincàe et ¡undente. (177).<br />

231


Ce verset renferme tant de règles importantes, des éléments de<br />

base et une croyance droite. Lorsque Dieu a ordonné aux fidèles<br />

d’at)ord de tourner leur face, dans la prière, vers le Temple de Jérusalem,<br />

puis vers la Ka’ba, ce changement de la Qibla a causé une certaine<br />

peine aux gens d’Ecriture et certains musulmans. Mais Dieu ne<br />

tarda pas à montrer la sagesse qui émane de ce changement, en déclarant<br />

que son but est la soumission à Lui, l’exécution de Ses ordres,<br />

se diriger vers le côté qu’il veut et suivre ses lois. Telle est la vraie<br />

piété et la foi sincère.<br />

La piété ne consiste pas donc à tourner la face soit vers l’Orient,<br />

soit vers l’Occident s’il n’y en a ni obéissance ni observance des ordres<br />

divins, mais elle est de celui qui croit en Dieu et au Jour Dernier,<br />

comme Dieu a dit en pariant des bêtes sacrifiées ej^des offrandes: (Ni<br />

leur chair, ni leur sang n’atteindront jamais Dieu; mais votre crainte révérencielle<br />

l’attemdra) [Coran XXII, 37].<br />

Comme les juifs tournaient la face vers l’Occident, et les chrétiens<br />

vers l’Orient, Dieu leur montre que ce faire n’est pas ia vraie piété,<br />

mais elle est la croyance en Lui, au Jour Dernier, aux anges et aux Livres<br />

révélés dont le dernier fut le Coran pour confirmer ce qu’ils renfermaient,<br />

étant le demier, le meilleur et le plus parfait.<br />

La charité aussi est de donner, pour l’amour de Dieu, de ses<br />

biens;<br />

- à ses proches qui sont plus méritants, comme le Prophète -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue- a dit: «L ’aianône faite aux pauvres est comptée<br />

comme une seule, et deux aux proches: une aumône et un lien de parenté.<br />

- aux orphelins qui, après la mort de leurs parents, ne trouvent ni<br />

secours ni aide alors qu’ils sont faibles et mineurs ne pouvant assurer<br />

à eux seuls leur subsistance, leurs vêtements et leur demeure.<br />

- aux pauvres qui ne peuvent pourvoir à leur besoin sans l’aide<br />

des autres. Abou Houraira a rapporté que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le<br />

t)énisse et le salue- a dit: «L^ pauvre n’est pas celui qui sollicite les gens<br />

à lui darmer se contentant d ’une bouchée ou de deux de la nourriture, ou<br />

une datte ou deux, mais il est celui qui ne trouve pas de quoi lui suffire,<br />

232


personne ne se souvient de lui, et il ne demande pas aux gens de lui donner»<br />

(Rapportépar Boukhari et Mouslim<br />

- au voyageur qui, se trouvant dans un autre que son propre pays,<br />

ne possède pas de quoi lui assurer le retour chez lui. Ibn Abbas a<br />

ajouté qu’il s’agit aussi de l’hôte.<br />

- aux mendiants, c’est à dire ceux qui demandent de leur faire part<br />

des biens de la zakat et de l’aumône. Le Prophète -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- a dit à leur sujet: «Donnez à celui qui vient vous demander<br />

même s ’il monte sur un cheval» (Rapporté par Ahmed D a o u d /^ \<br />

- au rachat des captifs et à l’affranchissement des esclaves, surtout<br />

les contractuels qui sont incapables de s’acquitter des termes de<br />

leur Kitaba (la somme d’argent qu’ils doivent pour retrouver leur liberté).<br />

Dans une de ses exhortations, le Prophète -qu’Allah le bénisse et<br />

le salue- a dit: «La meilleure aumône est celle que tu fais alors que tu es<br />

avare et bien portant avec espoir de devenir riche en redoutant la pauvreté»<br />

(Rapporté par Boukhari et Moustim/^K<br />

La piété consiste aussi a s’acquitter de la prière en perfectionnant<br />

ses inclinaisons et ses prosternations, avec humilité et recueillement<br />

pour obtenir l’agrément de Dieu.<br />

Elle est également le versement de la zakat. Mais Sa'id Ben Joubaïr<br />

et Mouqatel Ben Hayyan ont ajouté qu’il s’agit de l’aumône bénévole et<br />

non l’aumône légale qui est une obligation; la première constitue en effet<br />

un acte de charité.<br />

«Tenir ses engagements»: Cette partie du verset est pareille à un<br />

(1) (/jJI t-iIjiaJl ,j-J| :Jlî Ai ùl îjijA ^<br />

Ss:ti V (^iJI tùls»illlj i»jÜJIJ ù l î ÿ<br />

.IaJp JJUa~i 4]<br />

(2) .(3jb jiîj Xo-Î «Ijj) ^ tSsp ùli JîLJJi Al ¿J-MJ Jlî<br />

(3) c jij 3x ^ ùî »jij^ J* ¿*».-»^1 c -î<br />

.IjüJI<br />

^s»wî.<br />

233


autre où Dieu a dit en padant des fidèles: «Ceux qui observent fidèlement<br />

le pacte de Dieu et ne violent pas son alliance) [Coran XIII, 20], à<br />

l’opposition des hypocrites. Or le Prophète -qu'Allah le bénisse et le salue-<br />

a dit: «Trois choses caractérisent l’hypocrite: il ment quand il parle, il<br />

trahit ^ n engagement et quand il plaide, il est de mauvaise foi». Et dans<br />

une autre version, on trouve ce rajout: «il trahit ce qu’on lui confie»<br />

(Rapporté par Boukhari et MousUm/^K<br />

La piété est également le fait de supporter l’adversité et le malheur<br />

avec patience et au moment de la colère. Il s’agit de l’indigence, de la maladie,<br />

xles calamités et du combat contre les incrédules. Ceux-là ont la<br />

foi sincère en joignant l’acte à la parole et craignant Dieu en s'acquittant<br />

de leurs devoirs religieux et s’abstenant des interdictions.<br />

yâ’ayyuha-I-ladîna ’âmanû kutiba ‘alaykumu-l-qisâsû fî-1-qatlâ-l-hurru bi-<br />

1-hurri wa-l-‘abdu bi-l-‘abdi wa-1-’untâ bil-’untâ faman ‘ufiya lahû min<br />

’ahîhi say’un fattibâ‘um-bil ma‘rûfi wa ’adâ’un ’ilayhi bi ’iksânin dâlika<br />

tahfîfiim mir-rabbikum wa ratoatun famani‘tadâ ba‘da dâlika falahû ‘ad<br />

âbun ’alîm (178) walakum fî-l-qisasi ^yâtun yâ’ulî-l-’albâbi la‘allakum<br />

tattaqûn (179).<br />

O croyants, le talion vous est prescrit contre le meurtre. Honune libre<br />

pour homme libre, esclave pour esclave, femme pour fenune. Celui envers<br />

qui son frère se sera montré indulgent ne sera poursuivi que modérément.<br />

C’est là une marque d’indulgence. Si un pareil compromis était rompu, un<br />

châtiment exemplaire s’imposerait. (178) Le talion est la meilleure sauve-<br />

(1) JLPj tOJLS' (Lijb» lij<br />

234


garde de la rie, ô hommes d’expérience. Peut-être agirez-vous en conséquence<br />

(179).<br />

Dieu impose aux hommes l’équité en appliquant le talion, sans<br />

transgresser le lois divines comme les juife agissaient. La raison pour<br />

laquelle ce verset a été révélé, est la suivante; Si un juif de Bani An-<br />

Nadir tuait un autre de Bani Qoraidha, on n’exécutait pas le coupable<br />

mais on échangeait la peine contre cent mesures (wisqs) de dattes.<br />

Par contre si un Qoraidhite tuait un des Nadir, on l’exécutait ou on le<br />

rachetait contre deux cent mesures (wIsqs) de dattes.<br />

Donc dans un crime volontaire on doit appliquer le talion sans imiter<br />

ceux qui transgressaient (es lois de Dieu injustement et avec incrédulité.<br />

Quant à Sa’id Ben Joubair, son interprétation de ce verset était la<br />

suivante; «A l’époque de l’ignorance (Jahilia) et peu avant le Message,<br />

deux tribus s’étaient entretuées. Il y avait des morts et blessés, même<br />

on avait tué les femmes et les esclaves. Aucune loi ou peine n’a été<br />

appliquée jusqu’à leur conversion. Avant cela l’une de ces deux tribus<br />

provoquait l’autre prétendant qu’elle était plus puissante et plus riche,<br />

et les hommes de cette tribu juraient qu’ils ne seraient satisfaits<br />

qu’après avoir tué l’homme pour la femme et le libre pour l’esclave.<br />

Dieu alors fit cette révélation.<br />

Ibn Abbas a dit; «Ce verset consiste à l’application du talion; les libres,<br />

hommes et femmes, pour les libres, et les esclaves pour les esclaves,<br />

hommes et femmes. Mais on a rapporté, d’après Malek, que<br />

cela a été abrogé par ce verset; «Vie pour vie, œil pour œil...» [Coran V,<br />

45].<br />

Un problème<br />

Abou Hanifa a jugé qu’un homme libre doit être tué pour un esclave<br />

en se référant au dernier verset précité, qui était aussi l’opinion<br />

d’Ali et Ibn Mass'oud. AI-Boukhari a rapporté que le Prophète -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue- a dit; «Quiconque tue-injustement- un esclave,<br />

on le tue, s’il lui coupe le nez, on lui coupe le sien et s’il le castre, on<br />

le castre».<br />

Mais la plupart des ulémas ont jugé qu’on ne tue pas un homme libre<br />

pour un esclave, étant donné que ce dernier n’est considéré que<br />

235


comme un bien ou une marchandise. Ainsi si un libre tue un esclave<br />

involontairement, il ne sera pas tenu de payer sa dyia (composition légale),<br />

mais il paye son prix. Ce qui est certain d’après eux, et selon un<br />

hadith rapporté par Ali, qu’un musulman ne sera pas tué pour un impie.<br />

Mais Abou Hanifa avait une opinion contradictoire en se basant<br />

sur le verset qui dit; «Vie pour vie, œil pour œil...».<br />

D’autre part, Al-Hassan et ‘Ata ont dit qu’on ne tue pas un homme<br />

pour une femme, mais l’opinion de la majorité des ulémans stipule<br />

qu’on le tue d’après le verset précité et ce hadith: «Les sangs des musulmans<br />

s ’égalent les uns aux autres» Al-Laith a ajouté; «On ne tue pas<br />

l’homme pour sa femme pour des raisons particulières».<br />

Un problème: la complicité collectiye:<br />

D’après les quatre écoles de la loi islamique et l’opinion de la majorité<br />

des ulémas, s’il s’avère que plusieurs personnes participent à la<br />

mort d’une seule, on les exécute tous. On a rapporté qu’un jeune<br />

homme a été tué du temps de Omar qui exécuta sept personnes<br />

complices en disant: «Si tous les habitants de San’a-le lieu du crimeavait<br />

tous participé à son meurtre, je les aurais exécutés». Ce qui<br />

n’était pas l’opinion de l’Imam Ahmed.<br />

Quant à cette partie du verset; «Celui envers qui son frère se sera<br />

montré indûment ne sera poursuivi qne modérément. Mais il devra s’acquitter<br />

avec empressonent»:<br />

- Moujahed a dit; «Il s’agit d’accepter la dyia pour un crime intentionnel».<br />

- Ibn Abbas a dit; «Une fois que la dyia (composition légale) est<br />

dûe, l’indulgence consiste à ne plus l’accepter. Au cas ou il la revendique,<br />

il doit user de procédés convenables, et le coupable doit dédommager<br />

de la nfieilleure façon.<br />

Dieu n’a imposé la dyia que pour alléger la tâche des hommes,<br />

qui est en même temps une miséri^rde de Sa part, ce qui n’était pas<br />

accordé aux autres peuples avant l’Islam car ceux-là devaient ou bien<br />

exécuter le coupable ou bien lui pardonner sans qu’il n’y ait une<br />

comoposîtion légale qui constitue une solution intermédiaire accordée<br />

plus tard aux musulmans. Qatada a ajouté; «Les gens de la Torah devaient<br />

exécuter le coupable, et ceux de l’Evangile étaient ordonnés de<br />

236


pardonner mais la communauté musulmane a le choix d’opter pour<br />

une de ces trois solutions: l’application de talion, le pardon, ou la<br />

dyia».<br />

Dieu met en garde les hommes, les menaçant d’un châtiment douloureux<br />

s’ils transgressent Sa loi, c’est à dire en se vengeant du coupable<br />

après avoir encaissé le prix du sang.<br />

Il leur dit enfin que, dans le talion, il y aura une vie pour eux. Car<br />

son application égargne la vie et met fin à la tuerie. En d’autres termes,<br />

celui qui pense à commettre un meurtre, saura qu’il sera tué et<br />

cette sanction l’empêchera de tuer.<br />

ü j d<br />

J i i lii ^<br />

■5Î ;;:s: g i t û i i L i i ù . e i £ ^ ^ â Si<br />

J »<br />

^ -iijl 4 ¿4)^<br />

kutiba ’ayalkum ’idâ Jto^ra ’a^dakumu-l-mawtu ’in taraka hayran-i-1-<br />

wasiyyatu li-l-wâlidayni wa-l-’aqrabîna bil-ma‘rûfi ^qqan ‘alâ-l-muttaqîn<br />

(180) faman baddalahû ba‘dama sami‘ahû fa’innama ’itmuhû ‘alâ-lladîna<br />

yubbadilunahû ’inna-L-Lâha samî‘un ‘alîm. (181) faman hâfa mim<br />

mussin janafan ’aw ’itman fa ’asla^ baynahum falâ ’itma ‘alayhi ’inna-<br />

L-Lâha gafûrun raMm (182).<br />

n vous est prescrit, à l’article de la mort, de tester au profit de vos<br />

père et mère et de vos proches dans la mesure d’usage. C’est un devoir pour<br />

ceux qui craignent Dieu. (180). Celui qui dénature les dispositions qu’il a<br />

entendues, du testateur commet un péché. Allah sait tout et entend tout.<br />

(181). Si le testament contient des Irrégularités ou contrevient à la loi successorale,<br />

il est permis de faire accepter un compromis par les parties intéressées.<br />

Allah est indulgent et clément. (182).<br />

Ce verset ordonne à qui la mort se présente de faire un testament<br />

en faveur de ses parents et ses proches. Mais ceci fut abrogé par le<br />

verset qui organise la succession et devint une prescription imposée<br />

par Dieu et dont les gens devraient l’appliquer, sans privilégier l’un des<br />

héritiers d’après ce hadith: «Dieu a donné à chacun son dû, aucun legs ne<br />

237


doit être fait en faveur d’un réservataire» (Rapporté par les auteurs des sunanf^K<br />

Ibn Abbas a dit; «C e verset, concernant le testament, a été<br />

abrogé par celui-ci qu'on trouve dans la sourate «Les femmes»;


a le droit d’en faire un legs. Ceci a été affirmé par le Prophète -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue- qui a dit: «Toute personne qui a le droit de<br />

faire un legs, ne doit pas passer deux nuits sans que son testament ne se<br />

trouve écrit chez lui» (Rapporté par Boukhari et M uslim/^K<br />

Et Ibn ‘Omar de dire: «Selon cette recommandation que j’ai entendue<br />

de l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-, je n’ai jamais<br />

passé une seule nuit sans avoir mon testament écrit auprès de moi».<br />

Le bien laissé qui constitue la succession a été un sujet de controverse<br />

entre les ulémas quant à sa valeur. Mais ce qu’il faut savoir<br />

concerne sans doute une grande richesse.<br />

«Dans la mesure d’usage» signifie: faire un legs aux proches sans<br />

que cela ne cause du tort aux réservataires. A ce sujet il a été rapporté<br />

dans les deux Sahihs que Sa’d demanda à l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue-: « J ’ai une grande fortune et une seule<br />

héritière. Puis-je faire un legs des deux tiers?» -Non, répondit-il. - De la<br />

moitié? -Non plus -Alors du tiers?. Et le Prophète -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- de répliquer: «Oui du tiers, et ce tiers est beaucoup. Vaut<br />

mieux laisser tes héritiers riches que de les laisser pauvres quémander les<br />

gens» (Rapporté par Boukhari et Mousiim)<br />

«Celui qui dénature les dipositions qu’il a entendues du testateur<br />

commet un péché. Allah sait tout et entend tout»: ce verset signifie que le<br />

péché ne sera imputé qu’à celui qui a entendu le testament puis l’altère<br />

soit en y ajoutant quelques choses de chez lui, soit en omettant<br />

une partie, ainsi s’il le dissimule.<br />

«Si le testament contient des irrégularités ou contrevient à la loi successorale..»:<br />

Ibn Abbas a dit que l’irrégularité comporte toute erreur<br />

comme par exemple en ajoutant un aux héritiers d’une façon quelconque,<br />

ou le testament en faveur de sa petite-fille (la fille de la fille).<br />

.(U-fiP- 4i\ j-^ j)\ ^ iljj) *^3)<br />

(2) ^ î-ljt 'il) W il—fJ<br />

;JU ÇvUüÜÜ sjli tiNi :JÜ ?>-îJLi ;JU :JÜ ^ j l i î<br />

âJIp ùÎ j * (S^\ viKjj jij ùl ¿Jj) tjiiT<br />

239


soit que cette erreur est commise involontairement, soit qu’elle provient<br />

d’une compassion envers un des proches sans perspicacité, soit que<br />

cela est fait de propos délibéré. Le tuteur dans ce cas est tenu de réformer<br />

le testament et le modifier de sorte que cela soit compatible<br />

avec la loi évitant ainsi toute injustice. Cette modification n’est pas<br />

considérée comme une altération mais un rétablissement de ta<br />

concorde entre les héritiers selon ia loi sans léser personne.<br />

L’altération dans le testament est un des grands péchés d’après<br />

ce hadith rapporté par Abou Houraira dans lequel le Prophète -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue- a dit: «Il arrive que l ’homme fait des actes de bien<br />

pendant soixante-dix ans, mais, à la fin de sa vie, il fait un testament qui<br />

contredit la loi, alors cette mauvaise action sera sa demière et entrera à<br />

l ’Enfer. Par contre, il arrive que l’homme ne fait que du mal durant soixante-dix<br />

ans mais fait un testament conforme à la loi et'entrera au Paradis»<br />

(Rapporté par Ahdul Razzaq^^K Et Abou Houraira d’ajouter: «Lisez si<br />

vous voulez: «TeUes sont les lois de Dien, ne les transgressez pas».<br />

i J L ^ ÿ u M ^ j ] o 'jjjL J m<br />

#<br />

< 1 i î ><br />

OyjLM<br />

(Jlj fi<br />

yâ ’ayyuhâ-l-ladîna ’âmanû kutiba ‘alaykumu-s-siyâmu kamâ kutiba ‘alâl-ladîna<br />

min qablikum la‘allakum tataqûn(183) ’ayyâman-ma'dûdâtin faman<br />

kâna minkum maridan ‘aw ‘alâ safarin fa‘iddatun min ’ayyâmin<br />

’uhara wa‘alâ-l-ladîna yutiqunahû fidayatun ta ‘âmu miskînin faman<br />

tatawwa‘a hayran fahuwa hayrul-lahû wa ’an tasûmû hayru-l-lakum ’in<br />

kuntum ta‘lamûna (18).<br />

Croyants, le jeûne vous est prescrit comme il a été prescrit aux peu-<br />

(1) iL- ùl, 4il Jli ;Jü J<br />

J*'<br />

j^. ^<br />

240


pies qui vous ont précédés. Peut-être vous perfectionnerez vous. (183). La<br />

durée du jeûne est déterminée. Celui qui, par suite d’une maladie, ou d’un<br />

déplacement, aura manqué des jours de jeûne, devra les remplacer. Ceux<br />

qui auront rompu le jeûne par fatigue se rachèteront par des distributions<br />

de nourriture aux pauvres. Etre large dans ces distributions, c’est encore<br />

plus méritoire. Jeûnez, c’est votre intérêt, si vous êtes des hommes avertis.<br />

(184).<br />

Dieu ordonne aux hommes de jeûner en s’abstenant de manger,<br />

de boire et d’avoir de rapports avec les femmes, n’ayant pour intention<br />

que de plaire à Dieu. Car le jeûne est une purification de l’âme de tout<br />

mauvais caractère ou comportement inconvenable. Il l’a prescrit aux<br />

musulmans comme II l’a prescrit aux générations passées en les prenant<br />

comme exemple. Que les musulmans s’empressent de s’acquitter<br />

de cette obligation d’une'Tkçon plus parfaite que les autres en profitant<br />

ainsi des intérêts du jeûne qui purifie l’âme et le corps, et repousse les<br />

mauvaises suggestions du démon, selon ce hadith cité dans les deux<br />

Sahih où l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «O<br />

jeunes hommes! Que celui d ’entre vous qui peut aussurer le ménage, se marie...<br />

Celui qui n’est pas capable, qu’il jeûne car le jeûne lui sera une protection»^<br />

Puis Dieu montre que le jeûne doit se faire durant des jotirs<br />

comptés afin qu’il ne soit une prescription trop excessive. Au début de<br />

l’ère Islamique, les hommes jeûnaient trois jours de chaque mois, puis<br />

il fut abrogé par le verset qui impose le jeûne au mois de Ramadan<br />

comme nous allons le montrer plus loin.<br />

1a été dit que le jeûne a été prescrit du temps de Noé durant<br />

trois jours de chaque mois. Al-Hassan Al-Basri a dit: «Le jeûne a été<br />

prescrit durant un mois entier à toutes les générations qui nous ont<br />

précédés» Et Abduilah Ben ‘Omar qui a soutenu cette opinion, d’ajouter:<br />

«L’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Le jeûne<br />

241


du mois de Ramadan a été prescrit à tous les peuples qui nous ont précédés»<br />

(Rapporté par Ibn Abi Hatem/^K<br />

Les malades et les voyageurs sont exempts, momentanément, du<br />

jeûne, ils peuvent rompre le jeûne durant des jours comptés selon leur<br />

cas à condition qu’ils jeûneront un nombre de jours égal, et ceci est<br />

par compassion envers eux car le jeûne leur cause une fatigue. Quant<br />

au résident qui supporte le jeûne avec fatigue a le choix: ou jeûner, ou<br />

rompre le jeûne en nourrissant un pauvre contre chaque jour, et s’il<br />

nourrit plusieurs, ce sera un bien pour lui. Mais le jeûne est meilleur<br />

pour lui.<br />

On a rapporté que le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- en<br />

arrivant à Médine, jeûnait trois jours de chaque mois et le jour de<br />

‘Achoura. Lorsque le verset précité fut révélé, certains jeûnaient et<br />

d’autres donnaient à manger aux pauvres pour coQipenser le jeûne.<br />

Mais lorsque Dieu révéla un autre verset qui impose le jeûne d’une façon<br />

catégorique, ceci fut une obligation pour le résident et le sain, une<br />

tolérance pour le malade et le voyageur de rompre pour jeûner plus<br />

tard, et une exemption pour l’âgé et le vieillard qui ne peuvent en aucun<br />

cas jeûner. Par la suite, les hommes, après leur jeûne, mangeaient,<br />

buvaient et avaient des rapports avec leurs femmes avant de<br />

dormir. Mais après leur sommeil, en se réveillant, ils s’abstenaient de<br />

tout.<br />

On a rapporté qu’un hommes des Ansars (Médinois) appelé Sarma<br />

travaillait en jeûnant. Un jour, il rentra le soir, fit la prière de l’isha’<br />

(le soir) et s’endormit sans manger ni boire jusqu'au lendemain passant<br />

ainsi tout la nuit à jeûne. En le voyant chétif et déprimé l’Envoyé<br />

de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- lui demanda: «Qu’as-tu?» Il lui<br />

répondit: «J ’ai travaillé toute la joumée d’hier, en rentrant chez moi, je<br />

m’étendis et le sommeil me gagna, et me voilà à jeûne aujoud’hui».<br />

On a rapporté également qu’Omar Ben Al-Khattab, en se réveillant<br />

la nuit, avait commercé avec sa femme. Il vint trouver le Prophète -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- et le mit au courant de son faire. Dieu<br />

(1) Al ^ Al Jlî :Jlî<br />

242<br />

(U jiy. ¿Jl #ljj)


alors fit desœndre un verset à ce sujet dont nous allons en parler plus<br />

loin.<br />

Cette partie du verset: (Ceux qui auront rompu le jeûne par fatigue<br />

se rachèteront par des distributions de nourriture» avait suscité une<br />

controverse entre le exégètes car certains avaient dit qu’elle a été<br />

abrogée par ce verset: «Quiconque verra ce mois apparaître devra<br />

commencer le jeûne», mais Ibn Abbas leur a répondu: «Il ne l’est plus<br />

car cette tolérance fut accordée dans tous les cas aux personnes<br />

âgées et incapables de jeûner, qui devront, en compensation, nourrir<br />

un pauvre.<br />

Il en résulte de ces différentes opinions que cette abrogation<br />

concerne le résident et le sain. Quant aux âgés, ils romperont le jeûne<br />

sans qu'ils soient obligés de jeûner plus tard étant donné que leur cas<br />

sanitaire ne leur permettra pas de le faire, et ils seront tenus de nourrir<br />

un pauvre en compensation. La question qui se pose est la suivante;<br />

«Et s'ils ne trouveront pas de quoi nounir?». Il y a eu deux opinions à<br />

ce sujet: La première l’exempte par égards à sa vieillesse tout comme<br />

le garçon qui est exempté, car Dieu n’impose pas à une âme une<br />

charge qui ne peut pas la supporter, comme a dit Al-Chafé’i. La deu-<br />

ȏme, qui est la plus correcte, exige cette nourriture selon les dires de<br />

la majorité des ulémas. Al-Boukhari a soutenu cette dernière opinion<br />

en disant; «Si le vieillard faible ne peut supporter le jeûne qu’avec fatigue,<br />

nous avons dans Anas son exemple, car après avoir atteint un<br />

certain âge, il nourrissait, contre chaque jour, un pauvre en lui offrant<br />

du pain et de la viande, et il rompait le jeûne.<br />

Les opinions ont été controversées au sujet des femmes et des<br />

nourrices si elles craignent pour leur santé et celle de leurs bébés selon<br />

les dires suivants;<br />

- Elles doivent nourrir un pauvre et jeûneront un nombre égal de<br />

jour.<br />

- Elles doivent nourrir en compensation sans jeûner ultérieurement.<br />

- Elles doivent jeûner plus tard sans nourrir un pauvre.<br />

- Elles rompent le jeûne sans qu’elles soient obligées de jeûner<br />

plus tard ni de nounir un pauvre.<br />

243


cíJL^ít ^<br />

XS'A\ úUÜ ^j<br />

y-Á-* ¿i^ 0^.^=9 c ^j ^rf^' 1^^ tr*^ S i ^ ^ 'j<br />

S:^*í f L « JoJ. •í; j i L í í "ií i ¡ í ^ i ^ í ¿¿ ? i ^<br />

^ j ¿ C ü jt^sJLlj l í ijijjésC^ ÍJL^Í ijUéssC^<br />

sahru ramadâna-1-ladî ’unzila fîhi-1-qur’ânu hudal-linnasi wa bayyinátimmina-1-hudâ<br />

wa-1-furqâni faman sahida minkumu-s-sahra falyasimihu wa<br />

man kâna marión ’aw ‘alâ safarín fa‘iddatum-min ’ayyamin ’uhara yurídu-L-Láhu<br />

bikumu-l-yusra wala yurídu bikumu-l-‘usra wa litukmilú-1-<br />

‘iddata wa litukabbirû-L-Lâha ‘alâ mâ hadâkum wa la‘allakum taskun<br />

(185).<br />

Le mois du Ramadan est celui au cours duquel le Coran a été révélé<br />

aux hommes comme guide de conscience, comme règle morale et comme<br />

critérium du bien et du mal. Quiconque verra ce mois apparaître devra<br />

commencer le jeûne. Celui qui, par suite d’une maladie ou d’un déplacement,<br />

aura manqué des jours de jeûne, devra les remplacer. Allah cherche à<br />

vous faciliter l’accomplissement de la règle, H ne cherche pas à vous la rendre<br />

difficile. Accomplissez toute la durée du jeûne. Louez Allah de vous<br />

avoir indiqué la bonne voie et peut-être Snirez-vous par Lui être reconnaissants.<br />

(185).<br />

Dieu montre le mérite du mois de Ramadan pamii les autres mois<br />

de l’année lunaire, et qu’il l’a élu pour faire descendre le Noble Coran,<br />

ainsi que tous les autres Livres célestes.<br />

L’imam Ahmed a rapporté d’après Wathila Ben Al-Asqa’ que l’Envoyé<br />

de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Les Feuillets furent<br />

révélés à Abraham la première nuit du Ramadan, la Torah la sixième nuit,<br />

VEvangile à la treizième et le Coran à la vingt-quatrième. Les Feuillets, la<br />

Torah, les Psaumes et VEvangile furent descendus sur chaque Prophète en<br />

une seule fois». Quant au coran, il fut descendu à la «Demeure de la<br />

Puissance» au ciel le plus inférieur, durant la nuit du Destin au mois<br />

de Ramadan comme Dieu a dit; «Oui, nous l’avons fait descendre durant<br />

la Nuit du Destin) [Coran XCII, II] et; «Nous l’avons fait descendre durant<br />

une nuit bénie») [Coran XLIV, 3]. Puis il fut révélé à l’Envoyé de Dieu -<br />

244


qu’Allah le bénisse et le salue- comnfie versets séparés selon les circonstanœs».<br />

'Atya Ben AL-Aswad dennanda à Ibn Abbas: «Le doute a envahi<br />

mon cœur en récitant ces versets: «Le mois du Ramadan est celui au<br />

cours duquel le Coran a été révélé», «Nous l’avons fait descendre durant<br />

une nuit bénie» et «Nous l’avons fait descendre durant la nuit du Destin»<br />

que le Coran fut descendu aux mois de ChawaI, Dhil-Ki’da, Dhil-Hijja,<br />

Mouhan^m, Safôr et Rabi’» Ibn Abbas lui répondit: «Non, il fut descendu<br />

durant la nuit du Destin au mois de Ramadan, durant cette nuit bénie<br />

en une seule fois, puis descendu séparé sur les couchers d’étoiles<br />

récité en le psalmodiant durant les mois et les jours.<br />

«Comme guide de conscience, comme règle de morale et comme critérium<br />

du bien et du mab>;^cette partie du verset montre sans doute le<br />

grand mérite du Coran que Dieu a révélé comme une bonne direction<br />

pour les hommes, parmi ceux qui ont cru en lui, l’ont déclaré véridique<br />

et l’on suivi, renfermant des preuves et des signes clairs et manifestes<br />

pour ceux qui les avaient compris et médité sur leur sens. Une direction<br />

qui fait disparaître l’erreur, une voie droite qui met fm à l’égarement,<br />

une distinction entre la vérité et l’erreur, le licite et l’illicite.<br />

Comme preuve aussi de son mérite, Al-Boukhari a rapporté que l’Envoyé<br />

de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Celui qui jeûne le<br />

mois Ramadan poussé par la foi et dans l’espoir d ’être récompensé, ses<br />

péchés antérieurs lui seront par donnés» (Rapporté par Boukhari/^ K<br />

«Quiconque verra ce mois devra commencer le jeûne»: un ordre catégorique<br />

donné à celui qui voit la nouvelle lune pour débuter le jeûne,<br />

s’il est résident dans le pays et jouit d’un corps sain. Ce verset a<br />

abrogé le verset cité auparavant qui tolère à l’homme sain et résident<br />

de rompre le jeûne et donner, en compensation, à manger à un pauvre<br />

comme on l’a déjà montré. Mais cette tolérance est toujours accordée<br />

au malade et au voyageur à condition qu’il jeûne un nombre égal de<br />

jours quand le malade sera rétabli et le voyageur de rentrer chez lui.<br />

(1) y Lt aJ jÜ- LîU.j1 fU« tjjüi ^<br />

«Ijj)<br />

245


Voilà comment Dieu veut la facilité pour ces gens-là et non la<br />

contrainte.<br />

Au sujet du vo^geur les opinions furent controversées:<br />

1 - Certains ont dit: «Le résident qui voyage le premier jour de Ramadan<br />

n’a pas le droit de rompre le jeûne en se référant à ce verset:<br />

«Quiconque verra ce mois devra conunencer le jeûne». Car la tolérance de<br />

rompre le jeûne n’a été accordée qu’à celui qui voyage après l’apparition<br />

de la nouvelle lune. Ces dires ont été rapportés par Ibn Hazm<br />

d’après quelques uns des compagnons, mais qui sont discutables.<br />

D’après la tradition, on a raconté que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- était sorti au mois de Ramadan dans l’expédition de<br />

la Conquête de La Mecque. Arrivé à un endroit appelé Al-Kadid, il rompit<br />

le jeûne et ordonna à ses compagnons de faire le même.<br />

2 - D’autres ont dit qu’on doit obligatoirement rompre ie Jeûne durant<br />

le voyage en se référant à cette partie du verset: «... devra les remplacer».<br />

Mais l’opinion correcte impose le choix et non l’obligation. Les<br />

hommes sortaient en expédition avec l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- pendant le mois de Ramadan: les uns jeûnaient et<br />

les autres non, et aucun d’eux ne reprochait à l’autre son faire. Si la<br />

rupture du jeûne était vraiment obligatoire, on aurait blâmé ceux qui<br />

jeûnaient. D’ailleurs l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le saluejeûnait<br />

dans ce cas, car Abou Ad-Darda’ a rapporté: «Nous sortîmes<br />

dans une expédition avec l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- pendant le mois de Ramadan. Il faisait tellement chaud au point<br />

où l’un d’entre nous couvrait la tête de sa main afin d’éviter la chaleur<br />

torride. Ceux qui jeûnaient étaient au nombre de deux: l’Envoyé de<br />

Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- et Abdullah Ben Rawaha.<br />

3 - D’autres ont dit, y compris Ach Chafé’i, le jeûne vaut mieux<br />

que la rupture en se référant au hadith précité. On leur a répondu: plutôt<br />

il vaut mieux rompre le jeûne en usant de la tolérance. Ceux qui optaient<br />

pour une solution intermédiaire, ont considéré que les deux cas<br />

sont équivalents en mérites, en se référant à un hadith rapporté par Aicha<br />

-que Dieu l’agrée- que Hamza Ben ‘Amr Al-Asiam demanda à l’Envoyé<br />

de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-: Je suis un homme qui<br />

jeûne beaucoup, puis-je jeûner en voyage?». Il lui répondit: «Jeûne si tu<br />

246


veux, ou romps le jeûne libre à toi». On a dit aussi: «Si le jeûne s’avère<br />

difficile, il vaut mieux le rompre, car l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- a vu un homme qu’on ombrageait. Il demanda à ses<br />

compagnons; «Q u ’a-t-il?» On lui répondit; « C ’est un homme qui<br />

jeûne». Il répliqua; «// n’est plus un acte de piété qu’on jeûne en voyage.<br />

Demandez-lui de rompre le jeûne».<br />

4 - Le remplacement par le même nombre de jours devra-t-il être<br />

continu ou intennittent?. Les uns ont répondu; «Il faut qu’il soit continu<br />

tout comme si on jeûne au mois de Ramadan». Et les autres de répliquer;<br />

«On est libre à faire un jeûne continu ou séparé». La majorité<br />

des ulémas optaient pour la deuxième opinion en se basant sur des<br />

faits traditionnels, car la continuité est d’obligation durant le mois de<br />

Ramadan. Mais après l’écoulement de ce mois le jeûne du remplacement<br />

pourra être intermittent, pour cela Dieu a dit; «... devra les remplacer.<br />

Allah cherche à vous faciliter l’accomplissement de la règle. Il ne<br />

cherche pas à vous la rendre difficile».<br />

Il a été rapporté dans les deux Sahihs que lorsque l’Envoyé de<br />

Dieu -qu’Allah le t)énisse et le salue- envoya Mou'adh et Abou Moussa<br />

au Yemen, il leur dit: «Annoncez de choses agréables, ne laissez pas les<br />

gens fuir, rendez la voie facüe et ne créez pas de difficultés, que chacun de<br />

vous appuie l’autre et ne vous divisez pas»^^K<br />

Le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit; «J’ai été envoyé<br />

pour divulguer la religion droite et facile (à pratiquer)».<br />

Selon le verset sus-mentionné, Dieu veut la facilité pour les hommes<br />

en les tolérant de rompre le jeûne en cas de maladie, de voyage<br />

et d’autres excuses valables, mais II leur ordonne de jeûner ensuite le<br />

même nombre de jours pour achever la durée du jeûne prescrit et<br />

d’exalter la grandeur de Dieu qui a dirigé les hommes une fois le jeûne<br />

accompli.<br />

Ced montre que les hommes doivent exalter la grandeur de Dieu<br />

( 1 ) ^ 3 J l Ûi»- t S - J * ¿ U -J J l î 4lt J j - j ù\<br />

.lUkiw Vj IPjlWj<br />

l>-<br />

247


chaque fois qu’ils s’acquittent d’une prescription, comme le montrent<br />

ces versets:<br />

- «Souvenez-vous de Dieu en accomplissant vos rites comme vous vous<br />

souvenez de vos ancêtres ou d’un souvenir encore plus vif» [Coran ii, 200].<br />

- «Lorsque la prière est achevée, dispersez-vous dans le pays; recherchez<br />

la grâce de Dieu; invoquez souvent le nom de Dieu. Peut-être serezvous<br />

heureux) [Coran LXII, 10].<br />

La tradition exige de louer Dieu, Le glorifier et exalter sa grandeur<br />

après les prières prescrites. Ibn Abbas a dit à cet égard: «Nous savions<br />

que la prière était achevée en entendant l’Envoyé de Dieu -qu’Allah<br />

le bénisse et la salue- et ses compagnons prononcer les louanges,<br />

la glorification et le grandeur de Dieu. Pour cela les ulémas ont recommandé<br />

de prononcer la talbia le jour de la fête y^-Fitr en rompant le<br />

jeûne. Les hommes, agissant ainsi, font preuve de reconnaissance envers<br />

Dieu.<br />

wa ’idâ sa’alala ‘ibâdî ‘annî fa’innî qarîbun ’ujîbu da‘wata-d-dâ‘i ’idâ<br />

da‘âni falyastajibû lî wal-yu’minû bi la‘allahum yarsudûn (186).<br />

Si Mes serviteurs te questionnent sur Moi, dis-leur que Je suis près<br />

d’eux. Je réponds à l’appel de ceux qui M’implorent. Mais qu’ils répondent<br />

eux-mêmes à Mon appel et qu’ils croient en Moi, afín qu’ils se maintiennent<br />

dans la bonne direction» (186).<br />

On a rapporté qu’un bédouin demanda: «O Envoyé de Dieu! Dieu<br />

est-il tout près de nous pour entretenir avec Lui en tête à tête, ou loin<br />

de nous pour L’appeler?». Ce verset fut révélé à cette occasion.<br />

D’après une autre version, les compagnons demandèrent à i’Envoyé<br />

de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-: «Où se trouve notre Seigneur?».<br />

Suivant la version de ‘Ata: «Après la révélation de ce verset: «Votre<br />

Seigneur a dit: «Invoquez-Moi et Je vous exaucerai» [Coran XL, 60],<br />

248


les gens dirent: «O h si jamais nous connaissons l’heure où nous devons<br />

invoquer!».<br />

Enfin suivant la version d’Abou Moussa Al-Ach‘arl: «Nous étions<br />

en expédition avec l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-.<br />

Chaque fois que nous trouvions sur une place élevée ou y montions,<br />

ou descendions dans une vallée, nous exaltions la grandeur de Dieu à<br />

haute voix». L’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- s’approcha<br />

de nous et dit: «Hommes! A yez pitié de vous-mêmes car celui que<br />

vous invoquez n ’est ni sourd ni absent, mais II est celui qui entend et voit<br />

tout. Même II est plus près de l ’un d ’entre vous que le cou de Sa monture.<br />

O Abduilah ben Qais (Abou M oussa), ne t ’apprendrai-je une parole qui<br />

fa it partie des trésors du Paradis? Elle est: «Il n ’y a ni force ni puissance<br />

qu’en Dieu» (Rapportépar Boukhari, Mouslim et Ahmed)^^K<br />

Abou Houraira a rapporté qu’il a entendu l’Envoyé de Dieu -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue- dire: «Dieu le Très Haut a dit: «Je suis avec<br />

Mon serviteur tant quHl M ’invoque et que ses lèvres prononcent Mon<br />

nom». Ceci est pareil aux paroles divines: «Dieu est avec ceux qui Le<br />

craignent et avec ceux qui font le bien» [Coran XVI, 128] et aussi quand<br />

II a dit à Moïse et Haroun: «Oui Je suis avec vous; J’entends et Je vois»<br />

[Coran XX, 46].<br />

Ce qu’il faut retenir consiste à croire que Dieu ne rendra pas vaine<br />

l’invocation de Son serviteur, et rien ne Lui préoccupera de l’entendre<br />

car II entend toutes les prières. Le Prophète -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- a dit: «Dieu a honte de décevoir Son serviteur quand il Lui tend ses<br />

mains en L ’implorant» (R apportépar Ahmed)^^\<br />

Abou Sa’id a rapporté que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et<br />

(1) Vj îjjp ^ ^ Al UT :Jlî (/ytiVi<br />

^ U l l+ii lii ;JUi<br />

UjLi<br />

¿^iJI ùl I »■>*-* UJ} LjIp Vj 1^1 ùyf-Xj (»X-oül<br />

JjiS' JA ¿X«Jp| *ilî JJ -lj JiP J* ^ A>-î fcjÿî Ù ^ ^<br />

(2) IU.-4»* JL-jJi ia.^ri ùl Ai ùJi Jli<br />

249<br />

ùUJ.» (jP Xfc»-I oljj)


le salue- a dit: «Pas un musulman qui invoque Dieu à Lui la puissance et<br />

la gloire en Lui adressant ses prières qui ne comportent ni un péché ni une<br />

rupture d ’un lien de parenté, sans que Dieu ne l ’exauce: soit en répondant à<br />

son appel, soit en lui épargnant la récompense pour la vie future, soit en repoussant<br />

de lui un mal qui pourrait l ’atteindre» On lui dit: «Devrons-nous<br />

alors niiultiplier nos invocations?». Il répliqua: «Dieu est aussi plus généreux».<br />

(R apporté par A hm ed/^K Un autre hadith analogue a été rapporté<br />

par AI-TIrmidhI.<br />

Dans le Sahih de Mousiim on trouve aussi ce hadith rapporté par<br />

Abou Houraira dans lequel l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- a dit: «Tout serviteur est toujours exaucé â moins que sa prière ne<br />

concerne un péché ou une rupture du lien de sang, ou qu’il ne hâte l ’exaucement».<br />

On lui demanda: «Ô Envoyé de Dieu! Comment on hâte l’exaucement?<br />

Il répondit: «Le serviteur dit: «J’ai demandé, j ’ai demandé, mais<br />

je vois que je n ’ai pas été exaucé». Alors il regrette d ’avoir demandé e t<br />

cesse de demander»^^K<br />

Dans un autre hadith rapporté par Ahmed, l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Les cœurs sont comme des récipients<br />

dont certains sont plus vastes que les autres. Lorsque vous derrumdez<br />

quelque chose à Dieu, faites-le avec certitude d ’être exaucés, car Dieu<br />

n ’exauce pas la prière d ’un serviteur dont le cœur est inattentif»^<br />

Tous ces hadiths exhortent l’homme à multiplier ses invocations<br />

une fois les jeûne rompu. Car Abdullah Ben ‘Amr a rapporté que l’En-<br />

(1) (»^1 ‘à' ^ ûî .i-«-<br />

D) a\iap\ X)<br />

•àli :Jlî I ^ ùl l*j[j<br />

(2) : J'* **•^ »jij^ (* -^ iSjj<br />

Ji JjÂii :jü Uj !4j1 ;JsÎ ^ *»Jai jl<br />

.uIpUJI JU» J |Jit Jij<br />

(3) »_>ÎLrfÜ Liil


voyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit; «Lors de la rupture<br />

du jeûne, l ’invocation du jeûneur est toujours exaucée». Il est recommandé<br />

au jeûneur, comme a dit le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue-,<br />

de formuler cette invocation, quand il rompt son jeûne; «Grand Dieu, je<br />

Te demande par Ton ample miséricorde qui embrasse tout, de me pardonner».<br />

Abou Houraira a rapporté que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- a dit; «Il y a trois personnes dont leur invocation est<br />

toujours exaucée: l ’imam équitbale, le jeûneur jusqu’à ce qu’il rompt son<br />

jeûne et l ’opprimé. Dieu élèvera celle-ci au dessus des nuages, les portes du<br />

ciel seront ouvertes devant elle, et II dira: «Par M a toute puissance. Je<br />

t ’apporterai secours fut^ce après un certain moment» (Rapporté par Ahmed<br />

Tirmidd, N assaï et Ibn M aja/^K<br />

^ U S - ù p j p 'S -û S i 4 ¿ i3 î ^ Ç 4 i i X I ^ j j<br />

p i i î î ; i i (<br />

j ^ L î s . j ç V r 1 2 JÎ ^ e g 5 ;. ijT j p l i t 4i â = c<br />

4 -ij '^ i Jl '0 . fei > îr<br />

; 4 Ü ^ i j Z â i;<br />

’uMla lakum laylata-s-sayâmi-r-rafatu ’ilâ nisâ’ikum hunna libasul-lakum<br />

wa ’antum libâsu-l-lahunna ‘alima-L-Lâhu ’annakum kuntum tahtânûna<br />

’anfusakum fatâba ‘alaykum wa ‘afâ ‘ankum fal ’âna bâsirûhunna wabtagû<br />

ma kataba-L-Lâhu lakum wa ktilû wasrabû Mttâ yatabayyana lakumu-l-haytu-l-’abyadu<br />

mina-l-hayti-l-’aswadi mina-l-fajri tumma ’attimû-s-siyâma<br />

’ila-l-layli walâ tubâsirûhunna wa ’antum ‘âkifûna fi-1-<br />

masajidi tilka hudûdu-L-Lâhi falâ taqrabûha kadâlika yubayyinu-L-Lâhu<br />

’ayâtihi lin-nâsi la ‘allahum yattaqûn (187).<br />

(1) V “à' Jlî<br />

•(^l' ùi'j<br />

®'jj) *01=^<br />

251


n TOUS est permis de vous isoler avec vos femmes, la nuit du jeûne.<br />

Elles sont votre vêtement et vous êtes le leur. Allah sait que vous vous Isoliez<br />

clandestinement avant cette autorisation. Il vous absout et vous pardonne.<br />

Désormais, usez de vos femmes librement et tenez-vous à ce qui<br />

vous a été prescrit par Alalh sur ce point. Mangez et buvez jusqu’au moment<br />

où vous pourrez distinguer un fil blanc d’un fil noir à la lumière de<br />

l’aurore. Ensuite, observez le jeûne jusqu’à la nuit. Evitez tout contact avec<br />

vos femmes quand vous êtes en période de retraire spirituelle. Telles sont<br />

les limites d’Allah. N’en approchez pas. C’est ainsi qu’Allah montre les signes<br />

aux hommes. Peut-être se perfectionneront-ils?» (187).<br />

En commentant ce verset, Abou Houraira a raconté que, avant<br />

cette révélation, les musulmans s’interdisaient de manger, de boire et<br />

d’avoir de rapports charnels avec leurs femmes après l’accomplissement<br />

de ia prière du soir-lcha’-. ’Omar Ben Al-Khattab avait une fois<br />

commercé avec sa femme après cette prière.<br />

On a rapporté que la cause de la révélation de ce verset fut à l’occasion<br />

suivante^ «Gais Ben Sirma AL-Ansari, étant en état de jeûne,<br />

rentra chez lui à l’heure de la rupture du jeûne et demanda à sa<br />

femme: «As-tu quelque chose à manger?» - Non, répondit-elle, mais je<br />

vais aller le demander pour toi. Comme il travaillait toute la joumée, il<br />

fut gagné par le sommeil. Sa femme, en retoumant et le trouvant ainsi,<br />

s’écria: «Quelle mauvaise chance Qe n’ai rien trouvé de quoi manger)».<br />

Vers le milieu du jour suivant il s’évanouit. En rapportant ce fait<br />

au Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- il reçut la révélation de ce<br />

verset: «Il vous est permis de vous isoler avec vos femmes la nuit du<br />

jeûne... jusqu’à la fin du verset. Les fidèles éprouvèrent alors une<br />

grande joie.<br />

Dieu savait sans doute ce que les hommes faisaient: ils mangeaient,<br />

buvaient et cohabitaient avec leurs femmes, et II leur pardonnait<br />

car ils s’étaient lésés eux-mêmes. Il leur accorda la tolérance<br />

d’avoir de rapports avec elles en recherchant ce qu’il leur a prescritc’est<br />

à dire une progéniture- de manger et de boire jusqu’à ce qu’on<br />

puisse distinguer à l’aube un fil blanc d’un fil noir. Et c’était en effet<br />

une grâce et une miséricorde de Sa part.<br />

Ibn Jarir a rapporté: «Durant le mois de Ramadan Phomme jeûnait,<br />

et s’il lui arrivait de dormir avant la rupture du jeûne, et en se ré­<br />

252


veillant la nuit, il s’interdisait de tout, jeûnait le lendemain et ne rompait<br />

son jeûne qu’au coucher du soleil. Un jour, Omar Ben Al-Khattab passait<br />

la nuit chez des compagnons, en rentrant, il trouva sa femme endormie.<br />

Voulant commercer avec elle, elle lui dit: «Ne vois-tu pas que<br />

j’étais endormie?» il lui répondit: «Mais moi je ne le suis pas encore.»<br />

Il la cohabita. La même chose arriva à Ka’b Ben Malek. Le lendemain<br />

matin ‘Omar se rendit chez le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue-<br />

et lui raconta l’événement d’hier. Dieu fit alors cette révélation, il<br />

accorda aux hommes l’autorisation de manger, de boire et d’avoir de<br />

rapports charnels avec leurs femmes par clémence, compassion et miséricorde<br />

envers eux.<br />

«Tenez-vous ce qui vous a été prescrit par Allah sur ce point»lbn Abbas,<br />

Moujahed et Ikrima ont dit qu’il s’agit de la progéniture. D’après<br />

Abdul Rahman Ben Zaid Ben Aslam; c’est la cohabitation. Quant à Qatada,<br />

il a dit que ce verset renferme tout ce que Dieu a permis de<br />

faire.<br />

«Mangez et buvez jusqu’au moment où vous pourrez distinguer un fîl<br />

blanc d’un fil noir à la lumière de l’aurore. Ensuite observez le jeûne jusqu’à<br />

la nuit»: Dieu permet aux hommes le manger, le boire et la cohabitation<br />

des femmes toute la nuit jusqu’à ce qu’ils puissent distinguer la<br />

longueur de la nuit de la clarté du jour, en exprimant ceci par la distinction<br />

d’un fil blanc d’un autre noir. Il y avait parmi les hommes quelques<br />

uns qui attachaient à leurs pieds des fils noirs et blancs et mangeaient<br />

jusqu’à ce qu’ils pussent les distinguer. Dieu révéla ensuite; «à la lumière<br />

de l’aurore». Alors ils s’aperçurent qu’il s’agit de la distinction entre<br />

la nuit et le jour.<br />

‘Ady Ben Hatem a raconté; «Quand ce verset fut révélé, je prenais<br />

deux cordons; l’un noir et l’autre blanc, les mettais sous mon coussin<br />

et les regardais, pouvant distinguer l’un de l’autre je m’abstenais de<br />

tout. Le lendemain matin, je me rendis auprès de l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- et lui fis part de mon agir. Il me répondit;<br />

« Il s’agit bien de l’obscurité de la nuit et la clarté du jour».<br />

Chapitre:<br />

Il y a dans la tolérance de manger jusqu’à l’aube une recommandation<br />

à prendre le Souhour(qui est le dernier repas que prend<br />

l’homme à la fin de la nuit pour jeûner). A ce sujet, il a été rapporté<br />

253


dans les deux Sahihs que, d’après Anas, l’Envoyè de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- a dit: «Prenez le Souhour car il y en a bénédiction et<br />

prospérité»^<br />

‘Amr Ben AI-‘As -que Dieu l’agrée- a rapporté que l’Envoyé de<br />

Dieu Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Ce qui distingue notre<br />

jeûne de celui des gens du livre, est le repas du souhour» (Rapporté par<br />

MousUm).<br />

Le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit aussi: «Le souhour<br />

est un repas béni, ne le négligez pas fut-ce de prendre une gorgée<br />

d’eau. Dieu et ses anges bénissent ceux qui prennent le souhour» (Rapporté<br />

par Ahmedy^K<br />

Il est aussi recommandé de le retarder d’après ce hadith raconté<br />

apr Zaid Ben Thabet: «Nous prîmes le souhour en compagnie de l’Envoyé<br />

de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- et fîmes'ensuite la prière<br />

de l’aube». Anas Ben Malek demanda à Zaid: «Quel fut le temps qui<br />

s’écoula entre le souhour et l’appel à la prière?» Il répondit: «Le temps<br />

de réciter cinquante versets». L’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et<br />

le salue- a dit aussi: «Ma communauté ne cessera d’être dans le bien tant<br />

qu’elle hâtera la rupture du jeûne (après le coucher du soleil) et retardera<br />

le souhour» (Rapporté par Ahmed^^K<br />

Dans son interprétation, Ibn Jarir a rapporté que certains ulérnas<br />

ont dit que le jeûne commence lors du lever du soleil et de le rompre à<br />

son coucher. C’est vraiment étonnant de rapporter des dires pareils qui<br />

contredisent le Coran: «Mangez et burez jusqu’au moment où vous pourrez<br />

distinguer un fil blanc d’un fil noir à la lumière de l’aurore». D’autre<br />

part, il a été rapporté dans les deux Sahihs que ‘Aicha -que Dieu<br />

l’agrée- a raconté que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-<br />

a dit: «Que l'appel à la prière fait par Bilal ne nous empêche pas de<br />

(1) .lîS’jj Jlî :Jlî ^<br />

(2) 0^ it\-> (1)1 jj *1^<br />

.(tÿjOiJl X «- je- X ^î iljj) ^<br />

(3) jf- »Ijj) A' Jl*<br />

254


prendre le souhour, car il le fait quand il fait encore nuit. Mangez et buvez<br />

jusqu’au moment où vous entendez l’appel de Ibn Oum Maktoum car il ne<br />

le fait que lorsque l’aube apparaît».<br />

‘Ata’ a rapporté qu’il a entendu Ibn Abbas dire: «Elles sont deux<br />

clartés qui annoncent l’aube: la première apparait au ciel dont on ne<br />

doit pas en tenir compte, tandis que la deuxième éclaire les cîmes des<br />

montagnes, et c’est elle qui annonce l’abstention de tout».<br />

Chapitre:<br />

Comme Dieu ie Très haut a fixé l’aurore en tant que moment où le<br />

jeûneur, devra s’abstenir de manger, de boire et de cohabiter les femmes,<br />

il en résulte que celui qui, se trouvant le matin en état d’impureté<br />

majeure (Janaba) devra faire une lotion et poursuivre son jeûne sans<br />

rien lui reprocher. Telle est l’opinion des quatre imams et de la majorité<br />

des ulémas. Boukhari et Mouslim ont rapporté que ‘Aicha et Oum Salama<br />

-que Dieu les agrée- ont dit: «il arrivait à l’Envoyé de Dieu -qu’Allah<br />

le bénisse et le salué- de se trouver le matin pollué à la suite d’une<br />

cohabitation. Il faisait une lotion et jeûnait sans interropre son jeûne ni<br />

le remplacer».<br />

«Ensuite observez le jeûne jusqu’à la nuit»: Ceci signifie que la rupture<br />

du jeûne doit avoir lieu après le coucher du soleil. L’Envoyé de<br />

Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Lorsque vous voyez la nuit<br />

apparaître de ce côté et le jour disparaître de ce côté, le jeûneur peut rompre<br />

le jeûne».<br />

Abou Houraira -que Dieu l’agrée- a rapporté que l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Dieu à Lui la puissance et la gloire dit:<br />

«Les hommes que je préfère le plus sont ceux qui hâtent la rupture du jeûne»<br />

(Rapportépar Ahmed et Tîrmidzi/^^.<br />

D’après des hadiths authentifiés, le Prophète -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- a interdit aux hommes de pratiquer le jeûne continu, c’est<br />

à dire poursuivre le jeûne d’un jour à l’autre sans manger ni boire. A<br />

cet égard, Abou Houraira a rapporté: «Le Prophète -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- a interdit de faire un jeûne continuel. Un homme lui dit:<br />

«Mais toi tu le pratiques ô Envoyé de Dieu!» Il lui répondit: «Je ne suis<br />

(1) jp Al ¿JÂJJ J_^l jp ijijjt ¿f-<br />

.(çiJl.jï!lj JU?-Î<br />

255


pas comme l ’un d ’entre vous, car la nuit, mon Seigneur me nourrit et<br />

m ’abreuve». Comme les fidèles renoncèrent à ses ordres, Il fit un jeûne<br />

continuel avec eux jour après jour, puis la nouvelle lune apparut. Il leur<br />

dit alors: «Si la lune tardait à apparaître, je vous laisserais le temps de<br />

continuer votre jeûne plus que vous l’avez fait». Il leur dit cela pour sanctionner<br />

leur désobéissance. (Rapporté par Boukhari, Mousiim et Ahmed/^K<br />

Quant à celui qui veut continuer son jeûne durant la nuit jusqu’au<br />

moment du souhour, il peut le faire comme le Prophète -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- l’a toléré.<br />

«Evitcæ tout coiitact avec vos faranm quand voib êtes en période de retraite<br />

spiritneUe»: Ibn Abbas a commenté cela en disant que l’homme<br />

qui fait une retraite spirituelle dans la mosquée, q u e ^ soit au mois de<br />

Ramadan ou autre, est défendu d’avoir de rapports avec sa femme<br />

jour et nuit jusqu’à l’écoulement de la période de sa retraite.<br />

Le retraité a le droit, selon l’opinion des ulémas, de quitter le lieu<br />

de sa retraite et se rendre chez lui pour satisfaire un besoin, ou manger,<br />

mais il lui est interdit même d’embrasser sa femme, et d’y rester<br />

plus que le moment nécessaire pour satisfaire un besoin quelconque.<br />

Rien ne devra le préoccuper autre que la retraite. De même il lui est<br />

défendu de visiter un malade et peut se contenter de s’enquêter de<br />

son état si, en route vers la mosquée, rencontre une personne qui<br />

puisse l’informer.<br />

La mention de la retraite après le jeûne comme il est cité dans ce<br />

verset, est une exhortation et un avertissement que cette retraite n’a<br />

lieu qu’au mois de Ramadan, comme II a été rapporté dans les traditions<br />

que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- la fasait durant<br />

la dernière décade de ce mois jusqu’à sa mort. Après sa mort,<br />

ses épouses la pratiquaient.<br />

jvü Jü c— I :Jli<br />

y » ; jL ü jM jJt Ijîj 1^*<br />

^<br />

JLo-l<br />

256


Il a été cité dans les deux Saliihs que Safia Bent Houyay -<br />

l’épouse du Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- le visita une nuit<br />

alors qu’il faisait sa retraite spirituelle dans la mosquée. En sortant, il<br />

l’accompagna jusqu’à son appartement qui se trouvait à l’extrémité de<br />

Médine dans la demeure d’Oussama Ben Zaid. En route ils rencontrèrent<br />

deux hommes des Ansars (Médinois). En voyant le Prophète -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue-, ils hâtèrent le pas par pudeur car sa<br />

femme l’accompagnait. Il leur dit: «Doucement! C ’est Safia Bent Houyay<br />

ma femme» Ils répondirent: «Gloire à Dieu, ô Envoyé de Dieu!» Il répliqua:<br />

«Le diable s ’infiltre dans le cœur de l’homme comme le sang qui coule<br />

dans ses veines, et je crains qu’il ne jette quelque soupçon dans vos cœurs»<br />

(Rapporté par Boukhari et MousUm)^^K<br />

Al-Chafé’i a commenté cela en disant: «Le Prophète -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- voulut, par ses paroles et son agissement, enseigner<br />

aux hommes de sa communauté comment éviter un soupçon au<br />

moment propice afin que personne ne commette un acte blâmable et<br />

qu’il soit circonspecte». ""<br />

Le contact avec la femme signifie tout rapport charnel et les attouchements<br />

qui le précèdent. Quant aux choses ordinaires il n’y a aucun<br />

mal à les expédier. Car ‘Aicha -que Dieu l’agrée- a rapporté: «L ’Envoyé<br />

de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- me tendait la tête pour la<br />

lui peigner du moment que j’avais mes menstrues. Il ne rentrait que<br />

pour satisfaire un besoin tout comme les autres.<br />

«Telles sont les limites d’Allah. N’en approchez pas»: C ’est à dire telles<br />

sont les lois ne les transgressez pas. Il s’agit du jeûne, ses règles<br />

(1 ) ^ j j j j C-JJ Î-Uiv» ùî<br />

¿ ü i ùlS"j J l c —»lî ÂP-L» ojllp<br />

ùlS” L»_L» Jjj Jl ÔL.Î jb ùlS^j îIajIj<br />

ij\ _ \jj\ÿ<br />

LÎj Lü tjUaiVl JA ù“iWj<br />

C-V Lf»l - A*.* a1*I ¿r*<br />

J ¿ri' ¿y iJyrH ùUa^l ùlj JUi<br />

sljj) Jli jî lli<br />

257


et son but, Dieu vous les a montrés clairement, et les règles de la retraite<br />

spirituelle que vous devez suivre. Peut-être, grâce à ces lois et<br />

règles, ils trouveront ia voie droite.<br />

¿j i j È J i i i i Tii ij iÿ p z i^ is •ij<br />

walâ ta’kulû ’amwâlakum bâynakum bil-bâtili wa tudlû bihâ ’ilâ-l-lhukkâmi<br />

lita’kulû farîqan min ’amwâli-n-nâsi bi-l-’itm i wa ’antum<br />

ta‘lamûn (188).<br />

Ne gaspillez pas sottement vos richesse. Ne les offrez pas à vos juges<br />

dans l’espoir de vous faire attribuer injustement celles des autres. Et cela<br />

sciemment. (188).<br />

D’après ibn Abbas, il s’agit d’un débiteur qui deit une somme d’argent<br />

à un autre sans que ce dernier soit en possession d’un document<br />

qui confirme cette dette alors que le premier renie ce droit sciemment.<br />

Il a été rapporté dans les deux Sahihs, d’après Oum Salama que<br />

l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Je ne suis<br />

qu’un être humain. Je reçois l ’un des adversaires qui pourra être plus éloquent<br />

en exposant ses arguments qu’un autre, croyant qu’il a raison, je prononce<br />

une ^ntence en sa faveur. En fa it je procure une place à l ’Enfer à<br />

qui je donne raison contre un autre musulman, qu’il la prenne ou qu’il la<br />

laisse de côté» (Rapporté par Boukhari et MousUm/^K<br />

Le verset et le hadith précités montrent que le verdict prononcé<br />

par le juge ne change en rien la nature de la plainte, en d’autres termes,<br />

il ne rend pas le licite illicite et réciproquement, mais il est quand<br />

même une sentence qui doit être exécutée. Si elle correspond à la vérité<br />

des choses elle sera ainsi mais si elle est autrement le juge aura<br />

accompli sa tâche et le coupable se verra chargé d’une injustice qu’il<br />

devra supporter ses conséquences.<br />

(1 ) :jLi ^1 ùl ^ ^ ijj<br />

J .


Pour cela le verset exhorte l’homme à ne plus abuser de cas pareils<br />

pour renier sciemment les droits des autres.<br />

ijîL» ôtj<br />

î> 2 ij y i î ç ; 4 JÎ !is s<br />

yas’alunaka ‘ani-l-’ahillati qui hiya mawâqîtu li-n-nâsi wa-l-Mjji wa laysa-l-birru<br />

bi’an ta’tu -1-buyuta min zuhûriha wa lâkinna-l-birra mani-t-taqâ<br />

wa’tû-l-buyûta min ’abwâbihâ wa-t-taqû-L-Lâha la‘allakum<br />

tuflihûn (189).<br />

Us t’interrogent sur les phases de la lune. Dis-leur: «Cela constitue une<br />

mesure pour les hommes etJa fixation du pèlerinage. H n’est pas décent<br />

d’entrer chez les gens par la porte de derrière. Mais la décence commande<br />

de craindre Allah et de s’introduire dans les maisons par les portes d’entrée.<br />

Craignez Allah si vous aspirez deyenir meilleurs. (189). ^<br />

Les hommes avaient interrogé l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- au sujet des nouvelles lunes afm qu’ils sachent tout<br />

sur les pratiques religieuses, les périodes de viduité de leurs femmes<br />

et les jours fixés pour le pèlerinage et le jeûne. Dieu fit alors cette révélation.<br />

Bien que certains ulémas ont rapporté des raisons plus ou<br />

moins différentes de celle-là, mais le but demeure le même.<br />

Quant à la deuxième partie du verset, Al-Hassan Al-Basri l’a<br />

commentée comme suit; «Il y avait parmi ceux qui vivaient encore<br />

dans l’ignorance (Jahilia) des hommes qui (x>mptaient entamer un certain<br />

voyage, ils sortaient par la porte d’entrée habituelle. Comme ils<br />

changeaient d’avis après leur sortie une fois ayant quitté leur demeure,<br />

et voulant rentrer chez eux, ils y pénétraient par les portes de derrière<br />

croyant que cela constituait un acte de piété.<br />

C ’est pour les diriger et leur montrer le chemin véritable de la<br />

piété que Dieu fit descendre ce verset, en leur rappelant que la piété<br />

consiste à craindre Dieu en s’abstenant de ses interdictions et observsant<br />

Ses ordres. Peut-être seront-ils à la fin parmi les heureux.<br />

259


4 ^ Si iiî b i i i i Si; 4 ^ 4 îjÿSj<br />

i a 5üa5 ' ^ Î i4 i- « p y S S @ ¿ î.Î J 3 î<br />

i**j£i\i ùj> * j (S- ^ '^j ùî<br />

^ 6j^ iîiii û^ *Sr<br />

® SJiÉt ^ -i l Ù^ÎJÜ -SS 5?i( 4 \ hj& SJS; t i 4 ^<br />

wa qâtilû fi sabîli-L-Lâhi-l-ladina yuqâtilûnakum walâ ta'tadû ’inna-L-<br />

Lâha lâ yuWbbu-l-mu‘tadîn (190) waqtulûhum ^ y tu taqifhxmuhum wa<br />

’ahrijuhum min Mytu ’a^ajûkum wa-l-fîtnatu ’asaddu min-al-qatli walâ<br />

tuqâtiluhum ‘inda-l-masjidi-l-Mrâmi hattâ yuqâtihxkum fîhi fa’in qatalûkum<br />

faqtulûhum kadâlika jazâ’u-l-kâfirîn (191) fa’ini-n-tahaw fa’inna-l-lâha<br />

gafûrur-rahîm (192) wa qâtilûhum hattâ lâ taqûna fitnatun wa<br />

yakûna-d-dînû li-L-Lâhi fa’ini-n-tahaw falâ ‘udwâna ’illâ ‘alâ-zzâlimîn<br />

(193).<br />

Combattez dans la voie d’Allah contre ceux qm voœs combattent. Mais<br />

respectez les lois du combat car Allah ne veut pas qu’on les transgresse.<br />

(190) Tuez-les où que vous les trouviez. Boutez-les de là oû ils vous ont<br />

boutés. L’insécurité est pire que la mort. Ne les combattez pas dans l’Oratoire<br />

sacré à moins qu’ils ne vous y attaqiœnt. S’ils vous y attaquent, tuezles.<br />

C’est le sort qui est r^rvé aux Infidèles. (191) S’Qs cessait le combat,<br />

pardonnez-leur (192) Combattez-les jusqu’à ce que tout danger soit écarté<br />

et que la religion d’Allah soit bien assise. S’ils cessent le combat, abstenezvous<br />

de toutes représailles si ce n’est contre les médiants. (193).<br />

C’est le premier verset concernant le combat qui fut révélé à Médine,<br />

car l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- combattait<br />

ceux qui lui délcaraient la guerre et cessait toute hostilité contre ceux<br />

qui voulaient la paix, jusqu’à ce que ia sourate «Le repentir» ou /<br />

«L’ummunité (sourate 9 du Coran) fut révélée. Tel était le commentairei^<br />

d’ibn Aslam qui a ajouté que le verset précité a été abrogé par celui-ci:<br />

«Tuez les polythéistes partout où vous les trouverez») [Coran IX, 5]. Mais<br />

ses dires constituent une question discutable car les paroles de Dieu:<br />

260


«Ceux qui t o u s combattent» sont une excitation à lutter contre les ennemis<br />

de l’islam et les musulmans pour répondre à leur agression. Pour<br />

cela Dieu ordonne aux fidèles d’être toujours prêts au combat avec détermination<br />

et à chasser les polythéistes d’où ils avaient chassé les<br />

musulmans.<br />

«Mais respectez les lois du combat car AUah ne veut pas qu’on les<br />

transgresse»: Dieu montre aux fidèles qui luttent pour Sa cause comment<br />

ils devront agir sans être agresseurs. Ceci s’explique de la façon<br />

suivante; il ne faut jamais commettre ce que Dieu a prohibé comme; la<br />

défiguraUon, la fraude, le meurtre des femmes, enfants et vieillards, les<br />

ermites, de brûler les arbres, de tuer les animaux si ce n’est pour une<br />

nécessité.<br />

Il a été cité dans le Sahih de Mousiim que Bouraïda a rapporté<br />

que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit en s’adressant<br />

aux fidèles; «Combattez dans la voie de Dieu, ne fraudez pas, ne trahissez<br />

pas, ne défigurez pas vos victimes, ne tuez ni enfants ni ermites>/^K<br />

Et d’après Ibn Omar, l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-,<br />

ayant vu une femme tuée dans une expédition, désavoua cet acte et<br />

interdit aux hommes de tuer les femmes et les enfants.<br />

Comme dans tout combat il y aura des tueries et même un carnage,<br />

Dieu avertit les hommes leur disant que l’incrédulité, le polythéisme<br />

et le détoumement des hommes de la voie de Dieu sont pires<br />

que le meurtre. Puis II interdit aux fidèles de combattre les oolythéistes<br />

auprès de la Mosquée Sacrée en considération de son caractère<br />

sacré. A cet égard, il a été rapporté dans les deux sahihs que l’Envoyé<br />

de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit; «Dieu a rendu le territoire<br />

sacré et non pas les hommes le jour où II a créé les cieux et la terre. Il ne<br />

sera pas perm is à un homme qui croit en Dieu et au jour dernier d ’y<br />

commettre un crime, de tailler les branches de ses arbres. Si quelqu’un se<br />

permet de transgresser cette prescription, présumant que l ’Envoyé de Dieu<br />

y a combattu, dites-lui que Dieu avait donné ce droit à Son Envoyé et vous<br />

JyMj ùî îJijj je-<br />

frlîc<br />

IjJLsiJ jJS j *<br />

. 1^1<br />

261


l’a interdit, et II ne l ’a permis qu’une part de la journée» (Rapporté par<br />

Boukhari et MusBm/^K<br />

Il s’agit de la joumée où l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et<br />

le salue- avait conquis la Mecque par force en tuant certains polythéistes.<br />

Comme on a dit qu’il l’a conquise pacifiquement en annonçant à<br />

ses habitants: «Quiconque garde sa maison sera en sécurité. Quiconque entre<br />

dans la Mosquée sera en sécurité. Quiconque pénètre à la demeure<br />

d ’Abou soufian sera en sécurité».<br />

«S’Os vous y attaquent, tuez-les. C’est le sort qui est réservé aux infidèles»:<br />

c’est une autorisation divine à tuer les impies s’ils combattent<br />

les fidèles afin de mettre fin à leur agression. Ce cas est pareil au jour<br />

où les hommes firent un serment d’allégeance au Prophète -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- sous l’arbre à Houdaybya de combattre à ses côtés<br />

contre les tribus polythéistes de Qoraïch, leurs alliés parmi les tribus<br />

de Thaqif et les «Ahabiches». Dieu, en ce jour-là avait cessé tout<br />

combat entre eux comme II le montre dans ce verset: «C’est Lui qui a<br />

écarté leurs mains de vous et d’eux vos mains, dans la vallée de La<br />

Mecqiæ, après vous avoir donné l’avantage sur eux» [Coran XLVIII, 24].<br />

«S’ils cessent, pardonnez-leur»: c’est dire: s’ils s’arrêtent sans faire<br />

aucune hostilité, reviennent à Dieu et embrassent l’Islam, Dieu leur<br />

pardonne leurs péchés mênte s’ils avaient tué les fidèles dans l’Enceinte<br />

sacrée, car le pardon de Dieu est tellement ample de sorte<br />

qu’aucun péché ne reste sans être absous.<br />

Puis Dieu ordonne de combattre les incrédules jusqu’à ce qu’il n’y<br />

ait plus de sédition -c’est à dire du polythéisme- et que le culte de<br />

Dieu soit établi. Cela signifie que l’Islam devra dominer, étant la religion<br />

de Dieu. A cet égard, Abou Moussa Al-Ach’ari a rapporté qu’on<br />

demanda le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- au sujet de<br />

l’homme qui combat pour montrer son courage, d’un autre pour se défendre<br />

et d’un troisième par hypocrisie. Lequel est dans le chemin de<br />

(1)<br />

A' fly- ^ . Jiii ¿y Al<br />

■¿ f c A l ^ c o L ill<br />

.(O U i^ iJi o ib j*Jj J A l ol<br />

262


Dieu?» il répondit; «Celui qui combat pour que la parole de Dieu soit lo<br />

plus élevée, il est dans le chemin de Dieu».<br />

«S’ils cessent le combat, abstenez-vous de toutes représailles si ce n’est<br />

contre les méchants»: Si les impies quittent leur polythéisme et cessent<br />

de combattre les croyants, alors cessez de combattre et celui qui agit<br />

autrement, sera un agresseur et injuste, tel est le commentaire de<br />

Moujahed.<br />

D’autres ont interprété ce verset en disant que si ces infidèles reviennent<br />

sur leur polythéisme, les musulmans ne devront plus les punir<br />

pour leur incrédulité et leur injustice. L’injuste, d’après Ikirma et Qatada,<br />

est celui qui refuse de témoigner qu’il n’y a de divinité que Dieu.<br />

Ibn ‘Omar a raconté que, lors de la sédition d’Ibn Al-Zoubayr,<br />

deux hommes vinrent lui dire; «Pourquoi tu ne sors pas avec les autres<br />

pour combattre, du moment que les hommes sont devenus<br />

comme perdus, alors que tu es le fils de ’Omar et le compagnon du<br />

Prophète?. Il leur répondit; «Ce qui m’empêche, c’est que Dieu a interdit<br />

de tuer le fidèle» -Ils répliquèrent; «Dieu n’a-t-ll pas dit; «Combattezles<br />

jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de sédition?» Et Ibn Omar de rétorquer;<br />

«Dans le temps nous avons combattu pour qu’il n’y ait plus une sédition<br />

et que le culte de Dieu soit établi. Quant à vous, vous voulez<br />

combattre afin qu’il y ait une sédition et le culte soit pour un autre que<br />

Dieu».<br />

Nafe’ a rapporté qu’un homme vint auprès d’Ibn ‘Omar et lui dit;<br />

«Ô Abou Abdul Rahman! qui te porte à accomplir le pèlerinage une année<br />

et tu le laisses l’année suivante et tu ne combats pas dans la voie<br />

de Dieu à Lui la puissance et la gloire alors que tu connais bien le mérite<br />

de ce combat?» Il lui répondit; «O fils de mon frère! l’Islam est bâti<br />

sur cinq; La foi en Dieu et en Son Envoyé, les cinq prières, le jeûne du<br />

Ramadan, l’acquittement de la zakat et le pèlerinage à la Maison de<br />

Dieu». On lui répliqua; «Ô Abou Abdul Rahman, n’as-tu pas entendu<br />

ce verset; «Si deux groupes de croyants se combattent, établissez la paix<br />

entre eux. Si l’un des d’eux se rebelle encore contre l’autre, luttez contre<br />

celui qui se rebdle, jusqu’à ce qu’il s’incline devant l’ordre de Dieu» et aussi<br />

ce verset; «Combattez-les jusqu’à qu’il n’y ait plus de sédition?». Il riposta;<br />

«Nous avons agi ainsi du temps de l’Envoyé de Dieu -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue- alors que le nombre des musulmans était faible.<br />

263


Lorsque l’homme subissait une sédition concernant sa religion, on le<br />

tuait ou le torturait. Cette sédition cessa dès que les musulmans devinrent<br />

très nombreux. On lui demanda: «Que dis-tu au sujet de ‘Ali et de<br />

’Othman?» Il répondit: «Dieu avait pardonné à ‘Othman, mais vous<br />

avez répugné cette grâce de Dieu. Quant à ‘Ali, il est le cousin de l’Envoyé<br />

de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- et son gendre.<br />

^ ^ ^ ^<br />

^ (1)1 (lijc^î<br />

’as-sahru-l-Mrâmu bis-sahri-l-harâmi wa-l-^^umâtu qisâsun faman-i‘tada<br />

‘alaykum fa‘tadû ‘alayhi bimitli ma‘tadâ ‘alaykum wattaqû-L-Lâha<br />

wa‘lamu ’anna-Lâha ma‘a-l-muttaqîn (194).<br />

S’ils respectent votre mois sacré, respectez le leur. Et pour tout ce qui<br />

vous est sacré, appliquez le talion. Si quelqu’un cause un préjudice, causezlui<br />

lé pareil. Craignez Allah et rappelez-vous qu’il est avec ceux qui Le<br />

craignent. (194).<br />

Ibn Abbas a raconté: «En l’an 6 de l’Hégire, l’Envoyé de Dieu voulut<br />

accomplir la visite pieuse, mais les polythéistes l’empêchèrent d’arriver<br />

à la Maison de Dieu ainsi que ceux qui se trouvaient avec lui parmi<br />

les musulmans. Cela eut lieu au mois de Dhoul-Qi’da. Ils s’accordèrent<br />

à le laisser faire cette visite l’année suivante. En effet, il l’accomplit<br />

avec les musulmans. Dieu fit cette révélation à cette occasion.<br />

Jaber Beh Abduilah a raconté: «Durant le mois sacré, l’Envoyé de<br />

Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- ne faisait aucune expédition à<br />

moins qu’on ne l’attaque. Il cessait tout combat jusqu’à l’écoulement de<br />

ce mois. Alors qu’il campait à al-Houdaybya, on l’informa que ‘Othman<br />

a été tué, à savoir qu’il l’avait envoyé en mission auprès des polythéistes.<br />

A ce moment-là, les musulmans lui prêtèrent un serment d’allégeance<br />

sous l’arbre qu’ils combattraient les incrédules. Quand on lui<br />

apprit après que ‘Othamn est encore vivant, il cessa le combat et inclina<br />

à la paix, et l’affaire fut terminée comme on le sait. Ce comportement<br />

se répéta aussi après le combat contre Hawazen le jour de<br />

Hounayn lorsque les impieè se réfugièrent dans les forteresses de<br />

Taêf qu’il assiégea. Mais comme le mois Dhou-Qi’da entra du moment<br />

264


que l’état de siège continua en se servant des catapultes durant quarante<br />

jours, et qu’un nombre de ses compagnons furent tués, Il retourna<br />

à La Mecque. Il se mit en état de sacralisation à AI-Jou‘rana pour<br />

une visite pieuse après avoir partagé le butin de la bataille de Hounayn.<br />

Cette visite pieuse fut accomplie au mois de Dhoul-Qi’da en l’an 8<br />

de l’Hégire.<br />

«Si quelqu’un vous cause un préjudice, causez-lui le pareil» Dieu ordonne<br />

d’être équitable même envers les polythéistes. Ce verset est pareil<br />

aux dires de Dieu: «Si vous châtiez, châtiez comme vous l’avez été»)<br />

[Coran XVI, 126] et: «La punition d’un mal est un mal identique») [Coran<br />

XLII, 40]<br />

wa ’anfîqû fî sabîli-L-Lâhi walâ tulqû bi ’aydikum ’ila-t-tahlukati, wa<br />

’ateinû ’inna-L-Lâha yuWbbu-l-multeinîn (195).<br />

Mettez vos richesses au service d’Allah. Ne préparez pas de vos mains<br />

votre malheur. Employez vos richesses judicieusement car Allah aime les<br />

gens judicieux. (195).<br />

Houdhayfa a dit que ce verset fut révélé au sujet de la dépense<br />

dans là voie de Dieu.<br />

Quant à Asiam Abou ’Imran, il a raconté: «Voulant conquérir<br />

Constantinople alors que ‘Ouqba Ben Amer était le gouverneur de<br />

l’Egypte et Yazid t>en Foudala Ibn ‘Oubayd celui de Châm, une grande<br />

rangée des Romains nous affronta et nous nous mîmes en rang contre<br />

eux. Un des musulmans sortit de notre rang, attaqua l’ennemi et revint<br />

pour regagner sa place. Les fidèles s’écrièrent: «Gloire à Dieu! Cet<br />

homme-là s’est exposé de ses propres mains». Mais Abou Ayoub objecta<br />

et dit: «Hommes! Vous interprétez mal ce verset qui fut révélé à<br />

notre sujet, nous les Ansars, car après que Dieu ait rendu Sa religion<br />

bien établie et les musulmans devenus nombreux, nous nous dîmes:<br />

«Si nous dépensions nos biens dans la voie de Dieu!» Dieu alors fit<br />

cette révélation.<br />

265


Ibn Abbas l’a interprété de la façon suivante; «Il ne s’agit pas du<br />

combat dans la voie de Dieu, mais de la dépense pour la cause de<br />

Dieu sinon on sera perdu».<br />

L'interprétation de An-Nou’man Ben Bachir et d’autres, était tout à<br />

fait différente. Car d’après eux, il s’agit de l’homme qui commet le péché,<br />

et croyant que Dieu ne le lui pardonne pas, il persévère dans ses<br />

péchés causant ainsi sa perte de ses propres mains.<br />

En voilà encore une autre interprétation; «Il y avait des hommes<br />

qui sortaient pour combattre parmi les troupes que le Prophète -qu’AIlah<br />

le bénisse et le salue- envoyait, et se trouvaient démunis de toute<br />

ressource et leurs familles en gêne après avoir tout dépensé. Dieu leur<br />

ordonna de dépenser des richesses qu’ils possédaient sans causer<br />

leur perte, et cette perte veut dire le trépas dû àJa faim, la soif et la<br />

marche.<br />

On peut déduire de tout cela que le verset porte à dépenser pour<br />

la cause de Dieu de ce qu’on possède, dans tout ce qui constitue une<br />

soumission à Dieu et un rapprochement de Lui surtout dans le combat<br />

dans Sa voie contre les infidèles. Ainsi l’armée des musulmans sera<br />

mieux équipée et plus puissanie. Puis Dieu montre à la fin que cette<br />

dépense, étant une œuvre bonne, rapporte la meilleure récompense.<br />

J» ùî tíá ^ ^ ^<br />

« a i l 0 Í p ¿5<br />

î j î ; àt; p i i IÍI i ï s g î 4 0 'fÇÂ ¿5 ÿ à î<br />

á í 3 â J rjit jç L à î if e fî iP,<br />

.<br />

wa ’attimû-l-^jja wal-umrata li-L-Lâhi fa’in ’ufeirtum fama-s-taysara<br />

min-al-hadyi walâ taMqû ru’ûsakmn tettâ yabluga-l-hadyu maMliahû faman<br />

kâna minkum m arión ’aw bihî ’adan mi-ra’sihî fafidyatum-min<br />

siyâmin ’aw sadaqatin ’aw musukin fa’i ^ ’amintum faman tamatta‘a bil-<br />

‘umrati ’ilâ-l-^jji fama-s-taysara min-al-hadyi famal-lam yajid fasiyâmu<br />

266


talâtati ’ayyâmin fi-l-tojji wa sab‘atin ’idâ raja'tum tilka ‘asaratun kâmilatun<br />

dâlika lima-l-lam yakun ’ahluhû Mdirî-l-masjidi-l-^râmi wat-taqû-<br />

L-Lâha wa ‘lamû ’anna-Lâha sadîdu-l-‘iqâbi (196).<br />

Acquittez-vous du pèlerinage et de la visite des lieux saints en hommage<br />

à Allah. Si vous ent êtes empêchés, faites une offrande suivant vos<br />

moyens. Ne rasez point vos têtes avant que l’offrande ne soit parvenue au<br />

lieu oà on doit l’immoler. Celui qu’une maladie ou une affection de cuir<br />

chevelu obligera à se raser devra se racheter par un temps de jeûne, une aumône<br />

ou un sacrifice. En temps normal, celui qui se contente de visiter les<br />

lieux Saints avant de faire le pèlerinage ofHciel devra donner une offrande.<br />

S’il n’en a pas les moyens, il devra jeûner trois jours pendant le pèlerinage<br />

et sept jours, une fois rentré chez lui, c’est à dire dix jours en tout. Ceci ne<br />

s’applique qu’aux gens dont la famille n’est pas domiciliée dans l’enceinte<br />

sacrée. Observez les commandements d’Allah et rappelez-vous qu’il est terriUe<br />

dans Ses châtiments. 1[196).<br />

Après avoir montré les règles du jeûne et lui joint le combat dans<br />

Sa voie, Dieu parle dans ce verset des rites du pèlerinage et de la visite<br />

pieuse - ‘Oumra -. Il s’avère qu’il s’agit de leur accomplissement<br />

une fois qu’on a commencé, à le faire, car Ses dires: «Si vous en êtes<br />

empêchés» l’indiquent clairement. Pour cela les ulémas s’accordent pour<br />

considérer comme une obligation l’intention et le commencement.<br />

«Acquittez-vous du pèlerinage et de la visite des lieux saints en hommage<br />

à Allah» : Soufian Al-Thawri a commenté cela en disant: «Il incombe<br />

à l’homme de les accomplir dès qu’il quitte les siens n’ayant<br />

aucun autre but et de prononcer la talbia à partir du lieu -le miqât- où il<br />

se met en état de sacralisation. Donc son voyage ne devra être ni<br />

pour un commerce ni pour une affaire. Car il arrive qu’un homme, voyageant<br />

pour d’autre but que le pèlerinage, soit tout près de La Mecque<br />

(au mois du pèlerinage) et se dise: «Si je fais le pèlerinage ou la visite<br />

pieuse?», son faire pourrait être agréé, mais pour un pèlerinage pieusement<br />

accompli, il faut qu’on ait l’intention de le faire dès qu’on quitte<br />

la pays, et on porte les habits de l’ihram à partir du lieu fixé pour<br />

chaque pays.<br />

Az-Zouhari a raconté: «Il nous est parvenu qu’Omar a dit: «Pour<br />

qu’un pèlerinage ou une visite pieuse soit parfaitement accompli, il faut<br />

séparer l’un de l’autre, et il vaut mieux qu’on fasse la visite pieuse en<br />

267


dehors du mois consacré au pèlerinage (Dhoul-Hijja), car Dieu dit; «Le<br />

pèleriiu^e s’effectue dans les moK connus» [Coran II, 197],<br />

Il nous est parvenu de sources sûres que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue- avait fait quatre visites pieuses - 'Oumra-au<br />

mois de Dhoul-Qi‘da;<br />

1 - Celle de «AI-Houdaybya en l’an 6 de l’Hégire.<br />

2 - Celle de «Al-Qada’» en l’an 7.<br />

3 - delle de «Al-Jou’rana» en l’an 8.<br />

4 - La demière avec son seul pèlerinage en l’an 10.<br />

En dehors de ces dates, il n’a fait aucune visite pieuse après son<br />

Emigration. Mais il a dit une fois à Oum Hany; «Une visite pieuse faite<br />

au mois de Ramadan vaut un pèlerinage en ma compagnie». Car Oum<br />

Hany, voulant accomplir un pèlerinage en sa compagnie, son état d’impureté<br />

l’avait empêchée.<br />

Ibn Abbas a dit: «Celui qui se met en état de sacralisation pour<br />

faire un pèlerinage, ne devra pas quitter son état d’ihram avant son accomplissement.<br />

Le jour qui marque la fin du pèlerinage est le jour où<br />

on sacrifie la bête après avoir jeté les 7 cailloux sur la Jamarate Al-<br />

'Aqaba, fait le circumambulation autour de la Ka’ba et le parcours entre<br />

As-Safa et Al Manva. Ayant temiiné tous ces rites, le pèlerin poun'a.se<br />

désacraliser.<br />

Plusieurs hadiths de source sûre (isnâd) indiquent que l’Envoyé de<br />

Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- avait joint un pèlerinage à une<br />

'Oumra quand il s’était mis en état de sacralisation, et qu’il dit à ses<br />

compagnons; «Quiconque a un animal à sacrifier, qu’il porte l’ihram pour<br />

un pèlerinage et m e ’oumra». Il a dit aussi d’après un hadith authentifié;<br />

«La visite s’est intégréç au pèlerinage jusqu’au jour de la résurrection».<br />

«Si vous en êtes empêchés, faites une offrande suivant vos moyens»:<br />

Cette partie du verset, selon les dires des ulémas, a été révélée en<br />

l’an 6 de l’Hégire qui fut nommé l’an de «Alhoudaybya», quand les polythéistes<br />

avaient empêché (’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- et ses compagnons d’arriver à la Maison Sacrée, cet événement<br />

que raconte la sourate «La victoire» [CcM^n XLVIII]. Dieu toléra aux fidèles<br />

de sacrifier les offrandes qu’ils avaient amenées et qui étaient au<br />

. 268


nombre de 70, de se raser la tête et de se désacraliser. Comme le<br />

Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- ordonna à ses compagnons<br />

de s’exécuter, ils hésitèrent d’abord de le faire attendant d’autres révélations.<br />

Alors il sortit de sa tente, se rasa la tête et les hommes l’imitèrent.<br />

Il y avait parmi eux ceux qui s’étalent contentés de tailler les<br />

cheveux. Le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- s’écria alors:<br />

«Que Dieu fasse miséricorde à ceux qui ont rasé leur tête». On lui dit: «Et<br />

ceux qui ont raccourci leur chevelure?» A la troisième fois il dit: «Et<br />

ceux qui ont raccourci leur chevelure».<br />

Les hommes étaient au nombre de 1400 dont leurs demeures se<br />

trouvaient à Al-Houdaybya en dehors de l’enceinte. Ils avaient tous<br />

participé au sacrifiece à raison d’une chamelle pour sept d’entre eux.<br />

Les opinions ont été controversées au sujet de l’empêchement,<br />

s’agit-il seulement d’un ^n e m i ou bien d’autres raisons telles que la<br />

maladie ou autres?<br />

Ibn Abbas a dit; «Il n’y a empêchement que l’ennemi et toute autre<br />

cause telle que maladie ou douleur ou égarement n’implique rien<br />

car Dieu a dit; «En temps normab> qui signifie que lorsque la sécurité<br />

sera revenue.<br />

Quant à la deuxième opinion, elle englobe toutes les causes de<br />

l’empêchement d’après un hadith prophétique rapporté par Ahmed:<br />

«Quiconque subit une fracture, une douleur, ou un boitement, devra se désacraliser<br />

et accomplir son pèlerinage dans une année à suivre».<br />

Il a été rapporté dans les deux Sahihs que ‘Aicha a raconté que<br />

l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- entrant chez Diba’a<br />

Ben Al-Zoubayr Ben Abdul Mouttaleb, elle lui dit: «O Envoyé de Dieu,<br />

je compte faire le pèlerinage mais je suis souffrante» Il lui répondit;<br />

«Fais ton pèlerinage et stipule que tu quitteras Vétat d’ihram là où tu seras<br />

incapable de poursuivre les rites» (Rapporté par Boukhari et MousUm/^K<br />

«... devra donner une offrande»; Ali t)en Abi Taleb a commenté cela<br />

( 1 ) ù i 4)1 ûl ^<br />

ùl tJljM Ulj 0 ^ 1 *^jl (^1 A l li .lia* Il<br />

269


en disant que l’offrande est une brebis -ou un mouton- ou une bête<br />

prise de ces huit paires de la race cameline ou bovine ou ovine. Telle<br />

est aussi l’offrande fixée par les quatre imams. Mais il a été rapporté<br />

que ‘Aicha et Ibn Omar ont dit qu’elle doit être de la race cameline ou<br />

bovine.<br />

Ceux qui ont soutenu la demière opinion, se sont référé à l’histoire<br />

d’AI-Houdaybya lorsque les fidèles se sont désacralisés en immolant<br />

les chameaux et les vaches. Ainsi Jaber a dit: «L ’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- nous ordonna de nous associer dans<br />

l’immolation d’un chameau ou d’une vache à raison d’une tête pour<br />

sept personnes».<br />

Quant à l’inteprétetion d’Ibn Abbas, elle consiste à sacrifier un animal<br />

selon la capacité s’agit-il d’un chameau, d’une vadie ou d’un mouton.<br />

Telle était aussi l’opinion de la majorité des ulémas qui précise<br />

que cette offrande peut être l’une des bêtes du troupeau, et de ‘Aicha<br />

qui a raconté que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salueavait<br />

une fois fait une offrande d’un mouton.<br />

«Ne rasez point ros têtes avant que l’offrande ne soit parvenue au lien<br />

où on doit l’immoler»: cette partie du verset ne conceme pas ie pèlerin<br />

empêché mais ceux qui doivent accomplir le pèlerinage ou la ‘oumra<br />

jusqu’au dernier rite. Quant au faire de l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- et de ses compagnons le jour d’AI-Houdaybya,<br />

c’était un cas exceptionnel quand les polythéistes les avaient empêchés<br />

d’aniver à l’Enceinte.<br />

Donc que l’homme fasse un pèlerinage ou une visite pieuse séparés<br />

ou réunis (Ifrad ou Qiran) ou qu’il jouisse d’une vie normale enfre<br />

les deux (Tamattou’), ne devra immoler qu’une fois tous les rites accomplis,<br />

comme il a été cité dans les deux Sahihes d’après Hafsa<br />

qu’elle avait demandé à l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-:<br />

«Pourquoi les gens se sont désacralisés après avoir fait la visite<br />

pieuse et toi tu es toujours en état d’ihram?» Il lui répondit: «Parce que<br />

j ’ai pommadé la tête et marqué mon animal victime. Je ne me désacralise<br />

pas avant de l ’immoler» (Rapporté par Boukhari et MousUm^^K<br />

(1) ;Jlâi jA cJl ùLi U 4)1 Ij :cJlî<br />

• Jfl-Î !A» iSjJlij ^ î j o j J<br />

270


«Celui qu’une maladie ou une affection de cuir chevelu obligera à^e<br />

raser devra se racheter par on temps de jeûne, une aumône ou un sacrifice»<br />

Au sujet de cette partie du verset Al-Boukhari rapporte ce hadith<br />

d’après Abduilah Ben Ma'qel qui a dit; «Etant en compagnie de Ka‘b<br />

Ben ‘Ojra dans la mosquée de Koufa, je lui demandai à propos du rachat<br />

par un jeûne de jours, il me répondit; «O n me porta chez le Prophète<br />

-qu’Allah le bénisse et le salue- alors que ma tête grouillait de<br />

poux. Il me dit; «Je ne t ’ai jam ais vu ainsi souffrant, n ’as-tu pas un mouton<br />

que tu puisses sacrifier?» Non, fut ma réponse. Il répliqua; «Jeûne<br />

alors trois jours, ou nourris six pauvres en donrumt à cham un demi Sa de<br />

grain, et va te raser la tête».<br />

Ce verset à été particulièrement révélé à mon sujet, mais (ces<br />

sentences) sont appliquables à tous les hommes»^‘'\<br />

Ibn Abbas a commenté ce verset en disant que l’homme peut se<br />

racheter par l’un des trots moyens qui lui sera facile. En effet c’était<br />

l’opinion des imams des quatre écoles de la loi islamique, et le verset<br />

le montre clairement en suivant leur ordre.<br />

Quant au rachat, Ibn Jarir a rapporté d’après Al-Hassan qu’il a dit;<br />

«Cela consiste à jeûner dix jours, ou nounir dix pauvres ou sacrifier un<br />

moutorv».<br />

On trouve aussi dans une autre version rapportée par Ka’b ben<br />

‘Ojra, que le rachat sera un jeûne de six jours ou la nourriture de six<br />

pauvres.<br />

Tant à la première version qu’à la deuxième elles sont étranges,<br />

car d’après la tradition, il s’agit de jeûner trois jours ou nourrir trois<br />

pauvres.<br />

Taous a ajouté; «si le rachat porte sur un sacrifice ou une nourriture,<br />

l’un et l’autre devront être faits à La Mecque, quant au jeûne, on<br />

l’effctuera là où on voudra».<br />

(1) OOiJ :JÜ (Jjj<br />

jîUi J-Ullj ^ ¿ ± ^ : JUi fLv» JA AiXi AsJL-i tüj^S<br />

iijli cM :c ~ lî itsLii J u y J L>l IJLa li L ii)t L>i :jL ô «<br />

J (JwiJ ia- jl tflil<br />

.ï-U<br />

271<br />

lÿ cJyi


«En temps normal, celui qui se contente de visiter les lieux Saints<br />

avant de faire le pèlerinage officiel, devra donner une offrande». Selon les<br />

théologiens, il y a deux sortes des Tamattou’ (la jouissance d’une vie<br />

normale).<br />

- Le premier est particulier, et consiste à être en état de sacralisation<br />

(ihram) pour accomplir une visite pieuse et un pèlerinage ensemble,<br />

ou de faire d’abord une visite, se désacraliser, jouir d’une vie<br />

normale, puis se mettre de nouveau en état de sacralisation pour accomplir<br />

le pèlerinage.<br />

- Le deuxième est général qui comporte les deux ensemble.<br />

Une fois tous les rites accomplis, l’homme envoie l’offrande qui lui<br />

sera facile dont la moindre sera un mouton, comme elle pourra être un<br />

veau - ou une vache- tel le faire du Prophète -qtfAllah le bénisse et le<br />

salue- quand il à sacrifié au nom de ses femmes.<br />

De ce qui précède, on peut conclure que la jouissance d’une vie<br />

normale entre le petit et l e ^ n d pèlerinage est tolérée d’après les dires<br />

de Imran Ben Houssein: «Cet état est permis d’après le Livre de<br />

Dieu et nous l’avons pratiqué avec l’Envoyé de Dieu, puis aucun autre<br />

verset ne l’a contredit jusqu’à sa mort. Mais un homme-il s’agit d’Omar<br />

Ben Al Khattab -a donné un avis contraire en disant: «En se référant<br />

au Livre de Dieu, Dieu ordonne qu’on accomplisse cela à la perfection<br />

car II a dit: «Acquittez-vous du pèlerinage et de la visite des Lieux Saints<br />

en hommage à Allah».<br />

En fait. ‘Omar n’avait interdit cela que dans le but que les gens<br />

aient l’intention d’arriver aux Lieux Saints pour accomplir la visite et le<br />

pèlerinage.<br />

«S’il n’en a pas les moyens, il devra jeûner trois jours pendant le pèlerinage<br />

et sept jours, une fois rentré chez lui, c’est à dire dix jours en tout»<br />

Pour celui qui se trouve incapable de présenter une offrande, Dieu lui<br />

ordonne de la compenser par un jeûne de trois jours durant le pèlerinage.<br />

Selon l’opinion de certains ulémas, ce jeûne doit être fait avant<br />

le jour de ‘Arafa durant la première décade de Dhoul-Hijja, ou quand il<br />

se met en état de sacralisation. D’autres ont toléré ce jeûne à partir du<br />

premier ChawaI. Selon Al-Cha‘bi: le jour de ‘Arafa et les deux qui le<br />

précèdent. Quant à Ibn Abbas, il a dit: Celui qui ne trouve pas une offrande,<br />

doit jeûner trois jours durant le pèlerinage avant le jour de ‘Ara-<br />

272


fa, mais si ce jour est le dernier, son jeûne sera accompli et les sept<br />

autres jours quand il rentre chez lui.<br />

rOpinion de Ibn Omar est la suivante: Il jeûne un jour avant le jour<br />

appelé le jour de la Tarwiah, le jour de ia Tanviah et le jour de ’Arafa.<br />

(c.à.d le 7, 8 et 9 de Dhoul Hijja). Une question qui se pose: «Peut-on<br />

jeûner durant les jours appelés «At-Tachriq» si on n’a pas fait tout le<br />

jeûne ou une partie avant la fête du sacrifice?» deux opinions ont été<br />

dites à ce sujet:<br />

- La première le tolère en se référant aux dires de ‘Aicha et d’ibn<br />

‘Omar selon lesquels ce jeûne est permis à celui qui est incapable<br />

d’envoyer une offrande. Ainsi Ali soutient cette opinion en se basant<br />

sur le verset précité.<br />

- La deuxième ne le tolère pas d’après un hadith rapporté par<br />

Mouslim où le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Les<br />

jours ife Tachriq sont consacrés à manger, boire et invoquer Dieu à Lui la<br />

puissance et la gloire.» (A savoir que les jours de Tachriq sont ceux qui<br />

suivent directement le jour du sacrifice, c.à.d. les jours de la fête).<br />

«... et «ept jours une fois rentré chez loi»: Il y a eu deux opinions à<br />

cet égard: la première: lorsque vous gagnez la place où vous vous installez<br />

(à la Mecque); et la deuxième: lorsque vous rentrez à votre<br />

pays.<br />

Il est cité dans le Sahih de Boukhari, que Ibn ‘Omar a raconté:<br />

«L ’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-, lors du pèlerinage<br />

de l’Adieu, accomplit 1a visite pieuse et le pèlerinage. 1amena avec lui<br />

son animal victime à partir de Zoul-Houlaifa. Il commença par faire la<br />

talbia de la visite pieuse puis celle du pèlerinage. Les gens firent la<br />

même chose que lui. Panni eux, il y avait ceux qui avaient amené des<br />

offrandes, et d’autres qui n’en avaient pas. Arrivé à la mecque, le Prophète<br />

-qu’Allah le bénisse et le salue- dit aux fidèles; «Ceux d ’entre<br />

vous qui ont amené des offrandes, ne doivent pas se libérer des interdictions<br />

de l ’ihram tant qu’ils n ’ont pas terminé les rites du pèlerinage. Ceux qui<br />

n ’ont pas amené des offrandes, qu’ils fassent la talbia du pèlerinage. Ceux<br />

qui ne trouvent pas de quoi sacrifier, qu’ils jeûnent trois jours durant le pèlerinage<br />

et sept jours lorsqu’ils rentreront chez eux»^^\<br />

(1)<br />

273


«... dix jours en tout» veut dire dix jours entiers du jeûne, ou, dix<br />

jours sans diminuation pour compenser l’offrande.<br />

«Ceci ne s’applique qu’aux gens dont la famille n’est pas domiciliée<br />

dans l’enceinte sacrée». L’interprétation de ce verset a été quasiment différente:<br />

- Ceci concerne ceux qui habitent dans l’enceinte sacrée, d’après<br />

Ibn Abbas qui disait aussi: «O gens de l’enceinte, vous n’avez pas<br />

droit à la jouissance d’une vie nomnale (Mout'a) car elle vous est interdite<br />

et permise à ceux qui arrivent de pays lointains. L’un d’entre vous<br />

devra s’éloigner de la Maison de sorte qu’une vallée le sépare d’elle,<br />

puis faire la talbia pour une visite pieuse.<br />

- D’après ‘Ata’: Il s’agit des mecquois dont leurs domiciles se trouvent<br />

avant les lieux fixés pour l’ihram (les miqâts), qûî n’ont pas droit à<br />

cette tolérance.<br />

- D’après Abdul Razzaq: Celui dont la famille habite un endroit à<br />

une distance d’un jour de marche-ou deux suivant une variante.<br />

- Ibn Jarir a adopté l’opinion de Al-Chafé’i qui consiste à considérer<br />

ces gens comme tels s’ils sont domiciliés à une distance où on n’a<br />

pas droit à écourter la prière.<br />

Et c’est Dieu qui est le plus savant<br />

Enfin Dieu exhorte les hommes à Le craindre et suivre Ses ensèignements<br />

car II est terrible dans Son châtiment.<br />

- i ; - i ; i i j ><br />

i ÿ i i i 0 d S j i î / a Î î î ; ^ ¿ i 4<br />

JaI ^ iS'i JA


al-hajju ‘ashurum-ma‘lûinatun faman f?.rada fihinna-l-hajja falâ rafata<br />

walâ fusûqa wala jidâla fiî-l-Mjji wamâ tafalû min hayrin ya‘lamuhu-L-<br />

Lâhu wa tazawwadu fa ’inna hayra-z-zâdi-t-taqwa wattaquni yâ’ûlî-l-’albâb<br />

(197).<br />

Le pèlerinage s’effectue dans les mois connus. Celui qui l’a commencé<br />

devra s’abstenir de femmes, d’actions indécentes et de toute polémique:<br />

quelque bien que vous fassiez, Allah en aura connaissance. Emportez des<br />

provisions de route. N’oubliez pas que la crainte d’Allah est la meilleure<br />

des provisions. Encore une fois, craignez-Moi, hommes doués de raison.<br />

(197).<br />

Les opinions ont été controversées en commentant ce verset: les<br />

uns ont dit que ie plus méritoire consiste à se mettre en état de sacralisation<br />

en des mois déterminés. Mais pour Malek, Abou Hanifa et Ahmed,<br />

on peut le faire à n’importe quel mois de l’année en se basant<br />

sur ce verset: «Us t’interrogent au sujet des nouvelles lunes. Dis: «Ce sont,<br />

pour les hommes, des indications qui leur permettent de fixer les époques<br />

du pèlerin^e») [Coran 11, 109], ainsi on peut faire la visite pieuse durant<br />

toute l’année.<br />

Quant à Chafé’i, il a dit qu’aucun pèlerinage ne sera valide que<br />

durant les mois déterminés et qui lui sont consacrés, la preuve est le<br />

verset: «Le pèlerinage s’effectue dans les mois connus». Donc tout pèlerinage<br />

accompli en dehors de ces mois ne sera considéré comme tel,<br />

tout comme la prière qui n’est valable qu’à ses moments fixés.<br />

Quels sont ces mois connus? Al-Boukhari a rapporté d’après Ibn<br />

‘Omar qu’il a dit: «lis sont ChawaI, Dhoul Q i‘da et les dix premiers<br />

jours de Dhoul Hijja». Tel était l’avis de Chafé’i, Abou Hanifa et Ahmed.<br />

Malek et Chafé’i avaient dit: ils sont ChawaI, Dhoul-Qi’da et tout<br />

le mois de Dhoul-Hijja, d’après les dires de Ibn ‘Omar aussi. Malek a<br />

ajouté que le mois de Dhoul Hijja est consacré au pèlerinage, il est<br />

donc répugnant d’y faire la visite pieuse - ‘oumra - comme le pèlerinage<br />

qui ne sera plus agréé après la veille du jour de sacrifice.<br />

Il a été aussi rapporté que ‘Omar et ‘Othman préféraient faire la vi-<br />

275


site pieuse en deliors du mois de pèlerinage et l’interdisaient de la<br />

faire en ce mois.<br />

Quiconque se décide de faire soit le pèlerinage, soit la visite<br />

pieuse, accomplissant ainsi une obligation prescrite, devra s’abstenir<br />

de toute cohabitation avec sa femme et de ses actes préliminaires tels<br />

que l’attouchement, le baiser et les propos attirants. Il devra aussi s’interdire<br />

de tout libertinage, de paroles indécentes et de perversité, bref<br />

de tous les actes blâmables et injustes. Mais Ibn Jarir a précisé qu’il<br />

s’agit de tuer le gibier, de se raser la tête et rogner les ongles et autres<br />

choses interdites durant le pèlerinage. Abou Houraira a rapporté à<br />

cet égard que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit;<br />

«Quiconque accomplit le pèlerinage à cette Maison en s ’abstenant de toute<br />

cohabitation et de libertinage, sera absous de ses péchés comme le jour où<br />

sa mère l ’a mis au monde».(Rapporté par Boukhari et MausUm/^K<br />

«... et de toute polémique» qui veut dire toute dispute avec les autres<br />

qui les mettent en colère.<br />

Comme Dieu interdit tout acte blamâble et obscène, Il exhorte les<br />

hommes à ne faire que les choses louables car II connait sans doute<br />

le bien qu’ils font.<br />

Il les exhorte également à emporter les provisions de voyage, car<br />

il a été rapporté, d’après Ikrima, que des hommes venaient de Yemen<br />

pour faire le pèlerinage sans rien emporter comme provisions en se<br />

fiant à Dieu. Puis 11leur rappelle que la meilleure provision est la<br />

crainte révérencielle de Dieu et la plus méritoire pour la vie future.<br />

On a rapporté qu’après la révélation de ce verset, un homme parmi<br />

les musulmans dit; «O Envoyé de Dieu! Nous ne trouvons rien pour<br />

nous en approvisionner?» Il lui répondit; «Prends ce qui te suffit de solliciter<br />

les hommes, et sache que la meilleure provision est la crainte révérencielle<br />

de Dieu».<br />

Que les hommes doués d’intelligence, observent donc cette recommandation.<br />

276


o Ü f L = ù i i i::^ ¿ijjL.iij 5iiâ*i<br />

a i (¿ l ^î ü<br />

laysa ‘alaykum junâ^n ’an tabtagu fadan mir-rabikkum fa’idâ ’afadtum<br />

min ‘arafâtin fadkurû-L-Lâha ‘inda-l-mas‘ari-l-^râmi wadkurûhu kamâ<br />

hadâkum wa’in kuntum min qablihi lamina-d-^llin (198).<br />

n ne vons est pas interdit de faire du négoce pendant le pèlerinage.<br />

Lorsque vous vons déverserez en foule du Mont Arafat, glorifiez Allah près<br />

de la station sacrée, remerciez-le de vous avoir mis dans la bonne direction,<br />

vons qui naguère étiez parmi les égarés. (198).<br />

Al-Boukhari a rapporté que Ibn Abbas a dit: « ‘Okaz, Mijanna et<br />

Zoui-Mijaz étaient des marchés périodiques pendant l'ère préislamique,<br />

et les gens croyaient qu’ils commettaient de péchés en y faisant de négoce.<br />

Dieu fit cette révélation leur montrant que durant la saison du pèlerinage<br />

ceci est permis une fois les rites tenninés.<br />

Ahmed a rapporté qu’Abou Oumama At-Timl a raconté: «Je demandai<br />

à Ibn ‘Omar: «Nous sommes des gens qui vivent du<br />

commerce, devrons-nous faire le pèlerinage- ou notre pèlerinage serat-il<br />

agréé?» Il me répondit; «Ne faites-vous pas la circumambulation autour<br />

de la Maison, les actes du bien, le jet de cailloux et ne vous rasez-vous<br />

pas la tête?» -Certes oui, répondis-je. Il répliqua: «Un<br />

homme vint trouver le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- et lui<br />

posa la même question, comme II ne lui répondit pas, Gabriel lui fit<br />

communiquer ce verset: «n ne vous est pas interdit de faire du négoce...»<br />

Le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- interpella l’homme et lui<br />

dit: «Vous faites le pèlerinage qui sera agréé».<br />

«Lorsque vous vous déverserez en foule du Mont Arafat, glorifiez Allah<br />

près la station sacrée»: La station sur le mont ‘Arafa est une condition<br />

obligatoire du pèlerinage sinon il ne sera plus valable. Ce qui<br />

affirme cela est ce hadith rapporté par Abdul Rahman ben Ya’mor Al-<br />

Dayli qui a entendu l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le saluedlre<br />

à trois reprises; «Le pèlerinage c ’est Arafa. Quiconque parvient à<br />

faire cette station la veille - du jour de sacrifice - avant l’aube, l ’aura ao-<br />

277


compile. Quant au séjour à Mina, il est de trois jours: Celui qui se hâte en<br />

deux jours ne commet pas de péché, et celui qui s ’attarde ne commet pas de<br />

péché». (Rapporté par Ahmed et íes auteurs des sunan)^^K<br />

La station à Arafa commence à partir où le soleil quitte le méridien<br />

en ce jour-là et finit avant l’aube du jour de sacrifice. Car il a été rapporté<br />

que le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue-, lors du pèlerinage<br />

de l’Adieu, après la prière du midi, a fait cette station, y est<br />

demeuré après le coucher du soleil et dit aux fidèles: «Faites vos rites<br />

comme je les fais moi-même» Telle est la règle adoptée par Malek,<br />

Chafé’i et Abou Hanifa. Quant à Ahmed, il a dit que cette station peut<br />

être faite au début de ce jour en se référant au hadith rapporté par<br />

‘Ourwa At-Ta’i qui a dit: «je vins trouver l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- alors qu’il se trouvait à Mouzdalifa et s’apprêtait à<br />

faire la prière et lui dis: «O Envoyé de Dieu! Je vienê^ du mont «Tai’»,<br />

ma monture est trôp fatiguée et je suis à bout de mes forces. Par<br />

Dieu, je n’ai laissé aucune montagne sans ne m’y arrêter. Mon pèlerinage<br />

est-il valable?» Il me répondit: «Celui qui a pris part à notre prière,<br />

demeuré avec nous jusqu’au déferlement, fait la station à ‘Arafa le jour ou<br />

la nuit, aura accompli son pèlerinage et mis fîn à ses interdictions». (Rapporté<br />

par Ahmed et les autres de sunan/^K<br />

‘Arafa s’appelle aussi «La station sacrée» ou «liai» et on a donné<br />

au mont qui se trouve dans ce plateau, le nom «Le mont de la miséricorde».<br />

Ibn Abbas a dit: «Au temps de l’ignornace (Jahilia) les hommes<br />

faisaient la station à ‘Arafa et restaient jusqu’à ce que le soleil formât<br />

(1) Àfi ;Jlî<br />

ùyjj ^ ^ ^ fUj ùî J J îijP iJjiî<br />

( 2 ) c«!5UaJI (_yJI û y U J j j -J L ; ^ ¿ I J _ ^ j C ~ jjî : J U ^ lia JI j f -<br />

Li A'j cM" ù* ^<br />

j A i à l ¿ y A j J U i cj* ^ '^1 y<br />

jt-j IjLfi jî ^ !jis~ oÂ*<br />

j¿\ ijU-31 tjLxtyslj jUj»-! »tjj) .ÍAÜT<br />

278<br />

^


comme un halo sur les sommets des montagnes pareil à un turban sur<br />

la tête des hommes, et c’est à ce moment-là qu’ils déferlaient. Quant à<br />

l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- il retarda le déferlement<br />

jusqu’au coucher du soleil».<br />

Jaber Ben Abduilah a raconté un long hadith rapporté par Mouslim,<br />

dans lequel il a dit: «... Après la disparition du soleil et à la nuit<br />

tombante, l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- fit monter<br />

Oussama en croupe après avoir raccourci le licol de sa chamelle «Al-<br />

Qaswa» de sorte que la tête de l’animal toucha les selles, et il dit: «O<br />

gens! Du calme! Du calme!» Chaque fois qu’il rencontra une dune, il<br />

lâcha le licol à la chamelle afin qu’elle puisse la monter, jusqu’ ce qu’il<br />

arrive à Mouzdalifa, et là il fit tes deux prières du coucher du soleil et<br />

du soir avec un seul appel à la prière et deux iqamas (deuxièmes appels)<br />

sans faire entre~ces deux prières d’autres surérogatoires. Puis<br />

l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- s’endormit jusqu’à<br />

l’autie, il fit alors la prière de l’aube quand la clarté du jour eut apparu,<br />

à la suite de l’appel à la prière. Ensuite, il monta Al-Qaswa’ pour arriver<br />

au monument sacré, et là il s’orienta vers la Qibla en invoquant<br />

Dieu, en proclamant Sa grandeur et en témoignant de Son unicité. Il<br />

resta ainsi jusqu’à ce que la clarté de l’aube devînt plus intense et<br />

avant que le soleil ne se lève...».<br />

Au sujet du monument sacré, on a demandé à Ibn ‘Omar qui répondit<br />

qu’il s’agit de Mouzdalifa. Quant à Ibn Abbas, Sa’id Ben Joubaïr,<br />

Al-Hassan et Qatada, ils ont dit qu’il est la partie comprise entre<br />

les deux monticules.<br />

L’auteur de cet ouvrage de commenter: «Les nomuments sont en<br />

général les lieux et sites apparents, la Mouzdalifa était appelée le monument<br />

sacré parce qu’elle est comprise dans l’enceinte».<br />

Zaid ben Asiam a rapporté que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- a dit: «Toute la monticule de ‘Arafa est un lieu de station<br />

où les hommes seront réunis, à l ’exception de l ’endroit appelé<br />

Mouhassar».<br />

Joubaïr Ben Mot’em a rapporté que le Prophète -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- a dit: «Toute 'Arafa est une station, montez-y, ainsi que<br />

toute Mouzdalifa est aussi une station à l’exception de Mouhassar: L ’im­<br />

279


molation peut être exécutée dans toutes les sentes de La Mecque, et l ’on<br />

peut sacrifier durant tous les jours de Tachriq».<br />

Dieu enfin avertit les hommes de Lui être reconnaissants pour leur<br />

avoir montré les rites du pèlerinage et les a guidés vers la foi et la<br />

bonne direction, comme II a guidé Abraham -que Dieu le salue- car les<br />

hommes avant lui étaient dans un égarement total.<br />

M


autant que je peux. Je me réfugié auprès de Toi contre le mal que j ’ai<br />

commis. Je reconnais Tes bienfaits dont Tu m ’as comblé, je reconnais mon<br />

péché, pardonne-moi car nul hormis Toi n’absout les péchés». Celui qui les<br />

prononce avec conviction (de leur récompense) le jour et meurt avant le<br />

soir, sera l ’un des bienheureux du Paradis. Celui qui les prononce avec<br />

conviction la nuit et meurt avant le matin, sera également l ’un des bienheureux<br />

du Paradis» (Rapportépar Boukhari)^^K<br />

Boukhari et Mouslim ont rapporté qu’Abou Bakr demanda à l’Envoyé<br />

de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-: «Apprends-moi une invocation<br />

que je répète après mes prières». Il lui répondit: «Dis; «Grand<br />

Dieu! Je me suis fa it un grand tort à moi-même et nul autre que Toi n ’absout<br />

les péchés. Accorde-moi un pardon de Ta part, fais-m oi miséricorde,<br />

car Tu es celui qui pardonne et Tu es très miséricordieux»^^K<br />

A savoir que les hadiths relatifs au pardon sont très nombreux,<br />

i i i i j l<br />

Cjî V_\ (Ir*<br />

ip<br />

jU J l tilâcfa’idâ<br />

qa cCJl "^1 jiiu N aJÜ ^ jiiM dû (.J>\<br />

4j>-jj^I) J-SÎ-.Î o L ô LfJli j A j (^JL^I *i>wiJI ^<br />

j À li cC-jî »^ydJI j ii ) l j iljfiS' LiJ» c - J J i 1*^1 J i i :jU i<br />

J>i)l CJÎ vlL’l liiXif. JA ijÜA ^<br />

281


d-dunyâ ^sanatan wafi-l-’âWrati hasanatan wa qinâ adâba-n-nâri (201)<br />

’ûlâ’ika lahum nasîbum-mimmâ kasabû wa-L-Lâhu sari‘u-l-tosâb (202).<br />

Ces cérémonies terminées, gardez le souvenir d’Allah comme tovb gardez<br />

celui de v«5 pères, et même un souvenir plus vif. H y a des gens qui disent:<br />

«Seigneur , comble-nous en ce bas monde, insoucieux des biens de<br />

l’autre monde. (200) Il en est d’autres qui disent: «Réserve-nous à la fois<br />

uiK belle part dans ce monde et dans l’autre. Préserve-nous du supplice dn<br />

feu» (201) Chacun aura la part qu’il aura méritée. AUah est rapide dans<br />

ses appréciations. (202).<br />

Dieu exhorte les gens, une fois les rites du pèlerinage achevés, à<br />

se souvenir de Lui et à Le mentionner comme ils se souviennent de<br />

leurs ancêtres. En commentant cette demière phrase, ‘Ata a dit; «A la<br />

façon d’un petit gar^n qui appelle toujours ses père et mère ainsi appelez<br />

toujours Dieu et invoquez-Le». Mais Ibn Abbas avait une autre<br />

interprétation, il a dit; «A l’époque préislamique, les hommes chantaient<br />

les fastes de leurs pères. L’un d’entre eux disait par exemple;<br />

«Mon père nourrissait les pèlerins, aidait les pauvres et payait le prix<br />

du sang». Après l’accomplissement des rites de leur pèlerinage, ils ne<br />

faisaient que mentionner leurs ancêtres et faire leur éloge. Dieu fit révéler<br />

à Son Messager -qu’Allah le bénisse et le salue- de se souvenir<br />

de Dieu en accomplissant les rites comme on se souvient de ses ancêtres<br />

ou d’un souvenir encore plus vif». On déduit de tout cela qu’il<br />

s’agit de se souvenir du Seigneur à Lui la puissance et la gloire. Les<br />

linguistiques n’ont pas considéré cette conjonction «ou» comme un<br />

terme de doute mais plutôt une confirmation dans le sens «même<br />

plus».<br />

L’invocation après le souvenir ne doit pas être restreint à des choses<br />

qu’on désire obtenir dans ce bas monde comme Dieu ie montre<br />

dans le verset; «Certains hommes disent: «Notre Seigneur, accorde-noos<br />

des biens en ce monde mais ils n’auront aucune part dans la vie future»<br />

mais elle doit ie dépasser pour la vie de l’au-delà. Ibn Abt>as a raconté<br />

à ce sujet; «Des nomades faisaient la station et disaient: «Notre Dieu,<br />

fais que cette année soit une année de pluie, de fertilité, de bonne progéniture».<br />

sans que la vie future ne leur intéresse. Dieu fit alors descendre<br />

ce verset. Il montre aux hommes comment ils doivent<br />

L’implorer en Lui demandant de leur accorder des biens en ce bas<br />

282


monde et d’autres dans la vie future. Ainsi cette invocation inclut tous<br />

les biens de la vie présente comme: une vaste demeure confortable,<br />

une bonne épouse, des richesses, une science utile, des œuvres bonnes<br />

et d’autres. Elle repousse en même temps les calamités et les<br />

malheurs.<br />

Quant aux biens dans la vie future, la meilleure sans doute sera<br />

l’entrée au Paradis ainsi que toute ce qui pourra l’assurer comme la<br />

sécurité au jour de la grande frayeur, le compte facile, la préservation<br />

du châtiment du feu etc...<br />

Tout cela ne pourra être acquis et espéré qu’en s’interdisant des<br />

choses illicites et prohibées, en laissant toute chose douteuse et défendue.<br />

Al-Qassem Abou Abdul Rahman a dit: «Quiconque jouit d’un<br />

cœur reconnaissant, une langue qui ne cesse de mentionner Dieu et<br />

un corps endurant, aura acquis les biens dans ce bas monde et dans<br />

la vie future».<br />

Anas Ben Malek a rapporté que le Prophète -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- invoquait souvent Dieu par ces paroles: «Notre Seigneur,<br />

accorde-nous des biens en ce monde, et des biens dans la vie futrue. préserve-nous<br />

du châtiment du Feu». Il a rapporté aussi que le Prophète -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- se rendit chez un homme qui était devenu<br />

très maigre pour le visiter. Il lui demanda: «Par quoi invoquais-tu<br />

Dieu?» Il lui répondit: «Je disais souvent; «Mon Dieu, si Tu veux me<br />

châtier que ce soit dans ma vie présente». Et le Prophète -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- de répliquer; «Gloire à Dieu! Tu ne pourrais jamais<br />

le supporter. Pourquoi n’invoquais-tu pas Dieu par ce verset: «Notre<br />

Seigneur, accorde-nous des biens en ce monde, et des biens dans la vie future.<br />

Préserve-nous du châtiment du feu» Il lui implora le Seigneur, et<br />

l’homme fut guéri».<br />

0 ait i^ îj ÿ it fil. %>Î3<br />

wadkurû-L-Lâha fî’ayyâmim ma‘dûdâtin faman ta‘ajjala fî yawmayni fal<br />

’itma ‘alayhi waman ta’ahhara falâ ’itma ’alayhi limani-’ittaqâ wat-taqû-<br />

L-Lâha wa‘lamû ’annakum ’ilayhi tu^arûn (203).<br />

283


Glorifiez Allah pendant les jours fixés. Celui qui ne lui consacre que<br />

deux jours ne commet pas un péché. Pas plus que celui qui lui consacre<br />

plus que le délai. Mais encore faut-il que l’un et l’autre craignent Allah.<br />

Craignez Allah et rappelez-TOus qu’il t o u s rassemblera un jour devant Lui.<br />

(203).<br />

Les jours fixés d’après Ibn Abbas sont ceux appelés les jours de<br />

«Tachriq» (les jours de la fête du sacrifice), et les jours connus sont la<br />

première décade du mois (Dhoul-Hijja).<br />

Quant à ’Ikrima, ii a dit que cette glorification consiste à répéter<br />

les takbirs après chaque prière prescrite durant les Jours de Tachriq,<br />

en se référant à ce hadith; «Les jours de Tachriq sont consacrés à boire,<br />

manger et glorifier Dieu».<br />

Abou Houraira a rapporté que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- envoya Abdullah ben Houdzafa à IMina pour annoncer<br />

aux hommes; «N e jeûnez pas en ces jours-là car ils sont<br />

consacrés à manger, boire et glorifier Dieu». Ainsi ‘Aicha - que Dieu<br />

l’agrée - a rapporté un hadith dans le même sens.<br />

Ibn Abbas a dit que les jours fixés sont les quatre jours du Ta ­<br />

chriq, c’est à dire les jours du Sacrifice et 3 jours après. Quant à Ali<br />

Ben Abi Taleb, il a dit qu’ils sont le jour du sacrifice et deux jours<br />

après lui, où on peut choisir n’importe quel jour pour sacrifier bien que<br />

le premier est le meilleur. Mais l’opinion la plus correcte est celle d’Ibn<br />

Abbas. La preuye en est le sens du verset; «Cehii qui ne lui consacre<br />

qne deux jours ne commet pas un pédié. Pas plus que cefari qui fan consaore<br />

plus que le délai» c’est à dire trois jours après celui du sacrifice, qui<br />

sont désignés par le temne les jours fixés.<br />

Selon Al-Chafé’i, il est permis de sacrifier les animaux durant les<br />

jours de Tachriq, ainsi le fait de répéter les takbirs après les prières<br />

prescrites. Mais ce qui est de suivi consiste à faire les takbirs à partir<br />

de ia prière de l’aube le jour de ‘Arafa jusqu’à celle de l’asr située au<br />

demier jour de Tachriq. Ceci est confirmé par l’agir de ‘Omar Ben Al-<br />

Khattab qui disait les takbirs dans sa tente alors que tous les hommes<br />

l’imitaient de sorte qu’à Mina on n’entendait que ces takbirs.<br />

Il a été cité dans un hadith ce qui suit; «La circumambulation autour<br />

de la Maison, le parcours entre As-Safa et Al-Marwa et le jet de<br />

284


cailloux n’ont été Imposés que dans le but de glorifier Dieu à Lui la<br />

puissance et la gloire».<br />

^ r è s que Dieu ait mentionné la dispersion des hommes, une fois<br />

tous les rites accomplis, en retoumant chez eux dans tous les coins du<br />

monde. Dieu leur dit; «Rappelez-voas qu’il vous rassemblera un jour devant<br />

Lui» comme II l’a confirmé dans un autre verset; «C’est Lui qui<br />

voifiS a dissémmés sur la terre, et c’est vers lui que vous serez rassemblés»<br />

[Coran LXVII, 24].<br />

4 u ÿ Ç î l i l ^ \ 4 yîy ô- ù p<br />

j. ¿Ijj jAÎ<br />

lÿ i a!<br />

V 4ü\j J T.liiJ<br />


qu'Allah le bénisse et le salue- pour déclarer sa conversion alors que<br />

le contenu de son cœur était autrement. Mais ibn Abbas, quant à lui, a<br />

dit qu’il s'agissait de quelques uns des hypocrites qui médisaient Khoubaib<br />

et ses compagnons qui furent tués à Al-Raji’. D’autres ont déclaré<br />

que ce verset concerne tous les hypocrites ainsi que les croyants, ce<br />

qui est d’ailleurs le plus logique.<br />

Abou Ma’char Najih a raconté qu’il a entendu ce dialogue entre<br />

Sa’id Al-Maqbouri et Mouhammad Ben Ka'b Al-Qouradhi. Abou Sa'id<br />

dit: «J ’ai lu dans certains livres ce qui suit:<br />

«Il y a des gens qui ont la langue plus sucrée que le miel, le cœur<br />

plus âpre que l’aloès, portent pour les gens des habits aussi lisses que<br />

la peau de moutons, mêlent les affaires mondaines à d’autres religieuses.<br />

Dieu dit à leur égard: «Sont-ils trompés à Mon sujet? ou bien s’enhardissent-ils<br />

à Moi? Je jure par Ma puissance que-Je leur envoie un<br />

trouble qui rendra periexe le clément d’entre eux!».<br />

- Où trouves-tu cela mentionné dans le Livre de Dieu, demanda<br />

Mouhammad ben Ka'b?<br />

- Elles sont ces paroles de Dieu: «0 y a des hommes qui te séduisent<br />

par les propos qu’ils tiennent en ce bas monde». Et je connais bien au sujet<br />

de qui ce verset fut révélé.<br />

- Un verset pouvait être révélé au sujet d’une personne en particulier,<br />

conclut Mouhammad ben Ka’ba, mais finirait par concerner tout le<br />

monde.<br />

«Ds prennent AUah à témoin du tréfonds de leur cœur» cette phrase<br />

signifie que ces gens-là manifestent aux autres leur islamisme au moment<br />

où ils gardent dans leur coeur l’incrédulité et l’hypocrisie c’est<br />

comme ils défient Dieu, on trouve ce même sens dans un autre verset:<br />

«Ds voudraient se cacher des hommes, mais ils ne cherchent pas à se cacher<br />

de Dieu» [Coran IV, 108]. Pour affirmer aux hommes leur foi, ils prennent<br />

Dieu à témoin et que le contenu de leur cœur ne diffère en rien<br />

de ce qu’ils prononcent.<br />

«alors que leur mauvaise foi est insigne» en d’autres termes cela signifie<br />

qu’ils sont de querelleurs acharnés qui mentent, font un faux témoignage,<br />

médisent etc... Leurs qualités on les trouve dans le Sahih<br />

où l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Trois cho­<br />

286


ses caractérisent l’hypocrite: il ment quand il parle, trahit son engagement<br />

et quand ü plaide, il est de mauvaise foi» (Rapporté par Boukhari)^^K<br />

Cet hypocrite se comporte sur la terre d’une façon qui dénonce sa<br />

mauvaise foi. Dès qu’il te donne le dos, Il ne déploie ses efforts que<br />

pour corrompre ce qui est sur ia terre, et détruire les récoltes et leJsétail,<br />

c’est à dire tout ce qu’il pourrait assurer aux hommes leur subsistance.<br />

D’autres, comme Moujahed, ont commenté cela en disant que<br />

de tels hypocrites quand ils persévèrent dans leur corruption et sévissent,<br />

Dieu retient la pluie et cela causera la perte de récolte et du bétail,<br />

car II n’aime pas la coraiption.<br />

Comment sera la réaction de ces hypocrites si «On leur dit:<br />

«Craignez Allaii?». La puissance du péché les saisit, en manifestant<br />

leur colère pour les avoir exhortés et réprimandés, emportés par leur<br />

sentiment fougueux qui traduit leur penchant vers le péché. Dieu les a<br />

décrits dans un autre verset en disant; «Lorsque nos Versets leur sont<br />

lus comme autant de preuves évidentes, tu discernes la réprobation sur les<br />

visages des incrédnles. Peu s’en faut qu’ils ne se précipitent sur ceux qui<br />

leur lisent nos versets. Dis: «Vous annoncerai-je quelque chose de pire que<br />

cda? Le Fra pronûs aux incrédules? Quelle détestable fin!» [Coran XXII,<br />

72]. Telle est donc leur fin inéluctable pour prix de leurs péchés.<br />

Une fois que Dieu ait montré l’agissement et la fin des hypocrites.<br />

Il montre le cas des croyants qui est tout à fait à l’opposé. Il a dit; «n<br />

« 1 est d’autres qui rachètent leurs âmes en vue d’être agréés par Allah» Ibn<br />

Abbas et une partie des exégètes ont dit que ce verset fut révélé au<br />

sujet de Souhaïl Al-Roumi qui, après sa conversion à la Mecque et<br />

voulant émigrer à Médine, fut empêché par les polythéistes qui revendiquèrent<br />

tous ses biens pour le laisser sortir de leur ville, il les leur céda<br />

et fit son émigration en obtempérant aux ordres de Dieu et de Son<br />

Prophète. Omar Ben AL-khattab et une foule des croyants l’accueillirent<br />

aux extrémités de Médine en lui annonçant; «Le négoce a emporté<br />

son profit». U leur répondit; «Puisse Dieu aussi ne pas perdre la<br />

récompense de votre négoce».<br />

(1) c«— IjJ CliiÜî ^LuJI ijii rjli Al iiyAj jp ..a 11^^^^<br />

287<br />

• ( i £ ‘Ijj) t ij-iP


Ecoutons Souhaïb faire son récit. Il a dit: «Voulant quitter La<br />

Mecque pour émigrer à Médine et rejoindre l’Envoyé de Dieu -qu’Aiiah<br />

ie bénisse et le salue-, les polythéistes m’ont dit: «Ô Souhaib! Le jour<br />

où tu es venu à La Mecque tu ne possédais rien, comment pourronsnous<br />

te laisser la quitter avec tes richesses? Par Dieu nous t’empêcherons<br />

de le faire» Je leur répondis: «Que pensez-vous si je vous cède<br />

tous mes biens, me laisserez-vous partir?» - Certes oui, me répondirent-iis.<br />

Alors je leur ai cédé tout ce que je possédais et ils m’ont<br />

laissé quitter La Mecque. Arrivé à Médine le Prophète -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- m’accueillit en s’écriant: «Souhaib a gagné! Souhaïb<br />

a gagné!».<br />

D’autres commentateurs ont dit que ce verset fut révélé au sujet<br />

de tous ceux qui combattent dans la voie de Dieu en se référant à ce<br />

verset: «Dieu a acheté aux croyants leurs personnes e t leurs biens pour<br />

leur donner la Paradis en échange. Us combattent dans le chemin de Dieu:<br />

Ils tuent et ils sont tués») [Coran IX, III].<br />

Il a été rapporté aussi que lorsque Hicham Ben Amer s’aventurait<br />

en quittant le rang des combattants en fonçant contre l’ennemi dans<br />

une des expéditions, les hommes dénoncèrent son comportement,<br />

mais Omar ben Al-Khattab et Abou Houraira et d’autres leur répondirent<br />

par la récitation de ce verset: «Il en est d’autres qui rachètent leurs<br />

âmes...».<br />

Sfj  Jjlès.<br />

j ijH it<br />

i; ^ s ; ^ 5 o ü @ y ^ ' ÿ Ç l i i<br />

yâ ’ayyuhâ-l-ladîna ’âmanû-d-hulû fi-s-silmi kâffatan walâ tattabi‘û<br />

hutuwâti-s-saytâni ’innahû lakum ‘aduwwun mubîn (208) fa’in zalaltum<br />

mim ba'di mâ jâ ’atkumu-l-bayyinâtu fa‘lamû ’anna-L-Lâha ‘azizun<br />

ha.kîm (209).<br />

O croyants, mettez-vous tous en paix avec Allah. Ne marchez pas sur<br />

les traces de Satan, car il est votre ennemi avéré (208) Si vous succombez<br />

malgré les avertissments d’AUah, n’oubliez pas qu’il est puissant et juste.<br />

(209).<br />

288


Dieu ordonne à Ses serviteurs croyants qui ont cru en Son Messager<br />

de s’attacher à i’anse de i’Islam et ses lois, en suivant ses prescriptions<br />

et s’abstenant de ses interdictions autant qu’iis ie puissent,<br />

ibn Abbas a traduit le mot «Paix» par «L ’islam», et les autres de dire<br />

qu’il s’agit de l’obéissance et la soumission à Dieu».<br />

A qui cet ordre fut lancé? Les uns ont dit qu’il est adressé aux fidèles,<br />

d’autres ont répondu qu’il concerne tous les hommes. Mais il<br />

s’avère que la première opinion est la plus correcte. Et Ibn Abbas<br />

d’ajouter: «Les croyants parmi les gens d’Ecriture sont les concernés,<br />

car ayant gardé leur foi en Dieu, ils s’attachèrent fortement à quelques<br />

lois révélées dans leur Pentateuque. Donc cet ordre fut adresé à leur<br />

intention les conviant à embrasser l’Islam et suivre ses lois en se suffisant<br />

tout simplement de croire au Pentateuque comme étant un Livre<br />

révélé».<br />

«Ne marchez pas sur les traces de Satan» un ordre qui signifie l’accomplissement<br />

des devoirs prescrits et le détournement du démon et<br />

de ce qu’il suggère car: «il vous ordonne le mal et les turpitudes; il vous<br />

ordonne de dire sur Dieu ce que vous ne savez pas» et:


dent que Dieu vienne à eux avec les anges dans l’ombre des nuées,<br />

c’est à dire au jour de la résurrection pour les juger d’après leurs actions.<br />

C’est pourquoi Dieu termine le verset en disant que le destin est<br />

fixé et toute chose revient à Lui. On trouve dans le Coran un autre verset<br />

qui donne le même sens: «Qa’attmdent-ils? Sinon les anges viennent<br />

à eux, ou que ton Seigneur vienne, ou qu’un signe de ton Seigneur<br />

vienne?») [Coran VI, 158].<br />

Abou Houraira a rapporté un long hadith dont les auteurs des Sunans<br />

ont cité dans leurs ouvrages où on trouve ce qui suit: «Etant rassemblés<br />

pour être jugés et dans une situation très délicate, les<br />

hommes penseront se rendre aux Prophètes successivement pour intercéder<br />

en leur faveur auprès de Dieu. Chacun d’eux refusera la mission<br />

en créant des excuses, qu’à la fin ils iront trouver Mouhammad -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- qui leur répondra: «Certes je suis votre<br />

intercesseur». Il ira pour se prostemer devant le Trône et intercéder auprès<br />

du Seigneur qui répondra à sa demande. Le ciel se fendra. Dieu<br />

viendra dans l’ombre des nuages avec les anges, les porteurs du<br />

Trône et tes chérubins en decendant du del le ptus élevé jusqu’au ciel<br />

le plus inférieur. Ces anges ne cesseront de glorifier Dieu par ces termes:<br />

«Gloire au maître de la Royauté. Gloire au Maître de la Puissance.<br />

Gloire au vivant qui ne mourra pas. Gloire à qui fait périr les créatures et<br />

ne mourra pas. Qu’Il soit exalté et que Sa sainteté soit glorifiée le Seigneur<br />

des anges et du Saint Esprit. Qu’Il soit glorifié et que Sa Sainteté<br />

soit glorifiée notre Maître Supérieur. Gloire au Tout-Puissant l ’inaccessible.<br />

Gloire à Lui pour l’étemité».<br />

^ ùî ^<br />

Si ç i î t p ' i @ 1<br />

sal bani ’isrâ’îla kam ’âtaynâhum min ’âyatin-bayyinatin wa may-yubadil<br />

ni‘mata-L-Lâhi mim ba‘di mâ jâ’athu fa’inna-L-Lâha sadidu-l-‘iqâb (211)<br />

zuyyina li-l-ladîna kafarû-l-^yâtu-d-dunyâ wa yasharûna mina-l-ladîna<br />

290


’âmanû wa-l-ladîna-t-taqaw fawqahum yawma-l-qiyâmati wa-L-Lâhu yarzuqu<br />

may-yasâ’u bigayri Msâb (212).<br />

Interroge les fils d’Israël, Demande-leur combien de preuves éclatantes<br />

ne leur avons-nous pas envoyées? Celui qui se montre indigne des faveurs<br />

d’Allah encourra un dur châtiment. (211) La vie de ce monde a de l’attrait<br />

pour ceux qui ne croient pas et qui raillent les croyants. Mais ceux qui<br />

craignent Allah leur seront préférés, au jour de jugement demier. Car ADah<br />

prodigue Ses bienfaits en dehors de toute considération. (212).<br />

Dieu fait connaître le cas des fils d’israëi qui ont vécu ies miracles<br />

mutliples avec l^oïse, de preuves évidentes qui confirment son message<br />

tels que: sa main, son bâton, le fait d’entrouvrir la mer, le jaillissement<br />

de l’eau en frappant le rociier, la descente de la manne et des<br />

cailles et d’autres miracles qui démontrent l’existence du Créateur qui<br />

a appuyé le message de Son Prophète Moïse par ces preuves éclatantes.<br />

Mais malgré tout cè1a ils se sont détournés, ou ont échangé les<br />

bienfaits de Dieu contre l’incrédulité. Tel aussi était le cas des polythéistes<br />

de ia Mecque:«Ne les as-tu pas vus, ceux qui échangent pour la<br />

mécréance le bienfait de Dieu, et font en sorte que leur peuple s’installe<br />

dans la demeure de perdition dans la Géhenne, où ils tomberont? -Et quel<br />

mauvais gîte» [Coran XIV, 28-29].<br />

Puis Dieu fait connaître l’embellissement de la vie de ce bas<br />

monde aux incrédules qui en sont satisfaits et y ont trouvé la tranquillité,<br />

ils ont amoncelé leurs richesses n’en donnant aucune part à ceux<br />

qui en ont droit parmi les pauvres et les nécessiteux, ont tourné en dérision<br />

ceux qui ont cru, se sont détoumés de clinquants de la vie présente<br />

et ont dépensé ce qu’iis ont pu acquérir rien que pour satisfaire<br />

à Dieu. Ceux-là seront les plus considérés et mieux récompensés au<br />

jour du rassemblement. Ils seront au-dessus des autres dans leurs demeures<br />

de la stabilité au jour de la résurrection et occuperont les degrés<br />

les plus élevés. Quant aux premiers, ils seront au fond de<br />

l’abîme. C ’est pourquoi Dieu a dit: «Dieu accorde Ses bienfaits à qui II<br />

veut sans compter» c’est à dire II octroyé de largesses à qui II veut parmi<br />

Ses serviteurs tant à la vie présente qu’à la vie de l’au-delà.<br />

1a été cité dans un hadith divin: «O fils d ’Adam! Dépense et Je dépense<br />

pour toi» Il s’agit bien des dépenses en aumônes, car le Sei-<br />

291


gneur a dit; «D vous rendra tout ce que vous avez donné en aumônes, n est<br />

le meilleur des dispensateurs de tous les biens» [Coran XXXIV, 39].<br />

On a rapporté dans les deux Sahihs que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue- a dit: «Chaque jour deux anges descendent le<br />

matin au bas monde, dont l ’un dit: «Seigneur donne à celui qui dépense en<br />

compensation» et l’autre dit: «Seigneur, inflige une perte à celui qui retient<br />

son a r g e n t» ^ Comme on y trouve ce hadith: «Le fils d'Adam s'écire:<br />

«Mes biens! Mes biens!» Or ce qui lui revient de ses biens sont ces trois<br />

choses: ce qu’il a consommé, ce qu’il a porté et usé et ce qu’il a donné (en<br />

aumône). A part cela, tout ce qu'il possède reviendra à ses successeurs<br />

après sa mort»^^K<br />

Dans le Mousnad de l’imam Ahmed il a été cit& ^e le Prophète -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Le bas monde est une demeure<br />

pour ceux qui n’ont pas d’abri, des biens pour les démunis et c'est pour ce<br />

bas monde que les insensés accumulent les richesses»^^^<br />

^ S ; i J i & i ' -il M C j L y c i i t a ^<br />

Q ¡ p r . ¿ ¡ J î i i i ^ ^ Ç . ¿ ¿ ÿ \ i ÿ j î : li<br />

¿Jl ù* *- ISii»<br />

(2) L.J cc-^iiîi o is i U VI ¿ÜU 0- iiiJ i^U ^L. J ^ i<br />

.IjjdüJ jljj ¿Uj iSy^ Uj (0.^1* C-.~J<br />

(3) Jl- V ^ JI.J jb V ^ > gjüti :Jlî Aîi ^ ^ :ju^Î (.UVl<br />

.iaJ Jip V L*Jj i


îna ’âmanu lima-htalafû fîhi mina-l-haqqi bi ’idnihî wa-L-Lâhu yahdî<br />

may-yasâ’u ’ilâ sirâ{im-mustaqnn (213).<br />

A Porigine, les hommes ne formaient qu’une seule nation. Allah envoya<br />

les prophètes pour leur annoncer la bonne nouvelle et les avertir. En même<br />

temps qu’eux. Il fit decendre le Livre dont les règles permettent d’arbitrer<br />

les difierrads des hommes. Or ceux qui entrèrent en désaccord furent justement<br />

ceux qui reçurent le Livre, ain-ès que des preuves éclatantes leur eussent<br />

été fournies, et cela par esprit de rivalité. Allah expliqua à ceux qui<br />

avaient la fol ce qui les divisait Car Allah met qu’il veut dans le droit chemin.<br />

(213).<br />

Comment les exégètes ont commenté ce verset;<br />

- Ibn Abbas a dit; Dix siècles s’écoulèrent entre Adam et Noé où<br />

les hommes se confonffaient aux lois divines. Mais, plus tard, comme<br />

des différends surgirent entre eux, Dieu envoya les prophètes comme<br />

annonciateurs et avertisseurs.<br />

-Qatada a dit; Les hommes formaient une seule communauté et<br />

étaient dans le droit chemin, mais à cause de leurs différends, Dieu<br />

leur envoya les Prophètes dont Noé fut le premier.<br />

-A I-‘Oufi a rapporté ces propos d’Ibn Abbas; Les hommes étaient<br />

tous des incrédules. Dieu leur envoya les Prophètes comme avertisseurs<br />

et annonciateurs.<br />

La plus correcte parmi ces opinions est la première d’après Ibn<br />

Abbas. Les hommes suivaient la religion d’Adam et restaient ainsi jusqu’à<br />

ce qu’ils eussent commencé à adorer ies idoles, Dieu leur envoya<br />

alors Noé -que Dieu le saiue- qui était le premier Messager aux habitants<br />

de la terne. C’est pourquoi Dieu a dit; «Il fît ainsi descendre le Livre<br />

avec la Vérité pour juger entre les hommes et trancher leurs différends<br />

mais seuls, et par jalousie entre eux, ceux qui avaient reçu le Livre furent<br />

en désaccord à son sujet alors que des preuves irréfutables leur étaient parvenues.<br />

Dieu a dirigé ceux qui ont cru à cette part de la vérité au sujet de<br />

laquelle d’autres se sont disputés, avec Sa permission. Dieu dirige qui II<br />

vmt mr les chemin droit».<br />

Abou Houraira a rapporté que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- a dit; «Nous les derniers venus seront les premiers au<br />

293


jour de la résurrection. Nous serons les premiers à entrer au Pardis, bien<br />

que les autres avaient reçu leurs Livres avant nous et nous avons reçu le nôtre<br />

après eux. Ce jour (le vendredi) que Dieu leur avait prescrit, ils se son<br />

divisés à son sujet, mais Dieu nous a guidés vers ce Jour, et les gens viennent<br />

par la suite: les juifs le lendemain et les chrétiens le surlendemain»<br />

(Rapportépar MousUm)^^K<br />

Abdul Rahman Ben Zaid Ben Asiam a rapporté d’après son père<br />

qui, en commentant le verst précité, a dit: «Les hommes furent divisés<br />

au sujet du jour de vendredi, ies juifs avaient leur samedi, ies chrétiens<br />

leur dimanche, et Dieu a guidé ia communauté de Mouhammad -qu’AIlah<br />

le bénisse et le salue- vers ce jour qui est le vendredi. Ils se sont<br />

divisés au sujet de la Qibla: les chrétiens se sont orientés vers l’est et<br />

les jufis vers Jérusalem, Dieu a dirigé la communauté de Mouhammad<br />

vers la Ka’ba. Des différends surgirent entre eux également au sujet<br />

de la prière: Certains prient sans s’incliner ni se prosterner; certains se<br />

prostement sans s’incliner, certains prient en pariant, d’autres prient en<br />

marchant Dieu a dirigé la communauté de Mouhammad -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- vers la Vérité. Un autre problème qui est le jeijne:<br />

Il en est ceux qui jeûnent le jour, ceux qui pratiquent un jeûne différent<br />

en s’abstenant tout simplement de prendre quelques sortes de nourriture.<br />

Dieu a dirigé ia communauté de Mouhammad vers le vrai jeûne,<br />

ils se sont divisés au sujet d’Abraham: Les juifs disent qu’il était juif, et<br />

les chrétiens de répondre qu’il était chrétien. Mais Dieu a fait de lui un<br />

homme musulman (soumis) et droit, et II a montré à la communauté<br />

de Mouhammad -qu’Allah le bénisse et le salue- la Vérité de sa religion<br />

pour l’imiter. En ce qui concerne Jésus -que Dieu le salue- les<br />

juifs ont mécru en lui et accusé sa mère de l’adultère. Quant aux chrétiens<br />

ils l’ont pris en tant qu’un Dieu et un fils de Dieu. En réalité Jésus<br />

était un esprit de Dieu et Son Verbe. Dieu a dirigé la communauté de<br />

Mouhammad vers la vérité».<br />

(1) ^ U l Jjî (^ 1 Jli :Jli ijijA j e<br />

L«J ^îil litJLjj tjvJkJuu j A objjjlj U Lî j j t \ y j \<br />

Ijlü ^ LJ ¿)l IjjsJLîs^I ¿j a «tJ<br />

294


Abou AII-‘Aiya a commenté ce verset et dit: On y trouve une issue<br />

de tous les doutes, les égarements et les séditions.<br />

Le terme «Avec sa permission» veut dire à Son escient après avoir<br />

montré aux hommes le droit chemin en y mettant ceux qu’il veut guider<br />

d’après Sa sagesse et Sa décision.<br />

Il a été cité dans les deux Sahih, d’après Aicha-que Dieu l’agrée -<br />

que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- se levait la nuit<br />

pour faire la prière noctume et invoquait Dieu par ces paroles: «Grand<br />

Dieu, le Seigneur de Gabriel, Michaël et Israfel, le créateur des cieux et de<br />

la terre. Toi qui connais le visible et l’invisible. Tu jugeras entre les hommes<br />

et trancheras leurs différends au sujet de la Vérité avec Ta permission,<br />

car Tu diriges qui Tu veux vers le chemin droit».(Rapporté par Boukhari<br />

et M ousBm /^K Et dans ses invocations traditionnelles, il disait: «Mon<br />

Dieuf Montre-nous le chernin de la vérité et fais que nous le suivions. Montre-nous<br />

le chemin de l ’erreur et fais que nous l’évitions en nous le rendant<br />

clair afin que nous n ’y tombions pas. Fais de nous de modèles pour ceux<br />

qui Te craignent».<br />

) c u ù î l i s i d y i f!<br />

v î : ; î ÿ . i x . \p \-i ¿ X ^ i j j j ; ifc ü t<br />

’am Msibtum ’an tadhulû-l-jannata wa lamma ya’tikum matalu-l-ladîna<br />

halaw min qablikum massathumu-l-ba’sâ’u wa-d-^rrâ’u wa zulzilû ^ ttâ<br />

yaqûla-r-rasûlu w a-l-la^a ’âmanû ma‘ahû matâ nasru-L-Lâhi ’alâ ’inna<br />

nasra-L-Lâhi qatîb (214).<br />

Ei^r^-ym is entrer an Paradû sans passer par les épreuves qu’ont subies<br />

vos prédécesseurs? la privation et les maladies ne les épargnèrent pas.<br />

Et ils furent ébranlés au point que le Prophète et ses compagnons s’écriè-<br />

(1) Cj* '¿1 015' 4>l ôyAj ùl tSjU^JI<br />

(J U o ljL i-J I V j (*-fJJI» ' - ¿ j M<br />

295<br />

-l»l^ J l »l-i^ Cj* iS-W


ent: «Quand donc viendra le secours d’Allah?» Courage, le secours d’Allah<br />

est proche.(214).<br />

Dieu fait connaître aux fidèles qu’ils n’entreront au Paradis avant<br />

d’être éprouvés comme l’ont été ceux qui ont vécu avant eux. Ces différentes<br />

épreuves comprennent entre autres:les maladies, les malheurs,<br />

les calamités et la gêne. Ils ont été éprouvés et violemment<br />

ébranlés en combattant et affrontant l’ennemi. A cet égard Khabbab<br />

Ben Al-Arat a rapporté: «Nous demandâmes: «O Envoyé de Dieu,<br />

pourquoi n’implores-tu pas Dieu afin de nous secourir et L’invoques-tu<br />

en notre faveur?» Il nous répondit: «Dans les époques antérieures on<br />

prenait l ’homme (qu’on voulait torturer), le plaçait dans un fossé qu’on<br />

avait creusé dans la terre, m ettait la scie sur sa tête et le sciait en deux.<br />

On le peignait aussi avec des peignes en fer pour lacérer sa chair, et malgré<br />

cela, il ne reniait plus sa foi. Par Dieu, Dieu assurera l ’-expansion de l ’Islam<br />

au point qu’un cavalier de Sana’a à Hadramaout ne craigne que Dieu et le<br />

loup pour son troupeau. Mais vous autres, vous êtes impatients» (Rapporté<br />

par Boukhari)^^\<br />

Dieu a dit: «Les hommes pensent-ils qu’on les laissera dire: «Nous<br />

croyons» sans les éprouver * Oui nous avons éprouvé ceux qui vécurent<br />

avant ceux-ci. Dieu connait parfaitement ceux qui disent la vérité et II<br />

connait les menteurs: [Coran XXIX, 2-3]. Ceci fut arrivé aux compagnons<br />

-que Dieu les agrée- le jour des coalisés (la bataille du fossé) comme<br />

Dieu le montre dans ce verset: «Quand ils marchaient sur vous de toutes<br />

parts; quand vos regards se détournaient de terreur; quand les cœurs remontaient<br />

dans les gosiers et que vous vous livriez à de vaines suppositions au<br />

sujet de Dieu * Les croyants furent éprouvés et violemment ébranlés») [Coran<br />

xxxni, 10-11].<br />

Le jour où Héraclius manda Abou Soufian alors qu’il se trouvait au<br />

pays de Cham il le questionna au sujet du Prophète -qu’Allah le bé-<br />

(1 ) jf-JS cLJ Ml li liÜ :JÜ O jN l 'W*- fUf<br />

jL iiJi<br />

J* Dji :JUi U<br />

Li JîLI^Îj jfi- ¿Jl5Î M<br />

“àljl :Jli j*-î tlOiJ je- ¿JÜi<br />

sljj) ^jî A» ;P V<br />

296


nisse et le salue-: «L’avez-vous combattu?» - Oui, répondit Abou Soufian.<br />

Héraclius lui demanda: «Quelle fut le résultat de ces combats?».<br />

Abou soufian répliqua: «La guerre avait ses alternatives, tantôt il l’emportait,<br />

tantôt nous l’emportions». Et Héraclius de conclure: «Ainsi était<br />

le cas des Prophètes qui ont été éprouvés avant lui, mais à la fin ils<br />

auraient le dessus».<br />

Pour rassurer les fidèles, Dieu donne l’exemple des générations<br />

passées qui étaient éprouvées, imploraient le secours de Dieu, étaient<br />

violemment ébranlées et demandaient avec Insistance une issue de<br />

leur gêne et de leur déssaroi, mais Dieu reviendra à ceux qui le craignent<br />

et leur accordera la victoire. La victoire de Dieu n’est-elle pas<br />

proche?»<br />

^ ^ Aisi<br />

U j<br />

yas’alûnaka mâdâ yunfiqûna qui mâ ’anfaqtum min hayrin falilwâlidayni<br />

wa-l-’aqrabîna wa-l-yatâmâ wa-l-masâkîni wa-bni-s-sabîli wama tafalû<br />

min Myrin fa’inna-L-Lâha bihî ‘alîm (215).<br />

Us te demanderont à qui faut-il porter aide? Rèponds-leur: «Aidez vos<br />

parents, vos proches, les orphelins, les pauvres et les voyageurs. Et quelque<br />

bien que vous fassiez, Allah en sera informé(215).<br />

Mouqatel a commenté ce verset en disant qu’il s’agit bien des aumônes<br />

bénévoles. Les fidèles demanderont-ils peut être au Prophète:<br />

«Pour qui devront-ils dépenser?» Il leur montre dans ce verset les personnes<br />

qui auront plus de droit qui sont les parents, les proches, les<br />

orphelins, les pauvres et les voyageurs. Toute dépense faite Dieu la<br />

connaît et en rétribuera l’auteur car II ne lésera personne.<br />

p ' j r % jiç ÿ î ^<br />

0 -Í fLz SIS 5^5<br />

kutiba ‘alaykumu-I-qitâlu wa huwa karhu-l-lakum wa ‘asâ ’an takrahû<br />

say’an wa huwa hayru-l-lakum wa ‘asâ ’an tuMbbû say’an wahuwa sararru-l-lakum<br />

wa-L-Lâhu ya‘lamu wa ’antum lâ ta‘lamûn (216).<br />

297


Il vous est prescrit de combattre et c’est une obligation qui vous pèse.<br />

C’esjt ainsi qu’il vous arrive de détester ce qui vous convient et, au<br />

contiraire, de rechercher ce qui vous est nuisible. Allah le sait, mais vous,<br />

vous ne le savez pas. (216).<br />

Selon ce verset le Jihad -le combat dans la voie de Dieu- est devenu<br />

une obligation pour tout fidèle afin de repousser l’agression de<br />

ceux qui veulent combattre l’Islam. Tout homme qui y avait déjà pris<br />

part ou non devra le faire en portant aide, secourir et même de répondre<br />

à l’appel quand il sera appelé.<br />

D’après un hadith authentifié le Prophète -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- a dit; «Quiconque meurt sans avoir combattu dans la voie de Dieu,<br />

ou sans avoir l’intention de le faire, mourra comme au temps de l ’ignorance<br />

(c ’est à dire sans avoir la foi^^K II a dit aussi; «Après la conquête il n ’y<br />

aura plus d ’émigration mais un combat dans la voie de Dieu et une intention<br />

d ’y participer. Quand ou vous dira: «Elancez-vous», répondez à l ’appel»^^\<br />

Sans doute les hommes ont en général une aversion pour le<br />

combat car on s’expose à être tué ou blessé en supportant les peines<br />

du voyage et l’affrontement de l’ennemi. Mais Dieu devine ce que les<br />

hommes pensent en leur disant; «... fl vous arrive de détester ce qui vous<br />

convient» étant donné qu’après le combat, il en résulte; la victoire sur<br />

l’ennemi, l’acqmsition du butin, des captifs et d’autres, et la conquête<br />

des pays ennemis.<br />

Par contre, il se peut qu’on aime une chose qui n’engendre qué le<br />

malheur romme le fait de renoncer au combat et par la suite on sera<br />

vaincu et dominé par un ennemi à qui on doit se soumettre. Dieu termine<br />

le verset en faisant connaître aux hommes qu’il sait mieux qu’eux<br />

leur intérêt dans la vie présente et dans la vie future, ce qui leur<br />

convient afin de rester dans le chemin droit.<br />

(1) î v |»Jj ol* ^ c-jî<br />

(2) 1% \ j j ¿ ^ j ^ Jlî<br />

298


■ij p î ^ 5 à = t i i i J i j . ¿ i t<br />

' p i . ciy ÿ l ü^ ( ^ ^ 5 lâ - î ^ J j ^ i i b i<br />

i^ jiji ti J 4 ^LL*c-1cJa-i»<br />

5*:^i><br />

_>Aj c d -a*<br />

jlÎjÎ li>l*t


son anivée à une place désignée. Il lui dit: «Surtout ne contrains aucun<br />

de tes compagnons s’il voudrait se retirer».<br />

A son arrivée à l’endroit fixé, Abdullah décacheta la lettre et la lut.<br />

Il s’écria: «Nous appartenons à Dieu et c’est vers Lui que nous retournerons.<br />

Je me soumets aux ordres de Dieu et de Son Envoyé». Puis il<br />

informa ses compagnons au sujet de la mission et les mit au courant<br />

de l’ordre du Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue-. Deux hommes<br />

retournèrent sur leur pas et les autres restèrent avec Abdullah. Ils rencontrèrent<br />

Ibn Al-Hadrami et le tuèrent sans pourtant s’apercevoir que<br />

c’était un jour de Rajab ou Joumada. Les polythéistes reprochèrent<br />

aux musulmans leur faire en disant: «Vous avez commis un meurtre<br />

dans un mois sacré». Dieu alors fit cette révélation: «Ds t’interrogent<br />

sur le mois sacré...».<br />

Dieu fit connaître aux polythéistes que leur comportement est pire<br />

que le meurtre dans ce mois sacré en mécroyant en Dieu et en se détournant<br />

de Mouhammad -qu’Allah le bénisse et le salue- et de ses<br />

compagnons et en chassant les fidèles de la Mosquée Sacrée, car tout<br />

cela est plus grave encore devant Dieu.<br />

Ibn Abbas a raconté un récit pareil.<br />

Dans «la biographie du Prophète» Ibn Hicham raconte: «Après<br />

son retour de la première bataille de Badr, le Messager de Dieu -qu’AIlah<br />

le bénisse et le salue- envoya Abdullah Ben Jahch à la tête d’un<br />

groupe de ses compagnons fonmé de huit hommes tous des Mouhagirins<br />

(émigrés); il lui écrivit une lettre et lui ordonna de ne plus la décacheter<br />

qu’après une marche de deux jours sans contraindre ses<br />

compagnons à poursuivre leur marche avec lui. Après l’écoulement de<br />

cette période, Abdullah décacheta la lettre et la lut: «Lorsque tu lis<br />

cette lettre, va à Nakhlé, un endroit situé entre La Mecque et Taëf.<br />

Guette les Qoraïchites et fais-moi un compte-rendu à leur sujet». Abdulllah<br />

s’écria alors: «Je me soumets à ces ordres», puis dit à ses<br />

compagnons: «L’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- m’ordonne<br />

d’Aller à Nakhlé pour guetter les Qoraïchites et lui faire un<br />

compte rendu en m’interdisant de contraindre l’un d’entre vous pour<br />

m’accompagner. Que celui d’entre vous qui cherche le martyre, reste<br />

avec moi, et que celui qui le répugne, puisse revenir sur ses pas.<br />

Quant à moi, je continue en avant sans reculer».<br />

300


«Les fidèles poursuivirent tous leurs marche avec Abdullah Ben<br />

Jahch. Ils passèrent par le Hijaz et, arrivés à Najran, Sa’d Ben Abi Waqas<br />

et ‘Outba Ben Ghazwan furent en arrière car ils recherchaient un<br />

chameau perdu et ne continuèrent plus leur marche avec Abdullah.<br />

«Lorsque ‘Abdullah et les autres compagnons atteignirent Nakhlé<br />

ils aperçurent une caravane des Qoraïchites qui portait de l’huile et<br />

d’autres nourritures, Amr ben Al-Hadrami faisait partie de cette caravane.<br />

Comme les fidèles étaient tout près des polythéistes Qoraïchites,<br />

ceux-ci les redoutèrent et furent effrayés, mais à la vue de ‘Oukacha<br />

Ben Mohsen qui s’était rasé la tête, iis furent en queique sorte apaisés<br />

en disant: «Ce sont des gens qui sont venus pour faire la visite pieuse,<br />

ne craignez rien de leur part».<br />

«Etant au dernier jour de Rajab, les fidèles se concertèrent: les<br />

uns dirent: «Par Dieu, si vous les laissez continuer leur chemin, ils atteindront<br />

l’enceinte sacrée et alors ils seront en sécurité, et si vous les<br />

tuez ici, vous aurez profane le mois sacré». Après quelques hésitations,<br />

les fidèles musulmans attaquèrent les polythéistes Qoraïchites:<br />

Waqed ben Abdullah Al-Tamimi lança une flèche contre Amr Ben Al-<br />

Hadrami et le tua, ‘Othman Ben Abdullah et Al-Hakam Ben Kissan furent<br />

pris comme captifs, NawfaI Ben Abdullah put s’échapper. Les fidèles<br />

s’emparèrent de la caravane et retounèrent à Médine emportant le<br />

butin et menant les captifs pour les présenter à l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue-».<br />

Ibn Ishaq ajouta: «Des proches parents d’Abdullah Ben Jahch ont<br />

rapporté que ce dernier avait dit à l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue-: «Nous avons droit au cinquième du butin», et cela<br />

eut lieu avant que le cinquième du butin ne fût imposé. Quant à l’Envoyé<br />

de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- il mit en effet à part le<br />

cinquième et partagea le reste du butin entre ses compagnons.<br />

Ibn Ishaq poursuivit: «Lorsqu’Abdullah et ses compagnons retournèrent<br />

à Médine et vinrent trouver l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue-, il leur dit: «Je ne vous ai pas ordonné de combattre<br />

dans le mois sacré». Il refusa de recevoir le butin ni les deux prisonniers.<br />

Entendant ies propos de l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et<br />

le salue-, Abdullah et ses compagnons regrettèrent leur comportement<br />

301


et crurent qu’ils sont perdus, à savoir aussi que les musulmans les réprimandèrent.<br />

Quant aux Qoraïchites, ils s’exclamèrent; «Mouhammad et ses<br />

compagnons ont profané le mois sacré, versé le sang, emporté le butin<br />

et captivé les hommes». Comme les gens ne cessèrent de critiquer le<br />

faire des musulmans. Dieu fit alors descendre ce verset; «Ils t’interrogent<br />

sur le mois sacré, je veux dire sur la guerre au cours d’un pareil mois.<br />

Dis-leur: «La guerre dans ce mois est un sacrilège. Mais éloigner les gens<br />

de la voie d’Allah et en chasser les habitants, quel sacrilège encore plus<br />

grave au regard d’Allah...» Dieu par ce verset répond aux polythéistes<br />

que leur comportement à l’égard des musulmans est plus grave encore<br />

que le combat dans ce mois sacré, car la persécution et le fait d’écarter<br />

les hommes du chemin de Dieu est aussi plus grave au regard de<br />

Dieu.<br />

Après cette révélation les musulmans furent soulagés et réconfortés,<br />

l’Envoyé de Dieu. Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-, par la suite,<br />

reçut le butin et les deux prisonniers. Les Qoraïchites lui<br />

3nvoyèrent la rançon pour libérer ces demiers, mais il refusa en disant;<br />

«Nous n’acceptons la rançon ni libérons les prisonniers avant le retour<br />

de nos deux compagnons (Sa’d Ben Abi waqas et ‘Qutba ben Ghazwan)<br />

car nous craignons leur meurtre. Si vous les tuez, nous tuerons<br />

les vôtres».<br />

Une fois Sa’d et ’Qutba retournés à Médine, l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- accepta la rançon et libéra les prisonniers.<br />

Quant à Al-Hakam Ben Kissan, il embrassa l’Islam, devint un fidèle<br />

fervent, et demeura auprès de l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- jusqu’à ce qu’il fut tué plus tard en martyr près du<br />

puits «Ma’ouna». 'Othman à son tour, retourna à La Mecque et y mourut<br />

en infidèle.<br />

Ibn Ishaq de continuer le récit; «Lorsqu’Abdulah et ses compagnons<br />

furent soulagés après la révélation de ce verset, ils ambitionnèrent<br />

la récompense et dirent au Prophète -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue-; «O Envoyé de Dieu! Espérerons-nous prendre part à une prochaine<br />

expédition pour acquérir la récompense des combattants?»<br />

Dieu alors fit descendre ce verset;<br />

«Ceux qui ont la foi, qui ont émigré et qui ont lutté dans la voie d’Al-<br />

302


lah, ceux-là peuvent espérer Sa miséricorde. Allah est indulgent et célment».<br />

J5<br />

v j ^<br />

â -çS £ísí¿<br />

^ s i ÿ i (ÍC c S j k ç i L j¿ ‘ ^ 5 :à =t l y ü i s<br />

S ia 'i Ó Í ¿ y i i ç í;é :'? í; ç i i i 4 0 y s L - p<br />

ù î -*^— ù|j ^ J*<br />

¿1 f$C_Σ^ î i î iÎS<br />

yas’alunaka ‘ani-l-hamri wa-l-maysiri qui fîhimâ’ ’itmun kabînm wa manâfi‘u<br />

li-n-nâsi wa ’itmuhumâ ‘akbaru min narihima wa yas’alûnaka<br />

mâdâ yunfiqûna quli-l-‘afwa ka^lika yubayyinu-L-Lâhu lakumu-1-’âyâti<br />

la'allakum tatafakkarûna C?,19) fî-d-dunyâ wa-l-’âhirati wa yas’alûnaka<br />

‘ani-l-yatâm â qui ’islâhu-1-lahum hayrun w a’in tu h âlitu h u m<br />

fa’ihwânukum wa-L-Lâhu ya‘lamu-l-mufsida min-1-muslitó walaw sâ’a-L-<br />

Lâhu la ’a‘natakmn ’inna-L-lâha ‘azizun Mkîm (220).<br />

Ils t’interrogent sur le vin et le jeu. Dis-leur: L’un et l’autre comportent<br />

des dangers et des agréments, mais les dangers l’emportent sur les<br />

agréments. Ils t’interrogent aussi sur ce qu’ils peuvent donner. Dis-leur:<br />

«Ce qui les laissera sans regret: «Tels sont les enseignements d’Allahi Sans<br />

doute est-il bon que vous les méditiez. (219). Non seulement les enseignements<br />

qui intéressent ce monde mais encore les autres? Ils t’interrogent sur<br />

les orphelins. Dis-leur: «Gérez au mieux leurs intérêts. S’il vous arrive de<br />

devenir leurs associés, traitez-les en frères. Allah discerne le mauvais administrateur<br />

du bon. S’il voulait, Allah pourrait vous imposer des obligations<br />

plus lourdes encore. Car n est tont-Puissant et juste. (220).<br />

L’imam Ahmed rapporte ’d’après Abou Maissara que ‘Omar après<br />

ia révélation des versets concernant i’interdiction du vin, a dit; «i\4on<br />

Dieu, fais-nous descendre un ordre qui soit catégorique au sujet du<br />

vin». Ce verset précité fut aussitôt révélé» Une fois qu’on lui ait récité<br />

ce verset, il réitéra sa demande à Dieu. Dieu alors fit descendre ce<br />

deuxième verset; «O vous qui croyez! N’approchez pas de la prière, alors<br />

que vous êtes ivres, attendez de savoir ce que vous dites») [Coran IV, 43].<br />

Un homme qui était chargé de la part du Prophète -qu’Allah le bénisse<br />

303


et le salue- proclamait aux hommes: «Q u’un homme ivre n’approche<br />

point de la prière». Et ’Omar de demander au Seigneur pour la troisième<br />

fois la même chose. Alors le troisième verset concernant l’inderdiction<br />

fut révélé et qui est le suivant: «O vous qui croyez! Le vin, le jeu<br />

de hasard, les pierres dressées et le ffêches divinatoires sont une abomination<br />

du démon... jusqu’à ne vous abstiendrez-vous pas?» [Coran V, 90-91].<br />

‘Omar s’écria alors: «Certes nous nous sommes abstenus». Et<br />

‘Omar d’expliquer plus tard: «Le vin est toute boisson qui trouble l’es-<br />

Le danger du vin, en d’autres termes le péché de le consommer,<br />

porte sur la religion comme on l’a montré plus haut concernant la<br />

prière et autres pratiques et comportements. Quant à ses agréments,<br />

ils ne sont que d’Intéréts mondains car le vin est bon parfois pour le<br />

corps, facilite la digestion, débarrasse le corps de certains déchets, aiguise<br />

certains esprits et provoque l’enivrement, ajoutons à cela le profit<br />

qu’apporte son commerce. De même ce que l’homme gagne du jeu de<br />

hasard, pourrait le dépenser pour lui-même et pour sa famille. Mais<br />

comparant leurs intérêts, tant au vin qu’au jeu du hasard, à leur réaction,<br />

on constate sans aucun doute leur désavantage qui influence sur<br />

l’esprit et la religion. C’est pourquoi Dieu le montre d’une façon claire<br />

quand 1a dit: «Les dangers l’emportent sur les agréments».<br />

Le verset cité plus haut n’a pas été considéré en tant qu’une interdiction,<br />

ce qui a porté ’Omar à réitérer sa demande. Nous détaillerons<br />

ce sujet plus loin dans l’interprétation de la sourate «La Table».<br />

«Ils t’interrogent aussi sur ce qu’ils peuvent donner». Cette partie du<br />

verset fut révélée quand Mou'adh Ben Jabal et Tha‘laba vinrent trouver<br />

l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- et lui dirent: «Nous<br />

voulons bien donner mais nous avons des esclaves et des familles qui<br />

sont à notre charge». Quant à Ibn Abbas, il a dit qu’il s’agit du superflu<br />

des biens une fois le besoin des siens comblé.<br />

On a rapporté à cet égard qu’Abou Houraira a raconté qu’un<br />

homme vint trouver l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salueet<br />

lui dit: «O Envoyé de Dieu! J ’ai encore un dinar, que dois-je en<br />

faire?».<br />

- Dépense-le pour toi-même, répondit-il.<br />

304


- J ’en ai encore un autre.<br />

- Dépense-le pour ta femme.<br />

- J ’ai encore un troisième.<br />

- Dépense-le pour tes enfants.<br />

- J’ai un quatrième.<br />

-T u peux le dépenser comme bon te semble.<br />

Jaber a rapporté que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- a dit à un homme; «Commence par dépenser pour toi-même. S ’il<br />

en reste quelque chose, dépense-la pour ta famille. Et s ’il en reste encore,<br />

dépense-la pour tes proches et ainsi de suite...». (Rapporté par Màus-<br />

L’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit; «La meilleure<br />

aumône est celle faite avec le superflu des richesses. La main supérieure<br />

(qui donne) est meilleure que la main inférieure (qui reçoit), et<br />

commence par dépenser pour ceux qui sont à ta ch arge»^ (R apporé par<br />

MousBm).<br />

Dans un autre hadith, il a dit; «O fils d’Adam! Dépenser le surperflu<br />

de ta richesse vaut mieux que de le retenir. On ne te reproche rien si tu ne<br />

possèdes pas un surperflu». On a commenté ce hadith en disant qu’il a<br />

été abrogé par le verset relatif à la zakat.<br />

Dieu explique à Ses serviteurs Ses versets afin qu’ils méditent et<br />

s’y conforment, tant à la vie présente qu’à la vie de l’au-delà.<br />

Au sujet du verset concernant les orphelins, Ibn Abbas a raconté:<br />

«Après la révélation de ce verset: «Ne touchez à la fortune de l’orphelin,<br />

jusqu’à ce qu’il ait atteint sa majorité, que pour le meilleur usage» [Coran<br />

VI, 152] et de ce verset: «Ceux qui dévorent injustement les biens des or-<br />

(1) ùU LfJp (jA-AÛ IJjI» Jlî >uil J_^j jej<br />

- f - J-^-» OU ¿LljIjJ t iiJ j ¿LUI<br />

OU<br />

( 2 ) ^ 1 ¿ y ji> - Li*il .aJIj ¿fP O l^ L. ïîJ .^ 1 4)1 J lî<br />

305<br />

ij' cf-


phelins avalent du feu dans leurs entrailles: Ils tomberont bientôt dans le<br />

Brasier» [Coran IV, 10], ceux qui géraient les biens des orphelins<br />

commencèrent à isoler leurs nourritures et leurs boissons de ceux des<br />

orphelins. Chacun d’eux gardait pour l’orphelin ce qui restait de son repas<br />

pour le lui donner plus tard ou de le Jeter s’il était pourri. Comme<br />

cet agir pesa fort aux fidèles, ils en firent part à l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- Dieu alors lui révéla; «Us t’interrogent<br />

sur les orphelins. Dis-leur: «Gérez au mieux leurs intérêts. S’il vous arrive<br />

de devenir des associés, traitez-les en frères». Les fidèles revinrent sur la<br />

façon dont ils traitaient les orphelins et mélangèrent leurs nourritures<br />

aux leurs.<br />

Aicha -que Dieu l’agrée- a dit cet égard; «Je détecte d’isoler les<br />

nourritures d’un orphelin qui est à ma charge des miennes, et je préféré<br />

mélanger les miennes aux siennes».<br />

Il faut donc traiter les orphelins en tant que frères comme Dieu<br />

l’ordonne car Dieu distingue le conxipteur de celui qui fait le bien.<br />

«S’il le voulait, Allah pourrait vous imposer des obligations plus lourdes<br />

encore. Car II est tout-Puissant et juste» Cela signifie que si Dieu<br />

avait voulu affliger d’autres charges aux hommes, Il leur aurait causé<br />

des difficultés et de gêne, mais II a rendu la tâche facile en leur permettant<br />

de traiter les orphelins en tant que frères en se confomnant au<br />

bon usage. Il a permis également aux tuteurs qui sont pauvres de ne<br />

prendre des biens des orphelins que le strict nécessaire pour assurer<br />

leur subsistance, une question que nous allons détailler plus loin en interprétant<br />

la sourate «Les femmes».<br />

î > l ^ > j ,<br />

walâ tankihû-l-musrikâti hattâ yu’minna wa la ‘amatum-mu’minatun<br />

hayrum mim musrikatin walaw ’a'jabatkum walâ tunkihhû-l-musrikîna<br />

hattâ yu’minû wa la‘abdum-mu’minun hayrum-min-musrikin walaw<br />

306


’a‘jabakum ’ûlâ’ika yad'ûna ’ilâ-n-nâri wa-L-Lâhu yad‘û ’ila-l-jannati wa-<br />

1-magfîrati bi ’idnihî wa yubayyinu ’âyâtihî li-nâsi la ‘allahum yatadakkarûn<br />

(221).<br />

N’épousez pas les femmes idolâtres tant qu’elles n’ont pas acquis la<br />

foi. Une esclave qui a la foi est préférable à une idolâtre, même si celle-ci<br />

est plus plaisante. Ne mariez pas vos filles aux idolâtres tant qu’ils n’ont<br />

pas acquis la foi. Un esclave qui a la foi est préférable à un idolâtre, même<br />

si celui-ci est plus plaisant. Car les idolâtres poussent à l’enfer, alors qu’Allah<br />

attire au ciel et au pardon. Allah divulgue ses enseignements aux hommes<br />

en vue de les rendre meilleurs. (221).<br />

C ’est une interdiction claire imposée par Dieu à Lui la puissance<br />

et la gloire aux hommes d’épouser les idolâtres parmi les païens et<br />

même les gens d’Ecriture. Quant à ces dernières, Il les a spécifiées<br />

dans un autre verset érr disant: «... et avec les femmes de bonne condition<br />

faisant partie du peuple auquel le livre a été donné avant vous» [Coran<br />

V, 5].<br />

Ibn Abbas a dit en commentant ce verset: «N’épousez pas les femmes<br />

idolâtres tant qu’elles n’ont pas acquis la foi»: «Dieu a fait exception<br />

des femmes des gens de Livre. Mais ce qui est plus correcte consiste<br />

à limiter cette interdiction aux polythéistes parmi les idolâtres et on ne<br />

trouve pas dans ce verset aucune allusion aux femmes de gens du Livre<br />

ni de près ni de loin».<br />

Quant à ‘Omar, il a répugné qu’un musulman se marie d’avec une<br />

femme de gens du Livre afin que les fidèles ne se détoument des femmes<br />

musulmanes, ou pour d’autres raisons. On a rapporté d’après<br />

Chaqiq que Houdhaïfa avait épousé une juive. ‘Omar lui écrivit: «Répudie-la».<br />

Houdhaifa lui répondit: «Prétends-tu qu’elle m’est illicite pour<br />

la répudier?» Et ‘Omar de répliquer: «je ne le prétends pas, mais je<br />

crains que vous laissiez à part ies femmes croyantes».<br />

Ibn ‘Omar qui a répugné le mariage d’avec les femmes des gens<br />

d’Ecriture, en commentant le verset précité, a dit: «Comment peut-on<br />

épouser une femme qui déclare que Jésus est son Seigneur, y a-t-il un<br />

polythéisme plus flagrant que celui-là?»<br />

As-Souddy raconte la circonstance de la révélation de cette partie<br />

du verset: «Une esclave qui a la foi est préférable à une idolâtre, même si<br />

307


celle-ci est pins plaisante» et dit; «Abduilah ben Rawaha avait une esclave<br />

noire. Un jour, il s’irrita contre elle et la gifla. Effrayé, il alla chez<br />

■’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- et lui raconta cet<br />

événement. En lui demandant au sujet de ses pratiques, Abduilah répondit<br />

au Prophète; «Elle jeûne, prie, fait ses ablutions à la perfection<br />

et témoigne qu’il n’y a de divinité que Dieu et que tu es l’Envoyé de<br />

Dieu. Il lui répliqua; «O Abduilah, c’est une véritable croyante». Abduilah<br />

de rétorquer; «Par celui qui t’a envoyé apportant la vérité, je l’affranchirai<br />

et l’épouserai» Exécutant sa promesse, les hommes<br />

reprochèrent son faire en disant; «Il a épousé son esclave». Ils préféraient<br />

épouser les femmes polythéistes et donner leurs filles en mariage<br />

afin de garder la lignée. Dieu alors fit descendre ce verset.<br />

Il a été cité dans les deux Sahihs d’après Abou Houraira que le<br />

Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit; «On épouse la femme<br />

pour ces quatre qualités: Sa fortune. Sa lignée, sa beauté ou sa foi. Epouse<br />

donc celle qui a la foi, que tes mains soient appauvries». (Rapporté par<br />

Boukhari et MousUm/^K Et dans un autre hadith il a dit; «Ce bas monde<br />

n’est ^ue des jouissances éphémères, or la meilleure de ces jouissances est<br />

la femme pieuse et vertueuse». (Rapporté par Boukhari et Mouslim/^K<br />

Par contre, et toujours selon l’enseignement contenu dans le verset<br />

déjà cité, il ne faut jamais donner en marriage les filles croyantes<br />

aux polythéistes avant qu’ils ne croient car; «elles ne sont plus licites<br />

pour eux, ils ne sont plus licites pour elles» [Coran LX, 10], un esclave<br />

qui a la foi est toujours préférable.<br />

Dieu enfin montre les raisons pour lesquelles on doit observer ses<br />

enseignements et dit; «Car les idolâtres poussent à l’enfer alors qu’Allah<br />

attire au ciel et au pardon». Les idolâtres ne cherchent que les plaisirs<br />

du siècle préférant le bas monde à l’au-delà tandis que Dieu appelle<br />

au Paradis avec Sa permission. Ainsi Dieu explique Ses signes aux<br />

hommes afin qu’ils réfléchissent.<br />

(1) L^LJ ^ js- c -J<br />

.(.iltji olJü jibU tifjjSj<br />

(2 ) îlj-JI Ljjjl LjjJll :Jlî ¿1 ô y “j Ol Cfi\ je -<br />

. { y S - aUI<br />

308


wa yas’alûnaka ‘ani-l-maUd q\il huwa ’adan fa‘tazilu-n-nisâ’a fi-l-maMÆ<br />

walâ taqrabuhunna ^ ttâ yathurna fa’idâ tatahharna fa’tûhunna m in<br />

haytu ’amarakumu-L-Lâhu ’inna-L-Lâha yuhibbu-t-tawwabîna wa<br />

yuMbbu-l-mutatahhirîn (222) nisâ’ûkum Mrtu-l-lakum fa’tû hartakum<br />

’annâ si’tum wa qaddimu li’anfusikum wa-t-taqû-L-Lâha wa ‘lamû ’annakum-mulâqûhu<br />

wa bassiri-l-mu’minîn (223).<br />

Us t’interrogent sur les menstrues. Réponds-leur: Elles sont un danger<br />

de maladie pour l’himmie. Eioignez-yous de v


‘Abbad et leur en offrit, et ils constatèrent par ce geste qu’il ne les en<br />

voulait pas.<br />

En se férérant aux paroles du Prophète -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue-, les ulémas ont déduit qu’un homme peut avoir des attouchements<br />

avec sa femme qui est à ses mensrues sans accomplir l’acte<br />

sexuel.<br />

Masrouq a rapporté: « J ’ai demandé à Aicha: «Quelles parties du<br />

corps d’une femme qui est à ses mentrues l’homme peut en disposer?»<br />

Elle répondit: «Tout son corps mais l’acte sexuel est interdit».<br />

Suivant une variante, elle lui répondit: «Il peut disposer de la partie supérieure<br />

de son corps».<br />

On peut donc conclure que l’homme peut, durant la menstruation<br />

de sa femme, se mettre à table avec elle et partage le lit conjugal sans<br />

aucne contestation. Pour confirmr cela on cite ce hadith rapporté par<br />

‘Aicha: «Durant mes mentruations, l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- me demandait de lui laver la tête, mettait sa tête<br />

contre ma poitrine et récitait le Coran». Selon un autre hadith elle a raconté:<br />

«me trouvant à mes mentrues, je prenais la viande d’un os et le<br />

lui donnais, il en prenait même de l’endroit où j’ai déjà mangé. En plus,<br />

je buvais et lui passais le verre et il en buvait en posant ses lèvres sur<br />

le même endroit du verre où j’ai bu».<br />

Mou’adh a rapporté qu’il a posé la même question à l’Envoyé de<br />

Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- et il lui répondit: «Tu peux disposer<br />

de la partie supérieure, mais vaut mieux t’abstenir»<br />

Toutes les opinions se concordent sur le fait de l’interdiction de<br />

l’accomplissement de l’acte sexuel avec une femme pendant sa menstruation,<br />

mais au cas où l’on fait, on sera tenu d’implorer le pardon de<br />

Dieu et de revenir à Lui. Dans cas, doit-on expier cette faute?<br />

Deux opinions furent dites à ce sujet:<br />

- La première adoptée par l’imam Ahmed et les auteurs des Sunans,<br />

d’après Ibn Abbas, consiste à faire une aumône d’un dinar ou<br />

d’un demi-dinar. Ils se sont référés à un hadith rapporté par Ahmed:<br />

«Tout homme qui commerce avec sa femme après la cessation des menstrues<br />

et avant sa purification, fera une aumône d’un demi-dinar».<br />

310


- La deuxième opinion qui est celle de Chafé’i et la majorité des<br />

ulémas, rien n’incombe à l’homme, mais 1demande le pardon de Dieu.<br />

«Une fois en état de pureté, disposez d’elles suivant les prescriptions<br />

d’Allah» Cette partie du verset comporte une recommandation aux<br />

hommes d’avoir de rapports charnels avec leurs femmes après leur purification<br />

car cet ordre fut donné après l’interdiction en commentant ainsi<br />

le verset.<br />

L’opinion unanime des ulémas stipule qu’on ne doit avoir de rapports<br />

sexuels avec la femme qu’après la cessation du sang et la lotion.<br />

Mais Abou Hanifa tolère à l’homme d’avoir de tel rapport si la période<br />

maximale de la menstruation se sera écoulée et qui est de dix jours.<br />

Après quoi l’homme peut la cohabiter avant même qu’elle ne fasse une<br />

lotion. Et c’est Dieu qui est le plus savant.<br />

Quant à la purification, d’après Ibn Abbas, Moujahed et 'Ikrima,<br />

elle doit être faite avec de l’eau.<br />

En ce qui conceme la façon d’avoir de rapports avec les femmes,<br />

Ibn Abbas a dit en commentant les paroles divines: «Suivant les prescriptions<br />

d’Allah»: «Il s’agit d’un seul endroit qui est le sexe. Quiconque<br />

use un autre endroit, aura transgressé les ordres divins. Par<br />

ailleurs l’acte sexuel n’est permis qu’une fois la femme devenue pure,<br />

car Dieu aime ceux qui se purifient et reviennent à Lui.<br />

«Vos femmes sont comme un champ pour vous» Ibn Abbas a<br />

commenté cela en disant qu’il s’agit uniquement de l’utérus étant considéré<br />

comme un champ où naît l’enfant, et de la façon que désire<br />

l’homme dans différentes positions à condition que ce soit dans un même<br />

endroit qui est la partie vaginale.<br />

D’après Jaber, les juife disaient que si l’homme se met denière sa<br />

femme pour accomplir l’acte sexuel, l’enfant nait louche. C’est à ce sujet<br />

que ce verset fut révélé.<br />

D’après l’imam Ahmed. Abdullah Ben Sabet a raconté: « J ’entrai<br />

chez Hafea la fille d’Abdul Rahman ben Abou Bakr et lui dis: «Je veux<br />

te poser une question mais j’ai honte». Elle lui répondit: «N ’aie pas<br />

honte ô fils de mon frère» Il lui demanda: «Il s’agit d’assouvir ses désirs<br />

en se tenant derrière la femme». Elle répliqua: «Oum Salama m’a<br />

raconté que les Ansars aimaient tellement les femmes. Les juifs dis-<br />

311


aient que si l’homme fait l’acte sexuel en se tenant derrière sa femme,<br />

l’enfant naît louche. Après leur émigration à Médine, des Mouhajirines<br />

épousèrent des femmes médinoises (Ansariennes). L’un d’eux, voulant<br />

commercer avec sa femme en se tenant denière elle, elle refusa et lui<br />

dit: «je ne te le permets avant d’interroger l’Envoyé de Dieu -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue-» Cette femme vint chez l’Envoyé de Dieu -qu’AIlah<br />

le bénisse et le salue-, ne trouvant que son épouse Oum Salama,<br />

elle la mit au courant. Oum Salama la pria de rester attendant l’arrivée<br />

de l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-. A son arrivée,<br />

comme cette Ansarienne eut honte de lui poser une pareille question,<br />

elle sortit. Oum Salama demanda le Prophète -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- à ce sujet, il lui chargea de demander la femme, et il lui récita<br />

ce verset en ajoutant: «A condition que ce soit fait dans l’endroit désigné».<br />

Dans le même sens, Ibn Abbas raconte que ‘Omar ben Al-Khattab<br />

vint trouver l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- en<br />

s’écriant: «Je suis perdu». En lui demandant la cause, il lui répondit:<br />

« J ’ai eu la veille un rapport avec ma femme en me tenant derrière<br />

elle». L’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse ét le salue- garda le silence.<br />

C’est alors que Dieu lui fit cette révélation: «Vos femmes sont<br />

comme un champ pour vous. Allez à votre champ comme bon vous semble»<br />

Et il ajouta: «Que ce soit du devant ou de derrière, évite la partie postérieure<br />

et n’aie aucun rapport pendant la menstruation».<br />

Plusieurs hadiths ont été rapportés à ce propos et dans le même<br />

sens. L’essentiel est de savoir que l’homme peut disposer du corps de<br />

sa femme pour accomplir l’acte sexuel à condition d’éviter la partie<br />

anale. L’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-, entre autres<br />

hadiths, a dit: «Ayez de la pudeur. Dieu n’a pas honte de montrer la vérité.<br />

N ’ayez plus de rapports avec vos femmes par la partie anale».<br />

A cet égard Abou Jouwairah a raconté qu’un homme demanda à<br />

Ali Ben Abi Taleb au sujet de rapports par la partie anale, li lui répondit:<br />

«Comme tu es vil, n’as-tu pas entendu réciter ces paroles de Dieu:<br />

«Vous livrez-vous à cette abomination que nul, parmi les mondes, n’a<br />

commise avant vous?» [Coran VII, 80].<br />

Bref, on peut conclure que les rapports conjugaux doivent être<br />

312


faits dans la partie vaginale et jamais dans la partie anale, tel un grain<br />

qu’on sème dans un champ de labour.<br />

Dieu enfin exhorte les gens en leur disant; «Constituez-vous un capital<br />

de bonnes œuvres» et ceci en se conformant à ses ordres et en<br />

s’abstenant des interdictions. Car les hommes doivent craindre Dieu et<br />

savoir qu’ils Le rencontreront pour leur demander compte. Aux<br />

croyants et soumis, on annonce qu’ils obtiendront la plus belle récompense.<br />

Une autre interprétation a été donnée à ce dernier verset d’après<br />

Ibn Abbas, il s’agit de prononcer le nom de Dieu avant tout acte charnel.<br />

En effet l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit:<br />

«Lorsque l ’un d ’entre vous veut commercer avec sa femme, qu’il dise: «Au<br />

nom de Dieu» Mon Dieu! Ecarte-nous du démon et écarte le démon de ce<br />

que Tu vas nous accorder» Si un enfant naîtra de cette union, le démon ne<br />

lui nuira point» (Rapportépar Boukhari/^K<br />

walâ taj‘alû-L-Lâha ‘ur^ta-l-li ’aymânikum ’an tabarrû wa tattaqû wa<br />

tusliM bayna-n-nâsi wa-L-Lâhu sami‘un ‘alîm (224) lâ yu’âhidukumu-i.-<br />

Lâhu bil-l-lagwi fî ’aymanikum walâkin yu’âhidukum bimâ kasabat qulûbukum<br />

wa-l-Lâhu gafûrun telîm (225).<br />

N ’usez pas du nom d’Allah dans vos serments pour vous dispenser<br />

d’être vertueux, de faire le bien et d’aider à établir la concorde parmi les<br />

hommes. Allah sait et entend tout» (224). Allah ne vous demandera pas<br />

compte des serments qui vous auront échappé par inadvertance, mais de<br />

ceux que vous aurez fait en toute conscience. Car AUah est indulgent et clément.<br />

(225).<br />

(1 ) jIjÎ tij ùî j i t Jy M j Jü :JU c -J<br />

ùl tliïïjj L* tùUaj-iJI Ujis- (4i|l :Jlî *I»I ùl<br />

.iIjüI ùUa~JI »ysâi jJ ¿üs ^ .xjj<br />

313


Cela signifie qu’il ne faut pas faire de Dieu l’objet de semnents surtout<br />

quand il s’agit de la charité ou du maintien du Hen de parenté.<br />

Dieu le montre aussi d’une façon plus claire dans un autre verset;<br />

«Ceux qui, parmi vous, jouissent de sa faveur et de l’aisance ne négligeront<br />

pas de donner a leurs proches, aux pauvres et à ceux qui émigrent dans le<br />

chemm de Dieu) [Coran XXIV, 22].<br />

Quiconque fait un tel serment et y persévère, aura péché et par la<br />

suite devra l’expier, comme l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- a dit: «Par Dieu, l ’un d ’entre vous commettra un péché au regard de<br />

Dieu s ’il persiste dans un serment concernant sa fem m e à moins qu’il ne<br />

l’expie selon la prescription de Dieu».<br />

Ibn Abbas, quant à lui, a commenté ce verset en disant; «N e fais<br />

jamais un serment de ne plus faire le bien, mais expie ton serment et<br />

fais le bien».<br />

Entre autres hadiths concernant le serment, on cite celui-ci dans<br />

lequel l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- aurait dit à Abdul<br />

Rahman Ben Samoura: «Ô A bdul Rahman! N e convoite p a s le<br />

commandement, car si on te le confie, tu seras secouru, mais si tu le demandes<br />

tu devras supporter seul sa responsabilité. Si après avoir fa it un<br />

serment tu vois qu’il y a mieux à faire, expie ton serment et fais ce qu’il y<br />

a mieux à faire» (Rapporté par Mouslim)^^K<br />

Quant au serment fait à la légère. Dieu ne punira pas son auteur<br />

et n’impose aucune expiation pour l’avoir fait par inadvertance comme<br />

il est de coutume chez un grand nombre de gens. A cet égard Abou<br />

Houraira a rapporté que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-<br />

a dit: «Celui qui ju ^ e p ^ A l-Lat est A l-‘Ouzza, qu’il dise après: «Il<br />

n’y a d ’autre divinité que Dieu». Ceci a été adressé à des hommes qui<br />

avaient récemment embrassé Tlslam dont leurs langues étaient accoutumées<br />

à proférer de tels serments, lis furent ordonnés ensuite de témoigner<br />

de l’unicité de Dieu sans qu’il y ait une expiation quelconque.<br />

(1) ¿ft lil ol Uâil U.*-* c -î<br />

îJL.^<br />

jjP ¿y> Ifulopl ùl viJjÜ îjL>Vl jLw V<br />

J jjsS- (^iJI Oli Ij^ C-ilÿ C-iU- li[^<br />

314


Par contre, Dieu punira pour ce que le cœur aura accompli. Donc<br />

tout serment fait inconsciemment ne sera plus puni, et Aicha - que<br />

Dieu l’agrée - de l’expliciter en disant: «Il en est des gens qui, discutant<br />

une affaire quelconque disent: «Non par Dieu. Oui par Dieu» des<br />

termes qui n’émanent pas du cœur. Ce genre de serments n’est plus<br />

soumis à une expiation, ainsi le serment fait en plaisantant».<br />

On peut donc conclure que tout serment fait à la légère n’expose<br />

son auteur ni à une punition ni à une expiation, mais de le faire consciemment<br />

et de propos délibéré, son expiation sera d’obligation.<br />

Abou Daoud rapporte d’après Said Ben Al-Moussaiab que deux frères<br />

Médinois disputèrent un héritage. L’un d’eux dit à l’autre: «Quand<br />

est-ce qu’on va partager cette succession?» Et l’autre de répondre: «Si<br />

tu me demandes cela encore une fois je jure d’en fairç un legs pieux à<br />

la Ka'ba». ‘Omar, mis au courant de cette discussion dit au deuxième:<br />

«La Ka‘ba n’a plus besoin de tes biens. Expie ton serment et renoue<br />

avec ton frère, car j’ai entendu l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et<br />

le salue- dire: «Ni serment ni vœu sont valables quand ils comportent une insoumission<br />

à Dieu. Ceci aussi s ’applique quand il s ’agit d’une rupture du lien<br />

de parenté ou d’une chose que tu ne possèdes pas».<br />

li-l-ladîna yu’lûna min nisâ’ihim tarabbusu ’arba‘ati ‘ashurin fa’in fâ’û<br />

fa’inna-L-Lâha gafûru-r-raMm (226) wa’in ‘azamû-t-talâqa fa’inna-L-Lâha<br />

samî‘un ‘alîm (227).<br />

A ceux qui jurent de ne plus approcher leurs femmes, un délai de quatre<br />

mois est imparti. S’ils reviennent sur leur serment, Allah est indulgent<br />

et miséricordieux. (226) Si les époux conviennent de la répudiation, Allah<br />

sait et entend tout. (227).<br />

Ce genre de serment qu’on appelle en Arabe «Ha’» consiste en ce<br />

qu’un homme jure de ne plus approcher de sa femme durant une période<br />

quelconque qui pourra être plus de quatre mois ou moins: Si<br />

c’était inférieur à quatre mois, il devrait attendre l’écoulement de cette<br />

période pour reprendre ses relations conjugales. Quant à la femme,<br />

315


elle serait tenue de ne plus demander à son mari de revenir sur son<br />

semient durant.<br />

A cet égard, Il a été cité dans les deux Sahihs, d’après Aicha -que<br />

Dieu l’agrée- que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salueavait<br />

juré de ne plus avoir de rapports avec ses femmes pendant un<br />

mois. Après l’écoulement de vingt neuf jours (la durée normale d’un<br />

mois lunaire), il reprit ses relations conjugales en disant; «Le mois est<br />

formé de 29 jours».<br />

Qu’advientra-t-il après l’écoulement des quatre mois?.<br />

La femme aura le droit de demander à son mari de reprendre ses<br />

relations conjugales, sinon il devra la répudier. Dans ce cas, s’il refuse,<br />

le gouverneur l’oblige au divorce afin de préserver les droits de la<br />

femme. On signale que cet arrangement ne conceme pas les captives<br />

de guerre d’après l’unanimité des ulémas.<br />

Donc une fois cette période écoulée, le mari pourra reprendre<br />

l’acte charnel avec sa femme et Dieu lui pardonnera son faire ayant<br />

nui à sa femme par cette abstention, et il n’y aura plus une expiation.<br />

«Si les époux conviennent de la répudiation»; Ce verset montre que<br />

la répudiation ne sera plus d’obligation pour les deux conjoints selon<br />

l’opinion des ulémas contemporains. Quant aux autres, ils ont jugé que<br />

cela est considéré comme une première répudiation avec reprise sans<br />

une nouvelle dot, mais cela n’était pas l’avis de 'Ali, Ibn Mass'oud et<br />

Abou Hanifa qui ont stipulé que la reprise de la femme est conditionnée<br />

par une nouvelle dot.<br />

Ceux qui ont soutenu l’opinion que cette abstention est une répudiation<br />

par une seule fois exigent de la femme d’observer la période de<br />

viduité. Quant à Ibn Abbas et Chafé'i, ils ont dit que la femme qui a eu<br />

trois mentruations ne sera pas tenue de compléter sa période de viduité.<br />

Mais l’opinion qui a été adoptée plus tard implique de prendre en<br />

considération; la période de quatre mois ou les trois mentruations<br />

après quoi il n’y aura plus un divorce.<br />

A cet égard, on a rapporté que 'Abduilah Ben Omar a dit; «Celui<br />

qui jure de ne plus approcher sa femme ne sera pas tenu de la répudier<br />

après l’écoulement de quatre mois; il pourra reprendre ses relations<br />

conjugales sinon il divorcera».<br />

L’imma Malek a rapporté dans son «Mouwatta’» l’histoire suivante;<br />

«Faisant sa tournée nocturne comme d’habitude, ‘Omar Ben Al-Khat-<br />

316


tab entendit une femme réciter un court poème dans lequel elle se plaignait<br />

de l’absence de son mari et exprimait son désir de le rencontrer.<br />

Il demanda à sa fille Hafsa: «Quelle est la durée maximale qu’une<br />

femme puisse demeurer loin de son mari?» Elle lui répondit: «Peut<br />

être quatre mois ou même six» Et alors ‘Omar de s’écrier: «je ne laisserai<br />

jamais un homme qui fait partie d’une troupe de s’absenter de sa<br />

femme plus que cette période».<br />

¿2 . c: i i S i i i i - i i î v<br />

¿1 -a i p ¿ f i f -i; ^ oi -4<br />

© ^<br />

wa-l-mutallaqâtu yatarabbasna bi’anfusihinna talâtata qurû’in walâ<br />

yaWllu lahunna ’an yaktumna mâ halaqa-L-Lâhu fi ’arhâmihinna ’in<br />

kunna yu’minna bi-L-Lâhi wa-l-yawmi-l-’âWri wa bu‘ûlatihinna ’a^q q u<br />

bi raddihinna fî dâUka ’in ’arâdû ’islâ^n wa lahunna mitlu-l-ladî ‘alayhinna<br />

bi-l-ma‘rûfi wa lir-rijâli ‘alayhinna darajatun wa-L-Lâhu ‘azizun<br />

hakîm (228).<br />

Les femmes répudiées doivent effectuer une retraite d’une durée de<br />

trois périodes menstruelles. 11 leur est interdit de dissimuler les germes de<br />

maternité qu’Allah a déposés dans leur sein, si elles croient en Allah et à la<br />

vie future. Leurs maris ont plus de droit que les autres à les reprendre<br />

quand elles sont dans cet état, si réellement ils sont revenus à de meilleurs<br />

sentiments. Les femmes ont autant de droits que de devoirs dans le mariage<br />

suivant une juste mesure. Les maris ont la priorité sur les femmes. Allah<br />

est puissant et juste. (228).<br />

C ’est un ordre adressé de Dieu -qu’il soit exalté et glorifié- aux<br />

femmes répudiées qui ont normalement leurs menstruations, qu’elles<br />

doivent attendre trois périodes avant de se remarier. Les quatre chefs<br />

des écoles de la loi islamique se sont accordés sur le fait qu’une esclave<br />

répudiée devra attendre une période de deux menstruations,<br />

comme toutes les règles qui leur sont appliquées, c’est à dire la moitié<br />

de celles d’une femme libre de condition. Mais comme une mentrua-<br />

317 -


tion ne peut être divisée en deux parties, la période d’attente était fixée<br />

à deux menstruations.<br />

Mais des ulémas parmi les ancêtres avaient jugé que la période<br />

ne devait être différente tant à la femme libre qu’à l’esclave. On a rapporté<br />

à ce propos que Asma bent Yazid Ben As-Sakan L’Ansarienne a<br />

raconté: « J ’ai été répudiée du temps de l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- alors qu’aucune loi n’a été encore révélée à notre<br />

sujet, mais Dieu fit cette révélation aussitôt après ma répudiation».<br />

Les opinions furent controversées au sujet de trois mentruations:<br />

- La première opinion, d’après Malek, Chafé’i et Ahmed, considère<br />

qu’une fois la femme se trouvant dans le début de sa troisième menstruation,<br />

aura accompli la période prescrite. On a raconté que Hafsa<br />

bent Abdul Rahman ben Abou Bakr était répudiée, quand elle a eu sa<br />

troisième menstruation, elle quitta la maison conjugale. Lorsque les<br />

gens commencèrent à discuter cette affaire disant qu’elle devait passer<br />

la période chez son mari, Aicha de leur répondre: «Dieu n’a-t-ll pas dit:<br />

«Trois périodes menstruelles», et bien Hafsa a eu ces trois périodes<br />

qui montrent la viduité de son sein».<br />

- La deuxième opinion soutenue par les autres comme Abou Hanifa,<br />

Al-Thawri et AI-‘Aouza‘i, stipule la pureté de la troisième période<br />

menstruelle en se référant à un hadith suivant lequel l’Envoyé de Dieu<br />

-qu’Allah le bénisse et le salue- aurait dit à Fatima Bent Abou Houbaïch:<br />

«Laisse la prière durant ta période menstruelle». Donc cette opinion<br />

diffère de la première en exigeant la pureté de la troisième<br />

période».<br />

La femme répudiée ne doit pas cacher ce que Dieu a créé dans<br />

ses entrailles si toutefois elle croit en Dieu et au Jour Dernier. Elle est<br />

la seule donc à avouer si elle est enceinte ou non et il n’est pas facile<br />

à aucune autre personne de le confirmer ou non lors de la répudiation,<br />

honnis la femme.<br />

«Leurs maris ont plus de droit que les autres à les reprendre quand<br />

elles sont dans cet état, si réellement ils sont revenus à de meilleurs sentiments»<br />

Cela signifie que si les maris des femmes répudiées désirent la<br />

réconciliation tant qu’elles sont dans leur période de viduité, ils ont le<br />

droit de les reprendre durant ce temps. Et ceci est permis quand il<br />

s’agit d’un divorce qui n’est pas soumis à une nouvelle dot, en d’autres<br />

318


termes si la femme est répudiée par plusieurs fois se trouvant dans cet<br />

état en appliquant ia règle qui émane de ce verset. Mais nous allons<br />

voir plus loin que le droit de reprendre la femme dépendra du nombre<br />

de répudiations qui sont soumises ou non à une nouvelle dot.<br />

«Les femmes ont autant de droits que de devoirs dans le mariage suivant<br />

une juste mesure» c’est à dire les femmes ont des droits équivalents<br />

à leurs obligations et conformément à l’usage. Donc hommes et<br />

femmes ont de droits à réclamer et de devoirs à s’en acquitter l’un envers<br />

l’autre. On cite à ce propos le discours qu’a fait l’Envoyé de Dieu<br />

-qu’Allah le bénisse et le salue- lors du pèlerinage de l’Adieu. Il a dit;<br />

«Craignez Dieu dans vos femmes car vous les avez prises en tant qu’épouses<br />

par un pacte que vous avez conclu avec Dieu, et vous vous permettez de<br />

les cohabiter avec la permission de Dieu. Vous êtes en droit d ’exiger qu’elles<br />

refusent à ceux qui voUS ^plaisent l’autorisation d ’entrer dans vos demeures.<br />

Si elles font cela, frappez-les sans les brutaliser. En revanche, vous<br />

devez leur assurer leur nourriture et leur habillement dans la mesure de votre<br />

capacité» (Rapporépar MousUm)^^\<br />

Mou’awiah Ben Haïda a demandé à l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue-: «Quel droit a-t-elle une femme sur l’un de nous?»<br />

Il lui répondit: «Ses droits sont: lui assurer la nourriture, l’habillement, éviter<br />

de lui frapper le visage, ne pas l ’insulter et de ne la fuir que dans le<br />

lit»<br />

Ibn Abbas a déclaré: « J ’aime me parer pour ma femme tout<br />

comme j’aime qu’elle se pare pour moi car Dieu a dit: «Les femmes ont<br />

des droits équivalents à leurs obligations et conformément à l’usage».<br />

«Les maris ont la priorité sur les femmes» Cette priorité basée sur la<br />

vertu, le tx>n caractère, le rang, la soumission, la dépense et la préoccupation<br />

des affaires familiales. Aussi les maris ont plus de mérite<br />

dans la vie présente et la vie future selon ce verset: «Les hommes ont<br />

319


autorité sur les femmes en vertu de la préférence que Dieu leur a accordée<br />

sur elles, et à cause des dépenses qu’ils font pour assurer leur entretien»)<br />

[Coran IV, 34],<br />

Dieu est puissant dans sa vengeance de celui qui transgresse ses<br />

lois, Il est aussi juste dans Ses décisions et Ses décrets.<br />

U - â ¿ ií^ í<br />

jJ j UjoLü yii ü jlt. ¿¡¡j<br />

à§ ^ Si ? J | ^ jU<br />

>^1 i i ¿\ "lÎU 6 i J ¿C-<br />

’at^lâqu marratâni fa ’imsâkum bi ma'rufin ’aw tasrihun bi ’iteânin walâ<br />

yatóllu lakum ’an ta’hudû mimmâ ’âtaytumuhunna say’an ’illâ ’an<br />

yaMfâ ’allâ yuqîmâ hudûda-L-Lâhi fa’in hiftum ’allâ yuqîma hudûda-L-<br />

Lâhi falâ ta‘tadûhâ wa man yata‘adda ^dûda-L-Lâhi fa ’ûlâ’ika humuz-zâlimun<br />

(229) fa’in tallaqahâ falâ tatóllu lahû mim ba‘du tottâ tankiM<br />

zawjan gayrahû fa’in tallaqahâ falâ junâM ‘alayhimâ ’an yatarâja‘â ’in<br />

zannâ ’an yuqîma hudûda-L-Lâhi wa tilka hudûdu-L-Lâhi yubayyinuhâ<br />

Hqawmay-yalamûn (230).<br />

La répudiation a lieu en deux fois. En cas de reprise, traitez votre<br />

femme avec égards. Ou bien si vous l’abandonnez, faites-le avec correction.<br />

Il vous est interdit de reprendre à vos femmes quoique ce soit de ce que<br />

vous leur avez donné, à moins que tous deux ne craigniez d’outrepasser les<br />

lois d’Âllah en vivant ensemble. Si vous avez tous deux de pareilles craintes,<br />

la femme pourra racheter sa liberté, sans que ce soit pour vous un péché.<br />

Telles sont les limites d’Allah, ne les dépassez pas. Car qui dépasse les<br />

limites d’Allah est injuste. (229) Si, après cela, le mari répudie sa femme, il<br />

ne pourra la reprendre qu’autant qu’elle aura épousé un autre homme que<br />

lui. Si cet homme la répudie à son tour, ce ne sera un péché pour aucun des<br />

deux (anciens époux) de reprendre la vie commune, à condition toutefois<br />

320


qu’ils espèrent pouvoir respecter les lois d’Allah. Telles sont les lois qu’Allah<br />

décrète à l’usage des gens qui pensent.(230).<br />

Au début de l’ère islamique, le mari avait toujours le droit de reprendre<br />

sa femme qu’il avait répudiée même par cent fois tant qu’elle<br />

était dans sa période d’attente. Comme cela pouvait être au désavantage<br />

de la femme, le verset précité fut révélé pour restreindre le nombre<br />

de fois à trois en permettant au mari de rependre sa femme<br />

répudiée par deux fois sans lui désigner une nouvelle dot, mais à la<br />

troisième cette dot devient d’obligation.<br />

Hicham ben ‘Ourwa a rapporté d’après son père qu’un homme a<br />

dit à sa femme: «Je ne te répudie pas et je ne te laisse pas vivre avec<br />

moi sous un même toit». Elle lui demanda: «Comment cela?» Il répondit:<br />

«je te répudie et une fois que tu seras à fin de la période d’attente,<br />

je te reprendrai». La femmë alla chez l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- pour lui faire part d^ propos de son mari, Dieu -à Lui<br />

la puissance et la gloire- fit descendre ce verset: «la répudiation a lieu<br />

deux fois».<br />

‘Aicha, de sa part, a rapporté des propos pareils qui montrent<br />

comment était le comportement des maris vis-à-vis de leurs femmes<br />

répudiées avant la révélation du verset qui a réglé la répudiation.<br />

«En cas de reprise, traitez votre femme avec égards. Ou bien si vous<br />

l’abandonnez, faites-le avec correction». Cela signifie que lorsque le mari<br />

répudie sa femme par une ou deux fois, il aura le choix tant qu’elle<br />

passe sa période d’attente, il pourra: ou bien la reprendre d’une manière<br />

convenable n’ayant pour but que la réconciliation et le bon traitement,<br />

ou de la laisser purger sa période qu’après il n’aura le droit de<br />

se remarier d’avec elle qu’en lui fixant une nouvelle dot. Dans ce cas il<br />

ne devra plus la léser dans ses droits ni lui causer aucun préjudice.<br />

Anas Ben Malek a raconté qu’un homme vint trouver le Prophète -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- et lui dit: «Ô Envoyé de Dieu! Dieu a<br />

dit que la répudiation peut être prononcée deux fois, où en est la troisième?»<br />

Il lui répondit: «C’est bien la suite du verset: Reprenez-la<br />

d’une manière convenable ou renvoyez-la décemment».<br />

«n vous et interdit de reprendre à vos femmes quoique ce soit de ce<br />

que vous leur avez donné». Il n’est donc plus permis aux hommes de<br />

321


contraindre leurs femmes et les maltraiter pour les obliger à racheter<br />

leur liberté en se désistant de leurs dots ou d’une partie d’elles,<br />

comme Dieu le montre dans un autre verset; «... ni de les empêcher de<br />

se remarier pour vous emparer d’une partie de ce que vous leur avez donné,<br />

à moins qu’elles n’aient manifestement commis une action infôme») [Coran<br />

IV, 19],<br />

La femme dans ce cas pourra:<br />

- ou bien céder à son mari une partie de ses droits ou une partie<br />

d’eux de bon gré selon les dires de Dieu; «Mais si elles sont assez bonnes<br />

pour vous en abandonner une part, mangez celle-ci en paix et tranquillité»)<br />

[Coran IV, 4].<br />

- ou bien racheter sa liberté et de se dégager du lien conjugal à<br />

cause d’un manquement à ses devoirs ou à cause de son mépris pour<br />

son mari. Elle lui rendra ce qu’il lui avait donné grbplus d’un autre don<br />

si elle voudra, et par ce faire elle ne commettra aucun péché. Voilà le<br />

sens de ce vereet; «n vous est interdit de reprendre à vos femmes quoique<br />

ce soit de ce que vous leur avez donné à moins que tous deux ne craigniez<br />

d’outrepasser les lois d’Allah en vivant ensemble. Si vous avez tous deux de<br />

pareilles craintes, la femme pourra racheter sa liberté, sans que ce soit pour<br />

vous une péché».<br />

Mais le cas est tout à fait différent si la femme n’a aucune excuse<br />

valable et veut se dégager du lien conjugal, elle commettra ainsi une<br />

action inconvenable, et c’est pourquoi l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- a dit; «Toute femme demande à son mari de la répudier<br />

sans une excuse valable, ne sentira plus l’odeur du Paradis» (Rapportépar<br />

Ahmed, Abou Daoud et Ibn M aja/^K Et dans un autre hadith il a dit;<br />

«Les femmes qui demandent le «Khôl’» (une répudiation contre un don)<br />

sont des hypocrites».<br />

Des ulémas anciens et contemporains ont jugé que le Khôl’ n’est<br />

plus admissible s’il n’est demandé de la femme à cause d’une séparation<br />

de sa part ou d’une insubordination, et dans ce cas il est toléré au<br />

322


mari d’accepter le rachat. Ils ont ajouté que le Khôl’ n’a été légalisé<br />

que dans le cas où homme et femme craignent de ne pas observer les<br />

lois de Dieu.<br />

Quant à Malek et Al-’Ouza’i, ils ont aussi affirmé que si le mari<br />

avait pris de sa femme une chose en lui causant un préjudice, il devrait<br />

la lui rendre et pourrait reprendre sa femme après l’avoir répudiée.<br />

Al-Chafe‘i a dit: «Si le Khôl’ est admis en cas d’inimitié il sera de<br />

rigueur de l’appliquer en cas d’entente». It?n Jarir a ajouté que ce verset<br />

a été révélé au sujet de Thabet Ben Qaîs Ben Chammas et sa<br />

femme Habiba Bent Abdullah Ben Oubay Ben Saloul dont voici l’histoire<br />

rapportée par Al-Boukhari d’après Ibn Abbas;<br />

«La femme de Ttiabet ben Qaïs vint trouver l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- et lui dit: «O Envoyé de Dieu! Je ne reproche<br />

rien à mon mari ni son comportement ni sa conduite religieuse,<br />

mais je déteste de commettre une incrédulité étant une musulmane». Il<br />

lui demanda: «Consens-tu de lui rendre son jardin?» - Oui, répondit-elie.<br />

Le Prophète s’adressa alors à Thabet et lui dit: «Reprends ton jardin et<br />

répudie-la»^Suivante une variante la femme aurait dit: «Je ne peux<br />

plus le supporter parce que je le déteste», ou suivant une autre variante:<br />

«Je déteste sa laideur».<br />

C’était le premier genre du divorce appelé Khôl’ pratiqué au début<br />

de l’ére islamique. Cette femme appellée Jamiieh vint trouver l’Envoyé<br />

de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- et lui dit: «Aucune demeure<br />

ne nous réunit ensemble. En soulevant l’extrémité de la tente, je n’ai<br />

vu de ma vie un homme qui soit plus noir que lui, plus court et d’un visage<br />

aussi laide». Son mari répliqua: «O Envoyé de Dieu! Je lui ai<br />

donné comme dot le meilleur de mes jardins. Consent-elle de me le<br />

rendre?» -Certes oui, répondit-elle, et même je suis prête à lui donner<br />

(1) :oJUi c J jjj colî Î\ja\ ùÎ jj-Lp ^ Jli<br />

Jj^j J'-« ^ oj^\ ^ ^ -à'<br />

I4ÂU9J JJli Jü “ôi'<br />

.«ÂâJlla;<br />

323


davantage». L'Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- sépara<br />

entre eux.<br />

Les opinions des ulémas sont controversées sur ce point: Est-il toléré<br />

à l’homme de réclamer un rachat qui dépasse ce qu’il avait donné<br />

à sa femme? La majorité le tolère en se référant à ce verset: «La<br />

femme pourra racheter sa liberté sans que ce soit pour vous nn péché». A<br />

ce porpos on raconte les deux histoires suivantes:<br />

1 - Kathir l’affranchi d’Ibn Samoura a rapporté qu’Omar manda une<br />

femme insubordonnée et ordonna de l’emprisonner dans un dépotoir. Le<br />

lendemain il lui demanda: «Comment as-tu trouvé cet endroit?» Elle lui<br />

répondit: «Je n’ai jamais goûté de ma vie une nuit plus tranquille que<br />

celle-ci». Et ’Omar de dire au mari «Répudie-la même en te contentant<br />

de ses tjoucles».<br />

2 - Al-Boukhari a rapporté que Al-Rabi’ Bent Mou’awedh a dit:<br />

«J’avais un mari qui ne me donnait que peu de choses quand il voyageait<br />

et me privait de tout quand il s’absentait. Un jour ma langue m’a<br />

fourché et je lui dis: «Répudie-moi et je te donne tout ce que je possède»<br />

Il accepta, mais mon oncle parternel Mou'adh Ben ‘Afra porta<br />

mon cas devant 'Othman Ben ‘Affan qui autorisa le Khôl’ et ordonna à<br />

mon mari de se contenter de prendre le cordon avec lequel je nouais<br />

mes cheveux».<br />

On peut conclure de ce qui précède que le mari qui accepte le<br />

Khôl' a le droit de reprendre de sa femme tout ce qu’il lui avait donné<br />

pour la libérer, à savoir que certains ulémas autorisent de prendre aussi<br />

ce qu’elle lui cède de bon gré, et d’autres l’empêchent: L’essentiel<br />

consiste à ne causer à la femme aucun préjudice, et les histoires que<br />

nous avons citées auparavant en sont la preuve aisni que les paroles<br />

divines qui mettent les hommes en garde d’observer les limites qu’il ne<br />

faut jamais les outrepasser.<br />

Chapitre:<br />

Le Khôl’ est-il une répudiation?<br />

C’est un problème qui a suscité une controversion entre les ulémas.<br />

Les uns le considèrent comme tel, et les autres s’opposent. On a<br />

rapporté qu’Ibrahim Ben Sa’d Ben Abi Waqas demanda à Ibn Abbas:<br />

Un homme qui a répudié sa femme par deux fois, puis elle lui de­<br />

324


mande le Khôl’ en lui faisant une libéralité, a-t-il le droit de se remarier<br />

d’avec elle?. Et Ibn Abbas de lui répondre: «Certes oui, car le Khôl’<br />

n’est pas une répudiation. Dieu dans le verset a mentionné la répudiation<br />

à son début et à sa fin. Le Khôl’ se situe entre les deux qui n’est<br />

du tout un divorce». Puis il récita le verset.<br />

C’était aussi l’opinion d’Ibn 'Omar, Ahmed et aussi celle de Chafé’i<br />

au début.<br />

Ceux qui ont considéré le Khôl’ comme une répudiation, sont Malek,<br />

Abou Hanifa et plus tard Chafé’i. Les Hanafites ont ajouté qu’il faut<br />

aussi tenir compte du Khôl’ en le soumettant à l’intention du mari si<br />

par ce Khôl’ le considère comme étant une seule répudiation ou plus,<br />

et dans ce cas le remariage sera soumis à une dot. Chafé’i a explicité<br />

son opinion à ce sujet en disant que si le mari en acceptant le Khôl’<br />

n’a pas l’intention de divorcer et aucune preuve n’est donnée à cela,<br />

ce KhoV n’a aucun effet.<br />

Oiapitre:<br />

Selon l’opinion unanime des quatre imams et des ulémas, le mari<br />

n’a pas le droit de reprendre sa femme qui a demandé le Khôl’ tant<br />

qu’elle passe sa période d’attente en vertu de ce qu’elle lui a cédé.<br />

Soufian Al-Thawri a dit: «Si le Khôl’ n’a pas été fait en tant que répudiation,<br />

il est une séparation entre les deux conjoints et le mari n’a aucun<br />

droit sur la femme. Mais si l’on considère en tant que répudiation,<br />

il a le droit à la reprendre tant qu’elle purge sa période d'attente» Et<br />

les ulémas s’accordent en donnant le droit à l’époux de se remarier<br />

d’avec elle tant qu'elle se trouve dans sa période d’attente.<br />

Oiapitre:<br />

Le mari a-t-il le droit de répudier ^sa femme dans la période d’attente?<br />

Trois opinions ont été dites à ce sujet:<br />

1-11 n’a pas le droit de le faire car la femme s’est rachetée et le<br />

remariage est soumis à une nouvelle dot. Chafé’i et Ahmed Ben Hanbal<br />

ont soutenu cette opinion.<br />

2 - Malek a déclaré: «Si le Khôl’ est suivi d’un divorce sans qu’un intervalle<br />

ne les répare, c’est une répudiation. Mais si un intervalle<br />

s’écoule entre les deux, alors ce Khôl’ n’est plus une répudiation. Ainsi<br />

était l’avis de Ibn Abdel Al-Bin- et 'Othman.<br />

325


3 - Le mari peut la répudier tant que la femme se trouve dans sa<br />

période d’attente, comme ont déclaré Abou Hanifa, AI-Thawri et al-‘Ouzaï.<br />

«Telles sont les limites d’Allah, Ne les dépassez pas. Car qui dépasse<br />

les limites d’Allah est injuste» Voilà les lois que Dieu a montrées aux<br />

gens qu’il faut observer sans les outrepasser. Dans un hadith authentifié<br />

cité dans le Sahih, l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-<br />

a dit: «Dieu a montré des limites ne les outrepassez pas. Il a imposé<br />

des prescriptions ne les négligez pas. Il a établi des interdictions ne les<br />

transgressez pas. Il s ’est tu des choses sans les déclarer par pitié envers<br />

vous ne recherchez pas à les savoir}/^ K<br />

Du verset précité, il s'avère qu’il n’est plus permis de faire trois répudiations<br />

en une seule fois comme ont déclaré les Malékites et leurs<br />

suivants, et la tradition consiste à faire chaque répudiation une fois à<br />

part. A ce propos, il a été rapporté qu’on a fait connaître à l’Envoyé de<br />

Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- qu’un homme avait répudié sa<br />

femme par trois fois en un seul mot. Il se leva irrité et s’écria; «Est-il<br />

permis d’abuser du Livre de Dieu alors que je me trouve encore parmi<br />

vous?» Un homme lui dit: «O Envoyé de Dieu! me pemriets-tu que je lui<br />

tranche la tête?» (Rapporté par Nassat).<br />

«Si, après cela, le mari répudie sa femme, il ne pourra la reprendre<br />

qu’autant qu’elle aura épousé un autre homme que lui» Cela signifie que<br />

si l’homme répudie sa femme pour la troisième fois, elle ne sera plus licite<br />

pour lui tant qu’elle n’aura pas été remariée avec à un autre époux<br />

d’après un mariage authentique. Si ce nouvel époux la cohabite sans<br />

un contrat de mariage, étant une captive de guerre, elle ne pourra plus<br />

remarier son ex-époux, ainsi si le deuxième mariage n’a pas été<br />

consommé.<br />

D’après Ibn Omar, on a demandé le Prophète -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- au sujet de l’homme qui s’est marié d’avec une femme et<br />

la répudie avant la consommation du mariage, un autre homme<br />

l’épouse puis la répudie avant de consommer le mariage, cette femme<br />

326


sera-t-elle licite au premier mari?» Il répondit: «Non à moins que le<br />

deuxième mari n’ait de rapport charnel avec elle. (litt. avant d’avoir<br />

goûté au petit miel)» Plusieurs autres hadiths ont été rapportés qui<br />

donnent le même sens.<br />

L’imam Ahmed a rapporté d’après Aicha l’histoire suivante: «La<br />

femme de Rifa’a Al-Qouradhi entra chez le Prophète -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- alors que mon père Abou Bakr et moi nous trouvions<br />

auprès de lui. Elle lui dit: «Rifa'a m’a répudiée définitivement et j’ai<br />

épousé Abdul Rahman ben AL-Zoubaïr, mais ce dernier a un membre<br />

viril pareil un morceau de tissu», et elle prit le pan de son vêtement<br />

voulant montrer qu’il est incapable de consommer le mariage. A ce moment,<br />

Khaled Ben Sa’id Ben AI-’As qui se trouvait à la porte demandant<br />

l’autorisation d’entrer, s’écria: «O Abou Bakr, pourquoi ne<br />

défends-tu pas cette femme de proférer de tels propos devant l’Envoyé<br />

de Dieu?» Celui-ci sourit et répondit à la femme: «Il me semble que tu<br />

penses retourner à Rifa’a. Non. tu ne pourras plus le faire avant que Abdul<br />

Rahman n’ait de rapports avec toi».<br />

Chapitre:<br />

Un deuxième mari signifie un homme qui veut conclure un mariage<br />

authentique avec la femme répudiée désirant vivre avec elle<br />

comme à la suite d’un mariage normal. Et l'imam Malek d’ajouter: Si le<br />

deuxième mari la cohabite alors que la femme est à l’état de sacralisation<br />

ou de jeûne ou dans une retraite spirituelle ou à ses menstrues ou<br />

à ses lochies, ou bien même que ce mari à l’état de jeûne ou de sacralisation<br />

ou dans une retraite spirituelle, elle ne sera plus licite au<br />

premier mari tant qu’elle n’ait pas eu de rapports sexuels avec le second.<br />

Si ce dernier était un des gens d’Ecritures ou qui vivait sous la<br />

protection des musulmans et dans leur pays, ce mariage n’est plus valable<br />

car de tels mariages sont intenlits. Mais si le deuxième mari avait<br />

tout simplement l’intention de rendre cette femme licite à son ex-mari,<br />

plusieurs hadiths ont été rapportés à son sujet qui considèrent son mariage<br />

nul et appellent la malédiction sur lui. En voilà quelques uns de<br />

ces hadiths:<br />

1 - Ibn Mass'oud a rapporté que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- a maudit les femmes qui font le tatouage et qui se<br />

font tatouer, celles qui portent de fausses chevelures et qui les font,<br />

327


ceux qui rendent licite un mariage d’une façon illégale et ceux qui en<br />

bénéficient, ceux qui vivent de l’usure et son mandataire» (Rapporté<br />

par Boukhari/^K<br />

2 - Ali -que Dieu l’agrée a rapporté que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue- a maudit: qui vit de l’usure, son mandataire, ses<br />

témoins et son scribe; qui pratique le tatouage et celles qui se font tatouer<br />

pour s’embellir, qui refuse de faire l’aumône légale; qui rend un<br />

mariage licite en transgressant les lois et le bénéficiaire de ce mariage.<br />

Il a interdit de pousser des gémissements sur le mort. (Rapporté par<br />

Ahmed, Abou Daoud et Ibn Maja/^K<br />

3 - Jaber a rapporté que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et<br />

le salue- a dit: «Dieu maudit celui qui rend licite un mariage illégal et<br />

celui qui en profite». (Rapporté par Timddzi^^^).<br />

4 - Omar ben Nafé a rapporté d’après son père qu’un homme vint<br />

trouver ibn Omar et lui demanda au sujet d’un homme qui a répudié<br />

sa femme. Son frère l’épousa sans se conformer aux lois du mariage..<br />

Cette femme est-elle licite pour son ex-mari?. Il lui répondit; «Non à<br />

moins qu’il ne soit un mariage fait avec un désir et une cohabitation<br />

normale. Du temp de l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le saluenous<br />

considérons ce genre de mariage en tant qu’un adultère».<br />

Dieu enfin fait connaître aux hommes qui si le deuxième époux répudie<br />

la femme après la consommation du mariage, et qu’ensuite elle<br />

et le premier mari se reconcilient, aucune faute ne leur sera imputée à<br />

condition qu’ils croient observer ainsi les lois de Dieu, c’est à dire tenir<br />

une bonne compagnie l’un à l’autre. Telles sont les lois de Dieu qu’il a<br />

montrées et rendues claires à ceux qui les comprennent.<br />

(1) ilj 4»..«1^1 “¿il<br />

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(2) ^ ^ :J\J ^<br />

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(3) J 1 Jlj Jj—j à' 1/^-^<br />

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*’jj)<br />

328


Cependant les opinions sont controversées au sujet de l’homme<br />

qui a répudié sa femme par une ou deux fols et l’a laissée -sans la reprendre-<br />

jusqu’à l’éco.ulement de sa période d’attente, puis elle se remarie<br />

d’avec un autre qui, une fois le mariage consommée, la répudie<br />

et la deuxième période d’attente aura achevé, cette femme peut-elle<br />

revenir à son premier époux tant que la troisième répudiation n’ait pas<br />

été prononcée? L’affirmation a été soutenue par Malek, Chafé’i, Ahmed<br />

Ben Hanbal et une foule des compagnons.<br />

En cas où le deuxième époux, par son mariage d’avec elle, aura<br />

rendu la répudiation définitive de son ex-mari, et si elle reviendra -au<br />

premier- elle devra conclure un nouveau mariage soumis à la dot?<br />

Abou Hanifa et ses adeptes les confirment en jugeant ainsi: si le deuxième<br />

mariage rend la répudiation préalable comme définitive, à plus<br />

forte raison la première répudiation faite par une ou deux fois n’aura<br />

plus de valeur.<br />

^<br />

ù i y tÆ<br />

'^\ iJ J ij S; ^ ®<br />

wa ’idâ tallaqtumu-n-nisâ’a fabalagna ’ajalahunna fa’amsikûhunna bi<br />

ma‘rûfïn ’aw sarrihûhunna bima'rûfin walâ tumsikûhunna dirâra-I-lita'tadû<br />

wa man yaf al ^lika faqad zalama nafsahû walâ tattahidû ’âyâti-<br />

L-Lâhi huzuwan wa-dkurû ni‘mata-L-Lâhi ‘alaykum wamâ ’anzala ‘alaykum<br />

mina-l-Kitâbi wa-l-hikmati ya ‘izukum bihî wattaqû-L-Lâha<br />

wa‘lamû ’anna-L-Lâha bikulli say’in ‘alîm(231).<br />

La femme que vous avez répudiée est sur le point de terminer sa retraite<br />

légale, ou bien reprenez-la sans arrière- pensée ou bien renvoyez-la<br />

gentiment. Ne la retenez pas arbitrairement dans le but de lui nuire. Celui<br />

qui ainsi se porte tort i faii-même. Ne plaisantez pas avec les enseignements<br />

d’Allah et montrez-TOos dignes de Ses Uenfaits, du Livre et de la sagesse<br />

qu’n vous a envoyés du ciel pour vous avertir. Craignez Allah et<br />

rappelez-T(Nis qu’il sait tout. (231).<br />

329<br />

^


Dieu à Lui la puissance et la gloire ordonne à l’homme qui a répudié<br />

sa femme et ayant le droit de la reprendre, d’être beinveillant à son<br />

égard lorsqu’elle sera sur le point de terminer sa période d’attente, et<br />

qu’il n’en reste que le temps suffisant pour la reprendre. Il doit la reprendre<br />

d’une façon convenable en présence des témoins, et de la<br />

bien traiter, ou bien il lui donne la liberté en la retenant chez lui jusqu’à<br />

l’écoulement de la période d'attente, qu’ensuite il la congédie sans inimitié<br />

ni dispute ni insulte. Dieu a ordonné: «Ne la retenez pas arbitrairement<br />

dans le but de lui nuire». Ibn Abbas a commenté cela et dit:<br />

«L’homme qui avait répudié sa femme, la reprenait vers la fin de sa<br />

période d’attente afin qu’il ne la laisse pas se remarier d'avec un autre,<br />

puis il la répudiait une deuxième fois et agissait comme la première<br />

fois dans le but d’allonger la période d’attente autant qu’il pouvait rien<br />

que pour la nuire. Dieu interdit un tel comportemnet et menace<br />

l‘homme qui agit ainsi et qui, par ce faire, se ferait du tort à lui-même.<br />

Dieu rappelle ensuite à ses serviteurs de reconnaître Ses bienfaits,<br />

à commencer par l’envoi de Son Prophète en leur apportant les<br />

preuves, la bonne direction et la sagesse par lesquelles il les exhorte.<br />

Il leur met en garde de transgresser ses lois car rien ne Lui sera caché<br />

et sûremant II les rétribuera selon leurs œuvres.<br />

< 0<br />

¿ 4M<br />

wa taliaqtumu-n-nisâ’a fabalagna ’ajalahunna falâ ta'^Iûhunna ’an<br />

yankitoa ’azwâjahunna ’idâ tara^w baynahum bi-l-ma‘rûfî ^lika yu‘azu<br />

bihî man kâna minkum yu’minu bi-L-Lâhi wa-l-yawmi-l-’âhiri dâlikum<br />

’azkâ lakum wa ’at haru w a-L-Lâhu ya'lam u wa ’antum lâ<br />

ta'lamûn (232).<br />

Lorsque les fenmies que 4rous avez répudiées ont terminé leur retraite,<br />

ne les empêchez pas de prendre un autre époux si elles se sont engagées<br />

honnêtement. Ce conseil s’adresse à ceux d*entre vous qui croient en AEah<br />

et au jugement dernier. Cela est plus louable et plus honnête. Allah sait ce<br />

qui vous convient et vous ne le savez pas. (232).<br />

330


Ibn Abbas a dit que ce verset fut révélé au sujet de l’homme qui<br />

répudie sa femme par une on deux fois puis, sa période d’attente terminée,<br />

veut la reprendre et l’épouser. La femme consent mais ses tuteurs<br />

l’empêchent; Dieu interdit à ces tuteurs de l’empêcher.<br />

Cette question a susdté une controversion entre les ulémas, et qui<br />

est la suivante; Une femme a-t-elle le droit de se marier sans la présence<br />

et le consentement de son tuteur? Ce sujet a été bien détaillé<br />

dans les livres conœmant le mariage, le lecteur est prié d’y revenir.<br />

D’autre part, on a rapporté que ce verset a été révélé au sujet de<br />

Ma'qel Ben Yasser Al-Mouzani et de sa sœur. Al-Tirmidhi raconte que<br />

du temps de l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-, Ma’qel<br />

ben Yasser avait donné sa sœur en mariage à un musulman. A la suite<br />

d’une mésentente et après avoir passé un certain temps ensemble,<br />

il l’a répudiée. Puis il n’a songé à la reprendre qu’après l’écoulement<br />

de sa période d’attente. Comme ils éprouvaient, tous les deux, le sentiment<br />

de revenir l’un à l’autre, son mari s’est présenté avec d’autres<br />

hommes la demandant en mariage. Ma‘qel s’opposa au mari et lui dit;<br />

«Ô stupide, fils de stupide! Je t’ai honoré et te l’ai donnée en mariage<br />

mais tu n’a pas tardé à la répudier. Par Dieu je ne te la redonne plus<br />

en mariage, n’y pense donc jamais». Dieu devina ce qu’il existait dans<br />

les cœurs de ces deux conjoints et fit descendre ce verset: «Lorsque<br />

les femmes qne vous avez répudiées... jusqu’à... et vous ne le savez pas».<br />

«Ce conseil, s’adresse à ceux d’entre vous qui croient en Allah et au<br />

jugement dernier» Ceci comporte une interdiction aux tuteurs d’empêcher<br />

les femmes de retourner chez leurs ex-maris si ceux-ci se sont<br />

mis d’accord conformément à l’usage. Voilà ce à quoi est exhorté et tenu<br />

de suivre, celui qui croit en Dieu et au Jour Dernier, qui croit aux<br />

lois divines en s’y conformant, qui redoute la menace de Dieu et Son<br />

châtiment dans la vie future. Ce sera donc plus pur et plus net aux tutuers<br />

de rendre les femmes à leurs ex-maris sans être pris ou influencés<br />

par un sentiment quelconque, car Dieu connaît mieux que les<br />

hommes leurs intérêts.<br />

^ jiji ^<br />

"i \ ^ j Jjij ¿hüL<br />

331


0 ^ C)1 ^ 5Î5 C ^<br />

@ S Î i \x ù1 'i t i^ f ; ; 3 ^ i p ; X< ^<br />

wa-l-wâlidâtu yurd‘na ’awlâdahunna ^wlayni kâmilayni liman ’arâda<br />

’an yutimma-r-ri^‘ata wa ‘alâ-l-mawludi lahû rizquhunna wa kiswatuhunna<br />

bi-l-ma‘rûfi lâ tukallafu nafsun ’illâ wus‘ahâ lâ tu^rra wâlidatum<br />

biwaladihâ walâ mawlûdu-l-lahû bi waladihî wa ‘alâ-l-wâriti mitlu dâlika<br />

fa’in ’arâda fîsâlan ‘an taradim minhuma wa tasâwurin falâ junâha ‘alayhima<br />

wa ’in ’aradtum ’an tastarÆ‘u ’awlâdakum falâ junâte ‘alaykum ’id<br />

â sallamtum mâ ’âtaytum bi-l-ma‘rûfi wattaqû-L-Lâha wa ‘lamû ’anna-<br />

L-Lâba bimâ ta‘malûna basîr (233).<br />

Les femmes répudiées sont tenues d’aOaiter leurs enfants pendant deux<br />

ans lorsque te père désire que l’allaitement soit cfnnplet. Le père de l’enfant<br />

est t«Hi de pourvoir à la nourriture et à l’habillement de la mère d’une manière<br />

convenable. 11 ne sera rien demandé à personne au delà de ses moyens.<br />

n ne faut pas que l’enfant soit une source d’ennuis pour la mère ou<br />

pour te père. L’obligation alimentaire vis^à-vis de l’enfant passe aux héritiers<br />

du père. Si les deux époux sont d’accord pour sevrer l’enfant^ après<br />

s’être consultés, cela est permis. Si vous désirez mettre vos enfants en nourrice,<br />

cela est permis sous réserve toutefois de payer à la mère ce dont vous<br />

êtes convenu avec elle. Craignez Allah et sachez qu’Allah sait tout ce que<br />

vous fûtes. (233).<br />

C’est un conseil adressé de Dieu aux mères répudiées d’allaiter<br />

leurs enfants pendant deux ans complets, le délai maximal, après quoi,<br />

l’allaitement n’aura aucun effet, et ceci dépend de la volonté de ceux<br />

qui veulent le rendre complet.<br />

D’après l’unanimité des ulémas, l’allaitement d’un enfant dont l’âge<br />

est inférieur à deux ans, pose une interdication (comme le lien de parenté<br />

concernant par exemple le mariage ou autre), mais ce ne sera<br />

plus le cas si l’enfant a un âge supérieur. L’Envoyé de Dieu -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue- a dit: «L’allaitement qui crée une interdiction est<br />

332


celui pris des seins comme nourriture avant le sevrage» (Rapporté par Tirsous-entendant<br />

avant l’accomplissement de deux ans entiers.<br />

Car dans un autre hadith, concernant son fils Ibrahim qui mourut à<br />

l’âge d’un an et de dix mois, Il a dit; «Mon fils est mort alors qu’il se<br />

nourrissait encore des seins, il aura une nourrice au Paradis».<br />

Malek a rapporté dans le «Mouwatta’» d’après Ibn Abbas, que le<br />

Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit; «Ne pose une interdiction<br />

que l’allaitement d’un enfant dont l’âge est inférieur à deux ans».<br />

Dans un autre hadith rapporté par Jaber, l’Envoyé de Dieu -qu’AIlah<br />

le bénisse et le salue- a dit; «Aucun allaitement n’est valable (c.à.d<br />

qui crée une interdiction) après un sevrage ou une maturité» Ceci a été dit<br />

en confirmation des paroles divines qu’on trouve dans ce deux versets: - «...<br />

et il a été seyré au bout de deux ans» [Coran XXXI, 14].<br />

- «Depuis le moment ou elle l’a conçu, jusqu’à l’époque de son sevrage,<br />

trente mois se sont écoulés» [Coran XLVI, 15].<br />

Le dire; «L’allaitement ne crée pas une interdiction après deux<br />

ans» a été rapporté d’après Ali, Ibn Mass'oud, Ibn Abbas, Chafé'i et<br />

Ahmed. Quant à Abou Hanifa, il a fixé la période à deux ans et six<br />

mois.<br />

D’autre part il a été rapporté d’après Omar et Ali qu’ils ont dit:<br />

«Aucun allaitement n’a un effet après sevrage». Il est très probable<br />

qu’ils ont déterminé cet âge à deux ans, comme il a été l’avis des autres<br />

théologiens, que l’enfant soit sevré ou non, ou bien il est probable<br />

aussi qu’ils ont limité la durée de l’allaitement à deux ans comme était<br />

l’avis de Malek.<br />

Il a été cité dans les deux Sahihs que ‘Aicha -que Dieu l’agréeavait<br />

jugé que l’allaitement d’un jeune impose également une interdiction.<br />

En effet elle permettait à quelques hommes d’entrer chez elle et<br />

leur donnait de son lait tirant argument du faire du Prophète -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue- à l’égard de Salam l’esclave affranchi d’Abou<br />

Houdhayfa. Il avait ordonné à la femme de ce dernier de donner de<br />

333<br />

:Jlïj fi Qf- oljj)


son lait à Salem, et par ce faire, Salem avait le droit d’entrer chez elle.<br />

Quant aux autres épouses du Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue-,<br />

elles avaient refusé d’agir ainsi prétendant que cela était une affaire<br />

personnelle.<br />

Il a été cité dans les Sahihs d’après Aicha, que l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Assurez-vous que ce soient vos frères!<br />

Car il n’y a allaitement que s’il y a un apaisement de la faim>/^\<br />

«Le père de l’enfant est tenu de pourvoir à la nourriture et à l’habillement<br />

de la mère d’une manière convenable». C’est à dire qu’il incombe au<br />

père d’assurer à sa femme répudiée la nourriture et les vêtements<br />

conformément à l’usage dans le pays sans prodigalité ni avarice mais<br />

plutôt selon sa capacité, comme Dieu le montre dans ce verset: «Que<br />

celui qui se trouve dans l’aisance paye selon ses moyens. Que celui qui ne<br />

possède que le strict nécessaire paye en proportion de ce que Dieu lui a accordé.<br />

Dieu n’impose quelque chtK^e à une âme, qu’en proportion de ce qu’il<br />

lui a accordé. Dieu fera succéder l’aisance à la gêne») [Coran LXV, 7]. Al-<br />

Dahhak a dit que si le mari répudie sa femme qui lui a donné un enfant,<br />

le père est tenu d’assurer à la mère tous les frais d’entretien: la<br />

nourriture et l’habillement confomiément à l’usage.<br />

«n ne faut pas que l’enfant soit une source d’ennuis pour la mère ou<br />

pour le père») On entend par cela que la mère n’a pas le droit de refuser<br />

d’entretenir son enfant pour accabler son père de cette tâche, de<br />

même et une fois qu’elle l’a mis au monde de ne plus l’allaiter de son<br />

sein sans quoi il ne pourra plus vivre. Mais lorsqu’elle se sera acquittée<br />

de ses devoirs maternels, elle pourra, si elle le veut, rendre l’enfant<br />

au père si par ce faire elle ne lui causera aucun ennui. De même elle<br />

n’a pas le droit plus tard de garder l’enfant rien que pour causer une<br />

nuisance au père. Ainsi sera le cas du père s’il lui enlève l’enfant pour<br />

subir un dommage à la mère.<br />

«L’obligation alimentaire vis-à-vis de l’enfant passe aux héritiers du<br />

père» c’est à dire que les héritiers du père ne doivent pas à leur tour<br />

nuire à l’enfant qui est de leurs. Pour une raison ou d’autre, il incombe<br />

(1) ÂpUijîl Ujü ^ ^ o J<br />

334<br />

.«ÎpUwJI


à ces héritiers d’assurer la nourriture et l’habillement à la mère tout<br />

comme le père et s’acquitter de leurs obligations envers elle, qui est<br />

l’opinion de Moujahed, Al-Dahhak et une grande partie des ulémas. On<br />

peut en déduire, comme ont fait les adeptes des Hanafites et des Hanbalites,<br />

que la dépense pour les proches parents est une obligation. Il<br />

est très probable que cette opinion découle du hadith rapporté par Samoura<br />

qu’il le remonte au Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue-:<br />

«Tout homme est tenu de s’acquitter de ses obligations envers son proche<br />

s’il dépend de lui».<br />

«Si les deux époux sont d’accord pour sevrer l’enfant, après s’être<br />

consultés, cela est permis». On comprend par ceci que si les père et<br />

mère de l’enfant, d’un commun accord, veulent le sevrer avant deux<br />

ans pour son intérêt, aucune faute ne leur sera reprochée. On peut en<br />

déduire que la décision d’une seule partie concernant cette affaire<br />

n’est pas suffisante, et il n’est plus permis à l’un d’eux de le décider<br />

sans le consentement de^l’autre, pour sauvegarder l’intérêt de l’enfant,<br />

et cela est sans doute une compassion divine envers les serviteurs.<br />

C’est une exhortation et une miséricorde venue de Dieu pour montrer<br />

aux gens le moyen d’assurer la subsistance et le salut de l’enfant.<br />

Dieu a dit à cet égard: «Si elles allaitent l’enfant né de vous, versez-leur<br />

une pension. Mettez-vous d’accord sur ce point d’une manière convenable;<br />

mais, si vous rencontrez des difGcultés-prenez une nourrice pour l’enfant»<br />

[Coran LXV, 6].<br />

Si pour une certaine raison la mère ne peut allaiter et entretenir<br />

l’enfant, et d’un commun accord, le père a le droit de le confier à une<br />

nourrice et il sera tenu de payer à la mère ce dont elle avait droit pour<br />

la période où l’enfant était à sa charge. Voilà le sens des dires de<br />

Dieu: «Si vous désirez mettre vos enfants en jiourrice, cela est permis sous<br />

réserve toutefois de payer à la mère ce dont vous êtes convenu avec elle».<br />

Dieu exhorte enfin les gens à Le craindre car II voit parfaitement<br />

ce qu’ils font.<br />

liU<br />

335<br />

»


wa-l-ladîna yutawaffawna minkum wa yadarûn ’azwâjan yatarabbasna bi<br />

’anfusihinna ’arba‘ata ’ashurin wa ‘asran fa’i ^ balagna ’ajalahunna falâ<br />

junâha ‘alaykum fimâ fa'alna fî ’anfusihinna bi-l-ma‘rûfi wa-L-Lâhu bimâ<br />

ta‘malima habîr (234).<br />

A la mort de leurs maris, les femmes sont tenues d’accomplir une retraite<br />

de quatre mois et dix jours. A l’expiratirai de cette retraite, elles disposeront<br />

d’elles-mêmes comme elles voudront dans les limites de la<br />

bienséance, sans que vous puissiez vous formaliser. Et Allah est informé de<br />

ce que vous faites» (234).<br />

Selon ce verset, toute femme qui a perdu son mari ayant<br />

consommé ou non son mariage, doit passer une période d’attente dequatre<br />

mois et dix jours; sans aucune distinction entre l’une et l’autre.<br />

Tel est le sens strict et général qu’on peut en déduire. On a rapporté<br />

qu’un homme mourut avant de consommer son mariage, en demandant<br />

l’avis d’ibn Mass‘oud à son sujet, il répondit: «je vous donne mon<br />

opinion, s’il s’avère qu’elle est juste, cela sera grâce à Dieu, et si c’est<br />

le contraire, j ’aurais commis une faute provenant du démon. Dieu et<br />

son Envoyé désavoueront mon jugement: Cette femme aura le droit à<br />

la dot entière, devra passer la période d’attente fixée et aura sa part<br />

complète de l’héritage» Ma'qel Ben Yassar Al-Achja’i se leva et dit:<br />

«C’est bien ce que j ’ai entendu de la bouche de l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- quand il a donné son jugement au sujet<br />

de Barou' Bent Wacheq.» Abdullah Ben Mass'oud éprouva alors une<br />

grande joie.<br />

Cette règle générale est donc applicable à toutes les femmes sauf<br />

celle qui perd son mari pendant sa grossesse, dont la période d’attente<br />

expire lors de l’accouchement, conformément aux paroles divines: «La<br />

période d’attente des femmes enceintes se terminera avec leur accouchement»<br />

[Coran LXV, 4],<br />

Quant à Ibn Abbas, et pour mieux observer les enseignements, il a<br />

jugé que la femme enceinte doit accomplir la période la plus longue:<br />

l’accouchement ou quatre mois et dix jours, et ceci en réunissant les<br />

deux versets. Son jugement pouvait être idéal et parfait si la tradition ne<br />

l’aurait pas contrarié en prenant comme exemple le cas de Soubai'a Al-<br />

Aslamia mentionné dans les deux Sahih et qui est le suivant: «Soubai'a<br />

AL-AsIamia était la femme de Sa'd Ben Khawla qui mourut alors qu’elle<br />

336


était enceinte. Après l’accouctiement et sa pureté, elle se farda afin de<br />

paraître belle aux yeux qui aspiraient à ses fiançailles. Abou As-Sanabel<br />

ben Ba'kak entra chez elle, et la trouvant ainsi, il lui dit: «Pourquoi es-tu<br />

en parfaite toilette? Peut-être aspires-tu de nouveau au mariage? Par<br />

Dieu tu ne pourras te marier qu’après l’écoulement de quatre mois et<br />

dix jours».<br />

«Soubai’a poursuivit: «Lorsqu’il m’a dit cela, je m’enveloppai de<br />

mes habits et le soir j’allai trouver l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- pour m’informer à ce sujet. Il me dit que j’ai purgé<br />

ma période d’attente lorsque j’ai enfanté, et il m’accorda le droit de me<br />

marier à nouveau si bon me semblera».<br />

Abou Omar Ben Abdul Birr raconta plus tard qu’Ibn Abbas revint<br />

sur ses dires quand on lui rapporta l’histoire de Soubai'a.<br />

Ainsi fait exception de la règle générale la femme esclave dont sa<br />

période d’attente est la moitié d’une femme libre par assimilation aux<br />

peines prescrites dont on lui applique la moitié, bien que nombre des<br />

ulémas traitent sur le même pied d’égalité les femmes libres et esclaves<br />

en se conformant au verset précité, sous prétexte que la période<br />

d’attente dépend de la nature innée de la femme soit-elle libre ou esclave.<br />

Pourquoi cette période est limitée à quatre mois et dix jours? On y<br />

trouve certes une sagesse car il y en a là une possibilité que la femme<br />

puisse être enceinte lors de la mort de son mari. Si cela s’avère juste,<br />

la grossesse a lieu selon le hadith rapporté dans les deux Sahihs<br />

d’après Ibn Mass'oud: «Chacun de vous demeure dans le ventre de sa<br />

mère quarante jours une goutte de sperme, puis un caillot de sang pendant<br />

une durée égale, puis un morceau de chair (comme une bouchée) pendant<br />

une période d’une durée équivalente. Ensuie Dieu envoie l’ange chargé de<br />

lui insuffler l’esprit...» (Rapportépar Boukhari et Mouslim)^^K Voilà<br />

donc cent vingt jours qui forment les quatre mois, quant aux dix jours<br />

complémentaires, ils sont considérés comme une réserve pour les<br />

(1) O^. 1 * ^ 0 1 » ^ (/ijl jy iw ^^1 ^ iU-<br />

¿ii«Jl tiiiJ i Ji« |»J iiiü i tSiiaj U jj<br />

*'jj) V<br />

337


mois qui compteront moins que trente jours et pour s’assurer de la<br />

vie du fœtus. Et c’est Dieu qui est l’omniscient.<br />

«A l’expiration de cette retraite, elles disposeront d’elles-mêmes<br />

comme elles voudront dans les limites de la bienséance, sans que vous puissiez<br />

vous formaliser» On peut déduire de ce verset que la femme qui<br />

perd son mari doit accomplir sa période de viduité fixée durant lequelle<br />

il lui sera permis de porter le deuil. L’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue-, dans un hadith cité dans les deux Sahih, a dit: «Il<br />

n’est plus permis à une femme qui croit en Dieu et au Jour Dernier de porter<br />

le deuil sur son mari mort plus de quatre mois et dix jours» (Rapporté<br />

par Boukhari et MousUm/^K<br />

Dans un autre hadith, Oum Salama a rapporté qu’une femme vint<br />

trouver l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- et lui dit: «O<br />

Envoyé de Dieu, ma fille a perdu son mari et souffre de ses yeux,<br />

peut-elle les enduire du Kohol?» -Non, fut la réponse par deux ou trois<br />

fois. Puis il ajouta: Ce n’est qu’une période de quatre mois et dix jours. Du<br />

temps de l’êre préislamique l’une d’entre vous restait ainsi un an entier»<br />

(Rapporté par Boukhari et MousUnt/^^.<br />

Zainab la fille d’Oum Salama a raconté: «Lorsqu’une femme perdait<br />

son mari, elle demeurait une année complète dans une misérable<br />

habitation, portait des vêtements râpés, ne touchait à aucun parfum, et<br />

après l’écoulement de cette année, elle sortait pour jeter un crottin<br />

qu’on lui donnait, puis on lui apportait un animal: un âne, un mouton<br />

ou un oiseau et elle frottait son corps contre le sien. Ni l’animal ni l’oiseau<br />

ne restait vivant à cause de l’odeur puante de cette femme».<br />

Nombre d’ulémas ont jugé que le verset précité a été abrogé par<br />

celui-ci: «n est recommandé à ceux qui ont des femmes de les autoriser par<br />

testament, avant de mourir, à demeurer et à être entretenues au domicile<br />

( 1 ) il)l ( J ^ “à '<br />

^ Jji<br />

(2) Lfi-jj ,^ 1 :cJlî »iy*l ùî i—L- fî ^<br />

^ Lkj[t :Jü ûÿ<br />

^ CJlÎ" JLÎj<br />

338


conjugal pendant un an. Si elles quittent ce domicile de leur propre gré,<br />

vous n’encourrez aucune responsabilité pour la façon dont elles se conduiront<br />

par la suite...» dont nous allons le commenter plus loin.<br />

Le port de deuil consiste à ne plus toucher du parfum et ne porter<br />

ni parure ni vêtements convenables pour attirer les aspirants au mariage.<br />

Ce comportement s’applique à la femme qui passe sa période<br />

d’attente soit à la suite de la mort du mari, soit après la répudiation<br />

avec droit à la reprise.<br />

En général, toute femme qui perd son mari doit porter le deuil,<br />

qu’elle soit jeune, ou dans sa ménopause, ou libre ou esclave, musulmane<br />

ou impie. Mais Abou Hanifa et ses adeptes exemptent la femme<br />

incrédule de cette obligation, une opinion soutenue aussi par Achab,<br />

Ibn Nafé et les Malékites, tirant argument du hadith prophétique cité<br />

auparavant: «Il n’est pas permis à une femme qui croit en Dieu et au<br />

jour dernier...». Abou Hanifa et ses adpetes exemptent aussi la femme<br />

mineure et l’esclave musulmane.<br />

Une fois le délai de cette période passé, on ne reprpchera aucune<br />

faute aux tuteurs de ces femmes le comportement de ces dernières. Et<br />

Ibn Abbas de commenter cela en disant: «On n’a le droit de reprocher<br />

à la femme qui a purgé sa période d’attente aucune faute si elle se<br />

farde, porte de beaux vêtements et ses parures comme il est de coutume».<br />

x j ' ¿ ¿ ¿ J i Î21( ù i -H Q - ij<br />

t - i i i j i i i i t<br />

-4 u j i é SI i j l i i i j ÎK-I i i ç j î ^ ¿ M i '<br />

0 j ü i ^ ùl |î : J ùî<br />

Wâlâ JunâM ‘alaykum fimâ ‘arradtum bihî min hitbati-n-nisâ’i ‘aw ’aknantum<br />

fî ’anfusikvim ‘alima-L-Lâhu ’annakum sata^urûnahunna walâkil-la<br />

tuwâ‘iduhunna sirran ’illâ ’an taqûlû qawlam-ma‘rûfan walâ<br />

ta‘zimû ‘uqdata-n-nikâM ^ tta yabluga-l-Kitâbu ’ajalahû wa‘lamû ’anna-<br />

L-Lâha ya‘lamu mâ fî ’anfusikum fahdarûhu wa‘lamû ’anna-L-Lâha<br />

gafôrun tolîm (235).<br />

339


Vous ne commettrez pas de péché en faisant des propositions discrètes<br />

de mariage à ces femmes pendant leur retraite ou en ébauchant de pareils<br />

projets dans vos esprits. Car Allah sait que vous aurez de tels désirs. Mais<br />

ne vous liez pas par des promesses secrètes et n*ayez avec elles que des propos<br />

honnêtes. Ne passez pas la convention de mariage tant qne le délai de<br />

viduité ne sera accompli. Souvenez-^ous qu’Allah sait qui se passe en vousmême.<br />

Craignez-le. Et n’oubliez pas qu’il est induglent et miséricordieux.<br />

(235).<br />

Dieu informe les hommes qu’ils ne commettront pas de péché s’ils<br />

font allusion en mariage aux femmes qui ont perdu leurs maris. Plusieurs<br />

formules sont tolérées, comme a déclaré Ibn Abbas, comme par<br />

exemple de dire: «Je veux me marier d’avec une femme qui a tel et tel<br />

caractères» ou: «J’aurai bien souhaité que Dieu me facilite le mariage<br />

avec une telle femme», ou bien encore: «J’ai tellement besoin de me<br />

marier et que Dieu me prépare la femme vertueuse» sans qu’il soit nécessaire<br />

de faire une proposition au mariage. Ceci se rapporte à la<br />

femme répudiée définitivement Car le Prophète -qu’Allah le bénisse et<br />

le salue- ordonna à Fatima bent Qais, répudiée par son mari Abou amr<br />

ben Hafs définitivement de passer sa période d’attente chez (l’aveugle)<br />

Ibn Oum Maktoum, en lui disant: «Quand tu auras passé la période,<br />

informe-moi» Le délai passé, il la maria à son affranchi Oussama<br />

Ben Zaid. Quant à la femme répudiée avec droit de reprise (c.à.d par<br />

une ou deux fois) son cas n’a suscité aucune controverse entre les ulémas,<br />

car nul n’a le droit, à part son mari, de lui pnsposer le mariage ou<br />

de lui en faire allusion.<br />

De tels propos. Dieu les permet mais de promettre à telles femmes<br />

quelque chose en seret. Il l’interdit, toute proposition consiste à<br />

leur dire des paroles convenables. Ibn Zaïd a commenté cela en disant;<br />

«Cela consiste aussi à conclure un contrat de mariage alors que<br />

la femme purge encore sa période d’attente, et une fois le délai passé,<br />

il le proclame».<br />

«Ne passez pas la convention de mariage tant que le délai de viduité<br />

ne sera pas rempli» Cela signifie, en principe, que tout contrat de mariage<br />

conclu pendant la période de viduité est nul. Quel sera le cas de<br />

l’homme qui consomme ce mariage pendant la dite période? Les ulémas<br />

ont jugé à l’unanimité d’annuler ce mariage. Mais la question qui<br />

340


se pose; Le divorce sera-t-il-d’obligation, et cette femme lui sera-t-elle<br />

interdite?<br />

La majorité des ulémas ont déclaré qu’elle ne lui sera pas interdite<br />

et l’homme pourra la demander au mariage une fois le délai de la période<br />

d’attente aura passé. Mais il apparait que l'imam Malek a une<br />

opinion tout à fait différente qui impose l’interdiction sous prétexte que<br />

cet homme a hâté l’affaire car Dieu lui a fixé un délai qui échoit avec<br />

l’expiration de la période, et par la suite il devra être puni pour son<br />

faire tout comme le meurtier qui sera privé de la succession.<br />

Que les hommes prennent garde de déroger aux lois imposées<br />

par Dieu car II sait purfôitement ce qu’ils font et II est en même temps<br />

indulgent et plein de mansuétude.<br />

^ j î ' g i j i s -Í Ú ^ ùL 0 a ; -Í<br />

lâ junâi^ ‘alaykum ’in tallaqtumu-n-nisâ’a mâ lam tamassuhunna ’aw<br />

tafridû lahunna farî^tan wa matti‘ûhunna ‘alâ-l-mûsiri qadaruhû matâm-bil-ma‘rûfi<br />

Mqqan ‘al-l-muteinîn (236).<br />

11 vous est permis de répudier les femmes avec qui vous n’aurez pas<br />

consommé le mariage et à qui vous n’aurez pas ñxé de dot. Mais adoucissez<br />

leur déception par un présent, dont l’importance variera suivant que<br />

vous serez ridie on pauvre. C’est là une obligation morale pour les gens de<br />

noble caractère. (23Q.<br />

Dieu béni soit-ll a rendu libre la répudiation de la femme avec qui<br />

on a conclu un contrat de mariage mais qu’on n’a pas consommé. Ibn<br />

Abbas a dit à cet égard: Il est toléré à l’homme de répudier la femme<br />

qu’il n’a pa touchée, en lui donnant un présent si un certain tuteur l’a<br />

représenté en concluant le contrat du mariage, bien que cela lui cause<br />

une contrition. C’est pourquoi, et afin de la reconforter. Dieu a ordonné<br />

de lui faire un don nécessaire selon la capacité de l’homme qui dépend<br />

de son état: aisé ou pauvre. Ce don peut être un domestique, de<br />

l’argent ou d’habillements selon les moyens de l’homme.<br />

341


On a rapporté que Al-Hassan Ben Ail n’est séparé de sa femme<br />

en lui donnant dix mille dirtiams. Elle déclara: «Tel est un don modeste<br />

d’un amant qui me répudie^^H>.<br />

Abou Hanifa a dit que lorsque les deux conjoints disputent la valeur<br />

de ce don, l’homme doit donner à la femme la moitié de la dot<br />

qu’on fixe à une autre qui jouit des mêmes conditions.<br />

Selon Chafé'i, ce don n’a pas une valeur fixe mais il a déclaré que<br />

trente dirhams seraient une somme convenable. Mais la question qui a<br />

suscité une controverse est la suivante: «Ce don est-il d’obligation<br />

pour chaque femme répudiée ou bien il est réservé à qui on n’a pas<br />

fixé une dot et avec qui on n’a pas consommé le mariage?<br />

- La première réponse:<br />

Consiste à conférer ce don à toute femme répudiée en se conformant<br />

à ce verset: «Un petit pécule est dû aux femmes répudiées à titre de<br />

dédommagement. C’est une obligation morale pour ceux qui craignent<br />

Dieu», ainsi qu’à ce verset: «Venez: je vous procurerai quelques avantages<br />

puis je vous donnerai un généreux congé» [Coran XXXllI, 28]. A savoir<br />

que ces femmes-là on leur avait fixé une dot et on les avait touchées.<br />

Telle est l’opinion de Sa'id Ibn Joubaïr et l’un des dires de Chafé’i.<br />

La deuxième réponse:<br />

C’est une obligation qui ne concerne que la femme répudidée qui<br />

n’a pas consommé le mariage même si on leur avait fixé une dot,<br />

d’après les dires de Dieu: «O vous qui croyez, quand vous épousez des<br />

croyantes et que vous les répudiez ensuite sans les avoir touchées, vous<br />

n’avez pas à leur imposer une période d’attente. Donnez-leur quelque bien<br />

et renvoyez-les décemment») [Coran XXXIII, 49]. Sa’id Ben Al-Moussaiab<br />

a dit que ce verset a abrogé celui qui est mentionné dans la sourate<br />

de la vache (n: 236).<br />

Quant à Boukhari, il a rapporté d’après Sahl Ben Sa'd et Abou<br />

(1) l’histoire de cette répudiation est la suivante; «Lorsqu'Ali fut poignardé et on<br />

reconnut Al-hassan pour calife, la fennme de ce dernier lui dit: «Que la califat<br />

te procure le bonheur». Il lui répondit: «On vient de tuer ‘Ali et tu te montres<br />

réjouie de son meurtre? Va-t-en, tu es répudiée par trois fois» Puis il lui envoya<br />

dix mille dirhams».<br />

342


Oussayd que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- avait<br />

épousé Oumayma Bent Chourahbil. La nuit de noces, voulant approcher<br />

d’elle, elle manifesta son mépris. Il la congéida en chargeant<br />

Abou Oussayd de lui donner son trousseau et deux vêtements.<br />

La troiâème réponse:<br />

Ce don est de droit de la femme répudiée à qui on n’a pas fixé<br />

une dot et avec qui on n’a pas consommé le mariage. Mais si on a eu<br />

de rapports avec elle, une dot lui sera d’obligation équivalente à celle<br />

d’une autre femme de mêmes conditions, et si elle n’a pas été réprésentée<br />

par un tuteur. Au cas où on lui a fixé une dot mais on l’a répudiée<br />

avant de l’avoir touchée, la moitié de cette dot lui sera<br />

d’obligation, mais si le mariage a été consommé elle aura droit à tout<br />

ce qu’il lui reviendra. Ce verset, selon cette opinion, n’a rapport qu’à la<br />

femme à qui on n’a pas fîxé une dot et on ne l’a pas touchée. Tels<br />

sont les dires d’Ibn Omar ^t Moujahed.<br />

Mais panmi les ulémas, il y avait ceux qui ont recommandé à faire<br />

un pareil don à toute femme répudiée représentée par un tuteur avec<br />

qui on n’a pas consommé le mariage, car ceci n’est pas désapprouvé<br />

et le verset n; 49 de la sourate «Les Factions» [Coran XXXI11] cité auparavant<br />

donne libre choix à l’homme. C’est pourquoi Dieu a dit; «Mais<br />

adoucissez leur déception par un présent, dont l’importance variera suivant<br />

qiK vous serez riciie ou pauvre» et; «Un petit pécule est dû aux femmes répudiées<br />

à titre de déd(Hnm^anent..» A savoir que certains parmi les ulémas<br />

approuvent cette recommandation.<br />

"T ix > - r -r i/: -i" ■:><br />

U ô' 4 ^ ÙÎ ò li<br />

^ S j û i ùt '^\<br />

0 ô j t ï t::. ' i ! i p i -is<br />

wa’in tallaqtumûhunna min qabli ’an tamassûhunna waqad faradtum lahunna<br />

fari^tan fanisfu mâ faradtum ’illâ ’an ya‘fûna ’aw ya‘fû-l-ladî<br />

biyadihî ‘uqdatun-n-nikâM wa ’an ta‘fû ’aqrabu littaqwâ walâ tansawu-1-<br />

fada baynakum ’inna-L-Lâha bimâ ta‘maluna basîr (237).<br />

«Si vous répudiez une femme avant la consommation du mariage mais<br />

après avoir fixé sa dot, la moitié de celle-ci loi est acquise, à moins qu’elle<br />

343


ne vous en fasse remise, elle ou celui qui l’a représentée au mariage. En pareille<br />

occasion, il est méritoire de se montrer large de part et d’autre. Ne<br />

négligez pas d’être généreux entre vous. Dieu voit ce que vous faites» (237).<br />

Ce verset concerne spécialement ce qui est dû à la femme répudiée<br />

sans que le mariage soit consommé, car s’il y avait d’autres obligations,<br />

le verset l’aurait montrées clairement, surtout qu’il a rapport<br />

avec le verset précédent. Dans ce cas la moitié de la dot est incontestablement<br />

dûe d’après l'unanimité des ulémas, mais trois des chefs<br />

des écoles de la loi islamique ainsi que les califes rachidines (les biens<br />

dirigés) avaient jugé que toute la dot devait être versée à la femme répudiée<br />

avant la consommation du mariage. Mais Ibn Abbas avait un jugement<br />

différent quand on lui a demandé son opinion au sujet d’une<br />

pareille femme, en affirmant qu’elle a droit à la moitié de la dot en se<br />

conformant à la lettre au verset sus-mentionné.<br />

Tout cela dépend de la volonté de la femme répudiée qui peut<br />

laisser tout. Quant à: «Celui qui l’a représentée au mariage», son interprétation<br />

porte à équivoque:<br />

- Les uns disent qu’il s’agit du mari. Chouraïh a rapporté: «Ali m’a<br />

demandé au sujet de celui qui l’a représentée au mariage, je lui répondis:<br />

«C’est le tuteur» - Non s’écria-il, il est bien le mari. Telle était aussi<br />

l’opinion de Chafé’i, Abou Hanifa et Ibn Jarir, en précisant que le<br />

mari détient le contrat du mariage, il pourra le maintemir et le rompre<br />

car un tuteur ne saurait se désister des droits de sa pupille.<br />

- Les autres répondent que cet homme-là est le père de la femme,<br />

ou son frère ou une autre personne qui la représente, comme ont jugé<br />

Al-Hassan, ‘Ata, Taous, Malek et Chafé‘i auparavant, sous prétexte<br />

que ce tuteur c’est bien lui qui a donné la femme au mariage et par la<br />

suite a le droit de disposer de ce droit en dehors de ce qu’elle possède.<br />

‘Ikrima a déclaré: Dieu a ordonné et toléré un tel désistement et<br />

toute femme a le droit d’agir dans ce sens.<br />

«En pareille occasion, il est méritoire de se montrer large de part et<br />

d’autre. Ne négligez pas d’être généreux entre vous». C’est une exhortation<br />

adressée aux hommes et femmes et quiconque parnii eux se montre<br />

généreux sera celui qui craint Dieu le plus. Ali Ben Abi Taleb a<br />

344


apporté que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit:<br />

«Il arrivera un jour difficile où le croyant retiendra fermement dans ses<br />

mains ce qu’il possédera sans prodiguer aucune générosité, malgré que Dieu<br />

a dit: «ne négligez pas d’être généreux entre vous» «Des hommes de mauvaise<br />

foi ne tarderont pas à acheter d’un homme nécessiteux tout ce qu’il<br />

leur proposera». (Rapportépar Ahmed, Abou Daoud et Tirnùdzi)^^^.<br />

L’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a interdit la<br />

vente en cas de nécessité et la vente aléatoire en s’adressant aux<br />

hommes: «Si tu possèdes un superflu de richesses, donne-le à ton<br />

frère et n’ajoute pas une autre gêne à la sienne. Le musulman est le<br />

frère du musulman: il ne doit ni lui causer de chagrin ni le priver» Dieu<br />

connaît parfaitement ce que vous faites, rien ne lui est caché et il rétribuera<br />

à chacun la récompense qu’il méritera pour prix de ses œuvres»<br />

Mfizû ‘alâ-s-salawâti wa-s-salâti-1- wustâ wa qûmû li-L-Lâhi qânitîn<br />

(238) fa’in hiftum farijâlan ’aw rukbânan fa’idâ ’amintum fadkurû-L-<br />

Lâha kamâ ‘allamakum mâ lam talcûnû ta‘lamûn (239).<br />

Observez ponctuellement les prières, notamment la prière intermédiaire.<br />

Contribuez à la gloire de Dieu, pleins de ferveur. (238) En période<br />

de trouble, il vous est permis de prier en marche ou à cheval. Quand vous<br />

êtes en sécurité, priez comme Dieu vous l’a enseigné, quand vous ne le saviez<br />

pas encore. (239).<br />

Dieu ordonne aux hommes de s’acquitter des prières à leurs moments<br />

détenninés. A cet égard, il a été cité dans les deux Sahihs, que<br />

Ibn Mass'oud a demandé à l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le<br />

(1) OyLJ» ùî s-lLU ^<br />

345<br />

JjIj jjÎj o\jJ) JT àyoXi j'j-î-»


salue-: «Quelle est l’œuvre la plus méritoire?» - La prière à son heure fixée,<br />

répondit-il. - Et après? -Le combat dans la voie de Dieu -Et après?.<br />

La piété filiale» (Rapporté par Boukhari et MousUm/^\<br />

Quelle est cette prière intermédiaire?<br />

Plusieurs opinions ont été dites à son sujet:<br />

- Elle est celle de l’aube: Malek la confirme en se référant au hadith<br />

rapporté par Ibn Abbas qu’il a fait la prière de l'aut)e dans la mosquée<br />

de Bassrah et a fait l’invocation du Qounoute avant l’inclinaison<br />

en disant: «Telle est la^rière intnnédiaire que Dieu a mentionnée dans<br />

son Livre». Chafé’i a soutenu cette opinion tirant argument du même<br />

verset: «Contribuez à la gloire de Dieu, pleins de ferveur», or la glorification<br />

àvec ferveur ne signifie autre que l’invocation du Qounoute qu’on<br />

fait à la prière de l’aube».<br />

- Elle est celle qu’on ne doit pas l’écourter et elle est située entre<br />

deux autres formées de quatre rak'ats, sous-entendant la prière du<br />

coucher du soleil.<br />

- Elle est celle du midi, car Zaid ben Thabet a raconté: «L’Envoyé<br />

de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- priait celle du midi au moment<br />

de la canicule, et c’était la prière la plus difficile -vu son moment- pour<br />

ses compagnons. Dieu fit cette révélation à son sujet.<br />

- Elle est celle de l’asr, la dernière opinion soutenue par la majorité<br />

des ulémas.<br />

L’imam Ahmed a rapporté dans son «Mousnad» que l’Envoyé de<br />

Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-, le jour de la bataille des Factions<br />

(Al-Ahzab)l devant retarder la prière de l’asr, a dit: «Ils nous ont empêché<br />

de nous acquitter de la prière intermédiaire. Que Dieu remplisse du feu<br />

leurs cœurs et leurs demeures». Puis il s’en est acquitté entre le coucher<br />

du soleil et le soir» (Rapporté par Atmed, Boukhari et Mouslim, Abou<br />

Daoud et Tirnùdù/^\<br />

(1) ;Jli cJL» :jLî c-J<br />

jit :Jlî j«-î :cJlî ((¿I ^ :jü ?


Pour montrer son importance et l’obligation de l’observer, il a dit<br />

dans un hadith authentifié: «Quiconque néglige la prière de l’asr, c’est<br />

comme il a perdu famille et biens».<br />

On peut conclure que, malgré les différentes opinions et hadiths la<br />

prière interméiaire est celle de l’asr.<br />

Puis Dieu demande aux hommes de Le prier avec piété, ferveur et<br />

recueillement, en se tenant debout devant Lui. Toute parole qui n’a<br />

pas une relation avec la prière est futilité. Ibn Mass'oud avait salué le<br />

Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- alors qu’il priait il ne lui répondit<br />

pas le salut, et en terminant, il lui dit: «Dans la prière il y a de<br />

quoi à en s’adonner».<br />

Dans le Sahih de Mousiim on trouve ce hadith: «D’aucuns propos<br />

ordinaires ne sont admissibles dans la prière, mais sont permises la glorification,<br />

la mention et la proclamation de la grandeur de Dieu» Et Zaid ben<br />

Arqam a rapporté: «Du temps du Prophète -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- le fidèle tenait de propos avec un autre concernant la prière, jusqu’à<br />

ce que ce verset fût révélé, et depuis nous observions le recueillement».<br />

«En période de trouble, il vous est permis de prier en marchant ou à<br />

cheval. Quand vous êtes en sécurité, priez comme Dieu vous l’a enseigné<br />

quand vous ne le saviez pas encore».<br />

Il ne s’agit donc pas seulement d’observer le temps de la prière,<br />

mais son accomplissement à la perfection comme Dieu nous l’a enseigné,<br />

est strictement essentiel sans y penser à autre chose. Mais 1a<br />

fait allusion dans ce verset aux moments du combat, de la mêlée et du<br />

danger, car dans ce cas on peut prier en marchant où à dos des montures<br />

qu’on s’oriente vers la Qibla ou non. On a demandé à Ibn Omar,<br />

comme Malek le rapporte, comment est la prière en cas de danger, il<br />

répondit: «Si la situation est si grave et dangeureuse, les hommes peuvent<br />

prier debout ou montés sans qu’ils soient dirigés vers la Qibla».<br />

C’est une tolérance de Dieu, comme le rapporte Nafé d’après Ibn<br />

ji\j<br />

sljj) ((frLijJlj<br />

347


Omar. Et l’imam Ahmed de dire: «On peut même écourter la prière et<br />

la réduire à une seule rak’at en cas de la mêlée».<br />

En confirmation de cela, Mouslim a rapporté d’après Ibn Abbas<br />

qu’il a dit; «Dieu par la bouche de votre Prophète -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- a imposé la prière de quatre rak'ats quand on est résident,<br />

deux en cas de voyage et une seule en cas de danger». Telle était<br />

aussi l’opinion d’Ibn Jarir et Al-Boukhari.<br />

A ce propos AI-Ouza‘i a dit; «Lors de la conquête d’une ville et<br />

que les hommes se trouvent incapables de faire la prière comme elle<br />

est prescrite, ils peuvent l’accomplir en se contentant des gestes ou ils<br />

peuvent la retarder jusqu'à ce que le combat prenne fin. Alors ils peuvent<br />

s’en acquitter en la réduisant à deux rak'ats si l’état de sécurité le<br />

pemriet, sinon une seule rak’at qui comporte deux prosternations, ou<br />

bien encore ils la retardent car des takbirs dans ce cas ne sont plus<br />

suffisants».<br />

Anas Ben malek raconte: «J’ai assisté à l’état de siège de la forteresse<br />

Toustor. A la clarté de l’aube, les hommes ne purent pas faire la<br />

prière car le combat disait rage. Nous dûmes l’accomplir alors qu’il faisait<br />

jôur avec Abou Moussa et Dieu nous accorda la victoire». Et Anas<br />

d’ajouter: «Cette prière m’a été plus chère que le bas monde et ce<br />

qu’il contient».<br />

Quant à la prière de la crainte - ou en cas de danger- Dieu nous<br />

montre comment on doit l’accomplir, et nous en parierons en commentant<br />

la sourate des Femmes.<br />

Une fois en sécurité, la prière doit être fólte comme Dieu nous l’a<br />

enseigné, c’est à dire en accomplissant ses inclinaisons, prostemations<br />

et recueillement. Enfin, comme Dieu nous a tout montré, nous devons<br />

Lui être reconnaissants.<br />

«1^ xi, U li ^<br />

348


wa-l-ladîna yutawaffawna minkum wa yadarûna ’azwâjan wasiyyatan li<br />

’azwâjihim matâ'an ’ilâ-l-Mwli gayra ’ihrâjin fa’in harajna falâ junâha<br />

‘alaykum fîmâ fa‘alna fî ’anfusihinna mim ma‘rûfîn wa-L-Lâhu ‘azîzun<br />

tokîm (240) wa-li-1 mutallaqâti matâ‘un bil-ma‘rûfî ^ q q an ‘ala-l-muttaqîn<br />

(241) kadâlika yubayyinu-L-Lâhu lakum ’âyâtihi la ‘allakum<br />

ta‘qilûn (242).<br />

n est recommandé à ceux qui ont des femmes de les autoriser par testament,<br />

avant de mourir, à demeurer et à être entretenues au domicile<br />

conjugal pendant un an. Si elles quittent ce domicile de leur propre gré,<br />

vous n’encourrez aucune responsabilité pour la façon dont elles se conduiront<br />

par la suite, à condition qu’elles restent honnêtes. Dieu est puissant et<br />

juste. (240). Un petit pécule est dû aux femmes répudiées à titre de dédomm^ement.<br />

C’est une obligation morale pour ceux qui craignent Dieu (241).<br />

Ainsi Dieu commente sa doctrine. Peut-être le comprendrez-vous. (242).<br />

La majorité des ulémas ont déclaré que le premier verset est<br />

abrogé par le verset n: 234 «A la mort de leurs maris, les femmes sont<br />

tenues d’accomplir une retraite de quatre mois et dix jours». Al-Boukhari<br />

rapporte: Ibn Al-Zoubaïr a raconté: «je dis à Othman Ben ‘Affan:<br />

«Puisque ce verset a été abrogé par celui qui le précède pourquoi le<br />

gardes-tu dans le Coran, il vaut mieux le négliger?» Il me répondit: «Ô<br />

fils de mon frère! Je ne change rien du Coran et je ne n’intervertis jamais<br />

l’ordre des versets» On peut en déduire que ‘Othman n’avait aucun<br />

droit (ni à un autre) d’altérer on changer les versets du Coran, ni<br />

invertir leur ordre, plutôt il n’a fait que transcrire ce Livre Saint tel qu’il<br />

a été révélé et complété.<br />

A propos de ce verset, Ibn Abbas raconte: «Lorsque l’homme<br />

mourait sa femme restait dans le domicile conjugal pendant une année<br />

où on dépensait pour elle des biens laissés par le mari. Puis Dieu fit<br />

descendre le verset qui fixe la période de viduité à quatre mois et dix<br />

jours, à moins qu’elle ne soit enceinte, et dans ce cas cette période expire<br />

avec l’accouchement. Ensuite sa part de la succession fut fixée<br />

exemptant ainsi les héritiers des dépenses d’entretien pour elle et annulant<br />

le testament, selon ce verset: «Si vous n’avez pas d’enfants, le<br />

quart de ce que vous avez laissé reviendra à vos épouses. Si vous avez un<br />

enfant, le huitième de ce que vous avez laissé leur appartient) [Coran IV,<br />

12].<br />

349


Ibn Abbas a dit: «Ce verset n’implique pas la femniie de passer sa<br />

période de viduité cliez elle mais il lui donne la liberté de la passer là<br />

où elle veut. Tel est le sens des paroles divines.<br />

Quant à ‘Ata’, il a dit: «A la mort de l’époux, la femme peut passer<br />

sa période de viduité chez elle et demeure au domicile conjugal en vertu<br />

du testament, et elle a le droit de le quitter comme Dieu le montre<br />

dans ce verset: «Si elles quittent ce domicile de leur propre gré, vous n’encourrez<br />

aucune responsabilité». Et ‘Ata’ d’ajouter: «Le verset de la succession<br />

n’impose pas à la femme de passer cette période chez elle en<br />

lui donnant la liberté de la passer là où elle veut et sa demeure dans<br />

le domicile conjugal n’est pas d’obligation.<br />

On peut conclure de ce qui précède que la période d’attente qui a<br />

été fixée à un an- comme le prétendent certains ulémas- fut réduite à<br />

quatre mois et dix jours ou après l’accouchement si elle est enceinte.<br />

Rester un an chez elle, était une recommandation. Après la période<br />

d’attente ou l’accouchement rien n’empêche la femme de quitter le domicile<br />

conjugal sans qu’il y aura de reproche quant à la façon dont elle<br />

disposera d’elle-même.<br />

Quant à la demeure dans le domicile conjugal pendant la période<br />

d’attente fixée à quatre mois et dix jours, quoique certains parmi les<br />

ulémas avaient une opinion différente, elle a été confirmée par ce hadith<br />

rapporté par Malek dans le Mouwatta’: «Devenue veuve, Al-Fourai‘a<br />

Bent Malek ben Sinan, la sœur de Abou Sa‘id Al-Khoudri, vint<br />

chez l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- et lui raconta<br />

que son mari était sorti à la recherche de quelques esclaves marrons.<br />

Les atteignant à Al-Kadoum, ils le tuèrent. Elle lui demanda de retourner<br />

chez les siens, car son mari ne luj avait laissé ni domicile ni dépenses<br />

d’entretien. Elle dit: «Après avoir obtenu l’autorisation de l’Envoyé<br />

de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- et à peine je l’eus quitté, il<br />

m’interpella en me demandant encore une fois de lui raconter mon histoire,<br />

qu’ensuite il me dit:<br />

«Reste chez toi jusqu’à l’expiration de ta période de viduité» Je<br />

demeurai dans le domicile conjugal quatre mois et dix jours. Lorsque<br />

‘Othman Ben ‘Affan fut investi comme calife, il me manda pour lui faire<br />

part de mon histoire et du jugement de l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- qu’il prit comme précédent afin de l’appliquer».<br />

350


Après la révélation de ce verset; «Mais adoucissez leur déception<br />

par un présent dont l’importance variera suivant que vous serez riclie ou<br />

pauvre» un homme s’écria; «je peux donc faire ce bien si je veux<br />

comme je peux m’abstenir» Alors Dieu fit descendre ce verset; «Un petit<br />

pécule est dû aux femmes répudiées à titre de dédommagement».<br />

Comme on l’a montré auparavant, les ulémas ont recommandé d’offirr<br />

un tel présent à la femme répudiée qu’une dot lui fût fixée ou non, ou<br />

que le mariage fût consommé ou non. Tel est le sens du verset n; 236<br />

déjà commenté.<br />

Dieu termine ces versets en rappelant aux hommes qu’il leur a<br />

montré les règles à suivre se rapportant à la répudiation, au licite et à<br />

l’illicite, en demandant à Ses serviteurs de les observer.<br />

^ JUÎ j â i ^<br />

’alam tara ’ilâ-l-ladîna harajû min diyârihim wahum ’ulûfun hadara-1-<br />

mawti faqâla lahumu-L-Lâhu mûtû tumma ’ahyâhum ’inna-L-Lâha ladû<br />

fa^n ‘ala-n-nâsi walâkinna ’aktara-n-nâsi lâ yaskurûn (243) wa qâtilû fî<br />

sabîli-L-Lâhi wa'lamû ’anna-L-Lâha sami'un ‘alîm, (244) mandâ-l-ladî<br />

yuqri^-L-Lâha qar^n ^sanan fayu^‘ifahû lahû ’ad‘âfan katîratan wa-<br />

L-Lâhu yaqbidu wa yabsitu wa’ilayhi turja‘ûn (245).<br />

Ne te souviens-tu pas de ces gens qui par milliers quittèrent leur demeure<br />

de peur de la mort? Allah leur dit: «Mourez». Puis 11 les rappela à<br />

la vie, car Allah est plein d’indulgence pour les hommes. Hélas! la plupart<br />

d’entre eux sont ingrats. (243). Combattez dans la voie d’Allah et rappelezvous<br />

qu’AUah entend et sait tout. (244). Quiconque prête Allah de bonne<br />

grâce, Allah le lui rend au centuple. Car c’est Allah qui dispense l’abondance<br />

ou la disette. C’est à Lui que vous retournerez. (245).<br />

Les opinions se controvrersent au sujet de ceux qui sont sortis par<br />

351


milliers craignant de mourir par la peste, certains ont limité leur nombre<br />

à 4000, d’autres à 8000 et d’autres encore à plus de trente mille. Ces<br />

gens-là ont dit: «Nous irons à tel pays où la peste n’existe pas». Arrivés<br />

à un certain endroit, Dieu les fit mourir. Un des Prophètes passa<br />

près d’eux et implora Dieu de les faire revivre.<br />

Il a été rapporté qu’il s’agissait d’un certain peuple des fils d’Israel<br />

qui habitaient un des pays où la peste avait éclaté. Ils sortirent en se<br />

dirigeant vers le désert pour fuir la mort. Arrivés dans une vallée et occupant<br />

ses deux versants. Dieu leur envoya deux anges dont l’un se<br />

tint au sommet et l’autre dans la vallée qui crièrent ensemble et les<br />

hommes prérirent comme étant une seule âme. On les transporta vers<br />

un enclos où des murailles furent bâties sur leurs cadavres. Ils furent<br />

dispersés et pourris. Après une certaine époque, un des Prophètes de<br />

Bani Israël appelé Ezéchiel passa près d’eux et implora Dieu de les ramener<br />

à la vie. Dieu exauça sa prière et lui ordonna de dire: «O osselets<br />

pourris! Dieu vous ordonne de vous réunir». Alors les os de<br />

chaque individu parmi eux se réunirent les uns aux autres; puis Dieu<br />

ordonna de nouveau à Son Prophète de dire: «Ô squellettes! Dieu ordonne<br />

que vous soyez recouverts de la chair, des nerfs et de la<br />

peau». Les voyant ainsi s’éxécuter. Il lui ordonna de dire: «Ô âmes!<br />

Dieu vous ordonne de retourner chacune à son corps» Les morts furent<br />

ressuscités, chacun d’eux regardait l’autre reprendre la vie après<br />

ce long sommeil, et tous répétèrent: «Gloire à Toi, il n’y a de Dieu que<br />

Toi». Il y a là certes une preuve de la résurrection des morts au Jour<br />

Dernier, et c’est pourquoi. Il a dit: «Dieu est plein d’indulgence pour les<br />

hommes. Hélas! la plupart d’entre eux sont ingrats» C’est à dire que les<br />

hommes méconnaissent les faveurs et grâces de Dieu dans leur vie<br />

présente et dans l’au-delà.<br />

On trouve aussi dans cette histoire une leçon morale que nulle<br />

prévention ne puisse empêcher le destin de se produire, et qu’il n’y a<br />

nul refuge en dehors de Dieu qu’auprès de Lui. Ces gens-là sortirent<br />

de leur pays pour fuir la mort en espérant une longue vie, mais ils furent<br />

traités d’une façon qui n’avait pas répondu à leur souhait et la<br />

mort était aux aguets.<br />

C’est aussi le sens des paroles divines: «Combattez dans la voie de<br />

Dieu et rappelez-vous que Dieu entend et sait tout» En d’autres termes, la<br />

352


fuite du combat dans le chemin de Dieu ne poun-ait ni avancer ni retarder<br />

le tenne de la vie, mais ce qui a été prédestiné arrivera inéluctablement<br />

comme Dieu le montre dans ce verset; «Dis: «Echappez donc<br />

vous-mêmes à la mort, si vous être véridiques» [Coran 111,168], 1a dit de<br />

même; «Où que vous soyez, la mort vous atteindra, même si vous vous tenez<br />

dans des tours fortifiés» [Coran IV, 78].<br />

Alors que Khaled Ben Al-Walld, l’épée de Dieu, se trouvait à l’article<br />

de la mort, a dit; «J’ai participé à tel et tel combat, aucun endroit<br />

dans mon corps n'a été épargné d’un coup de lance, d’une flèche ou<br />

d’une blessure. Me voilà mourir sur mon lit à la façon d’un chameau.<br />

Que les yeux des poltrons ne goûtent plus le sommeil». Khaled regrettait<br />

«a mort sur son lit au lieu que ce soit dans le champ de bataille.<br />

«Quiconque prête à Dieu de bonne grâce. Dieu le lui rend au centuple»<br />

Dieu par ce verset exhorte Tes hommes à dépenser dans Sa voie, une<br />

exhortation qu’on trouve souvent dans le Coran. Abdullah Ben<br />

Mass'oud a rapporté; «Quand ce verset fut révélé, Abou Ad-Dahdah<br />

Al-Ansari s’écriai; «Ô Envoyé de Dieu, Dieu à Lui la puissance et la<br />

gloire veut qu’on Lui prête?».<br />

- Oui, Abou Ad-Dahdah, répondit-il. Abou Ad-Dahdah répliqua;<br />

«Donne-moi ta main ô Envoyé de Dieu». Après qu’il l’ait prise, il dit;<br />

«je fais à mon Dieu un prêt de mon jardin» - à savoir que ce jardin renfermait<br />

six cent dattiers et où sa femme Oum Ad-Dahdah se trouvait<br />

avec ses enfants. Abou Ad-Dahdah se rendit chez lui, appela sa<br />

femme et lui dit; «Quitte ce jardin car j’en ai fait un prêt à Dieu».<br />

Commentant les dires de Dieu; «Quiconque prête Dieu de bonne<br />

grâce», 'Omar a dit qu’il s’agit de la dépense dans la voie de Dieu. On<br />

a dit aussi qu’elles sont les glorifications et les louanges.<br />

«Dieu le lui rend au centuple» Certes Dieu rend chaque beau prêt<br />

en abondance car Sa grâce est incommensurat)le. Cette partie du verset<br />

est pareille à celui-ci; «Ceux qui dépensent leurs biens dans le chemin<br />

de Dieu sont semblables à un grain qui produit sept épis, et chaque épi<br />

contient cent grains. Dieu accorde le double à qui H veut) [Coran II, 261]<br />

dont nous allons en parier plus loin.<br />

Ibn Omar a raconté; «Quand ce dernier verset fut révélé «Ceux<br />

qui dépensent...» l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- im-<br />

353


plora le Seigneur et dit: «Seigneur, augmente aussi tes faveurs à ma<br />

communauté» Dieu alors fît révéler: «Quiconque prête à Dieu de bonne<br />

grâce...» Et l’Envoyé de Dieu de demander encore: «Seigneur, augmente<br />

encore Tes faveurs à ma communauté» Dieu fît descendre ensuite ce verset:<br />

«Ceux qui sont constants recevront leur incommensurable récompense»<br />

[Coran XXXIX, 10],<br />

«Car c’est Allah qui dispense l’abondance ou la disette» ce qui veut dire:<br />

Dépensez sans rien craindre tant que c’est Dieu qui donne en compensation,<br />

ou II ouvre Sa main à qui II veut parmi Ses serviteurs, ou bien<br />

Il referme Sa main à d’autres, tout dépend de Sa volonté et Sa sagesse,<br />

mais que les hommes sachent qu’ils reviendront à Lui au jour<br />

de la résurrection.<br />

h t o* à\.<br />

i l j t a i i M ï 4 4 ^ 4 ^<br />

ij<br />

"!Îl tlJ I.J î ^ l j<br />

’alam tara’ila-l-mala’i mim bani ’isra’îla mim ba‘di Mûsâ ’id qâlû linabayil-lahum-u-b‘at<br />

lanâ malikan muqâtilu fî sabîli-L-Lâhi qâla hal ‘asîtum<br />

’in kutiba ‘alaykumu-l-qitâlu ’allâ tuqâtilû qâlû wamâ lanâ ’allâ<br />

muqâtilu fi sabîli-L-Lâhi waqad ’uhrijnâ min diyârinâ wa ’abnâ’inâ falamma<br />

kutiba ‘alayhimu-l-qitâlu tawalaw ’illâ qalüam-minhum wa-L-Lâhu<br />

‘alîmum bi-z-zâlimîn (246).<br />

Te souviens-tu de ces notables israëlites qui allèrent trouver un de<br />

leurs Prophètes, après la mort de Moïse, et lui dirent: «Désigne-nous un<br />

chef à la suite duquel nous combattrons dans la voie d’Allah», n leur répondit:<br />

«Êtes-vous sûrs que, si l’ordre de combattre vous est donné, vous<br />

comb^ittiez» Ils répliquèrent: «Pourquoi hésiterions-nous de combattre dans<br />

la voie d’Allah, nous qui avons été contraints de quitter nos foyers et<br />

d’abandonner nos enfants?» Lorsque l’ordre de combattre leur fut donné,<br />

seuls quelques-uns le suivirent. Allah connaît les traîtres. {2A6).<br />

Wahb Ben Mounabeh et d’autres ont raconté: «Après le départ de<br />

Moïse -que Dieu le salue-, les fils d’Israel se maintenaient sur la voie<br />

354


droite une certaine période, puis ils commencèrent à commettre ia turpitude<br />

et les péchés et adorèrent les statues. Un des Prophètes qui vivait<br />

encore parmi eux ne cessait de leur ordonner le bien et<br />

déconseiller le repréhensible, en leur demandant d’observer les lois de<br />

la Torah, mais ils persévérèrent dans leur transgression, jusqu’à ce<br />

que Dieu donnât le pouvoir à leurs ennemis. Ces derniers tuèrent un<br />

grand nombre des fils d’Israël, en firent des captifs et dominèrent leur<br />

pays. Nul parmi eux n’a essayé de les combattre sans qu’il ne fût vaincu,<br />

car les fils d’Israel avaient la Torah et i’ardie qui le possédaient depuis<br />

longtemps en héritage jusqu’à Moïse, -que Dieu le salue-. Ils<br />

persistèrent dans leur égarement qu’à la fin leurs ennemis s’emparèrent<br />

de l’arche dans la guerre et leur enlevèrent la Torah que peu des<br />

hommes parmi eux la connaissaient par cœur.<br />

La Prophétie également cessa de leur être accordée et il ne resta<br />

de la tribu Lawi (Lévi) dent les Prophètes étaient désignés parmi eux,<br />

qu’une femme enceinte et honnête qui perdit son mari. Ils prirent cette<br />

femme et l’emprisonnèrent dans une certaine demeure espérant qu’elle<br />

engendrera un garçon qui poun^it être un Prophète. La femme ne cessa<br />

d’implorer Dieu afin de lui accorder un garçon. Dieu exauça sa<br />

prière et elle mit au monde un garçon qu’elle appela Samuel qui signifie<br />

en hébreu: «Dieu a exauœ ma prière», certains ont dit qu’elle l’appela<br />

Cham'oun (Simon) qui a le même sens.<br />

Le garçon grandit et Dieu le fit croître d’une belle croissance.<br />

Quand il atteignit l’âge de la prophétie. Dieu lui accorda des inspirations<br />

en lui ordonnant d’appeler les hommes à Lui et de ne point Lui<br />

reconnaître un égal. En communiquant le message aux fils d’Israël, ils<br />

lui demandèrent de leur désigner un roi pour combattre leur ennemi<br />

sous son étendard. Comme ils avaient encore perdu la royauté, leur<br />

Prophète leur dit: «Seriez-vous capables si Dieu vous envoie un roi de<br />

combattre en vous soumettant à ses ordres et battant avec lui?» Ils lui<br />

répondirent: «Il nous est impossible de ne pas combattre dans le chemin<br />

de Dieu, alors que nous avons été chassés de nos maisons et séparés<br />

de nos enfants» Dieu raconte par la suite: «Lorsque l’ordre de<br />

combattre leur fut domié, seuls quelques-uns le suivirent. Allah connaît les<br />

traîtres» car iis n’avaient pas respecté leur promesse et la plupart<br />

d’entre eux avaient cessé le combat.<br />

355


i Jû 'Æ ùi J iij<br />

i i ùi JÈ ‘4 ü \ ^ i L . 0 Î > 1 ¿Èj l i i i J 4 ü ii<br />

4 ^ ' i ç 4 _ iç iij ^ ' i 4 l e i s s i ; i C t<br />

0 i J ^ ^ - 5 'i 5 ‘i e s ^<br />

wa qâla lahum nabiyyuhum ’inna-L-Lâha qad ba‘ata lakum < tt < âlûta<br />

malikan qâlû ’annâ yakûnu lahu-l-mulku ‘alaynâ wa n a^u ’a^qqu bi-1-<br />

mulki minhu walam yu’ta sa‘atan-mina-l-mâli qâla ’inna-L-Lâha-stafâhu<br />

‘alaykum wa zâdahû bastatan fî-l-‘ilmi wa-l-jismi wa-L-Lâhu yu’tî mulkahû<br />

may- yasâ’u w-Al-Lâhu wâsi‘un ‘alîm (247).<br />

Leur Prophète leur dit: «Allah vous a désigné Safil comme chef». Ds<br />

protestèrent: «Comment peut-il être notre chef? Nous avons plus de droit<br />

que lui à ce titre. Et, au surplus, il n’a pas de fortune» n rétorqua: «Allah<br />

l’a préféré à tout autre, n l’a favorisé en intelligence et en force physique.<br />

Et, après tout, Allah appelle au pouvoir qui II veut. Et Allah est incommensurable<br />

et omniscient. (247).<br />

Lorsque les fils d’Israël demandèrent à leur Prophète de leur désigner<br />

un roi, il nomma Talout (Saül) qui était un simple guerrier. Mais<br />

ils s’étonnèrent de cette nomination car tout roi auparavant était l’un de<br />

la descendance de Judas et Saül est tout à fait étranger. Ils répondirent<br />

à leur Prophète: «Comment aurait-il l’autorité sur nous? Nous<br />

avons plus de droit que lui à la royauté et il n’a même pas l’avantage<br />

de la richesse. Il est un pauvre, comment pourrait-il régner sur nous?»<br />

Certains ont rapporté que Saül était un homme qui vendait de l’eau,<br />

d’autres, il était un tanneur. Ce n’était de leur part qu’une protestation<br />

et une obstination, ils devaient plutôt se soumettre à cette désignation.<br />

Le Prophète leur répliqua: «Allah l’a préféré à tout autre» C’est dire<br />

il ne l’a pas choisi de son propre gré mais c’était plutôt Dieu qui lui a<br />

ordonné de le désigner en le choisissant parmi eux. En plus II lui a octroyé<br />

une supériorité physique et intellectuelle. Il est mieux considéré,<br />

plus fort et plus endurant dans la guerre. Dieu certes donne la royauté<br />

à qu’il veut par Sa sagesse. Sa compassion et Sa science, c’est lui qui<br />

356


interroge les hommes sans être interrogé. Il est présent partout et sait<br />

ce que font les hommes.<br />

^ ùt Si ^ ^ 3ÙS<br />

ùl îSC^suii J l i j ^ (»^==4^ (>;<br />

waqâla lahum nabiyyuhum ’inna ’âyata mulkihî ’an ya’tîkumu-t-tâbûtu<br />

fîhi sakînatun mi-r-rabbikum wa baqiyyatum mimmâ taraka ’âlu Mûsâ<br />

wa ’âlu Hârûna tahmiluhu-l-malâ’ikatu ’inna fî dâlika la ’âyata-l-lakum<br />

’in kuntvmi mu’minîm (248).<br />

Leur Prophète ajouta: «Vous reconnaitrez son pouvoir à ce qu’un reliquaire,<br />

objet de quiétude inspiré par votre Seigneur, vous apparaîtra. Ce reliquaire<br />

contiendra des souvenirs de la famille de Moïse et d’Aaron et sera<br />

porté par des ai^es. Cette apparition sera pour vous un signe indubitable si<br />

vous êtes croyants. (248).<br />

Le signe de ta royauté bénie de Talout, sera le fait de vous rendre<br />

le reliquaire qu’on vous a enlevé, il contiendra une quiétude, c’est à<br />

dire un respect et une haute considération, ou suivant une autre interprétation;<br />

une miséricorde.<br />

«Ce reliquaire contiendra des souvemrs de la famiUe de Moïse et d’Aaron».<br />

Ces souvenis d’après Ibn Abbas sont te bâton de Moïse et les<br />

débris de Tables. Mais selon ‘Atya Ben Sa'd; ils sont les bâtons et les<br />

vêtements de Moïse et d’Aaron et les débris des Tables.<br />

«et sera porté par des anges» Ibn Abbas a dit; «Les anges vinrent<br />

apportant le reliquaire entre ciel et tenre et te déposèrent devant Talout<br />

alors que les hommes assistaient à ce spectacle». Une fois le reliquaire<br />

déposé dans la demeure de Talout, d’après As-Souddy, les<br />

hommes crurent à la Prophétie de Cham'oun et obéirent à Talout. Ce<br />

reliquaire n’était que confinnation de la prophétie et de la royauté.<br />

ù],<br />

j<br />

*^1 ^ i i mLj p<br />

357


f ÿ i C i î j I î -î L i d , i£ ; ; i ¡ s ç ^<br />

p i ii\ \)¿ ¿ . 1 ^1 jfi<br />

^ ^ i ü jl c l ^<br />

falammâ fasala Tâlûtu bi-l-junûdi qâla ’inna-L-Lâha mubtalîqum binaharin<br />

faman sariba minhu falaysa minni wa ma-l-lam yat'amhu fa’innahû<br />

minnî ’illâ mani-gtarafa gurfatan biyadihî fasaribû minhu ’illâ qalîlamminhum<br />

falammâ jâwazahû huwa wa-l-ladîna ’âmanû ma'ahû qâlû lâ<br />

tâqata lanâ-l-yawma biJâlûta wa junûdihî qâla-l-ladîna yazûnnûna ’annàhum<br />

mulâqû-L-Lahi kam min fî’atin qalüatin galabat fï’atan katiratan<br />

bi ’idni-L-Lâhi w-Al-Lâhu ma‘a-s-sâbirîn (249).<br />

Au moment oà Safil se mit en marche avec ses hommes, il leur dit:<br />


de Badr et disions que ceux qui accompagnaient l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- étaient au nombre de 313 hommei<br />

équivalent à celui qui avaient affranchi la rivière avec Talout et qui<br />

étaient des croyants».<br />

Une fois la rivière affranchie, les hommes, constatant leur petit<br />

nombre, s’écrièrent; «Aujourd’hui nous n’avons aucune puissance pour<br />

affronter Goliath et sa troupe très nombreuse» Mais les docteurs des<br />

fils d’Israël qui savaient que la promesse de Dieu est une Vérité, les<br />

encouragèrent car la victoire ne provient que de Dieu sans tenir<br />

compte du nombre, et combien de fois une petite troupe d’hommes a<br />

vaincu une troupe nombreuse avec la pemiission de Dieu.<br />

L iiiljS û ;<br />

J i l l î -Sf ¿ i:: - i i j \ £ , ’p i .i ^2jÜÎÎ i d i i j<br />

^ ^<br />

wa lamma barazû liJâlûta wa junûdihiî qâlû rabbanâ ’afrig ‘alaynâ<br />

sabran wa tabbit ’aqdâmanâ wansumâ ‘ala-l-qawmi-l-kâfîrîn (250) fahazamuhum<br />

bi’idni-L-Lâhi wa qatala Dawudu Jalûta wa’âtâhu-L-Lâhu-1-<br />

mulka wa-l-Ukmata wa ‘allamahû mimma yasâ’u wa lawla dafu-L-Lâhin-nâsa<br />

ba‘dahum bi ba‘dn lafasadati-l-’a r ^ wa lâkinna-L-Lâha ^ fadin<br />

‘ala-l-‘âlamin (251) tilka ’âyâtu-L-Lâhi natlûhâ ‘alayka bi-l-|aqqi wa ’innaka<br />

lamina-l-nmrsalîîi (252).<br />

Lorsqu’ils se trouvèrent face à face avec Goliath et ses troupes, ils<br />

s’écrièrent: «Seigneur arme-nous de patience, affermis nos pas et donnenous<br />

la victoire sur ce peuple Infidèle». (2^). Ils les mirent en déroute par<br />

la grâce d’Allah. David tua Gk>liath. Allah lui donna le pouvoir et la sagesse<br />

et lui enseigna ce qu’il crut bon. SI Allah ne dressait pas les peuples<br />

les uns contre les antres, la terre retournerait an chaos. Mais Allah est<br />

plein de bonté envers les hommes. (251). Ce sont là des vérités qu’Allah te<br />

révète parce que tu es du nombre des Pro^ètes. (252).<br />

359


La petite troupe des hommes fidèles qui étaient avec Talout, en<br />

marchant contre Goliath et son armée très nombreuse, implorèrent<br />

Dieu: «Notre Seigneur, verse en nous la patience de chez Toi, affermis<br />

nos pas en affrontant l’ennemi pour ne jamais fuir et accorde-nous la<br />

victoire sur le peuple incrédule».<br />

Ils les mirent en fuite avec la permission de Dieu et David tua Goliath.<br />

Talout (Saül) avait promis à David s’il tue Goliath, de le marier<br />

d’avec sa fille, lui donner une partie de ses richesses et le laisser participer<br />

au pouvoir. Plus tard, la royauté fut confiée à David et Dieu lui<br />

accorda aussi la prophétie. Ce à quoi Dieu fait allusion en disant:<br />

«Dieu accorda la royauté à David dont Talout tenait en main, et la prophétie<br />

après Samuel. Il lui enseigna aussi la sagesse et la science ce<br />

qu’il voulut.<br />

Puis Dieu dit: «Si Allah ne dressait pas les peuples les uns contre les<br />

autre, la terre retoumrait au chaos», justement comme 1avait repoussé<br />

le peuple de Goliath par la troupe des fils d’Israël. -S’il n’avait pas accordé<br />

la victoire à David contre Goliath, les fils d’Israël auraient été<br />

anéantis. Dieu aussi montre cette vérité dans ce verset: «Si Dieu<br />

n’avait pas repoussé certains hommes par d’autres, des ermitages auraient<br />

été démolis, ainsi que des synagogues, des oratoires et des mosquées où le<br />

nom de Dieu est souvent invoqué») [Coran XXII, 40].<br />

Ibn Omar a rapporté que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et<br />

le salue- a dit: «Grâce au musulman vertueux, Dieu repousse les malheurs<br />

de cent familles de ses voisins», Puis Ibn Omar récita: «Si Allah ne dressait<br />

pas les peuples...» Oubada Ben As-Samett a rapporté que l’Envoyé<br />

de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Les hommes pieux et<br />

nobles parmi ma communauté sont au nombre de trente grâce auxquels<br />

Dieu vous accordera les biens, la pluie et la victoire» (Rapporté par Ibn<br />

Mœrdaweih/^K<br />

Dieu certes est celui qui dispense Ses grâces et faveurs aux hommes.<br />

Il a le pouvoir sur eux et les juge selon Sa sagesse. II a raconté<br />

à Son Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- de tels événements<br />

(1) juS/l» ^1 J ^ j Jlî :Jli jj »iLe- ^<br />

.(Ipjiy C--UJI ïjU ^<br />

360


qui avaient eu lieu dans le temps afin que les gens d’Ecriture sachent<br />

que cela est conforme à ce qui a été cité dans leur Livre bien que<br />

leurs docteurs ne l’ignoraient pas, et pour confirmer la prophétie de<br />

Son Envoyé.<br />

'i^jj ^ ^ ^yí>y\<br />

JjL jiiÎ U jJ j (jlxp ISIjIîj<br />

Ci* ^ [y* S i<br />

^ < 3 ^<br />

i>u_j5Î u "îiii iC£ j ) j<br />

tilka-r-rusulu fa(Mnâ ba‘^hum ‘ala ba‘dn minhum man kallama-L-Lâhu<br />

wa rafa‘ ba‘


ait gratifié à cause du foudroiement qu’avait subi auprès du mont Sinaï.<br />

Donc ne me donnez aucune supériorité sur les autres Prophètes» (Rapporté<br />

par Boukhari et Mousüm)^^K<br />

On peut se demander comment peut-on arranger entre ce hadith<br />

et le verset précité? Plusieurs opinions ont été données à ce sujet:<br />

1 - Le hadith a été dit avant la révélation du verset, et cela est à<br />

discuter:<br />

2 - Ce hadith prouve la modestie du Prophète.<br />

3 - Ceci constitue une interdiction de la préférence d’un Prophète<br />

à un autre au cas où il y a une dispute entre deux hommes de communautés<br />

différentes.<br />

4 - Cette préférence ne doit pas être suscitée par un sentiment tribal<br />

ou confessionnel.<br />

5 - Il a de droit de Dieu seul de préférer les uns aux autres et les<br />

hommes sont tenus de se soumettre et d’y croire.<br />

Puis Dieu fait connaître aux fils d’Israël qu’il leur a envoyé Jésus<br />

fils de Marie en le soutenant par des preuves évidentes et le fortifiant<br />

par Gabriel pour confirmer son message. Certains parmi eux ont cru et<br />

d’autres restèrent infidèles et les uns et les autres n’étaient pas d’accord<br />

et s’entretuèrent. Si Dieu l’avait voulu ils ne se seraient pas entretués.<br />

mais tout cela dépendait de la prédestination et de la décision de<br />

Dieu qui fait ce qu’il veut.<br />

^ ^ ^ llj îjAit<br />

yâ ’ayyuhâ-l-ladîna ’âmanû ’anfiqû mimmâ razaqnâkum min qabli ’an<br />

ya’tiya yawmu-l-lâ bay‘un fîhi walâ hullatui walâ safa‘atun wa-l-kâfirûna<br />

humu-z-zâlimûn (254).<br />

(1) ^J¿ ùü sLjVI .iaij Ml<br />

■iSjyt- f' (i'jt î-jLîj LîJiU ^ J--»j ¿r* Jj'<br />

oljj) (»LjVI ijIp ^jJUaeJ ^<br />

362


o croyants, donnez sur ce que nous avons octroyé, avant que ne vienne<br />

le jour où il n’y aura plus ni transaction, ni amitié, ni intercession et où les<br />

infîdâes feront figure de coupable. (254).<br />

Dieu ordonne aux hommes de dépenser dans sa voie une partie<br />

de biens de ce qu’Ii leur a accordé, afin que ce soit pour eux en tant<br />

que récompense réservée auprès de Lui, et qu’ils hâtent avant la venue<br />

d’un jour, c’est à dire le jour de la rétribution, où ni marchandage,<br />

ni amitié, ni intercession, ni rachat ne subsisteront, ni même une généalogie<br />

comme Dieu le montre dans ce verset; «Quand ou soufflera<br />

dans la trompette, ce jour-là, il ne sera plus question, pour eux, de généalogie<br />

et üs ne s’inteirogeront plus») [Coran XXIII, 101].<br />

En ce jour-là, lès incrédules seront les injustes car ils rencontreront<br />

le Seigneur en tant qu’infidèles et Lui ne lésera personne. ‘Ata<br />

ben Dinar a commenté cela en disant; «Louange à Dieu qui a dit que<br />

les incrédules seront injustes et II n’a pas dit que les injustes seront incrédules».<br />

4 ty v i i a i 4 Í i f y - î; % , • i ^ •il ü i '-i i i r<br />

'Îj L»j ^ tS^\ li<br />

»iji "ij<br />

¿ tí. Cl<br />

^ ¿ p 'í ÍnJiíer<br />

’Al-Lâhu lâ ’ilâha ’illâ huwa-l-Myyu-l-qayyûmu lâ ta’huduhû sinatun walâ<br />

nawmul-lahû mâ fi-s-samâwâti wamâ fî-l-’arçli man dâ-l-ladî yasfa‘u<br />

‘indahû ’illâ bi ’idnihî ya‘lamu mâ bayna ’aydihim wamâ halfahum walâ<br />

yuMtûna bi say’im min ‘ilmihî ’illâ bimâ sâ’a wasi‘a kursiyyuhu-s-samawâti<br />

wa-l-’a r ^ walâ ya’ûduhu Mfzuhumâ wa huwa-l-‘aliyyu-l-‘azîm (255).<br />

Allah, il n’y a d’autre Dieu que Lui, le Vivant, celui qui pourvoit à<br />

tout. Lui qui échappe à l’assoupissement et au sommeil. Lui le Maître des<br />

cieux et de la terre. Qui donc peut intercéder auprès de Lui sans sa permission?<br />

n connaît le passé et l’avenir. Et les hommes n’appréhendent de Sa<br />

science que ce qu’il veut bien. Son Trône déborde le ciel et la terre, qu’il<br />

conserve en se jouant. Il est le Très-haut et le Tout-Puissant. (255).<br />

Pour montrer l’importance et le grand mérite de ce verset appelé<br />

363


«Le verset du Trône», on se contente de rapporter ces quelques hadiths;<br />

- Oubay ben Ka'b a dit que le Prophète -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- lui a demandé: «Quel est le meilleur verset qui se trouve dans le Livre<br />

de Dieu» Il lui répondit: «Dieu et Son Envoyé sont les plus savants».<br />

Comme il réitéra cette question sans avoir aucune réponse, il<br />

lui répliqua: «Il est le verset du Trône». Puis il ajouta: «Que l’acquisition<br />

de la science te soit facile ô Abou Al-Moundher. Par celui qui tient mon<br />

âme en Sa main, ce verset a une langue et deux lèvres pour célébrer la<br />

gloire de Dieu auprès du Trône». (Rapporté par Ahmedÿ^K<br />

- Anas rapporte que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-<br />

demanda à un de ses compagnons: «Ô untel, est-tu marié?» - Non,<br />

lui répondit-il, car je ne possède rien qui puisse assurer le ménage. Il<br />

lui redemanda: «Ne connais-tu pas par cœur la sourate: Dis: «Lui Dieu est<br />

Un».<br />

- Certes oui.<br />

- Voilà une sourate qui équivaut-en mérite- au quart du Coran. Ne<br />

connais-tu pas la sourate «Les incrédules»?<br />

- Certes oui.<br />

- En voilà une autre qui a le même mérite. Ne connais-tu pas la sourate<br />

«Le tremblement de terre?»r<br />

- Certes oui.<br />

- En voilà aussi le quart du Coran. Ne connais-tu pas la sourate «Le<br />

secours»?) [Coran CX].<br />

- Certes oui..<br />

- En voilà encore le quart du Coran. Ne connais-tu pas le verset du<br />

Trône?».<br />

- Certes oui.<br />

(1) Jlî .4)1 ».jlsT ^ ÎjF J-^il Lfilj làl Jj-oj ^ jJ<br />

:Jli ¿il t/ll ,^ 1 ùî<br />

«Arf U y I*-' U«ÿ<br />

.1^yà\ JUP (ilJULtJl ULmJ<br />

364


- Il équivaut encore au quart du Coran/^K (Rapporté par Ahmed/^K<br />

- Abou Dzarr -que Dieu l’agrée- a rapporté: «Je vins trouver le Prophète<br />

-qu’Allah le bénisse et le salue- alors qu’il était dans la mosquée,<br />

il me dit: «Ô Abou Dzarr, as-tu fait la prière.<br />

- Non, répondis-je.<br />

- Lève-toi donc et fais-la.<br />

Après avoir achevé la prière, je m’assis auprès de lui. Il me dit:<br />

- O Abou Dzarr, demande refuge auprès de Dieu contre le mal des démons<br />

des génies et des hommes.<br />

- Ô Envoyé de Dieu, les hommes ont-ils des démon?<br />

- Oui.<br />

- Ô Envoyé de Dieu, que dis-tu au sujet de la prière?.<br />

- La meilleure œuvre, on peut se contenter des prières prescrites comme<br />

on peut augmenter la récompense par d’autres surérogatoires.<br />

-E t le jeûne?<br />

- Il est une obligation dont l’acquittement sera récompensé, on peut<br />

également augmenter cette récompense.<br />

- Et l’aumône?<br />

- Elle sera rendue au centuple.<br />

- Quelle est l’aumône la plus récompensée?<br />

- Celle faite par un homme qui n’est pas aisé ou une autre donnée à un<br />

pauvre en cachette.<br />

- O Envoyé de Dieu! Qui a été le premier Prophète?<br />

(1) On entend par ce hadith rapporté par Ahmed que l’homme pauvre peut pré-<br />

, senter à sa femme en tant que dot l’enseignement de Coran, (le traducteur).<br />

(1) Ja :Jlü JL- ùl ¿¡e-<br />

¿ij* :Jli ‘(_s^ 'JI-*<br />

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‘.Jü «ùîjiil ;jü Lfjl J i ;JÜ<br />

sbr )jl :Jli :Jli -jLî li)<br />

cJL :JU VI 4 M ¿1 l ¿JU- :Jlî «ùiyül :jli :Jli<br />

365


- Adam à qui Dieu a parlé.<br />

- Quel était le nombre des Envoyés?<br />

- Trois cent dix et quelques, un grand nombre.<br />

- Quel est le verset le plus grandiose dans le Livre de Dieu?<br />

- Le verset du Trône: «Allah, il n’y a d’autre Dieu que Lui, le vivant...).<br />

(Rapporté par Ahmed et Nassai/^K<br />

- Abou Houraira a rapporté le récit suivant;<br />

«L’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- m’a confié la<br />

garde de la zakat de Ramadan. Quelqu’un vint et commença à prendre<br />

une poignée de ces biens. Je le saisis et lui dis; «Je vais te traduire<br />

devant l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-; «- Je suis<br />

très besogneux, me répondit-il, à bout» Je le laissai partir. Le lendemain,<br />

l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- m’a dit; «Ô<br />

Abou Houraira, qu’a fait ton prisonnier hier?» Je lui répondis; «O Envoyé<br />

de Dieu, il s’est plaint d'une pauvreté et m’a dit qu’il est un père<br />

de famille; j ’ai été clément et je l’ai laissé partir» -Sûrement il a menti,<br />

répliqua-t-il, et il reviendra. En croyant toujours aux paroles de l’Envoyé<br />

de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- j’ai été sûr qu’il reviendra.<br />

En effet il revint et prit une poignée de grain, je lui dis alors: «je<br />

vais te traduire devant l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le t}énisse et le sa-<br />

(1) Ü \ii :jU i c—Wô ^ ^ 41 j j jjP<br />

U Li :jU i c— Ur ;JÜ nj-,«* ¡41 :JÜ Ci ;c-lî lŸ cJU J *<br />

:Jlî jI 4)i ^ :c-Ü .JU o*<br />

frLî- Jjl iLî. W ;cJlî tjU<br />

Jj—j li-kj* “àl 4»t W;c-U t jlî<br />

jl tjÂ* ;Jlî ^ : ^ .Ijj) j» % *i\ '51 î,ii :JU<br />

366


lue-» Il répondit: «Laisse-mol, car j’en ai besoin et je suis père de famille,<br />

et je te promets que je ne reviendrai plus». J’ai éu de la compassion<br />

envers lui et je l’ai laissé partir. Le lendemain matin, l’Envoyé de<br />

Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- me demanda: «O Abou Houraira,<br />

qu’a fait hier ton prisonnier?» Je lui répondis: «O Envoyé de Dieu, il<br />

s’est plaint de sa pauvreté et qu’il a une famille. J’ai été clément et l’ai<br />

laissé partir» - Il a menti répliqua-t-il, et il reviendra.<br />

Je le guettai pour la troisième fois, il vint en effet et prit une poignée<br />

de la nourriture, je le saisis en lui disant: «Je vais te traduire devant<br />

l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-. C’est la<br />

troisième fois que tu présumes de ne plus revenir, mais te voici revenu»<br />

Il me répondit: «Laisse-moi, et je vais t’appendre des mots, si tu<br />

les diras, ils te seront utiles auprès de Dieu» - Quels sont ces mots?<br />

demandai-je. - Lorsque tu te mets au lit, rétorqua-t-il, récite le verset du<br />

Trône. «Dieu, il n’y a de Dieu que Lui, le vivant, celui qui subsiste par<br />

Lui-même» Jusqu’à la fin du verset. Dieu te gardera et aucun démon<br />

ne t’approchera jusqu’au matin». Et je le laissai partir.<br />

Le lendemain matin, l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-<br />

me demanda: «Qu’a fait ton prisonnier hier?» Je lui répondis: «O<br />

Envoyé de Dieu, il a prétendu qu’il va m’enseigner quelques mots qui<br />

me seront utiles auprès de Dieu, et je le laissai partir» - Quels sont ces<br />

mots? me dit-il. - Il m’a dit: «Lorsque tu te mets au lit, récite le verset<br />

du Trône, et il a ajouté que Dieu ne cessera de veiller sur moi, et pas<br />

un démon ne m’approchera jusqu’au matin. Le Prophète -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- dit alors; «Penses-tu qu’il t’a dit la vérité bien qu’il<br />

est un imposteur? O Abou Houraira, sais-tu à qui tu as parlé trois nuits de<br />

suite?» - Non, répondis-je - Eh bien, reprit-il, c’est un démon». (Rapporté<br />

par Boukhari/^ \<br />

(1) ^ :JU i ij i jA J-Ü yyi<br />

;cJîj c^UJaJI QA J i\^j iis-ij<br />

14JLP :JÜ tîJjJLi JLp -àl<br />

^ ;c-lî 4JIÎ Çtô-jÜI L» îjiy» Ut IjI jU* cc-s>.^Ü<br />

Jli 4 Ul| ;Jli ÿ «JbJlii Â^UtcJLü<br />

^


- Abou Oumama a dit en remontant ce hadith au Prophète -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue-: «Le Nom Sublime de Dieu par lequel on<br />

L’invoque et il exauce, se trouve dans ces trois versets: «Allah, fl n’y<br />

a d’autre Dieu que Lui, le Vivant, celui qui pourvoit à tout») [Coran II,<br />

255] - «Alif.Lam.Mim. Dieu, il n’y a de Dieu que Lui, le Vivant, celui<br />

qui subsiste par lui-même») [Coran III, 1-2]. «Les visages s’himiilieront en<br />

présence du Vivant, de celui qui subsiste par Lui-même») [Coran XX,<br />

111]■ jA *511 *Jj '¡I<br />

JJ-«J ^ JLâi C-J-ixi (jîs- ùUai«- J t-laîL»- 4l<br />

41 l«j ^1 41 li itulî (Çîj>-jÜI Uj 41<br />

¿y> iji îjîU viXitÿ CjjÎ lil Jü Jlî Ui ;Jlî c -Jjô Vjj<br />

^ ¿A> Jtj. ^ :^J Jlîj ¿it). :4,VI ^ l i i j \<br />

JLü _ s,|^ ùUa.-i* ¿ii Mj ciàiL»- 4i<br />

bl li JU il>^ü jJU; .‘-jjlS' ybj ¿iîJ-^ Ul» ^^^1<br />

.(DUs^ iJlij :Jlî .V :cJî<br />

(1) ijiJi ijj^ ^ '■*! 41 :Jlî * -* * Jlîj cd^Jaj OlJîj<br />

SjJrjJ' jJ» *¡11 aJI -r«-*'<br />

368


prière prescrite, rien que la mort ne l’empêche d’entrer au Paradis». (Rapporté<br />

par Nassai et Ibn Mardaweh)^^K<br />

- Abou Houraira a' rapporté que l’Envoyé de Dieu -qu’Allaii le bénisse<br />

et le salue- a dit: «Quiconque récite au matin les trois premiers versets<br />

de la sourate «Celui qui pardonne» [Coran XL] et le verset du Trône,<br />

sera gardé toute la journée jusqu’au soir. Et celui qui les récite le soir, sera<br />

gwdé toute la nuit jusqu’au matin». (Rapporté par Timùdù)^^K<br />

- Abou Houraira a rapporté que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- a dit: «Dans la sourate «La vache», il y a un verset qui<br />

est le chef des versets du Coran; il n’est récité dans une maison sans que le<br />

démon ne la quitte». (Rapporté par Al-Hakem^^K<br />

Que renferme le verset du Trône?<br />

Des choses très importantes dont nous allons montrer:<br />

- «Allah, il n’y a de Dieu que Lui» il est le Dieu unique et le Maître<br />

de toutes les créatures.<br />

- «Le Vivant, celui qui pourvoit à tout»: Le vivant qui ne mourra jamais<br />

alors que toutes les créatures périssent. Il pourvoit à leurs besoins<br />

et elles ont toujours besoin de Lui.<br />

- Lui qui échappe à l’assoupissement et au sommeib> Il est toujours<br />

éveillé sans être sujet à une distraction ou à une inattention, plutôt II<br />

observe de près toutes les œuvres de Ses créatures, rien ne Lui est<br />

caché, Il est celui qui voit et entend tout. A cet égard Abou Moussa a<br />

raconté: «L’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- nous sermonna<br />

et dit: «Dieu ne dort p ^ et le sommeil ne Lui convient jamais. Il<br />

accorde largement comme II donne sur mesure. Les œuvres de Ses créatures<br />

oljj) OÎ ¿y.<br />

(2) iiîj ^ i j -à) JU :JU ^<br />

u-jj J iii<br />

U-Jj -liii<br />

(3) ^ ùijiJt ti) ÎjÎ LfJ îyîJI :jü -¡^<br />

y 'ill OUsii c-»j<br />

369<br />

i t j j )


commises dans la journée Lui seront élevées avant celles de la nuit, et celles<br />

de la nuit avant le lever du soleil. Son voile est de lumière ou de feu, s ’il<br />

Votait, la splendeur de Sa Face aurait brûlé les visages qui L ’auraient vu»<br />

(Rapporté par MousUm/^K<br />

Ibn Abbas a raconté que les fils d’Israël demandèrent à Moïse:<br />

«Ton Seigneur, s’endort-ll?» Il leur répondit: «Craignez Dieu». Le Seigneur<br />

à Lui la puissance et la gloire l’interpella: «O Moïse, ton peuple<br />

vient de te demander si ton Seigneur s’endort? Prends deux bouteilles<br />

avec tes mains et passe la mit éveillé». Moïse s’exécuta. Quand le<br />

premier tiers de la nuit s’écoula, il s’assoupit et tomba sur ses genoux.<br />

Puis il se réveilla et tint ferme les deux bouteilles. A la fin de la nuit, il<br />

fut gagné par le sommeil et les bouteilles se cassèrent. Dieu l’interpella<br />

alors; «O Moïse! Si Je m’endormais, les cieux et la terre se seraient<br />

écroulés et tout aurait péri, comme les deux bouteilles dont tu tenais<br />

de tes mains et qui finirent par se briser». Il révéla aussitôt à Son Prophète<br />

-qu’Allah le bénisse et le salue- le verset du Trône».<br />

- «Lui le Maître des deux et de la terre» Tous les hommes sont Ses<br />

serviteurs, vivant dans son royaume et soumis à Son pouvoir, comme<br />

Il le montre dans ce verset; «Tous ceux qui sont dans les cieux et sur la<br />

terre se présentent au Miséricordieux comme de simples serviteurs») [Coran<br />

XIX, 93].<br />

- Qui donc peut intercéder auprès de Lui sans Sa persmission?» Ce<br />

verset est pareil à ces deux autres: «Que d’anges dans les cieux dont<br />

l’intercession sera inutile sinon après que Dieu l’aura permise pour qui II<br />

voudra et avec Son agrément») [Coran LUI, 26]. et: «Us n’intercèdent qu’en<br />

faveur de ceux que Dieu agrée») [Coran XXI, 28]. C’est sans aucun<br />

doute une preuve de la grandeur, de la Majesté et de l’orgueil du Seigneur.<br />

Nul ose intercéder auprès de Lui sans Sa permission. L’Envoyé<br />

de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit dans un hadith se rapportant<br />

à son intercession: «je viendrai me prosterner devant le Trône, Dieu<br />

(1 ) A* ùli :JUi oUAS" Ç4j\i ¿1 fü :Jli<br />

Ji* Js^'<br />

^ u» AÂiS' tjUI jl<br />

• ( r ^ oijj)<br />

370<br />

^


me laissera ainsi le temps qu’il voudra, puis on me dira: «Relève la tête.<br />

Parle on t ’écoute. Intercède et on t ’exauce». Puis on me fixera un nombre<br />

d ’hommes de ma communauté qui entreront au Paradis» (Rapporté par<br />

Boukhari, Timudzi et Ibn Maja/^K<br />

«n connaît le passé et l’ayenir» qui est une autre preuve de la Grandeur<br />

de Dieu dont Sa science embrasse tout, et II connaît parfaitement<br />

ce qui se trouve devant les hommes et derrière eux. Il a dit de même<br />

quand II a parié des anges: «Nous ne descendons que sur l’ordre de ton<br />

Seigneur. A lui appartient ce qui est devant nous, ce qui est derrière nous<br />

et ce qui se trouve entre l’un et l’autre. Ton Seigneur n’oublie rien») [Coran<br />

XIX, 64].<br />

- «Et les hommes n’appréhendent de Sa science que ce qu’il veut bien»<br />

Les hommes n’embrassent de la science de Dieu que ce qu’il veut leur<br />

communiquer. Comme on peut aussi interpréter cela d’une autre façon;<br />

«Ils ne connaissent de la nature de Dieu ou de Ses Attributs que ce<br />

quMI veut bien qu’Hs le sachent» et ceci est pareil à Ses paroles:<br />

«Alors que leur science ne peut L’atteindre») [Coran XX, 110.<br />

- S(m Trône déborde le ciel et la terre» On a commenté cela en disant<br />

qu’il s’agit de Son repose -pied, comme il a été aussi confimné par<br />

un haditti rapporté par Ibn Abbas qu'en demandant l’Envoyé de Dieu -<br />

qu'Ailah le t>énisse et le salue- au sujet du Trône, il répondit; «Il est le<br />

repose-pied, quant au Trône nul autre que Dieu ne puisse l ’imaginer». Et<br />

dans un autre hadith, il a dit: «Si les sept deux et les sept terres étaient<br />

étendus et qu’on joignait les uns aux autres, ils ne sauraient être par rapport<br />

au Trône que comme un maillon jeté dans un désert», ou suivant un<br />

troisième hadith; «que comme sept dirhams mis sur un bouclier» (Rapporté<br />

par Ibn Jarir).<br />

Omar -que Dieu l'agrée- a rapporté: «Une femme vint trouver l’Envoyé<br />

de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- et lui demanda: «Invoque-moi<br />

Dieu afin qu’Il me fasse entrer au Paradis». Il exalta alors la<br />

Grandeur de Dieu qu’Il soit Béni, le Très-Haut et dit: «Son Trône déiljj)<br />

.lAiJÿJl ^ _ JÜ_ çJLÎj J Jïj viJL*lj ^J\<br />

371


orde le ciel et la terre et il a un bruit pareil du grincement d ’une lourde<br />

selle».<br />

- Qu’Il conserve en jouant» c’est à dire il ne lui est pas une charge,<br />

Lui qui maintient les cieux et la ten-e, observe toute âme et ce qu'elle<br />

commet, qui voit tout et rien ne lui échappe, que toutes les créations et<br />

créatures sont si minimes devant Lui, soumises et humiliées, ont besoin<br />

de Lui alors qu’il se suffit à Lui-même, le digne de louanges et de<br />

gloires. Il fait ce qu’il veut. Il interroge les hommes et n’est point interrogé,<br />

qui domine tout, qui demandera compte, il n’y a d’autre Seigneur<br />

que Lui.<br />

- «n est le Très-Haut et le Tout-Puissant» qui sont pareils à ses dires:<br />

«n est le Grand, le Très-Haut») [Coran XIII, 9].<br />

ÿ ) i ^ i j i j s ^ J- ^ ^<br />

lâ ’ikrâha fî-d-dîni qat-tabayyana-r-rusdu mina-l-gayyi famay-yakfur bit-<br />

^gûti wa yu’mim bi-L-Lâhi faqadi-s-tamsaqa bil-‘urwati-l-wutqâ lanfîsâma<br />

lahâ w-AL-Lâhu sami‘un ‘alîm (256).<br />

Plus de contrainte dans la religion maintenant que le vrai se distingue<br />

de l’erreur. Celui qui rejette l’erreur et qui croit en Allah est semblable à<br />

celui qui est accorché à une anse solide, indétachable. Allah entend et sait<br />

tout. (256).<br />

Dieu exhorte les hommes à ne plus contraindre les autres à embrasser<br />

l’islam qui est devenu clair et évident à tout le monde, qui n’a<br />

besoin des autres pour y adhérer sauf ceux que Dieu veut bien les diriger,<br />

leur ouvre les poitrines, et illumine leur intérieur. Quant à ceux à<br />

qui Dieu a scellé sur leur ouïe et leur vue, rien ne leur servira de se<br />

convertir sous la contrainte. On a dit que ce verset fut révélé au sujet<br />

de quelques Médinois bien que cette règle s’étend à tout.<br />

Ibn Jarir a rapporté d’après Ibn Abbas qu’il a dit: «la femme qui<br />

souffrait de la stérilité faisait un vœu que, si elle devenait enceinte et<br />

mettait au monde ün garçon, elle ferait de lui un juif. Après l’expulsion<br />

de Bam An-Nadir, de Médine, il y avait parmi eux quelques Médinois<br />

372


qui disaient; «Pourquoi laissons-nous y nos enfants embrasser l’Islam»<br />

Dieu fit alors cette révélation; «Plus de contrainte dans la religion».<br />

Ibn Abbas a dit aussi; «Ce verset fut révélé au sujet d’un Médinois<br />

de Bani Salem ben ‘Aouf appelé Al-Houssayni qui avait deux fils chrétiens<br />

alors que Lui avait embrassé l’Islam. Il dit au Prophète -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue-; «Ai-je le droit à les contraindre pour se convertir<br />

parce qu’ils insistent à demeurer chrétiens» Dieu alors fit descendre<br />

ce verset.<br />

Abou Hilal Ben Asbaq a raconté: «J’étais un esclave chrétien appartenant<br />

à Omar Ben Al-Khattab qui me proposait de me convertir<br />

mais je refusais, il me répondait souvent: «Plus de contrainte en religion»<br />

et disait; «O Asbaq! Si tu avais embrassé l’Islam je t’aurais<br />

confié des charges qui concernent les affaires des musulmans».<br />

Une partie des ulémas ont jugé que ce verset concerne les gens<br />

de Livre et ceux qufadhèrent à leur religion avant le changement et<br />

l’altération de leur Livre au cas où iis payent la capitation. D’autres ont<br />

dit qu’il est abrogé par le verset qui appelle au combat dans la voie de<br />

Dieu et qu’il incombe à tout musulman d’appeler tout le monde à se<br />

convertir, celui qui refuse d’embrasser l’islam, se montre rebelle et ne<br />

s’acquitte pas du tribut, sera combattu jusqu’à la mort. Voilà ce qu’il<br />

faut comprendre par le mot contrainte que Dieu le nrontre dans ce verset;<br />

«Vous serez bientôt appelés à combattre contre un peuple doué d’une<br />

force redoutable. Vous les combattrez ou bien ils se soumettront à Dieu»)<br />

[Coran XLVHI, 16).<br />

Dieu a dit de même: «O Proi^iète! Combats les incrédules et les hypocrites:<br />

Sois dur enyers eux») [Coran LXVI, 9] et: «O t o u s qui croyez!<br />

Combattez ceux des incrédules qui sont près de vous. Qu’ils vous trouvent<br />

durs. Sachez que Dieu est avec ceux qui Le craignent») [Coran IX, 123].<br />

Dans le Sahih il a été cité que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- a dit; «Ton Seigneur s ’étonne des gens qui entreront au<br />

Paradis enchmnés» C’est à dire des prisonniers qu’on amène au pays islamique<br />

avec des chaînes aux pieds et des carcans aux cous, puis ils<br />

se convertissent, ont la foi et seront par la suite des élus du Paradis.<br />

Quant au hadith rapporté par Ahmed d’après Anas où l’Envoyé de<br />

Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- avait dit à un homme; «Convertis-<br />

373


toi à l’islam». Il lui répondit; «cEst-ce par contrainte?» - Oui, répliqua-t-il,<br />

même si tu es contraint» il ne faut pas le commenter comme tel, car<br />

l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- ne contraignait pas<br />

l’homme à embrasser l’Islam mais il l’y appelait. En lui répondant qu’il<br />

le répugnait, il l’exhortait quand même à se convertir et Dieu lui accordera<br />

plus tard la bonne intention et la dévotion une fois converti.<br />

«Celui qui rejette l’erreur et qui croit en Allah est semblable à celui<br />

qui est accorché à une anse solide indétachable» Ceci signifie que celui<br />

qui cesse de reconnaître des égaux à Dieu, adore Dieu seul sans rien<br />

lui associer et atteste qu’il n’y d’autre divinité que Dieu, saisira bien<br />

l’anse solide et sans fêlure. Il sera mis sur la voie droite et suivra la<br />

bonne direction.<br />

Omar- que Dieu l’agrée- a dit; «Le Jibt signifie la magie. Le Taghout<br />

(cité dans le verset sous le nom erreur) est le démon. La générosité<br />

de l’homme est sa religion, sa lignée est son caractère qu’il soit<br />

Persan ou Nabatéen. Le taghout qui signifie d’après Omar, le démon,<br />

est en réalité toutes les abominations que pratiquaient les gens à<br />

l’époque préislamique (Jahilia).<br />

Cette anse solide et sané fêlure est certes la foi ferme qui ne<br />

pourra être ébranlée tout comme un anneau solide qu’on ne peut pas<br />

le briser. D’autres ont dit qu’elle signifie l’Islam, et pour d’autres encore<br />

c’est la profession de foi.<br />

L’imam Ahmed a raconté d’après Mouhammed Ben Qaïs le récit<br />

suivant; «Me trouvant dans la mosquée, un homme entra l’air humilié,<br />

fit deux raka’ts très courtes. Les gens disent; «C’est un bienheureux<br />

du Paradis». En sortant, je suivis l’homme jusqu’à sa demeure et j’entrai<br />

chez lui. Quand ma présence lui devint familière, je lui racontai ce<br />

que les hommes ont dit de lui. Il répondit; «Gloire à Dieu! Il ne<br />

convient jamais à quiconque de dire des choses qu’il ignore. Quand<br />

même je vais te le dire; «Du temps de l’Envoyé Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- je fais une visiçn et je la lui ai racontée. «Je me trouvai<br />

dans un verger verdoyant, au milieu une colonne en fer plantée<br />

dans le sol et dont le bout atteignait le ciel, muni d’une anse. On me<br />

dit; «Monte» - Je ne puis le faire répondis-je. Un homme vint tenir de<br />

ses mains mes vêtements et me dit; «Monte». J’escaladai la colonne<br />

et arrivant à l’anse, il me dit; «Tiens-la fermement». Je m’éveillai et je<br />

374


trouvai l’anse dans ma main. En racontant cette vision à l’Envoyé de<br />

Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-, il l’interpréta de la façon suivante:-<br />

«Le parterre est l’Islam, la colonne est son pilier, quant à l ’anse,<br />

elle signifie que tu mourras en vrai musulman». On a dit que cet homme<br />

était Abdullah ben Salam.<br />

^ j á í ^ j í j l J ¡ \ ¿ i<br />

’AL-Lahú waliyyu-1-ladîna ’amânû yuhrijxihum mina-z-^umátí ’ila-n-nüri<br />

wa-1-ladîna kafarú ’awliyâ’ûhumu-t-tâgûtu yuhrijûnahum mina-n-nûri<br />

’ila-z-zulumâti ’ûlâ’ika ’asMbu-n-nâri hum fihâ hâlidûn (257).<br />

Allah est le patron des croyants, qu’il tire des ténèbres vers la lumière.<br />

Les infidèles ont pour patron Taghout qui les arrache de la lumière pour<br />

les jeter dans les ténèbres. Us auront l’enfer pour demeure étemelle. (257).<br />

Dieu fait connaître aux hommes qu’il dirige dans les chemins du<br />

Salut ceux qui cherchent à Lui plaire. Il fait sortir Ses serviteurs<br />

croyants des ténèbres de l’incrédulité, de doute et de soupçon vers la<br />

lumière de la vérité claire, facile et éclatante. Quant aux incrédules, ils<br />

ont pour patron le Taghout - le démon- qui leur embellit le chemin de<br />

l’égarement et de l’ignorance, les déviant ainsi du chemin droit vers<br />

l’impiété et ils seront voués à l’enfer pour l’éternité.<br />

On peut se demander pourquoi le mot «ténèbres» est au pluriel<br />

tandis que le mot «lumière» est au singulier? La réponse est que l’incrédulité<br />

comporte pulsieurs branches, taridis que la lumière signifie la<br />

Vérité indivisible. Dieu le montre également dans ces versets: «Tel est,<br />

en toute droiture, Mon chemin, suivez-le donc. Ne suivez pas les chemins<br />

qui vous éloigneraient du chemin de Dieu. Voilà ce qu’il vous ordonne.<br />

Peut-être le craindrez-vous») [Coran VI, 153] et: «... et qui a établi les ténèbres<br />

et la lumière») [Coran VI, 1].<br />

Ü Í ¿ Jlî (1)1 4 ^ Jj, -P<br />

375


’alam tara ’ila-l-ladî Mjja ’Ibrahîma fî rabbihî ’an ’âtâhu-L-Lâhu-l-mulka<br />

’id qâla ’Ibrahîmu rabbî-l-ladî ‘yuhuyî wa yumîtu qâla ’ana ’uhyyi wa<br />

’umîtu qâla ’Ibrahîmu fa’inna-L-Lâha ya’tî bi-s-samsi mina-l-masriqi fa’ti<br />

bihâ mina-l-magribi fabuhita-l-ladî kafara w-AL-Lâhu lâ yahdi-l-qawmaz-zâlimîn<br />

(258).<br />

Te souyiens-tu de ce personnage à qui Allah avait donné une royauté,<br />

et qui discutait avec Abraham au sujet d’AUah. Abraham dit: «Mon Allah<br />

est celui qui donne la vie et la mort». «Moi aussi, dit l’autre, je donne la<br />

vie et la mort». Abraham répliqua: «Allah fait lever le soleil à l’Orient.<br />

Fais-le lever, toi, à l’Occident». L’incrédule resta loi. Allah ne dirige point<br />

les gens pervers. (258).<br />

Nemrod Ben Kan’an le roi de Babel (Babylone) était ce personnage<br />

qui discutait avec Abraham au sujet de son Seigneur. Moujahed<br />

a dit: «Il y avait quatre personnages dont leur règne s’étendait le<br />

l’orient vers l’occident: deux croyants qui sont Souleiman le fils de David<br />

et Dzoul-Qarnaîne, et deux impies qui sont Nemrod et Bakhtanassar.<br />

'<br />

Dans ce verset, Dieu s’adresse à Son Prophète: «O Mouhammad,<br />

n’as-tu pas vu (par ton for intérieur) celui qui discutait avec Abraham<br />

au sujet de l’existence de Dieu». Car ce roi-là avait renié l’existence<br />

d’un autre dieu que lui, tout comme Pharaon qui a dit aux chefs du<br />

peuple: «Je ne vous connais pas d’autre dieu que moi-même») [Coran<br />

XXVIII, 38]. La tyrannie de ce roi et la longue durée de sa royauté<br />

qu’on a évaluée à quatre cent ans, l’avaient porté à cette incrédulité. Il<br />

avait demandé à Abraham la preuve de l’existence de ce Dieu à qui il<br />

appelait. Abraham lui répondit: «Mon Seigneur est celui qui fait vivre et<br />

qui fait mourir» C’est à dire qu’il est te créateur de tout l’univers, de<br />

toutes ces choses qu’on observe. Il peut les anéantir comme II peut<br />

les laisser exister. Nemrod lui répliqua: «Moi aussi je fais vivre et je<br />

fais mourir». Qatada a commenté la réponse du roi en disant: «On<br />

m’amène deux coupables condamnés à mort, je tue l’un et laisse l’autre<br />

vivre en lui accordant mon amnisite. Ceci est, d’après lui, le sens<br />

376


de la vie et de la mort. Mais en fait, il n’a donné cette réponse que par<br />

obstination et incrédulité.<br />

Abratiam le défia une deuxième fois en lui disant que Dieu fait venir<br />

de soleil de l’Orient, si tu es vraiment capable de tout, comme tu le<br />

prétends, fais-le donc venir de l’Occident». Sentant sa perplexité, Nemrod<br />

garda le silence et fut confondu.<br />

Dieu dit qu’il ne dirige pas les gens injustes et incrédules en les<br />

privant de toute évidence car leur argument est sans valeur auprès de<br />

Lui, ils encourront sa colère et subiront le châtiment le plus douloureux.<br />

As-Souddy rapporte que cette discussion entre Nemrod et Abraham<br />

avait lieu après la sortie de ce dernier indemne du feu; car aucune<br />

polémique n’était faite auparavant.<br />

Zaid Ben Asiam raconte.que Nemrod accaparait toutes les nourritures<br />

et les gens venaient chez lui pour avoir leur portion. Abraham figurait<br />

parmi ces gens-là et la discussion avait lieu. Abraham ne reçut pas en<br />

ce jour-là sa portion et retourna bredouille. Avant de se rendre chez<br />

lui, il se dirigea vers une dune où il remplit du sable les deux sacs qu’il<br />

portait, en disant en soi-même: «je ferai semblant que j’ai apporté<br />

quelque chose à ma famille» Arrivé à la maison, il posa les deux sacs,<br />

s’accouda et le sommeil le gagna. Sa femme ouvrit les deux sacs et<br />

les trouva pleins de bonne nourriture. Elle lui prépara un bon repas. En<br />

s’éveillant et voyant la table servie, il s’écria: «D’où te provient tout cela?»<br />

Et sa femme de répondre: «C’est bien toi qui l’as apporté» Il constata<br />

alors que c’était un don de Diëu à Lui la puissance et la gloire.<br />

Zaid Ben AsIam dit: «Dieu envoya un ange à Nemrod pour l’appe-.<br />

1er à Lui et croire en Lui, mais le roi ne fit que s’obstiner en y refusant<br />

à trois reprises. L’ange lui dit alors: «Rassemble ton armée et je rassemble<br />

la mienne» Au lever du soleil, Nemrod avait formé une grande<br />

armée. Dieu en ce moment lui envoya une volée de moustiques qui<br />

formèrent une grande nuée et commencèrent à dévorer les corps des<br />

soldats en leur réduisant à des os pourris. Un moustique entre dans le<br />

nez du roi et y demeura quatre cent ans en lui causant une souffrance<br />

pemianente, et le roi, sous l’effet de ses douleure, frappait la tête qu’à<br />

la fin il trouva la mort».<br />

377


jm j é ^ ^ ^ j1<br />

-i'A o ^ j i ( » ^ Jé / 2Í jiS Ü Í iíC íí i ^ j í<br />

á j i i i ç p ^ , a ' à i j j ¿ e 2 i> ^ j : j i i<br />

^<br />

v i ; à = ^ , c y î J l j j L t ; l ^ t S I l¿ .c ¿ á c a ; i j t : ^<br />

@ i . i ^ ¿4= ^ á í Sí ^ 1 Jé ÍÍ lis tu 3 ú: ¿ 2<br />

’aw ka-l-ladî marra ‘alâ qaryatin wa hiya hâwiyatun ‘alâ ‘urûsihâ qâla<br />

’annâ yuhyyi hâdihi-L-Lâhu ba‘da mawtihâ fa’amâtahu-L-Lâhu mi’ata<br />

‘amin tumma ba'atahû qâla kam labitta qâla labittu yawman ’aw ba‘^<br />

yawmin qâla bal labitta mi’ata ‘amin fa-n-zur ’ilâ ta‘amika wa sarâbika<br />

lam yatasamiah wa-imir ’ilâ tdmârika wa linaj’alaka ’âyatan li-n-nâsi wanzur<br />

’ila-l-‘izâmi kayfa nunsizuhâ tumma naksûhâ lamían falamma tabayyana<br />

lahû qâla ’a‘lamu ’anna-L-Lâha ‘alâ kulli say’in qadîr (259).<br />

Te soimens-tu de cet homme qui, passant près d’une ville en ruines, interrogea:<br />

«Comment Allah pourra-t-Il faire revivre cette ville morte?» Allah<br />

le fît mourir, pendant cent ans, puis le rappela à la vie. 11 lui demanda<br />

alors: «Combien de temps as-tu dormi?» n répondit: «Un jour ou peut-être<br />

moins» Non, reprit Allah, tu as dormi pendant cent ans. Jette un coup d’ceil<br />

sur ta nourriture et ta boisson. Elles ne sont pas gâtées. Et maintenant regarde<br />

ton âne. Ton cas servira d’exemple aux hommes. Vois ses os, comment<br />

nous les assemblons, et ensuite comment nous les recouvrons de<br />

chair» A ce spectacle, cet homme s’écria: «je reconnais qu’Allah est tout-<br />

Pulssant» (259).<br />

Les opinions sont controversées au sujet de cet homme: Ali Ben<br />

Abi Taleb a dit qu’il est ‘Ouzaïr, soutenu par Ibn Jan'r d’après Ibn Abbas<br />

et Qatada, et qui est, à ce qu’il parait, la plus correcte. Un autre a<br />

dit qu’il s’agit de Ezéchiel Ben Bouar. Quant à Moujahed. Ha déclaré<br />

qu’il était un homme de Bani Israël.<br />

La ville morte est Jérusalem que Bakhtanassar avait détruite et où<br />

aucune âme vivait quand cet homme passa près d’elle. Il se tint sur<br />

ses ruines, pensa, se demandant comment Dieu pourra revivre cette<br />

ville vide et effondrée? Dieu le fit mourir cent ans. Après soixante-dix<br />

378


ans de sa mort, la ville fut reconstruite, peuplée de nouveau par ses<br />

habitants et les fils d’Israël y revinrent.<br />

Dieu le ressuscita en lui rendant la vue afin qu’il regarde comment<br />

Dieu le ramène à la vie. Une fois totalement ressuscité. Dieu, par l’intermédiaire<br />

d’un ange, lui demanda: «Combien de temps es-tu resté<br />

là? Il répondit: «J’y suis resté un jour, ou une partie du jour» Car Dieu<br />

le fit mourir le matin et le ramena à la vie à la fin de la journée.<br />

Comme il remarqua que le soleil était toujours brillant, il crut qu’une<br />

partie du jour seulement s’était écoulée.<br />

On lui répondit: «Tu y es resté cent ans. Regarde ta nourriture et ta<br />

boisson, elles ne sont pas gâtées» On rapporte qu’il avait du raisin, de figues<br />

èt du jus dont ni le goût ni l’odeur n’avaient été altérés ou leur<br />

quantité diminuée. Puis on lui dit: «Regarde ton âne» qui est devenu<br />

ossements et «observe comment on réunira les os puis on les revêtira de<br />

chair» dans le but de fairelje cet homme un Signe pour les hommes.<br />

As-Souddy raconte: «Le os de l’âne étaient éparpillés et cet<br />

homme contemplait leur blancheur. Puis Dieu envoya un vent qui rassembla<br />

les ossements pour être reconstitués, chaque os à sa place<br />

qu’à la fin ils fomnèrent le squelette complet debout sur les quatre pattes.<br />

Ce squelette fut revêti de chair, de nerfs et une peau. Dieu enfin<br />

envoya un ange qui lui insuffla l’âme par ses narines. L’âme brait avec<br />

la permission de Dieu, et l’homme était témoin de ce spectacle. Il<br />

s’écria: «Je sais que Dieu est puissant sur toute chose».<br />

© iS' 3 ^<br />

wa ’id qâla ’Ibrahimu rabbi ’arinî Kayfa tuhyi-l-mawtâ qâla ’awalam<br />

tu’min qâla balâ walâki-l-liyatma’inna qalbî qâla fahud ’arba ‘atam mina-ttayri<br />

fasurhunna ’ilayka tumma-j‘al ‘alâ kuli jabalim minhunna<br />

juz’an tumma- d‘uhunna ya’tinaka sa‘yan wa‘lam ’anna-L-Lâha ‘azîzun<br />

tokîm (260).<br />

Lorsque Abraham dit à Allah: «Seigneur, montre-moi comment tu ressuscites<br />

les morts?» Celui-ci répondit: «As-tu quelque doute sur ce point?».<br />

379


«Loin de là, reprit Abraham, mais mon csur a besoin d*être raffermi». Allah<br />

lui dit alors: «Prends quatre oiseaux, dépèce-les, et éparpilles-en les<br />

membres sur chaque colline. Puis appelle-les. Iis s’empresseront de venir à<br />

toi. Sonviens-toi qu’Alalh est tout-puissant et juste» (260).<br />

Une des raisons pour laquelle Abraham demandait à son Seigneur<br />

une chose pareille, était à l’origine de sa réponse à Nemrod; «Mon Allah<br />

est celui qui donne la vie et la morfo> ainsi il voulait passer de «la<br />

science certaine à la vue de la certitude». Il demanda alors à Dieu;<br />

«Seigneur, montre-moi comment tu ressuscites les morts?» Dieu lui<br />

répondit; «As-tu quelque doute sur ce point?» Et Abraham de répliquer<br />

sans hésitation; «Loin de là, mais mon cœur a besoin d’être raffermi» Ce<br />

doute n’était nullement une incertitude comme croient quelques-uns.<br />

Dieu ordonna à Abraham; «Prends quatre oiseaux, dépèce-les et<br />

éparpilles-en les membres sur chaque colline». Quels étaient ces quatre<br />

oiseaux? Bien que leur genre n’a aucune importance à le spécifier,<br />

sinon le Coran l’aurait montré clairement, mais quand même les ulémas<br />

n’en étalent pas d’accord à leur sujet; Ibn Abbas a dit qu’ils<br />

étaient: une oie, un autruchon, un coq et un paon. Moujahed a dit<br />

qu’ils étaient; un pigeon, un coq, un paon et un cort>eau.<br />

On raconte que Abraham, après les avoir égorgés, épilés et mélangé<br />

leurs différentes parties, les plaça sur quatre collines. Puis Dieu<br />

lui dit; «Appelle-les». Abraham s’exécuta. Il voyait les plumes, le sang,<br />

la chair et tous les membres des oiseaux s’envoler de part et d’autre<br />

pour reconstituer chaque oiseau à part et ils vinrent à Abraham à<br />

pieds.<br />

Dieu est sans doute le puissant, capable sur toute chose et sage<br />

dans Ses dicisions, actes, paroles et prédestination.<br />

y a iSt; « is $<br />

ma^lu-l-ladîna yunfiqûna ’amwâlahum fî sabîli-L-Lâhi kamtali ^bbatin<br />

’ambatat sab‘a sanâbila fî kixlH sumbulatim mi’atu Mbbatin w-AL-Lâhu<br />

yudâ‘ifu limay-yasâ’u w-AL-Lâhu wâsi‘un ‘alîm (261).<br />

Ceux qui distribuent leurs biens dans la voie d’Allah sont comparables<br />

380


à un grain de blé qui engendre sept épis et dont chaque épi porte cent<br />

grains. Allah multiplie les biens de qui lui plaît. Car Allah est incommensurable<br />

et omniscient. (261).<br />

C’est un exemple que donne Dieu aux hommes pour leur montrer<br />

la multiplicité des récompenses en dépensant dans Sa voie pour obtenir<br />

Son agrément. Chaque bonne action sera décuplée et même elle<br />

pourra atteindre sept cent multiples. Ces dépenses, selon les dires des<br />

ulémas, sont faites pour équiper l’année, assurer les montures pour le<br />

combat et, d’après Ibn Abbas, pour le pèlerinage. Dieu a donné la parabole<br />

d’un grain qui produit sept épis, et chaque épi contient cent<br />

grains. Les bonnes actions sont pareilles à ce grain semé dans une<br />

ten-e bonne et fertile.<br />

‘Ayadd ben Ghoutayf a rapporté: «Nous rendîmes visite à Abou<br />

‘Oubayda qui soufffrait de son flanc et sa femme se trouvait à son chevet.<br />

On lui demanda: «Comment Abou Oubayda a passé la nuit?» Elle<br />

répondit: «Par Dieu, il l’a passée espérant la récompense de Dieu».<br />

Abou ‘Oubayda l’interrompit et dit: «Jamais de cela». Tandis qu’il regardait<br />

le mur, il se tourna vers les gens et poursuivit: «Vous n’allez<br />

pas demander pourquoi?» Ils répondirent: «Ce que tu viens de dire ne<br />

nous a pas plus pour te demander la raison?» Il répliqua: «J’ai entendu<br />

l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- dire: «Quiconque<br />

dépense en aumône le superflu de ses richesses, le verra atteindre sept cent<br />

multiples. Quiconque dépense pour lui-même et pour sa famille, ou visite un<br />

malade, ou écarte du chemin des hommes ce qui leur nuit, sa bonne action<br />

sera décuplée. Le jeûne est une protection à moins qu’on le rompe (sans excuse).<br />

Tout homme que Dieu éprouve par une maladie quelconque, elle lui<br />

sera une rémission de ses péchés» (Rapporté par Ahmed)^^K<br />

(1) ^1 jjIp :Jli »Julap ^ JUa-Î<br />

Jlî oU 4)lj :cJlî o L (Jl^ :L1î a—Ij ¿¿s- issM 4îly.lj<br />

*i/t J lîj ^ l i JaiUJI OlS^j t^ li c-j L» j>\<br />

me- cJLî L* L» ;ljJlî !cJÜi \.»s- ^ ijlt - t<br />

.sU jî ^ jiJt 41 ^ iÂÀJ jü î :J ^<br />

je- 4 l ¿/-J j*J L* Âii- il^Jli*! jJiM ii-o J li ijs\ i»U jÎ<br />

SjUS” ÎA)a^ a5 ^<br />

381


Abdullah Ben Mass'oud a rapporté que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue- a dit; en attribuant ces paroles au Seigneur;<br />

«Toute bonne action commise par le fils d’Adam, Je la décuplerai et même<br />

Je la rendrai à sept cent multiples à l’exception du jeûne qui n’appartient,<br />

et c ’est Moi qui en attribue la récompense. Le jeûneur a deux joies: quand<br />

il rompt le jeûne, il se réjouit et une autre fois au jour de la résurrection.<br />

Le relent de la bouche du jeûneur est plus parfumé auprès de Moi que le<br />

musc» (Rapporté par A laned/^\<br />

Dieu, certes, décuple la récompense de bonnes actions à condition<br />

que son auteur les fasse avec sincérité et dévouement, car Dieu<br />

est incommensurable, accorde largement ses bienfaits aussi bien au<br />

croyant qu’à l’infidèle<br />

oj» W ^<br />

\JS iÿLijl '\a 4<br />

Î'Î''k ^ M 1^ -i. «■ Î''.<br />

A ¿sS % c i® 4 ¿ iii 4 ^ iiiV ij V<br />

• i , i ^ î i 3 jij i S 1 0 ^ ^ ^<br />

0 i i f S . - i 2î5 l i ; ÿ .<br />

’al-ladîna yunfiqûna ’amwâlahum fî sabîli-L-Lâhi tumma lâ yutbi'ûna<br />

mâ ’anfaqû mannan walâ ’adal-lahum ’ajruhum ‘inda rabbihim walâ<br />

hawfun ‘alayhim walâ hum yahzanûn (262) qawlum-ma‘rûfun wa<br />

magfiratun hayrun min sadaqatin yatba‘uhâ ’adan w-AL-Lâhu ganiyyun<br />

telîm (263) yâ ’ayyuha-l-ladîna ’âmanû lâ tubtilu sadaqâtikum_bi-l-manni<br />

wa-l-’adâ ka-l-ladî yunfiqu mâlahû ri’â’a-n-nâsi walâ yu’minu bi-L-Lâhi<br />

wa-l-yawmi-l-’âhiri famatluhû kamtali safwânin ‘alayhi turâbun<br />

(1 ) •


fa’asâbahû wâbilvm fatarakahû saldal-lâ yaqdirûna ‘alâ say’in mimma kasabû<br />

W-AL-Lâhu lâ yahdî-l-qawma-l-kâfîrîn (264).<br />

Ceux qui distribuent leurs biens dans la voie d’Allah et qui n’accompagnent<br />

pas leur charité de propos ou des gestes désobligeants ceux-là seront<br />

récompensés par lenr Seigneur. Ils ne connaîtront ni crainte ni chagrin<br />

(262). Une bonne parole, une excuse valent mieux qu’une aumône suivie<br />

d’un propos désobligeant. Car Allah est immensément riche est indulgent.<br />

(263) Croyants, ne gâtez pas vos aumônes par des propos ou des gestes désobligeants,<br />

si vous ne voulez pas ressembler à celui qui fait la charité avec<br />

ostentation et qui ne croit ni à Allah ni au jur du jugement dernier. H en<br />

est de lui comme d’un rocher couvert de terre. Il suffit qu’une averse tombe<br />

et seul demeure le rodier nu. De pareils hommes ne tireront aucun profit de<br />

leurs actes. Et Allah ne dirige pas les infidèles. (264).<br />

Dieu le Très-Haut et Béni loue ceux qui dépensent dans Sa voie,<br />

puis font l’aumône sans les suivre de reproches ou de torts, ni en actes<br />

ni en paroles. Ceux-là, Dieu les récompensèra et ne les laissera<br />

éprouver ni une crainte ni une affliction. Ils ne regretteront plus leurs<br />

actes et ce qu’ils ont laissé derrière eux des clinquants de la vie tenrestre<br />

car ils auront en compensation dans l’au-delà quelque chose de<br />

meilleure.<br />

Une parole convenable, une invocation en faveur d’un autre musulman,<br />

un pardon à celui qui lui nuit, sont meilleurs que des aumônes<br />

faites suivies de tort. Dieu se suffit à Lui-même, n’a besoin d’aucune<br />

de ses créatures, car II est plein de mansuétude, pardonne et absout<br />

les péchés.<br />

Plusieurs hadiths ont été rapportés à ce sujet. On cite à titre<br />

d’exemple ces quelques-uns;<br />

- D’après Mouslim, Abou Dzarr a rapporté que l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- a dit; «Il y a trois hommes que Dieu ne<br />

leur parlera pas au jour de la résurrection, ne les regardera pas et ne les<br />

purifiera pas: Celui qui donne en suivant ses dons de propos désobligeants;<br />

celui qui traine son vêtement-izar par ostentation et celui qui profère de serments<br />

mensongers pour écouler sa marchandise»^<br />

(1) N JU :JU > ^ ^<br />

383


- Abou Ad-Darda‘ a rapporté que le Prophète -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- a dit: «N ’entrera au Paradis ni un désobéissant aux père et<br />

mère, ni un homme qui fait une aumône en la suivant de reproche, ni un buveur<br />

de vin invétéré ni un homme qui ne croit pas au destin» (Rapporté par<br />

Ibn Mardaweih, Ahmed et Ibn M a ja /^ \<br />

Dieu ordonne aux hommes: «Croyants, ne gâtez pas vos aumônes<br />

par des propos ou des gestes désobligeants» en leur faisant connaître que<br />

toute aumône faite de la sorte sera nulle, car de tels propos ou gestes<br />

anéantissent la récompense de l’aumône. Tel est aussi le cas de celui<br />

qui dépense par ostentation et pour être vu des hommes sans qu’il<br />

cherche par son aumône la satisfaction du Seigneur, plutôt il vise les<br />

éloges des hommes ou de le traiter et le considérer en tant qu’une personne<br />

qui jouit de meilleures qualités, ou bien qu’ils disent de lui un<br />

généreux. C’est pourquoi Dieu dit qu’un tel homme ne croit ni en Dieu<br />

ni au jour dernier.<br />

Puis Dieu ressemble ce tartufe à un rocher lisse recouvert de terre<br />

qui subit une pluie torrentielle et le laisse dénudé sans aucune trace<br />

de sable. Ainsi sont les aumônes des tartufes qui deviennent nulles,<br />

car ils ne peuvent rien retirer du bon de ce qu’ils ont fait.<br />

Si<br />

(C iiyî<br />

P<br />

^ ^ 't <<br />

wa matalu-l-ladîna yunfiqûna ’amwâlahumu-btigâ’a mar^ti-L-Lâhi wa<br />

tatbîtam-min ’anfusihim kamatali jannatim bi rabwatin ’asâbahâ wâbilun<br />

fa’âtat ’ukulahâ ^ ‘fayni fa’il-lam yusibhâ wâbilun fa^llun wa-L-Lâhu<br />

bimâ ta‘malûna basîr (265).<br />

Ceux qui distribuent leurs biens en vue de plaire à Allah et par convic-<br />

U. OllJl<br />

(1) ‘ iùll* l(3lp Vs :Jlî CfrbjAil ^<br />

jj\j<br />

eljj)<br />

384


tion propre font penser à un jardin perché sur un coteau. Une pluie abondante<br />

l’arrose et sa récolte est double. A défaut de pluie, la rosée le rafraichit.<br />

Allah voit ce que vous faites. (265).<br />

Telle est, par contre, la parabole des croyants qui dépensent en<br />

aumône avec le désir de plaire à Dieu et pour affermir leurs âmes,<br />

sûrs que Dieu les récompensera, tout comme le jeûneur, selon un hadith<br />

prophétique, qui jeûne avec foi et dans l’espoir d’être récompensé.<br />

Ces croyants-là ressemblent à un jardin planté sur une colline: si<br />

une forte pluie l’atteint, il donnera le double de fruits, par rapport aux<br />

autres jardins. Si cette pluie ne l’atteint pas, une rosée lui suffit pour<br />

donner une récolte. Ainsi l’œuvre du croyant ne sera plus vaine car<br />

Dieu l’acceptera et l’accroîtra auprès de Lui. Dieu voit parfaitement ce<br />

que les hommes font.<br />

i r f î i l i t i c i . % % ^ ù i l i é<br />

’ayawaddu ’ahadukum ’an takuna lahû jannatum min nahîlin wa<br />

’a'nâbin tajrî min tahtihâ-l-’anhâru lahû fihâ min kulli-t-tam arâti<br />

wa’asâbahu-l-kibaru wa lahu duriiyyatun du‘afâ’u fa’asâbahâ ’i‘sârun fîhi<br />

nârun fahtaraqat kadâlika yubayyinu-L-lâhu lakumu-1-’âyâti la‘allakum<br />

tatafakkarûn (266).<br />

Qui d’entre-vous, affligé d’années et d’enfants en bas âge, voudrait<br />

avoir un jardin planté de palmiers et de^ vignes, rempli d’eaux vives et d’arbres<br />

fruitiers, et assister à sa dévastation par une tempête de feu? C’est par<br />

de telles paraboles qu’Allah vous instruit. Peut-être finirez-vous par réfléchir.<br />

(266).<br />

On a rapporté que Omar Ben Al-Khattab dit un jour à ses compagnons:<br />

«Que pensez-vous de ce verset: «Qui d’entre-vous affligé d’années<br />

et d’enfants en bas âge, voudrait avoir un jardin...» à quel sujet il a<br />

été révélé? Ils lui répondirent: «Dieu est le plus sanvant». Irrité, Omar<br />

leur répliqua: «Dites plutôt: Nous savons ou bien: Nous ne savons<br />

pas» Ibn Abbas lui dit: «O prince des croyants, je crois savoir quelque<br />

385


chose de cela. Omar s’écria: «dis-la ô fils de mon frère et ne te mésestime<br />

pas» Ibn Abbas dit: «C’est un exemple pour un certain acte» -<br />

Quel acte, reprit Omar? -Il est question d’un homme riche qui œuvre<br />

en obéissant à Dieu, puis Dieu lui envoie un démon qui le fait pratiquer<br />

la désobéissance en sorte que toutes ses œuvres deviennent vaines».<br />

Ce hadith qui a été rapporté par Al-Boukhari donne une explication<br />

concrète de ce verset. On peut en conclure que l’homme<br />

commence à faire de bonnes œuvres en se soumettant aux ordres de<br />

Dieu, ensuite sa bonne conduite se transforme en une mauvaise et il<br />

pratique des actes repréhensibles et l’homme, par la suite, perdra les<br />

fruits de ses œuvres pies. Ainsi il recherchera dans ses œuvres précédentes<br />

ce qui améloirera ses œuvres récentes mais n'en trouvera rien<br />

alors qu’il en est besoin étant à la fin de sa vie. C’est pourquoi Dieu a<br />

dit: «Voici que la vieillesse l’a atteint, ses enfants sont diétifs, un vent de<br />

feu a atteint le jardin et l’a brûlé» Comment donc sera son cas?<br />

Ibn Abbas a commenté cela et dit: «Cet homme devenu vieux, ses<br />

enfants ne poun-aient plus l’aider, comment serait-il capable de planter<br />

à nouveau son jardin anéanti? Ainsi le cas de l’incrédule qui comparaîtra<br />

devant le Seigneur au jour du compte final sans avoir dans son actif<br />

aucune bonne action pour effacer ce qu’il avait fait dans le monde<br />

comme péchés? Ses enfants en ce jour-là ne lui seront d’aucun secours.<br />

A cet égard, l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salueinvoquait<br />

souvent Dieu par ces paroles: «Mon Dieu, fais que Tu m ’accordes<br />

amplement de Tes bienfaits quand je serai à la fin de ma vie».<br />

Voilà comment Dieu donne de tels exemples et montre Ses signes<br />

aux hommes afin qu’ils y réfléchissent.<br />

3 i r f ! , i J i ôt % S jiiá 1 4 ^ -g<br />

^4*»: á í j 'jü i\ 0 L i á í<br />

ij* -îiÇ á ii<br />

0 t : ; Q í. ' j j 5^<br />

yâ ’ayyuha-1-ladîna ’âmanû ’anfiqû min tayyibâti mâ kasabtum wa mim-<br />

386


mâ ’ahrajnâ lakum mina-l-’ar^ walâ tayammamu-l-habî^ minhu tunfiqûna<br />

wa lastum bi ’âhi


ces méfaits?» II répondit; «Son injustice et sa tricherie. Tout homme qui<br />

dépense en aumône de ses biens acquis d ’une façon illicite. Dieu ne bénira<br />

pas ses biens et n’acceptera plus ses aumônes et ce qu’il laisse, de ces biens,<br />

après sa mort, ne lui sera qu’un moyen pour être précipité dans le feu. Dieu<br />

n’efface pas le mal par le mal, mais plutôt le mal par le bien, ainsi le mauvais<br />

n’efface pas le mauvais» (Rapporté par Ahmed/^K<br />

En commentant cette partie dus verset: «O croyants, parmi ce que<br />

vous possédez et les récoltes...» Al-Bara‘ ben ‘Azeb a dit: «Ce verset fut<br />

révélé au sujet des médinois (Ansars) qui, au moment de la récolte de<br />

dattes, apportaient les dattes de mauvaise qualité et accrochaient les<br />

régimes entre deux colonnes dans la mosquée de l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue-. Les pauvres parmi les Mouhajirines<br />

(les Mecquois émigrés) venaient en prendre. L’un des médinois mettait<br />

aussi et mélangeait les dattes de bonne et de mauvaise qualités<br />

croyant que ceci était de toléré. Dieu alors fit descendre ce verset».<br />

Un autre hadith a été raconté aussi dans te, même sens mais au<br />

lieu des pauvres émigrés, il s’agissait des gens de Souffia, des pauvres<br />

qui habitaient tout près de la mosquée. Et Al-Bara‘ Ben ‘Azeb d’ajouter:<br />

«Si on présentait à l’un de vous de ce qu’il avait donné, il l’aufait<br />

pris en femant ses yeux et par honte».<br />

L’imam Ahmed a rapporté que ‘Aidia -que Dieu l’agrée- a dit: «On<br />

présenta à l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- un<br />

«Dabb» (un genre de varan qu’on mangeait autrefois), il n’en a pas<br />

mangé, et n’a interdit personne d’en manger. On lui demanda; «O Envoyé<br />

de Dieu! Pouvons-nous le donner aux pauvres?» Il leur répliqua:<br />

«Ne leur dormez pas ce que vous-mêmes ne mangez pas».<br />

(1) I»


«Sachez qu’Ailah est comblé de richesses et de gloire» Dieu ordonne<br />

de dépenser en aumône ce qui est licite et bon, Lui, n’en a plus besoin,<br />

mais II veut traiter par ce faire le riche et le pauvre sur un même<br />

pied d’égalité, tout comme II le montre dans ce verset concernant les<br />

bêtes sâcrifiées; «Ni leur chair, ni leur sang n’atteindront jamais Dieu;<br />

mais Totre erainte réYÔencidie l’atteindra») [Coran XXII, 27].<br />

Dieu se suffit à Lui-même et n'a besoin d’aucune de ses créatures<br />

et elles ont toujours besoin de Lui. Il est le meilleur Dispensateur,<br />

donne largemment sans craindre la pauvreté et tout ce qu’il se trouve<br />

chez Lui est inépuisable. Que celui qui dépense en aumône le bon et<br />

le licite, sache que Dieu est aussi plus généreux et le lui rendra au<br />

centuple.<br />

«Satan a^te devant vous le spectre de la misère et vous incite au vice.<br />

Allah, au contraire, vcos fait espram- Son aprdon et ses bienfaits. Car Allah<br />

est inconmuMisiirable et omnisdent».<br />

Abdullah Ben Mass'oud a commenté ce verset et dit; «l’Envoyé de<br />

Dieu -qu'Ailah le bénisse et le salue- a dit; «Tant au démon qu’à l’ange,<br />

tous deux se rendent chez le fils d’Adam: le démon l ’incite à faire le mal et<br />

Véloigne de la vérité, mais l’ange l’exhorte à faire le bien et croire à la vérité.<br />

Que celui qui sera éprouvé, loue Dieu pour la belle exhortation et demande<br />

refuge auprès de Lui contre le démon «Puis il récita le verset»<br />

(Rapportépar Hm AM Hatem, Timùdzi, Nassm et Ibn Hibban)^^K<br />

Cela signifie que le démon menace l'homme de la pauvreté en le<br />

portant à retenir ce qu’il possède sans en rien dépenser pour plaire à<br />

Dieu. En plus, il lui ordonne de commettre les péchés, la turpitude et<br />

déroger aux lois divines. Mais Dieu, quant à Lui, promet une absolution<br />

de péchés, et une grâce.<br />

«Allah rend sage qui n veut» Ibn Abbas l'a commenté et dit qu’il<br />

s’agit de la compréhensbn du Coran et de ce qu’il contient comme ver-<br />

(1) Cji^. ^ ùUa-îJt t)^ Jlî ijlî Q! aUI jf- JU<br />

âUijU Â.J Lülj hiJüUJlij<br />

Ail viüi A:*-j js^li<br />

,^^1—Jtj<br />

Jjt «tjj) .lùUa-^JI J* ij-Mî<br />

389


sets abrogeants et abrogés, des versets clairs et d’autres figuratif, du<br />

licite et de l’illicite etc... Pour d’autres, la sagesse signifie; la science et<br />

l’instruction dans la religion, ou la crainte de Dieu, ou la sunna, ou la<br />

raison...<br />

Quant à Malek, il a dit; «La sagesse est l’instruction dans la religion<br />

de Dieu et autre chose que Dieu dépose dans les cœurs par Sa<br />

démence et Sa grâce. Tu trouves un homme qui se comporte d’une<br />

façon très sage quand il médite ce bas monde, un autre qui se soucie<br />

peu du bas monde mais connaît bien tout ce qui est relatif à sa religion,<br />

et Dieu accorde ce don à l’un et à l’autre, ou II en prive quelq’un<br />

et en donne à un autre. La sagesse donc consiste à être versé dans la<br />

science religieuse».<br />

Cependant la sagesse est autre chose que la prophétie car la sagesse<br />

embrasse tout dont la prophétie est le paroxysme. Quant au<br />

message, il est propre à certains. Mais ceux qui suivent les Prophètes<br />

obtiendront sans doute une part du Bien, comme le montre ce hadith;<br />

«Quiconque retient le Coran par cœur, sera muni d'un don de prophétie<br />

mais il ne recevra aucune révélation». L’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- a dit cet égard; «On n’a droit d’envier que deux personnes:<br />

un homme à qui Dieu a accordé des biens et qui ne manque pas de les<br />

dépenser pour la cause de la vérité, et un homme à qui Dieu a donné de la<br />

sagesse, il l ’applique et l ’enseigne aux autres» (R apporté par Boukhari,<br />

Mousüm, et Nassat<br />

Ceux qui sont doués d’intelligence sont les seuls à s’en souvenir.<br />

ü t Oi j î 2JLJü cJ* > 1 âJùÎ t i j<br />

îT4 -àJÎ UyLitS ô jj Î jjL ^ ¿)|^<br />

@<br />

s ji::2<br />

wamâ ’anfaqtum min nafaqatin ’aw nadartvim min nadrin fa’inna-L-Lâ-<br />

390


ha ya'lamuhû wamâ li-z-zâlimîna min ’ansâr (270) ’in tubdû-s-sadaqâti<br />

fani‘imma hiya wa ’in tuMûhâ wa tu’tûha-l-fuqarâ’a fahuwa hayru-l-laktmi<br />

wa yukaffiru ‘ankum min sayyi’âtikum w-Al-Lâhu bimâ ta‘maluna<br />

habîr (271).<br />

Quelque bien que t o u s distribuez et quelque vœu que yous formuliez,<br />

Allah les connaîtra. Les pervers ne trouyeront aucun appui. (270) Faire la<br />

charité en public est ime bonne action, mais la faire discrètement et à ceux<br />

qui la méritent, c’est encore plis méritoire. Une telle conduite yous fera absoudre<br />

vos pédiés. ADah est inffnmé de ce que yous faites. (271).<br />

Dieu connaît parfaitement tes dépenses que font les hommes en<br />

aumône, comme œuvre de charité ou un vœu et se porte garant de<br />

leur attribuer la plus belle récompense en tes poussant à en faire rien<br />

que pour lui plaire et avec fol en Sa promesse. Quant à ceux qui n’y<br />

croient pas et Lui désobéisænt, ils ne blâment qu’eux-mêmes et le jour<br />

de la résurrection Ils ne trouveront aucun défenseur.<br />

«Faire la charité ea public est une bonne action» en faisant les aumônes<br />

d’une façon apparente devant tout le monde «Mais la faire discrètement<br />

et à ceux qui la méritent, c’est encore plus méritoire» Il y a là une<br />

exhortation à faire les aumônes en cachette, car cela sera plus loin de<br />

l’ostentation et de l’hypocrisie à moins que ce ne soit un acte par lequel<br />

on donne l’exemple aux autres en les poussant ainsi à dépenser.<br />

A ce propos l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit:<br />

«Celui qui récite le Coran à haute voix est pareil à celui qui fa it l’aumône<br />

en public. Celui qui récite le Coran à voix basse est pareil à celui qui fa it<br />

l ’aumône discrètement».<br />

Dans un autre hadith, II a dit: «Il en est sept que Dieu protégera de<br />

Son ombre le jour où il n’y aura d ’autre ombre que La sienne: le prince<br />

(gouverneur) équitable: l ’homme je m e ayant grandi dans l ’adoration de<br />

son Seigneur, l ’homme dont le ccmr est attaché aux mosquées; deux hommes<br />

qui se sont aimés en Dieu se réunissant à cause de Lui et se séparant à<br />

cause de Lui, un homme qu’une femme possédant fortune et beauté a convié<br />

à forniquer avec elle et qui a refusé en disant: «Je crains Dieu»; un homme<br />

qui a dissimulé l ’aumône qu’il a faite de sorte que sa main gauche ne saura<br />

pas ce qu’avait déperisé sa main droite et tm homme dont les yeux fondent<br />

391


en larmes quand il pense à Dieu dans la solitude» (Rapporté par Boukhari<br />

et M ousüm /<br />

Dans un autre hadith, l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- a dit: «L’aumône faite discrètement éteint la colère de Dieu».<br />

Quant à Ibn Abi Hatem, il a dit que ce verset a été révélé au sujet<br />

d’Abou Bakr et d’Omar -que Dieu les agrée-. ‘Omar avait apporté au<br />

Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- la moitié de ses biens et la<br />

lui donna. Il lui demanda: «Qu’est-ce que tu as laissé à ta famille?» -<br />

La moitié de mes biens, répondit-il. ABou Bakr lui donna tout ce qu’il<br />

possédait de sorte qu’il ne le comptât pas afin qu’il ne sache plus sa<br />

valeur. En lui posant la même question, il lui répondit: «La promesse<br />

de Dieu et celle de Son Envoyé». Omar pleura et dit: «Que je ne sacrifie<br />

pour toi père et mère ô Abou Bakr, chaque fois que je voulais faire<br />

un acte de bien tu me surpasses toujours».<br />

Ces aumônes, surtout celles faites en cachette, effacent les péchés<br />

et élèvent leurs auteurs de degrés, et rien ne sera caché au Seigneur<br />

l’omniscient.<br />

yÿ-<br />

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V ^ ^ - i p j<br />

^ i t j ^ ijO ><br />

0<br />

(1) ^ 41 î*r-» 41 JU cju ij, jA > j e - ^ C-î<br />

'■« *T-I 4 l bUvJ j j t4 l îiLc’ ^ LiJ i^Lïij 4JjIp :4JUi "bli JJà<br />

UU- 4i jT i Jss-jJ lij Ja-jj 4aJU- Uyüj<br />

tôi-JUJI ùj :jLii jU ifj o li îlj-»l J ifjj 4»Lup c.,^Lü<br />

(3*^ L* i^JLwV ULb^U üJL,


laysa ‘alayka hudâhizm walâkinna-L-Lâha yahdi may-yasâ’u wamâ tunfiqû<br />

min hayrin fali ’anfusikum wamâ tunfiqûna ’illa-btigâ’ wajhi-L-Lahi<br />

wamâ tunfiqû min hayrin yuwaffa ’ilaykum wa ’antum lâ tixzlamûn (272)<br />

lilfuqarâ’i-l-ladîna ’u^irû fî sabîli-L-Lâhi lâ yastiti‘ûna darbna fî-l-’ard<br />

yateabuhumu-l-jâhilu ’agniyâ’a mina-t-ta‘affufi ta‘rifuhum bisimâhum lâ<br />

yas’alûna-n-nâsa ’ilMfan wamâ tunfiqû min hayrin fa’inna-L-Lâha bihî<br />

‘alîm (273) ’Al-ladîna yunfiqûna ’amwâlahum bi-l-layli wa-n-nahâri sirran<br />

wa ‘alâniyatan falahum ’ajruhum ‘inda rabbihim walâ hawfun ‘alayhim<br />

walâ hum yateanûn (274).<br />

Tu n’as pas pour mission, ô Prophète, de convertir les hommes, c’est à<br />

Allah que cette mission incombe. Tout le bien que vous faites tournera à votre<br />

profît, puisque vous ne donnez qu’en vue de plaire à Allah. Tout le bien<br />

que vous distribuez vous sera rendu au centuple et vous ne serez point lésés.<br />

(272). Donnez aux gens qui, uniquement consacrés à la cause d’Allah, n’ont<br />

pas appris à gagner leur vie. Celui qui l’ignore, les croit riches à cause de<br />

la dignité de leur attitude^ Tu les reconnaîtras à leur aspect minable. Ils<br />

n’obsèdent pas les gens de leurs demandes. Tout ce que vous aurez distribué<br />

aux hommes, Allah le saura. (273). Ceux qui distribuent leurs biens, de nuit<br />

et de jour, publiquement ou en secret, trouveront leur récompense près du<br />

Seigneur. Toute craint et tout chagrin leur seront épargnés. (274).<br />

Ibn Abbas a dit; «Les hommes répugnaient à être dominés par<br />

leur lignée, ce verset révélé leur toléra alors à le faire. Il a commenté<br />

aussi ce verset d’une autre façon et dit: «Le Prophète -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- ne distribuait les biens des aumônes qu’aux musulmans,<br />

mais lorsque ce verset fut révélé: «Tu n’as pas pour mission de<br />

convertir les hommes..», il ordonna de donner à tout demandeur.<br />

Quant aux dires de Dieu: «Tout le bien que vous faites tournera à votre<br />

profit» sont pareils à ceux-là; «Quiconque fait le bien le fait pour soi»<br />

et on en trouve plusieurs autres qui donnent le même sens».<br />

«...Puisque vous ne donnez qu’en vue de plaire à Dieu» Al-Hassan Al-<br />

Basri l’a commenté et dit: «Toute dépense en aumône faite par le<br />

croyant sera à son profit, et quand il dépense, il ne le fait que poussé<br />

par le désir de la face de Dieu». On peut conclure que lorsque<br />

i’homme dépense en aumône rien que pour plaire à Dieu, il incombe à<br />

Dieu de le récompenser, que cette aumône soit faite à un croyant ou<br />

393


un pervers car il n’est plus tenu de le savoir et le rechercher, ce qui<br />

compte sont l’intention et le but.<br />

Pour confirmer cela, ou rapporte ce hadith d’après Atx)u Houraira:<br />

«Un homme avait dit: «Je vais faire une aumône». Il partit avec son<br />

aumône et la donna (sans qu’il le sache) à un voleur. Les gens parlaient<br />

le lendemain que cet homme a fait une aumône à un voleur.<br />

L’homme dit alors: «Grand Dieu! à Toi la louange, je vais faire encore<br />

une autre aumône» Puis il partit et il l’a fait à une prostituée. Comme<br />

les gens parlaient le lendemain qu’il a fait l’aumône à une prostituée, il<br />

dit: «Grand Dieu, à Toi la louange, je vais faire encore une aumône:<br />

«Il partit et il l’a fait un homme riche, et les gens parlaient aussi qu’il a<br />

fait l’aumône à un riche. Cet honmie dit alors: «Grand Dieu, à Toi la<br />

louange. J'ai fait l’aumône à un voleur, puis à une prostituée et enfin à<br />

un riche» Il vit en rêve quelqu’un venir lui dire: «L’aumône que tu as<br />

faite à un voleur, servira peut-être à le faire s’abstenir de voler. Celle<br />

faite à la prostituée, elle la portera à cesser de commettre l’adultère.<br />

Quant celle faite au riche, il se peut qu’elle le poussera à en tirer une<br />

leçon et dépenser en aumône de ce que Dieu lui a accordé» (Rapporté<br />

par Boukhari et MousUm/^K<br />

«Donnez aux gens qui, uniquement consacrés à la cause d’Allah, n’ont<br />

pas appris à gagner leur vie» Il s’agit évidemment des Mecquois qui ont<br />

émigré à Médine, laissant derrière eux biens et familles, démunis de<br />

toute source de subsistance, qui ont suivi l’Envoyé de Dieu et exécuté<br />

ses ordres.<br />

«Celui qui l’ignore, les croit riches a cause de leur dignité» Celui qui<br />

(1) ilJJI Jsrj Jtîl


n’est pas au courant de leur attitude et de leur sacrifice, les prend pour<br />

des riches en regardant leur aspect et entendant leurs paroles. Un hadith<br />

dans ce sens a été rapporté par Abou Houraira: «L’Envoyé de<br />

Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «L ’indigent n ’est pas celui qui<br />

sollicite les gens à lui donner se contentant d ’une bouchée ou de deux (de<br />

nourritwre) ou une datte ou deux, mais il est celui qui ne trouve de quoi lui<br />

suffire, personne ne se souvient de lui et il ne demande pas aux gens de lui<br />

donner» (Rapporté par Boukhari et AiousUm/^K<br />

De tels hommes, on les reconnaît à leur aspect qui n’est pas caché<br />

à un homme perspicace et doué d’inteligence. L’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- a dit au sujet de ces demiers: «Redoutez<br />

la physiognomonie du croyant car il voit par la lumière de Dieu».<br />

(Rapporté par les auteurs des &inan/^K<br />

Ces gens-là «n’obsèdent pas les gens de leurs demandes» c’est dire<br />

ils ne demandent pas l’aMmône avec importunié et n’insistent pas chargeant<br />

ainsi les autres de ce qu’ils ne peuvent pas supporter. Car il a<br />

été dit: Celui qui quémande avec insistance et possède de quoi lui suffire,<br />

se montrera importun. Le misérable est celui qui se montre réservé.<br />

L’imam Ahmed a rapporté qu’une femme de Mouzaina dit à son<br />

fils: «Pourquoi ne vas-tu pas chez l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- lui demander de te donner comme il le fait aux autres?»<br />

Cet homme raconte: «je me rendis chez lui alors qu’il était sur<br />

la chaire sermonner les gens: «Celui qui s ’abstient (de demander) Dieu<br />

lui garde la dignité, celui qui se suffit des hommes, Dieu l ’enrichit; Celui<br />

qui demande du moment qu’il possède cinq onces (d ’argent) aura quémandé<br />

avec importunité». Entendant ces propos, je me souvins que nous possédons<br />

une chamelle qui vaut plus que cinq onces d’argent, ainsi<br />

qu’une autre appartenant à notre domestique. Je retournai chez nous<br />

sans rien demander».<br />

(1 ) »3jj 4i\ Jj-^j Jlî ijlî ^jij*<br />

14^. JU« V tsJüi 015L-.JI tobirVij arVij tùiiuuij io u ij<br />

(2 ) .(¿iwJI «Ijj) i-àl Jâij ajU<br />

»tjj) (lifi Jl*^ ^<br />

395


Dieu certes connaît parfaitement ce que les hommes dépensent<br />

en aumônes et les rétribuera de la belle récompense au jour de la résurrecti)6n,<br />

le jour où ils auront tous besoin de Lui.<br />


c;5 \ÿ } } g r i i a î i j r a i : p ' i<br />

jIIp sJJ^j ^ ^ ô i<br />

^U l ¿A»cy»l<br />

’Al-ladîna ya’kulûna-r-ribâ lâ yaqûmûna ’illâ kamâ yaqûmu-l-ladî<br />

yatahabbatuhu-s-saytânu mina-l-masi ^lika bi’annahum qâlû innama-1-<br />

bay‘u mitlu-r-ribâ wa ’ahala-L-Lâhu-l-bay‘a wa harrama-r-ribâ faman<br />

jâ’ahû maw'izatun mir-r-rabbihi fa-ntahâ talahû mâ salafa wa ’amruhû<br />

’ila-L -L âh i wa man ‘âda fa ’u lâ ’ika ash âbu-n -nâri hum fihâ<br />

hâlidûn (275).<br />

Ceux quLpratiquent l’usure se livreront au jour de la résurrection<br />

comme un cravulsionnaire possédé par le démon. Et cela parce qu’ils assimilent<br />

l’u^re à une vente. Or Allah a permis la vente mais II a interdit<br />

l’usure, ^ lu i qui averti par Allah, cessera cette pratique, n’aura pas à ren-r<br />

dre compte du passé et son sort relèvera désormais d’Allah. Celui qui réddivera,<br />

^celui-là sera voué aii feu éternel. (275). /<br />

Àprès que Dieu ait mentionné ceux qui dépensent en aumôné, qui<br />

s’acquittent de la zakat de leurs richesses, qui se distinguent par leurs<br />

œuvres de charité à tout moment et en tout lieu. Il attaque ceux qui<br />

dévorent injustement et par les moyens illicites les biens des autres. Il<br />

montre leur cas dès leur résurrection de leur tombe jusqu’à leur<br />

comparution devant Lui pour le compte final: ils se dresseront comme<br />

celui que le démon a violemment frappé».<br />

A ce propos l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a<br />

dit: «La nuit où je fis le voyage nocturne et l ’ascension, je passai par des<br />

gens dont leurs ventres ressemblaient à des maisons pleines de vipères. Je<br />

demandai Gabriel: «Qui sont ces gens-là?» Il me répondit: «Ils sont ceux<br />

qui vivaient de l ’usure».(Rapporté par Ahmed et Ibn Abi H atem /^K<br />

Dans un long hadith rapporté par Samoura Ben Joundob concer-<br />

(1) oL>Jt fÿ CtîJÎi Jli<br />

397


nant le songe qu’a fait l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-<br />

il a dit: «Arrivé près d'une rivière dont son eau ressemblait au sang, je<br />

vis un homme y nager. Sur l ’autre rive se trouvait un autre qui àvait rassemblé<br />

un tas de pierres. Chaque fois que le nageur alla vers cet homme, il<br />

lui lança une pierre dans la bouche» Il s’agit de l’usurier (R apporté par<br />

Boukhari/^K<br />

«Et parce qu’ils assimilent l’usure à la vente. Or Allah a permis la<br />

vente mais II a interdit l’usure». Ceux qui pratiquaient l’usure s’opposaient<br />

à la loi divine disant que la vente est semblable à l’usure par<br />

syllogisme, car les polythéistes à cette époque reniaient toute loi<br />

concemant la vente et les règles qu’on devait suivre d’après ce qui a<br />

été révélé du Coran. Ils ont objecté disant: «La vente est semblable à<br />

l’usure, pourquoi Dieu a permis l’une et interdit l’autre?» Ils ignoraient<br />

parfaitment la sagesse qui découle de cette interdiction, que personne<br />

ne s’oppose au jugement de Dieu et qu’il intenrogera tous les hommes<br />

sans être interrogé. Lui, qui connaît parfaitmenet les intérêts de Ses<br />

serviteurs dans ses interdictions et ses permissions, et qu’il est plus<br />

compatissant envers eux qu’une mère envers son nourrisson.<br />

C’est pourquoi Dieu a dit dans un autre verset: «Celui qui averti<br />

par Allah, cessera cette pratique, n’aura pas à rendre compte du passé»<br />

Car avant cette révélation, il n’y avait plus une loi qui interdisait l’usure<br />

mais maintenant elle est en vigueur. Ceci a été aussi confirmé par le<br />

discours prononcé par le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- lors<br />

de la conquête de La Mecque: «Toute usure du temps de la Jahiliah est<br />

désormais interdite et sous mes deux pieds, et la première usure que j ’interdis<br />

est celle d ’Al-Abbas». Il n’a pas ordonné aux gens de rendre tout ce<br />

qu’ils avaient encaissé comme surplus et intérêts, mais il en a passé<br />

outre en disant qu’ils pounraient garder ce qu’ils ont gagné et leur cas<br />

relève de Dieu.<br />

A cet égard on cite le hadith suivant: «Oum Bouhna la mère de<br />

(1 ) ùlS' c.jo'»-- j4> M *) Ji 0^3<br />

«Jip<br />

-loi<br />

a3 oJLp- tÿjjt dJLli ¿jüi lij^ is<br />

.(çijUJi (U;i j r i<br />

398


l’enfant de Zaid Ben Arqam demanda à Aicha; «O mère des croyants,<br />

connais-tu Zaid Ben Arqam?» - Oui, répondit-elle. Elle lui répliqua; «Je<br />

lui ai vendu à terme un esclave à 800 dirhams, comme il a eu besoin<br />

d’argent, j’ai récupéré cet esclave en lui payant 600 avant son terme<br />

d’échéance. Et Aicha de s’écrier; «C’est très mal ce que tu as fait. Dis<br />

à Zaid que, à cause de son faire, son Jihad avec l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- n’aurait aucune valeur s’il ne revenait<br />

pas à Dieu». Oum Bouhna rétorqua; «Que penses-tu si je prends les<br />

600 dirhams en lui laissant les 200?» Aicha lui répondit; «Oui, fais-le<br />

car Dieu a dit; «Celui qui averti par Anah, cessera cette pratique, n’aura à<br />

rendre compte du passé» Ce genre de vente est interdit, et qui consiste<br />

à vendre une chose à terme contre une somme déterminée puis on la<br />

récupère en payant une somme inférieure une fois qu’on ait encaissé<br />

le premier prix.<br />

«Celui qui récidivera» c’est dire qui retournera à la pratique de<br />

l’usure après avoir pris connaissance de son interdiction, méritera la<br />

sanction qu’on trouve à la fin du verset; «Celui-là sera voué au feu éterneb>.<br />

Jaber rapporte qu’après la révélation de ce verset interdisant<br />

l’usure, l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a interdit toutes<br />

les pratiques qui lui sont similaires, à savoir<br />

- La Moukhabara; qui consiste à céder la terre contre un pourcentage<br />

déterminé de la récolte.<br />

- La Mouzabana; est le fait de vendre des dattes fraîches non récoltées<br />

contre de dattes sèches disponibles.<br />

- La Mouhakala; consiste à vendre des blés encore en gerbes<br />

contre de blés battus et vannés.<br />

Ces genres de transaction sont interdits car on ne saurait évaluer<br />

des choses inconnues en échange contre d’autres connues afin de ne<br />

plus être lésé et de ne plus demander davantage.<br />

L’usure était un sujet très épineux pour les ulémas et plusieusrs<br />

d’entre eux n’ont pu ni l’expliciter ni déterminer les conséquences. Le<br />

prince des croyants Omar Ben Al-Khattab a dit: «Trois problèmes nous<br />

restaient confus, et j’aurais tant aimé que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- nous avait montré des solutions claires à leur<br />

399


égard: La part du grand-père de la sucœssion, celle des cognats et les<br />

différentes branches de l’usure».<br />

De toute façon la loi islamique implique que tout ce qui est acquis<br />

illicitement est interdit ainsi que tous les moyens utilisés pour le réaliser.<br />

Il a été cité dans les deux Sahihs que An-Nou‘man Ben Bachir a<br />

rapporté que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit:<br />

«Le licite est évident, et l’illicite l ’est également. Entre les deux ( catégories)<br />

il y a des choses qui suscitent le doute que peu de gens peuvent les discerner.<br />

Celui qui se méfie des choses douteuses, préserve sa religion et son<br />

honneur. Quant à celui qui tombe dans les choses douteuses, il est comparable<br />

au berger qui laisse paître (son troupeau) dans un enclos réservé et il<br />

est sur le point d ’y pénétrer»(Rapporté par Boukhari et MousUmy^K<br />

Al-Hassan Ben Ali -que Dieu les agrée- a rapporté qu’il a entendu<br />

{’Envoyé de Dieu -qu’Ailah le bénisse et le salue- dire: «Laisse ce qui<br />

provoque en toi le doute pour ce qui n’est pas douteux». Et dans un autre<br />

hadith: «Le péché est ce qui suscite le doute dans ton âme et trouble ton<br />

for intérieur, et tu répugnes que les gens le sachent».<br />

Quant à Ibn Abbas, il a dit que le dernier verset qui a été révélé<br />

au Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- était celui qui se rapporte<br />

à l’usure. Omar Ben Al-Khatab, dans un de ses discours, a dit en<br />

s’adressant aux hommes: «Il se peut que je vous interdise des choses<br />

qui vous sont profitables et que je vous tolère d’autres qui vous sont inconvenables.<br />

Sachez que parmi les derniers versets du Coran qui furent<br />

révélés se trouve celui relatif à l’usure. l’Envoyé de Dieu -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue- mourut avant qu’il nous l’explicite d’une façon<br />

claire. Donc laissez ce qui provoque en vous le doute pour ce qui n’est<br />

pas douteux».<br />

En voici encore quelques hadiths relatifs à l’usure:<br />

- L ’usure comporte soixante-treize branches.<br />

- L ’usure engendre soixante-dix actes repréhensibles dont le moindre<br />

(1 ) ù>i ùt» : Jj-ïj J :jLî jfJij jJjI ùU-«JI ^ ^<br />

lÿ Cfj jjJ ¿iJj cJh<br />

•«V ¿ji ûî ¿Üji ^^^1<br />

¿»J<br />

400


est pareil au rapport sexuel d ’un homme avec sa mère. (Rapporté par Ibn<br />

Maja et A l-H akem /^ \<br />

- Il arrivera un jour où tous les hommes se nourriront de l ’usure. On<br />

lui demanda: «O Envoyé de Dieu, le tout sans exception? - Et lui de répondre:<br />

«Celui qui ne le pratiquera pas effectivement n ’en sera pas indemne».<br />

Donc tous les moyens qui mènent à une désobéissance à Dieu<br />

sont interdits sans aucune contestation. A cet égard, Aicha -que Dieu<br />

l'agrée- a dit: «Après la révélation des versets concemant l’usure, l’Envoyé<br />

de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- les récita aux hommes<br />

puis il interdit le commerce du vin». Et les ulémas de conclure:<br />

Lorsque l’usure fut interdite ainsi que toutes les transactions faites<br />

dans ce sens, le vin fut interdit à son tour ainsi que tous les actes qui<br />

lui sont relatifs.<br />

L’Envoyé de Dieu -qu'Allah le t)énisse et le salue- n’a pas manqué<br />

à comparer cela au faire des juifs quand il a dit: «Que Dieu maudisse les<br />

juifs qui, lorsque la consommation de la graisse leur fu t interdite, ils l ’ont<br />

fondue, vendue et mangèrent son prix». A propos de l’usure, il a dit:<br />

«Dieu maudit celui qui se nourrit de l’usure, son mandataire, ses témoins et<br />

son scribe». On entend par cela que quelque soit la forme du document<br />

qui se rapporte à l’usure, car à l’orìgine il est comme nul et non avenu,<br />

et d’autre part, parce que les actions ne valent que par l’intention.<br />

L’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Dieu ne regarde<br />

ni vos corps ni vos richesses mais II observe vos cœurs et vos actions».<br />

yamatoqu-L-Lahu-r-ribâ wa yurbi-s-sadaqâti w-AL-Lâhu lâ yuMbbu kul-<br />

(1) .«■^î ùî Uj-wî J li tju i j i j A ¿ j f -<br />

401<br />

^^1 iljj)


la kaffârin ’atîm (276) ’inna-l-laçïna ’âmanû wa ‘amilû-s-sâliMti wa ’aqâmû-s-salâta<br />

wa ’âtû z-zakâta lahum ’ajruhum ‘inda rabbihim walâ<br />

hawfun ‘alayhim walâ hum ya^ n û n (277).<br />

Dieu ruine l’usure et protège l’aumône. Dieu a de l’aversion pour les<br />

incrédules et les pécheurs. (276) Ceux qui croient et pratiquent le bien, qui<br />

observent la prière et font l’aumône, seront récompensés par leur Seigneur.<br />

Toute crainte et tout chagrin leur seront épargnés. (277).<br />

Dieu fait connaître aux hommes qu’il anéantira tous les profits provenant<br />

de l’usure, ou II ôtera toute bénédiction des biens de l’usurier et<br />

en plus, Il le châtiera au jour de la résurrection. Au sujet de tout ce qui<br />

est acquis d’une façon illicite, Dieu a dit: «Ce qui est mauvais n’est pas<br />

semblable à ce qui est excellent, même si l’abondance du mal te surproid»)<br />

[Coran Vi, 100] et: «... Il entasse les mauvais les uns sur les autres, puis<br />

qu’n les amoncelle tous ensemble et qu’il les mette dans la géhenne») [Coran<br />

VIII, 38].<br />

Dieu a dit de même: «L’intérêt usuraire que vous versez pour accroître<br />

les biens d’autrui ne les accroit pas auprès de Dieu») [Coran XXX, 39],<br />

voilà un verset de plus qui confirme la nullité de l’usure dont Ibn Abbas<br />

en a tiré un argument pour dire: «Quelque grand profit qu’apporte<br />

l’usure sa conséquence sera une privation». Le but de ces propos est<br />

pareil aux dires du Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue-: «Quiconque<br />

accapare la nourriture des musulmans, Dieu le frappe par la ruine<br />

et la lèpre».<br />

Quant à La croissance de l’aumône -auprès de Dieu- le Prophète<br />

la confirme par ce hadith rapporté par Abou Houraira: «Quiconque fa it<br />

¡‘aumône fut-ce de l ’équivalent d ’une datte acquise licitement, à savoir que<br />

Dieu n ’accepte que ce qui est bon et licite. Dieu la prend de sa main droite<br />

et l ’accroitra comme l ’un d ’entre vous qui élève un poulain, de sorte qu’elle<br />

deviendra de la grandeur d ’une montagne». (R apporté par Boukhari et<br />

M ousüm /^\ Plusieurs hadiths ont été rapportés au même sujet et dont<br />

le sens est presque le même.<br />

(1) ¿1 te...kit Cr* ¿fAt Jü<br />

402


«Dieu a de l’ayernon pour les incrédules et les pécheurs» Certes, Dieu<br />

n'aime pas les incrédules et les pécheurs soit à cause de leurs actes,<br />

soit à cause de leurs propos. Car les uns et les autres, malgré ce que<br />

Dieu leur montre les différents moyens licites pour acquérir de ses<br />

bienfaits, ne font que ce qui déplait à Dieu ne cherchant qu’à dévorer<br />

les biens d’autrui injustement par des moyens illicites. Cela constitue<br />

sans doute une ingratitude, une méconnaissance des bienfaits de Dieu<br />

et une injustice envers les autres. Puis II montre le cas des soumis qui<br />

font ia prière et l’aumône, qu’ils n’éprouveront aucune crainte auprès<br />

de Lui au jour du jugement demier et ne seront plus affigés.<br />

•í<br />

^<br />

^ U { ¿ ij íál íjijjí<br />

J j j í ¡4» @ Síj<br />

i ï « ; ¿ ^ el ^<br />

"í (C»j ü ^ js ' ^ J ^ jí t<br />

yâ ’ayyuhâ-1-ladîna ’âmanû-t-taqu-1-Lâfaa wa ^ rú mâ baqiya min-r-ribá<br />

’in kimtum mu’minín (278) fa ’il-lam taPalú fa’danú bi ^rbim mina-L-<br />

Láhi wa rasûlihî wa ’in tubtum falakvim ru’úsu ’amwálikum lâ tazlimûna<br />

walâ tu2Íamún (279) wa ’in kâna dû ‘usratín fanaziratun ’ilâ maysaratin<br />

wa ’an ta^ddaqû hayru-l-lakum ’in kuntum ta‘lamún (280) wattaqú yawman<br />

tuija‘úna fOii ’ila-L-Láhi tumma tuwaffá kullu nafsim mâ kasabat<br />

wa hum la yudamún (281).<br />

Croyants, craignra Dieo et annulez toutes to s conventions usuraires en<br />

cours, d vous êtes des croyants àncràes. (278). Si to u s persistez, vous êtes<br />

en état de rébellion contre Dien et Son Prophète. Si vous vous soumettez,<br />

ne réclamez que votre capital. La règle est que vous ne devez ni léser ni<br />

être lésés. (279) Si votre débiteur est dans la gêne, attendez qu’il revienne<br />

meilleure fortune. Vous montrer généreux sera plus méritoire pour vous, si<br />

vous comprenez votre int^êt. (280). Drainez le jour où vous comparaîtrez<br />

devant Dieu, où toute âme sen rétribuée selon ses œuvres, où plus personne<br />

TOsera Usé. (281).<br />

Dieu ordonne à Ses serviteurs croyants de Le craindre en les ex-<br />

403


hortant à ne plus commettre ce qui le courrouce contre eux et les éloigne<br />

de Sa satisfaction. Ils doivent donc observer Ses ordres laissant<br />

tout profit provenant de l’usure et se contentant de récupérer leurs capitaux<br />

après cet avertissement.<br />

Il a été rapporté que ce verset fut révélé au sujet de Bani ‘Amr<br />

Ben ‘Oumayr de la tribu Thaqif et de Bani Al-Moughira de la tribu<br />

l\^akhzoum qui pratiquaient l’usure du temps de la Jahilia. Après leur<br />

conversion, les thaqifites demandèrent aux Makhzoumites de leur<br />

payer l’intérêt de leurs dettes. Ces derniers, après consultation, refusèrent<br />

et leur répondirent; «Nous ne les payerons plus du temps de l’Islam<br />

une fois convertis» Mtab ben Oussayd écrivit à l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- à ce sujet en portant plainte contre eux<br />

auprès de lui. Il lui répondit par ce verset récemment révélé; «Croyants,<br />

craignez Dieu et annulez toutes vos conventions usuraires en cours... jusqu’<br />

la fin. Les Thaqifites s’écrièrent alors; «Nous revenons à Dieu et laissons<br />

l’usure à jamais».<br />

Que ceux qui pratiquent l’usure et y persistent, attendent une<br />

guerre de la part de Dieu et de Son Envoyé, on leur dirait au jour de la<br />

résurrection, d’après Ibn Abbas, prenez vos armes c’est à dire attendez-vous<br />

à une hostilité de la part du Seigneur et de Son Envoyé où<br />

rien ne vous servira». Et Ibn Abbas d’ajouter, en récitant et commentant<br />

le verset précité; Celui qu persiste sans jamais laisser l’usure, il<br />

sera de droit, dans le bas monde, à l’imam des musulmans, c’est dire<br />

le gouverneur, de l’avertir et de cesser toute convention usuraire et de<br />

revenir à Dieu, sinon il pourra l’exécuter.<br />

«Si vous vous soumettez, ne réclamez que votre Capital» On entend<br />

par cela que tout ce que les usuriers avaient pris des intérêts, ne seraient<br />

plus interrogés à leur sujet, à condition qu’ils s’abstiennent désormais<br />

de toute pareille pratique et qu’ils ne réclament de leurs<br />

débiteurs que leurs capitaux sans aucun surplus et par ce fait ils ne seront<br />

plus lésés. L’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-,<br />

dans son long discours dans son pèlerinage de l’adieu, avait montré<br />

aux hommes que l’usure pratiquée du temps de l’ignorance -Jahiliaest<br />

désormais interdite, surtout celle de son oncle paternel Al-Abbas<br />

Ben Abdul Mouttaleb, et qu’aucune responsabilité ne serait à leur<br />

charge s’ils se contentent de réclamer leurs capitaux seuls sans léser<br />

les autres ni être lésés.<br />

404


Du temps de l’ignorance, il arrivait qu’un débiteur se trouvait dans<br />

la gêne sans pouvoir s’acquitter de sa dette. Le créancier venait le<br />

sommer: ou tu payes ou tu donneras en plus. Dieu, dans les versets<br />

sus-mentionnés, exhorte les hommes à se montrer magnanimes envers<br />

de tels débiteurs, en disant: «si votre débiteur est dans la gêne, attendez<br />

qu’il revieni^ à meilleure fortune.» Vous montrer généreux sera plus<br />

méritoire pour vous, si vous comprenez votre intérêt». Dieu ne s’arrête<br />

pas là II recommande même aux gens de faire remise et de faire l’aumône<br />

en abandonnant leurs droits. Plusieurs hadiths ont été rapportés<br />

à ce propos et nous allons en citer ces quelques-uns:<br />

- Ass’ad Ben Zarara a rapporté que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- a dit: «Que celui qui voudra que Dieu le protège de<br />

son ombre le jour où il n’y aura d’autre ombre que La sienne, accorde des<br />

facilités à son débiteur ou qu’il lui fasse remise »(Rapporté par Tabara-<br />

- Mouhammad ben ka'b Ai-Qouradhi a raconté qu'Abou Qatada<br />

avait une dette sur un homme. Il allait souvent lui demander de s’en<br />

acquitter, mais cet homme se cachait. Un jour se rendant chez<br />

i’homme, Abou Qatada rencontra le fils qui l’informa que se son père<br />

est dans la maison en train de manger, il l’appela: «O untel! on m’a dit<br />

que tu te caches de moi, sors de ta cachette». En sortant pour le voir,<br />

il lui demanda: «Qu’est-ce qu’il te porte à me fuir toujours?».<br />

- Je suis dans la gêne, lui répondit-il, et je n’ai rien pour te donner<br />

-Jures-tu par Dieu que tus es ainsi? -je le jure. Abou Qatada pleura et<br />

lui dit: «J’ai entendu l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le saluedire:<br />

«Celui qui réconforte son débiteur qui se trouve dans laj^ne ou lui<br />

fait remise de sa dette, sera protégé de l’ombre de Dieu au jour de la résurrection»<br />

(Rapporté par Ahmed et mousüm)^^K<br />

(1) Jb M 4>1 AÜii ùî 4)t Jli tjlî »j\jj ¿^, Za\J ^Î<br />

(2) oUtfLLü ùLTj j aJ 0 ^ îiUî Lt ùî ^<br />

J* ^<br />

rjlî» U :JU* ù^ Ij :JU* «liLâ<br />

:JÜ j*j tîils* jj)<br />

.¡ij« :Jlî<br />

405


- Houdzaifa ben Al-Yaman a rapporté que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue- a dit: «Un homme comparut devant Dieu le<br />

jour de la résurrection, on lui demanda: «Quelles étaient tes enivres dans le<br />

bas monde?» Il répondit: «Seigneur, je n’ai fait dans ma vie mondaine une<br />

œuvre bonne fut-ce l’équivalent d ’un atome sans qu’elle ne fû t dans le but<br />

de Te plaire (et il le répéta trois fois). Puis cet homme ajouta: «O Seigneur,<br />

Tu m ’avais accordé un surperflu de richesses et je faisais des transactions<br />

avec les autres. Comme la clémence et la magnanimité étaient de<br />

mon tempérament, je facilitais à l ’homme aisé et donnais un délai à celui<br />

qui se trouvait dans la gêne» Le Seigneur répondit: «Nous avons plus de<br />

droit que toi d ’accorder des facilités, entre au Paradis» ( Rapporté par<br />

Boukhari et Mousüm et Ibn Maja)^^K<br />

- Sahl Ben Hounayf a rapporté que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- a dit: «Quiconque vient en aide à w i combattant dans<br />

la voie de Dieu, ou un endetté se trouvant dans la gêne, ou un esclave moukatab<br />

(affranchi contractuel), Dieu le protégera de Son ombre le jour où il<br />

n’y aura d’autre ombre que La Sienne» (Rapportépar At-Hakem/^K.<br />

Dieu enfin rappelle aux hommes que la vie mondaine n’est qu’une<br />

jouissance éphémère et tout que ce que contient le bas monde sera<br />

anéanti, seul le retour à Dieu assure à l’individu la récompense dans la<br />

vie future, l’homme rendra compte de toutes ses œuvres et recevra le<br />

prix et ne sera plus lésé.<br />

Sa’id Ben Joubaïr a dit: «Ce verset: «Craignez le jour où vous<br />

J J i ^ -UP j î ^ ^ : J j i j ^<br />

.(,4-^<br />

(1 ) :Jlî ï^l^l 4t (yt» Jü tjlî ùUJI ^<br />

Ljj AyrJ ^ L. :jUi ÿLjjJI ^ ^ liU<br />

c - iiTj c JU ta fri ¿ i j l I.JJ \j :L*j> Â A ip jljJ I Jlî _ o lLf!lî -<br />

tjlî Jl JiJij J—i' C/'<br />

• ( ^ l^ ù i 'j 41<br />

(2) IAaI^w» ùIpI ¡yt :Jlî 41 Jj'-’j ùl ûl ^ ^ 4JÜI ^<br />

J]à f j j - d t 4 1 L î l ^ j î Uj Ip j Î b jlp j î ¿ 1 ^<br />

»Ijj)<br />

.(jIl->1 ;Jlîj ^ Vi<br />

406


comparaîtrez devant Dieu, où tonte âme sera rétribuée selon ses œuvres où<br />

plus personne ne sera lésé» fut le dernier verset révélé du Coran, le Prophète<br />

vécut neuf nuits après sa révélation et mourut le lundi, le 2 du<br />

mois Rabi‘ premier. Tel était aussi le commentaire d’ibn Abbas et d’ibn<br />

Jouraij<br />

J i d j \ii \ t . c


V > hidû ’idâ tabâya‘tum walâ yudârra katibun walâ sahîdun wa ’in<br />

taf alû fa’innahû fusûqum bikum wattaqû-L-Lâha wa yu‘allimukumu-L-<br />

Lâhu w-AL-Lâhu bikulli say’in ‘alîm (282).<br />

Croyants, lorsque vous contractez un prêt à terme, consignez-le par<br />

écrit. Qu’un écrivain en transcrive les conditions avec fidélité. Aucun écrivain<br />

ne saurait se refuser à prêter son ministère. Qu’il écrive suivant les<br />

formes que Dieu lui a enseignées. C’est au débiteur qu’il appartient de dire<br />

à quoi il s’oblige. Qu’il craigne Dieu alors et qu’il ne cherche pas à diminuer<br />

le montant de son obligation. Si le débiteur est incapable de s’obliger,<br />

soit qu’il soit faible ou mineur, ou s’il ne peut pas s’exprimer, c’est à son<br />

représentant à stipuler honnêtement pour lui. Provoquez le témoignage de<br />

deux témoins d’entre vous. Si vous ne trouvez pas deux hommes, mandez<br />

un homme et deux femmes parmi les personnes agréées à témoigner, de façon<br />

que si l’une d’elles oublie un détail, l’autre le lui rappele. Les témoins<br />

ne sont pas admis à refuser leur témoignage quand ils en sont requis.<br />

N’omettez pas de passer par écrit l’acte de prêt, quel qu’en soit le montant<br />

et de spécifier le terme. C’est le moyen le plus juste aux yeux de Dieu, celui<br />

qui confère le plus d’autorité au témoignage et le plus susceptible d’écarter<br />

les doutes: A moins qu’il ne s’agisse d’une opération courante et à vue,<br />

auquel cas vous pouvez vous dispenser de la faire constater par écrit. Faites<br />

constater par témoins vos transactions. Ne causez aucun préjudice soit à<br />

l’écrivain, soit au témoin. Et si vous transgressez ces prescriptions, vous<br />

commettez un péché. Craignez Dieu, c’est Lui qui vous instruit, car II est<br />

omniscient. (282).<br />

C’est le verset le plus long du Coran, par lequel Dieu enseigne les<br />

hommes les principes des formalités concernant le prêt et les dettes,<br />

pour protéger l’intérêt du créditeur, affirmer la dette et être un argurfîent<br />

quant aux témoins, que ce prêt soit une marchandise à livrer<br />

plus tard ou une somme d’argent payable après une période déterminée<br />

ou autre.<br />

D’après un hadith authentifié cité dans les deux Sahih, Ibn Abbas<br />

a rapporté que le Prophète -qu’Allah lé bénisse et le salue-, après son<br />

arrivée à Médine, trouvait que les gens prêtaient sur les fruits pour un<br />

an, deux ou même trois. Il leur dit: «Celui qui avance une somme pour<br />

des fru its (livrables à term ejque ce soit pour une mesure précise et un<br />

poids déterminé».<br />

408


Dieu ordonne que tout prêt à terme doit être consigné par écrit.<br />

Abdullah Ibn Omar a rapporté que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- a dit: «Nous sommes une nation illettrée, ne savons ni<br />

écrire ni faire le compte». Comment peut-on donc réunir entre cela et<br />

l’ordre d’écrire les dettes?<br />

La réponse est la suivante: La dette en tant que telle, n’a pas besoin<br />

d’être consignée par écrit en principe, car le Livre de Dieu a mis<br />

cela au clair aux gens et a rendu sa tâche facile. Par ailleurs, les traditions<br />

du Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- montrent que ce qui<br />

devait être consigné par écrit sont des accords secondaires qui ont lieu<br />

entre les hommes, et cet ordre a le caractère de direction plutôt que<br />

d’obligation, comme l’ont commenté certains ulémas exégètes:<br />

- Qatada a raconté: «Abou Souleiman Al-Mar‘achi fréquentait souvent<br />

Ka'b. Un jour il demanda à ses compagnons: «Connaissez-vous<br />

un opprimé qui a invoqué son Seigneur sans être exaucé?» lis lui répondirent:<br />

«Commet cela peut arriver?» Il répliqua; «Il s’agit d’un<br />

homme qui a vendu une chose à terme à un autre sans prendre des<br />

témoins ni consigner cela par écrit» Lorsque le terme échoit, l’acheteur<br />

renie le droit du vendeur et refuse de lui payer le prix. En invoquant<br />

Dieu, Il ne l’a pas exaucé parce qu’il n’a pas observé Ses ordres.<br />

- Quant Al-Hassan et Ibn Jouraij, ils ont jugé que ceci constituait<br />

une obligation qui fut plus tard abrogée par ce verset: «Mais si vous<br />

êtes mutuellement en confiance, que celui à qui on a confié quelque chose le<br />

restitue») [Coran II, 283].<br />

Abou Houraira a dit que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et<br />

le salue- a raconté; Un des fils d’Israël demanda à un de ses coreligionnaires<br />

de lui prêter une somme d ’argrent. Il lui répondit: «Prodigue-moi des<br />

témoins. Et l’autre de répliquer: «Dieu suffit comme témoin».<br />

- Amène-moi donc un garant. -Dieu est mon garant. -Et le créancier<br />

de rétorquer: «Tu dis vrai», et il lui donna l’argent pour une certaine<br />

période. Le débiteur s’embarqua, termina ses affaires dans un<br />

autre pays, et voulant retourner, il ne trouva pas une embarcation du<br />

moment que le terme du paiement fut échu et il devait à tout prix s’acquitter<br />

de sa dette. A cette fin, il prit une planche de bois, la creusa,<br />

mit dedans mille dinars le montant de sa dette et une lettre à son<br />

409


créancier. Il boucha la partie creusée de la planche et se dirigea vers<br />

la côte pour la jeter dans la mer en disant; «Mon Dieu, Tu sais bien<br />

que j’ai emprunté d’un tel mille dinars qui me demandait un témoin et<br />

un garant et je lui répondais que je T’avais pris comme témoin et<br />

comme garant. J’ai déployé toutes mes forces afin de trouver un bateau<br />

pour les lui envoyer, mais tous mes efforts étaient vains. Je Te<br />

confie donc cette somme». Cet homme demeura dans ce pays attendant<br />

un bateau.<br />

Le créancier se rendit à la côte dans l’attente d’un bateau qui lui<br />

apportera des marchandises. Soudain il trouva la planche de bols que<br />

le débiteur avait envoyée. Il la prit pour s’en servir comme combustible.<br />

En la brisant, il trouva la lettre et l’argent Après un certain temps, ayant<br />

trouvé une embarcation, le débiteur retourna à son pays et se rendit<br />

directement chez le créancier en lui apportant mille dinars lui disant;<br />

«Par Dieu, j’attendais toujours un bateau pour retourner et Je m’embarquai<br />

sur le premier qui se dirigeait vers notre pays» L’autre lui demanda;<br />

«M’as-tu envoyé quelque chose?» Et le premier de répondre; «je<br />

te jure que je n’ai pas trouvé un bateau avant celui-là.» Le créancier<br />

de rétorquer; «Dieu a acquitté ta dette que tu as mise dans la planche<br />

de bois. Prends tes mille dinars, que tu restes toujours dans le chemin<br />

droit».<br />

«Qu’un écrivain en transcrive les conditions avec fidélités» c’est à dire<br />

honnêtement et justement sans se mettre du côté de l’une des deux<br />

parties et sans rien ajouter ni rien manquer. «Ancnn écrivain ne saurait<br />

se refuser à prêter son ministère» qui est un ordre à tout écrivain de ne<br />

plus refuser si on le lui demande car c’est Dieu qui lui a enseigné<br />

après son ignorance, il lui sera donc d’obligation d’être reconnaissant<br />

envers le Seigneur en comblant le besoin des autres. Il doit transcrire<br />

les termes avec fidélités comme il a été dit dans un hadith prophétique;<br />

«Ce sera compté comme une aumône lorsque tu aides un travailleur<br />

ou faire un travail à la place d’un ouvrier inhabile», et dans un autre hadith;<br />

«Celui qui dissimule tme science, sera bridé par une bride en feu au<br />

jour de la résurrection».<br />

«C’est au débiteur qu’il apparfient de dire à quoi ü s’oblige» c’est à<br />

dire il incombe au débiteur de dicter ce qu’il devra s’en acquitter plus<br />

410


tard sans en rien manquer pour ne plus léser ie créancier, en craignant<br />

le Seigneur.<br />

Si le débiteur est incapable de dicter, et ceci pour plusieurs raisons;<br />

soit qu’il est fou, ou débile, ou incapable de s’exprimer, ou mineur,<br />

cette tâche incombe à son représentant qui doit stipuler<br />

honnêtement pour lui.<br />

«Provoquez le témoignage de deux témoins d’entre vous» est un ordre<br />

de demander le témoignage pour confimner cette dette en plus de sa<br />

transcription. Si on ne trouve pas deux hommes, ces témoins poun-ont<br />

être un homme et deux femmes parmi les personnes agréées, et ceci<br />

en ce qui concerne les biens seulement. Deux femmes sont exigées à<br />

la place d’un homme à cause de leur manquement de raison comme il<br />

a été cité dans le sahih de Mousiim d’après Abou Houraira où le Prophète<br />

-qu’Allah le bénisse et le salue- a dit; «O femmes! faites l’aumône<br />

et implorez le pardon de Dieu car je vous ai vues former la majorité des reprouvés<br />

de l ’Enfer» Une femme éloquente se leva et demanda; «Pour<br />

quelle raison ô Envoyé de Dieu?» Il lui répondit: «Parce que vous proférez<br />

souvent les malédictions et vous êtes méconnaissantes envers vos époux.<br />

Je n ’ai vu des gens qui manquent de raison et de foi plus que vous» - Et<br />

comment cela ô Envoyé de Dieu, répliqua la femme?». Il rétorqua; «Le<br />

témoignage de deux femmes est équivalent à celui d'un seul homme, voilà le<br />

manquement de sa raison. D'autre part, la femme ne peut prier et jeûner<br />

durant une certaine période (à cause de ses mentrues ou lochies), voilà<br />

son manquement de foi» (Rapporté par MousUm/^^ .<br />

Puis Dieu exige que ces témoins soient élus parmi les personnes<br />

agréées, en d’autres termes, elles doivent être justes, probes et honnêtes.<br />

Quant aux femmes on exige la présence de deux car si l’une d’elles<br />

se trompe ou oublie, l’autre lui rappellera ce qu’elle aura oublié.<br />

(1) il—üt L» :JLÎ ^ ^ ^ ^ Jli<br />

4il J j-j U Uj i\y\ cJUi cijLJl JaÎ jUax-NI<br />

oUailJ ^ CjÎj L* jyJJt ù .‘Jlî ?jUI JaI<br />

ûLsaÂJ t*l» :jLî<br />

ùUaâJ L» 4il J > - j u :cJU<br />

JW^t ùUaÜ t-i+i JJju ¿;yljA ëiLjJü<br />

411


Une autre recommandation divine implique l’obligation de témoigner<br />

si l’on en demande, mais cela n’est plus catégorique car on peut<br />

pour une raison ou d’autre s’abstenir selon les dires de certains ulémas,<br />

et c’est Dieu qui est le plus savant. Mais ce qui est plus convenable<br />

consiste à se conformer aux dires du Prophète -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue-: «Vous dirai-je quels sont les meilleurs des témoins?<br />

Ils sont ceux qui témoignent avant qu’on leur demande leur témoignag».<br />

(Rapporté par MousHm/^K<br />

Et dans un autre hadith: «... Puis des hommes viendront prêter serment<br />

avant de témoigner et témoigner avant de prêter serment - Suivant<br />

m e variante: «Ils témoigneront avant qu’on leur demandera de ténioigner».<br />

Que cette dette soit petite ou grande, il ne faut pas hésiter à<br />

l’écrire en fixant son échéance. C’est le moyen le plüs juste aux yeux<br />

de Dieu, qui donne plus de valeur au témoignage et qui est le plus<br />

apte à ôter toute sorte de doute. Car il se peut qu’un témoin oublie ce<br />

qui a eu lieu mais en voyant sa signature apposée sur l’acte écrit, se<br />

rappelle des détails. Cela tranche tout différend qui pourra arriver entre<br />

créditeur et débiteur.<br />

Toutefois il y a toujours exception à la règle, ce qui est le cas<br />

d'une opération commerciale conclue entre deux parties où le prix a<br />

été versé entièrement après la livraison de la marchandise par exemple<br />

ou autre, on peut passer outre alors de la transcription.<br />

Puis Dieu dit: «Faites constater par témoins vos transactions» que le<br />

payement soit comptant ou à terme. Mais ceci a été abrogé, d’après<br />

l’opinion de Cha'bi et Al-Hassan, par ce verset: «Mais si vous êtes mutaeOement<br />

en confiance, que celui à qui on a confié quelque chose le restitue»<br />

C’est une recommandation plutôt qu’une obligation d'après<br />

l’opinion de la majorité des ulémas en tirant argument de ce hadith rapporté<br />

par Khouzaima Ben Thabet Al-Ansari: «Le Prophète -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- avait acheté un cheval d’un bédouin et lui demanda<br />

de le suivre pour lui payer son prix. Le Prophète -qu’Ailah le bénisse<br />

et le salue- hâta le pas pour entrer chez lui et apporter l’argent,<br />

(1) n-T'îlli :Jlî 4il ùl c~fj<br />

412<br />

.iL(A^ ùi JJ


tandis que le bédouin marchait lentement à dos de son cheval. En<br />

cours de route, des hommes proposèrent au bésouin un prix plus<br />

élevé de son cheval» Il interpella le Prophète -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- et lui dit: «SI tu veux vraiment acheter le cheval, apporte-moi<br />

donc le prix» Le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- lui répondit:<br />

«N ’ai-je pas acheté le cheval de toi?» Le bédouin s’écria: «Non par Dieu,<br />

je ne te l’ai pas vendu». Et une discussion éclata entre eux, qu’à la fin<br />

le bédouin dit: «Désigne-moi un seul homme qui puisse témoigner que<br />

je te l’ai vendu» Les fidèles réprimandèrent le bédouin lui disant qu’il a<br />

affaire avec le Prophète -qu’Allah le tiénisse et le salue- qui ne dit que<br />

la vérité, et ceci continua jusqu’à l’anivée de khouzaima qui, entendant<br />

la discusión, s’écria: «Moi je témoigne que tu l’as vendu». Mais le Prophète<br />

-qu’Allah le bénisse et le salue- lui demanda: «Comment témoignes-tu<br />

ô Khouzaima?»-W lui répondit: «En tenant pour vrais tous tes<br />

propos». Le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- dit alors: «Le témoignage<br />

de Khouzaima vaut celui de deux hommes» (R apporté par Ahmed/^K<br />

Maïs parer à toute éventualité constitue une exhortation aux hommes;<br />

car Al-Hakem et Ibn Mardaweih ont rapporté que le Prophète -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Trois invocations restent inexaucées:<br />

celle d ’un homme qui ne répudie pas sa fem m e à cause de son mauvais<br />

caractère; celle d ’un homme qui restitue tous les biens à un orphelin<br />

(1 ) -s^ ù* C-jIj (Jjj<br />

JW j J-iJai<br />

Aj-sÜJ<br />

-»'j<br />

ù î ù j y t i j<br />

ù l : jL îi , j J l ^^1^ * y i (^JÜI ^ y ü l<br />

a i ùl»- fU i t


avant d ’atteindre l ’âge de m aturité; et celle d ’un homme qui prête une<br />

somme d ’argent à un autre sans la présence de témoins» (Rapporté par Al~<br />

H akem /^\<br />

«Ne causez aucun préjudice soit à l’écrivain, soit au témoin» Cela signifie<br />

qu’il n’est du tout permis à un écrivain autre que l’on lui dicte, ou<br />

à un témoin d'attester autre que ce qu’il a entendu, ou de dissimuler<br />

toute la vérité. Quant à Al-Hassan et Qatada, ils ont dit qu’il ne faut excercer<br />

de violence ni sur l’écrivain ni sur le témoin.<br />

«Et si vous transgressez ces prescriptions, vous commettez un péché.<br />

Craignez Allah, c’est Lui qui vous instruit, car II est oimniscient» C’est<br />

une autre recommandation de ne plus déroger aux-lois divines, car si<br />

on fait autrement, ce sera une perversité. 1faut se soumettre à Dieu,<br />

suivre Ses enseignements afin d'obtenir Sa satisfaction comme II le<br />

montre dans ce verset: «O vous les croyants, craignez Dieu. Croyez en<br />

Son Prophète pour que Dieu vous donne une double part de Sa miséricorde,<br />

qu’n vous accorde une lumière dans laquelle vous marcherez») [Coran LVII,<br />

27]. Il sait tout et rien ne Lui échappe.<br />

¿ J % % ' J<br />

O jL lji KLj "iuij<br />

wa’in kuntum ‘alâ safarin wa lam tajidû kâtiban farihânum maqbû^tun<br />

fa’in ’amina ba‘dxikum ba‘i^n falyu’addi-l-ladî 'tumina ’amânatahû walyattaqi-L-Lâha<br />

rabbahû walâ taktumû-s-sahâdata wa may-yaktumha<br />

fa’innhahû ’âtimim qalbuhû wa-L-Lâhu bimâ ta‘maluna ‘alîm (283).<br />

Si vous êtes en voyage et que vous ne trouviez pas d’écrivain, exigez la<br />

remise d’un gage. Mais si vous êtes mutuellement en confiance, que celui à<br />

qui on a confié quelque chose le restitue. Qu’il craigne Dieu, son Seigneur.<br />

(1)4' OjPAi :Jlî (jî' t\jj<br />

l*-î^ JU t'-fiUaj jJLi j I àJI ii—-<br />

JU): SiLi Jj-jj<br />

(Jj<br />

414


Ne refusez pas votre tnnoignage. Quiconque le refuse commettra un péché.<br />

Mais Dieu comiaît vos actions» (283).<br />

Il s’agit toujours de la dette et les formalités qu’on doit suivre,<br />

mais cette fols il est question du voyage si l’on ne trouve pas d’écrivain<br />

ou, d’après Ibn Abbas, ce qu’il est nécessaire pour la transcrire<br />

tels que le papier, la plume ou l’encre... Dans ce cas un gage pourra<br />

tenir lieu d’un écrit mais à condition que ce gage soit disponible et présent.<br />

Certains sont allés plus loin en disant que le gage n'est permis<br />

que dans le voyage. Il a été dté dans les deux Sahihs que le Prophète<br />

-qu’Allah le bénisse et le salue- mourut alors que son bouclier se trouvait<br />

en gage chez un juif qui lui avait prêté trente wisqs (une certaine<br />

mesure) d’orge pour la nouniture de sa famille.<br />

Une autre exhortation venant de Dieu qui, selon Abou Sa'id Al-<br />

Khoudri, abroge en principe le verset précédent se rapportant à la<br />

dette. Plutôt il constitue un ordre de restituer le dépôt; «Mais si vous<br />

êtes mutuellement en confiance, que celui à qui on a confié quelque chose le<br />

restitue» et que ce demier devrait toujours craindre Dieu. A ce propos<br />

Samoura a rapporté que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le t)énisse et le salue-<br />

a dit; «Toute personne à qui on a confié une chose, en est responsable<br />

jusqu’à sa restitution».<br />

«Ne refusez pas votre témoignage» c’est dire il ne faut ni le dissimuler,<br />

ni le frauder ni le changer. Ibn Abbas et d’autres ont jugé que le<br />

faux témoignage est l’un des grands péchés, comme Dieu le confirme<br />

aussi dans un autre verset: «O vous qui croyez, pratiquez avec constance<br />

la justice en témoignage de fidélité ravers Dieu, et même à votre propre détriment<br />

ou au détriment de vos père et mère et de vos proches, qu’il s’agisse<br />

d’un riche ou d’un pauvre, car Dieu a la priorité sur eux deux. Ne suivez<br />

pas les passions au détriment de l’équité; mais si vous louvoyez ou si vous<br />

vous détournez, sachez que Dieu est bien informé de ce que vous faites»<br />

[Coran IV, 135].<br />

C fe V i 4 ç>ÿ^\ 4 ^<br />

415


Li-L-Lâhi mâ fî-s-samâwâti wamâ fî-l-’arÆ wa’in tubdû mâ fî ’anfusikum<br />

’aw tuhfûhu yaMsibkum bihi-L-Lâhu fayagfiru liman yasâ’u wa yu‘add<br />

ibu may-yasâ’u w-AL-Lâhu ‘alâ kulli say’in qadîir (284).<br />

C’est à Allah qu’appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la<br />

terre. 11 vous demandera compte de toutes vos actions, que vous les dissimuliez<br />

ou que vous les étaliez. Il absout qui II veut et punit qui II veut. Dieu<br />

est tout puissant. (284).<br />

Certes tout ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre appartient<br />

à Dieu qui connaît les choses apparentes comme II pénètre<br />

dans 1 ^ fréfofKis ties cœurs. I ^ n Lui est caché, une réalité qu’on<br />

trouve dans un bon nombre des versets. En plus de cette ample<br />

connaissance. Il est le Juge Suprême et 1 ^ hommes seront tenus de<br />

rendre compte de leurs œuvres devant Lui.<br />

A propos de ce verset et de ceux qui s’ensuivent, Abou Houraira a<br />

rapporté: «Quand fut révélé à l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et<br />

le salue- ce verset: «C’est à Allah qu’appartient tout ce qui est dans les<br />

cieux et sur la terre, Il vous demandera compte de toutes vos actions, que<br />

vous les dissimuliez ou que vous les étaliez», les compagnons de l’Envoyé<br />

de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- éprouvèrent certain émoi et allèrent<br />

le trouver. Ils s’agenouillèrent et dirent: «O Envoyé de Dieu,<br />

nous avons été chargés de ce que nous ne pouvons supporter: La<br />

prière, le combat dans le chemin de Dieu, le jeûne, l’aumône et enfin<br />

ce verset qui vient de t’être révélé.» l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- leur répondit: «Vous voulez dire par là comme disaient<br />

les gens des deux Livres (La Torah et l’Evangile): «Nous avons entendu<br />

mais nous avons désobéi?» Dites plutôt: «Nous avons entendu et nous avons<br />

obéi. Ton pardon Seigneur , vers Toi est le retour».<br />

Lorsqu’ils relurent ce verset qui leur devint familier et se soumirent<br />

à ses sentences, Dieu révéla à la suite: «Le Prophète et les fidèles<br />

croient à ce que leur Seigneur a révélé. Ils croient à Dieu, à Ses anges, à<br />

Ses livres et à Ses Prophètes. Ils ne font aucune distinction entre les Prophètes<br />

d’Allah. Ils disent: «Nous avons entendu et nous avons cru. Seigneur,<br />

nous implorons Ton pardon car c’est à Toi que nous ferons retour»<br />

Quand les fidèles mirent en exécution les ordres du Seigneur, Dieu<br />

abrogea ce verset en révélant celui-ci: «Dieu n’impose à aucune âme une<br />

charge supérieure à ses forces. Elle sera récompensée du bien qu’elle aura<br />

4 i6


fait, punie du mal. Seigneur, pardonne-nous nos négligences et nos erreurs...»<br />

Dieu leur répondit: «Oui J’exauce votre demande». Puis les fidèles<br />

continuèrent leur récitation: «Seigneur, ne nous soumets pas aux<br />

terribles épreuves dont Tu accablas nos prédécesseurs» Dieu répondit aux<br />

croyants: «Oui J’exauce votre demande». Et eux de terminer la récitation:<br />

«Seigneur, ne nous impose pas d’obligations qui excèdent nos forces.<br />

Pardonne- nous, absous nos péchés et reçois-nous dans le Sein de Ta miséricorde.<br />

Tu es notre Maître. Accorde nous la nctoire sur les peuples infidèles».<br />

Dieu exauça tout ce qu’ils demandèrent.<br />

D’autres ulémas et commentateurs ont rapporté d’autres récits qui<br />

ne diffèrent les uns des autres que dans de menus détails mais qui<br />

donnent le même sens. Ce qu’on peut conclure, d’ailleurs ce qui est de<br />

la tradition de Dieu, qu’à toute âme reviendra le bien qu’elle aura accompli<br />

et elle sera punie du mal qu’elle aura fait.<br />

Pour montrer la clémence et la mansuétude de Dieu Ibn Abbas a<br />

rapporté que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit:<br />

«Dieu a inscrit les bonnes et les mauvaises actions. Ensuite II a rendu f a<br />

très claire: quiconque se propose de faire une bonne action et ne l’accomplit<br />

pas, Dieu le Très-Haut et Béni lui inscrira une bonne action, s ’il Véxécute,<br />

Dieu lui inscrira dix bonnes actions jusqu'à sept cent multiples, même f a<br />

peut aller jusqu’à plusieurs multiples. S ’il médite de faire une mauvaise action<br />

et ne la fait pas. Dieu lui inscrira une bonne action complète, mais s ’il<br />

l ’accomplit. Il lui inscrira une seule mauvaise action» ( R apporté par<br />

Boukhari et Mouslim/^K<br />

Quant à Ibn Jarir, qui a rapporté l’opinion de Moujahed et Ad-Dahak,<br />

a dit que le verset précité (n: 284) n’a pas été abrogé plutôt il est<br />

fondamental, car il n’est plus nécessaire, une fois les hommes jugés,<br />

que Dieu les punira. Il pourra leur pardonner comme II pourra les châtier,<br />

tout dépendra de Sa décision et de Sa volonté. Ibn Jarir tira argument<br />

de ce que Safwan Ben Mihrez a rapporté. Il a dit: «Tandis que<br />

nous faisions la circumambulation autour de la Ka'ba avec Abdullah<br />

417


Ben ‘Omar, un homme lui demanda: «O Ibn Omar, qu’as-tu entendu<br />

dire au Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- au sujet de l’entretien<br />

secret (entre Dieu et son serviteur)?» Il lui répondit: «Je l’ai entendu<br />

dire: «Au jour de la résurrection Dieu fera approcher le croyant de Lui,<br />

l ’entourera et lui fera avouer ses péchés en lui disant: «Reconnais-tu tel péché,<br />

et tel péché» ju squ ’à ce qu’il avouera tous les péchés q u ’il avait<br />

commis dans le bas monde» Il lui dira enfin: «Je te les ai dissimulés dans<br />

le bas monde et ajourd’hui Je te les pardonne» On passera ensuite au<br />

croyant le livre de ses bonnes actions qu’on m ettra dans sa main droite.<br />

Quant aux incrédules et hypocrites, on les dénoncera devant tout le monde<br />

et on récitera ce verset: «Voilà ceux qui ont menti contre leur Seigneur». La<br />

malédiction de Dieu ne tombera-t-elle pas sur les injustes») [Coran XI, 18]<br />

(Rapporté par Boukhari et Mouslim/^K<br />

û “i c: -î ; ug<br />

^ .jA sù \ Je iljJ J i û ^ \ j<br />

’âmana-r-rasûlu bimâ ’unzila ’ilayhi mir-rabbihi wa-l-mu’minûna kullun<br />

’âmana bi-L-Lâhi wa malâ’ikatihî wa Kutubihî wa rusulihî lâ nufarriqu<br />

bayna ’a^dim mir-rusulihi wa qâlû sami'nâ wa ’a ^ ‘nâ gufrânaka rabba-<br />

(1) ^ *a\ ^ :Jlî<br />

:J13 ^ J j j j 4)1 c.. o.».. U L :jU i J j f j *J<br />

ojjÂ^ amS" ^ji>- J ir j "y- ^.j ô* -lijk ô j ^ j<br />

ùl U Aj ^ lil ‘ûiv*


nâ wa ’ilayka-l-masir (285) lâ yukallifu-L-Lâhu nafsan ’illâ wus'aha lahâ<br />

mâ kasabat wa ‘alayhâ maqtasabat rabbana lâ tu’âW^nâ ’in nasînâ ’aw<br />

’ahta’nâ rabbanâ walâ tahmil ‘alynâ ’isran kamâ temaltahû ‘alâ-l-ladîna<br />

min qablinâ rabbanâ walâ tuMmmilnâ mâ lâ tâqata lanâ bihî wa‘fu ‘anna<br />

wagfir lanâ wa-r-^mnâ ’anta mawlânâ fansumâ ‘alâ-l-qawmi-l-kâfirîn<br />

(286).<br />

Le Prophète et les fidèles croient à ce que leur Seigneur a révélé. Ils<br />

croient à Dieu, à Ses anges, à Ses Livres et à Ses Prophètes. Ils ne font<br />

aucune distinction entre les Prophètes de Dieu. Ils disent: Nous avons entendu<br />

et nous avons cm. Seigneur , nous implorons Ton pardon car c’est à<br />

Toi que nous ferons retour. (285). Allah n’impose à aucune âme une charge<br />

supérieure à ses forces. Elle sera récompensée du bien qu’elle aura fait, punie<br />

du mal. Seigneur , pardonne-nous nos négligences et nous erreurs. Seigneur<br />

, ne nous soumets pas aux terribles épreuves dont Tu accablas nos<br />

prédécessuers. Seigneur, ne nous impose pas d’obligations qui excèdent nos<br />

forces. Pardonne-nous, absous nos péchés et reçois-nous dans le sein de Ta<br />

miséricorde. Tu es notre Maître. Accorde-nous la victoire sur les peuples infidèles<br />

(286).<br />

Nous allons citer ci-après quelques hadiths qui montrent le mérite<br />

de ces deux versets;<br />

1 - Ibn Mass'oud rapporte que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- a dit; «Quiconque récite la nuit les deux demiers versets<br />

de la sourate de «La vache», ils lui suffisent» (Rapporté par Boukhari/^^.<br />

2 - Abou Dzarr rapporte; «L’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et<br />

le salue- a dit; «On m ’a accordé les demiers versets de la souratre «La vache»<br />

d ’un trésor qui se trouve au-dessous du Trône, et aucun Prophète<br />

avant moi n ’a reçu une chose pareille»(Rapporté par Ahmed/^K<br />

3 - Abdullah rapporte que la nuit où le Prophète -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- avait fait le voyage nocturne et l’ascension au ciel.<br />

(1) ijyM y . ÎJ y t :4l Jlî Jü ^ J*î<br />

.lolîiS' U J ^<br />

(2) à y j Jlî tjlî j i ,^1 JU<br />

419


on lui accorda, entre autres faveurs, ces trois; Les cinq prières quotidiennes,<br />

les derniers versets de la sourate «La vache» et un pardon à<br />

tous ceux parmi sa communauté qui n’associent rien à Dieu».<br />

4 - An-Nou’man Ben Bachir rapporte que le Prophète -qu’Aiiah le<br />

bénisse et le salue- a dit; «Dieu a écrit un Livre deux mille ans avant la<br />

création des cieux et de la terre dont deux versets, de ce Livre, ont été révélés<br />

à la fin de la sourate «La vache». On ne les récite pendant trois nuits<br />

consécutives dans une maison sans que le démon ne la quitte pour toujours».<br />

(Rapportépar Tirnudzi) On a dit que ce hadith est étrange»^^\<br />

5 - Ibn Abbas rapporte; «Gabriel était chez l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- quand ils entendaient un certain bruit.<br />

Gabriel leva les regards au ciel et dit; «C’est une porte qu’on vient<br />

d’ouvrir et qui n’a jamais été ouverte auparavant» Un ange descendit,<br />

par cette porte, vint trouver le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue-<br />

et lui dit; «Réjouis-toi de ces deux lumières qu’aucun Prophète<br />

avant toi ne les ait pas reçues; L’ouverture du Coran (La fatiha) et les<br />

derniers versets de la sourate «La vache». Tu n’en récites unè lettre<br />

sans qu’on ne t’accorde leur mérite». (R apportépar Mousiim et Nasai/^K<br />

Le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- a cru à ce qui est<br />

descendu sur lui de la part de son Seigneur. Lui et les fidèles, tous ont<br />

cru en un Dieu unique. Impénétrable, aucun Seigneur n’existe en dehors<br />

de Lui, le seul adoré, comme ils ont cru aussi en Ses anges, en<br />

Ses Prophètes et Envoyés et en Ses Livres qu’il leur a révélés. Ces<br />

croyants ne font pas de différences entre ces Prophètes, mais ils<br />

croient en leurs messages et missions car ils sont véridiques, soumis à<br />

(1) ùî ¿i) Oi» :Jlî jfJiJ ¿fj ùLjcJI Jlî<br />

¿rfr; ^ JjJÎ fU ^ J % O IjU -JI<br />

.1 ^ ^ Iùa Jlî ^ tiOUoji Ljjjiti jL i<br />

(2) ¿I «-Upj ^ ¿I J _ ^ j kri) :Jli j>îI jjP<br />

jjJU liJL» J j â Jlî (Jai L» ^ Ji cjb IJLa :jLôi o<br />

cvliiJ ^ (J Jî jijyi j U i ^ ^ l<br />

.((^'LJlj jJ-w. eljj) («Jjî \ij>- \jaj ^ tîjlJl<br />

420


Dieu, chargés de montrer la voie droite aux hommes. La loi de chacun<br />

d'eux abroge celle de son prédécesseur, mais celle de Mouhammad -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue-, étant la dernière, abroge toutes les lois<br />

précédentes jusqu’au jour de la résurrection.<br />

Dieu, certes, n’impose à chaque personne que ce qu’elle peut porter,<br />

et cela est une clémence de Dieu, une compassion envers Ses<br />

serviteurs et une grâce. Il ne demandera compte aux hommes que de<br />

ce qu’ils pouvaient repousser et s’abstenir de le faire dans le bas<br />

monde. Tout le bien que l’homme aura accompli lui reviendra, ainsi le<br />

mal qu’il aura fait. Mais Dieu ne laisse pas Ses serviteurs perplexes<br />

sans leur indiquer le chemin du salut. Il les exhorte à implorer Son pardon<br />

et Sa mansuétude pour absoudre les péchés commis par oubli ou<br />

par erreur. A ce propos Ibn Abbas rapporte que l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Dieu fait rémission des péchés de<br />

ma communauté commis par erreur, par oubli ou par contrainte» (Rapporté<br />

par Ibn Maja et Ibn H ibban/^\<br />

Pamni les invocations recommandées:<br />

- «Notre Seigneur, ne nous charge pas d’un fardeau semblable à celui<br />

dont Tu chargeas les générations précédentes» même si on peut les porter<br />

avec difficulté, mais, en vérité, la religion de l’Islam n’a apporté que tes<br />

pratiques faciles.<br />

- «Notre Seigneur, ne nous charge pas de ce que nous ne pouvons porter»<br />

qui signifie les obligations, les calamités et les épreuves qui puissent<br />

nous accabler.<br />

Enfin, étant des mortels sujets à toute sorte de tentation et de sédition,<br />

on ne saurait faire une œuvre meilleure que de demander le<br />

pardon et l’absolution des péchés. On a dit à cet égard que le pécheur<br />

a besoin de ces trois faveurs de la part du'Seigheur: lui pardonner, dissimuler<br />

ses péchés, fautes et mauvaises actions sans le dénoncer devant<br />

tout le monde, et de le préserver contre toute désobéissance.<br />

Dieu est notre Maître dont nous implorons le secours pour nous<br />

accorder la victoire sur les peuples incrédules.<br />

421


K aaa 18<br />

¡ — j Î j l i p j l i i l l , , ___*1<br />

20 - SOURATE DE TA-HA<br />

135 Versets<br />

Révélée à La Mecque<br />

Révélée à la suite de la sourate de Marie<br />

5^=3Jl5<br />

«iilic’ bîjil<br />


Au nom d’Allah le Miséricordieux le Très Miséricordieux<br />

Ta-Ha (1) Nous ne t’avons pas révélé ce Livre pour te faire souffrir.<br />

(2) Mais pour avertir les gens de bonne foi (3) C’est une révélation envoyée<br />

par le Créateur de la terre et des nues inaccessibles (4) Par le<br />

Miséricordieux qui, du haut de son trône, exerce sa souveraineté. (5) Il est<br />

le Maître des cieux et de la terre, de ce qui les sépare et des profondeurs<br />

du sol. (6) Peu importe que tu élèves la voix. Il perce tous les secrets et<br />

découvre tout ce qu’on Lui cache. (7) Il est Allah. Il n’y a d’Allah que Lui.<br />

Il porte les épithètes les plus sublimes. (8).<br />

Le terme Ta-Ha provient du verbe «Wata’» qui signifie «Reposer<br />

le pied», car, d’après ibn Abbas, Ikrima, Moujahed et autres exégètes,<br />

le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- se levait fréquemment la<br />

nuit pour prier en se mettant debout sur un seul pied ce qui lui causait<br />

beaucoup de peine. Dieu lui ordonne de reposer son pied et se mettre<br />

debout sur les deux afin de lui alléger la fatigue. Quoiqu’étrange soit<br />

cette interprétation, l’auteur de cet ouvrage ne l’a ni adoptée ni niée, et<br />

d’après lui le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- consacrait la<br />

nuit pour prier au point où ses deux pieds s’enflaient.<br />

«Nous ne t’avons pas révélé ce Livre pout te faire souffrir» une<br />

expression qui dénote la compassion et la haute considération que le<br />

Seigneur réservait à Son Messager. Selon Ad-Dahak, au fur et à<br />

mesure que les versets se succédaient le Prophète -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- et les premiers islam isés observaient les<br />

prescriptions et les enseignements divins et priaient. Les idolâtres<br />

Qoraïchites disaient: «Ce Coran n’a été descendu sur Mouhammed<br />

que pour le rendre malheureux». Ce verset fut alors révélé pour<br />

montrer que le Coran n’a été révélé que pour accoder le bien, tout le<br />

bien, à ceux qui s’y conforment. La preuve en est aussi ce hadith<br />

rapporté dans les deux Sahih: «Celui à qui Dieu veut du bien, Il<br />

l’instruit dans la religion».<br />

At-Tabarani, de sa part, rapporte ce hadith d’après Tha'laba Ben<br />

Al-Hakam, dans lequel le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- a dit: «Au jour de la résurrection lorsque Dieu s’assoira sur Son<br />

206


Trône pour juger les hommes, Il dira aux savants (ulémas): «Je ne<br />

vous ai accordé (une partie) de Mon savoir et Ma sagesse que pour<br />

pardonner vos péchés quelles qu’étaient sans en tenir compte».<br />

Qatada, quant à lui, a dit: «Je jure par Dieu que ce Coran n’a pas<br />

été descendu pour rendre les hommes malheureux, bien au contraire,<br />

il n’est que miséricorde, lumière et guidance vers le Paradis «Mais<br />

pour avertir les gens de bonne foi», donc un Rappel à ceux qui redoutent<br />

Dieu afin qu’ils en tirent le plus grand profit et alors iis assureront à<br />

eux-mêmes l’admission au Paradis avec la persmissiosn et la<br />

miséricorde du Seigneur.<br />

«C’est une révélation envoyée par le créateur de la terre et des nues<br />

inaccessibles». Le Coran est une révélation du Créateur des cieux<br />

élevés et la terre dont une distance de cinq cent ans de marche<br />

sépare un ciel d’un autre, comme il est cité dans un hadith rapporté<br />

par Tirmidhi.<br />

«Par le Miséricordieux qui, du haut de Son trône, exerce Sa<br />

Souveraineté» ou suivant une autre traduction: «Le Miséricordieux se<br />

tient en majesté sur Son Trône». Au sujet de ce verset l’auteur<br />

conseille à l’adopter comme tel car la plus belle conduite consiste à<br />

imiter les ancêtres à ne plus donner tant d’interprétations car rien n’est<br />

égal à Dieu ni lui est sem blable. Donc cette «tenue» ou cet<br />

«établissement» sur le Trône ne doit pas être pris au sens concret.<br />

Tout ce qui se trouve dans les cieux et ce que contient la terre et<br />

entre les deux appartient à Dieu dont II dispose à Sa guise.<br />

«Peu importe que tu élèves la voix. Il perce tous les secrets et<br />

découvre tout ce qu’on Lui cache». Ce que les hommes commettent et<br />

ce qu’ils proposent de le faire même avant son exécution, Dieu le<br />

connaît parfaitement car, par rapport à Lui, les fils d’Adam ne sont<br />

qu’une seule âme comme II l’affirme dans ce verset: «Vous créer et<br />

vous ressusciter, c’est pour Lui comme créer et ressusciter une seule<br />

personne» [Coran XXXI, 28]. Ad-Dahak a dit: «O homme, tu connais ce<br />

que tu gardes secret aujourd’hui, mais tu ne connais pas ce que tu<br />

comptes tenir caché demain, mais Dieu connaît l’un et l’autre». Mais<br />

Moujahed a dit qu’il s’agit de la suggestion.<br />

207


«Il est Allah. Il n’y a d’Allah que Lui. Il porte les épithètes les plus<br />

sublimes». Le noms, les épithètes et les qualités les plus parfaits et<br />

sublimes appartiennent à Dieu. Nous avons déjà commenté cela<br />

auparavant (voir la fin de la sourate de l’A'raf-Coran VII].<br />

wahal ’atâka hadîdu Musa (9) ’id ra’â nâran faqâla li’ahlihi-m-kutu<br />

’innT ’a nastu na ran la‘allî ’a tîkum minhâ biqabasin ’aw ’ajidu ‘alâ-nnâri<br />

hudan (10).<br />

Connais-tu l’histoire de Moïse? (9) Ayant aperçu un feu, il dit aux<br />

siens: «Restez-là, j’aperçois un feu. Peut-être pourrai-je rapporter un peu de<br />

braise ou y trouver l’indication de ma route? (10).<br />

Cela eut lieu lorsque Moïse passa la période convenue entre lui et<br />

son beau -père quand il lui a donné sa fille en mariage. Ce fut aussi le<br />

début de la révélation. A savoir que Moïse se fut absenté d’Egypte<br />

plus de dix années; et en ce jour-là il s’y dirigeait accompagné de sa<br />

femme.<br />

Le temps était pluvieux et la nuit était obscure. Il campa dans une<br />

gorge d’une montagne dans une nuit où le froid était excessif, il<br />

pleuvait à torrent, l’obscurité et les nuées l’enveloppaient avec sa<br />

femme. Il vit un feu de loin dans l’autre côté de la montagne.<br />

Eprouvant une certaine joie, il dit à sa femme: «Peut-être pourrai-je vous<br />

rapporter un peu de braise...» pour nous réchauffer, ou bien ce feu me<br />

fera-t-il trouver une direction. Il s’avéra, d’après Ibn Abbas, que Moïse<br />

avait perdu son chemin. De toute façon, s’il ne trouverait pas quelqu’un<br />

qui lui indiquerait le chemin, il pourrait apporter un tison pour se<br />

réchauffer.


falammâ* ’atâhâ mûdiya yâ Mûsâ* (11) ’innT ’ana rabbuka fahla1<br />

na‘layka ’innaka bi-l-wâdi-l-muqaddasi tuwan (12) wa ’anâ-hatartuka<br />

fastami‘ limâ yûha (13) ’innam ’anâ-L-Lâhu la ’ilâha ’illâ ’ana fa'budnî<br />

wa ’aqimi-s-salâta lidikrî (14) ’inna-s-sâ‘ata ’âAtiyatun ’akâdu ’uhfîhâ<br />

littijzâ kullu nafsim bimâ tas‘â (15) falâ yasuddannaka ‘anhâ ma-l-lâ<br />

yu’minu bihâ wa-t-tttaba‘a hawâhu fataraddâ (16).<br />

Lorsqu’il y parvint, une voix l’interpella: «O Moïse» (11). «Je suis ton<br />

Seigneur. Quitte tes chaussures. Tu es dans la vallée sacrée de Thowa»<br />

(12) «Je t’ai élu. Ecoute ce qui te sera révélé» (13) «Je suis Allah. 11 n’y a<br />

d’autre Allah que Moi. Adore-moi. Et célèbre la prière en mon honneur.<br />

(14) L’Heure viendra. Peu s’en faut qu’elle ne se manifeste. L’heure où<br />

toute âme sera récompensée suivant ses œuvres. (15) Ne t’en laisse pas<br />

distraire par ceux qui n’y croient pas et s’abandonner à leurs passions.<br />

Autrement, tu serais perdu. (16).<br />

Une fois se trouvant auprès du feu, une voix interpella Moïse «Je<br />

suis ton Seigneur». Mentionnant le même événement, Dieu a dit<br />

ailleurs: «Lorsqu’il atteignit la lumière, d’un arbre se dressant dans une<br />

plaine bénie, sur la berge droite de la rivière, une voix laissa tomber ces<br />

mots: «O Moïse, Je suis Allah, le Maître de l’univers» [Coran XXVIII, 30].<br />

«Quitte tes chaussures». Dieu ordonna à M oïse d ’ô ter ses<br />

chaussures qui ont été faites, d’après Ali et d’autres, en cuir d’âne, car<br />

il se trouva dans une région sanctifiée, la vallée de Thowa. Et pour lui<br />

montrer le rang qu’il lui est réservé, Dieu lui dit: «Je t’ai élu» comme II<br />

a dit ailleurs: «Je t’ai préféré aux autres hommes pour porter mes<br />

messages et tu es le premier à entendre mes paroles» [Coran VII, 144[.<br />

Pour quelle raison? Les exégètes ont répondu que ce fut à cause de<br />

la modestie extrême de Moïse. «Ecoute ce qui te sera révélé» et prête<br />

bien ton attention: «Je suis Allah. Il n’y a d’autre Allah que Moi» Ce fut<br />

le premier ordre aux mortels de ne croire qu’en un seul Dieu, Unique<br />

209


et n’a pas d’associés. «Àdore-moi» et ne voue aucun culte à qui que<br />

ce soit, et observe la prière en invoquant mon nom, et lorsque tu t’en<br />

rappelles. A ce propos le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- a dit: «Lorsque l’un d’entre vous s’endort avant de s ’acquitter de la<br />

prière prescrite ou s ’il oublie, qu’il la fasse quant il s ’en rappelle, car Dieu<br />

a dit: «Fais la prière en souvenir de Moi» (Rapporté par Ahmed d’après<br />

Ânas Ben Malek)(,).<br />

«L’Heure viendra», sa survenue est inéluctable. «Peu s’en faut<br />

qu’elle ne se manifeste» Aucune créature que ce soit dans les cieux ou<br />

sur la terre ne saurait sa production, car c’est un des mystères que<br />

Dieu a caché aux hommes, Il ne l’a révélé ni à un ange ni à un<br />

Prophète. «Elle boulevesera les cieux et la terre et arrivera brusquement»<br />

[Coran VII, 187], Quand cette Heure Sera dressée» Toute âme sera<br />

récompensée suivant ses œuvres» ne serait-ce que le poids d’un<br />

atome du bien ou du mal.<br />

«Ne t’en laisse pas distraire par ceux qui n’y croient pas et<br />

s’abandonnent à leurs passions» Ne suis donc pas ceux qui mécroient à<br />

l’Heure et s’adonnent à leurs passions et se contentent des plaisirs du<br />

siècle sinon tu périrais.<br />

wamâ tilka biyamînika yâ Mûsa (17) qâla hiya ‘asâya ’atawakka’u ‘-<br />

alayhâ wa ’ahussu bihâ ‘alâ ganamî waliya fîhâ ma’aribu ’uhrâ (18) qâla<br />

’alqihâ yâ Mûsâ (19) fa’alqâhâ fa’idâ hiya hayyatun tas‘â (20) qâla hud<br />

(1) *Aîj l jjï§ «ml<br />

ïS vaJ! j»iîj :Jü aï ¿1 ¿>\»<br />

210


hâ walâ tahaf sanu'îduhâ sîratahâ-l-’ulâ (21).<br />

Qu’as-tu dans ta main droite? ô Moïse (17) C’est mon bâton, dit-il. Je<br />

m’appuie sur lui ou je m’en sers pour conduire mon troupeau. Je l’emploie<br />

à d’autres usages encore. (18) «Jette-le, ô Moïse», dit-il. (19). Il le jette et<br />

voilà qu’il se métamorphose en serpent qui se tortille. (20) Prends-le sans<br />

crainte, ajoute-t-il, nous lui redonnerons sa forme première. (21).<br />

La question de la transformation du bâton en un serpent est,<br />

certes, l’un des grands signes miraculeux de la part de Dieu. Sur un<br />

ton familier, Dieu demande à Moïse: «Qu’est-ce cela dans ta main<br />

droite?» Une interrogation qui sera ensuivie d'une résolution. Et Moïse<br />

de répondre: C’est mon bâton sur lequel je m’appuie en marchant et<br />

avec lequel j’abats du feuillage pour en donner à mon troupeau, aussi<br />

ce bâton me servira-t-ü pour d’autres usages.<br />

«Jette-le ô Moïse». Et le voici un grand serpent qui rampait ne<br />

passant par un arbre ni une pierre sans l’avaler, et Moïse entendait le<br />

craquement des pierres et des bois à l’intérieur de son ventre. Pris de<br />

panique, il prit la fuite. On l’interpella de nouveau: «Reviens et<br />

reprends ton bâton». Puis on le rassura en lui disant: «Saisis-le, ne<br />

crains rien «Nous lui redonnerons sa forme première» On a dit qu’à ce<br />

moment-là Moïse portait une tunique en laine. Quand il fut ordonné de<br />

saisir le bâton, il enroula le pan de son vêtement sur sa main, puis la<br />

mit dans la bouche du serpent et put sentir le grincement de ses<br />

dents, enfin le voilà qui revient à son premier état: un bâton.<br />

211


wa-dmum yadaka ’ilâ janâhika tahruj bayda’a min gayri sïï’in ’ayatan<br />

’uhrâ (22) linuriyaka min ’a yâtinâ-l-kubrâ (23) ’dhab ’ilâ Fir‘awna ’-<br />

innahû t aga (24) qâla rabbi-srah lî sadrî (25) wa yassir 1T ’amrî (26)<br />

wahlul ‘uqdatam mi-l-lisânî (27) yafqahû qawlî (28) waj‘al lî wazîram<br />

min ’ahlî (29) Hârûna ‘ahî (30) ’sdud bihT ’azrî (31) wa ’asrikhu ff ’amrî<br />

(32) kay nusabbihaka katîran (33) wa nadkuraka katîran (34) ’innaka<br />

kunta binâ basîran (35).<br />

Ramène ta main dans ta manche, elle en sortira naturellement blanche.<br />

Voilà un deuxième miracle. (22). Ceci est pour te préparer à voir de plus<br />

grands miracles encore. (23) Mets-toi en marche vers Pharaon. C’est un<br />

impie. (24) Seigneur, dit Moïse, arme-moi de patience. (25) Facilite ma<br />

mission. (26) Délie ma langue, (27) pour qu’on comprenne mes paroles. (28)<br />

Donne-moi pour ministre un des miens. (29) Que ce soit mon frère Aaron.<br />

(30) Affermis-moi avec son aide (31) Associe-le à ma mission. (32) Nous<br />

pourrons ainsi mieux te glorifier. (33) Nous pourrons Te prier plus<br />

assidûment (34) Car Tu nous connais mieux que personne. (35).<br />

Puis Dieu ordonna à Moïse de ramener sa main dans sa manche,<br />

ou suivant une autre tarduction: «de serrer sa main sous son aisselle»<br />

elle en sortira blanche sans aucun mal. Tel fut le deuxième miracle<br />

que Dieu a voulu en doter Moïse, comme II a dit dans une autre<br />

sourate: «Puis presse tes bras sur ton corps pour lutter contre l’angoisse.<br />

Ce sont les deux preuves que te donne ton Seigneur pour convaincre<br />

Pharaon et sa suite» [Coran XXVIII, 32]. Al-Hassan Al-Basri a dit: «-<br />

Lorsque Moïse sortait sa main, elle était éclairante telle une lampe. Il<br />

constat alors qu’il était en présence de son Seigneur».<br />

«I lets-toi en marche vers Pharaon. C’est un impie» Va chez<br />

Pharaon, ce rebelle que tu as quittté quand tu l’avais fui et qui te<br />

menaçait, appelle-le à adorer le Dieu Unique sans rien lui associer.<br />

Demande-lui de bien traiter les fils d’Israël et de cesser leur torture,<br />

car il n’a que trop commis d’injustice à leur égard, préféré le monde<br />

d’ici-bas à l’au-delà et oublié son Seigneur».<br />

Wahb Ben Mounabah, dans un long récit, rapporte que Dieu aurait<br />

dit à Moïse: «Prends le Message, tu es sous notre vue et notre ouïe,<br />

Je t’ai vêtu d’un habit invisible de Mon pouvoir afin que tu sois fort en<br />

divulgjant Mes décrets, tu es un de Mes puissants soldats. Je t’ai<br />

212


envoyé chez un peuple faible parmi Mes créatures qui a renié Mes<br />

bienfaits et croit être à l’abri de Mon stratagème. Le bas monde l’a<br />

séduit au point de méconnaître Mes droits et mécroire en Ma déité. Ce<br />

peuple feint M’ignorer. Je jure par Ma puissance, s’il n’y avait la<br />

prédestination que J’avais inscrite à l’égard de Mes créatures, J’aurais<br />

sévi en Tyran contre elles et que deux, terre, montagnes et océans se<br />

seraient courroucés contre elles.<br />

Si J’avais ordonné le ciel, il aurait envoyé une pluie de graviers<br />

vers ce peuple. Si J’avais ordonné la terre, elle l'aurait englouti. Si<br />

J’avais ordonné aux montagnes, elles l’auraient anéanti. Si J’avais<br />

ordonné aux océans, ils l’auraient noyé. Mais ce peuple n’est que trop<br />

faible à Mes yeux et a perdu Mon estime. Ma clémence m’a empêché<br />

d'agir et J’ai passé outre de lui infliger pour le moment quoi que ce soit<br />

de Mon châtiment et de lui revendiquer Mes droits sur lui. Car Je suis<br />

le plus riche des riches.<br />

O Moïse, transmets à ce peuple Mes messages, appelle-le à Mon<br />

adoration et à Me vouer un culte pur et sincère. Rappelle-lui les<br />

journées de Dieu (où II est intervenu pour châtier les peuples<br />

précédents) et mets-le en garde contre Ma vengeance et Mon pouvoir.<br />

Use de paroles douces, entre autres, peut-être ce peuple se rappelle<br />

et Me redoute. Dis-lui enfin que Je suis plus prompt à pardonner que<br />

de châtier. Surtout ne crains rien de sa part s'il recourt à une<br />

quelconque force que Je lui aie accordée. Croira-t-il qu’il pourra<br />

m’affronter, ou me rendre à l’impuissance ou me devancer ou<br />

m’échapper?» (Rapporté par Tbn Âhi Hatem).<br />

«Seigneur, dit Moïse, arme-mol de patience. Facilite ma mission». En<br />

voilà une faveur que Moïse demanda à son Seigneur de lui accorder,<br />

de lui élargir sa poitrine, une telle mission exige la patience, car II l’a<br />

envoyé vers à un roi parmi les plus puissants à cette époque, le plus<br />

redoutable, le plus tyrannique et le plus rebelle. Moïse a été élevé<br />

dans sa cour, alors qu’un nourrisson dans son propre palais, puis a tué<br />

l’un des siens. Craignant les représailles, il avait pris la fuite et passé<br />

toutes ces années loin de Pharaon. Puis Dieu vient le charger de cette<br />

mission qui consistait à l’appeler à adorer Dieu seul sans rien Lui<br />

associer.<br />

213


«Délie ma langue pour qu’on comprenne mes paroles» Moïse<br />

demanda à Dieu de lui donner la facilité de s’exprimer mais sans que<br />

cela soit totalement, s’il avait demandé cela à Dieu, Il l’aurait exaucé,<br />

car les Prophètes ne demandaient au Seigneur que ce qui leur facilitait<br />

leur mission. (A savoir que dans le texte arabe, Moïse demanda à<br />

Dieu de lui délier un «nœud» de sa langue). Donc cette difficulté de<br />

s’exprimer persista chez lui, car Pharaon fit allusion à ce défaut quand<br />

il s’adressa à son peuple en parlant de Moïse «Ne suis-je pas supérieur<br />

à ce vil individu, qui s’exprime si maladroitement» [Coran XLIII, 52].<br />

Ibn Abbas a dit à ce propos: «Moïse se plaignit auprès de Dieu du<br />

meurtre qu’il a commis et de la vengeance de Pharaon, et son<br />

incapacité d’exprimer avec éloquence car sa langue était comme<br />

nouée et ses paroles incompréhensibles. C’est pourquoi il a demandé<br />

de le secourir par l’un des siens.<br />

«Donne-moi pour ministre un des miens. Que ce soit mon frère Aaron»<br />

Ibn Abbas a commenté cela en disant que grâce à cette demande<br />

Dieu accorda la prophétie et à Moïse et à Aaron. On a rapporté aussi<br />

que ‘Aicha était sortie pour faire la visite pieuse (‘Oumra). En<br />

s’installant dans un des camps de bédouins, elle entendit quelqu’un<br />

demander à ses concitoyens: «Quel frère était dans le bas monde le<br />

plus profitable à son frère?» On lui répondit: «Nous ne savons pas» Il<br />

rétorqua: «Et moi aussi je ne connais pas, je jure par Dieu». Aicha dit<br />

alors en soi-même: Cet homme a juré par Dieu qu’il l’ignore alors qu’il<br />

le connaissait très bien. Mais cet homme ne tarda à dire: «Moïse,<br />

quand il demanda à Dieu d’accorder le don de prophétie à son frère».<br />

Et Aicha de s’écrier: «Par Dieu, tu dis vrai».<br />

«Affermis-moi avec son aide. Associe-le à ma mission» en me<br />

prodiguant de conseils. «Nous pourrons ainsi mieux te glorifier. Nous<br />

pourrons te prier plus assidûment». A ce propos Moujahed a dit: On ne<br />

peut être parmi ceux qui invoquent et glorifient Dieu que lorsqu’on le<br />

fasse debout, assis et étendu.<br />

«Car Tu nous connais mieux que personne» en nous préférant aux<br />

autres, en nous accordant le don de la prophétie et en nous chargeant<br />

d’aller vers ton ennemi Pharaon.<br />

214


qâla qad ’ûtîta su’laka yâ Mûsâ (36) walaqad manannâ ‘alayka marratan<br />

’uhra (37) ’id ’awhayna ’ila ’ummika mâ yûha (38) ’ani-qdifîhi fî-ttâbûti<br />

faqdifîhi fx-l-yammi falyulqihi-l-yammu bi-s-sâhili ya’hudhu<br />

‘aduwwu-l-lî wa ‘aduwwul-lahû wa ’alqaytu ‘alayka mahabbatam-minnî<br />

wa litusna‘a ‘alâ ‘ayrif (39) ’id tamsT ’uhtuka fataqûlu hal ’adullukum<br />

‘alâ may-yakfuluhû faraj‘taka ’ila ’ummika kay taqarra ‘aynuhâ walâ<br />

tahzana wa aqatalta nafsan fanajjaynâka mina-l-gammî wa fatannâka<br />

futûnan.<br />

Je t’accorde ce que tu me demandes, ô Moïse, répondit Allah. (36)<br />

Nous t’avons témoigné sollicitude déjà une première fois. (37) lorsque nous<br />

avons inspiré à ta mère l’acte suivant: (38) Mets ton fils dans un coffre et<br />

dépose ce dernier sur les eaux. Les eaux le porteront sur d’autres rives. Là,<br />

il sera recueilli par notre ennemi commun. Car je t’ai voué une amitié<br />

particulière, ô Moïse. J’ai voulu que tu fusses élevé sous mes yeux. (39)<br />

«Voulez-vous, dit un jour ta sœur, que je vous indique quelqu’un pour<br />

prendre soin de cet enfant?». Nous t’avons alors rendu à ta mère pour<br />

qu’elle se console et se tranquillise., Puis, tu commis un meurtre. Nous<br />

t’avons épargné des remords mais nous avons multiplié sous tes pas les<br />

épreuves...<br />

Dieu exauça toutes les prières de Moïse. Dans ce verset II lui<br />

rappelle son histoire avec sa mère qu’elle l’allaitait et craignait que les<br />

soldats de Pharaon ne le tuassent après avoir donné l’ordre d’égorger<br />

tous les mâles des nouveaux-nés et épargner la vie aux femelles. Dieu<br />

a décrété que Moïse vive et s’élève dans la cour de Pharon et II a<br />

semé son amour dans le cœur de Pharaon et son épouse comme II a<br />

dit «Là il sera recueilli par notre ennemi commun. Car Je t’ai voué une<br />

215


amitié particulière, ô Moïse» c’est à dire: J’ai inspiré à ton ennemi de<br />

t’aimer. Et là aussi, dans la cour de Pharaon tu seras élevé sous mes<br />

yeux.<br />

La famille de Pharaon ayant reçu Moïse dans le coffre, celui-ci<br />

refusa de prendre le sein d’aucune nourrice. Sa sœur (qui travaillait à<br />

la cour comme on a dit) constatant ce fait, leur proposa une famille qui<br />

pourrait prendre soin de lui. Elle partit avec eux et son frère chez les<br />

siennes, et là Moïse prit le sein de sa mère. La famille de Pharaon<br />

éprouva une grande joie, paya la mère afin qu’elle le nourrisse, et<br />

celle-ci fut tellement heureuse de donner le sein à son propre enfant. A<br />

ce propos il est dit dans un hadith: «L’artisan qui n’espère que le bien<br />

de son métier est pareil à la mère de Moïse qui l’allaitait et touchait<br />

son salaire». Voilà comment la mère se fut consolée et tranquillisée.<br />

«Puis tu as commis un meurtre» en tuant le copte «Nous t’avons<br />

épargné des remords» en te laissant échapper aux soldats de Pharaon<br />

qui voulaient te saisir «mais nous avons multiplié sous tes pas les<br />

épreuves..».<br />

En voilà l’histoire de ces épreuves d’après Ibn Abbas comme elle<br />

a été rapportée par An-Nassaï selon le récit de Sa'id Ben Joubayr qui<br />

dit:<br />

«J’ai demandé à Ibn Abbas de m’interpréter les paroles divines<br />

concernant les épreuves. Il m’a répondu: «Nous sommes à la fin de la<br />

journée, et ces épreuves ont une longue histoire». Le lendemain matin,<br />

je me rendis chez lui pour écouter l’histoire comme Ibn Abbas m’a<br />

promis. Il dit:<br />

«Pharaon et ses conseillers débattirent sur la promesse que Dieu<br />

avait faite à Abraham -paix sur lui- qui consistait à établir dans sa<br />

descendance la royauté. Certains avancèrent que les fils d’Israël<br />

attendent certes la réalisation de cette promesse sans aucun doute.<br />

Car ils croyaient que c’était Joseph le fils de Jacob. Mais à sa mort, ils<br />

dirent: «Ce n’était pas du tout la promesse de Dieu». Et Pharaon de<br />

leur demander: «Que pensez-vous alors?» Après délibération ils<br />

décidèrent à envoyer des soldats pour égorger tout nouveau-né mâle<br />

parmi les fils d’Israël en laissant vivre les femelles. Comme ils<br />

constatèrent que les âgés parmi les fils d’Israël mouraient à leur terme<br />

216


et les enfants sont exterminés, ils se dirent: «Peu s’en faut que vous<br />

exterminiez tous les mâles des fils d’Israël et alors vous seriez sans<br />

servants ni travailleurs. Donc tuons une année les nouveau-nés mâles<br />

en épargnant la vie à leurs femelles, et l’année suivante laissons en<br />

vie tous les nouveau-nés mâles et femells. Ainsi ceux qui naîtront et<br />

resteront en vie remplaceront -en nombre- les âgés qui mourront, et de<br />

cette façon vous n’auriez rien à redouter de leur multitude.<br />

La mère de Moïse porta Aaron durant l’année où on ne devait pas<br />

égoger les enfants et le mit au monde en toute tranquillité. L’année<br />

suivante elle fut enceinte de Moïse et fut tourmentée par l’angoisse et<br />

l’amerturne. (Ô Ibn Joubayr, dit Ibn Abbas, en voilà la première<br />

épreuve).<br />

Ibn Abbas continua son récit:<br />

«Dieu inspira à la mère de Moïse «Ne crains rien, ne t’attriste pas;<br />

nous te le rendrons et nous en ferons un Prophète, Il lui ordonna: dès<br />

que tu mets Moïse au monde, mets-le dans un coffre et jette-le dans le<br />

flot». Elle s’exécuta. Une fois loin de son fils, le démon vint lui<br />

suggérer et elle se dit: «Ah! Si je gardais mon enfant et qu’on le tuait<br />

dans mon giron, cela m’aurait été préférable de le laisser aller dans les<br />

flots où les poissons certes le dévoreront».<br />

Le flot porta le coffre et le déposa sur l’autre rive où les servantes<br />

de la femme de Pharaon venaient puiser de l’eau. A la vue du coffre,<br />

certaines voulurent l’ouvrir pour voir ce qu’il y avait dedans, croyant<br />

qu’il contenait d’argent, mais les autres suggérèrent de ne pas l’ouvrir<br />

et de le ramener et le déposer tel quel devant leur maîtresse. Et ce fut<br />

fait.<br />

La femme de Pharaon ouvrit le coffre et trouva un garçon. Dieu à<br />

ce moment lança sur elle l’amour de Moïse de sorte qu’aucune femme<br />

n’éprouvasse un amour pareil même pour son propre fils. Alors le<br />

cœur de la mère de Moïse se vida du tout sauf du rappel de Moïse.<br />

Entendant la nouvelle, les «égorgeurs» se rendirent chez la femme de<br />

Pharaon pour tuer l’enfant. (Ceci constitue une autre épreuve ô Ibn<br />

Joubayr, dit Ibn Abbas). Et de continuer.<br />

«La femme de Pharaon empêcha les égorgeurs d’exécuter Moïse<br />

217


et leur dit: «Laissez-le vivre, un individu ne saurait augmenter ie<br />

nombre des fils d’Israël. Je vais parler à Pharaon afin qu’il me l’offre<br />

comme un don. S’il accepte, vous n’aurez pas manqué à votre devoir,<br />

mais s’il refuse, je vous ne blâmerai pas pour l’avoir égorgé».<br />

Elle vint trouver son mari et lui dit: «Cet enfant est une joie de nos<br />

yeux!» Pharoan lui répondit: «Une joie pour toi, oui, quant à moi je<br />

n’en ai plus besoin» L’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-,<br />

rapporte Ibn Abbas, a dit: «Par celui qu’on ne doit jurer que par son<br />

nom, si Pharaon avait considéré Moïse comme une joie de ses yeux<br />

comme avait fait sa femme, Dieu l’aurait bien dirigé tout comme II a<br />

dirigé sa femme. Mais hélas, il fut privé de cette faveur divine».<br />

«La femme de Pharaon, poursuivit Ibn Abbas, envoya chercher<br />

une nourrice pour Moïse. Elles s’affluèrent chez elle mais Moïse ne prit<br />

le sein d’aucune parmi elles. Craignant sa mort, la femme de Pharaon<br />

ordonna qu’on prenne Moïse au marché, peut-être on y trouvera<br />

quelqu’une qui fera l’affaire.<br />

Entre-temps, la sœur de Moïse se tint à l’écart mais observa son<br />

frère. En refusant toujours de prendre le sein d’aucune nourrice, elle<br />

leur proposa: «Puis-je vous indiquer une famille qui, pour vous, se<br />

chargera de cet enfant et lui sera dévouée?». Les gens saisirent la<br />

sœur de Moïse et lui demandèrent: «Qu’en sais-tu de cet enfant? et<br />

comment affirm es-tu que cette famille prendra soin de lui?» Ils<br />

doutèrent d’elle. Et voilà aussi une autre épreuve ô Ibn Joubayr, dit Ibn<br />

Abbas, et reprit son récit:<br />

«Elle leur répondit: «Je voulais dire que la dévotion et la<br />

compassion de cette famille sont, à mon avis, pour être proche du roi<br />

et bénéficier de ses faveurs». En la laissant, elle se dirigea vers sa<br />

mère et lui raconta tout. Celle-ci ne tarda pas à venir au marché. Dès<br />

qu’elle donna le sein à Moïse, il le prit avidemment. Un homme<br />

accourut vers la femme de Pharaon pour lui annoncer la bonne<br />

nouvelle. Elle convoqua la mère de Moïse qui, devant elle, lui donna<br />

son sein. Etonnée, elle lui demanda de demeurer chez elle à la cour<br />

pour cette fin mais la mère de Moïse s’excusa prétendant qu’elle a une<br />

maison et des enfants dont elle doit en prendre charge. Elle proposa à<br />

la femme de Pharaon de lui confier l’enfant et de prendre soin de lui<br />

218


car elle ne pourra en aucun cas négliger sa propre famille. A ce<br />

moment-là elle se souvint de la promesse de Dieu. La femme de<br />

Pharaon ne pouvait qu’accepter sa proposition. Et ainsi la mère de<br />

Moïse prit l’enfant dans ses bras et revint chez elle. Dieu le fit<br />

accroître d’une belle croissance et le préserva de tout mal. Grâce à lui,<br />

les fils d’Israël s’isolèrent dans un quartier de la ville sans servir les<br />

Egyptiens.<br />

Au fur et à mesure que Moïse s’agrandît, la femme de Pharaon dit<br />

à la mère de Moïse: «Emmène-moi l’enfant de temps en temps pour le<br />

voir». Elle lui promit et lui fixa un jour. En ce jour-là, la femme de<br />

Pharaon demanda à toutes les femmes qui la fréquentaient et à sa<br />

suite d’accueillir «son» fils tel un fils du roi, de lui assurer une<br />

somptueuse réception et à ne jamais manquer à lui présenter des<br />

cadeaux qui siéent à son rang. Les dons ne cessèrent d’affluer à<br />

Moïse au moment qu’il quitta la maison de sa mère jusuqu’à son<br />

arrivée à la cour de Pharaon. La femme de Pharaon, de sa part, fut<br />

très généreuse à l’égard de la mère de Moïse et lui accorda une<br />

grande récompense pour prix de sa bienveillance à l’égard de Moïse.<br />

La femme de Pharaon se dit: «Je vais présenter cet enfant à<br />

Pharaon et lui demander de l’honorer en lui présentant différents<br />

dons». En effet elle entra chez son mari et le déposa dans son giron.<br />

Moïse tint la barbiche de Pharaon et l’obligea à s’incliner devant lui.<br />

Les hommes de son entourage, les ennemis de Dieu, s’écrièrent alors:<br />

«O Pharaon, ne te rappelles-tu de la promesse que Dieu avait faite à<br />

Son Prophète (Abraham) qu’un de sa descendance héritera de toi,<br />

s’élèvera au-dessus de toi et te vaincra. Demande aux égorgeurs de<br />

l’exécuter» (En voilà une autre épreuve ô Ibn Joubaïr) Et Ibn Abbas de<br />

reprendre:<br />

«La femme de Pharaon dit à son mari: «Comment as-tu trouvé ce<br />

garçon? Que penses-tu de lui?» Il lui répondit: «N’as-tu pas remarqué<br />

qu’il a essayé de me faire incliner?» Elle répliqua: « Ne dis pas cela!<br />

Convenons-nous à un test qui pourra trancher entre nous et nous<br />

montrer sa vérité. Qu’on apporte deux perles et deux braises et les lui<br />

p ré sente .S ’il prendra les deux perles, on jugera alors son<br />

raisonnement, mais s’il touchera aux braises et passera outre des<br />

219


perles, alors son cas ne sera pas sujet à discussion». En effet, en lui<br />

présentant les perles et les braises, Moïse s’accourut vers les braises<br />

pour qu’il les prenne. Pharaon les lui arracha de peur qu’il ne brûle ses<br />

mains. Sa femme lui dit alors: «Qu’en penses-tu?» Dieu inspira en ce<br />

moment-là d’agir ainsi d’après Sa sagesse.<br />

Lorsque Moïse eut atteint sa maturité et devenu homme, la<br />

méfiance régnait à cette époque entre les fils d’Israël et les Egyptiens.<br />

Alors que Moïse marchait dans un quartier de la ville, il trouva deux<br />

hommes en querelle l’un des gens de Pharaon et l’autre de Bani<br />

Israël, ce dernier lui demanda de le secourir contre l’Egyptien. Moïse<br />

fut très irrité car les gens savaient déjà quel rang occupait aux yeux<br />

des fils d’Israël et leur protection contre toute injustie. D’autre part les<br />

hommes ne savaient rien de Moïse sauf qu’il a été allaité par une<br />

Israélite. Moïse donna un coup de poing au Pharaonite et le tua. Il se<br />

dit après: «C’est une œuvre du démon, c’est un ennemi qui égare les<br />

hommes».. A savoir qu’à ce moment-là personne n’était présent quand<br />

il a tué l’homme que cet Israélite qui lui demanda son aide, et certes<br />

Dieu -à Lui la puissnce et la gloire. Moïse dit alors: «Seigneur, j’ai<br />

commis une mauvaise action. Pardonne-moi - Allah le pardonna. Il est<br />

toute mansuétude et indulgence» [Coran XXVIII, 16].<br />

Le lendemain, Moïse se trouvait dans la ville inquiet et regardant<br />

de tous côtés. Il vint trouver Pharaon à qui on vient de raconter que<br />

les fils d’Israël ont tué l’un des siens. «Venge-nous sans leur accorder<br />

aucun répit demandèrent les Egyptiens. Pharaon s’écria «Emmenez à<br />

moi et le meurte et les témoins, car un roi ne saurait rendre son<br />

jugement avant qu’on lui présente les évidences».<br />

Alors que les gens de la cour faisaient leur enquête pour chercher<br />

le coupable, Moïse trouva le lendemain le même homme Israélite se<br />

quereller avec un Egyptien, Comme il demanda à Moïse de l’aider, du<br />

moment que celui-ci avait regretté son faire de la veille, il hésita, ce<br />

qui porta l’Israëlite à s’irriter contre lui en lui rappelant son crime.<br />

Moïse s’écria «Vraiment tu es manifestement égaré». Cet Israélite,<br />

croyant que Moïse allait le corriger et non l’autre homme, lui répliqua:<br />

«O Moïse, veux-tu me tuer comme l’homme que tu as tué hier?».<br />

L’Israëlite et l’Egyptien se séparèrent, et ce dernier se dirigea vers la<br />

220


cour de Pharaon pour les mettre au courant que Moïse était le<br />

coupable du crime d’hier en leur rapportant les paroles de l'Israélite,<br />

Pharaon chargea alors les égorgeurs à trouver Moïse et le tuer. Ceuxci<br />

quittèrent la cour à la recherche de Moïse pour l’exécuter. Un<br />

homme vint en courant des extrémités de la ville, en empruntant un<br />

chemin raccourci, pour avertir Moïse. (Telle est aussi une autre<br />

épreuve Ô Ibn Joubayr, dit Ibn Abbas, et poursuivit:<br />

«Moïse, aussitôt, quitta la ville en se dirigeant vers Médian sans<br />

qu’il ait une connaissance du chemin, mais il se fiait toujours à Dieu<br />

qui ne le décevrait point. Il se dit: «Peut-être Allah me mettra-t-11 dans la<br />

voie droite. Ayant atteint la source de Médian, il y trouva un groupe de<br />

gens qui puisaient de l’eau. Non loin de ces gens, il aperçut deux femmes<br />

tenant leur troupeau à l’écart» [Coran XXVIII, 22-23]. Il leur demanda:<br />

«Que faites-vous? Pourquoi retenez-vous votre troupeau sans les<br />

abreuver comme font les autres gens?». Elles lui répondirent: «Nous<br />

ne sommes que deux femmes faibles qui ne sauraient concurrencer<br />

les hommes forts, nous donnons à notre troupeau de l’eau qui reste<br />

dans l'abreuvoir».<br />

Moïse alors leur puisa de l'eau et abreuva leurs bêtes. Il puisait de<br />

l'eau abondante avant les autres bergers. Les deux femmes se<br />

rendirent chez elles avec leur troupeau, et Moïse chercha un arbre<br />

pour s’abriter sous son ombre. Il dit alors: «Seigneur, j’ai besoin de ton<br />

aide» [Coran XXVIII, 24],<br />

Les voyant rentrer si tôt, le père demanda à ses deux filles: «-<br />

Comment se fait-il que vous rentrez tôt et le troupeau rassasié?». Elles<br />

lui racontèrent le faire de Moïse. Il envoya l'une d'elles pour inviter<br />

Moïse. Une fois se trouvant chez le père, Moïse raconta toute son<br />

histoire au père qui lui répondit: «Ne crains rien, tu viens d'échapper<br />

aux injustes. Ni Pharaon ni ses hommes n'auront aucun pouvoir sur toi<br />

car nous sommes loin de leur pays.<br />

L'une des deux filles dit à son père: «Père, engage-le à ton<br />

service. Il est vraiment le meilleur de ceux que tu pourrais engager». Il<br />

lui répondit: «Qu’est-ce qui te porte à juger ainsi, qu’en sais-tu de sa<br />

force et de sa chasteté?» Elle répondit: «Quant à sa force, je l’ai<br />

constatée en le voyant nous puiser de l'eau qu'aucun autre ne pouvait<br />

221


le faire. Lorsque tu m’as envoyée pour l’inviter chez nous, en me<br />

voyant, il détourna ses regards de moi jusqu’à ce que je l’eûs tamsmis<br />

le message. Puis, pour te montrer sa chasteté, chemin faisant, il me<br />

demanda de marcher derrière lui en lui indiquant le chemin à suivre»<br />

Peut-on traduire son geste par autre que la chasteté?».<br />

Le père fut très soulagé par le raisonnement de sa fille. Puis,<br />

s’adressant à Moïse, il lui dit: «Je veux te marier à l’une de mes deux<br />

filles que voici à condition que tu restes huit ans à mon service, si tu<br />

en achèves dix, ce sera de ton plein gré. Je ne veux rien t’exposer<br />

d’excessif. Tu me trouveras, si Dieu le veut, au nombre des hommes<br />

intègres» - Moïse consentit.<br />

Moïse, le Prophète de Dieu, devait donc servir huit ans comme<br />

obligation et deux autres de son propre gré, et ainsi il compléta les dix<br />

ans de service».<br />

Sa'id Ben Joubayr raconte: «Un des doctes chrétiens me<br />

rencontra et me demanda: «Connais-tu lequel des deux termes Moïse<br />

a accompli?» - Non, répondis-je. En interrogeant Ibn Abbas sur ce<br />

sujet, il me dit: «Ne savais-tu pas qu’il devait travailler huit ans comme<br />

obligation sans en rien omettre et que Dieu avait facilité cette tâche à<br />

Moïse, ce qui lui permettait d’accomplir dix ans». En rencontrant le<br />

même docte chrétien et lui donnant la réponse, il me dit: «Celui à qui<br />

tu as posé la question est plus savant que toi et moi» - Sans doute,<br />

répliquai-je.<br />

«En quittant le pays avec sa famille et ce que fut de l’histoire du<br />

feu et du bâton, ainsi sa demande à Dieu de lui délier sa langue afin<br />

qu’il puisse mieux s’exprimer, Moïse implora Dieu pour faire de son<br />

frère un ministre et qui pourrait parler à sa place une fois sa langue en<br />

serait incapable, car il était plus éloquent que lui. Dieu l’exauça et<br />

l’inspira à rencontrer son frère, et tous les deux se mirent en route<br />

vers Pharaon.<br />

Après une longue attente ils entrèrent chez Pharaon et lui dirent:<br />

«Nous sommes les Messagers de ton Seigneur». Il leur demanda:<br />

«Qui est votre Seigneur?» Ils l’informèrent à Son sujet tel qu’il est<br />

mentionné dans le Coran. -Que voulez-vous? leur demanda-t-il. Ils lui<br />

répondirent: «Nous voulons que tu croies en Dieu et que tu laisses les<br />

222


fils d’Israël partir avec nous». Il refusa et demanda à Moïse de lui<br />

apporter un signe s’il est véridique.<br />

Moïse jeta son bâton qui fut transformé en un serpent rampant<br />

vers Pharaon. Eprouvant une grande panique, Pharaon quitta son<br />

trône et implora Moïse de retenir son serpent. Puis celui-ci introduisit<br />

sa main dans l’encolure de sa tunique et la fit sortir toute blanche sans<br />

qu’elle fusse atteinte par aucun m al, la lèpre par exemple, puis il la<br />

rendit pour la faire sortir de nouveau ayant sa teinte première.<br />

Pharaon consulta son entourage au sujet de ce qu’ils ont vu, ils<br />

répondirent: «Ce ne sont que deux magiciens qui veulent vous chasser<br />

de votre pays au moyen de leurs sortilèges et abolir votre doctrine<br />

exemplaire» En d’autres termes ils veulent s’emparer de votre<br />

royaume et vous priver de cette vie aisée.<br />

Les conseillers de Pharaon proposèrent de refuser la demande de<br />

Moïse et d’appeler tous les magiciens savants pour l’affronter avec<br />

leurs sorcelleries, et les amener de toutes les cités. Une fois ces<br />

magiciens en présence de Pharaon, ils lui demandèrent «Quels sont<br />

les moyens de la magie de Moïse?» -Les serpents, répondit-il. Et les<br />

magiciens de répliquer «Non par Dieu, nul sur terre ne saurait utiliser<br />

m ieux que nous les cordes et les bâtons. Quelle sera notre<br />

récompense si nous aurons le dessus?» - Vous serez mes proches et<br />

mes siens, répondit Pharaon, je vous donnerai ce que vous voudrez».<br />

Ils ont donné un rendez-vous à Moïse et à son frère, qui fut le jour de<br />

la fête lorsque les hommes seront réunis».<br />

Sa'id Ben Joubayr rapporte: «Ibn Abbas m’a dit que ce jour était<br />

le jour de Achoura. Les hommes furent réunis et les uns disaient aux<br />

autres: «Allons assister à ce spectacle «Nous sypraapthiserons avec les<br />

magiciens s’ils ont le dessus» [Coran XXVI, 40] désignant par là Moïse et<br />

son frère Aanon à titre de moquerie.<br />

Les magicens proposèrent: «O Mois, est-ce toi qui jettes ou<br />

serons-nos les premiers à jeter?. Il dit: «Non... jetez: «Es lancèrent leurs<br />

cordes'et leurs bâtons en disant: «Par la gloire de Pharaon, la victoire est<br />

à nous» [Coran XXVI, 44]. Moïse en fut effrayé. Dieu lui révéla: N’aie<br />

pas peur et jette ton bâton. Et voilà que ce bâton fut transformé en un<br />

grand serpent dévorant tout ce que les magiciens avaient jeté comme<br />

223


cordes et bâtons sans rien laisser. Les magiciens raisonnèrent ainsi: Si<br />

vraiment cela était de la pure magie, il n’aurait jamais atteint ce grade<br />

de gravité. C’est plutôt l’üeuvre de Dieu à Lui la puissance et la gloire,<br />

ils déclarèrent: Nous croyons en Dieu, en Moïse et en son message<br />

Nous nous repentons à Dieu.<br />

Dieu en ce jour-là désarma Pharaon d’une de ses grandes<br />

puissances. La vérité apparut et l’erreur doit disparaître. Les mécréants<br />

furent humiliés. La femme de Pharaon était témoin de tout ce qu’il<br />

passait et ne cessa d’implorer le Seigneur pour accorder la victoire à<br />

Moïse. Quiconque la voyait en cet état croyait qu’ette invoquait Dieu<br />

par compassion envers Moïse, mais en réalité elle attendait cette<br />

victoire en croyant à Moïse.<br />

Le séjour de Moïse en Egypte dura longtemps. Chaque fois qu’il<br />

présenta un signe-miracle à Pharaon pour tenir sa promesse et laisser<br />

partir les fils d’Israël, il demanda un autre, en disant à Moïse: «Ton<br />

Seigneur, pourra-t-ll faire cette chose?» Dieu lui envoya, comme<br />

signes et châtiments, le déluge, les sauterelles, les vermines, les<br />

grenouilles et le sang. Et Pharaon ne cessa de demander à Moïse<br />

pour invoquer Dieu et mettre fin à ces supplices.<br />

A la fin, Dieu ordonna à Moïse de quitter l’Egypte une certaine<br />

nuit avec les fils d’Israël. Le lendemain matin, et constatant cette<br />

exode, Phraon recruta une grande armée et poursuivit Moïse. Arrivés<br />

sur la côte, Dieu inspira. Moïse de frapper la mer avec son bâton qui<br />

s’entouvrit et chacune de ses parties devint semblable à une immense<br />

montagne afin de permettre à Moïse et aux Béni Israël de la traverser<br />

vers l’autre rive.<br />

Lorsque les deux groupes furent en vue l’un de l’autre, le peuple<br />

de Moïse s’écria: «Nous somme rejoints! Agis, ô Moïse, selon l’ordre<br />

de ton Seigneur car II ne t’a jamais menti.» Il répondit: «Dieu m’a<br />

promis qu’une fois la mer devint entrouverte, de la traverser avec<br />

vous». Puis il se rappela le bâton qui le prit et fappa la mer une<br />

seconde fois lorsque l’armée de Pharaon eut atteint le peuple de<br />

Moïse. Ce dernier fut tout sauvé et voilà la mer qui se rabattit sur<br />

Pharaon et son armée. Les compagnons de Moïse lui dirent: «Nous<br />

craignons que Phraon ne soit parmi les noyés, et nous n’y croyons que<br />

224


lorsque nous voyons son cadavre de nos propre yeux». Moïse invoqup<br />

Dieu afin de faire sortir le corps de Pharaon, et le peuple de Moïse<br />

crut en sa mort.<br />

Les compagnons de Moïse rencontrèrent un peuple qui se<br />

prosternait devant les idoles. Ils dirent: «O Moïse, donne-nous un Allah<br />

comme en ont ces gens-là». Il répondit: «Vous êtes un peuple d’ignorants»<br />

Les pratiques de ces gens sont promises au néant» [Coran VII, 138-139].<br />

Vous avez déjà assez vu des miracles et entendu des leçons. Il les fit<br />

camper dans un certain endroit en les confiant à son frère Aaron car il<br />

devait s’absenter trente jours pour se rendre au rendez-vous avec son<br />

Seigneur.<br />

Quand Moïse fut au lieu fixé après trente jours de jeûne et,<br />

répugnant à s’entretenir avec son Seigneur et le relent de sa bouche,<br />

après ce jeûne, était très désagréable, il prit une certaine herbe et la<br />

mâcha. Dieu le blâma: «O Moïse! Ne sais-tu pas que la mauvaise<br />

odeur de l’haleine du jeûneur m’est plus agréable que celle du musc?<br />

Retourne et jeûne dix jours en plus, puis reviens». Moïse s’exécuta.<br />

Les fils d’Israël, constatant le retard de Moïse, furent mécontents.<br />

Aaron leur harangua: «O fils d’Israël! Vous avez quitté l’Egypte alors<br />

que vous aviez chez ses habitants des dépôts comme ils ont des<br />

pareils chez vous. Vous pensez certes à ce qu’ils vous doivent. Quant<br />

aux dépôts et choses empruntées que vous avez avec vous, nous<br />

n’allons pas les leur rendre, mais nous ne devons pas quand même en<br />

disposer en les retenant». Puis il ordonna de creuser un grand fossé<br />

pour y mettre tout ce qu’ils ont apporté avec eux et il y alluma un<br />

grand feu, en leur disant: «Nous sommes quittes».<br />

Un samaritain, était de ceux qui adoraient le veau et vivaient au<br />

voisinage de Béni Israël, quitta l’Egypte avec eux. Ayant vu une trace<br />

sur le sol, il la prit et, en passant tout près d’Aaron -que la paix soit<br />

sur lui- celui-ci lui dit: «O Samiryi (Samaritain), pourquoi ne tu laisses<br />

pas tomber par terre ce qu’il y a dans ta main? -Non, répondit-il ceci<br />

est une poignée de poussière laissée par l’ange-envoyé qui vous a<br />

accompagné en traversant la mer. Je peux la jeter à condition que tu<br />

invoques Dieu pour qu’il la transforme à quoi j’en veux faire».<br />

Aaron invoqua le Seigneur, le samaritain jeta la poignée de<br />

225


poussière. - Qu’en voulais-tu faire ô samaritain? demanda Aaron. - Un<br />

veau, lui répondit-il. Et alors tout ce qui trouvait dans le fossé comme<br />

bijoux, métaux et autrës choses, fut transformé en un veau creux sans<br />

aucune âme mais qui mugit». Ibn Abbas, en commentant ce fait, a dit:<br />

«Non par Dieu, ce veau ne mugissait pas mais, étant creux, le vent<br />

entrait par son derrière pour sortir par sa tête en produisant un certain<br />

son pareil au mugissement.<br />

Alors les fils d’Israël se divisèrent en plusieurs groupes. Les uns<br />

lui dirent: «O Samaritain qu’est-ce cela et tu le connais mieux que<br />

nous?» - C’est votre Seigneur, répondit-il. Moïse fut égaré et n’a pas<br />

pris le chemin droit. Un autre groupe répliqua: «Nous n’allons pas<br />

renier cela, pour le moment, et nous attendons le retour de Moïse. Si<br />

ce veau était notre Seigneur, nous ne l’aurions pas renié. Mais s’il était<br />

autrement, sous suivrions les enseignements de Moïse».<br />

Un troisième groupe riposta: «C’est là une œuvre du démon, il<br />

n’est plus notre Seigneur et nous n’y croyons plus». Ceux-là étaient les<br />

mieux dirigés. Enfin un dernier groupe crut aux paroles du samaritain.<br />

Aaron leur dit: «O mon peuple, ce veau n’est qu’une tentation. Votre vrai<br />

Seigneur est le Miséricordieux. Suivez-moi et écoutez mes paroles» [Coran<br />

XX, 90] Ils lui demandèrent: «Qu’en est-il de Moïse, pourquoi a-t-il<br />

tardé à revenir après ces trente jours la période qu’il nous a promise?<br />

Voilà bien quarante jours qui se sont écoulés». Les insensés parmi<br />

eux ajoutèrent: «Il s’est sûrement trompé de Dieu, il le recherche mais<br />

ne le trouve pas».<br />

Entre-temps, Dieu adressait ses paroles à Moïse et le mettant au<br />

courant de l’agissement de son peuple. «Moïse retourna auprès de son<br />

peuple, plein de dépit et de colère». Ibn Abbas dit à ses compagnons:<br />

«Et ce fut ce que vous trouvez dans le Coran (en ce qui concerne<br />

cette histoire). Moïse prit son frère par la tête en le traînant vers lui, et<br />

jeta par terre les tablettes qu’il tenait en main. Puis il excusa son frère<br />

et s’adressa au samaritain: «Pourquoi as-tu fait cela?» Il lui répondit:<br />

«J’ai pris une poignée de poussière laissée par l’ange-envoyé. J’ai vu<br />

une chose qui vous a été cachée «Je l’ai jetée dans le feu. Ce fut là une<br />

suggestion de mon esprit». Va-t-en, répliqua Moïse. Désormais, sur terre,<br />

tu ne pourras plus approcher personne. Un rendez-vous t’est fixé pour<br />

226


l’autre monde auquel tu ne pourras te soustraire. Considère le dieu devant<br />

qui tu t’es recueilli avec tant d’assiduité! Je le réduirai en poussière et je le<br />

disperserai dans les flots» [Coran XX, 96-97]. Si vraiment était un dieu<br />

pour toi, il t’en resterait rien de lui.<br />

Les fils d’Israël constatèrent alors qu’ils ont été tentés. Ceux qui<br />

s’étaient mis du côté d’Aaron furent réjouis. Ils dirent à Moïse, à la<br />

place des autres: «O Moïse, invoque pour nous ton Seigneur afin qu’il<br />

nous ouvre une porte de repentance, pour nous pardonner».<br />

Moïse choisit alors soixante-dix hommes parmi les plus pieux des<br />

fils d’Israël, et ceux qui n’ont pas participé à l’adoration du veau. Il<br />

sortit avec eux demandant à Dieu d’accepter le repentir. La terre se<br />

mit alors à bouger, Moïse eut honte de ces hommes lorsqu'il sentit ces<br />

secousses légères et demanda à Dieu: «Seigneur, si Tu l’avais voulu,<br />

Tu les aurais anéantis, auparavant, eux et moi. Vas-Tu maintenant nous<br />

faire périr à cause du crime de quelques insoumis?» [Coran VII, 155].<br />

Pourquoi la terre fut ébranlée sous les pieds des fils d’Israël? La<br />

réponse en est qu'il y avait parmi eux ceux qui étaient abreuvés du<br />

veau en leur cœur et avaient cru en lui. Dieu dit: «Et, d’autre part, ma<br />

clémence est infinie. Elle est acquise à ceux qui croient, font l’aumône et se<br />

rallient à nos signes. A ceux qui suivent l’Envoyé inculte, annoncé par le<br />

Pentateuque et les Evangiles» [Coran VII, 156-157].<br />

Moïse demanda alors au Seigneur: «Je T'ai demandé d’accepter<br />

le repentir de mon peuple, Tu me réponds que Tu as inscrit la<br />

miséricorde à un autre peuple. Pourquoi donc n’as-Tu pas tardé ma<br />

naissance afin que je sois du nombre de cette communauté à laquelle<br />

Tu as réservé la clémence?». Dieu lui répondit: «Quant au repentir de<br />

ton peuple Je l’accepterai à condition que chaque homme tue la<br />

personne qu’il rencontre, soit-elle un père ou un fils. Qu’il la tue par<br />

l’épée sans en tenir compte».<br />

... Dieu ensuite accepta le repentir de ceux qui tergiversaient<br />

parmi les fils d’Israël, qui avaient été coupables et obtempéré plus tard<br />

à Ses ordres. Dieu pardonna ensuite aux assassins et aux victimes.<br />

Ensuite Moïse se dirigea avec son peuple vers la Terre Sainte. Il<br />

avait déjà ramassé ce qui restait des tablettes une fois sa colère<br />

227


apaisée. Il demanda alors à son peuple de suivre ces enseignements.<br />

Mais ils les trouvèrent trop excessifs, ils refusèrent de s’y conformer.<br />

Dieu alors dressa une montagne qui les oppressait de tout son poids,<br />

au point qu’ils craignaient qu’elle ne s’écroule sur eux. Ils acceptèrent<br />

les enseignements avec humilité en les écoutant et regardant en<br />

même temps la montagne...<br />

Ils arrivèrent enfin à la Terre Sainte, et là trouvèrent une cité où<br />

vivait un peuple d’hommes forts dont leur comportement était très<br />

méchant. Ils dirent à Moïse: «Nous n’y entrerons pas tant qu’ils n’en<br />

seront pas sortis, s’ils en sortent, nous y entrerons». Deux hommes<br />

parmi ce peuple redoutable arrivèrent, comme a avancé Yazid qui<br />

écoutait le récit d'Ibn Abbas. On lui demanda: «O Yazid c’est de cette<br />

façon qu’on a lu le verset?» - Certes oui, répondit-il. C’était deux<br />

hommes qui avaient cru en Moïse et vinrent le trouver et lui dirent: «-<br />

Nous connaissons notre peuple mieux que quiconque. Si vous<br />

redoutez leurs grandes statures et leur nombre, sachez qu’ils ne sont<br />

pas vaillants. Franchissez les portes et vous les vaincrez dès que vous<br />

serez entrés». Mais d’autres exégètes ont répondu que ces deux<br />

hommes étaient du peuple de Moïse.<br />

Ceux qui avaient peur parmi les fils d’Israël, dirent à Moïse: «Nous<br />

n’y rentrerons jamais tant qu’ils y seront. Allez-y, toi et ton Seigneur.<br />

Combattez. Nous vous attendons» [Coran V, 24]. Moïse alors appela la<br />

malédiction sur eux et il leur donna l’épithète: «Les pervers», une<br />

chose qu’il n’avait pas faite auparavant même en les voyant faire des<br />

péchés et lui désobéir.<br />

Dieu décréta alors qu’ils vont errer sur la terre quarante ans ne<br />

sachant avec le lever de chaque jour, où aller. Il plana sur eux, durant<br />

leur errance, une nuée et fit descendre sur eux la manne et les cailles,<br />

et fit en sorte que leurs habits ne s’usent pas et ne -se salissent point.<br />

Il créa entre leurs mains un rocher de forme carrée, et ordonna à<br />

Moïse de le frapper. Douze sources en jaillirent, trois de chaque côté<br />

et chaque secte sut où elle devait boire. Les fils d’Israël portèrent<br />

toujours avec eux ce rocher là où ils se dirigeaient.<br />

(Tel fut le récit des épreuves raconté par Ibn Abbas et dont il le<br />

228


puisa, en partie, de sources Israélites comme a jugé l’auteur de cet<br />

ouvrage).<br />

falabitta sinîna ff ’ahli madyana tumma ji’ta ‘alâ qadarin yâ Mûsâ (40)<br />

wa-stana‘tuka linafsî (41) ’dhab ’anta wa ’ahuka walâ taniya fî dikrî (42)<br />

’d habit ’ilâ Fir'awna ’innahû tagâ (43) faqûla lahû qawla-l-layyina-1-<br />

la‘allahû yatadakkaru ’aw yahsâ (44).<br />

... Tu passas plusieurs années parmi les Madianites, puis tu vins au<br />

jour fixé, ô Moïse. (40) Je t’ai créé pour ma cause. (41) Partez toi et ton<br />

frère, témoins de mes miracles, et ne m’oubliez pas dans vos prières. (42)<br />

Dirigez-vous vers Pharaon, l’impie. (43) Tenez-lui un langage conciliant.<br />

Peut-être l’amenerez-vous à réfléchir et à me craindre. (44).<br />

Moïse passa à Médian la période que Dieu lui a décrétée puis vint<br />

au jour fixé. Dieu l’a choisi pour Soi-même c’est à dire pour sa cause.<br />

A ce propos, Abou Houraira rapporte que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- a dit: «Adam et Moïse se sont rencontrés. Moïse dit<br />

à Adam: «C ’est toi qui as rendu toute l ’humanité malheureuse eh les<br />

faisant sortir- par ton péché- du Paradis?» Il lui répondit: «C’est toi que<br />

Dieu a choisi de préférence aux hommes pour communiquer Son message,<br />

t ’a créé pour Sa cause et t’a révélé le Pentateuque?». - Certes oui, répliqua<br />

Moïse. Et Adam de répliquer: «N ’as-tu pas trouvé - dans ton Livre - que<br />

Dieu a prédestiné cela pour moi avant ma création? - Oui, dit Moïse. Et<br />

Adam -par cet argument- eut le dessus sur Moïse» (Rapporté par Boukhari<br />

et Mouslim)[(I)].<br />

(1) ^ 3§t J.f-'j à * *jij* d ù * à * iS jj<br />

¿llàja*»! C J lj J U i c«u4-t ¿y* ç - Ç & r O-JLi*I C-il jLï»<br />

229


Puis Dieu ordonna à Moïse d’aller chez Pharaon avec son frère<br />

Aaron, dotés des signés et des miracles, saus négliger l’invocation de<br />

Son nom. Ils devaient donc à tout moment invoquer le nom de Dieu,<br />

car en faisant cela, ils n’auraient rien à craindre car II les soutiendrait<br />

en toute occasion.<br />

«Dirigez-vous vers Pharaon, l’impie» qui s’est rebellé, a désobéi à<br />

Dieu et traité les gens avec injustice.<br />

«Tenez-lui un langage conciliant». Il y a là une belle exhortation, car<br />

Pharaon représentait le despote injuste tandis que Moïse était l’élu de<br />

Dieu parmi tous les hommes à cette époque. Al-Hassan Al-Basri a<br />

commenté ce verset et dit: «Moïse devait exhoter Pharaon et lui dire:<br />

Tu as un Seigneur devant qui tu seras rassemblé, il y aura à la fin,<br />

comme sort final, le Paradis on l’Enfer». Bref ils devaient lui adresser<br />

des paroles courtoises afin de toucher son cœur et ce sera plus<br />

efficace, comme Dieu a dit ailleurs: «Rallie les hommes au culte de ton<br />

Seigneur par de sages et persuasifs appels. Si tu discutes avec eux, sois<br />

modéré» [Coran XVI, 125]. Peut-être cela portera Pharaon à réfléchir<br />

ou à éprouver de la crainte, ensuite il se détournera de son égarement<br />

et aura trouvé son salut. Mais, d’après les dires d’AI-Hassan Al-Basri,<br />

cela signifie: «Ne lui dites, toi et ton frère, qu’il sera condamné avant<br />

que Je lui accorde la chance de se repentir».<br />

"ÿ Jlâ ù\ L jj<br />

I ji ((J)) - l i b Li==i*4<br />

SJulÎ ¡y ^c- piLUIj tiijJ Jâ<br />

â j j «y ¿3 jS lil ^<br />

qâlâ rabbana ’innanâ nahafu ’ay-yafruta ‘alayria ’aw ’ay-yatgâ (45) qâla<br />

ùi I j AjJ&rj :Jli içfjù :JU Çîljjïil ¿JLIp ¿l<br />

230


lâ tahafâ ’innanî ma‘akuma ’asma‘u wa ’arâ (46) fa’tiyâhu faqûla ’innâ<br />

rasûlâ rabbika fa’arsil ma‘anâ banT ’Isrâ’îla walâ tu ‘addibhum qad<br />

ji’nâka bi’a1yatim-mi-r-rabbika wa-s-salâmu ‘alâ mani-t-taba‘a-l-huda'<br />

(47) ’innâ qad ’uhiya ’ilayna' ’anna-l-‘ad âba ‘alâ man kaddaba wa<br />

tawallâ (48).<br />

O notre Maître, répondirent-ils, nous craignons qu’il ne se livre à<br />

quelque acte de violence et ne commette quelque brutalité. (45) Ne<br />

craignez rien, reprit le Seigneur, Je serai pour vous tout yeux, tout<br />

oreilles. (46) Allez et dites-lui: Nous sommes les envoyés de ton Seigneur.<br />

Rends-nous les fils d’Israël. Cesse de les opprimer. Nous t’apportons une<br />

preuve de ton Maître. Paix à ceux qui suivent la bonne voie. (47) Il nous<br />

a été révélé que ceux qui nous traitent d’imposteurs et nous délaissent<br />

seraient châtiés. (48).<br />

Moïse et son frère Aaron redoutaient Pharaon et sa violence. Ils<br />

se plaignirent à Dieu: «Nous craignons qu’il ne se livre à quelque acte de<br />

violence et ne commette quelque brutalité» du moment qu’ils ne<br />

méritèrent aucune torture ni châtiment. Mais le Seigneur les rassura:<br />

Je suis avec vous, J’entends et Je vois. Rien ne me sera caché ni de<br />

vos actes et paroles ni des siens. Je le tiens par le toupet: il ne<br />

parlera, ni respirera, ni commettra un acte de violence sans Ma<br />

permission. Quant à vous, Je vous secourrai, vous aiderai et vous<br />

préserverai de toute brutalité.<br />

«Allez et dites-lui: Nous sommes les envoyés de ton Seigneur» Nous<br />

avons déjà parlé de leur entrevue avec Pharaon dans le récit des<br />

épreuves. «Nous t’apportons une preuve de ton Maître» des signes<br />

évidents et même des miracles. «Paix à ceux qui suivent la bonne voie»<br />

La paix, certes, sera sur quiconque aura suivi la bonne Direction. A ce<br />

propos on cite que, lorsque le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- avait envoyé une lettre à Héraclius, le chef des Romains,<br />

elle contenait ceci:<br />

«Au nom d’Allah le Miséricordieux, le Très Miséricordieux».<br />

De Mouhammad le Messager à Dieu à Héraclius le chef des<br />

Romains.<br />

La paix soit sur quiconque suit la bonne voie. Je t’appelle à te<br />

231


convertir à l’Islam, tu te sauveras et Dieu t’accordera une double<br />

récompense...».<br />

Moïse et Aaron dirent à Pharaon: «Paix à ceux qui suivent la bonne<br />

voie. Il nous a été révélé que ceux qui nous traitent d’imposteurs et nous<br />

délaissent seraient châtiés» Nous ne te disons pas cela de nous-mêmes<br />

mais d’après une révélation de Dieu. Et quiconque Lui aura désobéi,<br />

sera châtié. Dieu a dit ailleurs: «Je vous mets en garde contre le feu qui<br />

gronde. N’y seront jetés que ceux qui se seront livrés à leurs passions, nous<br />

auront renié et dédaigné» [Coran XCII, 14-16].<br />

qâla fama-r-rabbukumâ yâ Mûsâ (49) qâla rabbunâ-l-ladT V tâ kulla<br />

say’in halqahû tumma hadâ (50) qâla famâ bâlu-1-qurûni-l-’ûlâ (51) qâla<br />

‘ilmuhâ ‘inda rabbî fï kitâbi-l-lâ yadillu rabbî walâ yansâ (52).<br />

«Quel est ce Seigneur que vous invoquez? ô Moïse», demanda<br />

Pharaon. (49) Notre Seigneur est celui qui a pourvu chaque chose de ses<br />

conditions d’existence et qui a révélé la bonne voie. (50) Que deviennent<br />

alors les croyances des générations passées? (51) Leur sort est fixé par mon<br />

Seigneur dans son Livre. Mon Seigneur ni ne se trompe ni n’oublie. (52).<br />

Reniant l’existence du Créateur suprême, Pharaon dit à Moïse et<br />

à son frère: «Qui donc est votre Seigneur?, Celui qui vous a envoyés?<br />

je ne le connais pas comme je ne connais pas qu’il existe un Seigneur<br />

autre que moi» Ils lui répondirent: «Notre Seigneur est celui qui a pourvu<br />

chaque chose de ses conditions d’existence et qui a révélé la bonne voie»<br />

qui signifie, d’après Moujahed, que Dieu a donné à chaque chose sa<br />

forme et a perfectionné la créature de chaque bête. Selon Ibn Abbas:<br />

Il a créé à tout mâle une femelle, ou, suivant une autre interprétation:<br />

chaque être comme il devait être: un homme, une brebis, un âne etc.<br />

Quant à cette partie du verset: «et qui a révélé la bonne voie» Sa'id<br />

Ben Joubayr l’a commentée de cette façon: Il a donné à chaque<br />

232


créature le caractère et les qualités qui lui conviennent, en d’autres<br />

termes, Il n’a pas donné à l’homme ceux d’une bête, ni au chien ceux<br />

d’une brebis. Puis II lui a accordé ce qu’il lui convient pour la<br />

copulation. Les unes et les autres parmi Ses créatures ont leurs<br />

propres actes, leur comportement et leurs moyens de subsistance».<br />

Puis Pharaon demanda à Moïse: «Que deviennent alors les<br />

croyances des générations passées?» Le meilleur commentaire donné à ce<br />

verset, comme a avancé l’auteur, est le suivant: Lorsque Moïse fit<br />

connaître à Pharaon que c’est Dieu qui l’a envoyé, Lui qui accorde les<br />

bienfaits, qui décrète le destin et qui dirige. Pharaon demanda encore:<br />

Qu’est-il advenu des générations passées, des hommes qui n’ont pas<br />

adoré Dieu? Ceux-là n’ont pas voué un culte à votre Seigneur? Et<br />

Moïse de répondre: Même s’ils ne l’ont pas adoré, tous leurs actes<br />

sont inscrits auprès du Seigneur dans un livre qui ne laissera échapper<br />

un acte, et ils seront rétribués d’après leurs œuvres. Car «mon Seigneur<br />

ni ne se trompe ni n’oublie» Sa science embrasse tout sans rien<br />

omettre, à l’inverse de l’homme qui s’égare et oublie.<br />

1-ladî ja‘ala lakumu-l-’arda mahdan wa salaka lakum fîhâ subulan wa<br />

anzala mina-s-sama ’i m a’an fa’ahrajnâ bihî ’azwâjam-min nabâtin sattâ<br />

(53) kulû wa*r-‘aw ’an‘âmakum ’inna fî dâlika la’ayâtin li’uli-n-nuhâ<br />

(54) minhâ halaqnâkum wa fîhâ nu‘îdukum wa minhâ nuhrijukum<br />

târatan ’uhrâ (55) walaqad ’araynâhu ’a1yâtinâ kullahâ fakaddaba wa<br />

’abâ (56).<br />

Mon Seigneur qui vous a donné la terre pour berceau, qui l’a sillonnée<br />

de voies de communication et qui fait tomber la pluie. Cette pluie qui fait<br />

éclore des couples de plantes variées (53) Nourrissez-vous de ces plantes,<br />

vous et vos bestiaux. Ceci est plein d’enseignement pour qui réfléchit. (54)<br />

233


C’est de la terre que nous vous avons tirés et c’est à elle que vous<br />

retournerez.. Nous vous en ferons sortir une deuxième fois. (55) C’est en<br />

vain que nous montrâmes les preuves les plus décisives. Il les traita de<br />

mensonge et refusa d’y croire. (56).<br />

Les premiers versets consituent une phrase incise dans le<br />

dialogue qui eut lieu entre Moïse et Pharaon. Dieu a rendu la terre<br />

pour les hommes comme un berceau, ils s’y installent, s’y lèvent, s’y<br />

donnent et pour qu’ils voyagent sur sa surface. Il y a tracé, à l’intention<br />

des hommes, des chemins à emprunter pour arriver à leur but, comme<br />

Il le montre aussi dans ce verset: «Et nous y avons aménagé de larges<br />

voies pour permettre aux hommes de communiquer entre eux» [Coran XXI,<br />

31].<br />

Dieu «fait tomber la pluie. Cette pluie fait éclore des couples de<br />

plantes variées» qui donnent différents fruits aux formes, couleurs et<br />

saveurs variées. «Nourrissez-vous de ces plantes, vous et vos bestiaux»<br />

Donc une partie de ces plantes sert comme nourriture aux hommes et<br />

l’autre aux bêtes. «Ceci est plein d’enseignement pour qui réfléchit» ceux<br />

qui sont doués de raison.<br />

«C’est de la terre que nous vous avons tirés, et c’est à elle que vous<br />

retournerez. Nous vous en ferons sortir une deuxième fois». Adam, le père<br />

de la race humaine, fut créé à partir de la terre, les hommes y seront<br />

enterrés et, une fois devenus os et poussière, ils en seront ressuscités<br />

pour le jour dernier. En ce jour-là «où Allah vous rappellera à Lui, vous<br />

vous présenterez en célébrant ses louanges et vous constaterez alors que<br />

votre séjour sur terre a été de courte durée» [Coran XVII, 52].<br />

Dans un hadith cité dans les Sunan, il est mentionné que le<br />

Messager de Dieu -qu’Aliah le bénisse et le salue- assista aux<br />

funérailes d’un homme. Devant la tombe, il prit une poignée de sable<br />

et dit: «De la terre nous vous avons créés», puis une autre en disant:<br />

«en elle nous vous ramènerons» enfin une troisième et dit: «et d’elle<br />

nous vous ferons sortir une fois encore».<br />

«C’est en vain que nous lui montrâmes les preuves les plus décisives. Il<br />

les traita de mensonge et refusa d’y croire». Malgré les preuves et les<br />

signes que Moïse a présentés à Pharaon, celui-ci a crié au mensonge<br />

et, poussé par sa rebellion et son opiniâtreté, il a refusé d’y croire. Il<br />

234


fut comme les autres qui sont concernés par ce verset: «Bien que<br />

convaincus, Os les repoussèrent par orgueil et par malignité» [Coran XXVII,<br />

14].<br />

qâla ’aji’tanâ lituhrijanâ min ’ardinâ bi sihrika yâ Mûsâ (57)<br />

falana’tiyannaka bisihrim-mitlihî faj‘al baynanâ wa baynaka maw‘idal-lâ<br />

nuhlifuhû nahnu wala ’anta makânan suwan (58) qâla maw‘idukum<br />

yawmu-z-zînati wa ’ay-yuhsara-n-nâsu duhan (59).<br />

Es-tu venu ô Moïse, dit Pharaon, pour nous chasser de notre pays?<br />

Est-ce à cela que tend ta magie?» (57) De la magie, nous allons t’en<br />

montrer aussi. Convenons d’un rendez-vous. Engageons-nous à n’y manquer<br />

ni l’un ni l’autre. (58) Ce rendez-vous, fixons-le au jour de la prochaine<br />

fête, dit Moïse. Ne manquez pas de rassembler le peuple ce jour-là. (59).<br />

Voyant les signes qu'a apportés Moïse, à savoir le bâton et la<br />

main, Pharaon s’écria: «Ce n’est que de la pure magie. Nous sommes<br />

prêts aussi à te présenter la nôtre. Ne pense pas que tu vas l’emporter<br />

sur nous. «Convenons d’un rendez-vous» pour permettre aux uns et aux<br />

autres de produire de leur magie. Et Moïse de lui répondre: «Ce<br />

rendez-vous, fixons-le au jour de la prochaine fête». En ce jour-là les<br />

hommes chômeront et pourrant assiter à tout, à observer la puissance<br />

du Seigneur qui a doté Ses Prophètes par tant de miracles, pour abolir<br />

toute magie. Moïse ajouta: que ce soit au cours de la matinée où les<br />

hommes verront toute chose sans en manquer aucune.<br />

A propos de ce jour, Ibn Abbas a dit que c’était le jour de<br />

‘Achoura. Et l’auteur d’ajouter: et ce fut un jour de ‘Achoura où<br />

Pharaon et son armée furent noyés.<br />

235


fatawallâ Fir‘awnu fajama‘a kaydahû tumma ’atâ (60) qâla lahum Mûsâ<br />

waylakum lâ taftarû ‘alâ-L-Lâhi kadiban fayushitakum bi ‘adâbin<br />

waqad haba mani-ftarâ (61) fatanâzaiî ’amrahum baynahum wa ’asarrûn-najwâ<br />

(62) qâliï ’in hâdâni lasâhirâni yurîdâni ’ay-yuhrijâkum min<br />

’ardikum bisihrihimâ wa yadhabâ bitarîqatikumu-l-mustlâ (63) fa<br />

’ajma‘û kaydakum tumma-’tû saffan waqad ’aflaha-l-yawma mani-sta‘lâ<br />

(64).<br />

Pharaon se retira. 11 mit au point tous ses prépartifs et vint au rendezvous<br />

fixé. (60) Moïse s’adressa alors à la suite de Pharaon: «Gare à vous:<br />

Ne propagez pas de mensonges sur Allah. Sinon, le ciel vous châtiera. La<br />

perte des menteurs est fatale» (61) Les magiciens de Pharaon arrêtèrent<br />

leur plan en se concertant. (62) Moïse et son frère, dirent-ils, sont deux<br />

sorciers qui cherchent à vous chasser de votre pays avec leurs sortilèges. Ils<br />

veulent détruire vos plus fermes traditions. (63) Unissons nos moyens. Ne<br />

faisons qu’un bloc. Honneur à qui l’emportera. (64).<br />

Ayant fixé le rendez-vous avec Moïse, Pharaon s’occupa alors à<br />

réunir les meilleurs de ses magiciens de tous le coins de son royaume,<br />

à savoir que la magie à cette époque était pratiquée et plusieurs y<br />

croyaient. Donc le souci de Pharaon était de rassembler tous les<br />

savant magiciens comme Dieu a dit ailleurs en parlant de lui: «Amenezmoi<br />

tous les magiciens de renom» [Coran X, 79],<br />

Le jour de la fête arriva. Pharaon s’assit en majesté sur son lit de<br />

repos entouré de ses conseillers et les hauts fonctionnaires de la cour,<br />

les magiciens en rang devant lui écoutant ses incitations en leur<br />

promettant de grandes récompenses. Et voilà Moïse appuyant sur son<br />

bâton et accompagné de son frère Aaron qui s’avancèrent.<br />

Les magiciens dirent à Pharaon: «Evidemment, nous aurons une<br />

236


écompense si vous sortons vainqueurs de l’épreuve?» C’est entendu, dit-il,<br />

mieux que ça, vous ferez partie de ma cour» [Coran VII, 113-114], Et<br />

Moïse de les avertir: «Gare à vous. Ne propagez pas de mensonges sur<br />

Allah» et ne vous laissez pas être éblouis par vos sortilèges en<br />

produisant des choses illusoires qui apparaissent créées à leurs yeux<br />

mais en fait elles ne le sont pas. «Sinon, le ciel vous châtiera» et ainsi<br />

vous serez anéantis. «La perte des menteurs est fatale». Alors certains<br />

de ces m agiciens avancèrent: Ce ne sont pas les propos d’un<br />

magicien plutôt d’un Prophète, mais les autres ripostèrent: Non, ce<br />

n’est qu’un magicien.<br />

«les magiciens arrêtèrent leur plan en se concertant. Moïse et son<br />

frère, dirent-ils, sont deux sorciers» qui n’ont pour but que de l’emporter<br />

sur vous et d’attirer l’attention des hommes pour qu’ils les suivent, et<br />

ainsi ils se mettraient du côté de Moïse pour affronter Pharaon et son<br />

armée et ils vous chasseraient de votre propre pays. Et en plus: «ils<br />

veulent détruire vos plus fermes traditions» en s’emparant de l’art de la<br />

magie qui était pour eux une source importante de leur subsistance.<br />

D’autres exégètes ont dit: Ils s ’empareront de la royauté et<br />

l’honneur, ou bien ils porteront les .gens à se détourner de vous. «-<br />

Unissons nos moyens. Ne faisons qu’un bloc» Rassemblons donc nos<br />

artifices et jetons nos bâtons et nos cordes en une seule fois, et de<br />

cette façon nous pourrons éblouir* les yeux des hommes et nous<br />

aurons le dessus. «Honneur à qui l’emportera» Ainsi nous obtiendrons<br />

les récompenses promises. Mais si Moïse nous vaincra, il deviendra le<br />

chef incontestable.


qâlû yâ Mûsa ’immâ ’an tulqiya wa ’immâ ’an nakûna ’awwala man<br />

alqâ (65) qâla bal ’alqû fa’idâ hibâluhum wa ‘isiyyuhum yuhayyalu<br />

ilayhi min sihrihim ’annahâ tas‘â (66) fa’awjasa fî nafsihî hîfatam Mûsâ<br />

(67) qulnâ lâ tahaf ’innaka ’anta-l-Vlâ (68) wa ’alqi mâ fî yaminika<br />

talqaf mâ sana“u ’innamâ sana‘û kaydu sâhirin walâ yuflihhu-s-sâhiru<br />

haytu ’atâ (69) fa’ulqiya-s-saharatü sujjadan qâlïï ’a mannâ bi rabbî<br />

Harûna wa Mûsâ (70).<br />

O Moïse, proposèrent-ils, est-ce toi qui vas entrer en scène le premier<br />

ou nous? (65) Commencez les premiers, dit-il. Voici que leurs cordes et<br />

leurs bâtons parurent brusquement s’agiter sous l’empire de la magie. (66)<br />

Moïse se sentit envahi par une crainte secrète. (67) Sois sans crainte,<br />

suggérâmes-Nous à Moïse, tu auras le dessus. (68) Jette le bâton qui est<br />

dans ta main droite. 11 anéantira leurs artifices. Ces artifices ne sont rien<br />

moins que des tours de charlatan. Or les charlatants finissent toujours par<br />

être démasqués., (69) Les magiciens tombèrent face à terre en s’écriant: «-<br />

Nous nous soumettons au Allah d’Aaron et de Moïse» (70).<br />

Les magiciens dirent à Moïse avec confiance: Est-ce toi qui jettes<br />

ou serons-nous les premiers à jeter? -A vous de jeter les premiers,<br />

répliqua Moïse, dans l’intention de voir comment ils vont agir en usant<br />

de leur magie, et aussi pour montrer aux hommes à la fin leur astuce.<br />

«Voici que leurs cordes et leurs bâtons parurent brusquement s’agiter<br />

sous l’empire de la magie» Dans un autre verset II a dit: «Us lancèrent<br />

leurs cordes et leurs bâtons en disant: «Par la gloire de Pharaon, la victoire<br />

est à nous» [Coran XXVI, 44]. Ils déployèrent une puissante magie et<br />

purent effrayer les hommes et ensorcelèrent leurs yeux.<br />

Selon les experts, ils sont enduit leurs cordes et leurs bâtons du<br />

mercure, et c ’est à cause de ce métal qu’ils purent s ’agiter et<br />

apparurent aux yeux des spectateurs comme s’ils courent et rampent.<br />

Etant nombreux, l’endroit où ils se trouvaient et les vallées qui<br />

l’entouraient furent pleins de leurs sortilèges.<br />

«Moïse se sentit envahi par une crainte secrète» Il songea que cela<br />

allait sûrement influencer le peuple et avoir un grand effet sur lui avant<br />

qu’il vienne sont tour. A ce moment, Dieu lui révéla de jeter son bâton<br />

qu’il tenait à sa main droite. Et voilà qu’il se transforme en un grand<br />

serpent qui commença à avaler tout. Les magiciens ne crurent plus<br />

238


que cela devait se produire, étant les savants dans cet art, et les<br />

hommes, à leur tour furent très étonnés de voir un tel spectacle. Ainsi<br />

le miracle fut réalisé, et la vérité se manifesta au grand jour. Dieu dit à<br />

ce propos: «Ces artifices ne sont rien moins que des tours de charlatan.<br />

Or, les charlatans finissent toujours par être démasqués».<br />

Constatant ce fait indéniable, les magiciens, les maîtres de cet art,<br />

furent persuadés que l’acte de Moïse n’émana plus de la magie mais<br />

dû à une force puissante qui dépasse le pouvoir des hommes. Ceci ne<br />

put être réalisé que grâce à une puissance extra-humaine, et seul Dieu<br />

peut le faire, Lui, qui s’il veut créer une chose, lui dit: «Sois» et elle<br />

est. Alors les m agiciens se prosternèrent face contre terre et<br />

déclarèrent: «Nous croyons au Seigneur des mondes, le Seigneur<br />

d’Aaron et de Moïse». A ce propos, Ibn Abbas^Ldit: «Ces magiciens<br />

étaient au début de la journée magiciens et martyrs vers sa fin».<br />

Quel était le nombre de ces magiciens? Mouhammad Ben Ka‘b a<br />

avancé qu’ils étaient au nombre de quatre-vingt milles, selon As-<br />

Souddy: trente et quelques milles, et d’après d’autres moins que ça.<br />

Mais d’après Al-Awza‘i: Lorsque les magiciens se furent prosternés,<br />

Dieu leur montra le Paradis et purent le contempler longuement.<br />

qâla ’amantum lahû qabla ’an ’a d ana lakum ’innahû lakabîrukum-1-ladî<br />

‘allamakumu-s-sihra fala ’uqatti‘anna ’aydiyakum wa ’arjulakum min<br />

hilâfin wa la’usallibannakum fî judu‘i-n-nahli wa lata‘lamunna ’ayyuna<br />

’asaddu ‘adâban wa ’abqâ (71) qâlû lan nu’tiraka ‘alâ mâ ja ’anâ mina-1-<br />

bayyinâti wa-l-ladî fataranâ faqdi m a’anta qâdin ’innamâ taqdî hâdihi-<br />

1-hayâta-a-dunya' (72) ’innâA ’âAmannâA bi-r-rabbina liyagfira lanâ<br />

239


hatâyânâ wama ’akrahtanâ ‘alayhi mina-s-sihri wa-L-Lâhu hayrun wa<br />

’abqa (73).<br />

Comment, s’exclama Pharaon, to u s v o u s ralliez à Moïse sans prendre<br />

mon consentement. C’est sans doute votre maître et sans doute lui qui vous<br />

a enseigné la magie. Je vous couperai le pied d’un côté et la main de<br />

l’autre. Puis je vous crucifierai sur le tronc d’un palmier. Vous apprendrez<br />

alors qui du Allah de Moïse ou de moi est le plus sévère et le plus<br />

inexorable dans la répression. (71) Les magiciens reprirent: «Nous ne<br />

saurions te préférer aux preuves qui viennent de nous être produites ni au<br />

Allah qui nous a créés. Réalise tes menaces. Tes menaces ne dépassent pas<br />

ce bas monde» (72) Pour nous, nous croyons à notre maître pour qu’il nous<br />

pardonne nos fautes et les scènes de magie auxquelles tu nous as contraints.<br />

Allah est ce qu’il y a de plus cher et II est immortel. (73).<br />

Ces magiciens que Pharaon a voulu qu’ils soient son appui et son<br />

soutien, les voilà qu’ils le déçurent en présence de tous les hommes.<br />

Mû par sa rébellion et son impénitence, il les menaça et leur dit: «-<br />

Vous vous ralliez à Moïse sans mon consentement, et vous vous êtes<br />

accordés de me décevoir», et pour trouver pour lui-même un argument<br />

quelconque, il reprit: «C’est sans doute votre maître et c’est sans doute lui<br />

qui vous a enseigné la magie» voulant dire par ces propos: C ’est Moïse<br />

qui vous a appris la magie et vous avez comploté ensemble pour<br />

montrer que son art est le meilleur devant tous mes sujets.<br />

«Je vous couperai le pied d’un côté et la main de l’autre. Puis je vous<br />

crucifierai sur le tronc d’un palmier» afin que vous serviez une leçon<br />

pour les autres, et vous saurez alors qui de nous est le plus fort, en<br />

fait de châtiment, et qui durera plus longtemps, Ces paroles signifient:<br />

Vous prétendez que mes sujets et moi, sommes dans l’égarement, et<br />

vous avec Moïse, êtes dans la voie droite. Vous saurez bientôt lequel<br />

restera dans le supplice pour toujours.<br />

Entendant ces menaces, les magiciens trouvèrent leurs âmes<br />

faciles à sacrifier au compte de leur foi, et lui répondirent: «Nous ne<br />

saurions te préférer aux preuves qui viennent de nous êtres produites» qui<br />

constituent une vérité indéniable «ni au Allah qui nous a créés» car II est<br />

le vrai Dieu qui nous a tirés du néant, c’est à Lui que nous devons<br />

nous soumettre et l'adorer. «Réalise tes menaces» et fais ce que tu<br />

240


voudras. «Tes menaces ne dépassent pas ce bas monde» que tu préfères,<br />

quant à nous, nous aspirons à l'au-delà. «Pour nous, nous croyons à<br />

notre Maître pour qu’il nous pardonne nos fautes» et tout ce que nos<br />

mains ont perpétré et les sortilèges auxquels tu nous a contraints.<br />

En commentant ce verset: «et les scènes de magie auxquelles tu nous<br />

a contraints» Ibn Abbas a dit: «Pharon avait choisi quarante jeunes<br />

hommes parmi les fils d’Israël en leur ordonnant d’apprendre la magie<br />

de sorte que nul, à l’avenir, ne pourrait les vaincre. C ’était eux qui ont<br />

répondu à Pharaon: «nous croyons à notre Maître pour qu’il nous<br />

pardonne nos fautes».<br />

Les magiciens dirent à la fin: «Allah est ce qu’il y a de plus cher et<br />

Il est immortel». Une expression qui signifie: Dieu est meilleur que toi<br />

et Son châtiment durera plus longtemps que le tien qu’il infligera à<br />

quiconue Lui aura désobéi. Mais Pharaon réalisa ses menaces et<br />

tortura les magiciens croyants. C ’est pourquoi Ibn Abbas a conclu: Les<br />

magiciens étaient au début de la journée comme tels et martyrs vers<br />

sa fin.<br />

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& 0 P" 5^<br />

/ e t " f y ' ' > T ' *-<br />

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’innahû may-ya’ti rabbahû mujriman fa’inna lahû jahannama lâ yamûtu<br />

fîhâ walâ yahyâ (74) wama-y-ya’tihî mu’minan qad ‘amila-s-sâlihâti<br />

fa’u la’ika lahum-d-darajâtu-l-‘ulâ (75) jannâtu ‘adnin tajrî min tahtihâ-1-<br />

’anhâru hâlidîna fîhâ wa dâlika jaza ’u man tazakâ (76).<br />

Au criminel qui comparaît devant Allah, l’enfer est réservé. Il y<br />

éprouvera l’impression de n’être ni mort ni vivant. (74) Ceux qui<br />

comparaîtront devant Allah, ayant eu la foi et ayant pratiqué les bonnes<br />

œuvres, ceux-là recevront de hautes récompenses. (75) Ils auront pour<br />

demeure éternelle les jardins de l’Eden, arrosés d’eau vive. C’est là la<br />

félicité qui est réservée aux vertueux. (76).<br />

L’auteur considère que ces versets font suite aux exhorations des<br />

241


magiciens à Pharaon pour l’avertir de la vengeance divine et du<br />

châtiment étemel, et l’appelant à la foi pour obtenir la récompense. Au<br />

jour dernier, celui qui arrivera coupable devant le Seigneur, la géhenne<br />

est lui est destinée pour y demeurer éternellement, une fin confirmée<br />

par ce verset: «La mort ne mettra jamais un terme à leur supplice et<br />

celui-ci ne connaîtra pas d’adoucissement. Tel est le châtiment que nous<br />

infligeons aux impies» [Coran XXXV, 36],<br />

Abou Sa'id Al-Khoudry rapporte que le Messager de Dieu -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue-, a dit: «Ceux qui sont les damnés de l’Enfer, ils<br />

n’y mourront n’y vivront. Il y aura parmi eux ceux dont leurs péchés les<br />

feront mourir une seule fois puis, devenus calcinés, on intercédera en<br />

leur faveur et seront jetés dans les fleuves du Paradis en disant aux<br />

bienheureux de celui-ci: «O habitants du Paradis, retenez-les». Et alors<br />

ils seront ramenés à la vie telle une graine qui pousse dans le<br />

torrent».<br />

«Ceux qui comparaîtront devant Allah, ayant eu la foi et ayant<br />

pratiqué les bonnes œuvres» ceux qui arriveront devant le Seigneur, étant<br />

croyants et ayant accompli les œuvres pies, ceux-là se tiendront sur<br />

les degrés les plus élevés, lis seront admis aux jardins de l’Eden dans<br />

les demeures de la félicité où vivront tranquilles et pour l’éternité.<br />

A cet égard il est cité dans le deux Sahih que le Prophète -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- dit: «Les habitants du Paradis apercevront<br />

ceux qui seront dans les salles au-dessus d ’eux, comme vous voyez l ’étoile<br />

filante qui disparait dans l’horizon en traversant le ciel de l’est à l’ouest; en<br />

vue de leurs demeures distinguées». On lui demanda: «O Envoyé de Dieu,<br />

ce seront les demeures des Prophètes que nul hormis eux n’y parviendra».<br />

Il répondit: «Certes oui, par celui dont mon âme est entre Ses mains, ils<br />

seront les hommes qui ont cru en Dieu et déclaré que les Envoyés étaient<br />

véridiques» (Rapporté par Boukhari et Mouslim)(1).<br />

( 1 ) C Ç .L — J I ¿ i l j j l i J I I ô jj ¿y* ù j j J à ; * ù j »<br />

. jll l J 4U^ I<br />

242


Dans un autre hadith le Prophète -qu’Allah le bénisse et le saluea<br />

dit: «Au Paradis il y a cent degrés dont une distance équivalente à<br />

celle qui sépare le ciel de la terre, sépare l’un de l’autre, le Firdaws<br />

étant au plus haut degré d’où prennent source les fleuves du Paradis,<br />

et le Trône se trouve au-dessus. Lorsque vous demandez à Dieu de<br />

vous accorder le Paradis, que ce soit le Firdaws».<br />

\ " " u ' - S . ' >-* -?»'"•<br />

f è i y * p4*?* is ? ^ " - f c


à une immense montagne. Dieu ensuite envoya un vent qui transforma<br />

la mer en une terre solide. «Ouvre-les un chemin a travers les flots» et<br />

commanda à Moïse: Ne crains pas d’être noyé, ni toi ni ton peuple.<br />

Voyant cela «Pharaon se lança à leur poursuite avec ses troupes» et les<br />

flots les submergèrent.<br />

yâ banT ’isra1T la qad ’anjaynâkum min ‘aduwwikum wa wâ‘adnâkum<br />

jâmiba-t-tûri-l-’aymani wa nazzalnâ ‘alaykumu-l-manna wa-s-salwâ (80)<br />

kulû min tayyibâti mâ razaqnâkum walâ tatgaw fïhi fayahilla ‘alaykum<br />

gadabî wa may-yahlil ‘alayhi gadabî faqad hawâ (81) wa ’innî lagaffâru-<br />

1-liman tâba wa ’a mana wa ‘amila sâlihan tumma-h-tadâ (82).<br />

Fils d’Israël, nous avous avons tirés des mains de vos ennemis. Nous<br />

vous avons donné rendez-vous sur le versant droit du Sinaï. Nous avons fait<br />

descendre sur vous la manne et des cailles. (80) Dégustez ces mets délicats<br />

préparés à votre intention. Ne vous montrez pas ingrats si vous ne voulez<br />

pas encourir ma colère. Quiconque encourt ma colère est perdu. (81) Je<br />

suis toute indulgence pour qui se repent, croit, pratique les bonnes oeuvres et<br />

se tient dans la voie droite. (82).<br />

Dieu rappelle aux fils d’Israël, entre autres bienfaits qu’il les a<br />

accordés, le jour où II les sauva de Pharaon en le voyant submergé<br />

par les flots avec ses troupes «Nous vous avons sauvés et englouti<br />

Pharaon sous vos yeux» [Coran II, 50].<br />

Ibn Abbas rapporte: «Lorsque le Messager de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- arriva à Médine, il trouva les fils d’Israël jeûner le<br />

jour de ‘Achoura. En leur demandant, ils lui répondirent: «En ce jour-là,<br />

Dieu accorda la victoire à Moïse sur Pharaon». Il dit alors à ses<br />

compagnons: «Nous en avons plus droit que Moïse. Jeûnez ce jour».<br />

244


Après la perte de Pharaon, Dieu donna un rendez-vous aux fils<br />

d’Israël sur le versant droit du mont Sinaï. Là où Dieu parla à Moïse<br />

quand il lui demanda de le voir. Et c’est là aussi que Dieu a révélé le<br />

Pentateuque à Moïse. Durant leur séjour en cet endroit, ils adorèrent le<br />

veau comme on l'a raconté auparavant.<br />

Quant à la manne et aux cailles, la première est une sorte de<br />

friandise qu’elle descendait sur eux. Les cailles sont un genre<br />

d’oiseaux. De l’une et de l’autre, ils en prenaient leur besoin quotidien<br />

pour subsister. C ’était une des grâces de Dieu qui leur dit: «Dégustez<br />

ces mets délicats préparés à votre intention. Ne vous montrez pas ingrats si<br />

vous ne voulez pa encourir ma colère» Car quiconque aura encouru la<br />

colère de Dieu ira sûrement à l’abîme de l’Enfer. D’autre part, Dieu<br />

est, en vérité, celui qui pardonne et absout les péchés à quiconque se<br />

serait repenti. Dieu, en effet, avait accepté le repentir de ceux parmi<br />

les fils d’fsraël qui avaient adoré le veau. Et ceci n’est accordé qu’à<br />

celui qui se repent d’un repentir sincère sans revenir à ses péchés et à<br />

sa désobéissance à Dieu et aura par contre trouvé le chemin droit.<br />

wamma Vjalaka ‘an qawmika yâ Mûsâ (83) qâla hum ’ûla ’i ‘ala ’atari<br />

wa ‘ajiltu ’ilayka rabbi li tard â (84) qâla fa’innâ qad fatannâ qawmaka<br />

mim ba‘dika wa ’adallahumu-s-sâmiriyyu (85) faraja‘a MûsâA ’ilâ<br />

qawmihî gadbâna ’asifan qâla yâ qawmi ’alam ya‘idkum rabbukum<br />

245


wa‘dan hasanan ’afatâla ’alaykumu-l-‘adhu ’am ’arattum ’ay-yahilla<br />

alaykum gadabum-mir-rabbikum fa’ahlaftum maw ‘idî (86) qâlû ma ’-<br />

ahlafnâ maw ‘idaka bi-malkinâ walâkinnâ hummilna' ’awzâram-min<br />

zînati-l-qawmi faqadafnâhâ fakadâlika ’alqa-s-sâmiriyyu (87) fa’ahraja<br />

lahum ‘ijlan jasada-l-lahtî huwârun faqâlû hâdâT ’ilâhukum wa ’ilâhu<br />

Mûsâ fanasiya (88) ’afalâ yarawna ’allâ yarji‘u ’ilayhim qawlan walâ<br />

yamliku lahum darran walâ nafan (89).<br />

Qu’est-ce qui t’a incité à devancer ton peuple, ô Moïse? (83) Mon<br />

peuple me suit, répondit Moïse. Je me suis empressé vers Toi pour être<br />

agréé plus tôt. (54) Nous avons éprouvé ton peuple en ton absence, ô<br />

Moïse. Le Samaritain vient de l’égarer. (85) Moïse retourna auprès de son<br />

peuple, plein de dépit et de colère. O mon peuple, s’écria-t-il, votre<br />

Seigneur ne vous a-t-il pas fait une belle promesse! Avez-vous trouvé cette<br />

promesse trop longue à se réaliser? Ou bien avez-vous attirer sur vous la<br />

colère d’Allah en trahissant vos engagements? (86) C’est malgré nous que<br />

nous avons violé nos engagements. Nous avions emporté tous les bijoux<br />

recueillis en Egypte. Sur l’ordre du Samaritain, nous les avons jetés dans le<br />

feu. (87) Un véritable veau sortit des flammes en mugissant. Le voilà votre<br />

Allah et celui de Moïse, nous dit-on alors. Mais Moïse l’a oublié. (88)<br />

N’ont-ils pas compris que ce veau était incapable d’articuler une seule<br />

parole? Pas plus qu’il n’était capable de leur être utile ou nuisible. (89).<br />

M oïse avait fait un pacte durant trente nuits et qui étaient<br />

complétées de dix autres pour porter la durée de la rencontre avec le<br />

Seigneur à quarante nuits où Moïse devait les jeûner, comme nous<br />

l’avons raconté dans le récit des épreuves. Une fois la période<br />

écoulée, M oïse s ’em pressa de se rendre au lieu fixé près de la<br />

montagne Thor après avoir confié les fils d’Israël à son frère Aaron.<br />

Dieu lui demanda: «Qu’est-ce qui t’a incité à devancer ton peuple?»<br />

Et Moïse de répondre: «Mon peuple me suit» et sera bientôt auprès du<br />

mont Thor. Quant à moi «Je me suis empressé vers Toi pour être agréé<br />

plus tôt» Dieu lui dit alors: «Nous avons éprouvé ton peuple en ton<br />

absence, ô Moïse. Le Samaritain vient de l’égarer». Cette épreuve qui<br />

consitait à l’adoration du veau façonné par les bijoux fondus, par le<br />

Samaritain. «Moïse retourna auprès de son peuple, plein de dépit et de<br />

colère» à cause de son égarement en adorant le veau comme Dieu le<br />

246


lui raconta. Moïse blâma son peuple et leur dit: «Votre Seigneur ne vous<br />

a-t-Il pas fait une belle promesse» C ’est à dire ne vous a-t-ll pas promis,<br />

par ma bouche, de vous accorder les biens en ce bas monde et la<br />

bonne fin dans l’autre. Vous venez de constater cela quand II vous a<br />

sauvés de Pharaon et vous a donné la victoire sur lui et autres<br />

choses. «Avez-vous trouvé cette promesse trop longue à se réaliser?» Vous<br />

êtes devenus ainsi impatients et vous avez oublié tous les bienfaits<br />

qu’il vous a accordés. «Ou bien avez-vous voulu attirer sur vous la colère<br />

d’Allah en trahissant vos engagements?».<br />

Son peuple ne trouva autre excuse que de dire: «C’est malgré nous<br />

que nous avons violé nos engagements». Puis ils lui avancèrent des<br />

arguments fragiles disant qu’ils n’ont pas voulu garder pour longtemps<br />

les bijoux et autres choses qu’ils avaient apportés avec eux en sortant<br />

de l’Egypte. «Sur l’ordre du Samaritain, nous les avons jetés dans le feu»<br />

Le Samaritain invoqua à ce moment Dieu afin que cela fût transformé<br />

en un veau qui mugit. Ainsi ce fut fait.<br />

D’après Ibn Abbas, Aaron passa par le Samaritain qui sculptait le<br />

veau. Il lui demanda: «Que fais-tu?» Il lui répondit: «Je façonne une<br />

chose qui nuit mais qui ne sert à rien». Aaron invoqua alors Dieu afin<br />

qu’il exauce le Samaritain selon ses intentions. Aaron continua son<br />

chemin et le Samaritain implora le Seigneur: «Mon Dieu, je Te<br />

demande que tu fasses ce veau mugir!».<br />

En fait, quand le veau mugissait, ils se prosternaient face contre<br />

terre, et à la deuxième fois, ils se relevaient de la prosternation. Les<br />

égarés parmi les fils d’Israël qui furent tentés par le veau disaient aux<br />

autres: «Le voilà votre Allah et celui de Moïse» Mais Moïse l’a oublié» ici<br />

avant de nous quitter. Suivant le commentaire d’Ibn Abbas: Moïse a<br />

oublié de vous rappeler que ce veau est votre dieu. Ils l’adorèrent et<br />

furent très attachés à lui. Pour les réprimander et leur montrer leur<br />

idiotie, Dieu dit: «N’ont-ils pas compris que ce veau était incapable<br />

d’articuler une seule parole?» Pas plus qu’il n’était capable de leur être<br />

utile ou nuisible» Ces gens-là, n’ont-il pas remarqué que ce veau ne<br />

répondait ni à leur invocation ni à leurs paroles, et était incapable<br />

d’être utile ou nuisible.<br />

Selon Ibn Abbas son mugissement n’était dû qu’à l’entrée du vent<br />

247


par son derrière et la sortie par la bouche en produisant certaine voix.<br />

Bref leurs excuses et arguments parurent fragiles en disant qu’ils<br />

voulaient se débarrasser des bijoux qui consituaient comme un dépôt<br />

par rapport à eux afin d’avoir la conscience tranquille. Mais, en effet,<br />

ils furent tombés dans un péché plus grave.<br />

On rapporte à ce propos cette anecdote citée dans les deux<br />

Sahih: «Un Irakien demanda à Ibn Omar: «Peut-on faire la prière en<br />

portant un vêtement souillé par le sang d’un moustique?» Et Ibn Omar<br />

de s’exclamer: «Hommes! Regardez ces hommes de l’Irak! Ils ont tué<br />

le fils de la fille du Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-<br />

(Al-Hussein) et sont venus poser la question si le sang d’un moustique<br />

souille un vêtement?».<br />

walaqad qâla lahum Hârûnu min qablu yâ qawmi ’innamâ futintüm bihî<br />

wa ’inna rabbakumu-r-Rahmânu fa-t-tabi‘ûnî wa ’a tîü ’amrî (90) qalû<br />

lan-nabraha ‘alayhi ‘âkifîna hattâ yarji‘a ’ilaynâ Mûsâ (91).<br />

Aaron leur avait pourtant dit: «O mon peuple, ce veau n’est qu’une<br />

tentation. Votre vrai Seigneur est le Miséricordieux. Suivez-moi et écoutez<br />

mes conseils» (90) Ils répondirent: «Nous ne cesserons d’adorer ce veau<br />

jusqu’au retour de Moïse» (91).<br />

Durant l’absence de Moïse, Aaron mit en garde les fils d’Israël<br />

contre l’adoration du veau, les exhorta à cesser de le faire et à<br />

n’adorer que le vrai Seigneur qui est capable sur toute chose. «Suivezmoi<br />

et écoutez mes conseils» M ais dans leur obstination ils lui<br />

répondirent avec toute franchise: «Nous ne cesserons d’adorer ce veau<br />

jusqu’au retour de Moïse» pour écouter ses paroles. Ils s’opposèrent à<br />

Aaron et furent sur le point de le tuer.


qâla yâ Hârûnu mâ mana‘aka ’id ra’aytahum dallïï (92) ’allâ tattabi‘ani<br />

’afa‘asayta ’amri (93) qâla yâ-bna ’ununa lâ ta’hud bilihyatî walâ bi ra’sî<br />

’innî hasîtu ’an taqûla farraqta bayna bam ’Isra ’îla walam tarqub qawlî<br />

(94). V<br />

Il dit: «O Âaron, qui t’a retenu de me rejoindre dès que tu les a vus<br />

succomber à l’erreur. (92) Est-ce par désobéissance?» (93) O fils de ma<br />

mère, dit Âaron, ne t’en prends ni à ma barbe ni à ma tête. J’ai craint que<br />

tu ne m’accuses d’avoir désuni les fils d’Israël et de n’avoir pas suivi tes<br />

recommandations. (94).<br />

Moïse retourna auprès de son peuple, le cœur gonflé d’amertume<br />

et de colère, jeta les tablettes qui tenait dans ses mains, saisit son<br />

frère par la tête en le traînant et s’écriant: «O Aaron, qui t’a rentenu de<br />

me rejoindre dès que tu les a vus succomber à l’erreur?» pour me mettre<br />

au courant de leur acte ignominieux? «Est-ce par désobéissance?» après<br />

avoir reçu mes recommandations: «Prends ma place auprès de mon<br />

peuple. Sois juste. Evite la voie des méchants» [Coran VII, 142],<br />

Pour se justifier, Aaron répondit: «O fils de ma mère» et ceci pour<br />

avoir pitié de lui, bien qu’il était son frère germain, mais l’appeler par<br />

cet attribut le pousse à avoir de la compassion envers lui. «Ne t’en<br />

prends ni à ma barbe ni à ma tête» qui fut une excuse pour ne pas avoir<br />

rejoint son frère et le mettre au courant du comportement de son<br />

peupel en son absence. «J’ai craint que tu ne m’accuses d’avoir désuni<br />

les fils d’Israël» J ’ai eu peur aussi, si je t’avais rejoint, de me blâmer<br />

pour les avoir laissé seuls sans chef, «et de n’avoir pas suivi tes<br />

recommandations» en s’y conformant, à savoir qu’Aaron, d’après Ibn<br />

Abbas, était très obéissant à Moïse et le redoutait.


â o i j V J ÿ b ô l ^ > « î l j yUi>*tJ ta£t& C^lXi» cijJl 2^. /Là\£<br />

j è = % 2 \ y j ; $ '¿ 1 ’p £ \ ^ 0 ^ ^ 4<br />

((¡Sp) l L<br />

qâla famâ hatbuka yâ sâmiriyyu (95) qâla basurtu bimâ lam yabsurû<br />

bihî faqabattu qabdatam-min ’atari-r-rasûli fanabadtuhâ wa kadâlika<br />

sawwalat lî nafsî (96) qâla fadhab fa’inna laka fî-l-hayâti ’an taqûla lâ<br />

misâsa wa ’inna laka maw‘ida-l-lan tuhlafahû wa-n-zur ’ila ’ilâhika-l-ladî<br />

zalta ‘alayhi ‘âkifa-l-lanuharriqannahû tumma lanansifannahû fî-l-yammi<br />

nasfan (97) înnama ’ilâhukumu-L-Lâhu-l-ladî la ’ilâha ’illâ huwa wasi‘a<br />

kulla say ’in ‘ilman (98).<br />

Quel est ton but ô Samaritain? (95). Il dit: «J’ai conçu un stratagème<br />

dont la signification leur a échappé. J’ai ramassé un peu de poussière sous<br />

les pas du Messager. Je l’ai jetée dans le feu. Ce fut là une suggestion de<br />

mon esprit» (96) Va-t-en d’ici, répliqua Moïse. Désormais, sur terre, tu ne<br />

pourras plus approcher personne. Un rendez-vous t’est fixé pour l’autre<br />

monde auquel tu ne pourras te soustraire. Considère le Allah devant qui tu<br />

t’es recueilli avec tant d’assiduité! Je le réduirai en poussière et je le<br />

disperserai dans les flots. (97) Votre Allah, ô mes frères, est le Allah<br />

unique. Il n’y a d’autre Allah que Lui. Sa science embrasse tout. (98).<br />

Qui était ce Samaritain?<br />

D’après Ibn Abbas, il étati un originaire de «Bajer» d’un peuple qui<br />

adorait les vaches. Il avait déclaré sa soumission avec les fils d’Israël.<br />

Son vrai nom était: Moussa Ben Zafar. Selon Qatada, il était originaire<br />

d’une ville qui s’appelle Samerra.<br />

Il motiva son faire et dit: «J’ai conçu un stratagème dont la<br />

signification leur a échappé» voulant dire par là: J ’ai aperçu l’ange<br />

Gabriel (Dijbril) qui est descendu pour anéantir Pharaon: «J’ai ramassé<br />

un peu de poussière sous les pas du Messager» c’est à dire il a pris une<br />

poignée de poussière où passait le cheval de Gabriel. Il l’a jetée sur<br />

les bijoux qu’il avait fondus, un veau surgit en mugissant.<br />

250


Une idée qui monta à l’esprit du Samaritain qui consistait au fait<br />

suivant: S ’il prend une poignée de cette poussière, il peut s’en servir<br />

pour créer n’importe quoi.<br />

Notons que les fils d’Israël avaient, la veille de leur sortie de<br />

l’Egypte, emprunté les bijoux et parures des femmes Egyptiennes. Le<br />

Samaritain leur dit: «Vous n’êtes mis à l’épreuve que parce que vous<br />

avez sur vous ces bijoux». Alors ils les rassemblèrent, les jetèrent<br />

dans un fossé et mirent le feu. Par une suggestion de l’esprit, le<br />

Samaritain pensait que s’il jetait cette poignée de poussière, son vœu<br />

serait réalisée sûrement. Et ce fut fait.<br />

Moïse lui dit alors: «va-t-en d’ici. Désormais, sur terre tu ne pourras<br />

approcher personne. Tu ne pourras pas toucher et eux ne te toucheront<br />

pas non plus «Un rendez-vous t’est fixé pour l’autre monde auquel tu ne<br />

pourras te soustraire» Au jour de la résurrection tu comparaîtras devant<br />

Dieu qui te demandera compte de tout ce que tu as fait.<br />

«Considère le Allah devant qui tu t’es recueilli avec tant d’assiduité»<br />

Ce veau que tu as façonné de tes propres mains et tu l’as adoré si<br />

longtemps. «Je le réduirai en poussière et je le disperserai dans les flots».<br />

As-Souddy a dit que Moïse s’est servi de la lime pour réduire le veau<br />

en poussière et l’a jeté dans le feu!. Mais Qatada a avancé que ce<br />

veau fut transformé en un vrai veau en chair et os, Moïse le brûla et<br />

répandit ses cendres dans les flots.<br />

«Votre Allah, ô mes frères, est le Allah unique. Il n’y a d’autre Allah<br />

que Lui. Sa science embrasse tout». C’est lui qui est digne d’adoration et<br />

de glorification. Il est omniscient, connaît tout, dénombre tout, le poids<br />

d’urt atome n’échappe à Lui ni sur la terre ni dans les deux., il a dit<br />

ailleurs: «Il n’y a pas de créature sur terre qui n’attende d’Allah sa<br />

nourriture, dont Allah ne connaisse à la fois la demeure et le lieu de sa<br />

mort. Tout est écrit dans le Livre authentique» [Coran XI, 6].<br />

251


kadâlika naqussu ‘alayka min ’amba ’i mâ qad sabaqa waqad ’ataynâka<br />

mil-ladunnâ dikran (99) mân ’a‘rada ‘anhu fa’innahû yahmilu yawma-1-<br />

qiyâmati wizran (100) hâlidîna fîhi wa sâA’a lahum yawma-l-qiyâmati<br />

himlan (101).<br />

Nous te racontons ceci pour te faire connaître l’histoire des événements<br />

passés. Nous t’apportons un enseignement» (99) Celui qui se détourne de<br />

nos révélations comparaîtra au jour de la résurrection avec un lourd passif.<br />

(100) Il en portera éternellement les conséquences. Quelle pénible charge au<br />

jour du jugement dernier. (101).<br />

Telle est, ô Mouhammad, l’histoire de M oïse avec Pharaon<br />

comme elle s’est passée, ainsi que nous te mettons au courant de<br />

toutes les histoires du temps passé sans ajout ni diminuation.<br />

«Nous t’apportons un enseignement» Cet enseignement n’est autre<br />

que le Coran, l’erreur ne s'y glisse de nulle part. C ’est une révélation<br />

d’un Seigneur sage et digne de louanges. Nul autre prophète n’a reçu<br />

un Livre pareil, ni plus parfait, ni un autre qui a contenu tout le bien<br />

pour les hommes. Ceux qui se détournent de ses prescriptions et<br />

enseignements porteront un lourd fardeau, seront égarés et déviés de<br />

la voie droite, auront par conséquent la Géhenne comme séjour<br />

étemel.<br />

Ceci s’applique à tous ceux que le Coran leur est parvenu, arabes<br />

et non-arabes, les gens du Livre et autres. Car Dieu a dit: «Ce Coran<br />

m’a été révélé pour que vous soyez avertis ainsi que tous ceux qu’il<br />

touchera (VI, 19). Ceux qui ont suivi ses enseignements auront trouvé<br />

le bonheur dans l’au-delà, mais ceux qui s’en détournent ne blâmeront<br />

qu’eux-mêmes et seront précipités au Feu à cause du lourd fardeau de<br />

péchés et de mauvaises actions qu’ils auront accomplis.<br />

yawma yunfahu fî-s-sûri wa nahsuru-l-mujrimîna yawma’idin zurqan


(102) yatahâfatûna baynahum ’il-labittum ’illâ ‘asran (103) nahnu<br />

’aiam u bimâ yaqûlûna ’id yaqûlu ’amtaluhum tarîqatan ’il-labittum ’illâ<br />

yawman (104) .<br />

Au jour où la trompette sonnera et où nous rassemblerons les<br />

criminels, livides de peur. (102) Ils chuchoteront entre eux: «Notre séjour<br />

sur terre n’a pas dépassé dix jours» (103) Nous comprendrons mieux que<br />

personne ce que voudront dire les plus avisés d’entre eux quand ils<br />

répliqueront: «Que non pas. Nous n’y sommes restés qu’un jour. (104).<br />

Il est cité dans un hadith authentique que le Messager de Dieu -<br />

qu’A llah le b én isse et le salue- en répondant à une question<br />

concernant la trompette, a dit: «C’est un grand cor». Et dans un autre<br />

hadith il a dit: «Comment goûterai-je la quiétude alors que l’ange<br />

chargé de la trompette l’a posée sur ses lèvres, s’est incliné, attendant<br />

l’ordre divin pour qu’il y souffle». Les compagnons lui demandèrent:<br />

«Que devons-nous dire ô Envoyé de Dieu?». Il répondit: «Dites: Dieu<br />

nous suffit. Il est le meilleur protecteur. Nous nous fions à Dieu».<br />

«Nous rassemblerons les criminels livides de peur». On a dit que les<br />

c o u p a b le s auro nt le s yeux b le u is à ca u se d es a ffre s q u ’ils<br />

rencontreront au jour du jugement dernier. «Ils chuchoteront entre eux»<br />

Ibn Abbas a dit que chacun s’adressera à son voisin à voix basse «-<br />

Notre séjour sur terre n’a pas dépassé dix jours». C ’est comme leur vie<br />

dans le bas monde était de très courte durée qui n’a pas dépassé dix<br />

jour et moins encore.<br />

Dieu co n naîtra parfaitem ent ce qu’ils diront lors de leur<br />

chuchotement. «Les plus avisés d’entre eux quand ils répliqueront: «Que<br />

non pas. Nous n’y sommes restés qu’un jour» à cause du court séjour<br />

dans le bas monde par rapport à la vie éternelle dans l’au-delà. Ils<br />

constateront que la vie terrestre comprenant ses jours et ses nuits, ne<br />

sera pas pour eux plus longue qu’un seul jour. Dieu a dit ailleurs en<br />

confirmation: «Lorsque l’Heure sonnera, les coupables, jureront qu’ils n’ont<br />

séjourné sur terre qu’une heure» [Coran XXX, 55]. Il a dit aussi à l’appui:<br />

«Ils seront interrogés: «Combien d’années êtes-vous restés sur terre?» Ils<br />

répondront: «Nous y sommes restés un jour ou moins, peut-être. Pose la<br />

même question à ceux qui peuvent compter» [Coran XXIII, 112-113]. Si<br />

vous aviez été sensés, vous auriez préféré la vie éternelle à celle qui<br />

253


est éphémère et vous auriez agi correctement et sagement.<br />

wa yas‘alûnaka ‘ani-1-jibâli faqul yansifuhâ rabbi nasfan (105) fayad<br />

aruhâ qâ‘an safsafan (106) lâ tarâ fîhâ ‘iwajan walâA’amtan (107)<br />

yawma’idin yattabi‘ûna-d-dâ‘iyâ lâ ‘iwaja lahû wa hasa‘ati-l-’aswâtu li-rrahmâni<br />

falâ tasma‘u ’illâ hamsan (108).<br />

Que deviendront les montagnes? t’interrogent-ils. Dis: Allah les réduira<br />

en poussière. (105). Il ne laissera à leur place qu’une plaine dénudée. (106)<br />

On n’y distinguera plus ni sinuosités, ni vallonnements. (107) Ce jour-là, ils<br />

suivront le héraut à la conscience inflexible. Les voix se feront plus basses<br />

à l’approche du Miséricordieux. On n’entendra plus que le bruit de pas.<br />

(108).<br />

Q u’en sera-t-il des montagnes au jour de la résurrection?<br />

Resteront-elles ou bien elles disparaîtront? Réponds ô Mouhammad:<br />

«Allah les réduira en poussière» Un verset qui fut descendu suite à une<br />

question qu’avaient posée les Qoraïchites. Dieu en fera un bas-fond<br />

aplani où on ne trouvera ni sinuosités ni vallonnements. Donc on n’y<br />

distinguera ni vallée, ni colline ni terre basse ni terre élevée. Tout sera<br />

aplani».<br />

«Ce jour-là, ils suivront le héraut à la conscience inflexible» et<br />

répondront à son appel en toute hâte. S ’ils avaient répondu, sur terre,<br />

aux hérauts qui sont les Prophètes, cela aurait été plus bénéfique pour<br />

eux, comme Dieu a dit ailleurs: «C’est alors qu’ils entendront bien et<br />

verront bien le jour où ils comparaîtront devant nous» [Coran XIX, 38].<br />

A ce propos Mouhammad Al-Qouradhi a dit: «Au jour de la<br />

résurrection, les hommes seront rassemblés dans une obscurité totale,<br />

les deux seront pliés et les étoiles disperses, aussi bien le soleil que la<br />

lune disparaîtront, un crieur interpellera les hommes qui suivront sa<br />

voix, voilà le sens du verset: «Ils suivront le héraut à la conscience<br />

254


inflexible» D’après As-Souhaily ce héraut ne sera autre que l’ange<br />

Israfil.<br />

«Les voix se feront plus basses à l’approche du Miséricordieux.» Le<br />

silence régnera en présence du Seigneur clément, et on n’entendra<br />

qu’un léger bruit produit par les pas des hommes qui se rendront au<br />

lieu du rassemblement, et les mumures de leurs voix comme le montre<br />

ce verset: «Quand ce jour viendra, aucune âme ne pourra parler sans la<br />

permission d’Allah. Ce jour-là il y aura des réprouvés et des bienheureux»<br />

[Coran XI, 105].<br />

yawma’idi-l-lâ tanfa‘u -s-safâ‘atu ’illâ man ’adina lahu-r-Rahmânu wa<br />

radiya lahû qawlan (109) ya‘lamu mâ bayna ’aydihim wamâ halfahum<br />

walâ yuhîtûna bihî ‘ilman (110) wa ‘anati-l-wujûhu-lil-hayyi-l-qayyumi<br />

waqad hâba man hamala zulman (111) wa may ya‘mal mina-s-sâlihâti<br />

wahuwa mu’minun falâ yahâfu zulman walâ hadman (112).<br />

Ce jour-là, aucune intercession ne sera acceptée à moins qu’elle ne<br />

vienne de ceux autorisés par le Miséricordieux et dont II aura agréé la<br />

parole. (109) Il connaît le passé et l’avenir des hommes. Mais ceux-ci ne<br />

peuvent le concevoir. (110) Ils courberont le front devant l’Eternel,<br />

l’immuable. Malheur à ceux qui seront chargés de péchés (111) Ceux qui<br />

ont pratiqué le bien avec foi n’auront à craindre ni injustice ni arbitraire.<br />

(112).<br />

Ce jour-là, l’intercession ne profitera qu’à celui en faveur duquel le<br />

Seigneur l’aura permise, comme on trouve cela cité dans d’autres<br />

versets dont voici un à titre d’exemple: «Ils n’intercèdent que pour ceux<br />

qui peuvent être agréés de lui. Ils tremblent de crainte devant lui» [Coran<br />

XXI, 28].<br />

255


Il est cité dans les deux Sahih que l’Envoyé de Dieu -qu’Ailah le<br />

bénisse et le salue- a dit: « . . . J ’arriverai devant le Trône et je me<br />

prosternerai aux pieds de Dieu. On m ’enseignera des formules de louanges<br />

dont je ne peux les dire maintenant. Il me laissera en cet état le temps qu’il<br />

voudra puis II me dira: «O Mouhammed relève la tête. Parle on t’écoute et<br />

intercède on t ’exauce» Dieu alors me fixera un nombre d’hommes pour les<br />

faire entrer au Paradis, puis je reviendrai...»( Il dit qu’il reviendra quatre<br />

fois pour intercéder en faveur des hommes.<br />

«H connaît le passé et l’avenir des hommes» et tout ce qui se trouve<br />

devant et derrière eux alors que leur science ne peut l’atteindre.<br />

«Ils courberont le front devant d’Eternel, l’immuable» D’après Ibn<br />

Abbas et d’autres: Ils seront humiliés devant Lui et soumis à Sa<br />

volonté, Lui qui subsiste par Lui-même et qui ne mourra point. Il gère<br />

l’univers et le garde. Il est le parfait en Soi-même et tous les hommes<br />

auront besoin de Lui alors que Lui peut se passer d’eux.<br />

«Malheur à ceux qui seront chargés de péchés» Car en ce jour-là<br />

chcaun s’acquittera de ce qu’il devait envers les autres et nul ne sera<br />

lésé. Même une brebis démunie de cornes prendra sa vengeance de<br />

celle cornue (et qu’elle l’aura cognée dans le bas monde). Dieu-à Lui<br />

la puissance et la gloire- dira: Nul injuste ne pourra passer sans lui<br />

demander compte. «Ceux qui ont pratiqué le bien avec foi n’auront à<br />

craindre ni injustice ni arbitaire» Les croyants qui auront fait de bonnes<br />

œuvres ne seront plus lésés mais plutôt leurs récompenses seront<br />

augmentées.<br />

(1) 4L :Jlï «cbl J<br />

J ij êlÜ-w-Îj Lj Ùl S-Lti L*<br />

256


wa kadâlika ’anzalnâhu Qur’âAnan ‘arabiyyan wa sarrafnâ fîhi mina-1-<br />

wa‘îdi la‘allahum yattaqûna ’aw yuhditu lahum dikran (113) fata‘âlâ-L-<br />

Lâhu-l-maliku-l-haqqu walâ ta‘jal bi-l-Qur’a“ni min qabli ’an yuqda<br />

ilayka wahyuhû wa qui rabbi zidnî ‘ilman (114).<br />

Nous avons révélé le Coran en langue arabe. Nous y avons multiplié<br />

les avertissements. Peut-être suscitera-t-il de la crainte et provoquera-t-il<br />

des réflexions. (113) Gloire à Allah, le Souverain et l’authentique. Evite de<br />

divulguer le Coran tant que la révélation ne t’en a pas été ordonnée. Dis: O<br />

Allah, augmente ma science. (114).<br />

Comme le jour du jugement dernier aura lieu inéluctablement, et<br />

afin que les hommes soient avertis, Dieu a fait descendre le Coran en<br />

langue arabe qui contient des menaces pour qu’ils cessent de<br />

commettre tout péché et toute turpitude. Peut-être les hommes<br />

craindront Dieu ou qu’un Rappel leur so it renouvelé et qu’ils<br />

réfléchissent, en se détournant de la désobéissance et feront des<br />

œuvres pies.<br />

«Gloire à Alalh le souverain l’authentique» et qu’il soit sancitifé, Sa<br />

promesse est vérité et Ses menaces sont une vérité. Sa justice se<br />

manifeste en avertissant les hommes par l’intermédiaire des Prophètes<br />

qui sont envoyés afin de les mettre dans la voie droite, et ainsi les<br />

hommes n’auront ni excuses ni arguments si Dieu leur infligera Son<br />

châtiment.<br />

«Evite de divulguer le Coran tant que la révélation ne t’en a pas été<br />

ordonnée» Un verset qu’on trouve dans le Coran un autre qui lui est<br />

pareil: «N’agite pas la langue, dans la hâte à réciter le Coran. C’est à nous<br />

qu’il appartient de l’incarner en toi et d’en composer un Livre.» [Coran<br />

LXXV, 16-17],<br />

A ce propos, il est cité dans le Sahih d’après Ibn Abbas que le<br />

Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- éprouvait une<br />

grande peine quand il recevait la révélation. Chaque fois que Gabriel<br />

lui récitait un verset, il le récitait après lui pour qu’il n’oublie pas. Dieu<br />

lui fit cette révélation pour le rassurer et lui faciliter la tâche. Suivant un<br />

autre commentaire, le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue-, dans<br />

le moment où il recevait la révélation, il hâtait de la communiquer aux<br />

hommes, il risquait ainsi de ne pas prêter attention au reste de la<br />

257


évélation. Dieu lui dit après: Il nous appartient de le ressembler et de<br />

le lire (le Coran). Suis ¿a récitation lorsque nous le récitons, c’est à<br />

nous qu’il appartient, ensuite, de le faire comprendre.<br />

«Dis: O Allah, augmente ma science» en se conformant à cette<br />

recommandation, le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- ne<br />

cessait de le faire jusqu’à sa mort. Il disait: «Grand Dieu, enseigne-moi<br />

ce qui m ’est utile, rends-moi utile ce que Tu m ’as appris et augmente ma<br />

science. Louange à Toi en toute circonstance» (Rapporrté par Ibn Maja et<br />

Tirmidzi d’après Abou Houraira), et Al-Tirmidzi a ajoutté à sa version:<br />

«Je me réfugie auprès de Toi contre le sort des damnés du Feu»(1K<br />

walaqad ‘ahidira ’ila ’Âdama min qablu fanasiya walam najid lahû<br />

azman (115) wa’id qulnâ li-l-mala’ikati-s-judû li ’Âdama fasajadu ’ilia<br />

‘Iblîsa ‘abâ (116) faqulnâ yâA ’Âdama ’inna hâdâ ‘aduwwu-l-laka wa<br />

lizawjika falâ yuhrijannakumâ mina-l-jannati fatasqa" (117) ’inna laka<br />

allâ tajû‘a fîhâ walâ ta‘râ (118) wa ’innaka lâ tazma’u fïhâ walâ tadhâ<br />

(119) fawaswasa ’ilayhi-s-saytânu qâla yâ ’Âdamu hal ’adulluka ‘alâ<br />

sajarati-l-huldi wa mulki-l-lâ yablâ (120) fa’akalâ minhâ fabadat lahumâ<br />

¿ j* io<br />

258


saw’âAtuhumâ wa tafiqâ yahsifâni ‘alayhimâ min waraqi-l-jannati wa<br />

‘asâA ’Adamu rabbahû fàgawâ (121) tümma-jtabâhu rabbuhû fatâba<br />

alayhi wa hadâ (122).<br />

Nous avons adressé une recommandation à Adam, mais il ne l’a pas<br />

observée. Nous l’avons trouvé défaillant. (115) Nous ordonnâmes aux anges<br />

de se prosterner devant Adam. Ils se prosternèrent. Iblis, seul, s’y refusa.<br />

(116) Nous dîmes: O Adam, cet être est ton ennemi et celui de ton épouse.<br />

Prenez garde qu’il ne vous fasse sortir du Paradis. Ce serait pour vous une<br />

calamité. (117) Au Paradis, tu ne connaîtras ni la faim ni la nudité. (118)<br />

Tu n’y souffriras ni de la soif ni des intempéries. (119) Satan le tenta: «O<br />

Adam, lui dit-il, veux-tu que je te montre l’arbre de l’immortalité et un<br />

royaume impérissable.» (120). Ils mangèrent du fruit défendu. Ils<br />

s’aperçurent aussitôt qu’ils étaient nus. Ils se couvrirent avec les feuilles du<br />

Paradis. Adam venait de désobéir à son Seigneur. Il s’était égaré. (121)<br />

Son Seigneur le ramena à Lui. Il accepta son repentir et le remit dans le<br />

droit chemin. (122).<br />

Dieu a honoré Adam, lui a accordé une haute considération et l’a<br />

préféré aux autres créatures. Une fois créé, Il ordonna aux anges de<br />

se prostener devant Adam, en guise de glorification de son Créateur.<br />

Iblis seul refusa d’obtempérer aux ordres de son Seigneur. «Nous<br />

dîmes: O Adam, cet être est ton ennemi et celui de ton épouse». Que Iblis<br />

ne vous fasse pas sortir du Paradis, sinon tu auras à peiner et même<br />

trimer pour assurer ta subsistance en dehors de lui et tu seras<br />

malheureux. Car tu vis actuellement dans un jardin où tu obtiens tout<br />

ce que tu désires sans fatigue ni peine. D’autant plus: «Au paradis, tu<br />

ne connaîtras ni la faim ni la nudité» Dieu a joint la faim à la nudité car<br />

la première est à la base de l’humiliation de l’intérieur et l’autre celle<br />

de l’extérieur.<br />

«Tu n’y souffriras ni de la soif ni des intempéries» Car la soif est<br />

celle qui cause la chaleur de l’intérieur et les intempéries qui sont dues<br />

à la chaleur du soleil sont celle de l’extérieur.<br />

«Satan le tenta: «O Adam, lui dit-il, veux-tu que je te montre l’arbre<br />

de l’immortalité et un royaume impérissable» Nous avons déjà parlé de<br />

ce fait en commentant le verset n:22 de la sourate de l’A ’raf. Dieu<br />

avait interdit à Adam et à son épouse Eve de manger d'un arbre qu’il<br />

259


leur a désigné. Mais Satan ne cessait de les tenter qu’à la fin ils en<br />

ont mangé. «Ils s’aperçurent aussitôt qu’ils étaient nus».<br />

On a rapporté que ‘Adam était un homme de haute taille, poilu, et<br />

ressemblait à un grand palmier. Aussitôt qu’il goûta le fruit défendu,<br />

ses vêtements tombèrent et la première chose qui apparut c’était la<br />

partie intime de son corps. En la voyant, il parcourut dans le Paradis à<br />

la recherche d’un abri. Le Miséricordidux l’interpella: O Adam, Me fuistu?».<br />

Entendant ces paroles, il s ’arrêta et répondit: «Non mon<br />

Seigneur, mais j’ai honte de Toi. Si je me repens, retournerai-je au<br />

Paradis?» -Oui, fut la réponse divine. Tel est le sens de ce verset: «-<br />

Adam reçut d’Allah une formule de prière qui emporta son pardon» [Coran<br />

II, 37].<br />

«Us se couvrirent avec les feuilles du Paradis» D’après Ibn Abbas, ils<br />

prirent les feuilles d’un figuier pour couvrir leurs parités honteuses. «-<br />

Adam venait de désobéir à son Seigneur. Il s’était égaré».<br />

Al-Boukhari rapporte d’après Abou Houraira que le Prophète -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Moïse .entra en discussion avec<br />

Adam. Il lui dit: «Toi, par ta faute, tu as fait sortir les hommes du Paradis<br />

et tu les as rendus malheureux». Adam lui répondit: «O Moïse, toi que<br />

Dieu a choisi pour son Envoyé et son porte-parole, me blâmes-tu d ’une<br />

chose que Dieu avait écrite contre moi avant de m ’avoir créé, ou qu’il avait<br />

pédestinée avant de m ’avoir créé?». Le Messager de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- a dit: «Adam triom phafde M oïse dans son<br />

argument»^1 ).<br />

Dans une version rapportée par Ibn Hatem, Te même hadith a été<br />

raconté en ces termes: «Adam et Moïse eurent une discussion auprès<br />

du Seigneur. Moïse lui dit: Toi que Dieu t’a créé de Sa main, t’y a<br />

insufflé de Son Esprit, a ordonné à Ses anges de se prosterner devant<br />

(1) tÿjJl c J Î :* i J l ü (¿i -j|§ , ^ 1 ¿ ^ - «y . j * ^ ¿ f - tçSjU«JI ¡ j j j<br />

t l ) î ¿ j l p 4 i l l S j J t » j \ ù l J J P 4 j j \ A - s S " J * \ 'J s - 0 * ^ 0 J A î M L •j J<br />

260


toi, t’a donné le Paradis comme lieu de séjour, puis, par ta faute, tu as<br />

fait descendre les hommes sur la terre» Adam lui répondit: «Toi Moïse<br />

que Dieu t’a choisi de préférence à tous les hommes pour que tu<br />

transmettes ses messages et ses paroles, t’a donné les tablettes qui<br />

contenaient tous les enseignements et t’a fait rapprocher de Lui. De<br />

combien d’années Dieu a écrit la Tora avant ma création?» - De<br />

quarante ans, répondit Moïse. Et Adam de poursuivire: «N’as-tu pas<br />

trouvé dans ce livre: qu’Adam venait de désobéir à son Seigneur. Il<br />

s’était égaré? -Certes oui, répliqua Moïse. Adam reprit: «Me blâmes-tu<br />

pour une faute que Dieu me l’avait écrite avant de me créer de<br />

quarante ans?». Le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le saluea<br />

dit: «Adam triompha de Moïse dans son argument».<br />

qâla-h-bitâ minhâ jamî‘am-ba‘dukum liba‘din ‘aduwwun fa’immâ<br />

ya’tiyannakum minnî hudan famani-t-taba‘a hudâyâ falâ yadillu walâ<br />

yasqâ (123) waman ’a‘rada ‘an dikrî fa’inna lahû ma‘îsatan dankan wa<br />

nahsuruhû yawma-l-qiyâmati ’a‘mâ (124) qâl^ rabbi lima hasartanT<br />

’a‘mâ waqad kuntu basîran (125) qâla kadâlika ’atatka ’âAyâtunâ<br />

fanasaytahâ wa kadâlika-l-yawma tunsâ (126).<br />

Fuyez ces lieux, ennemis les uns des autres, dit le Seigneur. Attendezvous<br />

à recevoir de Moi une direction. Celui qui la suivra évitera de s’égarer<br />

et d’être malheureux. (123) Celui qui s’en détournera aura une vie<br />

misérable. Il sera aveugle au jour de la résurretion.» (124) Il dira: «-<br />

Pourquoi suis-je aveugle au jour où tu m’appelles à comparaître alors que<br />

je jouissais de la vue avant?» (125) C’est parce que nous t’avons envoyé nos<br />

preuves et que tu les as négligées. A notre tour, aujourd’hui, de te négliger.<br />

(126).<br />

261


Dieu ordonna alors à Adam, son épouse et Iblis de descendre sur<br />

terre et de quitter le Paradis; ennemis les uns des autres: Adam et sa<br />

postérité d’une part, Iblis et sa postérité en d’aute part.<br />

«Attendez-vous à recevoir de Moi une direction» Abo AI-‘Alya a dit<br />

que cette direction serait les Prophètes, Envoyés et m essages<br />

comprenant les enseignements. Quiconque aura suivi la direction et<br />

les Prophètes ne s’égarera pas dans le bas monde et ne sera plus<br />

malheureux dans l’autre. «Celui qui s’en détournera aura une vie<br />

misérable» Il ne goûtera pas la tranquillité, aura la poitrine resserrée,<br />

même s'il mènera une vie aisée: mangera, et portera ce qu’il voudra et<br />

jouira de tous les biens éphémères du monde, car son cœur n’aura<br />

pas trouvé la voie vers la foi et il n’éprouvera que la perplexité.<br />

Abou Sa'id a commenté l’expression «aura une vie misérable» et<br />

dit: Sa tombe sera rétrécie de sorte qu’elle écrasera ses côtes».<br />

A ce propos le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-,<br />

d’après Abou Houraira a dit: «La tombe du croyant sera telle un jardin<br />

verdoyant dont la longueur atteindra soixante-dix coudées. Elle sera<br />

éclairée comme par une lune pleine. Connaissez-vous le sens du<br />

verset «Celui qui s’en détournera aura une vie misérable»? On lui répondit:<br />

«Dieu et Son Envoyé sont plus savants» Il reprit: «Il s’agit du supplice<br />

que l’impie subira dans sa tombe. Par celui qui tient mon âme en Sa<br />

main, ou lui enverra quatre-vingt-dix dragons dont chacun sera plus<br />

fort que quatre-vingt-dix serpents, et chaque serpent aura sept têtes<br />

qui le morderont et lui souffleront de leur venin jusqu’au jour où il sera<br />

ressuscité».<br />

«Il sera aveulge au jour de la résurrection» c ’est à dire il n’aura<br />

aucun argument, comme ont avancé Moujahed et As-Souddy. Mais<br />

cela signifie, d’après Ikrima, que toute chose lui sera dissimulée sauf la<br />

Géhenne. Quant à l’auteur de cet ouvrage, il a dit: Il se peut qu'il soit<br />

rassemblé aveugle et démuni de toute clairvoyance, et a cité à l’appui<br />

ce verset: «Au jour de la résurrection, nous réunirons tous les égarés, face<br />

contre terre, aveugles, sourds et muets. L’Enfer sera leur séjour» [Coran<br />

XVII, 97],<br />

L’impie demandera: «Seigneur, pourquoi m’as-tu amené ici,<br />

aveulge, alors que je voyais clair auparavant?» Et Dieu de lui<br />

262


épondre: «C’est parce que nous t’avons envoyé nos preuves et que tu les<br />

as négligées. A notre tour, aujourd’hui de te négliger». De même que tu<br />

as oublié nos signes, après qu’ils te sont parevenus, tu seras soublié<br />

aujourd’hui, tout comme Dieu l’affirme dans ce verset: «Aujourd’hui,<br />

nous les oublions comme ils ont oublié ce jour où ils devaient<br />

comparaître..» [Coran VII, 51].<br />

Cette m enace ne s ’applique pas à celui qui aura oublié la<br />

ré c ita tio n du C o ran a p rè s l’ a v o ir étu d ié et conçu tous se s<br />

enseignements, à savoir qu’un autre avertissement a été lancé à ce<br />

sujet. D’après S a ‘d Ben ‘Oubada -que Dieu l’agrée- la Prophète -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Tout homme qui aura récité et<br />

appris le Coran et l’oubliera, sera comme amputé quant il rencontrera<br />

Dieu».<br />

wa kadâlika najzî man ’asrafa walam yu’mim-bi ’ayâti rabbihî wa la‘ad<br />

âbu-l-’ahirati ’asaddu wa ’abqa (127).<br />

C’est la façon dont nous traitons ceux qui s’égarent et ne croient pas<br />

aux signes de leur Seigneur. Le châtiment du jour dernier est plus terrible<br />

encore et dure plus longtemps. (187).<br />

Ainsi sera la rétribution des incrédules: Un châtiment les atteindra<br />

dans la vie d’ici-bas, mais un autre plus terrible leur sera infligé dans<br />

l’autre, et n’auront pas de protecteur en dehors de Dieu. Ils seront<br />

précipités dans l’Enfer pour l’étemité.<br />

’afalam yahdi lahum kam ’ahlaknâ qablahum mina-l-qurûni yamsûna fî<br />

263


masâkinihim ’inna fî dâlika la’âT yâti-l-li ’uli-n-nuhâ (128) walawlâ<br />

kalimatun sabaqat mir-rabbika lakâna lizâman wa ‘ajalum musamman<br />

(129) fasbir ‘alâ mâ yaqûlûna wa sabbih bihamdi rabbika qabla tulû‘i-ssamsi<br />

wa qabla gurûbihâ wamin ’à" nâ’i-l-layli fasabbih wa ’atrâfa-nnahâri<br />

la‘allaka tardâ (130).<br />

N’est-ce pas un avertissement pour eux que nous ayons anéanti tant de<br />

générations passées? Ils foulent le sol où s’élevaient leurs demeures. Et<br />

cependant il y a dans ceci des signes pour les gens perspicaces. (128) Sans<br />

une décision antérieure de ton Seigneur et un délai fixé par Lui, leur<br />

châtiment aurait été immédiat. (129) Endure patiemment leurs propos et<br />

célèbre les louanges de ton Seigneur avant le lever et avant le coucher du<br />

soleil. Célèbre-Le pendant la nuit. Célèbre-Le matin et soir, si tu désires<br />

êter heureux. (130).<br />

O Mouhammad, lui dit Dieu, ceux qui renient le message et le<br />

traitent de mensonge, ne se rappellent-ils pas des générations que<br />

nous avons fait périr. Elles furent anéanties. Ne remarquent-ils pas<br />

qu’ils se promènent Jà où s’élevaient leurs demeures. Cet exemple ne<br />

se rt-il pas de leçon à ceux qui sont doués de raison et de<br />

perspicacité?. Dieu a dit ailleurs: «Que ne vont-ils de par le monde? Alors<br />

leur intelligence s’éveillerait et leurs oreilles s’affineraient» [Coran XXII,<br />

46],<br />

Si une parole du Seigneur n’avait pas précédé ce jour, cette<br />

parole qui consistait à avertir d’abord les hommes, le châtiment serait<br />

inévitable au terme fixé. S ’il n’y avait pas ce terme, Dieu aurait infligé à<br />

l’improviste un châtiment à ces menteurs.<br />

Dieu ensuite réconforte Son Prophète et lui dit: «Endure<br />

patiemment leurs propos» et supporte-les. «Célèbre les louanges de ton<br />

Seigneur avant le lever» qui signifie la prière de l’aube «et avant le<br />

coucher du soleil» qui est le moment de la prière de l’asr. Il est cité<br />

dans les deux Sahih que l’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- a dit: «Vous verrez votre Seigneur comme vous voyez cette lune<br />

sans que vous rencontriez une peine. Si vous serez capables de faire la<br />

prière de l ’aube avant le lever du soleil et celle de l ’asr avant son coucher,<br />

faites-les» Puis il récita le verset» (Rapporté par Boukhari et Mouslim et<br />

264


Ahmed/1>.<br />

«Célèbre-Le pendant la nuit». Il s’agit de la prière nocturne bien que<br />

d’autres ont avancé que c’est le moment des deux prières: celle du<br />

Maghreb et celle d’Icha «Célèbre-Le matin et soir» aux deux bouts de la<br />

journée «si tu désires être heureux» et agréé par Dieu, en obtenant Sa<br />

satisfaction.<br />

Dans un hadith authentique le Messager de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- a dit: «Dieu le Très Haut interpellera: «O habitants<br />

du Paradis!» Ils lui répondront: «Nous voilà à Tes ordres Seigneur». -<br />

Etes-vous saisfaits, leur demander a-1-II. Ils répliqueront: «Comment<br />

pourrions-nous n’être pas satisfaits, alors que Tu nous a donné ce que Tu<br />

n’as donné à aucune de Tes créatures?» Il leur dira: «Je vais vous donner<br />

mieux que ça encore» - Qu’est-ce qui est mieux que tout cela?» Et Dieu de<br />

leur répondre: «J’étendrai sur vous Ma satisfaction et jamais je ne me<br />

mettrai en colère contre vous» (Rapporté Par Boukhari et Mouslim)(I).<br />

walâ tamuddanna ‘aynayka ’ilâ mâ matta‘nâ bihT ’azwâjam-minhum<br />

zahrata-l-hayâti-d-dunyâ linaftinahum fîhi wa rizqu rabbika hayrun wa<br />

’abqâ (131) wa’mur ’ahlaka bi-s-salâti wa-stabir ‘alayhâ lâ nas’aluka<br />

rizqan nahnu narzuquka wa-l-‘âqibatu li-t-taqwâ (132).<br />

(1) ¿>ü ^ ^ j-*-îJt l-ij» ü j j j i j tW.<br />

sJük I||j ( li pjÜj , jp IjJw ^ ot h<br />

(2) CiiJbJlJi—j I ü ^<br />

-iiyV ij* Jaju («J U ixjafi JlÎj j y Ü Ujj<br />

®ljj)


Ne porte pas tes yeux sur les biens matériels que nous avons accordés<br />

à certains, sur l’éclat des plaisirs du siècle. Nous n’accordons ces biens qu’à<br />

titre d’épreuve. Ce que réserve ton Seigneur a plus de prix et est plus<br />

durable. (131) Recommande la prière à tes proches. Toi-même ne te lasse<br />

pas de prier. Je ne t’impose pas de pourvoir à ta nourriture. C’est Moi qui<br />

te nourris., La crainte d’Allah mène au meilleur destin. (132).<br />

Dieu recommande à Son Messager de ne plus porter ses regards<br />

sur les jouissances éphémères qu’il a accordées à certains groupes<br />

parmi les hommes, et pourtant rares ceux qui sont reconnaissants. «Ce<br />

que réserve ton Seigneur a plus de prix et est plus durable».<br />

On a rapporté qu’Omar Ben Al-Khattab, -que Dieu l’agrée- pénétra<br />

chez le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- alors qu’il<br />

était dans un belvédère loin de ses femmes. Il le trouva étendu sur<br />

une natte tressée et accoudé sur un coussin. Chez lui, il n’y avait que<br />

quelques feuilles d’un acacia blond (utilisé pour le tannage des peaux).<br />

Omar pleura. Le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- lui<br />

demanda: «Pourquoi pleures-tu ô Omar?» - O Envoyé de Dieu,<br />

répondit-il, Cosroès et César vivent dans l’aisance, et toi l’élu de Dieu<br />

tu vis de la sorte?». Le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- répliqua: «As-tu un doute quelconque ô Ibn Al-Khattab? A ceuxlà<br />

Dieu a hâté ses bienfaits dans le bas monde». A savoir que le<br />

Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- était le plus ascète<br />

parmi les hommes du moment qu’il pouvait demander à Dieu de lui<br />

accorder les biens qu’il voulait, mais il préférait quand même, une fois<br />

obtenu ces biens, de les dépenser en aumônes sans rien garder pour<br />

lui-même.<br />

D’après Abou Sa'id Al-Khudry, le Messager de Dieu -qu'Allah le<br />

bénisse et le salue- a dit: «Ce que je redoute pour vous que Dieu ne<br />

vous accorde «les fleurs du bas monde». On lui demanda: «Quelles<br />

sont les fleurs du bas monde, ô Envoyé de Dieu?». - L’abondance des<br />

biens, répondit-il. Certains ont interprété l’expression: «l’éclat des<br />

plaisirs du siècle» qu’ils sont les clinquants du bas monde.<br />

«Recommande la prière à tes proches» ou suivant une autre<br />

traduction: Ordonne la prière à ta famille, en l’observant et ainsi ils<br />

seront sauvés, avec la permission de Dieu, du châtiment de la vie<br />

266


future. Quant à toi, ô Mouhammed, persévère toi-même dans la prière.<br />

«Je ne t’impose pas de pourvoir à ta nourriture» Un verset qui<br />

dépend du précédent et qui signifie: Si tu observes la prière, les biens<br />

te parviendront d’où dont tu n'attendais pas. Dieu a dit ailleurs: «Allah<br />

tirera toujours d’affaire celui qui Le craint, et le pourvoira par des moyens<br />

qu’il ne soupçonne pas» [Coran LXC, 2-3]. Tous les Prophètes, quand<br />

une famine les atteignait, recouraient à la prière.<br />

• Ibn Abi Hatem rapporte d’après Thabit, que le Messager de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Dieu Très Haut dit: «O fils<br />

d ’Adam, adonne-toi à Mon adoration, Je remplirai ta poitrine de richesses<br />

et Je pourvoirai à tes besoins. Sinon, Je multiplierai tes occupations et<br />

soucis sans combler ce dont tu auras besoin» (Rapporté par Tirmidzi et<br />

Ibn Maja d’après Abou Houraira)(1).<br />

Zaïd Ben Thabet rapporte avoir entendu le Messager de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- dire: «Quiocnque dont le bas monde<br />

est sa seule préoccupation, Dieu le rendra perplexe, le frappera de la<br />

pauvreté et n’aura du bas monde que ce que Dieu lui a prédestiné.<br />

Par contre, celui qui aspire à la vie future, Dieu fera de lui un homme<br />

de résolution, enrichira son cœur et le bas monde lui viendra humilié»<br />

Certes, la bonne fin ne sera accordée qu’à celui qui aura craint Dieu.<br />

L jj y Ut) ô *<br />

^ S 9 S ^ >/ s S s<br />

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(Pj'Jj) i £ X - b \ { j * **»" *<br />

wa qâlû lawlâ ya’tînâ bi ’a yatim mir-rabbihT ’awalam, ta’tihim bayyinatu<br />

267


mâ fî-suhufi-l-’ûlâ (133) walaw ’annâ* ’ahlaknâhum bi~‘adâbim min<br />

qablihî laqâlû rabbanâ lawla ’arsalta ’ilaynâ rasûlan fanattabi'a *a yâtika<br />

m in qabli ’an n a d illa wa nahzâ (134) qui kullum m utarabbisun<br />

fatarabbasû fasata‘alamûna man ’ashâbu-s-sirâti-s-sawiyyi wa manihtadâ<br />

(135).<br />

Ils disent: «Pourquoi ne nous montre-t-il pas un miracle de son<br />

Seigneur ?» Est-ce que les annales des peuples passés ne constituent pas un<br />

enseignement? (133) Si nous avions déchaîné contre eux un fléau avant de<br />

leur révéler le Livre, ils n’auraient pas manqué de dire: «Seigneur, que ne<br />

nous as-tu envoyé un Prophète? nous aurions suivi Tes enseignements et<br />

nous aurions évité la ruine et l’avilissement» (134) Dis: Que chacun<br />

attende. Attendez aussi et vous saurez enfin qui de nous a suivi la bonne<br />

voie et a été bien dirigé (135).<br />

Les polythéistes dirent: «pourquoi Mouhammad n’est-il pas venu à<br />

nous avec un signe de son Seigneur? pour le croire comme étant un<br />

Envoyé authentique? Dieu leur répondit: «Est-ce que les annales des<br />

peuples passés ne constituent pas un enseignement?» S uivant un<br />

commentaire il s’agit du glorieux Coran qui lui est révélé, à savoir qu’il<br />

était illettré et n’avait jamais fréquenté les gens du Livre pour acquérir<br />

de leur science. Dieu a dit ailleurs comme réponse à leur demande:<br />

«Ne leur suffit-il pas que nous t’ayons révélé le Livre que tu leur récites?<br />

Pourtant, il y a là une bénédiction et un avertissement pour ceux qui<br />

croient» [Coran XXIX, 51].<br />

Dans les deux Sahih ce hadith a été rapporté: «Le Messager de<br />

Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Il n’y a aucun Prophète sans<br />

qu’il n’ait reçu de signes qui ont dirigé les hommes vers la foi. Ce que j ’ai<br />

reçu est une révélation que Dieu m ’a fa ite . J ’espère au jou r de la<br />

résurrection être suivi par le plus grand nombre des hommes. (Rapporté<br />

par Boukhari et Mousüm)(1).<br />

Dans le verset précité, Dieu a cité le plus grand signe qui est le<br />

(1 ) L. ¿ y J ! j \ a i j j a U» : J l i J Ü «us\ J<br />

268<br />

,|4ü»LâJ1


C oran, qui renferm e autant de m iracles qu’on ne p u isse les<br />

dénombrer.<br />

Puis Dieu dit ensuite: «Si nous avions déchaîné contre eux un fléau<br />

avant de leur révéler le Livre, ils n’auraient pas manqué de dire: «Seigneur,<br />

que ne nous as-tu envoyé un Prophète». Si Dieu avait fait périr ces<br />

rénégats dans un châtiment avant la venue de ce noble Prophète et<br />

avant la révélation de ce Livre glorieux, ils auraient certainement dit:<br />

«Seigneur, pourquoi ne nous as-tu pas envoyé un Prophète? afin que<br />

nous le croyions et le suivions, et nous aurions évité la ruine et<br />

l’avilissement. Dieu a dit ailleurs à ce propos: «Quels que soient les<br />

signes qui leur parviendront, que lorsqu’ils éprouveront les tortures de leur<br />

châtiment» [Coran X, 97] et aussi: «Ils ont juré de toute la force de leurs<br />

serments que si un miracle leur était envoyé ils croiraient» [Coran VI,<br />

109].<br />

Dieu ordonne à Son Prophète de répondre à ces rebelles qui l’ont<br />

traité de menteur: «Que chacun attende» de vous ou de moi «Attendez<br />

aussi et vous saurez enfin qui de nous a suivi la bonne voie et a été bien<br />

dirigé» Comme II a dit dans d’autres versets: «Ils constateront, le jour<br />

du châtiment, qui se trompe» [Coran XXV, 42] et: «Ils apprendront un jour<br />

qui est un menteur effronté» [Coran LIV, 26].<br />

269


21- SOURATE DES PROPHETES<br />

112 versets<br />

Révélée à La Mecque<br />

Révélée à la suite de la sourate d’Abraham<br />

xY r -r -î *-4 .r r-r . •>'<br />

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> C t i fc*. < h " T ^ ^ t f •* l ' - î i 1 i- / ^ \ z ' > '*.<br />

O iD J i ) ¿ U - U i


(3) qâla rabbî ya‘lamu-l-qawla fî-s-sama’i wa-l-’ardi wa huwa-s-Samî‘u-1-<br />

‘Alîmu (4) bal qâlïï ’adgâtu ’ahlâmim bali-ftarâhu bal huwa sa‘irun<br />

falya’tina bi ’ayatin kama ’ursilal-’awwalûna (5) ma ’amanat qablahum<br />

min qaryatin ’ahlaknâha ’afahum yu’minûna (6).<br />

Au nom d’Allah le Miséricordieux le Très Miséricordieux<br />

Proche est l’heure des comptes pour les hommes: mais, insouciants, ils<br />

ne s’y préparent pas. (1) Chaque fois qu’ils reçoivent un nouvel<br />

avertissement de leur Seigneur, ils l’écoutent mais sans s’y arrêter. (2)<br />

Leurs cœurs sont indifférents. Les méchans se disent en secret: «Ce<br />

Prophète est-il autre chose qu’un homme comme nous? Allez-vous être<br />

dupes de ses artifices, bien qu’avertis?» (3) Dis: Mon Maître sait ce qui se<br />

dit dans les cieux et sur terre. Il entend et sait tout. (4) « Ce Coran,<br />

affirment-ils, n’est qu’un tissu de rêveries. Il n’est qu’une invention de sa<br />

part et, lui, n’est qu’un poète. Qu’il nous fasse un miracle comme ses<br />

prédécesseurs!» (5) Avant eux, aucune des cités que nous avons détruites<br />

n’a cru. Vont-ils croire-eux? (6).<br />

Amer Ben Rabi'a reçut un bédouin arabe, il lui accorda une bonne<br />

hospitalité et intercéda en sa faveur auprès du Messager de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- pour une certaine affaire. Cet homme<br />

vint plus tard dire à Amer que le Messager de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- lui avait concédé un morceau de terrain dans une<br />

certaine vallée, et il voulut lui donner un morceau de ce terrain pour<br />

que la descendance de ‘Amer en tireront profit. Amer lui répondit: «Je<br />

n’ai plus besoin de cette concession car une sourate venait d’être<br />

révélée, elle a rendu les hommes consternés et les a fait oublier le bas<br />

monde. Elle est celle-ci: «Proche est l’heure des comptes pour les<br />

hommes: mais, insouciants, ils ne s’y préparent pas...».<br />

Dans cette sourate, Dieu fait allusion aux idolâtres Qouraïchites et<br />

leurs semblables parmi les arabes qui n’écoutaient pas la révélation<br />

descendue sur le Messager de Dieu .-qu’Allah le bénisse et le saluemais<br />

ils l’entendaient en s’adonnant à la distraction et à la moquerie.<br />

On a rapporté que ‘Ibn Abbas a dit à ses compagnons: «Pourquoi<br />

demandez-vous les gens du Livre au sujet de certains problèmes, eux<br />

qui ont altéré, modifié et changé leur Ecriture en y ajoutant de chez<br />

eux ou en en diminuant, alors que vous avez entre vos mains un Livre<br />

271


de Dieu inchangé que vous lisez?»<br />

Ces impies, en parlant de Mouhammed -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue-, tinrent des conciliabules et dirent: «Ce Prophète est-il autre chose<br />

qu’un homme comme nous?» Ils s’étonnèrent comment, seul, il reçoit la<br />

révélation «Allez-vous être dupes de ses artifices, biens qu’avertis?» En<br />

d’autre terme: «Allez-vous suivre un magicien alors que vous en êtes<br />

sûrs que c’est une pure magie?».<br />

En répondant à leur question, Dieu ordonne à Son Prophète -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- de dire: «Mon Maître sait ce qui se dit<br />

dans les cieux et sur la terre» Rien ne lui est caché. C’est Lui qui a<br />

révélé ce Coran qui renferme l’histoire des générations passées et que<br />

nul ne pourrait faire descendre un livre pareil. «11 entend et sait tout». Il<br />

est au cours de vos propos et connait parfaitement ce que vous faites.<br />

Un verset qui est à la fois avertissement et menace.<br />

«Ce Coran, affirment-ils, n’est qu’un tissu de rêveries» Ceci dénote<br />

l’obstination des impies qui, tantôt dirent que le Coran est une magie<br />

et de la poésie, et tantôt ils dirent que c’est un amas de rêves, des<br />

propos qui n’émanent que des hommes qui se débattent dans leur<br />

égarement. Et comme défi ils demandèrent: «Qu’il nous fasse un miracle<br />

comme ses prédécesseurs» voulant dire: «Qu’il nous apporte un signe<br />

comme celui de la chamelle de Saleh et les miracles du Moïse et<br />

Jésus. Dieu leur a répondu ailleurs: «Si nous ne faisons plus de miracles,<br />

c’est que les générations passées n’y ont pas cru» [Coran XVII, 59].<br />

«Avant eux, aucune des cités que nous avons détruites n’a cru. Vont-ils<br />

croire, eux?» Ibn Jarir rapporte d’après Qatada que les idolâtres<br />

Mecquois demanèrent au Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue-:<br />

«Si ce que tu dis est vrai, et si tu veux qu’on croit en ton message,<br />

transforme-nous donc le mont As-Safa en une masse d’or!» Gabriel<br />

vint à ce moment dire au Prophète: «Si tu le veux bien, Dieu pourra<br />

répondre à leur demande. Mais sois sûr que, plus tard, ils ne te<br />

croiront plus et Dieu pourra les prendre aussitôt. Si tu veux aussi on<br />

pourra leur accorder un répit (pour qu’ils croient)». Ce verset fut<br />

descendu à cette occasion.<br />

Ces hommes-là préfèrent-ils être anéantis comme ceux des<br />

générations passées à qui nous avons envoyé des miracles et des<br />

272


signes et pourtant ils les ont reniés! «Ceux qui ont encouru la colère de<br />

ton Maître né croiront, quels que soient les signes qui leur parviendront,<br />

que lorsqu’ils éprouveront les tortures de leur châtiment» [Coran X, 96-97].<br />

A savoir que ces idolâtres de la Mecque ont pu voir de leurs propres<br />

yeux des signes évidents mais, malgré tout, ils n’y ont pas cru.<br />

wama ’arsalnâ qablaka ’illâ rijâJan-nûhT ’ilayhim fas’afiî ’ahla-d-dikri<br />

’in kuntum lâ ta‘lamûna (7) wamâ ja‘alnâhum jasada-l-lâ ya’kulûna-tt<br />

a ‘âm a wamâ kânû hâlidîna (8) tu m m a sadaq n âh u m u -l-w a‘da<br />

fa’anjaynahum waman nasa’u wa ’ahlakna-l-musrifïna (9).<br />

Avant toi, nous n’avons envoyé que des hommes qui recevaient des<br />

révélations. Interrogez là-dessus les hommes d’Ecriture si vous ne le savez<br />

pas. (7) Nous ne leur avions pas donné un corps qui puisse se passer de<br />

nourriture et nous ne leur avions pas conféré l’immortalité (8). Nous avons<br />

tenu nos promesses envers eux. Nous les avons sauvés, eux et ceux qu’il<br />

nous a plu et nous avons exterminé les rebelles. (9).<br />

Ceux qui ont été chargés des messages n’étaient jamais des<br />

anges mais plutôt des mortels, une réalité que Dieu la montre dans<br />

d’autres versets quand II dit: «Avant toi, nous n’avons toujours envoyé<br />

que des hommes, choisis parmi les habitants des villes» [Coran XII, 109] et:<br />

«Dis: Je ne suis pas le premier Prophète» [Coran XLVI, 9]. Les hommes<br />

des générations passées s’exclamèrent: «Comment, un homme comme<br />

nous nous indiquerait la bonne voie?» [Coran LXIV, 6],<br />

Comme affirmation aussi, Dieu répond aux idolâtres: «Interrogez<br />

là-dessus les hommes d’Ecriture si vous ne le savez pas» Demandez donc<br />

aux juifs, aux chrétiens et aux autres qui ont reçu le Rappel, leurs<br />

Prophètes étaient-ils des anges ou des humains?. «Nous ne leur avions<br />

pas donné un corps qui puisse se passer de nourriture». Nous n’en avions<br />

pas fait des corps qui ne mangeaient aucune nourriture, comme il est<br />

273


confirmé aussi dans ce verset: «Tous les Prophètes qui t’ont précédé se<br />

nourrissaient des mêmes aliments que les autres hommes et, comme eux,<br />

s’approvisionnaient sur les marchés» [Coran XXV, 20] Ceci n’a, en aucun<br />

cas, diminué de leur prestige et de leur mission comme prétendaient<br />

les impies qui ajoutèrent: «Curieux Prophète que cet homme qui mange et<br />

circule sur les marchés comme un simple mortel! que n’est-il assisté d’un<br />

ange pour l’accréditer dans sa mission» [Coran XXV, 7].<br />

Tous ces Prophètes n’étaient pas immortels, ils vivaient et<br />

mouraient, Dieu n’a conféré l’immortalité à nul parmi eux. Il leur<br />

envoyait les révélations par l’intermédiaire des anges pour les<br />

communiquer aux hommes et les avertir. Car Dieu a réalisé les<br />

promesses qu’il a tenues envers eux, Il a anéanti les pervers et ceux<br />

qui ont été mécréants et a sauvé les fidèles qui avaient cru. La<br />

promesse de Dieu se réalise toujours.<br />

laqad ’anzalna ’ilaykum kitâban fïhi dikrukum ’afalâ ta‘qilûna (10) wa<br />

kam qasamnâ min qaryatin kânat zâlimatan wa ’ansa’nâ ba‘dahâ<br />

qawman ’âAharîna (11) falammâ ’ahassû ba’sanâ* ’id â hum minhâ<br />

yarkudûna (12) lâ tark u d û w a-r-ji‘u ’ilâ ma* ’utriftum fîhi wa<br />

msâkinikum la ‘allakum tus’alûna (13) qâlû yâ waylanîf ’innâ kunnâ<br />

zâlimîna (14) famâ zâlat tilka da'wâhum hattâ ja‘alnâhum hasîdan<br />

hamidîna (15).<br />

En vérité, nous vous envoyons un Livre qui doit être votre règle de<br />

conduite. Finirez-vous par comprendre? (10) Que de cités rebelles, n’avonsnous<br />

pas anéanties et remplacées par d’autres? (11) Quand ils sentirent la<br />

rigueur de notre répression, Us s’enfuirent hors de leurs villes. (12) Ne fuyez<br />

274


pas, leur fut-il dit. Revenez à vos plaisirs et à vos demeures; Vous avez des<br />

comptes à rendre. (13) Malheur à nous! qui avons été coupables, avouèrentils.<br />

(14) Leurs lamentations ne cessèrent que lorsque nous les eûmes<br />

couchés à terre, inanimés. (15).<br />

Dieu exhorte les hommes en général, et en p articulier les<br />

Mecquois à cette époque, à méditer le Coran où ils trouveront le<br />

Rappel afin qu’ils saisisse nt ce qu’il renferm e. Com m ent ne<br />

reconnaissent-ils pas ce grand bienfait qui fut ce Coran! et comment<br />

ne l’acceptent-ils pas? comme Dieu a dit ailleurs: «Le Coran constitue<br />

une règle pour toi et ton peuple. Vous aurez des comptes à rendre» [Coran<br />

XLiii, 44],<br />

Quant au verset: «Que de cités rebelles n’avons-nous pas anéanties»,<br />

on trouve dans le Coran d’autres versets qui lui sont semblables tels<br />

que: «Que de générations nous avons anéanties après Noé» [Coran<br />

XVI 1,17] et: «Que de cités avons-nous détruites en punition de leurs péchés!<br />

elles gisent solitaires au milieu de leurs ruines» [Coran XXII, 45]. Dieu<br />

ensuite créa d’autres qui leur succédèrent.<br />

«Quand ils sentirent la rigueur de notre répression» Quand ils<br />

sentirent qu’ils subiront notre châtiment inéluctable «ils s’enfuirent hors<br />

de leurs villes» avec toute hâte, mais on leur dit: «Ne fuyez pas. Revenez<br />

à vos plaisirs et à vos demeures» Dieu se moque d’eux et les avertit en<br />

leur disant de revenir vers le luxe dont ils jouissaient et les demeures<br />

confortables. Comme vous n’étiez plus reconnaissants envres les<br />

bienfaits reçus de Dieu «Vous avez des comptes a rendre» et vous serez<br />

interrogés.<br />

En avouant leurs péchés et leurs ingratitude, ils s'écrièrent: «-<br />

Malheur à nous! qui avons été coupables». Mais leurs regrets ne leur<br />

serviront à rien. «Leurs lamentations ne cessèrent que lorsque nous les<br />

eûmes couchés à terre, inanimés Leur clameur ne s’arrêta pas jusqu’à ce<br />

que Dieu les ait réduits à l’état de moissons sèches, leurs voix et leurs<br />

actions prirent fin.


wamâ halaqna-s-sama’a wa-l-’arda wama baynahumâ la‘ibîna (16) law<br />

’aradnâA ’an nattahida-lahwa-l-lattahadnâhu mi-l-ladunna ’in kunnâ<br />

fa'ilîna (17) bal naqdifu bil-haqqi ‘ala-l-bâtili fayadmaguhû fa’idâ huwa<br />

zâhiqun walakumu-l-waylu mimmâ tasifûna (18) walahû man fî-samâwati<br />

w a-l-’a rd i wa man ‘indahû lâ yastakbirûna ‘an ‘ibâdatihî walâ<br />

yastahsirûna (19) ysabbihûna-l-layla wa-n-nahâra lâ yafturûna (20).<br />

Ce n’est pas par vain jeu que nous ayons créé le ciel et la terre et<br />

l’espace qui les sépare. (16) Si nous n’avions recherché qu’un jeu, nous<br />

l’auriors trouvé chez nous. Oi'i, si vraiment nous l’avions recherché. (17)<br />

Au contraire, nous dressons la vérité contre l’erreur. Au premier choc,<br />

l’erreur s’évanouit. Malheur à vous pour les blasphèmes que vous proférez<br />

sur le compte d’Allah. (18) Il est le Maître des cieux et de la terre. Ceux<br />

qui l’entourent ne rougissent pas ni ne trouvent pénible de l’adorer. (19) Ils<br />

exaltent sa gloire nuit et jour sans jamais se lasser. (20).<br />

Dieu n’a créé les cieux et la terre qu’avec la vérité, afin qu’il<br />

rétribue ceux qui ont fait le mal d’après leurs actes, et qu’il rétribue<br />

ceux qui ont fait le bien en leur accordant une très belle récompense.<br />

Il n’a pas créé par jeu ni l’un ni l’autre, car II a dit ailleurs: «Nous<br />

n’avons pas créé sans but le ciel et la terre et ce qui les sépare. 11 n’y a que<br />

les incrédules pour le penser. Malheur aux incrédules! Ils seront livrés au<br />

Feu.» [Coran XXXVIII, 27].<br />

Si Dieu avait désiré un divertissement, Il l’aurait trouvé auprès de<br />

Lui.<br />

Que signifie ce «jeu» ou ce «divertissement»? Les opinions s’y<br />

sont controversées:<br />

- D’après Moujahed: Dieu n’aurait créé ni Paradis, ni Enfer, ni<br />

mort, ni résurrection, ni rassemblement.<br />

- D’après Al-Hassan et Qatada: C’est la compagne selon la langue


de Yemen, cette interprétation est soutenue par Ibrahim Al-Nakh‘i qui a<br />

dit qu’il s’agit des houris aux grands yeux.<br />

- Enfin selon Ikrima et As-Souddy: C’est l’enfant, et ils ont cité à<br />

l’appui ce verset: «Si Allah avait voulu un fils, Il l’aurait créé suivant sa<br />

seule inspiration. Sa gloire le place au-dessus d’un tel désir. Il est unique et<br />

tout-puissant» [Coran XXXIX, 4], Qu’Il soit exalté et loin de ce qu’on Lui<br />

associe.<br />

«Au contraire, nous dressons la vérité contre l’erreur» en montrant la<br />

vérité pour faire disparaitre l’erreur. Quant à vous qui forgez de<br />

mensonges sur le compte d’Allah: «Malheur à vous pour les blasphèmes<br />

que vous proférez sur le compte d’Allah» en lui attribuant un fils ou des<br />

compagnes parmi les anges. Ces anges ne sont que Ses serviteurs<br />

qui n’ont autre tâche que l’adoration du Seigneur et sa glorification jour<br />

et nuit. «Ceux qui l’entonrent ne rougissent pas ni ne trouvent pénible de<br />

l’adorer» Ils exaltent sa gloire nuit et jour sans jamais se lasser» Ces<br />

anges sont assidus à la glorification, à son obéissance, n’exécutant<br />

que ses ordres. Ils ne désobéissent pas à l’ordre de Dieu, ils font ce<br />

qui leur est commandé.<br />

Al-Hareth Ben Nawfal rapporte: «Etant encore un impubère, je tins<br />

une fois compagnie à Ka‘b Al-Ahbar et lui dis: «Comment interprètes-tu<br />

ce verset: «Ils exaltent sa gloire nuit et jour sans jamais se lasser» Ces<br />

Glorifications ne seraient-elles pas interrompues par d’autres actes tels<br />

que les paroles, les messages et l’action?» Ka'b demanda à ses<br />

compagnons: «Qui est ce jeune homme?» - De Bani Abdul-Muttaleb,<br />

lui répondit-on. Alors il m’embrassa sur la tête et me dit: «O mon fils,<br />

Dieu leur a créé la glorification comme II a créé pour les hommes la<br />

respiration. Ne respires-tu pas en parlant ou en marchant.<br />

’am i-t-tahadïï ’a lihatam mina-l-’ardi hum yunsirûna (21) law kâna<br />

277


fihima' ’a lihatun ’illâ-L-Lâhu lafasadatâ fasubhâna-L-Lâhi rabbi-l-‘arsi<br />

‘ammâ yasifûna (22) lâ yus’alu ‘ammâ yaf alu wahum yus’alûna (23).<br />

Les divinités qu’ils ont choisies ont-elles le pouvoir de donner la vie?<br />

(21) Si les cieux et la terre n’avaient pas un Allah unique, ce serait<br />

l’anarchie. Gloire à Allah, le Maître du trône qui échappe à toute<br />

description. (22) II n’a de comptes à rendre à personne. Mais les hommes<br />

auront à Lui en rendre. (23).<br />

Dieu désavoue l’acte des idolâtres qui, de la terre, ont pris de<br />

divinités, pourraient-elles donner la vie ou ressusciter les morts? Si<br />

elles sont comme telles, comment donc les prendra-t-on des divinités<br />

en dehors de Dieu en les adorant. Si elles existaient vraiment, aussi<br />

bien les cieux que la terre se seraient corrompus et en désordre. Dieu<br />

le confirme dans un autre verset quand II dit: «Allah n’a pas de fils. H<br />

n’y a aucun autre Allah auprès de Lui. Sinon, chaque Allah s’isolerait avec<br />

sa création et chercherait a surpasser l’autre. Gloire à Allah qui est audessus<br />

de telles inventions» [Coran XXIII, 91],<br />

Pureté à Lui, qu’il soit éloigné de ce qu’ils inventent comme enfant<br />

ou associé. «Il n’a de comptes de rendre à personne» Il est le Juge<br />

souverain et nul ne s’oppose à ses décrets qui émanent de Sa Majesté<br />

et Son équité. Mais les hommes seront interrogés et auront à Lui<br />

rendre compte. Dieu a dit ailleurs: «J’en jure par ton Allah, nous les<br />

interrogerons tous sur leurs actions» [Coran XV, 92-93].<br />

’am-i-tahadû min dunihT ’âAlihatan qui hâtû burhânakum hâdâ dikru<br />

mam-ma‘iya wa dikru man qablî bal aktaruhum lâ ya‘lamûna-l-haqqa<br />

fahum mu‘ridûna (24) wama ’arsalnâ min qablika mir-rasûlin ’illâ nûhT<br />

’ilayhi ’annahû la ’ilâha ’ilia ’ana-fa‘budûni (25).<br />

Oui, les hommes adorent d’autres divinités qu’Allah! Dis-leur: justifiezvous?<br />

Voici les révélations adressées à mes contemporains, voici celles<br />

278


adressées aux générations passées. Malheurseument la plupart des hommes<br />

ignorent la vérité. Bien plus, ils loi tournent le dos. (24) 11 n’est pas de<br />

Prophètes qui t’aient précédé a qui nous n’ayions révélé qu’il n’y a d’autre<br />

Allah que moi. Adorez-moi (25).<br />

Si ces idolâtres ont pris des divinités en dehors de Dieu,<br />

demande-leur ô Mouhammad d’apporter de preuves décisives. Dis-leur<br />

aussi: Ce que je rapporte est une révélation de Dieu -c’est à dire le<br />

coran) et celles adressées aux peuples passés, ce qui contrarie vos<br />

prétentions. Car à tout Prophète -Envoyé, Dieu a révélé un Livre, et<br />

chacun d’eux appelait à adorer le Dieu seul sans rien Lui associer «-<br />

Malheureusement la plupart des hommes ignorent la vérité» et ils s’en<br />

sont détournés. Dieu n’a envoyé aucun Prophète avant Mouhammad -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- sans lui révéler qu’il n’y a d’autre Dieu<br />

que Lui. Mais les polythéistes n’ont aucune preuve à présenter et sont<br />

incapables de se justifier, c’est pourquoi ils subiront le châtiment le<br />

plus douleureux.<br />

wa qâlû-t-tahad a-r-Rahm ânu waladan subhânahû bal ‘ibâdum<br />

mukramûna (26) lâ yasbiqûnahû bi-l-qawil wahum bi ’amrihî ya‘mlûna<br />

(27) ya‘lamu mâ bayna ’aydîhim wamâ halfahum walâ yasfa‘ûna ’illâ<br />

limani-rtadâ wa hum min hisyatihî musfiqûna (28) wa may-yaqul<br />

minhum ’inrif ’ilâhum-min dunihî fadâlika najzîhi jahannama kadâlika<br />

najzî-z-zâlimîna (29).<br />

Ils disent: «Le Miséricordieux s’est donné des anges pour enfants».<br />

Non. Que sa gloire soit exaltée! Les anges ne sont que ses serviteurs<br />

d’élite. (26) Ils ne lui coupent jamais la parole. Ils sont empressés à<br />

279


exécuter ses ordres. (27). I l connaît leur passé et leur avenir. Ils<br />

n’intercèdent que pour ceux qui peuvent être agréés de Lui. ils tremblent de<br />

crainte devant Lui. (28) Quiconque prétend être Allah, en dehors de Lui,<br />

est puni de l’enfer. C’est la punition des rebelles. (29).<br />

Dans le temps, les arabes disaient que les anges sont les filles de<br />

Dieu! Dieu leur répond: «Non. Que Sa gloire soit exaltée. Les anges ne<br />

sont que ses serviteurs d’élite». Ils occupent des rangs élevés et<br />

distingués auprès de lui pour prix de leur soum ission et leur<br />

obéissance en actes et paroles.«Ils ne lui coupent jamais la parole» Ils<br />

ne devancent jamais la parole et ne la contredisent plus, ils ne font<br />

qu’à obéir à Ses ordres et l’exécutent alors que Lui, connaît toute<br />

chose et rien ne lui est caché.<br />

«Ils n’intercèdent que pour ceux qui peuvent être agréés de Lui». Les<br />

versets pariant de cette intercession sont nombreux et nous avons<br />

déjà traité une partie. «Ils tremblent de crainte devant Lui» Ils Le<br />

redoutent et sont pénétrés de crainte par peur de Lui. Quiconque<br />

parmi eux prétend être un dieu en dehors de Lui sera voué à la<br />

Géhenne car elle est la rétribution des injustes et rebelles.<br />

’awa lam yara-l-ladîna kafarîî ’anna-s-samâwâti wa-l-’arda kânatâ<br />

rataqan fafataqnâhumâ wa ja‘alnâ mina-l-ma’i kulla say’in hayyin ’afalâ<br />

yu’minûna (30) wa ja'alnâ fî-l-’ardi rawâsiya ’an tamîda bihim wa ja‘alnâ<br />

fîhâ fijâjan subula-l-la‘allahum yahtadûna (31) wa ja ‘alnâ-s-samâA’a<br />

saqfam mahfûzan wa hum ‘an *a yâtihâ mu‘ridûna (32) wa huwa-l-ladî<br />

halaqa-l-layla wa-n-nahâra wa-s-samsa wa-l-qamara kullun fi falaki-yyasbâhûna<br />

(33).<br />

280


Les infidèles ne savent-ils pas que les deux et la terre ne formaient<br />

primitivement qu’une masse? Nous les avons séparés et nous avons tiré de<br />

l’eau toute la vie. Se décideront-ils à croire? (30) Nous avons doté la terre<br />

de montagnes pour la stabiliser. Et nous y avons aménagé de larges voies<br />

pour permettre aux hommes de communiquer entre eux. (31) Nous avons<br />

conçu le ciel comme une voûte indestructible. Et cependant les hommes sont<br />

indifférents à toutes ces preuves. (32) C’est Lui qui a créé la nuit et le jour,<br />

le soleil et la lune, chacun ayant sa périodicité propre (33).<br />

Ceux qui renient le Seigneur ou ceux qui Lui ont inventé<br />

d’associés, ne trouvent-ils dans cet univers des preuves de son<br />

existence et qu’il est le Dieu unique?.<br />

Les incrédules n’ont-ils pas remarqué que les cieux et la terre<br />

formaient une masse compacte, à l’origine, puis Dieu les a séparés<br />

qu’ils sont devenus sept cieux et sept terres. Entre ciel et terre II a<br />

créé un espace envahi par l’air, Il a fait descendre, du ciel, de la pluie,<br />

grâce à elle la terre a donné les plantations. Donc c’est l’eau qui est à<br />

l’origine de tout être vivant. Pourquoi ces infidèles, en constatant un tel<br />

phénomène, ne croient-ils pas? Le poète a dit:<br />

Dans chaque chose se trouve un signe<br />

Qui montre qu’il est le Dieu unique.<br />

On a demandé à Ibn Abbas, comme rapporte Ikrima,: «lequel<br />

existait avant l’autre le jour où la nuit?». Il répondit: «Lorsque les cieux<br />

et la terre formaient une seule masse compacte, y avait-il entre eux<br />

autre que l’obscurité, vous devez donc déduire que la nuit était avant<br />

le jour.<br />

D’après les différents avis de certains ulémas, tant aux cieux que<br />

la terre, tout deux formaient, primitivement, une seule Triasse. En les<br />

séparant, les cieux donnent de la pluie et la terre la récolte grâce à<br />

cette eau.<br />

«Nous avons tiré de l’eau toute la vie» c’est à dire que toute chose<br />

vivante fut créée à partir de l’eau. A ce propos Abou Houraïra<br />

rapporte: «J’ai demandé: «O Envoyé de Dieu! Lorsque je te vois mon<br />

âme s’apaise et mon œil se réjouit. Parle-moi de toute la création. « -<br />

Toute chose fu t créée? à partir de l’eau, me répondit-il» Je redemandai:<br />

281


«Montre-moi une œuvre qui, si je la fais, me fera entrer au Paradis». Il<br />

répondit: «Répands le salut, donne à manger, maintiens les liens du sang<br />

prie la nuit alors que les gens dorment tu entreras au Paradis en paix» (-<br />

Rapporté par l’imam Âhmed)(1).<br />

«Nous avons doté la terre de montagnes pour la stabiliser» Dieu a<br />

assigné des montagnes à la terre, autrement la terre aurait bougé et<br />

les hommes ne connaîtraient aucun moment de stabilisation, étant<br />

donné que la terre est submergée presque totalement de l’eau sauf<br />

son quart qui est exposé au vent et au soleil afin que les hommes<br />

puissent observer le ciel et ce qu’il contient comme signes et preuves<br />

extraordinaires.<br />

Ces montagnes n’ont jamais constitué un obstacle devant les<br />

hommes pour se déplacer, car Dieu y a disposé des défilés comme<br />

des sentiers, peut-être les hommes se guideraient-ils?.<br />

«Nous avons conçu le ciel comme une voûte indestructible» C’est à<br />

dire le ciel parait comme une voûte -ou un toit- protégée, et dans un<br />

autre verset Dieu a dit: «Et le ciel? Nous l’avons solidement construit et<br />

nous lui avons donné de vastes proportions» [Coran Ll, 47], et dans un<br />

triosième (à titre d’exemple) II a dit: «Que ne considèrent-ils le ciel qui<br />

s’élève au-dessus de leurs têtes? Ils verraient comment nous l’avons créé et<br />

embelli. Ils verraient qu’il est net de toute fissure» [Coran L, 6].<br />

Mais malgré ces signes, les incrédules ne font que s’en détourner.<br />

Ils ne méditent plus la création harmonieuse de Dieu: «Que de signes<br />

sur terre et dans les deux révèlent l’existence d’Allah! Mais les hommes les<br />

considèrent sans y prêter attention» [Coran XII, 105]. Le ciel est<br />

tellement élevé et Dieu l’a orné par les astres, les planètes et le soleil<br />

dont sa révolution autour de la terre dure un jour et une nuit qui sont<br />

deux phénomènes: l’un est éclairé et l’autre sombre pour des buts<br />

déterminés, tantôt l’un s’allonge, tantôt l’autre selon les saisons.<br />

(1) ¿ f- »ikijj 4ü\ Ô j~ " j ^ ‘.C-l* tj\î »ji/* ^ ¿ f-<br />

*j c J U î - lit jÀ Qt- : c J i i j t i i * .U ¿ y jJL> - J f t :J l S<br />

|*j tfLî (joLJlj J-UW j*-*j<br />

Jijli :


Quant au soleil et à la lune, deux astres créés aussi par Dieu à<br />

i’intention des hommes, dont le premier éclaire l’autre, et chacun d’eux<br />

vogue dans son orbite. Tant à l’orbite qu’aux étoiles, lune et soleil, ils<br />

sont dépendants l’un de l’autre, car aucun astre ne saurait voguer si<br />

une orbite ne lui était pas tracée. Dieu a dit ailleurs: «Il fait luire les<br />

matins; Il a institué la nuit pour le repos, le soleil et la lune comme mesure<br />

du temps. Tel est l’ordre conçu par le Tous-Puissant et le docte» [Coran<br />

VI, 96].<br />

0 1 fA i<br />

0 ü p è i i ÿ £ x > $ 3 t g i<br />

wamâ ja‘alnâ libasarim min qablika-l-hulda ’afa’ina mitta fahumu-1-<br />

hâlidûna (34) kullu nafsin d a ’iqatu-l-mawtu wa nablukum bi-s-sarri wa-<br />

1-hayri fïtnatan wa ’ilaynâ turja'ûna (35).<br />

Nous n’avons conféré l’immortalité à aucun homme avant toi. Si tu<br />

meurs, l’auront-ils, eux, l’immortalité? (34) Chaque âme goûtera la mort.<br />

Nous éprouverons par les revers et par les succès. C’est à nous que vous<br />

ferez retour. (35).<br />

Ibn Jouraïj rapporte que, quand on annonça au Prophète -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue- sa mort prochaine, il s’écria: «Seigneur, à qui<br />

ma communauté sera-t-elle confiée?» Ce verset fut descendu aussitôt:<br />

«Nous n’avons conféré l’immortalité à aucun homme avant toi». Pour le<br />

rassurer, Il a dit ailleurs: «Tout ce que porte la terre est périssable. Seule<br />

demeure la face de ton Seigneur auréolée de majestée et de noblesse» [-<br />

Coran LV, 26-27]. Donc quiconque aura espéré l’immortalité, qu’il<br />

sache qu’il mourra bientôt et nul n’est immortel.<br />

«Nous vous éprouverons par les revers et par les succès» Dieu<br />

éprouve les hommes par le bien et par le mal, par l’aisance et par<br />

l’indigence pour savoir qui croit et qui mécroit, qui patiente et qui se<br />

désespère. Quant au commentaire d’Ibn Abbas il est le suivant: Dieu<br />

éprouve les hommes par le mal et le bien, par la pauvreté et par la<br />

richesse, par la santé et par la maladie, par les moments difficiles et<br />

par les moments faciles, par le licite et par l’illicite, par la soumission et<br />

283


par la désobéissance et par la guidée et par l’égarement. C’est à Dieu<br />

que les hommes feront retour pour être rétribués selon leurs œuvres.<br />

wa ’idâ ra’âka-l-ladîna kafarïï ’iy-yattahidûnaka ’illâ huzuwan ’ahâdâ-1-<br />

ladî yadkuru ’âlihatakum wa hum bid ikri-r-Rah mâni hum kâfirûna (36)<br />

huliqa-l-’insânu min ‘ajalin sa’ûrîkum ’ayâtî falâ tasta‘jilûni (37).<br />

Lorsque les infidèles t’aperçoivent, ils te tournent en dérision. Voila<br />

l’homme, disent-ils, qui discrédite nos divinités. La seule évocation du<br />

Miséricordieux les jette hors d’eux. (36) L’homme est impatient de nautre.<br />

Un jour viendra où je vous produirai mes preuves. Ne vous montrez pas<br />

impatients (37).<br />

Quand les infidèles de Qoraïch tels que Abou Jahl et ses<br />

semblables, rencontrèrent Mouhammad -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue-, ils se moquèrent de lui et le dénigrèrent. Ils dirent d’un air<br />

sarcastique: «Voilà l’homme qui discrédite vos divinités» qui médit d’elles<br />

et qui contesta leur religion. Ceux-là, une fois le Miséricordieux ou Son<br />

Rappel évoqué devant eux, les je tte hors d’eux. Par cela ils<br />

commettent deux actes réprouvés: la mécroyance en Dieu et la<br />

moquerie de Son Messager. Dieu a dit d’eux ailleurs: «Quand ils te<br />

voient, ils te tournent en dérision: «Est-ce là, disent-ils, celui qu’Allah a<br />

envoyé comme Prophète?» [Coran XXV, 41].<br />

L’homme a été créé d’impatience dans la plupart de ses paroles<br />

ou actions. Pourquoi Dieu a mentionné l’impatience de l’homme dans<br />

cette sourate? Quand II a parlé de ceux qui tournent le Prophète en<br />

dérision, il vient à l’esprit de quiconque l’idée de la vengeance de ces<br />

impies et de les châtier le plus vite possible. Quant à Dieu, Il accorde<br />

un répit à l’injuste mais quand II le saisit, Il ne le lâche point. Il accorde<br />

un délai puis hâte Son châtiment du terme voulu, comme II le retarde<br />

mais ne laisse rien échapper. Il affirme cela en disant qu’il va montrer<br />

284


Ses signes d’abord et les hommes ne doivent pas lui demander de se<br />

hâter. Il montrera sûrement Sa vengeance, Sa sagesse et Son pouvoir<br />

absolu sur toutes Ses créatures surtout ceux qui Lui désobéissent.<br />

wa yaqûlûna matâ hâdâ-l-wa‘du ’in kuntum sadiqîna (38) law ya‘lamu-1-<br />

ladîna kafarû hîna la yakuffûna ‘an wujûhihimu-n-nâra walâ ‘an<br />

zuhûrihim walâ hum yunsarûna (39) bal ta’tîhim bagtatan fatabhatuhum<br />

falâ yastatrûna raddahâ walâ hum yunzarûna (40).<br />

ils disent: quand vos menaces se rélaiseront-elles? Précisez-les, si vous<br />

êtes sincères. (38) Ah! Si les infidèles pouvaient entrevoir le moment où ni<br />

leurs visages ni leurs dos n’échapperont aux flammes et où ils n’auront plus<br />

aucune aide! (39) Le châtiment les surprendra à l’improviste. Déconcertés,<br />

ils ne pourront ni l’éloigner ni en ajourner l’échéance (40).<br />

Poussés par leur incrédulité et leur obstination, pour manifester<br />

leur impiété, les mécréants hâtent le châtim ent et dirent avec<br />

sarcasme: «Quand vos menaces se réaliseront? Précisez-le, si vous êtes<br />

sincères» Dieu leur répond: si les impies savaient quand ils ne sauront<br />

empêcher le feu qui attaqeura leurs visages et leurs dos et ne seront<br />

non plus secourus. Les flammes les envelopperont de toutes parts.<br />

Qu’ils sachent que «le châtiment les surprendra à l’improviste» et ils<br />

seront stupéfaits et déconcertés. Alors ils ne pourront le renvoyer et on<br />

ne leur accordera aucun délai.<br />

285


walaqadi-stuhzi’îa birusulim-min qablika fahâqa bi-l-ladîna sahirû<br />

minhum mâ kânû bihî yastahzi’ûna (41) qui may-yakla’ukum bi-l-layli<br />

wa-n-nahâri mina-r-Rahmâni bal hum ‘an dikri rabbihim mu‘ridûna (42)<br />

’am lahum ’âAlihatun tamna‘uhum min duninâ lâ yastatî‘ûna nasra<br />

anfusihim walâ hum minnâ yushhabûna (43).<br />

D’autres Prophètes, avant toi, ont été tournés en dérision. Mais les<br />

moqueurs vérifièrent à leurs dépens la raison d’être ce qu’ils avaient raillé.<br />

(41) Dis: qui vous protège de jour ou de nuit si ce n’est le Miséricordieux?<br />

Qu’y faire? ils sont indifférents aux exhortations de leur Seigneur. (42)<br />

Ont-ils de divinités capables de les défendre contre nous? Mais celles-ci ne<br />

peuvent rien pour elles-mêmes, n’étant pas agréées par nous. (43).<br />

Pour soulager Son Prophète -qu’Aliah le bénisse et le salue- Dieu<br />

lui dit que bien d’autres Prophètes et Messagers avant lui furent le<br />

sujet de la raillerie de leurs peuples, arme-toi de la patience car, le<br />

châtiment qu’ils n’en crurent pas ou qu’ils le considèrent très éloigné,<br />

ne tarderait pas à les attaquer. Dieu ne laisse plus Ses Prophètes<br />

seuls sans être secourus, tout comme II a dit: «Des Prophètes ont été<br />

traités d’imposteurs avant toi. Ils supportèrent ces injures et furent même<br />

molestés jusqu’au jour où nous leur donnâmes assistance» [Coran VI, 34].<br />

Puis II rappelle à Ses serviteurs Ses bienfaits, entre autres il y a le<br />

fait d’être gardés de nuit et de jour et qui autre que le Miséricordieux<br />

en est capable? Mais, malgré tout, les impies méconnaissent ces<br />

bienfaits et se détournent des signes de leur Seigneur. Ces gens-là<br />

«ont-ils de divinités capables de les défendre contre nous?» Un verset qui<br />

est à la fois désaveu, réprimande et reproche. Non, ces divinités<br />

auxquelles ils se fient ne pourraient plus les secourir ou de se<br />

défendre contre le châtiment de Dieu.<br />

û t i l £ £ > yS Ü j ü ï ï ' A 3 # £ & S<br />

U l J î ( ^ ) O t<br />

j . ÎJi C J ^ j L


al matta‘nâ h a ’u la ’i wa ’a b a ’ahum hattâ tâla ‘alayhimu-l-‘umuru<br />

afalâ yarawna ’annâ na’tî-l-’arda nanqusuhâ min ’atrâfïha ’afahumu-1-<br />

gâlibûna (44) qui ’innamâ* ’undirukum bi-l-wahyi walâ yasma‘u-ssummu-d-duta<br />

’a ’idâ mâ yund arûna (45) wa la’im-massathum nafhatum<br />

min ‘ad âbi rabbika layaqûlunna yâ waylana ’innâ kunnâ zâlimîna (46)<br />

wa nada‘u-l-mawâzîna-l-qista liyawmi-l-qiyâmati falâ tuzlamu nafsun<br />

say’an wa ’in kâna mitqâla habbatim-min hardalin ’ataynâ bihâ wa kafâ<br />

binâ hâsibîna (47).<br />

La vérité, c’est que nous leur avons longtemps assuré une vie facile<br />

ainsi qu’à leurs pères. N’ont-ils pas remarqué que nous faisons disparaître<br />

des portions de continent? Sont-ce eux les plus forts? (44) Dis: Ce que je<br />

vous annonce m’est révélé. Mais les sourds n’entendent pas les appels qui<br />

leur sont adressés. (45) Qu’un châtiment les effleure et les voilà qui crient:<br />

«Malheur à nous qui avons été coupables» (46) Nous dresserons des<br />

balances d’une sensibilité inégalable au jour du jugement dernier. Aucune<br />

âme ne subira le moindre préjudice. Le poids même d’un grain de moutarde<br />

entrera en compte. Nos comptes sont infaillibles (47).<br />

Les incrédules, plongés dans leur égarement, se laissèrent leurrer<br />

par les clinquants du bas monde croyant, après une longue vie, qu’ils<br />

ont eu le dessus et il n’y aura autre que la vie qu’ils ont vécue.<br />

«N’ont-ils pas remarqué que nous faisons parfois disparaître des<br />

portions de continent?» Ces paroles divines furent interprétées de<br />

différentes manières, mais, comme a dit l’auteur, nous allons adpoter<br />

la plus logique d’après les dires de Al-Hassan Al-Basri. Dieu a dit<br />

ailleurs: «Nous avons anéanti nombre de villes autour de vous. Et pourtant<br />

nous avions multiplié les avertissements pour ramener à nous leurs<br />

habitants» [Coran XLVI, 27].<br />

Ces deux versets qui donnent presque le même sens signifient:<br />

Ces idolâtres, n’ont-il pas vu que Dieu intervient dans les pays<br />

287


infidèles pour en diminuer l’étendue et ceci en laissant l’Islam se<br />

répandre et abrogéant les autres religions, en donnant aussi la victoire<br />

aux musulmans contre leurs ennemis, ou bien encore en sauvant les<br />

fidèles et faisant périr les autres.<br />

Ces idolâtres «sont-ce eux les plus forts», bien au contraire ils sont<br />

les vaincus et les perdants.<br />

«Dis: Ce que je vous annonce m’est révélé» Ma mission consiste<br />

aussi à vous mettre en garde, ô hommes, contre un châtiment et un<br />

supplice atroce. Je vous divulgue ce qui m’a été révélé de la part de<br />

mon Seigneur, mais ceci s’avère être inutile pour quiconque Dieu aura<br />

aveuglé et scellé sur son ouïe et son cœur. Il a dit à ce sujet: «Mais<br />

les sourds n’entendent pas les appels qui leur sont adressés».<br />

Les infidèles, une fois atteints par un souffle du châtiment de<br />

Dieu, «voilà qui crient: «Malheur à nous qui avons été coupables» en<br />

manfiestant leurs regrets d’avoir été injustes. «Nous dresserons des<br />

balances d’une sensibilité inégalable du jour du jugement dernier» Dieu a<br />

mentionné qu’il y aura plusieurs balances pour juger les hommes,<br />

mais, en fait, il n’y aura qu’une seule pour peser une multitude et une<br />

grande variété des œuvres, c’est pourquoi il semblera aux hommes<br />

qu’il y aura tant de balances.<br />

«Aucune âme ne subira le moindre préjudice» Nul homme ne sera<br />

lésé pour la plus petite chose ne serait-ce que l’équivalent d’un grain<br />

de mourtarde qui sera pésé. Dieu est juste et équitable. Le Messager<br />

de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Il y a deux paroles qui<br />

sont légères pour la langue, lourdes dans la balance et très aimées de Dieu.<br />

Elles sont: «Gloire et louange à Dieu. Gloire à Dieu l’inaccessible» (-<br />

Rapporté par Boukhari et Moustim)(1).<br />

Abdullah Ben ‘Amr Ben AI-‘As rapporte que le Messager de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Au jour de la résurrection, Dieu -à<br />

Lui la puissance et la gloire- choisira un homme de ma communauté et on<br />

288


lui étalera quatre-vingt-dix neuf registres dont chacun sera étendu à perte<br />

de vue. On lui dira: «Renies-tu quelque chose de ce qui est inscrit dans ces<br />

registres? Mes anges scribes étaient-ils injustes envers toi?» - Non Seigneur,<br />

sera la réponse. On lui demandera: «As-tu une excuse ou une bonne action<br />

pour te justifier?». Il répondra: «Non Seigneur!» - Si, lui dira-t-on, tu as<br />

une bonnte action et tu ne seras plus lésé aujourd’hui». On lui fera sortir<br />

une petite carte où c’est écrit: «Je témoigne qu’il n’y a d’autre divinité que<br />

Dieu et je témoigne que Mouhammad est l’Envoyé de Dieu».<br />

- Amène cet homme, sera-t-il ordonné. Une fois présent, l’homme<br />

demandera: «Seigneur, pourquoi cette petite carte se trouve-t-elle avec tous<br />

ces registres?» - Tu ne seras pas lésé lui, répondra-t-on. On mettra alors les<br />

registres dans un plateau et la petite carte dans l ’autre, et voilà cette<br />

dernière qui basculera la balance» Et le Messager de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- d’ajouter: «Rien ne pèsera plus que: «Au nom de Dieu<br />

le Miséricordieux le Très Miséricordieux» (Rapporté par Ahmed, Tirmidzi<br />

et Ibn Maja)(1>.<br />

L’imam Ahmed rapporte dans son Mousnad d'après Aicha qu’un<br />

des compagnons du Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- s’assit devant lui. Il lui dit: «O Messager de Dieu, j ’ai des<br />

esclaves qui me mentent, me désobéissent et me trahissent. Je les<br />

frappe et ils m’insultent. Quelle sera ma situation vis-à-vis d’eux?» Le<br />

Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- lui répondit: «Dieu<br />

tiendra compte de leur trahison, leur désobéissance et leurs<br />

mensonges ainsi que de la punition que tu leur infliges. Si cette<br />

dernière équivaudra à leurs actes, tu seras quitte. S’il avérera être<br />

(1) ^ -îIÉî ^ i j - ¿y- ( j *<br />

^ Jj 4j


inférieure, tu obtiendras un mérite, mais si elle en sera supérieure, on<br />

se vengera de toi pour établir la compensation».<br />

L’homme se mit alors à pleurer et à se lamenter. Le Messager de<br />

Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- de s’écrier «Qu’a-t-il cet homme?<br />

Ne lit-il pas ce verset qui se trouve dans le livre de Dieu: «Nous<br />

dresserons des balances d’une sensibilité inégalable au jour du jugement<br />

dernier. Aucune âme ne subira le moindre préjudice. Le poids même d’un<br />

grain de moutarde entrera en compte. Nos comptes sont infaillibles.»<br />

L’homme dit alors: «O Messager de Dieu, je ne trouve autre solution<br />

que de les affranchir, et je te prends à témoin».<br />

‘-5^ dP<br />

L iiU J j ù j<br />

walaqad ’a taynâ Mûsâ wa Hârûna-l-furqâna wa diya’an wa dikra-l-lilmuttaqîna<br />

(48) 1-1-ladîna yahsawna rabbahum bi-l-gaybi wa hum minasâ‘ati<br />

musfiqûna (49) wa hâdâ dikrun mubârakun ’anzalnâhu ’afa’antum<br />

lahû munkirûna (50).<br />

Nous avons donné à Moïse et à Aaron le moyen de distinguer le bien<br />

et le mal, une lumière et un enseignement pour ceux qui craignent Allah.<br />

(48) Pour ceux qui craignent leur Seigneur en secret et que tourmente<br />

l’heure du jugement dernier (49) Et voila encore: un livre béni que nous<br />

vous envoyons. Allez-vous aussi le renier? (50).<br />

Tous les Livres célestes tels que la ToraT, l’Evangile et le Coran,<br />

tant qu’ils sont dans leur texte originale, renferment les enseignements<br />

qui perm ettent de discerner la vérité de l’erreur, la guidée de<br />

l’égarement, le licite de l’illicte, et contiennent les avertissements et les<br />

exhortations qui sèment la crainte dans les cœurs.<br />

Ceux qui se conforment aux prescpritions divines, sont certes<br />

ceux qui, dans l’invisible, redoutent sur Seigneur, et qui recevront la<br />

plus belle récompense, comme il est affirmé dans ce verset: «Ceux qui<br />

craignent leur Seigneur en secret obtiendront le pardon de leurs péchés et<br />

290


une mangnifique récompense» [Coran LXVII, 12]. Ceux-là aussi sont<br />

émus et tourmentés en pensant à PHeure Suprême.<br />

«Et voilà encore: un Livre que nous vous envoyons» Il s’agit du Coran<br />

à qui le faux ne parvient ni de devant lui ni de derrière, car il est une<br />

descente de la part d’un Sage, d’un digne de louange. «Allez-vous aussi<br />

le renier?» et le méconnaître du moment qu’il est une révélation claire<br />

et évidente.<br />

walaqad ’a tayna ’Ibrâhîma rusdahû min qablu wa kunnâ bihî ‘âlimîna<br />

(51) ’id qâla li’abîhi wa qawmihî mâ hâdihi-t-tamâtîlu-l-laff ’antum lahâ<br />

‘akifûna (52) qâlû wajadnâ* ’âAbâA’anâ lahâ ‘âbidîna (53) qâla laqad<br />

kuntum ’antum wa ’a b a ’ukum fî dalâlim-mubînin (54) qâRî ’aji’tanâ bi-<br />

1-haqqi ’am ’anta mina-l-lâ ‘ibîna (55) qâla bal rabbukum rabbu-ssamâwâti<br />

wa-l-’ardî-l-ladî fatarahunna wa ’ana ‘alâ dâlikum mina-ssâhidîna<br />

(56).<br />

Nous avons indiqué auparavant à Abraham sa direction car nous le<br />

connaissions bien. (51) Il dit un jour à son peuple: «Que signifient ces<br />

statues aux pieds desquelles que vous vous prosternez?». (52) Ils<br />

répondirent: «Nos pères les adoraient déjà» (53) Vous et vos pères, répliqua<br />

Abraham, êtes dans une erreur manifeste. (54) Dis-tu la vérité ou<br />

plaisantes-tu? (55) Votre Seigneur est le Maître des cieux et de la terre.<br />

C’est lui qui a créé vos divinités. Je l’atteste. (56).<br />

Depuis son enfance, Dieu a accordé la vérité et l’argument décisif<br />

à Abraham «Telles sont les preuves que nous avons fourmes à Abraham<br />

contre son peuple» [Coran VI, 83]. Dieu fait connaître aux hommes.,<br />

avant la circonstance en courant, qu’il avait accordé le bon chemin e f<br />

291


la Direction à Abraham, car il le connaissait bien, étant donné qu’il<br />

méritait une telle faveur.<br />

«Il dit un jour à son père et à son peuple: «Que Signifient ces statues<br />

aux pieds desquelles vous vous prosternez?» On a déduit de cette question<br />

qu’elle fut un signe de la direction, étant encore jeune et désavoua les<br />

divinités qu’adoraient son peuple et son père. Ils n’avaient autre<br />

argument que de dire: «Nos pères les adoraient déjà» en s’adonnant à<br />

leur culte. Et Abraham de juger. «Vous et vos pères, êtes dans dune<br />

erreur manifeste» Vous n’êtes plus sur le droit chemin mais dans un<br />

égarement évident.<br />

En réfutant leur argumentation et dénigrant leurs divinités ses<br />

concitoyens s’exclamèrent: «Dis-tu la vérité ou plaisantes-tu?» Car nous<br />

n’avons jamais entendu quelqu’un mener de tels propos à l’exception<br />

de toi ô Abraham. Il leur répliqua: «Votre Seigneur est le Maître des<br />

cieux et de la terre» et de tous ce qu’ils contiennent ainsi que l’espace<br />

qui se trouve entre eux. C’est Lui qui a tout créé et les statues que<br />

vous adorez. «Je l’atteste» qu’il n’y a d’autre Dieu en dehors de Lui.<br />

wa-ta-L-Lâhi la’akîdanna ’asnâmakum ba‘da ’an tuwallû mudbirîna (57)<br />

faja‘alahum judâdan ’illâ kabîra-l-lahum la‘allahum ’ilayhi yaiji‘ûna (58)<br />

qâlû man fa‘ala hâdâ bi’a* lihatina ’innahu lamina-z-zâlimîna (59) qâlû<br />

sami‘nâ fatan yadkuruhum yuqâlu lahïï ’Ibrâhîmu (60) qâlû fa’tû bihî<br />

‘ala ’a‘yuni-n-nâsi la‘allahum yashadûna (61) qâfïï ’a’anta fa‘alta hâdâ<br />

bi’âlihatinâ yâA ’Ibrâhîmu (62) qâla bal fa'alahû kabîruhum h âdâ<br />

fas’alûhum ’in kânû yantiqûna (63).<br />

292<br />

0


J’en jure par Allah, se dit-il en lui-même, je briserai vos statues quand<br />

vous ne serez plus la. (57) Il les mit en pièces à l’exception de la plus<br />

grande, pensant que peut-être les idolâtres l’interrogeraient (58) Qui a ainsi<br />

détruit nos divinités? Ce ne peut être qu’un criminel. (59) Nous avons<br />

entendu un jeune homme en parler. Il s’appelait Abraham (60) Ils dirent:<br />

Faites-le comparaître en public. Que témoignage soit pris contre lui. (61)<br />

Est-ce toi, interrogèrent-ils, qui a brisé nos dieux ô Abraham? (68) C’est le<br />

plus d’entre eux, répondit-il. Interrogez-les, si toutefos ils peuvent répondre.<br />

(63).<br />

Ces idolâtres avaient une fête qui célébraient chaque année. Le<br />

père d’Abraham lui dit: «Fils: Si tu viens avec nous pour célébrer la<br />

fête, tu trouveras des choses étonnantes et notre culte te plaira<br />

sûrement». Abraham sortit avec son père. En route il fit semblant<br />

d’être malade et il tomba par terre. Les hommes passèrent et<br />

demandèrent: «Qu’est-ce qu’il a?» - Il est malade, répondit-on. Quand<br />

la grande majorité du peuple passa et il n’en resta qu’un petit groupe,<br />

quelques-uns l’entendirent dire: «Je briserai vos statues quand vous ne<br />

serez plus là».<br />

En effet, une fois se trouvant seul avec les statues, Abraham se<br />

précipita sur elles et les finappa de sa main droite. Il les mit en pièces à<br />

l’exception de la plus grande au cou de laquelle il attacha la hachette,<br />

«pensant que peut-être les idolâtres l’interrogeraient». D’après les dires de<br />

certains exégètes, Abraham avait attaché la hachette au cou de la plus<br />

grande statue pour laisser les hommes penser qu’elle était jalouse que<br />

d’autres statues soient adorées avec elle. Alors elle s’est vengée.<br />

«Qui a ainsi détruit nos divinités? Ce ne peut être qu’un criminel» En<br />

revenant de la fête, les idolâtres virent ce qu’en fut de leurs dieux et<br />

s’écrièrent: Ce n’est qu’un injuste qui a fait cela à nos divinités. Ceux<br />

qui avaient entendu Abraham s’en rappelèrent: «Nous avons entendu un<br />

jeun homme en parler. Il s’appelait Abraham». Ces témoins affirmèrent<br />

de l’avoir entendu jurer qu’il allait détruire ces statues, c’était Abraham<br />

ce jeune homme.<br />

Ibn Abbas a dit: Dieu n’a envoyé un Prophète qu’à l’état de la<br />

jeunesse, et nul n’a reçu la science qu’à l’état jeune. Puis il récita le<br />

verset précité.<br />

293


«Ils dirait: Faites-le comparaître en public» afin qu’il soit jugé devant<br />

tout le monde. Tel fut aussi le souhait d’Abraham qui a voulu que, les<br />

hommes une fois réunis, sachent que leur adoration est vaine et ces<br />

idoles ne pourraient leur procurer aucun bien ni leur nuire. Comment<br />

persévèrent-ils dans leur adoration?.<br />

«Est-ce toi, interrogèrent-ils, qui a brisé nos dieux, ô Abraham?» Et lui<br />

de répondre avec sarcasme: «C’est la plus grande d’entre eux» au cou<br />

de laquelle il avait attaché la hachette. «Interrogez-les si toutefois ils<br />

peuvent répondre» Abraham voulut par sa réponse laisser les hommes<br />

savoir tout seuls que ces statues sont incapables de parler; et ainsi ils<br />

constateraient que leur culte n’a aucun sens.<br />

Au sujet des «mensonges» qu’avait proférés Abraham, il est cité<br />

dans les deux Sahih que le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et<br />

le salue- a dit: «De toute sa vie, Abraham n’a menti que trois fois dont<br />

deux étaient pour la cause de Dieu quand il a dit: «C’est le plus grand<br />

d’entre eux» et «Je suis indisposé» [Coran XXXVII, 89].<br />

Quant au troisième mensonge, il est le suivant:<br />

«Tandis qu’Abraham se trouvait avec sa femme Sarah dans un<br />

pays gouverné par un roi injuste, il s’installa dans un endroit. On mit<br />

ce roi au courant qu’un homme s’est installé dans le pays et<br />

accompagné d’une femme d’une grande beauté. Le roi manda<br />

Abraham et lui demanda: «Qui est cette femme?» Il lui répondit: «C’est<br />

ma sœur» - Va, ordonna le roi, et amène-la à moi.<br />

Abraham rentra chez lui et dit à sa femme Sarah qu’il a déclaré<br />

devant le roi qu’elle est sa sœur et non pas sa femme. Elle ne devrait<br />

donc pas le démentir, car, en fait, elle est sa sœur en religion car tous<br />

les deux étaient dans ce pays les seuls soumis (musulmans) à Dieu.<br />

On fit entrer Sarah chez le roi, ce dernier, voulant la saisir par la<br />

main, fut pris d’une syncope. Il supplia alors Sarah: Invoque Dieu en<br />

ma faveur et je ne te toucherai pas. Sarah s’exécuta . Le roi réitéra<br />

son faire deux et même trois fois et fut pris de la syncope sans pouvoir<br />

toutefois faire quelque chose. Il convoqua ses gardes et leur dit: «Vous<br />

ne m’avez pas amené une personne mais plutôt un démon». Il la<br />

congédia en lui donnant Agar comme une servante, (un don).<br />

294


Retournant chez elle, Sarah trouva Abraham prier. La prière<br />

terminée, il lui demanda de lui raconter ce qui s’était passé. Elle lui<br />

répondit: «Dieu m’a suffi de la perfidie de ce pervers incrédule et m’a<br />

accordé Agar».<br />

En rapportant ce hadith, Abou Houraira disait souvent: «C’est<br />

(Agar) votre mère ô fils de «Ma-es-Sama» (C’était Agar la mère<br />

d’Ismaël, à qui Dieu avait envoyé un ange pour faire jaillir la source de<br />

Zamzam) (Rapporté par Boukhari et Mouslim).<br />

faraja‘îî ’ilâT ’anfusihim faqâlïï ’innakum ’antumu-z-zâlimûna (64) t<br />

umma nukisû ‘alâ ru’ûsihim laqad ‘alimta mâ h a ’ulâ^i yantiqûna (65)<br />

qâla ’afata‘budûna min dûni-L-Lâhi mâ lâ yanfa‘ukum say’an walâ<br />

yadurrukum (66) ’ufïi-l-lakum wa limâ ta‘budûna min dûni-L-Lâhi ’afalâ<br />

ta‘qilûna (67).<br />

Us se concertèrent. Ils dirent: «En vérité, nous sommes dans Terreur»<br />

(64) Puis, changeant brusquement d’attitude, ils lui dirent: «Tu sais bien<br />

que les statues ne parlent pas» (65) Comment, dit Abraham, vous adorez<br />

d’autres divinités qu’Allah, qui ne peuvent ni vous être utiles ni vous nuire?<br />

(66) Honte à vous et à ce que vous adorez en dehors d’Allah. Finirez-vous<br />

par comprendre? (67).<br />

«Ils se concertèrent» et revinrent à eux-mêmes en disant: «C’est<br />

notre faute d’avoir laissé ces statues sans garde». Ils baissèrent la tête<br />

ensuite et dirent à Abraham: «Tu sais bien que les statuts ne parlent<br />

pas». Comment oses-tu nous dire d’interroger la plus grande d’entre<br />

elles. A ce moment Abraham s’écria: «Comment vous adorez d’autres<br />

divinités qu’Allah, qui ne peuvent ni vous être utiles ni vous nuire?» Donc si<br />

ces divinités sont ainsi, pourquoi leur vouez-vous un culte en dehors<br />

de Dieu vraiment vous êtes dans un égarement évident, et vôùs n’êtes<br />

295


qu’un peuple ignorant et pervers. Tel est le sens de ces paroles<br />

divines: «Telles sont les preuves que nous avons fournies à Abraham contre<br />

son peuple» [Coran VI, 83].<br />

qâlû harriqûhu wa-n-surïï ’alihatakum ’in kuntum fâ‘ilîna (68) qulnâ yâ<br />

nâru kûnî bardan wa salâman ‘ala ’Ibrâhîma (69) wa ’arâdû bihî kaydan<br />

faja‘alnâhumu-l-’ahsarîna (70).<br />

«Jetez-le au feu, dirent-ils. Faites respecter vos idoles, si vous avez<br />

quelque énergie» (68) Nous dîmes: «O feu, sois inoffensif et ne brûle pas<br />

Abraham» (69) Ils voulurent Sa perte. C’est eux que nous avons perdus.<br />

(70).<br />

Se trouvant incapables de défendre leurs dieux et leur argument<br />

sans valeur, ils usèrent de leur pouvoir pour punir Abraham. Ils dirent:<br />

«Jetez-le au feu. Faites respecter vos idoles, si vous avez quelque énergie».<br />

Pour cela, ils ramassèrent une grande quantité de bois. Chacun d’eux<br />

s’évertua à participer à cette affaire à tel point que le femme malade fit<br />

un vœu que si elle serait rétablie, elle ne manquerait plus à apporter<br />

du bois ne serait-ce qu’un petit bâton.<br />

Une fois le bois amoncelé, ils creusèrent un fossé, le remplirent du<br />

bois et l’allum èrent. Ils firent un grand feu dont les flamm es<br />

attiengnaient quelques mètres de hauteur. Suivant une proposition d’un<br />

homme kurde de la Perse, les hommes placèrent Abraham -que la<br />

paix soit sur lui- dans le plateau de la catapulte et le lancèrent au feu.<br />

Abraham s'écria alors: «Dieu me suffit, Il est le meilleur Protecteur».<br />

Al-Boukhari rapporte qu’lbn Abbas a dit: «Lorsqu’Abraham fut jeté<br />

a feu il dit: «Dieu me suffit, Il est le meilleur Protecteur». Ces mêmes<br />

propos furent répétés aussi par Mouhammad -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- quand on lui dit: «Vos adversaires s’arment contre vous, prenezgarde».<br />

La foi des fidèles augmenta et dirent: «Allah nous suffit, c’est le<br />

meilleur des protecteurs» [Coran III, 173].<br />

296


Abou Houraira rapporte que le Messager de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- a dit: «Quand Abraham fut jeté au feu, il invoqua<br />

Dieu par ces mots: «Grand Dieu! Tu es l’Unique au ciel, et moi, je suis<br />

le seul sur la terre qui T’adore».<br />

On a rapporté aussi qu’en le ligotant, il disait: «Il n’y a de Dieu<br />

que Toi! Gloire à Toi. A Toi les louanges et la Royauté, Tu n’as pas<br />

d’associé» Abraham avait à cette époque seize ans.<br />

Il est cité dans les traditions que lorsqu’Abraham fut en l’air, une<br />

fois lancé par la catapulte, Gabriel lui demanda: «As-tu besoin de<br />

quelque chose?» Il lui répondit: «De toi non, mais de Dieu, oui».<br />

D’après Ibn Abbas, lorsqu’Abraham fut lancé l’ange- dépositaire- de la<br />

pluie se demanda: «Quant est-ce que je reçois l’ordre pour envoyer<br />

l’ondée?». Mais l’ordre de Dieu fut plus prompt car II a dit: «O feu, sois<br />

inoffensif et ne brûle pas Abraham». On a dit aussi que tous les feux qui<br />

existaient à cette époque furent éteints à ce moment-là. Quant à Ka'b<br />

Al-Ahbar, il a dit que le feu n’a brûlé que le lien d'Abraham.<br />

Abou Houraira raconte: Lorsqu’on fit sortir Abraham du fossé, son<br />

front ruisselait de sueur. Son père lui dit alors: «Quel merveilleux<br />

Seigneur est le tien ô Abraham».<br />

Qatada a dit que, en ce jour-là, toutes les bêtes de la terre<br />

participaient à éteindre le feu à l’exception du margouillat ou l’agame<br />

(sorte de reptiles). A ce propos Aicha -que Dieu l’agrée- rapporte que<br />

le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a ordonné de<br />

tuer le margouillat pour cette raison.<br />

«Ils voulurent sa perte. C’est eux que nous avons perdus» Les<br />

idolâtres voulurent dresser des embûches contre Abraham, et Dieu de<br />

sa part les rendirent les plus malheureux des perdants.<br />

297


\ j b £J>b ¿ O y llt<br />

i / . ^ >-i, r> . >•'*-'S * '<br />

( ¡ ¡ ÿ ¿ J b *d L v a }\ ¿ y* (3<br />

wa najjaynâhu wa Lûtan ’ila-l-’ardi-l-latî bâraknâ fîhâ li-l-‘âlamîna (71)<br />

wa wahabnâ lahîi ’Ishâqa wa ya‘qûba nâfilatan wa kullan ja'alnâ<br />

sâlihîna (72) wa ja‘alnâhum ’a’immatan yahdûna bi’amrina wa ’awhayna<br />

’ilayhim fi‘la-l-hayrâti wa ’iqâma-s-salâti wa ’ita ’a-z-zakâti wa kânu lanâ<br />

‘âbidîna (73) wa Lut an ’âAtaynâhu hukman wa ‘ilman wa najjaynâhu<br />

mina-l-qaryati-l-latî kânat ta‘malu-l-habâA’it a ’innahum kânû qawma<br />

saw’in fâsiqîna (74) wa ’adhalnâhu fî rahmatina ’innahû mina-s-sâlihîna<br />

(75).<br />

Nous le sauvâmes, ainsi que Loth, en leur donnant pour asile une terre<br />

bénie. (71) Nous lui donnâmes comme fils Isaac et, de surcroit, Jacob.<br />

Nous en fîmes des hommes vertueux. (72) Nous en fîmes des vicaires<br />

chargés de mettre les hommes sur la bonne voie, nous leur apprîmes à<br />

pratiquer le bien, à dire la prière et à faire l’aumône. Ce furent pour nous<br />

des fidèles dévoués. (73) Nous avons donné à Loth le pouvoir et la science.<br />

Nous l’arrachâmes à la cité pourrie de débauche. Ses habitants étaient une<br />

lie de méchanceté et de perversion. (74) Nous l’admîmes dans le sein de<br />

notre miséricorde. Il fut un homme pur (75).<br />

Après avoir sauvé Abraham des incrédules et Loth des habitants<br />

de la cité qui commettaient la débauche et la perversité, Dieu les<br />

conduisit dans le pays de Châm, le pays béni. Oubay Ben Ka‘b a dit à<br />

son sujet: C’est le pays où l’eau jaillit du dessous de chaque rocher.<br />

Quant à Qatada, il a dit qu’Abraham était en Iraq et Dieu le sauva en<br />

lui conduisant vers le Châm; ce pays qu’on appelait la meilleure<br />

demeure de l’émigration. On a dit aussi que ce pays est le lieu de la<br />

résurrection et du rassemblement, où Jésus -que Dieu le bénissedescendra<br />

vers la fin des temps et tuera l’Antéchrist.<br />

«Nous lui donnâmes comme fils Isaac et, de surcroit, Jacob» C’est à<br />

dire que Isaac engendrera Jacob comme II l’a montré dans ce verset:<br />

«Nous lui annonçâmes qu’elle donnerait le jour à Isaac et qu’Isaac aurait<br />

lui-mêmë un fils, Jacob» [Coran XI, 71] Ils furent tous des hommes de<br />

bien et vertueux. Dieu en fit d’eux des chefs et imams qui dirigent les


autres et les mettent sur la voie droite.<br />

En appelant à Dieu avec Sa permission, Il leur a inspiré des<br />

œuvres bonnes, l’accomplissement des prières et l’acquittement de<br />

l’aumône. Ils furent soumis totalement à Dieu, exécutèrent ce qu’ils<br />

ordonnèrent aux hommes de faire».<br />

Loth (le neveu d’Abraham) crut en Abraham et émigra avec lui.<br />

Dieu lui accorda la science et la sagesse, et fit de lui un Prophète en<br />

l’envoyant à Sadoum (Sodome). Mais les habitants de ce pays le<br />

traitèrent de menteur et se rebellèrent contre lui, Dieu les extermina. Il<br />

a dit de lui: «Nous l’arrachâmes à la cité pourrie de débauche. Ses<br />

habitants étaient une lie de la méchanceté et de perversion. Nous l’admîmes<br />

dans le sein de notre miséricorde. Il fut un homme pur» et juste à l’inverse<br />

de tous ses concitoyens.<br />

wa Nûhan ’id nâdâ min qablu fastajabnâ lahû fanajjaynâhu wa ’ahlahû<br />

mina-l-karbi-l-‘azîmi (76) wa nasarnâhu mina-l-qawmi-l-ladîna kaddabû<br />

bi’ayâtina ’innahum kânû qawma sû’in fa’agraqnâhum ’amma‘îna (77).<br />

Noé nous appela à son secours. Nous répondîmes à son appel et le<br />

sauvâmes, lui et les siens, du déluge. (76) Nous l’avons défendu contre son<br />

peuple qui traitait nos signes de mensonges. C’était un peuple de gens<br />

pervers. Nous les avons tous noyés. (77).<br />

Noé appela son Seigneur pour le sauver de son peuple incrédule:<br />

«Je suis à bout, viens à mon secours» [Coran LIV, 10] et formula aussi<br />

cette prière: «Seigneur, ne laisse subsister sur terre aucun infidèle» [Coran<br />

LXXI, 26], Dieu le sauva ainsi que ceux qui ont cru en lui dans l’arche<br />

bien que ces derniers furent peu nombreux.<br />

Selon d’autres interprétations, Dieu n’a pas sauvé Noé du déluge<br />

mais de «la grande angoisse» qu’il ressentait durant une période qui<br />

dépassait neuf siècles en appelant son peuple à Dieu et n’adorer que<br />

299


Lui. Mais eux, cet appel ne faisait qu’accroitre leur rebellion et leur<br />

impiété. Ce peuple mauvais, Dieu les a totalement engloutis.<br />

wa Dâwûda wa Sulaymâna ’id yahkumâni fî-l-harti ’id nafasat fïhi<br />

ganamu-l-qawmi wa kunnâ lihukmihim sahidîna (78) fafahhamnâhâ<br />

Sulaymâna wa kullan ’âAtaynâ hukman wa ‘ilman wa sahharnâ ma‘a<br />

Dawûda-1-jibâla yusabbihna w a-t-tayra wa kunnâ fâ‘ilîna (79) wa<br />

allamnâhu san‘ata labûsi-l-lakum lituhsinakum mim ba’sikum fahal<br />

antum sâkirûna (80) wa li-Sulaymâna-r-rîha ‘âsifatan tajrî bi ’amrihT<br />

’ila-l-’ardi-l-latî bâraknâ fïhâ wa kunnâ bikulli say’in ‘âlimîna (81) wa<br />

mina-s-sayâtîni may-yagûsûna lahû wa ya‘malûna ‘amalan dûna dâlika<br />

wa kunnâ lahum hâfizîna (82).<br />

Lorsque. David et Salomon jugèrent le différend suscité par un délit de<br />

pacage, nous étions présents au prononcé de la sentence (78) Nous<br />

inspirâmes la bonne solution à Salomon. A tous deux, nous avions donné un<br />

pouvoir et une science distincts. Nous assujettîmes les montagnes et les<br />

oiseaux à prier avec David. Voilà de quoi nous sommes capables. (79) Nous<br />

initiâmes David à l’art de fabriquer des cuirasses pour vous protéger contre<br />

vos propres violences. Finirez-vous par reconnaître ces bienfaits. (80) Nous<br />

assujettîmes à Salomon le vent impétueux. Suivant son ordre, il soufflait<br />

sur la Terre que nous avons béni. Notre science embrasse tout. (81) Nous<br />

assujettîmes certains génies à explorer les mers pour lui et à exécuter<br />

d’autres entreprises encore. Nous les surveillons nous-même. (82).<br />

300


Des moutons appartenant à des gens avaient erré la nuit dans un<br />

jardin planté de vignes appartenant à d’autres et l’avaient ravagé. Les<br />

propriétaires de ce jardin portèrent plainte auprès de David qui leur<br />

donna gain de cause et ordonna qu’on donne le troupeau comme<br />

dédommagement (à savoir que le prix du mouton équivalait à celui du<br />

ravage).<br />

Salomon, entendant cette sentence, intervint et dit à son père<br />

David: «Le verdict devait être donné autrement, ô Prophète de Dieu».<br />

En l’interrogeant, il reprit: «Tu devais confier le jardin au propriétaire du<br />

troupeau pour qu’il en prendra soin et l’amender afin, qu’il devienne<br />

comme autrefois, et le troupeau au propriétaire du jardin pour en tirer<br />

profit jusqu’au jour où son jardin deviendra comme était auparavant, et<br />

alors il rendra le troupeau à son propriétaire. Tel est le sens des<br />

paroles divines: «Nous inspirâmes la bonne solution à Salomon» comme a<br />

avancé Ibn Mass'oud.<br />

Ibn Abi Hatem raconte:«Lorsque lyas Ben Mou'awiah fut nommé<br />

juge, Al-Hassan vint le trouver et pleura. En lui demandant pourquoi il<br />

pleure, il répondit: «O Abou Sa'id, on m’a dit que les juges sont de<br />

trois catégories: Le premier qui prononce un verdict d’après ses<br />

propores lumières en commettant une injustice et sera précipité en<br />

Enfer. Un deuxième, qui connàit la réalité des choses suit ses<br />

penchants il sera aussi précipite en Enfer. Enfin un triosième qui<br />

prononce une sentence en observant les droits des deux parties<br />

adversaires, et sera admis au Paradis».<br />

Al-Hassan Al-Basri dit: «Dieu, en racontant dans Son Livre<br />

l’histoire de David et de Salomon -que Dieu les salue- a avancé des<br />

propos qui refutent les dires des gens. Il a dit: «Lorsque David et<br />

Salomon jugèrent le différend suscité par un délit de pacage, nous étions<br />

présents au prononcé de la sentence» Dieu a loué Salomon pour son<br />

jugement mais II n’a pas blâmé David. Puis Al-Hassan poursuivit: «-<br />

Dieu a posé trois conditions que doit remplir quiconque aspirera au<br />

poste de la magistrature: Il ne doit pas troquer les signes de Dieu à vil<br />

prix, ni suivre ses penchants, ni craindre personne. Puis il récita à<br />

l’appui: «O David, nous avons fait de toi notre lieutenant sur terre. Juge<br />

entre les hommes avec équité. Ne suis pas tes penchants, si tu veux rester<br />

301


dans la voie d’Allah» [Coran XXXVIII, 26].<br />

Il est cité dans les Sunans, ce qui suit: «Il y a trois genres de<br />

juges dont un seul entrera au Paradis et les autres en Enfer: Le<br />

premier est celui qui connaît la vérité et donne son jugement d’après<br />

elle, il sera admis au Paradis. Les deux qui seront précipités en Enfer<br />

sont: un juge ignorant qui tranche les différends entre les gens, et un<br />

autre qui connaît les droits de chaque adverse mais ne juge pas<br />

d’après la vérité».<br />

On trouve aussi dans la tradition cette anecdote: «Abou Houraira<br />

rapporte que le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a<br />

dit: «Tandis que deux femmes accompagnée chacune de son enfant,<br />

un loup survint et prit l’un de ces enfants. Comme chacune d’elles<br />

prétendit que l’enfant enlevé était le fils de l’autre, elles portèrent leur<br />

différend devant David. Celui-ci donna gain de cause à l’aînée. En<br />

sortant de chez David, Salomon les convoqua et leur dit: «Apportezmoi<br />

un couteau afin que je fende l’enfant -survivant- en deux pour<br />

donner une partie à chacune d’entre vous.» La femme moins âgée<br />

objecta: Non que Dieu te fasse miséricorde, il est le sien. Et Salomon<br />

de donner l’enfant à la femme la plus jeune qui était sa mère.<br />

N.B. En l'absence de toute évidence, le jugement de David ne fut pas erroné car,<br />

d’après ses propres lumières, il pensa que la femme la plus jeune aura une chance de<br />

porter plus que l’autre qui la dépassait en âge. Plusieurs exégètes ont avancé cette<br />

opinion.<br />

(Le traducteur)<br />

«Nous assujettîmes les montagnes et les oiseaux à prier avec David»<br />

Car David avait une voix mélodieuse. Quand il récitait les Psaumes les<br />

oiseaux dans l’air s’arrêtaient pour lui répondre ainsi que les<br />

montagnes. On a rapporté à ce propos que le Messager de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- passa une nuit près de la maison<br />

d’Abou Moussa Al-Ach‘ari qui lisait du Coran, et qui avait une voix très<br />

mélodieuse. Il s'arrêta pour écouter sa récitation et dit: «Abou Moussa<br />

possède un des Psaumes de la famille de David». «Abou Moussa a<br />

dit, plus tard, au Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-:<br />

«Si je savais que tu m’écoutais, j’aurais embelli encore ma voix».<br />

302


«Nous initiâmes David à l’art de fabriquer les cuirasses» Dieu a<br />

appris à David la fabrication des cottes de mailles qui jusqu’alors,<br />

d’après Qatada, furent faites en des plaques. David fut le premier à les<br />

fabriquer en mailles. A ces fins Dieu a dit ailleurs: «Nous avons rendu le<br />

fer ductile entre ses mains. Nous lui dîmes: «Fabrique des cuirasses et<br />

ajuste bien les mailles» qui protègent contre les coups durant les<br />

batailles. Pour ces bienfaits, les hommes sont-ils reconnaissants<br />

envers Dieu!.<br />

«Nous assujettîmes à Salomon le vent impétueux» qui à son ordre,<br />

souffle pour le porter vers la terre bénie, le pays du Châm. A ce<br />

propos, on a raconté que Salomon avait un tapis fait en bois où on<br />

mettait tout ce dont il aurait besoin pour se déplacer: Les tentes, les<br />

chevaux, les chameaux et les soldats. Il ordonnait au vent de le porter<br />

en soufflant en-dessous. Les oiseaux, de leur part, protégeaient<br />

Salomon et sa suite contre les rayons solaires en étalant leurs ailes.<br />

Dieu a dit dans un autre verset: «Nous lui soumîmes le vent qui,<br />

docilement, sur son ordre, souffle là où il veut» [Coran XXXVIII, 36].<br />

Sa'id Ben Joubayr a dit: «On plaçait derrière Salomon de<br />

centaines de milles de chaises sur lesquelles s’asseyaient d’abord les<br />

croyants parmi les humains puis ceux des djinns. Il ordonnait au vent<br />

pour les soulever et aux oiseaux pour les ombrager».<br />

Parmi les démons qui étaient assujettis au service de Salomon, il<br />

y avait ceux qui plongeaient pour lui dans la mer pour extraire les<br />

perles et les pierres précieuses, et ceux qui lui accomplissaient<br />

d’autres travaux.<br />

«Nous les surveillons nous-même» Dieu gardait Salomon contre les<br />

démons et les génies et le préservait contre leur nuissance. Ils étaient<br />

sous son autorité et nul parmi eux n’osait s’approcher de lui ou lui<br />

désobéir. «D’autres étaient enchaînés les uns aux autres» [Coran XXXVIII,<br />

38]. Salomon avait le choix de libérer certains ou de les lier.<br />

303


wa ’Ayyûba ’id nâdâ rabbahu ’annî massant -d-durru wa ’anta ’arhamur-râhim<br />

îna (83) fastajabnâ lahû fakasafnâ mâ bihî min durrin wa<br />

'a taynâhu ’ahlahû wa mitlahum ma‘ahum rahmatam-min ‘indinâ wa d<br />

ikrâ-li-l-‘âbidîna (84).<br />

Job adressa cette prière à son Seigneur: «La maladie m’accable, ô le<br />

plus miséricordieux des plus miséricordieux» (83) Nous fûmes touchés par<br />

son appel. Nous le délivrâmes de son mal et nous lui rendnnes sa famille<br />

accrue au double. Ce fut la, de notre part, un geste de pitié et un<br />

encouragement pour nos serviteurs (84).<br />

Le Prophète Job (Ayoub) -que Dieu le salue- vivait dans l’aisance,<br />

il possédait tant de troupeaux, de terrains et d’enfants. Dieu l’éprouva<br />

par la maladie et il perdit toutes ses richesses. On a dit que sa<br />

maladie dura dix-huit ans et à cause d’elle (tant il était répugnant à<br />

l’approcher) nui ne resta comme proches et amis sauf deux hommes<br />

qui venaient lui rendre visite matin et soir.<br />

L’un de ces deux individus dit à son compagnon: «Par Dieu, Job a<br />

commis un certain péché qu’aucun n’a commis avant lui». L’autre de<br />

demander: «Quel est ce péché?» Il répondit: «Depuis dix-huit ans Dieu<br />

ne lui fit miséricorde ni le guérit de cette maladie». Se rendant chez<br />

Job, ils le mirent au courant de leurs propos. Et Job de répliquer: «Je<br />

ne sais pas à quoi fais-tu allusion. Dieu à lui la puissance et la gloiresait<br />

que je passais par deux hommes qui se disputaient, puis ils<br />

revenaient à Dieu et l’invoquaient. Quant à moi, je me rendais chez<br />

moi et je dépensais de mes biens pour expier les faires des hommes,<br />

de peur qu’ils ne L’eussent invoqué par autre que la vérité».<br />

Ibn Abbas a dit: «Dieu, plus tard, lui a rendu au double ce qu’il<br />

possédait comme richesses».<br />

Wahb Ben Mounabbah rapporte: «Dieu révéla à Job qu’il va lui<br />

rendre tout ce qu’il avait perdu comme richesses et enfants, et une fois<br />

autant. Il lui ordonna: Va vers cette source d’eau et lave-toi, tu seras<br />

guéri. Présente au nom de tes compagnons des offrandes et imploreleur<br />

Mon pardon car ils venaient de me désobéir à cause de ton état».


«... nous lui rendîmes sa famille accrue au double». Ibn Abbas, en<br />

commentant ce verset, a dit que toute sa famille lui a été rendue telle<br />

qu’elle était avant son épreuve. Certains ont avancé que sa femme<br />

s’appelait Rahma ou Léa selon d’autres et qui était la fille de Jacob -<br />

que Dieu le salue-.<br />

Quant à Moujahed, il l’a commeté de la façon suivante: On a dit à<br />

Job: «Les tiens sont au Paradis. Si tu le désires nous pouvons les<br />

amener à toi, ou préfères-tu qu’on les y laisse en te les remplaçant par<br />

d’autres tels quels.» Job répondit: «Je préfère les laisser où ils se<br />

trouvent, au Paradis. Dieu lui accorda d’autres en échange.<br />

«Ce fut là, de notre part, un geste de piété et un encouragement pour<br />

nos serviteurs». Dieu explique: Ce que nous avons fait, fut par un effet<br />

de notre miséricorde, et afin que les hommes éprouvés ne croient pas<br />

que nous les avons affigés par manque d’égard, non, mais plutôt qu’ils<br />

sachent que la patience est leur meilleur secours, et nous n’éprouvons<br />

certains que d’après notre sagesse.<br />

( ^ p ^ y*.<br />

wa ’Ismâ‘îla wa ’Idrîsa wa dâ-l-kifli kulum-mina-s-sâbirîna (85) wa<br />

adhalnâhum fî rahmatina ’innahum mina-s-sâlihîna (86).<br />

Ismaël, Idris et Zoul-Kifl étaient des modèles de patience. (85) Nous<br />

les reçûmes dans le sein de notre miséricorde car ils étaient vertueux. (86).<br />

Nous avons déjà parlé, en commenant la sourate de Marie, des<br />

deux Prophètes Idriss et Ismaël le fils d’Abraham -que Dieu les salue-<br />

Quant à Zoul-Kifl, étant mentionné avec d’autres Prophètes, il est<br />

comme tel, mais certains ont dit qu’il n’était pas un Prophète mais un<br />

homme vertueux, un roi équitable et un gouverneur juste. Moujahed a<br />

soutenu cette dernière opinion et a avancé qu’il était un homme<br />

vertueux qui prenait charge des affaires de ses concitoyens, jugeait<br />

entre eux avec équité..<br />

305


wa Da-n-nûni ’id dahaba mugâdiban fazanna ’a-l-lan-naqdira ‘alayhi<br />

fanâda fî-zulumâti ’a-l-la ’ilâha ’ilia ’anta subhânaka ’innî kuntu minaz-zâlimîna<br />

(87) fastajabnâ lahû wa najjaynâhu mina-l-gammi wa kad<br />

âlika nunji-l-mu’minîna (88).<br />

Jonas quitta son peuple dans un moment de colère, doutant même de<br />

l’aide d’Allah. Il adressa cette prière du fond des ténèbres: «Il n’y a de<br />

Allah que Toi. Gloire à Toi. J’avoue être du nombre des coupables. (87)<br />

Nous entendîmes son appel. Nous le délivrâmes de ses angoisses. C’est ainsi<br />

que nous secourons les fidèles. (88).<br />

L’histoire de Jonas (Younos ou Zoun-Noun- est mentionnée dans<br />

ces sourates: Les Prophètes, Les rangs [Coran XXXVII] et la Plume [-<br />

Coran LXVIII],<br />

Il s’agit de Jonas le fils de Mathieu, (Younos Ben Matta) que Dieu<br />

a envoyé aux habitants de Ninive, un village de la région de Moussol<br />

en Iraq. Il appela ses habitants à l’adoration de Dieu mais ils<br />

refusèrent et persévérèrent dans leur incrédulité. Il les quitta courroucé<br />

en les avertissant qu’ils subiront un châtiment céleste dans trois jours.<br />

Constatant que Jonas était, en vérité, un Prophète qui ne ment<br />

pas, les habitants de Ninive quittèrent leur village en acompagnant<br />

leurs enfants et leurs troupeaux, et commencèrent à implorer Dieu afin<br />

qu’il leur épargne Son châtiment. Dieu a dit d’eux dans un autre<br />

verset: «Que n’ont-elles cru les cités d’autrefois? La foi leur eût été<br />

profitable. Seul, le peuple de Jonas s’est converti. En récompense, nous<br />

l’avons soustrait à un châtiment ignominieux dans ce monde et nous l’avons<br />

laissé jouir de la vie pendant un certain temps» [Coran X, 98].<br />

Jonas, de sa part, s’embarqua dans un navire avec d’autres gens.<br />

Se trouvant en pleine mer, le navire commença à s’agiter et les<br />

hommes faillirent trouver la mort. Ils firent un tirage au sort pour jeter<br />

dans l’eau l’un des passagers et alléger la cargaison. A deux reprises


le sort le désigna. «On tira au sort. Il fut parmi les perdants»» [Coran<br />

XXXVII, 141].<br />

Alors Jonas se leva, se dévêtit et se jeta dans l’eau. A ce moment<br />

Dieu -à lui la puissance et la gloire-envoya une baleine qui l’avala, en<br />

l'inspirant de le laisser sans rien dévorer de son corps, car Jonas ne<br />

fut pas désigné comme une nourriture pour la baleine, mais le ventre<br />

de celle-ci fut comme une prison pour lui.<br />

A l’intérieur de la baleine, Jonas invoqua Dieu: «Il n’y a de Allah<br />

que Toi, Gloire à Toi - J’avoue être du nombre des coupables» Il adressa<br />

cette prière du fond des ténèbres: La ténébrité du ventre de la baleine,<br />

celle de la mer, et celle de la nuit. La baleine l’emporta


wa zakariyya ’id nâdâ rabbahû rabbi lâ tad arnî fardan wa ’anta hayru-<br />

1-wâritîna (89) fastajabnâ lahû wa wahabnâ lahû Yahya wa ’aslahnâ<br />

lahû zawjahîi ’innahum kânû yusâri‘ûna fî-l-hayrâti wa yad‘ûnanâ<br />

ragaban wa rahaban wa kânû lanâ hasi‘îna (90).<br />

Zacbarie adressa cette prière à son Seigneur: «Seigneur, ne me laisse<br />

pas sans descendance, bien que tu sois le plus désirable des hériters. (89)<br />

Nous entendîmes son appel. Nous lui donnâmes Jean pour fils et nous fûmes<br />

de son épouse une femme modèle. Tous trois étaient empressés à faire le<br />

bien. Ils nous priaient avec persuation et crainte. Us s’humiliaient devant<br />

nous. (90).<br />

Zacharie implora Dieu pour qu’il lui donne un héritier Prophète, en<br />

lui adressant cette invocation secrète: «Mon Seigneur, ne me laisse<br />

pas seul. Tu es le meilleur des héritiers». Dieu l’exauça, lui a donné<br />

Jean (Yahia) et a amendé la situation de son épouse. D'après Ibn<br />

Abbas, Moujahed et Ibn Joubayr: La femme était stérile et devint<br />

féconde en engendrant Jean. Mais, selon ‘Ata‘ la femme de Zacharie<br />

avait la langue très longue et Dieu l’a lui amendée, ou encore, suivant<br />

une troisième interprétation elle avait un mauvais caractère et Dieu la<br />

lui a substitué par un autre meilleur. Mais il s’avère que la première<br />

opinion est la plus correcte.<br />

Ces trois: Zacharie, son épouse et Jean «étaient empressés à faire<br />

le bien» en accomplissant les œuvres pies et s’acquittant des pratiques<br />

obligatoires. Ils étaient des vrais croyants qui appelaient Dieu et<br />

L’invoquaient avec amour et avec crainte. «Ils s’humiliaient devant<br />

nous».<br />

Abdullah Ben Hakim a rapporté: «Abou Bakr, dans un de ses<br />

prêches, a dit: «Je vous recommande de craindre Dieu et de faire ses<br />

louanges, de mélanger le désir avec la redoute et d’invoquer Dieu<br />

avec insistance. Car Dieu a fait l’éloge de «Zacharie et de ses siens»<br />

en disant d’eux: «Tous trois étaient empressés à faire le bien. Ils nous<br />

priaient avec persuation et crainte. Us s’humiliaient devant nous».


wa-l-lafT ’ahsanat farjahâ fanafahnâ fîhâ mi-r-rûhinâ wa ja‘alnâhâ wa-bnaha'<br />

’a yata-l-lil-‘âlamîna (91).<br />

Nous insufflâmes notre esprit à celle qui sut demeurer chaste, Nous<br />

fîmes d’elle et de son fils un symbole pour l’humanité. (91).<br />

Dieu mentionne à la fois l’histiore de Marie et son fils Jésus -que<br />

Dieu le salue- et celle de Zacharie et son fils Jean (Yahia) -que Dieu<br />

les salue-, car toutes les deux ont liées par un miracle venu de Dieu:<br />

«celle qui sut demeurer chaste» et vierge sans approcher un homme.<br />

Dieu l’a aussi mentionnée dans cet autre verset: «Il propose aussi en<br />

exemple Marie, fille d’Imran, qui vécut chaste. Nous lui insufflâmes une<br />

parcelle de notre vie» [Coran LXVI, 12]. Dieu a voulu faire d’elle et de<br />

son fils un signe pour les mondes, et montrer Son omnipotence en<br />

créant qui II veut, son ordre consiste à dire à n’importe quoi: «Sois» et<br />

il est.<br />

. >> ï s \ A ' i ' ( • ' î ,<br />

Ij» l a i t j H u ) ü_J«C_c-lâ * A l•' zeA_Jb<br />

/y «-»¿j


L’expression «une seule communauté» signifie, d’arpès Ibn Abbas<br />

que la religion de tous les hommes est unique, et il a cité à l’appui ce<br />

hadrth dans lequel le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- a dit: «Nous, les Prophètes, sommes engendrés par différentes<br />

mères, mais notre religion est une (la même). Cette religion consiste à<br />

adorer Dieu seul sans rien Lui associer, malgré que plusieurs lois<br />

furent révélées pour son appliction, comme Dieu le montre en disant:<br />

«A chaque peuple nous avons donné une loi et une voie» [Coran V, 48].<br />

«Mais vous avez brisé les liens qui vous unissent» car parmi les<br />

hommes il y a ceux qui ont eu la foi et d’autres qui ont mécru. Chacun<br />

retournera vers Dieu au jour de la résurrection pour le rétribuer selon<br />

ses œuvres dans le bas monde. «Quiconque pratiquera les bonnes<br />

œuvres dans la foi» avec zèle et certitude «ses efforts ne seront pas vains»<br />

et ne sera plus lésé car Dieu le récompensera ne serait-ce que pour le<br />

poids d’un atome de bien et les bonnes actions que les anges avaient<br />

inscrites durant toute sa vie.<br />

wa harâmun ‘alâ qaryatin ’ahlaknâhaT ’annahum lâ yarji‘ûna (95) hattâ<br />

’idâ futihat ya’jûju wa ma’jûju wa hum min kulli hadabin yansilûna (96)<br />

wa-qtaraba*l-wa‘du-l-haqqu fa’idâ hiya sâhisatun ’absâru-l-ladîna kafarû<br />

yâ waylanâ qad kunnâ fï gaflatim-min hâdâ bal kunnâ zâlimîna (97).<br />

Nous ne nous autorisons à anéantir une cité que lorsque nous<br />

désespérons de rallier ses habitants. (95) Lorsque Gog et Magog seront<br />

lâchés en liberté, ils dévaleront en masse de chaque crête. (96) L’échéance<br />

fatale sera proche. Les yeux hagards, les infidèles s’écrieront alors: «-<br />

Malheur à nous qui ne pensions pas à une telle issue! Nous étions vraiment<br />

coupables. (97).<br />

Il est interdit aux habitants d’une cité que Dieu a détruite de<br />

310


evenir au bas monde jusqu’au jour de la résurrection, d’après les dires<br />

d’Ibn Abbas.<br />

«Lorsque Gog et Magog seront lâchés en liberté» Nous avons montré<br />

auparavant que Gog et Magog (Ya‘jouj et Ma'jouj) font partie de la<br />

descendance d’Adam, et plus précisément de la progéniture de Yafeth<br />

fils de Noé, dont les Turcs en forment une partie.<br />

Les Gog et Magog, vers la fin des temps, se précipiteront de<br />

chaque hauteur pour corrompre la terre. Le Messager de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- avait raconté plusieurs hadiths<br />

concernant leur sortie: «Ils dévaleront en masse de chaque crête» en<br />

fréquentant les hommes. Les musulmans, en ce moment-là, se<br />

retireront dans de places inexpugnables avec leurs troupeaux.<br />

Ils passeront par les courants d’eau et boiront toute l’eau sans<br />

laisser une seule goutte de sorte que certains parmi eux-les derniers -<br />

passeront par le même endroit et diront: «Il y avait dans le temps un<br />

cours d’eau qui passait par ici» En chassant les habitants de la terre et<br />

les contraignant à s’isoler, les Gog et Magog diront: «Il ne nous reste<br />

que les habitants des deux». L’un d’eux agitera sa lance vers le ciel et<br />

elle retournera tachée du sang comme signe de séditions et de<br />

trouble.<br />

Agissant de la sorte, Dieu leur enverra des vers qui attaqueront<br />

leurs cous et les rendront raides morts. Le lendem ain matin<br />

n’entendant plus le vacarme de ce peuple, les musulmans diront: «Qui<br />

se porte volontiers pour descendre et voir ce qu’il est advenu des Gog<br />

et Magog?» Alors ils sortiront de leurs abris et forteresses conduisant<br />

leurs troupeaux qui n’auront d’autre nourriture que ces cadavres qui<br />

les trouveraient plus délicieux que les herbes.<br />

Dans le hadith relatif à l’Antéchrist on trouve cet ajout: «Etant<br />

ainsi, Dieu -à Lui la puissance et la gloire-révélèra à Jésus- que la paix soit<br />

sur lui-: «J'ai fait sortir certains de Mes serviteurs dont personne n ’est<br />

capable de les battre. Ramène-les à la montagne Tor».<br />

Dieu enverra ensuite Yajouj et Majouj qui se précipiteront de tous<br />

côtés. Jésus et ses compagnons imploreront alors le secours de Dieu -à Lui<br />

la puissance et la gloire- qui enverra au peuple Yajouj et Majouj des vers<br />

311


qui les attaqeront aux cous et ils mourront comme une seule âme. Jésus et<br />

ses compagnons descendront ensuite et ne trouveront une maison sans<br />

quelle ne soit remplie de leur graisse et leur pourriture. Ils se porteront<br />

ardemment au Dieu -à Lui la puissance et la gloire- qui leur enverra des<br />

oiseaux dont les cous ressembleront à ceux des chameaux, ils les porteront<br />

et les jetteront là où Dieu voudra».<br />

Dieu fera descendre ensuite une pluie qui durera quarante jours et<br />

emportera toutes les tentes et les maisons construites en terre dure et<br />

lavera la terre de sorte qu’elle la laisse lisse comme un miroir. On dira<br />

alors à la terre: «Fais pousser tes fruits et tes plantations et rends (aux<br />

hommes) tes biens abondants.» En ce jour-là une foule d ’hommes<br />

mangeront d’une seule grenade et se protégeront sous son écorce (comme<br />

une voûte). Dieu bénira Ses bienfaits de sorte qu’une chamelle suffira à un<br />

peuple -ou une tribu-, une vache à l’âge de copulation suffira à une phratrie<br />

et une brebis suffira à toute une famille.<br />

Etant dans cet état, Dieu -à Lui la puissance et la gloire- enverra un<br />

bon vent qui les prendra par leurs aisselles et recueillera l’âme de tout<br />

musulman- -ou tout croyant- et il ne restera en vie que les méchants de la<br />

terre qui s ’y accoupleront sans pudeur à la façon des ânes». C’est à cette<br />

époque que l'Heure se dressera» (Rapporté Mousüm, Ahmed et les auteurs<br />

des Sunan)(I).<br />

(1) f . j * es- lt- î* j * r *<br />

«•!■«;-1 Jii ^»1<br />

¿ y JL* LkS" J<br />

C jy S ^ J—j.» j f -<br />

JLi Nj li»j I ^ Ù j J L . g - U - (j —*-*<br />

J U p I S ” IjJo jv-f-if- 4A)t J —j j jf- 4jjl (^1 LS— ji<br />

jJ J Vj jX » C-ri y \J o a uL ùjljfl*.«..» iiL»ji\ y jlci\ Jsij JLu:Jli<br />

J^l ¿r* ïLîJjj cJlitilt ^jÀSvJ yull ^ ^<br />

|»^ Wljl * 1 ^<br />

312


Il est dit aussi dans un hadith que, après la sortie des Gog et<br />

Magog (Ya'jouj et Ma'jouj), Jésus accomplira le pèlerinage à la Maison<br />

Sacrée et la ‘Oumra (visite pieuse).<br />

«L’échéance fatale sera proche» Il s’agit du jour du jugement dernier<br />

qui aura lieu après ces tremblements de terre, ces troubles et ces<br />

séditions. Avec l’avènement de ce jour difficile les fidèles sécrieront:<br />

«C’est un jour très difficile». «Les yeux hagards» des incrédules se<br />

figent à cause de ce qu’ils verront comme affres. Ils regretteront<br />

d’avoir été insouciants à l’égard de ce jour et avoueront qu’ils étaient<br />

injustes.<br />

’innakum wamâ ta‘budûna min dûni-L-Lâhi hasabu jahannama ’antum<br />

lahâ wâridûna (98) law kâna h a ’ula’i ’alihatam-mâ waradûhâ wa kullun<br />

fîhâ halidûna (99) lahum fîhâ zafïrun wa hum fîhâ lâ yasma‘ûna (100)<br />

’inna-l-ladîna sabaqat lahum minnâ-l-husna ’û la ’ika ‘anhâ mub‘adûna<br />

(101) lâ yasma‘ûna hasîsahâ wa hum fï-ma-stahat ’anfusuhum hâlidûna<br />

(102) lâ yahzunuhumu-l-faza‘u-l-’akbaru wa tatalaqqâhumu-l-mala’ikatu<br />

hâdâ yawmukumu-l-ladî kuntum tu‘adûna (103).<br />

Vous et les divinités que vous avez adorées en dehors d’Allah, serez la<br />

proie des flammes. C’est le supplice qui vous est réservé. (98) Si vos<br />

çJ-V ù y r jlfr i (joUI j\jZ> j _ Jli jî _ ç j j<br />

. (ie-L-JI çjk><br />

313


divinités étaient de vrais dieux, elles ne seraient pas précipitées dans l’enfer.<br />

Vous tous y séjournerez éternellement. (99) Vous vous y lamenterez sans<br />

entendre aucun bruit du dehors. (100) Ceux qui auront reçu auparavant des<br />

marques de notre faveur seront à l’abri d’un tel sort. (101) Les vacarmes de<br />

la géhenne leur seront épargnés, ils jouiront de délices éternelles. (102)<br />

L’épouvante du jour dernier ne les accablera pas. Les anges les<br />

accueilleront par ces mots: «Le voilà venu votre jour, ce jour qui vous a été<br />

promis» (103).<br />

Dieu s’adresse aux idolâtres Qoraïchites de La Mecque: «Vous et<br />

les idoles que vous adorez en dehors de Dieu, serez le combustible de<br />

la Géhenne et vous y serez précipités sûrement. Si vraiment ces<br />

divintiés étaient des vrais dieux, elles n’y seraient pas conduites. Vous<br />

tous y séjournez pour l’éternité.<br />

En commentant ce verset: «Vous vous y lamenterez sans entendre<br />

aucun bruit du dehors» Ibn Mass’oud a dit: «Les damnés voués au feu<br />

éternel seront mis dans des linceuls en feu munis de clous en feu de<br />

sorte qu’ils ressentiront qu’ils sont les seuls à subir ce châtiment».<br />

Ceux qui ont commis les bonnes œuvres dans le bas monde et<br />

qui ont déjà reçu la très belle récompense, seront écartés du Feu et<br />

seront rétribués d’une récompense incommensurable car Dieu ne<br />

rétribue le bien que par un bien meilleur encore. «Les vacarmes de la<br />

Géhenne leur seront épargnés» et ils jouiront, pour toujours, de ce qu’ils<br />

désirent.<br />

Au sujet des versets précités. Ibn Abbas a ajouté que les divinités<br />

adorées en dehors de Dieu seront précipitées dans l’enfer à l’exclusion<br />

de ‘Ouzaïr et Jésus -que Dieu le salue-. D’autres y ont exclu aussi les<br />

anges, le soleil et la lune.<br />

«L’épouvante du jour dernier ne les accablera pas» Cette épouvante<br />

signifie la mort d’après ‘Ata, ou le souffle dans la trompette selon Ibn<br />

Abbas et Ibn Jarir. Quant à Al-Hassan Al-Basri, il a avancé que ceci<br />

aura lieu quand le Feu sera refermé sur les damnés. Les fidèles seront<br />

reçus par les anges, une fois ressuscités de leurs tombes, pour leur<br />

annoncer le joyeux sort que Dieu leur a promis.<br />

314


îuîî êr éj,<br />

tis<br />

yawma natwi-s-sama’a katayyi-s-sijilli lil-kutubi kamâ bada’na ’awwala<br />

halqin nu‘îduhû wa‘dan ‘alayna ’innâ kunnâ fa'ilîna (104).<br />

Ce jour-là, nous fermerons les deux, comme un secrétaire ferme son<br />

livre. Avec la même facilité que nous avons créé l’univers, nous le<br />

recréerons. Nous nous le sommes promis à nous-même. Nous le ferons.<br />

(104).<br />

Ce verset est pareil aux dires de Dieu: «Les hommes ne donnent pas<br />

à Allah le rang qu’il mérite. Et, pourant, Il appréhendera toute la terre<br />

dans sa main au jour du jugement dernier et supprimera les cieux d’un seul<br />

geste. Gloire à Allah! n est au-dessus des associés qu’on lui donne» [Coran<br />

XXXIX, 67],<br />

Ibn Omar rapporte que le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- a dit: «Au jour de la résurrection, Dieu saisira les sept<br />

terres et les cieux seront pliés dans sa main droite».<br />

ç,ç/vr*i<br />

«Comme un sécrétaire £e&ni£ un livre». Il s’agit, d’apès Ibn Abbas,<br />

du sommier de l’univers où toute chose y a été inscrite. Puis Dieu<br />

affirme qu’il procédera à la re-création des hommes comme II l’a fait<br />

en les créant pour la première fois, une chose qu’il Lui sera très facile.<br />

A ce propos Ibn Abbas rapporte: «Un jour, le Messager de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- nous prêcha et dit: «Hommes! Vous<br />

serez rassemblés devant Dieu -à Lui la.puissance et la gloire- sans<br />

vêtements nu-pieds et incirconcis» Puis il récita: «Avec la même facilité que<br />

nous avons créé l’univers, nous le recréerons. Nous nous le sommes promis<br />

à nous-même. Nous le ferons» (Rapporté par Boukhari, Mouslim et<br />

A hm ed/1 *.<br />

(1) «djl :Jlü “U ' 3ÜÎ5 ù<br />

fli? ^ i j gjjJlP-Li \jS" lil L J - f - IjL P j a J-jjü J j l LilJu jÀ « IS li> -<br />

315


wa laqad katabnâ fî-z-zabûri mim ba‘di-d-dikri ’anna-l-’arda yarituhâ<br />

‘ibâdiya-s-sâlihûna (105) ’inna fî hâdâ labalâga-l-liqawmin ‘âbidîna (106)<br />

wama ’arsalnâka ’illâ rahmata-l-lil-‘âlamîna (107).<br />

Nous avons dit dans les Ecritures Saintes, et nous l’avons répété dans<br />

le Coran, que la terre serait l’héritage de nos bons serviteurs. (105) Il y a<br />

là un sujet de méditation pour les gens pieux. (106) Nous ne t’avons envoyé<br />

sur terre que par commisération pour le monde. (107).<br />

Comme Dieu a promis à Ses saints serviteurs qu’ils auront le<br />

bonheur dans le bas monde et l'au-delà, Il affirme qu’il leur donnera la<br />

terre en héritage dans les deux mondes. D’ailleurs, Il a mentionné cela<br />

dans d’autres versets tels que les deux suivants:<br />

- «La terre est à Allah. Il y fait succéder qui II veut. L’avantage<br />

restera aux croyants» [Coran VII, 128].<br />

- «Allah affermira sur terre ceux qui ont la foi et pratiquent le bien,<br />

comme II a affermi leurs prédécesseurs. Il assurera le respect de la religion<br />

qu’il leur a choisie» [Coran XXIV, 55].<br />

Tout cela est mentionné dans les livres célestes, dans les<br />

Psaumes après le Rappel. Ce dernier signifie le Pentateuque d’après<br />

Ibn Abbas et Al-Hassan, ou la «Tablette Gardée,» d'après Al-Thawri,<br />

ou enfin selon Ibn Aslam, il est la «Mère des Ecritures» où toute chose<br />

fut prédestinée et mentionnée. Quant à la terre qui sera héritée par les<br />

saints serviteurs est celle du Paradis comme Ibn Abbas a avancé.<br />

«Il y a là un sujet de méditation pour les gens pieux» C’est à dire<br />

que les gens trouvent dans le Coran révélé à Mouhammad -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- une communication aux hommes qui ont adoré<br />

Dieu, Lui ont obéi et se sont conformés à Ses prescriptions sans<br />

suivre le démon et leurs penchants.<br />

«Nous ne t’avons envoyé sur terre que par commisération pour le


monde». Le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- n’a pas<br />

été envoyé vers son peuple, mais plutôt comme une miséricorde pour<br />

les mondes. Quiconque accepte cette miséricorde et reconnaît cette<br />

faveur divine, aura trouvé le bonheur dans les deux mondes.<br />

Quiconque la rejette aura perdu le bas monde et la vie future. Dieu<br />

affirme cette réalité quand II a dit: «Songe à ces hommes qui ont répondu<br />

par des blasphèmes aux bienfaits d’Allah et qui ont causé la perdition de<br />

leurs peuples. Ils brûleront dans l’enfer, l’horrible demeure» [Coran XIV,<br />

28-29J.<br />

Au sujet des caractères et mérites du Coran, Dieu a dit: «Réponds:<br />

Ce Coran est un guide et un baume pour les croyants. Il se heurte à la<br />

surdité et à l’aveuglement des incrédules. Ceux-ci sont comme des gens<br />

qu’on appelle de loin» [Coran XLI, 44],<br />

Mouslim rapporte d’après Abou Houraira qu’on a demandé au<br />

Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- d’appeller la<br />

malédiction sur les impies. Il a répondu: «Je n’ai pas été envoyé pour<br />

maudire mais plutôt comme une miséricorde».<br />

Dans le hadith rapporté par At-Tabarani, le Prophète -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- a dit: «Je suis envoyé comme une miséricorde de la<br />

part de Dieu qui ne me rappelle à Lui avant de faire triompher Sa religion.<br />

J ’ai cinq noms -ou épithètes-: Je suis Mouhammad, Ahmed, Al-Mahi ce<br />

dont Dieu efface l’incrédulité, Al-Hacher celui aux pieds duquel les gens<br />

seront rassemblés et A l-‘Aqeb (qu’aucun Prophète ne viendra après<br />

moi)»(1K<br />

Si Mouhammed -qu’Allah le bénisse et le salue- est une<br />

miséricorde pour les mondes, qu’en sera de celui qui l’aura renié? La<br />

réponse fut donnée par Ibn Abbas qui a dit: «Quiconque croit en Dieu<br />

et au jour dernier aura acquis la miséricorde dans les deux mondes.<br />

Quant à celui qui mécroit, celui-là subira le supplice qu’ont subi les<br />

( 1 ) ¿ i ' stièj ^¡\iyj 4i)l Ï - J y-j ^ J » siJ j tid J l ^<br />

lilj tjjLxJl 4jut Ulj Ul<br />

.«viUJI iJlj<br />

317


générations passées: l’engloutissement par la terre et le châtiment<br />

céleste (un ouragan de pierres).<br />

qui ’innamâ yûha ’ilayya ’annama ’ilâhukum ’ilâhun wâhidun fahal<br />

antum muslimûna (108) fa’in tawallaw faqul ’a d antukum ‘alâ sawif’in<br />

wa ’in ’adrî ’aqarîbum ’am ba‘îdum mâ tu'adûna (109) ’innahû ya‘lamu-<br />

1-jahra mina-l-qawli wa ya‘lamu mâ taktum ûna (110) wa ’in adrî<br />

la‘allahû fitnatu-l-lakum wa matâ‘un ’ilâ hînin (111) qâla rabbi-hkum bi-<br />

1-haqqi wa rabbunâ-r-Rahmânu-l-musta‘ânu ‘alâ mâ tasifûna (112).<br />

Dis: «Il m’a été expressément révélé que votre Allah est unique. Êtesvous<br />

soumis à cette vérité?» (108) Si vous n’y êtes pas soumis, reconnaissez<br />

que je vous ai tous prévenus également. J’ignore si le jour annoncé est<br />

proche ou non. (109) Allah sait ce que vous dites en publice et ce que vous<br />

dissimulez. (110) L’échéance incertaine du jour constitue-t-elle une épreuve<br />

ou un sursis à vos plaisirs? je ne sais. (111) Dis: Seigneur, juge avec équité.<br />

Notre Seigneur miséricordieux est notre soutien contre vos machinations.<br />

(112).<br />

Dieu ordonne à Son Messager de communiquer aux gens qu’il est<br />

le Dieu Unique. Sont-ils prêts à reconnaître cela et à se soumettre?.<br />

S’ils s’en détournent, qu’ils soient avertis et s’ils se montrent hostiles à<br />

Dieu et à Son Messager, on les désavouera, comme Dieu a dit<br />

ailleurs: «S’ils te traitent d’imposteur, dis: «Je suis responsable de mes<br />

actes et vous des vôtres. Ce que je fais ne vous regarde pas et ce que vous<br />

faites ne me regarde pas» [Coran X, 41].<br />

Il fut ordonné de leur dire aussi: «J’ignore si ce qui vous est<br />

promis est proche ou lointain, mais il arrivera inéluctablement. Dieu<br />

318


connait parfaitement aussi bien les actes que les paroles faits et dits<br />

en public ou dissimulés, même II pénètre dans le tréfonds des cœurs.<br />

«L’échéance incertaine du jour constitue-t-elle une épreuve ou un sursis<br />

à vos plaisirs? je ne sais» Cela peut être pour les hommes une tentation<br />

ou une jouissance provisoire. «Dis: Seigneur, juge avec équité» entre les<br />

fidèles et ceux qui renient la vérité. Les Prophètes disaient autrefois:<br />

«Seigneur, tranche entre nous et notre peuple. Tu es le meilleur des<br />

arbitres» (Coran VII, 89]. Notre Prophète -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- fut ordonné également de tenir les mêmes propos.<br />

«Notre Seigneur miséricordieux est notre soutien contre vos<br />

machinations». Dieu jugera certainement selon la vérité, et II est le<br />

soutien des fidèles contre ce que les incrédules inventent comme<br />

mensonges.<br />

319


I l É l l i É C § 3 ^ 1 ^<br />

| J — ... ml<br />

22 - SOURATE DU PÈLERINAGE<br />

75 versets<br />

Révélée à Médine, à l’exception des versets 50, 51, 52, et 53<br />

révélés ehtre la Mecque et Médine<br />

Révelée à la suite de la sourate de la lumière<br />

Bismi-L-Lâhi-r-Rahmâni-r-Rahîm<br />

yâA’ayyuha-n-nâsu-t-taqû rabbakum ’inna zalzalata-s-sâ‘ati say’un<br />

‘azîmun (1) yawma tarawnahâ tadhalu kullu murdi‘atin ‘amma ’arda‘at<br />

wa tada‘u kullu dâti hamlin hamlahâ wa tarâ-n-nâsa sukârâ wamâ hum<br />

bisukârâ wa lâkinna ‘adaba-L-Lâhi sadîdun (2).<br />

Au nom d’Allah le Miséricordieux le Très Miséricordieux<br />

320


Hommes! craignez votre Seigneur. La secousse de l’Heure dernière<br />

sera terrifiante. (1) Le jour où elle se produira, la mère s’arrêtera d’allaiter<br />

son enfant, la femme enceinte avortera, les hommes donneront l’impression<br />

d’être ivres. Le châtiment d’Allah sera terrible. (2).<br />

Dieu ordonne à Ses serviteurs de Le craindre en leur disant qu’il y<br />

aura tant d’affres au jour de la résurrection; et que le tremblement sera<br />

une chose énorme.<br />

La question qui se pose est la suivante: Ce tremblement aura-t-il<br />

lieu après la résurrection des hommes de leurs tombes et leur<br />

rasem blem ent, ou bien avant cela considérant que grâce à ce<br />

tremblement ils sortiront de leurs tombeaux, tout comme Dieu a dit: «-<br />

Lorsque la terre entrera dans sa dernière convulsion, et mettra à nu ses<br />

entrailles» [Coran XCIX, 1-2] et: «Et que la terre et les montagnes seront<br />

soulevées et pulvérisées en un clin d’œil. Ce jour-là, l’événement<br />

accomplira» [Coran LXIX, 14-15].<br />

Certains ont dit que ce tremblement se produira juste à la fin de<br />

ce bas monde et ce sera l’annonce de l’Heure. Et Amer Al-Cha'bi de<br />

préciser que ceci aura lieu dans le bas monde avant la résurrection.<br />

Ibn Jarir rapporte d’après Abou Houraira, que le Messager de<br />

Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Achevant la création des<br />

deux et de la terre, Dieu créa la trompette et la confia à Israfil qui mit ses<br />

lèvres dessus fixant ses yeux vers le Trône et attendant l’ordre divin pour y<br />

souffler». Abou Houraira demanda: «O Messager de Dieu, qu’est-ce la<br />

trompette?» - C’est une corne, répondit-il. Et Abou Houraira de reprendre:<br />

«Comment elle est?». Le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le saluerépliqua:<br />

«C’est une grande corne où on y soufflera trois fois: Le premier<br />

sera le souffle de la grande frayeur, le deuxième du foudroiement et le<br />

troisième où les hommes se tiendront debout devant le Seigneur des<br />

mondes.<br />

«Dieu ordonnera à Israfil de souffler dans la trompette la première<br />

fois et voilà que les habitants des deux et de la terre seront pris de terreur<br />

à l’exception de ceux que Dieu voudra en épargner. Israfel sera ordonné<br />

d ’allonger ce souffle sans se lasser. Tel est le sens des dires de Dieu:<br />

«Ceux-là n’ont qu’à attendre un seul cri qui ne sera pas répété» [Coran<br />

XXXVIII, 15]. Alors les montagnes seront pulvérisées et réduites en<br />

321


poussière et la terre tremblera sur ses bases. Dieu a dit à cet égard: «Le<br />

jour où une secousse agitera la terre, suivie d’une autre secousse. Je jure<br />

que, ce jour-là, les cœurs des hommes seront tremblants de peur» [Coran<br />

LXXIX, 6-8]. La terre sera telle un bateau poussé par les flo ts qui feront<br />

chanceler les passagers, ou telle une lanterne accrochée au Trône dont les<br />

âmes la feront penduler. Ce jour-là les hommes s ’étendront sur la surface<br />

de la terre, la femme oubliera son nourrisson, les enceintes avorteront, les<br />

têtes des jeunes hommes blanchiront. Les démons fuiront ce jour, comme<br />

volant dans l ’air, pour gagner d ’autres régions m ais les anges les<br />

affronteront en frappant leurs visages, et les démons y reviendront. Les<br />

hommes se détourneront en appelant les uns les autres comme Dieu a dit:<br />

«... Le jour où les hommes s’interpelleront les uns les autres. Le jour où<br />

vous reculerez en déroute, où vous ne trouverez nul appui contre Allah.<br />

Celui qu’Allah égare ne saurait trouver d’autre guide» [Coran XL, 32-33].<br />

«Etant dans cet état, la terre se fendra d ’un bout à l ’autre et les<br />

hommes verront un phénomène grandiose. Ils seront alors pris par une<br />

grande affliction dont Dieu seul connaît son intensité, puis ils regarderont<br />

vers le ciel qui sera semblable à du métal fondu, les soleil et la lune seront<br />

éclipsés, les étoiles éparpillées puis tout disparaîtra. En ce jour-là les morts<br />

ne connaîtront rien de tout cela».<br />

«Abou Houraira demanda à l ’Envoyé de Dieu -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue-: «Quels seront ceux dont Dieu a exceptés quand II a dit: «Au jour<br />

où la trompette retentira, tout ce qui peuple les cieux et la terre tremblera<br />

d’effroi. Allah exceptera qui II voudra» [Coran XXVII, 87] I l répondit: «Ce<br />

sont les martyrs, car la frayeur ne s ’emparera que des vivants: quant aux<br />

premiers ils sont déjà vivants et seront pourvus de biens auprès de leur<br />

Seigneur. Il leur a épargnés les affres de ce jour-là et les a rassurés. Le<br />

châtiment en ce jour-là ne sera envoyé qu’aux pères des hommes, Dieu l ’a<br />

mentionné en disant: «Hommes! craignez votre Seigneur. La secousse de<br />

l’Heure dernière sera terrifiante. Le jour où elle se produira, la mère<br />

s’arrêtera d’allaiter son enfant, la femme enceinte avortera, les hommes<br />

donneront l’impression d’être ivres. Le châtiment d’Allah sera terrible» (-<br />

Rapporté par Tabaram, Ibn Jarir, Ibn Abi Hatem et d’autres)(I).<br />

(1) U, 4jùl Oli :


Le hadith sus-mentionné montre que le tremblement se produira<br />

avant l’Heure. D’autres ont répondu que ce qui se produira en ce jourlà<br />

ne sera qu’une terreur, de frayeur et de secousses qui auront lieu<br />

après la résurrection des morts, et ont cité à l’appui les hadiths<br />

suivants:<br />

- En interprétant les versets précités, Boukhari rapporte d’après<br />

Abou Sa'id Al-Khodri que le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et<br />

le salue- a dit: «Au jour du jugement dernier, Dieu Très-Haut interpellera<br />

Adam: «O Adam!» - Me voici à Tes ordres ô Seigneur, répondra-t-il. Alors<br />

une voix fera entendre ces propos: «Le Seigneur t ’ordonne de choisir dans<br />

V J * »Ua*îi OljU-JI jL>- j a<br />

l ù j t : J l î îj^ a J I U j Î4JÙ1 b l i j i j » y } Jl* ty*Jj i j - y Jl<br />

ijlillj :oUuÜ ¿ j y i ù çJLi pjà* o:Jlî ?y* :Jlî<br />

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S5î'j UT^*-<br />

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iL^uy p-4-ja* I lS.sU» ^ jj-L » ^ U l j i j jï» l *j 0*


ta descendance un groupe destiné à l’Enfer?» Adam demandera: «Seigneur,<br />

quel doit être ce groupe destiné à l’Enfer?» - Sur chaque mille, répondra-t-<br />

II, à ce que je crois, neuf cent quatre-vingt dix-neuf. Alors toute femme<br />

enceinte avortera et les cheveux de l’enfant blanchiront. Tu verras les<br />

hommes ivres alors qu’ils ne le seront pas. Le châtiment de Dieu sera très<br />

dur».<br />

Ces paroles eurent leur effet sur les fidèles si pénible qu’ils changèrent<br />

de visage. Alors le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- reprit: «On<br />

prendra de Gog et Magog neuf cent quatre-vingt-dix-neuf individus et un<br />

seul d’entre vous. Vous serez au milieu de la foule comme un poil noir sur<br />

le flanc d’un taureau blanc, ou un poil blanc sur le flanc d’un taureau noir.<br />

J ’espère que vous formerez le quart des habitants du Paradis». Comme les<br />

fidèles proclamèrent la grandeur de Dieu, il dit: «Le tiers des habitants du<br />

Paradis». Après que les hommes aient proclamé de nouveau la grandeur dé<br />

Dieu, il dit: «La moitié des habitants du Paradis» (Rapporté par Boukhari,<br />

Mouslim et Nassm)(1).<br />

- Aïcha -que Dieu l’agrée- rapporte: «J’ai demandé: «0 Messager<br />

de Dieu, au jour de la résurrection, l’aimant se rappellera-t-il de son<br />

bien-aimé?» Il me répondit: «O Aïcha, oui sauf dans trois situations:<br />

Auprès de la balance car on ne saura si ses œuvres le feront pencher ou<br />

non; lors de l’étalement des registres (les livres des œuvres) si on les<br />

recevra de la main droite ou de la gauche, enfin lorsqu’un cou surgira du<br />

Feu après avoir pris trois genres d’hommes avec fureur, qui dira à trois<br />

(1) (Jl* »A■» t ¿I sJL* 0 ) -Lp<br />

¿j* Lij ¿JLJ U :


eprises: «On m ’a confié ces trois: Celui qui a invoqué d’autres divinités<br />

avec Dieu; celui qui n’a pas cru au jour dû jugement et tout tyran rebelle».<br />

Il les enveloppera et les jettera dans les abîmes de la géhenne. Un pont est<br />

dressé au-dessus de la géhenne, qui est plus mince qu’un poil et plus fin que<br />

(la lame) du sabre. Il est muni de grappins et de crochets qui saisiront<br />

ceux que Dieu voudra les prendre. Les hommes traverseront ce pont de<br />

différentes manières: Un groupe le traversera comme un éclair, un autre<br />

comme un clin d’œil, un troisième comme un vent, un quatrième à la course<br />

des cheveaux de races. Les anges s’écrieront: «Seigneur, délivre! délivre!».<br />

Il y aura ceux qui seront saufs, d’autres sauvés mais égratignés, enfin qui<br />

seront précipités en enfer sur leurs visages» (Rapportépar Âhmed)(1).<br />

Les hadiths traitant des affres et de la terreur du jour de la<br />

résurrection sont nombreux. Certes le tremblement qui accompagnera<br />

l’Heure fatale est énorme. Dieu a bien décrit l’état des gens ce jour-là<br />

plein d’affres: La femme qui, réputée être très compatissante envers<br />

son nourrisson, oubliera de l’allaiter, la femme enceinte mettra bas son<br />

fœtus avant son terme; les hommes seront comme ivres alors qu’ils ne<br />

le seront pas.<br />

wa mina-n-nâsi ma-y-yujâdilu fî-L-Lâhi bigayri ‘ilmin wa yattabi‘u kulla<br />

jiUaî -lit jl (Jüi ûtjAl Jlip L»l U<br />

J 1*-#^ C j U l ¿f* Û!?~J<br />

îj>-\ 4jbl c-IS'j cîî^ij c.iS'j ciJJj<br />

[»< ‘Jl* — jj ¿/•jî y ¿fi C-■té'jj<br />

¿J* Cjjî J C|> ^ ^<br />

i


saytânim-murîdin (3) kutiba ‘alayhi ’annahû man tawallahu fa’innahû<br />

yudilluhû wa yahdîhi ’ilâ ‘adabi-s-sa‘îri (4).<br />

Parmi les hommes, il en est qui discutent d’Allah sans la moindre<br />

connaissance et qui suivent n’importe quel démon rebelle. (3) Il est constant<br />

que les démons égarent ceux qui les suivent et les entrainent au supplice de<br />

l’enfer. (4).<br />

Ceux qui renient la résurrection doutant que Dieu redonne la vie<br />

aux morts au jour dernier, qui discutent au sujet de Dieu sans détenir<br />

aucune science, qui suivent tout démon rebelle, qu’ils sachent qu’il est<br />

écrit que ceux qui suivent le démon, il les égarera et ils n’encourront<br />

que leur perte qui les mènera à l’Enfer.<br />

La raison pour laquelle ce verset fut révélé, Abou Ka‘b Al Makki<br />

raconte qu’un des méchants Qoraïchites demanda: «Informez-moi au<br />

sujet de votre Seigneur, est-il fait en or, en argent ou en cuivre?» Alors<br />

le ciel laissa entendre un grondement de tonnerre, à la suite duquel on<br />

trouva le crâne de cet homme tombé devant lui».<br />

Moujahed rapporta un récit identique où il dit qu’un juif vint trouver<br />

le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- et lui demanda: «Ton<br />

Seigneur est-il fait en émeraude ou en quoi?» Il fut pris par le foudre.<br />

326


yâ’ayyuhâ-n-nâsu ’in kuntum fî raybim-mina-l-ba‘ti fa’innâ halaqnâkum<br />

min turâbin. tum m a min nutfatin tumma min ‘alaqatin tumma mimmudgatim-muhallaqatin<br />

wa gayri muhallaqati-l-linubayyina lakum wa<br />

n u q irru fî-l-’arhâm i mâ nasâA’u ’ilâA ’ajalim m usam m an tum m a<br />

nuhrijukum tiflan tum m a litablugu ’asuddakum wa minkum mayyutawafïa<br />

wa minkum may-yuraddu ’ila ’ardali-l-‘umuri likaylâ ya‘lama<br />

mim ba‘di ‘ilmin say’an wa tarâ-l-’arda hâmidatan fa’idâ* ’anzalnâ<br />

‘alayha-l-ma’a-h-tazzat wa rabat wa ’ambatat min kulli zawjim-bahîjin<br />

(5) dâlika bi’ama-L-Lâha huwa-l-haqqu wa ’annahû yuhyî-l-mawtâ wa<br />

’annahû ‘alâ kulli say’in qadîrun (6) wa ’anna-s-sâ‘ata ’a tiyatu-l-lâ rayba<br />

fîhâ wa ’anna-L-Lâha yab'atu man fî-l-qubûri (7).<br />

O hommes! si to u s doutez de la résurrection, souvenez-vous que nous<br />

vous avons tirés de la terre. Vous avez été successivement une goutte de<br />

sperme, un caillot de sang, puis un fœutus viable ou non. Nous vous avons<br />

montré ainsi notre puissance. Nous maintenons dans le sein de vos mères<br />

les germes fécondés jusqu’au terme fixé puis nous en tirons des enfants.<br />

Vous atteignez ensuite l’âge adulte. Certains d’entre vous meurent; d’autres<br />

arrivent à un âge si avancé qu’ils perdent toutes leurs facultés. La terre a<br />

été stérile. Mais à peine l’avons-nous arrosée de pluie qu’elle a palpité et,<br />

s’épanouissant, a donné la vie à une magnifique variété de plantes. (5) Ceci,<br />

pour que vous sachiez qu’Allah est la vérité même, qu’il ressuscite les morts<br />

et que sa puissance s’étend sur tout l’univers. (6) Et ceci, pour que vous<br />

sachiez que l’heure inéluctable viendra oà Allah fera sortir les hommes des<br />

tombeaux. (7).<br />

A ceux qui ont renié la résurrection au jour dernier, ainsi qu'aux<br />

autres Dieu rappelle Son pouvoir à recréer les morts réduits en<br />

poussière et la première création de l’homme du sable, puis dans le<br />

ventre de sa mère.<br />

Dieu créa Adam du sable, de l’argile malléable, puis créa sa<br />

descendance d’une eau vile (du sperme) qui passe dans des phases<br />

successives: Une fois cette goutte conçue dans l’utérus de la mère,<br />

elle demeure ainsi pendant une période de quarante jours, elle se<br />

transforme ensuite en un caillot de sang pour une durée égale après<br />

s etre nourrie des substances nécessaires, puis comme une bouchée<br />

rouge avec la permission de Dieu sans prendre aucune forme, ensuite<br />

327


les différents membres et organes apparaissent: une tête, deux<br />

mains, une poitrine, deux pieds et autres. Il arrive parfois que la<br />

ferpme avorte avant cette dernière phase. C’est le sens des dires de<br />

Dieu «Un foutus viable ou non».Enfin Dieu dépose dans la matrice ce<br />

qu’il veut jusqu’à un terme fixé. Après quarante jours également, Il<br />

envoie un ange chargé d’y souffler l’esprit et d’écrire pour ce fœtus<br />

quatre mots à savoir: Son sexe (masculin ou féminin), sa part du bas<br />

monde (comme bienfaits), la durée de sa vie et sa déstinée heureuse<br />

ou malheureuse.<br />

Abdullah Ben Mass'oud a ajouté à ce qui précède: Il y sera inscrit<br />

encore le pays où l’homme trouvera la mort. L’ange demande à la<br />

goutte de sperme: «Qui est ton Seigneur?». Elle répondra: «Dieu». -<br />

Qui t’accordera les bienfaits?. - Dieu. On dira à cet ange: «Cherche<br />

dans le livre où tu trouves l’histoire complète de cette goutte».<br />

«Puis nous en tirons des enfants» des bébés faibles dans leurs<br />

corps, leur ouïe, leur vue et leurs organes. Puis Dieu accorde à ce<br />

bébé la force progressivement en semant dans le cœur de ses parents<br />

l’amour et la compassion. «Vous atteignez ensuite l’âge adulte» en<br />

gagnant la belle apparence et la force complète.<br />

Certains meurent étant encore jeunes, d’autres arrivent à l’âge de<br />

la décrépitude au point de ne plus rien savoir en perdant la force, la<br />

raison, la compréhension et toutes les autres facultés de sorte qu’ils ne<br />

comprendraient rien de ce qu’ils savaient. Dieu affirme cette réalité en<br />

disant: «Allah vous crée faibles, puis II vous donne la force. Une fois forts,<br />

Il vous fait retomber dans la faiblesse et dans la vieillesse» [Coran XXX,<br />

54],<br />

En voilà un autre signe de la puissance de Dieu qui redonne la vie<br />

aux morts, qui est la terre, une fois désertique, ayant reçu de la pluie,<br />

elle commence à remuer, à gonfler pour donner toutes sortes de<br />

plantes. Ces plantes qui ont différentes formes, couleurs, saveurs<br />

etc....<br />

«Allah est la vérité même» le Créateur, qui gère tout l’univers et fait<br />

ce qu’il veut. «Il ressuscite les morts» comme II a donné la vie à la terre<br />

morte en y faisant pousser toutes espèces de plantations. «Celui qui l’a<br />

ranimée ainsi ranimera les morts. Car II est Tout-Puissant» [Coran XLI,<br />

328


39]. Tel est, en vérité, Son ordre: Quand II veut une chose, Il lui dit:<br />

«Sois» et elle est.<br />

«Et ceci, pour que vous sachiez que l’heure inéluctable viendra» sans<br />

aucun doute possible et sans aucune contestation «où Allah fera sortir<br />

les hommes des tombeaux». Il les ramènera à la vie une fois réduits en<br />

ossements et poussière, comme II l'affirme quand II dit: «Réponds: Les<br />

ranimera celui qui les a produits la première fois et qui a une puissance de<br />

création infinie» [Coran XXXVI, 79]l.<br />

L’imam Ahmed rapporte que Laqit Ibn ‘Amer demanda: «O Envoyé<br />

de Dieu, chacun de nous verra-t-il son Seigneur - à Lui la puissance et<br />

la gloire - au jour de la résurrection? Quel signe -a-t-ll doné à ce<br />

propos?» Il lui répondit: «Chacun d’entre vous ne voit-il pas la pleine lune<br />

au ciel?» - Oui, répliqua-t-on. Il reprit: «Dieu est plus magnifique encore!»<br />

Je lui demandai de nouveau: «Comment Dieu ressuscite-t-Il les morts? Y a-<br />

t-il un signe à ce sujet?». Il rétorqua: «N’as-tu jamais passé par une vallée<br />

désertique?» -Oui, dis-je. Et lui de reprendre: «Puis tu y as passé une autre<br />

fois et tu l’as vue verdoyante?» - Oui. - Ainsi Dieu ressuscite les morts, en<br />

voilà un signe de sa création» (Rapporté par Ahmed, Abou Daoud et Ibn<br />

Maja)(I).<br />

Mou'adz Ben Jabel a dit: «Quiconque reconnaît que Dieu est la<br />

vérité même, que l’Heure fatale surviendra et que Dieu fera sortir les<br />

hommes des tombeaux, celui-là entrera au Paradis».<br />

(1) Çji 3^ *0 J W jA ï jjjl Ja-i! ¿jf- X«^-l LSjj<br />

ljltu» j)ô-i j ( j i î i iiiii y ÔUÜI<br />

Aji L»j OjLt 1j ic.li tjli 4)ü^ *Ll1î<br />

ynj *j Cjjy :Jlî (ÿ iiÜi<br />

j j j<br />

329


wa mina-n-nâsi ma-y-yujâdili fî-L-Lâhi bigayri ‘ilmin walâ hudan walâ<br />

kitâbim-munîrin (8) tâniya ‘atfihî liyudilla ‘an sabîli-L-Lâhi lahû fî-ddunyâ<br />

hizyun wa nudîquhû yawma-l-qiyâmati ‘adâba-l-harîqi (9) dâlika<br />

bimâ qaddamat yadâka wa ’anna-L-Lâha laysa bi-zallâmin lil-‘abîdi (10).<br />

Il est des hommes qui discutent d’Allah sans connaissance, sans une<br />

trace de lumière et sans livre révélé. (8) Cette attitude prétentieuse n’a<br />

d’autre but que de détourner leurs semblables de la voie d’Allah. En ce<br />

monde, ils sont couverts d’opprobre. Nous leur ferons subir le supplice du<br />

feu au jour de la résurrection. (9) Vous êtes les artisans d’un tel châtiment,<br />

car Allah ne lèse aucune de ses créatures (10).<br />

Parmi les hommes, il y en a les ignorants qui imitent leurs<br />

semblables et qui appellent à un égarement. Ils discutent de Dieu sans<br />

raison, ni compréhension, sans détenir aucune science ni direction,<br />

mais ils ne font que suivre leurs penchants et leurs passions. Par des<br />

gestes prétentieux (litt: en pliant le cou ou ployant les hanches) ils se<br />

détournent du chemin de la vérité. Dieu a décrit cette attitude dans un<br />

autre verset quand II a dit: «Lorsqu’on leur dit: «Venez, l’Envoyé d’Allah<br />

implorera votre pardon», ils hochent la tête et s’éloignent, pleins de<br />

morgue» [Coran LXIII, 5].<br />

Ceux-là qui se détournent afin d’égarer les autres «En ce monde,<br />

ils sont couverts d’opprobre» et ils sont humiliés pour avoir renié les<br />

signes de Dieu avec orgueil. «Nous leur ferons subir le supplice du feu au<br />

jour de la résurrection. Vous êtes les artisans d’un tel châtiment» Ceci<br />

constitue une réprimande et un blâme pour eux. Car Dieu n’est pas<br />

injuste envers Ses créatures et ne les lèse pas.<br />

> >îf y> ' h?.~ " -r a<br />

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ijR t~Juul<br />

¿julj V Uj y l» aüI ¿y» OC<br />

330


wa mina-n-nâsi may-ya‘budu-L-Lâha ‘alâ harfin fa’in ’asâbahû hayrun-itm<br />

a’anna bihî wa ’in ’asabathu fitnatun-in-qalaba ‘alâ wajhihî hasira-ddunyâ<br />

wa-l^’â" hirata dâlika huwa-l-husrânu-l-mubînu (11) yad‘û min<br />

dûni-L-Lâhi mâ lâ yadurruhû wamâ lâ yanfa‘uhû dâlika huwa-d-dalâlu-<br />

1-ba‘îdu (12) yad‘û laman darruhû ’aqrabu min nafihî labi’sa-l-mawlâ wa<br />

labi’sa-l-‘asîru (13).<br />

Il est des hommes à la foi indécise. La vie leur sourit-elle? ils<br />

s’affermissent dans leur» convictions. Au contraire, leur est-elle hostile? ils<br />

font volte-face, causant ainsi leur perte dans ce monde et dans l’autre.<br />

Perte irréparable, à la vérité. (11) Abandonnant Allah, ils invoquent alors<br />

d’autres divinités qui ne peuvent leur être ni nuisibles ni utiles. C’est là le<br />

comble de l’aberration. (12) Ils invoquent ce qui leur est plus nuisible<br />

qu’utile. Détestable dieu. Détestables adorateurs. (13).<br />

il y en a des hommes qui adorent Dieu en hésitant ayant la foi<br />

indécise. Ibn Abbas a donné l’exemple suivant: «Après leur venue à<br />

Médine, si la femme enceinte engendrait un garçon ou ses juments<br />

proliféraient, l’homme disait: «En voilà une bonne religion, sinon,<br />

hommes et femmes disaient: «C’est une religion qui n’est bonne à<br />

rien».<br />

Ibn Abbas a dit aussi: «Les bédouins venaient à Médine pour voir<br />

le Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - et se convertir. En<br />

retournant chez eux, si la pluie tombait et les terrains donnaient une<br />

bonne récolte, ils disaient l’un à l’autre: Voilà une bonne religion,<br />

attachez-vous en. Mais si au contraire il y avait une sécheresse, ils<br />

disaient: «Cette religion ne nous a apporté aucun bien». A cette<br />

occasion ce verset fut révélé: «Il est des hommes à la foi indécise. La vie<br />

leur sourit-elle ils s’affermissent dans leurs convictions».<br />

Le commentaire de Abdul-Rahman Ben Zaïd est le suivant: «Il<br />

s’agit de l’hypocrite qui, si un bien lui arrive.il persévère dans<br />

l’adoration de Dieu et les pratiques cultuelles. Si par contre une<br />

tentation l’atteint, il s’en détourne et même il revient à son incrédulité».<br />

331


Ceux-là perdent les deux mondes: dans la vie présente ils<br />

n’acquièrent aucun bien, et dans l’au-delà, ils ne recevraient que<br />

l’opprobre et le mauvais sort, car ils avaient renié Dieu et mécru en<br />

Lui. Cette perte est certaine.<br />

«Ils invoquent alors d’autres divinités qui ne peuvent leur être ni<br />

nuisibles ni utiles». Car les idoles dont ils imploraient leur secours, ne<br />

répondaient point à leur appel. Ils invoquent des divinités dont leur<br />

nocivité est plus certaine que leur utilité, tant dans la vie d’ici-bas que<br />

dans l’eau-delà. «Détestable dieu-Détestables adorateurs».<br />

’inna-L-Lâha yudhilu-l-ladîna ’a' manû wa ‘amilû-s-sâlihâti jannâtin tajrî<br />

min tahtihâ-l-’anhâru ’inna-L-Lâha yafalu mâ yurîdu (14).<br />

Allah réserve à ceux qui croient et pratiquent les bonnes œuvres des<br />

jardins arrosés d’eau vive. Allah réalise toutes ses volontés. (14).<br />

A l’inverse des incrédules à la foi indécise ou même nulle, ceux<br />

qui ont la foi ferme, font les œuvres pies, et s’acquittent de leurs<br />

obligations religieuses en abandonnant les actes repréhensibles, auront<br />

des demeures riantes dans des jardins où coulent des ruisseaux.<br />

Ayant égaré les premiers et dirigé les derniers, Dieu fait ce qu’il veut.<br />

man kâna yazunnu ’al-lan yansurahu-L-Lâhu fî-d-dunya wa-l-’a hirati<br />

falyamdud bisababin ’ilâ-s-samâA’i tumma-l-yaqta‘ falyanzur hal yud<br />

hibanna kayduhû mâ yagîzu (15) wa kadâlika ’anzalnâhu ’âAyâtim<br />

bayyinâtin wa ’anna-L-Lâha yahdî may-yurîdu (16).<br />

Que celui qui désespère d’Allah en ce monde et dans l’autre tente par<br />

332


un moyen quelconque d’accéder au ciel et d’y pénétrer. Il verra si une telle<br />

expérience peut calmer son dépit. (15) C’est ainsi que nous avons révélé ce<br />

Coran en versets clairs. Allah dirige qui II veut. (116).<br />

Ibn Abbas a interprété le premier verset de la façon suivante:<br />

Quiconque pense que Dieu ne secourra pas Mouhammed - qu’Allah le<br />

bénisse et le salue - dans la vie présente et la vie future, qu’il attache<br />

une corde au plafond de sa maison et s’en étrangle.<br />

Quant à Abdul-Rahman Ben Zaïd, il a dit: «Que celui-là tende une<br />

corde jusqu’au ciel, car le secours de Mouhammed lui provient de ce<br />

côté, puis qu’il tranche s’il se croit capable de le faire.<br />

De deux interprétations qui sont les plus logiques, on en déduit le<br />

sens suivant: Celui qui pense que Dieu ne viendra pas au secours de<br />

Mouhammed, qu’il se donne la mort, car Dieu secourra sûrement Son<br />

Prophète. En confirmation Dieu a dit ailleurs: «Nous ferons triompher<br />

nos Prophètes et les croyants en ce monde et au jour du jugement dernier»<br />

[Coran XL, 51].<br />

En ce qui concerne le Coran, Dieu l’a fait descendre en de clairs<br />

versets qui forment un argument de Dieu à opposer les hommes. Dieu<br />

dirige qui II veut, Il interrogera les hommes sans être interrogé.<br />

1<br />

lip$> C iÉ P * k<br />

S- ' ' 'i" ^’Î'i "i , \ y S M T' ,<br />

Jr (1?^ ^ ^ • iî? Ç-t* 4 ‘“il ^ v *• jj<br />

’inna-l-ladîna ’amanû wa-l-ladîna hâdu wa-s-sâbi’îna wa-n-nasârâ wa-1-<br />

majûsa wa-l-ladîna ’asrakû ’inna-L-Lâhà yafsilu baynahum yawma-1-<br />

qiyâmati ’inna-L-Lâha ‘alâ kulli say’in sahîdun (17).<br />

Allah jugera entre les musulmans, les juifs, les sabéens, les chrétiens,<br />

les mages et les païens, au jour de la résurrection. Allah est le témoin de<br />

tous. (17).<br />

Au jour de jugement dernier, Dieu distinguera ceux qui auront cru<br />

et suivi la vérité en ce bas monde des autres. Ainsi II a énuméré ceux<br />

qui ont adopté différentes religions et dogmes: les musulmans, les<br />

juifs, les Sabéens, les chrétiens, les mages et les idolâtres. Leur cas<br />

333


sera tranché et II jugera entre eux avec équité. Les croyants seront<br />

admis au Paradis et les autres précipités en Enfer. Dans le bas monde<br />

leurs actes et paroles avaient été inscrits par l’intermédiaire de Ses<br />

anges scribes.<br />

’alam tara ’anna-L-Lâha yasjudu lahû man fî-s-samâwâti wa man fî-1-<br />

’ardi wa-s-samsu wa-l-qamaru wa-n-nujûmu wa-1-jibâlu wa-s-sajaru wa-ddawa<br />

bbu wa katîrum-mina-n-nâsi wa katîrun haqqa ‘alayhi-l-‘adâbu<br />

waman yuhini-L-Lâhu famâ lahû mim-mukrimin ’inna-L-Lâha yafalu<br />

mâ yasa’u (18).<br />

Ne vois-tu pas que tout ce qui peuple les deux et la terre, le soleil, la<br />

lune, les étoiles, les montagnes, le arbres, les animaux et une grande partie<br />

du hommes adorent Allah. D’autres ont encouru son châtiment. Ceux<br />

qu’Allah abat, personne ne pourra les relever. Allah fait ce qu’il lui plait<br />

(18).<br />

Dieu seul mérite d’être adoré en dehors de toute autre divinité, car<br />

Il n’a pas d’associé. Tout se prosterne devant lui bon gré mal gré et<br />

glorifie Sa grandeur; comme II a dit: «Ne voient-ils pas que toute la<br />

création projette son ombre dans tous les sens, tantôt à droite tantôt à<br />

gauche, en signe d’adoration et d’humilité» [Coran XVI, 48]. Les anges<br />

qui se trouvent dans les deux et toutes les créatures soient-elles des<br />

hommes, des bêtes d’oiseaux et toutes choses glorifient ses louanges.<br />

Il a aussi mentionné le soleil, la lune et les étoiles parce qu’ils ont été<br />

adorés en dehors de Lui. Même ceux-ci sont soumis à Ses ordres et<br />

se prosternent devant Lui. «N’adorez ni le soleil ni la lune. Mais adorez<br />

Allah, leur créateur, si vous avez la foi» [Coran XLI, 37].<br />

Il est cité dans les deux Sahihs que Abou Dzarr a rapporté: «Le<br />

Messager de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - m’a demandé:<br />

«Sais-tu où le soleil s’en va quand il disparait?» - Dieu et Son<br />

334


Messager sont les plus savants, répondis-je. Il répliqua: «Il s’en va<br />

pour se prosterner au-dessous du Trône après la demande de<br />

l’autorisation de le faire. Il se peut qu’on lui dise: «Retourne d’où tu<br />

t’es levé».<br />

Dans le hadith concernant l’éclipse, le Messager de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: «Le soleil et la lune sont deux<br />

créations de Dieu. Aussi bien le soleil que la lune ne s’éclipsent pas pour la<br />

mort de quelqu’un ni pour sa naissance. Mais lorsque Dieu -à Lui la<br />

puissance et la gloire- apparait à l ’une de Ses créatures, celle-ci se<br />

prosterne et s ’humilie devant lui» (Rapporté par Ahmed, Abou Daoud,<br />

Nassaïet Ibn Maja)(1).<br />

Abou AI-'Alya a dit: «Les étoiles, le soleil et la lune se prosternent<br />

devant Dieu quand ils disparaissent, puis on leur accorde l’autorisation<br />

d’apparaitre de nouveau et alors ils prennent la direction qu’on leur<br />

trace pour se lever. Quant aux montagnes et aux arbres, leur<br />

prosternation se manfieste lorsque leurs ombres s’allongent à droite et<br />

à gauche».<br />

Ibn Abbas raconte qu’un homme dit: «O Messager de Dieu, je me<br />

suis vu cette nuit prier derrière un arbre. En me prosternant, il s’est<br />

prosterné avec moi et je l’ai entendu dire: «Grand Dieu, inscris pour<br />

moi une bonne action pour prix de cette prosternation, efface un de<br />

mes péchés, fais qu’elle me soit une provision et accepte-la de ma<br />

part comme tu l’as acceptée de Ton serviteur David». Ibn Abbas<br />

continua et dit: «Le Message de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue -<br />

se leva alors, récita un verset qui exige une prosternation, et je<br />

l’entendis répéter les mêmes propos de l’arbre, tels comme l’homme<br />

vient de dire».<br />

«Une grande partie des hommes adorent Allah» et se prosternent<br />

devant Lui en priant. «D’autres ont encouru son châtiment» C’est à dire<br />

ceux qui ont mécru et l’ont renié, par orgueil et obstination. Il n’y a<br />

^U)ll *?r^>-1) aâJL>- ¿j* 1^1J *1)1<br />

335


personne pour honorer celui que Dieu humilie.<br />

Ibn Abi Hatem raconte: «On a informé Ali Ben Abi Taleb qu’un<br />

homme discute de la volonté de Dieu. Il lui dit:<br />

- O serviteur de Dieu, Dieu t’a-t-il créé comme II a voulu ou bien<br />

comme tu l’as voulu?.<br />

- Certes comme Dieu l’a voulu.<br />

- Il t’inflige une maladie quelconque comme II veut ou comme tu le<br />

veux toi-même?.<br />

- Comme II veut.<br />

- Il t’en guérit comme II veut ou comme tu le veux?.<br />

- Comme II le veut.<br />

- Il décidera de ton sort comme tu le voudras ou bien comme II le<br />

voudra.<br />

- Comme II le voudra.<br />

Et Ali de conclure: Par Dieu, si tu avais répondu autrement, je<br />

t’aurais enfoncé le sabre dans ton visage.<br />

Abou Houraira rapporte que le Messager de Dieu a dit: «Lorsque le<br />

fils d ’Adam récite - ou lit- un verset qui exige une prosternation et se<br />

prosterne à la suite, le démon s ’éloigne en s ’écriant: «Malheur à moi! Le<br />

fils d’Adam est ordonné de se prosterner, il le fait et mérite pour cela le<br />

Paradis. Quant à moi j ’ai été ordonné de me prosterner mais j ’ai refusé, je<br />

serai voué à l'Enfer» (Rapporté par Mouslim)(1).<br />

(1) ttjli Cj*’<br />

C~jI» Jjj«—Jb Oy\j


hâdâni hasmâni-htasamû fî rabbihim fa-l-ladîna kafarû quti‘at lahum t<br />

iyâbum min nârin yusabbu min fawqi ru’ûsihimu-l-h amîmu (19) yusharu<br />

bihî mâfî butûnihim wa-l-julûdu (20) wa lahum maqâmi‘u min hadîdin<br />

(21) kullama ’arâdïï ’ay-yahrujû minhâ min gammin ’u‘îdu fîhâ wa dûqû<br />

‘adâba-l-hariqi (22).<br />

Deux personnes discntement au sujet de leur Seigneur. Les infidèles<br />

recevront des vêtements de feu et de l’eau bouillante sera versée sur leur<br />

tête, (19) qui mettra à vif leurs entrailles et leur peau. (20). Ils seront<br />

bâtonnés avec des massues de fer.» (21) Toutes les fois qu’ils voudront<br />

sortir de ces lieux de douleur, on les y fera rentrer et ils purgeront la peine<br />

du feu. (22).<br />

Plusieurs commentaires ont été donnés à propos des deux<br />

adversaires qui se disputaient au sujet de leur Seigneur: Il s’agit:<br />

- De Hamza et de ses deux compagnons et de ‘Otba et de ses<br />

deux compagnons, le jour où ils sortirent des rangs à la bataille de<br />

Badr, d’après Al-Boukhari.<br />

- Selon Qatada: Les musulmans et les gens du Livre menèrent<br />

une discussion. Ces derniers dirent: «Nos Prophètes sont venus avant<br />

le vôtre, nos livres sont révélés avant le vôtre, donc nous serons plus<br />

proches que vous auprès de notre Seigneur.» Les musulmans<br />

répondirent: «Notre Livre abroge tous les autres Livres et notre<br />

Prophète est le dernier. Donc nous serons les plus rapprochés de<br />

Dieu» Dieu a donné la victoire à l’Islam sur toutes les autres religions.<br />

Ce verset fut révélé à cette occasion.<br />

- Moujahed a avancé: ce sont le fidèle et l’impie qui se disputent<br />

au sujet de la résurrection.<br />

- D’après ‘Ikrima, il s’agit du Paradis et de l’Enfer. ce dernier<br />

demande au Seigneur: «Fais de moi un instrument de châtiment». Le<br />

Paradis implore: «Fais de moi une miséricorde».<br />

Mais il s’avère que l’interprétation d’Ibn Jarir, qui est soutenue par


Fauteur de cet ouvrage, est la plus correcte. Il a dit: «Ceci concerne<br />

ceux qui ont pris part à la bataille et les autres croyants qui veulent<br />

faire triompher l’Islam, la religion de Dieu, tandis que les infidèles<br />

cherchent à éteindre la lumière de la foi, faire échec à la vérité et<br />

répandre l’erreur.<br />

«Les infidèles recevront des vêtement de feu» ou du cuivre qui<br />

conserve la plus grande chaleur, comme a dit Ibn Joubaïr, «et de l’eau<br />

bouillante sera versée sur leur tête» qui brûlera leurs entrailles et leur<br />

peau.<br />

A ce propos, le Messager de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue<br />

-, rapporte Abou Houraira, a dit: «L’eau bouillante sera versée sur<br />

leurs têtes et atteindra leurs entrailles, videra leurs ventres pour arriver<br />

aux pieds». Suivant une autre version: «L’ange frappera l’infidèle à la<br />

tête avec une massue de fer, il videra la tête puis y versera l’eau<br />

bouillante ou le cuivre fondu pour arriver au ventre».<br />

«Ils seront bâtonnées avec des masues en fer» A ce propos, le<br />

Messager de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: «Si une<br />

massue avait été déposée sur la terre et que les deux charges - les<br />

hum ains et les génies, se réunissa ie nt pour la so uleve r ils<br />

n’arriveraient plus à le faire» (Rapporté par Ahmed d’après Abou SaHd<br />

Al-Khodri).<br />

L’imam Ahmed rapporte aussi d’après Abou Sa'id Al-Khodri, que<br />

le Messager de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: «Si une<br />

montagne était frappée avec une massue de fer elle serait pulvérisée et<br />

reviendrait comme elle était auparavant. Et si un seau de l’eau fétide était<br />

versée sur la terre elle souillerait tous ses habitants» (Rapporté par<br />

Ahmed)(I>.<br />

«Toutes les fois qu’ils voudront sortir de ces lieux de douleur, on les y<br />

fera rentrer» Salman l’a commenté en disant que l’Enfer est noir et<br />

.«Luil<br />

338


obscur même ses braises ne donnent aucune lueur. Et d’après Zaïd<br />

Ben Aslam, les damnés de l’Enfer y seront suffoqués sans pouvoir<br />

resp ire r. Q uant à A l-F adil Ben Ayad, il a dit: «Par Dieu ils<br />

n’espéreraient plus en sortir car leurs pieds seraient attachés et leurs<br />

mains ligotés, mais les flammes les soulèveraient et les massues les y<br />

rendraient».<br />

«et ils purgeront la peine du feu» comme Dieu l’affirme en disant:<br />

«On leur dira: «Subissez le supplice du feu que vous avez nié jadis» [Coran<br />

XXXII, 20],<br />

’inna-L-Lâha yudhilu-l-ladîna ’amanû wa ‘amilû-s-sâlihati jannâtin tajrî<br />

min tahtiha-l-’anhâru yuhallawna fîhâ min ’asawira min dahabin wa<br />

lu’lu’an wa libâsuhum fîhâ harîrun (23) wa hudïï ’ilâ-t-tayyibi mina-1-<br />

qawli wa hudiî ’ilâ sirâti-l-hamîdi (24).<br />

Allah réserve à ceux qui croient et pratiquent les bonnes œuvres des<br />

jardins arrosés d’eau vive. Ils seront ornés de parures d’or et de perles;<br />

leurs vêtements seront de soie. (23) Allah les initiera à la bonne parole et<br />

les mettra dans le chemin de la vraie gloire» (24).<br />

Ceux qui auront cru et ceux qui auront accompli les œuvres<br />

bonnes, Dieu les introduira dans des jardins où coulent des ruisseaux<br />

dans leurs côtés et leurs différentes régions, et les bienheureux du<br />

Paradis les feront couler là où ils voudront.<br />

«Ils seront ornés de parures d’or et de perles» en portant des<br />

bracelets d’or et de pertes. Le Messager de Dieu - qu’Allah le bénisse<br />

et le salue - a dit à ce propos: «La parure du croyant atteindra les<br />

parties qui sont touchées par les ablutions». Si les impies porteront<br />

des vêtements de feu, par contre, les vêtements des fidèles seront de<br />

satin et de brocart. A ce propos, le Messager de Dieu - qu’Allah le<br />

bénisse et le salue - a dit: «Ne portez pas des habits faits de soie ou<br />

339


de brocart, car celui qui les porte dans le bas monde ne les portera!<br />

pas dans l’autre».<br />

'<br />

«Allah les initiera à la bonne parole» Tout comme II a dit ailleurs:<br />

«Les anges accourront à leur rencontre de tous côtés. «Que le salut soit<br />

pour vous», c’est le prix de votre patience. Quelle belle demeure que le<br />

ciel» [Coran XIII, 23-24] et: «Ils n’entendront ni propos futiles ni propos<br />

obscènes. Seuls retentiront les mots: «Paix!Paix!» [Coran LVI, 25-26] Ils<br />

seront donc conduits vers des lieux où ils n’entendront que les bonnes<br />

paroles. Ils seront accueillis par les saluts, et dirigés dans le chemin de<br />

celui qui est digne de louanges. Il est dit dans un hadith: «On leur<br />

inspirera les louanges et les glorifications tout comme on leur<br />

accordera la respiration».<br />

D’autres l’ont interprété en disant qu’ils seront initiés au Coran et à<br />

répéter: Il n’y a d’autre divinité que Dieu.<br />

’inna-l-ladîna kafarû wa yasuddûna ‘an sabîli-L-Lâhi wa-l-masjidi-1-<br />

harâmi-l-ladî ja‘alnâhu li-n-nâsi sawa ’ani-l-‘âkifu fîhi wa-l-bâdi wa ma-yyurid<br />

fîhi bi ’ilhâdim-bizulmin-nudiqhu min ‘adâbin ’alîmin (25).<br />

Ceux qui nient nos signes et écartent leurs semblables de la voie<br />

d’Allah et du Temple sacré que nous avons créé à l’usage de tous, gens de<br />

la campagne comme gens de la ville, ceux qui tentent d’imposer un schisme<br />

par violence, ceux-là nous leur ferons subir un châtiment terrible. (25).<br />

Dieu réprouve l’agir des incrédules qui empêchaient les fidèles<br />

pour accéder à la mosquée sacrée et y accom plir leurs rites<br />

d’adoration, et qui avaient plus de droit d’y être. Dieu avait établi ce<br />

Temple pour tous les hommes soient-ils les résidents (à la Mecque) ou<br />

les autres qui habitent d’autres régions, ainsi que «les gens de la<br />

campagne comme les gens de la ville».<br />

On a rapporté qu’il y a eu une polémique entre Chafé'i et Ishaq<br />

340


Ben Rahaweih au sujet de la mosquée «Al-Khaïf» en présence de<br />

l’imam Ahmed. Ce dernier donna son avis et dit qu’il est permis de<br />

posséder les demeures à La Mecque comme on peut les laisser en<br />

héritage ou les louer, en tirant argument du hadith rapporté par<br />

Oussama Ben Zaïd qui a demandé: «O Messager de Dieu, Vas-tu<br />

descendre demain à ta demeure à La Mecque?» Il lui rpéondit: «‘Akil,<br />

nous a-t-il laissé une quelconque?» Puis il ajouta: «L’impie n’hérite pas<br />

d’un musulman, ni un musulman n’hérite d’un impie» (A savoir qu'Akil,<br />

le frère de Ali Ben Abi Taleb et le cousin du Prophète était un impie à<br />

cette époque).<br />

On a rapporté également qu’Omar Ben Al-Khattab avait acheté<br />

une maison de Safuan Ben Oumayya à quatre mille dirhams pour en<br />

faire une prison.<br />

Quant à Abdullah Ben ‘Amr, il a avancé «Il n’est plus permis de<br />

vendre les demeures de La Mecque ni les louer». Et ‘Ata1a dit: «Il<br />

n’est plus permis à louer les demeures dans l’enceinte sacrée à La<br />

Mecque».<br />

Omar Ben Al-Khattab, de sa part, a dit: «O Mecquois! Ne fermez<br />

pas les portes de vos demeures devant les gens de campagne, qu’ils<br />

descendent là où ils veulent».<br />

Abdullah Ben ‘Amr a dit en remontant ce hadith au Prophète -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue -: «Quiconque mange de la location<br />

d’une demeure à La Mecque, c’est comme il s’est nourri du feu».<br />

Enfin l’imam Ahmed, pour conclure, a dit: «Les demeures à La<br />

Mecque peuvent être des propriétés privées et laissées en héritage<br />

mais il n’est plus permis de les louer».<br />

«Ceux qui tentent d’imposer un schisme par violence» ou selon une<br />

autre traduction: «A quiconque veut la profaner par perversité», ce<br />

verset était le sujet de plusieurs interprétations:<br />

- Celui qui médite y commettre un grand péché.<br />

- Celui qui veut y adorer un autre que Dieu, d’après Moujahed.<br />

- Celui qui se permet d’y commettre ce que Dieu a interdit comme:<br />

nuisance, injustice, meurtre etc..., selon Ibn Abbas, celui-là mérite le<br />

341


châtiment le plus douloureux.<br />

- Celui qui veut commettre un mal quelconque, d’après Moujahed -<br />

un autre vis-, en profanant le caractère sacré de l’enceinte, même en<br />

le méditant sans l’exécuter.<br />

- Enfin Ibn Mass'oud est allé plus loin en disant: «Celui qui médite<br />

d’y accomplir une mauvaise action qui passera à son actif, même si un<br />

fîomme se trouvant à Aden aura l’intention de tuer un homme dans<br />

l’enceinte (sans exécuter ce meurtre), Dieu le fera goûter le plus dur<br />

châtiment.<br />

Ibn Abbas rapporte que le Messager de Dieu - qu’Allah le bénisse<br />

et le salue - avait chargé Abdullah Ben Ounays d’une mission avec<br />

deux autres, l’un des Emigrés et l’autre des Ansars (Médinois). Ces<br />

deux-là, vantaient leur généalogie. Abdullah s’irrita contre l’Ansarien et<br />

le tua puis se réfugia dans l’enceinte sacrée et apostasia. Ce verset fut<br />

descendu à cette occasion. «Ceux qui tentent d’imposer un schisme par<br />

violence», en d’autre terme, ceux qui se réfugient dans l’enceinte après<br />

apostasie.<br />

Nous avons dans l’histoire une preuve évidente surtout quand les<br />

hommes de l’Eléphant ont voulu détruire la Ka'ba, Dieu envoya contre<br />

eux des bandes d’oiseaux qui leur lançaient des pierres d’argile qui les<br />

ont exterminés.<br />

Dans un hadith authentique, le Messager de Dieu - qu’Allah le<br />

bénisse et le salue - a dit: «Une armée attaquera la Ka'ba. Lorsque ces<br />

soldats seront dans une région désertique, ils seront engloutis par la terre<br />

du premier au dernier» (Rapporté par Boukhari)(I).<br />

o'jj)<br />

p-ilA<br />

342


^5^


que Abraham demanda: «Seigneur, comment pourrais-je convier les<br />

gens alors que ma voix ne leur parvienne pas». Il lui répondit:<br />

«Appelle-les et c’est à nous de la leur transmettre». Abraham se tint<br />

alors dans sa station -ou suivant une variante sur la pierre, ou sur le<br />

mont As-Safa, ou sur le mont Abou Qabis- et s’écria: «Hommes! Votre<br />

Seigneur s’est pris une Maison, venez-y lui rendre visite». On a dit<br />

qu’à ce moment-là, les montagnes s’abaissèrent et laissèrent cette<br />

voix parvenir à tous les hommes même à ceux qui se trouvaient dans<br />

les reins des pères et les utérus des mères. Toute chose l’a entendu<br />

et ceux que Dieu avait décidé qu’ils feraient le Pèlerinage jusqu’au jour<br />

de la résurrection en répétant la talbia: «Nous voilà répondre à Ton<br />

Appel Grand Dieu» Voilà ce qu’ont avancé Ibn Abbas, Moujahed,<br />

Ikrima, Ibn Joubayr et d’autres.<br />

«Qu’ils viennet à pied ou sur leurs montures» Ce verset a suscité<br />

l’idée chez quelques ulémas que venir en pèlerinage à pied, à celui qui<br />

pourrait le faire, vaut mieux que de venir monté ou par d’autres<br />

moyens, car le verset à cité d’abord ceux qui viennent à pied puis les<br />

autres. Ceci porta Ibn Abbas à dire: «Ce qui m’a chagriné, en vérité,<br />

c’est que je n’ai pas pu faire le pèlerinage à pied tant je l’ai souhaité».<br />

Nombre d’ulémas ont jugé que venir sur une monture serait une<br />

imitation du Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - du moment<br />

qu’il avait la force d’y venir à pied.<br />

«Qu’ils y accourent de tous les points de l’univers» ou suivant une<br />

autre traduction: «Ils viendront par des chemins encaissés et des pays<br />

lointains.» En vérité tout croyant musulman où qu’il se trouve devra<br />

venir visiter la Ka'ba et faire les circumambulations autour d’elle.<br />

1-liyashadû manâfi‘a lahum wa yad kurû-s-ma-L-Lâhi fi" ’ayyâmimma‘lûmâtin<br />

‘alâ mâ razaqahum mim bahîmati-l-’an‘âmi fakulû minhâ wa<br />

344


,a t‘imû-l-ba‘,isa-l-faqîra (28) tumma-l-yaqdû tafatahum wa-l-yûfû nud<br />

ûrahum wa-l-yattawwafû bil-bayti-l-‘atîqi (29).<br />

Qu’ils participent aux bienfaits du pèlerinage et qu’ils mentionnent le<br />

nom d’Allah, en ces jours solennels, pour le remercier d’avoir mis à leur<br />

disposition la viande des troupeaux. Mangez de cette viande et donnez-en<br />

aux pauvres. (28) Qu’ils donnent leurs soins au corps, qu’ils accomplissent<br />

leurs vœux et qu’ils fassent le tour du Temple originel. (29).<br />

Quels sont ces bienfaits? Et ibn Abbas de les préciser: la<br />

satisfaction de Dieu dans l’autre monde, et dans la vie présente des<br />

avantages pour leurs corps, les offrandes et le commerce, comme<br />

Dieu l’a mentionné dans ce verset: «Il ne vous est pas interdit de faire du<br />

négoce pendant le pèlerinage» [Coran II, 198],<br />

«Qu’ils mentionnent le nom d’Allah, en ces jours solennels, pour le<br />

remercier d’avoir mis à leur disposition la viande des troupeaux». Ibn<br />

Abbas a dit: Les jours solennels sont les dix premiers jours du mois<br />

Zoul-Hijja, une opinion qui est soutenue aussi par Chafé'i et Ahmed<br />

Ben Hanbal.<br />

Al-Boukhari a rapporté, d’apès Ibn Abbas, que le Prophète -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: «Aucune pratique cultuelle n’est<br />

plus méritoire plus que celle effectuée durant ces dix jours» On demanda:<br />

«Même le combat dans le sentier de Dieu?» Il affirma: «Même le combat<br />

dans le combat dans le sentier de Dieu à moins qu’un homme ne sorte pour<br />

combattre en sacrifiant âme et biens, et sera tué en perdant tout»(1K<br />

Al-Boukhari a rapporté aussi qu’lbn Omar et Abou Houraïra se<br />

rendaient au marché durant ces dix jours et faisaient de même.<br />

Jaber, de sa part, en remontant ces propos au Prophète - qu’Allah<br />

le bénisse et le salue -, a dit que ces dix jours sont ceux par lesquels<br />

Dieu a juré en disant: «J’en jure par l’aurore, par les dix nuits» [Coran<br />

(1) J-jJI U» :JU 3|§ ,^-JI jf-(j-Lo ¿\ jfpr¿y. >*5«—¿j*<br />

^ (Jîî** Vjl :Jli (Jar- ^ I4U<br />

. 4. - a'.j<br />

345


LXXXIX, 1-2].<br />

Dans les Sunan d’Abi Daoud, il est cité que le Messager de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue - jeûnait ces dix jours qui comprennent<br />

le jour de ‘Arafa. En lui demandant au sujet du jeûne du jour de ‘Arafa,<br />

il répondit: «Je le jeûne avec foi et espérant que Dieu m’efface les<br />

fautes commises en cette année et celle à venir».<br />

Le dernier de ces dix jours est le jour du sacrifice et le jour du<br />

pèlerinage solennel. D’après les différents hadiths ce jour est le<br />

meilleur au regard de Dieu comme ils sont ces dix jours par rapport à<br />

toute l’année. Ils sont meilleurs aussi que les dix derniers jours du<br />

mois de Ramadan, car durant ce mois des prescriptions sont imposées<br />

telles que: la prière, le jeûne, l’aumône légale (Zakat) et toutes autres<br />

œuvres de charité, tandis que les dix jours en question sont consacrés<br />

au pèlerinage».<br />

- Une deuxième opinion avancée par Ibn Abbas qui dit que ces<br />

jours solennels sont: le jour de sacrifice et les trois autres qui<br />

s’ensuivent.<br />

- Selon l’imam Malek Ben Anas, et c’est la troisième opinion,<br />

d’après les dires de ‘Ibn Omar: Les jours solennels sont au nombre de<br />

trois, celui du sacrifice et les deux qui s’ensuivent; et les jours fixés (-<br />

d’après le verset n:203 de la sourate de la vache: «Glorifiez Allah<br />

pendant les jours fixés» sont ceux qui suivent le jour du sacrifice.<br />

- Enfin la quatrième, d’après Abou Hanifa, stipule que ces jours<br />

sont: celui de ‘Arafa, celui du sacrifice et un troisième qui s’ensuit.<br />

«Mangez de cette viande et donnez-en aux pauvres» Un verset qui<br />

constitue une autorisation à manger de la viande des offrandes, en<br />

tirant argument du faire du Messager de Dieu - qu’Allah le bénisse et<br />

le salue - qui, après avoir sacrifié son offrande, a ordonné d’en prendre<br />

une partie de la viande pour la cuire et en faire une sauce. D’autres<br />

ont laissé le choix aux pèlerins de manger de cette viande ou de<br />

s’abstenir.<br />

Quant aux pauvres cités dans le verset, il s’agit du nécessiteux et<br />

besogneux qui ne quémandent pas.<br />

346


«Qu’ils donnent leurs soins au corps» ou suivant une autre<br />

traduction: «Qu’ils mettent ensuite fin à leurs interdits». Il s’agit de la<br />

désacralisation, de se raser la tête, de porter des habits ordinaires, de<br />

se rogner les onlges et autres choses.<br />

«Qu’ils accomplissent leurs vœux» en s’en acquittant de ce qu’ils ont<br />

fait comme vœux tels que la présentation des offrandes et des rites<br />

qui accompagnent en général un pèlerinage accompli avec piété.<br />

«Et qu’ils fassent le tour du Temple originel» D’après Moujahed,<br />

c’est la circumambulation obligatoire le jour du sacrifice. Quant à Ibn<br />

Abbas, il a dit qu’il s’agit des derniers rites du pèlerinage qui consistent<br />

à faire les tournées processionnelles autour de la Ka'ba.<br />

L’auteur de cet ouvrage a conclu: «Il faut adopter le faire du<br />

Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - qui, en retournant à Mina le<br />

jour du sacrifice, a commencé par le jet des cailloux (au nombre de<br />

sept), puis a égorgé son offrande, puis s’est rasé la tête, ensuite il a<br />

dévalé et a fait la circumambulation autour de la Maison. Il a ordonné,<br />

d’apès un hadith cité dans les deux Sahih, que la circumambulation<br />

soit le dernier rite en permettant à la femme qui sera dans ses<br />

menstrues à s’en abstenir.<br />

Le Temple originel, ou l’antique Maison, a été appelé ainsi parce<br />

qu’aucun tyran n’a pu le conquéir, ou suivant une interprétation d'AI-<br />

Hassan Al-Basri, parce qu’il a été le premier Temple qui fut élevé sur<br />

terre.<br />

•if * »> £<br />

dâlika wa man yu‘azzim hurumâti-L-Lâhi fahuwa hayru-l-lahû ‘inda<br />

rabbihî wa ’uhillat lakumu-l-’an‘âmu ’illâ mâ yutlâ ‘alaykum fajtanibû-r-<br />

347


ijsa mina-l-’awtâni wa-jtanibû qawla-z-zûri (30) hunafa ’a lil-L-Lâhi<br />

gayra musrikîna bihî wa may-ysrik bi-L-Lâhi faka’annamâ harra mina-ssam<br />

a’i fatahafuhu-t-tayru ’aw tahwi bihi-r-rîhu fî makânin safaîqin (31).<br />

Oui, faites ainsi. Celui qui vénérera les institutions d’Allah en sera<br />

récompensé. La consommation de la viande est permise en dehors des<br />

défenses qui ont déjà été édictées. Evitez la souillure des idoles, évitez de<br />

commettre des faux. (30) Soyez droits. N’associez personne à Allah. Celui<br />

qui donne des associés à Allah est comme quelqu’un qui est précipité des<br />

nues. Les oiseaux de proie se le disputent à coup de griffes ou bien le vent<br />

l’emporte dans des contrées perdues. (31).<br />

Tels sont les rites que Dieu a ordonné pour être accomplis et<br />

mériter par contre la plus belle récompense. Celui qui aura respecté<br />

tout ce que Dieu a déclaré sacré, en s’abstenant des interdits, aura<br />

acquis un grand bien auprès de Dieu. Moujahed a avancé que ces<br />

choses sacrées sont: La Mecque, le pèlerinage et la visite pieuse<br />

(‘oumra).<br />

«La consommation de la viande est permise en dehors des défenses qui<br />

ont déjà été édictées» C’est à dire, après l’accomplissement de ces rites,<br />

il est permis de consommer toutes les viandes sauf celles qui sont<br />

frappées par une interdiction telles que la bête morte, le sang et le<br />

porc, et tout ce qui est immolé au nom d’un autre que Dieu et les<br />

autres d’après le verset...<br />

«Evitez la souillure des idoles, évitez de commettre de faux» Dieu<br />

dans ce verset a joint l’idolâtrie aux paroles mensongères, comme II l’a<br />

montré clairem ent dans ce verset: «Dis: Mon Seigneur interdit de<br />

commettre les mauvaises actions apparentes ou cachées. Il interdit le mal et<br />

toute violence injuste. Il interdit qu’on Lui associe des divinités qu’il n’a<br />

pas Lui-même accréditées. Il interdit qu’on parle de Lui sans connaissance»<br />

[Coran VII, 33]. A ce propos Abou Bakra rapporte que le Messager de<br />

Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - a dit à ses compagnons: «Vous<br />

dirai-je quels sont les grands péchés» - Si, ô Envoyé de Dieu, répondit- on.<br />

Il reprit: «Ce sont le polythéisme, la désobéissance aux pères et mères- il<br />

s’assit après s’être accoudé -et dit: «Les paroles mensongères et le faux<br />

témoignage». Il ne cessa de les répéter au point où nous dîmes: «Si<br />

348


seulement il se tait». (Rapporté par Boukhari et Mouslim)(I).<br />

Dans une version de Khouraïm Ben Fatek Al-Assadi, le Prophète -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue -, après avoir accompli la prière de<br />

l’aurore, se tint debout parmi les prieurs et dit: «Or le faux témoignage<br />

équivaut -en gravité- au polythéisme».<br />

Les hommes sont donc tenus d’éviter la souillure des idoles, de<br />

proférer des paroles fausses et d’être de vrais croyants en Dieu en Lui<br />

vouant un culte pur et sincère et évitant toute déviation de la vérité.<br />

Puis Dieu propose l'exemple de l’infidèle dans son égarement et le<br />

compare à quelqu’un qui est tombé du ciel, un oiseau de proie le saisit<br />

alors et l’emporte, ou le vent le précipite d’en haut à l’en pulvériser.<br />

Dans le hadith rapporté par Al-Bara' il est dit: «Quand l’incrédule<br />

meurt, les anges emportent son âme au ciel mais ses portes ne lui<br />

seront plus ouvertes, et son âme sera précipité d’en haut, puis il récita<br />

ce verset».<br />

dâlika wa may-yu‘azzim sa‘a ’ira-L-Lâhi fa’innahâ min taqwa-l-qulûbi<br />

(32) lakum fîhâ manâfTu ’ilâ ’ajalim musamman tumma mahilluha ’ilâ-lbayti-l-‘atîqi<br />

(33).<br />

Ainsi en est-il. Vénérer les œuvres d’Allah est un signe de piété. (32)<br />

Vous utilisez les animaux jusqu’au jour où ils sont conduits en offrande au<br />

Temple originel (33).<br />

Quiconque exalte les emblèmes de Dieu en se conformant à Ses<br />

prescriptions, c’est en effet de la piété des cœurs. Ainsi présenter des<br />

bêtes victimes qui soient grasses et exemptes de tout défaut, comme<br />

349


a dit Ibn Abbas, relève du respect des choses que Dieu a voulues<br />

qu’elles soient sacrées. Le Messager de Dieu - qu’Allah le bénisse et<br />

le salue comme Boukhari a rapporté, avait sacrifié deux béliers gros<br />

et cornus pour donner l’exemple aux autres.<br />

On peut déduire de tout cela qu’il n’est plus acceptable de<br />

présenter comme offrandes des bêtes qui ne soient pas indemnes.<br />

D’ailleurs, le Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - a dit à cet<br />

égard: «Il n’est plus permis de présenter comme sacrifices ces quatres<br />

animaux: le borgne, le malade dont sa maladie est constatée, le<br />

boiteux et celui dont un os est brisé sans qu’il n’en puisse guérir».<br />

Ces défauts font décroître la viande et rendent les animauxvictimes<br />

incapables de brouter l’herbe nécessaire étant donné que les<br />

bergers en les menant au pâturage, ne peuvent accompagner le<br />

troupeau.<br />

Des choses sacrées de Dieu, Ibn Abbas a mentionné les animaux<br />

sacrifiés, tandis que Mouhammed Ben Abou Moussa y a ajouté les<br />

stations à Arafa et Mouzdalifa, le jet des cailloux et le rasage de la<br />

tête.<br />

«Vous utilisez les animaux...» C'est à dire on peut tirer profit de ces<br />

bêtes destinées à être sacrifiées jusqu’au jour du sacrifice, de leur lait,<br />

leurs poils, leurs laines et comme montures.<br />

A ce propos, Anas rapporte que le Prophète - qu’Allah le bénisse<br />

et le salue - a vu un homme qui conduisait une chamelle (comme<br />

sacrifice). Il lui demanda: «Pourquoi tu ne la montes pas?» Et l’homme<br />

de répondre: «Elle est destinée au sacrifice». - Malheur à toi, reprit le<br />

Prophète, monte- la en lui répétant cela deux ou trois fois.<br />

On a rapporté ausi que ‘Ali vit un homme mener une chamelle et<br />

son petit en sacrifice. Il lui dit: «Ne bois de son lait que ce qui en reste<br />

de la nourriture du petit. Le jour du sacrifice égorge et la chamelle et le<br />

petit».<br />

«... où ils sont conduits en offrande au Temple originel» Cela signifie<br />

que le lieu de l’immolation est la Ka'ba l’antique Maison, comme Dieu<br />

l’a montré ailleurs: «... et avaient empêché vos offrandes d’atteindre l’autel<br />

du sacrifice» [Coran XLVIII, 25],<br />

350


wa likulli ’ummatin ja‘alnâ mansaka-l-liyadkurû-sma-L-Lâhi ‘alâ mâ<br />

razaqahum mim bahîmati-l-’an‘âmi fa’ilâhukum ’ilâhun wâhidun falahïï<br />

’aslimû wa bassiri-l-muhbitîna (34) 1-ladîna ’idâ dukira-L-Lâhu wajilat<br />

qulûbuhum wa-s-sâbirîna ‘alâ m a',asâbahum wa-l-muqîmî-s-salâti wa<br />

mimmâ razaqnâhum yunfiqûna (35).<br />

Nous avons institué pour chaque nation un mode d’offrande pour<br />

qu’elle ait l’occasion de remercier Allah de l’avoir pourvue d’animaux.<br />

Votre Allah est un Allah unique. Soumettez-vous à Lui. Annoncez la bonne<br />

nouvelle aux humbles. (34) Les humbles dont les cœurs tressaillent quand ils<br />

entendent le nom d’Allah, qui supportent leurs maux avec patience, sont<br />

assidus à la prière et font l’aumône sur ce que nous leur distribuons. (35).<br />

Egorger les bêtes offrandes et verser leur sang au nom de Dieu,<br />

est un acte permis dans toutes les religions. Il est rapporté dans les<br />

deux Sahih, d’après Anas, qu’on a amené deux moutons bigarrés au<br />

Message de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue -. Il mentionna le<br />

nom de Dieu, prononça le tekbir, et mit son pied sur leur joue et les<br />

égorgea.<br />

L’imam Ahmed rapporte d’après Zaïd Ben Arqam qu’on demanda:<br />

«O Messager de Dieu, que signifient ces sacrifices?» Il répondit: «-<br />

C’est la sunna (tradition) de votre père Abraham». On répliqua: «Qu’en<br />

obtiendrons-nous?» Il rétorqua: «Une bonne action contre chaque<br />

poil?» - Et qu’en est-il de la laine?» - Aussi pour chaque poil de laine<br />

une bonne action».<br />

«Votre Allah est un Allah unique» Certes il n’existe qu’un seul Dieu<br />

qui doit être adoré suivant les lois de toutes les religions bien que<br />

certaines furent abrogées. Tout le monde est appelé à Son adoration<br />

sans rien Lui associer, tel est l’ordre divin. Dieu a dit: «Il n’est pas de<br />

351


Prophètes qui t’aient précédé à qui nous n’ayons révélé qu’il n’y a d’autre<br />

Allah que Moi. Adorez-Moi» [Coran XXI, 25].<br />

Soumettez-vous à Lui et vouez-Lui un culte pur en observant Ses<br />

enseignements. Annoncez la bonne nouvelle aux humbles qui<br />

criagnent Dieu, ceux dont les cœurs frémissent lorsque le nom de Dieu<br />

est mentionné, ceux qui se montrent patients quand un malheur<br />

quelconque les frappe, ceux qui observent les prières en s ’en<br />

acquittant à leurs moments fixés, ceux qui dépensent en aumône de<br />

ce que Dieu leur a accordé et ceux qui se comportent convenablement<br />

envers les autres en respectant les limites de Dieu.<br />

wa-l-budna ja‘alnâhâ lakum min sa’a ’iri-L-Lâhi lakum fîhâ hayrun fa-dkurû-sma-L-Lâhi<br />

‘alayhâ sawâffa fa’idâ wajabat junûbuhâ fakulû minhâ<br />

wa ’at‘imû-l-qâni‘a wa-l-mu‘tarra kadâlika sahharnâhâ lakum la‘allakum<br />

taskurûna (36).<br />

Nous avons compté les chameaux destinés au sacrifice parmi les choses<br />

sacrées. C’est là une décision heureuse. Prononcez le nom d’Allah sur ceux<br />

qui sont prêts à être sacrifiés. Quand ils sont abattus, nourrissez-vous de<br />

leur chair et distribuez-en aux humbles et aux nécessiteux. C’est dans ce<br />

but que nous vous les avons soumis. Montrez-vous reconnaissants (36).<br />

Dieu rappelle à Ses serviteurs qu’il a fait des bêtes (litt. les<br />

chameaux) destinées à être sacrifiées parmi les choses sacrées qu’on<br />

présente comme offrande auprès de la Maison Sacrée. A savoir,<br />

comme il a été dit dans un hadith, qu’une chamelle ou une vache peut<br />

être présentée au nom de sept personnes.<br />

«C’est là une décision heureuse» et il y en a là un bien pour les<br />

hommes qui leur procurera le bonheur dans les deux mondes. Aicha a<br />

rapporté que le Messager de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - a<br />

dit: «Le fils d’Adam ne fait au jour du sacrifice une œuvre plus aimée de<br />

352


Dieu que le versement du sang (de son offrande). Cette bête viendra au<br />

jour de la résurrection avec ses cornes, ses sabots fendus et ses poils, (-<br />

comme de bonnes actions), son sang, avant d’être répandu sur la terre,<br />

atteint une place auprès de Dieu. Offrez donc de bon cœur ces bêtesvictimes»<br />

(Rapporté par Ibn Maja et Tirmidzi)(I}.<br />

«Prononcez le nom d’Allah sur ceux qui sont prêts à être sacrifiés».<br />

Jaber Ben Abdullah rapporte: «J'ai fait la prière du sacrifice avec le<br />

Messager de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue La prière<br />

achevée, il apporta un mouton et l’égorgea en disant: «Au nom de<br />

Dieu, Dieu est grand. Dieu accepte (cette offrande) de ma part et de<br />

celle qui n’a pas pu présenter une offrande de ma communauté».<br />

Mouhammed Ben Ishaq rapporte d’après Jaber que le Messager<br />

de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - égorgea deux moutons le<br />

jour du sacrifice et, en les dirigeant, il dit: «Je tourne mon visage,<br />

comme un vrai croyant, vers celui qui a créé les deux et la terre. Je<br />

ne suis pas au nombre des polythéistes. Ma prière, mes pratiques<br />

cultuelles, ma vie et ma mort appartiennent à Dieu, le Seigneur des<br />

mondes, Il n'a pas d’associés. Voilà ce qui m’a été ordonné: je suis le<br />

premier de ceux qui se soumettent (des musulmnas). Grand Dieu, cela<br />

provient de Toi et est offert à Toi de la part de Mouhammed et la<br />

communauté de Mouhammed». Puis il prononça le nom de Dieu,<br />

exalta sa grandeur et immola.<br />

En interprétant cette parité du verset, Ibn Abbas a dit: Il s'agit de<br />

ligoter la «main gauche» de l’animal avant de l'immoler et de dire: «Au<br />

nom de Dieu, Dieu est grand, il n'y a de divinité à part Allah. Grand<br />

Dieu, ceci provient de Toi et c’est à Toi qu'on l'offre»«. Ainsi était la<br />

tradition suivie d’après le faire du Prophète - qu’Allah le bénisse et le<br />

salue -, pour immoler la bête victime.<br />

Une fois ces animaux abattus (litt gisés sur le flanc) et devenus<br />

(1) M


froids sans aucun mouvement on peut prendre de leur chair. Le<br />

Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue -a appris aux hommes<br />

comment immoler les animaux dans ce hadith cité dans le Sahih de<br />

Mouslim. Il a dit: «Dieu a prescrit l’ihsan (la perfection ou l’excellence) en<br />

toute chose: lorsque vous tuez, faites-le avec ihsan; lorsque vous égorgez,<br />

faites-le avec ihsan et que chacun d’entre vous aiguise sa lame et apaise sa<br />

bête» (Rapporté par Mouslim d’après Chaddad Ben Aws)(1).<br />

«Nourrissez-vous de leur chair et distribuez-en aux humbles et aux<br />

nécessiteux». Cet ordre de manger de la chair des animaux sacrifiés<br />

n’est pas catégorique mais une autorisation. Quant aux termes<br />

«humbles» et «nécessiteux», ils furent un sujet de divergence dans<br />

leur définition. On peut en conclure qu’il s’agit des pauvres qu’ils<br />

quémandent ou non.<br />

Qu’en sera-t-il des viandes de ces animaux immolés? L’Envoyé de<br />

Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - l’a montré dans ce hadith cité<br />

dans les deux Sahih. Il a dit aux hommes: «Je t’avais interdit d’en faire<br />

provision de la chair des animaux immolés pour plus de trois jours.<br />

Mais maintenant, mangez-en et faites-en provision le temps que vous<br />

voudrez». Suivant une variante: «Mangez-en, faites-en provision et<br />

aumône».<br />

Une question a été soulevée: Quand est-ce qu’on doit immoler les<br />

animaux destinés au sacrifice?.<br />

Al-Bara‘ Ben ‘Azeb rapporte que le Messager de Dieu - qu’Allah le<br />

bénisse et le salue - a dit: «En ce jour-ci (le jour du sacrifice) nous<br />

devons d’abord faire la prière puis nous retournons pour immoler. Celui qui<br />

aura fait cela, aura suivi notre sunna (tradition). Celui qui aura immolé<br />

avant la prière, sa bête immolée ne sera que comme de la viande pour sa<br />

famille (qui sera sans aucune rétribution) et il n’aura pas accompli les<br />

rites» (Rapporté par Boukhari et Moustim)


C’est pour cela que Chafé'i et un groupe des ulémas ont dit: «Le<br />

moment fixé où on a le droit d’immoler au jour du sacrifice, c’est quand<br />

le soleil se lève et un temps se sera écoulé équivalent au temps<br />

qu’exigent la prière de la fête et les deux prônes (khoutba).» Ahmed a<br />

ajouté à cela: «Et après que l’imam ait immolé».<br />

Abou Hanifa a distingué entre les habitants des petits villages où<br />

on ne célèbre pas la prière de la fête et ceux des cités. Les premiers,<br />

d’après lui, peuvent immoler après l’apparition de l’aube, tandis que les<br />

autres doivent attendre l’accomplissement de la prière. Et c'est Dieu<br />

qui est le plus savant.<br />

L’immolation peut être effectuée le jour du sacrifice même, ou un<br />

ou deux ou même trois jours après selon les différentes opinions.<br />

L’imam Ahmed a dit à ce propos: «Tous les jours du Tachriq sont des<br />

moments permis pour immoler» (les jours du Tachriq sont les trois qui<br />

suivent le jour du sacrifice).<br />

«C’est dans ce bot que nous vous les avons soumis. Montrez-vous<br />

reconnaissants» Dieu a mis à votre service ces animaux, soumis, pour<br />

être montés, ou traits ou immolés.<br />

lay-yanâla-L-Lâha luhûmhâ walâ dima’uhâ wa lakin yanâluhu-t-taqwâ<br />

minkum kadâlika sahharahâ lakum litukabbirû-L-Lâha ‘alâ mâ<br />

hadâkum wa bassiri-l-muhsinma (37).<br />

La chair et le sang des victimes importent peu à Allah. Ce qui le<br />

touche, c’est votre piété. Il vous a asservi ces animaux pour que vous le<br />

glorifiez de vous avoir bien guidés. Annoncez la bonne nouvelle aux gens du<br />

bien. (37).<br />

IcU jaj itsi—i_jLv»I JÜ J*» jj-ki t>>*ü» j pJ<br />

9'jj) -‘V 5, j ¿r* lTî*<br />

355


Si Dieu a prescrit de tels rites, et en particulier le sacrifice des<br />

animaux, c’est pour qu’ils se rappellent de Lui et de l’invoquer étant le<br />

seul Pourvoyeur et le Dispensateur par excellence. Sûrement ni la<br />

chair ni le sang de ces bêtes n’atteindront pas Dieu, mais ce qui<br />

l’atteindra est la crainte révérendelle.<br />

Ibn Jouraïj rapporte: «A l’époque de l’ignorance (Jahiliah) les<br />

hommes immolaient les chameaux et aspergeaient les coins de la<br />

maison de leur sang et leur chair. Les compagnons du Prophète -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue - dirent: «Nous avons plus de droit<br />

qu’eux de faire une chose pareille». Dieu à cette occasion fit<br />

descendre ce verset: «La chair et le sang des victimes importent peu à<br />

Allah». Ce qui le touche, c’est votre piété». C’est à dire II accepte cette<br />

piété et vous en rétribue. A ce propos il est cité dans le Sahih que le<br />

Messager de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: «Dieu ne<br />

considère ni vos figures ni vos richesses, mais II regarde vos cœurs et<br />

vos œuvres». Comme il est dit aussi: «L’aumône tombe dans la main<br />

du Miséricordieux avant que le mendiant la reçoive, et le sang tombe<br />

dans un certain endroit auprès de Dieu avant d’atteindre le sol».<br />

«... Pour que vous le glorifiez de vous avoir guidés» et que vous<br />

proclamiez Sa grandeur de vous avoir établi cette religion et ce qu’il<br />

aime et agrée pour vous, en vous imposant des interdictions. Annonce,<br />

ô Mouhammed, la bonne nouvelle à ceux qui font les œuvres pies, qui<br />

observent les enseignements de Dieu, qui suivent la loi, qui croient à<br />

toi et à ton message.<br />

’inna-L-Lâha yudâfi'u ‘ani-l-ladîna ’a manu ’inna-L-Lâha lâ yuhibbu<br />

kulla hawwânin kafûrin (38).<br />

Allah défend ceux qui ont la foi. Il n’aime pas les perfides et les<br />

impies» (38).<br />

Certes Dieu prend la défense des croyants qui se sont fiés à Lui,<br />

contre le mal des méchants et les machinations des pervers. Il les<br />

356


garde, les couvre par Sa bienveillance et les secourt. «La protecion<br />

d’Allah ne suffit-elle pas à ses serviteurs?» [Coran XXXIX 36]. Il a dit<br />

aussi: «Allah suffit à qui met sa confiance en Lui» [Coran LXV, 3].<br />

Dieu n’aime pas le perfide qui ne respecte ni pacte ni engagement<br />

et l’incrédule qui méconnaît les bienfaits de Dieu.<br />

’udina-lil-ladîna yuqâtalûna bi’annahum zulimû wa ’inna-L-Lâha ‘alâ<br />

nasrihim laqadîrun (39) ’al-ladîna ’uhrijû min diyârihim bigayri haqqin<br />

’ilia ’ay-yaqûlu rabbunâ-L-lâhu wa lawla daf u-L-Lâhi-n-nâsa ba‘dahum<br />

biba‘di-l-lahuddimat sawâmi‘u wa biya'un wa salawâtun wa masâjidu<br />

yudkru fîhâ-smu-L-Lâhi katîran wa layansumna-L-Lâhu may-yansuruhu<br />

’inna-L-Lâha laqawiyyun ‘azîzun (40).<br />

Témoignage est donné aux victimes d’une agression de l’injustice<br />

perpétrée contre eux. Allah peut les rendre victorieux. (39) Ceux qui ont<br />

été exilés uniquement pour avoir dit: «Notre Maître est Allah». Si Allah<br />

n’opposait pas les peuples les uns aux autres, ou aurait tôt fait de voir<br />

tomber en ruine les clochers, les églises, les synagogues et les mosquées,<br />

tous lieux où retentit le nom d’Allah. Allah défend qui le soutient. Allah est<br />

toute force et toute gloire. (40).<br />

Ibn Abbas a avancé que ce verset fut révélé au sujet de<br />

Mouhammed et ses compagnons quand ils sortirent de La Mecque.<br />

D’autres tels que Moujahed et Ad-Dahak le considèrent comme le<br />

premier verset révélé appelant au combat dans la voie de Dieu. Ibn<br />

Abbas a rapporté aussi que lorsque le Prophète - qu’Allah le bénisse<br />

et le salue - fut contraint à quitter La Mecque, Abou Bakr s’écria: «Ils<br />

ont expulsé leur Prophète. Nous sommes à Dieu et c’est à Lui que<br />

nous retournerons. Ils seraient exterminés». Dieu révéla à ce moment<br />

le verset précité: «Témoignage est donné aux victimes d’une agression...»<br />

357


et Abou Bakr de conclure: «J’ai connu alors qu’il y aura un combat».<br />

«Allah peut les rendre victorieux» et II est puissant pour les secourir<br />

sans qu’il y ait un combat, mais II voudrait que Ses serviteurs<br />

déploient leurs efforts et s’adonnent à Son adoration, comme II a dit:<br />

«Si Allah voulait, Il sévirait lui-même contre les infidèles mais II tient à<br />

vous éprouver les uns par les autres. Ceux qui luttent dans la voie d’Allah,<br />

Allah ne laissera pas leurs actes sans récompense» [Coran XLVII, 4] et<br />

aussi: «Combattez-les. Allah les châtiera par vos mains. Il les humiliera,<br />

vous donnera la victoire sur eux et apaisera les coeurs des croyants» [Coran<br />

IX, 14]. A savoir qu’il y a tant de versets qui se rapportent au combat<br />

des incrédules.<br />

«Allah peut les rendre victorieux» et II a réalisé Sa promesse. Il n’a<br />

prescrit le combat que dans le moment opportun. Car, à la Mecque, le<br />

nombre des idolâtres dépassait beaucoup celui des fidèles. Si à cette<br />

époque le combat était prescrit, il serait une charge difficile pour les<br />

musulmans à cause de leur petit nombre.<br />

On a rapporté, d’autre part, que lorsque les habitants de Yathreb<br />

(Médine) prêtèrent serment d’allégeance à l’Envoyé de Dieu - qu’Allah<br />

le bénisse et le salue - la nuit de ‘Aqaba, ils lui dirent: «O Envoyé de<br />

Dieu, pourquoi n’attaquons-nous pas les habitants de cette vallée- il<br />

s’agit des habitants de Mina- et les tuons?» Il répondit: «Je n’ai pas<br />

encore reçu l’ordre du combat».<br />

A La Mecque, les idolâtres complotèrent pour tuer le Prophète -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue -. Ayant eu vent de leur complot par<br />

révélation, il quitta La Mecque vers Médine avec ses compagnons (la<br />

Hégire). Et une fois établis dans cette ville et devenus puissants,<br />

l’ordre du combat leur fut prescrit et le verset précité fut le premier à<br />

ce sujet.<br />

«Ceux qui ont été exilés uniquement pour avoir dit: «Notre Maître est<br />

Allah» C’était leur seule faute pour être punis de la sorte et contraints<br />

à quitter leur ville natale en y laissant biens et familles, rien que pour<br />

a voir adoré Dieu seul sans rien lui a ssocier. Les gens de<br />

«l’Oukhdoud» ont subi une peine pire encore pour la même raison: «Us<br />

ne leur reprochaient pas autre chose que de croire à Allah tout-Puissant et<br />

glorieux» [Coran LXXXV, 8]. ,<br />

358


«Si Allah n’opposait pas les peuples les uns aux autrs...» et ne<br />

repoussait les uns par les autres, la terre serait corrompue et les lieux<br />

d’adoration et de culte seraient détruits, tels que les ermitages, les<br />

synagogues, les oratoires et les mosquées. Ces lieux où on invoque le<br />

nom de Dieu et on Le glorifie.<br />

«Allah défend qui le soutient» un verset qui est pareil à celui-là: «Si<br />

vous défendez la cause, H vous soutiendra et raffermira vos pas» [Coran<br />

XLVII, 7]. Dieu est toute force et toute puissance. Donc celui qui<br />

défend sa cause ne perdra jamais et ne manquera aucun soutien, car<br />

Il affirme cela en disant: «Nous avons prévenu nos fidèles envoyés qu’ils<br />

auraient raison de leurs adversaires, et que nos troupes triompheraient» [-<br />

Coran XXXVIII, 171-173].<br />

’al-ladîna ’in makkannahum fî-l-’ardi ’aqâmû-s-salâta wa *a tû-z-zakâta<br />

wa ’amarû bi-l-ma‘rûfï wa nahaw ‘ani-l-munkari wa lil-Lâhi ‘âqibatu-1-’-<br />

umûri (41).<br />

H défend ceux qui, après avoir été consolidés sur terre, observent leurs<br />

prières, font l’aumône, recommandent les bonnes actions et condamment les<br />

mauvaises. C’est Allah qui arbitre toutes choses. (41).<br />

Othman Ben ‘Affan a dit que ce verset fut révélé à sont sujet et<br />

ses compagnons qui ont été expulsés injustement de leur pays pour<br />

avoir dit seulement «Notre Seigneur est Dieu». Puis Dieu nous donna<br />

le pouvoir sur terre: nous obervsâmes la prière, donnâmes la zakat et<br />

l’aum ône, ordonnâm es ce qui est convenable, interdîm es le<br />

repréhensible, car la fin de toute chose appartient à Dieu seul qui<br />

rétribuera pour les bonnes actions.<br />

'Atia Al-'Oufi a dit que ce verset est pareil à celui-ci «Allah<br />

affermira sur terre ceux qui ont la foi et pratiquent le bien..» [Coran<br />

XXIV, 55]. Quant àJa bonne fin, elle est réservée à ceux qui auront<br />

fait le bien et craint Dieu.<br />

359


wa ’iy-yukaddibûka faqad kaddabat qablahum qawmu Nuhin wa ‘-<br />

Adun wa Tamûdu (42) wa qawmu ’Ibrâhîma wa qawmu Lutin (43) wa<br />

’ashâbu Madyana wa kuddiba Mûsâ fa ’amlaytu lil-kâfirîna tumma<br />

’ahadtuhum fakayfa kâna nakîri (44) faka’ayyim min qaryatin<br />

ahlaknâhâ wahiya zâlimatun fahiya hâwiyatun ‘alâ ‘urûsihâ wa bi’rim<br />

mu'attalatin wa qasrim masîdin (45) ’afalam yasîrû fi-l-’ardi fatakûna<br />

lahum qulûbun ya‘qilûna bihîi ’aw ICdânun yasma‘ûna bihâ fa’innahâ lâ<br />

ta‘ma-l-’absâru wa lâkin ta‘mâ-l-qulûbu-l-latî fî-s-sudûri (46).<br />

Te traitent-ils de menteur? qu’importe. Les peuples de Noé, d’Ad et de<br />

Thémoud n’en ont-ils pas fait autant avant eux? (42) De même que les<br />

peuples d’Abraham et de Loth (43) De même que les Médianites. Moïse<br />

aussi a été traité de menteur. J’ai été longanime envers les incrédules. Puis,<br />

j’ai sévi contre eux. Mon châtiment a été implacable. (44) Que de cités<br />

avons-nous détruites en punition de leurs péchés! elles gisent solitaires au<br />

milieu de leurs ruines, leurs puits sont comblés et leurs magnifiques palais<br />

abattus. (45) Que ne vont-ils de par le monde? Alors leur intelligence<br />

s’éveillerait et leurs oreilles s’affineraient. Ce ne sont pas leurs yeux qui ne<br />

voient pas. Ce sont leurs esprits qui, faute de s’extérioriser, ne voient pas.<br />

(46).<br />

Dieu, dans ces versets, réconforte Son Prophète - qu’Allah le<br />

bénisse et le salue - en lui racontant que les peuples d’autres<br />

Prophètes qui t’ont précédé ont été traités d'imposteurs avant toi,<br />

malgré les signes et miracles qu’ils leur ont présentés. Dieu a accordé<br />

un délai aux incrédules puis les a saisis sans merci. Considère<br />

combien fut sévère le châtiment que Dieu leur a infligé.<br />

360


Certains des anciens exégètes ont avancé que quarante années<br />

furent écoulées du jour où Pharaon avait dit à son peuple «Je suis votre<br />

Seigneur tout-puissant» [Coran LXXIX, 24] et le jour de sa noyade. Et il<br />

est cité dans les deux Sahih, d’après Abou Moussa, que le Prophète -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: «Dieu accorde un répit à l'injuste,<br />

mais quand II le saisit, Il ne le lâche plus» Puis il récita: «Voilà de quelle<br />

manière Allah punit les cités corrompues! Il leur envoie un châtiment<br />

terrible et douloureux» [Coran XI, 102] (Rapporté par Boukhari et<br />

MousUm)(1>.<br />

Puis Dieu fit la description de ces cités punies à cause de leur<br />

injustice: Les maisons détruites et désertées, les puits d’où ils<br />

puisaient de l’eau comblés et taris et leurs magnifiques palais abattus.<br />

Donc tous ces signes de prospérité et de puissance n’ont pu préservé<br />

ces peuples du châtiment de Dieu qui a dit: «Où Que vous soyez, la<br />

mort vous prendra. Fussiez-vous terrés dans des forteresses inexpugnables»<br />

[Coran IV, 78].<br />

Que ceux qui jouissent de la faculté de réflexion et de méditation<br />

parcourent la terre pour considérer qu’elle fut la fin des impies. Ou<br />

bien ces gens-lâ n’ont-ils pas des cœurs qui comprennent et des<br />

oreilles qui entendent? En vérité, ce ne sont pas leurs yeux qui sont<br />

aveugles, mais ce sont les cœurs, dans les poitrines, qui s’aveuglent.<br />

wa yasta‘jilûnaka bi-l-‘adâbi wa lay-yuhlifa-L-Lâhu wa‘dahû wa ’inna<br />

yawman ‘inda rabbika ka’alfî sanatin mimmâ ta'uddûna (47) wa ka ’-<br />

(1) lil ^1» :Jli «a j | | ¿ f<br />

*jb4 ¿1 ïiU* tiyül i>-î (¿1¿Xtj \ji pi<br />

361


ayyim min qaryatin ’amlaytü lahâ wa hiya zâlimatun tumma ’ahadtuhâ<br />

wa ’ilayya-l-masîru (48).<br />

Ils te pressent de hâter le châtiment. Oublient-ils qu’Allah exécute<br />

toujours ses menaces! Un jour de ton Seigneur a la même durée que mille<br />

ans sur terre.» (47) Que de cités j’ai favorisées malgré leurs fautes! Puis<br />

j’ai sévi. Tout aboutit à moi» (48).<br />

Les incrédules qui ont renié Dieu, Ses Livres, Ses Prophètes et le<br />

jour dernier, provoquèrent le Messager de Dieu - qu’Allah le bénisse et<br />

le salue - et demandèrent de hâter le châtiment, si vraiment telle est la<br />

vérité venue de Dieu. Leurs propos ressemblent à ceux-ci: «Grand<br />

Allah, si la vérité qu’on nous proclame vient vraiment de Toi, fais tomber<br />

sur nous une pluie de pierres ou inflige-nous un châtiment épouvantable» [-<br />

Coran VIII, 32].<br />

«Seigneur, avance notre châtiment sans attendre le jour de la<br />

résurrection» [Coran XXXVIII, 16]. Mais Dieu ne manque jamais à ses<br />

promesse et réalise certes ses menaces.<br />

Il a promis de dresser i’Heure Suprême, se venger de ses<br />

ennemis et d’honorer Ses amis. «Un jour de ton Seigneur a la même<br />

durée que mille ans sur terre». Cela signifie que Dieu ne hâte pas car un<br />

seul jour auprès de Lui est en vérité comme mille ans selon que Ses<br />

serviteurs comptent. Il est donc capable de se venger quand II le<br />

voudra et rien ne Lui échappe même s’il accorde un délai aux<br />

prévaricateurs. Tout aboutit à Lui.<br />

A propos de cette «durée» Abou Houraira rapporte que ie<br />

Messager de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: «Les<br />

pauvres parmi les musulmans entreront au Paradis avant leurs riches<br />

d’une demi-joumée qui équivant à cinq cent ans».<br />

Ibn Abbas a dit que ce jour équivaut, en durée, à un de ceux<br />

durant lesquels Dieu a créé les cieux et la terre (les six jours). Et<br />

Moujahid a avancé que ce jour est mentionné aussi dans ce verset: «Il<br />

arrête les décisions pour le ciel et la terre. Puis le résultat lui revient dans<br />

un jour qui a la même durée que mille ans sur terre» [Coran XXXII, 5].<br />

j i ¿3 a<br />

362<br />

¿ É IÎ


qui ya ’ayyuhâ-n-ûâsu 'innama ’ana lakum nadîrum mubînun (49) fa-1-<br />

ladîna ’amanû wa ‘amilû-s-sâlihati lahum magfiratun wa rizqun karîmun<br />

(50) wa-l-ladîna sa‘aw ff ’a yâtinâ mu'âjizîna ’û la ’ika ’ashâbu-l-jahîmi<br />

(51).<br />

Dis: O hommes, je vous apporte un avertissement solennel (49) Ceux<br />

qui croient et pratiquent les bonnes œuvres trouveront auprès de leur<br />

Seigneur pardon et félicité. (50) Ceux qui cherchent à rendre caducs nos<br />

enseignements sont voués à l’enfer. (51).<br />

Dieu ordonne à Son Messager de dire à ceux qui l’ont renié et<br />

traité de menteur en demandant la hâte de leur châtiment promis: «Je<br />

ne vous apporte qu’un avertissement solennel». Dieu m’a envoyé en tant<br />

qu’un avertisseur pour vous mettre en garde contre un châtiment<br />

douloureux. Votre compte ne m’incombe pas mais plutôt c’est Lui qui<br />

jugera votre comportement: Il peut hâter votre châtiment comme II peut<br />

le retarder, ou bien II pardonnera à ceux qui reviendront vers Lui<br />

repentants. Ainsi il peut égarer ceux auxquels II a inscrit la mauvaise<br />

fin.<br />

«Ceux qui croient et pratiquent les bonnes œuvres» qui ont acquis la<br />

foi et dont leurs œuvres la traduisent en bonnes actions «trouveront<br />

auprès de leur Seigneur pardon et félicité» il absoudra leurs péchés et<br />

fautes antérieurs et les récompensera pour leurs bonnes actions<br />

minimes qu'elles soient, lis seront admis au Paradis.<br />

Quant à ceux qui s’efforcent d’abolir les signes de Dieu et de<br />

détourner les autres de la voie droite que vient de tracer le Prophète,<br />

ceux-là encourront la colère de Dieu et seront les hôtes de la Géhenne<br />

pour prix de leur impiété.<br />

363


wama ’arsalnâ min qablika mir-rasûlin walâ nabiyyin ’ilia ’idâ tamanna<br />

’alqâ-s-saytânu ff ’umniyyatihî fayansahu-L-Lâhu mâ yulqi-s-saytânu t<br />

umma yuhkimu-L-Lâhu ’âAyâtihî wa-L-Lâhu ‘Alîmun Hakîmun (52)<br />

liyaj‘ala mâ yulqi-s-saytânu fitnatan li-l-ladîna fî qulûbihim maradun<br />

wa-l-qasiyati qulûbuhum wa ’inna-z-zâlimîna lafî siqâqim ba‘îdin (53) wa<br />

liya‘lama-l-ladîna ’ûtû-l-‘ilma ’annahu-l-haqqu mir-rabbika fayu’minû<br />

bihî fatuhbita lahû qulûbuhum wa ’inna-L-Lâha lahâdi-l-ladîna ’a manû<br />

’ilâ sirâtim-mustaqîmin (54).<br />

Nous n’avons pas envoyé avant toi un Prophète ou apôtre auquel<br />

Satan n’ait tenté de ravir ses espoirs. Mais Allah décèle les tentatives de<br />

Satan. Puis II raffermit ses propres preuves. Il est savant et sage. (52) Si<br />

Allah tolère les manœuvres de Satan, c’est pour éprouver les cœurs<br />

incertains ou endurcis. Les incrédules sont des rebelles irréductibles. (53)<br />

Une telle tolérance, c’est pour que les gens de science sachent que le Coran<br />

est une vérité de ton Seigneur. Ils s’y rallient alors en connaissance de<br />

cause et leurs cœurs ne sont que plus émus. Allah met sur la voie droite<br />

ceux qui croient à Lui. (54).<br />

Nombre des exégètes, en commentant ces versets, ont fait<br />

allusion à l’histiore des idoles (Gharaniques). Ceci eut lieu quand les<br />

émigrés parmi les fidèles retournèrent de l’Ethiopie croyant que les<br />

idolâtres de Qoraïch avaient embrassé l’Islam.<br />

Voilà, en résumé, le récit rapporté par Sa'id Ben Joubayr:<br />

«A la Mecque, le Messager de Dieu - qu’Allah le bénisse et le<br />

salue - récita la sourate de «l’Etoile» [Coran LUI]. Arrivé à ces versets:<br />

«Et maintenant que dire d’El-Lat et d’El-Ouzza? et de Manat, cette<br />

troisième idole» [Coran LUI, 19-20] Satan jeta sur sa langue ces propos:<br />

«Ces idoles sont les plus distinguées dont leur intercession sera<br />

364


acceptée». Les idolâtres s'écrièrent alors: «Il n’a jamais mentionné nos<br />

divinités en bien avant ce jour-ci». En récitant cette sourate, le<br />

Prophète devait se prosterner comme II se doit. Il se prosterna et les<br />

autres se prosternèrent. Dieu -à Lui la puissance et la gloire- fit<br />

descendre ce verset: «Nous n’avons pas envoyé avant toi un seul<br />

Prophète ou apôtre auquel Satan n’ait tenté de ravir ses espoirs. Mais<br />

Allah décèle les tentatives de Satan. Puis II raffermit Ses propres preuves.<br />

Il est savant et sage» Ce même événement fut cité dans la biographie<br />

du Messager de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - écrite par<br />

Mouhammed Ben Ishaq. Ceci n’a été ni confirmé ni démenti. Et c’est<br />

Dieu qui est le plus savant.<br />

Al-Baghawi, dans son ouvrage «L’interprétation du Coran» s’est<br />

demandé avec étonnement: «Comment cela pouvait-il arriver du<br />

moment que Dieu a préservé Son Messager - qu’Allah le bénisse et le<br />

salue - de toute erreur flagrante comme elle-ci? Et pour donner une<br />

réponse concrète il dit: «Satan avait jeté dans les oreilles des<br />

polythéistes ces propos attribués au Prophète.» Ils crurent que cela fut<br />

déclaré par le Messager de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue -<br />

alors que c’était le faire du démon. C’est de cette façon qu’on doit<br />

commenter un tel événement».<br />

Al-Boukhari rapporte que, Ibn Abbas dans son commenaire, a dit:<br />

Quand un Prophète désirait quelque chose, Satan lançait (autre chose)<br />

dans son désir. Puis Dieu abroge ce que Satan lance».<br />

Dieu dit à la suite: «Si Allah tolère les manœuvres de Satan, c’est<br />

pour éprouver les cœurs incertains ou endurcis». C’est à dire de ceux dont<br />

les cœurs contiennent de doute, du polythéisme et d’incrédulité,<br />

comme ceux qui se sont réjouis des propos attribués au Prophète -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue - croyant que cela venait de Dieu et non<br />

de Satan.<br />

«Les incrédules sont des rebelles irréductibles» et vivent dans un<br />

égarement total loin de la vérité et du droit chemin. «Une telle tolérance,<br />

c’est pour que les gens de science sachent que le Coran est une vérité de<br />

ton Seigneur». Grâce à ce Livre, ceux qui ont cru en Dieu et en Son<br />

Envoyé, peuvent discerner la vérité de l’erreur et ont la conviction<br />

ferme qu’il est une révélation du Seigneur qui n’a été ni altérée ni<br />

365


modifiée comme les autres livres célestes ont subi. Le Coran est un<br />

Livre «exempt de toute espèce d’erreur aussi bien en ce qui concerne le<br />

passé que l’avenir» [Coran XLI 42]. En le récitant ou le lisant, les cœurs<br />

des croyants s’humilient, et Dieu les dirige vers la voie droite dans les<br />

deux mondes. Dans la vie présente, ils sont bien dirigés vers la vérité<br />

et dans l’autre, ils seront conduits vers le Paradis en s’éloignant du<br />

chemin de la Géhenne.<br />

walâ yazâlu-l-ladîna kafarû fî miryatim minhu hattâ ta’tiyahumu-s-sâ‘atü<br />

bagtatan ’aw ya’tiyahum ‘adâbu yawmin ‘aqîmin (55) ’Al-mulku<br />

yawma’id in-li-L-Lâhi yahkumu baynahum fa-l-ladîna ’âAmanû wa<br />

‘amilû-s-sâlihati fî jannâti-n-na‘îmi (56) wa-l-ladîna kafarû wa kaddabû<br />

bi-’ayâtinâ fa ’ûla ’ika lahum ‘ad âbum-muhînun (57).<br />

Les infidèles ne cesseront de douter du Coran jusqu’à ce que l’heure<br />

dernière les surprenne brusquement ou que le jour de l’extermination les<br />

atteigne. (55) Ce jour-là, la puissance n’appartiendra plus qu’à Allah. 11<br />

jugera entre les hommes. Les croyants qui auront pratiqué les bonnes<br />

œuvres seront introduits dans des jardins de délices. (56) Les impies qui<br />

auront repoussé nos signes subiront un supplice avilissant. (57).<br />

Les incrédulés continuent à douter soit du Coran comme a avancé<br />

Ibn Jouraïj et soutenu par Ibn Jarir, soit du désir que le démon a lancé<br />

en intervenant, selon Ibn Zald, comme on vient de le voir dans les<br />

versets précédents. Ils resteront ainsi dans leur aberration jusuqu’à ce<br />

que l’Heure arrive soudainement sans qu’ils s’aperçoivent. Car Dieu<br />

n’a saisi d’autres peuples avant eux que dans les moments de leur<br />

ivresse et leur insouciance, ils n’étaient que trop pervers.<br />

«ou que le jour de l’extermination les atteigne» Comme le jour de<br />

Badr comme a avancé Oubay Ben Ka‘b, ou le jour de la résurrection


d’après Ikrima et Moujahed, ce qui est ie plus logique, car Dieu a dit à<br />

la suite: «Ce jour-la la puissance n’appartiendra plus qu’à Allah» Ceci est<br />

confirmé par ce verset: «Ce jour-là, toute l’autorité reviendra au<br />

Miséricordieux et les infidèles passeront un moment tragique» [Coran<br />

XXV, 26].<br />

Quant à ceux qui auront cru, pratiqué les bonnes œuvres et<br />

déclaré véridique ce que le Prophète a apporté en s’y conformant,<br />

ceux-là seront dans les jardins du délice et de la félicité permanente<br />

qui ne sera ni changée ni épuisée.<br />

Par contre, les incrédules qui auront traité les signes de Dieu de<br />

mensonges en se rebellant contre ses Prophètes, ils subiront le<br />

châtiment ignominieux, pour prix de leur orgueil, car Dieu n’a-t-ll pas<br />

dit: «Ceux qui refusent de me servir par orgueil entreront tête basse en<br />

enfer» [Coran XL, 62].<br />

w a -l-la d în a h âjarû fî sabîli-L -L âhi tu m m a qutilû ’aw m âtû<br />

layarzuqannahumu-L-Lâhu rizqan hasanan wa ’inna-L-Lâha lahuwa<br />

hayru-r-râziqîna (58) layudhilannahum mudhalan yardawnahû wa ’inna-<br />

L-Lâha la ‘Alîmun Halîmun s(59) dâlika wa man ‘âqaba bimitli mâ *-<br />

ûqiba bihî tumma bugiya ‘alayhi layansurannahu-L-Lâhu ’inna-L-Lâha<br />

la ‘Afuwwun gafûrun (60).<br />

Ceux qui se sont exilés pour la cause d’Allah, ont été tués ou sont<br />

morts pour lui, Allah leur accordera une félicité sans mélange. Nul ne<br />

récompense mieux que Lui. (58) Il les introduira dans une demeure qui les<br />

enchantera. Allah est savant et magnanime. (59) Celui qui sera puni pour<br />

s’être justement vengé d’un outrage, celui-là aura l’aide d’Allah. Allah est<br />

toute indulgence et toute miséricorde. (60).<br />

367


Dieu parle de ceux qui émigrent dans Son chemin dans le but<br />

d’obtenir sa satisfaction et ce qu'il réserve pour les fidèles, en laissant<br />

derrière eux: Patrie, biens, familles et amis, pour combattre dans Sa<br />

voie. Ceux-là s'ils meurent en combattant ou sur leurs lits, auront<br />

obtenu la plus belle récompense. Dieu affirme cela en disant: «Celui<br />

qui s’expatrie pour la cause d’Allah est sûr de retrouver facilement une<br />

patrie où s’installer. Celui qui s’exile au service d’Allah et de son Prophète<br />

et que la mort surprend, la récompense d’Allah lui est acquise» [Coran IV,<br />

100].<br />

Dieu fera pénétrer ces émigrés pour Sa cause dans un lieu qui<br />

leur sera très agréable, qui sera certes le Paradis. Là ils vivront<br />

paisiblement, goûteront les délices du Paradis et délecteront de ses<br />

fruits, ils les absoudra et effacera les péchés qu’ils auront commis<br />

dans le bas monde. Dieu est plein de mansuétude et le Pardonneur<br />

par excellence.<br />

Ceux qui se seront tués dans Sa voie, seront vivants auprès de<br />

Lui comme II a dit: «Ne croyez pas que ceux qui ont été tués au service<br />

d’Allah soient morts. Non, ils sont vivants. Ils sont auprès d’Allah qui<br />

pourvoit à tous leurs besoins» [Coran III, 169]. Plusieurs hadiths<br />

prophétiques ont été rapportés à ce sujet.<br />

Quant à ceux qui sortent pour la cause de Dieu ou combattent<br />

dans sa voie et meurent, même sur leurs lits, bénéficieront également<br />

de la grâce de Dieu et de Ses faveurs tout comme les martyrs qui se<br />

sont tués à Son service. A ce propos Chourahbil Ben Al-Samt<br />

rapporte: «Etant dans les pays des Romains gardant une des<br />

forteresses, et comme cela dura longtemps, Salman Al-Farissi passa<br />

auprès de moi et me dit: «J’ai entendu le Messager de Dieu * qu'Allah<br />

le bénisse et le salue - dire: «Celui qui meurt en gardant (un point<br />

stratégique) obtiendra la même récompense réservée au martyr, jouira<br />

des mêmes faveurs et sera en sécurité dans sa tombe quand viennent<br />

les deux anges pour lé questionner». Récitez si voulez ce verset: «-<br />

Ceux qui se sont exilés pour la cause d’Allah, ont été tués ou sont morts<br />

pour Lui, Allah leur accordera une félicité sans mélange. Nul ne<br />

récompense mieux que Lui. Il les introduira dans une demeure qui les<br />

enchantera».<br />

368


Abdul Rahman Ben Jouhdom Al-Khawlani rapporte qu’il a suivi<br />

avec Foudala Ben Oubayd les convois funèbres d’un fidèle qui fut tué<br />

par une pierre lancée d’une catapulte et d’un autre mort. Foudala<br />

s’assit auprès de la tombe de ce dernier. On lui dit: «Pourquoi n’est-u<br />

pas assis auprès de la tombe du martyr (le premier)? Il répondit: «Je<br />

ne me soucierai plus de quelle tombe je serai ressuscité (sousentendant<br />

de la tombe d’un martyr ou d’un autre mort naturellement<br />

mais étant sorti pour la cause de Dieu). Dieu n’a-t-ll pas dit: «Ceux qui<br />

se sont exilés pour la cause d’Allah...» jusqu’à la fin des deux versets<br />

précités. Que demanderas-tu en plus, ô homme, quand tu seras<br />

pénétré dans un lieu qui te sera agréable et tu obtiendras une bonne<br />

part des biens de Dieu! Par Dieu, je ne me soucierai plus de quelle<br />

tombe j’en serai ressuscité».<br />

«Celui qui sera puni pour s’être justement vengé d’un outrage», en<br />

d’autre terme: celui qui châtie comme il a été châtié. Ce verset fut<br />

révélé au sujet de certains compagnons qui, étant dans une mission<br />

en formant un régiment, rencontrèrent les polythéistes. Comme cela<br />

eut lieu au mois de Mouharram, un des mois sacrés, les musulmans<br />

leur demandèrent de ne plus livrer bataille par respect à ce mois. Mais<br />

les polythéistes refusèrent, et les musulmans durent les combattre et<br />

Dieu leur accordera la victoire sur eux.<br />

dâlika bi ’anna-L-Lâha yuliju-l-layla fî-n-nahâri wa yuliju-n-nahâra fî-1-<br />

layli wa ’anna-L-Lâha Samî'um-Basîrun (61) dâlika bi ’anna-L-Lâha<br />

huwa-l-Haqqu wa ’anna mâ yad‘ûna min dunihî huwa-l-bâtilu wa ’anna-<br />

L-Lâha huwa-1- ‘Aliyyu-l-kabîru (62).<br />

Allah allonge tantôt les nuits, tantôt les jours. Il entend et voit tout.<br />

(61) Allah est la vérité même. Tout ce qu’on implore en dehors de Lui n’est<br />

qu’erreur. Allah est sublime et grand. (62).


Dieu dispose à Sa guise de tout ce qu’il a créé. Il est le Souverain<br />

du Royaume. Tant les jours que les nuits, ils s’allongent et se<br />

raccoucissent suivant les saisons de'l’été et de l’hiver. Dieu entend<br />

parfaitement les paroles de ses serviteurs et voit leurs actes, rien ne<br />

lui est caché. Il est la vérité même, le seul Dieu qu’on doit adorer. Il<br />

est le Tout-Puissant qui fait ce qu’il veut. Toute créature a besoin de<br />

Lui.<br />

«Tout ce qu’on implore en dehors de Lui n’est qu’erreur» Tout ce<br />

qu’on adore en dehors soit-il une idole, une statue ou une pierre<br />

dressée n’est qu’erreur et futilité, car l’une et l’autre ne peut ni nuire ni<br />

être utile. «Allah est sublime et grand» Tout est soumis à Son pouvoir et<br />

sous Sa dominance. Il n’y a de Dieu à part Lui. Rien n’est plus élevé<br />

ni grand que Lui. Qu’Il soit exalté et loin de ce qu’on lui attribue et<br />

élevé au-dessus de ce que les prévaricateurs Lui associent.<br />

’alam tara ’anna-t-Lâha ’anzala mina-s-sama ’i m a’an fatusbihu-l-’ardu<br />

muhdarratan ’inna-L-Lâha Latîfun Habîrun (63) lahû mâ fî-s-sama wâti<br />

wa mâ fî-l-’ardi wa ’inna-L-Lâha lahuwa-l-aniyyu-l-Hamîdu (64) ’alam<br />

tara ’anna-L-Lâha sahhara lakum mâ fî-l-’ardi wa-l-fulka tajrî fî-l-bahri<br />

bi ’amrihî wa yumsiku-s-samâA’a ’an taqa‘a ‘alâ-l-’ardi ’illâ bi’idnihT<br />

’inna-L-Lâha bi-n-nâsi la-Ra’ûfu-r-Rahîmun (65) wa huwa-l-ladT<br />

’ahyâkum tum m a yumîtukum tum m a yuhyîkum ’inna-l-’insâna<br />

lakafûrun (66).<br />

C’est Allah, ne le vois-tu pas, qui fait tomber la pluie. Aussitôt, la<br />

terre se couvre de verdure. Allah est toute bonté et toute intuition. (63) Il<br />

370


est le Maître des deux et de la terre. Il est opulent et sublime. (64) Il vous<br />

a soumis la création, ne le vois-tu pas. C’est sur son ordre que la barque<br />

flotte. Ses lois empêchent les cieux de tomber sur la terre. Allah est plein<br />

de bonté et de pitié pour les hommes. (65) C’est Lui qui vous appelle à la<br />

vie, vous fait mourir, puis vous ressuscite. En vérité, l’homme est ingrat.<br />

(66).<br />

En voilà des signes et preuves de son pouvoir et de Sa<br />

puissance: Il déchaîne les vents qui soulèvent les nuages, et ceux-ci<br />

sont poussés vers une terre, aride qui ne donne rien. Mais une fois<br />

arrosée par la pluie, elle devient verdoyante et différentes plantations y<br />

poussent. «La terre a été stérile. Mais à peine l’avons-nous arrosée de<br />

pluie qu’elle a palpité et, s’épanouissant, a donné la vie à une magnifique<br />

variété de plantes » [Coran XXII, 5].<br />

Tout ce qui existe sur terre ne serait-ce un grain de moutarde,<br />

Dieu le connaît car il est bienveillant et bien informé. D’ailleurs II a<br />

montré cette réalité dans plusieurs versets quand II a dit par exemple:<br />

«.. Un grain de moutarde serait-il dissumulé dans un rocher, dans les cieux<br />

ou sur terre? qu’Allah le retrouverait. Allah est subtil et omniscient» [-<br />

Coran XXXI, 16] et: «Il n’est pas une feuille qui tombe, qu’il ne le sache.<br />

D n’est pas une molécule dans les entrailles de la terre, une brindille verte<br />

on sèche qui ne soient dénombrées, dans le sommier de la création» [Coran<br />

VI, 59].<br />

Ce qui se trouve dans les cieux et sur la terre lui appartient, Il<br />

peut passer des hommes mais eux ont toujours besoin de Lui. N’a-t-ll<br />

pas mis à leur service tout ce qui est sur ia terre! les animaux, les<br />

récoltes et même les choses inanimées. Tout provient de Sa<br />

générosité et Sa grâce.<br />

«C’est sur son ordre que la barque flotte» dans les mers profondes<br />

et le clapotis des vagues. Ces barques p ortent hom mes et<br />

marchandises et les transportent d'un pays à un autre.<br />

«Ses lois empêchent les cieux de tomber sur terre» Car s'il l’avait<br />

voulu le ciel serait tombé sur la terre et aurait anéanti tout ce qui s’y<br />

trouve. Mais de par Sa clémence et Son pouvoir il a empêché ia<br />

production d’un tel événement. En vérité, Il est bon et miséricordieux<br />

envers Ses serviteurs malgré l’injustice qu’ils commettent vis-à-vis de<br />

371


Lui. Il a montré cela clairement en disant: «Mais ton Allah est un Allah<br />

de miséricorde, malgré la perversité des hommes. Il est également terrible<br />

dans la répression» [Coran XIII, 6].<br />

«C’est Lui qui vous appelle à la vie, vous fait mourir, puis vous<br />

ressuscite. En vérité l’homme est ingrat» Tout comme II a dit dans<br />

d’autres versets tel que celui-ci: «Comment pouvez-vous renier Allah,<br />

vous, qu’Allah a tirés du néant, qu’il fera mourir et revivre et près duquel<br />

vous retournerez un jour?» [Coran II, 28] et cet autre: «Réponds: Allah<br />

vous faît naître, puis vous fait mourir. Il vous rassemblera ensuite au jour<br />

de la résurrection» [Coran XLV, 2].<br />

Après tout, comment vous permettez-vous, ô idolâtres, de<br />

reconnaître d’autres divinités avec Lui et les adorer, alors que c'est lui<br />

seul qui dispose de toute la création. L’homme est, certes, un ingrat.<br />

likulli ’ummatin ja‘alnâ mansakan hum nâsikûhu falâ yunâzi‘unnaka fî-1-<br />

’amri wa-d‘u ’ilâ rabbika ’innaka la‘alâ hudam-mustaqîmin (67) wa ’in<br />

jâdalûka faquli-L-Lâhu ’a‘lamu bimâ ta‘malûna (68) ’Al-Lâhu yahkumu<br />

baynakum yawma-l-qiyâmati fîmâ kuntum fîhi tahtalifûna (69) .<br />

Nous avons donné à chaque peuple des rites distincts. Qu’ils cessent<br />

toute polémique avec toi sur ce point! Gagne les hommes à la cause de ton<br />

Seigneur, toi qui es dans le droit chemin.» (67) S’ils s’obstinent dans leur<br />

polémique, dis-leur: Allah connaît toutes vos actions. (68) Il tranchera vos<br />

différends au jour de la résurrection. (69).<br />

Dieu a institué pour chaque communauté des rites distincts par<br />

l’intermédiaire de son Prophète. Que ces idolâtres, ô Mouhammed,<br />

cessent de discuter avec toi l’ordre que tu as reçu puisque tu es sur<br />

une voie droite et eux dans un égarement profond.<br />

372


«S’ils s’obstinent dans leur polémique, dis-leur: Allah connait toutes<br />

vos actions» Un verset qui renferme une menace et un avertissement,<br />

pareil à celui-ci «Allah sait ce dont vous m’accusez. Son témoignage me<br />

suffit entre vous et moi» [Coran XLVI, 8]. A savoir que les infidèles ont<br />

accusé Mouhammed faussement d’attribuer le Coran à Dieu et ils<br />

prétendaient qu’il est une invention. Pour mettre fin à ces polémiques,<br />

Dieu dit: «Il (Allah) tranchera vos différends au jour de la résurrection.»<br />

Car II avait ordonné ailleurs à Son Messager d’appeler les gens à la<br />

foi, d’agir avec rectitude sans suivre les passions et les penchants des<br />

incrédules.<br />

ù<br />

’alam ta‘lam ’anna-L-Lâha ya‘lamu mâ fî-s-sanm’i wa-l-’ardi ’inna d<br />

âlika fî kitâbin ’inna dâlika ‘alâ-L-Lâhi yasîrun (70).<br />

Allah l’ignores-tu sait tout ce qui passe dans les cieux et sur terre. Il<br />

le consigne dans le Livre. C’est là une tâche facile pour lui. (70).<br />

Dieu connait ce qui est dans les cieux et sur la terre, et Sa<br />

science embrasse toute chose même avant sa création car tout a été<br />

inscrit sur la «Tablette gardée».<br />

Le Messager de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: «-<br />

Dieu a donné un terme et une mesure à chaque créature avant la création<br />

des cieux et de la terre de cinquante mille ans. Son Trône était sur l’eau<br />

(ou au-dessus). (Rapportépar Mouslim)(I).<br />

Il est cité dans les Sunan, d’après certains des compagnons, que<br />

le Messager de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: «Le<br />

Calame (la plume) fut la première chosée créée. Dieu lui ordonna:<br />

«Ecris». - Que dois-je écrire, répondit-il. - Ecris, reprit Dieu, tout ce qui<br />

(1) oljL*—Jl ,J-J jiiLL» j j i 4jül Oji «üjl d


aura lieu». Ainsi le Caíame a écrit tout ce qui aura lieu jusqu’au jour de<br />

la résurrection».<br />

Ibn Abbas, quant à lui, sa version est la suivante: «Dieu créa la<br />

Tablette gardée dont son étendue équivaut à cent ans de marche.<br />

Alors qu’il se trouvait sur Son Trône et avant de commencer la<br />

création, Dieu dit au Caíame: «Ecris» - Que dois-je écrire, répondit-il. -<br />

Ecris, lui dit le Seigneur, Mon savoir de tout ce que Je vais créer<br />

jusqu’au jour de la résurrection. Le caíame s’exécuta. Tel est le sens<br />

dès dires de Dieu: «Allah l’ignores-tu- sait tout ce qui se passe dans les<br />

cieux et sur terre».<br />

Parmi Son savoir, l’avènement de toute chose avant sa création,<br />

son terme et sa mesure, ainsi II connait ceux parmi les gens qui vont<br />

lui obéir et ceux qui vont lui désobéir. Sa science embrasse tout et elle<br />

est une chose très facile pour lui «C’est là une tâche facile pour Lui».<br />

wa ya‘budûna min dûni-L-Lâhi mâlam yunazzil bihî sultanan wamâ<br />

laysa lahum bihî ‘ilmun wamâ lizzâlimîna min nasîrin (71) wa ’ida tutlâ<br />

‘alayhim ’ayatunâ bayylnâtin ta‘rifu fî wujûhi-l-ladîna kafarû-l-munkara<br />

yakâdûna yastûna bi-l-ladîna yatlûna ‘alayhim ’âAyâtinâ qui ’afa<br />

unabbi’ukum bisarrim-min d âlikumu-n-nâru wa‘adahâ-L-Lâhu-l-ladîna<br />

kafarû wa bi’sa-l-masîru (72).<br />

Ils adorent des divinités dont la souveraineté ne repose sur aucune<br />

preuve. Ils les adorent sans raison. Les idolâtres sont dépourvus d’appui.<br />

(71) Lorsque les infidèles entendent réciter nos claires révélations, on peut<br />

voir le dépit contracter leurs visages. Pour un peu, ils fonceraient sur ceux<br />

qui les récitent. Dis: «Voulez-vous que je vous dise quelque chose de plus<br />

374


irritant encore? Allah a promis l’enfer aux infidèles. Triste prédiction» (72).<br />

Par manque de raisonnement, par obstination et incrédulité, les<br />

idolâtres adorent des divinités auxquelles Dieu n’a accordé aucun<br />

pouvoir, et ils n’ont aucune preuve à présenter qui justifie cette<br />

adoration. Dieu a dit à cet égard: «Celui qui invoque inconsidérément<br />

d’autres divinités qu’Allah, celui-là aura à en rendre compte à son Seigneur.<br />

Les infidèles courent à leur perte» [Coran XXIII, 117].<br />

Leur seule argumentation consiste à prétendre qu’ils ont reçu cette<br />

adoration de leurs ancêtres, mais, en fait, c’est le démon qui l’a leur<br />

suggérée et embellie à leur yeux. Qu’ils sachent donc que: «Les<br />

idolâtres sont dépourvus d’appui».<br />

Une fois que tu leur récites du Coran et tu leur présentes les<br />

signes et les preuves, peu s'en faut qu’ils ne se précipitent sur toi ou<br />

sur d’autres qui récitent du Coran, et qu’ils les malmènent de leurs<br />

mains et de leurs langues. A ceux-là, dis, ô Mouhammad: «Voulez-vous<br />

que je vous dise quelque chose de plus irritant encore» et de pire que<br />

cela! La Géhenne vous est promise! où vous subirez le supplice le<br />

plus atroce, et c’est pour vous un châtiment plus dur de ce que vous<br />

effrayez les amis de Dieu, les croyants. «Triste prédiction» et triste<br />

séjour pour les infidèles, «Et aussi un affreux endroit où séjourner et se<br />

fixer» [Coran XXV, 66].73,74><br />

ÙÂ ùt Si ¡¿¿JS JM<br />

1 1££ ¿ id i 4s ji j j tfcs \M j ÿ \<br />

'ÿ - [¿¿j C 0 ¿Juâi iS .<br />

yâ ’ayyuhâ-n-nâsu duriba mat alun fastami‘û lahïï ’inna-l-ladîna tad‘ûna<br />

min dûni-L-Lâhi lay-yahluqû dubâban walawi-jtama‘û lahû wa ’in<br />

yaslubhumu-d-dubâbu say’an-l-lâ yastanqidûhu minhu da‘ufa-t-tâlibu<br />

wa-l-matlûbu (73) mâ qadarû-L-Lâha haqqa qadrihT ’inna-L-Lâha<br />

laqawiyyun ‘Azîzun (74).<br />

375


O hommes, voici le sujet que je propose à vos méditations. Les<br />

divinités que vous priez en dehors d'Allah sont incapables de créer un<br />

insecte, même en unissant leurs efforts. Mieux. S'il plait aux insectes de<br />

leur disputer quelque chose, elles sont impuissantes à leur tenir tête.<br />

Disputants et disputés sont aussi impuissants les uns que les autres. (73)<br />

Les hommes n’ont pas pour Allah les égards qui conviennent. Lui, le<br />

sublime, le puissant. (74).<br />

Pour montrer le manque de raisonnement des idolâtres et pour<br />

dénigrer et mépriser leur divinités, Dieu leur propose un exemple en<br />

attirant leur attention pour mieux le concevoir: «Les divinités que vous<br />

priez en dehors d’Allah sont incapables de créer un insecte» une mouche<br />

selon le texte, quelques soient toutes leurs forces réunies.<br />

A cet égard. Abou Houraira rapporte que le Prophète -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- a dit: «Dieu -à Lui la puissance et la gloire- dit: «Qui<br />

est plus inique que celui qui prétend créer comme Je crée? Qu’ils créent<br />

donc un atome (ou une petite fourmi) ou un grain d’orge» (Rapporté par<br />

Boukhari, Mouslim et Ahmed)(I).<br />

Puis Dieu les défie: «S’il plaît aux insectes de leur disputer quelque<br />

chose, elles sont impuissantes à leur tenir tête». Si ces insectes -ou ces<br />

mouches- leur enlèvent quelque chose, ces divinités ne peuvent ni leur<br />

tenir tête ni récupérer ce que les insectes leur ont enlevé. Combien<br />

faibles sont celui qui cherche et le cherché.<br />

«Les hommes n’ont pas pour Allah les égards qui conviennent»<br />

Suivant une autre interprétation. Ils n'ont pas estimé Dieu à Sa vraie<br />

mesure quand ils ont adoré d'autres divinités qui sont impuissantes à<br />

tenir tête à ces mouches. Car Dieu est fort et puissant, qui crée et<br />

recrée, fait mourir et ressuscite.<br />

(1) jU* > ¿I JU» :JU % ^ J JU<br />

.(-U»-îj |«-L—if «Ijj) . ( S ««SjÜà+Ji<br />

376


’Al-Lâhu yastafî mina-l-ml£ ’ikati rusulan wa mina-n-nâsi ’inna-L-Lâha<br />

Samî‘um Basîrun (75) ya'lamu mâ bayna ’aydîhim wamâ halfahum wa<br />

’ilâ-L-Lâhi turja‘u-l-’umûru (76).<br />

Allah choisit parmi les hommes et parmi les anges Ses messagers. Il<br />

entend et voit tout. (75) Il connait le passé et l’avenir de chaque homme.<br />

C’est à Lui que tout aboutit. (76).<br />

Pour communiquer Ses messages et enseignements, Dieu choisit<br />

soit des hommes, soit des anges. Etant celui qui entend et voit tout,<br />

car 11«sait mieux que quiconque à qui il convient de donner la mission du<br />

Prophète» [Coran VI, 124], Il connait bien si ces messagers se sont<br />

acquittés de leur mission ou non. Rien ne Lui est caché, Il est témoin<br />

de ce que les hommes répondent aux Prophètes, et ceux-là sont<br />

toujours secourus par Lui pour accomplir leur tâche.<br />

yâ ’ayyuhâ-l-ladîna ’âAmanû-r-ka‘û wa-s-judû wa‘budû rabbakum waf<br />

alû-l-hayra la‘allakum tuflihûna (77) wa jâhidû fî-L-Lâhi haqqa jihâdihî<br />

huwa-jtabâkum wamâ ja'ala ‘alaykum fî-dîni min harajim-millata<br />

abîkum ’Ibrâhîma huwa sammâkumu-l-muslimîna min qablu wafî hâdâ<br />

liyakûna-r-rasûlu Sahîdan ‘alaykum wa takûnû SuhadîT’a ‘alâ-n-nâsi<br />

fa’aqîmu-s-salâta wa *£tû-z-zakâta wa‘tasimû bi-L-Lâhi huwa mawlâkum<br />

fani‘ma-l-mawlâ wa ni‘ma-n-nasîru (78).<br />

O vous qui croyez, courbez-vous, prosternez-vous et adorez votre<br />

377


Seigneur. Pratiquez le bien, si vous voulez faire votre salut. (77) Ne<br />

ménagez pas vos efforts pour la cause d’Allah. Il vous a élus. Sa religion ne<br />

comporte aucune obligation pénible. C’est la religion de votre père<br />

Abraham. Allah vous a donné le nom de musulmans. Il vous l’a donné dans<br />

ce livre afin que le Prophète soit votre témoin et que vous soyez les témoins<br />

des autres hommes. Observez la prière, faites l’aumône, attachez-vous à<br />

Allah. Il est votre Maître, le meilleur des maîtres et le plus ferme des<br />

soutiens. (78).<br />

L’avant dernier verset exige une prosternation qui fut le sujet de<br />

divergence entre les ulémas: est-elle obligatoire? La partie qui l’affirme<br />

se sont référés aux dires du Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue-:<br />

«La sourate de la Prosternation fut distinguée des autres sourates par<br />

les deux prosternations qu’elle renferme».<br />

«ne ménagez pas vos efforts pour la cause d’Allah» et luttez pour Lui<br />

selon le droit de Sa lutte: par vos biens, vos langues et vos personnes.<br />

O fidèles, c’est Dieu qui vous a élus et préférés à d’autres hommes,<br />

en vous envoyant le meilleur et le plus noble des Prophètes et la<br />

meilleure religion.<br />

«Sa religion ne comporte aucune obligation pénible» étant facile à<br />

pratiquer. Il ne vous a pas chargés de ce que vous ne pourriez pas<br />

accomplir sans qu’il ne vous trouve une issue favorable et un moyen.<br />

Le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- n’a-t-il pas dit:<br />

«On m’a envoyé avec la religion droite et facile à pratiquer». En<br />

envoyant Mou'adz et Abou Moussa dans une mission au Yemen, le<br />

Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- leur dit: «Annoncez aux<br />

hommes de bonnes nouvelles et ne les laissez pas fuir. Facilitez et ne<br />

créez pas de difficultés».<br />

«C’est la religion de votre père Abraham» où Dieu n’a imposé<br />

aucune gêne; et la vôtre, ô musulmans, lui est pareille et ne comporte<br />

aucune difficulté. Dieu a dit ailleurs à cet égard: «Dis: Mon Seigneur<br />

m’a mis dans la voie droite, m’a mis dans la vraie religion, le culte<br />

d’Abraham...» [Coran VI, 161].<br />

Qui a donné le nom de musulmans? Selon une interprétation: «-<br />

Allah vous a donné le nom de musulmans» et comme Ibn Abbas a<br />

avancé. Suivant une autre soutenue par Ibn Aslam, c’était Abraham en<br />

378


tirant argument de ce verset: «Seigneur, fais de nous des gens résignés à<br />

Ta volonté et fais de notre postérité un peuple soumis à tes lois» [Coran II,<br />

128], à savoir que le terme «soumis» en langue arabe signifie<br />

«musulmans», car l’Islam est la soumission totale à Dieu.<br />

Quant à Moujahed, il a dit que Dieu nous a donné le nom des<br />

musulmans même dans les livres qui furent révélés avant le Coran et<br />

aussi dans ce livre, comme l’indique le verset «Il vous l’a donné dans ce<br />

Livre». L’auteur aussi fut de cet avis.<br />

Al-Hareth Al-Ach‘ari rapporte que le Messager de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- a dit: «Celui qui appelle à des traditions remontant<br />

à la période antéislamique (Jahiiiah) sera l’un des damnés de la<br />

Gehénne.» Un homme demanda: «S’il a prié et jeûné?» Il lui répondit:<br />

«Même s’il a prié et jeûné. Utilisez les paroles que Dieu vous a<br />

enseignées grâce auxquelles II vous a donné le nom de musulmans<br />

croyants et serviteurs de Dieu» (Rapporté par Nassaï).<br />

«Afin que le Prophète soit votre témoin et que vous soyez les témoins<br />

des autres hommes», car vous êtes une nation intermédiaire, réputée<br />

pour son équité et sa justice, et au jour de la résurrection les autres<br />

nations vous reconnaîtront comme tels, et grâce à ceci, vous serez<br />

leurs témoins. Vous témoignerez que tous les Prophètes (d’après votre<br />

Livre) ont transmis leurs messages à leurs peuples, et le Prophète -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- témoignera qu’il vous a communiqué le<br />

sien dont il a été chargé.<br />

Pour cela rendez la pareille en reconnaissant cette grande faveur<br />

divine, en s’acquittant des obligations que Dieu vous a imposées,<br />

qu’entre autres, la prière consitute la principale, et faites l’aumône,<br />

versez la zaka et «attachez-vous à Dieu» et fiez-vous à Lui, Il est votre<br />

Maître qui vous garde, secourt et donne la victoire sur vos ennemis. Il<br />

est l’excellent Maître et le meiielur Défenseur.<br />

379


23 - SOURATE DES CROYANTS<br />

118 versets<br />

Révélée tout entière à La M ecque, à la suite de la sourate des<br />

Prophètes<br />

Bismi-L-Lâhi r-Rahmâni-r-Rahîm<br />

qad ’aflaha-1-mu’minûna (1) 1-ladîna hum fî salâtihim hâsi‘ûna (2) wa-1-<br />

ladîna hum ‘ani-l-lagwi m u'ridûna (3) wa-l-ladîna hum li-z-zakâti<br />

fâ‘ilûna (4) wa-l-ladîna hum lifurûjihim hâfizûna (5) ’illâ ‘ala ’azwâjihim<br />

’aw mâ malakat ’aymânuhum fa’innahum gayru malûmîna (6) faman-ibtagâ<br />

warâA,a dâlika fa’ûlâA,ika humu-l-’âdûna (7) wa-l-ladîna hum


li’amânatihim wa ‘ahdihim r a ’ûna (8) wa-l-ladîna hum ‘alâ salawâtihim<br />

yuhâfizûna (9) ’û la’ika humu-l-wârit ûna (10) 1-ladîna yarituna-l-firdawsa<br />

hum fihâ halidûna (11).<br />

An nom d’Allah le Miséricordieux le Très Miséricordieux<br />

Heureux les croyants (1) qui prient avec humilité (2), qui dédaignent<br />

les futilités (3), qui paient la dîme, (4) qui ont une discipline sexuelle, (5)<br />

qui n’approhent que leurs épouses ou leurs esclaves, comme cela est permis,<br />

(6) Mais qui ne désirent pas d’autres femmes car cela est coupable. (7) qui<br />

prient conscieusement (8) Ce sont eux les héritiers indiscutables, (9) auquels<br />

échoira le Paradis pour l’éternité (11).<br />

L’imam Ahmed rapporte que ‘Omar Ben Al-Khattab racontait que<br />

lorsque le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- recevait<br />

la révélation, on entendit comme un bourdonnement d’abeilles auprès<br />

de son visage. Une fois, étant en sa compagnie, il demeura presque<br />

une heure recevant la révélation. Une fois cessée, il se dirigea vers la<br />

qibla, leva ses deux mains vers le ciel et dit: «Grand Dieu, augmente<br />

(Tes faveurs) dont Tu vas nous accorder et ne les diminue pas, honorenous<br />

sans nous humilier, donne-nous sans nous priver. Préfère-nous aux<br />

autres sans leur donner les avantages sur nous, agrée-nous et sois satisfait<br />

de nous.» Puis il nous dit: «On vient de me révéler dix versets, quiconque<br />

les observe sera admis au Paradis» Ensuite il nous récita les dix premiers<br />

versets de la sourate des croyants» (Rapporté par Ahmed, Tirmidzi et<br />

Nassaï)(1).<br />

Nassaï rapporte que Yazid Ben Babnous demanda une fois à<br />

Aicha -que Dieu l’agrée-: «O mère des croyants, comment était le<br />

comportement du Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-?»<br />

Elle répondit: «Il se conformait aux enseignements du Coran» Puis elle<br />

récita: «Heureux les croyants...» jusqu’à qui prient consciencieusement».<br />

(1) ^ 15^ * '¿1 üLS' :Jli cSjj<br />

lijj jilll ij l î j 4jJb lipL» Ut.U •JUC' £-«—•J<br />

l i p « ü J L p y j j X , L îJ!\j jü- N j L J a P ' l j c l i j j<br />

^ 1*1 lj» |«j mJ-l JjJl :Jli<br />

381


Tel était le comportement du Prophète».<br />

Anas rapporte que l’Envoyé de Dieu -qu'Allah le bénisse et le<br />

salue- a dit: «Dieu créa le Paradis de l’Eden de Sa main en posant une<br />

brique en perle, sur une autre en rubis sur une troisième en chrysolite. Son<br />

bas fond en musc, ses cailloux en perles et ses herbes en safran. Puis II lui<br />

dit: «Parle». Le Paradis répondit: «Heureux les croyants» Dieu lui dit<br />

alors: «Je jure par Ma puissance et Ma majesté nul avare n ’y sera<br />

introduit pour être proche de Moi» Puis l’Envoyé de Dieu -qu'Allah le<br />

bénisse et le salue- récita: «Heureux ceux qui évitent l’avarice» [Coran<br />

LIX, 9]. (Rapporté par Ibn Abi Ad-Dunia, Al-Bazzar et Tabarani)(1).<br />

«Qui prient consiencieusement» c’est à dire qui s’acquittent de la<br />

prière avec humilité et recueillement, car Mouhammed Ben Sirine<br />

raconte que les compagnons du Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- regardaient le ciel en priant. Quand ce verset fut<br />

descendu, ils abaissèrent leur regard vers la terre là où ils devaient<br />

poser leur front.<br />

En fait, le recueillement dans la prière n’est acquis que lorsqu’on<br />

débarrase l’esprit, en priant, de toute autre préoccupation. La prière<br />

serait alors un apaisement pour le cœur et une tranquillité pour l’âme.<br />

Le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- disait: «On m’a fait aimer<br />

le parfum et les femmes. La prière me procure la joie des yeux». Il<br />

disait souvent à Bilal: «O Bilal, appelle à la prière afin que nos cœurs<br />

s’apaisent».<br />

«Qui dédaignent lès futilités» en évitant les propos vains et en se<br />

détournant de la vanité ou des péchés comme ont avancé certains<br />

exégètes. En décrivant les croyants, Dieu a -dit: «... et qui, mêlés à une<br />

conversation oiseuse, conservent leur dignité» [Coran XXV, 72].<br />

«Qui paient la dîme» il s’agit de la zakat, l’aumône légale. Bien que<br />

ce verset fut révélé à La Mecque, la zakat n’a été imposée comme<br />

(1) Iji ¿j* i J ¿!»-i :3|| ¿I J j- j - ÔJ- > - jj j J J . Î j J j i t . \ A j j » \ j ¿yt i ü J<br />

y ^lil :c J li :lf! Jlï ^ tOl<br />

^ vllîljU a—ü J y 4jbt J j- j (»i ïtjsiy ¿Xi<br />

382


une prescription qu’à Médine et précisément en l’an 2 après l’Hégire. Il<br />

s’avère que cette zakat était aussi imposée à La Mecque. Dieu a dit à<br />

ce sujet: «Acquittez la dîme le jour de la récolte» [Coran VI, 141] à<br />

savoir que la sourate du Bétail (Coran VI) fut révélée à La Mecque.<br />

Suivant un autre commentaire, il se peut qu’il s’agit de la purification<br />

des âmes et non des biens, ou bien les deux ensemble, étant donné<br />

que le croyant fait l'un et l’autre.<br />

«Qui ont une discipline sexuelle, qui n’approchent que leurs épouses ou<br />

leurs esclaves, comme cela est permis. Mais qui ne désirent pas d’autres<br />

femmes car cela est coupable» Ce sont ceux qui évitent l’adultère et<br />

l’homosexualité, deux actes interdits par Dieu. Ils n’assouvissent leurs<br />

désirs sexuels que sur leurs épouses et les esclaves-captives de<br />

guerre qui leur sont permises. Quant à ceux qui convoitent d’autres<br />

femmes seraient en tant que transgresseurs aux ordres divins. Même<br />

l’imam Ach-Chafé'i est allé plus loin en interdisant la masturbation en<br />

tirant argument de ces versets.<br />

«Qui se montrent d’honnêtes dépositaires et tiennent leurs<br />

engagements». Ils gardent les dépôts et les restituent à leurs<br />

propriétaires. Ils respectent et tiennent leurs engagements conclus<br />

envers les autres, sans être des hypocrites desquels le Messager de<br />

Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Trois caractères<br />

distinguent l’hypocrite: Il ment quand il parie, manque à sa promesse<br />

et trahit le dépôt».<br />

«Qui prient consciencieusement» en accomplissant les prières à<br />

leurs heures déterminées. A ce propos, Ibn Mass'oud rapporte: «J’ai<br />

demandé: «O Envoyé de Dieu, quelles sont les œuvres les plus<br />

aimées de Dieu?» Il me répondit: «La prière accomplie à son heure<br />

déterminée». - Ensuite? - La piété filiale. - Ensuite?- - Le combat dans le<br />

sentier de Dieu» (Rapportépar Boukhari et Mousüm) (I).<br />

(1) ‘Jl* î 1 1*1)1 Jy*J li :cJbn (Jy j cJL* Jli<br />

¡ j («j :c-Ü y.t :Jlî |«j :c J i ¡J.p<br />

ÇSjl>*J<br />

383


On peut donc conclure que la prière a un grand mérite par rapport<br />

aux autres obligations, surtout quand on l’accomplit à son heure<br />

déterminée en observant à la perfection ses inclinaisons et ses<br />

prosternations. On a rapporté que le Messager de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- a dit: «Agissez avec rectitude bien que vous n’y<br />

parviendrez plus, et sachez que la prière est la meilleure de vos<br />

œuvres. Nul autre qu’un croyant ne puisse observer les ablutions».<br />

Ceux-là que Dieu avait décrits et montré leurs pratiques «auxquels<br />

échoira le paradis pour l’éternité». Il est cité dans les deux Sahih que le<br />

Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: Lorsque vous<br />

demandez à Dieu de vous accorder le Paradis que ce soit le Firdaws qui est<br />

l'endroit le plus élevé du Paradis et son milieu. De là prennent source les<br />

rivières du Paradis et au-dessus se trouve le Trône du Miséricordieux» (-<br />

Rapporté par Boukhari et MousUm) (1).<br />

Il a dit aussi: «Chacun d’entre vous a deux demeures; l’une au<br />

Paradis et l’autre à l’Enfer. S’il meurt et sera introduit à l’Enfer les élus<br />

du Paradis hériteront sa demeure qui s’y trouve. Tel est le sens de ce<br />

verset: «Ce sont eux les héritiers indiscutables».<br />

Mouslim rapporte dans son Sahih que le Prophète -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- a dit: «Au jour de la résurrection, Dieu, pour chaque<br />

musulman, pousse un juif ou un chrétien et dit: «C'est par celui-là que tu<br />

t ’es racheté de l’Enfer». Omar Ben Abdul Aziz, qui entendit Abou Barda<br />

rapporter ce hadith d’après son père, le fit jurer trois fois par celui qu’il n’y<br />

a de Dieu que Lui si vraiment le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et<br />

le salue- avait tenu de tels propos. Abou Barda s ’exéxuta»(2) Et l’auteur<br />

(1 ) t


de cet ouvrage de conclure: «Ceci est pareil aux dires de Dieu: «TJi<br />

est le Paradis que nous donnerons en héritage à ceux d’entre nos serviteurs<br />

qui nous craignent» [Coran XIX, 63],<br />

walaqad halaqnâ-l-’insâna min sulâlatin min tînin (12) tumma ja‘alnâhu<br />

nutfatan fî qarârim-makînin (13) tumma halaqnâ-n-nutfata ‘alaqatan fahalaqnâ-l-‘alaqata<br />

mudgatan fa-halaqnâ-l-mudgata ‘izâman fakasawnâ-1-<br />

‘izâma lahman tumma ’ansa’nâhu halqan ’âAhara fatabâraka-L-Lâhu<br />

’ahsanu-l-hâliqîna (14) tumma ’innakum ba‘da dâlika lamayyitûna (15) t<br />

umma ’innakum yawma-l-qiyâmati tub‘atûna (16).<br />

Nous avons extrait l’homme de l’essence de la terre (12) Nous en<br />

avons fait ensuite une goutte de sperme déposée dans un organe bien<br />

protégé. (13) Nous avons transformé le sperme en un caillot de sang, le<br />

sang en un morceau de chair, la chair en os, puis nous avons garni le<br />

squellette de chair, enfin nous lui avons donné sa forme définitive. Béni soit<br />

Allah, le plus merveilleux des créateurs. (14) Après avoir été créés, vous<br />

mourrez (15) Puis, au jour dernier, vous serez ressuscités. (16).<br />

Dieu parle de la création du premier humain qui fut Adam -que<br />

Dieu le salue-. Il fut créé d’une argile extraite d’une boue malléable.<br />

En commentant le terme: «de l’essence de la terre» Ibn Abbas a dit<br />

qu’il s’agit de l’essence de l’eau. Et Ibn Jarir a avancé qu’Adam fut<br />

nommé «l’essence de la terre» parce qu’il en fut tiré, un avis soutenu<br />

aussi par Qatada en ajoutant: «Dieu l’a créé d’argile endurcie dont<br />

l’origine est le limon comme Dieu le montre dans ce verset: «C’est un<br />

signe de sa puissance que de vous avoir engendrés du limon et fait de vous<br />

des êtres animés» [Coran XXX, 20].<br />

385


A ce propos, le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- dit: «-<br />

Dieu créa Adam d’une poignée du sable qu’il avait prise de tous les<br />

coins de la terre. Les fils d’Adam sont nés ayant les couleurs de cette<br />

terre: Il y en a parmi eux ceux qui ont la teinte rouge, d’autres d’une<br />

teinte blanche, une troisième d’une teinte noire et d’autres d’une teinte<br />

métisse. Il y en a les bons et les méchants».<br />

«... une goutte de sperme déposée dans un organe bien protégé». Il<br />

s’agit de l’utérus comme le confirme ce verset: «Ne vous avons-nous pas<br />

créés d’une vulgaire goutte d’eau? que nous avons déposée dans une matrice<br />

close» [Coran LXXVII, 20-21] et ceci pour une durée déterminée, après<br />

que cette goutte ait subi les phases successives de la transformation:<br />

un caillot de sang comme un morceau de chair qui n’a aucune forme<br />

déterminée, puis de cette masse Dieu a créé les os où ont peut<br />

distinguer la tête, les mains, les pieds ainsi que les nerfs et les<br />

artères... A ce propos le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- a<br />

dit: «Tout le corps de l’homme sera réduit en poussière à l’exception<br />

de l’os caudal (le coccyx) car à partir de lui l’homme est créé et sera<br />

reconstitué».<br />

«Puis nous avons garni le squelette de chair» afin que cette chair lui<br />

donne la forme définitive et renforce le corps. Enfin l’âme lui sera<br />

insufflée et voilà qu’il est devenu une créature parfgite munie d’ouïe,<br />

de vue, de sentiment, de mouvement et d’émoi. «Béni soit Alalh, le plus<br />

merverilleux des créateurs».<br />

A propos de la création de l’homme, Ali Ben Abi Taleb a dit: «-<br />

Après une durée de quarante jours, Dieu envoie un ange qui lui<br />

insuffle l’âme dans des trois ténèbres. Tel est le sens des dires divins:<br />

«produisant une autre créature».<br />

Ibn Abbas, dans un de ses commentaires, a dit: «Cette partie du<br />

verset: «enfin nous lui avons donné sa forme définitive» signifie que<br />

l’homme passe d’une étape à une autre jusqu’à devenir enfant, de<br />

l’enfance, à la jeunesse, à l’âge de maturité, à l’âge adulte, à la<br />

vieillesse enfin à l’âge de décrépitude».<br />

il est cité dans un hadith authentique que le Messager de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Chacun d’entre vous demeure dans<br />

le ventre de sa mère quarante jour une goutte de sperme, puis un caillot de<br />

386


sang pendant une durée égale, puis un morceau de chair (comme une<br />

bouchée) pendant une période d’une durée équivalente. Ensuite Dieu envoie<br />

l ’ange chargé de lui insuffler l ’esprit, ordonné d’écrire quatre mots (-<br />

concernant le fœtus) à savoir: sa part des biens de ce monde, la durée de sa<br />

vie, ses œuvres et sa destinée heureuse ou malheureuse. Par celui qu’il n’y a<br />

d’autre Dieu que Lui, il arrive que l’un de vous pratique les œuvres des élus<br />

du Paradis au point de n’en être séparé que d’une coudée, alors ce qui lui a<br />

été inscrit intervient et cet homme agit comme les damnés et entrera à<br />

l ’Enfer. Par contre, il arrive que l’un de vous pratique les œuvres des<br />

réprouvés de l’Enfer au point de n’en être séparé que d’une coudée, alors ce<br />

qui lui a été inscrit intervient et il pratique les œuvres des élus du Paradis<br />

et entrera au Paradis» (Rapporté d’après Âbdullah Ben Mass‘oud, par<br />

Boukhari, Mouslim et Ahmed)(1).<br />

Il est aussi dit dans un hadith authentique: «Après quarante jours<br />

que la goutte de sperme se fût installée dans l’utérus, l’ange s’y<br />

introduit et demande: «Seigneur , sera-t-il un heureux ou un<br />

malheureux? un mâle ou une femelle?» Dieu lui dicte et l’ange écrit, à<br />

savoir: Ses œuvres, ses périodes d'aisance et celles de ses calamités,<br />

et sa part des biens de ce monde. Ce registre sera aussitôt plié et rien<br />

n’y sera ajouté ou diminué».<br />

«Après avoir été créés, vous mourrez» car la mort est la fin<br />

incontestable de toute créature. «Puis, au dernier jour, vous serez<br />

ressuscités». En ce jour-là les âmes seront rendues aux corps et<br />

rassemblés pour être jugés selon les œuvres accomplies dans le bas<br />

monde.<br />

(1) Ji* dj£j üjai ¿jyujî 4Âl>- ^ Jl>-Ï üll ^<br />

lOLaiS' »lAlW4^1 (*^ **1^ (J** ïi-sÀ» tiiAJi<br />

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387


walaqad halaqnâ fawqakum sab‘a tara ’iqa wamâ kunnâ ‘ani-l-halqi<br />

gâfilîna (17).<br />

Nous avons créé au-dessus de vous sept cieux et nous demeurons<br />

attachés à ce que nous avons créé (7).<br />

Dieu mentionne souvent la création des cieux et de la terre avec<br />

celle de l’homme. En voilà un verset qui montre la grandeur de la<br />

création des cieux et de la terre: «La création des cieux et de la terre est<br />

une œuvre autrement considérable que celle du genre humain» [Coran XL,<br />

57].<br />

Dieu a dit ailleurs: «Allah a créé sept cieux et autant de terre. Il fait<br />

circuler ses ordres entre les deux pour vous manifester Sa puissance et<br />

l’étendue de Sa science» [Coran LXV, 12].<br />

Donc que les sept cieux enveloppent la terre, cela n’empêche que<br />

Dieu observe tout ce qu’il y a ou se passe dans les cieux, sur la terre<br />

sans qu’une montagne puisse s’interposer, ou autre chose, dans les<br />

abîmes des océans, bref II dénombre tout même les collines, les<br />

déserts, les arbres et leurs feuilles: «Il n’est pas de molécule dans les<br />

entrailles de la terre, une brindille verte ou sèche qui ne soient dénombrées<br />

dans le sommier de la création» [Coran VI, 59].<br />

wa ’anzalnâ mina-s-sama ’i m a’am biqadarin fa’askannâhu fî-l-’ardi wa<br />

’innâ ‘alâ d ahâbim-bihî laqâdirûna (18) fa’ansa’nâ lakum bihî jannatimmin<br />

nahîlin wa ’a‘nâbi-l-lakum fïhâ fawâkihu katîratun wa minhâ<br />

388


ta’kulûna (19) wa sajaratan tahruju min turi sina’a tambutu bi-duhni wa<br />

sibgi-l-lil-’îf kilîna (20) wa ’inna lakum fï-l-’an‘âmi la‘ibratan nusqîkum<br />

mimmâ fî butûnihâ wa lakum fîhâ m anâfi'u katîratun wa minhâ<br />

ta’kulûna (21) wa ‘alayhâ wa ‘ala-l-fulki tuhmalûna (22).<br />

Nous faisons tomber l’eau du ciel dans une mesure convenable. Nous<br />

la laissons s’amasser sous terre mais nous pouvons aussi la laisser se<br />

perdre. (18) Nous nous servons de cette eau pour créer des vergers de<br />

dattiers et de vignes. Ils produisent des fruits en abondance qui servent à<br />

votre nourriture. (19) Nous avons fait pousser au Mont Sinaï un arbre qui<br />

produit à la fois une huile et une liqueur comestibles. (20) Les animaux<br />

sont aussi sujet à réflexions. Vous buvez leur lait. Us satisfont beaucoup de<br />

besoins. Vous vous nourrissez de leur chair (21) Ils vous servent de<br />

montures comme vous servent les barques sur mer. (22).<br />

Dieu rappelle à Ses serviteurs les bienfaits qu’il leur accorde et<br />

qu’on ne peut dénombrer: La pluie qui tombe du ciel avec mesure et<br />

selon le besoin, car son abondance pourrait détériorer tout comme sa<br />

rareté qui ne laisserait pousser aucune plantation. Elle est donc<br />

descendue pour satisfaire aussi bien pour boire que pour irriguer et<br />

pour d’autres besoins. Même les terrains qui exigent une grande<br />

quantité d’eau et dont le sol ne peut recevoir ce qui leur suffit, l’eau<br />

leur sera amenée d’autre pays sous forme de rivière. Tel est le cas de<br />

l’Egypte qui a un terrain stérile dont le Nil lui appoorte du limon rouge<br />

de l’Ethiopie durant la saison des pluies. Ce limon demeure sur le<br />

terrain Egyptien et les habitants s’en servent pour l’agriculture. Qu’Il<br />

soit Béni et Glorifié ce Seigneur généreux et clément.<br />

«Nous la laissons s’amasser sous terre» afin que le sol puisse<br />

l’absorber et grains et fruits s’en nourrissent. «Mais nous pouvons aussi<br />

la laisser se perdre» Dieu peut faire disparaitre cette eau en l’envoyant<br />

aux marécages et aux déserts. Ou bien II peut la rendre saumâtre qui<br />

ne servira dans ce cas ni pour la boisson ni pour l’irrigation. Ou encore<br />

Dieu peut la faire descendre au fond de la terre pour la rendre inutile.<br />

Mais, par Sa générosité et Sa miséricorde, Il a rendu cette eau potable<br />

en l’acheminant dans la terre vers des sources jaillissantes, grâce<br />

auxquelles hommes et bêtes se désaltèrent, s’en lavent et II fait<br />

germer des plantes diaprées.<br />

389


Grâce à cette eau aussi, Dieu fait naître des jardins de palmiers et<br />

de vignes remplis de beauté. Si les palmiers et les vignes ont été<br />

mentionnés dans ce verset, parce que les habitants du Hijaz s’en<br />

réjouissaient. Mais cela n’empéche que d’autres peuples se réjouissent<br />

aussi des fruits poussant dans leurs propres pays, c’est de cette façon<br />

qu’on doit comprendre le sens du verset, comme Dieu l’a mentionné<br />

«Ils produisent des fruits en abondance qui servent à votre nourriture» des<br />

fruits variés de toutes les espèces. Il a dit ailleurs: «L’eau qui fait<br />

croître le blé, l’olivier, le palmier, la vigne et toutes sortes de plantes» [-<br />

Coran XVI, 11].<br />

«Nous avons fait pousser au Mont Sinal un arbre qui produit à la fois<br />

une huile et une liqueur comestibles». Le Mont Sinaï est celui d’où Dieu a<br />

adressé la parole à Moïse -que la paix soit avec lui- et qui était<br />

entouré d’oliveraies. L’olivier produit de l’huile qui sert comme<br />

condiment. A ce propos, le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- a dit: «Mangez de l’huile et enduisez-vous-en vos corps car elle<br />

est le produit d’un arbre béni».<br />

«Les animaux sont aussi sujet à réflexions. Vous buvez leur lait. Ils<br />

satisfont beaucoup de besoins. Vous vous nourrissez de leur chair. Ils vous<br />

servent de montures comme vous servent les barques sur mer» Sans doute<br />

les hommes tirent un profit multiple des animaux: Leur lait qui sort de<br />

leurs entrailles et tient le milieu entre le chyme et le sang, leur chair<br />

comme nourriture, leurs poils et laine pour en confectionner des<br />

vêtem ents, comme montures et pour porter leurs bagages: «Ils<br />

transportent vos bagages dans les pays que vous ne pourriez atteindre qu’au<br />

prix de difficultés insurmontables sans eux. Votre Seigneur est toute bonté<br />

et toute clémence» [Coran XVI, 7]. Dieu a soumis aux hommes certains<br />

animaux qui leur servent de montures, de nourriture, et ils en retirent<br />

des produits utiles et des breuvages. Les hommes sont tenus à tout<br />

moment de reconnaître les bienfaits du Seigneur.<br />

390


walaqad ’arsalnâ Nûhan ’ilâ qawmihî faqâla yâ qawmi-‘budû-L-Lâha mâ<br />

lakum mih ’ilâhim gayruhïï ’afalâ tattaqûna (23) faqâla-l-mala’u-l-ladîna<br />

kafarû min qawmihî mâ-hâdsT ’illâ basarum mitlukum yurîdu ’ayyatafaddala<br />

‘alaykum walaw sa"a-L-Lâhu la’anzala malâA’iktam-mâ<br />

sami‘nâ bihâdâ ff ’a'b a’inâ-l-’awwalîna (24) ’in huwa ’illâ rajulum bihî<br />

jinnatun fatarabbasû bihî hattâ hînin (25).<br />

Nous déléguâmes Noé à son peuple. Il lui dit: «O mon peuple, adorez<br />

Allah. Vous n’avez pas d’autre Allah que Lui. Pourquoi ne le craignez-vous<br />

pas?» (23) Les puissants, qui étaient incrédules, intervinrent: Qu’est cet<br />

homme! sinon un homme comme vous qui cherche à se donner de<br />

l’importance. Si Allah avait voulu nous toucher, D nous aurait envoyé des<br />

anges. A notre connaissance, pareille chose n’est jamais arrivée du temps de<br />

nos ancêtres» (24) C’est un homme possédé du démon. Ne vous en occupez<br />

pas pour le moment.» (25).<br />

Dieu envoya Noé à son peuple pour l’avertir et le mettre en garde<br />

contre Son châtiment et Sa vengeance de ceux qui Lui désobéissent<br />

et traitent Ses Prophètes de menteurs. Noé dit à son peuple: «Adorez<br />

Allah; vous n’avez pas d’autre Allah que Lui. Pourquoi ne Le craignez-vous<br />

pas?» en Lui associant d’autres divinités?.<br />

Les chefs et les notables parmi ce peuple, qui étaient des<br />

idolâtres, intervinrent: «Qu’est cet homme! sinon un homme comme vous<br />

qui cherche à se donner de l’importance» en s’élevant au-dessus de vous<br />

prétendant qu’il est un Prophète, alors qu’il n’est qu’un mortel comme<br />

vous. Et d’ajouter: «Si Allah avait voulu nous toucher, Il nous aurait<br />

envoyé des anges». Nous n’avons jamais entéfidu de tels propos chez<br />

nos plus anciens ancêtres.<br />

«C’est un homme possédé du démon» car il prétend la prophétie et<br />

que Dieu l’a envoyé avec la révélation. «Ne vous en occupez pas pour le<br />

moment» et laissez-le dire ce qu’il voudra en lui donnant un répit car il<br />

ne tarderait à mourir.<br />

391


qâla rabbi-n-surnî bimâ kaddabûni (26) fa’awhayna ’ilayhi ’ani-sna‘i-1-<br />

fulka bi’a‘yuninâ wa wahyinâ fa’idâ jâA’a ’amrunâ wa fara-t-tannûru<br />

fasluk fîhâ min kullin zawjayni-t-nayni wa ’ahlaka illâ man sabaqa<br />

‘alayhi-l-qawlu mihum walâ tuhâtibnî fî-l-ladîna zalamïï ’innahum<br />

mugraqûna (27) fa’idâ-stawayta ’anta wa mam-ma‘aka ‘alâ-l-fulki faquli-<br />

1-hamdu-li-L-Lâhi-l-ladî najjânâ mina-l-qawmi-z-zâlimîna (28) wa qui<br />

rabbi ’anzilnî munzalam-mubârakan wa ’anta hayru-l-munzilîna (29)<br />

inna fî dâlika la ’ayâtin wa ’in kunnâ-l-la mubtalîna (30).<br />

Seigneur, supplia Noé, donne-moi aide contre de tels détracteurs. (26)<br />

Nous lui révélâmes aussitôt ceci: «Construis une arche sous notre<br />

surveillance et d’après nos conseils. Dès que notre ordre s’accomplira et que<br />

l’eau bouillonnera dans sa source, embarque dans l’arche un couple de<br />

chaque espèce ainsi que les tiens, excepté ceux dont le sort est déjà réglé. Ne<br />

m’adresse aucune prière en faveur des méchants. Ils périront noyés. (27)<br />

Lorsque toi et les tiens serez installés dans l’arche, dis: «Loué soit Dieu pour<br />

nous avoir délivrés des méchants» (28) Dis: «O Seigneur, fais-moi aborder<br />

sur une terre propice. Tu es le plus sûr des guides.» (29) Une telle aventure<br />

n’est-elle pas probante? Notre habitude est d’éprouver les hommes. (30).<br />

Noé implora son Seigneur: «Je suis vaincu, Aide-moi» Il lui<br />

ordonna alors de construire l’arche en la chargeant d’un couple de<br />

chaque espèce, c’est à dire un mâle et une femelle des animaux, de<br />

fruits et de plantations et autres choses. Il devait aussi y embarquer<br />

les siens «excepté ceux dont le sort est déjà réglé» Ceux qui restaient<br />

mécréants et étaient voués au périssement, parmi eux figuraient sa<br />

femme et son fils.<br />

392


«ne m’adresse aucune prière en faveur des méchants. Ils périsont<br />

noyés». Dès que tu verras la pluie descendre, Dieu dit à Noé, n’aie<br />

aucune compassion envers ton peuple espérant de les voir croyants,<br />

car Mon ordre est déjà arrêté, ils seront noyés à cause de leur<br />

incrédulité et leur rebellion. Nous avons déjà commenté cette histoire<br />

dans la Sourate Houd (Coran XI).<br />

«Lorsque toi et les tiens serez installés dans l’arche, dis: «Loué soit<br />

Allah pour nous avoir délivrés des méchants» Dans un verset presque<br />

pareil, Dieu a dit: «... Qui a créé les navires et les animaux pour vous<br />

transporter. Fixez-vous sur leurs dos et célébrez les bienfaits de votre<br />

Seigneur. Une fois à votre aise, dites: Gloire à celui qui nous a soumis ces<br />

choses et que, seuls, nous n’aurions pu soumettre! C’est à notre Seigneur<br />

que nous ferons retour» [Coran XL1II, 12-14] Noé obtempéra aux ordres<br />

divins et dit à sa compagnie: «Montez dans l’arche. O mon Allah, faites<br />

qu’elle vogue et qu’elle atterrisse» [Coran XI, 41]. Il invoqua le nom de<br />

Dieu au début de son amerrissage et lors de son atterrisage. Cet agir<br />

divin en sauvant les croyants et noyant les incrédules est certes l’un<br />

de Ses signes, et une preuve évidente de la sincérité des Prophètes et<br />

de la véracité des messages. «Notre habitude est d’éprouver les<br />

hommes» en leur envoyant les Prophètes et les messages.<br />

393


is •y. " ^îf î y-, lí^s^bi ✓ x<br />

^ 2 lU lJjCâ *-L_ie- |^ld*»«â (3^2 4erl*aît p-f^Jli-lâ ¿ywjij<br />

j j ) } üuUJiîi<br />

tumma ’an7*C 04-427*a’nâ mim ba'dihim qarnan ’âAharîna (31)<br />

fa’arsalna fîhim rasûlan minhum ’ani‘budû-L-Lâha mâlakum min ’ilâhin<br />

gayruhü ’afalâ tattaqûna (32) wa qâla-l-mala’u min qawmihi-l-ladîna<br />

kafarû wa kaddabû biliqef’i-l-’^hirati wa ’atrafnâhum fî-l-hayâti-d-dunyâ<br />

mâ hâdêî’illâ basarum mitlukum ya’kulu mimmâ ta’kulûna minhu wa<br />

yasrabu mimmâ tasrabûna (33) wa la’in ’ata'tum basaram mitlakum<br />

innakum ’¡dâ-l-lahâsirûna (34) ’aya'idukum ’annakum 'idâ mittum wa<br />

kuntum turâban wa ‘izâman ’annakum muhrajûna (35) hayhâta hayhâta<br />

limâ tu'adûna (36) ’in hiya 'illâ hayâtunâ-d-dunyâ mamûtu wa nahyâ<br />

wamâ nahnu bimab'ûtîna (37) ’in huwa ’illâ rajulun-i-ftarâ ‘alâ-L-Lâhi<br />

kadiban wamâ nahnu lahû bimu’minîna (38) qâla rabbi-n-surnî bimâ<br />

kaddabûni (39) qâla ‘ammâ qalîli-l-layusbihunna nâdimîna (40) fa’ahad<br />

athumu-s-sayhatu bi-l-haqqi faja'alnâhum gutci’an fabu‘da-l-li-l-qawmiz-zâlimîna<br />

(41).<br />

Nous appelâmes une autre génération à succéder au peuple de Noé.<br />

(31) Nous élûmes dans son sein un Prophète qui leur dit: «Adorez Allah.<br />

Vous n’avez pas d’autre Allah que Lui. Ne le craindrez-vous pas? (32) Les<br />

puissants de ce peuple qui étaient sans foi et ne croyaient pas au jour du<br />

jugement dernier-et à qui nous avions accordé les richesses de ce mondedisaient:<br />

«Qu’est cet homme, sinon un homme comme vous, qui se nourrit<br />

des mêmes aliments et boit les mêmes boissons (33) Si vous vous soumettez<br />

à un homme comme vous, vous êtes perdus. (34) Il vous prédit qu’une fois<br />

morts, et réduits en poussière et en os, vous reviendrez à la vie. (35) Quelle<br />

invraisemblance, oui quelle invraisemblance qu’une telle prédiction. (36) Il<br />

n’y a d’autre vie que celle de ce monde. Nous mourons et nous vivons. Et<br />

nous ne serons pas ressuscités. (37) Ce n’est qu’un homme qui colporte des<br />

mensonges sur Allah. Nous n’ajoutons pas foi à ses paroles. (38) Seigneur,<br />

donne-moi aide contre de tels détracteurs. (39) Avant peu* ils regretteront<br />

leurs propos, répondit le Seigneur. (40) Une mort foudroyante les<br />

extermina. Ce fut juste. Il n’en resta que des débris. Loin d’ici les<br />

méchants. (41).<br />

Après ce grand événement historique et la noyade du peuple de<br />

394


Noé, Dieu a créé un autre peuple que fut celui de ‘Ad d’après les uns<br />

ou de Thémoud selon d'autres. Dieu lui envoya un Prophète qui<br />

l’appela à l’adoration du Seigneur sans Lui reconnaître des égaux.<br />

Mais ils l’ont démenti, renié son message en refusant de le suivre<br />

étant un mortel comme eux, même ils le tournèrent en dérision.<br />

^En leur menaçant et les mettant en garde contre un supplice<br />

atroce qui les attend au jour de la résurrection, les chefs parmi eux<br />

dirent: Si nous te suivons, nous serons certes au nombre des<br />

perdants. Comment serons-nous ressuscités lorsque nous serons<br />

ossements et poussière? C’est une prédiction invraisemblable. Il n’y a<br />

que la vie présente: nous vivons et nous mourons mais jamais nous<br />

serons ressuscités.<br />

«Ce n’est qu’an homme qui colporte de mensonges sur Allah» en<br />

prétendant que nous serons un jour ressuscités et rassemblés pour<br />

être jugés. Le Prophète s’écria alors en implorant: «Seigneur, donne-moi<br />

aide contre des tels détracteurs». Protège-moi contre leur nuissance, ils<br />

viennent de me traiter de menteur. Dieu de lui répondre: «Avant peu, ils<br />

regretteront leurs propos» à cause de leur reniement et leur obstination.<br />

«Une mort foudroyante les extermina». En effet II leur envoya un vent<br />

impétueux et dévastateur qui a détruit tout sur Son ordre. Au matin, on<br />

ne vit que leurs maisons: «Il n’en resta que des débris. Loin d’ici les<br />

méchants». Dieu ne les a pas lésés, ils se sont fait tort à eux-mêmes à<br />

cause de leur incrédulité.<br />

tumma ’ansa’nâ mim ba‘dihim qurûnan ’aharîna (42) mâ tasbiqu min<br />

ummatin ’ajalahâ wamâ yasta’hirûna (43) tumma ’arsalnâ rusulanâ tatrâ<br />

kulla mâ jâA’a ’ummata-r-rasûluhâ kaddabûhu-fa’atba‘nâ ba‘dahum<br />

ba‘dan wa ja‘alnâhum ’ahâdîta fabu‘da-l-liqawmi-l-lâ yu’minûna (44).<br />

Nous appelâmes à leur succéder d’autres générations (42) Aucun<br />

395


peuple ne peut ni avancer ni reculer le terme de sa vie. (43) Nous fîmes<br />

succéder les Prophètes les uns aux autres. Chaque fois que l’un d’eux se<br />

présenta à son peuple, il fut traité d’imposteur. Nous anéantîmes les<br />

peuples les uns après les autres à titre d’exemple. Loin d’ici les incrédules.<br />

(44).<br />

Dieu créa ensuite d’autres générations et d’autres peuples qui se<br />

succédèrent les uns aux autres. Aucun d’eux ne peut avancer ni<br />

reculer sbn terme. A chacun d’eux Dieu envoya un Prophète dont leur<br />

mission fut identique: Appeler à Dieu et n’adorer que Lui: «Nous avons<br />

envoyé des Prophètes à chaque peuple. «Adorez Allah et évitez Taghout»<br />

était leur mot d’ordre. Certains de ces peuples ont suivi la bonne voie,<br />

d’autres ont précipité leur perte» [Coran XVI, 36].<br />

Chaque foi qu’un Prophète venait à son peuple, celui-ci le traitait<br />

d’imposteur. Dieu affirme cette réalité en disant: «Triste fin des hommes!<br />

chaque fois qu’un Prophète leur est envoyé, ils le tournent en dérision» [-<br />

Coran XXXVI, 30]. Et Dieu d’anéantir ces peuples l’un à la suite de<br />

l’autre «... et nous les dipersâmes dans tous les sens» [Coran XXXIV, 19]<br />

en les donnant un exemple aux autres peuples.<br />

tumma ’arsalnâ Mûsâ wa ’ahâhu Harûna bi ’âAyâtinâ wa sultânimmubînin<br />

(45) ’ilâ Fir‘awna wa mala’ihî fastakbaru wa kânû qawman ‘-<br />

âlîna (46) faqâlïï ’anu’minu libacharaynii mitlinâ wa qawmuhumâ lanâ<br />

‘âbidûna (47) fakaddabûhunmâ fakânû mina-1-muhlakîna (48) walaqad<br />

*a taynâ Mûsâ-l-kitâba la‘aUahum yahtadûna (49).<br />

Puis nous envoyâmes Moïse et son frère Aaron, qui étaient munis de<br />

nos signes et de preuves irréfutables. (45) à Pharaon et à sa cour. Ceux-ci<br />

les accueillirent avec morgue. C’était un peuple arrogant. (46) Allons-nous<br />

396


croire, dirent-ils, à deux hommes comme nous et dont le peuple nous est<br />

asservi? (47) Pour avoir traité Moïse et Aaron de menteurs, ils furent<br />

anéantis. (48) Nous donnâmes le Livre à Moïse comme guide. (49).<br />

Dieu envoya Moïse et son frère Aaron (Haroun) à Pharaon et aux<br />

chefs de son peuple avec les signes manifestes et les preuves<br />

évidentes. A cause de leur orgueil et leur obstination, Pharaon et son<br />

peuple s’enorgueillirent et refusèrent de suivre Moïse et son frère,<br />

comme avaient agi les peuples précédents en considérant que de tels<br />

Prophètes n’étaient que des mortels comme eux. En un seul jour, Dieu<br />

noya Pharaon et son peuple.<br />

Le Seigneur révéla le Pentateuque à Moïse qui contenait les<br />

enseignements, les ordres et les interdictions, après le périssement de<br />

Pharaon et les coptes qui formaient son peuple. Après la révélation du<br />

Pentateuque, Dieu n’a pas anéanti un peuple à cause de l’incrédulité<br />

de son commun, mais II a ordonné aux croyants de combattre les<br />

infidèles. Dieu montre cela clairement quand II a dit: «Nous avons donné<br />

le Pentateuque à Moïse après avoir anéanti les peuples passés. Notre but<br />

était d’instruire les hommes. Ce Livre est à la fois un guide et une<br />

bénédiction. Peut-être fera-t-il réfléchir» [Coran XXVIII, 43].<br />

waja‘alnâ-bna Maryama wa ’ummahu ’a yatan wa ’awaynâhuma ’ilâ<br />

rabwatin dâti qarârin wa ma‘înin (50).<br />

Nous fîmes de Jésus et de sa mère un symbole et nous les installâmes<br />

dans un lieu élevé, paisible et arrosé de sources. (50).<br />

Dieu a fait de Son serviteur et Envoyé Jésus -que la paix soit<br />

avec lui- et de sa mère Marie un signe pour les hommes, et une<br />

preuve irréfutable de Son pouvoir de çréer ce qu’il veut. Il créa Adam<br />

sans père ni mère, Eve d’un mâle sans femelle, Jésus d’une femelle<br />

sans mâle, et les autres gens de mâles et de femelles.<br />

«Et nous les installâmes dans un lieu élevé». Où se trouva ce lieu?<br />

Les opinions se sont controversées à ce sujet. Sa'id Ben Al-Moussaiab<br />

a avancé: Il est à Damas. Ibn Abbas a soutenu cette opinion et a<br />

397


ajouté que les sources citées dans le verset sont les rivières de<br />

Damas. Quant à Moujahed dont l’avis était presque identique a dit qu’il<br />

s’agit de la «Ghouta de Damas» et ses alentours.<br />

Mais Abou Houraira a précisé que ce fut à Ramla en Palestine. Il<br />

s’avère que l’opinion la plus logique est celle de Ibn Abbas qui a dit:<br />

«Les sources signifient l’eau coulante que Dieu a mentionnée dans ce<br />

verset: «Ton Seigneur a fait jaillir un ruisseau à tes pieds» [Coran XIX,<br />

24]. (Sans préciser le lieu). Enfin Ad-Dahak et Qatada ont déclaré qu’il<br />

s’agit bien de Jérusalem, qui est très probable d’après l’auteur. Et c’est<br />

Dieu qui est le plus savant, car ceci est mentionné dans un autre<br />

verset et les versets du Coran expliquent les uns les autres.<br />

yâ ’ayyuhâ-r-rusulu kulû mina-t-tayyibâti wa‘malû sâlihan ’innî bimâ<br />

ta ‘malûna ‘alîmun (51) wa ’inna hâdihT ’ummatukum ’ummatan<br />

wâhidatan wa ’ana rabbukum fat-taqûni (52) fataqatta‘u ’amrahum<br />

baynahum zuburan kullu hizbim bimâ ladayhim farihûna (53) fadarhum<br />

fî gamratihim hattâ hînin (54) ’ayahsabûna ’annamâ numidduhum bihî<br />

mim-mâlin wa banina (55) nusâri‘u lahum fî-l-hayrâti bal-lâ yas‘urûna<br />

(56).<br />

O Prophètes, nourrissez-vous à volonté des fruits de la terre et<br />

pratiquez les bonnes œuvres. Je connais toutes vos actions. (51) Vous ne<br />

formez qu’un seul peuple. C’est moi votre Allah. Craignez-moi. (52) Les<br />

hommes se sont partagés en sectes et chaque secte se confina dans son<br />

dogme. (53) Abandonne-les pour un temps à leurs préjugés. (54) Croient-ils<br />

que nous les comblons de richesses et d’enfants. (55) uniquement pour leur<br />

être agréables? Ils se trompent. (56).<br />

398


Dieu ordonne aux Prophètes de se nourrir de ce qui est licite et<br />

de pratiquer les bonnes œuvres car la nourriture licite et bonne aide à<br />

faire le bien. Ils s’exécutèrent. Al-Hassan Al-Basri a commenté cela en<br />

disant: «Par Dieu, Il ne leur a pas ordonné de choisir les meilleurs<br />

fruits et de rechercher les bons aliments, mais II leur a recommandé<br />

de n’acquérir que le licite. A savoir aussi que Jésus -que la paix soit<br />

avec lui- se nourrissait du travail de sa mère qui exerçait la filature.<br />

Dans un hadith authentique le Messager de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- a dit: «Tout Prophète était un pâtre». On lui<br />

demanda: «Et toi aussi ô Messager de Dieu?» - Et moi aussi, réponditil,<br />

je gardais les moutons à des mecquois contre des qirats».<br />

David, le Prophète de Dieu, - que Dieu le salue - mangeait du<br />

travail de sa main, comme il a été rapporté dans un hadith.<br />

Abou Houraira -que Dieu l’agrée- rapporte que l’Envoyé de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Dieu le Très Haut est bon et<br />

n’accepte que ce qui est bon. Il a prescrit aux croyants ce qu’il a prescrit<br />

aux Prophètes. Il leur a dit: «O Prophètes, nourrissez-vous à volonté des<br />

fruits de la terre et pratiquez les bonnes œuvres. Je connais toutes vos<br />

actions». Il a dit aussi: «O croyants, nourrissez-vous des aliments qu’Allah<br />

vous octroie» [Coran II, 172]. Puis le Prophète mentionna le cas de<br />

l’homme qui entreprend un long voyage la tête ébouriffée, poussiéreuse,<br />

tend les mains vers le ciel en implorant: «Seigneur! Seigneur!» alors que sa<br />

nourriture est illicite, sa boisson illicite, ses vêtements illicites et qu’il est<br />

nourri de choses illicites. Comment serait-il exaucé?» (Rapporté par<br />

Mousüm, Tirmidzi et Ahm ed/1K<br />

«Vous ne formez qu’un seul peuple» ô Prophètes, votre religion est<br />

(1) J -i y 4iil ,j*UI Ijjl (¿i ¿1 J J l i .Jlï «ul ¿j*<br />

o L - W I ^ l * î : J U i -4 j  U ù ü * j U j À 4U \ 0 ^ . L A ><br />

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L» \j fri ♦ «w.ll j *«**M<br />

« I j j ) . î v i l J J Ü . ^ 1jj~l> (¿¿¿-J y>- . ^ 1j>- ç\j>-<br />

399


unique et votre mission est la même qui consiste à appeler à<br />

l’adoration d’un Dieu unique sans rien Lui associer. «C’est moi votre<br />

Allah. Craignez-moi».<br />

Mais les peuples auxquels Dieu a envoyé des Prophètes, se sont<br />

divisés en sectes, et chaque parti exultant de ce qu’il a devers lui. lis<br />

se croyaient être dans le droit chemin, mais au contraire, ils étaient<br />

dans un égarement manifeste. «Abandonne-les pour an temps à leurs<br />

préjugés» jusqu’à leur périssement, comme le confirme ce verset: «-<br />

Accorde un répit aux incrédules. Accorde-leur un court répit» [Coran<br />

LXXXVI, 17].<br />

«Croient-ils que nous les comblons de richesses et d’enfants<br />

uniquement pour leur être agréables? Ils se trompent». Ceux qui se sont<br />

leurrés de leurs richesses et de leur progéniture croyant que Dieu leur<br />

a octroyés parce qu’il les aime ou les chérit? Non, ils se sont trompés<br />

surtout quand ils déclarent: «Comblés de richesses et d’enfants comme<br />

nous sommes, nous ne serons jamais voués au supplice» [Coran XXXIV,<br />

35]. Qu’ils sachent que tout cela n’est qu’illusions. En répondant, Dieu,<br />

en s’adressant à Son Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue-, a dit:<br />

«Ne te laisse pas séduire par leur richesses et par leurs enfants. Ces<br />

richesses et ces enfants, Allah ne les leur accorde que pour les faire souffrir<br />

au cours de cette vie périssable» [Coran LX, 55].<br />

Dans un autre verset II exhorte les hommes et les avertit en leur<br />

disant: «Ce ne sont ni vos richesses ni vos enfants qui vous rapprocheront<br />

de nous. Seuls s’en rapprocheront ceux qui croient et qui font le bien» [-<br />

Coran XXXIV, 37],<br />

Abdullah Ben Mass'oud rapporte que le Messager de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Dieu a réparti les moralités entre<br />

vous comme II a partagé Ses biens. Certes, Dieu accorde (les biens de) ce<br />

monde à qui II aime comme à qui II n ’aime pas, mais II n 'accorde la fo i<br />

qu’à celui qu’il aime. Donc celui qui reçoit la fo i aura acquis l ’amour de<br />

Dieu. Par celui qui tient mon âme dans sa main, l ’un d ’entre vous n ’est un<br />

vrai musulman que lorsqu’il aura la fo i dans son cœur et sur sa langue. Nul<br />

n ’est croyant que lorsque son voisin sera à l’abri de ses méfaits». On lui<br />

demanda: «Quels sont ces méfaits?» Il répondit: «Son mauvais traitement<br />

et son injustice». Tout bien acquis illicitement duquel on fa it l’aumône ne<br />

400


serait béni et cette aumône sera réfutée. Tout ce qui laisse de ces biens sera<br />

ses provisions pour VEnfer. Dieu n ’efface pas le mal par le mal mais par le<br />

bien car le mauvais n ’efface, jamais le mauvais» (Rapporté par l’imam<br />

Ahmed) [].<br />

• fe j j»fD&J & ^ àj>)t ù$[}<br />

, ^ •> y ("1 'VT'f , y > s* <<br />

ÔJlL* Ufc pjfcj ( j Ôy^i“i<br />

’inna-l-ladîna hum min hasyati rabbîhim musfîqûna (57) wa-l-ladîna<br />

hum bi’ayâti rabbihim yu’minûna (58) wa-l-ladîna hum birabbihim lâ<br />

yusrikûna (59) wa-l-ladîna yu’tûna ma *a taw wa qulûbuhum wajilatun<br />

annahum ’ilâ rabbihim râji‘ûna (60) ’ûla ’ika yusâri‘ûna fî-l-hayrâti wa<br />

hum lahâ sâbiqûna (61).<br />

Ceux que la crainte de leur Seigneur rend humbles, (57) ceux qui<br />

croient aux révélations de leur Seigneur(58) ceux qui ne lui reconnaissent<br />

aucun associé, (59) ceux qui font l’aumône, le cœur tremblant à l’idée qu’ils<br />

retourneront à leur Seigneur, (60) ceux-là rivalisent l’ardeur à faire le bien<br />

et y réussissent mieux que perosnne. (61).<br />

Ceux qui font les actes de charité et les bonnes œuvres, qui ont la<br />

foi et redoutent leur Seigneur et sa vengeance sont vraiment ceux qui<br />

sont pénétrés de la crainte de Dieu. Al-Hassan Al-Basri a dit: «Le<br />

croyant réunit la charité et la redoute, tandis que l’impie réunit les<br />

mauvaises actions et la sécurité».<br />

(1) f ** 4-Ul<br />

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■ ^ l.w .X ^ iljti oljsp! ♦ t * - Ni t• jj jlJI<br />

j Ij Lij ojU»- ¿yb Cj*$i


«Ceux qui croient aux révélations de leur Seigneur» et à Ses signes<br />

universels et religieux, comme II a dit en parlant de Marie: «Elle crut<br />

aux paroles de son Seigneur et à Son Livre» C’est à dire elle crut que<br />

tout ce qui arrive émane de l’ordre de Dieu et Sa prédestination. Ce<br />

que Dieu a prescrit est un ordre qui ne procure que Son amour et Sa<br />

Satisfaction, et ce qu’il interdit est tout ce qu’il répugne et refuse qu’on<br />

le commette. Si c’est un bien, ce sera alors une vérité.<br />

«Ceux qui ne Lui reconnaissent aucun associé» n’adorent que Lui et<br />

savent qu’il n’y a de Dieu que Lui, et n’a aucun rival on égal.<br />

«Ceux qui font l’aumône, le cœur tremblant à l’idée qu’ils retourneront<br />

à leur Seigneur» Cela signifie qu’ils font l’aumône et redoutent que Dieu<br />

ne l’accepte pas, ayant peur qu’il ne soit à cause de la négligence<br />

d’une prescription dont ils ne s’en sont pas acquittées.<br />

L’imam Ahmed rapporte que Aicha -que Dieu l’agrée- a dit: «J’ai<br />

demandé: «O Messager de Dieu, ceux qui donnent ce qu’ils donnent tandis<br />

que leurs cœurs sont pénétrés de crainte, s ’agit-il de ceux qui volent,<br />

forniquent et boivent le vin du moment qu’ils craignent Dieu -à Lui la<br />

puissance et la gloire-?» Il me répondit: «Non, ô la fille d’Abou Bakr, la<br />

fille de Siddiq. Il s ’agit de ceux qui prient, jeûnent et font l’aumône et<br />

redoutent Dieu -à Lui la puissance et la gloire» (Rapporté par Tirmidzi et<br />

Ibn Abi Hatem)(I*.<br />

(1) ùjîji Aül


walâ nukallifu nafsan ’illâ wus‘ahâ wa ladaynâ kitâbun yantiqu bi-1-<br />

haqqi wa hum lâ yuzlamûna (62) bal qulûbuhum fî gamratim min hâdâ<br />

wa lahum ’a‘mâlum min dûni dâlika hum lahâ ‘âmilûna (63) hatta ’ida<br />

’ahadnâ mutrafîhim bi-l-’adâbi ’idâ hum yaj’arûna (64) lâ taj’arû-1-<br />

yawma ’innakum minnâ lâ tunsarûna (65) qad kânat ’âAyâtî tutlâ ‘-<br />

alaykum fakuntum ‘alaT Vqâbikum tankisûna (66) mustakbirîna bihî<br />

sâmiran tahjurûna (67).<br />

Nous n’imposons à chaque âme aucune surcharge. Nous tenons le livre<br />

des actions de chacune d’elles. Aucune ne sera lésée. (62) Leurs esprits sont<br />

préoccupés de toute autre chose. Leurs actes ne tiennent aucun compte de<br />

nos prescriptions. (63) Jusqu’au jour où nous châtions les plus marquants<br />

d’entre eux. Ils poussent alors les hauts cris. (64) Inutile de vous lamenter.<br />

Vous n’obtiendrez nul secours de nous. (65) Ce n’est pas faute qu’on vous<br />

ait répété nos enseignements. Mais alors vous tourniez le dos<br />

dédaigneusement. (66) Vous vous gonflez d’orgueil. Et, dans des<br />

conciliabules nocturnes, vous bafouiez nos révélations (67).<br />

Dieu parie de sa justice en imposant Ses lois à Ses serviteurs<br />

dans le bas monde, car il ne charge aucune âme que de ce qu’elle en<br />

est capable de porter et au jour de la réssurrection, Il les jugera étant<br />

donné que tout ce qu’ils ont fait dans la vie d’ici-bas est écrit dans un<br />

livre qui exprime la vérité. Nul ne subira aucun préjudice de ce qu’ils<br />

ont fait comme bonnes actions, quant aux mauvaises, Il en effacera et<br />

Il pardonnera une grande partie aux croyants.<br />

Mais les incrédules et les idolâtres ont les cœurs dans un abîme<br />

d’erreurs et dans un égarement à cause de leur détournement des<br />

prescriptions du Coran révélé au Messager de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- . «Leurs actes ne tiennent aucun compte de nos<br />

prescriptions». En d’autre terme leurs œuvres sont plus viles et<br />

cependant ils les accomplissent indubitablement avant leur mort. Nous<br />

avons déjà cité le hadith d’Ibn Mass'oud: «Par celui qu’il n’y a d’autre<br />

Dieu que Lui, il arrive que l’homme fait les œuvres des élus du Paradis


au point de n’en être séparé que d’une seule coudée, alors ce qu’il lui<br />

est prédestiné surviendra et cet homme fera les œuvres des damnés<br />

de l’Enfer et il y entrera».<br />

«Jusqu’au jour où nous châtions les plus marquants d’entre eux. Ils<br />

poussent alors les hauts cris» Lorsque les riches qui ont vécu dans<br />

l’aisance constatent le châtiment de Dieu et Sa vengance, ils poussent<br />

les cris d’angoisse. Dieu a dit ailleurs: «Laisse-moi le soin des incrédules,<br />

comblés de faveurs. Patience» [Coran LXXIII, 11]. Donc qu’ils poussent<br />

des cris et se lamentent, nul ne pourra les secourir et les préservera<br />

du châtiment de Dieu, pour la simple raison: «Ce n’est pas faute qu’on<br />

vous ait répété nos enseignements. Mais alors vous tourniez le dos<br />

dédaigneusement». En vous appelant à la foi vous refusiez de répondre:<br />

«Vous avez mérité un tel sort. Car, quand on vous prêchait le Dieu unique,<br />

vous l’écartiez, et quand on lui donnait des associés, vous les acceptiez-<br />

Toute décision appartient à Allah, le Sublime, l’Auguste» [Coran XL, 12].<br />

«Et, dans de conciliabules nocturnes, vous bafouiez nos révélations».<br />

Les polythéistes parlaient du Coran, tenaient de vains discours à son<br />

sujet en disant: C’est de la magie, de la poésie, de la divination etc...<br />

On a dit aussi qu’ils discutaient au sujet de Mouhammed -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- en prétendant: Il est un poète, un devin, un<br />

magicien, un menteur, un possédé etc...<br />

En voilà enfin un autre commentaire d’après Ibn Abbas qu’il s’agit<br />

de la Maison Sacrée qu’ils y tenaient leurs conciliabules nocturnes,<br />

passaient la nuit puis ils la quittaient en s’enorgueillissant sans la<br />

fréquenter plus tard.<br />

404


’afalam yaddabarû-l-qawla ’am j a ’ahum mâ lam ya’ti ’âAba ’ahumu-1-’-<br />

awwalîna (68) ’am lam ya'rifû rasûlahum fahum lahû munkirûna (69)<br />

’am yaqûlûna bihî jinnatum bal j a ’ahum bi-l-haqqi wa ’aktaruhum li-1-<br />

haqqi kârihûna (70) wa lawi-t-taba‘a-l-haqqu ’ahw a’ahum lafasadat-i-ssamâwâtu<br />

wa-l-’ardu wa man fîhinna bal ’ataynâhum bidikrihim fahum<br />

‘an dikrihim mu‘ridûna (71) ’am tas‘aluhum harjan faharâju rabbika<br />

hayrun wahuwa hayru-r-râziqîna (72) wa ’innaka latad‘uhum ’ilâ sirâtim<br />

mustaqîmin (73) wa ’inna-l-ladîna lâ yu’minûna bi-l-’a'hirti ‘ani-s-sirâti<br />

lanâkibûna (74) walaw rahimmâhum wa kasafnâ mâ bihim min durri-1-<br />

lalajjû fî tugyânihim ya‘mahûna (75).<br />

Que ne méditent-ils ce qn’on leur dit? ou bien ont-ils reçu une<br />

croyance différente de celle de leurs aïeux?» (68) Leur Prophète est-il pour<br />

eux un inconnu, qu’ils le rejettent (69) Bien plus, ils le traitent de possédé.<br />

Et cependant il leur apporte la vérité. Mais la plupart d’entre eux<br />

abhorrent la vérité. (70) Si la vérité se modelait sur leurs penchants, le ciel<br />

et la terre et tout ce qu’ils renferment seraient en pleine décomposition.<br />

C’est en vain que nous leur avons prêché la conduite qui leur convient.<br />

Cette conduite, ils n’en veulent à aucun prix. (71) Leur demandes-tu une<br />

rétribution? La rétribution de ton Seigneur est autrement importante. Allah<br />

est le plus généreux des dispensateurs. (72) Tu les convies à observer une<br />

bonne règle. (73) Mais ceux qui ne croient pas à la vie future ne veulent<br />

pas la suivre. (74) Les prenons-nous en pitié et les délivrons-nous de leurs<br />

maux? Les voilà qui retombent dans leur aberration et leur aveuglement.<br />

(75).<br />

Dieu critique le comportement des idolâtres vis-à-vis du Coran<br />

surtout qu’il est révélé en leur langue et pour leur bonheur, étant le<br />

Livre le plus noble communiqué au Prophète le plus noble. Ils l’ont mal<br />

compris. Au lieu d’agréer ce grand bienfait divin et de se monterr<br />

reconnaissants envers leur Seigneur, ils s’en sont détournés.<br />

405


Puis II critique l’agir des Qoraïchites à l’égard du Messager de<br />

Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-: «Leur Prophète est-il pour eux un<br />

inconnu». Ne connaissent-ils pas sa sincérité, sa fidélité et les années<br />

qu’il a pasées entre eux. On rapporte que le roi de l’Ethiopie, Négus<br />

(Najachi) avait demandé à Ja’far Ben Abi Taleb au sujet du Prophète -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue-, il lui répondit: «O roi, Dieu nous a<br />

envoyé en Prophète dont nous connaissons bien sa lignée, sa sincérité<br />

et sa fidélité» Ainsi était la réponse de Abou Soufian (étant encore<br />

idolâtre) à Héraclius quand il lui avait demandé la même chose.<br />

«Ken plus, ils le traitent de possédé» En leur récitant du Coran, les<br />

idolâtres disaient du Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue-: C’est<br />

une invention de sa part, ou bien: Les djinns sont en lui, il ne<br />

comprend rien de ce qu’il dit etc... Dieu les dévoile et montre que leurs<br />

cœurs ne croient pas à cette révélation, et les défie d’apporter un livre<br />

qui lui soit pareil s’ils sont véridiques, mais ils ne pourront rien le faire<br />

ni produire quelque chose de semblable tant que la vie dure.<br />

«Et cependant il leur apporte la vérité. Mais la plupart d’entre eux<br />

abhorrent la vérité» A ce propos Qatada rapporte que le Prophète -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- rencontra un homme et lui dit:<br />

«Convertis-toi» L’homme répondit: «Tu m’apelles à une chose que je<br />

répugne» Et le Prophète de répliquer: «Même si tu le répugnes».<br />

On a rapporté également que le Prophète -qu’Allah le bénisse et<br />

le salue- rencontra un homme et lui dit: «Embrasse l’Islam». Cette<br />

demande parut très lourde et pesante à l’homme, mais le Prophète -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- poursuivit: «Que penses-tu si tu te<br />

trouves dans un chemin reboteux et ardu, tu rencontres un homme<br />

dont tu connais son visage et sa lignée, et que celui-ci t’invite à<br />

emprunter un chemin plus vaste et facile à traverser, ne le suis-tu<br />

pas?» - Certes oui, répondit-il. Et le Prophète -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- de reprendre: «Par celui qui tient l’âme de Mouhammed dans<br />

Sa main, tu es dans un chemin plus ardu que l’autre et je t’apelle à un<br />

chemin aisément accessible, et plus facile que l’autre».<br />

«Si la vérité se modelait sur leurs penchants, le ciel et la terre et tout<br />

ce qu’ils renferment seraient en pleine décomposition». La vérité signifie,<br />

d’après Moujahed et As-Souddy, le Seigneur à Lui la puissane et la<br />

406


gloire. Si Dieu avait répondu à leurs passions, les deux, la terre et tout<br />

ce qui s’y trouve seraient certainement corrompus, tant que ces<br />

idolâtres avaient des penchants pervertis et diversifiés. Au sujet du<br />

Coran, ils disaient par exemple: «Que ce coran n’a-t-il été révélé à<br />

quelque personnage important des deux villes » [Coran XLIII, 31].<br />

Dieu dit ensuite: «C’est en vain que nous leur avons prêché la<br />

conduite qui leur convient» Nous leur avons fait venir leur Rappel, et<br />

pourtant ils s’en détournent. «Leur demandes-tu une rétribution? La<br />

rétribution de ton Seigneur est autrement importante». Tu ne leur<br />

demandes aucun salaire, ô Mohammed contre ton appel à la voie<br />

droite, mais, en vérité, tu comptes, avec foi, sur la récompense divine<br />

qui est incommensurable. «Dis: «Le salaire que je pourrais vous<br />

demander, et bien, gardez-le. C’est d’Allah que j’attends mon salaire» [-<br />

Coran XXXIV, 47],<br />

Ô Mouhammed, tu les appelles vers la voie droite «mais ceux qui<br />

ne croient pas à la vie future ne veulent pas la suivre». Ibn Abbas rapporte<br />

que le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a raconté<br />

qu’il a vu en rêve deux anges qui sont venus s’installer: le premier<br />

auprès de sa tête et l’autre à ses pieds. Ce dernier dit à l’autre:<br />

«Propose-lui son exemple et celui de sa nation» Le premier dit: «Lui et<br />

sa communauté ressemblent à des gens qui se trouvent dans un<br />

désert n’ayant plus la provision nécessaire pour leur permettre ni à<br />

traverser ce désert ni pour retourner. Etant ainsi, perplexes, un homme<br />

survint portant un vêtement somptueux et leur dit: «Que pensez-vous<br />

si je vous conduis à un jardin verdoyant où il y a un bassin, me suivezvous?»<br />

-Certes oui, répondent-ils. En effet il les a amenés à ce jardin<br />

où ils purent manger et se désaltérer, et même ils gagnèrent un<br />

certain poids. Il leur dit ensuite: «Ne vous ai-je pas trouvé dans un état<br />

désespéré en me promettant de me suivre si je vous conduis vers un<br />

jardin verdoyant et un bassin d’eau?» - Oui, répondirent-ils. Et l’homme<br />

de poursuivre: «En effet, il y a devant vous un jardin plus verdoyant<br />

encore et un bassin où vous pouvez étancher mieux votre soif. Suivezmoi<br />

donc». Une partie de ces gens répliqua: «Par Dieu, cet homme<br />

est sincère. Suivons-le» L’autre riposta: «Nous nous contentons de ce<br />

que nous avons maintenant».<br />

Omar Ben Al-Khattab rapporte que le Messager de Dieu -qu’Allah<br />

407


le bénisse et le salue- a dit: «Je vous tiens par les tailles, vous empêchant<br />

de vous précipiter dans le feu et vous avertissant, mais vous ne faites que de<br />

me résister. Vous vous précipitez dans ce feu à la façon des phalènes et des<br />

sauterelles, au point où vous m ’échappez. Je vous devancerai au bassin,<br />

vous viendrez y boire: les uns m ’accompagneront et les autres viendront par<br />

groupes. Je vous reconnaîtrai grâce à vos marques et vos noms, comme un<br />

homme qui reconnaît d’autres chameaux qui rejoingnent les siens. On vous<br />

conduira vers la droite et vers la gauche, j ’appellerai le Seigneur des<br />

mondes: «Seigneur, ma communauté! Seigneur, ma communauté!» On me<br />

répondra: «Tu ignores, ô Mouhammed, ce qu’ils ont fait après ton départ.<br />

Ils marchaient à reculons sur leurs pas» (Rapporté par Al-Hafedh Al-<br />

Moussali)(I).<br />

«Mais ceux qui ne croient pas à la vie future ne veulent pas la suivre»<br />

Ils s’en détournent en commettant une injustice à eux-mêmes, «les<br />

prenons-nous en piété et les délivrons-nous de leurs maux? les voilà qui<br />

retombent dans leur aberration et leur aveuglement» tellement leur<br />

incrédulité est impardonnable. Si nous écartions d’eux le mal en leur<br />

a pprenant le C oran, ils ne l’a u ra ie n t ja m a is su ivi, p lu tô t ils<br />

continueraient à persévérer dans leur obstination et leur rebellion, tout<br />

comme Dieu les décrit en disant: «Si Allah leur avait connu quelque<br />

aptitude, Il se serait employé à les convaincre. Même s’il s’était fait<br />

entendre d’eux, ils se seraient éloignés de Lui, murés dans leur<br />

indifférence» [Coran VIII, 23]. Ceci émande certes du Savoir de Dieu et<br />

de sa science.<br />

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408


walaqad ’ahadnâhum bi-l-‘adâbi famâ-s-takânû lirabbihim wamâ<br />

yatadarra‘ûna (76) hatta" ’idâ fatahnâ ‘alayhim bâban d â ‘adâbin<br />

sadîdin ’idâ hum fihi mublisûna (77) wa huwa-l-ladT ’ansa’a lakumu-ssam‘a<br />

wa-1- ’absâra wal-’afidata qalîlan mâ taskurûna (78) wahuwa-l-lad<br />

î dara’akum fî-l-’ardi wa ’ilayhi tuhsarûna (79) wahuwa-l-ladî yuhyî wa<br />

yumîtu walahu-h-tilâfu-l-layli wa-n-nahâri ’afalâ ta‘qilûna (80) bal qâlû<br />

mit la mâ qâla-l-’awwalûna (81) qâlu ’a’idâ mitnâ wa kunnâ turâban wa<br />

‘izâman ’a’innâ lamab‘ûtûna (82) laqad wu‘idnâ nahnu wa ’âAbâA’unâ<br />

hâdâ min qablu ’in hâda ’ilia ’asâtîru-l-’awwalîna (83).<br />

Nous avons été jusqu’à leur punir. Ils ne se sont pas soumis pour cela<br />

à leur Seigneur ni ont daigné l’implorer; (76) jusqu’au jour où nous avons<br />

déchaîné contre eux un châtiment terrible. Ils se sont abandonnés alors au<br />

désespoir. (77) C’est Allah qui vous a donné l’ouïe, la vue et l’intelligence.<br />

Que vous êtes peu reconnaissants. (78) C’est Lui qui a facilité votre vie sur<br />

terre et c’est à Lui que vous ferez retour. (79) C’est lui qui distribue la vie<br />

et la mort et qui fait alterner le jour et la nuit. Finirez-vous par<br />

comprendre? (80) Hélas! non, ils tiennent les mêmes propos que leurs<br />

devanciers. (81). Comment, disent-ils, une fois morts, retournés en poussière et<br />

en os, nous serons ressuscites? Est-ce possible? (82). Ces mêmes choses, on<br />

nous les a déjà dites ainsi qu’à nos pères. Ce sont là des fables du temps passe<br />

(83).<br />

Dieu les a éprouvés par les malheurs et les calamités. «Ils ne sont<br />

pas soumis pour cela à leur Seigneur ni ont daigné L’implorer» Plutôt ils<br />

se sont persévérés dans leur impiété et leur égarement sans s’humilier<br />

devant leur Seigneur.<br />

409


Ibn Abbas raconte: «Abou Soufian vint trouver le Messager de<br />

Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- et lui dit: «Je te conjure par Dieu<br />

et le lien du sang qui nous unit. Nous avons (eu faim) à tel point de<br />

manger les poils et le sang». Dieu alors fit cette révélation «Nous avons<br />

été jusqu’à leur punir... (A savoir que le Messager de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- avait imploré le Seigneur pour frapper les idolâtres<br />

par les calamités en Lui disant: «Seigneur envoie leur des années de<br />

sécheresse comme celles (qui ont eu lieu du temps) de Joseph».<br />

«Jusqu’au jour où nous avons déchaîné contre eux un châtiment<br />

terrible. Us se sont abandonnés alors au désespoir» C’est à dire jusqu’au<br />

jour où l’Heure fatale et l’Ordre de Dieu leur surviendraient, alors ils<br />

seraient pris par un châtiment auquel ils n’attendaient pas. C’est à ce<br />

m oment qu’ils désespéreraient de tout bien et leurs espoirs<br />

deviendraient des illusions.<br />

Dieu rappelle ensuite les bienfaits qu’il leur a accordés: l’ouïe, la<br />

vue et les cœurs pour peu qu’ils soient reconnaissants; et qu’ils<br />

méditent dans l’univers les signes qui montrent l’unicité de Dieu et qu’il<br />

est le seul Maître des deux et de la terre.<br />

C’est Dieu qui a disséminé les hommes sur la terre, et cela<br />

constitue un signe de Son omnipotence, en leur accordant diverses<br />

couleurs et langues. Au jour de la résurrections, ils seront tous<br />

rassemblés devant lui.<br />

«C’est Lui qui distribue la vie et la mort» en ressuscitant les morts<br />

une fois réduits en ossements «et qui fait alterner le jour et la nuit»<br />

dont l’un poursuit l’autre sans arrêt, ils se succèdent sans s’être<br />

séparés par aucun laps de temps. «Le soleil ne saurait pas plus atteindre<br />

la lune que la nuit dépasser le jour» [Coran XXXVI, 40]. Les hommes<br />

n’ont-ils pas des raisons pour y réfléchir?.<br />

Mais ceux qui ont renié la résurrection ont tenu les mêmes propos<br />

comme les incrédules d’autrefois: «Comment, disent-ils, une fois morts,<br />

retournés en poussière et en os, nous serons ressuscités?». Ils renient donc<br />

la résurrection après leur périssement. «Ces mêmes choses, on nous les a<br />

déjà dites ainsi qu’à nos pères» C’est une chose inouïe voire impossible.<br />

Dieu leur répond dans d’autres versets et dit: «Oubliant sa propre<br />

origine, il nous pose des questions de ce genre: «Qui peut ranimer les os<br />

410


tombés en poussière?» Les ranimera celui qui les a produits la première<br />

fois...» [Coran XXXVI, 78-79].<br />

qui limani-l-’ardu waman fïha ’in kuntum ta‘lamûna (84) sayaqûlûna li-<br />

L-Lâhi qui ’afalâ tadakkarûna (85) qui man rabbu-s-samâwâti-s-sabi‘i<br />

wa rabbu-l-‘arsi-l-‘azîmi (86) sayaqûlûna li-L-Lâhi qui ’afalâ tattaqûna<br />

(87) qui man biyadihî malakûtu kulli say’in wahuwa yujîru walâ yujâru<br />

‘alayhi ’in kuntum ta'lam ûna (88) sayaqûlûna li-L-Lâhi qui fa’annâ<br />

tusharûna (89) bal ’ataynâhum bi-l-haqqi wa ’innahum lakâdibûna (90).<br />

Interroge-les: A qui appartient la terre et tout ce qu’elle renferme?<br />

Qu’ils le disent, s’ils le savant. (84) Ils répondront: «A Allah». Dis alors:<br />

«Ne finirez-vous pas par vous soumettre» (85) Demande-leur: «Quel est le<br />

Maître des sept cieux et du sublime trône?» (86) Ils répondront: «Allah»<br />

Ajoute: «Ne le craindrez-vous pas?» (87) Interroge-les: «Entre les mains de<br />

qui se trouve la puissance universelle? Quel est celui qui peut défendre et<br />

contre qui on ne peut pas être défendu? Dites-le si vous le savez» (88) Ils<br />

répondront: «Allah». Objecte: «Et alors pourquoi vous laissez-vous abuser?»<br />

(89) Nous leur avons donné la vérité. Mais ils ne sont que des menteurs.<br />

(90).<br />

Dieu déclare son unicité et qu’il est le seul Maître qui dispose de<br />

Son Royaume. «A qui appartient la terre et tout ce qu’elle renferme»<br />

comme bêtes, plantations, fruits et tout ce qu’il s’y trouve. Et les impies<br />

de répondre: «A Dieu, seul, qui n’a pas d’associés». Si c’est ainsi «Ne<br />

finirez-vous pas par vous soumettre?».<br />

A la deuxième question: «Quel est le Maître des sept cieux et du<br />

sublime trône?» et le créateur de l’univers et du monde céleste qui<br />

renferme les astres et les anges soumis totalement à Dieu? Quel est<br />

411


le Seigneur du sublime Trône qui représente le plafond supérieur de<br />

toute la création?. Ils répondront à Dieu. Dans un hadith prophétique, il<br />

est dit: «Les sept deux, la terre et tout ce qui se trouve entre eux, ne<br />

sont par rapport au Trône qu’un anneau jeté dans un désert. Et le<br />

Trône par rapport à la Royauté est comme cet anneau par rapport au<br />

désert». Dans d'autres versets, Dieu a parié de la grandeur du Trône,<br />

de sa splendeur et de sa sublimité.<br />

«Ne le craindrez-vous pas?» Si vous reconnaissez ces vérités,<br />

pourquoi n’appréhendez-vous pas le châtiment de Dieu et pourquoi ne<br />

redoutez-vous pas sa vengeance en adorant d’autres divinités?.<br />

«Interroge-les: «Entre les mains de qui se trouve la puissance<br />

universelle?» et aucun être vivant qu’il ne le tienne par son toupet? et<br />

dont II en dispose?. Le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- disait souvent en jurant: «Par celui qui tient mon âme dans sa<br />

main» ou «Par celui qui fait tourner les cœurs». «Quel est celui qui peut<br />

défendre et contre qui on ne peut pas être défendu?» qui donne asile aux<br />

autres et n’a pas besoin qu’un autre le protège. Il est le seul Maître<br />

absolu, le Tout-Puissant, qui interrogera les hommes sans être<br />

interrogé.<br />

Ils répondront: «C’est Dieu!» Si c’est ainsi, pourquoi alors vos<br />

raisons vous permettent-elles à adorer d’autres en dehors de Lui? «-<br />

Nous leur avons donné la vérité» qu’il n’y a d’autres divinités que Dieu<br />

en leur présentant les preuves évidentes. «Mais ils ne sont que des<br />

menteurs» car ils persévèrent dans l’adoration des autres divinités sans<br />

aucun prétexte ni excuse. C’est pourquoi Dieu a dit à la fin de cette<br />

sourate: «Celui qui invoque Inconsidérément d’autres divinités qu’Allah,<br />

celui-là aura à en rendre compte à son Seigneur». Mais, en réalité, les<br />

idolâtres ne font que suivre le culte de leurs ancêtres ignorants et<br />

impies. Le seul prétexte qu’ils ont à présenter: «Nous avons trouvé nos<br />

pères attachés à ce culte et nous marchons sur leurs traces» [Coran XLIII,<br />

22].<br />

412


ma-t-tahad a-L-Lâhu min waladin wamâ kâna ma‘ahû min ’ilâhin ’ida-1-<br />

ladahaba kullu ’ilâhim bimâ halaqa wa la‘alâA ba‘duhum ‘alâ ba'din<br />

subhâna-L-Lâhi ‘ammâ yasifûna (91) ’âlimi-l-gaybi wa-s-sahâdati fata‘âlâ<br />

‘ammâ yusrikûna (92).<br />

Allah n’a pas de fils. Il n’y a aucun autre Allah auprès de Lui. Sinon,<br />

chaque Allah s’isolerait avec sa création et chercherait à surpasser l’autre.<br />

Gloire à Allah qui est au-dessus de telles inventions. (91) Gloire à Lui qui<br />

distingue le visible et l’invisible. Il surpasse tous les êtres qu’on Lui associe.<br />

(92).<br />

Dieu s’élève au-dessus de ce qu’on lui attribue disant qu’il s’est<br />

donné un fils ou qu’il a d’autres divinités auprès de Lui. Gloire à Lui! Si<br />

c’était le cas, certaines d’entre elles se seraient considérées<br />

supérieures aux autres et chacune d’elles «s’isolerait avec sa création et<br />

chercherait à surpasser l’autre» Ce serait alors le désordre dans l’univers<br />

et la désorganisation sur tous les plans. Au contraire, Il est le seul<br />

créateur où on ne trouve aucune faille dans la création.<br />

Les exégètes ont proposé à cet égard l’exemple d’un objet créé<br />

par deux artisans: si l’un d’eux voulait le déplacer et l’autre refusait nui<br />

d’entre eux n’aurait exécuté sa volonté. S’ils s’obstinaient, alors l’un<br />

d’eux se serait triom phé de l’autre et le rendrait incapable et<br />

impuissant. Que le Seigneur soit loin de ce que les idolâtres lui<br />

attribuent comme fils ou associé, et qu’il soit exalté.<br />

«Gloire à Lui qui distingue le visible et l’invisible» Rien ne Lui est<br />

caché de Ses serviteurs et de tout ce qu’il a créé.<br />

qui rabbi ’immâ turiyannî mâ yû‘adûna (93) rabbi falâ taj‘alnî fî-1-<br />

qawmi-z-zâlimina (94) wa ’innâ ‘alâA ’an nuriyaka mâ na‘iduhum<br />

413


laqâdirûna (95) d-fa‘bi-l-latî hiya ’ahsanu-s-sayyi’ata nahnu ’a‘lamu bimâ<br />

yasifûna (96) wa qui rabbi ’a‘ûdu bika min hamazâti-s-sayâtîni (97) wa<br />

Vûdu bika rabbi ’ay-yahdurûni (98).<br />

Dis: Seigneur, si je dois assister au châtiment que Tu prépares, (93)<br />

fais que je ne sois pas du nombre des coupables (94) Nous pouvons te<br />

montrer les châtiments que nous leur réservons. (94) Rends le bien pour le<br />

mal. Nous savons mieux que personne ce qui ils complotent. (96) Dis:<br />

«Seigneur, prémunis-moi contre les tentations des génies» (97) Je me<br />

réfugié auprès de Toi pour échapper à leurs pièges (98).<br />

Dieu ordonne à Son Messager -qu’Allah le bénisse et le salue- de<br />

formuler cette déprécation le jour où II se vengera des prévaricateurs.<br />

«Seigneur, si je dois assister au châtiment que tu prépares» pour l’infliger<br />

aux injustes, ne me place par parmi eux. Le Prophète -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- implorait souvent le Seigneur par ces mots: «Si Tu<br />

veux frapper un peuple par une épreuve, fais-moi mourir et rappellemoi<br />

à Toi sans être ni tenté ni éprouvé».<br />

«Nous pouvons te montrer les châtiments que nous leur réservons»<br />

pour que tu sois témoin de leur supplice promis. Puis II l’exhorte à se<br />

comporter convenablement à l’égard des hommes en repoussant ré<br />

mal par le bien, comme II lui dit dans un autre verset: «Réponds au mal<br />

par le bien. Ton enemi deviendra bien vite ton meilleur soutien» [Coran<br />

XLI, 34],<br />

Il lui ordonne ensuite de chercher protection auprès de Lui contre<br />

les séductions des démons: «Je me réfugie auprès de Toi pour échapper<br />

à leurs pièges» car de telles créatures on est incapable de les<br />

repousser facilement. Le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- disaitsouvent dans ses invocations: «Je me réfugie auprès de<br />

Dieu qui voit et entend tout, contre le démon le lapidé et le maudit,<br />

contre sa séduction, son souffle et son arrogance».<br />

Il lui ordonne également de se réfugier auprès de Lui contre la<br />

présence des démons, surtout quand il veut entreprendre une certaine<br />

affaire: au début du repas, lors des rapports avec ses femmes, quand<br />

il égorge et autres choses.<br />

On a rapporté que le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le<br />

414


salue- disait: «Grand Dieu je me réfugie auprès de Toi contre la vieillesse,<br />

l’éboulement et la noyade. Je me réfugie auprès Toi contre le démon pour<br />

qu’il ne me frappe lors de ma mort» (Rapportépar Abou Daoud)(I).<br />

Amr Ben Chou'aib rapporte d’apès son père que son grand père a<br />

dit: «Le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- nous<br />

enseignait des mots avant de se coucher et contre la peur: «Au nom de<br />

Dieu, je cherche refuge par les paroles parfaites de Dieu contre son<br />

courroux, son châtiment, le mal de ses pires créatures, les séductions des<br />

démons et leur présence» Abdullah Ben Amr enseignait à son tour ces<br />

paroles à ses enfants adultes quand ils voulaient dormir. Quant aux<br />

mineurs, il les leur écrivait sur un papier et l’attachait à leurs cous» (-<br />

Rapporté par l’imam Ahmed, Abou Daoud, Tirnddzi et Nassaï)(2K<br />

i


terre afin de réparer tout ce qu’il a gâché durant sa vie. Peut-être, en y<br />

revenant, il pourrait accomplir une œuvre bonne. A ce propos Dieu a<br />

dit ailleurs en décrivant l’état de ces impies: «Ah si tu pouvais voir dans<br />

quelle attitude humiliée les coupables se présenteront devant Allah. Ils<br />

diront: «Nous voyons et nous entendons maintenant. Laisse-nous retourner<br />

sur terre. Nous y ferons le bien. Nous voilà convaincus» [Coran XXXII,<br />

12].<br />

Dieu montre que ces coupables demanderont de revenir sur terre<br />

lors de leur rassemblement et leur comparution devant le Tout-<br />

Puissant, alors qu’ils subiront le supplice de la Géhenne.<br />

«Que non pas-Vaine prière» Ce n’est qu’une parole qu’ils<br />

adresseront à ce moment-là, car s’ils étaient ramenés sur la terre, ils<br />

reviendraient à ce qui leur était interdit. Ce sont des menteurs. Qatada<br />

a commenté ce fait et dit: «Par Dieu, l’incrédule ne souhaiterait revenir<br />

ni vers sa famille ni vers sa tribu ni pour amasser les biens du monde<br />

et assouvir ses passions. Plutôt il espérerait obéir à Dieu en<br />

accom plissant les œuvres pies. Que Dieu fasse miséricorde à<br />

quiconque œuvre dans la vie présente et accomplit tout ce qu’un impie<br />

promettrait de faire quand il constaterait son funeste sort qui serait le<br />

Feu».<br />

Quant à Abou Houraira, il a rapporté ce hadith en le remontant au<br />

Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue-: «Lorsque l’incrédule est<br />

enterré et on lui montre sa place au Feu, il s’écrie: «Seigneur, renvoiemoi<br />

sur la terre afin que je me repentisse et accomplisse les bonnes<br />

œuvres». On lui répond: «Tu as vécu assez dans le bas monde et tu<br />

as tout renié et négligé». Alors sa tombe se rétrécit, ses côtes<br />

s’entrelacent et devient proie aux insectes de la terre, ses sepents et<br />

scorpions».<br />

«Entre eux et la terre un obstacle est dressé jusqu’au jour de la<br />

résurrection». Mouhammed Ben Ka‘b l’a expliqué en ces termes: «A<br />

cause de cet obstacle, les impies ne sont plus les convives des vivants<br />

sur terre ni avec les gens de l’au-delà pour être rétribués. Les impies<br />

ne cessent de recevoir le châtiment et les tourments de la tombe<br />

jusqu’au jour dernier.<br />

416


fa’idâ nufiha fî-s-suri falâA ’ansâba baynahum yawma’id in walâ<br />

yatasâA’alûna (101) faman taqulat mawâzînuhu fa’ûla^’ika humu-1-<br />

muflihûna (102) wa man haffat mawâzînuhu fa’ûla ’ika-l-lad ma hasirïï<br />

anfusahum fî jahannama hâlidûna (103) talfahu wujûhahumu-n-nâru wa<br />

hum fîhâ kâlihûna (104).<br />

Le jour où la trompette sonnera, tous les liens de parenté<br />

disparaîtront. Les proches ne pourront plus solliciter leur aide mutuelle.<br />

(101) Ceux- en faveur de qui la balance penchera triompheront. (102)<br />

Ceux-là seront perdus qui auront peu de bonnes œuvres dans la balance. Ils<br />

auront l’enfer pour séjour éternel. (103) Les flammes lécheront leurs visages<br />

crispés de douleur. (104).<br />

Lorsqu’on soufflera dans la trompette pour la dernière fois, qui<br />

sera le moment de la résurrection et le rassemblement «tous les liens<br />

de parenté disparaitront». Aucun proche ne sera utile pour un autre pas<br />

plus qu’un père pour son fils, et «où l’ami ne questionnera pas l’ami, bien<br />

que lui faisant face...» [Coran LXX, 10-11] même s’il aura un lourd<br />

fardeau de péchés, il ne sera pas secouru même pas pour le lui<br />

alléger le poids d’une aile d’un moustique. Ce jour-là: «l’homme fuira<br />

son frère, sa mère et son père sa femme et ses enfants» [Coran LXXX, 34-<br />

36],<br />

Ibn Mass'oud a dit: «Au jour de la résurrection, Dieu rassemblera<br />

les premiers et les derniers et une voix interpellera: «Celui qui a subi<br />

un certain préjudice dans le bas monde qu’il vienne réclamer son<br />

droit». Chacun se réjouira et souhaitera avoir un droit quelconque<br />

minime qu’il soit sur son père ou son fils ou son épouse. Ceci est<br />

confirmé par ces dires divins: «Le jour où la trompette sonnera, tous liens<br />

de parenté disparaîtront. Les proches ne pourront plus solliciter leur aide<br />

mutuelle».<br />

417


Al-Miswar Ben Makhrama rapporte que le Messager de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Fatima est une partie de moi, ce<br />

que l’irrite m’irrite et ce que la réjouit me réjouit. Or tous les liens<br />

seront brisés au jour de la résurrection à l’exception de mes proches,<br />

mes esclaves de guerre et mes beaux-fils».<br />

«Ceux en faveur de qui la balance penchera triompheront». Ceux dont<br />

leurs bonnes actions surpassent les mauvaises serait-ce une seule,<br />

seront préservés et admis au Paradis. Par contre, ceux dont les<br />

œuvres seront légères et les mauvaises actions supérieures aux<br />

bonnes, seront les perdants.<br />

A ce propos Anas Ben Malek rapporte ce hadith qu’il remonte au<br />

Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- dans lequel il dit: «Dieu a un<br />

ange auquel a confié la Balance. On amènera l’homme et l’installera<br />

devant les*deux plateaux et on pèsera ses œuvres. Si la Balance<br />

penchera en sa faveur, cet ange s’écriera d’une voix qui sera<br />

entendue: Un tel a réussi, il sera heureux pour toujours sans connaître<br />

le malheur. Mais si ce sera l’inverse, l’ange de s’écrier: Un tel a<br />

échoué et il ne connaîtra que le malheur».<br />

«Ils auront l’enfer pour séjour éternel» le feu brûlera leurs visages et<br />

leurs lèvres seront tordues, comme Dieu le montre dans ce verset:<br />

«Ah, si les infidèles pouvaient entrevoir le moment où ni leurs visages ni<br />

leurs dos n’échapperont aux flammes et où ils n’auront plus aucune aide» [-<br />

Coran XXI, 39]. Abou Houraira rapporte que le Messager de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue-, a dit: «Une fois les incrédules<br />

précipités dans l’Enfer, ses flammes les brûleront de sorte qu’aucun<br />

morceau de chair ne restera collé aux os».<br />

En interprétant cette partie du verset:«leurs visages crispés de<br />

douleur» Abou Sa‘id Al-Khoudri a dit: «Le feu brûle les visages au point<br />

où la lèvre supérieure sera rétrécie jusqu’à atteindre le milieu du<br />

visage, et la lèvre inférieure s’allonge jusqu’à arriver au nombril.


’alam takun ’a yâti tutlâ ‘alaykum fakuntum bihâ tukaddibûna (105)<br />

qâlû rabbanâ galabat ‘alaynâ siqwatunâ wa kunnâ qawmam dâAllîna<br />

(106) rabbana ’ahrijnâ minhâ fa’in ‘udnâ fa’innâ zâlimûna (107).<br />

Ne vous a-t-on pas récité nos versets? Sans doute, mais vous les avez<br />

traités de mensonges. (105) «Seigneur, diront-ils, nous avons été victimes<br />

d’un mauvais destin. Nous nous sommes comportés en égarés. (106) Faisnous<br />

sortir de l’enfer, Seigneur. Et si nous retombons dans le péché, c’est<br />

alors que nous serons vraiment coupables» (107).<br />

Dieu réprimande les damnés du Feu à cause des péchés qu’ils<br />

ont commis en transgressant les interdits. «Ne vous a-t-on pas récité nos<br />

versets?» Sans doute, mais vous les avez traités de mensonges» En d’autre<br />

terme, Je vous ai envoyé mes Prophètes qui vous ont communiqué<br />

Mes Livres en vous montrant clairement les enseignements afin que<br />

nous n'ayez aucun argument comme H a dit ailleurs: «Tous ces<br />

Prophètes ont annoncé la nouvelle foi et ont averti pour ôter aux hommes<br />

toute espèce d’argument contre Allah» [Coran IV, 165].<br />

Les incrédules avoueront: «Seigneur, nous avons été victimes d’un<br />

mauvais destin. Nous nous sommes comportés en égarés». Nous n'avons<br />

aucun argument, nous nous en sommes détournés. Notre misère nous<br />

a vaincus. Nous sommes des gens égarés. Puis ils supplieront le<br />

Seigneur de les faire sortir de l’Enfer en promettant: «Et si nous<br />

retombons dans le péché, c’est alors que nous serons vraiment coupables»<br />

Ramène-nous sur terre et si nous récidivons, nous serons des injustes<br />

et nous mériterons un tel supplice. Mais, hélas, ils n’en seront plus<br />

sortis car ils adoraient avec Dieu d'autres divinités tandis que les<br />

croyants lui vouaient un culte sincère.<br />

419


p-* p-4-*’ \ l / ^ LkJ j^-j' (J], _ > ^ j<br />

/ > T'/V<br />

(Qlp ùj^L-üîi<br />

qâla-h-sa’û fîhâ walâ tukallimûni (108) ’innahû kâna farîqun min ‘ibâdî<br />

yaqûlûna rabbanâ ’âAmannâ fagfir lanâ wa-r-hmnâ wa ’anta hayru-rrâhimîna<br />

(109) fat-tahadtumûhum sihriyyan hatta ’ansawkum dikrî wa<br />

kuntum minhum tadhakûna (110) ’innî jazaytuhumu-l-yawma bimâ<br />

sabarïï ’annahum humu-l-fa’izûna (111).<br />

«Restez dans les flammes et taisez-vous», leur répondra-t-on (108) Une<br />

partie de mes serviteurs disait: «Seigneur nous croyons en Toi, pardonnenous,<br />

aie pitié de nous. Tu es tellement miséricordieux» (109) Ceux-là, vous<br />

les avez assujettis aux plus vils besognes. Quant à vous, vous trouviez<br />

superflu de m’invoquer. Ceux-là, vous les avez tournés en dérision. (110)<br />

Ceux-là, Je récompenserai leur patience et ils seront heureux (111).<br />

Dieu répondra aux damnés de l’Enfer: «Restez dans les flammes et<br />

taisez-vous» Restez-y humiliés et ne m’adressez aucune parole car Je<br />

ne vous répondrai plus.<br />

Abdullah Ben Amr a dit: «Les damnés du Feu appelleront Malekauquel<br />

Dieu a confié l’Enfer- et celui-ci restera quarante ans sans leur<br />

répondre. Puis il leur dira: «Vous y resterez». Comme cette réponse<br />

ne leur sera plus favorable, ils s’adresseront au Seigneur: «Nous avons<br />

été victimes d’un mauvais destin. Nous nous sommes comportés en égarés.<br />

Fais-nous sortir de l’Enfer, Seigneur. Et si nous retombons dans le péché,<br />

c’est alors que nous serons vraiment coupables». Dieu gardera le silence<br />

autant que la vie sur terre a duré sans leur répondre, puis II leur dira:<br />

«Restez dans les flammes et taisez-vous» Par Dieu, ces gens-là ne<br />

proféreront aucun mot, et on n’entendera que leurs soupirs et leurs<br />

expirations dans le feu de la Géhenne. Leurs voix rassembleront au<br />

braiment de l’âne».<br />

Quant à Ibn Mass'oud, il a commenté cela en disant: «Si Dieu<br />

désire de ne plus sortir aucun d’eux, Il change leurs visages et leur<br />

couleurs. Un croyant vient et les regarde sans pouvoir reconnaître<br />

personne d’entre eux. Un des damnés s’écrie alors: «O un tel fils d’un<br />

tel». Et l’homme de lui répondre: «Je ne te connais pas» C’est alors<br />

420 î ;


que ces damnés demandent à Dieu de les faire sortir comme il est cité<br />

auparavant.<br />

Ensuite Dieu leur rappelle les péchés qu’ils ont commis dans le<br />

bas monde et comment ils se sont moqués de ses bons serviteurs. Il<br />

leur dit: «Une partie de mes serviteurs disait: «Seigneur, nous croyons en<br />

Toi, pardonne-nous, aie pitié de nous, Tu es tellement miséricordieux. Ceux<br />

là, vous les avez assujettis aux plus viles besognes». Vous vous êtes<br />

moqués d’eux parce qu’ils m’imploraient au point d’oublier mon<br />

souvenir en les laissant, tandis que vous riiez. Dieu a dit aussi dans un<br />

autre verset: «Sur terre, les mécréants se moquaient des croyants. Les<br />

croisaient-ils, ils se les montraient du regard» [Coran LXXXIII, 29-30],<br />

Dieu parle ensuite de la rétribution qu’il va accorder aux croyants:<br />

«Ceux-là, Je récompenserai leur patience et ils seront bienheureux» Car ils<br />

seront sauvés du Feu et introduits au Paradis.<br />

qâla kam labittum fî-l-’ardi ‘adada sinîna (112) qâlû labitnâ yawman ’aw<br />

ba‘da yawmin fas’alil-lf ddîna (113) qâla ’i-l-labittum^illâ qalîla-l-law ’-<br />

annakum kuntum ta'lamûna (114) ’afahasibtum ’annamâ halqnâkum<br />

‘abatan wa ’annakum ’ilaynâ lâ turja ’ûna (115) fata ’âlâ -L- Lâhu-1-<br />

Maliku-1 - Haqqu la ’ilâha ’illâ huwa rabbu-1- ’arsi -1- Karîmi (116)<br />

Ils seront interrogés: «Combien d’annés êtes-vous restés sur terre?»<br />

(112) Ils répondront: «Nous y sommes restés un jour ou moins, peut-être.<br />

Pose la même question à ceux qui peuvent compter» (113) Vous n’y êtes<br />

restés que peu de temps mais vous l’ignorez. (114) Peut-être pensiez-vous<br />

que vous aviez été créés sans but et que vous ne nous feriez jamais retour?.<br />

(115) Qu’Il soit exalté le vrai Souverain! H n’y a d’autre Allah que Lui. lui<br />

siège sur le trône de la mansuétude. (116).<br />

421


Dieu fait regretter les impies ce qu’ils avaient raté comme œuvres<br />

pies durantle court séjour dans le bas monde, et ce qu'ils auraient<br />

trouvé auprès de Lui s’ils lui avaient obéi et été patients comme<br />

avaient agi les croyants.<br />

Il leur demandera: «Combien d’années êtes-vous restés sur terre?» Ils<br />

répondront: «Nous y sommes restés un jour ou moins, peut-être» Pose la<br />

même question à ceux qui peuvent compter». Et Lui de répliquer: «Vous<br />

n’êtes restés que peu de temps, si vous le saviez. Vous n’auriez pas<br />

préféré ce qui est éphémère à ce qui est durable voire étemel. Vous<br />

vous seriez comportés autrement et vous n’auriez pas mérité ce<br />

supplice, si vous vous montriez patients en obtempérant aux ordres de<br />

Dieu et à ses prescriptions. Vous auriez acquis le même sort heureux<br />

qu'avaient obtenu les croyants patients».<br />

«Peut-être pensiez-vous que vous aviez été créés sans but» sans tenir<br />

compte de la sagesse de votre création. Vous pensiez que vous<br />

n’aviez été créés que pour jouer et pour vous divertir à la façon des<br />

animaux qui ne pensaient ni à une récompense ni à un châtiment. En<br />

vérité, vous avez été créés pour nous adorer et observer nos<br />

enseignements. Vous pensiez aussi «que vous ne nous feriez jamais<br />

retour» en reniant la vie future.<br />

«Qu’Il soit exalté le vrai souverain» et que son nom soit sanctifié. Il<br />

n’a rien créé sans but. «Il n’y a d’autre Allah que Lui. Il siège sur le<br />

trône de la mansuétude» le Seigneur du Noble Trône. Il a mentionné le<br />

Trône parce qu'il est au-dessus de tout ce qu'il a créé.<br />

En voilà le dernier discours qui a fait Omar Ben Abdul Aziz. Après<br />

avoir loué Dieu, il a dit: «Hommes! Vous n'êtes pas créés sant but et<br />

on ne vous laissera pas libres. Vous serez rassemblés un jour devant<br />

Dieu qui jugera entre vous et tranchera vos différends. Sera perdant et<br />

déçu quiconque Dieu l’éloignera de sa miséricorde en le privant<br />

d’accéder à un Paradis qui est aussi vaste que les deux et la terre.<br />

«Ne savez-vous pas que seul restera à l'abri du châtiment de Dieu<br />

celui qui aura redouté ce jour? en échangeant ce qui est durable<br />

contre ce qui est précaire, le peu contre le plus, la crainte contre la<br />

sécurité? Ne pensez-vous pas que vous êtes issus des reins qui<br />

périssent et les autres qui viendront après vous subiront le même sort<br />

422


jusqu’au jour où vous comparaîtrez devant le meilleur Héritier?.<br />

«Chaque jour vous suivez le convoi funèbre de ceux dont leur<br />

terme a échu, jusqu’à les enterrer dans les entrailles de la terre sans<br />

que ces entrailles leur soient des lits de repos confortables, ceux qui<br />

ont quitté parents et amis, sont enfouis dans le sable et qui bientôt<br />

seront demandés comptes de leurs œuvres qui détermineront leur<br />

sort? Ceux-là sont riches par rapport à ce qu’ils ont laissé mais très<br />

pauvres en œuvres bonnes? O serviteurs de Dieu, craignez-le avant<br />

que tout acte conclu avec lui soit expiré et la mort ne vous surprenne».<br />

Puis Omar plia le pan de son manteau, pleura et fit pleurer les<br />

hommes qui l’écoutaient.<br />

Abdullah Ben Abbas rapporte que le Messager de Dieu -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue- a dit: «Pour demander la protection de Dieu contre<br />

la noyade, les hommes, une fois embarqués dans un vaisseau, sont tenus de<br />

dire: «Au nom de Dieu, le Roi, la vérité! Ils n ’ont pas estimé Dieu à sa<br />

juste mesure. La terre entière, le jour de la résurrection, sera une poignée<br />

dans sa main et les deux seront pliés dans sa main droite. Gloire à Lui!<br />

Très élevé au-dessus de ce qu’ils lui associent. Qu’il vogue et qu’il arrive au<br />

port au nom de Dieu»(I).<br />

wa man yad‘u ma‘a-L-Lâhi ’ilâhan ’âAhara lâ bu rhâna lahû bihî fa<br />

innamâ hisâbuhû ‘inda rabbihT ’innahû lâ yuflihu-l-kâfirûna (117) wa<br />

qui rabbi-gfir w a-rh am wa ’anta hayru-r-râhimîna (118).<br />

Celui qui invoque inconsidérément d’autres divinités qu’Allah, celui-là<br />

aura à en rendre compte à son Seigneur. Les infidèles courent à leur perte.<br />

(1) :4~Â~JI lij 3j*S\ ¡y II 4JÙI J J l î tjü l/W* ¿J. ¿J*<br />

otjL«—Jlj ôLâ)I çjt .» sjJlï jp- ¿1 IjjJü» Uj 4(5^-! ilJlllI


(117) Dis: Seigneur, pardonne et sois clément. Tu es la source de toute<br />

miséricorde. (118).<br />

Dieu avertit et menace les idolâtres qui ont adoré d’autres divinités<br />

en dehors de Lui sans détenir la preuve évidente de leur existence,<br />

qu’ils devront en rendre compte le jour du jugement dernier. Qu’ils<br />

sachent aussi que les incrédules «courent à leur perte» et ne seront<br />

jamais heureux.<br />

Qatada rapporte que le Prophète -qu’Allah le bénisse et le saluedemanda<br />

à un homme: «Qu’adores-tu?» -Dieu, répondit-il, en lui<br />

énumérant plusieurs idoles. Il lui demanda de nouveau: «Laquelle de<br />

ces idoles peut écarter ou repousser un mal qui te frappe?» Et<br />

l’homme de répliquer: «Dieu -à Lui la puissance et la gloire- A la<br />

troisième question: «Laquelle de ces idoles pourvoit à tes besoins et<br />

t’exauce?» L’homme répondit: «Dieu, à Lui la puissnce et la gloire. Le<br />

Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- lui dit alors: «Qu’est-ce qui te<br />

porte à adorer ces idoles avec lui, ou bien crois-tu qu’elles te<br />

triom phent sur lui?» L’homme répliqua: «J’ai voulu Lui être<br />

reconnaissant en adorant celles-ci» Et le Messager de Dieu -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue- de conclure: «En réalité vous connaissez tout<br />

cela mais elles n’en savant rien». Après la conversion de cet homme, il<br />

dit: «J’ai rencontré un homme qui l’a emporté sur moi par son<br />

argumentation».<br />

«Dis: Seigneur, pardonne et sois clément. Tu es la source de toute<br />

miséricorde» Dieu, par ce verset, exhorte les hommes à l’implorer pour<br />

leur pardonner et effacer leurs péchés. La miséricorde signifie ici la<br />

guidée vers les meilleures œuvres.<br />

424


24 - SOURATE DE LA LUMIÈRE<br />

64 versets<br />

Révélée à Médine à la suite de la sourate de l’Exil<br />

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Bismi-L-Lâhiu-r-Rahmâni-r-Rahîm<br />

Sûratun ’anzalnâhâ wa faradnâhâ wa ’anzalnâ fîha ya yâtim bayyinâti-ila‘allakum<br />

tad akkarûna (1) ’az-zâniyatu wa-z-zâni fajlidû kulla wâhidim<br />

minhumâ mi’ata jaldatin walâ ta’hud kum bihimâ ra’fatun fî dîni-L-Lâhi<br />

’in kuntum tu’minûna bi-L-Lâhi wa-l-yawmi-l-’a1hiri wa-l-yashad ‘ad<br />

âbahuma ta ’ifatum mina-l-mu’minîna (2).<br />

An nom d’Allah le Miséricordieux le Très Miséricordieux<br />

Nous vous révélons une sourate que nous décrétons obligatoirement.<br />

Elle comporte des signes évidents. Peut-être comprendrez-vous. (1)<br />

Administrez cent coups de fouet à l’homme et à la femme de mauvaise vie.<br />

Ne vous la issez p as apitoyer par eux. Car, c’est là une prescription d’Allah.<br />

425


Pas de pitié si vous croyez en Lui et au jour dernier. Que ce châtiment soit<br />

exécuté en présence d’un groupe de croyants. (2).<br />

Dieu a fait descendre cette sourate et prescrit clairement les<br />

ordres et enseignements qu’elle comporte, en y montrant le licite,<br />

l’illicite, quelques sentences et la peine prescrite qu’ont doit appliquer à<br />

un genre de coupables. Elle contient des ordres fondamentaux que les<br />

hommes doivent observer pour toujours.<br />

«Administrez cent coups de fouet à l’homme et à la femme de<br />

mauvaise vie». Il y a là la peine qu’ont doit appliquer aux fornicateurs<br />

hommes et femmes. A cet égard les ulémas distinguent entre ces<br />

gens-là en prenant en considération l’état civil de chacun: Ce<br />

fornicateur peut être célibataire ou marié suivant un contrat légal,<br />

adulte, libre et sensé.<br />

La peine qu’on doit appliquer au fornicateur célibataire consiste à<br />

le frapper de cent coups de fouet et de l’exiler en dehors de son pays<br />

une année, d’après l’avis unanime des ulémas, à l’exception de l’imam<br />

Abou Hanifa qui laisse la sanction de l’exil à la décision du<br />

gouverneur. Ils ont tiré argument du fait suivant cité dans les deux<br />

Sahih:<br />

«Deux bédouins vinrent trouver le Messager de Dieu! -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue-. L’un d’eux prit la parole et dit: «Messager de Dieu!<br />

Mon fils que voici était un salarié chez ce bédouin, il a commis l’adultère<br />

avec sa femme. J ’ai racheté mon fils du châtiment de cent moutons et une<br />

esclave. En présentant son cas aux hommes versés, ils m ’ont répondu que<br />

mon fils doit subir cent coups de fouet et un an d’exil, et que la femme de<br />

celui-là doit être lapidée (jusqu’à la mort)». Le Messager de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- répondit: «Par celui qui tient mon âme dans<br />

sa main, je vais décider d’après le Livre de Dieu: On doit te rendre les cent<br />

moutons et l’esclave, puis ton fils mérite cent coups de fouet et l’exil d’un<br />

an». Ensuite il s’adressa à Ornais un homme de la tribu de Aslam, (un des<br />

compagnons qui était présent) et lui dit: «Ô Ounai's, va trouver la femme<br />

de cet homme, si elle avoue son péché, lapide-la» Ounaïs se rendit chez la<br />

femme qui avoua son péché, et il la lapida» (Rapporté par Boukhari et<br />

426


Moustim, d’après Âbou H ouraira)(1).<br />

Ceci montre que le fomicateur célibataire doit recevoir cent coups<br />

de fouet et l’exil d’un an. Quant à la personne mariée, on la lapide<br />

jusqu’à la mort.<br />

Ibn Abbas rapporte que ‘Omar Ben Al-Khattab fit le discours<br />

suivant, après avoir loué Dieu: «Hommes! Dieu a envoyé Mouhammed<br />

-qu’Allah le bénisse et le salue- avec la vérité. Il lui a révélé le Livre où<br />

on y trouve le verset relatif à la lapidation. Nous l’avons lu et bien<br />

conçu. Le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a<br />

ordonné la lapidation et nous l’avons appliqué à notre tour, Ce que je<br />

redoute qu’un jour viendra où on dira: «Le verset qui consiste à lapider<br />

le fornicatetir ne se trouve pas dans le Livre de Dieu» Ainsi les<br />

hommes négligeront une peine prescrite que Dieu a imposée. La<br />

lapidation existe dans le Livre de Dieu et doit être appliquée aux<br />

hommes mariés fomicateurs et aux femmes également en constatant<br />

ce péché par l’un des faits suivants: la preuve évidente, la grossesse<br />

et l’aveu personnel».<br />

Kathir Ben As-Salt rapporte: «Nous étions chez Marwane avec<br />

Zaïd Ben Thabet quand celui-ci dit: «Nous lisions dans le Livre de Dieu<br />

ce qu suit: «Les âgés (hommes et femmes), lapidez-les jusqu’à la mort<br />

quand ils commettent l’adultère». Marwane demanda alors à Zaïd: «-<br />

Pourquoi tu ne l’as pas écrit dans le Coran?» Et Zaïd de répondre: «-<br />

Nous avons discuté cela avec Omar Ben Al-Khattab qui nous a<br />

répondu: «Je vais vous présenter une solution satifaisante. -<br />

Comment? demandâmes-nous. Ils reprit: «Un homme vint trouver le<br />

Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- et, en évoquant devant lui le<br />

(1) Jy * j Ij JUi 5^1 4jjl JLi!<br />

sLi iîLç AiA C-jJLàli c4îtyX) ^¡ji IJL» _ Ijnif\ —Là*— tJlA^j!<br />

(A* o\j*\ c>|_j Ûl cJL-i<br />

i— »Ju> ¿1 J J U i<br />

_ ¿y JsrJ _ L OpIj t^U- jlC j îoU- Âîl* ¿Lj! cdLIp jv-LiJlj<br />

li IjJp l-Ui cJj» \ ÙÜ tlJL» siy>\ Jl<br />

427


verset concernant la lapidation, lui dit: «Messager de Dieu, écris pour<br />

moi le veret de la lapidation». Le Prophète -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- lui répondit: «je ne puis le faire pour le moment».<br />

Tout cela dénote que le verset concernant la lapidation existait<br />

dans le Coran, mais sa récitation fut abrogée et n’en resta que son<br />

exécution. Dieu est le plus savant.<br />

On trouve dans la tradition et les récits divers que le Prophète -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- avait ordonné de lapider Ma'ez et la<br />

femme Ghamidiah, sans administrer les cent coups de fouet avant la<br />

lapidation. Et les ulémas, dans la majorité, de conclure: La personne<br />

mariée qui commet l’adultère doit subir cent coups de fouet selon le<br />

verset et la lapidation d’après la sunna. L’imam Ahmed et les auteurs<br />

des Sunan ont rapporté, d’après Oubada Ben As-Samet, que le<br />

Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Retenez ce<br />

que je vais dire (deux fois): Dieu nous impose cette issue à tout<br />

fornicateur: Cent coups de fouet et un an d’exil à appliquer au<br />

célibataire, et cent coups de fouet et la lapidation pour les mariées».<br />

«Ne vous laissez pas apitoyer par eux. Car, c’est là une prescription<br />

d’Allah». Pour appliquer cette peine, on ne doit donc pas être pris par<br />

aucune pitié, sans user d’aucune indulgence envers eux, étant donné<br />

que l’homme de par sa nature, penche vers la pitié et Ta clémence.<br />

Même ceux qui sont au pouvoir doivent observer catégoriquement<br />

cette sentence. Il est dit dans un hadith: «Une peine prescrite<br />

appliquée sur terre vaut mieux à ses habitants que de recevoir une<br />

pluie continue durant quarante jours».<br />

D’autres ont interprété ce verset autrement. Ils ont dit: «-<br />

N’appliquez pas la peine avec brutalité en frappant avec violence». A<br />

ce propos Oubaïdallah Ben Abdullah ben Omar raconte: «Une esclave<br />

appartenant à Omar a commis l’adultère. Omar la frappa aux pieds- et<br />

je crois, a dit le rapporteur et au dos aussi: Je lui dis: «ne vous laissez<br />

pas apitoyer par eux». Omar répliqua: «Fils, as-tu remarqué que j’ai eu<br />

pitié envers elle, non, mais sache que Dieu ne m’a pas ordonné de la<br />

tuer ni la frapper à la tête, et pourtant je n’ai pas été indulgent envers<br />

elle».<br />

«Si vous croyez en lui et au jour dernier»C’est à dire: Si vous êtes<br />

428


des vrais croyants n’hésitez du tout à appliquer cette peine prescrite<br />

par Dieu et qu’elle soit une leçon pour les autres afin qu’ils s’en<br />

abstiennent. Ne le faites pas avec brutalité. A cet égard, l’imam Ahmed<br />

rapporte dans son Mousnad qu’un des compagnons dit: «Messager de<br />

Dieu, j ’égorge le mouton ayant pitié de lui». Il lui répondit: «Tu en<br />

seras récompensé».<br />

«Que ce châtiment soit exécuté en présence d’un groupe des croyants».<br />

Car ce châtiment appliqué aux fornicateurs est aussi sévère et<br />

humiliant s’il sera exécuté et un groupe de croyants en sera témoin.<br />

Ceci pourrait réprimer les coupables pour ne plus récidiver car, dans<br />

de telle circonstance, la honte les couvrira et leur scandale demeurera<br />

un sujet de conversation entre les gens.<br />

Quant au nombre de ce groupe, il fut le sujet d’une controverse.<br />

Mais ce qui est logique, ils devront être quatre au moins, car pour<br />

constater l’adultère, il faut que le nombre des témoins soit quatre,<br />

comme nous allons le voir plus loin.<br />

’az-zânî lâ yankihu ’illâ zâniyatan ’aw musrikatan wa-z-zâniyatu lâ<br />

yankihuha ’illâ zânin ’aw musrikun wa hurrima dâlika ‘alâ-l-mu’minîna<br />

(3).<br />

Le débauché n’épouse qu’une femme débauchée ou une idolâtre. La<br />

débauchée n’épouse qu’un débauché ou un idolâtre. Cela est interdit aux<br />

croyants. (3).<br />

Ce verset signifie qu’un débauché n’ait des rapports charnels<br />

illicites qu’avec une débauchée ou une polythéiste qui consent à avoir<br />

de tels rapports et qui ne trouve aucun empêchement par manque de<br />

foi. Ibn Abbas l’a commenté et dit: Ce n’est pas un mariage légal mais<br />

un commerce charnel qui ne le pratique qu’un débauché ou un<br />

idolâtre».<br />

«Cela est interdit aux croyants» de commettre un tel péché grave<br />

429


ou de donner en mariage des femmes chastes et pieuses à des<br />

hommes pervers ou de prendre comme compagne une débauchée si<br />

on est croyant. Même certains ulémas sont allés plus loin en<br />

interdisant catégoriquement aux croyants de se marier d’avec des<br />

prostituées, comme Qatada et Mouqatel Ben Hayyan. Ce verset est<br />

pareil aux dires de Dieu: «Assurez-vous qu’elles soient vertueuses, qu’elles<br />

ne soient pas livrées à la débauche et qu’elles n’aient pas eu de liaisons<br />

clandestines» [Coran IV, 25].<br />

Ahmed a précisé: «L’acte du mariage conclu entre un homme<br />

vertueux et une prostituée n’est plus valable tant que celle-ci ne se<br />

repentisse, et dans ce cas le contrat devient valide, sinon on doit<br />

rejeter un tel acte». Ainsi il ne faut pas donner en mariage une femme<br />

chaste à un débauché tant qu’il ne se repente pas sincèrement.<br />

Abdullah Ben Amr raconte: «Une femme appelée Oum Mahzoul<br />

était une prostituée. Comme un des compagnons du Prophète -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- voulut l’épouser, Dieu fit descendre ce<br />

verset: «Le débauché n’épouse qu’une femme débauchée...» jusqu’à la fin<br />

du verset.<br />

Amr Ben Chou‘aib rapporte d’après son père que son grand père<br />

a raconté: «Un homme du nom Marthad Ben Abi Marthad était chargé<br />

de porter les prisonniers de guerre de La mecque à Médine. Il avait<br />

une maitresse à La Mecque appelée ‘Inaq. Marthad rapporte: «J’avais<br />

promis à un prisonnier Mecquois de le porter à Médine un certain jour.<br />

Arrivé avec lui auprès d’une palmeraie de La Mecque dans une nuit où<br />

la lune était pleine, je me reposai à côté d’un mur. ‘Inaq, apercevant<br />

une silhonette, arriva pour l’identifier. En me reconnaissant, elle s’écria:<br />

«Marthad?» -Oui, Marthad, répondis-je. Elle me dit: «Sois le bienvenu,<br />

lève-toi et viens passer la nuit chez moi» -O Inaq, répliquai-je, Dieu a<br />

interdit l’adultère. Vexée, elle appela les gens: «O habitants de ces<br />

tentes, cet homme porte vos prisonniers». Huit hommes me<br />

poursuivirent et me contraignirent à entrer au jardin où je trouvai une<br />

grotte-ou une caverne- et j’y pénétrai. Les hommes se tinrent juste à<br />

l’entrée de la grotte, sans s’apercevoir que j’y étais, et urinèrent. Leur<br />

urine coula sur ma tête, et Dieu voulut à ce moment que je restasse<br />

inaperçu.<br />

430


Ils rebroussèrent chemin et je revins vers mon prisonnier et le<br />

portai, à savoir qu’il était très lourd. Nous arrivâmes à Al-ldzkher, et là,<br />

je le libérai de ses liens et je pus, tantôt en le portant, tantôt en le<br />

laissant marcher à mes côtés, arriver à Médine, et je l’amenai devant<br />

le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- en lui disant: «-<br />

Messager de Dieu! Permets-moi de me marier d’avec ’Inaq-» -deux<br />

fois-. Il garda le silence sans me répondre et ce verset fut révélé. «Le<br />

débauché n’épouse qu’un débauchée...» Le Messager de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- me dit alors: «O Marthad! Le débauché n’épouse<br />

qu’une débauchée ou une polythéiste. Ne pense plus à ce mariage».<br />

L’imam Ahmed rapporte que Abdullah Ben Yassar l’affranchi d’Ibn<br />

‘Omar a dit: «J’atteste que j ’ai entendu Salem raconter que le<br />

Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Trois<br />

n ’entreront plus au Paradis et Dieu ne les regardera pas au jour de la<br />

résurrection: Le désobéissant à ses père et mère, la femme hommasse qui<br />

imite les hommes et le proxénète»(1) Suivant une autre version, il a dit:<br />

«Dieu a interdit le Paradis à ces trois hommes: Un buveur du vin<br />

invétéré, le désobéissant à ses parents et celui qui laisse sa femme<br />

forniquer».<br />

Au cas où le débauché -ou la débauchée- se repent, leur mariage<br />

devient licite, d’après Ibn Abbas qui a dit: «J’avais une maîtresse et la<br />

fréquentais souvent pour commettre avec elle ce que Dieu -à Lui la<br />

puissance et la gloire- a interdit. Dieu m’inspira le repentir. Voulant me<br />

marier d’avec elle, certaines gens s’écrièrent: «Le débauché n’épouse<br />

qu’une débauchée ou une idolâtre» Ibn Abbas de répliquer: «Ce cas<br />

n’est pas celui de l’un et l’autre. Je vais l’épouser et s’il y aura un<br />

certain péché, je le prendrai à ma charge».<br />

Certains ulémas ont avancé que ce verset a été abrogé. Sa'id Ben<br />

Al-Moussaiab, en évoquant auprès de lui le verset précité, a dit: «Il a<br />

été abrogé par le verset qui s’ensuit: «Mariez les célibataires, ainsi que<br />

(1) - ( J * A g . » I j *£’<br />

.{tlijiJÜIj c-J i\j<br />

iis*-jL\<br />

431


vos serviteurs vertueux des deux sexes» [Coran XXIV, 32] en y ajoutant:<br />

les musulmans.<br />

wa-l-ladîna yarmûna-l-muhsanâti tumma lam ya’tû bi ’arba‘ati suhada'a<br />

fajlidûhum tamânîna jaldatan walâ taqbalû lahum sahâdatan ’abadan wa<br />

’ûlaf’ika humu-l-fâsiqûna (4) ’illâ-l-lad îna tâbu mim ba‘di dâlika wa<br />

’aslahû fa’inna-L-Lâha gafûru-r-Rahîmun (5).<br />

Ceux qui accusent les femmes honnêtes, sans produire les autres<br />

témoins d’usage, seront punis de quatre-vingts coups de fouet. Leur<br />

témoignage n’est plus recevable». Car ce sont des méchants. (4) A moins<br />

qu’ils ne se repentent et ne se rachetait par une bonne conduite. Auquel cas<br />

Allah est tout pardon et toute mansuétude. (5).<br />

Ce verset détermine la peine qu’on doit infliger à celui qui diffame<br />

la femme libre de condition, adulte et vertueuse, et qui consiste à lui<br />

administrer quatre-vingts coups de fouet. Cette même peine s’applique<br />

quand il s’agit d’un homme diffamé; aucune controverse n’existe entre<br />

les ulémas à ce sujet.<br />

Le diffamateur est exempt de cette peine s’il présente la preuve<br />

évidente. C’est pourquoi Dieu a dit: «Sans produire le quatre témoins<br />

d’usage, seront punis de quatre- vingts coups de fouet. Leur témoignage<br />

n’est pas recevable. Car ce sont des méchants» Donc tout diffamateur qui<br />

ne présente pas les preuves requises est soumis à ces trois<br />

sentences:<br />

1 - Une peine de quatre-vingts coups de fouet.<br />

2 - Refuter son témoignage.<br />

3 - Etre pervers qui n’est pas juste ni auprès de Dieu ni auprès<br />

des gens.<br />

Et pourtant il y a exception: «A moins qu’ils ne se repentent et ne se<br />

432


achètent par une bonne conduite» Cette exception porte-t-elle sur la<br />

troisième sentence pour exempter le diffamateur de la perversité tandis<br />

que les autres restent en réfutant toujours son témoignage même s’il<br />

se repent? Ou bien il ne reste qu’à lui appliquer la première sentence?.<br />

Malek, Ahmed et Chafé'i ont jugé que s’il se repent, son<br />

témoignage sera accepté sans lui attribuer le titre: pervers. Quant à<br />

Abou Hanifa, il ne sera pas exempté que de la troisième sentence.<br />

Ach-Cha'bi et Ad-Dahak, quant à eux, ont avancé qu’on acceptera son<br />

témoignage s’il condamne soi-même en avouant que ce qu’il a dit était<br />

purement une calomnie. Et c’est Dieu qui est le plus savant.<br />

wa-l-ladîna yarmûna ’azwâjahum walam yakul-lahum suhada ’u ’ilia ’-<br />

anfusuhum fasahâdatu ’ahadihim ’arba‘u sahâdtim-bi-L-Lâhi ’innahû<br />

lamina-s-sâdiqîna (6) wa-l-hâmisatu ’anna la‘nata-L-Lâhi ‘alayhi ’in kâna<br />

mina-l-kâd ibîna (7) wa yadra’u ‘anhâ-l-‘adâba ’an tashada ’arba‘a<br />

sahâdâtim-bi-L-Lâhi ’innahû lamina-l-kâd ibîna (8) wa-l-hâmisata ’anna<br />

gadaba-L-Lâhi ‘alayhti ’in kâna mina-s-sadiqîna (9) walawlâ fadlu-L-<br />

Lâhi ‘alaykum wa rahmatuhû wa ’anna-L-Lâha Tawwabun Hakîmun<br />

(10).<br />

Ceux qui accusent leurs épouses d’adultère, sans pouvoir produire de<br />

témoins, jureront quatre fois devant Allah qu’ils sont sincères. (6) Par un<br />

cinquième serment, ils devront appeler sur eux la malédiction d’Allah pour<br />

le cas où ils mentiraient. (7) La femme se soustraira à la peine prévue en<br />

jurant quatre fois que son mari a menti: (8) Par un cinquième serment, elle<br />

devra appeler sur elle la colère d’Allah pour le cas où son mari aurait dit la<br />

vérité. (9) Cette réglementation témoigne de la bonté et de la miséricorde<br />

433


d’Allah pour vous. Allah aime à pardonner. H est sage. (10).<br />

Ce verset procure aux hommes mariés un soulagement et aussi<br />

une issue si l’un d’entre eux accuse sa femme d’adultère sans pouvoir<br />

produire les quatre témoins, ou présenter les preuves requises. Dans<br />

ce cas il a le droit de faire un serment d’anathème comme Dieu -à lui<br />

la puissance- a ordonné. Pour cela, il la convoque et l’accuse devant<br />

l’imam -le gouverneur ou autre qui lui est similaire- par ce qu’il l’a<br />

diffamée. Le gourvemeur lui demande de témoigner quatre fois devant<br />

Dieu qui tiennent lieu de quatre témoins que son accusation est vraie<br />

et qu’il est sincère.<br />

«Par un cinquième serment, ils devront appeler sur eux la malédiction<br />

d’Allah pour le cas où ils mentiraient». Si cet homme s’exécute, alors sa<br />

femme est considérée comme divorcée de sorte qu’il ne pourrait la<br />

reprendre -plus tard- que contre une dot, et elle lui deviendra interdite,<br />

voire illicite. Il lui verse sa dot et elle sera soumise à la peine prescrite.<br />

Ce châtiment ne sera détourné d’elle que si elle fait des exécrations<br />

réciproques, en témoignant quatre fois devant Dieu qu’il est menteur et<br />

qu’elle n’a pas commis l’adultère. Elle ajoute une cinquième fois en<br />

appelant «Sur elle la colère d’Allah pour le cas où son mari aurait dit la<br />

vérité».<br />

Il est normal que l’homme n’accuse sa femme d’adultère que<br />

lorsqu’il est sûr de sa trahison, autrement il ne préférerait jamais<br />

causer un tel scandale parmi les siens. Il est donc excusé, quant à sa<br />

femme qui connaît bien son péché, elle mériterait la colère de Dieu<br />

car, en témoignant le cinquième elle serait sujette à cette colère en<br />

reniant ce qu’elle a commis.<br />

Puis Dieu fait allusion à Sa pitié et Sa miséricorde envers Ses<br />

serviteurs en leur montrant la sanction qu’il faut prendre à l’égard des<br />

coupables et qui constitue pour eux une issue de cette situation<br />

critique et pénible. Il accepte le repentir même s’il est déclaré après les<br />

tém oignages, car II est sage en im posant de tels ordres et<br />

enseignements aux hommes et II connaît bien leur intérêt.<br />

Ibn Abbas raconte: «A la suite de la révélation de ce verset: «-<br />

Ceux qui accusent les femmes honnêtes, sans produire les quatre témoins<br />

d’usage, seront punis de quatre-vingts coups de fouet. Leur témoignage<br />

434


n’est plus recevable», Sa‘d Ben 'Oubada -le chef des Ansariensdemanda:<br />

«C’est en ces termes que ce verset fut descendu ô<br />

M essager de Dieu?» C elui-ci s'adressa aux hommes: «Ô les<br />

A nsariens, n’entendez-vous pas ce que votre chef vient de<br />

demander?» On lui répondit: «O Messager de Dieu, ne le blâme pas,<br />

c’est un homme jaloux. Par Dieu, il ne s’est marié que d’avec des<br />

femmes vierges et n’a répudié aucune d’elles pour permettre à l’un<br />

d’entre nous d’oser et la demander au mariage à cause de sa forte<br />

jalousie». Sa’d objecta: «O Messager de Dieu, par Dieu je connais<br />

bien que ce verset est une vérité qui est parvenue de Dieu. Mais ce<br />

qui me fait étonner est le fait suivant: Si je trouve ma femme forniquer<br />

avec un homme devrai-je rester coi sans agir jusqu’à ce que je<br />

produise les quatre témoins et les laisser-ma femme et l’hommeassouvir<br />

leur désir sans les gêner?».<br />

Un certain temps s’écoula quand arriva Hilal Ben Omayya (l’un<br />

des trois que Dieu a accepté son repentir après avoir fait défection au<br />

Messager de Dieu lors de l’expédition de Tabouk). Hilal s’était rentré<br />

chez lui un soir et avait trouvé un homme commettre l’adultère avec sa<br />

femme. Il a vu de ses propres yeux ce qu’ils faisaient et entendait<br />

leurs propos d’amour. Il n’a pas réagi mais, le lendemain matin, il est<br />

venu raconter cet événement au Messager de Dieu. Celui-ci répugna à<br />

entendre une telle histoire et éprouva une grande gêne.<br />

Les Ansariens entourèrent Hilal et s’écrièrent: «Voilà que nous<br />

sommes éprouvés par ce que Sa'd a redouté. Le Messager de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- va maintenant frapper Hilal Ben<br />

Omayya et ne recevra plus jamais son témoignage». Hilal de riposter:<br />

«Par Dieu, j ’espère que le Seigneur me trouve une issue et un<br />

soulagement». Puis en s’adressant au Messager de Dieu, il poursuivit:<br />

«J’ai bien remarqué que tu as été très ému; Dieu connaît que je suis<br />

sincère».<br />

Le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- s’appprêta<br />

pour frapper Hilal mais il s’arrêta et reçut aussitôt une révélation. Les<br />

hommes remarquaient les traits que prenait son visage dans de tels<br />

moments. Ils gardèrent le silence. Une fois la révélation cessée, il leur<br />

récita: «Ceux qui accusent leurs épouses d’adultère, sans pouvoir produire<br />

435


de témoins, jureront quatre fois devant Allah qu’ils sont sincère». Le<br />

visage du Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- s’éclaircit<br />

et il dit alors à Hilal: «Réjouis-toi ô Hilal, Dieu t’a trouvé une issue et<br />

une solution». Hilal de répliquer: «J’attendais cela de la part de mon<br />

Seigneur à Lui la puissance et la gloire».<br />

Aussitôt le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salueconvoqua<br />

la femme de Hilal. -Lorsqu’elle fut en sa présence, il récita le<br />

verset et rappela à Hilal et à sa femme que le châtiment dans l’au-delà<br />

est encore plus atroce que celui du bas monde. Hilal dit alors: «O<br />

Messager de Dieu, je jure par Dieu que je n’ai raconté que la vérité.»<br />

C'est un menteur, objecta la femme. Le Messager de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- leur ordonna alors de faire les serm ents<br />

d’anathème. Hilal jura «Je fais quatre fois ce témoignage devant Dieu»<br />

et arrivé au cinquième, on lui attira l’attention: «O Hilal, crains Dieu, le<br />

châtiment de ce bas monde est beaucoup moins facile que celui de<br />

l’autre. Ce cinquième témoignage t’implique». Il les interrompit en<br />

disant: «Par Dieu, Il ne m’infligera aucun châtiment et je ne mériterai<br />

plus les coups de fouet». Il fit le cinquième serment en appelant sur lui<br />

la malédiction de Dieu s’il est menteur.<br />

On demanda alors à la femme: «Jure par Dieu quatre fois qu’il est<br />

menteur». Elle s’exécuta, et à la cinquième fois on lui rappella: «Crains<br />

Dieu, le châtiment d'ici- bas est beaucoup moins facile que celui de<br />

l’au-delà, et ce cinquième serment t’impliquera». Elle hésita un bon<br />

moment, décida de dire la vérité, et dit: «Par Dieu, je n’ai pas<br />

l’intention de causer un scandale à ma famille». Elle fit le cinquième<br />

serment en appelant sur elle la colère de Dieu si son mari est<br />

sincère».<br />

Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- la sépara de<br />

son mari, décréta que son enfant qu’elle va engendrer ne sera attribué<br />

à aucun père comme on ne devra pas, plus tard, accuser cet enfant<br />

d’adultérin. Quiconque fera l’un ou l’autre, sera soumis à la peine<br />

prescrite. Il décréta aussi que la femme n’a aucun droit ni à un gîte ni<br />

à une nourriture, parce que cette séparation n’est due ni à un divorce<br />

ni faite à la suite de la mort du mari. Il conclut enfin: «Si l’enfant que<br />

cette femme va mettre au monde aura le teint roux et les jambes<br />

436


grêles, il sera le fils de Hilal. Si par contre il aura le teint brun, les<br />

cheveux frisés, les jambes charnues, et aux grandes fesses il sera<br />

donc adultérin».<br />

La femme engendra un enfant qui répondit aux dernières<br />

descriptions, et le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-,<br />

mis au courant, déclara: «Si ce n’était pas le témoignage qu’elle avait<br />

fait, j ’aurais agi autrement à son égard». Ikrima a rapporté que ce<br />

même enfant fut le gourveneur de l’Egypte et on lui donnait le nom de<br />

sa mère» (Ce récit fut rapporté par l’imam Ahmed et Abou Daoud). Un<br />

autre qui lui est analogue fut rapporté par Boukhari avec quelques<br />

légères différences).<br />

’inna-l-ladîna j a ’u bi-l-ifki ‘usbatum-minkum lâ tahsabûhu sarra-l-lakum<br />

bal huwa hayru-l-lakum likulli-mri’im minhum ma-ktasaba mina-l-’itmi<br />

wa-l-ladî tawallâ kibarahû minhum lahû ‘adâbun ‘azîmun (11).<br />

Un groupe d’entre vous a répandu une calomnie. Ne croyez pas qu’elle<br />

vous nuise; elle vous sera plutôt profitable. Tous les complices de cette<br />

calomnie seront punis. L’auteur principal subira un châtiment exemplaire.<br />

(11).<br />

Ce verset ainsi que les neuf qui s’ensuivent de cette sourate<br />

furent révélés à propos d’un fait survenu dans la vie du Messager de<br />

Dieu -qu’Allah ie bénisse et le salue-; Il s’agit précisément de ‘Aicha,<br />

Sa femme -que Dieu l’agrée- qui fut calomniée par les hypocrites. Dieu<br />

révéla les versets pour l’innocenter. Le récit de la calomnie a été<br />

rapporté dans les deux Sahihs.en voilà la version de Boukhari:<br />

Aicha -que Dieu l’agrée- a rapporté:<br />

«Quand le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le saluevoulait<br />

partir en expédition, il procédait au tirage au sort entre ses<br />

femmes, et celle dont le sort désigne, l’accompagnait. Dans une de<br />

437


ces expéditions, il faisait un tirage au sort et c’était moi qui devais<br />

partir avec lui. Je partis donc avec lui après que le verset relatif au<br />

voile était révélé, et on me fit installer dans un palanquin. Une fois<br />

l’expédition terminée, nous retournâmes et nous fûmes près de<br />

Médine, et la nuit le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salueordonna<br />

de nous mettre en route. Après que cet ordre fut donné, je<br />

me levai pour aller satisfaire un besoin en dépassant le lieu du<br />

campement. En retournant, je m’aperçus que mon collier de verroteries<br />

fait à Zafar (au Yémen) fut détaché. Je rebroussai chemin vers le lieu<br />

où j’étais afin de le rechercher et je fus retenue sur place pour le<br />

retrouver.<br />

Les hommes qui étaient chargés de ma monture portèrent le<br />

palanquin et le mirent sur le chameau croyant que j’étaits dedans, à<br />

savoir que les femmes à cette époque étaient légères et loin de<br />

l’obésité, car elles se contentaient de peu de nourriture. Les hommes<br />

en soulevant le palanquin ne firent pas attention à sa légèreté. J’étais<br />

alors une femme très jeune; ils firent lever le chameau et partirent, et à<br />

mon retour, je trouvai le collier, qui était sous l’animal, alors que<br />

l’armée avait déjà quitté le camp.<br />

Quand je trouvai mon collier, en revenant au lieu du campement, il<br />

n’y avait personne, alors je décidai de rester là où j’étais, croyant que,<br />

quand ils s’apercevront de mon absence, ils reviendront sûrement me<br />

chercher. Etant ainsi, le sommeil me gagna et je m’endormis.<br />

Safwan Ben Mou'attal As-Soulami puis Az-Zakwani, qui occupait<br />

l’arrière de la troupe, arriva le matin à l’endroit où je me trouvais et vit<br />

une silhouette d’une personne endormie, et il se dirigea vers moi. Il<br />

m’avait déjà vue avant que le verset du voile fut révélé, et je m’éveillai<br />

en l’entendant dire: «Nous sommes à Dieu et c’est vers Lui que nous<br />

retournerons». Il fit agenouiller sa monture pour me porter sur elle,<br />

nous nous mîmes en route, en la conduisant, jusqu’à ce que nous<br />

atteignîmes la troupe qui faisait la sieste au temps de la canicule du<br />

midi, alors qu’il y avait parmi eux ceux qui ont péri (sous l’effet de la<br />

chaleur ardente).<br />

C’était Abdullah Ben Oubay Ben Saloul qui avait répandu la<br />

calomnie. Nous arrivâmes à Médine et je tombai malade pendant un<br />

438


mois. Les gens à ce moment parlèrent longuement de cette calomnie,<br />

mais ce qui me faisait trop souffrir, c'est que je ne sentais plus la<br />

même compassion de la part du Prophète -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- qu’il me manifestait auparavant, et il se contentait, quand il<br />

venait me voir, de dire: «Comment vas-tu?». Ceci dura jusqu’à ce que<br />

je fus guérie.<br />

Oum Mistah et moi, nous sortîmes à notre lieu d’aisance à «Al-<br />

Manasse» et nous ne sortions que la nuit, et c’était avant de faire<br />

construire des latrines tout près de la maison, en suivant une des<br />

coutumes des Arabes qui allaient satisfaire leur besoin naturel dans la<br />

campagne. En rentrant, Oum Mistah fit un faux pas en marchant sur le<br />

pan de son vêtement, et elle dit: «Malheur à Mistah!» Je lui répondis:<br />

«Tu as mal dit en injuriant un homme qui a assisté à la bataille de<br />

Badr». Elle répliqua: «N’as-tu pas entendu ce que les gens disent?»<br />

Elle me raconta les propos des calomniateurs, et ma maladie<br />

s’aggrava. En rentrant chez moi, le Messager de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- se présenta à moi, il salua et dit: «Comment vastu?»<br />

Je lui répondis: «Permets-moi d’aller chez mes parents», parce<br />

que je veux savoir la nouvelle de leur bouche». Il m’accorda<br />

l’autorisation et je me rendis chez mes parents. Je dis à ma mère:<br />

«Que racontent les gens?» Elle me répondit: «Ma chère fille, ne donne<br />

pas trop d’importance à leurs propos. Par Dieu, il est rare à une<br />

femme quelconque, jolie, pure, aimée de son mari et ayant des coépouses<br />

sans qu’on ne lui lance pareilles invectives». Je répondis: «-<br />

Gloire à Dieu, les gens ont-ils donc parlé de cela?». Je passai toute la<br />

nuit à pleurer et sans goûter un moment de sommeil.<br />

Le lendemain, le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- manda Ali Ben Abi Taleb et Oussama Ben Zaïd, quand il<br />

s’aperçut que la révélation tardait à venir. Les consultant au sujet de<br />

notre séparation, Oussama, qui était au courant de l’affection pour ses<br />

femmes, lui répondit: «On ne connaît de tes femmes que du bien».<br />

Quant à Ali, il dit: «O Messager de Dieu, Dieu ne veut pas que tu sois<br />

peiné, il y a beaucoup d’autres femmes. Interroge la servante, elle te<br />

dira la vérité».<br />

Le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- appela la<br />

439


servante Barira et lui demanda: «O Barira, as-tu remarqué une chose<br />

chez ta maîtresse qui suscite les soupçons?» Elle répondit: «Non par<br />

celui qui t’a envoyé par la vérité, je n’ai rien à lui reprocher sinon<br />

qu’elle est une jeune femme qui s’endort en négligeant sa pâte de<br />

sorte qu’un animal domestique vient la lui manger». Le Messager de<br />

Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- se leva et résolut de demander<br />

justification à Abdullah Ben Oubay Ben Saloul. Il dit aux fidèles: «Qui<br />

me justifie un homme qui, comme on me l’a dit, a calomnié ma<br />

femme?. Par Dieu, je ne sais que du bien de ma femme, et on me<br />

parla d’un homme dont je ne sais que du bien de lui qui venait souvent<br />

chez moi en ma compagnie».<br />

Sa‘d Ben Mou'adz se leva et dit: «O Messager de Dieu, moi je le<br />

justifie devant toi. S’il est de la tribu de Al-Asws, nous lui couperons la<br />

tête, et s’il est de nos frères Al-Khazraj, nous ferons ce que tu nous<br />

ordonneras de faire». Sa’d Ben Oubada se leva à son tour, qui est le<br />

chef des Khazraj et un homme vertueux mais poussé par le sentiment<br />

tribal, et dit: «Tu mens. Par Dieu, tu ne le tues pas et tu ne pourras<br />

pas le tuer». Oussayd Ben Houdayr prit la parole et répondit à ce<br />

dernier: «Par Dieu, toi tu mens aussi, nous le tuerons car tu n’es qu’un<br />

hypocrite qui défend les hypocrites». Les deux tribus Al-Aws et Al-<br />

Khazraj se levèrent et furent sur le point de venir aux mains alors que<br />

le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- était toujours sur<br />

la chaire. Il descendit, les apaisa et garda le silence à son tour.<br />

Durant toute la journée mes yeux ne cessèrent de fondre en<br />

larmes et la nuit je ne pus goûter un moment de sommeil. Le<br />

lendemain matin ils vinrent me trouver, j’avais pleuré deux nuits et une<br />

journée au point où je sentis que les larmes vont crever mon cœur.<br />

Alors que mes père et mère étaient auprès de moi, une femme des<br />

Ansars demanda l’autorisation d’entrer chez moi, et une fois que cette<br />

autorisation lui fut accordée, elle s’assit près de moi et commença à<br />

pleurer avec moi. Etant ainsi, le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse<br />

et le salue- entra et s’assit, à savoir que depuis le jour où ils m’ont<br />

accusée d’adultère, il n’a pas fait une choe pareille, sans qu’il n'ait<br />

reçu pendant un mois une révélation à mon sujet. Il témoigna de<br />

l’unicité de Dieu et me dit: «O Aicha, il m’est parvenu telle et telle<br />

chose sur ton compte. Si tu es innocente, Dieu t’innocentera, et si tu<br />

440


as commis un tel péché, demande pardon à Dieu et reviens vers Lui,<br />

car le serviteur qui avoue son péché et revient à Dieu, Dieu reviendra<br />

à lui».<br />

Une fois que le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salueait<br />

terminé ses paroles, mes larmes s'arrêtèrent de couler, et je dis à<br />

mon père: «Réponds pour moi». Il dit: «Par Dieu, je ne sais quoi<br />

répondre au messager de Dieu». Je demandai alors à ma mère: «-<br />

Réponds pour moi». Elle dit: «Par Dieu, je ne sais quoi répondre au<br />

Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-».<br />

Aicha poursuivit: «Etant toute jeune n’ayant pas appris beaucoup<br />

du Coran, je dis: «Par Dieu, je sais que vous avez appris ce que les<br />

gens racontent, une chose qui s’est aggravée dans vos cœurs et vous<br />

en croyez. Si je dis: je suis innocente, Dieu aussi le sait, vous n’allez<br />

pas me croire, et si j’avoue un péché que je n’ai pas commis, Dieu sait<br />

que je suis innocente, vous me croyez. Par Dieu, je ne trouve pour<br />

nous tous un exemple que Jacob, le père de Youssof, quand il a dit:<br />

«La résignation est ma seule ressource. J’en appelle à Allah de votre<br />

machination» [Coran XII, 18].<br />

Je repris mon lit espérant que Dieu me rende innocente. Par Dieu,<br />

je n’attendais pas à ce que Dieu fasse une certaine révélation à mon<br />

sujet, me considérant comme insignifiante afin que le Coran parle de<br />

moi. Mais tout ce que j ’espérais, c’est que le Messager de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- aurait fait pendant son sommeil une<br />

vision par quoi Dieu me rend innocente, Par Dieu, le Prophète -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- n’avait pas quitté sa place et nul autre<br />

n’avait le temps de sortir de la maison, que la révélation arriva au<br />

Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-. Bien que ce fut un<br />

jour d’hiver, et comme d’habitude, le Messager de Dieu -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- fut pris par une certaine peine, et de grosses<br />

gouttes de sueur commencèrent à couler sur son front.<br />

Une fois la révélation cessa, on découvrit le Messager de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue-, il apparut souriant. La première parole<br />

qu’il a prononcée était: «O Aicha, loue Dieu qui t’a innocentée». Ma<br />

mère me dit alors: «Lève-toi et va vers le Messager de Dieu -qu’Allah<br />

le bénisse et le salue-». Je lui répondis: «Non par Dieu je ne me<br />

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lèverai pas pour aller vers lui, et je ne loue que Dieu (qui m’a rendue<br />

innocente). Dieu à Lui la puissance et la gloire -avait révélé: «Un<br />

groupe d’entre tous a répandu une calomnie...».<br />

Quand ce verset fut révélé et me disculpa, Abou Bakr As-Siddiq -<br />

que Dieu l’agrée- qui dépensait pour Mistah Ben Outhatha, un de ses<br />

proches, dit alors: «Par Dieu, désormais je ne dépenserai plus pour<br />

Mistah après ce qu’il a dit de Aicha.» Dieu à Lui la puissance et la<br />

gloire- révéla ce verset: «Les gens honorables et fortunés évitent de jurer<br />

qu’ils ne viendront plus en aide à leurs proches... jusqu’à «Allah est<br />

indulglent et miséricordieux» [Coran XXIV, 24] Abou Bakr dit alors:<br />

«Certes, par Dieu, je veux bien que Dieu me pardonne», et il<br />

renouvela à Mistah la pension qu'il lui faisait».<br />

L’imam Ahmed rapporte que Aicha -que Dieu l’agrée- a dit: «Après<br />

la révélation de ces versets et l’annonce de mon innocence, deux<br />

hommes et une femme furent amenés devant le Messager de Dieu -<br />

qu’Allah le bénisse et le salue- qui donna l’ordre de les administrer les<br />

coups de fouet selon la prescription divine».<br />

«Un groupe d’entre vous a répandu la calomnie» en créant de<br />

mensonges pour diffamer les autres injustement. «Ne croyez pas qu’elle<br />

vous nuise» ô la famille d’AbouBakr dont Aicha faisait partie; «elle vous<br />

sera profitable» pour vous dans les deux mondes: une sincérité dans la<br />

vie d’iti-bas et une grande considération dans l’autre, après le geste<br />

noble du Seigneur envers Aicha, la mère des croyants -que Dieu<br />

l’agrée-, en révélant son innoncence. Etant sur le lit de la mort, Ibn<br />

Abbas entra chez elle et lui dit: «Rejouis-toi, car tu étais la femme du<br />

Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- qui te chérissait le<br />

plus parmi tes co-épouses et la seule vierge qu’il a épousée. Enfin ton<br />

innocence fut descendue du del».<br />

«Tous le complices de cette calomnie seront punis» Celui qui a<br />

contribué à colporter cette calomnie et a diffamé la mère des croyants,<br />

recevra la part convenable du châtiment. Quant à celui qui s'est<br />

chargé de la plus lourde part, subira un châtiment douloureux. Il s’agit<br />

bien sûr de Abdullah Ben Oubay Ben Saloul -que Dieu le maudissecomme<br />

on l’a montré au début du récit. Certains ont prétendu qu’il fut<br />

question de Hassan Ben Thabet en avançant des opinions erronées,<br />

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mais à l’inverse, il était l’un des compganons qui jouissait d’un grand<br />

faste. Il suffit à cet égard de mentionner que le Prophète -qu’Allah le<br />

bénisse et le salue- lui a dit étant son poète défenseur: «Attaque-les<br />

(les idolâtres) par tes poésies et sache que Gabriel est avec toi».<br />

Mais Masrouq a rapporté une version étrange en racontant que<br />

Hassan entra chez Aicha, alors que Masrouq était chez elle, et elle<br />

ordonna qu’on lui donne un coussin. Après sa sortie, Masrouq dit à<br />

Aicha: «Comment l’as-tu permis d’entrer chez toi et Dieu a dit: «-<br />

L’auteur principal subira un châtiment exemplaire» Elle lui répondit: «Et<br />

quel châtiment sera-t-il plus cruel que la cécité, à savoir que Hassan<br />

devint aveugle vers la fin de sa vie. Puis elle ajouta: «Son seul mérite<br />

consistait en la défense du Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le<br />

salue- par ses poésies».<br />

lawla ’id sami‘tumûhu zanna-l-mu’minûna wa-l-mu’minâtu bi’anfusihim<br />

hayran wa qâlû hâda ’ifkum mubînun (12) lawlâ j a ’û ‘alayhi bi’arba‘ati<br />

suhadâ',a fa’id lam ya’tû bi-s-suhada1’i fa’û la ’ika ‘inda-L-Lâhi humu-1-<br />

kâdibûna (13).<br />

Quant ils ont entendu cette calomnie, les croyants et les croyantes<br />

auraient dû garder leur confiance à ceux qu’elle atteignait et dire: «C’est là