développement - Junior Chamber Biel-Bienne

jcbb.ch

développement - Junior Chamber Biel-Bienne

la gueule

Le magazine de la Jeune Chambre Internationale Biel-Bienne

Edition spéciale 3/2008

sponsorisé par:


Pierre-Yves Moeschler,

conseiller municipal

Directeur de la formation,

de la prévoyance sociale et

de la culture

Editorial externe:

La paix scolaire

Inserat Ediprim

L’école publique est le creuset de la société de demain. Elle apporte

aux générations montantes les savoirs et les compétences sociales

dont elles auront besoin. Dans un monde en pleine mutation,

cette tâche est ardue, d’autant plus que les attentes ne font que

croître. En particulier, elle devrait remédier aux carences éducatives

d’une partie des élèves, en manque de repères.

Au cours des dernières décennies, le principe d’autorité a été

ébranlé, au profit d’une plus grande liberté individuelle. Par le

passé, les règles de la vie sociale étaient imposées par la tradition

et par les hiérarchies formelles et informelles. On croit

davantage, aujourd’hui, à une régulation basée sur la responsabilité

de l’individu envers les autres : liberté et devoir vont de

pair. Or, très souvent, les parents sont dans l’impossibilité de

transmettre ces valeurs, pour toutes sortes de raisons qui vont

de l’augmentation du nombre de familles monoparentales à certains

aspects de la problématique de l’intégration des migrants. Les regards

se tournent donc vers l’école, dont la mission première est

pourtant différente…

La dégradation du climat scolaire fait l’objet d’inquiétudes croissantes.

Incivilités, indiscipline, violences diverses entre élèves,

comportements autodestructeurs, dégâts aux bâtiments… Les exemples

ne manquent pas, qui caractérisent une évolution peu propice à

l’apprentissage. Souvent le corps enseignant avoue son impuissance.

Comment peut-on favoriser une attitude de respect envers les autres?

Cette question est d’une brûlante actualité.

la gueule 3/2008 1


Pourtant, un climat scolaire sain est indispensable à la qualité

de l’enseignement. L’école de papa et de maman, avec ses règles

claires et ses maîtres respectés, a bien changé. Il faut la doter

d’instruments qui lui permettront de faire face aux défis de

la société d’aujourd’hui. La transparence des règles et la clarté

des rôles du corps enseignant et des autorités scolaires sont des

éléments de réponse. A cela s’ajoute la nécessité d’un appui extérieur

à la classe.

A Bienne, deux décisions récentes contribueront à l’amélioration du

climat scolaire : la réforme des structures de gestion de l’école

publique, d’une part et, d’autre part, l’introduction systématique de

travail social scolaire. Le nouveau règlement scolaire communal, qui

entrera en vigueur en été 2009, prévoit une répartition claire des

compétences entre autorité politique locale, autorité pédagogique

cantonale, direction d’établissement scolaire et école. Cela remplacera

la dispersion actuelle des responsabilités, où nul ne sait

qui peut faire quoi. On attend de ce changement majeur une efficacité

accrue et, surtout, une répartition des compétences qui permettra

d’agir par la prévention ou par la remédiation. L’introduction

d’éducateurs sociaux dans les écoles contribuera, elle, de façon

significative à l’amélioration du climat scolaire, en particulier par

la responsabilisation des élèves et par l’application de solutions

concertées.

D’autres pistes sont à l’étude ou en phase d’essai : en particulier,

sur le terrain de l’intégration des migrants, on cherche à entrer en

contact avec les familles dès la petite enfance.

L’école publique doit se situer au centre des préoccupations de la

société. Il est indispensable que chacune et chacun s’en soucie,

puisqu’elle constitue le meilleur instrument disponible pour assurer

la cohésion sociale de demain. Je me félicite vivement que la Junior

Chamber Biel-Bienne ait choisi de participer activement à la réflexion

publique à ce sujet et que, par la mise à disposition de « Pax !

Savoir vivre ensemble à l’école », elle apporte une contribution non

négligeable aux efforts en faveur d’une école publique de qualité à

Bienne.

Merci !

Pierre-Yves Moeschler

Nathalie Wittig,

directrice du projet PAX! de Bienne

Editorial interne

11 histoires pour la paix scolaire

Cela me réjouit énormément que la JCI de Bienne puisse réaliser

cette année le projet de distribution des BD „PAX! Savoir vivre

ensemble à l’école“ dans les classes primaires romandes de Bienne.

Amatrice de BD et en tant que maman particulièrement sensible à

la cause de l’enfant, j’ai tout de suite été séduite par cette BD.

Les cas standard de violence verbale ou physique que l’on rencontre

très fréquemment dans les écoles et qui y sont dépeints réveillent

en nous une impression de déjà-vu. C’est justement cette qualité

qui facilite le dialogue entre enfants, entre enfants et parents

ou entre enfants et enseignants. C’est dans cette perspective que

la BD propose pour chacune des 11 histoires une fiche de travail et

de réflexion. Elle sensibilise le lecteur aux différents aspects du

problème et offre des pistes pour qu’à l’avenir, dans la vie, l’histoire

se termine bien.

La violence a toujours existé. Et contrairement à ce que l’on entend

fréquemment ces temps-ci, je ne suis pas convaincue que la

situation se soit dégradée tant que ça. Simplement, autrefois, les

actes de violence étaient moins divulgués. Je suppose que les gens

s’accordaient sur le fait que la vie était dure pour tout le monde,

que chacun avait son fardeau à porter, ses stigmatisations et ses

plaies à lècher. Pas la peine d’en faire un plat ! Et pour ceux

qui n’arrivaient pas à porter ce fardeau et bien tant pis ! La vie

continuait pour les autres. Aujourd’hui, fort heureusement, nous ne

partageons plus tout-à-fait cet état d’esprit. C’est parce que nous

vivons dans une société aujourd’hui « civilisée » que nous pouvons

nous pencher sur des cas de violence tels que la violence scolaire

2 la gueule 3/2008 3


et postuler que ces cas là non plus nous ne voulons plus les accepter

!

Comme la distribution de cette BD par les groupements locaux de la

JCI avait déjà été un succès dans les cantons de Genève, du Valais

et de Neuchâtel, l’idée de base fut simplement de présenter cette

BD aux directions des écoles et de leur en proposer la distribution

gratuite dans les classes du primaire de Bienne à condition, évidemment,

que cette BD leur plaise. La réaction fut d’emblée positive.

La BD fut tout de suite accueillie comme un outil de travail complémentaire

bienvenu pour traiter un sujet souvent difficile et chargé

d’émotions. Motivés par cette réception, toujours plus d’idées ont

commencé par émerger et bouillonner autour de ce projet. Il a donc

grandi. Sont venus s’inscrire dans le cadre de ce projet celui d’une

édition spéciale de notre journal « La Gueule » que vous tenez en

mains et celui d’une fête de lancement pour marquer l’évènement.

La fête de lancement aura lieu le lundi 20 octobre et se tiendra au

X-Project. Une « délégation » d’une centaine d’élèves de 6ème année

y sera conviée avec leur enseignant(e)s. Dans le cadre du programme,

la compagnie du Caméléon, spécialisée dans les animations interactives

en matière de prévention, présentera une de ses créations, la

pièce « Basta baston », un spectacle-forum sur la violence physique

et psychologique. De plus, quelques joueurs du HC Bienne se tiendront

à disposition pour signer des BD. L’évènement sera clôturé en

soirée par une discussion-débat, modérée par Mme Isabelle Graber

de Telebielingue sur le thème de la violence avec, entre autres, le

maire de Bienne, M. Hans Stöckli.

Quant à l’édition spéciale de ce journal, je la considère comme

l’album souvenir de ce projet. Elle offre une vue d’ensemble du

projet, relatant la genèse de la BD à Genève, l’expérience de nos

prédécesseurs dans les autres cantons romands et son introduction

à Bienne. De plus, nous ne sommes pas peu fiers d’avoir obtenu la

collaboration de deux spécialistes de renommée, d’une part celle du

prof. Dr. Martin Hafen, sociologue de l’Ecole Supérieure de Lucerne

et d’autre part celle du prof. Dr. Phil. Allan Guggenbühl du service

de psychologie pour enfants et adolescents de Berne et auteur de

plusieurs livres. Tous deux ont contribué un article sur le thème

de la violence juvénile. Je souhaite également remercier notre

conseiller municipal et directeur de la formation, de la prévoyance

sociale et de la culture, M. Pierre-Yves Moeschler, d’avoir eu

l’amabilité de rédiger l’éditorial externe de cette édition. Et pour

finir, je me dois de mentionner nos sponsors. Car si ce projet a été

financé majoritairement par la JCI de Bienne, il n’aurait pas vu le

jour sans appui complémentaire.

Mesdames, Messieurs, je vous souhaite bonne lecture.

Nathalie Wittig

Sommaire

Editorial externe: La paix scolaire (Pierre Yves Moeschler) 1

Editorial interne:

11 histoires pour la paix scolaire (Nathalie Wittig) 3

Sommaire 5

Programme de la fête de lancement le 20.10.2008 6

Projet X - Energie positive 7

Les écoles bénéficiaires du projet PAX! à Bienne 14

Les sponsors 18

L’historique du projet PAX! en Suisse

La création de la BD PAX! (Clothilde Lassau) 23

11’600 BD pour les écoliers valaisans (Anne-Sophie Loye) 27

Le lancement de la BD PAX! à Neuchâtel (Raphael Gasser) 31

Le point de vue des spécialistes

Prévention de la violence à l’école (Allan Guggenbühl) 33

Prévention de la violence à l’école (Martin Hafen) 37

4 la gueule 3/2008 5


PAX! Savoir vivre ensemble à l’école

Projet X - Energie positive

Le travail ne se fait pas à moitié.

Fête de lancement

à l’occasion de la distribution des BD

dans les classes primaires romandes de Bienne

Lundi 20 octobre 2008, au X-Project, rue d’Aarberg

14h00: Ouverture et distribution des BD à une

délégation d’élèves

14h15: Dédicace des BD par les joueurs du HC Bienne

15h00: Spectacle «Basta baston»

de la compagnie du Caméléon

16h30: Fin de la 1ère partie

18h00: Débat modéré par Isabelle Graber

(TeleBielinque)

19h30: Apéro

21h00: Fin

Arrivée à 8h00, Reda pousse la porte du bâtiment sis rue d’Aarberg

72, non loin de la gare de Bienne. Cette adresse est plus communément

appelée le X-Projet ou le X pour les intimes. La première impression

ne rappelle ni l’intérieur d’un immeuble de bureaux, ni la réception

d’un hôtel, mais une zone urbaine et son bric-à-brac. A cette heure

de la journée, tout est calme, seuls les travaux du chantier voisin

et le passage d’un train sont perceptibles. Reda fait un rapide état

des lieux. C’est avec un soupir qu’il constate la présence de déchets

sur les escaliers menant aux locaux, pourtant aucune manifestation

n’avait eu lieu le soir avant, sûrement donc des noctambules éperdus

et sans scrupules qui ont laissé traîner bouteilles, papiers et autre

détritus. Un sac poubelle à la main, Reda ramasse les déchets, il

n’est pourtant ni concierge, ni cantonnier.

Retour au bureau, il est temps pour Reda de prendre connaissance

du courrier. Ce dernier amène son lot de factures, l’une pour le

chauffage, l’autre pour une remise en état, la troisième pour des

fournitures de bureau entre autres. Ces factures, Reda les classe,

les vérifie, et les enregistre pour paiements; place à la comptabilité

pour quelques instants. Plusieurs coups de téléphones sont aussi nécessaires

afin d’organiser la venue d’un électricien pour le contrôle

du système électrique et d’une réparation urgente des sanitaires.

Les locataires du X, Reda les connaît tous, il y a Mike, Yann, Patrick

et Heftli du Skate Parc, Skel, Marc et Marco les Breakers, les

varappeurs Jonas et Quentin, Soze1 et ses bonbonnes d’artiste, les

membres des groupes Flamme du Nord et Silvertrixx avec leur amas de

6 la gueule 3/2008 7


matériel sono. Tous sont membres du X et consacrent tous leurs loisirs

à la poursuite de leurs projets et au partage de leur passion.

Certains connaissent d’ailleurs un magnifique développement, comme

Skel et Marco avec les cours de break-dance qui affichent toujours

complet. Le Skate-parc est un des meilleurs du genre dans toute la

région, si ce n’est de plus loin encore, il offre même un magasin

spécialisé dans le matériel, les chaussures et l’habillement utile

aux skateboardeurs. Le groupe Flamme du Nord a été invité au dernier

Royal Arena Festival lors duquel des milliers de fan de hip-hop ont

pu saluer leur magnifique prestation scénique.

Toute l’énergie positive qui émane actuellement du Projet-X, toutes

les réalisations en cours, rien de tout cela n’aurait été possible

sans le formidable élan déployé ces deux dernières années par les

membres du comité. Le X est né en 2000 et a vécu une période faste

jusqu’en 2004-2005 avant de connaître une certaine période de doute.

Il a fallu dépoussiérer les structures, mettre en place un comité

bien décidé à redresser la situation, remettre à jour administration,

gestion et comptabilité et surtout redynamiser les projets. Depuis,

la situation s’est nettement améliorée et un contrat de prestation a

été signé avec la ville qui définit les objectifs et les prestations

financières sur lesquels le Projet-X peut compter. Le X a retrouvé son

souffle et est redevenu le lieu de rencontre des jeunes entre plus ou

moins 18 ans et plus ou moins 25 ans.

Le téléphone sonne, c’est une maman qui appelle. Reda l’informe sur

les activités de dance et transmet les coordonnées de Skel. C’est

comme cela, me dit-il, je fais aussi office de réception. Pour moi, ce

n’est pas un problème, lors de ma formation en gestion de la restauration

et hôtellerie, j’ai appris à gérer de nombreuses situations.

C’est une chance de voir à quel point cela m’aide dans mon travail de

tous les jours, surtout pour l’organisation d’événements.

En fait Reda, qui es-tu ? que fais-tu ? es-tu de Bienne ? quel âge

as-tu ? Pour commencer j’ai 28 ans et je viens de la région genevoise.

Je travaillais dans un hôtel de grande classe, mais cela ne

correspondait pas à mon idée de la vie professionnelle. J’ai connu

Bienne un peu par hasard et j’y ai trouvé une ambiance urbaine toute

proche de la campagne et d’un lac. Cela m’a tout de suite branché,

en fait j’ai toujours voulu travailler avec les jeunes et j’ai trouvé

dans le X-Projet tout ce que je souhaitais professionnellement

parlant. En fait, je suis responsable pour la gestion et le développement

du Projet-X. Le budget ne permet qu’un poste à 50%, mais

travailler à 50% ne signifie pas moitié moins de travail. Ce mi-temps

n’est pas de tout repos. Il y a aussi une bonne dose de soucis et

d’autres problèmes à résoudre. Reda me dit maîtriser les défis dans

son domaine d’activité, mais son but est de pouvoir consacrer une

plus grande partie de sa disponibilité à l’accompagnement des projets

des jeunes.

Les soucis, Reda les partage aussi avec les membres du comité. Il y

a l’éternel souci des finances mises à mal par l’augmentation ininterrompue

des coûts de chauffage et d’entretien général du bâtiment,

rognant sur les moyens disponibles pour les projets.

De grands efforts sont actuellement consacrés pour éliminer les soucis

d’image dont souffre le Projet X. Pour avoir visiter les lieux

plusieurs fois, je ne peux que confirmer l’inadéquation entre l’image

extérieure et la vie ou l‘énergie positive déployée à l’intérieur des

murs. La situation centrale est un avantage indéniable pour une telle

institution, mais elle connaît aussi le revers de la médaille : les

émissions sonores liées à un centre de jeunesse... Il est vrai que la

proximité d’immeubles d’habitations et même à l’avenir d’un home pour

personnes agées demande certains ajustements au niveau du respect

mutuel. La discussion ouverte à ce sujet est très fertile et il se

8 la gueule 3/2008 9


pourrait même que de nouvelles collaborations naissent d’ici peu.

Il y a aussi le problème du vandalisme qui coûte beaucoup d’énergie

pour la remise en état des locaux. Le projet X est un endroit à but

social et ouvert à tous, Reda me dit qu’il ne peut pas fermer simplement

les portes à clé et en limiter ainsi l’accès. Il s’agit là

d’un problème supplémentaire auquel il faut trouver une solution pour

stopper les quelques adeptes de cette malhonnête pratique.

Dans la discussion, la reconnaissance de Reda envers l’excellent et

généreux support fourni par les membres du comité est toujours présente.

Ceci est particulièrement admirable du fait de leur engagement

bénévole.

La matinée se déroule. Reda en consacre la seconde partie pour les

grands projets actuellement en cours. Parmi ceux-ci, il y a l’organisation

de la journée du 13 septembre. Cette journée fut consacrée

à l’ouverture au public des divers projets. Tous les membres du Projet-X

se sont grandement impliqués à l’organisation de cette journée

portes-ouvertes. Diverses démonstrations de break-dance, de skate,

de bouldering ou de varappe ainsi que divers autres arts de la rue

particulièrement en vogue actuellement ont été présentés à la place

centrale ainsi qu’à la rue d’Aarberg au X-Projet ou le public fut invité

à visiter les locaux et à essayer les installations.

Un autre projet important se déroulera le lundi 22 octobre, lors de

laquelle La Junior Chamber Biel/Bienne investira le X-Projet pour la

remise aux élèves romands de Bienne de la bande dessinée « PAX , savoir

vivre ensemble à l’école ».

Après quelques heures passées en présence de Reda, j’ai bien compris

la place qu’occupe ce centre de jeunesse et les défits qu’il rencontre.

Il y a certes quelques nuisances critiquées par le badaud de

passage ou les habitants du quartier, mais une fois passée la porte

d’entrée, il est beau de voir l’énergie positive dépensée par toute

cette foule de jeunes adultes.

Romain Schorpp

Mit der Nutzung wandelt sich der Raum.

Fragen Sie nach detaillierten Unterlagen

beim autorisierten Fachhandel.

Erich Dardel AG

Hauptstrasse 58

2560 Nidau bei Biel/Bienne

Telefon 032 332 80 50, Telefax 032 332 80 51

info@erichdardel.ch, www.erichdardel.ch

10


Enten legen ihre Eier in aller Stille.

Hühner gackern dabei wie verrückt.

Was ist die Folge?

Alle Welt isst Hühnereier. Henry Ford

Wir gackern nicht, sondern kreieren durchdachte Kommunikationskonzepte und

Werbemittel, die denselben Zweck erfüllen. Unser Leistungsspektrum spannt sich

vom Corporate Design über klassische Werbekampagnen bis zu den neuen Medien

in allen Variationen.

werbeagentur asw | ländtestrasse 5 | 2501 biel | tel 032 322 05 74 | www.wcd.ch


Les écoles bénéficiaires du

projet PAX! à Bienne

Marché-Neuf

Direction: M. Clénin

Classes:1P-2P-3P-4P-3x5P-3x6P

+ classes spéciales

Rue du Marché-Neuf 15

06

Boujean

Direction: Mme Glauser

Classes 1P-2P-3P-4P

Route de Soleure 22

01

Peupliers

Direction: M. Noirjean

Classes 1P-2P-3P-4P

Rue d’Aegerten 13

07

Champagne

Direction: M. Noirjean

Classes 1P-2P-3P-4P

+ classes spéciales

Allée de la Champagne 1

02

Plaenke

Direction: Mme Sonderegger

Classes 1P-2P-(3+4)P

Rue de la Plaenke 9

08

Geyisried

Direction: Mme Rüfli

Classes 1P-2P-3P-4P

Chemin Geyisried 62

03

Poste

Direction: M. Wyssbrod

Classes 2x1P- 2P-3P-4P-4x5P

+ classe spéciale

Rue de la Poste 23

09

Tilleul

Direction: M. Rebetez

Classes 1P-2P-3P-4P-2x5P-2x6P

Chemin des Cordiers 64

04

Prés-Walker

Direction: Mme Strautmann

Classes (1+2) P- (3+4)P

Chemin du Triangle 12

10

Madretsch

Direction: M. Hirschi-Bonnemain

Classes 1P-2P-3P-4P

+ classes spéciales

Champ-du-Moulin

Direction: M. Jeanneret

Classes 5P-6P

05 11

Chemin La Nicca 8a

Rue de Madretsch 67

14 la gueule 3/2008 15


16 la gueule 3/2008 17


Avec nos plus vifs remerciements...

pour le patronage du project:

pour le sponsoring catégorie or:

pour le sponsoring catégorie argent:

2501 Biel / Bienne

Nidaugasse 70

Rue de Nidau 70

www.spoerrioptik.ch

18


Clothilde Lassau,

directrice du projet

PAX! de Genève

La création de la BD PAX!

Interview avec Clothilde Lassau, Genève

Clothilde, parlons des débuts du projet de la création de la BD « PAX,

Savoir vivre ensemble à l’école ». La période d’amorcement du projet

est une phase qui me semble particulièrement passionnante.

Les débuts remontent à 2003. La commission, « les droits de l’enfant

», de la Jeune Chambre de Genève émit le souhait d’effectuer un projet

pour les enfants avec l’école. L’idée de la BD est née après des réflexions

au niveau du support le plus adéquat pour les enfants.

Cette commission comptait alors une dizaine de personnes. Moi-même,

à cette époque, je n’étais pas encore membre de la Jeune Chambre.

Le projet prenant de l’envergure, la commission BD a été créee en

2004. L’idée de travailler sur le thème de la violence à l’école a été

présentée au Département de l’Instruction Publique de Genève (DIP).

La commission de la Jeune Chambre et le DIP ont constitué un groupe

de travail comprenant des spécialistes du monde de l’enfance et de

la violence juvénile provenant des groupes et institutions suivants

: Le Groupement des associations de parents d’élèves du primaire, la

Société pédagogique genevoise, le Département des institutions, la

Direction de l’enseignement primaire, le Service santé de la jeunesse,

le Service médico-pédagogique, le Point et le Secrétariat général du

Département de l’instruction publique.

Pourquoi avoir choisi justement le thème de la violence à l’école ?

Est-ce qu’il y avait à cette époque particulièrement beaucoup de cas

de violence colportés par les médias ?

Le sujet est toujours très délicat à traiter mais correspond à une

la gueule 3/2008 21


éalité. Le fait de l’aborder par la BD est un moyen plus facile et

ludique pour les jeunes.

Comment avez-vous eu le contact avec les dessinateurs? Ont-ils été

difficiles à convaincre ?

C’est la directrice du projet de 2004/2005 qui a initié la recherche

et a déterminé le choix. Nous avons privilégié les jeunes dessinateurs

suisses qui dessinaient pour les enfants, ayant à peu près la même

tranche d’âge que les membres de la Jeune Chambre, 25 à 40 ans.

Dès le début, les dessinateurs ont tous été enthousiasmés par le projet.

Des thèmes validés par l’équipe d’experts avaient été proposés

et les dessinateurs ont mis en dessin un thème selon leur souvenir /

expérience. Quelques fins d’histoire ont été légèrement modifiées pour

rentrer dans un cadre psychologique plus adéquat.

Est-ce qu’à ce stade, la commission de la Jeune Chambre n’est plus

intervenue dans l’avancement du projet ? Est-ce que tout c’est joué

entre l’instruction publique et les dessinateurs ?

Oh non, non, non ! Pas du tout ! C’est nous qui avions le contact avec

les dessinateurs et nous qui possédons les planches.

Nous étions les chefs d’orchestre du projet. La gestion du projet est

restée à tout moment entre les mains de la Jeune Chambre.

Au cours du projet, nous avons été face à des phases de questionnements

de la part du DIP, par rapport au thème du projet soit « La

violence à l’école primaire » A tout moment, la Jeune Chambre s’est

investie pour le projet et l’a défendu.

Le DIP a activement participé à la bonne interprétation des BD ainsi

qu’à la création du dossier pédagogique.

Est-ce qu’il y a eu une phase de test, de validation des BD ?

Oui, tout -à-fait.

Les histoires ont été testées en novembre 2005, dans les classes à

tous les niveaux du primaire soit 3-4-5-6 primaire, à raison de deux

classes par niveau dans deux établissements scolaires différents :

l’un ne connaissant quasiment pas de problèmes de violence, l’autre,

par contre, étant confronté à cette problématique.

Suite à cette étude nous avons pu conclure sur 2 points :

- La distribution se fera auprès des classes 4-5-6 primaires. Les

3ème primaires étant jugés trop jeunes selon le contenu de

certaines histoires.

- La création d’un dossier pédagogique, explicatif été mise en

évidence. Suite à cela le DIP s’est mobilisé pour mandater une

personne responsable de la création du dossier.

C’est intéressant à noter car à Bienne, les écoles romandes nous ont

commandé des BD pour tous les niveaux du primaire avec l’idée de

traiter dans les petites classes les histoires qui conviennent à leur

niveau.

Cela correspond tout à fait à ce que nous avions imagé initialement.

C’est pourquoi, dans la BD, les histoires sont ordonnées de la plus

simple à la plus complexe.

Quant aux fiches pédagogiques, j’ai insisté auprès du DIP pour les

intégrer à la BD. Cela n’était pas prévu au départ mais me paraissait

tellement plus pratique et utile pour les enfants que d’avoir une collection

de feuilles volantes à côté.

Cela permet aussi aux enfants de relire la BD seuls.

Pour assurer le financement de ce projet, il vous a fallu trouver des

sponsors ce qui est bien souvent une entreprise laborieuse. Quelles

ont été vos expériences?

Elles ont été très peu nombreuses. Nous avions monté un bon dossier

avec l’équipe en place et avons cherché toutes les institutions, fondations,

banques etc. susceptibles de répondre présents. Les dossiers

ont été envoyés par la poste, accompagnés d’une lettre plus personnelle.

Suite à cela quelques coups de téléphone ont été effectués et

grâce à l’aide de plusieurs membres et du président 2005, nous avons

pu, en juin 2005, recevoir notre première rentrée de fond nous permettant

de lancer le projet.

C’est à cette période que j’ai repris le flambeau. Plus précisément en

juillet 2005, lors d’un creux de vague du projet. Effectivement, nous

étions en attente des retours de sponsors avant de pouvoir véritablement

déclencher le projet auprès des artistes.

Travaillant avec des bénévoles, il est difficile de garder la motivation

lors d’une attente prolongée.

Trouver un imprimeur a également été un problème à résoudre. Comment

avez-vous fait votre choix ?

Oui, cela a en effet été problématique. Il nous fallait un imprimeur

flexible qui accepte, par exemple, plusieurs révisions des bons à tirer

et qui puisse s’accommoder du fait que chez nous les évènements

se précipitent souvent un peu au dernier moment et qu’il faille agir

dans l’urgence. De plus, nous cherchions une bonne qualité, reproductible

car nous avions déjà dans l’idée de suivre le projet quelques

années pour le Canton de Genève.

Nous avons aussi été face à des imprimeurs qui voulaient nous imposer

leurs dessinateurs.

Avec ATAR Roto Presse S.A., nous avons trouvé un imprimeur formidable

qui connaissait déjà la Jeune Chambre car c’est déjà lui qui imprimait

nos flyers. Ils ont été très flexibles et poursuivent avec intérêt

l’évolution de ce projet.

Finalement, le 21 septembre 2006, c’est le jour J, la journée de la

distribution de la BD dans les classe 4-5-6e Primaires du Canton de

Genève. Quels souvenirs gardes-tu de cette journée ?

J’en ai un souvenir merveilleux. Ce fut une journée fantastique.

La journée a débuté avec une conférence de presse dans un petit salon

de Genève et le soir, nous avons fêté l’évènement autour d’un dîner

dans le cadre de l’hôtel de la Paix (Nom très approprié).

Pour l’occasion, nous avions invités tous les acteurs de ce projet,

22 la gueule 3/2008 23


à savoir les dessinateurs, l‘équipe de spécialistes, les membres du

DIP et bien sur tous les membres de la Jeune Chambre de Genève et les

sénateurs.

Nous n’avions pas convié d’enfants des classes car la distribution des

BD dans les écoles s’est faite par l’intermédiaire du DIP.

Nous avons eu l’attention des médias, au travers des différents

journaux genevois dès le lendemain. Le soir même, l’évènement fut

mentionné dans le cadre du journal télévisé de la chaîne « Le Léman

Bleu ». En octobre, le projet de la BD a également été le sujet d’une

émission de Radio Lac.

Le travail de la Jeune Chambre de Genève a été récompensé par plusieurs

prix. Lesquels ?

Le prix du meilleur projet pour les enfants, décerné par la Jeune

Chambre Internationale Suisse en octobre 2006 fut pour nous la consécration

de notre travail. S’en est ensuite suivi la reconnaissance

du projet par le même prix décerné au niveau européen en juin 2007 à

Maastricht.

Par la suite, grâce à l’intermédiaire d’un sénateur de la JCI de Belgique,

qui avait été présent lors de la remise de ce deuxième prix

à Maastricht, nous avons eu la chance de pouvoir présenter le projet

aux associations du Conseil de l’Europe spécialisées dans le monde de

l’enfance et de l’enseignement. La BD a été acclamée.

Finalement, nous avons eu l’honneur de pouvoir présenter notre projet

à la directrice du Département de L’Education et du Sport de l’Unesco

à Paris avec le soutien du Comité Mondial de la JCI.

Dès son lancement, ce projet est devenu très rapidement d’un intérêt

mondial de part son sujet.

C’est impressionnant. Toutes mes félicitations !

D’autres OLM en Suisse et ailleurs ont vite pris le relais et organisé

la distribution de la BD aux élèves du Primaire dans leur région.

Tout-à-fait ! Les OLM de Neuchâtel et des Montagnes Neuchâteloises

ainsi que les OLM du Valais ont distribué la BD en novembre 2007 dans

leurs cantons respectifs en français et/ou en allemand.

Maintenant, c’est au tour de Bienne suivit de l’OLM Delémont en novembre

2008 pour le canton du Jura.

Le projet prend aussi sont envol en France avec l’OLM de Cergy-Pontoise

ainsi qu’en Autriche à Vienne, suite à une commande du Ministère

de l’Education.

Et bien, merci beaucoup pour cette interview Clothilde. Nous espérons

que cette aventure se poursuivra encore longtemps avec autant de succès.

Merci à vous de permettre aux enfants des classes primaires de Bienne

de se sensibiliser à cette problématique de violence qui les entoure.

Vous &

Hans Notter,

conseiller en

placement.

Quel est votre objectif de

placement? Je me tiens

à votre disposition pour

un conseil personnalisé.

N’hésitez pas à m’appeler!

UBS SA

Bienne

Hans Notter

Tél. 032-321 82 27

hans.notter@ubs.com

Propos recueillis par Nathalie Wittig

www.ubs.com/suisse

© UBS 2008. Tous droits réservés.

24


Anne-Sophie Loye,

directrice du projet PAX! du Valais

11’600 BD pour les écoliers valaisans

148x105 Wirtschaftskammer 4c 23.1.2008 7:42 Uhr Seite 1

Interview avec Anne Sophie Loye, Valais

148x105 Wirtschaftskammer 4c 23.1.2008 7:42 Uhr Seite 1

Ainsi dans le Valais la bd « PAX! Savoir vivre ensemble à l’école » a

aussi été distribuée ?

En effet, nous avions un projet ambitieux : distribuer cette bande

dessinée à l’ensemble des écoliers de 5e et 6e primaire du canton du

Valais. Pour ce faire les différentes OLM (ndlr organisations locales

de membres), réunies en fédération, ont coopérées dans ce but. Une

dizaine de membres des chambres de Brig, Sierre, Sion, Crans-Montana,

Martigny et du Chablais ont travaillé ensemble depuis décembre 2006

jusqu’à la remise des bd le 20 novembre 2007.

Wirtschaftsprüfung

Financial Services

Treuhand und Immobilien

Unternehmensberatung und Informatik

Steuer- und Rechtsberatung

Le Valais est un canton bilingue et la bd n’existait qu’en français.

Oui et ça a été notre premier défi. Nous tenions absolument à réaliser

ce projet dans l’ensemble du canton. Nous avons donc dû faire traduire

les textes et les adapter au langage des jeunes suisses allemands.

Mit uns können Sie sich

ganz auf Ihre Ziele konzentrieren.

Spielen Sie die Kompetenz und Erfahrung in Ihrer Disziplin aus. Und verlassen Sie sich auf

einen zuverlässigen Rückhalt: Für professionelle Beratung und Prüfung ist BDO Visura in Ihrer

Region die erste Adresse.

Verlangen Sie weitere Informationen bei

BDO Visura, Längfeldweg 99, 2504 Biel-Bienne, Tel. 032 346 22 22, Fax 032 346 22 23, www.bdo.ch

Mais les difficultés ne se sont pas arrêtées là ?

Non, bien sûr mais c’est comme tout projet au sein de la Junior Chamber

International et c’est ce qui fait son charme et allume la passion.

D’abord il y a eu la coopération au sein de notre commission de

travail, les différences culturelles entre le Haut et le Bas Valais.

Nous nous sommes enrichis de nos différences avec un objectif commun.

Puis il y a eu le défi financier : comme dans le modèle genevois

nous avons cherché et trouvé les sponsors pour faire imprimer les

livres. Enfin il a fallu gérer tous les aspects de la logistique.

la gueule 3/2008 27


Il fallait une logistique particulière ?

Notre but était de distribuer toutes les bd le 20 novembre 2007, lors

de la journée internationale des droits de l’enfant, sur l’ensemble du

territoire valaisan. 11›600 ouvrages ont été offerts à tous les élèves

du primaire de 5e et 6e année. Le respect des délais était capital.

Nous avons eu le soutien de Monsieur Claude Roch, Chef du Département

de l’Enseignement, de la Culture et du Sport du canton du Valais.

Pour marquer le coup nous avions un mécène qui a eu une idée grandiose

: faire livrer les 300 bd en hélicoptère pour les élèves de la

commune de Grimisuat où nous avions convié la presse et les autorités

pour le lancement officiel. Il y a une grande fête avec un lâcher de

ballons et un apéritif dînatoir.

Et quels échos a eu cette action ?

L’impact a été très positif à tous les niveaux. Les autorités politiques

ont accueilli très favorablement cette initiative et lui ont

accordé leur soutien. Les enseignants y on trouvé un excellent outil

pédagogique permettant d’aborder des sujets d’actualités brûlants.

Ils ont apprécié l’approche des différents auteurs et scénaristes,

ce qui permet aussi d’aborder le problème de la violence dans notre

société et chez les jeunes. Enfin les parents et les sponsors ont également

salué notre initiative sociale ayant pour cible les jeunes de

notre région. « Pax » est non seulement une lecture ludique mais un

véritable outil pédagogique dynamique de réflexion à vocation sociale.

Les médias ont couvert l’événement non seulement lors du lancement

mais également après. La télévision locale Canal 9 a réalisé une

émission spéciale sur le sujet.

un lot de 25 bandes dessinées pour chaque classe comme outil de

travail, un lot pour chaque bibliothèque scolaire et une distribution

dans les bibliothèques municipales. Nous avons aussi pu livrer quelques

particuliers et honorer des commandes de libraires.

Et personnellement Anne-Sophie, que tires-tu de cette aventure ?

Ça a été un projet jeune chambre très prenant, intense. Mais j’en

retire beaucoup de satisfaction. Au niveau management c’est toujours

autre chose de travailler dans un projet de bénévolat. Chacun n’a pas

forcément la même vision, les mêmes aspirations, la même culture. Ça

a été particulièrement sensible sur ce projet et donc un enrichissement

personnel, tout comme le fait de travailler avec et pour les

enfants de ma région. Au bout du compte c’est vrai que je ressens une

certaine fierté et surtout une grande satisfaction d’avoir contribué à

un projet social au niveau local.

Propos recueillis par Philippe Reich

Et pensez-vous avoir des effets à moyens terme aussi ?

Nous ne voulons pas seulement avoir un impact sur deux volées scolaires

mais visons une certaine pérennité. Nous avons également prévu

28 la gueule 3/2008 29


www.vzug.ch

Raphael Gasser,

membre du projet PAX!

de Neuchâtel

Backöfen, Herde, Steamer, Glaskeramik-Kochfelder, Geschirrspüler, Dunstabzüge, Kühlschränke, etc.

«ZUGness heisst Weltneuheiten»

www.integral-mc.ch – 07

Besuchen Sie unser Ausstellungs- und Beratungscenter in Biel:

V-ZUG AG

Zentralstrasse 63

2502 Biel

Tel. 032 322 14 11, Fax 032 322 71 87

biel@vzug.ch, www.vzug.ch

Lavaboooh!

Le lancement de la BD PAX! à Neuchâtel

Interview avec Raphael Gasser, Neuchâtel

A la suite d’un entretien avec Madame Clothilde Lassau, membre

de la jeune chambre économique de Genève, nous avons décidé de

créer une commission qui sera responsable du lancement de Pax à

Neuchâtel. Pour ce projet, il a été décidé de réunir les 2 OLM du

canton; c’est-à-dire Neuchâtel et les Montagnes neuchâteloises.

Afin d’éviter certains problèmes auxquels la jeune chambre économique

de Genève avait dû faire fasse lors du lancement de Pax, la

commission a décidé de rencontrer dès le lancement du projet la

responsable du département de l’éducation, de la culture et des

sports (DECS), Madame Perrinjaquet, pour lui demander son soutien.

Le DECS a mis à disposition de la commission une stagiaire, étudiante

en psychologie, qui était le lien entre l’état, le corps

enseignant et la jeune chambre économique. Il s’est également

chargé de remettre les bandes dessinées aux élèves grâce au centre

de distribution du matériel scolaire.

La commission s’est divisée en trois sous-commissions : sponsoring-mécénat,

évènement, logistique-production-communication.

Das führende Haus für Küche und Bad

2500 Biel 3, Dufourstrasse 38, Postfach

Tel. 032 344 85 44, www.sanitastroesch.ch

Le sponsoring-mécénat s’occupait de trouver des fonds pour financer

l’impression de la BD. La commission a créé un système de

médailles. La médaille d’or correspondait à un don de CHF 5‘000.-

ou plus donnant droit à un grand logo lors de l’évènement, celle

d’argent correspondait à un don de CHF 2‘000.- donnant droit à un

petit logo et celle de bronze à un don de CHF 1‘000.- et à être

nommé.

la gueule 3/2008 31


La sous-commission évènement était responsable de l’évènement pour

le lancement de Pax. Le but était de sensibiliser la population

au lancement de cette BD et de donner une plateforme publicitaire

aux mécènes. Pour ce faire la commission a loué un bateau et invité

Neuchâtel Xamax. La journée a commencé par une conférence de

presse. Lors de cette journée, les joueurs ont dédicacé les BD des

élèves des 2 classes pilotes du projet. Les élèves ont ensuite joué

quelques sketchs tirés des histoires de la BD. Le tout s’est terminé

par un buffet dinatoire sur le bateau. 2 dessinateurs de la BD ont

également pris part à l’évent.

Au début, certains enseignants ont eu l’impression que via cette BD

la jeune chambre économique leur enlevait une part de leur travail.

Le but de la sous-commission logistique-production-communication a

été entre autre d’amener la BD comme un outil de travail, un moyen

de discussion entre les enseignants et les élèves sur des thèmes

sensibles comme la violence par exemple. Elle s’est également occupée

de l’impression de la BD.

Le mardi 20 novembre 2007, journée mondiale des droits de l‘enfant,

plus de 6‘000 écoliers, âgés de 8 à 12 ans des écoles primaires neuchâteloises

(de 4e, 5e et 6e), ont reçu gratuitement un exemplaire

de Pax. Cet automne, 2‘000 BD supplémentaires seront distribuées aux

nouveaux élèves de 4e primaire.

Actuellement, il est trop tôt pour dire si la situation s‘est améliorée

dans les écoles grâce à Pax. Un débriefing du projet aura lieu

dans quelques années. Nous avons néanmoins reçu un feedback positif

des deux classes pilotes. Ces dernières ont été enchantées du projet

et ont trouvé que Pax aide à résoudre certains conflits.

Pour les deux chambres économiques du canton, le bilan est positif.

Ce projet a permis de faire mieux connaître notre organisation dans

le canton, à lui donner une aura dans le public et à recruter de

nouveaux membres.

Discussion avec Raphael Gasser le 12.08.2008 à Neuchâtel

Interviewer: Hans Notter

Prof. Dr. Allan Guggenbühl

Prévention de la violence à l’école

Point de vue du psychologue

« Un professeur assommé par des écoliers dans la cour de récréation ! »

« Une classe infernale terrorise l’établissement scolaire ! » « Viol

collectif d’une jeune fille par des lycéens ! » La violence à l’école

fait très souvent les gros titres. On entend parler de folie meurtrière,

de racket et de vandalisme. La violence à l’école est un thème

qui nous consterne et nous inquiète. L’école devrait être un lieu

d’apprentissage et de rencontres pour les enfants et non un bastion de

la violence ! Pourtant, quand les enfants sont terrorisés, harcelés ou

rackettés dans la maison du savoir, il est indispensable d’y remédier.

La prévention de la violence s’avère nécessaire !

Seulement, comment prévenir la violence ? L’image véhiculée par la

presse, la télévision et la radio est-elle le reflet de la vérité ? La

vague de la violence déferle-t-elle sur nous ou dramatisons-nous la

situation ? Les médias font partie du discours public. Ce dernier reflète

les faits de société uniquement de manière conditionnée, car les

médias défendent leurs propres intérêts. L’affolement, les peurs et

les catastrophes sont en effet nécessaires à leur survie. Les opinions

positives ennuient, le public a besoin d’histoires effrayantes pour

se divertir. Les sensations fascinent. Les médias ont également pour

mission de mettre en scène l’agitation collective et d’éveiller des

émotions, afin que nous puissions renforcer nos valeurs morales, nous

imposer des limites et exorciser nos propres peurs. Plus nous nous

sentons concernés par un sujet, plus cela nous aide à libérer nos

peurs. Nous avons tous dû aller à l’école et l’avenir de nos enfants

nous tient à cœur. L’école est donc une proie facile pour les médias

car elle nous est familière. Auparavant, on blâmait parfois l’église

et l’armée ; aujourd’hui, c’est l’école qui sert de plus en plus de

32 la gueule 3/2008 33


ouc émissaire à nos peurs. Il est difficile de la considérer objectivement.

Partant de là, comment aborder la prévention de la violence ? Lorsque

nous nous penchons sur la question de la violence à l’école,

nous devons tout d’abord y regarder de plus près. Nous ne devons pas

nous laisser aveugler par l’hystérie ou les clichés que nous servent

les médias, mais analyser la situation de façon objective. A quel

genre d’incidents l’école est-elle confrontée ? Malheureusement, on

intervient souvent sans réfléchir. Une fois, on a mis une cellule de

crise en place dans une école et on a mobilisé une équipe chargée de

s’occuper des écoliers. La raison d’une telle intervention ? On avait

trouvé une image pornographique sur le téléphone portable d’un élève

de quatrième. Une autre école a mis à pied l’un de ses élèves, l’a

envoyé consulter un psychologue et a déposé une plainte, pour le seul

motif qu’il avait fait semblant de tirer sur l’un de ses camarades

avec l’index. Malheureusement, ce genre de cas est répandu. Dans le

cadre de la prévention de la violence, nous devons nous orienter vers

les cas concrets. La situation est souvent plus compliquée que ne le

prétend le discours public. Nous ne sommes pas confrontés aujourd’hui

à une jeunesse hyper agressive et problématique, car la grande majorité

des enfants se comporte correctement. Pourtant, la violence

à l’école existe bel et bien. Son caractère est néanmoins différent

selon les établissements et les communes. Voilà pourquoi le travail

de prévention de la violence passe obligatoirement par un diagnostic.

Il requiert des spécialistes externes ou internes en mesure de

constater les caractéristiques et l’intensité de la violence au sein

d’une école ou d’une commune. Un regard objectif sur la situation est

nécessaire. S’agit-il de bagarres ? De vandalisme ? De guerres secrètes

de clans ou de querelles de filles ?

Malheureusement, dans beaucoup d’écoles, on n’agit pas ainsi. La

prévention de la violence répond au mot d’ordre « Nous avons la solution,

il ne manque plus que le problème ». On organise des programmes

de formation sur le thème de la communication pacifique, de l’amélioration

de la compétence sociale, de l’empathie ou du renforcement de

sentiment d’appartenance, sans se demander ce dont les écoliers et

leurs professeurs ont réellement besoin. De nombreux programmes reposent

sur une attitude psychologique naïve. Mais la violence à l’école

n’est pas un problème de conscience. La grande majorité des écoliers,

également de ceux qui commettent des actes violents, se dit contre la

violence. Les prisons regorgent d’apôtres de la paix. Nous plaidons

tous pour le dialogue, la résolution civilisée des conflits et le

respect mutuel. Les écoliers mettent en scène ces principes comportementaux

dans des jeux de rôle et signent des contrats stipulant

qu’ils doivent adopter une attitude pacifique. La non-violence correspond

à l’image qu’ils ont d’eux-mêmes et à celle de presque tous leurs

professeurs. Mais souvent, notre comportement a souvent peu à voir

avec ce que nous pensons être. « Je suis à cent pour cent pour le

dialogue et le respect mutuel ! » me déclare un écolier de quatorze

ans après une bagarre. « Mais l’autre n’a montré aucun respect envers

moi et n’était pas prêt à discuter ! ». Nous refoulons volontiers

notre propension à la violence. Etre confrontés à notre côté obscure

nous inquièterait. Pour vivre en paix avec nous-mêmes, nous nous

forgeons une image socialement acceptable de notre personne. Nous

dissimulons notre part de responsabilité et nous nous considérons

comme des victimes des circonstances ou d’un adversaire. Les programmes

de prévention, centrés uniquement sur l’aspect pédagogique

sont donc la plupart du temps inutiles s’ils ne se basent pas sur les

incidents réels. Il est naïf de croire qu’une grande empathie diminue

la violence. Si nous pouvons nous mettre à la place d’un autre, les

informations supplémentaires que nous pouvons obtenir peuvent expliquer

les comportements les plus sombres. Nous pouvons adopter une

tactique encore plus habile lorsque nous connaissons les faiblesses

d’un camarade. Même les programmes didactiques déléguant aux enfants

le soin de résoudre le conflit sont psychologiquement naïfs. Ils sont

souvent perçus par les écoliers comme le moyen de s’imposer face aux

autres, de profiter de la situation, et ils encouragent les agressions

cachées. C’est la raison pour laquelle toute mesure de prévention de

la violence doit procéder à une analyse de la situation précise et

professionnelle. Le type, le niveau et la dynamique de la violence

diffèrent d’une école à l’autre et d’une commune à l’autre. Nous devons

donc nous garder d’apporter une solution généraliste.

Dans le cadre de la prévention de la violence à l’école, on compte

sur les personnes de référence des enfants. La prévention est plus

efficace si elle est réalisée par des personnes connaissant les forces,

les faiblesses, le caractère et les problèmes des écoliers. Un

contact direct et personnel avec les écoliers est le meilleur moyen

d’empêcher la violence. Lorsque les enseignants ont établi une relation

avec les enfants ou les adolescents, ils peuvent exercer une influence

sur eux. Une relation implique que l’on se connaisse mutuellement,

que l’on se voie plusieurs fois par semaine, que l’on s’intéresse

l’un à l’autre et que l’on s’inquiète lorsque l’autre ne va pas bien

: « Qu’est-ce qu’il t’arrive aujourd’hui ? », demande une enseignante

à un élève qui semble n’avoir pas bien dormi et a l’air bougon. Les

enseignants se doivent de connaître les loisirs, les soucis et les

centres d’intérêt de leurs élèves. Cela leur permet de réagir lorsque

quelque chose ne va pas. Les écoliers à problèmes peuvent ainsi être

repérés très tôt et l’on peut apporter une aide ou organiser celleci.

Naturellement, les relations ont besoin de temps et d’espace.

Les enseignants doivent avoir la possibilité de créer des liens avec

leurs élèves. Le développement du système d’enseignement spécialisé

leur rend la tâche difficile. Quand des classes sont supprimées et

que l’on enseigne à 80 à 90 élèves par semaine, le professeur connaît

beaucoup d’élèves que par leur nom. On ignore les élèves à problèmes

et on ne prend plus le temps de s’occuper d’eux.

La deuxième méthode de lutte contre la violence consiste en l’adoption

d’une position claire par le personnel enseignant. Celuici

doit montrer aux élèves quel comportement n’est pas toléré à

l’école, quelles sont les limites à ne pas dépasser et quelle est sa

conception de la vie en communauté au sein de la classe. Quiconque

transgresse ces règles doit s’attendre à des sanctions. Les écoliers

doivent sentir que le maintien d’une école sans violence est le but

principal de leurs professeurs. « Je ne veux pas que des élèves

34 la gueule 3/2008 35


soient la cible de moqueries au sein de ma classe ! » déclare-t-on à

sa classe quand on est enseignante. Cependant, il ne faut pas confondre

agression saine et violence. Tandis que les petites attaques, les

querelles et les luttes civilisées sont permises, la violence n’est

pas tolérée. Le cours doit reposer sur une image psychologiquement

correcte de l’être humain. Les querelles, les luttes de pouvoir, les

antipathies et les disputes font partie de la vie. Il faut simplement

empêcher que des tensions naturelles ne dégénèrent en violence.

Au lieu d’encourager les compétences sociales et l’empathie et de

vouloir changer la personnalité des écoliers par le biais de programmes

de formation, on devrait plutôt enseigner les bonnes manières.

Les concepts qui se cachent derrière les compétences sociales sont

souvent trop confus et compliqués pour devenir des normes auxquelles

se conformer. La politesse et les convenances sont en revanche plutôt

bien acceptées par la culture ; en outre, tout le monde doit les

respecter, même les enseignants ! On se salue dans les couloirs, on

se lève éventuellement quand un professeur entre dans la classe ou

l’on s’excuse quand on n’a pas pu rendre un devoir à temps. Ce genre

de règles de politesse a aussi été créé pour prévenir la violence. On

se donne la main pour montrer qu’on n’a pas d’arme, on se salue avec

le nom, parce que l’on est moins agressé par des personnes que l’on

connaît et on s’excuse pour éviter les mauvais sentiments de l’autre

envers nous.

Les mesures de prévention de la violence doivent être déterminées

avec les élèves et non dictées d’en haut. Après analyse de la situation

et établissement d’une liste des règles de politesse nécessaires,

on peut développer, avec les élèves et éventuellement avec

l’aide d’un spécialiste, des mesures pour empêcher la violence. Ces

mesures différent d’un établissement à l’autre. Dans une école par

exemple, on réserve un accueil particulier aux nouveaux, parce que

l’on a appris en analysant la situation qu’ils étaient soumis en

secret à des tests d’entrée par les anciens. Dans une autre école,

on organise des activités dans la cour de récréation pour que les

écoliers puissent trouver leur place dans leur groupe d’âge. En effet,

on avait constaté que la cour de récréation était le terrain de

luttes de pouvoir. Mises en place par les personnes de référence des

écoliers, de telles mesures permettent de combattre efficacement la

violence à l’école.

Prof. Dr. Allan Guggenbühl

Docteur en psychologie VBP/FSP, psychothérapeute analytique dipl.

Directeur de l’Institut pour la gestion des conflits et

du mythodrame IKM

Maître de conférence à la Haute école pédagogique du canton de Zurich

et à la Haute école de psychologie appliquée (HAP) à Zurich

Auteur de différents livres et articles

Conseiller pédagogique

www.ikm.ch

Prof. Dr. Martin Hafen

Prévention de la violence à l’école

Point de vue du sociologue

La violence chez les jeunes est un thème d’actualité. Des incidents

comme le viol d’une jeune fille à Seebach ou l’assassinat d’un jeune

homme à Bellinzona alarment la population et suscitent la consternation.

Notre propre enfant ne peut-il pas à tout moment être victime

d’une telle mésaventure ? Et qu’en est-il des agresseurs ? Ne sont-ils

pas, dans bien des cas (comme à Bellinzona), des personnes discrètes

qui vivent dans des familles sans histoires, vont à l’école ou suivent

un apprentissage, et ont les mêmes loisirs que les autres ?

Le rôle des médias de masse

Dans leur manière de rendre compte des événements, les médias de

masse contribuent bien entendu à cette consternation et à ce sentiment

d’insécurité de la population. Comme toute information, les

messages de peur perdent leur valeur informative et leur caractère

effrayant lorsqu’ils sont sans cesse répétés. Afin de maintenir l’intérêt

du public – et par là même les ventes/l’audience – à un niveau

élevé, les médias de masse sont obligés de diffuser les informations

de façon à ce qu’elles aient un impact sur le public. Ceci est possible

en décrivant de manière toujours plus détaillée et sensationnelle

les cas de violences. La volonté de créer des parallèles est telle

qu’on ne cherche plus à connaître le contexte ou qu’on le dissimule

délibérément afin de mieux formater les messages en fonction des

idées préconçues du public – comme l’augmentation de la violence

chez les jeunes, la prédisposition à la violence plus élevée chez les

étrangers ou l’incitation à la violence par certains jeux vidéo.

36 la gueule 3/2008 37


Des solutions simples à des problèmes complexes

Penser que la violence chez les jeunes trouve exclusivement son

origine dans un tapage médiatique est trop simpliste. Les médias de

masse se plient aux besoins de leur public. Le besoin de divertissement

en fait partie, au même titre que le besoin – étroitement lié –

de peur, qui peut être libéré encore plus facilement par la représentation

d’événements réels que par les films et les jeux vidéo. Etant

donné que l’on est potentiellement plus affecté par les événements

réels que par un film d’horreur (« Ce n’est qu’un film ! »), on a besoin

dans ce cas de mesures spécifiques pour être apaisé. Les stéréotypes

mentionnés jouent ici un rôle déterminant. Ils permettent de simplifier

les faits et fournissent des explications à l’inexplicable. Explications

qui prévoient des « solutions » simples pour résoudre les

problèmes. La défense de mesures comme « l’expulsion des étrangers

violents » ou « l’interdiction des jeux vidéo incitant à la violence »

en sont deux exemples.

L’objectivité de la science

Il ne s’agit pas d’affirmer que l’opinion publique et par conséquent

l’analyse sémantique mass médiatique des problèmes tels que la violence

chez les jeunes ont nécessairement tort. Dans de nombreux

cas, les points de vue correspondent à la réalité. Mais il n’en va

pas toujours ainsi. C’est la raison pour laquelle il s’avère indispensable

d’avoir recours aux services du second plus grand système

d’observation de la société : la science. Certes, la science n’a pas

non plus une vision absolue de la réalité. Le système scientifique le

prouve lui-même, en cherchant à préciser ou à réfuter des vérités par

le biais de nouvelles recherches. Cette remise en question perpétuelle

des certitudes (apparentes) est un argument important en faveur de

l’utilisation de la perspective scientifique pour un phénomène comme

la violence chez les jeunes. Le rapport scientifique à la complexité

constitue un autre argument. La science n’est pas tournée vers la

simplification, mais plutôt vers la représentation la plus exacte

possible de faits complexes, ce qui, dans le cas d’un phénomène aussi

complexe que la violence chez les jeunes, revêt une importance considérable.

Dans quelles proportions la violence a-t-elle augmenté ?

Si l’on considère le phénomène de la violence chez les jeunes sous un

angle scientifique, on remarque que les avis dominant dans les médias

de masse et au sein de la population doivent (peuvent) être relativisés.

Certes, la statistique policière des dénonciations a enregistré

une hausse claire de la violence chez les jeunes en Suisse, tout

comme à l’étranger (par ex. en Allemagne), mais cette tendance n’est

pas clairement confirmée par les études scientifiques (par ex. interrogations

de jeunes ou de victimes) et ce, ni du point de vue du nombre

d’incidents violents, ni de celui de la gravité des cas. On peut

donc supposer que l’idée d’une augmentation importante de la violence

chez les jeunes ne s’explique pas tant par une hausse réelle de la

violence que par une propension accrue au dépôt de plainte, alliée à

une diffusion mass médiatique des informations et à une inquiétude

politique. Cependant, cette approche ne doit pas conduire à sousestimer

le phénomène de la violence chez les jeunes et à s’abstenir

de prendre des mesures contre cette dernière. Il s’agit plutôt de se

faire une image plus réaliste de l’évolution de la violence chez les

jeunes et de réduire le risque d’un actionnisme aveugle faisant plus

de dégâts qu’il n’apporte de réponse.

Les étrangers sont-ils davantage prédisposés à la violence ?

La situation est la même en ce qui concerne le point de vue sans

cesse renouvelé selon lequel la violence chez les jeunes serait un

problème réservé aux étrangers. Certes, les jeunes issus d’une famille

d’immigrants sont en moyenne plus souvent dénoncés et condamnés

pour des cas de violence, mais même ce phénomène est en partie dû au

fait que l’on est davantage prêt à porter plainte contre les jeunes

« étrangers ». En outre, la prise en compte de la situation socioéconomique

des parents dans les études relativise la représentation

élevée de ces jeunes dans les statistiques de dénonciation. Le schéma

argumentatif est le suivant : les jeunes issus de familles dont le

niveau d’éducation est inférieur et dont les revenus sont faibles

sont (d’un point de vue statistique), davantage prédisposés à la violence

que les autres. Etant donné que les familles venant des états

d’Europe du Sud et du Sud-Est vivent souvent plus que la moyenne dans

un cadre socio-économique difficile, on peut plus facilement expliquer

la part importante de jeunes étrangers dans les statistiques de la

violence par la situation économique de leurs familles que par leur

appartenance ethnique. Cette thèse est étayée par des études montrant

que l’usage de la violence par les adolescents et les jeunes hommes

est très souvent lié à des perspectives d’évolution privées et professionnelles.

Un individu ayant peu ou pas de possibilités d’apporter

du bien-être et de la considération à sa vie a plus souvent recours à

la violence que les autres – et ce, quelle que soit sa nationalité.

La prévention pour traiter l’origine du problème

En ce qui concerne la prévention, l’analyse précise d’un problème

de société comme celui de la violence chez les jeunes est cruciale,

car les mesures de prévention ciblent en priorité les causes (et

les causes concomitantes) du problème à traiter. Si l’on identifie à

présent la situation socio-économique et la perspective d’évolution

professionnelle comme des facteurs influençant l’apparition de la violence

chez les jeunes, les mesures prises ne seront pas du tout les

mêmes que si l’on considère l’appartenance ethnique des jeunes ou le

potentiel violent des films et jeux vidéo comme la cause principale.

(Il n’existe aucune évidence scientifique dans les deux cas.) Ce n’est

que lorsque les facteurs d’influence principaux d’un problème (facteurs

qui le déclenchent ou l’empêchent) sont identifiés que l’on peut

planifier et mettre en œuvre des mesures efficaces et c’est seulement

à ce moment qu’il devient possible de travailler durablement à l’éradication

de ce problème. Toutefois, la prévention ne garantit aucun

résultat même sous ces conditions ; ceci est dû au fait qu’un grand

nombre de facteurs d’influence identifiés sont eux-mêmes très complexes

et influencés par d’autres facteurs. Réduire le désavantage socio-

38 la gueule 3/2008 39


économique de groupes entiers de population ou améliorer leurs perspectives

professionnelles représente un réel défi. Ce n’est pas aussi

simple que de limiter les ventes de jeux vidéo aux représentations

violentes inappropriées.

Que peut faire l’école ?

L’exemple nous conduit sans détour à la question de savoir ce que

peut faire l’école pour réduire l’apparition de la violence chez les

jeunes. Il est clair qu’une sensibilisation générale au sujet est

importante, mais elle n’est pas suffisante pour réduire durablement

un phénomène de ce type. Cette année encore, la Suisse a essuyé les

remontrances de l’OCDE, qui reproche au système scolaire suisse de

renforcer l’inégalité des chances subie dès la naissance plutôt que

de la réduire. Si l’on considère que le cadre socio-économique et

les perspectives d’évolution scolaires/professionnelles constituent

un facteur principal d’influence de la violence chez les jeunes, alors

il devient clair que la prévention devrait s’axer sur une réforme

fondamentale du système scolaire. Nous aurions besoin d’un système

scolaire

• au sein duquel la sélection intervient (beaucoup) plus tard,

• qui minimise la pression du résultat et de la compétition,

sans toutefois renoncer au résultat,

• qui accorde moins d’importance à l’apprentissage par cœur de faits

qu’à l’assimilation autonome du savoir (apprendre à apprendre),

• qui remplace le cours spécialisé par un cours thématique axé

sur l’interdisciplinarité,

• qui renforce la capacité à résoudre des problèmes et à coopérer des

jeunes par des projets et des formes d’apprentissage similaires,

• qui accorde plus de crédit à l’instauration de relations entre les

enseignants et les écoliers que cela n’a été le cas jusqu’à présent,

• qui offre une place de choix à l’exercice et à l’expression

artistique, car ces activités ont une utilité tant pour

l’apprentissage cognitif que pour le comportement social,

• qui propose plus de pédagogie et moins de connaissances

spécialisées dans la formation du personnel enseignant et

• qui offre des classes à effectif réduit et de bonnes

infrastructures, afin de faire de l’école un lieu de vie et

d’apprentissage correspondant aux désirs d’apprendre et à la

facilité de contact que manifestent les enfants et permettant aux

enseignants d’exercer leur merveilleux métier sans frustration ni

dépression.

les connaissances de la recherche didactique moderne, appuyée par la

neurobiologie. Une réorganisation de l’école n’a rien à voir avec une

« pédagogie douillette », mais se base plutôt sur des faits scientifiques

prouvés. Du reste, les expériences dans les pays scandinaves

montrent qu’une telle école ne coûte pas plus cher, surtout si l’on

considère son effet positif durable sur la santé et sur l’éradication

de phénomènes comme la violence chez les jeunes, la dépendance, le

suicide ou la criminalité.

Mais en observant le débat sur la réforme de l’école en Suisse, on

s’aperçoit que la mise en place d’une telle prévention fondamentale

de la violence chez les jeunes et d’autres problèmes prendra du

temps. D’ici là, il est donc indispensable de suivre le processus actuel

fonctionnant « par petites étapes ». Ceci comprend l’adoption de

mesures pour la sensibilisation des jeunes et de leurs personnes de

référence au thème de la violence chez les jeunes. En outre, chaque

école – et chaque enseignant – devra s’efforcer d’améliorer le climat

relationnel dans les classes et au sein des établissements scolaires

et d’apporter du soutien à chaque enfant et adolescent – principalement

ceux de familles présentant des difficultés socio-économiques –

dans la réalisation de leurs perspectives d’évolution individuelles.

Prof. Dr Martin Hafen

Maître de conférence à la Haute école de Lucerne – Travail social

Centre de compétences en prévention et promotion de la santé

Werftestr. 1, 6002 Lucerne

Tél. 041 367 48 81, e-mail : martin.hafen@hslu.ch

Pour en savoir plus

• Eisner, Manuel; Ribeaud, Denis; Bittel, Stéphanie (2006) :

La prévention de la violence chez les jeunes – voies vers une

politique de prévention fondée sur l’évidence scientifique. Berne

• Hafen, Martin (2007) : Grundlagen der systemischen Prävention.

Ein Theoriebuch für Lehre und Praxis. Heidelberg

Pour obtenir une bibliographie spécifique portant sur les différentes

affirmations, s’adresser à l’auteur.

Remarques de conclusion

Il ne fait aucun doute qu’une telle restructuration du système scolaire

permettrait justement de prévenir la violence chez les jeunes

beaucoup plus efficacement que l’ensemble des projets de prévention de

la violence. Des exemples tirés d’autres pays (par ex. en Finlande)

ont montré que ces mesures améliorent non seulement le comportement

social, mais se répercutent également sur les performances cognitives

des écoliers. Ceci n’est pas étonnant quand on se penche sur

40 la gueule 3/2008 41


Événements

Octobre

Congrès national à Zürich 10-12.

Fête de lancement de la BD PAX! 20.

Projet des candidats 31.

Novembre

Congrès mondial à New Delhi, India 04-09

Assemblée générale à Bienne 22.

Rendez-vous économique 27.

Décembre

PPP - Uustrinkete 19.

Afterwork 22.

la gueule 3/2008 43


Impressum

«la gueule»

«la gueule» paraît quatre fois par an. Tirage 2500 exemplaires.

Tous droits réservés. Réimpression ou reproduction des articles aussi

par extraits seulement avec permission de la rédaction.

Si vous souhaitez ne pas recevoir ce magazine, veuillez vous

désinscrire: la.gueule@jcbb.ch

«la gueule» erscheint vier Mal pro Jahr in einer Auflage von 2500

Exemplaren. Alle Rechte vorbehalten. Nachdruck oder Vervielfältigung

von Artikeln auch auszugsweise nur mit Zustimmung der Redaktion.

Sollten Sie den Erhalt des Heftes nicht wünschen, bitte abmelden

unter: la.gueule@jcbb.ch

Redaktion/mise en page:

Leitung/directeur: Hans Notter

Mitwirkende/équipe: Cédric Huguenin, Cyrill Ranft,

Philippe Reich, Pascal Villard, Marc Weiss,

Markus Wittig, Remo Zehnder

Layout:

Druck/impression:

Foto Titelseite/couverture:

Inserate/annonces:

Weiss Communication+Design AG

Marc Weiss, www.wcd.ch

Ediprim AG, Hansruedi Weyrich

Tous les droits réservés JCI Genève

Preise auf Anfrage/prix sur demande

la.gueule@jcbb.ch

44

More magazines by this user
Similar magazines