Procédure de qualification Gestionnaire du commerce ... - Sec Suisse

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Procédure de qualification Gestionnaire du commerce ... - Sec Suisse

Procédure de qualification

Gestionnaire du commerce de détail CFC

LANGUE NATIONALE LOCALE – FRANÇAIS

Examen oral

Texte 1, 2012

La réputation virtuelle a désormais un prix: elle coûte 9,90 euros par mois

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Un groupe d’assurance suisse vient de lancer en France une assurance qui met à la disposition des

particuliers les moyens financiers, juridiques et techniques pour les protéger en cas d’atteinte à leur

réputation sur internet. « Notre produit est une vraie innovation ; il n’en existe, à notre connaissance,

pas d’équivalent dans le monde », souligne Patrick Réveillon, chef de la communication pour la filiale

française de ce groupe d’assurance. Proposée depuis la mi-juin, cette police a déjà « engendré

beaucoup d’intérêt », poursuit le porte-parole, « même si un travail didactique important devra encore

être fait avant que les internautes » réalisent l’ampleur des risques qu’ils encourent.

Selon un sondage réalisé pour ce groupe d’assurance suisse en mai dernier, près de la moitié des

utilisateurs de la Toile redoutent les conséquences d’une diffusion à grande échelle d’informations les

concernant. Or, plus de 70 % d’entre eux ne savent pas comment supprimer des données

personnelles publiées à leur insu. Baptisé « e-reputation », le nouveau produit allie « une prestation

de conseils juridiques et une prestation de nettoyage des traces indésirables sur internet », explique

M. Réveillon. L’assurance couvre aussi bien les risques de publications de données privées que

l’usurpation d’identité et la diffamation.

Concrètement, si le client est touché par un préjudice couvert par son contrat, il le déclare à un

gestionnaire de sinistres mandaté par un groupe d’assurances suisse et une agence « pionnière dans

la gestion de l’e-réputation » va, dans un premier temps, s’occuper de la suppression et du nettoyage

des informations qui traînent sur la Toile. Si besoin est, un avocat est ensuite engagé pour mener une

action en réparation. Au total, l’assureur garantit une prise en charge (maximale) de 10 000 euros. Le

lancement de l’assurance « e-reputation » fait couler pas mal d’encre dans le milieu suisse des

technologies de l’information. Les experts s’attendent en effet à ce que ce produit débarque

prochainement en terres helvétiques. « Les possibilités d’extension à l’international sont à l’étude »,

se contente de dire le porte-parole du groupe d’assurance pionnier en la matière. Selon Sébastien

Fanti, avocat spécialisé dans le droit des nouvelles technologies, cette assurance a flairé le bon filon,

qui lui permet de se profiler sur un marché extrêmement porteur et rémunérateur. « D’autres

compagnies et intervenants du web ont annoncé leur intention » d’emboîter le pas à ce groupe

d’assurances suisse, donc « la concurrence sera féroce ! »

Reste que, de l’avis de M. Fanti, débourser une dizaine d’euros par mois pour une telle assurance

présente « un intérêt des plus limités ». Et d’expliquer que la couverture n’est pas assez large: elle ne

comprend ni les litiges découlant de la vie professionnelle, ni une prise en charge maximale suffisante

en cas de préjudice particulièrement important, tel qu’«une campagne de dénigrement ayant créé le

buzz ». David Scholberg, directeur d’une société dédiée au marketing digital, juge pour sa part que

l’« e-reputation » va cartonner, « car les utilisateurs d’internet qui n’y connaissent rien ont besoin

d’être rassurés ». Or, rappelle-t-il, les mentions négatives « ne concernent que 10 % des

internautes », alors que la Toile regorge de dangers autrement plus importants.

« Ne pas être visible du tout sur internet, c’est le principal risque ! En période de recherche d’emploi,

il est essentiel de se créer une image digitale positive ! » En lieu et place d’une assurance,

M. Scholberg préconise donc la création de services aidant les privés à se profiler sur le web, à

l’image de ce que propose son entreprise pour les managers.

D’après Patricia Michaud, La liberté, août 2011

Délai de libération :

Cette série d'examen ne doit pas être utilisée comme exercice avant le

1 er janvier 2013

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CSFO, Unité procédures de qualification, Berne


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LANGUE NATIONALE LOCALE – FRANÇAIS

Examen oral

Texte 2, 2012

Vous avez dit vie privée

Qui ose encore soutenir que les réseaux sociaux sont virtuels En tout cas, sûrement pas ces deux

employés de la société Alten, enfin plutôt ex-employés, puisque le conseil des prud'hommes de

Boulogne-Billancourt, en France, vient de valider leur licenciement.

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Ils sont en effet accusés d'avoir critiqué leur hiérarchie lors d'un échange sur leur page Facebook.

Pour mériter une sanction aussi terrible, on s'attend à ce qu'ils se soient laissé aller à des injures

odieuses, des propos racistes, ou des délires montrant une atteinte grave à leur santé mentale. Que

nenni, c'est pour quelques phrases à l'humour un peu acerbe que ces ingénieurs se sont vus indiquer

la porte.

De surcroît quelques phrases lâchées un samedi soir, en 2008. Tout le monde pourra convenir que le

samedi soir est rarement l'heure des grandes réflexions métaphysiques. C'est le moment où la

pression de la semaine s'évacue parfois autour d'une bonne tablée, un, deux verres, une poignée de

cacahuètes, un comparse qui a la blague facile. Si tout ce qui se disait dans ces moments là devait

être répertorié par les services secrets et crié sur tous les toits, il y a bien longtemps que les trois

quarts de la population de la planète seraient terrés chez eux, barricadés derrière des murs antibruit

et des vitres à triple vitrage.

Bref, ces collègues se retrouvent à discuter sur Facebook depuis leur domicile respectif. Voilà que

l'un d'eux, visiblement irrité par les remarques de ses supérieurs hiérarchiques, se plaint en disant

faire partie d'un « club des néfastes ». Outre son côté dialogue d'Audiard, on ne peut pas dire que

l'expression soit des plus ordurières. Là, deuxième couche, les deux autres semblent approuver cette

vision des choses et postent à leur tour un très correct « bienvenu au club ». La discussion aurait pu

s'arrêter ici, au bout de six lignes, après de banals propos à l'inconsistance navrante, comme bien

souvent sur internet, et s'enfoncer progressivement en bas de la page, que plus personne, en

général, ne lit.

Mais voilà. Un quatrième homme, appartenant à la même société, débarque lui aussi sur Facebook.

Détail qui a son importance, ce nouveau protagoniste est plus ou moins ami avec les trois individus

dont nous venons de suivre les performances sur la toile. Plus ou moins ami en effet, car découvrant

les notifications récentes, et tombant sur l'échange qui vient d'avoir lieu, il prend soin de tout copier

par une simple capture d'écran pour en faire part à la direction le moment opportun. Licenciés sur le

champ pour « incitation à la rébellion » et « dénigrement de l'entreprise », deux des auteurs de ce

micro pamphlet décident alors de porter l'affaire devant les prud'hommes. Avec l'issue que l'on

connait.

Si les avocats des ex-employés annoncent vouloir faire appel, il faut avouer que le risque de voir ce

dossier faire jurisprudence est grand. Et plus qu'inquiétant. La notion de vie privée sur les réseaux

sociaux semble encore à définir, ainsi que le degré de liberté d'expression qui peut y être accepté.

Facebook vient justement de lancer de nouveaux paramètres permettant de classer ses contacts en

plusieurs cercles d'amis, afin de limiter l'accès de certaines informations aux connaissances les

moins intimes. Quoi qu'il en soit, ne jamais oublier que sur Facebook, « ami » est une définition à

spectre très, très large.

Alain Poinsot, Coopération, novembre 2011

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Examen oral

Texte 3, 2012

Le cancre contemporain

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Maximilien est la figure du cancre contemporain. Entendre parler de l'école aujourd'hui, c'est

essentiellement entendre parler de le lui. Douze millions quatre cent mille jeunes Français sont

scolarisés chaque année, dont environ un million d'adolescents issus des immigrations. Mettons que

deux cent mille soient en échec scolaire rédhibitoires. Combien sur ces deux cent mille ont-ils basculé

dans la violence verbale ou physique (insultes aux professeurs, dont la vie devient un enfer,

menacés, coups, déprédation de locaux...) Le quart Cinquante mille Admettons. Il s'ensuit que

sur une population de douze millions quatre cent mille élèves, 0,4 % suffisent à alimenter l'image de

Maximilien, le fantasme horrifiant du cancre dévoreur de civilisation, qui monopolise tous nos moyens

d'information dès qu'on parle de l'école, et enfièvre toutes les imaginations, y compris les plus

réfléchies.

Supposons que je me trompe dans mes calculs, qu'il faille multiplier par deux ou par trois mes 0,4 %,

le chiffre demeure dérisoire et la peur entretenue contre cette jeunesse parfaitement honteuse pour

les adultes que nous sommes.

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Adolescent issu d'une cité ou d'une quelconque barre des quartiers périphériques, Black, Beur ou

Gaulois relégué, grand amateur de marques et de téléphones, électron libre mais qui se déplace en

groupe, encapuchonné jusqu'au menton, taggueur de murs et de RER, amateur d'une musique haché

aux paroles vengeresses, parlant fort et réputé taper dru, présumé casseur, dealer, incendiaire ou

graines d'extrémistes religieux, Maximilien est la figure contemporaine des faubourgs d'antan ; et

comme naguère le bourgeois aimait à s'encanailler dans les guinguettes du bord de Marne hantées

par les apaches, le bouffon d'aujourd'hui aime à côtoyer Maximilien, mais en image seulement, image

qu'il cuisine à toutes les sauces du cinéma, de la littérature, de la publicité et de l'information.

Maximilien est à la fois l'image de ce qui fait peur, et celle de ce qui fait vendre, le héros des films les

plus violents et le vecteur des marques les plus portées. Si, physiquement (l'urbanisme, le coût

immobilier et la police y veillent), Maximilien est confiné aux marges des grandes villes, son image,

elle, est diffusée jusqu'au cœur le plus cossu de la cité, et c'est avec horreur que le bouffon voit ses

propres enfants s'habiller comme Maximilien, adopter le sabir de Maximilien, et même, comble de

l'épouvante, accorder sa voix aux sons émis par la voix de Maximilien !

De là à hurler à la mort de la langue française et à la fin prochaine de la civilisation, il n'y a qu'un pas,

vite franchi, avec une peur d'autant plus délicieuse qu'au fond de soi c'est Maximilien que l'on sait

sacrifié.

Daniel Pennac, Chagrin d'école

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Texte 4, 2012

L’école où les garçons jouent à la poupée

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Vue de l’extérieur, l’école maternelle Egalia, à Stockholm, ressemble à toutes les autres. Mais, en

regardant de plus près, vous pouvez noter une différence de taille. Les livres y ont été sélectionnés

avec soin afin d’éviter les représentations traditionnelles de l’homme et de la femme. Fini les contes

tels que La Belle au bois dormant, place à l’histoire de deux girafes qui trouvent un bébé crocodile et

décident de l’adopter. Si l’on retrouve ici la plupart des jouets habituellement présents dans n’importe

quelle école, ils sont toutefois délibérément disposés côte à côte pour encourager les enfants à

prendre les jouets qui les attirent. Les petits garçons sont libres de se déguiser et de jouer avec des

poupées. Selon la directrice, Lotta Rajalin, il s’agit d’offrir aux enfants une plus large palette de choix.

« Nous voulons leur montrer tout ce que la vie peut avoir à offrir, pas uniquement la moitié »,

explique-t-elle. Cette idée tient visiblement à cœur de tout le personnel éducatif. « Je veux faire

évoluer la société », explique Emelie Andersson, 27 ans, qui vient de finir sa formation d’éducatrice.

La jeune femme a choisi de travailler à Egalia précisément pour sa politique en faveur de l’égalité des

sexes. « Dans notre société, dès leur naissance, les enfants font l’objet d’attentes différentes selon

qu’ils sont fille ou garçon. Cela les limite. Pour moi, il n’existe pas de « monde pour les filles », ni

de « monde pour les garçons ». » N’est-il pas déroutant néanmoins pour un enfant de brouiller ainsi

la frontière entre les sexes Cette critique, Lotta Rajalin, la directrice d’Egalia, l’a déjà entendue de

nombreuses fois et elle la conteste fermement. « Toutes les filles savent qu’elles sont des filles et les

garçons savent qu’ils sont des garçons. Nous ne touchons pas à l’identité sexuelle biologique des

enfants mais à la question sociale. »

Pourtant, le pays prend ces questions très au sérieux. A présent, les écoles suédoises accueillent de

plus en plus de spécialistes de la problématique hommes-femmes et la lutte contre les discriminations

de tout type est inscrite au programme scolaire. La Suède est souvent citée en exemple quand il

s’agit de parité, mais certains Suédois estiment que leur pays est allé trop loin. « Les spécialistes des

relations hommes-femmes ont convaincu les hommes politiques que la solution à tous leurs

problèmes résidait dans la question de la parité. C’est assez dangereux, car ils gaspillent de l’argent

et des moyens », déplore la blogueuse suédoise Tanja Bergkvist. L’école d’Egalia est tout de même

populaire et la liste d’attente est longue. Pia Korpi, artiste métallurgiste, et son mari, Yukka, danseur

et chorégraphe, ont deux enfants dans cette maternelle. La plupart de leurs amis et leur famille les

soutiennent, mais Pia Korpi admet que certaines personnes ne comprennent pas leur choix. « Des

gens qui ne savent pas de quoi il s’agit, qui pensent que c’est du lavage de cerveau… » L’objectif des

éducateurs est de former les enfants à la parité dès le plus jeune âge ; toutefois, de nombreux doutes

ont été émis quant à l’effet durable de cet enseignement. « Le monde réel les attend à la sortie de

l’école. On ne peut pas détacher les gens de la réalité », affirme la psychologue Linda Blair. La

méthode suédoise fait également sourire Philip Hwang, professeur de psychologie à l’université de

Göteborg [dans l’ouest de la Suède] et auteur de plusieurs études approfondies sur le développement

de l’enfant. « Je ne pense pas que ça puisse être mauvais, mais c’est pour le moins naïf. En un sens,

c’est typiquement suédois. Les Suédois ont tendance à penser que, s’ils institutionnalisent quelque

chose, le changement se fera de façon automatique. Mais, lorsqu’il s’agit de questions profondément

ancrées dans notre culture, il faut des générations pour que les effets perdurent. »

Cordelia Hebblethwaite, Le Courrier International, septembre 2011

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Texte 5, 2012

Les stations de ski doivent se mettre au vert

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Chaque année, un million de Britanniques prennent la direction des pistes ; cinq millions se disent

skieurs même s'ils ne partent pas tous les ans à la montagne. L'Europe compte plusieurs milliers de

stations de ski, dont les plus populaires sont situées en Autriche, en France, en Suisse et en Italie. À

elles seules, les Alpes abritent plus de 600 stations qui disposent de plus de 10 000 rampes et

télésièges, et accueillent 85 % des skieurs britanniques. Quel impact cet afflux annuel de touristes a-

t-il sur les fragiles écosystèmes des régions montagneuses Et quel effet le changement climatique

a-t-il sur l'industrie du ski

Les régions alpines sont particulièrement sensibles au changement climatique. Les Alpes, par

exemple, se réchauffent à un rythme trois fois plus élevé que la moyenne planétaire. Contrairement à

d'autres types de tourisme, le ski est totalement tributaire des conditions météorologiques et du

climat.

Face à l'augmentation des jours de fermeture, les stations doivent innover pour continuer à attirer les

touristes et préserver leurs recettes. Elles proposent donc davantage d'activités culturelles ou

sportives comme les randonnées en raquette et en traîneau. Mais les principales innovations pour

s'adapter au réchauffement climatique sont d'ordre technologique. Mais les aménagements

paysagers, la création de nouvelles pistes et l'enneigement artificiel ont un coût environnemental et

économique considérable.

La stratégie la plus répandue, considérée aujourd'hui comme une nécessité par de nombreuses

stations, est l'enneigement artificiel, réalisé à l'aide d'énormes canons qui expulsent de l'air comprimé

et des particules d'eau. Cette technique requiert une quantité considérable d'argent, d'énergie et

d'eau. Son coût varie, augmentant disproportionnellement avec la température, mais il représente un

minimum de 140 000 euros l'hectare. L'énergie constitue la plus grosse dépense, mais, dans la

plupart des cas, on peut se la procurer à partir de sources renouvelables.

De fait, l'impact le plus important est celui sur l'eau. Selon la Commission internationale pour la

protection des Alpes (CIPRA), il faut 95 milliards de litres d'eau pour couvrir de neige artificielle les

23 800 hectares de pistes de ski alpines, soit l'équivalent de la consommation annuelle d'eau d'une

ville de 1,5 million d'habitants. En prélevant l'eau dans les rivières, les lacs et les bassins de retenue,

l'enneigement artificiel affecte la vie aquatique et la distribution d'eau. La demande est si grande que

certaines stations sont obligées de construire des lacs artificiels, qui sont à la merci d'inondations, de

chutes de pierre et d'avalanches.

Au niveau des skieurs eux-mêmes, l'empreinte carbone la plus importante provient pourtant des

voyages. Une étude réalisée en 2007 montre que 73 % des émissions de CO2 engendrées par les

séjours au ski proviennent des voyages en avion.

Ben Hudson, The Ecologist, 2011

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Texte 6, 2012

Virez les managers !

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La Morning Star Company détient 40 % du marché de première transformation de la tomate aux

États-Unis. Plus de 25 % des tomates traitées en Californie passent chez elle pour être coupées,

conditionnées, changées en pâte afin d'approvisionner les fabricants de jus, de ketchup et autres

sauces diverses. Ses activités vont de la cueillette des légumes à la livraison des produits aux clients.

Les qualifications de ses employés couvrent donc un large spectre, depuis les ouvriers agricoles

saisonniers et les techniciens des usines de transformation jusqu'aux chauffeurs routiers.

Chaque « associé » (appellation des salariés) a une mission dont il est le seul responsable. Il est libre

d'utiliser les ressources de l'entreprise pour investir ou acheter des outils, et c'est à lui de s'assurer

les coopérations qui lui sont nécessaires et de coordonner ses activités avec celles de ses

camarades. Chaque année, ils discutent entre eux de leurs relations réciproques et consignent le

résultat de ces négociations dans une « Lettre de mise au point entre collègues ». Placé devant un

choix délicat, l'associé prend des avis, consulte ses collègues – pour un gros investissement, la

discussion peut impliquer 20 ou 30 personnes –, mais il est pleinement responsable de la décision. Si

un désaccord survient entre deux associés, ils doivent chercher à le régler en discutant entre eux.

S'ils n'y parviennent pas, ils font appel à un troisième homme, un médiateur en qui ils ont confiance.

Ce n'est qu'en dernier recours, si la médiation est infructueuse, qu'ils portent le différend devant le

président.

Tout associé est libre de mettre en œuvre ses propres idées pour organiser son activité, ce qui a pour

conséquence un niveau élevé d'initiative et d'expertise, puisque chacun est le seul responsable de

son propre travail. Au niveau collectif, l'organisation s'adapte rapidement aux vrais besoins, car les

inerties qui freinent les changements dans les organisations traditionnelles n'existent plus, quand on

a supprimé toute structure hiérarchique. Accessoirement, l'absence de managers surpayés permet de

donner des salaires supérieurs de 10 % à 15 % à ceux du marché.

Enfin et surtout, la motivation des salariés et leur attachement à Morning Star sont très supérieurs à

la moyenne. Et ce, même chez les travailleurs saisonniers auxquels la société a recours, comme

toutes les entreprises agricoles, pour la cueillette des tomates. Une grande majorité d'entre eux

revient chaque année et des chercheurs ayant étudié le comportement de ces 800 travailleurs leur

ont trouvé le niveau d'engagement que l'on constate habituellement chez les cadres supérieurs, dans

les entreprises ordinaires.

Ces avantages se paient par un niveau élevé de contrôle social. Dans une entreprise sans hiérarchie,

les tâches de management sont en fait réparties entre tous. Chacun dans son secteur planifie,

organise, recrute et contrôle. C'est un système relativement dur, car la « régulation par les pairs » ne

supporte pas la médiocrité. La solidarité est grande, mais lorsqu'il n'y a ni titre ni grade, on n'est

respecté que pour la qualité de son travail, sa fiabilité et sa loyauté envers ses partenaires.

Tout le monde ne peut pas s'adapter à ce type de fonctionnement. Le recrutement, réalisé par les

salariés eux-mêmes, est pris très au sérieux : le candidat est reçu en entretien par une dizaine

d'associés. Mais la moitié des nouveaux arrivants restent moins de deux ans. La plupart de ceux qui

abandonnent ne supportent pas de ne jamais pouvoir commander.

Marc Mousli, Alternative économique

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Texte 7, 2012

Jouets : Des catalogues plus que jamais en rose et bleu

Univers de garçon, univers de fille : dans les catalogues de jouets, la mise en scène des différences

de genre n’a cessé de s’accroître et de se sophistiquer depuis trente ans.

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Difficile d’y échapper en cette période de Noël : les catalogues de jouets envahissent les boîtes aux

lettres et les halls des magasins. Pour guider enfants et adultes dans leur choix, le rubriquage se

révèle la plupart du temps peu original, avec notamment de belles pages d’un bleu profond pour

présenter les jouets destinés aux garçons, de belles pages d’un doux rose pâle pour présenter

« l’univers des filles »… Une telle division peut sembler naturelle ou agacer, elle semble en tout cas

semble être devenu une règle dans le commerce.

Mais en a-t-il toujours été ainsi Doctorante et ATER à l’université de Nanterre, la sociologue Mona

Zegai, qui mène actuellement une recherche sur les discours dans le monde du jouet et leur

transformation, montre contre toute attente que la généralisation des catégories « garçons » et « filles»

est relativement récente, puisqu’elle remonterait seulement au début des années 1990. Avant

1992, en effet, on retrouve quelques exemples de division sexuée, mais ce sont essentiellement des

catégories fondées sur l’âge, le type de jouet ou l’activité qu’ils permettent, qui sont alors utilisées :

poupées, voitures, construction, lecture... À l’inverse, l’analyse des catalogues de Noël édités entre

2005 et 2007 révèle que les pages filles/garçons représentent en moyenne un tiers des pages.

N’échappent à leur emprise que les « jouets 1er âge » (âge donc supposé neutre), les jeux de

société, les loisirs (DVD, jeux vidéo) ou les cycles, par exemple. Ce ne sont donc pas (ou pas

seulement) les jouets qui confortent les clivages de genre, c’est aussi la façon dont ils sont présentés.

Comment alors expliquer ce renforcement des stéréotypes de genre L’interview d’un cadre de

supermarché par M. Zegai semble indiquer que, du point de vue des professionnels, la société reste

largement inégalitaire (« Même si beaucoup de gens vous disent qu’on est sur une égalité entre

l'homme et la femme (…) la réalité du foyer elle est tout autre, c'est la maman qui fait le ménage, c'est

la maman qui fait les courses, c'est la maman qui fait à manger, et le papa lui il glande devant la télé,

c'est caricatural, mais c'est un petit peu ça »), que les enfants fonctionnent largement à l’imitation du

parent du même sexe, et que les fabricants ne peuvent que s’adapter à cet état de fait : « le jouet

c'est le reflet de la société, donc le jouet il avance en même temps que la société elle avance ».

Cependant, les catalogues reflètent moins la réalité qu’ils ne l’exacerbent, malgré l’insistance sur le

caractère réaliste des jouets présentés (le poupon « pleure de vraies larmes », l’aspirateur « aspire

vraiment », on peut « faire ses courses comme dans un vrai supermarché », utiliser « une pelleteuse

plus vraie que nature »…). Aussi faible soit-il dans la « vraie vie », le travail domestique masculin

n’est, par exemple, quasiment jamais mis en scène, hormis quelques évocations du bricolage et, très

ponctuellement, de la cuisine. De même, les activités féminines se restreignent presque

exclusivement à la sphère domestique. Et quand des activités professionnelles sont présentées, ce

ne sont que des métiers « ultrasexués » : infirmière ou mannequin pour les filles, pompier ou ouvrier

pour les garçons. Resterait désormais à comprendre pourquoi cette catégorisation et ses stéréotypes

se sont renforcés dans le monde du jouet, alors qu’ils font l’objet de remises en cause de plus en plus

nombreuses dans la société.

Xavier Molénat, Sciences humaines, décembre 2011

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Texte 8, 2012

Un chauffeur médecin

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L’amélioration spectaculaire des transports, autant que l’évolution politique de la société dite

occidentale de ces trente dernières années ont fait surgir la dernière tendance dans cette poussée

vers le profit maximum : la classe ouvrière des usines et les travailleurs du tertiaire, défendus par

leurs syndicats, conscients de leurs droits, étant devenus « trop chers », on est allé chercher la main

d’œuvre là où elle n’était pas encore aussi bien organisée, en Asie, et d’abord en Chine. Et tant pis

pour l’ouvrier spécialisé, pour l’ingénieur dont la formation a coûté cher à l’État, qui restent sur le

carreau dans leur pays d’origine.

Les États-Unis, toujours en avance dans ces choses-là, ont fait les choses de manière radicale : ils

ont pratiquement donné les clefs de la maison aux Chinois. Il devient de plus en plus difficile

d’acheter des produits made in USA, que ce soit aux États-Unis ou en Europe : tout vient de Chine.

Parallèlement, ils exemptent d’impôts les riches « pour les retenir » et pour qu’ils créent des emplois.

En fait, l’argent qui devrait servir aux citoyens disparaît dans des banques lointaines et est perdu pour

la communauté. Alors on privatise et les services publics disparaissent.

Tout cela exerce une pression énorme sur les salaires européens, y compris suisses, et a eu un effet

dévastateur sur ce qu’on appelait autrefois la conscience de classe. Les chômeurs se sont multipliés.

Le travail est devenu de plus en plus incertain. L’école n’offre plus de débouchés […].

Récemment, à Rome, j’ai été transportée par un chauffeur de taxi qui était médecin et qui ne trouvait

pas de travail parce qu’en Italie la santé publique est mal dotée et pour avoir un poste dans un

hôpital, il faut corrompre un fonctionnaire ; cette personne qui aurait pu sauver des vies, n’ayant pas

les moyens de corrompre qui que ce soit, en était réduite à conduire mon taxi.

Priver l’instruction publique de moyens et de débouchés, c’est priver la société de démocratie. S’il y a

trop d’élèves dans la classe dont je parlais au début (ou dans la volée dudecin-chauffeur de taxi),

ce n’est pas une fatalité, c’est le résultat d’une politique délibérée : il n’est plus question de créer des

citoyens agissants, mais des individus passifs et consentants. Le manque de moyens de l’école, puis

la disparition des débouchés, cela aboutit à une culture moindre. À une limitation des choix

professionnels. D’une part parce que les classes redevenues nombreuses ne permettent pas de

suivre personnellement les élèves, et que l’on voit reparaître des nuées d’analphabètes qui ont

pourtant fait leur scolarité obligatoire, et d’autre part parce que dans une société obsédée par le

rendement on a tendance à perdre de vue l’intérêt de la culture pour la société : la formation de

citoyens conscients, responsables, informés, capables d’indépendance, productifs dans le bon sens

du terme, assurés de leur valeur.

Si ces citoyens-là n’ont plus les moyens d’être formés par la collectivité, ou ne trouvent pas leur juste

place une fois le savoir acquis, s’ils perdent leur capacité de se défendre, ce n’est pas seulement les

crédits qu’on coupe : c’est la démocratie elle-même.

Anne Cuneo, Culturenjeu.ch, juin 2011

Délai de libération :

Cette série d'examen ne doit pas être utilisée comme exercice avant le

1 er janvier 2013

Elaboré par :

Edité par :

Groupe d'auteurs romands de la C RT EPC

CSFO, Unité procédures de qualification, Berne


Procédure de qualification

Gestionnaire du commerce de détail CFC

LANGUE NATIONALE LOCALE – FRANÇAIS

Examen oral

Texte 9, 2012

Faut-il craindre le monde virtuel

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Avec les images de synthèse, véritables êtres de raison, entièrement calculées sur ordinateur à partir

de modèles mathématiques, on pénètre à cent pour cent dans le fameux monde virtuel, le

cyberespace. Équipé d'une prothèse, un casque spécial, on s'immerge littéralement dans l'image, on

y évolue en interaction avec des « objets » et des « êtres » tous plus immatériels les uns que les

autres. Ces casques, au départ reliés à de gros systèmes informatiques, ont été conçus pour équiper

des simulateurs de vol pour avions de combat. Les balbutiements de ces machines remontent au

milieu des années 60. Au Massachusetts, un médecin avait imaginé un casque qui offrait au pilote,

simultanément, le vrai paysage et des images graphiques superposées, par exemple une mire de tir.

Le prototype, dénommé « Épée de Damoclès » fut finalement réalisé en 1970.

Un dangereux contrôle social

« Au tournant du siècle, lorsque la réalité virtuelle sera largement diffusée, elle ne sera pas

considérée comme un moyen d'appréhension de la réalité physique, mais plutôt comme une réalité

supplémentaire. La réalité virtuelle nous ouvre un nouveau continent », écrivait en 1989 un gourou du

cyberespace. Un univers truqué que le romancier américain Philip K. Dick avait pénétré par le seul

pouvoir de son imagination. Dans ses films où les images virtuelles et images réelles, intimement

mélangées, « matérialisent » les scènes impossibles sorties du cerveau enfiévré de l'écrivain de

science-fiction. Pour Gérard Barrière, philosophe, historien de l'art, « le virtuel pourrait bien être la

révolution artistique du millénaire, mais il pose aussi des problèmes vertigineux dont 80 % restent à

venir dans notre société de loisir et de chômage structurel, ces mondes de synthèse risquent de

devenir des refuges, « des drogues visuelles, capables d'occuper les esprits et les corps, tout en

développant de nouveaux marchés et aussi de nouvelles formes de contrôle social », poursuit-il. Gare

alors au retour vers le réel, à la retombée sur terre. À ce moment, la confusion du matériel et de

l'immatériel risque d'être périlleuse. Exemple : la première vraie guerre par images de synthèse

interposées, faite durant le conflit du Golfe. Elle coûta la vie à des soldats britanniques dont les

véhicules, devenus images virtuelles sur les viseurs des avions américains, furent pris pour cible par

ces alliés.

Le traumatisme des adolescents

Aujourd'hui, le coût des visio-casques a tendance à baisser rapidement. On en trouvera bientôt au

prix des jeux vidéo haut de gamme, ils seront donc à la portée des adolescents. Gageons qu'il se

trouvera bien un producteur pour leur proposer un scénario du type « Massacre à la tronçonneuse »

dans lequel le joueur muni de son casque tiendra le rôle du meurtrier. La victime n'en saignera pas

moins et poussera d'horribles cris sous les assauts de la tronçonneuse, également virtuelle. Pour les

enfants et les adolescents fragiles, cet envahissement du réel et de l'imaginaire par des créatures et

des actions virtuelles risque d'être traumatisant. Un spécialiste des enfants estime que le danger est

réel pour des adolescents qui, dans leur prime jeunesse, ayant eu des difficultés à passer le premier

stade décisif d'individualisation, s'en sont sortis en enfermant leur angoisse dans leur inconscient.

Sous l'avalanche d'images, de sons, de textes numérisés, le problème est de garder notre libre

arbitre dont Pascal prévoyait la perte en ces termes : « Nos sens n'aperçoivent rien d'extrême. Trop

de bruit nous assourdit. Trop de lumière nous éblouit. Les quantités extrêmes nous sont ennemies.

Nous ne sentons plus, nous souffrons. »

M. Pascal, Le Point, novembre 1994

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Examen oral

Texte 10, 2012

L’incroyable boom des produits Halal

Le marché français du halal pèse plus lourd que celui du bio ! Guidée par une démarche spirituelle,

cette filière est devenue un phénomène marketing.

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« Des saveurs, des valeurs ». C’est avec ce slogan que le premier Hal’shop a ouvert ses portes en

mars dernier à Paris. À l’origine de ce concept, un jeune Franco-Marocain qui a toujours « rêvé de

déguster les spécialités occidentales, sans déroger aux règles de sa double culture ».

Dans les rayons, le client trouve bien sûr de la viande ayant subi un abattage rituel (égorgement de

l’animal tourné vers La Mecque), mais aussi des bières et du champagne (sans alcool), des

saucissons et du jambon (de volaille), des bonbons (sans gélatine de porc), du foie gras (sans

armagnac) ou encore des pizzas, des soupes et des crèmes glacées… estampillés halal. Le terme,

qui signifie « licite » s’applique aux denrées conformes aux préceptes du Coran (principalement sans

alcool ni porc). « La forte demande a ouvert un véritable boulevard pour toutes les marques prêtes à

investir dans ce domaine », constate Rachid Bakhalq, fondateur de la chaîne Hal’shop. D’après une

société d’études, spécialisée dans le marketing ethnique, 9 musulmans sur 10 seraient des

consommateurs de produits halal. Avec quelque 5 millions de musulmans en France, le marché est

en pleine expansion. Il pèse aujourd’hui 5,5 milliards d’euros, plus que celui du bio (3,3 milliards).

C’est l’un des marchés de niche à la croissance la plus significative : près de 10 % par an.

Les non-musulmans commencent également à s’intéresser à ces produits

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Mais le phénomène ne s’en tient pas seulement à l’alimentaire. Aujourd’hui, pratiquement tout a sa

déclinaison « halal ». Il est désormais possible de nettoyer sa maison du sol au plafond avec des

produits d’entretien certifiés sans alcool et sans traces d’huiles ou de graisses animales. Plusieurs

marques de cosmétiques proposent également du maquillage, des shampoings, des crèmes qui

garantissent l’absence de ces mêmes composants. De leur côté, banques et assurances

commencent doucement à envisager des produits conformes aux règles islamiques.

Faut-il voir dans cette déferlante de produits certifiés une dérive marketing Il y a à peine vingt ans,

le pratiquant était quelqu’un qui ne mangeait pas de porc, ne buvait pas d’alcool et consommait une

viande abattue conformément au rituel. Aujourd’hui, le halal explose car il est devenu un véritable

mode de vie, surtout chez les jeunes générations, ces jeunes musulmans au fort pouvoir d’achat qui

consomment halal davantage par respect de la tradition et par souci d’un certain contrôle que par

stricte observance religieuse. Or les non-musulmans commencent également à s’intéresser à ces

produits. Pour certains, c’est une question de coût, la viande ainsi préparée étant moins chère

puisqu’il s’agit habituellement des bas morceaux. Et il y a ceux qui sont convaincus que c’est une

garantie de qualité. Comme les certifications et labels se multiplient et que l’on en parle beaucoup, le

consommateur a l’impression que le produit halal, à l’instar du bio, est bien mieux contrôlé que celui

qui ne l’est pas.

Victoria Gairin, Ça m’intéresse, novembre 2011

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Texte 11, 2012

Le surpoids, un fardeau lourd de conséquences

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Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le nombre de cas d’obésité dans le monde a

doublé depuis 1980. En 2008, le surpoids concernait 1,5 milliard de personnes âgées d’au moins 20

ans. Plus grave peut-être, les chiffres de l’OMS de 2010 révèlent que 43 millions d’enfants de moins

de cinq ans sont en surpoids dans le monde ! En Suisse, selon l’Office fédéral de la santé publique,

53 % des gens sont en surpoids avec, pour mauvais élèves, les Romands dont le taux est de 60 % !

Un espoir cependant : il semblerait que la situation se soit stabilisée chez les jeunes au cours des

dernières années. Mais n’oublions pas qu’en Suisse, 15 à 20 % des enfants présentent un surpoids

et 4 % une obésité.

D’où vient ce mal

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Les principales causes du surpoids résident dans des aspects sociaux et économiques. L’impact de

la génétique comme cause du surpoids et de l’obésité est négligeable et a été largement surestimé

par le passé. En Suisse, il apparaît que la situation est plus critique en ville qu’à la campagne,

probablement du fait d’une plus grande dépense physique au quotidien hors agglomération,

d’habitudes alimentaires plus saines et d’un accès à l’offre plus réduit. Car, en effet, l’aspect

fondamental étant à l’origine du surpoids et de l’obésité est un style de vie de mauvaise qualité. Les

habitudes alimentaires doivent subir une métamorphose, en particulier chez les plus jeunes, dont la

surconsommation de boissons sucrées, bonbons et autres barres chocolatées est inquiétante, au

détriment de l’eau et des fruits.

Les conséquences du surpoids

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Il apparaît clairement que les personnes en surpoids ont en général une santé nettement plus fragile

que la moyenne. Selon l’OMS, le surpoids constitue le 5 e facteur de risque de mortalité, avec presque

trois millions de décès d’adultes, chaque année, suite à un excès de poids. Les risques les plus

importants et fréquents imputables à la surcharge pondérale sont les maladies cardiovasculaires, le

diabète, l’hypertension artérielle, l’hypercholestérolémie, l’arthrose et certains cancers. L’enfant en

surpoids ou obèse développe le plus souvent des difficultés respiratoires, de l’hypertension artérielle

ainsi qu’un risque élevé de fracture, sans oublier les problèmes psychologies liés à son mal-être.

Que faire

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Changer son style de vie. La mission est périlleuse et longue. Car, même si certains indicateurs nous

encouragent à rester optimistes pour les jeunes, il ne faut absolument pas relâcher les efforts

d’information. Promotion Santé Suisse est très active au niveau de l’information pour sensibiliser la

population par l’intermédiaire de projets portant sur l’exercice physique et l’alimentation. Son directeur

explique : « nous avons par exemple mené une initiative avec Caritas en réduisant dans leurs

magasins le prix des fruits et légumes et nous avons constaté une augmentation de la

consommation ».

« Nous nous sommes fixé 2018 pour espérer un changement significatif et observer une nette

augmentation des personnes avec un poids corporel sain. »

JLR, L’illustré, janvier 2012

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Texte 12, 2012

Laissez-moi devenir ce que je choisis d’être

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L’actualité apporte plutôt des exemples d’enfermement dans la logique sécuritaire. Le plus inquiétant

est donné par les recherches en vue de dépister le plus tôt possible les enfants « à risque », c’est-àdire

susceptibles de devenir des délinquants. Dès l’école maternelle, quelques experts seront

chargés de cette détection qui permettra de surveiller avec une particulière attention les individus

potentiellement dangereux, ou même de les soumettre préventivement à des traitements médicaux.

Ainsi l’ordre sera préservé.

C’est exactement la société que prévoyait Aldous Huxley dans son roman Le Meilleur des mondes,

une humanité où chacun serait défini, catalogué, mis aux normes. Le concept même de personne

autonome, capable d’exercer sa liberté, disparaîtrait. Un des aspects les plus insupportables de ce

projet, tel qu’il a été présenté par la presse, est l’établissement d’un document qui suivra le jeune au

long de sa scolarité : inscrit dans un registre ou sur un disque d’ordinateur, ce document, avatar du

casier judiciaire, permettra, au moindre incident, d’exhumer son passé. S’il est pris à dix-sept ans à

faire l’école buissonnière ou à taguer un mur du lycée, ce comportement pourra être rapproché de

son instabilité caractérielle déjà notée au cours préparatoire. Cet enfermement dans un destin imposé

par le regard des autres est intolérable, il est une atteinte à ce qu’il y a de plus précieux dans

l’aventure humaine : la possibilité de devenir autre.

Notre parcours n’est pas déjà écrit, demain n’existe pas. À chacun de le faire advenir. Laissons la

prédestination à quelques théologiens, soyons conscients et aidons les autres à devenir conscients

qu’en face de nous la page est blanche.

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J’ai raconté au début de ce livre comment, passant durant l’Occupation sans livret scolaire d’un lycée

à un autre, j’ai saisi au bond l’occasion de changer la définition que les autres donnaient de moi. J’en

ai gardé la conviction que la liberté de chacun ne peut s’épanouir que si la société ne possède pas

trop d’informations sur lui. « Je suis celui que l’on me croit », dit un personnage de Pirandello. Mieux

encore serait : « Laissez-moi devenir ce que je choisis d’être ».

Albert Jacquard, Mon utopie, 2006

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