Février 2011 - Église Catholique d'Algérie

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Février 2011 - Église Catholique d'Algérie

Rencontres

لق اءات

timlilit

La Semaine Religieuse d’Alger — février 2011 - 112 ème année


« Si le grain tombé en terre ne meurt… »

P. Marek, salésien de 34 ans, en Tunisie depuis 2007 a été égorgé dans un dépôt de

l’école des Salésiens de la Manouba, près de Tunis. Le crime serait le fait d'un très

proche de l'école ne pouvant rembourser un emprunt mal utilisé, et qui a eu peur

d'être découvert.

Voici quelques passages de la lettre que Mgr Maroun Lahham, évêque de Tunis a écrite à son

diocèse, à la suite de ce drame :

Je sais que P. Marek avait écrit, deux semaines avant son assassinat, à propos du peuple tunisien

: « c’est une nation jeune, intelligente, incapable de violence (sic !), profondément bonne

qui n’est pas capable de haïr»….et encore : « ma peur du terrorisme et de l’extrémisme a complètement

disparu. Les Tunisiens sont tellement accueillants, amicaux et chaleureux. Ils m’apprennent

cette attitude »

…Je m’imagine en face de son assassin pour lui poser quelques questions : Pourquoi as-tu vraiment

tué P. Marek Et pourquoi de cette manière barbare Son jeune âge et son innocence

ne t’ont inspiré aucun sentiment de pitié Ni son physique frêle Tu l’as assommé à coups de

marteau, cela ne suffisait-il pas Fallait-il vraiment l’égorger et le laisser baigner dans son

sang Comment as-tu pu dormir après De quelle pâte es-tu fait Quelle religion professestu

Es-tu de ceux qui croient en Dieu le Compatissant, le Miséricordieux, (Al Rahman Al Rahim

) Comment conjugues-tu ton crime avec ta foi

…Réponds à ces questions, tranquillise-nous, tranquillise notre cœur de père et de frères…

Après, je te promets le pardon. Tu auras d’abord à le demander de Dieu, ensuite, tu auras celui

de l’Église catholique de Tunisie.

…« Si le grain tombé en terre ne meurt…. » Il est tombé, il est mort, et à l’exemple du Christ

auquel P. Marek s’était consacré, il a porté des fruits. Tous les messages de solidarité, toutes

les scènes de sympathie, les fleurs déposées à la porte de la Cathédrale, les tunisiens et tunisiennes

qui ont manifesté devant la Cathédrale avec des slogans « Marek, pardon ! », les jeunes

tunisiens venus à la cathédrale dimanche 20, avec des fleurs, les larmes aux yeux… « Nous

ne l’avons pas tué, disaient-ils, ce n’est pas la Tunisie… Pardonnez-nous ! » ; et ils sont partis en

embrassant les sœurs.

…Les réactions officielles sont du même ordre, … . Fallait-il le meurtre d’un prêtre pour nous

rendre compte de toute cette sympathie et de cette affection Le prix est très élevé. Nous

apprécions énormément tous ces gestes d’amitiés, mais elles ne valent pas une goutte du sang

de notre Marek.

Et maintenant Eh bien, nous allons de l’avant…. Partir Pas question, les temps de difficulté

ne sont pas des temps de fuite. Je le dis en mon nom personnel d’abord, et je pense pouvoir le

dire au nom du tout le personnel religieux de l’Église de Tunisie et au nom des chrétiens présents

dans le pays. Je le dis aussi pour nos frères musulmans et juifs. Nous restons dans ce pays

qui nous accueille, qui nous aime et que nous aimons. Nous restons aussi pour vous, car nous

voulons nous enrichir de votre présence et de votre différence, et nous vous proposons aussi

les valeurs auxquelles nous croyons et que nous essayons de vivre malgré nos faiblesses, des

valeurs qui peuvent vous apporter un supplément de foi et d’espérance et de confiance.

La vie est plus forte que la mort, l’AMOUR aussi.


Éditorial

La parole de Dieu dans la mission

d'une Église qui se veut "une Église servante"

Du 5 au 28 octobre 2008, s'est

tenue à Rome la XII assemblée ordinaire

du Synode des Évêques sur le

thème de "la parole de Dieu dans la

vie et dans la mission de l'Église".

Deux ans après, et plus exactement

le 30 septembre dernier, Benoit

XVI vient de publier une exhortation

apostolique, Verbum Domini:

Il serait très long de présenter

dans cet éditorial toute cette exhortation

qui comporte, en plus d'une

introduction et d'une conclusion, trois

grandes parties composées de plusieurs

chapitres chacune. Je voudrais

plutôt présenter un chapitre de la

troisième partie qui s'intitule "Parole

de Dieu et engagement dans le monde"

qui nous intéresse de plus près et

qui pourrait résumer la mission de

notre Église, qui se veut avant tout

une Église servante, comme viennent

de le réaffirmer les Évêques de la CER-

NA lors de leur dernière assemblée

générale qui s'est tenue chez nous à

Alger du 29 janvier jusqu'au 3 février

2011.

Dans ce chapitre, on traite de

la Parole de Dieu dans son rapport

avec le service, l'engagement dans la

société en faveur de la justice, la réconciliation

et la paix entre les peuples,

la charité agissante, les migrants,

les personnes qui souffrent et la sauvegarde

de la création…. La Parole de

Dieu éclaire notre existence et nous

fait prendre conscience de l'importance

de l'instant

qui passe et

dont nous devons

nous servir

pour nous

mettre au service

de ces

"petits qui

sont ses frères"

(cf. Mt 25,

40), car c'est à

lui qu'on fait

ou qu'on ne

fait pas tout

ce que nous faisons ou que nous ne

faisons pas à nos frères et c'est sur ce

service de nos frères que nous serons

jugés à la fin des temps: "J'avais faim,

et vous m'avez donné à manger;

j'avais soif, et vous m'avez donné à

boire; j'étais étranger, et vous m'avez

accueilli; j'étais nu, et vous m'avez

habillé; j'étais malade, et vous m'avez

visité, j'étais en prison, et vous êtes

venus jusqu'à moi" (cf. Mt 25, 35-36).

C'est donc la Parole de Dieu ellemême

qui nous rappelle la nécessité

3


Éditorial

de notre engagement et de notre

responsabilité envers nos frères,

quels qu'ils soient, sans distinction

aucune…. L'Évangile nous encourage

aussi à accomplir le bien envers nos

frères et à agir pour la justice, la

réconciliation et la paix dans nos

sociétés et cela toujours en faveur

de nos frères: des pauvres et de

ceux qui souffrent, des plus démunis

et de ceux qui sont victimes de

l'égoïsme, de l'injustice et de l'exploitation.

La Parole de Dieu nous

pousse à travailler pour rendre le

monde plus juste et plus habitable.

Elle dénonce les injustices et promeut

la solidarité et l'égalité…. Elle

nous appelle à défendre et promouvoir

la dignité humaine et les droits

humains de toutes les personnes. La

Parole de Dieu est source de réconciliation

et de paix car, par elle,

Dieu réconcilie toutes choses en lui

(cf. 2 Cor 5, 18-20; Ep 1, 10). Les

croyants doivent s'engager à donner

des exemples de réconciliation pour

construire une société juste et pacifiée.

La paix est possible et nous devons

être des instruments de réconciliation

et de paix. Cet engagement

pour la justice, la réconciliation

et la paix trouve sa racine ultime

et son accomplissement dans

l'amour, dans le service désintéressé

et gratuit des frères. Nous devons

comprendre la nécessité "de traduire

en gestes d'amour la parole écoutée".

La Parole de Dieu écoutée avec

disponibilité éveille "la charité et la

justice envers tous, surtout envers

les pauvres". A ce propos, Saint Paul

nous dit dans la première lettre aux

Corinthiens: "l'amour prend patience,

l'amour rend service… il ne fait

rien de malhonnête… il n'entretient

pas de rancune; il ne se réjouit pas

de ce qui est mal, mais il trouve sa

joie dans ce qui est vrai; il supporte

tout, il fait confiance en tout, il espère

tout, il endure tout" (1 Co 13, 4-

8). Et à ce propos, Saint Augustin

aussi affirme: "Il est fondamental de

comprendre que la plénitude de la

Loi, comme de toutes les Écritures

divines, c'est l'amour… Par conséquent,

ceux qui croient avoir compris

les Écritures, ou au moins une

partie quelconque de celles-ci, sans

s'engager à construire, à travers leur

intelligence, ce double amour de

Dieu et du prochain, démontrent

qu'ils ne les ont pas encore comprises"

(de Doctrina christiana, I, XXXVI,

40: PL. 34, 34)… Enfin la Parole de

Dieu nous invite à être attentifs aux

migrants et à tous ceux qui se trouvent

dans un état de souffrance physique,

psychique ou spirituelle et

être proches d'eux. La Parole divine

nous aide à "considérer la vie humaine

comme digne d'être pleinement

vécue même lorsqu'elle est

brisée par le mal". Le sommet de la

proximité de Dieu avec la souffrance

de l'homme c'est Jésus lui-même qui

a souffert avec nous et a transformé

4


Éditorial

jusqu'au bout notre faiblesse. Cette

proximité de Jésus à l'égard des

personnes qui souffrent ne s'est

pas interrompue, et aujourd'hui

elle se prolonge dans le temps à

travers notre mission, notre service

et notre engagement en leur

faveur. Aujourd'hui encore, de

nombreuses personnes dans notre

Église – prêtres, religieux, religieuses

et laïcs - continuent de prêter

leurs mains, leurs yeux et leur

cœur à l'Église pour les mettre au

service de leur frères, les hommes,

quels qu'ils soient et sans distinction

aucune. La Sainte Écriture

nous révèle enfin la prédilection

de Dieu pour les pauvres et les

nécessiteux (cf. Mt 25, 31-46). Par

conséquent, nous aussi nous

n'avons pas de choix et nous ne

pouvons pas agir autrement, nous

ne pouvons pas ne pas aimer les

pauvres et en faire l'objet de notre

prédilection.

L'espace de cet éditorial

ne me permet pas d'aller plus loin

ni d'être plus long, c'est pourquoi

je conclue en disant que je suis

heureux de ce que nous ayons

dans notre Église des groupes bibliques

qui font de la Parole de

Dieu l'objet de leur lecture, leur

méditation et leur prière. J'invite

ces groupes ainsi que tous les prêtres,

religieux, religieuses et tous

les fidèles de notre Église à lire

cette exhortation apostolique et à

en faire l'objet de leurs lectures,

Session de formation permanente chez

les lazaristes de la province de France

Des missionnaires de saint François de Salle,

lazaristes, diacres associés et laïcs se sont

retrouvés à la mi janvier pour deux jours de

formation autour du thème : « Quelles propositions

missionnaires pour aujourd’hui »

Les témoignages de Mgr Patenôtre et Mgr

Dagens ont permis aux participants de faire

un bon état des lieux, sur la place de l’Église

de France dans la société. S’appuyant sur

leur expérience et sur le texte des évêques

de France de 2009: «Entre épreuve et renouveau,

la passion de l’évangile», ils ont

notamment évoqué la question de l’indifférence

religieuse tout en soulignant un certain

renouveau, les points d’impact n’étant

plus les mêmes. La seconde journée a porté

sur le service national de la Catéchèse et du

catéchuménat. La responsabilité catéchétique

de l’Église concerne maintenant tous

les âges de la vie. L’environnement a bougé

aujourd’hui dans la société. Les parcours

des personnes sont variés et éclatés. Leurs

demandes au niveau de la foi surgissent

dans des lieux et des moments très divers,

souvent là où l’Église ne les attend pas.

Alors que nous venons d’une période où la

catéchèse se résumait pratiquement à une

proposition pour les enfants, d’autres axes

s’appuyant sur des lieux variés d’Église, sont

aujourd’hui proposés : les différentes étapes

de la vie, l’intuition catéchuménale,

l’importance du dimanche: des éléments

désormais incontournables pour aborder la

mission itinérante.

Notre frère Daniel a pu participer à ce

temps de formation

5


CERNA

Conférence des Évêques

De la Région Nord de l'Afrique (CERNA)

Communiqué final

La Conférence des Évêques de la Région

Nord de l’Afrique (CERNA) s'est

réunie à Alger, du 29 janvier au 2 février

2011. Y ont pris part les évêques

de la région et leurs vicaires généraux

; le P. Mario Leon Dorado, administrateur

de la préfecture apostolique

de Laâyoune, n'a pu venir pour raison

d'Alger, a représenté le Nonce Apostolique

à Alger. Mgr Domenico Mogavero,

évêque de Mazara del Vallo en Sicile,

tout proche voisin européen du

Maghreb, leur a fait l'honneur et la

joie de participer activement à leurs

travaux, signe de communion entre

nos Églises.

de santé. Mgr Vincent Landel, archevêque

de Rabat et président de la CER-

NA a conduit cette réunion. Don Piotr

Tarnawski, secrétaire à la Nonciature

Un long échange sur la situation de

leurs différents pays et de leurs Églises

a occupé les premières 36 heures des

travaux. Il a permis de prendre en

6


CERNA

compte le sérieux des événements qui

bousculent actuellement le monde

arabe, la Tunisie tout particulièrement,

mais aussi l'Égypte et d'autres

pays, et d'effectuer un premier discernement

:

Les évêques de la CERNA reconnaissent

dans les événements qui bouleversent

actuellement la Tunisie,

l'Égypte... une revendication de liberté

et de dignité, notamment de la part

des jeunes générations de la région,

qui se traduit en volonté que tous

soient reconnus comme citoyens, et

citoyens responsables. Reprenant le

message du Saint-Père pour le 1° janvier

2011 : "Liberté religieuse, chemin

vers la paix", et éclairés par lui, ils reconnaissent

que la liberté religieuse

est la garantie d'un respect complet et

réciproque entre les personnes. Elle se

traduit avant tout par la liberté de

conscience reconnue à toute personne,

la liberté de chercher la vérité. Elle

suppose le respect de l'autre, de sa

dignité, fondement de la légitimité

morale de toute norme sociale ou juridique.

La liberté de conscience et la

citoyenneté seront sans doute de plus

en plus au cœur des dialogues entre

croyants musulmans et chrétiens qui

habitent au Maghreb.

Un large panorama de ce que vivent

les Églises du Maghreb révèle l'esprit

commun qui les unit : la volonté d'être

une Église servante :

au service pastoral des chrétiens

qui vivent dans ces pays, parfois

ressortissants de ces nations, le

plus souvent étrangers venus pour

quelques années pour le travail, les

études ou des raisons de migration.

La CERNA est préoccupée par la

situation souvent dramatique des

migrants clandestins ; elle encourage

les efforts de ceux qui luttent

contre les causes de l'émigration ;

et les chrétiens font tout leur possible

pour humaniser les conditions

de vie de ces migrants.

au service des habitants essentiellement

musulmans des pays où

vivent ces Églises, de leur développement

et de leurs aspirations à

plus de dignité. Elles soulignent la

qualité des liens d'amitié qui se

tissent avec les citoyens de ces

pays, et témoignent avec joie des

occasions toujours plus nombreuses

de nouer ces liens : oui, le dialogue

islamo-chrétien est possible,

l'engagement commun au service

de personnes plus démunies, le

travail avec les associations des

sociétés civiles des pays du Maghreb

permettent d'apprendre à se

connaître, non seulement de se

tolérer, mais de se respecter et de

se comprendre dans la recherche

de la volonté de Dieu.

Les quatre délégués de la CERNA au

Synode des Évêques sur le Moyen-

Orient ont rendu compte de leur participation

comme membres à part en-

7


CERNA

prêtres, religieux ou religieuses

arabisants, et, dans certains pays,

la difficulté d'obtenir des visas. Ils

reçoivent comme un don l'arrivée

de nouvelles congrégations, de prêtres

Fidei Donum de tous les continents,

en particulier d'Églises

tière. Ce fut une grande expérience

d'Église, propre à soutenir les communautés

chrétiennes du Moyen-Orient

qui, dans les circonstances politiques

actuelles, sont souvent marginalisées

quand elles ne sont pas persécutées.

Ils ont perçu combien le dialogue islamo-chrétien

se vit dans ces régions de

manière très différente du Maghreb et

combien il est nécessaire de vivre ces

moments d'échanges entre Églises

pour progresser dans cet enjeu essentiel

qui est la paix.

Les membres de la CERNA ont approfondi

la question difficile de l'avenir de

leurs Églises :

Ils repèrent avec inquiétude le

manque de renouvellement des

d'Afrique ou d'Asie, de membres

de "communautés nouvelles", de

laïcs engagés ; ils soulignent leur

générosité, leur plus facile insertion

quand ils peuvent trouver un travail

social ou s'impliquer dans des

associations de développement ; ils

s'interrogent sur la meilleure manière

d'aider ces agents pastoraux

à percevoir l'enjeu de gratuité de la

présence de l'Église au Maghreb.

Ils ont évoqué la présence de nom-

8


CERNA

breux étudiants venus de tous les

pays d'Afrique, qui constituent souvent

l'essentiel des communautés

chrétiennes, y apportent leur dynamisme,

y trouvent avec joie la possibilité

de prendre leurs responsabilités

de baptisés. La CERNA a organisé

sa participation à la commission

mixte entre Églises du Maghreb

et d'Europe sur la pastorale

des migrants en mai 2011, et au

congrès mondial de pastorale pour

les étudiants internationaux à Rome

en novembre 2011.

Les évêques de la CERNA constatent

de grandes évolutions dans les

pays et les Églises du Maghreb et

éprouvent le besoin d'une réflexion

approfondie sur le sens de la présence

et du témoignage évangélique

des chrétiens au Maghreb.

Mgr Georger, délégué de la CERNA à la

CEFTL (Commission des Évêques Francophones

pour les Traductions Liturgiques)

fait part surtout de l'état d'avancement

de la nouvelle version française

du missel romain. Les évêques ont

voté sur des points spécifiques de sa

traduction en langue française.

Avec beaucoup d'émotion, les membres

de la CERNA ont visité ,sous la

neige, le monastère Notre-Dame de

Tibhirine, ont prié dans la chapelle où

les frères ont tant chanté les psaumes

et cherché la volonté du Seigneur pour

lequel "il n'y a pas de plus grand

amour que de donner sa vie pour ses

amis", se sont recueillis auprès des

tombes des frères, et se sont réjouis

que ce monastère devienne de plus en

plus un lieu de recueillement. Le film

"Des hommes et des dieux" permet à

beaucoup de percevoir le sens d'une

présence d'Église au Maghreb.

Le 2 février au soir, fête de la Présentation

du Seigneur, la CERNA a entouré

Mgr Ghaleb Bader pour célébrer

solennellement, avec toute la communauté

chrétienne, l'inauguration de la

Basilique Notre-Dame d'Afrique magnifiquement

rénovée. Ce fut un moment

intense de prière et d'action de

grâce pour le travail de l'Esprit en ce

continent africain, de supplication

pour qu'il continue de soutenir la présence

humble et servante de l'Église

au Maghreb, et aussi d'émerveillement

pour le beau travail de restauration

de cette basilique si chère au

cœur des algériens.

La prochaine réunion de la CERNA aura

lieu à Tunis du 12 au 17 novembre

2011.

+ Vincent LANDEL

Archevêque de Rabat, président de la

CERNA

Alger, le 2 février 2011

9


CERNA

Rencontre des évêques d’Afrique du Nord

avec la communauté chrétienne d’Alger

Du 29 janvier au 3 février s’est tenue à

Alger, la conférence épiscopale des

évêques du nord de l’Afrique, la CER-

NA. Notre archevêque Mgr Ghaleb

Bader a saisi l’opportunité offerte par

la tenue de cette session à Alger pour

permettre à tous ceux qui le désirent

de mieux connaître l’Église catholique

de toute la région.

Dans la chapelle de la Maison Diocésaine,

notre vicaire général, le Père

Christian Mauvais, nous présente les

évêques du Maroc, de Tunisie, de Libye

et d’Algérie. Seul est absent l’évêque

de Mauritanie et l’administrateur

apostolique de Laayoun.

° L’archevêque de Rabat, au Maroc,

Mgr. Landel, président de la CERNA,

nous parle de son Église dont l’une des

particularités est d’être une Église

pour les étrangers dans un pays où

seul l’Islam est admis. Dans ce contexte

le visage de l’Église a évolué avec le

départ des européens. En 1956 il y

avait 500.000 catholiques de quatre

nationalités. Aujourd’hui ils sont

25.000 de dix neuf nationalités. 20.000

étudiants sub-sahariens sont inscrits

10


CERNA

dans les universités du pays. Ces étudiants

apportent leur jeunesse dans

une communauté formée d’anciens du

Maroc, d’épouses de ménages mixtes,

d’expatriés pour le travail, de diplomates.

Tourisme et migrations de populations

sub-sahariennes sont aussi une

préoccupation de l’Église.

Quarante prêtres et cent vingt cinq

religieuses réalisent un projet éducatif

dans quinze écoles catholiques et

quelques institutions. Ils assurent la

pastorale d’une population chrétienne

qui se renouvelle de 25% chaque année.

En quatre années tout change.

C’est ainsi une conversion permanente

qui est proposée à ces chrétiens pour

s’ouvrir au dialogue islamo-chrétien et

être Église au Maroc.

Archevêque de Tanger, Mgr. Martinez

ajoute quelques mots pour nous parler

de sa petite Église de deux mille

chrétiens qui est significative. Les migrants

clandestins l’enrichissent par

une participation impressionnante aux

offices et à la liturgie. Centres pour

handicapés, centres culturels, crèches,

écoles d’enfants en difficulté, ateliers

de couture….sont des activités gérées

par le diocèse. Mais les migrants dominés

par la peur et les maladies demeurent

la principale préoccupation.

-Des questions permettent aux deux

archevêques de préciser la place d’une

Église qui n’est plus tout à fait étrangère

au Maroc. La réflexion des intellectuels,

les interviews de la presse

marquent cette reconnaissance comme

les célébrations officielles qui sont

pour les autorités une occasion de

montrer leur respect pour l’Eglise catholique.

° Mgr Martinelli, vicaire apostolique

de Tripoli livre un bref historique de

l’Église en Libye dont toutes les églises

furent fermées et devinrent propriété

de l’Etat. Deux églises demeurent ouvertes

pour des célébrations sans

contrainte. A l’intérieur du pays cinq

centres de prières sont organisés en

divers endroits pour rejoindre les migrants

sub–sahariens. Ils participent

aux conseils de pastorale.

Quatre vingt dix sept missions diplomatiques

sont également présentes à

Tripoli.

La communauté compte100.000 chrétiens

dont quinze prêtres et soixante

religieuses. La précarité caractérise

cette communauté qui manifeste une

vie de foi très forte et pose des exigences

d’adaptation linguistique. Les

nombreux polonais, considérés comme

communistes, ont cédé la place

aux indiens, philippins, vietnamiens, et

de plus en plus à des migrants afroasiatiques.

Mgr Magro, évêque de Ben Ghazi

présente l’importante communauté

orthodoxe, Église à cinq dénomina-

11


CERNA

tions. La participation aux offices dans

une église qui contient 700 personnes

montre la vivacité des chrétiens orthodoxes.

Une question posée sur la liberté religieuse

en Libye renvoie à la liberté

religieuse dans un contexte musulman.

L’expression de la foi est encadrée,

il est interdit à un libyen de se

rendre dans une église.

° Mgr Lahham, archevêque de Tunis

présente l’évolution de la présence de

l’Église. Les communautés sont fermées

dans le sud. C’est le vide de la

présence chrétienne. La Tunisie est un

petit pays avec une grande tête comme

capitale et une seconde grande

ville qu’est Sousse. Nouvelles communautés

de l’Église et nouveaux expatriés

ne se sentent pas engagés dans le

développement économique et social.

Ils sont chrétiens, compétents dans

leur profession.

Ces chrétiens des communautés ou

travailleurs d’entreprises ne partagent

pas la sensibilité des générations précédentes

pour le peuple tunisien. Leur

objectif est d’être une présence d’Église.

Ils sont d’abord Église. La connaissance

de la langue arabe et l’étude de

la culture islamique ne sont pas leur

priorité. 23 religieuses venant de pays

arabes interviennent dans trois écoles.

conversions car la religion est une affaire

privée qui s’exerce dans la plus

grande discrétion. Cette possibilité de

changer de religion ne saurait être

confondue avec l’évangélisation.

Pour en revenir au Maroc, la question

posée sur la place des évangélistes

(sans doute vingt mille) situe leur origine

dans l’action conduite par de

nombreux missionnaires venus des

USA, de l’Europe et de l’Amérique

Latine sous couvert de commerce et

d’autres motifs. Ils font église entre

eux. En raison de la loi sur les rassemblements

ils ne peuvent être plus de

dix par groupe.

Le fait qu’ils soient baptisés après un

très court cheminement (15 jours),

demeure une question pour l’Eglise

catholique. Certains parmi eux se posent

et nous posent la question:

Quand allez-vous nous aider Ils semblent

beaucoup plus nombreux au Maroc

qu’en Algérie ou dans les autres

pays de la CERNA. En Tunisie ils seraient

deux à trois cent.

La rencontre s’achève par une prière à

Marie.

Jean Gernigon

La liberté de conscience ne pose pas

question. La constitution permet les

12


Semaine de l’Unité

HYDRA, jour de prière œcuménique

Samedi 22 janvier, nos frères réformés

recevaient dans la chapelle paroissiale

d’ Hydra leurs frères adventistes, anglicans

et catholiques, sans la présence

de nos frères évangéliques pourtant

invités. Ce simple énoncé sousentend

une actualité œcuménique

locale, douloureusement contradictoire,

qui n’étonnera pas les fervents de

l’Evangile : sous le signe à la fois de

l’esprit de séparation - blessure non

cicatrisée suite à la violence contre

des bâtiments et donc contre des frères

– et de l’esprit de réconciliation –

une autre église tendant la main à une

église sœur : en attendant, venez prier

chez nous, vous y êtes chez vous.

Le thème porteur était l’appel que

constitue le portrait de la première

communauté selon les Actes (II, 42),

avec ses quatre composantes bien

figurées par quatre objets-signes que

chacune des églises venait déposer sur

l’autel : La Bible invitant à écouter

« l’enseignement des apôtres », du

pain invitant à accueillir notre Dieu se

faisant nourriture, un encensoir invitant

à la constance dans la prière et

l’offrande du soir, et une corbeille invitant

à se secourir entre frères. La voie

était tracée, et nous avons donc écouté

la Parole, rompu et mangé du pain,

nous avons prié, et une corbeille a recueilli

nos dons. Et dans sa prédication,

le frère Roger avait visiblement

plaisir à commenter ce grand texte, en

signalant une série d’attitudes spirituelles,

aptes à rendre concret notre

choix de mettre nos pas dans la trace

de ces devanciers de Jérusalem. Et

n’oublions pas le chœur des étudiants

anglicans, denses et joyeux ils contrastaient

superbement avec les éclats de

la trompette du frère Roger. A l’année

prochaine.

Fr. Dominique Motte

Sommaire

Éditorial 3

Lazaristes 5

CERNA 6

Semaine Unité 13

Vie consacrée 14

Nouveaux arrivés 16

Rencontres & développement 18

Ben Smen 19

Carême 21

Forum social 23

Nouvelles 25

13


Vie Consacrée

La liturgie, internationalisation et algérianisation

de notre Église et de nos communautés

Rencontre des personnes de la vie consacrée et du presbyterium d’Alger

Le samedi 4 février, les religieux, les

religieuses et les prêtres du diocèse se

sont rencontrés dans une salle derrière

la Basilique de Notre Dame d’Afrique

pour réfléchir le thème : pour la

préparation de cette journée, nous

nous sommes

posé les

q u e s t i o n s

suivantes :

Quel est le

fondement

de nos liturgies,

communautaires

et d’Église

l o c a l e

( p a r o i s s e ,

communauté

priante,

journée de récollection, accompagnement

spirituel), sachant que chaque

acte de foi a une liturgie Pourquoi

une liturgie Qu’est-ce qui nous motive

à prier ensemble, à célébrer ensemble,

à louer ensemble Dans les églises

d’Amérique Latine, dans une des

dernières Conférences des Évêques,

les représentants des églises locales

sont arrivées à la conclusion que c’est

important de voir, de réfléchir et d’agir,

mais aussi, il est très important de

célébrer et d’accomplir la foi par la

liturgie et par les célébrations.

Chacun de nous a été envoyé personnellement

en mission dans ce pays.

Puis, nous nous sommes retrouvés

e n s e m b l e

pour partager

la même

mission, en

Algérie, la

plupart auprès

de musulmans,

et

des chrétiens.

Chacun

est arrivé

avec ses

différences

culturelles, linguistiques, ecclésiales,

liturgiques. On pourrait se poser la

question : quel impact a notre mission

sur nos relations avec les algériens, et

plus précisément, sur notre liturgie

Autrement dit, de quelle manière, la

réalité algérienne sociale, politique,

religieuse, interpelle-t-elle nos célébrations

et nos liturgies De quelle

manière les algériens catholiques interpellent-ils

aussi notre manière de

14


Vie Consacrée

célébrer : par la culture, par la langue

utilisée, par les symboles liturgiques

Sans doute, tous ont trouvé une expérience

constructive de liturgie pour

mieux vivre leur mission et leur fraternité.

De même, chacun de nous a pu

trouver des frustrations liées à sa différence

culturelle dans le vécu de la

liturgie, dans sa communauté ou dans

sa paroisse. Certains ont pu dépasser

ces différences, en prenant les moyens

pour faire face aux défis que celles-ci

leur éveillaient, en vue de vivre leur foi

dans la vérité.

Ricardo Jiménez Sanchez, sj

Le Père Paul Desfarges a accepté d’intervenir

pour nous aider à réfléchir

sur ce sujet. Vous pouvez demander le

texte complet de l’intervention de P.

Desfarges, par internet à l’adresse :

redaction.rencontres11@gmail.com,

ou l’avoir à l’évêché en « tiré à part ».

15


Nouveaux Arrivés

Session des « nouveaux arrivés » :

qu’est-ce qui nous a rassemblé ici

Lorsque je suis remonté dans ma

chambre, à la fin de la soirée, après

la première journée de la session

des « nouveaux arrivés », je me

demandais : Qu’est-ce qui nous

rassemble Qu’est-ce qui nous a

amenés jusqu’ici Nous étions une

trentaine de personnes réunies, de

13 nationalités venues du monde

entier, de 17 ordres religieux ou

autres groupes d’Église. Tous ont

quitté leur pays pour venir vivre

aujourd’hui dans un pays en croissance

appelé l’Algérie. Le fait de poauvoir

vivre ensemble et nous comprendre

les uns les autres durant ces quelques

jours de session m’est apparu comme

un rêve.

Mais aujourd’hui je suis sûr d’une chose

: ce qui nous a réunis, et qui nous

unit maintenant les uns aux autres,

c’est que notre cœur est brûlant du

feu du message de l’Évangile, surtout

de la flamme du service qui est au

cœur de l’Église, et le cœur de l’Église,

pour nous, c’est le cœur de la société

algérienne.

Parmi les souvenirs que je garde de

ces quelques jours de travail avec cette

« équipe apostolique », je retiens

surtout le fait d’avoir vu dans le regard

de chacun une passion, une soif intarissable,

pour parvenir à une plus

grande intégration, une meilleure inculturation,

un plus grand service dans

la société algérienne. Chacun avait le

désir de donner une réponse honnête

et transparente aux diverses questions

qui nous étaient posées, sur ce que

signifie pour nous être chrétien, suivre

la personne du Christ, Dieu incarné,

uni à l’humanité tout entière.

Ce n’est pas seulement les informations,

nombreuses et riches, certes

importantes, qui ont touché nos

cœurs durant cette session, mais aussi

le goût intérieur à ces informations,

parce qu’elles étaient données à travers

le témoignage honnête et engagé

d’Algériens loyaux et fidèles à leurs

solidarités dans ce pays. Je vais garder

cela dans mon cœur et ma mémoire,

16


Nouveaux Arrivés

pour continuer de le partager avec

tous ceux que je rencontre : ce sont

des témoignages pleins de grâces pour

ceux qui savent en reconnaître la source.

tenir par les moyens technologiques

actuels, qui nous permettent d’accéder

à l’information en un clin d’œil,

mais le fait d’être ensemble, les uns

avec les autres, pour les recevoir, a

permis de créer un corps apostolique

unifiée. Chacun peut maintenant

considérer que son travail dans ce

pays, tout en étant une vocation personnelle,

ne pourra pas atteindre son

but s’il ne crée pas des ponts avec les

autres, pour une véritable collaboration,

que ce soit au sein de l’Église locale

ou avec la société civile.

Certes, la durée de mon séjour ici est

courte (4 mois), mais d’une certaine

manière c’est suffisant parce que mon

cœur est déjà ravi de bonheur, et pour

mon avenir apostolique je rêve de revenir

travailler ici.

Bien sûr, les données sur le présent et

le passé de l’Algérie sont faciles à ob-

Ceci est mon humble témoignage que

je voulais partager avec l’Église algérienne,

qui travaille « avec, dans, et

pour » l’Algérie. Ces sentiments ne

sont pas seulement le résultat d’une

flamme qui se serait allumée lors de la

session des « nouveaux arrivés », mais

c’est la suite de ce qui m’habite, et qui

ne s’éteint pas, depuis le moment où

mes pieds ont touché le sol de ce charmant

pays.

Tony Homsy,

syrien, novice jésuite

17


Rencontres et Développement

La fin d’une époque

C’est avec un énorme regret que nous avons quitté aujourd’hui nos locaux, sis

12 bis rue des Frères Meslem Alger pour nous installer provisoirement au 12 A

rue des Libérés (ex colons) Alger, tout près de la place du 1 er Mai en attendant

de nous installer définitivement probablement à Belcourt.

C’est ainsi que nous laissons derrière nous 36 ans d’histoire construite ensemble,

main dans la main entre musulmans, protestants et catholiques. Une page

est tournée mais une nouvelle commence à s’écrire avec la même détermination

entre croyants de différentes religions toujours au service des plus pauvres.

Ainsi un grand groupe de jeunes algériens, tchadiens, ivoiriens et togolais, nous

a permis de faire cette nouvelle installation en toute sérénité et nous leur en

sommes reconnaissants. Cela a été un vrai témoignage de solidarité et déjà de

nouveaux membres jeunes et moins jeunes se sont inscrits à l’association.

Dès aujourd’hui le 1 ier février nous serons ouverts :

Lundi et Jeudi : 8h 30 – 12 h 30

Dimanche /Mardi et Mercredi : 11 h 30 – 15 h 30

Tél : 0661 53 92 73

Fax : 021 68 36 00

Courriel : yanheuftdz@yahoo.fr

Avec la même détermination aussi, de construire un monde meilleur, avec

moins de souffrance, surtout pour les populations en déplacement, nous participerons

au Forum Social Mondial à Dakar au Sénégal du 5 au 12 février 2011.

Jan Heuft

Président de Rencontre et Développement (CCSA)

18


Ben Smen

Une chorale d’étudiants à Ben Smen

A la recherche de la présence du Christ

dans leur vie, la chorale Esperança da

Jesus de Blida s'est rendue à la maison

Ben Smen pour trois jours de recollection:

un séjour qu'elle n'est pas prête

d'oublier. Que de moments de bonheur,

d'attention, de joies et surtout

de grâce et d'amour du Christ ! Cela a

été possible grâce à l'accueil de l’équipe

de Ben Smen.

En effet, dès notre arrivée, un programme

riche en enseignements, établi

au préalable selon les consignes de

notre aumônier et curé de Blida, nous

attendait déjà pour illuminer notre foi

durant notre séjour. Chacun a pu parler

de son Église, d'où tiennent les racines

de sa foi chrétienne, et de l'Église

en Algérie. Ensuite, la projection

d’un DVD, « le Testament de Tibhirine

sur la vie et la mort des moines nous

19


Ben Smen

a été proposée afin de connaître les

circonstances de leur assassinat et

surtout de discerner et méditer leur

dernier message avant leur fin tragique.

Il est vrai que ce qu'avaient fait

les moines à quelques instants de leur

enlèvement ne relevait pas de leurs

forces, moins encore du courage humain,

c'était l'œuvre de l'Esprit, l'Esprit

de Dieu.

Les moines de Tibhirine, par le testament

du père Christian, nous ont montré

leur dévouement à leur vocation et

aussi à l'Algérie, terre de leur mission,

jusqu'à leur dernière minute de vie et

surtout le vrai sens du pardon, celui de

ne pas identifier l'autre à ce qu'il fait,

moins encore à ce qu'il a déjà fait. Pardonner,

d'après le père Christian, c'est

donner une seconde chance à celui-là

qui t'a blessé ou offensé, tout en

condamnant son acte.

Qu'il est magnifique et beau ce testament

du père Christian car par lui

l'œuvre des moines se perpétue de

génération en génération. Même

morts, ces moines continuent d'accomplir

leur mission, celle de conduire

les brebis vers le Père. Ces écrits nous

ont vraiment interpellés par la richesse

de leur enseignement.

C’est en fait le vendredi matin, grâce à

un parcours spirituel animé par petite

sœur Marie-Danièle, que nous avons

pu en approfondir le sens, avec quelques

autres participants. Un moment

de méditation sur le texte de la visitation

de Marie à sa cousine Élisabeth et

sur le testament du père Christian,

nous a été accordé. Et chacun a pu

partager avec les autres ce qui l’avait

touché.

Au début de l’après-midi, nous avions

eu une visite surprise de l'abbé Jean

Paul Kaboré accompagné de trois fidèles

de Blida.

Le moment qui a plu à tout le monde,

c'est lorsque chaque groupe a dû composer

un magnificat. Chacun a donné

le maximum de lui-même pour faire

avancer son groupe et travailler en

équipe. Étonnamment, le choix à l’unanimité

du meilleur magnificat de la

soirée s’est porté sur celui de la troisième

équipe qui n’avait pas pu finir le

sien. Des moments pareils, on en rêverait,

encore et encore. Nous avons

vécu la joie du Christ vivant durant

tout notre séjour!

Arthur, étudiant.

Rappel de l’archiviste :

Tout acte de catholicité (baptême, confirmation, mariage, sépulture) doit être

établi en double. Le double sera envoyé à l’archevêché en début d’année.

20


Carême

Campagne de Carême 2011

Thème choisi :

« Paroles de jeunes .... Laissons-nous interpeller !»

L’an passé nous nous étions arrêtés à l’enfance et une enfance heureuse. Cette

année nous vous invitons à passer le temps du carême à l’écoute des jeunes :

ils sont nombreux ici, sont une force d’avenir, ceux d’ici et ceux venus d’ailleurs

pour étudier ou migrer… mais souvent oubliés, peu pris en compte dans des

décisions, abandonnés à leurs rêves… etc. Ils sont étudiants, chômeurs, travailleurs,

haragas, migrants, hittistes, sportifs, sans formation, cheminants, en attente….etc.

En plus de l’entrée en Carême le mercredi 9 mars, noter déjà sur vos agendas

ces 3 rendez-vous :

18 mars à la Maison Diocésaine, à 17 heures

02 avril à Notre Dame d’Afrique, à 16 heures

16 avril à Tizi Ouzou à 12 heures

20 avril à la Cathédrale à 18 heures, où la messe chrismale rassemblera

l’ensemble de la communauté chrétienne.

Sur ces différentes rencontres, vous aurez de plus amples renseignements d’ici

l’entrée en carême !

Sachez que des enveloppes ‘campagne de carême 2011’ seront proposées et

distribuées partout.

Christian M.

21


Carême

Pour nous aider à cette écoute des jeunes, voici deux moyens :

Inviter à notre table 2 ou 3 jeunes (algériens ou subsahariens) pour faire

connaissance, les découvrir à partir de leurs aspirations, de leurs projets,

les écouter simplement, les associer de plus près à nos temps de

prière…

réfléchir entre nous, personnellement, communautairement, en famille, en

assemblée chrétienne…. Ou/et avec eux :

- quels sont les liens que nous avons avec eux. Quelle place leur

donnons-nous, comment nous parlons d’eux, que partageonsnous

de leur vie, questions, espoirs ….

- qui rencontrons-nous comme jeunes dans notre quotidien ce

que nous entendons de ce qu’ils nous disent ; que percevonsnous

de leur vie, attentes…

- que nous apportent-ils, comment ou en quoi nous enrichissentils

; en quoi nous aident-ils

- quelle place souhaitent-ils dans notre Église, quelle place leur

proposons-nous, préparons-nous avec eux

De ces deux temps, il serait bien de ressaisir des témoignages qui puissent nous

aider par la suite.

« Le Carême avec sa couleur violette et ses sacrifices semble un temps bien

triste, Seigneur. Je veux en faire une marche joyeuse vers Pâques. Je soufflerai

sur les cendres, réveillerai les braises cachées dessous et entretiendrai le

feu. Je sais que la vie criera victoire, et déjà j’abandonne mes sentiers de

mort. Seigneur, rends mon pas léger et aide-moi à faire de ces quarante jours

une montée vers ta joie. Que déjà résonne en mon cœur un carillon de Résurrection

» (Charles Delhez, s.j.)

22


Forum social mondial Dakar

Forum Social Mondial Dakar 2011

de clôture le 11 au soir. Elle confirmait

qu'un autre monde est possible grâce

à la détermination d'y travailler avec

les populations de base.

Le forum s'est ouvert avec une très

belle Eucharistie présidée par le Cardinal

archevêque de Dakar et animée

par deux chorales. Une fois de plus,

nous qui venons de l'Afrique du Nord,

C'est avec un énorme défilé d'environ

10 000 personnes que le Forum Social

Mondial 2011 s'est ouvert dans l'enthousiasme

et la joie le 5 février dernier.

La révolution du jasmin en Tunisie

était dans la tête de chaque participant

et confirmait que les changements

dans le monde sont possibles

sans violence mais avec la détermination

du peuple à l'exemple de Nelson

Mandela ou de Ghandi jadis. Vous

comprenez donc l'explosion de joie à

l'annonce de la réussite de la révolution

égyptienne lors de la cérémonie

sommes frappés par les célébrations

très vivantes en Afrique subsaharienne,

et l'assistance massive des fidèles.

Nous étions présents dans ce forum

en partenariat avec le Secours Catholi-

23


Forum social mondial Dakar

que, le CCFD et la Cimade ce qui nous

a vraiment permis de défendre la cause

des migrants et réfugiés dont les

situations sont de plus en plus précaires

dans nos régions. Nous nous ne

sommes pas arrêtés à de beaux discours

et de belles déclarations mais

avons envoyé des recommandations

insistantes aux gouvernements et organisations

internationales. Tous ces

débats et recommandations s'adressent

également à chacun et chacune

de nous et nous nous sommes engagés

à y travailler chacun à son niveau et

davantage en réseau.

Les droits universels de l'homme et le

respect de chaque être humain sont

des données qui correspondent bien

au magistère de l'Église et à notre foi

que chaque être humain est créé à

l'image de Dieu. Même si le forum est

une organisation purement laïque en

tant que chrétiens nous y retrouvons

tout à fait.

La gestion de l'eau, la dette, la gestion

des terres et le droit des peuples à leur

autodétermination furent des sujets

débattus avec conviction et ont donné

lieu, par moments, à quelques échauffourées.

Le fait que ce forum se passait

en terre africaine et que des nombreux

ressortissants de ce continent y

aient participé par des interventions

et par l'organisation, a donné tout son

sens à l'évènement .

Rencontre et Développement (CCSA)

Hamid Fadhel, Sihem Lagha, Jan Heuft

Fraternité séculière Charles de Foucauld

Semaine de Nazareth 21-28 mars 2011 à Ben Smen.

Un temps de retraite en fraternité, temps de vie simple comme la famille de

Jésus à Nazareth, de prière, d’échange, d’approfondissement de la spiritualité

de Charles de Foucauld pour mieux « crier l’Évangile par notre vie ».

Proposée à tous les membres des fraternités existant en Algérie et à tous les

étudiants qui désireraient former une petite fraternité là où ils vivent et à tous

ceux qui voudraient découvrir la spiritualité de Charles de Foucauld.

« Oser la Rencontre »

Animation :

Fr. Henri Chasseriau de Béni Abbès et le père Jean Desforge d’El Harrach. Le

père Albert Gruson, prêtre Jésus Caritas nous accompagnera aussi en fonction

de ses disponibilités.

Pour tous renseignements : tgernigon@yahoo.com (Tél. : 06 98 45 94 01)

24


De sœur Anne-Geneviève de Grandchamp

Nouvelles et informations

Que dire de 50 ans de présence dans ce pays et cette Église aimés d’Algérie. Arrivée

en 1958, j’ai vécu le plus longtemps dans le bidonville de Oued Ouchaïa, puis 4 ans à

Aïn Naadja jusqu’en 1994. Je ne peux oublier l’accueil de ces familles

déshéritées, chassées de leur terre par la guerre, toujours

prêtes à partager le peu qu’elles avaient, et surtout le don de

leur cœur. Nous avons traversé les turbulences du pays, les joies

et les peines des familles dans une grande confiance. Jamais je

ne me suis sentie auprès d’elles la “roumia “. Et ces liens perdurent

jusqu’à aujourd’hui puisqu’elles sont restées l’essentiel de

mes amis. Dans cette période, j’ai travaillé 13 années qui ont

compté au centre d’handicapés de Marie Thérèse Brau à l’oued.

En 1994, à cause de la sécurité, j’ai été accueillie par le pasteur

Johnson, rue Reda Houhou, où je suis restée jusqu’à mon départ

tout récent. Là, je me suis plus engagée dans l’Église protestante, sans délaisser mes

amis de toujours. L’Église protestante se voulait multiethnique et interconfessionnelle.

Alors vous pouvez comprendre la douleur d’en être arrivée à la situation actuelle.

Mais l’Église, pendant ces longues années, a vécu un lien unique avec l’Église catholique.

D’abord accueillies par les petites sœurs et les petits frères de Jésus, les sœurs

blanches, puis bien d’autres communautés, nous vivions toutes les choses importantes

ensemble, les larmes du terrorisme comme la prière simple des jours.

Avec le soutien du cardinal Duval et du Père Teissier, j’ai été membre à part entière

de la paroisse d’Hussein Dey avec le Père Carmona. Comment oublier qu’un certain

jeudi saint, il m’a lavé les pieds à cause de celle que j’étais. Pendant tout ce temps

un long et profond cheminement avec les moines de Tibhirine, jusqu’au bout. Combien

ont-ils marqué ma vie ... A travers eux, il y a ma participation au Ribat es Salam,

à un groupe de femmes “mixte” qui se réunit régulièrement chez sœur Renée et surtout

le plus intérieur de ma vie qui en a été façonné.

La souffrance de la séparation brutale est grande. Mais demeure en moi une profonde

action de grâce pour ce qu’il m’a été donné de vivre, qui reste une bénédiction et

continue d’habiter mon cœur et ma prière, quelle que soit ma nouvelle vie, accueillie

avec tant de délicatesse par ma communauté, en Suisse.

Dans la lumière de l’Épiphanie, je vous salue tous du fond du cœur, surtout ceux et

celles dont je n’ai pas pu prendre congé.

Je confie tous mes amis du peuple algérien que j’ai laissés à votre prière. C’est eux

qu’il m’est le plus difficile de quitter. Mais je sais que d’autres continueront la gratuité

de cette présence, surtout auprès des plus petits.

25


Nouvelles et informations

Chers amis et bienfaiteurs,

Avec ses remerciements pour l’attention que vous nous avez portée, le Foyer

des jeunes « Amitié sans Frontières » a le grand plaisir de vous présenter ses

meilleurs vœux pour l’année 2011.

Nous serions très heureux de votre présence au concours de dessin du samedi

19 mars, à la kermesse du samedi 16 avril, à la remise des diplômes aux animateurs

et au groupe de théâtre le vendredi 6 mai et au spectacle du samedi 4

juin 2011. Votre présence serait pour nous un encouragement.

L’équipe d’animation

Poèmes :

Je ne suis pas forte en français

Mais je sais écrire ton

prénom.

Je ne suis pas forte en maths

Mais je sais combien

Tu comptes pour moi.

Je ne suis pas forte en géo

Mais je connais ta place

Dans mon cœur.

Au foyer

Ya de la joie

Chaque samedi.

On me dit bienvenue

A claire venue

sous le soleil.

C’est une merveille

Au foyer

On ne s’ennuie pas.

Yasmine

Décès :

Sœur Marie Agnès du Sacré Cœur, clarisse, est décédée au Monastère de Nîmes,

le 18 Février.

"Nous apprenons que notre Sœur Marie-Thérèse Freudenreich est décédée

lundi 21 février en début d'après midi, à Verrières-le-Buisson (France). Marie

Thérèse avait 94 ans. Elle a passé la majorité de sa vie en Algérie au service des

hôpitaux de Briska, des Attaf, et au service du diocèse d'Alger et de biens des

congrégations religieuses depuis 1976. Nous vous reparlerons plus longuement

de Marie-Thérèse dans le prochain numéro de « Rencontres ».

Les sœurs de sa communauté d'Hydra

Ce 20 février à Alger, Arezki MAFOUF a achevé sa course, à l'âge de 86 ans. A

Christiane, à toute leur famille, nous disons notre peine, notre admiration, notre

prière.

26


Départ :

Nouvelles et informations

Sœur Lutgart, des sœurs de la Charité Maternelle, vient d'être nommée par sa

nouvelle supérieure générale, responsable d'un orphelinat à Bunia en RDC. Elle

est venue ici il y trois ans, avec sœur Georgine, et a vécu surtout à Blida mais

aussi dans la communauté d'el Goléa dans le sud, avec sœur Ignace ! Nous l'accompagnons

de notre prière, la remercions pour le don d'elle même au sein de

notre église et nous lui souhaitons bon courage dans sa nouvelle mission....

espérant que de nouvelles sœurs du Congo puissent venir compléter, enrichir

la communauté de Blida et du sud.

Informations Ben Smen :

Parcours spirituels autour du thème :

"Pour inventer l'avenir de notre Église, puisons dans ses racines"

Vendredi Saint 22 avril de 9h à 12h et samedi 14 mai de 14h à 17h.

Week-ends de prière sur des paraboles de l'Évangile, du vendredi 16h au samedi

16h :

- 11 et 12 mars (Paraboles de la miséricorde et du pardon) ;

- 3 et 4 juin (Paraboles de la semence et du levain).

Retraites :

- Du vendredi 15 avril (soir) au dimanche de Pâques 24 avril (matin) : retraite de

Semaine Sainte, avec participation aux grandes célébrations en paroisse

- Du vendredi 6 mai (soir) au dimanche 15 mai (matin) : retraite colorée par la

manière dont le Ressuscité donne naissance à l’Église.

Dates à retenir

Rencontre de l’USMDA

Assemblée générale

de l’A.D.A. et de l’ACRCA

Rencontre du conseil pastoral

à la Maison Diocésaine

Entrée en carême

du 28 février au 2 mars à la Maison Diocésaine

le jeudi 3 Mars

Le dimanche 6 mars

Le mercredi 9 mars

Conseil épiscopal dimanche 13 mars :

27


Administration-rédaction : Archevêché d’Alger

13 rue Khelifa BOUKHALFA - 16000 Alger

Tél: (213)[0] 21 63 35 62 & 63 37 18

Fax: (213)[0] 21 63 38 42

Pour les abonnements :

Courriel : redaction.rencontres11@gmail.com

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Le gérant : Jean-Pierre Henry (Courriel : pjrhyen@yahoo.fr)

Coordinatrice de la rédaction :

P.S. Marie-Danièle : (Courriel : marie_danielej@yahoo.fr)

Mise en page : Catherine Enjolras

Dépôt légal : à date de parution

Pour les abonnements et réabonnements, merci de s’adresser à l’Archevêché d’Alger.

Les virements effectués à l’A.E.M. ne permettant pas d’identifier leurs auteurs, veuillez envoyer vos

chèques à l’archevêché.

Nouveaux tarifs (à partir du 1 er janvier 2011) :

Pays du Maghreb : 300 DA

Autres pays : 15 euros ou 1 200 DA.

Vente au numéro : 50 DA (20 DA tarif étudiants)

Les chèques en euros sont à établir au nom de l’A.E.M « rencontres » et à envoyer à l’archevêché

d’Alger, 13 rue Khalifa Boukhalfa Alger gare

Les chèques en dinars sont à établir au nom de l’A.D.A , 13 rue Khalifa Boukhalfa - Alger Gare

Pour une somme supérieure au montant de l’abonnement, précisez si il s’agit d’un abonnement de

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