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89 Étudiante 13 (20 12)

89 Étudiante 13 (20 12) : On est drillé aussi à voir plus loin, à investiguer et investiguer, des fois là-bas ils sont habitués que c'est straight pipe [directement au but] leurs affaires. L'entretien avec les femmes a également permis d'apprendre que leur communauté a la croyance de ne pas dire le nombre d'enfants et que cela créait un malaise à chaque fois que les étudiantes leur demandaient le nombre d'enfants. Patiente 1: ( ... )Moi ils m'ont demandé combien d'enfants as-tu? Mais quand ils me 1 'ont dit, j'ai pas tout dit. M. Faye : Et pourquoi tu ne leur as pas tout dit? Patiente 1 : Parce que ma culture ne me permet pas de tout dire. ( ... ) Oui, ça m'interdit de tout dire. Parce que si tu en as dix et qu'on te demande le nombre d'enfants que tu as, tu dis que c'est dix, peut-être le bon Dieu peut te lancer un mauvais sort, tu vas perdre deux ou tu vas perdre trois. . . Voilà. Donc, on ne peut pas tout dire. Il y a des choses qu'on ne dit pas, qu'on ne partage pas. En lien avec la variable de 1' organisation sociale, selon les traducteurs, les étudiantes manquent de connaissances relativement aux interdits locaux, faisant en sorte qu'elles posaient des questions délicates aux patients ou encore que cela rendait les traducteurs inconfortables face à certains sujets. Traducteur 1: Une femme mariée et une femme non mariée c'est deux choses différentes, elles ne peuvent pas aborder les mêmes sujets, elles ne peuvent pas aborder les mêmes choses parce qu'ici automatiquement ou bien rapidement la femme, elle est stigmatisée à travers ses mots, à travers ses demandes, à travers ses réponses. Donc la femme non mariée doit savoir ce qu' elle dit et ce qu'elle répond. Parce que c'est à travers ce qu'elle dit, à travers ses réponses qu'elle sera jugée demain ou après-demain, selon notre culture. Patiente 5: ( ... ) elles doivent connaître la culture parce que nous-mêmes on remarque ça, on a vu qu'elles nous demandent beaucoup de choses, elles nous demandent beaucoup de choses ... ( ... ) Par exemple, elles nous demandent par rapport à la famille, les enfants. En lien avec la variable du contrôle de l'environnement, les traducteurs ont rappelé que les patients peuvent ne pas s'attendre à subir un examen physique. Traductrice 5: La majeure partie des villageois ne le savent pas parce que pour eux, quand tu viens te faire consulter, si on te regarde seulement, ça doit suffire alors que tel n'est pas le cas.

90 Enfin, pour la variable des variations biologiques, il est ressorti des entretiens que les étudiantes manquent de connaissances sur les particularités culturelles telles que les signes de beauté selon les ethnies ainsi que les causes non-pathologiques des particularités physiques (ex : aspects de la peau). Patient 4: Et je pense que les Toubabs, avant de venir ici, elles doivent s'impliquer davantage sur la culture, comprendre la culture. Moi pratiquement, je travaille, je suis un forgeron, mais ils m'ont consulté, ils pensent que ça (montre son bras) c'est des maladies, mais ce n'est pas des maladies, c'est parce que je travaille avec le fer, c'est ce qui a fait comme ça ma peau, donc elles doivent tenir compte de cela. Patiente 4: Elles doivent connaître que .. . parce que auparavant nos grandsparents le disaient, ça faisait partie de nos signes de beauté. (...) Le tatouage faisait partie des signes de beauté. Ça c'est une culture, c'est la culture. L'autre jour, je me rappelle, elles m'ont trouvée au marché, elles m'ont demandé : «ça, ça sert à quoi? » (...) ça sert à rendre beau les pieds, c'est 1 'henné. (...) Ça, elles doivent le savoir aussi, parce que si elles ne le savent pas, elles peuvent dire que c'est une maladie, mais ce n'est pas une maladie. Concernant leurs habiletés reliées à la communication lors d'un examen physique, il est ressorti des trois entretiens, et surtout chez les patientes, que le temps de consultation est «trop long ». Bien que certains comprenaient et acceptaient que ce soit plus long qu'usuel, les participants aimeraient que les étudiantes augmentent leur vitesse, par exemple en diminuant le nombre de questions posées. Traductrice 5: Mais aussi les Toubabs doivent augmenter leur vitesse de consultation, la consultation elle est trop lente. Patiente 2: et comme l'a dit (6), il faut vraiment que ce soit plus rapide. Parce que moi j'ai vu que y a beaucoup de choses qu'elles nous demandent c'est inutile, ça sert à rien ... À l'instar de ces participants, les participantes de la cohorte 2012 ont elles aussi trouvé le temps de consultation long, mais cela s'explique par l'attente du superviseur, le travail avec le traducteur et le fait de devoir poser plusieurs fois une question pour avoir la réponse. Étudiante 13 (2012): On n'est pas habitué, c'est vite dans notre culture, pis làbas c'était long avant que t 'aies ta réponse, ça change d'histoire en cours de route. Avec toutes les interactions qui se passent autour, des fois, il fallait s'armer de patience pis dire ce n'est pas grave, c'est comme ça ici.

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