LE PATIENT AUX COMMANDES - CEA Saclay
LE PATIENT AUX COMMANDES - CEA Saclay
LE PATIENT AUX COMMANDES - CEA Saclay
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PROCÉDÉS<br />
> PAGE 5<br />
Musica, un air neuf<br />
pour le soudage<br />
AGRO-ALIMENTAIRE<br />
> PAGE 7<br />
Mieux conserver la viande<br />
sous emballage<br />
AUTOMOBI<strong>LE</strong><br />
> PAGE 10<br />
Les défauts de faisceaux<br />
localisés à 10 cm près<br />
<strong>CEA</strong><br />
www.cea-technologies.com<br />
tEChnologiEs<br />
#87<br />
OCTOBRE-NOVEMBRE 2007<br />
PARAPLÉGIE ET STATION DEBOUT<br />
<strong>LE</strong> <strong>PATIENT</strong><br />
<strong>AUX</strong><br />
<strong>COMMANDES</strong><br />
Pages 2 & 3<br />
Photo Richard Gardette
REEducation fonctionnelle :<br />
le patient reprend<br />
les commandes<br />
TIC<br />
Se mettre debout grâce à une stimulation électrique des muscles des jambes, déclenchée par<br />
des gestes volontaires : c’est la perspective ouverte aux patients paraplégiques par un module<br />
de reconnaissance du mouvement mis au point au <strong>CEA</strong>/Léti. Bientôt testé dans un centre de<br />
rééducation de Montpellier, il pourrait conduire à terme à un dispositif industriel.<br />
INRIA (C.Lebedinsky)<br />
Un patient paraplégique qui, grâce à<br />
une légère inclinaison du buste vers l’avant,<br />
déclenche la stimulation électrique des<br />
muscles des jambes et se retrouve debout :<br />
cette image frappante pourrait devenir un<br />
jour réalité grâce aux travaux du <strong>CEA</strong>/Léti,<br />
eux-mêmes partie prenante de ceux d’un<br />
centre de rééducation* et d’un laboratoire<br />
public de Montpellier**.<br />
Le Léti a développé une centrale d’attitude,<br />
dispositif capable de se localiser précisément<br />
dans les trois dimensions***. Rodolphe<br />
Héliot, doctorant au Léti et à l’INRIA<br />
Rhône-Alpes a mis au point un traitement<br />
Centrale d’attitude et sa station<br />
d’acquisition – L’utilisation<br />
d’accéléromètres et de magnétomètres<br />
permet de faire chuter le coût et la<br />
consommation par rapport aux capteurs<br />
de mouvements classiques à base de<br />
gyroscopes.<br />
du signal très fin capable d’identifier l’intention<br />
de se lever (cf. figures ci-dessous) :<br />
“valides ou non valides, nous esquissons<br />
le passage de la station assise à la station<br />
debout par une inclinaison du buste<br />
vers l’avant. La version actuelle de notre<br />
dispositif reconnaît ce mouvement à 97% et<br />
écarte 76% des inclinaisons du buste visant<br />
une autre finalité, par exemple attraper<br />
un verre devant soi”. Chiffre qui va encore<br />
être amélioré afin de permettre, chez une<br />
personne paraplégique, de déclencher à<br />
bon escient la stimulation électrique des<br />
membres inférieurs.<br />
Cette stimulation, encore au stade expérimental,<br />
est notamment étudiée par le centre<br />
de rééducation Propara avec le laboratoire<br />
m ont p elliérain<br />
LIRMM. “Il s’agit de<br />
trouver la séquence<br />
d’activation musculaire<br />
qui associe l’efficacité,<br />
la stabilité et la sécurité, tant pour<br />
le lever de chaise que pour le maintien en<br />
station debout, explique le docteur Charles<br />
Fattal, médecin-chef de Propara. Dans<br />
un second temps, nous comptons aussi<br />
étudier les facteurs générateurs de fatigue<br />
musculaire, pour faire durer cette station<br />
debout le plus longtemps possible.”<br />
Par rapport à une stimulation 100% extérieure,<br />
sans participation du patient, le<br />
“Vivre au même niveau que les<br />
personnes valides, ce n’est plus<br />
vivre à hauteur de fauteuil.”<br />
Les applications<br />
R Aide aux patients paraplégiques<br />
en position assise pour passer<br />
en position debout ; aide à la<br />
rééducation fonctionnelle à la marche<br />
des patients hémiplégiques<br />
dispositif du Léti aurait l’intérêt de remettre<br />
au premier plan la volonté du patient et<br />
de rendre le mouvement aussi naturel que<br />
possible : “le cœur du développement a été<br />
la mise au point d’une commande temps<br />
réel parfaitement synchronisée avec l’enchaînement<br />
naturel des gestes, explique<br />
Rodolphe Héliot. Pour y parvenir, nous<br />
avons mis au point des algorithmes qui<br />
réduisent le temps de<br />
calcul à 1 à 2 ms, bien<br />
que le signal à traiter<br />
soit très complexe”.<br />
Au-delà de la rééducation<br />
en centre spécialisé, les personnes<br />
paraplégiques pourraient aussi gagner en<br />
autonomie dans la vie quotidienne : saisir<br />
un livre sur une étagère, se mettre à la<br />
hauteur du guichet dans un service public,<br />
discuter “ à hauteur d’homme ” avec les<br />
autres invités d’une soirée...<br />
Si les essais cliniques sont concluants, le<br />
Léti compte intégrer la centrale d’attitude<br />
et le calculateur à un stimulateur électrique<br />
INRIA<br />
Qu’on soit valide ou non, tout mouvement de lever commence par une inclinaison du buste vers l’avant (déplacement du centre de gravité).<br />
La centrale d’attitude détecte cette inclinaison et déclenche la stimulation électrique des muscles des jambes, avec un temps de réponse<br />
équivalent à celui du mouvement naturel.<br />
<strong>CEA</strong> technologies #87-OCTOBRE|NOVEMBRE 2007 > 2
témoignagE<br />
Philippe Neumager<br />
du marché, avec l’appui d’un partenaire<br />
industriel familier du monde médical et de<br />
ses normes techniques.<br />
En parallèle, le laboratoire a étudié et<br />
testé sur robot bipède l’utilisation de<br />
son dispositif pour la rééducation à la<br />
marche des patients hémiplégiques. La<br />
centrale d’attitude est fixée sur le membre<br />
inférieur valide, enregistre la fréquence<br />
et l’amplitude du pas et déclenche sur le<br />
membre inférieur déficient une stimulation<br />
électrique équivalente, pour que la marche<br />
reste équilibrée. Le geste volontaire du<br />
patient devient là encore le déclencheur<br />
du mouvement global, en lieu et place d’un<br />
dispositif extérieur.<br />
*Centre mutualiste neurologique Propara<br />
** Equipe Demar du laboratoire LIRMM (CNRS - INRIA -<br />
Université de Montpellier)<br />
*** Il fait l’objet d’un transfert et d’un accord de licence<br />
avec la start-up Movea créée cette année<br />
INRIA<br />
le module, fixé au-dessus<br />
du genou gauche de<br />
l’expérimentateur, commande<br />
sur le robot des pas d’une<br />
fréquence rigoureusement<br />
identiques. Ce même principe<br />
sera appliqué chez les patients<br />
hémiplégiques pour la<br />
synchronisation jambe valide<br />
– jambe déficiente.<br />
points foRts<br />
R Dispositif léger, compact, peu<br />
coûteux<br />
R Maîtrise du traitement de signal<br />
temps réel : le geste naturel est<br />
respecté<br />
R Rééducation commandée par les<br />
gestes volontaires du patient<br />
ExpERt tEchniQuE<br />
Dominique David<br />
<strong>CEA</strong>/<strong>LE</strong>TI - DRT<br />
contact<br />
Tél : 04 38 78 50 50<br />
relation.entreprises@cea.fr<br />
doctEuR chaRlEs fattal,<br />
médEcin-chEf du cEntRE pRopaRa :<br />
“lEs patiEnts paRaplégiQuEs<br />
ont bEsoin dE sE tEniR dEbout ”<br />
le docteur charles fattal,<br />
médecin-chef du centre<br />
de rééducation Propara<br />
(Montpellier) :<br />
« la stimulation électrique<br />
fonctionnelle permettrait<br />
de se lever sans dépense<br />
d’énergie excessive».<br />
INRIA (C.Lebedinsky)<br />
“Dans la période qui suit leur accident, beaucoup de<br />
personnes paraplégiques sont victimes d’une déminéralisation<br />
osseuse de type ostéoporose qu’il faut<br />
combattre par voie médicamenteuse et en multipliant<br />
les stations debout sur des durées de 30 à 90 minutes.<br />
On peut le faire avec des dispositifs passifs de type<br />
plan incliné ou appareil de verticalisation. Mais<br />
le mieux est d’y associer activement le patient,<br />
qui travaille aussi à sa réadaptation au quotidien.<br />
Beaucoup finissent par retrouver une indépendance<br />
complète pour passer du fauteuil roulant à la voiture,<br />
ou du fauteuil au lit, mais c’est au prix d’efforts répétés<br />
des membres supérieurs qui provoquent parfois des<br />
graves lésions aux épaules. La stimulation électrique<br />
fonctionnelle, associée à la détection de mouvements,<br />
leur permettrait de se lever en réduisant leur dépense<br />
énergétique. L’enjeu est aussi psychologique : vivre au<br />
même niveau que les personnes valides, ce n’est plus<br />
vivre à hauteur de fauteuil.”<br />
Movea, centième société technologique essaimée du <strong>CEA</strong>, a<br />
été créée en mars 2007. Elle est spécialisée dans la capture de<br />
mouvement. lire p.7<br />
sommaiRE#87<br />
TIC<br />
> Aider les patients paraplégiques<br />
à se mettre debout seuls .................................. p. 2 et 3<br />
> Vibee, l’interface qui parle<br />
en vibrant ................................................................................... p.4<br />
PROCÉDÉS<br />
>MUSICA optimise la simulation<br />
des procédés de soudage................................................ p.5<br />
VIVANT<br />
> Curiethérapie : tester toutes les sources,<br />
c’est possible ......................................................................... p.6<br />
> Les cyclodextrines, alliées<br />
de la conservation des viandes ..............................p.7<br />
OUTILS<br />
> Laser : 100% de sécurité avec<br />
les lunettes virtuelles ...................................................... p.9<br />
> Faisceaux automobiles : les défauts<br />
localisés à 10 cm près ................................................... p.10<br />
mATÉRI<strong>AUX</strong><br />
>Microcomposites, une nouvelle vie<br />
pour les plaques bipolaires...........................................p.12<br />
mmS<br />
> Start-up : Movea, spécialiste<br />
de la capture du mouvement .................................. p. 7<br />
> Edition : tout savoir<br />
sur les robots ......................................................................... p. 8<br />
> Site : F2T, l’accès direct<br />
aux technologies du public ....................................... p. 8<br />
> Brevet : un cryostat innovant pour l’étude<br />
d’échantillons sous vide ..............................................p. 8<br />
> Grenoble : un Showroom<br />
“Objets communicants“ dans Minatec ......p. 8<br />
> Expertise : des anneaux de bentonite .......... p. 11<br />
> Développement logiciel :<br />
avec Caveat, la productivité s’envole ............. p. 11<br />
<strong>CEA</strong> tEChnologiEs #87-OCTOBRE|NOVEMBRE 2007 > 3
REalitE virtuelle<br />
Vibee, ou la communication<br />
par les vibrationS<br />
TIC<br />
L’interface vibrotactile Vibee améliore le réalisme des dispositifs de réalité virtuelle en indiquant à l’utilisateur<br />
la proximité d’une zone critique, ou le contact avec un objet à éviter. Développée dans le cadre d’un projet avec<br />
PSA, elle complète le bras à retour d’effort. Un prototype 100% opérationnel est disponible.<br />
Immergé dans une scène de<br />
réalité virtuelle, vous cherchez à<br />
démonter un écrou situé dans un<br />
moteur de voiture, à une dizaine de<br />
centimètres d’une pièce brûlante...<br />
Un coup de clé énergique, et votre<br />
coude s’approche dangereusement<br />
de cette pièce : une vibration douce<br />
et continue au niveau du coude<br />
vous signale le danger. Un nouveau<br />
coup de clé et le coude touche<br />
fugitivement le métal chaud :<br />
cette fois, des vibrations intenses<br />
et répétées vous donnent l’alerte.<br />
L’écrou n’est toujours pas débloqué<br />
mais vous allez vous y prendre<br />
autrement !<br />
Cet exemple simple illustre l’intérêt<br />
de l’interface vibrotactile Vibee,<br />
développée par le laboratoire<br />
d’interfaces sensorielles du <strong>CEA</strong> LIST<br />
pour les besoins de PSA : elle améliore<br />
considérablement le réalisme des<br />
scènes simulées. “Le bras à retour<br />
d’effort a l’inconvénient de réduire<br />
l’opérateur à la main qui le déplace,<br />
note Samuel Roselier, du <strong>CEA</strong> LIST.<br />
Or, l’opérateur en situation réelle<br />
POINTS FORTS<br />
R Réalisme accru des<br />
simulations en réalité virtuelle<br />
R Coût très compétitif par<br />
rapport au retour d’effort<br />
R Dispositif léger, compact,<br />
simple (commande par clé USB<br />
Bluetooth ® )<br />
R Prototype disponible pour<br />
des simulations<br />
expert technique<br />
Samuel Roselier,<br />
<strong>CEA</strong> LIST - DRT<br />
contact<br />
Tél : 04 38 78 50 50<br />
relation.entreprises@cea.fr<br />
L’interface,<br />
particulièrement<br />
compacte,<br />
peut par exemple<br />
être fixée au<br />
niveau du coude<br />
pour compléter<br />
la simulation<br />
d’un démontage<br />
de pièce dans un<br />
moteur.<br />
Si le coude<br />
s’approche trop<br />
d’une zone<br />
critique, Vibee<br />
donne l’alerte<br />
en se mettant à<br />
vibrer.<br />
<strong>CEA</strong><br />
travaille avec tout son corps, d’où<br />
l’intérêt d’élargir la simulation.”<br />
Vibee y parvient en émettant des<br />
vibrations contrôlées en intensité<br />
(50 à 120 Hz) et dans le temps (en<br />
continu, plages d’une seconde, de<br />
plusieurs secondes). Ce “langage<br />
vibrotactile” est aisément compris<br />
par l’utilisateur. Sans pour autant<br />
que ce dernier soit gêné dans ses<br />
mouvements : le module pèse une<br />
trentaine de grammes et occupe un<br />
volume de moins de 20 cm 3 . Il peut<br />
être fixé directement sur la peau,<br />
ou tenu contre un membre par une<br />
lanière souple. La présence d’un<br />
vêtement n’altère pas la perception<br />
des vibrations.<br />
Quant au suivi dans l’espace de la<br />
partie du corps à surveiller (coude,<br />
dans notre exemple), il est effectué<br />
par un dispositif de capture de<br />
mouvement localisé dans les trois<br />
dimensions. “Dès l’entrée dans la<br />
zone critique, la mise en vibration<br />
de Vibee s’effectue en moins de<br />
50 millisecondes” précise Samuel<br />
Roselier.<br />
A partir du prototype actuel, en<br />
cours de test chez PSA, le laboratoire<br />
estime que Vibee fabriqué en<br />
grande série reviendrait à quelques<br />
dizaines d’euros l’unité ; c’est peu<br />
comparé aux milliers d’euros d’une<br />
interface à retour d’effort.<br />
De plus, l’interface vibrotactile<br />
pourrait trouver d’autres usages<br />
grâce au couplage avec des<br />
accéléromètres, que le <strong>CEA</strong> LIST<br />
explore avec des spécialistes du<br />
<strong>CEA</strong>/Léti : affiner la vitesse et la<br />
précision d’un geste sportif (avec<br />
déclenchement des vibrations<br />
en cas de dérive), s’exercer à la<br />
manipulation de pièces très fragiles,<br />
apprendre un geste chirurgical<br />
délicat... Autant d’applications<br />
dans lesquelles le rendu sensoriel<br />
serait associé à la capture du<br />
mouvement.<br />
Le laboratoire propose aux<br />
industriels d’adapter son prototype<br />
pour réaliser des démonstrations<br />
axées sur leur métier. Il cherche<br />
par ailleurs un partenaire extérieur<br />
intéressé par la production en<br />
volume.<br />
Les applications<br />
R Couplage avec une interface<br />
à retour d’effort pour des<br />
simulations de gestes en<br />
réalité virtuelle ; couplage<br />
avec des accéléromètres pour<br />
des simulations de gestes ou<br />
des captures de mouvement.<br />
<strong>CEA</strong><br />
<strong>CEA</strong> technologies #87-OCTOBRE|NOVEMBRE 2007 > 4
PRO<br />
CÉDÉS<br />
Engagé en septembre 2005 pour une durée de trois ans, le projet MUSICA a pour objectif de simuler le<br />
procédé de soudage à l’arc dans des temps et des coûts compatibles avec une utilisation dans l’industrie,<br />
tout en étant accessible à des non experts. Un premier démonstrateur chaînant trois logiciels de<br />
simulation numérique du soudage a été présenté avec succès.<br />
MUSICA optimise la simulation<br />
des procEdEs de soudage<br />
La simulation du procédé de<br />
soudage à l’arc pourrait sortir<br />
des laboratoires et faire son<br />
entrée dans l’industrie. Lancé à<br />
l’initiative du <strong>CEA</strong> en partenariat<br />
avec le CETIM, AREVA, l’éditeur<br />
français de logiciels ESI Group<br />
et l’Institut de Soudure, le projet<br />
MUSICA a en effet pour objectif<br />
d’étendre le domaine d’application<br />
de la simulation numérique du<br />
soudage (SNS). “Il existe bien des<br />
logiciels de simulation, mais leur<br />
complexité d’utilisation les réserve<br />
aux experts, dans le cadre d’études<br />
de R&D”, précise Guillaume de<br />
Dinechin, chef de laboratoire au<br />
<strong>CEA</strong> de <strong>Saclay</strong>.<br />
En intégrant des modules existants,<br />
notamment les logiciels<br />
Sysweld et Pam-A ssembly,<br />
ainsi qu’un module développé<br />
spécialement par le <strong>CEA</strong>, le projet<br />
Résultats de simulation<br />
thermique et comparaison calcul/<br />
expériences, après identification<br />
de la source de chaleur dans un cas<br />
d’assemblage de tubes soudés.<br />
Les applications<br />
R Optimisation des pièces à<br />
souder et des procédés de<br />
soudage. Le soudage à l’arc<br />
est utilisé dans de nombreux<br />
secteurs industriels :<br />
transports, énergie,<br />
construction mécanique,<br />
chaudronnerie, armement...<br />
MUSICA a déjà permis de proposer<br />
une solution plus large, offrant de<br />
meilleures capacités de prédiction<br />
des phénomènes physiques. “Les<br />
nouveaux modèles doivent par<br />
exemple prendre en compte plus de<br />
paramètres pour aboutir à des résultats<br />
plus proches de la physique, et<br />
donc du cas industriel.”<br />
Pour être performante et fiable,<br />
la simulation numérique doit en<br />
effet intégrer les comportements<br />
thermiques, métallurgiques et<br />
mécaniques du métal, ainsi que<br />
certains aspects chimiques des<br />
procédés de soudage. En outre,<br />
les outils actuels prennent encore<br />
trop de temps. MUSICA devra<br />
donc également accélérer les<br />
opérations.<br />
Maître d’œuvre de ce projet, le<br />
<strong>CEA</strong> travaille sur la partie amont<br />
du logiciel, qui concerne la modélisation<br />
de l’apport de chaleur<br />
aux pièces à souder. Il développe<br />
pour cela le logiciel “Procédé”,<br />
qui est intégré au logiciel final<br />
A quoi sert la simulation numérique<br />
de soudage ?<br />
<strong>CEA</strong><br />
La simulation numérique du soudage permet d’estimer les contraintes<br />
résiduelles et les déformations induites par le soudage. Elle permet de<br />
réduire le nombre de tests sur maquettes, d’aider à la conception des<br />
montages et d’optimiser les procédés de fabrication. La simulation permet<br />
enfin de réduire le nombre et la taille des défauts dans les produits finis.<br />
et permet d’optimiser l’étape<br />
d’identification des paramètres<br />
de la source de chaleur, jusqu’ici<br />
identifiés manuellement à l’aide<br />
de capteurs. Pour Olivier Asserin,<br />
chef de projet MUSICA, “Les logiciels<br />
actuels modélisent l’apport<br />
de chaleur en déterminant une<br />
‘source équivalente’. Dans le cadre<br />
de MUSICA, nous tentons, d’une<br />
part, d’améliorer le concept de<br />
source équivalente, et d’autre<br />
part de nous rapprocher du cas<br />
industriel en intégrant davantage<br />
de paramètres physiques, et donc<br />
en modélisant directement le<br />
procédé.“<br />
Déjà, un premier démonstrateur de<br />
chaînage des trois logiciels, fonctionnant<br />
avec la notion de source<br />
équivalente, a été présenté avec<br />
succès. Les chercheurs valident<br />
maintenant la solution sur des cas<br />
concrets proposés par les partenaires<br />
de MUSICA. “L’intégration<br />
de l’expérience de cas industriels<br />
complexes rendra la deuxième<br />
version de l’outil encore plus<br />
opérationnelle.” A suivre...<br />
<strong>CEA</strong><br />
La simulation permet<br />
de réduire le nombre de<br />
tests sur maquettes,<br />
d’aider à la conception<br />
des montages<br />
et d’optimiser<br />
les procédés de<br />
fabrication.<br />
POINTS FORTS<br />
R Logiciels de simulation<br />
accessibles, du non-spécialiste<br />
à l’expert<br />
R Temps de calculs réduits<br />
R Modularité : 3 logiciels<br />
complémentaires et<br />
autonomes avec une interface<br />
commune<br />
expert technique<br />
Guillaume de Dinechin<br />
<strong>CEA</strong>/<strong>Saclay</strong> - DEN<br />
contact<br />
Tél : 04 38 78 50 50<br />
relation.entreprises@cea.fr<br />
<strong>CEA</strong> technologies #87-OCTOBRE|NOVEMBRE 2007 > 5
Curietherapie du cancer de la prostate :<br />
un systEme tout en un<br />
pour tester les sources<br />
VIVANT<br />
Grâce à un système original de lévitation aérodynamique, les implants radioactifs destinés au<br />
traitement des cancers de la prostate peuvent subir en une seule étape et en quelques dizaines<br />
de secondes, l’ensemble des tests requis lors de leur production. A plus long terme, l’innovation<br />
pourrait être utilisée pour tester chaque source avant son implantation chez le patient.<br />
Les applications<br />
R Caractérisation des microsources<br />
pour le traitement<br />
des tumeurs prostatiques par<br />
curiethérapie et de tout autre<br />
objet de dimensions similaires,<br />
par exemple, les puces RFID<br />
implantables.<br />
<strong>CEA</strong><br />
en quelques mots<br />
Estimée à près de dix millions<br />
de pièces par an, la production de<br />
micro-sources pour le traitement<br />
par curiethérapie des cancers de<br />
la prostate impose de nombreux<br />
contrôles de qualité. Ces derniers<br />
sont réalisés séquentiellement à<br />
la main, ou partiellement automatisés.<br />
Or, des chercheurs du<br />
<strong>CEA</strong> LIST* viennent de mettre au<br />
point un dispositif qui permet de<br />
réaliser tous les tests nécessaires<br />
en une quarantaine de secondes<br />
seulement.<br />
Les micro implants radioactifs sont placés en lévitation dans un flux de gaz, à l’intérieur d’un<br />
tube conique en quartz (visible ici au centre de la photo), où ils subissent une batterie de tests.<br />
Habituellement, les sources sont<br />
maintenues face aux équipements<br />
de mesure par le biais d’un<br />
support dont la présence perturbe<br />
les résultats. Les scientifiques<br />
ont eu l’idée de les mettre en<br />
lévitation dans un flux de gaz, à<br />
l’intérieur d’un tube conique en<br />
quartz, matériau peu absorbant.<br />
“En régulant le flux gazeux, il est<br />
possible de maintenir la source à<br />
la hauteur voulue. Mieux, celle-ci<br />
entre en rotation sur elle-même<br />
et offre ainsi toutes ses faces aux<br />
La curiethérapie<br />
La curiethérapie est une alternative à la chirurgie et à la radiothérapie<br />
conventionnelle pour le traitement des cancers de la prostate localisés.<br />
Elle consiste à introduire dans la tumeur une centaine d’implants<br />
miniatures radioactifs, dont l’activité individuelle et l’énergie d’émission<br />
permettent de confiner la dose délivrée à la seule prostate. Leur<br />
géométrie interne complexe garantit en outre la visibilité de l’implant,<br />
aussi bien en radiographie conventionnelle qu’en échographie.<br />
mesures de radioactivité,” indique<br />
Guilhem Douysset, du <strong>CEA</strong> LIST.<br />
En plaçant l’ensemble des équipements<br />
nécessaires aux tests autour<br />
des sources, on obtient une caractérisation<br />
complète de ces dernières<br />
en un temps record : spectrométrie<br />
X pour le contrôle d’activité, spectrométrie<br />
pour le contrôle de la<br />
pureté radiochimique, imagerie<br />
visible pour le contrôle des dimensions<br />
de l’implant et de la qualité<br />
des soudures (avec une résolution<br />
de 30 μm), micro radiographie pour<br />
le contrôle de la structure interne de<br />
la source, etc.<br />
De plus, ce dispositif réduit considérablement<br />
les risques d’erreur de<br />
mesure et diminue la dose de rayons<br />
délivrée au personnel qui réalise<br />
le contrôle qualité. Une demande<br />
de brevet, déposée en mai 2006,<br />
a été acceptée récemment. Un<br />
démonstrateur a été présenté à des<br />
spécialistes de la production de ces<br />
implants.<br />
Les chercheurs travaillent sur une<br />
version de l’équipement destinée<br />
aux utilisateurs finaux capables<br />
de tester les sources en conditions<br />
stériles. “Cela permettrait de tester<br />
toutes les sources juste avant leur<br />
implantation par le médecin.<br />
Aujourd’hui, seuls 10% des implants<br />
sont contrôlés en milieu médical. Et<br />
comme les services de stérilisation<br />
des hôpitaux ne peuvent recevoir<br />
de matériel radioactif, les sources<br />
testées sont vouées à la destruction.”<br />
* Laboratoire national Henri Becquerel (LNHB)<br />
du <strong>CEA</strong> LIST<br />
POINTS FORTS<br />
R Quarante secondes pour la<br />
caractérisation complète d’un<br />
implant<br />
R Mesures moyennées, plus<br />
précises qu’avec les méthodes<br />
classiques<br />
R Contrôles de qualité en fin<br />
de production plus complets<br />
qu’actuellement<br />
R Moindre risque d’exposition<br />
des techniciens<br />
expert technique<br />
Guilhem Douysset<br />
<strong>CEA</strong> LIST / LNHB - DRT<br />
contact<br />
Tél : 04 38 78 50 50<br />
relation.entreprises@cea.fr<br />
<strong>CEA</strong> technologies #87-OCTOBRE|NOVEMBRE 2007 > 6
VIVANT<br />
Connue pour ses propriétés antioxydantes et antimicrobiennes,<br />
l’huile essentielle de basilic pourrait être utilisée en agroalimentaire<br />
pour améliorer la durée de conservation des viandes. Le <strong>CEA</strong> propose<br />
d’introduire cette substance dans les emballages de produits carnés,<br />
grâce aux propriétés originales des cyclodextrines.<br />
Les cyclodextrines,<br />
alliees de la conservation<br />
des viandes<br />
Les emballages des produits<br />
carnés pourraient bientôt être<br />
dotés de propriétés bactéricides.<br />
Des chercheurs du <strong>CEA</strong> de <strong>Saclay</strong><br />
envisagent en effet de créer un<br />
film polymère contenant un extrait<br />
(inodore) d’huile essentielle de<br />
basilic, substance connue pour ses<br />
vertus antimicrobiennes. Pour cela,<br />
ils comptent sur les cyclodextrines,<br />
des molécules capables de maintenir<br />
des principes actifs au cœur<br />
même du matériau.<br />
Les cyclodextrines sont des polysaccharides<br />
cycliques de taille variable,<br />
formés par des enchaînements<br />
d’unités glucose. Elles présentent<br />
une cavité interne capable de retenir<br />
temporairement des molécules<br />
hydrophobes. “Piégé par la cyclodextrine,<br />
le principe actif est ensuite<br />
relâché progressivement et de façon<br />
contrôlée dans le milieu environnant”,<br />
précise Laurent Mauclaire,<br />
du <strong>CEA</strong> de <strong>Saclay</strong>. Biocompatibles et<br />
biodégradables, les cyclodextrines<br />
sont déjà utilisées dans les domaines<br />
de la pharmacie et de la cosmétologie.<br />
Pour trouver une alternative<br />
à la technique de conservation sous<br />
vide, sujette au moindre défaut<br />
de l’emballage, les industriels du<br />
secteur explorent toutes les pistes.<br />
Les applications<br />
R Déjà utilisées en<br />
cosmétologie et pharmacie,<br />
les cyclodextrines intéressent<br />
l’agroalimentaire. Des<br />
cyclodextrines associées à<br />
des molécules aux propriétés<br />
antimicrobiennes pourraient<br />
bientôt être intégrées aux<br />
emballages des produits<br />
carnés.<br />
L’ADIV, le Centre technique Français<br />
de la filière Viande, s’est déjà montré<br />
intéressé.<br />
Les premiers tests réalisés au <strong>CEA</strong><br />
sur une cyclodextrine dérivée<br />
de l’amidon montrent que cette<br />
dernière retient très efficacement le<br />
composé actif de l’huile essentielle<br />
de basilic. Les chercheurs, qui<br />
maîtrisent parfaitement la chimie<br />
des cyclodextrines, pourront modifier<br />
le complexe afin d’optimiser son<br />
intégration dans les emballages de<br />
viande et répondre au mieux aux<br />
attentes des industriels. “Nous<br />
pouvons notamment modifier la<br />
structure des cyclodextrines de<br />
façon à jouer sur la vitesse de relargage<br />
du composé, et ainsi maintenir<br />
un taux constant d’huile essentielle<br />
dans le milieu.”<br />
Les chercheurs envisagent de<br />
réaliser ces emballages actifs en<br />
s’associant avec un laboratoire du<br />
<strong>CEA</strong> spécialisé dans les procédés<br />
sol-gel. ”L’assemblage de précurseurs<br />
composés de silicium et de<br />
cyclodextrines, forme un support<br />
solide auquel est ensuite intégrée<br />
l’huile essentielle de basilic. ” Afin de<br />
mener à bien ce projet, les équipes<br />
du <strong>CEA</strong> recherchent un partenaire<br />
industriel qui leur soumettra un<br />
cahier des charges.<br />
POINTS FORTS<br />
R Durée accrue de<br />
conservation de la viande<br />
R Cyclodextrines non toxiques<br />
et biocompatibles<br />
R Bonne connaissance des<br />
cyclodextrines et des procédés<br />
sol-gel<br />
R Plusieurs brevets déposés<br />
expert technique<br />
Laurent Mauclaire<br />
<strong>CEA</strong>/<strong>Saclay</strong> - DSM<br />
contact<br />
Tél : 04 38 78 50 50<br />
relation.entreprises@cea.fr<br />
La solution proposée par le <strong>CEA</strong><br />
a déjà retenu l’attention de l’ADIV,<br />
le Centre technique Français de la<br />
filière Viande<br />
iStock<br />
© Movea 2007<br />
MMS<br />
Start-up<br />
Movea,<br />
spécialiste de<br />
la capture du<br />
mouvement<br />
Créée en mars 2007 après<br />
incubation au <strong>CEA</strong> / <strong>LE</strong>TI<br />
et à l’incubateur Grain, la<br />
start-up Movea se positionne<br />
notamment sur les marchés<br />
de la santé et des interfaces<br />
gestuelles dans les applications<br />
grand public. Spécialiste des<br />
dispositifs de mesure du<br />
mouvement humain, Movea<br />
conçoit des microsystèmes<br />
capables de capturer et de<br />
quantifier les mouvements<br />
pour fournir des informations<br />
angulaires en trois dimensions.<br />
Dans le secteur Santé, les<br />
utilisations sont multiples :<br />
rééducation fonctionnelle, suivi<br />
post-opératoire, analyse de la<br />
qualité du sommeil, détection<br />
des situations de fragilité chez<br />
les personnes âgées...<br />
Movea envisage également<br />
d’insérer ses technologies de<br />
capture dans les équipements<br />
sportifs, les smartphones et<br />
les périphériques de jeu vidéo.<br />
Elle prévoit une levée de fonds<br />
auprès d’investisseurs privés et<br />
institutionnels pour soutenir son<br />
plan de développement R&D et<br />
commercial. Elle est la centième<br />
société technologique essaimée<br />
du <strong>CEA</strong> depuis la mise en place<br />
en 1985 d’une structure dédiée à<br />
l’essaimage.<br />
Contact<br />
Yanis Caritu<br />
06 88 01 24 03<br />
yanis.caritu@movea-tech.com<br />
<strong>CEA</strong> technologies #87-OCTOBRE|NOVEMBRE 2007 > 7
MMS<br />
<strong>CEA</strong><br />
Grenoble<br />
Un Showroom<br />
“Objets<br />
communicants”<br />
dans Minatec<br />
Un showroom dédié aux objets<br />
communicants sera inauguré avant<br />
la fin de l’année sur le site Minatec.<br />
Les visiteurs peuvent déjà y découvrir<br />
des systèmes fonctionnels issus des<br />
travaux des laboratoires grenoblois<br />
du <strong>CEA</strong>, dans les domaines de<br />
la récupération d’énergie, de<br />
la capture du mouvement, des<br />
matériaux proprioceptifs, de la<br />
“route intelligente” et des systèmes<br />
sans contact. Le showroom est en<br />
particulier ouvert aux industriels<br />
désireux d’innover dans leur domaine<br />
en incorporant dans leurs produits des<br />
composants miniaturisés.<br />
Contact<br />
Hélène Vatouyas<br />
<strong>CEA</strong> / <strong>LE</strong>TI<br />
04 38 78 42 05<br />
helene.vatouyas@cea.fr<br />
Site<br />
F2T, l’accès<br />
direct aux<br />
technologies<br />
du public<br />
Les industriels qui souhaitent<br />
connaître les technologies<br />
brevetées issues de la<br />
recherche publique disposent<br />
maintenant d’un site dédié.<br />
France Transfert Technologie<br />
(F2T), créé à l’initiative d’Oséo<br />
et du réseau Curie (transferts<br />
technologiques des universités),<br />
regroupe déjà plus de 700<br />
offres du <strong>CEA</strong>, de l’INSERM,<br />
des universités, du CNRS ou<br />
de l’Institut Pasteur. Elles sont<br />
classées par domaines d’activité<br />
(énergie, agro-alimentaire,<br />
électronique-informatique...),<br />
avec pour chacune un résumé,<br />
une description technique, les<br />
applications possibles, l’état de<br />
la propriété intellectuelle et les<br />
coordonnées d’un contact.<br />
La première version du site<br />
comporte une majorité<br />
d’offres dans le domaine<br />
des biotechnologies. La<br />
base de données s’élargira<br />
progressivement aux autres<br />
thèmes. F2T propose également<br />
un service “ recherche de<br />
compétences”, également ouvert<br />
aux industriels.<br />
Contact<br />
2 portails d’accès pour une même<br />
base :<br />
http://technologie.oseo.fr/<br />
http://www.f2t.fr<br />
Brevet<br />
Un cryostat innovant pour<br />
l’étude d’échantillons sous vide<br />
Le <strong>CEA</strong> a mis au point un cryostat destiné à l’étude d’échantillons<br />
sous vide (à l’aide d’un rayonnement électromagnétique).<br />
Sa particularité : il s’affranchit des limites habituelles de ce<br />
type d’instrument, à savoir l’angle d’admittance inférieur à<br />
180° et l’écartement entre l’échantillon et la paroi extérieure<br />
du cryostat supérieur à 2 mm. De plus, le dispositif proposé<br />
est peu encombrant et compétitif, grâce à l’utilisation d’azote<br />
gazeux sous pression plutôt que d’azote liquide. Le cryostat<br />
comporte un support d’échantillon (du mm 2 au cm 2 ) placé<br />
dans une enceinte sous vide et monté sur une extrémité libre<br />
de refroidissement d’un doigt froid. L’enceinte est une cavité<br />
transparente à ouverture unique (traversée par la partie doigt).<br />
Le corps du cryostat peut être mis en rotation pour la réalisation<br />
de mesures en angle. La température de fonctionnement se situe<br />
entre 80°K et 300°K, sous vide secondaire.<br />
Contact<br />
Sylviane Zaninotti<br />
<strong>CEA</strong>/DSM<br />
01 69 08 93 68<br />
sylviane.zaninotti@cea.fr<br />
<strong>CEA</strong><br />
Edition<br />
Tout savoir sur les robots<br />
Après Comment la réalité peut-elle être virtuelle ? les éditions du<br />
Pommier publient un nouvel opus des Petites Pommes du Savoir,<br />
intitulé Le robot, ami ou ennemi ? Ecrits par Rodolphe Gelin,<br />
responsable des programmes “Systèmes interactifs” au <strong>CEA</strong> LIST,<br />
ces ouvrages apportent des explications aux concepts<br />
d’interaction entre mondes réel et<br />
virtuel comme aux questionnements sur<br />
l’omniprésence des robots et leur rôle<br />
dans la société. Disponibles en librairie.<br />
Contact<br />
Rodolphe Gelin<br />
<strong>CEA</strong> LIST<br />
01 69 08 94 01<br />
rodolphe.gelin@cea.fr<br />
<strong>CEA</strong><br />
<strong>CEA</strong>technologies<br />
Le journal de l’offre technologique du <strong>CEA</strong> aux entreprises N° 87/// o c t o b r e-<br />
n o v e m b r e 2007. <strong>CEA</strong> - DRT/Direction de la valorisation/17 rue des Martyrs/38054<br />
Grenoble cedex 9. Tél. 04 38 78 40 60 - Fax 04 38 78 51 58 >>Dé p ô t lé g a l<br />
16.03.92. >>Ti r a g e 9 0 0 0 ex. >>Di r ec t e u r d e l a p u b l i c at i o n Jean-Charles Guibert<br />
>>Ré d a c t e u r e n c h e f Elisabeth Lefèvre-Remy >>Co m i t é d e r é d a c t i o n Claire Abou,<br />
Susana Bahri, Véronique Charreyron, Elisabeth Lefèvre-Remy, Frédéric Lardé, Romain<br />
Marlange, Jean-Bernard Poiré, Thierry Roll, Hélène Vatouyas, Gilles Vériot, Sylviane<br />
Zaninotti >>Ré d a c t e u r s j o u r n a l i s t e s Beno t Playoust, Clotilde Waltz >>Co n c e p t i o n/<br />
Ré a li sati o n magazine.fr (14 quai Lassagne 69001 Lyon-04 78 28 84 84) >>Cr é d i t s<br />
p h o t o s <strong>CEA</strong> Richard Gardette, iStock, Jean-Jacques Raynal, Olivier Sébart, PSA.<br />
Toute adaptation ou reproduction, même partielle des textes et informations parus dans <strong>CEA</strong><br />
Technologies est formellement interdite, sauf accord écrit de la rédaction du journal. ISSN 1166-7648<br />
Articles et abonnement sur<br />
www.cea-technologies.com<br />
<strong>CEA</strong> technologies #87-OCTOBRE|NOVEMBRE 2007 > 8
Des mini caméras CCD, des lunettes de vision virtuelle,<br />
un serre-tête : l’innovation paraît simple à première vue.<br />
Restait à avoir l’idée d’assembler ces éléments...<br />
Environnements laser<br />
La vision virtuelle<br />
garantit 100% de securite<br />
<strong>CEA</strong><br />
OUTILS<br />
Des lunettes de protection laser qui filtrent toutes les longueurs d’onde, toutes les puissances,<br />
et permettent de maintenir le faisceau visible : le <strong>CEA</strong>/DAM* l’a fait avec un dispositif de vision<br />
virtuelle équipé de deux caméras miniatures. Il est adaptable à d’autres applications, par exemple le<br />
soudage à l’arc.<br />
Jean-François Demonchy,<br />
chercheur au <strong>CEA</strong>/DAM, a conçu<br />
son invention à partir de technologies<br />
originales en assemblant<br />
des lunettes de vision virtuelle,<br />
caméras CCD miniaturisées, serretête<br />
et connecteurs audio et vidéo.<br />
L’innovation (brevet en cours) a<br />
permis d’assembler ces éléments<br />
pour offrir une solution 100% sûre<br />
aux personnes travaillant en environnement<br />
laser ; elle est extensible<br />
à d’autres environnement lumineux<br />
hostiles.<br />
“Aucune paire de lunettes laser<br />
classique ne couvre toutes les<br />
Les applications<br />
R Travail en environnement<br />
laser. Soudage à l’arc et autres<br />
environnements lumineux<br />
agressifs pour les yeux. Suivi à<br />
distance d’un opérateur isolé<br />
en environnement dangereux<br />
longueurs d’onde ni toutes les<br />
puissances, rappelle Jean-François<br />
Demonchy. Pour peu que le laboratoire<br />
compte plusieurs lasers,<br />
il faut jongler entre deux, voire<br />
trois paires”. De plus, ces lunettes<br />
doivent être régulièrement contrôlées<br />
pour garantir leur efficacité<br />
optimum.<br />
Avec la vision virtuelle, ces inconvénients<br />
disparaissent. Les yeux ne<br />
voient plus directement la scène :<br />
retransmise par les deux caméras<br />
CCD placées en partie supérieure<br />
du dispositif, elle est projetée sur<br />
un écran intégré aux lunettes.<br />
“Les matériels choisis fournissent<br />
une image de haute résolution et<br />
de grande taille : elle équivaut à un<br />
écran de 40 pouces vu à 2 mètres”<br />
précise Jean-François Demonchy.<br />
Autre avantage, la vision virtuelle<br />
laisse le faisceau laser apparent<br />
alors que, par définition, les<br />
lunettes filtrantes le font « disparaître<br />
», en même temps qu’une<br />
bonne partie du spectre visible.<br />
Ces situations conduisent parfois<br />
certains à enlever leurs lunettes -<br />
acte réflexe contre lequel se battent<br />
tous les responsables sécurité - par<br />
exemple pour des réglages de<br />
chaîne laser où il faut ajuster finement<br />
l’alignement dudit faisceau !<br />
Ici, ce geste dangereux n’a plus de<br />
raison d’être.<br />
Les caméras peuvent être choisies<br />
pour restituer des longueurs d’onde<br />
inaccessibles à l’œil humain, par<br />
exemple dans le proche infrarouge,<br />
et ainsi étendre le domaine d’application<br />
à d’autres environnements<br />
de travail agressifs pour les yeux.<br />
L’équipe <strong>CEA</strong> qui perfectionne le<br />
dispositif achève actuellement la<br />
réalisation d’un second prototype.<br />
Léger (200 grammes), alimenté<br />
par une batterie lithium-ion de 5<br />
heures d’autonomie, il sera utilisé<br />
en routine dans les laboratoires du<br />
Légères, alimentées par une batterie lithium-ion qui leur donne 5 heures d’autonomie, les lunettes virtuelles ne gênent en<br />
rien le travail en environnement laser. Tout en offrant un niveau de sécurité sans équivalent à ce jour.<br />
<strong>CEA</strong><br />
POINTS FORTS<br />
R Dispositif de protection<br />
universel et 100% sûr<br />
R Faisceau laser visible<br />
R Aucune maintenance<br />
préventive<br />
R Demande de brevet<br />
déposée<br />
expert technique<br />
Pierre Echeine<br />
<strong>CEA</strong> - DAM<br />
contact<br />
Tél : 04 38 78 50 50<br />
relation.entreprises@cea.fr<br />
laser Mégajoule, près de Bordeaux :<br />
“après optimisation, nous devrions<br />
atteindre un niveau de coût équivalent<br />
ou légèrement supérieur<br />
aux lunettes filtrantes classiques,<br />
estime Jean-François Demonchy.<br />
Mais notre dispositif remplacera<br />
plusieurs paires de lunettes et ne<br />
nécessitera aucun entretien, alors<br />
que les contrôles de qualité de<br />
filtration coûtent très cher.”<br />
Le <strong>CEA</strong> recherche actuellement un<br />
partenaire pour l’industrialisation<br />
et la commercialisation.<br />
En outre, l’invention peut servir de<br />
socle à des fonctions plus sophistiquées<br />
: déport de l’image vers<br />
un centre de contrôle pour le suivi<br />
d’opérations délicates, affichage<br />
d’une procédure ou d’une scène<br />
virtuelle superposée sur l’écran<br />
(réalité augmentée) pour aider un<br />
opérateur dans son travail... Sans<br />
oublier les situations comme le<br />
soudage à l’arc, où l’opérateur ne<br />
serait plus ébloui et pourrait voir<br />
l’ensemble de la scène.<br />
* Direction des applications militaires<br />
<strong>CEA</strong> technologies #87-OCTOBRE|NOVEMBRE 2007 > 9
Faisceaux automobiles<br />
les dEfauts dEtectEs<br />
a moins de 10 cm prEs<br />
outils<br />
Comment localiser précisément un problème physique sur un brin de faisceau automobile de plusieurs<br />
mètres de long ? Aujourd’hui, les garagistes consacrent beaucoup de temps au diagnostic du défaut sur<br />
le câblage. Demain, grâce à l’outil de diagnostic développé par le <strong>CEA</strong> LIST dans le cadre du projet Smart<br />
Electronics Embedded Diagnosis Systems (SEEDS), ils pourraient déterminer l’emplacement du défaut<br />
en quelques secondes, à moins de 10 centimètres près.<br />
P. Gripe/<strong>CEA</strong><br />
<strong>CEA</strong><br />
Panne de câblage, danger !<br />
Quand un garagiste y est confronté<br />
aujourd’hui, il dispose d’outils de<br />
diagnostic pour identifier le brin<br />
de faisceau en cause, au sein d’un<br />
réseau qui peut totaliser plusieurs<br />
kilomètres de fils. Mais si ce brin<br />
mesure 10 mètres de long et traverse<br />
tout le véhicule par des chemins<br />
capricieux, il n’a aucune indication<br />
sur l’endroit où il doit intervenir. Et la<br />
recherche peut durer des heures !<br />
Le <strong>CEA</strong> LIST a mené ses premiers<br />
travaux sur le sujet pour des<br />
applications nucléaires et élargit<br />
depuis plusieurs années ses études<br />
aux transports : recherches amont<br />
sur la méthode de détection,<br />
réduction de la fréquence de signal,<br />
prototypage et tests de validation<br />
sur des portions de faisceaux…<br />
La grande force de cette technologie<br />
est de réaliser cette localisation<br />
à environ 7 cm près aujourd’hui<br />
(en laboratoire),<br />
et sans doute 3<br />
ou 4 cm demain.<br />
Elle s’appuie sur<br />
la réflectométrie,<br />
te c hnique q ui<br />
consiste à envoyer<br />
un signal sonde<br />
haute fréquence<br />
(100 MHz) sur le<br />
brin et à mesurer<br />
l’altération du<br />
signal en retour, qui “signe”<br />
la nature du défaut (courtcircuit,<br />
fil cassé, connecteur<br />
défaillant) et son emplacement.<br />
“La réflectométrie est une technique<br />
lourde qui nécessite de s’associer à<br />
un laboratoire de pointe pour la<br />
mise au point d’outils innovants,<br />
souligne pour Delphi, l’un des<br />
partenaires du projet SEEDS,<br />
Charles-Henri Garih*. Elle est<br />
éminemment complémentaire de<br />
nos outils de diagnostic existants,<br />
Les applications<br />
R Localisation de défauts<br />
sur câbles automobiles,<br />
au garage et demain<br />
embarquée sur le véhicule ;<br />
localisation de défauts sur<br />
câbles dans des navires, des<br />
avions, sur des réseaux de<br />
distribution d’électricité…<br />
et c’est ce qui donne du sens à<br />
notre collaboration avec le <strong>CEA</strong>.”<br />
“L’objectif à terme serait d’équiper<br />
chaque véhicule d’une puce de<br />
diagnostic embarquée, précise<br />
Fabrice Auzanneau, du <strong>CEA</strong> LIST.<br />
Mais il faudra pour cela tomber à des<br />
coûts compatibles avec l’industrie<br />
automobile, ce qui suppose encore<br />
d’importants travaux.”<br />
L’outil de diagnostic pour garagistes<br />
constitue donc une étape<br />
<strong>CEA</strong> technologies #87-OCTOBRE|NOVEMBRE 2007 > 10
POINTS FORTS<br />
R Détection des défauts à<br />
quelques centimètres près<br />
R Temps et coût de réparation<br />
réduits au strict nécessaire<br />
R Trois brevets déposés<br />
R Technologie multi-marchés<br />
expert technique<br />
Fabrice Auzanneau<br />
<strong>CEA</strong> LIST - DRT<br />
contact<br />
Tél : 04 38 78 50 50<br />
relation.entreprises@cea.fr<br />
intermédiaire, mais aussi un marché<br />
à part entière.<br />
Delphi dispose depuis peu d’un préprototype<br />
conçu par le <strong>CEA</strong> LIST. Il<br />
va faire l’objet de tests et servir de<br />
support à une étude de marché,<br />
avant une possible industrialisation.<br />
“ Nous souhaitons tout d’abord<br />
valider l’adéquation de l’outil à son<br />
marché et dans le cadre de cette<br />
synergie veiller à la satisfaction de<br />
nos utilisateurs” explique Charles-<br />
Henri Garih.<br />
Ce s systèmes ont d ’aut re s<br />
applications en vue. Leur technologie<br />
permettrait par exemple de localiser<br />
des défauts sur les faisceaux des<br />
avions de ligne (400 km cumulés de<br />
câbles pour certains appareils !) ou<br />
des navires de croisière (2500 km sur<br />
le Queen Mary II) ; ou encore, sur les<br />
centaines de milliers de kilomètres<br />
de câbles enterrés servant à la<br />
distribution électrique. La précision<br />
de localisation serait alors dégradée<br />
(environ 10 mètres pour les câbles<br />
électriques), mais représenterait<br />
un énorme progrès au regard<br />
des fastidieuses recherches<br />
d’aujourd’hui.<br />
* Charles-Henri Garih est responsable de la<br />
ligne de produits outils de diagnostic automobiles<br />
de Delphi.<br />
Développement logiciel<br />
Avec Caveat,<br />
la productivité<br />
s’envole<br />
La vitesse de production de code<br />
qualifié par les ingénieurs de<br />
développement logiciel d’Airbus France<br />
a significativement augmenté depuis<br />
l’adoption de l’outil Caveat du <strong>CEA</strong><br />
LIST. Caveat permet d’effectuer des<br />
preuves mathématiques sur du code<br />
informatique ; l’une de ses applications<br />
majeures est la validation de propriétés<br />
assurant la sûreté du logiciel dans tous<br />
les cas d’exécution possibles. Cette<br />
technique de vérification automatique<br />
est issue d’un partenariat entre Airbus<br />
France et le <strong>CEA</strong> LIST. En décembre<br />
2006, l’utilisation de l’outil Caveat a été<br />
qualifiée au sens de la norme DO178B<br />
par la Direction des Programmes de<br />
l’Aviation Civile (DPAC) sur le niveau<br />
de code le plus critique, le niveau A.<br />
Cela signifie que la DPAC a autorisé<br />
Airbus à ne plus faire de tests sur du<br />
logiciel de niveau A, Caveat apportant<br />
la preuve nécessaire à la sûreté du<br />
code. De nouveaux développements<br />
sont aujourd’hui en cours autour de la<br />
méthodologie Caveat afin de l’étendre à<br />
d’autres systèmes logiciels critiques.<br />
Contact<br />
Fabrice Derepas<br />
<strong>CEA</strong> LIST<br />
01 69 08 55 32<br />
fabrice.derepas@cea.fr<br />
MMS<br />
<strong>CEA</strong><br />
Expertise<br />
Des anneaux de bentonite<br />
de 4 tonnes et 2,30 m<br />
de diamètre<br />
Le <strong>CEA</strong>, en partenariat avec les sociétés MPC et Segula<br />
Ingénierie, vient d’achever après trois ans de travaux<br />
préparatoires la réalisation de 13 anneaux de bentonite<br />
de 2,30 m de diamètre pesant chacun quatre tonnes.<br />
Ils constituent le démonstrateur de mise en place d’une<br />
barrière ouvragée dans une alvéole horizontale de déchets<br />
nucléaires.<br />
Le procédé utilisé était le compactage uniaxial dans un<br />
moule métallique rigide, bien adapté pour obtenir à partir<br />
d’une poudre d’argile et de grains de sable un anneau<br />
de grandes dimensions répondant à des spécifications<br />
mécaniques ou dimensionnelles très strictes. Tous les<br />
objets nécessaires au pressage, à la manutention et au<br />
stockage en conteneurs des anneaux ont également été<br />
fabriqués.<br />
L’acquis technique de ce projet européen permet<br />
d’envisager des applications où l’argile gonflante (les<br />
matériaux argileux en général) serait utilisée sous forme<br />
de pièces de construction de grandes dimensions telles<br />
que barrières étanches efficaces en cas d’inondations,<br />
rétention de liquides dangereux, etc.<br />
Contact<br />
Claude Gatabin<br />
<strong>CEA</strong>/DEN - 01 69 08 31 93<br />
claude.gatabin@cea.fr<br />
le cea, partenaire<br />
des industriels…<br />
Le <strong>CEA</strong> collabore chaque année avec une centaine de PME et de grands groupes.<br />
Pourquoi pas vous ?<br />
Types d’interventions<br />
Expertises et conseil, mise à disposition de moyens d’essais et de simulation, transfert de technologies,<br />
recherche en collaboration dans le cadre de partenariats et de laboratoires communs…<br />
thématiques<br />
Génie industriel et matériaux avancés, nouvelles technologies pour la santé,<br />
nouvelles technologies de l’énergie, nouvelles technologies de l’information et de la communication.<br />
Vous aussi, vous souhaitez faire bénéficier votre entreprise de cette opportunité, contactez-nous :<br />
iStock<br />
Email : relation.entreprises@cea.fr<br />
<strong>CEA</strong> technologies #87-OCTOBRE|NOVEMBRE 2007 > 11
Piles a combustible<br />
Les microcomposites rEinventent<br />
la fabrication des plaques bipolaires<br />
mATé<br />
RI<strong>AUX</strong><br />
En associant une formulation originale de poudre composite à une technique de mise en forme par<br />
thermocompression, le <strong>CEA</strong> réalise des plaques bipolaires innovantes pour les piles à combustible basses<br />
températures (type PEMFC). Outre une excellente conductivité et une bonne résistance mécanique, elles<br />
affichent un design sans défaut et un coût divisé par dix. De plus, leur production est plus rapide que par les<br />
méthodes classiques d’usinage.<br />
<strong>CEA</strong><br />
Pour résister aux conditions<br />
d’acidité, de température et de<br />
pression qui règnent dans les<br />
piles à combustible, les plaques<br />
bipolaires* doivent présenter des<br />
propriétés physico-chimiques<br />
élevées. Pour son partenaire industriel<br />
Hélion, le <strong>CEA</strong> a mis au point un<br />
processus de fabrication de plaques<br />
très novateur.<br />
Le secret réside d’abord dans le choix<br />
du matériau : plutôt que de miser<br />
sur les métaux (oxydables) ou le<br />
graphite (trop poreux et friable), les<br />
chercheurs ont opté pour les matériaux<br />
composites. En collaboration<br />
avec un industriel français spécialisé<br />
dans les polymères, ils ont mis au<br />
point une poudre innovante à base<br />
de thermoplastique (pour le liant)<br />
et de carbone (pour la conductivité<br />
électrique). “La technologie microcomposite<br />
permet d’augmenter les<br />
taux de carbone tout en conservant<br />
un excellent niveau de processabilité”,<br />
explique David Descarsin, du<br />
<strong>CEA</strong>.<br />
L’originalité de ces plaques tient<br />
par ailleurs à leur mode de mise<br />
Design d’études de moulage des<br />
canaux d’une plaque bipolaire.<br />
en forme. Les formulations microcomposites<br />
donnent naissance à<br />
une poudre à mouler, homogène<br />
et facilement transformable à<br />
chaud. Il est possible de mouler les<br />
canaux d’alimentation directement<br />
et en une seule étape, sur les deux<br />
faces de la plaque, à partir de<br />
techniques maîtrisées de plasturgie.<br />
“Le challenge réside alors dans<br />
l’optimisation des paramètres de<br />
mise en œuvre et de moulage afin<br />
d’obtenir un produit fini. On élimine<br />
ainsi l’étape d’usinage.” L’opération<br />
est gagnante sur tous les plans car<br />
les plaques obtenues présentent<br />
des propriétés très intéressantes :<br />
une conductivité électrique<br />
élevée (deux fois supérieure aux<br />
100 S/cm minimum nécessaires), et<br />
une bonne résistance à la température<br />
et aux efforts de serrage lors<br />
de l’empilement des plaques dans<br />
les “stacks“. Enfin, contrairement<br />
à l’usinage, la thermocompression<br />
permet d’obtenir un design parfait<br />
des canaux, sans «défaut». Enfin,<br />
parce qu’elle élimine cette phase<br />
d’usinage, la technologie réduit d’au<br />
moins 50% le temps de production<br />
des plaques, dont le coût est également<br />
diminué d’un facteur dix.<br />
Vue éclatée d’une pile<br />
à combustible en 3D.<br />
Chez Hélion, fabricants<br />
de piles à combustibles,<br />
les plaques bipolaires<br />
sont empilées pour<br />
former des “stacks”.<br />
A terme, le <strong>CEA</strong> espère réaliser des<br />
plaques multifonctions en intégrant<br />
directement les joints d’étanchéité<br />
pendant la phase de mise en forme<br />
et en réalisant un post-traitement<br />
hydrophobe de la surface pour<br />
faciliter l’évacuation d’eau. Il<br />
pourrait s’associer à un partenaire<br />
pour finaliser l’industrialisation des<br />
plaques.<br />
* Situées au cœur des piles à combustible, les<br />
plaques bipolaires assurent la conduction<br />
des électrons générés par les réactions électrochimiques,<br />
permettent l’alimentation en<br />
gaz et l’évacuation de l’eau et des calories.<br />
Les applications<br />
R Obtention de plaques<br />
dont les propriétés sont<br />
compatibles avec une<br />
utilisation pour les échanges<br />
de fluides et de gaz dans les<br />
piles à combustible, pour<br />
des applications mobiles ou<br />
stationnaires.<br />
POINTS FORTS<br />
R Conductivité électrique de<br />
200 S/cm, soit deux fois la<br />
conductivité minimale requise<br />
R Réduction d’environ 50% du<br />
temps de production (une étape<br />
unique de quelques minutes)<br />
R Coûts des plaques divisés<br />
par dix<br />
R Qualité «optimale» des<br />
canaux<br />
R Bonne résistance et<br />
mécanique<br />
R Conductivité thermique<br />
élevée<br />
expert technique<br />
Hervé Galiano<br />
<strong>CEA</strong>/<strong>Saclay</strong> - DEN<br />
CONTACT<br />
Tél : 04 38 78 50 50<br />
relation.entreprises@cea.fr<br />
<strong>CEA</strong><br />
<strong>CEA</strong><br />
<strong>CEA</strong> technologies #87-OCTOBRE|NOVEMBRE 2007 > 12