IIED farmers text french.qxd - aGter

agter.asso.fr

IIED farmers text french.qxd - aGter

L’avenir de l’alimentation et des petits producteurs

information est nécessaire. Sur la nécessité de partager l’information, un participant

mentionne la possibilité d’utiliser la radio comme moyen de diffuser des informations sur les

marchés, les prix, etc.

A la fin des années 1980, le GRADEL (Groupe d’échanges sur l’agriculture

durable et l’économie locale) s’est interrogé sur le modèle dominant en

production laitière (hors sol, ray-grass ensilé, non- pâturage), à la suite de

plusieurs constats d’ordre économique et écologique : effets de la sécheresse,

mise en œuvre des quotas laitiers, dégradation de l’environnement (pollution des

eaux en particulier). Le groupe s’est fixé l’objectif de maximiser le pâturage et

de cultiver des prairies associant fétuque, ray grass anglais et trèfle. Nous

souhaitions atteindre trois quarts de la ration annuelle récoltée par pâturage.

Ainsi, les apports d’engrais azoté sont passés de 600kg/ha en 1985 à

quasiment zéro en 2002. De même, les achats de tourteaux de soja ont chuté.

Economiquement, les résultats de notre groupe, en comparaison avec le Réseau

d’information comptable agricole, s’avèrent tout à fait positifs. Le nombre

d’actifs est supérieur, la surface par actif est, elle, inférieure. Alors que le

produit par actif est plus faible, le revenu par unité de main d’œuvre est

supérieur. Nos exploitations maîtrisent mieux leurs consommations

intermédiaires et leurs investissements (les bêtes restent très peu à l’étable). Le

capital par unité de travail humain est bien inférieur à la moyenne régionale.

Enfin, notre consommation de fuel stagne depuis 10 ans. Notre système

rémunère plus le travail que le capital. Nous observons également que nos

conditions de travail s’améliorent. Nous devons moins subir de pointes de

travail, car celui-ci s’étale tout au long de l’année. Remettre en question le

système de production en valorisant davantage le potentiel agronomique de sa

ferme amène le groupe à se réapproprier l’outil de travail. Bref, notre système

rémunère plus le travail que le capital.

Denis Gaboriau – Il est possible de sortir d’un système d’élevage intensif

Les participants reconnaissent que la science, la technologie et l’innovation ont eu

un impact important sur les moyens de subsistance des petites exploitations

familiales et des peuples indigènes. La plupart conviennent que la technologie et

l’innovation ont le potentiel d’être les éléments clés d’une prospérité future et d’une

qualité de vie, mais seulement s’ils sont intégrés au renforcement du pouvoir des

communautés. Les politiques institutionnelles sont une condition requise pour cela,

car elles poussent les petits agriculteurs et leurs institutions dans le courant

dominant de la recherche agricole et du développement. En pensant à l’innovation

et à la technologie, un point de vue a été soulevé selon lequel l’innovation n’existe

pas seulement au sein des institutions scientifiques, mais qu’elle est aussi possible

au sein des communautés agricoles. Un membre du forum a également avancé l’idée

selon laquelle la technologie n’était pas comparable à la science. Comme Peter Ooi

l’explique d’ailleurs : « La science est la création du savoir et la chose la plus

importante est le renforcement du pouvoir qui provient de l’accès à ce savoir. » La

technologie est la production de recommandations basées sur les positions

35

More magazines by this user
Similar magazines