Cellule gliale fournissant des protéines (en vert ... - CEA Saclay

centre.saclay.cea.fr

Cellule gliale fournissant des protéines (en vert ... - CEA Saclay

© CNRS

Variabilité

Darwin : l’évolution est (toujours) en marche DOSSIER

et unité du vivant

Les micro-organismes comme les virus ou les bactéries coévoluent

avec l’espèce humaine, à un rythme accéléré qui est

en relation avec leur durée de vie plus éphémère. Contre les

nouveaux agents infectieux qui apparaissent et d’anciennes

pathologies résistantes aux traitements actuels qui resurgissent,

les chercheurs doivent trouver de nouvelles armes.

À

Les bactéries ont un potentiel évolutif qui peut menacer l’espèce humaine. Leur étude peut conduire

dans le même temps à de nouvelles voies thérapeutiques contre des maladies comme la tuberculose.

l’instar des plantes et des champignons, les

bactéries secrètent spontanément des substances

dont certaines se révèlent très précieuses,

comme les antibiotiques par exemple.

Il s’agit de petites molécules fabriquées très souvent

par des enzymes 1 . De manière inattendue,

l’étude d’une de ces molécules, l’albonoursine,

produite par la bactérie Streptomyces noursei, a

entraîné des chercheurs de l’iBiTec-S 2 sur la

piste d’une enzyme essentielle à la survie d’une

autre bactérie, Mycobacterium tuberculosis,

l’agent responsable de la tuberculose.

Une nouvelle cible contre

la tuberculose

C’est une enquête de très longue haleine que

mènent les biologistes, grâce notamment aux

outils de la biochimie, de la biologie moléculaire

et de la bio-informatique. Quelle est l’enzyme

à l’origine de l’albonoursine ? Il faut

quelquefois emprunter des détours pour

résoudre une énigme : identifier par exemple

une autre enzyme, capable de modifier la

structure de la petite molécule ; purifier cette

enzyme pour analyser la succession d’acides

aminés qui la composent ; une fois ce séquençage

établi, remonter au gène codant pour

cette enzyme ; analyser les gènes voisins de ce

gène qui ont une forte probabilité d’être impliqués

dans l’histoire de la même petite molécule.

Et là, il n’est pas interdit d’avoir un peu

de chance. Les chercheurs ont eu l’heureuse

surprise de découvrir le gène codant l’enzyme

responsable de la production de l’albonoursine

! Ils se sont ensuite intéressés au gène

parent chez Mycobacterium tuberculosis, qui les

a conduits au gène codant une enzyme essentielle

à la survie de cette bactérie. Avec la

découverte de LA petite molécule associée à

cette enzyme, les biologistes de Saclay ont

ouvert la voie à l’utilisation d’autres petites

molécules apparentées pour bloquer le fonctionnement

de l’enzyme. Une cible entièrement

nouvelle pour lutter contre cette redoutable

maladie. Bref, un fabuleux espoir !

1/ Une enzyme a pour fonction de favoriser une réaction

biochimique particulière.

2/ Institut de biologie et de technologies de Saclay. Ces

travaux ont été menés en collaboration avec une équipe

de l’Institut de génétique et microbiologie (Université

Paris-Sud 11, CNRS).

en bref...

Une bombe d'antimatière?

Dans « Anges et démons », Dan Brown

a imaginé une bombe d'antimatière

menaçant le Vatican, mais rassurezvous

! Si toute l'antimatière produite au

CERN était annihilée au contact de la

matière, l'énergie résultante suffirait tout

juste à allumer une ampoule pendant

quelques minutes ! L'antimatière fascine

les physiciens car elle semble avoir

disparu de l'Univers alors même que le

Big Bang a produit matière et antimatière en

quantités égales. En quête d'une dissymétrie

ténue qui expliquerait que notre Univers soit né

d'une infime quantité de matière « survivante »,

des physiciens de Saclay préparent une source

« intense » d'anti-électrons, qu'ils combineront à

des anti-protons du CERN pour former des antiatomes

d'hydrogène. Ils tenteront d'isoler ces

anti-atomes pour découvrir comment la gravité

agit sur l'antimatière, une propriété encore

inconnue de cette curiosité de la nature.

Pour en savoir plus sur l’antimatière :

http://www.lhc-france.fr/?article332

Bar des sciences sur la chaîne Télésavoirs :

http://www.telesavoirs.eu/programme.php?ID=77

© CEA / DSM / IRFU

Des flashes bleus dans le ciel africain

Installé en Namibie, HESS (High Energy

Stereoscopic System) est le plus sensible des

observatoires au sol de rayons gamma en

provenance de l'Univers austral, ou plus

précisément des flashes lumineux qu'ils

produisent en interagissant avec l'atmosphère

terrestre (par effet Cerenkov).

Le 24 avril dernier, le porte-parole de cette

collaboration européenne et africaine, le

professeur Werner Hofmann, du Max-Planck

Institut de Heidelberg, a visité et échangé avec

les équipes de Saclay qui participent à la

fourniture de matériel électronique pour HESS

et travaillent au développement de télescopes à

rayonnement Cerenkov de la prochaine

génération (Cerenkov Telescope Array).

Un aimant supraconducteur dans l'espace

En 2010, le détecteur AMS (Alpha Magnetic

Spectrometer), équipé d'un aimant

supraconducteur, devrait rejoindre la station

spatiale internationale, d'où il analysera les

particules cosmiques de très haute énergie.

Le 2 avril 2009, le directeur de cette

collaboration internationale, le professeur Samuel

Ting, prix Nobel de physique en 1976, a

présenté à Saclay les enjeux physiques et

technologiques de cette première mondiale.

Il a exprimé notamment le souhait que les

ingénieurs de Saclay participent à la mise au

point et à la qualification de l'aimant d'AMS.

CENTRE CEA DE SACLAY LE JOURNAL

5

More magazines by this user
Similar magazines