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L'HISTOIRE - UAE Interact

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L’HISTOIRE

‘Celui qui ne connaît pas son passé

ne peut pas tirer pleinement profit

de son présent ni de son avenir, car

c’est le passé qui nous instruit.’


La préservation du patrimoine et

des traditions est une des priorités

de la politique gouvernementale.


9

L’HISTOIRE

L’HISTOIRE DES ÉMIRATS ARABES UNIS REMONTE LOIN DANS LE TEMPS, et les

récentes découvertes faites dans les Monts Hajar permettent

aujourd’hui de reculer la date de l’apparition de l’homme dans la

région de plusieurs dizaines, si ce n’est de plusieurs centaines de

milliers d’années. Avant ceci, les plus anciens occupants dont on

avait retrouvé des traces significatives remontaient à la période

néolithique, vers 5500 av. J.-C., époque où le climat était plus humide

qu’aujourd’hui et où les ressources alimentaires étaient abondantes.

On a retrouvé des vestiges indiquant que même à cette époque

reculée les peuples entretenaient des relations avec le monde

extérieur, notamment avec les civilisations du nord. Ces contacts

ont persisté et pris de l’ampleur par la suite, très probablement

stimulés par le commerce du cuivre extrait des Monts Hajar, lorsque

le climat est devenu plus aride et que les habitants des oasis fortifiées

ont commencé à se concentrer sur l’agriculture.

Le commerce avec l’étranger, qui figure constamment dans l’histoire

de cette région stratégique, semble avoir prospéré également par la

suite, facilité par la domestication du chameau à la fin du second

millénaire. En même temps, la découverte de nouvelles techniques

d’irrigation (irrigation par falaj), a facilité le développement de

l’agriculture, lequel a entraîné une véritable explosion de la colonisation

de toute la région.

Dès le premier siècle apr. J.-C., au lieu de passer par la mer Rouge,

comme le faisaient les Romains, on commence à transporter les

marchandises en caravanes entre la Syrie et les villes du sud de

l’Irak, puis en bateau jusqu’au grand port d’Omana (peut-être le site

de l’actuel Umm al-Qaiwain) et ensuite jusqu’en Inde. Les perles

sont exploitées dans la région depuis des millénaires, mais à cette

époque leur commerce atteint de nouveaux sommets. La navigation

maritime constitue également une des activités principales, et de

grandes foires sont organisées à Dibba, rassemblant des marchands

venus de jusqu’en Chine.

En 630 apr. J.-C., l’arrivée d’émissaires du prophète Mohammed

préfigure la conversion des habitants de la région à l’Islam. Cette fois

encore, Dibba joue un rôle important, puisque c’est dans cette ville

qu’a lieu une grande bataille après la mort du Prophète. Dès 637 apr.

J.-C., les armées islamiques se servent de Julfar (Ra’s al-Khaimah)

@www.uaeinteract.com/uaehistory


10

DATES IMPORTANTES

v. 5500 av. J.-C.

5500–3000 av. J.-C.

3000–2500 av. J.-C.

2500–2000 av. J.-C.

2000–l300 av. J.-C

1300–300 av. J.-C

300 av. J.-C –0

0–250 apr. J.-C

240 apr. J.-C

Vl e /Vll e s. apr. J.-C

630 apr. J.-C

632 apr. J.-C

Premières traces d’une présence humaine aux E.A.U., sur l’île de Marawah.

Occupation de la région par des éleveurs habiles utilisant des outils

en pierre façonnés avec art (tradition ‘biface arabe’).

Période Hafit – ère des premières inhumations collectives

découvertes pour la première fois sur les versants inférieurs du Djebel

Hafit à l’intérieur de l’émirat d’Abu Dhabi.

Période Umm al-Nar – apparition des premières villes oasis (par ex. à

Hili, Tell Abraq, Bidiya, Kalba) gardées par de massives forteresses circulaires ; les morts

sont enterrés dans des tombes communes rondes ; contacts commerciaux très développés

avec la Mésopotamie, l’Iran, la vallée de l’Indus, le Baloutchistan et la Bactriane

(Afghanistan) ; première utilisation intensive du cuivre des monts Hajar ; région appelée

Magan d’après les sources mésopotamiennes.

Période Wadi Suq et fin de l’âge du bronze – ère caractérisée par des villes moins

nombreuses ; les rites mortuaires changent : les tombes communes sont désormais longues

et généralement étroites ; liens étroits avec Dilmun (Bahreïn).

Âge du fer – introduction d’une nouvelle technologie :

l’irrigation par falaj (pl. aflaj), galeries souterraines amenant

l’eau des aquifères montagneux aux oasis et aux jardins en

contrebas ; explosion démographique ; première utilisation du

fer ; introduction de l’écriture, utilisant l’alphabet de l’Arabie du

sud ; contacts avec les empires assyrien et perse.

Période de Mleiha (ou préislamique récente A–B) – ville prospère à Mleiha ; apparition d’une

monnaie frappée localement ; importations importantes de Grèce (poteries noires émaillées) et

d’Arabie saoudite (pots à onguents en albâtre) ; première utilisation du cheval.

Période d’ed-Dur (ou préislamique récente C–D) – villes prospères à ed-Dur et Mleiha ;

réseau commercial extensif le long du Golfe reliant la Méditerranée, la Syrie et la

Mésopotamie à l’Inde ; importations, entre autres, de verre romain, de pièces de monnaie,

de laiton ; un chef connu sous le nom d’Abi’el fait frapper de la monnaie en grande

quantité ; première utilisation de l’araméen dans les inscriptions provenant d’ed-Dur et de

Mleiha.

Arrivée au pouvoir de la dynastie sassanide en Iran du sud-ouest, conquête de la majeure

partie de l’Arabie orientale.

Introduction du christianisme résultant des contacts avec le sud-ouest de l’Iran et le sud de

la Mésopotamie ; établissement d’un monastère par la communauté chrétienne

nestorienne sur l’île de Sir Bani Yas ; présence de garnisons sassanides à l’intérieur d’Oman

et preuves de contact avec les E.A.U. fournies par les pièces de monnaie et les objets en

céramique découverts à Kush (Ra’s al-Kaimah), Umm al-Qaiwain

et Fujaïrah.

Arrivée des disciples du prophète Mohammed ; conversion

des habitants à l’Islam.

Mort du prophète Mohammed ; éruption du mouvement

ridda, révolte générale contre les enseignements de l’Islam ;

envoi de Hudhayfah b. Mihsan par le caliphe Abu Bakr pour

écraser l’insurrection de Laqit b. Malik Dhu at-Tag à Dibba ;

importante bataille à Dibba, écrasement des insurgés.


L’ H I S TO I R E

11

Julfar est utilisée comme avant-poste pour l’invasion islamique de l’Iran.

Julfar est utilisée comme avant-poste pour l’invasion abbasside d’Oman.

Conquête de l’Arabie sud-orientale par les buyides.

Le géographe Yaqut décrit Julfar comme une ville fertile.

Liens commerciaux étroits entre les Émirats du nord et le royaume d’Ormuz, établi sur

l’île de Jarun dans le détroit d’Ormuz.

Le navigateur portugais Vasco de Gama double le cap de Bonne Espérance grâce aux

connaissances arabes en navigation.

Rivalité entre les Portugais et l’empire Ottoman dans le Golfe.

Description de la côte est des E.A.U., du Qatar à Ra’s al-Khaimah, par le grand voyageur

vénitien, Gasparo Balbi ; mention de la forteresse portugaise à Kalba ; première mention

de l’existence des Bani Yas à Abu Dhabi.

Description de la côte est des E.A.U. par un marin hollandais pilotant le Meerkat.

Expansion du commerce britannique dans le Golfe ; rivalité croissante entre les Anglais

et les Hollandais.

Sharjah et la majeure partie de Musadam ainsi que toute la côte est des E.A.U., jusqu’à

Khor Fakkan, tombent aux mains des Qawasim, selon Carsten Niebuhr, géomètre

allemand participant à l’expédition scientifique du roi du Danemark.

Attaques répétées de la flotte Qawasim par la Compagnie britannique des Indes

orientales.

Traité général de paix entre le gouvernement britannique et les cheikhs de Ra’s al-Khaimah,

Umm al-Qaiwain, Ajman, Sharjah, Dubaï et Abu Dhabi.

Étude topographique du Golfe conduisant à la publication des premières cartes précises

de la région.

Effondrement du marché des perles naturelles ; premiers accords de prospection

pétrolière signés par les souverains de Dubaï, Sharjah et Abu Dhabi.

Accords de prospection pétrolière mis au point à Ra’s al-Khaimah, Umm al-Qaiwain et

Ajman.

Premières exportations de pétrole d’Abu Dhabi.

Le gouvernement britannique annonce son intention de se retirer

de la région du Golfe ; amorce des discussions portant sur la

création d’une fédération d’émirats.

Premières exportations de pétrole de Dubaï.

Accord conclu entre les souverains des émirats sur la

formation d’une fédération.

Création de l’État des Émirats Arabes Unis.

Décès de Cheikh Zayed, premier Président des E.A.U.

Cheikh Khalifa bin Zayed Al Nahyan est élu nouveau Président des

E.A.U.

637 apr. J.-C

892 apr. J.-C

963 apr. J.-C

v. 1220

XIV e –XV e s.

1498

XVI e s.

1580

1666

1720s

1764

1800–1819

1820

1820–1864

Années 1930

1945–1951

1962

1968

1969

10 juillet 1971

2 décembre 1971

2 novembre 2004

3 décembre 2004


comme d’avant-poste dans leur conquête de l’Iran. Au cours des

siècles, Julfar deviendra un port florissant et un centre perlier de

première importance, d’où partiront de grands boutres de bois

marchands à travers l’océan Indien.

Au XVI e siècle, des luttes sanglantes ont lieu dans le Golfe entre les

Portugais et les populations arabes de Julfar et d’autres ports de la

côte Est comme Dibba, Bidiya, Khor Fakkan et Kalba. Mais tandis

que les puissances européennes se disputent la suprématie de la

région, une grande famille locale, les Qawasim, prend une importance

croissante. Au début du XIX e siècle, les Qawasim possèdent une

flotte de plus de 60 gros navires capables de transporter près de 20

000 marins ; cette puissance finira par provoquer une offensive de

la part des Britanniques qui veulent être maîtres des routes de

commerce maritimes reliant le Golfe et l’Inde.

À l’intérieur des terres, les villages disposés en arc de cercle de

Liwa constituent le centre des activités économiques et sociales des

Bani Yas depuis au moins le XVI e siècle. Mais au début des années

1790, la ville d’Abu Dhabi est devenue un centre perlier si important

que le chef politique de tous les groupes Bani Yas, le Cheikh des Al

Bu Falah (de la famille Al Nahyan), quitte l’oasis de Liwa pour s’y

installer. Au début du XIX e siècle, des membres de la tribu Al Bu

Falasah, branche des Bani Yas, s’établissent dans la crique de Dubaï

et instaurent la domination des Maktoum dans cet émirat.

Suite à la défaite des Qawasim, les Britanniques signent avec les

cheikhs de chaque émirat une série d’accords qui seront complétés

par la suite par des traités visant à préserver une trêve maritime ;

ces États prendront alors le nom ‘d’États de la Trêve’.

Grâce au calme relatif ainsi instauré dans les mers, l’industrie

perlière se met à prospérer au XIX e siècle et au début du XX e ,


L ' H I S TO I R E

13

fournissant revenus et emplois aux habitants de la côte du golfe

Arabique. Un grand nombre d’entre eux mènent alors une existence

semi-nomade, pêchant des perles pendant l’été et s’occupant de

leurs plantations de dattiers pendant l’hiver. Cependant, ces maigres

ressources sont bientôt frappées durement. La Première Guerre

mondiale avait déjà eu un effet désastreux sur l’industrie perlière,

mais c’est la crise économique de la fin des années 20 et du début

des années 30, avec l’apparition des perles de culture japonaises, qui

lui donnera le coup de grâce. L’industrie finit par s’éteindre juste

après la Seconde Guerre mondiale, lorsque le gouvernement de

l’Inde, indépendante depuis peu, décide d’imposer de lourdes taxes

sur les perles importées du Golfe. C’est une catastrophe pour la

région. Malgré leur ingéniosité, les habitants doivent faire face à de

nombreuses privations, disposant de possibilités d’éducation limitées

et ne possédant ni routes ni hôpitaux.

Heureusement, du pétrole ayant été découvert, les premiers

prospecteurs arrivent au début des années 30 pour effectuer des

études géologiques préliminaires et la première cargaison de pétrole

brut quitte Abu Dhabi en 1962. Les recettes augmentant d’année en

année avec la production, Cheikh Zayed bin Sultan Al Nahyan, choisi

comme souverain d’Abu Dhabi le 6 août 1966, lance un gigantesque

programme de construction d’écoles, de logements, d’hôpitaux et

de routes. Lorsque Dubaï commence à exporter du pétrole en 1969,

Cheikh Rashid bin Saeed Al Maktoum, souverain de facto de Dubaï

depuis 1969, peut lui aussi utiliser les recettes pétrolières pour

améliorer la qualité de vie de son peuple.

LA FÉDÉRATION

Au début de l’année 1968, quand les Anglais annoncent leur intention

de se retirer du Golfe à la fin de 1971, Cheikh Zayed décide

immédiatement de nouer des liens plus étroits avec les autres

Émirats. Avec Cheikh Rashid, qui deviendra Vice-président et Premier

Ministre du nouvel État, Cheikh Zayed demande la création d’une

fédération qui rassemblerait non seulement les sept Émirats des États

de la Trêve, mais également Qatar et Bahreïn. Après une période de

négociations, un accord est conclu entre les leaders de six des Émirats

(Abu Dhabi, Dubaï, Sharjah, Umm al-Qaiwain, Fujaïrah et Ajman). La

Fédération, qui prend le nom d’Émirats Arabes Unis (E.A.U.), voit

officiellement le jour le 2 décembre 1971. Le septième émirat, Ra’s al-

Khaimah, rejoindra la nouvelle fédération le 10 février 1972.

@

www.uaeinteract.com/uaehistory

Les Émirats Arabes

Unis virent

officiellement le jour

le 2 décembre 1971.


14

ZAYED ET LES E.A.U.

J’ai nourri bien des

rêves, je rêvais

souvent de voir notre

pays rattraper le

monde moderne, mais

je ne pouvais rien

faire parce que je

n’avais pas moi-même

les moyens de réaliser

ces rêves. J’étais

cependant persuadé

qu’un jour ils

deviendraient réalité.

La prospérité, l’harmonie et le développement moderne qui

constituent l’apanage des Émirats Arabes Unis, dirigés aujourd’hui

par Son Altesse le Président Cheikh Khalifa bin Zayed Al Nahyan,

également Souverain d’Abu Dhabi, ainsi que par les autres membres

du Conseil Suprême des Souverains des sept émirats, sont en

grande partie attribuables au rôle joué par Cheikh Zayed, à la fois

avant la création de la Fédération puis au cours des 33 années

suivantes, jusqu’à sa disparition en novembre 2004. L’œuvre qu’il a

accomplie est décrite largement dans d’autres sections de la présente

Revue Annuelle, mais il convient de résumer brièvement ici sa vie et

son œuvre.

Né vers 1918 à Abu Dhabi, Cheikh Zayed est le plus jeune fils de

Cheikh Sultan, Souverain d’Abu Dhabi de 1922 à 1926. Il reçoit son

nom en l’honneur de son grand-père, Cheikh Zayed bin Khalifa. À

sa naissance, l’émirat est pauvre et sous-développé, et tous les

habitants, même les membres de la famille souveraine, mènent une

vie simple.

À la fin des années 20 et dans les années 30, Cheikh Zayed,

manifestant une vive soif d’apprendre, part dans le désert en

compagnie de membres d’une tribu bédouine et en mer en

compagnie de pêcheurs de poissons et de perles afin de mieux

connaître leur mode de vie et leur environnement. Il évoquera par la

suite avec plaisir son expérience de la vie du désert et son initiation

à la fauconnerie, passion qu’il gardera toute sa vie.

Ces voyages permettent à Cheikh Zayed d’acquérir une profonde

connaissance, non seulement du pays mais également de son

peuple. Au début des années 30, lorsque les premières équipes de

compagnies pétrolières arrivent pour mener des études géologiques

préliminaires en surface, il a ses premiers contacts avec l’industrie

du pétrole.

En 1946, Cheikh Zayed est choisi comme représentant du Souverain

dans la Région Est d’Abu Dhabi, autour de l’oasis d’Al Ain, située à

environ 160 kilomètres à l’est de l’île d’Abu Dhabi elle-même. Sa

fonction consiste non seulement à administrer les six villages, mais

également l’ensemble de la région désertique avoisinante, ce qui

permet à Cheikh Zayed d’apprendre l'art de gouverner et d’approfondir

ses connaissances des tribus.

Cheikh Zayed apporte à cette nouvelle tâche sa ferme croyance

dans les valeurs de concertation et de consensus, qu’il préfère à

l'affrontement. Les visiteurs étrangers, comme l’explorateur

britannique Sir Wilfred Thesiger, qui fait sa connaissance à cette


L ' H I S TO I R E

15

époque, notent avec approbation que ses jugements ‘se distinguent

par leur grande lucidité, leur sagesse et leur impartialité’.

Cheikh Zayed se construit rapidement la réputation d’un homme

possédant une vision claire de ce qu’il souhaite réaliser pour les

habitants d’Al Ain, mais également capable de diriger par l’exemple.

L’une des tâches principales de ses premières années à Al Ain

consiste à stimuler l’économie locale, laquelle repose essentiellement

sur l’agriculture. Il ordonne également la révision des droits locaux

de propriété de l’eau afin d’en assurer une distribution plus

équitable, renonçant aux droits de sa propre famille pour montrer

l’exemple.

Parallèlement à ce début de croissance, Cheikh Zayed élabore un

plan d'urbanisme visionnaire et ordonne la plantation d’arbres

ornementaux, lesquels ayant aujourd’hui atteint leur maturité, font

d’Al Ain l’une des villes les plus vertes d’Arabie.

En dépit de l’insuffisance des revenus du gouvernement, Cheikh

Zayed parvient à réaliser des améliorations à Al Ain, en jetant les bases

d'un système administratif, en finançant personnellement la première

école moderne de l’émirat et en persuadant ses parents et amis de

contribuer à de petits projets de développement. Mais c’est la production

@

www.uaeinteract.com/zayed

Le chemin était

tracé. Il ne s’agissait

pas de trouver de

nouveaux concepts,

mais de mettre en

œuvre les idées

rassemblées depuis

des années.


16

R E V U E A N N U E L L E D E S É M I R AT S A R A B E S U N I E S 2 0 0 8

La nouvelle

génération doit

apprécier à sa juste

valeur le rôle joué

par ses aînés ; elle

doit se modeler sur

eux et adopter leur

idéal suprême de

patience, de

détermination et

d’assiduité au

travail, ainsi que leur

sens du devoir.

de pétrole qui donnera à Cheikh Zayed les moyens de financer ses rêves.

La première cargaison de pétrole brut quitte Abu Dhabi en 1962.

Le 6 août 1966, Cheikh Zayed succède à son frère aîné et devient

Souverain d’Abu Dhabi. Il est chargé par sa famille d'accélérer le

plus possible le développement d’Abu Dhabi. L’une de ses premières

initiatives est d’augmenter les contributions au Fonds de

Développement des États de la Trêve et quand en février 1968, les

Britanniques annoncent leur intention de se retirer du Golfe avant la

fin de 1971, Cheikh Zayed agit rapidement pour proposer d’établir

des liens plus étroits avec les autres émirats, efforts qui aboutiront à

l’instauration des E.A.U. Cheikh Zayed sera élu premier Président

des E.A.U. par les autres Souverains, puis régulièrement réélu à ce

poste tous les cinq ans.

Le nouvel état naît à une époque d’instabilité politique dans la

région. En effet, deux jours auparavant, au cours de la nuit du 30

novembre au 1 décembre, l’Iran s’est emparé par la force des îles de

la Grande et de la Petite Tunb, d’une partie de Ra’s al-Khaimah, et a

débarqué des troupes sur Abu Musa, un territoire de Sharjah (voir la

section sur la Politique étrangère).


L ' H I S TO I R E

17

Les observateurs étrangers, dans leur ignorance de l’histoire et

du patrimoine communs qui rassemblent les peuples des E.A.U.,

prédisent que le nouvel État aura du mal à survivre, en raison des

différends avec ses voisins et de la grande disparité des sept

émirats quant à leur taille, leur population et leur niveau de

développement. Connaissant mieux son pays, Cheikh Zayed est

naturellement plus optimiste et les prédictions des pessimistes de

la première heure s’avéreront sans fondement.

Pendant ses années à Al Ain, Cheikh Zayed conçoit une vision

des progrès futurs du pays. Plus tard, en tant que Souverain d’Abu

Dhabi et ensuite en tant que Président des E.A.U., il consacrera

trois décennies et demie à faire de cette vision une réalité.

L'un des principes fondamentaux de sa philosophie de souverain

et d’homme d'État est d’utiliser pleinement les ressources du pays au

profit du peuple. Il considère les ressources non comme une fin en

soi, mais comme un outil facilitant l’épanouissement de ce qu’il

estimera toujours être la véritable richesse du pays : ses habitants, et

notamment sa jeune génération.

Dans ce contexte, Cheikh Zayed estime que tous les citoyens ont

un rôle à jouer dans le développement du pays. Les femmes et les

hommes ont, selon lui, une influence à exercer. Reconnaissant que

par le passé, le manque d’éducation et de développement a

empêché les femmes de jouer pleinement leur rôle dans de

nombreuses activités de la société, il prend des mesures pour

remédier rapidement à la situation et, sous son égide, les femmes

du pays commencent à tenir une place de plus en plus importante

dans la vie politique et économique du pays.

Cheikh Zayed choisit également de favoriser les initiatives visant

à défendre la culture populaire traditionnelle, afin de familiariser

les jeunes avec le mode de vie de leurs ancêtres. Il estime qu’il est

d’une importance cruciale de ne pas oublier les leçons et l’héritage

du passé, affirmant :

Si la richesse n’est

pas utilisée avec le

savoir nécessaire à

son emploi

judicieux et sous la

direction d’esprits

éclairés, elle est

vouée à diminuer et

à disparaître. Le

meilleur usage que

l’on puisse faire de

la richesse, c’est

d’investir dans

l’éducation et la

formation,

aujourdhui et pour

les générations

futures.

Celui qui ne connaît pas son passé ne peut pas tirer pleinement parti

de son présent ni de son avenir, car c’est le passé qui nous instruit.

Nous gagnons en expérience et nous profitons de ses enseignements

et de ses résultats.

Si le patrimoine du peuple des E.A.U. est important pour Cheikh Zayed,

la conservation de son milieu naturel, de sa faune et de sa flore l’est

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18

R E V U E A N N U E L L E D E S É M I R AT S A R A B E S U N I E S 2 0 0 8

L’Islam est une

religion civilisatrice

qui confère à

l’homme sa dignité.

Un véritable

musulman ne fait

pas de mal à autrui.

L’Islam est une

religion de tolérance

et de pardon, de

dialogue et de

compréhension, et

non pas de guerre.

aussi. Ses convictions en matière de protection de l’environnement

ne doivent rien aux tendances modernes. Au contraire, elles

trouvent leurs racines dans son enfance, à une époque où

l’exploitation durable des ressources exigeait que l’homme vive

en harmonie avec la nature. Cela le conduira plus tard à faire de la

sauvegarde du milieu naturel un des axes clés de sa politique

gouvernementale.

Comme dans d’autres domaines de la vie publique, Cheikh Zayed

est convaincu que la préservation de l’environnement ne constitue

pas uniquement la responsabilité du gouvernement. Il croit

fermement que c’est aussi de l’affaire du public et d’organisations

non gouvernementales, qu’il s’agisse de citoyens ou d’expatriés,

ces principes valant non seulement pour la protection de la nature

mais également pour d’autres domaines de la vie nationale.

Cheikh Zayed s’est imprégné des principes de l’Islam dès son

enfance et c’est sur eux que s’appuieront les convictions et la

philosophie de son existence. Toute sa vie, il sera un fervent opposant

de ceux qui cherchent à pervertir le message de l’Islam pour justifier

des dogmes sévères, l’intolérance et le terrorisme. Selon Cheikh

Zayed, une telle approche ne constitue pas simplement une

mauvaise interprétation du message mais un dramatique contresens.

L’extrémisme, selon lui, n’a pas sa place dans l’Islam. Il souligne au

contraire que :

L’Islam est une religion civilisatrice qui confère à l’homme sa dignité.

Un véritable musulman ne fait pas de mal à autrui. L’Islam est une

religion de tolérance et de pardon, de dialogue et de compréhension,

et non pas de guerre. C’est la justice sociale islamique qui demande

à chaque Musulman de respecter l’autre. Voir en chaque personne,

quelle que soit sa religion ou sa race, une âme chère, est la

caractéristique de l’Islam. C’est ce point précis, indissociable des

principes humanitaires de l’Islam, qui nous en rend si fiers.

Il reconnaît cependant la nécessité non seulement d’éradiquer le

terrorisme, mais également d’en traiter les causes fondamentales.

Aussi, outre la campagne internationale de lutte contre tous les

types de terrorisme, Cheikh Zayed déclarera souhaiter la création

d’une puissante alliance internationale s’efforçant véritablement, en

parallèle, de trouver une solution juste et durable au conflit du

Moyen-Orient.


Cheikh Zayed sera toute sa vie un défenseur infatigable de la

tolérance, du dialogue et d’une meilleure entente entre les

hommes issus de religions différentes, notamment les chrétiens et

les musulmans.

Dans le domaine de la politique étrangère du pays, sa volonté

d’éviter la rhétorique dans la recherché de solutions conduira les

E.A.U. à adopter une approche de recherche de compromis et à

éviter à autant que possible de faire usage de la force, que ce

soit dans les pays arabes ou ailleurs. Par conséquent, sous sa

direction, le pays deviendra un important fournisseur d’aide à

l’étranger, en ce qui concerne le développement d’infrastructures

ou l’aide humanitaire, que ce soit par le biais de canaux civils,

comme pour la reconstruction de l’Iraq après la défaite du

gouvernement de Saddam Hussein en 2003, ou par l’envoi d’unités

militaires issues des forces armées des E.A.U. pour tenir le rôle de

gardiens de la paix, comme cela a été le cas pour le Kosovo à la fin

des années 1990.

Dans le même temps, sous sa direction, les E.A.U. prouveront

qu’ils sont toujours prêts à se battre pour défendre la justice,

comme l’a montré leur participation dans la guerre visant à libérer

le Koweït en 1990–1991.

Cheikh Zayed avec le Roi

Abdallah de Jordanie et le

Président Hosni Moubarak

d’Égypte.

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20

R E V U E A N N U E L L E D E S É M I R AT S A R A B E S U N I E S 2 0 0 8

LE POINT SUR L’ARCHÉOLOGIE

Le domaine d’étude

peut-être le plus

important, à la fois

dans l'émirat de

Sharjah et dans celui

d’Abu Dhabi, du moins

pour la chronologie de

la présence de

l'homme aux E.A.U., a

concerné les traces les

plus anciennes

d'occupation datant du

paléolithique moyen et

du paléolithique

supérieur.

Au cours de la saison archéologique automne-printemps 2006–2007,

le programme habituel de recherche approfondie, mené par des

organisations locales et des équipes universitaires d’autres pays,

s’est poursuivi. À ce programme est venu s’ajouter le nombre

croissant d’études comportant un volet archéologique réalisées dans

l'ensemble du pays dans le cadre d’évaluations d'impact sur

l'environnement et d’études initiales précédant divers programmes

d’aménagement majeurs. Du fait de ce travail, de nombreuses

nouvelles découvertes ont été réalisées, tandis que d’autres travaux

menés sur des sites découverts auparavant ont permis d'approfondir

la connaissance de la préhistoire du pays.

Parmi les événements les plus marquants figure la décision prise par

l'université américaine Yale de reprendre les travaux paléontologiques

dans la région ouest d'Abu Dhabi. Une équipe de Yale s'est

rendue à Abu Dhabi à l'invitation de la Direction de la culture et du

patrimoine d’Abu Dhabi (ADACH) à la fin de l'année 2006 dans le

but de réexaminer tous les sites majeurs comportant des fossiles

datant de la fin du miocène identifiés lors de travaux précédents

menés au début des années 1990 par une équipe conjointe de Yale

et du Natural History Museum de Londres, et lors d’autres travaux

réalisés au cours de la dernière décennie par le Centre d'études

archéologiques des îles d'Abu Dhabi (ADIAS). Un programme de

travaux de terrain complémentaires étalé sur cinq ans devrait

démarrer en décembre 2007.

En termes d'archéologie, le domaine d’étude peut-être le plus

important, à la fois dans l'émirat de Sharjah et dans celui d’Abu

Dhabi, du moins pour la chronologie de la présence de l'homme

aux E.A.U., a concerné les traces les plus anciennes d'occupation

datant du paléolithique moyen et du paléolithique supérieur.

Encore relativement récemment, les sites archéologiques les plus

anciens découverts dataient soit du néolithique soit de la fin de l'âge

de la pierre, leur ancienneté s'échelonnant entre 5500 et 7500

années (soit de 5500 à 3500 av. J.-C.), au début de l'ère géologique

moderne, ou holocène.

Cependant, au début de l'année 2006, des travaux réalisés à

Sharjah par une équipe constituée de membres de la Direction des

antiquités de Sharjah, de l'université allemande de Tübingen et de

l'université britannique d’Oxford, ont permis d'annoncer la découverte

d'outils de pierre datant de l'époque paléolithique au niveau d’un


L ' H I S TO I R E

21

affleurement rocheux se trouvant à l'ouest des Monts Hajar. Cette

découverte a permis de reculer la date de l’apparition de l’homme

dans la région de plusieurs dizaines, si ce n’est de plusieurs centaines

de milliers d’années. Des travaux supplémentaires ont été menés au

début de l'année 2007.

L'examen d'un groupe de sites par l'équipe de Sharjah-Oxford a

permis de mettre en évidence un ensemble de sites bien délimités, sur

lesquels était éparpillé en surface un nombre important d’outils de

pierre. Les outils identifiés dans le cadre de cette étude présentent des

similitudes avec divers objets datant du pléistocène supérieur, ou du

paléolithique moyen et supérieur, découverts entre Oman et la corne de

l'Afrique, suggérant qu’une ‘route méridionale de sortie de l'Afrique’

traversait peut-être la péninsule Arabique méridionale et orientale, par

laquelle les premiers hommes auraient émigré vers l'Asie.

Ailleurs, à Sharjah, l'équipe conjointe Allemagne-Sharjah a continué

à étudier un groupe de sites situés dans le Jebel Faiyah, dans l’un

desquels elle a mis au jour les vestiges d'une industrie lithique

jusqu’alors inconnue datant du paléolithique, qui étaient ensevelis

sous presque un mètre de dépôts stériles formant la base d'une

zone d'occupation néolithique. La datation de la couche paléolithique

est actuellement en cours, afin d'essayer de déterminer à quand

remonte la partie la plus ancienne du site.

Des études menées dans la région ouest de l’émirat d’Abu Dhabi

par l’ADACH en collaboration avec un expert de l’université britannique

de Cambridge, ont également confirmé la présence de matériaux

paléolithiques dans le Jebel Barakah, à l’ouest du Jebel Dhanna. Des

outils de pierre anciens avaient déjà été notés dans cette zone au

début des années 90, mais on leur avait alors attribué une date peu

précise, située entre le paléolithique moyen et le néolithique. Des

études réalisées à la fin de l'année 2006 ont permis d'identifier

deux autres sites, les trois sites connus abritant tous le même type

d'industrie lithique. Les matériaux provenant des trois sites, qui sont

semblables à ceux découverts à Sharjah et en Oman, dateraient du

paléolithique moyen, c’est-à-dire d’il y a de 300 000 à 30 000 ans.

D’autres travaux seront nécessaires pour situer plus précisément

dans le temps cette découverte importante.

La période néolithique des Émirats est aujourd'hui relativement

bien connue. À cette époque, qui a débuté dans la région aux alentours

de 5500 av. J.-C., les habitants des E.A.U. construisaient déjà des

villages importants, comme ceux que l’on a retrouvés sur les îles de

Marawah et Dalma à l’ouest d’Abu Dhabi. Ils se servaient aussi de

Des outils présentant

des similitudes avec

divers objets datant du

pléistocène supérieur,

ou du paléolithique

moyen et supérieur,

découverts entre

Oman et la corne de

l'Afrique, suggérent

qu’une ‘route

méridionale de sortie

de l'Afrique’ traversait

peut-être la péninsule

Arabique méridionale

et orientale, par

laquelle les premiers

hommes auraient

émigré vers l'Asie.

Fouilles en cours de

réalisation à Jebel al-Buhais.

(Dr Sabah Jasim)

@www.uaeinteract.com/uaehistory


22

R E V U E A N N U E L L E D E S É M I R AT S A R A B E S U N I E S 2 0 0 8

Parmi les découvertes

à Akab, une île de

l’émirat d’Umm al-

Qaiwain,, il convient

de citer des hameçons

en nacre, l’une des

plus belles perles de

l’époque néolithique

jamais trouvée dans

les Émirats et des

perles tubulaires en

chlorite et coquillage.

Peigne en ivoire de Dibba,

premier siècle apr. J.-C.

(Dr Sabah Jasim)

poteries importées et de récipients en gypse fabriqués localement,

et commerçaient par les voies maritimes avec la Mésopotamie. Un

certain nombre de nouveaux sites datant de cette période ont été

identifiés l'année dernière, dont l'un d'entre eux, très important, qui

a été découvert à la suite de l’étude d'impact sur l'environnement

réalisée préalablement à la construction de la zone industrielle du

port de Khalifa, au nord-est d’Abu Dhabi.

Les études poursuivies au niveau de sites déjà connus d’Abu

Dhabi ont également donné de bons résultats. Une équipe conjointe

regroupant des membres de l’ADACH ainsi que des personnes de

l’université de Birmingham a entamé une troisième campagne de

travaux au niveau des sites néolithiques voisins d’Umm az-Zamul

dans le sud-est d’Abu Dhabi, et plusieurs nouveaux sites riches en

matériaux ont été découverts. Ces études continuent de fournir des

informations précieuses sur l’occupation du Rub al-Khali (le Quart

vide) il y a entre 6000 et 7500 ans, lorsque de nombreuses zones

désertiques bénéficiaient de précipitations beaucoup plus abondantes

qu’aujourd’hui.

À Akab, une île de l’émirat d’Umm al-Qaiwain, des travaux menés

par une équipe française du CNRS sur un site recensé pour la

première fois en 1989 ont montré que celui-ci avait été occupé à

plusieurs occasions de 4000 à 3500 av. J.-C. environ, soit durant les

500 dernières années de la période néolithique. Peu d’autres sites

couvrant cette période ont été identifiés à ce jour aux E.A.U. et les

travaux supplémentaires réalisés ont permis de recueillir une

quantité importante d’informations. Parmi les découvertes notables,

il convient de citer des hameçons en nacre, d’un type jusqu’alors

inconnu dans le golfe Arabique, l’une des plus belles perles de

l’époque néolithique jamais trouvée dans les Émirats et des perles

tubulaires en chlorite et coquillage. Les habitants du site vivaient de

l’exploitation des ressources maritimes de la lagune adjacente ainsi que

de la pêche en haute mer, le thon étant une espèce particulièrement

prisée.

Ailleurs, à Umm al-Qaiwain, la majorité du littoral de la lagune de

Khor al-Beida a subi les effets des aménagements récents, qui se

sont traduits par la perte d’un certain nombre de zones présentant

un intérêt pour l’archéologie, les promoteurs ne semblant guère

désireux de préserver ni même de faire étudier les sites déjà connus.

Le programme d’aménagement a quand même eu des conséquences

intéressantes puisqu’en procédant au sectionnement d’une grande

partie d’une dune de sable, on a mis à jour un cimetière néolithique


L ' H I S TO I R E

23

qui avait fait l’objet de fouilles pour la première fois à la fin des

années 80. Les examens réalisés par une équipe de l’université

britannique Oxford Brookes ont permis d’identifier une séquence de

6 mètres de stratigraphie à travers la dune, qui s’est formée il y a de

10 000 à 16 000 ans. Le cimetière a maintenant pu être daté plus

précisément à vers 5000–4850 av. J.-C., un dépotoir de coquilles

remontant à une période plus récente du cinquième millénaire av. J.-C.

ayant été retrouvé par-dessus. Suite à l’abandon du site entre la fin

du cinquième et le milieu du quatrième millénaire av. J.-C., il

semblerait que celui-ci ait été à nouveau occupé de 3500 à 3350 av.

J.-C., juste avant le début de la période 'Hafit', l’âge du bronze aux

E.A.U. Seul un très petit nombre de sites datant du quatrième

millénaire av. J.-C. ont été recensés à ce jour aux Émirats, et ce site,

tout comme celui d’Akab, devrait permettre de mieux comprendre

cette période méconnue de l’histoire des E.A.U.

Au sud d’Umm al-Qaiwain, une zone comportant de nombreux

dépotoirs de coquilles située à Hamriyyah, dans l’émirat de Sharjah,

a été étudiée par une équipe conjointe de la Direction des antiquités

de Sharjah, du Bryn Mawr College aux États-Unis et de l’université

allemande de Tübingen. Même si ce site avait été remarqué

auparavant par les chercheurs, l’ampleur et la chronologie de ces

dépotoirs ne sont apparues clairement qu’après une étude exhaustive

de sa topographie et des objets qu’il renfermait. À ce jour, près de

100 hectares d’occupation ancienne ont été cartographiés, et les

diverses découvertes et données obtenues au moyen de la datation

au carbone 14 indiquent que cette zone aurait été exploitée

depuis la période néolithique jusqu’à une époque récente, la période

d’exploitation la plus intensive correspondant à la deuxième partie de

l’âge du fer, soit de 1100 à 600 av. J.-C. environ.

La même équipe a également repris ses fouilles au cours de

l’hiver 2006–2007 sur le site majeur de Tell Abraq, à la frontière

entre Sharjah et Umm al-Qaiwain. Fouillé pour la première fois vers

la fin des années 1980 et le début des années 1990 par une équipe

de l’université de Sydney (Australie), le site de Tell Abraq a été

occupé pendant plus de 3000 ans, du début de l’âge du bronze

jusqu’au début de l’ère chrétienne. L’un des objectifs de cette

nouvelle recherche, conduite parallèlement à l’étude du site de

Hamriyyah, est d’évaluer les modifications environnementales et

l’évolution du littoral, de l’époque néolithique à nos jours.

En dernier lieu, des recherches supplémentaires concernant la

période néolithique ont été entreprises par la Direction des antiquités

Les aménagements

résidentiels d’Umm al-

Qaiwain ont permis de

mettre à jour un

cimetière datant du

néolithique qui, tout

comme le site d’Akab,

aide à mieux

comprendre cette

période méconnue de

l'histoire des E.A.U.

Le site de Tell Abraq fut

occupé pendant plus de

3000 ans, du début de l’âge

du bronze au début de l’ère

chrétienne.

@www.uaeinteract.com/archaeology


24

R E V U E A N N U E L L E D E S É M I R AT S A R A B E S U N I E S 2 0 0 8

Tombe souterraine datant du

deuxième millénaire à Jebel

al-Buhais.

(Dr Sabah Jasim)

Les travaux de

recherche

archéologique qui ont

eu lieu au site du

grand village datant de

l’âge du fer qui se

trouve à Muwailah,

près de l’aéroport

international de

Sharjah, ont permis de

recueillir des

informations utiles et

nouvelles sur le rôle de

Muwailah en tant que

centre de production

potière et de pôle

d’échange au niveau

régional et

interrégional.

de Sharjah et l’université de Tübingen au Jebel Faiyah, au sud de

Dhaid. On sait déjà que l’extrémité nord du jebel a joué un rôle

important dans l’extraction de silex brut pendant la période néolithique,

et plusieurs sites de fabrication d’outils et d’habitation ont maintenant

été recensés, de même que des sépultures datant de l’âge du fer.

Comme nous l’avons observé plus haut, des objets de l’époque

paléolithique sont également présents sur l’un des sites, enfouis

sous les niveaux d’occupation néolithique.

En ce qui concerne l’âge du bronze, qui aux Émirats s’est étendu

de 3000 à 1300 av. J.-C., l’étude par la Direction des antiquités de

Sharjah et l’université de Tübingen d’un site de fonte du cuivre situé

dans la zone de Wadi Helou, profondément encastré dans la montagne,

a permis de faire une découverte remarquable, celle d’une barre de

cuivre semi-sphérique pesant près de cinq kilogrammes. L’exploitation

du minerai de cuivre à cet endroit semble avoir eu lieu à deux

périodes, pendant l’âge du bronze, il y a environ 4000 ans, et au cours

de la période islamique.

De nombreux sites d’exploitation du cuivre ont été identifiés dans

les montagnes de Fujaïrah, Sharjah et Ra's al-Khaimah, y compris

plusieurs découverts seulement en juin 2007, au cours d’une

évaluation d'impact sur l'environnement précédant l’installation

d’un gazoduc reliant Abu Dhabi à Fujaïrah, mais le site de Wadi

Helou est le premier site émirien d’exploitation du cuivre datant de

l’âge du bronze à faire l’objet d’une étude scientifique détaillée.

À Sharjah, celui des sept émirats qui bénéficie probablement du

programme de recherche archéologique le plus important, de nouveaux

travaux ont eu lieu au site du grand village datant de l’âge du fer qui se

trouve à Muwailah, près de l’aéroport international de Sharjah. Menés

par une équipe regroupant des membres de Bryn Mawr College aux

États-Unis et de la Direction des antiquités de Sharjah, ces travaux ont

permis de recueillir des informations utiles et nouvelles sur le rôle

de Muwailah en tant que centre de production potière et de pôle

d’échange au niveau régional et interrégional, et ont également

permis d’expliquer pourquoi le site de Muwailah s’était développé si

rapidement en une période relativement brève. Fondé vers le IX e siècle

av. J.-C., le site a été ravagé par un incendie entre 800 et 600 av. J.-C.,

vraisemblablement vers 800–750 av. J.-C. Les raisons de sa destruction

ne sont pas encore connues, mais celle-ci pourrait être liée à une

invasion militaire dans une autre partie de la région.

Si les études concernant des sites archéologiques particuliers sont

importantes pour comprendre le passé des E.A.U., celles qui portent


L’étude de sites particuliers peut permettre de comprendre

l’évolution des peuplements sur plusieurs centaines et

milliers d’années aux E.A.U.


26

R E V U E A N N U E L L E D E S É M I R AT S A R A B E S U N I E S 2 0 0 8

Les changements qui

influencent l’évolution

des peuplements sur

plusieurs centaines et

milliers d’années

peuvent être liés aux

changements

climatiques, à

l’évolution du littoral

ou aux facteurs

économiques inhérents

aux bouleversements

politiques de la région

dans son ensemble,

englobant la péninsule

Arabique, l’Iraq, l’Iran

et le Pakistan.

sur des régions, dont la fonction est de montrer l’évolution des

peuplements sur plusieurs centaines et milliers d’années, ont

également leur intérêt. Les changements qui apparaissent peuvent

bien sûr être liés à des facteurs divers, y compris les changements

climatiques, l’évolution du littoral ou les facteurs économiques

inhérents aux bouleversements politiques de la région dans son

ensemble, englobant la péninsule Arabique, l’Iraq, l’Iran et le Pakistan.

Une étude de ce type a été menée par un groupe d’étudiants de

l’université Zayed à Dubaï, en collaboration étroite avec le Musée

national de Ra's al-Khaimah, sur la région de Ghalilah, dans le nord

de Ra's al-Khaimah, qui est habitée depuis au moins le début de

l’âge du bronze.

Une autre étude, menée dans la région du Wadi Baggara au sud

de Ra's al-Khaimah dans le cadre d’une évaluation d'impact sur

l'environnement avant la construction d’un gazoduc, a permis

d’identifier une zone importante de peuplement qui semble avoir

été abandonnée il y a de 200 à 300 ans. Après avoir consulté un

habitant, on a conclu que ce village aurait été abandonné à la suite

d’une épidémie dévastatrice qui aurait décimé pratiquement toute

la population – une indication que les facteurs liés à la santé humaine

peuvent également avoir une incidence sur les caractéristiques de

l’habitat.

Une bonne partie des travaux archéologiques menés au cours de

l’année passée est portée à l’attention des milieux universitaires

internationaux par le biais de publications et de conférences, et sept

articles et communications sur les récentes découvertes réalisées aux

E.A.U. ont été présentés lors du Séminaire annuel des études arabiques

qui s’est tenu en juillet 2007 à Londres ; il s’agit de la plus importante

rencontre annuelle concernant l’archéologie de la péninsule.

Plus près de chez nous, la première Exposition archéologique du

CCG a eu lieu au Centre des expositions de Fujaïrah en novembre et

décembre 2006. L'exposition, au cours de laquelle ont été présentés

mille trésors culturels et historiques de la région, a attiré plus de 40

000 visiteurs venus des E.A.U. et des pays avoisinants.

Les recherches scientifiques et les études préliminaires réalisées

préalablement aux nouveaux développements ont continué au cours

de l'année passée à éclairer d'un jour nouveau l'histoire ancienne des

Émirats. Bien que l'ensemble du pays ait les yeux fermement tournés

vers l'avenir, les recherches en cours sur le passé devraient continuer

à produire des résultats significatifs au cours des années à venir.

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