NAVIGO Fini de zoner le week-end ! Les abonnés ... - Ile-de-France

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NAVIGO Fini de zoner le week-end ! Les abonnés ... - Ile-de-France

LOÏC (PAGE 2) SARAH (PAGE 2) MICHÈLE (PAGE 3) KINAN (PAGE 3) MAÏDER (PAGE 3) STÉPHANE (PAGE 3) PHILIPPE (PAGE 3) RIZLENE (PAGE 6)

ALEXIS (PAGE 6)

LE JOURNAL DU CONSEIL RÉGIONAL

LA RÉVOLUTION

NAVIGO

Fini

de zoner le week-end !

Les abonnés des transports en commun

peuvent sillonner la région sans limites.

UNIVERSITÉS

La Région réaffirme

sa tradition d’accueil

des étudiants

étrangers. P. 5

JOURNALISME

Le grand reporter

John Paul Lepers

et des jeunes des

quartiers montrent

les cités autrement. P. 11

www.iledefrance.fr

Oct.-Nov. 2012 – N° 43


2

L’ACTUALITÉ

OCT.-NOV. 2012

L’ACTUALITÉ

02 Portrait d’Agnès

Ceccaldi, médiatrice

culturelle au lycée.

03 D’importantes évolutions

en vue pour l’information

régionale.

04 Face-à-face :

Jean-Paul Huchon

dialogue avec

deux Franciliens.

05 L’accueil des étudiants

étrangers, une tradition.

05 Baromètre

des Franciliens.

DANS LE MONDE

06 À Santiago, un lycée

ressort de terre avec

l’aide de la Région.

06 Chassé-croisé : Rizlene

Bouchemoua est partie

aux États-Unis, tandis

qu’Alexis Cardenas

s’est installé à Paris.

LE DOSSIER

07 LA RÉVOLUTION

NAVIGO

Fini de zoner ! Place aux

week-ends sans limites !

09 Du mieux sur les rails,

avec de nouvelles

stations de métro

et de tramway.

09 Trois questions à :

Pierre Serne,

vice-président

de la Région.

LES INITIATIVES

10 L’édition Île-de-France

du Trivial Pursuit

est sortie.

11 L’info vue de la banlieue

avec John Paul Lepers.

L’HISTOIRE

12 La justice des mineurs

se cherche toujours.

12 C’était le 11 octobre

1972… Le procès

de Bobigny s’ouvre.

LES SORTIES

13 Nos rendez-vous

culture et loisirs.

13 L’art contemporain

au coin de la rue.

LES TRIBUNES

14 EXPRESSION DES

GROUPES POLITIQUES.

ALENTOURS

16 La Haute Vallée de

Chevreuse, un lieu

de promenade et de vie.

À VOUS

LA PAROLE !

© XAVIER SCHWEBEL/PICTURETANK

PASSERELLES Agnès Ceccaldi est l’une des 13 médiateurs culturels

qui, depuis un an, travaillent dans les établissements franciliens.

L’ART DE RÉENCHANTER LE LYCÉE

Un contact dans une

salle de spectacles ?

Des conseils pour

monter une expo photos ou

un concert ? Des informations

sur des aides aux projets

artistiques ? Agnès

Ceccaldi met de l’huile et

de l’art dans les projets

culturels des lycées : cette

musicienne de 42 ans est

devenue l’an dernier médiatrice

culturelle aux lycées

Alfred-Nobel à Clichy-sous-

Bois (93), ainsi que Gaston-

Bachelard et Louis-Lumière

à Chelles (77). Ce dispositif,

créé par la Région et mis

en œuvre par Arcadi, établissement

public de coopération

culturelle, a pour

l’ins tant recruté 13 mé -

diateurs sur toute l’Île-de-

France. Leurs missions :

initier et accompagner les

projets artistiques des

lycéens et des professeurs,

en leur faisant connaître les

dispositifs des collectivités,

mais aussi les lieux culturels,

et en les aidant à trouver

des financements…

Palpitations

« Je ne suis pas une animatrice,

mais une facilitatrice,

précise Agnès Ceccaldi, les

projets sont mis en œuvre

avant tout par les élèves.

Moi, je suis là pour passer

un témoin, pour les ouvrir

à la culture, les mettre

en action et leur donner

confiance en leurs capacités.

» La jeune femme,

au teure, compositrice et in -

terprète de chansons au

piano, avait longtemps pratiqué

la pédagogie musicale

dans les écoles. Elle dé -

couvre désormais le monde

des adolescents : « À cet âge,

les lycéens palpitent d’envies

! Ils découvrent les arts,

Avec Autolib’, on va à Paris

en toute tranquillité,

à moindre coût et sans

connaître les problèmes

de stationnement.

LOÏC GUERET, CACHAN (94)

’’

Au lycée Alfred-Nobel

de Clichy-sous-Bois,

Agnès Ceccaldi va aider des élèves

à organiser un atelier de danse hip-hop.

mais aussi l’expression artistique

: ils dansent, s’initient

à la photo, s’intéressent à

la lecture ou à l’écriture… »

Bien loin des clichés sur les

jeunes de banlieue qui ne

font rien ! Le travail d’Agnès

commence avec l’équipe

pédagogique de chaque

lycée. Des professeurs souvent

motivés pour lancer

des projets artistiques ou

culturels, mais qui, parfois,

n’ont pas les ressources.

© XAVIER SCHWEBEL/PICTURETANK

À Chelles, par exemple, Agnès

renforce les liens déjà tissés

avec des lieux comme la salle

de musiques actuelles Les Cuizines,

le centre d’art contemporain

Les Églises, le théâtre

de la ville ou le cinéma Étoile

Cosmos. « Avec Les Cuizines,

des élèves de filière élec tronique

mèneront un projet sur l’histoire

et les techniques de l’enregistrement

sonore. D’autres, en

option musique, composeront

des mélodies sur des poèmes

L’intermédiation locative

va dans le bon sens, mais

il faudrait d’autres aides

pour pouvoir étudier

plus sereinement.

SARAH SADAK, ASNIÈRES-SUR-SEINE

’’

(92)

© STEPHAN ZAUBITZER/PICTURETANK

d’Aragon et les interpréteront

sur scène, lors du Printemps des

poètes 2013. »

À Alfred-Nobel, une enseignante

l’a sollicitée pour participer

à un travail de mémoire

sur l’exil avec les habitants de

Clichy-sous-Bois. « Ce projet

s’appuiera sur la collecte et la

production de récits, d’images

et de chants témoignant des

origines culturelles diverses de

la population clichoise. Plusieurs

profs sont désormais

mobilisés sur ce projet ! »

explique Agnès avec enthousiasme.

Elle évoque aussi la

réouverture de la Maison des

lycéens à Gaston-Bachelard,

les élèves peuvent organiser

concerts ou expos photos…

Je suis une

facilitatrice. Je suis là

pour passer un témoin,

pour ouvrir les jeunes

à la culture.

Agnès savoure les premiers

fruits de son travail, qu’elle

n’envisage qu’en équipe, avec

les professeurs, les lycéens, et

les autres médiateurs culturels

avec lesquels les échanges sont

fructueux. Surtout, elle prépare

avec dynamisme cette

nouvelle année scolaire déjà

riche en projets : ciné-débats à

Chelles, atelier de danse hiphop

à Clichy… Avec la satisfaction

de participer ainsi à la

réussite scolaire des lycéens :

« Les élèves ouverts à la culture

deviennent plus curieux, re -

prennent confiance en eux

à travers la pratique artistique…

Mettre l’art au service

des apprentissages, c’est tout

sauf contradictoire !»

JULIE VÉDIE

h www.mediateurcultureliledefrance.fr ;

www.arcadi.fr

ÎLE-DE-FRANCE OCTOBRE-NOVEMBRE 2012 Nº 43


L’ACTUALITÉ 3

© XAVIER SCHWEBEL/PICTURETANK

Avec le dézonage le weekend,

on peut se balader

dans la région et découvrir

son patrimoine, en évitant

les embouteillages !

MICHÈLE LACÔTE, COURBEVOIE (92)

’’

© XAVIER SCHWEBEL/PICTURETANK

Les transports publics,

ici, sont performants, mais

il faudrait plus de RER,

et qu’ils circulent plus tard

le week-end.

KINAN DRAK-ALSIBAI, ACHÈRES

’’

(78)

78

92

CHELLES

VERSAILLES

SAINT-CLOUD

MENNECY

CRÈVECŒUR-EN-BRIE

91

77

TEMPS

FORTS

© LAURENT VILLERET/DOLCE VITA/PICTURETANK

AFFLUENCE RECORD

À ROCK EN SEINE

Avec plus de 110 000 festivaliers,

Rock en Seine a battu un nouveau

record, fin août ! Cette édition des

10 ans a été marquée par de jolies

découvertes (Little Dragon, Hyphen

Hyphen…), des créations (Get Well

Soon avec l’Orchestre national d’Îlede-France),

un concert des ex-révéla

tions du dispositif Avant-Seine, un

revenant (Noel Gallagher, du groupe

Oasis, qui s’était séparé presque en

direct en 2009) et des têtes d’affiche

à gros son (Placebo, The Black

Keys et Green Day). Rendez-vous fin

août 2013 au domaine de Saint-

Cloud (92), oh yeah !

© LAURENT KRUSZYK

LES FRANCILIENS

S’INVITENT À LA RÉGION

L’Élysée, Matignon ou encore l’Assemblée

nationale ont l’habitude

d’ouvrir leurs portes lors des Journées

du patrimoine, en septembre.

Pour le conseil régional, c’était une

nouveauté cette année. L’occasion

de découvrir l’hémicycle où siègent

les élus, rue de Babylone, à Paris 7 e .

Et, tout près, rue Barbet-de-Jouy,

l’hôtel de région, où le président a

son bureau. Dans ce cadre, le public

pouvait même avoir un aperçu du

patrimoine francilien, grâce à l’expo

photos « Paysages d’Île-de-France :

persistances/mutations ». h www.

iledefrance.fr/patrimoines-et-inventaire

© V. VERMEIL/TEMPS MACHINE/PICTURETANK

INFORMATION 84 % des lecteurs d’Île-de-France attendent

des évolutions importantes de leur journal. Message reçu.

À LA RENCONTRE DES FRANCILIENS

Vous l’avez entre les mains, l’avez reçu dans

votre boîte aux lettres ou à proximité d’une

gare : le journal de la Région existe depuis

octobre 2005, et il entame une petite révolution.

Une refonte qui fait suite au travail réalisé par

l’institut Viavoice, lequel a sondé quelque

1 000 Franciliens et a réuni une quarantaine de

lecteurs pour passer au crible cet outil d’information.

Que pensez-vous du format ? Et de la qualité

du papier ? Les photos sont-elles suffisamment

mises en valeur ? Les articles sont-ils assez fouillés ?

Quelle est la juste place à accorder aux élus et à la

vie du conseil régional ? Et, six numéros par an,

est-ce trop… ou pas assez ?

Parmi les principaux enseignements, une large

majorité des lecteurs considère que le journal

MAÏDER

CHANGO-

BEFFA,

directrice associée

de l’institut de

sondage Viavoice.

Les Franciliens sont

en attente d’informations

de la part de la Région,

notamment sur les grands

projets d’aménagement,

les transports. Mais

ils veulent également

voir comment

ces problématiques

sont abordées dans

d’autres métropoles.

© L. VILLERET/DOLCE VITA/PICTURETANK

STÉPHANE

DIEUTRE,

consultant,

spécialiste

des médias.

L’enjeu pour la Région, c’est

de faire comprendre aux

Franciliens qu’elle est un

acteur décisif de la transition

vers un monde qui s’invente,

c’est d’arriver à parler de

choix profonds qui auront

un impact sur le long terme.

Il lui faut rendre ces choix

concrets, pour qu’ils soient

compréhensibles par tous.

s’adresse à tous les Franciliens dans leur diversité

(70 %), qu’il porte une vision de l’avenir (61 %), qu’il

est dynamique (56 %) et qu’il s’intéresse à tous les

territoires (55 %). En revanche, 84 % des sondés

réclament des évolutions, des informations plus

développées (82 %), un format plus petit, plus pratique

(73 %).

Des remarques analysées, décortiquées et prises

en compte dans ce qui sera, dès février, un tout

nouveau magazine régional. Celui-ci sera plus

en phase avec son temps, plus ouvert aux questions

qui traversent la société. Un magazine qui se

nourrira du numérique autant qu’il s’y prolongera,

afin de permettre une contribution réelle des

internautes et une participation des Franciliens

à la vie de la rédaction.

PIERRE CHAPDELAINE

© L. VILLERET/DOLCE VITA/PICTURETANK

PHILIPPE

ALBEROLA,

directeur

de clientèle

de l’agence

Spintank.

Pour instaurer un dialogue

nouveau avec les citoyens,

la Région Île-de-France doit

développer une stratégie

plurimédia, mieux articuler

les contenus entre son site

Internet, les réseaux sociaux

et le magazine papier.

Cela suppose une nouvelle

posture, un nouveau

langage, un nouveau style.

© ÉMILE LOREAUX/PICTURETANK

PRÈS DE

CHEZ VOUS

(91)

VERRIÈRES-LE-BUISSON

Top départ ! Les résidents

de la maison de retraite

Saint-Charles ont désormais

à leur disposition un minibus

de neuf places pour aller

faire des courses et

des promenades.

(92)

CHAVILLE

Quels talents ! Ébénistes,

tapissiers ou joailliers

pourront, fi n 2013, louer des

ateliers dans une demeure

de la fi n du XIX e siècle

transformée en hôtel des

métiers d’art.

(94)

BRY-SUR-MARNE

Bien nommée… Les locaux

de Regain, la structure

d’aide au sevrage alcoolique

de l’hôpital Saint-Camille,

seront bientôt rénovés…

et adaptés à l’organisation

d’ateliers d’art-thérapie.

(77)

CRÈVECŒUR-EN-BRIE

Un, deux, trois, soleil ! Fini le

préfabriqué. Les enfants ont,

depuis la rentrée, une toute

nouvelle et toute belle école

maternelle.

(78)

VERSAILLES

En selle ! Une piste cyclable

de 110 m avec bordures

paysagées sera mise en

service en novembre dans

l’avenue de l’Europe.

(93)

ÉPINAY-SUR-SEINE

Pratique. Une nouvelle

crèche collective de

40 places ouvrira en janvier,

au rez-de-chaussée d’un

immeuble, rue d’Ormesson.

(95)

GONESSE

But ! Grâce à une pelouse

synthétique, plus résistante

que le gazon, le stade

Eugène-Cognevaut pourra,

dès novembre, accueillir

plus de matchs de foot.

(91)

MENNECY

Plus sûr. Trop dangereux,

le passage à niveau près

de la gare sera supprimé en

2014. Sont d’ores et déjà

en chantier un souterrain

et une déviation.

(75)

PARIS 14 E

À fl ot. L’institut pour jeunes

polyhandicapés Les Amis de

Laurence engagera de gros

travaux pour proposer des

activités de balnéothérapie.

© J.-L. DIAS/LE CARTON/PICTURETANK

ÎLE-DE-FRANCE OCTOBRE-NOVEMBRE 2012 Nº 43


4

L’ACTUALITÉ

FACE-À-FACE

JEAN-PAUL HUCHON

EN DIRECT

DU CONSEIL

RÉGIONAL

CONFIANCE RÉCIPROQUE

Le 12 septembre, les présidents de région étaient à

l’Élysée pour définir un nouveau contrat avec l’État en

faveur de la croissance et de l’emploi. En ont découlé

15 engagements, pour renforcer le financement des

entreprises, accompagner les PME à l’export, investir

dans l’innovation ou encore sécuriser les parcours

professionnels. h www.iledefrance.fr

C’EST LANCÉ

JOSIANE VRIGNAUD

Thiais (94).

« L’ÉTAT DOIT DONNER

PLUS D’AUTONOMIE AUX RÉGIONS »

Josiane Vrignaud, jeune grand-mère de Thiais (94), et Gabriel Odier, assistant

pédagogique de collège qui vit à Paris (19 e ), ont été choisis par l’institut CSA

pour échanger avec le président de la Région, Jean-Paul Huchon. Extraits.

GABRIEL ODIER : Quelle est la situation

financière de la Région Île-de-France ?

JEAN-PAUL HUCHON : Malgré la crise,

elle est saine, les agences de notation

le reconnaissent *. Notre capacité

d’emprunt reste bonne, et nos

dépenses de fonctionnement sont

contenues. Il est vrai que notre mission

essentielle est d’investir, dans

des grands projets d’aménagement

ou des réalisations de communes, de

départements. On ne

peut répondre à toutes

les demandes, bien

sûr, mais on contribue

de manière décisive

à la construction de

maisons de retraite,

de lignes de tramway,

de centres de formation,

de bibliothèques

universitaires…

JOSIANE VRIGNAUD : Justement, on

manque de structures d’accueil pour

la petite enfance. Du coup, je m’occupe

de mes petits-enfants !

JEAN-PAUL HUCHON : Je suis conscient

de ce manque, en particulier pour les

crèches. Et, dès que les communes

nous sollicitent, nous les aidons à en

construire. Des dizaines de crèches

publiques, associatives et privées ont

ainsi pu voir le jour. Il faut poursuivre

cet effort. Mais il faut aussi s’intéresser

à la formation des personnels

de ces structures. Là encore, nous

sommes sur le pont, en prenant en

charge les écoles de formation de tout

le champ sanitaire et social.

Notre

situation financière

est saine, les

agences de notation

le reconnaissent.

Jean-Paul Huchon

GABRIEL ODIER

Paris (19 e ).

JOSIANE VRIGNAUD : Je prends peu les

transports en commun. L’insécurité

y est de plus en plus préoccupante.

JEAN-PAUL HUCHON : La sécurité

relève des missions principales de

l’État. Mais la Région ne peut pas s’en

désintéresser. Dans les transports,

nous finançons presque intégralement

les agents à bord des trains et

des bus, et la vidéosurveillance. Nous

allons même plus loin en participant,

si besoin, aux constructions

ou aux rénovations

de commissariats.

GABRIEL ODIER : Un

autre enjeu majeur en

transports est l’accessibilité.

Où en est la

Région ?

JEAN-PAUL HUCHON : La

loi exige qu’en 2015 tout

le système de transport

soit aux normes. Mais elle n’a pas

donné à la Région les moyens nécessaires

pour rattraper ce retard. Nous

faisons le maximum. Sur les 400 gares

Transilien, 250 sont désormais 100 %

accessibles. Il a fallu aménager des

pentes, rehausser des quais, prévoir

des ascenseurs… C’est un chantier

im mense et, là aussi, nous devrions

avoir plus d’autonomie, plus de liberté

d’action. Les régions dépendent trop

des dotations de l’État. Il faut leur

redonner plus de moyens. Je veux

croire que cela va changer !

* En septembre, l’agence Fitch a confirmé la note

AAA à long terme attribuée à la Région Île-de-

France. Plus d’infos sur www.iledefrance.fr

© VALENTINE VERMEIL/TEMPS MACHINE/PICTURETANK

AIDE À L’ÉCRITURE

DE SCÉNARIO : MOTEUR !

Trop rares les séries françaises innovantes

? Plus pour longtemps ! Face au

problème des scénaristes français qui

doivent courir plusieurs cachets à la

fois pour vivre, la Région a créé une

aide leur permettant de se consacrer à

un même projet durant deux à 10 mois

tout en percevant 2 000 euros mensuels.

Un dispositif qui favorise aussi

le contact du public avec la création,

en faisant travailler ses bénéficiaires en

résidence, dans des lieux comme les

lycées ou les sites culturels.

h www.iledefrance.fr (Culture, puis Cinéma)

DES LIVRES PRIMÉS

DANS LES CFA

ET LES LYCÉES

Un roman-poème, une comédie policière,

un traité philosophique, des

bandes dessinées, une biographie

décalée de Patti Smith… Désignés par

un jury de 1 200 jeunes en mars, les

huit livres lauréats des premiers Prix

littéraires des lycéens, apprentis et stagiaires

de la formation professionnelle

d’Île-de-France peuvent désormais être

lus par tous, dans les 650 lycées et

centres de formation d’apprentis de la

région. Cela grâce à des exemplaires

envoyés dans leurs bibliothèques par

le conseil régional.

h www.m-e-l.fr

EN

CHIFFRES

1497

patients ont reçu une

greffe dans la région en

2010 (parmi plus de

5 000 sur liste d’attente).

113000

palettes emprunteront

chaque année

la Seine pour assurer

l’approvisionnement

de 80 magasins Franprix

de Paris.

792000

congressistes ont été

accueillis en Île-de-France

en 2011, soit l’équivalent

de la population de

Lisbonne (Portugal)!

© DIDIER ÉCHELARD/FFH

CHOYONS LA CHOUETTE !

En voie de disparition dans les campagnes,

la chouette effraie des clochers

est l’objet d’un vaste plan de

sauvegarde soutenu par la Région.

Piloté par la Ligue pour la protection

des oiseaux d’Île-de-France, il prévoit

de mutualiser les connaissances des

associations sur le rapace, de lui installer

des nichoirs et de sensibiliser le

public à son utilité.

h http://ile-de-france.lpo.fr

SAISON TRÈS SPORTIVE

Le sport est roi en Île-de-France cet

automne ! Avec, entre autres, les 20 km

de Paris le 14 octobre, les Voiles de

Seine les 20 et 21 octobre à Sèvres

(92), le semi-marathon Voie royale le

21 octobre à Saint-Denis (93), les

Internationaux de badminton du 23 au

28 octobre à Coubertin, à Paris (16 e ),

le Tournoi international de gymnastique

artistique féminine les 9 et 10 novembre

à Combs-la-Ville (77), et les Championnats

du monde de karaté du 21 au

25 novembre à Paris-Bercy (12 e ).

MOT POUR MOT

PARALYMPIQUES

Service public

minimum

« Seize heures de direct

par jour pour les JO, pas

une minute pour les Jeux

paralympiques… » Dans

un coup de gueule adressé

à France Télévisions,

l’escrimeur francilien Benoît Coulon dénonce

la frilosité de l’audiovisuel public. En quelques

jours, sa pétition sur le Net recueille des milliers

de signatures, ce qui entraîne un ajustement du

dispositif télévisuel. Un premier pas timide quand

le grand public attendait une vraie reconnaissance

pour ces athlètes. Parmi eux, 40 Franciliens dont

Ryadh Sallem en rugby fauteuil (photo) et Florence

Sireau-Gossiaux en tennis de table.

© CHRISTIAN MALIVERNEY

ÎLE-DE-FRANCE OCTOBRE-NOVEMBRE 2012 Nº 43


L’ACTUALITÉ

5

AGENDA

DU 9 AU 11 OCTOBRE

Le Salon des micro-entreprises

met en avant le travail

en réseau et le numérique.

Et consacre la journée

du 10 octobre aux

entrepreneuses. Palais

des congrès, Paris 17 e . www.

salonmicroentreprises.com

DU 22 OCTOBRE

AU 30 NOVEMBRE

En 2020, un tramway reliera

Paris 13 e (porte de Choisy)

au centre-ville d’Orly (94) en

moins de 30 minutes. Un

projet pour lequel une vaste

concertation est lancée. www.

tramway-paris-orly-ville.fr

LE 25 OCTOBRE

Session publique du conseil

régional. 57, rue de Babylone,

Paris 7 e . Retransmission des

débats : www.iledefrance.fr

LES 8, 9 ET 10 NOVEMBRE

La Fonderie, agence

numérique d’Île-de-France,

organise une conférence sur

le coworking. La Bellevilloise,

Paris 20 e . coworkingeurope.net

DU 22 AU 25 NOVEMBRE

La Région est au Salon

européen de l’éducation.

Paris Expo, Paris 15 e .

www.salon-education.org

95

MONSOULT

92

SÈVRES

93

SAINT-DENIS

94

THIAIS

77

COMBS-LA-VILLE

© STEPHAN ZAUBITZER/PICTURETANK

UNIVERSITÉS Chaque année, de nombreux

étrangers viennent étudier en Île-de-France.

UNE TRADITION D’ACCUEIL

La rentrée universitaire est

marquée cette année par le

retrait de la circulaire Guéant-

Bertrand du 31 mai 2011, qui limitait

l’accès des étudiants étrangers

aux universités et grandes écoles

françaises… La Région, mobilisée

depuis plus d’un an pour le retrait

de cette circulaire, avait même

décidé de parrainer les étudiants

menacés d’expulsion. Une prise

de position qui s’inscrit dans une

logique de soutien à l’accueil des

étrangers souhaitant étudier dans

les 17 universités franciliennes.

L’IMAGE

BAROMETRE

Brésiliens et Russes en tête

Chaque année, la bourse Master

Île-de-France, d’un montant de

10 500 euros, est en effet attribuée

à une centaine de jeunes étrangers

pour préparer un diplôme de

master dans un établissement

d’enseignement supérieur francilien,

et se loger à la Cité internationale

universitaire de Paris.

Pour l’année universitaire 2012-

2013, ils seront ainsi 115 à en

bénéficier. Parmi eux, plus de

filles que de garçons (66 étudiantes

pour 49 étudiants), et une

majorité de Brésiliens (14), de

Russes (14) et de Vietnamiens (12),

mais également deux Palestiniens

ou encore un Péruvien ! Pour

suivre leur cursus, 54 % d’entre

eux ont choisi de s’inscrire dans

un master à l’université, tandis

que 46 % étudient dans une école

publique ou un grand établissement.

Depuis 2006, 770 étudiants

ont été accompagnés pour étudier

dans les meilleures conditions

possibles en Île-de-France. En

parallèle, 16 000 jeunes Franciliens

ont reçu, depuis 2000, une

aide régionale pour suivre des

études ou effectuer un stage à

l’étranger.

JULIE VÉDIE

HALTE AU DÉCROCHAGE ! Contre le décrochage scolaire, la Région

teste des réponses innovantes dans trois territoires très touchés : 11 e , 18 e et 19 e

arrondissements de Paris ; Goussainville, Villiers-le-Bel, Gonesse, Monsoult (95) ;

Saint-Denis, Saint-Ouen, Pantin et La Courneuve (93). h www.iledefrance.fr

BAROMÈTRE

La qualité de l’environnement

Plus de 90 % des Franciliens

sont pour l’abolition des zones

tarifaires de Navigo le week-end.

Les transports en commun

restent une préoccupation

majeure pour les Franciliens, qui

sont à la fois satisfaits de l’existant

(57 %) et en attente de nouvelles

actions dans ce domaine.

En outre, ce score de satisfaction

se révèle bien plus élevé auprès

des plus jeunes (71 % des

18-24 ans et 65 % des 25-34 ans)

et des usagers réguliers « tous les

jours ou presque » (63 %).

S’agissant des nouvelles me -

sures, les interviewés plébiscitent

le dézonage de Navigo

le week-end et les

jours fériés, en

vigueur depuis le

1 er septembre : 91 %

des Franciliens

C’EST VOTRE AVIS

Êtes-vous satisfait ou non de la qualité

de l’environnement en Île-de-France ?

Le climat économique

Diriez-vous que, en ce moment,

l’activité économique

en Île-de-France est…

La qualité des transports

en commun

Êtes-vous satisfait des transports

en commun en Île-de-France ?

Opinion sur le dézonage

Considérez-vous que le dézonage

du passe Navigo le week-end

et les jours fériés soit une bonne

ou une mauvaise mesure ?

Impact du dézonage

Avec cette mesure, pensez-vous

que vous vous déplacerez plus en

transports en commun le week-end ?

Très satisfait 9 %

Assez satisfait 48 %

Pas vraiment satisfait 29 %

Pas du tout satisfait 12 %

Ne se prononce pas 2 %

Très dynamique 6 %

Assez dynamique 42 %

Pas vraiment dynamique 35 %

Pas du tout dynamique 10 %

Ne se prononce pas 7 %

Très satisfait 10 %

Assez satisfait 47 %

Pas vraiment satisfait 22 %

Pas du tout satisfait 11 %

Ne se prononce pas 10 %

TRANSPORTS : LE DÉZONAGE PLÉBISCITÉ

BONUS WEB

Tous les résultats

de notre enquête :

www.iledefrance.fr/

le-dossier

Une bonne mesure 91 %

Une mauvaise mesure 2 %

Ne se prononce pas 7 %

Oui, tout à fait 29 %

Oui, plutôt 33 %

Non, plutôt pas 11 %

Non, pas du tout 24 %

Ne se prononce pas 3 %

l’accueillent favorablement, et

ils sont 62 % à faire part de leur

intention d’utiliser davantage les

transports en commun le weekend.

Un engouement qui grimpe

même à 75 % pour les habitants

de Seine-Saint-Denis.

Le niveau de satisfaction concernant

la qualité de l’environnement

est en recul (57 %), un score

déjà à la baisse à l’été 2011 (57 %

aussi). De même, seuls 48 % des

sondés trouvent l’activité économique

dynamique (contre 51 %

en mai, mais 48 % il y a un an). Ce

résultat traduit l’inquiétude des

Franciliens face à la dégradation

du marché de l’emploi, et il est

aussi sans doute lié à une activité

des entreprises moins

soutenue l’été.

MAÏDER CHANGO-BEFFA,

DIRECTRICE ASSOCIÉE

DE L’INSTITUT VIAVOICE

SONDAGE RÉALISÉ PAR TÉLÉPHONE POUR « ÎLE-DE-FRANCE » DU 23 AU 30 JUILLET 2012 SUR UN ÉCHANTILLON DE 1 009 PERSONNES,

REPRÉSENTATIF DE LA POPULATION FRANCILIENNE ÂGÉE DE 18 ANS ET PLUS, SELON LA MÉTHODE DES QUOTAS.

ÎLE-DE-FRANCE OCTOBRE-NOVEMBRE 2012 Nº 43


6

DANS LE MONDE

© DR

CHILI La Région a contribué à effacer

les dégâts du séisme de 2010.

À SANTIAGO, UN LYCÉE

RESSORT DE TERRE

Les élèves de l’Insuco peuvent

de nouveau accéder au grand balcon du lycée,

dont la balustrade avait été endommagée

lors du tremblement de terre.

Le 27 février 2010, un tremblement

de terre d’une magnitude

8,8 sur l’échelle de Richter frappait

le centre du Chili. À Santiago,

la capitale, les édifices récents,

bâtis aux normes antisismiques,

ont tenu, mais d’autres, plus

anciens, n’ont pas résisté à la

secousse. Parmi eux, l’Instituto

superior de comercio (Insuco) ou

Institut supérieur de commerce,

datant de 1878 et classé « monument

national », a dû fermer. Engagée

dans un accord de coopération

avec la région métropolitaine

de Santiago depuis 1995, l’Île-de-

France a voulu témoigner de sa

solidarité avec la population

chilienne, en participant à hauteur

de 1,248 million d’euros à l’important

chantier de reconstruction et

d’extension de l’Insuco.

Cet établissement public présentait

en effet tous les critères pour

que la Région, en cohérence

avec ses compétences en

matière d’éducation, s’y

implique : gratuit et

mixte, l’Insuco dispense

un enseignement

technique de

référence en comptabilité,

commerce et administration,

et présente

Chili

Santiago

d’excellents résultats aux examens

d’entrée à l’université. Re -

structuration des murs, dans le

respect des éléments architecturaux et

ornementaux du site, réfection des toits,

de l’escalier principal et de sa balustrade,

devenus impraticables pour

les élèves… Supervisé par un architecte

franco-chilien spécialiste du patrimoine,

le chantier a aussi été l’occasion

d’associer cinq entreprises françaises

implantées au Chili, et de prévoir une

grande extension du lycée (agrandissement

de la cantine, construction

de laboratoires, d’une bibliothèque,

d’une salle multimédia…).

Extension en vue

Inauguré en mars 2012, le bâtiment

flambant neuf a pu accueillir de nouveau

ses 1361 élèves, lesquels avaient

dû être répartis dans d’autres établissements.

Quant à l’extension, elle sera

achevée à la mi-novembre. Prochaine

étape : développer et contribuer à

la promotion et à l’enseignement

du français à

l’Insuco, et initier des

échanges durables et

des partenariats avec

des établissements franciliens.

Un lycée du Valde-Marne

est d’ores et déjà

sur les rangs.

JULIE VÉDIE

© ÉLODIE TERNAUX/MATÉRIO

LOIN DE

CHEZ VOUS

(FINLANDE)

UNE EXPO S’EXPORTE

Après Bucarest, en

Roumanie, en 2010,

l’exposition « Inspired by

Nature », créée au Lieu du

design en Île-de-France,

s’est offert une escapade

à Helsinki en août. Une

belle consécration pour

cette scénographie qui

donne à voir des objets

reproduisant des effets

naturels (lotus ou

déperlant, Velcro…).

h www.lelieududesign.com

(GRANDE-

BRETAGNE)

CLIMAT : PLUIE D’IDÉES

POUR S’ADAPTER

Changer radicalement

les comportements pour

faire face au changement

climatique. Tel était le but

d’Interreg IVB C-Change,

projet européen dont

la réunion finale s’est

tenue à Londres en

septembre. L’Île-de-

France, une des neuf

collectivités participantes,

a notamment présenté son

programme d’éducation à

l’environnement, « Mon

écolycée », avec des

élèves et des professeurs

de Lagny-sur-Marne (77)

et Nogent-sur-Marne (94).

h www.

cchangeproject.org

(BOLIVIE)

UNE FRÉQUENCE POUR

LES FEMMES

Afin de réduire leur

marginalisation, de leur

donner une voix et une

visibilité, la Région

soutient la création d’une

radio destinée aux femmes

paysannes et indigènes

de Tarija. Le studio est

d’ores et déjà en chantier.

h www.

franceameriquelatine.org

(MÉDITERRANÉE)

DES RIVES D’AVENIR

Le bassin méditerranéen

regorge de projets. Surtout

ses rives sud et est. En

partenariat avec le Centre

national d’études et de

recherches appliquées

en urbanisme d’Alger,

l’Institut d’aménagement

et d’urbanisme

d’Île-de-France en

dresse l’inventaire dans

sa Note rapide n° 594.

h www.iau-idf.fr

© ÉMILE LOREAUX/PICTURETANK © DR

LE CHASSÉ-CROISÉ

DE PARIS À

SAN FRANCISCO

(ÉTATS-UNIS)

RIZLENE

BOUCHEMOUA

26 ans

L’EXCELLENCE FRANCILIENNE

À 26 ans, Rizlene Bouchemoua est chargée de promouvoir

son ex-école, Arts et métiers ParisTech

(Ensam), en Californie. « Elle est dans le top 5 des

écoles d’ingénieurs en France, mais les Américains

la méconnaissent. » Son objectif : envoyer, d’ici à

2016, 100 étudiants en stage aux États-Unis, permettre

à 100 autres d’intégrer un master dans des

campus prestigieux, et promouvoir le nouveau

programme de master international de l’Ensam.

Rizlene rejoint celle-ci en deuxième année, après

une maîtrise de physique à Jussieu. Elle décroche

son diplôme en septembre 2011, après un stage

dans un laboratoire de l’université de Californie à

Santa Barbara (UCSB). Sa connaissance du système

universitaire et sa maîtrise de l’anglais lui valent

de devenir la première représentante de l’Ensam

outre-Atlantique. « Je souhaitais un emploi qui mette

en avant mes compétences en langue, marketing et

communication », insiste cette Parisienne basée à

San Francisco. En contrat depuis décembre 2011,

elle a un ambitieux défi à relever ! h www.ensam.fr

DE MARACAÏBO

(VENEZUELA)

À PARIS

ALEXIS

CARDENAS

36 ans

IL CONNAÎT LA MUSIQUE

Premier violon de l’Orchestre national d’Île-de-

France (Ondif), Alexis Cardenas est à un beau

tournant de sa carrière. Non seulement celle-ci est

désormais gérée par une prestigieuse agence newyorkaise,

mais l’Ondif a changé de direction artistique.

« Un orchestre est le reflet d’une société. Enrique

Mazzola, qui succède à Yoel Levi, pense la musique

différemment, il fait partie des artistes “réveillés”. »

La première sortie sous la direction du jeune chef

est d’ailleurs un excellent souvenir pour Alexis.

Avec cette impulsion nouvelle, il entend poursuivre,

plus que jamais, sa mission : « Faire découvrir la

musique classique au plus grand nombre. » Et ce

malgré les obstacles : il y a un an, le gouvernement

de l’époque annonçait une baisse brutale de la

subvention de l’État. Une décision qui a suscité

une vive émotion et de sérieuses inquiétudes. Si

ce couac semble trouver enfin une solution, le violoniste,

qui connaît la musique, reste vigilant : « En

temps de crise, la culture est souvent la première

victime… » h www.orchestre-ile.com

ÎLE-DE-FRANCE OCTOBRE-NOVEMBRE 2012 Nº 43


LE DOSSIER

7

Dézonage le week-end,

création des compléments de parcours

et bientôt changement de design :

le passe Navigo

fait le plein de nouveautés.

© RATP

TRANSPORTS EN COMMUN

LA RÉVOLUTION NAVIGO

EST EN MARCHE

Il était promis, il est là ! Le dézonage total du passe Navigo les week-ends

et les jours fériés est une réalité depuis le 1 er septembre. La mesure

s’inscrit dans une nouvelle approche des déplacements et des modes

de vie en Île-de-France.

Une révolution pour la tarification

Mis en place depuis le 1 er septembre, le dézonage

du passe Navigo les week-ends et les jours fériés

devrait encourager les usagers des transports en

commun à repenser totalement leur façon de se

déplacer dans la région.

Adoptée cet été par le Stif, l’autorité organisatrice

des transports publics en Île-de-France, la mesure

concerne tous les détenteurs d’un forfait Navigo

mensuel ou annuel et Solidarité transport mois,

soit 2,8 millions de Franciliens. Sans avoir à modifier

leur abonnement, et donc sans débourser un

centime de plus, ils peuvent utiliser l’ensemble des

transports en commun, au-dedes zones de validité

de leur forfait, du vendredi minuit jusqu’au

dimanche minuit. Ce dézonage, qui intervient un

an après la fusion des zones 5 et 6, sera suivi d’autres

évolutions de Navigo, comme la création, très prochainement,

des « compléments de parcours » (lire

encadré page 8), la possibilité de recharger sa carte

à domicile, ou encore, en 2013, un design flambant

neuf signé Philippe Starck.

Une révolution pour les entreprises

de transport

Historiquement, les transports franciliens

ont été pensés dans la seule

logique de déplacements domiciletravail.

Une approche qui oubliait au

passage qu’un voyageur sur cinq les

utilisait pour d’autres motifs. Le dézonage le weekend

nécessite donc de sortir définitivement de cette

grille de lecture, pour proposer une qualité de service

digne de la première destination touristique

mondiale. C’est le souhait du Comité régional du

tourisme, qui table sur un effet boule de neige de

la mesure. Et qui rêve d’une Île-de-France où offre

de transport et offre de loisirs s’épouseraient,

relayant de concert une même dynamique. Vision

idyllique ? Depuis quelques années, des initiatives

montrent que le « métro-boulot » sait heureusement

sortir de son train-train. Ainsi, les titulaires d’un

forfait Imagine R (soit, en 2011, 800 000 Franciliens

de moins de 26 ans) profitent déjà du dézonage

les samedis, les dimanches et les jours fériés,

pendant les petites vacances scolaires de l’Île-de-

France, la Fête de la musique, ainsi que du 1 er juillet

au 31 août.

Parallèlement, les rames de la RATP circulent plus

tardivement les week-ends. Le ré seau Transilien

veut, lui aussi, renforcer la connexion entre les

moyens de transport et le temps libre. Pour preuve,

son site Internet consacre un espace dédié aux

sorties en Île-de-France. En quelques clics, il permet

de découvrir la face ludique, culturelle et

BONUS WEB

Sondage, interviews,

reportages… sur :

www.iledefrance.fr/

le-dossier

insoupçonnée de toutes les lignes du

RER : fermes pédagogiques, marchés

de pays, ateliers d’artisanat d’art, zoos,

piscines, musées, jardins, spectacles

en tous genres et pour tous les goûts.

ÎLE-DE-FRANCE OCTOBRE-NOVEMBRE 2012 Nº 43


8

LE DOSSIER

Une révolution pour le tourisme,

la culture et les loisirs

Pour les professionnels de ces secteurs aussi, le

dézonage le week-end remettra en cause leur

manière de travailler. Comment vont-ils intégrer

la montée en puissance des transports en commun

dans leur stratégie ? La question prend assurément

une dimension particulière depuis début septembre.

Certains ont été très réactifs. Quelques

heures avant l’entrée en vigueur de la décision, le

musée d’Orsay postait ainsi sur le réseau social

Twitter : « Dézonage du Navigo ce we : pour venir au

musée d’Orsay, RER C - station Musée d’Orsay. Facile !

Et en plus, musée gratuit dimanche :-) »

Bases de plein air et de loisirs, parcs naturels régionaux,

salles de concerts, théâtres, stades… : tous

devront suivre le mouvement. Heureusement,

plusieurs acteurs de terrain misent déjà sur le train

pour conforter leur notoriété et asseoir leur développement.

À Savigny-le-Temple (77), L’Empreinte

parvient à remplir régulièrement sa salle de

concerts en mettant en avant sa proximité avec la

gare. Les fans de trash metal de toute la région

affluent ! Du côté des destinations touristiques,

plusieurs initiatives ont vu le jour. Chaque année,

durant sept mois, le célèbre village des impressionnistes,

Auvers-sur-Oise (95), est relié en un peu plus

de 30 minutes à la gare du Nord par un train direct

les week-ends. Pour sa part, la cité médiévale de

Provins (77) a réclamé et obtenu davantage de

trains le dimanche pour répondre à la demande.

Quant à la ligne C du RER, elle affiche plus que

jamais son ambition de locomotive du tourisme

en Île-de-France. Il est vrai

JUSTE PRIX

Jusqu’à présent, rien

n’incitait un abonné

du passe Navigo à sortir

de sa zone. Mais cela

devrait changer ! Le Stif,

l’autorité organisatrice

des transports en

Île-de-France, a

demandé à la RATP et

à la SNCF d’instaurer,

d’ici à la fin de l’année,

le « complément

de parcours ». Cette

nouvelle mesure

Selon notre sondage,

62 % des abonnés Navigo

envisagent de profiter du

dézonage pour multiplier les

escapades en terre francilienne.

que, chaque jour, 10 % de ses

voyageurs l’empruntent pour

découvrir les plus beaux

monuments de la capitale ou

encore Versailles (78). Une

vocation qui vient de donner

lieu au relooking « façon Versailles

» de l’intérieur de quelques rames, dans le

cadre d’un partenariat entre le château et la SNCF.

Une révolution pour les Franciliens

Cette modification de la tarification peut-elle bouleverser

à elle seule les habitudes des Franciliens ?

Le réseau a enregistré, lors du premier week-end

« dézoné », 100 000 déplacements supplémentaires.

Un chiffre prometteur. On pourrait même assister

à une augmentation substantielle du nombre

d’abonnés. « C’est un bel argument de vente, une

vraie prime à l’abonnement », résume Rémy Pradier,

le président de l’association des usagers du RER D.

Conscient de l’impact et de la dimension sociale

du dézonage, il reste toutefois vigilant : « Ce sont

surtout des trains courts qui

ET NAVIGO DÉGAINE LE COMPLÉMENT DE PARCOURS

tarifaire, qui s’ajoute

au dézonage le weekend,

permettra aux

voyageurs, lors

d’un trajet en dehors

des limites de leur

forfait, de ne payer que

le supplément et non

l’intégralité d’un billet

comme actuellement.

« Le complément de

parcours va permettre

une tarification plus

juste et répondre à une

circulent les samedis et les

dimanches sur la ligne D. Il

faudra voir s’ils seront suffisants

pour faire face à l’arrivée

de ces voyageurs occasionnels.

Sans oublier les travaux sur

le réseau, programmés pour

attente forte des

voyageurs, à laquelle

nous travaillons depuis

longtemps avec les

associations d’usagers »,

souligne la directrice

générale du Stif, Sophie

Mougard. Exemple : si un

habitant de Melun (77),

détenteur d’un passe

Navigo zones 4-5

annuel, se rend à Paris

pour la soirée, il ne

réglera que la section

Villeneuve-Triage - Paris,

soit 6,20 euros au lieu

de 7,80 euros pour

un Melun-Paris.

Le complément de

parcours sera

accessible depuis les

automates de la RATP

et de Transilien, et

chargé directement

sur le passe Navigo

de l’abonné, le tout afin

de garantir la fluidité

des déplacements.

la plupart le week-end. » En attendant de faire face

à une éventuelle et hypothétique saturation des

trains en fin de semaine, une réalité demeure :

pour beaucoup de Franciliens, la voiture fait encore

partie intégrante du week-end, un peu comme le

gigot du dimanche, alors que le RER reste avant

tout associé au travail. Au-dede la révolution

tarifaire, une révolution culturelle sera nécessaire.

Cela d’autant plus que, quand il délaisse l’automobile

pour le train, le Francilien a ses petites habitudes

en matière de loisirs, toutes organisées en

fonction de la ligne de RER la plus proche de son

domicile. En résumé : si vous habitez près de Montparnasse,

vous irez de préférence à Versailles. Vous

résidez à Maisons-Alfort (94), vous marcherez plus

volontiers dans la forêt de Fontainebleau (77).

L’abolition des zones tarifaires le week-end devrait

inciter les Franciliens à élargir leur horizon et à

explorer les chemins de traverse. Un bouleversement

à portée de main : selon notre sondage,

62 % des abonnés Navigo envisagent de profiter du

dézonage pour multiplier les escapades en terre

francilienne…

PIERRE CHAPDELAINE

Lors du premier week-end « dézoné »,

100 000 déplacements supplémentaires

avec Navigo ont été enregistrés.

En zone 5, Provins devrait conforter

sa place de destination touristique phare

grâce au dézonage.

© ÉMILE LOREAUX/PICTURETANK

© ÉMILE LOREAUX/PICTURETANK

ÎLE-DE-FRANCE OCTOBRE-NOVEMBRE 2012 Nº 43


LE DOSSIER

9

© ÉMILE LOREAUX/PICTURETANK

La révolution dans les transports

en commun franciliens

n’est pas que tarifaire. D’ici à

la fin décembre, ce ne sont pas

moins de quatre prolongements

de lignes de tramway et de métro

qui vont être inaugurés.

Le tramway T3 poursuit son tour

de Paris : entrée en service en

décembre 2006, cette ligne de

tramway est la première à circuler

dans Paris intra-muros depuis

1937. Reliant jusqu’à présent le

pont du Garigliano (15 e ) à la porte

d’Ivry (13 e ), le T3 aura son terminus

porte de la Chapelle (18 e ) à

partir de mi-décembre.

Le 92 et le 93 bientôt unis par les

liens du T1 : symbole de la renaissance

du tramway en Île-de-

France, le T1 circule entre Bobigny

et Saint-Denis (93) depuis 1992.

Prolongé jusqu’à Noisy-le-Sec (93)

en 2003, il desservira, à compter

de novembre, 10 stations supplémentaires

pour relier Asnièressur-Seine

(92).

Le T2 toujours plus à l’ouest :

inauguré en 1997, le T2 relie à

l’heure actuelle la porte de Versailles

(15 e ) à La Défense (92). Dès

novembre, son tracé sera étendu

À partir de novembre,

la ligne de tramway T2

gagnera six nouvelles stations

jusqu’au pont de Bezons.

RÉSEAU De nouvelles stations de métro

et de tramway ouvriront avant fin 2012.

DU MIEUX SUR LES RAILS

jusqu’au pont de Bezons (95). Six

nouvelles stations viendront alors

s’ajouter aux 17 existantes.

Cap au nord pour la ligne 12 du

métro : avec déjà un pied en banlieue,

à Issy-les-Moulineaux (92),

la ligne 12 continue de s’aventurer

en dehors des frontières du périphérique

mais cette fois vers le

nord. En décembre, une nouvelle

station, baptisée Front Populaire,

sera inaugurée entre Saint-Denis

et Aubervilliers (93), villedeux

autres stations sont également

prévues.

La ligne 4 débarque à Montrouge :

première ligne de métro à relier

la rive gauche à la rive droite en

1908, la 4 fera sa première incursion

en dehors de Paris au premier

semestre 2013 avec son prolongement

jusqu’à la mairie de Montrouge

(92). Une autre extension

doit permettre de desservir

Bagneux (92) par la suite.

Le T5, un tramway flambant

neuf : prévu pour 2013, le T5 desservira

16 stations entre Saint-

Denis (93) et Garges-Sarcelles

(95). Son originalité : il sera le premier

tramway francilien sur

pneus.

RENAUD CHARLES

REPÈRES

2,8

millions de Franciliens,

titulaires d’un passe

Navigo annuel ou mensuel

ou d’un forfait Solidarité

transport mois, bénéficient

du dézonage le week-end

et les jours fériés, mis

en place au 1 er septembre.

800 000

jeunes Franciliens

titulaires d’un forfait

Imagine R profitaient déjà

de ce dézonage les jours

fériés, les week-ends

et lors des vacances

scolaires.

37

millions d’euros, c’est

le coût annuel estimé

du dézonage du passe

Navigo le week-end et du

complément de parcours.

5

zones de tarification

existent actuellement en

Île-de-France. En 2007,

les zones 7 et 8 ont été

fusionnées avec la zone 6.

Et, depuis le 1 er juillet

2011, la zone 6 a

fusionné avec la 5.

62,90

euros, c’est le montant

du forfait mensuel du

passe Navigo zones 1-2.

4,48

millions d’euros sont

consacrés chaque jour par

la Région pour améliorer

les déplacements en 2012,

soit 30 % du budget

régional. L’essentiel de ces

crédits permet de financer

les projets (prolongement

du RER E, tramways,

Grand Paris Express…)

lancés dans le cadre du

Plan de mobilisation pour

les transports.

EN

SAVOIR +

• sur www.iledefrance.fr,

tous les bonus du dossier.

• sur www.stif.info, les

décisions adoptées par

l’autorité organisatrice des

transports franciliens.

• sur www.vianavigo.com,

tout sur les trams, métros,

RER, bus… : trafic,

horaires, tarifs, plans…

• sur http://sortir-a-parisvisite-de-l-ile-de-france.

transilien.com et sur www.

nouveau-paris-ile-defrance.fr,

des idées de

sorties le week-end.

TROIS QUESTIONS À...

PIERRE SERNE

Vice-président de la Région Île-de-France

chargé des transports et des mobilités

« DU POUVOIR D’ACHAT

EN PLUS »

Le dézonage du passe Navigo les week-ends et les

jours fériés peut-il réellement modifier les habitudes

des Franciliens en matière de déplacements ?

PIERRE SERNE : C’est notre objectif prioritaire ! Le

week-end, le réseau de transports en commun n’est

pas saturé, contrairement à certaines heures en

semaine. Les Franciliens pourront donc se servir

pleinement de cette mesure pour redécouvrir tranquillement

leur territoire, profiter de l’offre de loisirs

et de tourisme, aller à Versailles (78), sortir en

forêt du côté de Fontainebleau (77) ou de Marlyle-Roi

(78), se rendre à Paris à la foire du Trône ou

pour un concert… Mais cette décision, c’est aussi,

pour nous, le moyen de redonner aux Franciliens

du pouvoir d’achat. Je suis d’ailleurs convaincu

que, grâce à elle, le nombre d’abonnés Navigo va

augmenter sensiblement en Île-de-France et l’utilisation

de la voiture diminuer.

Ne faudra-t-il pas aussi revoir l’offre de transport

les week-ends pour que cette mesure trouve toute

son efficacité ?

PIERRE SERNE : Le Stif et les entreprises de transport

devront être très réactifs pour renforcer le nombre

de bus sur certaines lignes ou pour prévoir ailleurs

des trains plus longs. Mais l’enjeu ne se limite pas

à ces seuls acteurs. Les sites touristiques, les bases

de plein air et de loisirs, les organisateurs de grands

événements : chacun doit intégrer cette nouvelle

offre de déplacements les week-ends qui va générer

des évolutions profondes.

En plus de ces questions de tarification, les Franciliens

attendent des améliorations du service actuel

et un renforcement de l’offre de transport. Avez-vous

les moyens d’agir sur tous les fronts ?

PIERRE SERNE : Il est hors de question que les efforts

entrepris en matière de tarification se fassent au

détriment de l’amélioration de l’offre de transport

et de la qualité du service. Mais, si nous voulons

apporter des réponses dans ces trois domaines,

nous devons obtenir de la part du gouvernement

des ressources nouvelles. La négociation est engagée.

Ses résultats conditionneront l’ampleur et la

rapidité des réformes tarifaires que nous voulons

entreprendre pour les Franciliens.

© VALENTINE VERMEIL/TEMPS MACHINE/PICTURETANK

ÎLE-DE-FRANCE OCTOBRE-NOVEMBRE 2012 Nº 43


10

LES INITIATIVES

ACTIONS

SANTÉ

UN DVD POUR MIEUX SE SOIGNER

L’observance, le fait de suivre son traitement médical

à la lettre, est essentielle pour que les médicaments

antirétroviraux soient efficaces contre le sida.

Or, si le patient comprend la nature et l’utilité des

soins, son comportement et son adhésion sont

difficilement contrôlables par les médecins. Pour

encourager les bons réflexes, l’Institut dedecine

et d’épidémiologie appliquée, à Paris 18 e , a donc

eu l’idée de réaliser, avec le service des maladies

infectieuses et tropicales de l’hôpital Saint-Antoine,

à Paris 12 e , deux films. Construits comme des

reportages, ils sont réunis sur un DVD qui sera

distribué aux patients par l’intermédiaire du personnel

mé dical et paramédical d’environ 150 structures

en Île-de-France. h www.imea.fr

Le service Patrimoines et Inventaire

de la Région s’est pris au jeu

en rédigeant 600 questions du

Trivial Pursuit Île-de-France.

© MARIE BABEY/PICTURETANK

CULTURES

LA VOIE DE L’AMITIÉ

Pour la huitième année consécutive, le bus de

l’Amitié judéo-musulmane de France a sillonné la

France entière, pendant l’été, pour favoriser le

dialogue, la connaissance et le respect entre juifs

et musulmans. Le Tour de l’amitié se poursuit

depuis septembre et jusqu’en décembre à Paris

et en Île-de-France, avec notamment plusieurs

rendez-vous dans l’Essonne. h www.ajmf.org

HANDICAP

ACCESSIBILITÉ : L’ÉTAT DES LIEUX

Le 20 octobre, c’est l’occasion de vérifier si les

établissements recevant du public sont bien accessibles

aux personnes à mobilité réduite ! Largeur de

porte, hauteur de marche, présence d’une rampe,

de bandes podotactiles

ou de signalétique adaptée

aux malvoyants… : les

principaux critères d’accessibilité

sont évalués

par 3 000 bénévoles dans

toute la France, dont plus

de 500 en Île-de-France.

Objectif de l’association

Jaccede.com, organisateur

de cette journée événement

: lutter contre

l’inaccessibilité dans la cité en mettant en lumière

les bonnes pratiques. Rendez-vous à Brunoy (91),

Aulnay-sous-Bois (93), Puteaux (92)…

h www.jaccede.com

CITOYENNETÉ

ÉCRIRE DES INSULTES

CONTRE LA VIOLENCE VERBALE

Laisser les jeunes exprimer toutes les insultes qu’ils

connaissent, en dresser la liste, pour comprendre

sur quelle discrimination elles reposent. C’est le

principe du mur des insultes, un outil pédagogique

proposé par l’association Point écoute Champigny

à une cinquantaine d’élèves de 4 e et de 3 e , scolarisés

dans des collèges de Villiers-sur-Marne,

Joinville-le-Pont et Champigny-sur-Marne (94).

Une démarche qui permet à ces adolescents de

prendre conscience de la violence de leurs mots,

de l’injustice qu’ils véhiculent, et des émotions

qu’ils engendrent. Avec les animateurs, les jeunes

peuvent ensuite engager le débat sur les valeurs

de respect des différences, et d’égalité.

CAMEMBERT Une version francilienne du Trivial Pursuit

vient de voir le jour. Élaborée par des experts...

QUESTIONS POUR UNE RÉGION

Qui a écrit Les Caprices de Marianne et a vécu

sa jeunesse à Saint-Martin-du-Tertre (95) ? Si

vous le savez *, vous avez gagné le « camembert

» violet récompensant une bonne réponse en

art et littérature ! Et, surtout, vous avez reconnu

quel célèbre jeu vient de sortir dans sa version francilienne.

Après la Normandie, l’Alsace ou encore

la Corse, l’Île-de-France a enfin son Trivial Pursuit.

Une édition régionale comme la société Winning

Moves en commercialise depuis 2002… Paris avait

eu la sienne en 2005, rééditée depuis, mais la nécessité

d’une édition Île-de-France s’est rapidement

fait sentir… « Il faut environ un an pour créer un

Trivial Pursuit régional, souligne Thierry Karpiel,

le directeur de Winning Moves, nous avons un certain

savoir-faire, après une vingtaine d’éditions

régionales ou thématiques, et quelque 100 000 questions

rédigées ! Cependant, pour celles qui traitaient

d’histoire et d’art-littérature, il était important de

faire appel à des spécialistes. »

Les spécialistes, ce sont les chercheurs et les

chercheuses du service Patrimoines et Inventaire

de la Région. Sophie Cueille, qui suit particulièrement

le Val-d’Oise, le reconnaît volontiers : elle a

adoré ce travail. « Cela a été à la fois insolite et

drôle de participer à l’élaboration d’un jeu que

nous connaissons tous si bien ! Toute l’équipe a

adhéré immédiatement. » Avec elle, Sophie de

Moustier (Seine-Saint-Denis, Hauts-de-Seine et

Val-de-Marne), Judith Forstel (Seine-et-Marne),

Roselyne Bussière (Yvelines), Brigitte Blanc

(Essonne), ainsi que quelques autres ont écrit

600 des 1 800 questions que comporte le Trivial

Pursuit Île-de-France.

Des chercheurs joueurs

« Ce travail a été inhabituel pour un service chargé

d’étudier le territoire de manière scientifique et

méthodique, explique Sophie de Moustier, c’est

l’occasion de transmettre autrement notre connaissance

de la région au public. » Livres d’histoire,

EN SAVOIR

PLUS

Le service

Patrimoines

et Inventaire

analyse

l’histoire et

le patrimoine

du territoire,

pour aider à

le mettre en

valeur. Il

constitue la

plus importante

documentation

textuelle,

graphique et

photographique

du patrimoine

francilien.

h www.

iledefrance.fr/

patrimoines-etinventaire

d’histoire de l’art, œuvres littéraires,

recherche de questions à la fois

érudites et suffisamment grand

public… « Un vrai boulot de

recherche, résume Sophie Cueille,

de chercheurs, nous sommes devenus

vulgarisateurs, puis joueurs ! » Le jeu

a circulé dans les bureaux, chacun

se posant des colles. Sophie Cueille

l’emporte en vacances pour le tester

auprès de sa famille et de ses amis…

« L’ensemble des questions-réponses

doit permettre aux joueurs franciliens

de découvrir des personnalités, des

événements ou encore des lieux qui

ont compté pour l’histoire du territoire,

conclut Sophie de Moustier.

Un moyen idéal de tester sa connaissance

sur l’Île-de-France ! »

JULIE VÉDIE

Alfred de Musset. Eh oui, vous le saviez ! *

© FLORENCE JOUBERT/PICTURETANK

ÎLE-DE-FRANCE OCTOBRE-NOVEMBRE 2012 Nº 43


LES INITIATIVES

11

VU SUR

LE WEB

LA CRÉATION PASSE

PAR LES QUARTIERS

Un projet de création

d’entreprise dans

un quartier « politique de

la Ville » d’Île-de-France ?

Rendez-vous jusqu’au

15 novembre sur

le site Internet de CréaRîf

Quartiers pour le présenter.

À la clé, la possibilité

de bénéfi cier de conseils

pratiques et d’être

mis en relation avec

des professionnels (conseils

juridiques, fi nanciers…).

h www.crearif-quartiers.fr

LES ÉCOCILIENS

TISSENT LEUR TOILE

Créés pour imaginer la

conversion écologique et

© NATUREPARIF

C’EST BIENTÔT

sociale de l’Île-de-France,

les Écociliens ont déjà fait

émerger 150 propositions.

Elles concernent les métiers

du bâtiment, l’agriculture,

l’industrie ou encore

la haute qualité sociale. La

démarche participative se

poursuit, notamment sur le

Net. Contributions en ligne,

réactions, commentaires :

à vous la parole !

h www.ecociliens.fr

CONTRE L’EXCLUSION

NUMÉRIQUE

La Région apporte

son soutien à 23 projets

innovants pour lutter contre

l’exclusion numérique.

La Fonderie, l’agence

numérique d’Île-de-France,

a rassemblé ces initiatives

sur une carte qui permet

de retrouver tous les

lauréats de cet appel

à projets « e-inclusion ».

h www.lafonderie-idf.fr

LA BIODIVERSITÉ

EN VERSION MANGA

Pour mieux sensibiliser les jeunes à l’importance

de préserver la biodiversité, Natureparif

a choisi l’une de leurs formes

d’expression favorites : le manga. L’agence régionale

consacrée à la protection de la nature a

demandé au mangaka japonais Makoto Nakatsuka

et au scénariste français Glou de créer pour

eux La Nuit du vivant, une bande dessinée racontant

l’histoire de cinq amis qui, en se rendant une

nuit dans leur lycée, rencontrent des Terriens

venus du futur pour y rapporter des espèces

animales et végétales disparues.

Cette invitation à préserver la biodiversité dans

le présent est à découvrir depuis le printemps

sur le site Internet de Natureparif et lors d’une

exposition itinérante. Celle-ci se tient par

exemple jusqu’au 22 octobre à l’Association pour

la défense de l’environnement et la maîtrise de

l’urbanisation à Brétigny-sur-Orge (91), du

26 octobre au 6 novembre à la Maison des jeunes

et de la culture Jacques-Tati à Orsay (91) et le

24 novembre à la salle des fêtes de Villiers-sur-

Marne (94). Pour les plus créatifs, l’opération est

même prolongée jusqu’au 30 novembre par un

concours primé qui propose d’imaginer une suite

à La Nuit du vivant (à adresser sur papier ou sur

fichier numérique).

h Informations, règlement du concours et le manga

dans son intégralité sur www.natureparif.fr/manga

OBJECTIF Le grand reporter de télévision

John Paul Lepers forme des jeunes des quartiers

à un journalisme qui montre les cités autrement.

L’INFO VUE DE LA BANLIEUE

En ouvrant

nos conférences

de rédaction

au public, nous

introduisons

de la démocratie

participative

dans la

construction

de l’information.

© STEPHAN ZAUBITZER/PICTURETANK

Canal+, France Inter, TF1, Arte, France 2… Avec un CV pareil, on imaginait

plutôt ce grand reporter occuper, pour sa fin de carrière, un

fauteuil confortable dans une grande école de journalisme parisienne.

On le retrouve caméra sur l’épaule et micro à la main dans des quartiers

populaires. Lui, c’est John Paul Lepers, 55 ans, journaliste indépendant et

initiateur, il y a trois ans, du projet Reporter citoyen.

« Nous sommes vieux, mais nous voulons bien être

bousculés », confie-t-il malicieusement avec Philippe

Merlant, l’autre grand acteur du projet.

Coordonnée par LaTeleLibre.fr, première Web

TV indépendante, et l’École des métiers de l’information

(EMI), cette formation gratuite aux métiers

du journalisme citoyen, soutenue par la Région, est destinée

aux jeunes de quartiers. Objectifs :

réconcilier les habitants de banlieue et les

médias, mais aussi « ouvrir la profession

à ceux qui n’ont pas les moyens ni le réseau

nécessaires pour y accéder ».

Une trentaine de journalistes en herbe,

ayant pour la plupart une activité profession

nelle en parallèle, a ainsi arpenté

les rues de Stains (93), Créteil (94), et Boulogne-

Billancourt (92), les trois villes qui ont

accueilli la première promotion.

Exit les habituelles images anxiogènes des

cités : ces Français d’en bas osent raconter

le(ur) monde, comme le vote des filles et

fils d’étrangers à l’élection présidentielle

ou les problématiques sociales liées à la

construction d’une médiathèque. Ouvertes

au public, les conférences de rédaction ont

parfois des allures de comités de quartier, « ce

qui s’inscrit dans notre démarche, qui vise à introduire de la

démocratie participative dans la construction et la diffusion de

l’information », souligne John Paul Lepers. Une approche qui

séduit mairies et acteurs locaux. « Nous sommes en effet l’un

des rares projets qui encadrent et forment les jeunes adultes,

analyse le journaliste. Quelque part, nous prenons le relais des

parents en les aidant à trouver leur place. »

Au cœur des révolutions arabes

John Paul Lepers et « Tonton », le journaliste Philippe Merlant,

ont déjà emmené la petite troupe au Sénégal pour le Forum

social mondial de Dakar en 2011, mais aussi en Israël, dans

les territoires palestiniens et en Tunisie. « De beaux moments

d’immersion, où les jeunes reporters ont pu découvrir la complexité

des révolutions arabes », raconte John Paul Lepers.

Des reportages compilés dans Les Printemps de la jeunesse,

webdocumentaire diffusé à l’automne sur le site Internet

de Reporter citoyen.

Un nouveau genre journalistique et un regard original

sur les quartiers dont pourraient bénéficier les médias

traditionnels, « trop formatés » à son goût. Mais la situa-

tion évolue. Depuis la rentrée, marchant dans les pas du

Bondy Blog, deux jeunes reporters citoyens diffusent

leurs reportages lors du 5/7 du samedi sur France Inter.

De quoi emplir d’espoir les 40 nouveaux étudiants, répartis

sur quatre villes de la région, qui feront leurs premiers

pas de reporters citoyens en janvier.

JÉRÔME GUEDJ

h www.reporter-citoyen.fr ; www.jesuisunreportercitoyen.fr (film) ;

www.latelelibre.fr (Web TV)

ÎLE-DE-FRANCE OCTOBRE-NOVEMBRE 2012 Nº 43


12

L’HISTOIRE

© MINISTÈRE DE LA JUSTICE/ENPJJ ROUBAIX

Ouvert en 1945, le centre d’éducation

surveillée de la ferme de Champagne

a accueilli des garçons de 13 à 20 ans

jusqu’en 1972.

MINEURS À Savigny-sur-Orge, un ancien établissement

d’éducation surveillée est devenu lieu de mémoire.

LA JUSTICE DES ENFANTS

SE CHERCHE DEPUIS TOUJOURS

« La législation sur les mineurs connaît un mouvement

de balancier constant entre la répression

et une méthode “douce”, axée sur la

prévention. Tout dépend du contexte politique,

économique et social », explique Véronique Blanchard,

responsable du musée « Enfants en justice »

de Savigny-sur-Orge (91). Un lieu chargé de

mémoire puisqu’il a accueilli de 1945 à 1972 un

centre d’éducation surveillée pour garçons. Dans

les cellules transformées en salles d’expo, des

photos d’enfants en rang, bêchant…, des effets

personnels, des poèmes, ou encore cette gravure

qui rappelle qu’avant 1836 on ne faisait pas la

distinction entre les jeunes et les adultes dans les

prisons. Silence, isolement. Les enfants vivent

coupés les uns des autres. Très vite, les failles du

système apparaissent : dépressions, automutilations,

suicides se multiplient… Lesdecins

sonnent l’alerte.

En 1850, apparaît la colonie agricole pénitentiaire

ou « maison de correction ». Destinée aux petits

délinquants, voleurs, vagabonds et enfants jugés

DATES CLÉS

1836

Ouverture, à Paris (11 e ), de la

Petite Roquette, première prison

cellulaire pour mineurs.

1921

Le photographe Henri Manuel

réalise pour le gouvernement

un reportage sur les institutions

pour mineurs.

JUILLET 1945

Le centre d’éducation surveillée

de Savigny-sur-Orge (91) ouvre

« difficiles », elle les emmène loin des vices de la

ville pour qu’ils s’adonnent au travail de la terre

et à l’artisanat. Levés tôt, ils travaillent tard.

Travail… et mitard

Au début du XX e siècle s’opère un durcissement.

En 1936, Alexis Danan, journaliste à Paris Soir,

dénonce le scandale des « bagnes d’enfants »: « J’ai

reçu des coups (…), jeûné et tourné en rond dans

ma cellule des jours et des jours. J’ai connu le supplice

de la camisole de force », témoigne une prisonnière.

L’ordonnance de 1945 sur l’enfance

délinquante va marquer un tournant. Elle institue

les juges pour enfants et pose les bases de la

justice actuelle : l’enfant devient victime. Fin 1970,

c’est la mise en place de petits foyers et de milieux

ouverts, d’innovations pédagogiques… « Puis,

dans les années 2000, la justice se fait plus sévère,

conclut Véronique Blanchard. Car la crise alimente

la peur des enfants. » En résultent les établissements

pénitentiaires pour mineurs, nouvelle

source de polémique…

CÉCILE COUTURIER

ses portes aux garçons

de 13 à 20 ans.

1950

Un des premiers foyers de

semi-liberté voit le jour à

Vitry-sur-Seine (94), sous

EN SAVOIR

PLUS

• Centre

d’exposition

« Enfants en

justice ». Ferme

de Champagne,

rue des

Palombes,

91600 Savignysur-Orge.

01 69 54 24 14.

www.enfants

enjustice.fr

• Musée

national des

prisons.

1, rue du

Sergent-Perrier,

77300

Fontainebleau.

Pour groupes

à partir de

10 personnes.

01 60 74 99 99.

l’impulsion du juge pour enfants

Jean Chazal.

2008

Des établissements pénitentiaires

pour mineurs ouvrent à Meaux

(77) et à Mantes-la-Jolie (78).

C’ÉTAIT LE…

11 OCTOBRE 1972

Le procès de Marie-Claire, 17 ans,

s’ouvre devant le tribunal pour

enfants de Bobigny, en Seine-Saint-

Denis : elle est accusée de s’être fait

avorter à la suite d’un viol.

Marie-Claire, violée à 16 ans par

un camarade, tombe enceinte

et se confie à sa mère, em -

ployée de la RATP, qui élève seule

ses trois filles. Celle-ci trouve, grâce

à ses collègues, une femme qui

accepte de pratiquer l’avortement…

Plus tard, son violeur la dénonce à la

police, pour échapper à une condamnation

pour un vol de voiture. La

jeune fille, Michèle, sa mère, et ses

collègues sont mises en examen.

Michèle contacte l’avocate Gisèle

Halimi, connue pour son combat

pour les droits des femmes.

Le procès s’ouvre à huis clos dans une

ambiance électrique. Les associations

féministes manifestent devant le tribunal.

Marie-Claire est acquittée. En

novembre, maître Halimi choisit de

faire du procès des adultes une tribune

contre la loi de 1920 qui réprime

l’avortement, et d’interpeller l’opinion

publique. D’éminentes personnalités

témoignent en faveur des accusées :

l’académicien Jean Rostand, les prix

Nobel Jacques Monod et François

Jacob… Le procès de Bobigny devient

celui d’une loi jugée injuste, et suscite

commentaires et débats dans tout le

pays. Le 22 novembre 1972, Michèle

est condamnée à une amende de

500 francs, l’avorteuse à un an de prison,

et les collègues sont relaxées. Le

retentissement considérable du procès

aura largement contribué à l’évolution

des mentalités, qui aboutira au

vote, le 17 janvier 1975, de la loi Veil

légalisant l’interruption volontaire de

grossesse.

JULIE VÉDIE

Affrontements entre

manifestants du Mouvement

de libération des femmes

et forces de l’ordre

lors du procès.

© AFP

ÎLE-DE-FRANCE OCTOBRE-NOVEMBRE 2012 Nº 43


LES SORTIES

13

PRÈS DE

CHEZ VOUS

(LECTURE)

SALON DU LIVRE ET

DE LA PRESSE JEUNESSE

La grande fête de l’écrit

pour les tout-petits met

le cap sur l’aventure !

Au programme : grande

exposition, rencontres,

lectures et débats avec

près de 200 auteurs et

illustrateurs, performances,

ateliers de création…

h Du 28 novembre au

3 décembre. Espace

Paris-Est-Montreuil,

128, rue de Paris,

93100 Montreuil-sur-Seine.

Tél. : 01 55 86 86 55.

www.salon-livre-pressejeunesse.net

(CINÉMA)

CINESSONNE

© GWENAËLLE SERRE

À l’affiche du 14 e Festival

du cinéma européen en

Essonne, une douzaine de

longs métrages en

compétition, des courts, des

films pour le jeune public et

des rencontres.

h Du 13 au 25 novembre.

Dans 14 villes de l’Essonne.

Tél. : 01 69 06 71 79.

www.cinessonne.com

LES ÉCRANS

DOCUMENTAIRES

TERRITOIRE ET PAYSAGE + LE CINÉMA EN CRÉATION PARTAGÉE

DÉC 2012 ARCUEIL

5

9

Inscriptions en ligne jusqu’au 30 août 2012

www.lesecransdocumentaires.org

© DR

Le festival du documentaire

de création propose une

large sélection de longs et

de courts métrages, mais

aussi des avant-premières,

des coups de cœur et…

un ciné concert !

h Du 5 au 9 décembre.

Espace Jean-Vilar,

1, rue Paul-Signac,

94110 Arcueil.

Tél. : 01 46 64 65 93.

www.

lesecransdocumentaires.org

(MUSIQUE)

BLUES SUR SEINE

Le grand rendez-vous des

fans de blues invite à un

voyage riche et éclectique

au cœur des racines

africaines de leur musique

favorite. Avec Tinariwen

et ses influences touareg,

Amadou & Mariam et

leur blues-rock mandingue

et 60 autres artistes.

En tout, 140 événements

variés allant des concerts

aux master classes.

h Du 9 au 24 novembre.

Dans 27 communes du

Mantois et du Val-de-Seine

(78). Tél. : 01 30 92 35 38.

www.blues-sur-seine.com

FESTI’VAL-DE-MARNE

Zoufris Macaras, Mathieu

Boogaerts, La Grande

Sophie, Alain Souchon,

Arthur H ou encore Michel

Jonasz se produisent à

Champigny-sur-Marne,

Rungis, Villeneuve-le-Roi,

Arcueil…

h Du 5 au 21 octobre. Dans

21 villes du Val-de-Marne.

Tél. : 01 45 15 07 07.

www.festivaldemarne.org

© CATHERINE POTIER

JAZZ AU FIL DE L’OISE

Pendant six semaines, le

jazz est roi le long de l’Oise.

L’occasion d’entendre

Roberto Fonseca, Ibrahim

Maalouf, Nguyen Lê,

Palatino, David Krakauer,

Vijay Iyer ou encore Edmar

Castaneda.

h Du 9 novembre au

16 décembre.

Dans une vingtaine de

communes du Val-d’Oise

(Cergy, Ermont,

Valmondois, Éragny…).

Tél. : 01 34 48 45 03.

www.jafo95.com

(SPECTACLE)

FESTIVAL

D’ÎLE-DE-FRANCE

Sur le thème des diasporas

et des musiques

en partance, le grand

événement culturel

francilien invite

le public à voyager

du Burkina Faso

à la Thaïlande (Ouaga-

Bangkok Express

à la Gaîté lyrique, à Paris,

le 5 octobre), de l’Argentine

(Odyssée, le 7 octobre

au pavillon Baltard

de Nogent-sur-Marne)

à l’Égypte (In exitu Israël,

le 7 octobre à l’église de

Larchant).

h Jusqu’au 14 octobre.

Dans 26 lieux d’Île-de-

France. Tél. : 01 58 71 01 01.

www.festival-idf.fr

FESTIVAL RUMEURS

URBAINES

Le festival des arts de

la parole confirme son

le de fabrique avec

trois créations inédites

et 34 représentations.

Les conteurs se produisent

sur scène et descendent

dans la rue pour se frotter

aux habitants et leur donner

la parole.

h Du 13 au 27 octobre

À Asnières, Colombes,

Clichy-la-Garenne,

Gennevilliers, Nanterre,

Villeneuve-la-Garenne (92),

Saint-Ouen (93), Cormeillesen-Parisis

et Argenteuil (95).

Tél. : 01 47 60 00 98. www.

rumeursurbaines.org

(EXPOSITION)

QUAND PASSENT

LES USINES…

HABITANTS

ET TERRITOIRES EN

ESSONNE ET EN EUROPE

© COLL. MDBA

Quels impacts ont

les entreprises qui ferment,

les filières économiques qui

disparaissent sur l’identité

collective des territoires ?

Des réponses pour Évry et

Corbeil-Essonnes (91),

mais aussi la Dearne Valley

(Grande-Bretagne) et le

Levante (Espagne).

h Jusqu’au 19 décembre.

Maison de banlieue et

d’architecture, 41, rue

Geneviève-Anthonioz-de-

Gaulle, 91200 Athis-Mons.

Tél. : 01 69 38 07 85.

www.maisondebanlieue.fr

(ÉVÉNEMENT)

FESTIVAL D’AUTOMNE

À PARIS

Le théâtre de la Colline,

la Cinémathèque, le collège

des Bernardins, l’opéra

Bastille, la scène Watteau,

le Mac/Val… De

prestigieux lieux culturels

franciliens présentent le

meilleur de la création

contemporaine en arts

plastiques, danse, théâtre,

musique et même cinéma.

h Jusqu’au 31 décembre.

À Paris, Noisiel (77),

Vélizy-Villacoublay (78),

Gennevilliers (92),

Vitry-sur-Seine (94),

Cergy (95)…

www.festival-automne.com

PROXIMITÉ Le haut lieu de la création

fête 10 ans de soutien aux artistes

et de succès auprès du public.

L’ART CONTEMPORAIN

AU COIN DE LA RUE

© FRANÇOIS BERTHELOT

Des affiches réalisées par

26 artistes visibles dans tout

Paris et les transports pu -

blics, des jeux-concours… Le Plateau

fête ses 10 ans et le fait savoir !

L’espace d’exposition du Fonds

régional d’art contemporain

(Frac) d’Île-de-France est aujourd’hui

un lieu incontournable pour

la création « au niveau régional

mais aussi national et international

», souligne Marie Le Goux,

secrétaire générale du Frac. Bâti

là où se trouvaient les studios de

télévision des Buttes-Chaumont,

à Paris 19 e , il est né de la mobilisation

de riverains, ce qui en a fait

un lieu culturel de proximité très

fréquenté par les gens du quartier.

« Nous accueillons 25 000 visiteurs

À L’AFFICHE

L’espace d’exposition

régional est né de

la mobilisation de riverains,

aux Buttes-Chaumont,

à Paris.

par an, précise Marie Le Goux. Et

ce ne sont pas tous des spécialistes

d’art contemporain. »

Émulation

Depuis 2002, 26 artistes y ont exposé,

comme Michel Blazy ou Jean-Luc

Moulène. Le lieu a, en outre, fait des

émules : 10 galeries d’art contemporain

ont vu le jour, regroupées dans

le réseau du Grand Belleville. « À l’avenir,

nous souhaitons poursuivre notre

soutien à la création émergente et aux

artistes en milieu de carrière, français

et étrangers. Sans oublier les actions

en direction de tous les publics »,

conclut Marie Le Goux. JÉRÔME GUEDJ

h Le Plateau, place Hannah-Arendt, angle de la

rue des Alouettes et de la rue Carducci, Paris19 e .

Tél. : 01 76 21 13 41. www.fracidf-leplateau.com

UN CHŒUR DE 25 ANS

Un quart de siècle que le Chœur régional

Vittoria interprète, en Île-de-France et

au-delà, tous les répertoires. Dirigé par

Michel Piquemal, cet ensemble de

60 choristes a notamment été couronné

en 1998 aux 5 es Victoires de la musique

classique. Pour ses 25 ans, il sort son

17 e CD, Messe solennelle de Pâques de

Martial Caillebotte avec l’orchestre

Pasdeloup. Et sa saison 2012-2013

s’annonce grandiose : 2 e Symphonie de

Mahler le 20 octobre à la salle Pleyel à

Paris (8 e ), Messe de sainte Cécile de

Gounod et Fanfares liturgiques de

Tomasi le 20 novembre à Vélizy (78) et le

23 à l’église de la Trinité à Paris (9 e )…

h www.vittoria.asso.fr

© ÉRIC GARAULT/PICTURETANK

ÎLE-DE-FRANCE OCTOBRE-NOVEMBRE 2012 Nº 43


14

LES TRIBUNES POLITIQUES

© NATHALIE MOHADJER/LE BAR FLORÉAL

© OLIVIER PASQUIERS/LE BAR FLORÉAL

GROUPE SOCIALISTE ET APPARENTÉS

TARIFICATION DES TRANSPORTS : CONCILIER

BESOINS D’AUJOURD’HUI ET ENJEUX DE DEMAIN

PS ET APP /

60 membres

GUILLAUME

BALAS

Depuis la rentrée 2012, les

deux millions de Franci liens

titulaires d’un passe Navigo

peuvent voyager gra tuitement

dans toute l’Îlede-France

durant les

week-ends et les jours

fériés grâce au dézonage

partiel. Les socialistes franciliens

se félicitent de cette

nouveauté qui va contribuer

à réduire les inégalités entre

les territoires et permettre au

plus grand nombre d’entre nous d’avoir accès

à l’Île-de-France dans toute sa diversité.

Cette mesure est le premier pas vers une réforme

complète de la tarification des

transports que les socialistes, à

« Ces améliorations de

l’offre de transports et

l’aménagement équilibré

de nos territoires sont les

conditions indispensables à

l’évolution des pratiques. »

la tête de la majorité régionale,

s’étaient engagés à mener dès le

début du mandat. La seconde

étape aura lieu dès décembre

prochain, avec la mise en place

du complément de parcours qui

permettra aux usagers des

transports franciliens de dépasser

la limite de leurs zones

d’abonnement en ne payant que la partie supplémentaire

et non tout le trajet.

Le terminus de cette réforme devrait être atteint

en 2015 avec la mise en place des unités de transport,

un système de tarification déjà adopté

dans d’autres métropoles mondiales comme

Londres ou Tokyo. Alors qu’aujourd’hui le prix

du trajet sur le réseau de transports en commun

francilien n’est défini qu’à travers les zones

d’abonnement, le groupe socialiste veut que,

demain, les Franciliens ne paient que pour les

trajets qu’ils effectuent réellement. Le prix du

billet varierait en fonction du mode de transports

choisi, l’heure du trajet, le niveau de saturation

de la ligne, la qualité du service, etc.

En plus d’instaurer un calcul du prix des transports

appliqué à tous, ce dispositif intégrerait

les nouveaux enjeux des transports en Île-de-

France comme l’allongement de la distance

moyenne lieu de travail-lieu d’habitation, la

multiplication des trajets banlieue-banlieue,

la prise en compte de la qualité du service et la

demande croissante de souplesse. Une telle

tarification nous paraît d’autant plus juste

qu’elle permettrait de ménager notre pouvoir

d’achat tout en apportant des réponses à nos

attentes d’usagers quotidiens des transports.

Un tel système n’en demeure pas moins pertinent

du point de vue environnemental. Nous,

socialistes, sommes trop conscients que l’amélioration

de l’offre de transports

– notre priorité – et l’aménagement

équilibré de l’ensemble

de nos territoires sont les conditions

indispensables à l’évolution

des pratiques. En

développant le réseau de RER,

trams, bus et métros, en le

rendant plus attractif et plus

performant, en rendant sa ta rification

plus simple et plus juste,

la majorité régionale veut inciter les Franciliens

à privilégier les déplacements collectifs et

ainsi améliorer durablement la qualité de vie

dans notre région.

Le groupe socialiste soutient cette révolution

tarifaire qui concilie l’urgence – l’amélioration

des trajets du quotidien – et l’avenir – anticiper

les enjeux posés par les réseaux de transports

de demain. Une véritable révolution vers une

tarification sociale des transports qui s’inscrit

dans la lignée de la suppression des zones 6,

7 et 8 déjà mises en place au cours du début de

mandat.

h contact@psidf.com ; www.psidf.com

FRONT DE GAUCHE – PARTI COMMUNISTE, GAUCHE UNITAIRE ET ALTERNATIVE CITOYENNE

ENSEMBLE, OBTENONS LA ZONE UNIQUE

DU PASSE NAVIGO

FdG / 14 membres

GABRIEL

MASSOU

C’est une proposition des élu-e-s Front de gauche qui se réalise :

depuis le 1 er septembre, le passe Navigo permet d’accéder à toutes

les zones les week-ends et les jours fériés.

C’est un premier pas important vers la zone unique au tarif des

zones 1-2, vers la fin d’une double peine : plus on vit loin de Paris,

plus on passe de temps dans les transports et plus l’on paie cher.

« Les transports

publics, une

exigence sociale

et écologique. »

Les parlementaires Front de gauche ont déposé une proposition de loi pour augmenter

la contribution des entreprises, le versement transport, qui permettrait de financer

cette zone unique. Nous appelons l’ensemble de la majorité de gauche à la soutenir !

Les élu-e-s Front de gauche continuent à se mobiliser, avec les usagers et les salariée-s,

pour de nouveaux financements pour les transports publics : c’est une nécessité

pour les usagers, une exigence sociale et écologique, un atout pour le développement

de notre région. h www.frontdegauche-pcfguac-idf.org

© NATHALIE MOHADJER/LE BAR FLORÉAL

EUROPE ÉCOLOGIE – LES VERTS

DÉZONAGE DU PASSE

NAVIGO LE WEEK-END :

LIBERTÉ ET ÉGALITÉ

POUR TOUS

LES FRANCILIENS !

EELV / 50 membres

MOUNIR

SATOURI

Depuis le 1 er septembre, toutes

celles et tous ceux qui possèdent

un passe Navigo peuvent

se déplacer partout en Île-de-

France, les week-ends et les jours

fériés. Une mesure concrète

pour 2,8 millions de Franciliennes

et de Franciliens et une

première étape déterminante

vers la révolution tarifaire de

l’ensemble du réseau métropolitain

d’Île-de-France : le passe

Navigo à zone unique, qui

« Face aux coûts sans

cesse croissants à la

pompe, le dézonage

les week-ends et

les jours fériés est

d’abord un gain net

en termes de pouvoir

d’achat. »

devrait voir le jour en 2013. Face aux coûts sans

cesse croissants à la pompe, le dézonage les weekends

et les jours fériés est d’abord un gain net en

termes de pouvoir d’achat. Concrètement, si une

famille de Montreuil détenant un forfait Navigo de

deux zones pour cinq personnes veut s’offrir une

balade dans la forêt de Fontainebleau,

elle pourra économiser

jusqu’à 120 euros !

Une virée de Mantes-la-Jolie

à Paris revient, quant à elle,

à 16 euros de moins environ

par personne ! Le passe

Navigo dézoné est ainsi un

formidable outil de liberté.

Le temps d’un week-end ou

d’un jour férié, il donne l’opportunité

de voyager plus facilement, avec un seul

titre de transports, pour découvrir les richesses de

l’Île-de-France. Il favorisera le développement d’un

tourisme local et durable, qui repose moins sur la

voiture et l’éloignement que sur la découverte des

richesses naturelles qui entourent nos lieux de vie.

La suppression des zones, c’est également une

mesure forte d’égalité entre les territoires. Fini la

double peine des usagers de la grande couronne,

qui passent le plus de temps dans les transports et

qui payent plus cher des transports plus rares. Plus

juste, le dézonage est enfin un saut de franchi vers

la construction d’une métropole francilienne

durable et solidaire. Quand le Grand Paris de Nicolas

Sarkozy augmentait le fossé entre les galériens

du quotidien et les élites des quartiers d’affaires, la

suppression des zones rassemble et développe le

sentiment d’appartenir à une même région. Faciliter

l’usage des transports collectifs et réduire les

inégalités territoriales sans toucher au porte-monnaie

des ménages. Voilà l’écologie des solutions !

h Contact : eelv@iledefrance.fr ; http://elus-idf.eelv.fr

ÎLE-DE-FRANCE OCTOBRE-NOVEMBRE 2012 Nº 43


LES TRIBUNES POLITIQUES

15

© DR

© DR

PARTI RADICAL DE GAUCHE

ET MOUVEMENT UNITAIRE PROGRESSISTE

UN DROIT À LA MOBILITÉ

PRG-MUP /

6 membres

JOSY

MOLLET-LIDY

Le soutien de notre groupe à une tarification

unique des transports a clairement

été conditionné à de nouvelles ressources

de financement. Notre priorité reste l’offre :

réalisation du projet Grand Paris Express,

mais aussi maillage

fin de la zone non

dense. L’équité territoriale,

c’est offrir

à tous un maillage

de proximité en

offre de transports.

Pour les territoires

périurbains, il est temps de passer des promesses aux actes :

densification des bus, amélioration des routes, prolongement

des RER. Beaucoup reste à faire !

h Tél. : 01 53 85 69 46 ; www.prg-mup-idf.fr

© JEAN-CHRISTOPHE BARDOT/LE BAR FLORÉAL

MOUVEMENT RÉPUBLICAIN ET CITOYEN

AÉROPORT :

ENTENDRE LES RIVERAINS

MRC / 5 membres

DANIEL GUÉRIN

FRONT DE GAUCHE ET ALTERNATIFS

LA ZONE UNIQUE

EST UNE NÉCESSITÉ !

FdG ET A /

5 membres

PASCALE

LE NÉOUANNIC

Des centaines de milliers de Franciliens,

riverains des aéroports, sont victimes

d’importantes nuisances sonores et

chimiques. De longue date, les élus MRC

se sont mobilisés pour défendre leurs

droits. Notre groupe a, ainsi, contribué à

de nombreuses avancées importantes en

leur faveur. Aujourd’hui, nous proposons

une charte régionale

des droits des riverains

des aéroports en Île-de-

France qui garantisse

une nouvelle étape de

l’amélioration de leur cadre de vie.

h www.mrc-idf.fr

Notre groupe défend l’instauration d’un

passe Navigo à tarif unique (tarif zones

1-2) pour tous. C’est une mesure de justice

sociale car les ménages consacrent une

part toujours plus importante de leur budget

aux transports. Pour l’obtenir, l’Assemblée

nationale doit voter une réforme du

versement transport (taxe sur les entreprises

qui bénéficient

des investissements

publics dans

les transports). Les

socialistes avaient

« Nous proposons

une charte

régionale

des droits des

riverains

des aéroports. »

« L’équité

territoriale passe

par le renforcement

de l’offre de

transports. »

« Pour un accès

égal au transport. »

refusé de le faire au Sénat l’an dernier à la suite d’un

amendement du Front de gauche. Mobilisons-nous pour le

changement ! h www.frontdegauche-alters.fr

© NATHALIE MOHADJER/LE BAR FLORÉAL

© OLIVIER PASQUIERS/LE BAR FLORÉAL

MOUVEMENT POPULAIRE

SAUVER L’INDUSTRIE AUTOMOBILE :

LA PASSIVITÉ COUPABLE DE LA RÉGION

MP / 53 membres

VALÉRIE

PÉCRESSE

ALLIANCE RÉPUBLICAINE, ÉCOLOGISTE ET SOCIALE

LES USAGERS

FONT LES FRAIS DU DÉZONAGE !

ARES /

13 membres

LAURENT

LAFON

Cet été, PSA a annoncé

la suppression de

8 000 emplois en France

et la fermeture de son

usine d’Aulnay-sous-Bois

qui emploie plus de

3 000 salariés.

La nouvelle a fait l’effet

d’une bombe. Elle il -

lustre la situation très

difficile de notre économie

et l’incapacité de

notre région à préserver

ses emplois industriels.

Compétente en matière de développement

économique et de formation, la Région a

pourtant toutes les cartes en main pour

soutenir durablement la filière.

« Sur 58 véhicules

mis à la disposition

de l’exécutif régional,

seul un est de

marque française. »

Les détenteurs d’un passe Navigo peuvent circuler partout en

Île-de-France le week-end.

Cette mesure peut paraître séduisante, mais elle a un coût : 26 millions

d’euros par an, et, aujourd’hui, seulement 21 millions d’euros de

recettes peuvent le financer.

Ce sont essentiellement les usagers de

grande couronne qui font les frais de cette

mesure, leur abonnement ayant augmenté

de 23,10 euros. Pourtant, ils pouvaient déjà

circuler partout, le dézonage le week-end

ne leur apporte donc rien.

Le groupe centriste s’inquiète sur la mise en place du tarif unique

que la Région n’a pas les moyens de financer et qui se fera au détriment

d’une qualité de transport déjà déficiente. h www.ares-idf.fr

Mais toutes les décisions prises

par la majorité de gauche

depuis des mois ont conduit à

fragiliser ce secteur.

En 2009, face à la tourmente

financière, le gouvernement

Fillon avait décidé de prêter

de l’argent aux constructeurs

(argent qui a rapporté 715 millions d’euros

d’intérêts à l’État) et d’adopter un vaste plan

de relance de l’automobile incluant la prime

à la casse et un soutien aux recherches pour

la voiture non polluante.

Dès cette époque, notre groupe avait

demandé à la Région de soutenir les efforts

de l’État en adoptant un plan de soutien à

la filière francilienne et à ses 50 000 emplois.

Par pure idéologie, la Région a refusé ce plan.

Sous la pression des verts, elle considère la

voiture comme un ennemi.

Moralité, tous les crédits pour l’automobile,

jusqu’à la sécurité routière, sont en chute

libre. La Région va plus loin : pour ses ressources,

elle ponctionne un milliard d’euros

par an sur le budget carburant des Franciliens.

Elle utilise également ses compétences

en matière d’urbanisme pour dresser des

obstacles insurmontables à la circulation

automobile : réduction du nombre de places

de parking, aménagements urbains favorisant

les bouchons...

Et ce n’est pas tout : sur les 58 véhicules mis

à la disposition de l’exécutif régional, seul

un est de marque française ! Le président

Jean-Paul Huchon lui-même a remisé au

garage la Citroën C6 qu’il utilisait jusqu’en

2011 au profit de deux nouvelles voitures de

fonction de marque étrangère et fabriquées

hors de France.

Depuis des années, la gauche fait la guerre

à la voiture ; elle ne doit pas

aujourd’hui s’étonner si les

ventes de voitures chutent. La

gauche régionale ne donne pas

la priorité aux voitures fabriquées

en France ; elle ne doit

pas s’étonner aujourd’hui si

nos usines ferment et si tous

les salariés et les sous-traitants

de l’industrie automobile souffrent.

Contrairement à la gauche, le groupe MP a

toujours montré la plus grande cohérence

en matière de transport et d’emploi : défense

de l’industrie automobile et lancement du

Grand Paris des transports en commun,

parce qu’il est absurde d’opposer l’un à

l’autre. C’est pourquoi nous demandons

à la Région de lancer enfin un grand plan

de soutien à l’emploi automobile. Première

étape : montrer l’exemple en privilégiant les

voitures fabriquées en France pour son

propre parc automobile.

h Tél. : 01 53 85 68 05 ;

www.ump-iledefrance.fr

« Ce sont essentiellement

les usagers de grande

couronne qui font les

frais de cette mesure. »

ÎLE-DE-FRANCE OCTOBRE-NOVEMBRE 2012 Nº 43


16

ALENTOURS

PARC NATUREL RÉGIONAL Entre l’Essonne et les Yvelines,

la Haute Vallée de Chevreuse est un lieu de promenade et de vie.

LE JUSTE ÉQUILIBRE

78

CHEVREUSE

RAMBOUILLET

SAINT-RÉMY-LÈS-CHEVREUSE

LA CELLE-LES-BORDES

91

Rochefort-en-Yvelines, près de Rambouillet,

est l’un de ces villages typiques

du parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse.

© FLORENCE JOUBERT/PICTURETANK

CARNET

DE ROUTE

Y ALLER

Par le RER B jusqu’à

Saint-Rémy-lès-

Chevreuse ou par le

train jusqu’à la gare

SNCF de Rambouillet.

Au départ de ces gares,

le Baladobus permet

d’explorer le parc et ses

sites (musée national

de Port-Royal-des-

Champs, les châteaux

de la Madeleine et

de Breteuil, la maison

Elsa-Triolet-Aragon…).

Jusqu’au 28 octobre,

tous les dimanches

et les jours fériés.

www.parc-naturelchevreuse.fr/

baladobus-vallee-dechevreuse.html

VENTE DIRECTE

Légumes, viande et

produits laitiers.

Ferme de la Noue,

78720 La Celle-les-

Bordes. 01 34 85 16 17.

www.fermedelanoue.net

Visites possibles pour

scolaires et groupes.

Châteaux, fermes, balades, espaces

naturels… Peu de territoires offrent,

comme le parc naturel régional

(PNR) de la Haute Vallée de Chevreuse,

une telle diversité paysagère et patrimoniale.

Le domaine de Saint-Jean-de-

Beauregard (91), l’abbaye des Vauxde-Cernay,

le château de Breteuil, le village

de Rochefort-en-Yvelines, la Bergerie

nationale de Rambouillet (78)… Impossible

de circuler dans cette vallée sans

découvrir une bâtisse, une forêt ou des

paysages naturels d’une beauté à couper

le souffle… Le tout à 40 minutes de Paris.

Mais, pour une structure comme un PNR,

les enjeux ne sont pas que touristiques. Il

s’agit de trouver un subtil équilibre entre

préservation de l’environnement, activité

humaine et développement économique.

La Haute Vallée de Chevreuse est un territoire

vivant, formé de 51 communes

(43 dans les Yvelines et huit dans l’Essonne)

et peuplé de 109 000 habitants

(l’équivalent d’une ville comme Caen).

Des habitants dont l’activité est parfois

portée par le PNR : soutien au commerce

de proximité, à l’artisanat et aux savoirfaire

locaux, sensibilisation des entreprises

aux enjeux de développement

durable

Écohabitat et agriculture bio

Le PNR soutient les démarches en matière

d’habitat durable et de performance énergétique.

Depuis 2004, il développe des

outils de sensibilisation à l’architecture

écologique, met en relation les professionnels

du secteur, et accompagne les particuliers.

Comme à Chevreuse (78), avec un

projet de maison basse consommation

(54 kWh/an/m²) avec une ossature en

bois, un toit végétalisé, une isolation à

base de fibres de bois et un garage en

briques de terre crue dont la construction

s’est faite après l’organisation par le PNR

d’une formation avec l’association Maisons

paysannes de France.

Autre secteur soutenu : l’agriculture biologique.

À la ferme de la Noue, à La Celleles-Bordes

(78), Claudie et Philippe Le

Quéré élèvent en plein air chèvres, brebis,

cochons, lapins et poulets, et entretiennent

un potager, 12 ruches et un verger.

Ils fournissent en fromages de chèvre

une quinzaine d’Amap (association pour

le maintien d’une agriculture paysanne),

principal débouché de leur production.

« Être dans le parc est un énorme plus pour

nous, surtout en termes de communication

», confie Claudie Le Quéré, qui a, au

fil des ans, reçu de nombreuses récompenses

du PNR comme les Écotrophées,

ou vu ses produits bénéficier de la marque

Parc. « Ils mettent en

valeur les producteurs

locaux, organisent

des manifestations

autour de nos produits…

On se sent

moins seuls, poursuit-elle,

on travaille

avec les mêmes ob -

jectifs : garder notre

territoire beau et

vivant !» Pour le PNR

et ses habitants, un

défi quotidien à

relever… JULIE VÉDIE

ÉVÉNEMENT

Les 20 et 21 octobre,

forum écohabitat,

ouvert à tous et gratuit,

pour apprendre à

construire plus sain, et

mieux isoler son habitat.

Moulin d’Ors,

78117 Châteaufort.

Renseignements :

01 30 52 09 09.

www.parc-naturelchevreuse.fr

Au château de la Madeleine,

le siège du parc à Chevreuse,

des produits de terroir sont en vente.

© FLORENCE JOUBERT/PICTURETANK

Île-de-France, journal bimestriel du conseil régional, 35, bd des Invalides, 75007 Paris. Tél. : 01 53 85 53 85 journal@iledefrance.fr

Directeur de la publication : Jean-Paul Huchon. Directeur de la publication délégué : Xavier Crouan. Comité éditorial : Jean-Michel Thornary, Xavier Crouan, Maxime des Gayets, Pierre Chapdelaine.

Rédacteur en chef : Pierre Chapdelaine. Secrétaire de rédaction : Didier Fil. Rédactrice-reporter : Julie Védie. Ont collaboré à ce numéro : Renaud Charles ; agence Citizen Press : Charles Centofanti,

Cécile Couturier, Jérôme Guedj ; La Machine à mots. Couverture : rame du RER C décorée façon Versailles © Jean-Lionel Dias/Le Carton/Picturetank. Conception : Rampazzo et Associés.

Réalisation : Scoop Communication. Impression : Île-de-France est édité à 4 448 840 exemplaires sur papier recyclé 57 g par Lenglet Imprimeurs. ISSN : 1779-4331. Dépôt légal à parution.

ÎLE-DE-FRANCE OCTOBRE-NOVEMBRE 2012 Nº 43

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