17.08.2014 Vues

liberation 44_45

liberation 44_45

liberation 44_45

SHOW MORE
SHOW LESS

Transformez vos PDF en papier électronique et augmentez vos revenus !

Optimisez vos papiers électroniques pour le SEO, utilisez des backlinks puissants et du contenu multimédia pour maximiser votre visibilité et vos ventes.

16 Mars 19<strong>45</strong>


HISTOIRE<br />

DES COMBATS 19<strong>44</strong>/<strong>45</strong><br />

DE LA<br />

LIBERATION<br />

D’OBERHOFFEN SUR MODER<br />

1


L’ESPOIR ET LA LONGUE ATTENTE<br />

Le 6 juin 19<strong>44</strong>, les armées alliées débarquent en Normandie et après de durs combats,<br />

infligent une défaite retentissante aux armées allemandes.<br />

À partir du 20 août 19<strong>44</strong>, les Alliés commencent à franchir la Seine et le Général<br />

Eisenhower, leur chef suprême, planifie la poursuite vers le Nord. Le 21 e Groupe<br />

d’Armées sous le commandement du Maréchal Montgomery est chargé de dégager le<br />

Pas‐de‐Calais et de foncer sur Bruxelles tandis que le 12 e Groupe d’Armées du Général<br />

Bradley doit libérer l’est de la Belgique et la Lorraine.<br />

En novembre 19<strong>44</strong>, Les Alliés progressent vers l’Alsace. Le 23 novembre, la 2 e DB sous les<br />

ordres du Général LECLERC libère Strasbourg.<br />

A Oberhoffen, dans le plus grand secret, ceux qui en ont la<br />

possibilité, collent leur oreille à la radio, à l’écoute de Londres,<br />

pour savoir si les alliés arrivent bientôt.<br />

En novembre, soudain plus d’électricité, plus de journaux, le front<br />

se rapproche !<br />

Mais Hélas ! Alors que l’on entend enfin les tirs des mitrailleuses et que l’on voit les<br />

troupes de la Wehrmacht complètement désorganisées et n’opposant plus aucune<br />

résistance, l’avancée américaine s’arrête.<br />

Les premiers obus tombent sur le village, causant les premiers dégâts. Les hommes sont<br />

requis pour travailler aux retranchements allemands (« zum schanzen »).<br />

Les jours suivants, la Wehrmacht amène du matériel de guerre de toute sorte (blindés,<br />

canons, munitions etc…) et prend position à la lisière du bois près du village qui se<br />

trouve maintenant en plein front. Des obus tombent dans tout le village ou passent en<br />

sifflant. Les villageois profitent des brèves accalmies pour soigner hâtivement le bétail<br />

dans une ambiance de danger permanent.<br />

REPLI DES ALLEMANDS<br />

2


Pour libérer le Nord de l’Alsace une offensive de grande envergure était prévue en<br />

direction du Nord‐Est, avec la 79th D.I.U.S. Infantry Division sur la droite attaquant<br />

suivant l’axe Bischwiller‐Seltz, la 103 th D.I.U.S. au centre et la <strong>45</strong>th D.I.U.S. sur le flanc<br />

gauche et la 14th D.B.U.S. Armored Division exploiterait les gains.<br />

24 novembre 19<strong>44</strong><br />

Les trois régiments de la 79th doivent participer à l’attaque, le 315th doit s’emparer de<br />

Kaltenhouse, le 314th de Haguenau et le 313th de Bischwiller.<br />

Le secteur de la 79th Division reste calme, les 3 bataillons du 313th Régiment d’infanterie<br />

avec l’appui d’une compagnie du 813th bataillon de Tank Destroyer s’installent en<br />

défensif au Nord de Gries, Kurzenhouse et de Weitbruch.<br />

Les Américains mettent en place un barrage sur la route de Kurtzenhouse au Nord de<br />

Weyersheim.<br />

4 décembre 19<strong>44</strong><br />

Les Allemands sachant que leurs jours sont comptés, organisent un repli stratégique.<br />

Toutes les marchandises des dépôts, des usines, des magasins prennent la route du Reich.<br />

Le bétail est réquisitionné. Au total 183 bovins furent enlevés. Nos propres gens, très<br />

jeunes ou âgés, doivent mener le bétail au‐delà du Rhin, jusqu’à Ottersdorf près de<br />

Rastatt. Lors d’une inspection, les meilleurs chevaux sont également pris. Des denrées<br />

alimentaires et des produits industriels sont enlevés.<br />

6 décembre 19<strong>44</strong><br />

Sur ordre du Kreisleiter (sous‐préfet) tous les hommes valides au‐delà de 50 ans sont<br />

incorporés, escortés par les gendarmes, dans le Volkssturm (milice populaire levée par<br />

Hitler à la fin de la guerre). Les familles de ceux qui ne se présentent pas sont menacées<br />

de représailles. Quelles heures amères pour les hommes d’abandonner ainsi leurs familles<br />

aux difficultés et aux dangers ! Quelle tristesse aussi pour leurs proches de devoir les<br />

laisser partir comme des criminels vers l’inconnu, alors que la libération est si proche !<br />

Les villageois sont exaspérés !<br />

Incorporation dans la Volkssturm<br />

3


PREMIERE LIBERATION D’OBERHOFFEN<br />

PAR LES AMERICAINS<br />

9 décembre 19<strong>44</strong><br />

La 79th D.I.US Infantery<br />

Division « Cross of<br />

Lorraine » commandée<br />

par le Général DAHLQUIST du<br />

6 ème Corps lance l’attaque à<br />

travers le bois de Gries.<br />

A l’aube, le 3 e bataillon se met en<br />

route, à 7heures les troupes se<br />

trouvent au sud de Hanhoffen.<br />

Sans avoir établi le contact avec<br />

les Allemands.<br />

Bischwiller<br />

Les Américains rentrent dans<br />

Bischwiller et se battent dans les<br />

rues gagnant peu à peu le<br />

quartier Nord. D’après le<br />

témoignage des civils le pont de<br />

la Moder est encore intact. Arrivé<br />

sur le lieu, un allemand était<br />

entrain de fixer une charge<br />

explosive sur le pont. Il tomba<br />

percé de dizaine de balles. Le<br />

pont est intact. Le capitaine<br />

William NcKEAN sectionne les<br />

câbles reliés à la charge afin de<br />

permettre la traversée des chars<br />

en sécurité. Il sera récompensé de la « distinguished Service Cross ».<br />

Puis le Bataillon occupe la moitié sud du village d’Oberhoffen jusqu’à l’église. Dans<br />

l’après midi les Américains repoussent les Allemands et s’emparent de la partie Nord du<br />

village sans rencontrer une grosse résistance. Le défilé dans le village des américains avec<br />

leur formidable matériel de guerre moderne ressemble à un fascinant spectacle. Tout le<br />

monde pense que la Wehrmacht va s’effondrer et qu’elle ne pourra résister longtemps à<br />

la supériorité écrasante des Alliés. Le 313th s’installe pour la Nuit.<br />

4


Témoignage de Mme lina CHRISTMANN route de Schirrheim<br />

« Oberhoffen‐Information 1985 »<br />

Samedi le 9 décembre 19<strong>44</strong>, je ne crois pas exagérer en écrivant que ce 9 décembre était le jour le<br />

plus émouvant de ma vie. Après une nuit d’enfer au cours de laquelle les Obus tombèrent<br />

abondamment autour de nous, l’enfer commença le matin à 6 heures 30. Le grondement sourd, qui<br />

se rapprocha de plus en plus, servit d’introduction. Avec des battements de cœur, les nerfs tendus<br />

à l’extrême, nous étions assis sur nos couches dans la cave et nous écoutions le sifflement des obus<br />

en nous demandant si l’un d’eux allait nous tomber sur la tête. Ils tombaient tout autour de nous.<br />

Furent touchés Adam Geoffroi et Strack Hemm, tandis que les prés au bas de la terrasse étaient<br />

parsemés d’entonnoirs d’impacts.<br />

Soudain un bruit plus subtil se mélangea au grondement. Etaient‐ce des tirs de mitrailleuse, ou<br />

des blindés américains Nos pensées se bousculèrent. Si les Allemands parvenaient à faire sauter<br />

le pont de la Moder entre Oberhoffen et Bischwiller, ce serait mauvais pour nous et notre village se<br />

transformerait en champ de ruines.<br />

Alors la route s’anima. Les Allemands partaient. Papa(son mari) regarda avec précaution dehors.<br />

Une cuisine de campagne qui se trouvait dans le voisinage depuis deux jours s’en allait, attelée de<br />

deux chevaux, dont l’un avait été enlevé à son propriétaire la veille au cours d’un recensement. Le<br />

soldat éprouvait toutes les peines à faire avancer le cheval. Quelques soldats allemands partirent<br />

furtivement à pied, en frôlant les murs vers la forêt. Les Tirs se rapprochèrent de plus en plus.<br />

D’après le bruit, les Américains devaient avoir passé le pont. Ce serait le plus grand bonheur pour<br />

nous. Vers 9 heures 30, papa monta donner à manger aux bêtes, mais il se tenait prêt, lorsqu’un<br />

obus grondait en s’approchant, à sauter par la porte du Hangar dans la cave. On ne put traire les<br />

vaches et personne n’avait faim.<br />

Soudain se fut le déchaînement. Les blindés tirèrent de tous leurs tubes, les impacts se<br />

rapprochèrent sur notre route. Les balles des mitrailleuses frôlaient les façades. Assis les uns contre<br />

les autres, nous étions livrés à notre destin. Qui allait survivre Maintenant notre maison se<br />

trouvait dans la ligne de mire des blindés. Nous ne pensions pas survivre à cela, tellement les<br />

mitrailleuses sifflaient. Heureusement que notre cave n’était pas située à l’avant de la maison et<br />

qu’elle ne touchait donc pas la rue. La partie avant de notre maison ainsi que le pignon furent en<br />

effet touchés. Il y a eut quelques trous dans le toit.<br />

Puis les choses se calmèrent un peu. Tout à coup nous entendîmes des bruits de pas ainsi que des<br />

voix. Papa monta voir par la fenêtre de l’étable. Il revint tout de suite et dit « ce sont deux<br />

Américains ». Il était environ midi. Personne n’osait sortir de la cave. Puis papa eut faim et<br />

Marguerite (leur fille) aussi, nous avions assez de pain et de viande dans la cave. Ma belle‐sœur et<br />

moi‐même n’avions pas faim. Nous restâmes assis jusqu’au soir. Puis j’ai réchauffé du café sur le<br />

réchaud à alcool.<br />

Il y eut soudain de l’animation dans la cour. Papa monta et il m’appela aussitôt. Quelques<br />

Américains étaient déjà dans la maison. Malheureusement nous ne pouvions pas leur parler. Ils<br />

ont tout ouvert et ils ont regardé partout pour être sûrs qu’aucun Allemand n’était caché quelque<br />

part. Je leur montrai avec la lampe tous les coins et recoins de la cave. Ils furent enfin satisfaits. En<br />

un clin d’œil le plus beau feu de bois brûla dans le fourneau de la chambre. Les Américains<br />

ouvrirent leurs conserves et mangèrent. Puis nous avons donné à manger aux bêtes et nous avons<br />

regagné la cave. Qu’allait nous apporter la nuit Dix Américains dormirent dans notre chambre.<br />

5


10 Décembre 19<strong>44</strong><br />

Vers 14h00, Oberhoffen et Bischwiller sont totalement libéré, mais des tirs d’artilleries<br />

parviennent encore sur l’agglomération ainsi qu’aux alentours du pont. Seule la prise de<br />

Schirrheim dans la soirée réduira l’intensité de l’artillerie. Enfin les habitants peuvent<br />

sortir des caves. Malgré la désolation de la guerre, les maisons en ruines et l’absence de<br />

nouvelle des proches, la population clame sa joie et pense que le pire est fini...<br />

Certes, quelques maisons sont détruites par des obus et des incendies, mais les dégâts<br />

sont relativement légers et facilement réparables. Quelques hommes valides, grâce aux<br />

aides fournies par la commune, ont effectué rapidement les travaux d’urgence. Les<br />

habitants sont contents de s’en être tiré à bon compte. Seule la pensée du sort des<br />

incorporés de force dans la Volkssturm emmène encore un peu d’amertume.<br />

Le 1 er bataillon du 313th Régiment d’infanterie commence l’attaque à 5h30, Ils<br />

progressent tout dʹabord rue principale jusquʹà la boulangerie « Spony » et se heurte à un<br />

panzer allemand. Il est mis hors d’action très rapidement, malheureusement une<br />

personne civile »Süse DECKER » meurt alors qu’elle donnait à manger à ses bêtes.<br />

Le 3 er bataillon reçoit l’ordre de prendre les bois au nord d’Oberhoffen. Les quartiers<br />

Nord sont évacués. Vers 14 heures après l’avancé des américains vers les bois, un déluge<br />

de projectiles tombe sur la localité. Les Américains appuyés par des tirs de barrage<br />

arrivent vers Schirrheim et progressent leur attaque.<br />

Les Américains progressent de Bischwiller vers Oberhoffen<br />

6


Oberhoffen et Bischwiller sont totalement libérés, mais le pont de la Moder reste exposé<br />

aux tirs ennemis. Le GIs ont pris plus de 114 prisonniers et ont causé de lourde perte au<br />

256 e VGD. Un officier prisonnier leur dit que le 553 e VGD est en voie de reconstitution<br />

dans la région entre Rasttatt‐Ettlingen.<br />

Pendant ce temps, le 1 er bataillon du 315th régiment d’infanterie s’empare de<br />

Kaltenhouse. Mais le pont sur la Moder est détruit et le 2 e bataillon est obligé de faire un<br />

détour par Bischwiller afin de prendre le camp qui est nettoyé sans peine et libéré le 11<br />

décembre.<br />

11 Décembre 19<strong>44</strong><br />

Les soldats américains sont impressionnés par le camp d’Oberhoffen ils trouvent un<br />

camp d’entraînement moderne et luxueux où les recrues s’entraînent à tirer sur des<br />

silouhètes de soldats américains. Des prisonniers révèlent que le camp était au paravent<br />

un camp d’entraînement pour soldats de métier mais que les derniers temps, il servait à<br />

entraîner les jeunes recrues.<br />

Lors de cette même journée Le 314th libère également Haguenau.<br />

14 Décembre 19<strong>44</strong><br />

Le Nord de l’Alsace est libéré !<br />

La 79th D.I.U.S. arrive à la Rivière Lauter à Schiebenhardt. Elle a pour mission de tenir<br />

une ligne défensive à Wissembourg. « Elle effectuera cette mission jusquʹau 2 janvier<br />

19<strong>45</strong> ».<br />

7


oute de Schirrheim<br />

rue de la forêt<br />

rue principale<br />

8


LE RETRAIT IMPREVU DES AMERICAINS<br />

A l’arrière, la vie s’organise à nouveau et les villages pansent leurs plaies reconstruisant<br />

routes et ponts.<br />

16 Décembre 19<strong>44</strong><br />

Mais au moment même, où commence la confrontation des deux armées, une décision<br />

stratégique du haut commandement américain change momentanément le cours de la<br />

bataille.<br />

Les Allemands engagent la bataille des Ardennes, « Opération Wacht am Rhein », ou<br />

encore connu sous le nom d’opération Von Rundstedt.<br />

Le commandement américain décide de réorganiser le front alsacien et dʹabandonner<br />

Strasbourg.<br />

Pourquoi donc <br />

Le lettre d’instruction n°6 du 22 décembre stipule que le 6 e groupe d’armées passe à la<br />

défensive et relève certains éléments du 12 e groupe d’armée. Le 6 e groupe doit être prêt<br />

à céder le terrain plutôt que de mettre les forces en danger. Suite à des rumeurs de contreattaques<br />

allemandes en Alsace, Eisenhower rend visite à Devers et lui demande d’être<br />

prêt à se replier dans les Vosges.<br />

9


22 Décembre 19<strong>44</strong><br />

Après le premier repli de la 103th D.I.U.S. pour la Lorraine, la 79th est obligé d’étirer ses<br />

lignes le long de la Moder. La 7 e Armée américaine éprouve quelques faiblesses. Ces<br />

hommes sont épuisés et les renforts s’avèrent incapables de manipuler une arme ou de<br />

mener des patrouilles de nuit. Les Tasks forces ne sont que des jeunes recrues sans savoirfaire.<br />

Le 254th RI se trouve dans le camp d’Oberhoffen pour des manœuvres lorsqu’on lui<br />

demande de garder le Rhin de Selz à Gambsheim. La plus part de ces hommes ne sont<br />

pas destinés pour l’infanterie. Ils ont participé à un programme spécial, l’ASTP (Army<br />

Specialized Training Program). Qui leur permet de suivre un entraînement militaire tout<br />

en poursuivant des études car se sont des futurs docteurs, psychologues, ingénieurs,<br />

linguistes… On leur avait promis des places de cadres dans l’aviation et la marine mais<br />

l’armée avait besoin d’hommes, c’est pourquoi ils se sont retrouvés dans l’infanterie avec<br />

une préparation insuffisante ignorant les faits de guerre mais croyant être placé dans un<br />

secteur calme….<br />

23 Décembre 19<strong>44</strong><br />

Puis arrive la Task force HERREN le 70th D.I.U.S. Ces Gis ont voyagé depuis Marseille<br />

dans des vieux wagons empruntés par leurs pères lors de la première guerre mondiale,<br />

des wagons dans lesquels peuvent entrer 40 hommes ou huit chevaux. Les trois<br />

régiments d’infanterie, le 274th, le 275th, et le 276th ont débarqué du Train à Brumath et<br />

continuent leur route à pied jusqu’à Bischwiller.<br />

24 Décembre 19<strong>44</strong><br />

C’est le sixième Noël de guerre, le plus triste de tous.<br />

Dans presque toutes les familles des personnes sont<br />

manquantes, incorporées, tuées.<br />

Dans les maisons, les usines désaffectées, les Militaires<br />

ouvrent les colis de Noël. Un peu partout le schnaps,<br />

l’alcool coulent à flot. Parfois les Gis distribuent leurs<br />

candies (confiserie) et leurs tablettes de chocolat aux<br />

enfants.<br />

10


Le spectre de Skorzény<br />

Les bruits circulent : des parachutistes allemands ont atterri à herlisheim, Gries,<br />

Kurzenhouse et d’autres localités. Skorzény a organisé des bandes d’agents déguisés en<br />

Américains pour semer la confusion dans les troupes américaines. Des commandos<br />

déguisés en uniforme de la Military Police règlent la circulation et envoient les unités<br />

dans de mauvaises directions. C’est la psychose parmis les troupes américaines et des<br />

instructions précises sont données afin de questionner chaque soldat par des détails surs<br />

les acteurs et sportifs américains car les agents étaient recrutés pour leurs aptitudes<br />

linguistiques mais ils ignoraient la culture américaine.<br />

progression des Américains dans la forêt de Haguenau


PREPARATION DEFENSIVE DE STRASBOURG<br />

26 Décembre 19<strong>44</strong><br />

Le Général de GAULLE proteste énergiquement auprès du Haut Commandement Allié,<br />

soutenu par Winston CHURCHILL. Le chef du Gouvernement Provisoire de la<br />

République Française ( G.P.R.F) réussit à fléchir EISENHOWER qui modifie les ordres<br />

donnés.<br />

La 7 ème Armée ne doit plus, en effet, se replier sous la pression de lʹennemi. Mais déjà<br />

pour parer au danger dʹune intrusion allemande, de LATTRE fait entrer la 3 ème D.I.A.<br />

dans la capitale alsacienne, remplacée dans les Vosges par la 1 ère D.I.M.<br />

Strasbourg prépare sa défense contre une éventuelle contre attaque des Allemands !


DECLENCHEMENT DE L’OPERATION NORWIND<br />

31 Décembre 19<strong>44</strong><br />

L’Opération Nordwind doit débuter par une puissante attaque vers le sud lancée par la 1 e<br />

Armée allemande, complétée par des têtes de pont au sud de l’alsace. Au Nord deux<br />

corps d’armée doivent attaquer de chaque coté de Bitche.<br />

Nordwind est lancé le soir de la saint Sylvestre un peu avant minuit. Outre l’attaque en<br />

Alsace, l’aviation allemande bombarde les terrains d’aviations alliés, détruisant plus de<br />

200 appareils, y compris l’avion personnel de Montgomery. Bastogne reste toujours<br />

encerclée, c’est pourquoi Eisenhower ordonne le repli sur les Vosges. Strasbourg est<br />

abandonné, c’est la panique dans toute l’alsace du Nord. Mais le général De gaule décide<br />

que les Français défendront Strasbourg. La 3 e D.I.A. occupent alors le Nord de la ville.<br />

3 janvier 19<strong>45</strong><br />

Par ailleurs les Allemands traversent<br />

le Rhin et établissent une tète de pont<br />

près de Gambsheim.<br />

4 janvier 19<strong>45</strong><br />

C’est le début de lʹavancée allemande<br />

du groupement dʹattaque ʺAlsaceʺ Le<br />

39 e Corps allemand atteint Hatten et<br />

Rittershoffen mais les Américains se<br />

dérobent et évitent le contact.


5 janvier 19<strong>45</strong><br />

Alors que le 39 e Corps avance vers le sud, la 553 e Volksgrenadier‐Division traverse le<br />

Rhin, près de Rheinau, et s’arrête de lʹautre côté du fleuve pour former une tête de pont,<br />

vers Drusenheim et Gambsheim.<br />

6 janvier 19<strong>45</strong><br />

La 79th D.I.U.S. se bat à travers Stattmatten et se repli vers la Moder pour rejoindre la<br />

Task Force Linden (42th D.I.U.S. Infantry Division).<br />

Les Allemands arrivent à Rohrwiller. Le village d’Oberhoffen est à nouveau le front et<br />

des tirs d’artillerie déferlent sur le village avec une intensité redoutable durant la nuit.


7 janvier 19<strong>45</strong><br />

La 25 e Panzergrenadier‐Division et la 2<strong>45</strong> e Volksgrenadier‐Division attaquent Stundwiller<br />

et sont ainsi à 4 kilomètres de Hatten.<br />

A Strasbourg, les Allemands s’approchent et déclenchent lʹattaque générale. Les<br />

Américains, tiennent bon ainsi que les troupes de la 1 ère D.F.L., renforcées de la brigade<br />

Alsace‐Lorraine de MALRAUX. Attaques et contre‐attaques se succèdent. Lʹennemi<br />

sʹacharne et gagne du terrain jusquʹà parvenir à la Wantzenau, aux portes de Strasbourg.<br />

Il est finalement refoulé par les Tirailleurs Algériens et un ʺCombat Commandʺde la 2 ème<br />

D.B.<br />

8 janvier 19<strong>45</strong><br />

Entre‐temps, la 21 e Panzergrenadier‐Division sʹest également activée. Venu de Seltz, elle<br />

attaque Hatten, défendu par le 315th Régiment dʹinfanterie américaine de la 79th D.I.U.S.<br />

300 soldats américains sont alors faits prisonniers par les Allemands.<br />

Mais les Allemands ne peuvent maintenir leur présence que du côté Est de Hatten, car les<br />

tirs intenses de lʹartillerie américaine les empêchent dʹavancer plus en avant dans le<br />

village.<br />

9 janvier 19<strong>45</strong><br />

Le 1er bataillon du 315th Régiment dʹinfanterie américain est bloqué à Hatten, en raison<br />

de lʹavance de la 21 e Panzergrenadier‐Division.<br />

Les Allemands s’infiltrent également dans Herlisheim et Rohrwiller. La 12th D.B.U.S.<br />

Armored Division se bat tout le long de la Moder et de la Zorn.<br />

Char Tank Destroyer en observation


10 janvier 19<strong>45</strong><br />

A Hatten, les contre‐attaques des Américains se soldent par un échec.<br />

11 janvier 19<strong>45</strong><br />

Les 25 e Panzergrenadier‐Division et 21 e Panzergrenadier‐Division continuent leurs<br />

attaques sur Hatten et Rittershoffen, et occupent les deux tiers de Rittershoffen.<br />

12 janvier 19<strong>45</strong><br />

A lʹappui de violents tirs dʹartillerie sur ces deux villages (on pense aux pauvres civils<br />

dans les caves !), Les Américains essayent de repousser les Allemands hors de Hatten et<br />

Rittershoffen.<br />

14 janvier 19<strong>45</strong><br />

Les Américains introduisent de nouvelles forces dans la bataille; la 14th D.B.U.S Armored<br />

Division et une partie de la 79th D.I.U.S. Mais le bataillon dʹinfanterie américain est<br />

repoussé hors de Hatten. Certaines parties de Rittershoffen sont reconquises par les<br />

Allemands.<br />

16 janvier 19<strong>45</strong><br />

Une partie de la 21 e Panzergrenadier‐Division dont les combattants sont totalement<br />

épuisés, est remplacée par la Fallschirmjägereinheit (unité parachutiste). Ces combattants,<br />

à lʹaide de lance‐flammes, tentent en vain de repousser les Américains hors de<br />

Rittershoffen.<br />

17 janvier 19<strong>45</strong><br />

Sous lʹépaisse neige qui tombe sans cesse, les combats de maisons à maisons se<br />

poursuivent dans Hatten et Rittershoffen.


18 janvier 19<strong>45</strong><br />

A Oberhoffen, les familles sont obligées à nouveau de se réfugier dans les caves car<br />

l’artillerie allemande, positionnée en Allemagne, effectue des tirs sur le village, surtout<br />

lorsque tombe la nuit. Les alliés mettent en position aux alentour du village des blindés<br />

ainsi que des canons. Le duel d’artillerie commence, des détonations et explosions se<br />

succèdent jour et nuit.<br />

Les maisons sont bombardées. La maison des Christman dont la famille vivait dans la<br />

cave a été touchée. On se demande s’il y a encore des vivants car leur grange a été<br />

touchée de face et le poulailler est totalement détruit. L’étang de réserve d’eau des<br />

pompiers est également touché alors que les internes du Sonnenhof y puisaient de l’eau.<br />

Mais il y eut plus de peur que de mal.<br />

19 janvier 19<strong>45</strong><br />

Les troupes allemandes progressent de Solingen vers le Rhin, jusquʹà Roeschwoeg et<br />

Sessenheim, mais ne peuvent soulager leurs unités qui se battent à Hatten et<br />

Rittershoffen.<br />

20 janvier 19<strong>45</strong><br />

Depuis le matin il neige. L’après midi quelques blindés traversent le village<br />

d’Oberhoffen. Le 6 e Corps américain ne peut poursuivre l’action défensive dans le Nord<br />

de la région et doit se retirer de Hatten et de Rittershoffen, en se positionnant sur la<br />

Moder. Cela est dû en partie aux difficiles affrontements et les revers subis à Hatten et<br />

Rittershoffen, mais aussi au danger dʹun éventuel encerclement par les Allemands<br />

pouvant déboucher par la tête de pont établie plus au sud, près de Sessenheim en<br />

direction de Haguenau.<br />

Le 20, c’est l’évacuation, certains arrivent encore à traverser le pont qui mène à<br />

Bischwiller avant que les Américains le fassent sauter. D’autres choisiront de rester pour<br />

continuer de s’occuper des bêtes.


LES ALLEMANDS SONT DE RETOUR<br />

21 janvier 19<strong>45</strong><br />

Dans la nuit du samedi 20 janvier les tirs cessent et le silence règne. Le dimanche matin il<br />

n’y a plus d’américains dans le village. Le 314th Régiment d’infanterie s’est replié<br />

derrière la Moder. Le village d’Oberhoffen se retrouve totalement vide.<br />

Suite au retrait des Américains, l’ordre fut donné à la 25 e Panzergrenadier‐Division de<br />

poursuivre vers Betschdorf en passant par la forêt de Haguenau, jusqu’à la rivière Moder.


Il fait très froid et la neige tombe avec abondance. L’après midi l’artillerie fait feu sur le<br />

village. Le soir vers 17 heures les premières voitures allemandes de reconnaissance de la<br />

Wehrmacht passent le village, suivi des troupes à pied poussant ou tirant des charrettes,<br />

des traîneaux ou des landaus chargés d’armes et de bagages. Impossible de comprendre<br />

pourquoi les Américains si bien équipés se retirent devant une armée allemande en<br />

déroute.<br />

Le village est sans cesse sous les feux de l’artillerie et les familles se réfugient dans les<br />

caves n’ayant pour tout repas que du lait et des pommes de terre car le pain n’existe plus.<br />

Chaque jour les bombardements provoquent des sacrifices humains. Les morts civils et<br />

militaires sont enterrés sans cercueil et sans cérémonie.<br />

Les Allemands reprennent également la moitié de Haguenau . La Moder sert dés lors de<br />

ligne de front.<br />

Un Tank destroyer est enfoui jusqu’à la tourelle dans la neige près de Bischwiller<br />

Mise en place des positions défensives sur la Moder


CONCENTRATION DE FORCES ALLEMANDE<br />

DANS OBERHOFFEN<br />

22 janvier 19<strong>45</strong><br />

Les Allemands concentrent leurs forces au Nord Est de Bischwiller. Dans la nuit on<br />

entend des bruits de troupes et de chars près du camp d’Oberhoffen. Kaltenhouse reçoit<br />

quelques obus qui tombent sur son église. Vers midi des fantassins, des chars, des pièces<br />

d’artilleries commencent à se regrouper près d’Oberhoffen. Ce mouvement se poursuit<br />

jusquʹen soirée, plus de 200 véhicules (Les 813e TD Régiment et le 25e Régiment de Char).<br />

Depuis Schirrheim s’avancent les fantassins, de jeunes soldats, presque encore des<br />

enfants, vêtus de tenues de camouflage blanches.<br />

La localité est encore bombardée à plusieurs reprises et les familles Scherding et Heinrich<br />

demandent à s’abriter dans la cave de la famille Christmann. Plus de douze personnes<br />

prennent place dans la cave lorsque des soldats allemands arrivent, demandant aussi<br />

asile car tout le village est pris sous une pluie d’obus. Ils acceptent un café que leur<br />

propose madame Christmann. Il y avait un lieutenant et quelques hommes. Au milieu de<br />

la nuit des Allemands arrivent dans une voiture prise aux américains et apportent le<br />

ravitaillement. Malheureusement un obus tombe près de la porte d’entrée, rendant le<br />

repas impropre à la consommation puisque le réservoir à essence a été percé par un éclat<br />

d’obus et son contenu s’est déversé sur la nourriture. Les soldats Allemands reprennent<br />

alors leur chemin et quittent Oberhoffen.<br />

Sur le front de la Moder, les combats se font la plupart du temps par l’action de<br />

patrouilles, sous de fréquents bombardements, réalisant des avant‐postes et positions<br />

défensives autour de Bischwiller, Kaltenhouse, Rohrwiller et Herrlisheim.<br />

Bastogne étant récupéré, lʹartillerie du Corps vient renforcer le front de la Moder et les<br />

tirs deviennent de plus en plus abondant afin de dissuader toute attaque de lʹennemi. Le<br />

313th ou le 315th Régiment est prévu de relever le 314th, pour les envoyer en réserve<br />

proche de Niederschaeffolsheim.


23 janvier 19<strong>45</strong><br />

Les Allemands renforcent leur première ligne puis entreprennent une attaque. Les avantpostes<br />

sont aussitôt abandonnés afin de riposter avec des tirs d’artillerie. Ce même jour,<br />

le nouvel avion à réaction de Hitler survole le 314th, bombardant les positions et<br />

frappant le Poste de commandement d’une compagnie. Les Américains ripostent de suite<br />

en bombardant à plusieurs reprises le camp dʹOberhoffen ainsi que le village qui déplora<br />

trois victimes. Etant donné qu’il n’y a plus de mouvement de véhicules allemands dans<br />

les alentours d’Oberhoffen, le 314th n’est plus relevé.<br />

Les ponts sur la Moder ont été bombardés par les Alliés


OFFENSIVE ALLEMANDE<br />

24 janvier 19<strong>45</strong><br />

La concentration des forces allemandes laisse à supposer qu’ils veuillent préparer une<br />

offensive. Vers 18 heures arrive finalement le 315th pour relever le 314th.<br />

Le 1 er bataillon était déplacé de Winterhousen, les trois autres bataillons restant à<br />

Niederschaeffolsheim. La relève de la ligne de front a été exécutée dans le plus grand<br />

secret sous une énorme tempête de la neige.<br />

Plus tard dans la soirée, l’attaque allemande est déclenchée. Elle a lieu sur tout le front de<br />

la Moder des deux cotés de Haguenau. A Kaltenhouse la 10 e SS Panzergrenadier‐Division<br />

traverse la Moder. Trois Corps d’armée participent à cette ultime offensive.<br />

Cette tête de pont va coûter très cher aux allemands. Le 242th a fait plus de cent<br />

prisonniers entre Haguenau et Kaltenhouse. Les pertes s’élèvent à 196 morts ou blessés<br />

ainsi que 62 prisonniers pour le 21 e SS Panzergrenadier‐Division.<br />

25 Janvier 19<strong>45</strong><br />

En conséquence immédiate de l’échec de cette offensive, les Allemands déploient leurs<br />

dispositifs contraint de délaisser le renforcement de la Moder. D’ailleurs Hitler ordonne<br />

de suspendre les attaques en Alsace et l’opération Nordwind est abandonnée car sur le<br />

front Est, les Russes progressent vers Berlin.<br />

La 25 e Panzergrenadier‐Division reçoit alors l’ordre d’établir un front défensif sur la<br />

Moder.<br />

26 Janvier 19<strong>45</strong><br />

Peu à peu les alliés reprennent les villages. Les Allemands abandonnent les villages de<br />

Gamsheim, Offendorf puis Herlisheim.<br />

29 Janvier 19<strong>45</strong><br />

A Oberhoffen, dans un froid glacial et une hauteur importante de neige, les Allemands<br />

obligent les derniers habitants de la partie haute du village de l’église à la gare d’évacuer<br />

les lieux. Les femmes, les enfants et personnes âgés quittent le village traînant derrière<br />

eux des chariots avec leurs derniers objets personnels. Les larmes aux yeux ils se<br />

demandent s’ils reverront un jour leur village.


OFFENSIVE AMERICAINE SUR OBERHOFFEN<br />

A Bischwiller les Américains préparent l’attaque<br />

31 Janvier 19<strong>45</strong><br />

Au cours de la nuit, Le génie installe des passerelles à trois endroits sur la<br />

Moder afin de permettre la traversée de trois colonnes.<br />

Le 2 e bataillon du 142th renforcé de la compagnie K du 3 e bataillon se<br />

regroupent à Bischwiller. La compagnie G commence à traverser, suivie par<br />

la F et E. Ils effectuent un large mouvement d’enveloppement afin de frapper<br />

vers l’Est et de pénétrer vers le centre du village.<br />

A l’heure H la compagnie G débouche de la rue des pâturages sur la D37. La<br />

sentinelle allemande dormait. La compagnie s’empare d’un canon antichar et de son<br />

équipage sans même se battre.<br />

Vers 3heures 30 les carrefours de la rue du cimetière avec la rue du milieu et la rue<br />

de l’hiver tombe entre les mains des Américains.<br />

Au Nord Est les compagnies G et F avancent vers le centre du village par contre la<br />

compagnie E se heurte au sud à une forte résistance allemande à la jonction en Y<br />

route de Schirrheim‐route principale défendue par cinq ou six mitrailleuses.<br />

Une section de la compagnie E frappe alors par l’arrière pour neutraliser le<br />

carrefour.<br />

22 prisonniers allemands sont fait dans la nuit parmi le 22 e Panzergrenadier<br />

Regiment et la 10 e SS Panzergrenadier‐Division.


1 Février 19<strong>45</strong><br />

Mais à l’aube, avant que les Américains finissent de construire des ponts sur la<br />

Moder pour faire passer les blindés, l’armée allemande contre‐attaque et repousse le<br />

2 ème bataillon. Deux chars Tigre sortent des bois au Nord Est accompagné de<br />

fantassins. La compagnie G, positionné rue des pâturages tente de les détruire avec<br />

un bazooka, mais il n’arrive toujours pas à stopper les blindés. Vers 10h30 Le<br />

colonel LYNCH donne l’ordre de repli au Lieutenant‐colonel COYLE, commandant<br />

le 2 ème bataillon. Quelques hommes parviennent à gagner le sud d’Oberhoffen, mais<br />

une section est bloquée et se met à l’abris pour attendre la nuit<br />

A midi, les Américains ne tiennent plus que la position sud d’Oberhoffen. Enfin le<br />

génie construit deux ponts sur la Moder qui peut supporter des blindés. L’un du type<br />

treadway sur la route de Bischwiller à Rohrwiller et l’autre du type bailey sur la<br />

route de Bischwiller à Oberhoffen. Ce dernier pont est mis en place pour 11 heures,<br />

mais c’est trop tard pour que les blindés participent à la bataille.


Système de pontage BAILEY<br />

Pont provisoire en acier, de construction rapide, utilisant des éléments préfabriqués. Les<br />

ponts Bailey étaient des ponts dont les éléments pouvaient être assemblés en 2 ou 3<br />

heures par 40 sapeurs. Il sʹagissait dʹun class 40 qui permettait le passage de véhicules de<br />

20 tonnes.<br />

Systeme de pontage TREADWAY<br />

Le pont Treadway était mis en place par camion brockway qui<br />

pouvait en <strong>45</strong> minutes mettre en Place 7,30 m de pont. Dʹune<br />

longueur de 9,47 et dʹune largeur de 2,59 m ,


Le premier char qui rentre dans Oberhoffen se heurte à la présence d’un char Mark V<br />

allemand positionné au sud du croisement en Y. caché dans une courbe il protège<br />

l’approche principale par le Sud. Les chars du 47th Tank Bataillon de la 14th D.B.U.S.<br />

Armored Division reçoivent l’ordre d’attaquer en suivant le même chemin que la<br />

compagnie G. Mais leur mise en route est longue et leur attaque ne fera qu’un effet de<br />

diversion car le commandement décide de nettoyer d’abord le village avant de<br />

poursuivre l’attaque vers l’Est.<br />

Dans l’après‐midi le 1 er bataillon commandé par le lieutenant‐colonel MINOR rejoint le 2 e<br />

bataillon pour le relever. La compagnie A attaque un bastion allemand au carrefour<br />

principal. La compagnie C contourne le village par le sud et inflige des pertes aux<br />

positions arrières des allemands. La compagnie C progresse sur la route de Schirrheim<br />

vers le sud ou se trouve le carrefour en Y. les Allemands réagissent et envoient les deux<br />

chars. L’Embuscade reste impossible mais le croisement en Y est perdu par l’ennemi. Les<br />

deux compagnies se trouvent à 300 mètres du carrefour de l’église. Souvent, pendant la<br />

même journée les maisons changent plusieurs fois d’occupants. Toute la partie haute du<br />

village n’était bientôt plus que ruines. Les habitants de la partie basse du village occupé<br />

par les Américains sont évacués vers Bischwiller.<br />

Le 1 er bataillon du 142th RI effectue un certain nombre de prisonniers :<br />

- 5 viennent de la 2 e cie du 22 e Panzergrenadier regiment des jeunes garçon de 17<br />

ans qui ont été surpris entrain de dormir dans une cave.<br />

- 20 prisonniers proviennent de la 7 e cie du 22 e Panzergrenadier regiment. Ce sont<br />

pour la plupart des Ukrainiens venant des camps en tchécoslovaquie<br />

- 33 hommes de la 11 e cie du 21 e Panzergrenadier regiment sont également isolé lors<br />

du retrait de leur unité.<br />

Les prisonniers révèlent la présence de nouvelles recrues au sein de la 10 e SS<br />

Panzergrenadier‐Division. Au moin 800 hommes sont venus remplacer ceux tombés lors<br />

des combats.<br />

Il faudra au 1 er bataillon plus de deux jours pour mener à bien son offensive. Après ces<br />

jours de calvaires, la partie du village qui s’étend de la route de Bischwiller et l’église est<br />

redevenue américaine.


Le 2 e bataillon du 142th continu à mener un assaut dans Oberhoffen. Les combats sont<br />

violents entre le bataillon US et le 257 e VGD. Pendant cet assaut le Sgt Deleau tué au<br />

combat sera décoré de la Médaille d’honneur américaine, la plus haute décoration qui<br />

puisse être décernée à un soldat.<br />

Devant l’église<br />

La 79th D.I.U.S. reçoit l’ordre d’identifier la force de lʹennemi. L’objectif est également de<br />

traverser la Moder à Kaltenhouse pour atteindre la ferme de Taubenhof ainsi que la<br />

moitié Ouest dʹOberhoffen Camp. Les températures plus chaudes ont fait fondre la neige,<br />

provocant la crue de la Moder. C’est pourquoi les premières patrouilles traversent la<br />

rivière dans de petits bateaux.<br />

Route de Rorhwiller


Décoration<br />

Médaille d’honneur Américaine<br />

Deleau, Jr, Emille<br />

Détails : Grade : sergent, Chef d’escouade, unité : compagnie E, 142 th<br />

Régiment d’Infanterie, 36 e Division d’Infanterie, Armée de terre américaine<br />

Détails sur la décoration 02/02/19<strong>45</strong><br />

Il commanda une escouade dans l’attaque nocturne sur Oberhoffen (France), où<br />

eut lieu un furieux combat de maison en maison. Après avoir débarrassé un<br />

bâtiment de ses occupants ennemis, il fit mouvement avec ses hommes vers une<br />

maison d’où provenait un feu nourri de mitrailleuse. Il s’exposa courageusement<br />

aux balles ennemies, et, tout en faisant usage de son fusil mitrailleur, avança droit<br />

sur la position ennemie, assez près pour pouvoir lancer des grenades par une<br />

fenêtre, tuant ainsi 3 Allemands et détruisant leur mitrailleuse. Sa progression fut<br />

stoppée par un tir nourri de fusil d’assaut et de mitrailleuse provenant d’une autre<br />

maison. Le Sgt. Deleau se rua à l’intérieur en faisant feu. A l’intérieur il captura 10<br />

Allemands. Puis l’escouade prit position pour la nuit et attendit le jour pour<br />

reprendre l’assaut. A l’aube le Sgt Deleau fit mettre son unité en route, tuant 2<br />

snipers dans sa progression vers un point où une mitrailleuse barrait le passage.<br />

Malgré un tir vicieux d’armes de petit calibre, le Sgt Deleau traversa en courant<br />

une zone découverte vers l’arrière du bâtiment où il détruisit une mitrailleuse et<br />

tua ses 2 servants avec une grenade. Il progressa vers l’avant de la structure et<br />

repéra une deuxième mitrailleuse. Dans l’impossibilité de lancer une grenade dans<br />

la maison depuis sa position retranchée, il s’écarta courageusement du bâtiment et<br />

était sur le point de lancer sa grenade lorsqu’il fut tué sur le coup par une rafale de<br />

la mitrailleuse qu’il cherchait à détruire. Grâce à son impressionnant courage et à<br />

son audacieuse agressivité, le Sgt Deleau a neutralisé 4 maisons fortement<br />

défendues par les Allemands, a infligé de lourdes pertes à l’ennemi et, par le<br />

sacrifice de sa propre vie, a permis à son bataillon d’atteindre son objectif avec un<br />

minimum de pertes.


2 Février 19<strong>45</strong><br />

À 1 heure 30, les patrouilles du 314th localisent l’ennemi autour de lʹemplacement de<br />

la ferme de Taubenhof. Elles manquent de peu la capture de deux soldats allemands, car<br />

malheureusement dans le feu de l’action, lʹennemi a été alerté par la présence de la<br />

patrouille. Les patrouilles sont renforcées sur plusieurs jours afin de poursuivre<br />

l’identification de lʹennemi. Finalement grâce à des papiers trouvés sur un soldat<br />

allemand mort, les Américains ont pu identifier leur ennemi. Il s’agit des forces de la 25 e<br />

Panzergenadier‐Division, la 21 e Panzergrenadier‐Division, les 553 e , 4 e , et 405 e<br />

Volksgrenadier‐Divisions, la 7 e Fallschirmjäger‐Divisions, la 10 e S.S. Division, plus les<br />

256 e et 361 e Volksgrenadier‐ Divisions.<br />

Le 314th effectue des prisonniers<br />

Interrogation d’un prisonnier<br />

3 Février 19<strong>45</strong><br />

Le secteur de l’église d’Oberhoffen est atteint par les Texans, mais le haut du village reste<br />

aux Allemands. Oberhoffen a cédé un grand nombre de prisonniers à lʹennemi. Les<br />

Allemands ont été chassés des caves à coups de baïonnettes ou par des grenades.<br />

Rohrwiller, Heerlisheim et Offendorf sont également libérés.<br />

5 Février 19<strong>45</strong><br />

Les relèves s’effectuent sur la Moder à l’intérieur de la division. Le 141th relève les postes<br />

avancés du 314th entre Haguenau et Kaltenhouse. Mais le 142th prend en charge le<br />

secteur de Kaltenhouse‐ Bischwiller y compris Oberhoffen. Le 68th Tank bataillon de la<br />

14 th T.D.U.S. Tank Divison relève également dans Oberhoffen le 1 er bataillon du 142th et<br />

occupe la partie Sud du village.


6 Février 19<strong>45</strong><br />

La division reste sur la défensive le long de la Rivière Moder, puis c’est au tour de<br />

Drusenheim d’être libéré.<br />

7 Février 19<strong>45</strong><br />

Dès le lever du jour le calme revient. Toutes<br />

les maisons de la partie basse du village sont<br />

reprises et la tête de pont est devenue une<br />

étape majeure pour une prochaine attaque. Le<br />

carrefour principal d’Oberhoffen était miné et<br />

les chars ont labouré tous les alentours passant<br />

à travers les cours de ferme et les jardins. Le<br />

génie de la 79th D.I.U.S. reçoit alors la mission<br />

d’ouvrir le réseau routier lourdement<br />

endommagé.<br />

8 Février 19<strong>45</strong><br />

La compagnie A doit prendre les dernières maisons situées rue de la gare, puis la<br />

compagnie L, avec le soutien de blindés, s’emparent de la gare. Mais attaque et contre<br />

attaque de chaques cotés se succèdent. Vers 22h30 la compagnie se positionne sur la voie<br />

ferrée.<br />

9 Février 19<strong>45</strong><br />

Lors de la nuit les Américains frappent lʹarrière de la résistance allemande située au<br />

Nord du village.


Dans la journée une patrouille trouve dans la cave du restaurant « à l’agneau » les<br />

archives de la paroisse. Ces documents ont pu être sauvés et apportés au prêtre Eckly à<br />

Bischwiller.<br />

Un GI, ignorant le cadavre d’un allemand revêtu d’une combinaison blanche<br />

est positionné avec son fusil M1 dans la maison de Guillaume Gross.<br />

10 Février 19<strong>45</strong><br />

Dans la nuit du 9 au 10, la compagnie L passe à travers les lignes de la compagnie A,<br />

positioné rue de la gare pendant que la compagnie I attaque depuis Kaltenhouse. Les<br />

soldats transportent des canots sur plus d’un km jusqu’au point de franchissement de la<br />

Moder entre les deux ponts de chemin de fer. Le courant gêne les opérations et quelques<br />

hommes utilisent le pont en ruine pour traverser. A l’aube la compagnie I longe la voie<br />

ferrée et s’empare de la gare et de l’usine à 200 mètres au Nord.<br />

La compagnie I dispose d’une force insuffisante pour occuper toute l’usine. Tard dans<br />

l’après midi les Allemands lancent une contre‐attaque et reprennent l’usine.<br />

Le soir, le 2 ème bataillon relève le 1 er à Oberhoffen. La companie C recoit alors une citation<br />

présidentielle pour sa participation aux combats d’Oberhoffen.


11 Février 19<strong>45</strong><br />

Oberhoffen, évacuée et<br />

sinistrée, est enfin libérée<br />

par le 142th régiment<br />

dʹinfanterie américain.<br />

Les Allemands mettent<br />

leurs dernières réserves et<br />

lancent une violente<br />

contre‐attaque en trois<br />

points. Venant de la forêt,<br />

ils<br />

coupent<br />

temporairement le village<br />

en deux à la hauteur du<br />

cimetière et de la rue de la<br />

forêt jusqu’à la rue<br />

principale.<br />

Les Allemands avec trois canons d’assaut et un bataillon de fantassins traversent la<br />

clairière entre le bois et Oberhoffen sous couvert du brouillard.<br />

Rue de la forêt la compagnie E est repoussée. Les Allemands progressent vers l’église en<br />

utilisant des lances flammes.<br />

A midi le soldat Theodore KARAU de la compagnie L met hors d’action avec son<br />

bazooka l’un des canons d’assaut devant l’église. Le deuxième canon se replie vers 16h00<br />

après les violents combats une section de la compagnie E encercle les dernier élements<br />

allemands. Le soldat Kenneth WELKER de la compagnie F détruit le deuxième canon<br />

situé rue de la forêt puis deux chars Tigre tentent de fuir et Welker s’expose au feu et<br />

détruit l’un des chars.<br />

Mais les forces U.S. sont encerclées et réduites. Dans cette action la compagnie E rejoint<br />

la compagnie F, isolé dans la ville. Cette action est mené presque par un seul homme, le<br />

Sgt Dahlgren qui recevra la médaille d’honneur américaine « Congressional Medal of<br />

honor ».<br />

12 Février 19<strong>45</strong><br />

L’infanterie est épuisée et fait appel aux pionniers pour défendre la route du camp et de<br />

la maison forestière.<br />

Plus de 200 prisonniers sont capturés au cours de cette journée. La 257 e Division<br />

Allemande, sur sept jours de combat à Oberhoffen, a perdu plus de 500 hommes.


Rue de la forêt, les Américains escortent des prisonniers<br />

Route de Bichwiller, les Américains évacuent un blessé


Décoration<br />

Médaille d’honneur américaine<br />

Dahlgren Edward C.<br />

Détails : Grade : sous‐lieutenant (sergent à l’époque des faits) ; unité : compagnie E, 42 e<br />

Régiment d’Infanterie, 36 e Division d’Infanterie, Armée de terre américaine<br />

Détails sur la décoration 11/02/19<strong>45</strong><br />

Edward commandait la 3 e section qui devait secourir une unité similaire qui avait été encerclée<br />

par une contre‐attaque ennemie à Oberhoffen. Alors qu’il progressait le long de la rue principale,<br />

il repéra plusieurs Allemands traversant un champ à une centaine de mètres. Se précipitant dans<br />

une grange, il prit position à une fenêtre et balaya les soldats ennemis d’une rafale de<br />

mitrailleuse, en tuant 6 et en blessant d’autres, avec pour résultat la désorganisation complète du<br />

groupe. Puis sa section progressa à travers le feu ennemi intermittent et établit le contact avec les<br />

Américains assiégés. Lorsque les deux sections furent reconstituées, Edward continua à<br />

progresser le long de la rue jusqu’à ce qu’il déclenche le feu ennemi d’une maison occupée par les<br />

Allemands. Face au feu d’un fusil mitrailleur et d’un fusil d’assaut, il se rua vers le bâtiment,<br />

lança une grenade par la porte et se jeta à l’intérieur avec son arme.<br />

L’agressivité de son attaque prit les Allemands tellement au désespoir, que ceux‐ci se rendirent<br />

immédiatement. Alors qu’Edwards se dirigeait vers la maison suivante un tir de mitrailleuse<br />

l’obligea à se retrancher. Il prépara des grenades à fusil, prit une position à découvert et tira<br />

calmement ses grenades avec un angle difficile jusqu’à ce qu’il eut détruit la mitrailleuse et tué ses<br />

deux servants. Il se dirigea vers l’arrière de la maison et se trouva soudain sous le feu d’une<br />

mitrailleuse en batterie dans une grange. En lançant une grenade dans la structure, il se rua sur la<br />

position en faisant usage de son arme. Une fois à l’intérieur, il neutralisa 5 Allemands. Après<br />

avoir réorganisé son unité, il progressa pour anéantir les tireurs hostiles dans le bâtiment où il<br />

avait détruit la mitrailleuse. Il entra dans la maison par une fenêtre et piégea les Allemands dans<br />

la cave, au milieu de laquelle il lança une grenade, blessant plusieurs Allemands et forçant 10<br />

autres à se rendre. Alors qu’il effectuait une reconnaissance dans une autre rue avec un camarade,<br />

il entendit des voix allemandes dans une maison. Une attaque à la grenade à fusil força les<br />

Allemands à se réfugier dans la cave. Edward entra dans le bâtiment, ouvrit la porte de la cave<br />

d’un coup de pied et, après avoir tiré plusieurs rafales dans la cage d’escalier, somma les ennemis<br />

pris au piège de se rendre. 16 soldats sortirent les mains en l’air. Le commandement audacieux et<br />

l’impressionnant courage dont Edward a fait preuve lors de ses attaques héroïques ont<br />

grandement contribué à repousser une contre‐attaque ennemie et à sauver une section américaine<br />

d’un grand danger


REPLI DES ALLEMANDS DANS LA FORET<br />

14 Février 19<strong>45</strong><br />

La zone de la gare et de l’usine dʹOberhoffen est annoncée comme « nettoyée ».<br />

15 Février 19<strong>45</strong><br />

Les Allemands reprennent l’avantage en se<br />

réfugiant dans la partie boisée Nord<br />

dʹOberhoffen. En dépit de concentrations de<br />

lʹartillerie et les bombardements effectués sur<br />

leurs positions, les Allemands lancent une<br />

attaque du bois pour envahir la partie du<br />

Nord‐Est et centrale du village.<br />

L’avancée américaine se heurte à la ligne Anne‐Marie que forme la ligne de chemin de<br />

fer. Un avant poste allemand s’abrite même encore dans la cave voûtée de la gare en<br />

ruine. A 30 mètres de là, dans le sous‐sol du café de la gare, l’officier américain, à son<br />

tour, installe son poste de commandement.<br />

Au cours des combats d’Oberhoffen, le 142th régiment a perdu 2 officiers et 41 sousofficiers<br />

et soldats ainsi que 290 blessés et 79 disparus. D’autres unités américaines<br />

comme la 14th D.B.U.S. Armored Divison ont également subit des pertes dans les<br />

combats d’Oberhoffen.


Témoignage de Mme Yvonne RASE, née KEMPF rue des 3 tilleuls<br />

Au plus fort des combats nous étions une soixantaine de personnes à nous réfugier dans<br />

la cave de l’ancien magasin Sadal. L’hygiène était réduite à un grand minimum. Dans<br />

toutes les caves il y avait des matelas, des paillasses. Que de problèmes pour la<br />

nourriture, la toilette ! Pourtant, ce qui frappe dans ces moments de crise, c’est la<br />

solidarité qui règne entre les humains. On se sent proche les uns des autres et aussi<br />

responsable.<br />

Je revois aussi ce couple âgé, réfugié dans notre cave (les Isaac comme on les appelait),<br />

qui voulaient rentrer chez eux pour traire leurs vaches. Ils habitaient dans la rue du<br />

cimetière près de la route de Schirrheim. Comme il y avait que des champs entre la forêt<br />

et une partie de le rue, ils ont formé une cible facile pour les soldats cachés dans la forêt,<br />

qui tiraient sur tous ce qui bougeait. Ils sont restés plusieurs jours dans la rue, car tous<br />

ceux qui s’aventuraient dans cette direction risquaient d’être abattus. Quelqu’un s’était<br />

pourtant approché d’eux pour voir s’ils n’avaient pas besoin de secours, mais ils étaient<br />

morts.<br />

Le plus grand drame que nous avons vécu s’est passé tout près de chez nous, lorsqu’au<br />

cours d’une nuit, un obus est tombé deux maisons plus loin, chez les Brecheisen, eux<br />

aussi réfugiés dans leur cave. La maison s’est éffondrée sur les occupants et il y eu<br />

plusieurs morts, dont un jeune de 14 ans, René Vogt, qui avait été notre camarade de jeux<br />

dans notre enfance. Sa mère, son grand‐père et quelques autres membres de la famille et<br />

des voisins sont morts, cette nuit‐là. Quelques volontaires, dont mon père et mon frère<br />

jean, ont aidé à dégager les corps. Ils n’y a eu que très peu de survivants.


RELEVE PAR LA 3 ème DIVISION D’INFANTERIE ALGERIENNE<br />

Après la réduction de la poche de Colmar et l’établissement de la tête de pont<br />

Gamsheim‐Herlishiem. La 3 ème Division d’Infanterie Algérienne (D.I.A.) du Général<br />

GUILLAUME est détaché de la 1 ere Armée Française et mise à disposition du corps<br />

américain. Elle est chargée de la zone de Bischwiller au Rhin et doit couvrir le flanc droit<br />

des unités américaines du 6 e Corps US, ainsi que d’agir en direction de Bischwiller‐<br />

Lauterbourg et en interdire le franchissement par l’ennemi. La limite gauche définie par<br />

la ligne Kaltenhouse‐Niederroedern‐Lauterbourg, coupe la forêt d’Haguenau que nos<br />

alliés ont l’intention de contourner par l’Ouest, son action final se limitant à la prise de<br />

Lauterbourg.<br />

Pour la 3 ème D.I.A. Le terrain d’attaque est difficile :<br />

- A gauche, la forêt de Haguenau dont les lisières encadrent Oberhoffen et son<br />

camp.<br />

- A droite, la plaine marécageuse de Drussenheim, impraticable aux blindés en<br />

dehors des routes.<br />

- Les affluents du Rhin, tous perpendiculaires à l’axe d’effort principal, sont autant<br />

de coupures infranchissables par les chars : la Moder sur la base de départ,<br />

l’Eberbach, la Sauer, le Seltzbach, la Lauter.<br />

La 3 e D.I.A. doit agir sur l’axe Bischwiller‐Lauterbourg. L’idée de manœuvre est d’agir<br />

par la gauche sur l’axe Bischwiller‐Soufflenheim‐Seltz en manœuvrant constamment<br />

jusquʹà hauteur de Seltz par la forêt en évitant la pleine Drusenheim, marécageuse,<br />

découverte, impropre à l’action des blindés.<br />

La 3 e D.I.A. reçoit en renfort deux Groupements de Tabors Marocains (le 1 er et 2 e ) – le 6 e<br />

Combat Command de la 5 e DB ‐ 6 groupes d’artillerie ‐ 1 compagnie du génie.<br />

L’action initiale sera conduite par le Groupement Tactique Guillebaud constitué par le 4 e<br />

RTT, le 3 e RTA, des chars légers du 7 e RCA appuyé par le 6 e CC ainsi que l’artillerie et<br />

le génie.<br />

L’action consiste en un premier temps à défendre le front d’Oberhoffen sur Moder puis<br />

de lancer une attaque et occuper le Camp d’Oberhoffen tenue par la 477 e VGD<br />

Voksgrenadier‐division.


Plan d’action du Général Delattre de Tassigny, chef de la 1 ère Armée


22 Février 19<strong>45</strong><br />

L’ordre d’opération n°170 de la 3 ème D.I.A. indique que la relève s’effectue sans incident<br />

La 3 e D.I.A. prend la relève des américains qui occupent la ligne de front réparti en deux<br />

parties, l’une dessinée par la forêt de Haguenau jusquʹau camp d’Oberhoffen et l’autre du<br />

camp jusqu’à hauteur de Drusenheim.<br />

Le 1 er bataillon du 9 ème Zouave occupe Offendorf, le 2 ème se trouve à Rohrwiller.<br />

Le 24 février le 3 ème Bataillon rejoint Herrlisheim.<br />

Le 4 ème RTT quand a lui, s’installe sur Oberhoffen et Bischwiller.<br />

Le 405 e Bataillon de pionnier allemand fait le rapport de la pose de 3020 mines de toute<br />

catégorie et 252 mines anti‐chars devant la ligne de chemin de fer de la gare d’Oberhoffen<br />

suivant la voie ferrée jusquʹà Schirrheim.<br />

Arrivée de la 3 ème DIA à Bischwiller


3 ème Division d’Infanterie Algérienne<br />

Général Guillaume<br />

III<br />

III<br />

III<br />

4 e RTT<br />

Rgt de Tirailleurs Tunisiens<br />

3 e RTA<br />

Rgt de Tirailleurs Algériens<br />

7 e RTA<br />

Rgt de Tirailleurs Algériens<br />

III<br />

III<br />

III<br />

7 e RCA<br />

Rgt de Chasseurs d’Afrique<br />

3 e RSA<br />

Rgt de Spahi d’Afrique<br />

67 e RAA<br />

Rgt d’Artillerie d’Afrique<br />

I I<br />

I<br />

I I<br />

37 e groupe<br />

De FTA<br />

83/84<br />

Cie de Transmissions<br />

I<br />

83 e bataillon<br />

Du génie<br />

III<br />

49 e RI<br />

Rgt D’Infanterie créer en accueillant les cadets F.F.I. du Corps franc Pommier « relève le 7 ème RTA en Mars <strong>45</strong> »


6 ème COMBAT COMMAND<br />

Détaché auprès de la<br />

3 ème Division d’Infanterie Algérienne<br />

la 5 ème DB à été articulée en:<br />

trois combat command (CC4, CC5, CC6)<br />

Le 6 ème Combat Command détaché auprès de la 3 ème DIA était commandé par le Colonel<br />

Boutaud de Lavilléon<br />

Composition d’un Combat Command: 1200 hommes<br />

1 PC avec 5 chars légers et 5 véhicules radio soit 30 hommes<br />

350 hommes formant 1 régiment de chars moyen (55 blindés de 32 tonnes)<br />

120 hommes formant le 1er escadron de reconnaissance REC (chars légers de 12 tonnes)<br />

250 hommes formant 3 batteries dʹartillerie (105 autotractés)<br />

350 hommes formant 1 bataillon du RMLE (portée sur Half‐track)<br />

50 hommes formant une section de génie<br />

30 hommes formant une section dʹambulanciers (AFAT)<br />

Le Combat Command se divisait à son tour en 3 sous groupements qui comprenaient:<br />

1 escadron de chars moyens<br />

1 peloton de reconnaissance<br />

1 batterie dʹartillerie de 5 canons<br />

1 compagnie du RMLE<br />

1 escouade du génie (déminage)<br />

Les ambulances.


GROUPEMENT TACTIQUE<br />

(Regimental Combat Teams)<br />

G.T. = 15 000 hommes<br />

Cette structure permettait plus de soutien vers l’avant ainsi qu’une meilleure souplesse de<br />

manœuvre.<br />

Le principe est que le « groupement tactique » (GT), peut exécuter de façon autonome une<br />

mission de combat.<br />

Chaque groupement tactique comprend, en principe, un régiment dʹinfanterie et un régiment de<br />

blindés de combat, auxquels sʹajoutent des éléments plus modestes de reconnaissance (un<br />

escadron), dʹartillerie (un groupe) et de Génie.<br />

GROUPEMENT GUILLEBAUD<br />

III<br />

Infanterie<br />

III<br />

I I<br />

Chars légers<br />

-<br />

4 e RTT<br />

3 e RTA<br />

7 e RCA<br />

I<br />

Chars<br />

Génie<br />

I I<br />

1/6 e CC<br />

2/83 e RG<br />

Artillerie 155 mm<br />

I I<br />

Artillerie 105 mm<br />

I I<br />

3/67 RAA<br />

155 mm<br />

4/67 RAA<br />

105 mm


Composition du Régiment de Tirailleurs<br />

III<br />

I<br />

I I<br />

3 Bataillons de Fusiliers voltigeurs<br />

I<br />

I<br />

3 Cies<br />

Fusiliers voltigeurs<br />

I<br />

CA<br />

1 Cie<br />

D’accompagnement<br />

1 Cie de<br />

Commandement<br />

3 sections de Fusiliers voltigeurs:<br />

- Compositions: 3 groupes de combat<br />

- Armement: - fusil Springfield + 1 Mit<br />

1 section mitrailleuse et engins:<br />

- 2 Mit leger 7,62<br />

- 3 Mortiers 60mm<br />

2 sections de 8 Mit lourde de 12,7<br />

1 section de 6 mortiers de 81mm<br />

1 section de 3 canons de 57mm tracté<br />

1 Cie commandment:<br />

I<br />

I<br />

CCI<br />

1 Cie Antichar:<br />

- Compositions: 3 Sections<br />

- 4 canons de 57mm tracté par section<br />

1 Cie de canons d’infanterie:<br />

- 6 obusiers 105 HM2A3 (portée 6 km)


MATERIELS MAJEUR DU GROUPEMENT TACTIQUE<br />

CAMION Dodge<br />

JEEP<br />

SEMI CHENILLE ALF‐TRACK<br />

CANON D’ARTILLERIE HM2A3 105mm<br />

CANON ANTI CHAR 57mm<br />

MORTIER 81mm<br />

CANON D’ARTILLERIE<br />

155mm


ARRIVEE DU<br />

4 ème REGIMENT DE TIRAILLEURS TUNISIENS<br />

22 Février 19<strong>45</strong><br />

Vers 10 heures les trois bataillons du 4 eme Régiment de Tirailleurs Tunisiens (R.T.T.)<br />

commandé par le Colonel GUILLEBAUD traversent bischwiller.<br />

Les Allemands composés d’une force de deux Bataillons sont retranchés sur la ligne<br />

« Annemarie » solidement installé de la gare d’Oberhoffen au passage à niveau de la<br />

route de Schirrheim. Leur défense s’appuie essentiellement sur la voie ferrée dont le talus<br />

est particulièrement favorable à l’organisation d’un système de tranchées reliant les trois<br />

points forts :<br />

- Gare et usine d’Oberhoffen<br />

- Maison forestière d’Oberhoffen.<br />

- Passage a niveau de la route de Schirrheim<br />

La position des Allemands est également couverte en avant, par un champ de mines antichars<br />

et anti‐personnels, au sud par les abattis qui barrent la route de Schirrheim. Au<br />

Nord, le camp qui constitue une place forte disposant de nombreux abris.<br />

Un pont métallique type bailey avec un accélérateur est positionné sur la Moder à<br />

Bischwiller. A l’intérieur de cette petite ville, la vie est presque sereine au‐delà du pont<br />

c’est l’entrée vers le « no man’s land ».<br />

Vers midi les bataillons traversent la Moder et prennent place dans les positions de<br />

combats, homme pour homme afin d’effectuer la relève des Américains.


Traversée du pont Bailey sur la Moder à Bischwiller


Les Américains ont luttés dur pour reprendre le village et celui ci était déjà complètement<br />

détruit quand est arrivée le 4 ème R.T.T.<br />

Les charpentes des maisons pointent vers le ciel comme des squelettes d’animaux morts<br />

dont les charpentes dont les vertèbres, se détachent aux carrefours des rues. Deux, trois,<br />

quatre chars américains ou allemands, rougis par l’incendie se font toujours face, figés<br />

dans la dernière pose d’un duel sans merci dont aucun n’est revenu.<br />

Les étables regorgent de bétails que les paysans viennent nourrir la nuit. Les vaches<br />

isolées déambulent lentes et solennelles, elles errent jour et nuit et soufflent en gémissant.<br />

Mais les mines allemandes tombent si drus que le bétail pourrit dans les coins et que les<br />

cadavres des hommes restent dans le « no man’s land » sans qu’on puisse, même la nuit,<br />

les reprendre pour leur donner la sépulture élémentaire du soldat.<br />

Rue de la gare


Le 3 eme Régiment de Tirailleurs Algériens (R.T.A.) venant de Rohrwiller prend également<br />

position dans Oberhoffen et occupent la route de Schirrheim.<br />

Le 4 e RTT articulé en trois Bataillons prend position successivement dans la partie<br />

centre et Ouest du village. Les bataillons se succèdent à tour de rôle.<br />

Le 1 er Bataillon reçoit pour mission d’occuper la position le plus à l’Ouest du village sur<br />

le front de la gare.<br />

Le 2 e Bataillon se déplace vers Geudertheim en réserve et se positionnera sur Oberhoffen<br />

qu’après le 1 mars.<br />

Le 3 e Bataillon s’installe à Bischwiller vers 11 heures, prend cantonnement dans l’asile de<br />

vieillards route de Strasbourg. Son PC se positionne place de l’église. Il a lui aussi une<br />

part de la défense car se sont ses compagnies qui à tour de rôle, tiennent la corne Nord<br />

Est du village d’Oberhoffen.<br />

La CAC (compagnie Anti‐chars) est installé à Bischwiller route d’Oberhoffen. La CCI<br />

(compagnie de canons d’infanterie) et le PC avancé sont également positionnés à<br />

Bischwiller à l’asile de vieillards. Le PC arrière quant à lui est à Gries.<br />

Le 3 ème Groupe du 67 ème R.A.A. (Régiment d’artillerie Algérien) assure l’appui direct.<br />

L’appui d’ensemble est assuré par les canons de 155.


LE 4 ème REGIMENT DE TIRAILLEURS TUNISIENS<br />

Colonel GUILLEBAUD<br />

Commandant le 4 e R.T.T.<br />

Le 1° Bataillon : le Commandant BARTHELEMY<br />

1° Compagnie : Capitaine ALASSET<br />

2° Compagnie : Capitaine NEYRENEUF<br />

3° Compagnie : Capitaine CHERIFI<br />

Chef de section ( Aspt GUILLAUMEAU, Adjt chef LEONCINI , Aspt DUBOIS)<br />

2° Bataillon : Commandant CHOTIN<br />

5° Compagnie : Capitaine LAGARDE<br />

6° compagnie : Capitaine SAHUC<br />

7° Compagnie: Capitaine SCACHE<br />

3° Bataillon : commandant GIULIANO<br />

9° Compagnie : Capitaine PERPERE<br />

10° Compagnie : Capitaine MOREL<br />

11° Compagnie : Capitaine ROBERT


23 Février 19<strong>45</strong><br />

Dès l’arrivée du 1 er bataillon dans le secteur de la rue de la gare, le Commandant<br />

BARTHELEMY ordonne l’évacuation des dernières personnes âgées qui demeuraient<br />

encore dans leur cave.<br />

Les hommes organisent les postes de combat sur une zone allant du pont de chemin de<br />

fer détruit sur la Moder jusquʹau carrefour route de Schirrheim en passant par le<br />

cimetière. La relève a pris plus d’une heure et l’officier américain donne le<br />

commandement de la zone.<br />

Le soir, le 3 ème Bataillon met une compagnie dans la partie Est d’Oberhoffen avec le<br />

soutien de la Compagnie d’appuie ainsi que la C.A.C. Les maisons éventrées, gardant la<br />

façade Nord intacte « afin de servir de protection » sont investies par les observateurs du<br />

bataillon entre deux tuiles ébréchées, ils surveillent, avec leur binoculaire, les Allemands,<br />

à 200 mètres, dans la forêt et l’ancien camp creusant des tranchées ou posant des mines et<br />

tendant des fils de fer.<br />

Puis les Américains se retirent petit à petit du village.<br />

Vers 21 heures une patrouille allemande est signalée au Nord‐ouest d’Oberhoffen. Les<br />

Français font deux prisonniers appartenant au 6 e et 14 e compagnies du <strong>45</strong>7 e Régiment<br />

d’infanterie de la 257 e Volksgrenadier‐Division. Ils signalent la présence de mines sur le<br />

remblai de la voie ferrée et en lisière sud du bois d’Oberhoffen.<br />

La nuit sera Calme et des tirs de mortiers tombent sur Oberhoffen sous forme de coups<br />

isolés.<br />

Il y a environ 80 à 200 obus que reçoit par jour le village d’Oberhoffen. La place de<br />

l’église et la rue principale et sans cesse prie en enfilade par les tireurs d’élite allemands.<br />

Les tirailleurs sont obligés de se déplacer dans le village à couvert en passant par les<br />

jardins et les cours de fermes.<br />

La 3 ème Compagnie du Capitaine CHERIFI reçoit l’Objectif le plus difficile et doit<br />

reprendre la gare puis traverser la pleine et atteindre le carrefour et occuper le camp.<br />

La 3 ème compagnie installe son poste de commandement dans la cave du restaurant de la<br />

gare, puis les armes lourde sont mises en place derrière la maison Kuntzel (35 rue de la<br />

gare) et une autre partie derrière la maison Kayzer ( impasse des cerises).<br />

Les Allemands bombardent la région de la gare par des tirs de mines et de roquettes<br />

provenant de la fabrique pour but de tester les nouvelles troupes.


ATTENTE ET OBSERVATION<br />

24 Février 19<strong>45</strong><br />

Les Allemands lancent un coup de main contre la tête de pont. A 1 heure du matin<br />

l’attaque commence par une concentration de tirs d’artillerie et de mortiers.<br />

Mais cette attaque est aussitôt repoussée par les hommes du Lieutenant Dubois<br />

positionnés dans le secteur de la gare. Lors de ce combat, trois tirailleurs sont blessés et<br />

trois allemands sont faits prisonniers ; un officier et deux sous‐officiers appartenant au<br />

466e et 477e régiment d’infanterie.<br />

25 Février 19<strong>45</strong><br />

Gare en ruine<br />

Tout le village est pris sous les feux de l’artillerie. Le Nord Est, le quartier de l’église et le<br />

pont de la Moder ont reçu une vingtaine d’explosifs. Une patrouille de la 3 ème compagnie<br />

du 4 ème RTT reconnaît la voie ferrée à l’Est. Elle ne trouve pas les mines signalées par les<br />

deux prisonniers, mais, par contre, elle tombe sur 7 allemands dans le poste d’aiguillage<br />

situé à 300 mètres à l’Est contre les remblais.<br />

Le soir, une patrouille dirigée par Lieutenant PINATEL est envoyée dans le même<br />

secteur. Elle est accrochée dès sont débouché par des tirs d’armes automatiques<br />

provenant de deux postes allemands. Elle est obligée de se réfugier derrière des wagons.<br />

26 Février 19<strong>45</strong><br />

Vers 16 heures le PC du 1 er Bataillon est pris sous les Tirs de mortiers puis dans la soirée à<br />

21 heures, plusieurs coups de 150 mm ainsi que 25 coups de 105 mm tombent autour du<br />

pont de Bischwiller mais sans le toucher.


27 Février 19<strong>45</strong><br />

Pour la troisième fois, les Allemands tentent un coup de main. A 4 heures une patrouille<br />

du 3 ème Bataillon est pris à partie par des tirs d’armes automatiques et de mortiers, mais la<br />

patrouille arrive à rentrer sans perte à travers la boue de la tourbière.<br />

Dans l’après midi, une patrouille repart dans la corne sud du bois et découvre une<br />

casemate relève les coordonnées et la fera traiter par les artilleurs du 67 ème .<br />

A 22 heures, un groupe de combat est encerclé. Une section de contre attaque avec leur<br />

tank destroyer se met en route de Bischwiller et arrive à les dégager sans blessés ni<br />

disparus.<br />

28 Février 19<strong>45</strong><br />

Dans la nuit les Allemands relèvent leurs blessés au Nord de la cote 134,6 sur la voie<br />

ferrée. Puis après une journée assez calme l’ennemi déclenche vers 22 heures une attaque<br />

sur au carrefour sud à proximité du pont de Bischwiller. En même temps les Allemands<br />

déclenchèrent une attaque de diversion sur la gare d’Oberhoffen. Les Tirailleurs<br />

réagissent en tirant avec leurs mortiers. A Bischwiller les 9 ème et 11 ème compagnies sont<br />

alertées pour se porter sur la ligne d’arrêt. Les Tirs d’artilleries font de nombreux blessé<br />

chez les Allemands et leur imposent un nouvel échec.<br />

Six projectiles de 150 atteignent l’asile de vieillards ou se trouve le 3 ème Bataillon ainsi que<br />

quelques coups de 88 tombent sur les postes de filatures et de la tuilerie.<br />

A 23 heures, Une patrouille du 3 ème bataillon part explorer la zone entre le Riedgraben et<br />

le chemin du herrenwald à l’Est d’Oberhoffen mais revient sans avoir établi de contact.


Traversée de la Moder sur passerelles de fortune<br />

3 Mars 19<strong>45</strong><br />

Une patrouille du 3 ème bataillon s’enfonce dans le sous‐bois à mi‐chemin entre la corne<br />

N.E. du village et la maison forestière, puis rencontre des allemands autours d’une<br />

casemate. Lors de l’accrochage, un tirailleur est tué.<br />

Du coté de la gare, deux tirailleurs sont faits prisonnier à 500 mètres de la gare.<br />

La 11 ème Cie du 3 ème Bataillon relève la 10 ème . la 2 ème section se trouve sur la lisière Nord,<br />

sur la route allant du village à la maison forestière. La 1 ère section se trouve à la lisière<br />

N.E., près du carrefour. La 3 ème section ainsi que le PC sont à l’entrée du village rue de<br />

Bischwiller.<br />

Les emplacements de combat sont bien protégés le reste des groupes vit dans les caves<br />

qui résistent aux obus et évitent considérablement les pertes.<br />

4 Mars 19<strong>45</strong><br />

Les Allemands sont encore très présents. Complètement à l’Est, une patrouille allemande<br />

passe la Moder sur le pont de chemin de fer endommagé et tâte les Américains dans la<br />

lisière de bois de Kaltenhouse.<br />

Sur la route du camp, près du carrefour des auberges, des véhicules allemands se<br />

déplacent. Il s’avère qu’une section anti‐char avec un canon de 75 s’engage vers la ferme<br />

du Hundshof ainsi que vers les fermes Densch et Oberlin.


6 Mars 19<strong>45</strong><br />

250 projectiles tombent à nouveau sur Oberhoffen. Les patrouilles allemandes se<br />

montrent actives. L’une vient buter sur le dernier poste de combat du 2 ème Bataillon à<br />

l’Ouest du village. Tandis qu’une embuscade échoue à la gare, l’une d’entre elle arrive<br />

jusqu’au cimetière provocant de l’agitation et une autre s’installe dans une maison au<br />

Nord‐Est du village et fixe l’un des postes avancés.<br />

A 20 heures 30 le 2 ème Bataillon signale une forte circulation dans la corne de bois au Nord<br />

du cimetière correspondant au front tenu par la 3 ème Cie du 466 e VGR depuis plus de trois<br />

semaines « cela doit être probablement la relève de l’unité ». Les canons de 105 mm de la<br />

CCI applique alors 80 coups sur leur position.<br />

7 Mars 19<strong>45</strong><br />

La patrouille allemande occupe toujours la maison au NE du village. Après une<br />

concentration d’artillerie sur leur position ainsi que sur la maison forestière. Les<br />

Allemands laissent enfin la maison et se retirent dans les bois.<br />

La 3 eme compagnie est enfin relevée sur le front de la gare lors de sa mission elle déplore<br />

10 blessés. Elle prend un repos mérité de 6 jours dans le secteur de Gries.<br />

9 Mars 19<strong>45</strong><br />

Les activités sont plus intenses, deux patrouilles tombent à courte distance sur des postes<br />

allemands vers la cote 134,6. L’une d’elle rentre sans encombre, par contre un seul des<br />

hommes de la seconde, blessée, arrive à rejoindre les lignes. Les trois autres ayant disparu<br />

au cours de l’engagement « l’un d’eux sera fait prisonnier ».<br />

11 Mars 19<strong>45</strong><br />

Le « mouvement est dans l’air » Les tirailleurs reçoivent les indications de leur future<br />

mission. Agir en direction de Bischwiller‐Lauterbourg. Dans un premier temps les<br />

positions ennemies le long du camp et de la forêt sont pilonnées par l’artillerie. Le dépôt<br />

de munition dans le camp prend feu et illumine le champ de bataille jusqu’à Bischwiller.<br />

A 21 heures, les Allemands tentent un assaut, sans préparation d’artillerie. Constitué en<br />

3 éléments forts chacun de 20 hommes, les Allemands progressent en effectuant des tirs<br />

de mortier sur 3 objectifs ; l’Est du cimetière, le quartier Nord de l’église et les maisons au<br />

sud de la gare. La réaction des tirailleurs est rapide et leur flanquent des tirs de<br />

mitrailleuses de droite et gauche. Les Allemands se replient alors avec un grand nombre<br />

de perte.


Plus tard dans la nuit. Le 3 e bataillon exécute un coup de main de va et vient sur deux<br />

postes ennemis qui se trouvent sur la voie ferrée à l’Ouest de la route de Schirrheim. Le<br />

but étant de vouloir faire des prisonniers. L’attaque bénéficie d’une forte préparation<br />

d’artillerie cependant les sections de tête de la compagnie du Capitaine Morel tente de<br />

franchir l’obstacle que constitue la voie ferrée en remblai aux pentes très raides. Les<br />

quatre cent mètres qui séparent les positions sont piégées de mines et les Allemands<br />

réagissent violemment avec leurs mitrailleuses et leurs mortiers, obligeant la 10 ème<br />

Compagnie à regagner ses positions. Le coup de main est un échec, cependant il n’y eut<br />

qu’un blessé léger.<br />

12 Mars 19<strong>45</strong><br />

A Saverne, au Palais des Rohan est installé le PC américain du 6 e Corps. Les Alliés<br />

prennent l’offensive sur le front de la Moder. Les ordres sont simples les divisions doivent<br />

attaquer en même temps et rechercher à passer en force à toute vitesse. Les blindés des<br />

« Combat Command » devront foncer par les chemins de la forêt de Haguenau et<br />

exploiter l’ennemi.<br />

Au PC français, les grands Chefs se réunissent matin et soir car la 3ème D.I.A. est de la<br />

Partie. Depuis Bischwiller se prépare l’assaut final, dirigé par le Général MONSABERT.<br />

13 Mars 19<strong>45</strong><br />

Au sein de la 3 ème D.I.A. c’est la revue du 49 ème de ligne le nouveau régiment français de la<br />

Division d’Afrique. Les tirailleurs du 7 ème R.T.A. quittent le front et retournent en Algérie.<br />

Juste après avoir donné le matériel en compte « mitrailleuses et transmissions ». Les<br />

cadres accueillent les cadets F.F.I. du Corps franc Pommier pour effectuer la montée en<br />

puissance de ce 49 ème R.I. « qui deviendra l’une des plus belles unités de l’armée »<br />

Les compagnies du 4 ème R.T.T. Se relèvent entre elles afin de bénéficier de jours de repos<br />

près de Gries. La 3 eme compagnie du 1 er Bataillon reprend ses positions sur le front Est et<br />

profite de la nuit pour planifier l’attaque.<br />

Moment de repos autour d’un feu


14 Mars 19<strong>45</strong><br />

Les journées sont ensoleillées et les déplacements des colonnes ont été repérés par les<br />

Allemands. Le deuxième bureau des tirailleurs a intercepté chez les Allemands un<br />

message radio qui donnait l’alerte de l’offensive.<br />

Le Général Guillaume est très confiant pour l’attaque et effectue la tournée des P.C. Les<br />

groupes d’artillerie préparent les 2000 coups prévus pour préparer l’attaque, tandis que<br />

les éléments de reconnaissance du 4 e RTT arrivent à s’approcher au plus près de<br />

l’ennemi. L’assaut est étudié en détails et les hommes profitent des derniers moments de<br />

repos. L’attaque se prépare alors que les Allemands ne cessent de mitrailler et d’utiliser<br />

leur artillerie sur les positions défensives des tirailleurs.<br />

Rue des Tuiles


La 6 ème Compagnie du capitaine SAHUC est positionné au Nord d’Oberhoffen. Leur<br />

secteur défensif s’étant de la droite vers la gauche, de l’Ouest de la rue des Tuiles<br />

jusquʹau passage à niveau après la Station. Le PC de la 6 ème compagnie est installée au 35<br />

rue de gare, dans la maison Kunzel coté Ouest de la chaussée.<br />

PC de la 6 ème Cie du 2 / 4ème RTT


Capitaine Louis SAHUC « casqué » avec les hommes de sa section commandement<br />

Dont le sous‐lieutenant BOURIN « nu‐tête »<br />

Photos prise rue de la gare


OPERATION UNDERTONE<br />

L’ATTAQUE DU CAMP D’OBERHOFFEN<br />

La date du 15 mars est fixée dès la mi‐février par les Américains. Un premier plan<br />

« Yorktown » est abandonné le 4 mars. Remplacé par le plan « Cleaver » dont le nom de<br />

code fut changé pour « Undertone » le 8 mars. Cette opération exige une longue<br />

préparation et demande une coordination des mouvements entre les divisions.<br />

La 3 ème D.I.A est articulé en 3 groupements :<br />

A l’Ouest, le groupement GUILLEBAUD comprenant :<br />

‐ le 4 e RTT,<br />

‐ le 3 e RTA,<br />

‐ le 7 e RCA (moins un peloton),<br />

‐ 1 escadron de chars du CC6,<br />

‐ 2 Cies du Génie (83/2 et 83/3),<br />

‐ 4 groupes de 105 et 3 groupes de 155.<br />

A l’Est le groupement AUMERAN comprenant :<br />

‐ le 9 e Zouaves,<br />

‐ 1 peloton de TD du 7 e RCA,<br />

‐ 1 Cie du génie (17/6)<br />

‐ 2 groupes de 105<br />

Le groupement d’exploitation LA VILLEON (CC6) initialement en réserve de la<br />

division :<br />

- 4/1 REC,<br />

- 3/ RMLE,<br />

- 6 e RCA (1 section de chars légers et 20 Schermans),<br />

- 4/11 RCA (5 TD),<br />

- La 3 e Cie du 96 e génie<br />

- 3/ 62 RAA,<br />

En réserve :<br />

- 49 RI,<br />

- 1 GTM puis 2 GTM,<br />

‐ CC6 (moins un escadron)<br />

‐ 3 e RSA


15 Mars 19<strong>45</strong><br />

Les offensives commencent simultanément sur toute la ligne de front ! L’heure H est<br />

fixée à 6 heures <strong>45</strong> pour le Corps américain et 7 heures 15, pour le 4 ème RTT, le début<br />

l’attaque pour le 3 ème RTA sera fixé ultérieurement. Le silence radio est imposé jusqu’au<br />

déclenchement de l’attaque. Les Tunisiens ont pour objectif de prendre le camp<br />

d’Oberhoffen. La jonction avec les Américains doit se faire au Nord de la forêt de<br />

Haguenau. Le général Monsabert se rend à Bischwiller et monte dans le château d’eau<br />

afin d’avoir une vue globale sur tout le front de l’offensive<br />

A 7h00 commence la préparation d’artillerie, pendant la qu’elle 20000 obus de tous<br />

calibres seront déversés sur les positions allemandes.<br />

Le 1 er Bataillon appuyé par quelques chars du 6 e C.C. commence l’offensive pour<br />

s’emparer du camp.<br />

Il y a 400 mètres à traverser de la gare jusqu’au carrefour du camp. Seule une usine est à<br />

mi‐chemin, mais le terrain est plat, nu et dominé à courte distance par les maisons du<br />

carrefour où sont installés les Allemands.<br />

Puis les feux de l’Artillerie sont reportés plus loin en profondeur, les mortiers de 81 mm<br />

du 4 ème R.T.T. entrent en action pour permettre aux tirailleurs de s’approcher au plus près<br />

de l’ennemi.<br />

Les hommes massés dans les dernières heures de la nuit derrière les talus du chemin de<br />

fer attendent l’heure.<br />

‐ A droite la 2 ème Compagnie s’élance, de mur en mur, de ruine en ruine, atteint la voie<br />

ferrée, s’engage dans le passage en dessous et bondit dans l’usine en ruine, s’en emparant<br />

et faisant des prisonniers. Mais la compagnie est bloquée sur le site et lui est devenue<br />

impossible de déboucher.<br />

‐ A gauche, la 3 ème Compagnie hésite à s’engager dans la plaine. Elle perd un peu de la<br />

neutralité acquise par le feu de l’artillerie ami, mais profite du brouillard pour avancer et<br />

se trouve à 2 mètres de l’objectif devant un champ de mines. Le brouillard se lève, les<br />

armes ennemies crépitent, l’Aspirant GUILLAUMEAU et l’Adjudant chef LEONCINI<br />

avec leur section s’élancent pour le dernier assaut… ils tombent tous deux grièvement<br />

blessés.<br />

Les Allemands avaient posé plus de 7 bandes de mines. Le sergent ALI eut le pied<br />

gauche arraché. Le Sergent‐chef SANTINI et le Sergent VENTURA ont été également<br />

blessés.<br />

Les hommes s’écrasent au sol et l’ennemi profitant de cet arrêt déclenche un feu violent.<br />

La réaction des allemands est très violente, un premier puis un deuxième char saute.<br />

L’Adjudant chef LEONCINI et ses hommes valides parviennent à atteindre le carrefour<br />

du camp déplorant de nombreux blessés. Ils se traînèrent vers les premières maisons du<br />

carrefour afin de se réfugier et sont obliger de s’enterrer dans les caves sous les<br />

déferlements de tirs ennemis.


Le sergent saga blessé réussi à rentrer jusqu’au talus du chemin de fer. Le bilan est lourd,<br />

27 des meilleurs soldats entaient tombés dans la pleine du carrefour, 2 officiers et 5 sous<br />

officiers étaient là, à dormir de leur dernier sommeil.<br />

12 heures, Mines piégées, panzerfaust et grenades saignent les tirailleurs. Plus de la<br />

moitié reste à terre, la 3 ème compagnie ne peut tenir les positions et se replié derrière le<br />

talus. A son tour le lieutenant PINATEL est abattu par une grenade. Le lieutenant<br />

GARDONNE a utilisé toutes les munitions de la mitrailleuse lourde et continue<br />

d’appuyer la compagnie avec son fusil mitrailleur.<br />

Toute l’attaque du 1 er bataillon est stoppée. Un Sherman est détruit par un canon antichar<br />

Allemand embossé vers le transformateur à 500 mètres au Nord de l’usine.<br />

Au‐delà de l’église, déambulent les sanitaires, éclopés et civières, c’est un spectacle de<br />

matinée à grosse attaque.<br />

Dans la matinée, les éléments de reconnaissance du 3 ème RTA arrivent également sur<br />

Oberhoffen, rasant les murs de maisons en maisons. Près de la pâte d’oie et le chemin de<br />

terre (le baeckerweg) limite avec le 3 ème Bataillon du 4 ème RTT. Il installe le PC d’où il voit<br />

la voie ferrée ainsi que la station près des trois wagons.<br />

3 ème R.T.A.<br />

Général Guillaume commandant le 3 e DIA<br />

et le Colonel Agostini commandant le 3 e RTA


A 12 heures, le 1 er Bataillon reprend l’attaque. Des éléments arrivent à rentrer dans les<br />

deux langues de bois (cote 134 et bois à l’Est qui encercle le terrain de sport).<br />

A 13 heures les chars pénètrent dans le bois où se poursuit le déminage. La progression<br />

est bloquée vers l’Ouest par un groupe de mitrailleuse installé dans le remblai 200 mètre<br />

à l’Est du carrefour. Plusieurs milliers d’obus de tous calibres s’abattent sur les Unités, la<br />

terre fume de partout. Il est presque impossible d’avancer et de reculer. Cependant, par<br />

deux fois, le bataillon repart. Les obus tombent sur les deux compagnies d’assaut et sur la<br />

première Compagnie venue en soutien et qui, derrière la 3 ème , se tenait prête à exploiter le<br />

succès initial.<br />

Les trois Compagnies ont toutes autant d’hommes grièvement blessés. Le capitaine<br />

NEYRENEUF l’Aspirant VOISIN et le Lieutenant KUNE, sont également touchés. Le<br />

capitaine DURTERTRE vainqueur de l’usine et le lieutenant WILLIGENS vainqueur de la<br />

Gare sont pris à parti et bloqué sur leur position par un déferlement de grenades.<br />

Le 4 ème RTT est fixé sur la gauche !<br />

Le colonel GUILLEBAUD décide d’arrêter l’attaque du 1 er bataillon.<br />

Au centre du dispositif, le 2 er et 3 ème bataillons du 3 e R.T.A. du Colonel Agostini reçoivent<br />

l’ordre de s’engager, l’un partant sur la CD37, vers la maison forestière, l’autre sur la rue<br />

de la forêt pour tenter de déborder l’obstacle par l’Est.<br />

Les 10 e et 11 e Compagnies du 3 ème Bataillon attaquent la maison forestière et le bois<br />

d’Oberhoffen. La 9 e Cie suivra derrière.<br />

La 7 e suivi de la 6 e du 2 ème Bataillon attaquent la maison du garde‐barrière. La 5 e doit<br />

tenter d’enlever la station.<br />

Les sections de tête BAFLET et SERVANT de la 10 s’emparent de la maison forestière et<br />

prennent le PC allemand qui y était installé. La 11 a un départ difficile. La section PIOT<br />

fonce vers le bois mais elle est contrainte de se replier devant les tirs de mitrailleuses.<br />

L’Aspirant PIOT relance l’assaut mais tombe frappé d’une balle en plein cœur.<br />

A gauche, le 2 ème bataillon est pris de flanc par une mitrailleuse située à l’Est de la station.<br />

Les 6 e et 7 e compagnies subissent des pertes. Sont blessés le Capitaine VINCENOT,<br />

l’Aspirant Henry et L’adjudant‐chef VIE.<br />

Les deux bataillons réussissent à gagner quelques centaines de mètres et à s’accrocher au<br />

remblai de la voie ferrée. La 7 e compagnie dépassent l’objectif et s’empare de la maison<br />

du garde‐barrière. Situé au‐delà du passage à niveau.<br />

A gauche du 2 e bataillon, la 5 e compagnie se bat nez a nez avec les défenseurs de la<br />

station installé dans les tranchées. Le Lieutenant DADILLON, blessé par un éclat traîne la<br />

jambe mais continue la progression en commandant sa compagnie.


Dans la journée, Le Général Guillaume décide de changer son plan d’attaque, donne<br />

l’ordre d’engager le 3 ème bataillon du 4 ème RTT. Il ne devait se mettre en route qu’après la<br />

libération complète d’Oberhoffen. Mais maintenant c’est elle qui a la mission du coup de<br />

butoir.<br />

13 heures, le 3 ème Bataillon (Bataillon GUILIANO) est alerté dans ses cantonnements de<br />

Bischwiller. Il doit se porter immédiatement au village d’Oberhoffen pour être engagé à<br />

la droite du 1 er Bataillon. Une à une, les compagnies se rassemblent. L’échelon arrière<br />

n’est pas prêt ; Qu’importe ! Il rejoindra plus tard car il faut faire vite !<br />

Le pont sur la Moder est harcelé par des coups de 105. Le bataillon marque un arrêt et<br />

s’abrite dans les maisons à proximité.<br />

15 heures, profitant d’une accalmie, le Bataillon traverse la Moder, marchant sur les bas<br />

cotés de la route, à 20 mètres de distance atteignant l’est du village vers 15 heures 30.<br />

Le Commandant GUILIANO commandant le 3 ème Bataillon entre aussitôt en contact avec<br />

les chefs de bataillons du 3 ème RTA qui est engagé sur l’axe Oberhoffen‐ Schirrheim,<br />

positionné sur la voie ferrée, non franchie car les résistances ennemies étaient trop<br />

sérieuses.<br />

16 heures, La 9 ème Compagnie du 4 e RTT débouche des lisères Sud d’Oberhoffen. Elle<br />

progresse sur l’axe des Cotes 132,7 et 141,1, afin de déborder le Camp par l’Est et la<br />

région boisée. Sa progression est rendue difficile par les tirs d’artillerie qui harcèlent la<br />

piste sans interruption. La voie de chemin de fer est Atteinte à 17 heures, mais la<br />

compagnie est stoppée par les mêmes tirs de mitrailleuses qui avaient arrêté le 3 ème RTA<br />

avec lequel, elle se trouva emmêlée, elle réussit cependant à faire 9 prisonniers.<br />

Lorsque la nuit tombe, seule la station de chemin de fer et l’usine restent entre les mains<br />

des tirailleurs, mais une radio capte des messages des SOS allemands.<br />

Le soir, les deux bataillons du 3 ème RTA ont atteint leur objectif. La situation est<br />

néanmoins précaire, en particulier pour la 6 e compagnie, toujours prise en écharpe par les<br />

feux de la station et dont le capitaine et les deux chefs de section ont été mis hors de<br />

combat et dont le commandement a été donné au sous‐lieutenant GALLAS voyant le feu<br />

pour la première fois.<br />

Les capitaines FOUQUES et BAZINET commandant les compagnies d’accompagnement<br />

des bataillons, aidés par les officiers de liaison du 2/67 e d’artillerie mettent en place pour<br />

la nuit des tirs de protections.


Les trois Bataillons du 4 e RTT s’installent également défensivement pour passer la nuit.<br />

Nuit infernale, pendant laquelle l’artillerie allemande pilonne toute la nuit sans<br />

interruption les positions, faisant des ravages dans les rangs. La compagnie<br />

d’accompagnement du 3 ème Bataillon est mise aux 2/3 hors de combat, nombreux sont les<br />

tués ou blessés dans les ruines ou dans les trous. Les Allemands vident leurs caissons<br />

jusqu ‘à 4 heures du matin.<br />

Malgré le harcèlement d’artillerie, vers 21 heures, le 1 er bataillon du 4 ème RTT effectue un<br />

coup de main sur la cote 134 de la voie ferrée pour débloquer le 2 ème bataillon du 3 ème<br />

RTA. La patrouille revient alors avec un prisonnier.<br />

Le bilan pour la journée est lourd. Le 3 e RTA compte les victimes et décline 26 tués et 107<br />

blessés, en global les pertes du groupement Guillebaud s’élèvent à 300 tués.<br />

Rue principale avec l’école primaire à droite


Rue de l’église<br />

LA PRISE DU CAMP D’OBERHOFFEN<br />

16 Mars 19<strong>45</strong><br />

Au tout petit jour, l’attaque repart, le 1 er et 3 ème Bataillons du 4 ème R.T.T. avec le concours<br />

de quelques chars du CC6 sont à nouveau engagé.<br />

5 heures <strong>45</strong>, les patrouilles tâtent les mitrailleuses allemandes. C’est le silence le remblai<br />

est donc entièrement au mains des tirailleurs. L’alerte est donnée que l’ennemi a<br />

décroché.<br />

7 heures, la progression reprend sans contact. Le 3 ème bataillon du 4 ème RTT intervient en<br />

premier avec la mission d’enlever le camp. Tandis que le 1 er bataillon doit s’emparer du<br />

carrefour des auberges. Le Capitaine CHERIFI se met en tête de sa compagnie et donne<br />

l’assaut sur le carrefour du camp. Le sergent SEVERIN effectue de même sur le passage<br />

a niveau, appuyé par les armes lourdes.


8 heures, CHERIFI et ses hommes prennent pied au carrefour du camp. Pendant ce<br />

temps, plus à l’Est, la 9 ème compagnie progressant en tête du dispositif pour atteindre les<br />

lisières Nord du bois RAPP. Accentuant ainsi le débordement du camp, la 10 ème<br />

Compagnie, sur ses traces, se rabat sur le camp. La 11 ème compagnie est maintenue en<br />

réserve.<br />

Vers 11heures, en dépit des mines et des obstacles de toutes sortes ainsi que des tirs<br />

d’artillerie ennemie, le camp et le carrefour des auberges sont entre les mains des<br />

Tirailleurs.<br />

A 12 heures, le Groupement de Tabors du Colonel Leblanc, appuyé par un détachement<br />

blindé dont l’accompagnement immédiat est assuré par la 6 e Compagnie du 4 ème RTT,<br />

entre en ligne et se heurte également au problème des mines. Ils font sauter le bouchons<br />

de mine de la cote 143 et établissent vers le soir un poste avancé à la maison forestière<br />

Stieffelhardt ainsi qu’à la pointe de la clairière du camp de manœuvre avec des éléments<br />

du 1 ème Tabor venu s’intercaler entre le 3 ème Bataillon et le 2 ème Bataillon du 3 ème RTA.<br />

Entre le village et la maison forestière, la forêt est cisaillée par les bombardements, de<br />

l’autre coté de la voie ferrée, les Allemands ont abandonnés beaucoup de matériels.<br />

Le 3 ème R.T.A. gagne de hautes luttes sur la route de Schirrheim. Deux compagnies se<br />

déploient dans l’orée du bois en direction de Schirrheim en formation par intervalle<br />

régulier entre chaque voltigeur.<br />

Les Goumiers marocains rue des prés à Bischwiller


Les Goumiers du 1 er Tabors dans la forêt d’Haguenau<br />

La ligne Anne‐Marie est brisée ! Oberhoffen est enfin entièrement libéré !<br />

La rue principale ressemble à un grand boulevard encombré de chars et de véhicules.<br />

Près de l’usine ce flux s’apaise car les sapeurs du génie entreprennent le nettoyage et<br />

ouvrent la route et balance les ustensiles sur le bas coté.<br />

Le camp d’Oberhoffen,<br />

entièrement détruit, est occupé !<br />

Dans l’après midi le Général<br />

Monsabert arrive au camp dans<br />

une Jepp de verre, « merveilleux<br />

système pour la visibilité et<br />

contre la poussière. Le 4 ème<br />

Tunisien, l’accueil dans cet amas<br />

de baraques pulvérisées mais lui<br />

fait honneur en lui offrant un<br />

sabre.


Les tirailleurs rassemblent les prisonniers allemands<br />

Le 6 e Combat Command reconnaît les lisières Nord du champ de tir, tandis que le 1 er<br />

Groupement de Tabors Marocain, dont la mission est de couvrir le flanc gauche dans la<br />

forêt d’Haguenau, progresse en direction de la maison forestière de Frantzubel malgré<br />

des champs de mines qui barrent tous les chemins d’accès et sur lesquels il subit des<br />

pertes sensibles.<br />

Reconnaissance dans la forêt de Haguenau


Carrefour du camp après l’assaut<br />

Entrée du camp<br />

Intérieur du camp


RECIT PERSONNEL<br />

DU CAPITAINE CHERIFI<br />

Texte extrait des « Affiches de Bischwiller et du Bas‐Rhin » du 20 octobre 19<strong>45</strong><br />

Le 15 au matin, à 5 heures, nous montions à nos postes de combat le long de la voie ferrée<br />

sans que l’ennemie nous vit.<br />

A 7 heures avant l’assaut, une préparation d’artillerie se mettait à semer la mort et le<br />

désastre sur les positions ennemies. 88 pièces de tous calibres tiraient sur le camp.<br />

A 8 heures, à la faveur du brouillard, je devais déclencher l’attaque. Ce qui fut fait. Mais<br />

le terrain constituant le talus du remblai du chemin de fer et la plaine jusqu’aux maisons<br />

étaient truffé de mines. Mon meilleur sergent ALI eut le pied gauche arraché. Le<br />

lieutenant GUILLAUMEAU était également blessé, avec le Sergent‐chef SANTINI et le<br />

Sergent VENTURA.<br />

La deuxième section commandée par l’Adjudant‐chef LEONCINI s’ébranlait à son tour.<br />

Plus heureuse que l’autre elle atteignit le carrefour avec ses premières maisons. Mais là<br />

encore ce furent les cadres qui payèrent ce coup d’audace. LEONCINI tombait<br />

grièvement blessé avec le sergent SAGA.<br />

Déjà près de 27 des meilleurs dormaient leur dernier sommeil dans la plaine en triangle<br />

face au carrefour. C’était l’ordre. Mes brancardiers, mes téléphonistes à leur tour<br />

tombaient. Plus de téléphone alors on marchait au poste radio. Pour ne pas être captés,<br />

nos messages étaient transmis en clair mais en langue arabe d’Algérie.<br />

Le triangle formé par la plaine avait comme cotés les deux routes menant au carrefour. ;<br />

Des armes automatiques balayaient inlassablement cette pleine. En face, Les bazookas,<br />

Panzer Faust et les lanceurs de mines nous arrosaient à la cadence d’un obus par<br />

seconde. Sept rangées de mines anti‐personnelles étaient semées dans la plaine.<br />

Un instant mes braves désemparés furent cloués au sol. A la vue de la perte de presque<br />

tous mes cadres, mes hommes se mirent à refluer vers l’arrière. L’Adjudant –chef<br />

LEONCINI resta sur le sol avec les plus hardis, tous plus ou moins atteints. Ils se


traînèrent jusqu’aux maisons du carrefour. Là des tireurs d’élite les attendaient qui les<br />

achevèrent avec une balle dans la tempe. Le sergent SAGA, réussit à rentrer jusqu’au<br />

talus de chemin de fer, l’épaule et la mâchoire fracassées. Il refusa de se faire évacuer.<br />

Mais sur mon ordre il me mit au courant de ce qui précéda (l’autopsie pratiquée par la<br />

suite, confirma ses dires).<br />

… « Mon Capitaine, c’est votre tour. Les hommes ont tous les yeux tournés vers vous.<br />

Vous êtes leur dernier espoir. Il est temps que vous les voyiez »<br />

Il me restait exactement une section de combat, une section de mitrailleuses lourdes et<br />

légères, une section de choc, une section d’assaut. Toutes avaient eu des pertes<br />

effroyables.<br />

Je bondis hors de mon trou et en Arabe, en Berbère et en Français je leur dis :<br />

« Mes gars, je me mets à votre tête, pour la France et pour la gloire de Dieu. En avant ! »<br />

Il était 12 heures, la moitié restait à terre. Mines piégées, panzerfaust et grenades faisaient<br />

leur œuvre. Alors la rage au cœur je rebroussais chemin et ordonnais de prendre un mort<br />

et un blessé chacun sur l’épaule.<br />

L’après midi, nous réorganisions nos positions en vue d’un suprême assaut. Les 1ere et<br />

2eme compagnie avaient eu autant de pertes. Le capitaine NERNEF de la 1 ère Compagnie<br />

était blessé grièvement, l’Aspirant VOISIN, le Lieutenant KUNE étaient touchés. Il restait<br />

encore un sous‐officier par section.<br />

Des unités entières étaient sans cadres, des sections réduites à 5‐7 hommes. Le<br />

Lieutenant WILLIGENS, le vainqueur de la gare, capitaine DURTERTRE vainqueur de<br />

l’usine, étaient assiégés dans leurs positions par une pluie d’obus. Le lieutenant<br />

PIGNASTEL, un jeune séminariste qui me secondait, fut assommé par un obus de 105.<br />

A 18 heures, je restais seul avec un sergent : SEVERIN et les sergents‐chefs ALI et<br />

ABDERRAHMANN. Toute la nuit nous fûmes pilonnés par l’artillerie ennemie, qui<br />

exerça ses ravages dans tous les rangs. Nous passions notre temps à réaménager nos<br />

positions sans cesse démolies par l’artillerie adverse.<br />

16 Mars 19<strong>45</strong><br />

7 heures, je désigne le sergent ABDERRAHMANN avec un groupe de combat complet<br />

de formé par les brides de ce qui restait avec la mission de prendre le carrefour. Je me mis<br />

en tête du groupe. Je donnais ordre au sergent téléphoniste SEVERIN de faire de même<br />

du côté du passage a niveau. Il me restait plus qu’un caporal et 5 hommes aux pièces<br />

lourdes près de mon trou.<br />

Les hommes refusèrent de me laisser partir. Ils savaient que c’étaient la mort certaine.<br />

Pour les mettre d’accord, j’emmenais les volontaires.


8 heures, je prenais pied au carrefour. Il ne me restait plus que… 4 hommes. Le dernier<br />

sergent avait le bras arraché par une mine. Dix, quinze messages annoncèrent enfin le<br />

résultat. Je regroupais ma compagnie et les forces supplémentaires qui me restaient. 61<br />

hommes sur 208 étaient indemnes. Les hommes non démoralisés mais exténués, je les<br />

galvanisais en leur disant que la victoire ne sera complète qu’a la frontière.<br />

De longs efforts étaient encore attendus d’eux.


TEMOIGNAGE DE PIERRE ARMAND SENCHOU<br />

ANCIEN COMBATANT DU<br />

4 ème REGIMENT DE TIRAILLEURS TUNISIENS<br />

En novembre 1943, Pierre Armand SENCHOU avait 20 ans. Il<br />

faisait partie de lʹArmée Secrète et de lʹunité Groupe Franc 13 qui<br />

opérait en Lot et Garonne.<br />

A la libération du département, en août 19<strong>44</strong>, il s’est engagé à la<br />

Brigade Légère Garonne qui est alors montée vers lʹEst, qui<br />

combattu dans les Vosges.<br />

Puis début janvier 19<strong>45</strong>, il a rejoint le 4° régiment de tirailleurs<br />

tunisiens dans le secteur de Kogenheim et en mars 19<strong>45</strong> fut<br />

engagé sur le front d’Oberhoffen.<br />

J’étais agent de liaison de la 2 e section de mitrailleuses de la Compagnie<br />

dʹAccompagnement du 2° Bataillon du 4 e RTT commandé par le commandant CHOTIN.<br />

Le 1 er mars 19<strong>45</strong>, Nous faisons mouvement en 1 ère ligne à Oberhoffen sur Moder<br />

en passant par Bischwiller. Lʹapproche du village est difficile car les Allemands nous<br />

bombardent sans arrêt. Nous passons devant un asile de fous. Ceux‐ci errent dans le parc,<br />

lʹair hagard, sans se soucier des obus qui tombent, bien quʹil semble que lʹartillerie<br />

ennemie évitait de tirer trop directement sur lʹasile.<br />

Arrivés devant la Moder dont le pont avait sauté, ce fût une autre affaire et il fallait<br />

passer entre les rafales de 88 qui se suivaient trop rapidement à notre goût. Le village<br />

d’Oberhoffen était entièrement en ruine, il avait été détruit à 90% durant les combats de<br />

janvier 19<strong>45</strong>. Les Américains tenaient cette position quʹils évacuèrent à la hâte lors de<br />

lʹoffensive allemande dans les Ardennes.<br />

Nous prenons position, le PC du bataillon dans le centre du village et notre section<br />

de mitrailleuses dans la rue à lʹextrême. Nous étions positionnés exactement rue des<br />

Tuiles avec notre PC de section chez M. Heinrich. Les maisons‐fermes du côté droit<br />

étaient séparées du bois où sont nos ennemis par moins de 200m de petits champs. Cette<br />

rue se trouve juste en face du remblai de la ligne de chemin de fer Haguenau‐<br />

Lauterbourg. Ce remblai a été transformé en une position défensive très bien armée qui<br />

défend la partie sud du camp retranché dʹOberhoffen.<br />

Je fais la navette entre le PC VERDON et les postes de nos quatre mitrailleuses<br />

braquées face au bois. Un jour, je me fais copieusement arroser par un tir de mortier que<br />

je peux éviter en me mettant derrière un muret providentiel qui se trouvait là. Un autre<br />

jour, lʹaspirant BERGER, qui passait dans cette rue, se fait tirer comme un lapin par un<br />

sniper camouflé dans ce fameux remblai. Il tombe à mes côtés, la cuisse traversée par une<br />

balle explosive. Je le mets à lʹabri sous le feu du sniper et alerte le PC du bataillon auquel<br />

il appartenait.


Une autre fois, jʹaperçois un homme qui, à ma vue, se cache dans une maison<br />

située dans une rue adjacente à gauche. Je nʹeus pas le temps dʹaller à sa poursuite ni<br />

dʹalerter nos hommes. Nous savions que les Allemands avaient laissé derrière eux des<br />

agents de renseignements munis de postes radio. Etait‐ce lʹun dʹentre eux Chaque jour,<br />

nous subissions des tirs de harcèlement au mortier ou au 88 Un jour, je fis un relèvement<br />

de lʹendroit approximatif où pouvait se trouver la pièce qui nous canardait. Jʹalertais<br />

immédiatement notre PC Artillerie qui envoya rapidos quelques salves de 105.<br />

Après l’avancé du 16 mars, quand nous commençâmes notre progression, je trouvai à<br />

Schirrheim, à lʹemplacement que jʹavais indiqué, un canon automoteur. Etait‐ce le mien <br />

Presque chaque nuit, nous étions harcelés de coups de mains quʹil nous fallait repousser.<br />

Je me souviens de lʹun dʹeux qui fût suivi dʹun gros tir de mortier. Je rafale avec ma<br />

Thompson (pistolet‐mitrailleur) quand un obus tomba, sans éclater, dans la meule de foin<br />

qui était à côté de moi... Tel était notre lot quotidien dans ce petit village<br />

Nous étions restés en position du 1 er au 12 mars, puis la section a fait mouvement<br />

sur GRIES où nous restions en repos‐alerte. Le 15 mars nous avons rejoint les positions<br />

sur le front.<br />

Le 15 mars était le jour de l’offensive contre la ligne ANNE‐MARIE, qui part de<br />

lʹOuest de Haguenau au Rhin. Cette offensive débute sec. Le camp dʹOberhoffen est un<br />

gros morceau âprement défendu. Le 1 er et le 3° bataillon y laisse beaucoup de plumes. Le<br />

3° RTA (tirailleurs algériens) n’a pas été épargné et a aussi eut des pertes sensibles.....<br />

Le 16 mars, après la reprise du camp d’Oberhoffen. Nous avons embarqués sur des<br />

half‐tracks de la 5 ème DB et nous pénétrions dans la forêt de Haguenau afin de la nettoyer.<br />

Les Tabors (goumiers) en renforcement au groupement tactique ouvraient le chemin, ils<br />

avaient la tâche la plus ardue car ils opéraient dans les bois qui sont truffés de mines<br />

anti‐personnel. Je ne me souviens pas avoir vu autant de pieds arrachés. Travail très<br />

difficile car lʹennemi est toujours coriace grâce à son repli bien organisé. Nous passions à<br />

Schirrheim et Schirrhoffen où nos éléments de tête, avec notre roulante, sont mitraillés<br />

par des chasseurs‐bombardiers P47 français ou américains. Bilan, plusieurs morts et<br />

blessés et la roulante hors dʹusage. Mais que faisait‐elle si en avant et sans panneau de<br />

signalisation orange ʺ<br />

En suite, nous avons foncé sur Scheibenhard où notre 2° bataillon eut lʹhonneur, le<br />

19 mars de pénétrer le premier, en tête de toute notre Armée. Puis ce fût la poursuite<br />

pour finir la guerre à Stuttgart.<br />

En 1967, je revins en pèlerinage sur les<br />

lieux de combat. La photo ci‐dessus a<br />

été prise devant la maison de M<br />

Heinrich rue des tuiles, lieu où se<br />

trouvait le PC de la section.


Sherman M 4 A2 n° 21 du 6 e RCA<br />

Sherman M 4 A2 n° <strong>44</strong> du 6 e RCA<br />

Sherman M 4 A2 n° <strong>44</strong> du 6 e RCA


La libération de l’Alsace du Nord a coûté beaucoup de vie humaine. Les pertes<br />

allemandes étaient considérables : 2774 morts, 8466 blessés et 5199 disparus. Coté<br />

américain, on dénombrait 11609 victimes.<br />

Parmi la population d’Oberhoffen, cette guerre a également fait de douloureuses pertes;<br />

68 d’entres eux n’ont pas rejoint leur famille.<br />

2 sont tombés sous l’uniforme français,<br />

66 sont mort ou ont disparus dans les rangs allemands.<br />

38 civils sont morts après le 9 décembre 19<strong>44</strong>,<br />

11 ont été blessés par grenades ou mines,<br />

11 sont également décédé lors des déportations.<br />

Oberhoffen connaîtra enfin la paix,<br />

Attendait la lourde tache pour la reconstruction du village.<br />

Ces dernières lignes seront une pensée pour toutes ces victimes qui ont sacrifié leur vie<br />

afin qu’aujourd’hui nous puissions vivre dans un pays de paix et de liberté. Nous leurs<br />

devons le droit de mémoire et souhaitons qu’il n’y ait plus jamais de guerre et que nos<br />

enfants vivront en paix.<br />

Deux enfants, trop jeune pour se rendre compte des amertumes de la guerre,<br />

Jouent tranquillement avec les vestiges.


Coix de guerre 1939/<strong>45</strong><br />

Ordre de la libération<br />

Le général PATCH commandant la 7° armée US<br />

demanda<br />

que la campagne d’Alsace soit reconnue comme campagne à part entière.<br />

EISENHOWER le refusa,<br />

allèguant qu’elle était indociable de la campagne des Ardennes.<br />

C’est sans doute pourquoi elle a été si longtemps ignorée des historiens.<br />

Il était grand temps de la réhabiliter.<br />

Combat de la libération<br />

Hivers 19<strong>44</strong> /<strong>45</strong>


3 ème Régiment de Tirailleurs Algériens<br />

Créer en 1856 à partir du bataillon de tirailleurs indigènes de Constantine. Il a été<br />

stationné à Constantine, 2 bataillons à Bône, 1 bataillon à Souk‐Ahras, 1 bataillon au<br />

Maroc, détaachements àSétif, Saint‐Arnaud.<br />

Il a été dissous en 1962.<br />

les décorations :<br />

- la croix de la légion d’honneur reçu le 11 novembre 1863<br />

- la croix de guerre 1914/1918 avec 2 palmes et étoile d’argent<br />

- la croix de guerre 1939 / 19<strong>45</strong> avec palmes<br />

- la médaille d’or de la ville de MILAN<br />

- La fourragère aux couleurs de la médaille militaire avec deux olives : l’une aux<br />

couleurs de la medaille militaire et de la croix de guerre 1939/19<strong>45</strong><br />

les inscriptions au drapeau :<br />

- Sebastopol 1854/1855<br />

- Loghouat Sebastopol 1852<br />

- Solferino 1859<br />

- San Lorenzo 1863<br />

- Extrême Orient 1884/1885<br />

- Champagne 1915<br />

- Verdun 1916<br />

- L’Aisne 1918<br />

- Medjez El Bab 1943<br />

- Abruzzes 19<strong>44</strong><br />

- Rome 19<strong>44</strong><br />

- Toulon 19<strong>44</strong><br />

- Vosges 19<strong>44</strong><br />

- Indochine 1947/1954<br />

La devise :<br />

« jusquʹà la mort »


4 ème Régiment de Tirailleurs Tunisiens<br />

Créer en 1884. Il a été stationné en Tunisie, 1 bataillon à Sousse, 1 bataillon à Kairouan, 1<br />

bataillon à Camp servières, 1 bataillon à Birbou‐Rebikaa.<br />

Il a été dissous en 1940 puis recréer et redissous en1962.<br />

les décorations :<br />

- la croix de la légion d’honneur reçu le 5 juillet 1919<br />

- la croix de guerre 1914/1918 avec 6 palmes et étoile de bronze<br />

- la croix de guerre 1939 / 19<strong>45</strong> avec 4 palmes<br />

- le mérite militaire chérifien<br />

- le Nicham Iftikar de Tunisie<br />

- la fourragère aux couleurs de la légion d’honneur avec une olive aux couleurs de<br />

la médaille militaire et de la croix de guerre 1939/19<strong>45</strong><br />

les inscriptions au drapeau :<br />

- Casablanca 1908<br />

- Guise 1914<br />

- Artois 1915<br />

- Champagne 1915<br />

- Verdun 1916<br />

- L’Aisne 1918<br />

- Picardie 1918<br />

- Somme‐Py 1918<br />

- Tunisie 1942/1943<br />

- Le belvédère 19<strong>44</strong><br />

- Garigliano 19<strong>44</strong><br />

- Vosges 19<strong>44</strong><br />

- Indochine 1947/1954<br />

La devise :<br />

« dans la paix de Dieu »


Petit Glossaire de la 3 ème DIA<br />

ABREVIATION :<br />

RMTA: Régiment de Marche de Tirailleur Algériens<br />

RTA: Régiment de Tirailleur Algériens<br />

RTM: Régiment de Tirailleur Marocains<br />

RTT: Régiment de Tirailleur Tunisiens<br />

DIA: Division d’infanterie Algérienne<br />

DIM: Division d’infanterie Marocaine<br />

DMM: Division Marocaine de Montagne<br />

RMZT: Régiment mixte de Zouaves et de Tirailleurs<br />

ARMEE D’AFRIQUE :<br />

Ensemble des unités servant en Afrique du nord, zouaves, tirailleurs et spahis algériens,<br />

marocain ou tunisien, légion étrangère, bataillons et chasseurs d’afrique. A ne pas<br />

confondre avec l’armée coloniale, qui sous l’égide des troupes coloniales ont engagé en<br />

particulier les tirailleurs sénégalais.<br />

CHECHE :<br />

Longue écharpe<br />

CHECHIA :<br />

Coiffure en forme de calotte tronconique qui était portée en Afrique du Nord et en<br />

Turquie. Chéchia de tirailleur, de zouave.<br />

GOUM :<br />

Troupe marocaine encadrée par des Francais, au service de la France avec l’autorisation<br />

du roi du Maroc, mais sous commandement et drapeau français (1908 – 1956)


REGIMENT DE MARCHE :<br />

Régiment formé en fonction des circonstance par des regroupements d’unités provenant<br />

d’autres formations.<br />

TIRAILLEUR :<br />

Soldat de certaines troupes d’infanterie, recrutées hors du territoire métropolitain, et<br />

commandées par un encadrement majoritairement européen.<br />

TURCOS :<br />

Surnom donné aux tirailleurs, popularisé à l’occasion de la campagne de Crimée (1854)<br />

TABOR :<br />

Bataillon formé de soldats des goums marocains, encadrés par des gradés Français.<br />

ZOUAVE :<br />

Soldat algérien d’un corps d’infanterie indigène formé en 1830. Par la suite, ces<br />

formations ont majoritairement incorporé des Francais d’Afrique du Nord, dans un corps<br />

distinct des tirailleurs indigènes.<br />

SPAHI :<br />

Le terme spahi est d’origine turque et persane. Il désigne un homme de guerre à cheval et<br />

aussi un homme libre, choisissant volontairement le métier des armes. Les premiers<br />

spahis de l’armée Française furent recrutés en Algerie par YUSSUF. Leur histoire suit<br />

l’évolution des tirailleurs, mais ce sont des cavaliers.


Encore, milles remerciements à toutes<br />

les personnes qui ont contribué par<br />

leurs témoignages et renseignements à<br />

la réalisation de ce projet.<br />

Etude faite en 2004‐2005<br />

par<br />

l’Adjudant‐chef Claude KENNEL<br />

Oberhoffen sur Moder

Hooray! Your file is uploaded and ready to be published.

Saved successfully!

Ooh no, something went wrong!