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bulletin-BCE-mars-2014_01

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La hausse des prix des

La hausse des prix des produits alimentaires transformés s’est atténuée à un rythme plus modéré, revenant de 2,5 % au cours de l’été 2013 à 2,0 % sur la période allant de novembre 2013 à janvier 2014. Les postes pain et céréales ainsi que huile et matières grasses sont ceux qui ont principalement contribué à ces hausses de prix plus limitées. L’estimation rapide d’Eurostat pour l’ensemble de la composante produits alimentaires, à 1,5 % en février 2014, après 1,7 % en janvier, dénote de nouveaux reculs des composantes produits alimentaires transformés et non transformés. La hausse de l’IPCH, à l’exclusion des composantes volatiles que sont les produits alimentaires et l’énergie, s’est atténuée dans une mesure moindre que l’inflation globale, revenant d’un rythme de progression annuel de 1,2 % mi‐2013 à 0,7 % en décembre. Depuis, elle a connu une légère accentuation, l’estimation rapide d’Eurostat la situant à 1,0 % pour février 2014. La moyenne de longue période de cet indicateur sur la période débutant avec l’introduction de l’euro en 1999 s’établit à 1,5 %. Les principales composantes du panier de l’IPCH hors produits alimentaires et énergie, c’est-à-dire les produits manufacturés hors énergie et les services, ont enregistré récemment des taux d’inflation relativement faibles. L’encadré 5 montre que les facteurs mondiaux, ainsi que l’atonie de la demande, ont contribué à la diminution des tensions inflationnistes sous‐jacentes. Les facteurs mondiaux, comme les chocs sur les prix des matières premières, semblent avoir eu une incidence baissière relativement plus marquée sur la hausse des prix des produits manufacturés hors énergie, tandis que la faiblesse conjoncturelle de l’économie de la zone euro, notamment dans les pays en difficulté, a eu une incidence baissière relativement plus forte sur la hausse des prix des services. Encadré 5 Incidence des prix des SERVICES et des produits manufacturés hors énergie sur le recul récent de l’inflation mesurée par l’IPCH Au cours des deux dernières années, la hausse de l’IPCH hors énergie et produits alimentaires s’est inscrite en recul, revenant de quelque 1,5 % à un niveau historiquement bas de 0,7 % en décembre 2013, avant de se redresser légèrement début 2014. Cette évolution reflète à la fois un ralentissement de la composante prix des produits manufacturés hors énergie et de la composante prix des services de l’IPCH 1 . Ces deux composantes ont tendance à être diversement affectées par les facteurs mondiaux et nationaux. Le présent encadré examine les évolutions récentes de la hausse des prix des services et de celle des produits manufacturés hors énergie sous des angles différents afin de mieux comprendre le recul récent de l’inflation sous-jacente. Les facteurs mondiaux ont eu une incidence plus forte sur la hausse des prix des produits manufacturés hors énergie Les facteurs mondiaux ont tendance à avoir une incidence plus forte sur la hausse des prix des produits manufacturés hors énergie que sur celle des services. Un certain nombre de produits manufacturés hors énergie, comme les ordinateurs et certains appareils électriques, sont importés ou produits localement avec un contenu élevé en importations. Le ralentissement de l’inflation dans les économies émergentes, conjugué à l’appréciation de l’euro depuis mi-2012, a ainsi exercé un effet 1 Pour une analyse des facteurs explicatifs de la différence habituelle entre l’ampleur de la hausse des prix des services et celle des produits manufacturiers hors énergie, cf. l’encadré intitulé Pourquoi la hausse des prix des services est-elle supérieure à celle des prix des biens dans la zone euro ? du Bulletin mensuel de janvier 2009. 62 BCE Bulletin mensuel Mars 2014

évolutions ÉCONOMIQUES et monétaires Prix et coûts modérateur sur la hausse des prix des produits manufacturés hors énergie dans la zone euro en raison des évolutions plus mesurées des prix des importations. En revanche, les prix des services ont eu tendance à refléter une incidence relativement plus forte des coûts de production de l’économie intérieure de la zone euro, notamment des coûts de main‐d’œuvre. La différence d’exposition aux facteurs mondiaux peut être mesurée par les réactivités respectives des hausses des prix des produits manufacturés hors énergie et des services aux chocs sur les matières premières et le taux de change. Les analyses reposant sur des modèles indiquent, premièrement, qu’une hausse de 10 % du taux de change effectif nominal de l’euro ou des prix des matières premières a une plus grande incidence sur la hausse des prix des produits manufacturés hors énergie que sur celle des services (cf. graphique A). Deuxièmement, une appréciation de 10 % du taux de change effectif nominal a, en termes absolus, une plus grande incidence sur la hausse des prix des produits manufacturés hors énergie et sur celle des services qu’une hausse de 10 % des prix des matières premières. Graphique A Incidence d’une hausse de 10 % du TCE nominal de l’euro ou des prix des matières premières sur la hausse des prix des produits manufacturés hors énergie (PMHE) et sur celle des services (écart par rapport à la référence en points de pourcentage, nombre de trimestres après le choc en abscisses) 0,2 0,1 0,0 - 0,1 - 0,2 - 0,3 - 0,4 - 0,5 - 0,6 Incidence des prix des matières premières sur la hausse des prix des PMHE Incidence des prix des matières premières sur la hausse des prix des services Incidence du TCE nominal sur la hausse des prix des PMHE Incidence du TCE nominal sur la hausse des prix des services - 0,1 - 0,2 - 0,3 - 0,4 - 0,5 - 0,6 - 0,7 - 0,7 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 Trimestres Source : Calculs de la BCE. Note : Les résultats de l’estimation s’appuient sur la méthode présentée dans B. Landau et F. Skudelny, Pass-through of external shocks along the pricing chain: a panel estimation approach for the euro area, Document de travail n° 1104 de la BCE, novembre 2009. Les prix des matières premières proviennent de HWWI et comprennent l’énergie et les matières premières industrielles et alimentaires. 0,2 0,1 0,0 Le rôle des facteurs de demande intérieure dans la hausse des prix des services est plus manifeste dans les pays en difficulté Les services recouvrent de nombreuses rubriques comme la santé, l’éducation et les loisirs, qui sont produits localement, et dont les prix reflètent largement les coûts de main‐d’œuvre. En outre, l’élasticité de la demande de certaines composantes, comme l’hôtellerie-restauration, a tendance à être élevée et les prix sont par conséquent susceptibles d’afficher une grande réactivité aux variations du revenu réel disponible des ménages. Une façon de mesurer le rôle des facteurs de coût et de demande intérieurs dans les évolutions récentes de l’inflation consiste à comparer la hausse des prix des services et des produits manufacturés hors énergie dans les différents pays de la zone euro au cours des deux dernières années. Dans les pays en proie à des difficultés, les ajustements à la baisse des salaires et des coûts de main‐d’œuvre ont été plus marqués et les baisses des revenus et de la demande plus prononcées que dans les autres pays de la zone euro. Selon le degré de concurrence, l’ampleur et le délai avec lesquels l’ajustement des coûts de main‐d’œuvre et la diminution des revenus affectent la hausse des prix des services sont susceptibles de varier d’un pays à l’autre. Le ralentissement de l’inflation dans le secteur des services au cours des deux dernières années est largement attribuable à une forte baisse de la contribution du groupe de pays qui ont été en proie à des difficultés (ce groupe est constitué par l’Irlande, la Grèce, l’Espagne, l’Italie, Chypre, le Portugal et la Slovénie). La contribution des autres pays est demeurée globalement inchangée BCE Bulletin mensuel Mars 2014 63

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