08.05.2014 Vues

Journal de Saclay n°21 - CEA Saclay

Journal de Saclay n°21 - CEA Saclay

Journal de Saclay n°21 - CEA Saclay

SHOW MORE
SHOW LESS

Transformez vos PDF en papier électronique et augmentez vos revenus !

Optimisez vos papiers électroniques pour le SEO, utilisez des backlinks puissants et du contenu multimédia pour maximiser votre visibilité et vos ventes.

JUILLET 2003 > N°21<br />

Centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong><br />

LE JOURNAL<br />

DOSSIER<br />

LES ANTENNES DU CENTRE <strong>CEA</strong> DE SACLAY<br />

L’apprentissage du langage<br />

chez les nourrissons<br />

▲<br />

Bionexis développe une molécule<br />

pour détecter les cellules suicidaires


Éditorial<br />

2<br />

Éditeur<br />

<strong>CEA</strong> (Commissariat<br />

à l’énergie atomique)<br />

Centre <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong><br />

91191 Gif-sur-Yvette Ce<strong>de</strong>x<br />

Directeur<br />

Jean-Pierre Pervès<br />

Directeur <strong>de</strong> la publication<br />

Yves Bourlat<br />

Rédacteur en chef<br />

Christophe Perrin<br />

Rédactrice en chef adjointe<br />

Sophie Astorg<br />

Ont également participé<br />

à ce numéro<br />

Louisa Barré,<br />

Edgardo D. Carosella,<br />

Philippe Elias,<br />

Gérard Frelat,<br />

Nathalie Manaud,<br />

Jean-Luc Martinot,<br />

Irène Rio,<br />

Nathalie Tzourio-Mazoyer.<br />

Iconographie<br />

Chantal Fuseau<br />

Photos <strong>de</strong> couverture<br />

Haut / gauche :<br />

Expérience <strong>de</strong> biologie au Service<br />

<strong>de</strong> recherche en hémato-immunologie<br />

à l’hôpital Saint-Louis, à Paris<br />

Bas / gauche :<br />

Soudure laser au CLFA<br />

( Coopération laser<br />

franco-alleman<strong>de</strong>), à Arcueil<br />

LES « ANTENNES » DU CENTRE <strong>CEA</strong> DE SACLAY :<br />

UN TOUR DE FRANCE EN 15 ÉTAPES<br />

Conception graphique<br />

Mazarine<br />

2, square Villaret <strong>de</strong> Joyeuse<br />

75017 Paris<br />

Tél. : 01 58 05 49 25<br />

Crédits photos<br />

Sophie ASTORG<br />

<strong>CEA</strong><br />

<strong>CEA</strong>/CNRS/INSERM<br />

<strong>CEA</strong> / Cyceron<br />

J. M. MIROUX / GANIL<br />

<strong>CEA</strong>-GONIN<br />

<strong>CEA</strong>-L.MEDARD<br />

CNES / NASDA<br />

M. DEPARDIEU © INSERM<br />

C.DUPONT/<strong>CEA</strong><br />

Cyril FRÉSILLON /<br />

Collège <strong>de</strong> France<br />

Guillaume FUSAI<br />

© INRA-Bertrand NICOLAS<br />

UMR 6095 CNRS <strong>CEA</strong><br />

Université <strong>de</strong> Caen et Paris 5<br />

Commission paritaire<br />

N° ISSN 1276-2776<br />

Centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong><br />

Droits <strong>de</strong> reproduction,<br />

texte et illustrations<br />

réservés pour tous pays<br />

Haut / droit :<br />

Imagerie cérébrale : rendu<br />

tridimensionnel à partir d’images<br />

IRM du cortex moteur et<br />

<strong>de</strong>s structures centrales ainsi que<br />

<strong>de</strong>s connexions qui les relient<br />

Bas / droit :<br />

Examen <strong>de</strong> viabilité<br />

cardiaque par tomographie par<br />

émission <strong>de</strong> positons au Service<br />

hospitalier Frédéric Joliot, à Orsay<br />

Sommaire n° 21<br />

Éditorial. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . page 2<br />

Dossier : les « antennes » du centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong><br />

Sciences du vivant . . . . . . . . . . . . . page 4<br />

Enseignement. . . . . . . . . . . . . . . . page 13<br />

Recherche technologique . . . . . . page 14<br />

Energie nucléaire . . . . . . . . . . . . . page 15<br />

L’apprentissage du langage<br />

chez les nourrissons . . . . . . . . . . . . . . page 17<br />

Du laboratoire à l’entreprise :<br />

Bionexis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . page 18<br />

Le saviez-vous ?<br />

Le centre <strong>CEA</strong><br />

<strong>de</strong> <strong>Saclay</strong> a un don<br />

bien méconnu,<br />

celui d’ubiquité. Je<br />

ne parle pas, bien<br />

sûr, <strong>de</strong>s <strong>de</strong>ux sites<br />

1<br />

localisés sur le<br />

plateau <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong>, à savoir le site<br />

principal (à cheval sur <strong>Saclay</strong>,<br />

Saint-Aubin et Villiers-le-Bâcle) et<br />

Cherbourg<br />

Caen<br />

Modane<br />

Meyrin<br />

Les « antennes » du centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong><br />

sont situées à : Arcueil (CLFA : Coopération<br />

laser franco-alleman<strong>de</strong>) ; Caen (GANIL :<br />

Grand accélérateur national d’ions lourds,<br />

CIRIL : Centre interdisciplinaire <strong>de</strong> recherche<br />

ions laser, GIN : Groupe d’imagerie neurofonctionnelle<br />

et GDM-TEP : Groupe <strong>de</strong> développements<br />

méthodologiques pour la tomographie<br />

par émission <strong>de</strong> positons, appartenant<br />

tous les <strong>de</strong>ux au centre Cyceron :<br />

Centre d’imagerie cérébrale et <strong>de</strong> recherche<br />

en neurosciences) ; Cherbourg (INSTN :<br />

Institut national <strong>de</strong>s sciences et techniques<br />

nucléaires) ; Fontenay-aux-Roses (SAFAR :<br />

celui <strong>de</strong> l’Orme <strong>de</strong>s Merisiers,<br />

mais <strong>de</strong> bien d’autres implantations<br />

géographiques dont le centre<br />

<strong>CEA</strong> et les unités <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong> sont<br />

responsables : ce sont ces « antennes<br />

» du centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong>,<br />

constituées d’équipes et <strong>de</strong><br />

moyens remarquables par leur<br />

diversité, souvent en partenariat<br />

avec d’autres organismes, qui font<br />

l’objet <strong>de</strong> ce dossier.<br />

Une culture <strong>de</strong> la mixité<br />

Cette mission d’ensemencement <strong>de</strong> la<br />

physique, <strong>de</strong> la biologie et <strong>de</strong> la mé<strong>de</strong>cine<br />

a naturellement pris corps avec la<br />

création d’unités communes avec<br />

d’autres organismes <strong>de</strong> recherche nationaux,<br />

hébergées le plus souvent par le<br />

<strong>CEA</strong>, mais aussi quelquefois par l’organisme<br />

partenaire, ou encore dans <strong>de</strong>s<br />

structures plus autonomes. La «mixité»<br />

<strong>de</strong> ces unités montre bien l’interpénétration<br />

et l’alliance <strong>de</strong>s disciplines.<br />

Des équipements partagés<br />

Simultanément, la nécessité <strong>de</strong> mutualiser<br />

les moyens expérimentaux en<br />

physique fondamentale, pour poursuivre<br />

les recherches au meilleur niveau, a<br />

imposé <strong>de</strong> véritables partenariats.<br />

Service d’assainissement <strong>de</strong> Fontenay-aux-<br />

Roses) ; Gif-sur-Yvette (LSCE : Laboratoire<br />

<strong>de</strong>s sciences du climat et <strong>de</strong> l’environnement)<br />

; Jouy-en-Josas (LREG : Laboratoire <strong>de</strong><br />

radiobiologie et d’étu<strong>de</strong> du génome) ;<br />

Meyrin (antenne <strong>CEA</strong> au CERN : Centre<br />

européen pour la recherche nucléaire) ;<br />

Modane (LSM : Laboratoire souterrain <strong>de</strong><br />

Modane) ; Orsay (LURE : Laboratoire pour<br />

l’utilisation du rayonnement électromagnétique,<br />

SHFJ : Service hospitalier Frédéric<br />

Joliot) ; Palaiseau (LSI : Laboratoire <strong>de</strong>s soli<strong>de</strong>s<br />

irradiés) ; Paris (SRHI : Service <strong>de</strong> recherche<br />

en hémato-immunologie).


La création du CERN, en 1954, près <strong>de</strong><br />

Genève, en est l’illustration emblématique<br />

à l’échelle européenne.<br />

Aujourd’hui encore, il constitue le plus<br />

grand laboratoire <strong>de</strong> recherche en<br />

physique <strong>de</strong>s particules au mon<strong>de</strong>. Sur<br />

place, une équipe permanente du <strong>CEA</strong><br />

prête main forte aux physiciens <strong>de</strong><br />

<strong>Saclay</strong> <strong>de</strong> passage pour leurs expériences.<br />

Autre exemple : à Caen, le Grand<br />

accélérateur national d’ions lourds<br />

(GANIL) est une installation d’envergure<br />

dédiée à la physique nucléaire, financée<br />

à parité par le CNRS et le <strong>CEA</strong>.<br />

Le GANIL «cristallise» autour <strong>de</strong> lui<br />

plusieurs laboratoires mixtes, tous<br />

rattachés, comme lui, au centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong><br />

<strong>Saclay</strong>. Dans ces grands équipements<br />

partagés s’est développée une culture<br />

<strong>de</strong> l’accueil pour <strong>de</strong>s scientifiques <strong>de</strong><br />

toutes nationalités.<br />

Des localisations propices<br />

Si ces unités « excentrées » se sont<br />

fréquemment agrégées à <strong>de</strong>s installations<br />

préexistantes, certaines doivent<br />

leur implantation géographique à une<br />

forte implication <strong>de</strong>s collectivités locales<br />

- c’est le cas du GANIL - ou encore<br />

à un site d’exception comme le tunnel<br />

du Fréjus pour le Laboratoire souterrain<br />

<strong>de</strong> Modane. Les 1 800 mètres <strong>de</strong><br />

roches surmontant le tunnel permettent<br />

en effet d’isoler les expériences<br />

<strong>de</strong>s rayonnements cosmiques parasites<br />

et <strong>de</strong> bénéficier d’excellentes<br />

conditions <strong>de</strong> mesure.<br />

Le <strong>CEA</strong> a aussi su fertiliser ses recherches<br />

en rejoignant d’autres terres,<br />

bénéficiant ainsi d’infrastructures et <strong>de</strong><br />

technologies, <strong>de</strong> sujets d’étu<strong>de</strong> qu’il n’a<br />

pas lui-même.<br />

On peut citer, par exemple, notre<br />

présence à l’INRA, à Jouy-en-Josas et<br />

les services hospitaliers implantés à<br />

Orsay et à l’hôpital Saint-Louis, à Paris.<br />

Des liens étroits<br />

Certains laboratoires appelés<br />

«Laboratoires <strong>de</strong> recherche correspondants»<br />

ont, avec le <strong>CEA</strong>, une relation<br />

privilégiée qui remonte parfois à leur<br />

création. C’est le cas notamment du<br />

Laboratoire Jean-Maetz <strong>de</strong><br />

Villefranche-sur-mer. Ces laboratoires<br />

accueillent quelquefois <strong>de</strong>s salariés <strong>de</strong><br />

<strong>Saclay</strong> et il arrive que leurs programmes<br />

<strong>de</strong> recherche soient définis en<br />

concertation avec <strong>de</strong>s unités <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong>.<br />

Ils n’ont cependant pas <strong>de</strong> lien statutaire<br />

avec le centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong> et ne<br />

seront donc pas présentés ici.<br />

De la même façon, nous avons exclu<br />

les organismes accueillant à titre individuel<br />

<strong>de</strong>s personnels détachés, comme<br />

l’ANVAR 1 ou l’AIEA 2 et les grands équipements<br />

américains, en physique <strong>de</strong>s<br />

particules notamment, qui accueillent<br />

régulièrement <strong>de</strong>s chercheurs <strong>de</strong><br />

<strong>Saclay</strong> et leurs expériences.<br />

Ce numéro du journal <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong><br />

présente les laboratoires extérieurs qui<br />

dépen<strong>de</strong>nt <strong>de</strong>s Directions <strong>de</strong>s sciences<br />

du vivant, <strong>de</strong> la recherche technologique,<br />

<strong>de</strong> l’énergie nucléaire et <strong>de</strong> l’Institut<br />

national <strong>de</strong>s sciences et techniques<br />

nucléaires. La secon<strong>de</strong> partie <strong>de</strong> ce<br />

dossier, dans le prochain numéro du<br />

journal, présentera les laboratoires qui<br />

dépen<strong>de</strong>nt <strong>de</strong> la Direction <strong>de</strong>s sciences<br />

<strong>de</strong> la matière.<br />

Il n’est évi<strong>de</strong>mment pas possible <strong>de</strong><br />

présenter toutes les recherches menées<br />

dans ces antennes, mais nous espérons<br />

que les quelques exemples choisis<br />

vous donneront l’envie d’en savoir plus.<br />

Bon voyage !<br />

Jean-Pierre Pervès<br />

Directeur du centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong><br />

1<br />

ANVAR : Agence nationale pour la valorisation<br />

<strong>de</strong>s actions <strong>de</strong> recherche<br />

2<br />

AIEA : Agence internationale <strong>de</strong> l’énergie<br />

atomique<br />

S'emmêler les crayons<br />

Allons-nous plus vite que la musique (techno, bien<br />

sûr) en mettant dans les réacteurs d'aujourd'hui un<br />

<strong>de</strong>s combustibles auxquels nous pourrions rêver<br />

pour <strong>de</strong>main ? En effet, une erreur s'est glissée dans<br />

la légen<strong>de</strong> <strong>de</strong> la photo <strong>de</strong> la page 13 <strong>de</strong> notre<br />

dossier spécial intitulé "Quelles énergies pour<br />

<strong>de</strong>main?" : non, dans les centrales nucléaires, les<br />

crayons <strong>de</strong> combustible ne sont pas constitués d'un<br />

empilement <strong>de</strong> pastilles d'uranium métallique, mais<br />

<strong>de</strong> pastilles d'oxy<strong>de</strong> d'uranium, entourées d'une<br />

gaine en alliage <strong>de</strong> zirconium. C'est ce qu'un journal<br />

satirique intitulerait s’emmêler les crayons!<br />

1 Jean-Pierre Pervès<br />

Le prochain numéro du «<strong>Journal</strong> du centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong><br />

<strong>Saclay</strong>» permettra d’achever notre «tour <strong>de</strong> France»<br />

(photo : le GANIL, à Caen)<br />

3


Sciences du vivant<br />

Dans ce domaine, le premier axe <strong>de</strong> recherche du <strong>CEA</strong> concerne l’étu<strong>de</strong> <strong>de</strong>s effets <strong>de</strong>s rayonnements<br />

ionisants sur la matière vivante. Le second axe <strong>de</strong> recherche porte sur l’application <strong>de</strong> technologies<br />

issues du nucléaire (développement <strong>de</strong> techniques <strong>de</strong> marquage et <strong>de</strong> nouveaux marqueurs) et sur<br />

leurs utilisations en imagerie médicale, biologie structurale et ingénierie <strong>de</strong>s protéines.<br />

Orsay : Service hospitalier Frédéric Joliot<br />

Caen : Centre d’imagerie cérébrale et <strong>de</strong> recherches<br />

en neurosciences<br />

Plusieurs équipes du <strong>CEA</strong>, au Service hospitalier<br />

Frédéric Joliot à Orsay et au Centre d’imagerie cérébrale<br />

et <strong>de</strong> recherches en neurosciences (Cyceron 1 ) à<br />

Caen exploitent <strong>de</strong>s systèmes d’imagerie médicale,<br />

basés sur les propriétés <strong>de</strong> l’atome, pour explorer le<br />

fonctionnement du corps humain et imaginer <strong>de</strong>s<br />

voies diagnostiques et thérapeutiques nouvelles.<br />

La tomographie par émission <strong>de</strong> positons 2 (TEP) et<br />

1<br />

Cyceron : Centre d'Imagerie Cérébrale Et <strong>de</strong> Recherche en neurOscieNces<br />

2<br />

Les mots qui figurent en orange dans le texte sont expliqués page 9.<br />

ORSAY<br />

DES IMAGES POUR GUÉRIR<br />

Le Service hospitalier Frédéric Joliot (SHFJ) se consacre<br />

à la recherche médicale en utilisant les techniques<br />

d’imagerie médicale les plus performantes.<br />

> CARTE D’IDENTITÉ<br />

l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle<br />

(IRMf) sont les <strong>de</strong>ux techniques-phares pour l’étu<strong>de</strong><br />

d’organes comme le cerveau ou le cœur. En plein<br />

essor, ces techniques consistent à suivre «à la trace»<br />

<strong>de</strong>s molécules biologiques pour comprendre le fonctionnement<br />

d’un organe. La variété <strong>de</strong> ces molécules<br />

offre un champ d’expériences très ouvert pour la<br />

recherche médicale.<br />

NOM :<br />

Service hospitalier Frédéric Joliot (SHFJ)<br />

DIRECTEUR : André Syrota<br />

COLLABORATIONS : INSERM 1 , CNRS 2 , Universités Pierre et<br />

Marie Curie, Denis Di<strong>de</strong>rot, Paris-Sud,<br />

François Rabelais (Tours), Assistance<br />

Publique - Hôpitaux <strong>de</strong> Paris, collaborations<br />

internationales etc…<br />

SIGNES PARTICULIERS : Composé <strong>de</strong> trois unités <strong>de</strong> recherche<br />

<strong>CEA</strong>, une unité mixte <strong>CEA</strong>-CNRS, une<br />

unité mixte <strong>CEA</strong>-INSERM et <strong>de</strong> <strong>de</strong>ux<br />

équipes <strong>CEA</strong>-INSERM<br />

LOCALISATION : Centre hospitalier d’Orsay (91)<br />

NÉ EN: 1958<br />

EFFECTIF TOTAL : 150<br />

1<br />

Institut national <strong>de</strong> la santé et <strong>de</strong> la recherche médicale<br />

2<br />

Centre national <strong>de</strong> la recherche scientifique<br />

1<br />

4


Un plateau d’imagerie fonctionnelle<br />

unique en Europe<br />

Le SHFJ est la seule unité <strong>de</strong> recherche en Europe à regrouper<br />

les différentes métho<strong>de</strong>s d’exploration fonctionnelle et<br />

atraumatique chez l’homme (gammatomographie, TEP,<br />

IRMf…), tout en disposant <strong>de</strong> laboratoires <strong>de</strong> recherche<br />

fondamentale et d’une unité clinique en mé<strong>de</strong>cine nucléaire.<br />

Des méthodologies d’imagerie<br />

Les chercheurs y développent <strong>de</strong>s «méthodologies d’imagerie»<br />

pour les techniques <strong>de</strong> tomographie par émission<br />

<strong>de</strong> simples photons (ou gammatomographie), TEP et<br />

IRMf. Certaines d’entre elles nécessitent le recours à <strong>de</strong>s<br />

radio-isotopes qui sont ensuite incorporés à <strong>de</strong>s molécules<br />

biologiques grâce à <strong>de</strong>s techniques <strong>de</strong> radiochimie.<br />

Des travaux ont également mis en évi<strong>de</strong>nce, par IRMf, <strong>de</strong>s<br />

régions cérébrales sollicitées au cours <strong>de</strong> tâches d’apprentissage<br />

inconscientes comme la perception d’images<br />

subliminales.<br />

Recherche fondamentale<br />

L’imagerie médicale fonctionnelle permet d’appréhen<strong>de</strong>r la<br />

complexité <strong>de</strong>s processus neurodégénératifs à l’échelle<br />

cellulaire (mort cellulaire, dysfonctionnements neuronaux…),<br />

qui jouent un rôle prépondérant dans certaines<br />

pathologies telles les maladies <strong>de</strong> Parkinson ou <strong>de</strong><br />

Huntington.<br />

En cardiologie, la compréhension <strong>de</strong>s mécanismes <strong>de</strong>s<br />

pathologies du myocar<strong>de</strong> permettra d’affiner les pronostics<br />

et <strong>de</strong> proposer <strong>de</strong> nouveaux traitements.<br />

Dossier<br />

> les antennes du centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong><br />

Des images du cerveau<br />

La fusion d’informations obtenues par différentes méthodologies<br />

d’imagerie contribue à la transcription sous<br />

forme <strong>de</strong> cartographies <strong>de</strong>s gran<strong>de</strong>s fonctions cérébrales.<br />

L’objectif est d’i<strong>de</strong>ntifier les réseaux neuronaux impliqués<br />

dans le langage, le calcul et la conscience dans leur<br />

dimension spatio-temporelle.<br />

Zoom<br />

L’IMAGERIE CÉRÉBRALE EN PSYCHIATRIE<br />

Parmi les recherches menées au SHFJ, signalons que, <strong>de</strong>puis 1986, <strong>de</strong>s chercheurs<br />

psychiatres s’attachent à mettre en relation une maladie mentale et<br />

certaines anomalies anatomiques, métaboliques ou neurochimiques du<br />

cerveau.<br />

Autisme<br />

L’imagerie cérébrale révèle que le cerveau d’enfants autistes présente <strong>de</strong>s<br />

anomalies morphologiques impossibles à expliquer par <strong>de</strong>s facteurs psychologiques,<br />

dans <strong>de</strong>s régions clefs pour l’établissement <strong>de</strong> rapports sociaux.<br />

Schizophrénie<br />

On observe <strong>de</strong>s dysfonctionnements dans certaines régions du cerveau qui<br />

se développent au cours <strong>de</strong> l’adolescence. La maturation cérébrale <strong>de</strong>s<br />

patients est alors spécifiquement prise en compte puisque ces affections<br />

débutent chez l’enfant et le jeune.<br />

Psychopharmacologie<br />

Les psychiatres cherchent à optimiser les traitements médicamenteux à la<br />

lumière <strong>de</strong>s informations fournies par la TEP. Par exemple, le dosage permet<br />

d’ajuster la cible du médicament : une forte dose pénètre plus en profon<strong>de</strong>ur<br />

à l’intérieur du cerveau. Une stratégie individualisée <strong>de</strong> traitement peut alors<br />

être envisagée. Mieux encore : les régions<br />

cérébrales déficientes pourraient être ciblées<br />

encore plus précisément et traitées par stimulation<br />

magnétique locale. Cette nouvelle<br />

approche thérapeutique est en cours d’évaluation<br />

pour les états dépressifs et les hallucinations<br />

résistant aux traitements usuels,<br />

fréquentes chez les schizophrènes.<br />

Contact : martinot@shfj.cea.fr<br />

2<br />

3<br />

1<br />

2<br />

3<br />

Tomographie par émissions <strong>de</strong> positons au Service hospitalier<br />

Frédéric Joliot<br />

Dépression mélancolique : les images TEP et IRM sont ici<br />

superposées, fusionnant données fonctionnelles (ici, l’activité<br />

énergétique locale du cerveau) et informations anatomiques.<br />

Des zones d’hypoactivité sont relevées individuellement.<br />

Le nouveau cyclotron du SHFJ est placé dans une casemate<br />

enterrée et étanche dont les parois sont en béton <strong>de</strong> haute<br />

<strong>de</strong>nsité et d’épaisseur minimale <strong>de</strong> 1,20 mètre.<br />

5


Sciences du vivant<br />

De multiples applications cliniques<br />

Que donne à «voir» l’imagerie fonctionnelle ? Comment<br />

ces informations peuvent-elles être ensuite utilisées pour<br />

lutter contre les maladies ?<br />

Voir quoi ? Pour quoi faire ?<br />

De nouvelles molécules élaborées par les radiochimistes Développer <strong>de</strong> nouveaux traceurs pour l‘étu<strong>de</strong> (diagnostic et<br />

traitement) <strong>de</strong>s maladies neurodégénératives et du cancer<br />

Des tumeurs et métastases cancéreuses<br />

Diagnostiquer, gui<strong>de</strong>r le geste du chirurgien, suivre l’efficacité<br />

d’une chimiothérapie ou d’une radiothérapie<br />

Les zones du muscle cardiaque lésées,<br />

Réaliser une autogreffe <strong>de</strong> cellules musculaires et évaluer <strong>de</strong><br />

siège d’une insuffisance cardiaque<br />

nouveaux traitements<br />

Le champ d’action <strong>de</strong>s médicaments<br />

Développer ou évaluer l’efficacité <strong>de</strong> médicaments pour <strong>de</strong>s<br />

maladies neurologiques (épilepsie, maladies d’Alzheimer<br />

et <strong>de</strong> Parkinson), cardiaques et psychiatriques<br />

Les substances participant aux échanges<br />

Comprendre, diagnostiquer et évaluer <strong>de</strong>s nouveaux traitements<br />

entre neurones (neurotransmetteurs)<br />

notamment contre les maladies neuro-dégénératives comme<br />

la maladie <strong>de</strong> Parkinson, greffer <strong>de</strong>s neurones fœtaux contre<br />

la chorée <strong>de</strong> Huntington («danse <strong>de</strong> St-Guy») et contre<br />

la maladie <strong>de</strong> Parkinson<br />

Les zones cérébrales actives pour une tâche donnée<br />

Mieux comprendre le fonctionnement cérébral, gui<strong>de</strong>r le geste<br />

du chirurgien au cours <strong>de</strong> l’ablation d’une tumeur cérébrale ou<br />

d’un foyer épileptique pour éviter <strong>de</strong> provoquer une paralysie,<br />

améliorer la récupération <strong>de</strong> patients hémiplégiques par une<br />

rééducation adaptée<br />

L’activité <strong>de</strong>s gènes<br />

Ouvrir la voie à une thérapie génique pour la maladie <strong>de</strong><br />

Parkinson ou le cancer<br />

2<br />

Min.<br />

Max.<br />

1<br />

1<br />

2<br />

Les positons émis par le traceur radioactif injecté au patient sont enregistrés<br />

par le détecteur en anneau <strong>de</strong> la caméra TEP, ce qui permet, après analyse<br />

informatique, <strong>de</strong> reconstituer une image tridimensionnelle <strong>de</strong> l’organe à<br />

étudier. Cette technique est utilisée pour pratiquer <strong>de</strong>s examens neurologiques,<br />

cardiaques et oncologiques (cancérologie). L’acquisition <strong>de</strong>s images<br />

peut durer <strong>de</strong> 30 minutes en cardiologie à plus d’une heure, lorsque le corps<br />

entier est examiné pour la recherche <strong>de</strong> métastases cancéreuses, par exemple.<br />

Maladie <strong>de</strong> Huntington : <strong>de</strong>ux ans après une greffe <strong>de</strong> neurones fœtaux, les<br />

fonctions intellectuelles et motrices du patient, correspondant à la région<br />

opérée (flèche blanche), sont restaurées.<br />

6


CAEN<br />

Le Centre d’imagerie cérébrale et <strong>de</strong> recherches en<br />

neurosciences (Cyceron) est une plate-forme technologique<br />

qui, à l’origine, a développé ses activités à<br />

partir d’équipements <strong>de</strong> TEP. Il compte au total 190<br />

personnes, au sein <strong>de</strong> 4 groupes <strong>de</strong> recherche, dont<br />

<strong>de</strong>ux constituent <strong>de</strong>s unités mixtes du <strong>CEA</strong> : le<br />

Groupe d’imagerie neuro-fonctionnelle (GIN), spécialisé<br />

dans les neurosciences, et le Groupe <strong>de</strong> développements<br />

méthodologiques pour la tomographie par<br />

émission <strong>de</strong> positons (GDM-TEP), qui étudie <strong>de</strong><br />

nouveaux traceurs pour la TEP. Le rattachement<br />

d’équipes <strong>CEA</strong> à un centre <strong>de</strong> cette envergure offre la<br />

possibilité <strong>de</strong> mutualiser les moyens d’imagerie et <strong>de</strong><br />

développer <strong>de</strong>s collaborations diversifiées.<br />

Observer l’état <strong>de</strong> conscience pure, l’esprit étant au repos,<br />

n’est pas aussi facile qu’il y paraît : cet état peut être<br />

«pollué» par la tâche effectuée juste avant. Pour s’affranchir<br />

<strong>de</strong> cet écueil, il est nécessaire <strong>de</strong> tester un grand<br />

nombre <strong>de</strong> personnes et <strong>de</strong> varier le protocole <strong>de</strong> test. Le<br />

résultat obtenu (voir photo ci-<strong>de</strong>ssous) conforte les théories<br />

matérialistes <strong>de</strong> l’esprit puisque la conscience apparaît<br />

comme une activité cérébrale particulière et non,<br />

comme les héritiers <strong>de</strong> la pensée <strong>de</strong> Descartes le soutiennent,<br />

une fonction détachée <strong>de</strong> tout substrat matériel.<br />

Dossier<br />

> les antennes du centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong><br />

> CARTE D’IDENTITÉ<br />

NOM :<br />

Groupe d’imagerie neuro-fonctionnelle<br />

(GIN)<br />

DIRECTEUR : Bernard Mazoyer<br />

STATUT :<br />

Unité mixte <strong>de</strong> recherche<br />

PARTENAIRES : <strong>CEA</strong>, CNRS, Université <strong>de</strong> Caen,<br />

Université René Descartes à Paris<br />

LOCALISATION : Centre d’imagerie cérébrale et <strong>de</strong> recherches<br />

en neurosciences à Caen (14)<br />

NÉ EN: 2000<br />

EFFECTIF TOTAL : 54<br />

Apprendre à connaître<br />

Issus du SHFJ, les chercheurs du GIN sont à l’origine <strong>de</strong>s<br />

travaux liant imagerie cérébrale et «cognition». Ce <strong>de</strong>rnier<br />

terme recouvre l’ensemble <strong>de</strong>s processus d’acquisition<br />

<strong>de</strong>s connaissances, les plus étudiés étant l’attention visuospatiale,<br />

l’imagerie mentale, le langage et le raisonnement.<br />

Un exemple parmi d’autres <strong>de</strong>s thèmes abordés par le<br />

GIN : la conscience.<br />

1<br />

2<br />

Cartographier nos activités mentales ?<br />

Les travaux du GIN montrent que le cerveau fonctionne<br />

comme un réseau dynamique, «câblé» ou interconnecté<br />

avec <strong>de</strong> très nombreux va-et-vient.<br />

A terme, la fusion <strong>de</strong>s données issues <strong>de</strong>s diverses techniques<br />

d’imagerie fonctionnelle pourrait conduire à dresser<br />

<strong>de</strong> véritables cartes cérébrales spatio-temporelles <strong>de</strong><br />

nos activités mentales ! Ces avancées renouvellent l’approche<br />

du développement et du vieillissement cérébral, <strong>de</strong><br />

même qu’elles ouvrent <strong>de</strong>s perspectives <strong>de</strong> traitement <strong>de</strong>s<br />

dysfonctionnements cognitifs.<br />

1<br />

Visualisation d’un cerveau en trois dimensions.<br />

2 L’état <strong>de</strong> repos conscient active un réseau neuronal<br />

(en rouge) : l’observation réalisée par TEP est superposée<br />

à une vue tridimensionnelle du cerveau acquise par IRM.<br />

Zoom<br />

Logique et arithmétique : quelle stratégie le cerveau choisit-il ?<br />

Selon <strong>de</strong>s résultats obtenus très récemment par le GIN, le cerveau adulte choisit<br />

les zones spécialisées dans le langage pour résoudre un problème <strong>de</strong><br />

logique alors que pour l’arithmétique, il préfère les régions liées à la vision et<br />

au repérage spatial. Il est intéressant <strong>de</strong> noter que les situations d’erreur<br />

logique correspon<strong>de</strong>nt au «mauvais» choix, celui <strong>de</strong> la région visuo-spatiale !<br />

Ce résultat est cohérent avec <strong>de</strong>s étu<strong>de</strong>s comportementales montrant que les<br />

singes comme les bébés <strong>de</strong> moins <strong>de</strong> <strong>de</strong>ux ans sont capables d’une perception<br />

arithmétique, et ce, avant l’apparition du langage, époque <strong>de</strong> l’évolution ou du<br />

développement où dominent les formes visuelles et spatiales <strong>de</strong> l’intelligence.<br />

Comment la mutation entre l’intelligence archaïque du bébé et celle <strong>de</strong><br />

l’adulte s’opère-t-elle ? De quelle manière entraîner le cerveau à effectuer le<br />

«bon choix» ? Autant <strong>de</strong> questions fascinantes auxquelles le GIN s’efforce<br />

d’apporter <strong>de</strong>s réponses, qui pourraient fécon<strong>de</strong>r les sciences <strong>de</strong> 7l’éducation…<br />

Contact : tzourio@cyceron.fr


Sciences du vivant<br />

> CARTE D’IDENTITÉ<br />

NOM :<br />

Groupe <strong>de</strong> développements méthodologiques<br />

pour la tomographie par<br />

émission <strong>de</strong> positons (GDM-TEP)<br />

DIRECTRICE : Louisa Barré<br />

STATUT :<br />

Unité mixte <strong>de</strong> recherche<br />

PARTENAIRES : <strong>CEA</strong>, Université <strong>de</strong> Caen, CNRS<br />

LOCALISATION : Centre d’imagerie cérébrale et <strong>de</strong> recherches<br />

en neurosciences à Caen (14)<br />

NÉ EN: 2000<br />

EFFECTIF TOTAL : 16<br />

De nouvelles utilisations <strong>de</strong> la TEP<br />

A la croisée <strong>de</strong> la chimie et <strong>de</strong> la biologie, le GDM-TEP<br />

développe <strong>de</strong> nouveaux traceurs pour la TEP et vali<strong>de</strong> leur<br />

utilisation grâce à <strong>de</strong>s expérimentations sur le petit animal.<br />

L’acquisition <strong>de</strong> nouveaux équipements par le Centre<br />

d’imagerie cérébrale et <strong>de</strong> recherches en neurosciences<br />

permet aujourd’hui au GDM-TEP <strong>de</strong> produire <strong>de</strong>s traceurs<br />

selon les normes pharmaceutiques. En particulier, l’accélérateur<br />

du centre, qui est utilisé pour produire les<br />

«marqueurs» radioactifs, a été remplacé l’an <strong>de</strong>rnier par<br />

un cyclotron <strong>de</strong> nouvelle génération.<br />

2<br />

De nouvelles molécules<br />

pour la recherche clinique<br />

Le GDM-TEP cherche à développer <strong>de</strong> nouvelles stratégies<br />

<strong>de</strong> marquage facilitant l’incorporation <strong>de</strong>s radioéléments<br />

dans <strong>de</strong>s structures chimiques complexes, notamment<br />

en vue d’étudier in vivo les systèmes <strong>de</strong> neurotransmission.<br />

Cette équipe vient <strong>de</strong> mettre en évi<strong>de</strong>nce chez<br />

l’animal que l’association d’un traitement substitutif donné<br />

aux toxicomanes à un psychotrope modifie la <strong>de</strong>nsité <strong>de</strong>s<br />

récepteurs impliqués. Une question se pose alors : quels<br />

risques cardio-respiratoires ou d’aggravation <strong>de</strong> la dépendance<br />

cette consommation multiple entraîne-t-elle ?<br />

Contact : barre@cyceron.fr<br />

1<br />

1<br />

2<br />

Le cyclotron du Cycéron<br />

Fabrication d’un traceur radioactif au SHFJ.<br />

8


GLOSSAIRE<br />

Cyclotron<br />

Accélérateur <strong>de</strong> particules utilisé notamment<br />

en mé<strong>de</strong>cine nucléaire pour produire les<br />

atomes radioactifs <strong>de</strong>s traceurs.<br />

Gammatomographie<br />

Elle consiste à administrer au patient, par<br />

voie intraveineuse, un traceur radioactif, afin<br />

d’observer le fonctionnement d’un organe,<br />

par détection externe du rayonnement émis<br />

par le traceur.<br />

Imagerie par résonance magnétique<br />

fonctionnelle (IRMf)<br />

Ne pas confondre avec l’IRM anatomique<br />

développée dans les années 1980,<br />

aujourd’hui un équipement <strong>de</strong> diagnostic<br />

courant dans les hôpitaux ! L’IRM classique<br />

utilise les propriétés magnétiques <strong>de</strong>s atomes<br />

d’hydrogène, présents dans l’eau et les graisses<br />

principalement. Les différents tissus sont,<br />

<strong>de</strong> cette manière, bien différenciés.<br />

L’IRM fonctionnelle peut s’adapter assez facilement<br />

à un appareil d’IRM classique. Mise<br />

au point durant les années 1990, l’IRMf<br />

exploite, quant à elle, les bizarreries <strong>de</strong> l’hémoglobine,<br />

la molécule du sang chargée <strong>de</strong><br />

distribuer l’oxygène dans l’organisme. Cette<br />

molécule doit ses propriétés magnétiques à<br />

l’existence en son sein d’un atome <strong>de</strong> fer,<br />

propriétés qui changent en présence d’oxygène.<br />

L’IRMf dresse ainsi une carte <strong>de</strong>s variations<br />

d’oxygénation sanguine, en temps réel.<br />

Des variations caractéristiques constituent<br />

une véritable signature <strong>de</strong> l’activité cérébrale,<br />

qu’il faut ensuite «déco<strong>de</strong>r» pour en extraire<br />

l’information utile.<br />

2<br />

Neurotransmetteur<br />

Substance chimique produite par l’organisme<br />

permettant la transmission d’informations<br />

d’une cellule nerveuse (ou neurone) à l’autre.<br />

Radio-isotope<br />

Les isotopes d’un même élément se distinguent<br />

par la masse <strong>de</strong> leur noyau et ont les<br />

mêmes propriétés chimiques. Un isotope qui<br />

est radioactif est appelé radio-isotope, celui<br />

qui n’est pas radioactif est dit «stable».<br />

Tomographie par émission<br />

<strong>de</strong> positons (TEP)<br />

Née dans les années 1970, cette technique<br />

permet d’analyser la répartition dans l’organisme<br />

<strong>de</strong> molécules associées à <strong>de</strong>s fonctions<br />

biologiques, comme par exemple le<br />

glucose consommé par les cellules.<br />

Ces molécules sont auparavant «marquées»<br />

par un atome radioactif, émetteur <strong>de</strong> positons,<br />

puis injectées au patient. Dans l’organisme,<br />

les positons émis se recombinent très<br />

rapi<strong>de</strong>ment avec un électron <strong>de</strong> l’organisme.<br />

Cette réaction s’accompagne d’un rayonnement,<br />

qui est localisé par une couronne <strong>de</strong><br />

plusieurs milliers <strong>de</strong> détecteurs disposés<br />

autour du patient.<br />

Cet examen permet, en particulier, <strong>de</strong> dépister<br />

avec une gran<strong>de</strong> sensibilité les tumeurs et<br />

métastases <strong>de</strong> certains cancers, dont les<br />

cellules se distinguent <strong>de</strong>s cellules saines par<br />

une surconsommation <strong>de</strong> glucose.<br />

La TEP est en train <strong>de</strong> quitter le terrain exclusif<br />

<strong>de</strong> la recherche pour se mettre au service<br />

<strong>de</strong> la lutte contre le cancer. Aujourd’hui équipée<br />

d’environ 25 caméras TEP, la France a<br />

entrepris récemment <strong>de</strong> rattraper son retard<br />

et <strong>de</strong> disposer d’une soixantaine d’appareils<br />

en 2005.<br />

Dossier<br />

> les antennes du centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong><br />

Positon<br />

Particule semblable à l’électron à l’exception<br />

<strong>de</strong> sa charge électrique qui est <strong>de</strong> signe<br />

contraire (positive).<br />

Traceur radioactif<br />

Il s’agit <strong>de</strong> lier un atome radioactif à une<br />

molécule choisie en fonction <strong>de</strong> son aptitu<strong>de</strong><br />

à «marquer» un paramètre biologique<br />

donné. Le trajet et le lieu <strong>de</strong> fixation du<br />

traceur peuvent être suivis par détection<br />

externe. Les atomes radioactifs choisis ont<br />

une durée <strong>de</strong> vie très courte et permettent <strong>de</strong><br />

procé<strong>de</strong>r à <strong>de</strong>s examens en toute innocuité.<br />

1<br />

1<br />

2<br />

Examen <strong>de</strong> viabilité cardiaque au SHFJ.<br />

Gammatomographie au SHFJ.<br />

9


Sciences du vivant<br />

Paris : Service <strong>de</strong> recherche en hémato-immunologie<br />

DES ESPOIRS POUR LES MALADES<br />

EN ATTENTE DE GREFFE<br />

Spécialiste <strong>de</strong>s mécanismes <strong>de</strong> rejet <strong>de</strong>s greffes<br />

au sein d’un grand centre anti-cancéreux parisien,<br />

le Service <strong>de</strong> recherche en hémato-immunologie<br />

a également une autre spécificité : il est<br />

mobilisable en cas d’acci<strong>de</strong>nt d’irradiation.<br />

> CARTE D’IDENTITÉ<br />

NOM :<br />

Service <strong>de</strong> recherche en hématoimmunologie<br />

(SRHI)<br />

DIRECTEUR : Edgardo D. Carosella<br />

LOCALISATION : Hôpital Saint-Louis à Paris (75)<br />

NÉ EN: 1989<br />

EFFECTIF TOTAL : 30<br />

Premiers secours aux irradiés<br />

Créé au len<strong>de</strong>main <strong>de</strong> l’acci<strong>de</strong>nt <strong>de</strong> Tchernobyl, ce service<br />

est chargé d’une mission d’expertise et d’assistance aux<br />

secours en cas d’acci<strong>de</strong>nt ou d’attentat avec exposition<br />

radiologique. Aux côtés du SAMU et <strong>de</strong>s pompiers, il<br />

anime une cellule d’urgence sur place pour orienter les<br />

blessés vers les services compétents. Dans cette fonction<br />

<strong>de</strong> «secouriste nucléaire», le Service d’hémato-immunologie<br />

collabore étroitement avec l’hôpital militaire Percy <strong>de</strong><br />

Clamart et l’IRSN 1 .<br />

Pourquoi dans un hôpital<br />

<strong>de</strong> cancérologie ?<br />

Fondée sur l’étu<strong>de</strong> <strong>de</strong>s mécanismes <strong>de</strong> rejet <strong>de</strong>s greffes et<br />

en particulier <strong>de</strong>s si difficiles greffes <strong>de</strong> moelle, l’expertise<br />

du laboratoire hospitalo-universitaire du Pr Edgardo D.<br />

Carosella rejoint la recherche sur le cancer. La greffe <strong>de</strong><br />

moelle osseuse, indiquée aussi bien en cas d’irradiation<br />

acci<strong>de</strong>ntelle massive que <strong>de</strong> leucémie, est en effet trop<br />

souvent compromise par une sorte <strong>de</strong> rejet à l’envers : le<br />

greffon rejette le receveur. Par ailleurs, les irradiations<br />

thérapeutiques contre le cancer peuvent détruire <strong>de</strong>s<br />

tissus qu’il n’est alors possible <strong>de</strong> régénérer que par une<br />

greffe d’organes. La localisation du SRHI à l’hôpital Saint-<br />

1<br />

Louis, centre anti-cancéreux renommé, est donc extrêmement<br />

enrichissante, favorisant les échanges entre les<br />

recherches fondamentale et clinique.<br />

Une start-up «HLA-G Technologies» a été créée en<br />

1998 pour développer et exploiter <strong>de</strong>s applications<br />

brevetées par le SRHI, notamment la production <strong>de</strong> la<br />

molécule HLA-G.<br />

10


2<br />

Le saviez-vous?<br />

La grossesse, une greffe étonnante<br />

Tout au long <strong>de</strong> sa grossesse, la femme enceinte tolère<br />

sans rejet son enfant. Pourtant, le fœtus porte la moitié<br />

<strong>de</strong> l’i<strong>de</strong>ntité génétique <strong>de</strong> son père, ce qui fait <strong>de</strong> lui un<br />

être différent <strong>de</strong> sa mère. Après sa naissance, si les tissus<br />

d’un nouveau-né étaient greffés sur sa mère, ils seraient<br />

rejetés. Ce mystère a été résolu en 1992 par l’étu<strong>de</strong> <strong>de</strong> la<br />

molécule HLA-G, produite par le placenta maternel. Cette<br />

protéine désarme les cellules « tueuses » du système<br />

immunologique maternel.<br />

HLA-G, une molécule anti-rejet<br />

L’embryon, qui peut être considéré comme une<br />

«greffe» 2 un peu particulière, a mis les chercheurs<br />

sur la piste d’une protéine baptisée HLA-G 3 , capable<br />

<strong>de</strong> neutraliser certaines cellules du système immunitaire.<br />

Le SRHI a montré que, par le même mécanisme,<br />

elle protège les cellules cancéreuses dans <strong>de</strong><br />

nombreux cas.<br />

Greffer un foie<br />

pour réussir une greffe <strong>de</strong> rein<br />

En matière <strong>de</strong> greffes d’organes, la protéine HLA-G est<br />

une précieuse alliée. Chez certains greffés cardiaques,<br />

sa présence a pu être détectée dans les biopsies <strong>de</strong><br />

myocar<strong>de</strong>s transplantés, sur une pério<strong>de</strong> assez longue.<br />

A la différence <strong>de</strong>s mala<strong>de</strong>s chez qui cette protéine n’a<br />

pas été détectée, ces patients n’ont pas souffert <strong>de</strong><br />

rejets chroniques. Dans le cas d’une double greffe<br />

foie / rein, si la présence <strong>de</strong> HLA-G est observée au<br />

niveau du greffon hépatique, le greffon rénal bénéficie<br />

d’une protection encore plus complète. Le foie, connu<br />

pour être un organe tolérant en terme <strong>de</strong> compatibilité<br />

<strong>de</strong> tissus, produit lui-même cette protéine qui permet<br />

donc à une greffe <strong>de</strong> rein réalisée simultanément d’être<br />

mieux tolérée.<br />

Selon <strong>de</strong>s expériences réalisées récemment sur <strong>de</strong>s souris<br />

recevant <strong>de</strong>s greffes <strong>de</strong> peau, l’injection <strong>de</strong> protéine HLA-G<br />

augmente les chances <strong>de</strong> survie du greffon. Prochaine<br />

étape : l’expérimentation humaine, porteuse d’immenses<br />

espoirs pour les mala<strong>de</strong>s en attente <strong>de</strong> greffes.<br />

1<br />

Institut <strong>de</strong> radioprotection et <strong>de</strong> sûreté nucléaire<br />

2<br />

Voir encadré « Une greffe étonnante »<br />

3<br />

HLA-G : Human leucocyte antigen<br />

Contact : carosella@dsvidf.cea.fr<br />

1 Expérience au Service <strong>de</strong> recherche en hémato-immunologie,<br />

à l’hôpital Saint-Louis à Paris.<br />

Dossier<br />

> les antennes du centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong><br />

2<br />

Embryon humain.<br />

Ci-<strong>de</strong>ssus : le Professeur Carosella accueille les Ministres Claudie Haigneré<br />

et Jean-François Mattéi au Collège <strong>de</strong> France, le 8 juillet 2003.<br />

La 3 ème Conférence internationale sur HLA-G, présidée par le<br />

Professeur Edgardo D. Carosella, s’est tenue au Collège <strong>de</strong> France<br />

à Paris les 7, 8, 9 juillet 2003.<br />

Cette conférence coïnci<strong>de</strong> avec le 50 ème anniversaire <strong>de</strong> la découverte du<br />

« système HLA » 4 par le Professeur Jean Dausset, pour laquelle il reçoit en<br />

1980 le Prix Nobel <strong>de</strong> Mé<strong>de</strong>cine.<br />

Avec le concours d’admirables volontaires donneurs et receveurs, <strong>de</strong>s greffes<br />

<strong>de</strong> peau expérimentales conduisent Jean Dausset à établir une corrélation<br />

entre la survie du greffon et le nombre <strong>de</strong>s incompatibilités tissulaires :<br />

c’est la loi qui gouverne la transplantation d’organes chez l’homme.<br />

Au len<strong>de</strong>main <strong>de</strong> l’acci<strong>de</strong>nt <strong>de</strong> Tchernobyl, le <strong>CEA</strong> confie à Jean Dausset la<br />

prési<strong>de</strong>nce d’un comité <strong>de</strong>s sages, chargé d’une réflexion sur les greffes tissulaires<br />

en cas d’acci<strong>de</strong>nt radiologique, ce qui aboutira à la création du SRHI.<br />

Sous le haut patronage <strong>de</strong> Jacques Chirac, Prési<strong>de</strong>nt <strong>de</strong> la République, en<br />

présence <strong>de</strong> Jean-François Mattéi, Ministre <strong>de</strong> la santé, <strong>de</strong> la famille et <strong>de</strong>s<br />

personnes handicapées et <strong>de</strong> Claudie Haigneré, Ministre déléguée à la<br />

recherche et aux nouvelles technologies, un hommage international lui a<br />

été rendu.<br />

4<br />

Le système HLA constitue une carte d’i<strong>de</strong>ntité <strong>de</strong>s tissus chez l'homme.


Sciences du vivant<br />

Jouy-en-Josas : Laboratoire <strong>de</strong> radiobiologie et étu<strong>de</strong><br />

du génome<br />

CANCERS<br />

ET RAYONNEMENTS IONISANTS<br />

Doyen <strong>de</strong>s laboratoires mixtes, le Laboratoire<br />

<strong>CEA</strong> – INRA 1 <strong>de</strong> radiobiologie et étu<strong>de</strong> du<br />

génome inscrit ses travaux expérimentaux dans<br />

les axes <strong>de</strong> recherches stratégiques du <strong>CEA</strong> et <strong>de</strong><br />

l’INRA : effets <strong>de</strong>s rayonnements sur la matière<br />

vivante et génomique <strong>de</strong>s animaux d’élevage. Il<br />

utilise le porc comme modèle.<br />

> CARTE D’IDENTITÉ<br />

NOM :<br />

Laboratoire <strong>de</strong> radiobiologie et étu<strong>de</strong><br />

du génome (LREG)<br />

DIRECTEUR : Gérard Frelat<br />

STATUT :<br />

Unité mixte <strong>de</strong> recherche<br />

PARTENAIRES: <strong>CEA</strong>, INRA<br />

LOCALISATION : Jouy-en-Josas (78)<br />

NÉ EN: 1962<br />

EFFECTIF TOTAL : 25<br />

Faibles doses : la piste<br />

<strong>de</strong> la sensibilité « génétique »<br />

individuelle au rayonnement<br />

Les <strong>de</strong>ux versants thématiques – radiobiologie ou effet<br />

<strong>de</strong>s rayonnements (<strong>CEA</strong>) et génomique porcine (INRA) –<br />

se mêlent étroitement dans la voie <strong>de</strong> recherche choisie,<br />

<strong>de</strong>puis 1997, par ce laboratoire. Quels sont les effets <strong>de</strong><br />

faibles doses <strong>de</strong> rayonnement chez les individus porteurs<br />

<strong>de</strong> gènes <strong>de</strong> susceptibilité au cancer ? Avec quels gènes<br />

interfèrent-ils pour provoquer l’apparition <strong>de</strong> tumeurs ?<br />

Ces questions se posent pour l’homme, mais l’étu<strong>de</strong> <strong>de</strong><br />

porcs prédisposés à développer spontanément <strong>de</strong>s mélanomes<br />

2 permet d’apporter <strong>de</strong>s réponses pertinentes. Les<br />

gènes <strong>de</strong> prédisposition au cancer se retrouvent dans<br />

différents types <strong>de</strong> tumeurs qui peuvent être radio-induites.<br />

Dans le cadre <strong>de</strong> la radiobiologie du tissu cutané, le<br />

porc est, à la différence <strong>de</strong> la souris, un excellent modèle<br />

<strong>de</strong> la peau humaine pour l’étu<strong>de</strong> du mélanome.<br />

1<br />

Un centre <strong>de</strong> recherches <strong>de</strong> l’INRA<br />

dédié aux animaux d’élevage<br />

A l’origine, la création du laboratoire a favorisé la diffusion<br />

<strong>de</strong>s techniques <strong>de</strong> traceurs radioactifs pour l’étu<strong>de</strong> du<br />

métabolisme <strong>de</strong>s grands mammifères d’élevage.<br />

Récemment, l’INRA a chargé le LREG <strong>de</strong> gérer un<br />

«conservatoire» du génome du porc pour la conservation<br />

<strong>de</strong> milliers d’échantillons d’ADN congelés, correspondant<br />

chacun à un gène isolé <strong>de</strong> porc. Une mission en cohérence<br />

avec un grand programme <strong>de</strong>stiné à poursuivre<br />

l’amélioration <strong>de</strong> la sélection <strong>de</strong>s espèces animales essentielles<br />

pour l’alimentation <strong>de</strong>s hommes, comme la vache,<br />

le porc, le poulet et la truite. Ces ressources génétiques<br />

porcines sont mises à la disposition <strong>de</strong> chercheurs intéressés<br />

par une fonction biologique donnée (résistances au<br />

rayonnement, aux maladies, reproduction). Elles se<br />

présentent sous forme <strong>de</strong> puces à ADN, qui se prêtent à<br />

<strong>de</strong>s analyses en parallèle sur plusieurs milliers <strong>de</strong> gènes.<br />

1<br />

INRA : Institut national <strong>de</strong> la recherche agronomique<br />

2<br />

mélanome : cancer <strong>de</strong> la peau<br />

Contact : gerard.frelat@cea.fr<br />

12<br />

1<br />

Un réseau <strong>de</strong> 57 600 échantillons d’ADN, correspondant chacun à un gène<br />

porcin, est déposé, grâce à <strong>de</strong>s aiguilles motorisées, sur une membrane (carré<br />

blanc). Cette membrane ou «macro-réseau» est l’équivalent, à plus basse<br />

<strong>de</strong>nsité, d’une puce à ADN.


Enseignement<br />

L’Institut national <strong>de</strong>s sciences et techniques nucléaires, qui dépend du <strong>CEA</strong>, et dont l’établissement principal<br />

est à <strong>Saclay</strong>, a un statut d’établissement d’enseignement supérieur. Outre une prestigieuse formation<br />

en génie atomique, unique en France, il dispense <strong>de</strong>s enseignements <strong>de</strong> haute spécialisation (DEA 1 ,<br />

DESS 2 , masters) et <strong>de</strong> nombreuses autres formations initiales et continues. Il compte quatre « antennes »<br />

à Cadarache, Grenoble, Marcoule et Cherbourg, cette <strong>de</strong>rnière étant rattachée au centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong>.<br />

Cherbourg : Institut national <strong>de</strong>s sciences et techniques<br />

nucléaires<br />

UN ANCRAGE LOCAL RENFORCÉ<br />

Dossier<br />

> les antennes du centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong><br />

> CARTE D’IDENTITÉ<br />

NOM :<br />

Institut national <strong>de</strong>s sciences et techniques<br />

nucléaires (INSTN)<br />

CHEF D’ANTENNE : Thierry Vial<br />

LOCALISATION : Cherbourg (50)<br />

NÉ EN: 1988<br />

EFFECTIF : 5<br />

Plus <strong>de</strong> 2 000 stagiaires par an<br />

Former les personnels <strong>de</strong>s entreprises participant au<br />

démarrage <strong>de</strong> l’atelier <strong>de</strong> retraitement <strong>de</strong>s combustibles<br />

usés UP3 <strong>de</strong> COGEMA La Hague est la vocation initiale <strong>de</strong><br />

l’antenne <strong>de</strong> l’INSTN. Aujourd’hui, l’antenne accueille<br />

chaque année entre 2000 et 2500 stagiaires pour leur<br />

enseigner la radioprotection et les modalités d’intervention<br />

en milieu nucléaire. En effet, toute personne qui va<br />

travailler pour la première fois en zone contrôlée doit avoir<br />

reçu une formation réglementaire.<br />

Des formations au plus près du terrain<br />

Depuis janvier 2002, l’antenne est implantée dans un bâtiment<br />

flambant neuf. Pour ses sessions d’étu<strong>de</strong>s ou ses<br />

formations longues <strong>de</strong>stinées à <strong>de</strong>s professionnels <strong>de</strong> la<br />

radioprotection, elle peut notamment s’appuyer sur les<br />

interventions <strong>de</strong>s spécialistes d’EDF ou <strong>de</strong> COGEMA et<br />

rester ainsi au plus près <strong>de</strong>s réalités <strong>de</strong> terrain. Sa collaboration<br />

avec les établissements d’enseignement supérieur,<br />

l’École d’ingénieurs <strong>de</strong> Cherbourg en particulier, se trouve<br />

par ailleurs renforcée grâce à son ancrage dans le site<br />

universitaire.<br />

Des équipements sans équivalent en<br />

France<br />

Enseignants et stagiaires apprécient la qualité exceptionnelle<br />

<strong>de</strong>s équipements mis à leur disposition. Chaque<br />

salle est la réplique d’une zone d’une centrale ou d’une<br />

usine <strong>de</strong> retraitement où les stagiaires peuvent s’entraîner<br />

à intervenir en tenue ventilée, gérer l’évacuation <strong>de</strong><br />

déchets ou optimiser les gestes d’une intervention en<br />

zone «chau<strong>de</strong>». D’autres locaux sont aménagés pour la<br />

gestion <strong>de</strong>s sources radioactives et les mesures <strong>de</strong><br />

rayonnement en vraie gran<strong>de</strong>ur.<br />

1<br />

Diplôme d’étu<strong>de</strong>s approfondies<br />

2<br />

Diplôme d’étu<strong>de</strong>s supérieures spécialisées<br />

Contact : tvial@cea.fr<br />

1<br />

Manipulation en boîte à gants à l’INSTN à Cherbourg.<br />

1<br />

13


Recherche technologique<br />

La Direction <strong>de</strong> la recherche technologique du <strong>CEA</strong> a pour ambition <strong>de</strong> renforcer la puissance industrielle<br />

nationale dans les domaines <strong>de</strong>s technologies innovantes <strong>de</strong> l’information et <strong>de</strong>s énergies, <strong>de</strong>s<br />

matériaux et <strong>de</strong>s biotechnologies. La priorité est donnée aux transferts <strong>de</strong>s résultats obtenus en laboratoire<br />

vers le mon<strong>de</strong> industriel.<br />

Arcueil : Coopération laser franco-alleman<strong>de</strong><br />

INDUSTRIEUX LASERS INDUSTRIELS<br />

Le Centre technique d’Arcueil <strong>de</strong> la DGA 1 abrite la<br />

Coopération laser franco-alleman<strong>de</strong>, une plateforme<br />

technologique <strong>de</strong>s applications du laser au<br />

service <strong>de</strong>s industriels du nucléaire, <strong>de</strong> l’aéronautique<br />

et <strong>de</strong> l’automobile, jumelée avec l’établissement<br />

d’Aix-la-Chapelle <strong>de</strong> l’Institut Fraunhofer.<br />

L’acte <strong>de</strong> naissance du laboratoire coïnci<strong>de</strong> avec la<br />

<strong>de</strong>uxième vie d’un puissant laser à gaz <strong>de</strong> la DGA reconverti,<br />

en 1988, à <strong>de</strong>s applications industrielles. Une unité<br />

mixte DGA-CNRS dédiée à l’étu<strong>de</strong> <strong>de</strong> l’interaction lasermatière<br />

voit alors le jour. Le laboratoire existe sous sa<br />

forme actuelle <strong>de</strong>puis 1997, date à laquelle une équipe <strong>de</strong><br />

<strong>Saclay</strong> spécialisée dans le soudage laser déménage à<br />

Arcueil avec ses lasers YAG 3 et CO 24<br />

. Aujourd’hui réformé,<br />

le premier laser CO 2 a cédé la place à un parc diversifié <strong>de</strong><br />

> CARTE D’IDENTITÉ<br />

NOM :<br />

Coopération laser franco-alleman<strong>de</strong><br />

(CLFA)<br />

DIRECTEUR : Philippe Elias<br />

STATUT : Groupement d’intérêt public GERAILP 2<br />

associé à l’Institut Fraunhofer<br />

PARTENAIRES INSTITUTIONNELS :<br />

<strong>CEA</strong>, DGA, CNRS, Institut Fraunhofer<br />

INDUSTRIELS PARTENAIRES :<br />

Snecma, Renault, EADS, Peugeot,<br />

Areva, Air Liqui<strong>de</strong>, Arcelor, Trumpf,<br />

Roptim’axes, Ares, Quantel<br />

LOCALISATION : Centre technique d’Arcueil à Arcueil (94)<br />

NÉ EN: 1997<br />

EFFECTIF TOTAL : 50<br />

Une soudure rapi<strong>de</strong> et précise<br />

Une <strong>de</strong>s missions du laboratoire est le développement <strong>de</strong><br />

sources laser YAG distribuées par fibres optiques à <strong>de</strong>s<br />

postes <strong>de</strong> travail spécialisés…<br />

Que peut le laser ?<br />

Les lasers s’acquittent <strong>de</strong> multiples tâches ciblées par <strong>de</strong>s<br />

clients-industriels, d’autant plus exigeants qu’ils financent<br />

les étu<strong>de</strong>s à parité avec les organismes institutionnels : ils<br />

sou<strong>de</strong>nt, découpent, percent, nettoient, consoli<strong>de</strong>nt, pratiquent<br />

<strong>de</strong>s micro-découpes, sou<strong>de</strong>nt ou chauffent <strong>de</strong>s<br />

plastiques, contrôlent la tenue mécanique <strong>de</strong> certains traitements<br />

<strong>de</strong> surface…<br />

1<br />

DGA : Délégation générale pour l’armement<br />

2<br />

GERAILP : Groupement d’étu<strong>de</strong> et <strong>de</strong> recherche pour les applications<br />

industrielles <strong>de</strong>s lasers <strong>de</strong> puissance<br />

3<br />

Laser YAG : laser à cristal <strong>de</strong> grenat d'yttrium-aluminium émettant<br />

dans l’infra-rouge proche (à 1,06 µm)<br />

4<br />

Laser CO 2 : laser à gaz (gaz carbonique) émettant dans l’infra-rouge<br />

lointain (à 10,6 µm)<br />

techniques innovantes <strong>de</strong> soudage par laser, face à la<br />

concurrence <strong>de</strong>s arcs électriques. En Allemagne, les<br />

cordons continus <strong>de</strong> soudure laser ont déjà supplanté les<br />

quelque 3 000 soudures à la pince électrique nécessaires<br />

à l’assemblage d’une «caisse en blanc» <strong>de</strong> voiture.<br />

En France, on voit émerger <strong>de</strong>s applications en aéronautique<br />

et pour l’énergie nucléaire.<br />

Un parc diversifié<br />

14<br />

1


Recherche technologique (suite)<br />

Énergie nucléaire<br />

En partenariat avec les industriels du secteur, les chercheurs<br />

optimisent le fonctionnement <strong>de</strong>s réacteurs actuels et élaborent les<br />

nouveaux concepts <strong>de</strong> réacteurs qui verront le jour à l’horizon 2030.<br />

Fontenay-aux-Roses :<br />

Service d’assainissement<br />

ASSAINIR<br />

ET DÉMANTELER<br />

Dossier<br />

> les antennes du centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong><br />

Le centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong> Fontenay-aux-Roses étant <strong>de</strong>stiné à ne plus<br />

comporter d’installation nucléaire, il s’agit d’assainir et démanteler<br />

celles qui sont arrêtées, ou qui vont l’être.<br />

> CARTE D’IDENTITÉ<br />

2<br />

1<br />

et<br />

2<br />

Soudure laser au CLFA.<br />

NOM :<br />

Service d’assainissement du centre<br />

<strong>CEA</strong> <strong>de</strong> Fontenay-aux-Roses (SAFAR)<br />

CHEF DE SERVICE : Laurence Piketty<br />

LOCALISATION : Centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong> Fontenay-aux-Roses (92)<br />

NÉ EN: 2001<br />

EFFECTIF TOTAL : 57<br />

Sou<strong>de</strong>r ou découper <strong>de</strong>s pièces très épaisses en<br />

un temps record<br />

Le gain <strong>de</strong> temps apporté par la soudure laser sur <strong>de</strong>s<br />

pièces très épaisses séduit aussi bien les exploitants<br />

nucléaires, qui doivent ouvrir et refermer <strong>de</strong>s conteneurs<br />

<strong>de</strong> déchets nucléaires très radioactifs, que les<br />

concepteurs du réacteur prototype <strong>de</strong> fusion ITER 1 .<br />

Disposant d’une puissance <strong>de</strong> plus <strong>de</strong> 11 000 watts<br />

continus, le CLFA prépare l’assemblage <strong>de</strong> l’enceinte à<br />

vi<strong>de</strong> d’ITER et anticipe déjà les procédures <strong>de</strong> maintenance<br />

par découpe partielle <strong>de</strong> pièces défectueuses et<br />

soudage <strong>de</strong> pièces neuves.<br />

1<br />

ITER : International Thermonuclear Experimental<br />

Reactor<br />

Fabriquer rapi<strong>de</strong>ment <strong>de</strong>s pièces prototypes<br />

Pour l’aéronautique, le laser solidifie <strong>de</strong>s poudres<br />

métalliques, édifiant couche par couche une pièce <strong>de</strong><br />

forme et <strong>de</strong> composition quelconques. Cette technique<br />

s’applique aussi à la réparation <strong>de</strong> pièces métalliques<br />

<strong>de</strong> haute valeur.<br />

Chauffer <strong>de</strong>s plastiques sans danger<br />

La mise en forme <strong>de</strong> plastiques n’est possible qu’à<br />

haute température, typiquement 150°C. Le chauffage<br />

laser assisté par un pyromètre remplace alors le poste<br />

<strong>de</strong> travail traditionnel, dangereux en raison <strong>de</strong> l’utilisation<br />

d’eau chau<strong>de</strong> sous pression.<br />

Contact : www.clfa.fr<br />

Chef du SAFAR, Laurence Piketty nous présente son service :<br />

<strong>Journal</strong> <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong> : Quelle est avant la fin <strong>de</strong> l’année 2003 et sera<br />

l’activité <strong>de</strong> votre service ?<br />

assorti d’une enquête d’utilité<br />

LP : Le SAFAR est chargé d’assainir publique, justifiée par la modification<br />

du périmètre <strong>de</strong>s INB.<br />

toutes les Installations nucléaires<br />

«<strong>de</strong> base» (ou INB) <strong>de</strong> Fontenayaux-Roses.<br />

Certaines d’entre elles, <strong>de</strong> Fontenay-aux-Roses <strong>de</strong>vrait être<br />

La «dénucléarisation» du centre <strong>CEA</strong><br />

les installations <strong>de</strong> traitement et accomplie dans les années 2010.<br />

d’entreposage <strong>de</strong>s déchets, sont<br />

encore en exploitation. D’autres<br />

sont entrées dans la phase d’assainissement<br />

avec l’évacuation <strong>de</strong>s<br />

matières et matériels radioactifs.<br />

Pour aller plus loin et s’attaquer aux<br />

structures <strong>de</strong>s bâtiments et aux<br />

cellules blindées, il faut obtenir le<br />

décret <strong>de</strong> «Mise à l’arrêt définitif»<br />

auprès <strong>de</strong> l’Autorité <strong>de</strong> sûreté<br />

nucléaire (ASN) : c’est le démantèlement<br />

proprement dit. Le dossier ad<br />

1<br />

hoc <strong>de</strong>vrait être transmis à l’ASN<br />

1 L’installation <strong>de</strong> traitement <strong>de</strong>s effluents liqui<strong>de</strong>s<br />

radioactifs du centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong> Fontenay-aux-Roses,<br />

avant démontage.


Énergie nucléaire<br />

JdS : Pourquoi votre service est-il<br />

rattaché à <strong>Saclay</strong> ?<br />

LP : En 2001, toutes les INB <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong><br />

et Fontenay-aux-Roses, liées aux réacteurs,<br />

au traitement et à l’entreposage<br />

<strong>de</strong> déchets et à l’assainissement, ont<br />

été regroupées au sein d’un même<br />

département <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong>, le<br />

Département réacteurs et services<br />

nucléaires. Cette organisation favorise<br />

les échanges et la mise en commun<br />

<strong>de</strong>s retours d’expérience.<br />

JdS : Quelle place laissez-vous à<br />

l’innovation ?<br />

LP : Nous nous apprêtons à tester la<br />

technique <strong>de</strong> décontamination par laser<br />

mise au point par nos collègues saclaysiens<br />

du Département <strong>de</strong> physicochimie.<br />

Nous utilisons aussi <strong>de</strong>s modèles<br />

développés à Pierrelatte pour optimiser<br />

l’intervention <strong>de</strong>s opérateurs sur<br />

<strong>de</strong>s équipements irradiants et peu<br />

accessibles.<br />

Quelle est la <strong>de</strong>stination <strong>de</strong>s déchets nucléaires <strong>de</strong> Fontenay-aux-Roses et<br />

quel est leur conditionnement ?<br />

> Les déchets <strong>de</strong> faible activité, dits <strong>de</strong> type A, sont conditionnés dans <strong>de</strong>s caissons <strong>de</strong><br />

5 à 10 m 3 pour les pièces <strong>de</strong> gran<strong>de</strong> taille et dans <strong>de</strong>s fûts <strong>de</strong> 200 litres pour les autres ;<br />

tous sont acheminés vers le centre <strong>de</strong> stockage <strong>de</strong> l’Aube <strong>de</strong> l’ANDRA 1 , et stockés, après<br />

compactage à la presse <strong>de</strong>s fûts et injection <strong>de</strong> mortier dans les caissons.<br />

1<br />

ANDRA : Agence nationale pour la gestion <strong>de</strong>s déchets radioactifs<br />

> Les déchets <strong>de</strong> moyenne et haute activités, dits <strong>de</strong> type B, dont le contenu en radioéléments<br />

à vie longue dépasse le seuil autorisé pour le centre <strong>de</strong> stockage <strong>de</strong> l’Aube, sont<br />

conditionnés en fûts <strong>de</strong> 100 litres puis compactés au centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong> Cadarache dans <strong>de</strong>s<br />

colis <strong>de</strong> 870 ou 500 litres, suivant leur activité, et sont gardés sur place, dans <strong>de</strong>s entrepôts<br />

ou dans <strong>de</strong>s fosses, en attendant l’ouverture du futur centre <strong>de</strong> stockage <strong>de</strong><br />

l’ANDRA, dans le cadre <strong>de</strong> la loi <strong>de</strong> décembre 1991.<br />

> Les effluents liqui<strong>de</strong>s sont envoyés pour traitement à Cadarache, pour y être minéralisés<br />

et entreposés, à l’exception <strong>de</strong>s effluents à haute activité qui sont vitrifiés à l’Atelier<br />

<strong>de</strong> vitrification <strong>de</strong> Marcoule <strong>de</strong> COGEMA, et entreposés sur place, dans l’attente d’une<br />

décision qui sera prise dans le cadre <strong>de</strong> la loi <strong>de</strong> décembre 1991.<br />

JdS : Considérez-vous votre métier<br />

comme dangereux ?<br />

LP : Non, vraiment pas ! Les éléments<br />

irradiants et contaminés sont pris en<br />

charge là où ils se trouvent, dans <strong>de</strong>s<br />

cellules blindées, où ils sont conditionnés<br />

avec <strong>de</strong>s télémanipulateurs <strong>de</strong>rrière<br />

<strong>de</strong>s verres au plomb, pour être évacués<br />

par la suite. Une fois vi<strong>de</strong>s, ces cellules<br />

ne présenteront qu’un faible risque<br />

radiologique, traité dans un second<br />

temps. Exceptionnellement, certaines<br />

opérations très spécifiques peuvent se<br />

révéler plus délicates. Il faut alors préparer<br />

l’intervention pour minimiser sa<br />

durée ou utiliser <strong>de</strong>s moyens téléopérés.<br />

Contact : laurence.piketty@cea.fr<br />

2<br />

2 L’installation <strong>de</strong> traitement <strong>de</strong>s effluents liqui<strong>de</strong>s radioactifs du<br />

centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong> Fontenay-aux-Roses, en cours <strong>de</strong> démontage.<br />

Le prochain numéro du « <strong>Journal</strong> du centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong> » permettra <strong>de</strong><br />

présenter les antennes du centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong> appartenant à la Direction<br />

<strong>de</strong>s sciences <strong>de</strong> la matière.<br />

16


Actualités<br />

L’APPRENTISSAGE DU LANGAGE<br />

CHEZ LES NOURRISSONS<br />

Véritable miroir du cerveau en<br />

fonctionnement, l’imagerie par<br />

résonance magnétique « fonctionnelle<br />

» dévoile comment le<br />

langage s’imprime dans le cerveau<br />

d’un nourrisson <strong>de</strong> <strong>de</strong>ux mois.<br />

« Il était une fois… »<br />

Vingt bébés <strong>de</strong> 2 à 3 mois ont participé à<br />

une expérience exceptionnelle, conduite<br />

en collaboration entre l’hôpital Necker<br />

Enfants-mala<strong>de</strong>s, le Service hospitalier<br />

Frédéric Joliot du <strong>CEA</strong> (voir aussi<br />

page 4), le CNRS et l’INSERM. Allongés<br />

sagement dans l’appareil d’imagerie<br />

cérébrale pendant une quinzaine <strong>de</strong><br />

minutes, ils ont écouté <strong>de</strong>s enregistrements<br />

<strong>de</strong> 20 secon<strong>de</strong>s d’une histoire lue<br />

par une femme, en alternance avec <strong>de</strong>s<br />

silences <strong>de</strong> la même durée. Ainsi bercés,<br />

certains bébés se sont endormis.<br />

Un cerveau<br />

prêt à l’emploi<br />

Plus précisément, les aires cérébrales<br />

impliquées dans le langage sont localisées<br />

<strong>de</strong> manière asymétrique, dans<br />

l’hémisphère gauche. On retrouve chez<br />

le nourrisson l’organisation en réseau<br />

du cerveau adulte. Cette observation<br />

plai<strong>de</strong> en faveur d’une origine génétique<br />

<strong>de</strong> ce réseau. Singularité riche <strong>de</strong> sens :<br />

l’écoute <strong>de</strong> phrases mobilise chez le<br />

nourrisson une région supplémentaire<br />

(frontale), réservée chez l’adulte à <strong>de</strong>s<br />

tâches complexes. Il faut y lire les<br />

efforts d’attention à l’œuvre pour la<br />

construction du langage.<br />

A l’avenir, c’est la genèse d’autres fonctions<br />

cérébrales comme la vision, l’audition<br />

ou la motricité qui pourrait être<br />

explorée…<br />

Contact : <strong>de</strong>haene@shfj.cea.fr<br />

Une première en France<br />

C’était la première fois en France que 14 filles et 6<br />

garçons âgés <strong>de</strong> 2 à 3 mois et en bonne santé ont<br />

été soumis à un examen <strong>de</strong> ce type. Cette expérience<br />

s’est déroulée dans le respect <strong>de</strong> la loi<br />

Huriet <strong>de</strong> 1988, <strong>de</strong>stinée à protéger les personnes<br />

qui se prêtent à <strong>de</strong>s recherches biomédicales. Pour<br />

les mineurs, elle exige le consentement éclairé <strong>de</strong>s<br />

parents. Les chercheurs doivent également prouver<br />

l’innocuité <strong>de</strong> l’expérience, faire valoir les progrès<br />

décisifs attendus et montrer qu’ils ne peuvent pas<br />

être obtenus par une autre métho<strong>de</strong>. Pour l’occasion,<br />

<strong>de</strong>s casques anti-bruit adaptés aux nourrissons<br />

ont été conçus et un jeu <strong>de</strong> miroirs a été<br />

installé pour que les bébés immobilisés durant<br />

quelques minutes puissent contempler un mobile…<br />

Une histoire à l’endroit,<br />

une histoire à l’envers<br />

Trait particulier <strong>de</strong> l’expérience : la<br />

ban<strong>de</strong> enregistrée est tantôt lue dans le<br />

sens normal, tantôt dans le sens inverse.<br />

La lecture à l’envers dénature le langage<br />

au point que les enfants ne peuvent plus<br />

en reconnaître les sons caractéristiques.<br />

La comparaison <strong>de</strong>s régions cérébrales<br />

activées dans ces <strong>de</strong>ux situations<br />

permet <strong>de</strong> déceler si certaines <strong>de</strong> ces<br />

régions sont spécialisées dans la reconnaissance<br />

<strong>de</strong> la langue maternelle. Les<br />

enfants restés éveillés se sont révélés<br />

sensibles à la mélodie particulière <strong>de</strong> la<br />

langue bien avant l’âge <strong>de</strong> pouvoir se<br />

souvenir d’un mot (7 mois).<br />

BRÈVES<br />

> LIVRES<br />

Les tactiques <strong>de</strong> Chronos, Etienne Klein, éd. Flammarion.<br />

Au-<strong>de</strong>là <strong>de</strong> l'espace et du temps, la nouvelle physique, Marc Lachièze-Rey, éd. Le Pommier.<br />

Enfants du ciel, entre vi<strong>de</strong>, lumière, matière, Michel Cassé, Edgar Morin, Ed. Odile Jacob.<br />

La Force, Roland Lehoucq, Marc Lévy, éd. EDP Sciences, collection “Mot à Mot”.<br />

Nucléaire, bienheureuse insécurité, Alain Moreau, éd. L’Harmattan, collection Questions contemporaines.<br />

Des lasers au service <strong>de</strong>s chercheurs européens<br />

Le Département <strong>de</strong> recherche sur l’état con<strong>de</strong>nsé, les atomes<br />

et les molécules (DRECAM) dispose <strong>de</strong> quatre serveurs laser à<br />

impulsions ultra- brèves <strong>de</strong> très haute technologie qui ont reçu<br />

le label <strong>de</strong> «gran<strong>de</strong> infrastructure européenne» le 1 er janvier<br />

2003. Ce statut est une reconnaissance <strong>de</strong> l’Europe pour la<br />

qualité <strong>de</strong>s infrastructures et <strong>de</strong>s recherches qui y sont menées.<br />

Il permet d’accueillir sur les serveurs du DRECAM <strong>de</strong>s chercheurs<br />

européens qui ne disposent pas d'installations similaires<br />

dans leur pays, après sélection par un comité d’experts<br />

européens. La Communauté européenne prend alors en charge<br />

les frais <strong>de</strong> mission <strong>de</strong>s chercheurs européens et le coût d’exploitation<br />

<strong>de</strong> l’installation au prorata du temps d’utilisation.<br />

Contact : padol@drecam.cea.fr


Du laboratoire à l’entreprise<br />

BIONEXIS DÉVELOPPE UNE MOLÉCULE POUR<br />

DÉTECTER LES CELLULES SUICIDAIRES<br />

« Nous avons trouvé une protéine capable <strong>de</strong> détecter<br />

les cellules en apoptose, c’est-à-dire en cours <strong>de</strong> mort<br />

auto-programmée » explique Françoise Russo-Marie,<br />

mé<strong>de</strong>cin et chercheur à l’INSERM. Cette découverte,<br />

réalisée en 1998 dans le giron du <strong>CEA</strong> et <strong>de</strong> l'INSERM,<br />

doit permettre <strong>de</strong> détecter et <strong>de</strong> traiter certaines pathologies.<br />

Elle est à l’origine <strong>de</strong> la création <strong>de</strong> l’entreprise<br />

Bionexis.<br />

vers la fin <strong>de</strong>s années 90, seront<br />

commercialisés par Bionexis. <strong>CEA</strong> valorisation<br />

participe au capital <strong>de</strong> Bionexis.<br />

molécules, après quelques jours <strong>de</strong><br />

chimiothérapie globale <strong>de</strong>stinée à baliser<br />

le terrain.<br />

1<br />

L’idée est née <strong>de</strong> l’observation <strong>de</strong><br />

protéines (annexines), capables <strong>de</strong><br />

reconnaître la substance qui transpire<br />

<strong>de</strong>s cellules engagées dans ce processus<br />

<strong>de</strong> mort auto-programmée (apoptose<br />

: voir encadré « le suici<strong>de</strong><br />

cellulaire»).<br />

Une molécule issue d’une <strong>de</strong> ces protéines,<br />

baptisée AFIM, conserve cette<br />

aptitu<strong>de</strong> à repérer les cellules apoptotiques<br />

et à s’y ancrer. Une fois couplée à<br />

un atome radioactif, elle se comporte en<br />

« marqueur » <strong>de</strong> ces cellules pour<br />

l’imagerie médicale. Elle peut également<br />

porter <strong>de</strong>s molécules thérapeutiques,<br />

susceptibles d’être libérées dans le seul<br />

tissu mala<strong>de</strong> ciblé. L'entreprise créée en<br />

février 2002 par Françoise Russo-Marie,<br />

alors directrice d'unité à l'INSERM, et<br />

Alain Samson, expert en modélisation<br />

<strong>de</strong>s protéines au <strong>CEA</strong>, compte<br />

aujourd'hui onze personnes. Les brevets<br />

déposés par le <strong>CEA</strong> et les fondateurs<br />

18<br />

Inflammation et cancer Maladies cardio-vasculaires<br />

Premier objectif visé, les maladies inflammatoires<br />

contre lesquelles les seuls<br />

traitements disponibles induisent <strong>de</strong><br />

De nombreuses autres applications<br />

sont d’ores et déjà à l’étu<strong>de</strong> : la prévention<br />

<strong>de</strong> maladies cardio-vasculaires<br />

redoutables effets secondaires. avec la visualisation <strong>de</strong> zones à risque<br />

Les médicaments qui seront créés par<br />

Bionexis à partir <strong>de</strong> leurs molécules ne se<br />

pour la formation <strong>de</strong> caillots dans le<br />

sang (thrombose) ou la surveillance<br />

fixeront et n’agiront que sur les sites d’un patient après un infarctus.<br />

inflammatoires, riches en cellules apoptotiques.<br />

Le reste <strong>de</strong> l’organisme sera donc<br />

préservé <strong>de</strong>s effets toxiques indésirables.<br />

Autre cible privilégiée, l’évaluation rapi<strong>de</strong><br />

<strong>de</strong> l’efficacité d’une chimiothérapie.<br />

Les patients atteints <strong>de</strong> cancers, et leurs<br />

mé<strong>de</strong>cins, n’auront plus à attendre trois<br />

à douze semaines. Dès soixante-douze<br />

heures après le début du traitement,<br />

il sera désormais possible d’en visualiser<br />

les résultats, à l’ai<strong>de</strong> d’une caméra<br />

utilisée couramment dans les hôpitaux<br />

pour les scintigraphies, et <strong>de</strong> le modifier<br />

en cas <strong>de</strong> résistance. A plus long terme,<br />

Les phénomènes d’apoptose massive<br />

parmi les cellules sanguines favorisent<br />

en effet la coagulation.<br />

A plus longue échéance, une molécule<br />

<strong>de</strong> dimension encore plus petite<br />

qu'AFIM pourrait franchir la barrière<br />

protégeant le cerveau et cette fois,<br />

c’est tout le champ <strong>de</strong>s maladies neurodégénératives<br />

qui pourrait s’ouvrir.<br />

Contact :<br />

Bionexis, Centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong>,<br />

bâtiment 520,<br />

91191 Gif-sur-Yvette Ce<strong>de</strong>x.<br />

Email : russo@bionexis.com<br />

c’est une chimiothérapie locale qui<br />

pourrait être délivrée par <strong>de</strong> nouvelles<br />

1 Françoise Russo-Marie et Alain Samson.<br />

Zoom : le suici<strong>de</strong> cellulaire.<br />

Le suici<strong>de</strong> cellulaire ou mort auto-programmée est appelée apoptose. Il s’oppose à la nécrose, qui est<br />

la mort désordonnée, chaotique <strong>de</strong> la cellule. La cellule nécrosée expulse son contenu qui se dégra<strong>de</strong><br />

<strong>de</strong> manière aléatoire et provoque <strong>de</strong>s phénomènes inflammatoires. Décrite en 1972, l’apoptose, qui<br />

signifie en grec « chute <strong>de</strong>s feuilles » (ce phénomène étant lui même auto-programmé), est un mécanisme<br />

régulé <strong>de</strong> « suici<strong>de</strong> » cellulaire, indispensable à l’équilibre <strong>de</strong> l’organisme, et qui ne laisse pas<br />

<strong>de</strong> trace.<br />

Un mécanisme qui est inhibé dans le cas <strong>de</strong>s cancers, ou au contraire stimulé, dans le cas du SIDA,<br />

<strong>de</strong>s maladies cardio-vasculaires, <strong>de</strong>s maladies neurodégénératives ou auto-immunes. La chimiothérapie<br />

anti-cancéreuse a pour but d’empêcher la multiplication anarchique <strong>de</strong>s cellules et <strong>de</strong> les forcer<br />

à se suici<strong>de</strong>r.


L'instrument Pol<strong>de</strong>r 1 d’observation<br />

spatiale <strong>de</strong> l'environnement terrestre a<br />

été placé en orbite le 14 décembre 2002<br />

Une fusée japonaise a mis en orbite le<br />

14 décembre 2002 une plate-forme d'observation<br />

<strong>de</strong> l'environnement terrestre, ADEOS 2. A<br />

son bord, l’instrument français, Pol<strong>de</strong>r, conçu<br />

par le Laboratoire d'optique atmosphérique <strong>de</strong><br />

Lille et réalisé par le CNES 2 , observe quotidiennement<br />

la quasi-totalité <strong>de</strong> la terre et <strong>de</strong><br />

son atmosphère pour quantifier <strong>de</strong>s phénomènes<br />

clés du fonctionnement <strong>de</strong> la machine<br />

climatique. Comment le rayonnement interagit-il<br />

avec les aérosols et les nuages? Quelle<br />

est l’activité photosynthétique <strong>de</strong> la chlorophylle<br />

sur les continents et dans les eaux <strong>de</strong><br />

surface océaniques? Le Laboratoire <strong>de</strong>s sciences<br />

du climat et <strong>de</strong> l’environnement <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong><br />

est responsable du développement <strong>de</strong>s logiciels<br />

<strong>de</strong> traitement scientifique opérationnel<br />

<strong>de</strong>s données, qu’il utilise pour ses recherches.<br />

Contact : jpoitou@cea.fr<br />

1<br />

POLarization and Directionality of the<br />

Earth's Reflectances<br />

2<br />

Centre national d’étu<strong>de</strong>s spatiales<br />

Un médicament<br />

peut en cacher un autre…<br />

Spécialistes <strong>de</strong> dosage intracellulaire,<br />

<strong>de</strong>s chercheurs du Service <strong>de</strong><br />

Pharmacologie et d’Immunologie ont fait<br />

une étrange découverte. Sur <strong>de</strong>s échantillons<br />

cliniques provenant <strong>de</strong> patients<br />

infectés par le virus du SIDA et traités à<br />

l’AZT 1 , ils analysaient les différentes formes<br />

d’AZT métabolisées par la cellule quand ils<br />

ont eu la surprise <strong>de</strong> trouver un autre <strong>de</strong><br />

ces médicaments (« d4T » ou stavudine),<br />

sous une forme métabolisée également, qui<br />

n’avait pourtant pas été administré aux<br />

patients et qui provenait d’une transformation<br />

intracellulaire <strong>de</strong> l’AZT. Cette observation<br />

éclaire d’un jour nouveau les phénomènes<br />

<strong>de</strong> résistance croisée entre ces <strong>de</strong>ux<br />

médicaments relevés chez certains patients.<br />

Contact : benech@dsvidf.cea.fr<br />

1<br />

AZT : la zidovudine (ou AZT) est le plus<br />

ancien <strong>de</strong>s médicaments utilisés dans les<br />

multi-thérapies contre le SIDA.<br />

1<br />

2<br />

Un leurre pour virus VIH<br />

à l’entrée <strong>de</strong> la cellule<br />

Les équipes du Département d’ingénierie et<br />

étu<strong>de</strong> <strong>de</strong>s protéines viennent <strong>de</strong> concevoir un<br />

dispositif <strong>de</strong> leurre, capable <strong>de</strong> fixer le virus<br />

VIH du SIDA pour le détourner <strong>de</strong> sa cible<br />

naturelle, la cellule. Il s’agit d’une molécule<br />

extraite d’une protéine qui se lie <strong>de</strong> manière<br />

spécifique à l’enveloppe du virus : cette molécule<br />

empêche ainsi l’infection <strong>de</strong>s cellules par<br />

le virus VIH. Mieux, ce leurre se révèle capable<br />

<strong>de</strong> démasquer <strong>de</strong>s parties «antigéniques» du<br />

virus, jusque-là inaccessibles : ces sites,<br />

communs à toutes les souches virales du VIH,<br />

sont les cibles d’anticorps capables <strong>de</strong><br />

neutraliser le virus. Un espoir prometteur<br />

d’un nouveau traitement, voire d’un vaccin !<br />

Contact : claudio.vita@cea.fr<br />

3<br />

Observation d'un trou noir<br />

dans notre galaxie<br />

Une équipe internationale composée notamment<br />

d'astrophysiciens <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong> a observé<br />

pendant <strong>de</strong>ux ans les émissions en rayons X<br />

d'un trou noir <strong>de</strong> notre galaxie. D'une masse<br />

équivalant à dix fois celle du soleil, ce miniogre<br />

est escorté d'une étoile compagnon <strong>de</strong><br />

Brèves<br />

faible masse qu'il aspire en émettant <strong>de</strong>s<br />

jets <strong>de</strong> matière. Les chercheurs ont suivi ces<br />

jets jusqu'à une distance <strong>de</strong> trois années<br />

lumière <strong>de</strong> la source et ont pu reconstituer<br />

leur histoire. Ils ont montré que <strong>de</strong> semblables<br />

trous noirs peuvent accélérer <strong>de</strong>s particules<br />

à <strong>de</strong>s énergies considérables et pourraient<br />

ainsi participer à la production du<br />

4<br />

rayonnement cosmique, dont l'origine est<br />

encore mal connue, et/ou à celle <strong>de</strong>s neutrinos<br />

<strong>de</strong> haute énergie.<br />

Contact : scorbel@cea.fr<br />

1 Maquette du virus VIH.<br />

2 Observation <strong>de</strong> la Terre fournie par l’instrument<br />

POLDER.<br />

3 Structure <strong>de</strong> la molécule <strong>de</strong>stinée à « leurrer » le virus<br />

VIH à l’entrée <strong>de</strong> la cellule.<br />

4 Vue d’artiste.


DES CONFÉRENCES POUR EN SAVOIR PLUS<br />

Le centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong> organise, chaque trimestre, <strong>de</strong>s conférences <strong>de</strong>stinées à présenter au grand public<br />

l’actualité scientifique et technique.<br />

L’Etna, encapuchonné <strong>de</strong> nuages lenticulaires localement appelés « La comtesse », annonciateurs <strong>de</strong> mauvais temps.<br />

Lundi 29 septembre 2003<br />

L’Etna : chronique d’une éruption<br />

Par Roberto Clochiatti, Directeur <strong>de</strong> Recherche au CNRS,<br />

laboratoire Pierre Süe, à <strong>Saclay</strong>, unité mixte <strong>CEA</strong>-CNRS<br />

Etna, en Sicile, manifeste, <strong>de</strong>puis quelques décennies,<br />

une montée en puissance <strong>de</strong> son activité et<br />

L’<br />

une production <strong>de</strong> lave plus <strong>de</strong> quatre fois supérieure à<br />

celle du siècle précé<strong>de</strong>nt. L’activité habituelle consiste<br />

en <strong>de</strong>s émissions continues <strong>de</strong> gaz par les cratères du<br />

sommet, ponctuées par <strong>de</strong> violents paroxysmes qui<br />

expédient à plusieurs kilomètres <strong>de</strong> haut fragments <strong>de</strong><br />

lave et cendres, avec débor<strong>de</strong>ments <strong>de</strong> coulées rapi<strong>de</strong>s<br />

et brèves. S’y ajoutent, <strong>de</strong> plus en plus fréquemment,<br />

<strong>de</strong>s fracturations sur le flanc <strong>de</strong> la montagne, donnant<br />

lieu à <strong>de</strong>s éruptions latérales, qui sont les plus redoutables<br />

pour la population. Comment interpréter les<br />

phénomènes éruptifs par l’analyse <strong>de</strong>s matériaux ?<br />

Tel est l’objet <strong>de</strong>s recherches <strong>de</strong> Roberto Clochiatti.<br />

Cette conférence sera précédée par la projection d’un<br />

film sur l’Etna.<br />

Renseignements pratiques :<br />

Accès : ouvert à tous, entrée gratuite<br />

Lieu : Institut national <strong>de</strong>s sciences et techniques nucléaires, <strong>Saclay</strong> (voir plan)<br />

Horaire : 20 heures<br />

Organisation/renseignements : Centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong>,<br />

Unité communication et affaires publiques<br />

Tél : 01 69 08 52 10<br />

Adresse postale : 91191 Gif-sur-Yvette Ce<strong>de</strong>x<br />

Ferme<br />

du Moulon<br />

16 octobre 2003<br />

Jeudi du <strong>CEA</strong> : la simulation<br />

<strong>de</strong>s armes nucléaires<br />

Didier Besnard, <strong>de</strong> la Direction <strong>de</strong>s applications militaires<br />

du <strong>CEA</strong>, présentera une conférence sur le<br />

programme <strong>de</strong> simulation <strong>de</strong>s armes nucléaires au <strong>CEA</strong>.<br />

> à la FNAC Vélizy<br />

Contact : guillaume.fusai@cea.fr<br />

17, 18 et 19 octobre 2003<br />

La Science en fête<br />

Comme les années précé<strong>de</strong>ntes, le centre <strong>CEA</strong> <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong><br />

participera aux animations <strong>de</strong> la Science en fête à travers<br />

<strong>de</strong>s ateliers ludiques consacrés à la radioactivité et à l’hydrogène,<br />

en tant que vecteur d’énergie pour l’avenir. Des<br />

courts métrages scientifiques seront également projetés<br />

en boucle.<br />

> à la ferme du Moulon (sur le plateau <strong>de</strong> <strong>Saclay</strong>)<br />

Contact : guillaume.fusai@cea.fr

Hooray! Your file is uploaded and ready to be published.

Saved successfully!

Ooh no, something went wrong!