Dynamisme 212 - Union Wallonne des Entreprises

uwe.be

Dynamisme 212 - Union Wallonne des Entreprises

Editorial

Demande

d’explications sérieuses

Vincent REUTER,

Administrateur délégué

de l'Union Wallonne

des Entreprises

“IL EST CERTAIN

QU’IL N’Y AURA

PAS ASSEZ

DE QUOTAS CO 2

POUR TOUT

LE MONDE”

Que le réchauffement climatique doive être pris au sérieux ne fait aucun doute.

Encore que, comme le souligne Claude Allègre, ce soit plutôt de changement

climatique qu’il s’agisse.

La différence n’est pas sans importance ; elle est même décisive quant à la nature des

politiques à concevoir et à mettre en œuvre. Mais ce n’est pas le propos. Ce qui retient

notre attention ici, c’est la question suivante : si le redressement de la région wallonne

doit également être pris au sérieux - et on suppose que c’est le cas -, comment concilier

la nécessité de réduire les émissions de gaz carbonique avec l’impératif de

développement de toute une région ? Ou plutôt, au vu de l’actuel système européen

d’attribution de quotas d’émission, les Wallons peuvent-ils espérer raisonnablement

arriver un jour à un produit intérieur brut égal et de préférence supérieur à la moyenne

européenne ? (rappelons que nous sommes aujourd’hui à 77 % du PIB moyen de

l’Europe des Quinze).

Quelqu’un pourrait-il alors expliquer comment ? Comment l’industrie peut réussir,

en quinze ans, à réduire ses émissions de quelque 40 % sans compromettre

sa croissance ? Comment il est réaliste de penser y arriver en arrêtant la production

nucléaire d’électricité (56 % de notre consommation) ? Comment nous réussirons à

convaincre les investisseurs étrangers de rester chez nous et a fortiori d’y investir alors

que d’autres états, spécialement hors d’Europe, adoptent des politiques plus souples ?

Comment nos entrepreneurs pourront éviter de transplanter leurs activités vers des

cieux plus cléments s’ils veulent conserver des chances de survie ?

Nous posons toutes ces questions parce que nous, nous ne voyons pas comment ;

en revanche, nous voyons que les récentes turbulences autour du plan d’allocation de

la Région wallonne ont démontré, sans équivoque, que le costume wallon a été taillé

trop étroit : il est certain qu’il n’y aura pas assez de quotas CO 2 pour tout le monde ;

et encore ne parle-t-on que de la période 2008-2012. Nous fera-t-on la grâce d’admettre

que ces questions sont de quelque importance ? Nous attendons en tout cas des

réponses sérieuses et convaincantes, autrement que par l’affirmation de credos et la

répétition des poncifs habituels sur le volontarisme.

Chemin du Stockoy 3

B-1300 Wavre

Tél: 010 47 19 40

Fax: 010 45 33 43

info@uwe.be

www.uwe.be

Vincent REUTER

Dynamisme Mars-Avril 2008 .3


Sommaire

Dynamisme Mars-Avril 2008

06

06

08

09

10

11

12

L’INVITE

Christian-Marie Bols a créé sa PME en 2001

Manager c'est…

24 heures chrono

Les biotechnologies blanches vont changer notre vie

L'expert : Camille Burel (EuropaBio)

Les aides et les liens

14

14

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17

20

24

ENTREPRISES

ABX Logistics : le "p'tit Belge" présent dans 19 villes chinoises

KitoZyme : un nouvel ingrédient cosmétique

Thales Communications Belgium : nouveau contrat avec Boeing

Womanager : Isabella Lenarduzzi

Trois questions à Lutgart Van den Berghe (Guberna)

Patrons tous horizons : Thierry Huet et Philippe Hoste

26

TÉLÉCHARGER

le dossier sur

www.uwe.be

26

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35

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37

ACTIONS

Spécial Environnement : ce qui vous attend en 2008

Pacte de Solidarité : signature historique

Les absences au travail en Région Wallonne

Capital à risque : suffisant en Wallonie ?

Jacques Pélerin, nouveau Président de l'UWEL

L'UWE monte à Bruxelles

RÉSEAUX

43

43

44

46

47

48

50

Réussir ses négociations

Cela n'arrive pas qu'aux autres…

Entreprendre dans l'enseignement supérieur, c'est possible !

Les brèves de la qualité : focus sur les outils environnementaux

La Dynathèque

Vu d'ailleurs : Jean-Paul Faure (Caterpillar)

PROCHAIN NUMERO

Dynamisme invite un manager particulièrement concerné, avec ses collaborateurs, par l'apprentissage

des langues. L'occasion de faire le point sur l'offre des formateurs "linguistiques". Les experts UWE

prendront la plume sur les thèmes emploi, formation, enseignement, législation sociale.

Dynamisme

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Le périodique bimestriel édité en commun par

l’Union Wallonne des Entreprises Asbl et la Maison des Entreprises wallonnes Asbl

UWE, Chemin du Stockoy 3, B-1300 Wavre, Tél. : +32 (0)10.47.19.40, Fax : +32 (0) 10.45.33.43, dynamisme.wallon@uwe.be,

www.dynamismewallon.be • Rédaction : Thierry Decloux, Madeleine Dembour (rédactrice en chef), e-mail :

prenom.nom@uwe.be • Conseil de Rédaction : Luc De Cordier, Jean de Lame, Madeleine Dembour, Thierry Devillez,

Didier Paquot, Vincent Reuter, Jean-Jacques Westhof • Mise en page : MMM Business Media • Impression :

Imprimerie Vase Frères (Waterloo) • Photo de couverture : Tilt • Régie publicitaire : Alliance Media, 32(0)10.40.13.12,

info@alliancemedia.be - Routage : Agora Mailing (Alleur) • Editeur Responsable : Jean de Lame, Chemin du Stockoy 3,

B-1300 Wavre - Abonnement annuel (6 numéros) : 30 EUR à verser sur le compte de la Maison des Entreprises

wallonnes 360-1149184-31 • Tirage : 7942 exemplaires (contrôle CIM)

Toute reproduction, même partielle, des textes et des documents de ce numéro est soumise à l’approbation préalable de la rédaction.

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Dynamisme Mars-Avril 2008 .5


L’invité I Plein feu

CHRISTIAN-MARIE BOLS A CRÉÉ SA PME EN 2001

Des solutions

économiques,

innovantes et

non toxiques

La recherche et l’innovation sont-elles accessibles aux PME ?

Christian-Marie Bols y croit fermement. Après avoir lancé son entreprise

en 2001 à Louvain-la-Neuve, il emploie aujourd’hui 20 personnes

dans le secteur des biotechnologies

environnementales. Son leitmotiv ?

Transformer les recherches

en produits. Rencontre avec un

jeune patron entreprenant.

Interview réalisée par Madeleine DEMBOUR

LA RECHERCHE

POUR LA

RECHERCHE NE

M'INTÉRESSE PAS.

J'AI CRÉÉ MON

ENTREPRISE POUR

METTRE AU POINT

DES PRODUITS.

6. Dynamisme Mars-Avril 2008


L’esprit d’entreprise ? Christian-

Marie Bols, le patron de

Wetlands à Louvain-la-Neuve,

n’en parle pas. Et pourtant le

parcours de ce jeune entrepreneur

de 38 ans en est imprégné. Après

6 années comme chercheur universitaire

- une période faite de petits

contrats renouvelés d’année en

année dans le domaine de l’aquaculture,

et entrecoupée de périodes de

chômage - le bio-ingénieur a décidé

de prendre son sort en main en

créant en 2001 sa propre entreprise

dans le domaine de la biotechnologie

industrielle.

Au départ il s’agit principalement

de créer et développer des équipements

de production industrielle de

compost comme sous traitant pour

une autre PME wallonne.

Un an plus tard, désirant passer à

la vitesse supérieure, il frappe à la

porte de Monsanto, qui venait de

mettre un terme à ses activités à

Louvain-la-Neuve. Sur la table,

il dépose rien moins qu’une proposition

d’achat des 3 bâtiments jadis

occupés par la multinationale américaine

(6.500 m 2 de bureaux, halls et

laboratoires). L’opération se concrétise

et se révèle rapidement rentable,

devenant un "business" de location

à part entière, ce qui permet à la

PME de financer une partie de

sa croissance.

L’Europe, mon village

Car le but est bien de grandir, et surtout

de trouver les moyens financiers

qui permettent de proposer un horizon

dégagé aux chercheurs de

Wetlands. C’est le sens de la participation

au projet européen Sophied

dans lequel Christian-Marie Bols

prend pied en 2004. Malgré son

jeune âge, l’entrepreneur n’a pas

froid aux yeux : dans ce méga-projet

qui regroupe 27 partenaires issus de

11 pays européens, il devient le

"leader" PME et joue un rôle moteur.

Le but de cette ambitieuse recherche

est de développer des solutions

économiques, innovantes et non

toxiques, de traitement des effluents

colorés de l’industrie textile.

Ceci grâce à des enzymes produits

par des champignons, lesquels ont

été identifiés par des chercheurs de

l'UCL. Car bien qu’ayant décidé de

voler de ses propres ailes, Wetlands

continue à entretenir des liens

étroits avec le milieu universitaire.

Pour prendre pied dans le train

européen, la PME a pu aussi

s'appuyer aussi sur l'équipe du

"National Contact Point" localisée

à l'Union Wallonne des Entreprises

à Wavre (voir page 12).

Un autre projet européen baptisé

Quorum débute en 2006, cette fois

dans le domaine de la recherche

fondamentale. "Grâce à ces deux

projets européens, notre petite

Les 3 questions de

Brigitte FRANÇOIS

Brigitte François est associée

auprès de Lapière et Libert,

un cabinet spécialisé dans

l'accompagnement en ressources

humaines et communication.

Quels éléments vous ont encouragé à oser

entreprendre comme l’avez fait ?

D’une part, l’attrait de la liberté m’a conduit à créer

une structure où mes responsabilités sont en adéquation

avec le pouvoir que j’exerce et inversement.

J’avais besoin de cet oxygène pour m’épanouir.

D’autre part, j’étais lassé par l’inertie et les difficultés

du transfert technologique vers le monde économique.

J’ai décidé de créer un outil souple pour

transformer de la connaissance en nouveaux produits

; l’accumulation de ma frustration s’est transformée

en énergie constructive.

Quelles valeurs guident votre management et

comment les rendez-vous visibles ?

Dans l’entreprise, je propose à mes collaborateurs les

principes qui ont été à la base de la création de l’entreprise

: mon rôle est d’accompagner à l’autonomie.

Une conséquence visible est l’ampleur de nos efforts

pour la formation du personnel.

Sur base de quels indicateurs accordez-vous

votre confiance à vos collaborateurs ?

J’ai besoin d’interagir avec des personnes responsables,

passionnées et disposées à prendre des initiatives.

Un indicateur très important pour moi est la

capacité des mes collaborateurs à venir me trouver

rapidement lorsqu’un problème ce pose.

Carte d’identité

Fondation : septembre 2001

Secteurs :

- biotechnologie industrielle (développement

de technologies innovantes liées à l’environnement)

- immobilier (achat en 2003 de 6.500 m 2 de

bâtiments appartenant à Monsanto)

Rentrées 2007 : 1,1 million d’euros

Effectif : 20 personnes

WETLANDS ENGINEERING SPRL

Fleming center - 5,

rue du Laid Burniat 1348, Louvain-La-Neuve

010/86.15.25 – www.wetlands.be

Dynamisme Mars-Avril 2008 .7


L’invité I Plein feu

Manager c’est ...

1.

2.

3.

4.

5.

Accompagner l’autonomie des collaborateurs

J’apprécie que mes collaborateurs pensent par

eux-mêmes et prennent des initiatives. Autonomie

ne signifie pas indépendance… : l’interaction avec

l’équipe est très importante. Dans notre processus

de recrutement, en-dehors des compétences,

l’assertivité est également évaluée.

Savoir déléguer

Cela découle du premier point, évidemment.

Un patron qui travaille 15 heures pas jour, c’est pour

moi le signe d’une mauvaise organisation ou une

assuétude. Chez Wetlands, je délègue beaucoup,

mais je garde un œil sur tous indicateurs et ce au

jour le jour. C’est très important.

Partager un ensemble de valeurs

Chez nous, les valeurs essentielles sont : l’intégrité,

l’excellence, la créativité, la satisfaction des clients

et la rentabilité. Il s’agit d’un "corpus" de base

partagé par toute l’équipe.

Miser sur la formation

Même pour une petite PME comme la nôtre, il est

très important de veiller à la dimension "formation"

dans des domaines comme la communication,

la gestion de la qualité… Cela permet d’attirer et

de garder nos chercheurs, à qui nous offrons la

possibilité d’accéder rapidement à des projets

internationaux.

Etre multiculturel

Nous venons de recruter un ingénieur indien,

un Docteur en chimie néerlandais, et recevons

régulièrement des stagiaires de divers horizons :

Espagne, Finlande, Turquie, Chine… La langue

commune est naturellement l’anglais. Corollaire de

cette multiculturalité : l’interdisciplinarité, qui est

très importante dans nos métiers.

Management vert

PME a pu acquérir une dimension

internationale et attire des chercheurs

de grande qualité", fait

remarquer Christian-Marie Bols,

qui emploie actuellement

20 personnes et compte parmi

ses clients des noms comme Veolia

Environnement, Celabor, Natiss…

"Ces programmes nous ont en outre

permis d’acquérir rapidement

professionnalisme et rigueur dans le

domaine de la gestion de projets",

remarque l'entrepreneur.

Le réseautage européen donne

aussi accès aux grands du secteur,

comme L’Oréal, Solvay et DSM,

ou encore les Danois Danisco et

Novozymes, leaders mondiaux de la

production d'enzymes avec plus de

47% du marché mondial – mais

aussi à des informations stratégiques

de première main. Le fait

d'être actif à ce niveau permet en

outre de mettre en avant des thèmes

"PME" dans les grands programmes

de recherche. Un travail de fond qui

permet, après quelques années, de

retrouver quasi mots pour mots

certains textes "maison" dans les

appels à projet diffusés par la

Commission.

Décolorer les jeans

Depuis les débuts il y a 7 ans,

le domaine de l'environnement

constitue LE fil rouge des activités

de Wetlands. Au fil des ans, la PME a

développé sur fonds propres toute

une gamme de produits et d'équipements

pour l'industrie environnementale,

notamment en matière de

compostage et de recherche en

matière de biodégradabilité.

"Un business qui devient assez

mature, et qui s'enrichit chaque

année de 1 ou 2 produits nouveaux",

note Christian-Marie Bols,

très confiant également dans une

nouvelle gamme d'enzymes

industriels dont Wetlands développe

pour l'instant la production.

Des produits qui vont servir à

mettre au point des nouveaux

colorants moins toxiques et des

détergents doux, à stabiliser certains

colorants employés dans l'industrie

agroalimentaire, à décolorer

"proprement" les jeans ou encore la

pâte à papier.

Résultat économique

"La recherche pour la recherche ne

m'intéresse pas. Si j'ai créé mon

entreprise, c'était avec la perspective

de pouvoir transformer l'innovation

en résultat économique. Dans le

domaine de la biotechnologie

industrielle qui est le nôtre,

le potentiel de croissance est très

grand. Les forces en présence sont

là, spécialement en Wallonie au

niveau de nos universités et centres

de recherche… mais il faut des

entreprises visionnaires pour

s'engager dans cette voie et combler

le fossé séparant la recherche

académique de l’industrie", estime

le patron de Wetlands, qui croit

fermement à l’avenir des

biotechnologies industrielles, moins

énergivores et plus respectueuses

de l’environnement que les mêmes

procédés classiques utilisés la

plupart du temps dans l’industrie.

"Chez nous, la mobilisation envers

l’environnement est l’objet même de

l’entreprise", conclut l’entrepreneur.

"Nous mettons toute notre énergie

et nos connaissances dans la mise

au point de solutions qui nous

permettront un jour de pouvoir nous

passer des énergies fossiles". ■

Les "petits gestes" comme le tri des

déchets sont tellement évidents qu’ils en

deviennent anecdotiques. Car chez nous,

la mobilisation envers l’environnement est

l’objet même de l’entreprise. Nous mettons

toute notre énergie et nos connaissances

dans la mise au point de solutions qui

nous permettront un jour de pouvoir nous

passer des énergies fossiles.

Nous réfléchissons très concrètement à

avoir à terme un bâtiment producteur

d’énergie nette. Le message passe aussi

auprès des locataires qui partagent

avec nous les 6.500 m 2 de bureaux.

C’est dans cette optique qu’il y a deux ans,

nous avons formé une personne qui est

maintenant "Responsable Energie" pour

les 3 bâtiments.

En ce qui me concerne, je roule avec une

petite cylindrée et les premières voitures

d’entreprise, acquises récemment, sont

des VW BlueMotion, le modèle écologique

de la marque allemande. Pas question

de "SUV" chez nous !

© Belpress.com

8. Dynamisme Mars-Avril 2008


24 heures chrono

Un peu de calme avant la tempête. Je me lève, prends

mon ordi pour consulter mes mails et préparer la journée.

Déjeuner en famille avec mon épouse et les 4 filles.

06:15

07:10

JE NE SUIS PAS

WORKAHOLIC, JE

TRAVAILLE ENVIRON

8 HEURES PAR JOUR.

C’EST POUR MOI UN

SIGNE D’EFFICIENCE

DE NE PAS EN

FAIRE PLUS.

Je dépose les enfants à la crèche

(Chastre) et à l’école (Wavre).

J’arrive chez Wetlands, je salue chacun puis passe à mon

bureau lire le courrier et organiser le travail.

J’essaie de consacrer les matinées aux réunions

internes : planification, gestion des projets,

finalisation des dossiers de financement, etc.

10:00

08:30

09:00

Parfois je dîne à l’extérieur, sinon

à la cantine de Wetlands, que j’ai

voulue conviviale afin de favoriser

la détente et l’interactivité.

Important pour notre entreprise,

très multiculturelle.

12:30

L’après-midi est davantage consacrée aux visiteurs, soit à

l’extérieur, soit chez nous. Des clients, des partenaires…,

ou alors des candidats locataires. Notre activité immobilière a été

très vite rentable et nous assure une bonne assise financière.

Je quitte le bureau, j’essaie d’être présent

à la sortie de l’école.

14:00

15:30

Je retravaille à la maison sur mon ordinateur portable.

Je ne suis pas workaholic, je travaille environ

8 heures par jour. C’est pour moi un signe

d’efficience de ne pas en faire plus.

Soirée en famille, c’est moi qui cuisine le plus souvent

(pendant que ma femme s’occupe des enfants !).

La journée s'achève. Je suis plutôt un couche-tôt.

17:00

19:00

22:00

Côté cour et jardin

Né en 1969, Christian-Marie Bols a une formation de bio-ingénieur.

Son diplôme UCL en poche en 1995, il reste dans le giron universitaire durant 6 ans,

enchaînant les projets de recherche. Lassé des petits contrats de courte durée, il crée son

entreprise à l’âge de 31 ans, en 2001. Demeurant dans le petit village brabançon de

Gentinnes, il vit dans un entourage très féminin avec son épouse et quatre filles âgées

de 2 à 16 ans. Pourtant, chez les Bols, c’est Christian-Marie qui cuisine. Spécialité :

les mets thaïlandais. Côté hobbies ? Pas mal de sport (vélo, course à pied, natation, basket)

ainsi que le jardinage et les cours de piano auprès d’une pianiste du village.

Dynamisme Mars-Avril 2008 .9


L’invité I Grand angle

LES BIOTECHNOLOGIES

BLANCHES

Elles vont

changer

notre vie

© Wetlands

LA BIOTECH INDUSTRIELLE EST ENCORE DANS SA

Peu connues du

grand public, les

biotechnologies blanches

(ou "industrielles") ont

de beaux jours devant

elles. Leurs avantages

environnementaux,

mais aussi économiques,

font depuis quelques

années l’objet d’un

large consensus dans

la communauté

scientifique, mais aussi

auprès des industriels.

Tour d'horizon.

par Madeleine DEMBOUR

Les biotechnologies blanches ? Le secteur

dans lequel évolue la PME de notre invité,

Christian-Marie Bols, est assez peu

connu. Ce segment de la biotechnologie

n’a pas encore la notoriété acquise par les

"biotechs rouges" (médical, pharma…) ou

les "biotechs vertes" (entre autres les très

médiatisés OGM…).

Une des raisons de cette méconnaissance est le

fait que les biotechnologies blanches – on les

appelle aussi les biotechnologies industrielles –

ne sont pas visibles comme telles aux yeux du

grand public. Il s’agit en effet essentiellement

de "recettes" utilisées par les industriels, et qui

ne sont donc pas vendues comme produit final

dans les rayonnages de grande surface.

Un mot très important : enzymes. Toutes les

biotechs blanches sont en effet basées sur

l’utilisation d’enzymes et de micro-organismes

qui agissent comme catalyseur – on pourrait

dire accélérateur – des réactions biochimiques

se produisant au sein des organismes vivants et

de micro-organismes. Exemples bien connus :

des produits centenaires comme le pain, la

bière ou le vin, sont basés sur un processus de

fermentation. Mais ce qui est nouveau, c’est le

fait que nous sommes maintenant capables,

grâce à la biotechnologie, de synthétiser les

enzymes et donc d’accroître la performance des

levures traditionnelles afin d’élaborer de

nouveaux produits.

Bioplastiques, jeans, détergents,

biocarburants…

Et cela donne quoi ? Parmi les applications qui

commencent à émerger, on trouve par exemple

des nouveaux plastiques, biodégradables et

compostables, produits à base de sucre issu de

plantes. Une autre application émergente a trait

au "délavage" des jeans, aujourd’hui possible

grâce à un processus enzymatique beaucoup

plus respectueux de l’environnement que la

méthode classique. Et cela vaut le coup lorsque

l’on sait que 1.8 milliard de jeans sont vendus…

chaque année.

L’industrie des détergents est également

devenue une adepte des biotechnologies

blanches, ce qui permet de laver du linge à

40°c, là où nos mamans utilisaient du 90°c.

On peut aussi ranger dans ce secteur les

biocarburants, dont on entend parler de plus en

plus.

Selon les spécialistes, la biotechnologie

industrielle est encore dans sa petite enfance et

est appelée à connaître de grands

développements dans les 20 ans qui viennent.

Pourquoi ? Parce que, d’abord, la recherche

dans ce secteur commence seulement à

véritablement s’organiser et il n’y a pas si

longtemps que les grands pays industrialisés

ont inscrit cette thématique à leur agenda.

Comme toujours en Europe, le "challenge" va

consister à passer des laboratoires aux

applications industrielles. Bien qu’étant le plus

grand producteur mondial d’enzymes (75%), qui

est le pré-requis pour débuter dans ce secteur,

notre continent a pris un peu de retard au

niveau des applications, notamment sur les

Etats-Unis, très avancés en matière de

bioéthanol et de polymères biotech, mais aussi

sur des pays asiatiques.

Toutefois, le processus est en marche car les

avantages de la biotechnologie font depuis

quelques années l’objet d’un large consensus

dans la communauté scientifique, mais aussi

auprès des industriels.

Quels avantages ?

Mais au fait quels sont-ils, ces avantages ?

Sans conteste une moindre consommation sur

tous les fronts : en effet les enzymes

fonctionnent à des températures proches du

corps humain, et donc on obtient des résultats

10. Dynamisme Mars-Avril 2008


"PETITE ENFANCE". ELLE VA CONNAÎTRE DE GRANDS DÉVELOPPEMENTS D'ICI 20 ANS.

très efficaces à basse température. Les

procédés de fermentation permettent quant à

eux une réduction de l'utilisation de certains

produits chimiques. Le fait de fabriquer du

plastique ou du carburant à base de plantes

autorise des économies de matériaux fossiles,

et partant, des diminutions d’émissions de gaz à

effet de serre. Il ne faut pas être grand clerc non

plus pour comprendre que l’utilisation de

matériaux biodégradables est une aubaine dans

la lutte contre la production de déchets. Sur le

plan purement économique, les études (Joint

Research Centre, Institute for Prospective

Technological Studies, Rapport 2007, page 8)

montrent que l’utilisation de processus

industriels faisant appel aux biotechnologies

augmente la productivité de 10 à 20% par

rapport aux processus traditionnels.

LONGTEMPS, LES BIOTECHNOLOGIES

N’ONT PAS EU BONNE PRESSE,

À CAUSE DE LA MAUVAISE

IMAGE DES OGM.

CAMILLE BUREL (EUROPABIO)

L'une des priorités du secteur :

communiquer

Pas mal de grands noms de l’industrie ont

d’ailleurs bien capté le message. On recense

environ 120 entreprises productrices d’enzymes

dans le monde, dont 65% sont localisées en

Europe, principalement en France, Espagne et

Allemagne. En volume, ce sont cependant les

Danois qui tiennent le haut du pavé, avec les

deux leaders mondiaux que sont Novozymes et

Genencor, cette dernière étant au départ une

société américaine, qui a été rachetée par

Danisco (société sucrière à l’origine) en 2005.

Dans le domaine des bioplastiques, on retrouve

l’italien Novamont et la firme américaine

Dupont. Le chimiste néerlandais DSM s’est

diversifié ces dernières années en proposant

des produits dans le secteur des fragrances et

des détergents.

Tour d’horizon

En Belgique, un certain nombre d’initiatives

concourent à mettre les biotechnologies

industrielles à l’agenda, comme la mise sur

pied du Bipib (Belgian Interdisciplinary Platform

for Industrial Biotechnology), la création en 2006

de bio.be (une section de Essenscia, la

"Longtemps, les biotechnologies n’ont

pas eu bonne presse, à cause de la mauvaise

image des OGM. C’est pourquoi l’un

de nos premiers boulots est de communiquer,

d’expliquer notre secteur et les

avantages qu’il procure à la société en

termes de développement durable".

Camille Burel est l’une des deux spécialistes

des biotechnologies blanches au

sein d’EuropaBio, une plate-forme basée

à Bruxelles et qui regroupe 87 entreprises

et 25 associations nationales (dont

bio.be pour la Belgique).

Cette jeune Française de 28 ans, agronome

de formation, est convaincue du

potentiel des biotechnologies industrielles

: "Nos scientifiques, en Europe, sont

très bons. Notre chance est aussi d’avoir

une grande industrie chimique, couplée à

la volonté d’avoir à terme une production

plus durable. En résumé nous avons un

énorme potentiel".

Le hic ? Malgré les nombreux avantages

des biotechnologies industrielles, cellesci

ne décollent pas vraiment auprès des

consommateurs. Un exemple : les sacs

plastique biodégradables, qui peinent à

atteindre 4% des sacs plastiques traditionnels.

"Pour l’instant ils coûtent plus

cher : c’est un problème. L’autre écueil,

c’est l’aval. Les filières de traitement des

déchets ne sont pas modifiées, et donc,

on ne sait pas quoi faire avec son sac bioplastique

: le jeter avec les plastiques ou

avec les déchets verts ? Les collectivités

locales ne sont pas encore organisées

pour intégrer les bioplastiques dans les

systèmes de recyclage, bien que la biodégradabilité

soit clairement établie.

Alors c’est le statu quo".

Faire bouger les choses, tel est le rôle de

Camille Burel et de ses collègues, très

actifs également au sein de SusChem, la

plate-forme technologique européenne

qui défend une chimie durable… ■

Dynamisme Mars-Avril 2008 .11


COMME TOUJOURS

EN EUROPE,

LE "CHALLENGE"

VA CONSISTER

À PASSER DES

LABORATOIRES

AUX APPLICATIONS

INDUSTRIELLES.

fédération des industries chimiques),

l’Agrobiopôle, le pôle de compétitivité Wagralim

et BioLiège qui établissent des passerelles

entre chercheurs et entreprises…

Côté entreprises, les grands du secteur comme

UCB (notamment la division UCB Bioproducts),

GSK et Solvay s’intéressent de près à ce

domaine, qui pour l’instant reste encore le

terrain de prédilection de quelques PME dont

bien évidemment Wetlands (voir page 6), mais

aussi Realco, une autre société néo-louvaniste

spécialisée dans le nettoyage enzymatiques de

piscines et d’instruments brassicoles et

alimentaires, Galactic qui a mis au point un

polymère biodégradable, Beldem, producteur

d'enzymes pour les secteurs de la boulangerie

et de la meunerie, Biopole, également

producteur d'enzymes alimentaires

industrielles, Agrostar qui produit des

micro-organismes à usage environnemental

appelés starters biologiques, le liégeois Biorem

qui propose des solutions pour dépolluer le

sites, Kitozyme, producteur de biopolymères

innovants d’origine fongique (voir le portrait en

page 15).

Citons (liste non exhaustive) encore l’huileriesavonnerie

Vandeputte à Mouscron qui propose

des gammes de savons et détergents

biodégradables, la future usine de bioéthanol

Biowanze construite en région liégeoise par la

Raffinerie Tirlemontoise et le groupe Südzucker,

Cosucra Groupe Warcoing, pionnier dans la

recherche sur la chicorée industrielle, la société

Belovo qui a acquis une solide réputation pour

sa gamme de produits à base d'œufs … ■

© Europabio

QUELQUES

SOCIÉTÉS

DU SECTEUR

Agrostar (Namur)

www.agrostar.be

Belovo (Bastogne)

www.belovo.com

Biopole (Gembloux)

www.biopole.com

Biowanze (Wanze)

www.tiensegroup.com

Cosucra Groupe Warcoing

(Warcoing)

www.cosucra.com

Danisco (Danemark)

www.danisco.com

DSM (Pays-Bas)

www.dsm.com

Dupont (Etats-Unis)

www.dupont.com

Galactic (Escanaffles)

www.lactic.com

GSK (Rixensart)

www.gsk.com

Novamont (Italie)

www.materbi.com

Kitozyme (Angleur)

www.kitozyme.com

Novozymes (Danemark)

www.novozymes.com

Realco (Louvain-la-Neuve)

www.realco.be

Solvay (Bruxelles)

www.solvay.com

UCB Bioproducts (Bruxelles)

www.ucb-group.com

Vandeputte (Mouscron)

www.vandeputte.com

Aides et liens utiles

www.ncpwallonie.be : le National Contact Point assure,

pour le Programme-cadre de Recherche et Développement

de l’Union européenne, un rôle de relais entre la

Commission, les centres de recherche et les entreprises

wallonnes (petites, moyennes ou grandes). Cette équipe de

professionnels, localisée à l'UWE, peut notamment vous

informer sur les aides : la Prime Horizon, la Subvention

Entreprise (complément de 25%…), le dépôt de brevet, la

garantie Sowalfin, le programme First Entreprise, l'exonération

de précompte professionnel pour les chercheurs…

http://recherche-technologie.wallonie.be : la très

intéressante brochure "Biotech en Wallonie" est disponible

en téléchargement (avec entre autres une liste assez

exhaustive de sociétés biotech).

www.europabio.org : the European Association

for Bioindustries.

www.bio-economy.net : site grand public sur les enjeux de

la biotechnologie.

www.nnfcc.co.uk : The National Non-Food Crops Center,

une bonne source d'infos au sujet des applications de la

biotechnologie.

www.bio.be : l’association belge de l’industrie de la

biotechnologie, une section de www.essenscia.be.

www.suschem.org : la plate-forme technologique

européenne qui promeut une chimie durable.

12. Dynamisme Mars-Avril 2008


Entreprises I Portrait

“NOTRE

LOCALISATION

EST ATTRACTIVE,

AVEC DES

ATOUTS

LOGISTIQUES

FACILES

À VENDRE.”

Laurent LEVAUX

Fini le temps des

"petits colis" et des

déboires financiers.

Le groupe ABX

Logistics, privatisé

en 2006, a opéré

sa mue et figure

aujourd'hui dans le

top 12 mondial de

son secteur. Portrait

d'un grand groupe

international

comptant plus de

8.000 personnes.

par Madeleine DEMBOUR

"Nombre de Wallons

ne prennent pas assez

en compte les atouts

de Bruxelles, qui compte parmi

les plus grandes puissances

mondiales.

Si nous voulons booster l'esprit

d'entreprise, nous devons

enlever une série de couvercles,

notamment législatifs.

En Belgique la législation

sociale est très réductrice et

elle empêche, plus qu'elle ne

favorise, la création d'emplois".

Originaire de Liège, le CEO

d'ABX LOGISTICS reste très

attaché à ses origines, tout en

pilotant une entreprise qui figure

aujourd'hui dans les leaders

mondiaux de son secteur.

Laurent

Levaux

CEO

d'ABX

Logistics

ABX LOGISTICS

Le "p'tit Belge" est présent

dans 19 villes chinoises

ne sommes pas propriétaire ni de

camions, ni d’avions, ni de bateaux. Les

“Nous

camions ABX dans les villes belges? Ils sont

la propriété de GLS, filiale de la Poste anglaise, c'est une

activité cédée en 2006, de petits colis porte-à-porte qui

n'a pas de lien avec les activités internationales de notre

Groupe". L'image de l'entreprise est encore parfois –

erronément - associée aux "petits colis" et au «B to C».

Que fait alors ABX Logistics ? En fait, depuis 2003, le

métier d'ABX a fondamentalement changé. Finis les petits

colis et la distribution locale. Le Groupe, qui occupe

8.000 personnes et est actif dans 35 pays, organise sur

une échelle mondiale le transport et la logistique pour

ses clients industriels. La plupart des produits qu’ABX

transporte et dédouane sont des objets de tous les jours

comme des ordinateurs, du mobilier, des produits

pharmaceutiques. Mais ABX est aussi le transporteur

officiel des Ferrari, de grands noms de la mode en France

et en Italie, de champagnes et c’est aussi le premier

distributeur des grands crus de Bordeaux. ABX Logistics

figure dans le top 12 mondial de son secteur. ABX

Logistics dispose aussi de plus d’un million de m 2 de hall

de logistique et entreposage sur les 3 grands continents.

La cour des grands

Petit zoom arrière. On se souviendra des soucis financiers

rencontrés par la SNCB qui voulait "jouer dans la cour des

grands" de la logistique et qui a acquis de 1998 à 2001 de

grandes entreprises allemandes, françaises et italiennes

du secteur. De 1998 à 2004, l'ardoise s'élèvera au total à

1,3 milliard d'euros. Afin d'éviter la faillite en 2002,

l'Etat belge décide de renflouer l'opérateur logistique,

mais la Commission européenne met une condition:

l'obligation de vendre ABX avant fin 2006. Arrivé en mars

2003, après avoir redressé l'entreprise liégeoise CMI,

Laurent Levaux pilote le repositionnement stratégique

d'ABX Logistics dans le "B-to-B", l’aérien et le maritime,

et son redressement. Il participe en 2005 à la cession au

fonds britannique de capital à risque 3i. Le changement

de propriété est signé en mars 2005 et mis en œuvre en

août 2006, quelques mois avant l'ultimatum posé par

la Commission.

Culturellement neutre

Détenu aujourd'hui par 3i, Fortis Private Equity et par le

management, l'entreprise est en discussion avec

d'autres investisseurs potentiels, et un éventuel

changement d'actionnariat est donc possible à moyen

terme. "C'est la vocation des venture capitalistes

d’acheter, développer, puis vendre", explique Laurent

Levaux. Celui-ci reste confiant dans la place de Bruxelles

comme une des plateformes idéales pour les QG de

grandes entreprises. "Il est indiscutable que la Belgique,

et Bruxelles en particulier, recèlent de gros avantages.

Nous sommes "neutres" culturellement et donc un

Français ou un Allemand travaille sans à priori avec

nous. Notre localisation est attrayante, avec de forts

atouts logistiques faciles à "vendre" comme le port

d'Anvers" avant tout, et aussi le port fluvial de Liège ou

nos aéroports comme Zaventem et Bierset.”

L’opérateur logistique est particulièrement présent en

Allemagne, Italie, France, Etats-Unis et Chine. Le groupe

est d’ailleurs implanté dans 19 villes chinoises, et y

emploie plus de 500 personnes. Parallèlement, il s'est

renforcé au Brésil, en Russie et en Pologne et a conclu

récemment deux alliances commerciales, avec Penske

aux Etats-Unis et avec Vantec au Japon.

L'entreprise est devenue profitable - le résultat

opérationnel 2007 (EBITDA) s'élève à plus de 50 millions

d'euros, pour un chiffre d'affaires qui atteint les

2 milliards d’euros avec une croissance à périmètre

constant de 12% – ce qui ne manque pas de susciter

l'intérêt ! Et les objectifs de croissance figurent en bonne

place dans l'agenda de Laurent Levaux, qui ambitionne

de faire grandir son groupe de 6 à 10% chaque année.

Assurément, tout roule pour ABX ! ■

14. Dynamisme Mars-Avril 2008


Entreprises I Portrait

“NOS CLIENTS

CHERCHENT

DES INGRÉDIENTS

D’ORIGINE

VÉGÉTALE QUI

RÉPONDENT

AUX CRITÈRES DE

DÉVELOPPEMENT

DURABLE.”

Sandrine GAUTIER

Spin-off de l’ULg,

KitoZyme est

spécialisée dans

la production et

la fourniture aux

industriels de

biopolymères*

d’origine

exclusivement

végétale. Par leurs

performances

prouvées

scientifiquement,

ils constituent une

alternative efficace

aux ingrédients

d’origine animale

ou de synthèse,

potentiellement

allergisants.

par Isabelle TREUTTENS

KITOZYME

Un nouvel ingrédient

cosmétique

Asa création, fin 2000, la société KitoZyme a été

la première, au niveau mondial, à produire des

biopolymères au départ de sous-produits

fongiques (champignons comestibles ou

microscopiques). Grâce à leurs diverses propriétés,

ils apportent des solutions innovantes aux acteurs

des secteurs nutraceutique, pharmaco-médical,

alimentaire (clarification des boissons) et cosmétique.

Multiples applications

Les ingrédients produits par KitoZyme présentent en

effet la capacité de capter les acides gras au niveau

de l’estomac et de les éliminer par voies naturelles,

de moduler le profil lipidique et ainsi diminuer le taux

de cholestérol, d’améliorer le confort intestinal et de

jouer le rôle de fibres.

Ils entrent donc dans la composition de

compléments alimentaires et d’aliments

fonctionnels. Leurs propriétés hydratantes,

régénérantes, anti-âge, texturantes et

antimicrobiennes répondent aux besoins des acteurs

de la cosmétique. Les biopolymères de la société

liégeoise se retrouvent également dans le secteur

des boissons, où ils permettent de clarifier et

détoxifier le vin. Enfin, le chitosane ultra-pur présente

de nombreuses propriétés intéressantes pour les

applications médicales et pharmaceutiques, telles

que la cicatrisation des plaies ou encore la

stimulation de la croissance cellulaire.

"C’est la volonté de fournir des biopolymères de spécialité aux performances

prouvées et à haute valeur ajoutée qui a motivé la création de KitoZyme”,

explique Sandrine Gautier, Product Development & Marketing Manager.

“Au cours de ces dernières années, les mentalités ont évolué et nos clients

sur l’ensemble des marchés cherchent des ingrédients d’origine végétale

qui répondent aux critères de développement durable. Nous nous inscrivons

dans cette optique-là. Les formulations cosmétiques à base de nos

ingrédients peuvent être certifiées Ecocert, BDIH et Soil."

Sandrine Gautier, Product Development & Marketing Manager

Avril 2008 : nouveau produit

Particulièrement dynamique, la société, qui compte

actuellement 43 personnes et réalise un chiffre

d’affaires de 1.156.000 euros, cherche à diversifier

sa gamme de produits en développant différents

dérivés. C’est pour cette raison qu’elle est entrée,

en septembre 2006, dans un projet du

6 e Programme-cadre européen de Recherche et

Développement**. Et le résultat ne s’est pas fait

attendre puisque KitoZyme commercialisera, en

avril 2008, un nouveau produit issu de ce

programme. " Grâce à notre participation au projet

Bioproduction, nous avons pu engager un docteur

chimiste des polymères à temps plein pour créer

notre gamme d’ingrédients de demain”, précise

Sandrine Gautier, Product Development &

Marketing Manager. “Il y a un an, nous avons lancé

les projets "dérivatisation" au sein de notre

département "développement". Notre objectif était

de diversifier les performances de nos ingrédients

en étudiant différents dérivés. Notre premier

succès, c’est de commercialiser un nouvel

ingrédient sur le marché cosmétique. Nous

cherchions à développer une alternative végétale

aux ingrédients siliconés pour obtenir le toucher

"poudré" agréable, indispensable aux formulateurs

d’aujourd’hui. Et nous lançons une double gamme :

un ingrédient pour les formules "skin care" et un

autre pour les formules "hair care", pour leurs

propriétés texturantes. Tout cela a été très vite !" ■

* Les biopolymères sont des macromolécules présentes dans

la nature, comme la cellulose, l’amidon, les protéines,

les lipides et l’ADN.

** Le Programme-cadre est le principal instrument

communautaire pour financer la recherche en Europe.

Le 6 e PCRD s’est clôturé en septembre 2006.

Dynamisme Mars-Avril 2008 .15


Entreprises I Portrait

© Belpress.com

“L’INTÉRÊT ÉTAIT

DE VISITER

UN CLIENT

DE LONGUE

DATE – NOTRE

COLLABORATION

AVEC BOEING

A DÉBUTÉ

EN 1996 .”

Gianni BUTERA

Sur fond de

polémique autour du

contrat passé par

l’armée américaine

avec EADS et non

Boeing, la Belgique

organisait en mars

dernier une mission

économique aux

Etats-Unis… avec un

large programme

aéronautique. Thales

Communications

Belgium y a

renouvelé ses

contrats avec Boeing.

La preuve que

l’économique a ses

raisons que la

politique ignore…

Par Arnaud COLLETTE

THALES COMMUNICATIONS BELGIUM S.A. (TCB)

Un "nouveau" contrat de

5,3 millions d’euros avec Boeing

Hasard du calendrier, la mission économique

organisée par l’ensemble des agences pour

le commerce extérieur belges – l’Awex pour

la Wallonie, le FIT pour la Flandre et Brussels

Export pour la région bruxelloise – suivait de près

un retentissant coup de tonnerre dans le ciel

américain. En effet, Boeing, l’enfant du pays, avait

été évincé dans la course à la très lucrative

modernisation de la flotte d'avions ravitailleurs de

l'armée de l'Air US par son concurrent européen

EADS, maison-mère d'Airbus, allié pour l’occasion à

l'américain Northrop Grumman. L’aéronautique se

taillant une belle part du programme de la mission,

certains se demandaient déjà comment ils allaient

être reçus outre-Atlantique. Surtout que des

politiques américains n’hésitaient pas à crier au

scandale, stigmatisant une Europe même pas

capable de s’engager en Irak.

Les entreprises "missionnaires" se sont vite

rassurées, à l’instar de Thales Communications

Belgium S.A (TCB). En effet, l’entreprise de Tubize a

soigné ses contacts avec Boeing. "L’intérêt pour

nous était de visiter un client de longue date – notre

collaboration a débuté en 1996 – ainsi que de

renouveler nos contrats selon le principe du

retrofit", explique Gianni Butera, Marketing & Sales

Director de TCB. Un principe qui permet d’apporter

des avenants à un contrat tout en préservant les

clauses contractuelles initiales négociées et

acquises entre les parties. Le retrofit permet en

Thales Communications Belgium est une filiale du groupe français Thales,

qui emploie quelque 68.000 collaborateurs, dont 22.000 chercheurs de haut

niveau, dans une cinquantaine de pays. Son credo : la "logique d'implantation

multidomestique". Actif dans les domaines tant civil que militaire, Thales, qui réalise

80% de son chiffre d’affaires à l’exportation, est leader mondial des systèmes

d'information critiques sur les marchés de l'Aéronautique, de l'Espace, de la Défense

et de la Sécurité.

l’occurrence à TCB d’améliorer le produit vendu au

gré des avancées technologiques.

Un peu d’histoire

En 1996, dans le cadre d’un programme de l’Otan

concernant les avions Awacs, Thales Communications

Belgium commence sa collaboration avec Boeing :

TCB est responsable du développement, de la

production et de la fourniture d'un système

d'intercommunication. Ce contrat comprend trois

phases principales : la phase d’étude, la phase de

développement (Engineering) et la phase de

production et de suivi PAR (Production & Retrofit).

Actuellement dans la phase PAR, Thales fournit ses

systèmes d'intercommunication pour les dix-sept

avions Awacs de l'Otan, les deux centres de

simulation de mission ainsi que les Spares pour en

assurer la maintenance. Or, dans le courant 2007 et

en marge du contrat existant, le besoin de retrofit des

équipements du système d'intercommunication s'est

fait ressentir. Boeing et TCB ont donc travaillé en

étroite collaboration à la concrétisation contractuelle

de plusieurs avenants au contrat principal.

"Notre but est de maintenir un système opérationnel.

Il est fréquent en aéronautique d’assister à ce genre

de retrofit", continue Gianni Butera. "Dans ce secteur,

les cycles de productions sont très longs et votre

produit peut sortir avec des obsolescences de

composants. De plus, il faut sans cesse s’adapter

aux plates-formes qui s’ajoutent au programme".

L'avenant final porte sur un montant total de

5,3 millions d’euros, et la période de retrofit est prévue

pour se terminer à la mi-2009. "Dans ce contrat,

nous avons une longue histoire derrière nous,

mais aussi devant nous" conclut Gianni Butera.

En effet, les Awacs devraient voler jusque 2030.

Quelques beaux retrofits à l’horizon… ■

16. Dynamisme Mars-Avril 2008


Entreprises I Womanager

ISAMEDIA SPRL ET JUMP

Femmes

d'affaires,

affaire

d'une Femme

“LES FEMMES S'INTÉRESSENT

À AUTRE CHOSE QUE LA DÉCO,

LA BEAUTÉ, LA MODE ET LE BIEN-ÊTRE.”

Isabella LENARDUZZI

Jump, vous connaissez ? Nom de code du

"Forum des femmes actives" dont la deuxième édition

se déroulera les 25 et 26 avril à Bruxelles, cette

initiative est à mettre à l'actif d'Isabella Lenarduzzi,

une "serial entrepreneuse" au parcours

impressionnant. Rencontre.

par Madeleine DEMBOUR

Un personnage… Si vous avez un jour

l'occasion de croiser Isabella Lenarduzzi,

voilà effectivement quelqu'un qui ne vous

laissera certainement pas indifférent. Débordante

d'enthousiasme, "engagée" voire même "militante"

jusqu'au plus profond de ses tripes, cette jeune femme

de 43 ans est l'initiatrice de Jump, le Forum des

femmes actives dont la deuxième édition se déroulera

les 25 et 26 avril à l'Hôtel Husa Président Park à

Bruxelles (www. forumjump.be). Objectif ? "Montrer

que les femmes s'intéressent à autre chose que la

déco, la beauté, la mode et le bien-être et qu'elles

veulent aussi exploiter pleinement leurs talents dans

la vie professionnelle", explique l'intéressée.

Fi des sarcasmes

Malgré les sarcasmes – au début les noms

d'oiseaux avaient volé pour qualifier l'initiative de

féministe, ringarde, fanatique, voire "bouffeuse

d'homme" – le Salon Jump s'est tenu pour la

première fois l'an dernier et a réussi à rassembler

1400 personnes en deux jours. Utilisant à bon

escient sa force de conviction, Isabella a réussi à

fédérer autour d'elle des partenaires de renom, tant

au niveau politique, qu'institutionnel ou médiatique.

Le monde de l'entreprise a visiblement capté le

message : en cette période de "guerre des talents"

il serait en effet peu visionnaire de se priver de

communiquer vers la moitié de la population active.

"Les femmes elles-mêmes donnent souvent une

connotation négative au terme de "carrière".

Il est temps que nous nous donnions la permission

d'exister complètement dans notre métier en

réfléchissant à ce qui nous convient vraiment

à chaque période de notre vie", poursuit la

jeune femme.

Le virus entrepreneurial

sur les bancs de l'unif

Ces deux journées Jump seront aussi l'occasion

de remettre l'entreprenariat féminin au centre des

agendas. Un sujet qui titille Isabella Lenarduzzi,

qui estime très important pour notre économie

que davantage de femmes décident de créer leur

propre emploi. "Au canada 70% des nouveaux

indépendants sont des femmes, aux USA elles

sont 50%... mais en Belgique elles sont 30%

seulement ". Une statistique qui fait bouillir le sang

d'Isabella Lenarduzzi, elle-même ayant contracté le

virus entrepreneurial très jeune, alors qu'elle étudiait

les sciences économiques sur le campus de

Louvain-la-Neuve. Créatrice des magazines et des

Salons de l'Etudiant dans les années 80 – des

concepts qu'elle a disséminés aux quatre coins de

l'Europe – elle a également repris et développé,

entre autres, les "Student welcome pack" (4 millions

de packs avec échantillons diffusés en Belgique,

Allemagne, France, Espagne, Grande Bretagne) et

du guide des jeunes parents "Baby-Boom". C'est

encore elle qui a imaginé et mis au point un nouveau

concept de rencontres entre les employeurs et

demandeurs d’emploi bruxellois : les "Job Days",

devenus aujourd'hui un événement incontournable

sur la place bruxelloise, avec 6 éditions par an

(nous en sommes à la 17 ème , voir www.jobdays.eu) et

la mise à l'emploi de plus de 1.500 personnes.

Bref, les "effets tâches d'huile", Isabella connaît.

C'est la même stratégie qui l'anime pour Jump :

créer des outils et des lieux de rencontres pour

les femmes actives, et les disséminer le plus

largement possible. Vu le dynamisme communicatif

qui l'anime, gageons que le concept sera

bientôt européen ! ■

MON SAC

A MAIN :

C'est un "sac à langer" …

reconverti ! Multicolore.

Débordant de peluches,

foulards, colifichets.

Multipoche. A chaque

poche, une fonction :

le trousseau à clé,

le maquillage, le téléphone

portable, les cartes de

visites, le portefeuille

orange, les cartes de

fidélité, un emplacement

"spécial enfants" avec des

photos (Isabella a 2 filles

et 1 garçon), des dessins,

des mots doux… Le tout

débordant de papiers,

des fichiers qu'Isabella

imprime avant de partir

en voiture. "Je profite des

trajets pour donner des

coups de fil et régler tout

ce qui peut l'être".

Dynamisme Mars-Avril 2008 .17


Entreprises I Gestion durable

INFOS

MOBILITÉ

GROUPE DE TRAVAIL

TRANSPORT ET LOGISTIQUE

L’ambition de ce Groupe de Travail établi

à l'Union Wallonne des Entreprises est

de permettre aux entreprises

(chargeurs) de se retrouver entre elles

pour évoquer les dossiers importants du

secteur et leurs retombées pour les

entreprises. Riquier Mathieu, Traffic

Manager de la société Magotteaux a

accepté la présidence de ce Groupe.

Différents thèmes ont déjà été abordé :

les aides au transport, la négociation

avec les transporteurs, la

coresponsabilité du donneur d'ordre, la

recherche, le pôle de compétitivité, la

tarification des infrastructures, la CMR…

Cette liste est bien sûr ouverte et les

participants seront à la manœuvre pour

identifier les sujets les plus pertinents.

La prochaine réunion est prévue le 8 mai

2008 à Wavre, de 14 à 17h00 (contact :

gregory.falisse@uwe.be, 010/48.94.08).

NOUVELLES LIGNES AÉRIENNES,

NOUVELLES OPPORTUNITÉS

DE MARCHÉ

COMMENT DIVISER SA CONSOMMATION

Icopal : des mes

concrètes et éco

Il faut produire autrement. Cette conviction est fortement ancrée

chez Icopal, une société qui a particulièrement amélioré la

maîtrise de l'eau dans son processus, allant jusqu'à ériger sa

propre station d'épuration. Entretien avec Pierre Remacle,

Responsable Sécurité-Hygiène-Environnement.

par Sylvaine MENVIELLE

L'histoire se déroule à Herstal, plus

précisément dans le parc d'activités

des Hauts-Sarts. C'est en effet

dans le plus grand zoning de Wallonie

qu'est installée depuis 30 ans la société

Icopal (anciennement Polytuil), qui

emploie aujourd'hui 52 personnes.

Son activité principale ? La fabrication

d'éléments de toiture métallique, des

produits bien connus des couvreurs

et autres professionnels du bâtiment.

En 1998 (l'entreprise passe alors sous

pavillon danois), la nouvelle direction

liégeoise insuffle un intérêt pour

l'environnement, une stratégie

matérialisée récemment avec la

certification en management

environnemental ISO14001 obtenue

par le site.

"Le changement de direction en 1998

a été à la source d’un regain d’intérêt

pour l’environnement", confirme

Pierre Remacle, Responsable Sécurité-

Hygiène-Environnement. "En effet, le

nouveau management a traité cette

"nouvelle" matière comme toutes les

autres : l'usine a des outils, elle doit

s’en servir de manière professionnelle !

En travaillant ainsi, la société fait d’une

pierre trois coups : elle limite des rejets

non contrôlés vers le milieu naturel

(principalement des eaux), elle réalise

des économies parfois substantielles;

et enfin, elle forme son personnel au

travail correct et bien fait, même dans

les petites choses".

Une station

d'épuration "maison"

L'élément le plus tangible, et aussi le

plus spectaculaire de cette politique,

est sans conteste l'implantation d'une

Voila maintenant plus d’un an que la

branche aérienne du groupe TNT a

établi un pont aérien entre Liège et

Shanghai avec un franc succès. Quelles

seront les prochaines destinations?

Quels marchés seront à portée de notre

région? Quel réseau de distribution sera

disponible sur place? Séminaire le 20

mai 2008 de 12 à 14h00 au siège de

l'UWE à Wavre 17h00 (contact :

gregory.falisse@uwe.be, 010/48.94.08).

18. Dynamisme Mars-Avril 2008


D’EAU PAR TROIS ?

ures "vertes"

nomiques

station d'épuration "maison". Pourquoi

cet investissement, tout de même

très lourd ? Pierre Remacle avance

3 raisons : "nous avions pris conscience

de l’importance de la maîtrise de nos

déchets, nous arrivions aux limites

imposées par la Région wallonne

concernant les caractéristiques de rejet

de nos eaux usées, et nous étions dans

les conditions pour obtenir une aide".

L'investissement s'avère payant :

à parc de machines égal et à production

similaire, la consommation d’eau de ville,

qui était de 11.000 m 3 en 1998, est

passée à 3.000 m 3 en 2007 ! "L’eau

épurée est réutilisée dans un circuit

interne de distribution d’eau qui ne

nécessite pas d’eau de ville potable,

comme le nettoyage des sols, des

cabines de peintures, etc. Quelques

points de notre production exigent

OUTRE LA DIMINUTION DE

LA FACTURE "EAU", CE

FONCTIONNEMENT A

INSTILLÉ L'IDÉE QU'IL EST

POSSIBLE DE TRAVAILLER

AUTREMENT

Cet article illustre l'activité des

Conseillers Environnement de l'UWE.

A travers une approche à la fois participative

et "multi-acteurs", le projet

LIFE en cours a pour objectif de diminuer

les impacts environnementaux

(déchets, énergie, mobilité, paysage)

des entreprises d’une même zone par

l’utilisation d’une eau hygiéniquement

parfaite et sans particules pour éviter

d’éventuels problèmes de contamination

bactérienne (fabrication de nos peintures

à l’eau, adoucisseurs, appareil d’osmose

inverse,…) et de bouchage (dans les

gicleurs des appareils à haute pression)".

Mot d'ordre général :

recyclage plutôt que poubelle

Outre la diminution de la facture "eau",

cette manière de fonctionner a instillé

petit à petit l'idée qu'il est possible de

travailler autrement. "Les mesures

destinées à améliorer l'environnement

sont dès lors beaucoup plus facile à

mettre en place. D’autres secteurs ont

été les bénéficiaires indirects, comme le

tri sélectif des déchets en production : de

quelques poubelles/conteneurs en 1998,

nous en avons aujourd’hui environ une

quarantaine disséminée sur les 5.900 m 2

de l'usine. Le mot d'ordre général est :

recyclage plutôt que poubelle !

Exemple : nos big-bags en polyéthylène

éliminés auparavant comme des

déchets classe II, et maintenant

revendus comme produits recyclés".

On le savait, mais ce témoignage le

confirme : l'environnement, c'est

d'abord une question de mentalité. ■

Gérer l'environnement

collectivement, ça rapporte…

Gérer votre mobilité

Démarrage d'une démarche mobilité,

réalisation d'un bilan mobilité, renseignements

précis sur les indemnités

légales, le covoiturage, les innovations

en gestion des marchandises,

recherche de l'interlocuteur adéquat

au sein d'une administration ou d'une

la mise en place de solutions communes.

Un site internet, un guide de

bonnes pratiques de gestion collective

et des outils promotionnels sont à la

disposition de tout organisme actif sur

un zoning et désirant se lancer dans

une telle démarche. www.econetwork.eu

société de services, diagnostic afin de

cerner les actions envisageables… :

quelques exemples des services

que peut vous apporter la

«Cellule Mobilité» de l'UWE.

www.uwe.be/mobilite-transportlogistique

ECO

CONSEILS

HUILES USAGÉES, DÉCHETS

DANGEREUX : DU NOUVEAU !

Vous êtes producteur de déchets

toxiques ou dangereux ? Ou vous

collectez ces déchets ? Vous détenez

plus de 500 litres d'huiles usagées ?

Alors vous êtes tenus d'établir un

registre dont le modèle est établi par

l'Office wallon des Déchets, avec

obligation de conserver ce registre

durant 5 ans. Autre obligation :

la transmission d'une déclaration

de détention à ce même OWD.

Jusqu'à présent cette déclaration devait

s'effectuer deux fois par an. Désormais

c'est une fois l'an, avant le 31 mars.

ÇA COINCE EN ENVIRONNEMENT ?

FAITES-VOUS AIDER

Pour 2008, voici les missions (gratuites)

assurées par la Cellule des Conseillers

en Environnement de l'UWE :

• réalisation de diagnostics déchets pour

la prévention et la gestion;

• réalisation de diagnostics

environnement "flash";

• réponse à toute question en matière

d'environnement (sauf permis

d'environnement).

Des questions ? Des renseignements ?

Contactez les Conseillers proches de

chez vous :

• Hainaut et Brabant Wallon:

olivier.cappellin@uwe.be, 071/28.59.45

• Liège: sylvaine.menvielle@uwe.be,

0493/74.52.26

• Namur et Luxembourg:

stephanie.fourez@uwe.be,

0474/54.20.30

Dynamisme Mars-Avril 2008 .19


Entreprises I 3 questions à

1.

2.

3.

Trois questions à

Lutgart Van den

Berghe - Guberna

Sous la présidence du Comte Maurice Lippens, Guberna est

appelée à devenir l'interlocuteur belge de référence du monde

politique et économique en matière de gouvernance, notamment

d'entreprises, non seulement sur le plan national mais aussi

international, et en particulier européen. Sa Directrice fait

les présentations.

par Sibylle DU BUS DE WARNAFFE

Fin 2007 est apparu en Belgique un nouvel acteur

dans le domaine de la gouvernance d’entreprise,

Guberna, que vous dirigez. Quel rôle joue cet

"Institut des administrateurs" ?

Né de la fusion du Belgian Governance Institute et de l’Association des Administrateurs,

dont les missions étaient très proches, Guberna – un mot dérivé du latin qui évoque la

conduite, la gouvernance – a pour objectif prioritaire de sensibiliser et d'encourager

la bonne gouvernance dans toutes ses dimensions et pour chaque type d'organisation.

Sa mission est d'encourager, aider, orienter et conforter les administrateurs à remplir

leur rôle le plus professionnellement possible.

Il y a en Belgique 480.000 administrateurs en personne

physique. Votre "marché" est donc énorme ! Quels sont

les produits et les services que vous leur offrez ?

Par sa situation au carrefour des connaissances académiques et de la pratique, Guberna

peut proposer aux administrateurs une offre large et riche en contenu. Cette offre se

décline selon plusieurs axes dont l'information des membres, leur formation, la

fourniture d’outils, l’accès à la recherche en matière de gouvernance, l’accompagnement,

le conseil et les services spécialisés. Nous apportons également à nos membres la

participation à un réseau qui compte actuellement plus de 1.500 dirigeants et

mandataires qui partagent les mêmes préoccupations.

Depuis longtemps, l’UWE joue un rôle de levier pour

stimuler les progrès en matière de gouvernance en Wallonie.

Cette année encore, elle parraine le cycle de formation

"Director Effectiveness" qui a débuté ce 15 avril.

En quoi consiste-t-il ?

Ce cycle met l’accent sur les connaissances et les compétences (juridique, marketing,

stratégie, HR, finances, IT,..) nécessaires à un administrateur pour exercer efficacement

son mandat. Dans la seconde partie de l’année, Guberna organisera – à nouveau sous le

parrainage de l’UWE – un autre module de formation intitulé "Board Effectiveness"

qui abordera tous les aspects liés à la gouvernance d’entreprise et à l’efficacité du

conseil d’administration, ainsi que son interaction avec les actionnaires et le

management de l’entreprise. ■

"Notre mission ?

Encourager et

conforter les

administrateurs

à remplir leur

rôle le plus

professionnellement

possible"

© PhotoNews

EN

BREF

Le radar altimètre SIRAL-2, développé

par Thales Alenia Space, a été

récemment livré à EADS Astrium GmbH

(Allemagne), maître d’?uvre de la

mission "CryoSat-2", un programme

de l'Agence Spatiale Européenne (ESA).

Ce satellite, dont SIRAL-2 est le

principal instrument scientifique,

déterminera le taux de variation de

l'épaisseur de la glace polaire,

continentale et maritime, avec une

précision aujourd’hui inégalée.

Un projet un peu wallon puisque c'est

Thales Alenia Space ETCA (Mont-sur-

Marchienne) qui a réalisé l’équipement

d’alimentation électrique de la charge

pulsée de SIRAL-2, c’est-à-dire son

cœur analogique. Lancement prévu en

mars 2009.

Durant le dernier trimestre 2007,

"Soliam", la solution progicielle de

gestion des actifs financiers de la

société néo-louvaniste BSB, a été

choisie par deux sociétés renommées de

bourse belges – Merit Capital et

Goldwasser Exchange – et par l’une des

plus prestigieuses sociétés de gestion

d’actifs française, Carmignac Gestion.

Le Groupe Cockerill Maintenance &

Ingénierie (CMI) a conclu une convention

d’achat de 55,04% des parts de la

société indienne Flat Products

Equipments (I) Ltd (FPE), active dans

l’étude et la fabrication d’équipements

pour la sidérurgie. Cette opération, la

plus importante jamais réalisée par CMI,

lui donnera accès au marché indien en

pleine croissance, ainsi qu’à d’autres

marchés émergents, et, grâce à la

technologie du laminage dont dispose

FPE, le fera entrer dans la catégorie des

fournisseurs capables d’offrir un

complexe à froid dans son ensemble.

20. Dynamisme Mars-Avril 2008


Dynamisme Mars-Avril 2008 .21


Entreprises I Echos

Port de Liège :

nouveau record absolu

pour le trafic "voie d'eau"

Le Port autonome de Liège

(PAL) a récemment présenté

ses résultats pour l'année 2007.

Avec un trafic de 15.788.667 tonnes

par la voie d’eau, il a enregistré une

hausse de près de 10% par rapport

à 2006 (14.413.738 tonnes).

Ce record absolu dépasse

même celui atteint en 2004

(15.190.067 tonnes) !

Le PAL a par ailleurs enregistré

un tonnage global de

21.243.665 tonnes

(contre 20.059.925 tonnes en 2006),

tous modes de transports confondus

(wagons, camions, bateaux).

Ici également, une augmentation

de près de 6% pour le tonnage

global est à souligner.

Avec ces performances, le PAL

demeure le premier port intérieur

belge et le troisième port

européen (derrière Duisbourg

et Paris).

© Aerial Media

Liège se met la tête

dans les étoiles

La CVA (Communauté des Villes Ariane) a pour objectif de

promouvoir l'image et le savoir-faire des villes et citoyens

qui participent, directement ou indirectement, aux activités

de transport spatial européen. Elle compte 34 membres,

issus de 6 pays, qui en assurent tout à tour la présidence.

Cette année, ce sont la Ville de Liège, la société Techspace

Aero, la Commune de Herstal et l'Université de Liège qui

tiennent les rênes. A cette occasion sera mise en place

une vaste campagne

de promotion destinée

à tous les publics :

édition d'une bande

dessinée, expositions,

conférences originales…

et une "Grande Fête du

Commerce liégeois"

(du 29 mai au 1er juin)

à laquelle participeront

Arianespace et les villes

de Barcelone, Madrid,

Toulouse et Charleroi.

Révolution

dans

les caves

à vin !

Commercialisé par la

sprl Lecellier, Wintower

est un nouveau système

d’étagères à vin qui répond

à toutes les exigences des

connaisseurs : flexibilité,

modularité, facilité

d’assemblage, résistance à l’humidité,… Ce produit

ingénieux et design, réalisé dans un matériau naturel,

est le fruit de huit années de recherche menées par

son créateur, un designer – et œnologue amateur –

de Marche-en-Famenne. Les matériaux hydrofuges,

fabriqués dans les Ardennes par une jeune usine du

groupe Triax employant 50 personnes, garantissent

la longévité du produit en milieu humide et la grande

modularité des éléments, qui s’assemblent simplement

sans fixation et sont disponibles en différentes hauteurs,

largeurs et coloris, leur permettent de s'adapter à

toutes les caves.

AGV ® : de la technologie

carolo à toute allure !

Alstom a dévoilé en février le prototype de l'AGV ® (Automotrice à

Grande Vitesse), son nouveau train à très grande vitesse, capable

d'atteindre les 360 km/h. L’AGV ® est le premier train au monde à concilier

une architecture articulée, qui offre le meilleur niveau de sécurité,

avec une motorisation répartie (moteurs installés sous le train), qui accroît

significativement le nombre de places à bord grâce à la suppression des

motrices. Le site carolo d'Alstom Transport – qui a développé le nouveau

convertisseur auxilliaire et le système de signalisation pour l'ERTMS

(standard européen de la signalisation ferroviaire) – sera associé aux

sites français et italiens pour la fabrication de l'AGV ® . Premier client :

la nouvelle compagnie italienne NTV (Nuovo Trasporto Viaggiatori).

22. Dynamisme Mars-Avril 2008


Une société de Seneffe

mise à l'honneur à Tokyo

Start-up de l'UCL créée en 2006 et établie au sein de

l'incubateur Activalis à Seneffe, it4ip s.a. développe, fabrique

et commercialise des membranes polymères de précision.

Les applications de ces membranes sont diverses et trouvent

leur place dans de nombreux domaines, tels que la santé

(diagnostics de cancers, support pour culture de cellules...),

l'énergie (piles à combustible), la nano- et microfiltration et

l'alimentaire (détection de bactéries). Présente à l'exposition

"Nanotech 2008" à Tokyo, la société hennuyère y a remporté

le "prix de l'innovation bio-nanotechnologique" pour

ses applications innovatrices. Parmi les neuf autres lauréats,

on trouve des noms aussi prestigieux que Toshiba,

FEI ou Baxter.

L'artisanat de luxe

à portée de souris

Articadeau.com a été lancé par trois étudiants des facultés

universitaires de Namur en août 2007. Cette boutique en ligne

propose des cadeaux originaux, de haut standing, créés par des

artisans belges (dont certains sont fournisseurs officiels de la Cour) :

articles d'écriture, bijoux, bougies, jouets en bois, accessoires de

mode, art de la table, etc. Depuis son lancement, Articadeau a

enregistré une trentaine de commandes pour un chiffre d'affaires de

quelques milliers d'euros. Le site, particulièrement bien référencé

dans les moteurs de recherche (3e position dans Google quand on

tape le mot-clé "cadeau"), compte une centaine de visite par jour et

offre aux 13 artisans actuellement associés à Articadeau un espace

de visibilité exceptionnel dans le monde entier.

Dynamisme Mars-Avril 2008 .23


Entreprises I Patrons tout horizon

Désormais allié au restaurant "Comme chez Soi"

grâce à trois nouveaux biscuits, Thierry Huet fait

(re)découvrir la saveur.

DESOBRY INTERNATIONAL

LOCALISATION :

Tournai

ACTIVITÉS :

fabrication et distribution de biscuits de

saveur et de caractère

CHIFFRE D’AFFAIRES :

24 millions EUR

PERSONNEL : 240 personnes

DESTINATIONS PRINCIPALES :

Amérique du Nord, Mexique, Europe de

l’ouest, Australie avec des débuts en

Russie et des développements dans le

sud-est asiatique.

Grâce à sa vision et à sa détermination, Philippe Hoste a

donné un avenir florissant à la filiale québécoise de Sonaca.

SONACA NMF CANADA

LOCALISATION :

Mirabel, Québec

ACTIVITÉS :

usinage, formage et assemblage de panneaux

d'ailes d'avions régionaux et d'affaires

CHIFFRE D’AFFAIRES : 37 M$

PERSONNEL : plus de 250 personnes

DESTINATIONS PRINCIPALES :

Bombardier, Embraer, IAI-Gulfstream,

Mitsubishi, Héroux-Devtek. Sonaca NMF

Canada exporte environ 40% de sa production.

24. Dynamisme Mars-Avril 2008

© Frédéric Sablon

PATRON EXPORTATEUR : Thierry Hue

En poche : toujours un

Il parle moins d’innovation que de commercialisation ;

il plaide pour des bureaux-relais à l’étranger ;

il voyage en classe économique ; il fustige la BCE

et se méfie de l’appellation "PME"; il souhaite la

création de véritables "écoles de commerce" absentes

chez nous, …Fabricant et exportateur de biscuits,

Thierry Huet est loin du discours mielleux.

par Patricia DEL MARMOL

Première biscuiterie

wallonne à capitaux

privés, indépendante

des grands groupes, Desobry est un cas

remarquable en Europe puisque

produisant 45 biscuits différents au

départ d’un site unique, Tournai. Une

opération de management by out menée

en 2000 permet aujourd’hui le

rayonnement mondial du nom de

l’entreprise hennuyère, créée en 1947.

Bons hôtels et courtes nuits

Comment, pratiquement et

culturellement, parvenir à faire apprécier

Bruxellois d'origine,

Philippe Hoste

travaille depuis 25 ans

à diriger, gérer, redresser et propulser

des entreprises vers le succès.

En octobre 2005 il accepte l’offre de

Sonaca Belgique de prendre la direction

de Sonaca NMF Canada, qui connaît

quelques difficultés, et part s’établir au

Québec avec sa famille.

A nouveau pilote, nouvel envol

Trois mois après son arrivée, la marge

brute des opérations de Sonaca NMF

Canada augmente de 12 points. À ce

jour, les ventes sont passées de 20 à

le goût des biscuits Desobry, estampillés

"Made in Belgium" aux quatre soins

du monde ?

Thierry Huet, directeur de la biscuiterie

Desobry, propose un tryptique. Il faut

avant tout pouvoir compter sur une

équipe capable de gérer l’exportation.

"Notre métier ne consiste pas à charger

un conteneur. Nous allons sur place afin

d’assurer notre relation commerciale en

toute transparence". La ligne "voyages"

chez Desobry est importante.

A trois ou quatre collaborateurs - dont

Thierry Huet qui se dit le porteur de

valises, laissant son rôle complet à son

PATRON DU BOUT DU MONDE: Philip

Au pays des "gens d'a

En octobre 2005, Philippe Hoste quitte Bruxelles

pour prendre la direction de Sonaca NMF au Canada

et relever le défi de redresser cette filiale de Sonaca

Belgique. Une mission parfaitement accomplie

aujourd'hui : les chiffres de ventes ont doublé, les

exportations ont quintuplé et l'usine québécoise a

été élue "Entreprise de l'Année 2007".

par Thierry DECLOUX

40 millions de dollars et ses exportations

ont quintuplé. Une croissance importante

que Philippe Hoste explique notamment

par "l'augmentation des cadences sur la

plupart des programmes existants" et

par "le démarrage de nombreux

nouveaux programmes, tant avec nos

clients existants qu'avec de nouveaux

clients d'envergure mondiale. Nous

avons pu gérer cette croissance grâce

aux efforts de toute l'équipe de direction

que j'ai constituée autour de moi, ainsi

qu'au soutien de la maison-mère à

Gosselies". L'entreprise bénéficie

également du renouveau de son secteur,

celui des avions régionaux et d'affaires :


t (Desobry)

passeport, jamais la langue

export manager - ils voyagent en classe

économique mais choisissent des hôtels

très confortables pour compenser la

fatigue. "Sur place, nous nous

réunissons, appliquons une veille

stratégique, partageons notre vécu

commun ce qui nous donne une idée

précise de l’action à mener à l’extérieur

mais aussi à notre retour. L’étude de

marché est réalisée".

L’efficience fait aussi partie du voyage.

Obligée de vivre avec des marges

courtes, l’entreprise se doit de dialoguer

avec différents partenaires.

Toute erreur se paie cash

Desobry est également attentif aux

exigences de sa "supply chain" :

horaires stricts, conditionnements

variables, références différentes

(jusqu’à 30 parfois), … "Toute erreur de

codification se paie cash ! Nos clients

attendent de nous un service que

rend une multinationale".

Enfin, exporter c’est aussi intégrer sur

le champ la volatilité des taux de change

pe Hoste (Sonaca NMF Canada)

faire"…

"Pour ces 2 marchés, je dirais que la

crise que l'on a connue après le

11 septembre 2001 est totalement

digérée. La demande a fort augmenté

depuis 2 à 3 ans, les cadences de

production atteignent aujourd'hui de

nouveaux sommets et les carnets de

commandes sont remplis pour plusieurs

années". Quoi qu'il en soit, ses

réalisations remarquables ont valu à

Philippe Hoste la reconnaissance de ses

pairs tandis que Sonaca NMF Canada a

été élue "Entreprise de l’Année 2007" par

l’Association Québécoise de l’Aérospatiale.

Un véritable

entrepreneur québécois

Aujourd'hui, Philippe Hoste est un

véritable entrepreneur québécois.

Membre actif d’Aéro Montréal et de

l’Association Québécoise de l’Aérospatiale,

il est aussi vice-président du Cercle

d’affaires belgo-québécois Esteler.

Tout comme sa famille, qui adore

pratiquer les sports d'hiver dans les

Laurentides, Philippe Hoste se sent bien

au Québec. Il apprécie la manière dont on

Tournai, c’est le

"campement de base"

de Desobry ; de là,

il convient de s’adapter

aux fuseaux horaires.

qui a un impact majeur sur les petites et

moyennes entreprises. "Pas question de

nous "adapter", comme le dit la BCE ;

cela me fait hurler de rire. Pour nous,

exporter c’est être réactif en

permanence". ■

"Au Québec, tout va très vite.

Les gens sont très pragmatiques dans

leurs relations : ils vont droit au but"

y fait des affaires : "Tout va très vite ici,

qu'il s'agisse d'un nouveau financement,

de la construction d'un bâtiment, de

l'envoi d'un container aux 4 coins du

monde, etc. Quant aux "gens d'affaire"

(comme on dit ici), ils sont très

pragmatiques dans leurs relations : ils

vont droit au but". Et les échanges doivent

sans doute être facilités par le bon état

général de l'économie canadienne :

"On n'est pas loin du plein emploi,

confirme Philippe Hoste, le monde des

affaires est confiant en l'avenir". ■

© Belpress.com

EN

BREF

Cela fait 10 ans déjà que le Groupe

Spadel utilise des bouteilles PET

(poyéthylène téréphtalate) avec 25% de

matières recyclées. Pour marquer le

coup, il a décidé d'en faire part à ses

consommateurs : depuis le mois de

mars 2008, le pack de 6 bouteilles de

Spa Reine 1,5 l.propose un tout nouvel

emballage qui indique l'utilisation d'un

packaging avec 25% de PET recyclé.

Le 3 mars 2008 a été signé un accord

de partenariat entre le Laboratoire de

Géomorphologie et Télédétection

de l’Université de Liège et le groupe

Star-Apic, éditeur de logiciels de

Systèmes d’Informations Géographiques

(SIG) destinés aux gestionnaires de

réseaux (eaux, électricité, télécom…)

et collectivités. Cet accord prévoit la

réalisation d’une série d'objectifs visant

à soutenir la R&D dans le domaine au

sein de l’Université et à familiariser les

étudiants, stagiaires et collaborateurs

du laboratoire de l’ULg à l’utilisation

pratique d’outils SIG.

Le 14 février dernier est née la

85 e spin-off de l'Université de Liège.

Fruit de la rencontre des compétence

entre DNAVision, spin-off de l'ULB, et du

Laboratoire des Denrées Alimentaires

de l'ULg, DNAVision AgriFood, qui

emploie actuellement 4 personnes,

fournit des services innovants, basés sur

l'analyse ADN et ARN, dans le domaine

de la sécurité, de la qualité et de la

traçabilité de la chaîne alimentaire.

C'est la première création conjointe

entre les biopôles wallons de Charleroi

(ULB) et de Liège (Giga-ULg).

Dynamisme Mars-Avril 2008 .25


Actions I Expertise

SPECIAL ENVIRONNEMENT

MENACES… MAIS AUSSI O

L'environnem

26

28

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31

A quelle "sauce" allez-vous êtes mangés

en 2008 ? Lourdeur administrative, coûts

de gestion de plus en plus élevés, normes

restrictives, manque d’information sur les

bonnes pratiques… Telles sont les notions

qui sont souvent associées à la gestion de

l’environnement dans les entreprises.

Pour vous permettre d'y voir plus clair,

les experts de l'UWE prennent la plume.

SPECIAL ENVIRONNEMENT.

Ce qui vous attend en 2008

Les nouvelles primes Energie

sont disponibles

Responsabilité environnementale :

le principe du pollueur-payeur se généralise

Sols pollués : une approche basée

sur la gestion du risque

Gestion des déchets : les bonnes pratiques

Aménagement paysager en entreprise :

le sujet qui "monte"

Janvier 2008 : la "guest star" du

Salon de l'Auto - 800.000 visiteurs -

est l'environnement. Février 2008 :

l'European Business Summit attire

2000 chefs d'entreprise sur le thème

"Greening the economy". Mars 2008 :

Batibouw est visité par 300.000 personnes,

l'édition de cette année étant marquée

par la construction durable.

Incontestablement l'environnement

s'impose à l'agenda "grand public".

par André LEBRUN

Côté entreprises, l'intégration de la

dimension environnementale remonte

au début des années 80, soit d’initiative,

soit à l’occasion du renouvellement de leurs

autorisations d’exploitation ou permis

d’environnement.

Une compétence régionale

Progressivement régionalisée au fil des réformes

institutionnelles de 1980, 1988 et 1993, la politique

de l’environnement relève aujourd’hui de la

compétence exclusive des Régions, à l’exception

des normes de produits, du transit des déchets et

de la protection contre les radiations ionisantes,

restées de la compétence de l’Etat fédéral.

Le domaine de l’environnement est marqué par

une activité législative et réglementaire

importante, souvent inspirée par les directives

européennes et les conventions internationales

conclues dans le cadre des Nations-Unies

(changements climatiques) et du Comité

économique pour l’Europe des Nations-Unies

(Convention de Genève sur la pollution

transfrontière et Convention d’Aarhus,

par exemple).

Ces textes sont souvent à l’origine de charges

nouvelles, financières ou administratives.

Prises isolément, ces charges peuvent

paraître acceptables, mais leur cumul est, à

l’heure actuelle, de nature à remettre en

cause le développement, voire parfois même

la poursuite, des activités économiques.

Nécessité d'une vision globale

Il est indispensable dès lors d’avoir une

vision globale des facteurs qui pèsent sur la

TÉLÉCHARGER

le dossier sur www.uwe.be

26. Dynamisme Mars-Avril 2008


PPORTUNITÉS !

ent très présent à l'agenda 2008

“LA POLITIQUE DE

L’ENVIRONNEMENT

A ÉTÉ

PROGRESSIVEMENT

RÉGIONALISÉE

AU FIL DES

DIFFÉRENTES

RÉFORMES

INSTITUTIONNELLES.”

Green attitude ...

compétitivité des entreprises, et d’évaluer chaque

initiative réglementaire au regard de cette

préoccupation.

A l’Union Wallonne des Entreprises, la matière

de l’environnement est suivie par un Groupe

de Travail qui se réunit chaque mois.

Parmi les nombreux sujets abordés, relevons :

• Le permis d’environnement et l’évaluation des

incidences : l’UWE est attentive à l’actualisation

régulière des textes et suit de près les travaux

en matière de simplification administrative

devant conduire à l’informatisation complète

du formulaire de demande de permis.

• La gestion des déchets : examen des arrêtés

d’exécution des décrets du 23 mars 2007

(augmentation des taxes sur les déchets) et des

interdictions de mise en centre d’enfouissement

technique des déchets industriels, et mise en

œuvre des obligations de reprise des déchets

en fin de vie.

• Assainissement des sols pollués : la refonte du

décret du 1er avril 2004 est au centre de

nombreux travaux. L’UWE souhaite que la date

permettant de distinguer pollution nouvelle et

pollution historique soit postérieure à

l’entrée en vigueur du décret.

Il est indispensable d’avoir une

vision globale des différentes

initiatives ou projets en matière

d'environnement. C'est pourquoi

ce domaine fait l'objet d'une

"veille" permanente de la

part des experts de l'UWE.

Une fois par mois, un Groupe de

Travail réunissant des entreprises

L’UWE estime aussi que la gestion des

sols pollués doit être basée sur la gestion

des risques (voir page 29).

• La mise en œuvre de la "directive cadre eau",

qui requiert la réalisation d’un état des lieux des

différents districts hydrographiques, la mise en

place de réseaux de surveillance et la mise en

œuvre de plans de gestion et de programmes de

mesures visant à atteindre la bonne qualité des

ressources en eau. Les plans de gestion et des

programmes de mesures pour les parties

wallonnes des quatre districts hydrographiques

internationaux (Escaut, Meuse, Rhin, Seine)

doivent être élaborés pour 2009. ■

se réunit à Wavre, afin de faire le

tour de l'actualité. Des réunions

très suivies, qui font l'objet

d'échanges animés, sous la

présidence de Jacques De

Brackeleer (Solvic). Vous souhaitez

en être ? Si vous êtes membre de

l'UWE, pas de problème.

Contact : claude.roland@uwe.be.

Dynamisme Mars-Avril 2008 27.


SPECIAL ENVIRONNEMENT

FONDS 2008-2009

Les nouvelles primes Energie sont disponibles

Le fonds énergie 2005-

2007 est arrivé à

échéance. L’occasion pour

la Région Wallonne d’en

faire le bilan et de

proposer un nouveau

programme de subside :

le fonds 2008-2009.

par Grégory BEDEUR

Pourquoi changer une

formule qui gagne ?

Le nouveau fonds énergie

2008-2009 est très similaire à

son prédécesseur. Examinons

les principales modifications

qui concernent les entreprises :

tout d’abord, une volonté de

simplification administrative est

perceptible. La cellule primes et

subsides de la DGTRE, avait

déjà été renforcée en 2007. Une

possibilité de demande et

traitement des primes "online"

est prévue. Les bienfaits de ces

mesures devraient se faire

pleinement ressentir en 2008

avec une meilleure

communication et une plus

grande rapidité de traitement

des dossiers. Notons encore

que les délais

de demande de prime ont été

ramenés de 6 à 4 mois, à

dater de la dernière facture.

Le contenu des primes est

généralement conservé.

Seules certaines primes ont été

modifiées, notamment pour

les rendre plus accessibles.

Le subside pour des travaux

d’isolation ne se limite plus

à la rénovation d’aciennes

habitations. Le nouveau fonds

concerne maintenant tous

les bâtiments avec 4 à 8 €/m 2

pour les toitures, 40 €/m 2

pour les vitrages et 25 €/m 2

pour les murs et sols. Pour ces

derniers l’audit énergétique est

obligatoire. De même, les

subsides "chauffage" sont

disponibles pour tout type de

bâtiment tandis que les

systèmes biomasse sans

chargement automatique

ne sont plus soutenus.

Le photovoltaïque est également

privilégié, par l’apparition d’une

nouvelle prime dans le fonds

2008-2009. 20% du montant de

la facture, plafonné à 3.500 €

seront désormais subsidiés. ■

TOUTES LES INFORMATIONS SUR LE "FONDS ENERGIE 2008-

2009" sont disponibles sur le site www.energie-entreprise.be

ainsi que sur le Portail de l’Energie (http://energie.wallonie.be)

N’hésitez pas à faire appel au Conseiller Energie de l’UWE pour

plus d’informations : gregory.bedeur@uwe.be ou 010/47.19.43.

RESPONSABILITÉ ENVIRONNEMENTALE

Le principe du pollueur-payeur se généralise

Un nouveau décret

consacre les obligations

de prévention et de

réparation des

dommages

environnementaux pour

tout incident survenu

après le 30 avril 2007.

Ce décret repose sur

le principe du

pollueur-payeur.

par Cécile NEVEN

Le décret "responsabilité

environnementale" a été

publié au Moniteur Belge

le 19 décembre 2007. Ce texte

met en œuvre un régime de

responsabilité administrative

qui vise à assurer la prévention

ou la réparation du dommage

environnemental, défini comme

étant un dommage causé à l’eau,

aux espèces et habitats naturels

protégés et aux sols, pour tout

incident causal survenu après le

30 avril 2007.

Ce décret, qui repose sur le

principe du pollueur-payeur,

assure une transposition assez

fidèle de la directive européenne

qui distinguait deux types de

responsabilité :

• un régime de responsabilité

sans faute pour les dommages

causés par les activités

professionnelles listées en

annexe de la directive ;

• un régime de responsabilité

avec faute pour les autres

activités, en ce qui concerne les

dommages causés aux

espèces et habitats protégés

(sites "Natura 2000").

Les pollutions diffuses sont

également concernées lorsque

l’on peut établir un lien de

causalité entre le dommage et

l’activité en question.

L’entrée en vigueur de ce décret

implique que désormais

l’exploitant d’une activité

économique qui est responsable

d’un dommage causé à

l’environnement doit prendre en

charge les mesures de prévention

et de réparation qu’induit ce

dommage. Les actions à prendre

sont définies par l’autorité, le cas

échéant, en collaboration avec

l’exploitant responsable. ■

© Belpress.com

LE DÉCRET met en œuvre un régime de responsabilité

administrative qui vise à assurer la prévention ou la réparation du

dommage environnemental, défini comme étant un dommage causé

à l’eau, aux espèces et habitats naturels protégés et aux sols,

pour tout incident causal survenu après le 30 avril 2007.

28. Dynamisme Mars-Avril 2008


ASSAINISSEMENT DES SOLS POLLUÉS

Une approche basée

sur la gestion du risque

Le Gouvernement wallon prépare une législation spécifique à l'assainissement des sols pollués.

Le texte, qui vise à remplacer le décret du 1 er avril 2004, jamais entré en vigueur, devrait être adopté

par le Parlement wallon d’ici la fin 2008.

par Cécile NEVEN

apprécie qu‘une législation spécifique à

l’assainissement des sols pollués soit mise

L’UWE

en place et soutient l’option de distinguer le

traitement des sols pollués et celui des dépotoirs.

Cette distinction de traitement conforte, pour

l’assainissement des sols pollués, l’approche basée

sur la gestion du risque. Tout n’est cependant pas

parfait. Sur plusieurs points, le projet ne correspond

pas aux demandes formulées par l’UWE depuis le

vote du décret du 1 er avril 2004, en ce qui concerne

la date pivot "pollution nouvelle – pollution

historique" et les clauses d’exonération ("permit

defence"). Ces modifications sont pourtant elles

aussi nécessaires à la mise en place d’un système

praticable de gestion des sols.

Distinguer pollution nouvelle et

pollution historique

Le décret met en place des régimes

d’assainissement différents selon que la pollution

du sol est nouvelle ou historique, d’où la nécessité

de pouvoir dater la pollution sans ambiguïté.

A défaut de pouvoir distinguer clairement les deux

types de pollution, l’administration se verra

confrontée à un nombre croissant de cas de

pollutions dites "mixtes", que le décret en

projet traite comme des pollutions nouvelles,

ce à quoi l’UWE est opposée.

Il faut par ailleurs craindre que l’absence d’un

traitement différencié des pollutions mixtes

“UNE

LÉGISLATION

QUI SE MET

EN PLACE

DISTINGUE LE

TRAITEMENT

DES SOLS

POLLUÉS DE

CELUI DES

DÉPOTOIRS.”

décourage les investisseurs de s’implanter sur les

sites d’activité économique à réhabiliter. L’UWE

plaide pour l’adoption d’une date pivot cohérente

avec celle du décret "responsabilité

environnementale" fixée au 30 avril 2007.

Rester réaliste et pragmatique

Le champ d’application du décret est

considérablement élargi par la multiplication des

évènements entraînant l’obligation de procéder à

des investigations sur les sites. Aux faits

générateurs établis en 2004 (démarche volontaire,

décision de l’administration, cessation d’activités),

le décret en projet ajoute la cession de terrain, la

demande de permis d’environnement, la faillite et

la liquidation judiciaire, lorsqu’ils concernent une

activité professionnelle susceptible de polluer

le sol. Ces obligations pèseront lourdement sur

les entreprises.

Les clauses d’exonération envisagées doivent être

complétées pour prendre en compte le "permit

defence", désignant la possibilité de s’exonérer dans

le cas d’une pollution générée alors même que le

permis est respecté. Le projet généralise également

l’imposition d’une sûreté pour les projets

d’assainissement, cela constitue une charge

énorme, voire impossible à supporter, pour de

nombreuses entreprises. La question de la sûreté

devrait être étudiée et le cas échéant imposée,

au cas par cas. ■

© Belpress.com

ET LES SITES

INDUSTRIELS ?

A l'heure où la Wallonie

manque de terrains pour les

entreprises, la question se

pose souvent : quid des

anciens sites industriels ?

Avant de pouvoir les

réaffecter, ceux-ci doivent

bien souvent faire l'objet

d'une dépollution, une

démarche coûteuse et

compliquée. Pour simplifier

ces opérations, le

Gouvernement wallon met

en place une législation

spécifique à

l'assainissement des sols

pollués. L'UWE a examiné

le projet de décret adopté,

en première lecture, par le

Gouvernement wallon,

le 20 décembre 2007.

Dans ses conclusions,

l’UWE réitère l’importance

de formuler des dispositions

praticables qui inciteront

les entreprises à se lancer

dans la démarche volontaire

d'assainissement.

Elle restera attentive à la

mise en place d’une

réglementation qu’elle

souhaite à la fois réaliste et

pragmatique. L'avis détaillé

de l'UWE : sur www.uwe.be

(thème "Environnement").

Dynamisme Mars-Avril 2008 .29


SPECIAL ENVIRONNEMENT

DÉCHETS : LES BONNES PRATIQUES

Le meilleur déchet est celui

qui n’est pas produit…

Depuis plus d’un an, la Cellule des Conseillers en Environnement de l’UWE réalise des diagnostics portant

sur la prévention et la gestion des déchets industriels. L’expérience acquise sur le terrain a permis de

développer les quelques conseils qui suivent afin de gérer au mieux les déchets en entreprise.

par Céline BAËLE

La gestion des déchets étant de plus en

plus contraignante (coûts élevés, impacts

environnementaux conséquents, lourdeur

administrative, …), une stratégie est menée afin

de privilégier la prévention plutôt que d’agir une fois

le déchet produit. Cette démarche vise à avoir une

vision globale de la production et de la gestion des

déchets (nature et quantités produites, filières

d’élimination, conformité règlementaire, processus

générateurs de déchets, …) et à orienter le

responsable d’entreprise vers des alternatives

conduisant à une réduction de la quantité et/ou

de la nocivité des déchets et une optimisation

de la gestion des déchets restants.

Cette démarche contribue à améliorer l’image de

marque de l’entreprise et à réduire ses coûts liés

à l’élimination. …).

1. Connaître ses déchets

Pour gérer de façon efficace ses déchets, il faut

avant tout en connaître la nature mais aussi

l’origine. En effet, un déchet dangereux ne se gère

pas de la même façon qu’un déchet non dangereux.

Tout deux sont soumis à des obligations et des

coûts qui leurs sont propres.

2. Trier de manière efficace

Les mélanges de déchets doivent être évités

dès que possible à la source. A titre d’exemple,

l’entreprise Ans Benelux a réduit sa facture

«déchets» de 60 % par l’instauration d’un tri dans

INCINÉRATEUR

OU FOUR À

CIMENT ? UNE

BROCHURE

FAIT LE POINT.

le cadre du projet de gestion collective sur le parc

d’activités de Saintes (voir «Dynamisme Wallon»

de mars 2007, page 40). Signalons au passage

que la taxe de mise en décharge des déchets non

dangereux va passer à 35 €/tonne en 2008 pour

atteindre la somme de 60 €/tonne à partir de 2010.

3. Effectuer un suivi des coûts

et des quantités

Un suivi des quantités de déchets produits et des

coûts engendrés par le biais d’un encodage et de

la réalisation de graphiques sont primordiaux à une

gestion efficace des déchets. Les priorités d’action

en matière de prévention ou de choix de filières

peuvent alors être plus facilement définies.

4. Prévenir la production de déchets

La diminution des déchets à la source est

certainement une solution d’avenir. Privilégier

des fournisseurs proposant des produits en vrac

ou reprenant les emballages sont autant de choix

permettant de réduire les coûts de gestion des

déchets. Certaines entreprises mènent même la

réflexion plus loin et remettent leurs processus

de production en question afin de diminuer la

production de déchets. Un exemple souvent cité

est celui de Spa Monopole : entre 1971 et 2007,

le poids des bouteilles Spa Reine de 1,5 litre en

plastique est passé de 56,6 g à 33,9 g soit une

diminution de 40%.■

LE TRAITEMENT

DES DÉCHETS

EN CIMENTERIE

Une étude réalisée en 2007

par l’Organisation

néerlandaise de recherche

scientifique appliquée

compare les impacts

environnementaux du

traitement de certains flux

de déchets en fours à

ciment et en incinérateurs.

Pour la grande majorité des

impacts environnementaux,

l’étude montre qu’il est

préférable pour

l’environnement d’utiliser

les déchets industriels

comme combustible de

substitution pour la

production de ciment

(coprocessing) plutôt que

de les traiter dans des

incinérateurs de déchets.

Elle confirme que le

traitement des déchets en

cimenterie constitue une

opération de valorisation

permettant notamment

d’importantes économies

d’énergie, de matières

premières et d’émissions

de gaz à effet de serre.

Etude complète :

www.coprocessing.info ou

www.febelcem.be.

30. Dynamisme Mars-Avril 2008


L’AMÉNAGEMENT PAYSAGER EN ENTREPRISES

Le sujet qui "monte"

L’aménagement paysager est longtemps resté une thématique marginale dans la gestion environnementale.

Les Conseillers en environnement de l’UWE s’intéressent depuis 18 mois à cette thématique dans le cadre

du programme Life dédié à la gestion collective de l’environnement sur les zones d’activité économique.

par Céline SCHAAR

Incontestablement, les choses bougent sur

le front de l'aménagement paysager.

Plusieurs initiatives soutiennent ce constat.

La Commission Européenne a lancé un programme

d’action relatif à la biodiversité et aux entreprises

(www.countdown2010.net/business); le projet

européen "Creating Setting for Investment", clôturé

à Liège en février, consistait à démontrer le lien

entre la qualité paysagère et les investissements

économiques dans les zones d’activité

économiques. (www.environment-investment.com);

l’Union Wallonne des Entreprises a réuni en

décembre 2007 plus de 40 acteurs lors d’un

séminaire consacré à la gestion de la biodiversité

sur les zones d’activité économiques. Enfin, de

nombreuses brochures et fiches techniques sont

éditées en vue de sensibiliser les responsables

d’entreprises. (Exemple : "Eco-zones initiative",

"Nature et Entreprise", …).

Mais de quoi parle-t-on ?

Ces projets trouvent leur origine dans la nécessité

actuelle de revaloriser l’environnement sur les

zones d’activité économique. L’aménagement des

espaces verts des entreprises est donc appelé à

devenir, au même titre que l’utilisation rationnelle

de l’énergie ou le recyclage des déchets une

composante à part entière dans la gestion

quotidienne de l’environnement en entreprise.

Mais de quoi parle-t-on ? Essentiellement de

transformer les espaces disponibles sur les

parcelles privées en espace chaleureux, coloré et

esthétique. Il en ressortira un cadre de vie plus

agréable pour les collaborateurs, une image de

marque positive pour les clients, une plus-value lors

de la revente tout en jouant un rôle clé pour la faune

et la flore locale.

Expérience pilote

Les aménagements peuvent être l’amélioration de

l’esthétique du bâti (ex : végétaliser un mur

aveugle), la création de massifs plantés d’arbustes,

la valorisation de l’entrée de l’entreprise par une

composition en étage colorée, le semis de prairies

fleuries en fond de parcelle, …

Par ailleurs, une réflexion peut être menée pour

envisager des aménagements paysagers de nature

plus écologique. L’utilisation d’espèces indigènes

résistantes au sol et au climat (et donc nécessitant

moins d’entretien) ou un entretien différencié

(limitation des produits phytosanitaires, diminution

du nombre de tontes, taille douce des arbres, …)

sont autant de techniques favorables à la petite

faune et la flore locale. La valorisation des espaces

publics reste cependant indispensable pour inciter

les responsables d’entreprise à aménager leur

parcelle. Une expérience pilote est actuellement

en cours sur l’aéropôle de Gosselies, où Igretec

collabore avec Ecosem (société qui produit et

vend des semences de fleurs sauvages wallonnes)

pour revaloriser le site tout en redéveloppant

la biodiversité. ■

BIODIVERSITÉ

Les plantations de part et d'autre du bâtiment

permettent une intégration optimale de l'entreprise

dans l'environnement.

Une expérience pilote est actuellement en cours

sur l’aéropôle de Gosselies, où Igretec collabore

avec Ecosem (société qui produit et vend des

Prairie semences de fleurs sauvages wallonnes)

pour revaloriser le site tout en redéveloppant la

biodiversité. C'est ce que montre la photo de prairie

fleurie (photo : Ecosem)

REVALORISER LE SITE TOUT EN PRÉSERVANT LA BIODIVERSITÉ :

TEL EST L’OBJECTIF DU PROJET PILOTE DE GOSSELIES

Dynamisme Mars-Avril 2008 .31


"De nouvelles zon

DÉVELOPPEMENT TERRITORIAL

Le premier Forum du développement territorial a tenu ses assises à Genval, le 9 avril

dernier. Face à plusieurs dirigeants d’entreprise et d’intercommunales, le Vice-Président et

Ministre wallon du Logement, des Transports et du Développement territorial,

André Antoine, y a présenté les réformes menées en la matière depuis près de quatre ans

en Région wallonne, souhaitant ainsi répondre aux interrogations des investisseurs :

"Comment pallier la pénurie de terrains dévolus à l’activité économique et dans quelles

conditions acceptables par les entreprises ? Comment aussi permettre à une activité

économique de se créer, se développer voire s’étendre sur le sol wallon ?".

André Antoine : "La réponse à la demande

des investisseurs doit tenir compte de

la préservation des terres agricoles."

A l'occasion du premier

"Forum du Développement

territorial" qui s'est tenu à Genval

le 9 avril, André Antoine, Ministre

du Logement, des Transports et

du Développement territorial,

revient sur les réformes menées

en la matière depuis près de

quatre ans en Région wallonne.

par Patricia DEL MARMOL

Libérer des terrains

tout en préservant le territoire agricole

Répondre à la demande des investisseurs que la position géographique de la Wallonie

attire doit tenir compte de la préservation des terres agricoles, prévient d’emblée André

Antoine. Ce qui n’empêche pas des recours devant le Conseil d’Etat.

Le décret RESA(1), entré en vigueur en mars 2005 et suivi du RESA bis, met en œuvre

un programme qui s’appuie sur cinq types de sites : les zones blanches (récupérées sur

des espaces dévolus à des activités ferroviaires ou militaires), les zones bleues

(espaces publics rendus au privé), les ZACC(1), les ZACCI(1) et les SAR(1) à valoriser.

Soit environ 2.500 hectares potentiellement utilisables actuellement pour l’activité

économique. Parallèlement, le Ministre Antoine a sollicité les intercommunales de

développement économique afin qu’elles identifient de nouveaux espaces à dédier à la

création d’activités économiques pour un nombre d’hectares équivalents afin d’atteindre

l’objectif de mise à disposition de terrain au bénéfice des entreprises de globalement

5.000 hectares à moyen terme.

Quant à la préservation du territoire, elle passe par quatre actions importantes :

la préférence accordée aux SAR, la majoration des subsides octroyés pour l’acquisition

de terrains déjà situés en zone urbanisable (50% de subsides désormais pour 15 %

antérieurement), la valorisation de terrains du Ministère de l’Equipement et du Transport

(MET) et le refus de laisser s’implanter des grandes surfaces commerciales dans les

ZAE(1) reconnues.

Parallèlement, le gouvernement wallon s’attache à développer une nouvelle approche

des compensations qui vise à préserver les zones dévolues à l’agriculture.

Il faut gagner du temps

A une nouvelle organisation des délais de rigueur octroyés pour les permis, s’ajoute la

suppression des CCUE(1) ainsi que l’extension possible d’entreprises hors de ZAE si le

périmètre de reconnaissance est approuvé. De plus, depuis juillet 2006, le remembrement

urbain a subi un lifting qui va dans le même sens. Quatre types de décision (projet

d’urbanisme, requalification urbaine, modification des voiries et mixité des fonctions)

remplacent la double procédure (permis délivré par le fonctionnaire de la Région wallonne

et permis communal) et la révision du plan de secteur, le PCA(1) et l’étude d’incidence.

Soit, estime-t-on au cabinet Antoine, un gain de temps de deux ans. La simplification qui

s’applique à la mise en ?uvre des ZACCI(1) et des ZACC(1) permet aussi de gagner un

minimum de deux ans.

Enfin, le regroupement des procédures planologiques et de reconnaissance de périmètres

des zonings fait l’objet d’une simplification : l’adoption de révision d’un plan de secteur,

d’un plan communal d’aménagement ou d’un rapport urbanistique et environnemental

vaut désormais périmètre de reconnaissance.

Par ailleurs, les intercommunales de développement économique n’auront jamais aussi

bien porté leur nom puisqu’elles sont responsabilisées en deux points. D’une part, la

gestion des PCA d’intérêts régionaux peut leur être déléguée ; d’autre part, elles peuvent

initier une révision de plan de secteur pour l’inscription d’une ZAE, ZAE spécifique et zone

d’extraction, comme peut le faire toute personne physique ou morale, privée ou publique.

La Région wallonne agit ici en tant qu’arbitre mais non comme opérateur.

Des services nécessaires

Les entreprises s’en plaignent depuis toujours : l’accès à leur site d’exploitation n’est pas

toujours facilité. André Antoine se plaît donc à indiquer les efforts réalisés en divers

endroits de Wallonie : le financement grâce aux crédits « Zonings » de voiries d’accès à

32. Dynamisme Mars-Avril 2008


es du possible existent"

André Antoine

Besoins en Zones d’Activité Economique (CPDT)

Légende

communes

Besoins en ZAE

Saturation 2008 - 2012

Saturation 2010 - 2014

Saturation àpd 2013-2016

l’extérieur des ZAE à Wavre-Nord, Eupen, Mouscron, Kaiserbaracke, le financement de

plans de mobilité pour les ZAE grâce aux PMZA(1) comme à Nivelles, Créalys, Gosselies,

Liège Sart Tilman et la mise à disposition de bus locaux pour les communes.

Le développement de zones durables figure aussi parmi les services à rendre aux

investisseurs : en termes d’énergie (éoliennes à Chimay et Perwez, réseau de chaleur à

Mariembourg, biomasse à Kaiserbaracke, panneaux photovoltaïques subsidiés à 95 % !!),

de ZAE durables mises en place en collaboration avec l’UWE comme à Tubize (politique

intégrée de traitement de déchets) ou l’Ecopôle de Farciennes, de subventionnement de

pistes cyclables, d’arrêts pour les transports en commun, d’un soutien à l’intercommunale

namuroise BEP pour la certification du parc scientifique Créalys,...

Les entreprises sont aussi sensibles à des services de proximité : les bâtiments-relais,

centres d’entreprises, ateliers de travail partagé, incubateurs et centres de services

auxiliaires, des crèches hors des parcs d’activités, une administration plus étoffée sont

autant d’exemples. La promotion de zones défavorisées est aussi mise en avant ;

les zones franches rurales ou urbaines qui bénéficient d’un régime de discrimination

positive (déplafonnement des aides et majoration à 90 % des subsides)( en vue d’assurer

leur redéploiement en font partie .

Toutes ces réalisations, déjà opérées ou à venir, ont un coût. La Région dégage donc

annuellement plus de 20 millions d’euros. De plus, elle jouit du cofinancement européen

2007-2013 (soit 186.800.000 euros) dans le cadre du développement de la multimodalité,

d’infrastructures et de l’intégration. Enfin, un financement alternatif de 176 millions d’euros

de subsides est activé durant la période 2006-2009.

Un dernier effort, réalisé en collaboration avec l’Awex-Ofi, est à souligner : il s’agit du

lancement d’une campagne de communication à dimension internationale, ciblant les

(candidats) investisseurs en Belgique et dans les pays limitrophes. ■

Source : Région wallonne

(1)

- RESA : décret-programme de relance

économique et de simplification

administrative

- ZACC : zone d’aménagement communal

concerté

- ZACCI : zone d’aménagement

communal concerté à caractère

industriel

- SAR : site à réaménager (ex-SAER :

site d’activité économique à réhabiliter)

- ZAE : zone d’activité économique

- CCUE : cahier des charges urbanistique

environnemental

- PCA : plan communal d’aménagement

- PMZA : plan de mobilité des zones

d’activités

Dynamisme Mars-Avril 2008 .33


Actions I En direct

2.

Retrouvez sous cette rubrique

tout ce qui fait "la vie" de l'Union

Wallonne des Entreprises :

ses études, les événements

importants qui jalonnent son

existence, ses actions de terrain,

ses prises de position, ses "coups

de colère" aussi… En bref, tous ses

combats au profit des entreprises

wallonnes.

1. Le texte complet du "Pacte de Solidarité" est

disponible en téléchargement sur www.uwe.be.

1.

2. Les signataires (de gauche à droite) : l’UCM,

BECI, le VOKA, l'UWE, la FEB et l'UNIZO.

AGENDA

25 ET 26/04/2008 - BRUXELLES

Forum "JUMP, le forum des femmes

actives"

contact : info@forumjump.eu

08/05/2008 - WAVRE

Groupe de travail "Transport &

Logistique" de l'UWE

contact : mobilite@uwe.be

08/05/2008 - WAVRE

Groupe de travail "Politique sociale"

de l'UWE

contact : thierry.devillez@uwe.be

20/05/2008 - WAVRE

90 Minutes pour la mobilité :

"Nouvelles lignes aériennes,

nouvelles opportunités de marché"

contact : mobilite@uwe.be

22/05/2008 – ESPACE SENGHOR

GEMBLOUX

"Carrefour Entreprises-Universités :

renforcer les partenariats ?"

Contact : didier.paquot@uwe.be

22/05/2008 - WAVRE

Groupe de travail "Environnement"

de l'UWE

contact : luc.decordier@uwe.be

03/05/2008 - AUDITORIUM VINÇOTTE

(CRÉALYS)

Séminaire sur l’opérateur économique

agréé

contact : samuel.saelens@uwe.be

25/06/2008 - WAVRE

Présentation des "Etudes 2008 sur

la Situation de l'Entreprise" de l'UWE

contact : didier.paquot@uwe.be

"Pacte de Solidarité" :

signature historique

Le 10 mars 2008, six organisations

d'employeurs ont signé un Pacte pour le

maintien de la prospérité et de la

solidarité en créant 500.000 emplois d’ici

2020. Le texte propose des priorités à

suivre par le futur Gouvernement fédéral.

Les organisations d’employeurs

constatent que les économies régionales

en Belgique sont confrontées à des défis

majeurs liés à la mondialisation, au

vieillissement de la population et à la

gestion de l’environnement.

Nous comptons en Wallonie une

quarantaine de "Champions cachés", qui

ont pu se hisser en pole position mondiale

dans leur secteur. Identifiés par l’UWE

dans l’édition spéciale de "Dynamisme" de

décembre 2007, ces entrepreneurs ont été

reçus à l'Elysette le 19 février par le

Ministre-Président et le Vice-Président du

Gouvernement wallon, Rudy Demotte et

André Antoine. L’objectif : partager avec

ces entrepreneurs les recettes de leur

succès et, sur base de leur expérience,

entrevoir les mesures que le

Gouvernement pourrait prendre afin de

faciliter l’émergence de plus nombreux

"Champions cachés".

Les organisations signataires du Pacte

sont l’UWE (entrepreneurs wallons), le

VOKA (entrepreneurs flamands), BECI

(entrepreneurs bruxellois), la FEB

(Fédération des Entreprises de Belgique),

l'UCM (classes moyennes Wallonie et

Bruxelles) et l'UNIZO (classes moyenne

Flandre).

L’objectif est de les positionner sur le

chemin de la croissance économique et

de l’emploi. ■

40 champions wallons à l'Elysette

1.

2.

Cette rencontre fut d'ailleurs évoquée le

lendemain par Rudy Demotte lors de son

discours sur l'état de la Wallonie, dans

lequel il comparait ces entrepreneurs à

Justine Henin : "un motif de fierté, un

facteur d’attractivité pour les Wallonnes et

Wallons… mais aussi une incitation à faire

de même". ■

1. Rudy Demotte : "Ces entreprises doivent

être ce que Justine Henin est sur le plan

sportif : un motif de fierté, un facteur

d’attractivité… mais aussi une incitation à

faire de même".

2. Les "Champions cachés" reçus à

l'Elysette : une quarantaine

d'entrepreneurs qui ont choisi d'être

"grands sur de petits marchés que petits

sur de grands marchés".

Retrouvez tous les détails de

ces événements sur www.uwe.be

(rubrique "Agenda")

34. Dynamisme Mars-Avril 2008


© Belpress.com

1.

2.

1. Les travailleurs ne sont en

moyenne présents que

durant trois quarts de

l'année.

2. Les coûts des absences

directement à charge des

employeurs sont en hausse.

3.

© Belpress.com

3. L'étude complète est

disponible sur www.uwe.be

(rubrique "Publications").

Les absences au travail

en Région wallonne

Pour la deuxième année consécutive, une enquête

portant sur les absences au travail en Région

wallonne a été menée par le Secrétariat Social

Partena, avec la collaboration de l'UWE. Cette

enquête, présentée le 27 février, couvre la période

du 1er juillet 2006 au 30 juin 2007 et compare les

résultats obtenus avec ceux de la période

équivalente en 2005-2006.

Les résultats mettent en évidence que les

travailleurs sont en moyenne présents durant trois

quarts de l'année et absents durant le quart

restant. En ce qui concerne les coûts, force est de

constater que les absences directement à charge

des employeurs sont en hausse en 2006-2007 par

rapport à la période antérieure.

Pour l'UWE, "seul un enregistrement rigoureux

de toutes les absences permettra d’en évaluer

l’importance, d'en analyser les causes et

d'envisager des solutions afin d’en maîtriser les

coûts et les conséquences sur le fonctionnement

de l’entreprise". ■

1.

Capital à risque : suffisant en Wallonie ?

Les réflexions de l’UWE

2.

Le capital à risque est-il présent en suffisance en

Wallonie ? Est-il adapté aux besoins de nos

entreprises ? Celles-ci y ont-elles recours de

manière optimale ? Autant de questions

importantes pour notre région : les études

empiriques montrent en effet que les jeunes

entreprises financées par le capital à risque

croissent plus vite que les autres.

Sensible à ce propos, l'UWE a formé en son sein

3.

un groupe de travail spécifique, présidé par

Astrid Pieron, qui a commandité une étude

exploratoire sur le sujet aux professeurs

Van Wymeersch et Schwienbacher (de la Louvain

School of Management). De cette étude, présentée

le 11 mars, ressort la conclusion suivante :

"Il ne manque pas vraiment de capital à risque en

Wallonie. Mais il y a un manque évident pour les

montants de plus de 1,5 million d’euros, par des

investisseurs spécialisés capables d’aider les

PME actives dans des secteurs d’activités pointus

etinnovants". ■

1. Astrid Pieron (Mayer Brown International) préside le groupe

de travail "Economie" de l'UWE.

2. L'étude complète est disponible sur www.uwe.be (rubrique

"Publications").

3. L'UWE propose la constitution d’un "réservoir" de fonds et

l’instauration de guidelines entre les acteurs wallons du

capital-risque.

Dynamisme Mars-Avril 2008 .35


Actions I En direct

2.

1. Jacques Pélerin : "Les succès

d’entreprises comme EVS, TNT,

Samtech, IRM… annoncent le printemps

économique pour Liège".

2. "Le dynamisme économique en région de

Liège" : tel était le thème de l'assemblée

générale UWEL le 28 février 2008.

1.

Jacques Pélerin,

nouveau Président de l’UWEL :

"Une vision à long terme pour Liège"

© Julien Warnand

C’est ce 28 février qu’a eu lieu le changement

de présidence de la section liégeoise de l’Union

Wallonne des Entreprises (UWEL), Jean-Pierre

Delwart cédant le flambeau à Jacques Pélerin,

Directeur Général Country d'ArcelorMittal

pour la Wallonie.

A 56 ans, le nouveau Président de l’UWEL est

porté sur une vision à long terme et donc

très attaché à la formation des jeunes,

notamment comme professeur invité à l’Ulg et

administrateur de HEC-Ecole de gestion. Par sa

participation au projet «Wallonie Entreprendre»

(parrainage de jeunes entrepreneurs),

il s’engage personnellement dans le

développement de l’esprit d’entreprendre.

Il est également Vice-Président de la CCI de

Liège-Verviers. ■


1.

3.

1-2. Le siège de BECI à Bruxelles

accueille désormais une

antenne "régionale" de

l'UWE.

2.

3. Eric Domb lors de

l'Assemblée Générale de

l'UWE en octobre 2007 :

"La Wallonie a deux sœurs

siamoises : la Flandre et

Bruxelles, auxquelles elle

est, au sens propre,

viscéralement attachée".

L'UWE monte à la Capitale !

Lors de l'assemblée générale de l'UWE en octobre

2007, le Président Eric Domb évoquait la Flandre et

Bruxelles comme "deux sœurs siamoises de la

Wallonie, auxquelles elle est, au sens propre,

viscéralement attachée". Et d'ajouter alors :

"nous pensons à l'UWE que les organes vitaux sont

partagés entre nos trois corps et qu'une opération

chirurgicale de séparation présente un coût certain

et de grands dangers".

Aussi la voie de l'UWE est-elle "celle de la

coopération et de l'ouverture à l'autre". De fait, la

composition du conseil d'administration reflète bien

cet état d'esprit, puisque qu'il compte en son sein

plusieurs chefs d'entreprise originaires de Flandre,

tels que Roger Van Steenbergen (Siemens),

Luc De Bruykere (Ter Beke) et André Bergen (KBC).

Aujourd'hui, l'UWE a franchi un pas supplémentaire

en établissant une antenne en région bruxelloise, à

Ixelles, au siège de BECI (Brussels Enterprises

Commerce and Industry). ■


Action I Revue de presse de l’UWE

Emploi financé par le marché

ou emploi financé par l'impôt ?

Eric Domb : la réussite n'est

pas suffisamment valorisée

dans notre société. Du coup,

la peur de l'échec peut freiner

certains à faire le pas

pour créer leur propre

entreprise. Pour l'instant,

l'ensemble de la population

n'est pas convaincue que

l'intérêt de la société est

d'avoir le plus grand nombre

possible d'entrepreneurs.

A Liège,

tout est vraiment

possible !

Hier soir, Jean-Pierre Delwart

(administrateur-délégué

d'Eurogentec) a cédé la présidence

de l'Union wallonne

des Entreprises liégeoises à

Jacques Pèlerin (Country

Manager d'ArcelorMittal). Sans

optimisme béat, conscients

des efforts à fournir en matière

de formation et du taux de chômage

important (20%), ils partagent

une vision à long terme

pour Liège : "Liège a un réel

dynamisme et un savoir-faire.

Le rallumage du HF6 et le

Standard nous ont démontré

que tout est possible à Liège. Il

faut fédérer pour surfer sur

cette vague de renouveau". ■

Les patrons belges,

en front commun

Objectif 500.000 jobs. Les six

fédérations patronales du

pays ont signé ce lundi un

pacte censé fournir à la

Belgique 500.000 nouveaux

emplois d'ici 2020. L'initiative

est venue du Voka, la coupole

des entreprises flamandes,

en novembre 2007. Urbain

Vandeurzen, le président

du puissant relais patronal,

a contacté ses homologues

wallons et bruxellois. Il leur a

Sans ce consensus, on

évitera difficilement des

contradictions dans les décisions

politiques. Rares sont

ceux qui font encore la distinction

entre un emploi

financé par le marché et un

emploi financé par l'impôt.

Or l'économie, c'est la gestion

de la maison, ni plus ni

moins. ■

Source : L'Echo, 15/03/2008

Source : La Meuse, 29/02/2008

Les entrepreneurs en ont plus qu'assez

de se faire houspiller à chacune de leurs sorties

En définitive, qui va créer les

500.000 emplois ? Pas le politique,

pas les syndicats et pas la

presse non plus. Ce sont les

entreprises et les indépendants

qui le feront, à condition qu’ils

aient des raisons de le faire. Et

ils n’auront pas de raisons de le

proposé de dresser, ensemble,

alors que le monde politique

s'enlisait dans une crise

communautaire grave, un

catalogue de mesures permettant

d'atteindre un taux

d'emploi de 70%. C'est un

objectif ambitieux : la Flandre

devrait mettre au travail

150.000 personnes supplémentaires,

la Wallonie 25.000

et Bruxelles un peu plus de

100.000. Rien moins. ■

Ceci n'est pas un pacte

Les employeurs ont-ils voulu faire la

leçon à Leterme Ier en présentant en

front commun des revendications que,

traditionnelement, ils venaient déposer

en ordre dispersé sur le bureau du formateur

? Le Pacte de solidarité pour

500.000 emplois d'ici 2020, présenté la

semaine dernière par six organisations

patronales constitue indéniablement

une primeur. Un moment "historique"

même dans un pays où tout est prétexte

à diaboliser l'autre même si, pour

mieux cacher nos divisions, Magritte,

Lucky Luke et Adolphe Sax vantent

actuellement à l'étranger les charmes

de nos intérêts notionnels ? Mais n'estce

pas conclure un peu vite dans

l'Histoire ? […] Les signataires ne sont

d'accord qu'avec eux-mêmes ■

Source : La Libre Belgique, 11/03/2008

Source : Trends-Tendances, 13/03/2008

faire si on continue les palinodies

du style de celle des intérêts

notionnels ; si l’on continue

à propager l’imbécile expression

de "cadeaux aux entreprises"

dès qu’on allège un tant

soit peu leur fardeau ; si l’on

maintient la sotte conception de

L'UWE veut un

"réservoir" de

capital-risque

Nous constatons un déficit

de capital-risque, commente

le professeur Charles

Van Wymeersch [de la Louvain

School of Management, à qui

l'UWE a commandé une

étude]. Il concerne principalement

les financements importants,

supérieurs à 1,5 million

d'euros, dont ont besoin des

PME actives dans des secteurs

d'activités très pointus ou à

forte innovation.

Cette carence serait d'autant

plus délicate à surmonter que,

pour de telles entreprises, l'expertise

susceptible d'analyser

de manière pointue les projets

présentés ferait défaut dans la

plupart des organismes de

capital-risque locaux. ■

lutte des classes, opposant

l’employeur ("le patron") au travailleur

[…] Alors quoi ? Eh bien,

qu’on laisse entreprendre dans

ce pays, et qu’on ne fasse pas

sortir les entreprises de leur

rôle. ■

Source : Réaction d'Eric Domb, L'Echo, 15/03/2008

Grand temps de convaincre les Flamands

Vous avez prôné, dans le

Morgen, la suppression du

financement de la Wallonie par

la Flandre… Eric Domb : ce n'est

pas ce que j'ai dit exactement.

J'ai affirmé que je ne pouvais

pas imaginer une solidarité

dans notre pays sans avoir

une responsabilité partagée.

Aux politiques wallons, je

dis qu'il est grand temps de

convaincre les Flamands.

Ils ne sont pas convaincus que

nous voulons nous en sortir.

Pourtant, il y a de belles choses

dans le Plan Marshall. On peut

tout de même les comprendre

quand on voit le taux de

chômage à Charleroi et à Liège,

les deux plus grandes villes

wallonnes. Je suis convaincu

qu'on peut y baisser le taux de

chômage à 5, voire 6%. ■

Source : La Meuse, 17/03/2008

Source : La Libre Belgique, 13/03/2008

38. Dynamisme Mars-Avril 2008


Actions I On-line

WWW.UWE.BE

L'UWE révolutionne

son site Internet

Plus moderne, plus dynamique, plus convivial, plus interactif… l'outil d'information numéro 1

de l'Union Wallonne des Entreprises (plus de 10.000 visites par mois) s'est offert bien plus

qu'un simple "ravalement de facade" mais une véritable tranformation en profondeur. Tour d'horizon.

par Thierry DECLOUX

Après neuf mois de dur labeur, le nouveau

site de l'UWE est à présent pleinement

fonctionnel. Désormais doté d'un puissant

système de gestion de contenu (CMS, Content

Management System), il propose une structure

de l'information totalement remaniée.

Nouvelle approche…

Le site est divisé en 12 chaînes thématiques,

correspondant aux matières suivies par l’équipe de

l’UWE : aménagement du territoire, développement

durable, économie, énergie, environnement, esprit

d’entreprendre, fiscalité, international, mobilitétransport-logistique,

recherche-innovation,

simplification administrative, social (emploienseignement-formation).

Chaque thème est un site

en soi : vous y avez accès aux dernières nouvelles et

communiqués de presse sur le sujet ainsi qu'aux

évenements, publications, liens utiles, groupes de

travail… spécifiques.

Autre nouveauté : l'interactivité ! Outre nos

traditionnelles enquêtes en ligne (point conjoncturel,

langues, formation…), chaque information est à

présent liée à son auteur : en un clic et via un

simple formulaire, vous pouvez réagir à un article

et poser une question ou faire part de votre

commentaire. Tout aussi simplement, vous pouvez

également contacter le responsable d'une chaîne

thématique, vous inscrire à un évenement ou un

groupe de travail UWE, référencer votre entreprise

dans une des bases de données, etc.

Nouvelle technologie…

Du côté des "révolutions" techniques, notons la

possibilité de s'abonner aux flux RSS (Really Simple

Syndication) de chaque thématique ou des

communiqués de presse (nous y reviendrons en

détail dans un prochain numéro), l'espace

"members only" offrant un accès privilégié pour

les membres de l'UWE à certaines informations

(procès-verbaux des groupes de travail, avis,

documents de travail…), le développement du

multimédia (photos, bandes sons, vidéos…),

la possibilité d'ajouter, en un seul clic, un

événement publié sur le site à votre calendrier

personnel (Outlook, Thunderbird)…

Et les "best-sellers" !

Bien entendu, selon l'adage "qui peut le plus peut

le moins", les éléments qui ont fait le succès du

site de l'UWE ces dernières années sont toujours

disponibles : la présentation de l'UWE et de ses

instances (Conseil d'Administration, UWEL,

cellules-conseil, staff…), les bases de données

(sites des membres UWE, capital à risque, centres

d'affaires, leaders mondiaux, entreprises certifiées

ISO 9001 ou 14001, journalistes, demandeurs

d'emploi…), les publications, le Guide Web, etc.

Nous reviendrons en détail sur toutes les

fonctionnalités du site de l'UWE dans nos

prochains numéros. En attendant, (re)découvrez-les

vous-mêmes sur www.uwe.be ! ■

A SUIVRE !

Dans les prochains

numéros, nous détaillerons

une à une les nouvelles

fonctionnalités et les

nouveaux contenus du site

www.uwe.be : les bases de

données exclusives (capital

à risque, centres d'affaires,

leaders mondiaux…),

l'espace "Membres",

les flux RSS, la newsletter,

le "media center",

les publications, l'espace

"Presse", etc.

Un rendez-vous bimestriel

avec VOTRE nouveau portail

d'information !

Prochain sujet :

les bases de données.

40. Dynamisme Mars-Avril 2008


Actions I L'UWE suit le Plan Marshall

LES PÔLES DE COMPÉTITIVITÉ ONT DEUX ANS

Une politique industrielle

offensive qui réussit à la Wallonie

Dans chaque édition, cette page fera le point sur un des aspects du "Plan Marshall" mis en place en

Wallonie. Aujourd'hui, le focus est mis sur les cinq pôles de compétitivité wallons. A l’heure où plusieurs

appels à projets sont en cours, l'heure du bilan sonne. Il est plutôt positif.

par Patricia DEL MARMOL

Pour rappel, les cinq pôles de compétitivité mis

en place dans le cadre du plan Marshall sont

Biowin (sciences du vivant), Logistics in

Wallonia (transport/logistique), Mecatech (génie

mécanique), Skywin (aéronautique/ aérospatial) et

Wagralim (agro-industrie).

"Les deux premiers appels à projets ont déjà

permis de rassembler des acteurs qui n’avaient pas

l’habitude de collaborer voire même de se parler, ce

qui est précisément la raison d’être de ces pôles de

compétitivité", explique Didier Paquot, Directeur du

Département Economique de l’UWE. Lors de ces

deux premiers rounds de 2006 et 2007, ce sont

57 projets qui ont été retenus par le Gouvernement

wallon, mobilisant 168 entreprises,

113 départements universitaires, 40 centres

de recherche et 35 centres de formation.

Les PME prennent leur place

Le 31 janvier 2008 se clôturait le troisième appel à

projets. La moisson a été encore plus fructueuse,

avec 60 projets qui sont actuellement soumis à

l’examen d’un jury international dont les décisions

sont généralement suivies par les instances

wallonnes. L’économiste de l’UWE voit dans cette

troisième phase deux faits remarquables : "d’une

part, la dynamique des pôles continue d’être forte

avec 76 entreprises et 52 équipes de recherche

impliquées. D’autre part, la proportion de PME qui y

participent (54) y est remarquable ; certains projets

“UNE CONDITION

NÉCESSAIRE

À UN

REDRESSEMENT

ÉCONOMIQUE

EST UNE

SOLIDE BASE

INDUSTRIELLE

TOURNÉE VERS

LE FUTUR .”

Didier PAQUOT

ne sont d’ailleurs animés que par des petites et

moyennes entreprises".

Détient-on alors "la" solution aux soucis wallons ?

"Les pôles ne vont évidemment pas résoudre tous

les problèmes économiques ni le chômage.

Par contre, il est de plus en plus reconnu que dans

les économies avancées, l’activité industrielle joue

un rôle moteur dans le redéploiement et la

renaissance d’un pays ou d’une région. C’est

notamment le cas aux Etats-Unis et au Royaume-

Uni. Une des conditions nécessaires à un

redressement économique est certainement une

solide base industrielle tournée vers le futur et des

produits d’avenir. La politique des pôles de

compétitivité va y contribuer de manière

déterminante. C’est", conclut Didier Paquot,

"la première fois depuis des décennies que la

Wallonie met en place une politique industrielle

offensive, créatrice d’activités et qui va vers des

marchés porteurs et nouveaux".

Développement durable

Signalons aussi le lancement, le 13 février 2008,

d'un nouvel appel à projets sur le thème

"Développement durable - réchauffement

climatique", qui s’adresse cette fois tant aux pôles

de compétitivité qu’aux clusters wallons (aujourd’hui

au nombre d’une dizaine). Domaines concernés :

l'efficience énergétique, les énergies renouvelables

et la cogénération. 42 millions EUR y sont dédiés. ■

DÉVELOPPEMENT

DURABLE

Les entreprises porteuses

de projets innovants

"Développement durable -

réchauffement climatique"

peuvent s’adresser dès

maintenant aux différents

pôles et clusters pour se

faire assister dans le

montage de leur dossier.

Les conditions d'éligibilité

des projets au financement

de cet appel à projets sont

identiques aux conditions

imposées lors des trois

premiers appels à projets

des pôles de compétitivité.

Les projets devront être

déposés au Cabinet du

Ministre de l'Economie, de

l'Emploi, du Commerce

extérieur et du Patrimoine

pour le lundi 30 juin 2008.

Un quatrième projet

classique sera lancé dans

le courant du second

semestre 2008.

www.polesdecompetitivite.eu

http://clusters.wallonie.be

Dynamisme Mars-Avril 2008 .41


Réseaux I Manager positif

RÉUSSIR SES NÉGOCIATIONS

Pas de compromis

mais élargir le gâteau !

La négociation est un mode de résolution des litiges et des conflits qui

souffre encore, dans certains pays européens, d’une triple confusion :

négocier, c’est céder ; négocier est un recours ultime ; négocier, c’est faire

un bon compromis. Les techniques de rapports de forces, de ruse et de

compromis dominent la pratique de ceux qui se prétendent "rationnels".

par Yves HALIFA

“CONFONDUE AVEC

LE "DONNANT-

DONNANT",

LA NÉGOCIATION

RAISONNÉE EST

FONDÉE SUR

L’ELARGISSEMENT

DU GÂTEAU.”

Yves HALIFA,

expert APM

(Yves.halifa@hma-associates.eu)

La négociation raisonnée est souvent

confondue avec le "donnant-donnant" ou

le "gagnant-gagnant" alors qu’elle est

fondée sur "l’Elargissement du gâteau".

Lors d’une négociation commerciale, sociale,

d’affaires, ou simplement privée, les parties

s’affrontent négativement en créant des

tensions pour conquérir ou pour défendre

des parts de "gâteau".

La stratégie des gains mutuels, quant à elle,

propose de créer des tensions de créativité pour

fabriquer de nouvelles options développant de

nouvelles ressources pour chacun.

Ce qui nécessite sept catégories de réflexion à

mener en préparation et sept points d’entrée

disponibles lors d’une négociation.

Il faut d’abord tenir les deux côtés de la corde,

les INTERETS, c’est à dire savoir ce que chacun

veut réellement derrière les positions affichées,

et une bonne gestion de la RELATION, de façon

à établir un respect mutuel des personnes et

des règles du jeu.

Ensuite, ne pas oublier de recenser le maximum

de CRITERES OBJECTIFS pour tenter d’éliminer

le plus possible la subjectivité ; de peser les

ALTERNATIVES à la négociation (juridiques par

exemple) pour savoir ce que l’on fera si la

négociation échoue ; ne pas arriver à la table de

négociation avec une seule solution mais

plusieurs OPTIONS ; être capable de

s’ENGAGER unilatéralement sur ce qui peut

apporter quelque chose à l’autre de façon à le

rapprocher de l’intérêt à négocier ; enfin, utiliser

Expérience

une COMMUNICATION EMPATHIQUE fondée sur

des questions qui génèrent de l’information sans

inquiéter l’autre partie. Donc sept points d’appui

pour une meilleure efficacité.

Quelles sont les difficultés

d’application de cette méthode ?

L’habitude de "vendre" son message plutôt

que de construire un problème à résoudre

ensemble. La peur de l’inconnu, de ce qui

pourra survenir dans une option créative,

complexe dans sa mise en oeuvre.

La volonté impulsive de gagner et d’avoir raison.

La peur de se dévoiler. La peur du conflit…

Être DUR sur ses intérêts et SOUPLE sur la

relation c’est la clé du succès.

Gérer cette double tension qui consiste à

coopérer et à réclamer en utilisant des critères

de légitimité est la seule vraie difficulté.

"En quoi ma proposition vous gêne-t-elle ?",

"Et si je vous proposais cette option que se

passerait-il ? Je souhaite autant d’avantages

pour vous que pour nous et le moins

d’inconvénients pour tous", sont des questions

clés de la négociation raisonnée.

Si la stratégie des gains mutuels des deux côtés

est efficace, il demeure parfois des blocages et

des envies d’utiliser (de manière

défensive/offensive) des tactiques déloyales.

Il demeure que la négociation raisonnée est la

seule méthode que l’on a intérêt à offrir à son

partenaire. Et il faut commencer par là ;

la négociation n’est pas un dernier recours. ■

FRANCIS MICHEL DIRIGE BURGO ARDENNES, ENTREPRISE DE 700 PER-

SONNES (VIRTON) dans le secteur papetier. Membre du club APM-Ardennes

Gaume, il situe la négociation au cœur du métier de dirigeant. "Prendre le

temps nécessaire et être attentif à la relation sont 2 conditions de réussite

d’une négociation", nous confie-t-il. Le dirigeant négocie en permanence

avec les fournisseurs, les collaborateurs, les syndicats, … Comment ? "Il faut

identifier les intérêts, parfois non déclarés, des uns et des autres, ne pas se

braquer sur des a-priori, savoir élargir le champ d’actions, ajoute le patron de

Burgo. Et savoir s’adapter et improviser, même si la préparation est parfaite !".

APM Belgique Luxembourg Rue Bois Saint-Jean 29 - 4102 OUGREE

04/232.10.36 - apm.belux@skynet.be

Dynamisme Mars-Avril 2008 .43


Réseaux I E-Wallonie

L’ENTREPRISE

EN LIGNE

Développez votre entreprise

grâce aux Technologies de

la Communication et de

l’information.

Une rubrique proposée

par l’Agence Wallonne

des Télécommunications.

CELA N'ARRIVE PAS QU'AUX AUTRES…

GoBackup, la sauvegarde

des données par Internet

Complémentaire au système de backup traditionnel, le backup par Internet

s'oriente vers la sauvegarde automatique et quotidienne de données

critiques de taille limitée et nécessitant une restauration simple et rapide.

LE CHIFFRE

58%

de l’ensemble des PME

wallonnes disposent d’un

site web ou au moins d’une

page descriptive. Les trois

principales fonctions des

sites Web des PME

wallonnes sont, par ordre

d’importance :

• véhiculer une image

moderne de l’entreprise

(55%),

• informer les clients et

prospects (51%),

• élargir la zone de clientèle

(39%).

Malheureusement, trop peu

de PME utilisent leur site

web pour présenter le

catalogue des produits

(15%) et par conséquent

pour vendre en ligne.

ON THE WEB

www.learn-on-line.be

Le portail fédérateur de

la formation à distance.

Learn-on-Line référence

l'offre de formation en ligne

des organismes publics et

sectoriels de la Belgique

francophone. Il est

également ouvert à l'offre

privée. Le portail propose

d’une part, un répertoire des

offres de formations et

d’autre part, des outils pour

l’amélioration des dispositifs

e-learning.

Beaucoup d'entreprises pensent à la sauvegarde

de données de manière locale et souvent à faible

fréquence. Les systèmes mis en place se révèlent

parfois totalement inefficaces, mal paramétrés

ou mal gérés. Dès lors, les données sont

sauvegardées de manière incorrecte et ne peuvent

être restaurées en cas de besoin. Les entreprises

sont généralement conscientes de l'importance du

backup. Malheureusement leur évaluation de la

situation est faussée et leur protection n'est pas

toujours optimale.

Entrepreneur "en série"

Autant de constats qui ont fait réagir Robert

Masse, qui est ce qu'on pourrait appeler un

"entrepreneur en série" dans le secteur internet

(il a déjà créé 4 entreprises dans ce domaine).

En 2004, il développe GoBackup, un produit

complémentaire à ceux déjà offerts par sa société

bruxelloise. A la fin de l'année, le produit est

disponible et les premiers clients sont enregistrés.

Des collaborateurs indépendants rejoignent

ensuite la société. Une personne est également

chargée de la partie administrative du travail,

laquelle doit être minutieusement suivie même si

le système est créé de manière à automatiser un

maximum de tâches, de la création de compte au

suivi d'alertes, en passant par la facturation et le

paiement en ligne. En 2007, l'activité de backup

devient une société à part entière et est transférée

dans la nouvelle société GoBackup SA, à Herstal.

Les activités sont aujourd'hui totalement centrées

sur le produit unique et occupent 3 personnes à

temps plein.

Un bon système de sauvegarde doit offrir une

gestion de l'historique des versions, la possibilité

d'annuler une restauration n'ayant pas lieu d'être

ou de restaurer seulement une partie bien précise

des données. Le backup local traditionnel présente

quelques désavantages notables dont le coût,

la maitrise du système, le suivi permanent et la

sauvegarde au sein de l’entreprise courant donc

les mêmes risques que les données elles-mêmes.

Une bonne solution

pour les petites structures

Le backup via Internet est un excellent

complément à ce système traditionnel, voire une

solution à part entière pour les petites structures.

Outre le fait d'être 100% automatique, il ne

nécessite rien d'autre qu'une connexion Internet

UN BON SYSTÈME DE SAUVEGARDE

EST BIEN PLUS QU'UN SIMPLE

SYSTÈME DE COPIE DE DONNÉES.

standard. Une fois la première opération de

sauvegarde effectuée, le backup via Internet se

limite aux modifications de données quotidiennes.

De ce fait, le volume de données est limité et le

transfert rapide.

Concrètement, la PME liégeoise utilise aujourd'hui

plus de 10 serveurs répartis dans différents

endroits, approchant ainsi une capacité de

stockage de 15.000 Gigabytes.

Comment fonctionne le système? Un compte est

créé pour le nouveau client; le logiciel de backup

est installé sur une machine de l'entreprise ayant

accès à toutes les données à sauvegarder. Tous les

systèmes d'exploitation sont supportés.

L'installation est faite par des partenaires sur

place ou à distance. Au moment programmé, le

logiciel copie les données, les compresse et les

encrypte, et les envoie sur un premier serveur

dans un data center externe; les données sont

ensuite dupliquées dans un second data center,

éloigné du premier; lors d'une restauration,

la récupération des données se fait via le logiciel

de backup.

Contrairement aux idées reçues, les causes de

pertes de données les plus fréquentes ne sont pas

les virus ou les attaques malveillantes, mais bien

les erreurs de manipulations, les pannes et les

erreurs informatiques. Si ces pertes ne sont pas

nécessairement catastrophiques pour l'entreprise,

elles représentent une dépense importante.

Par ailleurs, il ne faut pas négliger les catastrophes

naturelles et les accidents qui, bien que très rares,

sont désastreux et ont un impact important sur la

politique de sécurité informatique à adopter. ■

www.awt.be: le portail des Technologies de l’information et de la communication.

vigie.awt.be : la base de données d’entreprises spécialisées en Technologies de l'Information

et de la Communication en Région wallonne.

44. Dynamisme Mars-Avril 2008


Dynamisme Mars-Avril 2008 .45


Réseaux I Ecole-Entreprise

LES CLUBS D’ETUDIANTS ENTREPRENEURS

Entreprendre dans l’enseignement

supérieur, c’est possible !

Quatre ans d’existence, déjà, pour les clubs d’étudiants entrepreneurs. Au nombre de treize, ils se forment

au sein des hautes écoles et universités bruxelloises et wallonnes. Avec plus de 1000 membres à leur actif,

ils ne cessent d’étendre leurs activités avec en tête un seul objectif : créer une dynamique entre le monde

de l’entreprise et les étudiants du supérieur…

par Fabienne BAISE, Les Jeunes Entreprises asbl

Ala question "qu’est-ce qu’un "bon" Club

d’Etudiants Entrepreneurs ?", l’on répondra :

celui qui parvient à sensibiliser les autres

étudiants à l’entrepreneuriat et à créer des

liens avec le monde des affaires, le tout dans

la convivialité et la bonne humeur. Tout un

programme !

Pour résumer, nous dirions que les CEE = réseau –

ambiance – passion – état d’esprit. Réseau, pour les

opportunités de rencontre qu’ils créent en Belgique

mais aussi avec les autres Clubs de la

francophonie ; ambiance, passion et état d’esprit

caractérisant la personnalité de chaque Club.

Une idée importée du Québec

Peut devenir membre d’un Club tout étudiant de

l’enseignement supérieur, universitaire ou assimilé,

qui souhaite se sensibiliser à l’entrepreneuriat,

s’orienter vers un choix de carrière et surtout

s’investir dans un projet de groupe. Importé il y a

4 ans du Québec où le concept fonctionne à

merveille, cette idée des "Clubs d'Etudiants

Entrepreneurs" commence véritablement à prendre

de l'ampleur chez nous, où 13 Clubs ont déjà été

lancés, les deux derniers en date étant le Club

Hemes-Gramme à Liège et celui de l'Université de

Mons-Hainaut.

Chaque Club fonctionne de manière indépendante,

bien que sous la supervision de l’ACEE Belgique

(Association des Clubs d’Etudiants Entrepreneurs

créée par l’asbl Les Jeunes Entreprises). A chacun

ses activités propres - conférences avec des

entrepreneurs de renom, ateliers formatifs à

l’entrepreneuriat et à tout ce qui s’y rapporte,

échanges internationaux…-, ses sponsors, ses

heures de réunion, son fichier membres …

Eric Domb

parrain d'honneur des Clubs

Toutefois, plusieurs événements les rassemblent

favorisant la création d’un esprit de groupe hyper

dynamique. Citons la journée de team building,

en septembre, au cours de laquelle plusieurs

activités ludiques sont proposées aux membres

des ComEx (Comités Exécutifs) ; les soirées

"Génération Entreprendre" que les Clubs

coordonnent et, grande fierté de tous, le Colloque

de l’ACEE Belgique qui cette année s'est déroulé le

15 mars 2008 à Louvain-la-Neuve.

Cet événement vaut la peine que l’on s’y attarde.

De 10h00 à 22h00, c’est LE lieu de rencontre entre

une trentaine d’entrepreneurs et les membres des

CEE de Belgique et d’ailleurs. Cette année,

trois délégations canadiennes, trois autres de

France (Paris, Lille et Lyon), l'une du Cameroun et

une autre du Congo avaient entrepris le

déplacement vers Louvain-la-Neuve. Au

programme, activités de team building, ateliers du

management en passant par le dîner carrousel avec

les entrepreneurs. Les moments forts du colloque

restent sans nul doute les discours d’Eric Domb,

parrain des Clubs, et de Vincent Reuter et le

poker entrepreneurial imaginé et géré par les

CEE eux-mêmes. ■

PROJET CEE

S’il ne faut retenir qu’une

chose du projet CEE,

nous nous permettons

de reprendre les termes de

Vincent Reuter,

administrateur délégué

de l'Union Wallonne des

Entreprises, lors d’une

conférence de presse au

cours de laquelle les Clubs

annonçaient le colloque :

"il s’agit de la plus belle

initiative en tant que pont

entre le monde de

l’entreprise et

l’enseignement supérieur".

"Ne remets pas à demain

ce que tu peux entreprendre

aujourd’hui !", tel est le

slogan trouvé par les CEE…

Eloquent, n’est-ce pas ?

Contacts : Isabelle Flament,

responsable de l’ACEE

Belgique, 0476/696 929,

isabelle.flament@aceebelgique.be

46. Dynamisme Mars-Avril 2008


Réseaux I Les brèves de la Qualité

LE CHIFFRE

92

Entreprises sont certifiées

ISO 14001 (management

environnemental) en Région

wallonne. Ces chiffres sont

issus du “Baromètre Wallon

de la Qualité”, sur base de

données fournies par dix

organismes certificateurs

accrédités par Belac,

l'organisation belge

d'accréditation. Ces

entreprises se répartissent

géographiquement de la

façon suivante :

3 entreprises en province du

Luxembourg, 4 en province

de Namur, 10 en Brabant

wallon, 34 en Hainaut et

41 en province de Liège.

LEXIQUE

La famille ISO 14000 :

démarche volontariste.

Les normes ISO 14001:2004

et ISO 14004:2004 traitent

des Systèmes de

Management Environnemental

(SME).

L’approche systématique de

l’ISO 14001 oblige

l’entreprise à examiner en

profondeur tous les acteurs

où les activités ont un

impact environnemental.

Avantages :

- réduction des coûts de

la gestion ;

- économies dans la

consommation d’énergie

et de matériaux ;

- coûts de distribution

moindres ;

- meilleure image de

l’entreprise auprès des

autorités réglementaires,

des donneurs d’ordres et

du public ;

- cadre de référence pour

l’amélioration continue de

votre performance

environnementale.

(Source : www.iso.org).

Le Bureau de Normalisation (NBN) s’est vu

confier des compétences en matière de

promotion de la normalisation et de diffusion

des normes auprès des entreprises à l’échelle

nationale et, de manière plus spécifique,

auprès des PME en étroite collaboration avec

les centres de recherche collectifs.

De son côté, le Service Public Fédéral Economie

a mis en place une série d’Antennes normes

ayant pour objectif d’informer l’ensemble du

secteur industriel et marchand et

principalement les PME, au sujet des

différentes normes existantes ou en

préparation au niveau national et européen.

Un des rôles majeurs de ces Antennes normes

UN FOCUS SPÉCIAL

SUR LES OUTILS ENVIRONNEMENTAUX

Dans cette édition des "brèves de la Qualité",

nous présentons une série d'outils relatifs

au management environnemental. Autant de

ressources qui peuvent vous guider dans

l'élaboration d'une stratégie "verte".

par Stéphanie Dubois – Collaboratrice Communication MWQ

Un espace de veille normative

pour les PME

est la diffusion de l’information. Le but étant

d’expliquer le contenu technique des

documents dans le cadre de questions

particulières. La liste et les contacts utiles des

Antennes normes sont disponibles à l’adresse

suivante : www.bbri.be/antenne_norm. Ce site

contient des informations actuelles sur les

normes et règlements en cours pour les PME.

Sa compétence en matière de veille s'exerce

dans les domaines suivants : prévention du feu,

énergie et climat intérieur, Eurocodes,

acoustiques, béton-mortiers-granulats,

évacuation et adduction d’eau dans les

bâtiments, marquage CE (Source : NBN).

Sensibilisation et publications

Excellent outil sur la norme ISO 14001 ! En juin 2007, l’ISO a présenté un clip vidéo,

"ISO 14001- la norme mondiale pour les Systèmes de Management Environnemental".

Le concept et le scénario de cette vidéo ont été préparés par le Secrétariat central de l’ISO.

Disponible en anglais, elle peut être téléchargée gratuitement sur le site internet de l’ISO

(www.iso.org/iso/fr/iso_video) et également disponible en haute résolution sur DVD afin d’être

diffusée lors de conférences.

L’ISO a lancé une collection mise à jour sur CD-ROM des 23 normes qui constituent

actuellement la famille ISO 14000. Le CD contient notamment les nouvelles normes et les

mises à jour à utiliser dans les programmes de comptabilité et de vérification de gaz à effet de

serre et le commerce des droits d’émission, l’étiquetage environnemental, l’analyse du cycle de

vie et la communication environnementale (Source www.iso.org).

“Pourquoi et comment gérer l’environnement dans votre entreprise ?”, Publication en format

digital sur demande : Fédération des Entreprises de Belgique – Département économique –

Service Environnement : lc@vbo-feb.be

© MWQ

Mouvement Wallon pour la Qualité

Parc CRÉALYS, @trium, 2 rue Camille Hubert, 5032 Isnes, 081/63.49.09, www.mwq.be

Dynamisme Mars-Avril 2008 .47


Réseaux I Dynathèque

Mon livre de chevet c’est...

ET L'HOMME CRÉA LES DIEUX – COMMENT EXPLIQUER LA RELIGION

Notre invité, Christian-Marie Bols, apprécie cet essai rédigé par un auteur dont

la formation initale est celle d'un scientifique. Pascal Boyer appuie sa réflexion sur

les sciences du cerveau, qui ont connu une vraie révolution au cours des trois

dernières décennies, et qui permettent de comprendre comment se forment

les croyances religieuses. Le renouvellement de la réflexion darwinienne appliquée

au cerveau inscrit le phénomène religieux dans l'histoire de notre espèce.

Pascal Boyer, Editeur Robert Laffont, 368 pages, 21,20 EUR

Madeleine Dembour, Edipro (www.edipro.info), 160 pages, 28 EUR

QUI A PEUR DES JOURNALISTES ?

Pour faciliter les contacts, souvent frileux, entre

les patrons d’entreprise et les journalistes,

Madeleine Dembour a rédigé un guide pratique

et attrayant où elle propose 1001 conseils tirés

de son expérience de journaliste. Son objectif

est d’amener entrepreneurs et journalistes à

établir, dans un climat de confiance et de

respect mutuel, des échanges d’informations

inscrits dans une politique de long terme.

Pour autant que l’on ne confonde pas

information et communication, il sera dès lors

possible, pour les dirigeants d’entreprise, de

vivre heureux sans se cacher… des journalistes !

OBJECTIF BLOGS !

Quand avez-vous entendu le terme "blog" pour

la dernière fois ? Il n'y a sans doute pas très

longtemps car ce phénomène, désormais

incontrournable, révolutionne la manière de

communiquer. Afin de mieux comprendre les

tenants et aboutissants de ce "cybersupport",

un collectif de chercheurs, sous la direction

d'Annabelle Klein (Facultés de Namur) a analysé

des cas concrets et en a retiré une réflexion

intéressante. L'ouvrage propose aussi une

première approche sur la législation belge

en matière de blog.

Sous la direction d'Anabelle Klein, L'Harmattan (Paris), 250 pages, 24 EUR

QUALIGUIDE 2008

Le "Guide pratique du management de la

qualité", édité chaque année depuis 2001,

ambitionne de faire le tour des normes et

référentiels, des outils, aides et formations

dans le domaine de la qualité. Sous l'intitulé

"C'est tendance", l'édition 2008 passe en revue

quelques initiatives récentes prises par des

acteurs wallons. Un chapitre "Développement

durable" fait aussi le point sur les

développements récents en la matière.

Bref, une excellente brochure pour faire

rapidement le tour de "qui fait quoi" dans le

domaine de la qualité en Wallonie.

Mouvement Wallon pour la Qualité (081/63.49.09), 90 pages, gratuit

THE MEANING OF THE 21 ST CENTURY

Facile à lire, très bien documenté, un ouvrage

synthétisant les enjeux actuels (réchauffement

climatique, eau, énergie, violence, matières

premières alimentaires, ….). Il trace ensuite

quelques scénarios d’avenir (centrale nucléaire

de la 4ème génération, énergies renouvelables,

révolution des habitats et des moyens de

transports, connections sans fil entre le cerveau

et les ordinateurs, ….). Décapant dans ses

analyses ; ainsi la pauvreté du tiers monde

serait due à l’absence de titres de propriété

empêchant lepropriétaire d’emprunter

pour créer son business.

James Martin, Eden Project Books, www.booksattransworld.co.uk/eden, 526 pages, 16,45 EUR

Disponible dans les bureaux UCM (www.ucm.be), 15 EUR

GUIDE PRATIQUE DU RECOUVREMENT

DE CRÉANCES EN BELGIQUE ET À L’ÉTRANGER

Marianne Dickstein, avocate et médiatrice

agréée en matière civile et commerciale, vient

de publier, avec la collaboration de Stéphane

Mercier, comptable fiscaliste, un Guide pratique

du recouvrement de créances en Belgique et à

l’étranger. But : rendre accessible et concrète

l'information juridique, comptable et fiscale sur

les droits de ces créanciers victimes des retards

de paiement en Belgique, mais aussi dans

les quinze principaux marchés étrangers des

entreprises belges. Cet ouvrage est soutenu

par l'UCM et l’Awex.

48. Dynamisme Mars-Avril 2008


Dynamisme Mars-Avril 2008 .49


Réseaux I Vu d’ailleurs

JEAN-PAUL FAURE NE RAISONNE PAS "LOCAL"

"A long terme, les enjeux

seront les mêmes pour tous"

A la direction de Caterpillar à Gosselies

depuis avril 2006, Jean-Paul Faure

apprécie notre pays. Il en salue la

chaleur, la faculté d’accueil et la

créativité… à canaliser pour pallier un

certain manque de rigueur : "Il fait bon

vivre en Belgique même si tout y est un

peu compliqué et fractionné. L’avenir,

c’est l’Europe : il faut cesser de se

focaliser sur le local".

par Patricia DEL MARMOL

Jean-Paul Faure, un homme de passion qui partage ses

valeurs d’éthique, de convivialité, d’anticipation et d’effort.

LA SUISSE

Dynamisme : Vous êtes de nationalité francosuisse,

vous avez travaillé aux Etats-Unis et vous

dirigez Caterpillar Belgium depuis deux ans. Que

vous inspire le contexte socio-économique wallon ?

Jean-Paul Faure : J’y retrouve un cadre typique

des pays d’Europe occidentale avec les spécificités

belges bien entendu. La Belgique possède des

atouts auxquels il ne faut pas être insensible :

une position logistique centrale, des infrastructures

portuaires et aéronautiques et des compétences

expérimentées et qualifiées. Du côté des faiblesses,

je relève une taxation élevée qui pénalise les

entrepreneurs par rapport aux pays en voie

d’industrialisation mais aussi un manque de

vocation pour les métiers techniques et donc

une pénurie de main d’œuvre qualifiée. Je retiendrai

aussi une administration complexe et, comme

pour d’autres pays, la situation induite par la parité

entre le dollar et l’euro.

Que pensez-vous du tissu industriel wallon

constitué de nombreuses PME ?

Les industries de la taille de Caterpillar Belgium

alimentent un réseau important de ces PME :

plus d’un millier de fournisseurs belges travaillent

pour notre entreprise. Il faut que les industries

continuent à faire partie du paysage socioéconomique

wallon et belge pour soutenir

l’économie du pays en général.

La pérennité des sociétés industrielles passe par

la simplification des processus de production,

par une qualité supérieure des performances et une

attention particulière au service aux clients. Ceci,

tout en valorisant la formation et la créativité

du personnel. C’est à travers la recherche de

l’excellence que les entreprises industrielles

en Belgique - et plus généralement en Europe

occidentale - pourront conserver leur place

sur l’échiquier socio-économique mondial.

On évoque la nécessité de (re)valoriser l’esprit

d’entreprendre auprès des jeunes. Or, plusieurs

indicateurs montrent que la Belgique est lanterne

rouge en la matière. Des commentaires ?

Les pays industrialisés vivent depuis plusieurs

dizaines d’années sur leurs acquis technologiques

et sociaux que des pays en développement ne

connaissent pas encore. Nous sommes dans une

situation où nous devons réapprendre aux jeunes

que les métiers de l’industrie attendent beaucoup

d’eux, beaucoup plus que l’exécution pure et simple

des tâches. Le désir d’entreprendre peut se traduire

par une volonté de répondre aux objectifs de

croissance d’une entreprise. Ce peut être aussi

une participation active à son déploiement.

Ce défi, au sens large, est une question de survie.

A long terme pourtant, les enjeux seront les mêmes

pour tous. ■

Caterpillar

Belgium

Localisation :

Gosselies depuis 1965,

soit la deuxième plus

grande usine du groupe avec

une surface de 98 ha dont

26 sous toit.

Activités :

constructions métalliques,

engins de génie civil et

moteurs diesel ; fabrication

de pelles hydrauliques,

chargeuses sur pneus,

moteurs diesel, de

composants hydrauliques

et de la chaîne cinématique

(essieux, engrenages)

à haute valeur ajoutée.

Exportation :

97 % des produits en

Europe, Afrique, au

Moyen-orient, aux USA,

au Brésil, au Japon.

Personnel :

4.700 personnes sur un

volume mondial de plus de

101.000 personnes.

Investissements :

40 millions EUR en moyenne

dans la modernisation des

installations.

50. Dynamisme Mars-Avril 2008

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