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pax

concordia

premier trimestre 2012 - n° 9

Revue de l’église catholique d’Algérie

ISSN : 2170-1709

Dossier : Vivre le handicap en Algérie

DIALOGUE : L’école de la différence

évêques : Lettre aux étudiants


03 éditorial et mot de la rédaction

05 église universelle

25 e anniversaire de la rencontre d’Assise

09 église au Maghreb

Communiqué de la CERNA

Nouvelles du Maroc

11 Dialogue

L’École de la différence à Mostaganem

13 Dossier

Vivre le handicap en Algérie

21 Indépendance

Libres propos de Mgr Henri Teissier et de

Mgr Gabriel Piroird

23 église d’Algérie

Lettre des évêques aux étudiants

25 Actualité des diocèses

Alger, Oran, Constantine, Ghardaïa

29 Des livres à lire

J.P. Grangaud, R. & C. Marca, K. Efoui,

B. Sansal

31 Bloc-notes

Bloc-notes et bulletin d’abonnement

Chers amis de Pax et Concordia,

merci pour votre revue, qui m’encourage

moi dans mon apostolat,

nous « église des frontières ». Plusieurs

fois, j’ai voulu réagir, vous

encourager, vous exprimer ma profonde

communion. Aujourd’hui,

n’y étant pas encore parvenu (!), je me contente de

vous envoyer cet écho -réchauffé quant à la date mais

plus que jamais d’actualité quant à l’Esprit- de ce que

notre Église a vécu lors de mon ordination épiscopale.

En fraternelle communion.

+ Henri Coudray, vicaire apostolique de Mongo

(Tchad)

Mgr Coudray, sj, a été ordonné évêque le 29 novembre

2009, date également de l’accession de la Préfecture apostolique

de Mongo au rang de Vicariat apostolique, dernière

étape avant de devenir diocèse. Située au nord-est du

Tchad, aux confins de la Libye, du Soudan et de la République

Centrafricaine, cette circonscription ecclésiastique

est dans une région à 95% musulmane. Les musulmans,

très nombreux lors de l’ordination, étaient venus célébrer

-selon le mot de l’un d’entre eux- « la beauté de la foi dans

le respect de la différence, qui est un don de Dieu ».

Un seul était ordonné en ce jour. Mais, avec lui, c’est tout

un peuple qui l’est également. Tous « ordonnés à » donner

consistance au Corps de Jésus-Christ en cette terre :

Les chrétiens, par le double témoignage de leur foi et de

leur unité dans la prière et le service sans frontières de

leurs frères ; par la libération de l’angoisse du petit nombre,

qui ouvre à l’urgence joyeuse de dire à tous, de mille

manières : « Si tu savais le don de Dieu ! »

Les musulmans, par leur transgression tranquille des murs

d’intolérance et leur esprit de collaboration et de respect,

plus fort que les clivages et que les exclusions.

Chrétiens et musulmans par leur capacité à donner chair

à l’incontournable solidarité active de croyants que l’Unique

appelle et envoie.

Aux abonnés

Tout semble rentrer dans l’ordre au niveau du courrier,

après tous les aléas de l’été. Mais nous conseillons

vivement à tous ceux qui ont des adresses électroniques

de nous les communiquer afin qu’ils reçoivent, de toute

façon, la version internet de la revue.

Voici l’adresse de la revue pour toute correspondance

au sujet des abonnements :

paxetconcordia.abonnements@gmail.com

Encore merci pour votre fidélité qui nous encourage.

P.S. Marie Danièle

Trimestriel

éditeur : Association diocésaine d’Algérie (ADA), n° d’agrément 18,

en date du 16 novembre 1974, délivré par le ministère de l’Intérieur

Adresse : Pax et Concordia, Archevêché d’Alger

13 rue Khelifa Boukhalfa, 16000 Alger-Gare

Dépôt légal : n° 2201-2010

Directeur de publication : Mgr Ghaleb Bader

équipe de rédaction : Dominique Lebon, Marie-Christine Rousseau,

Marie-Danièle Ligouzat, Michel Guillaud

Coordinateur de la rédaction : Michel Guillaud

Gérante : Marie-Danièle Ligouzat

Mise en page : Raphaël Watier

Courriel rédaction : paxetconcordia@gmail.com

Courriel abonnements : paxetconcordia.abonnements@gmail.com

Site internet de l’église d’Algérie : http://eglise-catholique-algerie.org

Dessins de couverture : Détail de la gare d’Oran et Les rues piétonnes

de Tlemcen, dessins de Reno Marca, extraits avec l’aimable

autorisation des auteurs de Algérie – Soyez les bienvenus – Voyages de

la Méditerranée au Sahara, de Claire et Reno Marca, Editions Aubanel,

2008, pp. 49 & 71.


P. Cesare Baldi

Directeur de Caritas Algérie

La Caritas, action d’église

pour l’homme en détresse

Le 28 juin 1962, se constituait à Alger, au 5 rue Horace Vernet, la

première Caritas de l’Algérie indépendante. Nous fêterons cette

année son 50 e anniversaire, même si l’ancien siège a été fermé et

la rue s’appelle aujourd’hui rue Menani Noureddine, sise derrière

l’hôpital Mustapha. Son identité aussi a changé : nommée à

l’époque « Caritas Algérienne », elle a été agréée officiellement en 1966 et a

œuvré pendant une décennie sous cette identité. Depuis 1977, la Caritas existe

sous forme de service diocésain à travers différentes initiatives animées par les

chrétiens, mais réalisées par tous ceux et celles qui croient dans la solidarité,

dans l’amour fraternel, dans la charité. En effet, la Caritas est un instrument qui

dépasse l’appartenance religieuse et les moyens de vie, il n’est pas question de

donner simplement du surplus aux pauvres.

La première lettre encyclique du Pape Benoit XVI en 2005 s’intitulait en latin

« Deus Caritas est », qu’on traduit « Dieu est amour » : il expliquait le sens chrétien

de l’amour, en disant qu’il n’est pas seulement un sentiment ou une pulsion

physique mais se réalise dans des gestes concrets, se traduit dans l’exercice

quotidien de la charité. Et, dans le domaine de la charité, toute foi religieuse est

la bienvenue, on écoute les besoins de tous et on demande l’aide et le soutien

de chacun. La charité ne fait pas de distinction ni ne peut être monopolisée

et surtout ne doit pas être instrumentalisée à d’autres fins que l’amour du

prochain, sans risquer de devenir hypocrite, contradictoire et fausse.

Mais enfin, qu’est-ce que la Caritas une association de bienfaisance une ONG

humanitaire une institution internationale Elle est un peu de tout ça, mais

d’abord, elle est un service de l’Église, une action d’Église : un organisme issu

de l’Église catholique, voulu et créé simplement pour « faire du bien », faire

de la charité ou, plus précisément, pour organiser l’exercice de la charité. En

effet, pour faire du bien, la Caritas n’est pas nécessaire (et l’Église non plus,

d’ailleurs ! ) mais quand cette action commence à prendre de l’ampleur et qu’il

faut l’organiser un peu plus, on peut choisir de le faire en toute autonomie ou

bien de se concerter avec d’autres qui ont les mêmes idées, les mêmes valeurs,

la même envie de faire ce type d’action. C’est à ce moment que la Caritas peut

intervenir, quand l’action caritative se traduit en projet, en opération complexe

et articulée qui regroupe plusieurs personnes.

Récemment, les évêques d’Algérie ont signé un document qui précise le statut

ecclésial de la Caritas en Algérie. On y lit dans le premier article que « la Caritas

est l’organisme pastoral institué par les évêques afin de promouvoir, coordonner

et soutenir le témoignage de charité de la communauté ecclésiale ». Dans ce

sens l’ADA, l’association des diocèses d’Algérie, a précisé à l’article 12 de son

règlement intérieur que Caritas Algérie est son « organe exécutif » pour l’action

humanitaire prévue dans ses statuts. Chaque diocèse, en effet, promeut diverses

initiatives de solidarité, d’aide et d’assistance, selon les capacités des différentes

communautés, le personnel ou les amis qui les soutiennent. Ces activités sont

édito

pax concordia


édito

Le dessin de couverture est un détail de celui ci-dessus

coordonnées par un bureau diocésain Caritas, autour de l’évêque, qui envoie

deux délégués au comité national, chargé d’accorder les différentes nécessités

et de soutenir l’action de la Caritas au niveau interdiocésain.

Qui sont donc les bénéficiaires des initiatives de Caritas

La charité ne doit pas Bien que chaque action caritative s’adresse à tout homme

servir à d’autres fins que et femme en détresse, les quelques actions organisées

l’amour du prochain par la Caritas dans les différents diocèses sont regroupées

en faveur des personnes handicapées, des femmes, des

enfants et des migrants ou réfugiés. Le dossier central de ce numéro de la

revue, coordonné par la responsable du bureau diocésain Caritas de Ghardaïa,

est consacré aux personnes handicapées. La promotion féminine compte

plusieurs initiatives de formation et de production d’artisanat local dans les

quatre diocèses, avec en particulier un instrument de promotion culturelle de

la femme qui touche l’ensemble du territoire national, la revue Hayat. Toujours

pour les femmes, depuis plusieurs années, Caritas soutient, en particulier dans

les diocèses d’Alger et Ghardaïa, et récemment à Constantine, des cours de

formation complémentaires très appréciés, pour les éducatrices de jardins

d’enfants. L’accompagnement des migrants se traduit d’abord par l’accès

aux soins et aux droits, mais aussi par des cours de formation professionnelle

pour les réfugiés ou encore par l’insertion de femmes migrantes dans les

ateliers de promotion féminine. Prochainement, nous allons ouvrir un

centre d’écoute et de partage à Alger.

Enfin, depuis des années, Caritas soutient des projets chez les réfugiés

sahraouis dans les campements de Tindouf. Caritas s’engage également

dans le soutien d’associations partenaires dans le secteur de la jeunesse,

l’avenir du pays.

Cesare Baldi, PIME

4

Le mot de la rédaction

1962-2012

A cinquante ans, est-on jeune ou vieux En fonction de

notre âge et de notre expérience, nous jugerons. Ou

plutôt nous apprendrons, à travers l’évocation par un

certain nombre d’amis des rides et des élans de notre

pays, de souvenirs, statistiques, rêves et projets, comment

« être chrétien » est aussi « savoir être solidaire de l’histoire

d’un peuple ». Y aurait-il une « manière chrétienne » de

regarder l’histoire de son pays Les évêques émérites

d’Alger et Constantine ouvrent cette rubrique, que

nous poursuivrons tout au long de cette année du

cinquantenaire de l’indépendance.

S’il te plaît, dessine-moi l’Algérie !

Ce pourrait être un fennec plus encore qu’un mouton.

C’est en choisissant parmi mille et un dessins et photos de

notre ami Reno que nous illustrerons les couvertures des

numéros de cette année 2012. Ces dessins sont tirés du

bel ouvrage sur l’Algérie réalisé par Claire et Reno Marca.

On trouvera une présentation de celui-ci dans la rubrique

« Des livres à lire ».

A l’école de la différence

Ce n°9 pourrait être placé sous ce titre. Le dossier de ce

numéro montre comment l’Algérie essaie de vivre avec

ses enfants atteints d’un handicap. C’était l’occasion de

demander au directeur de Caritas-Algérie d’évoquer

dans l’éditorial cette dimension de notre communauté.

L’accueil de la différence, c’est aussi une des dimensions de

« l’esprit d’Assise », stimulé par les initiatives du 27 octobre

2011 ; nous rapportons quelques-unes d’entre elles.

C’est bien évidemment l’expérience originale menée à

Mostaganem, qui nous vaut ce titre et que nous racontent

initiateur et participants. C’est encore l’expérience des

étudiants sub-sahariens à qui les évêques d’Algérie

adressent une deuxième lettre pastorale. Ils vivront pour

la première fois cette année un rassemblement national

pour la fête des Rameaux.

Alors bonne lecture, et belle année à tous !


Assise 2011

« Plus jamais la violence ! Plus jamais la guerre ! Plus jamais le terrorisme !

Au nom de Dieu, que chaque religion apporte sur terre Justice et Paix,

Pardon et Vie, Amour ! »

(Benoît XVI)

Le 27 octobre à Assise, ville de saint

François, le pape Benoît XVI a invité, se

référant à la rencontre qui s’y était tenue

25 ans plus tôt, près de 300 responsables

religieux venus du monde entier. Parmi

eux, une cinquantaine de représentants de la religion

musulmane. Des non-croyants étaient aussi conviés

à ce pèlerinage vers la vérité et la paix. Extraits

d’interventions.

L’hypothèse de la destruction n’est pas la

seule possible

Pour la première fois, Homo Sapiens est capable de

détruire la terre et soi-même au nom de ses croyances,

religions ou idéologies. […] La rencontre de nos

diversités ici, à Assise, témoigne que l’hypothèse de

la destruction n’est pas la seule possible. […] Face

aux crises et menaces aggravées, voici venue l’ère

du pari. Osons parier sur le renouvellement continu

des capacités des hommes et des femmes à croire et

à savoir ensemble. Pour que, dans le multivers bordé

de vide, l’humanité puisse poursuivre longtemps son

destin créatif. (Julia Kristeva, philosophe)

Nous avons besoin des jeunes

The faith communities […] need the young “Change

Makers” of the world. […] A great obstacle to a just

peace today is the high level of unemployment among

young people all over the world. It feels as though

we are gambling with the welfare and happiness of

a generation. We need the vision and the courage of

young people for the necessary changes. We see how

young people lead processes of democratization

and peace in many countries today. We have to

acknowledge that we have not always been good

at honoring and fostering the contributions young

people can make in our religious communities. We

elders standing here need to work together for peace

between generations and to give young people

throughout the world real hope for the future.

(Olav Fykse Tveit, COE)

La religion instrumentalisée

Many times, the political authority’s interests are

labeled as religious issues, whereas in fact its essence

is far from that truth. In this regards, we must identify

religion above all interests. Should religion be placed

above such interests, then it will serve as a beacon

of hope from its forefathers. On the other hand, if

religions are placed below such interests, then the

religious community will forever be at war. (Kyai Haji

Hasyim Muzadi, Conférence internationale des écoles

islamiques)

Repentance

Comme chrétien, je voudrais dire à ce sujet : oui, dans

l’histoire, on a aussi eu recours à la violence au nom

de la foi chrétienne. Nous le reconnaissons, pleins

de honte. Mais il est absolument clair que ceci a été

une utilisation abusive de la foi chrétienne, en évidente

opposition avec sa vraie nature. (Benoît XVI)

Quand le désir de bonheur dégénère

L’adoration de l’argent, de l’avoir et du pouvoir,

se révèle être une contre-religion, dans laquelle

l’homme ne compte plus, mais, seulement, l’intérêt

personnel. Le désir de bonheur dégénère, par

exemple, dans une avidité effrénée et inhumaine

qui se manifeste dans la domination de la drogue

sous ses diverses formes. (Benoît XVI)

église universelle

pax concordia


église universelle

Assise 2011 en Algérie

Dans plusieurs villes d’Algérie, le vingt-cinquième anniversaire de

l’événement d’Assise 1986 a été l’occasion d’autres rencontres.

AGhardaïa, une trentaine de personnes,

chrétiens et amis algériens musulmans

mozabites et arabes ont partagé divers

témoignages dont un sur « l’école de la

différence » (voir la rubrique Dialogue

de ce numéro). L’échange a été suivi d’un temps de

silence et de méditation. Le groupe a prié ensemble

en écoutant, debout, le chant en arabe : Seigneur fais

de moi un instrument de Paix.

D’autres rencontres ont eu lieu sur le diocèse,

notamment à Ouargla.

A Constantine, près de cent vingt personnes se sont

retrouvées le vendredi 28 octobre après-midi, au

centre diocésain du Bon Pasteur, assis sur les tapis

pour les plus jeunes, nettement majoritaires, laissant

les sièges aux anciens. Témoignages, vidéo sur Assise

1986, prières chrétienne et musulmane, et fête

multiculturelle le soir. Quatre-vingt jeunes chrétiens

et musulmans, africains et algériens, ont passé tout

le week-end ensemble sur le thème « Pèlerins de la

vérité, pèlerins de la paix ».

A Alger, à la maison diocésaine, un petit groupe

de musulmans et de chrétiens de différentes

confessions s’est réuni pour prier et témoigner de

la paix construite au quotidien. Simple, solennel et

profond est ce moment partagé entre des personnes

qui jusqu’ici ne se connaissaient pas. Lectures

spirituelles, prières, chants, témoignages de vie

permettent de partager ce qui fait vivre chacun, sa

relation avec Dieu et avec ses frères. Le tout lié par

différents symboles tels que boire à la même source

et transmettre un rameau d’olivier… La soirée se

termine autour d’un verre de thé avec des dattes.

A Oran, l’anniversaire de la rencontre d’Assise a été

marqué par un rassemblement animé par Hubert,

frère capucin, avec le témoignage de jeunes,

musulmans et chrétiens, vivant la rencontre et le

partage : Centre aéré du mardi et des vacances

scolaires, participation à la semaine de « l’École

de la différence » à Mostaganem cet été… Ils ont

fait partager leur joie et leur enthousiasme, avant

la proclamation en français et en arabe d’une

adaptation locale du « Décalogue d’Assise pour la

Paix » (cf. page suivante). Entre deux articles, un

refrain était repris tandis qu’une branche d’olivier

était accrochée sur un tronc d’arbre. Ce temps de

réflexion, suivi du chant du Notre père en arabe et

du chant de la Fatiha par de jeunes musulmanes,

a ranimé cette conscience que chacun de nous

est responsable de la construction de la paix. En

Oranie aussi, la Paix se construit par des gestes

simples et quotidiens.

6


Engagement pour la justice et la paix (inspiré du « décalogue d’Assise »)

1. Nous avons la ferme conviction que la violence et le terrorisme s’opposent au véritable esprit religieux et

nous condamnons tout recours à la violence et à la guerre au nom de Dieu ou de la religion et de quelque

idéologie que ce soit.

2. Nous voulons promouvoir dans nos échanges avec les autres la culture du dialogue, afin que se développent

la compréhension et la confiance réciproques entre les individus et entre les peuples, car telles sont les

conditions d’une paix authentique.

3. Nous voulons défendre le droit de toute personne humaine à mener une existence digne, conforme à son

identité culturelle, et à fonder librement une famille.

4. Nous voulons dialoguer avec sincérité et patience, ne considérant pas ce qui nous sépare comme un mur

insurmontable, mais, au contraire, reconnaissant que la confrontation avec la différence des autres peut devenir

une occasion de plus grande compréhension réciproque.

5. Nous voulons être du côté de ceux qui souffrent de la misère et de l’abandon, et œuvrant concrètement

pour surmonter de telles situations, convaincus que personne ne peut être heureux seul.

6. Nous voulons être du côté de ceux qui ne se résignent pas à la violence et au mal, et nous désirons contribuer

de toutes nos forces à donner à l’humanité de notre temps une réelle espérance de justice et de paix.

7. Nous voulons encourager toute initiative qui promeut l’amitié entre les peuples, convaincus que, s’il manque

une entente solide entre les peuples, le progrès technologique expose le monde à des risques croissants

de destruction et de mort.

8. Nous voulons respecter notre planète, éviter de polluer l’air, la terre et l’eau. Nous voulons protéger notre

environnement pour que nos successeurs puissent vivre en paix.

9. Nous voulons user avec mesure et pondération des biens de ce monde et ne pas aller au-delà de nos besoins

corporels, intellectuels et spirituels par une consommation sans limites qui cherche toujours plus.

10. Nous voulons veiller au partage des richesses entre les peuples avec une attention particulière pour ceux

qui sont abandonnés sur le chemin du progrès.

église universelle

pax concordia 7


église universelle

8

Pakistan : des femmes au service du respect

des minorités

Au Pakistan, les minorités sont victimes de discriminations.

Parmi les personnes et organisations œuvrant

pour l’harmonie interreligieuse, des femmes jouent un

rôle important.

Christine Amjad-Ali, chrétienne, théologienne, est

la nouvelle directrice du Christian Study Center de

Rawalpindi (Pendjab), au service du dialogue interreligieux,

spécialement islamo-chrétien. A ses côtés, une

autre chrétienne : Romana Bashir.

Shehrbano Taseer, musulmane, est la fille de Salman

Taseer, le gouverneur

du Pendjab

assassiné à cause

de sa critique

de l’interdiction

du blasphème.

Journaliste au

Newsweek Pakistan,

elle défend les

droits de l’homme

au risque de

sa vie ; comme

Sherry Rehman, musulmane elle aussi, parlementaire

et présidente du Jinnah Institute, un cercle qui milite

en faveur d’un Pakistan démocratique et laïc, tel que

le voulait Ali Jinnah, le fondateur du pays.

Le Saint-Siège et la demande présentée à

l’ONU par Mahmoud Abbas

Mgr Dominique Mamberti, secrétaire pour les relations

du Saint-Siège avec les États, s’est exprimé à la tribune

de l’ONU au sujet de la demande de reconnaissance de

la Palestine comme État membre des Nations Unies :

« Le Saint-Siège considère cette initiative dans la perspective

des tentatives de trouver une solution définitive,

avec l’appui de la communauté internationale, à la question

déjà affrontée par la Résolution 181 de l’Assemblée

générale des Nations Unies, en date du 29 novembre

1947. Ce document fondamental pose la base juridique

pour l’existence de deux États. L’un d’entre eux a déjà

vu le jour, alors que l’autre n’a pas encore été constitué.

[…] Le Saint-Siège souhaite que les organes compétents

des Nations Unies prennent une détermination qui aide

En bref ...

à mettre en œuvre effectivement

l’objectif final,

c’est-à-dire la réalisation

du droit des Palestiniens

à avoir leur propre État

indépendant et souverain

et du droit des Israéliens

à la sécurité, les

deux États étant munis

de frontières reconnues internationalement. La réponse

des Nations Unies, quoi qu’il en soit, ne constituera pas

une solution complète et l’on ne pourra atteindre la paix

durable que par des négociations de bonne foi entre

Israéliens et Palestiniens, évitant actions ou conditions

qui contredisent les déclarations de bonne volonté. »

En octobre dernier, le nouvel archevêque

de Manille a visité la communauté philippine

de Terre sainte

Le nombre de migrants chrétiens augmente en Terre

sainte depuis vingt ans et on compte, aujourd’hui, une

population significative de citoyens israéliens chrétiens

non-arabes qui, à l’inverse des arabes, sont pleinement

assimilés à la majorité juive israélienne. Ainsi, les

Philippins, qui étaient 5 000 en 1991, sont aujourd’hui

40 000, baignés dans le milieu hébréophone par leur

travail et par l’école des enfants. L’Église catholique accueille

donc des milliers d’enfants parlant l’hébreu comme

première langue.

© Ismaël C.

Par ailleurs, comme toutes les Églises du Moyen-Orient,

l’Église catholique fait face à une incertitude concernant

l’avenir de ses communautés locales. Le nombre

(110 000) de chrétiens arabes autochtones stagne : beaucoup

de jeunes quittent en effet le pays pour l’Occident

(Source : Patriarcat Latin de Jérusalem).


Les évêques du Maghreb

De l’incertitude de l’inconnu à la

dynamique de l’espérance

La Conférence des Évêques de la Région Nord de l’Afrique (CERNA) s’est

réunie à Tunis, du 13 au 16 novembre 2011. Un communiqué a été publié à

l’issue de cette rencontre. On en trouvera ci-dessous quelques extraits. Texte

complet sur le site http://www.eglise-catholique-algerie.org

église au maghreb

Les événements qui touchent le monde arabe

Partout au Maghreb, la libération de la

parole, la volonté d’échanger à propos

de tous les sujets qui structurent la vie

sociale et politique dans un respect

grandissant pour les opinions diverses,

ont été relevées par les évêques. Il leur semble que

trois défis essentiels émergent dans ces pays : un

défi religieux, un défi politique et un défi socioéconomique.

Les passages engendrés par ces défis semblent

promesses d’avenir [...] :

. passage de la crainte d’une récupération religieuse

à l’affirmation tranquille de ses convictions croyantes

dans le respect des autres valeurs, et au débat sans

tabou sur l’importance de la promotion de toutes les

libertés, y compris la liberté de conscience ;

. passage d’une vie sociale habitée par la peur au

risque de la liberté, quitte à se sacrifier pour que

toute la nation puisse vivre avec plus de démocratie

et de dignité ;

. prise de parole et de responsabilité de beaucoup

de femmes qui proclament leur volonté d’être mieux

respectées dans leur dignité et leurs droits ;

. cris des jeunes qui exigent des formations de bon

niveau et débouchant sur un véritable avenir professionnel.

L’Église dans ces mouvements

Les membres de l’Église, généralement, ne sont pas

acteurs directs de ces passages, mais ils se veulent

« témoins émerveillés » –selon l’expression de la

lettre pastorale de l’archevêque de Tunis– de ce qui

germe partout dans le Maghreb, de la promotion

de valeurs dans lesquelles ils se reconnaissent

pleinement. Ils partagent les joies et les espérances

de ces peuples. Eux aussi sont appelés à dépasser

l’incertitude de l’inconnu, pour entrer et durer dans

cette dynamique de l’espérance, car « l’espérance ne

déçoit pas » (Épître aux Romains 5,5).

Les communautés chrétiennes sont heureuses de se

voir si souvent bien accueillies par les populations

aux milieux desquelles elles vivent, surtout quand

elles pratiquent la confiance, le respect, le service

désintéressé. [...]

Difficulté en Algérie

Les évêques de la CERNA partagent la souffrance des

évêques d’Algérie devant la non délivrance et parfois

le refus de visas aux prêtres et religieux/ses, quelle

que soit leur nationalité. Ils ressentent cela comme

une atteinte grave à la vie de leurs Églises. Cela les

peine d’autant plus lorsque ces personnes sont

appelées à rejoindre des communautés d’Église qui

–sans aucun esprit de prosélytisme– rendent de réels

services au pays et entretiennent des relations très

cordiales avec tous.

Communion avec les chrétiens du Moyen-Orient

La CERNA, qui avait participé à la session spéciale du

Synode pour le Moyen-Orient, tient à exprimer sa

communion avec ces Églises dans les évolutions que

vivent leurs pays ; elle est attentive aux difficultés et

souffrances que provoquent ces évolutions, et prie

pour que les droits des chrétiens soient sauvegardés,

que les fidèles du Christ puissent être reconnus

comme des citoyens à part entière, acteurs pleins

d’espérance de l’avenir de leurs peuples.

Église du témoignage

La CERNA a préparé sa participation au prochain

synode d’octobre 2012 et a désigné son représentant.

pax concordia

9


église au maghreb

Elle perçoit au Maghreb combien le témoignage

rendu par les chrétiens est parlant quand il est

d’abord témoignage en actes de la charité

évangélique, et quand ils se mettent au service

de l’humanisation des personnes et de la

société : « vous êtes la lettre que Dieu écrit »

aujourd’hui, pour reprendre une expression de

saint Paul (2 e lettre aux Corinthiens 3,3).

Maroc

Inauguration du Fonds La Source

Le 4 novembre 2011 a été inauguré, à

la Bibliothèque Nationale du Royaume

du Maroc, par monsieur Jemâa Beida,

directeur des Archives du Maroc, un

fonds documentaire provenant d’un

centre de recherche et de documentation unique

en son genre au Maroc : La Source.

Ce centre fondé par l’Église a fermé ses portes, il y a

quelques mois. Y ont travaillé, notamment, Jacques

Levrat, Françoise Bogart, Françoise Crampon, René

Pérez, Francis Gouin, Vincent Feroldi, Jacques et

Thérèse Langhade. Des générations d’étudiants

marocains y ont trouvé le matériau de leurs

recherches, mais aussi un accueil chaleureux,

des conditions qui manquaient cruellement dans

certaines bibliothèques publiques de Rabat. Les

choses ont heureusement changé depuis. En plus

du service quotidien qu’elle offrait à ses lecteurs, La

Source avait l’habitude d’organiser épisodiquement

des conférences. Par La Source, plusieurs universitaires

ont connu le GRIC -Groupe de Recherche Islamo-

Chrétien- espace de réflexion académique

auquel bien des personnalités de renom,

marocaines et étrangères, ont apporté

quelque chose pour faire avancer la

connaissance et la reconnaissance

mutuelle entre musulmans et chrétiens.

La Source a marqué beaucoup de gens,

sur le plan scientifique comme sur le

plan personnel. A la BNRM, le « Fonds La

Source » est voisin du « Fonds Edmond

Amran El-Maleh ». Se trouvent ainsi, côte à

côte, un fonds émanant de personnalités

chrétiennes ayant longtemps servi au

Maroc et un fonds légué à la BNRM par

une personnalité marocaine juive… Le

tout au service d’une majorité de lecteurs

marocains musulmans.

© Abdelhak Senna

© Abdelhak Senna

Inauguration du Fonds La Source à la Bibliothèque Nationale du Royaume du Maroc.

Debout : Driss Khrouz, directeur de la BNRM ; à sa droite, Mgr Vincent Landel, archevêque de

Rabat, président de la CERNA ; à sa gauche, P. Jacques Levrat, fondateur de La Source.

Hommage à Denise Masson

Le 10 novembre, à Marrakech, une

cérémonie d’hommage réunissait

des amis de Denise Masson (1901-

1994), érudite islamologue, écrivain,

musicienne, intellectuelle engagée

pour la justice, la compréhension entre chrétiens

et musulmans, et dans sa foi chrétienne. Elle fut

l’une des meilleures traductrices du Coran (1967).

Son travail est une œuvre reconnue toujours

éditée dans la prestigieuse bibliothèque de La

Pléiade. Elle a vécu à Marrakech de 1938 à 1994.

« Denise Masson est restée célibataire mais elle

a réussi un beau mariage ; un mariage entre

deux cultures, un mariage entre deux amours

complémentaires : celui du Maroc et celui de la

France. » (Guerric Masson, son neveu).

Présentation, par un cadre de la BNRM, de l’une des grandes salles de la bibliothèque

réservée au Fonds La Source


école de la différence à Mostaganem

L’idée m’est venue en participant à une marche de carême au désert : les

thèmes et l’ambiance y étaient formidables ! Le cadre aussi : qu’elle est belle

l’Algérie ! Une seule chose me chagrinait : j’aurais voulu partager une semaine

aussi intense avec mes amis musulmans... Mais comment le faire Je me mets

à réfléchir. Un jour je prends contact, grâce aux Maristes de Mostaganem, avec

la tariqa soufie al-alawiya... Ils acceptent tout de suite et mettent leur vaste

centre de rencontres à notre disposition. J’en parle à des amis.

F i n a l e m e n t , n o u s é t i o n s 2 1 p e r s o n n e s , g a r ç o n s e t f i l l e s , m u s u l m a n s e t

chrétiens, d’Europe, d’Afrique et d’Amérique latine, à vivre cette expérience

unique. L’arabe et le français étaient les deux langues « co-officielles » de

cette école. Après l’ouverture avec les responsables de la tariqa alawiya et

l’évêque d’Oran, nous avons tenté de profiter de chaque instant.

Quelques grands moments

Dialogue

Je suis métis. Mettre en valeur tout ce qui dans notre

histoire personnelle et collective a été enrichi grâce

aux apports des autres cultures, modes de penser,

langues, croyances, etc. qui, désormais, font partie de

moi. Se découvrir, ainsi, relié « à l’autre » et avec un

patrimoine commun avec des « cousins ignorés ».

La communication non violente. Notre manière

de parler véhicule notre pensée sur les autres et

brise les barrières ou vient les perpétuer. Comment

parlent les filles des garçons Et les noirs des blancs

Et les arabes des européens Et les littéraires des

scientifiques Un débat autour du film « Pocahontas »

nous a aidé à en prendre davantage conscience.

Biodiversité. Une visite au grand jardin et à la

pépinière de la tariqa nous rappelle que la diversité

au sein de la nature est une grande richesse menacée.

La diversité culturelle est aussi une richesse. Nous

fabriquons des colliers et des bracelets avec des

produits de récupération : nous voilà plus beaux en

produisant moins de déchets. Fantastique !

Spiritualité ouverte. La différence religieuse est

de plus en plus présentée comme source de conflits

au XXI e siècle. Or, l’attachement à la foi ne produit

pas nécessairement le fanatisme : il conduit aussi à

la compassion, à la réconciliation, à la collaboration

entre croyants, au désir de pardon, à la recherche

d’un avenir commun. Nous étudions le cas de l’émir

Abdelkader qui après avoir combattu les Français en

Algérie sauva 12 000 chrétiens en Syrie ; et aussi les

prises de position du cardinal Duval, évêque d’Alger

durant la guerre d’indépendance, intraitable avec les

injustices et la torture.

Nous avons aussi pris le temps de nous dire ce que

chacun aime le plus dans sa religion... et aussi dans

celle de l’autre. Ces jeunes sont témoins de leur foi

partout !

Moi… toi… LUI. A partir d’un reportage sur la

violence religieuse au Nigeria, chacun réfléchit à sa

propre identité, aux liens qui l’unissent à sa patrie, sa

communauté religieuse, à ses amis, à sa famille, etc.

Impossible d’apporter quelque chose aux autres si

soi-même on n’est pas au clair avec son identité. Si

chaque communauté a besoin de pionniers, rien

de solide ne peut se construire en dehors de nos

communautés d’origine. A l’unanimité, alors que ce

n’est pas prévu, il est décidé d’aller ensemble à la

pax concordia 11


Dialogue

messe. Quelle joie de trouver en arrivant, à la chapelle,

un grand panneau en arabe : Dieu est amour.

Nous terminons par une journée de découverte de

la ville de Mostaganem et prenons le temps de

faire une longue évaluation.

Il y a beaucoup des choses dont je n’ai pas parlé. Il n’y

aurait pas sur terre assez de livres pour tout contenir !

Mais, si vous voulez en être informé, tentez de vous

inscrire à l’École de la différence 2. Places limitées !

Merci à tous ceux qui m’ont soutenu. Sans vous, cette

aventure n’aurait jamais eu lieu. Et moi, sans vous, je

serais très malheureux.

José Maria Cantal, père blanc

cantalrivas@hotmail.com

Une heure de silence chaque jour

D’abord, pour permettre aux participants d’accueillir intérieurement ce qui était vécu durant la journée.

Parmi les participants, nombreux étaient ceux qui, chrétiens et musulmans, avaient une pratique

religieuse régulière : il fallait aménager un temps adéquat pour ce devoir mais aussi permettre à tous

de prendre conscience que l’autre vit réellement une relation profonde avec ses racines spirituelles et

qu’elles contribuent à la réussite du projet.

Petit à petit, cette heure est devenue... plus longue, et sans doute l’une des activités qui a le plus

contribué au succès de l’École.

مدرسة االختالف...‏ جتربة حياة

التسامح القبول االحتاد كلها مبادئ عاشها طالب مدرسة

االختالف في طبعتها األولى لوالية مستغامن والتي احتضنتها

جنة العارف – حديقة دبدابة – على مجار أسبوع كامل

جنة العارف كانت بأمت معنى الكلمة جنة على األرض بحدائقها

وخضرتها واملنزل املبني على الطراز التركي القدمي...‏ هده

املدرسة والتي سبقها حتضيرات ومساهمات من جهات عدة’‏

كان هدفها التعريف بني الطلبة قادمني من جهات عدة من

داخل ومن خارج اجلزائر ومن فئات عمرية مختلفة وكدا ديانات

مختلفة ومحاولة إقامة احلوار بني مسلمني ومسيحيني...‏ ودلك

من خالل أنشطة متنوعة على مدار اليوم األسبوع نذكر من

بينها : احملاضرات التي قدمها ضيوف املدرسة بينهم : الشيخ

محمد بن تونس احد مشايخ الطريقة العالوية وشهادات حية

لتجارب عاشها طالبها وضيوفها للحوار بني الديانات ’ فتح

النقاش حول أمثلة كانت فاعلة في هدا اجملال ‏:دور األمير عبد القادر في حل النزاع بني املسيحيني واملسلمني في سوريا...‏

ودور الكاردينال دوفال من خالل مساهمته مع اجلزائريني في نضالهم ضد االستعمار الفرنسي.‏

عرض فيلم وثائقي حول احلرب العرقية في النيجيريا والنقاش حولها ‏.طبع األسبوع زيارات سياحية لوالية مستغامن وكدا

زاوية الشيخ العالوي...‏

ساعات الصمت والصالة حيث كان كل مجتمع ديني يؤدي صالته على حدى وفي اليوم األخير أدى اجلميع طالبا وأساتذة

ومنظمني ساعة صالة وابتهال معا بني مسحيني ومسلمني فكانت من اشد األوقات الروحانية عمقا...‏

وفي األخير اقول ان التجربة كانت األولى والفريدة وتستحق منا الوقوف عندها وقفة تأمل والتوصية بإعادتها في السنوات

املقبلة.‏

أنها جتربة الحتكى...‏ أنها جتربة تعاش.‏

ب.حنيفة

12


Vivre le handicap en Algérie

Dossier coordonné par Marie-Christine Rousseau

pax concordia

13


DOSSIER

Handicap en Algérie :

état des lieux

Dans tous les pays du monde, les personnes handicapées constituent un groupe

social qui lutte pour ses droits à l’égalité des chances et à la citoyenneté.

Les handicaps peuvent être mis en évidence dès la naissance (maladies

génétiques, affections congénitales, etc.) ou, au contraire, apparaître après un

certain nombre de jours ou de mois : séquelles d’une pathologie maternelle

anténatale ; ou d’une pathologie néonatale liée à l’accouchement, à une

affection contractée dans la période périnatale, ou au-delà de la naissance

(infections ou traumatismes sévères). Cette situation explique la diversité des

handicaps ainsi que la difficulté qu’il y a à identifier ce groupe de population

qui relève de différents secteurs (santé, sécurité sociale, solidarité, monde de

l’enseignement, etc.).

14

Classification des handicaps

Une première classification des handicaps oppose

les handicaps « physiques » aux handicaps

« mentaux ». Cette classification connaît ses limites

dans la mesure où les associations de handicaps

physiques et mentaux ne sont pas exceptionnelles.

Une seconde classification, plus détaillée, envisage

les différentes situations cliniques rencontrées ; le

handicap peut être moteur, relationnel, sensoriel

(malvoyants, non voyants, malentendants, non

entendants), mental (déficiences intellectuelles et

relationnelles durables), associé : multi-handicaps

(cumul de plusieurs handicaps) ou poly-handicap

(cumul de handicaps moteur, intellectuel et de la

communication). Il est aussi possible de classer

les handicaps en fonction de leur cause. On peut

distinguer des causes congénitales et héréditaires,

des causes obstétricales, des causes infectieuses,

des causes liées à la violence psychologique ou

physique, des causes liées à un traumatisme

accidentel et des causes liées à une maladie

chronique. Il existe, par ailleurs, une classification

internationale des handicaps, très détaillée, qui a

été publiée par l’Organisation Mondiale de la Santé

en 1980. Ce qu’il faut retenir de ces classifications

est leur diversité et, donc, la difficulté qu’il y a

de disposer d’une bonne vision du monde du

handicap. Par contre, elles nous montrent les pistes

qui peuvent être suivies dans le domaine de la

prévention, en identifiant les facteurs de risques

représentés par la consanguinité (près de 30% en

Algérie selon les deux derniers recensements), les

grossesses non surveillées, les accouchements, les

infections et les traumatismes de toutes sortes.

Quelle est la situation en Algérie

Nous disposons de deux enquêtes récentes,


permettant d’avoir une vision d’ensemble

concernant le handicap en Algérie.

L’enquête MICS est une enquête à indicateurs

multiples qui est pratiquée tous les cinq ans.

L’enquête de 2006 (MICS3) a touché 29 476

ménages, qui regroupaient 171 100 personnes.

Dans ce groupe de personnes, la prévalence du

handicap était de 2,5% (0,1% chez les sujets âgés

de moins de 20 ans, de 2,8% pour les sujets de 20

à 59 ans, et de 13,2% pour les sujets de plus de

soixante ans). Cette prévalence était nettement

plus élevée pour les hommes (3,9%) que pour les

femmes (1,1%). Elle variait selon les régions : elle

était de 2,7% au Centre, de 2,4% à l’Est et à l’Ouest,

et de 2,2% au Sud. Le handicap était plus fréquent

dans le groupe des ménages les plus pauvres (20%

de l’échantillon) avec 3,1% de prévalence contre

2,5% pour l’ensemble de l’échantillon. 44% des

handicaps étaient de type moteur, 32% étaient de

type lié à la compréhension et à la communication,

24% étaient de type visuel, et 16% étaient de type

auditif, ces différents types de handicap pouvant être

associés entre eux. 16% de ces handicapés disaient

qu’il leur était difficile d’accomplir, seuls, leurs soins

personnels. Le handicap était d’origine congénitale

ou héréditaire (28,5%), dû à un accident (16,7%), à une

infection (14,5%), à une maladie chronique (12,5%),

à des violences psychologiques ou physiques (7,5%)

ou à un traumatisme obstétrical (2,0%).

En 2010, une enquête a été réalisée par l’Office

National des Statistiques à la demande du ministère

de la Solidarité et ses résultats ont été présentés en

décembre 2010. Elle a rapporté le chiffre de 1 945 707

handicapés, dont 131 966 étaient âgés de moins

de cinq ans, 319 946 étaient âgés de 5 à 19 ans, et

1 493 795 avaient 20 ans et plus ainsi que l’on peut le

constater à la lecture du tableau suivant.

Handicap \ Âge 0-4 5-19 20 et + Total

Moteur 44 569 44 889 194 560 284 018

Auditif 3 285 15 627 55 084 73 996

Visuel 1 919 30 522 140 857 173 298

Mental 2 726 35 994 128 560 167 280

Poly-handicap 2 267 20 010 63 311 85 588

Maladie chronique 63 975 80 623 482 139 626 737

Autres 9 432 83 552 412 425 505 409

Non déclaré 3 793 8 729 16 859 29 381

Total 131 966 319 946 1 493 795 1 945 707

Source : ministère de la Solidarité nationale et de la Famille

Répartition de la population handicapée

par type de handicap

Les personnes handicapées représentent donc, selon

cette enquête, près de 6% de la population.

Les ressources existantes

Pour répondre à ces besoins, le pays dispose, en

termes de structures, de 42 écoles de jeunes sourds

prenant en charge 4 003 enfants, 24 écoles de

jeunes aveugles prenant en charge 1 639 enfants, 6

centres pour insuffisants respiratoires (316 enfants),

6 centres médico-pédagogiques pour handicapés

moteurs (316 enfants), et de 104 centres médicopédagogiques

pour enfants inadaptés mentaux

(9 394 enfants). Ces établissements d’éducation

et d’enseignement spécialisés accueillent un total

de 15 668 enfants handicapés, au titre de l’année

scolaire 2010-2011. Il faut ajouter à ces structures

l’existence de 119 établissements gérés par des

associations agréées.

En termes de personnel, les enfants sont encadrés

par un personnel spécialisé. Le nombre de ces

travailleurs sociaux s’élève à 3 157 (éducateurs

spécialisés, maîtres d’enseignements spécialisés,

professeurs d’enseignements spécialisés,

psychologues cliniciens, psychopédagogues,

orthophonistes, assistants

sociaux).

Encadrement réglementaire

La Loi n°02-09 du 8 mai 2002 relative

à la protection et à la promotion des

personnes handicapées est la référence en

matière de prise en charge des personnes

handicapées. Elle présente de nombreux

décrets d’application.

Au terme de ce bref état des lieux, on peut

établir le constat suivant : Il existe une

volonté politique de prendre en charge

les personnes handicapées. Notamment,

pax concordia

15

DOSSIER


DOSSIER

l’Algérie a signé, en 2009, la

Convention internationale

relative aux droits des personnes

handicapées, mais :

• Le système d’information

concernant les personnes

handicapées est insuffisamment

développé.

• Il existe un net déficit en

structures fonctionnelles

susceptibles d’accueillir et de

prendre en charge les handicapés

dans les domaines

de l’accueil et de l’hébergement,

des plateaux techniques

adaptés, des structures

d’appareillage fournissant

des équipements répondant

aux progrès technologiques actuels.

• Il existe un déficit important en personnel

qualifié, qu’il s’agisse du domaine de l’éducation

au sens large ou du médical et paramédical.

• L’approche interdisciplinaire est défaillante :

l’idée de se mobiliser autour d’un projet

individuel pour chaque personne handicapée

n’a pas encore véritablement émergé.

• Il n’existe pas réellement de normes définies

pour codifier la prise en charge des personnes

handicapées.

• De nombreuses associations agréées sont impliquées

dans la prise en charge des différentes

personnes handicapées, mais leurs actions

sont peu soutenues.

Il est souhaitable qu’une étude soit menée au

niveau de ces associations, afin d’identifier quels

sont leurs besoins, et quels aspects réglementaires

devraient être renforcés afin de favoriser une

collaboration harmonieuse entre ces associations

et l’État.

Jean-Paul Grangaud

Jean-Paul Grangaud

Le Professeur Jean-Paul Grangaud est né et a fait ses études

à Alger. Étudiant en médecine à Alger pendant la guerre

d’indépendance, il choisit de poursuivre sa carrière médicale en

Algérie. Pédiatre, il participera à la mise en place de structures

médicales de l’Algérie indépendante : installation du service de

pédiatrie à Béni Messous, puis à Ain Taya (années 70). Passionné

de santé publique, il part compléter sa formation au Canada et devient directeur de la

prévention au ministère de la Santé à partir de 1995. Retraité depuis 2008, il reste un

conseiller fréquemment sollicité du ministère de la Santé.

16


Quand la société civile prend le relais

Seida Korriche, directrice de centre : transmettre une passion

DOSSIER

Directrice des centres de l’association en

faveur des handicapés mentaux fondée

par Marie-Thérèse Brau. Licenciée en

psychologie, titulaire d’un DEA de la faculté

de Paris VII en psychologie clinique,

Seida s’est très vite engagée professionnellement

auprès des handicapés : dans une association pour

déficients mentaux à Béjaïa tout d’abord, puis en tant

que responsable des programmes de pédagogie et

directrice de la formation à la Fédération nationale

des parents d’enfants inadaptés enfin à l’AEPFHM,

comme responsable des programmes de psychopédagogie

(1997-2003) et, depuis, comme directrice

de l’association.

« Depuis les années 1980, la société a beaucoup évolué,

s’intéresse aux handicapés

; les familles les

cachent moins, les laissent

venir dans les centres,

ont pris conscience

des droits que leur

offre la loi. Peu à peu, le

travail de l’association

et sa façon de fonctionner

(pas d’internat) ont

été connus et appréciés

des parents. La demande

est telle maintenant

qu’il nous faut de

nouveaux locaux. »

Ce militantisme

qui l’anime, elle le

communique au

personnel qui travaille

dans l’association. Ceux qui restent -malgré

des salaires souvent inférieurs à ceux d’établissements

publics- partagent sa passion : faire en

sorte que les jeunes handicapés deviennent aussi

autonomes et responsables que possible : « Si je

travaille aujourd’hui ici, si j’ai accepté de remplacer

M.-Th. Brau, c’est parce nos deux volontés se

sont rencontrées pour poursuivre ce travail de

qualité auprès des handicapés. Chrétiens et musulmans,

nous travaillons ensemble et cette rencontre

a donné lieu à quelque chose de très beau,

de très fort. »

Le plus grand défi

pour elle maintenant,

c’est d’arriver

à développer

des structures pour

accueillir les handicapés

devenus

adultes : « Je les vois

depuis des années

capables de mener

à bien -à leur rythme

bien sûr- des activités

ou un travail répondant à des normes de qualité

et de production, alors je continuerai à me battre

pour que cela soit connu et valorisé dans la société algérienne.

Ce que nous cherchons ce n’est pas à développer

une entreprise économique avec des salariés,

c’est faire valoir ce qu’ils savent faire et leur permettre

de travailler, au service d’entreprises partenaires. Notre

expérience, unique en Algérie, a été présentée au

Ministère pour qu’elle puisse être reproduite ailleurs

en Algérie. L’association a déjà quarante ans d’existence,

mais elle a de beaux jours devant elle quand

on voit tous les domaines où elle peut continuer d’innover

pour accompagner les handicapés. »

Propos recueillis par M.-Ch. R.

pax concordia

17


DOSSIER

Souad et Akila : Merci les enfants !

Écrire pour cette revue est une merveilleuse occasion

d’évoquer avec émotion notre expérience auprès des

enfants handicapés infirmes

moteurs cérébraux (on parle

plutôt maintenant de « paralysie

cérébrale ») du centre de

Bordj El Kiffan - Alger.

Nous nous rappelons du jour

où nous avons rencontré Marie-

Thérèse Brau et élisabeth de

Laborde. Nous partagions la

même vocation, celle de servir

les êtres les plus démunis et les

plus fragiles. Nous avons tout

de suite dit oui pour faire partie

d’une équipe motivée, prête à

donner le meilleur d’elle-même

pour ces enfants.

Et pour les parents, quel bonheur

de pouvoir trouver une institution qui accueille leurs

enfants.

Sans grande expérience professionnelle dans le

domaine des enfants en situation de handicap et surtout

en difficulté motrice importante, nos débuts ont été

difficiles ; il fallait apprendre à connaître chaque enfant.

Les mamans nous montraient comment les positionner,

nous disaient quels étaient leurs habitudes alimentaires

et leurs problèmes de déglutition, les rituels des

changes, comment les habiller... Chaque jour était fait

d’expériences qui nous ont permis de nous surpasser, de

découvrir nos capacités. Les formateurs étrangers que

nous recevions périodiquement, notre

pédiatre le docteur Jean‐Paul Grangaud,

ont mis leur expérience professionnelle

à notre disposition dans tous les

domaines.

Soucieuses d’améliorer la prise en

charge des enfants, d’assurer un projet

individualisé et de leur apporter l’aide

nécessaire, nous étions tout le temps à

l’écoute des enfants, présentes à chaque

demande de leur part : il fallait être

attentives à tout.

Même s’il nous plait, ce travail est pénible

; on est quotidiennement confronté

au handicap des enfants. Prendre en

charge les enfants handicapés est un

travail de longue haleine, un perpétuel

combat. Notre passage à la CAIM (Centre d’Aide pour

Infirmes Moteurs) marquera à jamais notre vie. C’est une

expérience qui laissera des traces sur notre personnalité.

Nous y avons vécu souffrance et amour, joie, espoir, réflexion

continue pour faire face et continuer le combat

de la vie, chaque fois que nous nous sentions désarmées

devant le handicap lui‐même.

Merci les enfants !

Akila (puéricultrice) et Souad (psychologue)

Marie-Thérèse Brau

Le nom de « l’association Entraide Populaire Familiale » est sans doute moins

connu des lecteurs que celui de Marie-Thérèse Brau, « cheville ouvrière » de cette

association. Née en Algérie, elle s’est très vite engagée dans l’action auprès des plus

défavorisés après l’obtention d’un diplôme d’éducatrice de jeunes enfants. D’abord

en 1960 à Oued Ouchaya, bidonville des environs d’Alger, où elle participe aux soins

et à la scolarisation des jeunes enfants dans le cadre de « l’association d’entraide

populaire ». Elle découvre les problèmes des familles de ce secteur, notamment

l’absence de prise en charge des enfants handicapés. Elle crée alors, en 1970, un

premier centre associatif où des jeunes de 5 à 13 ans sont pris en charge. C’est en

1973 qu’elle aidera à mettre en route l’AEPFHM (Association d’Entraide Populaire Familiale en Faveur des

Handicapés Mentaux) et à assurer la formation d’éducatrices spécialisées, en tandem avec sa collaboratrice

et amie Elisabeth de Laborde. Au fur et à mesure, elle a su adapter les structures initiales de prise en charge

d’enfants au besoin de ceux qui devenaient adultes. Actuellement, cinq établissements assurent le suivi de l’âge

de 5 ans jusqu’à une insertion professionnelle en milieu « normal » ou adapté. 375 handicapés sont accueillis

dans ces structures fournissant un travail salarié pour 102 personnes.

18


Sétif : Quand les parents s’en mêlent

DOSSIER

A Sétif, des parents se mobilisent pour une prise en charge de leurs enfants

handicapés. Dans le local de l’association, au cœur d’un jardin public du centre

ville, deux responsables nous accueillent.

Comment avez-vous démarré

Une petite fille IMC était née dans la famille de l’un de

nous. Les médecins disaient aux parents : « Laissez-la

dans un coin. Il n’y a rien à faire. » Mais eux pensaient

que leur fille était intelligente et qu’il y avait quelque

chose à faire. Ayant appris l’existence d’une association

à Toulouse, le papa, M. Bouabdallah, y a passé

quinze jours. Au retour, il a invité des parents dans la

même situation. Ensemble, ils ont créé l’Association

des Parents d’enfants IMC (APIMC) de Sétif, présidée

par le docteur Sadaoui.

IMC, ça veut dire quoi

L’Infirmité Motrice Cérébrale

est un handicap moteur,

conséquence d’un accident

cérébral causé par une infection,

un manque d’apport en

oxygène ou une hémorragie

pendant la grossesse, au moment

de la naissance ou dans

les deux premières années

de l’enfant. Pour la moitié

des 900 personnes connues

aujourd’hui par notre association,

il y a aussi un handicap

mental.

Quel est le but de votre association

Faire quelque chose pour le développement de nos

enfants : favoriser leur développement physique

par une rééducation fonctionnelle appropriée ; 70%

de ceux que nous avons accompagnés arrivent à

marcher. On peut aussi stimuler leur développement

intellectuel et leur aptitude à communiquer, à lire et à

parler. Sur 900, 100 ont pu aller à l’école ; 4 ont réussi

le bac.

Quelles sont les activités de l’association

Nous avons trois activités : le dialogue avec les

parents et le suivi médico-social ; l’initiation scolaire

et informatique qui prépare l’intégration scolaire

ou pré-professionnelle des enfants ; et la formation

complémentaire de techniciens de la santé :

kinésithérapeutes, psychologues, orthophonistes,

psycho-pédagogues et éducateurs ou éducatrices.

Comment avez-vous pu développer tout cela

Dès le début des années 1990, des parents médecins

ou psychologues ont donné des consultations gratuitement,

après leur travail. En 2000, Maurice, médecin

qui arrivait à la

retraite (et par

ailleurs curé de

Sétif) s’est engagé

à plein temps

et a pu réunir

une équipe qui

a ouvert un centre

pour préparer

des enfants IMC

sans handicap

mental à l’école.

Aujourd’hui, une

petite dizaine de permanents font de l’ergothérapie,

de la psychomotricité, de l’orthophonie, etc. En 2004,

l’association a obtenu l’ouverture à l’université de

Sétif d’une formation de psycho-orthophonistes qui,

jusque-là, n’existait qu’à Alger. En 2011, 15 des 20 daïras

de la wilaya de Sétif ont des binômes de psychologues

cliniciennes et orthophonistes qui interviennent

dans les familles et les écoles, après des stages à

l’association où leur faculté les avait envoyés.

Quels sont vos projets

Des projets de formation avec des partenaires

algériens et étrangers. Nous avons constitué une

Fédération Nationale pour l’Insertion des Personnes

IMC avec d’autres associations semblables à Batna,

Oran, Constantine, Alger, Tizi Ouzou, Tiaret et Annaba.

Nous avons ouvert un site web (www.apimc.setif.org)

et nous aimerions que se créent d’autres associations

locales, des centres d’État (le premier a ouvert à

Batna en 2010), des centres avec internat, et qu’on

développe la formation des personnels de santé.

Propos recueillis par M.G.

pax concordia 19


DOSSIER

Des religieuses au service des personnes

handicapées

20

Sœur Jeanne : « Tout simplement, par amour »

Auprès des handicapés, je rencontre des

professionnels pleins d’humanité. Tous

ne sont pas tels, mais j’ai beaucoup appris

au contact de chacun. J’essaie de

rendre service auprès d’insuffisants

mentaux et de quelques multi-handicapés.

Dans un des deux centres où je me rends, même si la

majorité des professionnels sont peu formés ou spécialisés,

ils croient à leur métier. Ils m’ont demandé de

faire des ateliers pratiques, couture et autre, en tandem

avec des éducateurs. J’apprécie ce partage de

compétences.

Dans l’autre centre, deux jeunes autistes, déjà largement

en âge de marcher, restaient au lit. Un jeune

médecin a eu le courage de dire qu’elles pouvaient acquérir

une certaine autonomie. Un travail long a commencé

ensemble, surtout avec un psychoclinicien passionné,

travaillant avec les parents ou les éducateurs

pour que les efforts puissent se poursuivre durant la

semaine, très humain et doux avec chacun, ne cessant

de se former lui-même. Aujourd’hui, les deux petites

handicapées marchent et commencent à s’ouvrir.

Ce n’est pas toujours facile pour les jeunes professionnels

; tous n’ont pas la même conviction que le handicapé

est une personne respectable et riche. Parfois,

on se sent « en plus », pas du tout indispensable, voire

même gênante. On peut aussi s’entendre dire : « Ne

t’en va pas, j’ai besoin de ta présence pour tenir ». Je

crois qu’il est important d’être là, tout simplement, par

amour.

Sœur Zawadi : « Je prépare demain ! »

Originaire du Congo démocratique, Zawadi vit en

Algérie depuis 2002. Un an

à Alger (initiation à l’arabe

dialectal et à la culture

arabo-musulmane), puis

trois ans à El Goléa,

au service d’enfants

handicapés, l’ont conduite

à entreprendre des études

de kinésithérapie à Alger.

A El Goléa, j’ai découvert

les immenses

besoins des enfants

handicapés et de

leurs familles, et mes

aptitudes pour accompagner

et aider

ces familles.

Je commence ma troisième

année d’études

à Alger. Dans cette

école, je suis l’unique chrétienne et la seule « africaine

noire ». Malgré toutes ces différences, je me sens bien

intégrée.

Se former en Algérie dans le domaine de la santé demande

de connaître la langue arabe : les cours sont

en français, mais parfois les professeurs donnent des

explications en arabe. Quelle surprise quand ils voient

que je peux comprendre ce qu’ils expliquent ! Et puis

comment comprendre et répondre aux besoins de

ceux et celles qui viennent confier leur corps fragilisé

entre mes mains si je ne connais pas leur langue

Pour répondre aux attentes de ceux qui me côtoient,

il me faut devenir toujours davantage disciple de Jésus.

J’essaie, jour après jour, de relever ce défi. Je suis

émerveillée des relations fraternelles qui se tissent en

faisant le bien ensemble : je découvre de l’intérieur

les valeurs de la foi qui font vivre mes compagnons

musulmans.

Être formée en Algérie me permet de connaître ce qui y

est possible, les ressources humaines, thérapeutiques,

législatives qui peuvent être mises ici au service

des handicapés. Le savoir faire que je suis en train

d’acquérir, je le dois à l’élite algérienne. Cela me réjouit

et me donne de l’assurance pour l’avenir.

Souvent, j’entends des responsables dire : « On a

besoin de gens comme vous… Votre place est déjà

réservée pour vous, ici, dans notre hôpital ».

Comment ne pas être sensible à pareille invitation

Propos recueillis par M.-Ch. R.


1962-2012 : L’Algérie indépendante

a cinquante ans

Au long de cette année du cinquantenaire de l’Algérie indépendante,

Pax et Concordia ouvre une rubrique « Indépendance ». Les premiers

invités à y donner leur contribution sont l’archevêque émérite d’Alger

et l’évêque émérite de Constantine et Hippone.

Mgr Henri Teissier a été ordonné prêtre pour le diocèse d’Alger en 1955.

Il en a été archevêque coadjuteur en 1980 puis archevêque en titre de

1988 à 2008. Il réside aujourd’hui à Tlemcen.

indépendance

Impossible d’évoquer les cinquante années

de l’Algérie indépendante sans revenir à ces

premiers jours de juillet vécus au quartier du

1 er mai, à Alger. Trois souvenirs habitent ma

mémoire.

Le premier c’est, dans ces mois de mai à juillet 62, le

départ de toute la communauté européenne, celle

que je servais, depuis mon retour d’Égypte, dans ce

quartier populaire de Belcourt. En quelques semaines,

mes paroissiens avaient pratiquement tous quitté

l’Algérie. C’était l’échec d’une coexistence qui n’avait

pas su choisir les voies de l’avenir.

Mon deuxième souvenir est celui de la rue Trollier,

petite rue où était notre église paroissiale. En mai et

juin 62, trois attentats de l’O.A.S. avaient endeuillé

trois familles algériennes habitant la rue, causant le

départ du quartier de tous ses habitants musulmans.

J’ai moi-même emprunté une voiture pour aider la

dernière famille algérienne de la rue à se rendre dans

un quartier plus sûr. Ces ultimes violences n’étaient

que le signe du prix que la société algérienne avait dû

payer pour obtenir son indépendance.

Mon troisième souvenir, c’est celui de la marche que

j’ai voulu faire, seul, de Belcourt à Bab el Oued, en ce

premier jour de l’indépendance, pour savoir si j’avais

ma place dans cette Algérie indépendante. Je n’ai pas

perçu, ce jour là, un seul regard malveillant. Je prenais

confiance dans un avenir possible pour notre petite

communauté… jusqu’à ce qu’à cinq heures du soir

la fête s’arrête quand on a reçu les nouvelles des

violences qui venaient d’ensanglanter Oran.

Après l’été, ce fut la rentrée scolaire. Des milliers de

coopérants arrivaient. Les institutions de l’Église se

trouvaient mises, avec enthousiasme, au service

de la population algérienne assoiffée de savoir et

de formation. Algériens et étrangers étaient engagés

dans une reconstruction au profit de tous. L’Algérie

délivrait, alors, un message d’espérance particulièrement

aux peuples qui attendaient encore leur indépendance

ou leur développement, notamment

en Afrique. Elle promettait aussi à ses enfants la justice

pour tous. Hélas, quelques décennies plus tard,

c’étaient les attentats du boulevard Amirouche et

d’ailleurs. Ces violences prouvaient que la construction

du pays ne s’était pas faite vraiment au bénéfice

de tous. L’idéologie qui justifiait ces violences prouvait

aussi que le retour à la culture originelle du pays

n’avait pas été guidé par des hommes de sagesse et

de paix.

Dans cette histoire tourmentée, une joie demeure.

Celle d’avoir, grâce aux appels du cardinal Duval,

de Mgr Scotto et de beaucoup d’autres, pu faire en

Algérie une Église de la solidarité avec un peuple

de tradition musulmane. Cette joie habite toujours

notre Église, celle des chrétiens algériens comme des

étrangers, au-delà des épreuves à surmonter. C’est le

don que nous voulons renouveler, d’année en année,

à la famille algérienne, car elle est devenue notre

famille.

+ Henri Teissier

© Didier Lucas

pax concordia


indépendance

22

Un survol du demi-siècle écoulé

Prêtre du Prado, Mgr Gabriel Piroird a été curé de Béjaïa de 1968 à 1983,

tout en travaillant comme ingénieur à la Direction de l’Hydraulique de

la Wilaya. évêque de Constantine et Hippone de 1983 à 2009, il réside

aujourd’hui à Hippone (W. Annaba).

Cinquante ans d’indépendance, cela

compte dans l’histoire d’un peuple, ellemême

liée à l’histoire universelle. La

question du développement est un de

ces liens.

En 1955, la conférence de Bandung marque, de

fait, l’émergence internationale du Tiers-Monde.

En 1962, Jean XXIII ouvre le concile Vatican II. Six

mois plus tard, il rappelle, dans une encyclique, les

quatre fondements de la paix : « la vérité, la justice,

l’amour et la liberté ». Il présente aussi l’émergence

du Tiers-Monde comme un « signe des temps », une

réalité nouvelle à prendre en compte pour construire

l’avenir.

En 1967, Paul VI invite le monde à prendre conscience

que « le développement est le nouveau nom de la

paix ». En 1974, le Président Boumediene lance, lors

de l’assemblée générale de l’ONU, l’idée d’un « Nouvel

Ordre Économique International ».

Comme toute aventure, celle-ci connaît des réussites

et des échecs. En 1989, la chute du mur de Berlin signe

l’échec de l’économie socialiste adoptée par nombre

de pays du Tiers-Monde. En 2008, la dernière crise

financière montre que l’économie de marché de type

néolibéral a été incapable de conjuguer le plein emploi

et la croissance mais elle souligne l’interdépendance

des nations. Le développement n’a été, de fait, pensé

que dans sa dimension économique.

« Pèlerins de la vérité, pèlerins de la paix », tel est le

thème du 25 e anniversaire de la journée d’Assise du

27 octobre 1986. Dans son mot d’accueil, Benoit XVI

relève que la cause la plus profonde des échecs est

l’accent mis uniquement sur l’aspect économique du

développement et la quasi-négation de la dimension

spirituelle de l’homme. « Je voudrais parler… d’un

changement du climat spirituel. L’adoration de

l’argent, de l’avoir et du pouvoir, se révèle être une

contre-religion, dans laquelle l’homme ne compte

plus, mais seulement l’intérêt personnel… L’absence

de Dieu conduit à la déchéance de l’homme et de

l’humanisme ».

Avec toutes les délégations présentes, Benoît XVI

invite tous les hommes de bonne volonté à devenir

« pèlerins de la vérité, pèlerins de la paix ». Qui dit

pèlerinage dit marche vers un but auquel on aspire

de tout son cœur car il correspond au désir le plus

profondément ancré dans le cœur de l’homme. Pour

le dire autrement, l’humanité est une dans son origine.

Dans l’histoire, elle vit une unité brisée, mais elle est

toujours en marche vers une cité de paix qu’elle ne

peut atteindre sans la participation et le respect de

tous, cité dont précisément les fondations sont : « la

vérité, la justice, l’amour et la liberté ».

Un demi-siècle, cela compte dans la vie d’un peuple

mais compte encore plus dans la vie d’un homme.

Pourtant qu’est-ce qu’un demi-siècle à l’échelle de

l’histoire Ce demi-siècle, il nous a été donné de

le vivre en partageant « les joies et les espoirs, les

tristesses et les angoisses » d’un peuple qui retrouvait

son indépendance et avec une Église qui retournait

boire à sa source. Ainsi, avons-nous inscrit notre

pèlerinage personnel vers la vérité et vers la paix dans

celui plus vaste de toute l’humanité.

Nous en rendons grâce à Dieu !

+ Gabriel Piroird


Cher jeune frère,

Chère jeune sœur,

« Vous serez mes témoins... » 1

Lettre des évêques de l’Église catholique d’Algérie

aux jeunes africains chrétiens venus étudier en Algérie — septembre 2011

Bienvenue en Algérie et dans notre Église si tu es de ceux ou celles qui viennent d’arriver. Très

bonne année universitaire et pastorale, si tu entames une nouvelle année d’étude.

Ta venue et ta présence sont une grâce, un don du Ciel pour l’Église d’Algérie et, nous le croyons,

pour le pays qui t’accueille pour ce temps d’étude. Ensemble, vous êtes du sang neuf, jeune,

dynamique de notre Église. Vous constituez le nombre le plus important des fidèles laïcs dans la

majorité des paroisses. Prenant le relais des appels du Saint Père à Madrid, nous vous transmettons l’appel du

Christ qui est pour chacun et chacune d’entre vous : « Vous serez mes témoins... » (Ac 1,8)

Des échos enthousiastes ont dû te parvenir de Madrid, via la TV, Internet, ou par les heureux participants de

ton Église d’origine. Ici tu as déjà dû rencontrer ou rencontreras très vite l’un, l’une ou l’autre membre de notre

petite délégation qui y est allée. Les uns et les autres ont à cœur de faire partager la joie qui fut celle de toute la

jeunesse réunie à Madrid autour du Christ et de son Vicaire. Ils sauront nous transmettre

les paroles fortes du Saint Père invitant les jeunes à dépasser les peurs, à être fiers de

leur foi et savoir en témoigner.

Dès le début de cette année pastorale, tu vas être associé(e) à la célébration du vingtcinquième

anniversaire de la Rencontre d’Assise. Le 27 octobre 1986, le Saint Père avait

invité les représentants de toutes les religions à une journée de jeûne et de prière pour

la Paix. Tu n’étais pas né(e) lors de cette journée prophétique. Mais son sens et sa portée

se continuent aujourd’hui. Faire mémoire, dans l’Église, c’est recevoir aujourd’hui une

grâce d’hier dont les fruits sont toujours à cueillir. Cette rencontre des représentants de

toutes les religions, à l’initiative du Saint Père, est un beau signe de l’unité de toute la

famille humaine au service de laquelle chaque religion est appelée à contribuer. Pour un

chrétien, cette unité est aussi celle du Salut apporté par le Christ. Tout homme, toute femme, est un frère, une

sœur « pour lequel le Christ est mort » (1 Co 8, 11), « quels que soient la couleur de sa peau, l’horizon historique

et géographique dans lequel il vit et agit, la culture dans laquelle il a grandi et dans laquelle il s’exprime » (cf.

Discours du Pape Jean-Paul Il aux Cardinaux de la Curie le 22-12-86). Cette célébration te situe bien au cœur de

notre Église catholique, universelle, désirant vivre une rencontre fraternelle avec tous. L’occasion t’est donnée

de devenir un peu plus, à l’exemple du Bienheureux Charles de Foucauld, frère universel.

Pour les plus jeunes, le début du séjour est souvent un temps

d’épreuve. Il te faut t’adapter à un autre pays, une autre culture,

d’autres langues. Tu ne seras pas toujours compris dans ta différence

de couleur de peau, de culture, de religion. L’éloignement familial te

fera connaître la solitude affective. Sur ce chemin, les anciens aideront

les plus jeunes. Tu seras aussi accompagné par des aumôniers, et

soutenu par la communauté paroissiale dans laquelle tu prends ta

place.

Nous t’invitons à te faire des amis aussi parmi les étudiants algériens.

Tu trouveras peut-être cela quasi impossible au début. Des anciens

église d’algérie

pax concordia


église d’algérie

te montreront que c’est possible. Car l’amitié vient

souvent après quelques années, et c’est toujours un

beau cadeau. II te situe bien au cœur de ce que veut

vivre l’Église ici. « L’amitié est révolutionnaire » aimait

à répéter un de nos anciens qui a marqué notre Église,

pendant la guerre d’indépendance et après, le cardinal

Duval. Avec tes collègues algériens, tu pourras t’associer

aux célébrations du cinquantième anniversaire de l’indépendance du pays. Ce sera une manière pour toi de

mieux connaître ton pays d’accueil. Notre Église aussi s’associera à cet anniversaire.

A la suite du Synode africain, notre Église a écrit son propre message, adaptant à notre situation le message

du Synode. Reprenant l’appel du Synode, elle l’a intitulé : « Algérie lève-toi ». Nous t’invitons à relire avec

quelques-uns et tes aumôniers ce message. Tu n’ignores pas les défis nombreux devant lesquels se trouve

chaque pays d’Afrique, dans un contexte international difficile. L’Afrique et l’Église en Afrique ont besoin de

toi, comme l’Église en Algérie a besoin de toi. Fais de bonnes études, deviens vraiment compétent dans la

matière que tu étudies. Ton temps de formation est une bonne préparation à servir ton pays et l’Église, où

que tu sois. Parmi les anciens, certains ont découvert leur vocation ici durant ce temps

propice à se poser des questions essentielles : quel est le sens de ma vie et qu’est-ce

que je veux en faire N’écarte pas cette question quand elle monte en toi.

Nous t’invitons à la liberté et à la confiance. Dans l’Église tu vas rencontrer beaucoup

de diversités. Tu es invité(e) à faire Église avec des frères et des sœurs de nombreuses

nationalités, avec des mentalités contrastées et typées, avec des sensibilités

culturelles qui doivent en permanence s’ajuster. Cette diversité va te faire découvrir

en profondeur l’universalité de l’Église. Tu as déjà rencontré et tu rencontreras aussi

avec bonheur quelques frères et sœurs Algériens chrétiens. Ils ont une place unique

dans notre Église. Ils sont une lumière sur son chemin. Sur ta route, tu as peut-être

déjà été appelé à « rendre compte de l’Espérance qui est en toi » à un frère, à une soeur

qui te le demandait. Notre Église est appelée à témoigner de l’Amour du Père pour tous ses enfants, même

pour ceux qui la refusent. Cette diversité dans notre Église est une richesse,

mais aussi parfois source de malentendus. N’attends pas la fin de ton séjour

pour oser exprimer ce qui te fait question, telle ou telle incompréhension ou

déception dans tes attentes, toute chose qui, à l’occasion, peut parfois te blesser.

N’appelons pas cela trop vite racisme. Nous croyons que tu sauras contribuer,

par tes dons propres, à faire de ton Église une communauté fraternelle dans

laquelle tu as toute ta place. [...]

Cher jeune frère, chère jeune sœur, comme le rappelait le Saint Père à Madrid :

« Dieu t’aime. En demeurant dans l’Amour du Christ, enraciné dans la foi, tu

rencontreras, même au milieu des contradictions et des souffrances, la source

de la joie et de l’allégresse. » [...]

Merci pour ta prière, nous t’accompagnons de la nôtre.

En la fête de la Nativité de Marie, le 8 septembre 2011

Tes frères évêques de l’Église catholique d’Algérie :

A la suite des Journées Mondiales de la Jeunesse,

l’Église catholique d’Algérie propose des

Journées Algériennes de la Jeunesse

Rassemblement national des étudiants chrétiens

en la Fête des Rameaux 2012

Renseignements et inscriptions dans les paroisses

+ Ghaleb Bader, archevêque d’Alger

+ Alphonse Georger, évêque d’Oran

+ Claude Rault, évêque de Laghouat-Ghardaïa

+ Paul Desfarges, évêque de Constantine et

Hippone

1 Texte complet sur le site de l’Église d’Algérie


Diocèse d’Alger

Le métro d’Alger

Le 1 er novembre, anniversaire du début

de la révolution, a revêtu cette année

un caractère très particulier à Alger.

Le président Bouteflika a inauguré le

nouveau métro, le deuxième sur le

continent africain après celui du Caire.

Les algérois sont heureux et fiers de

pouvoir l’emprunter. Les travaux ont

rencontré beaucoup de difficultés à

cause du sous-sol et surtout des années

de terrorisme qui ont tout interrompu

pendant 10 ans. Mais, il est en fonction. Il

ne reste que le problème du coût très élevé

pour les petites bourses. Nous donnons le

témoignage d’un jeune ami pour qui c’est

bien sûr le principal problème.

En 1978 (je venais de naître), il y a eu

l’accord du projet de métro en Algérie.

Les travaux commencent en 1980, j’avais 2

ans. En 1984, l’Algérie décide de construire

« Riadh El Feth », pour célébrer les trente

ans du début de la Révolution. Après son inauguration,

ils se sont dit : « Tiens ! Et si on reprenait les travaux »,

bref, ils commencent à creuser, et voilà que tous les

rats de la ville sortent et inondent tous les HLM (ma

tante habitait ceux-là : des rats sortent de partout chez

elle). Du coup, interruption des travaux pour 3 ou 4 ans,

mais ce n’est pas fini, ils décident, enfin, de reprendre.

Mais, dommage, tout se bouscule en Algérie la blanche

qui rencontre un nouveau phénomène et devient

Algérie la noire. Devinez... le FIS fait son apparition et

vous connaissez les détails concernant les 10 ans de

période noire... Notre président démissionne, nous

cherchons un remplaçant, Mohamed Boudiaf que

nous avions tous accepté. Il apportait de l’espoir, mais

voilà, il est assassiné (Dieu ait son âme). La venue de

« Boutef » offre un nouveau départ à ce peuple qui a

tant souffert…

Et nous voici en 2011, 31 ans sont passés. Le métro

démarre enfin à « Alger la capitale » mais, actuellement,

juste pour 11 stations et coûtera, pour les usagers, 50

dinars le ticket. Une famille de classe moyenne ne peut

bénéficier de ces services, même avec les réductions

des abonnements. 70% de la population algérienne

est composée de familles de classe moyenne... Vous

imaginez les travaux qui restent à faire

Je m’appelle Hamid Fadhel, j’ai eu mes 33 ans en

2011... Et, je n’en veux plus de ces projets. Nos enfants

se trouveront devant les mêmes problèmes.

Père Gilles Nicolas

Le père Gilles Nicolas nous a quittés le

dimanche 18 septembre à Lyon, où il était

allé pour se soigner. Les obsèques présidées

par Mgr Gabriel Piroird, ont eu lieu dans la

chapelle du Prado le vendredi 23 septembre.

Mgr Teissier, qui a travaillé de longues années avec lui,

fut délégué par le diocèse d’Alger pour y participer,

ainsi que Jean-Pierre Henry, son successeur comme

économe diocésain. Une messe fut ensuite célébrée à la

Basilique Notre-Dame d’Afrique le 30 septembre, et tout

le diocèse s’est retrouvé autour d’Odile et Jean Lacour,

sa sœur et son beau-frère, ainsi que de nombreux amis

pour un dernier adieu. Cinquante ans de prêtrise bien

remplis et qui

se sont arrêtés

brusquement, nous

surprenant tous.

Un livret est disponible

à l’archevêché

et téléchargeable

sur le site

internet de l’église

d’Algérie.

P.S. Marie-Danièle

actualité des diocèses

pax concordia


ACTUALITÉ DES DIOCÈSES

Diocèse d’Oran

De nouvelles religieuses maliennes

Sœur Viviane Traoré a reçu une nouvelle affectation

dans son pays, le Mali, elle va se

préparer à son engagement définitif dans la

congrégation des Filles du Cœur Immaculé

de Marie et deux nouvelles religieuses sont

arrivées avec une postulante et une étudiante. C’est

vivifiant pour notre communauté que la présence de

ces jeunes joyeuses et simples qui se sont rapidement

impliquées dans les activités possibles : la chorale paroissiale,

les bibliothèques, le Centre Diocésain comme

adjointe de la nouvelle directrice, sœur Maïsy Reding,

l’attention aux malades, le Centre aéré du mardi,

la présence au quartier, l’université.

Une journée diocésaine

Le vendredi 28 octobre, les communautés

de l’intérieur ont rejoint les paroissiens

d’Oran pour une célébration festive et

ample : la « rentrée » diocésaine. Tous les

prêtres entouraient notre évêque avec Mgr

Henri Teissier, heureux de célébrer pour la première

fois dans la cathédrale rénovée, comble ce jourlà.

Les textes de la fête des apôtres Simon et Jude,

commentés par le P. Georger, fondaient dans la foi

notre rencontre. Son homélie fut suivie d’une large

présentation de la vie dans le diocèse pour l’information

et la communion de tous, du Conseil de Pastorale

qui se réunit autour du thème de la mission de notre

église, ici aux conférences mensuelles, sans oublier la

formation féminine, les bibliothèques, l’aumônerie

des étudiants, l’attention aux migrants, la visite des

prisonniers, les activités caritatives, la rencontre des

travailleurs expatriés, l’accueil des pentecôtistes et des

coptes. Et, bien sûr, chaque communauté religieuse,

chaque famille, chacune et chacun ont des voisins

et des amis avec lesquels se tissent des relations

d’attention, d’échanges et de respect qui préparent le

Royaume de Dieu. La prière universelle, en anglais et

en français, était construite à la manière des louanges

de saint François. Un pique-nique de sandwiches

et fruits fut un bon moment de convivialité avant le

rassemblement dans la salle de conférences pour une

commémoration de l’événement d’Assise.

Les travailleurs expatriés

Autour de la petite ville côtière de Mers

el Hadjadj, que ses habitants appellent

toujours Port-aux-Poules, à cinquante

kilomètres d’Oran sur la route de

Mostaganem, se sont implantées des

sociétés multinationales qui transforment les jolies

plages en immenses complexes industriels : Daewoo

construit une fabrique d’ammoniac et une usine de

liquéfaction du gaz, Saipem une digue, une société

singapourienne une usine de dessalement d’eau de

mer. Les travailleurs expatriés y sont peut-être six

mille, Pakistanais, Bengalis, Népalais, Indiens, Italiens,

Coréens… pour la plupart enfermés dans leur base de

vie. Les Philippins ont pris contact avec la paroisse et

ont demandé la messe : un vendredi par mois, ils sont

deux cents dans un camp, cinq cents dans un autre à

se rassembler pour une célébration joyeuse et dense,

animée par une chorale, qui est un moment intense

de foi et de communion.

P. Thierry Becker

« Chrétiens et Musulmans : une vie ensemble à partager sur les deux rives de la Méditerranée »

Le père Christophe Roucou, directeur du Secrétariat des évêques de France pour les Relations avec l’Islam (SRI),

a effectué fin octobre une tournée de conférences-débats à l’invitation du réseau des Centres Culturels Français,

principalement en Oranie et dans le Constantinois, où il était également invité à donner une conférence à

l’Université islamique. On trouvera sur le site de l’Église d’Algérie le texte de cette dernière conférence.


Diocèse de Constantine et Hippone

Après la pause de l’été, le diocèse n’a pas tardé à reprendre ses activités. Les

réunions se sont succédées à bon rythme : évaluations des activités de l’été,

conseil restreint de l’évêque, réunion des animateurs en pastorale, conseil

épiscopal, groupe de partage des prêtres…

Du côté des étudiants

Les nombreux étudiants zambiens venus

étudier le français à Constantine ayant enfin

eu leur transfert dans les villes universitaires

du pays où ils doivent continuer leurs

études, un nouveau groupe venant de

Tanzanie a pris le relais.

Les différentes facultés ayant à peine fait leur rentrée,

tous les étudiants du diocèse étaient invités à

une rencontre à Constantine du 27 au 29 octobre

sous la devise « Pèlerins de la vérité, Pèlerins de la

paix ». La réponse fut massive car ils furent plus de

quatre-vingt à répondre à l’invitation autour des

cinq aumôniers des étudiants du diocèse. On se

demande encore comment tout ce monde a trouvé

à se loger dans notre modeste Bon Pasteur !

La nouveauté fut que les étudiants avaient euxmêmes

pris en charge l’organisation de la rencontre.

Une quinzaine s’était réunie à Skikda au mois

de septembre pour en prévoir le déroulement et

se charger d’organiser les différents services. Tous

les participants ont apprécié l’implication d’un plus

grand nombre.

Le père Francis témoigna jeudi soir de ce que signifiait le

pèlerinage et le père Jean-Marie apporta quelques éclairages

personnels, le vendredi matin, sur le lien entre la

vérité et la paix. La pause de midi ce jour-là fut consacrée

au jeûne et au silence pour entrer dans ce climat

de paix.

L’après-midi du même jour fut consacrée à l’accueil

d’amis musulmans dont il est rendu compte dans une

autre partie de ce numéro.

La veillée fut l’occasion d’entendre les témoignages des

représentants du diocèse aux journées mondiales de la

jeunesse de Madrid, en août dernier et de recevoir la

lettre que les évêques ont adressée aux étudiants pour

cette rentrée universitaire, avant une soirée culturelle et

artistique représentative de tout le continent.

L’auteur de ces lignes est encore admiratif de la participation

des étudiants passant spontanément, selon ce

qui leur était proposé de vivre, du recueillement le plus

impressionnant à l’expression déchaînée de leur vitalité.

Merci aux uns et aux autres pour leur participation.

La vie des paroisses

À Constantine, la paroisse s’est dotée d’un conseil paroissial

qui organise, surtout le samedi, les activités les

plus variées : cours d’arabe, taikido, communication,

liturgie, formation, du sport et de la culture ainsi qu’un

groupe Caritas.

Il publie même une lettre d’information intitulée « la voix

du Bon Pasteur ».

À Béjaïa, en attendant que le prêtre pressenti pour assumer

la tâche du curé obtienne son visa, les prêtres du

diocèse parcourent des centaines de kilomètres, chaque

vendredi, pour assurer l’eucharistie et les formations nécessaires

aux catéchumènes et aux néophytes. Un comité

paroissial est en train de se mettre en route pour

coordonner les activités indispensables.

P. Jean-Marie Jehl

actualité des diocèses

pax concordia


ACTUALITÉ DES DIOCÈSES

Diocèse de Laghouat Ghardaïa

Du nouveau au Centre Culturel et de Documentation Saharienne

(CCDS) de Ghardaïa

Des travaux …

De grands travaux sont en cours pour accroître

la capacité d’accueil de la bibliothèque de

recherche. Spécialisée dans le domaine

du Sahara, elle était devenue trop petite

pour répondre aux nombreuses demandes

des universitaires de Ghardaïa et d’un peu partout en

Algérie. Malgré les travaux, une nouvelle année de travail

a commencé tant à la bibliothèque de prêt que pour les

cours de langues et la poursuite de la numérisation de la

photothèque.

Bienvenue à tous !

Krzysztof Stolarski (Pères Blancs)

La mise en valeur de la photothèque

Nous recevons au Centre Culturel et de

Documentation Saharienne (CCDS) une jeune

architecte faisant une thèse sur l’urbanisme et

l’habitat dans les villes du Mzab. Elle recherche

des photos pour illustrer son travail et pense

le compléter par une exposition. Elle repart avec un DVD

contenant les aperçus de 450 photos de la fin du XIX e à la

fin du XX e siècle, à partir desquels elle pourra sélectionner

les photos à publier. Si nécessaire, elle pourra poursuivre sa

recherche sur le site www.photoccdsGhardaïa.org.

Ce scénario est encore de la fiction mais c’est le résultat

auquel nous aimerions

arriver d’ici quelques

temps. La collection de

photos est bien réelle.

Environ 28 000 clichés

dont les plus anciens sont

de 1895, sur différents

supports : des plaques de

verre (5 600),

des négatifs

Ksar de Ghardaïa (1899)

(6 500), des

tirages papier

(9 000) et des diapositives (7 000). Tous ces

clichés réalisés par des pères ou des frères

ont été rassemblés à l’évêché.

Un trésor qui dort dans une armoire en bois

au fond d’une bibliothèque ! De quoi faire

rêver historiens, ethnologues, géographes,

et certainement bien d’autres encore qui

s’intéressent au Sahara, à ses populations,

son mode de vie,

ses coutumes.

Les responsables

du CCDS ont

formé le projet

de numériser les

photos.

Le projet a trois

aspects : la numérisation

et

l’archivage des fichiers,

la conservation

des originaux

dans des

Dans la palmeraie de Bounoura (1899)

supports adaptés et enfin la mise à disposition avec des

moyens de recherche efficaces.

Toutes les photos ont été référencées par le père

Colignon et ont chacune un numéro, une légende et

pour certaines une date. Cependant, avant de se lancer

dans le travail de numérisation, il est nécessaire de cerner

tous les aspects techniques liés aux matériels nécessaires

(scanners, stockage des fichiers, ordinateurs). Des

connaissances sur la numérisation sont aussi à acquérir

pour obtenir une qualité en rapport avec la valeur de

la collection. Et rien ne sert d’avoir numérisé 28 000

clichés s’ils ne sont pas organisés de manière qu’on

puisse facilement trouver les photos qui répondent à

une demande précise. Cela nécessite d’avoir un logiciel

adapté et d’avoir saisi toutes les informations connues

sur chacune des photos : légende, date, lieu, mots clés,

etc.

Lorsque tout cela aura été fait, la collection pourrait

continuer à dormir. Pour éviter cela, il faudra la faire

connaître aux personnes qui peuvent être intéressées,

la mettre en ligne sur

internet… Et s’il y a

des demandes, ce que

nous espérons, régler

les questions juridiques

de propriété, de

tarifs, …

Alors, notre jeune

architecte pourra

présenter une thèse

richement illustrée !

Patrick de Boissieu

Place du marché de Ghardaïa (1899)


C’est un couple d’artistes dans un village de Bretagne. De sa

plume, l’un écrit, l’autre dessine. Régulièrement, ils prennent

la route et vont à la rencontre d’un pays et d’un peuple. L’un

questionne du regard en prenant des photos ; au retour, il

dessine et peint à partir de celles-ci. L’autre questionne aussi

et quête des réponses à leur curiosité ; au retour, elle rédige.

Claire et Reno ont fait plusieurs voyages en Algérie, dans la plupart de ses

régions. Plusieurs de nos lecteurs les ont rencontrés, guidés parfois. En

retour nous est offert ce magnifique ouvrage, qui tient tout à la fois du

carnet de voyage, de l’album photo et du recueil de croquis et dessins.

On y retrouve l’Algérie éternelle -ses monuments et paysages urbains

ou ruraux- et l’Algérie vivante -ses fêtes et ses scènes de rue, souks et

personnages pris sur le vif. De nombreuses cartes permettent de se repérer,

dans chacune des sept parties : Alger, l’Oranie, Sur la route des ksour, les

Aurès, le Constantinois, la Kabylie et le Grand Sud.

Le texte ne vient pas seulement éclairer les illustrations. Informatif sans

tomber dans l’érudition, vivant sans en rester à l’anecdote, agrémenté de

temps à autre par les impressions de l’auteur, bien écrit, il est de lecture

intéressante et agréable.

De présentation originale, l’ouvrage d’art renferme aussi de larges pages à

déployer et des petits livrets à déguster.

Bref, un très beau cadeau à faire à d’autres … ou à vous-même !

Michel Guillaud

Algérie « Soyez les

bienvenus »

Voyages de la Méditerranée au

Sahara

Claire & Reno MARca

avec la participation de Maïssa Bey

Aubanel, 2008

des livres à lire

Voici un livre qui dénonce la manipulation des mots, les euphémismes

qu’on emploie en politique pour masquer les choses cruelles

qu’on inflige aux hommes, propres à les bercer, à les berner, à leur

faire accepter l’inacceptable. Camp de concentration, disparition,

guerre, ennemis ne sont jamais nommés comme tels par exemple.

C’est pourtant le motif qui va déterminer un homme de 21 ans à quitter son

pays. Un jeune homme dont l’enfance a été brisée par l’envoi de son père en

déportation autant que par son retour, où il a à peine apparence humaine. De ce

père revenu « taiseux », le fils découvre peu à peu l’humanité mystérieuse, invisible,

profonde, sous un silence absolu. Son père mort, le fils s’apprête à affronter

les avanies de l’errance.

Un autre aspect de ce livre est celui que pose, à la conscience du jeune homme,

la réalité du mal en face de ce qui lui semble le silence de Dieu. Il a des mots durs

à l’égard de certaines notions religieuses : le Dieu biblique refusé car « il ne rit

jamais », la mort du Christ présentée comme un mythe, le courage du marin plus

efficace que la prière.

Il me semble que ce livre est imprégné de valeurs religieuses profondes et universelles

: l’amour familial, le désintéressement et le dévouement, la solidarité

des pauvres, l’intelligence responsable du marin qui emmène le fugitif et l’admiration

du narrateur pour ceux qui se sont laissés tuer : Socrate, Giordano Bruno,

Gandhi, l’homme du Golgotha…

La question que je pose et qui mérite échange entre nous : Dieu est-t-il silence

en face du mal Ou bien parle-t-il, agit-t-il ici aujourd’hui et comment

Chantal Laurette

L’ombre des choses

à venir

Seuil, 2011

pax concordia

Kossi EFOUI

29


des livres à lire

Rachid-Helmut appelé Rachel et Malek-Ulrich appelé Malrich

sont deux frères de mère algérienne et de père allemand. Ils ont

été élevés en France dans une cité par l’un de leurs oncles et y

vivent toujours. En 1994, leurs parents, restés au bled, meurent

égorgés par des terroristes. Ils découvrent alors, que leur père,

devenu un respectable et respecté moudjahid, a aussi été un nazi actif dans

les camps de concentration.

Même si, comme le dit l’un des personnages du roman, « nous ne sommes

pas responsables ni comptables des crimes de nos parents », il est difficile à

l’un comme à l’autre de continuer à vivre comme si de rien n’était.

Le livre nous fait suivre le parcours des deux frères en entrelaçant leurs

journaux. L’aîné n’aura de cesse de décortiquer le système nazi pour ressentir

au plus profond de lui l’horreur qui s’est jouée à cette époque.

Le second, fort de l’expérience de son frère, ne peut s’empêcher de

rapprocher nazisme et intégrisme et de comparer les deux systèmes. L’un

efficace, « industriel », l’autre émergeant et proliférant insidieusement dans

nos sociétés sous couvert de respect des différences et de liberté individuelle.

Il nous interpelle face à la montée des intégrismes et se demande comment

résister, comment alerter, faire prendre conscience au plus grand nombre du

mal qui se répand et lutter pacifiquement contre ces idées.

Son parallèle entre nazisme et intégrisme est saisissant et toujours d’actualité.

Le livre date de 2008.

Le village de

l’Allemand

ou le journal des frères

Schiller

Boualem SANSAL

Gallimard, 2008

Marie-Laure Watier

Né en 1938 à Alger, Jean-Paul Grangaud vit toujours dans la capitale

aujourd’hui nommée El-Djazair.

Il se livre ici à A. Djelfaoui dans un récit autobiographique qui

intéressera non seulement ses enfants et petits-enfants, mais

beaucoup de lecteurs et à différents titres :

• L’itinéraire du « Professeur Grangaud », pédiatre, praticien dans divers hôpitaux

de la capitale et directeur aujourd’hui de la prévention au ministère

de la Santé, permet de partager sa passion pour les questions de santé publique

et de suivre les évolutions du monde médical algérien depuis 50 ans.

• Le livre est aussi une relecture de l’évolution du pays sur cette période, et

se veut explicitement un encouragement à ce que d’autres fassent semblable

anamnèse pour générer de nouveaux élans.

• Il témoigne enfin de l’insertion d’un homme, pragmatique plus que politique,

chrétien protestant engagé, européen d’origine algérien de plusieurs

générations, dans l’Algérie musulmane indépendante, de sa foi, de ses émotions,

de ses amitiés.

Le ton est simple et modeste nonobstant l’impressionnante qualité du

parcours ; la relecture retrace bien les enthousiasmes comme les difficultés,

retenant le positif sans jamais cultiver l’amertume. Le réalisme n’empêche

pas l’espérance. On lui souhaite de garder longtemps le même souffle,

pour son pays l’Algérie, comme pour ses autres passions : la médecine, sa

famille… le bridge ou le foot !

Michel Guillaud

Grangaud

D’Alger à El Djazaïr

Abderrahman

DJELFAOUI

Editions Casbah, 2000


Nouvelle adresse du site de l’Église d’Algérie

Vous trouverez, désormais, le site internet de l’Église

d’Algérie à l’adresse suivante :

http://www.eglise-catholique-algerie.org

Ben Smen : Repères sur les religions et

médecines traditionnelles

Du lundi 6 février à 14 h au jeudi 9 février à 14 h :

Session pour donner des repères sur les religions,

les croyances et les médecines traditionnelles, aide

à comprendre certains liens vécus par les personnes

dans nos différentes cultures. Animée par un spécialiste

de ces questions, d’Afrique sub-saharienne, à

Ben Smen, centre spirituel des jésuites à Alger.

Renseignements : bensmendz@yahoo.fr

Islam et modernité : enjeux aujourd’hui,

surtout en Algérie

Session organisée à Ghardaïa par le diocèse du

Sud, du 9 au 11 février 2012. Renseignements et

inscriptions : sec.evGhardaïa@yahoo.fr

Retraite-pèlerinage pour bons marcheurs

Sur les traces de Charles de Foucauld, de Tamanrasset

à l’Assekrem, du 17 au 27 mars, pour les nouveaux

arrivants de moins de 50 ans. Renseignements

et inscriptions : sec.evGhardaïa@yahoo.fr

Dialogue interreligieux et liturgie dominicale

Il y a plus d’un an déjà, nous nous sommes lancés dans

l’aventure, merveilleuse et profondément spirituelle,

de faire ressortir dans la liturgie dominicale tout ce qui

pourrait avoir un lien avec le dialogue interreligieux.

Pèlerinage à travers la prière catholique mais qui nous

conduit aux frontières de notre église, de nos dogmes

et de nos habitudes. Les indications que vous trouverez,

ici, visent à être un point de départ.

Sous format numérique, le fascicule pour l’année

B // 2011-2012 est sorti. Nos amis pères blancs qui

ont rédigé la 1 ère partie vous l’enverront. Ils seront

heureux de collaborations pour poursuivre.

S’adresser à : pbprovmaghreb@yahoo.fr

bloc-notes

CERNA

La CERNA a procédé au renouvellement de son bureau. A compter du 1 er mars 2012, seront :

Président : Mgr Maroun LAHHAM, archevêque de Tunis

Vice-président : Mgr Paul DESFARGES, évêque de Constantine et Hippone

Membre du Bureau : Mgr Vincent LANDEL, archevêque de Rabat.

Le père Daniel NOURISSAT a été confirmé comme secrétaire général.

Elle a désigné Mgr Vincent LANDEL comme délégué à la CEFTL (Commission Épiscopale Francophone pour

les Traductions Liturgiques) et Mgr Paul DESFARGES délégué au SCEAM (Symposium des Conférences

Épiscopales d’Afrique et de Madagascar). La prochaine réunion de la CERNA aura lieu à Mazara del Vallo

(Italie) du 17 au 22 novembre 2012.

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