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79 Afin de conclure la consultation, les étudiantes demandaient aux patients s'ils avaient d'autres questions, les remerciaient souvent en langue wolof et les accompagnaient ensuite à la pharmacie : «Avez-vous d'autres questions avant de terminer? » - Le patient donne la main aux étudiantes. Le traducteur dit que le patient est satisfait (consultation 5). En contrepartie, les difficultés démontrées par les étudiantes lors de l'accueil concernent certaines particularités culturelles telles que le non-verbal des traducteurs. En effet, dans la culture sénégalaise, le fait de ne pas regarder dans les yeux une personne est considéré comme une marque de respect tandis que dans la culture québécoise, cela peut être interprété comme un manque d' intérêt. Discussion avec l' étudiante 5 (2012): Elle trouvait spécial que les traducteurs ne la regardent pas quand elle parle, ils détournent le regard vers le mur ou vers le bas. Elle pensait qu'ils ne l'écoutaient pas. Elle savait que cela est dans la culture (ex : pour les salutations) mais ne pensait pas que c'était aussi au quotidien. Aussi, certaines étudiantes ne s'adressaient pas systématiquement au patient et posaient parfois les questions au traducteur. Certaines ont aussi fait remarquer que la barrière linguistique entre elles et le patient ne leur donnait pas l' impression d' avoir la même relation de soins avec celui-ci. Enfin, lors de l'observation flottante, une étudiante a utilisé une approche plutôt directe et rapide avec une patiente. Observation flottante : Elle commence avec une nouvelle patiente. Elle se nomme avec son nom canadien (sans dire son nom sénégalais). Elle demande « La famille ça va bien ? Qu 'est-ce qui vous amène auj ourd'hui à venir nous voir? » (L'introduction est rapide). Elle parle lentement et fort : « De tous ces problèmes, quels sont les deux problèmes les plus importants? » En dernier lieu, dans toutes les consultations observées, aucune étudiante n'a fait de retour avec le traducteur afin de le remercier et de lui demander s' il avait des questions ou des commentaires. L'échange suivant l' illustre. Étudiante 7 (2012): Ils nous l'avaient conseillé au début, je pense qu'on l'a toutes [les étudiantes] fait la première fois ( ... ) Étudiante 8 (20 12) : Tu veux les passer vite les patients ... Étudiante 7 (20 12) : ( ... ) Mais ils disaient : « non, non, ça va ». Pis là tu posais des questions : « est-ce que quand j e disais ça ... », ils te répondent : « non, non c 'était correct ».

80 Les étudiantes de la cohorte 2012 ont expliqué avoir fait, au début du stage, ce retour avec les traducteurs, mais ceux-ci donnaient peu de commentaires (ex : les étudiantes parlent vite, difficulté à comprendre l'accent québécois, tout est correct) ou encore quittaient rapidement la salle pour prendre leur pause. Les étudiantes ont aussi admis ne pas avoir pris l'initiative de faire le renforcement : «Ou ben nous autres on passait par-dessus pis on allait faire autre chose» (Étudiante 3, 2012). Enfin, elles reconnaissaient l'importance du renforcement du rôle des traducteurs. Étudiante 4 (2012): Je pense que même s'ils nous disent rien à part qu'on parle un peu vite, c'est important qu'on leur dise que leur travail c'est important pis de les renforcer.( ... ) Qu'on leur dise qu'ils font un bon travail. Bref, lors de l'étape de l'accueil, la plupart des étudiantes ont démontré des habiletés à utiliser une approche indirecte, à rappeler la confidentialité de la consultation et à rassurer le patient. Également, la conclusion avec le patient, c'est-à-dire de le remercier dans la langue locale et de l'accompagner à la pharmacie a été fort appréciée par les patients qui 1' ont mentionné lors de leur entretien. Par contre, le retour avec les traducteurs après les consultations (pour clarifier certaines informations et renforcer leur rôle) a été négligé par toutes les étudiantes, bien que cela leur avait été suggéré dans la formation complémentaire. 3.2.2.2 Le questionnaire. Lors du questionnaire, les étudiantes ont démontré leurs habiletés à adapter leurs questions au contexte culturel du patient (p. ex. : utilisation de l'échelle nominale pour évaluer la douleur). Aussi, certaines étudiantes qui avaient appris des mots en wolof les utilisaient dans leur questionnaire, ce qui faisait souvent rire le patient et le traducteur. Consultation 6 : «Bop méti? (mal de tête)», «Estomac, est-ce que ça fait mal? Demeti (douleur, en pointant l' estomac)» -Oui. La traductrice explique en riant comment on dit oui et non en wolof, « Bakan (nez)», « Nop (oreille)». L'étudiante 12 prend sa température buccale en lui disant en wolof de fermer la bouche, la traductrice répète. La variable de l'organisation sociale des patients a été davantage évaluée en superficie. Bien que les étudiantes leur demandaient leur état marital (ex: Êtes-vous marié? Combien de co épouses avez-vous?), le nombre d'enfants et leur type d' activité/travail (ex : qu' est-ce que vous faites comme travail?), elles ont eu quelques difficultés à intégrer les informations en lien avec 1' organisation sociale et la culture locale. À titre d'exemples, voici des

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