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Association des Régions de France

Allocution de

Son Excellence Monsieur Abdou DIOUF

Secrétaire général de la Francophonie

Dijon, le 14 décembre 2006

Seul le texte prononcé fait foi

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Merci, Monsieur le Président Alain Rousset, Monsieur le Président Jean-Paul

Huchon, pour cette invitation à laquelle je suis sincèrement très sensible. Je l’ai

acceptée avec enthousiasme. Vous me donnez l’occasion, rassurez-vous je ne

serai pas long, de dire quelques mots sur les ambitions de la Francophonie, avec

l’espoir de vous convaincre, de manière concrète et constructive, de l’importance

de l’enjeu que constitue aujourd’hui la coopération décentralisée francophone.

Le premier message que je voudrais vous adresser avec toute la force de ma

conviction porte sur le sens de l’engagement de la Francophonie. Oubliez l’époque

d’une Francophonie préhistorique, repliée sur elle-même, perçue comme un

bastion arrogant, encombrée de malentendus et d’ambiguïtés post coloniaux,

timide, hésitante et illisible face aux contraintes d’un monde bipolaire. Cette

Francophonie, beaucoup l’ont qualifiée de ringarde, elle n’existe plus. Une page a

été tournée. Il faut finir de se débarrasser de ces idées reçues qui traînent encore

dans quelques esprits nostalgiques.

Aujourd’hui la Francophonie, c’est environ 200 millions d’hommes et de femmes

qui parlent notre langue sur les cinq continents. C’est une demande, une envie de

français qui s’accroît dans le monde. C’est une organisation internationale rénovée

et offensive, qui rassemble 68 États et gouvernements, appuyée par des

opérateurs, des réseaux, des associations qui non seulement partagent la même

langue mais encore s’engagent sur des valeurs d’humanisme, de justice et de

solidarité, de respect, de partage, de tolérance et de diversité.

Nous avons clairement défini nos priorités pour gagner en cohérence, en efficacité

et en lisibilité. Ces priorités sont au nombre de quatre, et elles recoupent

largement, je le sais, les préoccupations de l’action internationale de vos Régions :

• le rayonnement du français ainsi que la promotion de la diversité culturelle et

linguistique et du dialogue des cultures ;

• la paix, la démocratie et les droits de l’Homme qui constituent le volet politique

de notre action, incluant notamment l’État de Droit et la démocratie locale ;

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• l’éducation, l’enseignement supérieur, la formation et la recherche. Je vous

rappelle que notre opérateur, l’Agence universitaire de la Francophonie,

constitue un réseau de plus de 600 universités francophones dans le monde et

que lors de notre dernier Sommet à Bucarest nous avons structuré et renforcé

notre action dans ce domaine-clé de l’Éducation ;

• enfin, la solidarité et le développement durable, domaines dans lesquels vos

expériences et vos savoirs-faire concrets et pratiques sont précieux.

Dans ces quatre domaines, nous avons considérablement développé nos

interventions au cours de ces dernières années. Nous travaillons de plus en plus

étroitement avec les Nations unies, avec l’Union africaine et les autres

organisations régionales, avec l’Union européenne… et j’insiste sur le fait qu’en

janvier prochain, après l’entrée de la Roumanie et de la Bulgarie, nous y serons

majoritaires puisque nous compterons 14 pays membres de l’OIF sur les 27

membres de l’Union.

Cette Francophonie rénovée, c’est celle de la diversité, de l’ouverture, de la

modernité. C’est une Francophonie qui veut s’attacher à répondre à ce besoin vital

de tolérance, de respect et de solidarité pour éviter cette fatalité annoncée du

Choc des civilisations.

Avec cette Francophonie rénovée, nous voulons aussi contribuer à apporter des

réponses à ces dysfonctionnements et ces effets pervers d’une mondialisation

certes utile, inéluctable et nécessaire, mais malheureusement déshumanisée et

faisant l’impasse sur des questions aussi essentielles que la paix, la démocratie,

les droits de l’Homme, le développement et le dialogue des cultures, la réduction

des inégalités ou la protection de l’environnement.

C’est parce que nous devons d’abord répondre aux attentes de nos populations

que nous voulons une Francophonie en mouvement, une Francophonie de

rassemblement.

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Je sais trop bien que ce n’est pas une Organisation internationale comme la nôtre,

avec ses grandes ambitions et ses modestes moyens, qui sera en mesure toute

seule dans son coin, de relever ces défis. Au-dede la Francophonie

institutionnelle, je suis profondément convaincu qu’au sein de l’espace

francophone c’est l’engagement des forces vives de la société civile, des acteurs

de terrain les plus proches des populations qui est le plus déterminant. C’est pour

cela que je suis un militant inconditionnel de la coopération décentralisée et que je

sais que le cadre francophone est particulièrement pertinent pour son action. J’ai

personnellement veillé à ce qu’elle figure en bonne place dans les priorités de

notre Cadre stratégique décennal, et j’ai pu constater une adhésion indiscutable

des États et gouvernements comme de nos opérateurs. J’ai observé aussi avec

beaucoup de satisfaction le mouvement qui se développe aujourd’hui au sein des

collectivités locales en faveur de la coopération décentralisée, et leur volonté de

devenir des acteurs importants des relations internationales.

Vous pouvez apporter beaucoup aux nouvelles dynamiques de solidarité que nous

devons promouvoir : la proximité, le sens des réalités locales, une meilleure

compréhension des vrais besoins des populations. Parce que la coopération

décentralisée tisse des liens humains et personnels irremplaçables, parce qu’elle

démontre à la base l’utilité pratique d’une langue partagée, la Francophonie a

besoin d’une coopération décentralisée forte.

D’ailleurs, vous le savez bien, le rôle majeur des acteurs locaux dans une

coopération internationale qui a besoin de se rénover, de se reconstruire, est

largement reconnu par les organisations internationales, aussi bien que par les

Etats et les opérateurs du développement, qui mesurent plus lucidement les limites

de leurs propres actions de coopération.

Nous nous sommes engagés au niveau des capitales et des grandes métropoles

dans la coopération décentralisée francophone depuis déjà 27 ans avec notre

opérateur, l’Association internationale des Maires francophones, qui réalise depuis

un travail remarquable, utile et apprécié par tous les partenaires. La dynamique de

la décentralisation a beaucoup évolué pendant toutes ces années, dans les pays

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du Nord, et plus récemment dans les pays du Sud. Les Régions sont devenues

des acteurs-clés du développement économique et social, mais aussi de la

gouvernance et de la vie démocratique, de l’éducation, des politiques culturelles.

Au sein de l’espace francophone, les Régions françaises, les Régions que vous

dirigez sont une référence. Elles ont acquis des compétences et des capacités qui

leur permettent de jouer un rôle moteur dans le renforcement de la coopération

décentralisée francophone et d’enrichir de manière décisive la coopération

internationale. Depuis 2003, j’ai soutenu et encouragé les efforts déployés par

l’Association internationale des Régions francophones pour mobiliser la

Francophonie régionale et je l’ai incitée à intensifier le dialogue avec nos

institutions francophones.

Aujourd’hui je viens devant votre Association des Régions de France, encouragé

par les Présidents Rousset et Huchon que je remercie du fond du cœur, pour vous

sensibiliser toutes et tous à notre démarche, pour vous dire notre désir de

dialogue, d’échange et de coopération, vous dire aussi toute mon écoute et ma

disponibilité.

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