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L’avenir de l’alimentation et des petits producteurs

d’échange commerciaux et les monnaies locales. Il souligne cependant la menace des

grosses entreprises qui, sentant ce potentiel de croissance rapide, pénétreraient dans

ces domaines pour en prendre le contrôle.

Il est clair que les petits producteurs doivent s’organiser eux-mêmes pour obtenir la masse

critique nécessaire pour vendre leurs produits avec plus d’efficacité mais ils ont également

besoin de soutien de la part du gouvernement pour atteindre ce but. Les participants du

Nicaragua en particulier, précisent que le gouvernement doit changer la loi pour faciliter le

marché, et, les participants de la République dominicaine pensent qu’il est urgent de

changer la loi de telle sorte que le processus de certification des petits producteurs ne soit

pas trop cher.

La production biologique est plus adaptée aux moyens des petits producteurs

Quoique les petits agriculteurs perçoivent les bénéfices du passage en « bio » sur la

santé et sur l’environnement, ils en sont dissuadés financièrement car c’est un

processus coûteux d’obtention de certificat et d’étiquetage qui signifie des coûts

supplémentaires, rendant les agriculteurs encore moins compétitifs. Cette situation

paradoxale a poussé Roberto Verzola des Philippines à proposer un changement

radical à ce système. Sa proposition consiste en un changement du contexte

économique, de telle sorte que les produits qui ont été cultivés avec des intrants

chimiques soient étiquetés avant d’être vendus sur le marché. Cela changerait le

contexte économique même dans lequel l’agriculture biologique entre en concurrence

avec l’agriculture chimique. « Cela ferait de l’agriculture biologique le système

agricole de base en agriculture. Ceux qui sortent de ce système et pulvérisent leurs

cultures avec des substances toxiques doivent être obligés d’en informer les

consommateurs. Ils supportent alors la charge des tests, de l’étiquetage, de

l’obtention d’un certificat, etc. ». Il faut donc suivre les prescriptions de l’Union

européenne car l’obligation d’étiqueter les produits ayant subi des traitements

chimiques dépend de ces prescriptions (législations). L’étiquetage et la traçabilité des

aliments génétiquement modifiés sont obligatoires. Etant donné que ces aliments

diffèrent de l’approche « normale/conventionnelle/sans ajout » en agriculture et que

de ce fait, les consommateurs ont le droit d’en être informés, ces produits doivent

également être contrôlés à long terme en raison d’éventuels effets sur la santé. Au

Népal, cependant, la voie vers l’obtention d’un certificat en agriculture biologique a

inévitablement créé des processus bureaucratiques compliqués, comme le rapporte

Ram Chandra Khanal.

Hans von Essen propose une stratégie alternative pour l’obtention d’un certificat en

agriculture biologique. Puisque « l’attribution d’un certificat » relève par définition du

pouvoir d’une entité nationale, créer une marque locale en agriculture biologique éviterait

des dépenses bureaucratiques inutiles. Si un groupe d’agriculteurs peut s’accorder sur ses

propres règles de production – par exemple pas d’organismes génétiquement modifiés, pas

de pesticides, seulement des produits de haute qualité à offrir à la vente à l’extérieur du

village – ce groupe peut « créer » une marque locale et la mettre sur le marché. Hans

pense que les connections personnelles et les processus sociaux locaux sont les clés pour

créer de nouvelles opportunités économiques.

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