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L’avenir de l’alimentation et des petits producteurs

Infrastructure

Une fois encore, les manques du gouvernement, cette fois en matière d’investissement

dans les infrastructures rurales, ont été un thème qui est beaucoup ressorti du forum

espagnol. Comme Monsieur Martinez du Nicaragua le note, « les plans de développement

national n’envisagent pas de créer une infrastructure dans les zones rurales, comme des

routes, des unités de production d’énergie et des puits, etc. ».

Le manque de crédit – ou de crédits à long terme et avec des faibles taux d’intérêt – est

un problème significatif pour les paysans. Comme beaucoup d’entre eux n’ont pas de titres

notariés pour leurs terres, ils ne peuvent pas l’utiliser en parallèle (même si les crédits sont

valables). A cause de cela, ils sont dans l’impossibilité d’investir dans leurs fermes ou sur

leurs terres, ce qui les empêche de faire d’utiles transactions.

Je ne sais si nous avons une vision de l’avenir “un jour couleur d’orange” avait

écrit Aragon. Par contre nous subissons le présent [...]. [Et] de toute évidence

les petits producteurs n’intéressent personne. Dans le système français, on est

rien du tout. Il fallait voir à l’issue du dernier recensement agricole comment les

responsables agricoles le commentaient. Il y avait les vrais agriculteurs, puis le

reste, partie négligeable. Personne n’a envie de leur réserver des terres ! La

concentration des terres entre les mains de quelques agriculteurs constitue bien

un des premiers obstacles – pour les petits producteurs – à la mise en place

d’une agriculture différente, limitée dans l’espace, qui vise la qualité dans une

commercialisation de proximité et non la quantité dans une distribution

anonyme. Cette pénurie de terre empêche bien évidemment l’installation de

nouveaux agriculteurs.

Je dirais que la deuxième difficulté est d’ordre financier (là je reconnais que

c’est plutôt un problème spécifique aux pays riches). L’installation en agriculture

suppose un minimum de moyens (matériels, outils, bâtiments) même pour un

petit projet comme cela est mon cas. A moins d’avoir un pécule personnel, il

faut trouver de l’argent, des financements, bref aller voir les banques. Si les

banques se montrent accueillantes, bienveillantes à l’écoute des projets, peu

critiques en réalité (elles sont habituées à ce que les paysans s’endettent), au

premier incident elles ne manquent pas de rappeler les règles qui les régissent.

Je pense que toute installation en agriculture devrait être aidée, subventionnée,

non pas en signant un chèque en blanc ; au contraire en étudiant la faisabilité

du projet, ses débouchés possibles, ses apports agricoles mais aussi

environnementaux, écologiques, sociaux, humains. Les porteurs de projets

(surtout les petits porteurs de projets) ont besoin d’être encouragés en leur

réservant des terres et des financements. Les communes pourraient jouer ce

rôle-là pour susciter l’installation d’agriculteurs et revivifier l’espace rural

autrement que par la résidence secondaire qui d’autre part stimule la hausse

des prix (terres et habitats). [...]

Martine Bégné – « Un jour couleur d’orange »

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