Cellule gliale fournissant des protéines (en vert ... - CEA Saclay

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Cellule gliale fournissant des protéines (en vert ... - CEA Saclay

DOSSIER Darwin : l’évolution est (toujours) en marche

Pierre Thuriaux, généticien au

centre CEA de Saclay, estime que

tous les chercheurs en biologie

sont des héritiers de Darwin.

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dans l’histoire du vivant puisque c’est finalement

notre propre succès évolutif qui compromet

la biodiversité », précise Pierre

Thuriaux.

De l’observation à

l’instrumentation

Depuis Darwin, les sciences du vivant ont cessé

d'être purement descriptives. Elles se sont

dotées de puissants moyens techniques qui

leur permettent d'intervenir sur leurs objets

pour mieux les connaître. La rapidité de l’acquisition

des connaissances depuis cinquante

ans ne s'expliquerait pas sans l'accroissement

exponentiel, pendant la même période, des

capacités de calcul, de modélisation et de simulation

des ordinateurs. Reprenons l’exemple de

la levure. Comme tout organisme cellulaire,

elle est dotée d’un génome, qui a été décrypté

grâce à une collaboration européenne à

laquelle ont participé des chercheurs du CEA.

Quelques repères...

1735 Carl Von Linné met au point un modèle

de classification des espèces.

1839 Théodore Schwann reconnaît dans la cellule

l’unité morphologique et fonctionnelle de tous les

organismes vivants.

1859 Charles Darwin élabore la théorie de

l’évolution.

1865 Gregor Mendel formule les lois sur

l’hérédité, sans susciter d’intérêt à l’époque.

Ces lois seront redécouvertes au début XX e siècle.

1953 Francis Crick et James Watson découvrent

la structure en double hélice de l’ADN, qui

explique comment l’information est codée,

copiée, mutée.

CENTRE CEA DE SACLAY LE JOURNAL

Le résultat a été publié en 1996 : 50 % des protéines

(provenant directement des gènes) produites

par la levure sont comparables à celles

trouvées chez l’homme ; 40 % des gènes

connus responsables de maladies génétiques

humaines sont aussi présents chez la levure !

Il a fallu plus de dix ans pour décrypter pour

la première fois le génome d’un organisme

eucaryote (cellule avec noyau). Ont suivi les

séquençages de génomes plus complexes, de

plantes, d’animaux et évidemment de

l’homme. C’était à l’époque un défi immense.

Aujourd’hui il ne faudrait que quelques

semaines pour y parvenir.

C’est une des caractéristiques de la biologie

moderne : les moyens techniques dont disposent

les chercheurs sont sans rapport avec

ceux qu’ils utilisaient il y a seulement vingt ans,

sans même parler de ceux dont disposait

Darwin. Pour autant, la démarche scientifique

est toujours la même. « En ce sens, Darwin est

exemplaire parce qu’il était extraordinairement

curieux. Quand il voyait quelque chose

qu’il ne comprenait pas, il ne se disait pas : je

ne comprends pas, ça n’a pas d’importance. Il

se disait au contraire : je ne comprends pas,

donc c’est important. » En posant les fondations

d’une science d’abord théorique puis de

plus en plus expérimentale, « Darwin nous a

permis de relier un passé à jamais disparu à un

présent toujours en train de se construire ».

Gaëlle Degrez

© C. PERRIN / CEA

Analyses de prélèvements

sanguins au Service de

pharmacologie et

d’immunologie, au centre

CEA de Saclay.

Le saviezvous?

Qu’appelle-t-on la théorie de Darwin ?

Darwin emploie une formule précise pour

désigner sa théorie : « descendance avec

modification ».

Luca, nouvel Adam

La vie sur Terre aurait pour origine une seule

et même forme de vie, désignée sous

l'acronyme Luca (Last Universal Common

Ancestor), qui serait apparue il y a quelque

2,5 milliards d'années.

La classification

phylogénétique du vivant

La phylogénétique a pour but de

comprendre l’histoire évolutive du vivant.

Elle repose sur deux règles fondamentales :

tous les êtres vivants ont des relations de

parenentre eux (phylogénie);

ils possèdent un ancêtre commun dont ils

sont tous les descendants (généalogie).

© L. GODARD / CEA

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