dossier - Conseil général du Doubs

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Courbet

rencontre Proudhon

chez Ledoux

Par touches successives, comme une œuvre d’art, le projet

Pays de Courbet, pays d’artiste prend toute sa dimension

culturelle, historique, sociale… Porté par Claude Jeannerot,

président du Conseil général, et son équipe, ce projet n'a qu'une

justification : renforcer l'attractivité économique et touristique

du Doubs.

Tandis que les travaux se poursuivent au musée d’Ornans, que l’Atelier

voisin bénéficie de mesures de protection et s’ouvre au public, la ferme de

Flagey s’anime, et la source de la Loue est remise en valeur.

Enfin, pendant tout l’été, une exposition inédite réunit Proudhon et

Courbet à la Saline royale d’Arc-et-Senans. Ces deux compagnons de

route ont, en leur temps, démontré leur amour de leur terre natale qui,

aujourd’hui, le leur rend bien.

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vu du doubs

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Le musée Courbet d’Ornans :

un chantier hors du commun

Depuis janvier 2010, les travaux battent leur plein au futur musée d’Ornans.

L’ensemble constitué de la maison dite natale, de la jolie maison Borel, et de

l’élégant hôtel de Champereux, va connaître une transformation radicale à

la hauteur des ambitions que nourrit le Département pour l’enfant du pays.

De gauche à droite : Henri-Michel Bouton,

directeur adjoint de l’Éducation au Conseil

général, Christine Eidekins, l’architecte auteur

du projet (cabinet A234), Francis Barrès,

l’architecte local, Pierre Genzi, dirigeant de

l’entreprise Genzi, et Justin Pourchet, conducteur

d’opération à la SEDD (Société d’équipement

du département du Doubs) qui assiste le

Conseil général sur le chantier.

Impressionnant ce chantier ! Début mai,

des cloisons, des plafonds, des murs et

même quelques pans de toitures avaient

disparu. « Toutes les parties qui devaient

être supprimées l’ont été, et toutes les parties

à conserver – notamment les pièces

inscrites à l’Inventaire supplémentaire des

monuments historiques (planchers, boiseries…)

– ont été protégées », indiquait,

début mai, Christine Eidekins, l’architecte

auteur du projet (Ateliers 234). « Tous les

réseaux sous dallage ont été réalisés, nous

commençons les élévations. » Des surprises

« Non, pas vraiment, si ce n’est que

nous avons trouvé de la roche là où nous ne

nous y attendions pas. »

Au service de la mise en scène

des œuvres

Au pied de l’immense bâtiment encore

vide, architectes, ingénieurs, chefs de

chantier, techniciens, des entreprises

comme des services du Département, s’efforcent

d'imaginer le projet achevé afin

de déterminer l’éclairage, la couleur et la

forme des stores… « Tout doit être d’ores

et déjà pensé au service de la mise en

scène des collections du musée », insiste

l’architecte qui cite en exemple les portes

de communication en conformité, bien

entendu, avec les règles de sécurité, d’accès

aux personnes handicapées… « Sur un

chantier ordinaire, ce n’est pas compliqué.

Dans un tel musée, les aspects techniques

doivent être dissimulés au profit de l’esthétique.

Le regard sur les œuvres ne doit

pas être pollué par des détails plus ou

moins disgracieux. »

30 à 40 emplois sur le chantier

« Pour nous-mêmes et la quinzaine

d’entreprises qui collaborent, c’est un

chantier important à tout point de

vue », souligne Pierre Genzi, patron de

l’entreprise générale éponyme. « Non

seulement parce qu’il représente un

INFO PLUS

Lova veille sur le chantier

Chaque jour, le jeune Lova est le premier arrivé et le dernier

parti sur le chantier du musée d’Ornans, ses horaires étant

aménagés en conséquence. Il a la lourde responsabilité

de mettre en sécurité et de surveiller le site. « Je suis

aide-électronicien et je ne trouvais pas de travail. Comme

j’habite Ornans, on m’a proposé ce poste. J’ai une activité

très diversifiée qui m’intéresse. J’ai suivi une formation de

secouriste. Avec cette expérience nouvelle, j’espère ensuite

trouver un travail. »

C’est en lien avec le Département que Pierre Genzi, patron de

l’entreprise générale titulaire du marché, a décidé de consacrer

1600 heures à l’insertion professionnelle. Il a fait appel à

Indibat, la structure du bâtiment spécialisée en la matière, qui

l’a proposé à Lova… à la grande satisfaction de tout le monde.

Le chantier tel qu’il était fin avril. Chaque jour,

il se transforme.

14 vu du doubs juin 2010


Les trois bâtiments réunis vus depuis la Loue, Ateliers 234.

chiffre d’affaires de cinq millions d’euros et

qu’il va occuper entre 30 et 40 personnes

sur 18 mois environ. Mais aussi parce

que c’est un chantier emblématique.

Le groupe auquel nous appartenons

– Léon-Grosse – en fait un chantier de

référence nationale parce que c’est

un musée, et un futur grand musée.

J’avoue que, pour moi, dans ma carrière

déjà longue, c’est une première. L’un

des défis, c’est de réunir trois maisons

différentes et de parvenir à créer quasiment

partout les mêmes niveaux de

plancher de façon à créer des circuits de

déambulation accessibles à tous. »

Comme une partition d’orchestre

Pour les services du Département, il s’agit

aussi d’une première à plus d’un titre.

« Ce projet réunit des personnes d’horizons

très différents, spécialistes chacune

dans leur domaine : elles travaillent dans

les services de la culture, du patrimoine,

des routes, de l'insertion, du tourisme,

de la communication… en collaboration

avec nos partenaires : le Comité départemental

du tourisme, la Direction régionale

des affaires culturelles et l'architecte

des Bâtiments de France », précise

Henri-Michel Bouton qui est lui-même

directeur adjoint de l’Éducation, chargé

du pilotage des chantiers. « Nous avons

donc adopté une organisation en mode

projet, ce qui est assez inédit dans notre

institution : une collaboration étroite est

indispensable pour réussir pleinement ce

chantier. Un comité de pilotage associant

toutes ces compétences se réunit chaque

mois autour du directeur général des services

afin d’orchestrer les travaux. »

Des relations régulières sont établies avec

la commune d’Ornans et avec les riverains

qui subissent actuellement les nuisances.

Mais au printemps 2011, ils jouiront d’un

cadre de vie amélioré, et, comme tous les

Doubiens, d’un musée exceptionnel.

POINT DE VUE

Claude Jeannerot, président du Conseil général

« Notre Pays, c’est Courbet »

« Courbet incarne notre

face à l’héritage exceptionnel

à Ornans, la ferme de ses

région », rappelle volontiers

qu’il nous a laissé. C’est

parents à Flagey, la source

Claude Jeannerot, président

pourquoi notre projet Pays

de la Loue et les chemins

du Conseil général, « mais

de Courbet, pays d’artiste

empruntés par l’artiste. Par

surtout, sa renommée

a une dimension à la fois

sa diversité et ses attraits,

internationale et sa place

scientifique et culturelle,

l’ensemble constituera non

particulière dans l’histoire

économique, touristique et

seulement un hommage

de l’art nous engagent à

environnementale. Chaque

vivant au maître du réalisme,

lui rendre hommage avec

ambition et originalité. Notre

responsabilité est grande

site joue un rôle clé et entre

en résonance : le musée

Courbet et l’atelier de l’artiste

mais il éclairera sa vie et son

œuvre pour le rendre encore

plus proche de nous. »

Claude Jeannerot remettant le fac-similé relié

cuir de l’inventaire Courbet à Raphaël Callier,

notaire à Besançon (voir page 19).

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Flagey : la nouvelle

vie de la ferme Courbet

Des chambres d’hôtes complètent désormais

l’offre originale de cette vaste ferme qui appartenait

au père de Courbet. Culture et détente se mêlent

dans ce secteur rural plein d’attraits.

Il y a toujours une bonne raison de

se rendre à Flagey. Une exposition

de qualité occupe régulièrement une

bonne partie de la ferme Courbet. Après

Alexandre Galpérine, Charles Belle et

Marie-Christine Lomberger, c’est à la jeune

génération de plasticiens d’investir les lieux

(voir l’article qui leur est consacré). Au fil des

week-ends, des concerts, des conférences,

des pièces de théâtre font de la ferme un

nouveau lieu de diffusion (entrée gratuite).

Lecture et produits locaux

au café de Juliette

Rien de plus agréable qu’une pause au café

de Juliette – en hommage à la sœur préférée

de Gustave. Le cadre contemporain

élégant suggère habilement, par touches

délicates, le caractère rustique de la vie

campagnarde au temps des Courbet : ici

une lourde armoire de chêne, là des portraits

dans des cadres surannés…

Des livres consacrés à Courbet, à l’histoire

de l’art, mais aussi aux penseurs utopistes

franc-comtois, sont en consultation et

en vente. Le café de Juliette joue la carte

régionale sur toute la gamme : sèches, sirops,

bières sont de production locale. Le

comté provient de la fruitière de Flagey.

Un jardin au cœur du site

Le jardin de curé invite à la flânerie. Ses

65 carrés bien délimités alternent plantes

potagères, aromatiques, médicinales, florales,

buis… Des pommiers tordent silencieusement

leurs branches contre le mur

de pierre sèche. La charmille et le chèvrefeuille

s’épousent pour former une tonnelle

odorante.

La chambre de Gustave, dans une ambiance

hors du temps.

Le saviez-vous Deux rosiers Gustave-

Courbet, créés par les Roseraies Sauvageot,

de Vaire-le-Grand, ont été plantés

au pied de cette tonnelle. Si vous croisez

Jacques Chapuis, le jardinier, demandezlui

le chemin de la carpière – abreuvoir

pour les vaches et réserve à poissons. Il

connaît une multitude d’anecdotes qui

donnent de la couleur aux lieux.

L’aire de pique-nique est aussi un sujet de

curiosité : avec ses dalles de robiniers faux

acacias de 20 cm sur 20, elle constitue sans

aucun doute une première en France.

Pour une nuit chez Courbet

Trois chambres d’hôtes complètent désormais

cette offre. Au choix, dans un

décor contemporain raffiné : la chambre

à l’Autoportrait, celle au Cerf et celle aux

Amants. Chacune disposant d’une salle de

bains spacieuse et de toilettes. Comme la

INFO PLUS

« Le village revit »

Si le jardin de Flagey et l’aménagement

de la source de la Loue sont l’œuvre de

l’architecte paysagiste Bertrand Paulet, ce

sont les pépinières Duchesne, de Flagey, qui

en exécutent les plans et l’entretien. « C’est

un marché très important et passionnant

Dominique Duchesne, pour nous », confie Dominique Duchesne

pépiniériste

qui a fondé l’entreprise en 1966. « Nous nous

sommes attachés à planter des variétés de

plantes et de fruitiers de la région. Nous n’utilisons pas d’engrais,

mais un compost fabriqué sur place. »

« Depuis l’ouverture de la ferme Courbet, le village revit. Nous voyons

passer de nouveaux visiteurs. Il nous reste à mettre en valeur les

circuits de promenade ainsi que l’arborétum créé près du site de

l’ancien chêne de Flagey. » Les projets ne manquent pas !

POINT DE VUE

« Le Pays de Courbet,

nouvelle destination

touristique »

« La vallée de la Loue, très réputée,

constituait déjà un pôle d’attraction

touristique, sportif et de loisirs. Elle dispose

de nouveaux atouts avec le projet Pays

de Courbet, Pays d’artiste. Le Comité Vincent Fuster, viceprésident

du Conseil

départemental du tourisme est d’ores et

général et président du

déjà mandaté pour mener des actions de

Comité départemental

promotion et de commercialisation de du tourisme.

séjours. L’objectif est de construire des

produits touristiques pour individuels et pour groupes, comme il le

fait déjà pour la Saline royale d’Arc-et-Senans et pour le Haut-Doubs,

par exemple. Avec cette nouvelle destination, nous souhaitons

soutenir et développer l’activité économique et l’emploi. »

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egards

d’artistes d’aujourd’hui

En écho à l’exposition à la Saline, de jeunes plasticiens donnent leur

version du rôle de l’artiste dans la société présente.

C

« haque génération s’interroge sur le

rôle de l’artiste dans la société », remarque

Julien Cadoret qui a entraîné avec

lui Fanny Gaillard et Raphaël Navarro dans

l’aventure d’une exposition à Flagey, en

chambre de Gustave n’en possède pas, elle Résonance avec celle de la Saline.

ne peut être réservée qu'avec la chambre Chacun d’eux a choisi une phrase de Courbet

au Cerf (pour un supplément de 30 €).

“qui lui parle”. Fanny Gaillard a retenu :

Mais son charme est irrésistible !

« Le beau est dans la nature, et on le rencontre

Les tarifs sont de 65 € pour une personne,

dans les formes les plus diverses

70 € pour deux personnes, petit-déjeuner

de la réalité. » Elle compose ses natures

compris. Une entrée à l’ex-

mortes à base de poils de chats. Ses vidéos

position “Courbet – Proudhon, L’Art et le super-8 virent de plus en plus au noir, en

peuple”, présentée à la Saline, est offerte référence au goudron expérimenté par

du 4 juin au 6 septembre.

Courbet et qui, aujourd’hui, menace ses

Début mai, des réservations de chambres œuvres de disparition.

étaient déjà enregistrées alors que l’ouverture Raphaël Navarro reprend le cri de guerre

était prévue début juin. Que ne ferait-on pas des réalistes : « Soyons vrais même si nous

pour passer une nuit dans ces lieux encore habités

sommes laids. » En référence au célèbre

de l’esprit du maître du réalisme tableau de Courbet, L’Origine du monde,

il

a réalisé une série de photos de tableaux

classiques à travers une longue-vue.

« Nous interpellons

nos contemporains »

Enfin, Julien Cadoret s’est laissé inspirer par

« Voyez la neige comme elle est bleue ! » afin

de prolonger son travail sur la couleur, la perception

que chacun en a, sous forme d’installation.

« En tant qu’artistes et anciens

élèves de l’école des beaux-arts de Besançon,

nous ne pouvons pas ignorer Courbet, explique-t-il.

Comme lui en son temps, nous

expérimentons de nouvelles techniques, de

nouvelles formes d’expression. Cela tient de

l’exploration et de la provocation à la fois,

car c’est l’un des rôles de l’artiste que d’interpeller

ses contemporains. »

Ferme de Courbet à Flagey. Jusqu’au 5 septembre.

Réservation des chambres d’hôtes et renseignements

sur les activités de la ferme Courbet,

tél. 03 81 53 03 60

Du 1 er juin au 30 septembre, la ferme Courbet est

ouverte au public de 11h et 19h.

http://musee-courbet.doubs.fr

Une nature morte de Fanny Gaillard.

INFO PLUS

Jean-Pierre Le Ny

à l’Atelier d’Ornans

Des photos en miroir

avec Courbet

Le photographe strasbourgeois Jean-Pierre Le Ny est parti sur les traces

de Courbet pendant une semaine, en juillet 2009. Son objectif s’est

attardé dans la vallée de la Loue, de la source jusqu’à Cléron. Il restitue

cette vision du Pays de Courbet, souvent à la limite de l’abstraction, sous

le titre : Miroir d’argentique-Reflets.

Comme l’écrit la romancière et critique littéraire Michèle Gazier : « Les

photographies de Jean-Pierre le Ny ont de l'épaisseur. On les regarde avec

les yeux et pourtant on éprouve le sentiment qu'on pourrait les toucher,

qu'on pourrait sentir un grain sous la pulpe des doigts, une matière un

peu épaisse qui est celle de la peinture à l'huile. »

Professeur de chimie à l’université d’Alsace, Jean-Pierre Le Ny a exposé au

Parlement européen, notamment, ainsi qu’en Chine et au Japon au cours

de ces dernières années.

Jusqu’au 25 juillet à l’Atelier de Courbet, Ornans. Tél. 03 81 57 38 62

L’énigme

du mois

Ne manquez pas

l’énigme du Doubs en

page 34 de ce numéro.

Elle vous entraîne au

Pays de Courbet, entre

vallée et plateau…

juin 2010

vu du doubs

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dossier

Courbet

et Proudhon

réunis à la Saline

Quand Courbet rencontre Proudhon, qu’est-ce

qu’ils se racontent Des histoires d’amitié et de

révolution ! Ils débattent d’art et du peuple, pour

reprendre le titre de l’exposition exceptionnelle

présentée à la Saline. L’événement s’inscrit dans le

prolongement des manifestations qui ont marqué

le bicentenaire de la naissance de Proudhon.

O

« riginaires de Franche-Comté, très

attachés à leur région, Courbet et

Proudhon se rencontrent à Paris au moment

de la révolution de 1848. Ils se passionnent

tous deux pour les nouvelles

idées sociales, de Fourier notamment », raconte

Frédérique Thomas-Maurin, conservatrice

et responsable du projet Pays de

Courbet, pays d’artiste. Pour monter cette

exposition, elle a réuni autour d’elle les

meilleurs spécialistes de ces deux figures

du XIX e siècle, le catalogue en témoigne.

Temple des Lumières, la Saline accueille

cet événement inédit pendant tout l’été,

avec des œuvres majeures de Courbet

comme Proudhon et ses filles qui provient

du musée du Petit Palais à Paris, un buste

de Lamennais par David d’Angers…

Une époque en ébullition

« L’exposition explore leur relation plus

complexe qu’on ne l’imagine, en la resituant

dans leur époque », complète Noël

Barbe, chercheur au CNRS et conseiller

pour l’ethnologie à la Direction régionale

des affaires culturelles. « Un questionnement

nouveau se pose sur le rôle de

l’artiste dans la société. Proudhon le met

au service de sa pensée sociale alors que

Courbet affirme son caractère indépendant.

» Le tableau Proudhon et ses filles traduit

l’intensité de leur amitié, et surtout

l’admiration sans borne de Courbet.

Des œuvres venues

de toute la France et de Suisse

Saint-Simon et Fourier ouvrent ce parcours

qui voit l’apparition du socialisme,

d’une part, du réalisme dont Courbet

sera le maître, d’autre part. Il se prolonge

jusqu’à la Commune dans laquelle Courbet

s’implique à sa façon, c’est-à-dire en

artiste démocrate et républicain. Son autoportrait

à Sainte-Pélagie exprime l’intensité

du défi.

Riche de nombreux portraits qui proviennent

des musées de Lille, Troyes, Paris

(Carnavalet, Orsay), Genève, Lausanne…,

Proudhon et ses filles, de Courbet,

tableau prêté par le musée du Petit Palais.

l’exposition convoque les compagnons

de route immortalisés par Courbet, tels

Buchon, Champfleury, Bruyas… Mais

elle met aussi en regard des œuvres de

Pradier, Robert, Adler, entre autres, afin de

restituer cette époque riche, et de faire

ressortir toute l’originalité de la démarche

poursuivie par Courbet.

Courbet – Proudhon, L’Art et le peuple.

Jusqu’au 6 septembre à la Saline royale d’Arc-et-Senans.

Tél. 03 81 54 45 00

http://musee-courbet.doubs.fr

INFO PLUS

« Une dynamique territoriale »

« Le projet Pays de Courbet,

Ornans où se trouve sa maison

eux et nous invitent à marcher

pays d’artiste, conçu autour

de la rénovation du musée

d’Ornans, met en résonance

de grands sites patrimoniaux

et naturels qui ont été visités

et immortalisés par le peintre :

dite natale et son atelier, la

ferme familiale de Flagey, la

source de la Loue, le Puits noir,

la source du Lison, la vallée de

la Brême... Tout un réseau de

sentiers relie ces sites entre

sur les traces de Courbet.

Ainsi, le projet associe culture

et environnement, loisirs et

économie touristique. Il crée

une dynamique territoriale

nouvelle dans un secteur rural. »

Rémy Nappey,

vice-président

en charge de

la Citoyenneté,

de la Politique

éducative et

culturelle.

18 vu du doubs juin 2010


131 ans après la mort de Courbet

Un énigmatique inventaire

remis aux Archives départementales

Jeune notaire à Besançon, Rapahël Callier découvrait, voici quelques

mois, derrière les vieux registres de son prédécesseur, un inventaire

d’œuvres et d’objets appartenant à la succession de Courbet… Il l’a

transmis aux Archives départementales du Doubs. Aux chercheurs

et généalogistes désormais d’éclairer ce mystère…

Raphaël Callier, notaire à Besançon, remet

l’inventaire après décès de Courbet

à Nathalie Vidal, directrice des Archives départementales

qui en assurent désormais

la conservation.

É

« motion. C’est le mot qui s’impose en

recevant ce document d’une grande

richesse qui va nous éclairer sur la vie et

l’œuvre de Courbet », déclarait le président

Claude Jeannerot en prenant en main cet

inventaire afin de le remettre aux Archives

départementales, début mai, en présence

de maître Jean-Yves Creusy, président de

la Chambre des notaires du Doubs. « En

parcourant les 21 pages de cet inventaire,

j’ai eu le sentiment d’être le détenteur

d’un document exceptionnel. Il m’a semblé

important, comme la législation nous

y incite, de le remettre aux Archives départementales

afin qu’il soit conservé dans

de bonnes conditions », confiait maître

Raphaël Callier.

Des œuvres à 60 francs,

d’autres à un franc

Pris tel quel, le document pose plus de

questions qu’il n’en résout, et c’est tant

mieux pour les historiens ! Il a été réalisé

par un notaire bisontin deux ans après la

mort de Courbet dont la succession a été

difficile à gérer. Il détaille le contenu de

neuf caisses, soit 501 objets – essentiellement

des peintures –, du plus modeste au

plus précieux, tel cet Homme fou de peur

évalué 60 francs qui pourrait être l’œuvre

exposée au musée d’Oslo d’une valeur aujourd’hui

inestimable.

Il est établi que ces caisses avaient été

mises sous scellés pour régler la dette

de plus de 320 000 francs contractée

par Courbet à la suite de la destruction

de la colonne Vendôme, pendant la

Commune. Mais quand eut lieu la vente

judiciaire Aux chercheurs de résoudre

cette énigme !

« Ce document original que l’on appelle

une minute a aussitôt été inventorié et

classé par nos soins », précise Nathalie

Vidal, directrice des Archives départementales.

« Les chercheurs disposeront

d’un fac-similé pour leurs travaux. »

Cette découverte tombe en tout cas à

point nommé tandis que prend forme

le projet Pays de Courbet, pays d’artiste.

Archives départementales du Doubs, rue Marc-

Bloch à Besançon. Tél. 03 81 25 88 00

INFO PLUS

La source de la Loue, source d’inspiration

Chère à Courbet, saisie maintes fois sur la toile, et

toujours différente, la source de la Loue est l’un des

grands sites touristiques de Franche-Comté. Quelque

150 000 promeneurs lui rendent visite chaque

année, soit en moyenne 1 000 véhicules par jour. Or,

le site est escarpé et fragile, riche d’une flore et d’une

faune exceptionnelles… Il est d’ailleurs classé Natura

2000. Il convenait d’organiser mieux les parcours des

visiteurs, tout en en facilitant la contemplation. Et il

était devenu obligatoire, légalement, de les sécuriser.

C’est chose faite. Une passerelle conduit au

meilleur point de vue, accessible à tous sans souci,

notamment aux enfants et aux personnes à mobilité

duite. Des panneaux, sans jurer dans le paysage,

distillent anecdotes et informations indispensables,

tandis que dans la maison voisine, un film vidéo

détaille la topographie et l’histoire. À la fois

didactique et ludique, cette nouvelle présentation

laisse s’exprimer toute la beauté de cette œuvre de

la nature.

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