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L’avenir de l’alimentation et des petits producteurs

Que tout doive changer signifie aussi mettre l’homme au centre des

préoccupations politiques et non le capital. En effet, comment envisager un

avenir pour les petits producteurs dans le cadre d’un système qui nie l’être

humain et qui ne glorifie que l’argent De la même manière, les chômeurs, les

pauvres peuvent-ils se projeter dans l’avenir Je pense qu’il faut instaurer

d’autres règles que celles qui régissent notre système actuel, abolir l’OMC, ne

plus centrer l’agriculture sur le profit. Tous les êtres humains devraient avoir un

revenu minimum qui leur permette de vivre (manger, se loger, s’éduquer, se

soigner) c’est-à-dire rendre vrai le précepte philosophique “tous les hommes

naissent libres et égaux”. [...]

On en arrive à l’éducation, clé de voûte du changement ! Non pas savoir

beaucoup de choses mais apprendre à observer, réfléchir, penser, critiquer les

évidences, accepter les différences, remettre en cause l’idéologie dominante, la

pensée unique celle qui nous forge à notre insu sous prétexte d’impartialité.

Rien n’est pire que de ne jamais douter, ne pas se poser de questions : quel que

soit le sujet ! Moi je suis d’accord : la formation des paysans doit se faire sur le

terrain. A ce propos pourquoi dans les écoles maternelles et primaires situées en

campagne les enfants n’apprendraient-ils pas à cultiver des légumes, élever des

animaux comme Jean-Jacques Rousseau le préconisait dans son ouvrage Emile

ou de l’éducation à la fois pour valoriser des métiers plus manuels et faire le

lien entre agriculture et environnement, pratique et théorie Dans cette optique

d’une éducation ouverte et permanente, il est nécessaire d’informer et de former

le consommateur ! Qu’il sache comment un blé est produit, avec quels

traitements chimiques ou non, si l’agneau, la volaille qu’il achète a mangé du

soja transgénique ou non ; sans perdre de vue qu’à terme ce qu’il faut pour

changer vraiment c’est éliminer l’agriculture industrialisée, en la pénalisant dans

un premier temps pour décourager ses partisans. Par exemple pourquoi ne pas

écrire comme sur les paquets de tabac “les produits utilisés tuent” [...]

Martine Bégné – Mettre l’homme au centre des préoccupations

Davantage de dialogue entre agriculteurs

La plupart des participants s’accordent sur la nécessité de plus d’échanges d’informations.

En permettant aux agriculteurs de partager leur expérience, ils peuvent apprendre les uns

des autres et se comprendre, travailler ensemble et développer les moyens d’affronter les

politiques agricoles existantes qui les affectent plus particulièrement. Cela devrait

également servir à promouvoir et à célébrer la diversité plutôt qu’un modèle agricole

unique. Laxmi Prasad Pant écrit que les réseaux d’agriculteurs doivent inclure les partisans

les plus puissants des petits agriculteurs pour initier une communication ou une

négociation qui ait un sens entre ceux qui ont du pouvoir et ceux qui en sont dépourvus.

Le seul problème, conclut-il, réside dans la question de savoir qui devrait faciliter ce

processus de négociation. Le forum espagnol note qu’il est important de partager

l’information entre et à l’intérieur des pays – mais il n’y a pas de suggestion sur la manière

d’y parvenir – même si les Brésiliens organisent une marche pour la réforme agraire au

mois de mai 2005.

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