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L’avenir de l’alimentation et des petits producteurs

consommateurs afin de rassembler leurs forces. Nos collègues du Népal ont exprimé

un souci, le non renouvellement des générations dans l’agriculture, problème

éminemment social. Hans von Essen insiste sur le fait que les agriculteurs du monde

entier doivent être encouragés à reprendre le pouvoir qui leur appartient. L’opinion

publique générale, c’est-à-dire celle des consommateurs, est également cruciale pour

aller dans ce sens. Hetty souligne que nous devrions travailler à reprendre le pouvoir

afin de faire de meilleurs choix concernant ceux qui produisent notre alimentation ainsi

que relativement à ce que nous mangeons. Il serait en effet préférable d’avoir le choix

entre une large gamme de produits plutôt que de continuer à fonctionner avec des

régimes alimentaires basés sur le sucre et les corps gras, régimes alimentaires typiques

de la culture occidentale.

Tout le monde ne voit pas la chose de manière aussi positive, comme toujours. John Turner

par exemple explique que : « C’est facile d’imaginer qu’avec la richesse de la connaissance

qu’ils ont des plantes, des animaux et des champs, du temps, des nuisibles et des

maladies, les agriculteurs devraient être en position de contrôle pour assurer un avenir

durable à leurs fermes et à eux-mêmes. Mais les exemples d’agriculteurs travaillant

ensemble et se supportant mutuellement constituent une exception plus qu’une norme.

Les échanges entre les groupes d’agriculteurs à travers le monde tendent à être soit

indirects, soit inexistants, laissant ceux qui profitent du système alimentaire créer des

barrières entre agriculteurs et entre pays. »

De nombreux participants de toutes les parties de l’Amérique parlent aussi du

manque d’organisation et de solidarité entre les paysans. Le résultat de ce manque

de solidarité est que les paysans n’ont pas de voix dans le gouvernement ce qui a pour

conséquence la non représentativité des paysans dans les politiques agricoles et de

développement.

La manière dont le statut d’agriculteur est reconnu et avec laquelle le modèle agricole

est promu par le gouvernement est un élément central dans les politiques destinées à

aider les agriculteurs à accéder à la terre et à l’installation. En France, le statut des

agriculteurs est strictement défini : besoin d’un certain niveau d’éducation, d’une

surface minimum d’installation (chaque département français fixe son propre

minimum). C’est seulement lorsque ces conditions sont réunies que l’agriculteur a le

droit d’accéder aux aides dont il a besoin pour s’installer et d’avoir accès aux droits

sociaux. Martine Bégné regrette que « les petits producteurs n’intéressent personne.

Dans le système français, on est rien du tout. Il faut voir comment les responsables

agricoles et le gouvernement parlent de nous. Il y a les vrais agriculteurs, puis le reste,

partie négligeable ». En France, plus d’un tiers des fermes sont considérées comme

« fermes non professionnelles».

[...] L’accès à la terre est probablement l’obstacle le plus important pour les

petits producteurs. Dans ma région de polyculture élevage, pourtant riche

en petits producteurs, les terres libres sont allouées en priorité aux plus

offrants, en second lieu aux jeunes qui s’installent dans des exploitations

“viables” (comprenez : au moins 100 ha), et en dernier lieu aux “autres”,

pas forcément petits producteurs mais considérés comme économiquement

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